Économie

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS


Krach de confiance

Debt is the new carbon

Why this debt crisis is different

The Second Great Contraction


Quelles leçons économiques pouvont-nous vraiment tirer de la réaction américaine au 9 septembre 2001 ?
Le lendemain

Et quelles leçons économiques pouvont-nous vraiment tirer de la crise économique dans laquelle nous avons pu nous voir plongés ?
Crise économique de 2008 - Comment éviter la prochaine crise financière?
La difficile réforme du système financier
Three principles for a new Wall Street
Occupy Wall Street - Un bilan partagé de la mondialisation
Les «indignés» de Wall Street ont un allié en George Soros

L'humanité serait-elle donc incapable de se prendre elle-même en main, et ce même au niveau économique ?
LA CRISE EN TROIS LEÇONS
Chute boursière - Coûteuse inaction

La prochaine crise risque-t-elle donc de n'avoir été entraînée que par des raisons essentiellement politiques ?
Mauvaises notes
L'économie mondiale s'en va-t-elle vers une récession? - Les économistes renvoient la balle dans le camp des politiciens
Let’s not make a ‘sloggy’ recovery even sloggier

Le monde serait-il donc reparti pour un nouveau cycle de ralentissement économique ?...
Le pire est en train de se réaliser
Crise de l'euro: les scénarios du pire, selon l'OCDE
Des risques immédiats
Perspectives - Contagion
Europeans aren't bailing out Greece, they're bailing out banks

Crise économique, paralysie politique
Europe’s stresses require strong medicine
Asia increasingly driving the prosperity of Canadians
NUAGES À L’HORIZON
Quand Wall Street fait du bungee - Une question de confiance ?
Fin apaisante d’une semaine agitée
Jusqu’ici, tout va très bien
Marchés boursiers - Wall Street replonge
Les régimes de retraite crient à l'aide

Le film d’horreur de l’été
LES BOURSES DÉVISSENT

NOUVELLE RÉCESSION EN VUE?

RUÉE SUR LES OBLIGATIONS NORD- AMÉRICAINES

Où est le creux dewall Street?

Les Canadiens vulnérables à un choc financier

Un électrochoc humiliant
Lourde chute des Bourses mondiales
Crisis of confidence grips markets
Décote des États-Unis - Efforts concertés pour limiter la chute boursière
LE MONDE RETIENT SON SOUFFLE

LA DÉCOTE DES ÉTATS- UNIS DÉCORTIQUÉE

Le choc du lendemain

La Chine furieuse, le Canada confiant

Les dernières munitions de la Fed

La crise de la dette en Europe est devenue une préoccupation pour tout le monde

... à moins que ce ne soit pas nécessairement le cas, ou du moins pas encore ?
In their own words: Flaherty and Carney on stimulus, debt and potential recession

A slower recovery, not a recession

Une rechute en récession de l'économie mondiale serait peu vraisemblable, jugent les experts

La machine avant l’homme

Faute de pouvoir remplacer le capitalisme, pourquoi ne pas tout simplement le transformer ?
Pour une refonte du capitalisme



Se pourrait-il donc que la nouvelle économie ne puisse qu'être verte ?...
L'ONU plaide pour une meilleure transition vers une «économie verte»
Placements - Un nouveau risque à évaluer: le carbone
L’industrie devrait briller en 2011
Vers des entreprises neutres en carbone
Transports: les ingénieurs québécois veulent réduire la consommation de pétrole de 30%
Un laboratoire de la taille d’un pays
Des ingénieurs réclament un fonds d'efficacité énergétique
Clean energy: getting a pulse on Vancouver - Jeffrey Simpson
Énergies renouvelables - Au Canada, les investissements «verts» ont la cote
Conférence de Montréal - Le développement durable peut rapporter gros
Un projet vert et réaliste - Lysiane Gagnon
Pourquoi pas un label vert pour le Québec?
Les énergies propres, un moteur de croissance
Énergies renouvelables: 66 000 emplois écartés?
Quand l'argent prend le chemin de l'Alberta
Une planète boulimique - Premier d'une série de quatre
De sains principes d'investissement responsable

«Il faut investir davantage» - Jamal Saghir, Banque mondiale

Les défis énergétiques des mégapoles

Conjuguer sécurité énergétique et développement durable

L'auto usagée recyclée en voiture électrique
Une grappe industrielle pour les technos propres
Industrie aéronautique - Le virage vert doit être pris, estime le président de CAE
Let’s give our grandkids a powerful legacy
Hydro, boulot, auto - François Cardinal
L'Ontario embrasse les énergies vertes
Ontario takes green lead with record $8-billion energy investment
Énergie éolienne - Le Québec jouit d'un potentiel rare
Économie du carbone: des Québécois placent leurs pions
Compter, vérifier, vendre et spéculer

Et la Bourse de Montréal?

Terres rares: le Québec veut profiter de la révolution verte
Course aux investissements verts: l'Ontario décolle
Shell: les sables bitumineux inquiètent des investisseurs
Le déclin de la pétrochimie -  Vincent Chornet
Trains: manne en vue aux États-Unis
Obama débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
Vent de consolidation dans le pétrole et le gaz
Andrée-Lise Méthot: la finance au secours de la planète
Le Québec se dote d'une grappe industrielle
Nos questions à Clément Gignac sur les grappes industrielles vertes
Vents contraires - Jean-Pascal Beaupré
Voir aussi Et se pourrait-il que l'économie aille réellement de pair avec l'environnement, par dessus le marché ?...

Mais pour en profiter, ne faudrait-il pas surtout réussir à faire un peu plus que de regarder le train passer ?...(Et cela, se pourrait-il donc que cela, nos gouvernements ne l'aient tout simplement pas compris ?...)
Énergies renouvelables: les pays en développement en tête des investissements
Énergie rime avec idéologie - François Cardinal
Le Canada tarde à prendre le virage de l’économie verte
Canada isn't cleaning up on green technology exports
Énergies vertes: le Canada manque le bateau, selon le Climate Group
Les É-U dépassés par la Chine pour l'investissement «vert»
Les sociétés canadiennes ratent des occasions «vertes» dans le monde
La grogne monte chez les industriels verts


Et bienvenue dans l'univers fabuleux de la Bourse du Carbone !
Crédits de carbone: de l'école à la banque
Des écoles qui chauffent mieux

À la chasse aux crédits «sociaux»

Quand les banques canadiennes voient vert


Se pourrait-il donc que l'on ait renié le principe même de liberté d'entreprise, et donc le fondement même de l'économie de marché ?...
By restoring Laurier’s lost tenets, this century could be ours

Les PME veulent être reconnues à leur juste valeur


Et si la crise financière avait surtout démontré une fois pour toutes l'absurdité de la tendance à la "déréglementation tous azimuts" ?...
Crise financière - Fin de partie

La planète économique serait-elle donc prête pour une réelle réforme de son système financier ?...
Le FMI surveillera de plus près le système financier de 25 pays
Des banques plus solides
Le Congrès américain offre à Obama la réforme de Wall Street
Union européenne - Un pas de plus vers un accord sur la supervision financière
Régulateurs boursiers: des attentes élevées
Industrie forestière: la crise s'éternise au Canada

Conférence des gendarmes des valeurs mobilières - Plaidoyer pour un nouvel encadrement de l'industrie
Les régulateurs financiers voient plus grand
Conférence de Paul Volcker: mettre les marchés au pas

Réforme de la régulation financière - Les banquiers n'ont qu'à bien se tenir
Interdit de ventes à découvert: Berlin inquiète les marchés
A regulatory regime that’s far too complex
Régulation financière: l'Europe garde un oeil sur le projet concocté au Congrès américain
«Il est essentiel que nous tirions les leçons de cette crise»

Obama: une nouvelle crise si la réforme financière échoue?
Le Trésor américain défend sa réforme face à des banquiers
Obama ira plaider à NY en faveur de la réforme financière
Réforme financière: Obama veut «agir rapidement»

... et par ailleurs, n'y a-t-il pas aussi un risque que le retour du balancier se rende un peu plus loin que la situation ne pourrait le demander ?...
Réforme bancaire: les investisseurs dans le doute

La déréglementation a été payante pour les banquiers
The trick is to find a way to regulate without stifling
Stephen Harper gets nod abroad for stand against global bank tax


Les «pôvres» banques - Alain Dubuc

Mais le monde sera-t-il seulement capable d'éviter ses vieux reflexes de frilosité, surtout vis-à-vis de quoi que ce soit qui puisse toucher à l'économie d'une façon ne serait-ce que moindrement significative ?...
Perspectives - Querelle de banquiers
Discipline budgétaire - Berlin cède devant l'insistance de Paris
Perspectives - En attendant la prochaine
La réforme financière - Déficit de courage
Perspectives - Une souris

Et surtout, les principaux intervenants économiques sont-ils vraiment prêts à reconnaître à quel point la nécessité d'une économie fonctionnelle peut dépasser les diverses préoccupations que peuvent entretenir les intérêts particuliers ?...
Les leçons de la crise - La réforme du Pacte de stabilité continue de diviser l'Union européenne

Et pourrait-on vraiment trouver mieux que l'idée même d'une nouvelle taxe pour ce qui est de soulever la contreverse ?...
Canada wins key fight against bank tax
Taxe bancaire: Ottawa a gain de cause

Taxe bancaire: Harper repart d'Europe bredouille

Les Canadiens ne veulent pas d'une taxe sur les banques, selon les banquiers
Faire payer les banques? - André Pratte
La voie facile - Claude Picher

Et si la véritable solution se trouvait ailleurs que dans une taxe, après tout ?...
Prudent, perhaps, but the Canadian model pays off

Paul Martin's legacy

Et s'il faut parler d'une taxe, alors pourquoi celle-ci ne devrait-elle pas plutôt porter sur les transactions financières ?
Taxe sur les transactions financières : propositions dès septembre

...à moins que le monde ne soit peut-être pas encore prêt à passer à l'action à niveau, comme à tant d'autres ?...
La proposition sur la taxe Tobin se heurte à l'opposition des banques européennes


Et qui eut cru que pour aller en ce sens, les banques elles-même aient pu s'avérer des alliés parmi les plus précieux qu'on puisse espérer, quoique cela soit sans doute bien malgré eux !...
La crise provoquée par les subprimes - Huit grandes banques font l'objet d'une enquête
Le Sénat publie des courriels embarrassants pour Goldman Sachs
Goldman Sachs: coup de pouce à la réforme financière
Perspectives - Une accusation qui tombe à point
Goldman Sachs: l'affaire prend une tournure politique
Goldman Sachs au banc des accusés


La grande récession...

La semaine infernale
La pire crise depuis la Grande Dépression, mais ç'aurait pu être pire

...et les grands changements qu'elle entraîne !...
Perspectives - Autocritique
Perspectives - La faute à nous-mêmes
Crise financière américaine - Un échec collectif, dit la Commission d'enquête
Les détails qui tuent
Jim Flaherty against ‘too big to fail’ bank label
Le FMI surveillera de plus près le système financier de 25 pays
Une crise pour rien?
Lehman Brothers, deux ans plus tard
Des banques plus solides
Les banques centrales renforcent les normes du secteur bancaire
Politique monétaire et déséquilibres financiers - Recoller les morceaux ne suffit plus
Fannie et Freddie ne seront plus jamais les mêmes
L'idée d'une taxe européenne fait son chemin
Pour en finir avec le sauvetage des institutions financières avec l'argent des contribuables - Bruxelles veut taxer les banques
The ‘trill’ of investing
La taxe Tobin 2
Perspectives - Taxe charmante
É.-U.: la taxe sur les banques ne nuira pas au crédit
Bottom line: Canadian banks should pay their fair share
Crise financière : Les ravages
Perspectives - Dur retour du balancier
Perspectives - Juste des types en complets
La Scotia met en garde contre une réforme bancaire mondiale
Taxe mondiale sur les banques: un accord d'ici fin 2010?
Le secteur financier avale la pilule fiscale de Québec
La crédibilité de la notation de crédit
Sarkozy veut faire la réforme avec Obama
L'entrevue - La nostalgie des années Thatcher
La crise grecque pourrait-elle affecter les É-U?
Dear Mr. Harper: There's a way to pay for global health needs
La décennie du « rééquilibrage » - FRANÇOIS DUPUIS
Voir  Obama et l'économie...
Ainsi que Ottawa et (le malmenage de ) l'économie...
La crise financière - La guerre
Produits dérivés fiscaux - Un trio européen veut encadrer la spéculation
Sarkozy annonce une initiative concertée contre la spéculation
L'homme qui a vu la bulle
Buffett: «Les dirigeants imprudents devraient payer»
Le FMI veut les outils pour prévenir les crises économiques
Le Congrès va réformer le système financier
A Tobin tax? The outré is back in
Les concurrents du Québec en mode séduction
L'Europe doit réduire les ventes à découvert, estime un eurodéputé

Réformer les services bancaires par la réforme de l'immobilier
La révolte des endettés
Obama, «Robin des Bois», selon un ministre italien
L'abc des affaires en 2009 - Sophie Cousineau
Désastre du PCAA: la Nationale est punie le plus sévèrement
Bourse de Montréal: le retour des produits dérivés
Obama demande aux banquiers de faciliter l'accès au crédit
Réforme de la LPC: Québec s'attaque au surendettement
Bonus bancaires: Washington ne prévoit pas de taxe spéciale
La Chambre américaine approuve la réforme de Wall Street
Obama limite les salaires des patrons d'entreprises renflouées
Obama s'en prend aux banquiers qui profitent du système
Les grandes banques veulent éviter une autre crise
Londres cible les primes des banquiers
Une partie de l'aide aux banques affectée à la création d'emplois
Les plans de relance des gouvernements peu efficaces
Dompter le capitalisme  -  Jean-François Lisée  & Éric Montpetit
É-U: les banques doivent faire plus pour les ménages
Le spectre du Dubaï fait craindre la faillite d'États
Cartes de crédit: Ottawa propose un code de conduite
WASHINGTON  Les banques ont un problème de taille
É-U: le patronat critique le projet de réforme financière
Le monde désabusé par le capitalisme
Régimes de retraite: les actuaires réclament une réforme
Pour une «autre» sortie de crise
Les banques sous haute surveillance
Réglementation : Ottawa ne doit pas aller trop loin, dit la Laurentienne
Primes des banquiers : Les États-Unis passent à la vitesse supérieure
Les institutions financières doivent  changer d’attitude  -   Sylvain Larocque
Obama exhorte les banques à prêter davantage aux PME
Contrôler les salaires des grandes banques américaines?

L’ABUSEUR-PAYEUR  -  YVAN LOUBIER
Plus de peur que de mal  -  SOPHIE COUSINEAU
Les États européens pressés d’agir contre les banques  -  Marc Thibodeau
PARIS  L’idée d’une taxe spéciale pour les banques fait son chemin
Les 5 recommandations du shérif de Wall Street  -  Vincent Brousseau-Pouliot

LES ASSUREURS RETIRENT DES FONDS DES TABLETTES

Bernanke veut limiter les très grosses sociétés financières
Limiter les banquiers  -  ARIANE KROL
G20 Un moment crucial  -  Yvan Loubier
FAUT-IL CROIRE LES ÉCONOMISTES?  -  PIERRE FORTIN
La mission quasi impossible du G20: réglementer les marchés  -  Hélène Baril
LA GESTION PRIVÉE TRAVERSE LA CRISE  -  Jean Gagnon
Lehman Brothers, un an après  -  Maxime Bergeron
WALL STREET Des lendemains qui déchantent  -  Maxime Bergeron

Les fonctionnaires doivent accroître leur productivité, dit le ministre Bachand
« LE PIRE CYCLE POUR LES PRODUITS DÉRIVÉS »  -  Martin Vallières
Les BRIC veulent une réforme des institutions financières

Il faut surveiller les bulles financières, selon Flaherty
Percées de soleil, risques d’orages  -  André Pratte
Les périls de l’appât du gain  -  Michel Girard
Le prix de l’imprévoyance  -  Claude Picher
SELON UN RAPPORT AMÉRICAIN  La spéculation a dénaturé les prix du pétrole

ÉTATS-UNIS Le régulateur s’attaque à la spéculation pétrolière
Au tour de l’Europe de réglementer davantage la finance
Le Québec glisse-t-il à gauche?  -   Alain Dubuc

La crise redéfinit les valeurs, dit le dalaï-lama
Après la crise, la crise -  ALAIN DUBUC
Une ère tire à sa fin - ALAIN DUBUC
La reprise du secteur privé se fera attendre, craint Carney

La résurgence du politique -  LOUIS BERNARD
L’incurie accablante de l’AMF  -   Sophie Cousineau

Les banques coupables de la crise, selon une étude
La révolution automobile d’Obama - ALAIN DUBUC
Un nouveau président américain ça ne change pas la Bourse, sauf que…
La crise mondiale révèle l’interdépendance  entre les nations - RUDY LE COURS

Le géant avec les grosses clés de char
L’un freine, l’autre démarre  -  SOPHIE COUSINEAU

RÉPARER LE CAPITALISME -  Guy Sorman
La «disneylandisation» de la politique - Mario Roy
Voir aussi Capitalisme : A Love Story... Triste comédie d’horreur  -  Sophie Cousineau

... ou peut-on plutôt dire que "plus ça change, plus c'est pareil" ?...
Susan George au Devoir - Récompenser les coupables, punir les victimes
Le grand cirque financier
Marchés financiers - Une impression de déjà-vu
La crise financière - Le cadeau colossal
Les autorités américaines veulent différer le versement des primes pour mieux encadrer le risque - Feu rouge aux bonus à Wall Street
Une crise pour rien?
Des banques plus solides
Perspectives - En attendant la prochaine
Flaherty veut vite une réforme des systèmes bancaires
La crise en Europe éclipse les projets de réforme
Bye-bye réforme du système financier?
Un ancien économiste du FMI prédit une nouvelle crise
La tour de Babel - Alain Dubuc
L'anti-réforme de Wall Street
La bulle enflait, enflait... et les Japonais s’éclataient
Des primes plus généreuses pour les banquiers canadiens
La leçon de Dubaï
De bulle en bulle - Richard Dupaul
Les institutions financières doivent  changer d’attitude  -   Sylvain Larocque
La part de marché américain du subprime revenue au sommet de 2006
L’écart se creuse entre les banques américaines
Les banquiers n’ont rien appris
Geithner conseillé par des banquiers millionnaires

Spitzer dénonce le « jeu de chaises musicales » d’Obama 
Les 5 recommandations du shérif de Wall Street  -  Vincent Brousseau-Pouliot

Un an après, qu’est-ce qui a changé?  -  ALAIN DUBUC
Wall Street n’a pas retenu les leçons de la crise, juge le président Barack Obama
L’insolence des banquiers  -  Sophie Cousineau 
Wall Street  Un air de déjà-vu...
Sortirons-nous grandis de la crise? -  ALAIN DUBUC
Foule sentimentale   NATHALIE COLLARD


... En fait, le temps des changements pourrait-il déjà sembler en voie de se terminer ?...
Washington va vendre sa participation dans Bank of America

La crise pourrait-elle donc avoir modifié nos habitudes de vie, et ce d'une façon qui puisse s'avérer ne serait-ce que moindrement durable ?..
L'Américain nouveau: moins cigale, plus fourmi

Et faute d'avoir causé une modification définitive de nos habitudes de vie, la crise n'aura-t-elle pas eu le mérite d'entraîner à tout le moins un changement dans nos mentalités ?...
Benoît XVI invite à une réforme de l'économie mondiale

Et si l'État se trouvait vraiment à la source de la récession, ne serait-ce qu'en partie ?...
L’État, catalyseur de récessions


Et si les banques ont un peu beaucoup causé la crise, ne démontrent-elles pas d'elles-mêmes qu'elles auraient peut-être besoin d'un peu plus d'encadrement ?...
Goldman Sachs: «Fabulous Fab» trahi par des courriels à sa petite amie
Goldman Sachs voulait «profiter» de l'effondrement immobilier
Perspectives - Too big...
Re: "Volcker Rule" - Joe Klein
Why Bank Investors Should Cheer the Volcker Rule
CORRECTION: Dodd on Regulatory Reform

Obama Seeking Tax on Biggest Banks
Harper met en garde contre une réglementation «excessive»
La révolte des endettés

Voir aussi Les salaires des patrons, de par leur propre tendance vers la démesure, ne démontrent-ils pas surtout que ceu-ci devraient justement être mieux encadrés ?...


Les marchés se comporteraient-ils donc comme des enfants gâtés ?...
(Et en démontrant d'une façon de plus en plus manifeste leur tendance à se comporter d'une façon aussi dangereuse que capricieuse, les marchés ne sont-ils pas en train de se départir eux-mêmes de leur propre crédibilité ?...)
L’Italie ne mérite pas ça

Remontée spectaculaire après la sortie de la Fed
Les Bourses reprennent des couleurs
Look out for another financial avalanche
Retour en zone émotive
Wall Street au banc des accusés
Le «down» de la Bourse
Dow Jones: pire recul en cours de séance depuis 1987

Et si la spéculation méritait vraiment d'être pointée du doigt, finalement ?...
Les kamikazes de la finance

Plusieurs forces obscures à l’oeuvre
États-Unis - Des élus partent en guerre contre les spéculateurs pétroliers
Couper les vivres à la spéculation
Perspectives - Le maillon faible

... Et comment cela pourrait-il d'ailleurs faire autrement que de justifier l'imposition d'une taxe sur les transactions financières ?
Appel pour l'instauration d'une taxe sur les transactions financières
En bref - Bill Gates pourrait déplaire à Harper au G20
Taxe Tobin


La taxe qui refuse de mourir

Why a financial transaction tax will miss the target
Financial transaction tax

... et que dire de ces fameuses agences de notation ?...
Lettres - Les agences de notation et les paradis fiscaux
Les moody’s fous
Crise de l'euro - L'amputation
Agences de notation - La grogne gagne la banque centrale et l'OCDE
L’europe tire à boulets rouges sur les agences de notation

Incompréhension et indignation au Portugal

Perspectives - La dictature de la cote
Crise de l'euro - L'acharnement
Crise financière portugaise - La dislocation
Les agences de notation - Bonnet d'âne
Régulation du secteur financier - Bruxelles poursuit son offensive
Bruxelles va resserrer ses contrôles des agences de notation

Agence de notation, mode d'emploi
En un siècle d'existence - Les agences de notation, souvent boucs émissaires des crises économiques

Et jusqu'à quel point peut-on encore se fier aux prédictions des économistes ?...
Pourquoi les experts se trompent

Why can’t economists do a better job?
L'étude de l'économie n'a toujours rien d'une science exacte
Take this chicken soup to heart, young economists
L'économie est une fumisterie - Stéphane Laporte
What do bankers and the Wizard of Oz do? They tell stories

Lorsque les plus grands y laissent leur dents !...
Dubaï Blues
Chômage mondial record à 6,6% en 2009

Convalescente, l'économie mondiale reste meurtrie par la crise
Le spectre du Dubaï fait craindre la faillite d'États
Dette publique mondiale Explosion de 45% entre 2007 et 2010
Le monstre japonais - Richard Dupaul
Nouveau record pour le déficit américain
Dans le rouge d'un océan à l'autre
Les 20 plus grosses faillites aux États-Unis depuis 1980
Budget du Québec: un déficit jusqu'à 5 milliards
Las Vegas, épicentre des saisies de maison
Attention à la dette! avertit le FMI
L’Amérique latine aura besoin de 400 milliards US en prêts... mais la caisse mondiale est à sec !...
La question à 8000 milliards - Michel Girard
Le retour de la dette publique  -  RUDY LE COURS
Des pays européens au bord du gouffre
Le FMI s’inquiète pour les banques britanniques

LE CANADA S’ENFONCE DANS LE ROUGE... MAIS MOINS QU’AVANT

Le surendettement serait-il donc le prochain fléau auquel nous devrons tous faire face ?...
Debt crisis strikes at heart of Europe
Minotaure l'affamé
Analyse sur la zone euro - Les marchés sont-ils responsables de la chute des gouvernements?
Un plan de rigueur pour éviter « la faillite »
Debt is the new carbon
If a recession is coming, don’t expect Ottawa to bail us out
Analyse - É.-U. et zone euro, deux superpuissances qui peinent à convaincre
Coup de semonce aux pays endettés
The Canadian way to rein in debt
U.S. states and cities face a painful hollowing out - Jeffrey Simpson
On a ce qu’on voulait
Debt, the public's burden
Déficits américains en perspective
Dette, quand tu nous tiens!
The Greeks are unique, but not by EU standards - Jeffrey Simpson
Les États membres du FMI s'engagent à avoir des «finances publiques viables»
Le FMI craint que la dette des États relance la crise financière
Le FMI inquiet pour le déficit des États-Unis
Le déficit public de la zone euro explose

Londres dévoile un déficit sans précédent

Obligations : la dette devient indigeste - RUDY LE COURS
A grim future for advanced economies?
Une décote des grands pays n'est plus à exclure

Quand les PIGS virent la Bourse à l'envers...
Une reprise à crédit
Perspectives - Tous Grecs
La zone euro mise à rude épreuve
Obama unveils $3.83-trillion budget
Balanced budgets are lifesavers in turbulent times - Jeffrey Simpson
É-U: Geithner s'engage à ramener le déficit à 3% du PIB
Dubaï: la Banque centrale des Émirats intervient
Dette publique mondiale Explosion de 45% entre 2007 et 2010
Les taux d'intérêt hypothécaires monteront en 2010
Bernanke plaide pour une réduction du déficit

Et ceci dit, ne faut-il pas avouer que ce problème ne date pas exactement d'hier ?...
Debt, the public's burden

Et d'ailleurs, la Grèce n'a-t-elle pas démontré à tous qu'il peut pratiquement suffire d'un seul pays, et fut-il même des plus petits, pour entraîner  le monde entier dans sa chute ?...
La réserve américaine s'inquiète également de l'Europe
Les investisseurs ne savent plus sur quel pied danser
Crise en Europe: 18 mois pour en sortir, croit Sabia
L'Europe vacille, l'Amérique freine, les marchés plongent
Crise en Grèce: le Canada souffrira, selon Mark Carney
La contagion grecque - Richard Dupaul

Mais en ce qui nous concerne, les malheurs des autres n'ont-ils vraiment que des répercussions négatives ?...
La crise, moteur de la reprise - Richard Dupaul
La crise de l'euro rend la dette canadienne attrayante

Mais notre système est-il pour autant menacé d'un réel effondrement ?...
Dettes publiques: la catastrophe n'aura pas lieu


... Et quoi qu'il en soit, n'est-ce pas d'ailleurs le moment parfait pour faire éclater au grand jour les magouilles comtables à cet effet ?...
Les banquiers mentaient aux agences de notation, selon un ancien de Moody’s
La dette européenne - La fraude
La Grèce n'est pas la seule à «maquiller» sa dette
Crise financière en Grèce - La magouille

Mais jusqu'à quel point vaut-il la peine de soutenir des États en faillite ?...
DSK VOYAIT GRAND - GUY SORMAN


Et si même la privatisation ne pouvait vraiment sauver un État acculé à la faillite ?...
La grande euro- braderie


Et à quels dangers peut donc s'exposer un État qui se voit acculé à la faillite ?...
Les États en défaut de paiement - Une cause de récession
La souveraineté en ruine
Le cul- de- sac grec

Tout cela n'aura-t-il pas eu tout au moins le mérite d'enfin forcer nos gouvernements à se responsabiliser en ce qui concerne la gestion de leur budget, ou plutôt de leur endettement ?...
Le donneur de leçons - Claude Picher
Le G20 recherche l'équilibre entre la relance et la santé budgétaire
Big deficits, mounting debt: It's time for hard choices - Jeffrey Simpson
Harper to ask Canadians for input on pension reform
Tories to sell two-sided budget with two-sided tale

Acknowledge the hard choices
Move fast but safely back to balanced budgets
Why this budget will be Flaherty's toughest
Réduire la dette, principale priorité des pays développés

Et jusqu'à quel point peut-on espérer assainir le budget public sans pour autant compromettre la reprise ?...
Perspectives - Incertitudes
Crise de l'euro - La purge
Les Anglais n’ont pas le coeur à la fête

Après la Grèce, l’Irlande
Trop d'austérité pourrait tuer la reprise
Vers une dépression? - André Pratte
Les pays du G20 profondément divisés
G20 et croissance: des «nuances» séparent les pays

Quand freiner? - André Pratte
Surveillez vos budgets, mais attention à la reprise


À moins qu'il ne s'agisse en fait d'un faux dilemme ?
How Puerto Rico stepped back from an economic abyss - neil reynolds
Stimulus. Austerity. We can have both

Et de toute façon... Depuis quand une saine gestion des finances publiques est-elle sensée représenter une menace pour l'économie ?...
Assainissement des finances publiques - La stratégie du moindre effort serait coûteuse

Serions-nous donc au point d'entrer dans une nouvelle ère d'austérité ?...
G20: priorité aux déficits
L'économie mondiale menacée par un risque de rechute
World needs restraint, not more stimulus
Paranoïa européenne
Les pays de l'OCDE assainiront leurs budgets
Les plans d'austérité présentés par différents pays européens
L'Europe contrainte à l'austérité
Le déficit, priorité de Sarkozy


Mais se pourrait-il donc que trop d'austérité ne vaille pas nécessairement mieux que pas assez ?...
L’insoutenable rigueur

La cure de santé qui tue
Récession à la sauce Worcestershire
La croissance britannique en panne sèche
L’économie britannique replonge dans le rouge à la stupéfaction générale
Trop d'austérité pourrait tuer la reprise

Et si les États se devaient en effet de commencer peut-être par faire le ménage dans leurs propres dépenses avant que de demander encore un effort supplémentaire à leurs contribuables ?...
Canadians back public-sector cuts as deficit-fighting tool

Oui à une taxe, mais... - Nathalie Collard
Budget should target 'fat-cat Ottawa,' poll suggests

Ne serait-il pas déjà temps de commencer à penser à l'après-crise ?...
La désynchronisation - Vincent Delisle

Perspectives - Les taureaux
La reprise dans différents pays
De bulle en bulle - Richard Dupaul
La tentation  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Les stimulants moins nécessaires, dit Greenspan

WASHINGTON  Un second plan de relance n’est pas nécessaire
Trop tôt pour un autre plan de relance, dit le secrétaire au Trésor américain
Patience au G8 ANDRÉ PRATTE

Et ne faudra-t-il pas recommencer un jour à se préocupper aussi de l'inflation ?...
Taux directeur: la Banque du Canada face à un dilemme

La Banque du Canada passe timidement à l'action
Bank of Canada hikes interest rates
Printemps économique - Ariane Krol
Taux d'intérêt: la fête tire à sa fin
Hausse du taux directeur: ce sera juin ou juillet
Last call hypothécaire
Taux directeur: le compte à rebours est commencé
L'inflation se montre tenace
La vigueur de l'inflation surprend
Taux d'intérêt: pas de hausse... mais la pression monte
Les tendances inflationnistes se corsent
Mark Carney dit de se préparer à des hausses de taux

L'inflation a atteint 1% en novembre au Canada
La fête de la liquidité achève - Richard Dupaul
LES TAUX POURRAIENT REMONTER PLUS VITE QUE PRÉVU 

Et par ailleurs, en parlant de l'inflation...
Dix dollars par semaine - Claude Picher

Et si cette crise devait finalement amener une certaine nouvelle manière d'agir et de penser, et ce même de façon durable ?...
Aux États-Unis, la rentrée scolaire ne rime plus avec folles dépenses

Quand le plan, c'est la relance, sinon le sauvetage !...
Obama and Bernanke try their best - Globe Editorial
1200 milliards US pour sauver Wall Street
Perspectives - Bar ouvert
Warren Buffet applaudit l'intervention de l'État
La Fed prête à agir, s'il le faut
La Fed à la rescousse de l'économie
La faiblesse de la reprise inquiète la Fed
Le dilemme américain
Obama, Harper urge G20 nations to 'safeguard' economic recovery
La Réserve fédérale américaine ancrée dans le statu quo
Chômage: les ministres du Travail du G20 réunis
Pas de mouvement en vue à la Fed
Le chômage inquiète toujours Bernanke
É-U: un plan pour les victimes de la crise immobilière
Obama défend le plan de relance de l'économie
Sortie de crise inorthodoxe pour la Fed
Trop d'épargne dort au Canada - Rudy Le Cours
Obama unveils $3.83-trillion budget
La Chambre approuve des mesures en faveur de l'emploi
Dans les coulisses de la crise financière

La Fed fidèle à son plan de match
Obama baisse les impôts des PME pour créer de l'emploi
Une partie de l'aide aux banques affectée à la création d'emplois
Crédit à la rénovation: les détaillants en veulent encore
Obama privilégie la relance avant le déficit
Le taux directeur de la Banque du Canada reste à 0,25%
La reprise n'est pas encore «autonome», dit Bernanke
Corée du Sud: Harper pour le maintient des plans de relance
Dubaï: la Banque centrale des Émirats intervient
L'Allemagne prolonge son dispositif anti-crise de chômage
Chômage: le remède allemand - Richard Dupaul
L'économie a évité une dépression «menaçante»
Les taux vont rester bas lontemps aux États-Unis
AbitibiBowater: Québec songe à une participation
Les États-Unis doivent se rappeler la leçon japonaise
Obama exhorte les banques à prêter davantage aux PME
Bush soutient avoir évité une «Grande Dépression»
Les taux resteront bas, avertit la Banque du Canada
La Banque du Canada remettra ses pendules à l'heure
LA FED JOUE DE PRUDENCE  -  RUDY LECOURS
Il faut maintenir les plans de relance, selon le FMI
Les défilés à un million US survivent  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Magasiner contre la récession  -  Vincent Brousseau-Pouliot
L’OPEP maintient sa production
OPEP La production inchangée pour soutenir l’économie
La Fed maintient son taux... et sa prudence  -  Marc Jourdier
La Fed s’en tiendra à son plan de match  -  Rudy LeCours
Éclaircies dans le ciel de la Fed
La Fed promet des taux bas pendant longtemps
G8  Les plans de relance restent... pour l’instant

« LE GOUVERNEMENT SE DEVAIT D’AGIR » -  HUGO DE GRANPRÉ
La Fed veut apaiser les craintes
Hydro au secours des grandes entreprises
Le Fonds FTQ ouvre ses goussets

Imprimer de l’argent pour défendre le huard ?
La béquille inflationniste  -  Laurent Desbois

... Mais cela devrait-il être toujours le cas ?...
La bulle des renflouements

We need business to speed up our sluggish recovery
Miser sur la productivité
Les États-Unis à deux doigts d'une déflation «à la japonaise»
Faut-il sauver les banques à tout prix?
De bulle en bulle - Richard Dupaul
Quand les taux hypothécaires font la loi
Harper ne bloquera pas la vente d’actifs à Ericsson
NORTEL : LA HAUTE DIRECTION DÉCIMÉE
Nortel à Ericcson : Audiences d’urgence des députés fédéraux
Adieu Nortel  -  ANDRÉ PRATTE
Nortel : Le vieux réflexe  -  Adrien Pouliot

Un « BS corporatif »  -  Adrien Pouliot
Québec doit dire non - Il serait inéquitable de garantir les rentes des retraités des régimes à prestations déterminées
Le Canadien : Un investissement discutable


Se pourrait-il que les plans de relance puissent avoir des effets secondaires moins enviables qu'on aurait pu le croire ?...
The hidden cost of stimulus programs
Des infrastructures qui flambent
Des infrastructures à prix gonflés
Les plans de relance des gouvernements peu efficaces
Obama privilégie la relance avant le déficit


Et lorsqu'un plan de relance prend au dessus d'un an pour se manifester, peut-on encore parler d'efficacité ?...
700 millions pour les infrastructures


Au fait, quels principes devraient donc se voir observés lorsque vient le moment de relancer une économie ?
Perspectives - Vertu ou masochisme ?

Et avec sa politique "d'assouplissement quantitatif" systématique, la Fed n'est-elle pas en train de s'engager sur une piste plutôt glissante, pour le moins qu'on puisse dire ?...
La croisade désespérée de la Fed

LA FED S’AVENTURE EN EAUX INCONNUES
La Fed sort la planche à billets
LA FED S’APPRÊTE À ACTIVER LA PLANCHE À BILLETS

Voir aussi Et se pourrait-il en fait que l'on soit carrément en train d'assiter finalement au "déclin de l'empire américain" ?...

Et si nos malheurs ne se trouvaient en fait qu'à commencer ?...
Bourse américaine: la dépréciation ne fait que commencer


L'industrie automobile peut-elle un jour se remettre à rouler ?...
Les ventes de voitures américaines redécollent
GM a réglé ses dettes contractées en aide d'urgence
Bilan financier de juillet à décembre 2009 - GM reste optimiste malgré une perte de 4 milliards
En bref - Toyota sous surveillance
Au tour de Toyota Canada de faire son mea-culpa
Les concessionnaires canadiens de GM ne pourront rester ouverts
Ford devient numéro un du marché américain
Lost in Translation - Ariane Krol
Toyota s'est développé trop vite, admet son patron
Le PDG de Toyota se dit «profondément désolé»

« JE SUIS PROFONDÉMENT DÉSOLÉ »  -  Richard Hétu
Toyota: «la chute d'un géant»
Toyota: le doute - André Pratte

Où est monsieur Toyoda?
Affaire Toyota: Transports Canada a-t-il été berné?

Affaire Toyota: les risques étaient connus depuis 2007
Toyota: le charme est rompu -  Denis Arcand
Industrie automobile: des fermetures à prévoir au Canada
Tata veut lancer sa Nano sur le marché américain
Ventes d'autos: Ford qui rit, Chrysler et GM qui grognent

Retour à la rentabilité en 2010 pour l'industrie auto au pays
GM rembourse 1 milliard aux États-Unis et 192 millions au Canada
Longue convalescence en vue pour l'industrie automobile
L'homme de GM débarqué par les hommes d'Obama
L’effet des primes à la casse s’estompera bientôt
Les principales réactions face à Opel
GM garde Opel: colère et inquiétude en Allemagne
FORD RETROUVE SES COULEURS  -  Charlotte Raab
L’industrie automobile poursuit sa remontée  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Au tour de GMCanada d’offrir une prime à la casse
Les ventes de véhicules s’accélèrent
La « prime à la casse » a permis la vente de 700 000 automobiles
GM accélère sa production  -  Philippe Mercure
Voitures vertes : GM veut damer le pion à Toyota  -  Amandine Ambregni
GM DÉBARQUE SUR EBAY  -  Philippe Mercure
Ford renoue avec les profits
La relance de GM suspendue au succès des modèles  -  Amandine Ambregni
Feu vert à la création du nouveau GM
GM joue son avenir demain devant la justice
Automobiles : LES VENTES REPARTENT VERS LE HAUT
La restructuration de GM avance sans encombre

« LE GOUVERNEMENT SE DEVAIT D’AGIR » -  HUGO DE GRANPRÉ
INVESTISSEMENT DANS GM  L’État devra patienter

Le baratin du vendeur de «chars» - SOPHIE COUSINEAU
GM  : La (nouvelle) ligne de départ - ARIANE KROL
HONDA : 50 ans pour devenir un grand de l’automobile

La recette Ford pour traverser la crise -  Maxime Bergeron
GM : QUATRE ERREURS FATALES -  Gaétan Frigon
GM : NOUVEAU DÉPART - Maxime Bergeron

GM : LA CHUTE D’UN GÉANT  -  MAXIME BERGERON
Les retraités québécois retiennent leur souffle

QUEL AVENIR  POUR GM? - MAXIME BERGERON
UN WEEK-END CRUCIAL POUR LE CONSTRUCTEUR
UN NOUVEAU DÉPART : CHRYSLER CONFIE LE VOLANT À FIAT, SOUS LA PROTECTION DE LA LOI SUR LES FAILLITES
LE FÉDÉRAL ET L’ONTARIO VIENNENT EN AIDE À CHRYSLER
Alliance Chrysler-Fiat : Tout un défi !
Vers un nouveau GM
GENERAL MOTORS  Un scénario « à la Chrysler » de plus en plus probable

Faillite possible de Chrysler : Sauver ce qui peut l’être - ARIANE KROL
Six dirigeants deGeneralMotors liquident leurs actions
Volkswagen veut rivaliser avec Toyota  -  Étienne Balmer


... Mais aurait-t-on oublié la forêt ?...
... MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS?

Lettres - Un budget au goût amer
AbitibiBowater s'entend avec le syndicat
Industrie de la forêt: un virage nécessaire pour survivre
Industrie forestière: grosse sécheresse... et des pousses vertes
Insolvabilité: il y a encore péril en la demeure!
Les temps sont (toujours) durs pour l'industrie forestière
AbitibiBowater lutte encore contre la faillite
Cette forêt chinoise qui rapporte
AbitibiBowater: Québec songe à une participation
Des effets bien concrets  -  Martin Vallières
AbitibiBowater  La production suspendue dans cinq usines
Une coalition pour promouvoir le bois dans la construction
Voir aussi LE RÉFLEXE BOIS  -  FRANÇOIS CARDINAL
Forêt : Le régime actuel tire à sa fin  -  Hélène Baril
AbitibiBowater s’enlise  -  Martin Vallières

L’industrie forestière enregistre encore des pertes
ABITIBIBOWATER  Grosses coupes à Montréal  -  Stéphane Paquet
CRISE DANS LES PÂTES ET PAPIERS  LE PIRE RESTE À VENIR 
AIDE AU SECTEUR FORESTIER Applaudissements et récriminations
Un milliard sur la « liqueur noire »

Un milliard en trois ans pour l’industrie forestière
L’industrie forestière reste sceptique
L'auto contre la forêt
200 millions pour la forêt

Et se pourrait-il donc que ça marche ?...
Why can’t economists do a better job?

Warren Buffet applaudit l'intervention de l'État
Crise économique: les gouvernements ont sauvé 21 millions d'emplois
2009 en six dates
Bernanke, homme de l'année selon Time
L'économie a évité une dépression «menaçante»
L’économie américaine tributaire de l’État
Les plans de relance portent leurs fruits
WASHINGTON  Un million d’emplois sauvés par le plan de relance
La Banque du Canada garde le cap
Banque centrale européenne : Le taux directeur devrait rester à 1 %
Obama  reconduit le mandat de Ben Bernanke à la barre de la Fed
LA REVENTE SUR UNE LANCÉE  -  Maxime Bergeron
Wall Street rassurée par Bernanke
Le plan Obama stimule la consommation -  Marc Jourdier
La Fed garde intact son plan de match -  Rudy Le Cours
La politique de la Fed fonctionne
Dix banques vont pouvoir rembourser Washington

Le soutien au crédit des entreprises porte fruit, dit Flaherty
HARPER DÉFEND SON PLAN DE RELANCE ÉCONOMIQUE

Le crédit à la rénovation attire un tiers des Canadiens 


... Mais est-ce que ça marche vraiment à ce point ?...
L’impact sur l’emploi surestimé


Et si notre réponse à la crise se trouvait essentiellement à manquer la cible ?...
Dérive quantitative
Beaucoup d’argent, peu de résultats


Et si nous nous montrions réellement intéressés à savoir quel genre de plan de relance peut réellement s'avérer efficace, du moins dans une économie avancée, alors nos yeux ne devraient-ils pas surtout se diriger du côté de l'Allemagne, en réalité ?...
Les Allemands croient aux miracles
The maintenance of hope: Germany's secret to recovery

BERLIN —  Une reprise meilleure qu’espéré

Et d'un autre côté, n'y a-t-il pas également certains plans de relance qu'il vaut tout simplement mieux ne pas imiter ?...
Le pari de l’Espagne contre la crise


Les salaires des patrons, de par leur propre tendance vers la démesure, ne démontrent-ils pas surtout que ceu-ci devraient justement être mieux encadrés ?...

Des PDG surpayés

PDG méchants
Banques - La fin des primes extravagantes
États-Unis - Les salaires des patrons ont chuté en 2009
Un procès pour rémunération excessive
Rio Tinto Alcan: deux patrons se partagent la moitié des primes
Bonus: Obama en colère contre AIG
Banques américaines: des bonus faramineux pour les employés
Les patrons d'entreprises publiques sont-ils trop payés?
L'homme le plus riche d'Asie sabre sa rémunération
WASHINGTON  Les primes restent sur la sellette
Les banquiers n’ont rien appris
LA PAIE DES BANQUIERS DANS LA LIGNE DE MIRE 
Limiter les banquiers  -  ARIANE KROL
LONDRES  Les bonus des banquiers au centre des débats
Europe : Les ministres se mobilisent pour encadrer les bonus bancaires
« Le ministre ne veut pas faire rire de lui »

Des actionnaires et des patrons...
Une démocratie bien tranquille

Le vote sur la rémunération des dirigeants porte ses fruits
Pour ou contre le salaire des patrons?
RÉMUNÉRATION DES PATRONS Plus de pouvoir aux actionnaires
Des experts suggèrent de plafonner les salaires des PDG  -   Francis Vailles

Le vote consultatif ou l'avenir de la rémunération... - SOPHIE COUSINEAU
RÉMUNÉRATION DES PATRONS : UN MOT À DIRE - SOPHIE COUSINEAU
Le vote consultatif à l’usure  -   Sophie Cousineau


Voir aussi... et que dire des généreuses primes de retraite, même lorsque c'est la population qui paie la note !...

...et des employés !...
Un empire qui empire - Marc Cassivi

RIO TINTO ALCAN : La crise a le dos large...

Lorsque les patrons méritent vraiment leur salaires...
Le PDG d'Air Canada veut changer la culture d'entreprise

Il n’est peut-être pas si méchant - SOPHIE COUSINEAU

Et que dire du chômage ?...
Le monstre à 1000 têtes

Ottawa veut bonifier l’assurance emploi  -  Malorie Beauchemin
LE CHÔMAGE AUTOUR DU MONDE - Karim Benassaieh
Assurance-chômage : Les provinces réclament un régime simplifié 
Chômage : les provinces touchées par ricochet
Voir aussi... Un peu de sagesse  -  ANDRÉ PRATTE

Et pourtant, la grande Récession nous affecte-t-elle vraiment tant que ça ?...
L’exception canadienne
Got money to invest? Try ‘the world’s safest economy’
Les deux mains sur le volant
Boules de cristal
Quelques soupirs de soulagement
La Banque du Canada fait cavalier seul
Taux directeur: la Banque du Canada face à un dilemme
Des finances serrées mais enviables au Canada
La création d'emplois devrait se poursuivre au Canada
Planète Canada - Ariane Krol
Exportations du Québec: le rebond se confirme

Canada: croissance exceptionnelle au premier trimestre

En avance sur les autres - Claude Picher
Bank of Canada hikes interest rates

Les banques canadiennes afficheront leur stabilité
Réforme financière aux É-U: un plus pour le Canada
Une surprise de 600 millions
La lente remontée du manufacturier - Claude Picher
Crise en Europe: le Canada plutôt à l'abri
Le Canada peu touché par la crise
La reprise est plus rapide au Québec qu'au Canada
Ô Canada, ô croissance
Les ventes des fabricants canadiens connaissent une légère hausse
Les manufacturiers tiennent bon
Le Canada a mieux résisté à la récession
Les exportations canadiennes repartent en force
Les entreprises se remettent à embaucher
La reprise de l'emploi décortiquée
Une décennie de frustration aux États-Unis

Construction: le printemps sera chaud au Québec
664 millions de moins pour le Québec
Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois (suite) - Jean-François Lisée
L'immobilier au Québec est sorti de la récession
Hausse du PIB: est-ce que ça va continuer? - Claude Picher
L'économie canadienne à la vitesse grand V

L'économie canadienne a terminé l'année 2009 avec fougue
La croissance est plus forte que prévu au Canada
La reprise et le chômage seront faibles au Québec en 2010
Les Canadiens ne boudent pas les magasins
Les reventes de maisons au Canada en hausse de 58%
Dette publique - Un dirigeant de la Fed suggère l'exemple canadien
Et vogue la goélette canadienne
Le Canada, « refuge » de l’Europe ?
Revente de maisons: les courtiers encore optimistes
Trop d'épargne dort au Canada - Rudy Le Cours
Des détaillants québécois défient la récession
Belle fin d'année pour l'emploi
Vers un marché immobilier vigoureux au Canada
Le dollar canadien, valeur refuge?
Assurance-emploi: le nombre de prestataires en légère baisse au pays
Les Québécois plus dépensiers en 2009
L'économie canadienne est prête à créer des emplois
Le Québec contribue à la hausse des ventes des fabricants
Faillites: la situation s'améliore au pays
Plus riches, mais plus endettés
Revenus: l'écart se rétrécit entre Canadiens et Américains
La balance commerciale se redresse
LE MARCHÉ DU TRAVAIL REPREND VIE  -  Rudy LeCours
Le retour des plaisirs coupables
Les Chinois pourraient acheter plus d'actifs canadiens
La reprise de l'économie canadienne est en marche
Montagnes russes - Claude Picher
Fusions et acquisitions en hausse au pays
Les entreprises canadiennes renouent avec les profits
Pléthore d'édifices de bureaux à Toronto
Banques: sortie de crise avec éclat
Place à la consommation... avec prudence
Les six grandes banques devraient afficher de solides résultats
L'économie canadienne sur la bonne voie, selon l'OCDE
Les entreprises sortent de la crise en pleine forme
Les usines se remettent à tourner au Canada
Capital-risque: un regain d'optimisme au Québec
Mois d'octobre record pour l'immobilier au Canada
Les ventes des manufacturiers grimpent malgré l'aéronautique
Les Québécois pensent investir autant dans leurs REER
Le prix des maisons neuves en légère hausse
Chômage: une première depuis 1976
La construction ira encore mieux
Le chômage a progressé de 2% au Canada en octobre
Entreprises: l'argent s'accumule dans les coffres
Les banques sous haute surveillance
Les Québécois «assurés» de garder leur emploi
Voir aussi
71% des Québécois vivent dans le passé

Le rattrapage des québécoises
Le Québec sort de la récession
« Un drôle d’optimisme »  -  Vincent Brousseau-Pouliot
LES TAUX POURRAIENT REMONTER PLUS VITE QUE PRÉVU 
LES NOUVEAUX DÉFIS DU CANADA  -  Rudy LeCours
Embellie sur le marché de l’emploi au Canada
ONTARIO : LE COEUR FINANCIER A TENU LE COUP 
Voir aussi ONTARIO : TIMIDES SIGNES DE REPRISE
Rebond des exportations québécoises  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Les Canadiens retrouvent l’optimisme
Les prix résistent mieux au Québec  -  Philippe Mercure
Plus de chômage… et de postes à combler  -  Maxime Bergeron
La revente de maisons en forte hausse
Les PME renouent avec l’optimisme  -  RUDY LECOURS
DEUX CAMIONNEURS, DEUX ÉCONOMIES  -  Stéphane Paquet
GRUES ET ACHETEURS AU RENDEZ-VOUS  -  Maxime Bergeron
Le petit miracle québécois  -  ALAIN DUBUC
Le marché du travail se stabilise au Canada  -  RUDY LECOURS
Ajout record de locaux commerciaux au Canada
Banques québécoises : Des « résultats impressionants »  -  Martin Vallières
Les profits de la Laurentienne étonnent les analystes
Le Canada, havre bancaire selon Global Finance   -  Hugo Fontaine
L’indice vin  -  ANDRÉ PRATTE
Un vent d’optimisme souffle sur l’immobilier  -  Philippe Mercure

Le commerce s’active Cinquième hausse des ventes au détail en six mois
La reprise s’amorce au Canada  -  Julian Beltrame
Le revenu personnel disponible a augmenté de 4% au Québec
Bulletin prévisionnel du Conference Board : LE CANADA FERA UN BOND AU CLASSEMENT  -  Hugo Fontaine
LA REVENTE SUR UNE LANCÉE  -  Maxime Bergeron
L’EXCEPTION QUÉBÉCOISE  -  Maxime Bergeron

LES CANADIENS PROTÈGENT LEUR BAS DE LAINE  -  Philippe Mercure
LA RÉCESSION MONDIALE, UN PLUS POUR MONTRÉAL 
C’EST REPARTI !  -  Rudy LeCours
Les Canadiens retrouvent le chemin des magasins  -  Rudy LeCours
Immobilier au Canada : Le marché de la revente rebondit
EMPLOI  Le Québec résiste bien - Rudy LeCours
TRAVAILLEURS DE LACONSTRUCTION Des sommes records pour les vacances de 2009
L’EXCEPTION CANADIENNE  -  Rudy LeCours
La relance du bâtiment paraît enclenchée  -  Rudy LeCours

Quand le bâtiment va… tout ira  -  Rudy LeCours
Quand on se compare... -  Claude Picher
Notre gazon est plus vert -  VINCENT DELISLE
L’économie du Québec devrait reprendre l’an prochain La construction non résidentielle restera un pilier

Immobilier : Montréal sera épargné par les baisses de prix - Maxime Bergeron
La crise s’adoucit au Canada, selon l’OCDE
Huit provinces sur dix créent des emplois 
La récession frappe moins le Québec que prévu
Les Canadiens reviennent dans les magasins  -  Rudy  LeCours
L’Ontario par terre, le Québec s’en tire  -  CLAUDE PICHER
La destruction d’emplois semble contenue -  RUDY LE COURS
Le verre à moitié plein
Une chance qu’il y a le Québec! - CLAUDE PICHER
Solide comme le roc
Les banques canadiennes s'en tirent plutôt bien
ÉCONOMIE QUÉBÉCOISE  Charest se dit optimiste


... ou peut-être que si ?...
Le Canada perd la cote
Recession recovery: We’ve only just begun … - JEFFREY SIMPSON
Boules de cristal
L'économie canadienne au petit trot
Quelques soupirs de soulagement
Deux économies en basse vitesse
Est-ce la fin des beaux jours?
La faiblesse de la reprise ailleurs finira par rattraper le Canada
Les exportations canadiennes souffrent
L'économie ralentit... mais lentement
Malgré la hausse du chômage, Harper écarte l'idée d'un second plan de relance
Économie canadienne - Tout va bien... pour le moment
La reprise sera plus lente que prévu au Canada
Le secteur manufacturier a perdu 11 000 emplois en février
La reprise et le chômage seront faibles au Québec en 2010
House prices are getting dangerously high
L'effondrement des exportations - Claude Picher
Immobilier au Canada: des craintes de surchauffe
Juste comme la visite arrive... - Yves Boisvert
L'économie pâtira des mesures visant l'équilibre budgétaire
Le marché du travail au coeur de la reprise
Le Canada est sorti de récession mais avec difficulté
Compte courant: un déficit record de 13,1 milliards
2009, une année qui vole bas dans l'aéronautique
La récession a été plus dure que prévu au Canada
Fondations fragiles
Les faillites en hausse de 29% en septembre au Canada
Le moteur en panne - Claude Picher
Un peu moins de cadeaux, un peu plus de tourtières...
Le Québec aura une croissance inférieure à la moyenne canadienne
À quand le retour à la normale? - Alain Dubuc
Les profits glisseront de 20% dans la plupart des secteurs
Hausse des mises en chantier au Canada, baisse au Québec
Quand les taux hypothécaires font la loi
Chômage: une première depuis 1976
Le Canada aura-t-il réussi à créer du travail en octobre?
Le chômage a progressé de 2% au Canada en octobre
Dans le rouge d'un océan à l'autre
Construction: une reprise partout sauf au Québec?
L'argent du plan de relance tarde à arriver au Québec
Péréquation: l'Ontario plombe le Québec
Économie: creux moins profond, rebond moins fort
Les locaux commerciaux vides se multiplient à Montréal
« Un drôle d’optimisme »  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Sombres nuages - CLAUDE PICHER
LES NOUVEAUX DÉFIS DU CANADA  -  Rudy LeCours
Canada : L’économie fait du surplace  -  Rudy LeCours
Spectacles : Des sièges vides à Montréal  -  Nathaëlle Morissette

Centres d’emploi de Montréal  C’est la cohue !  -  Émilie Côté
ONTARIO : TIMIDES SIGNES DE REPRISE  -  Stéphane Paquet

Voir aussi ONTARIO : LE COEUR FINANCIER A TENU LE COUP
Plus de chômage… et de postes à combler  -  Maxime Bergeron
L’OCDE PLACE LE CANADA EN QUEUE DE PELOTON  -  Marie Tison
Québec : A-t-on atteint le fond du baril ?  -  Stéphane Paquet
Exportations : Le Québec n’est pas sorti du bois  -  Philippe Mercure
Les producteurs de bois canadiens devront patienter

L’immobilier commercial tarde à reprendre  -  Brenda Bouw
UN ÉTÉ MOCHE  AU QUÉBEC
45 000 EMPLOIS PERDUS AU CANADA

Une reprise molle pour le Québec  -  Rudy LeCours
Ontario : La crise de l’auto fait mal  -  Rudy LeCours

En fait, se pourrait-il que le Canada soit pratiquement en train de connaître une bulle immobilière, à l'image de celle qui a fait dérailler l'économie de nos voisins, par ailleurs ?...
Endettement des ménages - Baril de poudre
La menace d'une bulle immobilière au Canada ressurgit
Danger: la spéculation foncière menace l'économie
Le marché immobilier se resserre au pays
Immobilier: les nouvelles règles changent la donne
Les reventes de maisons au Canada en hausse de 58%
Bulle ou pas - Ariane Krol
House prices are getting dangerously high

Immobilier au Canada: des craintes de surchauffe

Et que dire par ailleurs du marché immobilier ?...
Why we need tougher mortgage rules


Les banques devraient-elles être les premières à s'en tirer, malgré tout ?...
Des primes plus généreuses pour les banquiers canadiens

Londres cible les primes des banquiers
Banques: sortie de crise avec éclat
Les six grandes banques devraient afficher de solides résultats
L’écart se creuse entre les banques américaines
Les banquiers n’ont rien appris
Banques québécoises : Des « résultats impressionants »  -  Martin Vallières
Les profits de la Laurentienne étonnent les analystes
L’insolence des banquiers  -  Sophie Cousineau
Les banques: comme la saucisse Hygrade  -  Michel Girard
Banques canadiennes  Les bénéfices devraient atteindre un creux 
Les banques liquident massivement  -  Michel Girard 
Les banques canadiennes s'en tirent plutôt bien
Tests de résistance  des banques américaines  : Soulagement, mais l’inquiétude persiste

Se pourrait-il donc que les banques aient une petite tendance à ne se soucier que d'elles-mêmes, et ce même au détriment de l'économie en tant que telle ?...
Perspectives - La trappe..
Grogne en Islande: les banquiers, ces criminels
La réputation de Goldman Sachs - Ariane Krol
Décote morale - Ariane Krol
En pleine tourmente, Goldman Sachs voit ses profits doubler
Some of Earl Jones's victims get their money back
Goldman Sachs au banc des accusés
Perspectives - Vite sur la détente
La Nationale et la CIBC mal-aimées des PME
La CIBC offrirait le moins bon service aux PME
Obama demande aux banquiers de faciliter l'accès au crédit
Obama s'en prend aux banquiers qui profitent du système
Une partie de l'aide aux banques affectée à la création d'emplois
É-U: les banques doivent faire plus pour les ménages
Généreuses à l'Est, chiches à l'Ouest - Richard Dupaul

Et cette petite tendance de la part des banques ne serait-elle pas justement en train de se retourner contre ces dernières ?...
Le bénéfice de Goldman Sachs s'effondre
S&P «tombe» sur Goldman Sachs

Et par ailleurs, ne peut-on pas remarquer une tendance semblable dans l'ensemble du secteur privé ?...
L'explosion des profits n'annonce pas la fin de la crise
We need business to speed up our sluggish recovery


Et la crise nous aurait-elle donc donné l'occasion parfaite pour reconsidérer le fonctionnement de nos banques ?...
Des taxes à la mesure des bonus
Les banques font- elles trop d’argent ?


La crise ne ferait-elle que rappeler, entre autres choses, à quel point il pourrait s'avérer pertinent de se doter de véritables mécanismes de financement des entreprises ?...
Capital-risque: la BDC a été chiche pendant la crise


Et si le microcrédit représentait au moins une partie de la solution, ne serait-ce que pour forcer les plus grosses banques à bouger un peu ?...
La révolution selon Muhammad Yunus

Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit - Le banquier des pauvres s'intéresse au Canada
Un monde meilleur
Premier signe encourageant depuis 2006
Le microcrédit chez les grands
En Inde, le microcrédit se mue une entreprise très rentable

Une grande reprise en vue ?
La renaissance « made in the USA »
Fin de la récréation
Quelques soupirs de soulagement
Le marché américain prend du mieux
L'économie américaine sur le seuil de l'expansion
Analyse de la CIBC - Le Canada et les États-Unis vont éviter la récession à double creux
En bref - Le PIB américain en hausse
La reprise mondiale s'accélère grâce à l'Asie
La reprise économique mondiale s'accélère
Rebond convaincant de l'emploi
Canada et États-Unis: la croissance se confirme
Enfin, la lumière! - Claude Picher
Véritable baromètre de l'économie, General Electric estime avoir passé la crise
Reprise américaine: Bernanke parle de sacrifices, mais d'espoir
Un pas dans la bonne direction
Les États-Unis commencent à voir le bout du tunnel, dit Obama
La reprise américaine se confirme
L'économie canadienne pète le feu
L'économie plus forte que prévu
Véritable tremplin pour l'économie du Québec
Commerce: le marasme achève, d'après l'OMC

Sur le radar: en attentant à la création d'emplois

Croissance modérée prévue au Canada et aux É.-U.
É-U: huitième hausse de suite pour la production industrielle
Les marchés: la reprise se confirme, dit un expert
Le taux de chômage diminue de façon inattendue au Canada

Hausse surprise des ventes au détail aux É-U
Le crédit à la consommation redémarre aux É-U
L'année du réinvestissement
Les écueils de la reprise
É-U: important recul des inscriptions au chômage
Économie américaine - L'année 2009 se termine sur un sursaut
Le PIB canadien a grimpé pour un troisième mois consécutif en novembre

Optimisme de mise
WASHINGTON  Regain de la consommation et de la production industrielle
Reprise de l'emploi en vue aux États-Unis
Revue boursière 2009: un rebond spectaculaire
Bourse: des perspectives positives pour 2010

Wall Street finit 2009 près de ses sommets

Baisse des inscriptions au chômage aux États-Unis
Bourse américaine: deux experts voient l'avenir d'un bon oeil
É.-U.: les dépenses de consommation progressent
La fin des malheurs en 2010? - Claude Picher
L'éclaircie économique se précise
L'industrie se remet en marche
Rebond dans la construction domiciliaire aux États-Unis
Avantage à l'économie
Les consommateurs s’animent
WASHINGTON L’économie se rapproche de la création d’emplois
Chômage: «bonne nouvelle», mais la route reste longue
LE MARCHÉ DU TRAVAIL REPREND VIE  -  Rudy LeCours

É-U: les dépenses de construction se stabilisent
La saison des Fêtes s’annonce meilleure que prévu
Les bonnes nouvelles font sourire les marchés boursiers
Les entreprises canadiennes renouent avec les profits
La Fed un peu plus optimiste pour 2010
Baisse surprise des inscriptions au chômage aux États-Unis
É-U: les dépenses de consommation rebondissent
WASHINGTON  Retour prochain à la création d’emplois...
Financement d'entreprises: l'hibernation est terminée
WASHINGTON  Hausse plus grande que prévu des investissements
Capital-risque: un regain d'optimisme au Québec
Bernanke prévoit une reprise modérée pour 2010
É-U: importante baisse des nouveaux chômeurs
Les Bourses nord-américaines en nette hausse
Le chômage a progressé de 2% au Canada en octobre
Entreprises: l'argent s'accumule dans les coffres
«J'adore ce genre de pari»
Analyse technique: les financières canadiennes plafonnent
États-Unis  Des nouvelles rassurantes en construction
L'économie pourrait créer des emplois dès 2010 aux É.-U.
Les États-Unis sortent de la récession
Voir aussi Vraiment terminée, la récession?
Le Québec sort de la récession
Retour à la normale  -  VINCENT DELISLE
Les plus riches sont de retour
LA BOURSE À L’AFFÛT DE RÉSULTATS RÉCONFORTANTS 
LES TAUX POURRAIENT REMONTER PLUS VITE QUE PRÉVU 
WASHINGTON  La reprise s’étend malgré la faiblesse de l’emploi 
Croissance d’environ 3% au second semestre aux États-Unis
ENTREPRISES À L’AFFÛT DE NOUVELLES PROIES -  Hélène Baril
Une cascade d’émissions publiques  -  Stéphanie Grammond
LA FED JOUE DE PRUDENCE  -  RUDY LECOURS
FEU D’ARTIFICE À LA BOURSE— Stéphanie Grammond
LA RÉCESSION EST « TERMINÉE » - Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale
USA : Les consommateurs s’activent
La revente de maisons en forte hausse

Les PME renouent avec l’optimisme  -  RUDY LECOURS
LA CARTOGRAPHIE D’UNE FULGURANTE REMONTÉE BOURSIÈRE 
L’économie mondiale de nouveau sur pied  -  RUDY LECOURS
WASHINGTON  Un million d’emplois sauvés par le plan de relance
La Banque du Canada garde le cap
GRUES ET ACHETEURS AU RENDEZ-VOUS  -  Maxime Bergeron
WASHINGTON  L’économie a continué de se stabiliser en août
Chine : hausse de 81,7 % des ventes d’automobiles
Les entreprises sont reparties à la chasse  -  René Lewandowski
Le marché du travail se stabilise au Canada  -  RUDY LECOURS
Les licenciements baissent aux É.-U...

La BCE annonce la fin prochaine de la récession
WASHINGTON  Les ventes reculent moins que prévu

Les signes d’une reprise mondiale se multiplient
Moins de licenciements, plus de commandes

Le répit  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Le cuirassé américain est remis à flot  -  RUDY LECOURSs
Un gain prometteur  -  Stéphane Paquet
LONDRES  L’immobilier reprend des forces
États-Unis : La récession est en bout de course  -  Marc Jourdier
L’industrie se remet à voyager  -  Hélène Baril
États-Unis : Les ventes de logements neufs bondissent

États-Unis : Les consommateurs retrouvent le moral
États-Unis : Embellie sur le marché immobilier
Éloge de l’optimisme  -  ALAIN DUBUC
Un peu d’espoir pour la zone euro

La reprise américaine n’est plus très loin, selon Ben Bernanke
L’immobilier américain retrouve des couleurs

Le Trésor américain voit « les premiers pas de la reprise » 
L’ÉCONOMIE MONDIALE ÉMERGE ENFIN  -  RUDY LECOURS
États-Unis : La construction relève la tête

Allemagne : Industriels et investisseurs reprennent confiance

Économie américaine : De nouveaux signes encourageants  -  Marc Jourdier
Le Japon sort de la récession

Des experts croient en une reprise vigoureuse
Espoirs de sortie de récession en Europe
Wall Street rebondit, encouragé par la Fed
LA REVENTE SUR UNE LANCÉE  -  Maxime Bergeron
Les sceptiques confondus ?  -  Yannick Desnoyers
La Fed s’en tiendra à son plan de match  -  Rudy LeCours
Wall Street au plus haut depuis novembre
SURPRISE AUX  ÉTATS-UNIS Le chômage baisse et moins d’emplois sont abolis   - Hugues Honoré
INDICE S& P/TSX   Au-dessus de la barre des 11 000 points
VENTES DE MAISONS AUX ÉTATS-UNIS Les acheteurs s’affichent de plus en plus
Washington prévoit le retour de la croissance avant la fin de l’année
RÉSULTATS PITOYABLES, RENDEMENTS ENVIABLES... 
Nouveaux indicateurs favorables pour l’économie canadienne
Dernier trimestre de récession aux États-Unis?  -  Hugues Honoré
INFORMATIQUE  CGI croit que le pire de la crise est passé
LA BOURSE EST ENCORE OPTIMISTE - Martin Vallières
C’EST REPARTI !  -  Rudy LeCours
LA REPRISE EST LÀ  -  Rudy LeCours
BANQUE DU CANADA  Taux stables... et des explications  -  Rudy LeCours
La production se stabilise aux États-Unis
PRÉVISIONS DE LA FED  Croissance plus forte... mais chômage plus élevé

Le déstockage continue (mais à un rythme ralenti...)
Regain d’optimisme chez Canada inc.  -  Martin Vallières
Embellie en vue dans la zone OCDE
LE FMI ABANDONNE SON TON ALARMISTE  -   Rudy LeCours
LES INTRODUCTIONS EN BOURSE DANS LE MONDE EN HAUSSE
L’embellie va-t-elle se poursuivre ?  -  Rudy LeCours
FUSIONS ET ACQUISITIONS Signes de vie sur le marché
La conjoncture américaine s’améliore
Automobiles : LES VENTES REPARTENT VERS LE HAUT
L’OCDE cesse de broyer du noir Prévisions en hausse pour le Canada, les États-Unis et la Chine
Le pire de la récession paraît passé - RUDY LE COURS
Les ventes des manufacturiers se stabilisent -  Rudy le Cours

Immobilier : La situation se stabilise aux États-Unis

Les Bourses stimulées par les nouvelles américaines
La crise financière est finie, estime la Banque Royale

La récession sera de courte durée
Les dirigeants financiers prédisent une reprise pour le début de 2010

La confiance des exportateurs canadiens remonte

Le marché mondial de l’automobile poursuit sa reprise
Inflation : le débat lève plus que les prix...

PRIX DES RESSOURCES NATURELLES Plus forte reprise en 35 ans
Est-ce la fin du cauchemar? -  Claude Picher

Économie : Des signes encourageants -  Yvan Loubier
Un mois après les « tests de résistance »  Les banques ont fait l’essentiel du chemin
CAPITAUX ÉTRANGERS  : Les États-Unis de nouveau attrayants

La Réserve fédérale entrevoit une reprise cette année

Bourse : deux mois de pur bonheur
LES « GROS » INVESTISSEURS PRÉPARENT LEUR RETOUR
La peur marque une pause - RICHARD DUPAUL
Tests de résistance  des banques américaines  : Soulagement, mais l’inquiétude persiste
ÉCONOMIE   Jean Charest voit des « signaux positifs »

Reculer pour mieux rebondir  -  RICHARD DUPAUL



Ou peut-être pas encore ?...
(Ou justement pas tant que ça ?...)
Périlleuse sortie de crise

Recession recovery: We’ve only just begun … - JEFFREY SIMPSON
Encore un répit
La reprise économique s'essouffle
Quelques soupirs de soulagement
Deux économies en basse vitesse
La Grande Déception
Le ciel s'assombrit aux États-Unis
10% des Américains risquent de perdre leur maison
L'économie des pays industrialisés - Une décennie perdue?
États-Unis - Croissance désespérante
États-Unis - Le marché immobilier continue de s'écrouler
É.-U.: les signes inquiétants se multiplient
La reprise de l'économie mondiale perd son élan
La faiblesse de la reprise inquiète la Fed
Rapport de l'OCDE sur l'emploi - Le chômage mettra du temps à se résorber
Le privé souffre de frilosité
L'économie mondiale menacée par un risque de rechute
La réserve américaine s'inquiète également de l'Europe
Des entreprises frileuses... mais aux poches pleines
Les mises en chantier replongent aux É.-U.
Apparences trompeuses - Jean-Pascal Beaupré
Bernanke s'inquiète de la faible création d'emplois
La croissance américaine revue à la baisse
Perspectives sombres pour le marché du logement
Jeu vidéo: encore des frissons de récession
Économie: rétablir la confiance -  Paul Desmarais jr
Regain de confiance incomplet, selon le président de Power

Une génération de jeunes «sacrifiée» par la crise?
La restauration en baisse partout dans le monde
Le Canada a réduit ses investissements à l'étranger en 2009
La croissance économique canadienne trop belle pour être vraie?
Le débat sur une reprise sans emploi relancé aux É-U

Les É-U ne sont pas sortis du bois avec le chômage

Où est l'embellie pour l'Américain moyen? - Richard Dupaul
Le drame des saisies immobilières continue aux É.-U.

Croissance modérée prévue au Canada et aux É.-U.
La crise immobilière plombe la reprise
Les chiffres du PIB masquent les faiblesses de l’économie - MARC JOURDIER
É.-U.: ralentissement marqué de l'activité manufacturière
Une chute de 90% du Dow Jones? - Michel Girard
Des craintes justifiées
Tout peut encore basculer - L. JACQUES MÉNARD
Une nouvelle phase d'épargne
Les dépenses de consommation ont ralenti aux É.-U.
Immobilier aux É-U: le quart des hypothèques «sous l'eau»
Chômage mondial record à 6,6% en 2009
WASHINGTON  Chute brutale des reventes de logements
L'impasse
Bourse: toujours à la case départ 10 ans plus tard
Un ancien économiste du FMI prédit une nouvelle crise
2010 sera un moindre mal
L'économie mondiale en 2010: reprise ou nouvelle débâcle?
Convalescente, l'économie mondiale reste meurtrie par la crise
É.-U.: les ventes de logements neufs chutent de 11,3%
La croissance américaine revue en forte baisse
La reprise moins spectaculaire que prévu aux É-U
Convalescente, l'économie mondiale reste meurtrie par la crise
La récession n'est pas terminée, dit une conseillère d'Obama
Hausse inattendue des nouvelles inscriptions au chômage
La crise a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes
Chute trompeuse - Jean-Pascal Beaupré
Les Américains rognent sur les cadeaux de Noël
Prêts: pertes à la hausse pour les banques américaines
Les commandes de biens durables baissent aux États-Unis
Les investisseurs paralysés - Vincent Delisle
Économie: la crise n'est pas terminée
Le rythme de la reprise inquiète les Bourses
Bernanke prévoit une reprise modérée pour 2010
É-U: recul des ventes des distributeurs et manufacturiers
De nouvelles craintes plombent les Bourses
É-U: l'immobilier commercial menace la reprise
Le chômage menace la relance aux États-Unis
À quand le retour à la normale? - Alain Dubuc
De bulle en bulle - Richard Dupaul
Chômage: Obama admet un «dur rappel à la réalité»
WASHINGTON  Le chômage franchit la barre des 10%  -  Marc Jourdier
Le Canada aura-t-il réussi à créer du travail en octobre?
Le chômage a progressé de 2% au Canada en octobre
Les taux vont rester bas lontemps aux États-Unis
Analyse technique: les financières canadiennes plafonnent
L’économie américaine tributaire de l’État
Flaherty  : La relance demeure « fragile »
Les initiés vendent, la Bourse se corrige!
Vraiment terminée, la récession?
  Voir aussi Les États-Unis sortent de la récession
Bourse : «Tout le monde s'attend à une correction»
La Bourse en bulle ou pas?  -  Michel Girard
Banque du Canada: les lunettes roses ne sont pas loin
...MAIS LOUIS VACHON VOIT AU MOINS CINQ ANNÉES DIFFICILES

« Un drôle d’optimisme »  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Las Vegas, épicentre des saisies de maison
Et vogue le navire  -  SOPHIE COUSINEAU
Effondrement de 500 milliards - CLAUDE PICHER
Y a-t-il un moteur pour l’économie mondiale ?  -  Stéphanie Grammond
L’éteignoir de Bay Street   -  Hugo Fontaine
USA Baisse inattendue des commandes
Il faut maintenir les plans de relance, selon le FMI
Reprise en V: attendez avant de crier victoire  -  Stéphanie Grammond
LA CARTOGRAPHIE D’UNE FULGURANTE REMONTÉE BOURSIÈRE 

WALL STREET Des lendemains qui déchantent  -  Maxime Bergeron
Le répit  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Un gain prometteur  -  Stéphane Paquet
ÉTÉ CHAUD, RENTRÉE STRESSANTE  -  Stéphanie Grammond
États-Unis : La consommation reste très faible  -  Marc Jourdier
Plus de 400 banques en difficulté aux États-Unis
UN AIR DE REPRISE AVEC DES BÉMOLS  -  Stéphane Paquet
Une récession à double creux ?
États-Unis  Les demandes d’assurance emploi augmentent encore
« Est-ce qu’on est allés trop vite ? »  -  Stéphane Paquet
Les Américains ont le moral dans les talons
Pourrait-on n'être pas encore sorti du bois aux États-Unis ?...

Le patient est encore faible  -  Richard Dupaul
Moins de revenus pour les Américains
Le protectionnisme a plombé l’économie  -  Rudy LeCours
DEUX FOIS PLUS DE JEUNES À L’ASSURANCE-EMPLOI  -  Hugo Fontaine  & Malorie Beauchemin
Les entreprises dépenseront moins  -  Rudy LeCours

CONSOMMATEURS AMÉRICAINS  La confiance s’effrite plus que prévu

REPRISE IMMOBILIÈRE AMÉRICAINE Les retombées se font attendre 
États-Unis Près de 19 millions de maisons vides
L’optimiste  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
REPRISE  La création d’emplois se fera attendre  - Rudy LeCours

Les commerçants désertent Manhattan
Des bénéfices éclatants mais trompeurs

Le secteur manufacturier est encore mal en point  -  Rudy LeCours
La consommation toujours en panne   -  Marc Jourdier
Fort ressac des fusions et acquisitions -  Martin Vallières
RÉSULTATS TRIMESTRIELS FORTE BAISSE DES PROFITS EN VUE
LES INVESTISSEURS BATTENT EN RETRAITE  -  Hélène Baril
Après la crise, la crise -  ALAIN DUBUC
La reprise du secteur privé se fera attendre, craint Carney
L’économie américaine reste fragile - Marc Jourdier

EUROPE  Le chômage atteint des sommets de 10 ans

L’habitation toujours déprimée aux États-Unis -  Rudy LeCours
Les consommateurs acculés à la simplicité volontaire  -  Rudy leCours
La Banque mondiale glace les marchés -  Rudy  LeCours

BOURSIÈRE  Mauvaise semaine à Toronto
En attendant la prochaine crise

Les Américains au régime sec  -   Richard Dupaul
Économie : Le long retour  -  ALAIN DUBUC
Immobilier : Les taux remonteront... mais resteront faibles -  Rudy LeCours

L’étau des taux -  Jean-Pascal Beaupré
États-Unis : Les capitaux fuient le pays au moment où l’État en a le plus besoin

ÉTATS-UNIS  Le taux de chômage fait un bond inquiétant
La consommation américaine en légère baisse
ÉTATS-UNIS L’économie ralentit moins que prévu (mais...)
ÉTATS-UNIS L’activité industrielle se contracte toujours
Les Américains voient la vie en rose... ou presque

Des nuages persistants  - RICHARD DUPAUL
EMPLOI ÉTUDIANT Dur été en vue pour les jeunes

Le taux de chômage atteint 10,5% dans l’île
La crise rattrappe le Québec - Agnès Gruda
LES PROPRIÉTARIES FRAPPENT UN MUR -  Stéphanie Grammond

BOURSES - Du rouge partout sur la planète
LES GRANDS MOYENS
Les lunettes roses au panier JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
DURE RÉCESSION EN 2009, REPRISE LENTE EN 2010
Pas de fin de récession en vue
Une reprise fragile - FRANÇOISE LEMOINE
La bulle porcine - JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Mauvaise nouvelle : l’excédent commercial explose
Corrections sur fond de signes d’impatience

WALL STREET À BOUTDE SOUFFLE?
La consommation américaine inquiète les investisseurs
IMMOBILIER : BAISSE MODESTE DES PRIX... TOUT AU PLUS

ÉTATS-UNIS  : CHUTE SURPRISE DE LACONSTRUCTION
Le capital-risque canadien est en crise


Car peut-on vraiment croire à une quelconque reprise tant que l'économie américaine n'aura pas elle-même redémaré ?...
Le marché du travail américain reste enlisé

Aucun emploi n'a été créé au cours du mois d'août - Les États-Unis s'enfoncent davantage

Et si ce moment était justement enfin arrivé ?...
Le retour d’america inc.

L’économie américaine va beaucoup mieux, sauf que...

Voir aussi
Serions-nous déjà en train d'assister au déclin de l'empire américain ?...

et Le rêve américain s'apparenterait-il de plus en plus à un mirage pour les Américains eux-mêmes ?...

Lorsque la menace se fait bien réelle...
U.S. states and cities face a painful hollowing out - Jeffrey Simpson

Une génération de jeunes «sacrifiée» par la crise?
57 faillites de banques américaines depuis janvier
Où est l'embellie pour l'Américain moyen? - Richard Dupaul
Le drame des saisies immobilières continue aux É.-U.

États-Unis: 450 jours sans emploi
L'aide alimentaire pour 39 millions d'Américains
La crise immobilière plombe la reprise

Quand la crise frappe la scène
La crise s'acharne sur les petits - Richard Dupaul
Immigrant cherche désespérément du travail
ÉTATS-UNIS  De plus en plus d’enfants ne mangent pas à leur faim
Quand Montréal tousse, Haïti éternue
Cachez ce chiffre que le Canada ne saurait voir

RAPPORT ANNUEL D’AMNISTIE INTERNATIONALE - « Une poudrière d’inégalités »
Petits prix, grosse menace
La récession des expatriés  -  Richard Dupaul

L’Afrique sera plus lente à sortir de la crise
AIDE ALIMENTAIRE  Les demandes de boîtes à lunch augmentent - Stéphanie Bérubé
La récession nuit à la santé des Canadiens  -  Ariane Lacoursière

LES DENTISTES SOUFFRENT DE LA RÉCESSION  -  Hélène Baril

Été catastrophe pour les étudiants  -  Claude Picher

Les jeunes, premières victimes de la crise
78e faillite bancaire
Le nombre de faillites grimpe de 31%
Crédit Les Américains paient plus vite

CARTES DE CRÉDIT LES FACTURES IMPAYÉES S’EMPILENT
Retards records pour les paiements de carte de crédit aux États-Unis
Les employeurs se font prudents


... tout comme les dommages collatéraux !...

Record de défaillances dans la dette d'entreprise

Même les morts en souffrent  -  Hugo Fontaine
Les millionnaires moins nombreux et moins riches en 2008

Et si la crise aura surtout frappé les plus vulnérables, ceux-ci ne peuvent-ils pas se voir que d'autant plus menacés, du moment que l'on met en branle des plans d'austérité ?...
In solving the financial crisis, let’s not resort to ‘social cleansing’

Et si les plus grandes puissances n'ont plus que s'agenouiller devant la Récession, comment les municipalités pourraient-elles vraiment espérer faire autrement ?...
Panique dans la ville


Lorsque le déclin économique s'inscrit dans un contexte plus profond que celui d'une simple récession...
The next job bubble to burst may be yours, professionals


Et devrait-on commencer à parler d'une génération perdue ?...
La génération perdue
Génération sacrifiée
Génération en attente
UNE DÉTRESSE QUI TRAVERSE LES FRONTIÈRES

Les aînés devront-il payer pour les erreurs des plus jeunes ?...
L'argent de la retraite scruté à la loupe

Régimes de retraite: les actuaires réclament une réforme
DEUX FOIS PLUS DE JEUNES À L’ASSURANCE-EMPLOI 
LE RÉGIME DE RENTES TENTE DE GARDER LE CAP  -  Martin Vallières
Régimes de retraite : Légère éclaircie sur les rendements -  Rudy LeCours 
Pension gelée ou en baisse pour des milliers de retraités québécois  -  Karim Benassaieh
Voir aussi Et que dire du fameux vieillissement de la population ?...

Et au fait, pourrons-nous même toujours compter sur notre journal préféré ?...
Un grand pas pour l'avenir de La Presse
Les distributeurs de La Presse entérinent l'entente

La Presse s'entend avec tous ses syndicats
La Presse a demandé l'intervention d'un conciliateur
La Presse s'entend avec ses journalistes
Québec lance une grande enquête sur les médias
La récession dans les médias s'atténue, mais perdure
Le syndicat de la distribution de La Presse vote un mandat de grève
NÉGOCIATIONS À LAPRESSE Des offres raisonnables et responsables  -   Guy Crevier
Les syndicats de Canwest sur le qui-vive  -  Katia Gagnon
Les négociations se poursuivront de façon intensive à La Presse
Gesca : Trois mois pour s’entendre avec les employés de La Presse

S’ADAPTER POUR SURVIVRE - Guy Crevier
Votre journal, un pilier de la démocratie  -  Guy Crevier

Le Conseil a confiance - André Desmarais

La Presse ne sera plus publiée le dimanche -  Agnès Gruda
voir aussi  Souvenirs en papier  -  YVES  BOISVERT  ou Un tsunami frappe le journalisme, selon la ministre St-Pierre

Voir aussi Que peut-on faire pour sauver le journalisme ?...

Léguer un « patrimoine en santé » aux générations suivantes  -  Bruno Bisson

CASSE-TÊTES ROUTIERS À VOLONTÉ  -  Sara Champagne

Sans compter qu'il n'y a pas que la crise économique, non plus...
Volcan islandais: les économistes partagés

S.O.S. alimentaire - Richard Dupaul
L’inflation plonge et refait surface
LA FIN DU MONDE (TEL QU’ON LE CONNAÎT) EST PROCHE  -  FRANÇOIS CARDINAL
DITES AU REVOIR AU SHIRAZ AUSTRALIEN ET AU SAUMON DU PACIFIQUE - FRANÇOIS CARDINAL

Panne sèche -  ARIANE KROL


En fait, serions-nous en voie de carrément perdre le contrôle de nos finances publiques ?...
LE QUÉBEC EST- IL À L’ABRI D’UNE CRISE?
Le Québec, cancre d’une classe surdouée
Québec n'arrive pas à contrôler ses dépenses
L’autre crise
Équilibre budgétaire du Québec: urgent à 100% - Pierre Fortin
Les milliards de dollars ignorés du budget
Les négationnistes - Claude Picher
Budget du Québec - Rééquilibrer les finances sera primordial, juge Desjardins
La gestion de la dette doit prévaloir sur le déficit zéro
Tragédie grecque - André Pratte
Le Québec 5e plus endetté du monde industrialisé
Endettés jusqu'au cou - Claude Picher
La dette publique du Québec a bondi de 9,3 milliards $
Le cri d'alarme des économistes - Claude Picher
Un acte de foi - Sophie Cousineau
Une extension abusive du concept de dette - Louis Gill
Finances publiques du Québec: des remèdes au goût amer
Année décisive pour les finances publiques
La dette, un faux épouvantail? - Claude Picher
Le Québec vit au-dessus de ses moyens
Finances publiques: le Québec se dirige vers un mur
Montagnes russes - Claude Picher
Le calvaire caché des Québécois - Claude Picher
Québec ne pourra compter sur Hydro
La question de 12 milliards
Produits financiers: les consommateurs passeront à la caisse
71% des Québécois vivent dans le passé
Péréquation: l'Ontario plombe le Québec
Les intérêts sur la dette explosent
Alerte à la dette - CLAUDE PICHER
À VOS POCHES, CITOYENS!  -  Nestor Turcotte
Avoir la cote  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Québec hausserait la TVQ dès janvier  -  Tommy Chouinard
Québec envisage de hausser la TVQ et les tarifs
INFRASTRUCTURES: QUI PAIERA LA NOTE?  -  Stéphane Paquet

Le petit miracle québécois  -  ALAIN DUBUC
Finances publiques : Québec peinera à contenir son déficit  -  Rudy LeCours

En route vers un « déclin tranquille »   François Legault se dit inquiet pour l’avenir du Québec
Les Québécois devront faire des « sacrifices »  -  Stéphane Paquet

La grenouille dans l’eau chaude ANDRÉ PRATTE
Sortirons-nous grandis de la crise? -  ALAIN DUBUC

Voir aussi
Le moment serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite Révolution, celle ne son propre financement ?...

Et par ailleurs, sommes-nous vraiment les seuls à nous retrouver dans une telle situation ?...
Teaching Greece and the other debt PIIGS to fly


Et si notre situtation n'était peut-être pas si intenable, finalement ?...
LE QUÉBEC EST- IL À L’ABRI D’UNE CRISE?
Le Québec, cancre d’une classe surdouée
Les négationnistes - Claude Picher
Quand les brutes parlent de dette, c’est pas net !
Dette du Québec: des chiffres tordus - Stéphane Gobeil
Dette du Québec: changements comptables et mythes tenaces

Et d'ailleurs, sommes-nous vraiment les seuls à nous retrouver dans un tel pétrin ?...
Nouveau record pour le déficit américain


Et que dire de notre endettement, pendant qu'on y est ?...
Vices et vertus des réserves de prudence


Et que dire par ailleurs du fameux vieillissement de la population?...
Canada's grey clouds have a silver lining

Vieillissement de la population - Le nombre des aînés devrait doubler dans la majorité des régions d'ici 2031
Le vieillissement de la population: une calamité?
L'emploi n'est plus une priorité - Alain Dubuc
Our politicians need expert help in dealing with the costs of aging - Jeffrey Simpson
Une spirale d'endettement guette le Canada

Québec doit repenser la retraite
Le drame des régions - Claude Picher
Beaucoup de nouveaux emplois au Québec d'ici 2018
Régimes de retraite: les actuaires réclament une réforme
Équité entre générations  -  Simon Langlois
Gignac veut faire travailler les 55 ans et plus  -  Stéphane Paquet
Les nouveaux bébés ne résorberont pas l’impasse financière du Québec  -  Francis Vailles

Déclin de la population active au Québec Il faut agir vite, disent des économistes
Du déclin au déséquilibre ANDRÉ PRATTE
Après la récession, le choc démographique? - RUDY LE COURS
Vieillissement de la population : Un retour aux années 70 -  Ariane Lacoursière


Et s'il devait s'avérer quelque peu exagérer de parler d'un supposé "tsunami gris" ?...
Le fardeau du vieillissement moins important que prévu

Rassurez-vous, les jeunes
Un tsunami, vraiment?


Et pourrait-on d'ailleurs concevoir un meilleurs moment pour repenser la retraite ?...
 La crise silencieuse

Travailler, c’est dur…
The urgency of pension reform
Pension plans: Why all the fuss?
The unions at Canada Post and Air Canada are fighting a rearguard action
Élections fédérales - Le casse-tête retraite
Liberté 70… ou 75!
Vous rêviez? Eh bien! payez, maintenant
RETAPER LA RETRAITE AVANT DE FRAPPER UN MUR
UN REGARD SCANDINAVE SUR...

TROIS SOLUTIONS SUR LA TABLE AU CANADA

Retraites à la scandinave
LA NORVÈGE A FORCÉ LES EMPLOYEURS À METTRE LAMAIN À LA PÂTE
Réformer les retraites, plutôt que de flamber l’argent du pétrole
UNE RECETTE QUI FAIT LE TOUR DU MONDE
How Canada can avoid France’s retirement woes
Travail un jour, travail toujours
Rester actif pour aider l'économie
Au travail, les vieux! - Nathalie Collard

Québec doit repenser la retraite
Régimes de retraite: les actuaires réclament une réforme
Gignac veut faire travailler les 55 ans et plus  -  Stéphane Paquet


Une réaction pitoyable

Le Québécois crétin

Un REER aux enfants, une déduction uniformisée?

REER obligatoire - La vraie vie
Le REER obligatoire de Claude Castonguay ne fait pas l'unanimité
Let’s refocus on a guaranteed annual income

Perspectives - Épargne forcée
Le père de l’assurance maladie prône le REER obligatoire
Retraite - L'État doit forcer les travailleurs à épargner, selon Claude Castonguay

Et en fait, se pourrait-il que l'on ait un petit problème avec notre productivité ?...
There’s dumb luck, and there’s real productivity

Miser sur la productivité
Accroître la productivité est encore plus essentiel aujourd'hui
Productivité: le Canada traîne la patte
L'immigration, une réponse partielle à la pénurie de main-d'oeuvre
Parité du dollar - La cigale canadienne
La Banque du Canada conseille aux entreprises d'investir pour survivre
Productivité - La performance des entreprises est lamentable, s'inquiète Mark Carney
Une commission MacDonald? - Alain Dubuc
L'avenir du Québec - Alain Dubuc

C'est le temps de reparler de productivité - Alain Dubuc
Le Québec aura une croissance inférieure à la moyenne canadienne
Gignac veut que le niveau de vie des Québécois rejoigne celui des Ontariens
Bémol sur l’appauvrissement des Québécois  -  Claude Picher
Notre prospérité en dépend  -  MONIQUE LEROUX
Vieillissement de la population / Le Québec devra hausser sa productivité, dit Monique Leroux
Retard de productivité Un boulet qui plombe la richesse collective 

Voir aussi Et pendant qu'on y est, pourquoi ne pas s'occuper aussi de notre productvité, pour faire changement ?...
et Pendant ce temps, au Québec...

MEUBLE : LA TROISIÈME PRISE POUR L’INDUSTRIE? - Hugo Fontaine
Nortel meurt, Novink naît - Sophie Cousineau

De Nortel à mortel -  Michel Girard



Le Québec serait-il donc devenu un véritable paradis d'inefficacité ?...
SGF: petits rendements, grosses dépenses

Aide aux entreprises: des programmes à réévaluer

L'énigme Montréal International


En fait, se pourrait-il que le Québec démontre une certaine incapacité à se prendre en main ?...
Infrastructures: Québec laisse des millions sur la table

 
Mais sommes-nous pour autant prêts à changer nos bonnes vieilles habitudes ?...
L’insolence des banquiers  -  Sophie Cousineau
Sortirons-nous grandis de la crise? -  ALAIN DUBUC
Foule sentimentale   NATHALIE COLLARD

Les consommateurs acculés à la simplicité volontaire  -  Rudy leCours
Les jeunes font fi de la crise -  Hugo Fontaine

Et notamment, se pourrait-il que nous ayions tous développé une petite tendance au surendettement ?...
Endettement des ménages - Baril de poudre
Les ménages s'endettent plus que jamais
Une vie à crédit
On a ce qu’on voulait
Perspectives - Difficile crédit
Halte à l’endettement
Un endettement sans précédent

Des rêves à crédit - Yvan Loubier
Les Canadiens jouent avec le feu
«Soyez prudents avec vos affaires», prévient Mark Carney
Coming soon: the great retirement shock
Defusing Canada’s debt bomb

Les canadiens surconsomment
Selon la CIBC, les Canadiens vivent au-dessus de leurs moyens
Un lourd traîneau de dettes en 2009
Plus riches, mais plus endettés
Les gens épargnent... pour un temps limité
Crédit Les Américains paient plus vite
Un jeune sur quatre mange à crédit
Épargner, l’affaire des riches  -  RICHARD DUPAUL
Pourquoi on n’épargne pas  -  CLAUDE PICHER
Les jeunes Canadiens épargnent moins que leurs parents
Les Canadiens encore plus endettés
De plus en plus endettés -  Claude Picher


Le fléau du surendettement menancerait-il d'ailleurs les États autant que les individus ?...
Bombe à retardement - Ariane Krol

Le monstre japonais - Richard Dupaul

L'endettement serait-il le prochain fléau qui nous menace tous, États et individus confondus ?...
Endettement record des ménages canadiens
Conseil en matière de crédit: nouveau venu au Québec

Les ACEF: réflexion budgétaire


Serions-nous notamment en train de démontrer une certaine incapacité à user du crédit sans pour autant en abuser, et donc se faire soi-même abuser ?...

... et pourtant...
Les Canadiens doivent apprendre à gérer un budget

La Banque du Canada s'inquiète des dettes du gouvernement et des ménages
É-U: la dette des ménages fond à vu d'oeil
LES JEUNES ÉPARGNENT!  -  Marc Tison

Et comment lutter contre le fléau de l'endettement personnel ?
Rattraper le crédit


Chute sans précédent du crédit à la consommation aux É-U
Réforme de la LPC: Québec s'attaque au surendettement
Cartes de crédit: Ottawa propose un code de conduite
Washington s'interroge sur les pratiques de Visa et Mastercard

Et se pourrait-il donc que certaines politiques à cet effet s'avèrent moins efficaces que d'autres ?
New consumer-debt legislation offers little to help customers

Perspectives - Endettement responsable
 
Certaines politques pourraient-elles ne faire qu'exacerber la crise ?...
Le cul-de-sac européen  -  Richard Dupaul

L’Europe est hantée par la déflation -  Marc Thibodeau
La flambée des déficits menace les contribuables européens
La crise et ses effets secondaires...
Les dépenses fédérales de relance sont parfois mal dirigées

FAUSSE ROUTE  -  Patricia Lefèvre
ACHATS AUX ÉTATS-UNIS   MOINS AVANTAGEUX QU’ON LE PENSE   -  Rudy LeCours

Et à la longue, le prix du pétrole pourrait-il vraiment faire autrement que de suivre son cours... vers le haut ?...
Why the manufactured outrage over gas prices?

Le racket de l’essence
Du théâtre
Essence: un marché fou
Prix du pétrole: vers une hausse de 20% en 2010?
Le monde a moins soif de pétrole

"LE PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
Choc et contre-choc pétroliers

... avec d'ailleurs toutes les conséquence que cela peut impliquer, pour nous comme pour les autres ?...
Vers un choc économique


tourisme
Crise existentielle
L’industrie touristique du Québec durement critiquée
L'industrie du tourisme reprend son souffle
Le Québec boudé
Tourisme: vers une saison pourrie - Claude Picher
Le tourisme seul ne suffira pas

La crise a fait mal au tourisme mondial

Le voyage à pic   -  Jean-Pascal Beaupré
UN ÉTÉ SOMBRE POUR  LES HÔTELLIERS  -  Louise Leduc
Les dépenses touristiques continuent de ralentir au pays
Tourisme : Des pertes colossales -  Claude Picher
TOURISTES RECHERCHÉS -  Marie Tison

Tourisme: nuages noirs à l’horizon -  Claude Picher


La Suisse ranime la guerre des changes


Et quelle chanson nous réservele huard pendant tout ce temps ?...
La crise grecque tire le huard canadien vers le bas
Le huard clôture au-dessus de la parité
Tout converge pour pousser le huard
Le huard se rapproche de la paritéDerrière la force du huard - Claude Picher
Le huard vers la parité avec le dollar américain
Analyse technique: un huard qui plane
L'appétit de la Russie fait grimper le huard
On peut freiner le huard
Parité maudite  -  Alain Dubuc
Parité ? La reprise remise en question  -  Philippe Mercure

Des effets bien concrets  -  Martin Vallières

Huard : La parité est « réalisable », selon un économiste
Le huard hésitant avant l’annonce de la Banque du Canada
Le huard reprend sa poussée  -  RUDY LECOURS
Couper les ailes au huard
Huard : Un rebond normal  - François Barrière
ACHATS AUX ÉTATS-UNIS   MOINS AVANTAGEUX QU’ON LE PENSE   -  Rudy LeCours

UN HUARD FORT POUR LES VACANCES  -  Rudy LeCours
FORCE DU HUARD  Un joker contre les exportateurs
QUELLE SAISON  POUR LE HUARD? - Vincent Brousseau-Pouliot
Rocket huard est de retour -  RUDY LE COURS

La parité ne serait-elle pas surtout le moment ou jamais d'investir afin de remettre notre économie sur la voie de la productivité, sinon de justement lui faire enfin prendre cette voie, une fois pour toutes ?...
RIEN N’EST ACQUIS

Le huard donne des munitions aux investisseurs!
Parité du dollar - La cigale canadienne
Perspectives - Un pour un
Parité, prise 2 - Ariane Krol
Faire la piastre avec le dollar - Sophie Cousineau

Parité: on achète ici ou chez les voisins?

Exportations: les entreprises moins vulnérables

Sans oublier bien sûr notre bonne vieille Caisse de Dépôt, et ses bonnes vieilles déboires !...
Un manque de jugement
Un bémol comptable sur les bons résultats
Mais pas question de confier l'argent à la Caisse de dépôt
Norbourg: ça suffit après 5 ans!
Victimes de Norbourg: naufragés depuis cinq ans

Caisse de dépôt - Ce n'est qu'un début !
Caisse de dépôt et placement - L'amateurisme caractérisait la gestion du risque
Pertes records à la Caisse: Sabia refuse d'enquêter
Le grand stratège de la Caisse de dépôt
Caisse de dépot - Le risque est mieux géré, dit Sabia
Caisse de dépôt: le risque, comme le cholestérol
Confusion autour de la gestion des risques de la Caisse
La Caisse veut faire plus pour les entreprises du Québec
Caisse de dépôt: les bonus des dirigeants ont rétréci
La Caisse se prémunit contre les catastrophes

Teachers' fait mieux que la Caisse de dépôt
Le fonds OMERS fait à peine mieux que la Caisse de dépôt
Lettres - Des gérants d'estrade
Caisse de dépôt - Le bon père de famille
Caisse: on se compare, on se désole - Sophie Cousineau

Pauline Marois juge sévèrement Sabia

Retour aux compétences fondamentales pour la Caisse
La Caisse est sur la bonne voie, estime Bachand

La Caisse de dépôt dans les dernières de classe

Une autre année en queue de peloton pour la Caisse

«Nous n'avons pu profiter pleinement du regain boursier»

Rendement de 10% pour la Caisse, toujours en queue de peloton
Mégatransaction en Europe: la Caisse aura le dernier mot
La Caisse de dépôt a perdu 10% de ses effectifs
Le party de la Caisse suscite la colère
Le grand test de Michael Sabia - Sophie Cousineau
Michael Sabia veut retrouver la confiance des Québécois
Sabia ne choisira pas entre le Québec et le rendement

Le virage de la Caisse - Ariane Krol
Sabia fait le point sur les priorités de la Caisse
Primes de départ: la Caisse invitée à revoir ses pratiques
Caisse de dépôt: un coup de balai de 4 millions

Comment récompenser l'ordinaire? - Sophie Cousineau
La Caisse de dépôt change de cap
Des bonus «gênants» à la Caisse de dépôt
PCAA: l'étau se resserre autour des promoteurs
La Caisse cherche une perle rare
La Caisse de dépôt vaccinée contre une crise
LA CAISSE VEUT RÉINVESTIR DANS QUÉBEC INC.  -  Martin Vallières
Ne tirez pas sur le réformateur  -  Francis Vailles
Charles Sirois dénonce « l’obsession » du rendement
La Caisse nie avoir raté la remontée des marchés
Caisse de dépôt: des résultats bien médiocres en 2009
LE RÉGIME DE RENTES TENTE DE GARDER LE CAP  -  Martin Vallières
Immobilier londonien : La Caisse de dépôt risque de perdre un demi-milliard Caisse de Dépôt :  Holà au risque  -  ANDRÉ PRATTE
Caisse de Dépôt : Rendement nul  -  Francis Vailles
Le secteur immobilier perd des morceaux   -  Marie Tison
Autre tuile pour la Caisse
Un homme et son « erreur »  -  SOPHIE COUSINEAU
« La Caisse n’est pas en péril »

Plus de cotisations, moins d’avantages
La construction touchée par les résultats de la Caisse de dépôt

Les maîtres de l’univers -  Alain Dubuc
LA CAISSE DE TOUS LES MAUX...
L’achat de PCAA problématique a doublé en un an
COMMISSION SUR LA CAISSE DE DÉPÔT : Sept questions pour les élus
Commission parlementaire sur la Caisse de dépôt et placement  : Le procès - SOPHIE COUSINEAU
Une crise à la Germain Houde  -  Stéphane Laporte

CAISSE DE DÉPÔT : LES PRIMES ENCOURAGEAIENT L’ACCUMULATION DE PCAA - Francis Vailles
PCAA    -  La Caisse se retrouvait ni plus ni moins qu'en conflit d'intérêt !...- Francis Vailles
La Caisse et le Québec - ANDRÉ PRATTE
Le papier commercial acheté avec de l’argent emprunté
Les Québécois blâment la Caisse
DES ÉTUDIANTS DES HEC BATTENT LA CAISSE
CESSONS LES CHICANES  - DANIEL LAPOINTE
LA CAISSE BLÂME LES NORMES COMPTABLES

...et les débats qu'elle entraîne !...
Commission d'enquête pour la Caisse : Toujours nécessaire - Madeleine Michaud

Une vision pour la Caisse -  FRANÇOIS LEGAULT
Une « erreur » profitable  -  Pierre-Karl Peladeau
À l’ombre de Jean Lesage? -  Alain Dubuc
Une fois l’an, la Caisse devra s’expliquer devant les députés
...Tout cela, bien sûr, devrait-il pourtant pas empêcher l'économie de rouler (ou d'ailleurs empêcher davantage la Terre de tourner...) ?...
La PME, fer de lance de la relance
"LE PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
Les Canadiens abandonnent leur téléphone traditionnel
Infrastructures : Un boom au-delà de la relance ?  -  Philippe Mercure
Le Dow Jones à la Bourse de Toronto

Les aléas du libre-échange...
Libre-échange - La transparence s'impose
What India wants, not what we think India needs
Want to get really angry about cross-border pricing? Think binder twine - NEIL REYNOLDS
Playing the Wheat Board card
EU deal’s biggest benefit: Better trade within Canada
Put competition on the dial
Put the brakes on auto industry hypocrisy
Bourses à la dérive

Perspectives - Le retour de la dernière chance
L’offensive emploi d’Obama
LE CANADA Y GAGNERA AUSSI
Reprise des négociations Canada-UE
Libre échange Canada-Europe: un traité qui ira plus loin que l'ALENA
Libre-échange: Van Loan ne s'inquiète pas pour la culture
Réapprendre à compter dans une nouvelle économie
Des négociations cruciales
Canada-EU trade talks: Jumping from one sinking ship to another
L'étape
How to rebalance a nervous global economy - Jeffrey Simpson
En bref - La taxe sur le bois d'oeuvre sera de retour en juillet
Télécoms: Ottawa songe à une déréglementation complète
Télécommunications - Charles Sirois dit oui à la propriété étrangère
Ontario foot-dragging imperils Canada-EU trade pact, officials say
It's loco to only buy local
Le lobby américain du tabac part en guerre
Soyons un peu plus futés - Sophie Cousineau
Another gold – this one for the premiers
Le «Buy American Act» - Un pas de plus
A step in the right direction on trade with the U.S.
Buy American: We need only one voice at the table
This agreement isn't worth the cost

Brèche dans la forteresse - Claude Picher
Buy American: un «exemple» pour les partenaires commerciaux du Canada

Buy american: une exemption pour le Canada
Le budget d'Obama pourrait annoncer le retour du «Buy American»
Une entente avantageuse - Lysiane Gagnon
Un Nobel d'économie prône un protectionnisme «raisonné»
L'énergie propre sans frontières
Les 10 ans peu reluisants de l'OMC
Cigarettes aromatisées: une odeur de guerre commerciale
Hydro s'emmêle dans les câbles
Charest largue les agriculteurs, selon le PQ
Des alliés négligés - Michael Fortier
QUÉBEC VA DE L’AVANT, MALGRÉ LES HAUTS CRIS DES AGRICULTEURS  -  Maxime Bergeron
CSeries Washington interroge Ottawa  -  Marie Tison
Un petit pas sur un long chemin  -  Hélène Baril
Buy American Ottawa et Washington proches d’une entente
Le G20 doit d’urgence coordonner une sortie de crise, selon l’OMC
La guerre des pneus  -  CLAUDE PICHER

La restructuration d’Opel suscite des tensions en Europe
Air Canada poursuit Washington
Le Canada continuera à aider l’industrie aéronautique

ENGAGEMENT CONTRE LE PROTECTIONNISME Ottawa et les provinces proches d’un accord
À vendre : grande entreprise canadienne -  Sophie Cousineau
Clause Buy American : Trop tard - Yvan Loubier
La clôture de l’Oncle Sam -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
CLAUSE « BUY AMERICAN »  Les É.-U. tenteront de calmer les inquiétudes
BUY AMERICAN ACT Ottawa et les provinces montent au créneau
Clause Buy American : Le malheur des exportateurs canadiens
POLITIQUE « BUY CANADA »  Jim Flaherty n’approuve pas la proposition des maires

Accord de libre-échange avec l'Europe : LE CANADA POURRAIT AVOIR 12 MILLIARDSDE RETOMBÉES
LIBRE-ÉCHANGE CANADA-EUROPE - Plus de commerce et plus de problèmes
Libre-échange avec l'Europe: damer le pion à Obama
Libre-échange Canada-Union européenne Début des négociations - Vers le libre-échange Canada-Europe
Le libre-échange doit être relancé avec les États-Unis -  Rudy LeCours
Il faut oublier la ZLEA, selon Stephen Harper

... et du protectionnisme...
Libre-échange Canada-Europe - La souveraineté économique du Québec est menacée
Air Canada as the enemy
Les manoeuvres vexatoires des Américains
U.S. can't kick the protectionist habit

Mais en fait, le libre-échange ne devrait-il pas surtout se faire que sous certaines conditions ?...
Canada's NAFTA two-step


Jusqu'à quel point les États devraient-ils se permettre de subventionner leurs entreprises ?...
DE L’ASSOMPTION À MEMPHIS, AVEC SUBVENTIONS…

Des emplois, mais à quel prix?


En fait, jusqu'à quel point peut-il s'avérer utile de soutenir artificiellement sa propre économie ?...
Tempête dans un réservoir

Pierre Shedleur quitte la SGF dans l'amertume
Editorial: Good riddance to a losing proposition


D'économie dirigée et de libre-marché...
(Et jusqu'à quel point peut-on prétendre fixer les prix du marché ?...)
Perspectives - Mater les pétrolières

Et si la meilleure façon de rendre un service concurrentiel était justement de tout simplement s'ouvrir à la concurence ?
Révolte du fromage en Israël


Et n'y a-t-il pourtant pas place à un sain développement de notre économie locale ?...
Fonds de solidarité - Les PME québécoises: performantes

De mondialisation...
L'avenir de l'Inde passe-t-il par Walmart?
La mondialisation demeure inévitable

... et des droits de l'homme comme de la Terre
Est-ce la faute de la mondialisation?
Péril en la demeure

De l'interdépendance et de la vulnérabilité que cela peut impliquer...
La crise européenne coince la France

De subventions et de protectionnisme...
Protectionnisme pur jus - François Cardinal


...et notamment de subventions agricoles...
Commission canadienne du blé - Le NPD accuse sept agriculteurs conservateurs de conflit d'intérêt
What changing everything looks like for Liberals (policy edition)
The hunger for more ambition in Canadian agriculture - Editorial
Responsabilité alimentaire

Let go of our dairy and poultry protectionism
Des « règles ridicules » à faire tomber

Une histoire du syndicalisme en agriculture
Canada and the Pacific: We dither while the world moves on
Le ministre du Commerce international commente les négociations d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe
Agriculteurs québécois: 770 millions de subventions aux producteurs
Les subventions à l'agriculture: «Un choix de société», selon Claude Béchard

15 millions de dollars pour l'industrie porcine
L'Union des producteurs agricoles en appelle à l'Assemblée nationale
Assurance stabilisation - Les agriculteurs craignent pour leur survie
10 000 agriculteurs en colère défilent à Paris
Canada’s a double-dealer in world trade - Jeffrey Simpson
Le projet de libre-échange Europe-Canada inquiète
Rural protectionism costs Canadians too much
Affrontement sur l'assurance agricole
Les agriculteurs craignent le pire
Les Européens tiennent aux subventions à l'agriculture

Et d'ailleurs, s'il était plus que temps d'en finir avec la gestion de l'offre ?
À la croisée des chemins
It’s time to end the supply-management system
Ending supply management a foul, difficult process
With supply management, some cows are more sacred than others

All farmers are equal – but some are more equal than others
Agriculture - La mauvaise cause
L'arnaque du lait - Claude Picher
L’agro-BS  -   ALAIN DUBUC


Et peut-on vraiment concevoir l'avenir de nos fermes autrement que dans leur modernisation, et donc dans leur concentration ?...
Pénurie de relève en agriculture


D'économie locale et de délocalisation...
La mondialisation socialement durable, une responsabilité des États
Made in China, pas de problème ?
Un emploi en Tunisie... pour 185$ par mois

Et jusqu'à quel point peut-on laisser des entreprises étrangères prendre possession de nos "trésors nationaux" ?...
Noui ou non?

Jarislowsky: le Canada doit s'opposer au rachat de Potash
L'or rose à valeur ajoutée
Tu m'as pris ma femme

Et le Canada prendrait-il donc plaisir à se sentir colonisé ?...
Contrôlons nos ressources

Potash: Another selloff, another sellout - Jeffrey Simpson

Et jusqu'à quel point sommes-nous si bien servis lorsque nous ne nous soucions que de garder nos entreprises nationales entre nos mains, quel qu'en soit le prix ?...
Let strategic assets go forth and prosper

Will politics trump economics again on TMX-LSE file?

The potash royalty mess
Responsabilité alimentaire

Un jeu dangereux
Europeans put spotlight on Ottawa’s investment restrictions

Investment Canada Act is as clear as mud. Or potash
Potash investment: friends with net benefit - Globe Editorial
Economic chauvinism in 2010? Barking mad!
La vente de PotashCorp bloquée
Ottawa should allow potash deal
The pros and cons of a BHP takeover of Potash Corp.
Potash: a political calculation that will do more harm than good
Why Harper will deny the Potash takeover bid - Jeffrey Simpson
NDP wants foreign-takeover rules rewritten

Potash Corp. - Un pays à vendre ?
Pierre Karl Péladeau le tout-puissant
Vidéotron: les débuts houleux d'un nouveau géant


Sièges sociaux
Sièges sociaux: un gagnant, quatre perdants

De nationalisation et de privatisation...
Le club des ex

De capitalisme...

... et de socialisme...
Does hike in minimum wage cut poverty? Findings say no

D'autosuffisance et de libéralisation...

Et en 2010, peut-on toujours compter d'abord sur les exportations pour soutenir toute une économie ?...
Chine: la dépendance envers les exportations, une menace


Se pourrait-il donc qu'il y ait toujours une place pour l'intervention de l'État dans l'économie ? Et en fait, se pourrait-il même que cela s'avère désormais plus pertinent que jamais auparavant ?...
Les bougies d’allumage du gouvernement


D'économie et de protection des travailleurs...
La mondialisation socialement durable, une responsabilité des États

De syndicats et d'entreprises...
UN DROIT BAFOUÉ

2009: peu de conflits de travail mais plus de travailleurs touchés
Un empire qui empire - Marc Cassivi
Wal-Mart: une entente à l'amiable de 40 millions
La victoire de Wal-Mart - Yves Boisvert
La fermeture du Wal-Mart de Jonquière est légale
Wal-Mart avait le droit de fermer sa succursale de Jonquière
Couche-Tard: «pire que McDonald's et Wal-Mart», dit la CSN

Se pourrait-il donc que les syndicats représentent désormais l'un des plus importants obstacles au développement économique ?...
Moins de syndicats, moins de déficits?

Et si l'heure de gloire des syndicats se trouvait à être tout simplement une chose du passé ?
(Et si l'ère des syndicats se trouvait à être tout simplement révolue ?)
Flying into the two-tier wage world - MARGARET WENTE

Et finalement, de la gauche et de la droite...
Stephen Harper critique le régime de Pyongyang


Plus cher au Québec qu’en Ontario

Le pétrole recule, mais l’essence bondit à la pompe  -  Maxime Bergeron

ESSENCE  LA FLAMBÉE DES PRIX À MONTRÉAL ENRAGE LE CAA - Maxime Bergeron

Et s'il ne pouvait ultimement se trouver de concurrence plus bénéfique qu'entre le public et le privé ?...
L'origine du mal: la dépendance envers le privé

Peut-on toujours rêver d'appels d'offre effectués en bonne et due forme, et donc sans interférence politique ?
Davie: la fin du BS économique
At last, a cure for government procurement - Jeffrey Simpson

Et si les PPPs représentaient véritablement la formule de l'avenir, après tout ?...
Les vertus des PPP


Et jusqu'à quel point les critiques qu'on entend à ce niveau s'avèrent-elles véritablement fondées ?...
Portugal - L'engouement pour les PPP a un prix

Et que penser de Wal-Mart, pendant qu'on y est ?
Are Liberals up to challenge of total strategic overhaul?


Ne serait-ce pas le moment ou jamais de se demander si le fait de nous en mettre à un état de dépendance quasi-complète envers la seule économie américaine s'avérait vraiment la stratégie économique la plus judicieuse qui soit ?...
Our stakes in the U.S. debt ceiling debate are great - Globe Editorial

Australia scratches its head at our fitful Asian engagement - Jeffrey Simpson
Alas, we’re stuck with the U.S. economy - Jeffrey Simpson
Canada and the Pacific: We dither while the world moves on
Let’s act like an energy superpower
A solitary lament for an America in decline - Jeffrey Simpson
Canadians must think beyond the U.S. market - Jeffrey Simpson

Le Canada et le monde...
Tricky politics for Canada as junior partner in international tie-ups - Jeffrey Simpson

Fusions des places boursières - La Bourse ou la vie
Le grand défi commercial
Dans les ligues majeures
EU eyes Canada’s lucrative public works contracts
Doit-on «libre-échanger» avec la Chine?
Malgré la crise en Grèce, Ottawa veut un accord de libre-échange avec l’U.E.
Un accord de libre-échange Canada-Europe d'ici 2011?
Our optional Pacific bridge has become an imperative
Canada would be renting, not owning, its literary house
Télécoms : la déréglementation envisagée ouvre la porte aux rumeurs
Télécoms: Ottawa ouvre la porte aux étrangers
The U.S. economy is in turmoil. Royal commission? - Lawrence Martin
Stephen Harper en Chine - Claude Picher
Le pari asiatique du premier ministre
Harper en Corée: le G20 aura lieu à Toronto
Harper conclut son périple chinois
Le marché chinois est difficile à percer, concède Harper

Pendant ce temps, au Canada en tant que tel...
Technologies vertes: le Québec lance... mais ne compte pas
Une fin en queue de poisson
Lutte contre la planification fiscale abusive - Modérez vos attentes, disent des experts
Two cheers for the government (no, really)
Ottawa s'attaque à l'évitement fiscal
Le gâchis de l'assurance emploi - Claude Picher
Ottawa permet la venue du concurrent majeur Globalive
Impôts des sociétés: le Canada refilera 5 milliards aux Américains
Six Canadiens sur dix vivent de paie en paie  -  Marc Tison
Achat d'Opel par Magna : Le grand pari de Frank Stronach  -  Martin Vallières
Voitures canadiennes : Une histoire d’essais… et d’erreurs  -  Philippe Mercure
MAGNA DÉJÀ EN MODE RATIONALISATION
Les employés réclament leurs heures supplémentaires  -  Philippe Mercure
Revenu Canada veut forcer les banques à collaborer  -  Francis Vailles

COMMERCE ÉLECTRONIQUE  Le fisc « s’en vient »  -  Hugo Fontaine
TRAVAIL AU NOIR Des « lacunes » à Revenu Canada  -  Vincent Brousseau-Pouliot
PLANIFICATIONS FISCALES AGRESSIVES Le milieu des affaires se rebiffe
ANALYSE DU CONFERENCE BOARD L’économie canadienne à la traîne parmi les pays riches
REVENU RÉEL Les Canadiens rattrapent les Américains - Rudy le Cours
TRANSACTION DU CANADIEN DE MONTRÉAL GILLETT NE PAIERA PAS D’IMPÔT AU CANADA  - Francis Vailles

CENTRE BELL  Pas de « taxe de bienvenue » pour les Molson  -  Francis Vailles

Les sociétés étrangères paient moins d’impôts
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION  Le Canada accusé de traîner les pieds -  Marc Thibodeau

Téléphonie mobile : Le Canada, l’un des pays les plus chers


Et pendant ce temps, au Québec...
« C » comme dans champion
Capital-risque: l'avantage du Québec se confirme
Montréal-Toronto: des opportunités équivalentes
Cascades: les employés québécois coûtent plus cher
Le Québec exclu du top 10 des entreprises à forte croissance
Dépassements de 65 milliards - Claude Picher
Travaillants, les Québécois
Le Québec est «au bon endroit au bon moment», selon Charest
Québec veut revoir l'aide aux entreprises
Investissements non résidentiels: Québec devance le privé
Évasion fiscale: les gros chantiers sous surveillance
Québec veut faire le ménage dans la construction
La fiscalité est-elle compétitive au Québec?
Beau, bon, pas cher - Sophie Cousineau
Que reste-t-il de la finance à Montréal?

700 millions pour les infrastructures
«La création d'emplois n'est plus un problème»
De l'exode en douce?
Sans-fil: 2010 sera l'année de la concurrence
CRCD prend un petit coup de vieux!
Fusions, acquisitions et restructurations: l'année de tous les dangers
La moitié des PME ont eu des activités hors Québec en 2007
Le strict minimum - Ariane Krol
C'est le temps de reparler de productivité - Alain Dubuc
«Entreprises, investissez!»
Aux armes, consommateurs!
Acheter sans se faire piéger - Ariane Krol
Le monde selon Pierre Karl - Sophie Cousineau
Musique «Made in L.A.» - Nathalie Petrowski
La confiance ne s'achète pas en comprimé - Sophie Cousineau
Le drame des régions - Claude Picher
Beaucoup de nouveaux emplois au Québec d'ici 2018
Vents contraires - Jean-Pascal Beaupré
Le Québec, royaume des subventions  -  Martin Vallières
Un ciel changeant - Sophie Cousineau
2009, une année qui vole bas dans l'aéronautique

Payantes, les mines du Nord  -  Stéphane Paquet
Immobilier: la nouvelle loi du courtage tarde au Québec
Le Fonds de solidarité FTQ a fait des petits en Algérie

Le petit côté chinois de Québec
Plus transparentes les sociétés d'état?
Le débat sur la perte des ressources québécoises relancé  -  Philippe Mercure
Adieu, sièges sociaux   -  CLAUDE PICHER
Produits financiers: les Québécois jouent de prudence
Le retour du textile québécois
Québec sévit contre les entourloupes fiscales  -  Francis Vailles
Québec modernise sa loi des compagnies  -  Martin Vallières
Bémol sur l’appauvrissement des Québécois  -  Claude Picher
Montréal, les immigrants et le reste du Québec - CLAUDE PICHER
L’anémie de la banlieue  -  Claude Picher
Le revenu personnel disponible a augmenté de 4% au Québec
MEILLEURS MBA  HEC dans le top 10 de Forbes
UNE FRACTURE  NORD-SUD  -  Stéphane Paquet
B e l l & Tel u s : LA « PROBABLE » FUSION SOULÈVE DES CRAINTES 

Revenu Québec: « The sky is the limit »  -  Michel Girard
Le rattrapage québécois... et ses faiblesses  -  CLAUDE PICHER
Les entreprises québécoises à la traîne  -  Michel Girard
CONGRÈS BIO 2009 : Il faut stimuler l’esprit d’entrepreneuriat des chercheurs, dit le premier ministre

Les Québécois et le salaire minimum - CLAUDE PICHER
Ces services dont on parle peu -  CLAUDE PICHER
Hydro-Québec : À la conquête de la Nouvelle-Angleterre

L’industrie électrique pèse lourd, au Québec
Génie-conseil : Le Québec rayonne aussi à l’étranger

Voir aussi Et en fait, se pourrait-il que l'on aie un sérieux problème avec notre productivité ?...

Le Québec et le monde...
The new CHUM: let's get it built

Le ministre du Commerce international commente les négociations d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe
Charest en Inde: «On doit profiter d'un marché en pleine expansion»
Charest signe une entente de coopération avec Moscou
Charest dirigera une première mission québécoise en Russie

Industrie aéronotique
LES PERSPECTIVES DE CROISSANCE ATTISENT LA CONCURRENCE


Et si le prétendu succès de notre industrie aéronotique relevait davantage de l'illusion que d'autre chose ?...
Les clients imaginaires

Le Québec serait-il en train de plutôt bien se positionner dans la nouvelle économie verte de demain ?...
Économie du carbone: des Québécois placent leurs pions

Et la Bourse de Montréal?


Et au chapitre de la productivité, se pourrait-il donc que le Québec soit loin de représenter l'exemple à suivre ?...
Le CPQ donne un « C » auquébec

Bulletin de la prospérité du Conseil du patronat - Le Québec obtient la note C

Et ne peut-on pas en dire de même en ce qui a trait à l'innovation ?...
Les leçons pour le Québec
Une culture à bâtir

Entre innovation et ressources naturelles


Le Québec souffrirait-il donc de ''réglementite'' aigue ?...
Pourquoi vouloir élargir la notion de «briseur de grève
»
Taxi!
Le déclin du taxi montréalais
La jungle du taxi

... de même qu'une surdose d'institutions ?...

... et notamment d'institutions de financement ?...
Des profits factices
SGF: une influence négligeable
SGF: la fin d'un chapitre important de l'histoire du Québec


Le Québec serait-il donc "hypersyndicalisé" ?...
(Le richesse économique du Québec serait-il donc détournée au profit des syndicats ?...
Des obligations hors normes

Le vrai tabou )

LA LOI ANTI- BRISEURS DE GRÈVE EST- ELLE DÉSUÈTE?

Les organisations patronales veulent réviser le modèle syndical québécois


Syndicats: Charest lance les hostilités
Lockout (industry)

Strikebreaker

Striking study: Quebec's anti-scab law increases the number and duration of walkouts

La loi anti-briseurs de grève est-elle désuète?



Et se pourrait-il donc que tous ne partagent pas cet opinion ?...
Un Code du travail à moderniser





Et le Québec serait-il donc incapable de se défaire du modèle de société d'État en tant que tel ?...
Albertans have a right to whine

Le Québec serait-il donc surtaxé ?...
What does Quebec inc. want ?

Taxes et impôts - Le Québec a une note parfaite!
Les riches ne paient pas assez d'impôt? Faux, dit l'IEDM

Et surtout, voici donc la question du siècle, du moins au Québec..
Le moment serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite Révolution, celle ne son propre financement ?..

Hydro-Québec serait-elle notre plus grande réalisation collective ?...
De grands projets, de grands débats

Qu'en pensent...
Rentable ou pas?

L'Île-du-Prince-Édouard veut acheter de l'électricité du Québec
Hydro, boulot, auto - François Cardinal
Profits records de 3 milliards pour Hydro-Québec

De l'énergie à revendre - Thierry Vandal

Hydro-Québec: «on va livrer ce qui a été demandé»

Hydro signe une entente de 1,5 milliard avec le Vermont
Hydro-Québec pourra hausser ses tarifs de 0,4%
Hydro a le feu vert pour hausser ses tarifs
Hydro va remplacer de compteurs par des modèles «intelligents»
Vente d'Énergie NB à Hydro: le rapport attise le feu
Un comité d'experts appuie la vente d'Énergie NB à Hydro-Québec
Un manque de transparence d'Hydro?
Énergie NB et Hydro: l'accès au marché américain «assuré»
Énergie NB, prise deux - Sophie Cousineau
Hydro et Énergie NB: une entente pour calmer les esprits

Le sentiment anti-Québec est rare au Nouveau-Brunswick

Terre-Neuve et Hydro se battent devant la Régie
Un potentiel énorme
Hydro-Québec: des erreurs de prévision qui coûtent cher
Hydro demande une hausse de tarifs
Terre-Neuve veut renégocier son contrat avec Hydro
L'énergie propre sans frontières
Energie NB et Hydro: le gouverneur du Maine inquiet
Électricité: Charest rassure les entreprises québécoises
Énergie: Québec vise maintenant l'Ile-du-Prince-Édouard
Québec ne pourra compter sur Hydro
Hydro-Québec reçoit le prix Noirceur
Les bons tentacules d'Hydro - Alain Dubuc
Hydro-Québec: un appel d'offres qui tombe à plat
Les marchés extérieurs d'Hydro, source de richesse
Hydro s'emmêle dans les câbles
Le mariage de l'audace  -  SOPHIE COUSINEAU
Les visées d'Hydro: les américains sourcillent
Hydro-Québec lorgne le reste des Maritimes
UN DÉFI POLITIQUE  -  Pierre-Olivier Pineau
Terre-Neuve en croisade contre Hydro-Québec
Les gens d'affaires applaudissent l'acquisition d'Hydro

Une transaction historique pour Hydro-Québec
La machine à piastres  -  CLAUDE PICHER
Où est le Plan Nord? -  Denis Lessard
PLAN STRATÉGIQUE D’HYDRO L’interrogatoire sera « très serré », promet l’opposition  -  Michel Corbeil
Nationalisons l’éolien  -  BERNARD DRAINVILLE

La Baie-James passe à l’attaque  -  Philippe Mercure

Le premier ministre de Terre-Neuve s’en prend à Hydro-Québec

Adieu l’électricité bon marché  -  Gérard Bélanger & Jean-Thomas Bernard

La récession mine les profits d’Hydro  -  Francis Vailles

Des exportations moins rentables pour Hydro  -  Hélène Baril

Hydro vise le Midwest et le Grand Nord  -  Hélène Baril
Des milliards à faire avec l’« eau du Nord »  -  Martin Vallières
Vers une surcharge de la demande -  Paul Lavallée
Tarifs d'Hydro : une bataille d’arrière-garde -  ALAIN DUBUC
HYDRO-QUÉBEC : Chute des exportations
LE GRAND NORD À L’AVANT-SCÈNE -  Martine Letarte
UN APPUI IMPORTANT VENU DU SUD

La délicate question des Premières Nations

... et pourtant...

Hydro ferait le mauvais choix technologique
Hydro gâte ses ingénieurs
Danny Williams’s hydro end run
Frustrations terre-neuviennes
Quebec, let the Churchill flow
A little goodwill and maturity needed
Autres doutes sur l'indépendance de la Régie de l'énergie
L'indépendance de la Régie de l'énergie remise en cause
Le village où l'électricité tousse - Patrick Lagacé
Hydro-Québec 3, Terre-Neuve 0
Surplus: Hydro doit trouver les acheteurs avant d'investir
Hydro fait encore face à des préjugés tenaces aux É-U
Hydro-Québec: le pari risqué des exportations
C'est maintenant que cela se corse - Sophie Cousineau
Hydro: une performance atténuée par la comparaison
And another thing ...
L'art de couler une transaction - Ariane Krol
Une occasion manquée - Sophie Cousineau

La vente d'Énergie NB à Hydro-Québec est annulée
New Brunswick kills controversial power deal with Hydro-Québec

Dans l'bon vieux temps ça s'passait d'même... - François Cardinal
Énergie NB: les Québécois se font passer un sapin nucléaire
Vente d'actifs d'Énergie Nouveau-Brunswick à Hydro-Québec - Nouvel éclairage, nouveau retard
Churchill Falls - Terre-Neuve traîne Québec en justice
Accès au réseau: Hydro privilégie le marché québécois
Le prix de ce couvercle? Confidentiel!
Hydro a des problèmes de calcul

Et au fait, le Québec vendrait-il donc son énergie à rabais ?...
LES ALUMINERIES FRAPPENT À LA PORTED’HYDRO- QUÉBEC

Et que dire des richesses de notre sous-sol national ?...
Développement minier - Pour en finir avec le cas Malartic
Libre opinion - Pas de bricolage de la Loi sur les mines
Projet de loi 14 - Un projet qui mine l'avenir de l'industrie
Le Québec demeure attrayant
Québec rejette un moratoire sur l'exploitation d'uranium
Les minières s'en tirent bien, malgré la crise
Mine firms must be good citizens
Refonte de la loi sur les mines: amertume à Malartic
Refonte de la Loi sur les mines: le chantier de la discorde
Projet de loi sur les mines: et les redevances?
Lithium: le Québec dans la cour des grands
Rapport de l'IRIS: l'exploitation minière remise en cause
Le régime de redevances minières est vicié, selon l'IRIS
À la recherche de l'uranium québécois
Uranium: le plus craint des métaux

L'industrie minière préfère le Québec
Terres rares: le Québec veut profiter de la révolution verte
Industrie minière: la fin du monde n'a pas eu lieu

Industrie minière: Québec montre les dents
Des substances précieuses dans le sous-sol québécois
L'industrie minière au banc des accusés
FEU VERT À OSISKO  -  Philippe Mercure
Voir aussi Le terrain miné des mines...
Rio Tinto reste prudent
L’ALUMINIUM REMONTE LA PENTE  -  Stéphane Paquet
Le Québec, yes sir !  -  Hélène Baril
FINANCEMENT DES ENTREPRISES MINIÈRES Les marchés demeurent partagés


... et notamment de ces chères terres rares ?...
La Chine réduit son offre de terres rares pour protéger ses intérêts
Un engouement pour les terres rares

Voir aussi Le terrain miné des mines...

Et serions-nous donc en train de brader nos propres richessses nationales ?...
(Et au Québec, a-t-on vraiment adopté le sentiment d'être "nés pour un petit pain" au point d'en venir à voir d'un bon oeil le fait de laisser nos ressources se faire voler par le premier venu ?...)
Quebec needs to get the most out of its Plan Nord

Libre opinion - Pauvres de nos richesses
Plan Nord - Une décision irréfléchie, dit Landry
Doit- on changer les règles du jeu ?
L’art du possible

Plan Nord - Québec ne paiera pas les infrastructures destinées aux minières, affirme Bachand
Le Plan Nord, déjà dépassé
Ressources - Soyons plus exigeants!
PLUS ACTUEL QUE JAMAIS - UGO LAPOINTE
Richard Desjardins et Robert monderie au Devoir - Trou Story en terrain miné
Mines - L'erreur minérale à éviter
Le Canada reste un paradis minier
Lettres - Un coup de bâton dans l'eau, un coup d'épée dans les métaux
Redevances minières: l'ADQ avec le PQ et les environnementalistes
Mines: le modèle norvégien rapporterait 25 milliards au Québec
Commission parlementaire sur la réforme de la Loi sur les mines - Dispute autour de la poule aux oeufs d'or
Le soutien à l’industrie minière :Quels bénéfices pour les contribuables ?
Plaidoyer pour un «Québec inc. des ressources naturelles»
Ressources naturelles: perdre le nord
Le Plan Nord aurait pu être profitable
Le Québec se prive d'une mine d'or de redevances
Le Québec toujours à la traîne

Collision sur les redevances à Québec
« Pas une manne pour le Québec »

Marois veut une nouvelle hausse des redevances
Le Plan Nord loin de l'eldorado

Plan Nord: loin du pactole?
La braderie
La hausse des redevances minières n'effraie pas tout le monde
Une stratégie dépassée
Gaz de schiste: attention de ne pas tuer la poule aux oeufs d'or
Ressources: augmentons les redevances, pas l'exploitation
Gaz de schiste: a-t-on manqué le bateau?

... à moins que ce ne soit pas nécessairement le cas ?...
Sortons de notre bulle
Des inquiétudes mal fondées

Se fait- on avoir?
Les trous de l’histoire
Quelle est notre juste part?
La prudence est de mise
Le Québec n’est plus un paradis minier
Charest se défend de brader les ressources du québec
Le Québec, terre onéreuse pour les minières
Le Québec demeure attrayant
Redevances minières - Bachand juge irresponsables les propos de Marois

Taxe sur la masse salariale - Un vrai débat s’impose
Desjardins moins efficace que les banques

Et pourrions-nous finir un jour par nous doter d'un TGV ?...
Le serpent de mer

Ça presse  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
L’être humain contre la machine  -  Marc Tison

Air Canada est de retour  -  André Pratte

Québec-Windsor, un couloir rentable  -  FRANÇOIS CARDINAL
Le train manqué  -   François Rebello
Un TGV bien lent  -  Stéphane Paquet

Relier Montréal à New York
Voir aussi
Michael Ignatieff aurait-il vraiment une nouvelle vision pour le Canada ?...

RAGE ETOPTIMISME À L’ASSEMBLÉE DE BCE

De l'industrie du ski... ou de ce qui peut encore en rester !...
LE SKI, UNE INDUSTRIE FRAGILE


Et pendant ce temps, dans nos régions...
Un espoir pour les régions

UN VENT DE CHANGEMENT
La récession et les régions - Claude Picher
Gouvernance et économie des régions - Il faut revoir la stratégie économique qui prévaut au Québec
«Pourquoi est-ce qu'on occupe un territoire ?» - Développement durable et occupation du territoire vont de pair
Une économie en transformation - Janie Gosselin
Une jeune région encore méconnue - MARTINE LETARTE
Emploi : la revanche des régions
UNE RÉGION RESSOURCE QUI CHERCHE À SE RÉINVENTER  -  Caroline Rodgers

Et pendant ce temps, sur la planète économique...


Et si nous nous retrouvions maintenant dans un nouvel ordre économique mondial où le pouvoir serait davantage réparti entre les nations, et serait donc moins l'apanage d'un petit groupe de nations, voire d'une seule nation ?
China won’t be riding to the rescue any time soon - Doug Saunders

Et si nous nous retrouvions donc dans un nouvel ordre économique mondial qui se trouve à ne pouvoir apparemment fonctionner que sur une base de concertation et surtout de coopération ?
To conduct our global economic symphony, co-operation is critical

Quoi de mieux que l'économie pour enfin unir les puissances du monde derrière des objectifs communs ?...
(en d'autre termes... Un nouvel ordre mondial serait-il en vue ?...)
La victoire allemande

Deficit-reduction agreement clear, welcome - Globe editorial
Le sommet des petits pas - Alain Dubuc
G20: priorité aux déficits
Sarkozy et Merkel accordent leurs violons
De Rambouillet à Toronto - Claude Picher
Informal yet intense – one day to fix global finance
G7: réconciliation en vue à Iqualuit
Grand pas anti-corruption - Claude Picher
Le G20 fixe un calendrier de surveillance des économies
Vers un nouvel ordre économique  -  Malorie Beauchemin
WASHINGTON  Le G20 sous le signe de la reprise
PITTSBURGH  Vers des règles contraignantes pour les banques 
Le G20 remplacera le G8

Sommet du G20 à Pittsburgh LA PAIE DES BANQUIERS DANS LA LIGNE DE MIRE  -  Philippe Mercure
Le G20 en cinq questions -  Laura-Julie Perrault


Mais les réunions du G20 ne font-elles pas surtout éclater au grand jour toute la diversité, voir l'hérérogénéité des approches qu'il se trouve à rassembler ?...
The last thing we need is a G12 competing with a G8
G20: Harper crie victoire, mais...
The G20 summit’s bottom line? Good intentions

G8 et G20: pas un grand cru - Alain Dubuc
They're a motley crew of 20 – and yet have made common cause in the past - Jeffrey Simpson
Les sommets du G8 et du G20 - La pique d'Obama

Et si le G8 en lui-même devait déjà s'avérer dépassé ?...
L'agonie du G8
L'impuissance des grands
Perspectives - Le test
Focus or die: The G8 fights for survival

Et serions-nous même en train d'assister à l'éclosion d'un G2 ?...
Perspectives - G2

Et le fameux secret bancaire serait-il en voie d'être enfin révélé ?...
Économie - Le secret offshore du capitalisme

Les données dérobées à la HSBC font saliver plusieurs pays
Les voleurs volés

Le dollar serait-il en voie de perdre sa suprématie ?...
Analyse technique: le point sur le billet vert

Le billet vert en chute libre

... ou peut-être pas encore ?...
On s'arrache le billet vert... pour le moment - Richard Dupaul


Du taux de change et des changements qu'il implique...
LA FAÇON CHINOISE

Le début d’un temps nouveau
Guerre des taux de change
Yuan sous-évalué: premier pas des États-Unis pour punir la Chine
Chine - Le yuan encore fortement sous-évalué
Yuan: l'enthousiasme fait place aux questions
Le sacrifice qui n'en est pas un - Sophie Cousineau
Le yuan prend de la vigueur
Les exportateurs chinois inquiets d'une hausse du yuan
Appréciation du yuan: Pékin ne cèdera pas aux pressions

Et serions-nous donc en train d'assister au premier épisode de la guerre des monnaies ?...
LE CANADA COINCÉ

G20: le dollar qui baisse fait monter le ton dans le monde
Perspectives - Mauvais départ
La table est mise pour le sommet du G20, à Séoul - Les Européens ne cachent plus leur frustration devant les Américains
Fausser la monnaie
Crise économique - La mésentente
La convalescence américaine risque d'affaiblir les autres économies
Les victimes collatérales ont raison de se défendre, dit l'OCDE
Gardez votre argent, S.V.P.
Paix précaire dans la guerre des monnaies
Politique monétaire - Le FMI metles États-Unis en garde... et félicite la Chine pour avoir relevé ses taux
Bernanke met tout son poids en faveur d’un assouplissement
Les États-Unis laissent-ils filer le dollar ?

L'arme monétaire
«Guerre des devises»: aucune action des grands argentiers

Vive la stabilité
"Guerre des monnaies": le G20 et le G7 à la recherche d'un compromis

Le défi de la cohésion

Le G7 et le G20 se réunissent à Washington - La paix des monnaies doit être assurée
La guerre des devises - Les éléphants
La guerre des devises au menu d'un dîner du G7
Guerre des monnaies - Il faut éviter de répéter les erreurs de la Grande Dépression

Le centre du monde serait-il en train de basculer de l'Ouest vers l'Est (et le Sud) ?...
Classement du développement financier du Forum économique mondial - Hong Kong détrône les États-Unis
Perspectives - Convergence
Crise de la dette - «Les BRIC sont en position de force»
Asia increasingly driving the prosperity of Canadians
Les nouveaux maîtres de la Terre
Les économies émergentes volent au secours de l'Europe
En bref - Aux pays du G20 de s'adapter, dit Carney
GM vend davantage en Chine qu’aux États- Unis
DES RÔLES INVERSÉS
Un nouvel ordre économique mondial se dessine d'ici 2050
Look east and south: Witness the end of post-colonialism - Doug Saunders
L’Occident stagne côté salaires
La grande fracture
De quoi sera fait 2011? - Les économistes se perdent en conjectures
Le basculement de la richesse
L'Asie à tombeau ouvert
Monde qui rit, monde qui pleure
L'économie sur le point de basculer
Marchés émergents: le meilleur des deux mondes
Le centre du monde a bougé - Richard Dupaul
Tous ne sont pas égaux devant la reprise, s'inquiète le FMI
Perspectives - Les taureaux
Le gros appétit des Asiatiques - Richard Dupaul
La Chine devient le plus gros exportateur mondial
Le mythe du consommateur américain

Et pourtant, est-ce demain la veille où l'on pourra observer une certaine égalité d'un continent à l'autre ?...
International inequality is alive and well



Et par ailleurs, voir aussi Et se pourrait-il en fait que l'on soit carrément en train d'assiter finalement au "déclin de l'empire américain" ?...

Et ultimement, les plus grandes puissances ne pourraient-elles donc être appelées qu'à céder leur place ?....
Le cauchemar japonais
Couvert de dettes, le Japon lui aussi sur la corde raide

Et si, autrement dit, l'avenir n'était manifestement plus de notre côté ?...
Les pays riches sont condamnés à vivre plus pauvrement
Quatre pays risquent de perdre leur note triple A

Et faut-il pour autant enterrer de sitôt les puissances industrielles traditionnelles (notamment dans la mesure où celles-ci peuvent se montrer capables de renouveau) ?...
Le retour du Japon

La Chine sera-t-elle la prochaine locomotive de l'économie mondiale ?...
Et pendant ce temps- là à Pékin…

La Chine bientôt à court de travailleurs
La Chine offre d'aider l'Europe à se sortir du pétrin
La Chine détrône les États-Unis
DES RÔLES INVERSÉS
La machine redémarre
Perspectives - Retour à la « normale »
Puissances économiques mondiales - Le Japon cède sa deuxième place à la Chine au deuxième trimestre
La Chine se détourne de la dette américaine
Jeunes et compétents - Richard Dupaul

La démesure chinoise - Mario Roy
La Chine bleue - Françoise Lemoine
Énergie éolienne: le marché a le vent dans les pales
En bref - Chine: l'économie bondit
Les Chinois toujours les premiers créanciers de Washington
Dette américaine: les avoirs de la Chine sous-estimés
China finds new ways to buy U.S. debt
Deuxième économie mondiale - La Chine ravira bientôt le titre au Japon
Le Japon reste de justesse la 2e économie mondiale
Tous au guichet automatique chinois - Richard Dupaul
Tous les regards braqués sur la Chine
Le nouveau King Kong - Sophie Cousineau 
Recul du pétrole: c'est la faute à la Chine
La Chine devient le plus gros exportateur mondial
Les Chinois pourraient acheter plus d'actifs canadiens
Généreuses à l'Est, chiches à l'Ouest - Richard Dupaul
Trois options pour profiter du boom de la Chine
WASHINGTON  Hausse plus grande que prévu des investissements
Quand le «made in China» se délocalise en Égypte
PÉKIN  Forte expansion du secteur manufacturier
La Chine réaffirme sa soif d’acquisitions
La Chine devra se sevrer du soutien de l'État

Et se pourrait-il d'ailleurs que cette nouvelle locomotive se mette déjà à surchauffer quelque peu ?...
La bulle chinoise

La muraille chinoise se fissure

Perspectives - Retour sur terre
La marmite chinoise
Alerte rouge en Chine
La correction s’annonce sévère en Chine
La bombe à retardement chinoise
En bref - Chine: l'économie bondit
L'Asie hantée par son vieil ennemi - Richard Dupaul
Immobilier: la bulle chinoise pourrait toucher le Canada
«Tsunami» d'argent en Asie - Richard Dupaul

Mais ceci dit, la Chine ne doit-elle pas surtout faire face à une série d'assez sérieux problèmes, ne serait-ce que dans l'optique de maintenir une position de leadership, ou même de vraiment y arriver, justement ?...
La Chine suscite l’inquiétude

La Chine aussi frappée
Fin du modèle chinois
De brique et de « sable mouvant »
L’usine du monde perd des clients
Le fossé s’élargit
Les moteurs de la croissance en Chine s'essoufflent
L'économie chinoise est un modèle plus frêle qu'il n'y paraît
La bulle chinoise
China’s economic shifts will hinder it from dominating world, Kissinger argues
China can no longer sustain its export-led growth
Investir en Chine, un pari risqué
The real cost of China rising
Les revenus cachés, une manne pour les riches Chinois
Un bouchon de 100 km près de Pékin
Vite, un coup d'accélérateur pour la locomotive chinoise
La prison pour quatre employés de Rio Tinto
Malaise en Chine - André Pratte
Avant l'ouverture: retour de la récession en Chine?
Vieux avant d'être riches - Richard Dupaul

Et tout revirement du géant chinois ne peut-il pas d'ailleurs qu'en être d'autant plus spectaculaire ?...
De brique et de « sable mouvant »
Chine - La main-d'oeuvre migrante se raréfie
LA FAÇON CHINOISE
Grèves en Chine - La métamorphose
Les tensions sociales se multiplient en Chine
Chine: la fin du cheap labor?
Le «Made in China» coûtera plus cher - Richard Dupaul

Mais surtout, tout revirement du géant chinois pourra-t-il vraiment faire autrement qu'être au moins aussi long à effectuer qu'il ne pourrait l'être pour un paquebot en pleine lancée ?...
LA FAÇON CHINOISE


Et pourtant, se pourrait-il que même la Chine soit capable de changement ?
La Chine plie dans la tempête


Et s'il n'était tout simplement pas acquis que la Chine devienne la prochaine puissance mondiale de sitôt ?...
Perspectives - Retour sur terre
La face cachée du « fabriqué en Chine »

La Chine saura-t-elle seulement faire mieux que de reproduire le modèle américain dans tout ce qu'il a pu avoir de plus grossier ?...
Crise immobilière en Chine - L'imitation

Et en fait, si la Chine était carrément en voie de devenir la prochaine puissance mondiale ?...
Du Dollarama au Yuanrama
Domination menacée

La Chine serait-elle déjà à la conquête du monde ?...
La Chine vole au secours de l'euro
La Chine se détourne de la dette américaine
L'envers du yuan - Sophie Cousineau
China’s move on oil sands is about more than money
Offensive chinoise dans les sables bitumineux
Un «tigre» en Asie - Volvo passe aux mains des Chinois
La main à la terre

... et pourtant, vaut-il vraiment la peine de s'en inquiéter ?...
China’s economic shifts will hinder it from dominating world, Kissinger argues
La participation de la Chine suscite l’inquiétude des Américains
Terres agricoles: nos hivers freinent les acheteurs étrangers
Péril jaune en la campagne - Sophie Cousineau

Et si l'avenir devait plutôt passer par l'Inde ?...
Cinq faits sur l’économie indienne

L’Inde veut notre énergie
L'Inde, future usine du monde
Ne pas être la Chine

Un nouveau monde serait-il en fait en pleine émergence ?...
FMI: ouverture européenne aux pays émergents
La décennie latino
Jeunes et compétents - Richard Dupaul
Marchés émergents: le meilleur des deux mondes
Italie: une «BRIC» tombe sur le marbre de Carrare
Dieu est brésilien - Richard Dupaul
Perspectives - BRIC molle
L'Asie hantée par son vieil ennemi - Richard Dupaul
Le gros appétit des Asiatiques - Richard Dupaul
La revanche des pays émergents
Vers une Union asiatique ? -  Françoise Lemoine
Le rêve européen de l'Asie  -  RICHARD DUPAUL
LA GÉOPOLITIQUE À L’ÉCHELLE DE VOTRE PORTEFEUILLE 
Les risques politiques qui guettent les investisseurs  -  Stéphanie Grammond
MOSCOU  Les licenciements massifs se multiplient en Russie
L’ère du BRIC? Non du BRI-I-C  -  RICHARD DUPAUL
Incontournable Inde -  YVAN LOUBIER


Mais est-ce pourtant les défis qui manquent sur le chemin menant justement à l'émergence de tout ce nouveau monde ?...
La croissance en Asie ne profite pas à tous
Derrière les beaux chiffres du BRIC
Des doutes sur la stratégie brésilienne


Le déclin du monde occidental serait-il donc d'ores et déjà constaté ?
This is time to fix existing infrastructure, not expand


Et quel avenir l'économie réserve-t-elle à ce bon vieux monde tel qu'on le connaît ?

Japon
AU TRAVAIL, LES FEMMES ET LES RETRAITÉS !
Santé : un capital menacé
Le défi : maintenir le niveau de vie

LE CHAMPION QUI VACILLE
La prochaine Grèce ?

Le Japon étudie de nouvelles mesures de relance
De l'espoir pour le numéro deux mondial - Richard Dupaul
Le Japon reste de justesse la 2e économie mondiale
Le monstre japonais - Richard Dupaul

L'Allemagne, la surdouée qui dérange - Richard Dupaul

Faire des affaires en Russie
Un entremetteur à Moscou

Espagne: vers une économie durable


Et en même temps, les mauvaises habitudes d'une nation entière peuvent-elles vraiment se changer si facilement ?...
Incorrigibles «Brits» - Richard Dupaul


La crise aurait-elle notamment permis de révéler les pays dont l'économie n'était pas nécessairement la plus solide, après tout ?...
La contagion grecque - Richard Dupaul
Une lueur d'espoir pour l'Islande
Standard and Poor's baisse la cote de Dubaï
La réinvention forcée de Dubaï
Dubaï Blues
Le ciel de Dubaï s'obscurcit davantage
Standard & Poor's abaisse la note de la Grèce
Tragédie grecque, larmes irlandaises - Richard Dupaul
En difficultés, l'Ukraine presse le FMI de débloquer son prêt
La perspective de l’Espagne abaissée
La Grèce prête à tout pour restaurer sa crédibilité
La crédibilité internationale de Dubaï ébranlée

Tout comme ceux dont on pourrait plutôt dire l'inverse ?...
L'envers de la crise - Richard Dupaul

L'exception australienne - Richard Dupaul

... et que dire de ceux dont l'économie n'était déjà pas des plus performantes avant la crise ?...
L'autre tremblement de terre de Lisbonne
Esclaves des «reçus verts»
Au tour de l'Espagne d'être décotée
Les pays européens qui ont bénéficié de l'aide du FMI
Le drame espagnol - Claude Picher

Irlande
LA RUÉE VERS L’EIRE
Les « Fighting Irish »

Rapport sur la crise en Irlande - Les spéculateurs ont provoqué la crise bancaire
De nouveau tentés par l’émigration
Des années d'austérité en vue pour les Irlandais
Irlande - Ça va faire mal!
Irlande - Rigueur, rigueur, rigueur!
Chacun pour soi
Le tigre édenté
Irlande: au pays des zombies
Le pari irlandais

Italie
«L'Italie ne fera pas faillite»
Monti demande de lourds sacrifices aux Italiens
Super Mario à la rescousse
Berlusconi annonce sa démission au président italien
Berlusconi loses majority, markets squeeze Italy


Jusqu'à quel point une union monétaire peut-elle se permettre d'éclater ?
Quand une zone monétaire éclate...

... Et d'ailleurs, l'avenir économique réserve-t-il toujours une place à l'Europe ?...
La fraude fiscale, cause et solution de la crise de la dette

«Comment peut-on vivre sans la BCE?»


« VENTE DE FEU ? »  -  Martin Coiteux
La Chine maintiendra ses stimulants économiques
La clé : le consommateur chinois  -  FRANÇOISE LEMOINE
Recherché : le consommateur chinois  -  RICHARD DUPAUL

Incursion de la Chine dans les gros-porteurs
Chine : hausse de 81,7 % des ventes d’automobiles
Les chanceux d’en dessous  -  RICHARD DUPAUL
Bourse : Toronto plonge avec Shanghai
Chine : Un pied sur le frein  -  RICHARD DUPAUL
L’Inde prie les dieux de la pluie  -  Richard Dupaul
Malaise à Shanghai  -  ANDRÉ PRATTE
Le Japon voit le soleil levant  -  Richard Dupaul
Le « G2 » -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Haro sur le « made in China »   -  Richard Dupaul
LA FIN DU MIRACLE IRLANDAIS  -  Marc Thibodeau
Le « club des riches » a-t-il fait son temps ?  -  Marc Thibodeau
G8  La Chine tempérée dans son souhait de diversification du régime monétaire international
ÉCONOMIE  Des « risques importants » demeurent
Un sommet du G8 sur fond de ruines  -  Marc Thibodeau
RIVALITÉ COMMERCIALE   La Chine suscite la méfiance américaine - Hugo Fontaine
G2 OU G20?
Le déclin du dollar américain - JEAN-PASCAL BEAUPRÉ

Évasion fiscale: Ottawa négocie avec 14 pays

Les Suisses décidés à défendre leur secret bancaire

La fin du secret bancaire suisse
Voir aussi Revenu Canada veut forcer les banques à collaborer
Les spécialistes craignent la fin du secret bancaire  -  Alexandra Troubnikoff
Témoignage accablant pour UBS
UBS donnera des noms au fisc américain
La lutte contre les paradis fiscaux s’annonce ardue  -  Marc Thibodeau
Washington et Berne demandent un report
France Le moral des ménages se dégrade



Un nouveau monde serait-il en train d'émerger ?...
Dieu est brésilien - Richard Dupaul

L'or rouge des Chiliens - Richard Dupaul
Le cercle vertueux coréen - Richard Dupaul
Le gros appétit des Asiatiques - Richard Dupaul
Les nouveaux investisseurs - FRANÇOISE LEMOINE
Dubai: on construit toujours malgé la crise
Fonds communs: tout sur l'Inde
Le « néocolonialisme chinois » inquiète l’Afrique  -  Emmanuel Goujon
Les BRIC veulent une réforme des institutions financières
Une croissance de 6% prévue en 2009 en Inde
L’arme secrète des fournisseurs  -  Marie Tison
OBLIGATIONS  Les marchés se fient plus à la Russie qu’à la Californie
TATA MOTORS  Réduire les coûts est une stratégie payante
L’économie chinoise rebondit
La nouvelle bulle chinoise -  Richard Dupaul
Chine Il est risqué de se hasarder dans les zones grises

Sans pétrodollars, la Russie s’enfonce

Cap sur Rio de Janeiro -  Richard DuPaul
PREMIER SOMMETDU BRIC  Mise en garde contre la domination du dollar américain

Effondrement de 500 milliards - CLAUDE PICHER

L’Afrique veut prendre sa place dans l’économie mondiale  -  Philippe Mercure

Le « néocolonialisme chinois » inquiète l’Afrique  -  Emmanuel Goujon

Premier sommet historique pour le BRIC
Une nouvelle Chine émerge de la crise - Richard Dupaul

L’Occident représente moins de 50% de l’économie mondiale -  RUDY LE COURS
ÉCONOMIES ÉMERGENTES  Perspectives « prometteuses » malgré la crise
Économie : la Chine peut-elle nous sauver ?... - Richard Dupaul
LES PAYS ÉMERGENTS RÉ-ÉMERGENT EN PREMIER ...
Les bureaux indiens profitent de la crise  -   Philippe Mercure

Une crainte exagérée La faible proportion de contenu local dans les exportations de la Chine rend la dégringolade moins catastrophique
La cigale (russe) et la fourmi (chilienne)  -   RICHARD DUPAUL

Chine et Brésil font bonménage
Rio Tinto laisse tomber les Chinois

INDE  GM en pleine campagne de séduction - Philippe Mercure

Le gouvernement espagnol crée un fonds pour sauver ses banques

Espagne : Premier entré, dernier sorti   -  Richard Dupaul
Une firme française propose de reclasser des employés... en Inde
CHINE  Une nouvelle bulle se profile sur le marché immobilier

 

Et si l'on parlait tout simplement de nos propres économies ?...
Pas facile, la Bourse!
Des marchés énervants
TROP TARD POUR JETER L’ÉPONGE, TROP VITE POUR PLONGER EN BOURSE
Que faire quand les banques disent non?
SURFER SUR LA BOURSE AVEC LA GESTION « MOMENTUM »
Rencontre chez le syndic
Quand les dettes vous écrasent

QUAND L’ARGENT RESTE DANS LES ARBRES…
DES FONDS QUI MONTENT… MAIS NE REDESCENDENT PAS
Du taux fixe au taux variable
La Bourse chinoise, un bon indice
L'Europe fait voir des étoiles aux détenteurs de fonds communs
Coming soon: the great retirement shock
La littératie financière est l'affaire de tous
Impôt 2009: pour remporter le match fiscal

Une fin en queue de poisson
Les marchés: ne négligez pas les pays émergents!
Le piège de l'effet de levier
Bon et heureux budget 2010 à tous
Actions ou obligations: miser juste dans la situation actuelle
Fonds communs: les investisseurs piétinent depuis 10 ans
Que réserve la prochaine décennie en Bourse?
Un peu de bien... à soi et à une oeuvre
Joyeux Noël! Petit investisseur, 5000$ à investir? Voici quelques conseils
Une belle moisson boursière, avant le retour des épouvantails

Suivez le guide... de l'activité manufacturière
Le problème fiscal des fonds
Les 10 secrets boursiers d'une recrue de marque
Une poursuite aux petites créances, ça marche!
Les coûts de propriété ont augmenté au Canada
Trois options pour profiter du boom de la Chine
Metro, Loblaw ou Empire: quel épicier choisir?
Dix questions sur les émissions d'actions
Que vaut l'investissement systématique?
Produits financiers: les consommateurs passeront à la caisse
Acheter sans se faire rouler: la boîte à outils du consommateur
Du bonbon pour les investisseurs!
Fonds communs: tout sur l'Inde

Un tableau d’honneur bien disparate  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Grands parleurs, petits investisseurs  -  Stéphanie Grammond
LA GÉOPOLITIQUE À L’ÉCHELLE DE VOTRE PORTEFEUILLE 
Les risques politiques qui guettent les investisseurs  -  Stéphanie Grammond

FAUT-IL CROIRE LES ÉCONOMISTES?  -  PIERRE FORTIN
Fini la faillite personnelle facile  -  Martin Vallières
LES JEUNES ÉPARGNENT!  -  Marc Tison
Les finances personnelles, un domaine obscur  -  Marc Tison

DES COURS RAPIDEMENT OUBLIÉS  -  Marc Tison

FAUT-IL ÉCOUTER LES DICTONS?  -  Hugo Fontaine
De l’équilibre dans le portefeuille -  Michel Girard

Au bon marché…  -  Michel Girard
Devenir travailleur autonome -  Marc Tison
POURQUOI RETARDER SON RÊVE?  - Caroline Rodgers
RECOUVREZ VOTRE SANTÉ FINANCIÈRE!  -  MARC TISON
RÉUSSIR À LA BOURSE -  Christine Deslandes
QUELLES OBLIGATIONS CHOISIR?- Christine Deslandes
Obligations d’épargne du Québec: mauvaise nouvelle -  Michel Girard
Bien planifier sa succession -  Caroline Rodgers

Payez-vous d’abord !  -  Jocelyne Houle-Lesarge 

Voir aussi Est-il jamais trop tôt pour planifier sa retraite ?...

Et parlant d'économies, gare à ceux qui ne s'emploient qu'à les voler !...
LES NOUVEAUX PICKPOCKETS EN LIGNE

L’assurance fraude
La victoire des victimes
NORBOURG: UNE PAGE EST TOURNÉE

« RÉCUPÉRER 100% DE LA SOMME, C’EST INTÉRESSANT »

Norbourg: une entente historique

Pour un meilleur fonds d’indemnisation et un financement public à l’AMF
La délinquance financière
Perspectives - Difficile indemnisation
Norbourg: ça suffit après 5 ans!
Victimes de Norbourg: naufragés depuis cinq ans

Un mystère de trop
Infractions trop discrètes
Libres de frauder
Le système Norbourg
Le gendarme tranquille de la finance québécoise
Madoff était-il un génie?
La machine Earl Jones - Ariane Krol
Madoff, Stanford et Jones ont tous imité le défunt financier Charles Ponzi
Mount Real: un procès en 2010, prévoit l'AMF
Règlement sur le PCAA: des millions à dépenser pour l'AMF
L'histoire pas si bizarre d'un guichet automatique compromis
Vol d'identité: les cas de fraude ont explosé au Canada
Le comptable d'Earl Jones travaillait au noir
Procès Norbourg: «The sky is the limit», disait Lacroix
Affaire Earl Jones : plusieurs clients étaient remboursés comptant
Earl Jones: les clients l'appelaient «Jones le lambin»

Quand l’AMF réécrit Norbourg  -  SOPHIE COUSINEAU
L’AMF encore ciblée  -  Martin Vallières
Les « sentinelles » fautives - Jean St-Gelais
Procès Norbourg : l’AMF sous la loupe  -  Martin Vallières
Le bon tournevis?  -  ARIANE KROL
Norbourg : L’AMF nie toute responsabilité
Un plan incomplet, selon le PQ et Yves Michaud
Des enquêteurs de la SQ pour mieux combattre les fraudeurs  -  André Noël

Charest s’attaque aux criminels à cravate  -  Denis Lessard
Complice de Madoff - ARIANE KROL
Lacroix : Peine réduite à cinq ans  -  Christiane Desjardins
Affaire Earl Jones  Les victimes affirment avoir perdu 75 millions 

Fraude et fidéicommis : Indigne de confiance  -  ARIANE KROL
Il ne reste plus rien, prétend Earl Jones  -  Francis Vailles
EARL JONES  : 369 000$... COMPTANT !  -  Francis Vailles
10 CONSEILS POUR ÉVITER LA FRAUDE
AFFAIRE LIVENT  Le producteur écope d’une peine de sept ans

Affaire Earl Jones : Répit fiscal pour les présumées victimes ?

Fisc et fraude  -  ARIANE KROL

Ottawa ouvre la porte aux victimes de crimes financiers
Fraude : Un coup de pouce s’impose  -  François Gaudreault
Un voleur est un voleur  -  François Leduc
Earl Jones : ensuite?   -  ARIANE KROL
« ON CROIT ENCORE AU PÈRE NOËL »  -  Stéphane Paquet
Une alerte venue de Suède  -  Stéphane Paquet

Un autre cas de fraude financière à Montréal ?  -  Martin Croteau
Quelques fraudeurs célèbres

Le guide de l’escroquerie  -  Michel Girard
Au pays des illettrés financiers  -  Sophie Cousineau
Incompétence dans sa compétence ? - Éric Duhaime
Un scandale qui profitera aux grandes institutions financières ?
Des planificateurs financiers veulent un ordre professionnel  -  Vincent Broussot-Pouliot
Les périls de l’appât du gain  -  Michel Girard

Madoff, mode d’emploi  -  Ariane Krol
Deux comptes de Jones vidés 24 heures avant que ses actifs soient gelés

AFFAIRES EARL JONES Retours forcés au travail et chocs

ON NE SAIT PAS S’IL  RESTE DE L’ARGENT »  -  Francis Vailles et Martin Croteau
« Il avait une touche de velours »  -  Martin Croteau
Norbourg : Chaque jour, j’y pense  -  François Leblanc

Voir aussi : Des comptables flics  -  Serge Ménard
et par ailleurs, voir aussi
La liberté, ça se mérite  -  ANDRÉ PRATTE  ainsi que  Vincent Lacroix est libéré sous cautionnement  -  Christiane Desjardins et Affaire Norbourg : Un vrai crime  -  Ariane Krol
et finalement Fraudeurs et psychopates : SANS AUCUN REMORDS 
De Lacroix à Madoff  ANDRÉ PRATTE
LA PEINE MAXIMALE POUR MADOFF
Le gazon n’est pas plus vert à New York -  Sophie Cousineau


Et y a-t-il toujours moyen, pour un jeune, de devenir propriétaire, de nos jours ?...
Trop cher, les maisons?
À ces prix-là, je loue

Et si un minimum d'éducation économique ne pouvait faire de tort à personne, pour commencer ?...
Démunis face à l'argent - Ariane Krol

Et se pourrait-il en fait que les fraudeurs eux-mêmes ne soient pas les seuls coupables lorsque les épargnants se font arnaquer ?...
La Banque Royale savait, dit la poursuite -  FRANCIS VAILLES

Les clients d'Earl Jones veulent intenter un recours collectif contre la Royale

Et se pourrait-il qu'il apparaisse parfois de petits systèmes de cartels et de collusion à l'horizon, entre autres mécanismes de fixation de prix ?...
Se battre pour la concurrence
Secouer l'immobilier - Ariane Krol
Ouvrez MLS! - Ariane Krol
Courtage immobilier: le Bureau de la concurrence intervient
Aluminium: des prix gonflés, selon un expert

Et y a-t-il toujours une place pour la bonne foi dans l'économie contemporaine ?...
A little goodwill and maturity needed
La «bonne» foi de Shell
Shell doesn't deserve to be painted as a villain

Tous contre Shell - André pratte


Et y a-t-il une place en économie pour la moralité ?...
Y aurait-il quelque chose qui cloche définitivement avec le minstère du Revenu ?...
Revenu Québec l'accule à la faillite  -  Michel Girard

Revenu Québec s’en prend à un vieillard  - MICHEL GIRARD
Revenu Québec saisit une dame de 92 ans et un jeune  -  Michel Girard
Voir aussi  Revenu Québec: « The sky is the limit »  -  Michel Girard

Et d'ailleurs, se pourrait-il vraiment que certaines compagnies, tout au moins, ne pensent quelquefois qu'à empocher toujours plus d'argent, quitte à le faire dans le plus grand mépris du consommateur ?...
LE DOUBLE DISCOURS D'UNE INDUSTRIE  -  Maxime Bergeron


Que penser du cas Wal-Mart ?...
Walmart et New York se livrent une «guerre» sans merci


Quand l'économie expose ce qui semble s'avérer certaines de ces lacunes fondamentales...
DES MILLIARDS POUR SE RAFRAÎCHIR EN BOURSE

Comment repenser l'économie ?...
Le télétravail, pas pour tout le monde

It’s a paradox: high unemployment with serious labour shortages
Remember ‘funny money’? Well, now it rules
Rencontre avec Henry Mintzberg, gourou du management - La productivité à l'américaine tue les entreprises
Comprendre les différences culturelles
Paroles d’empêcheur de tourner en rond

Vive la révolution des horaires de travail !
Jeunes et compétents - Richard Dupaul
Le team buying arrive au Québec
The ‘trill’ of investing
The office of 2020: We need it yesterday
Les Y changent les règles du jeu
Diminuer l'effectif, une mauvaise stratégie
Fonds communs: la lente séduction
Immobilier: quel modèle pour la revente?
Faut-il se méfier des actions à droits de vote multiples ? -  Claude Laurin
Les clubs privés s'adaptent au siècle
La mobilisation, mais pour quoi faire ?  -  Caroline Rodgers
L'épuisement professionnel coûte cher
Un collectif pour aider à réintégrer le marché du travail
Savoir dire non, même à ses clients
Télétravail : mais où est passé tout le monde? - Éric Brunelle


Et comment favoriser l'apparition d'une nouvelle économie ?...

Le coopératisme pourrait-il donc représenter le fondement d'une nouvelle économie ?...
Les coopératives sont les meilleures créatrices d'emplois
Desjardins, la coopérative - Le modèle prouve toute sa pertinence
Les coopératives réclament un meilleur soutien financier


Faut-il rappeler que l'intégration de la diversité ne s'avère avant tout qu'une des clés premières de la productivité ?....
Si terrible, cette génération Y?
Préjugés intergénérationnels - Claude Picher
Équité salariale: Québec sort le bâton
Voir aussi Société
LE QUÉBEC À L’HEURE DE L’INCLUSION
Aller au-delà de la ressource humaine

DIVERSITÉ GÉNÉRATIONNELLE  Tasse-toi pas, mon’oncle!

Orientation sexuelle en entreprise : Affirmer la différence - Caroline Rodgers 
Voir aussi  Et comment l'abolition de l'homophobie pourrait-elle ne pas s'avérer profitable pour tous ?...

Peut-on encore rêver d'une autre façon de voir l'économie ?...
(Quand économie rime avec engagement social...)
Réseau québécois du crédit communautaire - Risque ? Oui, mais rentable
Chantier de l'économie sociale - «Imaginez si les États-Unis avaient pris cette option...»
Marginale, l'économie sociale ?
Une glace pour la cause
Ugo Dionne: le rassembleur


L'investissement peut-il donc se faire d'une façon qui témoigne ne serait-ce que moindrement de respect envers la personne humaine ou l'environnement ?...
Canada - Des acteurs pour une finance socialement responsable
Le virage éthique des consommateurs
Les entreprises acceptent mieux de dialoguer et de rendre des comptes

Et si la transformation de notre économie s'avérait d'ores et déjà commencée ?...
Un climat de travail plus sain

L'économie du savoir en mutation au Québec
Petites révolutions - Claude Picher

D'histoire et d'économie...
De la fosse aux lions à la souris

Et si l'on parlait tout simplement d'économie ?...
La « finance » , c’est nous tous !
Steve Jobs et puis après
La course aux armements
La dette du québec trouve facilement preneur
Économie 101 en 30 secondes
Le secret du mythique Dow Jones
TOUJOURS PLUS RICHES, LES MILLIARDAIRES
Des chiffres et des réalités qui étonnent
Les grands défis de la sous-traitance
Les défis de la reprise mondiale
La fuite en avant - Sophie Cousineau
Dominic Barton: l'éminence grise des multinationales
Réfugiés et retraités - Claude Picher
Les avocats, la politique... et la réserve
L'Oracle d'Omaha à 74$ US
L'abc des affaires en 2009 - Sophie Cousineau

... ou de politiques économiques ?...

... ou plus précisément de l'art de la taxation...
The hiss factor and the art of taxation - Preston Manning

Under-the-radar tax expenditures keep on eating up cash


Et si la TPS représentait en fait l'une des meilleurs politiques économiques dont le Canada aura pu se doter ?...
Taxing the rich may be fair, but it won’t fill the coffers
Forget what Tories say, Ottawa has structural deficit
How sensible tax policy gets mired in politics
The GST, hated by many, stands the test of time - Jeffrey Simpson
GST at 20: Mulroney has no regrets about Canada's most hated tax


It’s time for an adult discussion about HST/GST


Et que devrait-on penser, par ailleurs, au sujet de la HST ?...
The realities of the HST

For these small businesses, the HST is a winner
B.C. gets HST clarity
HST won't hurt much, report says
What is the HST?


The harsh truth: The HST would be good for B.C.
HST good for economy

Pro-HST ad campaign angers critics
HST ‘blindsides’ Ontario: critics

Hudak slams HST again, offers no alternative

HST to hit amid fear over increased cost of living

Common Questions About HST in Ontario


Et si le Canada n'était peut-être pas si mal pourvu en termes de politiques économiques, notamment au niveau fiscal ?...
Un mal pour un bien
Hate our taxes? You’re wrong

Et d'ailleurs, si les baisses d'impôt aux entreprises étaient loin de s'avérer une si mauvaise idée, après tout ?...
How sensible tax policy gets mired in politics

Corporate taxes: to cut or not to cut?
Abolish corporate tax – it has been a worldwide failure
Making companies pay more is not smart policy
Corporate tax cuts: A look under the hood
Corporate tax cuts don't spur growth, analysis reveals as election pledges fly

Les milliards manquants
Hard to see prosperity in Liberals’ productivity program
Corporate tax cut dispute bit of a yawn for U.S. businesses
Choisir ses taxes
Revue de presse - Il y a les taxes, et le reste...
PLC, NPD, même combat
Campagne pour défendre le plan de réduction d’impôts pour les entreprises
Le pays s'enrichira en réduisant les impôts des entreprises, selon leurs dirigeants
Proof is in the numbers for Flaherty’s corporate tax cuts
Les cadeaux du père Jack

... et toujours concernant les baisses d'impôt aux entreprises...
Small is beautiful

Not all small businesses deserve a tax break

États-Unis - Généreuses avec leur p.-d.g., chiches avec le fisc

La vente de nos réserves d'or nationales, par le Gouvernement du Canada, s'avérait-elle vraiment la meilleure des idées ?...
L’or coule sur le dos du huard

Comment remettre en question les fondements mêmes du système économique ?
Surmonter la financiarisation mondialisée


Les spéculateurs parient sur la faillite américaine
Les spéculateurs très actifs durant la tempête boursière
Zone euro - Débat concernant l'interdiction des ventes à découvert
L’art de pratiquer le long/ short
FAUTEURS DE TROUB OU OUTILS ESSENTIELS?

Fiction spéculative
Quand tout investisseur devient spéculateur
Les banques clandestines

L'abc de la titrisation

Difficile accès à la propriété - Les prix seront de moins en moins abordables




LE DEVOIR


Consultations budgétaires - Le piège
Perspectives - Trop noir (bis)

Charest mise sur l'économie verte
Perspectives - La géo d'Hydro

À bas la spéculation!
Obama et les banques - Une lutte de géants à l'enjeu colossal
La réforme bancaire d'Obama - Le procès

Obama attaque les banques de front

Le FMI relève ses prévisions mondiales

Le Conference Board analyse le retard canadien en gains de productivité

Le Québec en marche vers le bogue de l'an 2012
Rapport du Conference Board sur l'industrie des sables bitumineux - Le développement intensif nuit aussi à l'industrie manufacturière


Investissements étrangers: des craintes infondées

L'emploi, le grand disparu de l'année 2009
Emploi - Année noire pour les États-Unis
Cul-de-sac consumériste

THE GAZETTE
Pension woes won't be easy to fix


GLOBE AND MAIL

TIME MAGAZINE
Five Things the U.S. Can Learn from China

ARTICLES SUR LE WEB


Financial transaction tax
Taxe Tobin


Why is a trade deficit bad?

THE ECONOMICS OF SUBSIDIES


How Privatizing Hydro-Quebec Can Make Quebecers Richer
Privatiser Hydro-Québec?

State income tax

Bankruptcy
Debt restructuring

Restructuring

Derivative (finance)

Hedge fund

Bailout

Leveraged buyout


Subprime mortgage crisis


En faveur de la gestion de l’offre, mais...

Obama Proposes "Volcker Rule"!

L'interventionnisme ferait-il fausse route ?...

Le mandat originel de la caisse de dépôt


Claim That Tax Cuts "Pay For Themselves" Is Too Good To Be True
Do Tax Cuts Pay for Themselves?

Do Tax Cuts Pay for Themselves?

Do Tax Cuts Pay for Themselves?

William Ewart Gladstone

Bush tax cut mythology





Structural adjustment
Les effets sociaux des Programmes d’Ajustement Structurel dans les sociétés du Sud

Structural Adjustment—a Major Cause of Poverty

Structural Adjustment Policies

Structural Adjustment Programmes (SAPs)

How Structural Adjustment Worsens Poverty

Structural Adjustment Programs


What Explains the Success or Failure of Structural Adjustment ...
Does Structural Adjustment work?

Structural Adjustment, Efficiency, and Economic Growth

What are the advantages and disadvantages of nationalization and privatization?

Privatization versus Nationalization
Outsourcing or sub-contracting

Fonds d'entraide communautaire



Fonds négocié en bourse



Wisconsin Senate Passes Union Reform Bill

Ohio and Wisconsin move to limit collective bargaining


Simon Sinek: How great leaders inspire action





La décennie du « rééquilibrage » - FRANÇOIS DUPUIS
Après des années d’insouciance, il faut s’attaquer aux déséquilibres structurels de l’économie mondiale
L’auteur est vice-président et économiste en chef aux Études économiques du Mouvement des caisses Desjardins.
Si la crise financière a été aussi dévastatrice, c’est en grande partie en raison des nombreux déséquilibres structurels qui se sont accumulés au cours des dernières années au sein de l’économie mondiale.
La consommation effrénée d’avant la crise financière ne doit pas se répéter, au risque d’atténuer la reprise économique, plutôt fragile.
Si tous les agents économiques recommencent à agir comme si rien ne s’était passé, ces déséquilibres ne feront que s’aggraver, risquant ainsi de mettre en danger la reprise actuelle et de nous amener d’ici quelques années vers une autre crise encore bien plus profonde.
En premier lieu, le comportement du consommateur doit changer de façon importante. Au cours des années 2000, le crédit facile a gonflé la consommation, dans les économies industrialisées, à un niveau insoutenable. Cette libéralité du crédit a aussi entraîné une bulle immobilière. Aujourd’hui, rien n’indique que le consommateur, et tout particulièrement le consommateur américain, soit prêt et apte à recommencer à dépenser de façon effrénée, mais les mauvaises habitudes pourraient revenir.
Les prochaines années seront également marquées par l’assainissement des finances publiques. Malgré une longue période de prospérité depuis le milieu des années 90, plusieurs gouvernements de l’occident ont cumulé des déficits importants. La récession, combinée à la crise financière, a accentué leurs niveaux d’endettement. Ceux-ci atteignent maintenant des proportions inquiétantes, voire néfastes pour plusieurs. À titre d’exemple, des pays comme la Grèce connaissent déjà d’importantes difficultés à refinancer leurs emprunts. Plusieurs autres pays sont menacés de décote et ils doivent faire des gestes draconiens.
La meilleure solution serait de rétablir progressivement l’équilibre budgétaire tout en mettant en place des conditions favorisant les investissements productifs et le développement du capital humain. De telles mesures permettraient à la fois d’accroître davantage les revenus des économies endettées, à moyen terme, et de réduire progressivement le poids de la dette.
Pour les financer, il faudrait, d’une part, abandonner d’autres dépenses publiques moins structurantes en faisant des choix souvent difficiles et, d’autre part, utiliser l’épargne des nations qui sont d’importants recycleurs de liquidités, tels que certains pays producteurs de pétrole ou la Chine.
D’autres déséquilibres pourraient à nouveau ébranler la stabilité économique mondiale (par exemple, il y a un risque d’éclatement d’une bulle de crédit en Chine ou de volatilité extrême des devises, dont le dollar canadien). Quoi qu’il en soit, il ne faut pas reproduire la situation qui prévalait avant la crise. L’aggravation de l’endettement des ménages doit être évitée, car les risques d’une deuxième crise financière seront très élevés, ce qui nécessitera à nouveau l’intervention des gouvernements. Il ne faut pas non plus que l’octroi de crédit demeure trop anémique, comme c’est le cas actuellement en Europe de l’Ouest et aux États-Unis, parce que les gouvernements devront, dans ce cas, intercéder plus longtemps que prévu, un peu à l’image du cas nippon depuis 20 ans.
Après de nombreuses années de croissance frénétique, il importe de prendre la mesure des excès qui ont conduit au dérapage de la fin de la décennie. Les bases de la croissance passée, qui reposent pour l’essentiel sur le consommateur, en particulier américain, ne sont pas viables à long terme. Il faut redéfinir un nouvel équilibre qui passera notamment par un meilleur partage de l’épargne et de la richesse ainsi que par une réglementation plus efficace.
Il faut éviter que des économies, industrialisées ou en voie de l’être, ne se retrouvent cantonnées dans des positions extrêmes qui mènent à de nouveaux déséquilibres mondiaux (des pays essentiellement importateurs de biens, comme le modèle américain).
La décennie 2010-2020 serat-elle celle du «rééquilibrage»? Dans l’affirmative, cela ne se fera pas sans heurt sur la croissance économique, mais c’est le prix à payer pour s’assurer d’une saine prospérité! Et, pour qu’elle le devienne, il faut dès à présent s’atteler à redéfinir les nouveaux points d’appui de l’économie mondiale, préciser ce que serait un meilleur partage des forces en présence et avant tout résorber les déséquilibres actuels.



Le déclin de la pétrochimie -  Vincent Chornet
OPINION Après la fermeture de la raffinerie Shell, il est temps de se tourner vers le « génie vert »
Certes, presque tout est à faire. Mais « il faut commencer par commencer ».
L’annonce de la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal sonne le glas de l’expertise québécoise dans le génie chimique. Le secteur pétrochimique est depuis plus d’un demi-siècle un des centres d’application du génie chimique. Le secteur intègre l’ensembledesprocédés chimiques qui permettent aux ingénieurs d’acquérir les connaissances industrielles nécessaires à leur métier et ainsi maintenir et améliorer ce savoir-faire qui est nécessaire à la création de notre richesse collective, soit à travers l’exportation de notre génie-conseil ou de notre capacité à exécuter de grands chantiers porteurs de valeur économique.
La raffinerie Shell était une des six que comptait le Québec.
Le Québec comptait autrefois six raffineries, il n’en compte plus que deux, soit celles de Ultramar, à Lévis, et de Petro-Canada, à Montréal. Ce sont autant de raffineries perdues qui autrefois permettaient à nos jeunes ingénieurs formés à la Polytechnique, Sherbrooke, McGill et Laval de développer leurs compétences et de se hisser au niveau de leurs pairs d’autres pays, voire de les dépasser. Ceci est aussi sans oublier la fermeture de Pétromont, l’avenir incertain de PTT Poly Canada, cédée à Imatosil, et le déclin du secteur de la fibre qui intègre également des composantes importantes du génie chimique.
Nos dirigeants politiques doivent, d’une part, constater l’absence d’installations industrielles suffisantes pour former la nouvelle génération d’ingénieurs chimiques et maintenir la compétitivité du Québec dans un monde global où les ingénieurs québécois ont traditionnellement excellé. D’autre part, puisque les centres pétrochimiques se déplacent dans le golfe du Mexique, en Asie et au Moyen-Orient, il leur faut aussi constater que c’est ailleurs qu’émergeront les besoins du génie chimique et les plateformes industrielles essentielles à l’apprentissage des ingénieurs. À moins que, comme d’autres nations le font, nous décidions rapidement d’emboîter le pas vers une nouvelle infrastructure industrielle de plus grande valeur que celle qui se déplace progressivement vers les régions mentionnées.
La solution réside dans la transformation des secteurs associés au génie chimique vers « les technologies vertes », dont le bioraffinage. Certes, presque tout est à faire. Mais « il faut commencer par commencer » ; d’autres nations se sont d’ailleurs déjà engagées dans cette route. Aux ÉtatsUnis, les fonds du plan de relance économique du gouvernement Obama sont investis dans une transformation de l’économie américaine vers un nouveau secteur manufacturier « vert ». Cette réorientation, axée sur des nouvelles technologies développées dans l’ensemble des pays occidentaux que les Américains s’empressent d’attirer, est nécessaire afin que pays et nations avancées, dont le Québec, préservent leur savoir-faire et leur compétitivité devant les pays émergents. Pour créer une nouvelle génération d’ingénieurs chimiques au Québec qui sont compétitifs globalement, il nous faudra aussi développer des projets et construire de nouvelles usines chez nous. Ces usines joueront le même rôle que les anciennes raffineries que nous avons perdues, mais dans la nouvelle infrastructure industrielle occidentale qui se dessine.
Le Québec possède un savoir-faire technologique qui lui permettrait de se positionner favorablement dans ce nouveau monde industriel en mutation. Il n’est donc pas trop tard. Il faut cependant que tous les acteurs du milieu, particulièrement les ministères impliqués, la Société générale de financement, possiblement aussi la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que les nouvelles entreprises industrielles du génie « vert » s’ouvrent aux constats décrits dans cette lettre et se réunissent pour y travailler de concert.




Dompter le capitalisme  -  Jean-François Lisée  & Éric Montpetit
OPINION L’occasion est belle de réinventer des solutions plus centrées sur la personne que sur les courbes du PIB
Les auteurs sont respectivement directeur exécutif du Cérium et directeur du CPDS de l’Université de Montréal. Ils ont codirigé le livre
Imaginer l’après-crise, publié ces
jours-ci chez Boréal.
Destructrice, la crise lézarde le système qui l’a engendrée. Une option est de colmater les brèches et de relancer, inchangée, la machine – jusqu’à la prochaine crise. L’autre est d’ouvrir au contraire ces brèches pour réorganiser durablement le réel, en changer non seulement le fonctionnement mais les logiques d’action, pour obtenir une organisation nouvelle, mieux adaptée aux considérables défis de l’heure.
La crise du capitalisme financier, entamée en 2008, se superpose à la crise écologique. Les coûts risquent d’être élevés dans le Nord, mais c’est une effroyable misère humaine qui pourrait être provoquée dans les plus pauvres des pays du Sud.
La crise du capitalisme financier, entamée en 2008, se superpose à la crise écologique, celle d’une marche à peine freinée versun réchauffement irréversible de la planète. Si les coûts r i squent d’être élevés dans les pays du Nord, c’est une effroya - ble misère humaine qui pourrait être provoquée dans les plus pauvres des pays du Sud.
Selon l’ONU, sans changement de cap majeur, le réchauffement poussera sur les routes, en quelques décennies, un milliard de réfugiés. Ce défi masque à son tour celui de notre dangereuse surutilisation des ressources de la planète. Nous en captons aujourd’hui 30% de plus que ce qu’elle peut régénérer. Dans 20 ans, nous dépasserons de 100% la dose raisonnable.
Pour Imaginer l’après-crise, nous avons voulu, certes, mesurer l’ampleur de la tâche, mais aussi dégager des pistes de solution, avec l’aide de 10 collègues chercheurs et de notre invité, l’ex-premier ministre français Lionel Jospin. Pragmatique mais inquiet, ce dernier estime que le G20 a pour l’instant été trop timide. Il doit, écrit-il, faire bien davantage pour fermer les paradis fiscaux, réprimer la spéculation, réduire l’activité financière à sa fonction première.
Plus encore, le G20 n’a pas traité de la question de la répartition de la richesse, déséquilibrée en faveur du capital et au détriment des salariés depuis des décennies. Cela va au coeur du sujet, abordé par plusieurs de nos collègues: la finalité de l’économie. Estelle au service de l’homme, ou l’homme doit-il continuer d’en être le serviteur ?
Nous critiquons d’ailleurs, dans la première partie de l’ouvrage, l’hégémonie que les économistes ont exercée sur la formulation des politiques publiques depuis un quart de siècle. On a trop souvent évacué les autres facettes de l’expérience humaine: le citoyen ne vit pas que de sous, mais de réseaux sociaux et familiaux.
Nous notons que les altermondialistes ont eu raison dans leur critique du capitalisme depuis plus d’une décennie et que les solutions disparates qu’ils avancent sont intéressantes en plusieurs lieux, notamment en Amérique du Sud, mais peu applicables à grande échelle.
Nous notons l’incapacité de la gauche européenne de profiter électoralement de la crise, mais croyons que l’occasion est pourtant belle de réaffirmer et réinventer des solutions plus centrées sur la personne et son parcours de vie que sur les courbes du PIB.
En deuxième partie, nous posons la question qui tue. Le capitalisme lui-même, formidable créateur de richesse est une machine à augmentation perpétuelle de la production et de la consommation. Ce système est aujourd’hui le moteur emballé du Titanic collectif qui nous emmène tout droit sur une gigantesque banquise. Peut-on imaginer des réformes qui permettent, dans un premier temps, de dompter le capitalisme pour qu’il fasse plus de bien que de mal? Peuton se préparer à le dépasser, pour qu’il ne soit plus le mode dominant de l’organisation humaine? Peut-on, finalement, rompre avec lui? C’est le débat que nous lançons


WASHINGTON 
Les banques ont un problème de taille
WASHINGTON — Un dirigeant de la Réserve fédérale américaine ( Fed), Eric Rosengren, a affirmé hier que les grosses banques étaient ressorties de la crise financière encore plus grosses, rendant les États encore moins capables de résoudre leurs problèmes potentiels.
« Bien que le problème du ’trop gros pour faire faillite’ soit largement reconnu, beaucoup de nos plus grandes banques mondiales se sont en fait développées pendant la crise », a expliqué M. Rosengren, lors d’un discours à Londres.
« En vérité, dans beaucoup de cas, la taille des plus grandes banques est devenue i mmense par rapport à la taille à la fois de leurs pays d’origine et d’accueil », a-t-il ajouté, selon le texte de son discours transmis à la presse aux États-Unis.
M. Rosengren estime que le total des actifs des trois plus grandes banques américaines, qui était d’un peu plus de 30% du produit intérieur brut des États-Unis en 2005, avait dépassé les 40% en 2008. En France, le rapport est passé des environs de 180% à près de 250%, et au Royaume-Uni d’environ 200 % à plus de 400%.
« Dans un sens, elles deviennent ‘ t r op g r osses pour qu’on permette qu’elles aient des problèmes ou de fortes contraintes’, si l’on considère l’impact sur les emprunteurs dépendants des banques », a souligné le responsable de la Fed, qui dirige l’antenne de la banque centrale à Boston.
« Si les plus grandes banques devaient avoir des problèmes, il pourrait y avoir des questions sur la capacité financière d’un État souverain à organiser leur démantèlement ordonné », mais même si les États étaient dotés de cette capacité, « le coût pour les contribuables pourrait être tellement énorme qu’il n’y aurait pas la volonté politique », a prévenu M. Rosengren.
Il a donc plaidé pour une réflexion sur des mécanismes internationaux adaptés à ces grandes banques mondialisées, ainsi que pour des normes en capital sévères pour ces grandes banques, avec l’obligation de « constituer de plus grandes réserves pendant les périodes favorables ».



Réglementation : Ottawa ne doit pas aller trop loin, dit la Laurentienne  -   Sylvain Larocque
Le gouvernement fédéral ne doit pas aller « trop loin » dans l’encadrement des institutions financières canadiennes, a soutenu hier le président et chef de la direction de la Banque Laurentienne, Réjean Robitaille.
La compétitivité des banques canadiennes pourrait écoper si Ottawa décidait de relever ses exigences réglementaires en matière de capital de façon plus importante que les autres pays, a fait valoir M. Robitaille dans une allocution prononcée à la tribune de l’Association des MBA du Québec.
« Le danger, particulièrement au Canada, c’est d’aller trop loin, a-t-il déclaré. Quand il y a (...) un marasme (comme la récente crise financière), les gens se disent: bon bien là, on va mettre la ceinture, les bretelles et tout le tralala. Du point de vue de la réglementation, il va être important que les organismes donnent quand même la place aux banques pour pouvoir continuer de prêter, sans ça on se retrouverait potentiellement dans un scénario en L (lente reprise économique). »
Le dirigeant a notamment fait allusion aux ratios de capital de première catégorie que doivent conserver les banques. Les autorités internationales ont fixé le minimum à 4% alors qu’Ottawa à placé la barre à 7%. Or, la moyenne des banques canadiennes dépasse déjà les 10%.
Dans la foulée des recommandations adoptées récemment par les pays du G20, on s’attend à ce que les exigences de capital de première catégorie pour les banques soient relevées à l’échelle internationale au cours de l’an prochain. Les pays devront ensuite décider de quelle façon ils mettront en oeuvre ces nouvelles directives.
Au cours d’une rencontre avec les journalistes après son discours, Réjean Robitaille a dit « applaudir » les orientations du G20. Il a en outre affirmé qu’il ne s’attendait pas à ce que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, cherche à « étouffer » les banques canadiennes en adoptant des règles plus strictes qu’ailleurs dans le monde.
Un resserrement excessif des exigences en matière de capital ferait augmenter le coût du financement pour les banques, a rappelé M. Robitaille.
Pas de résistance
Lundi, dans un discours percutant prononcé à Montréal, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a reproché aux institutions financières du monde de « résister » aux réformes commandées par le G20.
Réjean Robitaille a assuré que sa mise en garde ne devait pas être interprétée comme un signe de cette résistance, estimant de toute façon que le message de M. Carney s’adressait principalement aux banques étrangères.
Par ailleurs, dans l a foulée des recommandations du G20, la Laurentienne s’apprête à modifier certaines de ses pratiques de rémunération à l’égard des négociants de marchés et de certains cadres, comme l’ont déjà fait plusieurs autres banques canadiennes, a indiqué M. Robitaille.
« On veut s’assurer que les intérêts des actionnaires soient bien en ligne avec les intérêts des employés et de la haute direction », a-t-il expliqué.
Le PDG a toutefois fait remarquer que la Banque Laurentienne se démarquait déjà de ses concurrentes en la matière, en refusant notamment d’offrir des options d’achats d’actions à ses négociants.
L’action de la Banque Laurentienne a clôturé à 38,94$ hier, en baisse de 0,2%, à la Bourse de Toronto.



Les institutions financières doivent  changer d’attitude  -   Sylvain Larocque
Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a reproché hier aux institutions financières du monde de « résister » aux tentatives de réforme de l’industrie et les a exhortées à changer d’attitude.
Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada
« Le système financier, après s’être autoproclamé centre de l’activité économique, doit graduellement reprendre son rôle de serviteur de l’économie réelle », a déclaré M. Carney dans un discours prononcé à Montréal dans le cadre du 4e Rendez-vous avec l’Autorité des marchés financiers (AMF).
« Des institutions plus solides et un système capable de résister aux défaillances sont des conditions nécessaires. Mais la pleine réalisation de cet objectif exige aussi un changement d’attitude », a-t-il ajouté.
Pour éviter l’éclosion d’une nouvelle crise financière, la Banque du Canada dit prôner davantage une « réglementation qui se fonde sur des principes » et « la confiance dans le jugement des personnes » plutôt que la « foi aveugle » dans la surcapitalisation.
« Or, une telle conception suppose une réceptivité de la part de l’industrie, réceptivité qui a manqué à l’appel au cours des derniers mois, a déploré le gouverneur. Le soulagement menace de céder la place à un orgueil démesuré. Les institutions financières doivent démontrer qu’elles sont conscientes de leurs responsabilités élargies. Chaque jour, les financiers devraient se demander en quoi leurs activités influent sur le risque systémique et ce qu’ils font pour la promotion de la croissance économique. »
Lors d’une séance de questions-réponses, Mark Carney a indiqué que ses homologues des autres pays et lui étaient « déçus » du comportement des banques face aux changements réglementaires récemment proposés par le G20. Il a notamment évoqué le retour des généreux bonus dans plusieurs institutions américaines et européennes, à peine un an après la faillite de la banque Lehman Brothers, qui a précipité la crise.
« À l’échelle mondiale, pas nécessairement au Canada, il y a une pénurie de fonds propres (dans les institutions financières), a-t-il souligné. Alors est-ce une bonne idée de payer de fortes primes ? On peut décider. Mais peutêtre (que) les régulateurs vont décider. »
Les énormes profits enregistrés au cours des derniers mois par plusieurs institutions financières occidentales s’expliquent en bonne partie par l’aide apportée par les gouvernements, que ce soit des injections dans le capital-actions, des prêts ou des facilités de trésorerie extraordinaires, a rappelé M. Carney.
C’est sans compter que les institutions financières ont profité des politiques monétaires expansionnistes (faibles taux d’intérêt promis pendant plus d’un an) et de la nette diminution de la concurrence internationale, en raison de la faillite de plusieurs institutions et de la baisse de l’activité bancaire transfrontalière.
« Les banques à l’échelle du globe auraient tout intérêt à saisir cette occasion qui leur est offerte », a prévenu le gouverneur de la banque centrale, en soulignant que les pouvoirs publics allaient être réticents à secourir les institutions financières dans l’éventualité d’une nouvelle crise.
L’Association des banquiers canadiens s’est empressée de joindre les journalistes pour soutenir que Mark Carney ne les visait pas spécifiquement.
« Mémoire courte »
Il reste que dans le cadre du même événement, le surintendant des marchés de valeurs de l’AMF, Louis Morisset, a relevé que les mauvaises habitudes étaient vite revenues au galop.
« Les progrès qu’on a accomplis jusqu’à (en matière réglementaire) sont importants, mais il nous reste encore, comme régulateur, beaucoup de travail à faire, a-t-il affirmé. Les défis sont i mportants parce que les marchés évoluent rapidement et que malheureusement, la mémoire des investisseurs et des intervenants du marché est excessivement courte. Dès maintenant, on est en train de voir, de façon ponctuelle, des comportements que l’on jugeait très répréhensibles qui reviennent graduellement dans les marchés. »
Abordant le fiasco du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), M. Morisset a estimé qu’il était « peut-être temps » pour les organismes réglementaires d’imposer aux produits financiers complexes des « conditions » en matière de divulgation et de transparence.
« L’expérience récente avec le PCAA nous a démontré que les investisseurs institutionnels, même avertis, ne sont pas toujours en mesure de bien comprendre et saisir les risques reliés aux instruments titrisés », a-t-il fait remarquer.




L’ABUSEUR-PAYEUR  -  YVAN LOUBIER
Artisan de son explosion, le secteur financier devrait contribuer à la réduction de la dette publique
L’auteur est économiste et conseiller principal au Cabinet de relations publiques National. I l y a quelques j ou r s , le Fonds monétaire i nter nat i o n a l ( F MI ) me t t a i t e n garde les pays industrialisés contre l’évolution de la dette publique qui devrait passer d’environ 70 % du PI B à plus de 120 % en 2014 . I l les exhortait à agir sur de nombreux f r onts pour réduire de moitié le poids de cette dette au cours des 20 prochaines années.
Des acteurs du secteur financier ont fait miroiter des rendements extraordinaires, ont caché les véritables risques associés à leurs produits financiers fantaisistes, ont abusé du système et ont plongé l’économie mondiale dans le marasme qu’on connaît.
Cet emballement anticipé de la dette publique, on le doit essentiellement au sauvetage du secteur financier mondial et à la multiplicat ion des pla ns de rela nce gouvernementaux de la dernière année pour sortir de la crise économique, justement provoquée pa r l e s e c t eu r financier. Il va sans dire que nous t raînerons longtemps encore l es ef f et s de c et t e c r i s e, s t abil i s ée à gra nds coups de crédit.
L’évolution du fardeau de la dette de ces pays, conjuguée à celle de la population, pourrait fragiliser l’économie mondiale et compromettre une croissance économique durable à long terme. À peine sortis de la récession, il faut déjà penser à cela.
Lorsqu’elle est trop import a nt e , l a de t t e publ i q ue agit à deux niveaux sur la c r oi s s a nce. El l e a c c a pa r e conti nuellement des c apitaux sur le marché pour son f i na ncement, a l or s qu’i l s devraient être disponibles pour des initiatives privées. Ce f a i s a nt , el l e provoque des pressions à la hausse sur les taux d’intérêt et ralentit les i nvestissements privés, moteurs de l a c r oissa nce. Les économistes appellent c e phénomène l ’ e f f e t de « crowding out ».
Par ailleurs, le service de la dette – les i ntérêts que nous payons chaque année à nos créanciers – draine des ressources fiscales qui, autrement, seraient utilisées pour le financement des services publics. La croissance de ces ressources fiscales deviendra de plus en plus limitée dans les pays i ndustrialisés au cours des prochaines décennies avec le déclin démographique (et du nombre de contribuables) et le vieillissement de la population.
Bien que c e t aver t i s s e - ment du FMI soit tout à fait fondé et j ustifié, certaines des recommandations pour parvenir à réduire les dettes publiques sont contestables, voi r e i nacceptables. Elles sou ffrent su rtout d’u ne omission majeure.
Nulle part, il n’est question dans ces recommandations de faire contribuer les véritables artisans de l’explosion de la dette publique. Ceux qui, dans le secteur f i nancier, ont fa it miroiter des rendements extraordinaires, ont caché les véritables risques associés à leurs produits f i nanciers fa ntaisistes, ont abusé du système e t ont plongé l ’é c onomie mondiale dans le marasme qu’on connaît. On s’attaque plus volontiers aux dépenses des gouvernements en santé que l’on voudrait contraindre à l’avenir à l’évolution du PI B, c ’est-à-dire à une progression d’environ 3 % pa r a n née, s oit l a moitié de la progression actuelle, nécessaire et difficilement compressible.
C e q u i s u r p r e n d pl u s encore dans cette omission, c ’est qu’elle survient quelques jours à peine après le sommet du G20 à Pittsburgh o ù u n ma n d a t c l a i r fut donné au FMI en vue de la prochaine réunion de juin : analyser toutes les avenues possibles a f i n que le secteur financier puisse contribuer à l’avenir à réparer les torts qu’il pourrait causer et financer son propre sauvetage. Le FMI ne semble pas prendre ce mandat au sérieux, ni le parti pris d’une bonne partie des leaders du G20 en faveur du principe de « l’abuseur-payeur » !


Les États européens pressés d’agir contre les banques  -  Marc Thibodeau
Après être intervenus massivement pour sauver les banques de l’abysse, les gouvernements de plusieurs pays européens se voient pressés d’intervenir pour faire « payer » ces mêmes établissements maintenant qu’ils ont retrouvé la voie de la prospérité.
Christine Lagarde, ministre des Finances de la France, a évoqué la possibilité de faire payer les établissements bancaires pour couvrir les frais découlant de la mise sur pied d’une nouvelle instance régulatoire.
Le public comprend mal que leurs dirigeants annoncent des résultats trimestriels reluisa nts et met t ent des réserves de côté pour verser des primes substantielles alors que l’économie vivote, que le chômage continue de monter et que les déficits publics explosent.
Le scénario est particulièrement marqué en France, où les tribunes indignées se suivent et se ressemblent, martelant, à qui veut l’entendre, le côté « scandaleux » du retour en forme des banques.
Dans une lettre ouverte parue il y a quelques jours dans Libération, trois ténors du Parti socialiste ironisent sur le fait que les établissements bancaires ont tiré « au moins une leçon de la crise » : elles savent qu’à présent « aucun gouvernement ne laissera l’une d’entre elles faire faillite » et qu’il est donc possible de « spéculer sans risque » pour engranger des profits.
Une situation d’autant plus déplorable, écrivent-ils, que la régulation promise par les chefs d’État pour éviter une répétition de la crise tarde à se matérialiser.
« Tout recommence. Les primes et les profits explosent alors que les risques ne sont pas là. Et la titrisation repart de plus belle avec toutes sortes de produits comme les assurances-vie. C’est le comble du cynisme », déplore en entrevue une des signataires de la lettre, Marie-Noëlle Lienemann.
Le gouvernement français « multiplie les moulinets » pour donner l’impression qu’il agit en matière de régulation sans véritablement changer grand-chose sur le fond, souligne la militante socialiste, qui insiste sur la nécessité « d’arrêter les mécanismes spéculatifs » à l’origine de la crise.
« Le pouvoir f i nancier a pris la main sur le pouvoir pol i t i que » , déplore Mme Lienemann, qui préconise un plafonnement des profits bancaires par l’impôt.
L’idée d’une ponction fiscale supplémentaire de 10 % sur les banques doit être débattue cette semaine en séance plénière à l’Assemblée nationale après avoir été approuvée il y a quelques jours par une majorité de membres de la commission des Finances, incluant plusieurs élus de droite.
« L’État a joué le rôle de l’assureur de dernier ressort. Il est normal qu’il reçoive la contrepartie de cette couverture exceptionnelle en faveur de l’intérêt général », a indiqué l’instigateur de cette initiative, Didier Migaud.
L’idée a reçu hier une fin de non-recevoir de la ministre des Finances, Christine Lagarde. « Il n’est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français », at-elle indiqué dans une entrevue au quotidien économique Les Échos.
L a politic ien ne évo - que c ependa nt l a possibi l i t é de f a i r e payer l es établissements bancaires pour couvrir les frais découlant de la mise sur pied d’une nouvelle instance régulatoire.
La Fédération bancaire française est montée au créneau face à l’idée d’impôts accrus. L’organisation affirme qu’une telle démarche affaiblirait la capacité des banques « à financer les entreprises et les particuliers au moment où ils en ont le plus besoin ».
Des mises en garde similaires n’ont guère troublé le gouvernement fédéral belge, qui vient d’annoncer son intention de prélever « une prime de garantie » aux banques en contrepartie de l’aide massive apportée l’année dernière. La ponction devrait générer, en quatre ans, des revenus de près de 3 milliards de dollars.
« I l faut maintenant que l es banques paient pour la crise qu’elles ont provoquée » , a i ndiqué la vicepremière ministre belge, Laurette Onkelinx.
L’Allemagne songe aussi à faire payer les banques, notamment par l’introduction d’une taxe sur les transactions financières qui est réclamée depuis belle lurette par les courants altermondialistes.
La Grande-Bretagne pourrait aussi emboîter le pas sous peu. Le Sunday Telegraph a révélé dimanche que le gouvernement du premier ministre Gordon Brown préparait un « assaut f i scal » contre les banques.
« Il faut avoir une discussion beaucoup plus ouverte et plus approfondie sur la manière dont les banques interagissent avec le reste de l’économie et l’importance de ces interactions », a rétorqué la direction de l’association bancaire anglaise, Angela Knight.

PARIS 
L’idée d’une taxe spéciale pour les banques fait son chemin
PARIS — L’idée d’une taxe spéciale pour les banques, s’apparentant à une « prime » versée à l’État « assureur en dernier ressort », commence à faire son chemin, notamment en Belgique, où elle va être mise en oeuvre, et en France où l’Assemblée nationale en débattra cette semaine.
Le ministre des Finances belge a annoncé mardi dernier l’introduction d’une taxe de 0,15%, à partir de 2012, sur la somme des dépôts bancaires et des produits d’assurance destinés à l’épargne, comme l’assurance vie.
La taxe a été présentée comme une « prime de garantie » par le gouvernement. « La crise financière a démontré le rôle fondamental de l’État comme garant de dernier ressort des établissements financiers », une garantie qu’il faut rendre « explicite », a expliqué le ministère des Finances. « L’industrie bancaire n’est pas une industrie comme les autres. Les États ont été pris en otage, contraints de les sauver de la faillite. Cela justifie une taxe additionnelle », a f f i r me Gunther CapelleBlancard, directeur adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).
« On offre aux banques une assurance tous risques, elle a un coût, c’est la prime d’assurance », poursuit-il.
En France, la commission des Finances de l’Assemblée nationale a adopté mercredi dernier un amendement de son président Didier Migaud (PS) prévoyant, pour 2010 seulement, une taxe additionnelle de 10% à l’impôt sur les sociétés sur les établissements financiers.
« L’État ayant joué le rôle d’assureur de dernier ressort au cours de la crise bancaire de l’automne 2008, il est normal qu’il reçoive la contrepartie de cette couverture exceptionnelle en faveur de l’intérêt général », a justifié Didier Migaud dans une argumentation proche de celle de Bruxelles. L’amendement a été adopté grâce à l’apport de voix de la majorité, dont quatre députés UMP.
Mais il est loin d’être acquis que l’Assemblée suive la commission, à l’examen de l’amendement cette semaine.


LES ASSUREURS RETIRENT DES FONDS DES TABLETTES  -  Stéphanie Grammond
Depuis trois ans, les compagnies d’assurances ont lancé des produits très audacieux pour se tailler une part du marché des fonds distincts, une industrie de 64 milliards au Canada. Mais la crise financière a ébranlé l’échafaudage de certains produits qu’i
Les assureurs ti rent de dures leçons de la débâcle des marchés financiers. En ce moment, ils sont obligés de refaire leurs devoirs et d’effacer les protections les plus généreuses de leurs fonds à capital garanti

Cette semaine, Manuvie a jeté à la corbeille la version originale de RevenuPlus, son produit-vedette qui avait révolutionné l’industrie lors de son lancement en grandes pompes en 2006.
Depui s l e pr i nt e mps , Desjardins Sécurité financière et la Financière Sun Life ont aussi biffé les protections de leurs fonds garantis, qu’on appelle aussi fonds distincts. Transamerica devrait retoucher bientôt à sa gamme de fonds 5 à vie.
Et d’ici à quelques jours, AXA retirera des tablettes les 12 fonds de sa famille Cumulàvie, que l’assureur avait mis au monde il y a seulement un an et demi.
« Pour nous qui nous lancions dans les fonds distincts, c’était comme si nous ouvrions un restaurant de hamburgers en pleine crise de la vache folle », illustre Robert Landry, vice-président exécutif, assurance-vie et services financiers, chez Axa Assurances.
Prudente, AXA a préféré suspendre l a distribution des fonds qui avaient attiré sept millions de dollars (les c ontrats exista nts s eront d’ailleurs honorés), quitte à revenir dans le marché lorsque l’industrie des fonds distincts se sera stabilisée.
Les rouages des fonds distincts
Les fonds distincts sont des proches parents des fonds communs de placement. Mais ils sont considérés comme des produits d’assurance, car ils sont assortis d’une protection qui garantit le capital de départ (à 75% ou à 100%) au moment du décès de l’investisseur ou à l’échéance de son contrat (souvent 10 ans après l’investissement initial).
Il y a trois ans, Manuvie a innové en greffant aux fonds distincts une « garantie de retrait minimum », qui assure non seulement le capital, mais aussi le versement de revenus annuels, un peu comme une rente.
Prenons l’exemple fictif de Pierre pour mieux comprendre la mécanique. À 55 ans, Pierre investit 100 000$ dans une gamme de fonds distincts. Cette valeur est garantie (à 75 % ou à 100 %) par l’assureur.
Pendant 10 ans, Pierre ne touche pas à son argent. Pour chaque année sans retrait, l’assureur bonifie sa valeur garantie de 5%, soit de 5000$ par a n. Après 10 a ns, sa valeur garantie s’élève donc à 150 000$... même si son portefeuille est en baisse.
D’autre part, si les marchés financiers vont bien, l’assureur cristallise les gains accumulés dans le portefeuille de Pierre tous les trois ans. Sa valeur garantie équivaut alors à sa valeur marchande.
Après 10 ans, disons que la valeur garantie de Pierre s’élève à 150 000$. Pierre a 65 ans, il prend sa retraite et il commence à puiser dans son fonds. L’assureur s’engage alors à lui verser des revenus équivalents à 5% de la valeur garantie. Pierre touchera donc 7500$ par année, jusqu’à la fin de ses jours.
Notez que certains assureurs offrent d’autres options de décaissement (ex: 7% par an durant 14 ans, ou 4% à vie dès l’âge de 45 ans).
Des garanties rayées de la carte
Les fonds à garantie de retra i t minimum ont fa it fureur auprès des baby-boomers qui approchent de la retraite. Depuis trois ans, sept autres assureurs ont lancé des produits similaires, notamment Helios chez Desjardins Sécurité financière, Sunwise à la Sunlife, et EcoFlextra à l’Industrielle-Alliance.
« I l y a eu beaucoup de concurrence. Certains ont été audacieux, en utilisant des hypothèses très serrées. Avec la turbulence des marchés financiers, les garanties de capital leur coûtent cher. La facture des produits est remise en cause », explique Gilles Bernier, professeur à l’ Université Laval et titulaire de la chaire d’assurance et de services f i nanciers L’Industrielle-Alliance
Cette semaine, Manuvie a donc cessé d’offrir la version originale RevenuPlus. « Fini les garanties généreuses. L’assureur a évalué ses risques liés aux 20 milliards sous gestion de toutes ses familles de fonds garantis et ne peut plus continuer à en offrir autant », constate Fabien Major, conseiller en sécurité financière au cabinet Major gestion d’actifs, qu’il a fondé il y a 10 ans.
En clair, l’assureur n’offre plus de protection du capital 10 ans après l’investissement initial, ce qui permettait aux clients de se retirer avec leur valeur garantie cristallisée, malgré une baisse de leur portefeuille.
Désormais, les clients qui veulent profiter de la garantie doivent conserver leur investissement et décaisser leur capital graduellement avec les retraits garantis. Mais ils devront payer un peu plus cher, « afin de compenser en partie l’augmentation des coûts du produit ». Les frais annuels ont grimpé de 0,10 %, pour la version originale et la version modifiée de RevenuPlus.
De son côté, Desjardins Sécurité financière a éliminé la garantie à 100 % après 10 ans, pour l’ensemble de ses fonds distincts. « C’est la garantie qui amène le plus de volatilité et de risque dans les résultats des assureurs. Et avec les événements de l’automne dernier, les assureurs ont revu leur appétit pour le risque », avoue André Langlois, le viceprésident du développement et de la mise en marché, assurances et épargnes.
En outre, Desjardins a éliminé l’option de décaissement la plus populaire d’Helios, soit l’option de retraits de 7% par an sur 15 ans. Maintenant, les clients toucheront 4 % à vie s’ils retirent leurs billes dès 45 ans, 5% à vie à partir de 65 ans, et 6% à partir de 75 ans.
Durant l’été, la Financière Sunlife a aussi modifié son offre. Les frais annuels des fonds distincts ont gonf lé ( jusqu’à 0,3 % de hausse selon le fonds).
L’assureur a éliminé la version originale de Sunwise. Dans la version revue et corrigée, la garantie du capital à 100% a disparu, et les portefeuilles ne peuvent plus dépasser 70% en actions, question de réduire la volatilité.
Cela dit, les contrats actuels restent en vigueur et les garanties seront honorées. Il en va de même chez Manuvie et Desjardins.
Par ailleurs, d’autres assureurs n’ont pas l’intention de modifier leurs fonds distincts. C’est le cas de l’IndustrielleAl l i a nce, dont l a fa mi l le
EcoFlextra n’a jamais offert de garantie après 10 ans. « Nos contrats n’ont subi aucun changement. Nous sommes toujours très à l’aise avec les caractéristiques et la tarification », souligne Jacques Carrière, vice-président à l’Industrielle-Alliance.
Que reste-t-il de bon?
Malgré tous ces bouleversements, les fonds distincts ont encore de l’attrait, selon Fabien Major, qui est aussi l’auteur d’un blogue sur les produits financiers (www.majorblog.net). À la demande de La Presse Affaires, il a passé en revue les nouvelles caractéristiques des fonds assortis d’une garantie de retrait minimum (voir tableau).
Après comparaison, quels sont ses meilleurs choix ? Il suggère la famille SunWise, de Sunlife et C.I., car elle offre un très bon choix de fonds (ex : C. I. revenu élevé, Harbour croissance) à des coûts relativement faibles. « Mais je ne prendrais pas la garantie à 75 % sur 10 ans parce que les frais sont déraisonnables. »
La famille Astra de SSQ retient aussi son attention. Les frais sont raisonnables. On peut investir jusqu’à 90% en actions. Et la période de bonification est illimitée. Même s’ils ont commencé à décaisser, les retraités peuvent encore y avoir droit dans la mesure où ils ne font pas de retrait durant une année.


Bernanke veut limiter les très grosses sociétés financières
WASHINGTON — Le président de la banque centrale américaine, Ben Bernanke, a plaidé hier devant le Congrès des États-Unis pour l’imposition de normes plus strictes qui rendraient moins attrayant la croissance des sociétés financières au-delà d’une taille critique.
« Il est nécessaire de durcir les exigences non seulement pour assurer la stabilité des institutions individuellement et du système financier dans son ensemble, mais aussi pour réduire les incitations poussant les sociétés financières à devenir très grandes, de manière a être perçues comme trop grosses pour pouvoir faire faillite », a déclaré M. Bernanke.
Le patron de la Réserve fédérale ( Fed) a laissé entendre que ce durcissement pourrait avoir trait aux normes de capital, de liquidité ou de gestion du risque. La question des entreprises dont la taille est telle que leur faillite aurait des conséquences dramatiques pour l’ensemble du système financier est un des points clés du projet de réforme de la régulation financière présenté au Congrès par le gouvernement du président américain Barack Obama.
M. Bernanke témoignait hier devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants dans le cadre d’une audition consacrée à ce projet de loi.
Celui-ci prévoit que la Fed sera chargée de surveiller et réguler toutes les sociétés financières dites « systémiques » , quel que soit leur statut (banques, mais aussi assurances, fonds d’investissement...), et de donner au gouvernement le pouvoir de placer sous la tutelle d’un r égulateu r t oute i nst i t ution financière majeure qui menacerait de s ’é c r ouler, en vue de la démanteler de manière ordonnée.
Pour nombre de parlementaires, d’économistes ou de responsables de la Fed, le sauvetage en catastrophe de l’assureur AIG en septembre 2008 par la banque centrale et le renflouement des plus grosses banques du pays par l’État a contribué à nourrir l’« aléa moral » laissant penser aux investisseurs qu’ils seront toujours secourus par le gouvernement, quelles que soient leurs erreurs de jugement et de gestion, pour peu que leur entreprise soit suffisamment grosse.

Limiter les banquiers  -  ARIANE KROL
«Nous ne reviendrons pas à ces comportements téméraires ni à ces excès débridés qui ont joué un rôle central dans la crise », décla rait récemment Barack Obama dans un discours à l’intention de Wall Street. Vraiment? C’est ce que nous verrons cette semaine à Pittsburgh, à la réunion du G20. Un an après la déroute de L eh ma n Brothers , les Européens sont plus déterminés que jamais à restreindre les primes des banquiers. Une démonstration de force qui peut plaire à l’électorat, mais qui risque fort de rater sa cible.
L’Union européenne ne va pas jusqu’à plafonner les primes, mais elle veut imposer de sévères restrictions. Les bonis seraient liés au rendement à long terme et devraient même être remboursés par le dirigeant en cas de contreperformance. Contre toute attente, les États-Unis, ou du moins la Réserve fédérale, ont fait un pas dans cette direction. La Fed, rapporte le Wall Street Journal, ne surveillerait pas seulement les pri mes des patrons, mais tous les aspects de la rémunération qui pourraient mettre en péril la solvabilité d’une institution financière.
Le projet, on s’en doute, fait grincer bien des dents. La Fed va fausser les règles du libre-marché, interférer dans les décisions des conseils d’administration et jouer dans les plates-bandes du Congrès, disent ses détracteurs. Mais il y a pire.
En s’attaquant aux primes des banquiers, les États cherchent avant tout à réformer un système de mesures incitatives jugé dangereux. Un système qui encourage la prise de risques excessifs et la quête de gains rapides au détriment de la prospérité à long terme des entreprises. Quand une trop grande partie de vos gains personnels dépend du volume de prêts que vous générez, il se peut que vous deveniez moins regardant sur la qualité des emprunteurs. Des remises en question s’imposent pour que les primes à la performance retrouvent leur véritable sens.
Cela dit, il serait naïf de croire que les financiers vont regarder fondre leur rémunération sans broncher. Si les politiciens réduisent leurs primes, ils s’arrangeront pour se faire payer autrement. C’est ce que tout le secteur privé a fait lorsque l’administration Clinton a interdit aux entreprises de déduire plus d’un million de dollars pour le salaire d’un haut dirigeant. Les primes et les options d’achat d’actions ont gagné en importance… avec les résultats que l’on connaît.
Si les membres du G20 veulent renforcer le système bancaire, ils vont devoir s’intéresser à des aspects plus fondamentaux de l’industrie, comme les ratios de levier fina nciers – le nombre de dollars qu’une banque peut emprunter pour chaque dollar qu’elle possède. Un principe pas mal moins sexy, mais autrement plus porteur, que les primes des grosses gommes de Wall Street. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle les banques canadiennes s’en tirent beaucoup mieux que les autres depuis un an.


G20
Un moment crucial  -  Yvan Loubier
Les pays du G20 doivent coordonner le retrait de leurs politiques interventionnistes sans nuire à la reprise
L’auteur est économiste et conseiller principal au cabinet de relations publiques National. Le sommet du G20 qui débute dans trois jours à Pittsburgh revêt une importance toute particulière. À un moment où des embellies semblent se dessiner quant à une reprise économique éventuelle, tous les pays participants, responsables de 90% de la production de la planète, sont condamnés à s’entendre afin d’assurer une reprise mondiale durable.
Pittsburgh (Pennsylvanie) s’apprête à accueillir, les 24 et 25 septembre, les leaders des pays du G20.
Le président Obama a eu raison la semaine dernière, lors de son allocution devant les financiers de Wall Street, de dénoncer l’attitude de certains de leurs représentants qui agissent comme si rien ne s’était passé depuis l’automne dernier alors que le système financier des États-Unis a failli s’effondrer comme un château de cartes à cause de la cupidité de quelques-uns. On connaît la suite au chapitre de l’économie réelle où partout dans le monde, faillites et chômage record furent au rendez-vous, avec en prime des finances publiques qui mettront du temps à se rétablir.
Plus j amais les choses ne doivent être les mêmes et surtout pas au nom d’une sacrosainte liberté du marché dont on a trop souvent entendu ces jours-ci en marge de la préparation du sommet. Quand la liberté de s’enrichir de quelques-uns menace la stabilité financière et économique de tous, il faut savoir ramener les premiers à l’ordre et édicter des règles claires, coercitives et mondiales.
Le sommet du G20 doit aboutir de façon décisive à cette volonté de réglementation mondiale du secteur fina ncier da ns u n monde où le s c a pit au x c i rc u lent librement. Si une approche concertée n’est pas adoptée, u ne situation dévastatrice comme celle que nous avons vécue, le battement d’ailes du papillon, pourrait encore une fois partir de New York et créer une onde de choc de Londres à Pékin.
La même logique de concertation doit s’appliquer à l’économie réelle et cette préocc upation figu re en bonne place à l’ordre du jour du sommet. Les signes de reprise actuels sont encourageants. Cependant, nous savons tous qu’ils sont en bonne partie le résultat d’un dopage des économies du monde provenant de la multitude de plans de relance déployés par les gouvernements, particulièrement celui des États-Unis.
Les leaders du G20 ont à définir un autre plan, soit celui du retrait concerté de leurs politiques interventionnistes et du moment où cette action sera posée. Le choix de ce moment est crucial et l’on doit être convaincu, lorsqu’on le fera, que l’économie est sur une véritable lancée et capable de se passer des interventions de l’État, sous peine de plonger à nouveau le monde dans un cycle de ralentissement économique.
Mais il y a bien entendu une contrepartie à la poursuite de l’intervention gouvernementale. Les gouvernements ne peuvent indéfiniment soutenir la consommation et les investissements à coup de milliers de milliards de dollars empruntés ou imprimés, car ils pourraient eux-mêmes compromettre la reprise durable qu’ils souhaitent voir s’installer.

Voilà les grands défis auxquels sont confrontés les leaders du monde. Reste à savoir s’ils auront la volonté, le courage et la force de persuasion pour adopter une ligne de conduite ferme, rigoureuse et concertée. Si l’on croyait, avec raison, que sortir de la présente récession représentait un grand défi, gérer la reprise pourrait être un défi de plus grande envergure.



FAUT-IL CROIRE LES ÉCONOMISTES?
> Oui, mais il faut savoir identifier les bons   -  PIERRE FORTIN
Ma réponse à la question posée en titre est: oui, il faut les croire, pourvu qu’on les sache honnêtes, compétents et indépendants. Cela soulève deux autres questions: 1) comment identifier ces bons économistes; et 2) pourquoi on ne les croit pas même si on sait qu’ils sont bons.
Je tiens de mon père les réponses à ces questions. Modeste médecin de famille, il lisait avidement les revues médicales comme L’Union médicale du Canada et The Lancet. Dès la fin des années 50, il avait appris des plus grands chercheurs que la cigarette causait le cancer du poumon et que les aliments gras entraînaient l’athérosclérose. Il arrêta de fumer et se mit à boire du lait en poudre dilué dans l’eau. Il essaya de convaincre ses patients d’abandonner la cigarette et ses enfants de boire son lait aqueux. Bien évidemment, sans succès. Nous appelions son lait, le «sapin», étant justement convaincus qu’il essayait de nous en passer un.
Notre père a malheureusement souffert de sclérose en plaques pendant 50 ans. Pour comprendre son mal, plutôt que de se fier à L’Almanach du peuple, il alla voir les éminents chercheurs Wilder Penfield et Roy Swank à l’Institut neurologique de Montréal. Il combattit, également sans succès, les remèdes de charlatans qui exploitaient sans vergogne la vulnérabilité et la crédulité des personnes atteintes de cette terrible maladie.
J’en ai appris deux leçons. La première, c’est que les bons économistes, comme les bons médecins, on les trouve parmi les grands chercheurs indépendants. Est-ce qu’ils ont su diagnostiquer la bulle immobilière américaine des années 2000 et prévoir son éclatement? Oui, à peu près tous. Des maisons qui se vendaient à trois fois la valeur capitalisée des loyers qu’elles pouvaient obtenir sur le marché, ça n’avait tout simplement pas de bon sens. Qui sont ces chercheurs? Des gens comme Akerlof, Beaudry, Blanchard, DeLong, Krugman, Shiller, Stiglitz, Buiter. Ils sont à Berkeley, à UBC, au MIT, à Princeton, à Yale, à Columbia, au London School.
Plus près de nous, au Québec, tous les économistes en chef de nos grandes institutions financières ont fait état de leur vive appréhension au sujet du marché immobilier américain dans les conférences qu’ils ont présentées à des centaines d’auditoires à partir de 2004.
Ce sont aussi les «bons économistes» américains qui ont aidé à payer les pots cassés après que l’administration Bush ait laissé la faillite de Lehman Brothers se produire et déclencher un effet de domino mondial l’automne dernier. (Je vous concède ici que l’ampleur de la contagion a été universellement sousestimée.) Trois des meilleurs entourent le président Obama. Ils ont formulé le plan de relance économique qui commence aujourd’hui à porter ses fruits aux États-Unis. Ils s’appellent Bernanke, Romer et Summers. Ils viennent de Princeton, de Berkeley et de Harvard.
La seconde leçon apprise de mon père est qu’ici ou ailleurs les bons économistes, comme les bons médecins, ne sont pas nécessairement écoutés. Quand tout le monde faisait de l’argent avec le système financier il y a trois ans, les «casseux de veillée» n’étaient pas très populaires. Ces «prophètes de malheur» ont été tournés en ridicule pour ne pas comprendre que «les lois de l’économie ne sont plus les mêmes». L’économiste français Maurice Allais, Prix Nobel de science économique 1988, a diagnostiqué le mal sans détour: «Les gens sont menés par leurs intérêts, leurs préjugés, leurs passions et la logique, fût-elle scientifique, a réellement peu de prise sur ce qu’ils font.»

Dans toute cette foire, les médias peuvent jouer un rôle fondamental. Aider les gens à identifier les intervenants honnêtes, compétents et indépendants. Démasquer la fourberie, l’ignorance et les conflits d’intérêts. Donner préséance au vrai sur le spectaculaire. À observer présentement au Québec l’incroyable naïveté de tous ceux qui confient leurs épargnes au premier venu (qui est parfois un bandit, n’est-ce pas?), on m’accordera que la bataille de l’éducation économique est encore loin d’être gagnée chez nous.

> Ils n’ont pas la prétention d’être infaillibles  -  François Dupuis
Les économistes ont bon dos par les temps qu i cou rent . On leu r dema nde d’ausculter l’économie, d’établir un diagnostic et de faire des pronostics, puis, on s’amuse à les prendre en défaut sur l’exactitude de leurs prévisions.
Autre paradoxe, les divergences de vue font l’objet de plaisanteries. On dit souvent que « même les économistes ne s’entendent pas entre eux», alors que lorsqu’il y a unanimité, on les accuse de manquer d’imagination! Peu importe la position adoptée, elle ne semble jamais convenir. Cependant, malgré le scepticisme, on continue à faire appel à eux.
Dans le tumulte des avis économiques qui se sont multipliés depuis deux ans, on a souvent fait écho aux points de vue extrêmes de ceux qui cédaient à la panique. Toutefois, ces opinions ne reposaient pas toujours sur des assises solides. Il faut bien davantage qu’une donnée mensuelle pour bâtir une analyse. La grande volatilité des indicateurs économiques impose une certaine retenue dans les commentaires. Il faut travailler avec les tendances sur plusieurs mois puisque l’expérience révèle que chaque jour amène son lot de nouvelles observations et d’apparentes contradictions.
Par ailleurs, certains considèrent les marchés financiers, notamment la Bourse, comme le miroir parfait de l’évolution de l’économie, ce qui n’est pas le cas. Cela contribue à embrouiller le public.
Parmi la panoplie de données disponibles pour décrypter l’économie et appuyer les prévisions, nombre d’entre elles sont, plus souvent qu’autrement, des estimations qui seront révisées, parfois de façon importante. L’économie n’est pas une science exacte. Elle n’offre pas la certitude des lois de la physique ou de la chimie; elle s’appuie sur des comportements humains. L’économiste présume qu’en fonction d’un événement donné, le comportement des acteurs économiques sera rationnel. Dans les faits, cependant, il faut avouer que les humains sont parfois déroutants.
En ce qui a trait à la dernière récession, les modèles de prévisions économiques n’auraient pu prédire avec précision le moment et, surtout, l’ampleur de la débâcle puisque aucun d’entre eux n’inclut de variables sur la qualité des produits financiers, tels les plus récents montages structurés. Les problèmes sont venus de la gestion interne des institutions financières, en particulier aux États-Unis et en Europe de l’Ouest.
En fait, une conjonction de phénomènes microéconomiques peu rationnels, de très forte intensité, liés à des secteurs névralgiques comme ceux de l’habitation et de la finance, a eu des effets macroéconomiques importants, ce qui est plutôt rarissime. La perte de confiance dans le système financier a créé une crise de liquidités. Elle a, à son tour, paralysé l’octroi du crédit et entraîné la chute de certains secteurs économiques. Celui de l’automobile est l’exemple le plus évident: sa vulnérabilité structurelle a été exacerbée par une conjoncture économique difficile, ce qui l’a précipité vers l’abîme.
Enfin, la profession d’économiste ne dispose pas d’un champ d’exercice protégé par un ordre professionnel. Certains se drapent du titre et exposent leurs vues à qui le leur demande, ce qui n’est pas sans engendrer une certaine confusion dans les messages véhiculés. Toutefois, la diversité des idées a du bon, dans la mesure où ces dernières s’appuient sur des analyses rigoureuses.
Faut-il croire les économistes ? À vous de voir! Ils n’ont pas la prétention d’être infaillibles et encore moins de s’arroger le droit de décider à votre place, cependant, ils disposent de nombreux outils pour décoder l’économie. En somme, leur mandat est de comprendre les phénomènes économiques pour mieux les expliquer, ce qui en facilite d’autant votre prise de décision.




La mission quasi impossible du G20: réglementer les marchés  -  Hélène Baril
Maintenant que la reprise se montre le bout du nez et que les capitaux ont retrouvé leur fluidité, les investisseurs floués et les contribuables qui paieront la note de la crise financière attendent une seule chose de leurs gouvernements: qu’ils fassent en sorte que ça ne se reproduise plus.
C’est pourquoi les dirigeants des 20 pays les plus industrialisés qui se réuniront la semaine prochaine à Pittsburgh ont mis la réglementation du secteur financier à leur menu principal.
I l s doivent t r ouver des moyens de limiter la rémunération excessive des dirigeants d’entreprise, d’empêcher la spéculation excessive sur le pétrole et de protéger les investisseurs contre les fraudeurs ou les produits financiers viciés comme les PCAA.
C’est tout un programme, où deux philosophies vont fatalement s’opposer, celle des Européens, qui usent facilement de l’arme de la réglementation, et celle des Américains, qui, au contraire, veulent éviter de brimer les marchés.
À 20 autour de la table, les chances sont minces que des solutions concrètes à des problèmes aussi complexes voient le jour. Il le faudra pourtant, estime Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées.
« Ça va se faire progressivement, mais c’est vers là qu’on s’en va », a-t-il expliqué, au cours d’un entretien avec La Presse Affaires.
Michel Nadeau souligne que la gestion des risques de marché est de plus en plus une question internationale, qui exige des actions internationales.
C’est déjà commencé avec les paradis fiscaux, où l’action concertée des principaux pays industrialisés a réussi à tordre le bras à la Suisse et à d’autres pays permissifs en matière fiscale, a-t-il illustré.
L’Europe et les États-Unis ont déjà des vues passablement différentes sur la rémunération des dirigeants d’entreprises privées.
Les Européens voudraient limiter les primes et même forcer leurs récipiendaires à rembourser les sommes encaissées si les résultats se détériorent dans les années suivantes.
Une telle intervention dans les pratiques des entreprises privées est très mal vue des Américains et même le président Barack Obama a tenu à le dire publiquement. « Nous sommes dans un pays où, de manière générale, on ne dit pas: vous ne pouvez pas payer les gens à un niveau, quel qu’il soit, à partir du moment où dans le privé, le marché dit qu’il est prêt à l’accepter », a-t-il dit.
La rémunération n’est pas le plus complexe des problèmes qui seront abordés à Pittsburgh jeudi et vendredi prochains. Il y a aussi la question des produits dérivés, qui ne sont pas réglementés et le rôle des agences de cotation, qui a contribué à la crise financière. Des plus grosses banques aux simples investisseurs, en passant par les assureurs et les fonds de couverture, à peu près tout le monde sera touché par les décisions qui seront prises au sommet.
Pour arriver à quelque chose, les pays devront trouver un compromis entre la coordination internationale et l’indépendance des marchés, selon Michel Nadeau. Le risque est un ingrédient nécessaire au fonctionnement des marchés, convient-il. « Il ne faut pas stopper l’innovation mais être vigilant. »
La prochaine rencontre des leaders des pays industrialisés est importante, mais elle ne risque pas de déboucher sur l’unanimité, croit Michel Nadeau. « Il ne faut pas penser qu’une autorité mondiale des marchés financiers va voir le jour, mais on va s’entendre sur certaines choses de base », prévoit-il.
Il a, selon lui, une obligation de résultat. « Les gouvernements ont tellement dépensé pour réparer les dégâts de cette crise, qui n’est pas une crise économique mais une crise financière provoquée par Wall Street. »




LA GESTION PRIVÉE TRAVERSE LA CRISE  -  Jean Gagnon
Rien de plus rassurant que de confier sa fortune à un expert dont la feuille de route est élogieuse.

Mais quand une crise financière frappe, plus rien ne semble suffisamment rassurant, comme on a pu le voir lors de la dernière tourmente boursière qui a amputé la valeur nette des actifs de la plupart des québécois de 20%, 30% et même parfois de 50%!
Même pour la classe des nantis, qui conf ient leur patrimoine en gestion privée à des institutions financières réputées, la confiance a été secouée, constatent plusieurs intervenants du milieu.
La gestion privée of f r e aux gens fortunés et à leurs familles des services et des conseils sur l’ensemble de la gestion du patrimoine, notamment la planification financière, la gestion de portefeuilles, ainsi que la planification fiscale et successorale.
Cette crise est très différente des précédentes, explique Hélène Bronsard, vice-présidente de Raymond Chabot gestion privée.
« Les gens ont l’impression que la spéculation à outrance, ainsi que la malhonnêteté de plusieurs i ntervenants sur les marchés financiers, sont à l ’origine des problèmes qu’ils ont connus, dit-elle. Ils sont amers, et plusieurs se sentent petits devant les événements. »
Éric Bujold, premier viceprésident et directeur général, Gestion de patrimoine, Banque Nationale Groupe financier constate que plusieurs investisseurs ont réagi à la crise en modifiant certains comportements.
« Les clients nantis reviennent vers le placement plus traditionnel et augmentent la liquidité de leurs portefeuilles, dit-il. Ils exigent une plus grande transparence de la part de leurs gestionnaires et expriment une volonté de se rapprocher des marchés locaux afin de mieux comprendre les investissements qu’ils font. »
Un pôle important
Mais, crise ou pas, la gestion du patrimoine demeurera un des pôles importants du développement stratégique des institutions financières. Et la gestion privée est au coeur de ce développement.
Continuellement à l’affût des nouvelles techniques de gestion, les professionnels de la gestion privée demeurent convaincus du bien-fondé de leurs méthodes et des produits qu’ils offrent.
Pour Jean Brunelle, viceprésident gestion privée chez Desjardins, la crise a démontré que la règle numéro un en gestion de portefeuilles, soit de s’assurer d’avoir la bonne répartition d’actifs, est plus que jamais valable.
« En période de crise, le client bien accompagné et bien informé par son institution est celui qui a la meilleure chance de bien s’en tirer, dit-il. Ceux qui se rappelaient la crise des technos de 2001-2002 ont évité de répéter les mêmes erreurs. »
Jean Duguay, directeur des placements pour le Groupe Eterna, ne doute pas que la crise a renforcé le besoin de gestion privée, c’est-à-dire d’avoir quelqu’un en qui on a confiance et qui prend charge de tout.
« Bien sûr, la réputation du gestionnaire doit être solide », précise-t-il.
Les nombreuses fraudes et les scandales des dernières années ont rendu plusieurs investisseurs craintifs, si bien que certains sont maintenant disposés à payer une prime à la réputation
Quelque 4 40 000 foyers canadiens, dont 18% sont au Québec, possèdent un portefeuille d’investissements en actions et obligations de plus d’un million de dollars.
Ce sont eux que visent les démarcheurs de la gestion privée.

« Nous ne reviendrons pas à l’époque des excès »
Wall Street n’a pas retenu les leçons de la crise, juge le président Barack Obama
NEW YORK — Le président Barack Obama a relancé son effort de réforme des règles de la finance en s’en prenant durement à ceux qui, à Wall Street, se complaisent dans les « comportements inconsidérés » et les « excès incontrôlés » et refusent de tirer les leçons de la crise.
Curieux et manifestants étaient réunis hier devant le Federal Hall de New York, situé à quelques pas de la Bourse.
« Malheureusement, il y en a certains, dans l’industrie financière, qui se trompent dans la lecture du moment présent », a déploré hier M. Obama dans un discours à deux pas de la Bourse de New York, un an jour pour jour après que le dépôt de bilan de la vénérable banque d’affaires Lehman Brothers eut diffusé une onde de choc qui s’est rapidement propagée à toute l’économie mondiale.
« Au lieu de tirer les leçons ( du dépôt de bi l a n) de Lehman et de la crise dont ils n’ont toujours pas fini de se remettre, ils choisissent de les ignorer », a-t-il dit devant un parterre de dirigeants de la finance au Federal Hall, haut lieu de l’histoire de la démocratie américaine.
« Nous ne r ev i e ndrons pas à l’époque des comportements inconsidérés et des excès incontrôlés qui sont au coeur de cette crise, quand trop de gens n’étaient motivés que par le goût des marchés vite expédiés et des primes juteuses », a dit M. Obama, qui n’en est pas à sa première diatribe contre les pratiques de Wall Street, objet d’indignation populaire.
Il a une nouvelle fois réclamé des « règles de conduite vigoureuses qui nous protègent contre les risques systémiques que nous avons connus ».
Il a rappelé les propositions détaillées par son administration en juin pour mettre fin aux fragilités d’un système dans lequel l’emballement d’une composante peut entraîner les autres : renforcement du contrôle exercé par la Réserve fédérale ( Fed) sur les plus grandes institutions financières, création d’une autorité permettant au gouvernement de reprendre et de disposer de grandes institutions en déconfiture.
Une nouvelle agence de protection des consommateurs verrait le j our. Elle s upervisera i t l es c r édits immobiliers et les crédits à la consommation.
Une dizaine de jours avant de recevoir à Pittsburgh les dirigeants des pays avancés et des grandes économies émergentes, le G20, Barack Obama a aussi affirmé la nécessité d’un effort commun « énergique » pour réformer le système mondial.
Ce sommet est précédé d’une vive querelle entre les États-Unis et un partenaire aussi important que la Chine, depuis que M. Obama a infligé des droits de douane supplémentaires aux pneus chinois.
M. Obama s’est gardé de toute motivation protectionniste, mais
a certifié qu’il ferait respecter les accords commerciaux existants (voir la chronique de Claude Picher en page 5).
La régulation f i nancière sera un sujet primordial au sommet. Mais la question des primes versées aux dirigeants de la finance devrait aussi accaparer des dirigeants divisés sur la question.
M. Obama a pressé Wall Street de renforcer la transparence et de récompenser les visions à plus long terme plutôt que les profits faciles, sans attendre que les parlementaires américains ne légifèrent.
Dans une apparente concession aux partenaires des États-Unis, M. Obama ne s’est pas contenté de montrer du doigt le monde de la finance.
« C’est une défaillance collective du sens des responsabilités à Washington, à Wall Street et dans toute l’Amérique qui a conduit au quasieffondrement de notre système financier il y a un an. »
Résistance
Cet été, la nouvelle réglementation a cédé le pas dans le débat public américain à la réforme du système de santé.
L e gouvernement c r oit pouvoir faire inscrire dans la loi ces deux grandes réformes présidentielles d’ici à la fin de l’année.
Dans les deux cas, l’adoption est tout sauf acquise. Les résistances sont fortes au Congrès et à Wall Street. Les plus hauts dirigeants des banques n’étaient pas présents au discours de M. Obama.
Le président américain a appelé Wall Street à « bien accueillir » les réformes et non pas à les combattre.

« Il n’est ni juste ni responsable de votre part, après vous être rétablis avec l’aide de votre gouvernement, d’esquiver vos obligations quant à l’objectif d’une reprise plus étendue, d’un système plus stable et d’une prospérité répartie sur un plus grand nombre », a soutenu M. Obama.

Un Prix Nobel critique les banques américaines
Selon Joseph Stiglitz, lauréat d’un prix Nobel d’économie en 2001, les États-Unis n’ont pas réglé les problèmes sous-jacents de leur système bancaire après la crise du resserrement du crédit et l’effondrement de Lehman Brothers.
Les courtiers de Wall Street ont suivi avec attention le discours du président Obama.
« Aux États-Unis et dans de nombreux autres pays, des banques " trop grosses pour s’effondrer" sont devenues encore plus grosses », a dit M. Stiglitz dimanche au cours d’une entrevue à Paris. « Les problèmes sont pires qu’en 2007 avant la crise », a-t-il prévenu.
Ce point de vue de M. Stiglitz fait écho à celui de Paul Volcker, un ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a conseillé au président Barack Obama de réduire la taille des banques, et de Stanley Fischer, gouverneur de la Banque d’Israël, qui a suggéré le mois dernier que les gouvernements pourraient vouloir décourager les institutions financières de croître de « manière excessive ».
Un an après que l’effondrement de Lehman Brothers eut forcé le Trésor américain à dépenser des millia rds de dollars pour venir à la rescousse du système financier, les actifs de Bank of America ont augmenté et ceux de Citigroup demeurent i ntacts. Au Royaume-Uni, Lloyds Banking Group, qui appartient à 43% au gouvernement britannique, a repris les activités de HBOS, et en France, BNP Paribas possède maintenant les actifs bancaires de l’assureur Fortis en Belgique et au Luxembourg.
Le président Obama souhaite soumettre certaines banques à une surveillance plus stricte, mais son projet de réforme ne les forcerait pas à diminuer leur taille ou à simplifier leur structure.
Selon M. Stiglitz, le gouvernement américain hésite à défier l’industrie financière parce que c’est difficile sur le plan politique et parce qu’il espère que les leaders du G20 inciteront, à force de cajoleries, les États-Unis à recourir à des actions plus fermes.
« Nous n’avons rien fait de significatif jusqu’à présent et les banques repoussent les actions, a dit M. Stiglitz, qui enseigne à l’ Université Columbia. Les leaders du G20 feront quelques pas vers l’avant, étant donné le pouvoir des banques, et tout pas en avant est un pas dans la bonne direction. »

Les leaders du G20 se réunissent à Pittsburgh les 24 et 25 septembre prochains et ils doivent alors étudier des moyens d’améliorer la réglementation des marchés financiers et plus particulièrement comment imposer des limites plus strictes à la rémunération des opérateurs de marché.

MESURES INSUFFISANTES
WASHINGTON — Sept Américains sur dix doutent que les mesures prises par le gouvernement puissent éviter une nouvelle crise économique et financière, selon un sondage Associated Press-GfK rendu public hier. Par ailleurs, 80% des personnes interrogées jugent préoccupant l’état de l’économie américaine, 16% estimant qu’il est satisfaisant. Interrogés sur les responsabilités de la crise et de la récession, 20% l’imputent à Obama, contre 54% à son prédécesseur George W. Bush et 19% à Bill Clinton. D’autre part, 79% critiquent banques et établissements financiers, et 68% le manque de régulation des autorités fédérales. Le sondage a été réalisé du 3 au 8 septembre derniers par téléphone auprès d’un échantillon de 1001 adultes, avec une marge d’erreur de 3,1 points de pourcentage.




Lehman Brothers, un an après  -  Maxime Bergeron
Il y a un an presque jour pour jour, la planète économique a enregistré son pire choc sismique en plusieurs décennies. Lehman Brothers, la vénérable banque d’affaires new-yorkaise, déclarait faillite après 158 ans d’existence. Une fermeture qui a cristall
Mai 2008. Le restaurant Novecento, dans le quartier SoHo à New York, est couru par les jeunes professionnels branchés. I mpossible ou presque d’y dénicher une table, même en milieu de semaine, se rappelle Bruno Caron, actuaire chez Towers Perrin à Manhattan. Quatorze mois plus tard, tout avait changé. « J’y suis retourné, un weekend, et il n’y avait absolument personne, ni dans les restaurants autour ! Ç’a été un peu un choc », raconte le jeune Québécois.
L’économie florissante de Manhattan, épicentre de la finance mondiale, a connu un freinage brutal le 15 septembre 2008, quand le géant Lehman Brothers a déclaré faillite après 158 ans d’existence.
L’économie f lorissante de Manhattan, épicentre de la finance mondiale, a connu un freinage brutal le 15 septembre 2008, quand le géant Lehman Brothers a déclaré faillite après 158 ans d’existence. Mais l’onde de choc ne s’est pas limitée à la Grosse Pomme. Un an après cette chute spectaculaire, l’économie mondiale se relève péniblement de son plus fort recul depuis la Grande Crise de 1929.
Des millions d’emplois se sont évaporés partout sur la planète. Des dizaines de banques et des centaines de fonds d’investissement ont été rayés de la carte. Les gouvernements de nombreux pays ont lancé d’ambitieux plans de relance à coups de milliards, mais leurs effets à long terme ne sont pas encore clairs. Dans tout ce brouillard, une seule chose apparaît certaine : l’industrie de la finance ne peut plus faire les choses comme avant. At-elle seulement appris de la chute de Lehman Brothers ?
Manque de transparence
« On est encore en train de tirer des leçons », résume Philipp Schnabl, professeur de f i nance à la New York University et coauteur du livre Restoring Financial Stability, en entrevue à La Presse Affaires.
Il faudra sans doute des années pour bien voir à quoi ressemblera l’industrie financière « post-Lehman ». Mais de nombreux changements ont déjà été amorcés depuis la faillite spectaculaire de la banque d’investissement. Au premier chef, la mise en place – complexe – d’un encadrement plus strict des marchés, qui ont opéré pendant des années dans le laisser-aller.
« Lorsque Lehman a sauté, on s’est aperçu qu’il y avait une opacité dans le système, un manque de transparence, souligne Stéphane Marion, économiste en chef à la Banque Nationale. C’était clairement quelque chose de défaillant dans le système. »
À l a surprise générale, divers produits f i nanciers obscurs comme les PCAA (papiers commerciaux adossés à des actifs) ont réussi à contaminer l’ensemble du système, rappelle M. Marion. « Les autorités avaient sous-estimé les vases communicants. Ça a été une révélation pour les autorités qui n’avaient jamais soupçonné l’impact que pouvait avoir sur l’économie réelle cette intégration des marchés financiers. »
Washington, comme l’ensemble des pays du G20, souhaite maintenant encadrer de façon beaucoup plus stricte le fonctionnement des marchés. La réunion du G20 tenue la semaine dernière à Londres a d’ailleurs débouché sur l’ébauche d’un plan ambitieux. L’objectif : surveiller de près les transactions, particulièrement celles qui se négocient hors cote ( over-the-counter). Histoire d’éviter une répétition du fiasco des PCAA.
« On parle de produits tiercisés qui seront beaucoup plus standardisés, beaucoup plus échangés sur les marchés des échanges que over-the-counter, entre deux parties, dit Pascal Gauthier, économiste au Groupe financier TD. C’est une tendance de plus en plus importante qu’on va voir, pas seulement pour les hypothèques, mais pour l’ensemble des produits dérivés. »
Le taux de capitalisation requis par les banques américaines sera aussi considérablement augmenté, pour réduire l’effet de levier qui a mené à tant de dérapages. Ces institutions devront détenir en propre 10 à 12% de capitaux, explique Pascal Gauthier, ce qui s’approche des standards appliqués par les banques canadiennes. « Préalablement, ils étaient dans le 5% à 7%. »
La réforme de Wall Street est débattue en ce moment même à Washington, et plusieurs ficelles restent à attacher. Certains commencent toutefois à craindre qu’elle soit éclipsée par un autre débat qui passionne – et déchire – au plus haut point les Américains : la refonte du système d’assurance santé.
D’autres appréhendent par ailleurs de voir un encadrement trop strict étouffer les marchés, une fois qu’il sera mis en place. « On n’a pas besoin d’une réglementation plus lourde, mais d’une régulation légère qui est véritablement appliquée », estime Philipp Schnabl, de la New York University.
Retour des mauvaises habitudes ?
Si l’i ndustrie f i nancière est loin d’avoir retrouvé sa vigueur d’antan, il est clair que la forte remontée boursière des derniers mois a injecté un enthousiasme indéniable sur les marchés – et des milliards dans les coffres des banques. Plusieurs institutions qui avaient reçu des milliards d’aide financière de Washington ont remboursé leurs prêts, ce qui les libère des contraintes quant à la rémunération de leurs dirigeants. Les gros salaires ont fait leur retour dans plus d’une boîte.
Le regain boursier a aussi entraîné l’arrivée de nouveaux produits dérivés exotiques, ce qui inquiète plusieurs observateurs. L’appétit pour le risque est de retour, en somme. Et la possibilité de reprendre les vieilles habitudes n’est pas bien loin. « Les banques ont le sentiment que si quelque chose tourne mal, les contribuables seront là pour ramasser la facture, et c’est très dangereux », avance Philipp Schnabl.
Reste qu’il ne faut pas décourager complètement « l’innovation financière » et la création de nouveaux produits financiers, selon Stéphane Marion, de la Banque Nationale. « Ce n’est pas toujours mauvais, en fait, ça peut être souhaitable à long terme. Ce qu’on a appris, c’est l’innovation financière dans un contexte de laxisme ou d’opacité, c’est ça qui est dangereux. »
L’économiste est en outre persuadé que les investisseurs ont bien appris leur leçon. « Étant donné l’ampleur de la crise et des pertes encourues, je serais surpris que les gens reviennent aux mêmes habitudes qu’avant, d’acheter quelque chose sans le comprendre, dit-il. Lorsque le rendement est trop beau pour être vrai, il y a peut-être anguille sous roche. »


WALL STREET Des lendemains qui déchantent  -  Maxime Bergeron
La forte remontée boursière des six derniers mois a fait sourire plus d’un investisseur. Mais à Wall Street, là où la crise a commencé, les ex-travailleurs de la haute finance sont encore nombreux à chercher leur place.
David*, un jeune homme de 28 ans, travaillait comme courtier junior chez Goldman Sachs. Comme des dizaines de milliers d’autres à New York, il s’est fait montrer la porte l’automne dernier. Il a envoyé plus de 250 curriculum vitae depuis son congédiement… sans j amais t rouver autre chose qu’un boulot de conducteur de chariot-élévateur au New Jersey.
« C’est encore plus di fficile aujourd’hui qu’il y a six mois, car beaucoup de hedge funds ont fermé, dit-il. Comme tout Américain, je suis optimiste, mais je ressens un véritable fossé entre ce qu’on entend sur la reprise économique et ce qu’on vit sur le terrain. »
Luke* a été un peu plus c ha nceu x . I l a r é ussi à décrocher un emploi comme comptable dans un organ i s me g o u v e r n e ment a l après avoir perdu son poste d’analyste financier chez le détailla nt Macy’s en mai dernier. Un nouveau j ob « ennuyant » , dit-i l , même s ’ i l s ’ e s t i me c h a n c e u x de travailler.
« La plupart de mes anciens collègues de chez Macy’s, incluant mon patron, n’ont pas réussi à trouver de nouveaux emplois », indique l’homme dans la trentaine.
Hécatombe
L’industrie de la finance et des assurances a subi une vér i t able hécatombe au x États-Unis selon les chiffres du Bureau of labor statistics. Quelque 435 000 postes ont été supprimés depuis août 2008 – j uste avant la chute de Lehman Brothers –, ce qui porte le nombre total de travailleurs à 7,7 millions dans cette industrie. Cela se compare à un sommet de 8,4 millions en décembre 2006.




« LE PIRE CYCLE POUR LES PRODUITS DÉRIVÉS »  -  Martin Vallières
Le PDG de la Bourse de Montréal est néanmoins confiant pour l’avenir
«Nous s ubissons le pire cycle à jamais surveni r dans le marché des produits dérivés », admet d’emblée Alain Miquelon, président et chef de la direction de la Bourse de Montréal.
Et pour cause, a constaté La Presse Affaires, un an après le pire krach financier en trois quarts de siècle qui fut attribué surtout aux excès de Wall Street avec… les produits dérivés du crédit.
Pour la deuxième année consécutive, le volume de transactions à la Bourse de Montréal ( MX), spécialisée en produits dérivés, fléchit de plus de 10%.
Ce ressac s’est même accentué cette année : de l’ordre de 16% pour la période de janvier à juillet inclusivement, selon les données internes de MX
Même que, rabaissé à 19 millions de contrats, le volume de transactions durant ces sept premiers mois de 2009 est à son plus bas depuis la même période en 2005.
Pour les dirigeants de MX, dont les revenus et profits proviennent surtout des frais de transactions, un tel revirement après des années de forte croissance pose un sérieux défi.
« Quand 60% des revenus dépendent des activités transactionnelles, c’est sûr qu’un tel repli du marché affecte les résultats, en particulier la rentabilité », explique Alain Miquelon, devenu PDG de MX après son acquisition par le Groupe TMX, qui gère la Bourse de Toronto.
Néanmoins, souligne-t-il, ces dommages aux résultats d’exploitation de la Bourse de Montréal demeurent modérés.
« Nous sommes encore rentables, mais moins qu’avant. Par ailleurs, la baisse de volume provient surtout de nos produits dérivés basés sur les taux d’intérêt. Or, tout indique qu’il s’agit d’une conjoncture temporaire qui découle de la crise des papiers commerciaux au Canada, en 2007, et de la crise financière de l’an dernier. »
Ambitions
Exemple probant : le produit-vedette de MX, un contrat à terme nommé « BAX » qui est basé sur les fluctuations de taux d’intérêt, est en repli de volume des deux tiers depuis le sommet atteint en 2007.
À HEC Montréal, le professeur Martin Boyer, directeur de l’enseignement en finances, corrobore l’analyse du président de MX.
« Le ressac du marché de contrats à terme sur les taux, tels que le BAX, est t rès conjoncturel, comme pour les acceptations bancaires et les papiers commerciaux. Mais ces marchés vont reprendre lorsque les entreprises retrouveront un meilleur niveau de liquidités à investir à court terme. »
Mais en attendant cette relance, la Bourse de Montréal n’a pas d’autant rangé ses autres ambitions, soutient son président.
Entre autres, des produits dérivés lancés récemment, comme des options sur des fonds négociés en Bourse ( ETF), décollent relativement bien.
Aussi, pendant que MX poursuit l’intégration de certaines fonctions administratives et informatiques avec la Bourse de Toronto, cette affiliation a déjà généré de nouveaux contrats à terme négociés à Montréal.
Alain Miquelon cite en exemple une option nommée « GAZ » basée sur un fonds ETF d’énergie qui est inscrit à la Bourse de Toronto.
Ce fonds repose en partie sur un indice du gaz naturel géré par NGX de Calgary, la filiale de marchés d’énergie du groupe boursier TMX.
Par ailleurs, le président de MX anticipe un impact positif du resserrement réglementaire des produits dérivés qui se prépare à Washington.
Pourquoi? Ce resserrement cible surtout les contrats à terme financiers qui sont échangés de gré à gré entre les grandes firmes boursières, surnommés « OTC » dans leur jargon.
Ces produits dérivés de type OTC sont très différents des contrats à terme transigés sur des marchés mieux encadrés comme la Bourse de Montréal.
Or, c ’est l ’embal lement puis le krach du marché des dérivés financiers de type OTC, aux États-Unis, qui fut l’un des déclencheurs de la grave crise bancaire de l’an dernier.
Depuis, même atrophié, le marché des produits dérivés financiers a migré vers les produits côtés en Bourse, considérés moins opaques et plus fiables.
« Ce transfert structurel du marché des produits en OTC vers ceux négociés en Bourse devrait avantager le marché canadien, en particulier la Bourse de Montréal », estime Antoine Babule, directeur de Newedge Canada, filiale d’un négociant i nternational de contrats à terme qui est affilié à deux géants financiers français : Crédit Agricole et Société Générale.
« Par ailleurs, malgré ses changements de direction en période difficile, la Bourse de Montréal a conservé des gens très compétents pour profiter des occasions de marché, selon M. Babule.
« Aussi, le rapprochement de systèmes transactionnels avec la Bourse de Toronto, spécialisée en actions, devrait s’avérer un important atout face à l’évolution des marchés boursiers. »




Il faut surveiller les bulles financières, selon Flaherty
L e minist r e f é déra l des Finances, Jim Flaherty, soutient que les banques centrales devraient songer à élargir leur utilisation de la politique monétai re non seulement pour contrôler l ’ i nf lation, mais aussi pour garder un oeil sur les bulles des marchés financiers.
Le secteur de la construction a été très touché par la récession et malgré la croissance prometteuse de ces derniers mois, le ministre des Transports John Baird, responsable des programmes d’infrastructures, préfère parler d’une reprise économique « hésitante et fragile ».
Les décideurs ont posé l’hypothèse que le fait de garder l’inflation à un bas niveau assurerait la stabilité financière, mais c’est une approche qu’il faudrait examiner avec « un oeil plus critique », a indiqué M. Flaherty, selon un discours qu’il a prononcé dimanche soir à Vancouver.
« Les banques centrales, y compris celle du Canada, peuvent et doivent chercher des moyens d’améliorer la mise en application de la politique monétaire dans l’intérêt de la stabilité financière », a ajouté le ministre.
Ces commentaires font écho à une idée semblable soumise récemment par Mark Carney, le gouverneur de la Banque du Canada, lors d’une conférence à la Réserve fédérale américaine ( Fed) à Jackson Hole, au Wyoming. En avril dernier, le Canada a été le coauteur d’un rapport soumis au Groupe des 20 sur le renforcement des réglementations parce qu’aucune institution financière du pays ne s’est effondrée tandis que sévit la pire crise mondiale du crédit depuis les années 30.
L’économie mondiale est encore « au beau milieu » d ’ u ne récession , et les pays ont fait preuve d’une c o opér a t i on « e x t r a ord i - naire » dans leur réaction, a s o ut e nu M. Fl a her t y. Le Canada a mis en place « d’importants sti mulants fiscaux » pour faire mousser la demande, dit-il.
Il est trop tôt pour que le Canada ou d’autres pays commencent à réduire la cadence des plans de relance, a indiqué M. Flaherty dans un point de presse avant son discours, selon ce qu’a rapporté l’agence Reuters. Le Canada a également bénéficié dernièrement « d’une certaine stabilité relative » de sa devise, a-t-il ajouté.
Le 4 août, M. Flaherty s’était dit inquiet des fluctuations « rapides » de la valeur du huard et il avait déclaré que des « initiatives » pouvaient être prises pour amortir ces fluctuations.
Les perturbations, qui ont affecté le secteur du crédit, ont aussi « cristallisé » la nécessité pour les pays d’adopter des réglementations appelées macroprudentielles : ces dernières concernent l’étude des r i sques que court tout le système financier plutôt que seulement des entreprises et des industries, a fait savoir M. Flaherty.
« L’expérience des autres pays nous a appris que des risques systémiques peuvent surgir de tous les éléments du secteur financier », dit-il.


Percées de soleil, risques d’orages  -  André Pratte
L’envers de la stabilisation de l’économie, c’est que les mauvaises habitudes reviennent au galop.
Sur le front de l’économie, les nouvelles encourageantes se succèdent. Aux ÉtatsUnis, les géants financiers Goldman Sachs et JPMorgan Chase ont rapporté de spectaculaires profits pour le deuxième trimestre de l’année. En Chine, la croissance a été de 7,9% au cours des trois derniers mois, ce qui laisse penser que l’Empire du Milieu atteindra son objectif de 8% pour l’année.
Selon les experts consultés par Bloomberg, les ventes de maisons chez nos voisins du Sud devraient avoir atteint en juin leur plus haut niveau depuis octobre 2008. Et pour la première fois, l’administration Obama fait publiquement preuve d’optimisme: le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a parlé jeudi dernier d’« importants signes de reprise ».
Bref, le pire semble passé. Toutefois, l’économie américaine (et donc l’économie mondiale) reste exposée à des risques considérables. Et avant que la reprise ne s’installe pour de bon, beaucoup de gens vont perdre leur emploi, ou leur maison, ou les deux.
Malgré son bénéfice de 3,4 milliards de dollars américains au second trimestre, la situation de JPMorgan Chase révèle à quel point l’économie américaine reste fragile. La banque a fait son argent dans le secteur de l’investissement. Au chapitre du crédit à la consommation et des prêts hypothécaires, par contre, elle a subi des pertes importantes.
Le crédit personnel a aussi plombé les résultats de la Bank of America. Ainsi, sa division de cartes de crédit a perdu 1,6 milliard au cours du deuxième trimestre. Enfin, le groupe financier CIT, important prêteur aux PME, se retrouve au bord de la faillite. On peut toutefois voir comme un signe encourageant le fait que les Bourses n’ont pas paniqué devant cette perspective et que Washington a refusé de venir en aide à CIT. De toute évidence, on estime que l’économie est désormais assez solide pour résister à la faillite d’un acteur de moyenne importance.
L’envers de cette stabilisation, c’est que les mauvaises habitudes semblent revenir au galop. En vertu de son système de rémunération, Goldman Sachs pourrait verser une moyenne de 770 000$ à chacun de ses 29 000 employés en 2009. Les plus hauts dirigeants recevront des dizaines de millions. Ne s’agit-il pas du genre de pratiques qui ont poussé les banquiers à prendre des risques excessifs dans le passé?
Aveclaconfiancequirevient, le secteur financier relève la tête et combat plus férocement les nouveaux contrôles envisagés par les gouvernements. La semaine dernière, le patron de JPMorgan a averti l’administration Obama que la réglementation plus sévère imposée aux émetteurs de cartes de crédit nuira considérablement à ce secteur déjà en difficulté.
Les gouvernements doivent certes se garder d’aller trop loin. Mais après ce qui s’est passé depuis un an, le secteur financier ne peut pas espérer qu’on lui fasse aveuglément confiance.
Souhaitons par ailleurs que les petits investisseurs aient appris de la crise que, peu importe la sévérité des règlements, ils sont les premiers responsables de la protection de leurs avoirs. Il leur faut s’informer, diversifier leurs placements, épargner, ne s’endetter qu’avec prudence. Et surtout, se tenir loin de ceux qui leur promettent des rendements miraculeux.




Les périls de l’appât du gain  -  Michel Girard
P as facile de se protéger contre l es f i l ous de la finance. Ils sont omniprésents. Malheureusement, lorsqu’on les découvre, il est t oujours t rop t a rd. L’a rgent des victimes s’est bien souvent envolé vers un de ces paradis… où l’on compte plus de sociétés à numéros que d’habitants ! Autre possibilité : une grande partie de l’argent a été carrément flambé dans des placements hautement spéculatifs.
Margaret Davis était une cliente d’Earl Jones. L’homme aurait détourné entre 30 et 50 millions de dollars des poches de ses clients, selon l’Autorité des marchés financiers.
Pendant qu’à Montréal on essaye encore de comprendre comment Vincent Lacroix a réussi à détourner 130 mill ions presque… au vu et au su de l’Autorité des marchés financiers, le tout New York se demande encore comment la SEC (Securities and Exchange Commission), avec son armée d’enquêteurs, a-t-elle pu se faire déjouer par un Bernard Madoff. Non, mais quel manipulateur financier ce Madoff : il a réussi à arnaquer ses riches clients millionnaires de quelque 50 milliards !
On va convenir que notre nouvelle « vedette » locale de la finance, Earl Jones, ne fait pas le poids devant Madof f. Soupçonné d’avoir détourné de 30 à 50 millions des comptes de ses clients, Earl Jones n’en brise pas moins la vie de ces derniers, lesquels voient ainsi partir en f umée les épargnes d’une vie de travail. M. Jones travaillait « illégalement » puisqu’il ne détenait aucun permis de l’Autorité des marchés financiers pour exercer ses fonctions de conseiller financier.
La question de l’heure sur toutes les tribunes médiatiques : comment peut-on se protéger contre la f raude f i nancière ? C’est tout un défi.
« Chaque année, au Canada, des milliers d’investisseurs sont victimes de manoeuvres illégales qui rapportent à leurs auteurs des milliards de dollars. »
Vous avez bien lu : on parle de milliards de dollars de fraude financière, et ce, chaque année, seulement au Canada. Qui avance ces gros chiffres ? L’Autorité des marchés financiers (AMF) dans l’une de ses brochures destinées à aider les épargnants québécois dans leurs placements.
L’arnaque de Vincent Lacroix ( Norbourg) a fait couler beauc oup d’enc r e c es der nières années. Elle a démontré à quel point les investisseurs étaient vulnérables et mal protégés contre la f r aude f i nancière. Comme le Groupe Norbourg de Vincent Lacroix n’était dans les faits qu’une petite société de placements, bien des investisseurs et des épargnants se croient aujourd’hui à l’abri des mauvais placements en faisant strictement affaires avec des grandes institutions financières (comme les banques, les grandes familles de fonds communs, les maisons de courtage, etc.).
Les investisseurs ont malheureusement la mémoire sélective.
J’aimerais leur rappeler une réalité de la finance. Ce n’est pas parce qu’un conseil provient du personnel d’une grande institution financière que c’est automatiquement un bon conseil. Et ce n’est pas parce qu’une institution et ses conseillers détiennent leurs permis de l’AMF que c’est un gage de protection de vos valeurs. Des exemples ?
De réputés analystes de grandes maisons de courtage avaient recommandé l’achat de l’action de la société aurifère Bre-X, sous le prétexte que la société avait, en 1995, découvert dans la jungle indonésienne le plus important gisement d’or du XXe siècle.
L’action de Bre-X a connu une ascension fulgurante, passant du penny stock de 10 ou 20 cents à 260 $ l’action. En mai 1997, le titre de Bre-X fut suspendu, après avoir révélé que le fabuleux gisement i ndonésien ne renfermait finalement aucune réserve significative du précieux métal jaune.
Les actionnaires ont vu la valeur boursière de Bre-X fondre de six milliards de dollars. Les « brillants » analystes s’étaient fait duper…
Que dire également des nombreuses recommandations des analystes des maisons de courtage sur le titre de Nortel alors qu’il se négociait en 2000 tout près de son zénith à 1240 $ l’action (elles ont été regroupées à raison de 10 pour 1). Après avoir fait l’objet de manipulation comptable, le titre ne vaut plus rien aujourd’hui.
Toujours dans la plus grande « légalité », combien avez-vous perdu d’argent en 2008 avec vos placements en Bourse et dans les fonds communs de placement ? Est-ce que votre conseiller en placement vous avait recommandé d’encaisser une partie des profits que vous aviez accumulés sur papier avec vos valeurs boursières avant l’effondrement de la Bourse ? Combien avez-vous perdu d’argent avec les « précieuses » recommandations de votre conseiller financier ?
J’aimerais rappeler que le merveilleux monde de la finance légale nous a fait perdre en 2008 quelque 20 000 milliards de dollars juste en Bourse. À cause de quoi ? En partie à cause d’une crise produite par le laisseraller des grandes institutions financières et de leurs hauts dirigeants.
Oui, nous sommes vulnérables. Non seulement se fait-on parfois plumer le portefeuille en toute légalité, mais en plus il faut surveiller ses arrières financiers pour ne pas se faire arnaquer le portefeuille par des filous à la Vincent Lacroix, Bernard Madoff et autres escrocs.
Des conseils anti-fraude?
Répartissez vos épargnes dans des institutions financières reconnues par l’Autorité des marchés financiers ( AMF) ou d’autres organismes de régulation financière. Lorsque le capital dépasse les 100 000$, il est recommandé de répartir ses placements dans au moins deux ou même trois établissements différents.
Ne faites jamais affaire avec des conseillers financiers non enregistrés auprès de l’AMF.
Ne vous fiez pas aux recommandations formulées sur l’internet par les participants aux groupes de discussion. Des i nvestisseurs peu scrupuleux peuvent se servir de ces forums de discussion pour promouvoir des titres à leur profit personnel.
Évitez d’acquérir des placements où on vous « garantit » un rendement de 5% ou plus.
N’investissez pas dans des placements à rendement potentiellement miraculeux. Le rendement sera peut-être miraculeux, mais pas pour vous!
Des placements fa it s à la cachette du fisc… c’est non seulement illégal mais extrêmement dangereux pour vos épargnes.
Un dernier conseil d’usage:
Vérifiez sérieusement et sans exception tous vos relevés de comptes : courtage, fonds communs de placement, cartes de crédit, comptes bancaires…
Je vous le dis, juste là, il y a de l’argent à faire !





Le prix de l’imprévoyance  -  Claude Picher
Lorsque les gouvernements provinciaux sont parvenus, il y a une dizaine d’a n nées , à r e t r ouver l’équilibre budgétaire, plusieurs d’entre elles, dont le Québec, se sont empressées de voter des lois antidéficit.
On peut facilement comprendre pourquoi. Il a fallu demander des sacrifices énormes aux citoyens pour en arriver là, et personne n’avait le goût de revivre le cauchemar.
Pourtant, juste avant la fin de la session à Québec, le gouvernement Charest s’est soustrait à cette obligation. C’est qu’il n’avait pas le choix : le budget déposé ce printemps par la ministre Monique Jérôme-Forget consacrait le retour officiel aux budgets écrits à l’encre rouge : près de 12 milliards de déficits accumulés entre 2009 et 2012. Dans ces conditions, maintenir la loi antidéficit n’avait plus aucun sens. Le Québec n’est pas seul f a i r e marche a r r i è r e s u r cette question. L’Ontario et la Colombie-Britannique ont également jeté leurs lois antidéficit à la poubelle.
Quant au fédéral, après des années de surplus, il s’endette maintenant à coups de dizaines de milliards. Le ministre des Finances Jim Flaherty s’attend maintenant à un déficit de 50 milliards uniquement pour cette année, alors que son budget de janvier prévoyait plutôt 34 milliards cette année, et 30 milliards l’an prochain.
C’est, dit-on, la faute à la récession. Quand l ’économie va mal, on s’attend à ce que le gouvernement augmente ses dépenses, quitte à créer des déficits. Grâce à l’argent additionnel ainsi injecté dans l’économie, les consommateurs continueront de consommer, les travailleurs continueront de travailler, les entrepreneurs continueront d’entreprendre. Cette façon de voir les choses rallie la majorité des économistes, et c’est pour cela qu’on n’a pas entendu beaucoup de protestations lorsque les administrations publiques ont replongé dans le rouge. Or, la récession a le dos large. Une étude minutieuse des budgets fédéraux et provinciaux des cinq dernières années montrent que tous les gouvernements provinciaux, ainsi que le fédéral, ont largement gonflé leurs dépenses de programmes entre 2003 et 2009, donc bien avant la récession.
Par définition, les gouvernements, récession ou pas, doivent toujours augmenter leurs dépenses. Pour maintenir la même qualité des services aux citoyens, ils doivent au moins c ouvr i r l ’ augmentat i on des coûts, c ’est-à-dire les hausses des prix. Mais lorsque les dépenses augmentent plus vite que l’inflation, c’est que le gouvernement a décidé non seulement d’assumer les hausses de coûts, mais aussi de dépenser davantage en termes réels.
Les administrations publiques doivent aussi tenir compte de la croissance démographique. Lorsque la population augmente, le gouvernement doit aussi augmenter ses dépenses s’il veut offrir les mêmes services à tout le monde.
Un groupe d’économistes de l’ I nstitut Fraser a calculé la croissance annuelle moyenne des dépenses de programmes des provinces et du fédéral, entre 2004 et 2009, puis a comparé les résultats au taux d’inflation et à la croissance démographique.
L’exercice donne le frisson dans le dos.
Ainsi, au fédéral, si on tient compte de l’inflation et de la croissance démographique, la croissance annuelle moyenne des dépenses au cours des cinq dernières années aurait du se situer à 3,1 %. En réalité, elle a atteint le double, 6,2 %.
Les chiffres correspondants pour le Québec sont 2,6 % et 4,8%. En Ontario, la croissance des dépenses aurait du être limitée à 3 %; elle a atteint 6,6 %. C’est la même chose dans toutes les provinces. Toutes proportions gardées, le pire cas est celui de la Saskatchewan, qui aurait du contenir la croissance des dépenses à 2,9 %, alors qu’en réalité elles ressortent à 9,9% par année!
Normalement, si on admet que les gouvernements doivent augmenter leurs dépenses en période de crise, on doit aussi supposer qu’ils doivent les contenir en période de croissance. Ce n’est pas ce qui s’est passé.
Les administrations publiques, cinq ans avant la récession, ont toutes vécu, sans exception, au-dessus de leurs moyens. Et c’est ainsi que lorsque la crise est survenue, le Canada n’a pu faire autrement que de renouer avec le cercle vicieux des déficits et de l’endettement. C’est le début d’un autre dérapage financier, qui aurait pu être facilement évité avec un meilleur contrôle des dépenses. Le pire, c’est qu’il faudra inévitablement, un jour, imposer de nouveaux sacrifices aux citoyens pour sortir du bourbier. C’est le prix à payer pour l’imprévoyance des administrations publiques.


SELON UN RAPPORT AMÉRICAIN  La spéculation a dénaturé les prix du pétrole

— L’autorité américaine de régulation des marchés de matières premières (CFTC) va publier un rapport suggérant que la spéculation a joué un rôle important dans les forts mouvements observés sur le marché pétrolier, a indiqué Bart Chilton, un de ses responsables.
Un premier rapport de la CFTC publié l’an passé, qui avait attribué les brusques variations du marché uniquement à des facteurs d’offre et de demande, était basé sur « des données profondément incorrectes », a affirmé M. Chilton dans un entretien publié hier par le Wall Street Journal.
Le nouveau rapport sera publié en août, précise le quotidien économique.
Il s’agit d’un nouvel élément dans le débat qui s’intensifie autour de la spéculation sur les marchés énergétiques, dans le collimateur de la nouvelle équipe à la tête de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission).
Au début de juillet, le président de la commission, Gary Gensler, mis en place par le président américain Barack Obama, avait déclaré qu’il fallait « utiliser de manière déterminée tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que le marché fonctionne honnêtement ».
Il a réitéré sa volonté hier au cours d’une audition publique de la commission, qui se réunissait pour la première de trois sessions de discussions consacrées aux limites pouvant être imposées aux prises de position sur le marché de l’énergie et sur les dérogations accordées aux fonds spéculatifs.
Craig Donohue, directeur général du groupe CME (Chicago Mercantile Exchange), la princ i pale place boursière pour l’échange de contrats énergétiques dans le monde, participait également à ces discussions.
« Nous n’avons vu aucune preuve empirique que les fonds indiciels et les spéculateurs aient dénaturé les prix, comme cela a été largement dit, pas plus qu’il n’y a de preuves qu’imposer des limitations sur les positions à ces acteurs du marché puisse avoir un effet positif sur le marché », avait-il déclaré lundi dans un communiqué. Dans son intervention devant la commission, il a toutefois reconnu que le CME était prêt à répondre aux inquiétudes sur le rôle des acteurs « non traditionnels » sur les marchés, comme les fonds spéculatifs, « en adoptant un régime de stricte régulation » pour certains produits, a rapporté l’agence Dow Jones Newswires.




ÉTATS-UNIS Le régulateur s’attaque à la spéculation pétrolière
— L’autorité américaine de régulation des marchés de matières premières (CFTC) a annoncé hier son intention de s’attaquer à la spéculation sur les marchés énergétiques en imposant des limites aux opérateurs.
« Je crois fermement que nous devons utiliser de manière déterminée tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que le marché fonctionnehonnêtement », écritGary Gensler, président de la Commodity Futures Trading Commission dans un communiqué.
WASHINGTON
M. Gensler a nnonce dans ce texte que la CFTC envisage d’imposer des « limites de positions » pour « toutes les matières premières en quantité finie, en particulier les matières premières énergétiques, comme le pétrole brut, le fioul de chauffage, le gaz naturel, l’essence ou autres ».
Le régulateur fixerait ainsi un plafond au nombre de contrats d’option sur un même produit qu’un opérateur pourrait vendre ou acheter en dehors des contrats pris pour sa couverture, c’est-àdire pour se prémunir du risque induit par ses positions sur le marché des contrats à terme par exemple.
Contrairement aux contrats à terme, qui prévoient la livraison à une échéance donnée, d’une certaine quantité de marchandise, les contrats d’options fournissent à leur détenteur le droit (mais pas l’obligation), d’acheter ou de vendre, à un prix convenu d’avance, une certaine quantité soit à une date fixée, ou à n’importe quel moment avant une certaine échéance.
Créés i nitialement comme des contrats d’assurance pour contrebalancer des positions prises par des opérateurs, ce sont de formidables outils de spéculation dans la mesure où ils ne comportent pas d’obligation d’acheter ou de vendre.
La CFTC r appel l e qu’el l e impose déjà des limites de positions pour « certains produits agricoles », mais que « ça n’est pas le cas pour les marchés énergétiques ».
M. Gensler i ndique que la Commission organisera des discussions avec les partenaires intéressés en juillet et en août pour déterminer la façon de mettre en oeuvre ces nouvelles règles.
Dans un communiqué publié à Washington, l’Association américaine du transport aérien (ATA) a « félicité » la CFTC pour son initiative.
« Un an après que les records atteints par les prix du pétrole », CFTC reconnaît ainsi « les graves effets négatifs qu’une spéculation débridée peut avoir sur les consommateurs et les entreprises », écrit l’ATA, qui affirme fédérer les compagnies aériennes représentant 90% du trafic aérien américain de passagers et de marchandises.



Au tour de l’Europe de réglementer davantage la finance
BRUXELLES — Les dirigeants européens, réunis en sommet, se sont engagés hier à renforcer la supervision du secteur financier mais au prix de concessions faites aux Britanniques, soucieux de préserver leur souveraineté nationale en matière budgétaire.
« Aujourd’hui , nous avons réussi une avancée majeure », s’est félicité le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Les dirigeants européens ont entériné un projet de réforme prévoyant la mise en place en 2010 de nouveaux organismes de supervision paneuropéens ayant leur mot à dire dans le contrôle du secteur financier au niveau national.
Cette avancée intervient après plusieurs semaines de résistances des Britanniques. Un accord de principe avait été atteint jeudi entre trois pays, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui a été validé par toute l’UE hier.
Cette réforme prévoit la mise en place de trois nouvelles autorités paneuropéennes chargées de la surveillance des banques, des assureurs et des marchés financiers.
Elles seront dotées de « pouvoirs de décision contraignants et proportionnés », leur permettant notamment de « trancher en cas de désaccord entre les autorités de surveillance » de plusieurs États, selon un texte adopté par les dirigeants européens. Les Britanniques étaient hostiles au départ à de tels pouvoirs contraignants.
Toutefois « les décisions adoptées par ces autorités ne devraient empiéter en rien sur les compétences budgétaires des États membres », ajoute le document.
Cette précision répond aux préoccupations du RoyaumeUni, qui abrite la première place financière européenne, la City de Londres. Les Britanniques refusaient de conférer à ces autorités des pouvoirs qui auraient pu forcer les États à des renflouements d’établissements financiers aux conséquences budgétaires importantes.
« J’ai fait en sorte que les contribuables britanniques soient pleinement protégés », s’est félicité le premier ministre britannique Gordon Brown.
« On aurait pu être plus ambitieux mais on ne peut pas être plus ambitieux que les plus grands d’entre nous », a jugé de son côté le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.
Le président français Nicolas Sarkozy a jugé pour sa part que l’accord marquait « un changement complet dans la stratégie anglo-saxonne ».
La réforme prévoit aussi la mise en place d’un « comité européen du risque systémique », qui avertirait les autorités nationales et émettrait des recommandations quand il détecte un problème important.
En agissant de la sorte, l’Europe avance de concert avec les États-Unis qui ont détaillé cette semaine leur propre réforme de la supervision financière présentée comme la plus vaste depuis les années 30.




Après la crise, la crise -  ALAIN DUBUC
Les sociétés industrialisées devront relever des défis aussi exigeants, sinon plus, que la lutte à la récession.
Nous sortirons bientôt de la récession. Mais la crise ne sera pas pour autant terminée. L’effondrement des marchés financiers à l’automne 2008 a provoqué une onde de choc qui va forcer les économies à se transformer et à s’adapter à un monde qui ne sera plus le même.
La crise énergétique ne fait que commencer.
Ces grands changements, je les ai regroupés en six tendances de fond, qui sont autant de défis que les sociétés industrialisées devront relever. Des défis aussi exigeants, sinon plus, que la lutte contre la récession, qui a accaparé les énergies cette année.
Le premier est macroéconomique. La plupart des pays ont déployé des efforts énormes pour contrer la récession. C’était nécessaire. Mais les gouvernements, en parant au plus pressé, ont aussi compromis l’avenir. Les déficits budgétaires seront plus élevés que prévu et personne ne croit qu’ils se résorberont d’eux-mêmes. Cela annonce une crise majeure des finances publiques, des compressions, des hausses d’impôt. Le Canada n’y échappera pas, comme vient de le montrer une étude de la Banque TD. Par ailleurs, les politiques monétaires très agressives font craindre une forte poussée inflationniste.
Le deuxième changement est financier. Cette crise a été provoquée par le dérapage des marchés financiers. La nécessité de contrôles plus serrés mène à un renforcement de réglementation au niveau national et international. C’est une bonne chose. Mais ces contrôles accrus auront un coût, parce que la perte de souplesse du crédit sera un frein à la croissance. D’autant plus qu’après les excès provoqués par l’abus de l’effet levier, on assistera au processus inverse. En fait, cette crise aura probablement un effet profond et durable sur le crédit, en changeant la façon dont on prête et la façon dont on emprunte.
Le troisième changement est géopolitique. L’affaiblissement économique, politique et moral des États-Unis accéléra le réalignement des rapports de force; une Chine plus forte et moins passive, une Europe qui s’affirme plus, un dollar qui perdra progressivement son statut. Le Canada, dont la prospérité est liée à celle des États-Unis, devra rapidement diversifier ses échanges.
Le quatrième changement est politique. C’est le retour du balancier dans les rapports entre l’État et les marchés. Les gouvernements, depuis l’éclatement de la crise, prennent une place croissante, par leurs dépenses, par leurs interventions de sauvetage, par leur contrôle plus grand sur l’économie. Et quand l’État s’installe, c’est pour longtemps. D’autant plus que la crise, qui s’explique aussi par les excès du laisserfaire, mène à une certaine méfiance du monde de l’entreprise et de la logique du marché.
La cinquième grande transformation porte sur les habitudes des citoyens. La réduction de la consommation en temps de récession est un phénomène passager. Mais la perte de patrimoine, le fait que les épargnes ont fondu, amènera des changements de comportement plus permanents : le report de la retraite pour certains, des stratégies de placement plus prudentes pour tous, une augmentation de l’épargne, qui aura nécessairement un effet sur le niveau des dépenses, peut-être même sur les habitudes de consommation.
Le dernier changement est environnemental. La crise a accéléré le débat environnemental, notamment parce que l’administration Obama a lié la relance au développement durable, ce qui exerce une énorme pression sur le Canada. Et si la crise énergétique a connu un court répit, la réalité nous rattrapera bientôt quand les prix pétroliers reprendront leur ascension, et imposeront ainsi des choix douloureux.
La plupart de ces changements sont positifs. Mais ils forceront néanmoins nos sociétés à changer, ce qui n’est jamais facile, ils imposeront des restructurations qui peuvent être perturbantes, qu’on pense à l’automobile. Sommes-nous bien placés, au Québec et au Canada, pour affronter ce monde nouveau? C’est ce que nous verrons dimanche.


Une ère tire à sa fin - ALAIN DUBUC
Depuis le déclenchement de cette crise, on s’est souvent demandé si celle-ci changerait quelque chose. Si, au-delà de ses impacts économiques évidents, le choc serait suffisant pour provoquer des transformations durables dans nos sociétés, pour nous amener à apprendre de nos erreurs.
Eh bien, l’un de ces changements profonds est en train de s’opérer sous nos yeux avec les restructurations douloureuses de deux des trois géants américains de l’automobile, General Motors et Chrysler. Des faillites, des transformations, des fusions, des acquisitions, même de géants, il y en a tout le temps. Cependant, ce qui arrive à GM et à Chrysler peut être qualifié d’historique.
Parce que les déboires de ces deux compagnies contribuent à affecter la place des États-Unis dans le monde. Parce que les restructurations seront assez significatives pour modifier les comportements des consommateurs et les politiques environnementales. Parce que les plans de sauvetage changent aussi les règles du jeu du capitalisme.
Tout d’abord, il ne faut pas négliger l’immense charge symbolique de ces événements. L’industrie automobile a été, pendant presque un siècle, l’incarnation de la puissance économique américaine et l’expression la plus évocatrice de l’American way of life.
L’échec des grands de l’automobile a donc une portée qui dépasse l’industrie. C’est aussi un échec collectif qui illustre un certain affaiblissement de la puissance américaine dans le monde. D’autant plus que les autres pays producteurs d’automobiles, comme l’Allemagne et le Japon, n’ont pas connu les mêmes déboires. Le fait que la survie de Chrysler repose sur l’intervention d’une entreprise italienne, Fiat, ne fait qu’ébranler encore plus l’idée de la suprématie américaine.
Par ailleurs, si GM et Chrysler en sont là, cela s’explique largement par une mauvaise gestion et de mauvais choix, notamment l’incapacité de produire les véhicules que souhaitent les consommateurs et dont ils ont besoin. Les restructurations, par définition, forceront ces compagnies à repens e r l eur s stratégies.
Mais comme le gouvernement amér i c a i n pè s e très lourd dans le processus de décision des compagnies, et que l’administration Obama a fait des technologies vertes l’un des éléments centraux de ses politiques de relance économique, cela créera des conditions uniques pour s’attaquer avec vigueur à l’un des éléments clés des politiques de réduction des gaz à effet de serre, la production de véhicules moins énergivores.
Enfin, le processus même du sauvetage annonce aussi un déplacement de la frontière entre l’État et l’économie de marché. Les gouvernements américain et canadien ont allongé des milliards pour empêcher les grands de l’auto de s’effondrer. Mais leur intervention a largement dépassé le soutien financier.
La restructuration de GM, beaucoup plus profonde que ne souhaitaient ses dirigeants, avec l’abandon de la marque Pontiac, la disparition de la moitié des concessionnaires, les dizaines de milliers de mises à pied, a carrément été imposée et téléguidée par l’administration Obama. C’est aussi la Maison-Blanche qui pousse Chrysler dans les bras de Fiat. Et si un plan de transformation de ces prêts gouvernementaux en actions est mené à terme, le gouvernement américain contrôlera la compagnie.
Ce genre de prise en charge, assez habituel au Québec, constitue une quasi-révolution aux États-Unis. Bien sûr, il s’agit de mesures d’exception qui se justifient par la situation de crise. Mais un tel déplacement du pouvoir est rarement ponctuel. Quand l’État s’est engagé, le processus de désengagement risque d’être lent. Nous assistons probablement à un retour du balancier, où l’État sera plus présent, plus interventionniste, comme on le voit également dans le secteur financier. Cela marque sans doute la fin de la période de laisser-faire qui a contribué à cette crise.



La reprise du secteur privé se fera attendre, craint Carney
Les nombreux signes que l’économie mondiale se stabilise ne doivent pas faire illusion. C’est uniquement la preuve que les mesures exceptionnelles de stimuli adoptées par les gouvernements et les autorités monétaires commencent à porter fruit et non que le secteur privé est en mesure d’assurer par lui-même la relance.
Aux yeux du gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, les lacunes passées ont engendré des formes de parasitisme et des déséquilibres dont nous payons le prix. Rebâtir la mondialisation prendra du temps, avertit-il.
« Un secteur privé qui vient de recevoir une leçon d’humilité peut souhaiter de s’engager de nouveau uniquement s’il est convaincu que le système est résilient », prévient Mark Carney. Le gouverneur de la Banque du Canada prononçait hier le discours de clôture de la 15e Conférence de Montréal qui avait pour thème l’adaptation au nouvel ordre mondial.
Élus et banquiers centraux devront montrer beaucoup de vigilance et de doigté pour refiler au secteur privé les risques qu’il n’est pas en mesure de prendre maintenant . « La récente prise de risques par le secteur public crée un aléa moral, a-t-il souligné. Si rien n’est fait, cela finira par encourager certains comportements du secteur privé qui intensifieront le risque global au sein du système. »
Pour être couronnée de succès, la prochaine vague de mondialisation devra être mieux enracinée et ses participants plus responsables. Cela exige une refonte des infrastructures financières internationales.
Elles ont été très déficientes pour empêcher la crise actuelle, a souligné pour sa part Guillermo OrtizMartinez, gouverneur de la Banque du Mexique. « Il est fondamental d’avoi r un mécanisme de refonte pour assurer l a stabilité de l’économie mondiale. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé son architecture. » . L’engagement de M. Or t i z - Ma r t i ne z au Conseil de la stabilité financière a d’ailleurs été loué par M. Carney.
De son côté, Compton Bourne, président de la Banque de développement des Caraïbes, a rap
pelé que les membres du G20 « ont un agenda à compléter pour les pays en développement de taille modeste ». Les critères actuels d’admissibilité aux crédits du Fonds monétaire international sont trop élevés pour ces économies qui dépendent de l’investissement direct étranger et du tourisme, deux ressources qui se sont raréfiées, déplore-t-il.
M. Carney croit pour sa part qu’il y a quatre préalables au renouvellement de la mondialisation : la transparence accrue pour mieux évaluer le risque, une plus grande efficience des marchés de financement grâce notamment à la standardisation des produits, l’adoption de règles macroprudentielles et l’acceptation par tous les pays de leurs responsabilités pour l’ouverture du système monétaire.
Aux yeux de M. Carney, les lacunes passées ont engendré des formes de parasitisme et des déséquilibres dont nous payons le prix. Rebâtir la mondialisation prendra du temps, avertitil. « Sans cadres de politique crédibles et sans infrastructure de marché robuste, la prise de risques par le secteur privé pourrait ne pas revenir à un niveau suffisant. »
M. Carney a rappelé que la question des actifs toxiques dans certaines grandes banques non canadiennes n’est toujours pas réglée, pas plus que la relance de la titrisation privée. Bref, la stabilisation du système financier mondial n’est pas complétée et cela retarde les conditions d’une reprise durable à l’échelle internationale et canadienne.
Le gouverneur souhaite que la réunion des ministres des Finances du G-7 ce week-end fasse avancer ce dossier.
Plus tôt durant la matinée, l’ancien ministre fédéral Pierre Pettigrew, aujourd’hui conseiller de la direction de Deloitte, a brossé à grands traits les 30 dernières années. Le tandem Thatcher-Reagan avait trouvé son slogan : le problème, c’est le gouvernement. S’ensuivit une vague de déréglementation, de privatisation et de libéralisation. Cette médecine de cheval contrecarrait l’essor du multilatéralisme, pourtant à l’origine des accords de Bretton Woods, largement dessinés par les États-Unis, au sortir de la guerre mondiale.
« Aujourd’hui , le mult i latéralisme revient en force et les États-Unis continueront d’en assumer le leadership », prédit-il.
Une nouvelle ère s’ouvre, celle d’un retour à l’équilibre public-privé, une valeur chérie par le Canada. « J’ai confiance que le président Obama voie dans le Canada une source d’inspiration », a-t-il dit.
Au lieu du tandem ThatcherReagan, M. Pettigrew a déridé l’assistance en proposant celui d’Obama-Canada.


L’incurie accablante de l’AMF  -   Sophie Cousineau
Un enquêteur de la Banque Nationale avait alerté l’AMF dès avril 2004 au sujet d’un détournement de fonds de 2 millions de dollars au profit de Vincent Lacroix.
Si vous avez perdu de l’argent en investissant dans l’un des fonds Norbourg, il vaut peut-être mieux que vous ne lisiez pas ceci. Parce que les informations qui viennent d’être rendues publiques dans le cadre du recours collectif intenté au nom des 9200 investisseurs floués ont de quoi faire trépasser les coeurs sensibles.
À l’automne de 2002, Jean Lorrain, directeur de la conformité à l’AMF, a réclamé la tenue d’une inspection formelle de la firme fondée par Vincent Lacroix.
On savait déjà que l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait ignoré certains signaux louches dans les mois qui ont précédé les perquisitions policières dans les bureaux de Norbourg, en août 2005. Mais on ignorait qu’un enquêteur de la Banque Nationale avait alerté l’AMF dès avril 2004 au sujet d’un détournement de fonds de 2 millions de dollars au profit de Vincent Lacroix. Or, plutôt que d’agir, l’Autorité s’est pratiquement assise sur cette information.
Depuis l ’éclatement de l ’ a f f a i re Norbourg, tous les observateurs s’interrogent sur l’aveuglement de l’Autorité. Pourquoi ne s’était-elle pas intéressée de plus près à la croissance suspecte de Norbourg, qui achetait firme sur firme sans qu’on sache d’où provenaient les fonds ?
Or, il appert que l’ancien directeur de la conformité de l’Autorité – qui portait à l’époque le nom de Commission des valeurs mobilières du Québec – a eu des doutes dès 2001 au sujet de Norbourg, tandis que cette firme envisageait l’acquisition du courtier Maxima Capital.
À l’automne de 2002, Jean Lorrain a réclamé la tenue d’une inspection formelle de la firme fondée par Vincent Lacroix. Cette i nspection a mis au j o u r des i n f o r mat i o n s troublantes.
Norbourg était i ncapable de produire des copies imprimées de ses états de compte chez le gardien de valeurs Northern Trust, contrairement à la pratique établie dans l’industrie. Et Vincent Lacroix trichait vraisemblablement le fisc sur ses frais de représentation. Alarmé, Jean Lorrain a ordonné le déclenchement d’une enquête. Mais, celle-ci ne s’ouvrira que 22 mois plus tard, soit en octobre 2004. Voir page 4
Entre-temps, Jean Lorrain a été muté à un autre poste et le dossier Norbourg est tombé dans les limbes, selon les avocats de la poursuite, qui ont reconstitué le fil des événements après avoir interviewé toutes les personnes associées au dossier.
Le successeur de Jean Lorrain à la conformité est Pierre Bettez, enquêteur de l a Sûreté du Québec qui est prêté à l’Autorité. À son arrivée, il ignore que son prédécesseur a demandé l’ouverture d’une enquête sur Norbourg, requête qui s ’est apparemment perdue dans un dédale administratif.
Mais il ne peut pas ignorer la gravité de l’information que lui communique Michel Carlos en avril 2004. Cet ancien policier à l’emploi de la Banque Nationale est chargé de détecter les transactions frauduleuses et les opérations de blanchiment d’argent.
Un mois plus tôt, il a découvert que Vincent Lacroix a détourné 2 millions de dollars d’un compte de Norbourg à la caisse populaire de La Prairie à son compte personnel à la Banque Nationale, au moyen de faux transferts électroniques.
Michel Carlos prend l ’ i nitiative d’appeler Pierre Bettez parce que les deux hommes se connaissent. L’enquêteur de la Nationale l’informe, en outre, qu’il transmettra son dossier au Centre d’analyse des opérations et des déclarations financières du Canada (CANAFE), ce qu’il fera en juin. Cette agence fédérale a pour mission de surveiller les transactions financières pour contrer le blanchiment d’argent et le f i nancement d’activités terroristes.
En réaction, Pierre Bettez alerte l ’escouade des crimes économiques de la Sûreté du Québec (SQ), puisqu’il est déjà d’avis que Vincent Lacroix « est un bandit », selon ce qu’il a affirmé lors de son interrogatoire, en novembre 2008. Mais il n’informe personne d’autre à l’Autorité, qui a pourtant les pleins pouvoirs, comme son nom l’indique, pour intervenir et discipliner les intermédiaires du marché. L’avertissement de l’enquêteur de la Nationale reste donc sans suite.
Entre cet avertissement et les perquisitions qui ont sonné le glas de Norbourg, en août 2005, Vincent Lacroix aurait puisé 63 millions de plus dans les comptes des i nvestisseurs de Norbourg, prétendent les avocats qui ont intenté le recours collectif. C’est plus de la moitié des retraits frauduleux de 115 millions de dollars qui ont été recensés entre 2002 et 2005.
L’Autorité aurait eu une autre chance de se ressaisir. À la suite de la dénonciation de Michel Carlos, le CANAFE produit son propre rapport sur ce qui a toutes les apparences de détournements de fonds chez Norbourg. Cette agence fédérale l’envoie à l’officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui dirige la nouvelle équipe intégrée de la police des marchés financiers, composée d’agents de la GRC et de la SQ.
C’est ainsi que le rapport du CANAFE aboutit sur le bureau de Pierre Bettez qui, entretemps, est revenu à la SQ. Pierre Bettez l’envoie par télécopieur en avril 2005 à Claire Lewis, directrice des enquêtes et du contentieux à l’Autorité. Celle-ci n’en a aucun souvenir, même si une copie du rapport a été retrouvée dans son bureau après qu’elle eut quitté ses fonctions, en juillet 2005. « Le rapport n’a pas été analysé sur-le-champ. Un fax qui entre chez nous, quelqu’un prend cela, met cela là. C’est ce qui c’est passé, je ne vous le cache pas », expliquait Jean St-Gelais, PDG de l’Autorité, dans une entrevue accordée à La Presse en décembre 2005.
Quoi dire de plus... Je pourrais déchirer ma chemise, gueuler sur tous les toits. Mais très franchement, ces faits accablants en disent plus long sur l’incurie qui régnait à la CVMQ et à l’Autorité à l’époque que je ne saurais jamais l’écrire. En un mot comme en mille, c’est révoltant.


Les banques coupables de la crise, selon une étude
À titre d'exemple, l'ancien numéro un américain du crédit hypothécaire Countrywide Financial, racheté en 2008 par Bank of America pour lui éviter la faillite, a émis au moins 97,2 milliards de dollars de prêts à risque, selon l'étude.
Les banques américaines et européennes n'ont pas été des victimes de la crise financière qui a éclaté aux États-Unis en 2008, mais sont coupables de l'avoir délibérément provoquée, estime mercredi une organisation américaine de journalisme d'investigation.
Le Center for Public Integrity estime à 25 le nombre d'organismes de crédits immobiliers dont les prêt à risques consentis sont à l'origine de la crise du marché immobilier qui a éclaté en 2007 et qui a provoqué la crise économique. La plupart de ces organismes étaient détenus par des banques américaines et européennes ou bien n'ont pas pu consentir leurs prêts à risque, appelés «subprime», sans la complaisance des banques, indique l'organistation.
«Les méga banques qui ont financé l'industrie des subprime n'ont pas été victimes d'un effondrement imprévu du secteur de la finance, comme elles l'ont parfois dit», indique le directeur exécutif de l'organisation Bill Buzenberg.
«Ces banques ont, de manière délibérée, facilité le financement des prêts qui menacent maintenant le système financier», ajoute-t-il.
Cette étude a été publiée alors que la Chambre des représentants américaine devait approuver mercredi un projet de loi visant à créer une commission d'enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique, sur le modèle de celle instaurée après les attentats du 11 septembre 2001.
Le Center for Public Integrity a indiqué qu'il avait étudié des données du gouvernement américain portant sur près de 7,2 millions de prêts à risques consentis entre 2005 et 2007, juste avant que la bulle immobilière n'éclate.
L'étude indique que ces 25 organismes de crédits immobiliers représentaient près de 1 000 milliards de dollars, soit près de 72% des prêts hypothécaires consentis à des emprunteurs peu solides.
Au moins 21 des 25 organismes ont été financés par des banques renflouées par le gouvernement américain, et 11 d'entre eux ont payé des sommes importantes pour éviter des poursuites judiciaires pour des abus.
Quatre de ces organismes ont reçu directement des fonds publics, parmi lesquels l'assureur AIG et la banque Citigroup. Parmi les autres banques citées figurent les Britanniques HSBC et Barclays Bank.
À titre d'exemple, l'ancien numéro un américain du crédit hypothécaire Countrywide Financial, racheté en 2008 par Bank of America pour lui éviter la faillite, a émis au moins 97,2 milliards de dollars de prêts à risque, selon l'étude.
«Les banques ont réalisé d'énormes bénéfices pendant que leurs dirigeants récoltaient des primes conséquentes jusqu'à ce que le marché immobilier s'effondre», indique l'étude.




Un nouveau président américain ça ne change pas la Bourse, sauf que…
De toute l’histoire des ÉtatsUnis, aucun président n’a été accueilli aussi froidement à la Bourse queBarack Obama. Alors même que le 44e président américain prononçait son discours inaugural du haut des marches duCapitole, le 20 janvier dernier, Wall Street s’enfonçait de 5%.
Son secrétaire au Trésor n’a guère été mieux reçu. Timothy Geithner a eu droit à une gifle en guise de bienvenue. Le jour de l’annonce de son plan de stabilisation financière, le 10 février, la Bourse a glissé de 5%.
Les marchés étaient sur le qui-vive. Les investisseurs nerveux et impatients s’attendaient à un plan détaillé, des mesures concrètes, un calendrier précis. L’annonce les a laissés sur leur faim. Et les détails des différents volets de ce plan, qui ont été présentés les semaines suivantes, ne les ont pas calmés. La Bourse a poursuivi sa dégringolade pendant un mois.
Changement de psychologie
Puis, au début de mars, les investisseurs ont changé leur perception, du tout au tout. La Bourse, qui avait perdu 22% depuis la prestation de serment de Barack Obama, a regagné le terrain perdu aussi vite.
« Avec les politiques fiscales et monétaires, les marchés boursiers ont commencé à écarter la possibilité que l’économie glisse dans une grande dépression, dans un trou sans fond. C’est un résultat direct des mesures prises par l’administration Obama », estime Carlos Leitao, économiste en chef pour Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
C’est l’annonce du volet du plan Geithner destiné à purger le bilan des banques de leurs actifs toxiques qui a relancé la Bourse. « C’est très ironique, à mon avis, car le plan est resté le même. Il y a peu de différence », note M. Leitao.
Mais les marchés ont finalement compris que le gouvernement ne laissera plus tomber les banques, comme Lehman Brothers l’automne dernier.
« Au besoin, l’État est prêt à injecter des capitaux dans les banques, sous forme d’actions privilégiées. Est-ce que c’est une nationalisation ou pas? Peu importe. L’important c’est qu’il n’y aura pas d’autres grosses faillites bancaires », dit Jean-René Adam, gestionnaire de portefeuille sur les marchés nord-américains chez Hexavest.
Et comme les banques sont les poumons de l’économie, on redonne de l’oxygène à tout le monde, en assurant leur survie, ajoute-t-il.
Des étoiles dans le bulletin
Avec un peu de recul, les marchés accordent une bonne note à l’administration Obama, pour ses 100 premiers jours au pouvoir.
« Obama a été vraiment très énergique. Il a très bien fait du point de vue économique, en agissant sur le front de la politique fiscale, monétaire et internationale, lorsdes différents sommets économiques », estime M. Leitao.
En effet, Barack Obama a marqué des points lors du sommet du G20, au début d’avril. Généralement, les investisseurs voient d’un oeil cynique ces rassemblements qui débouchent sur un communiqué flou. Pas cette fois!
Conscient que la main invisible du marché ne peut pas toujours tout régler, le G20 s’est entendu pour renflouer le Fonds monétaire international (FMI), à court de ressources, marginalisé au cours des dernières années. Les Américains, qui étaient sceptiques face aux organisations multilatérales, lui ont accordé leur soutien. Selon M. Leitao, il est important d’avoir une organisation comme le FMI afin d’aider des pays comme l’Ukraine ou la Turquie, écorchés par l’implosion du commerce mondial.
Obama mérite aussi des éloges des investisseurs pour son plan d’évacuation des actifs toxiques des banques. « La structure du programme au complet est ingénieuse », considère M. Adam. Par exemple, le plan laisse le soin aux investisseurs privés de déterminer le juste prix des actifs, et il utilise l’effet de levier, profitant ainsi de la faiblesse des taux d’intérêt. « C’est un bon coup! On y croit », lance M. Adam.
Des ombres au tableau
Néanmoins, certains critiquent la lenteur de l’administration Obama à passer aux actes, alors de la crise financière nécessite des gestes rapides.
« On ne peut pas dire qu’ils ont chômé. Ils sont très actifs, ils jouent sur plusieurs tableaux. Mais il y a beaucoup de délais entre les annonces et la mise en application des mesures », souligne Pierre Lapointe, stratège à la Financière Banque Nationale.
Par exemple, le TALF n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Dévoilé dès l’automne 2008, le programme vise à repartir la titrisation, c’est-à-dire la structuration de produits financiers afin d’assurer le crédit à la consommation pour les ménages.
Obama a relancé le programme, au début de mars, parlant d’une bouffée d’oxygène de 1000 milliards de dollars. Or, à peine 8milliards de dollar ont été accordés jusqu’à maintenan indique M. Lapointe. « C’est essentie que ça reparte, car 65% du crédit à l consommation n’est pas issu du sec teur bancaire », précise-t-il.
Il n’y a encore rien de concret no plus du côté du programme de racha des actifs toxiques, dévoilé il y a plu d’un mois. « Ce n’est pas encore com mencé », dit M. Lapointe. Les inves tisseurs sont au rendez-vous. Mai les banques sont réticentes à mettr sur la place publique leurs actifs le plus sales.
Après la crise, le désert?
Mais déjà les signes vitaux dumar ché du crédit se sont améliorés. L crise n’est plus aussi aiguë, grâce au interventions combinées du gouver nement et de la Réserve fédérale.
« Oui, le crédit se remet en marche mais de manière lente, tranquill et prudente. Cela ne reviendra plu comme avant », soutient M. Leitao Il faut dire que la roue du créd tournait si vite qu’elle a surchauff la consommation et fait déraille l’économie.
Lorsque la crise financière et l récession seront bel et bien écartée il faudra se contenter d’un rythme d croissance beaucoup plus modéré.
Et si l’on se fie à l’histoire, le investisseurs devront patienter long temps avant de récupérer leurs pertes,
estime M. Lapointe, qui a analysé 15 épisodes de crises financières depuis 50 ans.
En moyenne, les crises financières entraînent un plongeon boursier de 40% qui s’étire sur presque deux ans (21 mois). À partir du creux, il faut attendre encore plus longtemps (25 mois) pour que la Bourse remonte au niveau atteint avant la crise.
Au total, c’est presque quatre ans de perdu, parfois encore plus. Après la crise de la fin des années 70, l’Espagneamisplusde 10 ans à récupérer ses pertes. Et le Japon n’est pas encore revenu au même niveau qu’avant la crise des années 90.
Depuis le début de la crise actuelle, la Bourse américaine a perdu 56%, pour échouer à un creux des 12 dernières années, au début de mars. Même si elle a rebondi de 20%, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
Une route qui pourrait être longue et frustrante pour les investisseurs. Un environnement qui pourrait ressembler à celui des années 70, avec beaucoup de volatilité, mais aucune augmentation soutenue des indices boursiers sur une très longue période.
Comment les investisseurs peuvent-ils s’adapter? D’abord, en réduisant tout de suite leurs attentes. « De 12-15% de rendement, c’est tout à fait irréaliste », répond M. Leitao. Et ensuite, en misant sur les bonnes entreprises. « Il faudra bien faire ses devoirs. Ce sera une histoire de sélection de titres, pense M. Leitao. Si on achète l’indice, on risque d’être déçu. »


Obligations : la dette devient indigeste - RUDY LE COURS
Pour la première fois depuis belle lurette, le Trésor américain n’a pas trouvé facilement preneur pour ses titres de dette, la semaine dernière.
Il faut dire que l’offre était gigantesque : 118 milliards US. Les acheteurs étaient moins nombreux, les Chinois ayant notamment fait la fine bouche. Les taux obligataires sur titres de moyen et long termes du Trésor américain ont augmenté.
« On commence à sentir une certaine indigestion du côté des marchés » , explique en entrevue Paul-André Pinsonnault, économiste principal à la Financière Banque Nationale.
À preuve, depuis février, les taux d’obligations américaines venant à échéance dans 10 ans ont grimpé de 25 centièmes. En début de semaine, ils se négociaient à 3,87 %. C’est beaucoup plus que les titres canadiens de même échéance qui ont gagné 18 points centésimaux au cours de la même période et qui se négocient aux environs de 3,57 %.
TantOttawaqueWashington doivent financer leurs déficits créés pour relancer l’économie. Les taux obligataires sont donc appelés à grimper, surtout dans un contexte où la croissance est robuste, comme c’est le cas présentement.
Washington doit émettre pour 2400 milliards de dette cette année, rappelle Michel Doucet, vice-président, groupe-conseil en portefeuille, c hez Va l e u r s mobi l i ères Desjardins. Comme l’économie va de mieux en mieux, les marchés en sont venus à la conclusion que la structure des taux est appelée à grimper de 100 à 150 centièmes cette année.
Cela ramènerait les 10 ans vers des taux de 4,50 % à 4,75 %. « On y va graduellement, surtout si les données sur l’emploi sont bonnes vendredi. » La prévision consensuelle est d’environ 200 000 nouveaux emplois en mars.
M. Doucet rappelle qu’avant l’éclatement de la crise financière en 2007, les taux des 10 ans avaient atteint 5,3 % le 1er juin 2007. Le 1er septembre, alors qu’elle commençait, ils étaient déjà descendus à 4,50 %. Le creux de 2,07 % a été touché le 29 décembre 2008. Après avoir j oué au yoyo en début d’année, ils sont sur une remontée depuis le 2 mars.
M. Pinsonnault est d’avis que les taux de 10 ans vont atteindre leur sommet de 2010 durant l’été, aux environs de 4,37 %. Ils reculeront par la suite, en parallèle avec les perspectives de ralentissement de la croissance économique en 2011. Cette décélération sera attribuable à l’épuisement du programme de relance de quelque 787 milliards approuvé l ’a n dernier par la nouvelle administration Obama. De 3,0 % cette année, la croissance de l’économie américaine sera plutôt entre 2,0 % et 2,5 % selon le scénario économique de la Financière. « Dans un tel contexte, les taux obligataires ont tendance à reculer, car les marchés s’attendent à ce que la Réserve fédérale fasse une pause dans le resserrement monétaire », observe M. Pinsonnault.
À moyen t erme, cependant, les éléments structurels reprendront le dessus sur les éléments cycliques : les taux remonteront, car l’offre de dette restera élevée. Davantage cependant aux États-Unis qu’au Canada, où les besoins d’emprunt des gouvernements sont moins colossaux.

La crise mondiale révèle l’interdépendance  entre les nations - RUDY LE COURS
S’ il est une grande leçon à tirer de la crise actuelle, « c’est que nous ne vivons pas dans un monde de découplage ».
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, à la Conférence de Montréal hier. « Il existe un seul système financier mondial, a-t-il souligné. Aucune réglementation nationale n’a de sens. »
Ainsi voulait résumer ce que nous traversons le président du Groupe de la Banque mondiale Robert B. Zoellick. Il était interviewé par l’animateur américain Charlie Rose en guise de causerie lors de la première journée de la Conférence de Montréal, qui en est à sa 15e présentation.
M. Zoellick s’est attardé aux difficultés posées par la nécessité de multiplier les ententes multilatérales. Si le G20 paraît hériter du rôle de leader, son formalisme pose des problèmes d’efficacité. Des sous-groupes influents devront faire cheminer des dossiers importants. « Quel sera le rôle du G8 dans cette nouvelle dynamique alors que le Canada héritera de sa direction l’an prochain? » s’est-il demandé.
Chose certaine, le monde sortira de cette récession un peu transformé. La mondialisation devra se montrer plus inclusive, a-t-il ajouté. Il craint toutefois que les vieux réflexes protectionnistes renversent la marche de l’Histoire.
Avant lui, le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn avait insisté que les décisions des autorités politiques devront être de nature multilatérale. Il faisait allusion à la refonte de la réglementation financière. « Il existe un seul système financier mondial, a-t-il souligné. Aucune réglementation nationale n’a de sens. »
Vieux et nouveaux problèmes
S’il existe de vieux problèmes à résoudre comme la réglementation des fonds de couverture, de la prise de risque ou la variation des prix des actifs dans la conduite de la politique monétaire, de nouveaux apparaîtront au sortir de la récession actuelle. « Le secteur financier sera plus petit, mais comment le rendre efficace? Par une meilleure réglementation, oui, mais pas par une réglementation excessive. »
De son côté, le secrétaire général du Commonwealth Kamalesh Sharma a présenté la mondialisation sous un jour nouveau. Le monde se comprime et s’interpénètre, a-t-il plaidé, même des valeurs comme la justice ne peuvent reposer seulement sur des bases nationales. « S’il est vrai que les membres du G20 représentent 90% de la taille de l’économie mondiale, 90% des pays ne font pas partie du G20. La croissance économique doit devenir un instrument de solidarité pour aider les pays émergents à s’extirper de la pauvreté. »
Son discours cohérent contrastait avec les réflexions à bâtons rompus de M. Zoellick. Celui-ci avait quand même mentionné que bien des pays n’ont pas les avantages des États-Unis, qui n’ont aucun problème à financer un déficit budgétaire à hauteur de 13% de la taille de leur économie. « Il n’existe tout simplement pas de marché pour la dette de plusieurs États. »
Voilà pourquoi l’assistance de 1300 milliards promise à Londres par le G20 est si capitale pour aider ces nations à traverser la crise qui, après avoir frappé le système financier, puis l’économie réelle, s’attaque maintenant aux gens en détruisant des emplois.
Or, la part promise par les États-Unis au FMI tarde à arriver, car elle fait l’objet de débats devant le Congrès.
Robert B. Zoellick, président de la Banque mondiale. « Il n’existe tout simplement pas de marché pour la dette de plusieurs États », a-t-il affirmé hier.
Cela fait ressort i r que la crise actuelle en est aussi une de confiance, soulignait pour sa part Anne Golden, PDG du Conference Board du Canada. « Il faut rétablir la confiance et l’optimisme sinon le capitalisme pourrait sombrer. La confiance demeure la clé d’une reprise moderne et complexe. »
Si celle des consommateurs prend du mieux, observe Jan Hatzius, économiste en chef pour les États-Unis de la banque d’affaires Goldman Sachs, c’est que les Américains ont l’impression que le pire est passé, bien que plusieurs défis demeurent. Il prédit une reprise aux États-Unis en fin d’année, alors le directeur général duFMI la voit plutôt l’an prochain. « On ne doit pas se contenter de regarder les États-Unis. L’Europe et le Japon peuvent avoir des effets sur les États-Unis », a lancé M. Strauss-Kahn à M. Hatzius qui, avec Mme Golden, participaient à l’atelier Le système financier après la crise : nouveaux acteurs, nouveaux enjeux.
Dans cette grande java mondialisée, le Canada paraît un danseur de premier ordre. Le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique, Angel Gurria, a souligné que, selon l’indicateur avancé de l’organisme situé à Paris, notre pays est moins frappé par la récession mondiale, dispose d’institutions plus solides et sera un des premiers à connaître la reprise.
Le premier ministre du Québec Jean Charest n’a pas raté l’occasion de souligner que le Québec avait créé des emplois pour le deuxième mois d’affilée en mai.
Il a lancé un vif plaidoyer en faveur du libre-échange, rappelant son rôle dans les négociations actuelles entre l’Europe et le Canada en vue d’un partenariat économique qui inclurait la mobilité professionnelle.
Il a annoncé aussi que son gouvernement déposera aujourd’hui un projet de loi pour libéraliser la mobilité interprovinciale de la main-d’oeuvre.
La deuxième journée de la conférence portera sur le développement durable.


Le géant avec les grosses clés de char - Stéphane Laporte
Mon père avait le Chevrolet tatoué sur le coeur, comme moi j’avais le CH. Pour lui, c’était la voiture idéale. C’était pas une voiture d’excités. C’était pas une voiture de snobs. C’était pas une voiture de hippies. C’était une voiture de monsieur. De monsieur responsable qui voulait un char confortable.
La première fois que je l’ai vu, je devais avoir 5 ans. Je m’en souviens encore. Nous roulions sur le tout nouveau boulevard Décarie. On revenait de chez mon oncle Jacques à Joliette. Soudain ma mère nous a dit : « Regardez à droite, c’est là que votre père a acheté sa voiture. » Je me suis retourné. Et il était là. Impossible de le manquer. Il devait mesurer 10 millions de pieds. Mais il n’avait pas de corps. Juste une tête. Une énorme tête chauve. Des gros yeux ronds. Et un gigantesque sourire de vendeur de chars. Son nom était écrit sous son visage, en grosses lettres attachées : Harold Cummings. Son immense main tendait des grosses clés de char. Comme King Kong tenant la belle fille dans sa grosse patte. Il nous invitait à acheter. Et on ne pouvait pas refuser.
Je n’avais jamais vu une aussi grosse face de ma vie. C’était épeurant. Je savais que c’était une affiche géante, mais le monsieur avait l’air tellement vrai. Et tellement big. Plus big qu’Elvis. Plus big que Batman. Il devait être important. Il l’était. Le monsieur était celui qui faisait rouler Montréal en General Motors.
Depuis ce jour, chaque fois que nous descendions le boulevard Décarie, je le fixais des yeux. Elle me fascinait, la grosse tête d’Harold. Parfois j’avais l’impression de voir bouger ses sourcils, alors je regardais ailleurs. Et le soir, j’en faisais des cauchemars. Il échappait ses grosses clés sur ma petite tête. Ayoye!
Mon père a toujours acheté des Chevrolet. Toujours chez Harold Cummings. D’abord une Chevrolet Biscayne, puis une Chevrolet Impala, puis une Chevrolet Bel Air, et enfin une Chevrolet Monte Carlo. Quatre Chevrolet en environ 40 ans. C’est vous dire comment il les usait. Elle était belle, son Impala grise en 1965, fraîchement sortie du concessionnaire. Elle était poquée en 1973, quand il a finalement décidé de la changer. C’était un tacot. Encore plus rouillée que la Fiat à Columbo.
Chaque fois que mon père allait chez le concessionnaire, j’avais l’impression qu’il rencontrait le géant Harold en personne. Et que tel Yahvé donnant les tables de la loi à Moïse, Harold se penchait pour remettre les clés de sa nouvelle voiture à mon père.
Quand il revenait avec sa nouvelle Chevrolet, c’était toujours le même cérémonial. Toute la famille embarquait dans le nouveau carrosse et nous partions sur un nowhere. Un nowhere de 45 minutes environ. Le temps de passer devant la grosse pancarte d’Harold Cummings et d’aller à l’Orange Julep, à la commande à l’auto. On était sûrs que la serveuse se pâmerait sur notre rutilante voiture. Mais c’est à peine si elle la regardait. Faut dire que les autos de mon père n’étaient jamais d’une couleur attrayante. La Bel Air, celle qui m’a conduit du collège à l’université, était brune. Un brun foncé, peu inspirant. C’était pas la faute à papa. C’est parce que mon père achetait toujours le démonstrateur, pour avoir un meilleur prix. Harold était fin avec lui.
Mon père avait le Chevrolet tatoué sur le coeur, comme moi j’avais le CH. Pour lui, c’était la voiture idéale. C’était pas une voiture d’excités. C’était pas une voiture de snobs. C’était pas une voiture de hippies. C’était une voiture de monsieur. Demonsieur responsable qui voulait un char confortable. Pour mon père, une auto, c’était une GM, comme un mouchoir, c’était un Kleenex, et un réfrigérateur, un Frigidaire.
Quand les Japonaises sont devenues populaires, il ne les a même pas regardées. Mon frère s’est acheté une Honda, ça l’a fait rire. C’était correct pour un étudiant. C’était une étape, entre la bicyclette et une vraie voiture, une voiture de papa, une Chevrolet.
Avec des clients comme ça, le géant avec les grosses clés de char s’est endormi. C’est ça quand on devient trop gros. On fatigue plus vite. On digère lentement. Et on pique des sommes. De 20 ans. Les concurrents en profitent pour nous dépasser dans la courbe. Tasse-toi, mon oncle !
Des pat rons obèses , des syndicats obèses, des affiliés obèses, ça ne fait pas une entreprise dynamique.
Si mon père était encore vivant, il n’en reviendrait pas. General Motors, qui était, dans son temps, la compagnie la plus prospère du monde, est au bord de la faillite. Au bord du précipice. Et Obama s’apprête à peser sur le gaz. Bye bye Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile ! Le géant va tomber.
Mon père avait beau jurer par Chevrolet, il s’est bien rendu compte que son dernier modèle n’était pas de la qualité des belles d’autrefois. La finition n’était plus la même. Les lignes étaient moins pures. On créait plein de nouvelles marques, mais c’était toujours les mêmes pièces. Il le disait: GM, c’est plus ce que c’était. Il le savait. Mais fidèle, il n’a jamais pensé tromper sa belle avec une Toyota.
Il y a plein de gens qui se sont tannés avant lui. Et le géant n’a pas eu la souplesse de les retenir, trop ankylosé à tenir ses grosses clés.
La fin de General Motors est la fin d’une époque. Le XXe siècle aura été le siècle de l’automobile. Le XXIe siècle est celui de l’ordinateur. En un clic, on se rend plus loin que n’importe quel véhicule.
Sauf qu’on se rend tout seul. On avait beau, dans le Bel Air de mon père, avancer pare-chocs à pare-chocs sur le boulevard Décarie, on avançait ensemble. Et ça faisait de doux souvenirs.

L’un freine, l’autre démarre  -  SOPHIE COUSINEAU
Magna a en quelque sorte créé sa chance. L’entreprise se trouve en excellente santé financière, même si sa rentabilité se dégrade, compte tenu des difficultés de ses principaux clients. L’entreprise avait 1,75 milliard de dollars américains en liquidités au 31 mars.
C’est un scénario tellement surréaliste qu’on aurait dit à son improbable scripteur qu’il ne tient pas la route. Pensez-y. General Motors, une entreprise centenaire qui a longtemps symbolisé la domination de l’économie américaine, se mettra à l’abri de ses créanciers ce matin. C’est le président Barack Obama lui-même qui en fera l’annonce, selon les médias américains.
Émigré au Canada à l’âge de 21 ans avec seulement 200$ dans sa valise, Frank Stronach est maintenant à la tête de Magna, qui affiche un chiffre d’affaires de 23,7 milliards de dollars américains.
Même si les analystes voient venir cette restructuration judiciaire depuis quelques semaines déjà, même si GM est parvenu à un accord avec ses créanciers et ses travailleurs syndiqués, l’affaire n’est pas banale. C’est la page la plus sombre dans l’histoire de ce constructeur américain tout déglingué, qui est porté à bout de bras par des gouvernements fauchés. Et cela, même si GM envisage le recours au chapitre 11 de la loi sur la faillite comme le moyen le plus expéditif de sortir des soins intensifs.
Au même moment, le Canada, ce sous-traitant de Detroit qui joue les éternels seconds, se réveille en sursaut comme producteur d’autos, à une époque où les constructeurs nationaux de l’Occident cèdent la route à des constructeurs du Japon, de la Chine, de l’Inde et d’ailleurs en Orient ! Inouï.
« Nous voulons construire des voitures Opel au Canada », a déclaré Frank Stronach à un quotidien torontois vendredi, peu après avoir appris que son entreprise, le fabricant de pièces Magna International, de l’Ontario, avait remporté les enchères pour le contrôle de la division allemande de GM.
Ce n’est pas demain la veille que l’on verra des Opel sortir d’une chaîne de montage en Ontario! Mais on pardonnera à Frank Stronach son enthousiasme, lui qui réalise maintenant un vieux rêve.
Au Québec, Frank Stronach est moins connu que sa fille Belinda. Cette fugace députée fédérale s’est fait connaître pour avoir traversé la Chambre et avoir largué sans cérémonie son compagnon, l’actuel ministre de la Défense nationale, Peter MacKay. Mais il est de notoriété publique que Frank Stronach, cet immigré autrichien qui a fondé Magna en 1957 dans un garage de Toronto, ambitionne de devenir constructeur en propre. Celui-ci a investi plus de 1,5 milliard de dollars dans Magna en échange d’une participation de 20%. Mais cette association controversée s’est disloquée l’automne dernier en raison des difficultés financières de Deripaska, qui peine à refinancer ses dettes.
Malgré tout, les yeux de Frank Stronach sont toujours rivés sur la Russie, le marché automobile qui connaissait la croissance la plus forte en Europe avant que n’éclate la crise financière. Pour prendre le contrôle de l’exploitation d’Opel, Magna s’est associée à la banque d’État russe Sberbank. Réunis, ces partenaires possèdent 55% d’Opel, alors queGM(35%) et les employés (10%) se partagent le reste.
Magna a joué de chance avec Opel. Le constructeur italien Fiat croyait l’emporter pour former un groupe industriel dominant avec Chrysler. Mais en Allemagne, Magna s’est gagné la faveur des dirigeants syndicaux et des politiciens en quête de réélection, en annonçant une restructuration moins douloureuse. La moitié des 50 000 salariés d’Opel travaille au pays de Goethe.
En Europe, Magna fabrique déjà en sous-traitance certains modèles, comme les BMWX3, les Jeep Commander et les camions Mercedes-Benz de classe G.
Frank Stronach avait tenté de racheter Chrysler au printemps de 2007 des mains de Daimler, mais il s’était fait damer le pion par le fonds américain Cerberus – ce dont il se félicite maintenant. À la même époque, il s’est associé à l’oligarque russe Oleg Deripaska, qui contrôle le constructeur automobile GAZ. Magna compte néanmoins abolir 11 000 postes.
Toutefois, Magna a en quelque sorte créé sa chance. L’entreprise se trouve en excellente santé financière, même si sa rentabilité se dégrade, compte tenu des difficultés de ses principaux clients, GM en tête. L’entreprise avait 1,75 milliard de dollars américains en liquidités au 31 mars.
Frank Stronach, qui a émigré au Canada à 21 ans avec 200$ dans sa valise, a tiré des leçons de ses mésaventures. Au début des années 90, alors que la récession et la guerre du Golfe faisaient rage, ce self-made-man a failli perdre son empire, lourdement endetté à la suite d’une série d’acquisitions.
Aujourd’hui, Magna a un chiffre d’affaires de 23,7 milliards de dollars américains et emploie 82 000 personnes dans 240 usines de par le monde.
Malg r é t out , F r a n k Stronach, passionné de courses de chevaux, reste un gambler dans l’âme. D’ailleurs, son entreprise de pistes de course, Magna Entertainment, s’est mise à l’abri de ses créanciers en mars, à la suite d’investissements insensés. Frank Stronach n’en fait généralement qu’à sa tête, une liberté que lui procurent ses actions à droit de vote multiple, avec 300 votes par titre!
Investir dans un constructeur d’automobiles en 2009, même au rabais, reste un sport dangereux. À plus forte raison quand on se met à concurrencer ses propres clients. Cela ne posera évidemment pas de problème à GM, qui reste actionnaire d’Opel. Cela dit, la relance d’Opel sous une nouvelle administration ne réglera pas le problème de fond de surcapacité de l’industrie !
En revanche, la concurrence de Magna pourrait être mal reçue par Fiat, Bayerische Motoren Werke et Volkswagen. Ces clients et nouveaux rivaux pourraient exercer des représailles à l’endroit de Magna.
Frank Stronach croit que, en cette période de collaboration et de partenariats entre constructeurs, les fabricants européens ne prendront pas ombrage de son investissement dans Opel. Mais cela reste à voir.
Et puis il y a le fameux marché russe, un marché qui, malgré les relations de Frank Stronach, reste un Far-West des affaires.
La route pour le premier constructeur de voitures du Canada s’annonce sinueuse.



RÉPARER LE CAPITALISME -  Guy Sorman
Notre système économique est aussi imparfait que les sociétés elles-mêmes, mais il a tout de même extrait presque toute l’humanité de la misère
Ceux qui espèrent en la crise finale du capitalisme vont, de nouveau, être déçus. La crise dans le capitalisme n’est pas niable, c’est la troisième récession en un siècle, mais elle n’est pas une crise du capitalisme. Au rebours des années 30, et des années 70, les critiques – toute critique est légitime – ne proposent pas de système alternatif : le fascisme des années 30 et le socialétatisme des années 70 ne sont plus des choix crédibles. Il est chez les économistes à peu près entendu que le capitalisme est aussi imparfait que les sociétés humaines elles-mêmes, mais qu’il a tout de même extrait l’humanité – presque tout entière –, hors de la misère, et ceci, dans toutes les civilisations. Il reste à réparer le système, ce qui ne sera pas simple et exige au préalable une juste compréhension de ce qui doit être réparé. Les économistes et les gouvernements qui plus ou moins les écoutent sont, en fait, confrontés à deux crises distinctes ; l’une est banale, l’autre est révolutionnaire.
La première exigence, souvent éprouvée dans le passé, exige de rendre la transition humainement tolérable entre des activités surannées et des métiers futurs que l’on ne connaît pas encore. Ce processus dit de « destruction créative » – abandonner l’ancien pour passer au nouveau – est le moteur du capitalisme : à un certain degré, il exige une collectivisation des risques, c’est-à-dire une prise en charge des dégâts par l’État. Tel fut le scénario suivi dans tous les pays industrialisés dans les années 70, lorsque les charbonnages, la sidérurgie, le textile partirent vers des lieux d’exploitation plus profitables, l’Asie et l’Amérique latine, en particulier : les États ont su gérer cette transition, ce qui sauva le capitalisme en le rendant économiquement plus profitable et socialement plus acceptable.
Ce scénario-là se répète en ce moment, à l’identique aux États-Unis dans l’industrie automobile et, en partie, dans le secteur bancaire. Sans doute, la construction automobile estelle à terme condamnée en Amérique du Nord; et le secteur financier est certainement surdimensionné, partout, par rapport aux besoins de l’économie réelle. Les gouvernements nord-américains et européens s’emploient donc à anesthésier sans trop de douleur un monde ancien pour accoucher d’un monde nouveau : cette transition, dit Barack Obama, n’est pas une nationalisation. Et l’art des patrons capitalistes, peaufiné au cours des siècles, consiste à mutualiser leurs pertes : rien de très nouveau à ce seuil.
Plus complexe est la crise financière. Il se trouve, et c’est la cause de la crise que le marché financier est devenu un objet, quelque peu monstrueux, distinct de l’économie réelle. On sait à peu près comment fonctionne l’économie réelle: elle obéit à des modèles relativement prévisibles selon des lois que les économistes et les gouvernements maîtrisent à peu près. Mais le marché financier obéit à ses propres lois que nul ne connaît vraiment ni ne maîtrise: ainsi, les cours de la Bourse ne montent-ils ni ne descendent en fonction des résultats des entreprises cotées, mais en fonction de la stratégie financière des investisseurs. Le choix des investisseurs agit sur les prix qui agissent sur les stratégies d’investissement: la boucle est autonome.
Cette déconnexion entre économie réelle et finance virtuelle n’est pas constante: les deux sont conduits tôt ou tard à coïncider, mais on ne sait pas quand. Cela peut prendre 10 ans. Toutes les tentatives de modéliser le comportement du capitalisme financier ont jusqu’ici échoué, en particulier les grands écarts du type présent. La loi de la finance est le « hasard sauvage » (l’expression est du mathématicien Benoît Mandelbrot).
Pourrait-on se passer du capitalisme financier pour se recentrer sur le capitalisme réel? Non, car il n’est pas d’innovation réelle sans finance virtuelle. Par ailleurs, l’énorme croissance mondiale depuis 25 ans, dont le quasi-monde entier a bénéficié, a été rendue possible par des innovations financières, aujourd’hui sulfureuses, mais hier bénéficiaires, comme la titrisation du crédit hypothécaire. C’est donc l’excès de la finance qui est périlleux, mais peut-on le réglementer? Tel est le cri du jour.
On oublie que ce marché financier était déjà très réglementé avant la crise boursière : ces règles se sont avérées contre-productives et appliquées par des régulateurs incompétents. La réglementation a accéléré la crise, obligeant par exemple, les banques à vendre leurs actions, ce qui a fait s’effondrer les cours.
Sans aucun doute, la crise présente fera progresser la connaissance et la prévoyance du risque: un meilleur encadrement devrait recoller le marché financier et l’économie réelle. La crise sera terminée lorsque les entrepreneurs, travailleurs, consommateurs et investisseurs, croiront que les deux ventricules du capitalisme de nouveau battront au même rythme. Le capitalisme, en définitive, repose sur la confiance qu’on lui porte et les services concrets qu’il rend: nul n’est censé aimer le capitalisme.

La «disneylandisation» de la politique - Mario Roy
L'actuelle crise économique compte parmi les échecs du capitalisme. Elle est unanimement vue comme telle, bien que les opinions divergent quant à la façon de corriger et d'empêcher à l'avenir de semblables dérives.
Unanimement? Pas tout à fait. La critique radicale du capitalisme, exprimée notamment la semaine dernière dans un manifeste politique de Québec solidaire, voit les choses autrement. Ce document n'est pas unique dans sa teneur. Il possède une parenté évidente avec, par exemple, les écrits du journaliste et essayiste français Hervé Kempf. Nous le mentionnons ici parce que ses deux récents ouvrages sont devenus des best-sellers, mais on pourrait tout aussi bien évoquer plusieurs auteurs ou scribes dont les démonstrations sont comparables.
Ainsi, il faut «dépasser le capitalisme», estime le collectif de Françoise David et Amir Khadir; ou bien «sortir du capitalisme», conseille Hervé Kempf.
Dépasser ou sortir? L'idée est la même. Tant d'un point de vue socioéconomique (Québec solidaire) qu'écologique (Kempf), la crise actuelle n'est au fond qu'un soubresaut assez banal d'un système dont la nature profonde a toujours été viciée et le sera toujours. Ce qui le rend irréformable.
«Ceux qui veulent refonder le capitalisme passent à côté des vraies questions», dit Québec solidaire. Même «la croissance verte est une illusion», ajoute Kempf, discréditant à l'avance ce que plusieurs, dont le président américain Barack Obama, voient comme le prochain champ d'exercice de la stupéfiante capacité d'innover du capitalisme.
La virulence de la critique radicale du capitalisme n'est pas proportionnelle à l'ampleur des échecs de celui-ci. En période de croissance et de prospérité, ce système est vu comme tout aussi vicié et irréformable: en France et au Québec, la vulgate anticapitaliste moderne a été boulonnée pendant les Trente glorieuses et la Révolution tranquille, périodes fastes s'il en fut.
Or, aujourd'hui comme hier, échafauder des scénarios dont la prémisse est la disparition, ou le dépassement, ou la sortie, du capitalisme est un investissement dans l'équivalent idéologique des fameux... papiers commerciaux! Le capitalisme ne disparaîtra pas parce qu'il n'existe rien dans le monde réel à mettre à la place. De sorte que tout changement (même lourd, et il en faudra) s'inscrira forcément à l'intérieur de son cadre général.
On peut plaider que nourrir l'utopie est une activité saine et bienfaisante. Mais, dans les faits, cela concourt à la disneylandisation du débat politique. C'est-à-dire à l'insertion de celui-ci dans un monde merveilleux, fantasmagorique, où s'estompe la frontière entre la réalité et la fiction; où tout paraît concevable; où se liquéfie la nature même de la politique, qui est précisément l'art du possible.
À y réfléchir, il est douteux que ce soit sain et bienfaisant.
Pour sortir de la crise: dépasser le capitalisme?, Québec solidaire, www.quebecsolidaire.net/accueil Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf, Le Seuil.




La bulle enflait, enflait... et les Japonais s’éclataient
TOKYO — Le 29 décembre 1989, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo atteignait en clôture 39 915,87 points : apogée de la frénésie spéculative et de la fièvre acheteuse qui avaient contaminé la société japonaise. Vingt ans après, on se souvient de la « bulle » avec nostalgie ou honte.
Le Japon a mis une décennie à se remettre de la frénésie spéculative et de la fièvre acheteuse qui avaient contaminé la société nippone en 1989.
« Mon mari travaillait dans le secteur du bâtiment. Les primes étaient d’un montant faramineux, à tel point qu’on a presque pu rembourser le prêt contracté pour l’achat de notre appartement en deux ans », témoigne anonymement une mère de famille.
« À l’époque, j’étais femme au f oyer, mais, pour me donner de l’importance, je me promenais avec un gros agenda, ce qui n’avait pas de sens », reconnaît-elle.
« J’étais au collège. Mon père disait que nous étions une fa mille pauvre, mais durant la période de la bulle, notre situation s’est améliorée d’un seul coup », renchérit une autre sur un forum en ligne.
« Anniversaire ou pas, je n’avais qu’à dire que je voulais quelque chose pour qu’on me l’achète. La maison s’est emplie des plus récents appareils électroménagers », ajoute-t-elle.
Et d’avouer : « Mon père a gagné beaucoup d’argent en boursicotant ».
Destination préférée pour les voyages scolaires en 1989? La Bourse de Tokyo!
« Tout le monde était devenu spéculateur : on achetait quelque chose – un terrain, un appartement, un tableau, un bijou – en se disant que si on le revendait le lendemain, on toucherait le magot », souligne un ancien employé de banque, Jun Ikeido.
À la veille de Noël, le magasin Tiffany, dans le quartier tokyoïte chic de Ginza, avait des airs de braderie. Armani, Versace, Rolex... le Japon était devenu pour les marques de luxe étrangères un paradis.
Pour les fabricants et les commerçants, « baburu jidai » ( période de la bulle) rimait avec « tout se vend ». « Surtout les produits chers », ricanaient les profiteurs, alors légion.
« Les gens avaient confiance en leur banquier, qui leur prêtait de l’argent et leur promettait de continuer. La responsabilité des banques dans la formation de la bulle était énorme », selon M. Ikeido.
La spéculation boursière et immobilière toucha it d’abord les entreprises qui investissaient dans des terrains de golf, hôtels et autres lieux de villégiature où se ruaient des salariés généreusement rémunérés.
Dans les feuilletons de télé, le héros était un blanc-bec frais émoulu, mais qui habitait déjà dans un immense appartement chèrement meublé à l’occidentale et allait draguer dans des restaurants et bars renommés de Tokyo, souvent aux frais de l’entreprise.
Les étudiants recevaient, plus d’un an avant la fin de leur cursus universitaire, des centaines d’imprimés racoleurs de sociétés et collectionnaient les promesses d’embauche. La soif d’argent dégénéra aussi en retentissants scandales politico-financiers que symbolisa la tentaculaire affaire de corruption « Recruit », maison d’édition touche-à-tout qui distribuait à qui pouvait lui être utile des actions boursières non déclarées... à revendre au bon moment.
Une décennie pour s’en remettre
Las, six mois après avoir atteint son maximum historique du 29 décembre 1989, le Nikkei ne valait plus que 32 000 points, et seulement 17 000 fin 1991.
La bulle n’éclata pas soudainement, dans un krach boursier, mais se dégonfla lentement et inexorablement, étouffant d’abord les secteurs de l’immobilier et de la finance, avant d’asphyxier toute l’économie. Le Japon a mis 10 ans à s’en remettre, connaissant quelques brèves périodes de rémission, avant de replonger l’an passé, à cause de la crise financière mondiale. Le Nikkei est tombé à 7054 points le 10 mars 2009 et tourne aujourd’hui aux environs de 10 500 points.

La part de marché américain du subprime revenue au sommet de 2006

WASHINGTON — La part du marché des nouveaux prêts immobiliers aux États-Unis accordés à des ménages au profil financier risqué ( subprime) est revenue à son sommet atteint en 2006, révèle une étude d’un économiste de la banque centrale américaine publiée hier.
Contrairement à la situation qui avait mené à la crise des dans un prêt sans garantie publique. le privé ne se lance presque plus maintenant
« La part des emprunteurs avec un score de crédit de moins de 660 ( présentant des garanties limitées) est revenue juste au-dessus de 20 %, la même que lors du sommet de la titrisation des s ubprimes en 2006 » , i ndique dans cette étude John Krainer, économiste de la Banque de réserve fédérale de San Francisco.
Selon lui, cette part était t ombée à « prat i quement zéro » au début de 2008.
La t it r i sation des prêts immobiliers subprimes est une technique qui consistait pour les banques à transformer ces crédits risqués en titres financiers vendus sur des marchés ni centralisés ni régulés.
Avec la chute du prix de l’immobilier, la valeur ces t it res s’est ef fondrée et a entraîné une cascade de pertes pour les banques qui ont abouti à la crise financière et économique mondiale.
M. Krainer note toutefois de t rès fortes différences entre les subprimes actuels et d’avant-crise.
Actuellement, « les t rois organismes de refinancement hypothécai re parapubl i cs apportent un soutien sans précédent au marché immobilier, détenant ou garantissant près de 95 % des nouveaux prêts hypothécaires résidentiels », note M. Krainer.
Le privé ne se lance donc presque plus dans un prêt subprime sans garantie publique.
Par ailleurs, « l’écriture de nouveaux prêts hypothécaires a considérablement ralenti ces deux dernières années (...) L’endettement net des ménages adossé à un prêt hypothécaire a reculé chaque trimestre depuis le début de 2006, et est maintenant négatif pour la première fois depuis les années 1970 ».
Le volume des subprimes a chuté par rapport à 2006, le marché du prêt immobilier s’étant effondré en trois ans.
Enfin, la nature des prêts subprimes a changé, emprunteurs et prêteurs étant obligés de se conformer aux règles plus strictes de Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae.
« Les titrisations réalisées en dehors des organismes parapublics avaient beaucoup plus de probabilité de comprendre des prêts à taux variable (...) et de s’accompagner de renseignements incomplets sur les revenus et actifs de l’emprunteur », affirme M. Krainer.
« Avec la vaste majorité du prêt hypothécaire actuel désormais intermédié sous une forme quelconque par les organismes parapublics, il sera difficile pour le marché immobilier de revenir à la normale », croit l’économiste.
À ce jour, le Trésor a consacré 95,6 milliards US, et la Réserve fédérale 766,5 milliards US, au sauvetage de ces entreprises.
En dehors d’elles, « la titrisation et les prêts détenus dans les portefeuilles de prêteurs ( privés) se sont largement taris », souligne l’auteur de l’étude.

Un an après, qu’est-ce qui a changé?
  -  ALAIN DUBUC
Qu’est-ce qui a changé, un an après que la faillite de Lehman Brothers ait déclenché une réaction en chaîne qui nous a menés à cette crise financière historique ? Pas grand-chose.
Il aurait été naïf de croire que cette crise, aussi sévère soit-elle, n’entraîne un effondrement du capitalisme ni même l’avènement d’un nouvel ordre mondial. L’économie de marché est un modèle souple, capable de se régénérer. On se serait cependant attendu que les transformations soient assez substantielles pour montrer de façon tangible que, collectivement, nous avions appris de nos erreurs.
Mais, pour reprendre le titre de l’essai que j’ai consacré à la crise, les démons du capitalisme sont toujours bien vivants. Les efforts pour mieux contrôler les marchés financiers sont certes sur la bonne voie. Cependant, la culture qui a mené à la catastrophe, celle de l’imprudence, de l’avidité, de la spéculation, n’est hélas pas morte, ni même en veilleuse.
Cela tient peut-être au fait que cette crise, aussi sévère a-t-elle été, n’a pas eu l’ampleur que l’on avait craint. La récession ne s’est pas transformée en dépression. La reprise est arrivée plus vite que prévu. Le système financier, quoique fragile, n’est plus au bord du gouffre. Cela a créé un faux sentiment de sécurité, un retour au «business as usual», et sans doute un sentiment d’invulnérabilité chez ceux qui ont été les principaux responsables de cette crise.
Il y a heureusement des progrès. Le rôle nouveau que joue le G20 dans la coordination des actions internationales est prometteur. Les efforts pour mieux encadrer le monde financier et pour identifier les risques systémiques avancent, quoique ce soit long et compliqué. On pourra mesurer ces progrès la semaine prochaine, lors de la réunion du G20 à Pittsburgh.
Mais les consensus sont difficiles, les clivages Europe-États-Unis restent importants, notamment parce que les Européens ont davantage la réglementation facile. Et surtout, on ne sait pas jusqu’où les États-Unis, dont l’intervention est pourtant essentielle, pourront aller. Le train de réformes financières – avec un organisme de protection des consommateurs, un rôle de policier pour la Réserve fédérale – que le président Obama défendait encore avec passion ce lundi à New York, fait face à d’importants obstacles.
Le président rencontre des résistances idéologiques similaires à celles qu’il rencontre en santé: un refus de l’État, un culte du chacun-pour-soi, le spectre du socialisme. Sa capacité d’action est limitée par un Congrès et un Sénat qu’il ne contrôle pas vraiment. Wall Street réagit mal à cette réforme. Signe d’un retour à la «normale», le monde financier reproche au président un interventionnisme qui l’a pourtant sauvé et que son irresponsabilité avait rendu nécessaire.
Le plafonnement de la rémunération des dirigeants d’institutions financières est une autre pomme de discorde. On a accordé beaucoup d’importance à cette question, parce qu’elle permet d’exprimer l’indignation des citoyens, et parce que c’est le seul élément du dossier qui se prête au débat public et au discours politique. Les rémunérations excessives sont surtout importantes pour ce qu’elles révèlent, la concentration de la richesse dans le monde financier, au détriment de l’économie réelle.
La résistance aux réformes du président Obama, les pratiques de rémunération qui n’ont pas assez changé, la capacité de Wall Street de retrouver son euphorie, montrent qu’il a bien du chemin à faire pour venir à bout de la culture responsable de la débâcle. Les ravages de la spéculation, qu’on pense au pétrole ou à notre dollar, montrent aussi qu’il reste bien du chemin à faire pour nous protéger des dérèglements des marchés financiers.


Sortirons-nous grandis de la crise? -  ALAIN DUBUC
Peu d’efforts ont été déployés pour corriger notre principal problème économique, notre retard en productivité.
Plusieurs pays ont tenté de se servir de la crise comme d’un tremplin, en utilisant les énormes moyens déployés dans le combat contre la récession pour rendre l’économie plus compétitive, pour mieux rebondir et sortir renforcés de l’épreuve. C’est le sens, par exemple, du plan de relance du président Obama, qui consacre des ressources importantes à l’éducation, à la recherche et au développement durable.L’Ontario a perdu quelque 234 000 emplois depuis le début de la récession, notamment dans le secteur automobile.

Est-ce le cas ici? Sortirons-nous renforcés de cette crise? Ce n’est pas évident du tout. Le risque est grand que nous nous retrouvions avec exactement les mêmes problèmes qu’avant, dans un contexte plus difficile, et avec moins de moyens pour les résoudre.
Pendant que nous étions accaparés par la récession, nous avons eu tendance à oublier les enjeux qui semblaient prioritaires avant que la crise n’éclate. Les lucides se sont inquiétés du choc démographique et de la crise financière vers laquelle se dirigeait le Québec. Deux rapports, ceux de Jacques Ménard et Claude Castonguay, décrivaient l’impasse du système de santé. Mon essai, Éloge de la richesse, portait davantage sur les retards du Québec en termes de productivité et de niveau de vie. Le même constat peut être fait pour le Canada où les succès pétroliers de l’Ouest ont créé une illusion de prospérité et masqué le fait que le Canada est un pays en perte de vitesse. Les pertes massives d’emplois en Ontario, 234 000 depuis le début de la récession, illustrent cette fragilité.
Qu’est-ce qui nous attend après la crise? Le problème démographique sera exactement le même. Le problème financier s’aggravera. Au plan québécois, la situation était déjà précaire, avec un endettement élevé et une marge de manoeuvre nulle. Le dernier budget de Monique Jérôme-Forget prévoyait des déficits pour plusieurs années, mais ne proposait pas de démarche convaincante pour revenir à l’équilibre. Et le risque est fort que les choses empirent, si on regarde ce qui se passe du côté d’Ottawa. Le déficit fédéral, prévu à 34milliards dans le dernier budget, a explosé et dépassera plutôt les 50 milliards.
Quant à la compétitivité de l’économie, on n’observe aucun progrès notable. Peu d’efforts ont été déployés pour corriger notre principal problème économique, notre retard en productivité. Le budget fédéral insistait sur des mesures de relance immédiates – avantages fiscaux ciblés, travaux d’infrastructures – et contenait très peu de mesures que l’on pourrait qualifier de structurantes. Dans le budget du Québec, où l’on trouvait peu de mesures nouvelles, l’effort de relance reposait essentiellement sur le vaste programme d’infrastructures déjà en marche.
En sortie de crise, nous nous retrouverons donc avec des gouvernements endettés, sans marge de manoeuvre, peut-être forcés d’alourdir le fardeau fiscal, avec une économie fragilisée, par exemple dans l’automobile ou la forêt, avec des entreprises qui auront moins de ressources pour l’investissement. Le tout dans un contexte politique qui ne favorisera pas autant les efforts de création de richesse, parce que la crise a provoqué un glissement idéologique qui renforce la méfiance à l’égard du secteur privé et des marchés.

Bien sûr, à court terme, le Québec et le Canada connaîtront sans doute une embellie. La récession est moins forte au Canada que dans les autres pays industrialisés, et elle est moins forte au Québec que dans plusieurs autres provinces. Résultat, notre classement pour le niveau de vie s’améliora sans doute. Mais ce sera une victoire illusoire, parce qu’elle reposera sur les problèmes des autres plutôt que sur nos propres succès. Un peu comme un joueur de tennis qui remporte un match parce que son adversaire a une cheville foulée.


Wall Street 
Un air de déjà-vu...
WASHINGTON — Wall Street a peut-être trouvé le moyen de se débarrasser des créances douteuses qui engorgent les marchés financiers. Le hic, c’est que le tour de passe-passe rappelle furieusement les méthodes à l’origine de la crise.
Depuis quelques mois, des banques d’investissement toilettent en effet de vieux titres adossés à des crédits immobiliers pour les revendre comme de nouveaux produits f i nanciers sûrs. Le caractère douteux des créances se dissout rapidement dans la masse financière, mais en cas de défaut d’un maillon de la chaîne, comme cela s’est produit avec la crise des subprimes (crédits hypothécaires à haut risque), le marché s’effondre comme un château de cartes.
« Il y a comme un air de déjà-v u dans t out c ela » , constate Herbert Kaufman, professeur d’économie à l’Université d’État de l’Arizona.
La méthode appliquée de façon un peu plus transparente cette fois pourrait toutefois régler l’un des grands problèmes de la crise financière, souligne-t-il, en recyclant les centaines de milliers de dollars de crédits hypothécaires qui encombrent le système et rendent les banquiers réticents à accorder de nouveaux prêts.
Ces titres datent de l’époque de la bulle immobilière. Pendant la flambée des prix, les banques ont acheté des créances risquées, leur ont attaché des c réances plus solides et ont vendu le tout sous la forme de titres sûrs, cotés AAA. L’appétit des investisseurs a encouragé les établissements à accorder des crédits de plus en plus risqués, y compris à des emprunteurs qui ne pourraient pas les rembourser.
Quand l’immobilier s’est effondré, il était à peu près impossible de déterminer la valeur de tous ces titres. Les banques et assureurs qui en possédaient savaient que certains étaient réellement sûrs et ne voulaient donc pas tout revendre à bas prix, tandis que les acheteurs refusaient de payer le prix fort pour des titres dont beaucoup ne valent plus rien.
L e s ba nques ont donc recommencé ces derniers mois à proposer des lots comprenant des créances solides et des créances un peu moins fiables, à des prix abordables. Et les nouveaux titres adossés à des créances immobilières reçoivent le label « AAA » qui rassure les investisseurs peu tentés par le risque. Quant aux dernières créances vraiment pas présentables, elles sont écoulées pour quelques sous à des investisseurs et des fonds d’investissement à risques prêts à tenter leur chance dans l’espoir de rafler la mise.
Pour le professeur Kaufman, cette nouvelle vague de titrisation représente cependant moins de risque que la précédente ca r les acheteurs connaissent la composition des lots. « Nous sommes revenus à la cuisine financière, indéniablement, mais je crois qu’au moins c’est fait différemment qu’avant la crise », explique-t-il.
Les titres AAA sont proposés par les banques à des fonds de pensions, des compagnies d’assurance et autres investisseurs tenus à des placements sûrs. Le danger étant que si le marché immobilier continue de s’effondrer, même l es i nvest i ssements AAA deviennent risqués. En outre, le système repose largement sur la clairvoyance des agences de notation, qui ont mal évalué le risque au coeur de la crise des subprimes.





Dette publique mondiale
Explosion de 45% entre 2007 et 2010
PARIS — La dette publique mondiale aura gonflé de près de 45% entre 2007 et 2010, soit une augmentation de 15 300 milliards US, et devrait atteindre l’année prochaine 49 300 milliards US en raison de la crise, selon un rapport de l’agence financière Moody’s.
Près de 80% de la hausse de la dette publique mondiale sera supportée par les sept pays les plus avancés du globe (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) qui « ont été les plus durement touchés par la crise », selon Moody’s.
À elle seule, la hausse de 15 300 milliards US représente plus de 100 fois le coût du Plan Marshall (ajusté de l’inflation) que les États-Unis avaient mis en oeuvre au sortir de la Deuxième Guerre mondiale pour aider à la reconstruction de l’Europe, note l’agence dans un communiqué transmis hier à l’AFP.
Près de 80% de cette hausse sera supportée par les sept pays les plus avancés du globe (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) qui « ont été les plus durement touchés par la crise », selon Moody’s.
Sur l’ensemble du globe, la part de la dette publique par rapport au produit intérieur brut ( PIB) devrait passer de 63% en 2008, un creux depuis 10 ans, à 80% l’an prochain, est-il indiqué.
« Avec la récession qui a touché la plupart des pays en 2009, le poids de la dette (le paiement des intérêts aux créanciers) devient plus difficile à porter », écrit Moody’s.
Seuil symbolique
Un seuil symbolique sera bientôt atteint. Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les 30 pays les plus avancés du globe verront leur dette publique grimper jusqu’à 100% de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en 20 ans.
Le Japon verrait sa dette publique flirter avec les 200% de son PIB, suivi par l’Italie (127,3%), selon ces prévisions.
Les causes de cette flambée sont connues – chute des recettes fiscales liée à la récession, flambée des dépenses publiques pour soutenir l’économie – mais ses conséquences le sont moins.
« Une dette à 100% du PIB signifie que tout ce qui a été produit pendant un an devrait être consacré au remboursement. Les gouvernements sont-ils en situation de le faire? » s’interroge Cinzia Alcidi, du Centre for European Policy Studies.
La question n’est pas purement rhétorique. Si les marchés venaient à douter de la capacité de remboursement des États développés, ils pourraient se détourner de leurs titres publics (bons du Trésor...) et assécher leur circuit d’approvisionnement en argent frais.
« Si la dette continue à grimper, on peut très bien imaginer qu’un pays ait du mal à se financer », observe Jean Pisani-Ferry, du centre d’études Bruegel.
Sans aller jusqu’au scénario noir de la faillite d’un État, comme l’Argentine à la fin de 2001, cette défiance des marchés aurait un coût.
« Si l’endettement se poursuivait, cela pourrait à terme être négatif » pour la bonne notation des États développés, qui leur permet d’emprunter à taux réduits, prévient Brian Coulton, de l’agence Fitch.
Un cercle vicieux pourrait s’enclencher. Contraints de relever les intérêts qu’ils payent à leurs créanciers, les États verraient la charge de la dette s’alourdir et pourraient s’endetter de nouveau pour y faire face. « C’est cela qui rend la dette explosive », souligne l’économiste Michel Aglietta.
Selon un « scénario extrême » de la Société Générale, l’endettement pourrait même provoquer « une nouvelle récession ». Et face à cette situation, les solutions ne sont pas légion.
Sur le papier, le retour de la croissance permettrait de réduire les déficits et le recours à l’emprunt public, mais cette éventualité est « très incertaine » en raison de la timidité de la reprise, selon Brian Coulton.
Les solutions de rechange semblent donc réduites. « Il faudra augmenter les impôts ou couper dans les dépenses publiques », résume Jean PisaniFerry. Et il faudra choisir le bon moment pour le faire pour ne pas étouffer la reprise.

Attention à la dette! avertit le FMI
WASHINGTON — Le Fonds monétaire international (FMI) a adressé hier une mise en garde aux pays avancés en jugeant que leur dette publique devrait at t ei ndre en moyenne 120% de leur PIB en 2014, et les a exhortés à « agir sur de nombreux fronts pour la réduire ».
Avec la montée des dépenses de relance publiques pour sortir leur économie de la crise, les pays avancés devraient voi r l eur det t e publ i que atteindre 120% de leur PIB en moyenne en 2014, estime Carlo Cottarelli, directeur du département des affaires budgétaires du Fonds, dans un entretien mis en ligne sur le site internet de l’institution.
Notant que la hausse de la dette publique dans les pays avancés est « sans précédent en temps de paix », M. Cottarelli estime que les gouvernements concernés devront « agir sur plusieurs fronts » pour éviter que le fardeau de la dette ne vienne couler leur économie, alors qu’ils feront face au « choc démographique » que représente le vieillissement de leur population.
Selon lui, « afin de ramener la dette publique à environ 60% du PIB dans les 20 ans à venir », les pays avancés devront passer de déficits budgétaires représentant 3,5 % du PIB en moyenne, à des excédents de l’ordre de 4,5 %.
Pour le responsable du FMI, « cela implique des réformes pour maintenir les dépenses de santé et de retraite à un niveau constant par rapport au PIB », mais aussi un gel des dépenses publiques par tête ou encore des efforts plus grands dans le domaine de la lutte contre l’évasion fiscale, ou la mise en oeuvre de taxes contre les émissions de carbone.
Dans ce même entretien, José Vinals, directeur du département des marchés financiers et monétaires du Fonds, déconseille fermement aux autorités politiques et monétaires de laisser filer l’inflation pour alléger le poids de la dette.
« Ça serait vraiment une mauvaise idée », dit-il, estimant que les risques induits par une forte hausse des prix (5 % dans son exemple) « ne valent pas le coup » d’être tentés au vu des résultats que l’on peut en attendre sur la dette.
« Nous savons par expérience qu’une hausse de la dette peut conduire à des pressions accrues sur les banques centrales pour qu’elles en baissent le coût du financement », ajoute-t-il, exhortant les gouvernements à « soutenir totalement l’indépendance de leur banque centrale ».

L’Amérique latine aura besoin de 400 milliards US en prêts... mais la caisse mondiale est à sec !...
MIAMI — Les gouvernements latinoaméricains auront besoin de prêts d’une somme cumulée de 350 à 400 milliards US en 2010 pour faire repartir leurs économies après la crise financière, a estimé hier une responsable de la Banque mondiale.
L’obtention de ces prêts ne sera pas facile, y compris pour des projets d’investissements, a mis en garde la viceprésidente de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Pamela Fox.
Les liquidités disponibles seront en effet en quantité limitée à cause de l’énorme demande mondiale, en particulier celle provenant des plans de relance des pays développés. « À la suite de la crise, les emprunts d’État ont atteint des niveaux inimaginables jusque-là », a souligné Mme Fox qui s’exprimait à Miami devant la Conférence des Amériques, réunissant dirigeants et représentants du service public des pays de la région.
Malgré une plus grande intervention dans l’économie, les États disposent de moyens d’action limités et « exigent plus des citoyens qui paient des impôts, en particulier ceux qui ont les plus hauts revenus et qui doivent s’attendre à subir une pression fiscale accrue », a-t-elle dit.
Mme Fox a souligné que, selon l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), moins de 4% des revenus des États en Amérique latine proviennent de l’imposition des personnes, comparativement à 27% dans les pays industrialisés.

La question à 8000 milliards - Michel Girard
Le quart des grandes multinationales américaines a bouclé l’année 2008 dans le rouge
Au cours de la seule année 2008, la Bourse américaine a vu sa capitalisation boursière (la valeur totale des actions négociées) fondre 8000 milliards US, soit de 41%.
V ous vous demandez encore pourquoi Wall Street vient de traverser sa pire crise depuis la grande dépression des années 30

Si le S& P 500 de la Bourse de New York s’est effondré de 56% lors du présent bear market, c’est parce que l’indice phare de Wall Street n’a jamais vu un si grand nombre de ses entreprises composantes subir d’aussi lourdes pertes.
Selon le magazine The Fortune, pas moins de 128 des 500 plus grandes multinationales américaines ont bouclé l’année 2008 dans le rouge, affichant ainsi de colossales pertes de quelque 520 milliards US, soit 4,2 fois plus qu’en 2007.
Du jamais vu depuis la création de Wall Street! Lors de la seule année 2008, les pertes de ces 128 entreprises ont atteint à elles seules le total des pertes accumulées lors des cinq précédentes années par les entreprises déficitaires du S& P 500. Bon an, mal an, environ une cinquantaine de multinationales inscrites à la cote de l’indice américain bouclent l’année dans le rouge.
C’est l’éclatement de la bulle américaine des subprimes hypothécaires, à partir du deuxième semestre de 2007, qui a entraîné la planète entière dans la plus grave crise financière et boursière des sept dernières décennies. L’écroulement de Wall Street a provoqué l’effondrement de toutes les grandes places boursières du monde, alors que les baisses moyennes, entre le haut et le creux du dernier cycle baissier, oscillaient autour des 55%.
Maintenant, pour vous montrer à quel point Wall Street est extrêmement tributaire de la rentabilité des multinationales de son principal indice, le S& P 500, regardons le désastreux impact que les 128 entreprises déficitaires ont eu en 2008 sur l’ensemble de la Bourse américaine.
Au cours de la seule année 2008, la Bourse américaine a vu sa capitalisation boursière (la valeur totale des actions négociées) fondre 8000 milliards US, soit de 41%.
Pour bien comprendre l’impact de ce dégonflement de 8000 milliards de la Bourse américaine sur les portefeuilles des investisseurs et des caisses de retraite, sachez que cela représente plus de la moitié du PIB des États-Unis. Autre comparaison significative : les pertes boursières de Wall Street en 2008 équivalaient à cinq fois le PIB du Canada!
Comme vous pouvez le constater, il ne semble pas, de prime abord, y avoi r de commune mesure entre les réelles pertes enregistrées par les multinationales américaines et l’ampleur des pertes boursières, lesquelles sont 16 fois plus élevées (8000 milliards/500 milliards). Convenons qu’i l s’agit ici d’un épouvantable ef fet multiplicateur.
Comment peut-on justifier pareil effet multiplicateur des pertes ? La réponse r é s i de en pa r t i e da ns l ’ i mpac t psychologique dévastateur que les déficits des 128 multinationales américaines ont eu sur le moral non seulement des actionnaires de ces entreprises, mais également sur celui de tous les investisseurs.
À cela, il faut bien entendu ajouter la baisse généralisée en 2008 de la profitabilité de l’ensemble des milliers d’entreprises inscrites à la cote des Bourses américaines. Il ne faut jamais oublier que la valeur boursière des titres négociés à la cote des grandes Bourses est tributaire des bénéfices déclarés, du genre de 15 à 20 fois les bénéfices, selon le secteur dans lequel oeuvrent les entreprises.
Pas d’odeur
Il est bien connu que l’argent n’a pas d’odeur.
C’est tellement vrai que les plus grands capitalistes du monde ont fait le pied de grue devant les gouvernements pour que ces derniers les sauvent de la catastrophe. Ils les ont même acceptés comme actionnaires de contrôle dans plusieurs cas.
Mais quelle ouverture d’esprit, en échange des centaines de milliards de dollars tirés directement des coffres de l’État. C’est ainsi que le gouvernement Obama est notamment devenu le principal actionnaire des cinq pires entreprises du S& P 500, soit de AIG, Fannie Mae, Freddie Mac, General Motors et Citigroup.


Le retour de la dette publique  -  RUDY LE COURS
Les États-Unis et le RoyaumeUni appartiennent aux résilients tandis que l’Espagne et l’Irlande, toutes deux décotées par S& P, appartiennent aux vulnérables.
Cette distinction indique que la hauteur de la dette n’est pas un critère unique d’évaluation. D’ailleurs, quand on considère la dette nette, c’est-à-dire cette qui prend en compte la valeur des actifs des pays (voir tableau) on constate que la situation du Royaume-Uni n’est pas aussi dégradée que celle de l’Italie et du Japon, bien qu’elle ait beaucoup à envier à celle du Canada.
Selon la classification de S& P, seuls 15 pays ont droit à la note AAA qui permet à ses détenteurs d’emprunter à moindre coût. Les États-Unis se classent 14e à ce palmarès. « Il y a à peine un an, S& P suggérait que Fannie et Freddie pourraient faire perdre aux États-Unis sa médaille AAA s’ils devaient venir à leur rescousse », rappelle Douglas Porter, économiste en chef adjoint chez BMO marchés des capitaux. On sait depuis que les deux sociétés
N’empêche. Les seules mesures de l’administration Obama porteront la dette américaine à hauteur de 90% du PIB l’an prochain, selon le FMI. Celles annoncées par les ministres des Finances canadiens porteront la nôtre aux environs de 65%.
Conséquence
La conséquence immédiate de la détérioration des finances publiques américaines, c’est le coût de leur financement et la perte d’attrait du billet vert.
« Pour les agences de notation de crédit, le cas des États-Unis représente un problème intéressant au cours de la prochaine année », écrivaient la semaine dernière Erik Nilsson et Mary Webb économistes chez Groupe Banque Scotia dans l’hebdo Capital Points.
Les Américains sont loin toutefois d’être les plus mal en point. Une étude récente du FMI fait des projections à l’horizon 2050 du coût relatif de la récession actuelle et du vieillissement de la population. Le Canada s’en sort le mieux parmi les pays avancés du G20 avec un coût de 1,9% du PIB contre 6,4% pour les États-Unis et 7,9% pour le Royaume-Uni.
LesAméricainsonttoutefois un immense avantage théorique sur les Britanniques, voire sur les Canadiens. L’État a recouru jusqu’ici beaucoup moins à son pouvoir de taxation: 33% du PIB, contre 38% pour le Canada et 40% pour le RoyaumeUni. « Contenir les pressions liées au vieillissement sera peut-être la clé pour apaiser les craintes de solvabilité fiscale au cours de la prochaine décennie, croit Stéfane Marion, économiste en chef à la Financière Banque Nationale. Comparée à celle de ses pairs, la situation des États-Unis ne paraît pas désespérée. »
Resteundéfide taille. Comment taxer davantage dans un pays où une bigoterie étrange associe impôts au viol de propriété ou à une entrave à la liberté? Pas facile non plus de diminuer les dépenses au moment où une réforme de la sécurité sociale devient d’autant plus pressante que les entreprises exigent des concessions à leurs travailleurs dans la couverture des soins de santé et des médicaments.

Des pays européens au bord du gouffre
— Un homme portant des chaussures noires impeccablement cirées se tient en équilibre précaire sur le rebord du toit d’un gratte-ciel.
Menacée de décote, la Grande-Bretagne est en mauvaise posture. Des analystes réclament la tête du premier ministre Gordon Brown.
L’image, utilisée dans la presse londonienne pour accompagner un article sur l’économie anglaise, illustre, par l’extrême, les difficultés éprouvées par le gouvernement de Gordon Brown.
L’agence de cotation Standard and Poor’s, dans un avis qui a eu l’effet d’un coup de canon, a prévenu la semaine dernière qu’elle pourrait retirer au pays sa note de crédit AAA en raison de la détérioration des finances publiques.
« Même en assumant des restrictions fiscales additionnelles... la dette gouvernementale nette pourrait s’approcher de 100% du produit intérieur brut et demeurer à ce niveau à moyen terme », ont prévenu les analystes de l’agence, qui attribue sa note maximale aux pays honorant toujours leurs dettes.
La mise en garde était prévisible au dire d’un chroniqueur du Daily Telegraph, Simon Heffer, qui parle d’une dette « massive, insoutenable, susceptible de plonger le pays en faillite ». « Les investisseurs potentiels devaient être avisés de la situation », a indiqué le journaliste, qui s’inquiète de l’introduction possible de nouveaux impôts pour compenser le manque à gagner.
« Ce serait un trou dans la tête dont nous n’avons tout simplement pas besoin », a relevé M. Heffer, qui réclame le départ de M. Brown.
Le dirigeant britannique peut se consoler, un brin, en prenant acte du fait qu’il est loin d’être seul à naviguer en eau trouble par les temps qui courent.
En témoigne notamment le fait que quatre autres pays – l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal – ont récemment subi des décotes en raison de l’état de leurs comptes publics. Il ne reste plus qu’une demi-douzaine de pays européens disposant de la note AAA.
« Tous les pays sont plus ou moins menacés (de décote) dans le contexte actuel », souligne Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Pour endiguer la crise, la quasitotalité des États de la zone ont mis de l’avant de coûteux plans de relance, incluant de généreuses mesures de soutien aux banques, qui pèsent lourdement sur les finances publiques.
Le ralentissement économique réduit parallèlement les rentrées d’argent des gouvernements, qui doivent emprunter massivement pour financer leurs opérations.
Dans le contexte actuel de « défiance généralisée », nombre d’investisseurs privés sont prompts à se tourner vers les obligations étatiques, limitant le coût à payer en terme d’intérêts, souligne M. Plane. La donne risque cependant de changer dans les années qui viennent lorsque les capitaux recommenceront à affluer vers le secteur privé.
La pression se fera plus forte pour réduire les dépenses publiques, limitant d’autant les perspectives de croissance.
« On risque fort de passer d’une crise qui se voulait conjoncturelle à une crise structurelle », prévient l’économiste de l’OFCE, qui ne prévoit pas un retour à la croissance sur le continent avant le second trimestre de 2010.
Plusieurs pays, en particulier en Europe de l’Est, sont déjà obligés de réduire dans leurs dépenses pour rétablir leur bilan. C’est le cas notamment de l’Ukraine, de la Lettonie et de la Hongrie, qui ont dû faire appel au Fonds monétaire international pour éviter la déroute complète.
Ces coupes, alors que flambe le chômage, risquent d’augmenter les tensions sociales. Une évidence rappelée il y a quelques jours par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.
« Si l’on ne prend pas de mesures, il existe un risque d’arriver à une grave crise humaine et sociale avec des implications politiques très importantes », a-t-il déclaré la fin de semaine dernière.


Le FMI s’inquiète pour les banques britanniques
— Le Fonds monétaire international ( FMI), qui prévoit une sévère récession de l’économie britannique cette année, avant le retour à une très maigre croissance en 2010, a mis en garde hier contre la fragilité persistante des banques du pays et la flambée de la dette publique.
Le FMI a salué les efforts du gouvernement de Gordon Brown et de la Banque d’Angleterre pour relancer l’économie et sauver les établissements financiers en difficulté, mais a adressé une sérieuse mise en garde contre la fragilité persistante du secteur bancaire britannique et la flambée de la dette publique.
« Les perspectives économiques sont très incertaines » pour le Royaume-Uni, et même si « des indicateurs récents suggèrent que l’activité économique a commencé à se stabiliser, la reprise sera vraisemblablement lente et limitée », a résumé l’institution sise à Washington, dans son rapport annuel sur l’économie britannique.
Le FMI a confirmé à cette occasion ses prévisions pour le Produit intérieur brut ( PIB) britannique, tablant toujours sur une contraction de 4,2 % cette année, avant un maigre rebond de 0, 2 % en 2010, comme i l l’avait indiqué au début du mois dans ses dernières projections économiques mondiales.
Le FMI a ajouté s’attendre à une poursuite de la hausse du chômage, à 9 % l’an prochain au sens du BIT. Il a déjà atteint 7,6 % sur les trois mois achevés en mai, un nouveau sommet depuis 12 ans, selon les statistiques officielles.
L’organisation, dirigée par le f rançais Dominique StraussKahn, a salué les efforts du gouvernement de Gordon Brown et de la Banque d’Angleterre pour relancer l’économie et sauver les établissements financiers en difficulté.
Mais el l e a a d r e s s é u ne sérieuse mise en garde contre la fragilité persistante du secteur bancaire britannique et la f lambée de la dette publique, appelant à un redressement des comptes publics une fois la crise passée.
« Les vulnérabi l i t és sousjacentes de l’économie britannique sont assez considérables », a souligné Ajai Chopra, chef de la mission du FMI auprès de la Grande-Bretagne, en présentant le rapport.
Concernant la dette publique, qui devrait doubler sur cinq ans, à 100% du PIB, il a affirmé que « le Royaume-Uni a eu jusqu’ici le bénéfice du doute » sur les marchés financiers, que ce soit le marché obligataire ou le marché des changes, mais que « cela ne durera pas éternellement ».
« Le gouvernement doit faire attention à ne pas tester les limites de la confiance des marchés » et devra prendre des mesures pour restaurer l’équilibre des finances publiques, s’il ne veut pas s’aliéner les investisseurs, at-il prévenu.
En ce qui concerne la santé des banques britanniques, « le secteur financier a été gravement malade, a été emmené aux urgences, et stabilisé, mais il n’est pas suffisamment rétabli pour recommencer à prêter » aux entreprises et aux ménages, a-t-il estimé, ajoutant qu’« il est important de renforcer les capitaux des banques ».
Cependant, le FMI a refusé de se laisser entraîner dans la polémique sur les dépenses publiques qui monte depuis plusieurs mois entre le gouvernement travailliste et l’opposition conservatrice, à l’approche des élections générales qui se tiendront au plus tard en juin 2010.
Le gouvernement accuse l’opposition de vouloir tailler dans le budget au risque de compromettre la reprise, et les conservateurs accusent en retour le premier ministre de mener les finances du pays à la ruine.
Il a souligné qu’il serait « prématuré » de commencer à réduire dès maintenant les dépenses publiques, mais qu’on pouvait néanmoins « commencer à réfléchir dès maintenant à la taille des ajustements nécessaires ».
« Le calendrier (des mesures de redressement budgétaire) est de la responsabilité des autorités, elles doivent s’assurer qu’elles seront en mesure de prendre des engagements », et « elles ne doivent pas se précipiter, ni traîner en longueur », a indiqué M. Chopra.


 

LE CANADA S’ENFONCE DANS LE ROUGE... MAIS MOINS QU’AVANT
« Les administrateurs (du FMI) ont félicité le Canada de ses résultats macroéconomiques remarquables, de la solidité de son cadre d’action et de sa démarche anticipatoire face à la crise. »
En admettant hier que le déficit budgétaire pour l’année en cours allait dépasser les 50 milliards de dollars, leministre desFinances Jim Flaherty établit un triste record : son nom sera associé au pire déficit nominal de l’histoire canadienne.
L’abysse précédent appartient au progressiste-conservateur Don Mazankowski qui avait signé en 1993 un budget où les dépenses excédaient les revenus de 42 milliards.
Lui-même inscrivait cette triste marque en défonçant le creux de 38 milliards établi par Marc Lalonde en 1984.
Les budget s La l onde et Mazankowski ont été présentés au moment où le Canada sortait de récessions peut-être encore plus graves que celle qui l’afflige aujourd’hui.
M. Flaherty s’était engagé cet hiver à créer cinq déficits d’affilée qui devaient totaliser 84,8 milliards. Celui de l’exercice en cours avait été fixé à 33,7 milliards.
Depuis, Ottawa a accepté de compenser l’Ontario pour l’harmonisation de sa taxe de vente à la TPS fédérale.
Ottawa lui versera en tout 4,3 milliards en 2010 et 2011, qui viendront s’ajouter aux déficits fédéraux déjà annoncés de 29,8 et de 13 milliards pour les années fiscales 2010-2011 et 2011-2012.
À ce rythme, le cap des 100 milliards en cinq ans est déjà franchi. tera environ 3,3% et près de 4%, s’il devait se creuser jusqu’à 60 milliards.
Celui de Washington dépasse les 10%.
M. Flaherty a l’avantage de gérer la récession au moment où les finances publiques font l’envie des autres pays.
Vendredi encore, le Fonds monétaire international n’avait que de bons mots pour le
Mais même à 50 milliards cette année, le budget de M. Flaherty représente un fardeau moins lourd que celui de M. Lalonde car la taille de l’économie canadienne est bien plus grande. Les 38 milliards de l’ex-ministre libéral correspondaient à 8,6% du PIB exprimé en dollars courants. Celui de M. Flaherty représenCanada. « Les administrateurs (du FMI) ont félicité le Canada de ses résultats macroéconomiques remarquables, de la solidité de son cadre d’action et de sa démarche anticipatoire face à la crise », lit-on dans leur note d’information au public. Ils ont appelé les autorités à rester vigilantes et à se tenir prêtes à agir si (d)es risques peu probables se matérialisaient. »
Déclin démographique
À moyen terme, le Canada reste confronté à son déclin démographique. Il réduira le potentiel de croissance de notre économie, à moins qu’il ne soit compensé par des gains de productivité. Au cours des dernières années, ces faibles gains ont représenté le point le plus faible du bulletin économique du pays.
« Pour revenir à l’équil ibre, le gouvernement devra récupérer l’argent qu’il a beaucoup dépensé alors que le potentiel diminue, note d’ailleurs Yves Saint-Maurice, économiste en chef adjoint au Mouvement Desjardins. Cela suppose donc une diminution des dépenses et/ou une augmentation de la taxation. »
On mesure ici mieux l’ampleur du dégât fiscal causé par l’abaissement de la TPS. Dans son énoncé budgétaire de janvier, le ministre Jim Flaherty estimait que la baisse de un point de pourcentage entrée en vigueur le premier janvier 2008 l’avait privée de 11,9% de revenus à ce chapitre. En fait, de 2007-2008 à 2009-2010, les recettes de la TPS passent 29,9 milliards à 25,8 milliards, soit un manque à gagner sur deux ans de quelque 7,8 milliards.
Il faut en fait au moins doubler ce chiffre puisque c’était la deuxième baisse de la TPS annoncée par le gouvernement de M. Harper.
Cela dit, la brutalité de la récession s’est fait sentir surtout durant l’hiver, soit pendant l’année financière 2008-2009. Le léger déficit de 1,1 milliard annoncé en janvier pour cette année s’est sans doute alourdi.
Il n’est pas non plus impossible que la reprise apporte, plus tard cette année, des recettes dont M. Flaherty ne voit pas l’ombre aujourd’hui. « Tout reste conditionnel à l’état de l’économie canadienne au deuxième semestre, souligne Stéfane Marion, économiste en chef à la Financière Banque Nationale.



Bernanke plaide pour une réduction du déficit
WASHINGTON — Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, a demandé hier aux États-Unis de réduire leur déficit budgétaire et à des pays comme la Chine de pousser leurs consommateurs à dépenser plus.
Les déclarations faites par le patron de la Fed au cours d’une conférence de la Réserve fédérale à Santa Barbara, en Californie, visent à réduire les déséquilibres internationaux et font écho aux engagements pris par les dirigeants du G20 lors du sommet de Pittsburgh en septembre dernier.
Elles interviennent aussi quelques jours après l’annonce par les autorités américaines vendredi d’un déficit de 1420 milliardsUS pour l’année financière 2009, qui s’est achevée le 30 septembre. Le déficit de l’année précédente s’élevait à 459 milliardsUS.
« Le plus grand défi qui se pose à moyen terme tant pour l’Asie que pour les États-Unis est d’arriver à une croissance économique plus équilibrée et, par la même occasion, de réduire davantage les déséquilibres mondiaux », a déclaré M. Bernanke.
Pour cela, a-t-il déclaré, « les États-Unis doivent augmenter leur taux d’épargne national » et « la façon la plus efficace d’y parvenir » passe par un « engagement clair » des autorités de Washington « à réduire le déficit » à long terme.
De leur côté, « la plupart des économies d’Asie » doivent « agir... pour faire augmenter leur demande intérieure », a ajouté M. Bernanke, selon le texte de son allocution distribuée à la presse.
Avec la crise, les ménages américains ont commencé à épargner davantage, et le déficit des comptes courants s’est réduit, tandis que, dans de nombreux pays d’Asie, des mesures de relance ont permis de doper la demande intérieure. Mais avec la reprise, « les déséquilibres pourraient réapparaître d’eux-mêmes », a dit M. Bernanke, qui s’exprimait au cours d’une conférence sur « l’Asie et la crise financière mondiale ».
« Nous devons éviter à tout prix que les déséquilibres non viables, en matière de commerce et de flux de capitaux, ne cessent de s’aggraver », a ajouté M. Bernanke, dont les arguments rejoignent ceux déjà exprimés par le Fonds monétaire international (FMI) et les engagements pris par les pays avancés et émergents réunis dans le G20.
Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a redit vendredi la volonté du gouvernement de ramener le déficit à des « niveaux viables à mesure que l’économie se reprendrait », mais n’a pas précisé la façon dont il comptait s’y prendre. M. Bernanke avait estimé le 1er octobre que le maintien de déficits budgétaires élevés risquait à long terme de menacer le statut du dollar comme monnaie de réserve de référence.
Ouverture des marchés
Revenant hier sur les effets de la crise financière sur l’Asie, M. Bernanke a estimé que celle-ci avait renforcé « l’engagement » des pays de ce continent en faveur d’une « croissance tirée par les exportations, soutenue par de forts excédents des comptes courants et une accumulation des réserves de changes ».
De ce point de vue, a-t-il ajouté, « la réponse de l’Asie à la crise semble loin d’avoir été efficace ».
Notant que les échanges commerciaux « semblent avoir été une courroie de transmission de la crise » à « presque toutes les économies d’Asie » et que celles dont le système financier était le plus ouvert ont le plus souffert du ralentissement, le chef de la Réserve fédérale a exhorté une nouvelle fois les dirigeants de la planète à « résister fortement au protectionnisme et à l’érection de barrières aux flux de capitaux ».
« Il y a des preuves considérables montrant que l’ouverture favorise une croissance économique plus forte sur le long terme », a-t-il dit.

La tentation  -  JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
La chute surprenante du taux de chômage à 8,4% et la création de 92 000 emplois à temps plein en septembre sont des signaux supplémentaires que l’économie canadienne prend du mieux.
Ces données encourageantes s’ajoutent à l’explosion de 61% de la revente des maisons depuis le début de 2009 qui a été annoncée mercredi. Cette augmentation avait déjà poussé les économistes de la BanqueTD à soulever l’éventualité d’un relèvement des taux d’intérêt dans un proche avenir.
L’Australie a lancé le bal en haussant son taux de base à 3,25% mardi. Les cambistes ont été prompts à prédire que le Canada serait le prochain pays industrialisé à emboîter le pas. La prudence s’impose toutefois avant de tenir pour acquis que le taux directeur figé à 0,25% décollera du plancher auquel il est cloué depuis le printemps.
Tout comme l’Australie, le Canada peut compter sur un système bancaire très solide. Tous deux ont mieux résisté à la crise économique. Leur marché immobilier a aussi bien tenu le coup. Mais là s’arrêtent les similitudes.
L’Australie a évité la récession technique et n’a connu qu’un trimestre de PIB négatif. On y a même enregistré une croissance de 1% au premier semestre de 2009. Au Canada, l’économie a régressé pendant trois trimestres. Et en juillet, nous avons connu un faux départ avec une croissance nulle du PIB.
La différence majeure a trait au commerce extérieur des deux pays. L’économie australienne a été revigorée par le plan de stimulation de la Chine, son principal partenaire. Quant au Canada, il fait principalement affaire avec les États-Unis, qui ont toutes les misères dumonde à s’extirper de la crise. Leurs 263 000 pertes d’emplois le mois dernier en sont une éclatante illustration.
En augmentant son taux directeur, la banque centrale australienne veut éviter que le taux d’inflation ne s’emballe. Encore là, rien à voir avec la situation canadienne, où les prix à la consommation sont stables.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, multiplie les mises en garde contre la hausse accélérée de la valeur du dollar, dommageable pour les exportations canadiennes, qui sont d’ailleurs retombées de 5% en août. Malheureusement, son appel n’a pas été entendu: le huard avoisine maintenant les 96 cents. Augmenter les taux ne ferait que propulser le huard davantage.
Néanmoins, il y a quelques jours, M. Carney a mis un bémol sur son engagement de ne pas toucher au taux directeur avant la mi-2010. Il viendra bien sûr un temps où la banque centrale devra resserrer sa politique monétaire pour ne pas mousser l’inf lation. Mais il faut d’abord s’assurer qu’une remontée des taux ne contribuera pas à tuer la reprise dans l’oeuf. Pour cela, on devra observer une croissance du PIB et des emplois dans le secteur privé, ce qui n’est pas le cas présentement.
Compte tenu des statistiques optimistes des derniers jours, la tentation sera forte pour la Banque du Canada de dégeler les taux. Il reste à savoir combien de temps elle saura y résister.

WASHINGTON 
Un second plan de relance n’est pas nécessaire
WASHINGTON — Le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants américains, Steny Hoyer, a indiqué hier qu’un second plan de relance de l’économie n’était pas nécessaire, malgré les mauvais chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier.
« Je ne suis pas prêt à étudier un second plan de relance » alors que « nous sommes en train de déployer les fonds » du premier, a déclaré M. Hoyer lors de son point de presse hebdomadaire, en réponse à une question sur les chiffres de l’emploi pour le mois de septembre.
Le président Barack Obama a promulgué en février un vaste train de mesures de 787 milliards US sur trois ans, destiné à faire redémarrer l’économie. La Maison-Blanche a indiqué lundi qu’elle n’avait « aucun plan » en préparation pour de nouvelles mesures de relance budgétaire.
« J’ai été déçu par les chiff r es du c hômage, comme tout le monde », a poursuivi M. Hoyer. « Toutefois, je me réjouis de voir que les chiffres des trois derniers mois de la précédente administration » étaient moins bons que ceux des « trois derniers mois ».
M. Hoyer a toutefois indiqué qu’il fallait « garder à l’esprit la possibilité de distiller de nouvelles mesures d’encouragement ».
Abordant la situation des personnes ayant perdu leur couverture de maladie à la suite de la perte d’un emploi, i l a expliqué que l ’administration devait « s’assurer qu’elles puissent faire le pont entre le chômage et le retour à l’emploi ».
À ce titre, il a évoqué la possibilité d’une « extension de la durée des allocations de chômage ».
Le département du Travail a annoncé vendredi que 263 000 emplois nets avaient été éliminés en septembre, ce qui a fait monter le taux de chômage à 9,8 %, comparativement à 9,7 % le mois précédent.
Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d’économie 2008, a plaidé vendredi dans le New York Times pour de nouvelles mesures de relance budgétaire.

Trop tôt pour un autre plan de relance, dit le secrétaire au Trésor américain
PARIS — Il est encore trop tôt pour envisager la possibilité d’un second plan de relance aux États-Unis, les mesures déjà engagées n’ayant pas encore produit leur plein effet, a estimé hier Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain.
« Je ne pense pas que nous soyons en mesure de prendre une décision » sur un nouveau plan, a indiqué M. Geithner à l’occasion d’un échange avec des internautes sur le site du journal économique Les Échos.
« Le plan de relance que nous avons adopté a été conçu pour être efficace sur une période de deux ans, et son plus gros impact sur les investissements devrait intervenir au deuxième semestre de cette année », s’estil justifié.
Le secrétaire au Trésor avait déjà estimé vendredi que la relance de l’économie américaine suivait « le cours prévu », laissant entendre que le gouver nement ne c omptait pas demander de supplément pour soutenir l’activité d’ici à la fin de l’année.
Le président américain Barack Obama a promulgué en février un plan de relance budgétaire doté de 787 milliards de dollars sur trois ans.
M. Geithner a ajouté hier que l’adoption de mesures pour encadrer et réguler le secteur financier devait venir compléter le plan de relance.
« Nous voyons des signes très importants de reprise sur les marchés américains (...) mais il est très important que nous travaillions avec le Congrès pour mettre en place une réforme globale du système financier, pour protéger davantage les consommateurs », a-t-il souligné.
Selon lui, cette réforme « exige des changements dans les pratiques de rémunération, pour mieux les adapter aux prises de risques. Nous ne voulons pas assister à un retour des pratiques à l’origine de la crise. »
Interrogé sur les mesures de relance adoptées en Europe, le secrétaire d’État au Trésor les a jugées « relativement substantielles, jusqu’à présent ».
Sur les marchés de produits dérivés, que les États-Unis souhaitent standardiser, M. Geithner a estimé que les approches américaines et européennes « sont très proches ». « Nous avons besoin d’une solution commune et mondiale pour ces marchés mondiaux, non de solutions régionales distinctes », a-t-il déclaré.
Le secrétaire au Trésor a par ailleurs estimé que « le dollar resterait la principale monnaie de réserve » internationale, alors que la domination du billet vert est de plus en plus contestée, notamment par la Chine et la Russie mais aussi par la France.
La prééminence du dollar « confie une responsabilité particulière aux États-Unis dans la restauration de la confiance dans le système financier et dans la réduction des déficits une fois que la reprise aura eu lieu », a déclaré M. Geithner.

Patience au G8 ANDRÉ PRATTE

Les dirigeants des pays du G8 sont réunis à L’Aquila, en Italie, notamment pour faire le point sur la situation économique. La rencontre se tient au moment où dans certains pays, des voix s’élèvent pour exiger des mesures de relance supplémentaires.
Les chefs de gouvernement du G8 ne s’entendent pas à ce sujet. Le président français, Nicolas Sarkozy, croit qu’« il faut pousser les pays qui le peuvent à faire davantage ». La chancelière allemande, Angela Merkel, s’inquiète plutôt de la croissance rapide de la dette publique et presse ses homologues de mettre au point des « stratégies de sortie ».
L’administration Obama n’a pas encore fait son lit. Une conseillère du président, l’économiste Laura Tyson, a confié mardi que le plan de relance initial de 787 milliards s’était peut-être révélé « un petit peu trop petit ». Par contre, le président lui-même a fait remarquer qu’emprunter davantage pour soutenir l’économie pourrait être « improductif ».
La version préliminaire du communiqué du sommet ne tranche pas la question. C’est que la situation est délicate. Comme le Fonds monétaire international l’a noté hier, « l’économie mondiale de stabilise, avec l’aide de politiques financières et macroéconomiques sans précédent ». Toutefois, la reprise reste incertaine et des risques importants demeurent. Les marchés sont craintifs, d’ailleurs. Après une remontée rapide, le prix du pétrole est en chute libre. Les Bourses glissent elles aussi. Plus important encore, le taux de chômage augmente partout et l’OCDE prévoit que cette tendance continuera jusqu’en 2010. Le Directeur parlementaire du budget à Ottawa s’attend à ce que le taux de chômage atteigne 9,4% en 2010 au Canada (contre 8,7% cette année).
Il se peut qu’après la stabilisation des dernières semaines, l’économie mondiale subisse une rechute. L’heure n’est donc pas venue pour les gouvernements de retirer les stimuli mis en place.
Faut-il faire davantage ? Le Prix Nobel d’économie Paul Krugman croit que oui. D’autres économistes pensent le contraire. Une chose est sûre, les gouvernements qui alourdiront davantage leur dette se retrouveront à moyen terme dans une situation financière précaire. Surtout si l’endettement croissant du secteur public provoque une perte de confiance et une hausse des taux d’intérêt.
Compte tenu du contexte pol it ique à Ottawa, les partis d’opposition ne manqueront pas d’exiger que le gouvernement augmente encore ses dépenses. C’est pourtant le premier ministre Harper qui a raison : « Avant d’envisager des mesures supplémentaires, les chefs de gouvernement devraient s’assurer que les programmes déjà annoncés livrent la marchandise. »
Dans le cas canadien, on sait que les projets d’infrastructure financés par les gouvernements commencent à peine à lever de terre. Pourquoi se lancer dans de nouvelles dépenses alors que les mesures du dernier budget fédéral n’ont pas encore pu porter fruit?
Le point de vue de Stephen Harper ne sera pas populaire ; c’est pourtant le plus sage.





BERLIN —  Une reprise meilleure qu’espéré
BERLIN — L’Allemagne, considérée comme le moteur économique de l’Europe, se remet de la récession qui l’a durement touchée.
  ASSOCIATED PRESS En Allemagne, la reprise économique est favorisée par des plans de soutien à la consommation et de lutte contre le chômage. Elle est particulièrement visible dans le secteur automobile, BMW versant même ce mois-ci une prime à ses employés.
La reprise y est favorisée par des plans de soutien à la consommation et de lutte contre le chômage. Elle est particulièrement visible dans le secteur automobile, BMW versant même ce mois-ci une prime à ses employés. Toutes les prévisions de croissance sont ainsi revues à la hausse.
Le PIB allemand a rétréci de 4,9 % en 2009, sa pire performance depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, tandis que d’autres pays européens se débattent encore entre ralentissement économique et dette publique, l’Allemagne, elle, est en plein rebond.
Jusqu’à présent, le gouvernement prévoyait une croissance de 1,4 % en 2010. Mais le ministre de l’ Économie, Rainer Brüderle, se dit certain qu’elle sera bien plus élevée à la fin de l’année.
L a Bundesbank ne l ui donne pas tort. Dans son rapport du mois de juillet, la banque centrale allemande estime que le produit intérieur brut a probablement augmenté extrêmement fortement au deuxième trimestre.
Elle n’avance pas de chiffre mais les estimations tablent sur 1,5 % de croissance trimestrielle, contre les maigres 0,2 % observés les deux trimestres précédents. Les statistiques officielles doivent être publiées le 13 août.
Les exportations demeurent le moteur de l’économie allemande, confirme la Bundesbank. Cependant, il y a un consensus parmi les économistes pour reconnaître le rôle que la demande intérieu re a la reprise.
Le gouvernement fédéral a injecté 80 milliards d’euros pour améliorer les infrastructures routières et scolaires – des chantiers qui continuent d’occuper les entreprises du bâtiment – et pour financer une prime à la casse automobile, qui a maintenant expiré.
Cela a soutenu les ventes de voitures en Allemagne en 2009.
joué dans Et cette année, les exportations automobiles ont augmenté vers des marchés tels que la Chine et les États-Unis.
Ilya quelques j ours , les constructeurs haut de gamme Daimler et BMW ont tous deux annoncé qu’ils revoyaient leurs prévisions de 2010 à la hausse. BMW va même verser ce mois-ci une prime d’en moyenne 1060 € aux employés de ses usines allemandes pour les remercier des efforts consentis durant la crise.
Malgré la récession, l’Allemagne a réussi à maintenir un taux de chômage relativement bas. Un programme que soutient le gouvernement permet en effet aux entreprises de faire travailler leurs employés en horaires réduits au lieu de les licencier. Cette formule, qui s’apparente au chômage partiel, a été largement utilisée.
Le nombre de salari és concernés a connu un pic à 1,5 million de personnes en mai 2009 et a depuis fortement diminué, au fur et à mesure que les salariés retrouvaient leurs horaires pleins.
Le mois dernier, l’Allemagne recensait 3,15 millions de demandeurs d’emploi, ce qui représentait un taux de chômage de 7,5 %. Cette proportion reste bien en dessous des nombres à deux chiffres relevés dans d’autres pays européens.



Les États-Unis doivent se rappeler la leçon japonaise
Les responsables américains qui songent à mettre fin aux stimulants économiques records risquent de répéter les mêmes erreurs qui ont plongé le Japon dans une stagnation de la croissance et qui ont fait perdre une décennie au pays, estime Richard Koo, de Nomura Research Institute Ltd.
L’éclatement de la bulle des actifs au Japon en 1990 a fait voler en fumée 16 000 milliards US, soit l’équivalent de trois fois l’économie du pays.
« Il ne s’agit pas d’un rhume, ça ressemble plutôt à une pneumonie », a lancé M. Koo, auteur de Balance Sheet Recession, un ouvrage publié en 2003 et qui porte sur les ennuis qu’a connus le Japon après que ses marchés boursiers et immobiliers eurent sombré en 1990. « Nous avons encore besoin des dépenses gouvernementales, a-t-il dit, et cela pourrait prendre jusqu’à trois à cinq ans avant de sortir de ce bourbier, même dans les meilleures circonstances. »
L e s c o mmenta i r e s d e M. Koo font écho aux propos de divers économistes, dont Paul Krugman, lauréat du prix Nobel, qui avertissent que le retour des États-Unis à la croissance au cours de la deuxième moitié de 2009 ne signifie pas qu’une reprise soutenue soit assurée. L’administration Obama cherche à contenir le déficit budgétaire record de 1400 milliards US au moment où la croissance reprend et à sauvegarder la valeur du dollar, qui est mise à mal.
« S’il faut retenir une leçon de l’expérience japonaise, c’est qu’on ne doit pas mettre fin aux stimulants fiscaux tant que le désendettement du secteur privé n’est pas terminé », a estimé M. Koo, 55 a ns, économiste en chef de la division de recherches de la plus importante maison de courtage du Japon. M. Koo a fait ces commentaires lors d’une entrevue dans ses bureaux à Tokyo la semaine dernière. « Lorsque nous verrons le secteur privé recommencer à emprunter, je serai celui qui criera le plus fort sur terre pour réclamer une réforme fiscale. Ce sera le moment de mettre fin aux stimulants », a-t-il dit.
M. Koo a calculé que l’éclatement de la bulle des actifs au Japon en 1990 a fait voler en fumée pas moins de 16 000 milliards US, soit l’équivalent de trois fois l’économie du pays. Les entreprises se sont alors concentrées sur le remboursement de leur dette plutôt que de lancer de nouveaux projets, ce qui a fait chuter la demande et provoqué un cycle marqué par la dégringolade des liquidités et des prix des actifs et la détérioration des bilans.
En ce moment, ce sont les consommateurs américains qui sont criblés de dettes. La dette des ménages américains s’est gonflée de plus de 10% chaque année de 2002 à 2005 alors que l’économie a progressé de 2,75% en moyenne.
La solution que préconise M. Koo, qui a déjà travaillé à la Federal Reserve Bank de New York, fait appel à des dépenses gouvernementales soutenues pour combler le vide laissé par la réduction des dépenses des consommateurs et des entreprises.
Les efforts de la Réserve fédérale américaine (Fed) sont insuffisants, a-t-il dit : « Les taux d’intérêt sont à zéro et rien ne se passe. Les entreprises et les ménages ne veulent pas emprunter de l’argent même à des taux de zéro; ils sont trop occupés à refaire leurs épargnes et à régler leurs dettes. »


LA FED JOUE DE PRUDENCE  -  RUDY LECOURS
La Réserve fédérale américaine ( Fed) redouble de prudence pour s’assurer que la reprise désormais visible de l’activité économique soit durable.
Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Voilà pourquoi elle ne se contente pas de reconduire la fourchette de négociation, mise en place en décembre, de son taux directeur au « niveau exceptionnellement bas » de zéro à 0,25% « pour une période prolongée ». La Fed réaffirme aussi que l’inf lation restera faible pendant quelque temps encore.
À l’unanimité, les membres de son Comité de politique monétaire indiquent aussi qu’elle va ralentir le rythme de ses achats de titres adossés à des créances hypothécaires (TACH) et de créances de ces émetteurs de titres afin de donner plus de temps aux marchés pour prendre le relais.
La Fed s’était engagée à acheter 1250 milliards de TACH et 200 milliards d’obligations émises par Freddie Mac et Fannie Mae d’ici la fin de l’année. Le délai est prolongé jusqu’à la fin du premier trimestre de 2010. Freddie et Fannie ont été mises en tutelle il y a un an.
« En août, elle avait agi de même en annonçant qu’elle étendait d’un mois, jusqu’à la fin d’octobre, son programme de rachat de 300 milliards de titres de dettes du gouvernement américain (Treasuries) », rappelle Sal Guatieri, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux.
Ces trois programmes représentent les moyens inhabituels mis en place par les autorités monétaires américaines pour stimuler l’économie quand elles eurent épuisé l’effet d’abaisser le taux directeur.
Jusqu’ici, la Fed a acheté 862 milliards de TACH et 129,5 milliards en obligations de Freddie et de Fannie, ce qui aura facilité « l’augmentation de l’activité dans le secteur de l’habitation ».
« La Fed réaffirme sa volonté de soutenir l’économie pour la remettre en santé bien qu’elle entend diminuer le dosage », explique Millan Mulraine, économiste chez TD Valeurs mobilières.
Les mesures d’assouplissement quantitatif de la Fed dans le secteur immobilier ont poussé à la baisse les taux d’intérêt hypothécaires.
Leur interruption soudaine aurait pu provoquer une hausse de 50 à 100 centièmes des taux hypothécaires de 30 ans, les plus populaires aux États-Unis, selon Peter Hooper, économiste en chef de la Deutsche Bank à New York, cité par l’agence Bloomberg.
Le communiqué de la Fed souligne que ses efforts, de même que ceux du gouvernement, jumelés aux forces du marché, « soutiendront un renforcement de la croissance économique et un retour graduel à des niveaux plus élevés d’utilisation des ressources » même si l’activité restera faible pendant quelque temps encore.
Il s’agit d’un ton nettement plus optimisme que celui adopté dans son communiqué du 12 août, où elle parlait plutôt « d’une contribution à un retour graduel à de la croissance soutenue ».
« La Fed est maintenant en mode d’attente, estime Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins. Avant de procéder à un changement de politique, elle voudra s’assurer que la reprise est durable. »
Si tel est le cas, la Fed paraît en harmonie avec la Banque du Canada. Son gouverneur, Mark Carney, a affirmé mardi soir que la reprise présente résulte des moyens extraordinaires déployés par les autorités monétaires et politiques. « Il y a du chemin à faire avant d’assister à une vraie croissance, une croissance attribuable au secteur privé. »
Cette i nterprétation est celle retenue par les marchés boursiers très enthousiastes depuis quelques mois. Après quelques minutes d’euphorie suivant l’annonce de la Fed, ils ont battu en retraite. Plusieurs i nvestisseurs craignent un retrait prématuré des moyens extraordinaires déployés pour sortir l’économie de sa torpeur.
Cela pourrait survenir plus vite que ce que suggère le communiqué de la Fed. « Les dernières semaines ont révélé que la situation peut s’améliorer relativement rapidement autour d’un point de retournement du cycle économique, rappelle Paul-André Pinsonnault , économiste principal à la Financière Banque Nationale. Il deviendra évidemment de plus en plus difficile de justifier le maintien des taux à zéro dans un avenir prévisible. »


Il faut maintenir les plans de relance, selon le FMI
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a appelé les chefs du Groupe des 20 à poursuivre leurs efforts pour extirper l’économie mondiale de la récession, précisant en guise de mise en garde que la crise n’est pas finie.
« Cette reprise sera plutôt modeste et la croissance sera en moyenne plus timide que ce que nous connaissions avant la crise », a indiqué M. StraussKahn au cours d’une entrevue à Washington avant le sommet du G20 qui commence aujourd’hui à Pittsburgh. « Il est trop tôt pour dire que la crise est chose du passé », a-t-il averti.
Le responsable du FMI a aussi incité les décideurs à saisir l’occasion de s’attaquer aux déséquilibres commerciaux et aux flux d’investissements qu’on a blâmés pour avoir contribué à l’effondrement du crédit. Le fait de confier à la Chine un rôle plus important au sein du fonds aidera à stimuler la coopération, a-t-il ajouté, tandis que les responsables cherchent à s’entendre pour réduire les emprunts par les États-Unis et pour étayer la demande intérieure dans les pays qui présentent des surplus commerciaux.
« L’incapacité de rééquilibrer l’économie mondiale ferait en sorte que toute reprise serait ultimement vouée à l’échec », soutient pour sa part Gerard Lyons, économiste en chef de Standard Chartered Plc, à Londres. « Tendre vers une économie mondiale équilibrée est une situation qui ne ferait que des gagnants », ajoute-t-il.
« Soudainement, nous sommes en meilleure position pour obtenir cette sorte de coopération et de coordination économique que nous ne l’étions naguère », a soutenu M. StraussKahn au cours d’une entrevue ce lundi. Les pourparlers du G20 fournissent la chance « de décider comment nous travaillerons ensemble pour la gouverne de la mondialisation et cela pourrait marcher ».
De s on c ô t é , T i mothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, a indiqué au cours d’une conférence de presse mardi que les leaders du G20 « feront le point sur là où ils sont rendus dans leurs efforts pour mettre le monde sur une voie vers une croissance plus vive, plus durable et mieux équilibrée. » Ces objectifs comprennent un système financier plus fort qui serait mieux à même d’absorber les chocs, at-il dit.

« Nous observons les premiers signes de croissance et les marchés financiers se sont améliorés considérablement, a ajouté M. Geithner. Nous voulons nous assurer de nous appuyer sur les progrès que nous avons réalisés. »


Les défilés à un million US survivent  -  Vincent Brousseau-Pouliot
La récession a tout de même fait mal à l’industrie de la mode
NEW YORK — La récession américaine a fait mal à l’industrie de la mode. Mais pas au point d’annuler ses défilés à prix d’or – jusqu’à un million US pour une quinzaine de minutes de gloire.
Fern Mallis organise la Semaine de la mode de New York depuis 1993. On la voit ici en plein travail, sous des tentes installées dans Bryant Park.
Durant la Semaine de la mode de New York, qui se termine jeudi, 63 designers défileront devant la presse internationale, les représentants de grandes chaînes de magasins et les fashionistas new-yorkais. Le coût des défilés, qui durent environ une quinzaine de minutes chacun, varie entre 50 0 0 0 $ US et 1 million.
« Les designers qui peuvent se permettre de dépenser 1 million sont très rares, mais c’est encore possible d’atteindre ce plateau, surtout s’ils payent beaucoup de vedettes pour assister à leurs défilés et porter leurs vêtements », dit Fern Mallis, vice-présidente d’IMG Fashion, qui organise la Semaine de la mode de New York depuis 1993.
Les organisateurs newyorkais offrent aux designers le choix entre trois types de plateaux, dont le coût de location varie entre 26 000 $ US et 50 000$ US. « Ça inclut le son, l’éclairage, la sécurité, le marketing, dit Fern Mallis. Les designers décident ensuite des autres coûts. S’ils engagent Gisele Bündchen comme mannequin, le défilé va être plus cher. »
Plus de designers
Fait étonnant : i l y aura cette a nnée davantage de designers qui présenteront leurs collection de printemps que l’an dernier, alors que les défilés avaient lieu au moment même de la faillite de Lehman Brothers, l’événement déclencheur de cette crise financière doublée d’une r écession. « Nous avons un designer de plus cette année (63 contre 62), mais les défilés seront plus courts et moins chers, dit Fern Mallis. Tout le monde peut économiser de l’argent. Il faut seulement être un peu imaginatif. »
Si certains designers tentent de réduire la facture de leurs défilés, c’est que les clients se font plus rares. Selon une étude de l’American Apparel and Footwear Association, le consommateur américain moyen a acheté en moyenne 64 vêtements et sept paires de souliers en 2008, alors qu’il avait acheté 67 vêtements et huit paires de chaussures l’année précédente. « L’industrie de la mode a été touchée par la récession comme toutes les industries, dit Fern Mallis. Il y a moins de ventes et il y a des pertes d’emplois, des fermetures de boutiques, des entreprises en faillite. Beaucoup de designers tentent de survivre. Il faut dire que l’industrie vivait à un rythme un peu excessif avant la récession. »
En 1993, l orsque Fern Mallis a organisé la première Semaine de la mode de New York, le Conseil des designers de mode des États-Unis – dont elle venait d’être nommée directrice – voulait regrouper la quarantaine de défilés sous le même chapiteau, au parc Bryant, à Manhattan. « Il y avait 40 défilés dans 40 endroits différents, se souvient-elle. C’était compliqué et cher, car personne ne partageait les coûts. »
Aujourd’hui vice-présidente d’IMG Fashion – qui a racheté l’événement en 2001 –, Fern Mallis croit que ses défilés peuvent venir à bout de tout. Même d’un profond marasme économique. « C’est un rite de passage obligé dans le milieu de la mode, dit-elle. Vendre des vêtements haut de gamme, ce n’est pas comme vendre des sous-vêtements, qui sont un produit plus essentiel. Le consommateur doit se dire: "Je veux ce vêtement car il va changer ma vie!" Et tout ce processus commence à la Semaine de la mode de New York. »

Magasiner contre la récession  -  Vincent Brousseau-Pouliot
qu’Aldo a célébré le début de la Semaine de la mode en grand: un DJ en permanence et un concours de défilé animé par un animateur de MTV et une mannequin de l’émission de télé America’s Next Top Model. « Pour nous, c’est davantage une soirée symbolique, dit Douglas Bensadoun. C’est une façon d’aider l’industrie à prendre un peu d’élan. On dit aux gens de prendre confiance, NEW YORK — Vin et horsd’oeuvre à volonté. Musique criarde crachée par des DJ. Orchestres de rue. Pendant quelques heures jeudi soir, l’industrie new-yorkaise de la mode a décidé de faire la fête et d’oublier cette récession qui lui fait la vie dure depuis un an.
Le magasin Aldo de New York a célébré le début de la Semaine de la mode en grand , avec entre autres un DJ en permanence. Jeudi soir, 4500 clients sont entrés dans la boutique de chaussures de la 34e Rue.
En marge de la Semaine de la mode de New York, plus de 800 boutiques de la Grosse Pomme ont participé à la première édition de Fashion’s Night Out. Le concept : étirer la fermeture des boutiques jusqu’à 23 h dans une ambiance festive.
L’idée du maire Michael Bloomberg et de l’éditrice toute puissante du magazine Vogue aux États-Unis, Anna Wintour, a profité aux boutiques québécoises ayant pignon sur rue à New York. Aldo a reçu 4500 clients j eudi soir, une hausse de 200 % comparativement à son achalandage habituel de 1500 clients. « Les gens restent quand même prudents, dit Douglas Bensadoun, directeur artistique d’Aldo. I ls ont moins la tentation d’acheter, i ls font plus de lèche-vitrine. »
L’aff luence de Fashion’s Night Out a tout de même permis de doubler les revenus de la soirée chez Aldo – une hausse qui arrivera à peine à couvrir les coûts supplémentaires de la soirée. C’est de sortir plus, de mettre plus d’argent dans l’économie »
Aldo peut bien se payer quelques extravagances. Malgré la récession, le détaillant québécois de chaussures a gagné des parts de marché dans ses 330 magasins aux États-Unis, dont une quinzaine dans la Grosse Pomme. « Nous avons récupéré des parts de marché, car les clients plus fortunés qui magasinaient dans des boutiques haut de gamme reviennent chez nous, où les souliers coûtent entre 50 $ et 150 $ », dit Douglas Bensadoun.
La soirée d’ouverture de Fashion Week a été aussi couronnée de succès chez Tristan, qui a réalisé l’une de ses meilleures journées de ventes de l’année – à l’exception du temps des Fêtes, évidemment. Jeudi soir, son magasin situé au coeur du quartier des affaires de Manhattan a accueilli 800 clients jusqu’à 22h30. Malgré les rabais de 20% offerts sur toute la marchandise, Tristan a doublé ses revenus habituels. « Ça fait du bien », dit en riant Marc Gaucher, le superviseur du magasin pour Tristan.
L’engouement de Fashion’s Night Out a été plus mitigé chez Parasuco. Le géant québécois du jeans possède un superbe magasin dans le quartier branché de SoHo, mais celui-ci était presque vide jeudi soir. « Ce n’est pas la grosse affaire ce soir, mais nos ventes en 2009 ont augmenté par rapport à l’an dernier à cause des touristes européens qui viennent profiter du taux de change à New York, dit la gérante Melissa Komery. J’ai notamment beaucoup d’Allemands qui achètent mes jeans, qui sont entre 75$ et 210$. En Europe, ils paient au moins 300$ pour la même qualité. »
Certaines marques québécoises profitent de la récession afin de tenter leur chance dans la capitale de la mode en Amérique du Nord. C’est le cas de Mackage, un fabricant de manteaux et de sacs qui loue un local pour le mois de septembre dans le quartier industriel retapé de Meatpacking, à Manhattan. « Nous avons pris cette décision à cause de Fashion’s Night Out, dit la designer Elisa Dahan. C’est un événement pour encourager les gens à faire du shopping et il faut en profiter. »
Question de faire les choses en grand, Mackage a invité la mannequin québécoise Irina Lazareau à agir comme DJ pour la soirée. Bonne idée pour l’entreprise québécoise, qui ne peut de toute façon se payer une vedette comme Justin Timberlake, qui passait la soirée chez Sasks sur la 5e Avenue, ou encore comme Gwen Stefani, engagée par Bloomingdale’s.


L’OPEP maintient sa production
Le cartel du pétrole confiant quant à une reprise
VIENNE — Les représentants de l’OPEP, qui se réunissaient hier à Vienne, ont assuré qu’ils maintiendraient leur production à l’identique, reflétant un optimisme prudent sur l’évolution des prix du baril comme sur la conjoncture internationale.
Le message envoyé par les ministres présents à Vienne est sans équivoque : alors que les prix du baril se sont redressés plus rapidement que prévu et que la reprise é c onomique s e dessi ne , modi f i e r l e s pa r a mèt r e s du marché pétrolier serait risqué.
Rédui r e l a produc t i on de l’Organisation des pays e x por t a t e u r s de pét r ole (OPEP) serait « aventureux », a expliqué à Vienne le ministre équatorien des Mines et du Pétrole, Germanico Pinto.
Le c omité r e s t r ei nt de l’OPEP responsable d’étudier le marché a formellement recommandé mardi soir un statu quo de la production, à 24,84 millions de barils par jour (mbj). Toute autre décision serait donc un coup de théâtre.
« Nous sommes à l ’a i se avec le marché », a affirmé Moha mmad a l - H a mel i , ministre émirati de l’ Énergie, arrivé hier. Depuis plus d’un mois, le prix du baril s’échange autour de 70 $ US, proche du niveau de 75 $ US voulu par l’OPEP.
Le ton avait été donné la veille par le chef de file du cartel, le ministre saoudien Ali Al-Nouaïmi, qui avait j ugé l e ma r c hé « en t r ès bonne forme ». Les analystes considèrent eux aussi que le statu quo promis est l’option la plus sage.
« Sachant que les prix du pétrole évoluent dans une fourchette stable depuis plusieurs mois et que l’environnement macroéconomique évolue positivement, l’OPEP juge que tout changement significatif de sa politique actuelle serait inutile à ce stade », estime Amrita Sen, analyste chez Barclays Capital.
Si les prix du baril donnent satisfaction aux producteurs, un sujet d’inquiétude subsiste : le niveau des stocks pétroliers reste élevé, symptôme d’engorgement du marché et de demande toujours anémique.
Mais les ministres ont fait savoir qu’ils comptaient sur un meilleur respect des décisions prises à la fin de 2008 pour éponger ce surplus, la reprise devant faire le reste. Pour stopper l’effondrement des prix, t ombés j usqu’à 32,40 $US le baril, et faire face à une demande en chute libre, l’OPEP a pris les mesures les plus radicales depuis sa création en 1960 : l’organisation s’est engagée à retirer 4,2 mbj du marché, plafonnant sa production à 24,84 mbj depuis le 1er janvier.
Les pays membres de l’OPEP ont fait preuve d’une rigueur sans précédent dans le suivi de ces décisions, mais restent encore loin de l’objectif assigné. Alors que les pays arabes du Golfe ont joué le jeu, d’autres États, notamment l’ I ran et l’Angola, pompent plus de brut qu’ils ne le devraient.
Au total, la production des 11 pays soumis aux quotas, excluant l’ Irak, dépasse de 1,28 mbj le plafond autorisé, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Hier, les prix du pétrole ont fini avec une modeste hausse à New York, dans un marché qui a vu ses gains se réduire en fin de séance en fonction de l’évolution de la monnaie américaine.
Sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le baril de light sweet crude pour livraison en octobre a terminé à 71,31 $US, en progression de 21 cents US par rapport à la clôture de mardi.
Peu avant la clôture, le prix du baril, qui est monté jusqu’à 72,52$US en séance, a connu un bref passage dans le rouge avant de terminer en hausse.
« I l semble que ce soit une correction du dollar », a expliqué Antoine Halff, de Newedge Group.
Le fort repli de la monnaie américaine soutenait les prix des matières depuis quelques j ours, mais le dollar s’est un peu redressé après la publication du Livre Beige de la Réserve fédérale américaine sur l’état de l’économie américaine.


OPEP
La production inchangée pour soutenir l’économie
LONDRES — L’OPEP devrait se décider à maintenir sa production à sa réunion demain et se contenter d’exhorter ses membres à mieux respecter les baisses décidées l’automne dernier, un nouveau tour de vis risquant d’être perçu comme un danger pour la reprise économique.
« Le système de quotas actuel ne devrait pas être modifié », a déclaré le ministre angolais du Pétrole, José Maria Botelho de Vasconcelos, actuel président du cartel.
Ses propos confortent les experts dans l’idée que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui se réunira demain à Vienne, ne devrait pas toucher à son objectif de production, fixé à 24,84 millions de barils par jour (mbj) depuis le 1er janvier.
Même les membres durs du cartel, comme l’Iran ou le Venezuela, n’ont pas réclamé cette fois un sevrage plus poussé du marché.
Avec des prix du pétrole à 70$US le baril, « il n’y a pas de pression ni dans un sens ni dans l’autre », explique Frédéric Lasserre, analyste à la Société Générale. « Les producteurs gagnent bien leur vie » et les consommateurs peuvent supporter un pétrole à ce prix, précise-t-il.
Les cours du brut ont plus que doublé depuis le mois de décembre, où ils s’étaient écroulés à 32,40$ US, et ils évoluent depuis un mois autour de 70$US. Autrement dit, ils se situent à une encablure des 75$US le baril, le prix que l’OPEP juge nécessaire pour continuer à investir.
Un élément pourrait toutefois plaider en faveur d’une baisse de la production: le niveau des stocks reste très élevé, et la demande n’est pas franchement repartie.
« Une baisse de production doit être envisagée » car « l’équilibre offredemande est très faible », estime ainsi David Hirsch, directeur du cabinet d’analyse PFC.
Mais une telle décision pourrait embarrasser l’Arabie Saoudite, chef de file du cartel et alliée traditionnelle des États-Unis, car elle risque d’être perçue comme une menace pour la reprise balbutiante de l’économie mondiale.
« Au moment où le monde lutte pour sortir de la récession, une hausse des prix de l’énergie serait malvenue, et l’Arabie Saoudite en est consciente », explique ainsi John Hall, analyste indépendant à Londres.
Respect des baisses
De fait, l’organisation devrait plutôt insister sur le respect des baisses de production adoptées l’automne dernier, totalisant 4,2 mbj. Car, voyant les prix monter, les producteurs se sont montrés moins disciplinés et ont pompé plus de brut: en juillet, la production de l’OPEP 11 (les membres soumis aux systèmes de quotas, excluant l’Irak), dépassait de 1,28 mbj l’objectif officiel, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Les pays du Golfe, qui ont appliqué à la lettre les consignes, pourraient donc faire pression sur les « tricheurs », notamment l’Angola ou l’Iran, deux pays qui seraient responsables de la moitié du surplus constaté par l’AIE.
Mais pour David Hirsch, il serait imprudent d’écarter entièrement la possibilité d’une surprise.
« L’excédent des stocks de produits distillés porte en germe la perspective prochaine d’une chute brutale des cours, ce qui fait que la réunion de Vienne n’aura rien d’une formalité », juge-t-il.
Si l’OPEP attendait jusqu’à décembre pour diminuer ses quotas, « il faudrait qu’elle procède à une baisse bien plus prononcée » pour que les stocks de l’OCDE reviennent à des niveaux normaux, anticipe-t-il.
En incluant l’Irak, l’OPEP a pompé 28,64 millions de barils par jour en juillet.


La Fed maintient son taux... et sa prudence  -  Marc Jourdier
WASHINGTON — La Banque centrale des ÉtatsUnis (Fed) a décidé hier de maintenir son taux directeur proche de zéro et de rester mobilisée dans son soutien à l’économie américaine, préférant jouer de prudence même si l’activité semble « en train de se stabiliser ».
Comme la Banque centrale européenne ( BCE) la semaine précédente, la Réserve fédérale a décidé de ne pas toucher à son taux directeur. Celui-ci reste historiquement bas, confiné dans la marge de fluctuation de 0 à 0,25 % qui lui est assignée depuis le mois de décembre.
Les informations depuis la réunion précédente en juin « laissent penser que l’activité économique est en train de se stabiliser », écrit le Comité de politique monétaire ( FOMC) de la Réserve fédérale dans un communiqué publié à l’issue de deux jours de réunion à Washington.
La Bourse de New York, pour qui le maintien du taux directeur de la Fed ne faisait aucun doute, est restée en forte hausse après ce message, saluant un petit signe d’optimisme de la Banque centrale. Les conclusions restent néanmoins quasi identiques à celles de juin.
La Fed semble en effet prendre soin de ne pas susciter d’espoirs exagérés qui risqueraient de compromettre la reprise, attendue pour le trimestre en cours, et même peut-être déjà en marche.
« Les conditions sur les marchés financiers se sont de nouveau améliorées ces dernières semaines », et les dépenses des ménages, vitales pour l’économie américaine, « ont continué à montrer des signes de stabilisation », reconnaît-elle.
Néanmoins, ajoute le FOMC, celles-ci restent « contraintes par la poursuite des pertes d’emplois, une croissance très lente du revenu, une baisse du patrimoine immobilier, et un crédit restreint ».
Et , c omme en j ui n , le Comité juge que « les conditions économiques vont probablement garantir des taux extrêmement bas pour le taux de l’argent au jour le jour pendant une longue période ». La hausse des taux ne s’annonce donc toujours pas.
Les États-Unis sont entrés en récession en décembre 2007. Les chiffres (encore provisoires) du PIB publiés fin juillet montrent que l’activité américaine a reculé pour le quatrième trimestre de suite au printemps, mais que cette baisse a fortement ralenti pour n’atteindre que 1% en rythme annuel, après une chute de 6,4 % pendant l’hiver.
Mais le pays n’est pas tiré d’affaire, semble dire la Fed. Elle a maintenu en place son dispositif contre la crise, qui mobilise des centaines de milliards de dollars pour continuer d’« améliorer les conditions globales sur les marchés du crédit ».
Plus spécifiquement en ce qui concerne son programme de rachat de 300 milliards de dollars d’obligations à long terme du Trésor américain, la Fed indique qu’elle va « ralentir le rythme » de ses achats afin de l’achever fin octobre et non plus fin septembre, pour permettre « une t ransition en douceur sur les marchés au moment où ces achats de titres » s’achèveront.

La Fed s’en tiendra à son plan de match  -  Rudy LeCours
Le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) amorce ce matin une réunion de deux jours, alors que se multiplient les signes de reprise de l’économie américaine, déjà menacée par une nouvelle crise hypothécaire, concentrée cette fois dans l’immobilier commercial.
Dans son témoignage devant le Congrès le mois dernier, le président de la Fed, Ben S. Bernanke, s’est dit très préoccupé par la situation du marché de l’immobilier non résidentiel.
Tout le monde s’attend à ce que le FOMC reconduise son taux directeur, exceptionnellement faible, « pour une durée étendue ». Il oscille dans une fourchette de 0 % à 0,25 %, un creux historique depuis le printemps, dans le but de relancer les activités de prêts, compromises depuis la faillite de Lehman Brothers, il y aura bientôt 11 mois.
Il serait étonnant aussi que les autorités monétaires américaines fassent marcher la planche à billets, car la menace d’une baisse générale des prix, ou déflation, paraît dissipée.
Depuis leur dernière rencontre du 24 juin, les membres du FOMC ont été alimentés par beaucoup de données leur permettant de croire que le pire de la récession est traversé.
Mentionnons seulement la décroissance au deuxième trimestre, limitée à 1% en rythme annualisé (alourdi de surcroît par le déstockage), le ralentissement de la cadence des licenciements en juillet, la stabilisation apparente du marché de l’habitation et la forte augmentation des nouvelles commandes des acheteurs de biens.
« Il y a de bonnes chances que l’économie américaine puisse renouer avec la croissance au troisième trimestre pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2008 », soutient Milan Mulraine, stratège à TD Valeurs mobilières.
Il reste que la récession a frappé très durement les travailleurs américains. Plus de 6,7 millions d’entre eux ont grossi les rangs des chômeurs, depuis son début en décembre 2007, selon les données du département du Travail. Il serait étonnant que la Fed ose augmenter son taux directeur avant une certaine amélioration du marché du travail, laquelle va exiger encore des mois.
La reprise de la production a jusqu’ici résulté en gains de productivité. Beaucoup de capacité industrielle est encore sous-utilisée, comme c’est le cas au sortir de chaque récession.
Ce qui diffère peut-être cette fois-ci, c’est la brutalité avec laquelle les entreprises ont licencié. Alors que le recul de la production de biens a été de 9 %, celui de l’emploi dans cette sphère d’activités a atteint 15 %, fait remarquer Yanick Desnoyers, économiste en chef adjoint à l a F i na nc i è r e Ba nque Nationale. « La dynamique récente de la productivité, de nature strictement cyclique causée par des licenciements démesurés nous laisse croire que la réaction du marché du travail face à une hausse de la production devrait être plus rapide cette fois-ci », écrit-il dans la dernière livraison de L’Hebdo économique intitulée : États-Unis : place à la reprise.
Il n’est pas seul à penser de la sorte.
Selon le Nobel d’économie Paul Krugman, i nterviewé hier à Kuala Lumpur par l’agence Bloomberg, « il est fort possible, bien que ce ne soit pas une certitude, que, rétrospectivement, nous disions que la récession a pris fin en juillet ou en août, peutêtre en septembre. Je pense que nous touchons le fond, qu’août marquera le creux. »
Voilà pourquoi Laura Tyson, conseillère économique du président Barack Obama, aussi à la conférence dans la capitale de Malaisie, a déclaré qu’un deuxième plan de stimuli économique ne sera sans doute pas nécessaire puisque le premier commence à porter ses fruits.
Il n’en demeure pas moins que la récession aura fait mal aux locateurs d’immeubles à bureaux et de locaux commerciaux. I l s doivent refinancer cette année pour 165 milliards de prêts hypothécaires alors que la valeur de leurs propriétés a fondu du tiers environ depuis deux ans, selon Moody’s Investors Service.
Voilà de quoi compromettre une reprise fragile, car les prêteurs sont surtout des banques régionales qui pourraient faire faillite ou resserrer leurs conditions de prêts aux ménages et aux entreprises.
Dans son témoignage devant le Congrès le mois dernier, le président de la Fed, Ben S. Bernanke, s’est dit très préoccupé par cette question.
Cer t a i n s obser vateu r s croient que les autorités monétaires iront même jusqu’à faciliter le crédit dans le marché de l’immobilier non résidentiel, comme elles le font par exemple pour les cartes de crédit ou les prêts étudiants.
La Fed n’a toutefois pas besoin de l’annoncer en même temps que la reconduction de son taux directeur.


Éclaircies dans le ciel de la Fed
WASHINGTON — La banque centrale américaine, qui se réunit demain et mercredi pour discuter de ses mesures d’aide à l’économie, se retrouve dans une position plus confortable, avec une conjoncture qui donne raison à sa politique et à ses prévisions.
Habitué à devoir peser ses mots pour ne pas enfoncer plus encore la première économie mondiale dans la récession, le Comité de politique monétaire ( FOMC) de la Réserve fédérale a désormais la tâche d’aider la reprise.
Sans surprise, son taux directeur devrait rester une nouvelle fois i nchangé. I l est depuis décembre compris dans une fourchette de 0 à 0,25%, et le président de la Fed, Ben Bernanke, s’est engagé fin juillet devant le Congrès à l’y maintenir « pendant une longue période ».
Les analystes de Barclays prévoient que le Comité « fasse part d’un optimisme accru quant à la possibilité que la croissance économique devienne positive au second semestre ».
Plus audacieux peut-être, M. Bernanke a tâché, face à des caméras de télévision fin juillet, une première pour un président de la Fed, de convaincre des citoyens ordinaires que son institution avait pris les bonnes mesures, malgré leur coût vertigineux.
Et depuis la dernière réunion de la Fed fin juin, les statistiques lui donnent raison. Le PIB du deuxième trimestre, en recul de 1% en rythme annuel, a été moins mauvais que prévu. Et le marché du travail a connu une mince éclaircie, avec une baisse inattendue du taux de chômage à 9,4% en juillet.
« Ce sera intéressant de voir ce que la Fed a à dire sur la conjoncture. S’ils sont un peu plus positifs, ou un peu moins négatifs, alors ils pourraient commencer le processus de faire savoir aux marchés qu’un changement de politique arrive », souligne l’économiste Joel Naroff.


La Fed promet des taux bas pendant longtemps
ÉTATS-UNIS
WASHINGTON — Le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, a indiqué hier au Congrès que la banque centrale gardera très bas ses taux d’intérêt « pendant un long moment », malgré l ’ a mél i orat i on de la conjoncture et la nécessité de les remonter plus tard.
Le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, devant le Congrès hier.
« À la lumière du marasme économique considérable et de pressions inf lationnistes limitées, la politique monétaire reste concentrée sur le fait de favoriser la reprise économique », a-t-il déclaré lors de son témoignage semestriel devant les parlementaires sur l’état de l’économie.
La Fed « croit qu’une politique monétaire très souple sera adéquate pendant un long moment », a-t-il poursuivi, en réitérant son engagement à maintenir le taux d’intérêt directeur actuel, proche de zéro.
M. Bernanke a estimé qu’il y avait eu « une amélioration notable » de la conjoncture économique ces derniers mois, mais qu’il restait un risque que « la stabilisation récente de la consommation ne se révèle éphémère ».
Les États-Unis, entrés en récession en décembre 2007, attendent toujours une reprise de l’activité économique. Ils font face à une montée spectaculaire du chômage (9,5 % en juin, au plus haut depuis 1983), un taux de crédit jugé insuffisant par les autorités monétaires et un secteur immobilier en plein marasme.
Dans ce contexte, M. Bernanke a tâché d’évacuer le débat sur la nécessité de revenir sur la politique expansionniste actuellement en place.
Avant même son témoignage au Congrès, il avait détaillé sa « stratégie de sortie » dans le Wall Street Journal, à l’attention de ceux qui craignent que la Fed perde de vue la stabilité des prix. Il avait assuré que la banque centrale disposait de « nombreux outils » pour revenir à une situation plus normale, après avoir injecté des sommes colossales dans l’économie au pire de la crise.
« L’i nsécurité de l ’emploi, ajoutée à la baisse de la valeur de l’immobilier et à la rareté du crédit, devrait limiter les gains dans la consommation », a-t-il souligné devant le Congrès.
La Fed, pour qui le plein emploi est un objectif fondamental, prévoit que le taux de chômage (9,6 % en juin) connaîtra « un pic à la fin de l’année » (entre 9,8 % et 10,1 %) et restera ensuite « bien au-dessus » de ce qu’elle souhaite. En revanche, l’inflation n’est pas pour elle un risque à court terme.
« Ce témoignage révèle que M. Bernanke est toujours très prudent concernant la reprise économique », a commenté Marie-Pierre Ripert, de Natixis. Selon elle, il est, parmi les dirigeants de la banque centrale, l’un des plus favorables à des taux bas.
« L’accent mis par M. Bernanke sur la déprime du marché du travail laisse penser qu’un resserrement de la politique monétaire ne commencera pas tant que le chômage ne commencera pas à baisser », a affirmé Ian Shepherdson, de HFE Economics.
« Dans nos calculs, cela signifie en 2011 au plus tôt », a-t-il ajouté.
Question plus urgente qu’une hausse des taux d’après lui, M. Bernanke a exhorté le Congrès à contenir le déficit budgétaire des États-Unis sous peine de « n’avoir ni stabilité financière ni croissance économique durable ».
« S’attaquer aux problèmes budgétaires du pays exigera des choix difficiles, mais retarder ces choix les rendra encore plus difficiles », a insisté le président de la Fed.
M. Bernanke a également vigoureusement plaidé pour l’indépendance de la politique monétaire de la banque centrale, garante selon lui de « stabilité économique et financière » du pays.



G8  Les plans de relance restent... pour l’instant

L’AQUILA, Italie — Les leaders du G8 réunis à L’Aquila en Italie – dans le cadre du Sommet actuel – ont annoncé qu’ils reporteront les mesures visant à désamorcer les plans de relance économiques actuels tant que la reprise économique ne sera pas confirmée.
Du même coup, ils ont assuré qu’une reprise économique stable et durable les ramènera tous à la table des négociations. D’ici là, chacun des leaders assumera la responsabilité de trouver les portes de sortie qui conviendront à l’économie de leur pays. Les stratégies « varieront d’un endroit à l’autre et tiendront compte des finances publiques et des conditions de l’économie locale » propre à chacun des pays du Groupe des huit.
Alors que certains observateurs parlent avec optimisme de l’amoindrissement de la récession globale, plusieurs rapports indiquent que la reprise économique n’arrive que très lentement.
Le Fond monétaire international (FMI) a fait l’annonce que la contraction économique annuelle globale prévue atteint maintenant les 1,4%. Cette nouvelle prévision dépasse à la baisse la précédente qui, au mois d’avril dernier, la chiffrait à 1,3%. En revanche, sans qu’aucun chiffre ne soit toutefois avancé, le taux de croissance économique, préalablement estimé à 2,5% pour l’année 2010, sera plus fort que prévu.
À la mi-juin, forts de cette nouvelle prévision, les ministres des finances du G8 avaient conclu que le temps serait dorénavant venu de dessiner des plans visant à rééquilibrer les budgets déficitaires et la précarité bancaire.
Instabilité économique
Hier, un proche conseiller de Barack Obama a signifié que l’économie demeure actuellement i nstable, beaucoup trop pour que les plans de relance soient désamorcés.
Rencontré par des j ournal i stes à L’Aquila, Mike Froman, haut responsable de la National Security, a parlé des « incertitudes et des risques » minant toujours le système économique actuel. Le président Obama est arrivé hier en Italie, après une visite au président italien Giorgio Napolitano à Rome, ainsi qu’un séjour en Russie où il a rencontré le président Dmitri Medvedev et le premier ministre Vladimir Poutine. Obama a laissé la porte ouverte à l’éventualité de l’établissement d’un second plan de relance. Celui-ci ferait suite au premier, dont l’adoption légale fut entérinée en février dernier au montant de 787 milliards US.
Tous les leaders se sont par ailleurs entendus sur la nécessité de rejeter toutes formes de protectionnisme, ainsi que sur la conclusion rapide de pourparler concernant les échanges entre pays.



La Fed veut apaiser les craintes
Les dirigeants de la Réserve fédérale américaine ( Fed) étudient la possibilité d’utiliser l’énoncé de politique de mercredi pour stopper toute conjecture voulant qu’ils soient disposés à hausser les taux d’intérêt dès cette année.
Le président de la Fed, Ben S. Bernanke, et ses collègues du Comité fédéral d’open market (FOMC) se réuniront à Washington demain et mercredi.
Les décideurs de la Fed ont déjà indiqué qu’ils acceptent une augmentation des taux de rendement des bons du Trésor de plus long terme, mais certains d’entre eux craignent toute attente prématurée concernant une hausse des taux d’intérêt.
Par ailleurs, le personnel de la Fed s’est penché sur la décision de la Banque du Canada de renoncer à toute hausse de son taux directeur jusqu’en 2010, selon une personne au courant de cette question, sans en être venu à la conclusion que cette annonce s’est avérée efficace.
Ainsi, le 21 avril dernier, la Banque du Canada a réduit son taux directeur à 0,25%, soit le plus bas de son histoire, précisant que « l’on peut s’attendre à ce que le taux cible des prêts d’un jour demeure à son niveau actuel jusqu’à la fin du deuxième trimestre de 2010, la situation étant subordonnée aux perspectives relatives à l’inflation. »
Pour la Fed, une option pourrait consister à mettre l’accent lors de son énoncé de mercredi prochain sur le fait que le ralentissement plus marqué sur le marché du travail et l’activité manufacturière aux États-Unis gardera l’inflation à un niveau bas et tempérera la reprise, estime Michael Feroli, économiste de JPMorgan Chase à New York et ancien membre de la Fed.
Ce qui est en jeu, c’est de garder les coûts d’emprunt suffisamment bas pour favoriser une reprise soutenue sans lier la banque centrale américaine à un seul plan d’action.
« Il existe des manières (pour les décideurs de la Fed) de mettre en lumière leurs attentes concernant des taux d’intérêt bas sans s’engager outre mesure », soutient Lou Crandall, économiste en chef de Wrightson ICAP, de Jersey City, au New Jersey.
Le président de la Fed, Ben S. Bernanke, et ses collègues du Comité fédéral d’open market ( FOMC) se réuniront à Washington demain et mercredi. Les économistes prévoient qu’ils laisseront le taux directeur de la Fed dans une fourchette de 0 à 0,25%. Les décideurs discuteront également de tout changement éventuel à leur engagement d’acheter jusqu’à 300 milliards US en bons du Trésor et 1450 milliards US en titres de dette liés à l’immobilier.
Dans ses deux derniers énoncés, le FOMC a indiqué que « les conditions économiques sont susceptibles de justifier des taux exceptionnellement bas des fonds fédéraux pour une longue période. »
Les marchés ont déjà indiqué qu’ils ne tiennent plus compte de ce discours. Les bons du Trésor de deux ans ont glissé depuis qu’un rapport du gouvernement fédéral américain a fait état, le 5 juin dernier, de la plus modeste perte d’emplois en huit mois, le taux de rendement des bons étant de 1,14% hier en début d’aprèsmidi à New York, comparativement à 0,91% au début de juin.
Les contrats à terme sur les fonds fédéraux américains pour mars présentent un taux de rendement de 0,705%, ce qui indique une certaine probabilité de hausse des taux d’ici le premier trimestre de 2010.
Si les pertes d’emplois sont en régression, des responsables de la Fed ont toutefois souvent répété que le taux de chômage va vraisemblablement augmenter au cours des mois à venir.



Hydro au secours des grandes entreprises

Les grandes entreprises qui souffrent du ralentissement économique ont réussi à attendrir le coeur d’Hydro-Québec, qui réduira leurs tarifs d’électricité le temps que la conjoncture s’améliore.
Quatre des plus importants clients industrielsd’Hydro-Québec ont déjà demandé une baisse de leurs tarifs, selon la société d’État. La réduction de la facture de ces quatre clients pourrait atteindre 6 millions de dollars.
Hydro a 250 clients qui paient le tarif L ( grande industrie). Ensemble, ces clients consomment près de la moitié de toute l’électricité vendue au Québec.
Comme les tarifs d’HydroQuébec sont réglementés, la Régie de l’énergie doit approuver les rabais consentis à certains de ses clients, ce qu’elle a fait le 11 mai dernier.
Hydro a donc le feu vert pour réduire les tarifs de ses gros clients les plus mal en point. Ce n’est pas la première fois qu’Hydro se porte au secours de la grande industrie. En 1993, à la suite de la récession de 1991-1992, huit grandes entreprises avaient profité d’une réduction de leur facture, pour une économie totale de 20 millions. Le rabais correspondait à une réduction de 7% de leur facture d’électricité.
Tous les clients qui paient le tarif industriel (tarif L) sont admissibles à ces réductions, à condition de prouver qu’ils sont en réelles difficultés. En 1993, les entreprises devaient dévoiler leurs états financiers et démontrer qu’elles avaient demandé une réduction de coûts à leurs autres fournisseurs avant qu’Hydro accepte de réduire leur facture.
Ces conditions avaient été jugées trop lourdes par les entreprises, qui ont réclamé leur allègement. Il n’a pas été possible de savoir si, cette fois, les conditions d’admission ont été modifiées comme le souhaitaient les entreprises. Hydro-Québec n’a pas rappelé La Presse Affaires.
Ça fait des mois que les grandes entreprises réclament une réduction de leur facture d’électricité pour leur permettre de traverser la récession. Elles ont réclamé en vain un gel des tarifs en 2009-2010. La Régie de l’énergie a accordé une augmentation de 1,2% à Hydro, en vigueur depuis le 1er avril dernier.
Hydro-Québec a toutefois accepté de discuter avec ses gros clients de mesures d’aide qui pourraient être mises en place. Il était question d’assouplissement des conditions de crédit, entre autres.
Ces discussions ne sont pas allées très loin, a indiqué hier Luc Boulanger, directeur général de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité, qui regroupe les entreprises les plus énergivores.
Les réductions de tarifs qui viennent d’être permises par la Régie sont unemesure de dernier recours, selon Luc Boulanger, qui ne profitera qu’aux entreprises qui sont sur le point de fermer leurs portes.
Toutes les autres continueront à souffrir, estime Luc Boulanger.
Les réductions de tarifs qui seront accordées aux grandes entreprises généreront un manque à gagner qui sera récupéré par Hydro plus tard. Comment? Il faudra attendra à la prochaine demande d’augmentation de tarifs, en août, pour savoir si ces rabais seront récupérés chez cette catégorie de clients seulement ou si l’ensemble de la clientèle d’Hydro-Québec paiera la note.
La Régie de l’énergie entendra les avis des parties intéressées lors des prochaines audiences tarifaires.


Le Fonds FTQ ouvre ses goussets
Récession oblige, selon son président, le Fonds de solidarité FTQ vient deboucler la plus grosse année d’investissements de son histoire.
Au moins 848 millions de dollars ont été i nvestis dans des entreprises et des projets d’affaires au Québec durant l’exercice de 12 mois terminé le 31 mai.
C’est quelque 100 millions de plus que l’année précédente.
Et presque 2 0 0 mil l i ons de plus que les capitaux frais recueillis par le Fonds avec la vente de parts aux particuliers, à hauteur de 660 millions « malgré un marché difficile », a souligné Yvon Bolduc, en entrevue avec
« Même si nous cherchons à équilibrer nos sorties et nos entrées de fonds, nous avons f a i t un ef f or t s pécia l pour investir en cette année un peu exceptionnelle. L’économie du
La Presse Affaires. Québec en avait besoin face à la récession et la pire crise financière depuis les années 30. »
Ainsi, un nombre élevé de 280 entreprises de diverses tailles a bénéficié d’un apport financier du Fonds durant cet exercice 2008-2009, par l’entremise d’un prêt à conditions particulières ou d’une injection au capital-actions.
Aussi, autre réalisation spéciale pour contrer la récession : le Fonds de solidarité s’est engagé, en plus de ses investissements directs, à contribuer un peu plus d’un demi-milliard dans des nouveaux fonds à partenaires.
Ça comprend le fonds technologique Teralys Capital, avec la Caisse de dépôt et placement, ainsi que le Fonds de la relance avec l a société d’ État SGF, pour les entreprises en mal de liquidités.
D’ailleurs, les premiers débours de ce fonds spécial de 500 millions, créé avec le dernier budget provincial, seront annoncés « très bientôt », selon M. Bolduc.



Imprimer de l’argent pour défendre le huard ?
La Banque du Canada pourrait devoir « imprimer » de l’argent et acheter des actifs comme des obligations gouvernementales pour contrer la hausse de la devise canadienne, qui risque de nuire à la reprise économique
Ainsi, la progression de 16% du huard par rapport au dollar américain depuis le 9 mars dernier menace de faire mal aux exportations du pays déjà malmenées. Cette situation augmente les probabilités que Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, imite la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque d’Angleterre et la Banque Nationale de Suisse qui ont eu recours à ce qu’on appelle de l’assouplissement quantitatif, estime Nicholas Rowe, économiste de l’Université Carleton, à Ottawa.
« Chaque hausse de la devise augmente véritablement les probabilités » que M. Carney achète des actifs avec de l’argent frais, ajoute M. Rowe, qui fait partie d’un comité de l’Institut C.D. Howe, un groupe de recherche indépendant.
Des achats d’actifs répondraient à un double objectif de la banque centrale: ils contribueraient à diminuer les coûts d’emprunt des entreprises et des ménages et ils affaibliraient le huard en rendant les investissements de court terme libellés en dollars canadiens moins attrayants.
La différence entre les taux de rendement des bons du Trésor canadiens et américains d’un an a augmenté la semaine dernière à plus de 20 points de base pour la première fois depuis février dernier. Ainsi, les investisseurs peuvent obtenir des rendements plus élevés sur les actifs canadiens comparativement aux actifs américains sur toutes les valeurs dont l’échéance est de trois ans ou moins.
La Banque du Canada avait annoncé le 23 avril dernier qu’elle pourrait acheter des actifs au besoin pour stimuler l’économie, mais M. Carney n’a pas eu recours à cette mesure depuis lors. Cela a contribué à la montée du huard, qui s’est apprécié en mai à la cadence mensuelle la plus rapide depuis que le Canada laisse flotter sa devise par rapport au dollar américain, soit depuis 1950.
Les exportateurs canadiens écopaient déjà même avant la récente appréciation du huard. Ainsi, les expéditions canadiennes à l’étranger ont chuté de 31% au cours des neuf mois terminés en avril dernier, précisait Statistique Canada le 10 juin dernier. Bombardier, troisième avionneur au monde, fait partie des entreprises canadiennes qui ont mis des travailleurs à pied, ce qui a fait porter le taux de chômage à 8,4%, un sommet de 11 ans.



Harper ne bloquera pas la vente d’actifs à Ericsson
PANAMA CITY — Le premier ministre Stephen Harper n’entend pas adopter de mesures extraordinaires pour bloquer la vente d’actifs de Nortel à la suédoise Ericsson.
Nortel, une entreprise spécialisée en télécommunications qui a déjà été l’entreprise canadienne dotée de la plus forte capitalisation boursière, est en voie de vendre ses principaux actifs après s’être placée à l’abri de ses créanciers au Canada et aux États-Unis.
Le premier ministre a été questionné à son sujet lors d’une conférence de presse au Panama. I l a répondu qu’il laissera l’affaire suivre son cours, en vertu de la Loi sur Investissement Canada.
Il a ensuite ajouté qu’il n’a pas l’i ntention d’adopter de nouvelle mesure protectionniste pour bloquer la transaction.
M. Harper a rappelé qu’il demande depuis longtemps aux États-Unis d’éviter le protectionnisme, et qu’il ne serait donc pas correct pour le Canada d’adopter lui-même des mesures protectionnistes.
Nortel est sous la protection des tribunaux depuis le mois de janvier. Ses dirigeants s’affairent à vendre diverses composantes de l ’entreprise dans le cadre d’un processus d’enchères.
La première ronde impliquait la vente des actifs sans-fil de Nortel, dont Ericsson se porte acquéreur pour 1,3 milliard. L’entente comprend le maintien de 800 emplois.
Le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique ont demandé au gouvernement Harper de bloquer la transaction, faisant valoir qu’elle placerait entre des mains étrangères une technologie canadienne de pointe.


NORTEL : LA HAUTE DIRECTION DÉCIMÉE
Les revenus et les profits en forte baisse
TORONTO — Nortel Networks, géant insolvable du secteur technologique, dit adieu à son PDG, Mike Zafirovski, au moment où l’entreprise se défait de précieux actifs.
Mike Zafirovski, 55 ans, ancien cadre supérieur de Motorola Corp., avait été embauché par Nortel en 2005 dans l’espoir qu’il puisse revitaliser la société. Son départ n’a pas surpris les analystes hier. Sa présence à la barre de l’entreprise était associée dès le début à une phase de sa restructuration.
M. Zaf i r ovski , 55 a ns, ancien cadre supérieur de Motorola Corp., avait été embauché pa r Nortel en 20 05 dans l ’ espoi r qu’i l puisse revitaliser la société. Il quitte immédiatement ses fonctions de président et de PDG.
I l ne sera pas remplacé. L’entreprise demandera plutôt que l’on confie de plus grandes responsabilités à la firme Ernst & Young, nommée par le t r i bunal , qui travaille avec Nortel depuis que l’entreprise a demandé la protection de la cour contre ses créanciers au Canada et aux États-Unis.
Le conseil d’administration de Nortel passera de neuf membres à trois. Parmi les administrateurs qui partent, on compte Harry Pearce, qui a été président de Nortel et qui a joué un rôle de premier plan dans l’embauche de M. Zafirovski.
L’entreprise a aussi fait s avoi r qu’une équipe de cadres, dont le responsable de la restructuration, Pavi Binning, et l e r esponsable de la stratégie, George Riedel, surveillera les opérations et fera rapport au conseil d’administration et à Ernst & Young.
Nortel, fournisseur mondial de réseaux de télécommunicat i ons , qui a déjà été la société ayant la plus grande valeur au Canada, est à vendre ses actifs principaux dans le cadre de sa restructuration.
Pertes accrues
Hier, l ’entreprise a fa it s a voi r q ue s e s r e ve nus avaient chuté de 25 % au deuxième trimestre, à 1,97 milliard US, et précisé que sa perte avait plus que doublé, à 274 millions US, soit 55 cents US par action, comparativement à la période correspondante de 2008.
Cette perte, attribuable en partie à des coûts de réorganisation de 130 millions de dollars canadiens, se compare à une perte de 113 millions, ou 23 cents par action, au cours de la période correspondante terminée le 30 juin de l’an dernier.
Da n s u n c o mmuniqué publié hier, M. Zafirovski a dit croire que la société est en voie de stabiliser ses activités tout en finalisant la vente de sa division sans-fil.
« La direction a été établie et nous sommes maintenant parvenus à un point naturel de transition tandis que nous continuons à fournir des services à nos clients, à maximiser la valeur grâce aux ventes et à poursuivre les activités de restructuration », a souligné M. Zafirovski.
Au départ, M. Zafirovski ava i t a f f i r mé en j a nvier dernier que Nortel visait à conserver ses activités principales et à poursuivre à titre de fournisseur de technologie plus modeste. Toutefois, la société a modifié ses objectifs et elle procède en ce moment à la vente de ses divisions et de ses actifs.
« Nous avons atteint un point de départ logique, a dit M. Pearce. Mike avait pris l’engagement de veiller au processus de stabilisation de la compagnie, à la vente de ses principaux actifs et à la mise en place des bons plans et du personnel qui convient pour poursuive nos activités et servir nos clients. Et c’est ce qu’il a fait. »
M. Pearce estime que M. Zafirovski a réalisé « de grands progrès » sur de nombreux fronts, y compris la résolut ion de grands problèmes juridiques et comptables et la nouvelle orientation donnée à Nortel, qui est passée d’une compagnie axée sur des produits « de patrimoine », plus anciens, à des investissements « de croissance ».
Pas de surprise
Duncan Stewar t , directeur de l ’a nalyse à DSam Consulting et observateur de Nortel depuis longtemps, ne voit pas dans le départ de M. Zafirovski un geste prématuré ou une surprise.
« M. Za f i r ovski e s t un homme d’opérations, et ce n’est pas sur cet aspect que Nortel met l ’accent en ce moment, dit-il. Ce n’est pas quelqu’un qui possède une énorme expérience en ce qui concerne les fusions et acquisitions. C’est la raison de la présence de George Riedel au sein de la compagnie. »

M. Stewart fait observer que M. Zafirovski avait déjà indiqué publiquement qu’il quitterait ses fonctions au moment où Nortel se délesterait de nombreux actifs.

Flou total pour les salariés
  -  Martin Vallières
La l iquidation des act i f s de Nortel, accélérée depuis hier, risque de toucher plusieurs dizaines de salariés à Montréal même si l ’entreprise n’y a plus d’usine depuis des années.
La division Metro Ethernet demeure la principale occupante des quatre immeubles identifiés à Nortel au Technoparc du quartier Saint-Laurent, à Montréal. C’est la prochaine et troisième des quatre divisions de Nortel à devoir trouver preneur, selon les analystes, pour une valeur estimée à un peu plus d’un milliard de dollars américains.
Après l ’ a n nonce de la vente de la division sans-fil à la firme suédoise Ericsson, qui concerne de nombreux emplois de R& D à Montréal et à Ottawa, il s’agit cette fois des employés de la division de Réseaux Metro Ethernet.
C’est la prochaine et troisième des quatre divisions de Nortel à devoir trouver preneur, selon les analystes, pour une valeur estimée à un peu plus d’un milliard de dollars américains.
Cette division est spécialisée dans les technologies de très grande bande passante pour les réseaux de télécommunications de type internet, notamment pour les transmissions audiovisuelles.
Or , c e t t e d i v i s i o n de Metro Ethernet demeure la principale occupante des quatre immeubles identifiés à Nortel au Technoparc du quartier Saint-Laurent , à Montréal, a-t-on confirmé hier à La Presse Affaires.
Selon le dernier chiffre divulgué par Nortel, près de 500 personnes étaient employées à ce principal centre d’activités qui lui reste au Québec. C’est aussi quatre ans après la revente puis la fermeture subséquente de son usine à Montréal, également dans le quartier SaintLaurent, qui a déjà employé plus de 1000 personnes.
« Effectivement, la division Metro Ethernet fait partie des actifs qui devront être vendus par Nortel. Toutefois, on ne peut encore présumer du sort de ses employés, à Montréal ou ailleurs dans l ’ ent r eprise » , a soul i gné Ryan Hill, porte-parole de Nortel au Canada.
L’échéancier de la vente de cette division demeure i mprécis. Du moins, t a nt que n’aura pas été ajusté le processus d’administration judiciaire de protection de faillite dans lequel Nortel évolue depuis janvier.
Un élargissement du rôle du c ontrôleu r déjà mandaté par la Cour, la firme Ernst & Young, est requis a près l ’ a n nonce hier du départ du président de Nortel et de la réduction de son conseil d’administration.
Mais de l’avis d’analystes, la division Metro Ethernet renferme plusieurs technologies de pointe qui font partie des « joyaux » résiduels de Nortel. « Cette division pourrait valoir plus que celle du sans-fil, même si cette valeur a sans doute baissé depuis un an en raison d’une chute des ventes », a récemment affirmé Mark Tauschek, analyste principal d’Info-Tech Research Group, de London, en Ontario.
Les résultats du deuxième t r i mestre 2009 divulgués hier par Nortel confirment un déclin de 27 % des ventes de sa division Metro Ethernet sur une base annualisée, pire que celle de 25 % pour toute l’entreprise.
Aussi , c e s vente s o nt décl i né de 8 % entre l es premier et deuxième trimestres 2009, alors que les ventes totales de Nortel progressaient de 14 %. Quant à la vente de la division sans fil, rappelons qu’une entente a été annoncée à la fin de j uillet avec la société suédoise Ericsson, au prix de 1,1 milliard US.
Toutefois, cette annonce a suscité des requêtes en blocage au fédéral, au motif que les technologies de sans-fil de Nortel devraient rester en mains canadiennes parce que leur mise au point a été largement subventionnée.
À Ottawa, vendredi dernier, le Comité parlementaire de l’industrie à la Chambre des communes a tenu une séance extraordinaire à ce sujet.
Pa r mi l e s s uj e t s d’ i nquiétude : le sort des 400 employés de la division de sans-fil au principal centre de recherche et développement ( R & D) de Nortel au Canada, en banlieue d’Ottawa. Par ricochet, leur sort sous une direction prochaine d’Ericsson pourrait avoir un effet sur le principal centre de R& D en sans-fil de cette entreprise au Canada, situé lui à Montréal.
Quelque 600 personnes t ravaillent à ce centre de R& D d’Ericsson en bordure du bouleva r d Déca r i e, à Montréal.
Depui s l ’ e nt e nt e a ve c Nortel, la direction d’Ericss on au Ca nada s outient qu’elle n’a pas l’intention de fusionner ou de rationaliser ses activités de R & D entre Montréal et Ottawa.
Mais déjà, des intervenants du milieu des télécoms à Montréal doutent du maintien de deux centres de R& D dans le sans-fil à deux heures de route l’un de l’autre.





Audiences d’urgence des députés fédéraux  -  Karine Fortin
« Compte tenu des circonstances entourant la transaction et le nombre de choses en jeu, j’ai pensé qu’il était important que le Parlement tienne un débat public », a dit le député néo-démocrate Brian Masse.
OTTAWA — Des députés fédéraux préoccupés par la vente d’actifs de l’équipementier de télécommunications Nortel Networks à la multinationale suédoise Ericsson ont accepté de suspendre leurs vacances estivales, le temps de tenir des audiences d’urgence sur la transaction annoncée le mois dernier et dont la valeur est d’environ 1,13 milliard de dollars US.
Le comité permanent de l’Industrie, des Sciences et de la Technologie se réunira demain au parlement pour entendre les dirigeants de Nortel et d’Ericsson ainsi que ceux de Research in Motion ( RIM), qui s’est élevée contre le processus de vente aux enchères des actifs et le fait qu’ils soient vendus à une entreprise étrangère.
Des représentants du gouvernement fédéral devraient également assister à la rencontre. Le ministre de l’Industrie a en effet le pouvoir de bloquer une transaction ou d’imposer des conditions à l’acheteur pour des raisons de sécurité nationale s’il estime que cela est dans l’intérêt du pays.
Une première séance aura lieu demain et d’autres pourraient suivre.
Conséquences
L e néo - démoc r a t e Br i a n Masse, qui a eu l’idée de tenir des audiences sur Nortel, dit vouloir poser des questions sur les conséquences potentielles de la vente de la quasi-totalité des activités CDMA (système appliqué dans les réseaux de téléphonie mobile) et les actifs LTE Access ( prochaine génération) de Nortel.
« Compte tenu des circonstances entourant la transaction et du nombre de c hoses en j eu, dont la technologie, j ’ai pensé qu’il était important que le Parlement tienne un débat public », a-t-il expliqué en entrevue à La Presse Canadienne.
Le député, qui représente la ville ontarienne de Windsor, trouve important que les parlementaires examinent les tenants et aboutissants du t ra nsfert de propriété i ntellectuelle et d’autres actifs et formulent des recommandations au ministre, s’ils le jugent à propos.
I l souligne que les contribuables canadiens ont payé une partie des frais de recherche et développement de l’entreprise et qu’il est normal qu’on les tienne au courant de ce qu’il advient de leur investissement.
Il était urgent d’organiser une rencontre puisque la transaction a déjà obtenu l’aval des tribunaux au Canada et aux États-Unis, en dépit de l’opposition de RIM, qui souhaitait acquérir les technologies en jeu mais s’est vu refuser l’occasion de présenter une offre en bonne et due forme.
Garanties
Pour leur part, les libéraux entendent profiter des audiences pour obtenir des garanties qu’Ericsson continuera à investir au Canada après avoir mis la main sur les actifs de son ancienne rivale.
I ls veulent aussi en savoir plus sur la stratégie du gouvernement Harper en matière de haute technologie.
« Ça fait plusieurs mois que l e processus de f a i l l i t e de Nortel et ensuite l’encan pour une partie de la compagnie se déroulent, et tout ça s’est fait dans les médias et derrière des portes fermées. Le gouvernement n’a certainement pas partagé sa stratégie ou les informations qu’il a recueillies » , a fait valoir le député libéral Marc Garneau. Comme c’est son habitude, le Bloc québécois tentera de voir quels sont les avant ages du rachat pour le Québec. Le porte-parole en matière d’ I ndustrie, Robert Bouchard, a aussi indiqué qu’il s’intéresserait au sort des travailleurs et de leur régime de retraite.
Longtemps considérée comme le f leuron du secteur des télécoms au Canada, Nortel s’est placée sous la protection des t ribunaux en j anvier dernier après plusieurs années de restructuration. L’entreprise est en voie d’être démantelée.



Adieu Nortel  - 
ANDRÉ PRATTE
Des voix s’élèvent en faveur d’une intervention gouvernementale pour bloquer la vente des actifs sans-fil de Nortel à la multinationale suédoise Ericsson. Ottawa doit faire la sourde oreille aux chants des sirènes nationalistes.
Au cours des dernières semaines, la vente-débarras de Nortel s’est déroulée dans l’indifférence la plus totale. Il a fallu que Research in Motion (fabricant du BlackBerry) lance un pavé dans la mare pour que, brusquement, le sort des morceaux de Nortel devienne une question de vie ou de mort nationale.
Les actifs sans-fil de Nortel ont été mis aux enchères par les tribunaux supervisant la faillite de l’entreprise. Trois investisseurs étrangers ont participé au processus; Ericsson est sortie gagnante grâce à une mise de 1,1 milliard US. RIM a refusé de se plier à certaines des conditions des enchères et, plutôt que de les contester devant les tribunaux, a décidé de porter sa cause devant l’opinion publique en faisant vibrer la corde nationaliste. Demandant au gouvernement d’examiner soigneusement la transaction, RIM soutient que ces précieux actifs, qui comprennent des centaines de brevets, devraient rester entre des mains canadiennes (c.-à-d. les siennes).
Ericsson n’est pas un prédateur. Établie au Canada depuis plus de 50 ans, elle y est un des plus importants investisseurs en R& D grâce aux activités de son centre de recherche de Montréal (600 employés). Bien qu’une rationalisation est à prévoir, il est certain qu’Ericsson ne se sauvera pas du pays avec les actifs de Nortel dans une valise à double fond. Il est aussi plus que probable qu’elle les gérera mieux que les fiers Canadiens ayant provoqué le gâchis que l’on sait.
Le gouvernement fédéral enverrait un bien mauvais message aux investisseurs étrangers s’il rejetait la proposition d’Ericsson, faite dans le respect des règles, pour ouvrir la voie à l’offre d’une entreprise canadienne qui n’a pas voulu jouer le jeu. Une telle décision découragerait l’investissement étranger dont profite grandement le Canada et susciterait des représailles à l’endroit des compagnies canadiennes souhaitant étendre leurs activités ailleurs sur la planète.
Le gouvernement Harper doit bien sûr se pencher sur la transaction Nortel-Ericsson, comme le lui commande la Loi sur Investissement Canada. En vertu de cette loi, Ottawa a bloqué l’an dernier la vente de la division spatiale de MacDonald Dettwiler and Associates, fabricant du satellite Radarsat II et du Canadarm, à l’américaine Alliant Techsystems. Cependant, il n’y a pas de commune mesure entre les deux transactions. Contrairement à Ericsson, Alliant n’est pas présente au Canada. Contrairement aux actifs sans-fil de Nortel, la division spatiale de MDA a une valeur stratégique irremplaçable pour le Canada. Enfin, MDA est une entreprise florissante, ce qui n’est évidemment pas le cas de Nortel.
Certes, comme le soutient le patron de RIM, Jim Balsillie, il faut une « solution canadienne » à la vente des actifs sans-fil de Nortel. Or, cette solution canadienne, c’est-à-dire la solution la plus conforme aux intérêts du Canada, c’est la vente de ces actifs à Ericsson.


Nortel : Le vieux réflexe  -  Adrien Pouliot
Ottawa ne devrait pas bloquer la vente d’actifs de Nortel pour conserver un « contrôle » canadien
Ce qui compte, c’est d’avoir un climat d’investissement attrayant au Canada pour encourager la croissance de compagnies locales
et l’établissement de filiales étrangères.
L’auteur est président de Draco Capital Inc., une société d’investissement privée. Le vieux réf lexe nostalgique nationaliste canadien de conserver sous contrôle canadien les actifs de Nortel n’est pas fondé sur de sains principes économiques. C’est la meilleure offre, celle d’Ericsson, qu’il faut accepter pour rembourser les créanciers garantis de Nortel qui, à défaut, pourraient recevoir un paiement moindre.
Pour avoir des marchés de capitaux qui fonctionnent bien, les créanciers doivent pouvoir, en cas de défaut de paiement de leur débiteur, exercer leur garantie et vendre les actifs au plus offrant pour se faire rembourser. Si le gouvernement intervient pour empêcher la vente, on risque de faire augmenter le coût d’emprunt des entreprises, car les prêteurs vont demander un rendement plus élevé pour compenser la perception de risque accru.
De plus, les investisseurs en capital de risque, qui espèrent vendre leurs actions à profit à des étrangers, pourraient investir moins ou ailleurs qu’au Canada, par crainte qu’Ottawa n’intervienne au moment de la vente.
La somme de 1,13 milliard d’Ericsson, importée de l’étranger et investie ici, servira à rembourser les prêteurs de Nortel qui recycleront ces fonds dans l’économie canadienne à un moment on ne peut plus opportun. De plus, en supposant que Research In Motion, la concurrente canadienne frustrée d’avoir perdu les enchères pour ces actifs, investisse dans les télécommunications canadiennes la somme de 1,1 milliard qu’elle était prête à débourser pour acheter ces actifs de Nortel, le Canada pourrait bénéfera fructifier son investissement en moussant la mise au point et la mise en marché partout dans le monde des nouvelles technologies canadiennes sur lesquelles planchent déjà les ingénieurs de Nortel.
Finalement, l’argument du ministre ontarien des Finances selon lequel il faudrait garder la propriété canadienne parce que les contribuables ont aidé à financer la mise au point de la technologie de Nortel consiste à utiliser comme prétexte une mauvaise politique (subventionner des compagnies privées) pour appuyer une seconde mauvaise politique (intervenir pour bloquer des investisseurs étrangers).
Ceux qui veulent une solution protectionniste ont une vision statique et se concentrent sur la seule nationalité de l’acheteur. Ce qui compte, c’est plutôt d’avoir ficier d’un total de 2,23 milliards d’investissements. La solution protectionniste aurait pour effet de garder un « contrôle » canadien plus grand sur une industrie plus petite, qui grandirait probablement moins vite en conséquence d’une telle décision.
Par contre, la solution de libre marché ferait en sorte de rendre l’industrie des télécommunications plus forte, plus importante et plus dynamique, ce qui ne peut que bénéficier aux Canadiens. Entre les mains d’Ericsson, les brevets et la propriété intellectuelle canadienne ne disparaîtront pas. Au contraire, Ericsson un climat d’investissement et de production attrayant au Canada pour encourager la croissance de compagnies locales (qui pourront ultérieurement connaître une expansion à l’étranger), de même que l’établissement ici de filiales étrangères.

En intervenant pour contrer Ericsson, le gouvernement enverrait aux étrangers le message que le Canada souhaite rester à l’écart des réseaux de production multinationaux. Un tel geste encouragerait des représailles similaires contre nos propres compagnies lorsqu’elles feront des offres d’achat à l’étranger.






La béquille inflationniste  -  Laurent Desbois
Il y a un danger réel que les gouvernements remplacent de plus en plus le secteur privé comme source d’emplois
Seule l’innovation du secteur privé peut augmenter la capacité productive de l’économie, augmentation requise pour limiter les hausses de prix.
L’auteur est président de la société d’investissements Fjord Capital. Le tsunami financier de l’été 2007 a été caractérisé par l’éclatement de la bulle du crédit. S’en est suivi la crise économique en 2008 générée par un consommateur qui ne veut (et qui ne peut) plus emprunter, réduisant du coup l’activité économique.
La réponse gouvernementale au Canada, et surtout aux États-Unis, a été d’augmenter de façon substantielle les dépenses et les déficits. Ces déficits sont nécessaires afin d’éviter que le taux de chômage n’augmente trop.
La culture de la dette cependant n’a pas changé avec l’éclatement de la bulle du crédit. On remplace tout simplement la dette privée par la dette publique. La nature humaine étant ce qu’elle est, la liste de demandes d’interventions de la part des gouvernements risque de s’allonger de façon substantielle. La pression sera grande, surtout aux États-Unis après avoir tant dépensés pour sauver les banques et les compagnies d’assurance.
Par contre, à long terme, ces dépenses ne rendront pas nos économies dynamiques. Il y a un danger réel que la béquille gouvernementale remplace le secteur privé comme source d’emplois.
La conséquence de cette intervention sans fin des gouvernements sera l’inflation. Tout simplement parce qu’il sera plus facile de réduire la dette en imprimant de l’argent qu’en taxant les revenus. Et aussi parce que, malgré la crise, seule l’innovation du secteur privé peut augmenter la capacité productive de l’économie, augmentation requise pour limiter les hausses de prix.
Dans un contexte de fortes dépenses gouvernementales, les banques centrales n’auront pas l’indépendance nécessaire pour restreindre l’inflation. Si les gouvernements élus engrangent des déficits qui génèrent de l’inflation, sur quelle légitimité démocratique les banques centrales peuvent-elles s’appuyer pour réduire l’inflation? Les pressions seront énormes pour ne pas augmenter les taux d’intérêt.
Au Canada, nous avons le bénéfice d’être producteur de matières premières dont les prix augmenteront. Nous deviendrions de grands rentiers en recevant nos royautés. Comme dit l’investisseur américain Jim Rogers, dans ce monde inflationniste, ce ne sont pas les banquiers, mais les fermiers qui vont conduire des Lamborghini.
Cependant, les conséquences seront désastreuses pour les pays manufacturiers qui importent des matières premières, et pour les États-Unis. Outre le transfert de richesse massif vers les producteurs de matières premières, ainsi que le transfert des poids politique, économique et probablement militaire qui y seront associés, le désordre social inhérent à l’inflation ne peut être sousestimé. Lénine aurait dit que la meilleure façon de détruire le capitalisme est de dévaluer sa devise, car l’inflation provoque un transfert massif de richesse entre épargnants et emprunteurs, entre rentiers et producteurs, et entre générations, tout en écrasant la classe moyenne d’une combinaison d’impôts élevés et des prix qui ne cessent de monter.
Il n’y a pas eu de discussion sur la place publique quant à la nature temporaire que doit avoir cette augmentation du rôle des gouvernements. En effet, en laissant ainsi le génie sortir de sa bouteille, on risque fortement de semer les graines de la prochaine crise.
Clairement, cette route ne doit pas être prise. La classe politique aura-telle le courage de faire demi-tour dans un an ou deux lorsque la crise financière sera derrière nous ? Le débat doit commencer aujourd’hui, surtout chez nos voisins du Sud.




Un « BS corporatif »  -  Adrien Pouliot
GM et Chrysler auraient pu trouver du financement sans l’intervention de l’État
Si les deux entreprises disparaissaient complètement comme par magie, le chômage créé ne serait pas permanent.
L’auteur est président de Draco Capital Inc., société d’investissement privée.
L’implication du gouvernement amér ica i n ( et canadien) dans la réorganisation de GM et Chrysler soulève plusieurs interrogations.
On a justifié cette intervention en disant que ces entreprises sont trop importantes pour faire faillite. La vraie question n’est-elle pas plutôt celle-ci : « Pourquoi le contribuable doit-il subventionner deux entreprises qui n’ont pas su répondre aux besoins de leurs clients tout en générant un profit? »
On a aussi dit que de permettre aux deux entreprises de déclarer banqueroute jetterait au chômage des milliers de travailleurs. C’est un argument alarmiste, car souvent les entreprises réussissent leur réorganisation et émergent avec une structure de production plus réaliste pour poursuivre leurs opérations (comme Chrysler après sa première faillite).
Mais même si GM et Chrysler disparaissaient complètement comme par magie, le chômage créé ne serait pas permanent : les travailleurs, après une période de transition, se replaceraient. Cette étape de « nettoyage » est salutaire et nécessaire: ce chômage temporaire permet aux acteurs du marché de déplacer ces ressources qui sont mal utilisées à construire des voitures dont on ne veut pas à trop haut coût là vers d’autres activités où elles produiront des biens que les consommateurs veulent.
L’intervention de l’État dans ces deux restructurations aurait aussi permis, selon ses partisans, aux deux entreprises d’obtenir du financement pour survivre pendant la réorganisation. Or, depuis le début de la crise économique, des milliards de dollars ont été prêtés par des prêteurs spécialisés en financement d’entreprises en difficulté et par les actionnaires, fournisseurs, employés et clients de celles-ci. On se demande donc pourquoi GM et Chrysler n’auraient pas pu trouver un tel financement. Si aucun financement n’avait été trouvé, les actifs les plus attrayants des deux compagnies auraient pu être vendus au plus offrant (comme Opel a été vendue à Magna) et les autres actifs dont personne ne voulait auraient pu être liquidés sous la supervision d’un juge de faillite.
Par contre, la présence de l’Oncle Sam a eu comme effet pervers de court-circuiter le processus de restructuration déjà bien établi par les lois d’insolvabilité aux ÉtatsUnis. En effet, l’Oncle Sam a décidé de favoriser certains groupes de créanciers au détriment d’autres. Par exemple, le fonds d’assurance-maladie des travailleurs de GM, géré par le syndicat, recevra 39% des actions de la « nouvelle GM » restructurée contre l’annulation de 10 milliards de dettes qui lui étaient dues par GM, alors que les porteurs d’obligations, à qui GM doit 27 milliards, n’en recevront que 10%.
La confiance des prêteurs en l’inviolabilité des contrats et de la règle de droit dans de telles circonstances en a pris pour son rhume! Et chaque fois qu’on augmente l’incertitude et le risque lié à des investissements, on peut s’attendre à ce qu’il y ait moins d’investissements dans l’avenir, donc moins de croissance et moins de prospérité.
Enfin, cette approche interventionniste favorise une attitude de « bien-être social corporatif ». Si vous étiez Ford, Toyota ou Honda, ne seriez-vous pas tentés d’appeler au secours de l’État? Et comme investisseur, voudriez-vous acheter des actions de Ford (et Ford pourra-t-elle à l’avenir se financer en émettant des actions?) en sachant que votre concurrent appartient au gouvernement des États-Unis, lequel peut changer les règles du jeu en tout temps en sa faveur ?


Québec doit dire non - Il serait inéquitable de garantir les rentes des retraités des régimes à prestations déterminées
Il serait injuste de protéger les retraités déjà privilégiés d’avoir un régime à prestations déterminées et de ne rien faire pour ceux qui ont un REER collectif.
L’auteur est président de Girardin – Actuariat et Communication inc.
Face à un déficit de plus de 1,3 milliard, parions que les retraités d’AbitibiBowater demanderont l’aide de Québec si la compagnie fait faillite... avec pour résultat que tous les autres retraités verront leurs rentes réduites.
Récemment, La Presse titrait : « Les retraités de Boisbriand demandent l’aide de Québec », dans le cadre de la faillite appréhendée de GM. Face à un déficit de plus de 1,3 milliard, les retraités d’AbitibiBowater feront de telles demandes si la compagnie fait faillite… et tous les autres retraités qui verront leurs rentes réduites aussi.
Le gouvernement du Québec doit refuser de les aider.
Les régimes de retraite à prestations déterminées garantissent les rentes promises contrairement aux REER, dont les participants assument tous les risques. La garantie est donnée par la caisse de retraite et la solvabilité de l’employeur. Un problème survient quand l’entreprise fait faillite et qu’il manque d’argent dans la caisse… la loi prévoit que l’on doit réduire les prestations promises incluant celles des retraités.
Au Québec, à peine 40% des travailleurs ont la chance de participer à de tels régimes de retraite, et ils sont principalement dans le secteur public et parapublic.
Le régime de retraite fort généreux de GM Canada est un des éléments qui a rendu l’usine GM de Boisbriand non compétitive.
Les régimes de retraite des papetières sont aussi parmi les plus généreux et les parties négociantes n’ont pas arrêté d’augmenter les prestations de ces régimes lors du renouvellement des conventions collectives en sachant fort bien que les régimes de retraite n’étaient pas dans une bonne situation financière. On reportait le problème à plus tard, on étalait le paiement du déficit au maximum…
Faire payer les déficits de ces régimes par les contribuables, qui dans la grande majorité n’ont pas la protection d’un régime de retraite à prestations déterminées et qui ont subi des pertes importantes dans leur REER est totalement inéquitable.
Faire payer les employeurs qui ont un régime de retraite à prestations déterminées? On appelle cela un fonds de garantie et cela existe en Ontario et aux États-Unis. C’est une catastrophe financière, les fonds de garantie ont des déficits importants et en bout de piste, c’est l’ensemble des contribuables qui doivent combler les déficits des fonds de garantie. C’est inéquitable et inacceptable socialement.
Il serait injuste de protéger les retraités déjà privilégiés d’avoir un régime à prestations déterminées et de ne rien faire pour ceux qui ont un REER collectif et qui ont eux aussi subi les conséquences de la crise financière. Que dira-ton à ceux qui perdent leur emploi et qui n’ont pas de régimes de retraite si on aide seulement les retraités des régimes à prestations déterminées?
Comprenons-nous bien, je trouve dramatique que les rentes des retraités soient réduites en cas de faillite de l’employeur qui parraine le régime. Mais ce n’est pas au gouvernement du Québec, et par ricochet l’ensemble des contribuables, de garantir le paiement des rentes des retraités des régimes à prestations déterminées.
On devrait mieux protéger les prestations des régimes de retraite, non seulement celles des retraités, mais aussi celles de tous les autres participants non retraités.
Le projet de loi 30 adopté par Québec et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2010 apporte des améliorations à la sécurité des prestations en exigeant la création d’une réserve de contingences qui diminuera les probabilités qu’un régime se termine en position déficitaire. Mais entendons-nous bien, ce n’est pas une garantie que les prestations seront toujours payées à 100%. Avant de créer cette réserve de contingences, il faut tout d’abord combler les déficits actuels.


Le Canadien : Un investissement discutable
La participation du Fonds de solidarité à l’achat du Canadien coûtera des millions au Trésor québécois.
Les auteurs sont respectivement professeur au département d’économie de l’Université de Montréal et fellow au CIRANO, et économiste et directeur de projet au CIRANO.
Quelques heures après que la rumeur de la vente du Canadien de Montréal à la famille Molson ait été confirmée, on faisait déjà valoir que les acheteurs ne bénéficieraient d’aucun support public pour conclure la transaction, même pas du « prêt avec intérêt » qui leur avait été offert par le gouvernement du Québec. Une transaction 100% privée, en somme. C’est faux, puisque cette transaction représentera un coût de plusieurs millions de dollars pour l’État québécois.
C’est l’implication du Fonds de solidarité de la FTQ dans le groupe d’acheteurs qui vient troubler les cartes. Pour chaque dollar investi dans le Fonds, l’État québécois offre un crédit d’impôt de 15 cents. Si ce placement est fait sous forme d’une contribution à un REER, la valeur de l’aide fiscale passe alors à 39 cents par dollar investi.
On ne connaît pas encore le montant réel de la transaction, ni la valeur de la participation du Fonds de solidarité dans le montage financier. Néanmoins, si le Fonds contribue 50 millions, soit 10% de la somme totale de la transaction estimée par les commentateurs, il en coûtera entre 7,5 et 19,5 millions au Trésor québécois. Sans compter que les mêmes déductions s’appliquent également au niveau fédéral. Bien que le gouvernement ne fasse aucun versement en argent sonnant et trébuchant, ces mécanismes fiscaux représentent tout de même un coût puisque l’État renonce à percevoir un revenu. On appelle cela une dépense fiscale.
À l’origine, ce traitement privilégié a été consenti aux actionnaires du Fonds de solidarité parce que l’objectif premier de celui-ci est de « de créer, maintenir ou sauvegarder des emplois au Québec ». Cette mesure était fort louable dans le contexte de création du Fonds, en 1983, alors que le taux de chômage était de 14,6%. Mais quels emplois étaient réellement menacés par la vente du club de hockey?
Peut-être que cet investissement répond alors à l’objectif du Fonds de « stimuler l’économie québécoise par des investissements stratégiques » ? Cet argument reste à démontrer. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le départ de l’équipe de Montréal ne semble jamais avoir été réellement envisagé. Dans ces conditions, on voit mal comment le dynamisme économique de la métropole puisse servir de prétexte à l’implication du Fonds. Si au moins cet investissementavait servi à amener les Coyotes de Phoenix à Québec, on aurait alors pu évoquer la stimulation économique!

En somme, bien que la transaction annoncée ce week-end recèle de bonnes nouvelles pour les partisans montréalais du club, elle se conclura avec un coût net pour l’ensemble des Québécois. Sans compter qu’elle s’inscrit apparemment en faux avec les objectifs du Fonds de solidarité. Son président-fondateur, Louis Laberge, a dû se retourner dans sa tombe en voyant pour quelles fins le fonds qu’il a créé fait désormais « appel à l’épargne et à la solidarité de l’ensemble de la population québécoise ».



« JE SUIS PROFONDÉMENT DÉSOLÉ »  -  Richard Hétu
Le PDG de Toyota offrira ses excuses devant une commission du Congrès américain aujourd’hui
« Je crains que le rythme auquel nous avons grandi ait été trop rapide. Nos priorités se sont embrouillées et nous n’avons pas pris le temps de réfléchir afin d’apporter les améliorations voulues comme nous le faisions par le passé. »
Les dirigeants de Toyota ont fait un mea-culpa officiel, hier, en affrontant les critiques et les questions des parlementaires américains à l’orée de deux jours d’auditions sur les défaillances techniques des voitures du constructeur japonais. L’exercice s’annonce particulièrement difficile pour le PDG, Akio Toyoda, un homme discret et timide qui a été propulsé à la tête du conglomérat fondé par son grand-père.
  Conductrice d’une Lexus, Rhonda Smith a témoigné devant une commission du Congrès de son expérience horrifiante alors qu’elle n’arrivait pas à arrêter son véhicule roulant à 160 km/h.
NEW YORK — Au moment même où le PDG de Toyota diffusait le texte du meaculpa qu’il doit prononcer aujourd’hui devant une commission du Congrès, la conductrice d’une Lexus racontait aux membres d’une autre commission son expérience horrifiante au volant de son véhicule dont elle n’aura réussi à arrêter la course folle qu’au bout de 9 km parcourus à 160 km/h.
« Honte à vous, Toyota, pour avoir été si avare et honte à la NHTSA pour ne pas avoir fait votre travail », a lancé Rhonda Smith en utilisant le sigle de l’agence de sécurité routière américaine.
L a déclaration d’Akio Toyoda, qui attribue à la croissance trop rapide de son groupe les problèmes de sécurité auxquels celui-ci fait face, et le témoignage de Rhonda Smith ont représenté deux des faits marquants de la première des deux journées d’auditions du Congrès américain sur les rappels massifs de Toyota.
Les audiences d’hier ont également permis aux parlementaires américains de critiquer la façon dont Toyota a géré la crise ainsi que d’exprimer leur scepticisme face aux explications du constructeur sur la cause des problèmes d’accélération soudaine à l’origine de la majorité des rappels.
Quant au directeur de l’exploitation de Toyota aux ÉtatsUnis, Jim Lentz, il a reconnu lors de son audition que tous les rappels de son groupe – plus de 8 millions de véhicules dans le monde et plus de 6 millions aux États-Unis – pourraient ne pas avoir réglé une fois pour toutes le problème des accélérations involontaires.
« Nous sommes vigilants et nous continuons à examiner toutes les causes possibles », a-til déclaré devant la commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants.
Audition très attendue
Le mea-culpa d’Akio Toyoda doit intervenir au début de son audition très attendue devant la commission de la Surveillance et de la Réforme gouvernementale de la Chambre des représentants.
« Je crains que le rythme auquel nous avons grandi ait été trop rapide, affirmet-i l dans le texte du discours qu’il doit prononcer aujourd’hui. Nos priorités se sont embrouillées et nous n’avons pas pris le temps de réfléchir afin d’apporter les améliorations voulues comme nous le faisions par le passé. »
« Je déplore que cela ait débouché sur les problèmes de sécurité décrits dans les rappels auxquels nous faisons face aujourd’hui et je suis profondément désolé pour tout accident qu’auraient subi des conducteurs de Toyota », ajoute le petitfils du fondateur du constructeur japonais, qui présentera ses condoléances à la famille Saylor, impliquée dans un accident de la route ayant coûté la vie à quatre de ses membres l’automne dernier à San Diego.
Le PDG de Toyota poursuit son mea-culpa en assurant qu’il a redonné la priorité à la qualité des véhicules plutôt qu’aux volumes de production depuis son accession à la tête du groupe en juin dernier.
Il reste à savoir si son discours amadouera les parlementaires américains. Hier, le président de la commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants, Henry Waxman, s’est dit « déçu par la réaction de Toyota aux problèmes d’accélérations i nvolontaires », précisant que « les plaintes des consommateurs doivent être prises au sérieux ». Il a également déploré le fait que « ni Toyota ni le gouvernement ne se soient penchés sérieusement sur le fait que des dysfonctionnements électroniques pourraient être à l’origine » des accélérations soudaines.
« La NHTSA n’a même pas d’ingénieur en électronique » dans ses effectifs, a-t-il dénoncé.
Malgré les témoignages de deux experts en électronique contredisant Toyota, Jim Lentz, directeur de l’exploitation du groupe aux États-Unis, a répété que des problèmes de tapis de sol ou de pédales se coinçant étaient la cause des accélérations involontaires.
Il a précisé que le constructeur préparait l’installation d’un nouveau système de freinage qui permettra aux conducteurs de presque tous les véhicules Toyota de surmonter tout problème lié à la pédale d’accélérateur.
Dans le texte qu’il a lu au début de son audition, Jim Lentz a présenté des excuses au public.
« Pour le dire simplement, nous avons mis trop de temps à prendre en compte un rare mais sérieux ensemble de problèmes de sécurité, malgré tous les efforts que nous avons déployés de bonne foi », a-t-il déclaré.
« Nous reconnaissons ces erreurs, nous nous en excusons et nous avons appris de ces erreurs », a-t-il ajouté.

Toyota: le charme est rompu -  Denis Arcand
Toyota semblait s’enfoncer dans la crise, hier, en étendant sur trois continents ses rappels de sécurité à des millions de véhicules. Plusieurs analystes de l’industrie automobile mondiale se demandent si le géant japonais va perdre son actif le plus précieux: la confiance de ses clients.
Plusieurs experts affirment que Toyota a peu à peu vendu son âme, lorsqu’elle s’est lancée dans une expansion rapide aux États-Unis, produisant davantage de grosses voitures et des VUS.
Jusqu’à récemment, Toyota était le premier de classe incontesté de l’industrie automobile, s’étant patiemment taillé une réputation enviée de fiabilité et de sécurité, à bon prix. Il lui faudrait un musée pour regrouper sous un même toit les prix de qualité et de fiabilité remportés par ses véhicules.
Sa réputation se mesurait même en dehors de son industrie. Exemple: en octobre 2009, au beau milieu de la crise mondiale dans l’automobile, Toyota a été l’unique constructeur automobile à se classer parmi les 10 plus grandes marques du top 100 annuel de la firme de marketing Interbrand, très loin au-dessus de Mercedes-Benz, BMWet Honda.
C’est durant cette année où toute l’industrie a perdu des revenus que Toyota a ravi à l’américaine General Motors sa couronne de No 1 mondial de l’automobile.
Mais depuis quelque temps, les enjeux de sécurité et de fiabilité qui touchent Toyota se suivent en cascade, alors que la qualité des américaines et des coréennes est meilleure que jamais.
Les pédales d’accélération suspectes (il y a eu des accidents mortels) de Lexus et de Toyota ont un impact tel que certains clients américains qui viennent d’acheter une Toyota refusent d’en prendre possession chez le concessionnaire, rapportait mercredi la revue Automotive News. Ils attendent que Toyota ait trouvé la solution.
En attendant, Toyota a suspendu ses ventes de huit modèles nord-américains et fermera six chaînes de montage ce soir, jusqu’à nouvel ordre.
«Cette décision sans précédent dans l’industrie automobile montre le sérieux de cet enjeu de sécurité», a écritMichelle Krebs, une analyste chevronnée du marché automobile chez Edmunds. com. «On a commencé avec des tapis d’appoint; ensuite, c’était l’usure d’une pièce; nous voici maintenant devant un arrêt de production total. Je ne peux m’empêcher de penser que la crédibilité de l’entreprise est remise en question»
Plusieurs experts affirment que Toyota a peu à peu vendu son âme, il y a une dizaine d’années. À cette époque, Toyota s’est lancée dans une expansion rapide aux États-Unis, se lançant dans les grosses voitures et les VUS. Elle s’est ainsi éloignée du domaine d’expertise où elle est imbattable, les compactes et les intermédiaires, à la poursuite de GM et du 1er rang mondial. Les experts pensent que cette expansion s’est faite aux dépens du contrôle de la qualité qui a fait sa réputation et qui, justement, l’a amenée au premier rang.
Or, « il n’y a rien d’autre dans cette marque », a dit au Los Angeles Times John Wolkonowicz, spécialiste automobile chez IHS Global Insight. « La marque n’est pas bâtie sur l’élégance des voitures, ni sur une conduite exceptionnelle, ni sur la performance. Elle est bâtie sur la qualité et sur le coût d’entretien bas. »
Selon Shigeru Matsumura, analyste chez SMBC Friend Securities, les rappels récents « ont terni la réputation de qualité de Toyota, qui est à la base de sa force. Cela donne une nouvelle chance aux constructeurs comme General Motors. »
Mais les problèmes actuels de Toyota ne doivent pas être exagérés. Le constructeur japonais demeure une force formidable. Le nouveau président de Toyota, Aiko Toyoda, n’obsède pas sur la croissance. Il a promis de recentrer Toyota vers ses valeurs originales de qualité et de minutie.


Tata veut lancer sa Nano sur le marché américain
NEW DELHI — Le constructeur indien Tata veut lancer sur le marché américain une version de la Nano, présentée comme la voiture la moins chère du monde, dotée d’un moteur plus puissant et de normes de sécurité plus élevées, a-t-il annoncé hier lors du salon AutoExpo de New Delhi.
« Nous reconnaissons qu’il y a un marché des voitures à bas prix, non seulement dans l es pays émergents mais aussi dans les marchés développés », a déclaré à des journalistes le président du groupe Tata Motors, Ratan Tata, au premier jour du 10e salon automobile de la capitale fédérale.
« Pour l es Américains, nous avons besoin d’une voiture avec un moteur plus puissant, ce qui i mplique des t e s t s de s i mulat i on d’accident supplémentaires et des modifications. Nous sommes en train de procéder à tout cela », a-t-il précisé.
La Nano, une voiture compacte à quatre portes vendue 2500 $ US dans sa version de base et 3700 $ US avec options, avait été présentée lors du précédent salon auto de New Delhi en 2008.
Elle a été l a nc é e s u r l es r outes i ndienne l ’ été dernier.
Le l a ncement médiatique de cette voiture a créé un engouement parmi les constructeurs mondiaux qui s ’engouffrent t our à t our dans le créneau des petites citadines économiques.


L’effet des primes à la casse s’estompera bientôt
— Des immatriculations en hausse dans les grands marchés européens et au Japon, de bons résultats-surprises de Ford aux États-Unis: la prime à la casse continue de soutenir le marché automobile, mais ses effets devraient s’estomper l’an prochain.
La France, l’Allemagne et l’Espagne ont enregistré des bonds de plus de 20 % des immatriculations le mois dernier, et la Grande-Bretagne de plus de 30%, la hausse la plus forte depuis le début de l’année. Le Japon et l’Italie ne sont pas en reste, selon des chiffres publiés cette semaine.
Aux États-Unis, Ford a réalisé au troisième trimestre ses meilleures ventes depuis quatre ans, tandis que le géant General Motors a justifié sa volte-face sur Opel, qu’il a décidé finalement de garder dans son giron, par une amélioration de la situation en Europe.
Ces bonnes performances s’expliquent principalement pa r deux f ac t eurs, s elon Bertrand Rakoto, analyste du cabinet d’études Polk France, interrogé par l’AFP.
Tout d’abord, « un effet de comparaison » favorable, explique M. Rakoto. L’automne 2008 avait en effet été particulièrement mauvais pour les constructeurs automobiles en raison de la crise.
Surtout, les marchés sont dopés depuis plusieurs mois par des mesures d’incitation à l’achat mises en place par les gouvernements, comme la prime à la casse.
« Le fait que le marché des véhicules utilitaires et des poids lourds soit toujours sinistré est assez révélateur de l’impact de la prime à la casse » sur celui des voitures particulières, commente Guillaume Mouren, analyste du cabinet d’études Xerfi.
Cet effet joue à plein depuis le début de l’année en Allemagne ou en France, depuis moins longtemps en Espagne ou en Italie, qui ont adopté la même mesure plus tardivement. Sur le plan des constructeurs, les aides gouvernementales ont particulièrement profité aux groupes japonais.
Aux États-Unis, la situation est un peu moins rose. « C’est un marché qui mettra du temps à panser ses blessures » car il est saturé, estime M. Rakoto.
Ce coup de pouce devrait se prolonger dans les mois à venir, même dans les pays où les primes ont été épuisées ou vont diminuer, car des véhicules commandés cet été peuvent être livrés avec plusieurs mois de décalage, explique M. Rakoto, se basant sur l’exemple de l’Allemagne.
Mais les ristournes accordées aux automobilistes ne vont pas porter éternellement les marchés, avertissent les analystes. M. Rakoto table sur une fin d’année et un premier trimestre 2010 plutôt positifs, puis de nouveau un creux avant un rebond attendu au quatrième trimestre.
« Les bons chiffres de 2009 sont artificiels », ajoute-t-il.
Son homologue de Xerfi est plus négatif. « Dès que les primes à la casse vont disparaître, on peut s’attendre à une rechute des marchés » et une nette reprise n’est pas à attendre avant 2011.
Pour lui, les ménages ont été fortement incités à remplacer leurs voitures cette année et i ls vont ensuite consacrer leur argent à d’autres dépenses.
Cer t a i ns c onst r ucteu r s pourront compenser part iellement ce recul par la reprise sur les marchés émergents. Le numéro un européen Volkswagen, très bien implanté en Chine, compte ainsi sur la reprise observée dans ce pays et au Brésil pour faire mieux que les autres constructeurs cette année.
Cela pourrait aussi être le cas pour PSA ou Hyundai, pour qui les marchés émergents « sont des relais de croissance », selon M. Mouren.

En attendant une reprise des marchés mondiaux, « les primes à la casse ont pleinement joué leur rôle », conclut M. Rakoto.


Les principales réactions face à Opel
Voici les principales réactions hier à l’annonce du revirement du constructeur automobile américain General Motors, qui a finalement décidé de garder le constructeur Opel dans son giron. > L’Allemagne exprime son étonnement et sa colère, son ministre de l’Économie Rainer Brüderle jugeant « inacceptable » la décision de GM. > Les syndicats allemands d’Opel annoncent des « actions de protestation » sur tous les sites allemands dès aujourd’hui, qui doivent ensuite s’étendre à l’échelle européenne. > La Maison-Blanche se dit étrangère au revirement. « Les décisions de GM sont prises par sa direction, elles ne sont prises par personne à la Maison-Blanche. » > La Russie veut un examen des recours juridiques possibles après ce refus de GM de céder sa filiale Opel au canadien Magna associé à la banque publique russe Sberbank, une transaction chère à l’ homme fort du pays Vladimir Poutine. > La Commission européenne espère que l e nouveau plan de restructuration est « fondé sur des motifs économiques solides, en vue d’assurer la viabilité à long terme d’Opel et des emplois durables » pour ses travailleurs. > Le gouvernement britannique dit vouloir travailler étroitement avec GM sur ses futurs projets pour Opel, n’excluant pas d’injecter de l’argent dans une restructuration. Le syndicat Unite, plus grosse organisation syndicale du pays, se félicite du revirement. > Espagne : gouvernement et représentants syndicaux espagnols affichent leur méfiance quant aux projets, pour l’heure inconnus, de GM pour l’usine de Figueruelas. > La Pologne affiche sa satisfaction, jugeant que cette décision est avantageuse pour l’usine polonaise d’Opel à Gliwice (sud du pays). > Pour Frank Stronach, le patron de l’équipementier Magna, qui devait à l’origine racheter Opel, « la vie continue ».

FORD RETROUVE SES COULEURS  -  Charlotte Raab
WASHINGTON — Ford, seul constructeur américain à avoir traversé la crise financière sans injection de fonds fédéraux, a enregistré ses meilleurs résultats depuis quatre ans, s’installant largement dans le vert grâce à la prime à la casse américaine et à des efforts de réduction de coûts.
Le constructeur automobile Ford a tiré le plus grand bénéfice du redémarrage du marché américain, enclenché par la prime à la casse instituée durant l’été par l’administration Obama.
En outre, le constructeur automobile a annoncé hier une série d’opérations financières destinées à renforcer ses liquidités : une augmentation de capital pouvant atteindre jusqu’à 1 milliard US, une émission obl igataire d’au moins 2 milliards US et une opération de renégociation de sa dette existante.
Ford a publié un bénéfice net de 997 millions US pour la période juillet-septembre, mais surtout son premier bénéfice d’exploitation depuis un an et demi, à hauteur de 1,107 milliard US. Mieux encore, le résultat d’exploitation est positif aux États-Unis pour la première fois depuis 2005.
Trois ans après l’a rrivée a u x c o mmandes d ’A l a n Mulally, directeur général embauché chez Boeing pour enrayer un effondrement que l’héritier Bill Ford n’avait pas su arrêter, le constructeur de Dearborn, en banlieue de Detroit, tire les dividendes d’une restructuration qui a réduit les coûts, amélioré la compétitivité et rationalisé la production.
Le constructeur a supprimé 4,6 milliards US de coûts pour les neuf premiers mois de l’a nnée, au-delà de ses objectifs (4 milliards US), et tout près de l’objectif annuel (5 milliards US).
Le constructeur a aussi tiré le plus grand bénéfice du redémarrage du marché américain, enclenché par la prime à la casse instituée durant l’été par l’administration Obama.
Grâce à cette incitation à l’achat, Ford a enregistré entre juillet et septembre sa première progression des ventes sur un trimestre depuis quatre ans aux États-Unis.
1 Les analystes n’ont pas caché leur surprise, Douglas McIntyre, sur le site 247WallSt. com, allant jusqu’à saluer « un petit miracle ».
L’action a bondi de 8,29%, à 7,58 $US, dans la journée.
À la Deutsche Bank, l’analyste Rod Lache a noté que, au-delà des restructurations, Ford avait bénéficié durant le troisième trimestre de la baisse des coûts d’approvisionnement, la plus grande surprise venant cependant des prix de vente, que Ford a réussi à maintenir sans accorder trop de ristournes.
L’agence d’évaluation financière Moody’s a par ailleurs relevé d’un cran, à B3, la note du constructeur. Cela laisse Ford au rang des valeurs spéculatives, mais souligne les progrès accomplis en matière de rentabilité.
Au total, les résultats sont très supérieurs aux attentes du marché, qui tablait sur une perte nette de 12 cents US par action, alors que le constructeur a enregistré un bénéfice de 26 cents US par action, hors éléments exceptionnels.
Le chiffre d’affaires s’est établi à 30,9 milliards US au troisième trimestre, un recul de 800 millions US par rapport à l’an dernier dû à une baisse de l’activité de la filiale financière Ford Credit, mais qui reste t rès au-delà des attentes des analystes (28,31 milliards US).
Ford dit s’attendre désormais à un retour à une « rentabilité solide », hors éléments exceptionnels, en 2011, selon ce communiqué.
Le constructeur reste prudent pour l’an prochain, où il s’attend à une baisse de volume des ventes « notable » en Europe, qui pourrait bien ne pas être compensée par le marché américain.
Ford pourrait également encaisser une déception avec le refus, prédit par plusieurs journaux, des membres du syndicat d’UAW d’aligner leurs conditions sur celles en vigueur chez les deux autres constructeurs américains, General Motors et Chrysler, contraints à d’importants sacrifices après leur redressement judiciaire et les aides fédérales.
M. Mulally a refusé hier de commenter ces informations, mais il s’est félicité de la décision des ouvriers du syndicat frère au Canada, le CAW, de valider la nouvelle convention collective. « Cela va faire en sorte que les activités de Ford au Canada soient concurrentielles », a-t-il dit.
« L’UAW a clairement indiqué qu’il ne voulait pas que nous soyons désavantagés », a-t-il ajouté, laissant entendre que les discussions allaient se poursuivre avec les syndicats.

Les ventes de GMet Chrysler chutent, Ford s’en tire mieux
Les constructeurs américains d’automobiles Chrysler et General Motors ( GM) ont divulgué hier des chiffres de ventes pour septembre qui laissent présager un automne difficile, tandis que Ford semble tirer son épingle du jeu malgré tout.
Chrysler a vendu 62 197 véhicules aux États-Unis au mois de septembre, soit un plongeon de 42% comparativement à un an plus tôt, en partie à cause de stocks insuffisants, après une chute de 15% sur un an en août.
Chez GM, la chute s’est poursuivie : General Motors a vendu 156 673 véhicules aux États-Unis au mois de septembre, soit une chute de 45% sur un an, après un déclin de 20% en août, a indiqué le groupe dans un communiqué.
« Septembre a été un mois de transition difficile pour le secteur, et la comparaison annuelle ne joue pas en faveur de GM. Heureusement, le quatrième trimestre promet d’être meilleur et nos ventes devraient mieux se comporter comparé à la même période il y a un an », a commenté Mark LaNeve, vice-président des ventes américaines.
Au chapitre des marques, Saturn et Hummer enregistrent le plus fort déclin de leurs ventes (respectivement 81,5 % et 83,8 % sur un an), Cadillac ( - 8 %) et Buick (-33%) le moins prononcé.
De nouveau x modèles « arrivent à présent chez les concessionnaires et génèrent un intérêt significatif de la part des clients », a fait valoir M. LaNeve.
Chez Chrysler
De son côté, Chrysler a vendu 62 197 véhicules aux États-Unis au mois de septembre, soit un plongeon de 42% comparé à un an plus tôt, en partie à cause de stocks insuffisants, après une chute de 15% sur un an en août.
Chrysler i ndique qu’i l détenait un stock de 138 456 véhicules à la fin du mois de septembre, soit 56 jours de ventes et une baisse de 64% comparé au niveau d’il y a un an.
« En dépit de quelques points positifs en septembre, le climat reste très difficile pour les ventes dans l’ensemble du secteur », commente Peter Fong, PDG de la marque Chrysler, ajoutant que des stocks insuffisants sur certains modèles ont nui aux ventes de Chrysler, Jeep et Dodge début de septembre.
« Le groupe a r éagi en accéléra nt sa production, finissant le mois avec une part de marché en hausse par rapport à septembre 2008 », précise-t-il.
Moins dramatique chez Ford
Les ventes de Ford, pour leur part, ont enregistré une baisse de 6 % sur un an en septembre après un bond de 17 % en août et une hausse de 2 % en juillet, a indiqué le constructeur.
Il précise que ses ventes sont en hausse sur l’ensemble du troisième trimestre, soit « la première progression depuis quatre ans sur un trimestre ».
Hors Volvo, Ford a vendu 109 939 véhicules en septembre comparativement à 116 734 un an plus tôt, soit un recul de 5,8 %.
Dans son communiqué, Ford, le seul constructeur américain à avoir échappé à la faillite cette année, estime avoir gagné 2 points de pourcentage de part de marché depuis un an, en termes mensuels et trimestriels.
« Je pense qu’octobre sera un bon mois pour nous », a ajouté M. George Pipas, principal analyste de ventes du groupe, au cours d’une téléconférence.

L’industrie automobile poursuit sa remontée  -  Vincent Brousseau-Pouliot
TORONTO — La reprise cyclique du marché de l’automobile poursuit sa remontée partout dans le monde, selon le dernier rapport sur le sujet publié hier par Études économiques Scotia, qui souligne que la vigueur vient surtout des marchés émergents.
L’industrie automobile continue sa remontée partout dans le monde, mais particulièrement dans les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, où les ventes ont progressé de 55% en août par rapport à 2008.
Les achats records sur les marchés émergents viennent en tête, affirme dans ce rapport Carlos Gomes, économiste principal et spécialiste du secteur automobile au sein du service des études économiques de la Banque Scotia, ajoutant que dans ces pays, notamment en Chine, en Inde et au Brésil, les ventes ont progressé de 55% en août par rapport à l’année précédente.
Cependant, fait-il remarquer, l’activité reprend aussi de la vigueur sur les marchés établis de l’Amérique du Nord et de l’ Europe de l’Ouest. En août, le programme de la « prime à la casse » des ÉtatsUnis a attiré de nombreux acheteurs dans les salles d’exposition des concessionnaires, écrit M. Gomes, indiquant que cela a fait augmenter les ventes de véhicules de tourisme par rapport au mois d’août 2008, une première depuis octobre 2007.
Même si l’on ne tient pas compte de la prime à la casse, les ventes aux États-Unis ont atteint un sommet de neuf mois avec 10,5 millions d’unités, en hausse par rapport à un creux cyclique de 9,1 millions en février, a ajouté l’économiste.
Au Canada, les ventes de voitures et de camions légers sont demeurées solides en août, selon la Scotia, totalisant 1,51 million d’unités sur une base annualisée. Il s’agit du deuxième mois de suite qui affiche un chiffre de plus de 1,50 million d’unités et du meilleur rendement consécutif depuis octobre dernier.
Selon le rapport, les bons résultats des ventes enregistrés en août aux États-Unis ont fait baisser les stocks des concessionnaires à des niveaux record, incitant les constructeurs automobiles à se préparer à une reprise de la production en 2010. Les constructeurs ont même commencé à augmenter la pr o duc t i o n a va nt même l’épuisement des stocks en août, et les usines de montage partout en Amérique du Nord ont atteint une production annualisée de 9,3 millions d’unités en juillet et en août, en hausse par rapport aux 7 millions d’unités produites au premier semestre de 2009. Les calendriers de production seront sans doute augmentés, en dépit d’une diminution des ventes après la récente ruée engendrée par la « prime à la casse », selon le rapport de la Scotia.
Les stocks de modèles fabriqués au Canada sont également très faibles, peut-on lire dans le document, surtout pour les modèles les plus populaires comme la Toyota Corolla, la Honda Civic et la Chevy Camaro. Selon les économistes de la banque, le nombre de véhicules assemblés au Canada devrait grimper à 1,7 million d’unités, sur une base annuelle, durant les derniers mois de 2009, ce qui est près de 40% de plus que la moyenne de 1,2 million enregistrée au premier semestre de 2009.
Au Canada, toujours, indique la Scotia, le taux de production augmentera davantage au début de 2010, une fois que Toyota aura accru la production de la Corolla à son usine de Cambridge, en Ontario, à la suite de la fermeture, prévue au début de l’année prochaine, de son usine exploitée en coentreprise en Californie.

Au tour de GMCanada d’offrir une prime à la casse
OSHAWA, Ontario — General Motors Canada offre à ses clients jusqu’à 3000$ à l’achat d’un nouveau véhicule du constructeur en échange de leur vieille voiture. L’entreprise devient ainsi le quatrième constructeur à proposer une telle initiative au Canada.
Le programme de GM fournit aux clients, qui participent au programme fédéral de prime à la casse, un rabais de 500$, de 1000 $, de 2000 $ ou de 3000$ selon le véhicule qu’ils achètent. Pour avoir droit au rabais, le client doit posséder un véhicule du modèle 1995 ou plus ancien, en état de marche, enregistré et assuré correctement pendant les six derniers mois ou 12 mois en Colombie-Britannique.
Marc Comeau, vice-président de GM Canada, a précisé au cours d’une entrevue que le nouveau programme s’appuie sur le succès d’un partenariat que GM avait conclu antérieurement avec la Fondation Air pur, un organisme à but non lucratif, pour offrir aux clients un rabais de 1000 $ pour remplacer leur vieux véhicule par un nouveau modèle GM plus efficace sur le plan énergétique.
« GM Canada, a dit M. Comeau, a été le premier constructeur à soutenir la Fondation Air pur dans ses efforts pour faire disparaître des routes des véhicules plus vieux et plus polluants de manière à réduire de manière marquée les émissions de gaz à effet de serre. »
Le programme fédéral de prime à la casse offre 300$ ou d’autres mesures d’incitation encore plus modestes aux consommateurs qui décident de se débarrasser de leur tacot. Jim Prentice, ministre fédéral de l’ Environnement, a déjà indiqué qu’Ottawa n’a pas l’intention de bonifier son programme malgré le succès de l’incitation de 4500$ US versé par le gouvernement américain dans le cadre d’une initiative semblable, laquelle s’est traduite récemment par la vente de 700 000 véhicules neufs.
Environnement Canada prédit que 100 000 véhicules auront disparu de nos routes en vertu du programme fédéral d’ici la fin mars, soit plus d’un an après la mise en oeuvre du programme.
Par ailleurs, le gouvernement fédéral a fait savoir hier qu’un programme de garantie qu’il avait mis sur pied pour dissiper les craintes des clients de GM et de Chrysler pendant la restructuration de ces deux constructeurs, vient de prendre fin.
« Étant donné que les deux compagnies se sont extirpées de la faillite, les clients sont assurés que les garanties seront honorées et le programme du gouvernement fédéral n’a plus sa raison d’être », a dit le ministre.
O u t r e G M, Hy u n d a i Canada, Chrysler Canada et Ford Canada offrent des primes à la casse à l’achat de leurs véhicules.


Les ventes de véhicules s’accélèrent
Le marché automobile américain est reparti à la hausse en août pour la première fois en près de deux ans, dopé par l’incitation fédérale à l’achat de nouveaux véhicules, qui a profité à Ford et aux constructeurs asiatiques, là où GM et Chrysler ont failli.
Au Canada, Ford a également connu du succès malgré le recul de ses rivaux japonais.
Le mois dernier, il s’est écoulé 1,26 million de véhicules neufs aux États-Unis, soit une hausse de 1% des volumes sur un an, selon des chiffres publiés hier. Le marché n’avait plus connu de hausse depuis octobre 2007.
Ce chiffre fait suite à une baisse de 12% des ventes en juillet, sur un an. Un repli bien moins marqué que le fort déclin constaté depuis le début de l’année – sur fond de consommation grippée par la récession –, grâce aux débuts du programme fédéral d’incitation à l’achat fin juillet.
For t de c e s u r s aut de consommation, le cabinet spécialisé Autodata a relevé sa prévision de ventes annuelles aux États-Unis, tablant sur 14,1 millions d’unités contre un pronostic de 11,2 millions encore le mois dernier.
C’est l a première f oi s qu’Autodata envisage un redémarrage du marché depuis le début de la crise : il s’inscrirait en hausse de 6,4 % sur les 13,24 millions d’unités vendues en 2008. Cela reste encore bien en deçà d’un marché de 16-17 millions d’unités vendues par an avant la crise.
Le programme de « prime à la casse » a proposé aux Américains de recevoir jusqu’à 4500$US s’ils acceptaient de se débarrasser de leur ancienne voiture pour acheter un modèle plus économe en carburant. Lancé fin juillet, il a été prolongé jusqu’au 24 août face au succès massif rencontré.
Faisant le bilan de cette « prime à la casse », le département américain des Transports s’est réjoui ces derniers jours de son effet dopant sur la consommation, avec 700 000 véhicules vendus de la sorte, estimant que l’automobile « devrait soutenir la hausse du PIB au quatrième trimestre ».
Parmi les ténors du marché, Ford a réalisé en août la meilleure performance avec des ventes en hausse de 17% sur un an.
Ford l ’a att r i bué à « l a gamme la plus f raîche de nouveaux véhicules dans cette industrie ».
Son compatriote General Motors (GM), sorti en juillet du régime des faillites avec un nombre de marques réduit, signe en revanche l’une des pires performances, avec une chute de 20,2% des ventes.
L’autre constructeur national Chrysler, sorti en juin de faillite, accuse une chute de 15%.
Chez les rivaux étrangers, le japonais Toyota, pionnier des modèles hybrides aux ÉtatsUnis, affiche une hausse de 10,5 % des ventes.
Ses compatriotes Honda et Nissan affichent respectivement une hausse de 14,2 % et une baisse de 2,9 %.
Le grand gagnant de la prime à la casse est le petit coréen Hyundai, spécialiste de modèles compacts et bon marché, qui affiche un bond de 47% de ses ventes.
GM et Chrysler ont préféré mettre en avant la progression de leurs ventes en août par rapport à juillet plutôt que sur un an, jugeant la comparaison plus parlante pour l’effet prime à la casse : +30% pour GM et +5% pour Chrysler.
Au Canada, Ford a de nouveau connu beaucoup de succès en août, mais deux de ses principales sociétés rivales – Toyota et Honda – ont vu leurs ventes chuter d’au moins 18 % par rapport à l’an dernier.


La « prime à la casse » a permis la vente de 700 000 automobiles
NEW YORK — Le programme a méricain d’ i ncit at i on à l’achat d’un nouveau véhicule dit « prime à la casse » a permis quelque 700 000 ventes, a i ndiqué hier le département des Transports américain, qualifiant l’expérience de « franc succès » pour la consommation, l’emploi et la croissance.
Lancé fin juillet, ce programme ayant pour double objectif de stimuler un marché automobile atrophié par la crise et d’encourager l ’ a c hat de véhic ules moins polluants avait été prolongé début août par le Congrès face à son succès foudroyant.
La « pri me à la casse » a pris f i n l undi soi r. Le programme proposait aux Américains de recevoir jusqu’à 4500 $ s’ils acceptaient de se débarrasser de leur ancienne voiture pour acheter un modèle plus économe en carburant.
Selon un communiqué du département des Transports ( DoT), le rabais moyen par véhicule acheté s’est situé autour des 2877 $.
« Les consommateurs et les employés américains sont les premiers bénéficiaires de la prime à la casse », estime le DoT, précisant que l’explosion des ventes d’automobiles avait nécessité l’ajout d’équipes dans les usines des constructeurs.
Cela a notamment été le cas chez les constructeurs nationaux General Motors et Ford, qui ont tous deux récemment annoncé relever leurs volumes de production d’ici à la fin de l’année grâce au succès de la prime à la casse.
Selon les chiffres préliminaires compilés par le Ministère, l a pr i me à la casse va « créer ou préserver » 4 2 0 0 0 e mplois au second semestre et ces postes « devraient être maintenus bien après la fin du programme ».
Les bienfaits de ce coup de pouce à la consommation en juin et juillet vont se traduire par un gain de croissance 0,3 à 0,4 point de pourcentage au troisième trimestre, estime le DoT, pour qui ce regain de dynamisme sur le marché automobile « devrait soutenir la hausse du PIB au quatrième trimestre ».


GM accélère sa production  -  Philippe Mercure
L’idée de Barack Obama d’envoyer les vieux tacots à la ferraille a un effet jusque chez nous. Devant la hausse de la demande pour les voitures neuves, GM a annoncé hier qu’il accélérera sa production des deux côtés de la frontière.

Le constructeur de Detroit a rappelé hier 1350 travailleurs dans ses usines, la plus grosse augmentation annoncée d’un coup depuis 2006.
Des quarts de travail sont ajoutés dans des usines de l’Ohio, du Michigan et de l’Ontario, et les vannes des heures supplémentaires sont ouvertes à plusieurs endroits.
Une nouvelle « formidable », a dit le président de GM Canada, Arturo Elia, qui voit là un « signe encourageant. » Il faut dire que GM ne nous a pas particulièrement habitués aux bonnes nouvelles au cours des derniers mois.
En Ontario, 350 travailleurs sont rappelés à l’usine de Cami, dans la ville d’Ingersoll, qui est détenue conjointement par GM et Suzuki. Un nouveau quart de travail y sera ajouté dès le 19 octobre pour répondre à la demande pour la nouvelle Chevrolet Equinox et le nouveau GMC Terrain.
GM Canada a aussi annoncé aux travailleurs d’Oshawa qui planchent sur la Camaro que les heures supplémentaires sont maintenues au moins jusqu’à la fin d’octobre.
Pour GM Canada, ces bonnes nouvelles s’expliquent en grande partie par le programme de primes à la casse du gouvernement Obama. Question de stimuler les ventes, le gouvernement américain offre jusqu’à 4500$ US à ceux qui veulent envoyer leur vieille bagnole à la ferraille en échange d’une voiture neuve moins énergivore.
Jenni fer Wright, porteparole de GM Canada, a rappelé que 90% de la production de GM au Canada est exportée vers les États-Unis.
De nouveaux quarts de travail ont aussi été annoncés hier par GMen Ohio et au Michigan pour répondre aux demandes pour la Malibu et la Colt.
Jeudi dernier, Ford avait annoncé qu’il augmenterait sa production de 26% pour la deuxième partie de l’année. Toyota, Honda, Chrysler et Hyundai ont aussi appuyé sur l’accélérateur récemment pour produire davantage de véhicules.
En entrevue à Ken Lewenza, le président des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), avait peine à cacher son enthousiasme.
« Nous sommes excités, a admis M. Lewenza. On parle de bonnes nouvelles, on parle d’une bouffée d’air frais pour les travailleurs », a-t-il dit, rappelant que les augmentations de production provoquent des effets domino positifs sur les nombreuses usines de pièces automobiles de Windsor, dans le sud de l’Ontario.
« Nous ne sommes pas sortis du bois, nous ne devons induire personne en erreur, a-t-il tenu à préciser. Il y a encore beaucoup de travail à faire, il y a encore énormément de volatilité dans les chiffres de vente et dans l’économie en général. Nous serons rassurés seulement quand nous verrons de bons chiffres de vente, mois après mois, sur une longue période. »
Un programme canadien ?
Les constructeurs implantés au Canada et les concessionnaires font maintenant pression sur Ottawa pour que le pays adopte lui aussi un programme de type « on vous donne un magot pour votre tacot. » Ken Lewenza, des TCA, se montre favorable à une telle mesure, mais à condition que le gouvernement encourage les consommateurs à changer leur véhicule pour un modèle fabriqué au Canada.
Derek Holt, économiste chez Scotia Capitaux, doute quant à lui de l’utilité d’une telle mesure. « Même si on lançait un programme comme ça, nous serions encore dépendants des États-Unis puisque les ventes canadiennes représentent un faible pourcentage de la production des usines canadiennes », souligne-t-il.
Il croit aussi qu’un tel programme « transfère des ventes futures vers le présent » et risque de faire augmenter la consommation de voitures au détriment d’autres achats.




GM veut damer le pion à Toyota  -  Amandine Ambregni
NEW YORK — Un mois après sa sortie de faillite, le constructeur automobile General Motors a frappé un grand coup en annonçant la commercialisation de son modèle électrique Volt, de Chevrolet, qui promet quatre fois plus d’économies de carburant que le modèle pionnier, la Prius du japonais Toyota.
La Volt de Chevrolet. Un modèle important pour la relance de General Motors.
L’ex-numéro 1 mondial de l ’ automobi l e, r essort i considérablement a maigri du redressement j udiciaire au t e r me duquel il est aujourd’hui contrôlé à plus de 60 % par l’ État américain, a annoncé hier la production en série fin 2010 de sa voiture électrique, qui sera commercialisée en 2011.
La berline Volt « sera le premier véhicule produit à grande échelle capable d’atteindre des économies de carburant à trois chiffres », a vanté le patron de GM, Fritz Henderson, à l’occasion d’une présentation au grand public et à la presse.
La Volt , dont le protot ype avait été dévoi lé au début de 2007, promet une consommation de 1 L/100 km. La Prius, initialement introduite en 1997 aux États-Unis et qui en est à la quatrième génération cette année, affiche quant à elle 4 L/100 km.
Cette performance était saluée par plusieurs analystes, alors que GM, à l’instar des deux autres construct eu r s nat i onaux Ford e t Chrysler, s’est fait distancer par les constructeurs asiatiques dans les voitures « vertes » ces dernières années.
Techniquement, la Chevy se présente comme une voiture électrique plus qu’une hybride.
Elle aura pourtant une double motorisation, mais « l e moteur à essence ne propulsera pas la voiture, il permettra de générer l’énergie nécessaire à recharger la batterie », explique Michelle Krebs, analyste du cabinet Edmunds.
« Là où la Volt va apporter beaucoup plus, c’est par la technologie qu’elle utilise », avec la batterie au lithium au coeur du dispositif, souligne Bertrand Rakoto, du cabinet Polk.
« De nombreux propriétaires de Volt pourront rouler en mode 100 % électrique au quotidien sans avoir à utiliser de carburant », a assuré Fritz Henderson.
L e modèle peut f o nc - tionner avec une charge de batterie sur près de 65 km, soit la distance quotidienne moyen ne q ue f o nt hu i t Américains sur 10, selon une étude du département des Transports.
I nterrogé par l’A FP, GM n’a pas donné le prix de vente de la Volt. Des analystes évoquent un prix de 40 000 $, à mi-chemin entre l es hybr i des d’entrée de gamme – 20 0 0 0 $ – et les modèles haut de gamme, plus chers.
C’est plus c her que le prix d’une berline de taille moyenne, véhicule le plus acheté sur le marché, qui oscille autour de 25 000 $.
Même s i l e s hybr i des représentent moins de 3 % du marché américain, « c’est un segment où il faut être présent pour l’image de la gamme », juge M. Rakoto.
Une image que GM a plus que jamais besoin de redorer, alors que le groupe a passé un mois en dépôt de bilan et existe aujourd’hui sous quatre marques seulement, Buick, Cadillac, Chevrolet et GMC, contre une dizaine avant la crise.
Diane Swonk, analyste à Mesirow Financial, fait partie des sceptiques quant au bond technologique de GM face à son rival Toyota.
« Je serais t rès surprise que Toyota n’ait pas mis au point cette technologie. Mais c’est une chose d’avoir la technologie, c’en est une autre d’en faire un marché de masse », avance-t-elle.
Michelle Krebs émet pour sa part des doutes quant à la consommation effective de 1 L/100 km, se faisant l’écho « d ’ e x p e r t s , c o mme de s constructeurs de batteries, selon qui ces chiffres ne sont pas réalistes ».





GM DÉBARQUE SUR EBAY  -  Philippe Mercure
UN CROC-EN-JAMBE AUX CONCESSIONNAIRES ?
Acheter une voiture neuve sur eBay? C’est maintenant possible grâce à GM, qui offre à partir d’aujourd’hui ses véhicules sur le populaire site d’achats en ligne. Et même si l’expérience est réservée pour l’instant aux Californiens, elle suscite déjà le débat au Québec. Au centre de la controverse, une question : un concessionnaire, à quoi ça sert ?

En se rendant à l’adresse www. g m. e b a y. c o m, les Ca lifor niens peuvent auj ourd’hui a c heter u ne Chevrolet, une Buick ou une Pontiac d’un clic de souris, dans le confort de leur salon. Les consommateurs ont le choix entre acheter directement au prix proposé ou faire une mise et négocier en ligne avec le vendeur.
GM a présenté son i nitiative comme une façon de « simplifier le magasinage de voitures ». Loin de court-circuiter les concessionnaires, le site internet permet de comparer les offres de 225 salles d’exposition, et de « poser des questions, de négocier les prix et arranger le financement » en ligne avec eux.
Ma i s J a c ques Na nt e l , professeur titulaire en marketing à HEC Montréal et s pécial i s t e du c ommerce éle c t r onique, c r oi t qu’ i l s’agit bel et bien d’un crocen-jambe que fait GM à ses concessionnaires.
« Cette expérience n’est que la pointe de l’iceberg, croit le spécialiste. À terme, ce que ça va entraîner, c’est une réduction de l’importance du réseau de concessionnaires. Ça, c’est très clair. »
La raison, à ses yeux, est simple : « Un concessionnaire appor t e aujourd’hui une contribution relativement faible à l’acte de vente. »
« On a déj à plu s i e u r s études qui montrent qu’en moyenne, les consommateurs qui entrent dans une salle d’exposition en savent plus que le vendeur sur la voiture qu’ils veulent acheter et surtout sur les modèles concurrents », dit-il.
Selon lui, la progression des ventes de voitures en ligne est « i ncontournable » . Et elle se fera au détriment des concessionnaires.
Les concessionnaires sont évidemment d’un tout autre avis et se disent peu inquiets de voir GM vendre ses voitures sur eBay.
« Certains constructeurs ont essayé la vente directe par le passé, et ça s’est toujours soldé par des échecs monumentaux, dit Jacques Béchard, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires du Québec, qui croit que c’est pour cette raison que GM a bâti son expérience eBay autour d’eux.
« Il faut garder en tête que le concessionnaire assume une grande partie du risque pour le constructeur. Il assume le risque de la bâtisse et le risque de la gestion des i nventaires, sans compter l’expertise des hommes et des femmes d’affaires que sont les concessionnaires. »
Que ce soit pour l’information, le service après vente ou l’essai d’un véhicule, le concessionnaire, dit-il, aura toujours son rôle à j ouer. « Internet est un formidable outil d’information, dit-il, mais ce n’est pas un outil de transaction. »
« Pour l’instant, on regarde ça avec curiosité, dit de son côté Renée Cardinal, directrice des communications de la Corporation des concessionnaires automobiles de Montréal. On attend d’avoir plus de détails, mais toute initiative qui permettrait de relancer GM est bienvenue. »
L’expérience marque-t-elle le début du déclin pour les concessionnaires ? Elle n’y croit pas. « Tout le monde sait que le succès de GM passe par les concessionnaires. Il y plein de choses qu’on ne peut pas faire sur l’internet. Le consommateur va encore vouloir aller voir, toucher, palper et essayer les véhicules. On parle du plus gros achat après celui d’une maison. »
Vrai, admet le professeur Jacques Nantel. « Mais vous n’avez pas besoin d’une quinzaine de concessionnaires GM à Montréal pour faire l’essai de véhicules. Vous avez peutêtre besoin d’un ou deux endroits, c’est tout. À terme, je suis convaincu qu’on s’en va vers un rôle de plus en plus i mportant du web dans la vente d’automobiles. »
Comme quoi eBay, en plus de faire miser les consommateurs, suscite aussi les paris des spécialistes.


Ford renoue avec les profits
— Le constructeur automobile américain Ford, régulièrement déficitaire depuis trois ans, a fait état hier d’un bénéfice net de 2,3 milliards US au deuxième trimestre, comparativement à une perte de 8,7 milliards US un an plus tôt, grâce à un gain exceptionnel.
Aux États-Unis, la part de marché des marques Ford, Lincoln et Mercury a progressé au deuxième trimestre.
Le groupe de Dearborn, au Michigan, le seul des constructeurs américains à ne pas avoir déposé son bilan cette année, a fait mieux qu’attendu par les analystes financiers.
Au cours de ces trois mois, Ford a engrangé pour 2,8 milliards US de profits exceptionnels, résultant de la restructuration réussie de sa dette. Cette opération financière lui a permis de dégager un gain de 3,4 milliards US, selon un communiqué publié par l’entreprise.
Hors éléments exceptionnels, Ford a accusé une perte de 638 millions US, à comparer avec une perte de 1,4 milliard US au deuxième trimestre de 2008.
Rapporté par action, le bénéfice net représente 69 cents US. Avant éléments exceptionnels, mesure privilégiée par les analystes, la perte courante s’établit à 21 cents US, moitié moindre qu’attendu par le marché (48 cents US).
Ford a dégagé sur le trimestre un chiffre d’affaires de 27,2 milliards US, soit 11 milliards US de moins que celui engrangé un an plus tôt. Il reste toutefois supérieur aux estimations, qui étaient de 24,7 milliards US.
Dans son communiqué, Ford a dit « rester en bonne voie » pour achever ses objectifs de l’horizon 2011 de retour durable à la rentabilité.
Le constructeur s’est dit aussi en mesure « d’atteindre ou de dépasser » ses objectifs pour l’année en cours, en matière de réduction de coûts ( plus de 4 milliards US) et de niveaux de trésorerie notamment. Le groupe prévoit notamment cesser de consommer des liquidités au deuxième semestre.
Ford table aussi sur une progression de ses parts de marché aux États-Unis, son fief et source principale de ses difficultés. Il maintient son estimation d’un marché de 10,5 à 11 millions de véhicules, comparativement à 13,2 millions en 2008.
Le groupe a relevé son estimation pour le marché européen, à 15-15,5 millions de véhicules vendus en 2009.
Aux États-Unis, la part de marché des marques Ford, Lincoln et Mercury a progressé au deuxième trimestre, a-t-il souligné.
Les activités industrielles de Ford ont réduit leurs coûts de 1,8 milliard US sur le trimestre, dont 1,2 milliard US en Amérique du Nord.
La filiale automobile a dégagé une perte avant impôt – seule mesure livrée par Ford – de 1 milliard US, comparativement à - 699 millions US un an plus tôt, en raison de l’effondrement du marché américain. La région Amérique du Nord est responsable de la quasi-totalité des pertes de la filiale (851 millions US).
Dans les services financiers, Ford a dégagé un bénéfice avant impôt de 595 millions US, à comparer avec une perte de 334 millions US un an auparavant.
Ford a fini le trimestre avec une trésorerie brute de 21 milliards US dans sa filiale automobile, après avoir consommé 1 milliard de liquidités sur le trimestre. L’amélioration est très nette par rapport aux trois premiers mois de 2009 pendant lesquels Ford avait brûlé 3,7 milliards US.
La dette a été réduite à 10,1 milliards US, ce qui doit permettre au constructeur d’économiser 500 millions US par année en versement d’intérêts.
Ces résultats ont été très bien accueillis par les investisseurs ; l’action de Ford a bondi de 9,4 %, à 6,98 $US hier.



La relance de GM suspendue au succès des modèles  -  Amandine Ambregni
Les dirigeants du « nouveau » GM ont assuré devant la presse qu’une « nouvelle ère » commençait pour le constructeur centenaire et se sont engagés à vendre les « meilleurs véhicules du monde ».
NEWYORK— Le nouveau General Motors est né hier, moins de six semaines après son fracassant dépôt de bilan, en promettant de faire de sa clientèle sa priorité absolue et de lui offrir enfin des voitures moins gourmandes.
L’ancien numéro un mondial de l’automobile va se recentrer sur 4 marques principales – Buick, Cadillac, Chevrolet et GMC – délaissant les marques jugées non rentables comme Saturn, Pontiac et Hummer aux États-Unis, mais également Opel et Saab en Europe.
« L a nouvel l e e nt r e pr i s e General Motors a commencé son activité aujourd’hui dotée d’une nouvelle structure, d’un bilan plus solide et d’un engagement renouvelé de placer les consommateurs au coeur de tout ce que fait le nouveau GM », a annoncé le groupe, au lendemain du dernier feu vert de la justice américaine à son plan de sortie de faillite.
L’ancien numéro un mondial de l’automobile va se recentrer sur 4 marques principales – Buick, Cadillac, Chevrolet et GMC – délaissant les marques jugées non rentables comme Saturn, Pontiac et Hummer aux États-Unis, mais également Opel et Saab en Europe.
Il renaît avec des effectifs réduits de 30% et ne conserve que ses actifs les plus sains, avec un actionnariat profondément remanié d’où ont été écartés les anciens actionnaires. L’État américain détient 60,8% du groupe et l’État canadien 11,7%, en échange des fonds publics avancés. Le syndicat automobile américain UAW détient 17,5% et les créanciers 10%.
Les dirigeants du « nouveau » GM – son directeur général Fritz Henderson et son président du conseil Ed Whitacre – ont assuré devant la presse qu’une « nouvelle ère » commençait pour le constructeur centenaire et se sont engagés à vendre les « meilleurs véhicules du monde » en terme de qualité, de design et d’économies de carburant.
« Nous voulons profiter de l’intensité et de la rapidité des dernières semaines pour transformer cette entreprise », a noté M. Henderson, faisant allusion au rythme trépidant du redressement judiciaire depuis le dépôt de bilan du groupe le 1er juin.
Il n’aura en effet fallu à GM que 40 jours pour sortir du régime de faillite, contre 42 pour son compatriote Chrysler, pourtant trois fois plus petit.
Les élus américains ont exprimé leur soulagement. Le sénateur démocrate Carl Levin (Michigan) a rappelé les milliers d’emplois perdus mais reconnu qu’il « n’y avait pas d’alternative ».
Les grandes lignes stratégiques – vendre moins de modèles mais de meilleure qualité, produire plus de véhicules économes en carburant, innover dans le marketing – ont pourtant laissé sceptiques les analystes.
« Cela fait 25 ans que je couvre GM, j’ai vu beaucoup de leurs restructurations. Je pense que c’est leur dernière chance de faire les choses correctement », lâche Michelle Krebs, analyste du cabinet Edmunds, selon qui « des défis importants sont à venir ».
GM « supprime des emplois, mais où est le sang neuf ? critique-t-elle. Ils rappellent Bob Lutz, qui a 77 ans, pour diriger le marketing et trouver de nouveaux moyens de vendre des voitures ! »
« Leur plus gros problème », renchérit Rebecca Lindland, du cabinet Global I nsight, « c’est la perception » qu’ont les consommateurs des véhicules GM, copieusement critiqués ces dernières années pour leur qualité médiocre et leur inadéquation à la demande.
L’image, « c’est le plus difficile à réparer », avertit cette analyste.
Pour redorer son image, GM a d’ai l leurs promis d’aller à la rencontre des consommateurs et de se rapprocher du site de vente aux enchères eBay.
C’est sans compter la faiblesse du marché automobile, qui souffre toujours de la récession, rappelle Mme Lindland.
Comme d’autres analystes, elle table sur un marché américain sous les 10 millions d’unités cette année, alors que GM table justement sur des ventes de 10 millions d’unités pour revenir à l’équilibre.




Feu vert à la création du nouveau GM
NEW YORK— Letribunaldesfaillites new-yorkais chargé du dossier de la restructuration de General Motors (GM) a approuvé dans la nuit de dimanche à hier la vente des actifs sains du géant de l’automobile à un « nouveau » GM.
Allégé de ses plus grands foyers de pertes, GM va devoir désormais faire la preuve de sa viabilité sur un marché automobile américain qui reste sinistré.
La transaction « est approuvée », a écrit le juge chargé du dossier, Robert Gerber, en conclusion d’une décision de 95 pages publiée dans la nuit.
Ce jugement vient au terme d’un processus de redressement judiciaire très court, puisque General Motors avait déposé le bilan seulement cinq semaines plus tôt, le 1er juin. Les débats au tribunal des faillites de New York sur ce plan de restructuration avaient pris fin dès jeudi.
Le « nouveau » GM doit être détenu à 60,8% par l’État américain, à 11,7% par l’État canadien et à 17,5% par le syndicat automobile américain UAW. Les créanciers détiendront 10% du capital en échange de l’annulation de 27 milliards US de dettes.
Les actifs non repris auront vocation à être liquidés par la justice.
Allégé de ses plus grands foyers de pertes, comme des usines non rentables et des prestations sociales qui noyaient son bilan comptable, le groupe va devoir désormais faire la preuve de sa viabilité sur un marché automobile américain qui reste sinistré.
GM, qui fut à une époque la plus grande entreprise du monde, a accumulé 88 milliards US de pertes entre 2005 et le premier trimestre de 2009, et n’a dû sa survie qu’à l’apport de 50 milliards US de l’État fédéral américain.
Dans sa décision, le juge Gerber a indiqué avoir examiné environ 850 objections au plan de restructuration, soulevées par des actionnaires, des créanciers et des retraités du groupe, et a conclu qu’elles n’étaient pas valables à ses yeux
Il a souligné l’urgence à agir, affirmant que « les autres solutions qu’une vente se sont révélées infructueuses, et n’offrent aucun espoir de réussite désormais ».
« GM est désespérément insolvable, et il n’y a plus rien à faire pour les actionnaires. Et si GM est liquidé, il n’y aura non seulement plus rien pour les actionnaires, il n’y aura plus rien pour les créanciers de la dette garantie », a-t-il considéré.
Il a rappelé qu’au 31 mars, l’ancien numéro un mondial de l’automobile avait 82 milliards US d’actifs et 172 milliards US de dettes. « Si GM doit être liquidé, la valeur de ses actifs après liquidation (...) se monterait à moins de 10% de ces 82 milliards US », a-t-il estimé.
Par ailleurs, a-t-il insisté, « il n’y a pas de partenaire prêt à une fusion, d’acquéreur ou d’investisseur désireux et capable de reprendre l’activité de GM. À part le Trésor des États-Unis et (l’État canadien), il n’y a pas de créanciers désireux et capables de financer la poursuite des opérations de GM ».
Le tribunal a également rejeté l’argument selon lequel les pouvoirs publics auraient traité injustement les créanciers privés, « qui ont été aidés et non pas lésés par les efforts du Trésor pour maintenir GM en vie et pour empêcher une liquidation du groupe ».
Le juge a indiqué avoir fondé sa décision sur la même jurisprudence que celle soulevée dans l’affaire Chrysler, autre constructeur automobile restructuré sous supervision judiciaire un mois plus tôt.
Le processus judiciaire pourrait toutefois ne pas être complètement achevé pour GM: le juge Gerber a donné quatre jours aux opposants pour faire appel. Dans l’affaire Chrysler, la décision du juge des faillites avait fait l’objet de recours, avant d’être entérinée par la Cour suprême au bout de huit jours.




GM joue son avenir demain devant la justice
— Le groupe automobile américain General Motors (GM) espère convaincre demain le juge des faillites du bien-fondé de son plan de restructuration prévoyant la vente d’actifs à une nouvelle société libérée des vieilles dettes et soutenue par les milliards de dollars de prêts du gouvernement fédéral.
Le juge Robert Gerber a jusqu’à présent toujours tranché en faveur de GM dans chacune des requêtes soumises devant ce tribunal depuis que le groupe a demandé à être placé sous la protection de la loi sur les faillites le 1er juin.
La rapide sortie du processus de règlement judiciaire de Chrysler le 10 juin pourrait servir de précédent pour une procédure rapide.
« Nous espérons faire démarrer la nouvelle société dès que possible, une fois que la cession de ces actifs est approuvée », a déclaré la porte-parole de GM, Julie Gibson, tout en refusant de se prononcer sur la date à laquelle le constructeur pourrait émerger de la faillite. Mais, selon une source proche du dossier, cela pourrait se produire d’ici la mi-juillet.
Un seul obstacle
Après avoir accepté, sous la pression des consommateurs et de l’ État, de conserver la responsabilité légale des voitures produites jusqu’à sa sortie de faillite ( permettant ainsi des poursuites pour défaut de fabrication pour des accidents à venir), GM ne fait plus face véritablement qu’à un obstacle de taille.
Ce sont les objections d’un groupe de concessionnaires que l’ancien numéro un mondial de l’automobile entend éliminer de son réseau de distribution.
General Motors compte parvenir à un accord avec la plupart des concessionnaires et il est probable que le juge rejette les plaintes des autres, estime John Pottow, un expert du droit des faillites à la faculté de droit de l’Université du Michigan.
Selon M. Pottow, « l’audience devant le tribunal des faillites ne devrait pas durer plus d’un jour ou deux », et le juge décidera probablement que la vente de ces actifs à une nouvelle entité est dans le meilleur intérêt des créanciers.
Après le feu vert de la justice, la cession peut être réglée en quelques jours, ou quelques semaines, selon ce juriste.
Il explique que les mois de préparation en vue du dépôt de son bilan et les accords déjà conclus avec les principaux syndicats et créanciers ont permis à GM de procéder rapidement pour f i naliser s on pla n de restructuration.
M. Pottow souligne aussi l’importance dans ce processus de l’intervention de l’administration du président Barack Obama. La justice a approuvé jeudi le déblocage de la deuxième moitié d’un financement fédéral de 30 milliards de dollars accordés à GM pour se restructurer.
Les fonds publics octroyés par Washington et Ottawa vont permettre à General Motors de payer ses employés et fournisseurs ainsi que d’autres dépenses liées au plan de redressement, au terme duquel l’État américain détiendra 60,8% du capital de la nouvelle société et le Canada 11,7 %.
Le fonds d’investissement du syndicat de l’automobile United Auto Workers en détiendra lui 17,5 %.
Les créanciers de GM détenant des obligations représentant 27,1 milliards de dollars de dettes obtiendront les 10% restant avec la garantie de pouvoir acquérir ultérieurement 15% de plus d’actions du nouveau GM.
Grâce à un ensemble de nouveautés de qualité dans ses gammes, le nouveau GM a une très bonne chance de réussir, prédit Jeremy Anwyl, président du groupe de recherche sur l’automobile Edmunds.com.




Automobiles : LES VENTES REPARTENT VERS LE HAUT - Maxime Bergeron

Oubliée, la crise du crédit, du moins dans l’industrie automobile. Le marché des prêts-auto a retrouvé son aplomb de l’été 2008 – avant la crise –, ce qui devrait se traduire par une remontée des ventes de véhicules en Amérique du Nord d’ici la fin de l’année, prédit une étude publiée hier par la Banque Scotia.
« Le rapport prêt-valeur des prêts pour voiture neuve aux États-Unis, qui était de 86,4 % en février, est passé récemment à 89,1 % », a expliqué Carlos Gomes, économiste principal à la Scotia.
Ce ratio indique que les banques sont beaucoup moins hésitantes à prêter des fonds, et que les acheteurs doivent verser un acompte plus faible lorsqu’ils font financer leur nouveau véhicule.
« L’aspect le plus important, c’est que ce ratio atteint son niveau le plus haut depuis août 2008, soit avant la chute de Lehman Brothers et le gel du marché du crédit », a souligné M. Gomes en entrevue téléphonique à La Presse Affaires.
Le « t aux d’approbation » des prêts commence aussi à aller mieux au Canada, a ajouté le spécialiste de l’industrie automobile.
Ce dégel marqué du crédit a poussé Carlos Gomes à revoir à la hausse ses prévisions de ventes de véhicules neufs pour 2009. Il s’attend à ce que 1,45 million de véhicules trouvent preneur au Canada, 70 000 de plus que ce qu’il prévoyait en début d’année.

Aux États-Unis, l’économiste estime que 10,2 millions de véhicules seront écoulés, plutôt que les 9,5 millions prévus au départ. Ces ventes seront nettement inférieures à celles des années récentes, mais elles permettront aux constructeurs de ne pas descendre sous la marque symbolique – et honnie – des 10 millions. 
Indicateurs multiples
Le mois de mai a déjà marqué une embellie pour plusieurs constructeurs au Canada, tant dans le créneau abordable que dans celui des voitures de luxe.
Mercedes-Benz , Hyundai et Kia ont tous enregistré les meilleures ventes mensuelles de leur histoire au pays, la hausse atteignant 25,5 % pour Kia !
Volkswagen a de son côté a f f ic hé sa meilleure performance depuis août 2002.
Outre la remontée du rapport prêt-valeur, l a Banque Scotia note plusieurs autres i ndicateurs qui pointent en faveur d’un regain des ventes dans la deuxième moitié de 2009 en Amérique du Nord. Le prix des véhicules d’occasion a grimpé au cours des derniers mois, tout comme la confiance d e s c o n s o mma t e u r s , n o t e l’institution.
« De plus, le crédit global aux ménages, dans lequel les prêts automobi l es comptent pour environ 20 %, a récemment commencé à augmenter, ajoute la Scotia. Cette tendance laisse à penser que le crédit automobile dans son ensemble augmente encore une fois au Canada après avoir dégringolé de 5 % en 2008. »
À l’échelle mondiale, les ventes de véhicules sont revenues en mai à leurs niveaux les plus élevés depuis août 2008, tout j uste avant l ’écroulement de la banque américaine Lehman Brothers.
La reprise est surtout visible dans les marchés émergents, mais les pays développés ne sont pas en r este, souligne l’étude de Scotia.


La restructuration de GM avance sans encombre
Le constructeur s’est engagé à réduire cette année de 35% ses équipes d’encadrement et de 20% ses effectifs de salariés, intensifiant même les réductions de postes de cols blancs prévues aux États-Unis.
— General Motors a obtenu hier l’aval de la justice pour le déblocage de la seconde tranche des 30 milliards US de fonds publics nécessaires à son fonctionnement d’ici la fin de sa restructuration, une simple formalité dans ce redressement judiciaire voulu aussi rapide que celui de Chrysler.
« Le financement est approuvé », a déclaré le juge des faillites Robert Gerber responsable du dossier, après avoir écouté pendant une quinzaine de minutes les avocats de plusieurs parties prenantes s’estimant lésées dans le plan de redressement du premier constructeur automobile américain.
Ce plan, orchestré par l’administration Obama, prévoit qu’un « nouveau GM » considérablement réduit, centré autour de ses actifs les plus rentables, émerge de la faillite. L’ État américain doit être l’actionnaire principal, avec 60,8% du capital en échange des 30 milliards US de fonds supplémentaires accordés – qui portent à plus de 50 milliards US l’aide fédérale accordée à GM depuis décembre.
L’État canadien – qui a aussi accordé plus de 3 milliards de dollars au GM en faillite – doit détenir 11,7 % du futur groupe et le syndicat automobile américain UAW 17,5 %, laissant 10 % aux créanciers et rien aux actionnaires de GM.
Une première tranche de 15 milliards US avait été accordée à GM dans la foulée de son dépôt de bilan le 1er juin, devant servir à payer ses frais courants, comme les salaires et les commandes aux équipementiers.
Le déblocage de la seconde t r a nche vient s ’aj outer aux développements favorables à ce redressement judiciaire rapide de GM devant le tribunal new-yorkais des faillites.
« Il est raisonnable de penser que (le nouveau) GM pourrait émerger vers l a mi-j uil let » , estimait une source judiciaire assistant aux débats au tribunal, ajoutant que, jusqu’à présent, des centaines d’objections soulevées par des parties prenantes avaient été écartées.
Si c’était le cas, GM, dont le dossier est bien plus complexe que Chrysler, trois fois plus petit que lui, émergerait du contrôle j udiciaire en moins de deux mois, alors que Washington avait tablé sur un délai de 60-90 jours. Chrysler avait mis 40 jours.
Depuis le 1er juin, diverses motions du plan ont été validées et GM a avancé dans sa réduction de périmètre.
GM a ainsi bouclé des accords pour vendre ou éteindre ses marques Hummer, Saturn et Pontiac, dans le cadre de son recentrage sur quatre marques seulement : Buick, Cadillac, Chevrolet et GMC. En Europe, il vient de céder sa marque suédoise Saab et fait monter les enchères pour l’allemande Opel.
Le constructeur s’est engagé à réduire cette année de 35% ses équipes d’encadrement et de 20% ses effectifs de salariés, intensifiant même les réductions de postes de cols blancs prévues aux États-Unis, visant 6000 suppressions comparativement à 3400 précédemment.
Face à GM, les mécontents du plan, des créanciers aux retraités en passant par les équipementiers et les associations de consommateurs, ont essuyé revers sur revers devant le juge Gerber.
Un comité « officiel » de la majorité des créanciers a plaidé sans succès pour la reconnaissance des engagements financiers du futur GM envers les accidents et défauts de production à venir des véhicules de l’actuel GM.
Pour l’heure, le plan de redressement prévoit que le futur GM, tout comme cela a été le cas pour Chrysler, soit dégagé des obligations juridiques associées à des accidents, lesquelles ont été évaluées à 2,2 milliards US.
La prochaine étape-clé pour GM est l’audition du 30 juin, au cours de laquelle le juge devra se prononcer sur le plan de sortie de redressement judiciaire en tant que tel.




« LE GOUVERNEMENT SE DEVAIT D’AGIR » -  HUGO DE GRANPRÉ
Laisser filer GMaurait eu des conséquences « larges et incalculables », estime Stephen Harper
« Nous n’avons pas l’intention d’être propriétaires à long terme. Nous vendrons nos actifs quand le prix sera favorable. »
Le Canada ne pouvait faire aut rement que d’aider GM s’il voulait sauver des centaines de milliers d’emplois au pays, a fait valoir le premier ministre Stephen Harper, hier, visiblement mal à l’aise d’avoir à défendre une telle incursion de son gouvernement dans le privé.
L’entente prévoit que GM Canada recevra 16% de la production nord-américaine de l’entreprise jusqu’à 2016.
En conférence de presse à Toronto, le chef conservateur a convenu que la décision avait été difficile à prendre, et particulièrement dure à avaler pour certains membres de son entourage. Mais laisser filer GM, « de loin le plus grand consommateur de pièces d’auto au Canada », ou même Chrysler, aurait eu des conséquences « larges et incalculables », a-t-il dit.
« Les pertes d’emplois atteindraient les six chiffres très rapidement, en quelques mois. Et ce n’est tout simplement pas possible pour notre économie. »
Ottawa s’est engagé à verser 7 milliards de dollars et l’Ontario, 3,5 milliards au géant automobile américain pour lui permettre d’émerger de sa faillite déclenchée à New York, hier.
Le gouvernement canadien souhaite se désengager de GM au plus tard en 2018. M. Harper a toutefois convenu qu’il était possible qu’Ottawa soit contrainte de vendre ses parts à un prix moindre que les 7,1 milliards payés à l’achat.
Réticences au Parlement
Seule la portion américaine de General Motors s’est placée sous la protection de la loi sur la faillite, hier. Sa filiale canadienne a été épargnée.
Le président des Travailleurs canadiens de l’automobile, Ken Lewenza, s’attend néanmoins à ce que des usines du pays suspendent leurs activités pendant le processus judiciaire.
Les gouvernements américain et canadien souhaitent que GM puisse émerger de cs processus d’ici deux à trois mois.
À Ottawa, les partis de l’opposition ont exprimé leurs réticences face à l’annonce commune des gouvernements ontarien, canadien et américain.
Le député libéral ontarien Francis Valeriote a critiqué l’absence de certaines garanties dans l’entente, comme le nombre d’emplois qui seront réellement préservés au Canada.
« Nous devrions considérer d’avoir un vérificateur indépendant qui examine cette entente, a-t-il ajouté. Je ne suis pas convaincu de sa prudence corporative et fiscale. » Au cours d’une séance d’information technique, des fonctionnaires fédéraux ont convenu qu’Ottawa pourrait perdre son investissement si la relance du constructeur automobile échouait. « Il n’y a pas de garanties », a dit l’un d’eux.
Mais lors d’un point de presse commun avec le premier ministre ontarien Dalton McGuinty, Stephen Harper a tenté de se faire rassurant. « Nous ne mettons pas d’argent dans une compagnie si nous croyons qu’elle échouera », a-t-il tranché, promettant du coup de ne pas répéter l’expérience avec GM.
En échange, les Canadiens obtiendront 11,7% des parts de l’entreprise. L’entente prévoit aussi que GM Canada recevra 16% de la production nord-américaine de la compagnie jusqu’à 2016.
Le premier ministre Harper a promis de vendre ses parts le plus rapidement possible. « Nous n’avons pas l’intention d’être propriétaires à long terme, a-t-il dit. Nous vendrons nos actifs quand le prix sera favorable. »
Deux poids, deux mesures ?
Le Bloc québécois a parlé de deux poids, deux mesures par rapport au secteur forestier. « Si c’est 10 milliards dans l’automobile, ce n’est que 170 millions dans le forestier, plus le 100 millions à la sylviculture sur deux ans, a lancé Gilles Duceppe. Vous voyez la disproportion, alors qu’il y a davantage d’emplois directs et indirects dans le forestier. »
Le chef du NPD, Jack Layton, a quant à lui applaudi l’assistance portée aux travailleurs. Selon lui, cependant, le gouvernement devrait en faire davantage.

« Ce sont de bonnes nouvelles, mais on cherche encore une politique globale pancanadienne concernant les autos, pour la production d’autos vertes, par exemple. On a une politique aux États-Unis, mais on n’a pas une vision pour le secteur ici au Canada. »



INVESTISSEMENT DANS GM  L’État devra patienter

Le « nouveau GM » devra grimper une côte immense avant que les contribuables revoient unepartiedes milliards de fonds publics investis dans la relance du constructeur.
Washington, Ottawa et Queen’s Park détiendront 72,5% des actions quand General Motors se réinscrira en Bourse, au terme de sa restructuration judiciaire. Mais avant que les gouvernements pensent seulement à rentrer dans leur argent, la capitalisation boursière de cette nouvelle entité devra atteindre environ 70 milliards US.
C’est 140 fois la valeur de GM à la fin de la semaine dernière, et sept fois plus qu’il y a un an!
« Les contribuables vont clairement revoir une partie de leur argent quand nous commencerons à vendre des actions, mais honnêtement, nous n’y comptons pas trop », a admis lundi le premier ministre Stephen Harper en conférence de presse, peu après le dépôt de bilan de GM à New York. 
« La question la plus sensible, c’est de savoir si GM sera capable d’arriver avec une gamme de produits que le public voudra acheter. »
Les gouvernements du Canada et de l’Ontario ont versé 10,5 milliards en échange de 11,7% du « nouveau GM ». L’entreprise, qui conservera seulement ses actifs les plus sains après sa restructuration, devrait inscrire ses actions en Bourse au premier trimestre de 2010.
L’État compte se départir de ses actions peu à peu d’ici 2018, a indiqué Darren Cunningham, porte-parole du ministre de l’Industrie, Tony Clement. Les ventes de titres devraient se faire deux fois par année, selon un calendrier qui sera déterminé par le tribunal des faillites.
Washington, qui héritera de 60,8% des actions de GM en échange d’un investissement de 50 milliards US de deniers publics, se départira lui aussi graduellement de ses titres.
Trop tôt pour un PAPE?
Ottawa mise sur un premier appel public à l’épargne (PAPE) du « nouveau GM » au premier trimestre de l’an prochain. Selon d’autres sources officielles citées par Bloomberg, l’entrée en Bourse pourrait se faire jusqu’à 18 mois après la fin de la restructuration, soit au milieu de 2011.
Dans un cas comme dans l’autre, ce PAPE apparaît précipité à Marc Chabot, spécialiste des faillites au département des sciences comptables de l’UQAM. La société nouvellement dégraissée commencera à peine à se remettre sur pied dans 18 mois, souligne-t-il. « C’est tôt pour voir une éclaircie. »
Jo D’Cruz, professeur de gestion stratégique à l’Université de Toronto, estime que la restructuration judiciaire devrait se conclure rapidement . Mais le plan d’affaires pour la relance – qui dictera en bonne partie le prix de l’action en Bourse – soulève plusieurs craintes, selon lui.
« La question la plus sensible, c’est de savoir si GM sera capable d’arriver avec une gamme de produits que le public voudra acheter, a-t-il dit. Auront-ils des véhicules de qualité, économes d’essence et joliment dessinés? En ce moment, il y a peu de raisons d’être optimiste à cet égard. »
La majeure partie des 10,5 milliards investis par les gouvernements du Canada et de l’Ontario sera convertie en actions du « nouveau GM », à l’exception d’une somme de 1,3 milliard US qui se transformée en prêt.
GM devra avoir remboursé un minimum de 30% du prêt au bout de trois ans, 65% d’ici six ans et la totalité d’ici 2018, a-t-on appris. Le taux d’intérêt a été fixé à 7%.
L’injection de fonds publics est massive, mais nécessaire, font valoir depuis lundi les responsables du gouvernement Harper.

« Nous comprenons ce que pourrait être le pire scénario et les risques que nous avons pris, mais nous voyons aussi le potentiel de la société et c’est pour cela que nous avons pris ces risques », a fait valoir le porteparole du ministre de l’Industrie Tony Clement.




Le baratin du vendeur de «chars» - SOPHIE COUSINEAU
Barack Obama est si digne qu’on a du mal à l’imaginer dans le costume empesé d’un vendeur de « chars ». Et pourtant, lorsque le président des États-Unis a fait le point sur General Motors, hier, il a servi aux Américains un boniment digne d’un redoutable vendeur.
Barack Obama a répété hier qu’il n’avait « aucun intérêt à administrer GM ».
Barack Obama a cherché à se faire rassurant sur la suite des choses, maintenant que le constructeur s’est mis à l’abri de ses créanciers. Mais disons qu’il a un peu embelli la réalité. Tout en passant sous silence plusieurs difficultés.
Deux points ressortent de son baratin. De un, invoquer le fameux chapter 11 de la loi américaine sur la faillite, ce n’est pas la fin du monde. Chrysler n’est-elle pas sur le point d’émerger de sa restructuration judiciaire ?
De deux, ce n’est pas parce que le gouvernement américain devient le principal actionnaire de GM, avec une participation de 60,8%, que le président aura les deux mains sur le volant.
Dans les deux cas, il faut nuancer. Une restructuration judiciaire n’est peut-être pas la fin du monde, mais ce n’est pas une promenade dans les bois. En faisant appel à la protection des tribunaux, GM a les coudées franches pour mener rondement une restructuration « accélérée » qu’elle espère compléter d’ici trois mois. L’entreprise n’a d’ailleurs pas perdu de temps en annonçant hier la fermeture de 17 autres usines et centres de distribution de pièces aux États-Unis.
Toutefois, GM se trouve maintenant à la merci d’un juge. Celui-ci pourrait se montrer sympathique aux derniers créanciers mécontents qui forment une poche de résistance. Bref, tout peut arriver.
Par ailleurs, GM croit qu’avec les concessions que le constructeur a arrachées aux créanciers et aux travailleurs syndiqués, l’entreprise sera en mesure de faire ses frais dans un marché nordaméricain ravagé par la récession. Même si les Américains n’achetaient que 10 millions de véhicules neufs en 2009 – ce qui est conforme aux prévisions –, ce ne serait plus l’hémorragie.
Survivre, c’est une chose. Mais séduire des clients qui refusent d’être vus au volant d’une GM, c’est une autre histoire. Surtout que le marché ne renouera peutêtre jamais avec les sommets de 15 à 17 millions de véhicules neufs vendus par an, à l’époque insouciante où les Américains finançaient leurs voitures en rouvrant leurs hypothèques.
Bref, GM devra gagner des parts de marchés au détriment de rivaux affamés comme Chrysler, qui profitera des technologies et du design de Fiat. Et cela, avec des véhicules qui ne sont pas encore arrivés sur le marché, mais qui souffrent déjà de la perception d’un manque de fiabilité associée à GM. Bien plus qu’un simple changement d’image, GM devra entreprendre une transformation extrême. Sans succès assuré.
Barack Obama aimerait faire croire aux Américains qu’investir 50 milliards de dollars dans General Motors, cela ne change pas le monde… Sauf que si, cela change la donne, et pas seulement pour GM, mais pour toute l’industrie.
« Je n’ai aucun intérêt à administrer GM », a réitéré hier le président, bien conscient du malaise que provoque la nationalisation « temporaire » de GM aux États-Unis.
Ainsi donc, le gouvernement serait un investisseur silencieux qui laisserait à la direction de GM toute latitude? Bien voyons ! L’influence de Barack Obama est déjà perceptible. Rappelons, accessoirement, que c’est son administration qui a remercié l’ancien président de GM, Rick Wagoner.
Par ailleurs, la conversion soudaine et totale de GM aux voitures vertes, un dada d’Obama, paraît légèrement suspecte. On a longtemps reproché à GM d’ignorer les désirs des consommateurs. Mais, en larguant la marque Hummer, en lançant la voiture électrique Volt et en promettant 14 modèles hybrides d’ici 2012, GMest-il en train de passer d’un extrême à un autre? Tout en étant aussi déconnecté de ses clients ?
Les analystes s’attendent à ce que la Volt se détaille 40 000$US, près du double du prix d’une Toyota Prius. Ainsi, GM s’expose à produire cette voiture électrique à perte. Or, en attendant un choc pétrolier à la Jeff Rubin, les ventes des petites voitures avec des moteurs efficaces ne représentent que 17% du marché américain, note le Wall Street Journal.
Évidemment, les choses sont appelées à changer, et c’est tant mieux. Mais, est-ce que cela va permettre à GM de renouer avec les profits dans un proche avenir ? Ce n’est pas acquis.
En fait, c’est tout le terrain de l’environnement qui est miné. Quels mesures incitatives le gouvernement américain offrira-t-il pour l’achat de quels véhicules ? De quelle façon est-ce que les émissions pol luantes seront réglementées ?
L’impartialité de l’administration Obama risque d’être mise en doute par les concurrents de GM, comme Ford. Ou par les pays avec des constructeurs rivaux, par l’entremise de l’Organisation mondiale du Commerce.
Dans le même esprit, est-ce que GM favorisera une production locale, aux États-Unis, pour des considérations politiques, au détriment de sa rentabilité ? Il est permis de se le demander, alors que le constructeur annonçait hier qu’une plus grande proportion des véhicules vendus aux États-Unis sera assemblée en sol américain. Barack Obama a dit vouloir léguer, aux générations futures, une « Amérique qui fabrique encore des choses ».
Mais si son pari risqué échoue, son héritage dans l’industrie automobile pourrait se résumer à un déficit énorme.
« Notre objectif à court terme, c’est de remettre sur pied GM et de sortir le plus rapidement possible », a dit Barack Obama.
Rapidement. C’est le mot clef.

 

GM  : La (nouvelle) ligne de départ
- ARIANE KROL
Si tout se passe bien, General Motors émergera du tribunal des fai l l ites dans deux ou trois mois, libérée de ses dettes et de nombreuses obligations. « Une nouvelle GM », claironnait le constructeur hier. Reste à voir s’il saura profiter de cette nouvelle chance qui s’offre à lui.
La restructuration n’est qu’un préalable. L’avenir de l’entreprise se jouera après, dans l’exécution de sa mission première: vendre des véhicules à profit. Or, il est loin d’être certain que GM puisse tirer avantage de la reprise.
Les restructurations à l’abri des créanciers, sous la protection du fameux chapitre 11, ont donné de bons résultats dans le passé. Ce procédé a permis à plusieurs transporteurs aériens de redécoller, après avoir nettoyé leur bilan et allégé leurs frais de fonctionnement. La croissance économique, toujours favorable aux ventes de billets d’avion, faisait le reste. L’effet ne sera pas aussi automatique pour GM. Dans l’industrie aérienne, il n’est pas rare que le consommateur se résigne à faire affaire avec la compagnie qu’il déteste le plus parce que c’est la seule qui puisse le transporter au prix et au moment désiré. L’acheteur d’automobile nord-américain a autrement plus de choix.
Et ce n’est pas tout. Le prix du pétrole a dépassé les 68 dollars le baril hier. En pleine récession, alors qu’onn’entrevoit pasde sortie de crise avant l’an prochain – une reprise timide dans le meilleur des cas. Ça donne une idée de la flambée à laquelle on aura droit lorsque l’économie repartira vraiment. Le pétrole à 147$ le baril a suscité un intérêt jamais vu pour le covoiturage, les transports en commun et le télétravail l’an dernier. Un attrait qui deviendra encore plus marqué lorsque les prix à la pompe vont se remettre à grimper, et qu’il deviendra évident qu’ils ne redescendront pas.
Et si les travailleurs se servent beaucoup moins de leur voiture, ou de leur deuxième voiture, il leur faudra de fichues bonnes raisons pour la remplacer. La fin de sa vie utile – sauf qu’une auto qui roule peu s’use pas mal moins vite. Sa consommation trop élevée – à condition de pouvoir s’en payer une qui génère des économies vraiment significatives. On n’est même pas certain que les ventes de véhicules neufs reviendront à leur sommet de 2007, alors que les concessionnaires américains avaient écoulé 17 millions d’unités. Ils en vendront moins de 10 millions cette année. Ça donne une idée de la côte que l’ensemble de l’industrie a à remonter.
Avec une structure de coûts allégée, GM sera en mesure d’offrir ses produits à des prix plus concurrentiels. Encore faudra-t-il qu’ils séduisent le marché. Ce n’est pas gagné d’avance. La « nouvelle GM » n’est pas une nouvelle venue. C’est une entreprise à laquelle de nombreux consommateurs ont tourné le dos en jurant qu’on ne les y reprendrait plus. Regagner les coeurs, et des parts de marché, s’annonce un défi considérable, d’autant que les concurrents ne vont pas rester les bras croisés.

GM vient de se placer sur la ligne de départ. Va-t-elle démarrer au quart de tour ou caler lamentablement? Washington, Ottawa et les syndicats, qui l’ont commanditée à grands frais, ne peuvent que se croiser les doigts.


HONDA : 50 ans pour devenir un grand de l’automobile
CHICAGO — Cinquante ans après être entré sur la pointe des pieds avec ses petites motos sur le marché américain, Honda est devenu un grand de l’automobile aux États-Unis, où il s’apprête à rafler la place de quatrième constructeur à Chrysler.
En 1973, la Civic se vendait 2150$. Les modèles bon marché et économes en carburant de Honda ont fait un malheur lors du choc pétrolier.
« Leur croissance méthodique et concentrée pendant ces 50 ans est vraiment admirable », observe l’analyste automobile Jeff Schuster, du cabinet JD Power.
Le 11 j uin 1959, le groupe japonais, né 11 ans plus tôt dans l’archipel, ouvre aux États-Unis sa première filiale à l’étranger. Convaincu que le constructeur court à la catastrophe, le gouvernement japonais lui interdit d’investir plus de 250 000$ outre-Pacifique.
Honda doit se résoudre à acheter un vieux studio de photographie à Los Angeles en guise d’entrepôt, à partir duquel ses huit vendeurs font la tournée des magasins de deux-roues avec des camionnettes remplies de motos « made in Japan ».
Les engins nippons sont nettement plus petits que les grosses cylindrées américaines, souvent pilotées par des costauds en blouson de cuir. Honda prend le contrepied de l’image du « biker » avec un slogan: « C’est en Honda que l’on rencontre les personnes les plus agréables ».
En 1968, Honda avait écoulé un million d’exemplaires, devenant au passage le numéro un de la moto aux États-Unis.
Un an plus tard, le japonais lance ses automobiles sur le marché américain. Après un démarrage confidentiel, ses modèles bon marché et économes en carburant font un malheur à la faveur du choc pétrolier de 1973. Avec ses chaînes de montage universelles qui permettent de fabriquer plusieurs modèles, le constructeur parvient à s’ajuster rapidement aux fluctuations de la demande.
Même recette
Aujourd’hui, la recette n’a pas changé et Honda a vu sa part de marché augmenter l’an dernier à 10,8% contre 9,7 % en 2007, malgré un recul de 8% de ses ventes du fait de la crise économique.
« Honda a r r ive vraiment à prospérer en période difficile », observe son vice-président John Mendel, directeur des ventes aux États-Unis. « Les consommateurs se replient vers les valeurs sûres. Ils savent qu’avec une Honda, ils n’auront probablement jamais de problèmes, elle durera longtemps et sans perdre trop de valeur à la revente ».
Honda est désormais en passe de prendre la quatrième place du marché américain à Chrysler, tout comme Toyota a chipé la deuxième place à Ford derrière le géant General Motors. Le groupe emploie 28 000 salariés aux États-Unis, où il dispose de 10 usines et de 14 centres de recherche. Deux autres usines sont en construction.
Honda a été le premier constructeur asiatique à ouvrir des lieux de production aux États-Unis, d’abord pour ses motos en 1979 puis pour ses voitures trois ans plus tard. En 1988, le groupe exportait sa première Accord de fabrication américaine au Japon.
Un an plus tard, ce même modèle devenait la voiture la plus vendue aux États-Unis, première automobile étrangère à décrocher ce titre qu’elle détiendra pendant trois ans.



La recette Ford pour traverser la crise -  Maxime Bergeron
INDUSTRIE AUTOMOBILE
De petites voitures « globales » distribuées partout sur la planète. Une dette renégociée avant la crise. Un portfolio de marques simplifié à l’extrême. La recette appliquée par Ford lui a permis d’éviter la déroute de ses concurrents américains, même si sa situation demeure précaire.
Ford est le seul des trois grands de Detroit à ne pas s’être placé sous la protection des tribunaux – et à avoir levé le nez sur une injection de fonds publics. Un exploit, disent certains, qui découle d’une série de décisions prises depuis trois ans.
Le constructeur au logo ovale est le seul des trois grands de Detroit à ne pas s’être placé sous la protection des tribunaux – et à avoir levé le nez sur une injection de fonds publics. Un exploit, disent certains, qui découle d’une série de décisions prises depuis trois ans.
« La grande chance de Ford, c’est qu’elle a réussi à refinancer sa dette et repositionner complètement ses finances avant la crise, explique Christian Navarre, professeur de gestion stratégique à l’Université d’Ottawa. Ainsi, quand la crise est arrivée, l’entreprise ne s’est pas retrouvée sans capacités de trésorerie. »
Le coup de génie, selon les experts, remonte à 2006, peu après l’arrivée du nouveau PDG Alan Mulally. Sentant venir la récession, l’ex-dirigeant de Boeing a hypothéqué tous les actifs de Ford aux États-Unis en échange de prêts de 23,6 milliards US. Un geste jugé choquant à l’époque, qui a toutefois assuré des liquidités suffisantes à l’entreprise pour fonctionner.
Le PDG a aussi simplifié au maximum la structure de Ford depuis son arrivée. Entre mars 2007 et juin 2008 – avant la crise –, il a réussi à vendre les bannières de luxe Aston Martin, Jaguar et Land Rover, toutes jugées non stratégiques. Une très bonne affaire, en rétrospective.
« Ils ont été capables de se délester de leurs activités avant les autres », dit Louis Hébert, professeur titulaire de gestion stratégique à HEC Montréal.
Ford se retrouve aujourd’hui avec une gamme de produits très limitée, centrée autour des marques Ford, Lincoln, Mercury et Volvo (que le groupe cherche à vendre).
Pour capitaliser au maximum sur cette simplicité, Ford offrira de plus en plus de voitures « globales », distribuées partout dans le monde sans trop de modifications. La petite Fiesta incarne en tous points cette stratégie.
Cette sous-compacte – qui jouit d’un accueil très favorable de la presse spécialisée – a été lancée l’an dernier en Europe, cette année en Asie et arrivera à l’été 2010 en Amérique du Nord. La Focus, un cran plus grande, suivra la même trajectoire.
« On a le sentiment que Ford a pris un virage produit qui va s’avérer payant, surtout au fur et à mesure que la réglementation de l’administration Obama sur les émissions de CO va faire sentir ses effets », dit Christian Navarre.
Ford a par ailleurs fermé une série d’usines et licencié des milliers de travailleurs au cours des dernières années, en plus de renégocier les conditions salariales de ses syndiqués à la baisse. Le constructeur a ainsi ramené ses coûts de production plus près de ceux des constructeurs japonais.
Des écueils
Ford fait peut-être meilleure figure que GM et Chrysler, mais le constructeur est lui aussi frappé de plein fouet par un recul de ses ventes. L’entreprise a perdu 1,4 milliard US au premier trimestre de 2009, en plus de voir ses ventes reculer de 43%.
Aussi, la restructuration de ses deux concurrents sous la protection des tribunaux risque de la désavantager, soulignent les experts. GM et Chrysler sortiront de la faillite avec un bilan nettement allégé, et moins d’obligations envers leurs retraités.
La lourdeur des fonds de retraite des dizaines de milliers de travailleurs de Ford aux États-Unis pourrait devenir problématique, dit Louis Gialloreto, professeur de marketing à McGill. « Si le marché ne reprend pas d’ici 12 à 18 mois, ils vont être vraiment mal pris avec ces coûts-là. »
Dans un communiqué publié lundi, Ford a émis des inquiétudes quant à la participation massive de Washington dans le capital de GM. L’État détiendra 61% du constructeur en échange d’une aide financière totale de 50 milliards US, ce qui pourrait remettre en cause la « dynamique de la concurrence », selon Ford.
Christian Navarre, de l’Université d’Ottawa, reconnaît que Ford sera « légèrement handicapé » par rapport à ses concurrents. Mais l’entreprise a selon lui un atout que GM et Chrysler n’ont pas: de nouveaux véhicules éprouvés et économiques qui débarqueront d’ici un an sur le marché nord-américain.
« Le temps que les autres mettent leurs produits en marché, Ford aura les siens », tranche-t-il.
Le titre de Ford est demeuré stable à 6,36$ hier à la Bourse de New York. Il a grimpé de 177% depuis le début de l’année.




GM : QUATRE ERREURS FATALES -  Gaétan Frigon
Le roman-savon de General Motors se termine dans la honte
GM a longtemps renfloué ses pertes nord-américaines grâce à ses activités européennes ou australiennes, ou encore grâce à la
profitabilité de sa division financière GMAC.
Après avoir occupé différents postes de direction dans le commerce de détail pendant près de 40 ans, notamment à la SAQ, l’auteur est aujourd’hui copropriétaire de plusieurs entreprises, dont Publipage Inc.
En 1952, année où le président de General Motors avait déclaré: « Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique », mon père achetait sa première voiture : une rutilante Buick de l’année qui faisait l’envie de tout le village de Saint-Prosper de Champlain, dont il était le maire.
Cette Buick ainsi que la Pontiac station wagon 1957 qui l’avait remplacée étaient de véritables chars d’assaut. Elles ont honorablement résisté à la pire des épreuves, à savoir les folies de trois adolescents (mes deux frères et moi-même) qui ne s’étaient pas gênés pour leur faire subir les pires sévices.
À cette époque, General Motors imposait sa philosophie. Les grandes villes, les unes après les autres, abandonnaient les transports en commun pour faire place à l’automobile, emblème du rêve américain tel que décrété par GM. Cette époque avait fait de moi un inconditionnel de General Motors.
D’ailleurs, avec au-delà de 50% du marché, GM dictait les règles du jeu et personne n’osait les contredire, même pas les gouvernements. GM était proactive et ne laissait personne lui dire quoi faire. C’est d’ailleurs, selon moi, fondamentalement ce qui a été à l’origine de la lente descente aux enfers de l’entreprise.
À partir du milieu des années 70, ma confiance en General Motors s’est effritée au point d’en arriver à l’inconcevable: l’achat d’une européenne. Pour moi, GM représentait le passé. La seule question dans mon esprit était de savoir si le géant passerait au travers ses difficultés et pourrait s’adapter au XXIe siècle.
Aujourd’hui, le roman-savon se termine dans la honte. Le Goliath d’hier n’est plus que l’ombre de lui-même. Je vais laisser à d’autres le soin d’analyser les aspects financiers négatifs de cette aventure et parler plutôt du manque de vision stratégique qui a coulé GM, beaucoup plus que l’argent.
Voici, selon moi, les quatre éléments qui sont à l’origine de la débâcle d’aujourd’hui:
1 > Dans les années 70, les Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile, Buick et même Cadillac ont perdu leur personnalité propre quand, pour diminuer les coûts, GM a décidé de toutes les fabriquer à partir du mêmemoule. Il arriva ce qui devait arriver:
3 > Quand les Japonais ont décidé d’envahir le marché avec des automobiles de luxe (Acura, Lexus et Infiniti), GM n’a pas cru en leur réussite. C’était leur domaine de prédilection et les Japonais allaient simplement se casser la gueule. GM a alors perdu lentement ce qui lui restait du marché profitable des automobiles de luxe. Quand ses patrons se sont réveillés, la moyenne d’âge des propriétaires de Cadillac dépassait les 65 ans.
4 > Dans les années 90, voyant que le goût des Américains revenait aux grosses bagnoles, plutôt que de préparer son avenir en développant des petites voitures économiques, GM s’est lancés à fond de train dans des segments profitables comme les véhicules utilitaires sport (VUS), avec des moteurs qui consomment beaucoup d’essence. Ce fut un grand succès temporaire, mais la graine d’un échec évident à moyen et long terme.
GM a longtemps renfloué ses pertes nord-américaines grâce à ses activités on a nivelé la qualité par le bas et les différences majeures entre les marques, autres qu’esthétiques, ont disparu, une Buick étant simplement une Chevrolet glorifiée.
2 > Quand les premières petites autos japonaises sont arrivées sur le marché, GM a refusé d’emboîter le pas pour ne pas nuire à sa profitabilité. Sa conclusion était qu’il s’agissait là d’une mode passagère. Et quand ils ont décidé par obligation d’entrer dans ce segment de marché en plein développement, ce fut notamment avec des citrons qui ont donné naissance au phénomène Ralph Nader. européennes ou australiennes, ou encore grâce à la profitabilité de sa division financière GMAC. Mais quand le château de cartes s’est écroulé partout dans le monde, il était devenu impossible de camoufler plus longtemps l’inévitable.
Il y a environ cinq ans, Ford était dans une situation semblable à celle de GM. Mais ce constructeur a pris les grands moyens et, aujourd’hui, Ford est le seul des trois grands à ne pas demander l’aide de l’État et à ne pas recourir à la protection des tribunaux. Il y a certes là une leçon à retenir.



GM : NOUVEAU DÉPART - Maxime Bergeron
En dépit de l’injection massive de fonds publics, le président américain Barack Obama s’est défendu de vouloir intervenir dans les affaires de GM après la restructuration judiciaire.
La bombe était attendue depuis des semaines. Maintenant que les documents de faillite sont déposés, GM espère se restructurer rapidement et prendre un virage vert en introduisant 14 modèles hybrides d’ici trois ans.

« Nous le ferons une seule fois et nous le ferons comme il faut », a déclaré Fritz Henderson, PDG de General Motors, peu après le dépôt de bilan de l’entreprise devant un tribunal new-yorkais, hier matin.
La faillite de GM est la quatrième en importance de l’histoire des États-Unis et représente un aveu de défaite pour ce symbole de la puissance industrielle américaine. Au terme de sa restructuration judiciaire, le constructeur sera délesté d’une bonne partie de sa dette, de cinq bannières, de 14 usines et de 21 000 employés.
Aucune des filiales de GM ne s’est protégée de ses créanciers à l’extérieur des États-Unis. La filiale canadienne est épargnée et conservera toutes ses usines. Le départ de 3000 travailleurs licenciés au cours des derniers mois au Canada a toutefois été officialisé hier.
Selon des documents déposés en cour, la dette totale de GM atteint 172,8 milliards US, et ses actifs, 82,3 milliards US. L’entreprise a plus de 100 000 créanciers.
Washington actionnaire
Le gouvernement américain – et dans une moindre mesure ceux du Canada et de l’Ontario – sera de loin le principal actionnaire du « nouveau GM », composé seulement des actifs les plus sains du groupe.
En échange d’une aide financière totale de 50 milliards US, Washington recevra 61% des actions de l’entreprise. Ottawa et Queen’s Park détiendront 12% des titres en circulation, en contrepartie d’un financement de 10,5 milliards CAN.
En dépit de cette injection massive de fonds publics, le président américain Barack Obama s’est défendu de vouloir intervenir dans les affaires de GM après la restructuration judiciaire. « Nous nous comportons en actionnaires récalcitrants parce que c’est la seule façon d’aider GM, a-t-il déclaré pendant une conférence de presse télévisée. Ce que ne nous ne ferons pas, ce qui ne nous intéresse pas, c’est de gérer GM. »

Les impacts d’une liquidation de GM auraient été « dévastateurs » pour l’économie du pays tout entier, d’où la nécessiter d’allonger les milliards, a dit Barack Obama.
Les gouvernements comptent se départir peu à peu de leurs actions, au fur et à mesure que GM verra sa valeur boursière augmenter. La nouvelle entité pourrait mettre entre 6 et 18 mois avant d’effectuer son premier appel public à l’épargne, selon une source officielle citée par Bloomberg.
General Motors espère sortir de la protection des tribunaux d’ici de 60 à 90 jours. Les accords intervenus avec ses principaux syndicats en Amérique du Nord, de même qu’avec la majorité des créanciers obligataires non garantis, devraient permettre de mener les démarches assez rondement, estiment les dirigeants du groupe.
Au sortir du processus, le « nouveau GM » sera capable d’être rentable aux États-Unis avec un volume de vente de 10 millions de véhicules pour l’ensemble de l’industrie, a affirmé l’entreprise. Cela se compare aux niveaux de 15 à 17 millions enregistrés entre 1995 et 2007, avant la crise économique.
GM misera aussi à fond sur les technologies écologiques, avec le lancement prévu de la Chevrolet Volt l’an prochain, véhicule hybride révolutionnaire dont la viabilité économique n’apparait pas encore assurée. Le constructeur veut par ailleurs que 65% de ses véhicules soient compatibles avec l’éthanol et d’autres biocarburants d’ici 2014.
« Toutes les choses qui peuvent être mises de l’avant pour que GM progresse sont là ; si l’entreprise ne progresse pas, c’est carrément qu’elle a unemauvaise stratégie ou que l’exécution est inférieure à ce qu’elle devrait être », a fait valoir à La Presse Affaires Louis Gialloreto, expert de l’industrie automobile de l’Université McGill.
Joseph D’Cruz, professeur de gestion stratégique à l’Université de Toronto, souligne lui aussi le besoin urgent de changer les façons de faire. Il faut non seulement concevoir de nouveaux véhicules de qualité, mais surtout gérer l’entreprise de façon plus efficace, dit-il. L’administration Obama a fait un premier pas dans cette direction en chassant l’ancien PDG Rick Wagoner au profit de Fritz Henderson il y a deux mois.
« Je suis assez optimiste: GM a un grand bassin de talents en ingénierie, a souligné M. D’Cruz. Ce qui ne marche pas chez GM, ce sont les processus de prise de décision qui devraient mener à une bonne utilisation de ces talents. »
GM poursuivra normalement ses activités pendant la restructuration judiciaire et continuera d’honorer toutes les garanties en vigueur, a indiqué l’entreprise hier. Les gouvernements du Canada et des États-Unis se sont engagés à respecter les garanties de GM et Chrysler (aussi en dépôt de bilan) dans le cas où les constructeurs seraient incapables de fournir le service.
Au sortir de sa refonte, GM offrira seulement quatre bannières en Amérique du Nord: Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC. Le réseau de concessionnaires sera réduit de 42% d’ici octobre 2010, ce qui se traduira par environ 10 000 pertes d’emplois au Canada.
Le grand patron de GM, Fritz Henderson, a tenu à saluer les importants sacrifices consentis par les travailleurs, créanciers, fournisseurs et plusieurs autres parties pénalisées par la déconfiture de l’entreprise.
La faillite de GM, estimée à 91 milliards US, est la quatrième plus importante de l’histoire des ÉtatsUnis, après celles des banques Lehman Brothers (691 milliards US) et Washington Mutual (328 milliards US) l’an dernier et de l’entreprise de télécoms WorldCom en 2002 (104 milliards US).
GM, fondé à Detroit en 1908, emploie aujourd’hui 234 500 personnes dans le monde et vend ses véhicules dans 140 pays. L’entreprise a perdu plus de 82 milliards US depuis cinq ans.



GM : LA CHUTE D’UN GÉANT  -  MAXIME BERGERON
L’État américain contrôlera 60% du capital de GM
« On vient d’acheter quelques années de survie à General Motors, mais dans le long terme, ça reste risqué », fait valoir le professeur de gestion stratégique à HEC Montréal Louis Hébert.
C’est la fin d’une époque. Les États-Unis ont annoncé hier que le constructeur automobile General Motors allait déposer son bilan, pour s’engagerdansunprocessusde redressement judiciaire qui devrait durer de 60à90 jours et implique la fermeture de 11 de ses usines et la mise au chômage technique de trois autres.
Une nouvelle société sera créée pour reprendre les actifs les plus rentables du groupe, dont les engagements financiers seront réduits de plus de moitié, a expliqué un haut responsable de l’administration de Barack Obama à l’Agence France-Presse.
L’État fédéral américain lui apportera 30,1 milliards US et contrôlera 60% de son capital. L’État canadien et la province de l’Ontario verseront 9,5 milliards US et obtiendront 12% des actions.
Le fonds de retraite des salariés de General Motors prendra 17,5%.
Enfin 10% reviendront aux anciens créanciers détenteurs d’obligations non garanties ayant souscrit au plan de restructuration.
GM Canada
Les dirigeants de GM Canada, entité indépendante de la maison mère américaine, étaient toujours en pourparlers hier soir pour déterminer s’ils recourront à la protection des tribunaux pour se restructurer. « C’est encore en train de se décider, on va travailler ça jusqu’à la dernière minute ce soir », a indiqué à La Presse Sandra Perron, porteparole de l’entreprise.
Des dizaines de milliers de travailleurs et retraités en Ontario et au Québec attendent avec appréhension l’annonce du président de GM Canada, Arturo Elias, cet après-midi.
Aux États-Unis , le grand patron de GM, Fritz Henderson, de même que le président Barack Obama tiendront des conférences de presse en fin d’avant-midi pour exposer leur vision de l’entreprise « post-restructuration ».
Dans une « fiche technique » publiée par l’administration Obama, GM a confirmé que, conformément à son plan de redressement présenté en février, il allait fermer 11 sites et en mettre trois au chômage technique. 42% de ses concessionnaires au Canada et aux États-Unis.
Les détenteurs d’obligations, qui avaient rejeté la semaine dernière une première proposition, recevront 10% des actions.
Les actionnaires actuels de l’exnuméro un mondial de l’automobile perdront l’intégralité de leur mise.
Louis Hébert, professeur de gestion stratégique à HEC Montréal, s’attendait depuis deux ans à un dépôt de bilan de GM. La restructuration judiciaire est selon lui nécessaire pour assurer « à court terme » la survie de l’entreprise, qui a accumulé des pertes titanesques de 82 milliards de dollars américains depuis cinq ans.
« On vient d’acheter quelques années de survie à General
GM se mettra à l’abri de ses créanciers en vertu de la loi américaine sur les faillites, le fameux Chapter 11.
Selon des sources gouvernementales, un « nouveau GM » pourrait émerger de la faillite au plus tard à la Fête du travail, soit le 7 septembre prochain.
L’entreprise fondée il y a 101 ans aura un tout autre visage une fois la restructuration terminée. General Motors prévoyait licencier plus de 20 000 employés au cours des prochains mois, en plus de se départir de quatre bannières (Saturn, Saab, Hummer et Opel) et de supprimer la marque Pontiac. GM fermera aussi Motors, mais dans le long terme, ça reste risqué », a fait valoir M. Hébert pendant un entretien téléphonique.
Échéance pour Chrysler
La semaine sera aussi mouvementée pour le constructeur américain Chrysler, qui s’est placé sous la protection des tribunaux en avril dernier aux États-Unis. Le juge Arthur Gonzales, du tribunal newyorkais des faillites, doit se prononcer aujourd’hui ou demain sur la création d’un « Chrysler nouveau » composé seulement des actifs les plus sains du constructeur.
La nouvelle société serait détenue à 20% par le constructeur italien Fiat, à 55% par un fonds géré par les syndicats et à 10% par les gouvernements américain et canadien. Fiat pourrait hausser sa participation jusqu’à 35%.
La division canadienne de Chrysler ne s’est pas placée sous la protection des tribunaux, malgré son dépôt de bilan au sud de la frontière. Ce qui, selon des experts, est de bon augure pour GM Canada.
« Je crois que GM a pris grand soin de mettre en place un processus lui permettant de continuer à aller de l’avant et de continuer à payer ses fournisseurs », a dit à La Presse Canadienne leprésident de la firme AutomotiveCompass, Bill Pochiluk.
Aux États-Unis, le gouvernement plani f ie de nommer Albert A. Koch, un partenaire principal de la firme AlixPartners, comme chef de la restructuration judiciaire de GM, rapportait hier le site internet du New York Times. Les associés de cette firme travaillent depuis des semaines à l’ébauche d’un plan de redressement de l’entreprise, indique-t-on.
Le président Barack Obama tentera de se faire rassurant ce matin dans son discours au peuple américain, soulignant l’importance de l’industrie automobile pour le pays et le besoin d’un nouveau départ pour GM, rapportent d’autres sources.
Le discours aura lieu à 11h55, suivi quelques minutes plus tard par la conférence de presse du PDG de General Motors.

FAITS SAILLANTS
Voici les principaux points du plan gouvernemental de restructuration du constructeur automobile américain General Motors, rendu public hier soir à Washington:

« DES SACRIFICES PARTAGÉS »
> GM devra être rentable avec un marché américain de 10 millions d’unités vendues chaque année, alors que son point d’équilibre était de plus de 16 millions d’immatriculations. > Le syndicat de l’automobile UAW a fait des « concessions importantes » sur les salaires et la couverture médicale de ses retraités. > Les créanciers obligataires ont accepté d’échanger leurs 27,1 milliards US de dette contre 10% de la nouvelle société, auxquels s’ajoutent des bons permettant d’acheter 15% supplémentaire du capital. > GM va fermer 11 usines et en mettre 3 autres au chômage technique.

LA CRÉATION DU « NOUVEAUGM »
> Le Trésor apportera 30,1 milliards US pour aider GM pendant sa restructuration. Il n’envisage pas que cette aide puisse être augmentée. En échange, le Trésor recevra 60% du capital de la nouvelle société. > Le Canada et la province de l’Ontario (où GM possède de nombreuses usines) avanceront 9,5 milliards US. Ils recevront 12% du capital. > Le « nouveau GM » va mettre en place un fonds chargé de financer la couverture santé des retraités du groupe. Ce fonds détiendra 17,5% du capital et recevra des bons lui permettant d’acquérir 2,5% supplémentaires. > Le nouveau GMaura « bien moins de dette et un bilan de classe mondiale » qui va lui permettre de réinvestir dans ses activités. > Le nouveau GM va assembler une nouvelle petite voiture dans une usine désaffectée pour porter de 66% à plus de 70% la part de ses voitures vendues aux États-Unis qui sont fabriquées dans ce pays.
LA GESTION DES PARTICIPATIONS DE L’ÉTAT
> Le gouvernement « ne souhaite pas détenir des participations au capital de sociétés plus qu’il est nécessaire et cherchera à céder ses intérêts aussitôt que cela sera possible ». > Le gouvernement n’interviendra pas dans la gestion au jour le jour de ces entreprises.


Les retraités québécois retiennent leur souffle
Les retraités de GM au Québec retenaient leur souffle hier en attendant de voir si la filiale canadienne du constructeur se placera elle aussi sous la protection des tribunaux.
« Tout le monde est inquiet », a confié à La Presse Jean-Pierre Labrosse, premier vice-président de l’Association des retraités de GM au Québec, qui regroupe 230 anc iens cadres.
La valeur de la caisse de retraite des anciens cadres québécois a chuté d’environ 50% en raison de la crise économique, et une restructuration judiciaire de GM Canada – indépendante de la maison mère américaine – viendrait « cristalliser » ces pertes, craint M. Labrosse.
La seule usine de GM au Québec, qui se t rouvait à Boisbriand, comptait environ 1200 employés quand le constructeur a cessé d’y produire la Chevrolet Camaro, en 2002.
Les ex-syndiqués n’ont pas encore vu leurs rentes de retraite amputées, mais elles sont gelées jusqu’en 2015, a indiqué Eddy Roussy, président du Club des retraités de l’usine de Boisbriand. De nombreux avantages liés aux assurances santé ont aussi été abolis, de même qu’un rabais automatique sur les véhicules GM.
Les retraités, qui se réuniront aujourd’hui à 13h30, croisent les doigts dans l’attente du verdict sur le sort de GM Canada. « On devrait avoir des réponses », a lancé M. Roussy hier soir.
Les retraités de Boisbriandmilitent pour que le gouvernement québécois crée un fonds qui viendrait combler leurs pertes si leurs rentes devaient être réduites.





QUEL AVENIR  POUR GM? - MAXIME BERGERON
Les prochaines heures seront cruciales pour GM. Le constructeur doit s’entendre avec ses créanciers et présenter d’ici demain soir un nouveau plan de relance à Washington. La restructuration sous la loi des faillites est quasi assurée. Mais que fera le gé
ébut des années 2000. Arnold Schwarzenegger, Jon Bon Jovi et une flopée de vedettes se baladent fièrement au volant de leur Hummer dans les rues d’Hollywood. Le rutilant camion de GM atteint des sommets de popularité, comme plusieurs autres véhicules lourds du constructeur.
Neuf ans plus tard, tout a changé. L’intérêt pour les grosses cylindrées s’est effondré avec la hausse des cours du pétrole et la dégradation de l’économie. General Motors est à deux doigts de la faillite. Exsangue. Le géant déchu a effectué une série de compressions draconiennes dans ses usines et son personnel, mais il devra faire beaucoup plus pour refaire sa place – et survivre – dans le paysage automobile du XXIe siècle, disent les experts.
« GM doit absolument arriver avec de nouveaux modèles best-sellers d’ici un an ou deux », lance Anil Verma, professeur à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto.
La clé de la relance se résume en trois mots, selon les spécialistes consultés par La Presse Affaires. Fiabilité. Durabilité. Design. Des attributs qui expliquent selon eux la montée en flèche des voitures japonaises depuis trois décennies… et la descente aux enfers de General Motors.
« GM a prouvé aux baby-boomers, et à leurs enfants de la génération X, que c’était difficile de faire des voitures qui combinaient à la fois un beau design, de la qualité et de la durabilité, dit Louis Gialloreto, professeur de marketing à l’Université McGill. Ils ont vraiment perdu les deux plus grandes générations qu’on a eues dans les 100 dernières années! »
Le constructeur de Detroit s’est éparpillé au fil des décennies en multipliant les marques – huit en Amérique à l’heure actuelle – et les modèles, fait valoir M. Gialloreto. Chaque gamme a ses forces et ses faiblesses, mais aucune n’a réussi à cristalliser toutes les qualités qui font une bonne voiture, selon lui.
À l’opposé, le géant japonais Toyota s’est taillé une place de choix en Amérique avec trois marques bien circonscrites: Toyota, Lexus et Scion. Toutes reconnues pour leurs hautes normes de qualité. « Ils ont une gamme de produits beaucoup moins complexe à produire, à renouveler et à vendre, mais les parts de marchés qu’ils sont capables de générer avec ces trois marqueslà sont énormes », souligne le professeur.
Toyota a d’ailleurs dépassé GM comme premier constructeur mondial l’an dernier. Une gifle symbolique, qui est venue s’ajouter aux maux financiers du géant de Detroit, bien réels ceux-là.
Se remettre sur pied
GM n’est pas le seul constructeur automobile à souffrir du recul des ventes de véhicules neufs. Chrysler s’est placée sous la protection de la loi des faillites le mois dernier, et tous les constructeurs voient leurs revenus affectés par la crise économique mondiale.
General Motors est toutefois dans un bien pire état que la plupart de ses concurrents. L’entreprise a perdu 82 milliards de dollars depuis 2004. Ses ventes mondiales ont chuté de 11% l’an dernier, et de 21% pendant le premier trimestre de 2009. Son manque de liquidités est tellement criant qu’elle a dû recevoir plus de 19 milliards d’aide du gouvernement américain – et d’autres milliards du Canada – au cours des derniers mois pour poursuivre ses activités.

Le constructeur doit présenter d’ici demain soir un nouveau plan de relance solide à Washington, sans quoi l’État cessera de lui prêter des fonds.
« GM doit absolument arriver avec de nouveaux modèles best-sellers d’ici un an ou deux. »
La mise en faillite apparaît quasi assurée pour GM, qui devra vraisemblablement se restructurer sous la protection des tribunaux.
Parmi toutes les mesures de redressement annoncées à ce jour (fermeture d’usines et de concessionnaires, licenciements massifs, baisses de salaires), la simplification du portfolio de marques constitue l’une des plus prometteuses, selon les experts.
En plus d’abandonner sa mythique bannière Pontiac, GM vendra ses filiales Saturn, Saab, Hummer et l’européenne Opel. L’entreprise centenaire se retrouvera avec seulement quatre marques en Amérique du Nord : Chevrolet, Buick, Cadillac et GMC. Une bénédiction, d’après le professeur Louis Gialloreto, qui entrevoit même la disparition possible de GMC.
« Ils vont être capables de faire plus d’innovations sur moins de gammes, dit-il. Par conséquent, ils seront capables d’avoir plus de succès en ce qui concerne le dessin, la qualité et la durabilité, tout ça dans la même auto, au lieu d’avoir la qualité dans une, la durabilité dans l’autre et le design dans l’autre. »
Les dirigeants de GM doivent absolument « changer la culture de l’entreprise » et offrir aux consommateurs ce qu’ils veulent, souligne pour sa part Anil Verma, de l’Université de Toronto. Exit les gros véhicules clinquants et polluants, bienvenue aux voitures compactes et économiques.
« Autrement, GMne va pas seulement perdre des parts de marché, mais il y a de fortes chances que le constructeur se retrouve encore au même point dans cinq ans », dit le spécialiste de l’Université de Toronto.
L’entreprise a fait un pas dans cette direction hier en annonçant la construction d’une future petite voiture aux États-Unis. La production initiale du modèle (qui n’a pas été identifié) atteindra 160 000 unités et se fera dans une usine de GM présentement désaffectée.
Une telle production n’aurait pu être envisagée sans les importantes concessions salariales faites par les syndiqués américains de GM, a affirmé Fritz Henderson, le nouveau PDG du groupe, dans un communiqué. « Cela nécessite un effort de la part de tous pour produire une petite voiture domestique de façon concurrentielle et profitable, mais c’est ce que nous ferons tous ensemble. »
Chevrolet doit lancer l’an prochain la Cruze, une compacte qui suscite déjà un fort engouement dans la presse spécialisée. La Spark représentera pour sa part une première incursion dans le secteur des minis, avec ses petits moteurs de 1,0 et 1,2 litre.
Toutefois, selon plusieurs observateurs, c’est la Chevrolet Volt qui pourrait représenter le salut de GM. Cette jolie berline hybride promet de parcourir 64 kilomètres avec son moteur électrique sans consommer une seule goutte de carburant, après quoi un système à essence entrera en fonction.
La mise en marché de la Volt est prévue en 2010, bien que certains détails techniques restent à régler. Et la viabilité économique du projet n’est pas assurée, ce qui soulève des inquiétudes, indique le professeur Anil Verma.
Les prochains mois seront cruciaux à tous les égards pour GM. Tant pour ses avocats que pour ses ingénieurs, qui devront mettre les bouchées doubles pour vite finaliser les nouveaux modèles.


UN WEEK-END CRUCIAL POUR LE CONSTRUCTEUR
Tout pointe maintenant vers un dépôt de bilan de General Motors d’ici 48 heures aux États-Unis.
La Chevrolet Volt 2009.
Le gouvernement américain assemblait méthodiquement hier les dernières pièces du puzzle d’une mise en faillite du constructeur américain, voulant régler un maximum de dossiers avant que le juge ne se saisisse de l’affaire.
Selon plusieurs sources, la mise en faillite devrait se produire lundi, après l’échéance de demain soir imposée à GM pour le dépôt d’un nouveau plan de redressement à Washington.
L’administration du président Barack Obama a déjà expliqué qu’elle voulait que les actifs sains du constructeur automobile soient repris par un « nouveau GM » aussitôt que possible après un dépôt de bilan. Le Trésor contrôlerait dans un premier temps 72,5% du capital du groupe restructuré.
Pour éviter que l’entreprise languisse des années sous contrôle judiciaire, le gouvernement souhaite présenter au juge un plan de restructuration tout ficelé, avec l’accord des principales parties prenantes.
La nouvelle offre de restructuration de la dette obligataire non garantie présentée jeudi reflète cette ambition. Les créanciers se sont vu offrir 25% du capital du « nouveau GM », au lieu de 10% refusés plus tôt cette semaine, à la condition expresse de soutenir devant le tribunal le plan gouvernemental.
Un premier groupe de créanciers, représentant environ 20% de la dette concernée, a déjà donné son accord. Selon le New York Times, le Trésor est en discussions avec un nouveau groupe, pesant 30% de la dette. En revanche, plusieurs associations de petits porteurs campaient toujours sur leur refus initial.
Les obligataires ont jusqu’à aujourd’hui 17h pour se prononcer.
GM a par ailleurs obtenu en milieu de journée le feu vert des adhérents du syndicat de l’automobile UAW à l’accord signé entre leurs représentants et la direction de GM. Cette ratification à 74% va permettre au constructeur d’annoncer de nouvelles mesures d’austérité, incluant la disparition de milliers d’emplois et la fermeture d’usines en Amérique du Nord. Et le Canada? La mise en faillite probable de GM aux États-Unis ne se traduira pas automatiquement par une restructuration judiciaire au Canada, a indiqué à La Presse Affaires la porte-parole du groupe, Sandra Perron. La filiale canadienne demeure « distincte » de la société mère, a-t-elle dit.
GM Canada doit elle aussi présenter d’ici demain soir un nouveau plan de redressement aux gouvernements du Canada et de l’Ontario, en vue d’obtenir une nouvelle aide financière.
Toutes les avenues demeurent possibles. « Il reste encore certaines choses à concrétiser, a dit Mme Perron. Le travail va se poursuivre toute la fin de semaine et les décisions vont se prendre à la dernière minute », a-t-elle dit.
Le titre deGMa clôturé à 75 cents hier, en baisse de 37 cents.

42% du réseau de concessionnaires disparaîtra au Canada
et aux États-Unis
 
CONCESSIONNAIRES Entre désolation et acquisitions
« Vente de fermeture ». Le slogan placardé dans le pare-brise des véhicules de SteThérèse Chevrolet ne laisse place à aucune ambiguïté: les choses vont mal chez GM. Très mal.
Le constructeur en déroute a annoncé il y a 10 jours qu’il ne renouvellera pas les contrats de franchise de 42% de ses concessionnaires au Canada, environ 300 au total. La succursale de Sainte-Thérèse, au nord de Montréal, n’a pas attendu cet ultimatum avant de fermer. Le directeur Marcel Béliveau a annoncé la triste nouvelle à ses employés à la mi-mai et tente ces jours-ci d’écouler ses derniers modèles.
Partout au pays, l’humeur des franchisés de GM oscille entre colère, stupéfaction et résignation. Une importante réorganisation du réseau s’est aussi mise en branle depuis 10 jours, qui se traduira par de multiples transactions entre les concessionnaires.
« Tout le monde est dans cette game-là d’acheter et de vendre en ce moment, dit Jean-Claude Gravel, qui possède quatre concessions GM à Montréal. Le réseau va se refaire au complet. Je dirais que le 1er septembre, ça va être une nouvelle géographie. »
Les marchands se sont tous vu offrir une compensation de GM pour fermer leurs commerces d’ici octobre 2010. Certains, comme le copropriétaire de Laurier Pontiac Buick GMC de Québec, Alexandre Saillant, jugent les sommes offertes « absolument » insuffisantes.
D’autres ont carrément refusé les offres de GM et tenteront de maintenir leur commerce ouvert coûte que coûte. Ils n’auront malheureusement pas beaucoup de recours, dit Michael Hatch, économiste en chef de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles du Canada.
« Je ne vois pas quels recours les concessionnaires pourraient avoir, indique M. Hatch. Pour qu’un contrat soit valide, il doit être signé par deux parties. Si une des deux parties refuse, il n’y a pas de contrat. »
Les commerçants récalcitrants sont toutefois minoritaires, souligne la porteparole de GM, Sandra Perron. Un « très haut nombre » de concessionnaires a accepté les offres de dédommagement, particulièrement au Québec, a-t-elle dit à La Presse Affaires.
Des dizaines de succursales fermeront ainsi leurs portes dans la province, jusqu’à 70 sur 148 selon certaines informations que l’entreprise refuse de confirmer.
Aussi, malgré l’importante réorganisation à venir, la crise chez GM ne signifiera pas la disparition pure et simple de 300 concessionnaires au Canada. Plusieurs tenteront d’attirer de nouvelles bannières concurrentes dans leurs installations, notamment des constructeurs japonais.
« Dans certains cas, le gars perd Pontiac mais dans sa ville, il n’y a pas de Mazda, souligne Jean-Claude Gravel, propriétaire de quatre succursales GM. Peut-être que Mazda va rentrer dans la bâtisse. Il ne ferme pas nécessairement. »
Autre lueur d’espoir pour les marchands de voitures: le nombre de véhicules vendus au Canada est resté stable en avril, révèle une étude publiée hier par la Banque Scotia. Il s’en est écoulé 1,42 million en nombre annualisé, « bien au-dessus » du volume de 1,34 million enregistré au premier trimestre, souligne le document.



 
GENERAL MOTORS - Le spectre de la faillite se rapproche
Lespectredelafaillitequirôdedepuis des mois autour de General Motors est sur le point de se matérialiser.
Le constructeur automobile a été incapable de s’entendre avec ses obligataires, qui ont refusé d’échanger 27 milliards US de dette contre 10% des actions de GM. Cet échec, annoncé hier, devrait forcer l’entreprise à se placer sous la protection des tribunaux au cours des prochains jours, estiment les experts.
La réduction de la dette est cruciale à la relance de GM. Washington a déjà injecté plus de 19 milliards US dans le constructeur et exigeait un accord avec les obligataires avant d’allonger d’autres fonds publics. Sans entente, le robinet sera fermé dès lundi prochain, ce qui accule l’entreprise au mur.
Le dépôt de bilan de la société mère risque aussi de se traduire par une mise en faillite de la filiale canadienne de GM, même si sa santé est moins précaire. « Comme les obligataires détiennent des obligations dans les deux pays, c’est plus probable qu’ils doivent passer par une faillite au Canada », explique Louis Gialloreto, professeur de marketing à McGill.
Une restructuration au Canada se ferait sous le chapeau de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, semblable au « chapitre 11 » américain, souligne Marc Chabot, professeur titulaire de sciences comptables à l’UQAM et expert des faillites.
À contrecoeur
C’est à contrecoeur que GM cherchera la protection des tribunaux, après des mois de cure minceur extrême. Le groupe a déjà fermé des usines, licencié des milliers de travailleurs, supprimé la bannière Pontiac et annoncé la fermeture de plus de 40% de ses concessionnaires au Canada et aux États-Unis. Des accords de réduction des salaires ont aussi été ratifiés des deux côtés de la f rontière, promettant des milliards d’économies annuelles.
Malgré tous ces efforts, la dette demeure étouffante. GM espérait être capable de l’abaisser de 44 milliards US d’ici lundi prochain, mais le refus de ses obligataires d’accepter un échange contre des actions rend ce scénario impensable.
Les détenteurs d’obligations « ont le gros bout du bâton », puisqu’ils sont souvent considérés comme créanciers garantis quand une entreprise se place sous la protection de la loi des faillites, dit le professeur Marc Chabot. Ils espèrent obtenir plus d’argent en cour que ce que GM leur a offert dans sa dernière proposition.
Selon l’expert, la restructuration judiciaire est « une bonne chose », malgré la connotation négative qui y est souvent associée. « L’objectif visé avec ces lois, c’est de favoriser la conclusion d’un accord quand les parties restent assises sur leurs positions et que les compromis ne se font pas. »
Le conseil d’administration de GM doit se réunir cette semaine pour convenir de la suite des choses. Le temps presse : le groupe a jusqu’à dimanche soir pour présenter un plan de redressement à l’administration américaine... ou déposer son bilan. Tant le président Barack Obama que les dirigeants de GM ont déjà évoqué le spectre d’une faillite au cours des dernières semaines.
Les investisseurs attendent le verdict avec anxiété. Le titre de GM a fortement chuté hier à la Bourse de New York, pour clôturer à 1,15$US, en baisse de 20%.
L’exemple de Chrysler?
Si la restructuration judiciaire est probable au Canada, elle pourrait aussi être évitée grâce à la meilleure tenue de l’économie canadienne. Chrysler, qui s’est protégée de ses créanciers aux États-Unis le mois dernier, poursuit pour l’instant ses activités normales ici.
Michael Hatch, économiste en chef de la Corporation des associations de détaillants d’automobi les du Canada, estime qu’un scénario à la Chrysler est « possible ». Il admet toutefois que les concessionnaires sont réalistes et s’attendent à faire d’importantes concessions. GM souhaite fermer 42% de son réseau au pays, soit environ 300 succursales.
Comme aux États-Unis, GM a jusqu’à dimanche soir pour présenter un plan de redressement aux gouvernements du Canada et de l’Ontario, en vue d’obtenir davantage d’aide financière.
L’entreprise a fait savoir par communiqué qu’un nombre d’obligataires « significativement » moins élevé que nécessaire avait accepté les offres d’échange de dette. La société devait recevoir l’appui de 90% d’entre eux pour voir son plan accepté par Washington.
Sandra Perron, porte-parole de GM au Québec, n’a pas rappelé La Presse Affaires hier.


Seconde chance pour les créanciers de GM
Le Trésor américain a donné hier une seconde chance aux créanciers de General Motors (GM), qui avaient refusé la veille son plan de restructuration de la dette du constructeur, enmaniant la carotte (une offre améliorée) et le bâton (la menace de perdre leur mise).
Les détenteurs de dette obligataire non garantie, à qui on proposait 10% des actions de GM en échange de leurs titres, se sont vu offrir en plus des warrants leur permettant d’acheter 15% supplémentaires du capital.
La première mouture de la restructuration des 27,2 milliardsUS de dette non garantie de GM avait échoué la veille, en raison du manque d’intérêt des investisseurs qui se trouvaient plus mal traités que d’autres parties prenantes au dossier, en particulier les syndicats.
Pendant ce temps, la menace de faillite continue à planer sur le constructeur d’autos fondé il y a 77 ans. Selon Bloomberg, GM aurait l’intention de demander, le 1er juin prochain, la protection judiciaire contre la faillite.
Cela dit, la nouvelle offre aux créanciers a reçu un accueil positif. Le comité officieux des porteurs de titres obligataires non garantis, qui rassemble environ 20% de la valeur de cette dette, s’y est dit favorable. La nouvelle proposition « ouvre la possibilité aux créanciers de récupérer une plus grande partie de leur mise que ce qui était offert précédemment », a-t-il noté.
En revanche, une association de petits porteurs – ils sont plus de 100 000 à détenir des titres GM – est restée campée sur son refus initial, en notant que les créanciers recevraient une indemnisation cinq fois inférieure à celle des syndicats.
Une nouvelle date butoir a été fixée aux créanciers pour se prononcer: ils devront avoir montré leur soutien au nouveau plan, en quantités « suffisantes », avant demain 17h. Un responsable gouvernemental a précisé qu’aucun seuil minimal d’acceptation n’avait été fixé par l’État.
En cas de nouvel échec, les créanciers risquent de perdre l’essentiel de leur mise : le Trésor a averti que, dans cette situation, les nouveaux titres qui leur sont destinés seront « réduits substantiellement ou éliminés ».
Dépôt de bilan
La nouvelle offre s’inscrit clairement dans le cadre d’un dépôt de bilan du constructeur, qui paraît donc désormais acté par toutes les parties.
Une fois le bilan déposé, les créanciers devront en effet s’engager à soutenir le plan gouvernemental, qui prévoit la vente rapide des actifs sains du groupe à un « nouveau GM », qui sortirait rapidement du processus de faillite.
En revanche, les actifs délaissés resteraient logés dans un « ancien GM », dont la liquidation sous contrôle judiciaire pourrait prendre des années.
Après sa restructuration, le « nouveau » GM sera détenu à 72,5% par le Trésor américain, à 17% par le fonds à gestion syndicale chargé de financer la couverture médicale des retraités du groupe, et à 10% par les créanciers obligataires (avant exercice de leurs warrants). La proportion revenant au Trésor pourrait être réduite en cas d’apport financier du Canada.
Comme c’était prévu, le syndicat de l’automobile UAW recevra lui aussi des warrants lui permettant obtenir 2,5% du capital du constructeur.
Pour aider le constructeur pendant sa restructuration, le Trésor lui apportera plus de 50 milliardsUS de financement.
Dans leur communiqué, les créanciers ont souligné que le nouveau montage prévoit que, sur ce total, 40 milliardsUS soient transformés en capital, au lieu de 10 milliardsUS auparavant.
Le bilan du « nouveau GM » sera ainsi considérablement plus solide que dans la mouture précédente, se sont réjouit les créanciers obligataires.
Selon Cesare de Novellis, de Meeschaert New York, la plus grande « flexibilité » des créanciers est bienvenue, mais « ne change pas vraiment les choses ». GM continue d’avoir des fonds autogénérés négatifs et n’arrive pas à se débarrasser d’Opel ».
« Plus tôt i nterviendra la faillite, le plus tôt la société pourra en ressortir restructurée », note l’analyste.



GM : Une longue convalescence - Jacques  Duval

Les pronostics de survie de GM sont encourageants, mais tout dépendra de la compétence de la nouvelle administration
Les coupes auront permis de créer une entreprise capable de répondre aux besoins du marché dans des délais compétitifs. Et à corriger ses erreurs avec la même célérité.
L’auteur est chroniqueur automobile.
Aujourd’hui et au cours des prochains mois, quelque 3900 concessionnaires GM vont devoir fermer leurs portes et mettre à la rue des dizaines d’employés.
Avec la déroute de General Motor s , c ’ e s t tout un pan de l’histoire américaine qui vient de s’écrouler. Rappelons-nous simplement cette belle époque où il suffisait de suspendre une bannière Chevrolet chez un concessionnaire pour que l’affaire se transforme en une mine d’or. Combien d’hommes d’affaires plus ou moins doués sont devenus millionnaires à vendre les produits de General Motors ? En ces temps bénis pour eux, les lettres GM brillaient de tous leurs feux et étaient synonymes de succès, de rentabilité, de prospérité et de respect. Ce qui était bon pour GM était bon pour l’Amérique.
Aujourd’hui et au cours des prochains mois, 3915 de ces ex-millionnaires de l’automobile (dont 310 au Canada) vont devoir décrocher leur bannière Chevrolet, Buick ou autre et mettre à la rue des dizaines d’employés qui avaient toujours cru que leur avenir était assuré et leur emploi sécurisé.
La question qu’il faut se poser a trait aux chances de succès de la restructuration de General Motors. Faillite ou pas, qu’adviendra-t-il d’un constructeur qu i , hier encore, se bat tait contre Toyota pour rester le plus gros constructeur automobile du monde? Chose certaine, l’entreprise ne retrouvera jamais ses parts de marché d’antan, celles qui, en 1976, se situaient encore à 50%. Triste coïncidence, c’est aussi l’année où les choses ont commencés à mal tourner pour le numéro 1 de l’automobile.
Avec tous les correcti fs mis en place au cours des derniers mois et le fameux plan de restructuration dont on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants, General Motors pourrat-il continuer d’exister et retrouver un jour le chemin de la rentabilité ? En ce qui a trait à sa survie, il serait très étonnant que l’entreprise meure de sa belle mort et qu’il n’en reste qu’un triste chapitre dans les livres d’histoire.
Car les problèmes majeurs ont été résolus, que ce soit les surcapacités de production, le taux horaire des travailleurs d’usines, la caisse de retraite des employés , le c roisement des marques, la surabondance de concessionnaires et, bien sûr, l’équilibre du nombre total d’employés en regard des ventes. En éliminant les marques les moins productives ( Pontiac, Saturn et Hummer), on évitera les coûts astronomiques engendrés par toute la paperasse qui entoure l’existence d’une raison sociale différente pour vendre le même produit.
Ce qui a miné General Motors, c’était sa taille gigantesque qui l’empêchait de prendre des décisions aussi rapidement que la concurrence. Les coupes à tous les stades auront permis de créer une compagnie capable de répondre aux besoins du marché dans des délais compétitifs. Et à corriger ses erreurs avec la même célérité.
Il ne faut pas perdre de vue que GM a des acquis, ne serait-ce par exemple que son succès dans un marché comme la Chine qui s’est découverte une affection particulière pour les produits Buick. Et que dire de Cadillac, anciennement le symbole absolu de la réussite, devenue une marque vieux jeu et qui a retrouvé sa superbe depuis quelques années ? Bizarrement, dans toute cette saga du constructeur américain, il est rarement question de l’essence même d’une firme comme General Motors, c’est-àdire le produit, les automobiles et les véhicules utilitaires. C’est en majeure partie à ce chapitre que se joue la survie de la compagnie. À part la Volt, il n’y a rien de révolutionnaire à l’horizon, mais la gamme de modèles devrait être solide avec l’arrivée prochaine de la Chevrolet Cruze déjà vendue en Europe et comparable à une Toyota Corolla. GM possède aussi un vaste assortiment de petits camions et d’utilitaires sport, un secteur qui représente en ce moment un fort pourcentage du marché.
Voilà autant de raisons d’espérer voir les nuages disparaître et le soleil poindre à l’horizon. La seule question épineuse qui reste en suspens porte sur la compétence de la nouvelle administration de cette compagnie dont les pronostics de survie sont encourageants, mais qui demeurera encore longtemps en convalescence.

L’ACCORD ENTRE FIAT ET CHRYSLER EST CONCLU -  Maxime Bergeron
9400 travailleurs canadiens « incroyablement satisfaits »
Après six semaines de chômage forcé, les 9400 employés de Chrysler au Canada reprendront bientôt le travail grâce à l’alliance conclue hier avec le constructeur italien Fiat.
Le « nouveau Chrysler », qui misera sur les petites voitures de Fiat pour reprendre des parts de marché, commencera « immédiatement » ses activités, ont annoncé les deux groupes dans un communiqué conjoint. Les travailleurs jubilent.
« C’est une bonne nouvelle, parce que tant le gouvernement du Canada que celui des États-Unis ont dit que Chrysler ne pourrait survivre en tant que société indépendante, a dit Ken Lewanza, président des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), pendant un entretien téléphonique. Je suis incroyablement satisfait. »
Chrysler a fermé temporairement toutes ses usines nord-américaines le 1er mai dernier, au lendemain de son dépôt de bilan aux États-Unis. Les trois usines canadiennes du groupe devraient redémarrer la production le 29 juin, selon Ken Lewanza, une information que la porte-parole de Chrysler Canada a refusé de confirmer.
Chrysler aura un tout autre visage au sortir de sa restructuration judiciaire éclair, bouclée en seulement 42 jours. Le troisième constructeur américain sera détenu à 20% par Fiat, proportion qui pourrait grimper jusqu’à 35 % quand certaines conditions seront remplies. Son plus important actionnaire sera – et de loin – un fonds du syndicat américain des Travailleurs unis de l’automobile ( UAW), avec 55% du capital.
Ottawa et Washington, qui ont injecté ensemble plus de 8 milliards US dans l’entreprise, détiendront respectivement 2% et 8% des parts. Les gouvernements menaçaient de retirer leur aide financière à défaut d’une alliance avec Fiat, ce qui aurait signifié la mort du constructeur fondé en 1925.
Le PDG de Fiat, Sergio Marchionne, a été nommé président de Chrysler Group LLC. La nouvelle entité reprendra l’essentiel des actifs du constructeur en faillite, à l’exception de certaines dettes.
« Je sais que le processus a été difficile pour toutes les parties impliquées, mais nous sommes prêts à prouver aux consommateurs américains que Chrysler peut de nouveau être une entreprise forte et concurrentielle », a déclaré M. Marchionne dans un communiqué.
Fiat n’allonge pas d’argent dans la transaction, mais fera plutôt profiter Chrysler de ses technologies évaluées à plusieurs milliards. Le constructeur italien devrait introduire sur le marché nord-américain son petit modèle 500, très populaire en Europe. La marque Alfa Romeo pourrait aussi être ramenée aux États-Unis.
Fiat, qui a elle-même frôlé la faillite il y a quelques années, veut faire profiter Chrysler de son « expertise dans le redressement d’entreprise ». Le constructeur américain bénéficiera aussi du réseau international de distribution de Fiat, avec un accent particulier mis sur la Russie et l’Amérique du Sud, a indiqué le groupe hier.
D’autres compressions ?
Richard Powers, spécialiste de l’industrie automobile de l’Université de Toronto, s’attend à ce que des produits Fiat apparaissent sur le marché nord-américain d’ici de 12 à 24 mois. Mais plusieurs questions restent à régler, souligne-t-il.
« Ils doivent augmenter la production en Europe et décider s’ils vont produire certaines de ces voitures en Amérique du Nord, ce qui impliquerait un réoutillage de certaines usines », a-t-il dit.
D’autres coupes et fermetures d’usine sont à prévoir au sein de la nouvelle entité, ajoute M. Powers. La société pourrait avoir du mal à faire accepter ces compressions en raison de la forte participation du syndicat UAW dans le capital de l’entreprise, selon lui.

Foutaise, dit Ken Lewanza, président des TCA. Il soutient que la forte présence syn-

La transaction en cinq questions
QQuelle
est l a structure du « nouveau Chrysler » ? R Le constructeur italien Fiat détient 20 % des parts du groupe, le régime de retraite du s y ndicat a mér i c a i n des Travailleurs unis de l’automobile ( UAW), plus de 55 %, le gouvernement américain, 8 % et les gouvernements de l’Ontario et du Canada, 2 %. Fiat pourra augmenter sa participation à 35 % une fois qu’elle aura remboursé les milliards prêtés par Ottawa, Washington et Queen’s Park. La nouvelle entité (appelée Chrysler Group LLC) reprendra l’essentiel des actifs de Chrysler, à l’exception de certaines dettes. QQui
dirigera l’entreprise ? R Sergio Marchionne, PDG de Fiat, a été nommé hier grand patron. Une série de nouveaux dirigeants font aussi leur arrivée dans les différentes divisions du groupe. Le conseil d’administration de ce Chrysler 2.0 comptera neuf membres : quatre seront nommés par le gouvernement américain, trois par Fiat, un par le gouvernement canadien et un par le syndicat UAW. QQuels
changements sont à prévoir dans le portfolio de véhicules Chrysler ? R Le constructeur compte offrir plus de petites et moyennes voitures. La Fiat 500, qui rappelle la Mini par son look arrondi, devrait notamment arriver en Amérique d’ici de 12 à 24 mois, selon certains experts. L’ent r eprise n’a pas encore détaillé ses plans à cet égard. QD’autres
compressions sontelles à prévoir ? R Le nouveau PDG Sergio Marchionne n’en a pas fait mention, hier. Chrysler a déjà fortement dégraissé ses activités depuis le début de 2007: le groupe a aboli 32 000 emplois ( presque le tiers de ses effectifs), réduit sa production de 1,2 million de véhicules et retranché 3 milliards de dollars à ses coûts de fonctionnement annuels. Au Canada, les 9400 travailleurs devraient conserver leur emploi et les t rois usines devraient demeurer ouvertes, a indiqué une porte-parole. L’entreprise a supprimé 1500 emplois et fermé une usine au pays ces dernières années. QEt
qu’en est-il des concessionnaires ? R Chrysler fermera 25 % de ses succursales aux ÉtatsUnis, mais le réseau canadien de 450 concessionnaires devrait être intouché, a affirmé la porteparole Mary Gauthier.



LE FÉDÉRAL ET L’ONTARIO VIENNENT EN AIDE À CHRYSLER

— Dans l’espoir que Chrysler continue ses activités au Canada malgré la restructuration, le gouvernement fédéral et l’Ontario mettent la main à la pâte, offrant à l’entreprise des prêts totalisant 3,8 milliards de dollars.
Cette aide financière du Canada se veut proportionnelle au soutien de 12 milliards annoncé plus tôt dans la journée par l’administration de Barack Obama. Un cinquième de la production de Chrysler en Amérique du Nord se trouve au Canada.
L’enveloppe canadienne comprend un prêt provisoire existant, un prêt en fonds de roulement à court terme et un prêt de restructuration à moyen terme, qui visent tous les opérations canadiennes de Chrysler.
Conjointement avec les Américains, les gouvernements canadien et ontarien participeront à la supervision juridique de la restructuration de Chrysler LLC, par l’intermédiaire de prêts débiteur-exploitant.
En échange, le Canada et l’Ontario détiendront 2% des parts de l’entreprise restructurée – contre 8% pour les ÉtatsUnis. Ottawa pourra par ailleurs nommer un des neuf gestionnaires au conseil d’administration, « pour s’assurer que les intérêts des contribuables canadiens soient protégés », a dit le premier ministre Stephen Harper.
Fin mars, Ottawa a rejeté le premier plan de relance proposé par Chrysler, mais le gouvernement estime cette fois que le constructeur automobile a fait ses devoirs.
« Les gestionnaires, les syndicats, et les institutions financières de Chrysler ont fait les sacrifices nécessaires pour assurer la viabilité à long terme de l’entreprise », a souligné M. Harper.
La décision d’ouvrir les coffres et de débourser ces 3,8 milliards de dollars était devenue inévitable, a-t-il précisé.
« Avec la décision de l’administration américaine d’intervenir, nous avons rapidement conclu que la seule option réaliste, pour le Canada, était de participer au processus de restructuration. Autrement, nous aurions couru un risque important de voir l’entreprise se restructurer totalement à l’extérieur de notre pays. Ce n’est tout simplement pas une solution viable pour l’économie canadienne », a expliqué le premier ministre.
Si l’entente prévoit que 20% des investissements et des emplois de Chrysler après la restructuration seront maintenus au Canada, Ottawa n’a toutefois aucune garantie que l’ensemble des usines actuelles continueront leurs activités.
« Ça va dépendre de la performance de l’entreprise, a dit M. Harper. Chrysler sera dans l’avenir une compagnie plus petite. Mais soyons clairs, nous avions à choisir entre une plus petite entreprise ou l’effondrement complet et la disparition de 100% des emplois. Ce qui n’était pas une option. »
Le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, abonde dans son sens. « C’est impossible de garantir qu’on va maintenir le nombre de travailleurs ici en Ontario. Mais c’est dans l’intérêt de Chrysler de maintenir une présence importante en Ontario », dit-il.
Manque de vision
À Ottawa, les partis de l’opposition ont convenu que le gouvernement ne pouvait faire autrement que de s’engager dans cette voie. Selon eux, toutefois, Stephen Harper aurait pu en faire plus.
Le député libéral du sud de l’Ontario Frank Valetiote a déploré le fait que l’entente ne garantisse pas que les emplois resteront au Canada, surtout compte tenu que le pays ne détient qu’un siège sur 9 au conseil d’administration.
Des questions restent aussi en suspens, a-t-il ajouté. « J’espère aussi qu’il y a un plan chronologique pour nous permettre de nous retirer de tout cela. »
Le chef du NPD, Jack Layton, a déploré le manque de vision du gouvernement Harper. « On devrait ajouter, d’abord, une dimension de véhicules verts à toute l’affaire, a-t-il dit. Deuxièmement, une indication que les communautés qui bâtissent ces véhicules sont importantes », a-t-il dit.
Le président des Travailleurs canadiens de l’automobile ( TCA), Ken Lewenza, a pour sa part poussé un soupir de soulagement, hier, et se dit confiant de voir Chrysler se restructurer de façon à continuer de produire des véhicules au Canada.



UN NOUVEAU DÉPART : 
CHRYSLER CONFIE LE VOLANT À FIAT, SOUS LA PROTECTION DE LA LOI SUR LES FAILLITES
WASHINGTON— Le président américain Barack Obama a annoncé hier le dépôt de bilan de Chrysler en même temps qu’une alliance avec son concurrent italien Fiat, qui doit non seulement assurer la survie du groupe américain, mais faire de lui le sixième constructeur automobile mondial.
L’opération de sauvetage de l’un des trois grands de Detroit prévoit une prise de participation initiale de 20% et pouvant aller jusqu’à 35% de Fiat dans Chrysler, une autre de 8% du gouvernement américain (une intervention historique de sa part dans l’industrie automobile), et une de 2% du gouvernement canadien, a indiqué la Maison-Blanche.
Un nouveau fonds assurant la couverture santé des retraités de Chrysler recevra 55%.
Le gouvernement américain se dit prêt à accorder 8 milliards US de plus à la survie de Chrysler, pendant la procédure de dépôt de bilan et après.
Selon de hauts responsables de l’administration, le plan ne devrait entraîner ni suppression d’emplois ni fermeture immédiate d’usine.
Quant à la procédure de dépôt de bilan, devant être introduite à New York, elle devrait être courte, entre 30 et 60 jours, et « chirurgicale », selon un de ces responsables s’exprimant sous couvert de l’anonymat.
Ce dépôt de bilan n’est pas « un signe de faiblesse, mais bien plus (un) pas de plus sur la voie clairement tracée menant à la survie de Chrysler », a dit M. Obama.
Comme l’administration a les syndicats et les principaux créanciers de son côté, « cette procédure sera rapide, elle sera efficace, elle est destinée à traiter avec les quelques derniers réfractaires (aux termes actuels d’une restructuration) et elle sera contrôlée », a-t-il dit.
Quant au partenariat avec Fiat, il a « de grandes chances de réussite », a-t-il assuré.
Selon un communiqué de la Maison-Blanche, Fiat va offrir à Chrysler l’accès à son réseau de distribution mondial. Il doit surtout permettre à Chrysler, grâce à son savoir-faire technologique, de construire dans les usines américaines de nouveaux véhicules consommant moins et répondant mieux à la demande du moment.
Comptant 38 000 salariés aux États-Unis, Chrysler, victime comme le numéro américain General Motors de la crise économique, de la chute de ses ventes et de ses erreurs stratégiques, se bat depuis des mois pour sa survie.
À la suite de l’administration Bush, le gouvernement Obama a accepté de le maintenir sous perfusion et, depuis décembre, Chrysler a reçu 4 milliards US. En échange du maintien de l’aide fédérale, Chrysler et GM ont été sommés de soumettre des plans de restructuration drastiques.
M. Obama a recalé les premières versions en mars, et donné jusqu’à hier à Chrysler, et un mois de plus à GM pour présenter des projets garantissant qu’ils reviendraient à la viabilité et n’auraient plus besoin de l’argent du contribuable.
Les syndicats ainsi que les grandes banques ont fait des concessions.
Mais, mercredi, à la veille de l’échéance gouvernementale, d’ultimes négociations sur les dettes de Chrysler ont échoué.
Selon un haut responsable de l’administration, une partie des créanciers de Chrysler ont refusé l’offre du Trésor de recevoir 2,25 milliards US en numéraire en échange de l’effacement de 6,9 milliards US de dette.
Le gouvernement est alors arrivé à la conclusion que la meilleure solution pour Chrysler était de poursuivre son effort de restructuration en se plaçant sous la protection garantie par le chapitre 11 de la loi sur les faillites.
Cependant, M. Obama, qui fait face à la pire récession depuis les années 30, est accusé par ses adversaires d’un interventionnisme sans précédent dans les affaires économiques.
Alors que l ’ État pourrait entrer dans Chrysler, « je pense que notre premier rôle, en tant qu’actionnaires, doit être de chercher à sortir de là. Vous savez, je n’ai pas envie de diriger les constructeurs automobiles », a-t-il dit mercredi.

 
Alliance Chrysler-Fiat : Tout un défi !
Le succès de l’alliance Chrysler-Fiat dépendra de la capacité des deux entreprises d’intégrer leurs opérations et leurs cultures
Même si Chrysler et Fiat parviennent à réaliser cette fusion, leur alliance mettra au moins deux
ans à porter des fruits.
L’auteure est professeure assistante à la John Molson School of Business de l’Université Concordia.
Complétéen1931, l’édificeChrysler a brièvement régné sur New York comme le plus haut gratte-ciel au monde. Avec ses gargouilles inspirées des voitures Chrysler, il reflétait la force de la firme dont il porte le nom. Chrysler a connu son apogée entre 1930 et 1950, quand elle était deuxième aux États-Unis en matière de ventes grâce à ses prouesses d’ingénierie.
Après une détresse financière en 1979, Chrysler s’est réorganisée sous la direction du célèbre Lee Iacocca. En 1998, la firme allemande Daimler-Benz a acheté la compagnie pour 37 milliards US. Cette acquisition fut un échec: en 2007, Daimler vendait 80% de Chrysler au fonds d’investissement privé Cerberus.
La semaine dernière, Chrysler a entamé une autre réorganisation en s’alliant avec le constructeur italien Fiat. Fiat a obtenu 20% de participation dans Chrysler et, en contrepartie, il apporte sa technologie pour la construction de petites voitures, économes en énergie. Le succès de l’alliance Chrysler-Fiat dépendra de leur capacité à s’intégrer.
Fiat vient de traverser une transformation dont il est sorti avec une équipe de direction plus jeune et efficiente sous la direction de son PDG, Sergio Marchionne, un Canado-Italien probablement bientôt responsable de ChryslerFiat étant donné que le PDG de Chrysler, Robert Nardelli, a démissionné. L’équipe de gestion deChrysler est plus imposante et léthargique. L’importance de la capacité d’intégration est illustrée par l’échec de la fusion de Daimler et Chrysler, deux firmes de culture différente qui n’ont pu réussir la délicate opération.
Même si Chrysler et Fiat parviennent à réaliser cette fusion, leur alliance mettra du temps – au moins deux ans – à porter des fruits. Entre-temps, elles devront se financer. Chrysler est en grave détresse financière. Elle doit 6,9 milliards à 46 obligataires et des montants salariaux élevés à ses 54 000 employés. Les plus récentes négociations promettaient d’alléger ce fardeau. Le syndicat a accordé à la compagnie des concessions salariales substantielles. Le Trésor américain et quatre obligataires principaux (JP Morgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley et Goldman Sachs) proposaient un plan de 2,25 milliards pour éteindre la dette envers les obligataires. Cependant, quelques-uns de ceux-ci ont rejeté ce plan.
Voilà pourquoi Chrysler se retrouve sous la protection du Chapitre 11 du Code de la banqueroute des ÉtatsUnis. Le Chapitre 11 permet la réorganisation d’une firme et la renégociation de ses contrats, supervisées par un tribunal. Chrysler avait déjà largement planifié sa réorganisation avant d’amorcer le Chapitre 11. Ainsi, Chrysler utilise le Chapitre 363 du Code, qui permet d’accélérer le processus. Chrysler espère qu’un tribunal accepte, via ce Chapitre 363, la vente de ses actifs principaux à une nouvelle firme résultant de son alliance avec Fiat pour 2 milliards payables à ses obligataires. Les actifs restants de Chrysler seraient sujets au Chapitre 11.
Le gouvernement américain versera 3,3 milliards à l’entreprise dans le cadre du Chapitre 11 et 4,7 milliards après la réorganisation. Les gouvernements canadien et ontarien contribuent pour leur part 2,5 milliards. Bien que considérables, ces sommes pourraient être insuffisantes pour financer le quotidien de Chrysler. En effet, la société a presque entièrement consommé les 4 milliards empruntés au gouvernement américain au début de l’année. De plus, on l’a dit, l’alliance Chrysler-Fiat mettra du temps à générer des liquidités. Entre-temps, Chrysler pourrait tomber encore plus bas si sa détresse financière pousse des acheteurs potentiels à douter de sa survie et à se tourner vers ses concurrents.
Chrysler devra donc trouver les moyens de rassurer ses clients. La souscription du gouvernement américain des garanties après-vente de Chrysler constitue un geste crucial à cet égard. Néanmoins, la nécessité de financer les activités courantes de Chrysler est réelle et pourrait être compliquée par un marché du crédit sérieusement affaibli. Tout un défi pour Sergio Marchionne, le sauveur de Fiat!




Vers un nouveau GM
La consolidation des concessionnaires au Québec sera salutaire
L’auteur est propriétaire de quatre concessionnaires GM dans la région de Montréal.
Propriétaire de quatre concessionnaires GM dans la région de Montréal, Jean-Claude Gravel se dit optimiste pour l’avenir malgré la restructuration du constructeur américain.
General Motors a annoncé lundi un imposant plan de restructuration. Ce plan fera mal : mises à pied de milliers de travailleurs, fermeture de centaines de concessionnaires. Mais ce plan est nécessaire.
Au Canada, il y aura une consolidation des concessionnaires. Assurant la solidité des commerces restants, cette consolidation sera salutaire.
C’est pourquoi j’ai confiance dans l’avenir de GM. Les gens de l’industrie travaillent comme jamais, ils ont accepté de sortir des sentiers battus. Et puis, je suis très impressionné par le président Obama. Il a eu raison d’imposer des changements à la tête de l’entreprise: quand on reçoit 50 milliards de fonds publics, il faut être prêt à se plier à des conditions, ce que l’ancien président, Rick Wagoneer, n’était pas disposé à faire.
GM fabrique des modèles de qualité, les études de J. D. Power le démontrent. Il faut maintenant en convaincre les automobilistes. C’est certainement réalisable, Lee Iacocca y est parvenu lorsqu’il a pris la direction de Chrysler en 1978. Quand les travailleurs mettent l’épaule à la roue, tout est possible.
On a beaucoup reproché aux fabricants américains de ne pas produire de petites voitures. On a tort. C’est GM qui vend le plus de petites automobiles au Canada. Le problème, c’est qu’aux États-Unis, les automobilistes n’en voulaient pas. C’est ce qui vient de changer.
Les grands de l’auto américains vont toutefois devoir revoir la profitabilité de la petite voiture. Les consommateurs recherchent des véhicules plus petits, mais de grand luxe.
Par ailleurs, je ne crois pas au concept hybride, c’est un modèle de transition. L’avenir, selon moi, appartient aux voitures tout électriques comme la Volt, de Chevrolet.
Pour les gens de l’industrie, comme nous, les derniers six mois ont certes été difficiles. Mais je suis dans le métier depuis 1983 alors des périodes dures, j’en ai vu d’autres. Beaucoup de gens ont retardé l’achat d’une automobile en raison de l’incertitude quant à la survie des fabricants. Mais un jour ou l’autre, ils vont revenir acheter.


GENERAL MOTORS  Un scénario « à la Chrysler » de plus en plus probable

WASHINGTON— Un scénario « à la Chrysler » apparaît de plus en plus probable pour le constructeur automobile américain General Motors, qui devrait annoncer d’ici à la fin de la semaine son dépôt de bilan pour mener une restructuration « chirurgicale » avec un fort soutien du gouvernement.
GM a jusqu’au 1er juin pour présenter un plan de restructuration viable. Mais nombre d’analystes estiment qu’il devrait d’ici là suivre l’exemple de son concurrent Chrysler, qui s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites fin avril.
« Je pense que GM va apprendre beaucoup de la faillite de Chrysler », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un avocat spécialisé dans les faillites.
Selon le Washington Post, l’État fédéral s’est résolu à une telle solution alors même que GM a beaucoup progressé dans sa restructuration, notamment en arrachant la semaine dernière à ses syndicats américains et canadiens des accords qui lui permettent de ramener ses coûts salariaux à ceux de la concurrence. Les membres du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile ( TCA) devaient voter hier et aujourd’hui pour entériner l’entente de principe annoncée vendredi dernier.
Procédure de restructuration
Le schéma retenu dans les deux cas serait celui d’une vente rapide des actifs sains du constructeur à des investisseurs. Le reste des actifs et des engagements du groupe devrait languir pendant des années sous administration judiciaire pendant que les parties prenantes se disputeraient ses dépouilles.
« Je m’attendrais à ce que GM engage sa procédure de faillites devant le même tribunal (de New York) que Chrysler. Celui-ci a engagé les choses au pas de course, ce qui est capital pour GM autant que cela l’a été pour Chrysler. »
endant le dépôt de bilan, l’État fédéral continuerait à alimenter massivement les caisses de GM, à qui il a déjà fourni 19,4 milliards de dollars depuis l’hiver. Au départ, l’aide gouvernementale était seulement destinée à durer jusqu’à la fin du mois de mai
«Je m’attends à ce que GM engage sa procédure de faillite devant le même tribunal (de New York) que Chrysler. Celuici a engagé les choses au pas de course, ce qui est capital pour GM autant que cela l’a été pour Chrysler », a ajouté cet avocat spécialisé, qui connaît bien le dossier.
La restructuration de GM sous la protection de la justice serait bien plus compliquée que celle de Chrysler puisqu’elle mettrait en jeu les intérêts de milliers d’investisseurs et d’autres parties.
Dans les deux cas, les banquiers doivent consentir des sacrifices plus importants que les autres parties, notamment le syndicat de l’automobile UAW.
Kent Engelke, de Capitol Securities Management, a relevé que le gouvernement demande aux porteurs de dette obligataire garantie de renoncer à 27 milliards de dollars en échange de 10% de la compagnie. « Le Trésor et l’UAW vont renoncer à 20 milliards et recevront 89% de la nouvelle compagnie ».
Ce plan, a dénoncé M. Engelke, « sacrifie les porteurs de dette garantie au profit des syndicats. C’est injuste, sans précédent juridique et en contradiction avec les règles juridiques et financières de base ».
Le juge. des faillites Arthur Gonzales doit décider mercredi s’il approuve le plan poussé par l’État pour Chrysler, qui prévoit la vente des principaux actifs du groupe à un consortium mené par le constructeur italien Fiat.
Son feu vert pourrait permettre à un « nouveau » Chrysler de sortir du processus de restructuration judiciaire dans les 30 jours, mais ce scénario optimiste peut toujours prendre du retard en cas d’éventuelles contestations.
Jonathan Lipson, professeur de droit de la Temple University, explique le rôle prééminent de l’administration Obama par un souci de contrebalancer l’inf luence des fonds d’investissement, qui ont accumulé massivement de la dette des deux constructeurs.
« Il se pourrait que le gouvernement fédéral ait reconnu qu’on ne peut pas faire confiance aux fonds d’investissement qui détiennent de larges quantités de dettes de Chrysler (et peutêtre de GM) pour conduire une restructuration réussie », a souligné M. Lipson.
J e r emy Anwyl , qu i dirige le cabinet spécialisé Edmunds. com, s’est dit « mal à l’aise » face à l’importante implication du gouvernement dans ces deux dossiers, mais il reconnaît que « ce ne serait pas possible pour une compagnie d’engager une telle restructuration sans que le gouvernement agisse à titre de médiateur. C’est un rôle que personne, en dehors du gouvernement, ne peut jouer ».




Faillite possible de Chrysler : Sauver ce qui peut l’être - ARIANE KROL

Chrysler arrive aujourd’hui au terme de son sursis. Si le constructeur ne parvient pas à arracher les concessions nécessaires de ses créanciers, il devra compléter sa restructuration dans le cadre plus contraignant de la loi sur les faillites. Dans un cas comme dans l’autre, l’entreprise qui en résultera ne sera plus que l’ombre d’elle-même.
La menace d’une faillite, confirmée le mois dernier par Barack Obama, a porté fruit. Les syndicats ont fait des concessions importantes. Plusieurs gros débiteurs ont accepté d’effacer leur ardoise en échange de sommes forfaitaires. Fiat est prête à signer un partenariat historique. Pourtant, malgré les progrès remarquables accomplis au cours des derniers jours, la possibilité d’une faillite n’était pas toujours pas écartée, hier en début de soirée. Chrysler doit rallier près d’une cinquantaine de créanciers et apparemment, certains résistent encore.
Chose certaine, l’entreprise qui émergera de ce processus n’aura plus grand-chose à voir avec le géant industriel qui a marqué l’histoire économique nord-américaine. Le syndicat deviendrait le principal actionnaire avec une participation de 55%. Le constructeur italien occuperait le second rang avec une part pouvant aller jusqu’à 35% – elle serait initialement de 20%. Les contribuables et les autres créanciers détiendraient les 10% restants. On ignore encore comment les sièges seront répartis au conseil d’administration, mais on sait déjà que le syndicat, malgré son poids économique, ne contrôlera pas la compagnie. N’empêche, la situation ne manque pas d’ironie. Comme le faisait remarquer un chroniqueur du Wall Street Journal hier, Chrysler deviendrait, de facto, une filiale des United Auto Workers (UAW). Tout un changement de perspective!
Le puissant syndicat américain de l’automobile ne sera pas le premier à réchapper son employeur en déroute. Ron Bloom, le stratège de l’équipe créée par Obama pour sortir l’industrie automobile de l’impasse, a piloté des opérations du genre dans plusieurs aciéries américaines. Mais les UAW, eux, ne rêvaient pas de s’asseoir de l’autre côté de la table des négociations. S’ils acceptent de le faire, c’est parce qu’ils ont encore plus à perdre en laissant Chrysler tomber en faillite sans avoir conclu d’accord préalable. Dans les circonstances, ils s’en tirent honorablement. Mais qu’arrivera-t-il si la réorganisation orchestrée par Fiat ne fonctionne pas et qu’il faut, dans un an ou deux, demander de nouveaux sacrifices aux travailleurs? Le syndicat sera mal placé pour crier à l’exploitation et dénoncer la voracité des actionnaires…
Les négociations menées avec les employés, les créanciers, les fournisseurs et les concessionnaires de Chrysler et de GM permettront d’éviter le chaos de faillites désordonnées. Mais le résultat sera quand même extraordinairement douloureux. Des dizaines de milliers d’Américains et de Canadiens vont perdre leur emploi en usine et en magasin. Un grand nombre d’entre eux n’en retrouveront pas d’équivalent, et des centaines de municipalités en seront gravement affectées. On a sauvé ces deux grands de la disparition, mais c’est tout un monde qui disparaît dans cette opération de sauvetage.

Six dirigeants deGeneralMotors liquident leurs actions
— Six dirigeants du constructeur automobile américain GeneralMotorsont soldé leurparticipationdans legroupeencédant au total plus de 200000 actions en deux jours, alors que leur entreprise tente difficilement de convaincre ses créanciers d’entrer dans son capital.
Troy Clark, Gary Cowger, Carl-Peter Forster et Ralph Szygenda, tous quatre vice-présidents du groupe, ainsi que Robert Lutz (notre photo) et Thomas Stephens, vice-présidents du conseil d’administration, ont cédé vendredi ou lundi toutes les actions de GM en leur possession.
Troy Clark, Gary Cowger, CarlPeter Forster et Ralph Szygenda, tous quatre vice-présidents du groupe, ainsi que Robert Lutz et Thomas Stephens, vice-présidents du conseil d’administration, ont cédé vendredi ou lundi toutes les actions de GM en leur possession, selon des documents publiés lundi sur le site internet de la Securities and Exchange commission (SEC).
Les six hommes ont cédé au total 204 711 titres de GM à un prix unitaire compris entre 1,45 et 1,61$US. L’action de GM avait ouvert à 1,63$US vendredi à la Bourse de New York et a clôturé lundi à 1,44$US.
La SEC ne révèle pas l’identité des acheteurs.
La plus grosse cession a été réalisée par M. Lutz : celui-ci a vendu 81 300 titres à 1,61$ US vendredi.
Le marché a fortement réagi à cette nouvelle et aux perspectives de restructuration de GM, envoyant le titre du constructeur à creux jamais atteint depuis 1933.
En début de séance, hier, l’action de GM se vendait 1,09$US à la Bourse de New York. À la clôture des marchés, le titre s’échangeait à 1,15$US, ne baisse de 29 cents US pour la journée.
Ces cessions ont eu lieu alors que le groupe de Detroit tente de se restructurer, et elles ont toutes les chances d’être interprétées comme un manque de confiance des dirigeants de GM dans leur propre entreprise.
GM doit boucler d’ici au 1er juin tous les volets de son plan de restructuration, conformément au délai qui lui a été imparti par le gouvernement américain.
Le groupe peine à convaincre ses créanciers d’accepter de remettre la dette de l’entreprise en échange d’une entrée dans son capital, et son directeur général, Fritz Henderson, a jugé lundi « plus probable » que GM dépose son bilan plutôt qu’il s’en sorte sans en passer par là.
Offre
GM a proposé à ses porteurs de titres obligataires de convertir 27 milliards US de dette en actions, opération à l’issue de laquelle ces créanciers détiendraient 10% de son capital, ce qui est bien peu au regard des 89% qui seraient détenus par le Trésor et le syndicat de l’automobile UAW.
Pour réussir, cette offre nécessite une participation de 90% des créanciers d’ici au 26 mai, et ce pari est d’autant plus difficile que les créanciers, mécontents, ont récemment fait une contre-offre qui leur permettrait de détenir 58% du capital du constructeur.


Volkswagen veut rivaliser avec Toyota  -  Étienne Balmer
FRANCFORT — Le constructeur allemand Volkswagen a fait passer hier son projet de prise de contrôle de son rival Porsche et ambitionne désormais ravir à Toyota la place de numéro un mondial de l’automobile.

Les conseils de surveillance des deux entreprises, dont les liens historiques et familiaux sont très étroits, mais qui se disputaient depuis des années pour prendre le contrôle l’une de l’autre, ont validé un projet d’union dominé par Volkswagen qui devrait être complété d’ici la mi-2011.
Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, va d’ores et déjà reprendre la direction de Porsche, et l’actuel directeur financier de Volkswagen, Hans Dieter Pötsch, fera le même cumul de fonctions.
Désormais Volkswagen a « plus que jamais l’outil (pour devenir) le numéro un de l’industrie automobile », a claironné M. Winterkorn dans un communiqué de VW après l’annonce du plan de fusion.
Dans le sillage de M. Winterkorn triomphe le puissant Ferdinand Piëch, dit « le patriarche », président du conseil de surveillance de Volkswagen et grand artisan de l’élargissement patient du groupe depuis les années 90, devenu entre-temps le premier constructeur européen.
En juillet, M. Piëch, également grand actionnaire familial de Porsche, avait obtenu la démission du patron de ce dernier, Wendelin Wiedeking.
Porsche tentait depuis des années de prendre le contrôle total de VW par des achats d’actions, mais il avait dû finalement y renoncer en mai, acculé par des dettes devenues intenables (environ 9 milliards d’euros, ou 14 milliards de dollars canadiens), la crise financière et un chiffre d’affaires en berne.
À ces ennuis f i nanciers s’ajoute une question d’honneur: le chef du comité d’entreprise de Porsche, l’ancien boxeur Uwe Hück, faisait encore savoir début août que Volkswagen ne pourrait pas « acheter l’âme des ouvriers de Porsche » et que l’on ne construisait pas « une Porsche avec des morceaux de Polo ».
Porsche c ompte 11 0 0 0 employés qui redoutent notamment des conséquences sociales de leur intégration dans le groupe Volkswagen, fort de près de 400 000 salariés dans le monde.
Le constructeur de la célèbre 911 est cependant parvenu à inclure dans le projet d’union une clause selon laquelle « aucun contrat de domination ni de transfert de bénéfices » ne pourra être signé avec Volkswagen jusqu’en 2020.
Volkswagen va commencer par débourser d’ici la fin de l’année 3,3 milliards d’euros ( 5,1 milliards de dollars) pour s’emparer de 42 % de Porsche. Suivront ensuite une augmentation de capital chez Volskwagen au premier semestre 2010 pour financer cet achat, puis une autre chez Porsche début 2011 pour augmenter la part de Volkswagen.
Mais celui-ci devra partager son butin avec un invité, l’émirat du Qatar, qui doit entrer dans le capital de Volkswagen via un rachat d’actions VW encore détenues par Porsche.



AbitibiBowater 
La production suspendue dans cinq usines
AbitibiBowater poursuit la pénible rationalisation de ses activités : la société papetière a annoncé hier qu’elle allait suspendre sa production pour une durée indéterminée dans cinq usines, dont deux au Québec, à partir du 31 octobre.
Les syndicats craignent que ces fermetures ne deviennent permanentes, comme cela a été le cas pour les usines de Shawinigan ( Belgo) et de Donnacona, ces dernières années.
« L’entreprise avait annoncé qu’elle allait éliminer au-delà d’un million de tonnes sur le marché et qu’elle allait cesser de faire des arrêts temporaires pour plutôt faire des arrêts indéterminés, alors c’est sûr qu’on s’attendait à des mauvaises nouvelles, mais on souhaite toujours que ça ne soit pas chez nous », a commenté Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), au cours d’un entretien téléphonique.
Le coup le plus dur est porté à l’usine de papier pour impression numérique de Beaupré, où l’on cessera complètement les activités, ce qui enverra au chômage quelque 340 employés.
À Clermont, dans Charlevoix, l’entreprise fermera l’une de ses deux machines à papier journal, ce qui affectera 120 travailleurs.
À Fort Frances, en Ontario, l’usine de papiers d’impression commerciale suspendra ses activités, entraînant la mise à pied de 75 personnes.
À Coosa Pines, en Alabama, l’usine de papier journal interrompra sa production, privant de travail 85 employés.
EnfinàBrooklyn, enNouvelleÉcosse, AbitibiBowater réduira de moitié la production de son usine de papier journal, de sorte que 300 employés verront leur semaine de travail réduite.
Ces mesures permettront à AbitibiBowater de diminuer sa capacité de 750 000 tonnes de papier par année, ce qui porte à 1,3 million de tonnes la réduction totale à ce jour.
Renaud Gagné ne serait pas surpris que l’entreprise procède à d’autres arrêts de production au cours des prochains mois. « La direction semblait dire (hier) que ce n’était pas terminé, a-til affirmé. C’est donc très, très inquiétant. »
M. Gagné reconnaît néanmoins que, face à la surcapacité de production, AbitibiBowater doit « rationaliser » ses activités.
Aide demandée
Mais ce que les syndicats redoutent par-dessus tout, c’est la faillite pure et simple d’AbitibiBowater, qui se traduirait par la disparition de quelque 7500 emplois au Québec. C’est sans compter que les 9000 retraités de l’entreprise montréalaise pourraient voir leurs rentes amputées du tiers en raison de l’important déficit actuariel de leur régime de pensions, qui s’élève à 1,5 milliard.
Les syndicats veulent que le gouvernement du Québec envisage de se porter acquéreur d’AbitibiBowater, une possibilité qui demeure cependant purement théorique à l’heure actuelle.
Gaétan Ménard, secrétairetrésorier du SCEP, a prétendu que les fermetures annoncées hier auraient pu être évitées si le gouvernement fédéral avait offert des garanties de prêts aux forestières.
Le SCEP réclame la création d’un groupe de travail fédéralprovincial, avec participation syndicale, dans chacune des collectivités touchées par les fermetures afin de s’assurer que la capacité de production des usines affectées ne soit pas « détruite » et de trouver un nouveau propriétaire pour les installations.
AbitibiBowater est en restructuration judiciaire depuis avril. Au deuxième trimestre, qui a pris fin le 30 juin, la société a essuyé une perte nette de 510 millionsUS, alors que ses revenus ont plongé de 39% par rapport à la même période de l’an dernier.


Une coalition pour promouvoir le bois dans la construction
Une coalition vient de voir le jour pour promouvoir l’utilisation du bois dans la construction afin de lutter contre les changements climatiques... et nous faire perdre quelques préjugés sur le bois.
Construire en bois n’est pas nécessairement plus coûteux, soutiennent les membres de la coalition, qui proviennent à la fois des milieux de l’industrie, des municipalités, des groupes écologistes et des syndicats, entre autres.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, même en cas d’incendie, une structure en bois est sécuritaire, affirme la coalition.
Et l’on peut même recourir au bois pour construire de vastes structures comme des centres sportifs en planifiant la construction d’arches pour le toit. C’est d’ailleurs dans une structure de ce type que la conférence de presse pour lancer la coalition a eu lieu, hier matin, au Collège MarieVictorin, dans le nord-est de Montréal.
Le centre sportif est l’une des nombreuses « nouvelles » constructions à st r ucture de bois, comme l’édifice du Fondaction CSN à Québec, qui a même six étages.
La coalition soumet un autre argument en faveur du recours au bois dans la construction : sauvegarder des emplois dans une industrie qui traverse la pire crise de son histoire.


Le régime actuel tire à sa fin  -  Hélène Baril
Les règles qui gouvernent l’industrie forestière depuis 25 ans s’apprêtent à disparaître pour être remplacées par un nouveau régime forestier qui n’augure rien de bon pour AbitibiBowater et les autres géants forestiers qui luttent pour leur survie.
Plutôt que de voir le coût de la matière première baisser comme elle le réclame, l’industrie a maintenant la certitude que ses coûts vont augmenter, a expliqué hier Guy Chevrette, porte-parole du Conseil de l’industrie forestière du Québec, qui participait à Québec aux consultations sur le projet réforme du régime forestier.
Le coût du bois pourrait en effet augmenter, estime Luc Bouthillier, professeur à l’Université Laval et spécialiste de la forêt. « On n’aura pas le choix, explique-t-il. Si on veut davantage de bois, il faudra mettre de l’effort humain et ça, ce n’est pas gratuit. On est rendus là parce qu’on a grugé l’inventaire. »
Selon lui, le nouveau régime forestier marque la fin du monde tel que l’ont connu les grandes sociétés papetières qui ont régné en maîtres dans la forêt québécoise. Ça fera mal, parce qu’il y aura des fermetures d’usines et des pertes d’emplois, surtout dans les régions. « C’est normal qu’elles s’y opposent. Mais la solution n’est pas de prolonger l’agonie des AbitibiBowater de ce monde », souligne-t-il.
Le nouveau régime forestier proposé par Claude Béchard est maintenant piloté par celle qui lui a succédé au ministère des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau.
Au cours d’un entretien avec La Presse Affaires hier, elle a indiqué que son intention était de faire adopter le nouveau régime forestier rapidement, et avant la fin de l’année si possible.
En plus d’abolir les contrats d ’ a pprov i s i o n nement e t d’aménagement forestier (les CAAF), le régime accorderait une responsabilité aux régions dans la gestion de leur forêt et mettrait aux enchères le bois de 30% de la forêt publique. Le projet vise aussi à donner plus de matière première aux entreprises de transformation du bois et à d’autres activités prometteuses, comme le bioraffinage.
Faire une place aux PME est une nécessité, selon Luc Bouthillier. « Actuellement, quelqu’un qui arrive avec l’idée du siècle ne peut même pas avoir de bois pour la réaliser », précise-t-il.

La presque totalité du bois de la forêt publique est en effet alloué par des contrats d’une durée de 25 ans aux grandes entreprises intégrées qui coupent le bois et en font des 2X4, de la pâte et du papier, des activités de moins en rentables.
LeConseildel’industrie forestière du Québec en convient, les entreprises du Québec ont le panier de produits le moins rentable au monde.
L’industrie t ient malgré tout à conserver les garanties d’approvisionnement qu’elle a actuellement, précise Guy Chevrette, de même que le contrôle sur les activités en forêt.
Les entreprises ne voient pas d’un bon oeil les responsabilités accrues déléguées aux régions. « Ça risque de technocratiser encore davantage la gestion de la forêt », estime Guy Chevrette.
Le porte-parole de l’industrie forestière s’attend à ce que la ministre Normandeau apporte des « amendements majeurs » au projet de régime forestier, qui répondront aux inquiétudes des entreprises.
« Il y a aura des changements, mais pas sur le fond », a i ndiqué hier Nathal i e Normandeau.  (NDE : QUOI !?!....)
LeprofesseurLucBouthillier, pour sa part, croit que le projet sera adopté en dépit des défis qu’il soulève pour l’industrie.
« On n’a pas le choix. C’est de notre avantage comparatif qu’il s’agit. Si toutes les entreprises existantes ferment, les arbres ne déménageront pas en Chine. »

AbitibiBowater s’enlise  -  Martin Vallières
La société papetière envisage d’autres fermetures d’usines
La situation d’affaires s’aggrave à la société papetière AbitibiBowater, au cinquième mois de sa protection de faillite.

Au point où pour réduire sa perte, doublée à 510 millions US durant les seuls trois mois d’avril à juin, l’entreprise doit accentuer ses arrêts de production et envisager d’autres fermetures complètes d’usines.
« Aucun scénario n’est écarté pour le moment, surtout dans la production de papier journal où la baisse de la demande est encore pire que ce que nous avions prévu en début d’année », acquiesce Pierre Choquette, principal porte-parole au siège social d’AbitibiBowater, à Montréal.
De fait, des chiffres tirés de documents déposés par la société papetière auprès des autorités américaines et consultés par La Presse Affaires sont pour le moins troublants.
Dans son plus important secteur d’affaires, la production de papier journal, les revenus d’AbitibiBowater durant les mois d’avril à juin étaient en chute annualisée de 44%.
Au 30 juin dernier, la société papetière subissait une perte d’exploitation d’au moins 19 cents pour chaque dollar de vente de papier journal.
Mais depuis, en juillet seulement, le prix moyen du papier perçu par AbitibiBowater s’est encore replié d’au moins 6%, selon les derniers documents déposés en Cour supérieure, à Montréal. Du coup, cette détérioration accentuée du marché du papier journal aggrave le risque de pénurie de liquidités chez AbitibiBowater au cours des prochains mois, alors qu’elle devra présenter un règlement à ses créanciers pour éviter la faillite.
Malgré sa très grande taille, la société papetière doit se débrouiller d’une semaine à l’autre avec guère plus de 125 millions US en liquidités, selon le plus récent rapport du contrôleur nommé par la Cour supérieure.
Même les gains nets attendus de reventes d’actifs au cours des prochaines semaines – 60% d’une centrale hydroélectrique sur la Manicouagan vendue à Hydro-Québec et Alcoa, 121 000 hectares de forêts au Québec vendues à sociétés régionales – pourraient ne s’avérer qu’un baume financier à court terme.
Autre indice troublant : en début d’année, avant sa déclaration d’insolvabilité de la miavril, AbitibiBowater espérait s’en tenir à une réduction mensuelle de capacité papetière de l’ordre de 20 000 tonnes métriques par année.
Or, depuis ce temps, elle a dû faire cinq fois pire, à hauteur de 100 000 tonnes métriques de capacité annualisée, confirme-t-on au siège social.
Il s’agissait surtout d’arrêts sporadiques de machines à papier dans la plupart des usines, ou d’usines au complet pour une courte période.
Encore ce mois-ci, 15 des 21 usines papetières d’AbitibiBowater au Canada et aux ÉtatsUnis sont affectées par des arrêts partiels et temporaires de production.
Au Québec seulement, au moins quatre des neuf usines papetières d’AbitibiBowater sont touchées par des interruptions « de quelques jours à trois semaines », dit-on au siège social.
Fermetures
Mais pour la suite, face à l’aggravation du marché du papier journal, AbitibiBowater risque d’avoir à décider de fermetures complètes d’usine s « pou r u ne pér i o de indéterminée ».
Ce fut le cas le mois dernier à l’usine de papier journal de Thunder Bay, dans le nord de l’Ontario, d’une capacité de 250 000 tonnes par année. De l’avis d’analystes, d’autres fermetures d’usines de ce genre sont inévitables à court terme.
« Le marché du papier j ournal en Amérique du Nord a plongé. L’industrie se retrouve avec un autre surplus de capacité de l’ordre de 1,5 à 2 millions de tonnes métriques, soit de 15 % à 20 % du total », explique Richard Kelertas, analyste chez Capitaux Dundee, à Montréal, dans une récente note à ses clients-investisseurs.
L’inquiétude monte aussi pa r mi l e s r e présenta nt s s y nd i c a u x de s mi l l i e r s de salariés et de retraités d’AbitibiBowater.
« Il faut s’attendre à d’autres arrêts de production et même des fermetures d’usines qui pourraient être d’envergure au Québec au cours des prochains mois », appréhende Sylvain Parent, président du Syndicat des travailleurs du papier et de la forêt (CSN).
Ce syndicat représente 3000 salariés actuels d’AbitibiBowater au Québec et un peu plus de 4000 retraités.
Néa n moi n s , s e l o n M. Parent, ces autres amputations manufacturières qui menacent chez AbitibiBowater, aussi graves soient-elles, représentent sans doute une étape incontournable pour la survie de l’entreprise.
« La survie d’AbitibiBowater, même rapetissée, est la principale préoccupation de nos membres parce qu’en cas de faillite, c’est le tiers de leur caisse de retraite qui disparaîtrait », a-t-il indiqué.
« Entre-temps, c’est dans nos conventions collectives que nous nous attendons d’être très sollicités d’ici peu, pour le plan de redressement. »



L’industrie forestière enregistre encore des pertes
VANCOUVER — Le secteur forestier, papetier et des produits d’emballage du Canada a continué de souf f ri r du r a l entissement é c onomique mondial au deuxième t r i mestre, selon la f i r me PricewaterhouseCoopers.
Pour les 15 sociétés canadiennes examinées par PwC, les pertes globales, pour le deuxième trimestre, se sont chiffrées à 660 millions de dollars, comparativement à des pertes de 462 millions pendant la même période, en 2008.
Au deuxième trimestre de 2009 terminé à la fin juin, les sociétés papetières et forestières de l’Ouest canadien ont déclaré des pertes globales de 83 millions, ce qui constitue une amélioration par rapport aux pertes de 128 millions enregistrées au cours de la même période en 2008. Quatre des neuf sociétés étudiées par PwC ont dégagé de meil l eurs résultats qu’au deuxième trimestre de 2008. Trois d’entre elles ont affiché un bénéfice.
Les sociétés de l ’est du Canada ont subi des pertes globales de 577 millions comparativement à une perte de 334 millions au deuxième trimestre de 2008. Quatre des six sociétés examinées ont publié des résultats en hausse, cependant ces améliorations modestes étaient éclipsées par les c harges pour fermeture, moins-value ou réorganisation de 384 millions comptabilisées par AbitibiBowater.
Deux des sociétés canadiennes ont bénéficié, aux États-Unis, de crédits d’impôt pour carburants et combustibles de remplacement de 191 millions US.
Globalement, les pertes du deuxième trimestre s’ajoutent à celles de 480 millions enregistrées au premier trimestre de 2009. Selon PwC, le fléchissement des produits de base et la faiblesse de la demande ont caractérisé ce dernier trimestre, alors que les tentatives de réduction des coûts, elles, n’ont créé qu’une demande sporadique.
PwC a toutefois indiqué, en dévoilant les résultats de son étude hier, que le deuxième t r i mestre s ’e st achevé sur une note positive avec l’amélioration du prix de la pâte à papier en raison d’exportations accrues à destination de la Chine.
Pour la même période, aux États-Unis, 10 des principales sociétés forestières et papetières ouvertes ont affiché des bénéfices de 839 millions US, contre 593 millions US l’an dernier. Ces résultats ont été obtenus grâce, notamment, à une aide gouvernementale de 1 milliard US sous forme de crédits d’impôt pour carburant de remplacement.
Les 10 plus i mportant es sociétés forestières et papetières européennes ont, quant à elles, subi des pertes de 412 millions d’euros ( 647 millions CAN). Elles avaient affiché des bénéfices de 459 millions d’euros (721 millions CAN) l’année dernière.
Dans le reste du monde, 10 des principales entreprises du secteur ont réalisé des profits nets de 538 mill ions US, contre 377 millions US un an auparavant.



ABITIBIBOWATER  Grosses coupes à Montréal  -  Stéphane Paquet

« Les employés touchés ne recevront pas les indemnités habituelles. »
Alors que le grand patron d’AbitibiBowater, John Weaver, a eu droit à une indemnité de départ de 17,5 millions plus tôt cette année, plus d’une centaine d’employés devront quitter le siège social de Montréal sans indemnité.
La papetière a annoncé cette semaine à ses 700 employés et contractuels du siège social – dont un peu plus de 400 à Montréal – que 25% d’entre eux allaient se faire montrer la sortie au cours des prochaines semaines. En tout, ce sont donc 175 employés qui devront t rouver un nouveau boulot , dont u n peu plu s de 100 dans la métropole.
Ces employés partiront les poches vides. « À la suite du dépôt de demandes de protection contre les créanciers et à la lumière des décisions des tribunaux, écrit la direction à ses travailleurs, les employés touchés ne recevront pas les indemnités de cessation d’emploi habituelles. »
La direction mentionne toutefois que les employés licenciés auront droit à des sommes correspondant « aux congés annuels accumulés ». L’entreprise promet aussi de les aider à se replacer.
« Ces mesures sont très difficiles et nous sommes conscients de l’impact qu’elles auront sur les employés et leur famille », soutient le président et chef de la direction, David Paterson, dans le même message.
 La majorité des personnes mises à pied connaîtront leur sort d’ici au 1er septembre. Leur départ se fera d’ici la fin de l’année. Ces employés ne sont pas syndiqués, indique un porte-parole de l’entreprise, Jean-Philippe Côté.
Le printemps dernier, l’indemnité de départ de John Weaver a créé une controverse. Tant et si bien que, quand Québec a consenti un prêt de 10 0 mi l l i ons à l ’ ent r eprise en difficulté, le ministre du Développement économique de l’époque, Raymond Bachand, a t enu à souligner dans un communiqué les raisons pour lesquelles l’aide était versée : « Il faut s’assurer que les opérations se poursuivent. Quant aux dettes antérieures, pour moi, la prime de M. Weaver ne doit pas passer avant les indemnités auxquelles les travailleurs ont droit. »
Hier, Éric Prud’Homme, l’attaché de presse du nouveau ministre Clément Gignac, précisait qu’AbitibiBowater n’avait pas encore remboursé les 100 millions prêtés.
En ce qui concerne le porteparole d’AbitibiBowater, il a refusé de commenter la différence de traitement entre John Weaver et les employés qui seront bientôt licenciés.
Pas de bonus
Les quelque 300 employés qui resteront au siège social de Montréal auront aussi une fin d’année plus austère. Ils seront également privés de bonus et ce, jusqu’à nouvel ordre. Cela inclut les régimes spéciaux d’octroi d’actions.
Pour a r r iver à économiser 100 millions US comme elle le souhaite, AbitibiBowater veut aussi réduire ses stocks et imposer des limites au recours à des employés contractuels engagés à temps plein.
La papetière songe aussi à se retirer de plusieurs associations. Les dépenses engendrées par les voyages d’affaires seront réduites. Les baux signés par la société seront également passés au crible.
« Nous avons encore beaucoup à faire pour stabiliser notre entreprise, écrit encore M. Paterson à ses employés. Nous mettons la dernière main à des programmes visant à réduire notre capacité de production afin d’améliorer notre rentabilité et de rationaliser la stratégie d’AbitibiBowater en ce qui a trait aux temps d’arrêt (des usines). »
Jeudi dernier, l ’entreprise a d’ailleurs a nnoncé l a fermeture pour une durée indéterminée de deux machines à papier à Thunder Bay à partir du 21 août, ce qui touchera 360 employés.




CRISE DANS LES PÂTES ET PAPIERS  LE PIRE RESTE À VENIR  -  Maxime Bergeron

A rrêts de production dans trois usines de Kruger. Congé forcé à Papier Masson. Nouvelles menaces de f er meture à Tembec. Le secteur des pâtes et papiers traverse une crise sans précédent au Québec, et le pire est loin d’être passé. « Il y a sûrement plusieurs usines en trop présentement et c’est clair que ça va fermer », a lancé à La Presse Affaires Guy Chevrette, président du Conseil de l’industrie forestière du Québec, au terme d’une semaine marquée par plusieurs nouvelles déprimantes.
Jeudi, Tembec a souligné la nécessité de « rationaliser davantage » ses usines après avoir vu ses revenus fondre au troisième trimestre. Puis hier, son concurrent Kruger a annoncé la mise au chômage forcé de 1130 travailleurs d’ici à la mi-septembre à Brompton et Trois-Rivières.
L’industrie est frappée de plein fouet par une importante baisse de la demande de papier journal. Ce recul, d’environ 30% depuis un an, a contribué à pousser les prix à des niveaux « insoutenables » et « irrationnels », a déploré avant-hier le président de Tembec, James Lopez.
La remontée rapide du dollar canadien par rapport au billet vert depuis quelques mois n’a rien fait pour arranger les choses. Kruger l’a citée comme une des principales causes de la fermeture temporaire de trois usines, hier.
« On exporte 85 % de notre production à l’extérieur du Canada, donc c’est sûr qu’un dollar canadien élevé a un impact direct sur nos revenus », a indiqué Jean Majeau, vice-président principal aux affaires corporatives.
Kruger souffre elle aussi de la baisse marquée de la demande de papier. Un « très grand pourcentage » de ce recul est toutefois conjoncturel – conséquence de la crise des médias imprimés – et non structurel, a fait valoir M. Majeau.
Décroissance accélérée
Qu’importe le bilan de santé des médias, un fait demeure: l’industrie des pâtes et papiers décroît à une vitesse fulgurante depuis le milieu de la décennie. Une vingtaine d’usines ont définitivement cessé leurs activités au Québec depuis le 1er avril 2005, détruisant au passage 3775 emplois, selon les données les plus récentes du ministère des Ressources naturelles.
Les nombreuses fermetures temporaires ont quant à elles mis au c hômage forcé 3498 t ravailleurs, en comptant les mises à pied annoncées hier par Kruger.
« Et on verra encore plus de fermetures », a prédit Stephen Atkinson, a nalyste à BMO Marché des capitaux, qui suit de près plusieurs papetières québécoises.
Un sombre constat partagé par ses collègues. « Les entreprises ne peuvent fermer leurs usines assez vite pour affronter la baisse de la demande, a lancé à La Presse Affaires un analyste torontois qui a demandé à garder l’anonymat. À moins d’un revirement radical de la devise, on verra beaucoup d’annonces comme celle de Kruger. »
Effet de cascade
La présente crise est désast r euse pour l ’ i ndust r i e des pâtes et papiers, mais elle pourrait aussi frapper de plein fouet le secteur du sciage, également en pleine tourmente.
Les papetières utilisent des copeaux de bois pour fabriquer leurs produits. Or, si les usines de papier continuent à fermer au rythme actuel, l’industrie pourrait se retrouver avec un surplus annuel de 500 000 à 600 0 0 0 tonnes de copeaux, avance Guy Chevret t e. Une catastrophe.
« Pour les scieries qui vendent leurs copeaux, actuel lement entre 140 $ et 150 $ la tonne, c’est un revenu qui leur permet de boucler positivement dans bien des cas leur chiffre d’affaires, a-t-il expliqué. Si elles ne sont pas capables d’écouler ces copeaux, elles perdent ce revenu-là. »
Produits « à forte valeur ajoutée »
Le président du Conseil de l ’ i ndust r i e forestière mi l i t e pour la mise au point accélérée de produits « à forte valeur ajoutée », qui pourraient être fabriqués à partir des copeaux. Par exemple, des granules pour le chauffage ou de la litière. « Il y a un marché qui commence à se développer, mais qui est embryonnai r e » , f a i t va l oi r M. Chevrette.
L’ancien ministre péquiste dénonce le sous-f i nancement public pour la recherche et le développement de nouveaux débouchés. Un manque d’argent d’autant plus dommageable que l’industrie, exsangue, peine à allonger elle-même des fonds pour la R & D.
Congrès annulé
Les affaires sont tellement mauvaises que le Conseil, voué à la défense des entreprises forestières, a dû annuler son congrès a nnuel cette a nnée pour la première fois depuis 1953. L’organisme craint même pour sa survie.
Selon les données du ministère de la Faune, l ’ i ndustrie des pâtes et papiers employait 24 107 personnes au Québec en date du 15 juillet 2009, en première, deuxième et t roisième transformation. Cela se compare à 30 250 au 1er avril 2005.
Quelque 35 usines de papiers, pâtes, cartons et panneaux sont en activité à l’heure actuelle dans l a province, comparativement à 63 en 2007, indique le Conseil de l’industrie forestière.



AIDE AU SECTEUR FORESTIER Applaudissements et récriminations

« Aux États-Unis, c’est du cash. Au Canada, tu reçois de l’argent seulement si tu investis d’ici trois ans. »
Derrière leurs applaudissements, l’industrie forestière et les syndicats ont quelques récriminations à l’égard du nouveau programme fédéral d’écologisation des pâtes et papiers.
Ceux qui n’attendaient plus l’aide d’Ottawa ne peuvent s’empêcher de la comparer à celle de Washington, octroyée en argent sonnant. Ottawa a plutôt choisi d’aider ses sociétés papetières en subventionnant la modernisation de leurs installations. « Aux États-Unis, c’est du cash, résume Guy Chevrette, PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec. Au Canada, tu reçois de l’argent seulement si tu investis d’ici trois ans. Mais quand tu n’as pas une cenne et que tu cours après ta survie... »
« On aimerait toujours mieux avoir l’argent dès le départ, mais on s’assure de cette façon que tous les fonds seront investis dans les usines canadiennes », dit Avrim Lazar, président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada.
Au Québec, seulement huit usines de pâtes et papiers sur une cinquantaine produisent de la liqueur noire, une condition obligatoire pour toucher à une partie du milliard d’Ottawa. Heureusement, les subventions pourront être transférées d’une usine à l’autre au sein d’un même groupe. C’est donc dire que les projets environnementaux dans les usines québécoises pourraient être subventionnés grâce à la liqueur noire produite ailleurs au pays.
Les deux usines québécoises les plus importantes qui produisent de la liqueur noire sont celles de SFK Pâte à Saint-Félicien et de Papiers Fraser à Thurso. Le nouveau programme fédéral permettra-t-il le retour au travail à l’usine de Thurso, actuellement fermée? Aucun représentant de Papiers Fraser n’a rappelé La Presse Affaires hier. Quant à l’usine de SaintFélicien, fermée pendant 66 jours depuis le début de l’année, impossible de connaître les plans d’avenir de son propriétaire SRK Pâte. « Le programme constitue une bonne nouvelle, mais nous allons attendre avant de commenter davantage », dit Rick Leckner, porte-parole de SRK Pâte.
Cascades, qui verra deux de ses 47 usines québécoises profiter de la manne fédérale, s’interroge sur les objectifs du programme. « Il faut applaudir toute forme d’aide à l’industrie, mais comme 80% de nos activités sont du papier recyclé (qui n’utilise pas de liqueur noire), c’est quasiment une mauvaise nouvelle pour Cascades », dit Hubert Bolduc, vice-président aux communications et aux affaires publiques de Cascades.
Cascades fait notamment valoir que les usines de pâtes et papiers qui utilisent de la liqueur noire sont loin d’être les moins polluantes dans l’industrie – surtout en les comparant à ses usines de papier recyclé. « Certaines personnes pensent que les usines vont réduire leur empreinte énergétique en utilisant de la liqueur noire au lieu d’autres combustibles fossiles, mais ils vont aussi utiliser plus de bois, dit Hubert Bolduc. Il faut regarder l’empreinte écologique totale d’une usine. »
Les syndicats ne sont pas convaincus eux non plus de l’efficacité du plan d’Ottawa, dont l’objectif – cibler les usines utilisant de la liqueur noire – est calqué sur celui de Washington. Ils rappellent que les subventions de Washington n’étaient pas destinées au départ à l’industrie forestière. C’est plutôt celle-ci qui a commencé à brûler des combustibles fossiles polluants afin d’être admissible aux subventions, soutiennent-ils.
« Ce fut l’un des effets pervers du programme américain, dit Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier. Avant, l’industrie forestière ne brûlait pas de combustibles, mais elle a commencé à le faire pour être admissible aux subventions. C’est tellement ridicule, tellement absurde! »


Actionnaires de GM!  -  Simon Bissonnette
Je suis heureux! Comment ne pas l’être alors que le gouvernement du Canada a choisi d’investir des milliards provenant des taxes et des impôts que je paye à Ottawa pour sauver GM, une entreprise uniquement présente en Ontario. Pendant ce temps, le gouvernement du Canada se réveille en retard en annonçant un fonds favorisant la modernisation des équipements des entreprises du secteur forestier alors que celles-ci auraient dû être appuyées il y a déjà plusieurs mois. Depuis, plusieurs dizaines de compagnies oeuvrant dans ce secteur ont mis la clef dans la porte, jetant au chômage des milliers de travailleurs québécois. Bonne nouvelle pour eux: ils sont dorénavant actionnaires de GM!


Un milliard sur la « liqueur noire »
Le nouveau programme vise à encourager le virage vert dans un secteur durement touché par la récession.
OTTAWA — Afin de venir en aide à une industrie des pâtes et papiers en crise, le gouvernement fédéral annonce un investissement de 1 milliard de dollars, exclusivement dédié aux entreprises produisant de la « liqueur noire ». Ottawa répond ainsi à une petite partie des demandes de l’industrie, soulevant la grogne des travailleurs et de l’opposition, qui réclament davantage.

Le nouveau programme « d’écologisation des pâtes et papiers », annoncé hier par la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, et le ministre responsable du développement économique pour le Québec, Denis Lebel, vise à encourager le virage vert dans un secteur durement touché par la récession, mais aussi par la baisse générale du tirage des journaux.
Les entreprises qui participeront au programme recevront du gouvernement un crédit de 16 cents par litre de liqueur noire produite, jusqu’à l’épuisement du milliard promis. Mais elles devront obligatoirement i nvesti r les sommes obtenues dans l’a mélioration de l’efficacité énergétique ou d’autres mesures de performance environnementale de leurs usines.
La liqueur noire est un sous-produit du processus de pâtes et papiers utilisé comme carburant, et considérée comme une énergie propre par les États-Unis. L’administration américaine subventionne d’ailleurs à grands frais, 6 milliards de dollars, ses usines de pâtes et papiers, créant une concurrence jugée déloyale par l’industrie canadienne.
Avec cette mesure, Ottawa estime ainsi aider les entreprises à maintenir leur compétitivité face aux voisins du Sud.
Le gouvernement estime par ailleurs que ce coup de pouce ne contrevient pas à l’Accord sur le bois d’oeuvre.
Seules 27 usines au Canada produisent de la pâte Kraft et seront donc admissibles, mais les ministres se défendent bien d’avoir favorisé une région du pays plutôt qu’une autre.
« Les entreprises qui font affaire un peu partout au pays vont pouvoir utiliser dans l’ensemble de leurs usines les crédits générés par ce programme-là qui est mis en place », a dit le ministre Lebel. Par exemple, une entreprise qui recevra des crédits du gouvernement grâce à son usine en Colombie-Britannique pourra dépenser les sommes obtenues dans un autre de ses usines, à pâte mécanique, ailleurs au pays. Les investissements devront être complétés d’ici trois ans.
Au Québec, seule une poignée des 50 sociétés papetières de la province sera admissible au programme, dont les deux plus grosses sont SFK, à Saint-Félicien, et Papiers Fraser, à Thurso, fermée depuis le début du mois de juin, pour une durée indéterminée.
Néanmoins, le ministre estime que plus de 2500 travailleurs québécois pourront en profiter.
Plus de 300 communautés dépendent de la forêt au Canada, particulièrement au Québec et en Ontario. Plus de 55 000 personnes ont perdu leur emploi dans les deux dernières années, sur les 300 000 travailleurs forestiers de l’ensemble du Canada.
L’opposition à Ottawa a décrié le programme annoncé par le gouvernement conservateur, jugeant que c’est « trop peu, trop tard ».
« Les régions de production forestière vont être très déçues de l’annonce des conservateurs aujourd’hui, a dit le député néodémocrate Thomas Mulcair. Ça ne fait rien pour venir en aide immédiatement. Lorsqu’on parle de dépenses en capital, il faut avoir les liquidités, et le problème c’est que l’on n’a pas de garanties de prêts. »
L’annonce de la ministre Raitt ne sera qu’« un coup d’épée dans l’eau », sans ces garanties de prêts aux entreprises en difficulté, estime le député d’Outremont.
Pour plusieurs, cette mesure ne viendra qu’aider les entreprises qui avaient déjà les reins suffisamment solides pour traverser la crise.
« C’est bon pour des entreprises qui ont des liquidités. Mais les entreprises aux prises avec des difficultés n’ont rien », a ajouté M. Mulcair.
Au Bloc québécois, on estime que si le gouvernement conservateur avait agit plus vite, « ça aurait pu éviter des fermetures et éviter de mettre en péril certaines usines qui pourront même peutêtre ne pas rouvrir », a dit le chef bloquiste, Gilles Duceppe.
Selon le critique libéral Denis Coderre, la mesure est insuffisante car elle ne touche que quelques usines au Québec.
Au son des scies mécaniques, des milliers de travailleurs de la forêt avaient manifesté au début du mois dans les rues d’Ottawa, pour réclamer une aide d’urgence du fédéral, incluant des garanties de prêts, des modifications à l’assurance emploi et la protection des régimes de retraite. Les forestiers rappelaient alors à grands cris que, pour sauver l’industrie automobile, les gouvernements n’ont pas hésité à délier les cordons de la bourse.






Un milliard en trois ans pour l’industrie forestière
— Le gouvernement fédéral annoncera aujourd’hui un plan d’aide de 1 milliard en trois ans pour le secteur forestier, selon ce qu’a appris La Presse Canadienne.
D’après des sources, l’aide serait destinée aux usines de pâte et papier, qui doivent faire face à des concurrents américains dont la consommation d’énergie est subventionnée à hauteur de 6 milliards US par an.
L’objectif est d’aider les entreprises canadiennes à prendre le virage vert en subventionnant leur conversion à des énergies renouvelables et l’amélioration de leur productivité.
La création du nouveau programme sera annoncée à Ottawa par la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, et le ministre d’État responsable de l’Agence de développement économique pour les régions du Québec, Denis Lebel.
Selon des responsables de l’industrie, ce type de soutien financier d’Ottawa ne contreviendrait ni à l’Accord sur le bois d’oeuvre, ni à l’Accord de libre-échange nordaméricain (ALENA).
Le patron de l’Association des produits forestiers, Avrim Lazar, souhaitait la semaine dernière que l’aide d’Ottawa soit suffisante pour neutraliser les effets d’un crédit d’impôt remboursable dont bénéficient les entreprises forestières qui utilisent du carburant contenant de la liqueur noire.
Ce sous-produit de la production de pâte employé depuis les années 1930 est désormais considéré comme une source d’énergie « verte ».
Les usines de pâtes et papier demandent depuis des mois à Ottawa de les aider pour faire face à la concurrence américaine dont les effets sont exacerbés par la récession et la baisse généralisée du tirage des journaux.



L’industrie forestière reste sceptique
Les échos provenant d’Ottawa à propos d’un plan spécial d’aide pour les usines de pâtes à papier, afin de contrer les bonis fiscaux obtenus par leurs concurrentes américaines, suscitent un certain scepticisme dans l’industrie papetière.
Car avant que se précisent ces échos, encore amplifiés hier par un quotidien torontois, des représentants de l’industrie forestière doutent de la suffisance des intentions attribuées au gouvernement Harper.
« Tant mieux si les usines de pâte à papier obtiennent un coup de pouce fédéral. Mais ailleurs dans l’industrie forestière, il y a une crise qui continue d’empirer », a indiqué Yves Lachapelle, directeur au Conseil de l’industrie forestière du Québec.
« De plus en plus d’entreprises de produits forestiers qui ont survécu à la crise jusqu’à maintenant parviennent au bout de leur réserve financière. Et pour continuer, leurs banques demandent des taux exorbitants, jusqu’à 15% à 20% dans certains cas », a soutenu M. Lachapelle, en entretien avec La Presse Affaires au sortir d’une réunion avec le ministre Claude Béchard, responsable des Ressources naturelles au gouvernement du Québec.
Cette réunion préparait la présentation, ce matin à l’Assemblée nationale, de la réforme du régime d’approvisionnement forestier.
Mais dans l’immédiat, selon Yves Lachapelle, en surplus d’une aide fédérale spécifique aux usines de pâte, c’est d’un coup de pouce pour l’accès au crédit à moindre coût dont l’industrie des produits forestiers aurait le plus besoin.
Ce sentiment est partagé par les principaux représentants syndicaux de l’industrie forestière.
« Nous espérons qu’il y aura plus que des rumeurs d’un plan fédéral d’aide, et que le premier ministre Harper s’éveillera enfin à la gravité de la crise dans l’industrie forestière » a commenté Dave Coles, président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier.
« Pour le moment, cette rumeur d’un plan d’aide d’un milliard pour les producteurs de pâtes à papier n’apparaît qu’une manoeuvre de relations publiques par le gouvernement conservateur », selon M. Coles.
Selon les échos provenant d’Ottawa, le plan temporaire d’aide aux usines de pâtes viserait à compenser le crédit d’impôt spécial obtenu par les usines américaines pour leur usage comme carburant industriel de la « liqueur noire », un sous-produit de la production de pâtes à papier de type kraft.
Ce crédit d’impôt aux « biocarburants », étendu aux papetières l’an dernier par Washington, a rapidement gonflé à hauteur de 8 milliards US en équivalence de subventions fiscales.
Par conséquent, un tel crédit fiscal est devenu un désavantage financier considérable pour les usines canadiennes de pâtes à papier face à leurs concurrentes américaines, même si elles ciblent les mêmes marchés.
D’ailleurs, dans sa plus récente analyse de l’industrie papetière, publiée hier, le Conference Board du Canada assimile cette subvention fiscale aux usines américaines à une situation où « la liqueur noire s’est transformée en or noir ».
Selon l’organisme, ce crédit d’impôt permettrait aux usines américaines de pâte de couvrir jusqu’à 60% de leurs coûts de production.
Par ailleurs, en attendant un plan fédéral spécifique à ce sujet, le Conference Board a aussi mis à jour un pronostic économique encore sombre pour l ’ industrie papetière au Canada.
Il anticipe pour 2009 une septième année consécutive de déficit d’exploitation, de l’ordre d’un demi-milliard de dollars en tout.
Quant à un éventuel retour à la rentabilité, le Conference Board ne l’envisage pas avant deux ans, vers la fin de 2011.
Et encore, ce retour à la rentabilité devrait s’avérer très timide. De l’ordre de quelques maigres points de pourcentage au moins jusqu’en 2013, anticipe le Conference Board.

L’auto contre la forêt? - ALAIN DUBUC
Les deux industries ne se comparent pas. Il faut venir en aide à la forêt pour les bonnes raisons et de la bonne façon.
Le géa nt c a nadien de la f or ê t , AbitibiBowater, le plus grand producteur de papier journal au monde, s’est mis sous la protection de la loi sur la faillite. Son possible effondrement menace 15 800 emplois, dont 11 000 au Canada. Le Québec, avec 7500 emplois, serait, et de loin, le plus touché.
Québec a donné un petit coup de pouce de 100 millions, mais Ottawa ne semble pas vouloir se porter à son secours, disant craindre qu’une aide, comme des garanties de prêts, soit perçue par les États-Unis comme contraire à l’entente sur le bois d’oeuvre et mène à des représailles.
Cela a suscité, surtout au Québec, une indignation qui a pris la forme suivante. Pourquoi les gouvernements aident-ils GM et Chrysler, mais pas AbitibiBowater, quand on sait que la forêt, avec ses 825 000 emplois, est bien plus importante dans l’économie que l’automobile avec ses 500 000 emplois?
Malgré les apparences, c’est un très mauvais argument. Les deux industries ne se comparent pas. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas venir en aide à la forêt. Mais il faut le faire pour les bonnes raisons et de la bonne façon.
Tout d’abord, attention aux statistiques. Les chiffres sont gonflés à l’hélium, et englobent les emplois indirects et induits. Il est plus sage de s’en tenir aux emplois directs: 300 000 emplois dans la forêt, 130 000 dans l’automobile.
La structure des industries est très différente. La forêt, c’est deux secteurs, liés mais distincts, les produits du bois et les pâtes et papiers. Certaines activités, comme les portes et fenêtres, peuvent prospérer même si la forêt connaît des problèmes. En outre, c’est une industrie éclatée. Abitibi, la plus importante entreprise, avec ses 11 000 emplois, ne compte même pas 4% du total. Sa disparition serait un choc terrible, mais elle n’emporterait pas l’ensemble du secteur dans sa chute.
L’industrie de l’automobile, par contre, est très concentrée. Au Canada, 75% de la production dépend des trois géants américains. Le sort d’environ la moitié des 130 000 emplois dans la fabrication, l’assemblage et les pièces dépend de GM et de Chrysler.
La logique n’est donc pas la même. Soutenir GM et Chrysler, c’est vraiment sauver l’industrie automobile. Soutenir AbitibiBowater, c’est seulement sauver cette entreprise. On peut aller plus loin. Si on a des milliards, peut-être vaut-il mieux les déployer pour soutenir le secteur forestier dans son ensemble, par la rationalisation, la formation, la réduction du coût de la ressource.
Les perspectives des deux industries sont par ailleurs fort différentes. Du côté de la forêt, le bois, malmené par la récession, a toujours un avenir. Mais le papier journal est menacé par les changements dans la façon dont on s’informe et dont on produit les journaux. Par contre, l’industrie automobile a un potentiel si elle réussit à fabriquer les bons véhicules.
Il y a toutefois une similitude entre Abitibi, Chrysler et GM. Ils ont besoin d’aide parce que ce sont des dinosaures. Les deux géants de l’auto sont victimes de leur incompétence. On peut dire aussi la même chose de l’industrie de la forêt en général et d’Abitibi en particulier, qui n’a pas suffisamment préservé la ressource, qui n’a pas réduit sa dépendance au papier journal, qui n’a pas assez investi, qui n’a pas fait le virage vert.
Cela met d’ailleurs en relief la grande faiblesse de l’argumentaire qui repose sur l’opposition entre la forêt et l’auto. L’aide aux grands de l’automobile n’est pas inconditionnelle. L’administration Obama est en train de pousser GM à la faillite, pour qu’elle se débarrasse de ses activités non rentables. La survie de Chrysler passe par son rachat par Fiat, possible seulement si les travailleurs font d’importantes concessions. Oui, on aide l’auto, mais c’est une aide qui fait mal. Ne l’oublions pas.

 

200 millions pour la forêt
Québec et Ottawa se donnent la main pour donner un coup de pouce à l’industrie forestière. Les deux gouvernements investiront 100millions chacun pour des travaux sylvicoles qui permettront selon eux de préserver environ 8000 emplois dans la province.
« Ce qu’on envoie comme signal, c’est qu’il y aura du travail, ne vous inquiétez pas », a dit le ministre provincial des Ressources naturelles, Claude Béchard, à l’intention des collectivités touchées par la déroute de l’industrie forestière.
La nouvelle mesure, annoncée hier à Montréal par le ministre Béchard et le ministre fédéral de l’Agence du développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, est le premier fruit de l’Équipe spéciale Canada-Québec mise en place en avril pour aider au secteur forestier.
Le programme d’appui aux travaux sylvicoles comprend entre autres des travaux de reboisement, de réhabilitation de la forêt et la réalisation de chemins d’accès. « On va au maximum de la capacité actuelle des travaux, dit Claude Béchard. Si on voulait en faire plus, on manquerait de débroussailleuses au Québec. »
La moitié des investissements sont prévus dans la prochaine année, et le ministre Lebel prévoit des effets bénéfiques dès cet été. L’objectif est que les travailleurs qui perdent leur emploi en usine puissent trouver un autre emploi en forêt si leur formation le permet.
Le comité spécial fédéral-provincial continuera de se réunir toutes les deux semaines pendant les prochains mois, et le ministre Béchard prévoit que d’autres mesures seront annoncées avant la Saint-Jean-Baptiste.
Les deux ministres ont salué la collaboration entre les deux ordres de gouvernement hier.
Mais M. Béchard n’avait pas le même ton il y a un mois, quand il a demandé au gouvernement fédéral « de se mettre en mode solution ». « Il n’est pas minuit moins cinq, il est minuit, avait-il déclaré. Il est temps que les lumières s’allument. »
Hier, il se réjouissait de voir que « les lumières sont non seulement allumées, mais que le courant passe ».
Québec et Ottawa ont promis de donner 100 millions de dollars chacune pour des travaux sylvicoles.
Le fédéral déçoit
Ce n’est toutefois pas suffisant pour convaincre la FTQ et le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), qui soutiennent toujours que le fédéral aide davantage l’industrie automobile que l’industrie forestière.
Da n s u n c ommu n i q ué conjoint , les deux syndicats saluent l’annonce des 200 millions pour les travaux sylvicoles, mais se disent toujours insatisfaits du gouvernement fédéral. « C’est nettement insuffisant, Ottawa a les moyens de faire plus », déclare le viceprésident du SCEP-Québec, Renaud Gagné.
Le Conseil de l’industrie forestière du Québec se réjouit pour les travailleurs sylvicoles, a dit le PDG Guy Chevrette à La Presse Affaires.
Mais M. Chevrette est déçu de ne voir aucune mesure fédérale concernant l’accès au crédit. « Le ministre Lebel nous parle de la fin juin, mais ma foi baisse énormément. Il faudra que je vois pour que je croie. »
Le ministre Lebel a défendu les actions de son gouvernement dans le secteur forestier et a soutenu que « le fédéral est au travail depuis très longtemps dans le secteur ».
Il a déclaré qu’Exportation et Développement Canada avait apporté un soutien d’une valeur de 9 milliards à l’industrie forestière québécoise, un chiffre que Guy Chevrette juge digne « d’une euphorie non crédible ».
Personne dans l’entourage du ministre Lebel n’a pu fournir plus d’explications à La Presse Affaires sur ces 9 milliards, et on nous a plutôt référé au ministère des Ressources naturelles.
EDC a finalement fait savoir que cette somme représentait sa contribution à tous les secteurs économiques de la province en 2008, et non pas seulement le secteur forestier.



Les plans de relance portent leurs fruits
11 millions d’emplois seront sauvés dans les pays du G20
GENÈVE— Les plans de relance mis en place par les pays du G20 vont « créer ou sauver » jusqu’à 11 millions d’emplois cette année, ce qui n’empêchera toutefois pas le chômage mondial d’atteindre des records en 2009, a indiqué hier le Bureau international du travail (BIT).
« Les mesures de protection sociale prises par le G20 depuis le début de la crise économique mondiale vont créer ou sauver entre 7 et 11 millions d’emplois » dans le G20, selon les estimations du BIT qui seront présentées au sommet de Pittsburgh les 24 et 25 septembre.
Sans ces mesures, le chômage dans les 20 premières économies de l a pla nète aurait été de 29 % à 43 % supérieur durant les six premiers mois de l’année, souligne l’agence onusienne dans un communiqué.
Toutefois, le BIT a revu à la hausse ses prévisions de chômage mondial pour l’année en cours, estimant qu’il pourrait atteindre le record de 241 millions, soit une augmentation de 61 millions du nombre de chômeurs entre 2007 et 2009.
Dans ses dernières prévisions datant de mai, le BIT tablait, au pire, sur un chômage de 239 millions de personnes dans le monde.
Tout en saluant les effets des gigantesques plans de relance activés par les gouvernements des économies riches, le BIT s’est inquiété de leur maintien dans le temps, d’autant plus important que le nombre d’entrants sur le marché du travail ne cesse de progresser sous la pression démographique (45 millions de personnes chaque année).
« Le chômage reste massif aujourd’hui. Si les mesures spéciales qui ont été prises sont retirées trop tôt, la crise de l’emploi pourrait encore s’aggraver », a prévenu le directeur du BIT, Juan Somavia, cité dans le communiqué.
L’organisation estime qu’on ne pourra parler de réelle reprise économique avant une réelle amélioration du marché de l’emploi, ce qui ne devrait pas arriver avant plus d’un an. Elle préconise ainsi que tous les pays du G20 maintiennent leurs mesures en faveur de la demande et de l’emploi « au moins jusqu’à la fin de 2010, jusqu’à ce qu’il y ait une reprise réelle du marché du travail ».
« L’indicateur de l’emploi est le seul vrai i ndicateur de reprise économique », a insisté lors d’une conférence de presse le vice-directeur du BIT, Philippe Egger.Le BIT recommande notamment que les États poursuivent l’effort à soutenir les dépenses consacrées aux infrastructures, les réductions d’impôts, subventions et crédits pour les petites entreprises ainsi que les sommes a l louées directement à la protection sociale.
Bombe à retardement
Si de nombreuses personnes vulnérables dans les pays en développement ont pu bénéficier d’aides, le Bureau s’est dit soucieux de leur sort tant ces États auront encore besoin de financement pour lutter contre le chômage.
En juin, le BIT avait alerté que le chômage constituait une véritable bombe à retardement en cette période de crise aiguë, aux « grands risques » de déstabilisation politique et sociale.
Le BIT compte une nouvelle f ois défendre c et t e position ainsi que son proj et de Pacte mondial pour l’emploi au sommet du G2O la semaine prochaine où la question du chômage devrait être largement abordée.

WASHINGTON  Un million d’emplois sauvés par le plan de relance

WASHINGTON  Un million d’emplois sauvés par la relance
WASHINGTON — La MaisonBlanche a publié hier un rapport dans lequel elle affirme qu’« un peu plus d’un million d’emplois » aux États-Unis ont été sauvés ou créés grâce à sa politique économique pendant les six premiers mois du plan de relance promulgué par Barack Obama.
« La l oi sur l e pla n de relance et d’autres mesures de politique économique ont permis au nombre d’emplois en août d’être plus élevé d’un peu plus d’un million qu’il ne l’aurait été sinon », a expliqué la Maison-Blanche dans ce rapport.
« Nous estimons que la loi a eu des effets particulièrement forts dans l’industrie, le commerce de détail, et les services de travail temporaire », a ajouté la présidence.
« Les effets sur l’emploi sont répartis à travers les États, avec un impact plus important dans ceux gravement touchés par la récession », selon la Maison-Blanche.
L’objectif de ce plan de 787 milliards US lancé en février était de sauver ou créer plus de trois millions d’emplois en deux ans.
« Je pense que nous sommes en bonne voie pour parvenir à cet objectif », a estimé au cours d’une t éléconférence une conseillère économique du président, Christina Romer.
L’économie américaine a déjà perdu 6,9 millions d’emplois depuis le début de la récession en décembre 2007, et le taux de chômage était en août au plus haut depuis 1983, à 9,7 %.
Mme Romer a répété l’estimation de l’exécutif selon laquelle le chômage devrait connaître son sommet « aux alentours de 10 % » et « au début de 2010 ».
La Maison-Blanche chiffre également dans son rapport la contribution du plan de relance à la croissance.
« Il y a un accord large sur l’idée que la loi sur le plan de relance a ajouté deux ou trois points de pourcentage à la croissance du produit intérieur brut au deuxième trimestre de 2009 et qu’elle joutera environ trois points au troisième trimestre », a souligné le comité des conseillers économiques de M. Obama.
D’après l e c omité, « l a relance budgétaire semble être efficace pour atténuer la récession mondiale ». « Nous avons découvert que les pays qui ont adopté des plans de relance plus grands ont réalisé de meilleures performances par rapport aux prévisions que ceux qui ont adopté de plus petits plans. »
À la fin d’août, 151,4 milliards US sur les 787 milliards US avaient été employés sous forme de baisses d’impôts, et 128,2 milliards US de plus dépensés ou mis à la disposition de leurs destinataires.
La Maison-Blanche a estimé que le plan de relance en était en « encore à ses débuts » et que ces chiffres étaient « préliminaires et sujets à une incertitude considérable ».
Par ailleurs, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a indiqué hier que le temps était venu pour les autorités américaines de passer de la lutte contre la crise à la réparation de l’économie.
« Nous sommes désormais dans l a position de fa i re évoluer not r e st r atégie à mesure que nous passons de la réponse à la crise à la reprise, de la rescousse de l’économie à la réparation et à la reconstruction des fondations pour la croissance à venir », a déclaré M. Geithner devant la commission parlementaire mixte responsable du contrôle de l’action du Trésor contre la crise.
« La confiance et la stabilité naissantes en septembre 2009 sont bien loin de la peur débilitante et de la panique de septembre 2008 », a déclaré M. Geithner, faisant allusion au mois où le système financier américain avait manqué s’écrouler.
« Le consensus au sein des prévisionnistes privés est que notre économie est désormais en train de croître. Le système financier montre des signes de réparation, et le coût du crédit a chuté de manière spectaculaire », a ajouté le ministre.
Néanmoins, a-t-il rappelé, « la route est encore longue avant que la reprise véritable soit installée ».
« Le chômage atteint toujours à un niveau i nacceptable » (9,7% en août), et « il est réaliste de supposer que la reprise sera graduelle, avec un nombre de hauts et de bas plus élevé que d’habitude », a estimé M. Geithner, qui avait déclaré la semaine précédente avoir « vu les premiers signes de la reprise aux États-Unis ».
La récession américaine a commencé officiellement en décembre 2007, et le produit intérieur brut américain a chuté quatre trimestres de suite de l’été 2008 au printemps 2009.
Le rapport de conjoncture (livre beige) publié mercredi par la banque centrale américaine (Fed) est venu conforter l’idée que la récession américaine s’est achevée en août, même s’il appartient à un organisme indépendant, le Bureau national de la recherche économique (NBER), de le déclarer officiellement.
M. Geithner a promis que le Trésor ferait « tout ce qui est nécessaire, aussi longtemps que nécessaire, pour faire en sorte que les familles américaines et les petites entreprises voient leur vie s’améliorer durablement ».

La Banque du Canada garde le cap
OTTAWA — L’économie canadienne se remet de la récession avec plus de vigueur que prévu, malgré les inquiétudes persistantes sur l’impact de la hausse du dollar canadien, a indiqué hier la Banque du Canada, qui a laissé du même coup son taux d’intérêt directeur inchangé à 0,25% – son plus bas niveau praticable.
Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, avait semblé courir un risque en juillet, lorsqu’il avait déclaré que la récession était terminée. Il était à ce moment un des premiers à le faire, mais il semble maintenant qu’il pourrait même avoir sous-estimé l’ampleur de la reprise.
« L’adoption de politiques monétaires et budgétaires expansionnistes, l’amélioration des conditions financières, le renchérissement des produits de base et un regain de confiance chez les entreprises et les ménages soutiennent la croissance de la demande intérieure au Canada », a affirmé hier la banque centrale dans un communiqué. 
« Cette évolution, de même que l’information récente sur les ajustements des stocks et la production automobile, donne à penser que la progression du produit intérieur brut ( PIB) pourrait être plus vigoureuse pendant le deuxième semestre de 2009 que la Banque ne l’entrevoyait en juillet. »
Les déclarations de la Banque du Canada laissent croire que Mark Carney, gouverneur de la Banque, est toujours inquiet de l’impact de la hausse du huard sur le secteur de l’exportation, mais peut-être pas autant que par le passé.
Cette vigueur inattendue n’aura cependant pas d’impact sur les taux d’intérêt. La Banque du Canada a indiqué qu’elle comptait toujours garder son taux directeur à son niveau actuel au moins jusqu’en juillet prochain, comme elle l’avait déjà promis au printemps.
La vigueur de l’économie nationale a émané des données sur le commerce pour le mois de j uillet. Cellesci l aissent c roire que les consommateurs canadiens recommencent à dépenser, les importations affichant une hausse de 8,3 %.
Le secteur des exportations a lui aussi offert une performance acceptable en juillet, s’appréciant de 3,3 % – ou même de 5,9 % au chapitre du volume – grâce à la reprise de la production automobile.
La Banque du Canada a pourtant insisté, à plusieurs reprises, sur les dangers d’un dollar canadien supérieur à 90 cents US, et de l’impact que cela pourrait avoir sur les exportations. La banque favorise davantage un huard à environ 86 cents US.
« À mon avis, cela montre que la banque est de plus en plus confiante dans son évaluation (...) La récession est terminée et l’économie prend du mieux », a observé l’économiste en chef de BMOMarchés des capitaux, Douglas Porter.
« Je crois aussi qu’ils révisent à la baisse, lentement mais sûrement, leurs craintes par rapport à la devise. Je crois qu’ils veulent simplement s’assurer que les choses restent sous contrôle. »
La Banque du Canada n’a pas fourni de nouvelle prévision de croissance pour la deuxième moitié de l’année, sauf pour dire qu’elle sera plus importante qu’elle ne l’avait prévu en juillet. À ce moment, la banque misait sur une croissance de 1,3 % pour le troisième trimestre, et de 3% pour le trimestre suivant.
La plupart des économistes s’attendent maintenant à voir une croissance d’entre 2,5 et 3% au troisième trimestre.
Mais selon l ’économiste Derek Holt, de la Banque Scotia, la période qui suivra les prochains trimestres pourrait devenir une source d’inquiétude plus i mportante, puisqu’une plus forte croissance immédiate pourrait signifier que l’activité ne grimpera pas aussi rapidement par la suite.
M. Holt croit que plusieurs entreprises canadiennes, à l’exception de celles du secteur automobile, restent aux prises avec une importante quantité de stocks invendus et ne prévoient pas encore raffermir leur production. « Cela signifie que toute reprise de la production canadienne et de l’activité d’exportation sera amoindrie significativement et retardée par rapport à celle d’autres pays », a-t-il expliqué.
Les déclarations de la banque centrale laissent croire que M. Carney est toujours i nquiet de l ’ i mpact de la hausse du huard sur le secteur de l’exportation – principalement les automobiles, les pièces d’automobiles et les produits forestiers – mais peut-être pas autant que par le passé.
« La banque conserve une flexibilité considérable dans la conduite de la politique monétaire en contexte de bas taux d’intérêt, conformément au cadre exposé (en) avril », a affirmé la Banque du Canada dans son communiqué hier. Le rapport d’avril était une r é f é r e nce à l ’ a ugmentation de la masse monétaire par l’entremise de mesures quantitatives.
Le dollar canadien a clôturé hier à 92,7 cents US, en hausse de 0,19 cent US.


Banque centrale européenne :
Le taux directeur devrait rester à 1 % - Étienne Balmer
FRANCFORT — La Banque centrale européenne ( BCE) ne devrait pas toucher à ses taux directeurs jeudi prochain, attendant de vérifier si l’air de reprise observé en zone euro a des chances de durer.
La BCE devrait maintenir son principal taux directeur à son plus bas niveau historique de 1%, auquel il est rivé depuis mai, selon les analystes financiers.
Une politique monétaire n’a pas besoin d’être « activiste » pour être efficace, a récemment déclaré JeanClaude Trichet, président de la BCE: en clair, la politique monétaire ne doit pas varier à la moindre nouvelle économique de court terme.
En revanche, des changements des prévisions de croissance annuelle de la BCE sont attendus. L’institution doit en effet dévoiler jeudi sa réévaluation t r i mestrielle des chi ffres de croissance et d’inflation en zone euro.
Et l’amélioration récente des indicateurs devrait inciter l’institution monétaire « à se sentir plus optimiste » concernant ses prévisions de croissance, soutient Jennifer McKeown de Capital Economics.
Si la zone euro est restée en récession au printemps pour le cinquième trimestre consécutif, le rythme de baisse a nettement ralenti (-0,1 %) par rapport au premier trimestre (-2,5 %), alimentant les espoirs d’une sortie anticipée de la récession.
La France et l’Allemagne ont même enregistré des taux de croissance positifs sur la période (+0,3 %).
Ils sont davantage liés, il est vrai, aux aides gouvernementales qui ont soutenu la consommation intérieure, comme la prime à la casse dans l’automobile, et à la reconstitution des stocks des entreprises. La demande globale, elle, n’a pas encore repris.
La BCE prévoit une récession de - 4,6 % en zone euro pour 2009 et de - 0,3 % en 2010, d’après sa dernière évaluation trimestrielle en juin.
E l l e pour r a i t a t t é nuer sa prévision de récession pour l ’a nnée en cours et même miser sur une petite c r oi s s a nce l ’ a n née pr o - chaine, estime l’économiste de Commerzbank Michael Schubert.
L’éventualité d’une crise du crédit, menaçant de faire caler l’activité en zone euro dès son redémarrage, devrait également être discutée jeudi à la réunion du conseil des gouverneurs, même si la BCE s’est montrée réservée sur ce risque jusqu’à présent.
La BCE ne devrait pas modifier en profondeur ses prévisions d’inf lation pour 2009 (+0,3 %) et 2010 (+1%), selon les économistes.



Obama  reconduit le mandat de Ben Bernanke à la barre de la Fed
Obama opte pour la continuité
Le président reconduit le mandat de Ben Bernanke à la barre de la Fed
OAK BLUFFS — Le président américain Barack Obama a confirmé hier la reconduction de Ben Bernanke comme président de la Réserve fédérale des États-Unis, faisant le choix de la continuité à la tête de la banque centrale au moment où l’économie du pays semble prête à repartir.

M. Bernanke a su diriger la Fed au milieu de « l’une des pires c r i ses f i nancières que ce pays et le monde aient j a mais connues » , a déclaré M. Obama de son lieu de vacances dans l’île de Martha’s Vineyard, dans le Massachusetts, pour expliquer son choix.
En t ant qu’expert de la Gra nde Dépre s s i o n de s années 30 et grâce à sa détermination, son courage et sa créativité, M. Bernanke est l’homme idéal pour remettre les États-Unis sur les rails de la prospérité, a expliqué le président.
Son maintien à la tête de la Fed montre à quel point l e pat r on de l a ba nque centrale, en première loge dans la lutte contre la crise aux États-Unis, a gagné la confiance du président, à qui l’on prêtait au départ l’intention de se débarrasser de cet économiste de 55 ans, qui fut conseiller du prédécesseur de M. Obama, le républicain George Bush fils.
C’est ce dernier qui avait nommé M. Bernanke à la présidence de la banque centrale pour un mandat de quatre ans expirant fin janvier 2010.
Mais M. Obama avait loué en juin le « travail extraordinaire » et les « bons résultats » de cet ancien élève de Harvard et docteur de l’Institut technologique du Massachusetts (MIT), ouvrant ainsi la voie à sa reconduction pour un nouveau mandat.
Le moment c hoisi pour cette a nnonce, a l ors que la reprise économique est attendue aux États-Unis d’ici à la fin du mois de septembre, si elle n’est pas déjà en cours, devrait rassurer les marchés et les investisseurs. La banque centrale éta nt en t héor i e i ndépenda nte du gouvernement dans la conduite de sa politique, son président est susceptible de survivre aux changements politiques à la tête du pays, surtout en temps de crise, ou le choix de la continuité dans la conduite de la politique monétaire présente une certaine logique.
Avant M. Bernanke, trois de ses quatre prédécesseurs ayant été au bout de leur premier mandat depuis 1951 ont ainsi été reconduits par un président du camp opposé à celui qui les avait nommé.
Vote au Sénat
De par la capacité de la banque centrale à pouvoir débloquer des milliards de dollars du j our au lendemain sans avoir besoin de consulter le Congrès, le président de la Fed est souvent présenté comme la personne la plus puissante des ÉtatsUnis après le président américain lui-même.
M. Bernanke devra néanmoins obtenir confirmation de sa reconduction par un vote au Sénat, où ses opposants, surtout républicains, qui lui reprochent d’avoir abandonné les principes de l’économie de marché en ne laissant pas couler les grandes banques, ne devraient pas manquer de le chahuter.
Aprè s a v o i r p r é s e n t é pendant plusieurs mois les stigmates de la fatigue, de nuits t r op cour t es, et de week-end passés à élaborer des plans pour empêcher le pire, M. Bernanke est apparu physiquement plus serein ces derniers temps.
En déclarant vendredi que l’économie américaine avait « évité le pire » et semblait offrir de « bonnes » perspectives de reprise à court terme, malgré les nombreux défis restant à relever, il a l ivré son message le plus optimiste sur la conjoncture depuis plusieurs mois.

Bernanke veut éviter les erreurs du passé
WASHINGTON — Ben Bernanke, dont Barack Obama a confirmé hier la reconduction à la tête de la Réserve fédérale, est un spécialiste reconnu de la Grande Dépression qui semble comme hanté par la volonté d’éviter la répétition d’un tel scénario.
Le président américain avait loué en juin le « travail extraordinaire » de cet homme de 55 ans, qui a engagé son institution dans une intervention sans précédent pour soutenir l’économie, convaincu que la crise de 1929 avait été amplifiée par les erreurs de la banque centrale.
C’est son travail sans relâche pour sauver l ’économie américaine de ce qu’il a qualifié de « la pire crise financière depuis les années 30 » qui a valu à M. Bernanke de gagner la confiance du président.
M. Bernanke a eu la lourde tâche de prendre la tête de la Réserve fédérale en février 2006 après 18 ans de présidence d’Alan Greenspan, alors au pinacle de sa gloire. Mais il est rapidement revenu sur l’héritage de l’ancien oracle de Wall Street.
La face la plus évidente de sa « révolution » à la Fed est la polit ique de sauvetage d’institutions financières et de relance monétaire sans précédent mise en oeuvre au plus fort de la crise.
Mais en douceur, ce barbu posé, discret et bonhomme que tout ou presque oppose à son prédécesseur, a profondément bouleversé les habitudes à la banque centrale, en refusant d’abord de tomber dans le « culte » dont faisait l’objet M. Greenspan – dont les propos sibyllins pouvaient faire vaciller ou f lamber les marchés –, et en amenant la Fed à communiquer énormément sur ses actions et ses attentes.
Fils d’un pharmacien et d’une institutrice ayant grandi à Dillon, petite ville de Caroline-du-Sud, Ben Shalom Bernanke, a échappé à un destin qui semblait tout tracé après qu’un de ses camarades d’école afroaméricain un peu plus vieux que lui eut convaincu ses parents de le laisser le rejoindre à Harvard.
Après des études brillantes dans cette université renommée vint le doctorat en économie de l’ Institut t echnologique du Massachusetts (MIT) et les années d’enseignement à la célèbre université de Princeton, dont il a présidé le département économique de 1996 à 2002.
« Ben l’Hélicoptère »
Nommé gouverneur à l a Fed, en 2002, il quittera son poste en 2005 pour présider le groupe des conseillers économiques du président George Bush, avant que celui-ci le nomme à la tête de la banque centrale pour un mandat de quatre ans.
M. Bernanke, qui a raconté récemment avoir rencontré sa femme Anna lors d’un rendez-vous surprise, s’est vu surnommer « Ben l ’ Hélicoptère » après un discours prononcé en novembre 2002, peu après son arrivée au Conseil des gouverneurs de la Fed.
Dans cet t e a l l ocution i ntitulé « Déflation : s’assurer que cela n’arrive pas ici », il faisait référence à une théorie de l’économiste Milton Friedman selon laquelle les autorités monétaires peuvent sortir un pays d’une « trappe à liquidités » (quand les taux d’intérêt sont à zéro et ne peuvent plus stimuler l’économie) en donnant de l’argent directement aux entreprises ou aux consommateurs.
L’image de Friedman était celle d’un banquier central arrosant la foule de billets à partir d’un hélicoptère. Face à l’intensification de la crise, la Fed de M. Bernanke est passée de la théorie à la pratique.
L’a c t i on de M. Ber na n ke e s t comme marquée par le souvenir des erreurs de la Fed dans les années 30, qui avaient débouché sur une déflation transformant la récession de 1929 en une dépression historique, ainsi qu’il l’a écrit dans son livre Essais sur la Grande Dépression, paru en 2004.




Wall Street rassurée par Bernanke
REVUE BOURSIÈRE
Le grand nombre de résultats meilleurs que prévu « conforte l’argument que l’économie serait en rémission ».
Après avoir beaucoup hésité, la Bourse de New York a terminé en hausse hier, rassurée par les explications du président de la Réserve fédérale, BenBernanke, et par quelques bons résultats de sociétés : le Dow Jones a gagné 0,8% et le NASDAQ, 0,4%.
Cependant, la Bourse de Toronto a subi un premier recul après six séances de hausses consécutives.
L’indice Dow Jones a pris 67,79 points, à 8914,94 points, enregistrant sa septième progression quotidienne consécutive, et le NASDAQ, à dominante technologique, 6,91 points, à 1916,20 points.
L’indice Standard& Poor’s 500, plus représentatif du fait de sa composition élargie, a avancé de 0,36% (3,45 points), à 954,58 points.
« On a commencé dans une bonne position, puis le marché s’est un peu replié pendant le discours de Ben Bernanke. Mais le patron de la Fed a bien tenu, assurant qu’il avait une stratégie de sortie » une fois que la situation économique sera stabilisée, a résumé Lindsay Piegza, de FTN Financial.
Le discours semestriel du président de la Réserve fédérale américaine devant le Congrès est toujours très suivi. Cette fois, les investisseurs étaient surtout à la recherche d’indications sur un calendrier de retrait des exceptionnelles mesures mises en place par la Fed pour faire face à la crise.
« Le plus important pour le marché, c’est qu’il a affirmé que la Fed avait les outils nécessaires pour supprimer la relance monétaire quand le temps sera venu », ont souligné Stephen Gallagher et Aneta Markowska, de la Société générale.
L’indice Dow Jones a été soutenu durant toute la séance par le bond de Caterpillar, qui a fini à 39,46$US, en hausse de 7,7%.
Le constructeur d’engins de chantier est revenu dans le vert au deuxième trimestre, avec un bénéfice net de 371 millions US.
Le grand nombre de résultats meilleurs que prévu « conforte l’argument selon lequel l’économie serait en rémission », ont observé les analystes de Charles Schwab.
Le Dow Jones, capitalisant sur cette série de bonnes surprises, a accumulé des gains dépassant désormais 9% depuis le 10 juillet.
Merck a également aidé le Dow Jones: ce titre a progressé de 6,1%, à 29,65$US. Le groupe pharmaceutique a enregistré au second trimestre un bénéfice net en recul de 12%, mais supérieur aux attentes du marché, et a confirmé ses prévisions pour l’ensemble de 2009.
Pour sa part, la Bourse de Toronto a clôturé la séance en baisse, en dépit de la publication d’une nouvelle série de résultats financiers positifs, renforcés par des perspectives optimistes.
L’indice S&P/ TSX a mis fin à une séquence de six séances haussières consécutives et a cédé 25,39 points, pour terminer à 10 515,32 points. Cette retraite survient après que l’indice eut profité, ces derniers jours, de la publication de résultats trimestriels d’entreprises qui ont rehaussé l’espoir de voir l’économie reprendre du poil de la bête d’ici la fin de l’année.
Le dollar canadien a terminé les échanges en baisse de 0,02 cent US, à 90,33 cents US, après que la Banque du Canada eut averti que la vigueur du huard modérait significativement le rythme de la reprise.



Le plan Obama stimule la consommation -  Marc Jourdier
— Les premiers effets du plan de relance budgétaire promulgué en février commencent à se faire sentir aux États-Unis, où la consommation des ménages est repartie en hausse en mai, même si les Américains épargnent une grande part des subsides reçus du gouvernement.
Selon les chiffres publiés hier par le département du Commerce à Washington, la consommation des Américains a progressé en mai pour la première fois en trois mois, de 0,3 % par rapport au mois précédent, ce qui est conforme au pronostic des analystes.
Les consommateurs ont profité du coup de pouce du plan de relance budgétaire promulgué en février par le président Barack Obama : leurs revenus ont augmenté de 1,4 % en mai. C’est leur plus forte hausse depuis un an, au moment où un premier plan de relance, voté sous la présidence de George Bush, se faisait sentir.
Sans l’aide du gouvernement, les revenus des Américains n’auraient augmenté que de 0 , 2 %, f a i t r emarquer Paul Ferley, économiste de RBC Economics Research.
Comme le relève Ryan Sweet, de Moody’s Economy.com, « le soutien de l’État à la trésorerie des ménages a atteint son sommet et va diminuer au cours des mois à venir, ce qui mettra à l’épreuve la stabilisation récente de la consommation ».
Le plan de relance promulgué en février mobilise 787 milliards de dollars sur trois ans sous la forme d’investissement dans les chantiers publics et de réductions d’impôt.
La plus grande partie des crédits du gouvernement pour l’année en cours est parvenue aux ménages en mai sous la forme de paiements uniques.
Jugeant que les résultats du plan de relance n’étaient pas encore palpables, M. Obama a estimé mardi que le pays n’avait pas besoin pour le moment d’un nouveau plan de soutien à l’économie.
Les chiffres du Ministère montrent que les ménages restent prudents et mettent de côté une bonne part des fonds qu’ils reçoivent de l’État puisque leur taux d’épargne (rapporté à leur revenu disponible) a bondi de 1,3 point, pour atteindre 6,9 %, du jamais vu depuis décembre 1993.
Le total de l’épargne des ménages américains atteignait ainsi 768,8 milliards de dollars fin mai, un montant record dans les annales de cette statistique publiée depuis janvier 1959, indique le Ministère.
Pour Marie-Pierre Ripert, économiste de Natixis, « l’effet de la relance budgétaire sur les dépenses de consommation a été assez faible en mai ».
Cependant, estime-t-elle, il faut généralement plusieurs mois pour voir les effets des crédits d’impôt, et le taux d’épargne devrait diminuer dans les mois à venir.
La consommation des ménages est essentielle pour l’économie américaine. En temps normal, elle assure plus des deux tiers de la croissance du pays, mais elle a été très affectée depuis le début de la crise déclenchée par l’explosion de la bulle des produits immobiliers à risques à l’été 2007.
Soutenue par des mesures de relance budgétaire au printemps 2008, la consommation s’est effondrée comme jamais depuis le début des années 1980 au second semestre de 2008, entraînant le PIB du pays dans sa chute.
Au premier t r i mestre, elle a connu une hausse fragile de 1,4 % en rythme annuel, mais les analystes pensent qu’elle devrait, au mieux, être stable au deuxième trimestre.
« Aidé en partie par la loi de relance, le consommateur dépense et devrait nous aider à sortir de la récession », estime l’économiste indépendant Joel Naroff.
« Cependant , note-t-i l , les ménages ne se rendent pas dans l es magasins aussi souvent qu’ils en avaient l’habitude et ils semblent s’habituer à rester à distance. Cela implique qu’il ne faut s’attendre qu’à une consommation modérée » dans les mois à venir.





La Fed garde intact son plan de match -  Rudy Le Cours
La Réserve fédérale américaine (Fed) avait bien peu de neuf à offrir aux investisseurs en reconduisant hier son taux directeur et son programme d’assouplissement non conventionnel annoncé plus tôt ce printemps. Elle n’a pas non plus fourni d’indications précises sur la stratégie qu’elle devra avant longtemps adopter pour mettre fin aux injections extraordinaires de liquidités dans le système financier.
Ces choix ont été faits à l’unanimité par les membres de son Comité de politique monétaire (FOMC). Ils ont peu influencé le tempo des marchés boursiers, mais affaibli quelque peu l’enthousiasme des acheteurs d’obligations.
La Fed apporte tout au plus quelques nuances dans sa description de la situation économique actuelle. En répétant que le rythme de contraction de l’économie ralentit, le communiqué publié par le FOMC constate pour la première fois « l’amélioration générale des conditions des marchés financiers ».
Autre nuance encourageante, la Fed affirme que « les entreprises diminuent leurs investissements en immobilisations et leur effectif, mais paraissent réaliser des progrès en ajustant le niveau de leurs stocks à leurs ventes ».
La Fed adoucit aussi le ton à propos de l’inflation, mentionnant seulement qu’elle sera plus faible que désiré pendant un moment. On la sent moins préoccupée qu’au printemps par des perspectives de déflation.
Les investisseurs qui s’attendaient à une accélération prochaine de la planche à billets resteront sur leur faim. Les autorités monétaires américaines s’en tiennent au cadre annoncé: achat pouvant aller jusqu’à 1250 milliards de titres hypothécaires émis par Fanny Mae et Freddie Mac, de 200 millions des obligations de Freddie et de Fanny et, enfin, achat jusqu’à concurrence de 300 milliards de dettes du gouvernement américain, d’ici l’automne.
Selon Bloomberg, la Fed a jusqu’ici acheté 177,5 milliards de Treasuries toutes échéances confondues, soit bien peu, compte tenu des besoins quasi insatiables de financement de Washington cette année.
Ce statu quo a eu pour effet immédiat de faire grimper les taux obligataires sur les marchés, en particulier dans les longues échéances qui servent d’ancrage à la fixation des taux hypothécaires.
Les échéances 10 ans ont gagné six centièmes, à 3,69%, et les 30 ans tout autant, à 4,41%.
« Il se peut que la Fed reconnaisse qu’ajouter des liquidités n’apporte rien de plus », suggèrent Karen Cordes et Derek Holt, économistes chez Scotia Capitaux.
À leurs yeux, la Fed est prise dans un cercle vicieux. Dans un contexte normal, abaisser les taux d’intérêt stimule la demande de prêts et relance la consommation. Dans le contexte présent, la baisse des taux d’intérêt incite les ménages à rembourser leurs dettes et les banques à renforcer leurs bilans. Les torrents de liquidités émises par la Fed lui reviennent sous forme de dépôts par les institutions. Ses initiatives n’ont plus beaucoup d’influence sur l’économie réelle.
Bien des observateurs étaient aussi à l’affût d’indices qui indiqueraient comment la Fed entend retirer rapidement du marché ces liquidités extraordinaires afin d’éviter que la reprise soit entachée par une poussée inflationniste ou par des bulles spéculatives, comme cela a été le cas après la récession de 2001.
La lenteur avec laquelle la Fed d’Alan Greenspan avait remonté les taux est perçue aujourd’hui comme une des causes ayant provoqué la crise de l’habitation en 2006 et toujours loin d’être résorbée.
Le communiqué précise que « le FOMC surveille la taille et la composition de son bilan et apportera les ajustements à ses programmes de crédits et de liquidités qui s’imposent ».
« Il s’agit peut-être là d’une étape vers l’esquisse d’une éventuelle stratégie de sortie » suggère timidement Milan Mulraine, économiste chez TD Valeurs mobilières.



La politique de la Fed fonctionne
TAUX À LACONSOMMATION
La politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) consistant à acheter des bons du Trésor et des titres de dette liés à l’immobilier a poussé les coûts d’emprunt du secteur privé à leur niveau le plus bas en près d’un an.
La compilation des taux d’emprunt, qui comprend l’immobilier, a baissé à 6,68% le 3 juin dernier, le niveau le plus bas depuis qu’il était à cette hauteur le 18 juillet 2008.
Ainsi, l’indice Merrill Lynch Private Sector Interest Rate Proxy, une compilation des taux d’emprunt comprenant l’immobilier, les autos et les prêts à la consommation, a baissé à 6,68% le 3 juin dernier, le niveau le plus bas depuis qu’il était à cette hauteur le 18 juillet 2008.
« L’assouplissement quantitatif semble marcher », selon Jim Caron, chef de la division de stratégie touchant les taux d’intérêt aux ÉtatsUnis de Morgan Stanley, à New York, qui faisait référence aux achats de titres de dette par la Fed. « Si le signe ultime de l’assouplissement quantitatif consiste à rendre les emprunts dans le secteur privé disponibles et bon marché, je dirais que c’est ce qui se produit, ajoute-t-il. Selon ce critère, le crédit est bon marché. »
L’indice de Merrill Lynch a atteint un sommet record de 8,55% le 15 décembre dernier, la veille du jour où la Fed a annoncé qu’elle était « prête à augmenter » ses achats de titres de dette liés à l’immobilier. La banque centrale américaine avait indiqué le 25 novembre dernier qu’elle achèterait pour 500 milliards US de titres de dette adossés à des hypothèques et 100 milliards US de titres de dette émis dans le public par des organismes gouvernementaux.
Depuis lors, les responsables ont bonifié le programme à hauteur de 1750 milliards US, y compris des achats de bons du Trésor jusqu’à 300 milliards US, pour ramener à la baisse les coûts d’emprunt dans une foule de domaines, depuis les hypothèques jusqu’aux prêts sur cartes de crédit et aux dettes d’entreprises.
Jusqu’à présent, la Fed a acheté pour 533 milliards US en titres adossés à des hypothèques, 153 milliards US en bons du Trésor et 85 milliards US en titres de dette émis dans le public par des organismes gouvernementaux, selon des analystes d’UBS Securities.
L’indice de Merrill Lynch comporte une pondération égale entre les taux d’intérêt sur prêts hypothécaires géants et à taux variables, les prêts pour l’achat de voitures neuves, les prêts sur valeur nette du logement, les obligations à risque élevé, les prêts bancaires de 5 à 10 ans et le taux interbancaire de trois mois offert à Londres.


Dix banques vont pouvoir rembourser Washington
CRISE DUCRÉDIT
JPMorgan Chase& Co. et Morgan Stanley font partie des 10 prêteurs qui ont obtenu du Trésor américain la permission de racheter pour 68 milliards US d’actions détenues par le gouvernement américain, ce qui les libère d’une surveillance accrue qui a affecté leurs pratiques concernant l’octroi de prêts, l’embauche et la rémunération de leur personnel.
« Ces remboursements sont un signe encourageant que la situation financière se rétablit », a souligné hier dans un communiqué le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner. « Mais nous avons encore du travail à faire », a-t-il ajouté.
Cette décision reflète les pressions plus grandes exercées par les banques pour se libérer des participations gouvernementales qui les ont rendues vulnérables aux interférences politiques à la suite de la grogne populaire à l’encontre du sauvetage de firmes de Wall Street.
Le Trésor n’a pas nommé les banques. Mais en plus de JPMorgan Chase et Morgan Stanley, American Express, Bank of New York Mellon, BB& T Corp., Capital One Financial, Northern Trust, State Street Corp. et U.S. Bancorp ont toutes indiqué hier qu’elles procédaient à des remboursements.
« D’une certaine façon, le Trésor choisit les gagnants et les perdants », estime
Jennifer Thompson, analyste de Portales Partners, à New York. « Il se peut qu’au départ, le ciel s’éclaircisse au-dessus de la tête des banques qui sont en mesure de rembourser le gouvernement » , ajoute-t-elle.
Les firmes qui ont obtenu la permission de Washington d’effectuer des remboursements ne comprennent pas Bank of America, plus grosse banque américaine sur le plan des actifs, ni Citigroup, chacune d’elles ayant accepté une aide de 45 milliards US du gouvernement américain. Wells Fargo, premier prêteur hypothécaire aux États-Unis et qui a reçu une aide de 25 milliards US, ne figure pas non plus sur la liste.
Avec les remboursements déjà reçus de 20 autres firmes, le gouvernement américain a récupéré environ 70 milliards US, a précisé hier le Trésor. Les paiements de dividendes sur les actions émises pour le gouvernement en vertu du Programme d’achat de capital atteignent environ 4,5 milliards US jusqu’à présent, y compris 1,8 milliard US versé par les 10 banques indiquées ci-dessus.
Les firmes qui rachètent les actions privilégiées du gouvernement ont également le droit de racheter les bons de souscription détenus par le Trésor et ce, à « leur juste valeur marchande », selon le communiqué du Trésor émis hier.
Herb Allison, le responsable nommé par l’administration Obama pour diriger le Troubled Asset Relief Program (TARP), a précisé aux législateurs américains la semaine dernière que le Trésor annoncerait bientôt les détails concernant sa politique à l’égard des bons de souscription. La valeur totale de ces bons est d’environ 5 milliards US, selon des calculs du Trésor effectués le mois dernier.
Huit mois
Ces remboursements surviennent près de huit mois après que le Trésor, désireux d’enrayer la panique sur les marchés à la suite de la faillite, le 15 septembre, de Lehman Brothers Holdings, eut fourni à neuf banques les premiers 125 milliards US pigés dans le fonds de 700 milliards US mis à la disposition du TARP.
Les banques américaines ont dévoilé des projets pour lever plus de 100,2 milliards US depuis que les tests de tension effectués par le gouvernement sur les 19 plus importantes compagnies financières des États-Unis eurent démontré que 10 d’entre elles avaient besoin de 74,6 milliards US en capital additionnel pour survivre à une récession plus grave.
Le produit des remboursements au TARP contribuera à réduire les emprunts du gouvernement fédéral américain et la « dette nationale », indiquait le communiqué publié hier. Les titres des sociétés financières américaines ont bondi récemment et le sous-indice qui leur est consacré au sein du Standard& Poor’s 500 a progressé de 49% au cours des trois derniers mois.




Le soutien au crédit des entreprises porte fruit, dit Flaherty
Le ministre des Finances fédéral, Jim Flaherty, estime que son plan d’aide au financement des entreprises porte fruit, bien que la reprise économique réelle se fasse encore attendre.
De passage à Montréal, hier matin, le ministre des Finances a rencontré la presse, en compagnie du président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada, Jean-René Halde, afin de faire le point sur les mesures d’aide au crédit qui ont été offertes aux entreprises dans le dernier budget fédéral.
Davantage de prêts
« Comme vous le savez, il y a une certaine rareté du crédit, ce qui rend la vie assez difficile (aux entrepreneurs), a souligné M. Halde. Nous faisons plus de prêts, avec un effort réel de prêter à nos entrepreneurs. Notre portefeuille de prêts, pour l’année qui s’est terminée à la fin de mars 2009, a connu une augmentation de 11%, malgré une situation de récession, où, en temps normal, le nombre de projets de nos entrepreneurs diminue. »
Le ministre Flaherty, de son côté, a précisé que le programme Facilité canadienne de crédit garanti avait été adapté afin de pouvoir offrir des prêts de moindre importance, au besoin. Une somme de 1 milliard de dollars a ainsi été ajoutée à cette enveloppe.
Au total, 11 milliards ont été attribués dans le cadre de ce programme.
L’autre grand programme d’aide au financement des entreprises auquel participe la Banque de développement du Canada, le Programme de crédit aux entreprises, a connu un « départ très rapide », selon M. Halde.
Un financement de 578 millions a ainsi été accordé aux entreprises, de février à mai dernier.
Une reprise incertaine
Malgré ces bonnes nouvelles sur le crédit des entreprises, la reprise économique tarde à se faire sentir. Certains évoquent une reprise en « W », d’autres en « V » ou en « L » avec des sursauts.
Le ministre des Finances, lui, n’a pas voulu s’avancer. « Ce que je vois dans l’économie canadienne, ce sont certains signes de stabilisation et certains signes positifs de la volonté des citoyens de recommencer à dépenser », a-t-il dit.
Il a relevé, par exemple, la « grande popularité » des crédits d’impôt pour la rénovation résidentielle offerts aux contribuables dans son dernier budget.
Quant au déficit, il a répété qu’il devait être « à l’heure actuelle, légèrement supérieur à 50 milliards ». Il doit faire rapport au Parlement à ce sujet prochainement.

HARPER DÉFEND SON PLAN DE RELANCE ÉCONOMIQUE
OTTAWA— Les effets de la récession commencent à s’atténuer, estime le premierministreStephen Harper, qui continue de croire que le Canada sera le premier pays industrialisé à sortir de la crise économique.
Comme il s’était engagé à le faire auprès des libéraux de Michael Ignatieff en janvier afin d’obtenir leur appui pour adopter le dernier budget fédéral, M. Harper a fait hier une mise à jour des mesures prises par son gouvernement pour contrer les effets de la récession et relancer l’économie canadienne.
À l’instar de certains organismes internationaux comme l’OCDE ou le Fonds monétaire international, qui prévoient que le Canada tirera mieux que tout autre pays son épingle du jeu, le premier ministre se montre plutôt optimiste au sujet de la reprise économique qui pointerait à l’horizon.
Dans son dernier budget, adopté en mars, le gouvernement Harper a annoncé des dépenses de 40 milliards de dollars pour relancer l’économie au cours des deux prochaines années.
Selon M. Harper, le plan économique commence à donner des résultats encourageants. Tout près de 80% des fonds prévus dans le plan économique ont été engagés, a-t-il soutenu.
Il a aussi affirmé que près de 3000 projets d’infrastructures ont été démarrés d’un bout à l’autre du pays depuis le début de la saison de la construction. Il a donné en exemple les projets de réfection du pont Champlain à Montréal, du pont Alexandra à Ottawa et du pont Lift de Burlington.
Il a aussi cité plusieurs projets lancés de concert avec les cent à s’atténuer. Et les points forts du Canada commencent à être remarqués au-delà de nos frontières. (…) Plus que jamais, nous devons garder le cap », a soutenu le premier ministre.
Au sujet des t ravai l leurs qui perdent leurs emplois, M. Harper a affirmé que la machine gouvernementale a mis le pied sur l’accélérateur pour traiter leur demande de prestations d’assurance-emploi plus rapidement. La moyenne d’attente est d’environ 28 jours pour obtenir un premier chèque, a affirmé le premier ministre. Il a aussi rappelé que les chômeurs que le programme ne répond pas aux réalités de la récession que nous vivons », a dit M. Harper.
Durant sa présentation, le premier ministre a rappelé que la crise économique entraînera un déficit considérable en raison de la chute des rentrées des impôts, de l’aide au secteur automobile et de la hausse des coûts des programmes sociaux comme l’assurance-emploi. Le déficit devrait atteindre les 50,2 milliards de dollars. Mais dans son rapport, le gouvernement Harper s’abstient maintenant de dire quand il prévoit éliminer ce déficit. Dans son budget, le ministre des Finances, provinces au cours des dernières semaines, notamment la construction de deux éoliennes géantes à Summerside, à l’Îledu-Prince-Édouard, qui permettront d’alimenter en électricité le quart de la population de la ville. Ce projet permettra aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
« Les mesures sans précédent que nous avons prises commencent à produire des résultats. Les effets de la récession commenpeuvent obtenir des prestations pendant cinq semaines de plus cette année.
En outre, 100 000 Canadiens se sont prévalus du programme de partage de travail financé à même le régime d’assuranceemploi depuis le début de l’année.
« Le programme d&