Environnement

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS




Marché du carbone - Cap sur les résultats
QUÉBEC CIBLE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE

Québec met la table pour une participation à la bourse du carbone


Le Canada peut-il vraiment se permettre de négliger son environnement, ne serait-ce que selon une perspective tout ce qu'il y a de plus économique ?
Lettres - Chronique de catastrophes annoncées
Une facture salée pour le Canada

Tant que l'on s'obstinera à contourner la question de mettre un prix sur la pollution, toute discussion sur l'environnement pourra-t-elle jamais représenter davantage que des paroles en l'air ?..
Des arguments fallacieux
Message to McGuinty: Most green-job schemes have been miserable failures - MARGARET WENTE

Lettres - Le Canada, l'OMC et l'environnement


Et si les grands traités contraignants "à la Kyoto" ne devaient s'avérer guère plus qu'un spectacle à grand déploiement ne visant en fait qu'à entretenir l'illusion qu'il y ait encore quoi que ce soit qui avance au niveau de l'environnement ?
Post-Kyoto, a search for ‘a subtle skill’ in tackling climate change - NEIL REYNOLDS
Climate theatre of the absurd - MARGARET WENTE
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto

Climate summit was a pathetic exercise in deceit

Et si la véritable raison de l'impasse climatique n'était en fait du à rien d'autre qu'un manque de volonté collective en vue d'accomplir quoi que ce soit de moindrement concret vis-à-vis de l'environnement ?
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto

L’impasse climatique

Aurait-on donc tout simplement oublié l'environnement ?
Secteur culturel - Frédéric Back est aussi un homme qui plante des arbres
Le temps change
Climat de déni
Climat - Après le nucléaire, le gaz?
Cri d’alarme

En bout de ligne, y aura-t-il vraiment d'autre avenue possible que la décroissance, pour ce qui est de laisser un répit à la Terre ?...
Et après le gaz de schiste ?

Des solutions réelles ne sont-elles pas déjà à portée de main ?...

Faire Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu dans les airs...
Des Américains payés pour économiser l'énergie
Restaurer là ce qui est détruit ici
Le FMI suggère un «fonds vert» contre le réchauffement climatique

Le FMI proposera de créer un fonds contre le réchauffement climatique
Cap-and-dividend: the jolt Harper needs? - Jeffrey Simpson
Climate strategy on a road to nowhere - Bjorn Lomborg
Deux approches pour contrer les GES

Peut-on vraiment prétendre faire de l'environnement une priorité sans commencer par faire payer les pollueurs ?
Taxes vertes, un ingrédient de croissance

Et si parlait des "vraies affaires", et donc des questions qui nous touchent nous-mêmes le plus directement ?...
Climate change? Not in this campaign - Jeffrey Simpson
In Australian politics, climate change equals grief - Jeffrey Simpson
Expansion du parc automobile au Québec - Les écologistes réclament d'urgence un bonus-malus
Gaz à effet de serre - Pas de captation sans imposition, dit une étude
L'entrevue - Le développement endurable
La course à l'énergie
Hausse du niveau de la mer: une peur exagérée - Bjørn Lomborg
Les choses sérieuses maintenant - Lise Payette
The climes are still a-changin’ - Norman Spector
La politique énergétique canadienne fait fausse route
All talk, no summit action on the end to fossil-fuel subsidies - Jeffrey Simpson
Énergie: Québec s'en va dans la bonne direction
«Sauvons le hockey», demandent les écologistes
Tenir compte de la «dette écologique»
Une mesure essentielle
La bataille des cinq «piasses» - Alain Dubuc
Les choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc

Pourquoi vendre notre électricité à perte ?

Des écologistes se penchent sur l'exportation d'électricité

Et au fait, le Québec se serait-il donc donné pour mission de s'opposer à tout, et ce en toute chose ?...
Terrorisme environnemental
Énergie: le beurre et l'argent du beurre

On ne peut s'opposer à tout...

Et que peut-on encore attendre des grands traités contraignants "à la Kyoto", dans la mesure où ceux-ci ne semblent pouvoir faire davantage qu'entretenir la notion selon laquelle l'économie et l'environnement ne peuvent que s'opposer mutuellement ?...
(Et si nous faisions carrément fausse route, en misant tous nos espoirs sur les grands traités contraignants "à la Kyoto", et en ne faisant donc qu'entretenir la notion selon laquelle l'économie et l'environnement ne peuvent que s'opposer mutuellement ?...)
Kyoto withdrawal shames us all

Economics, politics cloud future of world emission talks
Kyoto est mort
Great news from Cancun!
Kyoto impasse could torpedo climate talks, U.S. warns
Cancún - Chacun pour soi
Le resquillage climatique
Le Japon tourne le dos à Kyoto
Étapisme climatique
Climat - Après la morale, place à l'économique
Climat - Un bras de fer entre Washington et Pékin est prévisible à Cancun
Sommet de Cancún sur le climat
Climat: les négos post-Copenhague bloquent
Climat: retour à la case «Négociations»
En bref - Reprise de pourparlers sur le climat
Après Copenhague, le chemin vers Mexico s'annonce rude
La montagne accouche d'un souriceau
Le miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol
Deux approches pour contrer les GES
Le mercure monte dans la ville froide
Kyoto est-il un échec? - François Cardinal
M. Harper va à Copenhague - André Pratte
Un débat mal ciblé - Alain Dubuc
Le casse-tête de Copenhague  -  ANDRÉ PRATTE
Le Canada et Copenhague - André Pratte

Et peut-on promouvoir la protection de l'environnement autrement qu'en ne sachant faire mieux que de provoquer un clivage, sinon une bataille rangée entre le Nord et le Sud ?..
Climat: où est l'aide promise?
GES: les pays en développement multiplient les efforts
Changements climatiques: ceux qui pèchent le moins écoperont le plus
Climate funds shouldn't divert poverty aid, UN says
Entretien avec le no1 de Greenpeace, Kumi Naidoo - Un «apartheid climatique» se dessine entre le Nord et le Sud

Et surtout, se pourrait-il donc qu'en ce qui concerne l'environnement, les seuls "succès" qu'on puisse encore espérer ne consistent en fait qu'à gagner du temps ?...
Rosebuds of consolation in a warming world

Editorial: As predicted: Cancun falls short
Cancún - Le Canada piégé
De Cancún à Durban
Accord modeste à Cancún

Et si la population humaine n'était tout simplement pas prête à relever le défi climatique ?...
Refroidissement climatique

Et que dire de "l'autre crise", celle de la biodiversité ?...
L'Entrevue - Biodiversité: une humanité en sursis
Les océans s'appauvrissent dans l'indifférence
La biodiversité, c'est payant!
Une valeur économique chiffrable
En bref - Les niveaux de plancton dans les océans diminuent brusquement
Of animals in danger and endangered species
Est-ce la fin des abeilles?
Biodiversité: cible ratée
La biodiversité perd des plumes
Biodiversité : un enjeu métropolitain
Convention sur la diversité biologique - Il faudra établir un protocole lors de la rencontre de Nagoya
10 Species Near Extinction
La dérive de la banquise
La crise du climat cache celle de la biodiversité

Car l'homme peut-il vraiment s'empêcher de détruire les autres formes de vie qu'on peut encore trouver sur cette planète ?
Russia hopes plan to save endangered tigers worth more than the sum of their parts

Fifty years later, lessons from the Gombe chimps - Jane Goodall
Cod in Newfoundland: Already seen that drama - Jeffrey Simpson
Une minuscule grenouille disparaîtra du Québec
Biodiversité à la québécoise
La Grande barrière de corail gravement endommagée
Sept nouvelles plantes menacées au Québec

La Commission baleinière menacée d’extinction
L'esturgeon en tête des espèces menacées
Is Chinese Economic Demand Killing Africa's Gorillas?
Le gorille au coeur de tous les trafics
Refus d'une protection aux coraux menacés
Le commerce international du thon rouge ne sera pas interdit

Afrique: les rhinocéros, cibles d'un braconnage très organisé
Des lions menacés par la sécheresse et un insecticide

Et pourtant, peut-on vraiment penser que la destruction des autres formes de vie puisse faire autrement que de finir par menacer notre propre survie, et ce peut-être plus tôt qu'on ne pourrait d'ailleurs l'imaginer ?...
Le sort des abeilles inquiète l’ONU


Et serions-nous donc en train de dépeupler nos mers, pour ne prendre que cet exemple ?...
Lueur d’espoir pour le retour de la morue

Des thons de plus en plus en danger
Mais où est donc le poisson québécois?
Les océans «dans un état critique»
La fin de la pêche traditionnelle?
The myth of bluefin abundance

Et du moment que l'on reconnaît des droits aux animaux, alors comment empêcher que nous ne soyions alors tous considérés comme des criminels ?...
Free fish from their pain and suffering

Et pourtant, se pourrait-il donc que tout espoir ne soit pas encore perdu ?...
Des couloirs verts pour sauver la biodiversité de Montréal
Une grenouille, considérée comme disparue, refait surface
Faire fausse route - François Cardinal
La peau de l'ours pourrait ne plus être vendue

Et si les deux crises que sont celles du climat et de la biodiversité se trouvaient en fait à n'en former qu'une ?...
Qu'arrive-t-il au caribou?


Et se pourrait-il donc qu'il reste toujours de l'espoir pour notre planète ?...

Clean Air Act - Les républicains sont en discordance avec les Américains
Climat et biodiversité - Des avancées qui se butent à l'immobilisme politique
Filtering out the climate-change BS - Norman Spector
Global accord on climate change hailed as breakthrough
L’équipe B
CO2: la promesse d'Obama sera respectée
Marée noire - L'Office national de l'énergie revoit ses règles
Les 25 ans du trou dans la couche d'ozone
Le Jour de la Terre a 40 ans
En bref - Deux motions contre les émissions de GES sont adoptés à Ottawa
Canada, U.S. team up to restrict auto emissions
Là où ça va chauffer en 2010
Le FMI suggère un «fonds vert» contre le réchauffement climatique
La Chine et l'Inde s'associent à l'accord de Copenhague
Le transport collectif gagne du terrain
Le FMI proposera de créer un fonds contre le réchauffement climatique
Paris promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation
L'ONU réclame un traité contraignant en 2010
Une entente au rabais à Copenhague
Blitz de négociations de la dernière heure
Clinton tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Al Gore réclame un nouveau sommet sur le climat en 2010
Copenhague: les négos changent de rythme, place aux politiques
Un projet d’accord émerge « Tout est encore possible »
Climat: l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays pauvres
L'UE pourrait débloquer des fonds pour les pays pauvres
Obama sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un succès à Copenhague est en vue»
Sarkozy propose 10 milliards aux pays pauvres

Le sommet du Commonwealth est dominé par le climat

Et pourtant, la partie n'est-elle pas loin d'y être gagnée ?...
Sables bitumineux: l'Europe recule sous la pression d'Ottawa

La France abandonne la taxe carbone
«Monsieur Climat» démissionne


Cette "dernière chance" qu'était supposée être la Conférence de Copenhague se serait-elle pourtant soldé par un échec ?...
La montagne accouche d'un souriceau
Le miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol

Pauvre Canada vert

Une entente au rabais à Copenhague
«Cette entente est une coquille vide»
Steven Guilbeault qualifie d'échec le sommet de Copenhague
Harper « très » satisfait, les écolos en colère 

La Conférence de Copenhague n'a-t-elle pas surtout démontré la quasi incapacité qu'ont les différents États de s'entendre sur quoi que ce soit ?...
En bref - Climat: il y aura de l'action à Cancún
Le premier rendez-vous post-Copenhague est respecté, mais...

L'avenir du monde reposerait-il donc sur l'issue du prochain sommet pour l'environnement ?...
Le sommet de la dernière chance

Les Danois évoquent déjà l'échec du sommet
Climat: l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays pauvres
À Copenhague, 12 jours pour changer notre monde
Le même éditorial publié sur tous les continents

CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ ?  -  François Cardinal
La Conférence de Copenhague en cinq questions
Une entente au rabais à Copenhague

Blitz de négociations de la dernière heure
Un projet d'entente circule
Les principaux points de discorde
Les négociations dans l'impasse
La présidente de la conférence démissionne
Obama à Copenhague: beaucoup de promesses mais peu de concret

Un texte d'entente, mais pas de cibles
Un nouveau projet d'accord sans objectifs chiffrés
Le protocole de Kyoto pourrait être enterré
Journée de tensions à Copenhague
Prentice ne croit plus à un traité officiel
Le mercure monte dans la ville froide
Copenhague: un projet d'accord avant les manifestations
Copenhague: «pas d'argent, pas d'accord»
Négociations tendues à Copenhague
Copenhague bloque sur le financement
Copenhague: le Danemark suscite la controverse




Mais peut-on vraiment dire que cette question nous indiffère, après tout ?...
Climat : la police relâche la quasi totalité des 968 personnes interpellées
Forte mobilisation dans le monde pour le climat
Près de 1000 manifestants arrêtés à Copenhague

Des manifestants prennent d'assaut la conférence de Copenhague


Les bonnes surprises existerait-elles encore, même dans ce dossier ?...
Pleins gaz sur la «nouvelle» taxe carbone de Sarkozy

Paris promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation
Ban Ki-moon salue l'action de la France avant Copenhague
Obama sera à la clôture du sommet de Copenhague
Sarkozy propose 10 milliards aux pays pauvres
Washington doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone contribuent aux projets verts
Protectionnisme environnemental  -  Mathieu Perrault
Oui à la taxe verte  -  Florence Junca -Adenot
Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents sur le litre d’essence est envisagée 
Chine : L’opération séduction  -  Barthélémy Courmont
Taxe carbone: la France va de l’avant  -  Marc Thibodeau

Les Québécois conscientisés par l'environnement

Voir aussi
Le moment serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite Révolution, celle ne son propre financement ?...

... tout comme les mauvaises, par ailleurs ?...
Revers cinglant pour Sarkozy

Et si le fait d'opposer environnement et économie ne représentait au bout du compte que la plus grossière des aberrations ?...
Investir dans la lutte contre les changements climatiques créerait plus d’emplois

Investir dans la lutte contre les GES stimulerait la croissance économique
Les Nations unies appellent au verdissement de l'économie mondiale
A convenient excuse for climate inaction
Pas d’impact négatif sur l’économie

Et se pourrait-il que l'économie aille réellement de pair avec l'environnement, par dessus le marché ?...
Des arguments fallacieux
Bon pour l’économie!
Exporting bitumen to China would be environmentally and fiscally detrimental
Alberta needs to hedge for heavy oil - Globe editorial
Réduire les GES et s’enrichir?
Water: Canada’s most valuable resource - Jeff Rubin
Pour une économie de la biodiversité
Le capitalisme écologique
Obama débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
Andrée-Lise Méthot: la finance au secours de la planète
Marché du carbone: loin derrière les Européens
Marché climatique de Montréal: nouvel élan de Copenhague
GES: le parquet boursier au coeur de la lutte

L'énergie propre sans frontières
Washington doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone contribuent aux projets verts
Cette forêt chinoise qui rapporte

Protectionnisme environnemental  -  Mathieu Perrault
La machine à piastres  -  CLAUDE PICHER
Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS"  -  François Cardinal
LE PÉAGE TIENT LA ROUTE  -  Paul Daniel Muller
La désertification coûte 1% de productivité chaque année
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non  -  MARIE-CLAUDE LORTIE
2 CRISES, 1 ÉCOTAXE   -  François Cardinal
LE RÉFLEXE BOIS  -  FRANÇOIS CARDINAL


Voir aussi Se pourrait-il que la nouvelle économie ne puisse qu'être verte ?...

N'est-ce  pas là d'ailleurs le principe même de ce qu'on appelle le développement durable ?...
Vers des entreprises neutres en carbone

Vers une gestion responsable
Des produits qui respectent vraiment l’environnement

Et par ailleurs, peut-on mieux établir la valeur d'une ressource qu'en lui fixant un prix ?...
The boreal forest: ours to preserve

Eau et industries québécoises - Personne n'a calculé la valeur économique de l'eau

Et si l'économie et l'écologie ne pouvaient tout simplement pas aller l'une sans l'autre ?...
Places of the heart, not the wallet

Mais cela implique-t-il pour autant que l'arrimage de ces deux réalités a la moindre chance de réussir si cela est fait n'importe comment ?...
Québec inc. souffle le chaud et le froid

A leap of faith for Ontario power consumers
When it comes to power in Ontario, we’re in the dark
Énergie - Le coût de la stratégie verte de l'Allemagne

Et peut-on pourtant prétendre que l'on puisse emprunter cette voie sans devoir faire face à des obstacles plus que majeurs ?...
Des technologies propres


Et par ailleurs, les entreprises ne sont-elles pas les premières à demander que l'on se dote d'une réglementation environnementale plus claire, voire plus poussée, ne serait-ce qu'afin de vraiment connaître les règles du jeu ?...
Les entreprises demandent des règlements plus stricts


Et existe-t-il vraiment un genre de développement qui ne se fasse aucunement aux dépens de l'environnement ?...
Climat: des experts du FMI prônent la prudence
Arrêter les éoliennes par vent faible réduit de 60 % la mortalité des chauves-souris



Et si en bout de ligne, le véritable changement ne pouvait en fait venir que de l'économie ?...

Vive le pétrole cher?
Réinventer la société pour s'affranchir de l'or noir
Le coût élevé du virage vers un parc automobile électrique
Un baril à 300 $ - La transformation d'une économie
Alberta needs to hedge for heavy oil - Globe editorial
The greener image awaiting oil and gas
Pétrole: plus rare, plus cher
C'est le pétrole qui mène le monde, pas la finance
"LE PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
LA FIN DU MONDE (TEL QU’ON LE CONNAÎT) EST PROCHE  -  FRANÇOIS CARDINAL
DITES AU REVOIR AU SHIRAZ AUSTRALIEN ET AU SAUMON DU PACIFIQUE - FRANÇOIS CARDINAL
L'avenir du Québec selon Steven Guilbeault

L'époque du pétrole facile à produire est révolue
Panne sèche -  ARIANE KROL
OUI, JE VEUX UN SAC! - Claire Gagnon

Se pourrait-il donc que notre planète ne soit tout simplement plus dans son état normal ?...
Les océans canadiens s’acidifient

Australia flooding considered ominous sign of disasters to come
Mass bird and fish deaths stoke curiosity
LA MÉTÉO EN CAUSE ?
2010 L’ANNÉE DES CATASTROPHES
And now the weather: nasty and brutish
Woman swept away drowns in Australian floodwaters

Se pourrait-il donc que le réchauffement climatique ne soit tout simplement plus contestable, du moins d'un point de vue moindrement scientifique ?...
Climat: l'armée canadienne se prépare à intervenir


Notre planète serait-elle donc en train de se réchauffer ?
(Que se passe-t-il, au juste, avec notre planète ?...)
2011 est la 10e année la plus chaude depuis 1850
De moins en moins de glace dans le Nord canadien
L’absence de réchauffement climatique expliquée
Climat - 2010, année la plus chaude jamais enregistrée
Le pire d’ici à l’an 3000
La science au-delà des gaz de schiste
Davantage d’eau douce dans les océans
Le mois de Juillet le plus chaud depuis 1955 à Montréal
Le mois de juillet le plus chaud depuis les années 50

Incontestable, disent les scientifiques: la Terre se réchauffe
The Earth is hotter than ever, global warming is real: researchers
2010, l'année la plus chaude jamais enregistrée
Les 5 premiers mois de 2010 ont été les plus chauds jamais relevés
Malades comme notre Terre
Le déficit de la planète - Jean Lemire
Réchauffement climatique: les sceptiques seront confondus
Un hiver de tous les records
Un ours de glace condamné à fondre
Le pergélisol recule dans le nord de la province
L'été tristounet a marqué 2009
2000-09: la décennie la plus chaude
CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ ?  -  François Cardinal
20 bonnes raisons de tenir la Conférence de Copenhague
«Nous avons sous-estimé l'ampleur du changement climatique»

Le Climategate: un réel scandale? - François Cardinal
Des icebergs se détachent de la calotte glaciaire
Le monde a perdu 75% de son patrimoine alimentaire  -  Stéphanie Bérubé
Gare au méthane  -  Jean-David Therrien


Et quel est donc le problème, au fait ?...
Reducing the risk of climate catastrophe

Jour de la Terre - Cul-de-sac écologique et économique
The pollution problem we can't save for a rainy day
Sables bitumineux: une étude contredit les chiffres de l'industrie
L’ère stupide, ou comment l’humanité court à sa perte  -  Mali Ilse Paquin
Les sables bitumineux canadiens, enjeu électoral en Norvège
Voir aussi Des sables bitumineux moins polluants
TOTAL SA Dans les sables bitumineux pour de bon
Grâce au pétrole  -  Sébastien Dumais
Voir aussi 
Le triomphe de la banlieue  -  André Pratte

Et en quoi cela devrait-il donc nous concerner, au juste ?...
Chaleur et pollution: un mélange nocif pour le coeur
Climate scientists forecast more heat, fires and floods
Changements climatiques: des soubresauts coûteux
La culture du riz est menacée
L'eau sale fait plus de morts que les guerres
Let's not fret over climate migration
L'exil annoncé des réfugiés climatiques

Et si les conséquences du réchauffement climatiques avaient d'ores et déjà commencé à se faire sentir, en réalité ?...
Cinq victimes du changement climatique
Environnement - Les milieux marins côtiers de l'Europe sont menacés
Catastrophes: courants atmosphériques en cause?
There’s a new world order in food

Inondations au Pakistan - Plus de sinistrés que pour le tsunami et les séismes du Cachemire et d'Haïti réunis
Inondations au Pakistan: une crise sans précédent

Un iceberg gigantesque dérive dans l'océan Arctique
Les catastrophes météo: des signaux d'alarme pour le futur?

Et si le problème devait en fait s'avérer encore pire que l'on avait pourtant pu l'imaginer ?
Changements climatiques - La fonte des glaces libère l'héritage toxique de l'Arctique

Et jusqu'à quel point sommes-nous prêts à faire face à la menace des changements climatiques, justement ?...
Exercice de feu


Et si la panique n'était pas pour autant la meilleure réaction à adopter pour faire face à une telle menace, pas plus d'ailleurs qu'elle ne peut l'être face à quelque menace que ce soit ?...
Refroidir le climat

Et si la planète se meurt, les hydrocarbures en seraient-ils les grands coupables ?...
LA MARÉE NOIRE DONT PERSONNE NE PARLE
Un baril à la mer!

BP spill, a year later: dying dolphins, deformed fish, and still some oil
La catastrophe se poursuit
It's safety, baby, safety when drilling for oil
U.S. oil spill probe blames bad management
Commission d'enquête sur la marée noire - L'avarice de BP a causé la catastrophe
Marée noire aux États-Unis
Marée noire - Un test sur le ciment a été omis, reconnaît Halliburton
Les effets de la marée noire sont toujours présents
BP blâme ses sous-traitants
Deepwater Horizon worker claims oil rig leaking weeks before explosion
Whistle blower to testify on oil spill worst fear:BP deliberately sinks oil with Corexit as cover up

Enquête sur la marée noire - Les enquêteurs scrutent la chaîne de commandement
Marée noire - Abandonner les poursuites serait nécessaire pour être indeminsé
Marée noire - Un vaste nuage d'hydrocarbures est détecté dans les profondeurs du golfe du Mexique
Près de 80% du brut pourrait être encore dans l'océan
Marée noire: des problèmes de santé à long terme
BP crie victoire
La faune marine du golfe du Mexique a été scrutée juste avant la marée noire
BP faces insider dealing probe as nears well kill
Marée noire - La garde côtière est montrée du doigt
Marée noire - BP et ses victimes devant les tribunaux
Mais où est passé le pétrole?
De Tony Hayward à «Tony la gaffe»
«Diabolisé», Hayward cède la place
Bouc émissaire
La langue française, victime de la marée noire
Une alarme sur la plateforme avait été désactivée
Marée noire: du pétrole s'échappe du couvercle
Une fuite détectée près du puits
Marée noire: les résultats du nouvel entonnoir «encourageants»
La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs - Stéphane Laporte
Pas un tournant, mais une bonne journée pour Obama
Le puits bloqué dès aujourd'hui?
L'Erin Brockovich de la marée noire
Un énième nouvel essai pour BP
U.S. should stop BP from drilling in Beaufort
Plus de 27 000 puits de pétrole abandonnés dans le golfe du Mexique
Le golfe du Mexique menacé de devenir une soupe à l’arsenic
Obama has no solution to world's oil addiction
États-Unis - Englué dans la marée noire
Presiding over disaster
Les fous de Bassan sont menacés
Obama part en «mission»
Marée noire: les dividendes politiques
Quand BP fait changer les mentalités
Marée noire - Barack Obama se demande «à qui botter le derrière»
Searching for an ass to kick - Globe editorial

Offensive médiatique: BP en terrain glissant
Les dégâts du capitalisme -  John R. MacArthur 
Une lueur d'espoir face à la marée noire

Marée noire: le Canada à la rescousse

How the gushing oil in the Gulf will ripple around the world
British Petroleum: la descente aux enfers

BP siphons gushing oil as Obama defends actions

Marée noire: un avertissement
Crude still leaking past BP cap on gushing oil well

BP pose un entonnoir pour stopper la fuite
Une explosion nucléaire pour stopper le pétrole? Pas question!
BP: nous sommes tous responsables

La v.-p. démocrate égratigne Obama sur la marée noire
L'indépendance de BP menacée
Technology, complexity, economy, catastrophe
Marée noire: BP s'effondre en Bourse
Le merveilleux - Pierre Foglia
Un désastre sans fin
Marée noire - La complaisance tue
U.S. launches BP oil disaster probes
Le «Katrina d'Obama»
Le film d'horreur se poursuit

Spewing oil doesn't have Obama gushing
Marée noire: Obama responsable?
Au salon de coiffure contre la marée noire

Marée noire - Le suspense sur la fuite se poursuit sur fond de rumeurs
Marée noire - La fuite est scellée, mais BP reste prudent
Obama défend sa gestion de la crise
Top Kill: une technique hautement périlleuse

Government can't do everything
Marée noire - Washington mobilise ses experts
L'incompétence de BP

Irrité, Obama retourne en Louisiane

Marée noire: «il n'y avait rien de prévu en cas d'accident»
From the Top Down, Sloughing Off Blame for the Spill
With Oil Spill (and Blame) Spreading, Obama Will Visit Gulf

Containing Oil Spill Is Still Mostly Talk

Oil fouls Mississippi River marshes, fires public anger

Les leçons de la marée
Énergie verte: la grande diversion
Le pompage de la nappe de pétrole progresse
La fuite serait dix fois pire que prévu
Marée noire: Obama est en colère
Marée noire: les entreprises se renvoient la responsabilité
Retour à la case départ pour stopper la nappe de pétrole
La marée noire en 14 questions
Des poils pour lutter contre le pétrole

Marée noire: Waveland retient son souffle
Just how evil is oil?
Les premières berges touchées

Lueurs d'espoir pour colmater la fuite de pétrole
Le couvercle destiné à reboucher la fuite a pris la mer

BP: la brèche médiatique colmatée

Pour un moratoire sur le forage
BP tente une opération sans précédent pour contenir les fuites de pétrole
Marée noire - BP promet de payer la note
Ottawa maintiendra des normes strictes pour les pétrolières
La marée noire prend de l'ampleur
Une marée noire de 32 milliards pour BP
Marée noire: les assureurs pourraient débourser 1,5 milliard

La pire marée noire de l'histoire?

Obama: BP «paiera» pour la marée noire

La marée noire lèche les côtes
Spill, Baby, Spill» - François Cardinal
Golfe du Mexique - Quand l'impossible survient

Le golfe du Mexique et nous et nous et nous - Marie-Claude Lortie

L'état d'urgence décrété dans quatre États
Comment arrêter la marée noire?
La marée noire atteint les côtes de la Louisiane

La marée noire atteint la Louisiane et le delta du Mississippi
La marée noire mine la loi sur le climat de Barack Obama
Risque de catastrophe écologique majeure en Louisiane
Le nouvel ami des climato-sceptiques: Koch
La Grande barrière de corail gravement endommagée
Cargo échoué sur la Grande Barrière: des poursuites annoncées
Une pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
Un déversement à Laval fait craindre le pire

Quoi ?...
Delta du Niger: une tragédie permanente

Et en ce sens, comment pourrait-on s'avérer plus contre-productif qu'en subventionnant l'industrie pétrolière ?...
Exporting bitumen to China would be environmentally and fiscally detrimental

États-Unis - Haro sur les subventions aux pétrolières
L’AIDE FISCALE AUX PÉTROLIÈRES REMISE EN QUESTION

Et plus précisément, se pourrait-il donc que notre dépendance aux hydrocarbures commence peut-être à avoir fait son temps, pour ainsi dire ?...
(Et si le véritable problème s'avérait surtout notre dépendance aux combustibles fossiles en tant que telle ?...)
Frousse dans le golfe du Mexique
When oil policy springs a leak
Plaidoyer pour un virage énergétique mondial
Forage en mer: les avancées technologiques au détriment de la sécurité
Les subventions aux pétrolières suscitent des questions
La tragédie des exportations - Claude Picher

Et dans ce cas, que dire des sables bitumineux ?...
Pipeline-altering lessons - Jeffrey Simpson

Exporting bitumen to China would be environmentally and fiscally detrimental
Alberta needs to hedge for heavy oil - Globe editorial
Démagogie, à la puissance 2

Et si l'exploitation des sables bitumineux suggéraitsurtout une incapacité de voir à long terme, ne serait-ce qu'au niveau économique ?
Save resource money for the future? Nah, says Alberta

Peut-on vraiment rêver de sables bitumineux qui ne soient pas qu'une injure totale à l'environnement ?...
Incontournables
The quest for truth in the oil sands
Pour une exploitation responsable  -  Satia Das

Et ceci dit, leur exploitation ne semble-t-elle pas ne s'avérer pas moins incontournable ?

An argument for new pipelines - Neil Reynolds


Et la question est-elle tant d'empêcher la commercialisation de l'essence bitumineuse que de veiller plutôt à ce que l'on assume les coûts environnemntaux associés à sa production, en commençant notamment par cesser de subventionner cette dernière ?...

Canada should take advantage of China’s rise by fuelling it


Et en attendant, l'interdiction pure et simple de l'exploitation des sables bitumineux peut-elle vraiment représenter une solution viable et raisonnable ?
Pipeline to prosperity or channel to catastrophe?
Keystone XL pipeline -- key to prosperity

And the winner in Keystone feud is… jobs and security

Et si la véritable question en était d'abord une de régulation (et surtout de dérégulation) ?...

It's safety, baby, safety when drilling for oil

Entretien avec une ancienne ministre et un juriste français - Les pétrolières ont trop de pouvoir «sur le plan juridique
What limitless greed and mindless deregulation bring
Lessons from the Gulf: Make and enforce rules

Le NPD veut prévenir un «désastre» dans la mer de Beaufort

Forage au Canada: l'industrie veut des lois moins sévères
BP s'est battue contre les mesures de sécurité


Mais en bout de ligne, la marée noire n'est-elle pas surtout en train de démontrer toute l'absurdité qui en est venu à caractériser notre modèle de société ?...
The sleep of reason produces monsters. Or at least oil-covered pelicans

La déresponsabilisation - François Cardinal


Comment se fait-il donc qu'en 2010 le Président des États-Unis semble incapable d'appliquer une solution simple à un problème connu ?...
Nuclear Option on Gulf Oil Spill? No Way, U.S. Says
Nuclear Blast from the Past Might Fix Oil Spill

Bill Maher Slams Obama, Oil Companies After Gulf Coast Oil Spill (VIDEO)
US rules out nuclear option against BP oil spill
Nuke the oil spill: Could nuclear bomb be answer for huge leaks as at US Gulf coast?

Cloud of Death followed by Tsunami traveling at 400-600 MPH 1/2

Menendez & Lautenberg: Eliminate oil spill damage cap
How do you clean up an oil spill?

How are oil spills cleaned up?

How do you clean up an oil spill?

A ban agains the use of all loose absorbant products on the spill
?
Why is B.P. Just Now Testing the Best Sorbents?

BP should use Poly Eco Solutions/Enviro-Sorb Technologies

MOP Environmental Designated As Resource By BP, US Coast Guard For Gulf Oil Recovery

MOP Environmental Designated as Resource by British Petroleum (BP) and U.S. Coast Guard for Gulf Oil Recovery

Guardian Environmental Technologies Blog

We need to do more to keep our food safe

Obama Was Against Oil Spill Clean Up Before He Was For It
Obama's Oil Spill

Bill Maher Slams Obama, Oil Companies After Gulf Coast Oil Spill
Obama Can't Do Oil Spill Magic

Obama 'too slow to act against oil slick disaster' threatening species along the coast

Can Obama Take Over the Oil Spill Response?

Criticism mounts against Obama for government’s handling of the Gulf oil spill

Quoi ?...
The conspiracy theories behind the BP oil spill

Conspiracy Theories Behind BP Oil Spill in Gulf — From Dick Cheney To UFOs

Goldman Sachs sold $250 million of BP stock before spill

BP CEO and Goldman Sachs sell BP shares before oil spill

BP chief Tony Hayward sold shares weeks before oil spill, so did Goldman Sachs. And halliburton made sure they bought a company that cleans oil and gas fires BEFORE the spill…

Goldman Sachs beat oil spill debacle with BP shares sell-off

Elites sell BP stock weeks before Oil Spill

Web of Evidence: What They Don't Want You To Know
30 Facts Evidencing The Rothschild League Of Bankers Planned The Gulf Oil Crisis


Charbon
Une solution de rechange sensée au charbon, soutient un rapport du MIT


Et par ailleurs, quel genres de destruction environnementale peut-il se produire en ce moment, et partout sur la planète ?...
It came from beneath the sea
Haro sur la «mafia» de la déforestation en Indonésie
Moratoire ou pas, le trafic d'ivoire se poursuit
Les plages mexicaines de la discorde
La fièvre de l'hévéa s'empare de la Côte d'Ivoire

La mangrove «en danger d'épuisement»

Les changements climatiques auraient-ils déjà commencé à nous affecter d'une façon on ne peut plus réelle ?...
Moins de récoltes et des aliments trois fois plus chers  -  Stéphanie Bérubé


Avons-nous seulement une chance de nous en sortir ?...
Taxe carbone: la France va de l’avant  -  Marc Thibodeau

Une planète à réinventer  - DAVID SUZUKI
Il ne faut  juste pas brûler tout ce qui reste !...

Et si ce n'était qu'ensemble qu'on pouvait vraiment changer les choses ?...
Environnement - Pour une gestion concertée


Et si les choses ne pouvaient d'abord se changer qu'au niveau local ?...
Environnement - Pour une gestion concertée


Comment lutter contre la pollution ?...


Et peut-on vraiment concevoir l'avenir énergétique de la planète sans se tourner au moins en partie vers les sources d'énergie dites alternatives ?...
Rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat - Les énergies renouvelables pourraient répondre à 80 % de la demande
En bref - Vers une conversion totale aux énergies renouvelables
Demandes énergétiques: des tendances lourdes
Lester Brown a fondé en 1974 le fameux World Watch Institute - L'énergie du futur serait éolienne...
Conseil mondial de l'énergie - «Nous devons oeuvrer ensemble au bien-être de la planète»
Stratégie de développement énergétique - «Il semble clair que le Québec n'a pas de vision à long terme»
Ressources et disponibilité - Il est temps pour la planète de se tourner vers les sources d'énergie renouvelables
Avenir énergétique du Québec - L'INM animera un débat public région par région
Une bataille sur plusieurs fronts
Le bouquet énergétique de l'avenir

Et les alternatives énergétiues seraient-elles enfin disponibles ?...
TRANSFORMER LA POUBELLE EN CARBURANT

Les Rémillard renoncent à produire de l’électricité avec leurs déchets
L'IREQ met au point une batterie qui dure...50 ans
Salon de l'auto de Montréal - La motorisation électrique démarre pour de bon
Le projet de voiture électrique prend de l'ampleur à Boucherville
Après le Bixi, l'Autoxi...
Toyota Prius rechargeable: la révolution tranquille
Gaz de schistes: des solutions de rechange existent
Jean-Pol Dodelet, Michel Lefèvre, Éric Proietti et Frédéric Jaouen
Des voitures électriques lancées dans la course autour du monde "la plus verte"
Des hydroliennes dans le Saint-Laurent
L'éclairage entame une nouvelle révolution
Electrique/hybride rechargeable: 25% des conducteurs envisagent un achat
Les voitures électriques rouleront au Canada d'ici deux ans, promettent les fabricants
Un projet vert et réaliste - Lysiane Gagnon
Voitures électriques: un autre petit pas du Québec
Can an "all of the above" energy policy really work?
Révolution verte en Ontario
Des avancées majeures
Vers la deuxième génération d'éthanol

Une production cinq fois plus importante dans dix ans
Électrifier les transports: du rêve à la réalité
L'Indonésie, terre de volcans, parie sur la géothermie
À chacun sa petite éolienne
Pour un développement harmonieux de notre électricité - De l'éolien dans le paysage?
Une nouvelle énergie verte testée au Québec
Hydro, boulot, auto - François Cardinal
Premier vol réussi d'un avion à énergie solaire
Une vigne qui pousse dans l'auto - François Cardinal
En bref - Acheteur cherche voiture écolo
Les Rémillard veulent «électrifier» les déchets
Washington doit investir dans les voitures électriques
Hydro-Québec: un appel d'offres qui tombe à plat
Les centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des écolos
Moteur électrique : Hydro-Québec fait une importante découverte
Véhicules électriques : Des « investissements importants » demandés au fédéral
La voiture électrique vole la vedette
L’électricité « faite maison » en Allemagne
La Chine a un grand potentiel éolien
Le Japon vise une voiture électrique à 18 000 $
Une éolienne s’arrime à Mon t réal  -  FRANÇOIS CARDINAL
Voitures vertes : GM veut damer le pion à Toyota  -  Amandine Ambregni
Hydro fait une entrée prudente dans le transport électrique  -  Hélène Baril
L’Ontario donne un coup de pouce aux acheteurs de voitures électriques... allant jusqu'à 10 000 $ !...
La révolution électrique ANDRÉ PRATTE
LE SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER L’EUROPE
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire pression sur Jean Charest
Maîtres chez nous, 2e acte  -  François Cardinal
Aucune nation n'est en meilleure position que le Québec pour réduire sa dépendance au pétrole
LA VOITURE ÉLECTRIQUE AU QUÉBEC : POSSIBILITÉ OU UTOPIE ?
ENTENTE FORD-HYDRO  OUI À L’ÉLECTRICITÉ, MAIS PAS AU MOTEUR DE TM4

Magna rêve de fabriquer des véhicules électriques au Canada


Et leur développement en vaut-il seulement la peine ?...
Le Québec doit-il continuer d’investir dans les éoliennes ?


Et surtout, sommes-nous seulement prêts à accueillir ces dernières ?...
La peur de l'auto électrique


Et se pourrait-il donc que certaines solutions s'apparentent plutôt à de nouveaux problèmes ?...
UNE INDUSTRIEQUI MET TOUT SON POIDS DANS LA BALANCE

La biomasse forestière, pas aussi verte qu’elle en a l’air

Et qu'est-ce qui retient justement ces dernières de prendre leur essort ?...
Une facture, une petite granule  -  Hélène Baril

... à part peut-être certaines lourdeurs bureaucratiques ?...
RMR: Rick and ZENN Car


Le vent se serait-il enfin mis à tourner en faveur de l'éolien ?...
Redéfinir le paysage

Stop, ou encore?
Énergie éolienne: tout le Québec y gagne

Hydro-Québec - Les éoliennes soufflent les tarifs vers le haut

Solaire
Lettres - L'architecture solaire dérange
Environnement - Le Québec sous-exploite le solaire
Énergie solaire: le Québec peut faire mieux

Et s'il était tout simplement illusoire de s'attendre à un quelconque essor des sources d'énergie alternatives tant que ne sera pas tout d'abord implanté un mécanisme consistant à fixer un prix pour la pollution ?...
L’éolien plus rentable sous Hydro-Québec

Refroidissement éolien

Le Québec ne serait-il pas sensé représenter le milieu parfait pour ce  qui est de favoriser l'éclosion et le développement de la voiture électrique ?...
Développement durable - Pourquoi recourir au pétrole quand le Québec affiche des surplus d'électricité ?
Automobile - Le moteur-roue japonais passe en tête
IDÉES ÉLECTRISANTES POUR LE QUÉBEC
L'IREQ met au point une batterie qui dure...50 ans
Autos électriques - Une occasion en or pour le Québec
Sondage Senergis-Le Devoir - Les Québécois prêts à une petite révolution verte

L'heure de la voiture électrique aurait-elle donc enfin sonné ?...
Hiriko - voiture pliable.flv

Communauto prend le virage électrique
Voitures électriques - Hydro jette les bases d'un réseau de bornes de recharge
Des voitures 100% électriques à Montréal
Environnement - Un crédit d'impôt à l'achat d'une voiture électrique ou hybride rechargeable
Les principaux modèles annoncés - L'ère de la voiture électrique est arrivée

À moins que cette dernière ne soit tout simplement pas encore tout-à-fait au point ?...
The shocking truth about electric cars - MARGARET WENTE


A-t-on oublié l’aéroport de Mirabel ?
Véhicules électriques: un début de parcours cahoteux

Les alternatives énergétiques ne pourraient-elles pas au moins représenter ne serait-ce qu'une partie de la solution ?...
L’illusion électrique


Et en fait, comment pourrait-on vraiment repenser l'énergie ?...
Power to the (other) provinces

Comment sauver la Terre sans revoir d'abord notre façon de la cultiver ?...
En bref - Nouveau syndicat d'agriculteurs
Agriculture - Secouer le monopole
Des organismes craignent de voir le Livre vert de Claude Béchard remisé
Terres à louer
Terres agricoles à vendre - François Cardinal
Politique agricole - L'Union paysanne veut des crédits d'impôt pour stimuler l'achat local.
Un fromage politique mis sur la tablette
Les pratiques commerciales de Monsato dénoncées
Le Québec perd 36 producteurs de porcs  -  Stéphanie Bérubé

Moins de porcs, plus de diversité  -  Stéphanie Bérubé
Un nouveau maïs OGM sème l’inquiétude  -  Stéphanie Bérubé
Agriculture : Les concentrations d’ammoniac dans l’hémisphère nord revues à la hausse
La dure loi du barbecue  -  ALAIN DUBUC

A-t-on abandonné la campagne?

Agriculture : l’application du rapport Pronovost demandée
Trois anciens ministres appuient l’UPA

Agriculture bio : Les producteurs québécois sont inquiets

PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE HAUSSE RAPIDE ET PROBLÉMATIQUE -  Vincent Brousseau-Pouliot

LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC DANS LEUR LIGNE DE MIRE -  Vincent Brousseau-Pouliot

L’UPA VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES AGRICULTEURS  -  Hugo Fontaine
Pour une stratégie alimentaire canadienne
Voir aussi QUÉBEC VA DE L’AVANT, MALGRÉ LES HAUTS CRIS DES AGRICULTEURS  -  Maxime Bergeron

Voir aussi

Et d'ailleurs, s'il était plus que temps d'en finir avec la gestion de l'offre ?


Peut-on vraiment réduire nos émissions de gaz à effet de serre sans pour autant chercher à réduire la distance que l'on fait parcourir à nos aliments, comme à tout ce que l'on peut consommer, par ailleurs ?...
Manger québécois : la grande illusion

Et que dire de la forêt ?...
La forêt ne peut pas servir de carburant, selon Greenpeace

Enflure forestière
Nouveau régime forestier - On jugera l'arbre à ses fruits
Prix Michel-Jurdant - L'écologiste forestier avait raison
Forêt: la surexploitation a cessé
L'enjeu de la forêt boréale
Bidodiversité: les Américains font campagne au Canada
Richard Desjardins pourfend Greenpeace
Forêt boréale: l'entente de préservation suscite le scepticisme
Forêt boréale: les écolos et l'industrie s'entendent
La forêt, même privée, reste d'intérêt public
La « révolution » destructrice

Et que penser au juste de l'hydroélectricité ?...
Hydro remains an environmentally sound power source

LA MAL- AIMÉE
Harnachement de la rivière Romaine - Chercher le courant met à mal Hydro-Québec
Libre opinion - Permettre le développement des régions
Lettres - Protégeons nos rivières
Retour en force des petites centrales
Les choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc
L'énergie propre sans frontières

Adieu l’électricité bon marché  -  Gérard Bélanger & Jean-Thomas Bernard
La poétesse, la rivière et les saumons  -  Patrick Lagacé
Lendemain de crise à Hydro-Québec ANDRÉ PRATTE
Voir aussi Hydro vise le Midwest et le Grand Nord  -  Hélène Baril
Hydro pourra doubler ses exportations vers la Nouvelle-Angleterre
Gros gloutons, gros barrages -  PATRICK LAGACÉ
Hydroélectricité : où est passée la fierté? -  ALAIN DUBUC
L’oeuvre d’Hydro-Québec -  ANDRÉ  PRATTE

Hydroélectricité : ÉNERGIE VERTE OU PAS? - Martine Letarte
Hydroélectricité : Québec appuie sur l’accélérateur
HYDRO-QUÉBEC REDÉMARRE LA MACHINE
Propre et renouvelable

Voyage de Jean Charest en France Le projet de la Romaine attaqué dans les pages du Monde

Critique de Jean-Marie Le Clézio contre le projet de la Romaine Réactions divergentes chez les Innus

La courtepointe de Le Clézio  -   Mario Roy
Boom au Havre

Et n'y aurait-t-il pas moyen de faire les choses différemment, et à ce niveau en particulier ?...
Travailler avec les citoyens
Pourquoi pas un label vert pour le Québec?
Un projet vert et réaliste - Lysiane Gagnon


Et si l'augmentation des tarifs d'électricité ne pouvait faire autrement que de servir l'environnement autant que l'économie ?...
La vraie braderie


Et qu'en est-il du nucléaire, en passant ?...
Nucléaire : le choix du Japon

NOUVELLE CRISE ÉNERGÉTIQUE EN VUE
Tokyo veut se défaire de l'énergie nucléaire
L’Allemagne abandonne le nucléaire
With thorium, we could have safe nuclear power - Neil Reynolds
What is the right size for nuclear power? - Neil Reynolds
‘Nasty’ plutonium in soil outside Japan nuclear plant
Nucléaire: la rentabilité avant la sécurité?
Dix raisons de garder ( ou pas) Gentilly- 2
For now, at least, the world needs nuclear power

Indispensable
Tokyo tap water tests two times above radioactive limits for infants

La roulette nucléaire
Une façade trompeuse

La contamination s’aggrave
La peste atomique
Est-ce la fin du nucléaire?
Des normes plus sévères

Stoppé dans son élan
COMMENT LE CORPS RÉAGIT- IL AUX RADIATIONS?

Les failles humaines
If not nuclear, then what?

« Les doses reçues par les travailleurs sont toxiques »
Les grands accidents nucléaires sous la loupe

L’atome et la peur

Nucléaire - Risque incontrôlé
La crise nucléaire en cinq questions
Un niveau de radiations dangereux pour la santé

Radiation level soars after fire at Japanese nuclear plant

De nouveaux doutes sur le nucléaire

Les détracteurs du nucléaire veulent en finir avec l'atome

Le principe « dans ma cour »
Wanted: A made-in-Canada solution to nuclear waste
Entre sécurité et rentabilité - Les dilemmes du nucléaire canadien
Les CANDU risquent l'emballement
Énergie NB: les Québécois se font passer un sapin nucléaire
Centrale nucléaire de Kincardine: 217 employés exposés à des radiations
L'avenir du nucléaire? Plus d'armes, moins de centrales
Malgré le frette et les barbares - Patrick Lagacé
De Tchernobyl à Sept-Îles  -  Patrick Lagacé
Un débat public sur la centrale Gentilly est réclamé -  FRANÇOIS CARDINAL
Gentilly : visite au coeur de l’atome... -  FRANÇOIS CARDINAL
ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS NUCLÉAIRES  Le Bloc et le PQ refusent que le Québec devienne la « poubelle » du Canada
ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES Les provinces auront leur mot à dire


... et quand à l'hydrogène... (tant qu'à parler des solutions qui n'en sont pas vraiment...)
L'hydrogène et le véhicule du futur

Téléportation, autos volantes et hydrogène...- François Cardinal
L'hydrogène: cher et sans avenir?

Quand détruire l'environnement détruit aussi la santé...
La justice indienne rend son verdict 25 ans après - Bhopal: huit employés locaux de la Union Carbide sont condamné
Bhopal  BILAN INCERTAIN
Le destin tragique de Bhopal
Les enfants infirmes de Corby - Mali Ilse Paquin

Et n'avons-nous pourtant pas qu'à dire non ?...
Station de pompage de pétrole bitumineux à Dunham Les écologistes récusent la recommandation de la CPTAQ

Les États-Unis seraient-ils donc de retour dans la partie ?...
Transport automobile - Obama veut rattraper l'Europe
Pollution: Obama cible les camions
États-Unis - Un projet de loi sur l'énergie et le climat est déposé au Sénat
É-U: feu vert à la plus grande centrale éolienne en mer
En bref - GES: le voisin américain fait mieux
Thomas Friedman: ne jamais prononcer le mot «climat»
Les États-Unis s'attaquent à la restauration des Grands Lacs
Obama débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
Clinton tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Obama veut un accord contraignant à Copenhague
Le Sénat américain s'aligne sur la réduction de CO2 d'Obama
Obama sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un succès à Copenhague est en vue»
Coup de pouce d'Obama à Copenhague
Obama et le Sénat planchent sur le climat
Alstom dévoile la plus grande installation de captage au monde
Obama veut moderniser le réseau électrique américain
Les centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des écolos

Obama s'en prend aux sceptiques du réchauffement climatique
Ça bouge (un peu) à Washington  -  RICHARD HÉTU
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C  -  Marc Thibodeau
ÉTATS-UNIS  Vote historique du Congrès sur le climat - RICHARD HÉTU
La « prime à la casse » a permis la vente de 700 000 automobiles

Obama veut prolonger la prime à la casse  -  Laurent Lozano
La révolution automobile d’Obama - ALAIN DUBUC
Washington veut des voitures plus « vertes »
Les États-Unis «prêts à rattraper le temps perdu»
Le changement climatique, la priorité du Congrès américain
Washington reconnaît l’impact du changement climatique

Plan d’établissement de trains rapides aux États-Unis
Les États-Unis favorables à l'élimination progressive des HFC

Voir aussi Obama et l'environnement

... Et y aurait-il donc encore de l'espoir ?...
Chine : L’opération séduction  -  Barthélémy Courmont
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C  -  Marc Thibodeau


La nouvelle économie serait-elle à portée de main ?...
ÉTATS-UNIS   Le berceau de l’automobile parie sur les emplois verts
Héroux-Devtek veut accroître sa présence dans l’éolien

Quand le vent, et même toute la planète, semblent tourner de notre côté...
Les centres de tri respirent un peu mieux
Les centres de tri sortent de la crise   -  Martin Vallières

Géothermie
Geothermal power coming



Ceci dit, n'y a-t-il pas encore loin de la coupe aux lèvres, en réalité ?...
Le défi énergétique pourrait emporter le gouvernement McGuinty

Environnement - La Maison-Blanche renonce à revoir sa réglementation sur la qualité de l'air
À cause de l'inaction de Washington - Abandon du plus gros projet de captage du CO2 aux États-Unis
Nouveau SOS contre la déforestation
Écolassitude
Le marché du carbone bat de l’aile

Climat et biodiversité - Des avancées qui se butent à l'immobilisme politique
Centrales thermiques aux États-Unis - Plus de 130 sites d'enfouissement de cendres contaminent les nappes d'eau
Carte blanche à l'inaction
Impuissance pétrolière
Action on global climate may drift for years
États-Unis - Un gros échec environnemental
Le G20 doit annuler les subventions aux pétrolières
Risque de catastrophe écologique majeure en Louisiane
Défaite pour les écologistes et les indigènes en Amazonie - Le barrage géant sera construit
Obama relance l'exploration pétrolière
Whatever happened to climate change?
Sables bitumineux: l'Europe recule sous la pression d'Ottawa
GES: l'idée d'un régime nord-américain est abandonnée
Trois groupes industriels quittent le partenariat pour le climat
La collaboration entre le Canada et les États-Unis menacée
Obama: une année peu convaincante - François Cardinal
Obama, pire que Bush ?  -  Jeffrey D. Sachs
Des déchets à la mer!
Tuiles sur Copenhague - André Pratte
Obama et l’APEC jugent « irréaliste » un accord légalement contraignant
Cul-de-sac climatique  -  FRANÇOIS CARDINAL
Sommet international sur le climat : Vers un échec à Copenhague ?  
RÉDUCTIONDES ÉMISSIONS DEGAZ À EFFETDE SERRE Les pays émergents refusent de s’engager sur des cibles précises -  Marc Thibodeau
Deux degrés qui font une différence ?  -  François Cardinal

Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C  -  Marc Thibodeau
Obama redécouvre le pétrole bitumineux -  François Cardinal
Des autos plus efficaces… mais plus polluantes  - FRANÇOIS CARDINAL
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Un lobby américain a sciemment menti
Les pays développés et émergents ne s’entendent pas
L’air deMontréal moins bon en 2008

RECYCLAGE DE PILES USAGÉES  Les écocentres repoussent les commerçants - François Cardinal

Entrepreneurs tout-puissants


Les Conservateurs pourraient-ils pourtant démontrer leur irresponsabilité de manière plus flagrante qu'à travers la négligence, sinon le mépris qu'ils peuvent témoigner envers l'environnement ?

Climat - Échec lamentable

Le gouvernement conservateur ne fait-il vraiment que toujours repousser toujours plus loin les limites du je-m'en-foutisme environnemental ?...

GES: le Canada n'imitera pas les nouvelles règles américaines

Les Conservateurs auraient-ils complètement laissé tombé l'environnement ?...

Coûteuse, dommageable et inefficace
Gaz à effet de serre - Aveuglement coûteux
GES: Ottawa a menti sur ses cibles, dit l'opposition
GES: l'opposition dénonce l'inaction du gouvernement
GES: Ottawa se désengage
The numbers say it all: Canada is a climate-change miscreant - Jeffrey Simpson

Et en persistant à se moquer de l'environnement, notamment en laissant au pouvoir les Conservateurs, le Canada n'est-il pas surtout en train de passer à côté de son propre avenir ?...

Réduction des gaz à effet de serre - Le Canada a tout à perdre à attendre
Énergie rime avec idéologie - François Cardinal
Énergies vertes: le Canada manque le bateau, selon le Climate Group

Les Conservateurs auraient-ils besoin que le Canada se retrouve avec sa propre marée noire pour cesser
enfin de se laisser contrôler par l'industrie pétrolière ?...
L'industrie pétrolière finance une réunion ministérielle sur l'énergie
La sécurité avant les profits
Don’t talk about oil-spill risks, minister told after Gulf disaste
Forages pétroliers - Pas question d'interdiction
Eaux canadiennes - Greenpeace exige des lois plus sévères en cas de marée noire
Le Canada peut-il éviter une marée noire ?

À moins que la leçon ait finalement été comprise ?
Le Canada reverra ses règles du forage extracôtier

Et en fait, l'asservissement du gouvernement envers l'industrie pétrolière serait-il donc en train de menacer la santé même des Canadiens ?...

En bref - Eau potable en Alberta:les libéraux accusent Harper

Les Conservateurs peuvent-ils vraiment faire autrement que de repousser toujours plus loin les limites de l'inacceptable en ce qui a trait à l'environnement ?...
Colère à Environnement Canada

Canada opposes U.S. effort to ban polar bear trade
Un gouvernement incompétent - André Pratte
La vraie sottise - Alain Dubuc

Pollution automobile - Prentice provoque la stupeur du Québec
Vive tension sur le climat entre Ottawa et Québec
«Sottise»: Charest réplique sèchement à Prentice

Copenhague: Ottawa abaisse sa cible
Climat: salve de critiques contre Ottawa
Canada moves to lower greenhouse target, critics say
Canada outlines greenhouse-gas targets
Wait for the details on Canada’s Copenhagen submission - Norman Spector


Les Conservateurs se seraient-ils donnés pour but d'éteindre les forces vives de tout ce qui se rapporte à la protection de l'environnement ?...

Tory axe hits ‘muscle and bone’ of climate science, Elizabeth May says
Climat: le fédéral coupe de moitié le financement de la recherche
En bref - Le sort de la FCSCA préoccupe le monde scientifique
Le centre sur le climat de l'UQAM au bord de la fermeture
Les cerveaux du climat désertent le Canada
Des chercheurs songent à partir - François Cardinal


Les Conservateurs auraient-il carrément déclaré la guerre à l'environnement ?...
Ottawa abolit 776 postes en environnement
Climate-change reputation in tatters? Try blustering
Charge contre les conservateurs  -  Denis Lessard
Le logo de Greenpeace banni de la colline parlementaire

Et en fait, la guerre que semblent livrer les Conservateurs à l'environnement n'est-elle pas en train de prendre des proportions tout à fait ridicules ?
Canada’s commitment to ozone study


Les Conservateurs se moqueraient-ils tout simplement de l'environnement ?
Les conservateurs boudent les groupes écologistes

Does Peter Kent even care about emissions? - Jeffrey Simpson
A changing climate – just not in cabinet - Jeffrey Simpson
Incurie souriante
Ottawa néglige la surveillance du climat - Un rapport interne d'Environnement Canada sonne l'alarme
Changements climatiques: trop peu, trop tard
Sables bitumineux : Une plainte contre Ottawa est déposée à la Commission de coopération environnementale
Ottawa suspend le programme de rénovations écoENERGIE
Tories curtail key environment rules
How the Conservatives dodged the climate bullet
Ottawa ne mettrait pas un sou dans la Maison du développement durable
La stratégie de développement durable se fait attendre
Budget fédéral 2010 - L'environnement et le climat en deuil
Environnement - Rien pour verdir le bilan des conservateurs
Les évaluations environnementales passent aux mains de l'Office de l'énergie

Maxime Bernier has 'long history' of climate-change denial
La Convention sur la biodiversité souhaite que le Canada donne l'exemple
M. Harper ne veut rien savoir - André Pratte
Les conservateurs sommés de mieux financer la recherche en environnement
Des déchets à la mer!
Un député conservateur sceptique des changements climatiques
Le fédéralisme bitumineux - Alain Dubuc
Ottawa et Québec accusés de financer les écosceptiques
La réduction des cibles pour le secteur pétrolier sème la consternation
GES: Ottawa envisage des cibles plus faibles pour le secteur pétrolier
Des athlètes pressent Harper d'agir à Copenhague
Climat: les villes réclament l'aide d'Ottawa
Greenpeace dénonce l'inertie d'Ottawa
Harper, Obama, même combat? - Alain Dubuc
Réchauffement: le Canada n'est pas prêt - François Cardinal
Ottawa reste de glace - François Cardinal
Des manifestants ont occupé les bureaux de Jim Prentice
Climat: le Canada n'est pas pressé d'agir
Ottawa épinglé pour sa gestion des programmes verts
Un nouveau maïs OGM sème l’inquiétude  -  Stéphanie Bérubé
GES Rapport du commissaire à l’environnement - Ottawa ne peut démontrer l’efficacité de ses mesures
Les environnementalistes somment Ottawa d’agir 

Et les Conservateurs ne réussiraient-ils donc qu'à faire la honte du Canada de par le mépris pur et simple que ceux-ci peuvent témoigner envers l'environnement ?...

Canada’s message: The world and its climate be damned - JEFFREY SIMPSON
Le Canada est au nombre des pires gestionnaires de gaz à effet de serre
Kyoto sans le Canada?
Attention, fragile! - François Cardinal
Pays hôte - Le Canada doit donner l'exemple

Et lorsque le gouvernement conservateur s'engage à faire quoi que ce soit pour l'environnement, se pourrait-il donc qu'il ne se trouve en fait qu'à tout simplement se moquer de la population en lui mentant de façon aussi arrogante que grossière ?...

A coal-fired plant and the lie of the land

GES: Ottawa devra décupler ses efforts



Les Conservateurs ne seraient-ils pas surtout en train de nous isoler, en s'obstinant à ne vouloir que bloquer tout avancement dans ce dossier ?...
Kyoto et le Canada - Une position qui nous coûte cher
Environnement - L'éthique élastique
A convenient excuse for climate inaction
Le lobbyisme d’Ottawa contraire à l’avis d’Environnement Canada
Voir aussi Les Conservateurs feraient-ils pâlir notre image ?
Climate change puts Conservative ‘knuckle draggers’ on hot seat

Playing a dirty game: exporting asbestos - Jeffrey Simpson
Le ministre Prentice sous pression
Pourquoi M.Harper était-il à Copenhague?
Harper n'exclut pas une taxe sur le carbone... si les États-Unis le font d'abord !...
Où est Stephen? - Alain Dubuc
LE CANADA « FOSSILISÉ »
Harper absent du podium
Le Canada victime d'un canular à Copenhague
GES: le Canada s'expose à des sanctions économiques
Palmarès climatique: le Canada recalé
Pourquoi s'acharner sur le Canada? - François Cardinal
Harper devra en découdre avec Layton
Le Canada, une menace contre la paix dans le monde?
Greenpeace dénonce l'inertie d'Ottawa
Marché climatique de Montréal: nouvel élan de Copenhague
Ottawa n'entend pas faire de nouvelles concessions à Copenhague
Harper rate le virage vert, selon Ignatieff
En tête des opposants
Climat: tous les pays doivent participer à un accord, dit Harper
Le Canada montré du doigt à Barcelone
Changements climatiques : le ministre Prentice «dépasse les bornes»
CHANGEMENTS CLIMATIQUES  Le ministre Prentice s’attire les foudres de l’opposition   -  Malorie Beauchemin
Les libéraux sont divisés par une motion des conservateurs
« Le gouvernement ne veut pas voir d’entente à Copenhague » 
Sommet sur le climat à l’ONU hier / Harper se défend d’être sur la touche 
Le Canada essuie les critiques du GIEC  -  FRANÇOIS CARDINAL
BULLETIN ENVIRONNEMENTAL DUWWF   Le Canada au dernier rang
ENVIRONNEMENT - Ottawa veut ralentir Washington... et Schwarzenegger !

Et d'ailleurs, les Libéraux semblent-il maintenant vouloir vraiment faire mieux sur ce dossier ?...
Les libéraux sont divisés par une motion des conservateurs


Les Conservateurs ne pourraient-ils démontrer de leadership que si de vrais leaders en démontrent avant eux, les forçant ainsi à en "démontrer" eux aussi ?
Le resquillage climatique

Les changements climatiques seront à l'ordre du jour du G8 et du G20
GES: Maxime Bernier défend l'attentisme d'Ottawa
GES: l'idée d'un régime nord-américain est abandonnée
Pollution automobile - Washington et Ottawa seront au diapason, affirme Jim Prentice
Copier les É.-U.? - André Pratte
Canada ties new emissions-cuts targets to U.S. goals
Canada moves to lower greenhouse target, critics say
Canada outlines greenhouse-gas targets
Changements climatiques: Harper change de ton
GES: le Canada doit s'aligner sur les États-Unis, dit Prentice
Harper en phase avec Obama sur le climat
M. Harper va à Copenhague - André Pratte
Obama y sera, Harper attendra
Climat: Harper plaide pour un accord global

CHANGEMENTS CLIMATIQUES  Pas de plan intérieur avant un plan international, dit Prentice  -  Malorie Beauchemin

Voir aussi En fait, à travers la "gestion" qu'ils font de l'environnement, et surtout à travers l'absence de cette dernière, les Conservateurs ne sont-il pas en train de dépouiller le Canada de sa propre souveraineté ?...

Et si le fait de de "s'aligner sur les États-Unis" ne s'avérait en fait pas plus qu'un prétexte de plus pour ne rien faire, après tout ?..

New U.S. emission rules increases pressure on Harper government

Les États- Unis avancent, le Canada stagne


Les "politiques" des Conservateurs ne seraient-elles en fait que des "écrans de fumée" n'ayant d'autre but que de dissimuler leur propre inaction ?...
Énergie - Un plan, lequel?
GES: la stratégie d'Ottawa n'aura aucun effet
Changements climatiques: trop peu, trop tard
Ottawa veut assouplir les évaluations environnementales
Qualité de l'eau du Saint-Laurent - Ottawa tarde à renouveler sa stratégie pour le fleuve
Pour protéger l'eau, Ottawa devrait s'attaquer aux changements climatiques
RÉDUCTIONDESGAZ À EFFETDE SERRE Ottawa veut instaurer des crédits compensatoires

Les Conservateurs ne seraient-il capables que de réduire la question leur discours sur l'environnement à un faux débat entre l'économie et l'écologie ?...

Ottawa veut réduire les GES sans renoncer aux sables bitumineux


Les Conservateurs ne reconnaîtraient-ils la fonte des glaces arctiques que lorsqu'il est question d'en profiter pour s'enrichir, et même de ne le faire qu'en exploitant toujours plus de pétrole ?...

As the sea ice melts, so melts the Arctic - Jeffrey Simpson
On the bright side, the PM did say ‘climate change’ - Jeffrey Simpson
Cannon amorce son séjour en Arctique
Les écologistes dénoncent l'exploitation de l'Arctique
Arctique: une autre épreuve de force entre le Canada et la Russie
La géopolitique du climat au Canada - François Cardinal

Les sables bitumineux représenteraient-ils donc la honte de notre nation ?...

Canada’s ‘ethical oil’ push gets tarred in British papers
Keep Alberta's oil in the ground
Obama tracassé par la « nature destructrice » de l’industrie
Embrace, don’t fight, harmony between the sands and the land in Alberta - Globe Editorial
Des émanations de CO2 sèment l’émoi
Ni verts ni sales
Ottawa et l'Alberta contrôlent mal les sables bitumineux
Un nouveau rapport alarmant
Why the OECD tore a strip off Alberta
Sables bitumineux: plus de plomb et de mercure dans l'air et l'eau
Le boycottage du pétrole albertain s'accentue
Audubon publie un article critiquant les sables bitumineux

Et notre négligence systématique de l'environnement peut-elle vraiment faire autrement que de compromettre la crédibilité de tout projet futur, ne serait-ce qu'au niveau environnemental ?...
Notre Arctique

Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne comprennent tout simplement rien à l'environnement ?...

À peine nommé, Peter Kent est déjà dans l’embarras

Peter Kent’s green agenda: Clean up oil sands’ dirty reputation


Y a-t-il encore de l'espoir pour le Canada en matière d'environnement ?...
Sables bitumineux: Paul Martin estime que les É.-U. ont une responsabilité
Sables bitumineux: Washington devrait payer

Le Canada veut partager la facture avec les É.-U.
Ottawa s'engage à préserver la nature en Amérique du Nord
Cha ngements climatiques : Le Canada doit d’abord restructurer son économie

... et en fait, le pays peut-il encore espérer ne serait-ce que sauver la face à ce niveau ?...
«Les projecteurs seront fixés sur le Canada»

Gary Doer chargé de redorer le blason du Canada


Le dossier environnemental ne se trouve-t-il pas surtout à illustrer à quel point le gouvernement Harper est prêt à mener des batailles d'arrière garde ?
Le Parti conservateur a maille à partir avec une veuve d'une victime de l'amiante
Vers la fin de l'amiante?
Even the dying and the doctor support chrysotile mining in Asbestos
Asbestos Exposure and Cancer Risk
Asbestos as a cause of lung cancer
Information Sheet for Former Conwed Workers

Human cost of asbestos is not worth the jobs
With asbestos, we are the Ugly Canadians - Jeffrey Simpson
Canada concedes science against asbestos is sound, but still opposes export limits
Le Canada fait cavalier seul au sommet de Genève
Canada moves to block listing of asbestos as 'hazardous'

Et par ailleurs, le gouvernement Charest ne se rend-il pas encore plus ridicule en se permettant de critiquer le gouvernement fédéral tout en étant pourtant loin de faire mieux que ce dernier ?...

NO EXTENSION FOR JEFFREY MINE
Appui « inquiétant » aux sables bitumineux
De nouvelles photos gênantes pour l’industrie de l’amiante
Amiante - Affaire de santé
Dumping toxique
Editorial: Stop promoting asbestos exports
L'amiantose élevée au statut de secret d'État?
Amiante - Un devoir moral - Bernard Descôteaux
The Lancet exhorte Québec à ne pas soutenir la mine d’amiante
Des Asiatiques en appellent à la conscience des Québécois
Medical journal takes on asbestos industry in Canada
Des Asiatiques viendront protester au Québec
L’amiante sécuritaire
POUSSIÈRE SUR LA VILLE
Le paradoxe d'Asbestos
Amiante: des photos embarrassantes pour une mine québécoise
Des médecins jugent que l'utilisation sécuritaire de l'amiante est une «chimère»
Quebec asbestos mine financing hits new snag
Amiante - Une enquête journalistique montre le Canada et le Québec du doigt
Investigation slams asbestos industry
Des faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les écosystèmes québécois
Protection des espèces aquatiques - Québec doit se mouiller
Algues bleues - Québec a un problème de transparence
L'amiante tue - François Cardinal
De nouvelles voix s'élèvent contre l'aide de l'État à la mine Jeffrey
Opposition à un soutien financier à la mine Jeffrey
Changements climatiques - Les émissions de GES sont absentes du bilan du gouvernement québécois
Amiante: Khadir accuse Bolduc de manquer à ses responsabilités de médecin
Énergie verte: la grande diversion
Financement des organismes environnementaux - Les groupes restent dans le doute
Trop tôt pour sauver les rainettes, dit le Ministère
Exportation d'amiante: des scientifiques accusent Québec d'«hypocrisie»
Une coalition en faveur du chrysotile voit le jour
Les groupes écologistes veulent des sous du Fonds vert
Crise de financement dans les groupes environnementaux
Du pétrole « sale » au Québec ?
Une fibre québécoise - Le mystère politique de l'amiante
Les libéraux refusent de débattre sur l'amiante
Amiante chrysotile: des propos accablants pour le Canada
Lettres - Merci M. Charest
Quebec quietly promotes oil-sands opportunities
Mission commerciale en Alberta: Charest critiqué à Ottawa
Quand c'est notre cochonnerie - Alain Dubuc
Québec voit des «occasions d’affaires» dans les sables bitumineux
L'embarras de Jean Charest en Inde
Lettres - Bonne conscience
Amiante: les travailleurs indiens critiquent Charest
Mission Inde 2010 - Charest est rattrapé par les victimes de l'amiante
Amiante: l'image du Québec ternie
It is deeply immoral for Quebec to sell asbestos
Les gaz à effet de serre en hausse au Québec
Honteux et indéfendable - Rima Elkouri
L'amiante rattrape Jean Charest

À l'Inde d'imposer des normes plus sûres, dit Jean Charest

Amiante - Des travailleurs indiens accusent Charest d'être irresponsable
Amiante: l'Inde attend Charest de pied ferme
Amiante: les travailleurs indiens critiquent Charest
La détermination de Charest pour l'environnement applaudie en Inde

Notre arrogance - André Pratte
Notre leadership -  Line Beauchamp
Marianopolis: Québec donne son accord au projet
Le PQ accuse le PLQ de contribuer à l'échec de Copenhague
Agissons ou taisons-nous  -  ANDRÉ PRATTE
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le retard des audiences 
Québec pourrait virer son capot sur l’amiante  -  François Cardinal

Amiante: le Québec a la norme la plus permissive en Occident 
Amiante : Québec persiste et signe  -  FRANÇOIS CARDINAL
Les algues bleu-vert persisteront malgré le printemps frais Il faut voir à long terme, dit la ministre Line Beauchamp

...Et seraient-ils pourtant les seuls à se draper de vert afin de cacher leur statut de dernier de classe en la matière ?...
Gilles Vaillancourt pris à partie  -  Martin Croteau

LAVAL  Le discours écolo du maire dénoncé  -  Charles Côté

En fait, le contraste n'est-il pas total, entre le discours environnemental de nos "leaders", et le manque de leadership que ceux-ci démontrent pour ce qui est de justement faire passer ce discours à la réalité ?...

Incitatifs gouvernementaux à l'achat de véhicules verts - Beaucoup de bruit pour pas grand-chose...
Faites-nous confiance... - François Cardinal

Et s'il peut nous rester quelque réputation environnementale que ce soit, se pourrait-il donc que celle si s'avère carrément surfaite ?...

De possibles déversements dans les Grands Lacs inquiètent les experts

Se pourrait-il d'ailleurs que nous ne soyions tous pas vraiment aussi verts que nous aimerions le faire paraître ?...
Lutte contre les changements climatiques - La part des transports reste lourde
Les rejets municipaux, pollueurs numéro 1
Climate change? Not in this campaign - Jeffrey Simpson
En bref - La toilette, cette poubelle
Un rapport de l’ONU réprimande le Canada
Le nouveau Plan Saint-Laurent néglige des pans du fleuve
Hazards of the mighty pesticide wand
Des faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les écosystèmes québécois
Journée compte-gouttes - Le Québec doit réduire sa consommation d'eau, rappelle RÉSEAU Environnement
Le Canada incapable de gérer son eau
Les égoûts fuient dans tout le pays
En bref - Lancement d'une campagne de publicité anti-Alberta
L'environnement, priorité des Canadiens
Ni rose ni vert - François Cardinal
Sommet sur la biodiversité de Montréal - Montréal protège mal sa biodiversité
En bref - GES: le voisin américain fait mieux
Gaz à effet de serre - Québec rate l'objectif de Koyto
Pollution minière : des employés d'une filiale canadienne arrêtés en Mauritanie
Fighting the blue-green algae plague is blooming complicated - Jeffrey Simpson
Les gaz à effet de serre en hausse au Québec
Des déchets à la mer!
Récupérer? Oui, mais... - Ariane Krol
Agissons ou taisons-nous  -  ANDRÉ PRATTE
Les Canadiens moins « verts » en réalité  -  Catherine Handfield

Et aurions-nous donc même une petite tendance à revenir en arrière ?...
Pourquoi?

Environnement - Des voix multiples s'élèvent contre l'abolition de Recyc-Québec
La disparition de RecycQuébec inquiète l’industrie du pneu recyclé

Serions-nous par ailleurs en train de nous livrer en douce à l'élimination systématique de nos propres milieux humides ?...
Les milieux humides pourraient disparaître


Et quelles autres nouvelles mauvaises surprises trouve-t-on encore le moyen de réserver à l'environnement, par ailleurs ?...
Une guerre de l'eau à Montréal


Et que dire du Parti Vert, pendant qu'on y est ?...
Elizabeth May should have been heard

Le grand pari d'Elizabeth May
‘Vision Green’ platform includes carbon tax, income-splitting
« La voix de la conscience et de la raison » , dit May

Elizabeth May sees ‘clear two-way race’ with Tory incumbent Gary Lunn
L'amour en vert
Parti vert du Canada - Remous internes autour du leadership d'Elizabeth May
It's a tough climate for Elizabeth May and the Greens - Lawrence Martin

Elizabeth May takes your questions: How would the Greens tackle health care?


Et jusqu'à quel point de telles mesures sont-elles vraiment impressionnantes ?...
Marché du carbone: le projet québécois comporte des failles
Québec inc. souffle le chaud et le froid
La réforme sur la qualité de l'atmosphère - De l'air pour les citoyens ou pour les industries ?
Québec resserre les normes sur la qualité de l'air - Les règles étaient restées inchangées depuis 32 ans
Véhicules électriques - De la poudre aux yeux... verte
Taxons l’énergivore
Offensive pour les véhicules électriques - Québec tente de faire oublier ses échecs
Développement des véhicules électriques - Un plan d'action mal parti
Compost : La ville centre ne paiera qu’en partie  -  Éric Clément
Québec veut réduire ses émissions de 20% en 2020
Pouf! On a «éliminé» les déchets... - François Cardinal
Repenser le déchet - Ariane Krol
Agissons ou taisons-nous  -  ANDRÉ PRATTE
MONTRÉAL PREND LE LEED  -  François Cardinal
Nouveau plan pour les énergies vertes
Normandeau annonce un premier projet éolien
Accord sur les émissions de gaz à effet de serre  Le Québec accepte un plafonnement

Et se pourrait-il pourtant que nos gouvernements eux-mêmes soient parfois capables de certains bons coups ?...
En bref - Vers des réfrigérateurs moins énergivores

Gaz à effet de serre - L'enjambée du Québec
GES: feu vert au plan de réduction
Les entreprises devront élargir la récupération
Le Québec à la remorque
Les sources d'eau potable protégées?
Québec veut adopter un mode d'analyse plus complet des impacts écologiques
Nouvelle taxe sur l'essence dès samedi
Québec imposera une redevance sur l'eau de 8,8 millions aux industriels
Les routes se vident des vieux «bazous»
Quebec gets tougher on polluters - at last
La «police verte» sera plus musclée
Québec appuie sur l'accélérateur électrique
Auto-emission deal clears the air
GES des véhicules: Québec crie victoire
Tremblay veut appliquer la taxe d'accise sur l'essence avant l'été
Compostage à Montréal: quatre lieux choisis d'ici mai
Paying for packaging makes sense
La facture du recyclage refilée aux entreprises
Les maires demandent une hausse de la taxe sur l'essence
Une annonce d'un demi-milliard
Gérald Tremblay propose d'augmenter la taxe sur l'essence
Charest veut électrifier tout le transport de la province
Québec interdira l'enfouissement du papier, puis des déchets de table
Six projets d'usine de compostage sur les rails à Montréal
Des réactions positives à la nouvelle politique verte de Québec

Les États fédérés ont un rôle à jouer, plaide Jean Charest  -  Richard Hétu
LeQGdes écolos dumondeàMontréal
CONGRÈS DES JEUNES LIBÉRAUX   Les automobilistes dans la ligne de mire
Jean Charest sera à Copenhague
Les fabricants seront obligés de recycler - François Cardinal
Montréal aura bientôt son usine de désinfection


Car après tout, pourquoi attendre que les gros joueurs bougent plutôt que de soi-même décider d'aller de l'avant ?...
Les villes et provinces exigent une place à la table des négociations

Le Québec et Copenhague - Alain Dubuc
 
Mais pourtant, pourquoi le moindre changement semble-t-il ne jamais pouvoir ici se faire qu'à pas de tortue ?...
STM - Le réseau entièrement électrifié en 2026 : Une première en Amérique du Nord
Le Canada a réduit ses émissions de GES de 2,1% en 2008
Un bac de compostage à la maison d'ici 2014 dans le Grand Montréal
Un échec, le bac-sac? - François Cardinal

Repenser le déchet - Ariane Krol
Vers une collecte des résidus de table  -  Martine Letarte
EFFORTS À LA POUBELLE  -  Philippe Sartre
L’île de Montréal ratifie un plan de 240 millions  -  Martin Croteau
Compostage à Montréal : L e nom bre de foyers desser vis triplera 
Le bac brun pour tous d’ici 2014 -  Charles  Côté
Lancement d’un nouveau bac de récupération

Un… euh… un machin de recyclage  -  Marc Tison


Et à force d'avancer à force d'initiatives personnelles et collectives, comment pourrait-on ne pas y arriver ?...
While global climate talks flounder, domestic initiatives advance

The green roofs of Montreal
Le révolutionnaire agricole
La femme qui a fait chuter Chevron
Les leçons du sac en plastique
Clean energy: getting a pulse on Vancouver - Jeffrey Simpson
Voiture en commun
Benoît Robert, président de Communauto - Les deux mains sur le volant
ADM vend des crédits de carbone
Crédits de carbone: de l'école à la banque
Voitures électriques: un autre petit pas du Québec
Environnement - L'ordinateur, espèce menacée?
Une société aurifère à contre-courant
Des déchets pour faire pousser nos légumes
ST-LOUIS INDUSTRIES D’ACTON VALE  Haro sur l’asphalte usé
ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac distribué
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher

Idéal, le scooter électrique ? -  FRANÇOIS CARDINAL

Et ne pouvons-nous pas faire nous-mêmes notre part ?...
À l’école sans ma voiture  -  François Cardinal
Lundi sans viande  -  Stéphanie Bérubé

Et si tout commençait en fait par notre propre consommation ?...
Tempête dans l’assiette bio  -  Stéphanie Bérubé


Et surtout, quels seraient les moins bons joueurs qu'il vaudrait donc mieux ne pas trop encourager ?...
Le (bon vieux) catalogue: un dinosaure en voie de disparition?

LA FIN DU BOTTIN ?  -  François Cardinal
Des internautes partent en croisade contre les Pages Jaunes  -  Martin Croteau

HARO SUR LE CATALOGUE SEARS  -  François Cardinal

Les fournisseurs de cellulaire ne sont pas « verts »

N'avons-nous pas qu'à suivre l'exemple de véritables leaders ?...
En bref - Taxe carbone en Australie
Crosscheck: The greenest province?
APRÈS LE PC, BILLGATES S’ATTAQUEAUX TOILETTES
Australia’s PM shows political courage on climate change-Jeffrey Simpson
GES: l'Europe fait le pari de l'efficacité énergétique
Réduction des gaz à effet de serre - Succès imprévu du bonus-malus
L’énergie solaire brille dans l’Ouest américain
Bourse du carbone - L'aviation civile prise de vitesse par l'Europe?
ADM vend des crédits de carbone
Crédits de carbone: de l'école à la banque
Révolution verte en Ontario
L'Indonésie, terre de volcans, parie sur la géothermie
Automobile - La France prend le virage électrique à pleine vitesse
Let’s give our grandkids a powerful legacy
Longueuil n'achètera plus que des autobus hybrides
Ontario takes green lead with record $8-billion energy investment
Auto-emission deal clears the air
Des Américains payés pour économiser l'énergie
Deux entreprises américaines boycottent les sables bitumineux
Seattle: le secret d'une ville verte
Une population qui consomme vert

Course aux investissements verts: l'Ontario décolle
TerraCycle lance le déchet commandité au Canada.

Des Jeux verts, verts, verts... - Yves Boisvert
La Californie s’attaque aux écrans plats énergivores  -  Nicolas Bérubé
Taxe carbone: la France va de l’avant  -  Marc Thibodeau
La femme qui plantait des arbres  -  Laura-Julie Perrault

Les ours polaires protégés
Conçu pour ne pas durer... -   François  Cardinal
Un devoir des entreprises  -  Pierre-Marc Tremblay

COUSTEAU : LE FILS DU COMMANDANT  -  Mathieu Perrault
GUY LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE, ÉCOLO...  ET GrARDIEN DE L'EAU !...
Où sont nos villes vertes ?... - FRANÇOIS CARDINAL
Le virage vert de Monaco

Ne semblerait-il pas d'ailleurs que nous soyons aussi capables d'avancer du moment que l'on s'y met pour de vrai ?...

Le secteur du stade passe au vert  -  Éric Clément


Comment rouler plus proprement qu'à vélo ?...
L'Amérique à vélo - François Cardinal

Plus de vélos, moins d’accidents...  -  François Cardinal

Pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas devenir une nouvelle capitale du vélo ?...
« Montréal doit montrer la voie »
Bixi sous la loupe du vérificateur
Le Bixi arrive à Londres
Bixi sur le chemin de la rentabilité
Opaque, le Bixi
La «saga des racks à bicycles»
Pédaler dans la neige? - François Cardinal
25e TOUR DE L’ÎLE Montréal transformé en capitale du vélo
Bixi ira à Londres et à Boston  -  Sara Champagne
Des Bixi à Ottawa, à Gatineau et peut-être à Seattle
Le Bixi étend son empire

Un loueur de vélos se dit pénalisé par le Bixi
Le seul problème avec le Bixi : il marche trop bien !...
Une quarantaine de Bixi disparus

Auto, métro, vélo, boulot, dodo -  FRANÇOIS CARDINAL
Dix idées pour améliorer le Bixi

ENVIRONNEMENT -  Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine
Les stations Bixi suscitent plus de curiosité que d'enthousiasme...
La leçon de Bixi -  PIERRE FOGLIA
Bixi : Montréal exporte son modèle en Amérique -  François  Cardinal
Aux vélos, citoyens !
Le vélo BIXI de Montréal plus cher
voir aussi : Bixi, blogue et bullshit -  PATRICK LAGACÉ


APRÈS LES BIXI, LESVOITURES LIBRE- SERVICE



Et pourquoi ne pas se doter d'un système de transports en commun digne de ce nom, pendant qu'on y est ?...
Une idée géniale en péril

Donner avant d’enlever
Les villes lentes, l'avenir de l'urbanité
Ils ont dit non aux bouchons
Le taxi collectif pour contrer les bouchons
Your Views: Problems with public transit
On s’y fait
QUÉBEC RALENTIT LE RYTHME
Retour vers le futur
Électrification des transports collectifs: une «corvée» de 7 milliards
En attendant le plan d’ensemble
Comment on étouffe une ville
Une décennie de revirements
Bouchons maudits
Tarifer au lieu de taxer
Plan de transport: maigres moyens, maigres résultats
Lutte contre les changements climatiques - Le Québec est bon élève, sauf dans le transport routier
Build it and they shall ride
Un pas à la fois - Nathalie Collard

Enquête sur les habitudes de déplacement - Les transports en commun gagnent du terrain sur l'automobile
Le transport collectif gagne du terrain
S’inspirer de Londres -  Adrien Pouliot
L'AMT serait «encadrée» par les municipalités

Le métro chinois - Yves Boisvert
La STM refuse de se convertir aux roues d'acier

Renouvellement des voitures du métro - La STM rejette l'offre chinoise
Métro de Montréal: Québec doit rouvrir l'appel d'offres
Métro: une société chinoise prête à recourir aux tribunaux

La Ville injecte 450 millions dans les transports en commun
La STM peut faire mieux - Nathalie Collard
«Nous vous avons entendus», jure l'AMT à ses usagers
Le tramway est rentable, dit le maire de Bordeaux
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non  -  MARIE-CLAUDE LORTIE
Parlons transport  -  NATHALIE COLLARD
En attendant les grands projets...  -  Bruno Bisson

Transports collectifs : Quelles sont les priorités ?  -  Florence Junca-Adenot
J’angoisse à l’idée de prendre l’autobus et le métro pour aller travailler
Le prolongement du métro à l’étude  -  Bruno Bisson

Prenez l’auto, le bus est plein...  -  FRANÇOIS CARDINAL
OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ?  -  Bruno Bisson
Train Québec-Windsor : Construisez-le, et ils le prendront...
Québec-Windsor, un couloir rentable  -  FRANÇOIS CARDINAL
Hydro fait une entrée prudente dans le transport électrique  -  Hélène Baril
Le bétail humain  -  Jean-Serge Baribeau
Pour son argent - NATHALIE COLLARD
La STM de Labrecque  -  NATHALIE  COLLARD
L'AMT électrifiera le réseau de trains de banlieue - François Cardinal
Un pacte à trois pour prolonger le métro


Et si l'on commençait justement par offrir de véritables alternatives à l'automobile plutôt que de ne chercher qu'à punir les automobilistes ?...
Le « péage intelligent » peut- il sauver Montréal ?


Et que dire d'un éventuel TGV ?...
Faire Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu dans les airs...
TGV: quel est le plan? - Vincent Marissal
Fast train to New York is an enticing proposal
TGV Montréal-New York - Le plus lent des trains - Bernard Descôteaux
Un nouvel élan pour le TGV
Le mauvais TGV - André Pratte
Lettres - Un TGV avec Toronto serait anachronique


Et si l'on parlait un peu de nos milieux humides ?...
Milieux naturels: le statu quo ne suffit pas
Certains milieux humides seront moins protégés

... ou encore de l'étalement urbain ?
Le vert et le blanc
Construire dans le potager
Contrer le désert agricole et embellir le Québec
Le trou de beigne

... ou carrément de surpopulation ?
As we reach 7 billion, good news and bad news



Ou ne serions-nous capables de nous montrer conscientisés que lorsqu'il est temps de parler, plutôt que d'agir ?...
Les Québécois conscientisés par l'environnement


Dans le combat pour l'environnement, peut-on dire que tous les coups sont permis ?...
Bataille navale en Antarctique


Comment être contre-productif...
« Nous assistons à un vol de l’eau par le privé »  -  FRANÇOIS CARDINAL
LES POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE  -  Martin Vallières
Voir aussi Les glaneurs de la consigne  -  Mathieu Perrault
Tarifs d'Hydro : une bataille d’arrière-garde -  ALAIN DUBUC
OZONE : ON N’EN SORT PAS...


Défendre l'environnement est-il toujours éthique ?...
Un essor inespéré
You can turn off the lights – or collect solar energy in space
Libre opinion - L'or bleu du Québec
La bataille perdue du couvent - Michèle Ouimet
Attention, votre poubelle vous regarde...

L'exploitation des gaz de shiste représente-t-elle une manne ou une malédiction ?...
Gaz de schiste - Du Québec à la Pennsylvanie
Un cas de pollution embête l’industrie
L’évaluation environnementale va passer à côté de « risques énormes »
Selon le Collectif scientifique sur les gaz de schiste - La pertinence de développer le gaz de schiste n'est pas démontrée
Libre opinion - Lucien Bouchard, Robert F. Kennedy Jr et nous
Bouchard rejette l’idée d’enchères sur les permis d’exploration
Gaz de schiste : les militants se disent bouleversés par leur mission d'observation aux États-Unis
Charest trouve l’idée « intéressante »
Soyons coactionnaires
Elvis et les schistes
Gaz de schiste - Québec est dans le pétrin à La Présentation
Un puits fermé fuit toujours

Le liquide de fracturation néfaste pour la forêt
L’industrie échappe au nouveau règlement sur la qualité de l’air

Selon un rapport européen - L'UE devrait attendre avant de donner son feu vert au schiste
Gaz de schiste, une bulle?
GES: à court terme, le gaz de schiste serait pire que le charbon
L’état de newyork entrouvre la porte

Gaz de schiste - Vers une bulle spéculative?
L’industrie exemptée de déclarer ses rejets polluants
Gaz de schiste: Prudence!
Le Texas resserre sa réglementation
Le siège des citoyens confié à un professionnel
Gaz de schiste - Une première preuve de la contamination
Schiste: les écologistes exclus de l'évaluation
La France interdit l'extraction des gaz de schiste
Le gaz de schiste change la donne énergétique mondiale
Évaluation des gaz de schiste - Il faut comparer avec les autres types d'énergies, clament des scientifiques
Selon une étude sur les émissions de GES - Les gaz de schiste plus polluants que le charbon
Une surveillance inefficace de l’industrie
Gaz de schiste: précipitation et laxisme
L'affaire des 5 milliards perdus
Gaz et politique

L’industrie se dit prête à passer le test de l’intérêt public
L’effet Bouchard

Un moratoire, sans le nom
Le BAPE recommande une vaste étude environnementale
Accommodement raisonnable

Le gaz ne s’échappera pas

Gaz de schiste: Québec calme le jeu
Le gaz de schiste inquiète encore aux États-Unis
Le rapport du BAPE sur les gaz de schiste - Une rebuffade qui laisse la porte ouverte à l'industrie
Gaz de schiste - Un «collectif scientifique» aura Québec à l'oeil
La Régie de l’énergie appelée en renfort
Gaz de schiste - Le ministre Arcand recevra le rapport d'un «BAPE parallèle»
Gaz de schiste: Lucien Bouchard se voit comme un médiateur
Deux mythes
Le Québec a tout à perdre!
Les ingénieurs prônent la prudence et un moratoire
Gaz de schiste - Colmater les puits à long terme pourrait coûter des milliards au Québec
Gaz de schiste - Appel à la prudence d'un expert de l'industrie minière
Un éminent géologue sonne l’alarme
La France met un holà au gaz de schiste
Gaz de schiste - Des millions de litres de diesel injectés dans le sol aux États-Unis
JE ME SENS SEULE
Fuites des puits de gaz de schiste - Un réél «bris de confiance», dit Équiterre
Le négociateur
L’exploitation contribue au smog
Le temps de la lucidité…
BOUCHARD À LA RESCOUSSE
Le monde est petit

Bouchard à la rescousse de l'industrie du gaz de schiste
Les mérites de l’exploration
Lucien Bouchard fera la promotion du gaz de schiste
Par ici la sortie!
Québec ouvre la porte au moratoire

Potentiel exceptionnel

Le Québec ne résistera pas au gaz de schiste, selon Alstom
Le gaz de schiste n’aidera en rien le climat, selon une étude

11 puits présentent un risque potentiel
Gaz de schiste: trop de risques non évalués, dit la Santé publique
La Santé publique appelle à la prudence

Rien de rassurant
Gaz de schiste - Laxisme et complaisance
La plupart des puits ont des fuites
Renverser la vapeur
Les vertus du gaz de schiste
Les sources d'eau potable protégées?
Une nuit pour y penser
Les failles d’un modèle
Deux villes, deux réalités
La culture du refus

C.-B.: le monde rural bousculé par le boom gazier
Gaz de schiste: la parole d’un ministre

Les vertus du gaz contestées
Gaz de schiste - Imiter la Norvège? Trop tard, dit un expert
Gaz de Chine
De l’eau dans le gaz
La Pennsylvanie va restreindre l'exploitation des gaz de schiste
Une exploitation propre est-elle possible?
Un frein à la ruée vers le gaz
Loin du pactole espéré
Gaz de schiste - «À quoi sert la loi de l'eau?»
Gaz de schiste - Les réserves d'eau seraient menacées
Certaines questions restent entières
Des risques réels pour l’environnement

Le gouvernement et l’industrie renvoyés à leurs devoirs
Déjà 40 produits chimiques identifiés
Gaz de schiste - La charrue devant les boeufs ?
Quebec's drilling policy is full of holes
Gaz de schiste: le débat parti tout croche

Deux filières, deux mesures
Les déclarations de Normandeau ne s'appuient sur aucune étude
Faire passer le Québec du pétrole au gaz d'ici 10 ans
Gaz de schiste - L'exploitation rentable sans exportation
L'échec de l'industrie gazière
Énergie: l'effroyable complexité des choses
Gaz de schiste: dure soirée pour l'industrie à Bécancour

Équiterre réclame un moratoire sur le gaz de schiste

Gaz de schiste: les incertitudes scientifiques justifient un moratoire, selon Équiterre
Gaz de schiste: Normandeau fait vibrer des cordes sensibles
Une mission impossible
Gaz de schistes: des solutions de rechange existent
Qui sont les acteurs derrière les gaz de schiste?
Les gaz de schiste - Et dire qu'on voulait importer
Comment André Caillé est devenu la bête noire des écologistes
Gaz de schiste: mission impossible pour le BAPE, selon une experte
Un moratoire partiel
Gaz de schiste: a-t-on manqué le bateau?
Le gaz du schisme
Marois right on gas

Gaz de schiste - Un moratoire nécessaire
Boisclair critique la position de Marois
Les valises
Caution, baby, caution on natural gas
Des bénéfices pour qui?
Le BAPE est nécessaire
Gaz de schiste: 1435 infractions en Pennsylvanie
Exploration gazière - Le Québec accuse un déficit de connaissances
Gaz de schiste: les municipalités dénoncent «l'improvisation»
Gaz de schiste: la pression monte
Les oiseaux de proie - Pierre Foglia
Une industrie exemptée de plusieurs lois
There's no need to rush on natural gas
Gaz de shale: un vétéran de l'industrie parmi les opposants

Moratoires demandés sur les forages

Prospection gazière: des leçons pour le Québec

Ne pas dormir au gaz - André Pratte

Le Québec, pays de l'or noir?
Forer, forer, mais à quel prix?

Le gaz de schiste sème l'inquiétude

Les chaussures du voisin- Chantal Hébert
Un Québec autosuffisant en gaz naturel?

Assemblée annuelle de Gaz Métro - Oui au gaz québécois... si gaz il y a

Pétrole
Un débat houleux s’annonce aux Îles- de- la- Madeleine

Québec n'a pas décidé s'il encadrera l'industrie pétrolière
Un projet pétrolier suscite des craintes
Laissons aller Shell
Le choix du pétrole -  Philippe Faucher

Y aurait-il donc quelque chose qui cloche avec l'approche de l'industrie, à la base ?...
Une industrie «violente»

Et en fait, ne peut-on pas d'ailleurs en dire autant de l'approche des environnementalistes ?...
Les pingouins d’abord!
Terrorisme environnemental
Le crime du président

Des environnementalistes « sauvages »

Et si l'heure avait maintenant sonné pour que l'on commence enfin à gérer nos déchets n'une façon qui soit ne serait-ce que moindrement logique ?...
Au tour du bac brun

Si les êtres humains ont des droits innés, alors pourquoi les animaux n'en auraient-ils pas aussi ?...
Better animal-control system badly needed


La chasse au phoque ne devrait-elle plus représenter qu'un vestige du passé ?...
L'industrie canadienne du phoque a le feu vert en Chine
Un seul bateau à l'ouverture de la chasse au phoque
Les quotas pour la chasse aux phoques augmentent
Du phoque au menu pour tous les partis politiques
It's no longer worth fighting for the seal hunt
L’embargo européen fait mal aux chasseurs de phoque  -  Sue Bailey
Du gaspillage de fonds publics  -  Christine Godard
L’Union européenne interdit les produits du phoque  -  Marc Thibodeau
Phoque et rephoque -  PIERRE FOGLIA
Embargo sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN DUBUC
Fini le phoque en Europe

Seal cull recommended for southern Gulf of St. Lawrence
Too Many Seals, Not Enough Sharks

... et tant qu'à cela, que dire du foie gras ?...

L’incident du foie gras

Il était un foie à New York

Luttes locales, luttes globales...
Luttes locales, lutte globale...
Plus gros procès environnemental : Les actionnaires de Chevron veulent savoir

Le Mont-Royal est-il à vendre ?...
Marianopolis: le maire rejette le projet résidentiel
Ancien collège Marianopolis - La Ville fait volte-face
A good plan for Mount Royal
Pour ne plus saccager la montagne
Convent conversion makes sense
La montagne n'est pas à vendre - Michèle Ouimet
La transformation du couvent Mont-Jésus-Marie ira de l'avant

La bataille perdue du couvent - Michèle Ouimet
Couvent Mont-Jésus-Marie: le conseil négocie jusqu'à une heure du matin
Lettres - Honte à l'UdeM
1420, boulevard Mont-Royal - Baisser les bras
Couvent Mont-Jésus-Marie: Harel mobilise la population contre le projet
Condos sur le mont Royal: un répit pour les opposants
Conversion du couvent Mont-Jésus-Marie: séance houleuse en vue
Marianopolis: Québec donne son accord au projet
L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on croit  -  François Cardinal
Marianopolis : Le promoteur est prêt à faire des compromis
Marrianopolis : L’Office invite à réduire les hauteurs -  Sara Champagne
La montagne rétrécit  -  Marcel Côté
Propos désolants  -  Jean-Pierre  Morin

Non à Marianopolis -  MICHÈLE OUIMET
Non recevable -  Phyllis Lambert

Ça fait pleurer les écureuils (mais pas moi) -  YVES BOISVERT

COLLÈGE MARIANOPOLIS - Les opposants réclament un moratoire
LA MONTAGNE ASSIÉGÉE
Helen Fotopulos évoque un rejet du projet Marianopolis

La Ville demandera deux avis à Québec

Le projet Marianopolis ne menace pas le mont Royal... selon les principaux intéresssés !...
COLLÈGE MARIANOPOLIS - Le promoteur semonce le CRE de Montréal
Pauvre mont Royal ! - NATHALIE COLLARD
La peur d’aller de l’avant  -  Pierre Pomerleau


L'environnement serait-elle la dernière préoccupation du maire de Laval ?...
Les milieux humides avalés par un trou noir
Forêt rasée sans permission à Laval: pas de poursuites
Forêt coupée illégalement à Laval


Et que dire de ce qui peut se passer ailleurs dans la province ?...
Projet d'hydrolienne de rivière à Baie-Comeau

Le dépotoir de Lachute au coeur d'une bataille juridique
Déchets de Longueuil enfouis à Lachute: le PQ porte plainte
Écolosol: l'industrie rejette le projet
Décontamination de l’ancien Technoparc  « Un problème plus complexe que prévu »  -  Martin Croteau
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS  Un projet à Longueuil provoque une levée de boucliers à Lachute  -  Martin Croteau
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DES DÉCHETS À LONGUEUIL : Les travaux se poursuivent  -  Ariane Lacoursière
Troisième centre de transbordement à Longueil : Permis délivré malgré la promesse du maire  -  Éric Clément
RCI commence les travaux sans permis -  Éric Clément
La Ville écarte la gazéification des déchets -  Charles Côté
Un projet d'enfouissement non justifié - Charles Côté



Le terrain miné des mines...
La roche sexy

Les mines échapperont encore aux municipalités
Abitibi-Témiscamingue: malaise autour des mines à ciel ouvert
Projets miniers - La Cour suprême déboute Québec
Information minière: vers des exigences assouplies
Projet de mine dans le nord du Québec - Des diamants «verts»?
Une entreprise minière canadienne au coeur d'une controverse
Projet minier à Sept-Îles: Québec assure vouloir respecter la volonté de la population
Le Québec a la mine basse - Sophie Cousineau
L'industrie minière au banc des accusés
Les mines d’uranium appelées à faire partie du paysage québécois
Le BAPE vote en faveur du projet de mine d’Osisko
Voir aussi  FEU VERT À OSISKO  -  Philippe Mercure
Des résidants entendent se battre contre un projet de mine pratiquement  improvisé..
Des compagnies minières qui paient à peine de redevances ?...

Voir aussi
Et que dire des richesses de notre sous-sol national ?...

À moins que les choses ne soient pas toutes nécessairement si noires, même dans le monde minier ?
Le jour et la nuit


Y a-t-il des idées pour faire toujours plus avancer ce dossier ?...

La guerre contre l’eau en bouteille  -  Mathieu Perrault

Valse verte pour marteau-piqueur  -  Marie-Claude Lortie

Comment repenser notre société ?...
Le partage et le temporaire

LAVILLE QUI PLANTAIT DES LÉGUMES
EN VERT ET AVEC TOUS
Une serre géante aménagée sur un toit

Une ferme sur le toit, sans pesticides ni OGM
Quand la chaleur humaine remplace le chauffage
Construire aujourd'hui la ville de demain
Des idées pour le Québec - Réduire la pollution pour favoriser l'économie
Sans voitures ou sans vision?
Griffintown: un quartier sans voitures à Montréal?

Qu'est-ce qu'un écoquartier?
Aux quatre coins du monde, des écoquartiers prennent vie
It's a continental trend: a chicken on every plot
Rosemont pourrait dire oui aux poules
Un verre de Côte-des-Neiges avec ça? - Marie-Claude Lortie
La ville un peu fermière - Marie-Claude Lortie
Matières résiduelles - Et si les déchets étaient rentables...
L'Église tient un concile vert
Et si Turcot devenait un parc suspendu? - Marie-Claude Lortie

Et comment repenser le repensement de la société ?...
Acupuncture urbaine
Une occasion à saisir
Sans ma voiture, pourquoi au juste?
Votre sapin de Noël a été brûlé... - François Cardinal
Réduisons le nombre de naissances, recommande l'ONU
Voir aussi Et si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre pour sauver l'environnement ?...
Notre amie la densité urbaine  -  Marie-Claude Lortie


Et comment repenser la protection de l'environnement en tant que telle, pendant qu'on y est ?..
(Et s'il n'y avait pas beaucoup de sens à ne représenter le dossier de l'environnement qu'en noir et en blanc ?...)
Le parcours d’un produit scruté à la loupe
Le kilomètre alimentaire, un mythe? - Alain Dubuc

Comment sauver l'environnement sans commencer à le faire dans son propre environnement ?...
Éoliennes : un danger pour la santé ?
Pas de solaire dans ma cour - Mathieu Perreault

Et si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre pour sauver l'environnement ?...
L'entrevue - Voyage au pays de l'antitourisme
Le monde malade du tourisme
Poupons et pollution - Lysiane Gagnon
Des crédits de carbone pour la contraception

Et se pourrait-il donc qu'il puisse arriver que le discours environnemental ne constitue ni plus ni moins qu'un frein au développement ?...
Les Québécois d'accord pour facturer l'eau potable

Compteurs d'eau dans les résidences - Inefficace et inéquitable, selon Eau Secours!

Et si l'on discutait tout simplement d'environnement ?...
Propre, l'ordinateur?
L'iPad: un ami des arbres
Le papier le moins vert du monde
«C'est juste bon pour les autres, le recyclage?» - François Cardinal
Les valeurs et le vote - Jean Lemire
Les glaneurs de la consigne  -  Mathieu Perrault

Voir aussi LES POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE 
SANS BÂILLON
L’ère stupide, ou comment l’humanité court à sa perte  -  Mali Ilse Paquin
Le dernier homme  -  Mario Roy
Home: un film en retard sur son époque -  François Cardinal
La baleine boréale n’est plus une espèce menacée
Rouler pour rouler  -  Ariane Krol

Une solution canadienne - André Pratte

Le 5¢ de Loblaw est-il éthique ? - ENVIRONNEMENT - FRANÇOIS CARDINAL

... ou tout simplement d'urbanisme ?
Le bulldozer de la modernité


Comment protéger l'environnement à travers chaque geste que nous pouvons poser dans notre vie de tous les jours ?...
Rénover les maisons serait plus rentable que de rénover Gentilly-2
The Gazette's View: An autumn resolution: Leave the car at home
The green roofs of Montreal
The use and abuse of air conditioning - Globe editorial

Récupération
Common sense and rare earths

Initiatives vertes
Problèmes environnementaux? Solutions vertes!

Et si le réchauffement climatique n'était qu'un mythe ?...
Quand les climatologues appellent l'État à la rescousse

Une pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
The science isn't settled. Now what?
La science du climat désavouée... - François Cardinal
Le «Climategate» sous enquête
Un livre torride pour le patron des experts de l'ONU
The great global warming collapse
GIEC: les limbes - Mario Roy
GIEC: après les fleurs, le pot - François Cardinal
Climat de méfiance - Ariane Krol
Moins de pollution, plus d’effet de serre

... ou peut-être pas vraiment, quoi qu'on puisse en dire, justement ?...

Coverup caused the heat in Climategate scandal
La Terre n'est pas plate
Climate-change skeptics have it wrong, memo to minister says
Climategate: les scientifiques blanchis par une enquête indépendante
Your square-jawed hero is, in fact, the scientist
Une arnaque, le réchauffement? - François Cardinal
La Maison-Blanche ridiculise le «Climategate»

Mais cela signifie-t-il pour autant que le discours environnemental n'aie pas besoin d'ajustements ?...
Climate panel needs some fine tuning

Coverup caused the heat in Climategate scandal
Les leçons d'un «scandale» - François Cardinal
Changements climatiques - L'ONU fait valider les méthodes du GIEC
L'ONU place le GIEC sous surveillance
Faut-il changer le GIEC?
Évolution du climat - Le GIEC est invité à se réformer pour restaurer la confiance
Revenir à la science - André Pratte


Et par ailleurs, ces pauvres climato-spectiques méritent-ils vraiment qu'on leur prête la moindre attention ?...

Le nouvel ami des climato-sceptiques: Koch

Une pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
Climat: la dissidence muselée

Et surtout, les excès du discours environnemental justifient-t-ils pour autant que l'on prête  moins d'importance à la menace climatique qu'elle ne peut pourtant en demander ?...
Sure, worry about climate change – but not too much - Bjørn Lomborg


Voir aussi
DES ACTIONS CONTRE LA CHALEUR URBAINE





LE DEVOIR
Charest mise sur l'économie verte
Libre opinion - Environnement : plus de cohérence, M. Charest ! -Scott McKay

N'avons-nous pas qu'à suivre l'exemple de véritables leaders ?...
Québec s'équipera d'un biodigesteur

En bref - Éolien et solaire en Ontario
Éolien: les États-Unis veulent faire deux ou trois fois mieux que le Québec

Sondage - Les Canadiens déçus de Harper à Copenhague
Cul-de-sac consumériste
Analyse - L'après-Copenhague s'annonce laborieux
Le recul des glaces en Arctique aura marqué l'année 2009

Radio-Canada pourra contrôler votre lave-vaisselle


Lettres - Pense-t-on à tout avec l'achat d'Énergie Nouveau-Brunswick?

Violent affrontement en mer

Aires protégées - Le programme montréalais serait menacé d'extinction

Conséquences climatiques d'un éventuel conflit nucléaire


Les Verts fossoyeurs de l'altermondialisme

Écologie de la politique

L'étiquetage obligatoire des OGM ou la quadrature du cercle

Près d'une espèce marine sur trois est en voie de disparition - Poissons et crustacés disparaîtront du menu d'ici 45 ans
Fruits et légumes - Le Canada se montrera plus souple au sujet des résidus de pesticides - Fabien Deglise


THE GAZETTE


GLOBE AND MAIL
Albertans agree: A carbon tax was the best solution - Jeffrey Simpson
Taking the measure of Canada's environmental performance - Jeffrey Simpson

Yes Men pull 'very good' prank on Stephen Harper

Canada and the environment: a fresh start for a fresh decade - Preston Manning
Tories hedge on emissions targets

Climate change : a special information supplement
Britain unveils future of food
Greener oil sands, greener planet

***

L'ACTUALITÉ
Sortir le Québec du Moyen-Âge
La construction d'une maison verte

Quand passer à l'auto verte ?
Vivre sans pétrole
Du courant sur mesure
Le délire du « Climategate »





AUTRES

LETTRE OUVERTE COLLECTIVE pour la récupération des déchets électroniques
L'Internationalisation de l'Amazonie...



Common Eco-Myth: Wind Turbines Kill Birds
Wind turbines taking toll on birds of prey
PUTTING WIND POWER'S EFFECT 
ON BIRDS IN PERSPECTIVE
What Kills Birds?



Total mercury and methylmercury levels in fish from hydroelectric reservoirs in Tanzania

Issue of Mercury for Hydro-Québec

Fish mercury increase in Lago Manso, a new hydroelectric reservoir in tropical Brazil

Chapter 5 - Potential Methyl Mercury Contamination in the Three Gorges Reservoir
Methylmercury

Methylmercury poisoning


Offensive pour les véhicules électriques - Québec tente de faire oublier ses échecs
ZENN electric car is Dead and EEStor’s EESU is Nowhere to be Seen
ZENN Electric Car

ZENN Electric Car
ZENN Electric Car

Feed-in tariff





Une mesure essentielle -  Nathalie de Marcellis-Warrin & Mathieu Laberge
Sans système de prix comme solution environnementale, le sommet de Copenhague est voué à l’échec
Les auteurs sont respectivement professeure à l’École polytechnique et vice-présidente Risque et Développement durable CIRANO, et économiste et directeur de projet CIRANO.
Nul ne doute que d’ici la clôture du sommet de Copenhague, le 18 décembre, les leaders mondiaux prendront de nombreux engagements en faveur de l’environnement et contre les changements climatiques. Or, comme l’ont démontré les suites du protocole de Kyoto, en l’absence d’unanimité sur les moyens à prendre, le résultat obtenu est souvent loin des engagements. Si l’on souhaite passer de la parole aux actes, il faudra cette fois-ci utiliser les systèmes de prix comme solution environnementale.
Il existe deux moyens pour intégrer le coût de la pollution dans les prix auxquels les entreprises et les consommateurs font face. Le gouvernement pourrait contraindre les entreprises à acheter des crédits de carbone en imposant par voie réglementaire la « carboneutralité » à leur processus de production. Alternativement, il pourrait percevoir une taxe sur les émissions polluantes. Les recettes de cette taxe serviraient à acheter des crédits de carbone.
Chaque approche a ses forces et ses faiblesses. Néanmoins, dans les deux cas, l’effet est le même: la demande pour les crédits de carbone augmenterait, ce qui aurait pour effet d’en augmenter le prix sur les marchés internationaux. Cela inciterait les entreprises à choisir des modes de production qui respectent l’environnement afin de minimiser la hausse de leurs coûts de production liée à l’achat de droits de polluer. Ces mécanismes de prix rendraient donc les alternatives écologiques plus attrayantes pour les entreprises.
Puisqu’ils sont les utilisateurs finaux des matières polluantes qui entrent dans la composition de leurs biens, les consommateurs auront nécessairement à assumer une part de ce coût supplémentaire. Cette hausse de prix les encouragerait cependant à modifier leurs choix de consommation vers des produits ou des modes de production plus écologiques. Les entreprises seraient conséquemment incitées à offrir des produits qui répondent aux attentes de leurs clients, tant en matière de prix que de rendement environnemental. D’un cercle vicieux de la dépendance aux modes de production polluants, on passerait ainsi à un cercle vertueux de la responsabilité environnementale.
Àl’égard de l’impact environnemental des mécanismes de prix, Copenhague semble être l’occasion d’apprendre des
Sans changement dans le prix des matières polluantes et sans l’internalisation des coûts de pollution, il y a fort à parier qu’il n’y aura pas de changement dans le comportement des entreprises et des consommateurs. Espérons donc que Copenhague sera un Kyoto où l’unanimité régnera et où ce qui manquait dans le protocole précédent sera inclus dans la nouvelle entente : l’utilisation du système de prix comme mesure d’incitation le plus efficace pour réaliser des engagements environnementaux audacieux.



CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ ?  -  François Cardinal
La Conférence de l’ONU sur le climat s’ouvre aujourd’hui, à Copenhague. Grand-messe internationale sur l’état de la planète, ce sommet est plus important que la plupart de ceux qui l’ont précédé. Il réunira des représentants et des dirigeants de 200 pays, qui tenteront d’élaborer un nouveau traité pour remplacer Kyoto. Mais avant de se demander à quoi ressemblerait un tel traité, posons-nous la question: pourquoi, au juste, tenir
un tel sommet?
La conférence deCopenhague, qui se déroule jusqu’au 18 décembre, a pour but de créer un protocole qui succédera à celui de Kyoto. Ce programme, ratifié par 175 pays, prend fin en 2012. Le nouvel accord international devrait couvrir la période 2013-2017. Les participants doivent en arriver à un accord international de lutte contre le réchauffement climatique.



Chine
Les crédits de carbone contribuent aux projets verts
KUNMING — P r oduire de l’électricité grâce à des éoliennes, des petits barrages ou du biogaz issu d’une décharge : dans la province du Yunnan, comme dans le reste de la Chine, les crédits de carbone ont contribué à l’éclosion d’une myriade de projets « verts ».
Le marché international de projets permet aux industries des pays du Nord d’« effacer » une partie de leurs émissions de gaz à effet de serre en investissant dans des projets « propres » au Sud.
Il est considéré comme l’une des principales avancées du protocole de Kyoto auquel le sommet de Copenhague, en décembre, devra donner une suite pour tenter d’enrayer le réchauffement de la planète.
La Chine, premier émetteur mondial de CO , est aujourd’hui, de très loin, le premier utilisateur de ces « Mécanismes de développement propre » ( MDP) : elle représente plus d’un tiers des quelque 1900 projets enregistrés auprès de l’ONU, loin devant l’ I nde et le Brésil, et fournit près de 60 % de l’offre mondiale de crédits de carbone.
Les quelque 6 millions d’habitants de Kunming, capitale de la province, génèrent chaque jour 3500 tonnes d’ordures ménagères, réparties dans deux décharges. Sur l’une d’elles, dans l’attente de la réalisation d’une usine d’incinération, une unité de méthanisation qui permet de produire de l’électricité a vu le jour.
Cette unité, dont la construction a coûté 15 millions de y uans ( environ 2 , 4 millions CAN), doit permettre d’éviter chaque année l’émission dans l’atmosphère de 64 000 tonnes de CO . Ces réductions sont traduites en autant de crédits de carbone qu’une entreprise italienne s’est engagée à racheter.
Pour l a seule province du Yunnan, une vingtaine de projets, majoritairement hydrauliques, ont déjà été approuvés par l’ONU, près de 200 autres sont en attente.
L’engouement est réel, mais la Chine, dont les réserves de change dépassent 2000 milliards US, est-elle vraiment le pays qui a le plus besoin des MDP – et de la manne financière qu’ils représentent – pour assurer sa transition vers une économie moins « carbonée » ?
« Le mécanisme reste bien sûr à améliorer, mais il fonctionne : les règles du jeu sont les mêmes pour tout le monde et l’exemple chinois peut être utile à d’autres pays », estime Yan Tang, chargée de projet au sein de l’Agence française de développement (AFD), qui soutient, par des prêts, des projets MDP en Chine tels qu’une ferme éolienne à Dali, dans le Yunnan également.


Protectionnisme environnemental
  -  Mathieu Perrault
Dumping environnemental
«Nous devrions envisager des frais de douanes.» Le projet de loi sur les émissions de gaz à effet de serre qui est présentement envisagé par le Sénat américain envisage d'ériger des barrières aux marchandises produites dans les pays qui ne font pas leur part dans la lutte à l'effet de serre -en d'autres mots, les pays en voie de développement qui exportent des marchandises vers les pays riches. Cette lutte au « dumping environnemental» pourrait compliquer les négociations de Copenhague, selon The Economist.
La pollution visuelle devrait-elle être prise en compte dans les projets d'énergie éolienne ou solaire? Faites-nous part de vos commentaire.



Oui à la taxe verte  -  Florence Junca -Adenot
Où est le plan directeur régional intégré aux résultats conformes à la cible de réduction des GES?
L’auteure est directrice du Forum Urba 2015 au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. Elle a été présidente de l’Agence métropolitaine de transport de 1996 à 2003. Selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en l’absence d’actions, le réchauffement climatique représenterait quatre degrés additionnels d’ici 2100, un seuil insupportable pour l’humanité. Pour le limiter à deux degrés, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) devraient être réduites de 50% d’ici 2050 (25% d’ici 2020), par rapport à 1990.
En prévision de la conférence de Copenhague, la ministre Line Beauchamp tient une consultation du 22 octobre au 4 novembre sur la cible de réduction des GES. Elle propose une taxe verte sur l’essence, pour financer les mesures québécoises, variant de 3,7¢ à 12,7¢, selon la cible.
Les milieux urbains québécois sont concernés. Le transport est le principal émetteur de GES au Québec. Il dépend à 99% du pétrole. En 2006, il fournissait 40% des GES, l’industrie, 33,5%, et le bâtiment, 12,5%. Le consensus existe sur la nécessité d’agir. En cette période électorale, quels engagements résoudront et financeront cet incontournable problème de société?
En transport, pour lutter contre les changements climatiques, il faut accroître massivement les transports collectifs et actifs, diminuer le nombre d’autos, utiliser des énergies propres, revoir le transport des marchandises, limiter la capacité routière, densifier les villes. Cet enjeu est fondamental pour les villes et les gouvernements, pour protéger l’environnement, la qualité de vie urbaine, la santé, l’économie, l’équité sociale, la sécurité. Pour l’industrie et l’immobilier, l’efficacité énergétique est ciblée.
La taxe verte proposée par la ministre est un choix avisé pour les transports. Le prix du litre d’essence a cru de 60¢ (2001) à 1,22$ (2008), sans que sa consommation ne chute. Cela a profité aux pétrolières et non aux alternatives à l’auto solo. Une taxe sur l’essence, pour être acceptable, doit alimenter un fonds dédié aux mesures à implanter pour atteindre la cible de GES en transport. Elle est équitable, car les véhicules y contribuent, proportionnellement à leur consommation d’essence, et incite à la réduire. Les automobilistes en bénéficient, car l’usage des transports collectifs augmente. La société gagne en développant l’économie québécoise des transports avancés, un milieu de vie plus sain, une qualité de vie pour l’avenir. La Colombie-Britannique affecte une taxe de 12¢ aux transports collectifs.
Pour la région montréalaise, baisser de 20% les GES d’ici 2020, signifie de réduire les kilomètres en auto solo de 5% à 7% annuellement. Les transports collectifs ne peuvent y arriver seuls. En plus d’encourager financièrement la STM à augmenter son achalandage, il faut aussi lutter contre les îlots de chaleur, diminuer le nombre d’autos de 15%, électrifier les transports, remplacer les combustibles fossiles, revoir le camionnage, réorganiser les villes, verdir, enlever des stationnements, du béton, de l’asphalte, inciter les entreprises, penser aux mesures fiscales.

Depuis la création de l’AMT, en 1996, une taxe verte de 1,5¢ par litre est affectée aux transports collectifs. Elle a généré 52 millions en 2008. Neuf cents rapporteraient 312 millions pour implanter les mesures en transport. Le système de perception existe. Où est le plan directeur régional intégré, aux mesures priorisées, aux échéanciers rigoureux, aux résultats conformes à la cible de GES? Quels sont les engagements des candidats aux élections? Pourquoi ne pas lier l’octroi des permis de construction et des subventions gouvernementales à leur contribution à réduire les GES de 20% d’ici 2020? Quelle exemplarité par les administrations publiques ? Ce projet collectif nécessaire est stimulant. La taxe sur l’essence est sur la table. Le péage routier en serait la solution de rechange. L’urgence est d’agir.


Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents sur le litre d’essence est envisagée  -  Tommy Chouinard
QUÉBEC — Le gouvernement Charest veut adopter bientôt une cible « ambitieuse » de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2 02 0 : entre 10 % et 20 % par rapport au niveau de 1990. Pour l’atteindre, il entend notamment hausser la taxe verte sur l’essence et les autres hydrocarbures.
PHOTO LA PRESSE
Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le chauffage électrique paierait en 2020 entre 75 $ et 255 $ de plus par année qu’à l’heure actuelle si le plan de Québec entre en vigueur.
Cette hausse et le coût des futurs droits d’émission de GES des entreprises feraient grimper le prix de l’essence de 3,7 cents, voire de 12,7 cents le litre selon la cible c hoisie, i nd ique le do c ument de consultation rendu public hier par la ministre de l’ Environnement, L ine Beauchamp.
« Le document est très clair. Nous indiquons quels sont les prélèvements monétaires que nous voulons faire pour changer les comportements », a-telle affirmé en conférence de presse. « Plusieurs économistes, de façon indéniable, vont vous dire que plus quelque chose coûte cher, plus on fait attention à son utilisation. »
Line Beauchamp a annoncé la tenue d’une consultation publique a fi n de f i xer la prochaine cible de réduction de GES pour la période 2012-2020.
Québec est confiant d’atteindre en 2012 la cible prévue dans le protocole de Kyoto, une réduction de 6 % par rapport à 1990. Les émissions de GES ont baissé de 4,7 % jusqu’à maintenant.
Pou r l ’a p r è s - Kyo t o , la pér io de 2 01 2 -2 0 2 0 , L i ne Beauchamp propose de choisi r entre quatre cibles de réduction des émissions de GES, toujours par rapport à 1990: 10 % (la cible du NordEst américain), 12 % (celle des États américains et provinces membres du Western Climate I n itiative), 15 % (la c ible adoptée par l’Ontario) ou 20 % (l’objectif de l’ Union européenne). Les États-Unis ont une cible de 18,5 % ; le Japon, 25 % ; le Royaume-Uni, 34 % ; la Suède, 40 %.
Ottawa a fixé une cible « décevante » pour le pays, une réduction de 3 % seulement, a souligné Line Beauchamp.
Son document de consultation précise quelques mesures en vue d’atteindre la prochaine cible. Québec augmenterait la redevance sur les hydrocarbures, la taxe verte qui est fixée à 1 cent le litre à l’heure actuelle. Il mise également sur la création d’un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de GES pour les entreprises. Avec ces mesures, Québec engrangerait de 4,2 à 15,3 milliards de dollars de 2012 à 2020, selon la cible fixée.
Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le chauffage électrique paierait en 2020 entre 75$ et 255$ de plus par année qu’à l’heure actuelle – à moins de « changer ses comportements», a noté Line Beauchamp. Pour un ménage avec deux véhicules et chauffant sa maison au mazout, la facture augmenterait de 237$ à 804$.
Pour atténuer les impacts et inciter les Québécois à changer leu rs compor tements , Québec créerait des programmes d’aide à l’utilisation de tech nologies vertes et des mesures en matière d’efficacité énergétique, par exemple. Il investirait davantage dans les transports collectifs.
Une réduction de 10% des émissions de GES ferait légèrement augmenter le produit intérieur brut réel (0,04 %), alors que le scénario de 20% se traduirait par une baisse de 0,16% (511 millions). La lutte contre les changements climatiques fera croître le secteur des technologies vertes, ce qui aura un effet bénéfique sur l’économie, a souligné Line Beauchamp.
La consultation publique se tiendra du 22 octobre au 4 novembre, en commission parlementaire.
L i ne B eauc h a mp veut annoncer la cible choisie avant la tenue, en décembre, de la conférence de Copenhague, le sommet international sur l’après-Kyoto. «À Copenhague, le Québec pourra clairement se positionner comme un leader dans les changements climatiques », a-t-elle affirmé.
L’é c olo g i s te S teven G u ilbeau lt , d’ Équ iter re, demande au gouvernement d’adopter la cible de 20 %. « C’est ça, une cible ambitieuse. On est tout à fait capables de l’atteindre. Et je crois que ça permettrait au Québec de continuer d’être un leader dans la lutte contre les changements climatiques », a-t-il dit, soulignant le « manque de sérieux » d’Ottawa dans ce dossier.



Pleins gaz sur la «nouvelle» taxe carbone de Sarkozy
Sarkozy relance son projet phare
PARIS — Le gouvernement français a relancé sa « taxe carbone », fiscalité écologique voulue par Nicolas Sarkozy, avec un nouveau dispositif présenté hier qui prévoit cette fois de s’appliquer aux industries les plus polluantes, comme l’exige le Conseil constitutionnel.
PHILIPPEWOJAZER, REUTERS Nicolas Sarkozy à bord d’une voiture électrique Renault, avant-hier. Le président français a fait de la taxe carbone une mesure emblématique de son engagement à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
L’institution, chargéedevérifier la conformité des lois avec la Constitution, avait infligé fin décembre un revers cinglant au président français en annulant son projet phare au motif qu’il comportait trop d’exemptions pour les gros pollueurs.
Nicolas Sarkozy a fait de cette taxe, censée inciter à consommer des énergies vertes, une mesure emblématique de son engagement à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
Le nouveau dispositif présenté hier en Conseil des ministres par le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo conserve l’essentiel des dispositions initiales, notamment pour les ménages.
Ils seront donc soumis à cette contribution à partir du 1er juillet, au lieu du 1er janvier, sur la base de 17 euros (25 $) la tonne de CO , comme
2 prévu. La taxe sera toutefois compensée, sous forme de chèque vert ou de crédit d’impôt.
Exceptions
Certains secteurs jugés « sensibles » continuent à bénéficier d’exceptions : l’agriculture, la pêche, les transports routiers.
Mais pour répondre au Conseil constitutionnel, le gouvernement engagera à partir de février une concertation sur les modalités d’une taxe carbone appliquée aux entreprises les plus polluantes.
Cette concertation sera faite avec les industriels, les syndicats, les organisations environnementales, a indiqué Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres.
Ces secteurs (sidérurgie, cimenterie, raffinerie, etc.) en avaient été dispensés au motif qu’ils sont déjà concernés par le système européen des quotas de CO, l’ETS (European
2 Trading System), qui couvre environ 40% des émissions de CO de l’Union européenne.
2 Au moins jusqu’à fin 2012, les droits de polluer y sont gratuits, ce qui induisait une inégalité avec de petites entreprises qui, elles, seraient soumises à la taxe carbone.
Cette fois, la taxe carbone s’appliquera aux entreprises des secteurs soumis au système européen des quotas, « jusqu’au 1er janvier 2013», indique le communiqué du Conseil desministres.
Mais nombre de questions délicates restent à trancher, le gouvernement évoquant «des dispositifs spécifiques» afin de préserver la compétitivité des entreprises pour «certains secteurs sensibles».

Taxe carbone: la France va de l’avant  -  Marc Thibodeau
PARIS — La France ira de l’avant avec l’imposition d’une taxe sur les combustibles fossiles qui doit permettre, au dire du gouvernement, de bâtir un « monde plus juste » en incitant particuliers et entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).
PHOTO REUTERS
Le chef d’État français Nicolas Sarkozy a précisé hier, lors d’une sortie attendue, les principales dispositions d’une nouvelle « taxe carbone » qui sera instaurée dès 2010.
Parlant d’une initiative « historique », le chef d’État français Nicolas Sarkozy a précisé hier lors d’une sortie attendue les principales dispositions d’une nouvelle « taxe carbone » qui sera instaurée dès 2010.
« Notre monde est parvenu à un moment de vérité. Il faut décider aujourd’hui si nous voulons créer un monde différent d’avant la crise, plus respectueux de l’environnement... Cela fait trop d’années qu’on repousse à demain les décisions qu’il faut prendre maintenant en responsabilité », a déclaré le président.
La taxe, inspirée d’une proposition de l’écologiste français Nicolas Hulot, sera imposée directement sur le prix des combustibles fossiles utilisés dans les transports et le chauffage de bâtiments. Elle devrait se traduire par une augmentation de l’ordre de quelques centimes d’euro du prix du litre d’essence.
L’augmentation sera basée sur un prix par tonne de gaz carbonique de 17€, qui doit être graduellement augmenté. Une commission ayant planché sur le sujet avait recommandé au gouvernement de considérer un prix initial de 32€ et de le porter à 100€ d’ici 2030, mais le chef d’État français n’a donné aucune indication précise hier sur la progressivité de la mesure.
Les verts critiquent
Le parti des verts, qui appuie la taxe carbone, a prévenu à plusieurs reprises qu’un prix trop bas n’aurait aucun effet dissuasif sur les émissions de GES, alourdissant la facture des familles pauvres sans « dissuader les comportements énergivores » des familles riches.
Pour l’instant, « on n’est pas dans une logique d’économie d’énergie, on est dans une logique de recettes fiscales supplémentaires », a déploré hier la secrétaire nationale de la formation, Cécile Duflot.
Le Parti socialiste avait aussi insisté au cours des derniers jours sur la nécessité d’adopter un prix assez élevé pour assurer un effet dissuasif. Hier, son porte-parole en matière environnementale a décrit la formule retenue comme étant « écologiquement inefficace » et « injuste ».
Le gouvernement assure de son côté que la nouvelle taxe ne changera rien à ses rentrées fiscales. « Pas un centime n’ira dans les coffres de l’État », a assuré un porte-parole il y a quelques jours.
Forte résistance
Les familles devant acquitter la taxe par l’entremise de leurs achats de combustibles fossiles recevront une réduction d’impôts ou un « chèque vert » devant servir à l’achat de biens et services respectueux de l’environnement. Les entreprises devront aussi payer la taxe, sauf si elles sont déjà soumises au système de quotas européens en vigueur pour les grands pollueurs.
« Nous voulons vous aider à changer vos comportements », a plaidé hier Nicolas Sarkozy, qui demande à ses concitoyens de « se sentir concernés par l’enjeu ».
Il fait face à une forte résistance dans la population, craintive de toute initiative susceptible de réduire son pouvoir d’achat. Dans un récent sondage Ifop, 65% des Français se disent contre la taxe. Même les membres du parti au pouvoir, l’UMP, y sont majoritairement opposés.
L’initiative française, qui reflète celle de la Suède, survient à quelques mois du sommet de Copenhague, en décembre. Ce sommet doit permettre de conclure une nouvelle entente de réduction des gaz à effet de serre pour remplacer le protocole de Kyoto à son expiration en 2012.



Revers cinglant pour Sarkozy
— Le président français Nicolas Sarkozy a été durement attaqué hier par l’opposition, au lendemain d’un désaveu cinglant infligé par le Conseil constitutionnel qui a annulé son projet emblématique de taxe carbone, à deux jours de son entrée en vigueur.
Les Français devaient commencer le 1er janvier à payer cette taxe destinée avant tout à modifier leurs habitudes de consommation, en les incitant à se tourner vers les énergies les moins polluantes. La mesure devait par exemple se traduire par une hausse de 4 centimes d’euro du litre d’essence.
Deux semaines après l’échec du sommet de Copenhague, cette « révolution fiscale », selon les termes de Nicolas Sarkozy, se voulait aussi la démonstration que la France et son président restent à la pointe du combat pour réduire les émissions de CO .
L’opposition socialiste, à l’origine de la saisine du Conseil constitutionnel, s’est réjouie de la censure d’une taxe « particulièrement injuste », en évoquant, comme sa dirigeante Martine Aubry, un «fiasco» personnel pour le président français.
Le leader centriste François Bayrou, de son côté, a jugé que cet épisode était « une parfaite illustration de la méthode de Nicolas Sarkozy ». « On gouverne par effets d’annonce, sans réfléchir, de manière désordonnée, sans prendre en compte les conséquences ni même le droit », a-t-il dit hier.
Le gouvernement a fait savoir qu’il présenterait le 20 janvier un nouveau texte, car Nicolas Sarkozy reste « très déterminé » à imposer la taxe carbone, a indiqué à l’AFP la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno.
Autant que la décision-surprise du Conseil constitutionnel, rendue mardi soir, c’est son argumentation qui est particulièrement sévère pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement.
Iniquité
Les juges ont estimé que la nouvelle taxe comportait beaucoup trop d’exemptions pour certains secteurs énergétiques et des pans entiers de l’industrie. Ces dispenses sont « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique », ont-ils asséné.
Cette taxe carbone ne devait viser que la consommation de gaz, de pétrole et de charbon, mais pas l’électricité qui, en France, est très majoritairement d’origine nucléaire. Même minoritaire, l’électricité fournie par des centrales thermiques était épargnée par le projet gouvernemental.
Le Conseil constitutionnel a estimé que « moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone » et que « 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant » n’auraient pas été taxées. Il se serait agi, selon lui, d’une rupture du principe d’égalité devant l’impôt.




Harper « très » satisfait, les écolos en colère  -  François Cardinal &  Malorie Beauchemin
« Il n’y a rien de contraignant pour les États-Unis, pas de cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre et pas de date de plafonnement des émissions mondiales. »
– Steven Guilbeault
COPENHAGUE — Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a applaudi à la conclusion de l’entente de principe entre les plus importants pays réunis à Copenhague. Elle répond en tous points, selon lui, aux ambitions qu’avait le Canada pour cette conférence i nternationale sur le climat.
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a donné un point de presse hier soir à Copenhague, pour saluer un accord qu’il estime réaliste.
En revanche, les écologistes se sont dits « très déçus » de ce qu’ils ne considèrent même pas être une entente, mais un document permettant aux pays de continuer à contribuer au réchauffement planétaire.
« Il n’y a rien de contraignant pour les États-Unis, pas de cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre et pas de date de plafonnement des émissions mondiales, a tonné Steven Gui lbeault , au nom du Réseau action climat Canada, qui regroupe les principaux groupes écologistes du pays.
Pour sa part, M. Harper a affirmé que cet accord est un excellent outil pour lutter contre le dérèglement climatique. « Nous sommes où nous désirions être, a-til indiqué. Nous avons un accord qui atteint nos objectifs et respecte nos intérêts, a dit le premier ministre en point de presse en fin de soirée à Copenhague. Avec cet accord, les cibles des différents pays seront des cibles réalistes, pragmatiques et harmonisées, pas seulement avec les objectifs environnementaux, mais aussi avec leurs objectifs économiques. »
M. Harper s’est réjoui que l’accord inclue les principaux émetteurs de la planète, ce que le Canada revendiquait depuis des années.
Cibles « respectées »
Les cibles que le gouvernement canadien a mises de l’avant – une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, avec 2006 comme année de référence – sont «respectées» dans ce nouveau traité, a-t-il ajouté.
« Si les Américains ne font rien, ça limitera considérablement notre pouvoir d’agir. S’ils prennent des mesures, c’est absolument essentiel qu’on agisse de concert avec eux », a dit le premier ministre.
Son de cloche tout à fait opposé du côté des environnementalistes, qui disent comprendre pourquoi M. Harper est tout sourire. « Les compagnies pétrolières vont être totalement avantagées par ce texte, a dit M. Guilbeault. C’est extrêmement décevant. »

Pendant ce temps, au sommet...

LE CANADA « FOSSILISÉ »
Cancre parmi les cancres. C’est ainsi que le regroupement des écolos internationaux a justifié sa décision de remettre au Canada le prix « Fossile de l’année », récompensant le pays ayant le plus nui aux négociations en 2009. Remis à la suite d’un vote, l’honneur a été décerné lors d’une cérémonie à Oeksenhallen, au centre de la capitale danoise, au rythme d’une chanson de Céline Dion tirée du film Titanic.
«CHAOTIQUE »
Rencontre sans précédent de chefs d’État, la conférence sur le climat a fait sourciller certains d’entre eux, pour le moins. Les leaders étaient furieux d’avoir à faire ce que leurs négociateurs font habituellement pour eux, avant leur arrivée. Le président russe, Dmitri Medvedev, a déploré « le mauvais niveau de préparation des documents » que les leaders ont dû « rédiger euxmêmes », selon son conseiller. La situation a même rappelé au président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, ses années de syndicaliste. « Je n’ai jamais assisté (en tant que président) à une rencontre aussi chaotique », a-t-il indiqué en début de journée.
LES CHINOIS CHIPOTENT
La Chine a été l’objet de vives critiques, durant ce sommet. Perçu comme intransigeant, Pékin était vu par plusieurs comme l’un des principaux obstacles à une entente ambitieuse. Anecdote révélatrice: les Chinois ont exigé, au début du sommet, que le logo de la conférence soit modifié pour mieux représenter les différents courants de négociations. Hier encore, en clôture, la délégation est revenue à la charge, prévenant le Mexique à l’avance de l’importance du logo, l’année prochaine.
PAS DE PHOTO DE FAMILLE
Il s’agissait de la plus importante réunion de chefs de gouvernement jamais tenue à l’extérieur du quartier général de l’ONU à New York et, pourtant, elle n’aura pas été immortalisée en image. La photo de groupe des 119 chefs d’État a en effet été annulée, hier midi, en raison du piétinement des négociations. L’histoire ne dit pas si les leaders craignaient d’être associés à un échec, encore possible au milieu de la journée.
UNE OCCASION « RATÉE », DISENT LES DANOIS
Des milliers de personnes ont fêté hier soir en musique sur la place de l’hôtel de ville de Copenhague la fin du sommet mondial sur le climat, tentant d’oublier cette « occasion ratée » de sauver le climat de la planète. Sur le parvis de la mairie, décoré par un sapin de Noël et un globe géant diffusant des images des conséquences du dérèglement climatique, un orchestre rock danois tentait de réchauffer la foule frigorifiée par une température glaciale. Se faufilant dans la foule, deux jeunes déguisés en ours blancs étaient dépités. « On a perdu une chance historique de protéger notre climat de la catastrophe dans les décennies à venir », estime l’un deux, Nikolaï Brandt, un étudiant de 21 ans de Copenhague. Venue fêter « malgré tout » la fin de la conférence, Ini Melby estime pour sa part « qu’il ne faut pas perdre courage, et qu’il faut continuer à se battre pour protéger mère Nature qui n’a jamais été aussi menacée ».



Un projet d’accord émerge « Tout est encore possible », estiment des groupes canadiens
sont montrés une fois de plus déçus par l’attitude du Canada dans les négociations. Ils ont indiqué que, jusqu’à présent, le Canada recommandée par le groupe d’experts du climat de l’ONU et de 25 à 40%.
PHOTO LUKE MACGREGOR, REUTERS
Un ours polaire a pris forme à Londres, à Trafalgar Square, le jour de l’ouverture du sommet de Copenhague, sous la main du sculpteur Mark Coreth. Cette pièce de glace, qui aura fondu à la fin des négociations, symbolise la vie menacée des ours polaires, dont le territoire se réduit de plus en plus sous l’effet du réchauffement climatique.
« Le Canada a dit qu’on avait besoin d’une approche canadiens) n’ont pas négocié sur les changements climatiques. Est-ce que le Canada est intéressé à ce qu’il y ait un accord à Copenhague ? de Kyoto, qu’il a signé en 1997. Steven Gui lbeault a accusé le gouvernement conservateur de ne pas se soucier des « pénalités » économiques guettant les pays qui ne respectent pas ces objectifs. Des conséquences auxquel les le Canada ne fera pas face. avant la fin de la période d’engagement, en 2012.
« C’est une chose dont les conservateurs ne parlent jamais. Pourquoi ? Parce que ce sera le problème de quelqu’un d’autre. Ce sera "après moi le déluge". »






Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS"  -  François Cardinal
La ville par qui le péage est redevenu tendance dans le monde se réjouit de son initiative. Une récente étude révèle en effet que les embouteillages ont baissé de 18 % à Stockholm, en Suède, depuis la mise en place du réseau de péages urbains, en 2005. Même qu’on a multiplié par trois le nombre de voitures vertes, dont les propriétaires n’ont pas à acquitter le péage, selon le quotidien Dagens Nyheter, traduit par le Courrier international.

LE PÉAGE TIENT LA ROUTE  -  Paul Daniel Muller
Il serait normal que les usagers des autoroutes assument une plus grande part du coût de leur réfection
Qui n’aime pas jouir d’un bon service public, tout en refilant la factu re à l’ensemble des contribuables, y compris à ceux qui ne s’en servent jamais ? « Tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde », ironisait déjà Frédéric Bastiat au XIXe siècle.
PHOTO ARCHIVES LA PRESE CANADIENNE
Quiconque a emprunté une autoroute à Toronto (notre photo), aux États-Unis ou en France l’a constaté : là comme dans beaucoup de pays avancés, le péage est courant.
Réunis ce week-end en conseil général, les militants du Parti libéral du Québec se prononceront sur le principe de réintroduire le péage sur les autoroutes. Voilà une bonne idée dont l’heure est arrivée.
En 20 07, le gouvernement du Québec a lancé un programme de réfection et de construction de routes et d’autoroutes qui coûtera plus de 10 milliards de dollars sur cinq ans, entièrement financé par endettement. Le service de cette dette et les dépenses d’entretien courantes sont financés par les utilisateurs de toutes les routes, par le truchement de la taxe sur le carburant et des droits sur les permis et les immatriculations. Mais aussi par l’ensemble des contribuables par le biais des taxes et impôts généraux.
Du côté des bénéfices, une autoroute en bon état profite à trois catégories de citoyens. D’abord, à ses usagers, qui peuvent se déplacer plus rapidement que par les routes ordinaires. Puis à l’ensemble des automobilistes, en réduisant la congestion sur les autres rues et routes. Et, finalement, à la société tout entière, en favorisant le commerce et l’investissement industriel.
Par conséquent, une autoroute devrait aussi être financée par trois sources de revenus provenant de ces mêmes catégories, idéalement dans les mêmes proportions que les bénéfices qu’ils en retirent. Or, l’usage des autoroutes étant gratuit, les gens qui en profitent le plus sont subventionnés par les deux autres catégories. Cette forme de redistribution est injustifiée.
C’est pourquoi il est souhaitable que les usagers des autoroutes assument une plus grande part du coût de leur réfection. Quiconque a emprunté une autoroute aux ÉtatsUnis, à Toronto ou en France l’a constaté : là comme dans beaucoup de pays avancés, le péage est courant.
Il y a quelques années, le produit de la taxe sur le carburant (1,6 milliard) et des droits sur les permis et les immatriculations (670 millions) pouvait dépasser le budget alloué aux routes provinciales. Mais avec le vaste programme de réfection en cours, ce ne sera bientôt plus vrai.
Lorsqu’ils ont été abolis au Québec en 1985, les péages ralentissaient la circulation. Maintenant, avec les systèmes électroniques, c’est plutôt le contraire : le péage modulé selon l’heure ou le jour pousse une partie des automobilistes et des camionneurs à prendre la route en dehors des heures de pointe. Donc, avantage pour les navetteurs : moins de congestion le matin et l’après-midi.
Vrai, un retour des péages équivaudrait à une nouvelle forme de taxation. Certes, pour éliminer son déficit, le gouvernement ne doit pas seulement taxer davantage, mais aussi et surtout couper, quitte à passer quelques vaches sacrées à l’abattoir. Mais cet argument valide ne doit pas servir à bloquer une bonne idée. Le retour du péage tient la route, indépendamment de l’état désastreux des finances publiques.


La désertification coûte 1% de productivité chaque année
BUENOS AIRES — La désertification coûte 1% de productivité par an à l’échelle mondiale, selon des experts réunis à Buenos Aires pour une conférence internationale sur ce phénomène qui menace deux milliards de personnes.
«La perte de productivité est de 1% par an à l’échelle mondiale», a déclaré à la presse William Dar, l’un des experts participant à la neuvième conférence de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification (UNCDD).
Une autre s c i enti f ique, Maria Laura Corso, a donné en exemple une étude sur la province argentine de Catamarca ( Nord-Ouest), où «en 10 ans, les producteurs de piment ont perdu 30% de leurs revenus à cause de l’avancée de la désertification».
Ces experts estiment nécessaire une mesure régulière et fiable du coût économique de la désertification afin de sensibiliser les responsables et les amener à prendre des mesures.
Pendant cette conférence qui durera jusqu’au 2 octobre, près de 300 scientifiques se retrouvent pour conseiller l es pays s ur la f açon de combattre la désertification et t rouver des i ndicateurs communs.
La désertification affecte directement 200 millions de personnes, selon l’ONU.
Jusqu’à deux milliards – un tiers de la population mondiale – vivent dans des zones arides menacées, en Chine, en Inde, au Pakistan, en Asie Centrale, au Moyen-Orient, dans une grande partie de l’Afrique et en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Brésil).
L’UNCDD a été adoptée à Paris en juin 1994 et compte 193 pays signataires.

Une ville verte, qu’elle le veuille ou non  -  MARIE-CLAUDE LORTIE
Jeff Rubin n’a pas exactement le profil du militant grano vert du type que l’on rencontre dans les manifestations de Greenpeace ou aux marchés bios parrainés par Équiterre.
Pendant près de 20 ans, il a été économiste en chef à Marchés mondiaux CIBC. Les cravates de banquier, il connaît. Et pour lui, s’il y a un principe crucial pour comprendre le fonctionnement de nos sociétés, c’est bien la loi du marché, ce qui fait de lui, en théorie à tout le moins, quelqu’un de pas mal plus proche de Milton Friedman que de Steven Guilbault.
Pou r ta nt , savez-vous ce qu’il conseille aux candidats à la mairie montréalaise ?
« Il y a deux choses à faire, absolu ment pr ior it a i res », dit ce Torontois qui vient de publier Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller, chez Random House. « Il faut investir dans les transports en commun et rezoner la ville pour permettre une plus grande densité urbaine. »
Vous avez bien lu. Investir dans le réseau de bus-trainmétro ou toute autre solution qui utilise le moins d’énergie possible pour déplacer beaucoup de gens au travail tous les jours.
Oh, et il faut aussi arrêter de dépenser dans la création de voies de circulation automobile – ponts, échangeurs et compagnie. Et, surtout, cesser de se dire qu’il faut suivre les tendances des dernières décennies et prévoir toujours plus d’autos sur nos grands boulevards et nos voies rapides.
« D ’ici 10 a ns, il y au ra 20 % de moins de voitures sur les routes », tranche-t-il sans hésiter. Pourquoi tout cela ? Selon l’économ iste spécialisé en énergie, le prix du pétrole va augmenter et augmenter encore, au point où l’essence deviendra un produit de grand luxe. Peu importe les soubresauts causés par les récessions ponctuelles, la tendance lourde, à long terme, dit-il, est sans équivoque. Les ressources n’étant pas infinies et l’offre étant donc limitée devant une demande toujours en ex pa nsion , le pr i x du pétrole ne pourra que croître et croître encore.
Les prix à trois chiffres d ’ava nt la ré ce s sion vont revenir sous peu, affirme-t-il. C’est là qu’on s’en va, qu’on le veuille ou non. Et ça va monter encore plus que les prix qui nous ont tous fait disjoncter à l’été 2008.
Résultat : il va falloir commencer à réorganiser les villes en se disant que : a) l’essence va coûter tellement cher que les gens ne voudront ou pourront tout simplement plus prendre leur auto, ce qui va exercer une pression énorme sur les réseaux de transport collectifs. Et b) le transport des biens va coûter tellement cher qu’on va vouloir rapprocher des villes une bonne partie de leur production, que ce soit pour la nourriture ou les autres objets.
Ce qu’il appelle l’« éco - nomie barista », celle de la génération café-au-lait, où les villes sont essentiellement consacrées aux idées et aux services, ne pourra plus tenir, dit-il. Il y aura une totale réorganisation urbaine avec beaucoup plus de production concrète. Pensez A merican Apparel, le fabricant de vêtements en plein centre-ville de Los Angeles… Pensez Seattle, avec ses poules dans les jardins des quartiers résidentiels… Pensez toits verts où l’on cultive des potagers…
« Oui, l’agriculture devrait faire partie des discussions élec tora les mu n ic ipa les », affirme M. Rubin, qui croit notamment au potentiel des fermes urbaines faites de serres superposées.
Pour comprendre la ville de demain, explique l’économiste, il faut se tourner vers les modèles européens, où l’on a appris à fonctionner avec des prix énergétiques plus élevés que les nôtres depuis toujours, où les réseaux de transports en commun sont généralement beaucoup plus développés et performants qu’en Amérique du Nord. « L’Irlande n’a pas exploité l’éolien parce que tout le monde là-bas est vert. C’est le marché qui l’y a poussée… » Même chose pour l’expertise danoise du côté de la biomasse, née par nécessité, ce pays n’ayant pas d’autres ressources énergétiques naturelles.
Oh, et vous savez ce que M . Rubin voit aussi da ns sa boule de cristal ?
Parce que faire venir notre ail de Chine et notre raisin du Chili coûtera trop cher, il voit ces terres autour des banlieues actuelles, ces champs le long des routes où s’entassent tous les VUS de ceux qui font la routine boulot-bouchon, eh bien il voit tout plein de ces terrains redevenir de grands potagers. Et parfois il y voit une piste cyclable, une piste de ski de fond – sport devenu moyen de transport – et des rails de trains ultralégers, ultrarapides, ultraéconomes, qui nous feront découvrir notre monde redevenu tout petit d’une façon totalement nouvelle.

2 CRISES, 1 ÉCOTAXE  -  François Cardinal
Pour renflouer la Régie des rentes, rien ne serait plus approprié que l’imposition d’une écotaxe, estime le Groupe de recherche appliquée en macroécologie (GRAME), un groupe indépendant de chercheurs québécois. Dans le contexte de la réflexion collective entamée par l’Assemblée nationale pour s’assurer que la Régie des rentes puisse répondre aux besoins des futurs retraités québécois, le GRAME propose d’emboîter le pas à la France et à la Colombie-Britannique, qui entendent taxer les émissions de carbone. Cela aurait un double effet: diminuer les gaz à effet de serre et remplacer partiellement les cotisations sociales destinées à financer les régimes de retraite québécois, comme cela se fait déjà en Allemagne.


LE RÉFLEXE BOIS  -  FRANÇOIS CARDINAL
Il y a certaines choses que l’on tient pour acquises. Le bois, par exemple. Matériau noble par excellence, il est à peu près inutilisé dans la construction commerciale et institutionnelle. Or, contrairement au béton, le bois est non seulement réutilisable, il est aussi recyclable, fait valoir un tout nouveau regroupement, la Coalition bois. En outre, il permet d’encapsuler les émissions de CO , voire de les réduire – quatre fois moins de GES que le ciment, huit fois moins que l’acier. Qui dit mieux ?


Arrêter les éoliennes par vent faible réduit de 60 % la mortalité des chauves-souris
Ne pas faire fonctionner les éol ien nes en ca s de vent faible permet de réduire de 60 % la mortalité des chauves-souris, sans pour autant avoir une grande incidence sur la production d’énergie, a expliqué hier à l’AFP un c herc heu r de l ’ U n iver sité canadienne de Calgary.
Le professeur Robert Barclay, biologiste à l’ Université de Calgary (Alberta), et une équipe de scientifiques avaient averti, l’an dernier, qu’une hécatombe causée par la multiplication d’éoliennes pourrait menacer les chauves-souris d’extinction, ce qui aurait un impact notable sur l’écosystème car ces animaux se nourrissent d’insectes nuisibles aux récoltes.
La cause principale de la mort des chauves-souris à proximité des éoliennes est le brusque changement de pression engendré par la rotation des pales, avait conclu en 2008 l’équipe canadienne.
« Nous avons donc essayé d’y remédier », a ajouté M. Barclay, dont les conclusions sont publiées dans l’édition de septembre de la revue scientifique américaine The Journal of Wildlife Management.
En coopération avec TransAlta, entreprise spécialisée dans cette énergie renouvelable, les scientifiques ont étudié le comportement des petits animaux dans un champ de 39 éoliennes situé à environ 200 km au sud de Calgary.
Leur période d’étude s’est étalée du 15 juillet au 30 septembre en 2006 et 2007, c’est-à-dire pendant la période de migration de ces mammifères vers le Sud.
Ils ont constaté que lorsque la vitesse du vent est faible, les chauves-souris manifestent une activité accrue, mais sont également plus susceptibles de mourir autour des éoliennes.
«C’est logique: ce sont des animaux assez petits qui ne volent pas bien lorsqu’il y a beaucoup de vent», a dit le professeur Barclay. Or, les éoliennes produisent «la plus grande part de leur énergie lorsque le vent est fort, c’est-à-dire lorsque les chauves-souris ne volent pas», a remarqué le biologiste.
En conséquence, les chercheurs ont porté la vitesse de vent déclenchant le démarrage des pales de 4 m/s (14,4 km/h) à 5,5 m/s (19,8 km/h). «Nous avons comparé ces turbines expérimentales à celles fonctionnant normalement : la mortalité avait chuté de 60%», a expliqué M. Barclay.
Ces résultats sont d’autant plus encourageants que la nouvelle vitesse de référence n’engendre «qu’une chute relativement modeste de la production d’énergie», affirme-t-il.
Dans neuf cas sur dix, les chauves-souris trouvées mortes près d’éoliennes montraient des signes d’hémorragie interne provoquée par un traumatisme résultant apparemment d’une chute soudaine de la pression de l’air, avaient conclu dans leur étude précédente les chercheurs de Calgary.
Bien qu’ils soient pourvus d’une sorte de radar leur permettant de détecter les objets alentour, tels les pales, ces animaux ne peuvent pas anticiper les variations de pression.





Des icebergs se détachent de la plaque glaciaire de Wilkins
Des icebergs commencent à se détacher de la grande plaque glaciaire de Wilkins, à la suite de la rupture début avril d'un pont de glace reliant le continent Antarctique à l'île Charcot, a rapporté mardi l'Agence spatiale européenne (ESA).
«Les images satellite montrent que les icebergs ont commencé à se détacher de la face Nord de la plaque glaciaire de Wilkins, montrant que cette immense plaque a commencé à devenir instable», selon le communiqué de l'ESA.
Les données satellitaires montrent que les premiers icebergs se sont détachés de la plaque, qui mesure 16.000 km2, le 24 avril.
«Une estimation grossière laisse penser que 700 km2 de glace de la plaque Wilkins ont été perdus», selon l'ESA.
Contrairement au pont de glace, dont la rupture avait été rapide, la perte de morceaux de glace devrait durer plusieurs semaines. Elle est le résultat de zones de fractures qui se sont formées sur la plaque de Wilkins au cours des 15 dernières années.
«Huit plaques glaciaires le long de la péninsule antarctique ont montré des signes d'amenuisement au cours des dernières décennies. Il ne fait aucun doute que ces changements sont imputables au réchauffement climatique de la péninsule antarctique, qui a été le plus rapide de l'hémisphère Sud», a expliqué David Vaughan du British Antarctic Survey, cité par l'ESA.
Selon ce scientifique, la plaque Wilkins va fournir un «laboratoire vivant nous permettant de comprendre comment la banquise répond au changement climatique».
Grâce à l'utilisation conjointe des données du satellite radar TerraSAR-X et d'images du satellite Envisat, la communauté scientifique dispose aujourd'hui d'outils inégalés pour observer ce phénomène.

Al Gore plaide pour les glaces
L'ancien vice-président américain Al Gore, héraut de la lutte contre le changement climatique, a lancé mardi à Tromsoe (nord de la Norvège) un appel pour une action rapide en vue d'empêcher la fonte des glaces qui risque d'être irréversible.
Intervenant lors de la première conférence jamais consacrée à la fonte des glaces, à quelques mois du sommet de Copenhague sur le climat, M. Gore, prix Nobel de la paix 2007, a affirmé que, faute de mobilisation, la banquise de l'Arctique risque de disparaître pour toujours.
«La glace est importante pour l'éco-système de la Terre pour de nombreuses raisons mais l'une d'elles est liée à sa capacité de réfléchissement», a-t-il dit.
La banquise renvoie 90% des radiations solaires dans l'atmosphère alors que les masses d'eau sombres qui la remplacent lorsqu'elle recule absorbent la chaleur, ce qui a pour effet d'amplifier le réchauffement climatique.
«Alors que (la glace) disparaît, nous devons garder à l'esprit qu'elle ne reviendra que si nous agissons assez rapidement», a expliqué M. Gore.
«Parce que si l'on continue à augmenter la température terrestre, la chaleur se propagera aux profondeurs plus basses de l'océan Arctique et il sera impossible que la glace revienne», a-t-il précisé.
La fonte des glaces de l'Antarctique et du Groenland, qui n'a pas été incluse dans les modèles du panel pour le climat (Giec) colauréate avec Al Gore du Nobel, et celle des glaciers auront des conséquences dramatiques, a-t-il ajouté, affirmant que chaque élévation d'un mètre du niveau de la mer provoquait 100 millions de réfugiés climatiques.
De même, la fonte des neiges de l'Himalaya, communément baptisé «le troisième pôle», entraînera dans un premier temps des inondations, puis des sécheresses, pour 40% de la population mondiale, qui dépend de cette source d'eau douce pour sa survie.
Après la conférence, un panel sera mis en place pour rédiger un rapport destiné à sensibiliser les décideurs internationaux à la question lors du sommet de Copenhague en décembre.

Gare au méthane  -  Jean-David Therrien
Tôt ou tard, il devancera le CO
2 comme principal gaz à effet de serre
Alors que la conférence de Copenhague arrive à pas de géant, les leaders du monde se démènent pour définir leurs cibles de réduction de gaz à effet de serre. Une bonne partie de leur temps est consacrée à la star du moment, le CO mais, pendant ce temps, son grand frère pestiféré, le méthane, plane sous les radars. Pourtant, le méthane est un gaz à effet de serre très puissant qui nécessite lui aussi une cure d’amaigrissement, laquelle peut être administrée, en partie, par le public.
Laissez-moi vous présenter le méthane, CH4 pour les intimes. S’il est moins charismatique que le CO, c’est peut-être à cause de ses origines modestes, comme les marais humides ou les sphincters des animaux. C’est peut-être aussi à cause de sa fâcheuse tendance à prendre feu. Néanmoins, qu’on en parle ou pas, la quantité de méthane continue à augmenter dans l’atmosphère à chaque instant.
Des lecteurs renseignés sont probablement en train de se demander : « Et alors? Le méthane est seulement responsable de 20% de l’augmentation des températures! C’est bien moins que le CO ! », et je ne peux qu’acquiescer. Par contre, saviez-vous, chers lecteurs érudits, que les émissions de méthane s’accroissent à plus de deux fois le rythme du CO ? Cela veut dire que tôt ou tard, le principal gaz à effet de serre sera bien le méthane. Voilà pourquoi il doit être surveillé dès maintenant.
S’il y avait une « école pour les gaz à effet de serre », ses professeurs diraient sûrement du méthane qu’il est un élève instable. Il est si instable, d’ailleurs, que sa durée de vie dans l’atmosphère n’est que de huit à 12 ans. Banal, pas vrai? Faux! Bien qu’il ne se fasse pas de vieux os, le méthane a quand même le potentiel d’être nuisible, car, une fois devenu un vieux croulant, il ne va pas se cacher au cimetière! Il s’oxyde et se transforme en vapeur d’eau et, surtout, en CO ! Une fois sous cette forme, le méthane entame une retraite pouvant durer plus de 400 000 ans. De plus, durant la période où il est sous sa forme originale, le méthane ne chôme pas: kilogramme pour kilogramme, son effet sur le climat est environ 24 fois plus grand que celui du dioxyde de carbone.
Alors, d’où vient cet indésirable? Sommes-nous, comme membres d’une société de consommation, responsables de sa prolifération? La réponse est oui, à plusieurs niveaux. En conduisant nos grosses autos et en éclairant nos maisons comme une plage, nous causons l’aggravation de l’effet de serre, ce qui engendre la fonte du pergélisol à plus haute latitude, et ce pergélisol est aussi riche en méthane que l’eau est mouillée.
Le riz est une autre cause de la production de méthane. Puisque le riz est une plante semi-aquatique, sa production requiert l’inondation de terres arables, pleines d’herbes et de matière biologique. Or, pour les bactéries méthanogènes, celles qui transforment le carbone des plantes en méthane, ces terres sont l’équivalent de condos en Floride avec des buffets à volonté à tous les coins de rue! Notre consommation de riz est donc en partie responsable l’augmentation des émissions de méthane dans l’atmosphère. L’élaboration d’une nouvelle méthode de culture du riz pourrait alors constituer une façon dont nous pourrions couper l’herbe sous le pied de méthanobactéries. D’ici là, il nous reste nos bonnes vieilles patates.
Bien sûr, on ne peut parler de méthane sans mentionner l’élevage bovin. Cette activité à la base de la civilisation est bien chère à nos papilles gustatives, mais elle coûte aussi très cher à la planète. Avec plus de 1300 millions de bovins élevés dans le monde, chacun d’eux expulsant plus de 65 kg de méthane par année dans l’atmosphère, l’industrie derrière votre steak tartare d’hier soir produit environ le tiers de toutes les émissions de méthane liées à l’activité humaine. Alors, qu’attendons-nous pour réclamer l’arrivée du « MacTofu » ?

Le méthane est un gaz dangereux et il doit donc être contenu. Alors qu’un meilleur traitement des déchets et un plus grand contrôle de son extraction sont du ressort des braves gens qui iront socialiser derrière des portes closes à Copenhague en décembre, certains gestes, comme changer sa diète, sont du seul ressort du citoyen. Peutêtre, avec un peu d’efforts, pourrons-nous baisser le thermostat planétaire avant nos chefs?



L’ère stupide, ou comment l’humanité court à sa perte  -  Mali Ilse Paquin
Qui est Franny Armstrong ? La militante est devenue la championne de l’environnement en GrandeBretagne. Son film The Age of Stupid, un docufiction coup de poing, sera présenté en première mondiale à New York le 21 septembre. Al Gore et Michael Moore n’ont qu’à bien se tenir.
LONDRES — «Nous avons une mission majeure, comparable à l’abolition de l’esclavage et à la conquête de l’espace. » C’est avec ces paroles que Franny Armstrong mesure le rôle de sa génération, qu’elle surnomme la «génération MTV».
Pour la réalisatrice de The Age of Stupid ( L’ère stupide), l’homme est le premier être vivant à mener sa propre espèce à l’extinction en toute connaissance de cause. «Nous n’avons plus que quelques mois pour renverser la vapeur», dit la femme de 35 ans, en entrevue téléphonique.
Sans cette verve, le film, fina ncé à même le g ra nd public, n’aurait jamais vu le jour. Il sera pourtant présenté le 21 septembre prochain dans 45 pays en simultané à l’occasion de la première mondiale, écolo bien sûr, à New York. L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le chanteur de Radiohead, Thom Yorke, y participeront.
Franny Armstrong n’aurait pu choisir meilleure date. Le lendemain de la première, les dirigeants du monde se réuniront au siège de l’ONU pour se préparer à la conférence de Copenhague. Ce sommet, tenu en décembre, décidera de l’après-Kyoto.
Style de vie suicidaire
Le docufiction, acclamé à sa sortie britannique en mars dernier, se déroule en 2055 sur une Terre post-apocalyptique. Le dernier survivant, interprété par Pete Postlethwaite ( In the Name of the Father), regarde des archives datant de 2008 et se demande pourquoi les humains n’ont pas freiné le réchauffement climatique lorsqu’ils en avaient l’occasion.
« C ’est com me voi r des gens tou rner en rond su r une plage, hypnotisés par le s g r a i n s de s a ble s ou s leurs pieds, alors qu’un tsunami fonce vers eux », dit le personnage central.
Après The Inconvenient Truth d’Al Gore ( Une vérité qui dérange en français), le monde avait-il besoin d’un autre documentaire sur les changements climatiques? C’est comme demander si un autre film sur la guerre était nécessaire, répond-elle.
« J’étais un peu nerveuse qua nd son fil m est sorti , admet-elle enfin. Mais nos approches sont très différentes. Son film aborde la question scientifique alors que le mien s’intéresse aux conséquences humaines de notre style de vie suicidaire. »
Un peu comme une Obama de l’environnement, Franny A rmstrong a fina ncé son documentaire grâce à une collecte de fonds populaire. Plus de 200 personnes et organisations ont acheté des parts, pour une enveloppe totale de quelque 800 000 $ CAN.
La pasionaria est tombée dans la soupe du militantisme quand elle était petite. Son père, le documentariste Peter Armstrong, parcourait le monde pour la BBC. Sa mère travaillait auprès des sans-abri de son quartier.
Ses deux films précédents, McLibel et Drowned Out, ont été vus par 55 millions de personnes. Sa notoriété pourrait bientôt rivaliser avec celles de Michael Moore et d’Al Gore aux ÉtatsUnis, où The Age of Stupid sera distribué dans 440 salles.
En Grande-Bretagne, elle n’a plus besoin de présentation. En mars dernier, elle a convaincu le ministre de l’Environnement, Ed Miliband, de faire marche arrière sur un projet de centrale au charbon.
Aussi, elle a lancé le 4 septembre la campagne 10:10, dont l’objectif est d’inciter la population à baisser ses émissions de CO de 10 % en 2010. Il s’agirait du seuil critique pour éviter la catastrophe climatique. Déjà 20 000 personnes, écoles et entreprises britanniques ont promis de le faire.
Comment diable fait-elle ? « Ces jours-ci, je me sens coupable si je passe cinq minutes sans militer, dit-elle. Je vais prendre une pause d’un an après la sortie du film. »
On n’y croit pas une seconde.


Les sables bitumineux canadiens, enjeu électoral en Norvège
On vote en Norvège, mais les résultats pourraient se faire sentir jusqu’en Alberta.
PHOTOOEYVINDHAGEN, AGENCE FRANCE-PRESSE
Les investissements d’une compagnie norvégienne dans les sables bitumineux albertains suscitent la controverse. C’est que le pays scandinave se fait un devoir de développer les énergies vertes : par exemple, la première éolienne flottante a été inaugurée au début de l’été.
Les Norvégiens iront aux urnes lundi, et des partis qui ont une chance réelle de gouverner veulent que la grande société d’État Statoil se retire des sables bitumineux de la province canadienne.
La compagnie, détenue aux deux tiers par le gouvernement norvégien, a investi des milliards de dollars dans la prospection pétrolière au nord de l’Alberta, et son implication a fait l’objet de débats au cours de la campagne électorale.
Statoil a déboursé 2,2 milliards en 2007 pour louer un territoire à exploiter près de Fort McMurray. De grands travaux sont même à moitié achevés, au dire de la compagnie.
Mais cet investissement est depuis longtemps controversé en Norvège, un pays qui se vante de ses préoccupations écologiques.
Gunnar Kvassheim, du Parti libéral de la Norvège, dit clairement qu’il veut mettre fin au projet canadien, qu’il qualifie de très mauvais pour l’environnement et qui ne doit donc pas être cautionné par une compagnie dont son gouvernement est le propriétaire principal.
Cinq des sept partis politiques norvégiens, de même que le plus important journal du pays, estiment que cet investissement était une erreur.
Dans un éditorial publié le 30 août, Aftenposten écrit que Statoil n’a pas à profiter du désengagement du Canada à l’endroit du protocole de Kyoto, accusant Statoil et le gouvernement de participer à « un déni de responsabilités collectif ».
Rôle positif
Le grand patron de Statoil, Helge Lund, s’est porté à la défense de sa compagnie vendredi dernier. Il a affirmé que l’industrie des sables bitumineux est encore jeune, qu’elle est appelée à s’améliorer grâce à la technologie et que sa compagnie peut jouer un rôle positif au Canada.
Le premier ministre albertain, Ed Stelmach, a déclaré qu’il n’était pas au courant de l’agitation politique en Norvège au sujet des sables bitumineux.
Tout ce qu’il sait, a-t-il prétendu, c’est que l’économie mondiale est en train de sortir de la crise, qu’on assiste à un regain d’intérêt pour les ressources naturelles de sa province et que les investisseurs voient l’Alberta comme un merveilleux endroit où investir.




TOTAL SA Dans les sables bitumineux pour de bon

Malgré la chute dramatique des prix du pétrole et la mauvaise réputation des sables bitumineux sur le plan environnemental, Total SA s’est installée en Alberta pour y rester. Le géant français du pétrole, qui vient d’échouer dans sa tentative d’acheter UTS Energy pour accroître sa présence dans les sables bitumineux, croit que les énergies fossiles continueront de jouer un rôle dominant dans un avenir prévisible. Le directeur général Exploration et Production de Total SA, Yves-Louis Darricarrère, a répondu aux questions de La Presse Affaires.
QEst-
ce que le prix actuel du pétrole menace la rentabilité de vos projets albertains ? R Nous nous a pprêtons à investir de 15 à 20 milliards au Canada au cours des 10 à 15 prochaines années pour produire 250 000 barils par jour avec ce qu’on a déjà. On peut espérer que le projet Joslyn soit mis en production en 2016-2017 et être en production jusqu’en 2034-2035. L’important n’est pas le prix actuel mais le prix futur. QTotal
a-t-elle l ’ i ntention de faire d’autres acquisitions au Canada? R On veut surtout développer nos investissements en Alberta et construire une position qui soit solide, mais qui soit durable. Total cherche partout des occasions de s’étendre et de grandir. QLes
énergies renouvelables vous intéressent-elles ? R Notre mission est d’approvisionner la planète en énergie, donc de produire davantage de pétrole et de gaz. Toutes les prévisions des experts concordent : en 2030, les énergies fossiles représenteront encore 75 % des besoins en énergie. Par conséquent, le pétrole et le gaz ont encore un rôle important à jouer dans l’approvisionnement énergétique de la planète. Total croit au pétrole. On ne peut pas être partout. QPensez-
vous qu’on va manquer de pétrole ?
RNon. La demande va continuer à croître et l’offre aura du mal à fournir, mais on ne manquera pas de pétrole. Ce sera un vrai défi d’approvisionner la planète. Il faudra des avancées technologiques et des sources d’approvisionnement autres comme les sables bitumineux, qui sont les hydrocarbures de l’avenir. Et les prix vont être plus élevés. QL’industrie
des sables bitumineux a une image désastreuse en matière de protection de l’environnement, et ce type de pétrole pourrait être de plus en plus controversé à l’avenir. Est-ce que ça vous inquiète ? R L’exploitation des sables bitumineux comporte un certain nombre de défis que les autorités concernées et les entreprises doivent régler. Je pense en particulier aux émissions de gaz à effet de serre, à l’utilisation de l’eau et du territoire. On trouvera des réponses qui satisferont tout le monde. Il y a de grands défis dans lesquels nous sommes prêts à nous investir. QLe

raffinage intéresse de moins en moins certaines des grandes compagnies pétrolières intégrées. Est-ce que Total veut réduire ses activités de raffinage ? R Ça dépend du marché. Nous sommes le premier raf f ineur en Europe, où la demande d’essence est en décroissance. Mais nous venons de lancer avec Aramco ( Arabie Saoudite) un projet de raffinerie de 400 000 barils par jour à Dubaï. Donc, nous continuons de nous développer dans le raffinage, dans les marchés en pleine croissance comme les marchés asiatiques.




Grâce au pétrole  -  Sébastien Dumais
Le « triomphe » de la banlieue qu’évoque André Pratte ( La Presse, 22 juillet) n’a été possible que parce que le prix du baril de pétrole est ridiculement bas. Tout notre mode de vie, en particulier celui en banlieue, est absolument dépendant du pétrole, une source d’énergie à haut rendement que rien ne peut remplacer en ce moment. Avec l’épuisement des réserves et le retard que nous avons dans la mise en place de solutions de rechange, le prix de l’or noir ne peut qu’augmenter. Cette hausse rendra impossibles l’établissement et le maintien de communautés de densité aussi faible que la banlieue. Ce « triomphe » n’aura pas la vie bien longue.


Pour une exploitation responsable  -  Satia Das
Le Canada ferait preuve d’une grave irresponsabilité s’il abandonnait les sables bitumineux
Les Canadiens ont de la difficulté à assumer leur statut de superpuissance énergétique. Les sables bitumineux de l’Alberta, qui constituent le plus grand gisement d’hydrocarbures au monde, seraient considérés comme une bénédiction par beaucoup de pays. Et pourtant, ici, un grand nombre de citoyens les voient comme un fardeau.
PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Les progrès technologiques et l’instauration de meilleures pratiques de production d’énergie pourraient-ils permettre de transformer les sables bitumineux de l’Alberta en « pétrole propre » ?
Nous avons eu honte quand une campagne de sensibilisation à l’environnement, mise en oeuvre par des leaders comme l’ancien vice-président américain Al Gore, a décrété que le pétrole issu des sables bitumineux était du « pétrole sale ». Un rapport publié en 2008 qui prédit que l’exploitation des sables bitumineux causera la mort de millions d’oiseaux migrateurs a suscité l’intérêt du public et bénéficié d’une grande couverture médiatique mondiale.
Nous ne pensons pas à faire valoir que les progrès technologiques et l’instauration de meilleures pratiques de production d’énergie pourraient permettre de transformer le « pétrole sale » en « pétrole propre », ce qui exigerait la mise en place d’une vision politique solide et d’un cadre réglementaire rigoureux. Avec l’administration Obama qui fait la promotion d’une énergie propre, les Albertains, en tant que propriétaires des sables bitumineux, et tous les Canadiens doivent désormais apprendre à mener le jeu. La géologie les force à le faire, et ils ne peuvent fuir cette responsabilité qui leur incombe.
Nous avons, en dehors de l’aspect géologique de la question, une obligation morale à voir au développement responsable et à l’intendance de cette richesse incroyable que représentent les sables bitumineux. À mon avis, abandonner les sables pétrolifères et arrêter leur exploitation serait faire preuve d’une grave négligence.
Des voix importantes se font entendre en Alberta et ailleurs au Canada en faveur de la solution de facilité que représenterait l’abandon du « pétrole sale ». Ce serait une erreur à tous les points de vue. Nous pouvons utiliser l’immense richesse que constituent les sables albertains pour servir le bien commun. Nous pouvons l’utiliser pour financer la transition vers une énergie de remplacement qui s’appuierait sur une production plus écologique d’hydrocarbures.
Il n’est pas du tout paradoxal de considérer que l’exploitation durable d’une ressource qui génère des émissions élevées de carbone puisse accélérer le développement d’une économie basée sur des émissions réduites de gaz carbonique. En effet, l’exploitation des sables pétrolifères peut nous donner les moyens d’investir dans la recherche et le développement ainsi que dans la mise en place d’un avenir vert. Je ne considère pas que ma vision de la situation aille à l’encontre de mes valeurs écologiques.
Je crois, dans mon for intérieur, que l’arrogance et la prétention démesurée de notre espèce nous portent à ne pas respecter et à abimer la beauté de la nature. Par ailleurs, j’apprécie le style de vie moderne qu’une économie de marché remarquablement prospère rend possible. Et je sais que cette économie repose en bonne partie sur la consommation de combustibles fossiles, qui sont la principale source de gaz à effet de serre. Existe-t-il une solution miracle qui me permettrait de garder mon style de vie sans pour cela devoir dépouiller la planète?

C’est la véritable question qu’il faut se poser. Elle est d’autant plus pertinente pour nous, les Albertains, étant donné que nous sommes les propriétaires – et intendants – des sables bitumineux, le plus grand gisement d’hydrocarbures au monde. Si nous ne veillons pas à exploiter cette ressource de la façon la plus responsable et durable qui soit, nous allons continuer, et même accélérer, la production de gaz à effet de serre.




Moins de récoltes et des aliments trois fois plus chers  -  Stéphanie Bérubé
L’a g r ic u lt u re s ou f f re de s changements climatiques. En première ligne. Surtout dans les pays où l’alimentation repose encore sur une agriculture paysanne, en manque de moyens techniques. Des intempéries peuvent ruiner des récoltes en moi ns de deux.
Et des intempéries, il y en a de plus en plus. « Le réc hau f fement cl i matique multiplie les tempêtes, augmente le niveau de la mer, les vagues de chaleur et favorise les épisodes de sécheresse et de pluie », a expliqué hier le phytologue Bert Drake, du Centre de recherches sur l’environnement Smithsonian. Le scientifique a participé à la Conférence sur la sécurité alimentaire de l’ Université McGill. À ses côtés, ses collègues sont arrivés au même constat : cette température qui joue aux montagnes russes n’aura pas le même effet dans l’hémisphère Nord, où se trouvent des pays à l’agriculture très solide, que dans l’hémisphère Sud, où se trouvent des pays en développement qui n’ont pas les moyens d’adapter leurs cultures à de nouvelles réalités climatiques.
« C’est difficile de parler d’adaptation dans certains pays où la priorité est de trouver de la nourriture pour la consommer immédiatement », a expliqué Bano Mehdi, du Centre en gestion des ressources en eau de l’Université McGill.
S elon el le, le s c ha nge - ments climatiques vont inévitablement exacerber le s différences entre le Nord et Sud. D’autant plus que, dans cer t a i n s pays nord iq ue s , au Canada notamment, un réchauffement de la planète peut être plutôt favorable, sur le plan de l’agriculture. Quelques degrés de plus peuvent allonger une saison de récolte, ce qui n’est pas pour dépla i re au x c u ltivateu rs . Alors que dans certains pays du Sud, des cultures sont à leurs capacités ma ximales avec la température actuelle. Plus de chaleur, a expliqué Bano Mehdi, mènera à une diminution des rendements.
Si on ajoute à cela des épisodes d’intempéries extrêmes, on se retrouve avec des récoltes compromises. On n’a qu’à voir ce qui se passe actuellement avec la canne à sucre. La sécheresse indienne de l’été vient d’être suivie d’inondations records dans certains États. Ces intempéries du bout du monde ont fait bondir le prix du sucre jusqu’ici. La température n’est pas plus clémente au Brésil : il a tant plu que la récolte de canne s’annonce très mauvaise. Ces deux pays produisent plus de la moitié du sucre consommé sur la planète.
Le prix des aliments pourrait tripler
La semaine dernière, une étude de l’Institut de recherches internationales sur les politiques alimentaires s’est aussi intéressée aux conséquences du réchauffement c l i m at ique s u r l ’a s s i e t t e . Celle d’ici, mais surtout celle des pays en voie de développement. D’ici 40 ans, le prix des aliments pourrait tripler, a conclu l’étude. Il sera à la hausse, réchau f fement de la planète ou non, mais les c ha ngements c l i mat iques a gg r averont la sit uation . L’Institut américain calcule une hausse de 194 % pour les prix du blé et de 121 % pour celui du riz. Les rendements de ces deux cultures baisseront de 30 % et 15 %, respectivement.
Cette équation laisserait 25 millions d’enfants mal nourris de plus sur la planète en 2050.
Selon l’auteur de l’étude, Gérald Nelson, des investissements en agriculture, dans des régions ciblées, pourraient prévenir ce scénario catastrophe : « Il faut investir dans la recherche agricole, l’amélioration de l’irrigation et dans des routes rurales pour permettre aux agriculteurs pauvres de mieux accéder aux marchés. »


Une planète à réinventer  - DAVID SUZUKI
Les générations futures nous jugeront sur nos efforts pour rétablir notre équilibre avec la nature
Chaque jour, la dette écologique s’accroît. Et elle ne pourra jamais être remboursée.
L’auteur est cofondateur et président de la Fondation David Suzuki (www. davidsuzuki. qc.ca). Lors d’une conférence que je prononçais dans une école deMontréal le 20 mai, un enfant de 12 ans s’est levé et m’a demandé: « M. Suzuki, est-ce que l’air et l’eau redeviendront purs un jour? »

Un grand frisson a traversé la salle. Évidemment, comme scientifique, j’ai dû répondre que oui, la nature peut être généreuse avec nous si nous en prenons soin, mais que les espèces qui disparaissent ne reviendront jamais. Comme père et bientôt grandpère, j’en avais simplement le coeur brisé.
Comment faire vivre le rêve de cet enfant? C’est la question que je me pose en cette journée mondiale de l’environnement.
Que ça nous plaise ou non, notre génération, soit tous ceux qui vivent en ce moment sur la planète, partageons une responsabilité sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nous sommes la première génération à avoir le pouvoir de radicalement modifier la prospérité et la qualité de vie de ceux qui viendront après nous.
Nous avons largement outrepassé la capacité de la planète à nous fournir les ressources requises pour nous maintenir en vie dans le futur. Nous vivons à crédit. Nous empruntons la prospérité et la qualité de vie des générations à venir pour combler nos désirs immédiats.
Chaque jour, la dette que nous laisserons aux prochaines générations s’accroît. Ce que cette dette écologique a de particulier cependant, c’est qu’elle ne pourra jamais être remboursée. Une fois les ressources disparues, le climat bouleversé, les sources d’approvisionnement en eau épuisées, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Cet enfant de 12 ans le sait déjà et c’est pour cela qu’il m’interpellait. Je suis persuadé que les générations futures nous jugeront sur les gestes que nous aurons portés pour rétablir notre équilibre avec la nature, ou sur l’absence de ceux-ci.
Allons-nous pouvoir relever le défi de notre génération avec cette même vision spéculative, irresponsable et cette tendance à l’endettement et au gaspillage qui nous ont menés à la pire crise économique depuis les années 30? Non, je ne pense pas.
Nous avons besoin d’une révolution. Puisque nous créons chaque jour le monde de demain, il est l’heure de nous réinventer nousmêmes et de réinventer notre relation avec la planète. Il est l’heure de penser à la richesse véritable et à la qualité de vie de nos enfants.
Comment s’y prendre pour réinventer notre planète? Souvent, nous avons l’impression qu’il est déjà trop tard. Mais il est en notre pouvoir d’imaginer un monde nouveau et de convaincre ceux qui nous entourent qu’un monde différent est possible. Il faut dès aujourd’hui semer nos rêves pour rendre un autre monde possible. Permettez-moi d’essayer. › Imaginez un monde où chaque enfant pourrait se baigner dans le cours d’eau le plus proche.
› Imaginez des quartiers où vous pourriez vous rendre à pied au travail ou à l’école, revenir dîner à la maison et passer plus de temps en famille.
› Imaginez des villes sans voitures, sans embouteillages, et des rues transformées en jardins et en parcs.
› Imaginez une baisse du taux de cancer et aussi des maladies respiratoires chez les enfants et les aînés parce que nous avons cessé d’empoisonner notre environnement et nous-mêmes.
› Imaginez que toutes les maisons sont énergétiquement autonomes et qu’il n’y ait nul besoin de construire de gigantesques centrales électriques.
› Imaginez que nous valorisons nos ressources et ne produisons plus de déchets.
Ce n’est ni de la science-fiction ni une utopie. Des communautés un peu partout dans le monde réussissent déjà à accomplir cela. Pourquoi ne pourrions-nous pas?

Nous avons déjà fait de grands pas depuis quelques années. Ce n’est certainement pas suffisant, mais un vent de changement souffle dans le monde. C’est ce qui me donne espoir. Avec un peu d’effort, nous pouvons bientôt faire basculer le monde dans une nouvelle ère.


Il ne faut  juste pas brûler tout ce qui reste !...
Pour éviter un réchauffement irréversible de la planète, l’humanité doit consommer deux fois moins de carburants fossiles qu’elle n’en a déjà brûlé. Telle est la conclusion d’une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford, publiée dans la revue Nature. La moitié des réserves initiales de 1000 milliards de tonnes de pétrole, de gaz et de charbon a déjà été extraite depuis le début de l’ère industrielle, vers 1750. Les chercheurs ont estimé que, pour limiter le réchauffement à 2°C et éviter des changements irréversibles, il ne faut pas brûler tout ce qui reste. En se limitant à 250 des 500 milliards de tonnes restantes, on aurait trois chances sur quatre de se retrouver avec un réchauffement inférieur à 2 °C. Au rythme actuel, ces 250 milliards de tonnes de carburants fossiles dureront à peine 20 ans.



Des « investissements importants » demandés au fédéral  -  Philippe Mercure
Au moment où Zenn Motor annonce qu’il cessera d’assembler ses petits véhicules électriques à Saint-Jérôme, l’industrie demande au gouvernement fédéral de faire des « investissements importants » afin de positionner le Canada dans ce créneau industriel.
Une conférence internationale sur les véhicules électriques et hybrides se déroule cette semaine à Montréal. On peut voir ici quelques véhicules présentés au complexe Desjardins.
Selon Mobilité électrique Canada, regroupement d’entreprises et de chercheurs du secteur, plus d’un demi-million de véhicules électriques rouleront sur les routes du pays d’ici 2018. Le groupe est catégorique : la proportion de contenu canadien dans ces véhicules sera plus importante que dans nos bonnes vieilles voitures à essence. Mais il faut que le gouvernement fédéral bouge, entre autres en incitant les consommateurs à choisir ces nouveaux véhicules.
« I l y a de grands programmes aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Japon, partout. Il est temps que le Canada se rattrape », a lancé hier à La Presse Affaires Al Cormier, directeur général de Mobilité électrique Canada, spécifiant que plusieurs provinces ont, elles, annoncé des mesures d’encouragement pour l e s c onsommateurs qui achètent des véhicules électriques.
« Le fédéral a beaucoup de programmes qui aident à la recherche et à la commercialisation de nouveaux produits, a ajouté M. Cormier. Mais pour les acheteurs, il manque quelque chose. »
Le groupe a profité de la conférence i nternationale sur les véhicules électriques et hybrides qui se déroule à Montréal cette semaine pour proposer une « feuille de route » destinée à s’assurer que le Canada prenne sa place dans cette industrie qu’on promet en plein essor.
Au menu : i nvest i r dès maintenant dans les technologies et dans un réseau pour recharger les voitures, faire le ménage dans la réglementation pour s’assurer que le pays puisse développer son industrie sans anicroche et former les ingénieurs, chercheurs et mécaniciens pour qu’ils comprennent bien les nouvelles technologies.
Les acteurs de l’industrie i nterviewés par La Presse Affaires affirment qu’il faut oublier le rêve de la voiture électrique entièrement fabriquée au Québec qui viendrait concurrencer les grands constructeurs américains ou asiatiques.
« C’est un grand mythe », dit Pierre Lavallée, directeur principal du Centre national du transport avancé et porteparole de la conférence qui se déroule actuellement à Montréal.
« L’important, ce sont les pièces et composantes qui pourront être fabriquées par diverses entreprises au Québec », renchérit M. Cormier, qui souligne aussi que de « grandes opportunités » se dessineront dans la conversion de vieux véhicules à essence en véhicules électriques.
C’est exactement dans cet esprit que Zenn Motor, de Toronto, a annoncé la semaine dernière qu’elle cessera d’assembler ses petits véhicules électriques à basse vitesse à Saint-Jérôme pour se concentrer sur la fabrication de transmissions électriques. À moins que l’entreprise ne t rouve un autre usage aux installations de Saint-Jérôme, qui emploient 15 personnes, celles-ci fermeront donc en 2010.
« Nous en sommes venus à la conclusion qu’il serait mieu x d ’ a pprov i s i on ner tous les grands manufacturiers automobiles avec notre transmission plutôt que de devenir un manufacturier nous-mêmes », a expliqué hier Catherine Scrimgeour, directrice des affaires publiques de Zenn.
L’entreprise cherche actuellement un endroit pour installer son nouveau centre de R&D, mais Mme Scrimgeour a confirmé hier que le Québec ne figure pas dans les plans. Le choix se ferait plutôt entre le Michigan et l’Ontario.
Pour Pierre Lavallée, du Centre national de transport avancé, la nouvelle est loin d’être un électrochoc. « On a souvent décrit la Zenn comme l’embryon d’une i ndustrie de la voiture électrique au Québec, alors que ce n’est pas le cas. On parle d’un véhicule à basse vitesse – un petit produit dans une petite industrie qui a certes sa pertinence, mais sans plus », dit-il.

La voiture électrique vole la vedette
FR ANCFORT — Au s a l on automobile de Francfort, les grands constructeurs multiplient les annonces et les présentations de voitures électriques, une technologie qui vise désormais le grand public, mais suscite encore des interrogations sur son modèle économique.
Renault, en pointe dans ce domaine, a dévoilé hier devant la presse quatre prototypes de véhicules électriques, préfigurant sa future gamme, qui arrivera sur le marché à partir de 2011.
Mais d’autres constructeurs sont également dans la course. PSA Peugeot Citroën a ainsi montré à Francfort le prototype de la future petite Peugeot électrique attendue en octobre 2010, et Volkswagen a présenté la version électrique du concept Up ! de voiture urbaine.
Renault avec la Twizy, une toute petite citadine, l’utilitaire Kangoo, et les berlines Zoe et Fluence, a voulu faire la démonstration que la « percée » de la voiture électrique était en marche et que la marque au losange entendait bien « conduire le changement », selon l ’expression de son patron Carlos Ghosn.
« C’est le bon moment pour les émissions zéro » et « ce qui est en jeu n’est pas une réduction de 20 à 30% des émissions » de CO , a-t-il lancé, en allusion à la baisse obtenue par les systèmes hybrides, rivaux des électriques. Une voie que Renault n’a pas retenue. Et il a bien insisté sur les investissements en cours : plus de 4 milliards d’euros avec son allié Nissan.
Renault table sur une part de marché de 10 % pour les véhicules électriques à l’horizon 2020, mais cette prévision n’est pas partagée par tous. Pour PSA, la fourchette se situe plutôt en 2020 « entre 5 et 10% ».
Ce dernier a présenté à Francfort l a Peugeot Ion, f uture petite voiture électrique de la marque au lion développée avec Mitsubishi, qui sera suivie par une autre similaire pour Citroën.
En outre, Peugeot a dévoilé un prototype de minivoiture quatre places baptisé pour l’heure BB1 : « Ce n’est pas un concept en l’air », a assuré le patron de PSA, Philippe Varin.
Volkswagen a aussi évoqué « une nouvelle époque » en présentant le prototype Up électrique, « une voiture de série telle qu’on l’imaginait pour 2013 » , selon Ulrich Hackenerg, responsable du développement. Un constructeur pionnier des technologies hybrides comme Toyota a aussi en prévision la sortie d’un petit véhicule électrique urbain pour 2012.
Mais le facteur prix reste un enjeu décisif pour le développement de ces véhicules. Renault veut proposer ses voitures électriques à un prix équivalent à celui d’un modèle diesel équivalent, en séparant le coût de la batterie qui sera louée.
Assez cher
Le véhicule électrique est « assez cher ». « Il faut trouver le modèle économique où la voiture devient rentable », a souligné Jean-Marc Gales , di r e c t eur général marques de PSA Peugeot Citroën.
« Il faut voir l’équation complète avec le prix d’achat ou la location, le coût d’usage et la valeur résiduelle du véhicule après trois ans. »
Un modèle auquel réfléchit donc PSA, qui envisage de proposer « une location très attrayante et des services additionnels », sans exclure toutefois la vente.
En outre, pour amorcer le mouvement, un constructeur comme Renault table sur le soutien des gouvernements ou des collectivités, avec des primes ou des commandes, ainsi que des énergéticiens pour la mise en place de réseaux de distribution, l’autre problème à régler.
À cet égard, le groupe français a annoncé un partenariat avec le groupe énergétique allemand RWE pour développer l’usage de bornes de recharge pour voitures électriques dès l’année prochaine en Allemagne.
Et il a aussi dévoilé un accord avec l’entreprise Better Place, partenaire de Renault en Israël et au Danemark, portant sur la commercialisation de 100 000 Renault Fluence électrique dans ces pays d’ici 2016.


L’électricité « faite maison » en Allemagne
BERLIN — Remplacer deux centrales nucléaires par des générateurs à gaz installés dans des caves de particuliers: c’est le pari lancé la semaine dernière par le fournisseur allemand d’énergies renouvelables Lichtblick, associé au constructeur automobile Volkswagen.
PHOTO NIGEL TREBLIN, AFP
L’objectif est de vendre 100 000 « mini-centrales », des générateurs fonctionnant au gaz naturel installés dans les caves des maisons, pour produire autant d’électricité que deux centrales nucléaires.
Lichtblick, dont le siège se trouve à Hambourg, dans le nord du pays, concurrence les géants du secteur de l’énergie en vendant de l’électricité issue de sources renouvelables à un demi-million de clients pour l ’ i nsta nt . El l e veut maintenant passer à la vitesse supérieure.
Son idée: vendre en masse des générateurs fonctionnant au gaz naturel, capables à la fois de fournir la maisonnée en chauffage et en eau chaude et de produire de l’électricité qui serait injectée dans le réseau.
L’objectif de Lichtblick est de vendre 100 000 « mini-centrales », pour produire autant d’électricité que deux centrales nucléaires, soit 2000 mégawatt, alors que l’abandon de l’énergie atomique par l’Allemagne pourrait être remis en cause après les élections législatives du 27 septembre, au grand dam des écologistes.
Ces générateurs sont « comme un banc de poissons: de nombreuses petites unités constituent une grande communauté performante qui génère une multitude d’électricité », explique le patron de Lichtblick, Christian Frieg.
Le pari « est tout à fait possible si le projet atteint la dimension prévue. À titre de comparaison, rien que l’interdiction des ampoules à incandescence équivaut à supprimer une centrale nucléaire », note pour l’AFP Claudia Kemfert, experte de l’institut de recherche DIW.
Ces générateurs « sont bien plus écologiques que des centrales à charbon puisqu’ils produisent beaucoup moins de CO . Mais aussi plus écologiques que des centrales nucléaires, qui produisent de la chaleur qui est gaspillée », poursuit-elle.
Les générateurs de Lichtblick ont un taux d’efficacité énergétique estimé à 92%, selon le groupe. Ce taux est généralement évalué à entre 40 et 50% pour les centrales nucléaires, par exemple.
« Le plus écologique serait de faire tourner ces mini-centrales au biogaz » plutôt qu’au gaz naturel, souligne encore Mme Kemfert.
Si ces générateurs de chaleur et d’électricité ne sont pas une nouveauté en euxmêmes, le projet de Lichtblick se distingue car il prévoit que l’opérateur garde le contrôle de ces petites centrales. Les particuliers devront verser 5000 € ( 7900 $ CAN) pour que l a s ociété hambourgeoise installe chez eux le générateur et le système de chauffage associé.
En contrepartie, ils paieront un tarif avantageux pour se chauffer et recevront un « loyer » pour l’accueil du générateur ainsi qu’une prime de fin d’année, calculée en fonction du revenu tiré des ventes de l’électricité produite.


La Chine a un grand potentiel éolien
PÉKIN — La Chine pourrait rédui re ses émissions de dioxyde de carbone de 30% au cours des deux prochaines décennies en utilisant l’énergie éolienne pour couvrir la moitié de ses besoins en électricité, souligne une étude américaine publiée dans la revue Science.
Les besoins énergétiques de la Chine devraient doubler d’ici 2030, mais le pays pourrait raisonnablement en couvrir la moitié grâce à l’éolien, selon la nouvelle étude, réalisée avec l’Université Tsinghua à Pékin. Les chercheurs, qui ont utilisé des données météorologiques pour évaluer le potentiel de l’éolien en Chine, précisent également qu’il pourrait en théorie couvrir l’ensemble des besoins énergétiques du plus gros émetteur de CO au monde.
Le charbon fournit aujourd’hui 80% de l’électricité en Chine, et des centaines de centrales au charbon sont construites chaque année pour faire face à la demande. Mais Pékin investit également massivement dans les énergies renouvelables. La Chine se classe déjà au quatrième rang mondial en termes de capacité installée pour l’éolien avec 12,2 gigawatts.


Le Japon vise une voiture électrique à 18 000 $
TOKYO — Une société japonaise, créée le 20 août par un spécialiste des voitures électriques, a indiqué hier que sa technologie unique de châssis à roues motorisées permettra de produire un modèle offrant une autonomie de 300 km à « moins de 1,5 million de yens » (18 470$CAN) en 2013.
La jeune entreprise SIMDrive, fondée par le Pr Hiroshi Shimizu de l’Université Keio et soutenue par divers partenaires et personnalités du Japon, va mettre ses technologies, son savoir-faire, ses compétences à la disposition des constructeurs d’automobiles, équipementiers et fabricants de moteurs qui le souhaitent.
En échange, ces derniers devront apporter leur propre expérience industrielle et une contribution financière à la poursuite des travaux nécessaires en vue de la production de voitures électriques.
« Il s’agit d’un modèle de développement ouvert et coopératif », a expliqué en conférence de presse à Tokyo le Pr Shimizu, reconnu pour ses 30 années de recherche dans les voitures électriques et concepteur de huit prototypes fonctionnels.
« Je suis certain que grâce à notre technologie, il sera possible de développer une automobile qui, produite en masse, coûtera moins de 1,5 million de yens », a-t-il poursuivi. Ce tarif ne comprend pas la batterie qui serait payée séparément en plusieurs échéances comme l’est actuellement l’essence en fonction de la consommation, a-t-il précisé.
M. Shimizu a conçu une plateforme radicalement différente de celles des véhicules actuels. Au lieu d’être mues par un moteur central, les roues sont unitairement motorisées, ce qui, selon le co-développeur du concept, Takashi Takano, « permet de diviser par deux l’énergie requise ».
La combinaison de quatre, six, huit ou douze roues de différentes puissances rend le système adaptable à tout type de véhicule, de la mini-voiture à deux places au bus, en passant par les bolides de sport et les traditionnelles berlines.
Selon M. Shimizu, il devrait être possible de monter des carrosseries de modèles existants sur sa plateforme motorisée.
SIM-Drive, qui ne construira pas ni ne commercialisera de voitures mais se contentera de fournir sa technologie et son savoir-faire, espère s’entourer dans un premier temps de 20 sociétés avant d’en retenir un nombre inférieur pour les accompagner dans la phase de production.
La nouvelle firme bénéficie pour l’heure d’un investissement de la maison de négoce Marubenietdedeuxpartenaires motivés par la cause environnementale: Gulliver International (distributeur de voitures) et Nano-Optonics Energy (composants électroniques).
SIM-Drive est présidée par Soichiro Fukutake, un entrepreneur-mécène plusieurs fois primé dans le domaine culturel, et conseillée par Nobuyuki Idei (ex-patron de Sony) et Jun Murai (spécialiste des questions environnementales de l’Université de Tokyo).


Une éolie n ne s’arrime à Mon t réal  -  FRANÇOIS CARDINAL
L’a r r o n d i s s e m e n t d e S a i n tL au re nt s e pré pa re e n e f fe t à i n s t a l l e r , d a n s l e s s e m a i n e s à ve n i r, u n e é ol ie n n e à t r oi s p a l e s h a u t e d e 9 m d a n s u n pa r c sit ué à m i-c he m i n e nt re u n s e c t e u r r é s i d e n t i e l e t u n s e c teu r i ndu s t r iel .
L’a r r o n d i s s e m e n t d e S a i n t-L a u r e n t i n s t a l l e r a d a n s l e p a r c P h i l i p p e - L a h e u r t e u n e é o l i e n n e h a u t e d e 9 m .
L’obj e c t i f n ’e s t pa s de c o pie r c e q u i s e fa it en ré g ion , où le s é ol ien ne s me s u rent ent re 4 5 m ( M a t a ne e t C a p - C h a t) e t 6 0 m ( R i m o u s k i e t M u r d o c hv i l le) , m a i s p l u t ô t d e s e c o n t e n - t e r d ’ a l i m e n t e r l e s y s t è m e d ’é c l a i r a ge du pa r c P h i l ipp e - L a h e u r t e , o ù l ’é o l i e n n e s e r a é r i g é e . D ’ u n e p u i s s a n c e d e 2 0 0 0 W , e l l e p r o d u i r a u n e c h a r ge d ’é c la i r a ge de q uelq ue 8 0 0 W.
C e l a s e r a s u f f i s a n t , c r o i t - on , p ou r fa i re fon c t ion ne r le s l a m pa d a i r e s q u i é c l a i r e n t le s s ent ie r s pié ton n ie r s e t le s pi s - t e s c yc l a bl e s , l e s t e r r a i n s d e ten n i s , de ba ske tba l l e t de s o c - cer a i n si q ue la toute ré cente s c u l p t u r e d e l ’a r t i s t e C l a u d e M i l le t te , i n aug u ré e c e t é té .
« À p l u s d e 3 0 p i e d s d e h a u t e u r , c ’e s t p r o b a b l e m e n t l a p r e m i è r e é o l i e n n e d ’ u n e t e l l e e n v e r g u r e à M o n t r é a l , s e réj ou it le m a i re de l ’a r ron - d i s s e m e n t e t r e s p o n s a bl e d e l ’ e n v i r o n n e m e n t a u c o m i t é e xé c ut i f , A la n D e S ou s a . I l y a e n o u t re t r è s p e u d ’e x p é r ie n c e s d ’é ol ien ne s en m i l ieu u rba i n , c e s e r a d o n c u n pr oj e t-pi lo t e i nté re s s a nt à s u iv re . »
L e p a r c P h i l i p p e - L a h e u r t e o c c u p e l a p o r t i o n s u d d u p r o j e t d o m i c i l i a i r e N o u ve a u - S a i nt-L au rent (autou r de s r ue s E r ne st-H e m i ng way, C avend i sh e t R a y m o n d - L a s n i e r ) . P o u r le m a i re de l ’a r r ond i s s e me nt , A l a n D e S o u s a , c e t t e z o n e - t a m p o n e n t r e r é s i d e n c e s e t i n d u s t r i e s e s t l ’e n d r o i t i d é a l p o u r é r ige r u ne é ol ien ne .
« D a n s la v ie , i l ne faut pa s a v o i r p e u r d e p r e n d r e d e s r i s q u e s , i n d iq u e - t-i l . C e pr o - j e t - p i l o t e n o u s p e r m e t t r a d e ré p ond re à bien de s q ue s t ion s : e s t-c e u n out i l a ppr o pr ié p ou r n o t r e c o m m u n a u t é ? E s t - c e q u e l ’é n e r g i e p r o d u i t e s e r a s u f f i s a nte p ou r a l i menter tou s le s la m pa d a i re s ? Q uel i m pa c t au r a l ’é ol ien ne s u r le s oi s eau x e t le s c h auve s - s ou r i s ? »
I l f a u d r a a u s s i v o i r s ’ i l y a s u f f i s a m m e n t d e v e n t . À L o n g ue u i l , d ’a i l le u r s , l ’a d m i - n i s t r a t io n G l a d u a d é c id é d e ne pa s é r ige r d ’é ol ie n ne s s u r s o n t e r r i t o i r e , f a u t e d e ve n t . C e t te dé c i sion a é té pr i s e à la s u ite d ’u ne é t ude de q uelq ue 4 0 0 0 0 $ , dé c r ié e pa r le s m a ir e s d e l a R ive - S u d p o u r s o n c a r a c tè re fa r felu .
À Sa i nt-L au rent , le coût tota l du projet est éva lué à 37 0 0 0 $ , ma is l’a r rond issement ne pa iera q u ’ u n p e u m o i n s d u t i e r s d e c e t t e s o m m e . L’e n t r e p r i s e E n seig ne Va lois , « pa r tena i re » du projet , pa iera le reste.
L e d o c u m e n t d e p r é s e n - t a t i o n p r é c i s e q u ’ u n d e s o bj e c t i f s d u pr oj e t e s t d e voi r s ’ i l e s t p o s s i bl e d ’é r i g e r d e s é o l i e n n e s d a n s « l ’ e n s e m - b l e d e s s i t e s p o t e n t i e l s d e l ’a r r o n d i s s e m e n t ».
C e l a d é p e n d d e l ’ a s p e c t t e c h n i q u e d u p r o j e t d ’é n e r - g i e r e n o u ve l a bl e , m a i s a u s s i d e s e s a s p e c t s . . . h u m a i n s . L a vo l o n t é d e s é l u s p o u r r a i t b i e n s e h e u r t e r à c e r t a i n s o b s t a c l e s d a n s c e t a r r o n d i s - s e m e n t d é j à t o u c h é p a r l e s nu i s a n c e s d e l ’a é r o p o r t e t d e c e r t a i n e s i n d u s t r i e s , c o m m e le d é m o n t r e u n e le t t r e pu bl ié e d a n s l a d e r n iè r e l iv r a i s o n d e s N o u v e l l e s S a i n t -
L a u r e n t . « N o t r e a r r o n d i s s e m e n t ve u t q u e n o u s s e r v io n s d e c o b aye s p o u r u n p r o j e t - p i l o t e d ’é o - l ie n n e , s e d é s ole s o n au t e u r e , J o s e t t e L i n c o u r t . C e n ’ e s t p a s a u x c o n t r i b u a bl e s q u ’o n v e u t f a i r e p l a i s i r , m a i s a u x c o n s t r u c t e u r s d ’ é o l i e n n e s . R é ve i l lo n s - n o u s , le s éle c t io n s s ’e n v ie n n e n t ! »




L’Ontario donne un coup de pouce aux acheteurs de voitures électriques... allant jusqu'à 10 000 $ !...
JUSQU’À 10 000$
« Nous croyons que les incitatifs pour acheter et conduire des autos électriques signifient plus d’emplois pour les travailleurs ontariens et que c’est bon pour notre environnement. »
Le gouvernement ontarien a annoncé hier un programme pour offrir aux acheteurs de voitures électriques des incitatifs pouvant atteindre 10 000 $, de manière à rendre ces véhic ules plus ver t s dava ntage accessibles aux consommateurs ordinaires.
Ce programme s’inscrit dans les efforts de la province pour sti muler le secteur automobile, qui en arrache, et pour se positionner à l’avant-plan de la technologie émergente.
« I l est évident que le secteur automobile se dirige par là, a indiqué une source gouvernementale. L’Ontario veut être un leader. Nous croyons que les incitatifs pour acheter et conduire des autos électriques signifient plus d’emplois pour les travailleurs ontariens et que c ’est bon pour notre environnement. »
Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a fait l ’ a nnonce du nouveau programme chez un concessionnaire Chevrolet à Toronto, et il était accompagné du ministre ontarien des Transports, Jim Bradley. La Chevrolet Volt, une voiture hybride électrique de General Motors, devrait faire son apparition sur les routes l’an prochain, mais elle coûtera jusqu’à 40 000 $ US. On prévoit que les incitatifs ontariens seront disponibles l’an prochain.
20% du parc gouvernemental
Des sources ont aussi indiqué que le programme annoncé hier contient une promesse que les voitures électriques formeront 20 % du parc gouvernemental d’ici 2020.
M. McGuinty avait souligné en janvier dernier que sa province cherchait des moyens de hâter l’arrivée de voitures électriques sur ses routes, ajoutant que l ’ Ontario souhaite t i rer parti de la formidable demande des c onsommateurs de véhicules plus ver t s au moment où l ’ i ndust r i e ontarienne de l’auto, qui est mal en point, a du mal à se transformer.
À la même occasion, le premier ministre ontarien avait soutenu le projet de construction de stations de recharge de batteries dans la province, et il avait applaudi la décision de la société californienne Better Place de bâtir un centre de démonstration d’auto et d’éducation à Toronto, de même que la mise en place d’un bureau dans la ville.

Les États-Unis ont affecté environ 25 milliards US à la recherche et au développement d’une technologie verte appliquée au secteur automobile, alors que le Canada n’investit que 500 000 $ dans ce domaine annuellement.




La révolution électrique ANDRÉ PRATTE

L’industrie automobile mondiale est peut-être en voie de subir la transformation la plus importante de son histoire depuis le modèle T. Si, comme l’espèrent autant les fabricants que les écologistes, les modèles hybrides se vendent de mieux en mieux au cours des prochaines années, on assistera à l’abandon graduel de l’essence comme principal carburant des véhicules routiers. I l s’agirait de rien de moins qu’une révolution. Une révolution dont les impacts seraient considérables sur l’environnement, l’économie et la santé humaine.
Tout est en place pour que ce changement se produise. Les fabricants planchent tous sur de nouveaux modèles hybrides rechargeables, dont la Volt de GM qui sera en vente dès l’an prochain. Les gouvernements financent à coups de milliards la recherche sur ces technologies et l’achat de véhicules électriques. Hier, le gouvernement ontarien a annoncé une subvention pouvant atteindre 10 000$ aux automobilistes qui se procureront un véhicule hybride rechargeable.
À quelle vitesse se fera la révolution électrique ? Le gouvernement McGuinty vise à ce qu’en 2020, un véhicule à passagers sur 20 soit alimenté à l’électricité. De son côté, l’Energy Information Agency (EIA) prévoit qu’en 2030, 40% des nouveaux véhicules légers vendus aux États-Unis utiliseront l’une ou l’autre des technologies hybrides.
Pour tous ceux qui rêvent d’un monde moins pollué et d’une solution à la crise des changements climatiques, ce scénario fait rêver. Toutefois, il est loin d’être certain qu’il se déroulera tel qu’espéré. En effet, les incertitudes technologiques et économiques sont très nombreuses.
Les manufacturiers devront notamment vaincre le scepticisme des automobilistes au sujet de la fiabilité et de la performance des nouvelles voitures qu’on leur propose. Les consommateurs s’interrogent notamment sur l’autonomie des automobiles électriques, qu’ils trouvent par ailleurs très chères.
En ce qui a trait à l’autonomie des véhicules rechargeables, on ne sait encore quelle technologie s’imposera. L’entreprise américaine Better Place installe dans plusieurs pays, entre autres au Canada (à Toronto), de stations modèles de remplacement des piles. Suivant ce concept, lorsque la batterie est déchargée, l’automobiliste n’a qu’à la faire remplacer dans une stationservice (selon Better Place, cela prend moins de temps qu’il en faut pour faire un plein d’essence). Est-ce la voie de l’avenir? Doit-on plutôt espérer que la recherche produira à court terme de meilleures batteries?
L’obstacle le plus important est de nature économique. Peu importent leurs préoccupations environnementales, les consommateurs n’achèteront pas une automobile électrique si elle coûte plus cher. Or, selon les estimations de l’EIA, même si le prix de l’essence était élevé, les économies réalisées grâce à la technologie hybride seraient moindres que le coût supplémentaire à l’achat. « Les véhicules hybrides rechargeables font face à un défi important », souligne l’organisme.
Gouvernements, fabricants et consommateurs partagent la responsabilité de faire en sorte que ce défi soit relevé pour qu’advienne l’essentielle révolution électrique du transport routier.




LE SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER L’EUROPE
AGENCE FRANCE-PRESSE ET BLOOMBERG MUNICH— Douzeentreprises, enmajorité allemandes, ontdonnéhier le coupd’envoi d’un projet pharaonique de 400milliards d’euros (650 milliards CAN): un vaste réseau de centrales solaires dans le nord de l’Afrique et au Moyen-Orient pour alimenter l’Europe en énergie « propre ».
PHOTO BLOOMBERG NEWS, PHOTOMONTAGE LA PRESSE

Un protocole d’accord a été signé à Munich pour la création d’un bureau d’études. Parmi les sociétés participantes, qui n’apparaissent ni comme des philanthropes ni comme des fantaisistes : les géants allemands de l’énergie Siemens, EON et RWE, le réassureur Munich Re, la banque Deutsche Bank, des fabricants de technologie solaire comme l’espagnol Abengoa Solar, l’algérien Cevital et la fondation porteuse de ce projet, nommé Desertec.
Si le projet va de l’avant, il pourrait créer deux millions d’emplois, maintiennent les promoteurs.
Le bureau d’études, qui sera créé d’ici à la fin d’octobre, élaborera des plans d’investissement réalisables au cours des trois prochaines années.
Sur le papier, Desertec apparaît comme la solution à tous les grands défis environnementaux et économiques actuels. Il promet de couvrir à terme 15% des besoins énergétiques de l’Europe et « une part considérable » de ceux des pays producteurs, de réduire la production de CO , mais aussi de dessaler l’eau de mer pour fournir de l’eau potable aux populations locales et contribuer à leur développement.
Le principe : un réseau de centrales thermiques solaires disséminées du Maroc jusqu’à l’Arabie Saoudite et qui serait relié à l’Europe par le biais de câbles électriques sous-marins.
« Aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant » vers sa réalisation, s’est réjoui Nikolaus von Bomhard, patron de Munich Re, au cours d’une conférence de presse.
Questions en suspens
Mais de nombreuses questions ne sont pas résolues, comme les lieux d’implantation de ces installations, leur date de mise en service, le coût du courant produit, le bénéfice qu’en tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices et le financement de ce projet, dont le coût est estimé à 400 milliards d’euros, soit 650 milliards de dollars canadiens. C’est presque l’équivalent du plan de relance économique du gouvernement américain ou encore de celui de la Chine.
Aucune réponse claire n’a été apportée hier, les promoteurs de Desertec arguant que c’est à présent le travail du bureau d’études d’y répondre. Pour autant, ils ont défendu la viabilité du projet, qui fait l’objet depuis plusieurs semaines d’un énorme battage médiatique.
Selon Torsten J e wor r e k , membr e d u d i r e c t o i r e d e Munich Re, il est judicieux de s’installer en Afrique car « les sites de production sont plus ensoleillés » que dans le sud de l’ Europe. Il a également rejeté les risques terroristes, faisant valoir au contraire que l’apport de Desertec au développement économique de ces régions pouvait contribuer à leur stabilité politique.
Si ce projet devait voir le j our, ce ne sera pas demain. Ces plans sont en effet conçus à l’échelle de 2050 (même si des installations devraient être construites avant), la question de son financement n’est pas réglée et il aura besoin du soutien des politiques.
La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont déjà salué le projet, mais Desertec n’échappe pas aux critiques.
Selon l e d é put é s o c i a l - démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d’aller en Afrique pour fournir de l’énergie propre à l’ Europe. « Nous pourrions investir les 400 milliards d’euros ici », explique-t-il à l’AFP, défendant l’idée d’un réseau décentralisé d’exploitants dans les énergies vertes, plutôt que de le laisser aux mains d’un monopole de grandes entreprises.
D’autres doutent des chances de développement pour les pays producteurs et pensent que l’intérêt défendu est avant celui de l’ Europe. Ce que le quotidien Handesblatt résume en un mot : « éco-colonialisme ».





Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire pression sur Jean Charest

Pour contrer le refus des libéraux de mener au Québec la commission parlementaire itinérante sur l’indépendance énergétique qu’il réclame, le Parti québécois invite la population à signer une pétition en ligne pour faire pression sur le gouvernement de Jean Charest.
La chef du parti, Pauline Marois, a affirmé hier avoir bon espoir que le gouvernement, à défaut d’écouter le point de vue des députés péquistes, soit sensible aux demandes de la population québécoise et qu’il agisse dans le dossier.
« Il faut signer une pétition demandant la tenue d’une commission parlementaire itinérante, car celle-ci permettrait d’évaluer ce que nous devons faire pour changer nos modes de consommation, mais aussi faire en sorte que nos investissements soient de plus en plus importants dans tous les moyens qui vont nous permettre de développer des énergies vertes », a-t-elle dit.
Les citoyens sont donc invités à signer d’ici l’automne la pétition mise en ligne par le parti vendredi, à l’adresse www.independanceenergetique.org, mais aussi à y suggérer des solutions qui permettront au gouvernement d’établir un plan d’action concret.
La souveraineté énergétique avait été proposée par le PQ dans son Plan pour un Québec souverain.



Maîtres chez nous, 2e acte  -  François Cardinal
La chose est passée complètement inaperçue cette semaine et pourtant, elle revêt une importance d’autant plus grande que nos vies pourraient en être bouleversées. Jeudi, à l’Assemblée nationale, les élus péquistes ont lancé l’idée d’une commission itinérante du genre Bouchard-Taylor, dont le mandat serait d’examiner la pertinence pour le Québec d’abandonner le pétrole et, ainsi, d’atteindre l’indépendanceénergétique. Leslibérauxontrefusé. Pour l’instant.
Car la pression dans ce dossier ne cesse de croître. L’an dernier, alors que la Suède a décidé d’emprunter cette voie, l’ancien premier ministre Bernard Landry et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement ont suggéré que le Québec emboîte le pas.
Cette année, le Parti québécois, le Réseau des ingénieurs du Québec, le collectif environnemental MCN21 ( Maîtres chez nous 21e siècle) ainsi qu’un expert des questions énergétiques de l’Université de Montréal, Normand Mousseau, ont enfoncé le clou à leur tour.
« Le Québec pourrait se sevrer presque complètement de sa dépendance aux hydrocarbures en 10 à 15 ans, et ce, sans difficulté majeure », écrit M. Mousseau dans un livre au titre peu équivoque, L’avenir du Québec passe par l’indépendance énergétique.
« Il ne manque qu’une direction politique claire et forte », précise-t-il.
Pour l’heure, le gouvernement Charest est occupé à bâtir une offre énergétique visant à répondre aux besoins sans cesse grandissants des Québécois et de leurs voisins. Soit. Mais alors qu’une lueur point à l’horizon économique, les ouvrages et reportages sur les lendemains de la crise financière arrivent aux mêmes deux conclusions : 1) une hausse radicale des prix du pétrole est inévitable; 2) personne n’est prêt à faire face à une telle situation.
Or, s’il y a un endroit qui pourrait espérer se mettre à l’abri de telles f luctuations, c’est bien le Québec, dont 50% de l’énergie provient déjà de sources renouvelables. « Le Québec, confirme Normand Mousseau, est particulièrement bien placé pour devenir la première grande économie à abandonner le pétrole. »
Selon le « Grand Plan » que propose ce dernier, l ’ indépendance énergétique passerait par le retour à des technologies d’antan (tramway, trolleybus, train, aménagement des villes), une réduction importance de notre consommation d’énergie, une refonte du Code du bâtiment ainsi qu’une foule d’autres initiatives.
Pour ne plus être à la merci du cours du baril, d’abord. Mais aussi pour s’affranchir des pays dont la production de pétrole conventionnelle est en déclin et pour renflouer la balance commerciale de notre secteur énergétique, dans le rouge de plusieurs milliards de dollars chaque année.
« C’est en quelque sorte la version XXIe siècle de ce que Jean Lesage et René Lévesque ont initié en 1962 », note l’écologiste et ancien candidat du NPD Daniel Breton, dans le manifeste de MCN21.
Au cours des prochains mois, alors qu’Hydro-Québec planche sur son prochain plan stratégique, la pression montera assurément dans ce dossier, car pas moins de deux tournées nationales sont prévues : l’une menée par le Regroupement des conseils régionaux de l’environnement, l’autre par le collectif MCN21.
En out re , fait ra r issime , une député libérale, Maryse Gaudreault, a rompu la solidarité de son parti jeudi, s’abstenant de voter contre l’idée du Parti québécois, a appris La Presse.
De là à dire que la graine est semée, non. Mais à tout le moins, que le terreau est fertile.



Aucune nation n'est en meilleure position que le Québec pour réduire sa dépendance au pétrole
« On ne peut pas attendre que les Américains et les Européens mettent des véhicules électriques sur le marché parce qu’ils n’ont pas le même intérêt que nous à le faire. »
Detous les paysdumonde, le Québec est celui qui pourrait réduire le plus rapidement sa dépendance au pétrole parce qu’il a une solution de remplacement: de l’électricité propre, abondante et pas chère.
« On ne peut pas attendre que les Américains et les Européens mettent des véhicules électriques sur le marché parce qu’ils n’ont pas le même intérêt que nous à le faire », estime Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec, qui présentait hier sa vision de l’avenir énergétique du Québec.
Aux États-Unis et en Europe, la migration vers les véhicules électriques pose le problème de l’augmentation de la production d’électricité, a expliqué l’ingénieur au cours d’une entrevue avec La Presse Affaires. « Ils doivent se poser la question: est-ce que cette électricité supplémentaire viendra du charbon, du gaz naturel ou du nucléaire ? » illustre-t-il.
Au Québec, c’est tout bénéfice: la multiplication des véhicules électriques ferait baisser la facture de pétrole importé, qui atteint 14 milliards de dollars par année, et valoriserait la ressource hydroélectrique, en plus de réduire les émissions polluantes.
Mesures timides
Le gouvernement du Québec s’est déjà donné comme objectif de réduire la consommation de pétrole de 10% d’ici 2015, mais les mesures prises pour atteindre cet objectif sont bien timides, pour ne pas dire inexistantes, constatent les ingénieurs québécois dans leur état de la situation.
Les crédits d’impôt du dernier budget à l’achat de véhicules hybrides ou tout électriques ne permettront pas à eux seuls d’atteindre cet objectif, croient-ils.
Le secteur du transport consomme la presque totalité du pétrole importé au Québec. Ce qu’il faudrait, selon eux, c’est créer un pôle industriel du transport électrique, à partir de ce qui existe déjà, comme le camion léger tout électrique Nemo, conçu à Laval.
Le gouvernement peut aussi réduire la consommation de pétrole dans les transports publics et dans les parcs de véhicules qui lui appartiennent et dont une partie pourrait être remplacée chaque année par des hybrides ou des tout électriques.
Parce qu’il regroupe à peu près tous les ingénieurs actifs du Québec, le Réseau des ingénieurs du Québec préconise le développement de toutes les formes d’énergie, y compris le nucléaire. « Il faut conserver une expertise dans tous les secteurs », justifie son président.
Les ingénieurs québécois sont toutefois d’avis que la meilleure énergie, cel le qui coûte le moins cher, reste l’énergie économisée.
À ce chapitre, il y a beaucoup à faire. Le Québec consomme plus d’énergie – toutes sources confondues – que l’Ontario dont le produit intérieur brut est pourtant deux fois plus élevé.
Étienne Couture croit que les prix relativement bas de l’électricité au Québec expliquent la surconsommation, ce que les clients d’Hydro-Québec ont souvent du mal à réaliser.
Il y va d’une suggestion: pourquoi ne pas inscrire sur la facture d’électricité le prix que la même consommation d’énergie aurait coûté au prix du marché?


ENTENTE FORD-HYDRO  OUI À L’ÉLECTRICITÉ, MAIS PAS AU MOTEUR DE TM4

Ford s ’ i ntéresse au réseau d’Hydro-Québec pour faire l’essai de son Escape hybride, mais pas au moteur électrique conçu par la filiale de la société d’État, TM4.
Le moteur mis au point par Hydro-Québec est trop coûteux et Ford préfère mettre au point sa propre technologie, a fait savoir hier à Montréal la responsable des programmes de véhicules hybrides du manufacturier américain, Nancy Gioia.
Ford s’est associé à HydroQuébec et à huit autres sociétés de services publics d’électricité en Amérique du Nord pour en savoir plus sur la façon d’intégrer ses véhicules hybrides rechargeables au réseau électrique.
Même si le moteur de TM4 n’a toujours pas fait de percée sur le marché, notamment en raison de son coût élevé, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, rêve toujours de voir le Québec produire un véhicule électrique. « On est au bon endroit au bon moment », a-t-il dit.
Le ministre est resté évasif sur le projet du manufacturier ontarien Magna d’assembler une voiture électrique au Canada et sur les efforts du Québec pour l’attirer sur son territoire. « On parle avec différentes entreprises », s’est-il contenté de dire.
Le gouvernement du Québec promet pour l’automne un plan d’action pour faire la promotion du transport électrique collectif et individuel et pour faciliter l’intégration de véhicules hybrides rechargeables au réseau électrique.
Le réseau d’Hydro-Québec est déjà sollicité au maximum pendant les grands froids de l’hiver, ce qui est le principal problème à résoudre avant l’arrivée massive des hybrides rechargeables sur le marché.
Si le quart du parc automobile actuel était composé d’hybrides rechargeables, il faudrait l’équivalent de la production de la centrale d’Eastmain-1, soit 3 térawattheures, pour les alimenter, selon le PDG d’Hydro, Thierry Vandal.
Le Ford Escape hybride sera utilisé par Hydro-Québec et par quelques-uns de ses clients pendant trois ans. La société d’État en tirera des informations qui lui permettront d’adapter son réseau de distribution à l’augmentation du nombre de véhicules hybrides rechargeables sur les routes. Hydro aura aussi accès à l’information recueillie par les autres participants à l’étude.
Le véhicule mis à l’essai au Québec par Ford est rechargeable à l’aide d’une prise de courant ordinaire de 120 volts. La recharge de la batterie lithiumion prend de six à huit heures.
Le Ford Escape est un VUS dont la batterie a une autonomie de 48 kilomètres. Passé ce cap, le moteur à essence prend automatiquement le relais. Ford estime la consommation de son Ford Escape à 2 litres au 100 kilomètres.
Le coût de l’électricité nécessaire à la recharge de la batterie serait de l’ordre de 244 $ par année, soit six fois moins que le coût en essence.
L’autre avantage des hybrides rechargeables et des véhicules électriques en général, impossible à comptabiliser, est la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Au Québec, le secteur des transports est responsable de 42% de ce type d’émissions.
En dépit de cet avantage sur le plan environnemental, une association d’environnementalistes comme Équiterre croit que la solution n’est pas la multiplication des véhicules électriques, mais une réduction du nombre d’automobiles.
« Bien que la voiture électrique est l’une des solutions qu’il faut mettre en place, l’objectif n’est pas de remplacer les embouteillages d’automobiles sur l’échangeur Turcot ou l’autoroute Laurentienne par des bouchons de voitures électriques », a commenté hier dans un communiqué un porte-parole d’Équiterre, Hugo Séguin.




Magna rêve de fabriquer des véhicules électriques au Canada
— Frank Stronach est catégorique : la voiture électrique est le véhicule de l’avenir. Et le richissime homme d’affaires est prêt à investir beaucoup d’argent pour que le Canada devienne le leader dans ce domaine.
Frank Stronach, propriétaire de Magna International, était de passage sur la colline parlementaire hier afin de montrer le dernier prototype de la voiture électrique: une Ford Focus bien silencieuse alimentée par une batterie conçue par les ingénieurs de Magna.
Rentré de Vienne dimanche soir, le propriétaire de Magna International était de passage sur la colline parlementaire hier afin de montrer le dernier prototype de la voiture électrique : une Ford Focus bien silencieuse alimentée par une batterie conçue par les ingénieurs de Magna.
L’objectif de cette visite à Ottawa : convaincre le gouvernement fédéral de lui consentir un prêt pour qu’il puisse accélérer les investissements nécessaires pour ouvrir une première usine d’assemblage au Canada.
« Dans environ six ans, au moins 15% des voitures vendues seront des voitures électriques ou des hybrides. Dans 12 ans, au moins 30% des voitures vendues seront électriques ou des hybrides », a affirmé M. Stronach au cours d’une conférence de presse.
« Magna a déjà investi plus de 200 millions de dollars dans les produits de voitures électriques. Magna compte investir 100 millions de dollars de plus pour créer une usine de fabrication de batteries. Nous aimerions établir cette usine au Canada. Nous sommes déjà courtisés par plusieurs États américains. Mais nous voulons faire nos investissements au Canada », at-il ajouté.
En fin de semaine, Magna International a mis la main sur Opel , f i l iale européenne de GM, au terme d’un marathon de négociations. Magna détient maintenant 20% de l’entreprise, la banque russe Sberbank 35%, GM 35% et les salariés 10%.
Le président fondateur de Magna croit qu’il serait possible de fabriquer des voitures électriques et des moteurs compatibles à grande échelle d’ici trois ans. Mais il faut que tous les ingrédients soient réunis pour que cet échéancier soit respecté. Il a indiqué qu’il compte une équipe d’ingénieurs au Canada, aux États-Unis et en Europe qui travaillent sur cette voiture de l’avenir.
« Nous voulons investir dans la const ruct ion de voitures électriques de manière très sérieuse. J’ai confiance que Magna sera l’un des leaders dans le monde dans la fabrication de voitures électriques », a dit Frank Stronach.
« J’aimerais beaucoup que les premières usines de fabrication des voitures électriques soient établies au Canada. Si nous obtenons un prêt, nous savons que nous pourrons accélérer les choses. Nous aurions ainsi la certitude que ce serait au Canada », a-t-il ajouté.
L’homme d’affaires n’avait toutefois pas plus détails à offrir aux journalistes au sujet de ses intentions. Combien pourrait coûter une telle voiture ? Combien de voitures compte-t-il fabriquer par année? Combien d’usines d’assemblages au Canada? Le Québec pourrait-il accueillir une usine d’assemblage? Autant de questions qui demeurent sans réponses pour le moment.
« Nous n’avons pas de détails spécifiques encore. Nous voulons juste faire savoir au gouvernement que nous sommes très sérieux dans notre engagement et que nous aimerions en discuter », a-t-il dit.
Cela dit, Frank Stronach a salué la décision des gouvernements du Canada, de l’Ontario et des États-Unis d’investir massivement – 40 milliards US – pour sauver GM. La chute de cette entreprise aurait eu des conséquences désastreuses pour l’économie nord-américaine.
Toutefois, M. Stronach a soutenu qu’il faut un changement de mentalité majeur dans l’industrie de l’automobile en Amérique du Nord. « Il y a trop de confrontation entre l’employeur et les travailleurs. Il faut changer cela. Cela va prendre quelques années, mais il faut changer cela », a-t-il commenté.
Par ailleurs, l’homme d’affaires d’origine autrichienne a indiqué qu’il prévoit qu’Opel fera ses frais d’ici trois ans et commencera à enregistrer des profits par la suite. Magna, dont le siège social est situé au nord de Toronto, est le plus important fabricant de pièces d’automobiles au Canada. L’ent repr ise compte 74 0 0 0 employés répartis dans 25 pays.



Une facture, une petite granule  -  Hélène Baril
Le chauffage aux résidus de bois a la cote
L’an dernier à pareille date, le prix du pétrole battait des records. Les Québécois qui chauffaient leur maison au mazout se sont convertis massivement à l’électricité. D’autres, un peu partout dans le monde, ont acheté un poêle à granules.
Des granules, le Québec pourrait en consommer beaucoup plus, ce qui soulagerait le réseau d’Hydro-Québec soumis à un stress énorme pendant les grands froids de janvier.
La demande pour les petits cylindres de résidus de bois pressés utilisés pour le chauffage a donc explosé, notamment en Europe, qui en importe des tonnes des États-Unis et s’en sert pour générer de l’électricité.
Au Québec, le marché est en croissance, mais c’est loin d’être la folie. « La capacité de production dépasse largement les besoins du marché québécois », dit John Arsenault, de la compagnie Energex, qui produit des granules à Lac-Mégantic depuis 26 ans.
« Tous les producteurs du Québec doivent être des exportateurs, explique John Arsenault. On a une capacité de production de 200 000 tonnes par année et la consommation totale est d’environ 50 000 tonnes. »
Si des détaillants ont manqué de granules l’hiver dernier, c’est parce que les consommateurs de la Nouvelle-Angleterre se sont rués sur les poêles à granules en prévision de la saison froide. La production québécoise a donc été plus rapidement écoulée et les détaillants qui n’avaient pas acheté suffisamment de granules ont eu du mal à se réapprovisionner.
Des granules, le Québec pourrait en consommer beaucoup plus, ce qui soulagerait le réseau d’Hydro-Québec soumis à un stress énorme pendant les grands froids de janvier.
Le principal frein à l’essor des sources alternatives de chauffage, les granules comme les autres, ce sont les tarifs d’électricité trop bas, selon John Arsenault.
À l’autre bout du Québec, à Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean, Ken St-Gelais est d’accord avec lui. « La Norvège consomme 1 million de tonnes de granules par année contre 50 000 tonnes au Québec, pour une population équivalente », illustre le directeur financier de Granules LG.
Contrairement à Énergex, qui exporte la plus grande partie de sa production en Nouvelle-Angleterre, Granules LG exporte très peu. « On a déjà exporté en Europe, mais il est venu un temps où on ne pouvait plus fournir à la demande du marché d’ici. On a fait le choix de desservir le marché québécois en priorité », dit Ken St-Gelais.

Le marché des granules pour le chauffage résidentiel a démarré au début des années 90, avec la mise en marché de nouveaux équipements résidentiels pour brûler les résidus de bois. Il a ensuite été alimenté par la hausse des prix de l’énergie. « En Italie, en 2001, il n’y avait aucun poêle à granules, souligne Ken St-Gelais. En 2007, il y en avait 1 million. » 
Le marché des granules est étroitement lié aux prix de l’énergie, notamment ceux du mazout et du gaz naturel, les deux principales sources d’énergie utilisées pour le chauffage partout dans le monde, à l’exception du Québec où 75% des maisons sont chauffées à l’électricité.
Au Québec, malgré le prix relativement bas de l’électricité, les granules seront de plus en plus utilisées en tant que chauffage d’appoint, croit Ken St-Gelais. « C’est un combustible vert, qui n’émet pas de gaz à effet de serre et qui est très efficace. »
Les villes qui, comme Montréal, ont interdit les poêles à bois, ont donné sans le vouloir un bon coup de pouce à l’industrie de la granule, reconnaît-il.
John Arsenault, lui, croit que le gouvernement pourrait faire beaucoup plus pour favoriser l’utilisation de la biomasse. La centrale d’appoint d’ HydroQuébec à Sorel-Tracy pourrait être alimentée aux granules plutôt qu’au mazout, suggère-til. Les résidants des Îles-de-laMadeleine, qui sont desservis par une centrale au mazout, amélioreraient aussi leur environnement en utilisant les granules.
Énergie renouvelable
Les granules ne servent pas uniquement à alimenter les poêles au sous-sol des maisons. En Europe, elles sont utilisées massivement et de plus en plus par les producteurs d’électricité. À cause des règles de l’Union européenne qui obligent les États membres à utiliser 20% d’énergie renouvelable dans la production d’électricité, plusieurs entreprises d’électricité ont redécouvert la granule, a rapporté récemment le Wall Street Journal.
La modeste granule est maintenant considérée comme une source d’énergie renouvelable moins coûteuse que les panneaux solaires et les éoliennes.
La seule limite à sa croissance, c’est la disponibilité de la matière première, le bran de scie et les résidus forestiers. Au Québec, où les scieries ont réduit leurs activités en raison de la récession américaine, les producteurs de granules ont dû chercher d’autres sources d’approvisionnement.
Énergex utilise des copeaux, ce qui est plus coûteux, et Granules LG a investi pour pouvoir récupérer le bois brûlé et l’utiliser dans la fabrication de granules.


Le Québec perd 36 producteurs de porcs  -  Stéphanie Bérubé
« Plus les producteurs seront nombreux à abandonner, plus il y a de chances pour que ceux qui restent fassent de l’argent. »
L’été dernier, le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures pour venir en aide à l’industrie porcine. L’une d’elles proposait aux éleveurs d’abandonner cette production. Les agriculteurs canadiens ont été nombreux à répondre à l’appel – plus que le programme ne le permet: 338 producteurs de porcs au pays vont quitter l’industrie, dont 36 au Québec.
Toutes proportions gardées, c’est peu puisque le Québec est la première province productrice, avec 3800 éleveurs. Environ le tiers du porc canadien est élevé au Québec. « C’est un programme qui fonctionne par soumissions, explique Jean-Guy Vincent, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Les soumissions les plus basses sont acceptées. Il s’agit souvent de producteurs qui ne font pas uniquement du porc. »
Les producteurs ontariens ont été les plus nombreux à se voir attribuer ces enveloppes convoitées: 161 producteurs ont quitté l’industrie. Le Manitoba perd 59 producteurs et l’Alberta, 41. «Le taux d’endettement des producteurs québécois est très élevé», rappelle également Jean-Guy Vincent. Ce qui expliquerait que de nombreux agriculteurs d’ici n’ont pas réussi à obtenir une enveloppe du programme de transition, leurs collègues voisins ayant demandé moins d’argent en compensation.
Produire un porc au Québec coûte environ 190$ pour 100kg (poids/carcasse), alors que le prix du marché a été de 130$ en moyenne en 2009. Une assurance stabilisation, payée en partie par les producteurs, mais en majorité par Québec et Ottawa, verse une compensation au producteur de porc qui doit vivre avec les réalités du marché.
« Les programmes provinciaux au Québec sont très généreux; le programme fédéral est donc moins intéressant pour les producteurs de porcs, note aussi Sylvain Charlebois, vice-doyen de l’école d’études supérieures en politique publique Johnson-Shoyama de l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de Regina. Ailleurs au Canada, certains producteurs réalisent qu’il n’y a pas d’autre solution que de laisser le porc. Plus les producteurs seront nombreux à abandonner, plus il y a de chances pour que ceux qui restent fassent de l’argent.»
Selon Jean-Guy Vincent, Ottawa devrait réévaluer son programme. Sa popularité justifie déjà son existence, dit-il. Ottawa avait prévu distribuer 75 millions de dollars pour permettre aux producteurs de passer à autre chose.

Moins de porcs, plus de diversité  -  Stéphanie Bérubé
Petite révolution dans les champs: Québec revoit son modèle d’assurance pour les agriculteurs. Fini les chèques en blanc pour les productions qui ne sont pas rentables. Notamment, les producteurs de porcs, qui vivent une crise après l’autre, devront diminuer la taille de leurs élevages. À l’inverse, Québec propose maintenant une couverture pour l’ensemble des secteurs agricoles.
Québec a décidé de revoir son modèle d’assurance pour les agriculteurs. Résultat: les éleveurs de porcs, notamment, devront réduire la taille de leurs cheptels.
Cette nouvelle mesure pourrait inciter des agriculteurs à se lancer dans des productions plus marginales, tant végétales qu’animales, alors qu’ils n’osaient pas courir un tel risque sans assurance. Le lapin, le canard ou les petits fruits ne sont pas assurables selon le régime actuel.
« C’est une mesure qui va avoir des effets positifs sur la diversité de l’agriculture au Québec», constate le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Christian Lacasse.
Le syndicat est en général satisfait du plan de redressement dévoilé hier par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Claude Béchard. La Financière agricole, responsable de l’assurance des producteurs, accumulait les déficits. Le ministre a annoncé qu’il lui accordait une enveloppe annuelle de 630 millions de dollars pendant cinq ans, mais il a précisé que cette enveloppe était «bien fermée». Crise ou non.
«Notre objectif est d’améliorer la performance des entreprises, d’accroître le soutien aux secteurs en émergence et de favoriser la diversification de l’agriculture», a déclaré Claude Béchard. Cette mesure va dans le sens des recommandations du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture au Québec. On y suggérait de faciliter l’établissement des cultures émergentes.
Programmemaintenu
Le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) est maintenu, mais le calcul des paiements sera modifié puisqu’on ne tiendra pas compte d’une partie des entreprises non performantes et qu’on imposera aussi un plafond aux agriculteurs. Inévitablement, en cas de réclamation, des producteurs recevront de plus petits chèques.
Ce point inquiète grandement l’UPA. Des agriculteurs en difficulté ne pourront pas passer au travers, explique Christian Lacasse. «Avant de les appliquer, il faudrait bien mesurer quels seront les impacts de ces nouvelles mesures dans certaines régions du Québec», précise-t-il.
Le cas du porc
Dans le cas du porc, les choses se précisent. Comme Ottawa l’avait fait à l’été, Québec demande à son tour aux éleveurs de diminuer la taille de leurs cheptels et réduit le nombre de porcs couverts par le programme.
Ce n’est pas normal, a dit le ministre Béchard hier, que le nombre de porcs augmente au Québec alors que la production n’est pas rentable.
Il était temps que le gouvernement fasse ce petit ménage, croit Sylvain Charlebois, vice-doyen à l’École d’études supérieures de politiques publiques JohnsonShoyama de l’Université de la Saskatchewan, qui était de passage au Québec hier. «On est au moins deux ans en retard. Il y a trop de porcs au Québec», répète cet observateur de l’industrie.
On a affaire à une industrie qui vit des cycles, explique Sylvain Charlebois. L’ASRA, telle qu’elle est appliquée actuellement, est un pansement, dit-il, mais il faudrait plutôt s’attaquer à la maladie. «L’industrie porcine doit s’adapter aux aléas du marché», explique le professeur Charlebois.
Actuellement, la faiblesse du dollar américain fait mal aux exportateurs. Et un porc sur deux quitte le Québec.
«Onmaintient artificiellement en vie une industrie. Pourquoi? Pour l’exportation?» demande Sylvain Charlebois.
Mais en plus des fluctuations du cours du dollar et de l’alimentation des animaux, l’industrie porcine a fait face à plusieurs crises, la grippe porcine étant la dernière en date.
« Il faut être conséquent: on fait face à une crise sans précédent, admet Jean-Guy Vincent. Comme tous les secteurs qui vivent des crises, on devra s’adapter.»
Une quinzaine d’entreprises porcines québécoises ont déjà déposé des demandes pour se retirer de la production, selon le programme annoncé cet été par le gouvernement fédéral.

Un nouveau maïs OGMsème l’inquiétude  -  Stéphanie Bérubé
« Avec le pollen qui se déplace, on ne pourra jamais assurer qu’il n’y a pas de risque de contamination. »
Le Canada et les États-Unis ont simultanément donné le feu vert la semaine dernière à l’arrivée dans les champs d’un maïs transgénique nouveau genre. En plein été, avec un bref texte pour expliquer cette décision. Plusieurs groupes opposés aux OGM croient que, cette fois, le gouvernement a franchement tourné les coins ronds.
D’autant plus que le nouveau maïs réuni huit gènes qui permettent à la plante à la fois d’être tolérante à un herbicide dont on l’aspergerait et de produire son propre insecticide. Le Canada a plutôt l’habitude des OGM qui ont l’une ou l’autre de ces propriétés. Dans sa décision, l’Agence canadienne d’inspection des aliments estime que le risque pour l’environnement est « minimal ».
« Ils ont résumé leur décision en 350 mots ! s’indigne Éric Darier, directeur de Greenpeace pour le Canada. Leur argument est de dire qu’il ne s’agit que d’un croisement entre des technologies qui existent déjà, donc il n’y a rien de nouveau. » Or, estime-til, on ne peut pas présumer du comportement de plusieurs gènes mis ensemble. Santé Canada, ditil, aurait dû étudier l’innocuité de ce nouveau maïs qui risque de se retrouver dans nos assiettes, ce qui n’a pas été fait. Pour cette raison, Greenpeace, l’Union paysanne et le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies demandent à Ottawa de revenir sur cette décision.
Le maïs en question s’appelle SmartStax. Il est le fruit d’une collaboration entre deux géants de la biotechnologie, Monsanto et Dow Agrosciences.
Le professeur Joe Schwarcz, du département de chimie de l’Université McGill, comprend que le caractère nouveau du maïs SmartStax provoque un tollé, mais il estime que la plante ne représente aucun risque pour la santé humaine. La décision des experts d’Ottawa a été prise sur la base des meilleures connaissances scientifiques disponibles actuellement, dit-il. Il y a toutefois un risque environnemental, concède le professeur Schwarcz. « Avec le pollen qui se déplace, on ne pourra jamais assurer qu’il n’y a pas de risque de contamination », précise le scientifique. Ainsi, un agriculteur qui cultive du maïs biologique pourrait se retrouver malgré lui avec des traces de maïs transgénique qui lui serait arrivé naturellement d’un champ voisin. Ce risque de contamination existe déjà, avec tous les OGM.
Monsanto et Dowcomptent commercialiser leur nouveau maïs dès l’année prochaine avec des superficies de culture prévues d’au moins 1,2 million d’hectares dès le lancement, donc environ 12 000 km carrés. « Un lancement d’une telle ampleur représenterait l’arrivée sur le marché la plus massive de l’histoire de l’agriculture pour un produit issu de la biotechnologie », indiquent les promoteurs du nouveau maïs dans un communiqué.

Les concentrations d’ammoniac dans l’hémisphère nord revues à la hausse
— Les concentrations très polluantes d’ammoniac, dues principalement à l’intensification de l’agriculture, ont été sousestimées dans l’hémisphère nord, selon des observations satellitaires interprétées par des chercheurs dans la revue spécialisée
publiée hier. « Dans l’atmosphère, l’ammoniac (NH3) accélère la formation de particules, réduisant la qualité de l’air », selon les chercheurs de l’Université libre de Bruxelles et de l’Université Pierre-et-Marie Curie à Paris.
Grâce à l’interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge (IASI) du satellite les chercheurs sont parvenus à mettre
Nature Geoscience
Metop, en évidence des concentrations d’ammoniac plus fortes que prévu au-delà du 30e parallèle Nord.
Les régions touchées connues sont celles à forte densité de population agricole, notamment l’Inde et la Chine.
Celles nouvellement mises en évidence sont notamment les vallées du Po, en Italie, et de l’Ebre, en Espagne, les régions de San Joaquin, en Californie, et de Snake River Valley, dans l’Idaho, ainsi que la vallée de la Ferghana, en Ouzbékistan.
L’ammoniac atmosphérique est principalement émis par des déjections du bétail (39%), des sources naturelles (19%), les engrais à base d’ammoniac (17%) et la combustion de biomasse (13%).

La dure loi du barbecue  -  ALAIN DUBUC
Il n’y a pas que l’industrie touristique à avoir été affectée par un été exécrable jusqu’à tout récemment. La météo a également malmené l’industrie du porc. Moins de soleil, moins de barbecues. Moins de barbecues, moins de côtelettes.
La baisse de la demande a fait en sorte que le prix du porc n’a pas augmenté comme d’habitude en saison estivale. Cela s’est ajouté aux autres tuiles qui se sont récemment abattues sur cette industrie déjà mal en point : l’impact de la grippe porcine sur les exportations, la montée du dollar canadien, de nouvelles règles d’origine dans l’étiquetage aux États-Unis.
Les prix, d’environ 1,30$ le kilo, au lieu de monter à 1,50$, sont plutôt tombés à 1,06$, bien moins que les coûts de production. Tout cela a mené le ministre canadien de l’Agriculture, Gerry Ritz, à proposer un plan d’intervention: campagne de marketing international, soutien financier, et surtout, 75 millions pour encourager des agriculteurs à abandonner la production porcine.
Est-ce que ce programme pourrait avoir un impact sur le Québec? Très improbable, parce que le Québec vit sur une autre planète. Dans l’ensemble canadien, à cause de toutes ces difficultés, 3300 producteurs ont abandonné le porc depuis 2006. Au Québec, depuis 2007, il n’y a eu que 9 départs!
Cette anomalie tient à la nature de nos politiques agricoles. Le programme d’Assurance stabilisation des revenus agricoles verse aux agriculteurs la différence entre le prix du marché et le coût de production. Parce qu’ils sont protégés quand une production n’est pas rentable, ceux-ci sont insensibles aux messages du marché et n’ont aucune raison d’abandonner la production porcine.
J’ai déjà écrit là-dessus et j’y reviens. Parce que c’est une grosse industrie. Au Québec, il y a plus de cochons que d’humains. Et parce que son soutien nous coûte une petite fortune. Un demi-milliard l’an dernier. Peut-être autant cette année.
Mais il est difficile d’en parler, parce qu’on s’attaque à des vaches sacrées. Dans une chronique, fin mai, je décrivais ce que je viens de résumer, en m’appuyant sur le rapport remis au gouvernement Charest par Michel St-Pierre, ancien sous-ministre de l’Agriculture, qui propose une réforme radicale des mécanismes de soutien. Et je me suis fait tomber sur la tomate par trois anciens ministres de l’Agriculture, les péquistes Jean Garon et Rémy Trudel, et le libéral Yvon Picotte, qui ont joint leurs voix pour dénoncer les réformes proposées.
Dans une lettre d’un simplisme désolant (
les trois « ex » dénonçaient le « néolibéralisme débridé », affirmaient qu’on voulait la tête des agriculteurs, suggéraient que la ville veut laisser tomber la campagne etc. Bref, critiquer le modèle, c’est vouloir la mort des agriculteurs.
En fait, j’avais commis une erreur. Quand un débat est religieux, il faut faire des professions de foi. Redire que l’agriculture est nécessaire. Rappeler qu’il faut la soutenir, par solidarité, parce que les autres pays le font, pour tenir compte de notre nordicité, parce que nous avons besoin d’un secteur agricole fort. Le débat, ce n’est pas s’il faut, oui ou non, soutenir les agriculteurs. Mais plutôt comment il faut le faire. Comment s’assurer que les sommes considérables que nous consacrons assurent l’épanouissement de l’agriculture au lieu de contribuer à sa sclérose.
Mais pour que les réformes nécessaires voient le jour, il faudra du leadership. Rien ne changera tant que les ministres de l’Agriculture ne seront que des porte-voix du milieu, et du monopole corporatiste de l’UPA, dont la fonction première semble être de récolter des voix dans les comtés ruraux. Ce sera là le grand défi du nouveau ministre de l’Agriculture, Claude Béchard.

L’agro-BS  -   ALAIN DUBUC
(NDE : Haha !... C'est ce qui s'appelle fesser dans le tas !...)
La rigidité de l’UPA montre à quel point ce lobby syndicalo-corporatiste fait partie du problème.
L’Union des producteurs agricoles a sorti les gros canons dans sa croisade contre les réformes que le gouvernement Charest tente d’implanter dans le monde agricole. Elle a obtenu l’appui de trois anciens ministre de l’Agriculture, deux péquistes, Jean Garon et Rémy Trudel, mais aussi un libéral, Yvon Picotte.
L’aide aux producteurs porcins a monté en flèche ces dernières années : 253 millions en 2006, 361 millions en 2007 et 559 millions en 2008.
La bataille de l’UPA porte en partie sur des révisions mineures au zonage agricole, mais bien davantage sur le fameux rapport de la commission Pronovost, qui veut dynamiser l’agriculture québécoise, et encore plus sur un autre rapport, moins connu, celui de l’ancien sous-ministre de l’Agriculture, Michel Saint-Pierre, qui propose de repenser de fond en comble l’un des piliers du modèle agricole québécois, en fait sa vache à lait, le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles.
Del’extérieur, le soutiende trois ministres semble montrer que le monde agricole s’est mobilisé au grand complet. Il n’en est rien. De nombreux agriculteurs appuient ces réformes, notamment l’Union paysanne. Nous sommes plutôt en présence d’un débat entre deux conceptions de l’agriculture. Auquel se greffe un autre débat, sur la meilleure façon de lui venir en aide.
Actuellement, le système agricole est encadré par deux grands mécanismes, la gestion de l’offre et l’assurance agricole, l’ASRA, financée en bonne partie par l’État, crée pour assurer un niveau de revenu aux agriculteurs et les protéger contre les fluctuations des prix. Mais ce système a dérivé au fil des ans. L’existence de l’ASRA a façonné le développement de l’agriculture québécoise et engendré un véritable mode de vie, une sorte d’agro-BS, dont les effets pervers sont majeurs.
Les agriculteurs ont eu tendance à privilégier les 17 productions soutenues par l’ASRA, – porc, veau, mais-grain, etc. – parce que leurs revenus sont garantis, ce que les banques et les caisses encouragent. Et parce que c’est payant. Par exemple, on sème de l’avoine, même si ce n’est pas rentable, pour avoir un chèque: l’ASRA remboursera en effet la différence entre le prix du marché et le coût de production.
Cette même logique encourage des productions qui n’ont jamais été rentables, comme le veau et l’agneau. L’ASRA qui devait aider les agriculteurs les mauvaises années, devient alors un coûteux organisme subventionnaire.
Ce système crée deux classes d’agriculteurs, les gras durs, protégés par l’ASRA, et les autres qui doivent se débrouiller seuls, comme les maraîchers, les bios, les petites productions non standard. Pas étonnant que l’agriculture québécoise ait du mal à se diversifier.
Enfin, il déresponsabilise les agriculteurs et les empêche de percevoir les signaux des marchés. Le cas le plus fou, c’est celui du porc: les prix baissent, les coûts grimpent, les agriculteurs perdent de plus en plus d’argent pour chaque porc, et pourtant, ils augmentent leur production. Pourquoi? Parce que l’ASRA compense. Et c’est ainsi que le coût de l’aide aux producteurs porcins amonté en flèche: 253millions en 2006, 361 millions en 2007 et 559 millions en 2008.
Le rapport Saint-Pierre documente tout cela de façon convaincante, il propose de solutions sensées, non pas pour réduire l’aide à l’agriculture, mais pour la repenser, notamment en soutenant les fermes, peu importe leurs activités, plutôt que les productions.
Pourtant, la réaction de l’UPA a été véhémente. Un refus en bloc. Une dénonciation de la « désinformation ». Cette rigidité montre à quel point ce lobby syndicalo-corporatiste fait partie du problème, et constitue un frein important à l’évolution nécessaire de ce secteur.
On pourrait bien sûr interpréter l’appui des trois ex-ministres comme une caution morale à leur cause. J’y vois plutôt un autre symptôme du même mal, le fait que l’UPA contrôle à ce point l’agriculture au Québec que les ministres de l’Agriculture deviennent moins des décideurs que des courroies de transmission.


A-t-on abandonné la campagne?
(NDE : Bla, bla, bla...)
Les producteurs agricoles ne sont pas des « BS »
La Financière agricole du Québec a dégagé des surplus pendant cinq des sept dernières années.
Les auteurs sont d’anciens ministres québécois de l’Agriculture. Ils répliquent à la chronique d’Alain Dubuc intitulée « L’agro-BS », publiée le 27 mai.
Chaque année, le territoire agricole est grugé par des autoroutes, des centres commerciaux, des maisons et des ports méthaniers, au détriment des producteurs agricoles.
Dans sa chronique, Alain Dubuc fait sienne une légende urbaine: « Les producteurs agricoles sont tous des BS de l’État. » Nous avions toutefois lancé la première pierre, le lundi précédent, en affirmant qu’il y avait péril en la demeure pour de nombreux producteurs agricoles dans toutes les régions du Québec.
Nous avons posé ce geste parce que notre longue expérience au gouvernement, tous partis confondus, nous indique qu’une grande bataille va bientôt se dérouler en sol québécois pour éviter l’effondrement des piliers de l’agriculture du Québec. Le texte de M. Dubuc confirme nos craintes.
Que « les agro-BS » ne s’y méprennent pas, on veut leur tête et les abatteurs peuvent compter sur toutes les forces néolibérales, celles-là mêmes qui ont conduit au marasme économique actuel! Le scénario va-t-il se répéter en agriculture ? Accuser tous les agriculteurs d’être des « BS » de l’État, ce serait comme accuser tous les employés du conglomérat Radio-Canada/ La Presse d’être à la solde de Power Corporation. Alain Dubuc et Joël Le Bigot même combat. Trop fort ne casse pas!
On n’a qu’à observer ce qui est train d’arriver avec le démantèlement de la Commission canadienne du blé à Ottawa. Le Québec veut emprunter cette voie. Il le fait à pas feutrés parce qu’il doit compter sur la droite économique et la majorité urbaine pour y arriver sans trop de conséquences désastreuses sur son électorat.
Le principe d’une assurance agricole est de procurer une protection aux agriculteurs s’il se produit des accidents climatiques, une épidémie ou d’autres accidents de même nature. À cela, M. Dubuc oppose la légende urbaine qui veut que les producteurs agricoles sèment de la folle avoine pour toucher un chèque d’assurance.
Quand la compagnie d’assurance doitpayerdesdédommagements, elle trouve toujours ça trop cher. Quand elle collecte les primes, jamais elle ne se plaint. La Financière agricole du Québec a dégagé des surplus pendant cinq des sept dernières années. Voilà que les mauvaises années arrivent et on veut démanteler le programme pour réduire la couverture d’assurance. C’est ça, le néolibéralisme débridé. On encaisse les bonnes années et on se pousse quand l’assurance doit payer.
Le territoire agricole, quant à lui, est grugé peu à peu chaque année. L’appétit des développeurs en région urbaine est sans limites. « Que ces agro-BS aillent paître ailleurs! Nous on est des développeurs d’autoroutes, de centres commerciaux, de maisons, de ports méthaniers et on a besoin de terrain. Pas n’importe lesquels. Les meilleurs pour des fins commerciales et industrielles!»
La volonté que nous percevons, c’est d’assouplir la Loi (langage politically correct, s’il en est) pour faciliter la tâche des municipalités, d’ailleurs à l’origine de plus de 95% des demandes de dézonage. La vérité, c’est que la ville veut laisser tomber la campagne et envahir son territoire.
Quant au mouvement de solidarité de l’UPA. Trop fatigant. Trop puissant. Trop bien organisé. On aimerait mieux une négociation un contre un, et non pas une mise en marché collective. La situation des agriculteurs aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, par exemple, nous apprend des choses : l’individualisme appauvrit. La solidarité, elle, protège les petits d’abord.
Ou i , M. Dubuc , nous avons choisi notre camp. La leçon des derniers mois à propos des institutions financières nous a grandement aidés à choisir. Le vôtre n’est évidemment pas celui de la solidarité. Appuyer votre position sur le regroupement de l’Union paysanne confine à la mendicité intellectuelle.
Nous ne croyons pas que les producteurs agricoles soient des « BS ». Le terme est méprisant, et les faits ne militent pas en ce sens.
Au moins , l a plume de M. Dubuc sert-elle à ceci: lever le voile sur la pensée dominante et les enjeux à venir. La ville a-telle laissé tomber la campagne? Le cas échéant, ces « agro-BS » ne devront compter que sur euxmêmes pour progresser. Or, le meilleur espoir – que ça vous plaise ou non – c’est l’UPA, qui a claironné avec nous qu’elle attend son partenaire à la table de discussion.


Agriculture : l’application du rapport Pronovost demandée
EN BREF
Une importante coalition de producteurs agricoles, d’environnementalistes, de groupes de consommateurs et de spécialistes en alimentation demande à Québec de ne pas céder aux pressions de l’Union des producteurs agricoles ( UPA) et d’aller de l’avant avec les réformes proposées par le rapport Pronovost. La coalition affirme que l’agriculture québécoise se dirige vers un cul-de-sac si le gouvernement maintient le statu quo, une conclusion à laquelle est parvenue la commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire. La commission Pronovost, créée par le gouvernement Charest, propose notamment de décentraliser et de diversifier l’agriculture et de s’écarter du modèle axé sur les grandes productions commerciales. Elle propose également que le soutien financier et l’assurance agricole soient démocratisés et accessibles aux plus petites fermes et aux productions écologiques. Le rapport suggère aussi de favoriser la mise en marché de proximité des productions locales pour soutenir l’agriculture en région, d’ouvrir le zonage pour faciliter la création de petites fermes et de briser le monopole syndical et administratif de l’UPA. La coalition estime que le modèle actuel de grandes cultures industrielles ne peut que mener au dépeuplement des régions et à des difficultés croissantes puisque le Québec ne pourra faire concurrence indéfiniment aux pays émergents dont le climat favorise de meilleurs rendements.


Trois anciens ministres appuient l’UPA
Modifications à la loi sur la protection du territoire agricole
QUÉBEC— Appelés en renfort par l’Union des producteurs agricoles ( UPA), trois anciens ministres de l’Agriculture demandent au gouvernement Charest de ne pas « mettre la hache » dans un programme d’assurance et la loi sur la protection du territoire agricole comme le recommandent selon eux deux rapports récents.
On craint que les villes n’aient une influence plus grande sur la gestion du territoire agricole, elles qui ont plus souvent tendance à favoriser la construction résidentielle et industrielle.
En conférence de presse hier, les péquistes Jean Garon (ministre de l’Agriculture de 1976 à 1985), Rémy Trudel (de 1998 à 2001), et l’ancien ministre libéral Yvon Picotte (de 1990 à 1994) ont plaidé pour que ces deux « piliers » de l’agriculture québécoise demeurent à peu près intacts.
Commandé par le gouvernement, le rapport Ouimet propose d’apporter des « ajustements chirurgicaux » à la loi sur la protection du territoire agricole pour que les demandes d’exclusion de lots protégés soient inscrites dans les schémas d’aménagement des municipalités plutôt que d’être traitées « au cas par cas ».
Jean Garon craint que les villes n’aient une influence plus grande sur la gestion du territoire agricole, elles qui ont plus souvent tendance à favoriser la construction résidentielle et industrielle. « C’est remettre aux loups les clés de la bergerie », a lancé le président de l’UPA, Christian Lacasse. Selon lui, quelque 4000 hectares de terres agricoles sont « dézonés » chaque année, l’équivalent de l’île de Montréal tous les 10 ans.
De son côté, le rapport St-Pierre – aussi commandé par le gouvernement – propose une vaste réforme du programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Ce programme créé en 1975 vise à combler l’écart entre les coûts de production et le prix du marché. Son déficit cumulé frise les 800 millions de dollars.
« Est-ce qu’il faut tuer l’ASRA et repartir sur une autre base pour que ça coûte moins cher? La réponse c’est non », a lancé Rémy Trudel, plaidant que le secteur agricole vit des crises successives depuis quelques années. « Quand le risque est élevé, c’est le rôle de l’État de soutenir. »
Selon Yvon Picotte, « le gouvernement doit privilégier l’agriculture de proximité, et ça ne se fait pas en coupant dans des programmes. S’en remettre aux lois du marché et à l’exportation, c’est un piège ».
Selon Rémy Trudel, avec les rapports Ouimet et St-Pierre, « il y a péril en la demeure ». Jean Garon estime que le gouvernement, qui fait la sourde oreille aux demandes de l’UPA, « ne peut pas mettre la hache impunément dans un héritage de 30 ans ».
Jusqu’à maintenant, Québec a envoyé des signaux en faveur des recommandations des rapports Ouimet et St-Pierre, ce qui « n’est pas rassurant », a souligné Christian Lacasse.
Après un discours devant l’industrie alimentaire canadienne réunie en congrès à Québec, le premier ministre Jean Charest n’a pas voulu répondre à la sortie des trois anciens ministres sur l’avenir du secteur agricole. « C’est un long débat, un grand débat », a-til affirmé aux journalistes avant de quitter la salle.


Les producteurs québécois sont inquiets
Traité de libre-échange biologique avec les États-Unis
La signature d’un traité de libreéchange des produits biologiques entre le Canada et les États-Unis n’a pas fini de faire des vagues au Québec : le milieu du bio québécois prépare déjà sa réplique.
La Fi l ière biologique du Québec, une table de concertation, a devancé sa prochaine réunion et ses membres doivent se réunir dès ce matin pour analyser en profondeur l’accord conclu mercredi dernier à Chicago. « On se prépare à mobiliser nos troupes, parce qu’on ne peut pas laisser les choses se passer comme ça », a affirmé hier le vice-président de la Fédération d’agriculture biologique du Québec et membre de la Filière biologique, Robin Fortin.
Les producteurs affirment que le traité ouvre la porte à une concurrence déloyale de la part des producteurs américains, en permettant à ces derniers d’exporter leurs produits au Canada sans contraintes additionnelles et en utilisant le logo biologique canadien. « On ne peut pas comparer nos produits avec ceux des États-Unis. Nos normes sont beaucoup plus sévères: nous avons au moins 15 ans d’avance sur eux et encore, je suis conservateur », soutient M. Fortin.
Parmi les recours possibles, il envisage de demander à Québec de se retirer de l’entente debut enblanc. «Sinon, onassisteraàunnivellement inacceptable des produits biologiques offerts aux consommateurs.»
Une marge de manoeuvre limitée
Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore porté publiquement de jugement sur les principes du traité, qui fait encore l’objet d’analyse, mais il démontre aussi une certaine inquiétude. « Nous devrons bien nous assurer que le Québec ne soit pas pénalisé parce qu’on a toujours été avant-gardistes pour encadrer les produits biologiques », a reconnu hier Sylvain Bourassa, porte-parole du ministre Laurent Lessard.
Québec tempère toutefois les attentes des producteurs. « La loi canadienne a préséance sur celle du Québec », a noté hier M. Bourassa.

 

PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE HAUSSE RAPIDE ET PROBLÉMATIQUE -  Vincent Brousseau-Pouliot

« C’est devenu trop cher à certains endroits, dit Isabelle Imbeault, qui cultive des légumes bios dans la région de Lanaudière. Les seules personnes qui peuvent acheter, ce sont les gros producteurs qui ont déjà beaucoup de superficie. »
A près une vingtaine d’années à labourer sa ferme de S a i nt-S é ba s t i e n , en Montérégie, Daniel Lavoie a décidé qu’il en avait assez de cultiver du maïs et du soya. Il a ainsi vendu ses 150 hectares (280 terrains de football !) de terres agricoles. Une décision qui ne pouvait être prise au meilleur moment. Selon un rapport de La Financière agricole, la valeur des terres agricoles a augmenté de 10 % au Québec en 2008. Statistique Canada, qui utilise des données différentes, calcule plutôt une hausse de 7% entre janvier et novembre 2008.
Dans un tel marché haussier, Daniel Lavoie a pu récolter 2,7 millions pour ses terres achetées environ 300 000 $ en 1984. L’occasion était trop belle, d’autant plus qu’il devait bientôt faire des investissements importants en équipement et que la passion de l’agriculture n’était plus au rendez-vous depuis quelque temps. « Il aurait fallu mettre 400 000 $ pour une moissonneuse neuve, dit-il. Les coûts de semence et de fertilisants sont super élevés. J’en avais ras le bol et je ne pense pas que le prix des terres agricoles va rester où il est présentement. »
Pour des producteurs qui, comme Daniel Lavoie, ont fait le tour du jardin, la récente hausse du prix des terres agricoles est une chance inespérée de rentabiliser des années de dur labeur. Pour les autres qui veulent continuer leur vie dans les champs, c’est une autre histoire. « Nous avons été un peu surpris (par la vigueur de la hausse), dit Denis Bilodeau, deuxième vice-président de l’Union des producteurs agricoles ( UPA). La valeur foncière augmente plus vite que les revenus agricoles. »
La hausse de la valeur des terres québécoises pose plusieurs problèmes aux producteurs agricoles. Le premier est d’ordre fiscal. Habitués à se faire rembourser une bonne partie de leurs taxes foncières sur leur déclaration de revenus au provincial, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas se qualifier pour ce crédit d’impôt en raison de la hausse de la valeur de leur propriété. « Seulement en 2008, il y a 18% de producteurs de plus qui se sont vu refuser le crédit d’impôt, qui rembourse jusqu’à 70% des taxes foncières », dit Denis Bilodeau, aussi producteur de maïs, de soya, de porc et de bovin à ses heures dans la région de Warwick.
Le deuxième problème est d’ordre générationnel : les terres deviennent trop chères pour les jeunes producteurs qui ne sont pas issus de familles agricoles. Ceux-ci n’ont souvent pas le choix de louer des terres s’ils veulent démarrer leur entreprise.
« Plus la valeur des terres va augmenter, plus les gens vont être intéressés à les louer », dit Denis Bilodeau, de l’UPA.
« C’est devenu t rop cher à certains endroits, dit Isabelle Imbeault, qui cultive des légumes bios sur 2,5 hectares avec son conjoint depuis quatre ans sur ses terres – achetées non sans chercher – dans la région de Lanaudière. Les seules personnes qui peuvent acheter, ce sont les gros producteurs qui ont déjà beaucoup de superficie. Tu arrives dans un village et ils sont trois ou quatre à détenir à peu près toutes les terres… »
Même si elle est en hausse, la location des terres est un phénomène deux fois moins répandu au Québec qu’au Canada et aux États-Unis. « J’ai l’impression ça va arriver aussi ici, dit le producteur Daniel Lavoie. I l y aura moins de propriétaires, mais ceux-ci auront encore plus de terres. »

Même s’il a vendu sa ferme de Saint-Sébastien, Daniel Lavoie ne quitte pas complètement le milieu agricole. De la somme de 2,7 millions obtenue pour sa ferme, il a pris 1 million pour acheter un verger à Rougemont. Une propriété plus petite – « seulement » 50 hectares –, mais surtout avec moins de soucis. « Un verger, c’est plus tranquille, dit-il. Le prix des pommes est plus stable. En plus, j’avais besoin d’un autre style de vie. J’étais tanné de jouer dans la boue alors je m’en vais jouer dans le gazon. »

LA FAUTE DE L’ÉTHANOL… ET DES POLITICIENS !
La cause de la hausse surprenante de la valeur des terres agricoles ? L’éthanol, le carburant chouchou vert de la classe politique canadienne et américaine. Aux États-Unis, tous les candidats présidentiels qui se prennent au sérieux ne jurent que par l’éthanol, produit en grande partie en Iowa, l’un des États les plus importants des primaires. Au Canada, le Parlement fédéral a adopté l’an dernier une loi exigeant de hausser à 5% le seuil minimum de carburants renouvelables comme l’éthanol dans l’essence. « La production plus importante d’éthanol a contribué à faire monter le prix des céréales. Comme le prix des céréales est plus élevé, ça incite les producteurs à agrandir en achetant d’autres terres », dit Normand Johnston, vice-président au financement de La Financière agricole du Québec. La montée du prix des denrées alimentaires, influencée par la popularité de l’éthanol, a surtout eu lieu durant la première moitié de l’année 2008. Les cours du maïs et du soya ont augmenté respectivement de 58% et 39% entre janvier et juin 2008 à la Bourse de Chicago. Mais ces deux denrées ont terminé l’année dans le rouge (-11 % pour le maïs et -19% pour le soya), un résultat final qui n’a curieusement pas semblé déranger le marché immobilier agricole.


LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC DANS LEUR LIGNE DE MIRE -  Vincent Brousseau-Pouliot
« L’industrie agricole est très intéressante pour les investisseurs. C’est un secteur très peu volatil dont les rendements dépendent peu des marchés boursiers. »
Rus s i e . Ukra i ne . S o uda n . Éthiopie. Tanzanie. Mali. Laos. I ndonésie. Nouvelle-Zélande. Brésil. Argentine. Les firmes d’investissement agricole sèment des millions de dollars sur les terres agricoles partout sur la planète. Au Québec, la récolte est mince, pour ne pas dire inexistante.

La plus grande firme d’investissement agricole au pays, AgCapita, n’entend pas investir à court terme dans les terres agricoles du Québec. « Ce n’est pas dans nos plans », dit Stephen Johnston, l’un des trois associés de cette firme de Calgary qui compte Jim Rogers, le célèbre gourou des matières premières, au sein de son conseil d’administration.
Depuis sa création en 2007, AgCapita a pourtant investi 18 millions de dollars dans l’achat de terres agricoles au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan. Le concept est simple : la firme se finance auprès d’investisseurs (ceux-ci ont droit à une contribution REER), achète des terres et les loue ensuite aux fermiers. « L’industrie agricole est très intéressante pour les investisseurs, dit Stephen Johnston. Elle n’est pas affectée par la récession, la demande augmente de façon régulière de 2% à 3% et l’offre est stable. C’est un secteur très peu volatil dont les rendements dépendent peu des marchés boursiers. Quand on disait ça aux gens il y a deux ans avant la chute de la Bourse, ils ne nous écoutaient pas. Maintenant, ils écoutent. »
AgCapita prévoit faire une autre campagne d’investissement de 15 à 20 millions cette année dans l’Ouest canadien. La firme mise surtout sur les terres agricoles de la Saskatchewan, où le prix est six fois moins é l e vé qu’au Québec s e l o n Statistique Canada. « Ce sont les terres agricoles les moins chères de tous les pays développés, dit Stephen Johnston. En plus, les terres de la Saskatchewan sont plus propices à la production de céréales et de grains, un marché mondial prévisible. Les terres du Québec, elles, sont plus propices à la production de fruits et légumes, un marché moins intéressant à notre avis. »
Un autre obstacle, législatif celui-là, nuit à l’industrie agricole de l a Belle P rov i nce : u ne loi québécoise restreint l’achat des terres de plus de 4 hectares par des non-r é s i da nt s . La Commission de la protection du territoire agricole du Québec a le dernier mot sur une transaction et peut autoriser la vente à des intérêts étrangers, mais le processus effraie bien des investisseurs. De sorte « qu’il n’y a pas de présence des fonds d’investissement qui achètent pour spéculer », confirme Normand Johnston, vice-président au financement de La Financière agricole du Québec.
Selon Stephen Johnston, la Saskatchewan avait une loi similaire au Québec avant de l’abolir en 2003. « Ce fut une décision essentiellement démographique : les fermiers de la Saskatchewan sont les plus vieux au Canada, ils veulent prendre leur retraite et ils voient que les mêmes terrains en Alberta valent trois fois plus cher que les leurs ! » dit l’associé de la firme AgCapita.

Le Québec ne serait toutefois pas délaissé complètement par le milieu de la haute finance agricole. Selon Stephen Johnston, la firme américaine John Hancock a confié récemment lors d’une conférence avoir acheté des terres pour cultiver des canneberges au Québec.

L’UPA VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES AGRICULTEURS  -  Hugo Fontaine
Entre sa ferme laitière et la table de négociation, le président de l’ Union des producteurs agricoles ( UPA), Christian Lacasse, aura un été chargé. Son organisme est en discussions avec le gouvernement afin de sauver les bases d’un important programme d’assurance de revenus pour les agriculteurs.
L’UPA demande à l’État québécois de plus que doubler sa contribution à la Financière agricole, l’institution par laquelle passe le financement public du secteur agricole.
L’UPA demande aussi à l’État québécois de plus que doubler sa contribution à la Financière agricole, l’institution par laquelle passe le financement public du secteur agricole.
Créé en 1975, le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) offre une compensation financière aux agriculteurs lorsque les prix du marché d’un produit sont insuffisants par rapport aux coûts de production.
L’ASRA peut représenter jusqu’à 50% du revenu d’un agriculteur (comme dans le domaine de l’agneau par exemple), même si la proportion varie beaucoup d’un secteur à l’autre.
« Toutes les productions sont soumises à des fluctuations de prix dans le temps, explique le président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec (membre de l’ UPA), Jean-Guy Vincent. C’est là qu’on a besoin d’un soutien gouvernemental pour maintenir nos fermes. C’est du vivant. On ne peut pas arrêter de produire un matin et repartir tout ça dans trois mois. On a besoin d’une assurance. »
L’ASRA est financée au tiers par les assurés, le reste étant à la charge de la Financière agricole.
Or, le déficit de ce programme, offert en complément à un programme fédéral, navigue autour de 780 millions de dollars, soit un peu moins que la valeur totale des compensations totales versées en vertu du programme pendant l’année financière 2007-2008.
Depuis 2003, les besoins ont explosé, particulièrement dans le secteur de la viande.
Afin de remédier à l’impasse f i nancière, le rapport SaintPierre, commandé par Québec et publié en février dernier, recommande de réduire progressivement la portée de l’ASRA, puis de le remplacer par un programme qui favoriserait l’autogestion du risque par les agriculteurs.
Selon l’interprétation qu’en fait Christian Lacasse, le calcul du revenu garanti ne serait plus basé sur les coûts de production.
« La baisse de compensation serait plus importante dans les régions périphériques, calcule-til. Le gouvernement serait bien mal venu d’aller en ce sens. »
Selon M. Lacasse, les arguments de l’ UPA portent leurs f ruits. « Dans les t ravaux du comité bipartite, les représentants du gouvernement remettent beaucoup en cause l’ASRA », dit-il.
Du côté du ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation (MAPAQ), Jacynthe Lafontaine, conseillère en communications, n’a pas confirmé que l’ASRA allait survivre. « Je ne peux pas m’avancer sur ce sujet-là », a-t-elle dit.
L’UPA a mis de l’avant certaines propositions pour mettre l’ASRA au goût du jour, notamment de moduler les primes selon la taille des entreprises agricoles.
« Nos objectifs, c’est de rendre ces programmes plus efficaces, de favoriser une meilleure utilisation des fonds publics et de faire en sorte que ces programmes soient plus défendables du point de vue de l’opinion publique et des décideurs », dit Christian Lacasse.
Le MAPAQ n’a pas voulu se prononcer sur les propositions de l’UPA, qui souhaiterait aussi que les programmes de sécurité du revenu s’étendent au-delà des 17 secteurs actuellement couverts.
L’ UPA estime aussi que le gouvernement provincial sousfinance la Financière agricole, ce qui force l’organisme à emprunter pour payer ses primes. « On ne peut plus financer les programmes avec une enveloppe de 305 millions, dit M. Lacasse. L’enveloppe nécessaire est plutôt de 650 millions de dollars. »
« Ça prend une intervention à la hauteur de ce que le Québec veut se donner comme agriculture », ajoute Jean-Guy Vincent.

Les deux parties espèrent pouvoir en venir à une entente au début de l’automne.

La « révolution » destructrice
Le nouveau régime forestier instaure de nouveaux obstacles à la conservation et à la protection des forêts vierges
La nouvelle Loi sur la forêt doit s’assurer de la présence d’un réseau d’aires protégées représentatives, adéquates et de dimension suffisante.
Les auteurs sont coresponsables de la campagne Forêt chez Greenpeace. Ils signent une lettre ouverte à M. Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.
Nous sommes de ceux qui aspirent à une meilleure foresterie. Ceux qui croient, comme des milliers d’autres, en un régime forestier qui fait prospérer le Québec et les Québécois, et non les multinationales, dans un profond respect de la forêt.
Nous sommes de ceux qui ont participé activement à la commission Coulombe, au Sommet sur l’avenir de la forêt québécoise et aux consultations sur le Livre vert et qui ont manifesté leur désaccord face à l’exploitation abusive de la forêt.
Nous faisons partie d’un mouvement populaire, qui croit que le temps est venu de faire les choses autrement, et nous sommes convaincus que votre nouveau régime forestier, votre « petite révolution », nous lance dans une dérive environnementale majeure.
Dans les dernières décennies, nous avons alloué presque l’entièreté de nos forêts productives à l’industrie et avons coupé, fragmenté et perturbé plus de 85% de ces forêts publiques. Sur ce même territoire forestier, on retrouve un peu moins de 5% d’aires protégées. En outre, il ne reste que près de 10% de forêts encore intactes en zone commerciale.
S’il y a un enjeu forestier auquel le nouveau régime forestier devra répondre, c’est bien celui de la protection de nos dernières forêts vierges. Que ce soit en Amazonie, au Congo, en Indonésie ou en Russie, tous sont confrontés à la disparition et à la dégradation des dernières forêts vierges de la Terre. Le Québec, et vous M. Béchard, avez une grande responsabilité à honorer, tant pour la province que pour le reste de la planète.
Or vous avez complètement évincé cette question dans votre nouveau régime « révolutionnaire » et instauré plutôt de nouveaux obstacles à la conservation: zonage bloquant toute possibilité de protection, réallocation mur à mur de la forêt à l’exploitation, aucune marge de manoeuvre à la conservation par le Forestier en chef.
Comment allez-vous plus que doubler la superficie d’aires protégées (de 5% à la nouvelle cible de 12%) en forêt commerciale d’ici 2015 sans vous donner les outils pour le faire? Sans parler de la cible de 50% d’aires protégées fixée par Jean Charest dans le cadre du Plan Nord, qui touche la grande majorité de la forêt boréale commerciale?
Le nouveau régime propose la mise en place de zones de sylviculture intensive sur 20% du territoire forestier, l’équivalent de 150 fois la superficie de l’île de Montréal. Monocultures, dilapidation et conversion des forêts naturelles, espèces hybrides, vocation unique de production ligneuse, aucune protection de la biodiversité, indifférence face aux autres utilisateurs de la forêt, etc.
L’application de telles mesures sur de si grandes superficies représente une déchéance environnementale témoignant de l’insouciance d’un ministre borné et aveuglé par une industrie en crise. M. Béchard, nous sommes en 2009, pas en 1960! L’industrialisation agressive de nos forêts publiques et la création de déserts biologiques ne font pas partie de la solution.
Les marchés internationaux se conscientisent, les consommateurs ne veulent plus encourager la disparition des espèces et la destruction des forêts intactes. La montée fulgurante de la certification FSC partout dans le monde, et notamment au Québec, est un gage de ce changement de mentalité. Or le nouveau régime que vous proposez va complètement à l’encontre de cette mouvance, et risque même d’imposer de nouveaux obstacles à la certification FSC.
Pour assurer la pérennité du patrimoine forestier québécois, nous vous demandons de faire les choses dans le bon ordre. La nouvelle Loi sur la forêt doit renverser le mode actuel de planification et s’assurer de la présence d’un réseau d’aires protégées représentatives, adéquates et de dimension suffisante AVANT toute nouvelle allocation des forêts.
Il nous apparaît tout simplement scandaleux qu’après 10 ans de dénonciation, deux rapports indépendants, un sommet de la société civile, une commission parlementaire, des dizaines de mémoires et des centaines d’heures de consultation, votre gouvernement ne se soit pas doté d’un régime forestier qui inclut des obligations environnementales à la hauteur des attentes des générations actuelles et futures. M. Béchard, avec un tel projet de loi, on ne peut que s’attendre à une autre levée de boucliers!




Adieu l’électricité bon marché  -  Gérard Bélanger & Jean-Thomas Bernard
Le coût moyen des approvisionnements grimpe chez Hydro-Québec
La société québécoise doit s’adapter à une nouvelle réalité: la fin de la production de l’électricité bon marché. Cette adaptation est d’autant plus difficile que durant plusieurs décennies, le Québec s’est démarqué par de faibles coûts dans la production de l’hydro-électricité. Ce qui était vrai jusqu’à aujourd’hui n’existe plus pour les projets futurs.
ARCHIVES LA PRESSE
Les approvisionnements actuels en électricité reposent généralement sur des centrales à faibles coûts, notamment en ce qui a trait au contrat des chutes Churchill, qui est à 0,35 cent le kilowattheure (kWh).
Les approvisionnements actuels en électricité reposent généralement sur des centrales à faibles coûts. Voici quelques ordres de grandeur. Le contrat des chutes Churchill, qui représente 12% de la puissance disponible, est à 0,35 cent le kilowattheure (kWh) et les centrales de la Baie-James, qui fournissent plus du tiers de la puissance installée, ont un coût d’environ 1,5 cent/kWh. Selon Hydro-Québec Production, en 2008, le coût moyen du kilowattheure s’est établi à 2,2 cents.
L’abondance des sites hydrauliques, qui furent exploités en commençant par ceux qui étaient plus rapprochés et moins coûteux, a permis un coût moyen de production relativement bas. Qu’en est-il des projets futurs ?
En mai 2009, Hydro-Québec a entrepris la construction d’un complexe hydroélectrique de 1550 mégawatts sur la rivière Romaine. Les coûts anticipés de cette électricité se situent aux environs de 10 cents/kWh. Parallèlement, le récent appel d’offres de 2000MW en énergie éolienne s’est soldé à un prix moyen de 10,3 cents/kWh. C’est donc un autre univers avec des coûts de production qui s’éloignent énormément des coûts moyens d’approvisionnement actuels.
Ces nouvelles conditions de production débouchent sur la question suivante : existera-t-il un marché à l’exportation pour de l’électricité produite à 10 cents? La réponse se complique avec l’imprécision des politiques environnementales qui modifieront les coûts des différentes filières d’électricité. À cet égard, il est utile de se rappeler qu’au milieu des années 60, des spécialistes entrevoyaient un engouement pour l’énergie nucléaire à très bas prix. Cette attente ne s’est pas réalisée.
Les développements récents portant sur une grande disponibilité en Amérique du Nord de gaz naturel provenant des schistes, et par conséquent sur l’évolution de son prix, favorisent l’expansion des centrales alimentées par ce combustible. Le coût se situerait aux environs de 8 cents/kWh.
À un coût de production de 10 cents/ kWh, la source hydraulique n’apparaît plus comme un choix incontournable. Le Québec perd ainsi son avantage relatif dans la production de l’électricité. Il est normal qu’il en soit ainsi puisque les sites sont développés par un ordre de coûts croissants.
Une importante question demeure : comment peut-on faire comprendre à la population que l’époque de l’électricité bon marché est révolue et que les politiques de tarification, de développement industriel et d’exportation devraient refléter cette nouvelle réalité ?




La poétesse, la rivière et les saumons  -  Patrick Lagacé
Au cours des dernières semaines, notre chroniqueur est allé où vont peu de Québécois : en Jamésie et sur la Côte-Nord. Il nous présente ici une de ses chroniques estivales sur le Québec du bout du monde.
EKUANITSHIT — Rita qui?
ILLUSTRATION ANDRÉ RIVEST, LA PRESSE
C’est ce qu’on s’est demandé, n’est-ce pas, quand JeanMarie Gustave Le Clézio, auteur français ( L’Africain, Ritournelle de la faim), Prix Nobel de littérature 2008, a évoqué une « poétesse innue » en torpillant dans Le Monde le projet d’Hydro-Québec qui va scrapper la rivière Romaine?
Mestokosho, Rita Mestokosho. Auteure de Comment je perçois la vie, grandmère (1995) et de La mer navigue, le ciel vole, la terre marche et moi je rampe pour humer la vie (2003).
C’est une belle brune de 42 ans. En ce début d’aprèsmidi bizarrement ensoleillé, entre Sept-Îles et Havre-SaintPierre, elle mange une salade César, pas loin d’Ekuanitshit, le village innu dont elle est membre du conseil de bande.
« J ’ étais sur la r ivière Romaine quand Le Clézio a publié sa lettre dans Le Monde. J’ai passé quelques jours dans une île avec des amis et des membres de ma famille. À mon retour, j’avais des dizaines de messages qui m’attendaient, grâce à sa lettre... »
La plupart des messages, dit Rita, provenaient de gens qui voulaient savoir comment ils pouvaient l’aider à freiner la construction de cette centrale hydroélectrique de 1550 MW qu’Hydro a commencé à ériger sur la rivière Romaine.
« La lettre a eu un impact... Si c’est trop tard pour sauver la rivière ? Non. Je rêve. Je crois plus à la Terre qu’aux hommes. Mais je rêve que les hommes réalisent ce qu’on fait à la Terre. Peut-être que je rêve trop... »
Quand elle parle, Rita Mestokosho est sérieuse, appliquée, concentrée. Mais à la fin de ses phrases, on dirait que la petite fille qu’elle fut prend le dessus : elle finit toujours ses phrases en riant comme une gamine, comme si elle se trouvait trop sérieuse...
« Il y a 20 ans, on a réussi, les Indiens, à stopper le projet de Grande-Baleine. Mais l’unité autochtone était plus forte. Aujourd’hui, ça travaille plus par communautés. Il y a de l’esprit de compétition. Il y a des entrepreneurs autochtones qui veulent avoir des contrats. Il y en a qui veulent leur part des contrats de la Romaine... »
Elle f i nit sa bouchée, échappe un petit rire, redevient sérieuse.
« Je me dis qu’on sera toujours perdants là-dedans. On a toujours considéré que ce territoire, c’était chez nous. »
Attends, Rita, une seconde, on va revenir sur la Romaine et Le Clézio, parle-moi de Le Clézio: comment une poétesse innue en vient-elle à inspirer un Prix Nobel de littérature?
« Je l’ai rencontré en 1999, ditelle, au musée Pointe-à-Callière, à Montréal. Je faisais une lecture publique, il était là. Il m’a fait inviter au Festival des étonnants voyageurs, à Saint-Malo. On a échangé des courriels. Puis je l’ai perdu de vue. Après le Nobel, il est venu à la Grande Bibliothèque, à Montréal; j’ai reçu un courriel, il m’invitait à souper à Montréal... »
C’éta i t l ’ automne dernier. JMG Le Clézio et Rita Mestokosho, accompagnés de Mme Le Clézio et de M. Mestokosho, ont cassé la croûte au Café Cherrier. Ils ont parlé de tout, de la vie, de littérature, du temps passé depuis 1999. Et de la Romaine...
« Je cherchais l’appui de gens qui pourraient m’aider à l’international, quelqu’un qui aurait la même sensibilité que moi. Le Clézio connaît les Amérindiens, il partage mes préoccupations face à la Terre... »
Le Clézio a réfléchi, a donné peu de nouvel les dans les mois qui ont suivi. Puis, au début de l’été, Rita Mestokosho a reçu la lettre que le romancier avait préparée pour Le Monde. Elle l’a lue et a donné le feu vert.
La lettre, publiée pendant une visite de Jean Charest à Paris, en juillet, très critique pour Hydro, pourfendait le saccage de l’environnement naturel des Innus. On a retenu quelques erreurs de faits, quelques accès de lyrisme, occultant le fond de la montée de lait de Le Clézio: notre soif constante d’électricité.
Je lui dis que les Innus ont dit oui à la Romaine. Que sa propre communauté d’Ekuanitshit a voté oui à 76%...
« Hydro-Québec nous l’a dit et répété: ça va se faire avec ou sans votre accord. Nos propres avocats nous l’ont dit. Les avocats ! Un avocat, c’est un avocat. Il pense à lui-même. Ton avocat n’est pas ton ami. Ton avocat veut un règlement. »
Je ne voyais pas trop où Rita voulait en venir. Cela a dû paraître dans mon faciès. Elle a ri et a entrepris de m’expliquer :
« Les avocats touchent un pourcentage sur les redevances qu’Hydro verse. Nos avocats nous ont représentés : ils ont touché un pourcentage. Mais il n’y a pas d’argent, pas de pourcentage, pas de redevances quand tu défends une rivière. Quand tu t’assieds avec Hydro, c’est pour négocier une entente. Pas pour sauver la rivière. »
Le téléphone sonne au restaurant. C’est le conseil de bande. Elle est en retard, très en retard à cause de ce journaliste de Montréal, on la réclame. Il faut partir.
« Je mange du saumon de cette rivière. C’est ça, ma relation avec la Romaine. C’est ce qui me fait le plus mal: quand je pense aux saumons. Grâce à Le Clézio, je suis connue. Mais ça ne change rien dans ma vie. Ça va changer plus si la rivière est détruite... »




Lendemain de crise à Hydro-Québec ANDRÉ PRATTE
Après trois années fastes, Hydro-Québec ressent les effets de la récession. Dans son Plan stratégique 2009-2013, publié hier, la société d’État a révisé à la baisse ses prévisions de ventes et de bénéfices. De quelque 3 milliards et plus par an de 2006 à 2008, le bénéfice net glissera à 2,7 milliards en 2009 et à 2,4 milliards les quatre années suivantes. Conséquemment, les dividendes versés au gouvernement du Québec seront aussi en baisse, passant de 2,3 milliards en 2008 à 1,9 milliard cette année et à 1,7 milliard de 2010 à 2013. Ces centaines de millions manquants, le ministre des Finances, Raymond Bachand, en aurait pourtant grand besoin!
Hydro-Québec ne pouvait évidemment pas échapper à la crise. Ses ventes auxindustriesont chuté, notamment en raison des baisses de production dans les secteurs des pâtes et papiers et de l’aluminium. Il faudra un certain temps pour que ces industries retrouvent leur rythme de croisière.
La rentabilité exceptionnelle d’Hydro-Québec au cours des dernières années venait en bonne partie de ses exportations. Or, la société n’est plus en mesure d’obtenir des prix aussi avantageux. Le ralentissement économique a entraîné une forte diminution de la valeur du gaz naturel, principal concurrent de l’hydroélectricité.
La demande ayant baissé, Hydro-Québec se retrouve avec des surplus substantiels. Elle trouvera sans difficulté des acheteurs en Ontario et aux ÉtatsUnis, mais les prix ne seront plus ce qu’ils étaient.
Compte tenu de cette conjoncture, Hydro-Québec aurait-elle dû mettre au rencart ou ralentir la réalisation des nombreux projets qu’elle a dans ses cartons? Non. Avec raison, les dirigeants de la société estiment que l’Amérique du Nord se tournera inéluctablement vers les énergies propres et que le Québec doit se mettre en position d’en profiter au maximum. C’est pourquoi le Plan stratégique compte parmi ses principales orientations l’augmentation de la capacité de production hydroélectrique. Les quatre centrales de la rivière Romaine seront mises en service tel que prévu de 2014 à 2020. Les études ont commencé relativement à six autres projets, représentant des investissements de plus de 10 milliards. Enfin, à long terme, Hydro envisage de nouvelles centrales dans le cadre du Plan Nord.
La vision du PDG Thierry Vandal repose sur la conviction que le transport automobile et les transports collectifs délaisseront graduellement le pétrole en faveur de l’électricité. En conséquence, Hydro-Québec s’est donné un « plan d’action en matière de transport électrique ». En collaboration avec les sociétés publiques de transport, elle se penche sur des projets d’électrification des transports en commun. Avec des fabricants ( Tata, Ford, General Motors), elle mène d’importants travaux de recherche sur les véhicules électriques.
Alors que la crise économique semble s’estomper, le Plan stratégique d’Hydro-Québec est résolument tourné vers l’avenir. Un avenir où l’hydroélectricité aura un rôle considérable à jouer. La vision et la stratégie sont les bonnes. Si elles se concrétisent, l’environnement en profitera. Et le Québec en profitera.



Hydro pourra doubler ses exportations vers la Nouvelle-Angleterre
Après avoir lancé les travaux de La Romaine, Hydro-Québec obtient maintenant le débouché espéré pour cette énergie supplémentaire. Le principe du projet de construction d’une nouvelle interconnexion entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre vient d’être approuvé par le gouvernement américain.
Cette interconnexion qui reliera la ligne Nicolet-Des Cantons et le sud de l’État du New Hampshire permettrait à Hydro-Québec de doubler ses exportations vers la Nouvelle-Angleterre.
La Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a approuvé hier la structure de financement du projet soumis par Hydro-Québec et ses deux partenaires américains, NortheastUtilities et NStar. « Le projet devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 4 à 6 millions de tonnes par année en remplaçant le gaz naturel pour la production d’électricité », a souligné la régie de l’énergie des États-Unis.
Selon son président , John Wellinghoff, le projet offre aux consommateurs d’une région qui manque d’électricité un accès à une énergie « propre et pas chère ».
La nouvelle interconnexion devrait coûter entre 700 millions US et 1 milliardUS, qui seront assumés par les trois partenaires. Par conséquent, la nouvelle interconnexion ne devrait pas faire augmenter les tarifs d’électricité des consommateurs qu’elle desservira. Cette structure de financement est une nouvelle façon de procéder parce que, jusqu’à maintenant, les promoteurs pouvaient se faire rembourser l’investissement requis par les consommateurs d’électricité.
Le nouveau lien pourra faire transiter 1200 mégawatts de plus du Québec vers les marchés de la Nouvelle-Angleterre, soit deux fois plus qu’actuellement. Sa construction pourrait commencer en 2011 et les premières livraisons d’énergie sont prévues pour 2014.
Selon Hydro-Québec, la décision de la FERC n’est qu’une première étape dans la réalisation du projet. Hydro-Québec et ses partenaires américains peuvent maintenant s’asseoir pour négocier les droits de transport et un contrat d’approvisionnement à long terme, a expliqué une porte-parole d’Hydro, Flavie Côté.
Les parties espèrent conclure un contrat d’approvisionnement d’une durée de 20 ou 25 ans.
Si le projet se réalise, cette interconnexion sera la première à être construite dans le nord-est des États-Unis depuis 20 ans. En plus d’exiger des investissements considérables, ce genre d’infrastructures suscite généralement une levée de boucliers dans les communautés riveraines.
Un autre projet de ligne de transport, le New York Regional Interconnect, vient d’être abandonné par ses promoteurs parmi lesquels se trouvait Borealis, filiale de la caisse de retraite canadienne OMERS.


Gros gloutons, gros barrages -  PATRICK LAGACÉ
Hydro-Québec va donc construire ces quatre barrages sur la rivière Romaine. Je devrais déchirer ma chemise et dire que c’est écoeurant, qu’on détruit la nature, qu’on saccage le patrimoine pour éclairer les maisons des Américains.
Pourtant, non. Je ne vais pas déchirer ma chemise.
Parce que c’est ma faute, ce barrage. Ma faute et la vôtre aussi. Parce que nous sommes des gloutons énergétiques. Comme tous les Occidentaux, ou presque, en cela. La croissance de la demande énergétique des Québécois est consta nte et imparable : 1% par année.
Ça n’a l’a ir de rien, mais c’est énorme. C’est 10% en une décennie.
Je sais, je parle du Québec alors qu’il s’agit de vendre de l’électricité aux Américains. Sauf qu’après la construction des quatre barrages, l’électricité de la Romaine va éclairer nos maisons.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par ce foutu 1%.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par nos téléviseurs 64 pouces au plasma (et celui de 32 pouces au sous-sol), par la thermopompe, par le chauffe-piscine, le ventilateur, le climatiseur, le frigo, le congélateur, le chauffe-eau, l’ordinateur, les plinthes qui nous chauffent, les lumières de Noël, les ampoules électriques qui nous éclairent (ou qui éclairent nos pièces vides).
Traduction: nous sommes toujours rattrapés par tous les cossins de la vie moderne qui fonctionnent magiquement quand on les branche dans le mur. l’environnement. Ils sont parfois moralisateurs mais, sur le fond, ils ont raison: l’environnement n’est pas exactement en bonne santé. S’ils ne déchirent pas leur chemise, qui le fera ?
Sauf que quand je les entends parler de la Romaine, j’ai de la misère à les suivre.
D’abord, il y a eu ces déclarations de Daniel Green, selon lesquelles l’hydroélectricité n’est pas une énergie verte.
C’est vrai… selon le fisc de 27 États américains qui appliquent le RPS, ou Renewable Portfolio Standard, m’expl ique JeanThomas Bernard, professeur titulaire de la chaire en économique de l’énergie électrique de l’Université Laval.
Le RPS force les fournisseurs d’énergie à inclure, dans leur offre d’électricité, une fraction produite par certaines technologies vertes comme la biomasse, l’éolien et le solaire. C’est une façon de stimuler ces industries naissantes.
« Et la grande hydroélectricité, qu’on trouve surtout au Québec, n’est pas considérée comme une énergie verte par le RPS », dit le professeur Bernard.
Sauf que l’hydroélectricité reste une énergie propre, très propre, au palmarès des façons de produire de l’électricité.
« Avec les forêts détruites, le pourrissement des arbres, il y a quand même des émissions de CO , selon Jean-Thomas Bernard. Sauf que c’est minime, par kilowattheure produit, si on compare au charbon. »
L’autre mantra des environnementalistes, dans l’opposition à la Romaine, c’est dire que le Québec devrait mieux gérer l’électricité qu’il produit avant d’en produire encore plus. Miser sur les programmes d’économie d’électricité.
J’en suis. Sauf que ça n’arrivera jamais.
D’abord, l ’éle c t r ic ité, au Québec, ne coûte pas cher. On se fiche de ce qui ne coûte pas cher. On le dilapide.
C’est un peu comme les radars photo. Pourquoi les gens roulentils vite ? Parce que le risque de se faire pincer est mince.
Pourquoi lèvent-ils le pied, dans les pays où un système de radars photo est en place? Parce que le risque de se faire pincer est grand.
Traduction: parce que, s’ils roulent vite, ils vont payer.
Idem pour l’électricité. Pour que l’économie d’énergie fonctionne, il faudrait qu’elle coûte plus cher, cette énergie.
Malheureusement, pour l’écologiste moyen, c’est plus facile de taper sur Hydro que de dire aux Québécois qu’on devrait augmenter le coût de l’électricité afin d’en utiliser moins.
Parce que quand on parle de hausser les ta rifs de l’Hydro, que ce soit pour réduire la consommation d’électricité ou s’enrichir collectivement en la vendant aux Américains, vaut mieux revêtir son casque Joffa à grille : les roches viennent vite…
Ensuite, l’Homo quebecus, dans le confort de son salon, quand il regarde Occupation double, ne veut pas se faire embêter par la conservation de l’électricité. Il ne veut pas se faire dire qu’il devrait aller éteindre la lumière de la salle de bains, où il est allé pendant la pause publicitaire. Et quand il part travailler, il ne veut pas faire le tour de la maison pour baisser le chauffage.
Parce que c’est compliqué, être moins énergivore. Dans son quotidien, quand on est roi de son petit univers, empereur de son grand bungalow, c’est emmerdant de modifier son comportement de glouton énergétique.
C’est moins emmerdant de laisser l’État construire des barrages monstrueux sur des rivières que 98% des Québécois ne verront jamais de leurs yeux.
Je termine sur un extrait de la chronique d’hier de François Cardinal, qui couvre l’environnement pour La Presse: « Le Canada est 16e au palmarès Greendex du National Geographic. Le pays se classe ainsi avantdernier d’une liste de 17 pays en raison de la taille des maisons, de la consommation d’énergie et, surtout, de la propension des Canadiens à se déplacer dans des voitures toujours plus grosses. » Gros gloutons, gros barrages. On n’en sort pas.
Mioum!
Le cinéaste québécois Xavier Dolan, dont le film J’ai tué ma mère se retrouve à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, a été interviewé par Normand Provencher, du Soleil. On y trouve la citation de la semaine: « J’ai toujours vu Cannes dans ma soupe. »
J’adore quand les gens sont involontairement comiques. Ils sont alors attendrissants, c’est fou. Surtout les jeunes réalisateurs très intenses.
Erratum
Vendredi, quand j’ai évoqué le passage extraordinaire d’Anne Robillard chez Isabelle Maréchal, j’ai parlé d’urinologie. Je voulais parler d’urinothérapie, bien sûr. Pardonnez-moi, le buffet ésotérique du charlatanisme est assez vaste, on y perd parfois son mandarin.

Mes excuses aux gens qui boivent leur pipi pour se soigner.



 
Où est passée la fierté? -  ALAIN DUBUC
Il faudrait s’assumer. Le développement de nos ressources hydroélectriques n’est pas une maladie honteuse.
Le Québec est parfois difficile à comprendre. En principe, les Québécois sont fiers de leur hydroélectricité, une ressource naturelle tout à fait unique, une source de richesse collective importante, à l’origine d’un savoir-faire qui rayonne dans le monde. Mais la fierté n’est plus là. C’est le doute qui l’a remplacé.
Jean Charest était à Havre-Saint-Pierre mercredi pour le lancement du chantier de la Romaine.
On l’a vu cette semaine avec le déclenchement des travaux d’aménagement de la Romaine. Un projet colossal. Un investissement de 6,5 milliards, en plein coeur d’une récession. Ce n’est pas rien. Et pourtant, à peu près aucun média, sauf La Presse, n’a accordé à cet événement l’importance qu’il méritait.
Pourquoi? Cela reflète certainement un malaise plus général. Dans un monde où les grands projets font l’objet de grands débats, il s’est installé une espèce d’incertitude environnementale, on ne sait plus ce qui est bien et ce qui est mal. On n’ose plus applaudir, de peur de faire un faux pas, en oubliant que nos barrages ne sont pas des centrales nucléaires ou des sables bitumineux.
Ce sont aussi nos vieilles bibittes sur l’économie qui s’expriment. Elles le font avec plus de force quand il s’agit de l’hydroélectricité, avec tout son bagage identitaire. Une dépêche de la Presse canadienne qui m’a particulièrement agacé, portant sur les réactions à l’inauguration de la Romaine, expliquait que les écologistes étaient amers tandis que les gens d’affaires se réjouissaient. Bref, c’est mauvais pour l’environnement, mais c’est bon pour la «business». C’est une vision réductrice de l’économie et simpliste de l’environnement.
Il faudrait s’assumer. Le développement de nos ressources hydroélectriques n’est pas une maladie honteuse. Au plan environnemental, la construction d’un ouvrage hydroélectrique majeur modifie de façon importante l’environnement, avec ses réservoirs, ses impacts sur le cours des rivières, ses effets sur la vie animale, et parfois le mode de vie. Ce n’est certainement pas neutre. Mais l’électricité produite, elle, est propre, renouvelable, presque éternelle. Il faut mettre dans la balance ce choc initial et les avantages pour les décennies qui suivent. Il faut aussi tenir compte du fait que dans bien des cas, cette énergie propre remplacera des énergies qui émettent des gaz à effets de serre, par exemple le mazout pour le chauffage ou surtout l’électricité produite avec du charbon en Ontario ou aux États-Unis. Quand on fait le bilan net de l’opération, et c’est la logique de développement durable, l’effet environnemental est positif.
Il est vrai que si on gaspillait moins l’énergie, on aurait moins besoin de nouveaux projets. Mais même si on en fait bien davantage en économies d’énergie, ce qui est plus que souhaitable, les besoins en électricité iront en grandissant, parce qu’il faut remplacer les centrales thermiques polluantes, et que l’électricité servira d’autres besoins, comme l’auto électrique.
En plus, c’est très rentable. Les nouveaux projets créent des emplois et augmentent les revenus d’une société d’État. Ça crée de la richesse. Il ne faut pas en avoir honte. Il ne faut pas non plus être gêné d’exporter cette électricité. C’est encore plus payant, et cela joue un rôle très utile au plan environnemental.
Bien sûr, on peut toujours rêver aux éoliennes. Mais elles ne remplaceront pas les barrages. Cette énergie dépend du vent, et cette imprévisibilité limite la part qu’elle peut occuper dans la production. Et qu’il est illusoire de croire que l’abondance de vent au Québec nous permettrait d’exporter de façon massive aux Américains une forme d’énergie qu’ils peuvent produire eux aussi.
Notre richesse, ce n’est pas le vent. Ça, il y en a partout. Notre richesse, c’est l’eau. Profitons-en. Il faut miser sur cet atout, l’exploiter intelligemment, lancer d’autres projets hydroélectriques, et s’enrichir collectivement sans en être gênés.


L’oeuvre d’Hydro-Québec -  ANDRÉ  PRATTE
L’annonce des travaux du complexe La Romaine a été accueillie dans l’indifférence. Il y a pourtant lieu de s’en réjouir.
Les Québécois ne s’émeuvent plus en prenant connaissance d’un nouveau projet hydroélectrique. L’annonce du début des travaux du complexe de la rivière Romaine cette semaine a été accueillie dans l’indifférence générale. Le même silence avait marqué le début de la dérivation de la rivière Rupert il y a deux ans. Pourtant, il s’agit de projets colossaux de génie, de construction et de science. L’exploitation des ressources hydrauliques reste l’une de nos belles réussites. Une réussite dont, curieusement, on ne s’enorgueillit qu’au passé.
La population est souvent critique à l’égard d’Hydro-Québec. La tarification, l’arrogance, la culture du secret, la lourdeur administrative font régulièrement l’objet de plaintes et de manchettes. Cette vigilance est de mise: le monopole de la production d’électricité ne confère pas le monopole de la vérité.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’Hydro-Québec demeure une irremplaçable source de richesse et de compétences pour le Québec. Le projet de la Romaine en est le plus récent exemple.
Nous sommes ici au pays de Vigneault, de Natashquan et de la rivière Mingan. L’embouchure de la Romaine est située près de Havre-Saint-Pierre, quelque 225 kilomètres à l’est de Sept-Îles. Sur cette rivière longue de 289 kilomètres, Hydro-Québec va construire quatre barrages allant de 38 à 121 mètres de hauteur. Les quatre centrales cumuleront une puissance installée de 1550 millions de watts, l’équivalent de Manic 5.
Des écologistes ont dénoncé le projet, estimant qu’il détruira une des rares grandes rivières encore intactes de la province. Il ne fait pas de doute qu’à la fin des travaux, la Romaine ne sera plus du tout ce qu’elle est aujourd’hui. Sur l’essentiel de son parcours, elle sera transformée en quatre immenses lacs (les réservoirs), le plus grand faisant 140 kilomètres carrés.
Il reste qu’Hydro-Québec ne fait plus les choses comme au temps du complexe La Grande. On limite le plus possible l’envergure des zones inondées; des mesures sont prises pour amenuiser l’impact sur la faune, en particulier dans ce cas-ci le saumon et le caribou. La société d’État cherche aussi à s’entendre avec les communautés autochtones concernées. Les Innus de la CôteNord expriment encore de l’inquiétude et du mécontentement; des accords ont néanmoins été conclus avec la plupart d’entre elles. Ces accords prévoient des compensations financières de plusieurs millions et ouvrent des possibilités de formation et d’emploi, des occasions inespérées dans ces villages où le décrochage et le chômage sont endémiques.
Après 2015, le complexe La Romaine fournira environ la moitié de toute la production québécoise disponible pour des contrats d’exportation à long terme. Pour le gouvernement du Québec, cela signifie quelques centaines de millions de revenus additionnels chaque année. Dans la mesure où Hydro-Québec parvient à limiter le plus possible les impacts écologiques, et nous croyons qu’elle y parvient, le Québec peut-il se priver de ces ressources financières supplémentaires? La réponse est non.
En somme, avec le projet de la Romaine, Hydro-Québec poursuit son oeuvre de développement économique pour la province et de développement durable pour le nord-est du continent. Il y a lieu de s’en réjouir.


Les subventions au coeur du débat
Hydroélectricité : ÉNERGIE VERTE OU PAS? - Martine Letarte
«L’énergie hydroélectrique est certainement une énergie renouvelable, mais cela ne veut pas dire qu’elle est propre pour autant.»
Il ne fait aucun doute que l’énergie hydroélectrique est renouvelable, mais est-elle verte?
Les gouvernements de plusieurs États américains ont lancé le débat lorsqu’ils ont refusé d’inclure les projets de grandes centrales hydroélectriques dans leurs programmes mis en place pour stimuler le développement de sources d’énergie propres et renouvelables.
Est-ce des intérêts écologiques ou économiques qui se cachent réellement derrière cette polémique qui hérisse certains acteurs de l’industrie québécoise ?
« L’énergie hydroélectrique est certainement une énergie renouvelable, mais cela ne veut pas dire qu’elle est propre pour autant », affirme Éric Duchemin, professeur à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM et vice-président de Nature Québec.
« En fait, les réservoirs hydroélectriques ont des impacts assez majeurs sur les écosystèmes et ils émettent des gaz à effet de serre (GES), mais évidemment, ils en émettent beaucoup moins que les centrales thermiques au charbon ou celles au gaz naturel », explique-t-il.
Pour sa part, Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et spécialiste des politiques énergétiques, croit que tout ce débat lancé par les ÉtatsUnis est davantage une question de stimuler la recherche et le développement qu’une question d’écologie.
« Plusieurs États américains ont adopté un Renewable Portfolio Standard qui oblige les fournisseurs d’électricité à aller chercher un certain pourcentage de leur énergie auprès d’une source renouvelable. D’un État à un autre, la politique varie, mais elle a toujours le même objectif : favoriser le développement de petits projets locaux d’énergie verte », explique-t-il.
L’expert est donc d’avis qu’il est tout à fait normal que l’énergie hydroélectrique québécoise ne soit pas admissible à ces programmes.
« Chaque État a son programme et même l’énergie verte créée par de petits projets de l’État voisin n’est pas admissible. C’est bien normal. La population est prête à payer un peu plus cher pour une partie de son énergie si cela stimule la R& D sur son territoire, mais pas sur le territoire de son voisin », soutient-il.
Pierre-Olivier Pineau croit donc qu’il ne faudrait pas tirer comme conclusion que les ÉtatsUnis ne considèrent pas l’énergie hydroélectrique comme une énergie verte.
« D’ailleurs, plusieurs États ont des projets de petite centrale hydraulique dans leurs sources d’énergie renouvelable admissibles au programme », précise-t-il.
« C’est vrai, mais il faut savoir que généralement, ces projets n’ont pas de réservoir, donc ils inondent très peu les terres et causent moins d’impacts », nuance M. Duchemin qui a été l’expert des réservoirs pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pendant plusieurs années.
Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles et de la Faune, coupe court au débat. « Aux États-Unis, la Federal Energy Regulatory Commission a reconnu à la fin mai que l’hydroélectricité du Québec était une énergie propre et renouvelable. C’est ça qui est important pour nous. L’histoire d’être admissible à leurs programmes de subventions, ça ne nous intéresse pas. Il n’est pas question qu’on entre en concurrence avec les petits projets d’énergie solaire et éolienne. On n’a pas besoin de cet argent parce que de toute façon, nous produisons notre énergie à un coût très concurrentiel », dit-il.
Des impacts malgré tout
Ce qui chicote tout de même Éric Duchemin, c’est que, comme la production hydroélectrique cause moins de dommages à l’environnement que la production d’énergie fossile, on a tendance à ne pas considérer ses impacts. « Les projets hydroélectriques émettent des GES, que ce soit par les réservoirs, la production de ciment et de métaux, les camions utilisés pour la construction des l ignes de transport qui nécessitent pour leur part de la déforestation, etc. Pourtant, dans son inventaire de GES attribuables à la production hydroélectrique, le gouvernement du Canada t ient seulement compte des émissions des réservoirs, alors que les autres émissions sont comptabilisées dans d’autres secteurs. Cela laisse comme impression que la production d’hydroélectricité émet moins de GES qu’elle ne le fait en réalité. »



 
Hydroélectricité : Québec appuie sur l’accélérateur
Un important projet hydroélectrique devancé
LAVAL— « LeQuébec se construira sur son or bleu », a lancéM. Charest dans un discours passionné, à la clôture du premier conseil général du PLQ depuis les élections de décembre dernier. Les militants de son parti venaient de le couronner « Grand Bâtisseur du Québec », un enthousiasme qui l’a un peu plongé dans l’embarras – c’est le genre d’hommageréservé aux politiciens qui tirent leur révérence. Or, fraîchement réélu, Jean Charest a martelé qu’il était déterminé à rester en selle pendant plusieurs années.
« Je n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa », a lancé Jean Charest, à l’issue du conseil général du PLQ au cours duquel les militants l’avaient nommé « Grand Bâtisseur du Québec ».
Devant 700 délégués, il a promis que son gouvernement maintiendrait le pied sur l’accélérateur pour l’exploitation de l’énergie renouvelable, de l’hydro-électricité et de l’énergie éolienne.
Ainsi, bien que Québec vienne tout juste de mettre en chantier le barrage de La Romaine, sur la Côte-Nord, on donne immédiatement le feu vert aux études nécessaires au défi suivant, un autre barrage sur la rivière PetitMécatina, dans la même région.
En point de presse M. Charest est toutefois resté vague sur l’impact de son annonce. Elle devance « d’un an ou deux » le début de ce nouveau chantier, attendu pour 2017. Ce devancement permettra d’éviter les « creux et les pointes » dans le nombre d’emplois en relançant les activités au moment où les travaux de La Romaine seront en phase finale. Avec ces projets « synchronisés », le secteur énergétique québécois « connaîtra le plein emploi pour une génération ». Déjà 2000 travailleurs sont à pied d’oeuvre à La Romaine ; il seront 3000 cet été.
Petit-Mécatina devrait fournir 1200 mégawatts d’énergie. C’est un peu moins que les 1550 mégawatts de La Romaine, un projet de 5 milliards de dol la r s qui donnera assez d’électricité pour alimenter les 450 000 foyers de Longueuil, Gatineau et Québec.
Le « Grand Bâtisseur » embêté
À l’issue de la rencontre, M. Charest a senti le besoin de mettre un bémol à l’enthousiasme de ses troupes. Tout le rassemblement portait sur le thème des « Grands Bâtisseurs du Québec », et Jean Charest était présenté comme l’un d’eux, au même titre que les Godbout, Lesage et Bourassa.
En fin de congrès, une présentation vidéo a fait tambour battant l’éloge de M. Charest et de son Plan Nord à venir.
« Je n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa. Il a légué au Québec un héritage très important. Son retour en politique est phénoménal. Dans mon cas, je suis bien loin du jour où on fera le bilan. Qu’on puisse parler de l’héritage que je reçois, c’est dans cet esprit que je m’inscris dans la suite logique de mes prédécesseurs », a nuancé Jean Charest en conférence de presse.
« Je vais rester. Je suis très heureux, j’ai le meilleur emploi au monde et j’ai le goût de continuer encore très longtemps », a-til répliqué aux reporters qui lui ont rappelé que ce genre d’hommage était réservé aux politiciens qui quittent la vie publique.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a soutenu que, comme pour Robert Bourassa, la contribution de Jean Charest ne serait appréciée qu’après son départ. Le chef libéral semblait déjà mal à l’aise devant ces supputations quand un reporter lui a demandé quel barrage il souhaitait voir nommer en sa mémoire. « Merci d’y avoir pensé », a-t-il répondu du tac au tac tandis que, prestement, son attaché de presse appelait la question suivante. Plus tard, son porte parole a eu un silence évocateur quand on lui a demandé si ce thème du « bâtisseur » serait le leitmotiv du gouvernement dans les mois à venir.
Exporter
Devant lesmilitants, M. Charest a dressé une liste exhaustive des décisions prises par son gouvernement depuis 2003 pour favoriser l’exploitation des énergies propres. Avec le Plan Nord, le gouvernement compte faire des régions nordiques « un laboratoire des énergies renouvelables ». Les délégués ont adopté une résolution exhortant le gouvernement à « faire du Québec la première puissance mondiale des énergies propres et renouvelables ».
« Nous mettons le cap vers l’exportation d’énergie propre », a soutenu M. Charest. Les exportations d’Hydro en 2008 ont fait entrer 1,9 milliard de dollars dans les coffres du gouvernement. Avec 8% de sa production vendue à l’extérieur, Hydro a réalisé 32% de ses profits.
Dans les prochaines semaines, a ajouté M. Charest, on mettra en service une nouvelle interconnexion, la première en 20 ans, vers l’Ontario. On vise ce marché, mais aussi celui du Mid-West américain. La semaine dernière, a rappelé M. Charest, la Federal Energy Regul a t o r y Commi s s ion a autorisé le financement d’une ligne d’interconnexion entre le Québec et la Nouvel leAngleterre pour remplacer les centrales au gaz par « de l’énergie propre à bas prix », a soutenu le président de l’organisme. On construit sans avoir l’assurance que les ventes vont suivre, mais il faut être optimiste: « On voit les besoins du côté américain et la vision du gouvernement Obama. Aux États-Unis, on ne parle pas seulement d’énergie propre, mais d’économie verte », relève-t-il.
En plus de l’hydro-électricité, Québec compte implanter les premières éoliennes en milieu nordique et expérimenter les « hydroliennes », qui permettront de returbiner l’eau au pied des barrages – une technologie à peaufiner, en test l’an prochain. L’économie d’énergie ne sera pas oubliée: on compte réduire la consommation de 11 térawattheures entre 2007 et 2015, l’équivalent de la production de Manic 5. En 2012, le Québec sera l’un des seuls États en Amérique du Nord à atteindre la cible du protocole de Kyoto. On aura alors réduit de 6% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, a soutenu M. Charest.



HYDRO-QUÉBEC REDÉMARRE LA MACHINE
Où serez-vous et que ferez-vous par un beau jour de juin en 2021? Personne ne peut évidement répondre à cette question, à l’exception peut-être d’HydroQuébec, qui sait déjà qu’elle sera un important exportateur d’électricité et qu’elle encaissera cette année-là des revenus de 872 millions de ses quatre centrales de la Romaine, sur la Côte-Nord, dont la construction ne sera terminée qu’en 2014.
C’est ce que la société d’État a expliqué au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour justifier la construction de la Romaine, un mégaprojet de 6,5 milliards de dollars.
Pour un pari, c’en est tout un. Dans le secteur de l’énergie, les prévisions à long terme sont toujours un exercice de haute voltige.
Il y a moins d’un an, le baril de pétrole atteignait un prix record de 147$ US et personne n’aurait pu prédire qu’il dégringolerait à 32$ US six mois plus tard. Le revirement a été si radical que plutôt que d’évoquer la fin du pétrole, certains analystes commencent à prédire la fin de la demande pour le pétrole.
C’est dans ce contexte extrêmement volatil qu’Hydro-Québec vient de remettre en marche la roue de ses investissements.
Après 10 ans de pause, la société d’État a lancé coup sur coup deux mégaprojets d’expansion, Eastmain-1-A-SarcelleRupert ( 893 mégawatts) et la Romaine (1500 mégawatts).
En outre, le premier ministre Jean Charest vient d’annoncer qu’un autre projet de développement hydroélectrique, celui de la rivière Petit-Mécatina (1200 mégawatts), sera entrepris avant même la fin du chantier de la Romaine. D’autres projets sont à venir, a-t-il dit.
Au total jusqu’à maintenant, plus de 16 milliards seront investis pour augmenter la production d’électricité du Québec.
Des milliards de kilowattheures
Hydro prévoit que les surplus disponibles pour être vendus à l’extérieur du Québec seront de 6,6 térawattheures (ou milliards de kilowattheures) en 2012 et qu’ils augmenteront graduellement pour atteindre 15térawattheures en 2021.
C’est beaucoup d’énergie. Hydro prévoit vendre ces 15 milliards de kilowattheures en Ontario, grâce à une nouvelle interconnexion en construction, et en NouvelleAngleterre, où une nouvelle ligne de transport d’électricité pourrait être construite.
Risqué? Pas tant que ça, estime Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et spécialiste en énergie. « En Ontario et dans le nord-est des États-Unis, on manque d’énergie. C’est de l’énergie propre. Il y aura des acheteurs », assure-t-il.
Il y aura des acheteurs, mais à quel prix? Chaque nouveau kilowattheure coûte environ 10 cents à Hydro, qui doit trouver des acheteurs prêts à payer ce prix.
Actuellement, cen’estpas du tout évident. À cause de la récession qui frappe fort aux États-Unis, les prix de l’énergie sont déprimés.
Sur le marché américain, la valeur de l’électricité du Québec est liée à celles des autres formes d’énergie utilisées pour la production d’électricité, notamment le gaz naturel. Comme le pétrole, le prix du gaz naturel est tombé d’un sommet de 13$ US par BTU à environ 4$ aujourd’hui.
Il est possible de trouver des analystes qui prévoient que les prix vont remonter vers de nouveaux sommets et d’autres qui croient qu’ils s’enfonceront encore.
Contrats d’exportation
Dans ce contexte de montagnes russes, Hydro-Québec pourra-telle signer des contrats d’exportation à long terme rentables?
Pierre-Olivier Pineau n’est pas inquiet. « À court terme, ce n’est pas évident, mais dans une optique de long terme, c’est tout à fait possible. »
L’Ontario veut désespérément de l’énergie et les États de la Nouvelle-Angleterre sont à la recherche d’énergie propre, explique-t-il. Avec les contraintes qui seront imposées tôt ou tard par les gouvernements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’énergie duQuébec prendra encore de la valeur, prévoit-il.
Les planètes semblent donc bien al ignées pour HydroQuébec. Mais c’était la même chose lors de la construction des centrales de la Baie James, qui ont quand même généré des surplus colossaux qu’il a fallu vendre à vil prix. Est-ce que la même chose pourrait se produire?
« Tout est possible », reconnaît le professeur. Mais pour que l’hydroélectricité du Québec ne soit plus intéressante sur les marchés, il faudrait une conjonction d’événements assez improbable.
Il faudrait selon lui que la demande en énergie baisse, que les émissions de gaz à effet de serre ne soient plus préoccupantes et que le prix du gaz naturel ne remonte pas. Hydro a toutes les chances de rapporter son pari. Mais ça coûtera cher, souligne Pierre-Olivier Pineau. « On aurait pu arriver au même résultat en économisant ces 10 à 15 térawattheures », estime-t-il.
Le plus grand risque que prend Hydro-Québec est celui du transport de cette énergie vers les marchés, souligne un ancien haut dirigeant d’Hydro-Québec.
« Construire une ligne aux ÉtatsUnis, c’est extrêmement pénible », dit-il en connaissance de cause.
Hydro vient de faire approuver par les autorités américaines le principe d’un nouveau lien entre le Québec et New Hampshire.
C’est une première étape, mais le plus difficile reste à venir.


Propre et renouvelable
Grâce à l’hydroélectricité, le Québec a le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre par individu au Canada
Pour chaque projet, Hydro-Québec met tout en oeuvre pour atténuer les effets sur la flore et la faune.
Les auteurs sont respectivement chef de l’expertise en environnement et chargé du programme de programme de recherche sur les GES chez Hydro-Québec.
PHOTO ARCHIVES LA PRESSE
En matière d’émissions de GES par kilowattheure produit, l’hydroélectricité (ici, le barrage de Manic 5) est l’une des meilleures filières de production d’électricité.
C’est avec scepticisme que nous avons pr is connaissance de récents propos mis de l’avant dans l’article « Énergie verte ou pas ? Les subventions au coeur du débat » ( La Presse, 4 juin), qui laissent planer un doute sur le caractère propre et renouvelable de l’hydroélectricité du Québec et son bilan en matière de gaz à effet de serre.
Le développement hydroélectrique, sous tous ses aspects, est bien maîtrisé au Québec. Pour chaque projet, l’entreprise met tout en oeuvre pour atténuer les effets sur la flore et la faune. De plus, elle tient compte des préoccupations des communautés concernées en les impliquant dans la mise en place de diverses mesures environnementales, sociales et économiques. Le suivi environnemental, comme celui qui est en cours depuis 40 ans au complexe hydroélectrique La Grande, permet de vérifier l’efficacité de nos mesures d’atténuation et d’améliorer nos pratiques lors de projets subséquents.
Grâce à l’hydroélectricité, le Québec inscrit le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre ( GES) par individu au Canada. C’est un bilan dont nous pouvons tous être fiers. D’ailleurs, en matière d’émissions de GES par kilowattheure produit, l’hydroélectricité est l’une des meilleures filières de production d’électricité.
Hydro-Québec étudie depuis 1993, en partenariat avec de nombreuses universités , le phénomène des émissions de GES de ses réservoirs. En 2005, Hydro-Québec et ses partenaires ont publié une synthèse de l ’état des connaissances sur l’émission des GES des réservoirs. Une synthèse qui a regroupé 63 chercheurs provenant de 13 universités, 6 centres de recherche et 6 entreprises.
Par ailleurs, depuis 2005, le projet des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) au réservoir d’Eastmain-1 constitue une première mondiale ! En effet, c’est la première fois que l’on mesure les émissions de GES avant et après la mise en eau d’un réservoir.
Les résultats finaux seront connus à l’horizon 2010-2011. On sait toutefois qu’en 2008, les émissions brutes des réservoi rs ont ba i ssé pour une deuxième année consécutive, soit une baisse de 44% par rapport à 2007, et de 76% par rapport à 2006. Trois ans après la mise en eau, les émissions brutes de CO sont comparables à celles des milieux aquatiques naturels, ce qui indique que « l’effet réservoir » dure moins de 10 ans.
Ce t t e é t ude de g r a nde envergur e , cof i na ncée pa r Hydro-Québec et la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère ( FCSCA), regroupe des experts de diverses disciplines, d’entreprises privées, d’agence gouvernementale et d’universités.
La solution au réchauffement cl imatique n’est pas simple. El le nécessite à la fois des changements de comportements, dava ntage d’ef f i c a c i t é énergétique, de l’innovation technologique et le développement de mult iples sources d’énergie renouvelable – comme l’hydroélectricité et l’éolien – pour déplacer les énergies fossi les, comme le charbon et le pétrole. HydroQuébec continuera avec fierté d’oeuvrer en ce sens.

Voyage de Jean Charest en France Le projet de la Romaine attaqué dans les pages du Monde

PARIS— Jean Charest a dû défendre hier à Paris le mégaprojet hydroélectrique de la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, qualifié de « monstrueux » dans l’influent quotidien Le Monde.
L’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, a qualifié hier de « monstrueux » le projet de centrale hydroélectrique sur la rivière Romaine, sur la Côte-Nord.
Dans une lettre publiée dans le numéro d’hier du journal avec mention à la une, l’écrivain JeanMarie Gustave Le Clézio soutient que les quatre barrages projetés « anéantiront la plus grande partie de la rivière » en plus de priver de son milieu de vie « la tribu indienne » innue.
Prix Nobel de littérature en 2008, l’écrivain n’est pas tendre à l’endroit d’Hydro-Québec, « une multinationale caractéristique du grand capitalisme » qui s’est assurée du concours « d’une partie de la tribu innue » en échange d’indemnités et « de promesses ».
Le « monstrueux projet d’HydroQuébec », écrit M. Le Clézio, produiradel’électricitéquisera « vendue directement aux États-Unis ».
Cettesortievirulentecontrel’aménagement de la rivière Romaine tombait bien mal pour le premier ministre du Québec qui achevait hier un séjour en Europe. Pendant une semaine, à Bruxelles, Munich et Paris, M. Charest n’a eu de cesse de présenter le Québec comme un modèle de vertu écologique.
La publication de la lettre était d’autant plus embarrassante pour le premier ministre qu’il venait de rencontrer, hier matin à Paris, le gourou du mouvement environnementaliste français, Yann Arthus-Bertrand, réalisateur du film-choc Home.
Au terme de son entretien avec M. Charest, le pamphlétaire a prétendu ne rien connaître du mégaprojet de la Romaine. Il a cependant estimé que les grands barrages « ne sont pas la solution ».
« Je connais très bien l’impact des barrages et aujourd’hui on sait que les grands barrages ne sont plus la bonne solution », a-t-il dit.
Plus tard, en point de presse, le premier ministre n’a pas cherché à nier les impacts environnementaux du projet de la Romaine.
« Une des réalités de la vie, c’est qu’il n’y a pas d’absolu dans le domaine de l’environnement. Il y a des impacts à tout ce que fait l’homme sur la terre. Il n’y a pas d’utopie. Et dans le cas de l’hydroélectricité, il y a des conséquences », a convenu M. Charest.
Mais ces conséquences sont moins nocives que le charbon, le pétrole et le gaz naturel, a-t-il dit. VOIR L’ÉDITORIAL DE MARIO ROY EN PAGE A15


Critique de Jean-Marie Le Clézio contre le projet de la Romaine Réactions divergentes chez les Innus

La sortie de l’auteur français JeanMarie Le Clézio contre le projet hydroélectrique de la Romaine reçoit des accueils contradictoires chez les Innus, ceux-là mêmes que le Prix Nobel de littérature souhaitait défendre en dénonçant le chantier de 6,5 milliards.
Jean-Marie Le Clézio, gagnant du prix Nobel de littérature en 1998, est l’auteur d’une lettre acerbe contre le projet de la rivière Romaine.
Le chef de la communauté de Nutashkuan, François Bellefleur, estime que l’auteur devrait faire plus de recherches avant de présenter la rivière Romaine comme « le domaine où nomadisent les Innus ». Ce partisan du mégaprojet d’Hydro-Québec estime que la réalité des autochtones n’a rien à voir avec celle que dépeint M. Le Clézio dans les pages du Monde.
Dans une lettre ouverte publiée par le prestigieux quotidien français, jeudi, M. Le Clézio dénonce le « monstrueux projet » d’HydroQuébec. Les barrages « anéantiront la plus grande partie de la rivière » et priveront de son milieu de vie la « tribu indienne » des Innus, écrit-il.
Mais, pour le chef Bellefleur, les problèmes sociaux sont rampants chez les Innus. Pour lui, la construction des barrages et le versement de redevances aux autochtones permettront aux siens de s’extraire de cette situation.
« On est dans un cercle vicieux où des gens sont aux prises avec des problèmes de drogue et d’alcool, a souligné M. Bellefleur. On a besoin de développer notre fierté, on a besoin d’être autonomes, et c’est ce qui nous est offert par le gouvernement. »
La communauté d’un millier d’habitants que dirige M. Bellefleur, située à 400 km à l’est de Sept-Îles, a voté par référendum en faveur de la construction de quatre barrages sur la rivière Romaine. En échange, HydroQuébec lui versera 43 millions d’ici 2070.
Cet argent permettra aux jeunes de Nutashkuan d’étudier à l’extérieur de la réserve, de décrocher de bons emplois, d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble de leurs concitoyens, a souligné François Bellefleur. Des habitants de la communauté pourront aussi travailler sur le vaste chantier.
Mais tous les Innus ne sont pas de cet avis. Le chef de la communauté Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Georges-Ernest Grégoire, est parfaitement d’accord avec Jean-Marie Le Clézio.
« La façon dont on vivait avant, elle a été détruite, a fait valoir M. Grégoire. Maintenant , il faut vivre comme tout le monde, comme des Québécois ou des Canadiens. Nous, on n’est pas habitués à cela. S’ils veulent qu’on s’y habitue, qu’ils nous donnent les munitions pour réussir comme tout le monde. »
Sa communauté s’est adressée aux tribunaux, début juin, pour tenter de freiner le projet de la Romaine. Ses dirigeants et Hydro-Québec ont été incapables de s’entendre sur une compensation pour la construction d’une ligne de transport électrique de 500 km sur leurs terres ancestrales. La société d’État offrait 4 millions, et les Innus réclamaient 300 millions.
Charest critiqué
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, estime que le texte de JeanMarie Le Clézio reflète l’histoire récente de la communauté innue, même s’il convient que certains passages peuvent « paraître un peu folkloriques ».
Mais M. Picard en a surtout contre la sortie de Jean Charest en réplique à l ’ auteur. En réponse aux inquiétudes soulevées au sujet des populations autochtones, le premier ministre a brandi une lettre de François Bellefleur, dont la communauté appuie le projet.
Or, dit M. Picard, le premier ministre a omis de mentionner que plusieurs autres communautés innues sont opposées à l’exploitation de la Romaine. « En réagissant comme il l’a fait, en accusant M. Le Clézio de paternalisme, je juge qu’il en fait autant, a-t-il dénoncé. Il essaie de dire que tous les membres de la nation innue se rallient au projet. »



La courtepointe de Le Clézio  -   Mario Roy
Est-il opportun de noter qu’Hydro-Québec n’est pas exactement une multinationale capitaliste, mais plutôt une société d’État?
Les dernières heures du séjour en Europe du premier ministre Jean Charest ont été aimablement saluées, hier, par une sortie de l’illustre écrivain Jean-Marie Le Clézio contre l’État québécois. Dans le quotidien le prolifique auteur crucifie le projet hydroélectrique de la Romaine qui, selon lui, est « monstrueux »
Le Monde, au point de vue environnemental et « condamne à mort » les autochtones de la région.
Le Prix Nobel de littérature (2008) estime qu’Hydro-Québec, une « multinationale caractéristique du grand capitalisme », déclenche un « désastre écologique ». Et ce, après avoir floué la « tribu innue » visiblement incapable de discerner son véritable intérêt, devenant ainsi victime de la « civilisation industrielle » et du « monde technocratique moderne »... Ouf. Disons-le: cette bulle tombant des plus hauts cénacles de la curie littéraire française est extraordinairement irritante.
Dépouillée de son lyrisme, elle apparaît en effet comme une courtepointe de folklore rural, de banalité pseudo-rebelle et de rousseauisme condescendant tricotée tellement serré qu’on ne trouve plus le fil sur lequel tirer.
Faut-il d’abord signaler que la nation – et non la « tribu » – innue n’a pas pour vocation première de fournir à l’homme blanc du pittoresque ( Ah! La « rivière sacrée » et son « gibier », ses « baies pour la collecte » et ses « plantes médicinales ». ..) ? Que cette nation, loin d’être impuissante, se débrouille fort bien dans la négociation et la relation publique, y compris aux États-Unis et en France? Qu’elle n’est pas, elle, repliée sur le folklore et ne rejette pas en bloc la modernité ? Qu’au Québec, d’autres nations autochtones ont, par le passé, su brillamment profiter des retombées de projets comparables à celui de la Romaine?
Est-il opportun de noter ensuite qu’Hydro-Québec n’est pas exactement une multinationale capitaliste, mais plutôt une société d’État, entière propriété de la population québécoise? De noter aussi que l’hydroélectricité demeure jusqu’à nouvel ordre la façon la plus verte de produire de l’énergie en grande quantité ? Et que, éventuellement vendue aux États-Unis ( pour la plus grande santé de notre trésor public), elle y offrira une solution alternative au charbon?
Enfin, est-il vraiment nécessaire d’expliquer que nos cabanes au Canada sont surtout chauffées à l’électricité, ce qui nous évite de geler comme des crottes lorsqu’il fait moins 30 dans nos grands espaces?


De Tchernobyl à Sept-Îles  -  Patrick Lagacé
Notre chroniqueur est allé où vont peu de Québécois : en Jamésie et sur la CôteNord. Il nous présente ici une autre de ses chroniques sur le Québec du bout du monde.
— C’est l’histoire d’une ville qui dit non, non et non.
ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF

Ça commence avec les écologistes, qui sonnent l’alarme devant un projet de développement. Premier non.
Par la suite, les médecins s’informent du projet. Et ils sont si outrés que 30 d’entre eux menacent de démissionner s’il se réalise. Deuxième non.
Puis, prenant acte de cela, le conseil municipal adopte une résolution demandant un moratoire sur ledit projet. Troisième non.
La ville en question, c’est Sept-Îles. Elle est au coeur de la résistance à un projet dont vous n’avez fort probablement jamais entendu parler, parce que c’est essentiellement une histoire de régions: l’exploitation de mines d’uranium au Québec.
Le Québec est un paradis minier, le gouvernement Charest s’en vante régulièrement. Les mines font travailler 50 000 personnes, de l’Abitibi à Natashquan.
Zinc, or, titane, argent, cuivre, fer : notre sous-sol est riche. On y trouve même de l’uranium, le métal radioactif qui sert à fabriquer des centrales nucléaires et des bombes atomiques. Le Bouclier canadien regorge d’uranium: le Canada est le plus grand producteur mondial d’uranium.
Il n’y a pas de mines d’uranium au Québec.
Mais ça pourrait changer.
Ça pourrait changer et ça enrage Bruno Imbeault, pneumologue et visage de la résistance des médecins de Sept-Îles aux mines d’uranium dans la région. Il a signé, avec une trentaine de collègues, une lettre réclamant un moratoire sur l’uranium.
Ce qui inquiète les médecins? L’impact de l’exploitation de l’uranium sur l’environnement immédiat et, par ricochet, sur la santé des gens.
« Une chose est claire : quand des études sur les mines d’uranium sont publiées par des gens qui font de la science fondamentale, leurs conclusions sont catastrophiques. Quand elles sont publiées par des gens qui ont des liens avec l’industrie minière, ces études constatent des effets... neutres ! »
L’uranium est unmétal difficile à aimer, disons. L’uranium, c’est le nucléaire. C’est Tchernobyl, c’est Hiroshima, c’est des bébés à deux têtes.
L’industrie minière est elle-même une industrie difficile à aimer. Une sorte de mal nécessaire, parce qu’elle fournit de bons emplois. Mais une mine, c’est de la pollution au cube.
Mariez l’uraniumet l’industrie minière et vous avez, un peu partout en Occident, une opposition farouche quand une compagnie souhaite extraire ce minerai. En Colombie-Britannique, depuis 1980, un moratoire frappe l’uranium.
Et c’est l’Association médicale de la Colombie-Britannique qui a porté le coup fatal à son exploitation, à l’époque, avec un rapport coup-de-poing sur l’impact des mines d’uranium sur la santé humaine.
Quand l’uranium dort incrusté dans le roc, il ne dérange personne. Pour l’extraire, il faut creuser et l’extirper de ce roc, à grands coups de jets d’eau. On entrepose les résidus dans des bassins. Des résidus qui ont été en contact avec l’uranium.
Mais qu’arrive-t-il si ces bassins fuient? S’ils contaminent la nappe phréatique, les cours d’eau?
L’industrie, évidemment, se fait rassurante. Vante ses méthodes sécuritaires.
Les opposants, eux, citent le cas des Indiens Navajos du Nouveau-Mexique, où des mines d’uranium ont contaminé l’environnement. Citent l’étude des médecins de la Colombie-Britannique.
« Quand on veut être responsable, dit le Dr Imbeault, on fait des études avant d’autoriser les mines d’uranium. »
La Colombie-Britannique, l’Irlande et certains États américains ont décrété des moratoires sur l’exploitation de l’uranium, rappelle le pneumologue.
« Pourquoi, au Québec, on dit oui? »
Autour du lac Kachiwiss, près de SeptÎles, Terra Ventures a percé 89 trous, pour un total de 30 000 m de forage, afin de déterminer si le roc contient suffisamment d’uranium pour y creuser une mine. La minière de Vancouver semble optimiste.
Le simple fait que Terra Ventures ait obtenu les permis pour mener des tests enrage les opposants, comme Marc Fafard, chef de la résistance citoyenne à l’uranium, à Sept-Îles.
Récemment, avec d’autres militants, Fafard a investi le site de Terra Ventures, qui était désert, pour y photographier ce que ces opposants considèrent comme des infractions aux règles environnementales.
« Tiens, regarde ces photos. Tu vois ces trous? Ça devrait être bouché avec du béton. Et regarde... »
Assis au restaurant Omer avec Marc et ses amis, je regarde la photo. Un simple chiffon bouche le trou.
Marc est outré. Ses amis aussi. Pour eux, c’est la preuve que Terra Ventures se fiche des normes environnementales. Je ne sais pas s’il a raison. Je ne sais pas si cette photo dit toute l’histoire. Je n’étais pas là quand elle a été prise.
Ce que je sais, par contre, c’est que, plus largement, l’encadrement de l’industrie minière au Québec est une blague lugubre.
Le vérificateur général du Québec a sonné l’alarme au printemps. Entre 2002 et 2008, 14 entreprises minières ont fait un chiffre d’affaires de 4,2 milliards au Québec. Les redevances qu’elles ont payées à l’État? Un maigre 1,5%!
L’État pourrait réclamer 12% des profits de ces minières. Mais d’allègements fiscaux en frais d’amortissement, l’industrie parvient à réduire au minimum les redevances qu’elle paie au fisc.
En plus de ces redevances « dignes d’une république de bananes », selon la formule du député solidaire AmirKhadir, les minières jouissent d’un autre bonbon sucré à souhait, gracieuseté de l’État québécois: elles n’ont pas à ramasser leur merde après avoir quitté une mine.
Vous ne rêvez pas. Une minière n’a pas à payer la décontamination d’un site qu’elle a exploité. Québec le fait à sa place. Et paie la facture. Coût : 264 millions de dollars en 10 ans pour nettoyer 345 sites contaminés. Il paraît que la nouvelle Stratégie minérale du Québec va mettre fin au régime des profits privés et du décrassage public.
C’est dans ce contexte que les opposants à l’uranium se battent. Dans un contexte où le sous-sol du Québec ressemble à un bar ouvert pour les minières. Dans un contexte où le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, parle de « compétitivité » quand on lui parle d’environnement.
Je ne sais pas si l’extraction de l’uranium est dangereuse pour la santé.
Ce que je sais, c’est qu’à Sept-Îles, on dit non, non et non. Malgré ce triple non de la population, des médecins et des élus, on cherche encore de l’uranium à Sept-Îles.
« S’il y avait de l’uranium dans la région de Montréal, dit le Dr Imbeault, pensez-vous qu’on l’exploiterait, avec une opposition équivalente? La centrale thermique du Suroît a été battue et c’est parce que c’était situé près de Montréal. L’isolement joue en faveur de l’exploitation. C’est clair. »




Un débat public sur la centrale Gentilly est réclamé -  FRANÇOIS CARDINAL
Endonnant le feu vert encatimini à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly, le gouvernement Charest a carrément nié les recommandations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), estime le Parti québécois.
Ce dernier déposera en ce sens, cet après-midi, une motion à l’Assemblée nationale, afin d’exiger la tenue d’une commission parlementaire sur la question, a appris La Presse.
En plein débat sur les déchets nucléaires, le porte-parole péquiste en matière d’énergie, Sylvain Gaudreault, demandera que toute la lumière soit faite sur la décision d’investir près de 2 milliards de dollars pour rénover l’unique centrale nucléaire du Québec.
« En prenant cette décision sans aucune transparence, le gouvernement va à l’encontre d’une recommandation qui lui a été faite par le BAPE en 2005, soit de faire connaître les critères menant à une décision, avant que celle-ci ne soit prise », explique-t-il.
I l demandera ainsi que la Commission de l’économie et du travail puisse entendre le gouvernement ainsi que le promoteur du projet, Hydro-Québec, afin que ceux-ci justifient leur décision. Notons que le PQ n’est pas défavorable à la rénovation de la centrale. Il souhaite seulement que le bienfondé de la décision soit expliqué.
Enfouissement des déchets
Cela survient en plein débat sur l’enfouissement des déchets nucléaires, un dossier épineux qui a rebondi à Québec, hier.
En réaction aux textes de La Presse et du Devoir, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a confirmé que les partis représentés à l’Assemblée nationale sont solidaires et qu’ils refusent que les déchets nucléaires produits à l’extérieur de la province soient un jour enfouis ici. « Cela a toujours été clair depuis Robert Bourassa: il n’est pas question de prendre au Québec les déchets nucléaires des autres provinces », a-t-il indiqué en entrevue.
Or la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui cherche un lieu où enfouir tous les déchets irradiés canadiens, a clairement indiqué qu’une municipalité qui se porte volontaire sans l’accord de sa province serait désavantagée.
La Société fédérale, dont fait partie Hydro-Québec, a pour mandat d’organiser le processus de sélection d’un lieu d’enfouissement pour les quelque 2 millions de grappes d’uranium radioactives qui ont alimenté les centrales nucléaires du pays depuis 40 ans. Le Québec est responsable de 3,8% de ces grappes.
Le Devoir révélait hier qu’un projet d’enfouissement de carburant irradié était à l’étude à BlancSablon, sur la Basse-Côte-Nord. Poussé par l’entreprise Securad, celui-ci a toutefois peu de chance de voir le jour vu l’opposition rencontrée à l’Assemblée nationale et la tiédeur de certains maires de la région.
« (L’entreprise) peut bien regarder différents scénarios, mais notre position est claire sur le sujet, a ajouté le ministre. Et cela n’est pas que la position d’un parti, c’est la position de tous les partis. »



Gentilly : visite au coeur de l’atome... -  FRANÇOIS CARDINAL

Demain s’amorce à Montréal la portion québécoise des consultations sur un sujet hautement controversé : l’enfouissement des déchets nucléaires dans le bouclier canadien. Notre journalisteFrançoisCardinal a étél’un des rares représentants des médias à visiter l’unique centrale nucléaire de la province ainsi que ses silos de déchets radioactifs. GENTILLY — On se croirait à la prison de Guantánamo. Il n’y a pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Des gardiens de sécurité arborant M-16 et équipements militaires patrouillent les lieux. Pas moins de six clôtures métalliques surmontées de barbelés nous séparent de la centrale nucléaire de Gentilly.
À l’intérieur du bâtiment d’accueil, l’enregistrement prend une quinzaine de minutes et comprend une lecture optique de la main, un détecteur d’explosifs, un détecteur de métal, un rayon X, des tourniquets géants...
« Les temps ont bien changé, confie le Dr Michel Plante, médecin à Hydro-Québec. Au début de l’exploitation de la centrale, on pouvait entrer ici avec la famille pour faire visiter les lieux... »
Une fois dans l’enceinte, deux réacteurs nucléaires nous font face. À gauche, Gentilly-1, une vieille relique abandonnée il y a 30 ans pour cause de défaillance... après seulement 183 jours d’utilisation. Puis à droite, Gentilly-2, unique centrale en exploitation, qui fournit au Québec 3% de son énergie.
À l’intérieur, cette dernière ressemble à n’importe quelle autre centrale thermique. Des couloirs sans fenêtres, des tuyaux surdimensionnés, des affiches donnant des consignes de sécurité, des employés qui se déplacent rapidement, un vrombissement constant.
La particularité des lieux se révèle toutefois au détour d’une porte, où on a la curieuse impression de se trouver dans un vaisseau de la Guerre des étoiles: il s’agit de l’immense sas qui donne accès au bâtiment du réacteur.
Les Simpsons
Plus loin sur la gauche se trouve le bassin qui accueille le combustible usé. C’est là qu’on immerge les grappes radioactives, ces caissons métalliques dans lesquels sont insérées plus d’un millier de pastilles d’uranium.
De la dimension d’une bûche, les grappes sont d’abord introduites mécaniquement dans le réacteur, depuis la salle de contrôle. Une salle qui nous rappelle étrangement le lieu de travail d’Homer Simpson. Mais ici, personne ne dort ou ne mange de beignes...
D’innombrables boutons et écrans permettent de voir le réacteur et de diriger les robots. On peut ainsi remplacer à distance les 4500 grappes qui alimentent le réacteur. Chaque jour, on échange une quinzaine de grappes usées, qu’on envoie ensuite dans le fameux bassin.
« L’eau est un excellent absorbeur de rayonnements ionisants et constitue ainsi un bon blindage naturel », précise le Dr Michel Plante, expert du sujet à Hydro-Québec.
Chaque année, environ 5000 grappes de combustible irradié sont ainsi plongées dans un bassin de la taille d’une piscine olympique, et ce, pour une durée d’au moins sept ans. Elles sont ensuite déplacées à l’extérieur du bâtiment.
En sortant de la centrale, on aperçoit justement sept immenses silos de béton alignés, dans lesquels dorment les grappes irradiées. La durée de vie de ces blocs d’une hauteur de plus de 7 mètres ne dépasse pas une centaine d’années, alors que le combustible, lui, peut conserver sa toxicité chimique pendant des centaines de milliers d’années.
D’où les consultations qui se tiendront à Montréal demain, afin que la population ait son mot à dire dans la gestion à long terme de ces déchets radioactifs dont on ne sait que faire...
Grappes toxiques
Bien de l’eau lourde a coulé depuis l’accident de Three Mile Island, en 1979, et la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. En pleine renaissance dans le monde, notamment au Canada, l’industrie nucléaire a jusqu’à maintenant réussi à convaincre une portion des élus et des citoyens que ses centrales n’ont rien d’alarmant, à tort ou à raison.
En témoignent les résultats mitigés, à ce jour, de la campagne Sortons le Québec du nucléaire. Certes, le mouvement a rallié de grands noms à sa cause, dont plusieurs médecins, mais il n’a pas encore réussi à créer une fronde d’envergure comme celles qui ont permis de bloquer avec succès les projets de centrale thermique du Suroît ou de privatisation du mont Orford.
Cela dit, les partisans du nucléaire connaissent bien les limites de leur propre discours: personne ne sait que faire des millions de grappes hautement toxiques qui s’accumulent chaque année dans des entrepôts temporaires, un sujet explosif que l’on tente de pelleter en avant en attendant une hypothétique solution permanente.
Au Canada seulement, on pourrait remplir six patinoires jusqu’à la bande avec les déchets produits à ce jour. On évalue le nombre de grappes en dormance à 2 millions, un chiffre appelé à quadrupler dans un avenir proche.
Dans le bassin et les sept silos de Gentilly, il y a ainsi plus de 100 000 grappes radioactives dont on ne sait toujours pas ce qu’il adviendra.
« Nous ne voulons certainement pas laisser en héritage aux générations futures le problème des déchets nucléaires. Le temps d’agir est venu », estime la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), un organisme constitué des producteurs nucléaires du Canada, dont Hydro-Québec.
L’objectif de la Société est de regrouper en un seul endroit tous les déchets nucléaires du pays, afin de les entreposer bien profondément dans le bouclier canadien, possiblement au Québec, le temps qu’il faudra pour trouver une véritable solution permanente. Un projet de plus de 20 milliards de dollars qui pourrait prendre plus d’une décennie à voir le jour.
Une fois enfouis, ces déchets toxiques attendront des percées scientifiques pour être possiblement éliminés ou mieux, recyclés. Bref, ils passeront d’un entrepôt temporaire à un autre.
Pendant ce temps, à Gentilly, on planifie la réfection de la centrale pour en poursuivre l’exploitation jusqu’en 2040, une facture de 1,9 milliard de dollars. On rénovera ainsi les installations, mais on construira aussi avec ces fonds une dizaine de nouveaux silos, afin de pouvoir tripler la quantité de déchets radioactifs qui s’y trouvent. En attendant...

 
ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS NUCLÉAIRES  Le Bloc et le PQ refusent que le Québec devienne la « poubelle » du Canada
Le processus de sélection d’un site où entreposer l’ensemble des déchets nucléaires du pays n’est pas commencé que, déjà, de nombreuses voix s’élèvent afin d’exiger l’exclusion du Québec des sites potentiels.
Alors que s’amorce cet aprèsmidi à Montréal la portion québécoise des consultations de la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), tant le Bloc que le Parti québécois s’opposent avec véhémence à l’enfouissement géologique de milliers de tonnes d’uranium usé en sol québécois, a appris La Presse.
Bernard Bigras, porte-parole du Bloc en matière d’environnement, présentera aujourd’hui un mémoire en ce sens devant la SGDN, tandis que le Parti québécois a fait parvenir une lettre à l’organisme.
La Société fédérale, qui inclut tous les producteurs nucléaires – dont Hydro-Québec –, souhaite enfouir profondément dans le Bouclier canadien les quelque 2 millions de grappes d’uranium usées qui ont alimenté au cours des dernières décennies les centrales nucléaires du pays. On pourrait le faire au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, où se concentrent les centrales nucléaires, ainsi qu’en Saskatchewan.
« Le Bloc québécois croit que la désignation d’une province comme potentiel hôte du dépôt géologique profond devrait tenir compte de la quantité de déchets produits sur son territoire », écrit M. Bigras dans son mémoire que La Presse a obtenu.
Or, le Québec n’a produit à ce jour que 3,87% de l’ensemble des déchets nucléaires canadiens, une proportion appelée à diminuer avec le temps. Alors que plusieurs projets nucléaires sont prévus dans le reste du Canada, il existe au Québec un moratoire sur la question depuis les années 70.
« Il nous semble profondément inéquitable que le Québec se retrouve sur la liste des endroits potentiels alors que la part relative de ses déchets ne peut que diminuer », note M. Bigras.
Même son de cloche de la part du Parti québécois dans sa lettre à la SGDN, que La Presse a également obtenue: « Nous nous inscrivons en faux contre votre démarche qui vise à inclure le Québec dans le processus de sélection d’un site pancanadien d’enfouissement de déchets nucléaires. »
Les sept députés signataires rappellent que l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’an dernier une motion contre l’enfouissement de déchets et de combustibles irradiés venant de l’extérieur du Québec.
Cela dit, tant le Bloc que le Parti québécois soulignent la possibilité que le Québec soit responsable des déchets liés à l’exploitation des centrales Gentilly-1 (fermée en 1979) et Gentilly-2, qui y sont actuellement entreposés.
« Le Québec peut s’engager à gérer ses déchets nucléaires de façon responsable, mais il doit demeurer le principal décideur et éviter de devenir la poubelle nucléaire du Canada, indiquent les députés péquistes. Il en va de notre souveraineté territoriale face à des décisions qui concernent une gestion s’étendant sur les prochains siècles et même des millénaires. »
Des villes intéressées
Ce débat survient alors que des villes canadiennes auraient déjà exprimé le souhait d’accueillir sur leur territoire ces déchets irradiés, ont confié certaines sources bien au fait du dossier.
Les autorités fédérales seraient en effet en possession d’une liste de municipalités intéressées, même s’il s’agit d’un projet à très long terme.
Bien que la SGDN ne soit pas en mesure d’accueillir officiellement les propositions, de nombreuses villes auraient déjà frappé à sa porte pour faire valoir leur candidature. Il a été impossible de savoir si des municipalités québécoises se sont manifestées.
« Il peut paraître curieux que des villes soient intéressées par l’enfouissement, sur leur territoire, de déchets radioactifs, a reconnu une source. Mais il faut savoir que cela créera beaucoup d’emplois et la ville choisie aura droit à certains dédommagements financiers. »
L’idée d’enfouir ce type de déchets est sur la table depuis 1978 au Canada. Estimé à quelque 20 milliards de dollars, le projet actuel est piloté par la SGDN, qui mène une consultation pancanadienne sur les critères qui mèneront au choix d’un processus, lequel mènera à la sélection d’un site.
Tout cela prendrabiendes années puisqu’on ne commencera pas à recevoir les candidatures avant 2012, après quoi de nombreuses années pourraient s’écouler avant qu’un choix officiel ne soit fait.
Notons que l’ensemble des documents de la SGDN n’existent qu’en version anglaise, ce que déplore le Bloc.


ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES Les provinces auront leur mot à dire

L’an dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion contre l’enfouissement de déchets et de combustibles irradiés venant de l’extérieur de la province.
Les provinces auront leur mot à dire dans le choix d’un lieu d’enfouissement des déchets nucléaires canadiens, ce qui diminue considérablement les chances que le site se retrouve au Québec.
La Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui a lancé hier la portion québécoise de ses consultations, a indiqué que les provinces ne seraient pas consultées comme telles, mais que leur refus d’appuyer la candidature d’une municipalité sera assurément pris en compte.
« Toute communauté qui se portera volontaire devra démontrer de façon convaincante son consentement, en plus de montrer qu’elle travaille avec toutes les personnes touchées par le projet, a indiqué Ben Belfadhel, de la SGDN. En ce sens, les provinces auront leur mot à dire. »
Bien que cela ne réduise pas à néant les chances qu’une municipalité québécoise soit choisie, cela les réduit de façon importante, car l’an dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion contre l’enfouissement de déchets et de combustibles irradiés venant de l’extérieur de la province.
La Presse révélait hier que le Bloc et le Parti québécois ont demandé à la SGDN de prendre en compte la portion de déchets produite dans une province dans le choix d’un site, ce qui exclurait d’emblée le Québec où n’ont été produites à ce jour que 3,87% de l’ensemble des grappes nucléaires canadiennes.
« Il n’existe pas un critère unique pour le choix du site », précise cependant Ben Belfadhel. Son organisme a en effet dressé une liste de conditions à remplir, comme celle de posséder sur son territoire un site apte à confiner et à isoler le combustible nucléaire irradié pour de très longues périodes de temps. Mais d’abord et avant tout, la ville doit être « informée et consentante ».
La Société fédérale, composée des trois producteurs nucléaires du pays – dont Hydro-Québec –, a pour mandat d’encadrer le choix d’un lieu où seront enfouies les quelque 2 millions de grappes d’uranium usées qui ont alimenté les centrales nucléaires du pays depuis 40 ans.
Évalué entre 16 et 24 milliards de dollars, ce projet vise à transporter les grappes radioactives, de la dimension d’une bûche, vers un site doté d’une formation géologique appropriée ( Bouclier canadien ou roches sédimentaires). Le combustible irradié serait ensuite acheminé mécaniquement vers un trou en profondeur, où il serait scellé pour une très longue période de temps.
« Lors des consultations précédentes, les gens nous ont dit être mal à l’aise avec l’idée d’enfouir tout ça et de l’oublier, a indiqué M. Belfadhel. Nous avons donc opté pour une méthode flexible qui nous permettrait à l’avenir d’aller rechercher le combustible si besoin est. »
Autrement dit, si la science réussit à mettre au point une technique de recyclage de l’uranium économiquement rentable, pa r exemple, les grappes pourraient être récupérées à cette fin. Notons que les pays qui utilisent de l’uranium enrichi, comme la France par exemple, réutilisent une portion de leur carburant, ce qui n’est pas le cas du Canada, qui utilise de l’uranium naturel. Personne ne sait au juste quand, précisément, ce projet verra le jour. Mais si tout va bien, a indiqué Ben Belfadhel, cela pourrait se faire après 2035.
Plusieurs autres pays sont également dans la course pour enfouir leur combustible irradié, comme le Chine, la Suisse, le Japon et l’Allemagne. La Finlande et la Suède sont certainement les plus avancées, avec des mises en exploitation prévues pour 2020.
Aux États-Unis, un projet similaire est en cours à Yucca Mountain, au Nevada. Alors qu’on prévoyait que le tout serait prêt en 2017, l’entrée en exploitation se fera probablement bien après 2020 en raison d’oppositions locales. Voyez comment fonctionne l’enfouissement des déchets nucléaires sur cyberpresse : cyberpresse.ca/nucléaire




Bhopal 
BILAN INCERTAIN
Le gaz toxique qui s’est échappé de l’usine de Bhopal le 3 décembre 1984 a fait durant les trois premiers jours de 8000 à 10 000 morts parmi la population de cette ville du centre de l’Inde, selon le Centre public de recherche médicale (ICMR). Les chiffres officiels évoquent 3500 morts. Selon Amnistie internationale, de 22 000 à 25 000 personnes auraient succombé après des années d’exposition aux déchets toxiques laissés aux abords de l’usine d’Union Carbide.
Il y aurait en outre quelque 100 000 personnes atteintes de maladies chroniques dues à la contamination des nappes phréatiques. – AFP



Les enfants infirmes de Corby - Mali Ilse Paquin
GRANDE-BRETAGNE Quelque chose ne tourne pas rond à Corby, ancienne ville industrielle britannique. Entre 1985 et 1999, des dizaines d’enfants sont nés avec des mains et des pieds difformes. Hasard? Ou conséquence de la poussière toxique qu’a respirée leur
— Connor McIntyre, 12 ans, trop fier pour essuyer les railleries sans broncher, passe son temps à se battre dans les cours d’école.
À l’origine de son orgueil meurtri, son bras gauche, interrompu par deux petites protubérances : deux orteils qu’on a tenté en vain de lui greffer. Sa petite pince reste inanimée.
Sa mère, Susan McIntyre, est convaincue que la municipalité est responsable du handicap de Connor, né sans main gauche. Comme beaucoup d’autres parents d’enfants infirmes dans la région.
Dix-huit familles poursuivent la Ville de Corby, située à 100 km au nord de Londres. Les parents l’accusent d’avoir bâclé le réaménagement d’un ancien site de sidérurgie entre 1984 et 1997. En clair, ils la soupçonnent de ne pas avoir respecté les règles de sécurité dans le transport des matières toxiques, ce qui aurait causé les malformations de leurs enfants.
Les jeunes en question, âgés entre 9 et 22 ans, ont tous des difformités aux mains et aux pieds. Ils sont nés pendant les travaux de nettoyage du chantier, au cours desquels des camions transportaient à découvert dans les rues de Corby les déchets de métaux lourds.
Susan McIntyre grimace en décrivant la poussière nauséabonde qui se déposait chaque jour sur ses meubles. « Ces particules s’infiltraient partout. À l’extérieur, elles collaient aux roues du landau de mon fils aîné. Je devais les nettoyer chaque soir à l’eau de Javel. »
Ce cocktail toxique comprenait du zinc, du cadmium, du chrome et des dioxines, de l’aveu même de la municipalité de Corby.
Le directeur général de la mairie nie que les opérations de décontamination aient causé les malformations des plaignants. « Depuis cinq ans, nous avons soigneusement enquêté sur les cas de ces jeunes. Nous savons qu’il n’y a aucun lien entre les travaux de réaménagement et leur état de santé », a affirmé Chris Mallender au début du procès, qui s’est terminé le 7 mai à la Haute Cour de Londres au bout de 13 semaines.
De son côté, l’avocat des familles, Des Collins, a bon espoir de remporter le premier procès du genre en GrandeBretagne. Un ancien ingénieur municipal , Mark Bosence, a confirmé en cour qu’on ne nettoyait pas les roues des camions avant qu’ils quittent le chantier. Et une experte, Louise Parker, a révélé que le taux de malformation chez les bébés de Corby était à l’époque trois fois supérieur à la moyenne de la région.
Si le jugement, attendu la semaine prochaine, leur est favorable, les familles pourront poursuivre individuellement la Ville de Corby. Des Collins espère une entente à l’amiable. « Les enfants sont fatigués de se battre. Ils veulent être entendus par la municipalité », dit l’avocat à La Presse.
SusanMcIntyre veut des réponses. « Moi qui n’ai même pas pris une aspirine pendant ma grossesse, je me suis sentie coupable. On nous doit des explications. »


 
Station de pompage de pétrole bitumineux à Dunham Les écologistes récusent la recommandation de la CPTAQ
Une récente décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), qui recommande la construction d’une station de pompage à Dunham pour permettre le transport de pétrole bitumineux de l’Alberta jusqu’à Montréal, a suscité une levée de boucliers chez des groupes écologistes.
Ils soutiennent que la décision rendue mardi n’a pas pris en compte les risques de déversement dans la nature, ni les impacts environnementaux du produit pétrolier réputé pour son caractère polluant.
La construction d’une station de pompage à Dunhampermettrait à la compagnie PipeLines Montréal Ltée d’inverser le flot d’un pipeline reliant le Maine au Québec. Cette initiative est un rouage essentiel du projet controversé Trailbreaker, qui vise à acheminer du pétrole issu des sables bitumineux de l’Ouest canadien vers les États-Unis.
Si ce projet se réalise, près de 240 000 barils de pétrole pourraient être acheminés chaque jour vers les raffineries de l’est de Montréal. Le tiers serait consommé au Québec. Le reste serait ensuite acheminé vers les États-Unis.
« Dunham, c’est la route des vins, pas la route du pétrole », lance Hugo Séguin d’Equiterre. « On ne parle pas uniquement d’une station de pompage, mais d’un choix de société, poursuit-il. Le pétrole bitumineux produit trois fois plus de gaz à effet de serre que du pétrole dit plus propre. Si le gouvernement du Québec autorise la construction de la pompe, les efforts effectués par les Québécois pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre seront annulés. »
Plusieurs citoyens et agriculteurs de la ville de Dunham ont témoigné contre le projet lors des audiences publiques de la CPTAQ qui se sont tenues en janvier. À l’instar de plusieurs résidents, Guy Durand, du Comité environnemental de Dunham, est préoccupé de l’état du pipeline, construit au début des années 40.
« Ils veulent pomper le pétrole au-dessus des monts Sutton, explique-t-il. Pour le faire, ils vont devoir utiliser une pompe très forte qui risque de fragiliser l’ensemble du système. Qui va payer si un accident se produit? La compagnie n’a pas prévu un fonds de compensation pour indemniser la municipalité ou les citoyens en cas d’accident. »
La décision de la CPTAQ n’a pas force de loi. Ce sera au gouvernement du Québec de trancher sur la question. Malgré les demandes répétées de groupes de pression, Québec n’a toujours pas exprimé sa position dans le dossier.





Obama débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
WASHINGTON — Le président américain Barack Obama a annoncé hier le déblocage de 2,3 milliards de dollars pour des incitations fiscales destinées à stimuler la création d’emplois dans la production d’énergie « verte » aux États-Unis, alors que le chômage reste à un niveau très élevé.
Ces crédits, piochés dans le plan de relance massif de 787 mi l l i a r ds promulgué dès le début du mandat de M. Obama il y a près d’un an, visent via des crédits d’impôt, à créer « des dizaines de milliers d’emplois dans la fabrication de technologies propres », selon un communiqué de la Maison-Blanche.
Au total, 183 projets situés dans 43 des 50 États américains ont été sélectionnés, dans des secteurs comme la fabrication de panneaux solaires, d’éoliennes et de compteurs d’électricité « intelligents » pour optimiser le réseau électrique américain.
Ces crédits d’impôt, a souligné l’administration, « constituent une étape importante pour parvenir à l’objectif du président de doubler la quantité d’énergies renouvelables utilisées par le pays dans les trois prochaines années ».
« Élaborer un secteur robuste des énergies propres est la façon dont nous allons créer les emplois de l’avenir », a expliqué M. Obama, affirmant que les mesures annoncées hier « aideraient à combler le fossé énergétique qui s’est élargi entre les ÉtatsUnis et d’autres pays tout en créant de bons emplois, réduisant nos émissions de carbone et augmentant notre sécurité énergétique ».

Obama veut moderniser le réseau électrique américain
ARCADIA, Floride — Le président Barack Obama a annoncé hier la plus grande modernisation jamais entreprise du réseau électrique américain, un investissement de 3,4 milliards US qui vise à faire entrer les ÉtatsUnis de plain-pied dans les énergies renouvelables.
Le président a méricain a visité hier, à Arcadia, en Floride, le plus grand centre de production d’énergie solaire des États-Unis.
« Le moment est venu de const r uire une autoroute de l’électricité qui permette d’acheminer cette énergie aux Américains le plus efficacement possible, pour un coût abordable et sans détériorer l’environnement », a déclaré M. Obama devant un champ de panneaux solaires.
« C’est la raison pour laquelle je suis fier » d’annoncer « le plus grand i nvestissement jamais engagé dans un réseau électrique plus fiable et plus intelligent, pour un total de 3,4 milliards US », a-t-il poursuivi.
« Nous devons faire plus que d’ajouter des panneaux solaires au réseau électrique » actuel, at-il ajouté, en précisant que « ce réseau s’appuie sur une technologie centenaire ». Il l’a ainsi comparé au réseau de transport qu’on trouvait aux États-Unis dans les années 1920 et 1930.
« Ce réseau gaspille trop d’énergie, nous coûte trop cher et fait peser un risque trop i mportant d’arrêt momentané ou de panne générale », a-t-il dit.
Sa conseillère responsable de l’énergie et de la question du changement climatique, Carol Browner, avait auparavant indiqué que l’investissement annoncé allait « nous donner une sorte d’impulsion pour changer nos façons de produire, acheminer et consommer l’électricité ».
« Nous avons un système très vétuste dans ce pays. Nous avons besoin de le moderniser, ce qui engendrera d’énormes bénéfices pour les consommateurs et pour notre environnement », avait-elle ajouté.
Une centaine d’entreprises, usines, services publics et villes vont recevoir des subventions de 400 000$US à 200 millions US pour participer à la construction d’un « réseau énergétique intelligent », réduire les coûts et améliorer la fiabilité d’un système à bout de souffle.

Ça bouge (un peu) à Washington  -  RICHARD HÉTU
Tout compte fait, Barack Obama n’arrivera pas les mains vides au sommet de Copenhague sur le climat prévu en décembre. I l ne devrait cependant pas pouvoir ajouter à son bagage une loi du Congrès pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le président américain a démontré la semaine dernière sa détermination à agir sur le dossier climatique en autorisant l’Agence de protection de l’environnement (EPA) à user de ses nouveaux pouvoirs réglementaires pour limiter les émissions des plus importants pollueurs industriels – raffineries, centrales électriques au charbon et autres usines produisant au moins 25 000 tonnes de CO par an.
À défaut de modernisation, ces pollueurs, qui sont responsables de près de 70 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, seront mis à l’amende.
«Nous avons les moyens et la technologie pour aller de l’avant et nous allons les utiliser », a déclaré la directrice de l’EPA, Lisa Jackson, mercredi dernier.
L’annonce de l’EPA, qualifiée de «changement sismique» par l’Environmental Defense Fund, a coïncidé avec la présentation au Sénat d’un projet de loi destiné à instaurer un marché du carbone aux États-Unis, avec l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
Il y a plus de trois mois, la Chambre des représentants avait adopté une première version un peu moins ambitieuse de ce texte de loi, ayant fixé un objectif de réduction des émissions de 17% d’ici à 2020.
Scénario improbable
Le président Obama aimerait bien pouvoir se présenter à Copenhague après un vote du Sénat approuvant le projet de loi parrainé par les sénateurs démocrates John Kerry et Barbara Boxer, mais un tel scénario semble improbable. Le Sénat peine déjà à s’entendre sur la réforme du système de santé américain, le plus grand des chantiers de l’administration démocrate. Et le texte de loi sur le climat compte plusieurs opposants, dont certains sénateurs démocrates.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ex pression « cha ngement climatique » n’apparaît pas dans le projet de loi Kerry-Boxer. Le texte se contente de préciser que l’énergie propre est « la condition d’une croissance économique forte et durable et une question de sécurité nationale ».
Barack Obama a lui aussi évité de parler d’environnement en saluant le projet de loi du Sénat. « Mon administration soutient ardemment l’élaboration d’une loi qui crée de nouveaux emplois et encourage l’innovation en matière d’énergie propre », a déclaré le président dans un communiqué.
Le sénateur républicain John McCain, un des plus progressistes de son parti sur la question du changement climatique, a donné une idée des difficultés auxquelles le président et ses alliés du Congrès feront face. « Bien sûr que non », a-t-il répondu aux journalistes qui lui demandaient s’il avait l’intention d’appuyer le projet de loi présenté par les démocrates.
Et le sénateur de l’Arizona d’ajouter, au cas où sa déclaration n’aurait pas été assez claire: «Jamais, jamais, jamais.»
L’idée d’instaurer un marché du carbone est celle qui suscite la plus grande controverse, non seulement chez les républicains et les industriels, mais également chez certains démocrates. Les opposants font notamment valoir qu’un tel système ferait peser sur l’industrie des contraintes qui provoqueraient une flambée des prix de l’énergie.
Objectifs modestes
La vigueur de l’opposition au projet de loi sur le climat tend à faire oublier que ses objectifs sont relativement modestes. Le Japon, par exemple, a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Or, l’objectif du Sénat de réduire les émissions des États-Unis de 20% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005 signifie en réalité une réduction de 4% par rapport aux niveaux de 1990, la référence utilisée non seulement par le Japon, mais également par l’ONU et l’Union européenne.
« Le projet de loi KerryBoxer est un pas de bébé dans la lutte contre une catastrophe climatique », a déclaré Kieran Suckling, directeur du groupe Center for Biological Diversity.
Il s’agit pourtant d’un pas dont Barack Obama aimerait bien pouvoir se vanter à Copenhague.

Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C  -  Marc Thibodeau
Loin du faste qui accompagne traditionnellement les sommets du G8, les discussions sur le climat, la relance économique et l’Iran ont pour décor les ruines de la ville de L’Aquila, ravagée par un tremblement de terre en avril. À l’image des victimes du sé
« Nous n’allons pas sacrifier la croissance économique à la seule fin de réduire les émissions » polluantes, a dit le président russe.
— Les ONG environnementales espèrent que le sommet du G8 de L’Aquila ouvrira la voie à la conclusion d’un accord mondial ambitieuxsur la réductiondesgazà effetdeserreavant la findel’année. Mais l’exercice s’annonce difficile.
L’hôte du sommet , Si lvio Berlusconi, a indiqué hier que les membres de l’organisation des pays industrialisés étaient d’accord sur la nécessité d’engagements substantiels mais qu’ils se butaient à la « résistance » de pays émergents comme la Chine et l’Inde, réticents à accepter des cibles susceptibles de freiner leur croissance.
Dans une déclaration émise en soirée, les membres du G8 soulignent qu’ils souhaitent « partager avec les autres pays » du monde l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% pour 2050.
Ils disent vouloir réduire leurs propres émissions de 80% mais ne précisent pas à partir de quelle année de référence le pourcentage doit être calculé, ce qui limite la portée de l’engagement.
Seuil critique
Les membres du G8 disent par ailleurs pour la première fois à l’unisson qu’il faut plafonner le réchauffement à 2 ºC, seuil critique qu’ont déterminé les chercheurs.
Le premier ministre canadien Stephen Harper s’est félicité en soirée que la déclaration soit plus « musclée » que par le passé. Une évolution qu’il a attribuée à la nouvelle orientation de l’administration américaine.
Le sujet du réchauffement climatique doit être discuté aujourd’hui au sein d’un forum élargi de 17 pays qui regroupe les États responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
Il a été mis en place à l’initiative du président américain Barack Obama, qui souhaite une entente ambitieuse avant la rencontre prévue à Copenhague en décembre pour rédiger un nouveau protocole de réduction devant succéder à celui de Kyoto.
M. Harper a dit qu’il serait difficile de trouver un consensus avec les pays émergents mais qu’il était dans leur intérêt d’y parvenir puisqu’ils risquent d’être plus touchés par le réchauffement climatique.
Le gouvernement canadien, qui ne montrait guère d’enthousiasme à discuter des questions environnementales à l’approche du sommet du G8, a souligné lundi soir, à la veille de la rencontre, qu’il était d’accord pour tenter de limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 ºC d’ici 2050.
Ottawa cède à la pression
« Le Canada reconnaît le consensus scientifique existant voulant que l’accroissement de la température par rapport au niveau enregistré à l’époque pré-industrielle ne devrait pas excéder 2 ºC », a souligné dans un courriel le porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas, reprenant sans l’évoquer la formulation de la déclaration à venir du G8.
Lors d’un point de presse, hier, M. Soudas a assuré que le pays avait adopté cet objectif « depuis longtemps » . Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, avait abordé la question en mars sans formuler d’engagement précis.
Clare Demerse, porte-parole de l’ Institut Pembina, ONG environnementale, affirme que le Canada n’avait jamais publiquement souscrit à cet objectif de température et qu’il a finalement cédé à la « pression internationale ».
L’adoption du seuil de 2 ºC doit amener le pays à revoir substantiellement à la hausse ses objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre, à moyen et à long terme, souligne-t-elle.
« Il y a une grande différence entre dire que l’on adhère au consensus scientifique sur les effets néfastes de l’obésité et dire que l’on va entreprendre un régime », indique Mme Demerse, qui parle d’un effort « mitigé » de la part des pays du G8.
Le plan canadien prévoit réduire les émissions du pays de 20% en 2020 par rapport au niveau de 2006 et de 60 à 70% par rapport à celui de 1990.
« Surprise » russe
À peine annoncé, l’objectif de réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre a été dénoncé à la surprise générale par la Russie qui l’a jugé « inacceptable ».
« Pour nous, le chiffre de 80% est inacceptable et probablement hors d’atteinte », a estimé devant la presse russe le principal conseiller économique du président Dmitri Medvedev, Arkady Dvorkovitch.
« Nous n’allons pas sacrifier la croissance économique à la seule fin de réduire les émissions » polluantes, a-t-il ajouté. Il a toutefois refusé de préciser quel objectif lui paraîtrait acceptable, jugeant la question prématurée.

« Les calculs sont en cours. Différents scénarios sont possibles », a-t-il dit en évoquant une échelle de 20 à 60% de réduction d’ici 2050.

PHOTO SAUL LOEB, AGENCE FRANCE-PRESSE
Le sujet du réchauffement climatique doit être discuté aujourd’hui au sein d’un forum élargi de 17 pays qui regroupe les États responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Il a été mis en place à l’initiative du président américain Barack Obama, que l’on voit ici en compagnie de ses homologues français et allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.





ÉTATS-UNIS  Vote historique du Congrès sur le climat - RICHARD HÉTU

— Ce n’est qu’un premier pas, mais il est historique : par 219 voix contre 212 (soit une seule voix de plus que les 218 nécessaires à son adoption), la Chambre des représentants a accordé une victoire courte mais importante à Barack Obama en adoptant un vaste projet de loi qui prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place d’un marché du carbone.
PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP
Le 25 juin, des militants du groupe environnemental Avaaz se sont déguisés en Wonder Merkel et Super Obama afin de presser la chancelière allemande Angela Merkel le président américain Barack Obama d’intensifier leurs efforts pour combattre le réchauffement climatique.
L’impact de ce vote ne se fera pas seulement sentir aux ÉtatsUnis, où le Sénat doit procéder à l’examen d’un texte de loi semblable cet automne. La législation américaine est également perçue comme un préalable essentiel au succès du sommet de Copenhague sur le climat prévu en décembre prochain. Elle aura également un impact certain sur les politiques canadiennes.
« Le Canada suit de très près ce qui se passe au Congrès », a déclaré à La Presse Dave Biette, directeur de l’Institut canadien du centre Woodrow Wilson à Washington. « Dans le dossier du climat, le Canada ne formule pas les politiques, il les emprunte aux États-Unis. »
Le projet de loi de la Chambre des représentants constitue une première étape vers la réalisation d’une des promesses électorales les plus importantes de Barack Obama. Le texte Waxman-Markey (du nom de ses auteurs) a notamment pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement du climat de 17% en 2020 par rapport au niveau de 2005, et de 83% de ce niveau en 2050.
Un texte de loi de 1200pages
Pour y parvenir, un marché de droits d’émissions dit cap and trade sera notamment instauré. Dans le cadre de ce système, ces droits seront soit vendus, soit accordés gratuitement aux industries les plus vulnérables. Une partie importante du produit de la vente de ces « permis de polluer » servira à protéger les consommateurs contre la hausse attendue des prix de l’énergie.
Le texte de loi de 1200 pages encourage également la mise en valeur d’énergies propres. Les fournisseurs d’électricité devront ainsi obtenir 15% de leur production en énergie renouvelable (éolienne, biomasse, solaire, géothermique) d’ici 2020.
Le vote de la Chambre des représentants intervient après plusieurs jours de pressions intenses exercées par Barack Obama sur les élus récalcitrants de son parti, dont plusieurs venaient d’États agricoles. Selon le président des États-Unis, la nouvelle législation « déclenchera la mise en valeur des énergies propres, réduira notre dépendance pétrolière et la pollution au carbone qui menace notre planète ».
Le chef de la Maison-Blanche a également fait valoir que le projet de loi créera des millions de nouveaux emplois « qui ne peuvent être exportés » à l’étranger.
La grande majorité des républicains s’est opposée au texte Waxman-Markey, cr it iquant notamment la mise en place d’un marché du carbone. Elle voit dans le système de cap and trade une taxe indirecte qui augmentera le coût de l’énergie et forcera des entreprises à quitter les États-Unis.
Les partisans du projet de loi n’en sont pas tous satisfaits. Certains d’entre eux trouvent qu’il ne va pas assez loin. Ils ne le considèrent pas moins essentiel.
« Nousn’avonspas le luxed’attendre l’élaboration du texte parfait », a déclaré Larry Schweiger, président de la Wildlife National Federation. « Il est absolument essentiel de mettre la machine en route. Car sans loi sur le climat, les États-Unis ne seront pas en mesure de jouer leur rôle de leader à Copenhague et nous n’aurons pas d’accord international sur le climat. »


Obama veut prolonger la prime à la casse  -  Laurent Lozano
— Le gouvernement américain travaillait hier avec le Congrèspourétendrelaprimeà la casse versée aux automobilistes qui achètent une voiture neuve, après que le milliard de dollars alloué au programme eut été épuisé bien plus vite que prévu.
Le concessionnaire Capitol City Buick Pontiac GMC de Berlin, au Vermont, a trouvé une manière audacieuse de faire la promotion du programme de prime à la casse du gouvernement américain, le Car Allowance Rebate System (CARS), aussi surnommé « Cash for Clunkers ».
Le programme, approuvé en juin pour aider une industrie en déconfiture, offre jusqu’à 4500 $ aux automobilistes qui mettnte au rancart leur ancienne voiture pour en acheter une neuve qui consommera moins d’essence.
La Chambre des représentants a approuvé hier en mi-journée, par 316 voix contre 109, une allocation de deux milliards de dollars supplémentaires au programme. La mesure doit maintenant être examinée par le Sénat, où son devenir est plus incertain.
Mis en oeuvre par le gouvernement lundi, le programme était censé durer jusqu’au 1er novembre ou jusqu’à épuisement des fonds. L’argent a été épuisé en moins d’une semaine.
L e pr o g r a mme a é t é u n « immense succès » pour tout le monde : les automobilistes, les concessionnaires et les constructeurs d’automobiles, a dit le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs.
« C’est quelque chose qui peut, qui doit être, et qui sera étendu », a-t-il dit.
Des r e s p o n s a bl e s d e la Maison-Blanche, du ministère des Transports et des parlementai r e s des deux c a mps travaillaient hier pour trouver l’argent, a-t-il dit.
L’administration et le Congrès devaient s ’entendre sur l es modalités d’une prolongation, comme la somme qui y serait attribuée ou la durée.
Le porte-parole de M. Obama a rejeté par avance les éventuelles critiques contre de nouvelles dépenses publiques à un moment où l’augmentation record du déficit fournit à l’opposition républicaine l’un de ses principaux arguments contre la majorité démocrate.
La prise de conscience du fait que le milliard de dollars initial avait été consommé a déjà donné lieu à un accès de confusion jeudi.
L’administration devait veiller à ce que des automobilistes n’achètent pas de véhicule en pensant que la prime s’appliquerait toujours alors que les fonds gouvernementaux seraient épuisés.
Le porte-parole de M. Obama a assuré que les automobilistes pouvaient se rendre aujourd’hui et demain chez les concessionnaires et que les engagements pris seraient honorés.
Il a nié que les critères aient été trop peu rigoureux, ce qui aurait favorisé un afflux de demandes. Il a fait valoir que les concessionnaires avaient fait la publicité de cette prime et que nombre d’acheteurs n’avaient au départ aucune intention d’acquérir un nouveau véhicule.
La prime avait deux objectifs principaux : aider une industrie dont deux des grands représentants américains, General Motors et Chrysler, viennent d’échapper à la faillite avec l’aide gouvernementale, et promouvoir les véhicules propres.
La prime est calculée en fonction de l’économie de carburant réalisée.
Pour Himanshu Patel, analyste de JPMorgan Chase, le succès de cette prime est révélateur d’une « i mportante demande latente » de voitures neuves. Il a souligné que, lors des récessions passées, les ventes de voitures avaient redémarré de quatre à six trimestres avant le pic du chômage, ce qui correspondrait à peu près à la période présente si le nombre de sans-emploi devait culminer au deuxième semestre 2010.


La révolution automobile d’Obama - ALAIN DUBUC
Cette initiative affectera directement les Canadiens en tant que consommateurs.
Barack Obama a annoncé cette semaine une initiative qui aura un impact économique et environnemental considérable. Il s’agit d’une entente avec l’industrie pour imposer de nouveaux standards d’émissions des véhicules, qui réduiront de façon significative la consommation d’essence et les émissions de gaz à effet de serre.
Le président américain Barack Obama.
Ce virage, que le président américain a décrit à juste titre comme historique, a eu peu d’échos ici. Et pourtant, même si elle a été décidée à Washington, cette politique nous affectera autant que les Américains. Parce que les 20% de l’industrie automobile nord-américaine qui se trouvent au Canada devront se conformer à ces standards. Et parce que le gouvernement canadien, à la remorque de Washington, sans politique énergétique propre, a déjà laissé entendre qu’il s’ajusterait à ces normes américaines. Cela veut dire que nous serons directement affectés en tant que consommateurs.
Entre 2012 et 2016, les producteurs devront réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules du tiers, et la consommation d’essence d’environ 30%. Pour les automobiles, la consommation devra être, en moyenne, de 35 milles (48 km) au gallon en 2016, soit environ 5,6 litres aux 100 kilomètres. C’est une révolution.
Cet objectif extrêmement ambitieux a réussi à rallier le gouverneur républicain de la Californie, Arnold Schwarzenegger, dont les efforts pour imposer des normes environnementales sévères dans son État avaient été bloqués par l’administration Bush. Mais le tour de force du président, c’est d’avoir réussi à faire accepter cette révolution aux constructeurs automobiles qui, jusqu’ici, avaient résisté farouchement. C’est sans doute là un des effets positifs de la crise. L’industrie américaine, qui vit maintenant aux crochets de l’État, n’est plus capable d’imposer sa logique.
L’impact environnemental sera significatif, si l’industrie réussit à se conformer à ces normes. Cela équivaut, sur une période de six ans et demi, à retirer 177 millions d’autos de la circulation. Ces mêmes normes, qui s’appliqueront de ce côté-ci de la frontière, auront un effet important, quand on sait qu’au Québec, 31% des émissions des GES proviennent du transport routier.
Ce sera tout un choc pour l’industrie, qui devra faire des miracles pour respecter ces cibles, modifier sa gamme de véhicules, accélérer l’innovation technologique, investir des milliards pour convertir les usines. Ce n’est pas rien. Les consommateurs seront aussi touchés. Ces autos moins énergivores coûteront 1300$ de plus, quand on additionne l’effet des normes des administrations Bush et Obama. Cette somme pourra toutefois être récupérée par le choix d’une plus petite auto et par les économies d’essence.
Et pourtant, cette nouvelle politique, qui représente un des gestes les plus significatifs pour réduire les émissions de GES, n’a pas suscité ici les réactions qu’elle méritait. Parce que c’est aux États-Unis? Parce que Barack Obama fait trop d’annonces? J’ai une autre explication. J’y vois le reflet d’une tension entre deux façons de résoudre les défis environnementaux: l’approche pragmatique et l’approche militante.
Cette réduction draconienne des standards des émissions sera efficace, elle donnera des résultats. Mais elle s’inscrit dans la logique du système; elle ne remet pas en cause la culture de l’automobile, elle la rend plutôt moins nuisible, elle la civilise.
La plupart des groupes environnementaux privilégient plutôt une approche qui réduit la place de l’automobile, par le vélo, les transports en commun, l’aménagement urbain. Des avenues dans lesquelles il faut mettre toutes nos énergies. Mais derrière les objectifs immédiats, les batailles environnementales se mènent à un second niveau et s’inscrivent dans un projet plus global qui cherche aussi à modifier les comportements humains, à repenser le système socioéconomique.
Voilà pourquoi le projet américain ne suscite pas tant d’enthousiasme. Les militants voudraient changer le système. Ce que montrent les projets du président Obama, c’est que le système peut changer.



Washington veut des voitures plus « vertes »
WASHINGTON— BarackObama a annoncé, hier, le premier plan national aux ÉtatsUnis destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules. Un dispositif qui met également l’accent sur la construction d’automobiles moins gourmandes en carburant pour réduire la dépendance du pays aux importations de pétrole.
Le président américain a présenté son plan comme un tournant historique vers une « économie de l’énergie propre ».
« Alors que les États-Unis représentent moins de 5% de la population mondiale, nous comptons pour environ un quart de la demande mondiale de pétrole », a souligné M. Obama à la Maison-Blanche, devant des responsables du Congrès et du secteur automobile. « Et cet appétit a un coût gigantesque. »
En vertu du plan, les véhicules vendus aux États-Unis devront rejeter environ un tiers de moins de dioxyde de carbone d’ici 2016. De nouvelles normes imposent également une baisse de 30% de la consommation de carburant des automobiles.
Le dispositif a été conçu en partie pour résoudre un conflit entre le gouvernement fédéral et une dizaine d’États, dont la Californie, qui ont déjà fixé des normes plus strictes que celles existant auparavant sur le plan national.
L’industrie accepte le plan
Le nouveau plan, tout en mettant la législation nationale au niveau de celle de ces États, donne du temps aux constructeurs pour s’adapter. L’industrie automobile, qui avait combattu les règles adoptées par les États, a accepté le plan parce qu’il clarifie la situation et leur laisse six ans et demi pour s’y conformer.
Grâce à cet accord, « nous économiserons 1,8 milliard de barils de pétrole pendant la durée de vie des véhicules vendus au cours des cinq prochaines années, a affirmé M. Obama. En cette période de crise historique pour notre industrie automobile, cette réglementation apporte la certitude claire qui permettra à ces entreprises » de se préparer à construire les voitures du XXIe siècle. »
Le président américain a précisé que le plan permettrait une économie de carburant équivalant au retrait de la circulation de 177 millions de voitures sur les six ans et demi à venir. Ce qui représenterait le volume de pétrole importé par les ÉtatsUnis en provenance d’Arabie Saoudite, du Venezuela, de Libye et du Nigeria en 2008.


Les États-Unis «prêts à rattraper le temps perdu»
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a affirmé lundi que les États-Unis étaient «prêts à mener» la lutte contre le changement climatique, à l'ouverture d'une réunion internationale consacrée au climat réunissant les principales économies à Washington.
«Les États-Unis sont prêts à mener (la lutte) et décidés à rattraper le temps perdu», a dit Mme Clinton lors de ce forum sur l'énergie et le climat organisé à l'initiative du président Barack Obama pour préparer la conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique en décembre à Copenhague.
«Le président et l'ensemble de son administration sont attachés à s'occuper de ce problème et nous agirons», a dit Mme Clinton lors de ce forum organisé au département d'État.
«Les États-Unis ne sont plus aux abonnés absents», a ajouté la secrétaire d'État, faisant allusion aux reproches faits fréquemment à l'encontre de l'administration George W. Bush pour avoir minimisé la menace liée au réchauffement climatique et peu agi pour y faire face pendant huit ans.
Pour Mme Clinton, la menace liée au réchauffement du climat est bien réelle. Il s'agit, selon elle, d'une «menace mondiale par sa portée, mais locale et nationale par son impact».
«Nous savons que le changement climatique menace des vies et des moyens d'existence», a martelé l'ex-Première dame.
«La désertification et la hausse du niveau de la mer augmentent la concurrence pour la nourriture, l'eau et les ressources», a dit Mme Clinton.
«Mais nous avons aussi vu les dangers que ces tendances posent pour la stabilité des sociétés et des gouvernements. Nous constatons la façon dont cela peut mener au conflit, aux troubles et aux migrations forcées», a-t-elle souligné.
«Donc aucun des problèmes auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés n'a de conséquences plus vastes à long terme ni un plus grand pouvoir de dénaturer le monde pour les générations futures», a dit Mme Clinton.
Le forum réunit Australie, Brésil, Canada, Chine, la Commission européenne, France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Grande-Bretagne, États-Unis, Danemark et ONU.



Le changement climatique, la priorité du Congrès américain
— Sous la pression de l’administration Obama, le réchauffement climatique est devenu une priorité brûlante au Congrès américain, qui donne cette semaine le coup d’envoi de discussions pour une loi sur « l’énergie propre ».
Le président Barack Obama a prévu de se rendre à Copenhague pour la conférence des Nations unies sur le changement climatique entre le 7 et le 18 décembre et il a besoin de montrer au monde que les États-Unis ont pris la mesure du dossier du climat.
Après un congé de deux semaines, le Congrès n’a pas le temps de souffler et doit s’attaquer à ce dossier, car sa feuille de route a été modifiée par l’administration Obama pendant les vacances parlementaires.
En effet, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a déclaré vendredi dernier les gaz à effets de serre, principalement le gaz carbonique (CO ), « dangereux » pour la santé publique.
L’administration met donc une pression supplémentaire sur le Congrès en vue de parvenir à un texte de loi avant la fin de l’année. « Le Congrès travaille à une solution d’ensemble au réchauffement climatique et je me suis engagée à soumettre une loi sur l’énergie propre cette année », a déjà écrit vendredi la présidente la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un communiqué.
Première étape de cet immense chantier: la commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre examine la question à partir d’aujourd’hui, jusqu’à vendredi. Son président, le démocrate Henry Waxman, est l’auteur avec le représentant Ed Markey d’un premier jet du futur texte de loi.
L’ambitieux projet prévoit notamment une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 par rapport à 2005, puis de 42% en 2030 et de 83% en 2050.
La bataille au Congrès s’annonce rude. À la Chambre, les responsables de la majorité espèrent un vote avant les vacances parlementaires d’août.
Au Sénat, aucun calendrier n’a encore été annoncé.


Washington reconnaît l’impact du changement climatique
— Les effets du changement climatique se font déjà sentir aux États-Unis et ce phénomène risque d’être largement irréversible, a averti hier l’administration du président Barack Obama, dans un rapport alarmiste qui tranche avec le scepticisme de l’ère Bush.
Le réchauffement climatique s’est traduit par une élévation des températures et du niveau des océans et par la fonte des glaciers et des neiges hivernales, souligne le rapport du Programme de recherche américain sur le changement climatique, rédigé par plusieurs ministères et la Maison-Blanche.
Sans une modification de la consommation d’énergie, la hausse des températures va provoquer des vagues de chaleur plus fréquentes, avertissent les auteurs de l’étude.
Les ouragans, qui s’abattent régulièrement sur le Sud-Est, vont devenir encore plus dévastateurs à mesure qu’ils se renforcent en survolant des océans plus chauds.
Les régions qui ont déjà constaté une hausse des précipitations vont probablement subir des pluies et des chutes de neige plus abondantes à l’avenir, tandis que les régions arides, comme celles du Sud-Ouest, devraient connaître davantage de périodes de sécheresse.
Le réchauffement va avoir un impact sur l’agriculture du fait de la hausse des températures et de la baisse des précipitations dans le Middle West, le « grenier » du pays. Il va aussi accroître la demande d’énergie par l’utilisation accrue de systèmes de climatisation, selon le rapport.


Plan d’établissement de trains rapides aux États-Unis
« C’est un changement de cap radical. Barack Obama vient d’affirmer que le développement économique ne passe plus par l’automobile, mais par les transports écologiques. C’est sans doute le geste le plus important fait pour l’environnement depuis des décennies. »
Le nouveau plan de transport dévoilé jeudi par Washington pourrait avoir un impact considérable sur le Québec. Barack Obama a livré sur un plateau d’argent de nouveaux arguments aux politiciens et aux écologistes en faveur de l’établissement d’un train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Windsor ou Montréal et New York.
PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
André Lavallée, vice-président du comité exécutif à la Ville et responsable du dossier du transport, est ravi de la main tendue par le gouvernement américai

Barack Obama a présenté jeudi un plan de 8 à 13 milliards de dollars visant à doter les ÉtatsUnis de 10 nouveaux réseaux de trains à grande vitesse, dont trois concernent directement ou indirectement Montréal. Le plan Obama suggère que l’un des corridors relie Boston et Albany en passant par Montréal. Puis que deux autres lignes soient établies entre New York et Buffalo, de même qu’entre Chicago et un chapelet de villes du Midwest.
Si l’un des deux projets de TGV entre New York et Montréal, ou entre Québec et Windsor (en passant par Montréal) venaient enfin à se concrétiser, la métropole québécoise pourrait devenir une plaque tournante importante du transport des marchandises entre l’Europe (via le Port de Montréal), le Canada et les États-Unis.
La Ville de Montréal est ravie. « Montréal n’avait pas la capacité économique de mettre au point seule un train vers les États-Unis, mais maintenant ils nous tendent la main. Les occasions de développement sont extraordinaires », affirme André Lavallée, viceprésident du comité exécutif à la Ville et responsable du dossier du transport.
M. Lavallée croit qu’il est trop tôt pour préciser comment ces projets pourraient se traduire concrètement. Mais le Canada, dit-il, ne pourra rester les bras croisés. Le ton est donné. « C’est un changement de cap radical. Barack Obama vient d’affirmer que le développement économique ne passe plus par l’automobile, mais par les transports écologiques. C’est sans doute le geste le plus important fait pour l’environnement depuis des décennies. »Le gouverneur de l’État de New York et le gouvernement Charest ont annoncé le mois dernier que des pourparlers étaient en cours au sujet de la construction d’une ligne de TGV. « Puisqu’il y a aussi une volonté présidentielle, il n’y a plus de raison de ne pas avancer », renchérit le chef de Vision Montréal, Benoit Labonté.



Chine : L’opération séduction  -  Barthélémy Courmont

La Chine cherche à devenir un modèle dans la lutte contre le réchauffement climatique
L’auteur est professeur invité à l’UQAM et titulaire par intérim de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Il vient de publier (avec Darko Ribnikar) Les guerres asymétriques, aux éditions Dalloz, et sort prochainement La grande séduction. Essai sur le soft power chinois, aux éditions Choiseul.
Conséquence logique de sa croissance économique effrénée, et rançon de sa population importante, la Chine est devenue l’un des principaux pollueurs de la planète, et l’un des principaux responsables du réchauffement climatique.
Ces dernières années, de nombreux rapports, souvent rédigés aux États-Unis, l’autre grand responsable de ce danger, se sont alarmés de la situation en Chine, pointant du doigt l’absence de mesures efficaces. Mais Pékin ne l’entend pas de cette oreille, et tandis que se profile le sommet de Copenhague sur le climat, qui se tiendra en décembre, le gouvernement chinois a annoncé à l’occasion d’une réunion sur les enjeux climatiques, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, des nouvelles mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire.
Réagissant à cette annonce, le responsable de l’ONU sur les questions climatiques, Yvo de Boer, a même affirmé que la Chine figurerait très prochainement parmi les pays en première ligne dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Un modèle donc, mais de quelle nature, pour qui, et pour quelles raisons?
Parmi les différentes mesures proposées par la Chine, figure l’intention d’utiliser d’ici 2020 des sources renouvelables pour produire 15 % de ses besoins énergétiques pharaoniques. Un objectif ambitieux et louable, mais qui semble malgré tout assez modeste compte tenu des immenses attentes qui précédaient le plan chinois.
Un effet d’annonce plus qu’une réalité donc? Pour l’heure indiscutablement, même si la prise de conscience est bien là, et doit être saluée. En fait, en transformant son image de premier pollueur de la planète en modèle dans la lutte contre le réchauffement climatique, la Chine renoue avec la tentation de prendre la tête des puissances émergentes, statut que Pékin continue de revendiquer. En adaptant son développement économique aux nouvelles exigences de la lutte contre le réchauffement climatique, Pékin invite ainsi les pays émergents à suivre son modèle, ce qui est à la fois un acte politique fort et un pari sur les investissements majeurs dans ce domaine, pour lesquels la Chine pourrait être associée. Avec des retombées économiques à la hauteur des projets. Une stratégie donc pour un pays qui étend un peu plus chaque jour son emprise sur l’Asie du SudEst, l’Afrique ou l’Amérique latine.
L’autre stratégie de Pékin est de mettre Washington en difficulté. En apparaissant comme un modèle dans la lutte contre le réchauffement climatique, la Chine pourrait ainsi non seulement contrer les attaques américaines sur un sujet pour lequel elle s’est montrée jusqu’à présent peu performante, et surtout renforcer sa crédibilité à l’échelle internationale dans sa capacité à faire face à un enjeu global, et sur lequel Washington reste un maillon faible.
Car si la Chine peut devenir un modèle sur ce sujet, la situation est en revanche plus complexe à Washington, où le poids du Congrès ralentit souvent les initiatives de l’exécutif, et où la culture de la consommation ne joue pas en faveur d’évolutions profondes des comportements.
Ainsi, face à des États-Unis souvent i ncapables de t ra n sfor mer des actes de bonne volonté en des actions politiques concrètes, et une Union européenne qui reste de son côté encore trop inégale dans son traitement des enjeux climatiques, la Chine impose sa voie, et pourrait effectivement prendre de l’avance sur un sujet majeur.
Mais plus que les faits, tout est question de perception, et Pékin en a conscience. La Chine soigne son image, et s’est lancée dans une immense opération séduction, en mettant en avant ses capacités de « soft power », en prenant notamment place sur tous les terrains laissés vacants par les États-Unis au cours des dernières années.
Le positionnement de Pékin dans la lutte contre le réchauffement climatique serait donc une stratégie visant à se substituer à la puissance américaine. Avec un résultat payant, et que le sommet de Copenhague pourrait rapidement confirmer.
ÉTATS-UNIS   Le berceau de l’automobile parie sur les emplois verts
— D’énormes morceaux de métal posés sur le sol attendent d’être découpés. Ils deviendront des moyeux d’éoliennes. Dans cette usine de pièces détachées automobiles, comme dans tout l’État du Michigan, on compte sur l’industrie « verte » pour sauver une économie sinistrée.
L’usine de pièces détachées d’automobiles Dowding Industries, à Eaton Rapids, espère sauver son avenir en se reconvertissant dans la fabrication de pièces pour l’énergie éolienne.
À part la taille des pièces, monumentale, la construction d’éoliennes n’est pas très éloignée de la fabrication des pièces détachées siglées Dowding Industries. Si ce n’est que l’entreprise pense que le vent, lui, a un avenir.
Avec l’industrie automobile, « on est mis sur la touche depuis dix ans. On a compris que c’était plié », explique le patron de la société, Jeff Metts. Le vent, par contre, est un secteur « vraiment enthousiasmant », ajoute-t-il.
Les « métiers verts » créés dans les installations de ce type pourraient bien assurer la survie de cette région, surnommée la « ceinture de la rouille » à cause de sa pléthore d’usines désaffectées.
Berceau des t r ois gra nds constructeurs américains ( Ford, General Motors, Chrysler) mis à mal par la crise, le Michigan est déterminé à capter le maximum de ces « jobs verts ».
Un pôle de production
Jennifer Granholm, qui gouverne l’ État, s’est rendue dans le monde entier pour attirer les entreprises. Elle fait miroiter l’expérience du Michigan en matière d’industries de pointe et aussi sa localisation au coeur des Grands Lacs, qui le relie aux grandes voies maritimes mondiales.
Objectif : devenir un pôle de production pour les entreprises qui utilisent les énergies solaire, éolienne et géothermique, l’hydrogène et les moteurs électriques ou hybrides.
« Nous avons les usines, les infrastructures qui peuvent transporter les éoliennes, les fournisseurs qui sont prêts à fabriquer les composants nécessaires et la main-d’oeuvre adaptée », a-t-elle fait valoir lors d’une conférence sur les « emplois verts » que l’État a organisée en mai.
Le Michigan a déjà remporté des victoires. General Electric, Johnson Controls et Ford ont annoncé qu’ils allaient investir dans la région dans les logiciels ou les batteries. L’État compte 80 entreprises liées au vent et à l’énergie solaire.
Mais plusieurs contrats potentiels sont tombés à l’eau faute de financement.
Concurrence
Et même si le Michigan a des atouts, il est confronté à la concurrence des autres États, observe Mark Partridge, économiste à l’Université de l’Ohio.
« Tout le monde recherche le Graal mais peu d’entre eux vont y arriver, explique-t-il. Pour que l’énergie verte émerge, elle doit être compétitive et ne peut donc pas générer un grand nombre d’emplois. »
À Eaton Rapids, une petite ville proche de Detroit, Dowding a dû récemment licencier près de la moitié de ses 265 employés en raison de la chute des commandes de pièces détachées d’auto et de moteurs.
Et même si l’équipement de 10 millions de dollars pour la fabrication d’éoliennes devait fonctionner à plein, il ne remplacera jamais ces emplois, ni les centaines de milliers d’autres qui ont été détruits dans le Michigan quand les usines de voitures ont commencé à fermer.
Le président Barack Obama souhaite que l’énergie éolienne génère à t e r me a u moi n s 20 % de l’énergie domestique. Mais les bons de commande pour les éoliennes font défaut chez Dowding.
Dowding a par ailleurs besoin d’un prêt de 100 millions de dollars alors que les banques sont toujours ébranlées par la crise et que les aides gouvernementales restent difficiles à obtenir. En tout cas aux États-Unis. « La Chine nous a appelés pour dire qu’ils financeraient tout le projet si on venait s’installer chez eux », affirme M. Metts.


Héroux-Devtek veut accroître sa présence dans l’éolien
« Nul doute que ces sociétés chercheront des partenaires locaux bien établis afin de les épauler dans leur expansion et nous disposons de nombreux atouts pour devenir un partenaire de choix. »
Alors qu’il souhaite profiter de l’engouement du président américain Barack Obama pour l’énergie éolienne, Héroux-Devtek a amorcé des discussions avec deux des plus importants acteurs du secteur afin de devenir l’un de leurs fournisseurs.
L’entreprise de Longueuil est surtout connue pour ses produits aéronautiques, mais elle possède à Cincinnati, en Ohio, une usine spécialisée dans les composants de turbines à gaz et d’éoliennes.
Pour l’instant, le fabricant fait principalement affaire avec la division éolienne de GE Energy, mais il aimerait participer à la percée américaine à laquelle travaillent les géants européens Vestas et Gamesa.
« Nul doute que ces sociétés chercheront des partenaires locaux bien établis afin de les épauler dans leur expansion et nous disposons de nombreux atouts pour devenir un partenaire de choix », a déclaré le président et chef de la direction d’Héroux, Gilles Labbé, au cours de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise, tenue hier à Montréal.
Les revenus du secteur éolien d’Héroux ont doublé au cours de l’exercice terminé le 31 mars, mais ils ne représentent encore que 2% des ventes totales.
Le marché vit actuellement une crise de croissance du fait qu’à plusieurs endroits, l’infrastructure de transport n’est pas en mesure de prendre en charge le volume additionnel d’énergie provenant des éoliennes.
Il reste qu’à moyen terme, le secteur offre un « potentiel considérable », selon Héroux-Devtek. L’administration Obama s’est fixé comme objectif de combler jusqu’à 25% des besoins énergétiques des États-Unis par le biais de sources renouvelables comme les éoliennes et les panneaux solaires.
Résultats
Héroux-Devtek a par ailleurs publié hier des résultats en baisse pour son premier trimestre, terminé le 30 juin 2009.
Alors que les ventes de l’ent reprise ont f léchi d’à peine 0,5 %, ses profits nets n’ont atteint que 4,5 millions ( 15 cents par action), en baisse de 20,3 % par rapport aux 5,7 millions (18 cents par action) dégagés pendant la même période de l’an dernier.
Ces résultats sont en deçà des prévisions des analystes financiers, qui s’attendaient en moyenne à un bénéfice par action de 17 cents. Les investisseurs sont tout de même restés cois, l’action clôturant à 4,59 $, en recul de 1,3 %, dans un marché fortement baissier à la Bourse de Toronto.
Les ventes du trimestre se sont établies à 82,2 millions. HérouxDevtek a pâti de la diminution des livraisons dans les marchés de l’aérospatiale commerciale – des avions d’affaires notamment – et des composants industriels, mais a profité de la robustesse du secteur de l’aérospatiale militaire. Il faut dire que la baisse de la valeur du dollar canadien (par rapport à l’an dernier) a eu une incidence favorable de 7,3 millions sur le chiffre d’affaires du premier trimestre.
« La baisse de la rentabilité ref lète le ralentissement des calendriers de production de même que de la composition des ventes favorables dont nous avions bénéficié au premier trimestre de l’exercice précédent sur le marché secondaire ( pièces et services) », a précisé M. Labbé.
Des annulations et des reports ont fait dégonfler le carnet de commandes, qui s’établissait à 468 millions de dollars au 30 juin, contre 485 millions trois mois plus tôt.
Pour faire face à la situation, le fabricant a réduit les horaires de travail de ses employés des usines de Laval, de Dorval et de Montréal, sans toutefois toucher de manière significative à ceux de ses installations principales, situées à Longueuil, à Kitchener et au Texas.
Héroux doit d’ailleurs faire sous peu la première pelletée de terre des travaux d’agrandissement de son usine texane, qui coûteront environ 10 millions. C’est à cet endroit que l’entreprise fabrique les composants destinés à l’industrie militaire américaine, notamment ceux du Joint Strike Fighter (F-35) de Lockheed Martin.
Gilles Labbé prévoit qu’Héroux-Devtek produira des composants pour une vingtaine de F-35 cette année, une trentaine l’an prochain et une cinquantaine en 2011. L’entreprise compte tirer de ce programme des revenus d’au moins 200 millions au cours des prochaines années.
Le fabricant a par ailleurs annoncé hier avoir décroché de nouvelles commandes militaires américaines d’une valeur totale de 11,3 millions pour la production de composants de trains d’atterrissage.
Héroux ne prévoit pas enregistrer une augmentation significative de ses revenus au cours de l’exercice en cours. Pour croître, l’entreprise pourrait se remettre sur la route des acquisitions : M. Labbé a indiqué que plusieurs dossiers étaient actuellement à l’étude. La dernière acquisition remonte à 2004.


Les centres de tri sortent de la crise   -  Martin Vallières
PRIX DES MATIÈRES RECYCLÉES
« Les centres de tri ne sont plus en situation de crise grâce à la remontée des prix des matériaux recyclables, même s’ils demeurent fragiles financièrement. »
Les prix des matières premières se redressent à vue d’oeil, soulevant aussi ceux des matériaux recyclables hors du krach de l’automne dernier.
Conséquence : la crise de revenus qui menaçait la survie de plusieurs des 38 centres de tri de collecte sélective au Québec s’est largement résorbée, a constaté La Presse Affaires.
Soulagement pour les intervenants de cette industrie encore émergente, en particulier les quelque 1500 salariés directs des centres de tri.
Mais aussi pour les contribuables, municipaux et provinciaux, qui risquaient d’avoir à fournir des millions de dollars en aide d’urgence pour maintenir un système de premier plan en environnement.
« Les centres de tri ne sont plus en situation de crise grâce à la remontée des prix des matériaux recyclables, même s’ils demeurent f ragiles financièrement », indique Réal Fortin, directeur de l’expoitation au Groupe Gaudreau, un important exploitant de centres de tri à Victoriaville et à Toronto.
De pl u s , M. F o r t i n préside l e Comité des centres de tri à RéseauEnvironnement, le plus important regroupement d’entreprises de ce secteur au Québec.
Exemple du redressement: le prix moyen des papiers et cartons recyclables, qui composent 82% des quelque 900 000 tonnes a n nuelles de c ol l e c t e sélective selon Recyc-Québec, a remonté à 55$US la tonne.
C’est encore à la moitié du sommet de 110$US atteint avant le krach de l ’automne, « un prix surgonflé de toute façon » selon M. Fortin. 
Mais c’est tout autre chose que le « prix négatif » d’environ 20$US la tonne atteint au pire de la crise en début d’année.
PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE
Encore ces temps-ci, le prix des papiers recyclables demeure inférieur au coût moyen de fonctionnement des centres de tri.
À ce moment, les centres de tri devaient payer pour se débarrasser des papiers et cartons recyclables. C’est ce qui a en forcé plusieurs à les accumuler pendant des mois, plutôt que de s’en départir à coûts considérables.
Et encore ces temps-ci, le prix des papiers recyclables demeure inférieur au coût moyen de fonctionnement des centres de tri, qui voisine les 98$ la tonne, selon M. Fortin.
Parmi les autres matériaux recyclables à plus haute valeur, les fluctuations ont aussi été très fortes depuis un an.
Mais leur impact financier s’est avéré moindre pour les centres de tri parce que ces matériaux, plastiques et métaux surtout, composent moins de 10% de la collecte sélective.
Par exemple, le prix des plastiques s’est redressé à 400$US la tonne. C’est trois fois mieux que le creux de 120$US atteint en fin d’année, mais encore inférieur de moitié au sommet de 900$US atteint en octobre 2008.
Scénario semblable avec l’aluminium, l’un des métaux les plus prisés en recyclage.
Son prix s’est redressé autour de 1600 $ US l a tonne. C’est deux fois mieux que le creux de 800$US d’il y a quelques mois, mais encore inférieur au sommet de 2000 $ US la tonne de l’avant-krach.
D’ailleurs, selon M. Fortin, le rebond de l’aluminium recyclable motive l’autre inquiétude des centres de tri : la prochaine politique de recyclage du gouvernement du Québec, attendue à l’automne.
« Les gestionnaires de centres de t ri appréhendent un élargissement de la consigne des contenants à remplissage unique, comme les bouteilles d’eau, explique-t-il.
« Un tel changement priverait les centres de tri d’une autre quantité de matériaux recyclables de plus haute valeur, comme l’aluminium et les plastiques, qui rapportent le plus lors de la revente. »
Pourtant, cette consigne élargie est réclamée par l’Union des municipalités du Québec ( UMQ), qui regroupe une i mportante clientèle des centres de tri.
« Justement, nous savons que cette position de l’ UMQ va à l’encontre des municipalités qui gèrent des centres de tri (le tiers des 38 centres) parce qu’elles connaissent la perte de revenus que provoque la consigne, avec l’aluminium et les plastiques », soutient Réal Fortin.
Qua n t à l ’ a r g u ment d e l’ UMQ envers la réduction de volume et, donc, des coûts de la collecte sélective, M. Fortin l’estime trompeur.
« La plupart des contrats avec les centres de tri prévoient que les municipalités comblent la différence entre le coût du tri par tonne et le revenu moyen par tonne de matériaux recyclables », explique M. Fortin.
Par conséquent, dit-il, si les municipalités réduisent le volume en collecte sélective en y enlevant d’autres contenants recyclables, elles réduiront d’autant les revenus des centres de tri et gonfleront leur déficit à combler.
« En bout de ligne, les contrats de collective sélective et de centres de tri coûteront plus cher aux municipalités, et donc à leurs contribuables. »




Obama, pire que Bush ?  -  Jeffrey D. Sachs
Si les États-Unis ne poursuivent pas les négociations sur les changements climatiques en 2010, le président aura fait plus de tort que son prédécesseur
Deux ans de négociations sur les changements climatiques viennent de se terminer en farce à Copenhague. Au lieu de s’atteler à des questions complexes, le président américain Barack Obama a choisi de déclarer que le sommet était une victoire, conclu par une vague déclaration de principes concoctée avec quatre autres États. Elle a été présentée aux 187 autres pays comme un fait accompli.
Les responsables de cedésastre sont multiples et variés. Commençons par George W. Bush, qui a sciemment ignoré les changements climatiques pendant les huit années de sa présidence, gaspillant un temps précieux. Viennent ensuite les Nations unies, pour leur pitoyable gestion du processus de négociation ces deux dernières années. Poursuivons avec l’ Union européenne, qui a persisté à demander l’adoption d’un système global d’échange des émissions de carbone, alors même qu’un tel système ne convient pas au reste du monde.
N’oublions pas le Sénat américain, qui a négligé la question du changement climatique pendant 15 années consécutives, après avoir ratifié la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Il y a enfin Barack Obama, qui a abandonné un plan d’action sous l’égide d’une convention-cadre qui s’est révélée trop problématique pour les politiques internes et le pouvoir américain.
La déc i s ion pr i se pa r M. Obama de déclarer que la conférence de Copenhague était un succès revient de fait à saper le processus onusien en signalant que les pays riches feront ce qu’ils voudront et n’auront plus à se soucier des préoccupations « agaçantes » de plusieurs pays plus petits et plus pauvres. Certains estimeront que cette décision est pragmatique et qu’elle reflète la difficulté à obtenir un accord entre 192 États membres des Nations unies. La réalité est bien pire. La loi internationale, aussi complexe soit-elle, a été remplacée par les paroles hypocrites, inconsistantes et peu convaincantes de quelques puissances, notamment des États-Unis.
Du point de vue d’une réelle réduction des gaz à effet de serre (GES), l’accord conclu n’accomplira probablement rien de tangible. Il n’est pas contraignant et renforcera sans doute la position de ceux qui s’opposent aux réductions partout dans le monde. Quel pays prendra au sérieux les coûts supplémentaires d’une réduction des GES en voyant à quel point les promesses des autres pays sont vaines?
La vérité est que le monde attendra maintenant de voir si les États-Unis feront des efforts sérieux pour réduire leurs émissions, ce dont on peut sérieusement douter. M. Obama n’a pas le soutien du Sénat, n’a montré aucune intention de risquer un capital politique pour se rallier le Sénat et n’obtiendra peut-être même pas un vote du Sénat sur la question à moins de faire des efforts bien plus grands dans ce sens qu’il n’en a fait jusqu’à présent.
L’un des aspects les plus saillants du document avancé par les États-Unis est qu’il n’est nulle part fait mention de la poursuite des négociations en 2010, une omission sans nul doute délibérée. Obama a coupé l’herbe sous les pieds de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, déclarant en réalité que les États-Unis feront comme bon leur semble et qu’ils n’accepteront plus d’être empêtrés dans les procédures compliquées des Nations unies sur le climat en 2010.
Cette position a sans doute à voir avec les prochaines élections de mi-mandat au Congrès. M. Obama ne souhaite pas être prisonnier de négociations internationales impopulaires au moment où ces élections se profilent à l’horizon. Il a peut-être aussi l’impression que ce genre de négociations ne mènera nulle part. Qu’il ait tort ou raison, il semble bien que l’intention soit de mettre un terme aux négociations. Si les États-Unis ne poursuivent pas les négociations en cours, Obama aura fait plus de tort au système international de loi environnementale que son prédécesseur, George W. Bush.
À mon sens, l’image marquante de Copenhague est celle d’Obama apparaissant à la conférence de presse finale pour annoncer un accord dont cinq pays seulement avaient pris connaissance, se précipitant ensuite à l’aéroport pour rentrer en toute hâte à Washington où un blizzard menaçait. Il a pris de graves responsabilités devant l’Histoire. Si son action se révèle indigne, si les engagements volontaires des États-Unis et d’autres se révèlent insuffisants, et si les négociations futures sont mises en échec, ce sera Obama, et lui seul, qui aura, sur la question du changement climatique, troqué la loi internationale contre les jeux de pouvoir entre grandes puissances.

Obama et l’APEC jugent « irréaliste » un accord légalement contraignant
 SINGAPOUR — Barack Obama et les dirigeants des pays du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC), dont la Chine, ont jugé hier à Singapour « irréaliste » d’envisager la conclusion d’un accord légalement contraignant sur le climat au sommet de Copenhague en décembre prochain, selon un conseiller du président américain.
La déclaration finale des dirigeants de l’APEC ne mentionne pas d’objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une première ébauche rappelait l’objectif d’une réduction de moitié d’ici 2050 des émissions par rapport aux niveaux de 1990 dans le monde, mais le communiqué final n’évoque qu’un engagement à travailler pour un « résultat ambitieux » au sommet de Copenhague.
«Les dirigeants ont estimé qu’il est irréaliste de s’attendre à ce qu’un accord international légalement contraignant puisse être négocié entre maintenant et Copenhague, qui débute dans 22 jours», a expliqué à la presse Michael Froman, conseiller de M. Obama pour les questions d’économie internationale.
Le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, hôte du sommet de Copenhague sur les changements climatiques prévu du 7 au 18 décembre, s’était rendu à Singapour pour assister à la réunion de l’APEC. Il a proposé que le sommet de Copenhague, à défaut de déboucher sur un texte juridiquement contraignant, permette au moins l’obtention d’un accord politique.
La conférencedeCopenhaguene constituerait ainsi qu’une étape et la conclusion d’un accord légalement contraignant interviendrait à l’occasion d’une nouvelle rencontre à Mexico en 2010. Le président Obama et les dirigeants de l’APEC, a poursuivi Michael Froman, sont d’accord pour cette approche à deux étapes.
L’Initiative mondiale pour le climat du WWF a exhorté de son côté les responsables internationaux à prendre des actions plus fermes. «Effacer au lieu de renforcer les objectifs de réduction des émissions dans les déclarations de leurs dirigeants, comme ils l’ont fait ici à Singapour, ce n’est certainement pas une solution», a expliqué Diane McFadzien, porte-parole de l’ONG internationale de défense de l’environnement.
Le sommet de Copenhague est censé trouver un accord prenant la suite du protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, qui expire en 2012.
À moins d’un mois de cette conférence, la France et le Brésil avaient affiché samedi leur volonté de parvenir à un accord concret à Copenhague. À l’issue d’un entretien à Paris, le président français Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont annoncé qu’ils avaient adopté une «bible climatique», fixant des objectifs «ambitieux » mais « raisonnables », et vont tenter d’y faire adhérer un maximum de pays d’ici au sommet de Copenhague.

Cul-de-sac climatique  -  FRANÇOIS CARDINAL
Oubliez le Ca nada . Oubliez l’Inde, la Russie. Oubliez même la Chine. Si les négociations climatiques sont actuellement dans l’impasse, la responsabilité incombe d’abord et avant tout aux États-Unis.
Le sommet des chefs d’État tenu à New York, mardi dernier, a complètement changé la dynamique des discussions internationales, à moins de 70 jours de la conférence de Copenhague. En ce sens, l’initiative du grand patron de l’ONU a été un franc succès.
L’objectif était de donner un second souffle aux négociations, particulièrement celles qui se tiennent au sein du Major Economies Forum on Energy and Climate. Réunis depuis cinq mois pour préparer le terrain en vue de la conférence de décembre, les pays les plus puissants achoppent toujours sur l’engagement des pays émergents.
Or, le discours du président chinois, Hu Jintao, a certes déçu nombre d’environnementalistes et d’observateurs cette semaine, mais il n’en a pas moins débloqué les pourparlers.
La Chine s’est engagée à adopter un plan vert «contraignant», contenant de «nouvelles mesures» pour réduire «de façon notoire» ses émissions, à l’aide de cibles d’intensité, à l’horizon 2020. Elle a aussi confirmé sa volonté de s’alimenter à 10% en énergie renouvelable d’ici cinq ans, à 15% d’ici 10 ans.
Pas de cible précise, pas d’applaudissements, a répondu le Center for InternationalClimateandEnvironmental Research, entre autres.
Mais comment exiger immédiatement un engagement ferme d’un pays dont une bonne partie vit dans la pauvreté, et qui est somme toute peu responsable de la saturation de l’atmosphère en CO , quand les États-Unis sont eux-mêmes incapables de le faire?
Non seulement le président Obama propose-t-il une cible fort timide (retour au niveau de 1990), mais aucun objectif n’a reçu l’aval des législateurs américains. Pis encore, presque personne ne croit que le Sénat ratifiera le projet de loi sur le climat, actuellement à l’étude, avant la conférence de Copenhague.
Dans un tel contexte, l’absence de Stephen Harper au sommet de New York, le manque de volonté du gouvernement indien, voire la hauteur de la cible chinoise apparaissent bien secondaires.
« Nous avons reçu des indications selon lesquelles la Chine est prête à en faire beaucoup plus, si jamais les négociations progressent de façon importante », a soutenu l’ancien viceprésident américain Al Gore.
Traduction: si les États-Unis embarquent, la Chine suivra. Il n’y a rien là de bien surprenant. Aucun pays ne souhaite que son concurrent prenne une longueur d’avance dans l’économie verte de demain. C’est pourquoi le Japon s’est hissé de zéro à héros cette semaine, en se fixant la plus ambitieuse cible de réduction d’émissions des pays riches (25 %).
Faisons un parallèle avec l’industrie automobile : Toyota s’est fait ridiculiser lorsqu’il a pris le virage hybride, avec sa Prius. Aujourd’hui, aucun constructeur n’est en mesure de s’approcher du géant j aponais, qui possède une expertise unique qu’il pousse chaque année un peu plus loin.
La Chine ne souhaite absolument pas se retrouver ainsi à la traîne, que ce soit dans la mise au point de l’auto électrique, des panneaux solaires ou de quelque technologie environnementale que ce soit.
Il ne s’agit donc plus d’un objectif uniquement environnemental qui devra être officialisé à Copenhague, mais aussi économique. Le président Obama le sait très bien. Il reste maintenant à convaincre ses collègues du Congrès, vers qui tous les yeux sont désormais tournés.

Sommet international sur le climatVers un échec à Copenhague ?  -  François Cardinal
À moins de 100 jours du prochain sommet international sur le climat, les négociations entre pays riches et pauvres tournent au ralenti, ce qui pourrait bien faire dérailler la Conférence de Copenhague.
En entrevue à La Presse, le ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice, a confié que les discussions entre les 17 plus importantes économies au monde progressent si lentement qu’une entente pourrait bien n’avoir lieu qu’en 2010, voire en 2011.
Réunis au sein du Major Economies Forum on Energy and Climate, à l’instigation du président Obama, les pays les plus puissants ont pour mandat de préparer le terrain pour la prochaine conférence de l’ONU, qui se tiendra au Danemark en décembre.
Or ces négociations sont quasiment au point mort, selon M. Prentice, du moins en ce qui a trait à l’engagement des pays émergents comme la Chine et l’Inde, qui refusent toute cible contraignante de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
«Les pays en développement ont une vision très différente de celle des pays développés et nous n’avons malheureusement pas réussi à bâtir de ponts entre ces deux positions, précise le ministre. Or il s’agit de la question la plus cruciale de la future conférence de Copenhague.»
E x perts et obser vateu rs répètent depuis longtemps l’importance de s’entendre dès cette année, pour éviter qu’il y ait un « trou » entre le protocole de Kyoto, qui vient à échéance en 2012, et son éventuel successeur. Rappelons qu’entre la signature de l’accord de Kyoto et sa ratification , il s’était écoulé sept ans.
Or M . P rentice soutient qu’une entente globale est bien improbable en 2009. «Il y a toujours la possibilité d’arriver à une entente partielle à Copenhague, ajoute-t-il, laquelle ferait l’objet de plus amples négociations par la suite, lors des conférences de 2010, peut-être même de 2011.»
Habitué des conférences climatiques de l’ONU, Steven Guilbeault donne raison au ministre lorsqu’il soutient que toute entente f i na le devra, nécessairement, contenir à la fois un engagement des pays industria lisés et un engagement des pays en développement.
Par contre, il estime que le ministre se sert de cela pour masquer son propre laxisme en matière climatique. « Il me fait penser à Houdini, qui pouvait faire disparaître un éléphant en attirant l’attention des spectateurs ailleurs, indique le coordonnateur général adjoi nt d ’ Équ iter re. P ou r avoir une entente avec les pays émergents, il faut d’abord et avant tout que les pays industrialisés se fixent une cible ambitieuse. »
Pa r ailleurs, le ministre Prentice était de passage au Québec, hier, pour rencontrer son homologue québécoise, Line Beauchamp. Cela, dans le contexte des consultations qu’il mène avec les provinces sur la position que le pays défendra à Copenhague.
À ce sujet, il a répété être ouvert aux discussions, mais fermé à l’idée de modifier ne serait-ce que d’un iota la cible que le Canada s’est fixée pour 2020 : une réduction des émissions de 20 %, sous le niveau de 2006. Cela équivaut à une baisse de 3 %, sous le niveau de 1990.
À titre comparatif, l’Union eu ropéen ne propose u ne diminution de ses émissions de 20 % (30 % si les autres pays la suivent) et le GIEC, le groupe d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat, recommande une réduction de 25 à 40 %.

RÉDUCTIONDES ÉMISSIONS DEGAZ À EFFET DE SERRE Les pays émergents refusent de s’engager sur des cibles précises -  Marc Thibodeau
La deuxième journée du sommet du G8 a été marquée par quelques accrocs. Devant les doutes soulevés par la Russie et le Canada, les pays émergents ont choisi de ne pas se commettre quant aux ambitions climatiques du G8. Ils ont aussi reproché aux pays riches leur indifférence envers les plus défavorisés. Même la photo de groupe a été difficile : Stephen Harper avait encore disparu. L’AQUILA — Malgré les pressions exercées par les dirigeants du G8, les pays émergents ont refusé hier de prendre des engagements précis en vue de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Dans une déclaration commune à la suite de leur réunion à L’Aquila, en Italie, les membres du Forum des principales économies (FEM), qui regroupe les États du G8 et les principaux pays émergents, s’engagent simplement à « travailler pour identifier une cible globale » de réduction pour 2050 en prévision d’une rencontre cruciale prévue à Copenhague en décembre.
À défaut de cibles sur les émissions, les membres du FEM ont approuvé l’idée que le réchauffement global ne devait pas excéder 2 º C par rapport à la période pré-industrielle, le seuil critique évoqué par la communauté scientifique.
« Nous avons fait un bon pas, mais progresser sur cet enjeu (du réchauffement climatique) n’est pas facile... Il faut résister à la tentation du cynisme », a déclaré à la sortie de la rencontre le président américain Barack Obama, reconnaissant que les progrès « historiques » enregistrés n’étaient pas à la hauteur de ses attentes.
« Nous sommes encore loin d’un accord sur les cibles. Il y a beaucoup de travail à faire avant la rencontre de Copenhague », a confirmé le premier ministre canadien Stephen Harper.
Inde et Chine en tête
Les pays émergents, Inde et Chine en tête, refusent de prendre des engagements susceptibles de freiner leur développement économique. Plusieurs États réclament par ailleurs une aide financière substantielle pour faire face à l’impact du réchauffement climatique et contrôler leurs émissions.
Dans l’espoir de faire bouger les pays récalcitrants du FEM, les mem-
bres du G8 avaient indiqué, dans une déclaration diffusée mercredi, qu’ils entendaient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici 2050.
Ils n’ont pas précisé à cette occasion l’année de référence pour le calcul de réduction des émissions, ce qui rend l’engagement plutôt vague.
La détermination des pays du G8 a rapidement été mise en doute lorsqu’un conseiller du président russe a déclaré que le seuil de 80% était « inatteignable ».
Le Canada sème le doute
Le Canada a ensuite semé le doute sur ses propres intentions lorsque le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a souligné que la cible de 80% était un idéal plutôt qu’un engagement précis.
Lors d’un point de presse en soirée, il a souligné que le Canada entendait maintenir ses cibles actuelles, qui prévoient une réduction des émissions de 60 à 70% en 2050 par rapport à 2006.
Il a précisé que d’autres pays du G8 pourraient aller au-delà de 80% de réduction de manière à ce que les émissions totales des pays industrialisés atteignent ce seuil.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a sévèrement critiqué hier les mesures retenues par le G8 et le FEM, soulignant qu’elles n’étaient pas suf fisantes dans le contexte.
« Le temps des délais et des demimesures est terminé. Le leadership personnel de chaque chef d’État ou de gouvernement est nécessaire pour saisir ce moment pour protéger la population et la planète de l’un des plus sérieux défis auxquels l’humanité ait été confrontée », a-t-il souligné, en précisant qu’il entendait convoquer un sommet sur le réchauffement climatique le 22 septembre à New York.
Les ONG environnementales ont blâmé hier les pays du G8 pour le refus des pays émergents, arguant qu’ils avaient compromis les pourparlers en refusant de prendre de leur côté des engagements chiffrés substantiels pour réduire leurs émissions à moyen terme.
  « Encore une fois, nous avons eu beaucoup de paroles et peu d’action de la part du Canada et du G8 », a souligné Dale Martin, de Gree

Deux degrés qui font une différence ?  -  François Cardinal
Si les membres du G8 – responsables de 47% des émissions mondiales – ne font pas leur part, comment exiger que les pays émergents – responsables de 25% des émissions – fassent la leur ?
Les écologistes ont la réputation de se plaindre un peu trop souvent. Or cette fois, ils se sont peut-être réjouis un peu vite…
Au lendemain de l’entente du G8 sur le climat, certains ont af f i rmé que le Canada avait « cédé sous la pression » en confirmant l’importance de contenir la hausse des températures mondiales sous les 2 º C, d’ici la fin du siècle. L’Institut Pembina y a même vu là « un pas en avant significatif » pour la communauté internationale.
Pourtant, aux yeux du grand patron de l ’ ONU, Ban Kimoon, les résultats du sommet de L’Aquila sont plutôt jugés « insuffisants ». En effet, aucun dirigeant n’aura à modifier ne serait-ce qu’une seule ligne de son plan vert pour respecter sa signature.
La réaction du ministre de l’Environnement, Jim Prentice, est d’ailleurs éloquente à ce sujet. Il dit n’avoir aucunement l’intention de réviser les cibles canadiennes à la lumière de cette déclaration, qu’il estime plus proche d’un idéal que d’un engagement formel.
Le problème n’est donc pas que les pays riches se soient fixé fait sien l’Union européenne… en 1996.
Il y a bien longtemps que les scientifiques répètent que pour éviter tout changement climatique « irréversible » et « dangereux » , la hausse des températures mondiales ne doit pas dépasser les 2 º C (elle a atteint 0,75 º C au cours du siècle dernier).
Au-delà d’une telle hausse, estime le GIEC, on pourrait assister à l’effondrement de la
Voilà pourquoi il y a consensus autour d’une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici 2020, puis de 80% d’ici 2050.
Certes, la déclaration des grandes puissances fait référence à cette cible de 2050. Mais d’ici là, il n’y a aucun objectif intermédiaire. Or, il est facile d’imaginer ce qu’il arrivera d’un obèse dont le but est de maigrir d’ici les 40 prochaines années…
Le texte de l’entente, égaleun plafond de 2 º C, mais plutôt qu’ils s’en tiennent à cela.
En reconnaissant cet import ant seui l c l i mat ique , les membres du G8 ne font en effet qu’avaliser un consensus scientifique datant d’une bonne dizaine d’années déjà, un consensus qu’a d’ailleurs biodiversité, à la fonte de la calotte glaciaire du Groenland et à la hausse du niveau des mers. Au pays, cela pourrait notamment se traduire par une recrudescence des incendies de forêt, des conditions agricoles difficiles et une pénurie d’eau dans certaines régions. ment, ne spécifie aucune année de référence, ce qui ouvre la por te à toutes les interprétat ions . Le Canada en sait quelque chose, lui qui base ses cibles sur le niveau des émissions de 2006, plutôt que sur celui, internationalement reconnu, de 1990.
Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre de la réaction des pays émergents, qui se rebiffent. Si les membres du G8 – responsables de 47% des émissions mondiales – ne font pas leur part, comment exiger que les pays émergents – responsables de 25% des émissions – fassent la leur?
Pour se sortir de ce cercle vicieux, Sir David King, l’ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, a récemment proposé d’exclure le Canada – et le Japon – des négociations internationales.
Cette idée, évidemment, a bien peu de chances de se concrétiser. Mais elle nous en dit beaucoup sur les pressions qui seront exercées sur la communauté internationale, particulièrement sur le Canada, pour qu’en décembre, la conférence de Copenhague soit un plus grand succès que le dernier sommet du G8.

Votez pour cet article

Les lecteurs ont voté pour::  

BULLETIN ENVIRONNEMENTAL DUWWF   Le Canada au dernier rang

TORONTO — Le Canada occupe maintenant la dernière place dans le plus récent bulletin de notes en matière d’environnement décerné aux pays du G8 par le Fonds mondial pour la nature ( WWF) et le géant de l’assurance Allianz.
Selon ce rapport, le Canada est l’un des rares pays du G8 dont les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, la situation étant imputable à l’exploitation des sables bitumineux.
Le WWF et Allianz affirment que les émissions canadiennes par personne sont parmi les plus élevées au monde, ajoutant que les objectifs à moyen et court termes du pays sont inadéquats. Le Canada, tout comme la Russie, sixième, a « échoué au test », est-il écrit dans le rapport.
Keith Stewart, directeur du programme des changements climatiques du WWF au pays, a indiqué que « le Canada se trouve maintenant bon dernier parmi les nations du G8 en ce qui a trait à la protection de notre maison commune face à la menace des dangereux changements climatiques ».
L’Allemagne et le Royaume-Uni dominent la liste du G8 tandis que les États-Unis sont passés au sixième rang grâce aux récentes initiatives annoncées par l’administration du président américain Barack Obama.
Les auteurs du rapport demandent aux membres du G8 de réduire de façon substantielle leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2020, et de les faire chuter de pas moins de 95% d’ici à 2050.


Obama redécouvre le pétrole bitumineux -  François Cardinal
Le produit était jugé trop polluant par l’administration Bush
Après quelques tergiversations, Barack Obama a finalement décidé que les sables bitumineux du Canada feraient partie du cocktail énergétique de son pays pour bien des années à venir.
Malgré ce qu’il laissait entendre il y a un an, le président américain Barack Obama a décidé de miser sur les sables bitumineux albertains pour assurer la sécurité énergétique de son pays.
Au sortir d’une courte rencontre à huis clos, lundi, avec le premier ministre albertain, Ed Stelmach, le secrétaire américain à l’Énergie, Steven Chu, a livré un plaidoyer en faveur du pétrole bitumineux, tout en reconnaissant son important impact sur l’environnement.
« Il s’agit d’une source d’énergie qui mérite d’être exploitée d’une façon plus soucieuse de l’environnement », a-t-il indiqué, précisant néanmoins nourrir beaucoup d’espoir en la technologie, particulièrement la capture et le stockage des émissions carboniques.
Cela tranche avec les propos tenus il y a un an par le candidat Obama, qui promettait alors de rompre la dépendance de son pays par rapport au pétrole « sale, en déclin et coûteux ».
Si M. Obama n’avait pas fait mention des sables bitumineux comme tels à l’époque, son conseiller à l’énergie d’alors, Jason Grumet, avait osé franchir ce pas. « S’il s’avère que la technologie n’évolue pas et que la seule façon d’extirper le pétrole contribue aux changements climatiques, dans ce cas cette source pétrolière ne cadrerait pas avec nos objectifs à long terme », avait-il dit l’an dernier.
Or pour l’instant, aucun projet technologique n’est sur les rails pour aboutir à de tels résultats. Même que le ministre albertain de l’Environnement, Rob Renner, a indiqué mardi que la part du lion des 2 milliards de dollars prévus pour l’enfouissement du carbone était destinée à l’industrie du charbon.
« J’espère qu’il y aura au moins un projet lié directement ou indirectement aux sables bitumineux », s’est-il contenté d’ajouter.
L’ouverture de la Maison-Blanche au pétrole albertain tranche, ironiquement, avec la position adoptée par la précédente administration. Le président George W. Bush avait en effet mis des bâtons dans les roues des pétrolières albertaines avant son départ, interdisant à l’ensemble des agences fédérales d’acheter du pétrole à la production trop polluante, dont celui provenant des gisements bitumineux.
Pour certains observateurs, cela ne cadre pas du tout avec le « dialogue sur les énergies propres », lancé conjointement à Ottawa par M. Obama et Stephen Harper, il y a quelques mois.
Déjà miné par les pressions exercées par Ottawa sur la Californie, afin que cette dernière élimine de son plan vert les éléments ciblant négativement les sables bitumineux, le « dialogue » n’a encore produit aucun résultat.
Cela dit, dès janvier, des signes provenant des États-Unis laissaient présager un éventuel assouplissement de Washington par rapport au pétrole albertain. Hillary Clinton parlait alors de la sécurité énergétique des États-Unis et donc, de l’importance de s’approvisionner auprès des pays plus stables.
La nomination de James Jones à titre de conseiller à la sécurité nationale, aussi, allait en ce sens. Ce dernier, qui a ses entrées à Calgary, était auparavant président du 21st Century Energy, un organisme qui prône un rapprochement entre le Canada et les États-Unis.
Le rapprochement entre Washington et Calgary survient au moment où un important rapport scientifique sonne l’alarme sur l’impact qu’ont déjà les changements climatiques aux États-Unis. Émanant de ministères et d’organismes gouvernementaux, l’étude dévoilée mardi révèle que sans une modification de la consommation d’énergie, le réchauffement s’accélérera dans ce pays.
Précisons enfin qu’un livre publié cette semaine à Calgary, intitulé How Albertans Can Get Rich Saving the Planet, fait couler beaucoup d’encre. Signé par Peter Silverstone, psychiatre et membre de l’Edmonton Economic Development Corporation, l’ouvrage propose au gouvernement de construire pas moins de 100 centrales nucléaires pour réduire les émissions polluantes issues de l’exploitation des sables bitumineux.




Des autos plus efficaces… mais plus polluantes  - FRANÇOIS CARDINAL

Les autos n’ont jamais été aussi efficaces, aussi peu énergivores qu’aujourd’hui. Les normes gouvernementales sont plus sévères et la technologie, très poussée. Et pourtant, jamais les voitures n’ont autant pollué qu’aujourd’hui.

Pourquoi ? Parce qu’elles sont tout simplement plus grosses, plus lourdes et plus puissantes, autant d’éléments qui annulent carrément les gains en efficacité exigés par les autorités.
C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier l’annonce faite mardi par l’administration Obama, qui obligera les constructeurs à modifier leurs véhicules afin qu’ils puissent parcourir 35 milles au gallon en 2016, plutôt que les 25 milles actuels.
Cette mesure, qui devance de quatre ans l’implantation des normes attendues, s’étendra fort probablement au Canada, étant donné l’intégration des deux marchés. Le cas échéant, les véhicules consommeront 6,6 litres aux 100 kilomètres.
Une telle cible n’a rien de banal quand on sait que les émissions polluantes des VUS, camionnettes et autres fourgonnettes ont poussé à la hausse les gaz à effet de serre de tout le secteur du transport ces dernières années.
Au Québec, par exemple, les émissions de GES des automobiles ont diminué de 8% entre 1990 et 2007, mais celles des camions légers ont fait un extraordinaire bond de 91%. Résultat : une hausse globale de 11%.
Cela dit, tempérons l’annonce de la Maison-Blanche. Certes, le fait que le président ait réussi à réunir écologistes et constructeurs automobiles sur une même tribune montre que cette annonce fait consensus… mais aussi – et surtout – à quel point les États-Unis ne font que rattraper le temps perdu.
Mesurons l’étendue du retard. On souhaite améliorer les véhicules pour qu’ils parcourent 35 milles avec un gallon d’essence d’ici sept ans. Au Japon, à titre comparatif, les véhicules parcourront 48 milles… dès l’année prochaine. En Europe, 44 milles. Et en Chine, mieux encore, les véhicules parcourent actuellement 37 milles au gallon.
Au rythme où vont les choses, l’Amérique du Nord rejoindra les normes européennes actuelles… en 2030, estime le professeur Lee Schipper, de l’Université Stanford. L’annonce d’Obama équivaut donc, ni plus ni moins, à déplacer les chaises sur le pont du Titanic, a-t-il indiqué au New York Times.
Les vainqueurs, dans un tel contexte, ne sont donc ni les citoyens ni les écologistes, mais plutôt les constructeurs, qui ont réussi à repousser le plus longtemps possible l’implantation d’une norme nationale plus sévère. Leur sourire, mardi, en était la plus belle confirmation.
« L’industrie automobile atteindra en 2016 le niveau d’évolution qu’elle aurait dû atteindre en 2002 ou en 2004 », a souligné au Soleil George Iny, président de l’Association de protection des automobilistes.
Les poursuites intentées à tout vent pour ralentir le processus ont donc fait mouche : permettre aux constructeurs de gagner une bonne dizaine d’années, de vendre le plus de gros véhicules énergivores possible avant que l’inévitable ne survienne.
Un peu comme des enfants qui se dépêchent de mettre le plus de bonbons possible dans leur bouche avant qu’un parent ne découvre leur cachette…
D’ailleurs, en obligeant les constructeurs à se préparer à un monde où le pétrole coûtera beaucoup plus cher, le président Obama ne protège-t-il pas ces derniers contre eux-mêmes, comme on le fait pour les enfants ?




ENVIRONNEMENT : Ottawa veut ralentir Washington... et Schwarzenegger !...
Malgré l’ouverture d’un « dialogue sur les énergies propres » avec Washington, Ottawa fait actuellement pression sur la Californie afin qu’elle abandonne le plus important élément de son plan de lutte contre les gaz à effet de serre.
L’ambassadeur canadien aux États-Unis, Michael Wilson, et la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, ont envoyé des lettres directement au gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger (notre photo).
À mots à peine couverts, le Canada menace même de porter plainte devant les instances de l’Accord de libre-échange nordaméricain (ALENA), en raison de l’impact de la nouvelle norme antipollution californienne sur les sables bitumineux.
Les intentions du gouvernement Harper ont été révélées hier par le Parti vert du Canada, qui a mis la main sur deux lettres émanant des plus hautes instances fédérales. Écrites par l’ambassadeur canadien aux États-Unis, Michael Wilson, et par la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, les missives sont adressées directement au gouverneur Arnold Schwarzenegger.
«Le gouvernement a d’importantes inquiétudes concernant la sécurité énergétique des Californiens ainsi que l’équité et l’efficacité des normes à l’étude sur la faible teneur en carbone des carburants», note la ministre Raitt dans sa lettre datée du 21 avril dernier.
Laministre fait allusion à la réglementation approuvée le 23 avril dernier (Low Carbon Fuel Standards) par le plus populeux des États américains. Celle-ci vise une réduction des émissions polluantes provenant des carburants automobiles de 10% d’ici 2020.
La législation exige aussi que les pétrolières diminuent le niveau de polluant associé aux carburants qu’elles mettent en marché sous un certain niveau, ce qui pourrait carrément mener à l’interdiction de la vente d’essence provenant des gisements bitumineux d’Alberta.
« Le traitement inéquitable que pourrait imposer la réglementation au brut canadien nous inquiète vivement, précise Lisa Raitt. Cela pourrait être perçu comme des obstacles aux échanges entre nos deux pays. »
Pour le Parti vert du Canada, cela ne constitue rien de moins qu’une menace d’Ottawa à l’endroit de Washington, qui représenterait la Californie advenant une plainte devant l’ALENA ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« Nous savons maintenant que le gouvernement conservateur tente par tous les moyens d’empêcher les États-Unis de passer à l’action », a commenté la chef des verts, Elizabeth May, qui se réjouit qu’une bonne dizaine d’autres États américains envisagent de suivre l’exemple de la Californie.
Pour le député bloquiste Bernard Bigras, l’intention du fédéral est claire: affaiblir le plus possible la réglementation américaine, afin de n’avoir rien à changer. « Il faut se souvenir qu’en janvier dernier, le président Obama a ouvert la porte à une action individuelle des États en matière climatique, ceque le Canada tente de contrecarrer en agissant tel un lobbyiste des pétrolières et des grands manufacturiers d’autos. »
Dans sa lettre, Mme Raitt recommande à la Californie de modifier ses calculs, afin que le pétrole bitumineux soit considéré aussi polluant que le conventionnel, et ce, même si Environnement Canada évalue que la production du bitumineux est cinq fois plus polluante.
« Si la suggestion de Mme Raitt était retenue, le règlement n’aurait plus lieu d’être, car il ne tiendrait plus compte de l’impact environnemental des différents carburants. Or, il s’agit précisément de son objectif! » note Matthew Bramley, de l’Institut Pembina.
La Presse Canadienne citait dimanche l’avocat Simon Potter, expert des questions de commerce international chez McCarthy Tétrault, qui soutenait que les nouvelles normes californiennes seraient fort probablement jugées « discriminatoires » si une plainte était déposée devant l’OMC ou l’ALENA.

 

 
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Un lobby américain a sciemment menti
— Un puissant groupe américain représentant les industries du pétrole, du charbon et de l’automobile qui affirmait que les gaz à effet de serre ne participaient pas au réchauffement climatique savait depuis des années que c’était pourtant le cas, selon le Washington Post.
Ce groupe, la Global Climate Coalition (GCC), a assuré pendant des années que les preuves scientifiques d’un lien entre émissions de CO et réchauffement climatique étaient insuffisantes pour justifier que les États-Unis ratifient le protocole de Kyoto. Pourtant, a affirmé le quotidien dans sa livraison d’hier, « en 1995, un résumé de la question rédigé par ses propres scientifiques concluait que "les bases scientifiques sur les gaz à effet de serre et l’impact potentiel des émissions d’origine humaine (...) comme le CO sur le climat sont bien établies et ne peuvent pas être contestées"». Selon le Post, ce passage a ensuite été « effacé » avant publication.
Révélée vendredi par le New York Times, cette information a été battue en brèche par William O’Keefe, président de la GCC jusqu’en 2002, lors de l’extinction du groupe. On a « l’impression que les entreprises appartenant à la GCC ont volontairement induit le public en erreur sur le rôle des hommes sur le climat », a-t-il déclaré au Washington Post. « C’est de la fiction. Nous disions à l’époque qu’il y avait suffisamment d’incertitudes sur l’ampleur de l’influence humaine pour que Kyoto ne se justifie pas. »
Le sénateur démocrate John Kerry a estimé que la révélation de ce passage effacé « soulignait le besoin d’être prudent sur les analyses émanant des industriels qui vont être publiées » à l’occasion du débat au Congrès sur le projet de loi sur l’énergie.


Les pays développés et émergents ne s’entendent pas
Réunion des ministres de l’Environnement en Italie
OTTAWA — Malgré des progrès, d’importantes divergences de position persistent entre les pays développés et en développement quant aux moyens à prendre pour lutter contre les changements climatiques, déplore le ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice.
Jim Prentice, ministre canadien de l’Environnement, participait hier à une réunion de ses homologues du G8 et des pays émergents, à Syracuse, en Italie.
Ce dernier participait hier à une réunion de ses homologues du G8 et des pays émergents, à Syracuse, en Italie, qui vise à mettre la table en prévision du sommet de Copenhague sur les changements climatiques, qui se déroulera en décembre prochain.
Pour l’occasion, le G8 ( ÉtatsUnis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Canada, Japon, Russie) avait invité à la table de discussions plusieurs pays émergents, dont la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, le Mexique et l’Afrique du Sud.
Selon M. Prentice, les 17 pays présents qui, ensemble, sont responsables d’environ 85% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales, s’entendent sur l’importance d’en arriver à la signature d’un accord à Copenhague pour l’après-Kyoto. Mais les conditions de l’entente sont loin d’être réglées, a constaté le ministre canadien.
« Il existe toujours une profonde division entre les pays développés et en développement, a dit M. Prentice en entrevue à La Presse. L’argument des pays en développement, c’est qu’ils ne sont pas responsables des plus grandes sources d’émission de carbone des dernières décennies. Ce sont des pays qui tentent d’améliorer leurs conditions de vie, ils veulent continuer à se développer et s’attendent à une entente qui respecterait leur contexte particulier. »
Ces pays, notamment le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, veulent participer à l’effort mondial de réduction des émissions de GES, mais voudraient en échange pouvoir profiter des avancées technologiques des pays développés, a indiqué le ministre.
« C’est toute la question d’avoir les pays développés qui aideraient les pays émergents à éponger les coûts de tout ça » qui n’est pas réglé, a souligné M. Prentice, ajoutant que la réunion de Syracuse ne constituait pas une période de négociations, mais bien d’échanges et de discussions afin de connaître les positions de chacun.
Selon lui, l’actuelle crise économique mondiale ne devrait pas empêcher les pays d’en arriver à une entente en 2009 dans la lutte contre les changements climatiques. Les objectifs d’un éventuel accord signé à Copenhague seraient pour la période après 2011, argumente-t-il.
Par ailleurs, l’arrivée en poste du président Barack Obama et le changement de direction de la nouvelle administration américaine au sujet de l’environnement auront, selon M. Prentice, une influence positive sur les négociations internationales pour en venir à un accord pour lutter contre les changements climatiques.
Àl’initiativeduprésidentObama, le ministre canadien et plusieurs de ses homologues se retrouveront d’ailleurs à Washington dès la semaine prochaine pour un forum de l’énergie et du climat, annoncé par la Maison-Blanche en mars.
Ce forum se veut une autre étape visant à faciliter le dialogue entre pays développés et pays émergents, toujours en prévision de la Convention de Copenhague.


L’air deMontréal moins bon en 2008
Le nombre de journées où l’air est nocif à Montréal a augmenté de plus de 50% l’an dernier, selon un bilan rendu public hier par les autorités municipales. Mais la qualité de l’air est en voie de s’améliorer, assure le responsable du dossier, Alan DeSousa, en grande partie grâce au nouveau règlement sur les foyers au bois.
En 2008, l’air était de mauvaise qualité une journée sur cinq à Montréal, une hausse de 50% par rapport à l’année précédente, selon les données de la Ville.
La Ville a recensé 68 journées où l’air était de « mauvaise qualité » en 2008 (soit une journée sur cinq), selon le document publié hier par M. DeSousa, responsable du développement durable au comité exécutif. Il y en avait eu 44 en 2007.
Tous ces épisodes sont attribuables à une forte concentration de fines particules polluantes, dont plus de 60% sont émises par des foyers au bois. La vaste majorité de ces journées ont d’ailleurs été observées entre les mois de novembre et avril, la période de l’année où les Montréalais utilisent leurs foyers et leurs poêles.
Mieux dans l’industriel
Les concentrations de dioxyde de soufre et de benzène, deux polluants industriels, ont pour leur part baissé du quart dans l’est de l’île de Montréal. Et d’autres substances nocives, comme l’ozone et le monoxyde d’azote, sont restées à des taux stables.
« On constate qu’il y a eu des améliorations dans le secteur industriel, a indiqué M. DeSousa. Maintenant, la prochaine étape, c’est l’amélioration du taux de particules fines. »
L’administration Tremblay a adopté l’hiver dernier un règlement qui interdit l’installation de tout nouveau foyer ou poêle au bois. Mais la mesure n’oblige pas les propriétaires à remplacer les foyers existants par des dispositifs qui carburent aux granules de bois, au gaz naturel ou à l’électricité, une mesure que réclament les écologistes.
Tant qu’un tel règlement ne sera pas en vigueur, dit le directeur général du Conseil régional de l’environnement de Montréal, André Porlier, les épisodes de mauvaise qualité de l’air resteront fréquents.
« Les 68 journées de mauvaise qualité de l’air de 2008, c’est en fonction des foyers qui sont déjà en place, explique-t-il. Et le règlement de la Ville ne s’y attaque pas encore. »
M. DeSousa appuie l ’ idée de remplacer chaque foyer sur le territoire de la Ville. Mais un tel projet ne se réalisera pas sans l’aide de Québec, précise-t-il.
« C’est une des raisons pour lesquelles on demande au gouvernement du Québec de mettre en place un programme pour inciter les 85 000 personnes qui ont un foyer ou un poêle au bois à le remplacer par une technologie moins nocive. »
La météo coupable
L’augmentation du nombre de journées où l’air est de mauvaise qualité peut sembler spectaculaire, mais elle est en grande partie attribuable à la météo. La pluie fait en sorte que les particules polluantes sont précipitées au sol. Lorsque l’été est pluvieux, comme c’était le cas en 2007, on compte moins de jours où la qualité de l’air est mauvaise.


RECYCLAGE DE PILES USAGÉES  Les écocentres repoussent les commerçants - François Cardinal

EXCLUSIF
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles usagées dans mon magasin, tout ça parce que l’écocentre ne veut plus nous voir. »
Bien qu’une infime partie des piles usagées soient recyclées, les écocentres de Montréal ont décidé de fermer leurs portes aux commerçants qui avaient pris l’habitude d’y rapporter celles de leurs clients, a appris La Presse.
Le taux de récupération des piles non rechargeables est d’à peine 5,6% dans la province.
Puisqu’il n’existe que très peu de lieux où déposer ces déchets dangereux, les six écocentres de la Ville acceptaient en effet, jusqu’à tout récemment, de reprendre les piles domestiques des petits commerces, même si ce n’était pas leur mandat.
« Comme le phénomène prend de l’ampleur, nous avons cessé de reprendre les piles des commerces, institutions et industries, car ce service est uniquement mis à la disposition des citoyens », a précisé Valérie De Gagné, porte-parole de la Ville.
C’est donc à regret que plusieurs propriétaires de PME (petites et moyennes entreprises), telles les quincailleries et les pharmacies, doivent maintenant suggérer à leur clientèle de se débarrasser euxmêmes de leurs piles.
« Les clients nous disent qu’ils vont aller magasiner ailleurs parce qu’on ne reprend pas les piles qu’on leur vend, déplore Manon, directrice d’une pharmacie Jean Coutu de l’avenue du Mont-Royal. Mais ce n’est pas de la mauvaise volonté de notre part. »
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles usagées dans mon magasin, tout ça parce que l’écocentre ne veut plus nous voir », renchérit Yan Lamoureux, directeur de la quincaillerie Rona DeLorimier.
Les commerçants joints hier se sont dits inquiets de cette nouvelle orientation de la Ville, prédisant que cela allait inciter bien des gens à jeter tout simplement leurs piles domestiques à la poubelle, ce qui aurait pour effet de réduire encore plus le nombre de piles domestiques récupérées.
Or, selon Recyc-Québec, le taux de récupération des piles non rechargeables est d’à peine 5,6% dans la province, ce qui signifie que plus de 94% d’entre elles prennent déjà le chemin du dépotoir, et ce, malgré leur dangerosité.
En effet, les piles sont considérées comme des résidus domestiques dangereux, en raison de leur contenu en métaux lourds et de leur potentiel de réactivité et de corrosivité. En 2004, au Canada (il n’existe pas de données québécoises similaires), on a ainsi enfoui plus de 765 tonnes de plomb, 1670 tonnes de zinc et 0,4 tonne de mercure.
La situation est sensiblement la même pour les piles rechargeables, recyclées à 6%. Toutefois, à Montréal, il est facile de s’en débarrasser de manière responsable, puisque les casernes de pompiers participent toutes au programme de la Société de recyclage des piles rechargeables.
Il s’est vendu au Québec, en 2006, 114 millions de piles rechargeables et 6 millions de piles non rechargeables. Cela signifie qu’en deux ans, les ventes de ces produits ont grimpé de manière importante, respectivement de 12,5% et de 22%.
En raison de la popularité des téléphones cellulaires et des ordinateurs portables, Global Strategic Analysts évalue que la demande canadienne pour les piles augmentera d’environ 8% annuellement.
Projet de règlement
Notons que le gouvernement du Québec compte déposer bientôt un projet de règlement visant à obliger les fabricants de piles, notamment, à reprendre les produits qu’ils vendent, une fois leur vie utile terminée, afin qu’ils soient recyclés.
L’objectif, auquel souscrit la Ville deMontréal, est d’instaurer la « responsabilité élargie des producteurs », afin de contraindre ces derniers à « élaborer, financer, mettre en place et opérer » un programme de récupération de leurs produits. « Nous appuyons la démarche du gouvernement, a indiqué Valérie De Gagné, de la Ville. Nous attendons cela pour donner un coup de main aux petits commerçants. »
N’y a-t-il pas des fournisseurs de piles qui acceptent de reprendre leurs produits? « Oui, répond Yan Lamoureux, mais ils nous obligent en contrepartie à placer 12 pieds de produits dans notre commerce, ce qui est impossible lorsque celui-ci est de petite taille. »
« En attendant, nous sommes pris avec les piles », se désole Gilles Sainte-Marie, directeur d’une autre pharmacie Jean Coutu du Plateau Mont-Royal.


Entrepreneurs tout-puissants  -  Marie-Ève Kirouac & Jonathan Carbonneau
Pourquoi peuvent-ils raser tous les arbres alors que les citoyens s’évertuent à protéger l’environnement?
Nous vivons à une époque où le citoyen se fait un devoir de recycler tout ce qui est recyclable, de réutiliser ou récupérer un objet qui peut encore servir, de faire du compostage (même avec un petit bac placé dans une armoire si on manque d’espace), d’apporter ses sacs réutilisables à l’épicerie et de fermer l’eau pendant le brossage de dents. Mais surprise, les entrepreneurs peuvent défricher complètement les espaces qui serviront à la construction résidentielle. Voilà ce qui se passe à Mirabel et qui amène un certain questionnement.
Nous voilà déménagés à Mirabel depuis 3 ans et propriétaire du terrain depuis 4 ans. Nous avons eu le temps d’observer la façon d’agir du promoteur dans notre secteur. Il rase tout. C’est pas grave, semble-t-il se dire, la ville donne un arbre à chaque propriétaire d’une nouvelle résidence!
À la suite de nos déplorables observations, nous avons téléphoné au ministère de l’Environnement l’an passé pour signaler que ce même entrepreneur avait déplacé un ruisseau (qui ne ressemble plus maintenant à un ruisseau après la touche destructrice de cet individu) et que celui-ci s’apprêtait à raser la forêt derrière chez nous, alors qu’il devait y laisser une grande bande d’arbres entre les deux rues concernées.
Un représentant du ministère de l’Environnement est venu visiter le site à deux reprises et il a fait son enquête. Résultat: le ruisseau a bel et bien été déplacé sans permission. Ses commentaires ont été dans le sens de «si le ruisseau était à nouveau déplacé, il y aurait davantage de dommages». Bravo pour le promoteur délinquant qui réussissait à vendre un terrain de plus en ayant déplacé le ruisseau.
Pour ce qui est des arbres derrière chez nous, un endroit zoné agricole, l’entrepreneur aurait réussi à faire modifier le zonage de cet endroit et ses plans auraient été acceptés par le Ministère. Les arbres seront donc tous abattus et nous n’y pouvons rien. Mauvais exemple de la part de nos dirigeants.
Le plus navrant dans tout ça, c’est que nous nous étions regroupés entre voisins et avions proposé au promoteur d’acheter une bande de terrain derrière nos maisons, espace que nous aurions laissé zoné agricole… et, de plus, cela aurait augmenté la valeur des terrains de l’entrepreneur. À notre grande surprise, sans respect, il a refusé. Ses plans avaient déjà été acceptés par le Ministère.
Nous voudrions que quelqu’un nous explique pourquoi les entrepreneurs ont tant de pouvoir, pourquoi le citoyen doit faire tant d’efforts pour protéger l’environnement et que ceux qui ont l’argent n’ont pas à en faire. Que quelqu’un nous explique pourquoi dans la plupart des villes, les entrepreneurs et les résidants n’ont pas le droit de couper les arbres à moins d’obtenir un permis, et qu’à Mirabel, une ville en pleine expansion démographique, tout est permis, sans discernement?
La prochaine fois que vous demanderez à votre municipalité un permis pour abattre un arbre chez vous, pensez à tous ces entrepreneurs qui, eux, le font sans rendre de compte à personne. Qui protège notre environnement ? Pendant qu’on se questionne, depuis ce matin, je les entends commencer à défricher…







Les environnementalistes somment Ottawa d’agir 
(NDE : encore une fois...)
Négociations sur les changements climatiques à Bonn
« Le Canada arrive à ces négociations avec zéro crédibilité, a estimé Dale Marshall, analyste à la Fondation David Suzuki. Ce qu’on voit au Canada, c’est un manque total de leadership. »
— À la veille des prochaines négociations en prévision d’un nouveau traité international sur les changements climatiques, les environnementalistes somment le gouvernement canadien de changer son fusil d’épaule et d’accepter de contribuer financièrement pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
En conférence de presse à Ottawa, les représentants de plusieurs groupes environnementalistes réunis dans le Réseau action climat ont dénoncé le « manque de leadership » du gouvernement conservateur de Stephen Harper ainsi que la nouvelle position du ministre de l’Environnement, Jim Prentice, qui « attend Washington » pour agir dans le dossier.
Le 1er juin débute à Bonn, en Allemagne, d’importantes négociations où, pour la première fois, des textes juridiques seront étudiés dans le but de conclure une entente internationale à Copenhague, en décembre prochain.
« Le Canada arrive à ces négociations avec zéro crédibilité, a estimé Dale Marshall, analyste à la Fondation David Suzuki. Ce qu’on voit au Canada, c’est un manque total de leadership. Si on veut vraiment jouer un rôle constructif, à l’égard des États-Unis mais aussi sur le plan international, il faut qu’on sente le besoin d’urgence, et ce n’est pas du tout le cas. »
Le principal enjeu discuté à Bonn sera la contribution financière des pays industrialisés aux efforts des pays en développement pour s’adapter aux changements climatiques et réduire leurs émissions de GES, à l’aide notamment de transferts technologiques. La question divise les deux camps.
L’Institut Pembina chiffre à entre 2 et 6 milliards de dollars la « juste part » annuelle du Canada dans l’effort international pour appuyer les pays en développement.
Clare Demerse, de l’Institut Pembina, rappelle que le Canada a pris l’engagement, même récemment, lors de la signature du traité de libre-échange avec l’Union européenne, de contribuer à l’effort financier international.
Le non-respect des engagements de Kyoto a terni la réputation canadienne en matière de lutte contre les changements climatiques, soutiennent les environnementalistes.
« Tous les modèles économiques démontrent que plus on attend longtemps avant d’agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, plus ça va coûter cher », a critiqué M. Marshall.
L’inaction a déjà un coût, a ajouté Mme Demerse: l’Institut KofiAnnan calcule dans un récent rapport que les changements climatiques causent pour 125 milliards de dollars par an de pertes économiques.
Jeudi, le ministre Prentice a affirmé que le Canada attendrait la mise en application des mesures américaines pour imposer des contraintes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre aux industries du pays, soit pas avant 2012 à 2016.
« Ce qu’on a devant nous maintenant, c’est un gouvernement qui n’a pas de stratégie, qui n’a pas de politique, qui n’a pas de plan et qui s’apprête à jouer un rôle de plante verte sur la scène internationale et canadienne », a déploré hier le critique du Bloc québécois en environnement, Bernard Bigras. Le député conservateur de Langley, Mark Warawa, s’est porté à la défense du ministre de l’Environnement et a assuré que le gouvernement fédéral faisait preuve d’un « leadership fort » sur la scène internationale.
Le temps presse, notamment pour les pays les plus pauvres de la planète, aux prises avec de plus en plus de catastrophes naturelles.
« La terrible injustice des changements climatiques est que les populations les plus pauvres sont les plus touchées, mais ce sont elles qui ont le moins contribué au problème », a souligné Mark Fried, d’Oxfam-Canada.

 
GES Rapport du commissaire à l’environnement - Ottawa ne peut démontrer l’efficacité de ses mesures
« Sans un système pour faire le compte des réductions d’émissions résultant des mesures qu’il aura adoptées, le gouvernement ne pourra informer le Parlement sur leur efficacité. »
— Envi ronnement Canada est incapable de démontrer si les mesures comprises dans son plan de lutte contre les changements climatiques sont efficaces, conclut le commissaire à l’environnement, Scott Vaughan, dans un rapport rendu public hier.
Le commissaire à l’environnement, Scott Vaughan (à gauche) et la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, en conférence de presse hier après avoir remis leurs rapports respectifs.
« Sans un système pour faire le compte des réductions d’émissions résultant des mesures qu’il aura adoptées, legouvernementnepourra informer le Parlement sur leur efficacité », a souligné M. Vaughan en conférence de presse.
Environnement Canada a admis qu’il lui semblait impossible d’avoir « un système permettant de surveiller les réductions réelles d’émissions de GES pour chacune des mesures déclarées dans les plans ».
Dans son rapport, le commissaire note une contradiction entre les estimations de réductions d’émissions et l’absence de mesures des progrès réalisés. « Le Ministère n’a pas expliqué pourquoi les réductions attendues d’émissions peuvent être estimées à l’avance, alors que les réductions réelles ne peuvent être mesurées après le fait », écrit M. Vaughan.
Bien que le gouvernement conservateur ait déjà indiqué qu’il ne respecterait pas les objectifs du protocole de Kyoto, il est toutefois tenu, théoriquement, de suivre les exigences de la Loi de mise en oeuvre du document, entrée en vigueur en 2007, grâce à un effort concerté des partis de l’opposition. Conformément à cette loi, le gouvernement a déjà présenté deux plans de lutte contre les changements climatiques, en 2007 et 2008.
Ottawa est notamment tenu, par la Loi, d’inclure dans ces plans la description et les mécanismes des mesures prises pour réduire les émissions, la date d’entrée en vigueur des mesures, ainsi que la quantité de réductions d’émissions de gaz à effet de serre réalisées ou anticipées. Or, le gouvernement a omis de remplir plusieurs de ses exigences, estime le commissaire.
M. Vaughan constate pa r ailleurs une « faiblesse récurrente » et un « manque de transparence » dans le calcul des prévisions de réductions dans les plans gouvernementaux. Les réductions d’émissions attendues dans l’élaboration du Cadre réglementaire sur les émissions industrielles de gaz à effet de serre sont « surestimées », selon le commissaire. Or, cette mesure représente 80% de la réduction totale attendue pour la période allant de 2008 à 2012.
Le gouvernement mise sur le Fonds technologique pour développer de nouveaux procédés verts et ainsi contribuer à la réduction des émissions. Or, M. Vaughan constate que cette mesure ne donnera pas de résultats avant longtemps, « compte tenu du temps nécessaire pour développer, déployer et adopter de nouvelles technologies ».
Les objectifs du gouvernement pour 2012, déjà très loin de ceux du protocole de Kyoto, ne seront très probablement pas atteints, conclut donc le rapport.
« Vaste fumisterie »
Réagissant à la publication du rapport, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a qualifié de « vaste fumisterie » les actions du gouvernement conservateur, estimant qu’il ne fait que « gagner du temps » au profit des pétrolières. Son porte-parole en environnement, Bernard Bigras, a pour sa part qualifié de « hors-laloi » le gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques.
La Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto prévoit que le commissaire à l’environnement évalue tous les deux ans les progrès réalisés par le Canada pour mettre en oeuvre ses plans de lutte contre les changements climatiques. Le Ministère doit présenter son prochain plan d’ici la fin du mois de mai.
Le ministre de l’Environnement a rejeté les critiques du commissaire et assuré que le Canada se présenterait à la réunion internationale de Copenhague, à la fin de l’année, comme un « joueur majeur ».
« Nous avons une stratégie et nous faisons des progrès. Nous travaillons sur les plans domestique, continental et international, a dit le ministre JimPrentice. J’ai déjà indiqué que d’ici à Copenhague, nous aurons une politique pour chaque source d’émission au Canada. »




Le ministre Prentice sous pression
OTTAWA — Le ministre de l’Environnement, JimPrentice, dit sentir de la pression de la part de la communauté internationale pour placer les changements climatiques au haut ddu programme politique des sommets du G20 et du G8 qui auront lieu cet été au Canada.
Même s’il n’est pas la personne la plus convaincue de l’importance de cet enjeu, il n’a pas non plus fermé la porte à la suggestion. Ainsi, au cours d’une entrevue à La Presse Canadienne, M. Prentice a souligné que le Canada était dévoué à transformer l’accord de Copenhague en traité international contraignant, et ce, bien avant la fin de 2010.
Le ministre a également ajouté que l’accord reflétait les principes du pays et que tout ce qui pourrait faire avancer le processus visant à sa transformation en traité était important. Mais Jim Prentice n’a pas été en mesure de dire si les sommets du G8 et du G20, qui auront lieu en juin, serviront à cet objectif, soulignant que cela dépendra des pourparlers avant cette date.
Le ministre a néanmoins assuré que le Canada participera à la rédaction de la première esquisse du traité international mais qu’il ne sait pas encore à quelle étape sera rendue le processus lorsque le G20 aura lieu.
L’accord de Copenhague est une déclaration de principe de trois pages qui presse les pays de limiter le réchauffement climatique, de prendre des engagements pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre et de promettre un financement pour aider les pays en voie de développement pour gérer les changements climatiques.

LE CANADA « FOSSILISÉ »
Cancre parmi les cancres. C’est ainsi que le regroupement des écolos internationaux a justifié sa décision de remettre au Canada le prix « Fossile de l’année », récompensant le pays ayant le plus nui aux négociations en 2009. Remis à la suite d’un vote, l’honneur a été décerné lors d’une cérémonie à Oeksenhallen, au centre de la capitale danoise, au rythme d’une chanson de Céline Dion tirée du film Titanic.


CHANGEMENTS CLIMATIQUES  Pas de plan intérieur avant un plan international, dit Prentice  -  Malorie Beauchemin

OTTAWA — Après avoir promis un plan canadien, puis un plan nord-américain, le ministre de l’ Environnement, Jim Prentice, estime maintenant qu’il faut une entente internationale en matière de c ha ngements c l i mat i ques avant de définir un cadre réglementaire canadien.
Hier, à la sortie de la Chambre des communes, le ministre Prentice a justifié sa décision de reporter, de nouveau, l’adoption de règles contraignantes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises canadiennes en rejetant la responsabilité sur l’échec des pourparlers en vue de la Conférence internationale de Copenhague.
« L’enjeu, c’est la préparation d’une entente internationale, a dit le ministre Prentice. Pour notre système de réglementation continentale ou nationale, nous avons besoin d’une entente internationale. C’est très important en raison des implications pour notre système national. »
Or, il n’y a selon lui « pas de progrès » dans les négociations vers Copenhague.
Au comité permanent de l’environnement, qui entendait notamment des représentants de l’industrie pétrolière, hier, le député conservateur Blaine Calkins a j ugé que d’adopter des objectifs clairs de réductions d’émissions – comme le prévoit le projet de loi C-311, du NPD –, serait l’équivalent de jouer au poker « en montrant ses cartes ».
Une « promesse brisée »
L’argument ne tient pas la route, selon les environnementalistes et les partis de l’opposition à Ottawa.
« Tous les pays ont leurs cibles ; l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’ Union e u r opéen ne. I l s ont t ous u n obj e c t i f avec ou s a ns Copenhague, et ils ont tous dit qu’ils iraient plus loin s’il y a un accord à Copenhague », a souligné Dale Marshall, de la fondation David Suzuki.
Cette « nouvelle promesse brisée » des conservateurs illustre selon lui que le gouver nement « ne veut r i e n faire » pour lutter contre les changements climatiques.
« Ils utilisent le manque de progrès à Copenhague comme excuse pour ne pas avoir de plan national. Pas avoir de plan, c ’est ça qui nuit aux négociations », a conclu M. Marshall.
Le critique libéral en environnement, David McGuinty, voit « une abdication de souveraineté » dans les actions du gouvernement, qui selon lui laisse d’autres pays décider du plan canadien.
Aujourd’hui, le NPD de Jack Layton déposera une motion pour forcer l’adoption rapide du projet de loi C-311, qui prévoit des cibles contraignantes de réductions d’émissions. La semaine dernière, les conservateurs, aidés des libéraux de Michael Ignatieff, ont réussi à bloquer l’adoption hâtive de ce projet de loi, jugeant qu’il méritait davantage d’analyses en comité.
Par ailleurs, le NPD a été contra i nt de s e dissocier, hier, d’u ne manifestation qui a tourné au vinaigre, la veille, alors que des milit ants environnementalistes ont perturbé la période de questions, avant d’être escortés par les forces de l’ordre à l’extérieur du parlement. C’est que l’un des leaders de la manifestation, Joe Cressy, est membre de l’exécutif du NPD dans la circonscription du député d’Ottawa-Centre, Paul Dewar, a menant l es c onser vateu r s à s uggérer l’implication des néo-démocrates de Jack Layton.
« On n’est pas associés à la manifestation, a assuré M. Layton. M. Harper veut probablement suggérer que c’est le cas, mais ce n’est pas la vérité. »

CHANGEMENTS CLIMATIQUES  Le ministre Prentice s’attire les foudres de l’opposition   -  Malorie Beauchemin

OTTAWA — À l a veille de l a Jou r née i nter nationa l e d’action pour le climat, l’admission, par le ministre de l’Environnement Jim Prentice, qu’il c r oit que le Canada devrait avoir des cibles de réduction d’émissions moins contraignantes que les pays européens a soulevé la colère de l’opposition à Ottawa.
« Les déclarations du ministre de l ’ E nv i r o n n e ment dépassent les bornes, a jugé le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette. C’est t ot a l e ment r i d i c u l e comme approche et ça illustre la volonté du gouvernement conservateur de saboter les négociations à Copenhague. »
Da n s u ne e nt r e v ue a u Globe and Mail, hier, le minist re Prentice a a f f i r mé que compte tenu de sa structure industrielle énergivore et de l a c r oissa nce soutenue de sa population, le Canada ne devrait pas avoir des objectifs aussi contraignants de réduction d’émissions de gaz à effet de serre que, par exemple, l’Europe ou le Japon.
À l’approche de la conférence internationale sur les changements climatiques de Copenhague, en décembre, les pays du monde entier entament un dernier sprint afin de conclure une entente commune pour remplacer le protocole de Kyoto, qui vient à échéance en 2012. Mais déjà, Ottawa réduit les attentes en affirmant que la conclusion d’une entente historique est peu probable, faute de temps pour négocier. Les pourparlers achoppent sur plusieurs points, entre autres sur le fait que le Canada réclame que les pays aient des objectifs de réduction différents, plutôt qu’une cible commune.
« Il se rend à la plus importante rencontre environnementale de l’histoire de notre pays et essentiellement (le ministre Prentice) dit que c’est peine perdue », a déploré le député néo-démocrate Paul Dewar.
« Non seulement le Canada n’a pas respecté sa signature au bas du protocole de Kyoto, mais il n’a pas cessé de saboter les négociations pour la suite », a critiqué, quant à lui, M. Paquette.
Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, a pris la balle au bond et rejeté une partie de la responsabilité sur le précédent gouvernement.
« Ce sont les libéraux qui ont signé l’accord de Kyoto et ils n’ont rien fait. Nous avons fait beaucoup de choses, a-til assuré. Nous avons mis en place les niveaux et aussi les programmes pour réduire les émissions. »
Manque d’ambition du gouvernement
Les partis de l’opposition et les groupes environnementalistes reprochent depuis des années au gouvernement de Stephen Harper son manque d’ambition dans la lutte contre les changements climatiques.
Pour l e c r i t ique l i béra l en envi r onnement, David McGuinty, Ottawa se cache der r i ère l ’ i dée d’u n pla n « continental », qui n’existe pas, pour éviter d’aborder la question de front.
« Nous ne sommes pas en train d’avoir un dialogue énergétique avec les États-Unis, comme pays indépendant. Maintenant, selon M. Prentice, nous faisons partie d’un plan nord-américain pour les changements climatiques. C’est une nouveauté pour les Américains et les Mexicains, a ironisé M. McGuinty. Où est ce plan nord-américain pour les changements climatiques? C’est une ruse pour cacher le fait que le Canada n’a pas de plan domestique et que le ministre ne veut pas voir d’entente à Copenhague. »
Le Parti vert du Canada s’est lui aussi insurgé contre les propos jugés « décourageants » du ministre quant à l’issue des négociations à Copenhague.
« L’obstination du Canada à réclamer un traitement de faveur signifie qu’une réussite pour le pays sera un désastre pour la planète », a souligné dans un communiqué Adriana Mugnatto-Hamu, porte-parole du Parti vert dans le dossier des changements climatiques.
De nombreux groupes environnementalistes participeront aujourd’hui à la Journée internationale d’action pour le climat dans plusieurs villes canadiennes. À Ottawa, un groupe de manifestants entend se rendre très tôt devant la résidence du premier ministre Stephen Harper pour lui transmettre le message qu’il est temps de « se réveiller » dans le dossier des changements climatiques.
À Montréal, des membres de différents groupes écologistes, dont Équiterre et Greenpeace, se réuniront pour une « grande cacophonie » de 350 secondes, à l’aide d’instruments traditionnels ou « imaginatifs ».

« Le gouvernement ne veut pas voir d’entente à Copenhague »  -  Malorie Beauchemin

, dit David McGuinty
OTTAWA — Le gouvernement conservateur de Stephen Harper « ne veut pas » que soit conclu un nouvel accord international sur la lutte contre les changements climatiques et c’est pour cette raison qu’il fait obstruction aux négociations en cours, soutient le critique libéral en environnement, David McGuinty.
Le député ontarien a réagi ainsi à des propos qu’a dits le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, au quotidien albertain Calgary Herald, dans lesquels il affirme qu’il n’y aura probablement pas d’entente conclue pendant la conférence sur les changements climatiques, en décembre prochain, en raison d’un manque de temps pour s’entendre.
« Depuis quatre ans, on voit le Parti réformiste-conservateur sous M. Harper essayer de bloquer tout progrès à l’échelle internationale, a estimé M. McGuinty. Le ministre Prentice est en train d’annoncer que le gouvernement conservateur ne veut pas voir d’entente conclue à Copenhague. »
Au cours d’une rencontre à Bangkok, la semaine dernière, la position du Canada de rejeter l’inclusion du protocole de Kyoto à un nouvel accord a été vivement critiquée par plusieurs pays émergents, qui réclament des engagements plus importants des pays industrialisés.
« C’est un effort systématique depuis quatre ans de tout faire pour faire échouer les négociations internationales », a souligné M. McGuinty.
Plusieurs environnementalistes semblent du même avis.
« C’est très troublant de voir le ministre dire que ce n’est pas possible d’avoir un accord fort à Copenhague parce qu’il a le pouvoir de changer ça, a estimé Clare Demerse, de l’ I nstitut Pembina. Jusqu’à maintenant le Canada a fait partie du problème et non de la solution. »
« La route vers Copenhague est incroyablement difficile. C’est vrai qu’il y a beaucoup à faire, a renchéri Dale Marshall, de la Fondation David Suzuki. Mais une des plus grandes raisons pour lesquelles il y a beaucoup à faire, c’est parce que le Canada bloque tout. »
L e Canada, dit-i l , s ’e s t notamment opposé, il y a deux ans, à un accord pour une cible collective pour tous les pays i ndustrialisés. Ottawa était aussi le seul pays à refuser que tous les pays utilisent la même année de référence.
« À la f i n, est-ce que le Canada sera le seul responsable s’il y a échec des négociations ? Non. Mais est-ce que notre pays sera un des plus responsables ? Absolument », croit M. Marshall.
Du côté du Bloc québécois, le député Bernard Bigras estime que le ministre Prentice a baissé les bras, « comme l’étudiant qui s’apprête à passer l’examen et craint d’échouer parce qu’il n’a pas été assidu dans ses devoirs ».

Sommet sur le climat à l’ONU hier / Harper se défend d’être sur la touche  -  RICHARD HÉTU
NEW YORK— Critiqué pour la position de son gouvernement face aux changements climatiques, le premier ministre Stephen Harper, s’est défendu d’être sur la touche dans ce dossier qui a fait l’objet d’un sommet
« Le Canada travaille de façon très étroite avec les États-Unis », a-t-il déclaré en après-midi aux journalistes après une rencontre à l’hôtel de ville de New York avec le maire Michael Bloomberg. « Nous avons des cibles et des approches très similaires. »
Le premier ministre Harper était l’un des 25 dirigeants invités par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à discuter d’environnement en soirée, dans l’espoir de relancer la négociation d’un nouvel accord sur le réchauffement à Copenhague.
« Notre position est claire, a déclaré Stephen Harper lors d’un point de presse impromptu. Nous voulons une entente internationale efficace qui inclut les grands émetteurs de gaz à effet de serre, et nous sommes en train de développer une vraie approche continentale avec l’administration Obama. Nous partagerons notre expérience et notre perspective ce soir. »
Mais les représentants de groupes écologistes présents à New York ont jugé nettement insuffisante la participation du Canada au sommet de l’ONU. Le premier ministre Harper, ont-ils déploré, n’y a fait aucune déclaration officielle, contrairement à plusieurs dirigeants, dont les présidents américain, chinois et français. Et il n’a pas pris part aux tables rondes, auxquelles il a préféré déléguer son ministre de l’Environnement, Jim Prentice.
« La Chine en fait plus actuellement pour lutter contre les changements climatiques que le Canada, ce qui est passablement gênant », a dénoncé Steven Guilbeault, porte-parole et cofondateur de l’organisation québécoise Équiterre.
La Chine, troisième puissance économique mondiale et désormais premier pollueur, a en effet retenu l’attention au sommet de l’ONU en s’engageant pour la première fois à réduire « de façon notable » ses émissions de CO d’ici à 2020
2 par rapport aux taux de 2005, par point de PIB.
Dans son discours à la tribune de l’ONU, le président chinois, Hu Jintao, a également promis de faire en sorte que la part des énergies non fossiles dans son pays atteigne environ 15% en 2020.
Le nouveau premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, s’est également attiré les éloges des écologistes en confirmant l’engagement de son pays, deuxième économie mondiale, à réduire ses émissions de C de 25% par rapport à leur taux de 1990 d’ici à 2020.
La réaction des observateurs au discours de Barack Obama a été moins favorable. Le président américain a appelé à une action internationale « rapide et audacieuse » pour lutter contre les changements climatiques et éviter une « catastrophe irréversible ».
Mais il n’a pas présenté d’initiatives susceptibles de donner un nouvel élan aux négociations en prévision de la conférence de Copenhague, qui doit accoucher en décembre d’un nouvel accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce traité doit remplacer le protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012.
« L’incapacité de conclure un accord global à Copenhague serait moralement inexcusable, à courte vue économiquement et malavisé politiquement », a déclaré Ban Ki-moon en ouvrant le sommet sur le climat.

Le Canada essuie les critiques du GIEC  -  FRANÇOIS CARDINAL
Le groupe d’experts sur le climat estime que le gouvernement Harper est « isolé »
Alors que s’ouvre aujourd’hui à New York un important sommet international sur le climat, le Canada est vivement critiqué pour son manque de volonté dans la lutte contre les changements climatiques par nul autre que le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE
Le président du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, Rajendra K. Pachauri, estime que le Canada devrait viser les mêmes objectifs de réduction des gaz à effet de serre que les pays européens.
De passage à Montréal hier, Rajendra K. Pachauri, lauréat du prix Nobel 2007 avec le GIEC, s’est fait caustique à l’endroit du gouvernement de Stephen Harper, « qui n’a pas reçu beaucoup de louanges de la part de la communauté internationale ces dernières années ».
« Le Canada est certainement isolé, il n’y a aucun doute là-dessus, a-t-il déclaré en entrevue avec La Presse. Je crois que le gouvernement devrait prendre bonne note de cela, car il a toujours été perçu comme un pays engagé, un ami de la communauté internationale. Or, dans ce dossier, le Ca nada doit clairement revoir sa position. »
Cette critique, de la part de l’un des hommes les plus influents du monde dans le dossier climatique, tranche avec les pa roles diplomatiques entendues habituellement dans l’enceinte des Nations unies.
Le Dr Pachauri ne comprend tout simplement pas comment Ottawa peut défendre une position aussi timide dans les négociations internationales qui doivent s’accélérer dès aujourd’hui, dans la foulée du sommet organisé par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.
À l’horizon 2020, le Canada entend ramener ses émissions de gaz à effet de serre à 3 % sous le taux de 1990. À titre comparatif, l’Europe se dit prête à diminuer les siennes de 20 %, voire de 30 % si la communauté internationale lui emboîte le pas.
Pour Rajendra K. Pachauri, le C a nada dev ra it i m iter l’Europe, même si son économie est basée su r l ’exploit at ion de s re s s ou r c e s nat u rel les . « Je recon na is cela , tout com me le fa it que le Canada est un pays froid, dit-il. Mais en même temps, il s’agit d’u n pays riche qui possède les moyens tec h n iques pou r en fa i re beaucoup, beaucoup plus. »
Un certain optimisme
Le président du GIEC croit par ailleurs qu’une entente surviendra au cours de la con férence de l’ON U su r le climat, en décembre, au Danemark. Contrairement au premier ministre britannique, Gordon Brown, il ne croit pas que les difficiles négociations entre pays riches et émergents se solderont par un échec.
« Je nou r ris u n certa i n optimisme, même si celui-ci n’est pas débordant, préciset-il. Je crois qu’il y aura une entente pa rtielle dont certains détails pourront être ficelés par la suite. »
I nd ien d ’or ig i ne , le D r Pachauri a d’étroits contacts avec son gouvernement, mais aussi avec Pékin. Il est donc bien placé pour commenter les négociations entre pays du Nord et du Sud, qui sont, selon son propre aveu, au point mort depuis un bon moment, comme l’a précisé récemment le ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice.
À son avis, les pays émergents devraient emboîter le pas aux pays industrialisés dès que ceux-ci s’engageront formellement à réduire leurs émissions après 2012, date d’échéance du protocole de Kyoto. Il estime cependant que la hauteu r des cibles dépendra de ce que feront les États-Unis.
« J’espère que le président Obama ira plus loin (que son objectif électoral, soit de ramener les émissions américaines à leur taux de 1990 en 2020), indique-t-il. Mais pour cela, il faudra lui laisser du temps, car le projet de loi sur le climat est actuellement bloqué au Sénat.»
Présent aux côtés du premier ministre Jean Charest, hier matin, le Dr Pachauri s’est adressé à un parterre de chefs d’entreprise et de c herc heu r s u n iver sit a i re s dans le cadre d’un séminaire sur les perspectives pour le Québec en Inde, organisé par Manufacturiers et exportateurs du Québec. Pour joindre notre journaliste : francois.cardinal@ lapresse.ca




RÉDUCTIONDESGAZ À EFFETDE SERRE Ottawa veut instaurer des crédits compensatoires

« C’est insignifiant comme annonce », a estimé Sidney Ribaux, coordonnateur d’Équiterre.
— Le gouvernement conservateur lance des consultations en vue de créer un système canadien de crédits compensatoires pour les gaz à effet de serre (GES), premier pas vers la création d’un marché du carbone. Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a dévoilé hier à Ottawa deux documents préliminaires qui serviront de cadre pour réglementer un tel systèmede crédits compensatoires.
À terme, le système devrait prévoir un prix pour le carbone, et les entreprises pourront acheter ou vendre des crédits, selon qu’elles émetdans une allocution devant le Club économique du Canada.
Les groupes, entreprises et autres intervenants ont 60 jours pour formuler des commentaires au gouvernement sur le système proposé.
Mais l’annonce faite en grande pompe par le ministre de l’Environnement a été reçue avec scepticisme par l’opposition à Ottawa et les environnementalistes.
« C’est insignifiant comme annonce, a estimé Sidney Ribaux, coordonnateur d’Équiterre. C’est un élément minuscule d’un des morceaux – la Bourse du carbone – d’un plan de réduction des gaz à effet de serre. C’est comme si on achetait tent au-dessus ou au-dessous des limites imposées par une réglementation qui n’a toutefois pas encore été annoncée par le gouvernement.
Cet «élément important» du plan de lutte contre les changements climatiques «nous aidera à réaliser nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de l’économie », a souligné M. Prentice, une poignée de porte avant même de décider quelle maison on allait acheter, dans quel quartier, avec quel type de porte et de quelle couleur. »
Matthew Bramley, de l’Institut Pembina, abonde dans le même sens, estimant que ces crédits compensatoires serviront surtout aux grands émetteurs de GES, qui pourront ainsi éviter de s’acquitter de leurs obligations de réduction des émissions. «Nous sommes inquiets qu’il y ait un risque significatif qu’on finisse par octroyer des crédits à des projets qui auraient eu lieu de toute façon et de cette façon miner l’intégrité environnementale du plafond futur, a souligné M. Bramley. Ce n’est pas un mécanisme pour réduire les émissions. Le résultat, c’est qu’on déplace les émissions, mais on n’a pas de réduction nette.»
«M. Prentice n’a jamais démontré comment c’est possible de procéder avec la réglementation et un système de permis et d’échange sans aller vers des réductions absolues, a dit David McGuinty, critique libéral en environnement. Nous n’avons rien vu. Il n’y a pas de plan. Il n’y a pas de réglementation. »
Une importante séance de négociations se déroule actuellement à Bonn, en prévision de la conférence internationale de Copenhague, qui doit préparer l’après-Kyoto. Mardi, la coalition internationale d’organismes environnementauxCAN(ClimateAction Network) a décerné au Canada, ex aequo avec le Japon, le prix «Fossile du jour», remis au pays jugé le plus enclin à bloquer la progression des négociations en cours.




Charge contre les conservateurs  -  Denis Lessard
QUÉBEC — Il n’y a rien de surprenant dans l’accrochage entre le cabinet de Stephen Harper et l’environnementaliste Steven Guilbeault en pleine conférence de Copenhague. Le différend illustre le mépris du gouvernement conservateur pour les groupes environnementalistes, estime Scott McKay, critique péquiste en matière d’environnement. En prime, le gouvernement Harper détourne l’attention sur un incident alors qu’il se trouve au banc des accusés à la conférence internationale sur les gaz à effet de serre. Selon M. McKay, «on a vu le ministre Jim Prentice donner des prix "air chaud" pour dénoncer l’inutilité des positions de l’Institut Pembina. C’est la bonne vieille tactique de discréditer les autres quand tu ne parviens pas à rehausser ton image». Par ailleurs, à Copenhague hier, le député péquiste a pesté contre la délégation canadienne et le gouvernement Charest qui n’avaient pas levé le petit doigt pour accréditer les membres québécois de la délégation.

Le logo de Greenpeace banni de la colline parlementaire
OTTAWA — Les t-shirts aux couleurs de Greenpeace sont interdits au Parlement, après que l’organisation écologiste eut tenu une manifestation illégale sur la colline du Parlement, plus tôt cette semaine.
Un gardien de sécurité a affirmé hier à un journaliste de La Presse Canadienne, qui tentait de visiter les édifices du parlement vêtu d’un t-shirt de Greenpeace, que l’interdiction découlait des «récents événements». Le journaliste avait enfilé le t-shirt pour s’assurer de la véracité d’informations selon lesquelles les responsables de la sécurité fouillaient les visiteurs, à la recherche de logos de Greenpeace.
Environ 20 militants de l’organisation ont été arrêtés lundi après qu’ils eurent escaladé des édifices du parlement pour dérouler des banderoles appelant les politiciens canadiens à plus d’action dans la lutte contre le réchauffement planétaire.



Le Canada veut partager la facture avec les É.-U.
Les États-Unis devraient couvrir une partie des coûts environnementaux liés à l’exploitation des sables bitumineux du Canada, a affirmé hier le ministre canadien de l’ Environnement, Jim Prentice.
Dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision canadienne CTV à Copenhague, où a lieu le sommet de l’ONU sur le changement climatique, le ministre a affirmé que, si les consommateurs américains achètent le pétrole canadien et le consomment aux États-Unis, ces derniers devraient en assumer les coûts environnementaux.
« C’est pour cette raison que nous travaillons si étroitement avec les États-Unis pour avoir un système harmonisé. Afin d’éviter que les coûts environnementaux soient transférés aux Canadiens, parce que ce n’est pas juste », a ajouté M. Prentice au cours de l’entrevue.
Cette idée avait été évoquée plus tôt hier par l’ancien premier ministre canadien Paul Martin. Cité par le quotidien
The Toronto Star, M. Martin affirme que les coûts environnementaux de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta devraient être partagés avec les Américains, qui consomment une bonne par tie du pét role qui en est extrait.
L’exploitation des sables bitumineux est beaucoup plus polluante que celle du pétrole conventionnel , généra nt trois fois plus de gaz à effet de serre.


Cha ngements climatiques :
Le Canada doit d’abord restructurer son économie
Un rapport f i nancé par la Banque Toronto-Dominion soutient qu’Ottawa devra entreprendre une restruct uration fondamentale de l ’ é c o n o mie c a n a d i e n n e pour atteindre ses objectifs qua nt a u x c ha ngements climatiques.
L’étude, réalisée par l’ Institut Pembina, de Calgary, et la Fondation David Suzuki, de Vancouver, f a i t valoir que l’économie devra être r e s t r uc t u r é e de manière à ce que la richesse passe de l’Ouest vers le reste du pays.
Elle ajoute que l’objectif du gouvernement conservateur de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 peut être atteint, mais uniquement en limitant la croissance en Alberta et en Saskatchewan.
Selon le r apport, grâce à des impôts directs ou en plafonnant les émissions et en forçant les compagnies à acheter des droits, le gouvernement fédéral recevrait environ 46 milliards ou plus en revenus, qu’il pourrait redistribuer par des dépenses et des réductions des impôts des particuliers.
La publication de ce rappor t survient t a ndis que les pays se préparent à la rencontre de Copenhague où l’on discutera des projets f uturs pour s’attaquer aux conséquences des changements climatiques.
Le rapport ne manquera pas de créer des tensions e nt r e l e s prov i nces qui comptent sur la production de pétrole et de charbon, lesquelles devraient sacrifier leur croissance économique pour que des cibles réalistes puissent être atteintes, et le centre du Canada, qui serait moins affecté par les mesures préconisées et qui pourrait même en profiter.
Don Drummond, économiste en chef de la Banque Toronto-Dominion, a dit que la banque n’a pas souscrit à quelque cible que ce soit, bien qu’elle ait donné son appui à une politique de plafond d’émissions à l’échelle nationale.




Notre leadership -  Line Beauchamp
Dans un texte publié le 21 décembre, l’éditorialiste en chef de André Pratte, réduit à rien les efforts du Québec pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. M. Pratte écrit : « Le gouvernement et bon nombre de Québécois à sa suite sont fiers d’avoir un bilan relativement bon en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais quel mérite avons-nous? Aucun. Quel sacrifice avons-nous fait? Zéro. Ce bilan est essentiellement dû à la source de notre électricité. Cette ressource, l’eau, nous a été donnée par le destin.»
Dans un premier temps, M. Pratte oublie que c’est un débat orageux qui a amené le Québec à choisir l’hydroélectricité. Certains militaient contre ce choix et pour d’autres filières énergétiques. Ce n’était pas le «destin», comme le dit M. Pratte, mais le fait d’un choix qui s’est avéré le bon.
En outre, lorsqu’il accuse le Québec « d’arrogance », il se trompe. L’arrogance aurait été de ne rien faire en prenant le crédit pour les décisions passées. Il faut voir aussi que si l’hydroélectricité améliore notre bilan actuel, elle rend aussi tout progrès plus difficile, puisque nous sommes déjà les plus faibles émetteurs de GES au pays.
Mais plutôt que de chercher dans cette situation des prétextes pour ne pas faire mieux, nous avons fait le pari de l’ambition. Nous avons adopté un plan de lutte contre les changements climatiques reconnu comme l’un des meilleurs en Amérique du Nord. Il est doté d’un budget de 1,5 milliard de dollars. Ce n’est quand même pas rien. Nous développons les transports collectifs, nous soutenons les technologies vertes, nous taxons les hydrocarbures, nous facilitons l’achat de véhicules hybrides, nous soutenons les constructions écoresponsables, etc. Nous avons aussi adopté une loi pour mettre en place un marché du carbone et joint le Western Climate Initiative, qui rassemble les États et provinces d’Amérique du Nord qui jouent un rôle actif dans la lutte contre les GES.
Comme le spécifie l’environnementaliste Steven Guilbeault dans son dernier ouvrage,
le Québec est le seul État en Amérique du Nord susceptible d’atteindre la cible de Kyoto en 2012. Cet objectif sera atteint en bonne partie grâce aux efforts de notre secteur industriel qui ont été encouragés par notre gouvernement. Un autre fait qu’ignore M. Pratte.
Loin de s’asseoir sur ses lauriers, le Québec est actif sur tous les plans. C’est pour cette raison que nous sommes considérés comme des leaders en Amérique du Nord. À la veille de la conférence de Copenhague, nous avons annoncé que nos émissions de GES seraient ramenées à 20% sous le seuil de 1990 au cours de la période 2012-2020. C’est un objectif qui nous place parmi les plus ambitieux au monde.
Le leadership du Québec est réel et il continuera parce qu’il est arrimé à la volonté des Québécois.

Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le retard des audiences  -  Charles Côté
La ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a affirmé hier à l’Assemblée nationale que le promoteur du projet d’enfouissement de terres contaminées à Mascouche, Normand Trudel, n’était disponible ni en septembre ni en octobre pour participer à des audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Et que c’est pour cette raison que les audiences publiques sur ce projet de l’entreprise Écolosol se dérouleront après les élections municipales du 1er novembre. Et non pas pour favoriser le maire sortant de Mascouche, Richard Marcotte, ex-candidat libéral et ami de M. Trudel, luimême important donateur du Parti libéral du Québec.
L a sema ine dernière, M . T rudel avait a ffirmé à La Presse qu’il avait écrit à la ministre pour lui demander de tenir compte de la date des élections municipales pour lancer les audiences du BAPE. «En aucun temps, des considérations d’ordre partisan ou encore reliées à des élections municipales n’interviennent dans mes décisions», a assuré la ministre Beauchamp.
Scott McKay, député péquiste de L’Assomption, s’est montré sceptique. «Écolosol, une entreprise qui est détenue en partie par Tony Accurso, a demandé à la ministre qu’on retarde les consultations pour son nouveau site d’enfouissement. Et, comme par magie, la ministre tarde à déclencher les audiences. Toute une coïncidence!»



Québec pourrait virer son capot sur l’amiante  -  François Cardinal
Devant la pression croissante des scientifiques, le gouvernement du Québec examinerait la possibilité de revoir sa position dans le dossier de l’amiante, d’ici la fin de l’année.
L es nombreu x rappor ts négatifs de l’Institut national de santé publique du Québec (I NSPQ), la lettre ouverte signée par une douzaine d’experts ainsi que la volte-face récente du Parti libéral du Canada inciteraient en effet le gouvernement Charest à réexaminer sa politique d’utilisation accrue de l’amiante chrysotile.
S elon les i n for mation s obtenues par La Presse, une rencontre au sommet a eu lieu la semaine dernière entre les trois intervenants gouvernementaux les plus touchés par la question : le ministre de la Santé, Yves Bolduc, le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, ainsi que le président de l’Institut national de santé publique du Québec, Luc Boileau.
L’INSPQ, qui recommande au gouvernement depuis des années de revoir sa position dans ce dossier, a ainsi pu partager les conclusions des 13 rapports publiés jusqu’ici sur les impacts de cette substance cancérogène sur la santé publique.
Plus encore, l’équipe de l’Institut a révélé aux ministres les conclusions d’une toute nouvelle étude intitulée Rapport sur la présence de fibre d’amiante dans l’air intérieur et extérieur de la ville de Thetford Mines.
I l a été i mpo s sible de connaître les détails de cette publication commandée en novembre 2007 par le directeu r de la sa nté publique de C haud ière-A ppa lac he. L’Agence de la santé et des services sociaux de la région nous a invité à demander le document à l’INSPQ... qui nous a à son tour renvoyé à l’Agence de la santé.
Selon des sources habituellement bien informées, cette rencontre ferait partie d’une réflexion en cours dans les officines gouvernementales au sujet de la position québécoise sur l’amiante. Il a toutefois été impossible d’avoir une confirmation officielle à ce propos.
Au cabinet du ministre Bolduc, on a reconnu qu’une rencontre sur l’amiante a eu lieu le mardi 21 septembre dernier, mais on a préféré « s’abstenir de tout commentaire », selon les mots de l’attachée de presse, Marie-Ève Bédard.
Au cabinet du ministre Simard, on a précisé que la réunion avait été organisée à la demande du ministre Bolduc et que la santé était au coeur des discussions. Et à l’INSPQ, on a ajouté que les représentants de l’Institut avaient été convoqués « en tant qu’experts », selon Nathalie Hudon, porte-parole.
Pression accrue
Cela survient alors que la pression s’accroît sur le gouvernement du Québec. Au cours du dernier mois, l’Association canadienne médicale s’est prononcée à 95 % contre l’exportation et la production d’amiante, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a retiré l’appui que son orga nisation accordait à l’industrie québécoise de l’amiante, et une brochette d’experts québécois ont publié une lettre dans La Presse intitulée « Cessons le mensonge ».
« L a preuve scientifique établ issa nt que l’a m ia nte chrysotile cause l’amiantose et des cancers mortels comme le mésothéliome et le cancer du poumon est maintenant irréfutable », ont-ils écrit.
« Da ns 11 rappor ts de recherche réalisés au Québec depuis 2003, ont-ils ajouté, l’INSPQ a aussi fait la preuve que son utilisation sécuritaire, telle que prônée depuis 2002 par une politique du gouvernement du Québec, éta it u ne v ue de l ’e s pr it . Pendant ce temps, les cancers mortels liés à l’amiante aug mentent ic i même au rythme de 4 % par année. Et nous payons des millions de dollars chaque année pour éliminer l’amiante chrysotile des écoles et des hôpitaux du Québec. »
Rappelons qu’Ottawa et Québec appuient depuis toujours l’industrie de l’amiante, qui emploie aujourd’hui un peu plus de 800 personnes. Le 22 septembre dernier, le prem ier m i n istre C ha rest a d’ailleurs soutenu que le Québec allait continuer à faire la promotion de l’amiante chrysotile.

Amiante: le Québec a la norme la plus permissive en Occident  -  François Cardinal
Les autorités de la santé publique ont un nouvel allié dans leur bras de fer contre le gouvernement Charest dans le dossier de l’amiante. La France envisage de resserrer la norme d’exposition à cette substance cancérogène, même si elle est déjà 10 fois plus sévère que celle en vigueur au Québec.
Cela accroît encore la pression sur le gouvernement québécois, qui refuse depuis des années de réviser sa propre norme malgré les appels répétés de l’Institut national de santé publique du Québec ( INSPQ), qui la juge trop permissive. À l’heure actuelle, pendant une journée de huit heures, les travailleurs peuvent être exposés à une concentration maximale d’amiante chrysotile d’une fibre par millilitre d’air (1 f/ml), selon la norme de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
À t i t re compa r a t i f , la norme est 10 fois plus sévère en France, en Angleterre et aux États-Unis ( 0,1 f/ ml). Elle est même 100 fois plus stricte aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse (0,01 f/ml).
En fait, aucun pays occidental n’a une norme aussi peu exigeante que celle du Québec, selon Louise De Guire, médecin-conseil de l’ I NSPQ. C’est d’ailleurs pourquoi l’ Institut recommande au ministère de la Santé, depuis 2003, d’examiner « la pertinence de réviser la norme actuelle d’exposition à l’amiante en milieu de t rava i l , compte tenu du niveau de risque élevé auquel les travailleurs sont exposés ».
La France invitée à plus de sévérité
C’est dans ce contexte que l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail ( Afsset) recommande au gouvernement Sarkozy de réduire de façon importante sa norme actuelle, dans un rapport publié le 15 septembre dernier.
Bien qu’el le soit plus sévère qu’au Québec, la norme française « fait courir un excès de risque (...) qui ne peut être acceptable » pour les travailleurs, estime l’Afsset.
« Dans un premier temps et sans plus attendre », précise l’Agence, la France devrait baisser sa norme à 0,01 f/ ml pour toutes les sortes d’amiante, afin de rejoindre le groupe des pays les plus avancés en matière de protection des travailleurs, soit l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse.
« Cela représente une diminution du risque d’un facteur 10, ajoute l’Afsset. Cette valeur peut constituer pour la France une étape pertinente dans le progrès vers la réduction du risque d’exposition à l’amiante ».
Pour la Dre De Guire, responsable de l’unité des maladies respiratoires liées au travail à l’INSPQ, les conclusions de l’Afsset confirment la justesse des recommandations de son organisme. « Cela va dans le sens de ce que recommande l’INSPQ, soit d’abaisser la norme en vigueur au Québec » , précise-t-elle.
« Les recommandations de l’Afsset nous montrent que cette substance est résolument dangereuse et considérée comme telle », renchérit Pierre Auger, spécialiste de médecine du travail à l’Université Laval. Cela milite cer t a i nement pou r u ne révision de la norme québécoise, comme le recommande l’INSPQ. »
À la CSST, on reconnaît que la norme québécoise est plus permissive, mais on soutient être « beaucoup plus proactif » du côté de la prévention. « Nous sommes beaucoup plus sévères quant à la présence d’amiante dans les matériaux », indique Alexandra Reny, porte-parole.
Une révision de la norme estelle néanmoins possible ? « Le comité technique paritaire, où siègent les parties syndicale et patronale, a le mandat de fixer les priorités quant aux éventuelles révisions. Or, la norme liée à l’amiante n’est pas une priorité à court terme », ajoute-t-elle.
L’Afsset va plus l oin encore et précise : « Toutes les variétés minéralogiques de fibres d’amiante connues et commerc ia l isées sont susceptibles d’induire un cancer chez l’homme par inhalation. »
Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’a pas rappelé

Amiante : Québec persiste et signe  -  FRANÇOIS CARDINAL
Le gouvernement Charest persiste et signe : le Québec continuera à faire la promotion de l’amiante chrysotile, contre l’avis de nombreux scientifiques et de l’Institut national de santé publique. En entrevue hier matin, le premier ministre a réitéré que l’amiante chrysotile ne pose aucun danger pour la population lorsqu’elle est utilisée de façon sécuritaire. « Le gouvernement du Québec défend cette position depuis très longtemps. Nous y croyons. Le gouvernement fédéra l également », a-t-il affirmé.


Les algues bleu-vert persisteront malgré le printemps frais
Il faut voir à long terme, dit la ministre Line Beauchamp
Leprintempsabeauavoirétémoins ensoleillé et moins chaud, ce n’est pas une garantie qu’il y aura moins d’algues bleu-vert dans nos lacs cet été, prévient la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp.
« Il n’y a pas une seule cause à la problématique des algues bleues. Il y a la température, mais il y a aussi les comportements. La vraie question est : réussit-on à diminuer l’apport en phosphore dans nos lacs ? » a affirmé hier Line Beauchamp, ministre de l’Environnement.
Interrogée à ce sujet hier, alors qu’elle participait à une conférence de presse sur l’implantation du secrétariat de la Campagne internationale action climat, la ministre Beauchamp a rappelé qu’en matière de cyanobactéries, il faut voir à long terme.
« L’amélioration va se faire sentir à long terme. On a toujours dit que dans le cas de la problématique d’éclosion d’algues bleues, c’est un phénomène qui résulte de générations de comportements pas bien adaptés à la réalité de nos lacs. Ça ne changera pas en un an ou deux », a rappelé la ministre de l’Environnement.
Elle admet que le temps moins chaud et moins ensoleillé des dernières semaines peut être un facteur propice à l’amélioration de la situation, mais bien d’autres facteurs influencent la qualité de nos plans d’eau, notamment l’agriculture, la présence de phosphates et divers comportements humains.
« Il n’y a pas une seule cause à la problématique des algues bleues. Il y a la température, mais il y a aussi les comportements. La vraie question est: réussit-on à diminuer l’apport en phosphore dans nos lacs? » a-t-elle affirmé.
Campagne d’information
Au cours des deux derniers étés, la question de la présence des algues bleu-vert dans nos lacs avait suscité bien de l’insatisfaction chez les plaisanciers, les baigneurs et les vacanciers.
« Plusieurs dizaines de mesures », affirme Mme Beauchamp, ont été mises en oeuvre depuis et des campagnes d’information ont été menées.
Le ministère a d’ailleurs lancé sa campagne d’information à la fin de mai. Il rappelle que les citoyens peuvent faire leur part pour prévenir la prolifération de ces algues nocives en utilisant des savons et des détergents sans phosphate, en entretenant correctement leurs installations septiques, en restaurant l’aménagement végétal des rives des lacs et cours d’eau ainsi qu’en évitant d’utiliser des fertilisants.
Les algues bleu-vert ou cyanobactéries sont des organismes microscopiques qui prolifèrent lorsque la température de l’eau est élevée, lorsque le courant est faible ou que l’eau stagne. D’après les scientifiques, le principal responsable est l’excès de phosphate.



Gilles Vaillancourt pris à partie  -  Martin Croteau
La découverte de la coupe illégale de 12 hectares de forêt dans l’est de Laval relance le débat sur la protection des forêts dans la troisième ville du Québec. Des écologistes somment le maire sortant, Gilles Vaillancourt, et les partis de l’opposition de donner plus de mordant à la politique de protection des forêts adoptée en février.
PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Des travailleurs ont rasé illégalement 12 hectares dans un bois de Laval.
Alerté par le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval la semaine dernière, Québec a ordon né l ’a r r êt immédiat des coupes dans une forêt située entre une carrière et une cour de ferraille le long de la montée Masson. Des travailleurs ont toutefois eu le temps de raser 12 hectares de bois, dont 1,7 hectare de marécage. Au total, c’est l’équivalent de 25 terrains de football qui a été abattu.
Le Ministère a envoyé hier un avis d’infraction au propriétaire du terrain. Jean-Guy Hamelin, qui n’a pas rappelé La Presse, a jusqu’au 21 octobre pour produire un « plan des correctifs » aux autorités. Il s’expose aussi à des amendes.
La Ville de Laval, qui n’a ja mais été mise au courant des t ravaux, compte également se mêler de l’affaire. La porte-parole du maire, Amélie Cliche, affirme que le propriétaire du bois devra payer une amende et qu’il pourrait être poursuivi en justice.
« Il ne nous a pas parlé, il ne nous a pas consultés, il n’a pas demandé de permis, rien », at-elle résumé. Un travailleur croisé sur les lieux de la coupe a indiqué à La Presse que la ter re éta it surtout pla ntée de pommiers.
Le directeur du CRE, Guy Garand, estime que plus de 30 0 0 0 0 a rbres peuplaient ce terrain boisé. La Ville a beau s’être engagée en février à investir 40 millions d’ici à 2020 pour protéger 9 % de son territoire, dit-il, la polit i que de l ’a d ministration Vaillancourt ne fonctionne tout simplement pas.
« Les citoyens sont mûrs pour la protection des milieux naturels à Laval, mais les élus n’en ont que pour le développement économique », a-t-il dénoncé.
Les partis de l’opposition sont du même avis. Le chef du Parti au service des citoyens, Robert Bordeleau, s’engage à décréter un moratoire immédiat sur la construction dans les milieux humides et dans les forêts.
« M. Vaillancourt raconte depuis 20 ans qu’il ne donne la permission à personne de déboiser, mais depuis 20 ans, les milieux humides et les boisés n’ont cessé de disparaître », a-t-il raillé.
Le Mouvement l avallois promet aussi d’en faire davantage pour protéger les forêts. Son candidat dans Auteuil, Alexandre Foisy, estime que la Ville doit se doter au plus vite d’un plan d’urbanisme pour mettre fin au problème.
« On a u ne politique qui n’a pas de mordant » , a-t-il affirmé.
Il est toutefois resté évasif sur les moyens concrets qu’il compte utiliser pour corriger la situation.
Le maire Gilles Vaillancourt dit s’opposer avec véhémence à la destruction des terrains boisés. Il promet de poursuivre la mise en oeuvre de sa politique de conservation.
« Durant le dernier mandat, nous avons acquis plus de 30 millions de pieds carrés de boisé, de berges et d’îles, a expliqué sa porteparole, Amélie Cliche. Nous croyons que c’est le meilleur moyen de protection. Nous s ommes présentement e n négociations pou r fa i re d’autres acquisitions. »


582 $ d’amende pour avoir rasé 12 hectares de forêt  -  Martin Croteau
Pour avoir rasé sans permission une forêt de la taille de 25 terrains de football, un propriétaire immobilier de Laval écope d’une amende de moins de 600 $. La facture pourrait grimper bien davantage, car la Ville poursuivra le contrevenant. Mais les sanctions prévues au règlement municipal sont « ridicules », selon les partis de l’opposition.
Après avoir été alerté par un groupe écologiste, la semaine dernière, le ministère de l’Environnement a ordonné l’arrêt immédiat des coupes dans un bois du secteur Saint-François, dans l’est de la ville. Les travailleurs ont toutefois rasé 12 hectares, dont 1,7 hectare de marécage.
Le ministère de l’Environnement a envoyé un avis d’infraction au propriétaire, Jean-Guy Hamelin, et lui a donné jusqu’au 21 octobre pour produire un plan correctif.
La Ville de Laval a aussi sévi. Elle a envoyé au propriétaire un constat d’infraction assorti d’une amende de 582$. Elle compte de plus saisir la Cour supérieure de l’affaire, a indiqué Marc Laforge, porteparole de la Ville.
«L’amende de 582$, c’est la première partie, a-t-il résumé. La partie la plus importante, c’est la Cour supérieure parce que, à ce moment, on parlera de réparation.»
Sanction insuffisante
Mais la sanction est nettement insuffisante aux yeux de l’opposition.
« Ce n’est pas sérieux, tranche David De Cotis, président du parti Mouvement lavallois. Les promoteurs n’ont pas peur. Ils se moquent des amendes de quelques centa ines de dollars. »
L e ca ndidat souligne d’ailleurs que ce n’est pas le premier cas de mise en chantier illégale à Laval. La Résidence Soleil, complexe d’appartements pour personnes âgées, a été mise en chantier illégalement en 2006.
Les sa nctions sont d’un « ridicule total », croit aussi le candidat Robert Bordeleau, du Parti au service des citoyens. C’est pourquoi, selon lui, les promoteurs se moquent des règlements municipaux. « Ils savent que les amendes sont de 500 $, a-t-il affirmé. C’est quoi, 500$, pour eux? De l’argent de poche.»
La coupe illégale dans le secteur Saint-François est un «cas d’exception », affirme le maire Gilles Vaillancourt. Mais il se dit ouvert à la possibilité de donner plus de dents à son règlement municipal.
« On va regarder, a-t-il indiqué hier. Si les amendes ne sont pas suffisantes, on les rendra plus sévères. »
Les deux partis de l’opposition proposent que les amendes pour déboisement illégal soient de plus de 20 000$.




LAVAL Le discours écolo du maire dénoncé  -  Charles Côté
Le maire Gilles Vaillancourt n’a pas fait depuis 30 ans les gestes qui lui permettent de se draper de vert pendant la campagne électorale, affirme Guy Garand, directeur du Conseil régional de l’environnement de Laval.
L’écologiste voulait donner la réplique au maire Vaillancourt, qui a soutenu plus tôt cette semaine, dans une entrevue à La Presse, qu’il voulait faire campagne sur le thème de l’environnement.
«M.Vaillancourt est là depuis plus de 30 ans, à titre de conseiller puis de maire, en particulier dans des dossiers environnementaux, a souligné M.Garand. S’il avait été vraiment en faveur de l’environnement, Laval serait bien différent aujourd’hui.
«On aurait de grands parcs naturels aujourd’hui, comme il y en a à Montréal depuis les années 80, a dit M.Garand. Actuellement, Laval arrive dernier au Québec avec 0,8% d’aires protégées.
«En 1977, la Ville de Laval a créé le Comité d’aménagement des berges et des rives, a rappelé M.Garand. Il était présidé par Gilles Vaillancourt, alors conseiller municipal. Peu de recommandations de ce comité ont été suivies. Et ce comité est mort.
«Le maire s’entête à ne pas attribuer de statut de conservation, même aux terrains dont la Ville est propriétaire, a poursuivi M.Garand. Par exemple, l’Orée des bois, un écosystème forestier exceptionnel de huit hectares, a été grugé en 2004-2005 par un projet immobilier, alors que la Ville avait fait des sentiers dans cette portion, ce qui laissait croire que c’était un parc.»
Sur le principal dossier environnemental des dernières années, la protection des trois grandes îles de la rivière des Mille-Îles, le maire manque totalement de leadership, après avoir ouvert la porte au lotissement des îles, estime M.Garand.
Da ns son entrev ue à La Presse , M.Vaillancourt a rappelé qu’il demandait à Québec de créer une réserve foncière sur ce territoire, comme cela avait été promis par les candidats libéraux des circonscriptions de Laval aux dernières élections provinciales.
«Le maire a manqué une belle occasion d’ouvrir un partenariat avec le gouvernement pour l’acquisition des îles, a dit M.Garand. À Montréal, on n’a pas attendu le gouvernement pour créer les grands parcs, comme Cap-Saint-Jacques ou Pointe-des-Prairies.»
La gestion des déchets est un exemple de perte de leadership de Laval, selon M.Garand. «En 1997, Laval a été la première ville à instaurer la collecte à trois voies pour 4000 résidences du quartier Champfleury, a rappelé M. Garand. Laval a même gagné un prix pour ce projet. Mais 12 ans plus tard, on est rendus à 6000 résidences. On était en avance, maintenant on est en retard.»
Autre symptôme, selon M.Garand: le fait que le projet de schéma d’aménagement de Laval ne soit toujours pas approuvé par Québec. «Tout ça parce que la Ville veut diminuer la zone inondable pour accélérer la construction sur les rives», a conclu M.Garand.




La ville centre ne paiera qu’en partie  -  Éric Clément
Le comité exécutif de la Ville de Montréal a décidé, mercredi, d’étendre la collecte des résidus alimentaires dans l’île de Montréal. Des arrondissements et des villes de banlieue pourront, dès l’hiver 2010, collecter à la porte des particuliers des matières organiques pour faire passer de 1470 à 5000 tonnes par année la quantité de ces matières valorisées par compostage.
La Ville veut faire passer de 1470 à 5000 tonnes par année la quantité de résidus alimentaires qui sont ensuite compostés.
Mais la ville centre ne paiera qu’une partie des coûts, ce qui risque de limiter l’intérêt pour cette initiative déjà très relative en regard du volume de matières organiques enfoui tous les jours.
Actuellement, seules quatre administrations locales fournissent un tel service : les villes de Côte-Saint-Luc, Pointe-Claire et Westmount, et l’arrondissement du PlateauMont-Royal. Les trois villes desservent 11 700 logements. Le Plateau-Mont-Royal a eu un permis pour 3000 logements mais n’en dessert que 1970.
La ville centre a proposé aux administrations locales qui ont recyclé plus de 58% de leurs déchets en 2008, et organisé au moins 12 collectes de résidus verts cette année, de participer à cette collecte.
Dans le Plateau-Mont-Royal, les contrats déjà signés avec des entreprises de collecte prévoient qu’elles peuvent collecter la matière organique. « On veut étendre la collecte à tous les logements, dit Mme Duplessis. On a l’argent pour ça. On n’a qu’à dire à l’entreprise de collecte que le mardi, par exemple, elle ramasse dorénavant la matière organique. Mais avant de desservir 7000 logements, ça prend du temps pour convaincre les gens de participer.»
Mis à part le Plateau, six arrondissements répondent aux deux critères de la ville centre pour pouvoir ramasser les matières organiques : Ahuntsic-Cartierville, Côtedes-Neiges – Notre-Damede-Grâce, Rosemont– La Petite-Patrie, Sud-Ouest , Verdun et Ville-Marie.
Avec le Plateau-Mont-Royal, Ville-Marie a enregistré le plus haut taux de récupération de matières recyclables en 2008, soit 68%. « On est intéressé par cette collecte », dit Pierre Paiement, porte-parole de l’arrondissement.
« On veut commencer la collecte à trois voies dans NDG, dit de son côté Michael Applebaum, maire de Côtedes-Neiges–Notre-Dame-deGrâce. On pourrait remplacer une collecte de déchets par une de matières putrescibles. On est en train de vérifier si on est prêt à faire une demande au central. »
Dans Ahuntsic-Cartierville, on regrette que la ville centre ne soit pas plus généreuse. Sans aide, l’arrondissement n’ira pas de l’avant. « On est très intéressé, dit Geneviève Dubé, porte-parole. On a déjà un bureau de développement durable et un centre de compostage pour tous les citoyens. Mais on m’a dit que le coût du transport et l’achat des bacs bruns est de notre ressort. On ne sera pas candidat à cause de ça.»
Dans Rosemont–La PetitePatrie, où on veut desservir 2500 portes, le dossier est déjà à la ville centre. «Nous sommes candidats pour participer à ce projet», dit Serge Fortin, porte-parole de l’arrondissement. Les résidus alimentaires, fibres souillées et résidus verts représentaient 47% des déchets enfouis à Montréal en 2006. «Moins du dixième des matières organiques est actuellement récupéré à des fins de compostage ou autrement valorisé», lit-on dans le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2008-2012.


MONTRÉAL PREND LE LEED  -  François Cardinal
La chose est passée inaperçue cet été, mais elle pourrait faire une différence à long terme... ou peut-être pas. Montréal a adopté en juin la politique de développement durable des édifices municipaux, qui stipule que toute nouvelle construction municipale (édifice, caserne, poste de police, etc.) devra dorénavant être certifiée LEED Or (LEED Argent pour les rénovations majeures). Il s’agit des certifications intermédiaires du système d’évaluation Leadership in Energy and Environmental Design, mondialement reconnu. Le hic, c’est que Montréal est «balkanisé», pour reprendre l’expression de Pierre Bourque. Les arrondissement ne sont donc pas soumis à cette politique!


Des sables bitumineux moins polluants
Royal Dutch Shell et Exxon Mobil, les deux plus importantes compagnies d’énergie au monde, font appel à une technologie conçue pour éliminer les inconvénients environnementaux de l’exploitation des sables bitumineux au Canada.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Shell et Mobil se félicitent d’avoir conçu une nouvelle technologie, appelée traitement par moussage à haute température, qui réduit de 10 à 15% les émissions de gaz à effet de serre produites lors de l’extraction du pétrole brut contenu dans les sables bitumineux.
Un nouveau procédé appelé traitement par moussage à haute température réduit de 10 à 15% les émissions de gaz à effet de serre produites lors de l’extraction du pétrole brut contenu dans le sable, a expliqué Brad Komishke, un chimiste de Shell à la tête de 50 scientifiques qui planchent sur de nouvelles techniques d’exploitation des sables bitumineux à Calgary.
« Cela signifie une production moindre de la partie la plus lourde et la plus sale de la charge d’alimentation de pétrole brut et donc, moins de pollution », a indiqué M. Komishke lors d’une entrevue dans les laboratoires de Shell à l’Université de Calgary. « C’est une utilisation plus efficace de l’énergie », a-t-il ajouté.
Shell et Exxon Mobil soutiennent que leur procédé fera en sorte que l’exploitation des sables bitumineux ne sera pas plus polluante que celle des puits conventionnels dans des lieux comme le Texas et la mer du Nord. Si cela s’avère, la nouvelle technique est susceptible d’affecter la vendabilité du pétrole brut tiré des sables bitumineux canadiens d’une valeur de plus de 1000 milliards US selon les prix actuels sur le marché. Les sables bitumineux forment le gisement de pétrole le plus important hors de l’Arabie saoudite.
Environ 60 % du brut t i ré des sables bitumineux est exporté aux États-Unis où des groupes environnementaux tels que le Natural Resources Defense Council ( NRDC) ont exercé des pressions sur les législateurs pour qu’ils mettent en place des normes obligeant les producteurs soit à réduire l’impact des émissions, soit à acheter des crédits carbone. Le pétrole provenant des sables bitumineux du Canada génère jusqu’à 40 % plus d’émissions de gaz à effet de serre que les puits conventionnels, soutient le NRDC. Pour sa part, l’Institut de la recherche sur l’énergie de l’Alberta estime l’écart à 10 %.
Une réduction de 15% des émissions ne rendrait pas les nouveaux projets dans les sables bitumineux aussi propres que le brut conventionnel, et cela ne contribuerait guère à s’attaquer au problème du pétrole plus polluant tiré des mines existantes, a soutenu Simon Mui, un scientifique du NRDC à San Francisco. Selon lui, l’industrie du pétrole doit en faire plus comme trouver des moyens de capter et de stocker le dioxyde de carbone et de réduire l’impact environnemental des mines nouvelles et anciennes.
La technologie mise au point par Shell, une compagnie établie à La Haye, aux Pays-Bas, et par Exxon Mobil, d’Irving, au Texas, consiste à soumettre le bitume, qui ressemble à du goudron, à une mousse dans un réservoir sous pression à des températures suffisamment élevées pour déclencher des extincteurs automatiques. Shell et Exxon Mobil ont refusé de fournir des données quant aux coûts de leur nouvelle technologie applicable aux projets dans les sables bitumineux.
À l’heure actuelle, la pratique veut que l’on chauffe à répétition le sol contenant le bitume à une température de 400C dans des réservoirs de 60 mètres de largeur jusqu’à ce que le pétrole brut et le sable se séparent. Dans le cadre de l’agrandissement de son projet Athabasca, près de Fort McMurray, en Alberta, une affaire de 13,7 milliards US, Shell a procédé cette semaine à la construction de deux réservoirs de 20 mètres de diamètre où les sables bitumineux seront chauffés, sous pression, à 80 degrés Celsius, ce qui créera une mousse riche en pétrole en une seule étape.
« Si nous pouvons t raiter cette mousse à des températures plus élevées, nous pouvons obtenir la séparation plus rapidement, ce qui signifie des réservoirs plus petits et moins d’énergie utilisée dans le procédé », soulignait cette semaine Tim Wiwchar, un responsable de la mine Athabasca, au cours d’une entrevue.
Shell, Exxon Mobil et d’autres producteurs comptent sur le marché américain pour absorber la production des sables bitumineux qui doublera presque au cours des six prochaines années, selon Greg Stringham, viceprésident de l’Association canadienne des producteurs de pétrole.


Charest discutera d’environnement avec Schwarzenegger
Le premier ministre Jean Charest discutera de réduction des gaz à effet de serre aujourd’hui avec Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie, l’un des États américains les plus réputés en matière de protection de l’environnement.
Le chef libéral amorce une tournée de trois jours à Los Angeles, où il participera au deuxième Sommet global des gouverneurs sur le climat. Ce matin, Jean Charest aura une rencontre d’une demi-heure avec le gouverneur Schwarzenegger. Il s’agit de la deuxième rencontre officielle entre les deux politiciens.
« Il y a une mobilisation des États et des provinces sur la question des gaz à effet de serre, dit Jean Charest. Le gouverneur Schwarzenegger et nous croyons que nous avons un rôle extrêmement important à jouer, d’abord parce que de 50 % à 80 % des efforts de réduction de gaz à effet de serre vont être faits par les États et les provinces. »
L e premier ministre québécois prendra ensuite la parole comme conférencier, aux côtés notamment de l’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, et de Yvo de Boer, secrétaire de la conventioncadre de l’ONU sur les changements climatiques.
Hausse de tarifs : pas de « révolution » à la Mike Harris
Avant de prendre l’avion hier en fin de soirée en direction de Los Angeles, le premier ministre Charest a livré un discours sur la nécessité de conclure un accord de libre-échange avec l’Europe dans le cadre d’une soirée organisée par l’Institut Fraser.
Le premier ministre québécois, qui cherche de nouvelles sources de financement pour le Québec, partageait la tribune de l’Institut Fraser avec l’ancien premier ministre Mike Harris, dont la « Révolution du bon sens » a connu des résultats mitigés en Ontario au milieu des années 90.
Mike Harris était chargé de présenter aux convives son « ami » Jean Charest, qui a tenu en retour à saluer son courage politique. « Les choses ont changé en Ontario avec Mike Harris », a-t-il dit.
Jean Charest et Mike Harris ont beau partager les mêmes tribunes, le premier ministre québécois promet qu’il ne s’inspirera pas des méthodes de son ancien homologue ontarien afin de trouver une solution aux problèmes financiers de son gouvernement. « C’était une autre époque, un autre contexte, un autre environnement, dit Jean Charest. En 1995, l’Ontario était à un autre endroit, c’était la fin du gouvernement néo-démocrate. Ce n’est pas du tout le contexte que nous avons ici au Québec. »

Nouveau plan pour les énergies vertes
Québec annonce un plan pour exploiter les technologies de l’énergie verte, ainsi qu’une nouvelle équipe qui conseillera la ministre à ce sujet, présidée par l’écologiste Steven Guilbeault. Le plan sera doté d’un budget de 8 millions sur deux ans, a annoncé hier la ministre des Ressources naturelles et vice-première ministre, Nathalie Normandeau, lors d’une conférence de presse à Montréal. Le plan doit permettre de stimuler les activités de recherche sur les énergies émergentes et même sur les véhicules électriques. Le plan vise l’énergie éolienne, hydrolienne, solaire, géothermique, l’hydrogène, la bioénergie, ainsi que les véhicules électriques. La ministre a souligné qu’il s’agissait de nouveaux fonds, non de fonds attribués à d’autres programmes.

 
Normandeau annonce un premier projet éolien
La ministre des Ressources naturelles évoque la nécessité d’ajustements
— La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a annoncé hier l’autorisation du premier d’une série de projets éoliens qui doivent porter la capacité de production du Québec à 4000 MW d’ici six ans, mais elle a laissé entrevoir que des changements seront nécessaires afin d’atteindre cet objectif.
Une quinzaine de projets éoliens ont été retenus l’année dernière par Hydro-Québec. Ils doivent permettre au Québec de devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au pays, selon Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles.
En donnant le feu vert à un consortium formé de Boralex et de Gaz Métro pour l’installation de 131 éoliennes qui produiront 272 MW dans la région de Québec, Mme Normandeau a annoncé l’annulation du projet de 68 MW à Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, en raison des protestations de la population.
Un projet de parc éolien sur la BasseCôte-Nord devra aussi être déplacé, tandis qu’un autre devra être modifié en Montérégie, a déclaré la ministre au cours d’une conférence de presse.
Ces projets font partie des 15 retenus l’année dernière par Hydro-Québec. Ils doivent permettre au Québec de devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au pays.
Pas d’opposition
Mme Normandeau a déclaré hier que le projet de Boralex et Gaz Métro, situé dans la municipalité régionale de comté de la Côte-de-Beaupré, avait été facilement accepté par la population locale, en raison notamment de son éloignement, dans un secteur de 95 km carrés accessible par des chemins forestiers.
De simples séances d’information, organisées par le Bureau d’audiences publiques en environnement ( BAPE), ont suffi à la population pour évaluer les impacts du projet.
Dans ce contexte, personne n’a réclamé d’audiences publiques, ce qui a simplifié l’émission des autorisations gouvernementales.
« C’est le premier projet qui est prêt pour le gouvernement du Québec, a-telle dit. C’est évident, on va se dire les vraies choses, que le fait qu’il n’y ait pas eu d’audiences du BAPE, ça a facilité les choses. »
Mme Normandeau s ’est montrée confiante que les changements aux projets retenus n’empêcheront pas le Québec d’atteindre son objectif à temps.
« Non, pour moi, ce n’est pas inquiétant du tout, a-t-elle dit. Dans le fond, ce qu’il faut retenir, c’est le succès d’un projet comme celui qui est confirmé ce matin. »
À part le projet de la Côte-deBeaupré, situé à environ 60 km à l’est de Québec, aucun des nouveaux projets éoliens n’a encore complété l’étape des séances d’informations du BAPE.
Une procédure décriée
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’énergie, le péquiste Sylvain Gaudreault, a soutenu que plusieurs projets éoliens soulevaient des questions dans la population parce que le gouvernement a permis aux promoteurs de soumettre des offres sans avoir obtenu au préalable des garanties minimales de la part des autorités locales.
« La procédure du gouvernement a été de procéder à l’envers, a-t-il dit en entrevue téléphonique. C’est-à-dire de donner des autorisations à des promoteurs avec la charge d’aller faire passer ça dans les communautés. On s’aperçoit que ça ne passe pas bien partout. »
Selon lui, le consortium de Boralex et Gaz Métro a procédé de la bonne façon, mais il constate que ce n’est pas le cas de tous les projets.
« L’ensemble de l’oeuvre du gouvernement dans le dossier éolien est une erreur et ça boite, a-t-il dit. Le risque, c’est que ça fasse en sorte de créer une allergie de la population à l’égard des éoliennes. »
La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu, a déclaré que deux ans avant de déposer sa soumission pour l’appel d’offres, le consortium avait déjà commencé à discuter du projet avec les représentants locaux.
« Le site sur lequel on est a plusieurs caractéristiques positives, a-t-elle dit. C’est un gisement éolien formidable, traversé par une grande ligne hydroélectrique et qui est éloigné des zones de population, ce qui a facilité d’autant son acceptabilité. »
Le projet du consortium, dont la mise en service est prévue en 2013, nécessitera l’investissement de 800 millions de dollars par les partenaires financiers.
Les éoliennes seront installées sur 10% du territoire de la seigneurie de la Côte-de-Beaupré, qui appartient au Petit séminaire de Québec.
Au cours de la conférence de presse, Mme Normandeau a affirmé que le projet de 80 MW d’Aguanish, sur la BasseCôte-Nord, sera déplacé dans une région qu’elle n’a pas voulu identifier.
En Montérégie, l’emplacement de trois éoliennes d’un projet à SaintValentin pose problème actuellement, mais Mme Normandeau a indiqué que cela ne compromet pas le projet.
Celui de Sainte-Luce ne se réalisera pas, mais la ministre a évoqué la possibilité qu’il soit pris en charge par des regroupements régionaux de municipalités ou des communautés autochtones.


Accord sur les émissions de gaz à effet de serre 
Le Québec accepte un plafonnement
QUÉBEC
LeQuébecadûaccepter de baisser la barre en matière d’émission de gaz à effet de serre, hier, afindemaintenir l’unanimité à l’issue d’une conférence de la North American SuperCorridorCoalition (NASCO), réunissant d’autres provinces canadiennes et des États américains et mexicains.
Les leaders réunis à Québec cette semaine pour la conférence de la North American Supercorridor Coalition : le gouverneur de l’État mexicain de Nuevo Leon, Gonzalez Paras, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, le premier ministre du Québec, Jean Charest, la gouverneure de l’État mexicain de Zacatecas, Garcia Medina, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, le gouverneur de l’État mexicain de Guanajuato, Olliva Ramirez, le gouverneur de l’Iowa, Chet Culver, et le premier ministre du Manitoba, Gary Doer.
Dans la déclaration de clôture de ce cinquième sommet des leaders sur les relations nordaméricaines, les États membres se sont engagés à « plafonner » les émissions de gaz à effet de serre. On attend des gouvernements qu’ils promulguent des législations pour atteindre cet objectif, à quelques mois de la Conférence de Copenhague, en décembre prochain.
Il y a deux semaines, le premier ministre Jean Charest a fait valoir que Québec était le leader nord-américain en matière de lutte contre le GES, le seul État pour l’instant qui s’était plié aux objectifs de réductions d’ici 2012 prévus par le protocole de Kyoto.
Il s’est défendu de voir un recul dans la déclaration d’hier. « Je ne suis pas déçu, a-t-il expliqué. Il y a un an, cette déclaration aurait été impossible. Le principe du plafonnement, c’est un grand pas de franchi. » Une telle formulation était inacceptable aux Américains, avant l’élection de Barack Obama. De son côté, le gouvernement Harper avait « des états d’âme » sur cette question importante. Aussi les gouvernements ont-ils laissé ouverte la question des redevances sur le carbone, une idée qu’approuve le Québec. « On a réussi à avoir un fort consensus là-dessus », a dit M. Charest.
Les trois pays ont aussi convenu de contribuer à leur sécurité énergétique en renforçant les échanges dans ce domaine.
Cinq États mexicains étaient représentés à cette conférence annuelle, à laquelle assistaient aussi les gouverneurs du Vermont et de l’Iowa, qui sera l’hôte du prochain rassemblement l’an prochain. Du côté canadien, le Manitoba et le NouveauBrunswick étaient représentés par leurs premiers ministres, Gary Doer et Shawn Graham. Terre-Neuve avait envoyé son ministre du Commerce.
Les 15 ans de l’ALENA
La conférence marquant le 15e anniversaire du traité de libreéchange nord-américain a permis de réitérer l’engagement des trois pays envers la libéralisation des échanges commerciaux.
Pour M. Charest, il est clair que les fonds publics consentis aux programmes d’aide à l’industrie incitent les électeurs à exiger qu’on protège les emplois plutôt que la liberté de commerce.
L’accord de libre-échange doit être vu comme un processus dynamique. Il faudra continuer de réduire les obstacles administratifs et les disparités réglementaires qui freinent les échanges, ont convenu les gouvernements membres.


Montréal aura bientôt son usine de désinfection
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, jure qu’il se baignera dans le fleuve Saint-Laurent d’ici quelques années. Grâce à une aide financière qu’assurent Québec et Ottawa, Montréal commencera bientôt la construction de la plus importante usine de désinfection des eaux usées à l’ozone dumonde.
Le projet, dans lequel les deux ordres gouvernementaux se sont engagés hier à injecter 63,75 millions chacun, devrait passer à la phase des appels d’offres dès l’automne. La Ville de Montréal investira quant à elle 22,5 millions dans le projet, qui vise à éradiquer la plus importante source de pollution dans le fleuve Saint-Laurent.
Si tout va comme prévu, le processus d’ozonisation des eaux usées devrait être fonctionnel en 2013. « C’est le maire de SorelTracy, Marcel Robert, qui va être content », a blagué hier le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, en annonçant le protocole de partenariat liant les trois ordres de gouvernement.
Construite il y a plus de 20 ans, l’usine Jean-R.-Marcotte, dans l’est de la ville, qui traite à elle seule 50% des toutes les eaux usées produites au Québec, n’utilise aucun procédé de désinfection. Les 2,7 millions de mètres cubes d’eau qu’elle rejette en aval chaque jour (l’équivalent du Stade olympique rempli d’eau) contiennent des concentrations dangereuses de virus, de bactéries ainsi que des résidus demédicaments qui ne sont pas traités par le procédé d’épuration des matières solides.
« Il suffit de voir en hélicoptère la marée brune qui sort de l’usine (d’épuration), et ce, malgré tous les efforts qui ont été faits au cours des dernières années, pour constater à quel point (cela) cause des préjudices très sérieux, notamment à Sorel-Tracy et à Trois-Rivières » qui se trouvent en aval, a déclaré hier le maire Tremblay.
« Les experts nous ont montré de façon très claire que l’eau serait de meilleure qualité avec le procédé d’ozonisation, a-t-il ajouté. Dans un certain nombre d’années, j’en suis convaincu, nous pourrons nous baigner dans le fleuve. »
Selon le ministre Lessard, les concentrations de particules dangereuses rejetées dans l’eau grâce au procédé d’ozonisation devraient être ramenées de 5 millions d’unités par 100 ml à 9000 unités par 100 ml. « Il y aura une amélioration de la faune et de la flore. On ne pourra pas boire l’eau à sa sortie de l’usine, mais ce qu’on va relâcher dans la nature sera acceptable et respectera les normes environnementales », a-t-il assuré.


LeQGdes écolos dumondeàMontréal
Il existait déjà des regroupements, comme Kyoto plus, Power Up et le Réseau action climat, mais les groupes environnementaux estimaient nécessaire de mettre sur pied une coalition dont l’unique mandat est d’encadrer le travail sur le terrain : manifestations, mobilisation, etc.
Souhaitant mieux coordonner leurs effortsdans la luttecontreleschangements climatiques, les groupes environnementauxdelaplanèteont décidé de se regrouper et de faire de Montréal l’épicentre de cette nouvelle alliance internationale.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
« Le constat est qu’il manquait quelque chose, à l’international, pour s’assurer qu’il y ait un accord en décembre (conférence de l’ONU sur les changements climatiques), qu’il soit ratifié et mise en oeuvre rapidement », a dit hier Steven Guilbeault, d’Équiterre.
Le gouvernement Charest , Équiterre et Montréal international ont annoncé hier la création du tout nouveau secrétariat de la Campagne internationale action climat (CIAC), dont le quartier général s’établira dans la métropole.
Ce bureau, où ne travailleront que quatre employés, aura pour mandat de coordonner certaines des plus importantes activités militantes à venir aux quatre coins de la planète dans la prochaine année: Bangkok et Barcelone (rencontres préliminaires sur le climat), Pittsburgh (G20), New York ( Assemblée générale des Nations unies), etc.
L’objectif est d’accroître la pression sur une douzaine de pays connus pour leur timide engagement en faveur d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin qu’ils s’engagent à ratifier un accord international ambitieux, lors de la Conférence de Copenhague qui se tiendra du 7 au 18 décembre prochain.
Nommément, le Brésil, l’Inde, l’Arabie Saoudite, la Pologne, le Japon et le Canada se retrouvent dans cette liste.
« L’objectif est que ces pays s ’ entendent sur un accord international, à Copenhague, a précisé la ministre québécoise de l’Environnement, Line Beauchamp. Pour cela, nous devons rejoindre certains États clés, certains États stratégiques, afin de les convaincre de l’importance d’une telle entente. »
Idée d’Équiterre
L’idée de créer la Campagne internationale action climat a été lancée par Équiterre en 2006. Le Québec a ensuite accepté de verser 300 000 $, l’année suivante, afin qu’elle se concrétise. Après quoi la Principauté de Monaco, le gouvernement britannique et certaines grandes fondations internationales ont accepté de se joindre à l’effort, qui se chiffre aujourd’hui à environ 10 millions de dollars.
Le gouvernement fédéral , pour sa part, n’a rien versé, ce qui lui a d’ailleurs attiré certaines critiques, lors du point de presse des différents partenaires.
La création du secrétariat du CIAC s’inscrit dans une vaste campagne appelée « tcktcktck » (à prononcer tic, tic, tic, comme une horloge), qui doit prendre de l’ampleur au fur et à mesure que la conférence de l’ONU sur les changements climatiques approchera.
Une vingtaine de groupes font partie de cette coalition, dont Oxfam, Greenpeace, le Conseil mondial des églises, Global Humanitarian Forum, Union of Concerned Scientists et le Pew Environment Group.
Il existait déjà des regroupements, comme Kyoto plus, Power Up et le Réseau action climat, mais les groupes environnementaux estimaient nécessaire de mettre sur pied une coalition dont l’unique mandat est d’encadrer le travail sur le terrain: manifestations, mobilisation, etc.
« Le constat est qu’il manquait quelque chose, à l’international, pour s’assurer qu’il y ait un accord en décembre, qu’il soit ratifié et mise en oeuvre rapidement », a précisé Steven Guilbeault, d’Équiterre.
Les bureaux du secrétariat seront situés au centre-ville et déménageront éventuel lement dans la future Maison du développement durable, qui sera construite rue SainteCatherine, à côté du Théâtre du Nouveau-Monde.
Par ailleurs, Greenpeace a frappé un grand coup, hier en Europe, en publiant à la fois une fausse édition de l’International Herald Tribune (50 000 exemplaires, principalement à Bruxelles) ainsi qu’un faux site web (iht. greenpeace. org), en tout point pareil à celui du journal (on y retrouve même de fausses publicités, à s’y méprendre).
En manchette de cette édition datée du 19 décembre 2009, on aperçoit les chefs d’État de France, Nicolas Sarkozy, et d’Allemagne, Angela Merkel, tout sourire à la suite d’un accord ambitieux survenu à Copenhague...




CONGRÈS DES JEUNES LIBÉRAUX   Les automobilistes dans la ligne de mire

— Les jeunes libéraux proposent l’instauration de péages à Montréal et sur les autoroutes de même qu’une hausse de la taxe sur l’essence afin de renflouer les coffres de l’État québécois.
Les automobilistes sont dans la ligne de mire de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, qui plaide en faveur d’une vaste révision de la tarification des services publics. « En matière de finances publiques, si on ne prend pas un virage important maintenant, on risque de terminer notre course dans un mur. Maintenant qu’on (le Parti libéral) a les deux mains sur le volant, on n’a aucune excuse pour ne pas prendre ce virage », a affirmé hier son président, Julien Gagnon. Il a dévoilé en conférence de presse le programme du congrès des jeunes libéraux qui aura lieu ce weekend à Sainte-Thérèse. Cinq cents militants sont attendus et discuteront surtout de finances publiques et d’environnement.
« On pense qu’il est impératif d’entreprendre une vaste réforme d’assainissement des finances publiques qui devra poser les fondements d’un New Deal écologique », a souligné Julien Gagnon.
Pour la Commission-Jeunesse, des hausses tarifaires sont inévitables si le Québec veut sortir de l’ère des déficits puis accumuler des surplus. Dans son dernier budget, le gouvernement Charest a prévu des déficits totalisant 11 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années. Il a également annoncé des hausses tarifaires à compter de 2011 – « un rattrapage important et progressif » – , mais « il faut aller plus loin », estime la Commission-Jeunesse. Le déclin de la population active surviendra d’ici à 2014 et la population âgée de plus de 65 ans doublera dans les 30 prochaines années, ce qui pose des « défis sérieux » en matière de finances publiques.
La Commission-Jeunesse suggère la tenue d’états généraux sur la tarification des services publics, ce qui n’est pas l’intention du gouvernement jusqu’à maintenant. Elle croit qu’une nouvelle loi-cadre sur la tarification devrait prévoir l’instauration de péages sur les autoroutes à deux chiffres (10, 20, 40, par exemple), donc de gestion provinciale. Elle propose également une hausse des taxes sur les carburants « afin de refléter leurs coûts sociaux et environnementaux ».
Elle souhaite la création d’une « zone de congestion » à Montréal, comme à Londres, par exemple. Les automobilistes devraient payer pour entrer dans cette zone. Cette mesure servirait exclusivement à financer les transports collectifs. Les péages seraient en vigueur du lundi au vendredi durant les heures de pointe « afin d’encourager le covoiturage et les méthodes alternatives de transport ».
Avec les péages, « on est capable d’aller chercher un bon pactole, a dit Julien Gagnon. Ça peut correspondre au coût de réparation des routes. L’objectif, c’est que les automobilistes eux-mêmes financent la réparation des routes et assument les coûts de leur comportement. » Cette année, Québec dépense 3,7 milliards de dollars pour entretenir et aménager le réseau routier.
Hausse des tarifs d’électricité
La Commission-Jeunesse estime que les tarifs d’hydroélectricité devraient également être revus à la hausse afin de diminuer la consommation d’énergie et de financer la mise en place de projets éoliens, par exemple. Une nouvelle grille tarifaire permettrait toutefois de réduire la facture des consommateurs dans certains cas, indique-t-elle. « Ceux qui n’acceptent pas de changer leurs comportements, c’est leur liberté la plus stricte. On n’entend pas les en empêcher, on est libéraux, après tout. Par contre, on n’a malheureusement plus les moyens de se payer le luxe du gaspillage, et ces gens-là devront payer pour les conséquences de leurs comportements », a affirmé Julien Gagnon.
La Commission-Jeunesse propose de maintenir à 7$ par jour le tarif des garderies subventionnées pour le reste du mandat libéral, comme l’a promis le gouvernement. Après avoir demandé l’année dernière de tripler les droits de scolarité et d’instaurer un impôt postuniversitaire, elle ne remet plus en question la décision d’augmenter ces frais de 50$ par trimestre jusqu’en 2012.
Julien Gagnon juge « nettement insuffisant » l’objectif du gouvernement de retrouver l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Cette année-là, Québec doit dégager un « surplus très substantiel », « beaucoup plus élevé qu’un milliard de dollars », a-t-il dit. En plus des hausses tarifaires, les jeunes libéraux demandent de « stopper » la création de nouveaux programmes, à l’exception de ceux qui seraient « rendus urgents ou essentiels par la conjoncture économique ».


Jean Charest sera à Copenhague
— Après avoir mis la table pour une nouvelle partie de bras de fer entre Québec et Ottawa sur les suites à donner au protocole de Kyoto, le premier ministre Jean Charest participera, pour la première fois, à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, a appris La Presse Canadienne, hier.
Le bureau du premier ministre a indiqué que M. Charest accompagnera la ministre de l’Environnement Line Beauchamp à Copenhague, l’automne prochain. «La conférence de Copenhague revêt une importance qui est toute particulière étant donné que tous les participants vont décider des suites à donner à Kyoto après 2012, alors effectivement le premier ministre va accompagner Mme Beauchamp», a déclaré l’attaché de presse du premier ministre.



Les fabricants seront obligés de recycler -  François Cardinal
Produits électroniques Nouveau règlement du gouvernement du Québec
ENVIRONNEMENT
LegouvernementCharestdéposera dans « les prochaines semaines » un projet de règlement visant à obliger les fabricants d’ordinateurs, de piles, d’ampoules et de cellulaires à reprendre tous les produits qu’ils vendent, une fois leur vie utile terminée, afin qu’ils soient recyclés.
PHOTO BLOOMBERG
Selon Recyc-Québec, près de la moitié des ordinateurs, cellulaires et autres produits électroniques finissent leur vie dans un dépotoir. Or, ces produits électroniques sont remplis de produits toxiques comme le plomb, le cadmium, le mercure et le béryllium, ce qui contamine les milieux naturels.
La Presse a appris que les légistes du gouvernement viennent tout juste de présenter à la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, un projet de règlement cadre qui pourrait bien être dévoilé prochainement par le premier ministre Jean Charest.
L’objectif est d’instaurer la « responsabilité élargie des producteurs », afin de contraindre ces derniers à « élaborer, financer, mettre en place et opérer » un programme de récupération de leurs appareils, afin de les détourner de l’enfouissement.
Attendu depuis plus d’un an maintenant, ce document législatif a nécessité plus de travail que prévu en raison de sa complexité: on souhaite pouvoir y greffer graduellement différents produits électroniques, af in d’élargir tranquillement la liste des produits concernés.
« Il y a eu certaines complications juridiques, a reconnu en entrevue la ministre Beauchamp, car nous souhaitons que le règlement cadre s’applique autant aux produits informatiques qu’aux cellulaires et aux ampoules fluocompactes. Mais là, je peux dire que le dossier est très, très avancé. »
Cela signifie que « d’ici quelques semaines », le dossier pourra cheminer dans l’appareil politique: publication du règlement, 60 jours de consultation, analyse des mémoires puis application. La ministre estime que le retour des produits comme tel se fera « dans quelques mois ».
Concrètement, cela signifie que les producteurs devront mettre sur pied un point de collecte pour que les consommateurs puissent y déposer leurs biens électroniques désuets. Les entreprises pourront agir seules, se regrouper ou donner ce service à forfait.
Qui payera ?
Cela dit, d’autres éléments expliquent l ’ impor tance du retard accumulé dans ce dossier, que l’on jugeait de la plus grande importance il y a plus d’un an. Les fabricants de produits élec t roniques comme Apple, Dell et Sony, représentés par Recyclage des produits électroniques Canada ( RPEC), ont fait des représentations pour que des « frais environnementaux » apparaissent sur la facture du client, une suggestion refusée par la ministre.
Des études menées ces dernières années en Europe et aux États-Unis ont révélé que la prise en charge des ordinateurs par leurs producteurs s’est traduite par une hausse moyenne de 1 à 3% du prix au détail (environ 45$ pour un produit de 1500$).
Ensuite, toujours au sujet du retard, le gouvernement Charest a jugé nécessaire de coller son prochain règlement sur celui de l’Ontario, aussi en cours de rédaction. « Le Québec et l’Ontario vont être sur la même page, a précisé Mme Beauchamp. Ceci est important, notamment pour les régions frontalières. »
Selon Recyc-Québec, près de la moitié des ordinateurs, cellulaires et autres produits électroniques finissent leur vie dans un dépotoir au Québec. Or, ce qu’on appelle les technologies de l’information et de la communication ( TIC) sont remplies de produits toxiques comme le plomb, le cadmium, le mercure et le béryllium, ce qui contamine les milieux naturels.
Un seul écran cathodique peut contenir jusqu’à 3,6 kg de plomb et un écran plat, 5 mg de mercure (notons que les téléviseurs ne feront pas partie du projet de règlement).
En appliquant le principe de la responsabilité élargie des producteurs, le Québec se fixe un objectif de récupération de 35% de tous les appareils vendus, et ce, dès la deuxième année d’application du règlement. On espère ensuite que l ’ augmentat ion atteindra 15% annuellement.
Déjà, au Québec, certaines industries sont soumises à la responsabilité élargie : contenants et résidus de peinture, huiles usagées, contenants d’huile et filtres à huile usagés.



Vers une collecte des résidus de table  -  Martine Letarte
Montréal est en retard sur bien des villes en matière de collecte des résidus de table.
Mais, après des années de tergiversations, les choses avancent.
« Nous n’avons j a mai s été si près du but », affirme Chantale Gagnon, directrice de l ’environnement et du développement durable à la Ville de Montréal.
Moment pr a t i quement historique au Conseil d’agglomération il y a quelques semaines : alors que depuis 25 ans, les élus de l’île de Montréal se battent en ce qui a trait à la gestion des matières résiduelles, le Plan directeur de gestion des matières résiduelles pour 2010-2014 a été adopté à l’unanimité.
Les matières organiques représentent sans contredit le plus grand défi de l’île concernant la gestion des matières résiduelles.
« Déjà, le service de collecte de résidus alimentaires dessert 30 000 foyers dans l’île et nous venons de signer un contrat pour arriver à nous occuper de 20 000 portes de plus en 2010, ce qui fera que nous couvrirons 10 % du territoire de l’île », précise Mme Gagnon.
Toutefois, l’objectif québécois de mise en valeur des matières organiques dans les municipalités est de 60 %.
Si on ne peut ra masser davantage de résidus de table actuel l ement sur l ’ î l e de Montréal, c’est qu’il manque encore des infrastructures de traitement de la matière.
« Le plan précise que nous construirons quatre centres de valorisation de la matière organique. Si tout va comme prévu, les sites devraient être choisis l’a n prochain, les plans et devis devraient être réalisés en 2011 et en 2012, puis la construction devrait commencer pour que l’on puisse traiter la matière le plus rapidement possible », explique Mme Gagnon.
Grâce à l’énergie qui sera produite par le t raitement de la matière organique, les villes et les arrondissements souhaitent diminuer leur c onsommat i on d’énergie fossile.
Lorsque l’île de Montréal réussira à traiter la matière o r g a n i q ue , e l l e dev r a i t voi r f ondre s on nombre de tonnes de matière résiduelle desti nées à l ’ e nfouissement. Actuellement, 47 % des déchets déposés en bordure de rue par les Montréalais sont des matières organiques.
Des dossiers plus avancés
Le traitement des résidus verts, comme les feuilles, les arbres de Noël et les résidus de jardin, est toutefois beaucoup plus avancé que celui des résidus de table.
Chaque arrondissement a sa technique : certains organisent un service de collecte alors que d’autres demandent à leurs citoyens d’apporter leurs résidus verts à l’écocentre. Les résidus sont ensuite transformés en compost.
Enfin, l’objectif québécois de mise en valeur de 60 % de la matière recyclable dans les municipalités est presque atteint à Montréal. En 2008, on avait atteint 53 %.

« Nous avons réalisé que bien des gens ne recyclaient pas autant qu’ils l’auraient voulu pa r c e qu’ i l s manquaient de place dans leur petit bac vert ou bleu. Plus nous fournissons de gros bacs de recyclage roulants, plus les gens recyclent », explique Chantale Gagnon.

EFFORTS À LA POUBELLE  -  Philippe Sartre
L’oubli des bacs de recyclage par les éboueurs risque d’anéantir des années de sensibilisation
L’auteur réside dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce. Voilà maintenant plusieurs années que la sensibilisation des mentalités à l’utilisation des bacs de recyclage a produit des résultats notoires à Montréal, et notamment dans l’arrondissement de Notre-Dame-deGrâce, où je vis présentement.
Nos poubelles sont aujourd’hui bien moins pleines que par le passé quand vient l’heure des deux collectes hebdomadaires. Si peu pleines qu’il conviendrait sûrement, à brève échéance, d’inverser les processus actuels de ramassage de déchets, et de ne proposer qu’une collecte d’ordures, contre deux de recyclage chaque semaine.
Lorsque je vois dans ma rue, les lundis et jeudis matins (jour de collecte de déchets), le peu de déchets déposés par mes voisins, et que je compare ces quantités avec celles présentes dans les bacs de recyclage (souvent deux ou trois contenants par foyer) le lundi, je me dis que les pratiques environnementales nous concernent désormais tous.
Afin d’éviter d’entasser une multitude de bacs devant la maison chaque lundi, nous nous sommes procuré, au mois de mars dernier, un grand bac de recyclage de couleur bleue sur roulettes, en vente dans tous les magasins de bricolage. Ce dernier est très visible et identifiable grâce à un gigantesque logo mentionnant sa vocation de contenant de matières recyclables.
Nous plaçons chaque lundi nos deux contenants (poubelle beige et contenant de recyclage bleu) devant la maison et les séparons de plusieurs mètres dans le but d’éviter que l’un ne soit pris pour l’autre dans le cas où la personne responsable du ramassage ne verrait pas l’immense logo et ne ferait pas la différence entre les couleurs bleue et beige.
Malgré toutes ces précautions, il arrive fréquemment que notre contenant de recyclage soit totalement oublié (volontairement ou pas) et que nous devions vivre avec ce contenant plein à ras bord jusqu’à la semaine suivante.
À trois reprises cette année, j’ai contacté le service 311 de la Ville de Montréal dans le but de faire une réclamation à ce sujet. Chaque appel que j’ai fait au 311 a abouti en quelques secondes et les personnes avec lesquelles j’ai communiqué ont fait preuve d’un professionnalisme et d’une écoute sans faille. Malgré ces plaintes en bonne et due forme, mon bac de recyclage est toujours invisible aux yeux de certaines équipes de ramassage.
J’envisage sérieusement la possibilité de remplir à nouveau ma poubelle (vide la plupart du temps) dans le but de réduire le contenu de mon bac de recyclage et d’être certain que mes déchets (recyclables ou non) seront ramassés. Je me questionne aussi sur l’utilité du service 311, qui semble n’avoir aucun effet dans le traitement de certaines plaintes.
Tout le travail de sensibilisation aux pratiques environnementales réalisé ces dernières années risque de se voir réduit à néant par l’incompétence de certains, qui ne font pas leur travail correctement.

La force d’une chaîne doit être comparée à celle de son maillon le plus faible, dit-on. J’espère sincèrement que les maillons associés au ramassage des déchets recyclables seront renforcés le plus tôt possible, au risque, de provoquer chez les citoyens un retour aux vieilles pratiques consistant à tout mettre «à la poubelle».

L’île de Montréal ratifie un plan de 240 millions  -  Martin Croteau
Les villes de l’île de Montréal ont convenu d’un plan de gestion des matières résiduelles qui prévoit l’arrivée du bac brun d’ici cinq ans. Le conseil d’agglomération a ratifié la semaine dernière le projet de 240 millions, dont les grandes lignes ont été dévoilées en juin.
« C ’est u n pla n qu’on a mis des années à préparer », a affirmé le responsable du développement du rable à Montréal, Alan DeSousa.
L’agglomération peine déjà à atteindre son objectif de récupérer 60 % des matières recyclables. Elle se donne maintenant jusqu’à 2014 pour implanter la collecte des résidus de table. Son plan prévoit la construction de quatre usines pour traiter les matières putrescibles, et de huit nouveaux écocentres pour s’ajouter aux six qui existent déjà.
Mais le projet n’ira pas loin sans l’aide de Québec. M. DeSousa compte sur le gouvernement provincial pour fournir de 85 % à 90 % du financement.
Karel Ménard, qui dirige le Front commun québécois pour la gestion écologique des déchets, estime que l’agglomération devrait mettre en branle la collecte de compostage par elle-même, plutôt que d’attendre le coup de pouce gouvernemental.
« Québec s’est commis, mais peut-être que la Ville devrait montrer plus que de la simple volonté et aller de l’avant avec des actions concrètes, a-t-il indiqué. Autrement, ça pourrait stagner encore. »


Compostage à Montréal :
Le nom bre de foyers desser vis triplera  -  FRANÇOIS CARDINAL
A près des mois de re c herc hes , l a V i l le d e M o n t r é a l a e n f i n d é n i c h é u n e e n t r e p r i s e d e compost age, ce qu i lu i per mett r a d e p o u r s u i v r e l a c o l l e c t e d e s d é c h e t s o r g a n iq u e s d a n s l ’ î le et de t r ipler rapidement le nombre de foyer s desser v is .
C e s o i r , à s a s é a n c e m e n - s u e l l e , l e c o n s e i l m u n i c i p a l d o i t a c c o r d e r u n c o n t r a t d e plu s de 1 m i l l ion de dol la r s à l ’e n t r e p r i s e R e c yc l a ge N o t r e - D a m e a f i n q u ’el le t r a ite c h a - que a n née, penda nt t rois a n s , plu s de 5 0 0 0 ton nes de résidu s a l i ment a i res .
C e t t e d é c i s i o n p e r m e t à l ’a d m i n i s t r a t io n T r e m bl ay d e pou sser u n soupi r de sou lage - ment , c a r el le c ra ig na it d ’avoi r à i n t e r r o m p r e e n t iè r e m e n t l a col le c te de résidu s a l i ment a i res a c t uel lement of fer te d a n s cert a i n s sec teu r s de l ’ î le .
L a q u ê t e d ’ u n e e n t r e p r i s e d e c o m p o s t a ge a e n e f fe t é t é a rdue pou r la V i l le, qu i ava it essuyé u n éc hec en ja nv ier dern ier avec u n prem ier appel de sou m ission s . Si des ent repr ises é t a i e n t b e l e t b i e n i n t é r e s - s é e s , auc u ne n ’é t a it c on for me a u x e x i g e n c e s d e l a V i l l e e t d u m i n i s t è r e q u é b é c o i s d e l’ E nv i ron nement .
O r , s a n s e n t r e p r i s e p o u r r e c e voi r e t t r a ite r le s dé c h e t s de t able, la col le c te au ra it tout s i m p l e m e n t é t é s u s p e n d u e , p e u t - o n l i r e d a n s u n r é c e n t d o c u m e n t d ’ i n f o r m a t i o n d u c o m i t é e x é c u t i f . A u c u n d e s sites de compost age de l ’ î le n’a la c apac ité n i les autor isation s p o u r r e c e voi r le s r é s idu s a l i - m e n t a i r e s d e s c ol le c t e s fa it e s lo c a lement (les déc hets seront t ra n s por tés à S a i nte - G enev iève de B er t h ier) .
C o l l e c t e à t r o i s vo i e s
L ’ e n t e n t e a v e c R e c y c l a g e N o t r e - D a m e p e r m e t t r a a i n s i de ma i nten i r la collec te à trois voies là où elle est of fer te, soit da ns le Plateau-Mont-Roya l , à Côte-Sa i nt-Luc , à Poi nte-Cla i re e t à We s t m o u n t , m a i s a u s s i de l ’é te nd r e à u n plu s g r a nd nombre de foyer s , et ce, da n s les plus brefs déla is , selon A la n DeSousa , responsable de l’env iron nement au com ité exéc uti f.
« N ou s s ou h a iton s a g i r t rè s r a p i d e m e n t » , a - t - i l i n d i q u é , r e c o n n a i s s a n t q u e c e d o s - sie r a c c u s e u n c e r t a i n re t a rd . D a n s l e s p r o c h a i n s m o i s , d o n c ? « E n c o r e plu s v it e q ue c e l a , p o s s ible m e n t . J ’a i v r a i - ment l ’i ntent ion d ’a c célérer le déploiement de cet te col lec te », a - t-i l répondu .
L e cont rat per met t ra de fa i re pa s s e r de 1 5 0 0 0 à 5 0 0 0 0 le n o m b r e d e f o ye r s d e s s e r v i s . L a V i l l e n e s a i t p a s e n c o r e s i el le c o n s ol id e r a l a c ol le c t e d e d é c h e t s d e t a ble d a n s le s quat re com mu nautés déjà des - ser v ies ou si el le of f r i ra plutôt l e s e r v i c e d a n s d e n o u ve a u x a r rond issement s .
« Nou s pou r r ion s bien l ’étend r e à d e s c o m m u n a u t é s o ù les t au x de rec yc lage ont déjà at tei nt l ’obje c t i f de 6 0 % , pré - c ise M . D eS ou s a . C ela per mett ra it à cel le s qu i ont u n t au x plu s fa ible de se concent rer su r le rec yclage, su r la sen sibi l isa - tion des c itoyen s . »
H o r m i s l e s s e c t e u r s d é j à desser v is pa r la col lec te à t rois voies , t rois a r rond issements et t rois v i l les l iées ont dépa ssé la c ible de 6 0 % e n 2 0 0 8 : S ud - O u e s t , R o s e m o n t - L a P e t i t e - P at r ie, V i l le - M a r ie, S en nev i l le, H a mpstead et B a ie - d ’ Ur fé .
L e s d é c h e t s o r g a n i q u e s ( r é s i d u s d e t a b l e e t r é s i d u s ve r t s c o n f o n d u s ) c o n s t i t u e n t pa s moi n s de 47 % de l ’en sembl e d e s d é c h e t s d o m e s t iq u e s d e l ’a g g l o m é r a t i o n . L a p o l i - t i q u e q u é b é c o i s e d e g e s t i o n de s m at ière s ré siduel le s , dont l ’é c h é a n c e é t a i t l e m o i s d e décembre 2 0 0 8 , f i xa it u n obj e c - ti f de va lor isation de 6 0 % des dé c he t s or ga n iq ue s . O r, p ou r l’heu re, le t au x ne dépa sse pa s 8 % da n s l ’agglomérat ion , 6 % su r le ter r itoi re de la V i l le de Mont réa l .
L’ent repr ise Rec yc lage Not re - Da me t ra itera donc les déc hets de t able pou r u ne pér io de de t r o i s a n s a u c o û t d e 6 5 $ l a ton ne. Cela se t radu it pa r u ne fac t u re de 1 , 0 5 m i l l ion de doll a r s p o u r l ’a g g l o m é r a t i o n d e Mont réa l (v i l le et v i l les l iées) .
R appelon s que, en j u i n dern ier, l ’ad m i n ist ration T remblay a dû revoi r son objec ti f d ’i mp l a n t a t i o n d u c o m p o s t a g e à la g ra ndeu r de l’ î le pa rce que l e s é c o l o g i s t e s l e j u g e a i e n t i naccept able . Plutôt que 2 018 , la V i l le entend a i n si l ’étend re dès 2 01 2 . P r è s d e 15 0 0 0 f oye r s s o n t d e s s e r v i s d a n s l ’a g g l o m é ra t io n :
P l a te a u M o n t-Roy a l : 30 0 0 f oye r s
C ôte -S a i n t-L u c : 50 0 0
Po i n te - C l a i re : 250 0
We s t m o u n t : 420 0

Lancement d’un nouveau bac de récupération
Le prototype sera à l’essai dans trois arrondissements en juillet
Dans les trois prochains mois, 3000 familles montréalaises pourront déposer leurs boîtes de conserve vides, journaux et autres objets recyclables dans un bac vert plus ergonomique et plus léger. Le prototype, dévoilé hier, permettra d’augmenter le nombre de matières recyclées dans la métropole, promet le responsable des dossiers de développement durable et d’environnement à la Ville de Montréal, Alan De Sousa.
PHOTOROBERTMAILLOUX, LA PRESSE
Le fait que le nouveau bac de récupération est refermé sur le dessus empêchera les matières recyclables de s’envoler au vent. Sur la photo, Alan DeSousa, responsable des dossiers de développement durable et d’environnement à la Ville de Montréal, Claude Trudel ( Verdun), Michael Applebaum (Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce) et Helen Fotopulos (Plateau Mont-Royal) montrent le fameux bac.
Le nouveau réceptacle sera testé dans les arrondissements de Côte-des-Neiges-Notre-Damede-Grâce, Plateau-Mont-Royal et Verdun dès le 11 juillet.
Le récipient, qui ressemble à un panier à lessive, mais en plus étroit, peut contenir jusqu’à 72 litres de matières récupérables. Les bacs conventionnels ont une capacité de 55 à 64 litres.
« Nous voulions développer un outil plus facile à utiliser pour le citoyen et le collecteur, a expliqué Alan De Sousa. Le fait qu’il est refermé sur le dessus empêchera les matières recyclables de s’envoler au vent, donc ça va améliorer la propreté à Montréal. »
Si les essais sur le terrain sont concluants, la Ville de Montréal pourrait produire jusqu’à 500 000 bacs d’ici 2011, pour une facture totale de 6,7 millions de dollars. La production de ce nouveau contenant coûtera environ 16 $ l’unité, alors que la fabrication d’un bac traditionnel se chiffre entre 5 et 6$.
Deux fois plus de bacs bruns à Montréal ?
En plus de l’apparition d’un nouveau type de bac de recyclage, le nombre de foyers admissibles à la collecte de compost pourrait également bientôt doubler.
Quatre arrondissements prennent déjà part à un projet pilote de collecte de restes de table. Pour y arriver, Montréal a signé un contrat avec un centre de collecte de matières putrescibles de Berthierville pour récolter 5000 tonnes de matières compostables.
Cette semaine, un appel d’offres pour amasser 5000 tonnes supplémentaires sera lancé, a affirmé Alan De Sousa.
« On va y aller étape par étape, mais j’espère retourner devant le comité exécutif cet été pour faire approuver des budgets additionnels et ainsi élargir le territoire de collecte. »
Sur le Plateau Mont-Royal, l’un des arrondissements qui participent au projet, 59 tonnes de matières putrescibles sont détournées des sites d’enfouissement depuis le lancement du projet, en décembre 2008. Près de 1900 foyers sur les 2000 contactés ont décidé de participer au projet.


Un… euh… un machin de recyclage  -  Marc Tison
L’IDÉE DE DÉPART D’UN BAC DE RECYCLAGE SOUPLE A ÉTÉ RECYCLÉE À RÉPÉTITION. JUSQU’À UN RÉSULTAT TOTALEMENT NOUVEAU… ET ÉTONNANT.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage montréalais a été présentée aux médias lundi dernier. Au cours des prochaines semaines, 3000 exemplaires seront distribués dans quatre arrondissements.
En janvier 2008, le bureau du designer industriel Claude Mauffette débordait de modèles de bacs de recyclage en toile de plastique – des sacs à fonds rigides montés sur une structure tubulaire.
Le modèle actuel, injecté en une seule pièce. Le couvercle est relié à la paroi par une ligne amincie, qui fait office de charnière. Les courbures de la paroi et de l’arc du couvercle se joignent en un pli dont la géométrie n’est stable qu’en deux positions : ouvert ou fermé.
La semaine dernière, il était plutôt encombré de contenants en plastique, à mi-chemin entre le cabas et le panier à lessive. Malgré les apparences, l’un est l’ancêtre de l’autre. Entre les deux, un an et demi d’anxiété et de travail acharné.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage montréalais a été présentée aux médias lundi dernier. Au cours des prochaines semaines, 3000 de ces contenants semi-souples, moulés par injection en polypropylène, seront distribués aux résidants de quatre arrondissements, pour en tester les performances. Le contenant de 72 litres pèse environ le même poids qu’un bac classique de 55 litres, soit 1,7 kg.
Il montre une base elliptique et un sommet en arc de cercle, fermé par un couvercle muni d’une poignée. Ce couvercle s’articule autour d’une longue charnière continue, qui court sur toute la longueur d’une paroi. C’est l’élément le plus ingénieux du produit et il n’apparaissait pas sur les modèles initiaux.
Il reprend le principe de la « boîte en forme d’oreiller », mieux connue comme emballage de chaussons aux pommes chez McDonald.
La courbure de la paroi et l’arc du couvercle se joignent en une charnière dont la géométrie n’est stable qu’en deux positions : ouverte ou fermée. Pour passer de l’une à l’autre, il faut induire une déformation qui agit comme un ressort.
Pour vider le bac, le collecteur le saisit par la poignée du couvercle, le soulève et place son autre main dans une seconde prise, creusée sous la base.
De son côté, le citoyen a le bénéfice d’une poignée de transport percée au sommet d’une paroi.
Une longue métamorphose
Claude Mauffette avait remporté le concours organisé pour la conception du nouveau bac de recyclage de la Ville de Montréal. Son concept était audacieux mais avait séduit le jury: plutôt qu’un bac rigide, il proposait un contenant souple, haut et mince, portable d’une main dans les escaliers. Un fermoir le pinçait à son sommet, pour éviter que son contenu soit semé à tous vents. Pour le vider, le collecteur le saisissait pas une poignée latérale, ce qui dégageait en même temps le fermoir. Ce concept gagnant avait été présenté aux médias en janvier 2008.
Un événement heureux. Mais Claude Mauffette riait jaune. Il lui fallait encore mettre la chose au point. « On était conscient que le modèle avec lequel on avait gagné le concours avait plein de qualités, mais que ce ne serait pas celui qui se retrouverait en production, relate-t-il. Stressant. On avait beaucoup de pression. »
Les faits lui ont rapidement donné raison. Quand il a demandé à un manufacturier spécialisé dans les sacs une estimation des coûts de fabrication, la guillotine est tombée : 60$ par unité. Impasse.
Pour réduire les coûts d’une production en grande série, la réponse typique est le moulage de plastique par injection. Mais il s’agissait dès lors d’un tout autre produit.
Après quelques mois fiévreux, nouvelle présentation publique, en novembre 2008. Cette fois, la toile tendue a cédé sa place à deux parois ajourées, articulées sur leurs arêtes par deux tiges. C’est avec ce modèle qu’est apparu le couvercle elliptique. Le produit comptait six pièces différentes.
Claude Mauffette nourrissait alors deux préoccupations : la prise au vent à vide et le rangement à plat. Le fond du contenant montrait la même courbure en arc de cercle que le couvercle, afin de se replier selon le même principe.
Pour tester la prise au vent, le CRIQ a fait des tests avec un ventilateur de canon à neige. Surprise: le bac au fond plein ne se comportait pas plus mal que celui au fond ajouré. Sur un autre front, le comité de suivi de la Ville de Montréal a relevé une conséquence imprévue du repliement à plat : dans la rue, sous 4 cm de neige fraîchement tombée, le contenant aplati « se transforme en crazy carpet, explique Claude Mauffette. Ce qui semblait une qualité est ressorti comme un empêchement majeur. »
Tous ces facteurs l’ont amené à faire un pas de plus : mouler le bac en une seule pièce, avec un fond plat.
C’est ce dernier avatar qui sera testé au cours des prochains mois.
Après avoir franchi tous ces obstacles, Claude Mauffette est à peine moins nerveux. Il sait qu’avec un projet aussi innovateur, il marche sur des oeufs. La longue charnière intégrée doit résister aux épreuves du temps et du froid. Le contenant doit avoir une durée de vie de sept ans.
Le designer connaît déjà certains des éléments à améliorer. La « poignée du collecteur », au centre du couvercle, est trop étroite pour les mains gantées des vigoureux travailleurs. « Pourquoi on ne l’a pas prévu plus tôt ? Parce qu’on n’y avait pas pensé », reconnaît-il.

Au finish – ou près du finish –, le résultat ressemble bien peu à l’idée de départ. Mais l’esprit est demeuré, soutient Claude Mauffette. « C’est ça, le processus de design industriel. Et il y a en plus un côté inventif important: la Ville a pris un brevet sur ce produit. »


ST-LOUIS INDUSTRIES D’ACTON VALE  Haro sur l’asphalte usé
Éric St-Louis ne comprend pas pourquoi on ne recycle pas à leur juste valeur les centaines de milliers de tonnes d’asphalte excavées chaque année sur les routes du Québec. Selon lui, chaque tonne remplacée coûte au minimum 100$. Sa solution : réutilisons encore mieux l’asphalte recyclé.
PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE
Éric St-Louis, président de St-Louis Industries, affirme pouvoir recycler à leur juste valeur les centaines de milliers de tonnes d’asphalte excavées chaque année sur les routes du Québec.
M. St-Louis est à la tête d’une entreprise spécialisée dans la fabrication d’équipements de recyclage d’asphalte. La seule du genre au Québec, dit-il. Sa PME, St-Louis I ndustries, à Acton Vale, est prête à bondir et n’attend qu’une chose : que les gouvernements et les municipalités reconnaissent enfin les nombreux avantages liés au recyclage de l’asphalte.
Selon Recyc-Québec, le taux de récupération des résidus des projets de construction, rénovation et démolition (CRD) de nos routes atteint 69%. Ce qui n’est pas rien. « La plupart des entreprises d’asphaltage récupèrent l’asphalte in situ », explique Jeannot Richard, vice-président à la direction des opérations de Recyc-Québec.
Cette statistique n’impressionne guère Éric St-Louis. « L’asphalte récupéré est surtout utilisé pour faire du remblai. Ça remplace en fait du gravier qui vaut environ 10$ la tonne. Mais après, pour rechausser les routes, on remet de l’asphalte neuf qui coûte 100$ la tonne. Moi, ce que je propose, c’est de l’équipement qui produit de l’asphalte à 10$ la tonne », dit-il.
Trois produits
St-Louis Industries fabrique trois produits : un « chauffe-joint » (pour solidifier les joints pendant le revêtement de la chaussée) ; un « t hermo-rapiéceur » (qui sert à chauffer, un peu comme un grille-pain, une surface d’asphalte donnée) et, bien sûr, un « recycleur d’asphalte ».
Ce recycleur est en fait une benne (dont les modèles ont une capacité de 2 à 12 tonnes) dans laquelle le vieil asphalte est chauffé puis broyé. Au bout de huit heures, il en ressort un asphalte prêt à être utilisé comme revêtement.
« La matière première ne coûte rien. Ce qui coûte 10$, c’est la quantité de combustible (propane ou gaz naturel) utilisé », fait valoir Éric St-Louis, un gars de construction qui a notamment travaillé à la Baie-James et à Churchill Falls.
Les recycleurs d’asphalte de la PME coûtent entre 40 000 $ et 125 000$. Leur espérance de vie est d’environ 25 ans, indique Éric St-Louis. « Et selon l’utilisation qu’on en fait, un recycleur peut être rentabilisé en deux ans », dit-il. À ce jour, il en a notamment vendu à la Ville de Gatineau et s’apprête à en livrer un à Terrebonne.
Le produit est déjà connu à l’étranger, car avant d’en être l’unique dépositaire, Éric StLouis a travaillé pour l’entreprise américaine qui a inventé le recycleur d’asphalte. M. St-Louis se présente d’ailleurs comme le « gardien de la recette », c’est-àdire de la technologie de recyclage d’asphalte à l’infrarouge inventée dans les années 60 par l’Américain Anton Heller. En 2000, l’homme d’affaires québécois a acheté l’usine américaine de M. Heller pour ensuite en rapatrier les activités au Québec.
La PME ne compte que quat re employés en période de pointe. Pour la fabrication de ses produits, elle fait appel à une poignée de sous-traitants québécois. Les revenus de StLouis Industries, qui a vendu son premier appareil en 2005, sont actuellement d’environ 300 000$. L’objectif est d’atteindre les deux millions sous peu. « Mon but ultime, c’est que toutes les municipalités du Québec possèdent un de mes recycleurs », affirme Éric St-Louis.
Contre les nids-de-poule
L’utilisation du recycleur d’asphalte serait particulièrement efficace en hiver et au printemps, lorsque les nids-de-poule font leur apparition sur les routes du Québec.
« Les fabricants d’asphalte chaud ne sont pas encore ouverts à cette époque de l’année. Le ministère des Transports et les municipalités utilisent ce qu’on appelle de l’asphalte froid, un produit temporaire. Nos équipements permettent de fabriquer de l’asphalte chaud toute l’année », rappelle Éric St-Louis.
Le président de St-Louis Industries n’est pas le seul à s’intéresser au recyclage d’asphalte. Il existe ailleurs au Canada une entreprise de recyclage basée à Halifax qui a mis au point un procédé pour séparer d’anciens bardeaux d’asphalte en deux produits. L’un de ces produits est une poussière d’asphalte, qui peut être recyclée en revêtement de chaussée.
La technologie de M. St-Louis dérange, dit-il. « Nos équipements ont déjà fait l’objet de sabotage. Produire de l’asphalte à un prix aussi bas, ça peut en déranger certains. Mais je peux vous dire une chose: je ne lâcherai pas tant que ma technologie ne sera pas reconnue », martèle-t-il.



ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac distribué

Après Loblaw, au tour de Metro de faire payer ses clients pour les sacs de plastique. Le géant de l’alimentation souhaite ainsi réduire de moitié le nombre de sacs distribués dans ses magasins.
Les sacs de plastique et de papier ne seront plus fournis gratuitement dans les épiceries Metro et Super C du Québec et de l’Ontario.
La Presse a appris que Metro annoncera aujourd’hui qu’elle emboîte le pas à son concurrent, en exigeant dorénavant 5¢ pour chaque sac demandé dans l’ensemble de ses magasins du Québec et de l’Ontario. La mesure sera implantée graduellement d’ici le 1er juin.
Metro inc. (Metro et Super C) est ainsi le deuxième des trois grands groupes de l’alimentation à exiger un paiement pour les sacs d’emplettes, après Les Compagnies Loblaw ltée (Loblaws, Provigo et Maxi).
Notons queMetro va un peu plus loin en faisant payer également les sacs de papier. Son objectif est de réduire de 50% le nombre de sacs normalement distribués d’ici la fin de l’année 2009.
Le geste de Metro s’inscrit dans une tendance forte née il y a quelques mois. Outre Loblaw, IKEA et Rona ont aussi décidé d’exiger 5¢ pour les sacs, une mesure tremplin qui permettra éventuellement à ces deux bannières de cesser carrément de distribuer des sacs, comme le fait déjà la Société des alcools du Québec (SAQ).
Parmi les gros acteurs de l’alimentation, Sobeys inc. ( IGA, marchés Bonichoix et Tradition, Rachelle-Béry) est donc le seul à continuer à donner ses sacs, une mesure qu’on n’a aucunement l’intention de changer.
« Ce n’est pas dans notre lorgnette pour l’instant, a indiqué le porte-parole, Alain Dumas. Nous croyons davantage à la sensibilisation qu’au bâton pour influencer le comportement des consommateurs. »
Sobeys a mis fin l’an dernier à sa pratique consistant à donner 3¢ aux clients pour chaque sac réutilisable qu’ils apportaient, soulignant que selon ses sondages internes, cette mesure avait peu d’effet.
En lieu et place, IGA met aujourd’hui à la disposition de ses clients de gros contenants dans lesquels ils peuvent déposer leurs sacs de plastique usagés, afin qu’ils soient recyclés. « Nous préférons l’approche participative », a ajouté M. Dumas, précisant que les recettes provenant des sacs réutilisables sont versées au Jour de la Terre.
Quant à Metro, il versera une partie des recettes engrangées par la vente des sacs de plastique à des projets environnementaux, comme le fait Loblaw. L’entreprise créera à cette fin le Fonds Éco École.
L’objectif est d’investir 2millions de dollars (1 million par province) dans ce fonds, afin d’encourager les écoles « qui font des gestes concrets en faveur de l’environnement et du mieux-être collectif ». Plus précisément, l’entreprise offrira des bourses aux institutions d’enseignement pour développer des projets soumis autant par les élèves que par les enseignants.
Quel l e appro c he e s t la meilleure? La taxe au sac, le remboursement, ou l’offre de recyclage ? Bien difficile à dire pour l’instant, car les entreprises commencent tout juste à les appliquer.
Pour l’heure, précisons que Loblaw espère réduire d’un milliard la quantité de sacs en plastique acheminés vers les lieux d’enfouissement d’ici la fin de 2009. Metro compte réduire de moitié le nombre de sacs distribués durant la même période. Quant à IGA, il a noté une réduction de 25% des sacs distribués depuis qu’il offre des sacs réutilisables.
Donnée intéressante : les magasins de la chaîne Loblaw qui ont exigé ces derniers mois 5 ¢ par sac, dans le cadre de projets pilotes, ont constaté une réduction de leur utilisation de 55% à 75%. Ceux qui, en revanche, offraient un remboursement de quelques sous pour chaque sac réutilisable ont noté une timide réduction de sacs distribués d’à peine 4%.
En 2006, on évaluait qu’environ 2 milliards de sacs étaient distribués chaque année au Québec, ce qui correspond à environ cinq sacs par semaine par personne. On estimait alors que 87% de ces sacs prenaient le chemin du dépotoir, où ils représentent moins de 2% de l’ensemble des déchets résidentiels.

Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher
Une entreprise de Les Coteaux, à l’ouest de Montréal, pense avoir trouvé la solution pour améliorer l’efficacité des réfrigérateurs utilisés dans les supermarchés. Et pour augmenter la cadence de production, elle est en train d’agrandir son usine, d’ajouter de l’équipement et d’embaucher des employés.
« Si tout va comme prévu, notre plus grand défi sera de fournir la demande », estime Serge Dubé, président du Groupe CSC.
« C’est le système de l’avenir ! » lance Serge Dubé, président du Groupe CSC.
Son nouveau produit, l’Eco-System, combine à la fois la réfrigération, la climatisation, la ventilation, la déshumidification, le chauffage et les contrôles. L’entreprise possède des brevets d’invention et des droits d’auteur mondiaux dans une centaine de pays.
Ce comptoir réfrigéré, de 35 pieds de long sur 11 pieds de large, permettrait de réduire de façon substantielle les émissions de gaz à effet de serre dans l’environnement.
« Jusqu’à 3900 fois moins que les technologies actuelles qui utilisent des réfrigérants synthétiques », précise le dirigeant.
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher
Mais, plus encore, ce nouveau système abaisse significativement les coûts d’exploitation et d’entretien des épiceries et des marchés d’alimentation.
Ses technologies de récupération diminuent les frais de consommation d’énergie. « Les coûts de réfrigération sont réduits de moitié, dit M. Dubé. Pour un magasin de 50 000 pieds carrés, on parle de dizaines de milliers de dollars par année. »
De plus, ce système éliminerait les coûts de chauffage. Dans ce cas, les économies annuelles s’élèveraient à plus de 60 000$ par supermarché, selon le président.
« La récupération de chaleur permet souvent de chauffer la totalité du supermarché, incluant les allées, le portique, l’arrière réservé aux employés, l’entrepôt, l’eau chaude et les quais de réception », précise-t-il.
Sans compter, ajoute M. Dubé, que le système génère des frais d’entretien 30% moins coûteux. Il utilise aussi cinq fois moins de réfrigérants (et ils sont dix fois moins coûteux). De l’intérêt pour le système Des magasins sont déjà intéressés par cette nouvelle technologie. Des ententes ont été signées avec IGA à Coteau-du-Lac, IGA Quintal à Laval, IGA Gagné à Québec, Metro GP à Québec et IGA Cookshire.
Le premier des cinq projetspilotes sera mis en service à Coteau-du-Lac le mois prochain.
Pour être certain que tout fonct ionne bien, le Groupe CSC a développé son produit en laboratoire. « On a simulé un magasin de 25 000 pieds depuis un an, dit Serge Dubé. Je suis très fier des résultats. Nous sommes en train de faire une révolution dans le monde de l’alimentation. »
L’entreprise a de grands espoirs pour l’Eco-System. « Notre but est de le commercialiser rapidement, dit le président. D’ici cinq ans, on pense réaliser des revenus de 100 millions (par rapport 20 millions aujourd’hui). »
Le marché canadien, à lui seul, compte 6500 détaillants en alimentation.
« Notre système de dégivrage plaît aussi aux détaillants, souligne Serge Dubé. Parce que la température varie moins, on a une meilleure qualité de produits dans le comptoir réfrigéré et dans les congélateurs. »
Un plus pour l’environnement
Pour répondre à la demande, le Groupe CSC investit 1 million pour faire un agrandissement de 17 000 pieds carrés à son usine de 30 000 pieds carrés à Les Côteaux. La fin de la construction est prévue cet été. L’entreprise embauchera 30 nouveaux employés dans les prochains mois. Elle prévoit doubler ce nombre d’ici la fin de 2010.
« Si tout va comme prévu, notre plus grand défi sera de fournir la demande, avance le président. Il faudra aussi bien former les employés. »
Serge Dubé est particulièrement fier de l’aspect écologique du nouveau système. « C’est vraiment plaisant, car nous sommes en train de présenter quelque chose qui n’existe pas ailleurs dans le monde », dit-il.
Selon ses ca lculs , si les 6500 détaillants canadiens utilisaient tous l’Eco-System, cela entraînerait une baisse des gaz à effet de serre équivalant au retrait de la circulation de 2 millions d’automobiles.


ENVIRONNEMENT - Idéal, le scooter électrique ? -  FRANÇOIS CARDINAL
Le scooter semble minuscule à côté du gros autobus. Et pourtant, à l’intersection, c’est le plus petit qui attire les regards. Curieux, le chauffeur de la STM ouvre même sa fenêtre pour examiner le deux-roues. Puis son visage s’illumine: « Hein!?! Il est vraiment tout électrique? »
Signe d’acquiescement. Sourire. Puis le scooter file à vive allure dans un silence complet, sans l’ombre d’un nuage polluant.
Fabriqué par une entreprise taiwanaise, l’EVT-168 ne possède pas de bougies, de réservoir à essence, de catalyseur ni même de pot d’échappement. Totalement électrique, il est plutôt doté d’un ensemble de batteries et, ce qui le caractérise, d’un moteur-roue (oui, oui, comme celui qu’a abandonné Hydro-Québec).
Oubliez donc les centimètres cubes, ce scooter est équipé d’un moteur de 1500 W, la puissance la plus élevée de sa catégorie (équivalent à 49 cm3). Unwatt de plus et le permis de moto est obligatoire.
Il ne s’agit donc pas ici d’un vélo déguisé en scooter, comme il y en a tant en ville, mais plutôt d’un réel cyclomoteur capable d’atteindre près de 60 km/h en quelques secondes, d’emprunter les ponts JacquesCartier et Victoria, de se faufiler dans la congestion la plus lourde et de se garer presque n’importe où, tout à fait gratuitement.
Mais bon, que valent tous ces avantages si le scooter tombe en panne de courant après seulement quelques kilomètres? Qu’en est-il donc de l’autonomie du bolide?
L’EVT-168 est doté d’un bouton qui vous permet d’alterner entre deux modes de conduite: « économie » ou « puissance ». Entre les deux, 10 km/h de différence... et toute une capacité électrique.
Vous vous maintenez à « économie » et acceptez ainsi de ne pas dépasser 45 km/h (ce qui est loin d’être évident)? Vous obtiendrez une autonomie d’environ 70 km, soit l’équivalent du tour de l’île de Montréal à vol d’oiseau. Si, au contraire, vous roulez constamment « dans le tapis », vous ne dépasserez pas les 30 km (40 kmselon le constructeur, mais croyez plutôt celui qui a dû pousser le scooter après le 29e kilomètre...)
Bref, l’autonomie varie entre 30 et 70 km, ce qui n’est pas suffisant pour le « vendeur de commerce », il est vrai, mais qui l’est amplement pour les navetteurs urbains, même ceux de la proche banlieue. Surtout s’ils ont accès à une prise de courant au bureau.
Car pour charger la bête, rien de plus simple. On la branche dans une prise ordinaire. En une heure, la batterie est rechargée aux deux tiers; en quatre heures, elle est pleine. Le coût: moins de 10¢ la charge.
« Elle est finie, l’époque où les scooters électriques étaient peu fiables, peu rapides et manquaient d’autonomie, estime David Goldmann, propriétaire de la boutique Ecomoto, à Montréal. Mais leur popularité est néanmoins limitée, car les gens ne font pas encore la différence entre un vélo électrique et un scooter. »
Mais il n’y a peut-être pas que cela. Si le scooter électrique jouit d’incontestables avantages, il compte aussi certains désagréments: le fait qu’il n’y ait pas de bornes de recharge en ville comme il en existe à Paris, la courte durée de la saison de scooter et, surtout, son prix.
Doté de batteries au lithium, le EVT-168 se détaille 5000$, soit le même prix qu’une Vespa italienne de bien meilleure qualité. Suffit de rencontrer un nid-de-poule pour s’en convaincre... La facture baisse certes à 3700$ avec des batteries au plomb, mais ces dernières ne durent qu’un peu plus de deux ans (600$ le remplacement).
« C’est vrai, mais pourquoi exiger d’un scooter ce qu’on ne demande pas à une auto? s’interroge David Goldmann. Quand vous achetez une voiture, demandezvous le prix des freins ou des pneus d’hiver? »
Bonne question. Malgré les problèmes environnementaux qui s’aggravent, nous exigeons encore aujourd’hui que les produits « éco » soient au même prix que les produits nocifs pour l’environnement, voire moins chers encore. Prenez la Prius, par exemple: on ne l’achètera que si le prix de l’essence est assez élevé pour « rentrer dans notre argent », même si on n’exige pas la même chose d’une auto luxueuse, d’un VUS ou d’une voiture sportive.
Comme si le faible impact environnemental d’un véhicule, qu’il ait deux ou quatre roues, n’était pas en soi une valeur ajoutée.



Le bac brun pour tous d’ici 2014 -  Charles  Côté
Montréal mise sur le compostage des déchets de table
D’ici cinq ans, tous les citoyens de l ’ î le de Montréal feront connaissance avec le « bac brun », cousin du bac de recyclage, selon les termes du Plan directeur de gestion des matières résiduelles, dont les grandes lignes ont été dévoilées hier.
PHOTO IMACOM
La Ville de Montréal a l’intention d’implanter la collecte séparée des déchets de table d’ici 2014.
L’agglomération montréalaise a en effet l’intention d’implanter entre 2012 et 2014 la collecte séparée de déchets de table et de construire quatre usines de compostage.
Il ne manque que la confirmation d’un financement provincial, dans le cadre d’un programme annoncé dans le budget 2009.
Le but est de réduire la quantité de déchets enfouis, affirme Alan DeSousa, membre du comité exécutif de Montréal et responsable de l’environnement et du développement durable. « Chaque personne produit une demi-tonne de déchets par année et c’est beaucoup trop », affirme M. DeSousa.
Cela signifierait le passage de deux collectes d’ordures hebdomadaires à une seule. Déjà, 50 000 personnes sont desservies par la collecte de résidus de table dans l’île, dans des parties du PlateauMont-Royal, de Côte-Saint-Luc, de Pointe-Claire et de Westmount.
Le plan présenté par M. DeSousa doit être adopté par le conseil d’agglomération au mois d’août. Ce conseil présidé par le maire Gérald Tremblay regroupe toutes les municipalités de l’île et représente 1,8 million d’habitants.
Le plan prévoit des dépenses de 240 millions sur 10 ans. Huit nouveaux écocentres s’ajouteront aux six existants. Celui de LaSalle sera en chantier cet automne. Celui de Saint-Laurent suivra l’an prochain. Les écocentres sont des endroits où les citoyens peuvent porter leurs objets réutilisables, leurs déchets dangereux et leurs débris de démolition.
L’agglomération peine toujours à atteindre l’objectif de recycler 60% du métal, du papier, du verre et du plastique. Le taux pour 2008 était de 53%. Mais on attend beaucoup de la distribution déjà amorcée de bacs roulants de grande capacité. « On vise 80% », affirme Chantal Gagnon, directrice de l’environnement à la Ville de Montréal.
Le plan a beaucoup été amélioré depuis le projet présenté l’an dernier, selon André Porlier, du Conseil régional de l’environnement de Montréal. « Ils ont rapproché les objectifs, dit-il. On ramène ça à 2012 au lieu de 2017. Ça envoie un message très fort aux autres villes de la région. »
Paradoxalement, l’annonce de l’implantation des bacs bruns à Montréal survient quelques heures après celle par Québec de l’agrandissement des deux plus grands dépotoirs de la région.
En ef fet , la minist re du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a annoncé coup sur coup l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique de Waste Management à Sainte-Sophie, dans les BassesLaurentides, et celui de BFI à Terrebonne. Au total, ces deux dépotoirs pourront accueillir 2,7 millions de mètres cubes de déchets par année, au cours des cinq prochaines années, soit exactement pendant la période où Montréal implantera sa nouvelle collecte. « Québec envoie un drôle de message », affirme M. Porlier.
Mais M. DeSousa n’y voit pas de contradiction. « Notre plan est sérieux, dit-il. Nos cibles sont bien déterminées. Peut-être même qu’un prolongement de la vie de ces deux sites ne sera pas nécessaire. »





À l’école sans ma voiture  -  François Cardinal
Àl’initiative d’un jeune de 5e secondaire, une centaine d’élèves de l’académie Royal West se rendront à l’école à vélo, mardi. Ils se rendront à Montréal-Ouest sur deux roues, d’aussi loin qu’Ahuntsic, Baie-D’Urfé et L’Île-Bizard.
L’objectif est de souligner la journée En ville sans ma voiture, mais, ce faisant, ces jeunes s’attaquent à un problème qui sévit maintenant à longueur d’année: la motorisation grandissante du transport scolaire.
Résumons la chose: plus il y a d’autos près des écoles, plus les parents craignent que leurs enfants s’y rendent à pied ou à vélo, plus ils choisissent l’auto pour les y amener…
Si on met bout à bout les rares recherches sur la question, on constate qu’en 1971, environ 80% des Canadiens de 7 et 8 ans marchaient pour se rendre à l’école. Dix-sept ans plus tard, au Québec, ils ne sont plus que 34% (5 à 13 ans). Puis, en 2004, le taux chute à 14,5% (6 ans).
Si l’on veut comparer des données comparables, il faut alors raccourcir la période d’observation. De 1998 à 2003, dans la région de Montréal, la part des déplacements à pied est passée de 41% à 34%, tandis que celle de l’automobile a grimpé de 22% à 31%, selon une enquête du groupe de recherche Ville et mobilité, de l’Université de Montréal.
« (Cela) n’est pas sans conséquence sur le plan environnemental et sur le plan de la santé », se désolent les chercheurs.
Pourquoi donc choisir l’auto? Les raisons sont nombreuses. Que l’on pense à l’insécurité routière, à la réduction de la densité, à notre gestion plus serrée du temps, ou encore, à la popularité des écoles privées et à vocation particulière, qui obligent les élèves à parcourir de plus grandes distances.
Autant de raisons compréhensibles… et difficilement réversibles. Inutile, donc, de rêver à un retour aux taux des années 50 (qui devaient frôler les 100 %), mais examinons ce qu’il est possible de faire pour réduire, à tout le moins, le monopole de l’auto et ses conséquences: sédentarité, obésité, diabète, perte d’autonomie, etc.
À titre de milieu de vie privilégié des jeunes, l’école devrait par exemple inciter les enfants à prendre la bicyclette ou à marcher. Or, au contraire, on constate qu’un nombre croissant d’écoles interdisent carrément les déplacements à vélo, pour des raisons de sécurité. Aberrant! Du côté des parents, le groupe de recherche note que « la mobilité d’un élève du primaire est fortement dépendante du contrôle parental». Autrement dit, le mode de déplacement de l’adulte est celui de l’enfant.
Les parents peuvent donc donner l’exemple… ou déléguer cette responsabilité. L’idée du pédibus est séduisante. Des voisins se réunissent et organisent une route qui permet à l’un d’eux (en alternance, s’ils le souhaitent) de passer prendre les enfants à pied, un à un, pour se rendre à l’école et y revenir.
Pour réduire l’effort, on peut même demander l’aide de retraités ou de jeunes, qui pourraient très bien, dès 11 ans, accompagner les plus petits. La Société canadienne du cancer travaille d’ailleurs à l’implantation de pédibus organisés par ses bénévoles.
Astreignant ? Il semble que c’est le cas pour notre société hyper individualiste. Et pourtant, imaginons les bienfaits engendrés par un si petit effort.



Tempête dans l’assiette bio  -  Stéphanie Bérubé
Si les agriculteurs de la planète se mettaient tous à la culture biologique, ce serait une catastrophe naturelle.
Une étude américaine démontre que les aliments issus de l’agriculture biologique sont équivalents, d’un point de vue nutritif, aux aliments de l’agriculture conventionnelle.
L’affirmation lancée dans le New York Times a trouvé écho. Évidemment, s’il n’y avait que le patron de Syngenta, gigantesque firme d’agribusiness, pour faire un tel calcul, on n’en ferait pas grand cas. Or, Michael Mack est loin d’être le seul de cet avis.
Les gens se trompent en pensant que ce qui est naturel est toujours mieux, conclut l’homme d’affaires. La culture biologique demande 30% de plus de terre et c’est un luxe que la planète ne peut s’offrir.
« Ce débat dans le bio n’est pas nouveau », tranche Laura Telford, directrice de l’organisme Canadian Organic Growers.
« Il faut regarder ça autrement, dit-elle : l’agriculture biologique prend soin du sol. C’est bien d’avoir des rendements extraordinaires en agriculture conventionnelle, mais si nous épuisons nos sols et qu’ils ne produisent plus rien dans quelques années, nous n’avons rien gagné. » À long terme, l’agriculture biologique serait plus productive en protégeant le sol et sa biodiversité, plaide Laura Telford.
Efficacité énergétique et empreinte écologique
Un autre détail fait grincer des dents les défenseurs de l’agriculture biologique lorsque l’on fait la comparaison entre les deux types de production.
« Quand on parle de l’efficacité énergétique et de l’empreinte écologique de l’agriculture conventionnelle, il faudrait tenir compte de la quantité majeure de gaz à effet de serre nécessaire pour la production et le transport des pesticides et des engrais », note Denis Lafrance, coresponsable du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de circuit court du Cégep de Victoriaville. Si on pouvait ajouter ces coûts dans les dépenses de l’agriculture conventionnelle, la comparaison serait plus juste, plaide-t-il.
Pa r ai l leur s , expl ique Denis Lafrance, l’agriculture conventionnelle est largement pratiquée sur la planète et l’on n’a toujours pas éradiqué le problème de la faim dans le monde. Loin s’en faut.
« I l y a amplement de nourriture disponible dans le monde aujourd’hui pour que tous mangent à leur faim, ditil. La cause de la faim dans le monde est la pauvreté. J’ai déjà demandé à un agriculteur indien, qui se vantait de ses politiques sociales positives envers ses employés, les salaires qu’il payait : 0,75 $ par jour pour les femmes, 1,25 $ pour les hommes. Comment manger à sa faim et payer des études aux enfants avec de tels salaires ? »
On se trompe si on calcule que le bio prend une place qui serait sinon réservée à d’autres cultures, affirme aussi le professeur David Wees, du département de sciences végétales de l’Université McGill. «Pourquoi risque-t-on de manquer de nourriture? Certainement pas parce que des tomates biologiques prennent trop de place! dit-il. C’est un problème d’accessibilité à la nourriture. »
Le modèle parfait n’existe pas, tranche Benoît Girouard, président de l’Union paysanne. «Je crois que le bio peut nourrir le monde, dit-il. Mais c’est vrai que le travail du sol est plus mécanisé en agriculture biologique et que, donc, on émet plus de gaz carbonique (CO ). » L’Union paysanne
2 favorise une agriculture qui va boucler le cycle énergétique en n’important pas les engrais. En utilisant, le plus possible, les ressources locales. Comme si les producteurs bios avaient besoin d’une autre tuile, une étude publiée à la fin de l’été dans l’American
concluait que les aliments biologiques sont équivalents aux autres. Pas de preuve qu’ils contiennent plus de vitamines et de minéraux. À l’Université McGill, le professeur Wees a fait un test de dégustation à l’aveugle entre des concombres et des tomates biologiques et leurs cousins réguliers. Au grand désespoir des étudiants qui avaient un préjugé pro-bio, les légumes conventionnels sont sortis gagnants. De peu, mais tout de même, les légumes bios ne leur ont pas été préférés.

Les légumes écolos ne sont pas ceux que vous croyez
Parce que tout le monde veut faire sa part pour la planète, les consommateurs sont devenus très soucieux de la provenance des aliments qu’ils mettent dans leur panier d’épicerie. Il vaut mieux privilégier les légumes qui ont poussé près de la maison, n’est-ce pas ?En fait, aussi surprenant que cela puisse paraître, on émet parfois plus de gaz à effet de serre pour se rendre à l’épicerie, en voiture, que le Yes, We Have No Bananas, une synthèse des recherches publiées sur l’empreinte écologique des aliments.Le sujet est hautement émotif. « C’est d’ailleurs ce qui explique la popularité de l’alimentation locale, croit le chercheur canadien. C’est un concept qui plaît beaucoup, mais qui ne résiste pas à l’analyse. »Le transport ne compterait que pour 11% des émissions à gaz à effet de serre imputables à un aliment, dans son ensemble.
La grande majorité de ces émissions est faite durant la production de l’aliment. C’est pourquoi ceux qui veulent réduire l’empreinte écologique de leur assiette devraient s’intéresser davantage au mode de production qu’à la provenance de l’aliment qu’ils cuisineront.« Par exemple, si on fait venir une laitue de Californie par camion, on fait fausse route, explique David Wees, professeur au département de sciences végétales à l’Université McGill. La laitue contient 99% d’eau et la Californie a un climat semi-aride. La faire pousser a demandé un important effort d’irrigation. Nous lui faisons faire plus de trois jours de route avant de la trouver au supermarché. Ça n’a aucun sens. »
De plus, il faut considérer que tous les types de transport n’ont pas le même poids sur la balance de la pollution. Le transport marin, par exemple, compte pour 65% de tout le kilométrage alimentaire, explique Pierre Desrochers, mais c’est le moins polluant. Un al i ment qui vient de loin, par bateau, sera plus vert qu’un autre qui a moins voyagé, mais qui s’est rendu à l’épicerie par l’autoroute.
De la complexité de l’épicerie
On n’aurait jamais cru que faire l’épicerie serait si complexe.
« Quand on entre dans le concept du développement durable, il y a beaucoup de choses à considérer », confirme Daniel Normandin, directeur exécutif du Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) installé à l’École polytechnique.
Le développement durable inclut des concepts d’environnement, mais il y a également des considérations de développement économique et social qui doivent être calculées, explique-t-il. Doit-on favoriser de petites entreprises à gauche et à droite ou un lieu de production où l’on peut tout contrôler? demande le chercheur. « D’un point d
vue strictement économique, on devrait produire là où c’est le plus efficace de le faire », répond Daniel Normandin.
aliment, il faut observer tout son cycle de vie, explique le Pr Pierre Desrochers, auteur de l’étude une synthèse des recherches sur l’empreinte écologique des aliments.
Néanmoins, même s’il s’agissait d’un concept très imparfait, le kilométrage alimentaire était un premier pas qui méritait d’être franchi, estime-t-il.
Son collègue de McGill, David Wees, note aussi que tout le mouvement de l’achat local aura eu le bienfait de rapprocher les consommateurs des agriculteurs et de leur faire se poser des questions sur la provenance de leurs aliments.
Mais on sait maintenant que les choses sont autrement plus complexes. Pour faciliter la vie des consommateurs, le CIRAIG développe actuellement une étiquette qui se retrouverait collée sur les produits dans le futur. Elle donnerait un bon aperçu de l’empreinte écologique de l’aliment, en calculant quatre indicateurs : les changements climatiques, la santé des écosystèmes, la santé humaine et son impact sur les ressources.
Les consommateurs sont-ils prêts pour cela? « Lorsque les étiquettes nutritionnelles sont apparues, tout le monde disait que c’était du chinois, dit Daniel Normandin. Sans information, les consommateurs sont dans le néant. Nous, on se dit que tant qu’à le faire, il faut le faire comme il faut. C’est un exercice qui mérite d’être fait si on croit à l’environnement. »





LA FIN DU BOTTIN ?  -  François Cardinal
Au moment où vous lisez ces lignes, des millions d’exemplaires de l’annuaire téléphonique sont distribuées à Montréal et ailleurs au Québec. Vous n’en voulez pas ? Eh bien vous pouvez maintenant vous « désabonner ». Depuis juin dernier, Groupe Pages Jaunes offre en effet aux consommateurs résidentiels un nouveau « programme de distribution personnalisée » qui permet de cesser d’en recevoir... ou d’en demander plus d’exemplaires. Ceux qui oublient de se désinscrire peuvent toujours déposer les bottins dans leur bac de recyclage.


Des internautes partent en croisade contre les Pages Jaunes  -  Martin Croteau
Des internautes s’en prennent au bottin téléphonique. Un Montréalais a lancé une campagne pour que les Pages Jaunes cessent de lui être livrées chaque année. Et il encourage les autres à retourner la brique à son expéditeur.
F r u s t ré de re c evoi r u n annuaire chaque année sans qu’il en fasse la demande, Frédéric Bohbot a lancé un groupe Facebook. Selon lui, l’annuaire de plusieurs centaines de pages n’est qu’un vaste gaspillage de papier.
« Ça n’a pas de sens que je reçoive ça chaque année », soutient ce résida nt du Plateau-Mont-Royal, qui a vu des dizaines de bottins déposés au bord de la rue au cours des derniers jours.
Près de 200 personnes se sont jointes au groupe de Frédéric Bohbot, qui n’est d’ailleurs pas seul à militer pour cette cause. Un autre groupe Facebook appelant à la fin de la distribution des Pages Jaunes a déjà attiré 946 internautes.
Le producteur de documentaires compte organiser une manifestation au cours de laquelle les Montréalais retourneront leurs annuaires à leur expéditeur. Mais pour l’heure, dit-il, aucune date n’a encore été fixée.
Le Groupe Pages Jaunes se dit conscient de l’impact environnemental de la distribution d’annuaires. Mais l’entreprise fait valoir qu’elle a adopté une série de mesures au fil des ans pour le réduire.
« Tout ce qui entre dans la composition de l’annuaire – que ce soit l’encre, la colle, le papier – est entièrement recyclable, explique la directrice des communications du Groupe Pages Jaunes, Annie Marsolais. On peut donc mettre l’annuaire dans le bac à recyclage, il n’y a aucun doute là-dessus.»
L’entreprise a placé son répertoire de numéros de téléphone sur l’internet, explique-t-elle. Mais sept clients sur 10 préfèrent toujours le bottin en papier.
Depuis juin, ceux qui ne veulent pas recevoir l’a nnuaire en papier n’y sont plus obligés. L e Groupe Pages Jau nes propose u n « pro - gramme de distribution personnalisé » qui permet à sa clientèle de se « désabonner » de la livraison.
Mais Frédéric Bohbot n’est pas satisfait pour autant.
«Ils mettent la responsabilité sur nous pour arrêter cet envoi, alors que ça devrait être l’inverse, dit-il. Les gens devraient les joindre pour leur dire qu’ils veulent les Pages Jaunes. »


HARO SUR LE CATALOGUE SEARS
Après les mouchoirs Kleenex, qui ne sont plus aujourd’hui fabriqués à partir d’arbres de forêts anciennes ou menacées, au tour du catalogue Sears de s’attirer les foudres des écologistes. Le groupe ForestEthics a lancé une campagne visant à sensibiliser les consommateurs aux pratiques de Sears Holding Company, jugées peu responsables. Malgré les promesses faites dans le passé, les 425 millions (sic!) de catalogues envoyés chaque année en Amérique du Nord ne respectent aucune certification environnementale. Pis, selon ForestEthics, ils proviendraient en partie d’arbres coupés dans la fragile forêt boréale canadienne.



Les fournisseurs de cellulaire ne sont pas « verts »
Une nouvelle étude qui s’est penchée sur l’impact environnemental des fournisseurs de téléphonie cellulaire affirme que les entreprises canadiennes traînent loin derrière leurs consoeurs américaines dans ce domaine.
La f i r me ABI Research accorde aux géants AT& T Wireless, Sprint Nextel et Verizon les premières places en Amérique du Nord. Le Mexique ne faisait pas partie de cette étude. La canadienne Telus arrive en cinquième place, tout juste devant Rogers sans fil et Bell Mobilité, qui occupent les sixième et septième places respectivement.
ABI dit avoir étudié l’impact environnemental des technologies utilisées par les entreprises dans leurs réseaux, leurs équipements et leurs téléphones, ainsi que leurs efforts de recyclage de téléphones.
Elle accorde la première place au Canada à Telus parce que la société a publié des renseignements sur ses efforts environnementaux et la consommation énergétique de ses bureaux, et qu’elle a mesuré s on empreinte carbone.
Mais ABI préc i s e que, contrairement à AT& T et Sprint, ni Telus, ni Rogers, ni Bell n’ont dévoilé suffisamment d’informations au sujet de la consommation énergétique de leur réseau cellulaire et de leurs infrastructures.
Selon l ’a nalyste Aditya Kaul, d’ABI, les fournisseurs canadiens ne semblent pas avoir mis en place de mesures pour réduire la consommation énergétique de leurs réseaux, même si cela représente environ 80 % de la consommation totale.
Rogers a i ndiqué avoi r l ’ i ntention de r éduire la consommation de ses stations cellulaires, où se trouve l ’équipement de t élécommunications, mais n’a pas dévoilé les mesures mises en place à ce jour. Bell semble ne rien avoir prévu à ce sujet, ajoute M. Kaul.
Il a aussi souligné que Telus rapportait avoir recyclé 50 000 téléphones et prévoyait atteindre la barre des 90 000 d’ici la fin de l’année. En comparaison, dit-il, Sprint s’est donné comme objectif de recycler 90 % des téléphones qu’elle vendra d’ici 2017.



Ontario : Les ours polaires protégés
Les ours polaires de l’Ontario sont dorénavant considérés comme une espèce menacée, afin de leur assurer une meilleure protection. Robert Buchanan, de Polar Bears International, se réjouit que l’Ontario suive ainsi l’exemple duManitoba pour attirer l’attention sur la diminution rapide du nombre d’ours polaires dans cette province. Les glaces qui fondent dans le Grand Nord sont devenues un problème majeur, dit-il. Le Canada compte 60% des ours polaires sur la planète.


Conçu pour ne pas durer... -   François  Cardinal
Les piles de votre iPod ont lâché, la barre bleue de votre brosse à dents a disparu, votre ordinateur vous signale qu’il est temps de changer les cartouches de votre imprimante...
Que faire? Jeter et racheter. Jeter et racheter encore. Et ce, même si l’objet à remplacer n’a pas vraiment atteint la fin de sa vie utile: le iPod fonctionnerait très bien avec une nouvelle pile, la brosse à dents est à peine usée et la cartouche est encore au tiers pleine.
Du rasoir Gillette au début du XXe siècle jusqu’au cellulaire aujourd’hui, l’industrie n’a cessé de s’efforcer de fragiliser ses produits, de les rendre le moins durable possible, perfectionnant toujours plus ce qu’on appelle « l’obsolescence planifiée ».
Cela remonte au début de l’industrialisation, lorsque les entreprises ont éprouvé des problèmes de surproduction. Ils avaient alors le choix : moins produire ou vendre plus... The rest is history, comme on dit.
« Lorsque les coûts de recyclage ne sont pas introduits dans le plan d’affaires des fabricants, souligne Recyc-Québec, il est avantageux pour eux d’abaisser la qualité de leurs produits pour en vendre plus à moyen terme. »
Voilà pourquoi un nombre croissant de gouvernements ont décidé de contraindre les entreprises, particulièrement celles du domaine de l’électronique, à reprendre puis à recycler les produits qu’elles mettent en marché une fois leur fin de vie utile atteinte.
Dernier en date, avec beaucoup de retard, le Québec devrait déposer un projet de règlement en ce sens d’ici quelques semaines. Les producteurs devront ainsi mettre sur pied des points de collecte dans la province, afin que les consommateurs puissent y déposer leurs objets électroniques.
La chose existe déjà dans une quinzaine d’États américains, dans la moitié des provinces canadiennes, en Asie, dans l’Union européenne, et, malgré tout, l’industrie se rebiffe.
Elle ne veut pas que le consommateur lui impute la responsabilité des coûts supplémentaires qu’elle lui chargera, inévitablement, pour éponger le coût de la récupération. Elle souhaiterait plutôt qu’une nouvelle taxe apparaisse sur la facture, comme en Colombie-Britannique, afin que ce soit le gouvernement qui devienne la cible des consommateurs mécontents.
« Inscrire les frais sur la facture du client est la manière la plus transparente de faire », précise Recyclage des produits électroniques Canada, organisme qui représente les entreprises visées.
Bref, on parle ici de « responsabilité élargie des producteurs » et la première chose que font les producteurs, c’est se déresponsabiliser encore un peu plus des produits qu’ils mettent eux-mêmes en marché.
Cette position est d’autant plus surprenante que l’intervention des gouvernements est directement liée à leur incapacité à mettre de l’avant des mesures volontaires de récupération des produits.
En témoigne par exemple l’énorme écart qui sépare les États américains qui ont décidé d’agir des autres. Il existe ainsi près de 70 points de collecte dans le Minnesota et seulement deux dans l’État de New York, pourtant plus populeux. Lequel a mis l’industrie au pas?
Plus proche de nous, les statistiques contenues dans le document de réf lexion du gouvernement québécois sur la responsabilité élargie des producteurs parlent d’elles-mêmes. On envoie à l’enfouissement 59% des produits électroniques, 95% des lampes fluocompactes utilisées à la maison, 93% des piles, etc.
Au r ythme de consommat ion actuel, la chose devient donc de plus en plus intenable. Si elle ne l’est pas déjà.




La Californie s’attaque aux écrans plats énergivores  -  Nicolas Bérubé
LOS ANGELES — On les appelle les « nouveaux VUS ». Ces écrans de télé plats, parfois grands comme des tables de billard, qui consomment plus d’électricité qu’une sécheuse ou un réfrigérateur.
En quelques années, ils sont devenus la norme. En Californie, l’État américain le plus populeux, on en trouve 35 millions d’unités. Aujourd’hui, l’État de la côte Ouest entend être le premier à resserrer les standards sur la consommation d’électricité des télévisions, comme il l’a fait avec différents appareils électroménagers durant les années 70.
Les nouvelles règles, qui pourraient être adoptées dès cette semaine, auraient pour effet de réduire de 50% la consommation d’énergie des télés d’ici 2013.
« Cette mesure sera non seulement bénéfique pour l’environnement; elle permettra aussi une croissance économique et entraînera la création de nouveaux emplois dans les technologies vertes », soutient la commissaire chargée du dossier à la California Energy Commission, Julia Levin.
Actuellement, une télévision au plasma ou à cristaux liquides ayant une diagonale de 132 cm (52 po) consomme plus d’électricité que le plus gros modèle de réfrigérateur domestique, note la commission.
Ces nouvelles télés « ont dépassé les appareils électroménagers au chapitre de la consommation d’électricité, pour devenir les appareils les plus énergivores présents dans les foyers américains ».
Selon l’ État, les nouvelles normes feraient économiser 30$ par année aux consommateurs en frais d’électricité. Cela permettrait d’éviter la construction d’une centrale au gaz naturel au coût de 600 millions de dollars, a calculé le L.A. Times.
Le gouverneur Arnold Schwarzenegger appuie l’initiative. « Nous devons aller dans cette direction. Nous devons encourager les fabricants à emprunter cette voie, car la technologie est disponible », a-t-il dit récemment.
Les représentants de l’industrie, eux, se battent contre ces nouvelles normes. « Les efforts volontaires des manufacturiers portent leurs fruits, note Doug Johnson, directeur de la Consumer Electronics Association. Trop d’ingérence du gouvernement pourrait avoir des effets négatifs sur l’industrie, faire grimper les prix au détail et freiner l’innovation. » Selon l’association, les nouvelles normes nuiraient au chiffre d’affaires des commerces au détail et feraient perdre 50 millions de dollars en taxes à l’État.
C’est dans les années 70 que la Californie a commencé à resserrer les normes de consommation d’énergie. Aujourd’hui, l’ État produit 50% de moins d’émissions de gaz à effet de serre par dollar d’activité économique que la moyenne des autres États américains. La Californie attire à elle seule près des trois quarts des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables.
Les efforts de l’État pourraient avoir des conséquences ailleurs, les fabricants choisissant souvent d’étendre les nouvelles normes à tous leurs produits. Sur le plan mondial, les appareils électroniques représentent 15% de la demande en énergie des foyers, une proportion qui est appelée à tripler au cours des 20 prochaines années, selon l’Agence internationale de l’énergie. > Nombre moyen d’appareils électroniques dans
les foyers américains en 1980: 3 > Nombre moyen d’appareils électroniques dans
les foyers américains en 2009: 25 > Pourcentage de la facture d’électricité qui sert
à faire fonctionner la télé : 10%

La femme qui plantait des arbres  -  Laura-Julie Perrault
Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la Paix, était à Montréal hier
Il reste deux mois avant le début de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques et Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix, est une femme en croisade. « Il faut changer le climat dans lequel nous parlons des changements climatiques », a-t-elle dit la semaine dernière au président Barack Obama et aux leaders du monde entier qui étaient réunis à New York pour parler de la question. La Presse l’a rencontrée, hier, lors de son passage à Montréal.
En remettant en 2004 le prix Nobel de la paix à la kényane Wangari Maathai pour avoir mis sur pied un large mouvement de reforestation de son pays natal, le comité de sélection reconnaissait une chose : la stabilité politique de la planète est intimement liée à sa santé. À l’approche de la Conférence de Copenhague, la première Africaine à avoir remporté la prestigieuse décoration ne pourrait être plus d’accord.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE
Wangari Maathai parle de l’état du monde en arborant un immense sourire qui lui donne l’air d’une gamine.
« Il n’y a pas de doute que les pays développés vont être les premiers à se tourner vers des énergies alternatives pour assurer la sécurité de leurs citoyens. Cependant, ils ne peuvent pas se per mettre d’ignorer le reste du monde, sinon ce reste du monde va venir à eux. Les changements climatiques créent de la migration et de la déstabilisation politique. On le voit déjà dans les pays où il y a des inondations et des sécheresses. On le voit dans mon pays, le Kenya », met en garde celle qui sauve la grande forêt du Congo, un arbre à la fois, depuis qu’elle a mis sur pied en 1977 le Green Belt Movement.
Déforestation et pauvreté
Malgré les quelque dix milliards d’arbres qu’elle a aidé à planter, la docteure en biologie rappelle que la déforestation est responsable à 20 % des changements climatiques et d’autant plus de pauvreté en Afrique, en Amérique latine et en Asie.
La semaine dernière, quand elle a été choisie pour représenter la société civile lors du Sommet des Nations unies sur les changements climatiques , Wa nga r i M a at ha i a été heureuse d’entendre plusieurs chefs d’État, dont Barack Obama, prononcer des discours « positifs » sur les actions à adopter pour contrer le réchauffement climatique.
« Plusieurs gouvernements, dont la Chine, les États-Unis, le Japon et la Norvège, ont utilisé les bons mots, mais le vrai défi sera de s’asseoir à table pour établir les nouveaux objectifs de chacun (en matière d’émissions de gaz à effets de serre », note-t-elle.
C ra int-elle u n autre Kyoto, mis au rancart par les Américains, puis par le reste du monde ? « Cette fois-ci, ça doit arriver, sinon, nous plaisantons. Sinon, nous n’avons rien à faire de la vie des gens », plaide celle qui voyage de pays en pays pour parler d’environnement, d’objectifs mondiaux à atteindre, mais aussi d’efforts individuels à fournir pour remettre la planète sur pied et, du coup, améliorer la vie des populations les plus vulnérables du monde. C’est le message qu’elle a d’ailleurs livré aux quelques centaines d’étudiants de l’ Université Concordia qui étaient venus l’entendre hier.
Des combats à la tonne
Wangari Maathai a beau parler de l’état du monde en arborant un immense sourire qui lui donne l’air d’une gamine, elle ne cache pas que selon elle, le réchauffement de la planète est le plus grand défi auquel l’humanité ait eu à faire face.
Et en matière de défi, cette petite femme de 69 ans, en a vu d’autres. Née dans une famille pauvre du Kenya rural, fille d’un agriculteur qui travaillait en quasi-esclavage pour un propriétaire terrien blanc, elle a réussi par miracle à aller à l’école. Boursière du même programme que le père de Barack Obama, son compatriote, elle a pu faire son baccalauréat et sa maîtrise aux États-Unis.
À son retour au Kenya, elle a été la première femme de toute l’Afrique de l’Est à recevoir un doctorat. Nommée professeure d’université, elle a dû se battre pour recevoir le même salaire que ses collègues masculins.
Ses combats ne faisaient que commencer. Dans les années qui ont suivi, elle a été mise deux fois en prison. Une fois pour avoir critiqué la justice kényane qui avait accordé à son mari un divorce injuste. Une deuxième fois, pour avoir tenu tête au président kényan, Daniel Arap Moi, qui voulait raser le plus grand parc de Nairobi pour y faire pousser une tour.
Chaque f o i s , Wa n g a r i Maathai est sortie vainqueur de ses affrontements. Chaque fois, elle en a profité pour planter des arbres.



Un devoir des entreprises  -  Pierre-Marc Tremblay
Les sociétés doivent faire pression sur le gouvernement Harper pour qu’il lutte contre les changements climatiques
Le Sommet mondial sur les c ha ngements climatiques qui se tiendra en décembre à Copenhague est loin de faire l’unanimité au pays. Le Canada, qui fait partie des 10 plus grands pollueurs de la planète, s’y présentera sans position véritable et sans détermination.
D’ailleurs, dans les rencontres internationales sur l’environnement, le Canada est désormais perçu comme un empêcheur de tourner en rond. Le gouvernement Harper serat-il l’artisan d’un autre échec à la lutte contre le réchauffement climatique?
Heureusement, le Québec semble davantage sensibilisé à la question. Mais est-ce suffisant pour être entendu dans tout le Canada ? Est-ce suffisant pour influencer la rédaction d’un accord international a mbitieux à Copenhague ? Nous devons faire pression sur le gouvernement canadien pour qu’il développe une position viable face aux changements cli matiques. C’est notre meilleur moyen d’agir. On ne peut rester insensible aux impacts catastrophiques des changements climatiques chez les populations les plus pauvres de la planète. Et on ne peut oublier que notre tour viendra, plus tôt que tard, si nous n’agissons pas maintenant.
J’étais présent lorsque l’ancien secrétaire général de la l’ONU, Kofi Annan, a lancé le mouvement mondial Time for Climate Justice. Il a beaucoup insisté sur l’importance des gestes individuels et il a lancé un appel vibrant aux entreprises à se joindre au mouvement pour sensibiliser les États les plus riches à l’impact des changements climatiques.
J’ai été profondément touché par son message et j’ai tenu à m’engager comme personne et comme entrepreneur. J’ai donc décidé de m’investir et de prendre le relais du mouvement pour la justice climatique au Québec, notamment avec l’appui d’Équiterre.
J’invite toutes les entreprises et tous les Québécois préoccupés par le présent et l’avenir de notre planète à faire entendre leur voix en participant à la pétition vidéo sur le commensal. com. Constituée d’une succession de miniclips d’une seconde montrant chaque participant simuler le tic des aiguilles d’une horloge, cette pétition vise à démontrer que les changements climatiques ont un visage humain et que le temps presse.
Cette horloge humaine québécoise sera envoyée au premier ministre Stephen Harper, avant son départ pour la capitale danoise, pour lui signifier que le Canada doit s’engager activement dans la lutte aux changements climatiques. De plus, l’horloge québécoise sera ajoutée à l’horloge mondiale et remise aux leaders internationaux lors du Sommet de Copenhague.
Pourquoi une entreprise privée s ’ i nvestit-el le dans une démarche semblable? Un coup de marketing ? Un nouveau truc ? Non. Parce que ça fait partie de ses valeurs, des valeurs de ses employés et de ses clients. Parce que c’est un devoir pour les entreprises d’aider la société dans laquelle elles évoluent. Les entreprises et leurs dirigeants ne peuvent se désolidariser de celles et ceux qui les entourent.
Mais quand c’est le cas, ce sont les consommateurs qui ont désormais le pouvoir de faire avancer les choses. En effet, en choisissant d’appuyer les entreprises solidaires et socialement responsables, ils exercent une pression sur les autres entreprises pour qu’elles posent aussi des gestes concrets.
Si une entreprise obtient du succès auprès de ses clients et fait de meilleures affaires en agissant de façon responsable, il y a fort à parier que ses concurrents emboîteront le pas. Plus que jamais, le monde a besoin de cet effet d’entraînement. Le jour où toutes les entreprises utiliseront une part i mportante de leur budget marketing pour des initiatives sociales et environnementales, comme le suggère Kofi Annan, la planète et les gens qui l’habitent se porteront beaucoup mieux.

Le Québec, en s’inscrivant da ns ce mouvement, peut servir d’exemple aux autres régions du monde et affirmer son leadership dans la lutte aux changements climatiques. À compter de maintenant, chacune et chacun de nous dispose d’une seconde pour dire aux leaders de la planète qu’il est urgent d’agir. Une seconde pour faire la différence.




COUSTEAU : LE FILS DU COMMANDANT  -  Mathieu Perrault
Jean-Michel Cousteau est de passage cette fin de semaine à l’aquarium de Québec pour présenter un film IMAX sur les dauphins et les baleines qu’il a produit et qui sera présenté jusqu’à la fin de l’été. Le fils du célèbre commandant Cousteau, qui a fait s
QVous
Jean-Michel Cousteau devant son bateau, Le Searcher, il y a quelques années. Il est de passage à Québec ce week-end, pour y présenter son film sur les dauphins et les baleines.
venez présenter à Québec un film sur les baleines et les dangers qui les menacent. Comment jugez-vous l’état des pêches mondiales ? R Il y a deux choses. Plusieurs des mammifères marins sont mal en point. Il y a des abus, particulièrement en Asie, très spécialement au Japon où on offre de la chair de baleine et des ailerons de requin dans les écoles. Pour les pêches en général, 80% des espèces ne sont plus disponibles commercialement. Le thon rouge va disparaître d’ici cinq ans. On offre des poissons qui étaient considérés de mauvaise qualité dans ma jeunesse. QEt
qu’en est-il de la chasse au phoque pratiquée au Canada? R On ne devrait pas appuyer la chasse au phoque avec de l’argent public. Les phoques ont toujours mangé des langoustes. Les indigènes avant savaient ce qu’ils faisaient, ils utilisaient la peau pour se vêtir. Mais aujourd’hui on peut très bien faire la même chose sans utiliser les phoques. QL’aquaculture
surpêche? R Sur la terre on cultive des graines et des animaux végétariens, mais pour les poissons, on est complètement malade. Un kilo de saumon de culture nécessite 2,2 kilos de poissons sauvages. C’est en train de ravager ce qui reste de poissons dans les océans. Et en plus, il y a les antibiotiques, les colorants et les parasites qui contaminent les saumons sauvages. Tout ça pour un marché de luxe. QL’humanité
devra-t-elle se résoudre à manger des poissons d’aquaculture d’eau douce, herbivores, qui nourrissent déjà une bonne partie de l’Asie, plutôt que des poissons marins comme le thon ou le saumon? R Moi, je suis du côté des pêcheurs. Malheureusement, ils sont en train de perdre leur travail. La nature, c’est comme les affaires. Le capital est mis à notre disposition gratuitement, mais il faut le gérer en ne prélevant que les intérêts. Ce n’est pas ce que nous faisons. En ce qui concerne l’aquaculture, c’est vrai, il faut faire pousser des herbivores. QOn
parle beaucoup des menaces sur les réserves d’eau douce. Comment jugez-vous la performance du Canada? R À mon avis, le Canada a tellement d’eau douce qu’il la gaspille. Il est gâté par la nature. Mais il est important sur le plan éducatif de sauvegarder l’eau. Sur le plan moral, il est important de partager. Le Canada a un privilège qu’il lui faut partager avec le reste du monde. QQue
pensez-vous de la question de l’exportation de l’eau? R Vous avez des régions très proches de vous, aux États-Unis, qui en manquent. Il va falloir que vous exportiez de l’eau, par exemple au Midwest américain. Vous allez gagner de l’argent. Je garde mon eau et je la gaspille, ça ne pourra pas durer. Et s’il faut
est-elle une solution à la exporter de l’eau avec des citernes, pourquoi pas ? QQuelle
est votre opinion sur les barrages hydroélectriques planifiés au Québec ? Doit-on considérer l’hydroélectricité comme une énergie polluante parce qu’elle altère de grands cours d’eau? L’hydroélectricité fait-elle partie des solutions pour lutter contre l’effet de serre ? R Les barrages, sur le plan de la pensée futuriste, c’est une chose du passé. Si ces barrages interfèrent avec la vie naturelle, par exemple les saumons, ça ne va pas. Mais il ne faut pas critiquer le passé, mais voir les solutions d’avenir, des jeunes. En Floride, il y a des projets de turbines qui fourniraient 40% des besoins d’électricité de l’État tout en tournant trop lentement pour endommager les poissons. QQue
pensez-vous des éoliennes marines et des centrales marémotrices ? Ces deux types d’énergie font face à beaucoup d’opposition de la part des populations côtières. R Il y aura toujours de l’opposition. Quand il n’y en a pas, c’est que quelque chose ne va pas. QVous
avez fait des études d’architecture pour construire des villes sous-marines. On parle de plus en plus d’exploiter les ressources minérales et pétrolières des fonds marins. Pensez-vous que votre rêve deviendra réalité de votre vivant, à tout le moins pour des besoins industriels ? R Sur le plan industriel, sûrement. Les villes sous-marines, c’était une erreur de jeunesse. Par contre, de plus en plus de visiteurs vont sur les mers, alors pourquoi pas avoir des sous-marins de tourisme comme des paquebots ? QÀ
la fin de son mandat, le président américain George W. Bush a mentionné votre nom en créant d’immenses zones protégées autour d’îles américaines dans le Pacifique. Êtesvous à l’aise d’être associé à un président aussi controversé ? R Pas du tout. Ce président était effectivement très controversé, 73% de la population était contre lui et j’en faisais partie. Mais mon métier est de travailler avec les gens qui ont été élus. À partir dumoment où on voulait résoudre des problèmes, il y avait le président Bush et la gouverneure de Hawaii, une républicaine modérée. J’ai réussi à les convaincre. On a obtenu une zone plus grande que la grande barrière de corail d’Australie. QVos
relations avec votre célèbre père n’étaient pas faciles. Cela a-t-il influencé vos relations avec vos propres enfants ? R Quand j’étais très jeune, mon père était inconnu, mais j’ai par contre eu le privilège d’être dans l’eau tout le temps. À 7 ans je suis devenu plongeur. Tout ce qui a été écrit sur son insatisfaction à propos de mes projets est faux. La seule chose vraie, c’est qu’en 1998, concernant une entreprise commerciale aux îles Fiji, il y a eu un début d’action juridique. Elle s’est terminée rapidement, j’ai signé un document stipulant que j’étais obligé de mettre mon prénom sur les annonces avec la même taille de caractères que le nom Cousteau. Mais nous avions tous deux le même souci de montrer que des projets peuvent être à la fois écologiques et économiquement viables.




GUY LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE, ÉCOLO...  ET GrARDIEN DE L'EAU !...
Lancée sans tambour ni trompette il y a quelques jours, l’exposition Aqua ouvrira officiellement ses portes le 15 mai au Centre des sciences de Montréal, après avoir subi certaines retouches. Cette « expérience multisensorielle », qui s’adresse surtout au
Aujourd’hui, je rêve du jour où 6 milliards de personnes auront leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui, c’est tous pour l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce sera l’eau pour tous.
comme d é f i ? QPou
Guy Laliberté n’est pas seulement un talentueux homme d’affaires. Il a aussi une âme de philanthrope. Son «bébé»: la fondation One Drop, qui se préoccupe du problème de l’eau potable, de plus en plus aigu à travers le monde, et plus particulièrement dans les pays du tiers-monde.
r quoi R Au départ, j ’étais inspiré par l ’eau comme source de vie, j’étais touché par l’eau parce qu’un enfant meurt aux huit secondes en raison du manque d’accès à une eau potable. À partir de là, j’ai vite compris que l’eau va devenir le défi le plus important auquel l’humanité fera face dans un proche avenir. QL’eau R Déjà, les problèmes liés à l’eau sont la cause de mortalité la plus importante dans le monde. Mais à plus long terme, il y aura crise si l’on ne fait pas rapidement les gestes nécessaires. Le manque d’eau risque de causer, d’ici à 25 ans, d’importantes migrations. Est-ce que les pays voisins accepteront ces gens? Historiquement, on voit bien que ces gens-là ne sont pas accueillis à bras ouverts. Donc on risque d’assister à d’énormes guerres en lien avec l’eau. QComment
renverser la vapeur ? R Il va falloir qu’il y ait des changements de politique, qu’il y ait un engagement de la population entière, qu’il y ait des efforts communs de tous les ordres de gouvernement et dans l’entreprise privée, mais aussi au plan individuel. QLe
Canada fait-il partie du problème ou de la solution ? R Nous disposons de la plus grande réserve d’eau potable au monde. Nécessairement, nous devons mettre en place des mesures qui vont faire du Canada un leader sur la scène internationale. Or, nous ne le faisons pas. Pour l’instant, nous allons dans la mauvaise direction; j’ai même l’impression que nous régressons. QQue
voulez-vous dire ? R Je suis un voyageur. Je suis parti de chez moi très tôt. Je me souviens comment, à cette époque, le Canada était perçu: comme un pays qui faisait la promotion de la paix, qui était au coeur de la médiation lors de conflits. D’ailleurs, fait significatif, le passeport canadien était alors le plus cher sur le marché noir avec le passeport suisse... Aujourd’hui, nous sommes en train de perdre tout ça.
l ’e a u ? QQue
devrait faire le Canada? R Je rêve que mon pays soit un chef de file sur la scène internationale, qu’i l montre l’exemple. Cela parce qu’il possède d’énormes réserves d’eau, parce qu’il sera probablement une terre d’accueil en cas de guerre de l’eau, etc. Mais je rêve aussi que la population canadienne, que mes concitoyens changent leurs habitudes de consommation d’eau. Nous sommes parmi les plus grands gaspilleurs d’eau au monde. QEn
quoi la Fondation One Drop peut-elle aider ? R Nous, à One Drop, moi, Guy Laliberté, nous avons pris divers engagements en lien avec l’eau. Nous menons des actions concrètes sur le terrain dans les pays du Sud. Nous croyons énormément à l’importance des projets d’éducation et de sensibilisation, comme celui de l’exposition Aqua. Car c’est souvent par naïveté, par une fausse impression d’abondance de la ressource que nous gaspillons. QEt
vous, personnellement, vous avez changé des choses ? R Certaines décisions prises dans le passé n’étaient pas nécessairement cohérentes avec ce que je prêche aujourd’hui, c’est vrai. Mais depuis, il y a eu une consigne pour analyser tout ce qui pourrait être fait pour préserver l’eau et l’énergie, tant au Cirque qu’à la maison. Il n’y a plus de bouteilles d’eau en circulation au Cirque, par exemple. Nos employés ont des verres ou des bouteilles réutilisables. Nous avons installé des filtres. Nous faisons la captation d’eau usagée. Même chose à mon domicile, où nous n’avons plus de bouteilles d’eau. QIl
est vraiment possible d’être classé dans le palmarès Forbes des plus riches de la planète et d’économiser l’eau ? R La question est pertinente, et je savais qu’on allait me la poser un jour... Je ne peux pas prétendre que je suis 100% parfait. Mais depuis quelques années, tous nos projets, au Cirque et à la maison, passent par une réflexion écologique. J’ai même pris la décision de ne pas faire de piscine intérieure dans ma nouvelle résidence. J’ai aussi mis en place les derniers appareils, tant pour la préservation de l’énergie que pour la consommation d’eau. Tout a été étudié pour que les machines les plus performantes soient choisies. En même temps, soyons francs, ma résidence a tant de pieds carrés. C’est clair que je consomme probablement plus d’eau que la moyenne. Mais j’ai aussi plus d’enfants (cinq) que la moyenne... (rires) QCe
que vous êtes devenu, vous le devez beaucoup au Québec, qui vous a donné votre premier contrat. Vous êtes-vous demandé si votre fondation ne devait pas profiter d’abord au Québec, où certains Autochtones n’ont pas accès à l’eau, par exemple ? R Je ne connais pas beaucoup de compagnies au Québec qui accordent chaque année autant d’argent en philanthropie. Aussi, quand nous avons fait le choix de nous installer ici, dans le quartier Saint-Michel, au deuxième rang des quartiers les plus pauvres du Canada, nous avions d’autres propositions beaucoup plus glamour. Et nous nous sommes tout de même installés ici pour grandir, pour partager. QPour
régler bien des problèmes sur la planète, certains estiment qu’individus et entreprises devraient verser en don 1% de leurs revenus ou de leurs profits. Vous y croyez ? R Certainement. L’ensemble des membres de la direction versent au moins 1% de leur salaire à One Drop. Nous menons aussi une campagne annuelle auprès de tous les employés pour qu’ils versent 1% de leur salaire. Actuellement 28% de nos employés participent. Et moi personnellement, Guy Laliberté, je suis pas mal au-dessus de 1% de mes revenus... QMicheline
Lanc tôt a déploré à Tout le monde en parle que bien des fondations orientent leurs fonds vers des causes particulières au détriment du fisc, au détriment des priorités sociales et collectives de l’État... R Elle peut dire ce qu’elle veut; moi, je sais ce que je fais. J’ai déjà averti mes enfants que 80% de mes avoirs iraient à l’humanité, à la philanthropie. Mes causes sont claires : les jeunes de la rue, Cirque du monde, One Drop et la fondation Guy Laliberté pour l’aide à la pauvreté. Et je peux vous dire que, dans mon cas, cela n’a rien à voir avec la fiscalité. J’étais dans la rue et je donnais parfois plus que ce que j’avais dans mon chapeau ! Cela dit, je peux comprendre ce que Micheline a dit, car moi aussi j’ai constaté cette hypocrisie dans d’autres grandes entreprises. QOne
Drop est née au moment où le Cirque fêtait ses 25 ans. Qu’aura permis la Fondation dans 25 ans ? R J’ai déjà parlé de l’avenir du Cirque en disant que je rêvais du jour où 6 milliards de personnes porteraient un nez de clown. Aujourd’hui, je rêve du jour où 6 milliards de personnes auront leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui, c’est tous pour l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce sera l’eau pour tous.

DEUX RÊVES
Fondateur du Cirque du Soleil, en 1984, Guy Laliberté guide aujourd’hui l’équipe de concepteurs dans la création de chacun des spectacles de la troupe. Le Cirque, qui fête cette année ses 25 ans, est présent partout sur la planète. En 2007, Guy Laliberté a réalisé son «deuxième grand rêve» en créant la Fondation One Drop, dont la mission est de contrer la pauvreté en favorisant l’accès durable à l’eau potable. Le Cirque et One Drop sont basés, selon Laliberté, sur la même conviction: ce que l’on donne à la vie nous revient et chaque geste individuel peut faire une différence.




Où sont nos villes vertes ?... - FRANÇOIS CARDINAL
Les villes ont besoin d’un  lifting 
ANALYSE
Célébré partout sur la planète aujourd’hui, le Jour de la Terre a pour thème cette année, au Québec, l’économunicipalité. Posons donc la question : les villes québécoises sont-elles vertes ? Ou se contentent-elles de se dire vertes ?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de ville verte, pas plus qu’il n’existe de quartiers modernes à forte densité, dotés d’une mixité de fonctions et d’un aménagement intelligent centré sur les établissements publics et les services de proximité. »
Amqui se dit verte, parce qu’elle s’est attaquée aux sacs de plastique. Terrebonne aussi, parce qu’elle s’est dotée d’un plan environnemental. Baie-Saint-Paul, parce qu’elle a entamé des démarches de développement durable. Lantier, pour son travail à la protection des cours d’eau...
Le Plan de transport de Montréal mise sur la création de « quartiers verts ». De concert avec la population et les arrondissements, des experts contribueront à élaborer pour chaque quartier une sorte de lifting, un plan pour penser et refaire les rues selon des choix écologiques.
Tout est vert dans le plus vert des mondes, donc ? Ou n’est-ce que le fléau du marketing qui sévit en cette année électorale?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de ville verte, pas plus qu’il n’existe de quartiers modernes à forte densité, dotés d’une mixité de fonctions et d’un aménagement intelligent centré sur les établissements publics et les services de proximité », tranche Alexandre Turgeon, président de l’organisme Vivre en ville.
Certes, d’intéressantes initiatives voient le jour régulièrement, mais elles ne sont pas à la hauteur de ce qu’on appelle une « ville verte », c’est-à-dire un endroit où la marche et le vélo sont favorisés, où les transports en commun sont accessibles et où la circulation automobile est lente et restreinte aux déplacements locaux.
Le quartier Vauban à Fribourg en est, de même que Hammarby Sjöstad à Stockholm, Granville Island à Vancouver et Pearl District à Portland. Mais au Québec, malheureusement, les mesures adoptées sont trop souvent sans effet, car neutralisées par des mesures contraires.
Prenons seulement l’exemple du Plateau Mont-Royal qui, malgré un grand potentiel, est miné par la grande quantité d’espaces de stationnement qu’on y retrouve, les déplacements de camions, la vitesse des véhicules, l’étroitesse des trottoirs, etc.
Et quand les mesures ne sont pas carrément antinomiques, elles sont trop souvent secondaires. Il est bien mignon de vouloir s’attaquer aux sacs de plastique, de faire partie des « villes fleuries du Québec » ou de former les cols bleus à l’écoconduite, mais tout cela n’aura qu’une portée limitée tant que les villes continueront de se développer autour de l’auto, plutôt que de l’individu.
L’Union des municipalités du Québec, qui représente 275 villes, a adopté l’an dernier une Politique de mobilité et de transports durables avec mentale, que plusieurs dirigeants municipaux se sont approprié le discours des urbanistes les plus progressistes. Ce qui constitue un grand pas en avant, même si les résultats se font attendre.
Les annonces qui seront faites aujourd’hui le confirmeront d’ailleurs. L’équipe du Jour de la Terre dévoilera un tout nouveau site web ( EcoMunicipalite.org) qui permettra aux villes d’échanger des informations et qui apportera un soutien à celles qui souhaitent élaborer leur propre politique verte.
« Le programme va aussi proposer aux villes 12 actions, sur le modèle du Défi climat ou des 12 gestes du Défi Suzuki, explique l’objectif d’enrayer le « cercle de la dépendance à l’automobile ».
Douze mois plus tard, la « révolution » promise est-elle au moins entamée? « Le discours a fait son chemin, confirme le directeur du Centre d’écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin, mais les gestes concrets ne suivent toujours pas. »
Reconnaissons en effet, en ce jour de célébration environnePierre Lussier, directeur du Jour de la Terre. Les villes pourront s’engager à en réaliser trois, cinq ou plus, afin de les encourager à en faire plus. »
L’intérêt des villes du Québec est si grand, qu’une rencontre aux deux ans consolidera le tout.
Le Plan de t ranspor t de Montréal, lui aussi, prouve que les élus ont la volonté d’agir, même si l’on en attend encore les fruits. Celui-ci mise notamment sur la création de « quartiers verts ».
Premier pas en ce sens, le Centre d’écologie urbaine de Montréal vient de dévoiler le nom des deux premiers quartiers qui profiteront d’un tel lifting : Parc-Extension et Mercier-Est. De concert avec la population et les arrondissements, des experts de tous horizons contribueront à élaborer pour chacun d’eux, d’ici la fin de l’année, un « plan de quartier vert ».
Et après ? « Nous savons très bien que les arrondissements ont très peu de moyens, note Luc Rabouin. Au minimum, nous nous attendons à ce qu’ils se servent de cette vision au moment où ils procéderont à des travaux. »
Une canalisation éclate et la rue doit être reconstruite? L’arrondissement pourra se munir de son « plan de quartier vert » pour refaire la rue de manière plus sensée: ajouter des arbres ici, élargir des trottoirs là-bas, implanter des dos d’âne, etc.

Cela confirme qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. Même si elle semble parfois s’éloigner à mesure que l’on avance.



Le virage vert de Monaco
Parmi les villes européennes ayant pris le virage écolo, Monaco a de quoi être cité en exemple. En particulier parce que le prince Albert II a décidé d’afficher ses couleurs... résolument vertes.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent être une vraie solution aux problèmes actuels. »
Hôtels verts
Chaque année, de 4 à 5 millions de personnes viennent passer leurs vacances sur le rocher monégasque, entre autres célèbre pour son casino. Depuis trois ans, le prince Albert de Monaco soutient que l’écologie doit être partout et prend des mesures pragmatiques pour résoudre les problèmes liés à l’environnement.
COLLABORATION SPÉCIALE Monaco a pris le virage écolo depuis qu’Albert II a pris les rênes du pouvoir au décès de son père, il y a trois ans.
Fils unique de la princesse Grace Kelly et du prince Rainier, Albert Grimaldi, de son vrai nom, est un prince monégasque qui opte pour des solutions pragmatiques liées aux problèmes de l’environnement.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent être une vraie solution aux problèmes actuels », affirme Albert de Monaco, lors d’une rencontre accordée au Palais princier.
En étroite collaboration avec des conseillers qui, autrefois, étaient plus soucieux de l’expansion économique de Monaco que de la préservation de la nature, le prince Albert soutient que l’écologie doit être partout.
Une tâche d i f fici le, mais accomplie avec dévouement. Car depuis, le Monégasque écologiste est né: il prend le bus plutôt que l’auto, et s’il en a une, elle est hybride.
« Nous avons voulu mettre l’accent sur les transports et le covoiturage, afin d’obtenir une meilleure fluidité de la circulation. Nous avons augmenté la fréquence des transports en commun en bus, réduit le prix d’un billet de bus à 1 euro, et constaté une progression de 30% de la fréquentation », explique Albert de Monaco.
Dans le registre de cette économie verte, certaines solutions
On parle d’écologie hôtelière, avec ses green managers qui recyclent tout, allant du moindre bouchon en plastique, au verre, quotidiennes vont même plus loin, car toute la consommation est repensée pour ce nouveau Monégasque écolo. Et la ville s’engage à lui offrir un gisement d’emplois verts dans quasiment tous les secteurs. aux piles, aux cartouches d’encre et à l’huile de friture. Écologie industrielle: les voitures de sport vont prendre un tournant vert; leurs constructeurs travaillent présentement sur de nouveaux modèles écolos.
Écologie culturelle, que l’on retrouve au Forum Grimaldi – le centre des congrès de l’endroit –, qui fait signer à ses employés des chartes d’éco-responsabilité.
Mais le centre ne se limite pas aux chartes, il utilise l’eau de mer pour ses systèmes de climatisation et de chauffage. « À cela, 11 000 ampoules ont été remplacées par des ampoules LED (peu énergivores). Le tri de déchet est sélectif et nous nous chargeons de fournir du matériel recyclable pour nos salons et congrès, allant de la moquette aux signalétiques d’indication des stands. Sans compter l’utilisation de papier recyclé pour nos brochures et de produits de nettoyage éco-labellisés », explique Hervé Zorgniotti, directeur des communications du Forum Grimaldi.
Profs et élèves écolos
Dans les écoles, même scénario, avec l’Éco-école. La plupart des établissements scolaires doivent réaliser un projet environnemental complet, allant de la mise en place de tri sélectif à la construction de composteurs. Les acteurs? Profs et élèves, qui s’engagent à faire l’apprentissage de gestes écolos et des actions menées au quotidien.
« Les chantiers sont immenses, et beaucoup de gens ne mesurent pas encore l’importance de l’action. Il y a encore beaucoup de gens à convaincre, mais je pense que ça passe par l’implication de tous, car si on arrive à impliquer tous les acteurs de la société civile, de l’économie, des dirigeants des pays, des scientifiques, ce rassemblement de toutes les forces permettra d’envisager l’avenir positivement », dit Albert de Monaco.
Sur ce Rocher conquis sur la mer, qui connaît un taux de concentration immobilière digne de l’Asie, ce réveil de conscience est salutaire.




Plus de vélos, moins d’accidents...  -  François Cardinal
Montréal est une véritable jungle urbaine pour les cyclistes, dont la vie est plus menacée que jamais... Du moins, voilà ce que prétendent médecins et chauffeurs d’autobus qui, manifestement, ne roulent pas souvent à deux roues en ville.
Quiconque s’est habitué à circuler à vélo à Montréal ces dernières années vous le dira : l’augmentation du nombre de cyclistes, le prolongement des pistes cyclables ainsi que la présence accrue des policiers ont plutôt rendu la pratique du vélo plus sécuritaire.
Sceptique ? Les statistiques le prouvent pourtant : le bilan routier cycliste s’améliore d’année en année, selon les données 2004-2008 du Service de police de Montréal (les chiffres de 2009 ne sont pas disponibles).
De façon générale, depuis cinq ans, on constate en effet que le nombre d’accidents mettant en présence un cycliste est en nette diminution: de 818 en 2004, il est passé à 701 en 2008. Certes, il y a eu une légère hausse des blessés mineurs en 2007, mais la réduction sur cinq ans atteint néanmoins un impressionnant 15%. Une hécatombe, vous dites?
Le nombre de morts ? Il a augmenté de 2004 à 2006, passant de deux à cinq. Mais depuis, il est retombé à deux annuellement. On stagne, donc. Les médecins déchiraient pourtant leur chemise dans un texte publié samedi dernier dans La Presse, parce qu’il y a eu cette année... trois morts. Malgré l’apparition du Bixi, on reste tout à fait dans la moyenne.
L es blessés g raves sera ient-i ls davantage en cause, comme le soutient le Dr Faramarze Dehnade, chef du Service d’orthopédie du CHUM ? « Il y a une augmentation des cas en général, soutient-il. Depuis quelques années, on le voit. »
Or encore une fois, les statistiques vont dans le sens contraire. De 2004 à 2008, le nombre de blessures graves est passé de 52 à 34, une baisse de 35%! Vrai, on a assisté à une hausse de 26% de 2007 à 2008. Mais cela n’est attribuable qu’aux données anormalement basses de 2007, alors que le nombre de blessés graves a atteint un creux historique, à 27. Rien d’étonnant à ce que l’on constate une hausse l’année suivante!
« Les cyclistes ont une sorte d’immunité totale. Ils font ce qu’ils veulent comme s’ils avaient tous les droits», lance le Dr Dehnade, faisant ainsi écho à l’impression générale que les accidents très médiatisés de Toronto, Ottawa et Montréal nous ont laissée ces dernières semaines.
Or s’il est vrai que les cyclistes sont plutôt indisciplinés à Montréal (de grâce, excluons de la réflexion les courriers à vélo, qui donnent une bien mauvaise réputation à l’ensemble des cyclistes malgré leur faible nombre), ils ne sont pas en cause dans plus d’accidents. Et ce, même si le nombre de vélos en ville est en hausse fulgurante !
Cela confirme ce que les experts ont observé cet été dans plusieurs villes où la bicyclette gagne du terrain, comme Lyon, Strasbourg et Paris (55% plus de cyclistes, 8,5% moins d’accidents). On appelle cela la théorie du « strength in numbers »: plus il y a de cyclistes, moins il y a d’accidents mettant en présence des cyclistes.
Voilà pourquoi vous avez huit fois plus de risques d’avoir une collision avec une auto à vélo en Amérique du Nord qu’en Europe, même si les cyclistes constituent ici une part moins importante des usagers de la route.
Les cyclistes, on le voit bien, ne sont pas à l’origine d’un plus grand nombre d’accidents, seulement d’un agacement grandissant.

Le secteur du stade passe au vert  -  Éric Clément
Cinq institutions montréalaise profiteront d’un investissement de 189 millions pour un « quartier de la vie » dans Hochelaga-Maisonneuve
La Ville de Montréal, les Muséums nature de Montréal ainsi que les gouvernements fédéral et provincial lanceront en septembre un ambitieux projet à la fois touristique, muséal et écologique appelé le Quartier de la vie, a appris La Presse. Le secteur du Jardin botanique et les abords du Stade olympique seront reliés par une « immense place publique interactive ». Le projet total est évalué à 189 millions de dollars.
PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE
En plus de la Ville, la Régie des installations olympiques prendra aussi des initiatives dans le secteur. « C’est trop bétonné à notre goût, dit Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO. Ça pourrait faire un lien visuel vert. » Avec l’apport de la RIO, le projet dépassera les 200 millions d’investissements.
Cinq institutions en feront partie: le Biodôme, le Jardin botanique, le Planétarium et l’Insectarium, de même que le futur Centre sur la biodiversité. Le Quartier de la vie aura pour but de prolonger la mission des quatre muséums, soit de faire connaître et apprécier les sciences de la nature et la nature elle-même aux générations présentes et futures. Ces quatre muséums représentent déjà le plus grand complexe muséal de sciences naturelles au Canada.
Le Quartier de la vie sera une expérience sociale et environnementale inédite pour le visiteur. « Rien à voir avec du show-business ou des activités commerciales habituelles, nous dit une source proche du concepteur. Les activités seront en phase avec les valeurs fondamentales des gens, pour qu’ils se reconnectent avec la nature et pour que, à terme, un citoyen qui trouve un papier par terre le ramasse même si ce n’est pas le sien. »
La place publique qui sera créée partira de la station de métro Viau et se prolongera près du Biodôme et du nouveau Planétarium, qui sera construit d’ici à l’été 2011 au pied de la tour du Stade olympique. Elle se rendra ensuite jusqu’au Centre sur la biodiversité, près du Jardin botanique, en passant sous la rue Sherbrooke. « Il s’agira de la première place publique mondiale dédiée à l’humain et à la nature », nous dit la même source.
Ce ne sera pas une place comme les autres. On n’y trouvera pas de parasols, de tables ou de chaises en plast ique. Le l ieu rendra hommage à la nature, et les citoyens pourront l’aménager à leur façon, par exemple… en déplaçant des « arbres sur roulettes » ou en érigeant des bâtiments écologiques. Le touriste pourra s’approprier les lieux et participer au façonnement de la place, qui évoluera dans le temps au gré des initiatives et des réalisations des visiteurs.
Parmi les aménagements qui pourraient être bâtis, on pourrait, par exemple, construire des restaurants sur pilotis en bambou, pour que même les concessions alimentaires soient conformes à l’esprit des lieux. « La facture sera toujours inusitée et audacieuse », nous dit-on.
On prévoit que 2,7 millions de personnes participeront chaque année à l’expérience. Le projet l ancé pa r le s Muséums nature est coordonné avec la Régie des installations olympiques puisqu’il s’agit de ses terrains. La RIO prendra aussi des initiatives dans le secteur. L’esplanade de béton située au coin du boulevard Pie-IX deviendra verte dans la deuxième phase du projet. « C’est trop bétonné à notre goût, dit Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO. Ça pourrait faire un lien visuel vert. » Avec la RIO, le projet total dépassera les 200 millions.
L’investissement consenti par la Ville, soit 189 millions, proviendra du programment triennal d’immobilisations et de subventions fédérales et provinciales. La somme comprend les coûts de construction du Planétarium (33 millions) et du Centre sur la biodiversité (24,5 millions), la création de la place publique (30 millions) et les coûts liés à la mise aux normes et à l’amélioration des muséums nature.
Ainsi, on créera au Biodôme un nouvel écosystème consacré à l’humain, « une espèce en équilibre avec la nature, essentielle à sa survie ». À l’Insectarium, les visiteurs pourront défier leurs peurs et vivre des expériences « d’immersion entomologique » afin d’apprendre à mieux vivre avec les insectes.
La création du Planétarium est financée par Québec, Ottawa, Montréal et Rio Tinto Alcan, qui donnera son nom à l’édifice moyennant 4 millions. Quant au Centre sur la biodiversité, les travaux de construction commenceront ces jours-ci près du Jardin botanique. Le bâtiment, voué à la recherche scientifique, à la conservation et à la valorisation de collections biologiques, à la promotion de la préservation des espèces et au transfert des connaissances, sera inauguré l’an prochain.
Les élus du comité exécutif ont découvert le projet du Quartier de la vie la semaine dernière et l’ont bien accuei l l i . « C’est un projet extraordinaire pour le développement de Montréal, nous a dit, hier, un membre de l ’administration municipale. Il va permettre la mise en valeur de tout un quar t ier, au coeur de l’arrondissement MercierHochelaga-Maisonneuve, et va grandement contribuer à améliorer la stature internationale de Montréal. »



25e TOUR DE L’ÎLE Montréal transformé en capitale du vélo

« On est partis, il y a 25 ans, d’une toute petite activité organisée en six semaines à peine, et maintenant on attire des touristes de partout. Faire du vélo, ce n’est plus marginal, c’est une culture solidement implantée dans la ville. »
Certains sont venus d’aussi loin que du Danemark, d’autres n’ont eu que quelques pas à franchir pour atteindre la ligne de départ… Le 25e Tour de l’île de Montréal a attiré une foule bigarrée de 35 000 personnes hier, bien au-delà des attentes des organisateurs. De quoi leur faire dire que Montréal est bel et bien devenue en un quart de siècle la capitale du vélo de l’Amérique du Nord. Rien de moins.
Le Tour de l’île de Montréal a attiré une foule bigarrée de 35 000 personnes, hier, bien au-delà des attentes des organisateurs.
Charles Breton fait partie des irréductibles qui n’ont jamais raté un seul Tour. À l’automne 1985, quand il a vu le flot de cyclistes défiler devant chez lui, il n’a fait ni une ni deux et a enfourché sa petite reine. Il avait 57 ans. Il en a maintenant « 82 et demi », et le mollet toujours bien ferme. « Le Tour, c’est ce qui m’a gardé aussi en forme. Je m’entraîne chaque semaine en pédalant 200, 250 km pour être sûr de pouvoir y participer chaque année », lance-t-il fièrement à l’arrivée, où il était parmi les premiers.
« Le circuit n’était pas trop dur, cette année, il n’y avait pas trop de côtes et il faisait beau », ditil comme pour s’excuser de son exploit.
Il est vrai qu’il y avait une différence appréciable avec la météo glaciale de la première année du Tour, qui avait eu lieu en octobre par un frisquet 10° et sous un ciel mouillé. Le Tour a aussi perdu quelques longueurs au fil des ans, passant d’un peu plus de 70 km à 52 km hier, histoire d’attirer davantage de familles.
« Nous ne sommes pas là pour convaincre les gens de faire du vélo envers et contre tout, mais pour leur donner le goût d’en faire en ayant du plaisir », dit Joëlle Sévigny. présidente de Vélo Québec.
Un plaisir qui, visiblement, se communique, à entendre toutes les histoires de cyclistes qui affirment avoir été entraînés par un frère, un ami, un collègue et même une grand-mère de… 79 ans. Huguette Wilson a pédalé hier son 20e Tour avec son fils, sa petite-fille et ses deux arrière-petits-enfants ! « J’aime tout! La fierté d’avoir accompli un exploit, les encouragements des bénévoles à chaque coin de rue, les applaudissements des passants et ce moment unique avec les membres de ma famille. »
Denise Turgeon, de Sherbrooke, se donne le défi d’enrôler chaque année une personne de plus dans l’aventure. Louise Lafrance, elle, n’a tout simplement pas donné le choix à ses cinq frères et soeurs: elle leur a glissé un dossard sous le sapin de Noël. La joyeuse bande, de 51 à 66 ans, a commencé à s’entraîner il y a deux mois. « C’était le cadeau idéal : on veut tous que nos proches soient en santé, et on aime tous passer de bons moments ensemble. »
Une seule ombre est venue ternir cette journée : un homme de 72 ans a dû être transporté d’urgence à l’hôpital à la suite d’un malaise cardiaque. Le reste de la journée s’est déroulée sans anicroche majeure, avec son petit lot de crevaisons et de genoux écorchés. Le départ, animé par des artistes du Cirque du Soleil, a été donné à l’heure pile. L’arrivée a été couronnée par un spectacle de Daniel Bélanger. « On est partis, il y a 25 ans, d’une toute petite activité organisée en six semaines à peine, et maintenant on attire des touristes de partout. Faire du vélo, ce n’est plus marginal, c’est une culture solidement implantée dans la ville », affirme Joëlle Sévigny.
Alors oui, bien sûr, le Tour aura lieu encore l’an prochain.
Le Tour à Bixi
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bernard Saint-Pierre n’est pas passé inaperçu sur la ligne de départ à côté des vélos de compétition des grands coureurs ou de ceux, bichonnés pour l’occasion, des promeneurs du dimanche. Il a enfourché hier matin une bécane qui n’est nullement destinée aux longues randonnées: un lourd et robuste Bixi.
Le nouveau réseau de bicyclettes en libre-service de Montréal a sauvé son Tour. « On m’a volé mon vélo il y a deux jours. J’ai essayé d’en emprunter un, mais aucun n’était disponible. » Ni aussi confortable, assurait le jeune homme avant de parcourir les 52 km du circuit… « Je n’ai pas eu de mal à me rendre jusqu’au départ alors je ne crois pas que j’aurai la vie plus difficile qu’avec un autre vélo. » L’un des promoteurs du Bixi, le conseil ler municipal André Lavallée, a tout de même reconnu hier que la côte Berri n’avait pas été de tout repos à grimper en Bixi… « Disons qu’à certains moments j’aurais profité d’une quatrième ou d’une cinquième vitesse. Mais ce n’est pas un vélo conçu pour les longues distances ! » a-t-il rappelé.

Ne ratant pas une occasion de faire la promotion du service, André Lavallée a aussi fait le Tour de New York en Bixi le mois dernier. « Là, c’était vraiment le vélo idéal. Il pleuvait des cordes, les autres cyclistes ont eu des problèmes de mécanique, mais pas mon Bixi, très robuste. » Et surtout, il lui a valu un article dans le New York Times…



Le BIXI a été utilisé un million de fois
Le BIXI, le système de vélo en libre-service montréalais, célèbre un nouveau jalon : il a été utilisé un million de fois depuis que le premier vélo a commencé à rouler dans les rues de la métropole.
Ce millionième déplacement en BIXI a été effectué le 22 octobre.
Le président de la société de vélo libre-service, Alain Ayot t e , a déc l a r é que la popularité du BIXI a dépassé les attentes, lors de sa toute première saison. Pou r lui, c ’est un signe que les Montréalais s e s ont r apidement approprié le BI XI, un bien public, et qu’ils le considèrent comme tel.
I l est désormais possible de trouver 5000 vélos dans 400 stations réparties dans 8 arrondissements de la Ville de Montréal. Pas moins de 30 0 vélos avaient été mis en service lors de la phase i nitiale. M. Ayotte a i ndiqué que, vu le succès connu par ce moyen de transport, la Ville de Montréal avait devancé à juillet l’implantation de la phase 2.
L e mai r e de Montréa l , Gérald Tremblay, a déclaré pa r voie de c ommuniqué que l e BI X I c ont r i bue à améliorer la qualité de vie des Montréalais, à faire de Montréa l u ne mét r o pole du r a ble e t à a s s u r e r s on r a y o n n e ment a u n i v e a u international.
Les vélos BIXI seront retirés graduellement des rues de la ville à partir du 1er novembre, en commençant par les stations les moins populaires. Le reste des vélos ira hiverner d’ici la fin du mois de novembre.
Pendant la saison hivernale, les responsables du système feront le bilan et réfléchiront aux prochaines améliorations possibles.
Selon M. Ayotte, l’objectif du système est d’atteindre l’autofinancement en trois ans. Il a indiqué que le système est en voie d’y arriver.


Bixi ira à Londres et à Boston  -  Sara Champagne
Le vélo BIXI débarquera dans les rues de Londres et Boston. L’administration du maire Gérald Tremblay a réussi l’exploit de vendre à ces deux villes le nouveau concept de bicyclettes en libre-service. Et d’autres grandes villes, comme New York, pourraient bientôt emboîter le pas.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE
Verra-t-on des courses de Bixi dans les rues de la City comme on a pu en voir une aux mardis cyclistes de Lachine, la semaine dernière?
En point de presse hier midi devant l’Hôtel de Ville, rue Notre-Dame, le maire de Montréal et le responsable du Plan de transport, André Lavallée, n’étaient pas en mesure de chiffrer les retombées des ententes. Mais ils ont affirmé que 45 emplois permanents seraient créés à Montréal grâce à Boston. Sans compter tout le « rayonnement » engendré par ces rejetons du modèle BIXI.
« Montréal est une ville modèle du transport actif, a dit Gérald Tremblay, visiblement heureux de parler d’autre chose que de la controverse autour des festivals d’été. On devient reconnus internationalement grâce au BIXI. Même le Time Magazine l’a confirmé en plaçant le concept au 19e rang des innovations », a-t-il rappelé.
À Londres, la nouvelle n’a pas tardé à faire la manchette des grands quotidiens, hier. Même si certains médias n’ont pas manqué de mettre en lumière les ratés du système montréalais, implanté au printemps dernier, et le vandalisme dont il est la cible. En entrevue avec le London Telegraph, le maire Boris Johnson a prédit que, grâce au service, sa métropole ferait bientôt « l’envie du monde entier ». Au total, 6000 vélos seront mis en service à Londres d’ici à 2012. En comparaison, il y en aura 5000 à Montréal d’ici à la fin de l’année.
En ce qui concerne l’exploitation, la société « Transport for London » (TfL), le pendant de la Société de transport de Montréal (STM), a signé avec la firme britannique Serco un contrat de 245 millions de dollars canadiens pour qu’elle assure le service durant six ans, avec possibilité de prolongation de deux ans. Les vélos seront adaptés à la conduite londonienne – les freins seront inversés – et la couleur sera probablement différente.
ÀBoston, l’entente est encore plus exceptionnelle parce que Montréal devient aussi maître d’oeuvre du projet, avec possibilités de déploiement dans des villes limitrophes. Au départ, 2500 vélos, 290 stations et 3750 points d’ancrage seront installés dans le centreville de Boston. Le nombre de vélos est appelé à doubler en fonction du succès de l’affaire. Boston entend aussi bénéficier du centre d’appels centralisé de Montréal pour les défectuosités.
« À ce moment-ci , je ne peux pas vous dire si les vélos seront baptisés BIXI, mais ce qui est certain, c’est qu’on saura avec précision qui sont le père et la mère des bicyclettes », a ajouté avec humour Roger Plamondon, président du consei l d’administration de la Société de vélo en libre-service.
À Times Square
Sans vouloir s’aventurer trop loin, André Lavallée, responsable du Plan de transport et vice-président au comité exécutif, a par ai l leurs annoncé que le BIXI serait prochainement en démonstration à Times Square, à New York, secteur devenu piétonnier cet été. D’autres pourparlers seraient en cours avec d’autres villes, dont Vancouver, a appris La Presse.
Quant à l ’ implantat ion prochaine de 2500 nouveaux BIXI à Montréal, on a expliqué que les vélos sont en cours de fabrication dans les usines de la compagnie Devinci , dans la région de Chicoutimi. Selon M. Lavallée, le système a été revu pour éviter les vols et le vandalisme. Quant aux tarifs, il n’est pas question de baisse pour l’instant. À Londres, les profits du service seront versés à TfL.





Des Bixi à Ottawa, à Gatineau et peut-être à Seattle
Les Bixi de Montréal font des petits. Les villes d’Ottawa et de Gatineau ont choisi d’expérimenter Bixi pour un projet démonstrateur de vélo en libre-service, devenant les deuxième et troisième villes au Canada à l’expérimenter. « Nous sommes présentement en discussion avec la Ville de Seattle qui a été séduite par Bixi », ajoute André Lavallée, vice-président du Comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable du Plan de transport. Nous sommes extrêmement fiers du rayonnement de Bixi dans le monde et de constater que plusieurs autres villes pourraient emboîter le pas à Montréal. »

Le Bixi étend son empire
Quelque 100 stations et 2000 vélos seront ajoutés
Le nombre de vélos Bixi est en voie de doubler dans les rues de Montréal. À la demande générale des citoyens, l’administration du maire Gérald Tremblay a décidé d’accélérer le déploiement du système de vélos en libre-service.
Pour la première fois, le service de location de vélos sera offert dans quatre arrondissements : Mercier–HochelagaMaisonneuve, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, de même que dans le Sud-Ouest.
D’ici quelques semaines, 2000 Bixi seront ajoutés, avec 100 nouvelles stations, portant le nombre total de vélos à 5000 pour 400 stations. Par ailleurs, le service sera nouvellement offert dans quatre arrondissements : Mercier– Ho c he l a ga-M a i s on neuve , Côte-des-Neiges– Notre-Damede-Grâce, Villeray– Saint-Michel– Parc-Extension, de même que dans le Sud-Ouest.
Les nouveaux vélos permettront entre autres de desservir la clientèle de l’Université de Montréal et les usagers aux abords du marché Atwater, du Stade olympique, des installations du Biodôme, du Technopôle Angus et du cégep du Vieux-Montréal. Avec ses 6300 abonnés au service et 220 000 déplacements en sept semaines, le responsable du Plan de transport, André Lavallée, estime que Bixi s’autofinancera d’ici trois ans, même s’il est trop tôt pour dévoiler les revenus générés depuis son lancement.
À ce jour, l’implantation des 3000 premiers Bixi a nécessité des investissements de 15 millions. La deuxième phase de déploiement est évaluée à 7 millions par l’administration municipale, pour une dépense totale de 22 millions. Et le lancement d’une troisième phase n’est pas écarté, peut-être l’an prochain, a laissé entendre la Ville.
« Le service Bixi est le deuxième en importance au monde après celui de Paris, a indiqué M. Lavallée, non sans cacher sa fierté, lors d’un point de presse pour annoncer la mise en service de la deuxième phase. Depuis que notre service a été lancé, on estime que 1,3 million de kilomètres ont été parcourus, soit l’équivalant de 35 fois le tour de la terre. »
Vols et vandalismes
En ce qui concerne les vols et les tentatives, de même que le vandalisme perpétré sur une cinquantaine de vélos Bixi, durant le congé de la fête de la Saint-JeanBaptiste, la société en commandite Stationnement de Montréal a annoncé que 16 personnes ont été prises sur le fait. Des plaintes ont été faites auprès de la police de Montréal et des accusations, notamment pour dommages au domaine public, ont été portées contre les malfaiteurs.
Les vols de Bixi auront au moins eu ceci de bon que Stationnement de Montréal a renforcé le système d’ancrage des stations de vélos pour rendre pratiquement impossibles d’autres méfaits. Michel Philibert, directeur des communications pour la société, explique qu’il fallait « une force excessive pour sortir les vélos de leur ancrage », mais qu’avec le système solidifié, ce « ne sera plus possible ».
« Nous avons conçu un prototype et les essais sont concluants », a-t-il ajouté.
Les nouveaux Bixi sont actuellement assemblés par la même compagniequi a livré les 3000premiers, à savoir B3CG, dont l’usine est située à Saint-Eustache, dans la région de Deux-Montagnes. La conception du vélo est de Cycles Devinci, et le design de Michel Dallaire, également derrière la conception des bancs de parc au centre-ville et dans le Quartier international de Montréal.




Un loueur de vélos se dit pénalisé par le Bixi
Les Montréalais ont vite adopté le Bixi, comme en témoignent les 3000 déplacements enregistrés chaque jour, mais les nouveaux vélos en libre-service ne font pas que des heureux. Ils fournissent une concurrence inattendue à un entrepreneur qui loue des bicyclettes dans le Vieux-Montréal.
Depuis que des bornes Bixi ont été installées tout près de sa boutique de location de vélos dans le Vieux-Port, AndréGiroux dit avoir perdu des clients.
Propriétaire de la boutique Ça roule, rue de la Commune, André Giroux précise qu’il est favorable au nouveau programme. Mais depuis que deux bornes Bixi ont été installées à quelques mètres de son commerce, il a perdu plusieurs clients.
« Ce ne sont pas des pertes qui mettent l’entreprise en danger pour le moment, affirme-t-il. Mais avec la récession en même temps, ce n’est pas génial. »
André Giroux, qui tient boutique depuis 15 ans, possède une centaine de vélos qu’il loue aux visiteurs qui souhaitent explorer le Vieux-Port. Or, le Bixi, en principe conçu pour les déplacements courts, semble avoir été adopté par les promeneurs.
« Pensez-vous que ces genslà vont du point A au point B? demande-t-il en montrant une mère et son fils qui roulent en Bixi. Ça m’a plutôt l’air de gens qui font de la randonnée. Ça, ce sont des clients qu’on aurait eus normalement. »
Stationnements de Montréal, l’organisme public qui gère les Bixi, reconnaît que le cas d’André Giroux n’est pas isolé. Un autre loueur de vélos, du PlateauMont-Royal celui-là, s’est plaint d’avoir perdu des clients, selon le porte-parole de l’organisme, Michel Philibert.
« La clientèle qu’on vise, c’est surtout les Montréalais, dit M. Philibert. On ne vise pas directement les touristes. Le Bixi n’est pas conçu pour faire de grandes randonnées, la tarification n’est pas conçue pour ça non plus. »
Stationnements de Montréal a donc déplacé une borne Bixi qui se trouvait à une quarantaine de mètres de la boutique Ça roule. André Giroux souhaite que l’organisme fasse de même avec un autre poste, situé à l’angle de la rue de la Commune et de la place Jacques-Cartier.
L’organisme n’entend pas se rendre à cette demande. En revanche, il posera, à ses frais, des panneaux publicitaires sur la borne pour inviter ceux qui souhaitent faire une randonnée plus longue à visiter la boutique Ça roule. André Giroux, lui, compte prendre le taureau par les cornes pour faire face à son nouveau concurrent. Il achètera bientôt 10 vélos costauds semblables aux Bixi et les louera 5$ l’heure.




Le seul problème avec le Bixi : il marche trop bien !...

Déjà plus de 2000 trajets en Bixi chaque jour
Victime de son succès, le service connaît des pénuries
Même le mauvais temps ne freine pas la lancée du Bixi. Malgré la pluie qui est tombée cette semaine, les vélos en libre-service ont passé le cap des 2000 trajets quotidiens.
« En général, on est très satisfaits », dit Michel Philibert, porte-parole de Stationnement de Montréal, qui gère le système.
Cela n’empêche pas le nouveau chouchou des citadins de connaître des maux de croissance, deux semaines après son lancement. Des usagers peinent parfois à trouver une borne libre pour rendre leur Bixi. Dans d’autres cas, c’est l’inverse: pénurie de Bixi à louer.
À propos des problèmes de stationnement, des ajustements seront apportés. « Les stations ne sont pas complètes, dit M. Philibert. Certaines vont augmenter de taille, comme celles qui sont toujours pleines, par exemple au métro Mont-Royal. »
Actuellement, il y a plus de deux places pour chacun des vélos déployés (plus de 1700 places pour 824 vélos dans 154 stations). Ce rapport se maintiendra pendant tout le déploiement, qui se poursuivra jusqu’à ce que l’objectif de 300 stations et 2400 vélos soit atteint.
Des phénomènes prévisibles sont déjà observables: les Bixi et leurs utilisateurs ont tendance à descendre les côtes ensemble, mais à les remonter séparément!
« C’est typique, dit M. Philibert. Il y a des gens qui partent en haut de la côte Berri, descendent dans le Vieux-Port et laissent leur vélo là. Ils remontent en métro ou autrement. On a un camion qui prend des vélos et qui les rapporte en haut. »
« On est en train d’apprendre quels sont les déplacements naturels des gens, ditil. Pour les deux premiers mois, on est en rodage. On constitue une banque de données. »
Il ne signale pas encore de vol – en tout cas, aucun usager ne s’est encore vu réclamer les 1000 $ prévus en cas de disparition d’un Bixi. Il avertit toutefois les usagers d’être prudents au moment de rendre leur monture. « Il faut attendre le voyant vert et le signal lumineux, sinon quelqu’un d’autre pourrait partir avec le vélo. »
Le système Bixi doit s’autofinancer en trois ans, dit M. Philibert. Bixi comptait hier 2359 membres ayant payé l’abonnement annuel de 78$ ou le mensuel de 28 $. Stationnement de Montréal, une filiale de la chambre de commerce du Montréal métropolitain, gère les parcomètres et les stationnements municipaux depuis 1995.

Une quarantaine de Bixi disparus
Le service a été assailli par des vandales durant les festivités de la Fête nationale
« Il y a eu plusieurs cas de vandalisme, a déploré le porteparole de Stationnement de Montréal, Michel Philibert. Les gens ont probablement voulu se rendre au parc Maisonneuve ou en revenir. »
Le Bixi connaît un succès boeuf auprès des Montréalais, mais le nouveau vélo en libre-service commence à être populaire auprès d’une clientèle beaucoup moins enviable : celle des vandales et des voleurs. Quelques douzaines de bicyclettes sont portées disparues, selon les autorités. Et la vaste majorité des larcins se sont produits durant la dernière semaine, en marge des festivités de la Fête nationale.
Pour empêcher les malfaiteurs de sévir de nouveau, la Ville changera bientôt les ancrages des bornes.
Une quarantaine de vélos sont « portés disparus », selon Stationnement de Montréal, l’organisme paramunicipal qui gère la flotte de 2000 bicyclettes. On avait déjà observé quelques actes de vandalisme au cours des six premières semaines, mais il s’agissait de cas isolés. Or, pendant la Fête nationale, le service a été assailli par des vandales qui ont arraché les vélos de leurs bornes et pris la fuite.
« Il y a eu plusieurs cas de vandal isme, a déploré le porte-parole de Stationnement de Montréal , Michel Philibert. Les gens ont probablement voulu se rendre au parc Maisonneuve ou en revenir. »
Il est impossible de savoir combien coûtera cette flambée de vandalisme, puisque Stationnement de Montréal refuse de dévoiler le coût exact d’un vélo Bixi.
Chose certaine, la station située près du métro Berri-UQAM a été particulièrement touchée, tout comme celle qui se trouve à côté de la Maison des cyclistes, au Plateau-Mont-Royal. Pour empêcher les malfaiteurs de sévir de nouveau, la Ville changera bientôt les ancrages des bornes.
Le responsable des transports au comité exécutif, André Lavallée, ne s’inquiète pas outre mesure de cette flambée du vandalisme dans le réseau Bixi. « Il y a eu un peu de vandalisme, mais ça reste très marginal », assure-t-il.
Succès
Selon M. Lavallée, le Bixi est encore plus populaire que prévu. Plus de 5820 Montréalais se sont inscrits au service, selon les dernières statistiques de Stationnement de Montréal, qui a recensé 175 000 déplacements depuis l’apparition des vélos, le 12 mai dernier. On estime que les utilisateurs du Bixi ont parcouru au total 1 million de kilomètres.
L’administration Tremblay a investi 15 millions pour mettre le service sur pied, et elle s’est donné trois ans pour amortir cet investissement à même les recettes du Bixi. Cette somme pourrait être amassée plus vite que prévu, a indiqué M. Lavallée. Car plusieurs villes pourraient verser des redevances à Montréal si elles décident d’importer le concept breveté chez elles.
« On a plus de membres et d’utilisateurs que prévu, a-t-il indiqué. Il y a des recettes qui entrent plus vite. Il y a aussi un très grand intérêt des autres villes. Il pourrait y avoir des avancées rapidement. »
Seattle organisera bientôt une démonstration du Bixi. Des élus de New York ont également séjourné à Montréal pour étudier le concept au cours des derniers jours.
Entre-temps, Montréal poursuit le déploiement du projet. On construira une trentaine de stations supplémentaires d’ici à la fin de l’été, et on ajoutera 1000 vélos. Le service pourrait être étendu à d’autres arrondissements l’an prochain.





Auto, métro, vélo, boulot, dodo -  FRANÇOIS CARDINAL
Bien qu’elle soit chiche, l’entente Bixi-STM est un élément capital du cocktail transport.
En poste depuis janvier, le grand patron de la STM fait mentir l’adage selon lequel plus on monte dans la hiérarchie, moins on monte sur son vélo pour se déplacer…
Michel Labrecque est en effet toujours aussi fidèle à son deux-roues qu’à l’époque où il dirigeait Vélo Québec, dans les années 90. Mais est-il aussi fidèle à la vision du transport urbain qu’il avait élaborée à l’époque ?
Nous avons eu un début de réponse mardi dernier, lors de l’inauguration du Bixi. La Société de transport de Montréal a alors annoncé que ses clients profiteront d’une réduction de moitié du coût de l’abonnement au réseau de vélos en libre-service.
Plutôt chiche (le client qui saute un seul mois de CAM pour cause de vacances n’y a pas accès), l’entente Bixi-STM n’en constitue pas moins un élément capital de la vision de Michel Labrecque, qui se résume en une expression qu’il a inventée en 1997: le cocktail transport.
Il s’agit, selon ses mots, d’un « maillage » entre les grandes entreprises de transports en commun (métro, bus, train de banlieue) et les moyens de transport privés (vélo, taxi, location d’auto, auto-partage, covoiturage).
En un mot, le citoyen a accès à une vaste palette de moyens de transport et il choisit, au gré des jours et de ses besoins, l’auto, le bus, le taxi, le covoiturage, le vélo, ou une savante combinaison de ceux-ci.
D’où l’entente entre la STM et Bixi. En entrevue, Michel Labrecque reconnaît que l’entente est insuffisante, qu’il doit travailler encore pour la bonifier.
À ce titre d’ailleurs, il confie que la vaste campagne de marketing et d’amélioration du service qui sera lancée cette semaine permettra justement d’embrasser plus largement le concept du cocktail transport, afin d’accroître l’affluence du transport en commun de 8% d’ici 2011.
« Nous sommes actuellement à signer des ententes bilatérales, comme celle avec Bixi et une autre avec Communauto (auto-partage). J’aimerais le faire aussi avec les locateurs d’autos, les taxis, Vélo Québec, etc. Parallèlement, nous montons un modèle d’affaires qui, prochainement, nous permettra d’harmoniser tout ça autour d’une carte cocktail transport », souligne-t-il.
Une « car te cocktai l transport » ? Sorte de super carte Opus, cette dernière devrait servir à un moment donné à faire le lien entre les différents modes.
Armé de sa carte à puce qu’il pourrait payer sur une base annuelle, l’usager aurait ainsi accès à un stationnement incitatif, d’où il prendrait le métro. À destination, il emprunterait un Bixi pour se rendre au bureau. Et le soir venu, épuisé, il appellerait un taxi pour lequel sa carte à puce lui consentirait un rabais. Le week-end, il profiterait de certains privilèges lors de la location d’une auto ou de la réparation de son vélo.
Revenons donc à la « machine », la STM. Suivra-t-elle, donc? Michel Labrecque est persuadé que oui. En tout cas, il promet qu’il fera tout en son pouvoir pour l’amener là où il la voit depuis bon nombre d’années déjà.
Seul ennui: l’homme ne sait toujours pas s’il se représentera en novembre prochain. Or, neuf mois à la tête de la STM, c’est bien peu pour laisser sa marque, encore plus pour révolutionner les transports collectifs…

Dix idées pour améliorer le Bixi
I l y aura bientôt un mois que Montréal a été pris d’assaut par les Bixi, ces vélos en libre-service dont la popularité, avec plus de 3000 déplacements quotidiens, ne se dément pas. Une telle croissance, évidemment, ne peut se faire qu’au prix de quelques pépins, nous rappellent quotidiennement les courriels de lecteurs. Rien de majeur, remarquez. . . Mais ces désagréments, les cyclistes s’en passeraient bien
Voici 10 idées pour améliorer ce tout nouveau moyen de transport dont les Montréalais sont déjà amoureux. 1 – AFFICHAGE Une Torontoise qui a profité du réseau Bixi à la mi-mai est repartie chez elle avec le sourire... jusqu’à ce qu’elle consulte son relevé de carte de crédit. Plus de 63$ pour quelques heures de vélo en une seule journée. Apposer un autocollant clair et simple sur chaque borne. Simplifier les consignes à l’écran, qui s’étirent sur 50 pages! 2 – CONFIRMATION Un habitué s’est fait refuser l’accès aux Bixi parce qu’on l’accusait de ne pas avoir rapporté son vélo la veille. Il avait pourtant vu le voyant vert s’allumer, unique preuve de son geste. Stationnement de Montréal ne le croyait pas, jusqu’à ce qu’il retourne à la station où son Bixi de la veille était sagement verrouillé. Imprimer systématiquement un reçu de confirmation lors du retour d’un vélo. Aumoins sept personnesnous ont raconté avoir attendu en vain le reçu indiquant le numéro de réservation qui sert à libérer le Bixi: il y avait pénurie de papier. Embaucher plus d’employés afin d’alimenter régulièrement les bornes. 4 – FIABILITÉ Vous êtes en retard à votre rendez-vous. Vous pédalez plus vite. Une fois à destination, vous cherchez une station... qui refuse de reprendre le vélo. Vous avez beau forcer, le Bixi ne se verrouille tout simplement pas. Que ce soit la cassette, la station ou le système électronique, les défectuosités surviennent souvent, trop souvent. Corriger les nombreux problèmes électroniques des stations avant que les usagers ne se lassent. 5 – AJUSTEMENT L’auteur de ces lignes a déjà dû visiter quatre stations Bixi avec sa clé d’abonné avant de pouvoir libérer un vélo. Stationnement de Montréal explique que, chaque fois qu’une personne appuie, volontairement ou pas, sur le bouton « réparation » ( petite clé à molette), le Bixi se verrouille jusqu’à ce qu’on vienne le réparer. Enlever cette fonction et fournir plutôt un numéro de téléphone où demander de l’aide. 6 – TARIFS Les habitués du réseau de transports en commun de Montréal peuvent bénéficier d’un rabais sur leur abonnement à Bixi. Or, il faut acheter 12 cartes mensuelles pour bénéficier d’un rabais de... 38$. Vous partez un mois en vacances? Oubliez le rabais. Revoir les rabais afin qu’ils soient plus intéressants, plus accessibles et que les acheteurs de la TRAM (train-bus-métro) puissent en bénéficier. 7 – MULTIMÉDIA L’entreprise Sparko a créé une application iPhone qui permet de connaître en temps réel le lieu des stations et le nombre de vélos qui s’y trouvent. Stationnement de Montréal, qui n’a toujours pas de système similaire, n’a pas félicité l’entreprise. Elle lui a expédié une mise en demeure. Offrir un tel service en ligne, main dans la main avec Sparko. 8 – DÉPLACEMENTS Un usager du site internet Twitter a raconté avoir dû visiter neuf stations avec son Bixi avant d’en trouver une qui n’était pas pleine. Neuf. Revoir dès maintenant l’emplacement et la taille des stations afin d’optimiser le réseau et de diminuer les frustrations potentielles. 9 – STATIONS Devant La Presse, la station Bixi rogne d’environ deux mètres une place de stationnement. La nature ayant horreur du vide, les automobilistes s’acharnent néanmoins, quotidiennement, à faire entrer leur grosse auto dans cet espace tronqué. L’un d’eux a même reculé sur un Bixi la semaine dernière. Mieux protéger les stations Bixi avec des bacs à fleurs en béton, comme à Paris. 10 – IMPLANTATION Combien d’usagers ont consulté la carte du réseau pour s’apercevoir, une fois à destination, que la station qu’ils avaient repérée n’était pas encore implantée ? Achever rapidement l’installation des 300 stations et mettre en service les 3000 vélos. COURRIEL Pour joindre notre journaliste : francois.cardinal@lapresse.ca


 
ENVIRONNEMENT -  Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine - François Cardinal
En Bixi, la voie publique nous appartient. Comme ce vélo est conçu pour la ville, on se sent mieux accueilli en pleine rue qu’avec un vélo de course ou de montagne. Il nous confère aussi une soudaine légitimité urbaine, jusqu’alors réservée aux automobilistes.
Bref, le vélo n’est plus, désormais, confiné aux seules pistes cyclables à Montréal.
Le Bixi transformera-t-il la ville en profondeur ? Tout dépend, évidemment, de sa popularité. Les essais réalisés cette semaine par La Presse nous laissent croire que les Montréalais aimeront... mais peut-être un peu moins lorsqu’ils seront en auto.
Résumons le Bixi en trois mots: simple, robuste et... cher.
Simple, parce qu’il suffit d’un abonnement ou d’une carte de crédit pour partir avec une bicyclette en quelques secondes. L’abonné insère sa clé, le non-abonné paye 5 $ pour 24 heures, et tous deux ont le droit de pédaler à volonté, à condition qu’ils retournent à une station toutes les demi-heures pour éviter de payer une pénalité.
Robuste, parce que le designer Michel Dallaire a conçu avec Devinci une merveille de technologie enrobée d’un cadre d’aluminium solide et non corrosif (contrairement à toutes les autres villes du monde, dotées de vélos d’acier).
Cher, il faut le dire, parce que la tarification en rebutera plusieurs. L’abonnement « annuel » à 78 $ sera l’apanage des purs et durs. L’accès ponctuel à 5$ pour 24 heures, le moins cher des forfaits, est tout de même le double du prix d’un billet de bus, ce qui fera sourciller ceux qui veulent se balader. Et contrairement à Paris, les titulaires d’une carte mensuelle de la STM ne jouiront d’aucun privilège.
Cela dit, c’est à l’usage que le Bixi méritera – ou non – les honneurs. Y aura-t-il suffisamment de vélos? Ou y en aura-t-il trop, obligeant les usagers à se promener de station à station pour rendre leur Bixi ? Les bornes seront-elles bien situées ? La technologie tiendra-t-elle la route? Et surtout, le Bixi réussira-t-il à se tailler une place non seulement dans le coeur des Montréalais, mais aussi dans la ville?
La jungle urbaine étant déjà passablement bondée (et indisciplinée) à Montréal, la venue d’une nouvelle bête exigera en effet des concessions de bien des gens. Les automobilistes, qui devront partager la voie avec ces cyclistes du dimanche. Les chauffeurs de taxi, qui verront leurs recettes diminuer. Les chauffeurs de la STM, qui devront zigzaguer autour des stations Bixi.
En quelques heures jeudi, d’ailleurs, La Presse a pu constater à quel point les stations installées dans le Vieux-Montréal incommodaient les automobilistes. Certains se garaient carrément devant. D’autres tentaient péniblement de les contourner sans les heurter. Et d’autres encore pestaient contre ce nouveau mobilier urbain qui ose leur piquer une centaine de places de stationnement en ville.
Cela dit, avant de prévoir une révolution dans les rues de Montréal – ou même un affrontement –, il reste à voir si le vélo en libre-service sera aussi populaire ici, toutes proportions gardées, qu’en Europe. Ou s’il demeurera une belle pièce de mobilier urbain.
Montréal, ville de vélo? La réponse au coin de la rue.


Les stations Bixi suscitent plus de curiosité que d'enthousiasme...
Montréal inaugure 65 stationnements de son réseau de vélos en libre-service
Les Montréalais ont préféré approcher ces vélos avec circonspection, plutôt que de prendre les stations d’assaut.
Montréal a mis en fonction son tout nouveau réseau de vélos en libre-service, hier matin. Hormis le site internet du Bixi, victime de sa popularité pendant une partie de la journée, le lancement du système semble s’être fait en douceur.
Le lancement du service de vélos urbains Bixi s’est fait devant l’hôtel de ville de Montréal, hier. À terme, quelque 300 stations devraient être installées à Montréal pour accueillir les 3000 Bixi prévus.
Les Montréalais, pour leur part, ont préféré approcher ces drôles de vélos avec circonspection, plutôt que de prendre les stations d’assaut. La curiosité a ainsi pris le pas sur l’enthousiasme, selon les observations de La Presse.
Après une inauguration officielle à la station Bixi de l’hôtel de ville, courue par bon nombre de journalistes, dont celui du New York Times, les autorités ont mis en service les 65 stationnements installés ces dernières semaines dans trois arrondissements (224 vélos disponibles).
« C’est à vous, Montréalais, de nous dire maintenant si vous allez l’utiliser, comme moi je l’utiliserai », a lancé le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avec grand enthousiasme.
L’ensemble des 300 stations devrait être installé « le plus tôt possible », selon le maire, pour accueillir les 3000 Bixi prévus. Pour l’instant, la soixantaine de stations se concentrent dans les arrondissements du PlateauMont-Royal, de Ville-Marie et de Rosemont-La Petite-Patrie. Out remont , Sud-Oues t et Villeray— Saint-Michel— ParcExtension seront les prochains.
Les stations seront toutes situées, à terme, dans un quadrilatère formé de la rue Jean-Talon au nord, du mont Royal et de la rue Atwater à l’ouest, du fleuve au sud et de la rue d’Iberville à l’est.
Le service vise à offrir aux citoyens et touristes un moyen de transport d’appoint, d’où la proximité des stations qui sont situées en moyenne à quelque 300 mètres les unes des autres. Il est possible de s’y abonner pour un an ( 78$) ou 30 jours (28$) par l’internet, ou de payer pour des utilisations de 24 heures (5 $).
L’abonné ainsi que l’usager ponctuel ont ensuite accès à la même grille de tarif: ils ont droit à autant de 30 minutes gratuites qu’ils le désirent, à condition de revenir à une station chaque demi-heure pour remettre le compteur à zéro. Sinon, il leur en coûtera 1,50 $ pour la première demi-heure supplémentaire, 3 $ pour la deuxième et 6 $ pour la troisième.
STM + Bixi
Hier, la STMa confirmé qu’elle offrait dorénavant à ses clients les plus fidèles une réduction de moitié du coût de l’abonnement au service Bixi, à condition qu’ils achètent 12 titres mensuels. Tout comme les abonnés du service de covoiturage Communauto, ils payeront ainsi 38 $ par année, plutôt que les 79 $ normalement exigés.
S’ils se félicitaient de l’inauguration du Bixi, les représentants de Vélo Québec et d’Équiterre avaient toutefois certaines réserves sur le rabais offert par la STM. « Dès qu’un usager se paye un seul titre mensuel, il devrait avoir accès au rabais, estime Sidney Ribaux, d’Équiterre. L’intérêt du Bixi est précisément d’être une extension du réseau de transports en commun. »
« La STM devrait revoir le système de rabais, afin qu’il profite aussi à ceux qui achètent quelques titres mensuels chaque année », a renchéri Suzanne Lareau, de Vélo Québec. Elle a ajouté qu’elle travaillait à une entente similaire pour les membres de son organisme.
I nter rogé à ce propos, le maire Tremblay a reconnu du bout des lèvres que la STM pourrait en faire plus, lorsqu’on a lui a rappelé que certaines personnes n’achetaient pas de titre mensuel durant le mois où elles partent en vacances, par exemple.
« Il faut en effet s’assurer de ne pas pénaliser les gens qui prennent des vacances, a-t-il dit. Nous allons regarder cela. »
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été construit en collaboration avec l’entreprise du Saguenay Devinci ainsi qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du cinquième réseau en importance en libre-service, après ceux de Paris, Lyon, Barcelone et Shanghai.
« C’estunepremièrenord-américaine, a précisé M. Tremblay. Nous avons avec Bixi une véritable vedette internationale. Même le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a dit qu’il était mieux que le Vélib’. »


La leçon de Bixi -  PIERRE FOGLIA
Je sais: 18 756 articles ont déjà été écrits sur le Bixi. Vous avez dû les lire trop vite si j ’en juge par les questions que vous m’avez posées après mon premier essai, jeudi. Tiens, les gens chez qui j’étais: Comment t’es venu? Avec le Bixi. Hein! Il est en bas? Ben non. Je l’ai remis à la station la plus près d’ici. Ce n’est pas un vélo qu’on garde avec soi. Cher? Les avis sont partagés. D’abord, l’abonnement obligatoire : 78 $ pour l’année. Ou 28$ pour la semaine. Ou 5 $ pour la journée. Dans tous les cas de figure, beaucoup plus cher qu’à Paris. Beaucoup, beaucoup plus cher qu’à Lyon ou Barcelone.
S’ajoutent à cela des frais d’utilisation chaque fois qu’on garde le Bixi plus d’une demi-heure. Moins de 30 minutes : gratuit. Soixante minutes : 1,50 $. Une heure et demie : 6$. Passé une heure et demie, chaque demi-heure supplémentaire d’utilisation : 6 $. Vous criez ? C’est parce que vous n’avez pas compris le concept. Le Bixi, c’est pas pour aller piqueniquer avec sa blonde au lac aux Castors.
Bixi = transport. Pas promenade. Pas loisir. Transport. Une destination précise. Classico: de la maison au bureau.
Allons l’essayer. Il y a une station Bixi rue Saint-Jacques, juste en face de l’entrée de La Presse. J’entre ma carte de crédit dans la borne de la station. Rien ne se passe. Je la vire de bord : rien. Tourne et retourne. Pitonne et repitonne. Rien. Je retraverse la rue pour lancer un S.O. S. à mon collègue François Cardinal, utilisateur de la première heure : Hé, François, viendrais-tu m’aider ?
François introduit ma carte. Zigone et rezigone. Rien. Ça ne fonctionne pas, constate-t-il. Et de me confier que, le matin même, il a eu lui aussi des problèmes avec sa clé d’abonné annuel. Pas des gros problèmes, mais ça n’a pas fonctionné du premier coup. Il réessaie avec ma carte une dernière fois. Yes ! C’est parti.
N’empêche, si François n’avait pas été là, fuck le Bixi, j’aurais pris un taxi. Plus tard, j’apprendrai qu’une autre collègue (Judith Lachapelle), qui est venue travailler en Bixi le même jeudi, a éprouvé le même problème à la station Coloniale, où elle tentait d’acheter un abonnement pour la journée. Elle a dû changer de station, aller à celle du métro Mont-Royal.
Judith ne s’en est pas formalisée : c’est la première semaine, donnons-leur une chance de s’ajuster. Je vois la chose autrement. Ça fait un an qu’on nous dit et redit que le génie du Bixi est dans sa technologie « à puce », qui en simplifie l’utilisation. C’eût été une très bonne idée de s’ajuster avant de commencer. J’étais en situation réelle d’utilisation. J’allais à un rendez-vous. Ça m’a pris 20 minutes pour sortir un vélo de son rack.
Combien de clients, jeudi, ont zigoné comme Judith, François ou moi ? Combien ont répété à leurs amis que c’était pas évident, ce truc-là ? C’est bien beau d’inventer des faux blogues pour bullshiter à tout va ; au minimum, faudrait que l’intendance suive.
Je remonte la rue SaintLaurent. Il pleut un peu. Pas mal, même. Je ne déteste pas. Je suis en habits de ville, pas de problème : grâce au garde-chaîne du pédalier, même pas besoin de retrousser mon pantalon.
Trois vitesses. La plus facile est même trop facile pour monter la petite côte qui te dépose rue Sherbrooke. On m’avait dit que j’aurais les genoux dans le menton. Pas du tout. Bien assis. Impression générale de l’engin: solide et lourd. Un petit tracteur à pédales. Pour 200 piastres, tu peux trouver, d’occasion bien sûr, un vélo de ville pas mal plus affûté, plus maniable.
Je m’alignais sur la Maison des cyclistes, rue Rachel. De là, j’aurais pris un autre vélo pour aller au métro Rosemont. De là, j’étais à 10 minutes à pied de ma destination. J’avais vérifié sur le Net avant de partir; il m’avait pourtant bien semblé que la carte temporaire montrait des stations opérationnelles rue Rachel et boulevard Rosemont. J’ai demandé aux filles du café de la Maison des cyclistes : elle est où, la station Bixi ?
Y en a pas! Pas encore installée ! La plus proche est au métro Mont-Royal.
Vous auriez pu être plus clairs sur votre site. J’aurais apporté mon vélo.
Anyway. Je ne suis pas sûr du tout qu’on soit devant une révolution, comme titrait mon journal l’autre jour à propos du Bixi. La révolution cycliste a déjà eu lieu à Montréal, probablement une des villes les plus pédalables et les plus pédalées d’Amérique, sinon du monde, quoiqu’on soit encore loin d’Amsterdam et de la plupart des grandes villes allemandes, dont Berlin.
Franchement, je ne vois pas très bien ce que le Bixi va ajouter à cette révolution déjà accomplie. Je ne suis pas contre. C’est seulement que je me demande à qui il s’adresse au juste. Je n’arrive pas à me faire une idée du client type du Bixi. Celui qui va travailler en vélo sur une base régulière ? Me semble que celui-là va finir par s’en acheter un, un vélo de ville, non? Le touriste ? Ne vient-on pas de dire que ce n’était pas un vélo pour se promener ?
Alors?
Alors je suis perplexe, mon vieux. Et même un peu dubitatif.



Bixi : Montréal exporte son modèle en Amérique -  François  Cardinal
Les stations du vélo en libre-service s’installent en 20 minutes
Avant même que le Bixi ne roule dans les rues de la métropole, plusieurs villes dans le monde songent à importer le concept montréalais, dont Londres, Toronto et Lisbonne. Minneapolis a même déjà conclu une entente en ce sens avec Montréal.
Le maire Gérald Tremblay a invité les journalistes à l’installation de la station Bixi de l’hôtel de ville, hier. Les nouveaux vélos en libre-service feront leur apparition dans les rues de Montréal mardi prochain. Déjà, plusieurs villes se montrent intéressées par le vélo conçu par le designer Michel Dallaire.
Selon les informations obtenues par La Presse, la Ville de Minneapolis a déjà choisi d’implanter sur son territoire le concept Bixi, mais elle attend de trouver le financement avant de parapher un contrat officiel avec Stationnement de Montréal, propriétaire du brevet.
Parallèlement, des négociations se poursuivent avec de grandes villes européennes et américaines, qui ont récemment lancé des appels d’offres pour se doter, elles aussi, d’un réseau de vélos en libre-service.
Le brevet du Bixi a ainsi été proposé à Toronto, New York et Los Angeles, à la demande de ces dernières ou à l’initiative de Montréal. Il a aussi réussi à franchir la présélection à Lisbonne et à Boston, tandis qu’il fait partie des cinq entreprises finalistes à Londres.
« Si le Bixi est retenu dans ces villes, cela nous permettra d’augmenter l’offre ici même à Montréal, en plus de réduire les coûts du réseau », a indiqué Alain Ayotte, vice-président de Stationnement de Montréal. Les villes qui importeront le concept Bixi devront payer Stationnement de Montréal pour avoir le droit d’utiliser le brevet.
Le Bixi étant fortement inspiré du vélo’v de Lyon et, dans une moindre mesure, du Vélib’ de Paris, pourquoi des villes voudraient-elles débourser pour utiliser le Bixi ? En raison de certaines des caractéristiques novatrices de ce vélo conçu par le designer Michel Dallaire, explique Alain Ayotte.
Beaucoup plus robustes que leurs cousins de Lyon et de Paris, les vélos sont moins susceptibles d’être vandalisés, par exemple. Alimentées par des panneaux solaires, les stations s’installent en 20 minutes, alors qu’ailleurs, les vélos doivent être reliés par des câbles électriques souterrains. Le design unique du Bixi le rend moins intéressant aux yeux des voleurs.
« Il y a plusieurs demandes d’information et de participation (à des appels d’offres) qui nous sont faites, a confirmé hier AndréLavallée, responsable du transport à la Ville de Montréal. Cela n’est pas étranger à la nomination du Bixi parmi les meilleures inventions du Time et des Edison Awards. »
Cet intérêt survient au moment où, un peu partout dans l’île, sont installées les toutes nouvelles stations qui accueilleront les vélos Bixi dès mardi prochain, le 12 mai. La moitié des 300 stations et des 3000 vélos seront alors disponibles. Le reste devrait être déployé d’ici la fin du mois.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a d’ailleurs invité les journalistes à l’installation de la station de l’hôtel de ville, hier. « Le Bixi est une conception et une technologie québécoise brevetée que nous pouvons exporter en Amérique du Nord », s’est-il réjoui.
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été construit en collaboration avec l’entreprise du Saguenay Devinci ainsi qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du cinquième réseau en importance en libre-service, après ceux de Paris, Lyon, Barcelone et Shanghai.
Hier, André Lavallée a réagi aux critiques liées au prix du Bixi, dont un abonnement annuel se détaille 78$. Il a fait remarquer que la location d’un vélo pour une heure, à l’entrée de Central Park à New York, coûtait plus de 15$. Pour l’heure, le Bixi compte environ 600 abonnés.


Au vélo, citoyens !
ENVIRONNEMENT
Montréal est de retour « sur la map ». Après s’être vantée pendant 10 ans d’avoir été citée parmi les villes les plus accueillantes au vélo par le magazine Bicycling, la métropole renoue avec les honneurs, enfin.
Enfin, parce qu’il était devenu quelque peu lamentable d’exhiber, encore aujourd’hui, un titre vieux d’une décennie, qui ne servait plus qu’à masquer le laxisme politique en matière cyclable à Montréal.
Les amateurs du deux-roues commençaient en effet à manquer de pignons sur leur roue libre pour compter le nombre d’années qui les séparaient du dernier investissement majeur fait dans le réseau. Puis soudainement, avec l’adoption d’un plan de transport fortement teinté de vert, la métropole est de retour dans les bonnes grâces cyclistes.
Le prestigieux magazine Forbes le confirme, en plaçant Montréal au quatrième rang des villes nord-américaines les plus accueillantes à la bicyclette. Le magazine Time aussi, en classant le Bixi, le futur service de vélo en libre-service de Montréal, parmi les 50 meilleures inventions de 2008.
Et la liste se poursuit : la revue canadienne Green Living actuellement en kiosque fait mention de Montréal dans son palmarès des villes vertes de demain; les Edison Awards ont tout récemment classé le Bixi parmi les inventions les plus remarquables de l’année.
Reconnaissons-le donc: avec l’ouverture du réseau cyclable, mercredi dernier, une nouvelle ère pour les cyclistes a commencé.
« Cette année constitue un pas important vers l’atteinte de notre objectif ultime : doubler la longueur du réseau en sept ans, afin d’atteindre 800 kilomètres », a fièrement lancé mercredi le responsable du transport à la Ville, André Lavallée.
On peut bien se plaindre que certaines pistes ne sont que de vulgaires coups de pinceaux sur le sol, qu’il n’y aura pas suffisamment de stations Bixi, que ce dernier sera trop cher ou encore que les stationnements sécuritaires sont inexistants en ville, une chose demeure : on en fait plus que jamais pour satisfaire ceux qui souhaitent délaisser leur auto au profit du vélo.
Intéressante en soi, la nouvelle attitude de l’administration municipale l’est d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une période de changements de comportement des citoyens. Il n’y a qu’à se promener à Montréal pour constater la popularité grandissante des moyens de transport autres que le « char », que ce soit le vélo, la marche, le transport collectif ou encore le scooter.
Il faudra attendre quelques années avant que les chiffres ne confirment cette intuition. Mais une récente étude de Statistique Canada révèle qu’une telle tendance se dessine. Entre 2001 et 2006, la proportion de navetteurs de la génération des 25-34 ans ayant opté pour le « transport durable » a grimpé de manière significative, passant de 29,5% à 32,9%.
Cela dit, il est vrai que le vélo demeure marginal dans le cocktail transport des Montréalais, puisqu’il ne constitue encore que 1,6% des déplacements. Pour que ces investissements ne demeurent pas, en cette année électorale, un habile coup de marketing politique sans lendemain, les citoyens devront donc aussi faire leur part, ils devront s’accaparer ces nouvelles infrastructures, les utiliser, les user.
C’est encore la meilleure manière de donner raison aux élus... et peut-être même de les inciter à remplacer les bandes peintes sur le sol par de réelles pistes cyclables.



Le vélo BIXI de Montréal plus cher

« Le but du vélo en libre-service est de faire de courts déplacements, c’est un complément aux transports en commun. Pour une randonnée, il faut louer un vélo chez un loueur de vélos traditionnel. »
La publication, le 15 avril dans La Presse, des coûts d’utilisation du vélo en libre-service, BIXI, qui sera lancé le mois prochain, a suscité bien des réactions. Certains lecteurs et internautes jugent que les tarifs proposés sont trop élevés. Stationnement de Montréal, qui gère le projet, rétorque que BIXI est unmoyen de transport pour des déplacements de courte durée.
PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL
Des usagers potentiels du vélo en libre-service estiment que les tarifs proposés pour l’utilisation de BIXI sont trop élevés.

Vendredi, un internaute écrivait sur Cyberpresse que BIXI est « trop cher comparé à l’achat d’un vélo ». « Expliquez-moi en quoi c’est pratique de payer 78$ par année (d’avril à novembre), plus l’utilisation, plus l’obligation de rapporter le vélo à des heures précises? écrivait-il. Achetez-vous un bon vélo usagé à 75-100$, gardez-le cinq ans et le BIXI ne sert plus à rien. Il faudrait un abonnement de 50$ max et une possibilité d’utiliser le vélo à 1$ par jour “à la carte” pour que je décide d’utiliser ce système. »
Jean-Guy Vallée, un lecteur de La Presse, a fait le calcul de ce que devrait payer une personne qui utiliserait de mai à novembre BIXI durant 45 minutes, deux fois par jour. « Avec l’abonnement, on arrive à 459$ », dit-il.
La Presse a consulté les tarifs en vigueur en Europe d’où vient cette idée de vélos en libre-service. Comme l’indique le tableau cicontre, BIXI coûte plus cher qu’à Paris, Munich, Barcelone ou Lyon. Dans ces villes, les locations ont leurs caractéristiques propres mais en fin de compte, l’utilisateur paie moins cher.
Le direc teur des communications et du marketing de Stationnement de Montréal , Michel Philibert, dit que le mode d’exploitation de ces vélos est différent à Montréal, ce qui explique la différence de prix. Il n’y a pas ici de financement par le biais d’un contrat d’affichage comme c’est le cas à Lyon ou à Paris, où l’entreprise JC Decaux gère le service en échange d’une entente de monopole publicitaire avec les municipalités.
« Nous, on a un système qui est plutôt citoyen, affirme-t-il. La Ville voulait être indépendante et conserver ces revenus-là. Avec nos études de marché, on arrive avec ces prix-là et c’est notre prix coûtant pour nos opérations.



S’inspirer de Londres -  Adrien Pouliot
Il est possible d’augmenter la fréquentation des usagers de la STMtout en contrôlant les coûts
Une étude du Conference Board laisse croire que la Ville de Montréal n’en a pas pour son argent avec la STM.
La Ville de Montréal a annoncé dans son budget 2 010 une augmentation de dépenses près de six fois plus élevée que le taux d’inflation de 2009. Une des causes de cette augmentation est l’accroissement faramineux de 17,3% de la contribution à la Société de transport de Montréal. Rappelons que l’achalandage de la STM n’a augmenté que de 8,3% depuis cinq ans alors que ses dépenses, elles, ont connu un rythme de croissance de 30%. Pour la seule année 2009, la STM prévoyait dans son budget une augmentation de dépenses de 10,4%, mais une maigre augmentation des déplacements de 1,8%.
Il est possible d’augmenter la fréquentation des usagers des transports collectifs à Montréal tout en contrôlant les coûts par une délégation intelligente et contrôlée de l’exploitation des routes des autobus à des entrepreneurs privés.
Compte tenu de ses finances précaires et de l’augmentation de la ponction fiscale de 233 millions qu’elle imposera à ses citoyens, la Ville ne devrait-elle pas se demander si elle en a pour son argent avec la STM?
Une étude du Conference Board du Canada (1) nous laisserait croire que non. Cette étude confirmait que les industries canadiennes du transport ferroviaire, aérien et du camionnage ont connu une forte augmentation de leur productivité depuis les années 80, en grande partie parce qu’elles ont été privatisées.
La forte croissance de la productivité a pour avantage de faire baisser les prix à payer par les utilisateurs. Les expéditeurs de marchandises par voie ferrée ont vu baisser les tarifs de 79% en moyenne en termes réels entre 1981 et 2006. Les tarifs aériens ont diminué de 25% au cours de la même période et le camionnage de plus de 30% entre 1981 et 2003.
La forte croissance de la productivité dans ces secteurs est attribuable à trois facteurs :
> Les modifications apportées aux structures de gouvernance et de propriété par la privatisation de sociétés d’État et le transfert d’installations placées sous le contrôle direct de l’État à des organismes indépendants et autofinancés ;
> La déréglementation des prix des transports par avion, chemin de fer et camion;
> Une mise en concurrence accrue des entreprises.
L’étude a aussi porté sur la productivité des transports en commun au Canada. Celle-ci a diminué en moyenne de 1,2% par an entre 1986 et 2006, donc de 24%, encore que le rythme ait été moins rapide ces dernières années – ce qui coïncide avec la création d’agences régionales intégrées de planification des transports à Montréal, Toronto et Vancouver.
En conséquence, les tarifs moyens des transports en commun ont augmenté d’environ 1,7% par an entre 1986 et 2006, soit au total 34% – mais moins rapidement ces dernières années. Une autre étude, celle-ci de l’Institut économique de Montréal (2) , confirme le même manque de productivité à la STM.
L’expérience de Londres, documentée dans les deux études, est instructive. Le réseau de Londres est un des plus grands au monde, avec 8000 autobus ayant transporté en 2006-07 près de 1,8 milliard de passagers. La société de transport de Londres (STL) a mis aux enchères publiques des franchises exclusives pour desservir 700 routes pendant une période de 5 ans. Il ne s’agit pas d’une privatisation. La STL définit les routes, les niveaux minimums de service et les tarifs et assume les risques des revenus. Par contre, les 15 partenaires privés exploitent les véhicules et assument le risque des coûts. Les entrepreneurs reçoivent un incitatif pour moderniser leur flotte de véhicules. Les frais d’administration sont minimisés par un processus de mise aux enchères unique et un contrat d’exploitation standard pour les 15 entrepreneurs.
Le nombre de kilomètres parcourus à Londres a augmenté de près de 30% en 10 ans alors que le coût a baissé de près de 40%.
On peut conclure que, tout comme on l’a fait en transport aérien, ferroviaire ou par camion, il est possible d’augmenter la fréquentation des usagers des transports collectifs à Montréal tout en contrôlant les coûts par une délégation intelligente et contrôlée de l’exploitation des routes des autobus à des entrepreneurs privés.

Aucun lien entre les incidents, dit la STM  -  Bruno Bisson
La ligne 2 (orange) du métro, la plus sollicitée de tout le réseau, a été frappée de quatre interruptions de service majeures en pleine période de pointe au cours des deux derniers jours, à la suite de problèmes d’origine électrique n’ayant pas de relations entre eux, selon la Société de transport de Montréal (STM).
La STM a confirmé hier, à La Presse, que deux pannes distinctes, qui ont duré chacune plus de 20 minutes, ont paralysé le service sur cette ligne de métro en pleine pointe du matin.
Une perte de traction a d’abord entraîné une interruption du service, entre Laval et Montréal, de 7h48 à 8h08, sur cette ligne névralgique du métro.
Puis, deux minutes plus tard, une autre panne de traction a aussi entraîné la fermeture de tout le tronçon BonaventureSnowdon, coupant tout lien entre le centre-ville et des quartiers du sud-ouest et de l’ouest de Montréal, et ce, au plus fort de la pointe matinale, entre 7h50 et 8h13.
La veille, mercredi matin, en ce jour du 43e anniversaire de l’inauguration du métro de Montréal, une autre panne électrique a touché la ligne orange durant 11 minutes, en raison d’une surcharge sur un relais temporaire du poste d’HydroQuébec qui alimente le tronçon.
« Des travaux planifiés, en cours depuis plusieurs jours, font en sorte que le poste électrique qui alimente cette région reçoit deux alimentations d’HydroQuébec au lieu de trois, en temps normal », a expliqué la STM, dans un courriel à La Presse reçu tard hier soir.
Seconde panne majeure
Quelques heures plus tard, vers la fin de l’après-midi, alors qu’une véritable marée humaine quitte le centre-ville en direction de l’ouest et du nord de la ville, la ligne orange, qui dessert ces secteurs, a été arrêtée pendant 41 minutes par une autre panne de courant entre les stations Snowdon, dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-NotreDame-de-Grâce, et Côte-Vertu, à Saint-Laurent.
Cette seconde panne majeure, dans la journée de mercredi, a été causée par les mêmes problèmes d’alimentation que celle du matin. Depuis cette panne, a précisé hier la STM, « des mesures palliatives ont été mises en place». La STM prévoyait un retour complet à la normale au cours de la nuit dernière.
Le 6 octobre dernier, une panne d’alimentation électrique a aussi jeté dans le noir complet plus de la moitié du réseau, de Laval à Longueuil, et d’Hochelaga-Maisonneuve dans l’est de Montréal jusque dans le sud-ouest de la ville. Il s’agit d’une des pannes de réseau les plus importantes des dernières années.
La STM a mis plusieurs jours à déterminer la cause de la panne, qui a forcé l’évacuation des passagers de plusieurs rames, dans les tunnels, et qui a frappé les trois lignes les plus sollicitées du réseau (lignes 1-verte, 2-orange et 4-jaune) durant plus d’une heure, vers 18h20, peu après la période de pointe du soir.
Cette panne, qui était aussi d’origine électrique, aurait été en fait provoquée par un pépin informatique comme la société n’en avait ja mais connu en 43 ans d’exploitation.

Parlons transport  -  NATHALIE COLLARD
Les sondages publiés la semaine dernière montrent que les électeurs de la région montréalaise sont vivement intéressés par la question des transports collectifs. Ils souhaitent des services étendus, efficaces, à l’heure. Ça tombe bien, ce ne sont pas les idées qui manquent. Le problème, c’est que ces projets avancent plus lentement que la 55 lorsqu’elle est coincée sur le boulevard Saint-Laurent à l’heure de pointe.
Prenons le tramway. L e m a i r e Tremblay en parle depuis le début des années 2000. Or nous en sommes encore à l’étape des études de préfaisabilité. Quant aux nombreux projets contenus dans l’ambitieux plan de transport mis de l’avant par son administration, seuls les cyclistes en profitent pour l’instant.
Pour que Montréal sorte de son marasme, il faut deux choses. La première, c’est un engagement sans équivoque en faveur des transports collectifs. Pour l’instant, la volonté est là, mais elle est trop timide. Oui, les Montréalais veulent un réseau de métro et d’autobus efficace, mais ils voudraient également pouvoir circuler en auto à n’importe quelle heure de la journée sans rester prisonnier de la circulation. Ils exigent des voies réservées aux autobus, mais il ne faudrait pas que cela les empêche de se déplacer rapidement au centre-ville. Ces exigences sont incompatibles. Si on veut que Montréal devienne une véritable métropole du XXIe siècle où les transports collectifs sont mis de l’avant, il faut faire des choix qui ne feront pas nécessairement plaisir aux automobilistes.
L’autre problème de Montréal en est un de gouvernance. À l’heure actuelle, il y a trop de spécialistes penchés sur le malade. L’A MT, la STM, le conseil d’agglomération, la CMM et, par-dessus la mêlée, le ministère québécois des Transports ont tous leur mot à dire quand il est question de planifier les déplacements à Montréal. D’où une vision complètement incohérente qui oppose les intérêts provinciaux, régionaux et locaux. L’échangeur Turcot en est l’exemple le plus flagrant: Montréal doit littéralement se battre pour faire entendre ses priorités dans ce dossier alors que l’infrastructure traverse son territoire. C’est aberrant.

Quel modèle adopter? Voilà qui doit être débattu. À Por tla nd , pa r exemple, ce sont des élus régionaux qui planifient le développement du réseau financé par une taxe sur la masse salariale. À Vancouver, c’est le gouvernement provincial qui a le dernier mot. La récente réforme de l’organisation du transport s’est traduite par une perte de pouvoir pour les élus locaux. Il n’existe pas de formules parfaites et Montréal devra trouver la sienne. Idéalement, l’organisme responsable des transports collectifs devrait également planifier l’aménagement du territoire. Cet organisme devrait avoir une vision régionale du transport, mais prioriser les besoins de la métropole. Ses choix devraient contribuer à limiter l’étalement urbain, non à l’encourager. Tant que cette question de gouvernance ne sera pas réglée, les transports collectifs montréalais se développeront à pas de tortue.


En attendant les grands projets...  -  Bruno Bisson
Peu de nouveaux services de transports collectifs cet automne
Des voitures de métro neuves, une navette express entre l’aéroport de Dorval et le centre-ville de Montréal, des tramways, des trolleybus, des trains de banlieue, des trains légers, des trains électriques... Il y en a, des projets de transports en commun dans la métropole.
Ce matin, les centaines de milliers d’habitués qui s’entassent dans les autobus, les trains de banlieue ou les voitures de métro pour se rendre à l’usine, à l’école ou au bureau n’ont peut-être pas senti la différence, mais les transports collectifs sont à la mode et font l’objet de vastes études, ces temps-ci.
Dans un contexte très favorable aux transports collectifs, les nouveaux services proposés cet automne peuvent paraître relativement modestes.
Et à la veille d’une énième journée « En Ville sans ma voiture », le public répond avec enthousiasme à l’invitation. En 2008, dans l’ensemble du territoire de la métropole, la clientèle des transports en commun a augmenté de 4,1 % – et de 7,6% dans la couronne nord et la Rive-Sud.
Dans un contexte aussi favorable, les nouveaux services proposés cet automne peuvent paraître relativement modestes. Les grands projets ne sont pas au rendez-vous cette année. Et ils n’y seront pas de sitôt. À l’exception des voitures neuves qui seront mises en service sur la ligne de train de Mont-Saint-Hilaire en novembre, les trains de banlieue et le métro n’offriront pas de nouveaux services aux usagers cette année.
À Montréal, la mise en service d’une voie réservée aux autobus sur le boulevard Saint-Michel, dans l’est de la ville, et l’arrivée, en novembre, des premiers autobus articulés pour l’Express 467 (aussi sur le boulevard Saint-Michel) sont les faits saillants de la rentrée.
À Laval, après avoir augmenté son offre de service de 28 % depuis l’ouverture du métro, la Société de transport de Laval (STL) a décidé de bonifier ses services hors pointe en doublant la fréquence de passage des bus sur 12 de ses 44 circuits.
À Longueuil, une nouvelle ligne directe amènera les travailleurs vers les entreprises du Vieux-Longueuil à partir de Boucherville, et des autobus seront ajoutés à l’heure de pointe pour mieux desservir la clientèle de Brossard.
Pendant ce temps, à Montréal, le métro vieillit. Les autobus sont de plus en plus bondés. Dans les deux premières semaines de septembre seulement, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) a enregistré sept pannes majeures (retards de 30 minutes et plus, départs annulés, etc.) des trains Dorion-Rigaud et Saint-Jérôme-Blainville.
Des rêves à l’étude
L a semaine dernière, la création d’un bureau de projet, doté d’un budget de 12 millions pou r étudier du ra nt trois ans le prolongement du métro à Montréal, Longueuil et Laval, s’est ajoutée aux nombreux autres projets « à l’étude » depuis des lustres, dont l’aboutissement semble toujours repoussé de mois en mois, d’année en année.
Le tracé de la navette ferroviaire entre l’aéroport Trudeau et le centre-ville est toujours à l’étude, et des recommandations définitives ne devraient pas être rendues publiques avant la fin de 2009 ou le début de 2010. Le projet, qui pourrait coûter j usqu’à 800 millions de dollars, pourrait se réaliser, au mieux, pour 2014 ou 2015.
L es projets de trains à Repentigny et Mascouche ont été refondus en un seul projet de 400 millions, le train de l’Est, dont la réalisation est actuellement ralentie par le fait qu’une usine d’armements se trouve à proximité de son tracé. Les plans et devis du projet ne sont pas très avancés. Une mise en service à l’automne de 2010 n’est plus improbable ; elle est devenue impossible.
Le projet de faire passer un train léger sur l’estacade du pont Cha mplain entre Montréal et la Rive-Sud est virtuellement mort, en attente d’une décision fédérale, en principe l’an prochain, quant à la reconstruction du pont.


Transports collectifs : Quelles sont les priorités ?  -  Florence Junca-Adenot
Montréal pourrait vite implanter des mesures efficaces à un prix raisonnable pour améliorer ses transports collectifs
Tout au long de la campagne électorale qui s’amorce à Montréal, Mme Junca Adenot et Daniel Gill, professeur à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, publieront régulièrement leurs réflexions dans nos pages. L’auteure est directrice du Forum Urba 2015 au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. Elle a été présidente de l’Agence métropolitaine de transport de 1996 à 2003. Dans une rare unanimité, citoyens et entreprises s’entendent enfin pour diminuer la place de l’automobile dans les quartiers urbains et sur le réseau routier. Il s’agit du principal moyen pour lutter contre la congestion coûteuse, améliorer l’environnement, diminuer les gaz à effet de serre et les îlots de chaleur, créer une qualité de vie qui encourage à vivre en ville et à investir. La Ville de Montréal s’est d’ailleurs dotée d’un plan de transport aux 21 chantiers audacieux, mais non priorisés.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les sociétés de transports ont accru de 4 % à 7 % leur achalandage en 2008 ; il faut accélérer.
Développer les transports collectifs et actifs est prioritaire et urgent, ici comme dans les grandes métropoles, et force à travailler localement et régionalement autour de projets rassembleurs. Pour ce faire, l’amélioration des services requiert, en premier lieu, plus de services locaux, adaptés aux besoins, plus de fréquence, plus de places, de confort, des équipements rénovés, des voies réservées pour éviter que les autobus stagnent dans la congestion.
Les sociétés de transports ont accru de 4 % à 7 % leur achalandage en 2008 ; il faut accélérer. À quand les voies réservées aux bus et au covoiturage sur toutes les artères routières ? Quand bénéficiera-t-on de plus de stationnements incitatifs ? À quand des rues piétonnes sur la rue SainteCatherine, dans le Vieux-Montréal, dans les quartiers, pour redonner la rue aux citoyens? À quand une meilleure utilisation des voies ferrées sillonnant Montréal et la région ? Ces mesures efficaces s’implantent à court terme à un prix raisonnable, et ne nient pas les grands projets qui font rêver.
Dans la région de Montréal, les décideurs en transports sont nombreux. De multiples structures existent dans toutes les métropoles. Pourtant, des projets porteurs pilotés par des leaders passionnés surgissent et s’implantent. Gouverner, c’est prioriser, agir en intégrant les structures et avis divergents, et trouver les ressources. Le succès du BIXI est un bel exemple. À quand la réouverture de l’importante voie réservée de l’avenue Pie-IX, fermée en 2002, étranglée dans des querelles de structures ? À quand une navette ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville dont le meilleur tracé est connu depuis 20 0 0, et la gare déjà construite ? Toronto a sa navette depuis 15 ans. À quand le train de l’Est? À quand un arbitre du corridor Dalhousie dédié aux transports collectifs dans le réaménagement de l’autoroute Bonaventure et le SLR Champlain? À quand un nouvel échangeur Turcot qui intègre les objectifs de Montréal de limiter les voitures ?
La période électorale est propice pour que les futurs élus se prononcent sur des actions réalistes et efficaces pour les cinq prochaines années. Vingt kilomètres de métro, des réseaux de tramways, de trolleybus coûtant plusieurs milliards, sont des rêves à long terme qui s’ajoutent aux rénovations urgentes aux routes et matériels roulants.
Mais en attendant, comment améliorer le quotidien des Montréalais et de tous ceux qui viennent matin et soir à Montréal ? Comment diminuer le nombre de véhicules dans les quartiers et sur les routes, par quels nouveaux services ? Quelles sont les vraies priorités et qui s’engage à décider ? C’est ce que de nombreux citoyens voudraient justement savoir.



J’angoisse à l’idée de prendre l’autobus et le métro pour aller travailler  -  Denis Bergeron
Bloqués par le trafic  -  Denis Bergeron
J’angoisse à l’idée de prendre l’autobus et le métro pour aller travailler. Maintenant que les étudiants ( petits et grands) sont de retour, les autobus sont encore pleins. Combien de fois devrai-je laisser passer des autobus à mon arrêt avant que je puisse monter ? Un parcours qui me prendrait 15-20 minutes en voiture me prend 60-75 minutes avec les transports en commun. Prendre mon vélo? Hum… il y a trop des gens impatients derrière leur volant. Trop risqué. Bon, je prends l’autobus et j’arriverai en retard.
Le nombre de véhicules motorisés (voitures et camions) ne cesse d’augmenter dans les rues montréalaises. Avec le nombre croissant de vélos, les rues deviennent de plus en plus dangereuses pour les piétons.
Quand j’entends la STM clamer que le service a été grandement amélioré avec l’ajout de départs (donc, plus de véhicules) et l’arrivée des nouveaux autobus articulés, la Ville de Montréal ne fait que contribuer à l’augmentation du trafic, de la pollution de l’air, de la pollution du bruit et, bien sûr, du risque d’accident dans les rues de Montréal.
En novembre 20 0 0, la conseillère municipale Helen Foutopulos approuvait l’élaboration d’un plan de circulation pour le Plateau Mont-Royal. Je précise « plan de circulation », et non pas un plan de transport. Nous voici en septembre 2009 et je n’ai jamais encore lu ou entendu parler de ce fameux plan de circulation. Le problème est toujours là, non seulement sur le Plateau, mais aussi dans Ville-Marie et certainement ailleurs à Montréal.
Les autobus sont souvent bloqués par le trafic (trop de véhicules, mauvaise signalisation, chantiers de construction). Le service des transports en commun de la STM demeurera inefficace tant aussi longtemps que la Ville de Montréal ne réglera pas le problème de la circulation. Je ne vois pas comment l’augmentation des autobus sur le réseau et l’arrivée des autobus articulés va rendre notre ville plus verte quand le nombre de voitures et camions augmente sans cesse.
La Ville de Montréal et sa nouvelle administration (dès novembre) doivent agir comme souhaitent les Montréalais en rendant la ville plus verte et plus sûre, en réglant les problèmes de circulation par des gestes concrets, tout en étant à l’écoute de ses citoyens.




Le prolongement du métro à l’étude  -  Bruno Bisson
(NDE : Et quel est l'objectif de prolonger quelque chose qui déjà n'est même pas capable de correctement fonctionner ?... Et si on adopte de telles mesures spectaculaires plutôt que de régler les véritables problèmes, à quoi cela revient-il, sinon de justement jeter une fois de plus de la poudre aux yeux des gens, enfin qu'on puisse surtout continuer à se mettre la tête dans le sable ?...)
Au moins 12 stations s’ajouteraient à Montréal, Longueuil et Laval d’ici à 2019
L e prem ier m i n istre du Québec, Jea n C ha rest, a annoncé hier la création d’un bureau de projet doté d’un budget de 12 millions de dollars pour trois ans, qui doit réaliser les études nécessaires à la construction de trois nouveaux tronçons de métro à Montréal, Longueuil et Laval.
Les travaux de prolongement du métro vers Laval, d’une longueur de 5,3 km, ont duré cinq ans (entre 2002 et 2007) et coûté 745 millions de dollars, soit une moyenne d’environ 143 millions le kilomètre. L’ajout d’environ 20 km au réseau actuel pourrait donc coûter jusqu’à 3 milliards. Sur la photo, une vue de la station Montmorency, à Laval.
« C’est une étape extrêmement importante que nous f ra nc h issons aujou rd ’hu i , puisque c’est la réalisation d’un projet commun, présenté par les trois maires des trois grandes villes de la métropole. Et c’est également une vision qui rejoint tous les Montréalais », a déclaré le premier ministre.
À Montréa l, la l ig ne 5 (bleue) serait prolongée de plus de 5 km vers l’est et compterait cinq stations de plus jusqu’à Anjou.
À Laval, le tronçon actuel serait prolongé vers le sudouest pou r rejoind re, à Montréal, le tronçon ouest de la ligne 2 (orange). La ligne 2-ouest, qui s’arrête à CôteVertu, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, serait elle aussi prolongée de deux stations jusque dans le secteur de Cartierville.
Enfin, Longueuil propose de prolonger la ligne 4 (jaune) de 8 km, jusqu’aux abords de l’aéroport de Saint-Hubert. Le nouveau tronçon compterait six stations.
L’ouverture de ces nouvelles stations n’est toutefois pas pour demain. Des trois projets, un seul, celui de Montréal, pourrait être mis en chantier avant la fin du mandat du bureau de projet, en 2012, a précisé hier la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.
De plus, chacun des nouveaux tronçons, qui font tous plus de 5 km, devrait nécessiter au moins cinq ans de travaux. En admettant que les travaux de prolongement de la ligne 5 (bleue) commencent dès l’an prochain, le métro ne se rendra pas à Anjou avant 2015.
Les travaux de prolongement du métro vers Laval, d’une longueur de 5,3 km, ont duré cinq ans (entre 2002 et 2007) et coûté 745 millions de dollars, soit une moyenne d’environ 143 millions le kilomètre. L’ajout d’environ 20 km au réseau actuel pourrait donc coûter jusqu’à 3 milliards.
La réalisation des études ne garantit pas, non plus, que le projet va se concrétiser. Le prolongement de la ligne 5 (bleue) à Montréal a déjà fait l’objet d’un décret de réalisation et d’études approfondies au début des années 2000.
En 2002, une commission de consu lt ation publ ique dirigée par l’ingénieur Roger Nicolet, sur les problèmes de transport entre Montréal et la Rive-Sud, avait pour sa part mis en doute la pertinence du prolongement du métro à Longueuil au motif qu’il n’attirerait pas suffisamment d’usagers supplémentaires pour justifier ses coûts.
« Le bureau de projet, a ex pliqué h ier la m i n istre Boulet, aura le mandat d’effectuer les études et de procéder à l’analyse de l’ensemble des coûts et des bénéfices d’un tel projet. »
Plus particulièrement, le bureau devra décider des études à réaliser ou à réaliser, définir les tracés et préciser le nombre et l’emplacement des stations dans chacune des trois villes. Le nombre de rames nécessaires à un réseau prolongé de 20 km sera aussi évalué. Le bureau devra enfin produire des études de coûts détaillées et fournir des « hypothèses de calendrier réaliste de réalisation, sur 10 ans ».


Prenez l’auto, le bus est plein...  -  FRANÇOIS CARDINAL
C’est avec des pantoufles aux pieds que la journée En ville sans ma voiture revient pour la septième année. L’Agence métropolitaine de transport a beau qualifier le happening du 22 septembre de «revendicateur», l’événement laisse plutôt entendre un ronron qui ne dérange plus grand-monde.
Le périmètre est le même que les années passées et les heures de fermeture des rues (9h30 à 15h30) permettront encore aux automobilistes de se rendre au boulot et d’en revenir, sans changer leurs habitudes.
«Vrai, reconnaît le grand patron de la Société de transport de Montréal, Michel Labrecque. Mais il faut savoir que le réseau est déjà à pleine capacité. Il n’aurait donc pas été adéquat de penser ajouter plus de monde encore.»
Cette phrase a fait bondir bien des lecteurs, qui se demandent à quoi peuvent bien servir, dans ce cas, cette journée et toutes les campagnes de sensibilisation qui s’y rajoutent. «Pourquoi nous bombarder constamment le même message, si de l’aveu même du président de la STM, le réseau n’est pas en mesure d’accepter plus d’usagers?» s’interroge par exemple Guillaume Bernier.
Bonne question. Les sociétés de transport ont beau se réjouir tant et plus des récentes hausses de fréquentation, elles n’ont toujours pas ajouté de bus ou de voitures de métro pour répondre à cet afflux. Et par-dessus le marché, la STM et l’AMT comptent hausser les tarifs en janvier prochain. Encore!
Le service a été grandement amélioré, clament-elles. Certes, la STM a prolongé l’heure de pointe jusqu’à 10h. L’AMT a ajouté des départs pendant la journée. La carte OPUS a vu le jour. Des ascenseurs ont été installés dans certaines stations...
Mais rien pour l’usager qui voit le métro bondé lui passer sous le nez à 8h12, un inconvénient devenu la norme depuis le prolongement du réseau à Laval.
Pour utiliser une analogie, c’est comme si on avait refusé d’agrandir la maison pour accueillir la belle-famille, se contentant de déplacer les meubles pour faire de la place!
Patience! nous disent organismes et gouvernement, les investissements ont peut-être été faits trop tard, mais au moins ils ont été faits. Ce que devraient commencer à constater les usagers au printemps.
La STM commencera à recevoir ses 58 nouveaux autobus articulés d’ici la fin 2009. Plus de 140 autres suivront au cours des deux prochaines années. Sur la même période, quelque 400 citrons à planchers surbaissés seront remplacés par des bus plus spacieux, complètement neufs.
En banlieue, on commencera à voir rouler de nouveaux trains dès novembre. Une rame de train sera ensuite ajoutée chaque mois, pendant un an et demi. En comptant l’attrition, on passera ainsi de 200 à 280 voitures, dont plusieurs à deux étages. Une augmentation de la capacité de 70 %.
Dans le métro aussi des changements viendront, mais il faudra s’armer de patience dans ce cas. De 2012 à 2014, seront remplacées par 336 voitures 342 nouvelles autres (à condition que Québec donne le feu vert). L’interconnexion entre les voitures permettra à 16% plus d’usagers d’embarquer.
Bref, on promet que la table sera mise dès l’an prochain pour accueillir plus d’usagers. Il n’y aura alors plus d’excuses pour ne pas donner enfin une nouvelle ampleur à la journée sans voiture.


OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ?  -  Bruno Bisson
Les cartes CAM magnétiques ne sont déjà plus qu’un souvenir et la Société de transport de Montréal (STM) n’accepte plus les petits billets de carton depuis ce matin. La carte OPUS s’impose désormais comme le moyen de payer pour ses déplacements dans le métro et dans les autobus de la STM. Après seulement un an d’implantation, la carte OPUS a-t-elle conquis les coeurs de ses usagers ? Un appel à tous auprès de nos lecteurs nous a permis de constater qu’elle ne fait pas l’unanimité.
Les cartes OPUS se brisent facilement. Parfois, elles se vident mystérieusement de tous leurs titres ou elles deviennent tout bonnement illisibles. Les distributrices automatiques de titres (DAT) dans les stations de métro sont souvent en panne. Le premier jour du mois, les files d’attente sont toujours aussi longues aux guichets que dans le bon vieux temps de la CAM magnétique et des tickets de carton. Et les bornes de lecture des autobus sont si lentes et si souvent défectueuses que l’embarquement des passagers est encore plus long qu’avant.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Si on mettait bout à bout les critiques négatives, les commentaires amers, les anecdotes cocasses, les incidents ennuyeux et les cas bizarroïdes rapportés à La Presse au cours des dernières semaines à propos de la carte OPUS, il serait aisé de conclure que l’implantation de ce nouveau titre de transport électronique de la Société de transport de Montréal (STM) a été une véritable calamité depuis l’an dernier. Ce n’est pas le cas.
Mais ce n’est pas non plus le parfait bonheur et le grand succès que claironne la STM, à en croire les lecteurs qui ont participé récemment à un appel de La Presse et de Cyberpresse afin de partager leur expérience sur la carte OPUS. En 24 heures, près de 120 usagers d’OPUS de tous les âges, anciens et nouveaux, ont répondu à cet appel pour témoigner soit de leur impatience et de leur irritation devant les ratés multiples du système, soit de leur appréciation des avantages liés à cette nouvelle carte de transport (transactions par guichet, par carte de crédit, remplacement avec enregistrement, etc.).
La nette majorité des témoignages reçus était clairement défavorable au nouveau système de perception. Les récits détaillés de défaillances (carte brisée ou illisible, billets volatilisés , files d’attente, fiabilité des distributrices), ou des refus de la STM de remplacer les cartes sans frais pour cause « d’utilisation abusive ou inappropriée », livrés par des dizaines d’usagers, démontrent avec éloquence que la carte à puce de la STM et l’ensemble du système de perception sont toujours mal compris et mal-aimés pa r u ne pa rtie i mporta nte de sa clientèle.
G loba lement , qu’i ls se disent favorables ou pas au système de perception électronique, les usagers demandent une carte plus résistante, des guichets plus fiables, un service plus souple permettant d’acheter des titres de n’importe quelle société de transport à partir de n’importe quel guichet (chaque transporteur vend ses titres dans ses DAT), et des bornes de lecture plus nombreuses pour vérifier la validité des titres stockés sur leur carte.
« Qui n’a pas eu de problème avec la carte OPUS ? » résume un usager de la première heure, Martin Labonté, qui a dû fa i re quelques détours par le centre de services de la station de métro Berri-UQAM pour régler des ennuis de « lecture », et qui a même dû marcher jusque chez lui en plein hiver, parce qu’un chauffeur a refusé de le laisser monter dans son autobus à cause d’une carte illisible.
Pratique
En fait, en réponse à la question de M. Labonté, beaucoup de gens n’ont pas de problèmes avec leur carte OPUS. Ils profitent à plein des avantages que procure le système de paiement électronique, qui permet d’acheter les titres à l’aide d’une carte de guichet automatique ou d’une carte de crédit, au moment voulu par le consommateur.
Dans un bilan publié le 28 mai dernier, un an après le lancement d’OPUS, la STM affirme que la nouvelle carte recueille un taux de satisfaction de 90 % au sein de sa clientèle.
Depuis le printemps 2008, la S T M a ém is plu s de 900 000 cartes à puce. Le tiers de ces cartes ont été enregistrées (avec photo) par des personnes âgées ou des étudiants (du primaire à l’université), qui ont ainsi accès aux tarifs réduits, et qui peuvent bénéficier d’une garantie de remplacement en cas de perte ou de vol. Un privilège qu’on entend maintenant, dans un avenir rapproché, étendre à l’ensemble des usagers qui choisiront d’enregistrer leur carte OPUS.
Chaque j our, les réseaux de la STM enregistrent en moyenne 1 million de passages, validés à l’aide d’une carte OPUS, dans le métro ou les autobus.
« En conclusion, un beau succès ! » soutient la STM , après cette première année d’activité.
« Je la trouve très pratique, dit l’usager Yva n Signori, et les guichets sont faciles d’utilisation. Très bon choix technologique. »
« Vu mon âge, écrit Madeleine Robichaud, une usagère de Boucherville, j’ai la carte à prix réduit. Je trouve ça formidable de ne pas avoir à faire la queue au guichet. Je suis vraiment enchantée. »
Irritante
Ces témoignages de satisfaction à l’égard du nouveau système de perception de la STM demeurent toutefois l’expression d’une minorité. Ainsi, à la lecture de près de 50 réponses plutôt favorables à OPUS reçues par La Presse, les bémols face aux problèmes techniques éprouvés par les usagers sont aussi fréquents que chez les usagers mécontents.
« J ’a i me bien l’idée de la ca rte OP US , v ra i ment excellente, souligne un de ces usagers, J.-Philippe Boucher. Mais à chaque fois que je vais y recharger ma carte ou presque, soit j’ai un problème, ou une personne devant moi semble avoir un problème. Ça m’est arrivé encore hier, et j’utilise la carte depuis le tout début. On dirait qu’encore une fois, on avait une bonne idée, mais on a créé un système à problèmes.»
La STM affirme pourtant qu ’a prè s u ne pér io de de « rodage » difficile, l’an dernier, « le taux de disponibilité des distributrices automatiques de titres (DAT) dépasse 95 % » depuis le début de 2009, contredite en cela par une multitude de témoignages reçus par La Presse.
La STM nie de même que sa carte soit fragile – un des reproches les plus souvent soulevés, avec la fiabilité des DAT, même chez les usagers d’OPUS qui se disent satisfaits du nouveau système de perception. La STM s’étonne même que des usagers rapportent en être à leur troisième ou quatrième carte, en un an seulement, alors que sa durée de vie « théorique » devrait être de… sept ans.

La STM répond
1. Une carte fragile
Les distributrices automatiques de titres sont souvent en panne, affirment plusieurs usagers. Faux, répond la STM, selon qui le taux de disponibilité des équipements dépasse 95 %.
QD e
nombreux usagers disent avoir dû remplacer trois ou quatre fois l eur carte OPUS en seulement un an. Pourquoi est-elle si fragile ? Pou rrait-on e n a m é liore r la durabilité ?
RLa carte OPUS n’est pas f ragile. L a S T M a u n taux de retour semblable à ce que l’on peut observer a illeu rs da ns le monde. Nous sommes dans les normes. La cause principale de remplacement de la ca r te est le bris de celle-ci dû à une mauvaise manipulation ou à un mauvais « entreposage ». Il est fort étonnant que la même personne ait eu à changer trois ou quatre fois sa carte : nous croyons qu’il s’agit vraiment d’une uti l isation abu sive ou inappropriée.
Q Comment
se fait-il que des cartes OPUS, fraîchement rechargées, se vident au bout de seulement deux jours après deux ou trois utilisations ? Ces incidents sont-ils fréquents ?
RAucun cas de cette nature ne nous a été rapporté par des clients de la STM. Une carte correctement chargée ne se «videra» pas. Nous recommandons donc aux clients de s’assurer que leur carte est bien chargée. Il suffit de demander le reçu de vente au moment de la transaction. Ce reçu de vente est remis lorsque la transaction est complétée, c’est-à-dire lorsque la carte est bien encodée.
2. Recharger
OPUS
Q Pourquoi
les distributrices automatiques de titres (DAT) sont-elles si souvent en panne?
RLes DAT sont en opération depuis le lancement de la carte OPUS, le 28 avril 2008. Au début, nous avons dû apporter quelques ajustements. Depuis le début de 2009, nous pouvons affirmer que le taux de disponibilité des équ ipements dépasse 95%. Q Pourquoi
est-il impossible de charger des titres du RTL ou de la STL, quand on se trouve à Montréal, ou d’acheter un titre de la STM dans une gare de train de la Rive-Sud ? Pourquoi ne peut-on pas acheter n’importe quel titre peu importe où l’on se trouve, si tous les transporteurs de la métropole utilisent la même carte ?
RChaque société de transpor t qu i pa r tic ipe au projet OP US a acheté les équipements en fonction de son propre volume d’affaires. Toutes les autorités organisatrices de transport (AOT) ont donc conjointement décidé de n’offrir – pour le moment – que les titres de leur propre réseau. Q Es t-
il vrai que, si j’ai des billets individuels sur ma carte, et que j’y charge un titre mensuel, l a carte débitera les billets individuels jusqu’à épuisement avant que le titre mensuel soit sollicité, et ce, même si le mois couver t par ce titre est commencé?
RC’est faux. Le système effectuera toujours la perception de titre la plus avantageuse pour le client. Il puisera donc sur la carte mensuelle avant de toucher aux titres individuels (ou achetés en lisière). Cela vaut aussi pour le cas où la carte est chargée d’un titre hebdomadaire et de titres individuels.
3. Bizarreries
QI l
n’existe aucun titre de transport unique pour voyager dans le métro entre Montréal et Laval, parce que les tarifs sont différents des deux côtés de la rivière des Prairies. Il faut deux cartes OPUS pour stocker deux types de billets qui ne sont pas compatibles sur la même carte. Pourquoi une telle situation ?
RC’est faux. La situation décrite était vraie au tout début du déploiement, mais ce n’est plus le cas. Tous les titres peuvent cohabiter sur la même carte.




Construisez-le, et ils le prendront...  -  FRANÇOIS CARDINAL
La rivalité Québec-Montréal s’est trouvé un nouveau champ de bataille: le couloir ferroviaire qui relie les deux villes. La capitale a jeté son dévolu sur un TGV, alors que la métropole préfère le projet de train rapide VIAFast.
Deux villes, deux projets. Mais un objectif : accélérer le tortillard qui dessert la ligne Québec-Windsor.
Il faut avoir emprunté l’un de ces trains de passagers pour saisir le retard tiers-mondiste qu’accuse le pays en cette matière. On retrouve dans ce petit couloir de 1000 km près de 60% de la population canadienne et pourtant, la marchandise a priorité sur les deux voies ferrées qui le parcourent.
Or cela signifie deux choses pour les passagers : très peu de départs, et des trains qui doivent fréquemment s’immobiliser à la faveur de convois transportant, la plupart du temps, du pétrole.
Bref, la priorité va au train qui transporte le carburant... des véhicules qui le dépassent à vive allure. Comme symbole, on ne fait pas mieux.
Les villes ne le savent que trop bien. Montréal et Québec ont ainsi décidé de faire de ce dossier l’un des principaux sujets de négociations avec le fédéral. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas sur la même longueur d’onde.
L’administration Labeaume a pris fait et cause pour le train à grande vitesse, commandant une étude à la SNCF, multipliant les appuis politiques, augmentant la pression sur Ottawa.
L’administration Tremblay, elle, ne semble pas trop croire à ce projet de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Bien qu’elle assure une partie de la facture de l’étude de la SNCF, elle a discrètement donné à ses fonctionnaires le mandat de dépoussiérer le projet VIAFast, qui est passé à un cheveu de se matérialiser il y a sept ans. Un projet moins rapide, mais moins cher.
Piloté par l’ancien président de VIA Rail et ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean Pelletier, ce projet avait reçu l’appui du CN, du CP et même d’Ottawa. C’est Paul Martin qui a tout enterré lors de son accession au pouvoir, en 2003.
La Ville de Montréal peut bien prétendre qu’elle appuie les deux projets, cela ne tient pas la route. Bien que certains estiment cela possible, VIAFast peut difficilement être une étape vers l’implantation d’un TGV. Il s’agit d’un projet en soi, qui consiste en trois choses: réserver une ligne aux passagers, optimiser l’emprise, puis implanter un train rapide du type Acela (à ne pas confondre avec les TGV).
Une fois les quelque 3 milliards investis à cette fin, il est improbable qu’on en dépense des dizaines supplémentaires pour implanter une autre technologie. Du moins dans un horizon de quelques décennies.
Le gouvernement Harper a donc désormais le choix entre un projet coûteux et très rapide pour plus tard, ou un projet abordable et un peu moins efficace tout de suite.
Pour leur part, les habitués du couloir QuébecMontréal-Ottawa-Toronto peuvent se réjouir que la pression politique ait augmenté d’un cran, ou se désoler qu’un différend entre deux villes puisse retarder – encore – ce projet d’une grande importance.



Québec-Windsor, un couloir rentable  -  FRANÇOIS CARDINAL
La SNCF croit à l’implantation du TGV au Canada
Pou r la S NC F, l’u ne des plus importantes entreprises ferroviaires au monde, l’implantation d’un TGV dans le couloir Québec-Windsor est totalement justifiée, car toutes les conditions de rentabilité financière, sociale et environnementale sont réunies pour en faire un grand succès.
Dans un avis obtenu par La Presse, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) va même j usqu’à comparer avantageusement ce couloir à ses lignes à grande vitesse les plus rentables de l’Hexagone, soient les TGV Rhône-Alpes, Méditerranée et Atlantique.
« Tous les critères théoriques et empiriques de succès de la mise en service d’un tel réseau déterminés par la SNCF, via son expérience de l’ensemble des projets de grande vitesse ferroviaire dans le monde, sont remplis par le corridor QuébecWindsor», estime-t-elle.
Voilà la conclusion d’une «étude prospective» contenue dans la «proposition technique et financière » que l’entreprise a remise en juin dernier aux maires des six grandes villes concernées par ce projet.
Il s’agit en quelque sorte d’une soumission bonifiée, dans laquelle la SNCF offre ses services, à la demande de la Ville de Québec, pour mener une étude plus approfondie sur les aspects socio-économiques, environnementaux et financiers du projet, ainsi que sur son trafic potentiel, ses recettes et ses coûts d’exploitation.
«La densité de la population du corridor Québec-Windsor et les distances entre ses principaux pôles de population ainsi que ses caractéristiques économiques et socio-économiques constituent autant d’arguments forts en faveur de la mise en service d’un réseau ferroviaire à grande vitesse desservant les aires urbaines de Québec City ( sic), Montréal, Laval, Ottawa, Toronto, Kitchener, London et Windsor.»
Officialisé en juin dernier par la Ville de Québec, le contrat de service accordé à la SNCF prévoit que le rapport final sera produit d’ici au mois de novembre. La Ville de Montréal, qui partage la facture de 375 000$ avec Québec et les autres villes concernées, devait approuver le contrat à la séance du conseil municipal qui s’est tenue hier soir. «Cette étude nous fournira les éléments pédagogiques qui nous permettront de mieux expliquer le projet à la population, a expliqué le maire de Québec, Régis Labeaume, en entrevue téléphonique. Nous sommes très en retard à ce chapitre. Même le président américain est plus avancé que nous, ce n’est pas drôle!»
À mots à peine couverts, M. Labeaume accuse Stephen Harper, de traîner les pieds dans le dossier du TGV qui relierait Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, Windsor et, possiblement, Chicago. « Tout est fonction des politiciens, dit-il. J’ai l’appui de Michael Ignatieff, de Jack L ayton , de Gilles Duceppe, de Jean Charest et de Pauline Marois. Il ne manque que M. Harper.»
Deux études pour un projet
Parallèlement à l’étude de la SNCF, les gouvernements du Canada, du Québec et de l’Ontario ont confié à un consortium dirigé par la firme Dessau le mandat de mettre à jour les études menées entre 1992 et 1995 à ce sujet. Évaluée à 3 millions, cette étude devrait être terminée au printemps 2010.
Pour l ’a d m i n i s t r a t i o n Tremblay, il importera alors de regarder les deux études pour juger de la réelle pertinence du projet. «Dans la théorie, c’est très intéressant. Mais il faut d’abord savoir combien de personnes embarqueront et combien ça va coûter», précise André Lavallée, responsable du transport à la Ville de Montréal.
Cela dit, la SNCF estime déjà que ce projet, s’il voit le jour, aura un brillant avenir. Elle va même plus loin, intégrant le futur couloir Québec-Windsor aux projets américains de trains à grande vitesse. «Ces perspectives et synergies potentielles renforcent encore les enjeux de la mise en service d’un réseau ferroviaire à grande vitesse dans les provinces de Québec et de l’Ontario jusqu’à Chicago», note la Société nationale.
Et d’un point de vue plus personnel, la SNCF ne cache pas que cette volonté d’étendre le réseau ferroviaire «constitue pour les entreprises françaises une opportunité de consolider et de développer leur position sur le marché nord-américain».



Hydro fait une entrée prudente dans le transport électrique  -  Hélène Baril
Hydro-Québec contribuera aux gigantesques investissements qui seront nécessaires pour électrifier les réseaux de transports collectifs, à commencer par les trains de banlieue de Montréal qui fonctionnent encore au diesel au royaume de l’électricité.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Électrifier les différents réseaux de transports collectifs sera onéreux, à commencer par le réseau de trains de banlieue. Hydro-Québec a annoncé son intention de le faire, mais lentement.
La décision de franchir le pas entre un statut de fournisseur d’électricité et celui d’investisseur a été officialisée dans le plan stratégique rendu public la semaine dernière et qui précise les projets de la société d’État pour les cinq prochaines années.
L’électrification des transports publics fait partie de ces projets, mais Hydro y met le pied avec beaucoup de prudence. HydroQuébec Distribution, qui sera responsable de ces nouvelles initiatives, soumettra tout projet d’investissement à la Régie de l ’énergie pour examen et approbation.
Le montant des i nvestissements prévus n’est pas précisé et ne le sera pas avant que des projets concrets soient mis en marche, a fait savoir hier la porte-parole Flavie Côté.
Hydro s’est déjà engagée à débourser quelques centaines de milliers de dollars dans des études préliminaires pour l’implantation d’un t rolleybus à Laval et pour l’électrification du réseau de trains de banlieue de l’Association métropolitaine de transport.
L’AMT a déjà entrepris d’électrifier son réseau, mais les investissements nécessaires sont tels qu’elle ne prévoit pas y parvenir avant 15 ou 20 ans, a fait savoir son porte-parole, Pierre-Luc Paquette.
Le réseau de trains de banl ieue de l ’A MT est long de 217,4 km, dont seulement 30 sont électrifiés. L’électrification d e c e s 3 0 k m, le tronçon Montréal– Deux-Montagnes, a coûté 300 millions. C’est 10 millions par kilomètre, ou près de 2 milliards pour électrifier le reste du réseau, sans compter son prolongement de 30 km vers l’est, qui devrait être en service à la fin de l’année prochaine.
En réalité, ce sera beaucoup plus que 2 milliards, estime le porte-parole de l’A MT, parce que les travaux de la ligne DeuxMontagnes ont été réalisés il y a presque 15 ans. Il refuse toutefois d’avancer un chiffre. « Les études que nous avons commandées nous le diront », a-t-il dit.
L’AMT dépense 7,2 millions par année en carburant.
La Société de t ransport de Montréal, pour sa part, dépensera 44,2 millions en carburant cette année. Pour diminuer cette facture et réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la STM a mis à l’essai huit autobus à motorisation hybride. L’essai s’est révélé concluant, avec une économie de 30 % sur les coûts de carburant, et les hybrides ont été intégrés au parc d’autobus.
Selon François Chamberland, de la STM, les véhicules hybrides seront le passage obligé vers les véhicules tout électriques. « C’est notre objectif ultime (les tout électriques) mais, en raison des problèmes de faible autonomie des batteries existantes, on nous dit qu’il ne faut pas y penser avant 2025, au mieux », a-t-il indiqué.
L’amélioration de l’efficacité des batteries est un autre chantier pour Hydro, mais personne ne peut dire si ses efforts porteront leurs fruits à court terme.
Le transport électrique sous toutes ses formes est maintenant considéré par Hydro comme un secteur d’expansion, que son réseau peut facilement soutenir. « L’électricité peut prendre le relais du pétrole sans grande difficulté, affirme le plan stratégique. La conversion à l’électricité de l’ensemble des automobiles en Amérique du Nord réduirait la consommation d’essence de 70 % et n’augmenterait la consommation d’électricité que d’environ 15 %. »
Au Québec, si l’on remplaçait 25% du parc automobile actuel par des voitures électriques, soit 1 million de véhicules, la consommation supplémentaire d’électricité serait de moins de 2% des ventes totales d’Hydro.





Le bétail humain  -  Jean-Serge Baribeau
L’auteur est sociologue. Il y a cinq ans, ma compagne et moi avons décidé de ne plus avoir d’automobile. Vivant à Montréal, nous nous sommes dit qu’il y a la marche, la bicyclette, les transports en commun, les taxis et la possibilité de louer occasionnellement des bagnoles.
On en voit de toutes les couleurs dans les autobus de la STM.
Depuis plusieurs mois, nous nous interrogeons sur notre choix. En effet, quoi qu’en disent des politiciens des divers niveaux de gouvernement, les transports en commun ne progressent pas! Ils régressent ! Et ils régressent dangereusement!
Vivant dans le quartier Côte-des-Neiges, nous prenons assez souvent l’autobus 165 (Côte-des-Neiges), l’autobus 161 ( Van Horne) et l’autobus 129 ( Chemin de la CôteSainte-Catherine). Je dirais qu’au moins une fois sur trois ces autobus sont bondés, plus que bondés. Je dirais que, de manière régulière, surtout pendant les grandes froidures hivernales, ces autobus sont en retard ou ne passent pas.
Et comme le civisme et la civilité ne sont plus la norme, rares sont les jeunes et bien-portants qui cèdent leur place aux « autres ». Samedi dernier nous avons pris l’autobus 165, près de la rue Van Horne. Il était bondé et à chaque arrêt dix ou quinze nouveaux passagers ymontaient. La moyenne d’âge était élevée. Nous avons remarqué que les places assises étaient occupées par des jeunes et que de nombreuses personnes âgées ont dû rester debout jusqu’au métro Guy-Concordia. Une jeune fille voilée a eu la prévenance de demander à ma compagne si elle voulait bien prendre sa place.
En fait, je pourrais quasiment écrire un livre de 200 pages sur tout ce qui se passe dans les transports en commun, surtout dans les autobus. J’ai assisté à des incidents raciaux (et racistes) qui auraient pu dégénérer, j’ai noté la prédominance de l’anglais et j’ai failli me faire casser la figure (ou poignarder) pour des raisons linguistiques ( je suis un « maudit » French Canadian).
Je ne veux plus jamais entendre un seul politicien qui aurait l’audace de nous parler du virage en faveur des transports en commun!



 
Pour son argent - NATHALIE COLLARD
Dans un monde idéal, le prolongement du métro comme le souhaitent les villes de Laval, de Longueuil et de Montréal serait une excellente idée pour la grande région métropolitaine. Cela désengorgerait le réseau routier, améliorerait le service aux usagers, tout en permettant aux principaux maires de la région de montrer qu’ils sont capables de s’asseoir à la même table et de concevoir une vision commune. Ce qui n’arrive pas souvent, il faut l’admettre.
Nous ne sommes malheureusementpasdansunmondeidéal: nous traversons une période économique difficile. Dans ce contexte, il faut donc se demander si le prolongement du métro est la meilleure façon d’investir l’argent public.
La réalité, c’est qu’il serait beaucoup plus prudent de maximiser les milliards de dollars en investissant dans les transports de surface, beaucoup moins chers que le métro.
La nécessité de poursuivre la ligne bleue vers l’est a déjà été démontrée. On en parle depuis les années 70. Mais elle pourrait très bien s’arrêter au boulevard Pie-IX, où on nous promet depuis des lunes une éventuelle voie réservée pour un service de bus rapide.
Même obse r vat i on pou r Longueuil et Laval. Le métro représente-t-il le meilleur investissement possible?
À Longueuil, les transports en commun en surface sont déjà bien développés. Pourquoi ne pas les bonifier avec un tramway?
Même questionnement pour Laval, qui pourrait être desservi par un excellent service de bus rapide et de trolleybus. À condition, bien entendu, d’avoir le courage de réserver des voies aux transports en commun.
Le Plan de transport deMontréal, qui célébrera son deuxième anniversaire cette année, énumérait 21 priorités. Le maire Tremblay a déjà convenu qu’il serait difficile de trouver les 8 milliards de dollars nécessaires pour le concrétiser. Et on parle d’investir des milliards dans un seul projet?
La prudence, nous l’avons dit, est de mise. En investissant pour creuser des tunnels (sans compter les nouveaux wagons de métro, une dépense de plusieurs milliards supplémentaires), on court le risque qu’il ne reste plus un sou pour d’autres projets de transports en commun.
Ilseraitd’autant plus imprudent de s’engager dans un projet d’une telle envergure sans avoir d’abord i dent i f i é u ne source de financement des transports en commun stable et récurrente. Les investissements massifs dans les infrastructures ne seront pas renouvelés chaque année, il faut donc prévoir des solutions de rechange.
Plusieurs scénarios ont été suggérés au fil des ans: péage régional, taxe sur l’essence, etc. Rien n’a encore été décidé. Le responsable du transport à la Ville, André Lavallée, avait annoncé un vaste débat public sur la question, débat qui n’a pas eu lieu. En attendant que les élus régionaux s’entendent sur un moyen de financer les transports collectifs, il faut investir les milliards de façon optimale. Le métro n’est donc pas la meilleure option.





La STM de Labrecque  -  NATHALIE  COLLARD
La nouvel le campagne d’image de la Société de transport de Montréal laisse sceptique. Avec ses accents vaguement ésotériques, Mouvement col lecti f évoque une nouvelle Église ou encore, une secte.
Les affiches placardées dans le métro ainsi que le site internet rappelle l’esthétique d’une émission pour enfants. À qui s ’ adresse - t-on au juste ? Aux gens qui uti l i sent déjà les transports collectifs pour les confor ter dans leur décision ? Si c’est le cas, ces abonnés apprécieraient sans doute davantage un service encore plus efficace, des i nst a l l at i ons nickel et des équipements ultramodernes.
S’adresse-t-on plutôt aux navetteurs invétérés qui prennent leur voiture parce qu’elle est plus confortable ? Si c’est le cas, ce ne sont pas les fleurs accompagnées de quelques données sur l’environnement qui vont les convaincre de laisser leur véhicule à la maison. La STM aurait plus de succès en offrant un service d’autobus ultra-rapide ou un métro climatisé. Actuellement, à l’heure de pointe, les wagons de métro sont bondés, les lignes de bus principales aussi. Ne devraiton pas améliorer le service avant d’inviter plus de gens à l’utiliser ?
À sa décharge, il faut dire que la tâche confiée au nouveau président de la STM, Michel Labrecque, n’est pas aisée. L’ancien président du festival Montréal en lumières avait sans doute plus de facilité à convaincre un chanteur de donner un spectacle à l’extérieur au mois de février que de convaincre un banlieusard de laisser son auto dans le 450.
Michel Labrecque a repris les rênes d’une société sclérosée qui n’a pas beaucoup flirté avec l’innovation au cours des dernières années. Le défi est d’autant plus immense que la Ville a demandé à la STM de couper 36 millions de dol la rs de son budget. Dans un tel contexte, comment améliorer la qualité des services ? Il faudrait que le maire de Montréal reprenne son bâton de pèlerin pour aller convaincre Québec de dédier un fonds au transport collectif. Autant croire aux miracles… Le plus dommage dans tout cela, c’est que Michel Labrecque, conseiller dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, songe à quitter la vie politique. Espérons qu’il ne mettra pas ses menaces à exécution. M. Labrecque est un des trop rares candidats d’envergure sur la scène municipale. Montréal a tellement besoin de leaders comme lui pour sortir de son marasme ! D’autant plus qu’on aimerait voir ce que cet adepte du cocktail transport réussirait à faire de la STM. Mais pour ça, il faut du temps. Ne partez pas, M. Labrecque!





L'AMT électrifiera le réseau de trains de banlieue - François Cardinal
L'Agence métropolitaine de transport de Montréal fera ce matin un premier pas vers l'électrification de l'ensemble du réseau de trains de banlieue de la métropole, qu'elle souhaite officiellement amorcer dans deux ans.
La Presse a appris que l'AMT annoncera aujourd'hui le lancement d'un appel d'offres en vue de la réalisation d'une étude de faisabilité sur la question. Cette dernière ne servira pas à examiner si un tel chantier doit voir le jour, mais plutôt comment il doit être mené.
«Nous voulons clairement électrifier l'ensemble du réseau, a commenté le président de l'Agence, Joël Gauthier. Il nous faut maintenant préciser comment nous allons le faire, quelle technologie utiliser et quel ordonnancement privilégier.»
L'objectif préliminaire de l'AMT est de démarrer l'électrification du réseau dès 2011, et de la poursuivre graduellement pendant 15 ans. L'étude permettra de définir un échéancier qui pourrait, par exemple, permettre l'électrification de 15 km de lignes chaque année, jusqu'en 2016.
L'appel d'offres que lancera l'AMT se fera en collaboration avec Hydro-Québec, qui acquittera une partie de la facture. Il s'agit de la seconde incursion d'Hydro dans le transport collectif, après celle visant à doter Laval d'un réseau de trolleybus.
À l'heure actuelle, une seule des cinq lignes du réseau de trains de banlieue est électrique (ligne Deux-Montagnes). Les quatre autres n'accueillent que des trains dotés de moteurs thermiques, ce qui se traduit annuellement par l'achat de 8 millions de litres de diesel par l'AMT et la production de grandes quantités de bruits et d'émissions polluantes.
On évalue que l'électrification de la totalité des lignes de train de banlieue permettrait une réduction annuelle de 20 000 tonnes de gaz à effet de serre, tout en réduisant considérablement le bruit émis par le passage des trains.
Autres avantages collatéraux : l'électrification du réseau urbain permettrait à l'AMT de vendre des crédits sur un éventuel marché continental du carbone ; elle permettrait aussi au Canadien National et au Canadian Pacific de réduire les émissions polluantes issues du transport de marchandises, à condition toutefois qu'ils se procurent des locomotives bimode (électrique et diesel).
C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'Agence, l'an dernier, en faisant l'acquisition de 20 nouvelles locomotives de Bombardier pouvant fonctionner autant à l'électricité qu'au diesel, une décision prise dans l'optique de l'électrification éventuelle du réseau de trains de banlieue.
«Nous avons également une option sur 10 autres locomotives bimode, a précisé Joël Gauthier. Cela confirme notre grande volonté d'électrifier le réseau.»
La firme choisie par appel d'offres aura donc le mandat de proposer un échéancier, mais aussi d'effectuer l'analyse des solutions techniques à privilégier, d'évaluer les avantages-coûts pour l'Agence et le gouvernement ainsi que d'estimer les impacts économiques du projet.
Concrètement, l'électrification d'une ligne de trains de banlieue signifie l'implantation de transformateurs, la construction de sous-stations électriques et surtout l'installation d'une caténaire électrique (longue ligne de contact placée au-dessus des trains) sur toute sa longueur.
L'électrification se fera graduellement sur les lignes de Dorion-Rigaud, Blainville-Saint-Jérôme, Mont-Saint-Hilaire, Delson-Candiac et celle du futur train de l'Est (Repentigny-Mascouche). L'AMT ne sait pas encore par où elle commencera, autre donnée qui fera partie de l'étude de faisabilité.
On sait déjà, par contre, que les nouvelles locomotives bimode, qui doivent être mises en service en 2012, serviront d'abord à propulser le train de l'Est.


Un pacte à trois pour prolonger le métro
Montréal, Laval et Longueuil veulent ajouter 20 km au réseau
EXCLUSIF
Les maires de Montréal, de Laval et de Longueuil négocient activement un « protocole d’entente » pour convaincre Québec d’investir dans la construction simultanée de trois nouveaux tronçons de métro totalisant plus de 20km, et ce, d’ici 10 ans.
Selon des sources de La Presse, les maires Gérald Tremblay, Gilles Vaillancourt et Claude Gladu discutent depuis plusieurs mois déjà d’un « pacte à trois » qui présenterait le parachèvement du métro comme « la » priorité métropolitaine en matière de transports en commun.
Un projet d’entente circule même actuellement dans les officines municipales pour demander au gouvernement du Québec d’inclure dans le même programme la réalisation de trois projets de prolongement du métro, dotée d’un échéancier « réaliste et non inflationniste de l’ordre de 10 ans, pour l’ensemble du programme ».
En considérant le coût moyen (environ 150 millions de dollars le kilomètre) du premier tronçon de Laval, inauguré en avril 2007, ce grand chantier nécessiterait des investissements d’au moins 3 milliards (en dollars d’aujourd’hui) d’ici à 2020.
De plus, l’ajout de plus de 20km de tunnels à un réseau qui en fait présentement 66 représenterait une augmentation subite de 30% des distances à parcourir pour le matériel roulant de la Société de transport de Montréal (STM). Cela aurait un impact majeur sur le parc de véhicules actuels, son renouvellement ou même son expansion.
À Longueuil, la ligne 4 ( jaune) du métro serait prolongée de quatre stations vers l’est, jusqu’au « pôle Jacques-Cartier/ RolandTherrien », sur une distance de 5,3km. La Ville de Longueuil a récemment présenté le projet à la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, qui l’aurait accueilli favorablement, selon un communiqué publié au début du mois par la municipalité.
À Montréal, la ligne 5 (bleue) serait prolongée de 5,1km vers l’est, jusque dans l’arrondissement d’Anjou. Le tracé pourrait compter cinq stations aux intersections du boulevard Pie-IX, de la rue Viau et des boulevards Lacordaire et Langelier, avant la station terminale d’Anjou. Ce projet figure dans les cartons de la métropole depuis les années 70
nfin, le troisième tronçon, qui pourrait faire 10,1km, relierait Laval et Montréal à l’ouest du premier tronçon, inauguré il y a deux ans. Il permettrait de boucler les deux « branches » de la ligne 2 (orange) de part et d’autre de la rivière des Prairies. Le premier tunnel, d’un peu plus de 2 km, serait d’abord creusé en prolongement de la station Côte-Vertu actuelle jusqu’à la gare Bois-Francs du train de banlieue Deux-Montagnes, à Saint-Laurent. Puis le nouveau tronçon bifurquerait en direction de Cartierville, où une autre station – qui n’a pas encore de nom – serait vraisemblablement implantée.
De là, un tunnel serait creusé sous la rivière des Prairies, en amorce d’un long t ronçon qui rejoindrait la station Montmorency, à Laval. Le tracé précis et le nombre de station dans l’île Jésus ne sont pas encore arrêtés.
Ces projets ont déjà été, en tout ou en partie, rendus publics par chacune des villes concernées. Si un pacte est conclu, ce serait la première fois que Montréal, Laval et Longueuil, par la voix de leurs maires, revendiquent ensemble le « parachèvement » du métro.
Des retombées au Québec
En entrevue, vendredi, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, .a confirmé qu’un projet d’entente E est bel et bien en cours, sans toutefois commenter l’état de ces discussions.
Il a en outre rappelé que, dès l’ouverture des stations Cartier, Concorde et Montmorency, en avril 2007, il faisait déjà la promotion du bouclage de la ligne 2 par l’ouest, entre Laval et Montréal. Il était aussi l’un des seuls à croire au succès du premier prolongement du métro à Laval. Les trois nouvelles stations lavalloises accueillent déjà 60 000 usagers par jour.
« Collectivement, nous faisons présentement face à deux crises majeures, affirme le maire. La première est économique. La seconde est environnementale. Un projet comme celui-ci permettrait de faire travailler des milliers de personnes chez nous durant plusieurs années. Et après, ce sont des milliers d’automobiles de moins sur nos routes, parce que leurs propriétaires prendront le métro au lieu de leur voiture. »
Pour sa part, le responsable des transports et du développement urbain au comité exécutif de la Ville de Montréal, André Lavallée, a confirmé que les trois grandes villes de la région métropolitaine étaient en discussion « pour la réalisation d’un grand projet rassembleur, durable et structurant, qui bénéficierait à l’ensemble de la région métropolitaine ».
M. Lavallée a précisé que ces discussions « doivent être mises en contexte avec les propositions lancées par la Ville de Montréal dans son Plan de transport sur la question du financement. Mais aussi en relation avec le leadership que les municipalités veulent aujourd’hui assumer en matière de transports en commun. »
La Presse n’a pu joindre de porteparole de la Ville de Longueuil.
Le souhait de Québec?
Une revendication commune des trois maires répondrait par ailleurs à une demande qu’a formulée à maintes reprises la ministre des Transports Julie Boulet, au cours des derniers mois, concernant la priorisation des projets de transports en commun.
Le 24 avril, en commission parlementaire, la ministre Boulet a affirmé: « Le maire de Montréal a sa liste de priorités à lui, qui n’est pas nécessairement la même qu’à Laval ou qu’à Longueuil. Et moi, ma préoccupation, c’est : Estce que je peux trouver quelque chose qui va servir à l’ensemble des citoyens qui restent dans la grande région métropolitaine, et incluant Longueuil et Laval?
« Est-ce qu’on est capable de trouver un projet porteur qui va rallier le plus de monde possible et avec lequel on aura le plus large consensus sur l’ensemble du territoire ? C’est ce que je souhaite. »




Agissons ou taisons-nous  -  ANDRÉ PRATTE
La ministre Line Beauchamp a déposé la semaine dernière un document de consultation sur le prochain plan québécois de lutte aux changements climatiques. En conférence de presse, Mme Beauchamp a dit que le Québec doit se donner des objectifs «ambitieux» en ce qui a trait à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’après-Kyoto, de 2012 à 2020: «Le Québec va montrer la voie en établissant des cibles qui vont être considérées comme très ambitieuses face à la communauté internationale.» Pour que cela soit le cas, les citoyens du Québec devront accepter que leur portefeuille souffre.
Le document ministériel propose quatre cibles de réduction des émissions de GES d’ici 2020: 10%, 12%, 15% ou 20% sous le niveau de 1990. Comme d’ici 2012, le Québec atteindra sans mal l’objectif fixé pour le Canada par le protocole de Kyoto (6% sous le niveau de 1990), les cibles envisagées correspondent à des efforts supplémentaires de 4%, 6%, 10% et 15%.
On trouve dans ce document l’habituel pétage de bretelles sur les «choix stratégiques» faits par le Québec dans le passé et sur la qualité de son bulletin en matière d’émissions de GES. On y insiste sur le fait que plus la cible choisie est ambitieuse, plus les changements nécessaires seront coûteux: «Les coûts de réduction au Québec sont généralement supérieurs aux réductions antérieures ainsi qu’à ceux des partenaires nord-américains du Québec.» On comprend que le gouvernement n’est pas très chaud à l’idée d’adopter une cible élevée à moins d’obtenir «le soutien incontestable de l’ensemble de sa population».
On verra bientôt dans quelle mesure la volonté écologique des Québécois est authentique. Soyons francs: le bon bilan de la province en ce domaine n’a rien à voir avec un quelconque effort collectif entrepris pour s’attaquer au problème. Il s’explique plutôt par le fait que nous disposons de ressources hydrauliques considérables, des ressources que nous avons choisi d’exploiter bien avant que la question des changements climatiques ne soit à l’agenda. S’il était démontré que les centrales hydro-électriques sont nocives pour l’environnement, cesserions-nous du jour au lendemain de les faire tourner? Alors, comment osonsnous sermonner l’Alberta et la Saskatchewan dont la richesse, pour le meilleur et pour le pire, est pétrolière et gazière?
Selon Québec, la cible la moins exigeante ferait grimper le prix de l’essence de 3,7 cents, la cible la plus haute de 12,7 cents. Pour les familles québécoises, l’impact de la hausse des prix des carburants varierait de 75$ par année à 804$ par année.
Pour le bien de l’humanité, les Québécois soutiendront-ils la cible la plus audacieuse, donnant au gouvernement Charest la volonté d’aller de l’avant? Si nous ne le faisons pas, ayons au moins la décence d’arrêter de faire la leçon aux autres.

Les Canadiens moins « verts » en réalité  -  Catherine Handfield
Les Canadiens se croient beaucoup plus « verts » qu’ils ne le sont en réalité. L’écart entre la perception qu’ils ont d’eux-mêmes et les gestes concrets qu’ils font pour améliorer l’environnement est supérieur à 20%, selon un coup de sonde mené pour le compte du Monde de Cossette et de Summerhill.
Le sondage, publié hier, a été mené entre les 7 et 11 mai auprès de 1000 Canadiens. Les répondants se sont d’abord attribué une note de 1 à 4 pour qualifier leur comportement écologique dans six domaines: l’énergie, le carburant, l’alimentation, le recyclage, la réutilisation et l’utilisation de produits verts.
Ensuite, les sondeurs ont posé une série de questions spécifiques sur leurs agissements concrets dans chacune des catégories mentionnées. Pour faciliter la comparaison, les résultats de la deuxième partie ont été pondérés en fonction d’une grille d’analyse pour en faire également une note sur 4.
Résultat: « Les répondants montrent un intérêt sincère pour un mode de vie écologique, mais ils ne procèdent pas aux changements fondamentaux pour concrétiser leurs bonnes intentions », résume Nick Cowling, vice-président d’Optimum relations publiques, filiale du Monde de Cossette.
C’est dans le domaine des transports que « l’écart vert » est le plus significatif (40%). Les Canadiens s’attribuent une note moyenne de 3 sur 4, alors qu’ils obtiennent un faible 1,8 sur 4 pour leurs gestes concrets (utilisation des transports en commun, consommation d’essence, véhicules hybrides, etc.).
Si l’« écart vert » moyen varie peu d’une province à l’autre, les Québécois semblent passer davantage de la parole aux actes en ce qui a trait à l’alimentation. Ils sont les plus nombreux au pays à se servir de sacs réutilisables pour faire leur épicerie.
Le sondage a été réalisé par Nucleus planification stratégique. Sa marge d’erreur est de 3,2 points.




« Nous assistons à un vol de l’eau par le privé »  -  FRANÇOIS CARDINAL
Mercredi dernier, la présidente du Conseil des Canadiens, Maude Barlow, terminait son mandat de conseillère principale en matière d’eau auprès du président de l’Assemblée générale des Nations unies. Le jour même, elle a lancé Vers un pacte de l’eau, un livre qui dénonce ces gouvernements trop indulgents face à des entreprises assoiffées. Parmi eux, le Canada et le Québec. Rencontre.
QL e
L’eau est un sujet que la présidente du Conseil des Canadiens, Maude Barlow, connaît bien. Elle vient de lancer un livre sur la question, Vers un pacte de l’eau.
Canada est enclin à vendre ses ressources non renouvelables, comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon, mais pas son eau, pourtant renouvelable… R Il n’y a là rien de bien surprenant. Les Canadiens comprennent bien que si leur eau est un jour vendue en vrac, elle sera alors contrôlée par de grosses entreprises, possiblement américaines. Q Mais
le Canada n’a-t-il pas une responsabilité par rapport aux nations moins bien pourvues en eau ? R Il ne faut pas se méprendre. Si l’eau est un jour vendue, elle sera achetée par ceux qui sont capables de se la payer, non par ceux qui en ont besoin. Le premier endroit qui en profiterait serait fort probablement Las Vegas. Or, sacrifier notre eau dans l’unique but de répondre à la demande i n satiable de nos voisi n s aurait pour effet de renforcer leurs mauvaises habitudes de consommation. Q Utilise-
t-on mieux l’eau ici qu’au sud de la frontière ? R Pas du t out. Tous Nord-A méricains les
la tiennent pour acquis. La seule différence, c’est qu’il y a ici moins de monde, mais plus d’eau. Q On
entend souvent dire que le Canada possède le cinquième des réserves d’eau douce de la planète… R Si l’on vidait tous les lacs, toutes les rivières, tous les aquifères au pays, c’est vrai, on aurait alors 20 % des ressources d’eau douce au monde. Mais cela transformerait le Canada en un immense désert! En réalité, nous n’avons que 6,5 % de l’eau douce disponible, c’est-à-dire qui peut être utilisée sans tarir l’écosystème. Si l’on s’en tient au territoire courant le long de la frontière américaine, où habite 90 % de la population canadienne, on ne retrouve plus que 2,5 % des ressources mondiales. Q La
majeure partie de l’eau potentiellement exportable se trouve dans le nord du pays… R Oui, il s’agit de l’eau qui s’écoule dans les grandes rivières qui remontent vers le nord. Or, la vendre à Las Vegas ou ailleurs aux États-Unis nécessiterait l’érection de barrages comme celui des Trois-Gorges (en Chine), d’énormes infrastructures qui permettraient de canaliser l’eau dans des pipelines, ainsi que de nouvelles centrales nucléaires pour alimenter le tout. Et le pire, c’est qu’avec l’Accord de libre-écha nge nord-américain, dès que vous ouvrez les vannes, vous n’avez plus le droit de les refermer. QM ais
ne sommes-nous pas déjà des exportateurs d’eau, par l’entremise de l’embouteillage ? R Certainement, et cela est désolant. Le Canada est u n ex portateu r net d’eau. L’an dernier, nous avons permis qu’environ 2,5 milliards de litres d’eau soient prélevés pour être embouteillés et ensuite, exportés. J’ai eu accès à une carte des quelque 70 points d’eau de Nestlé. Il s’agissait de petits points rouges disséminés partout sur la planète. Devinez où se trouvait la plus grande concentration de points rouges dans le monde ? Autour des Grands Lacs. Q La
redevance proposée par Québec est-elle la solution ? R Non. P uisque nous n’appuyons pa s l ’e m - b o u t e i l l a g e d ’e a u , n o u s n’appuyons pas plus l’idée d’une redevance, qui permet finalement à ceux qui ont suffisamment d’argent de faire main basse sur la ressource. À l’heure actuelle, nous assistons à un vol de l’eau par l’entreprise privée. Une fois qu’une entreprise a accès à un point d’eau, elle en est pratiquement propriétaire. Cela est d’autant plus vrai que, sous l’ALENA, une entreprise qui s’estime lésée a le droit de poursuivre le gouvernement. Ainsi, si le Québec souhaitait réduire l’accès d’une entreprise à la ressource, elle serait accusée de violer son contrat. Q Une
interdiction d’exporter l’eau n’est-elle pas en vigueur au Québec ? R Oui, mais il s’agit d’une interdiction volontaire, qui n’a rien de contraignant. Nous craignons que le Québec choisisse de la transgresser éventuellement, en raison des pressions exercées par certains groupes comme l’Institut économique de Montréal. Mais aussi parce que la vente d’eau peut être perçue comme une façon rapide et facile de renflouer les coffres de l’État. Nous demandons donc une interdiction formelle et pancanadienne. Q Que
nous dit la crise des algues bleues sur notre façon d’utiliser l’eau, au Québec ? R L’eutrophisation des cours d’eau est u n des plus graves problèmes auxquels le Canada et le Québec sont actuellement confrontés. Cela est un problème qui émane de nombreuses sources, phosphore et nitrates, agriculture intensive, porcheries, etc. Dans le nord de l’Allemagne, ils ont une loi qui envoie directement en prison quiconque contamine un tant soit peu l’eau. Quand un gouvernement est prêt à agir, quand il est sérieux, il adopte une loi comme celle-ci. Ce serait formidable si le Québec décidait d’aller en ce sens, s’il devenait un leader de la gestion de l’eau. QC ar
il ne l ’e s t p a s actuellement ? R Malheureusement pas. Nous nous réjouissons de l’intention du Québec de confirmer que l’eau est un bien commun. Mais nous craignons qu’il en profite pour vendre son eau, sous prétexte que cela procurerait des bénéfices financiers pour la collectivité. En plus d’officialiser le caractère commun de l’eau, Québec devrait ajouter qu’elle n’est pas à vendre. Q Vous
militez pour une stratégie nationale de l’eau… R Oui, cela inclu rait les provinces, les Premières Nations, le gouvernement fédéral, la société civile. Je suggère que tous adoptent des principes communs sur la protection et la gestion des bassins versants. Ensuite, chacun prendrait les éléments qui sont sous sa juridiction puis les appliquerait localement. Voilà notre rêve. Q Le
fédéral appuie-t-il cette idée ? R Tous les partis fédéraux nous appuient, sauf les conservateu rs. L e gouvernement Harper ne reconnaît même pas le droit à l’eau à l’ONU, imaginez! Je viens de terminer mon mandat à titre de conseillère principale sur l’eau auprès du président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel d’Escoto Brockmann. Avec lui, j’ai rédigé un projet de résolution d’urgence stipulant que l’Assemblée générale de l’ONU est la seule organisation au monde capable de proposer un plan d’urgence pour l’eau. Nous avons reçu l’appui d’un bon nombre de pays, mais pas celui du Canada.


LES POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE  -  Martin Vallières
« Les centres de tri ont déjà des problèmes à soutenir leurs activités avec la baisse de prix des matières recyclables. Ça risque d’empirer si on leur enlève une matière aussi valorisée que le plastique des bouteilles d’eau. »
Faut-i l étendre l a consigne aux bouteilles d’eau en plastique, comme pour les boissons gazeuses ?
Oui, réclament l’ Union des municipalités du Québec et des intervenants écologistes. Ils y voient le moyen de réduire les millions de bouteilles d’eau qui, disent-ils, aboutissent dans les sites d’enfouissement plutôt qu’au recyclage.
Mais non, r étorquent l es embouteilleurs d’eau et les gestionnaires des centres de tri et de récupération.
Ces derniers craignent que la consigne élargie aux bouteilles d’eau enlève de la collecte sélective une autre source de plastique de haute valeur sur le marché des matériaux recyclables.
Des emboutei l leurs d’eau, comme Naya de Mirabel, meneur du marché au Québec, craignent pour leurs efforts de promotion du recyclage de leurs bouteilles par la collecte sélective.
« Les centres de tri ont déjà des problèmes à soutenir leurs activités avec la baisse de prix des matières recyclables. Ça risque d’empirer si on leur enlève cause de la précarité financière du système de collecte sélective.
Ils citent des chiffres éloquents: l’aluminium recyclable vaut environ 800$ la tonne sur le marché de la récupération. Et les plastiques, de 200 à 300$ la tonne.
Or, ces matériaux ne pèsent que 6 % du poids moyen des bacs de recyclage contre 75 % pour le papier et le carton qui, eux, valent à peine quelques dizaines de dollars la tonne.
Pire encore, selon M. Izzy, la consigne des contenants de plastique et d’aluminium au Québec serait devenue une véritable « fuite » de matériaux recyclables de haute valeur pour les entreprises de récupération d’ici.
« Ce que peu de Québécois savent, c’est que le réseau de consignation chez les détaillants ainsi que le recyclage de ces matériaux sont monopolisés par une grande entreprise de l’extérieur, a expliqué M. Izzy.
« Aus s i , c e t t e e nt r e pr i s e exporte tous les ballots de contenants récupérés pour qu’ils soient recyclés dans des usines hors-Québec. Ce sont des tonnes d’aluminium et de plastique, qui valent le plus sur le marché du recyclage, qui échappent aux Recyc-Québec, la société d’État qui supervise la consigne, on espère un prochain énoncé de politique en ce sens de la part du gouvernement Charest.
Probablement en novembre prochain, lors du « Rendez-vous 2009 » sur le recyclage organisé par Recyc-Québec.
« C’est un souhait que nous avons déjà transmis par écrit (en mars dernier) à la ministre de l’ Environnement, Line Beauchamp: que la consigne soit élargie aux bouteilles d’eau », r appel l e François Sormany, porte-parole de l’UMQ.
À Recyc-Québec, on cite le taux encore inférieur de recyclage des bouteilles d’eau par rapport aux autres contenants de boissons en consigne pour souhaiter leur inclusion. une matière aussi valorisée que le plastique des bouteilles d’eau », a résumé Johnny Izzy, directeur général de Gaudreau Environnement, un important gestionnaire de centres de tri au Québec ( Victoriaville) et, depuis peu, à Toronto.
En fait, selon M. Izzy, toute la consigne des contenants de boissons en plastique et en aluminium devrait être remise en question, parce qu’elle serait une entreprises québécoises de récupération comme la nôtre. »
Par conséquent, à moins que Québec ne modifie sa politique de consigne pour obliger un premier traitement des contenants récupérés dans des usines d’ici, les entreprises comme Gaudreau Environnement refusent son expansion avec les bouteilles d’eau.

N’empêche, à l ’ Union des municipalités ( UMQ) et chez

OZONE : ON N’EN SORT PAS...
En voulant aider la couche d’ozone, la communauté internationale a contribué un peu plus au réchauffement de la planète... Une étude publiée cette semaine dans le Proceedings of the National Academy of Sciences révèle que les HFC, des gaz fluorés appelés à remplacer les HCFC dans la lutte contre les substances appauvrissant la couche d’ozone, constituent une menace grandissante pour la planète. À tel point que le Programme des Nations unies pour l’environnement a jugé bon réagir : « Stabiliser puis réduire ce groupe de gaz fluorés, précise-t-on, permettrait au monde de gagner l’équivalent d’une décennie d’émissions de CO ». La solution est devenue un problème. > UNEP.org

Du gaspillage de fonds publics  -  Christine Godard
Le Canada ne devrait pas chercher à sauver la chasse au phoque
L’auteure réside à Rimouski. Ça y est, le Canada porte plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce ( OMC) contre la décision européenne d’interdire l’importation de produits dérivés du phoque. Quelle décision irrationnelle et coûteuse pour les contribuables !
En effet, il se passerait des années avant d’avoir une décision de l’OMC, et cette décision ne serait pas forcément celle souhaitée par le gouvernement.
Il n’est pas besoin d’être un grand visionnaire pour constater que la décision de l’Union européenne, qui compte 27 pays, s’inscrit dans un courant généralisé. Déjà, en 1972, les États-Unis ont interdit toute importation de produits du phoque. En 2006, c’était au tour du Mexique et de la Croatie. Israël est en voie de prendre la même décision. Parmi tous ces pays, sept comptaient parmi les 10 principaux marchés d’exportation des produits du phoque du Canada.
Par cette plainte, le Canada continuera à dépenser des fonds publics pour une activité moribonde déjà fortement subventionnée (60 millions par année pour un revenu réel de 10 millions). En agissant ainsi, notre gouvernement maintient les chasseurs de phoque dans un perpétuel assistanat.
À l’heure actuelle, beaucoup de personnes doivent se reconvertir pour s’adapter à de nouvelles réalités économiques et à un marché du travail en constante évolution. Pense-t-on que les chasseurs de phoque n’en sont pas capables et ont comme seul avenir envisageable quelques journées de chasse par année ? Pense-t-on que ces communautés locales sont figées dans l’immobilisme et ne possèdent aucun esprit d’entrepreneuriat ?
Loin de ces préjugés condescendants et paternalistes, je crois au contraire qu’avec leur grande expérience de la nature et des animaux, leur connaissance du territoire et leur sens de l’accueil, beaucoup de chasseurs des Îles pourraient faire d’excellents guides touristiques et guides d’observation de la faune et de la flore. Et le télétravail ? Pourrait-il être envisagé?
N’oublions pas que l’observation des baleines rapporte bien plus que ne le ferait leur chasse. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les phoques? Les deniers publics seraient mieux employés pour un tel développement durable qui tient compte de la conjoncture et des nouvelles tendances en matière de tourisme.
Notre gouvernement abandonnera-t-il son obstination illogique pour penser à l’avenir des populations locales? N’est-ce pas ce qu’on attend d’un gouvernement par rapport à n’importe quel secteur économique? C’est d’autant plus souhaitable que nous sommes en pleine crise et que les fonds publics devraient être utilisés de manière encore plus rationnelle qu’à l’habitude...


Le choix du pétrole -  Philippe Faucher
Devrions-nous préférer le soutien indirect aux régimes autoritaires à la pollution albertaine ?
Depuis le début de l’année, les adversaires du premier ministre Harper et leurs partisans des estrades virtuelles mettent à profit l’échec de Copenhague pour s’en prendre aux politiques environnementales du gouvernement fédéral et au non-respect par le Canada des engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto.
L’environnement a toujours été la première victime de l’exploitation pétrolière.
La faute en revient évidemment à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et au laxisme de nos régulateurs. L’astuce est grossière et le débat présenté dans des termes simplistes. Reprenons la question: devrions-nous nous priver du bitume goudronneux des sables de l’Alberta?
Devant une image de Fort McMurray qui montre une pyramide de soufre au bord d’un lac glauque, il est normal de s’émouvoir de la dévastation des milieux naturels. L’environnement a toujours été la première victime de l ’exploitat ion pét rolière, et ce, depuis Titusville en Pennsylvanie, où ont eu lieu les premiers forages en 1859, jusqu’aux explorations récentes dans les profondeurs de la mer Caspienne. On a pollué le sol, l’eau, l’air et empoisonné les hommes. Non seulement nous n’avons pas de solution de rechange, mais la situation ne peut que se détériorer davantage.
Les rendements des gisements de pétrole léger, les plus rentables parce que moins chers à extraire et à transformer en carburants, diminuent alors que la demande augmente. Ce constat transformé en scénario catastrophe par la thèse du « peak oil » contribue à pousser les prix à la hausse en prédisant l’épuisement des stocks. C’est la cinquième fois dans l’histoire, rappelle Daniel Yergin, dans Foreign
Policy (septembre 2009), que l’on annonce la fin du pétrole. Dorénavant, les hydrocarbures seront plus difficiles à extraire, encore plus polluants et chers. Nous entrons dans l’époque du pétrole lourd et des carburants synthétiques.
Supposons un instant que l’extraction des sables bitumineux soit interrompue. Il faudra alors importer l’énergie indispensable. Ce choix reviendrait à tirer avantage des pays où les normes environnementales sont moins contraignantes que les nôtres et où l’autorité des pouvoirs publics n’est pas en mesure de se faire respecter. Une manière, éprouvée depuis longtemps par les entreprises des pays riches, d’exporter la pollution.
Mais ce n’est pas seulement l’environnement des autres qui serait sacrifié. Le journaliste Peter Maass raconte dans
Crude Oil (2009) comment, depuis l’Iran de l’époque du Shah au Venezuela de Chavez, les institutions politiques sont tombées, victimes de la folie du pétrole. On ne compte plus les conflits, nationaux et internationaux, les luttes pour l’indépendance qui ont pour toile de fond l’appropriation par un groupe des richesses engendrées par les ressources naturelles. C’est le versant politique de la malédiction de la rente.
Il n’y a pas longtemps, il y en a qui souhaitaient interpeller avec force les dirigeants chinois et les tancer sur le non-respect des droits de la personne. Le réalisme diplomatique nous a rendus, au prix de notre fierté, plus complaisants. Dans l’esprit qui nous animait alors, ne devrions-nous pas nous inquiéter aussi de l’origine de nos importations de pétrole ?
En effet, pas loin de la moitié de nos importations provient de pays dont les systèmes démocratiques connaissent de très sérieux ratés. Ainsi, selon Statistique Canada, en 2006, 20% des importations de pétrole brut du Canada provenaient d’Algérie, 8% d’Irak (merci George W. Bush), 8% de l’Arabie Saoudite, 4% du Nigeria et 2,6% de l’Angola. Heureusement, il y a l’Angleterre (15%) et la Norvège (22%) pour sauver la face.
Bref, devons-nous préférer le soutien indirect aux régimes autoritaires des pays producteurs à la pollution albertaine et aux droits ancestraux des populations qui tirent leur subsistance de ces territoires ?
Ces i nter roga t ions ne datent pas d’hier. En 1880, la demande de kérosène, qui servait à l’éclairage domestique, s’est mise à augmenter plus vite que la production. Les prix s’emballèrent, on craignait la pénurie et le retour des villes à la noirceur. Faudra-t-il de nouveau importer l’huile de baleine de Nantucket?
Face à tant d’incertitude, il y avait heureusement au Québec un choix simple et rassurant par son évidence : le nationaliste conséquent préférait toujours l’huile de phoque.


L’embargo européen fait mal aux chasseurs de phoque  -  Sue Bailey
TWILLINGATE, T.-N.-L. — Pour la première fois en 38 ans, Hardy Troake, âgé de 53 ans, a décidé au printemps dernier de rester à terre plutôt que d’affronter les glaces du nord de l’Atlantique pour chasser le phoque, dont la peau est désormais vendue 14$ pièce.
« Ça a été dévastateur , dit le pêcheur et chasseur de phoque Hardy Troake au sujet de l’embargo européen sur les produits du phoque. Cela a affecté toute notre communauté. »
Les prix de la fourrure de ce mammifère marin ont dramatiquement chuté depuis leur sommet de 2006, alors que la peau de l’animal était vendue 106$ l’unité. La crise économique est en partie responsable de la baisse de la demande pour la fourrure, mais l’annonce de l’embargo européen sur les produits du phoque, alimenté par les groupes de défense des animaux, a asséné le coup fatal à cette industrie.
La ville de Twillingate, sur la côte nord-est de Terre-Neuve, était une capitale de renommée internationale pour la chasse au phoque du Groenland. Après la succession de mauvaises nouvelles, seulement trois bateaux ont quitté ses rives cette année. Le printemps précédent, on en comptait 25, et les années où les prix étaient à leur sommet, des centaines de bateaux partaient au large chasser l’animal.
Atterrée par une dette grandissante et une population en déclin, Twillingate s’est autoproclamée, pour diversifier son industrie, la « capitale de l’iceberg en Amérique du Nord ». Mais le tourisme sur cette île au paysage saisissant n’est que saisonnier. Sans compter que Twillingate est située à six heures de route de Saint-Jean, au nord.
« Ça a été dévastateur », déplore M. Troake, en sciant du bois derrière sa maison de deux étages. Il a grandi à deux pas de sa résidence actuelle, qui a une vue imprenable sur la mer. Son frère, Gary, également pêcheur, habitait la maison voisine avant de perdre la vie dans un accident de pêche en 2000.
Dans cette communauté tricotée serrée, beaucoup d’habitants ne comprennent pas que l’Europe s’oppose, pour des raisons éthiques, à une tradition qui nourrit, depuis des générations, les populations des régions les plus pauvres du Canada.
« Nous dépendions de la chasse au phoque au printemps pour amasser suffisamment d’argent afin de préparer les autres pêches, comme celle du crabe, du homard, des poissons de fond, des crevettes », explique Hardy Troake.
« Cette année, nous n’avons pas eu cette chance, alors nous avons dû recommencer à zéro. Et avec la situation économique, les autres prix étaient aussi à la baisse. Cela a affecté toute notre communauté. »
Population en déclin
Twillingate compte quelque 2400 habitants, mais sa population est en déclin. Au cours des 25 dernières années, elle a chuté de moitié, les jeunes, faute d’ouvertures, quittant pour se trouver du travail ailleurs.
Le maire Gordon Noseworthy craint que l’embargo sur les produits du phoque – qui devrait entrer en vigueur au mois d’août – aggrave les choses.
« L’emploi a chuté. Les revenus de l’administration portuaire sont à la baisse. Tout est en baisse. Des idiots clamaient que l’on ne pouvait pas tuer des bébés phoques. Mais on n’en tue plus depuis 20 ans », s’est exclamé le maire, ajoutant que cette campagne européenne contre la chasse au phoque avait déjà coûté une fortune aux petits villages isolés de Terre-Neuve.
Une vidéo présentée sur internet par le groupe écologis t e PETA , établ i en Virginie, demande l’aide des téléspectateurs pour que cesse le « massacre des phoques ». On y voit un blanchon qui semble se lamenter, alors que le Canada a interdit depuis 1987 la chasse aux bébés phoques à des fins commerciales.
Le v i ce-pré s i dent au x campagnes de PETA, Dan Mathews, minimise l’importance économique de cette activité commerciale, qu’il qualifie « d’abattage cruel ».
« Elle ne contribue que dans un faible pourcentage à l’économie locale et tout ce qu’elle fait, c’est donner au Canada une mauvaise i mage », a ajouté M. Mathews.
Des images sanglantes de la chasse ont contribué à faire adopter l’embargo européen. Le Canada conteste d’a ill eu rscette mesu r e devant l’Organisation mondiale du commerce.
En entrevue à La Presse Canad ienne, l e premier ministre de la province, Danny Williams, a affirmé qu’Ottawa fait ce qu’il peut. « Je sa i s que le premier ministre (du Canada) a parlé à de hauts dirigeants », a-t-il ajouté.
M. Williams a demandé aux chasseurs de phoque de l’Atlantique d’utiliser des fusils, plutôt qu’un hakapik, cet outil traditionnellement utilisé pour tuer rapidement l’animal d’un coup sur le crâne. Ainsi, l’utilisation de cette arme ne devrait plus, d’ici peu, êt re un argument brandi contre cette « chasse sanglante ».


L’Union européenne interdit les produits du phoque  -  Marc Thibodeau
« On ne peut être que satisfait de la confirmation de l’interdiction... Malgré les pressions exercées par les autorités canadiennes, personne, au sein de l’UE, ne voulait rouvrir le débat. »
PARIS — Passant outre aux mises en garde du Canada, l’Union européenne ( UE) a officiellement décidé hier à Bruxelles d’interdire la commercialisation des produits dérivés de la chasse au phoque sur son territoire.
Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’organisation ont ainsi confirmé le projet qu’avait approuvé le Parlement européen par une forte majorité en mai dernier.
Trois pays – l’Autriche, le Danemark et la Roumanie – se sont abstenus lors du vote, qui constituait une simple formalité.
Il faudra plusieurs mois pour que l’interdiction devienne effect ive, mais el le sera en vigueur à temps pour la prochaine saison de chasse, au printemps, ont indiqué les autorités européennes.
« On ne peut être que satisfait de la confirmation de l’interdiction... Malgré les pressions exercées jusqu’au bout par les autorités canadiennes, il est réjouissant de voir que personne au sein de l’UE ne voulait rouvrir le débat », a indiqué, hier à La Presse, le directeur du bureau de protection animale de la Fondation Brigitte Bardot, Christophe Marie.
L’organisation fondée par la célèbre actrice milite depuis des décennies pour l’abolition de la chasse au phoque, qu’elle considère comme « cruelle » et « inutile ».
En mai , Mme Bardot avait décla ré que la décision du Parlement européen était « historique » et confirmait l’urgence « de déposer les armes, d’apprendre à protéger et non plus à détruire les différentes espèces qui peuplent la planète ».
Le gouvernement canadien, visiblement moins enthousiaste, a rapidement dénoncé hier la décision européenne, qu’ i l entend contester par un recours devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Chasse « humaine »
La chasse au phoque est « humaine » et « suit les règles environnementales », a déclaré le ministre du Commerce international canadien, Stockwell Day, qui avait tenté de faire reculer les autorités européennes dimanche en évoquant une saisine de l’OMC.
M. Marie ne croit pas que le projet d’interdiction entériné par l’UE puisse être contesté devant cette organisation puisqu’il prévoit des exceptions pour les produits provenant de chasses traditionnelles autochtones ainsi que les sous-produits de la chasse « conduite dans le seul objectif d’une gestion durable des ressources marines ».
« L’interdiction aurait été plus facile à contester si elle ne prévoyait pas d’exceptions... Elle confirme que l’UE et ses citoyens ont le droit de se positionner en fonction de principes moraux et éthiques », dit le porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.
Il dit ne pas comprendre pourquoi les autorités canadiennes défendent avec une telle férocité une activité économique aussi « marginale ».
« C’est une industrie qui ne rapporte pas grand-chose sur le plan économique. C’est vraiment par principe que le Canada s’oppose à l’interdiction, mais je ne sais pas quel est le principe en question », poursuit M. Marie.
D’autres pays où se pratique la chasse au phoque pourraient être touchés par l’interdiction. C’est le cas notamment de la Norvège et de l’Islande.
Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, près de 750 000 phoques d’au moins 15 espèces sont abattus et dépecés chaque année à des fins commerciales.

Ottawa en appelle à l’OMC  -  Malorie Beauchemin & Mathieu Perrault
« Les décisions commerciales devraient toujours reposer sur des faits scientifiques plutôt que sur un caprice émotionnel. »
Le gouvernement canadien contesteradevant l’Organisationmondiale du commerce la décision de l’Union européenne de bannir les produits dérivés de la chasse au phoque sur son territoire.
PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES AFP
Le gouvernement canadien dénonce la décision européenne d’interdire la commercialisation des produits dérivés de la chasse au phoque. Il entend contester l’interdiction devant l’OMC.
Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, et la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, ont vivement critiqué le vote européen, hier. Ils jugent qu’il est fondé sur de la désinformation véhiculée par des groupes de lobbyistes opposés à cette chasse.
« Les décisions commerciales devraient toujours reposer sur des faits scientifiques plutôt que sur un caprice émotionnel », a dit le ministre Day, qui considère qu’il s’agit là d’une violation du processus de l’OMC. Ottawa avait réclamé en mai dernier que l’Union européenne inclue dans sa décision une clause d’exemption pour la chasse au phoque pratiquée de façon « humaine » et respectueuse des normes de développement durable, comme c’est le cas au Canada, a rappelé la ministre Shea.
Biologiste à l ’ Univer sité du Québec à Rimouski, Lyne Morissette donne entièrement raison au gouvernement sur ce point. « C’est une décision qui n’a rien à voir avec la science, a souligné Mme Morissette. Comme pêche durable et pour le soin des animaux, la chasse au phoque est sans faute. D’ailleurs, en Norvège, il est interdit de filmer la chasse au phoque pour éviter des prises de position non scientifiques. »
Le ministre Day a toutefois assuré que ce différend commercial ne compromet en rien les négociations en vue d’un traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. L’Europe représente 25% du marché mondial pour l’industrie canadienne des produits dérivés du phoque.
L’attentisme du gouvernement critiqué
Tous les partis de l’opposition à Ottawa ont appuyé l’intention du gouvernement de s’adresser à l’OMC mais critiquent son attentisme.
« C’est i ncontournable de contester la décision. Mais il ne faut pas faire que ça. Ça prend un plan, une stratégie, a estimé le député libéral Denis Coderre. Le gouvernement doit être très agressif sur le plan des relations publiques. »
Raynald Blais, député bloquiste de Gaspésie– Îles-de-laMadeleine, trouve pour sa part la réaction du gouvernement « très timide ». « La cible des gens à convaincre, c’est la population. Et pour ça, il faut des moyens massifs et ça n’a pas été le cas », a dit M. Blais. Le député rappelle que les organismes qui contestent la chasse au phoque disposent de millions de dollars pour faire valoir leur position, qu’il qualifie de démagogique et mensongère.
Pour le député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, le gouvernement conservateur « aurait dû agir plus tôt » pour transmettre une information véridique aux parlementaires européens, qui continuent selon lui de croire en de nombreux mythes, comme celui de la chasse aux blanchons, interdite au Canada depuis plus de 20 ans.
À la Fondation Brigitte Bardot, on s’est plutôt réjoui, hier, du vote de l’Union européenne. « On a le droit d’interdire des importations pour des motifs éthiques. On l’a fait en décembre dernier pour les fourrures de chats et de chiens. Maintenant, nous allons faire pression sur d’autres gouvernements, comme la Russie, pour qu’ils interdisent aussi les importations de phoque », a dit Christophe Marie, directeur du bureau de protection animale de la fondation, qui juge que la « menace » du Canada de porter plainte à l’OMC « ne tient pas la route ».
L’OMC devrait mettre 60 jours avant de rendre sa décision à savoir si la cause sera entendue ou non.
Vers une fragilisation de l’industrie
Non surpris de la décision de l’UE mais « très content » de celle du Canada, le président de l’Association des chasseurs de loups marins, Denis Longuépée, estime que l’interdiction pourrait faire mal à l’industrie. « C’est sûr que ça va avoir un impact direct, parce que l’Europe est la plaque tournante de la mode, a dit M. Longuépée. Et de plus en plus, nous voulons faire des produits bio-santé avec le phoque, des oméga-3, des valves cardiaques. En Europe, chaque année, 250 000 valves mécaniques et porcines sont greffées. »
L’industrie de la chasse au phoque emploie, bon an, mal an, près de 6000 personnes à temps partiel au Canada, dont 400 chasseurs madelinots, qui en tirent entre 15 et 25% de leur revenu annuel. Même si, en 2009, 338 200 phoques ont été abattus au Canada, la population de loups marins ne cesse d’augmenter : elle a triplé depuis les années 70. Le ministère du Commerce international estime que la valeur de la chasse au phoque au Canada rapporte entre 35 et 40 millions annuellement.





Phoque et rephoque -  PIERRE FOGLIA
Sont-ils assez ridicules, ces Européens Des naïfs qui ne voient du phoque que le ballon qui tourne sur son nez. Des moumounes. Des Bambi. Et la meilleure : sont-ils assez bêtes, non mais sont-ils assez bêtes de s’être laissé berner par une campagne d’images?
Qui dit cela? Vous. Vous qui – comme le reste de la planète – vivez dans et par l’image. Le système économique repose sur l’efficacité des images, sur leur capacité de vous fourrer une fois de plus pour vous faire acheter une merde de plus et faire tourner la roue du capitalisme, qui est luimême une image avant d’être un système économique. Comment croyez-vous qu’il survit à ses échecs en ce moment même? Par l’image. Oui, bon, c’est pas un système parfait, mais c’est quand même le meilleur système: cette image-là.
Je suis loin de la banquise ? C’était pour vous dire comme vous êtes effrontés de voir l’image dans l’oeil du voisin.
QuestiondeJacquesBeauchamp (qui remplace Maisonneuve) au vice-président de chez Cossette : Ici, le message a passé, les Canadiens, les Québécois appuient les chasseurs de phoque. Pourquoi en Europe... ?
Exactement ce que je viens de vous dire. Cossette, c’est une maison de pub et de relations publiques qui fabrique des images pour fourrer le monde. Et c’est son vice-président qui vient nous dire oh! la la, comme elle est laide, démagogique et honteuse, la campagne d’images qui a amené le Parlement européen à interdire l’importation des produits de la chasse au phoque. C’est ce que ce monsieur fait dans la vie : des campagnes d’images. On aurait compris qu’il salue ses pairs, mais non. Il leur fait la morale.
Remarquez aussi le glissement sémiologique qui se produit quand on passe des Européens victimes de propagande aux chasseurs de phoque, qui, eux ont essayé de passer un message. Le documentaire plein de trous pro-abattage, l’intensive campagne de presse, la mobilisation politique, le racolage scientifique, ce n’est pas de la propagande, c’est un message.
Extrait d’une entrevue donnée par la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payet te au même Jacques Beauchamp – ici, un aparté pour m’étonner de ce que les journalistes les plus pertinents, les plus nuancés, les plus allumés, et Jacques Beauchamp en est un assurément, se mettent soudain à marcher à côté de leurs souliers dès qu’il est question du phoque, fin de l’aparté – cet extrait, donc...
La sénatrice : L’abattage ne sera jamais une opération qui va être agréable, pas plus que le chasseur qui va tuer un chevreuil... Mais il faut reconnaître notre nature humaine, et on est des carnivores.
Plus loin, après avoir reproché aux lobbies américains qu’elle prétend végétariens de torpiller le marché des produits de la chasse aux phoques, ceci: Les végétariens des lobbies américains mettent sur un pied d’égalité les animaux et les hommes. N’empêche que les animaux mangent d’autres animaux, alors les végétariens devraient accepter que nous aussi, on mange des animaux...
Je serai charitable, je ne dirai rien de la formulation. Même, je félicite Mme la sénatrice de parler d’abattage. Je la félicite moins de comparer aussitôt cet abattage à la chasse. Si vous voulez comparer, madame la sénatrice, ne pensez pas à des chevreuils en liberté, pensez à un élevage de chevreuils à ce moment-ci de l’année alors que les femelles allaitent leurs faons. Une bande de morons entrent dans l’enclos avec des bâtons de baseball et abattent les faons à grand coups de batte sur la tête.
Je refélicite Mme la sénatrice de pointer les lobbies américains. Ce sont eux, effectivement, et pas les Européens, qui ont phoqué la chasse au phoque, Dieu les bénisse. Je suis déjà allé sur la banquise avec un de ces lobbys et il n’a jamais été question de végétarisme. Ces gens-là ne disaient pas non plus que les phoques étaient menacés de disparition. Ils s’élevaient seulement contre la sauvagerie de cet abattage. Tout est là. La sauvagerie. Pour ce qui est « des animaux qui mangent des animaux ce qui nous autorise à manger nousmêmes des animaux parce que c’est dans notre nature humaine d’être des carnivores » , ouf ! Suggérez-vous, madame la sénatrice, que manger du phoque c’est comme manger du veau, du lapin ou du poulet ?
Avez-vous servi récemment un rôti de phoque à vos invités ? Je ne referai pas cette discussion: c’est juste pas bon, du phoque, madame. C’est quelqu’un qui en a mangé et qui a goûté à bien d’autres bibites pas très bonnes non plus, comme de l’ours, du raton, du castor, qui vous le dit : c’est pas bon, vraiment. On n’en trouvera jamais au comptoir des viandes de chez Metro. Jamais. Oubliez ça.
On abat les poulets, les boeufs et les cochons dans les abattoirs – pas toujours proprement, je le déplore, croyez-moi – pour les manger. Tout est bon dans le cochon. Tout est dégueulasse et huileux dans le phoque. Alors, l’abattre pourquoi?
Pour la peau, qui ne vaut plus rien?
Pour le pénis, qui, séché et réduit en poudre, excitera des Chinois qui obtiendraient de bien meilleurs résultats avec du Viagra ?
Pour un marché d’une dizaine de millions subventionné par le fédéral à hauteur de 60 millions par année? Frais de la garde côtière, brise-glaces, hélicoptères, avions de reconnaissance mobilisés expressément durant les semaines que dure la chasse. L’Amundsen, qui ouvre la route aux chasseurs vers la banquise, coûte 50 000 $ par jour en frais d’exploitation. Et ça, c’est quand personne ne se noie comme l’an dernier.
Il y a pourtant une bonne raison d’abattre les phoques. Je vous la laisse deviner. Mais non, pas les stocks de morue. Ça non plus, ce n’est pas vrai. Une bonne raison, je vous dis.
Vous ne voyez pas? C’est pourtant criant : l’unité canadienne.
Le phoque unit les Canadiens plus que la feuille d’érable, plus que les Rocheuses, plus qu’une série mondiale contre les Russes au hockey. Nommezmoi le sujet, le seul, sur lequel M. Harper, les libéraux et M. Gilles Duceppe disent exactement les mêmes conneries avec exactement les mêmes trémolos patriotiques dans la voix : le phoque.
Une fois par année au moins, le phoque sonne la charge pour 30 mi l l ions de Canadiens : tara-tata. Mieux : tara-TATA. J’apprends à l’instant que le Bloc, qui a déjà eu la géniale idée de proposer d’habiller les athlètes olympiques canadiens en phoque, va maintenant proposer de remplacer la feuille d’érable sur le drapeau canadien par un gourdin.


Fini le phoque en Europe
Le Parlement européen adopte un embargo qui entre en vigueur en 2010
Après 32 ans de combat, Brigitte Bardot a gagné. Le Parlement européen a officiellement fermé ses portes hier aux peaux de phoque, ainsi qu’aux huiles, sacs, gants de skieurs et boxeurs, pénis et gélules d’oméga-3 extraits de ce mammifère marin.
Le Parlement européen a adopté hier une loi qui interdit la mise en marché de produits du phoque sur le territoire de l’Union européenne. Cet embargo entrera en vigueur au printemps 2010, juste avant la prochaine saison de cette chasse.
L’embargo, voté par 550 voix pour, 49 voix contre et 41 abstentions, entrera en vigueur au printemps 2010, juste avant la prochaine saison de cette chasse décrite comme « répugnante » et « cruelle » par le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas. Le vote a eu lieu 24 heures avant l’ouverture du sommet entre le Canada et l’Union européenne à Prague, une coïncidence due à « un hasard du calendrier » selon les médias européens.
Le texte de loi, qui interdit la mise en marché, mais pas le transit sur le territoire européen, prévoit deux exceptions. D’abord, il épargne les produits du phoque provenant de la chasse traditionnelle pratiquée par les communautés inuites, soit 3% des quelque 900 000 phoques abattus chaque année. La deuxième exception pourrait théoriquement être utilisée par le Canada, qui a haussé son quota d’abattage à 338 200 phoques en 2009. L’embargo européen accepte les produits du phoque ayant pour objectif « la gestion durable des ressources marines », ce qu’a toujours prétendu faire Ottawa. Cette chasse doit cependant être à but non lucratif, faire l’objet d’une législation dans le pays d’origine et être autorisée par la Commission européenne.
« Ça m’étonnerait beaucoup que ce soit accepté, dit Cezary Lewanowicz, attaché de presse au Parlement européen. Je vois mal comment le Canada pourrait avoir une chasse de masse sous le prétexte d’une chasse durable. »
Du côté d’Ottawa, un porteparole de Pêches et Océans Canada a lui aussi exclu qu’on fasse appel à cette exception. « Notre chasse est la plus grosse au monde, c’est clair qu’elle est commerciale. »
Même son de cloche à la Fondation Brigitte Bardot, où l’on ne s’inquiète guère de voir le Canada utiliser ce trou dans la loi. « Cette exception s’adressait plus aux chasseurs scandinaves, aux Suédois, précise le porteparole Christophe Marie, joint à Strasbourg, en France. Mais on y était quand même totalement opposés, car on considère que les stocks d’animaux sauvages n’ont pas à être régulés par l’homme. »
Brigitte Bardot, quant à elle, a déclaré à l’Associated Press être dans « un état un peu magique, sur un petit nuage ». M. Marie préférait rester prudent devant cette victoire importante qu’il voyait poindre depuis plus de deux ans. « On n’est pas du genre à crier victoire et à faire la fête. C’est tant mieux, c’est très important, mais il y a bien d’autres combats à mener. »
Boycotter le foie gras?
Tant à Ottawa qu’à Prague, des membres du gouvernement Harper ont annoncé qu’on envisageait de traîner l’Union européenne devant les tribunaux (voir autre texte). Chez Nature Québec, on se disait hier « pas très surpris » de l’issue du vote final au Parlement européen, même si on espérait un résultat plus serré. Début mars, l’organisme avait posé un geste remarqué en appuyant les chasseurs de phoques et en demandant aux députés européens de ne pas bannir les produits de cette chasse.
« Lorsqu’une espèce a un niveau de population élevé, il peut y avoir un prélèvement important », explique Christian Simard, directeur de Nature Québec, estimant que les phoques tués lors de la chasse ont une souffrance équivalant « à celle qu’on retrouve dans une boucherie moderne. »
Aux Îles-de-la-Madeleine, le président de l’Association des chasseurs de phoques, Denis Longuépée, a dénoncé cette victoire des « abolitionnistes », ces militants dont le but ultime serait d’abolir toute forme de chasse, selon lui. « Ce que je trouve épouvantable, c’est que les gouvernements de 27 pays votent sur des arguments émotifs, sans regarder les faits. On parle de libre-échange avec l’Europe, et ils commencent par nous imposer un embargo. On devrait peut-être nous aussi boycotter le foie gras. »
Cet embargo s’ajoute à celui décrété par les États-Unis et le Mexique sur les produits dérivés du phoque. L’Europe, avec quelque 5% du marché, est un débouché marginal, mais sert de tremplin pour le lucratif marché asiatique. « On a une bonne nouvelle dans la mauvaise nouvelle, puisque le transit ne sera pas interdit », note M. Longuépée.

Ottawa envisage de contester la décision à l’OMC
— Jugeant que la décision du Parlement européen viole les règles internationales, le gouvernement fédéral entend porter la cause devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si le Canada n’est pas exempté de l’interdiction d’importer des produits dérivés du phoque.
De passage à Prague, où il doit participer aujourd’hui au coup d’envoi des négociations entre le Canada et l’Union européenne pour conclure un traité de libre-échange, le ministre du Commerce international , Stockwell Day, a soutenu que cet embargo est totalement injustifié puisque les chasseurs canadiens suivent toutes les pratiques internationales.
« Cet te déc i sion pour ra it constituer un coup dur pour cette industrie si elle n’est pas renversée », a dit le ministre Day hier.
Il a rappelé que cette décision doit maintenant être entérinée par la Commission européenne qui se prononcera à son tour sur cet embargo d’ici la fin juin.
« Nous avons la ferme intention de contester cette décision devant l’OMC parce que cette décision ne repose pas sur des faits, a-t-il expliqué. Le Canada suit les pratiques internationales en matière de chasse de phoque. Nous demandons à l’UE d’inclure une clause d’exemption qui reconnaît que le Canada suit les pratiques internationales. »
Le ministre Day a rappelé que près de 6000 familles dépendent de cette industrie au Canada. Il a toutefois soutenu que cette décision ne devrait avoir aucune conséquence sur les négociations de libre-échange entre le Canada et l’UE qui doivent commencer officiellement aujourd’hui.
À Ottawa, la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, a estimé que le Canada avait été victime d’une campagne de désinformation de la part de groupes d’intérêts en Europe. « Ils font circuler, en Europe, des photos de bébés phoques, a-telle souligné. Or, le Canada n’a pas tué un bébé phoque depuis 20 ans. »
En faveur d’une intervention à l’OMC, les partis de l’opposition ont toutefois reproché au gouvernement de ne pas avoir fait suffisamment de représentations devant les parlementaires européens pour démontrer la vérité concernant la chasse aux phoques au Canada.
« Ce que je demande à M. Harper, c ’est de profiter de Prague pour pouvoir dire aux gens là-bas que c’est inacceptable, a dit le député libéral Denis Coderre. Il y a une réalité économique, il y a une réalité sociale et on doit agir en conséquence. Vous avez des régions où le taux de chômage est plus de 30% et là on leur enlève le pain de la bouche. »


Embargo sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN DUBUC
La protection des phoques est le prototype des causes dites justes qui enflamment l’imagination et qui donnent bonne conscience à peu de frais.
Le vote écrasant du Parlement européen pour interdire la vente des produits du phoque sur le territoire de la communauté européenne, même s’il est un choc pour les pêcheurs de Terre-Neuve et des Îles-de-la-Madeleine, ne devrait pas être une grande surprise.
Même si les phoques ne sont pas menacés, leurs bébés, doux et mignons, suscitent plus de sympathie que d’obscures espèces en voie d’extinction.
C’était écrit dans le ciel que les « amis des animaux » remporteraient cette bataille. Parce que le Parlement européen est le lieu idéal pour mener avec succès ce genre de combat. Et parce que la protection des phoques est le prototype des causes dites justes qui enflamment l’imagination et qui donnent bonne conscience à peu de frais.
Tout d’abord, il faut se souvenir que le Parlement européen n’est pas une institution particulièrement sérieuse. Les processus électoraux européens en font un refuge pour des forces politiques souvent marginales, des verts à l’extrême-droite, ce qui en fait une institution très fragmentée. Et comme les grandes décisions qui structurent l’Europe se prennent le plus souvent en d’autres lieux, notamment à travers les relations entre les États, ce parlement a souvent tendance à se mobiliser sur l’accessoire.
Pour cette institution qui se cherche, la protection de ces petits mammifères à la fourrure douce est une cause en or, qui lui a permis de se rapprocher de l’unanimité; l’interdiction de vente des produits du phoque a été approuvée à 550 voix contre 49. Ce combat comporte les quatre ingrédients qui assurent le succès: la dimension affective, la force de l’image, les avantages de la distance et l’absence de conséquences.
La première de ces éléments, c’est ce qu’on pourrait appeler le facteur « nounours ». Les animaux que l’on veut protéger sont ceux avec lequel le grand public pour établir un lien affectif. Comme les pandas. Même si les phoques ne sont pas menacés, leurs bébés, doux et mignons, susciteront plus de sympathie que d’obscures espèces en voie d’extinction.
Le second facteur, c’est l’image. En cette ère médiatique, les batailles doivent être télévisuelles. La chasse aux phoques est « répugnante », comme l’ont dit les parlementaires, en raison du contraste saisissant du sang rouge sur la banquise blanche. Dans le temps du noir et blanc, ce combat aurait été un flop.
La troisième loi, c’est celle de la distance. Une bataille pour une cause liée directement ou indirectement au sort de la planète aura souvent plus de chances d’être couronnée de succès si son objet est lointain. Parce que la distance nourrit l’ignorance, qu’elle permet de tourner les coins ronds, parce qu’il n’y aura pas d’impacts concrets, parce que cela permet l’expression d’un certain ethnocentrisme en s’indignant des turpitudes des autres.
Le Québec en sait quelque chose, avec tous ces Américains qui ont débarqué ici pour dénoncer l’hydroélectricité, quand leur zèle environnemental aurait été mieux canalisé s’il s’était concentré sur leurs infâmes centrales au charbon. Dans le cas des phoques, le romantisme, la distance, la banquise font oublier que si cette chasse est répugnante, elle ne l’est pas plus que toutes les activités d’abattage où l’on tue, où les bêtes crient, où l’on dépèce, où il y a du sang et des entrailles.
La quatrième loi, c’est celle de l’inutilité. La protection de la planète exige des sacrifices et des changements de comportement. Les belles causes, ce sont donc celles qui n’ont pas de coût. Le commerce des produits du phoque est insignifiant en Europe et n’atteint que 6 millions. L’interdiction ne change rien au quotidien des gens tout en leur permettant d’avoir bonne conscience. On pourra manger du foie gras de canards gavés, ou soutenir les pêcheurs qui luttent contre les quotas de morue tout en ayant le sentiment du devoir accompli.


Le 5¢ de Loblaw est-il éthique ? - ENVIRONNEMENT - FRANÇOIS CARDINAL
Le groupe Loblaw a frappé un grand coup cette semaine en annonçant que ses clients devront dorénavant payer 5¢ pour chaque sac de plastique exigé. Cette mesure s’appliquera dans tous les magasins de la chaîne, Loblaws, Provigo et Maxi.
Le géant de l’alimentation est d’autant plus fier de cette décision qu’elle s’accompagne d’un objectif ambitieux : réduire d’un milliard la quantité de sacs acheminés au dépotoir d’ici la fin de l’année 2009...
Et pourtant, des voix s’élèvent, dans le milieu environnemental, pour critiquer cette décision. On applaudit la volonté de réduire les déchets à la source, mais on remet en question l’intention de Loblaw qui, dit-on, profite de la crise environnementale pour gonfler ses profits.
On déplore en effet que l’entreprise se contente de verser à WWF-Canada un « don corporatif » ainsi qu’« une partie des profits » provenant de la vente des sacs de plastique, pour un total de 3 millions, plutôt que de réinvestir en environnement la totalité des sommes, que l’on devine substantielles.
« L’argent économisé grâce à la réduction des sacs distribués ainsi que l’argent récolté par la vente des sacs devraient être versés, en totalité, à des groupes ou à des projets environnementaux, estime Pierre Lussier, directeur du jour de la Terre. Sinon, Loblaw ne peut présenter cela comme un geste pour la planète. »
Le débat est intéressant. Une entreprise qui fait un geste pour l’environnement et, surtout, qui le présente comme tel peut-elle en tirer un profit financier? Un geste responsable l’est-il moins lorsqu’il s’accompagne de dividendes?
À ce jour, la plupart des compagnies ayant fait des gestes similaires à celui de Loblaw ont décidé de tout verser dans des projets verts. La SAQ a envoyé les sommes amassées à la Maison du développement durable ainsi qu’à un regroupement écologiste. Archambault verse l’argent à la mise en valeur de corridors verts. Tandis que Rona et IGA versent le tout dans des fonds visant à financer des projets de développement durable.
L’argent recueilli ainsi l’est-il de façon plus éthique que dans les magasins de Loblaw?
« Pour que l’augmentation du coût d’un produit soit légitime, elle doit être justifiée, souligne Michel Séguin, professeur en éthique des affaires à l’UQAM. Dans le cas des sacs, on met de l’avant l’environnement et non les profits. Pour être jugée éthique, cette décision doit donc profiter entièrement à l’environnement. »
Pour Marie-France Turcotte, professeure associée à la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM, la réduction des sacs bénéficie à l’environnement ET à l’économie.
« Verser 3 millions à un organisme environnemental est donc un bon point, note-t-elle. Mais pour agir de façon éthique, l’entreprise devrait à tout le moins investir ces fonds dans son processus d’amélioration continue afin de le rendre plus environnemental. »
Du côté du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal, le directeur adjoint, Martin Blanchard, va plus loin encore. Non seulement considère-t-il que le geste de Loblaw est « déraisonnablement du côté du profit », il croit aussi qu’il manque la cible.
« Quel est, précisément, le problème que l’on tente de régler? Les sacs de plastique. Une entreprise qui dit agir pour le bien de l’environnement doit donc les éliminer. Point. »
C’est d’ailleurs ce qu’a fait la SAQ, ce que fera Ikea et ce que compte faire Rona. Loblaw suivra-t-il ?


Décontamination de l’ancien Technoparc  « Un problème plus complexe que prévu »  -  Martin Croteau

La restauration du Parc d’entreprises de la Pointe-Saint-Charles est retardée d’au moins deux ans. La Ville de Montréal souhaitait amorcer cette année la décontamination de ce vaste terrain en bordure du Saint-Laurent, mais les travaux ne commerceront pas avant 2011 ou 2012, a appris La Presse.
Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution, déplore que la décontamination de l’ancien Technoparc soit retardée. « Tous les efforts que déploie la Ville de Montréal pour l’environnement – le Bixi, les transports en commun – sont annulés par cette pollution », dit-il.
« On a fait des études préliminaires et des essais au printemps, explique le directeur du ministère de l’Environnement pour la région de Montréal, Pierre Robert. Ça a mis en évidence un problème environnemental plus complexe que prévu. »
Aux abords du fleuve, à quelques mètres à peine du pont Victoria, un muret de plastique orange est tenu en place par des flotteurs noirs. Un fort débit coule d’un côté. De l’autre, à l’abri du courant, des boudins beiges flottent dans une eau stagnante. Ce sont des capteurs qui absorbent les hydrocarbures.
Les roches qui se trouvent au bord de l’eau sont couvertes d’une boue qui empeste l’essence. On peut voir l’auréole des taches d’huile sur l’eau.
Ce dispositif est une « solution temporaire ». En juin 2008, la Ville avait annoncé son intention de lancer dans l’année des travaux de nettoyage permanents, mais elle doit attendre encore.
« Les travaux visant à implanter la solution permanente pourraient avoir lieu autour de 2011 ou 2012 », affirme Pierre Robert.
Autrefois appelé le Technoparc, le site a servi de gare de triage ferroviaire, de parc de stationnement pour Expo 67, d’aéroport et de dépotoir. Il recèle entre 4 et 8 millions de litres de diesel ainsi qu’une ou deux tonnes de biphényles polychlorés ( BPC). Ces substances s’écoulent dans le fleuve depuis le début des années 90, et on en a trouvé des traces à plusieurs kilomètres en aval.
En 2005, la Ville a bâti un mur de béton souterrain d’une longueur de 160 mètres afin d’empêcher les polluants de s’écouler dans le fleuve. Un système de flotteurs déployé à deux endroits sur la rive permet de capter et d’éliminer des matières toxiques.
Mais cela n’empêche pas les substances toxiques de se retrouver dans le fleuve, affirme l’écologiste Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution (SVP). D’autant moins que les flotteurs sont retirés de l’eau en hiver pour éviter que la glace ne les broie. « Tous les efforts que déploie la Ville deMontréal pour l’environnement – le Bixi, les transports en commun – sont annulés par cette pollution », croit Daniel Green.
« On est au XXIe siècle, les gens veulent avoir accès aux berges, ils veulent se baigner, reconnaît le maire Gérald Tremblay. Il faut corriger cette situation. » Il assure qu’Ottawa et Québec ont déjà accepté de financer une partie du vaste projet, qui coûtera environ 75 millions. La Ville a commandé une étude de 1,5 million au Centre d’excellence de Montréal en réhabilitation des sites (CEMRS) pour qu’il lui propose des technologies. Mais elle n’a toujours pas reçu le rapport, qui devait pourtant lui être rendu en février.
Entre-temps, les autorités municipales ignorent comment s’y prendre pour nettoyer le terrain une fois pour toutes.
Pierre Robert, lui, prêche la patience : « Ce n’est pas comme mettre de l’asphalte sur une route, lorsque le risque de se tromper est faible, fait-il valoir. Dans ce cas-ci, on ne voit pas en dessous de la terre. Alors il est très important de faire une analyse fine avant de procéder. »
Montréal a acquis ce terrain lourdement pollué des gouvernements fédéral et provincial dans les années 80. Depuis, elle a dépensé entre 5 et 6 millions pour étudier le problème et limiter les déversements toxiques. Elle a souvent indiqué qu’elle n’avait pas été avertie de l’ampleur des travaux de décontamination.
Une étude de la Commission de coopération environnementale, l’organisme nord-américain de surveillance de l’environnement, a d’ailleurs souligné qu’Ottawa savait dès le début des années 80 que les terrains recelaient des substances toxiques. Mais Montréal a renoncé à toute réclamation auprès des vendeurs en les acquérant.




CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS  Un projet à Longueuil provoque une levée de boucliers à Lachute  -  Martin Croteau
La controverse qui entoure la construction d’un centre de transbordement des déchets à Longueuil se transporte dans les Laurentides. La firme RCI Environnement, qui pilote le projet sur la Rive-Sud, souhaite enfouir des déchets qu’elle y transformera à Lachute, soulevant des craintes chez certains élus municipaux.
Le projet est chaudement débattu à Longueuil. Le maire sortant Claude Gladu avait assuré qu’aucun centre de transbordement ne verrait le jour dans sa municipalité à la fin août. La Ville a pourtant délivré un permis autorisant la Fiducie Remdev à entreprendre les travaux 10 jours plus tard. Des citoyens ont contesté le projet, mais un juge a autorisé la poursuite de la construction la semaine dernière.
Des documents montrent maintenant que l’entreprise projette d’expédier les résidus qu’elle traitera à Longueuil de l’autre côté du fleuve jusqu’au lieu d’enfouissement de Lachute. Ce site est exploité par Gestion environnementale Nord-Sud (GENS) qui, comme RCI Environnement, appartient à la famille Rémillard.
Des bons de pesée de GENS, qui datent du début septembre, indiquent d’ailleurs que les résidus de Longueuil cheminent déjà vers le site.
« Ce qui apparaît clairement dans les documents, c’est que le projet de RCI est de prendre les déchets de la Ville de Longueuil, et peut-être des villes autour, et de les acheminer au site de Lachute », affirme Christine Duchaine, une avocate qui représente des citoyens de Longueuil opposés à la construction du centre de transbordement dans cette ville.
L’avocate affirme qu’un tel projet contrevient au décret gouvernemental qui autorisait l’agrandissement du site d’enfouissement en 2003, et au Plan de gestion des matières résiduelles de la MRC D’Argenteuil. La raison : on prévoyait alors que le site recevrait pour l’essentiel des déchets de l’ouest du Grand Montréal, et non de la Rive-Sud.
Rassurante
RCI Environnement se fa it rassurante quant à ses intentions. Elle convient qu’une partie des déchets traités à Longueuil se retrouveront à Lachute, mais pas tous. L’entreprise souhaite plutôt répartir les résidus dans les différents lieux d’enfouissement du Grand Montréal.
« Ce n’est pas aussi simple que de dire : " on construit à Longueuil et tout va à Lachute ", affirme le vice-président de RCI Environnement, Jean Beaudoin. Éventuellement, ça peut être cela. Mais ce n’est pas l’objectif. »
Malgré tout, le projet provoque une levée de boucliers dans le secteur.
« Le site de Lachute n’a pas été fondé pour aller chercher des déchets à Longueuil et à Montréal, affirme Denis Lavigne, maire de Saint-Placide. C’est un site qui a été fondé pour offrir un service des citoyens de quatre villes, et peut-être servir à certaines autres villes. »
M. Lavigne est aussi l’un des administrateurs de la Régie intermunicipale Argenteuil– Deux-Montagnes, le regroupement de quatre villes qui possède le terrain sur lequel se trouve le site de Lachute. Cet organisme a cédé à GENS le droit d’exploiter le site en 2006, ce que Saint-Placide conteste devant les tribunaux.
À Lachute aussi, certains candidats à la mairie s’inquiètent. « On ne veut pas devenir la poubelle du Québec », affirme Denis Sabourin.
Le maire sortant, Daniel Mayer, est aussi président de la Régie intermunicipale. Il affirme que les craintes exprimées par ses adversaires sont exagérées. Car la loi empêche le site d’enfouissement de recevoir plus de 500 000 tonnes de déchets par année. « Le volume maximal qui est autorisé, c’est 500 000 tonnes par année, explique-t-il. Les déchets peuvent venir de n’importe où, ils ne peuvent excéder ce volume. »


CENTRE DE TRANSBORDEMENT DES DÉCHETS À LONGUEUIL : Les travaux se poursuivent  -  Ariane Lacoursière
Le j uge Richard Nadeau a autor i s é, hier, l a F i ducie Remdev à poursuiv r e s es t r avaux de rénovation sur un t e r r a i n s i t ué da n s le Vieux-Longueuil. Ces t ravaux entourent l’i mplantation d’un troisième centre de t ransbordement de déchets dans cette municipalité de la Rive-Sud.
Le dossier des centres de transbordement a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers mois. Le 31 mars 20 0 8 , l a Fiducie Remdev, propriété de la f a mi l l e Rémillard, a acheté un terrain au 2355, chemin du Lac, à L ongueuil. L’ent r eprise RCI Environnement, appartenant aussi aux Rémillard, voulait y exploiter un centre de transbordement.
En septembre 20 08, l e c o n s e i l mu n i c i pa l de L o n g ue u i l a e n t é r i né le changement de zonage dudit terrain. Le candidat à la mair ie de Longueuil et président de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, le notaire Jacques Goyette, a voté pour cette résolution.
Le 21 août 2009, le maire de Longueuil, Claude Gladu, a assuré qu’aucun centre de t r a nsbordement ne verrait le j our dans sa municipalité. Or, 10 jours plus tard, l a Ville a délivré un permis autorisa nt l a Fiducie Remdev à faire d’importants travaux de rénovation sur le terrain. La liste des travaux que voulait f a i r e Remdev était longue et comprenait entre autres l ’a mélioration du bâtiment, l ’ i nstallation de contenants à ordures et l ’ i nsta l l at i on de bala nces pour peser des camions.
Croyant que ces t ravaux mèneraient i névitablement à la construction d’un centre de transbordement, des c itoyens ont entrepris des démarches j udiciaires pour en empêcher la poursuite. Deux juges ont accepté leurs arguments et ont suspendu les travaux pour un total de 40 jours.
Selon le juge Claude Chaput , les t r avau x que voula i t e f f e c t uer Remdev n’é t a i e nt pa s de s i mples « mises à niveau du bâtiment », mais menaient bel et bien à la construction d’un centre de t ra nsbordement. Mais hier, le j uge Richard Nadeau a t ra nché dans un autre sens et a autorisé la poursuite des travaux.
« Remdev a demandé une certi f ication d’autorisation pour un site de transbordement au ministère de l’ Environnement. Si le ministère l e l u i a c c o r de , l e pr oj e t pourra voir le jour », résume Christine Duchaine, l ’ une des avocates qui représentait les citoyens dans le dossier.
P ou r l a c a nd i date à la ma i r i e e t c h e f d ’ Ac t i o n L o n g ue u i l , Ca r ol i ne S t - Hilaire, la Ville de Longueuil n’aurait pas dû accorder de permis de rénovation. « Je demande aujourd’hui à l a ministre de l ’ Environ nement de ne pas délivrer de permis et de di re non au site de transbordement », dit Mme St-Hilaire.
Le candidat Goyette affirme pour sa part que le permis de rénovation donné par la Ville « n’autorise pas de travaux pour un site de transbordement ». « Il autorise des modifications au bâtiment. S’i l s veulent i nsta l l er un site de t ransbordement, ils devront nous faire une nouvelle demande de permis », martèle-t-il.
Mais pour Me Duchaine, i l e s t c l a i r « qu’i nst a l l e r des balances et des fosses à ordures », comme le projette Remdev, mènera clairement à la création d’un centre de transbordement. Les clients de Me Duchaine iront en appel.

Troisième centre de transbordement à Longueil : Permis délivré malgré la promesse du maire  -  Éric Clément
Alors que le dossier d’un troisième centre de transbordement de déchets à Longueuil semblait clos depuis que le maire Claude Gladu avait déclaré le 21 août que la Ville ne délivrerait pas de permis, La Presse a constaté que, malgré tout, la Fiducie Remdev, qui appartient à la famille Rémillard, a obtenu un «permis de construction» 10 jours plus tard.
Le maire Gladu avait publié un communiqué le 21 août intitulé «La Ville de Longueuil n’entend pas émettre de permis pour un autre centre de transbordement ». Il déplorait la poursuite des travaux entrepris sans permis par RCI Environnement (locataire de Remdev), comme La Presse l’avait révélé le 8 août. Pourtant, à la mi-août, la Ville a estimé que le projet était conforme et décidé qu’elle délivrerait un permis à la famille Rémillard.
Mais le 21 août, à la suite de protestations contre ce projet, le maire Gladu a déclaré: «Il est hors de question qu’un nouveau site de transbordement des déchets voie le jour à Longueuil», précisant qu’il ne voulait pas que Longueuil devienne «la capitale des déchets du Québec».
Or, La Presse a obtenu un «permis de construction» que la directrice de l’urbanisme à la Ville de Longueuil, Hélène Ladouceur, a délivré le 31 août à la Fiducie Remdev pour des «travaux de transformation et de rénovation» du bâtiment qu’elle détient au 2355, chemin du Lac, à Longueuil.
La demande de permis avait été faite le 2 juillet par Jacques Pla nte, ad m i n istrateu r de Remdev, pour des travaux de 800 000$ concernant la mise aux normes de l’immeuble, l’ouverture de nouvelles portes, la création de quais de chargement, la construction de murs de séparation, l’installation d’un système de gicleurs à sec, le drainage du terrain et l’aménagement de cases de stationnement.
La Presse a voulu parler de ce dossier au maire Gladu, mais ses relationnistes l’en ont empêchée. C’est Simon Bissonnette, attaché de presse du «dauphin» du maire Gladu, Jacques Goyette, candidat à la mairie, qui a donné la version du maire: «Ce permis, ce sont des améliorations à une bâtisse existante. Il a été délivré à des fins qui n’ont rien à voir avec un site de transbordement. Je ne sais pas ce que c’est que la création des quais de chargement, mais je suis certain que ce permis n’est pas pour le centre de transbordement.»
Ce n’est pourtant pas la compréhension du juge Paul Chaput, de la Cour supérieure du Québec, qui a suspendu vendredi dernier les travaux en cours au 2355, chemin du Lac, parce qu’ils vont au-delà de la mise aux normes d’un bâtiment et font partie, selon lui, de la création d’un centre de transbordement de déchets.
Les citoyens qui s’opposent à la construction du centre, dont l’entreprise Waste Management, ont obtenu du juge une injonction provisoire pour faire cesser «les travaux de construction et d’aménagement en cours et la transformation du bâtiment», a écrit le juge.
Il ajoute que son ordonnance est valable tant que le certificat d’autorisation prévu par les articles 22 et 55 de la Loi sur la qualité de l’environnement, et les règlements applicables, n’aura pas été délivré par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Pour le juge, les travaux à l’intérieur du bâtiment sont directement liés à la construction d’un centre de transbordement.
Pourquoi la Ville de Longueuil favorise-t-elle ce projet? On ne le sait pas. Ni le maire ni M. Goyette n’ont accepté d’en parler avec La Presse.
Il n’y a jamais eu de débat public à Longueuil organisé par l’administration Gladu-Goyette sur la nécessité de créer un troisième centre de transbordement. Des citoyens poursuivent d’ailleurs Longueuil parce qu’ils estiment avoir été mal informés sur ce projet. Ils ont aussi demandé au gouvernement Charest d’intervenir, sans résultat.


RCI commence les travaux sans permis -  Éric Clément
Troisième centre de transbordement de déchets à Longueuil
EXCLUSIF
« La direction de l’urbanisme a envoyé un inspecteur, et un avis va être émis aujourd’hui pour que cessent les travaux tant que le permis ne sera pas délivré. »
La Ville de Longueuil a émis, hier, un avis d’infraction à RCI Environnement dont les travaux préparatoires à la création d’un troisième centre de transbordement de déchets à Longueuil ont débuté sans que la Ville ait délivré de permis. Par ailleurs, au ministère de l’Environnement du Québec, la ministre Line Beauchamp n’a pas voulu dire pourquoi Longueuil devrait se doter de trois centres de transbordement alors que Montréal vient de rejeter l’idée d’en avoir un.
La Presse a constaté, hier matin, que des travaux avaient lieu, près du chemin du Lac, à Longueuil. Une pépine était en train de creuser un trou près d’un bâtiment qui doit prochainement accueillir des déchets. La Presse aurait voulu avoir des détails sur ces travaux mais RCI n’a répondu à aucune de nos trois demandes d’informations.
« Ce bâtiment contenait jusqu’à dernièrement des matières recyclables, mais l’entrepôt a été vidé et du sciage de béton a été fait récemment à l’intérieur », nous a toutefois dit un voisin. Autour du bâtiment, des travaux d’excavation ont été effectués.
Ces travaux étaient illégaux selon la Ville de Longueuil. « La direction de l’urbanisme a envoyé un inspecteur, et un avis va être émis aujourd’hui pour que cessent les travaux tant que le permis ne sera pas délivré, a dit François Laramée, directeur des communications de Longueuil. Le permis ne devrait pas tarder car, selon nos services, le projet est conforme. »
Au début de la semaine, des citoyens se sont étonnés que ces travaux aient débuté sans permis. Le projet n’a même pas reçu le certificat d’autorisation environnementale. Fin juin, Longueuil avait dit qu’aucun permis n’avait été demandé pour un centre de déchets. En un mois, la demande a été faite, et RCI a commencé les travaux sans autorisation.
La création de ce troisième centre de transbordement est contestée par des citoyens qui se sont associés à Waste Management ( WM), concurrent de RCI, qui exploite un centre de transbordement à Longueuil, tout comme Matrec. WM estime que Longueuil n’a pas besoin d’un autre centre, les deux autres ne fonctionnant pas à 100%. « Longueuil deviendrait l’une des seules villes nord-américaines à avoir trois centres de transbordement », dit Bernard More, porteparole de WM.
Ces citoyens craignent que le nouveau centre de déchets entraîne plus de circulation et d’autres désagréments. Ils disent avoir été mal informés par Longueuil quand la Ville a changé, selon eux « discrètement », le zonage en septembre 2008. Ils estiment que la création d’un tel centre va à l’encontre d’une saine politique de gestion des déchets qui implique que l’on doive privilégier la récupération, la valorisation des matières organiques et la diminution de l’enfouissement.
De plus, ils s’étonnent que la Ville laisse RCI créer ce centre sans que cette option ait jamais été évoquée par le maire Claude Gladu, ni par son dauphin, Jacques Goyette, candidat à la mairie. Du coup, ils ont décidé de poursuivre la Ville et réclament l’annulation du règlement municipal. La présentation de la preuve aura lieu le mois prochain.
« Pourquoi le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, n’intervient-il pas pour s’assurer que la populat ion concernée soit adéquatement informée et consultée sur ce projet ? demande M. More. Pourquoi la ministre Beauchamp n’intervient-elle pas pour arrêter le développement d’un projet qui va à l’encontre de la nouvelle politique de développement durable ? »
Au ministère des Af faires municipales, la porte-parole Édith Girard dit que « le ministère n’intervient pas dans la gestion quotidienne des villes ». La Presse a essayé de parler à la ministre Beauchamp. Sa porteparole a rejeté notre invitation d’expliquer pourquoi Longueuil devrait avoir trois centres de transbordement de déchets alors que Montréal n’en veut pas.



La Ville écarte la gazéification des déchets -  Charles Côté
Il n’y aura pas d’usine de gazéification de déchets ni de centre de transbordement à Montréal prochainement. C’est ce qui ressort du Plan directeur de gestion des matières résiduelles, dévoilé hier. « La gazéification n’est pas dans notre plan de match », affirme Chantal Gagnon, directrice de l’environnement à la Ville de Montréal.
La gazéification des déchets est une technologie implantée d’abord au Japon. Elle permet de transformer les déchets en carburant pour produire de l’électricité. En 2007, la Communauté métropolitaine de Montréal avait proposé cette approche, qui aurait requis des investissements d’un milliard.
C’est une technologie critiquée par les écologistes et qui augmente les émissions de gaz à effet de serre. « La gazéification est écartée et c’est une très bonne nouvelle », dit André Porlier, du Conseil régional de l’environnement de Montréal.
Cependant, le compostage à grande échelle, la solution retenue par Montréal, a aussi son lot de complications. « L’enjeu le plus important est de trouver des endroits pour traiter les résidus alimentaires », dit Mme Gagnon.
On envisage quatre usines de compostage, une dans l’ouest, une dans le nord, et deux dans le sud et l’est de l’île. Dans les deux derniers cas, il s’agirait de traiter surtout des déchets de table. Dans les deux premiers, des déchets végétaux en provenance des jardins et les arbres de Noël seraient aussi traités.
Par ailleurs, l’agglomération a décidé de faire l’économie d’un centre de transbordement où tous les camions d’ordures auraient convergé pour consolider leurs chargements sur des trains ou des camions-remorques. Le projet controversé de 33 millions était destiné au sud de l’île.



Plus gros procès environnemental : Les actionnaires de Chevron veulent savoir
DES MILLIONS DE BARILS DE DÉCHETS TOXIQUES DÉVERSÉS EN ÉQUATEUR DURANT 25 ANS
La multinationale américaine Chevron est accusée d’avoir déversé des millions de barils de déchets toxiques en Équateur durant 25 ans. Le plus important procès environnemental de l’histoire pourrait coûter 27 milliards à l’entreprise. Et c’est maintenant au tour des actionnaires de demander des comptes, demain, lors de l’assemblée annuelle du géant pétrolier.
Des enfants jouent dans l’eau souillée d’une rivière que traversent deux pipelines, dans une région de l’Équateur que des environnementalistes appellent le Tchernobyl d’Amazonie !
Dans la forêt amazonienne de l’Équateur, on trouve des dépotoirs pétrochimiques à ciel ouvert. Les résidus de l’extraction du pétrole souillent la végétation et contaminent la nappe phréatique. Une substance noire semblable à du goudron colle aux mains et aux semelles des bottes.
La société Chevron est accusée d’avoir déversé plus de 68 milliards de litres de produits toxiques dans la région, entre 1964 et 1990, par l’intermédiaire de sa filiale Texaco. Aujourd’hui, plus de 30 000 résidants de l’Équateur poursuivent Chevron, dans une cause dont les enjeux ont été évalués à 27 milliards de dollars, soit le plus important procès environnemental de l’histoire.
Les plaignants affirment que la contamination a donné lieu à une hausse marquée des cas de cancer et d’autres maladies. Plus de 1400 résidants locaux seraient morts des suites de la contamination, selon les plaignants, dont la cause a été présentée dans un long reportage à l’émission 60 Minutes à CBS plus tôt ce mois-ci.
Chevron, la troisième entreprise américaine après Exxon Mobil et Wal-Mart, affirme être victime d’une tentative d’extorsion et d’une campagne de désinformation de la part des paysans en Équateur. Or, l’entreprise doit ces jours-ci composer avec un autre groupe de gens mécontents: ses propres actionnaires.
« Il y a un proverbe qui dit: Quand vous êtes dans un trou, la meilleure chose à faire est d’arrêter de creuser, explique Kevin Koenig, organisateur pour le groupe Amazon Watch, qui soutient les plaignants. Dans le cas de Chevron, leur réaction est de faire l’inverse. »
Des actionnaires veulent savoir
M. Koeing note que d’importants actionnaires de Chevron, comme la caisse de retraite californienne CalPERS, comptent questionner le président du groupe pétrolier, David O’Reilly, à l’assemblée annuelle des actionnaires, demain, à San Ramon, en Californie.
« Ce n’est pas la première fois que des actionnaires mécontents vont critiquer l’entreprise, mais cette année, ce sera plus urgent, dit M. Koeing. Les dirigeants de Chevron ont pris un énorme risque en évitant depuis des années de régler la question de l’Équateur et ce sont les actionnaires qui pourraient en souffrir. »
CalPERS, la plus importante caisse de retraite publique aux États-Unis, a annoncé qu’elle comptait voter en faveur de six propositions qui admettent des manquements au niveau environnemental. Une proposition appelle aussi Chevron à « développer une stratégie à long terme pour réduire de façon significative les gaz à effet de serre ». Les dirigeants de l’entreprise s’opposent à ces propositions.
Un juge de l’Équateur devrait rendre son verdict d’ici la fin de l’année. Chevron a promis de contester en cour d’appel toute décision qui lui serait défavorable. La société a récemment affirmé, dans un communiqué, que le procès était « rempli d’omissions, d’erreurs et de situations de conflit d’intérêts ».

Pour sa défense, Chevron a réalisé un document vidéo ayant les apparences d’un reportage journalistique. L’entreprise a retenu les services d’un ex-présentateur de CNN, ce qui donne une aura d’impartialité au document. Le publireportage de Chevron a récemment fait l’objet d’une analyse critique dans les pages du New York Times, qui soulignait que le document avait pour effet de tromper les auditeurs.

Un projet d'enfouissement non justifié - Charles Côté

Un projet superflu, selon l’industrie
Écolosol Enfouissement de terre contaminée à Mascouche
Le projet d’Écolosol, qui veut enfouir des sols contaminés à Mascouche, n’est pas justifié, selon le Conseil des entreprises en services environnementaux (CESE).
« On estime que ce serait une erreur d’augmenter les capacités d’élimination », affirme Pierre Lachance, directeur général du CESE. L’organisme, qui représente une quarantaine d’entreprises du secteur, dont Écolosol, a demandé Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, d’ordonner des audiences publiques sur le sujet. La ministre doit soumettre le projet d’Écolosol au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE), à moins que les motifs des demandes soient jugés « frivoles ».
Outre le CESE, quatre autres organismes ont demandé des audiences publiques, selon ce qu’a appris La Presse, à la suite de la séance d’information organisée par le BAPE en mars.
Écolosol exploite déjà une cellule d’enfouissement qui peut accueillir des sols classés B ou C, soit les moins contaminés. Pour ce type d’exploitation, il n’y a pas d’audience devant le BAPE. Ecolosol a le droit d’accueillir 668 000 m3 de terre de classe B et C, sur une hauteur de 14 m.
Mais pour l’enfouissement de sols contaminés au-delà du critère C, l’étape des audiences s’impose.
Écolosol appartient à deux hommes d’affaires, Normand Trudel , proche du maire de Mascouche et important donateur au Parti libéral et au Parti québécois, et Tony Accurso, dont certaines entreprises ont fait l’objet de perquisitions dans une affaire de fraude fiscale.
Selon le CESE, la capacité d’enfouissement est suffisante et il est préférable de traiter les sols contaminés plutôt que de les enfouir.
« On est intrigués par le projet d’Écolosol car on soupçonne que le marché ne demande pas de nouveau site, dit M. Lachance. On estime que ce serait une erreur d’augmenter les capacités d’élimination alors qu’on essaie de mettre sur pied une industrie de traitement des sols. C’est toute la question du développement durable qui se pose ici. »
Écolosol n’a pas rappelé La Presse hier. En mars, une porteparole avait affirmé que l’entreprise souhaitait « permettre une diversification dans la nature des sols » qu’elle reçoit actuellement, parce que ses clients la lui demandent.
L’entreprise a aussi affirmé que les risques de contamination sont infinitésimaux. La cellule d’enfouissement d’Écolosol comprend deux membranes étanches superposées, avec chacune leur réseau de conduites pour évacuer et traiter l’eau. Le tout repose sur une couche d’argile naturelle de 4 m. Des filtres traitent l’eau extraite de la cellule avant de la rejeter dans la rivière Mascouche.



La montagne et la voiture  -  Mathieu Perrault
L’an dernier, le Conseil régional de l’environnement a réclamé des mesures pour empêcher les voitures d’utiliser la voie Camilien-Houde, sur le mont Royal. Cet automne, la Ville de Montréal prévoit consacrer deux millions de dollars à la fermeture de deux des quatre voies de la voie Camilien-Houde dans sa portion ouest et au réaménagement de l’échangeur Côte-des-Neiges.
La question se pose maintenant : doit-on ériger une barrière physique qui empêchera de se rendre d’un côté à l’autre de la montagne par CamilienHoude, limitant les automobilistes à un accès aux stationnements du parc ? Après tout, la plupart de la centaine de parcs conçus par Frederick Law Olmsted en Amérique du Nord ont fortement limité la présence de l’automobile.
Une exception notable est Central Park, à New York. Deux voies pour les automobiles, sinueuses et en tranchées, le traversent à la hauteur du Metropolitan Museum. Justement, un conservateur du célèbre musée a publié l’an dernier un livre entier sur Central Park. Et pour Morrison Heckscher, Olmsted n’était pas nécessairement opposé aux voitures.
« Il était très pragmatique, explique M. Heckscher. Il voulait que chaque groupe d’utilisateurs y trouve son profit. En plus des deux voies de transit, il a prévu des routes pour les carrosses, qui ont par la suite été utilisées par les automobiles. D’ailleurs, à l’inauguration du parc, il y a eu une course de carrosses par des propriétaires désireux de montrer leur richesse. »
La voie Camilien-Houde est peut-être le seul exemple québécois du concept de parkway, ces autoroutes américaines dont chaque direction est bordée d’arbres, qui ont été popularisées par Roosevelt et sont tombées en désuétude avec les grands projets autoroutiers d’Eisenhower. Justement, la pensée d’Olmsted est à la base des parkways.
Cela dit, Olmsted avait des projets radicalement différents pour le mont Royal : il voulait qu’une promenade dans le parc soit une lente ascension. « Il était notamment contre le funiculaire » qui a fonctionné entre 1885 et 1918, rappelle Sylvie Guilbeault, la présidente des Amis de la montagne. Dès 1926, la circulation de transit avait ses opposants : le « tramway va enlaidir le parc Mont-Royal », avait dénoncé un député de Montréal à l’Assemblée nationale. L’association des cochers s’était aussi opposée en 1903 au tramway, mais évidemment pas pour des raisons esthétiques.
Peut-on concilier les intérêts des automobilistes avec ceux des autres usagers du parc ? Dans une ville comme Montréal, où « piétonniser » signifie exclure toute automobile, on peut en douter. Mais on peut tout de même rêver d’un compromis.
Outre la fermeture de deux des quatre voies de Camilien-Houde, la priorité, selon Mme Guilbeault, est la disparition de la « mer d’asphalte » des stationnements situés de part et d’autre du rond-point central. Ensuite v i en nent l a d i s pa r i t i on – proj e - tée – de l’échangeur Côte-des-Neiges (une aberration semblable à celle de l’échangeur des Pins, qui n’a qu’une utilité marginale pour les automobilistes) et l’aménagement de l’entrée est de Camilien-Houde, afin de désenclaver le secteur Outremont du parc. Enfin, elle cite la section supérieure de la montée est de Camilien-Houde, quand l’accotement se réduit comme une peau de chagrin à cause des deux falaises, ce qui rend le passage très inconfortable, voire dangereux, pour les cyclistes.
Pourquoi ne pas réduire ce goulot à une seule voie, qu’emprunteraient à tour de rôle les automobilistes qui circulent dans une direction ou dans l’autre, avec un feu de circulation ? Le système fonctionne très bien quand il y a des travaux sur une route à deux voies. Cela aurait le mérite d’éliminer tout avantage de CamilienHoude pour ceux qui veulent éviter la congestion de l’avenue des Pins ou d
u chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Et les automobilistes qui ne rechigent pas devant un itinéraire plus long parce qu’ils veulent eux aussi profiter de la montagne auraient encore droit de cité.


L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on croit  -  François Cardinal
Quand il est question du mont Royal, les même « agresseurs » reviennent systématiquement dans les discours : les promoteurs de condos, le stade Percival-Molson, l’hôpital Royal Victoria, etc.
Curieusement, on ne cible que très rarement celle qui, plus que quiconque, défigure la montagne, nuit à une expérience paisible de celle-ci et dénature complètement la vision de l’architecte paysagiste Frederick Law Olmsted: l’autoroute Camillien-Houde.
Simple passage permettant aux automobiles de se rendre au sommet de la montagne, cette immense balafre qui entaille le mont Royal est devenue avec le temps une véritable voie de transit autoroutière, aidée par le fait qu’on n’y rencontre qu’un minuscule « stop » qui ne remplit plus sa mission.
Les comptages menés par la Ville en 2007 confirment le changement de vocation de cette voie : 45% des automobiles qui l’empruntent la semaine le font à l’heure de pointe. On ne parle pas ici d’amateurs de pique-nique qui souhaitent communier avec les écureuils...
Qui sera surpris d’apprendre que les plans originaux d’Olmsted, en 1876, ne contenaient pas de voie de transit ? Au contraire même. Le père de l’architecture de paysages en Amérique du Nord souhaitait plutôt s’attaquer aux maux liés à l’urbanisation, permettre aux Montréalais de profiter de la « fonction thérapeutique » des paysages naturels.
La bonne nouvelle, a appris La Presse, c’est que la Ville vient de débloquer 2 millions de dollars pour faire disparaître une bonne portion de l’autoroute du Mont-Royal.
D’ici quelques mois, on interdira la circulation sur les deux voies de circulation qui permettent de relier Côte-des-Neiges au haut de la montagne, en passant par le lac aux Castors. Elles seront entièrement réservées aux vélos et aux piétons. Les automobilistes qui montent et descendent devront ainsi se partager le tronçon restant, c’est-à-dire la voie qui court le long des cimetières. On passera ainsi de quatre à deux voies.
C’est une bonne nouvelle, estime la présidente des Amis de la montagne, Sylvie Guilbeault, même s’il reste encore beaucoup à faire pour réduire l’omniprésence de l’auto dans le parc.
« Le constat principal, reconnaît d’ailleurs la Ville dans son plan de transport intégré du mont Royal, est que l’espace dédié à l’automobile est prédominant. »
L’administration prévoit donc, éventuellement, s’attaquer aux mers d’asphalte (souvent inutilisées) qui érodent la montagne, réaménager les entrées du parc au profit des marcheurs et des cyclistes et améliorer la desserte en transports en commun, plus que déficiente.
Tout cela est bien beau, mais à terme, les automobiles continueront de circuler d’un bord à l’autre de la montagne...
Voilà pourquoi le Conseil régional de l’environnement avait proposé, lors des consultations sur l’avenir du mont Royal, que l’on érige une barrière physique au point culminant de Camillien-Houde, afin d’interdire le transit sur la montagne.
L’objectif de la Ville est de permettre aux autos de se rendre aux différents stationnements, pour que tous aient accès à la montagne? Soit, mais faisons en sorte que celles-ci montent et redescendent sur le même versant.
Une idée à approfondir. D’autant plus qu’Olmsted invitait à une lente découverte de la montagne du bas vers le haut, non pas d’un bord à l’autre, à toute vitesse.


Marianopolis :
Le promoteur est prêt à faire des compromis
Rapport de l’OCPM
Développement Cato, le promoteur responsable de la transformation extrême de l’ancien collège des prêtres sulpiciens, est prêt à se conformer à « une grande partie » des recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Pas question, toutefois, de renoncer aux constructions de type villa.
« Cette proposition-là n’est pas acceptable pour les résidants du quartier », a déclaré Claude Marcotte, associé principal de la firme Daniel Arbour& Associés, le concepteur du projet.
Hier, La Presse a révélé les conclusions du rapport de l’OCPM sur la transformation du collège Marianopolis, sur le flanc du Mont-Royal, en complexe résidentiel.
En premier lieu, l’instance recommande au maire de Montréal d’exiger du promoteur qu’il réduise la hauteur d’au moins quatre ensembles résidentiels du projet. Claude Marcotte juge cette demande acceptable.
« Sans tomber dans les détails, nous sommes prêts à regarder la possibilité de baisser la hauteur de certains bâtiments de façon à respecter les vues considérées comme privilégiées, a-t-il déclaré. Évidemment, ces modifications doivent se faire à l’intérieur de la faisabilité économique du projet. »
Comme le recommande l’OCPM, le promoteur accepte également de négocier avec la Ville pour protéger les zones boisées et respecter l’accès du public aux lieux. « On entend créer des servitudes en faveur de la Ville de façon à officialiser l’accès public au site », a déclaré Claude Marcotte.
Toutefois, Développement Cato n’entend pas renoncer à construire une dizaine de villas le long du prolongement de la place De Ramezay. L’OCPMsouhaite que le promoteur les remplace par un immeuble unique.
« Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens de changer les villas pour un bâtiment de huit étages », a déclaré Carlo Bizzotto, associé de Développement Cato. Selon lui, les résidants du quartier ont exprimé leur désir de « conserver l’homogénéité du secteur » pendant les quatre années d’études qui ont précédé le dépôt du projet. La Ville commentera plus tard
Le bureau du maire de Montréal n’a pas voulu se prononcer sur les conclusions du rapport de l’OCPM, hier. La Ville commentera aujourd’hui au terme de la rencontre du comité exécutif.
Hier matin, le promoteur et le concepteur du projet ont rencontré des fonctionnaires de l’arrondissement de VilleMarie et de la ville centre pour examiner le rapport, qui sera officiellement rendu public aujourd’hui. Ils auront une deuxième rencontre « dans