Divers
Le père Noël, un mauvais exemple
Le
père Noël pourrait être accusé
d’activités dangereuses, notamment de ne jamais
mettre sa ceinture ni porter un casque quand il voyage en
traîneau.
PARIS — Le père Noël donne le mauvais exemple
avec son ventre rond et ses déplacements en
traîneau, et devrait se mettre au régime et
circuler à pied ou à vélo, selon une
analyse réalisée par un chercheur australien
et publiée aujourd’hui par le British Medical
Journal.
« Sur le plan épidémiologique, il y a
une corrélation entre les pays qui
vénèrent le père Noël et ceux
où le taux d’obésité des enfant est
élevé », relève Nathan Grills,
diplômé australien de santé publique.
Il juge cependant « prématuré »
d’établir une causalité, même si
l’image du père Noël promeut, affirme-til, le
message qu’« obésité est synonyme de
bonne humeur et de jovialité ».
Le Dr Grills rappelle la tradition de certains pays qui
consiste à laisser au père Noël des
gâteaux et du brandy, ce qui « est mauvais
pour son tour de taille et pour l’obésité
parentale ». « On devrait plutôt,
dit-il, l’encourager à partager avec les rennes les
carottes et le céleri qu’on leur laisse. »
Il note aussi que sur certaines cartes postales, on voit
encore le père Noël fumer la pipe – on peut
imaginer, s’insurge le Dr Grills, la réflexion d’un
enfant de 12 ans : « Il fume, il doit bien avoir 99
ans, et il n’est pas encore mort du cancer du poumon.
»
Le
père Noël pourrait aussi être
accusé de certaines activités dangereuses,
et notamment de ne jamais mettre sa ceinture ni porter un
casque quand il voyage autour de la Terre en
traîneau.
En cette période de pandémie, le risque
qu’il attrape ou propage la grippe A (H1N1) – par
l’intermédiaire de ses doublures qui hantent les
rues et les centres commerciaux – est réel. «
Le père Noël est potentiellement un vecteur de
maladies infectieuses », estime le Dr Grills, qui
cite une étude selon laquelle, en moyenne, «
on éternue ou tousse sur lui jusqu’à une
dizaine de fois ».
Il s’étonne que l’embauche d’un père
Noël ne s’accompagne pas d’un contrôle de son
état de santé, et témoigne de sa
propre expérience dans ce domaine:
«J’étais embrassé ou pris dans les
bras à chaque occasion par des enfants au nez
morveux, et jamais on ne m’a donné quoi que ce soit
pour nettoyer mes joues entre les clients.»
Selon lui, on manque de recherches rigoureuses sur le fait
que le père Noël encourage des attitudes
néfastes pour la santé et sur le risque
infectieux que font encourir ses doublures. Et il propose
une nouvelle image du père Noël, un homme
mince qui fait du sport pour s’entraîner en
prévision du rude effort du 24 décembre.
CHAMPIGNONS SAUVAGES Hausse des cas d’intoxication au
Québec - Stéphanie Bérubé
«
Certaines espèces toxiques ressemblent à
d’autres comestibles. C’est très difficile de faire
la différence, à moins d’avoir une expertise
poussée », explique
l’épidémiologiste Sophie Gosselin.
Année après année, au Québec, la
cueillette de champignons gagne des adeptes. Ce n’est pas
sans risque : les cas d’intoxication sont à la hausse
et une mycologue amateur a perdu la vie à
Montréal, vendredi, après avoir
consommé des champignons hautement toxiques au
début du mois.
PHOTOPIERREMCCANN, ARCHIVES
LA PRESSE
On trouve de 20 à 25
espèces de champignons mortels au Québec.
Les plus courants sont les amanites, dont la vireuse et la
tue-mouches (notre photo).
Les morts liées à la consommation de
champignons sont extrêmement rares : ce n’est que la
deuxième officiellement répertoriée au
Québec. La première est survenue en 2004.
Cette fois, Judith Koritar, de Waterville, en Estrie, avait
mangé de gros champignons qu’elle avait cueillis sous
un arbre, à proximité de son domicile. Elle
les avait cuisinés le dimanche soir et s’est
trouvée très malade tôt le lendemain
matin. Une intoxication si grave que Mme Koritar,
âgée de 65 ans, a dû subir une
transplantation du foie quelques jours plus tard. Son
état s’est malheureusement
détérioré, notamment à cause de
complications aux poumons.
À l’hôpital Saint-Luc, où a
été traitée Judith Koritar, on admet
que des cas d’une telle gravité sont très
inhabituels, ici, parce que la récolte de champignons
n’est pas une activité courante. En Europe, par
exemple, on voit plus fréquemment des intoxications
très graves.
Espèces dangereuses
Il y a environ 3000 espèces de champignons
auQuébec. Une centaine sont dangereux et de 20
à 25 d’entre eux sont mortels, explique Gérard
Mathar, de Gaspésie sauvage, petite entreprise de
commercialisation de champignons forestiers
québécois. Les plus courants sont les
amanites, dont la vireuse et la tue-mouches, ce beau
champignon coloré qui est souvent
représenté dans les bandes dessinées.
Il existe plusieurs classes de champignons toxiques. Les
plus dangereux provoquent une insuffisance hépatique,
explique la Dre Sophie Gosselin, toxicologue au Centre
antipoison du Québec. Malheureusement, les cas
d’intoxication augmentent parce que la cueillette des
champignons est de plus en plus populaire, confirme la Dre
Gosselin. « Nous avons noté une hausse des cas
soupçonnés d’empoisonnement », dit cette
spécialiste, qui croit que certains cueilleurs
manquent de prudence. « Certaines espèces
toxiques ressemblent à d’autres comestibles,
dit-elle. C’est très difficile de faire la
différence, à moins d’avoir une expertise
poussée. »
Gérard Mathar, lui-même cueilleur aguerri,
approuve: la chasse aux champignons n’a rien de banal.
« Il y a une sorte d’engouement excessif depuis
quelques années et les gens se jettent sur les
champignons sans avoir les connaissances essentiel les ,
dit-i l. I ls sont habitués d’aller cueillir des
petits fruits et croient qu’on peut récolter les
champignons aussi facilement. »
« Certaines personnes vont jusqu’à goûter
à un champignon pour juger s’il est bon!
déplore Gérard Mathar. Ça n’a pas de
sens ! »
Champignons de pelouse
Les cas d’intoxication ne sont pas l’apanage des coureurs
des bois à la recherche d’espèces exotiques.
Le Centre antipoison du Québec doit aussi composer
avec des cas de maladies liées à la
consommation de champignons de pelouse, un
phénomène nouveau. « Il y a eu un
changement d’épidémiologie », explique
la Dre Sophie Gosselin. Ainsi, des champignons qui poussent
en milieu urbain et qui étaient autrefois
considérés comme inoffensifs peuvent
maintenant être vénéneux, explique la
spécialiste.
Les cas de consommation de ces champignons sont parfois
accidentels, comme ce fut le cas de deux fillettes de
Montréal qui ont dû subir un traitement de
décontamination préventif la fin de semaine
dernière après avoir consommé des
lépiotes de Josserand.
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les champignons de
pelouse sont plus dangereux qu’auparavant. Les changements
climatiques sont certainement en partie responsables de
l’apparition de nouvelles espèces, estime Sophie
Gosselin, ainsi que les voyages. « La terre se
déplace facilement d’un pays à l’autre,
explique la Dre Gosselin. La carte géographique des
champignons a beaucoup changé depuis quelques
années. »
« Le plus sage pour l es parents qui ont de j eunes
enfants, estime Gérard Mathar, est d’arracher les
champignons qui se trouvent sur le terrain de la maison,
pour éliminer les risques. »
QUELQUES RÈGLES POUR LA CUEILLETTE
1-Avant de
se lancer, il faut suivre un cours de mycologie donné
par un cercle de mycologie sérieux. On peut aussi
profiter des activités d’identification de ces
spécialistes pour apporter des champignons sauvages.
Ne jamais les consommer au préalable. 2-Il ne faut
pas se contenter d’un ou deux guides pratiques, mais se
documenter de plusieurs livres qui présenteront les
champignons adaptés au climat
québécois, des ouvrages abondamment
illustrés qui permettent d’avoir plusieurs photos de
la même espèce. 3-Mieux vaut se concentrer sur
quelques champignons facilement identifiables. Les
chanterelles communes, par exemple. Les autres, ceux qu’on
ne connaît pas, méritent d’être tout de
même photographiés. La cueillette est une
activité de respect de la nature, d’abord et avant
tout.
CRÈMES SOLAIRES Un produit chimique suscite des
questions
«
Beaucoup de gens peuvent qualifier l’oxybenzone d’un peu
douteux, mais il n’est pas nécessairement
problématique. Pour éliminer tout risque de
réaction allergique, il est
préférable d’utiliser un écran qui ne
contient pas ce produit. »
Prudence avec les crèmes solaires qui contiennent
de l’oxybenzone. Bien qu’il ne soit pas interdit, ce
produit chimique, ut i l isé dans la fabr ica t ion
d’écrans solaires destinés tant aux adultes
qu’aux enfants, suscite des inquiétudes.
Des études menées
sur des animaux ont démontré que
l’oxybenzone, contenu dans des crèmes solaires,
est un ingrédient hautement allergène.
Mais à ce jour, les risques pour l’humain n’ont
pas été clairement établis.
Des études menées sur des animaux ont
démontré que l’oxybenzone est un
ingrédient hautement allergène. Mais
surtout, ce filtre chimique traverse la barrière de
la peau pour pénétrer dans le corps. Il peut
se retrouver dans le sang et l’urine.
À ce jour, peu d’études ont toutefois
été menées sur des humains, encore
moins des études cliniques à grande
échelle. Les risques n’ont pas été
clairement établis.
D’ailleurs, ni Santé Canada ni la Food and Drug
Administration n’ont cru bon d’émettre un
avertissement toxicologique concernant ce produit. L’Union
européenne, en revanche, oblige les compagnies
à indiquer clairement sur le contenant que le
produit contient de l’oxybenzone.
Au début de l’été, le groupe a
mé r i c a i n Env i r on menta l Working Group a
relancé le débat en publiant une
évaluation de près d’un millier de produits
solaires sur son site internet.
Résultat : plusieurs ont été
jugés inadéquats, soit parce qu’ils
n’offrent pas de protection suffisante, soit parce qu’ils
contiennent certains ingrédients jugés
douteux, comme l’oxybenzone.
Faut-il s’en inquiéter et jeter les crèmes
qui en contiennent, surtout celles destinées aux
enfants ?
« Beaucoup de gens peuvent qualifier ce produit d’un
peu douteux, mais il n’est pas nécessairement
problématique. C’est certain que si quelqu’un a la
peau sensible et qu’il veut éliminer tout risque de
réaction allergique – c’est tout de même
clairement documenté –, il est
préférable d’utiliser un écran qui ne
contient pas ce produit », explique le Dr Ari
Demirjian, dermatologue à la Clinique privée
de dermatologie de Montréal.
On trouve deux types d’écrans solaires sur le
marché. Le premier, chimique, contient des
ingrédients comme l’oxybenzone. Le second,
plutôt qualifié d’écran physique, est
fait à base de dioxyde de titane.
«
C’est un choix personnel. La population doit en
être informée, mais ce n’est pas à
moi de dire de l’utiliser ou pas », dit le Dr
Demirjian.
Comme les enfants de moins de 2 ans sont les plus
sensibles, le médecin ajoute que les parents
inquiets qui veulent maximiser la protection et limiter
l’utilisation des produits chimiques peuvent utiliser un
écran physique.
Il reste que la meilleure façon de se
protéger du soleil est de porter un chapeau et
des vêtements longs, et d’enduire de crème
solaire les surfaces de peau qui restent
exposées, rappellent les dermatologues.
« Les écrans solaires sont efficaces et
sûrs; le problème, c’est que les gens ne
les utilisent pas assez et s’y fient trop »,
souligne le Dr Joël Claveau, dermatologue à
la Clinique du mélanome et des cancers
cutanés à l’Hôtel-Dieu de
Québec.
Il ne croit pas qu’il faille s’inquiéter de
l’oxybenzone. En fait, il faudrait plutôt
s’inquiéter de l’augmentation du nombre de
cancers de la peau. « Je vois passer de 25
à 30 nouveaux cas par semaine à mon bureau
», déplore le Dr Claveau.
L’été pluvieux n’arrange pas les choses.
Les gens ont l’impression qu’il n’est pas
nécessaire d’appliquer une protection solaire
lorsque le ciel est nuageux, ce qui est faux.
Danger dans les cabines
Par ailleurs, les cabines de bronzage figurent
désormais parmi les agents
cancérigènes les plus dangereux. Une
étude menée par le Centre international de
recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation
mondiale de la santé, révèle que le
risque de cancer de la peau grimpe de 75% chez les
personnes qui fréquentent les cabines de bronzage
avant l’âge de 30 ans.
Le risque que posent les cabines de bronzage et
l’exposition aux rayons ultraviolets est
désormais considéré comme aussi
élevé que l’arsenic, indique l’analyse,
publiée sur le site internet du magazine The
Lancet Oncology.
15 millions d’or manquent à la Monnaie
canadienne
— La Monnaie
royale du Canada pourrait avoir été victime d’un
vol d’or de quelque 15 millions de dollars, indique un rapport
d’audit rendu public hier.
La
Monnaie royale canadienne produit plus d’un milliard de
pièces par année dans son usine ultramoderne
de Winnipeg.
La Monnaie royale, qui frappe la monnaie du Canada et d’autres
pays, avait reconnu le mois dernier avoir perdu la trace d’une
quantité non précisée de métaux
précieux et avait commandé un audit externe.
Cette analyse, réalisée par le cabinet Deloitte
et Touche, conclut que 15,3 millions de dollars manquent
à l’appel et que cet « écart » entre
la quantité d’or figurant dans les coffres de
l’institution et dans ses livres ne relève apparemment
pas d’une erreur comptable ou de comptabilisation.
Cela confirme que la disparition de l’or pourrait être
due à un vol. Le gouvernement avait annoncé au
début du mois avoir demandé une enquête de
la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ce qui avait
déjà été interprété
par des membres de l’opposition comme un signe que la
disparition du métal précieux avait une origine
criminelle.
« Tu n’appelles pas la police montée si tu as un
problème comptable », avait lancé Thomas
Mulcair, numéro deux du Nouveau Parti
démocratique.
Dans un communiqué, la Monnaie royale du Canada (MRC)
dit cependant « n’être toujours pas en mesure de
confirmer s’il manque un volume physique d’or » dans ses
stocks.
Elle
précise que « tous les avoirs de (ses) clients et
les métaux précieux entreposés (dans ses
coffres) sont en lieu sûr et ont été
comptabilisés ».
Le rapport de Deloitte et Touche indique qu’il manque 17 500
onces troy d’or, soit environ 0,32% de la production de la MRC
pour l’exercice 2008.
Il recommande à la MRC de procéder à une
revue de ses opérations techniques et à un
examen comptable des périodes
précédentes, mais surtout de remanier sa
sécurité.
« Il faudrait revoir de façon plus approfondie la
sécurité des systèmes et évaluer
les risques d’activité inappropriée tant de la
part des ressources internes qu’externes »,
écrit-il diplomatiquement.
La Monnaie royale canadienne, société
d’État, a pour mandat de produire des pièces de
circulation et des pièces hors circulation pour le
Canada et d’autres pays et de gérer le système
de monnayage national. Elle indique produire plus d’un
milliard de pièces par année dans son usine
ultramoderne de Winnipeg.
La société fait régulièrement
l’objet d’une vérification pour assurer la transparence
de ses activités, « ce qui rend ses chambres
fortes d’autant plus sûres »,
précise-t-elle sur son site.
Disparition mystérieuse de lingots
La GRC
enquêtera sur le vol possible de métaux
précieux à la Monnaie royale canadienne
— Le gouvernement Harper veut que la GRC enquête sur ce
qui pourrait être le vol de près de 10 millions
de dollars en métaux précieux, comme de l’or et
de l’argent, à la Monnaie royale canadienne.
Le
Toronto Star a révélé hier que la
valeur des métaux manquants atteindrait 10 millions
de dollars. Les porte-parole officiels, comme le ministre
d’État responsable du Transport, RobMerrifield (notre
photo), ont refusé de le confirmer.
La semaine dernière, le producteur national de
pièces de monnaie a confirmé qu’il avait
demandé une enquête externe sur la
différence entre les quantités d’or, d’argent,
de platine et de palladium comptabilisées dans ses
livres et le stock contenu dans sa forteresse de la rue
Sussex, à Ottawa.
Jusqu’ici , ses porte-parole ont maintenu que cette
différence n’était peut-être due
qu’à une erreur comptable, et ont dit vouloir attendre
les résultats de l’enquête avant de sauter aux
conclusions. Or, pressé de questions depuis une semaine
par les partis de l’opposition à Ottawa, le
gouvernement a fini par annoncer hier qu’il avait
demandé que la Gendarmerie royale du Canada mette son
nez dans cette affaire.
« Ce matin, j’ai découvert que la Monnaie royale
ne sera pas capable de retrouver la trace de tout l’argent
perdu avec l’enquête, a admis le ministre d’État
responsable du transport, Rob Merrifield, à la
période de questions. J’ai donné l’instruction
à la Monnaie royale d’appeler la GRC en renfort, pour
qu’elle examine cette affaire de manière plus
complète. »
Le ministre d’État a aussi précisé que
les conclusions de l’enquête externe pourraient
être prêtes dès cette semaine et qu’il les
rendrait publiques sans délai.
L’opposition
sceptique
Mais les partis de l’opposition doutent de sa bonne foi. Selon
le député libéral Joe Volpe, le
gouvernement est au courant de la situation depuis plus
longtemps qu’il ne le laisse entendre. « C’est
incroyable que le gouvernement, qui était au courant
depuis quatre mois, se rende à l’évidence
seulement aujourd’hui, par rapport à une action que
nous réclamons depuis maintenant une semaine »,
a-t-il dit.
M. Volpe a affirmé que sept des neuf membres du conseil
d’administration de la société d’État
avaient été nommés par les conservateurs
et que le président était un ami proche du
ministre des Finances, Jim Flaherty. En plus de fabriquer et
de distribuer les pièces canadiennes de circulation
normale comme de collection, la Monnaie royale canadienne a
vendu 2,2 milliards de pièces à 12 pays en 2007.
Les autres partis ont joint leurs voix à celle du
député libéral pour dénoncer
l’incompétence du gouvernement dans le dossier. «
Ce gouvernement est une vraie passoire, a lancé la
députée du Bloc québécois
Christiane Gagnon. Un ministre oublie des documents secrets
chez sa copine. Une ministre égare ses documents dans
un studio de télévision et perd des cassettes
compromettantes et, pour couronner le tout, la Monnaie
canadienne ignore où sont passés des lingots
d’or valant des millions de dollars. Est-ce que le premier
ministre peut nous indiquer quel plan d’urgence il entend
mettre de l’avant pour freiner cette crise aiguë
d’incompétence? »
C’est le Toronto Star qui a révélé hier
matin que la valeur des métaux manquants atteindrait 10
millions de dollars. Le quotidien a cité des sources
anonymes. Les porte-parole officiels, comme le ministre
d’État Merrifield, ont refusé de le confirmer.
La société de la Couronne a connu peu de vols
depuis sa fondation, il y a 101 ans. Le dernier incident
notoire remonte à 1996. Un machiniste avait alors
dérobé huit barres d’or presque pur, qu’il avait
vendues 8000$. De ventes en reventes sur le marché
noir, la marchandise avait atteint un prix final de 40 000$.
Pour des raisons inexpliquées, la Couronne avait au
bout du compte laissé tomber les accusations de vol qui
pesaient sur lui.
Peur de l’avion: tes Ativan ou ma DS?
- Marie-Claude Lortie
Selon
« Le Point », on a 45 fois plus de risque de
mourir en voiture qu’en train et 90 fois plus qu’en avion.
C’est ce petit discours intérieur qu’il faut se tenir
quand on embarque en avion et qu’on a quelques sueurs
froides: « Ça serait bien pire, si je prenais
la voiture... »
« Ima g i ne z que c ’e s t comme un petit ruisseau
qui frappe un caillou », me lance le commandant Robert
Piché au bout du fil, alors que je l’implore de me
rassurer au sujet des turbulences, ces soubresauts qui me
donnent des frissons chaque fois que j’embarque dans un
avion.
Un ruisseau ? L’image est efficace. Le pilote, qui s’est
fait connaître en effectuant un atterrissage d’urgence
spectaculaire aux Açores, alors qu’il était
aux commandes d’un Airbus 330 d’Air Transat en 2001, en a vu
d’autres. Il parle d’un ton rassurant, presque
détaché. Il ne me dit pas « y’a rien
là », mais c’est tout juste. Je l’entends et
déjà je me sens mieux. Une bonne chose pour
lui puisqu’en marge de son travail de pilote, il donne
maintenant des séminaires pour aider les gens
à vaincre leur peur de l’avion. Il leur explique
notamment comment fonctionnent ces grosses bêtes, ce
qui aide à éteindre les craintes
irrationnelles.
« En 40 ans, ajoute le commandant Piché, j’en
ai vu seulement deux fois de la vraie turbulence. »
Bon, me voilà maintenant convaincue que la
troisième fois, ce sera quand je serai à
bord...
Si tout se passe comme prévu, quand vous lirez ces
lignes, je serai de nouveau sur la terre ferme. Mais entre
la rédaction de ce texte et votre lecture, il y aura
un moment difficile: un voyage en avion.
Sept longues heures suspendues dans les nuages que
j’espère passer profondément endormie mais
dont je sais que j’enregistrerai, même dans mon
sommeil, chaque soubresaut.
Apparemment, je n’ai pas tant la phobie de l’avion qu’un
petit stress post-traumatique. Mon cas ne doit pas
être très grave, car mon envie de voyager est
plus forte que mes inquiétudes, comme c’est le cas
pour bien des gens. Mais les souvenirs de trois très
mauvaises expériences me hantent et me replongent
dans ma peur chaque fois que je sens le lourd caisson de
métal qui me transporte avoir un petit hoquet.
Depuis l ’accident survenu au début du mois de juin,
sur le vol d’Air France Rio-Paris, sans parler de celui qui
est arrivé la semaine dernière sur Yemenia
Airlines, je me suis rendu compte que je n’étais
vraiment pas toute seule. Ces derniers incidents ont
déclenché, on dirait, une sorte de ronde de
confessions autour de moi. Même des gens calmes et
sereins ont développé une petite crainte de
l’avion. Rien de phobique, mais un inconfort,
La peur en avion n’est pas exactement anormale, m’explique
Andrée Letarte, psychologue au département des
troubles anxieux et de l’humeur à l’hôpital
Louis-HippolyteLafontaine.
Philo-génétiquement, nous ne sommes pas
programmés à être assis dans le ciel, en
mouvement. « Il est normal d’être
déstabilisé », ditelle. Une fois cela
reconnu, il faut aussi admettre que prendre l’avion n’est
pas dépourvu à 100% de danger. Oui, il y a des
je dirais, appelant même parfois les anxiolytiques.
Il faut
dire qu’on est au début de l’été et que
bien des familles partent en voyage en avion et que la
question se pose: quoi fai re quand on meurt d’envie d’aller
en Provence ou en Catalogne et qu’on a peur de voler ? Le
timing pour les deux crashs, juste avant les vacances,
n’était pas génial. accidents et quand il y en
a, ce n’est pas drôle.
Sauf que, et c’est là la clé de la gestion de
notre inconfort, il faut aussi comprendre que le risque est
très faible. Tellement faible qu’il se compare
avantageusement à celui que l’on prend chaque fois
que l’on prend la voiture.
Chaque a nnée, l i sa i s - j e récemment dans
Le Point, il y a au total plus de deux milliards de
voyageurs suspendus dans le ciel. Oui, chaque mort dans un
écrasement est 100% mort. Mais c’est quand même
une bien petite proportion. Toujours dans Le Point: on a 45
fois plus de risque de mourir en voiture qu’en train et 90
fois plus qu’en avion.
C’est ce petit discours intérieur qu’il faut se tenir
quand on embarque en avion et qu’on a quelques sueurs
froides : « Ça serait bien pire, si je prenais
la voiture... »
Il y a toutes sortes de façons de réapprendre
à penser quand on embarque dans un avion, continue
Mme Letarte, et des psychologues peuvent aider les gens qui
en sentent le besoin.
Mon truc : me répéter que l’auto c’est pire,
ensuite dormir évidemment si possible, mais sinon,
jouer à un jeu vidéo. Quand je suis sur ma DS
– je suis pas mal certaine qu’une PSP aurait le même
effet –, c’est bizarre, mais mon cerveau arrête de
penser à autre chose. Parfois l’agent de bord vient
me chicaner et me dire de l’éteindre au
décollage et à l’atterrissage. Quand je leur
explique le problème, ils me laissent tranquille.
Brain Age, Super Mario... Non, ça ne fa i t pas
sérieux.
Mais je vous ça marche.
t rès
le dis,
L’Airbus de Yemenia - Mario Roy
Un
deuxième avion à s’abîmer en mer en
quelques semaines vient de causer la mort de 152 de ses 153
passagers et membres d’équipage; seule une adolescente
a survécu (photo), projetée hors de la carlingue
lors de l’impact puis repêchée dans les eaux de
l’océan Indien. On se souvient qu’un appareil d’Air
France a connu le même sort au large du Brésil,
il y a unmois, la tragédie faisant 228 victimes.
Cette fois, l’appareil perdu est celui du transporteur Yemenia
qui, tout récemment, a eu maille à partir avec
les autorités françaises responsables de la
sécurité aérienne.
L’Airbus 310 incriminé, l’un des 12 avions
exploités par la firme yéménite, a
été interdit d’atterrissage en France en raison
de problèmes techniques relevés en 2007.
Construit en 1990, il avait accumulé 52 000 heures de
vol (ce qui n’est pas dangereux en soi, mais demande un
entretien plus strict). De fait, les passagers du vol de lundi
étaient partis de Paris ou Marseille sur un A330 avant
de changer d’appareil à Sanaa pour voler ensuite vers
les Comores à bord de l’A310 en question.
Également, Yemenia a souvent fait l’objet de plaintes
de sa clientèle en raison de son service erratique, des
conditions d’hygiène déficientes et du «
sentiment d’insécurité » (rapporte un
client à la chaîne France 24) prévalant
à bord de ses avions.
Yemenia était donc sous surveillance, sans toutefois
faire partie des 200 compagnies aériennes, en
majorité africaines, placées sur la liste noire
leur interdisant l’espace aérien européen.
Bien sûr, on ne sait pas encore ce qui s’est produit.
Mais, si toute
tragédie aérienne consterne, le moindre
soupçon concernant l’éventuelle
négligence d’un transporteur en matière de
sécurité terrorise littéralement. L’acte
de foi et de confiance que chacun fait lorsqu’il monte
à bord d’un avion est incompatible avec ce genre de
doute et de méfiance.
En Europe, on a tout de suite réagi.
Le commissaire aux Transports de l’Union européenne,
Antonio Tajani, a proposé que la liste noire
européenne soit désormais mondiale. Mais
plusieurs doutent de l’efficacité d’une telle liste:
les transporteurs visés sont en général
obscurs, ne volent que localement et fréquentent peu
les grands aéroports internationaux. Une
stratégie alternative consisterait à consentir
davantage d’assistance technique aux transporteurs et aux
aéroports des pays émergeants, tout en
accroissant les contrôles exercés par
l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Bref, le débat est à faire. Et le Canada doit y
participer.
Certes, aucun transporteur d’ici ne se trouve sur la liste
noire européenne et leur cote de sécurité
est élevée. Mais les Canadiens voyagent (de
fait, une Canadienne se trouvait à bord du vol 626 de
Yemenia). Et, notamment par la grâce de vols de
correspondance discrètement sous-traités, ils
peuvent se retrouver à voler sous des pavillons plus ou
moins obscurs et susceptibles de réserver des
surprises.
Si le terme de mondialisation a un sens, c’est bien en
matière de sécurité aérienne :
personne n’y échappe.
CRASHAU LARGEDES COMORES Bahia, la rescapée,
rentre en France
CRASHAU LARGEDES COMORES Bahia, la rescapée,
rentre en France
Un oeil clos,
une voix très faible, un visage tuméfié,
les images de Bahia Bakari, 12 ans, la rescapée du vol
626 de la compagnie Yemenia qui s’est abîmé mardi
au large des Comores, ont suscité grande
curiosité et vives critiques dans le monde hier.
Les images d’une – très courte – entrevue avec
l’adolescente ont été diffusées hier sur
France 2; elles ont été captées dans
l’avion qui a ramené hier Bahia Bakari en France. La
jeune fille, visiblement exténuée, est
cadrée en très gros plan. « Comment tu te
sens ? » demande une journaliste. « Bien »,
répond faiblement Bahia. « Comment s’est
passé le voyage? » « Ça va. »
« C’est pas trop long? » « Non. »
« Tu es émue? » demande le médecin
qui l’accompagne. « Un petit peu, un petit peu »,
répond Bahia. « Ton papa t’attend. »
« Je sais. »
Les réactions d’indignation de
téléspectateurs ont commencé à
fuser sur le site de France 2, accusant la télé
publique française d’avoir versé dans le
sensationnalisme en exploitant la faiblesse de la
rescapée. France 2 s’est expliquée sur son site
en révélant dans quel contexte ont
été prises les images (voir capsule).
Durant le voyage, l’adolescente a évoqué
l’accident et raconté que « des consignes ont
été données, elle a senti comme de
l’électricité puis un grand bruit et elle s’est
retrouvée à l’eau », a rapporté le
secrétaire d’État français à la
Coopération, Alain Joyandet, présent dans
l’avion qui ramenait la jeune fille.
Bahia Bakari a ainsi retrouvé son père, qui
était resté dans la demeure familiale de
Corbeil-Essonne (à 40 km au sud de Paris), lorsque sa
mère et elle ont pris l’avion pour les Comores,
où elle devait passer l’été. Le corps de
sa mère n’a pas été retrouvé, la
jeune fille en a été informée avant de
rentrer en France. Le père, Kassim Bakari, a
déclaré être « partagé entre
le soulagement et le chagrin » en retrouvant Bahia,
puisqu’il a perdu sa femme dans l’accident.
Les
médecins de l’hôpital parisien qui ont
examiné Bahia à son retour ont
déclaré qu’elle souffre de « contusions
multiples de gravité modérée » et
« de brûlures nécessitant une prise en
charge spécialisée ». « Ces
traumatismes multiples ne menacent pas, a priori, le
pronostic vital », ont-ils ajouté. La jeune
fille, qui a survécu en s’accrochant durant une
douzaine d’heures à un morceau du fuselage, souffre
également d’une fracture de la clavicule et de
brûlures aux genoux.
Elle est vraisemblablement la seule survivante du crash.
Hier, l’armée française a indiqué que
les opérations de recherche se concentrent «
sur une zone de dérive, où l’on voit de moins
en moins de choses, les débris ont tendance à
s’éparpiller », selon l’AFP. Mardi, un avion
militaire avait repéré une balise de
détresse et de nombreux débris, parmi lesquels
« des hublots, une roue de l’avion, des morceaux de
carlingue », qui n’ont pas été
retrouvés depuis.
Le Yémen se défend
La compagnie aérienne Yemenia a suspendu hier la
liaison Marseille– Sanaa « pour une durée
indéterminée ». Hier, le ministre du
Transport du Yémen, Khaled al-Wazir, s’est dit
« surpris » par « les jugements
anticipés » portés sur les causes de
l’accident « avant la publication des résultats
de l’enquête en cours ». Les autorités
françaises et des membres de la communauté
comorienne de France ont mis en cause l’état de
l’appareil – qui faisait la liaison Sanaa– Moroni et qui
avait été interdit sur le sol français
– et des défauts de maintenance.
Le président français Nicolas Sarkozy a repris
hier l’appel à une « liste noire mondiale
» des compagnies aériennes. « Des mesures
avaient été prises en France.
Incontestablement, il faut maintenant qu’il y ait une
réglementation mondiale pour qu’une compagnie
classée dangereuse ne puisse transporter des
passagers nulle part dans le monde », a-t-il dit.
Comme il l’avait fait après le crash du vol d’Air
France au large du Brésil il y a un mois, Nicolas
Sarkozy a assisté hier soir à une
cérémonie religieuse à la
mémoire des victimes, cette fois-ci à la
Grande Mosquée de Paris. Le Conseil français
du culte musulman a demandé que la «
prière de l’absent » soit dite dans toutes les
mosquées de France aujourd’hui après la grande
prière de midi, en l’honneur des victimes.
« Nous naviguons sur une mer de
débris »
L’empennage de
l’Airbus a été récupéré ainsi
que 24 des 228 victimes
— Les équipes fouillant la zone où le vol AF447
Rio-Paris d’Air France se serait abîmé, au large du
Brésil, ont retrouvé hier un grand morceau de la
queue de l’appareil, une découverte qui pourrait
permettre d’affiner les opérations de recherche des
boîtes noires. L’armée brésilienne a
annoncé que 24 corps avaient désormais
été repêchés dans l’Atlantique.
Des
matelots de la marine brésilienne
récupèrent des débris de l’Airbus d’Air
France qui s’est abîmé en mer la semaine
dernière. Évidemment, ont dit hier les
autorités, priorité est donnée à
la récupération des corps des victimes.
Les équipes de recherche ont également
aperçu deux sièges et d’autres débris
portant le logo Air France et récupéré des
dizaines de composants structurels de l’appareil. Ils avaient
déjà repêché des fragments d’aile et
plusieurs centaines d’objets personnels qui auraient appartenu
aux passagers.
« Nous naviguons sur une mer de débris », a
déclaré un membre de l’équipage de la
frégate brésilienne Constituiçao, au
quotidien brésilien O Globo.
Le colonel de l’armée de l’air brésilienne Henry
Munhoz a annoncé que 8 corps supplémentaires
avaient été retrouvés hier, portant
à 24 le nombre de corps récupérés.
Les 8t corps ont été retrouvés dans la zone
où 16 autres avaient été
récupérés depuis samedi, à environ
640 km au nord-est de l’archipel de Fernando de Noronha, au
large de la côte nord du Brésil, et environ 70 km
de la position depuis laquelle l’avion avait envoyé des
messages signalant des pannes électriques et une
dépressurisation de la cabine.
Les navires
militaires brésiliens et français présents
sur zone ont récupéré jusqu’ici de nombreux
débris de l’Airbus A330 d’Air France qui s’est
abîmé dans l’océan avec 228 personnes
à bord dans la nuit du 31 mai au 1er juin pour des
raisons encore inconnues.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a
promis que son pays ferait tout son possible pour
récupérer les corps et les rendre à leurs
familles. « Nous savons combien il est important pour les
familles de récupérer l’être cher »,
a-t-il déclaré hier dans son émission
hebdomadaire radiophonique.
Les efforts se portent en particulier sur la l’emplacement des
boîtes noires, dont les enregistrements devraient
permettre de percer le mystère de la catastrophe. Le
sous-marin nucléaire français Émeraude,
attendu dans la zone de recherches demain, tentera avec ses
puissants sonars de « repérer les signaux
émis par les boîtes noires », a
expliqué le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck,
porte-parole de l’état-major des armées
françaises.
Le navire océanographique français Pourquoi pas
est lui aussi en route vers le secteur du crash, avec la mission
de récupérer les enregistreurs « dès
lors que l’Émeraude aura localisé leur position
précise », selon le porte-parole.
Les recherches se concentrent sur une zone au milieu de
l’Atlantique de plusieurs centaines de kilomètres
carrés, à 650 kilomètres au nord-est de
l’archipel brésilien de Fernando de Noronha, qui est
situé au large de la côte nord du Brésil.
Les corps et les débris repêchés devaient
être acheminés à Fernando de Noronha. Ils
seront ensuite transportés à Recife pour
identification.
15 nouveaux corps sont retirés des eaux
— Après
cinq jours de vaines recherches au milieu de l’océan,
la petite armada internationale déployée
à quelque 1100 km de la côte brésilienne a
commencé au cours des 24 dernières heures
à récupérer les premiers débris de
l’Airbus A330 du vol AF 447 RioParis qui s’est
abîmé avec 228 personnes à bord il y a une
semaine. Dix-sept corps (dont 15 hier) ont été
retirés des eaux de l’Atlantique.
Si la catastrophe était encore inexpliquée, des
informations convergentes ont mis de plus en plus
précisément en cause les systèmes de
mesure de la vitesse des Airbus A330.
« Un total de 17 corps ont été
repêchés ainsi que des dizaines de composants
structurels de l’avion », a dit le porte-parole de
l’armée de l’air, le lieutenantcolonel Henry Munhoz.
Le porte-parole a précisé que neuf corps avaient
été recueillis pa r la f réga t e
bré s i l ienne Constitucão et huit par la
frégate française Ventôse.
« Les pièces récupérées de
l’avion sont des pièces importantes qui confirment
qu’elles proviennent de l’Airbus » et certaines portent
le logo d’Air France, a déclaré le porte-parole.
Auparavant, il avait indiqué que « des centaines
d’objets » comme des sièges et des masques
à oxygène avaient été
repérés.
La plupart des
corps et des débris ont été recueillis
à environ 1150 kmde la ville de Recife, sur la
côte nord-est du Brésil. Les corps n’arriveront
que demain dans l’archipel de Fernando de Noronha. Ils seront
ensuite transportés en avion à l’Institut
médico-légal de Recife, où une morgue a
été installée.
Si les recherches sur le terrain progressaient,
l’enquête menée par les experts français
semblait elle aussi avancer.
À Paris, le secrétaire d’État f r a
nç a i s de s T r a nspor t s , Dominique Bussereau, a
réitéré que « pour l’instant, on ne
peut vraiment privilégier aucune hypothèse
».
Mais il a détaillé l’enchaînement de
circonstances techniques ayant pu provoquer la catastrophe. Si
les capteurs de vitesse gèlent au moment où
l’avion traverse « une zone très humide, une zone
très dépressionnaire, une zone de turbulences
», ils n’indiquent plus la vitesse, a-t-il dit.
Cela peut provoquer « une sous-vitesse, qui peut
entraîner un décrochage, ou une survitesse, qui
peut entraîner une déchirure de l’avion »,
a expliqué le secrétaire d’État.
Air France a fait savoir samedi qu’elle avait
accéléré depuis le 27 avril son programme
de remplacement de sondes anémométriques dans
ses avions A330 et A340 et a révélé que,
depuis mai 2008, « des incidents de pertes d’information
anémométrique en vol en croisière »
sur des A340 et des A330 avaient été
constatés. Selon l’hebdomadaire français Journal
du dimanche, de tels problèmes avaient
été repérés sur l’Airbus A330
dès 1996.
Mystère aérien au dessus de
l'Atlantique : FOUDROYÉ?
L’hypothèse d’Air France laisse
les experts de glace
«Je ne me souviens pas qu’il y ait jamais eu un accident
lié au phénomène [de la foudre]. » —
Jules O’Shea, professeur à l’École polytechnique
Un éclair peut-il causer la perte d’un avion dernier cri
en plein vol? La question s’est posée hier après
que les dirigeants d’Air France eurent évoqué la
possibilité que la foudre soit liée à la
disparition d’un Airbus au large des côtes africaines
hier. Cependant, les experts ont mis bien peu de temps à
douter de cette première hypothèse.
Des
parents et amis de passagers du vol AF 447
pénètrent dans le « centre de crise
» aménagé à leur intention à
l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Paris.
« La foudre frappe souvent les avions et je ne me souviens
pas qu’il y ait jamais eu un accident lié au
phénomène, a noté hier Jules O’Shea,
professeur en génie électrique à
l’École polytechnique de Montréal. Les avions sont
conçus pour que la charge [d’un éclair] soit
répartie également sur tout le fuselage, qui sert
de coquille à l’appareil. Les passagers ne ressentent pas
de choc électrique. » Dans la plupart des cas,
croit le professeur, la foudre laisse quelques marques sur le
fuselage. Ces dernières sont réparées par
les compagnies aériennes au retour au sol. « Mais
ça n’arrête pas un vol », a-t-il
ajouté.
Pilote de ligne et journaliste spécialisé en
aviation, JeanChristophe Lamy abonde. « La thèse
d’un éclair puissant qui a pu détruire à
lui seul un avion n’est pas du tout plausible. Cependant, il se
peut que la foudre fasse partie d’une série de
circonstances qui ont mené à l’accident »,
a-t-il souligné. Ce fut notamment le cas en 1963 quand la
foudre a mis le feu aux vapeurs de kérosène d’un
avion de la compagnie Pan Am. Survenue au Maryland, l’explosion
qui en a résulté a tué 81 personnes et
entraîné de nouvelles mesures de
sécurité.
Peu de détails, bien du mystère
Pour le moment,
Air France a laissé filtrer bien peu de détails
sur les circonstances de la tragédie aérienne
impliquant un Airbus A330, un appareil récent qui n’a
jamais connu d’accident. Le directeur général de
la comse trouvait dans un secteur de l’Atlantique Sud
particulièrement enclin aux orages et aux cyclones,
surnommé « pot en noir » par les
météorologues français. Quelque 14 minutes
plus tard, le système informatisé de l’appareil
envoyait un message à la compagnie aérienne
annonçant des pannes électriques multiples.
L’avion a ensuite disparu, sans que ses balises de
détresse, conçues pour annoncer une situation de
danger ou un écrasement imminent, n’émettent de
signal.
« C’est de la spéculation, mais il se peut qu’un
éclair ait conduit à une panne électrique
et que le pagnie aérienne, Pierre-Henri Gourgeon, a
précisé hier soir que son organisation attendait
les résultats d’une enquête. Mais
déjà, quelques éléments
d’information rendus publics hier faisaient l’objet d’analyses.
Le commandant de bord du vol 447 a signifié à une
tour de contrôle qu’il traversait une « zone
orageuse avec de fortes turbulences » à 2h GMT
alors qu’il radar ait été touché. Dans ces
circonstances, il se peut qu’il ait été difficile
d’éviter un nuage dangereux, comme un cumulonimbus. Ces
nuages peuvent mener à la désintégration
d’un avion, puis à la perte de contrôle », a
avancé Jean-Christophe Lamy, en expliquant que les
pilotes apprennent dès les premiers jours de leur
entraînement à éviter ces nuages très
instables. « Ce sont de véritables monstres »
faits de vents contraires et de morceaux de pierre et de glace,
a noté le pilote.
Jules O’Shea, quant à lui, évoque la
possibilité d’une chute de l’avion causée par des
couches d’air superposées se déplaçant dans
des directions opposées. « Quand l’avion passe
entre ces couches, c’est là qu’il peut subir un
décrochage et tomber de 5000 à 6000 pieds.
Peut-être que dans ce cas-là, le décrochage
a été beaucoup plus grave », conjecture
l’ingénieur, en rappelant qu’en avril, un vol d’Air
Canada, faisant la navette entre Sydney et Vancouver, a dû
atterrir d’urgence après avoir subi de telles
turbulences.
Le mystère qui entoure la disparition de l’Airbus d’Air
France rappelle cependant à l’expert en commande de vol
un autre épisode beaucoup plus noir de l’aviation
canadienne : celui du vol 182 d’Air India qui, en 1985, est
parti de Toronto en direction de Bombay, mais ne s’y est jamais
rendu. Au début, les autorités avaient
rapporté une disparition avant de confirmer qu’une bombe
avait explosé, causant la mort de 329 personnes. «
Mais il n’y a pas assez d’éléments pour le moment
qui permettent d’aller vers cette thèse », a conclu
M. O’Shea.
DES DÉBRIS D’AVION RETROUVÉS
- Marc Thibodeau
L’espoir
auquel s’accrochaient certains proches des passagers du vol
447 d’Air France s’est évanoui, hier, alors que
l’armée brésilienne a retrouvé des
débris de l’Airbus flottant à la surface de
l’Atlantique. À l’aéroport
Pierre-Elliott-Trudeau, la tragé
L’armée de l’air brésilienne a retrouvé
hier des débris d’avion répartis sur une
distance de cinq kilomètres au milieu de l’océan
Atlantique, dans la zone où aurait disparu l’Airbus
A330 d’Air France parti dimanche de Rio de Janeiro.
Le ministre de la Défense du Brésil, Nelson
Jobim, a affirmé, lors d’une conférence de
presse tenue en après-midi, que les débris
provenaient « sans aucun doute » de l’appareil
recherché.
Un porte-parole de l’armée, Jorge Amaral, avait
précisé, plus tôt dans la journée,
qu’un siège d’avion, une bouée, un
récipient et des traces de carburant avaient
été identifiés en matinée par un
des appareils participant aux efforts de recherche.
Le porte-parole avait souligné, quelques heures avant
l’intervention du ministre, qu’il ne serait pas possible de
confirmer qu’il s’agissait bien de composantes de l’appareil
disparu avant qu’une pièce avec un numéro
d’identification ne soit retrouvée.
La position des débris, à 650 kilomètres
au nord-est de l’île de Fernando de Norohna, pourrait
signifier que l’appareil a tenté de changer de cap
avant de disparaître.
Une demi - douz a i ne de pays ont fourni des appareils pour
soutenir les recherches, appuyées notamment par les
États-Unis.
Le président américain, Barack Obama, a
assuré, dans une entrevue accordée à la
télévision française, que son pays
fournirait « toute l’aide nécessaire » pour
trouver ce qui s’est passé.
« Chaque fois qu’il y a une catastrophe aérienne,
nous sommes tous très préoccupés »,
a indiqué le dirigeant américain, attendu samedi
en France pour marquer le 65e anniversaire du
débarquement de Normandie.
Le
gouvernement français avait annoncé qu’il
demanderait de bénéficier des capacités
satellitaires du Pentagone.
Spéculations
En marge des recherches, les spéculations allaient bon
train sur les causes possibles de l’accident.
Lundi, un porte-parole d’Air France avait
déclaré que l’appareil avait «
vraisemblablement » été foudroyé
dans une zone orageuse, subissant une panne de système
électrique. L’hypothèse a cependant
été mise en doute par plusieurs
spécialistes qui insistent sur le fait que les avions
sont conçus pour résister à la foudre.
Leministre français responsable des Transports,
Jean-Louis Borloo, a déclaré que les experts du
Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la
sécurité de l’avion civile ne croyaient pas
qu’un simple foudroiement, « quelque chose de
relativement classique en aéronautique, aurait pu
créer la perte de l’appareil ».
«Il faut vraiment qu’il y ait eu
unesuccessiond’événementsextraordinaires pour
pouvoir expliquer ou tenter d’expliquer cette situation
», a souligné le ministre, en précisant
que la découverte des boîtes noires de l’appareil
était une « priorité absolue ».
Bien que M. Borloo ait déclaré lundi que la
piste terroriste était écartée, le
ministre de la Défense, Hervé Morin, a
indiqué hier qu’il était prématuré
de tirer des conclusions à ce sujet. « On n’a pas
le droit d’exclure par définition l’acte terroriste
puisque le terrorisme, c’est la menace principale pour
l’ensemble des démocraties occidentales », a-t-il
déclaré, en prenant soin de préciser
qu’aucun élément ne venait étayer cette
hypothèse pour l’instant.
Le quotidien Le Parisien a indiqué que la direction
antiterroriste de la police judiciaire avait été
chargée de passer au peigne fin la liste des passagers
pour identifier de possibles suspects. « Notre seule
certitude, c’est qu’il n’y a pas eu d’appel de détresse
envoyé par l’avion, mais des alertes automatiques
régulières pendant trois minutes, indiquant la
mise hors service de tous les systèmes », a
résumé le premier ministre français,
François Fillon.
L’avion se serait
désintégré en vol
— Les
messages émis par le vol AF447 avant sa disparition
laissent penser qu’il s’est probablement
désintégré dans le ciel avant de tomber
dans l’Atlantique, selon une source au sein de
l’aéronautique ayant connaissance de l’enquête.
Seule une partie des messages émis par l’appareil
avant sa disparition a été rendue publique.
Mais une chronologie détaillée a
été publiée hier par le quotidien
brésilien O Estado de S. Paulo, qui cite une source
non identifiée au sein d’Air France. Ces informations
ont été confirmées à
l’Associated Press par une source au sein de
l’aéronautique ayant connaissance de l’enquête.
D’après les informations confirmées par cette
source, le pilote a envoyé un signal manuel à
23h, heure locale indiquant qu’il traversait une zone de
cumulonimbus noirs chargés
d’électricité qui s’accompagnait de vents
violents et d’éclairs. Dix minutes plus tard, une
cascade de problèmes aurait commencé,
d’après la rafale de messages automatiques
envoyés par l’avion, selon cette source.
Ils
montreraient notamment que le pilote automatique s’est
désengagé, qu’un système informatique
clé est passé en mode d’alimentation de
secours et que les moyens de contrôle
nécessaires pour assurer la stabilité de
l’avion étaient endommagés. Une alarme
montrerait également la dégradation des
systèmes de vols.
Trois minutes plus tard, selon cette source, de nouveaux
messages automatiques auraient signalé une
défaillance des systèmes de contrôle de
la vitesse, l’altitude et la direction. Le contrôle du
principal ordinateur de vol, entre autres, est
également tombé en panne.
Le dernier message automatique, à 23h14, indiquerait
une dépressurisation de la cabine et une
défaillance électrique totale, des
événements catastrophiques dans un avion qui
plongeait déjà vraisemblablement vers
l’océan, selon cette source. « Cela ressemble
clairement au scénario de l’avion qui se
désintègre », a expliqué ce
responsable à l’Associated Press. « Nous ne
savons seulement pas pourquoi, mais c’est ce que
l’enquête montrera. »
Radars photo : La période de clémence
est finie - Tristan Péloquin
Fini la
période de grâce. Après trois mois
de rodage, les policiers québécois ont
cessé ce matin de distribuer de simples
avertissements aux automobilistes pris par l’un des 15
radars photo installés dans la province. À
partir de maintenant, les délinquants recevront
par la poste de vraies contraventions, payables en
argent bien réel.
À S. O. S. Ticket, firme montréalaise
spécialisée dans la contestation de
contraventions, on attend de pied ferme les
premières contraventions délivrées
par ces « policiers robots ». « Nous
avons des techniciens qui ont étudié le
fonctionnement de ces systèmes. Nous attendons
juste que ça nous tombe dessus pour mettre leur
fiabilité à l’épreuve ( devant les
t r ibunaux) » , affirme Alfredo Munoz, le
président de la firme.
Pour l’heure, une quinzaine de ces appareils ont
été installés à des endroits
stratégiques, dans la grande région
montréalaise, en Montérégie et dans
Chaudière-Appalaches. Certains de ces appareils
sont fixes et surveillent les véhicules qui
brûlent un feu rouge ou qui commettent des
excès de vitesse. Les autres, qui sont mobiles,
sont installés à bord de camionnettes et
surveillent exclusivement les excès de vitesse.
Les conducteurs qui se font pincer par ces appareils
peuvent les reconnaître au puissant flash lumineux
qu’ils émettent pour éclairer la plaque
d’immatriculation qu’ils photographient.
Hier matin, rue Notre-Dame, àMontréal, la
Sûreté duQuébec terminait d’ailleurs
une séance de formation auprès
d’opérateurs de ces systèmes. « Il y
a eu une première séance de formation
avant de démarrer le projet; maintenant, nous
procédons à une formation d’ajustement
», a indiqué le sergent Éric
Ouellet, responsable des opérations mobiles de
surveillance à la SQ. Au total, les policiers
chargés des radars photo ont reçu quatre
jours de formation.
Depuis
le début du projet pilote, il y a trois mois, les
corps policiers participants ont envoyé un total
de 11 274 lettres d’avertissement à des
conducteurs, soit pour excès de vitesse, soit
pour avoir brûlé un feu rouge.
Même s’il est encore trop tôt pour tirer les
conclusions définitives du projet pilote, le
ministère des Transports estime que les
excès de vitesse ont diminué de 44% dans
les zones où ont été
installés les radars photo. Les grands
excès de vitesse (40 km/h de plus que la limite
permise dans une zone de 60 km/h, et 60 km/h de plus
dans une zone de 100) ont quant à eux
diminué de 94%, et le non-respect de feux rouges
a diminué de 77%.
Dans tous les cas, la présence d’un radar photo
ou d’un appareil de surveillance aux feux rouges est
clairement indiquée par une série de
panneaux routiers. Le ministère des Transports et
les corps policiers refusent cependant de
dévoiler quel sera leur degré de
tolérance pour les excès de vitesse
captés par les radars photo. Certains pays, comme
l’Allemagne et l’Australie, reconnaissent publiquement
qu’ils règlent les appareils pour qu’ils
tolèrent une vitesse de près de 5 km/h
supérieure à la limite permise. En France,
on ne tolère aucun excès.
Le projet pilote prendra fin dans 18 mois. Au terme des
essais, ce sera aux élus de l’Assemblée
nationale de se prononcer sur la pertinence de garder ou
non ces appareils sur nos routes.
Pour obtenir plus d’information au sujet des radars
photo et des appareils de surveillance aux feux rouges,
les automobilistes sont invités à
consulter le site web mis sur pied par le
ministère des Transports :
L’AUTO, CE JOUETDANGEREUX
- Tommy Chouinard
Le car
surfing qui fait une autre victime. Une vidéo qui
montre un enfant de 7 ans conduire le véhicule
familial. Des reportages dans tous les médias qui
dressent le bilan routier des vacances de la
construction. Et le Tout-Montréal qui rêve
d’un retour p
« Les gens constatent que ce n’est pas la
fatalité qui entraîne des morts sur les
routes, mais que c’est à cause de gestes
inconvenants de notre part. »
QQuel
PHOTO PATRICE LAROCHE,
LE SOLEIL
Jean-Marie De Koninck recommande
notamment que les jeunes obtiennent leur banque de 15
points d’inaptitude de façon très
progressive.
lien faites-vous entre les accidents mortels de car
surfing et cette vidéo qui montre un enfant de 7
ans au volant du véhicule familial ? R Ce que je
remarque surtout, c’est la réaction de la
population. Elle trouve dans les deux cas que c’est
inacceptable. À force de mettre la
sécurité routière sur la place
publique depuis trois ans, ça a donné des
résultats. Les gens constatent que ce n’est pas
la fatalité qui entraîne des morts sur les
routes, mais que c’est à cause de gestes
inconvenants de notre part. Vous savez, 80% à 90%
des accidents sur la route pourraient être
évités. Et les gens s’en rendent compte.
QIl
n’en demeure pas moins que, malgré les campagnes
de prévention, des jeunes font du car surfing et
un père place son enfant derrière le
volant. R Les gens prennent parfois leur voiture pour un
jouet. Ils veulent avoir du plaisir. Les jeunes
utilisent la voiture pour se valoriser. Et il y a le
fameux effet grégaire, l’effet de groupe.
Ça se produit davantage chez les jeunes. Il y a
eu beaucoup de progrès contre l’alcool au volant
chez les jeunes. Ceux de 18 ans sont les plus grands
utilisateurs de chauffeur désigné, alors
que les adultes sont plus réticents à se
faire reconduire. Je l’ai vu dans les bars de jeunes.
Ils planifient leurs sorties pour qu’il y en ait un qui
boive du jus d’orange ou autre chose. Sauf qu’il arrive
que, quand ils sont dans des partys exceptionnels, des
bals de diplômés par exemple, donc pas la
sortie traditionnelle du samedi soir, ils perdent la
tête. Ils veulent montrer qu’ils sont meilleurs
que les autres. Ça leur monte à la
tête. Ils perdent les pédales. QL’auto
devient un jouet, une façon de se faire valoir ?
R Pour les jeunes, l’auto, c’est un sentiment de
puissance, de liberté, de plaisir, d’autonomie.
Ça fait partie du bris du cordon ombilical.
À l’adolescence, les jeunes essaient le plus
possible de prendre leurs distances avec leurs parents.
Ils sentent le besoin de se détacher de la
famille, et la voiture contribue à cela. QL’auto
est aussi un symbole de liberté chez les
personnes âgées. Les aînés qui
perdent leur permis perdent aussi leur autonomie. R
C’est un parallèle intéressant. Les
personnes âgées, quand elles perdent leur
permis, c’est dramatique. Ça représente
beaucoup pour elles. QQue
doit-on
faire de plus pour éviter que des jeunes
n’utilisent l’auto comme un jouet ? R Le car surfing,
c’est une question d’éducation et de
sensibilisation. Ça ne passe pas par des lois
plus sévères. QMais
pensez-vous que l’État pourrait rendre le permis
plus difficile à obtenir ou plus facile à
perdre ? R Nous l’avons recommandé.
J’espère que la ministre (des Transports, Julie
Boulet) va aller dans ce sens-là. On a
recommandé que les jeunes obtiennent la banque de
15 points d’inaptitude, à laquelle on a droit
vous et moi, de façon très progressive.
À l’heure actuelle, ils n’ont droit qu’à 4
points les deux premières années, et s’ils
ne les perdent pas, on leur en donne 15 ensuite. Alors
il y a une espèce de sentiment d’euphorie qui
survient à ce moment-là. Les jeunes se
disent : « Enfin, je vais pouvoir être
délinquant, m’en permettre quelquesunes parce que
j’ai 15 points. » Nous, ce qu’on propose, c’est
d’y aller très progressivement. Quatre points au
début, ensuite huit points, puis 12 points. Et
les 15 points, les jeunes ne les auraient qu’à 25
ans. Ça envoie un message: un instant, il va
falloir que vous nous démontriez que vous
êtes mature avant d’avoir tous les points. Soit
dit en passant, les jeunes de moins de 25 ans sont
responsables de 49% des cas de conduite dangereuse.
Alors qu’ils représentent 10% des
détenteurs de permis. Je pense aussi que c’est
une question d’éducation et de sensibilisation.
QMais
quand on voit un père laisser son enfant de 7 ans
conduire, ce n’est pas un bon exemple… C’est un manque
de jugement. Les parents ont un rôle important
à jouer. Souvent ils s’en dédouanent. Ils
disent que c’est
Ra déjà eu 2300 morts sur les routes, on
est rendu à 557. Il faudrait baisser à 325
ou 350, si on veut rejoindre les meilleurs pays comme la
Suède, la Norvège et les Pays-Bas. Avant
2006, la sécur ité routière
était le cinquième enjeu de
société selon les sondages. À
partir de la fin de 2007, c’est devenu le
deuxième, après l’environnement. Il y a
donc eu un changement d’attitude dans la population. Le
degré de tolérance est moins
élevé. Avant, un décès sur
les routes, c’était la fatalité : c’est
normal, il y a beaucoup d’autos, il y a de la neige...
Maintenant, c’est non. On dit que ce n’est pas normal
que des enfants se fassent frapper par un conducteur en
état d’ébriété. Ce n’est pas
normal qu’un récidiviste se fasse arrêter
pour la huitième fois. On se dit qu’il faut que
ça change, que c’est inacceptable. à la
SAAQ, au gouvernement, au Ministère de s’en
occuper. QEt
il y a aussi les coupables tout désignés.
On dit que c’est la faute des jeux vidéo, de
l’internet et du cinéma. Il faut aider les jeunes
et les mettre en garde par rapport à ce qu’ils
voient. Et ce sont les parents qui, au premier plan,
devraient s’assurer de transmettre les bonnes valeurs
à leurs enfants. QAu cou r s de s d e r n i
è r e s années, les médias se sont
intéressés de plus en plus au nombre de
morts sur les routes pendant les vacances de la
construction. Avant le début des vacances, on
parle de prévention. Après, on fait un
bilan. Pourquoi en a-t-on fait une sorte de tradition ?
R C’est à force de parler de
sécurité routière. Des gens me
disent : « Je trouve qu’on parle trop de
sécurité routière. » Moi, je
leur réponds que c’est mieux d’en parler que d’en
mourir. Avant on n’en parlait pas assez et on en
mourait. On
C’est la faute de Newton -
Patrick Lagacé
Quand tu
montes sur le toit d’une auto en marche pour faire des
singeries, ce n’est pas le sort, ce n’est pas le destin,
ce n’est pas la cruelle loterie de la vie. C’est un
choix.
IOn n’y peut rien, ou presque. Mais sur la liste des
trucs qui méritent ma sympathie, les victimes de
car surfing sont à peu près à la
position 167.
Jessyca Gauthier
était au volant de la voiture sur laquelle
Gabrielle Dionne faisait du car surfing. Une
inculpation de conduite dangereuse ayant
causé la mort pourrait être
portée contre elle, ce qui peut
entraîner la prison à vie.
Parce que
quand tu montes sur le toit d’une auto en marche pour
faire des singeries, ce n’est pas le sort, ce n’est pas
le destin, ce n’est pas la cruelle loterie de la vie.
C’est un choix. Depu i s u n moi s , de u x
Québécois sont morts en s’adonnant au car
surfing. Début juillet, dans l’ouest de
Montréal, Kevin Ducharme est mort en tombant d’un
VUS en marche. Hier, Gabrielle Dionne est morte, quell y
a des tas de choses qui m’émeuvent dans la vie.
Les enfants malades, par exemple. Montrez-moi un enfant
chauve, atteint de leucémie, et je braille comme
un veau.
Une jeune femme qui meurt écrasée par un
bloc de béton en tenant les mains de son mari
dans un resto japonais, un père de famille
à qui on apprend qu’il n’a plus que trois mois
à vivre, un Airbus qui plonge dans l’Atlantique
sans explication: ça me touche.
Tout ça, c’est le sort, le destin, la cruelle
loterie de la vie. ques jours après avoir
chuté d’une voiture à Drummondville.
C’est triste. C’est bien évidemment un drame pour
les parents et pour les amis.
Mais Ducharme et Dionne sont morts en faisant une
connerie. À sa face même, le car surfing
est une bêtise. Ceux qui ne le savent pas
devraient le savoir. Pour les mêmes raisons qu’on
prend l’escalier plutôt que de sauter de la
fenêtre de son logement du deuxième
étage.
Un char + de la vitesse + un être humain en
équilibre sur le toit = Claude Poirier a beaucoup
de chances de parler de vous prochainement.
On dira que c’est la faute de YouTube. Le site de
partage de vidéos regorge de ces cascades idiotes
faites par des idiots et filmées par des idiots.
On dira que c’est la faute de Grand Theft Auto,
célèbre jeu vidéo
créé par Rockstar Games qui compte
plusieurs versions depuis son lancement, en 1997. Dans
une des versions, un personnage fait du car surfing. Une
étude américaine établit même
un lien entre la parution de nouveaux chapitres de GTA
surfing.
Sauf que le car surfing existait avant
l’avènement de YouTube et de GTA. On a
constaté une vague, dans les années 80,
après que Hollywood eut mis en scène des
zigues qui font du car surfing dans Footloose (1984) et
dans l’inoubliable Teen Wolf (1985).
Alors peut-être que c’est la faute de Kevin Bacon
et de Michael J. Fox aussi.
et des accidents de
car
Mais j’ai trouvé qui est, ultimement, responsable
des accidents de car surfing.
C’est un vieil Anglais né en 1643, du nom d’Isaac
Newton.
En fait, c’est la seconde des lois du mouvement de
Newton qui est responsable des drames de car surfing.
Marcel Thouin, physicien et prof en enseignement des
sciences à l’Université de
Montréal, me l’a résumée ainsi :
« Quand un objet est en mouvement, il a tendance
à rester en mouvement, à moins qu’une
force ne l’arrête. »
L’obj e t – l ’ humain – agrippé à une
voiture est donc projeté par en avant si la
voiture arrête. Et il est projeté en
arrière si elle accélère. «
La seule solution, dit le prof Thouin, c’est de tenir
une vitesse constante. »
Je le souligne même si c’est évident : il
s’agit là d’une observation, pas d’un conseil !
Pour Marcel Thouin, c’est clair : « Que des jeunes
fassent du car surfing montre qu’ils ne comprennent pas
les principes scientifiques de base. »
Peut-être, professeur… Mais tout comme les
gobelets de café de McDo nous rappellent que le
liquide qu’on s’apprête à boire est
très chaud, il faudra peut-être apposer des
autocollants explicites sur le toit des
véhicules, du genre SI VOUS POUVEZ LIRE CECI ET
QUE LE VÉHICULE EST EN MARCHE, VOUS ALLEZ
BIENTÔT MOURIR.
Quand la sécurité d’autrui est en jeu, je
suis un intégriste. C’est pourquoi je suis en
faveur des radars photo sur nos routes. Parce que la
vitesse tue et que la vitesse des autres peut me tuer,
moi.
Quand on ne met à peu près que sa propre
sécurité en jeu, là, je deviens
quasiment libertaire. Je plaide pour que le «
marché » fasse la loi. Pour que la nature
décide des morts et des vivants.
J’ai récemment commencé à faire du
vélo. Je porte un casque. Par choix. Je n’ai pas
besoin de l’État pour me dire que mon gagne-pain,
mon bonheur relatif et ma motricité
possèdent ce dénominateur commun: un
cerveau en bon état.
Le casque accroît mes chances de m’en tirer
indemne en cas d’impact? Je porte un casque. Point. Oui,
bon, ça me décoiffe, mais je me
traîne une bouteille de fixatif et le tour est
joué…
Le car surfing, c’est comme le bronzage. On sait
désormais, depuis cette étude
parrainée par l’OMS, que le bronzage en cabine
est cancérigène. On accroît de
façon exponentielle ses risques d’avoir un cancer
de la peau si on se fait bronzer en cabine, surtout
avant 30 ans.
Qu’ont en commun le fait de monter sur le toit d’un
véhicule en marchepour épater ses amis et
celui de s’enfermer dans une cabine de bronzage pour
épater ses amis? C’est dangereux. Et c’est un
choix.
Courir après sa mort -
Patrick Lagacé
Malgré la présence de la SQ, les malades
mentaux du volant qui conduisent comme s’ils
s’étaient échappés d’un asile sont
encore très, très nombreux. La SQ, en 2008, a
distribué plus de 8000 tickets pour grand
excès de vitesse.
— Si vous roulez trop vite, vous allez les rater, c’est
sûr. Elles sont sur le bord des routes,
discrètes et immobiles. Mais non, pas les marmottes.
Les petites croix qui signalent le lieu d’un accident,
l’endroit précis où quelqu’un s’est
tué.
Depuis quelques semaines, je roule beaucoup au
Québec, pour une série de chroniques qui sera
publiée prochainement.
Et si je n’ai pas vu – en Mauricie, en Jamésie, au
Lac-Saint-Jean, en Abitibi, dans Charlevoix et sur la
Côte-Nord – 50 de ces marqueurs de mort, eh bien! je
n’en ai pas vu un.
Je me suis arrêté, quatre ou cinq fois, pour
voir.
Les messages : On t ’ aime Stéphane! RIP, Julie.
We’ll never forget you.
J’en ai vu partout, de ces croix. Quasiment toujours des
croix, en fait. Souvent plantées dans l’herbe.
Parfois plantées dans le roc, sur des socles
arrimés au roc, fruit d’un dur labeur. Je... Je...
Je... Je ne sais pas comment dire, je suismêmemalde
lepenser, mais j’ai unproblème, un tout petit
problème avec ces cénotaphes. Permettez un
détour avant d’y arriver. m’a permis de constater
deux choses.
Primo, la SQ semble très, très présente
sur les routes. Je suis dans l’anecdotique, mais je
n’arrête pas de voir des voitures de patrouille,
tapies dans les buissons ou derrière les viaducs,
pour traquer les chauffards. Bravo, bien fait.
Deuzio, malgré cette présence, les malades
mentaux du volant qui conduisent comme s’ils
s’étaient échappés d’un asile sont
encore très, très nombreux. La SQ, en 2008, a
distribué plus de 8000 tickets pour grand
excès de vitesse.
Un cas, si vous me permettez. Mardi dernier, sur la 138, un
peu après 10h, entre Les Escoumins et Forestville,
sur la Côte-Nord.
Je sens une présence derrière moi. Je
lève les yeux vers le rétroviseur. Et il y a
une femme assise sur ma banquette arrière !
Cheveux noirs avec des mèches pâles, rouge
à lèvre généreux, verres
fumés.
Bizarre: en partant de mon motel des Escoumins, j
’étais seul...
Évidemment, la fille n’était pas assise sur la
banquette arrière de ma Rabbit. Elle était
assise dans son auto à elle. Et son parechocs
reniflait le derrière de ma bagnole, tellement elle
me suivait de près.
Débile. Et inutile. Donnemoi de l ’espace, madame,
j’étouffe...
Dans la voie inverse, une colonne d’autos. Impossible de me
dépasser, poupée.
Mais la Toyota Corolla bleu foncé dont la plaque
d’immatriculation commence par un 6 me colle quand
même aux fesses.
Alors j e lève le pied. La Rabbi t r a l ent i t .
Message : décolle, madame.
Mais rien n’y fait. Ce n’est pas une erreur. À 100
dans une zone de 90, je suis
désespérément lent pour Jacqueline
Villeneuve. Alors elle me colle au cul. C’est
extrêmement, mais extrêmement agressant.
Là, je me fâche. J’appuie – très,
très délicatement – sur le frein. Si
délicatement que je ne ralentis pas. Je veux juste
allumer mes lumières de frein.
Je vois les
rides de colère aux lèvres de Jacqueline (elle
est si près), quand elle prend peur et freine... Pour
revenir me coller au cul, les baguettes en l’air, dans la
seconde.
Dans la voie inverse, finalement, une accalmie. LaToyota
fonce et me dépasse. Arrivée à ma
hauteur, la fille me fait des simagrées comme une ado
intoxiquée au Red Bull. J’ai pensé: «
Cr**** de folle. »
La Toyota disparaît rapidement de l’horizon, filant
à une vitesse impossible, multipliant les
dépassements.
J’ai des envies de génocide.
Puis, 20 minutes plus tard, au loin, les gyrophares d’une
auto de la SQ, en bordure de la route. Il était
10h45. Au kilomètre 665, environ. Juste avant
Forestville.
Je retiens mon souf f le. Je ralentis et...
Y ES ! C’e s t Ja c quel i ne Villeneuve, dans sa Toyota
Corolla bleu foncé dont la plaque commence par un 6!
Joie et bonheur. Il y a une justice.
Il y a une justice. Et il y a le bonheur qui ne dure jamais
longtemps...
Vingt minutes plus tard, que vois-je dans mon
rétroviseur? Eh oui. La Toyota Corolla bleu
foncé de Jacqueline Villeneuve, qui zigzague
derrière le pick-up rouge qui me suit à bonne
distance, en gars civilisé.
Elle cherche une brèche. Elle ne tolère pas
d’être « immobilisée » à 90.
Elle finira par nous doubler, tous, violant une double ligne
jaune qui signale une interdiction de dépasser.
Avant, encore, de disparaître de l’horizon.
Statistiquement, les flics sont impuissants: il y aura
toujours trop de fous, et de folles, du volant pour leurs
effectifs. Ça nous ramène à quoi?
Ça nous ramène aux radars. Eh oui, aux
méchants radars. Pas pour remplacer les policiers.
Pour les appuyer. Pas pour-rempl i
r-les-coffres-del’État. Parce que dans les pays
où il y a des réseaux de radars sur les
routes, il y a moins de morts.
Mettez des radars sur nos routes : les Jacqueline Villeneuve
ou les Lewis Hamilton vont tellement recevoir de tickets par
la poste qu’ils devront vendre du chocolat de porte à
porte pour les payer. Alors, seulement, i ls lèveront
le pied.
Et cesseront de j ouer à la roulette russe avec nos
vies.
Où m’en allais-je, donc, sur la route impeccablement
pavée de l’indignation dominicale?
Ah, oui. Ces marqueurs de mort qui se multiplient sur le
bord des routes. Ces petites croix blanches qui nous
rappellent qu’ici, quelqu’un est mort d’un accident de
voiture.
Je sais que je devrais vous dire que tout cela est triste.
Et ce l’est.
Mais je n’arrive pas à m’émouvoir totalement.
Je ne frissonne pas comme je devrais quand je vois ces
croix.
Parce que je sais bien que parmi ces morts, il y en a une
sacrée gang qui a couru après.
NOUVELLE-ZÉLANDE Larmes de sang pour ralentir
sous la pluie - Catherine Handfield
Pendant les
deux mois de la campagne, aucun accident n’a
été signalé sur les trois autoroutes
où les panneaux ont été
érigés, alors que sur l’une de celles-ci, on
y comptait en moyenne un accident par semaine au
printemps. Mieux, la vitesse moyenne des automobilistes a
baissé de 7 km/h.
Quand il fait beau, le garçon aux cheveux blonds
sourit tendrement, l’air innocent. Mais quand il pleut,
l’ange se transforme en démon: son visage
s’ensanglante. Des larmes de sang coulent de ses yeux, de
ses oreilles, de son nez.
Est-ce un vampire? Une scène d’un nouveau film
d’horreur ? Non, il s’agit plutôt d’un
panneau-réclame pour le moins dérangeant
installé ce printemps en bordure des autoroutes de
Nouvelle-Zélande.
La publicité-choc, qui fait fureur ces jours-ci sur
le web, visait à convaincre les automobilistes de
ralentir sur la chaussée mouillée. Trois
panneaux ont été installés d’avril
à mai en bordure des autoroutes de la région
d’Auckland, au nord du pays. Le printemps est pluvieux en
Nouvelle-Zélande, et les accidents de la route se
multiplient.
Le concept de la campagne de sensibilisation est simple.
Un visage d’enfant ou d’adulte figure sur un large panneau
blanc. Quand il pleut, un senseur actionne un
système de pompes. Résultat: du colorant
alimentaire rouge sort du panneau et ruisselle le long du
visage de la victime.
« C’était une publicité simple d’un
point de vue technologique, mais très efficace
» , estime Mark Baker, conseiller en communications
du conseil du district de Papakura, joint en
Nouvelle-Zélande.
Les résultats ont en effet dépassé
toutes les attentes. Pendant les deux mois de la campagne,
aucun accident n’a été signalé sur
les trois autoroutes où les panneaux ont
été érigés, alors que sur
l’une de cellesci, on y comptait en moyenne un accident
par semaine au printemps. Mieux, la vitesse moyenne des
automobilistes a baissé de 7 km/h.
« Cer t ains l ’ ont détestée,
d’autres l’ont adorée, mais une chose est
sûre, la publicité n’a laissé personne
indifférent », assure Mark Baker.
Les
autorités du conseil de Papakura songent
sérieusement à réitérer
l’expérience l’année prochaine, si leur
budget le permet. Et ils ne sont pas les seuls. L’agence
de publicité Colenso BBDO, qui a conçu la
campagne, est en discussion avec l’Irlande pour exporter
le concept.
Les Québécois y auront-ils droit, un jour?
Gino Desrosiers, porte-parole de la
Société de l’assurance automobile du
Québec (SAAQ), souligne que ce genre de
publicité ne correspond pas au ton adopté
par l’organisme gouvernemental cette année.
« On travaille davantage sur les comportements que
sur les conséquences des accidents »,
souligne M. Desrosiers qui, personnellement, trouve le
panneau-réclame « très frappant
».
De toute façon, les lois
québécoises sur l’affichage ne
permettraient pas un tel concept, souligne Roger T
remblay, publ icitai re pigiste. Il est en effet
interdit de mettre des pièces mobiles sur les
panneaux, puisque cela pourrait distraire
l’automobiliste.
C’est d’ailleurs le premier reproche que formule M.
Tremblay à la campagne
néozélandaise. « Personnellement, je
freinerais si je voyais un tel panneau-réclame,
et ça serait imprudent. C’est justement ce que la
publicité souhaite éviter »,
note-t-il.
Roger Tremblay doute également que la campagne
néozélandaise atteigne son objectif. Et le
publiciste s’y connaît dans le domaine : il a
conçu la première publicité-choc de
la SAAQ, « La vitesse tue », diffusée
pour la première fois en 1993. On y voyait un
jeune homme envahi par la culpabilité
après avoir causé la mort de sa blonde
(Marie-Josée Croze) dans un accident dû
à un excès de vitesse.
« Les publicités pour contrer la vitesse au
volant s’adressent aux conducteurs intrépides et
récalcitrants, aux têtes de cochon de 18
à 30 ans. Et pour les brasser, il faut absolument
qu’ils se reconnaissent dans le personnage à
l’écran », estime M. Tremblay.
« Un visage d’enfant qui saigne... C’est
esthétique, intéressant, mais efficace ?
J’en doute », conclut-il.
Bateaux dangereux - Chantal
Côte-Pier
Récemment, à la marina de Sorel-Tracy,
je me suis embarquée à bord d’un
bateau d’excursion afin de participer à une
sortie sur l’eau offerte par le Biosphare dans le
cadre du mois de l’archéologie.
J’ai adoré l’activité, car elle m’a
permis d’en apprendre un peu plus sur notre histoire
et celle des Iroquois. Seule ombre au tableau : la
peur ! Peur que notre embarcation chavire à
cause de la vitesse excessive des autres bateaux.
J’avais l’impression de me retrouver dans une course
Nascar sur une piste ovale, car nous étions
souvent pris en sa ndw ic h entre deu x bateaux qui
nous dépassaient. Naturellement, les
conducteurs de ces bateaux nous fa isa ient de beau
x signes d’amitié en riant et en levant leur
verre à notre santé… ou à notre
mort.
Dire
que je venais d’apprendre l’histoire du bateau qui
avait heurté le pont de Berthier à
cause des vagues causées pa r un speed boat .
Pas très rassurant. J’aimerais savoir
pourquoi le gouvernement n’instaure pas un programme
de surveillance accrue su r l’eau. L a
sécurité sur l’eau est-elle moins
importante que sur la route ? Faut-il attendre que
plus de d ra mes su rvien nent pou r modifier les
lois ?
Je connais un propriétaire de bateau qui
prend un taxi lorsqu’il fait la fête, mais qui
n’a aucun cas de conscience lorsqu’il s’agit de
consommer une caisse de 12 sur son bateau en
quelques heures seulement. Pouvez-vous imaginer
l’état dans lequel il se trouve à son
retour après une journée en bateau ?
Comme i l d it ave c finesse : « Au moins, je
ne prends pas ma voiture pour retourner chez moi !
» Quelle intelligente réflexion ! Le
pire dans tout cela, c’est qu’ils sont légion
à raisonner ainsi.
Sur la route, nous devons respecter des lois , a
lors pourquoi n’en serait-il pas de même sur
les voies navigables ? Apparemment, en bateau, il
n’y a pas de limite de vitesse. Celle-ci est
laissée au j ugement des gens. Comment faire
appel à son jugement lorsqu’on est ivre ? Et
lorsqu’il y a des panneaux de signalisation à
certains endroits, la plupart ne les respectent
même pas. Pouvezvous imaginer si nous faisions
la même chose sur la route ? Où se
situe la logique dans tout cela ? Quelqu’un peut-il
m’expliquer, s’il vous plaît ?
UN LOISIR POPULAIRE MAIS TROP PEU
ENCADRÉ - Ariane Lacoursière
La
semaine dernière, Jacques Godin, 70 ans, a
perdu la vie quand un bateau à moteur est
entré en collision avec son voilier sur le
fleuve Saint-Laurent. Selon plusieurs intervenants
interrogés par La Presse, cet accident
démontre qu’au Québec, les activit
Chaque année, de 10 à 20 personnes
perdent la vie en naviguant sur les cours d’eau du
Québec. Depuis janvier, 11 plaisanciers sont
morts. Mais ce faible nombre d’accidents n’est que la
pointe de l’iceberg.
PHOTO ROBERT
MAILLOUX, LA PRESSE
Au lac Bowker, dans
les Cantons-de-l’Est, la tension entre amateurs de
bateaux à moteur et riverains a atteint des
sommets cet hiver quand un citoyen a voulu y
installer un parcours de ski nautique. « Il
avait obtenu l’accord de Transports Canada. Il ne
manquait plus qu’une publication officielle et le
parcours pouvait être construit. On s’y est
opposés et le projet a échoué
», affirme une riveraine.
« Il y a peut-être 200 incidents ou plus
chaque été qui pourraient être
très dangereux. Ils ne sont pas comptés
dans nos statistiques car il n’y a pas de victime
», dit le président du Conseil
québécois du nautisme, Vahé
Vassilian.
Selon plu sieur s i ntervenants interrogés par
La Presse, la sécurité nautique n’est
pas encore ancrée dans la culture
québécoise. « Heureusement que les
gens naviguent sur des grandes surfaces. Car dans les
faits, beaucoup de personnes ne savent pas du tout
comment condui re. S’i ls naviguaient sur des cours
d’eau étroits, il y aurait beaucoup plus
d’accidents », affirme Ginette McDuff,
directrice générale de Sogerive,
organisme paramunicipal qui gère le port de
plaisance RéalBouvier à Longueuil.
Au début de l’année, Mme McDuf f a
dû interpel ler un homme qui partait en bateau
sans gilet de sauvetage et sans système d’appel
à l’aide. « En plus, il partait avec sa
femme et son bébé, dit-elle. Il n’avait
aucune notion de sécurité. »
Des
règles de base bafouées
Présidente du club de canoë de Lachine,
Christine Granger affirme elle aussi que très
peu de gens maîtrisent les notions de navigation
nautique. Parmi les règles les plus souvent
bafouées, Mme Granger cite en exemple les
petites embarcations qui circulent au centre des lacs,
les conducteurs qui consomment de l’alcool à
bord et les bateaux à moteur qui font de
grosses vagues près des petites embarcations.
En nautisme, la règle veut aussi que
l’embarcation la plus manoeuvrable cède
toujours le passage. En théorie, les voiliers
ont donc presque toujours priorité. «
Mais quand un bateau à moteur suit un voilier,
dès qu’il voit une brèche, il le
dépasse », note Mme McDuff.
Selon elle, il suffit d’assister aux feux d’artifice
de La Ronde sur l’eau pour constater l’inconscience de
plusieurs navigateurs. « Certains sont 12 dans
une chaloupe, avec de l’alcool, remarque-t-el le.
D’autres bateaux passent très près
d’embarcations ancrées et risquent de passer
dans leur cordage. Il y a vraiment plein de gestes
dangereux qui sont faits ces soirs-là ! »
Depuis 1999, Transpor ts Canada impose progressivement
des cartes de navigateur aux conducteurs de bateaux
à moteur. Pour obtenir ce document, il suffit
de passer un examen de connaissances nautiques sur
l’internet ou dans des
Il
suffit d’assister aux feux d’artifice de La Ronde
sur l’eau pour constater l’inconscience de plusieurs
navigateurs. « Certains sont 12 dans une
chaloupe, avec de l’alcool. D’autres bateaux passent
très près d’embarcations
ancrées et risquent de passer dans leur
cordage. Il y a vraiment plein de gestes dangereux
qui sont faits ces soirs-là ! »
classes spécialisées. Coût de
l’opération : 50 $.
À partir du 15 septembre prochain, cette
carte sera obligatoire. « La
Sûreté du Québec et le
ministère des Ressources naturelles auront le
mandat de faire les vérifications »,
dit la porte-parole de Transports Canada pour le
Québec, MarieAnyk Côté.
Mais cette mesure n’est que de la poudre aux yeux,
selon plusieurs acteurs du secteur nautique. «
N’importe qui peut passer l’examen et avoir la
carte, affirme Mme McDuff. C’est très facile
et on peut consulter l’internet durant l’examen !
»
M. Vassilian est du même avis. « Nous
discutons avec Transports Canada pour que
l’encadrement des examens soit meilleur et que les
questions soient plus difficiles », dit-il.
Pas un permis de conduire
La
responsable des cartes de conducteur à
Transports Canada, Martine St-Germain, explique que
l ’ objec t i f des cartes est « d’augmenter
les conna i s sa nces en sécur it é
nautique des conducteurs » . « Ce n’est
pas un permis de conduire », dit-elle.
M. Vassilian estime toutefois qu’un examen pratique
devrait être obligatoire avant de pouvoir
naviguer. « Je vois
régulièrement des gens s’acheter et
conduire des bateaux de 30 à 40 pieds alors
qu’ils n’ont aucune expérience, note-t-il.
Ça n’a pas de bon sens ! Il devrait y avoir
des examens pratiques comme dans le cas des
voitures. »
Le président de l’Association maritime du
Québec, Yves Paquette, croit pour sa part que
les conducteurs incompétents sont
l’exception. « Je dirais qu’il y a le
même pourcentage de gens imprudents sur l’eau
que sur les routes, déclare-t-il. Les gros
bateaux coûtent cher. Les gens qui se les
achètent suivent souvent des cours pour ne
pas les abîmer. »
Le copropriétaire de la marina Le Nautique
à Saint-Jean-surRichel ieu, Pier re
Sénéchal , affirme lui aussi que les
plaisanciers sont généralement
compétents. « Quand ils ne sont pas
sûrs, ils vont suivre des formations » ,
dit-il.
Mais selon Mme McDuff, il est temps que le
gouvernement serre la vis aux plaisanciers. «
Le loisir gagne en popularité. Ma marina est
pleine et j’ai des listes d’attente de 100 personnes
chaque été pour occuper mes quais.
Va-t-il falloir attendre qu’il y ait plus de morts
pour faire quelque chose? » demande-t-elle.
« Il y a une patrouille nautique, mais elle
n’est jamais là ! »
Alors qu’il est facile d’obtenir le droit de
conduire une embarcation motorisée au
Québec (voir autre texte), la surveillance
sur les cours d’eau n’est pas très
rigoureuse, de l’avis de plusieurs personnes
rencontrées par La Presse.
« Il y a une patrouille nautique, mais elle
n’est jamais là! » remarque la
présidente du club de canoë de
Lachine, Christine Granger.
Selon les régions, la Sûreté
du Québec, les corps de police municipaux
ou la Gendarmerie royale du Canada patrouillent
dans les cours d’eau. « Il y en a, des
policiers, mais pas assez. Ils travaillent fort,
mais ils ne sont pas assez nombreux », juge
le président du Conseil
québécois du nautisme, Vahé
Vassilian.
Même si 75% des activités nautiques
au Québec se font dans la région de
Montréal, seulement cinq agents du Service
de police de la Ville de Montréal ( SPVM)
pat roui l lent dans les cours d’eau de la
métropole. « On s’occupe du fleuve
Saint-Laurent, de la rivière des Prairies,
du lac Saint-Louis… » énumère
le responsable du module nautique du SPVM,
Réal Durocher.
Au cours des 13 dernières années, M.
Durocher a vu le nombre de plaisanciers augmenter.
Mais il explique que le nombre d’agents
affectés à la patrouille nautique
« est déterminé en fonction de
priorités organisationnelles » et non
pas en fonction des besoins.
Personne de la Sûreté du
Québec n’a rappelé La Presse pour
discuter du problème à
l’échelle provinciale.
Le voilier et le bateau à moteur, deux mondes
« Le voilier et le bateau à moteur,
ce sont deux mondes. Les gens qui choisissent
l’une ou l’autre de ces options ne sont pas les
mêmes. Ils ont des tempéraments
différents. Certains veulent aller
lentement alors que les autres veulent aller
vite. »
Au cours des sept dernières
années, le nombre d’adeptes de sports
nautiques n’a cessé d’augmenter, selon
l’Association maritime du Québec. Si bien
qu’aujourd’hui, le nombre d’embarcations de
plaisance atteint près de 850 000 dans la
province.
Nathalie Matthon, de la
Fédération de voile du
Québec, assure que les accrochages
entre voiliers et bateaux à moteur sont
rares. Mais elle reconnaît que si les
gens s’informaient un peu plus sur les
réalités de leurs
vis-à-vis, ils seraient plus attentifs
aux effets de leur conduite sur les autres.
« Un bateau à moteur qui fait de
la vague à un voilier, c’est
dérangeant », illustre-t-elle.
Copropriétaire de la marina Le Nautique
de Saint-Jean-surRichelieu depuis 2000, Pierre
Sénéchal affirme que les bateaux
à moteur sont de plus en plus visibles
sur les cours d’eau de la province. « On
voit beaucoup plus de bateaux à moteur
pour les sports nautiques, comme le wakeboard.
La demande pour des places à quai est
plus forte que jamais », dit-il.
La voile gagne aussi en popularité. Si
bien que sur les cours d’eau, deux cultures
cohabitent.
« Le voilier et le bateau à moteur,
ce sont deux mondes. Les gens qui choisissent
l’une ou l’autre de ces options ne sont pas les
mêmes. Ils ont des tempéraments
différents. Certains veulent aller
lentement alors que les autres veulent aller
vite », compare Ginette McDuff, directrice
générale de Sogerive, organisme
paramunicipal qui gère le port de
plaisance RéalBouvier à Longueuil.
Si la cohabitation entre embarcations à
voile et à moteur se déroule
généralement bien, il y a parfois
de petits accrochages. « La fin de
semaine, il y a beaucoup de bateaux à
moteur. Certains ne nous voient pas et nous font
beaucoup de vagues. Dans ces conditions, c’est
dur pour nous de naviguer », affirme le
directeur de l’École de voile de Lachine,
Marc Doyon.
Nathalie Matthon, de la Fédération
de voile du Québec, assure que les
accrochages entre voiliers et bateaux à
moteur sont rares. Mais elle reconnaît que
si les gens s’informaient un peu plus sur les
réalités de leurs visà-vis,
ils seraient plus attentifs aux effets de leur
conduite sur les autres. « Un bateau
à moteur qui fait de la vague à un
voilier, c’est dérangeant,
illustre-t-elle. Un voilier qui arrête
dans un chenal à paquebots, ça ne
se fait pas… Les gens doivent le savoir pour ne
pas le faire. Tout passe par l’éducation.
»
Des riverains excédés
Au lac Bowker, dans les Cantons-de-l’Est, la
présence de plus en plus marquée
de bateaux à moteur entraîne son
lot de querelles entre voisins.
Selon Yvan Leclerc, qui habite au lac Bowker
depuis plus de 50 ans, les bateaux à
moteur sont toujours plus nombreux et gros.
« Les nouveaux bateaux de planche nautique
( wakeboard) font des vagues très hautes
qui érodent nos berges et causent
beaucoup de dommages », dit M. Leclerc.
« Acheter un chalet au bord de l’eau est
maintenant dispendieux. Ceux qui en ont les
moyens ont souvent l’argent pour avoir un gros
bateau. Mais notre lac reste petit et l’impact
de ces bateaux sur les berges, sur la
qualité de l’eau et sur la
sécurité est majeur »,
ajoute Diane Bélanger, qui habite au lac
Bowker depuis 1974.
Au Québec, 38 lacs sont totalement
interdits aux embarcations à moteur. Plus
de 300 autres ont des limitations de circulation
diverses. Par exemple, certains cours d’eau ne
permettent pas le ski et la planche nautiques.
D’autres interdisent les bateaux sur une partie
seulement de leur territoire. Seulement huit
lacs sont frappés d’une interdiction
totale de naviguer par Transports Canada.
Selon Mme Bélanger, interdire les bateaux
à moteur sur un lac n’est pas simple. Car
Transports Canada a le dernier mot. « Le
municipal et le provincial ne peuvent rien faire
pour limiter les bateaux, dénonce la
riveraine. Et le fédéral n’est pas
du tout sensible aux préoccupations
locales. »
« Le fédéral protège
le droit à la navigation, ajoute M.
Leclerc. Il ne se préoccupe pas du tout
de l’environnement. »
Durant un après-midi, La Presse a
sillonné le lac Bowker et a
remarqué que la majorité des
riverains possèdent un bateau à
moteur.
« La fin de semaine, ils font du ski et du
tube nautiques. Les gens peuvent tourner en rond
éternellement, remarque M. Leclerc. Il y
a des vagues constamment. On puise notre eau de
consommation dans le lac. L’été,
à cause des remous, je dois changer mon
filtre constamment. »
Parcours de ski nautique
Cet hiver, la tension entre amateurs de bateaux
à moteur et riverains a atteint des
sommets au lac Bowker quand un citoyen a voulu y
installer un parcours de ski nautique. «
Il avait obtenu l’accord de Transports Canada. I
l ne manquait plus qu’une publication officielle
et le parcours pouvait être construit. On
s’y est opposés et le projet a
échoué. Mais c’est choquant de
voir que Transports Canada protège plus
facilement le droit à la navigation que
les lacs », affirme Mme Bélanger.
L’instigateur du projet, Raphaël Trottier,
est encore un peu troublé d’avoir
dû abandonner son projet. « Il y a
un groupe minoritaire anti-bateaux qui veut
interdire les bateaux à moteur ici. Mais
la majorité des riverains souhaitent
plutôt faire une utilisation
civilisée du bateau », dit M.
Trottier, qui habite au lac Bowker depuis huit
ans.
Pour respecter les riverains, les plaisanciers
acceptent entre autres de ne pas ci rculer
à haute vitesse dans une bande de 75 m
tout au long des rives. « Depuis
longtemps, on essaie de cohabiter dans la paix
et de respecter les riverains », assure M.
Trottier, qui déplore que les bateaux
à moteur aient si mauvaise presse.
« Les gens utilisent la vieille image du
bateau qui pollue et s’en servent pour
entretenir les préjugés envers les
embarcations à moteur. Ce n’est plus
ça, le nautisme. Et il ne faut pas
oublier que dans un été, si
j’utilise mon bateau 50 heures en tout, c’est
beaucoup », dit-il.
M. Trottier tient aussi à faire la nuance
entre les bateaux de ski nautique, qui ne font
pas de vagues, et ceux de planche naut ique,
« qui sont construits pour faire de la
vague ». « On a tout
mélangé dans le dossier de
parcours de ski nautique, martèle-t-il.
On a eu peur de vagues qui n’existent pas.
»
Pour le président du Conseil
québécois du nautisme, Vahé
Vassilian, il est vrai que la pression populaire
favorise rarement les conducteurs de bateaux
à moteur. « Les reproches leur
tombent souvent dessus. Mais ce qu’il faut
retenir, c’est que l’eau est à partager
avec tout le monde, avec courtoisie. »
La canicule se poursuit à
Montréal - Catherine Handfield
Le
mercure a atteint 32,7° hier, quatrième
jour consécutif de smog
La première canicule de la saison s’est
poursuivie hier : Montréal a enregistré
sa journée la plus chaude de
l’été. Le smog s’est maintenu au-dessus
de la métropole, occasionnant une
légère hausse de fréquentation
aux urgences.
PHOTO DAVID BOILY, LA
PRESSE
En fin d’après-midi, hier, le mercure a atteint
32,7° à la station
météorologique de l’aéroport
Montréal-Trudeau. En tenant compte du facteur
humidex, les Montréalais ont ressenti une
température dépassant les 40°.
Il s’agit sans conteste de la plus chaude
journée de l’année, confirme Jacques De
la Sablonnière, météorologue
à Environnement Canada. Le temps pluvieux du
début de l’été n’a offert aux
Montréalais que cinq journées au-dessus
de 30°. Jusqu’à hier, la température
la plus élevée avait été
enregistrée le 25 juin (31,4°).
Aucun record de chaleur n’a toutefois
été battu, souligne M. De la
Sablonnière. Le 17 août 1987,
Environnement Canada avait enregistré 33,9°
à Dorval. Ailleurs au Québec, les
records ont été battus à Roberval
et à Bagotville.
À Montréal, la première canicule
de la saison devrait se poursuivre aujourd’hui alors
que le mercure dépassera les 32°. Pour que
l’on puisse parler de canicule, la température
doit se maintenir audessus de 30° pendant trois
journées consécutives, précise
Jacques De la Sablonnière.
Comme toute bonne chose a une fin, l’épisode de
chaleur devrait se terminer demain. Environnement
Canada prévoit l’arrivée d’un front
froid accompagné d’averses ou d’orages. Le
mercure chutera à 27°, mais le soleil sera
au rendez-vous encore jusqu’à demain.
Les météorologues d’Environnement Canada
prévoient que la dépression en haute
altitude responsable du temps maussade que le
Québec a connu au mois de juillet reviendra
dès vendredi.
Smog
et urgences
Pour la quatrième journée
consécutive, Environnement Canada a
lancé hier un avertissement de smog pour le
Grand Montréal. La qualité de l’air
était considérée comme «
mauvaise » dans toute l’île, selon le
Réseau de surveillance de la qualité de
l’air.
La situation n’est toutefois pas alarmante, rassure
JacquesDe la Sablonnière. Environnement Canada
enregistre chaque année entre 15 et 20
épisodes de smog, particulièrement
lorsqu’il fait chaud, que le taux d’humidité
est élevé et que la circulation de l’air
est faible.
Le ministère fédéral recommande
tout de même aux personnes souffrant de
problèmes respiratoires de limiter l’exercice
à l’extérieur. D’ailleurs, des
hôpitaux montréalais ont
enregistré une légère hausse des
consultations aux urgences en raison des
problèmes pulmonaires causés par le
smog.
C’était le cas aux hôpitaux Saint-Luc et
Hôtel-Dieu, indique Alexandra Ouimet,
conseillère aux communications du Centre
hospitalier de l’Université de Montréal.
La chaleur a également incommodé
quelques personnes: ce week-end, un patient s’est
présenté à l’Hôtel-Dieu
après avoir souffert de déshydratation,
précise Mme Ouimet.
Le smog devrait se résorber en fin
d’après-midi aujourd’hui, ex pl ique Jacques De
la Sablonnière, grâce à la pluie.
En attendant, ventilateurs et climatiseurs ont
fonctionné à fond de train, hier. Au
cours de périodes de canicule,
HydroQuébec s’attend à une consommation
hebdomadaire de 21 000 mégawatts, soit 15% de
plus que la moyenne estivale. La climatisation peut
représenter jusqu’à 10% de la
consommation.
AOÛT PLUS CHAUD QUE JUILLET!
Si la tendance se maintient, le mois d’août sera
plus chaud que le mois de juillet cette année.
À la mi-août, la moyenne des
températures maximales est de 26,3°, soit
1,5° de plus que la normale. En juillet, la moyenne a
été de 24,2°, soit 2° de moins que la
normale. « En fait, la température que l’on
connaît ce mois-ci ressemble davantage à celle
du mois de juillet, et la température
enregistrée en juillet serait plus adaptée au
mois d’août », résume Jacques De la
Sablonnière, météorologue à
Environnement Canada. – Catherine Handfield
TORONTO PROLONGE L’OUVERTURE DE SES PISCINES
La vague de chaleur a frappé plusieurs villes du
sud de l’Ontario, hier, si bien que les heures de bain libre
ont été prolongées jusqu’à 23h45
dans la majorité des piscines publiques de Toronto.
Avec le facteur humidex, les Torontois ont ressenti une
température dépassant les 40°, ce qui en a
incité plusieurs à se rafraîchir dans
les piscines et le lac Ontario. Tout comme à
Montréal, Environnement Canada a lancé une
alerte de smog dans plusieurs régions de l’Ontario. –
Catherine Handfield
Dossier MURS
LES MURS ONT GAGNÉ - AGNÈS
GRUDA
UNE
BRÈCHE
DANS LE MUR - Nicolas Bérubé
IRLANDE
DUNORD : LES MURS DE LA HAINE - Isabelle
Hachey