Environnement
| LA PRESSE & COMPAGNIE |
AUTRES MÉDIAS
|
|
Marché
du carbone - Cap sur les résultats
QUÉBEC CIBLE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE
Québec
met la table pour une participation à la bourse du
carbone
Le Canada peut-il vraiment se permettre de négliger
son environnement, ne serait-ce que selon une perspective
tout ce qu'il y a de plus économique ?
Lettres
- Chronique de catastrophes annoncées
Une
facture salée pour le Canada
Tant que l'on s'obstinera à contourner la question de
mettre un prix sur la pollution, toute discussion sur
l'environnement pourra-t-elle jamais représenter
davantage que des paroles en l'air ?..
Des
arguments fallacieux
Message to McGuinty: Most green-job schemes have been
miserable failures - MARGARET WENTE
Lettres
-
Le
Canada,
l'OMC
et l'environnement
Et si les grands traités contraignants "à la
Kyoto" ne devaient s'avérer guère plus qu'un
spectacle à grand déploiement ne visant en
fait qu'à entretenir l'illusion qu'il y ait encore
quoi que ce soit qui avance au niveau de l'environnement ?
Post-Kyoto,
a search for ‘a subtle skill’ in tackling climate change -
NEIL REYNOLDS
Climate
theatre of the absurd - MARGARET WENTE
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto
Climate
summit was a pathetic exercise in deceit
Et si la véritable raison de l'impasse climatique
n'était en fait du à rien d'autre qu'un manque
de volonté collective en vue d'accomplir quoi que ce
soit de moindrement concret vis-à-vis de
l'environnement ?
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto
L’impasse climatique
Aurait-on donc tout simplement oublié l'environnement
?
Secteur
culturel - Frédéric Back est aussi un homme
qui plante des arbres
Le temps change
Climat
de déni
Climat
- Après le nucléaire, le gaz?
Cri
d’alarme
En bout de ligne, y aura-t-il vraiment d'autre
avenue possible que la décroissance, pour ce qui
est de laisser un répit à la Terre ?...
Et
après
le
gaz
de
schiste
?
Des solutions réelles ne sont-elles pas
déjà à portée de main ?...
Faire
Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu
dans les airs...
Des
Américains payés pour économiser
l'énergie
Restaurer
là ce qui est détruit ici
Le FMI suggère un «fonds vert» contre
le réchauffement climatique
Le
FMI proposera de créer un fonds contre le
réchauffement climatique
Cap-and-dividend:
the
jolt
Harper
needs?
-
Jeffrey
Simpson
Climate
strategy on a road to nowhere - Bjorn Lomborg
Deux
approches pour contrer les GES
Peut-on vraiment prétendre faire de l'environnement
une priorité sans commencer par faire payer les
pollueurs ?
Taxes
vertes, un ingrédient de croissance
Et si parlait des "vraies affaires", et donc
des questions qui nous touchent nous-mêmes le plus
directement ?...
Climate change? Not in
this campaign - Jeffrey Simpson
In
Australian
politics,
climate
change
equals
grief
-
Jeffrey
Simpson
Expansion
du parc automobile au Québec - Les
écologistes réclament d'urgence un
bonus-malus
Gaz
à effet de serre - Pas de captation sans
imposition, dit une étude
L'entrevue
- Le développement endurable
La
course à l'énergie
Hausse
du
niveau
de
la
mer:
une
peur
exagérée
-
Bjørn Lomborg
Les
choses
sérieuses
maintenant
-
Lise
Payette
The
climes
are
still
a-changin’
-
Norman
Spector
La
politique énergétique canadienne fait fausse
route
All
talk,
no
summit
action
on
the
end
to
fossil-fuel
subsidies
-
Jeffrey
Simpson
Énergie:
Québec s'en va dans la bonne direction
«Sauvons
le hockey», demandent les écologistes
Tenir
compte de la «dette écologique»
Une mesure essentielle
La
bataille des cinq «piasses» - Alain Dubuc
Les
choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc
Pourquoi vendre notre électricité à
perte ?
Des
écologistes se penchent sur l'exportation
d'électricité
Et au fait, le Québec se serait-il donc donné
pour mission de s'opposer à tout, et ce en toute
chose ?...
Terrorisme
environnemental
Énergie: le beurre et l'argent du beurre
On
ne peut s'opposer à tout...
Et que peut-on encore attendre des grands traités
contraignants "à la Kyoto", dans la mesure où
ceux-ci ne semblent pouvoir faire davantage qu'entretenir la
notion selon laquelle l'économie et l'environnement
ne peuvent que s'opposer mutuellement ?...
(Et si nous faisions carrément fausse route, en
misant tous nos espoirs sur les grands traités
contraignants "à la Kyoto", et en ne faisant donc
qu'entretenir la notion selon laquelle l'économie et
l'environnement ne peuvent que s'opposer mutuellement ?...)
Kyoto withdrawal shames us all
Economics, politics cloud future of world emission talks
Kyoto
est
mort
Great
news
from
Cancun!
Kyoto
impasse
could
torpedo
climate
talks,
U.S.
warns
Cancún
- Chacun pour soi
Le
resquillage
climatique
Le
Japon
tourne
le
dos
à
Kyoto
Étapisme
climatique
Climat
- Après la morale, place à
l'économique
Climat
- Un bras de fer entre Washington et Pékin est
prévisible à Cancun
Sommet
de
Cancún
sur
le
climat
Climat:
les négos post-Copenhague bloquent
Climat:
retour à la case «Négociations»
En
bref - Reprise de pourparlers sur le climat
Après
Copenhague, le chemin vers Mexico s'annonce rude
La
montagne accouche d'un souriceau
Le
miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol
Deux
approches pour contrer les GES
Le
mercure monte dans la ville froide
Kyoto
est-il un échec? - François Cardinal
M.
Harper va à Copenhague - André Pratte
Un
débat mal ciblé - Alain Dubuc
Le
casse-tête de Copenhague -
ANDRÉ PRATTE
Le
Canada et Copenhague - André Pratte
Et peut-on promouvoir la protection de l'environnement
autrement qu'en ne sachant faire mieux que de provoquer un
clivage, sinon une bataille rangée entre le Nord et
le Sud ?..
Climat:
où est l'aide promise?
GES:
les pays en développement multiplient les efforts
Changements
climatiques: ceux qui pèchent le moins
écoperont le plus
Climate
funds
shouldn't
divert
poverty
aid,
UN
says
Entretien
avec le no1 de Greenpeace, Kumi Naidoo - Un
«apartheid climatique» se dessine entre le
Nord et le Sud
Et surtout, se pourrait-il donc qu'en ce qui concerne
l'environnement, les seuls "succès" qu'on puisse
encore espérer ne consistent en fait qu'à
gagner du temps ?...
Rosebuds of consolation in a warming world
Editorial:
As predicted: Cancun falls short
Cancún
- Le Canada piégé
De
Cancún
à
Durban
Accord
modeste
à
Cancún
Et si la population humaine n'était tout simplement
pas prête à relever le défi climatique
?...
Refroidissement
climatique
Et que dire de "l'autre crise", celle de la
biodiversité ?...
L'Entrevue
- Biodiversité: une humanité en sursis
Les
océans s'appauvrissent dans l'indifférence
La
biodiversité, c'est payant!
Une
valeur économique chiffrable
En
bref - Les niveaux de plancton dans les océans
diminuent brusquement
Of
animals in danger and endangered species
Biodiversité:
cible ratée
La
biodiversité perd des plumes
Biodiversité
: un enjeu métropolitain
Convention
sur la diversité biologique - Il faudra
établir un protocole lors de la rencontre de Nagoya
10
Species Near Extinction
La
dérive de la banquise
Car l'homme peut-il vraiment s'empêcher de
détruire les autres formes de vie qu'on peut encore
trouver sur cette planète ?
Russia hopes plan to save endangered tigers worth more
than the sum of their parts
Fifty
years
later,
lessons
from
the
Gombe
chimps
-
Jane
Goodall
Cod
in
Newfoundland:
Already
seen
that
drama
-
Jeffrey
Simpson
Une
minuscule grenouille disparaîtra du Québec
Biodiversité
à
la
québécoise
La
Grande barrière de corail gravement
endommagée
Sept nouvelles plantes menacées au Québec
La
Commission baleinière menacée d’extinction
L'esturgeon
en tête des espèces menacées
Is
Chinese Economic Demand Killing Africa's Gorillas?
Le
gorille au coeur de tous les trafics
Refus
d'une protection aux coraux menacés
Le commerce international du thon rouge ne sera pas
interdit
Afrique:
les rhinocéros, cibles d'un braconnage très
organisé
Des
lions menacés par la sécheresse et un
insecticide
Et pourtant, peut-on vraiment penser que la destruction des
autres formes de vie puisse faire autrement que de finir par
menacer notre propre survie, et ce peut-être plus
tôt qu'on ne pourrait d'ailleurs l'imaginer ?...
Le sort des abeilles inquiète l’ONU
Et serions-nous donc en train de dépeupler nos mers,
pour ne prendre que cet exemple ?...
Lueur d’espoir pour le retour de la morue
Des
thons de plus en plus en danger
Mais
où est donc le poisson québécois?
Les
océans «dans un état critique»
La
fin
de
la
pêche
traditionnelle?
The
myth
of
bluefin
abundance
Et du moment que l'on reconnaît des droits aux
animaux, alors comment empêcher que nous ne soyions
alors tous considérés comme des criminels ?...
Free
fish
from
their
pain
and
suffering
Et pourtant, se pourrait-il donc que tout espoir ne soit pas
encore perdu ?...
Des
couloirs verts pour sauver la biodiversité de
Montréal
Une
grenouille, considérée comme disparue,
refait surface
Faire
fausse
route
-
François
Cardinal
La
peau de l'ours pourrait ne plus être vendue
Et si les deux crises que sont celles du climat et de la
biodiversité se trouvaient en fait à n'en
former qu'une ?...
Qu'arrive-t-il
au caribou?
Et se pourrait-il donc qu'il reste toujours de l'espoir
pour notre planète ?...
Clean
Air Act - Les républicains sont en discordance avec
les Américains
Climat
et biodiversité - Des avancées qui se butent
à l'immobilisme politique
Filtering
out
the
climate-change
BS
-
Norman
Spector
Global
accord
on
climate
change
hailed
as
breakthrough
L’équipe
B
CO2:
la promesse d'Obama sera respectée
Les
25 ans du trou dans la couche d'ozone
Le
Jour de la Terre a 40 ans
En
bref - Deux motions contre les émissions de GES
sont adoptés à Ottawa
Canada, U.S. team up
to restrict auto emissions
Là
où ça va chauffer en 2010
Le
FMI suggère un «fonds vert» contre le
réchauffement climatique
La
Chine et l'Inde s'associent à l'accord de
Copenhague
Le
transport collectif gagne du terrain
Le
FMI proposera de créer un fonds contre le
réchauffement climatique
Paris
promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les
grands pays forestiers s'unissent contre la
déforestation
L'ONU
réclame un traité contraignant en 2010
Une
entente au rabais à Copenhague
Blitz
de négociations de la dernière heure
Clinton
tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Al
Gore réclame un nouveau sommet sur le climat en
2010
Copenhague:
les négos changent de rythme, place aux politiques
Un
projet d’accord émerge « Tout est encore
possible »
Climat:
l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les
pays pauvres
L'UE
pourrait débloquer des fonds pour les pays pauvres
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un
succès à Copenhague est en vue»
Sarkozy propose 10 milliards aux pays pauvres
Le
sommet du Commonwealth est dominé par le climat
Et pourtant, la partie n'est-elle pas loin d'y être
gagnée ?...
Sables bitumineux: l'Europe recule sous la pression
d'Ottawa
La
France abandonne la taxe carbone
Cette "dernière chance" qu'était
supposée être la Conférence de
Copenhague se serait-elle pourtant soldé par un
échec ?...
La
montagne accouche d'un souriceau
Le miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol
Pauvre Canada vert
Une
entente au rabais à Copenhague
«Cette
entente est une coquille vide»
Steven
Guilbeault qualifie d'échec le sommet de Copenhague
Harper « très » satisfait, les
écolos en colère
La Conférence de Copenhague n'a-t-elle pas surtout
démontré la quasi incapacité qu'ont les
différents États de s'entendre sur quoi que ce
soit ?...
En
bref - Climat: il y aura de l'action à
Cancún
Le
premier rendez-vous post-Copenhague est respecté,
mais...
L'avenir du monde reposerait-il donc sur l'issue du prochain
sommet pour l'environnement ?...
Le
sommet de la dernière chance
Les Danois évoquent déjà
l'échec du sommet
Climat:
l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les
pays pauvres
À
Copenhague, 12 jours pour changer notre monde
Le même éditorial publié sur tous les
continents
CE
SOMMETSUR
LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ
? - François Cardinal
La
Conférence de Copenhague en cinq questions
Une entente au rabais à Copenhague
Blitz
de négociations de la dernière heure
Un
projet d'entente circule
Les
principaux points de discorde
Les
négociations dans l'impasse
La
présidente de la conférence
démissionne
Obama à Copenhague: beaucoup de promesses mais peu
de concret
Un
texte d'entente, mais pas de cibles
Un
nouveau projet d'accord sans objectifs chiffrés
Le
protocole de Kyoto pourrait être enterré
Journée
de tensions à Copenhague
Prentice
ne croit plus à un traité officiel
Le
mercure monte dans la ville froide
Copenhague:
un projet d'accord avant les manifestations
Copenhague:
«pas d'argent, pas d'accord»
Négociations
tendues à Copenhague
Copenhague
bloque sur le financement
Copenhague: le Danemark suscite la controverse
Mais peut-on vraiment dire que cette question nous
indiffère, après tout ?...
Climat
: la police relâche la quasi totalité des 968
personnes interpellées
Forte
mobilisation dans le monde pour le climat
Près de 1000 manifestants arrêtés
à Copenhague
Des manifestants prennent d'assaut la conférence de
Copenhague
Les bonnes surprises existerait-elles encore,
même dans ce dossier ?...
Pleins gaz sur la «nouvelle»
taxe carbone de Sarkozy
Paris
promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les
grands pays forestiers s'unissent contre la
déforestation
Ban
Ki-moon salue l'action de la France avant Copenhague
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
Sarkozy
propose 10 milliards aux pays pauvres
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone
contribuent aux projets verts
Protectionnisme
environnemental
- Mathieu Perrault
Oui à la taxe verte -
Florence Junca -Adenot
Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents
sur le litre d’essence est envisagée
Chine
: L’opération séduction -
Barthélémy Courmont
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
Les
Québécois conscientisés par
l'environnement
Voir aussi Le
moment
serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite
Révolution, celle ne son propre financement ?...
... tout comme les mauvaises, par ailleurs ?...
Revers
cinglant
pour Sarkozy
Et si le fait d'opposer environnement et économie ne
représentait au bout du compte que la plus
grossière des aberrations ?...
Investir dans la lutte contre les changements climatiques
créerait plus d’emplois
Investir
dans la lutte contre les GES stimulerait la croissance
économique
Les
Nations unies appellent au verdissement de
l'économie mondiale
A
convenient excuse for climate inaction
Pas
d’impact
négatif
sur
l’économie
Et se pourrait-il que l'économie aille
réellement de pair avec l'environnement, par dessus
le marché ?...
Des
arguments fallacieux
Bon pour l’économie!
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
Réduire
les
GES
et
s’enrichir?
Water:
Canada’s most valuable resource - Jeff Rubin
Pour
une économie de la biodiversité
Le
capitalisme écologique
Obama débloque 2,3 milliards pour
le secteur vert
Andrée-Lise
Méthot: la finance au secours de la planète
Marché
du carbone: loin derrière les Européens
Marché
climatique de Montréal: nouvel élan de
Copenhague
GES: le parquet boursier au coeur de la lutte
L'énergie
propre sans frontières
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone
contribuent aux projets verts
Cette forêt chinoise qui rapporte
Protectionnisme
environnemental
- Mathieu Perrault
La machine à piastres - CLAUDE
PICHER
Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS"
- François Cardinal
LE PÉAGE TIENT LA ROUTE
- Paul Daniel Muller
La
désertification coûte 1% de
productivité chaque année
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non
- MARIE-CLAUDE LORTIE
2
CRISES, 1 ÉCOTAXE - François
Cardinal
LE RÉFLEXE BOIS -
FRANÇOIS CARDINAL
Voir aussi Se
pourrait-il
que la nouvelle économie ne puisse qu'être
verte ?...
N'est-ce pas là d'ailleurs le principe
même de ce qu'on appelle le développement
durable ?...
Vers des entreprises neutres en carbone
Vers
une
gestion
responsable
Des
produits
qui
respectent
vraiment
l’environnement
Et par ailleurs, peut-on mieux établir la valeur
d'une ressource qu'en lui fixant un prix ?...
The boreal forest: ours to preserve
Eau
et industries québécoises - Personne n'a
calculé la valeur économique de l'eau
Et si l'économie et l'écologie ne pouvaient
tout simplement pas aller l'une sans l'autre ?...
Places
of
the
heart,
not
the
wallet
Mais cela implique-t-il pour autant que l'arrimage de ces
deux réalités a la moindre chance de
réussir si cela est fait n'importe comment ?...
Québec inc. souffle le chaud et le froid
A
leap of faith for Ontario power consumers
When
it
comes
to
power
in
Ontario,
we’re
in
the
dark
Énergie
- Le coût de la stratégie verte de
l'Allemagne
Et peut-on pourtant prétendre que l'on puisse
emprunter cette voie sans devoir faire face à des
obstacles plus que majeurs ?...
Des technologies propres
Et par ailleurs, les entreprises ne sont-elles pas les
premières à demander que l'on se dote d'une
réglementation environnementale plus claire, voire
plus poussée, ne serait-ce qu'afin de vraiment
connaître les règles du jeu ?...
Les entreprises demandent des règlements plus
stricts
Et existe-t-il vraiment un genre de développement qui
ne se fasse aucunement aux dépens de l'environnement
?...
Climat:
des experts du FMI prônent la prudence
Arrêter
les éoliennes par vent faible réduit de
60 % la mortalité des chauves-souris
Et si en bout de ligne, le véritable changement ne
pouvait en fait venir que de l'économie ?...
Vive
le pétrole cher?
Réinventer
la société pour s'affranchir de l'or noir
Le
coût élevé du virage vers un parc
automobile électrique
Un
baril à 300 $ - La transformation d'une
économie
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
The greener image
awaiting oil and gas
Pétrole:
plus rare, plus cher
C'est
le pétrole qui mène le monde, pas la finance
"LE
PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
LA
FIN DU MONDE (TEL QU’ON LE CONNAÎT) EST
PROCHE - FRANÇOIS CARDINAL
DITES
AU REVOIR AU SHIRAZ AUSTRALIEN ET AU SAUMON DU PACIFIQUE -
FRANÇOIS CARDINAL
L'avenir du Québec selon Steven Guilbeault
L'époque
du pétrole facile à produire est
révolue
Panne
sèche - ARIANE KROL
OUI,
JE VEUX UN SAC! - Claire Gagnon
Se pourrait-il donc que notre planète ne soit
tout simplement plus dans son état normal ?...
Les océans canadiens s’acidifient
Australia
flooding
considered
ominous
sign
of
disasters
to
come
Mass
bird and fish deaths stoke curiosity
LA
MÉTÉO
EN
CAUSE
?
2010
L’ANNÉE
DES
CATASTROPHES
And
now
the
weather:
nasty
and
brutish
Woman
swept
away
drowns
in
Australian
floodwaters
Se pourrait-il donc que le réchauffement climatique
ne soit tout simplement plus contestable, du moins d'un
point de vue moindrement scientifique ?...
Climat:
l'armée canadienne se prépare à
intervenir
Notre planète serait-elle donc en train de se
réchauffer ?
(Que se passe-t-il, au juste, avec notre
planète ?...)
2011
est la 10e année la plus chaude depuis 1850
De
moins en moins de glace dans le Nord canadien
L’absence de réchauffement climatique
expliquée
Climat
- 2010, année la plus chaude jamais
enregistrée
Le
pire
d’ici
à
l’an
3000
La
science au-delà des gaz de schiste
Davantage
d’eau
douce
dans
les
océans
Le
mois de Juillet le plus chaud depuis 1955 à
Montréal
Le mois de juillet le plus chaud depuis les années
50
Incontestable,
disent les scientifiques: la Terre se réchauffe
The
Earth
is
hotter
than
ever,
global
warming
is
real:
researchers
2010,
l'année la plus chaude jamais enregistrée
Les
5 premiers mois de 2010 ont été les plus
chauds jamais relevés
Malades
comme notre Terre
Le
déficit
de
la
planète
-
Jean Lemire
Un
hiver de tous les records
Un
ours de glace condamné à fondre
Le
pergélisol recule dans le nord de la province
L'été
tristounet a marqué 2009
2000-09:
la décennie la plus chaude
CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI,
DÉJÀ ? - François
Cardinal
20
bonnes raisons de tenir la Conférence de Copenhague
«Nous avons sous-estimé l'ampleur du
changement climatique»
Le
Climategate: un réel scandale? - François
Cardinal
Des
icebergs
se
détachent
de
la
calotte
glaciaire
Le monde a perdu 75% de son patrimoine
alimentaire - Stéphanie
Bérubé
Gare au méthane -
Jean-David Therrien
Et quel est donc le
problème, au fait ?...
Reducing the risk of climate catastrophe
Jour
de la Terre - Cul-de-sac écologique et
économique
The
pollution
problem
we
can't
save
for
a
rainy
day
Sables
bitumineux: une étude contredit les chiffres de
l'industrie
L’ère stupide, ou comment l’humanité
court à sa perte - Mali Ilse Paquin
Les sables bitumineux canadiens, enjeu
électoral en Norvège
Voir aussi Des
sables bitumineux moins polluants
TOTAL
SA
Dans
les
sables
bitumineux
pour
de
bon
Grâce
au pétrole - Sébastien
Dumais
Voir aussi Le
triomphe
de la banlieue - André Pratte
Et en quoi cela devrait-il donc nous concerner, au juste
?...
Chaleur
et pollution: un mélange nocif pour le coeur
Climate
scientists
forecast
more
heat,
fires
and
floods
Changements
climatiques: des soubresauts coûteux
La
culture du riz est menacée
L'eau
sale fait plus de morts que les guerres
Let's not fret over climate
migration
L'exil
annoncé des réfugiés climatiques
Et si les conséquences du réchauffement
climatiques avaient d'ores et déjà
commencé à se faire sentir, en
réalité ?...
Cinq
victimes du changement climatique
Environnement
- Les milieux marins côtiers de l'Europe sont
menacés
Catastrophes:
courants atmosphériques en cause?
There’s a new world order in food
Inondations
au Pakistan - Plus de sinistrés que pour le tsunami
et les séismes du Cachemire et d'Haïti
réunis
Inondations au Pakistan: une crise sans
précédent
Un
iceberg gigantesque dérive dans l'océan
Arctique
Les
catastrophes météo: des signaux d'alarme
pour le futur?
Et si le problème devait en fait s'avérer
encore pire que l'on avait pourtant pu l'imaginer ?
Changements
climatiques
-
La
fonte
des
glaces
libère
l'héritage
toxique
de l'Arctique
Et jusqu'à quel point sommes-nous prêts
à faire face à la menace des changements
climatiques, justement ?...
Exercice de feu
Et si la panique n'était pas pour autant la meilleure
réaction à adopter pour faire face à
une telle menace, pas plus d'ailleurs qu'elle ne peut
l'être face à quelque menace que ce soit ?...
Refroidir
le
climat
Et si la planète se meurt, les hydrocarbures en
seraient-ils les grands coupables ?...
LA
MARÉE NOIRE DONT PERSONNE NE PARLE
Un baril à la mer!
BP spill, a year later: dying dolphins, deformed fish, and
still some oil
La
catastrophe
se
poursuit
It's
safety, baby, safety when drilling for oil
U.S.
oil spill probe blames bad management
Commission
d'enquête sur la marée noire - L'avarice de
BP a causé la catastrophe
Marée
noire aux États-Unis
Marée
noire - Un test sur le ciment a été omis,
reconnaît Halliburton
Les
effets de la marée noire sont toujours
présents
BP
blâme ses sous-traitants
Deepwater
Horizon worker claims oil rig leaking weeks before
explosion
Whistle blower to testify on oil spill worst fear:BP
deliberately sinks oil with Corexit as cover up
Enquête
sur la marée noire - Les enquêteurs scrutent
la chaîne de commandement
Marée
noire - Abandonner les poursuites serait nécessaire
pour être indeminsé
Marée
noire - Un vaste nuage d'hydrocarbures est
détecté dans les profondeurs du golfe du
Mexique
Près
de 80% du brut pourrait être encore dans
l'océan
Marée
noire: des problèmes de santé à long
terme
BP
crie victoire
La
faune marine du golfe du Mexique a été
scrutée juste avant la marée noire
BP
faces insider dealing probe as nears well kill
Marée
noire - La garde côtière est montrée
du doigt
Marée
noire - BP et ses victimes devant les tribunaux
Mais
où est passé le pétrole?
De
Tony Hayward à «Tony la gaffe»
«Diabolisé»,
Hayward cède la place
Bouc
émissaire
La
langue française, victime de la marée noire
Une alarme sur la plateforme avait
été désactivée
Marée
noire: du pétrole s'échappe du couvercle
Une
fuite détectée près du puits
Marée
noire: les résultats du nouvel entonnoir
«encourageants»
La
mer
qu'on
voit
danser
le
long
des
golfes
clairs
-
Stéphane
Laporte
Pas
un tournant, mais une bonne journée pour Obama
Le
puits bloqué dès aujourd'hui?
L'Erin
Brockovich de la marée noire
Un
énième nouvel essai pour BP
U.S.
should stop BP from drilling in Beaufort
Plus
de 27 000 puits de pétrole abandonnés dans
le golfe du Mexique
Le
golfe du Mexique menacé de devenir une soupe
à l’arsenic
Obama
has no solution to world's oil addiction
Presiding
over
disaster
Les
fous de Bassan sont menacés
Obama
part en «mission»
Marée
noire: les dividendes politiques
Quand
BP fait changer les mentalités
Marée
noire - Barack Obama se demande «à qui botter
le derrière»
Searching for an ass to kick - Globe editorial
Offensive
médiatique: BP en terrain glissant
Les
dégâts du capitalisme - John R. MacArthur
Une lueur d'espoir face à la marée noire
Marée noire: le Canada à la rescousse
How
the
gushing
oil
in
the
Gulf
will
ripple
around
the
world
British Petroleum: la
descente aux enfers
BP
siphons gushing oil as Obama defends actions
Marée
noire: un avertissement
Crude still leaking past BP cap on gushing oil well
BP
pose un entonnoir pour stopper la fuite
Une
explosion nucléaire pour stopper le pétrole?
Pas question!
BP: nous sommes tous responsables
La
v.-p. démocrate égratigne Obama sur la
marée noire
L'indépendance
de BP menacée
Technology,
complexity,
economy,
catastrophe
Marée
noire: BP s'effondre en Bourse
Le
merveilleux
-
Pierre Foglia
Un
désastre sans fin
U.S.
launches BP oil disaster probes
Le
«Katrina d'Obama»
Le film d'horreur se poursuit
Spewing
oil
doesn't
have
Obama
gushing
Marée
noire: Obama responsable?
Au salon de coiffure contre la marée noire
Marée
noire - La fuite est scellée, mais BP reste prudent
Obama
défend sa gestion de la crise
Top Kill: une technique hautement périlleuse
Government
can't do everything
Marée
noire - Washington mobilise ses experts
L'incompétence de BP
Irrité, Obama retourne en Louisiane
Marée
noire: «il n'y avait rien de prévu en cas
d'accident»
From
the Top Down, Sloughing Off Blame for the Spill
With Oil Spill (and Blame) Spreading, Obama Will Visit
Gulf
Containing Oil Spill Is Still Mostly Talk
Oil fouls Mississippi River marshes, fires public anger
Les
leçons de la marée
Énergie
verte: la grande diversion
Le
pompage de la nappe de pétrole progresse
La
fuite serait dix fois pire que prévu
Marée
noire: Obama est en colère
Marée
noire: les entreprises se renvoient la
responsabilité
Retour
à la case départ pour stopper la nappe de
pétrole
La
marée noire en 14 questions
Des poils pour lutter contre le pétrole
Marée
noire: Waveland retient son souffle
Just how evil is oil?
Les premières berges touchées
Lueurs
d'espoir pour colmater la fuite de pétrole
Le couvercle destiné à reboucher la fuite a
pris la mer
BP: la brèche médiatique colmatée
Pour
un moratoire sur le forage
BP
tente une opération sans précédent
pour contenir les fuites de pétrole
Marée
noire - BP promet de payer la note
Ottawa
maintiendra des normes strictes pour les
pétrolières
La
marée noire prend de l'ampleur
Une
marée noire de 32 milliards pour BP
Marée noire: les assureurs pourraient
débourser 1,5 milliard
La pire marée noire de l'histoire?
Obama: BP «paiera» pour la marée noire
Spill,
Baby,
Spill»
-
François
Cardinal
Golfe du Mexique - Quand l'impossible survient
Le golfe du Mexique et nous et nous et nous - Marie-Claude Lortie
L'état
d'urgence décrété dans quatre
États
Comment
arrêter la marée noire?
La marée noire atteint les côtes de la
Louisiane
La
marée noire mine la loi sur le climat de Barack
Obama
Le
nouvel ami des climato-sceptiques: Koch
La
Grande barrière de corail gravement
endommagée
Cargo
échoué sur la Grande Barrière: des
poursuites annoncées
Une
pétrolière à la base de la machine
climato-sceptique
Un
déversement à Laval fait craindre le pire
Quoi ?...
Delta
du Niger: une tragédie permanente
Et en ce sens, comment pourrait-on s'avérer plus
contre-productif qu'en subventionnant l'industrie
pétrolière ?...
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
États-Unis
- Haro sur les subventions aux pétrolières
L’AIDE
FISCALE
AUX
PÉTROLIÈRES
REMISE
EN
QUESTION
Et plus précisément, se pourrait-il donc que
notre dépendance aux hydrocarbures commence
peut-être à avoir fait son temps, pour ainsi
dire ?...
(Et si le véritable problème s'avérait
surtout notre dépendance aux combustibles fossiles en
tant que telle ?...)
Frousse
dans le golfe du Mexique
When oil policy springs a
leak
Plaidoyer
pour un virage énergétique mondial
Forage
en mer: les avancées technologiques au
détriment de la sécurité
Les
subventions aux pétrolières suscitent des
questions
La
tragédie
des
exportations
-
Claude Picher
Et dans ce cas, que dire des sables bitumineux ?...
Pipeline-altering lessons - Jeffrey Simpson
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
Démagogie,
à la puissance 2
Et si l'exploitation des sables bitumineux
suggéraitsurtout une incapacité de voir
à long terme, ne serait-ce qu'au niveau
économique ?
Save
resource
money
for
the
future?
Nah,
says
Alberta
Peut-on vraiment rêver de sables bitumineux qui ne
soient pas qu'une injure totale à l'environnement
?...
Incontournables
The
quest
for
truth
in
the
oil
sands
Pour
une exploitation responsable - Satia
Das
Et ceci dit, leur exploitation ne semble-t-elle pas ne
s'avérer pas moins incontournable ?
An argument for new pipelines - Neil Reynolds
Et la question est-elle tant d'empêcher la
commercialisation de l'essence bitumineuse que de
veiller plutôt à ce que l'on assume les
coûts environnemntaux associés à sa
production, en commençant notamment par cesser de
subventionner cette dernière ?...
Canada should take advantage of China’s rise by fuelling
it
Et en attendant, l'interdiction pure et simple de
l'exploitation des sables bitumineux peut-elle vraiment
représenter une solution viable et raisonnable ?
Pipeline
to prosperity or channel to catastrophe?
Keystone XL pipeline -- key to prosperity
And
the winner in Keystone feud is… jobs and security
Et si la véritable question en était
d'abord une de régulation (et surtout de
dérégulation) ?...
It's safety, baby, safety when drilling for oil
Entretien
avec une ancienne ministre et un juriste français -
Les pétrolières ont trop de pouvoir
«sur le plan juridique
What
limitless greed and mindless deregulation bring
Lessons from the Gulf: Make and enforce rules
Le NPD veut prévenir un
«désastre» dans la mer de Beaufort
Forage
au Canada: l'industrie veut des lois moins
sévères
BP s'est battue contre les mesures de
sécurité
Mais en bout de ligne, la marée noire n'est-elle pas
surtout en train de démontrer toute
l'absurdité qui en est venu à
caractériser notre modèle de
société ?...
The sleep of reason
produces monsters. Or at least oil-covered pelicans
La déresponsabilisation - François Cardinal
Comment se fait-il donc qu'en 2010 le Président des
États-Unis semble incapable d'appliquer une solution
simple à un problème connu ?...
Nuclear
Option on Gulf Oil Spill? No Way, U.S. Says
Nuclear Blast from
the Past Might Fix Oil Spill
Bill Maher Slams Obama, Oil Companies
After Gulf Coast Oil Spill (VIDEO)
US
rules out nuclear option against BP oil spill
Nuke the oil spill: Could nuclear bomb be answer
for huge leaks as at US Gulf coast?
Cloud
of
Death
followed
by
Tsunami
traveling
at
400-600
MPH
1/2
Menendez
& Lautenberg: Eliminate oil spill damage cap
How do you clean up an oil spill?
How are oil spills cleaned up?
How do you clean up an oil
spill?
A ban agains the use of all loose absorbant products on
the spill?
Why is B.P. Just Now Testing the Best Sorbents?
BP should use Poly
Eco Solutions/Enviro-Sorb Technologies
MOP Environmental Designated As Resource By BP, US Coast
Guard For Gulf Oil Recovery
MOP Environmental Designated as Resource by British
Petroleum (BP) and U.S. Coast Guard for Gulf Oil Recovery
Guardian Environmental Technologies Blog
We need to do more to keep our food safe
Obama Was Against
Oil Spill Clean Up Before He Was For It
Obama's Oil Spill
Bill Maher Slams Obama, Oil Companies
After Gulf Coast Oil Spill
Obama Can't Do Oil Spill Magic
Obama 'too slow to act against oil slick disaster'
threatening species along the coast
Can Obama Take Over the Oil Spill Response?
Criticism
mounts against Obama for government’s handling of the Gulf
oil spill
Quoi ?...
The conspiracy
theories behind the BP oil spill
Conspiracy Theories Behind BP Oil Spill in Gulf — From
Dick Cheney To UFOs
Goldman Sachs sold $250 million of BP stock before spill
BP CEO and Goldman Sachs sell BP shares before oil spill
BP chief Tony Hayward sold shares weeks before oil spill,
so did Goldman Sachs. And halliburton made sure they
bought a company that cleans oil and gas fires BEFORE
the spill…
Goldman Sachs beat oil spill debacle with BP shares
sell-off
Elites sell BP stock weeks before Oil Spill
Web of Evidence: What They Don't Want You To
Know
30 Facts Evidencing The Rothschild League Of Bankers
Planned The Gulf Oil Crisis
Charbon
Une solution de rechange sensée au charbon,
soutient un rapport du MIT
Et par ailleurs, quel genres de destruction environnementale
peut-il se produire en ce moment, et partout sur la
planète ?...
It
came
from
beneath
the
sea
Haro
sur la «mafia» de la déforestation en
Indonésie
Moratoire
ou pas, le trafic d'ivoire se poursuit
Les
plages mexicaines de la discorde
La fièvre de l'hévéa s'empare de la
Côte d'Ivoire
La
mangrove «en danger d'épuisement»
Les changements climatiques auraient-ils
déjà commencé à nous affecter
d'une façon on ne peut plus réelle ?...
Moins de récoltes et des aliments trois fois
plus chers - Stéphanie
Bérubé
Avons-nous seulement une chance de nous en sortir ?...
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
Une
planète
à réinventer - DAVID SUZUKI
Il
ne faut juste pas brûler tout ce qui reste
!...
Et si ce n'était qu'ensemble qu'on pouvait vraiment
changer les choses ?...
Environnement - Pour une gestion concertée
Et si les choses ne pouvaient d'abord se changer qu'au
niveau local ?...
Environnement - Pour une gestion concertée
Comment lutter contre la
pollution ?...
Et peut-on vraiment concevoir l'avenir
énergétique de la planète sans se
tourner au moins en partie vers les sources d'énergie
dites alternatives ?...
Rapport
du Groupe intergouvernemental d'experts sur
l'évolution du climat - Les énergies
renouvelables pourraient répondre à 80 % de
la demande
En
bref - Vers une conversion totale aux énergies
renouvelables
Demandes
énergétiques: des tendances lourdes
Lester
Brown a fondé en 1974 le fameux World Watch
Institute - L'énergie du futur serait
éolienne...
Conseil
mondial de l'énergie - «Nous devons oeuvrer
ensemble au bien-être de la planète»
Stratégie
de développement énergétique -
«Il semble clair que le Québec n'a pas de
vision à long terme»
Ressources
et disponibilité - Il est temps pour la
planète de se tourner vers les sources
d'énergie renouvelables
Avenir
énergétique du Québec - L'INM animera
un débat public région par région
Une
bataille sur plusieurs fronts
Le
bouquet énergétique de l'avenir
Et les alternatives énergétiues seraient-elles
enfin disponibles ?...
TRANSFORMER LA POUBELLE EN CARBURANT
Les
Rémillard
renoncent
à
produire
de
l’électricité
avec
leurs
déchets
L'IREQ
met au point une batterie qui dure...50 ans
Salon
de l'auto de Montréal - La motorisation
électrique démarre pour de bon
Le
projet de voiture électrique prend de l'ampleur
à Boucherville
Après
le Bixi, l'Autoxi...
Toyota
Prius
rechargeable:
la
révolution
tranquille
Gaz
de schistes: des solutions de rechange existent
Jean-Pol
Dodelet, Michel Lefèvre, Éric Proietti et
Frédéric Jaouen
Des
voitures électriques lancées dans la course
autour du monde "la plus verte"
Des
hydroliennes dans le Saint-Laurent
L'éclairage
entame une nouvelle révolution
Electrique/hybride
rechargeable: 25% des conducteurs envisagent un achat
Les
voitures électriques rouleront au Canada d'ici deux
ans, promettent les fabricants
Un
projet
vert
et
réaliste
-
Lysiane Gagnon
Voitures
électriques: un autre petit pas du Québec
Can
an "all of the above" energy policy really work?
Révolution
verte en Ontario
Des
avancées majeures
Vers la deuxième génération
d'éthanol
Une
production cinq fois plus importante dans dix ans
Électrifier
les transports: du rêve à la
réalité
L'Indonésie,
terre de volcans, parie sur la géothermie
À
chacun sa petite éolienne
Pour
un développement harmonieux de notre
électricité - De l'éolien dans le
paysage?
Une
nouvelle énergie verte testée au
Québec
Hydro,
boulot,
auto
-
François
Cardinal
Premier
vol réussi d'un avion à énergie
solaire
Une
vigne
qui
pousse
dans
l'auto
-
François
Cardinal
Les
Rémillard veulent «électrifier»
les déchets
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Hydro-Québec:
un appel d'offres qui tombe à plat
Les
centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des
écolos
Moteur
électrique : Hydro-Québec fait une
importante découverte
Véhicules électriques : Des «
investissements importants » demandés au
fédéral
La
voiture électrique vole la vedette
L’électricité «
faite maison » en Allemagne
La Chine a un grand potentiel
éolien
Le Japon vise une voiture
électrique à 18 000 $
Une éolienne s’arrime à Mon t
réal - FRANÇOIS CARDINAL
Voitures vertes : GM veut damer le pion à
Toyota - Amandine Ambregni
Hydro fait une entrée prudente
dans le transport électrique -
Hélène Baril
L’Ontario
donne un coup de pouce aux acheteurs de voitures
électriques... allant jusqu'à 10 000 $
!...
La révolution électrique ANDRÉ
PRATTE
LE
SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER L’EUROPE
Énergies Vertes Le PQ lance une
pétition pour faire pression sur Jean Charest
Maîtres
chez
nous, 2e acte - François Cardinal
Aucune
nation
n'est en meilleure position que le Québec pour
réduire sa dépendance au pétrole
LA VOITURE
ÉLECTRIQUE AU QUÉBEC : POSSIBILITÉ OU
UTOPIE ?
ENTENTE FORD-HYDRO OUI À
L’ÉLECTRICITÉ, MAIS PAS AU MOTEUR DE TM4
Magna
rêve de fabriquer des véhicules
électriques au Canada
Et leur développement en vaut-il seulement la peine
?...
Le Québec doit-il continuer d’investir dans les
éoliennes ?
Et surtout, sommes-nous seulement prêts à
accueillir ces dernières ?...
La peur de l'auto électrique
Et se pourrait-il donc que certaines solutions s'apparentent
plutôt à de nouveaux problèmes ?...
UNE INDUSTRIEQUI MET TOUT SON POIDS DANS LA BALANCE
La
biomasse forestière, pas aussi verte qu’elle en a
l’air
Et qu'est-ce qui retient justement ces dernières de
prendre leur essort ?...
Une
facture, une petite granule -
Hélène Baril
... à part peut-être certaines lourdeurs
bureaucratiques ?...
RMR: Rick and ZENN Car
Le vent se serait-il enfin mis à tourner en faveur de
l'éolien ?...
Redéfinir le paysage
Stop,
ou encore?
Énergie
éolienne: tout le Québec y gagne
Hydro-Québec
- Les éoliennes soufflent les tarifs vers le haut
Solaire
Lettres
- L'architecture solaire dérange
Environnement
- Le Québec sous-exploite le solaire
Énergie
solaire: le Québec peut faire mieux
Et s'il était tout simplement illusoire de s'attendre
à un quelconque essor des sources d'énergie
alternatives tant que ne sera pas tout d'abord
implanté un mécanisme consistant à
fixer un prix pour la pollution ?...
L’éolien plus rentable sous Hydro-Québec
Refroidissement
éolien
Le Québec ne serait-il pas sensé
représenter le milieu parfait pour ce qui est
de favoriser l'éclosion et le développement de
la voiture électrique ?...
Développement
durable - Pourquoi recourir au pétrole quand le
Québec affiche des surplus
d'électricité ?
Automobile
- Le moteur-roue japonais passe en tête
IDÉES
ÉLECTRISANTES
POUR
LE
QUÉBEC
L'IREQ
met au point une batterie qui dure...50 ans
Autos
électriques - Une occasion en or pour le
Québec
Sondage
Senergis-Le Devoir - Les Québécois
prêts à une petite révolution verte
L'heure de la voiture électrique aurait-elle donc
enfin sonné ?...
Hiriko - voiture pliable.flv
Communauto prend le virage électrique
Voitures
électriques - Hydro jette les bases d'un
réseau de bornes de recharge
Des
voitures
100%
électriques
à
Montréal
Environnement
- Un crédit d'impôt à l'achat d'une
voiture électrique ou hybride rechargeable
Les
principaux modèles annoncés - L'ère
de la voiture électrique est arrivée
À moins que cette dernière ne soit tout
simplement pas encore tout-à-fait au point ?...
The shocking truth about electric cars - MARGARET WENTE
A-t-on oublié
l’aéroport de Mirabel ?
Véhicules
électriques: un début de parcours cahoteux
Les alternatives énergétiques ne
pourraient-elles pas au moins représenter ne
serait-ce qu'une partie de la solution ?...
L’illusion électrique
Et en fait, comment pourrait-on vraiment repenser
l'énergie ?...
Power
to
the
(other)
provinces
Comment sauver la Terre sans revoir d'abord notre
façon de la cultiver ?...
En
bref - Nouveau syndicat d'agriculteurs
Agriculture
- Secouer le monopole
Des
organismes craignent de voir le Livre vert de Claude
Béchard remisé
Terres
à louer
Terres
agricoles
à
vendre
-
François
Cardinal
Politique
agricole - L'Union paysanne veut des crédits
d'impôt pour stimuler l'achat local.
Un
fromage politique mis sur la tablette
Les
pratiques commerciales de Monsato dénoncées
Le Québec perd 36 producteurs de porcs
- Stéphanie Bérubé
Moins de porcs, plus de diversité
- Stéphanie Bérubé
Un
nouveau
maïs OGM sème l’inquiétude
- Stéphanie Bérubé
Agriculture
:
Les concentrations d’ammoniac dans
l’hémisphère nord revues à la
hausse
La dure loi du barbecue - ALAIN DUBUC
A-t-on abandonné la campagne?
Agriculture
: l’application du rapport Pronovost demandée
Trois anciens ministres appuient l’UPA
Agriculture bio : Les producteurs
québécois sont inquiets
PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE
HAUSSE RAPIDE ET PROBLÉMATIQUE - Vincent
Brousseau-Pouliot
LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC
DANS LEUR LIGNE DE MIRE - Vincent
Brousseau-Pouliot
L’UPA
VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES
AGRICULTEURS - Hugo Fontaine
Pour
une stratégie alimentaire canadienne
Voir aussi QUÉBEC
VA DE L’AVANT, MALGRÉ LES HAUTS CRIS DES
AGRICULTEURS - Maxime Bergeron
Voir aussi
Et d'ailleurs, s'il était plus que temps d'en finir
avec la gestion de l'offre ?
Peut-on vraiment réduire nos émissions de gaz
à effet de serre sans pour autant chercher à
réduire la distance que l'on fait parcourir à
nos aliments, comme à tout ce que l'on peut
consommer, par ailleurs ?...
Manger
québécois : la grande illusion
Et que dire de la forêt ?...
La forêt ne peut pas servir de carburant, selon
Greenpeace
Enflure
forestière
Nouveau
régime forestier - On jugera l'arbre à ses
fruits
Prix
Michel-Jurdant - L'écologiste forestier avait
raison
Forêt:
la surexploitation a cessé
L'enjeu
de la forêt boréale
Bidodiversité:
les Américains font campagne au Canada
Richard
Desjardins pourfend Greenpeace
Forêt
boréale: l'entente de préservation suscite
le scepticisme
Forêt
boréale: les écolos et l'industrie
s'entendent
La
forêt, même privée, reste
d'intérêt public
La
«
révolution » destructrice
Et que penser au juste de l'hydroélectricité
?...
Hydro remains an environmentally sound power source
LA
MAL-
AIMÉE
Harnachement
de la rivière Romaine - Chercher le courant met
à mal Hydro-Québec
Libre
opinion - Permettre le développement des
régions
Lettres
- Protégeons nos rivières
Retour
en force des petites centrales
Les
choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc
L'énergie propre sans frontières
Adieu
l’électricité bon marché
- Gérard Bélanger &
Jean-Thomas Bernard
La poétesse, la rivière et les
saumons - Patrick Lagacé
Lendemain de crise à Hydro-Québec
ANDRÉ PRATTE
Voir aussi Hydro
vise le Midwest et le Grand Nord -
Hélène Baril
Hydro
pourra doubler ses exportations vers la
Nouvelle-Angleterre
Gros
gloutons,
gros barrages - PATRICK LAGACÉ
Les États-Unis seraient-ils donc de retour dans
la partie ?...
Transport
automobile - Obama veut rattraper l'Europe
Pollution:
Obama cible les camions
États-Unis
- Un projet de loi sur l'énergie et le climat est
déposé au Sénat
É-U:
feu vert à la plus grande centrale éolienne
en mer
En
bref - GES: le voisin américain fait mieux
Thomas
Friedman: ne jamais prononcer le mot «climat»
Obama
débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
Clinton
tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Obama
veut un accord contraignant à Copenhague
Le
Sénat américain s'aligne sur la
réduction de CO2 d'Obama
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un
succès à Copenhague est en vue»
Coup
de pouce d'Obama à Copenhague
Obama
et le Sénat planchent sur le climat
Alstom
dévoile la plus grande installation de captage au
monde
Obama
veut moderniser le réseau électrique
américain
Les centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des
écolos
Obama
s'en prend aux sceptiques du réchauffement
climatique
Ça bouge (un peu) à Washington
- RICHARD HÉTU
Sommet
du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C - Marc
Thibodeau
ÉTATS-UNIS
Vote historique du Congrès sur le climat - RICHARD
HÉTU
La « prime à la casse
» a permis la vente de 700 000 automobiles
Obama veut prolonger la prime à
la casse - Laurent Lozano
La
révolution automobile d’Obama - ALAIN
DUBUC
Washington
veut des voitures plus « vertes »
Les
États-Unis «prêts à
rattraper le temps perdu»
Le
changement climatique, la priorité du
Congrès américain
Washington reconnaît l’impact du
changement climatique
Plan
d’établissement de trains rapides aux
États-Unis
Les
États-Unis favorables à l'élimination
progressive des HFC
Voir aussi Obama
et l'environnement
... Et y aurait-il donc encore de l'espoir ?...
Chine
: L’opération séduction -
Barthélémy Courmont
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
La nouvelle économie serait-elle à
portée de main ?...
ÉTATS-UNIS
Le
berceau
de
l’automobile
parie
sur
les
emplois
verts
Héroux-Devtek
veut accroître sa présence dans
l’éolien
Quand le vent, et même toute la planète,
semblent tourner de notre côté...
Les
centres de tri sortent de la crise -
Martin Vallières
Géothermie
Geothermal power coming
Ceci dit, n'y a-t-il pas encore loin de la coupe aux
lèvres, en réalité ?...
Le défi énergétique pourrait emporter
le gouvernement McGuinty
Environnement
- La Maison-Blanche renonce à revoir sa
réglementation sur la qualité de l'air
À
cause
de
l'inaction
de
Washington
-
Abandon
du
plus
gros
projet
de
captage
du
CO2 aux États-Unis
Nouveau
SOS contre la déforestation
Écolassitude
Le marché du carbone bat de l’aile
Climat
et biodiversité - Des avancées qui se butent
à l'immobilisme politique
Centrales
thermiques aux États-Unis - Plus de 130 sites
d'enfouissement de cendres contaminent les nappes d'eau
Carte
blanche à l'inaction
Impuissance
pétrolière
Action
on global climate may drift for years
États-Unis
- Un gros échec environnemental
Le
G20 doit annuler les subventions aux
pétrolières
Défaite
pour les écologistes et les indigènes en
Amazonie - Le barrage géant sera construit
Obama
relance l'exploration pétrolière
Whatever
happened
to
climate
change?
Sables
bitumineux: l'Europe recule sous la pression d'Ottawa
GES:
l'idée d'un régime nord-américain est
abandonnée
Trois
groupes industriels quittent le partenariat pour le climat
La
collaboration entre le Canada et
les États-Unis menacée
Obama:
une année peu convaincante - François
Cardinal
Obama,
pire que Bush ? - Jeffrey D. Sachs
Des
déchets à la mer!
Tuiles
sur Copenhague - André Pratte
Obama et l’APEC jugent «
irréaliste » un accord légalement
contraignant
Cul-de-sac climatique - FRANÇOIS
CARDINAL
Sommet international sur le climat : Vers un
échec à Copenhague ?
RÉDUCTIONDES
ÉMISSIONS DEGAZ À EFFETDE SERRE
Les pays émergents refusent de s’engager sur
des cibles précises - Marc Thibodeau
Deux degrés qui font une différence
? - François Cardinal
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
Obama
redécouvre le pétrole bitumineux -
François Cardinal
Des
autos
plus efficaces… mais plus polluantes -
FRANÇOIS CARDINAL
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE - Un lobby américain a sciemment
menti
Les
pays développés et émergents ne
s’entendent pas
L’air deMontréal moins bon en
2008
RECYCLAGE DE PILES USAGÉES Les
écocentres repoussent les commerçants -
François Cardinal
Entrepreneurs tout-puissants
Les Conservateurs pourraient-ils pourtant démontrer
leur irresponsabilité de manière plus
flagrante qu'à travers la négligence, sinon
le mépris qu'ils peuvent témoigner envers
l'environnement ?
Climat
- Échec lamentable
Le gouvernement conservateur ne fait-il vraiment que
toujours repousser toujours plus loin les limites du
je-m'en-foutisme environnemental ?...
GES:
le Canada n'imitera pas les nouvelles règles
américaines
Les Conservateurs auraient-ils complètement
laissé tombé l'environnement ?...
Coûteuse,
dommageable et inefficace
Gaz
à effet de serre - Aveuglement coûteux
GES:
l'opposition dénonce l'inaction du gouvernement
The numbers say it
all: Canada is a climate-change miscreant - Jeffrey
Simpson
Et en persistant à se moquer de l'environnement,
notamment en laissant au pouvoir les Conservateurs, le
Canada n'est-il pas surtout en train de passer à
côté de son propre avenir ?...
Réduction
des gaz à effet de serre - Le Canada a tout
à perdre à attendre
Énergie
rime
avec
idéologie
-
François
Cardinal
Énergies
vertes: le Canada manque le bateau, selon le Climate Group
Les Conservateurs auraient-ils besoin que le Canada se
retrouve avec sa propre marée noire pour cesser enfin
de se laisser contrôler par l'industrie
pétrolière ?...
L'industrie
pétrolière finance une réunion
ministérielle sur l'énergie
La
sécurité
avant
les
profits
Don’t
talk about oil-spill risks, minister told after Gulf
disaste
Forages
pétroliers - Pas question d'interdiction
Eaux
canadiennes - Greenpeace exige des lois plus
sévères en cas de marée noire
À moins que la leçon ait finalement
été comprise ?
Le
Canada reverra ses règles du forage
extracôtier
Et en fait, l'asservissement du gouvernement envers
l'industrie pétrolière serait-il donc en
train de menacer la santé même des Canadiens
?...
En
bref - Eau potable en Alberta:les libéraux accusent
Harper
Les Conservateurs peuvent-ils vraiment faire autrement
que de repousser toujours plus loin les limites de
l'inacceptable en ce qui a trait à l'environnement
?...
Colère à Environnement Canada
Canada
opposes
U.S.
effort
to
ban
polar
bear
trade
Un
gouvernement incompétent - André Pratte
La vraie sottise - Alain Dubuc
Pollution
automobile - Prentice provoque la stupeur du Québec
Vive
tension sur le climat entre Ottawa et Québec
«Sottise»: Charest réplique
sèchement à Prentice
Copenhague:
Ottawa abaisse sa cible
Canada
moves to lower greenhouse target, critics say
Canada
outlines
greenhouse-gas
targets
Wait for the details on Canada’s Copenhagen submission -
Norman Spector
Les Conservateurs se seraient-ils donnés pour but
d'éteindre les forces vives de tout ce qui se
rapporte à la protection de l'environnement ?...
Tory
axe
hits
‘muscle
and
bone’
of
climate
science,
Elizabeth
May
says
Climat:
le fédéral coupe de moitié le
financement de la recherche
En
bref - Le sort de la FCSCA préoccupe le monde
scientifique
Le
centre sur le climat de l'UQAM au bord de la fermeture
Les
cerveaux du climat désertent le Canada
Des chercheurs songent à partir - François
Cardinal
Les Conservateurs auraient-il carrément
déclaré la guerre à l'environnement
?...
Ottawa
abolit 776 postes en environnement
Climate-change
reputation
in
tatters?
Try
blustering
Charge contre les conservateurs - Denis
Lessard
Le
logo
de Greenpeace banni de la colline parlementaire
Et en fait, la guerre que semblent livrer les Conservateurs
à l'environnement n'est-elle pas en train de prendre
des proportions tout à fait ridicules ?
Canada’s commitment to ozone study
Les Conservateurs se moqueraient-ils tout
simplement de l'environnement ?
Les conservateurs boudent les groupes écologistes
Does
Peter
Kent
even
care
about
emissions?
-
Jeffrey
Simpson
A
changing climate – just not in cabinet - Jeffrey Simpson
Incurie
souriante
Ottawa
néglige la surveillance du climat - Un rapport
interne d'Environnement Canada sonne l'alarme
Changements
climatiques: trop peu, trop tard
Sables
bitumineux : Une plainte contre Ottawa est
déposée à la Commission de
coopération environnementale
Ottawa
suspend le programme de rénovations
écoENERGIE
Tories
curtail
key
environment
rules
How
the
Conservatives
dodged
the
climate
bullet
Ottawa
ne mettrait pas un sou dans la Maison du
développement durable
La
stratégie de développement durable se fait
attendre
Budget
fédéral 2010 - L'environnement et le climat
en deuil
Environnement
- Rien pour verdir le bilan des conservateurs
Les évaluations environnementales passent aux mains
de l'Office de l'énergie
Maxime
Bernier
has
'long
history'
of
climate-change
denial
La
Convention sur la biodiversité souhaite que le
Canada donne l'exemple
M.
Harper ne veut rien savoir - André Pratte
Les
conservateurs sommés de mieux financer la recherche
en environnement
Des
déchets à la mer!
Un
député conservateur sceptique des
changements climatiques
Le
fédéralisme bitumineux - Alain Dubuc
Ottawa
et Québec accusés de financer les
écosceptiques
La
réduction des cibles pour le secteur
pétrolier sème la consternation
GES:
Ottawa envisage des cibles plus faibles pour le secteur
pétrolier
Des
athlètes pressent Harper d'agir à Copenhague
Climat:
les villes réclament l'aide d'Ottawa
Greenpeace
dénonce l'inertie d'Ottawa
Harper,
Obama, même combat? - Alain Dubuc
Réchauffement:
le Canada n'est pas prêt - François Cardinal
Ottawa
reste de glace - François Cardinal
Des
manifestants ont occupé les bureaux de Jim Prentice
Climat:
le Canada n'est pas pressé d'agir
Ottawa
épinglé pour sa gestion des programmes verts
Un
nouveau maïs OGM sème
l’inquiétude - Stéphanie
Bérubé
GES Rapport du commissaire à l’environnement
- Ottawa ne peut démontrer
l’efficacité de ses mesures
Les environnementalistes somment Ottawa
d’agir
Et les Conservateurs ne réussiraient-ils donc
qu'à faire la honte du Canada de par le
mépris pur et simple que ceux-ci peuvent
témoigner envers l'environnement ?...
Canada’s
message: The world and its climate be damned - JEFFREY
SIMPSON
Le
Canada est au nombre des pires gestionnaires de gaz
à effet de serre
Kyoto
sans le Canada?
Attention, fragile! - François Cardinal
Pays
hôte - Le Canada doit donner l'exemple
Et lorsque le gouvernement conservateur s'engage à
faire quoi que ce soit pour l'environnement, se
pourrait-il donc qu'il ne se trouve en fait qu'à
tout simplement se moquer de la population en lui mentant
de façon aussi arrogante que grossière ?...
A coal-fired plant and the lie of the land
GES:
Ottawa
devra
décupler
ses
efforts
Les Conservateurs ne seraient-ils pas surtout en train
de nous isoler, en s'obstinant à ne vouloir que
bloquer tout avancement dans ce dossier ?...
Kyoto
et le Canada - Une position qui nous coûte cher
Environnement
- L'éthique élastique
A
convenient excuse for climate inaction
Le
lobbyisme
d’Ottawa
contraire
à
l’avis
d’Environnement
Canada
Voir aussi
Les Conservateurs
feraient-ils pâlir notre image ?
Climate change puts Conservative ‘knuckle draggers’ on hot
seat
Playing
a
dirty
game:
exporting
asbestos
-
Jeffrey
Simpson
Le ministre Prentice sous pression
Pourquoi
M.Harper était-il à Copenhague?
Harper
n'exclut pas une taxe sur le carbone... si les
États-Unis le font d'abord !...
Où
est Stephen? - Alain Dubuc
LE CANADA «
FOSSILISÉ »
Harper
absent du podium
Le
Canada victime d'un canular à Copenhague
GES:
le Canada s'expose à des sanctions
économiques
Palmarès
climatique: le Canada recalé
Pourquoi
s'acharner sur le Canada? - François Cardinal
Harper
devra en découdre avec Layton
Le
Canada, une menace contre la paix dans le monde?
Greenpeace
dénonce l'inertie d'Ottawa
Marché
climatique de Montréal: nouvel élan de
Copenhague
Ottawa
n'entend pas faire de nouvelles concessions à
Copenhague
Harper
rate le virage vert, selon Ignatieff
En
tête des opposants
Climat:
tous
les
pays
doivent
participer
à
un
accord,
dit
Harper
Le
Canada montré du doigt à Barcelone
Changements
climatiques : le ministre Prentice «dépasse
les bornes»
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Le ministre Prentice
s’attire les foudres de l’opposition -
Malorie Beauchemin
Les
libéraux sont divisés par une motion des
conservateurs
« Le gouvernement ne veut pas voir d’entente
à Copenhague »
Le
Canada
essuie les critiques du GIEC - FRANÇOIS
CARDINAL
BULLETIN
ENVIRONNEMENTAL DUWWF Le Canada au dernier
rang
ENVIRONNEMENT
-
Ottawa
veut
ralentir
Washington...
et
Schwarzenegger !
Et d'ailleurs, les Libéraux semblent-il maintenant
vouloir vraiment faire mieux sur ce dossier ?...
Les libéraux sont divisés par une motion des
conservateurs
Les Conservateurs ne pourraient-ils démontrer de
leadership que si de vrais leaders en démontrent
avant eux, les forçant ainsi à en
"démontrer" eux aussi ?
Le resquillage climatique
Les
changements climatiques seront à l'ordre du jour du
G8 et du G20
GES:
Maxime Bernier défend l'attentisme d'Ottawa
GES:
l'idée d'un régime nord-américain est
abandonnée
Pollution
automobile - Washington et Ottawa seront au diapason,
affirme Jim Prentice
Copier
les É.-U.? - André Pratte
Canada ties new
emissions-cuts targets to U.S. goals
Canada
moves to lower greenhouse target, critics say
Canada
outlines
greenhouse-gas
targets
Changements
climatiques: Harper change de ton
GES:
le Canada doit s'aligner sur les États-Unis, dit
Prentice
Harper
en phase avec Obama sur le climat
M.
Harper va à Copenhague - André Pratte
Obama
y sera, Harper attendra
Climat: Harper plaide pour un accord global
CHANGEMENTS
CLIMATIQUES Pas de plan intérieur avant un
plan international, dit Prentice - Malorie
Beauchemin
Voir aussi En
fait, à travers la "gestion" qu'ils font de
l'environnement, et surtout à travers l'absence
de cette dernière, les Conservateurs ne sont-il
pas en train de dépouiller le Canada de sa propre
souveraineté ?...
Et si le fait de de "s'aligner sur les États-Unis"
ne s'avérait en fait pas plus qu'un prétexte
de plus pour ne rien faire, après tout ?..
New U.S.
emission rules increases pressure on Harper government
Les États- Unis avancent, le Canada stagne
Les "politiques" des Conservateurs ne
seraient-elles en fait que des "écrans de
fumée" n'ayant d'autre but que de dissimuler leur
propre inaction ?...
Énergie
- Un plan, lequel?
GES:
la stratégie d'Ottawa n'aura aucun effet
Changements
climatiques: trop peu, trop tard
Ottawa
veut assouplir les évaluations environnementales
Qualité
de l'eau du Saint-Laurent - Ottawa tarde à
renouveler sa stratégie pour le fleuve
Pour
protéger l'eau, Ottawa devrait s'attaquer aux
changements climatiques
RÉDUCTIONDESGAZ
À
EFFETDE
SERRE
Ottawa
veut
instaurer
des
crédits
compensatoires
Les Conservateurs ne seraient-il capables que de
réduire la question leur discours sur
l'environnement à un faux débat entre
l'économie et l'écologie ?...
Ottawa veut réduire les GES sans renoncer aux
sables bitumineux
Les Conservateurs ne reconnaîtraient-ils la fonte
des glaces arctiques que lorsqu'il est question d'en
profiter pour s'enrichir, et même de ne le faire
qu'en exploitant toujours plus de pétrole ?...
As
the
sea
ice
melts,
so
melts
the
Arctic
-
Jeffrey
Simpson
On
the
bright
side,
the
PM
did
say
‘climate
change’
-
Jeffrey
Simpson
Cannon
amorce son séjour en Arctique
Les
écologistes dénoncent l'exploitation de
l'Arctique
Arctique:
une autre épreuve de force entre le Canada et la
Russie
La
géopolitique du climat au Canada - François
Cardinal
Les sables bitumineux représenteraient-ils donc la
honte de notre nation ?...
Canada’s
‘ethical oil’ push gets tarred in British papers
Keep Alberta's oil in the ground
Obama
tracassé
par
la
«
nature
destructrice
»
de
l’industrie
Embrace,
don’t
fight,
harmony
between
the
sands
and
the
land
in
Alberta
-
Globe
Editorial
Des
émanations
de
CO2
sèment
l’émoi
Ni
verts
ni
sales
Ottawa
et l'Alberta contrôlent mal les sables bitumineux
Un
nouveau
rapport
alarmant
Why
the
OECD
tore
a
strip
off
Alberta
Sables
bitumineux: plus de plomb et de mercure dans l'air et
l'eau
Le
boycottage du pétrole albertain s'accentue
Audubon publie un article critiquant les sables
bitumineux
Et notre négligence systématique de
l'environnement peut-elle vraiment faire autrement que de
compromettre la crédibilité de tout projet
futur, ne serait-ce qu'au niveau environnemental ?...
Notre
Arctique
Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne comprennent
tout simplement rien à l'environnement ?...
À peine nommé, Peter Kent est
déjà dans l’embarras
Peter Kent’s green agenda: Clean up oil sands’ dirty
reputation
Y a-t-il encore de l'espoir pour le Canada en
matière d'environnement ?...
Sables
bitumineux: Paul Martin estime que les É.-U. ont
une responsabilité
Sables bitumineux: Washington devrait payer
Le Canada veut partager la facture avec les
É.-U.
Ottawa
s'engage à préserver la nature en
Amérique du Nord
Cha ngements climatiques : Le Canada
doit d’abord restructurer son économie
... et en fait, le pays peut-il encore espérer ne
serait-ce que sauver la face à ce niveau ?...
«Les projecteurs seront fixés sur le
Canada»
Gary
Doer chargé de redorer le blason du Canada
Le dossier environnemental ne se trouve-t-il pas surtout
à illustrer à quel point le gouvernement
Harper est prêt à mener des batailles
d'arrière garde ?
Le
Parti
conservateur
a
maille
à partir avec une veuve d'une victime de l'amiante
Vers
la fin de l'amiante?
Even
the
dying
and
the
doctor
support
chrysotile
mining
in
Asbestos
Asbestos Exposure and Cancer Risk
Asbestos
as a cause of lung cancer
Information Sheet for Former Conwed Workers
Human
cost of asbestos is not worth the jobs
With asbestos, we are
the Ugly Canadians - Jeffrey Simpson
Canada
concedes science against asbestos is sound, but still
opposes export limits
Le
Canada
fait
cavalier
seul
au
sommet
de
Genève
Canada
moves to block listing of asbestos as 'hazardous'
Et par ailleurs, le gouvernement Charest ne se rend-il pas
encore plus ridicule en se permettant de critiquer le
gouvernement fédéral tout en étant
pourtant loin de faire mieux que ce dernier ?...
NO
EXTENSION FOR JEFFREY MINE
Appui
«
inquiétant
»
aux
sables
bitumineux
De
nouvelles
photos
gênantes
pour
l’industrie
de
l’amiante
Amiante
- Affaire de santé
Dumping
toxique
Editorial:
Stop promoting asbestos exports
L'amiantose
élevée au statut de secret d'État?
Amiante
- Un devoir moral - Bernard Descôteaux
The
Lancet
exhorte
Québec
à
ne
pas
soutenir
la
mine
d’amiante
Des
Asiatiques
en
appellent
à
la
conscience
des
Québécois
Des
Asiatiques
viendront
protester
au
Québec
L’amiante
sécuritaire
POUSSIÈRE
SUR
LA
VILLE
Le
paradoxe d'Asbestos
Amiante:
des photos embarrassantes pour une mine
québécoise
Des
médecins jugent que l'utilisation
sécuritaire de l'amiante est une
«chimère»
Amiante
- Une enquête journalistique montre le Canada et le
Québec du doigt
Investigation
slams asbestos industry
Des
faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les
écosystèmes québécois
Protection
des espèces aquatiques - Québec doit se
mouiller
Algues
bleues - Québec a un problème de
transparence
L'amiante
tue
-
François
Cardinal
Amiante:
Khadir accuse Bolduc de manquer à ses
responsabilités de médecin
Énergie
verte: la grande diversion
Financement
des organismes environnementaux - Les groupes restent dans
le doute
Trop
tôt pour sauver les rainettes, dit le
Ministère
Exportation
d'amiante: des scientifiques accusent Québec
d'«hypocrisie»
Une
coalition en faveur du chrysotile voit le jour
Les
groupes écologistes veulent des sous du Fonds vert
Crise
de financement dans les groupes environnementaux
Du
pétrole « sale » au Québec ?
Une
fibre québécoise - Le mystère
politique de l'amiante
Les
libéraux refusent de débattre sur l'amiante
Amiante
chrysotile: des propos accablants pour le Canada
Lettres
- Merci M. Charest
Quebec
quietly
promotes
oil-sands
opportunities
Mission
commerciale en Alberta: Charest critiqué à
Ottawa
Quand
c'est notre cochonnerie - Alain Dubuc
L'embarras
de Jean Charest en Inde
Lettres
- Bonne conscience
Amiante:
les travailleurs indiens critiquent Charest
Mission
Inde 2010 - Charest est rattrapé par les victimes
de l'amiante
Amiante:
l'image du Québec ternie
It
is deeply immoral for Quebec to sell asbestos
Les
gaz à effet de serre en hausse au Québec
Honteux
et indéfendable - Rima Elkouri
L'amiante rattrape Jean Charest
À l'Inde d'imposer des normes plus sûres, dit
Jean Charest
Amiante
- Des travailleurs indiens accusent Charest d'être
irresponsable
Amiante:
l'Inde attend Charest de pied ferme
Amiante:
les travailleurs indiens critiquent Charest
La détermination de Charest pour l'environnement
applaudie en Inde
Notre
arrogance - André Pratte
Notre
leadership
- Line Beauchamp
Marianopolis:
Québec donne son accord au projet
Le
PQ accuse le PLQ de contribuer à l'échec de
Copenhague
Agissons
ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le
retard des audiences
Québec pourrait virer son capot sur
l’amiante - François Cardinal
Amiante: le Québec a la norme la plus
permissive en Occident
Amiante : Québec persiste et signe
- FRANÇOIS CARDINAL
Les algues bleu-vert persisteront malgré le
printemps frais Il faut voir à long
terme, dit la ministre Line Beauchamp
...Et seraient-ils pourtant les seuls à se draper de
vert afin de cacher leur statut de dernier de classe en la
matière ?...
Gilles Vaillancourt pris à partie
- Martin Croteau
LAVAL
Le discours écolo du maire
dénoncé - Charles
Côté
En fait, le contraste n'est-il pas total, entre le
discours environnemental de nos "leaders", et le manque de
leadership que ceux-ci démontrent pour ce qui est
de justement faire passer ce discours à la
réalité ?...
Incitatifs
gouvernementaux à l'achat de véhicules verts
- Beaucoup de bruit pour pas grand-chose...
Faites-nous
confiance... - François Cardinal
Et s'il peut nous rester quelque réputation
environnementale que ce soit, se pourrait-il donc que
celle si s'avère carrément surfaite ?...
De
possibles déversements dans les Grands Lacs
inquiètent les experts
Se pourrait-il d'ailleurs que nous ne soyions tous pas
vraiment aussi verts que nous aimerions le faire
paraître ?...
Lutte
contre
les
changements climatiques - La part des transports reste
lourde
Les
rejets municipaux, pollueurs numéro 1
Climate change? Not in
this campaign - Jeffrey Simpson
En
bref - La toilette, cette poubelle
Un
rapport de l’ONU réprimande le Canada
Le
nouveau Plan Saint-Laurent néglige des pans du
fleuve
Hazards
of
the
mighty
pesticide
wand
Des
faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les
écosystèmes québécois
Journée
compte-gouttes - Le Québec doit réduire sa
consommation d'eau, rappelle RÉSEAU Environnement
Le Canada incapable de
gérer son eau
Les
égoûts fuient dans tout le pays
En
bref - Lancement d'une campagne de publicité
anti-Alberta
L'environnement,
priorité des Canadiens
Ni
rose
ni
vert
-
François
Cardinal
Sommet
sur la biodiversité de Montréal -
Montréal protège mal sa biodiversité
En
bref - GES: le voisin américain fait mieux
Gaz
à effet de serre - Québec rate l'objectif de
Koyto
Pollution
minière : des employés d'une filiale
canadienne arrêtés en Mauritanie
Fighting the
blue-green algae plague is blooming
complicated - Jeffrey
Simpson
Les
gaz à effet de serre en hausse au Québec
Des
déchets à la mer!
Récupérer?
Oui, mais... - Ariane Krol
Agissons ou taisons-nous - ANDRÉ
PRATTE
Les Canadiens moins « verts
» en réalité -
Catherine Handfield
Et aurions-nous donc même une petite tendance à
revenir en arrière ?...
Pourquoi?
Environnement
- Des voix multiples s'élèvent contre
l'abolition de Recyc-Québec
La
disparition
de
RecycQuébec
inquiète
l’industrie
du
pneu
recyclé
Serions-nous par ailleurs en train de nous livrer en douce
à l'élimination systématique de nos
propres milieux humides ?...
Les milieux humides pourraient disparaître
Et quelles autres nouvelles mauvaises surprises trouve-t-on
encore le moyen de réserver à l'environnement,
par ailleurs ?...
Une guerre de l'eau à Montréal
Et que dire du Parti Vert, pendant qu'on y est ?...
Elizabeth May should have been heard
Le
grand pari d'Elizabeth May
‘Vision
Green’
platform
includes
carbon
tax,
income-splitting
« La voix de la conscience et de la raison » ,
dit May
Elizabeth
May
sees
‘clear
two-way
race’
with
Tory
incumbent
Gary
Lunn
L'amour
en vert
Parti
vert du Canada - Remous internes autour du leadership
d'Elizabeth May
It's
a
tough
climate
for
Elizabeth
May
and
the
Greens
-
Lawrence
Martin
Elizabeth
May
takes
your
questions:
How
would
the
Greens
tackle
health
care?
Et jusqu'à quel point de telles mesures
sont-elles vraiment impressionnantes ?...
Marché
du carbone: le projet québécois comporte des
failles
Québec inc. souffle le chaud et le froid
La
réforme sur la qualité de
l'atmosphère - De l'air pour les citoyens ou pour
les industries ?
Québec
resserre les normes sur la qualité de l'air - Les
règles étaient restées
inchangées depuis 32 ans
Véhicules
électriques - De la poudre aux yeux... verte
Taxons
l’énergivore
Offensive
pour les véhicules électriques -
Québec tente de faire oublier ses échecs
Compost : La ville centre ne paiera qu’en
partie - Éric Clément
Québec
veut réduire ses émissions de 20% en 2020
Pouf!
On a «éliminé» les
déchets... - François Cardinal
Repenser
le déchet - Ariane Krol
Agissons
ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
MONTRÉAL PREND LE LEED -
François Cardinal
Nouveau
plan pour les énergies vertes
Normandeau
annonce
un
premier
projet
éolien
Accord sur les émissions de gaz à
effet de serre Le Québec accepte
un plafonnement
Et se pourrait-il pourtant que nos gouvernements
eux-mêmes soient parfois capables de certains bons
coups ?...
En bref -
Vers des réfrigérateurs moins
énergivores
Gaz
à effet de serre - L'enjambée du
Québec
GES:
feu vert au plan de réduction
Les
entreprises devront élargir la
récupération
Le
Québec
à
la
remorque
Les
sources d'eau potable protégées?
Québec
veut adopter un mode d'analyse plus complet des impacts
écologiques
Nouvelle
taxe sur l'essence dès samedi
Québec
imposera une redevance sur l'eau de 8,8 millions aux
industriels
Les
routes se vident des vieux «bazous»
Quebec
gets tougher on polluters - at last
Québec
appuie sur l'accélérateur électrique
Auto-emission
deal clears the air
GES
des
véhicules:
Québec
crie
victoire
Tremblay
veut appliquer la taxe d'accise sur l'essence avant
l'été
Compostage
à Montréal: quatre lieux choisis d'ici mai
Paying
for packaging makes sense
La
facture du recyclage refilée aux entreprises
Les
maires demandent une hausse de la taxe sur l'essence
Une
annonce d'un demi-milliard
Gérald
Tremblay propose d'augmenter la taxe sur l'essence
Charest
veut électrifier tout le transport de la province
Québec
interdira l'enfouissement du papier, puis des
déchets de table
Six
projets d'usine de compostage sur les rails à
Montréal
Des réactions positives à la nouvelle
politique verte de Québec
Les
États fédérés ont un
rôle à jouer, plaide Jean Charest
- Richard Hétu
LeQGdes
écolos dumondeàMontréal
CONGRÈS
DES
JEUNES
LIBÉRAUX
Les
automobilistes
dans
la
ligne
de
mire
Jean
Charest sera à Copenhague
Les
fabricants
seront obligés de recycler - François
Cardinal
Montréal aura bientôt son
usine de désinfection
Car après tout, pourquoi attendre que les
gros joueurs bougent plutôt que de soi-même
décider d'aller de l'avant ?...
Les villes et provinces exigent une place à la
table des négociations
Le
Québec et Copenhague - Alain Dubuc
Mais pourtant, pourquoi
le moindre changement semble-t-il ne jamais pouvoir ici
se faire
qu'à pas de tortue ?...
STM - Le réseau
entièrement électrifié en 2026 :
Une première en Amérique du Nord
Le
Canada a réduit ses émissions de GES de 2,1%
en 2008
Un
bac de compostage à la maison d'ici 2014 dans le
Grand Montréal
Un échec, le bac-sac? - François Cardinal
Repenser
le déchet - Ariane Krol
Vers une collecte des résidus de table
- Martine Letarte
EFFORTS À LA POUBELLE
- Philippe Sartre
L’île
de Montréal ratifie un plan de 240 millions
- Martin Croteau
Compostage
à
Montréal
:
L
e
nom
bre
de
foyers
desser
vis
triplera
Le
bac brun pour tous d’ici 2014 - Charles
Côté
Lancement d’un nouveau bac de
récupération
Un… euh… un machin de recyclage
- Marc Tison
Et à force d'avancer à
force d'initiatives personnelles et collectives, comment
pourrait-on ne pas y arriver ?...
While global climate
talks flounder, domestic initiatives advance
The green roofs of Montreal
Le
révolutionnaire
agricole
La
femme qui a fait chuter Chevron
Les
leçons
du
sac
en
plastique
Clean
energy: getting a pulse on Vancouver - Jeffrey Simpson
Voiture
en commun
Benoît
Robert, président de Communauto - Les deux mains
sur le volant
ADM
vend des crédits de carbone
Crédits
de carbone: de l'école à la banque
Voitures
électriques: un autre petit pas du Québec
Une
société aurifère à
contre-courant
Des
déchets pour faire pousser nos légumes
ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac
distribué
Un frigo qui sauve la planète et
coûte moins cher
Idéal,
le scooter électrique ? - FRANÇOIS
CARDINAL
Et ne pouvons-nous pas faire nous-mêmes notre part
?...
À l’école sans ma voiture
- François Cardinal
Lundi sans viande - Stéphanie
Bérubé
Et si tout commençait en fait par notre propre
consommation ?...
Tempête dans l’assiette bio -
Stéphanie Bérubé
Et surtout, quels seraient les moins bons joueurs qu'il
vaudrait donc mieux ne pas trop encourager ?...
Le (bon vieux) catalogue: un dinosaure en voie de
disparition?
LA
FIN DU BOTTIN ? - François Cardinal
Des internautes partent en croisade contre les Pages
Jaunes - Martin Croteau
HARO SUR LE CATALOGUE SEARS
- François Cardinal
Les fournisseurs de cellulaire ne sont
pas « verts »
N'avons-nous pas qu'à suivre l'exemple de
véritables leaders ?...
En
bref - Taxe carbone en Australie
Crosscheck:
The
greenest
province?
APRÈS
LE
PC,
BILLGATES
S’ATTAQUEAUX
TOILETTES
Australia’s
PM shows political courage on climate change-Jeffrey
Simpson
GES:
l'Europe fait le pari de l'efficacité
énergétique
Réduction
des gaz à effet de serre - Succès
imprévu du bonus-malus
L’énergie
solaire
brille
dans
l’Ouest
américain
Bourse
du carbone - L'aviation civile prise de vitesse par
l'Europe?
ADM
vend des crédits de carbone
Crédits
de carbone: de l'école à la banque
Révolution
verte en Ontario
L'Indonésie,
terre de volcans, parie sur la géothermie
Automobile
- La France prend le virage électrique à
pleine vitesse
Let’s
give
our
grandkids
a
powerful
legacy
Longueuil
n'achètera plus que des autobus hybrides
Ontario
takes
green
lead
with
record
$8-billion
energy
investment
Auto-emission
deal clears the air
Des
Américains payés pour économiser
l'énergie
Deux
entreprises américaines boycottent les sables
bitumineux
Seattle:
le secret d'une ville verte
Une population qui consomme vert
Course
aux investissements verts: l'Ontario décolle
TerraCycle lance le déchet commandité au
Canada.
Des
Jeux verts, verts, verts... - Yves Boisvert
La Californie s’attaque aux écrans plats
énergivores - Nicolas
Bérubé
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
La femme qui plantait des arbres -
Laura-Julie Perrault
Les
ours polaires protégés
Conçu pour ne pas durer...
- François Cardinal
Un devoir des entreprises -
Pierre-Marc Tremblay
COUSTEAU
: LE FILS DU COMMANDANT - Mathieu Perrault
GUY
LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE,
ÉCOLO... ET GrARDIEN DE L'EAU !...
Où
sont
nos
villes
vertes
?...
- FRANÇOIS CARDINAL
Le
virage vert de Monaco
Ne semblerait-il pas d'ailleurs que nous soyons aussi
capables d'avancer du moment que l'on s'y met pour de
vrai ?...
Le secteur du stade passe au vert -
Éric Clément
Comment rouler plus proprement qu'à vélo ?...
L'Amérique à vélo - François Cardinal
Plus de vélos, moins d’accidents...
- François Cardinal
Pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas devenir une
nouvelle capitale du vélo ?...
«
Montréal
doit
montrer
la
voie
»
Bixi
sous la loupe du vérificateur
Le
Bixi arrive à Londres
Bixi
sur le chemin de la rentabilité
Opaque,
le Bixi
La
«saga des racks à bicycles»
Pédaler
dans la neige? - François Cardinal
25e TOUR DE L’ÎLE Montréal
transformé en capitale du vélo
Bixi
ira à Londres et à Boston - Sara
Champagne
Des
Bixi à Ottawa, à Gatineau et
peut-être à Seattle
Le Bixi étend son empire
Un loueur de vélos se dit
pénalisé par le Bixi
Le seul
problème avec le Bixi : il marche trop bien !...
Une quarantaine de Bixi disparus
Auto,
métro, vélo, boulot, dodo -
FRANÇOIS CARDINAL
Dix idées pour améliorer
le Bixi
ENVIRONNEMENT
-
Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine
Les
stations
Bixi suscitent plus de curiosité que
d'enthousiasme...
La
leçon de Bixi - PIERRE FOGLIA
Bixi
: Montréal exporte son modèle en
Amérique - François Cardinal
Aux
vélos,
citoyens
!
Le
vélo BIXI de Montréal plus cher
voir aussi : Bixi,
blogue
et bullshit - PATRICK LAGACÉ
APRÈS LES BIXI, LESVOITURES LIBRE- SERVICE
Et pourquoi ne pas se doter d'un système de
transports en commun digne de ce nom, pendant qu'on y est
?...
Une idée géniale en péril
Donner avant d’enlever
Les
villes lentes, l'avenir de l'urbanité
Ils ont dit non aux bouchons
Le taxi collectif pour contrer les bouchons
Your Views: Problems with public transit
On s’y fait
QUÉBEC
RALENTIT LE RYTHME
Retour
vers
le
futur
Électrification
des transports collectifs: une «corvée»
de 7 milliards
En
attendant
le
plan
d’ensemble
Comment
on
étouffe
une
ville
Une
décennie
de
revirements
Bouchons
maudits
Tarifer
au lieu de taxer
Plan
de transport: maigres moyens, maigres résultats
Lutte
contre les changements climatiques - Le Québec est
bon élève, sauf dans le transport routier
Build
it and they shall ride
Un pas à la fois - Nathalie Collard
Le
transport collectif gagne du terrain
S’inspirer de Londres - Adrien Pouliot
L'AMT serait «encadrée» par les
municipalités
Le
métro chinois - Yves Boisvert
La STM refuse de se convertir aux roues d'acier
Renouvellement
des voitures du métro - La STM rejette l'offre
chinoise
Métro
de Montréal: Québec doit rouvrir l'appel
d'offres
Métro: une société chinoise
prête à recourir aux tribunaux
La
Ville injecte 450 millions dans les transports en commun
La
STM peut faire mieux - Nathalie Collard
«Nous
vous avons entendus», jure l'AMT à ses
usagers
Le
tramway est rentable, dit le maire de Bordeaux
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non
- MARIE-CLAUDE LORTIE
Parlons transport - NATHALIE COLLARD
En attendant les grands projets... -
Bruno Bisson
Transports collectifs : Quelles sont les
priorités ? - Florence Junca-Adenot
J’angoisse à l’idée de
prendre l’autobus et le métro pour aller travailler
Le prolongement du métro à
l’étude - Bruno Bisson
Prenez l’auto, le bus est plein... -
FRANÇOIS CARDINAL
OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ?
- Bruno Bisson
Train Québec-Windsor : Construisez-le, et ils
le prendront...
Québec-Windsor, un couloir rentable
- FRANÇOIS CARDINAL
Hydro
fait une entrée prudente dans le transport
électrique - Hélène
Baril
Le
bétail humain - Jean-Serge Baribeau
La
STM de Labrecque - NATHALIE COLLARD
L'AMT
électrifiera le réseau de trains de
banlieue - François Cardinal
Un pacte à trois pour prolonger
le métro
Et si l'on commençait justement par offrir de
véritables alternatives à l'automobile
plutôt que de ne chercher qu'à punir les
automobilistes ?...
Le « péage intelligent » peut- il
sauver Montréal ?
Et que dire d'un éventuel TGV ?...
Faire
Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu
dans les airs...
TGV: quel est le plan? -
Vincent
Marissal
Fast
train to New York is an enticing proposal
TGV
Montréal-New
York
-
Le
plus
lent
des
trains
-
Bernard Descôteaux
Le
mauvais TGV - André Pratte
Lettres - Un TGV avec Toronto serait anachronique
Et si l'on parlait un peu de nos milieux humides ?...
Milieux
naturels: le statu quo ne suffit pas
Certains
milieux humides seront moins protégés
... ou encore de l'étalement urbain ?
Le
vert et le blanc
Construire dans le potager
Contrer le désert agricole et embellir le
Québec
Le trou de beigne
... ou carrément de surpopulation ?
As we reach 7 billion, good news and bad news
Ou ne serions-nous capables de nous montrer
conscientisés que lorsqu'il est temps de parler,
plutôt que d'agir ?...
Les Québécois conscientisés par
l'environnement
Dans le combat pour l'environnement, peut-on dire que tous
les coups sont permis ?...
Bataille navale en Antarctique
Comment être contre-productif...
« Nous assistons à un vol de l’eau par
le privé » - FRANÇOIS
CARDINAL
LES
POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE - Martin
Vallières
Voir aussi Les
glaneurs
de la consigne - Mathieu Perrault
Tarifs
d'Hydro : une bataille d’arrière-garde -
ALAIN DUBUC
OZONE : ON N’EN SORT PAS...
Défendre l'environnement est-il toujours
éthique ?...
Un
essor inespéré
You
can
turn
off
the
lights
–
or
collect
solar
energy
in
space
Libre
opinion - L'or bleu du Québec
La
bataille
perdue
du
couvent
-
Michèle Ouimet
Attention,
votre poubelle vous regarde...
L'exploitation des gaz de shiste représente-t-elle
une manne ou une malédiction ?...
Gaz
de schiste - Du Québec à la Pennsylvanie
Un
cas de pollution embête l’industrie
L’évaluation environnementale va passer à
côté de « risques énormes
»
Selon
le Collectif scientifique sur les gaz de schiste - La
pertinence de développer le gaz de schiste n'est
pas démontrée
Libre
opinion - Lucien Bouchard, Robert F. Kennedy Jr et nous
Bouchard
rejette l’idée d’enchères sur les permis
d’exploration
Gaz
de schiste : les militants se disent bouleversés
par leur mission d'observation aux États-Unis
Charest
trouve l’idée « intéressante »
Soyons coactionnaires
Elvis et les schistes
Gaz
de schiste - Québec est dans le pétrin
à La Présentation
Un puits fermé fuit toujours
Le
liquide
de
fracturation
néfaste
pour
la
forêt
L’industrie échappe au nouveau règlement sur
la qualité de l’air
Selon
un
rapport
européen
-
L'UE
devrait
attendre
avant
de
donner
son
feu
vert
au
schiste
Gaz
de
schiste,
une
bulle?
GES:
à court terme, le gaz de schiste serait pire que le
charbon
L’état de newyork entrouvre la porte
Gaz
de schiste - Vers une bulle spéculative?
L’industrie
exemptée
de
déclarer
ses
rejets
polluants
Gaz
de schiste: Prudence!
Le
Texas
resserre
sa
réglementation
Le
siège
des
citoyens
confié
à
un
professionnel
Gaz
de schiste - Une première preuve de la
contamination
Schiste:
les écologistes exclus de l'évaluation
La
France interdit l'extraction des gaz de schiste
Le
gaz de schiste change la donne énergétique
mondiale
Évaluation
des gaz de schiste - Il faut comparer avec les autres
types d'énergies, clament des scientifiques
Selon
une étude sur les émissions de GES - Les gaz
de schiste plus polluants que le charbon
Une
surveillance
inefficace
de
l’industrie
Gaz
de schiste: précipitation et laxisme
L'affaire
des 5 milliards perdus
Gaz et politique
L’industrie
se
dit
prête
à
passer
le
test
de
l’intérêt
public
L’effet Bouchard
Un
moratoire,
sans
le
nom
Le
BAPE recommande une vaste étude environnementale
Accommodement raisonnable
Le gaz ne s’échappera pas
Gaz
de schiste: Québec calme le jeu
Le
gaz de schiste inquiète encore aux
États-Unis
Le
rapport du BAPE sur les gaz de schiste - Une rebuffade qui
laisse la porte ouverte à l'industrie
Gaz
de schiste - Un «collectif scientifique» aura
Québec à l'oeil
La
Régie
de
l’énergie
appelée
en
renfort
Gaz
de schiste - Le ministre Arcand recevra le rapport d'un
«BAPE parallèle»
Gaz
de schiste: Lucien Bouchard se voit comme un
médiateur
Deux
mythes
Le
Québec a tout à perdre!
Les
ingénieurs
prônent
la
prudence
et
un
moratoire
Gaz
de schiste - Colmater les puits à long terme
pourrait coûter des milliards au Québec
Gaz
de schiste - Appel à la prudence d'un expert de
l'industrie minière
Un
éminent géologue sonne l’alarme
La
France met un holà au gaz de schiste
Gaz
de schiste - Des millions de litres de diesel
injectés dans le sol aux États-Unis
JE
ME
SENS
SEULE
Fuites
des puits de gaz de schiste - Un réél
«bris de confiance», dit Équiterre
Le
négociateur
L’exploitation
contribue
au
smog
Le
temps
de
la
lucidité…
BOUCHARD
À
LA
RESCOUSSE
Le monde est petit
Bouchard
à la rescousse de l'industrie du gaz de schiste
Les
mérites
de
l’exploration
Lucien
Bouchard fera la promotion du gaz de schiste
Par
ici
la
sortie!
Québec ouvre la porte au moratoire
Potentiel exceptionnel
Le
Québec ne résistera pas au gaz de schiste,
selon Alstom
Le gaz de schiste n’aidera en rien le climat, selon une
étude
11
puits
présentent
un
risque
potentiel
Gaz
de schiste: trop de risques non évalués, dit
la Santé publique
La Santé publique appelle à la prudence
Rien
de
rassurant
Gaz
de schiste - Laxisme et complaisance
La
plupart
des
puits
ont
des
fuites
Renverser
la
vapeur
Les
vertus
du
gaz
de
schiste
Les
sources d'eau potable protégées?
Une
nuit
pour
y
penser
Les
failles
d’un
modèle
Deux
villes,
deux
réalités
La culture du refus
C.-B.:
le monde rural bousculé par le boom gazier
Gaz de schiste: la parole d’un ministre
Les
vertus
du
gaz
contestées
Gaz
de schiste - Imiter la Norvège? Trop tard, dit un
expert
Gaz
de
Chine
De
l’eau
dans
le
gaz
La
Pennsylvanie va restreindre l'exploitation des gaz de
schiste
Une
exploitation propre est-elle possible?
Un
frein à la ruée vers le gaz
Gaz
de schiste - «À quoi sert la loi de
l'eau?»
Gaz
de schiste - Les réserves d'eau seraient
menacées
Certaines
questions
restent
entières
Des risques réels pour l’environnement
Le
gouvernement
et
l’industrie
renvoyés
à
leurs
devoirs
Déjà
40
produits
chimiques
identifiés
Gaz
de schiste - La charrue devant les boeufs ?
Quebec's
drilling policy is full of holes
Gaz de schiste: le débat parti tout croche
Deux
filières, deux mesures
Les
déclarations de Normandeau ne s'appuient sur aucune
étude
Faire
passer le Québec du pétrole au gaz d'ici 10
ans
Gaz
de schiste - L'exploitation rentable sans exportation
L'échec
de l'industrie gazière
Énergie:
l'effroyable complexité des choses
Gaz de schiste: dure soirée pour l'industrie
à Bécancour
Équiterre réclame un moratoire sur le gaz de
schiste
Gaz
de schiste: les incertitudes scientifiques justifient un
moratoire, selon Équiterre
Gaz
de schiste: Normandeau fait vibrer des cordes sensibles
Une
mission impossible
Gaz
de schistes: des solutions de rechange existent
Qui
sont les acteurs derrière les gaz de schiste?
Les
gaz de schiste - Et dire qu'on voulait importer
Comment
André Caillé est devenu la bête noire
des écologistes
Gaz
de schiste: mission impossible pour le BAPE, selon une
experte
Un
moratoire partiel
Gaz
de schiste: a-t-on manqué le bateau?
Le
gaz du schisme
Marois right on gas
Gaz
de schiste - Un moratoire nécessaire
Boisclair
critique la position de Marois
Les
valises
Caution,
baby, caution on natural gas
Des
bénéfices pour qui?
Le
BAPE est nécessaire
Gaz
de schiste: 1435 infractions en Pennsylvanie
Exploration
gazière - Le Québec accuse un déficit
de connaissances
Gaz
de schiste: les municipalités dénoncent
«l'improvisation»
Gaz
de schiste: la pression monte
Les
oiseaux
de
proie
-
Pierre Foglia
Une
industrie exemptée de plusieurs lois
There's
no need to rush on natural gas
Gaz de shale: un vétéran de l'industrie
parmi les opposants
Moratoires demandés sur les forages
Prospection gazière: des leçons pour le
Québec
Ne pas dormir au gaz - André Pratte
Le
Québec, pays de l'or noir?
Forer, forer, mais à quel prix?
Le gaz de schiste sème l'inquiétude
Pétrole
Un débat houleux s’annonce aux Îles- de- la-
Madeleine
Québec
n'a pas décidé s'il encadrera l'industrie
pétrolière
Un
projet pétrolier suscite des craintes
Laissons
aller Shell
Le
choix du pétrole - Philippe Faucher
Y aurait-il donc quelque chose qui cloche avec l'approche de
l'industrie, à la base ?...
Une
industrie
«violente»
Et en fait, ne peut-on pas d'ailleurs en dire autant de
l'approche des environnementalistes ?...
Les
pingouins
d’abord!
Terrorisme
environnemental
Le crime du président
Des
environnementalistes
«
sauvages
»
Et si l'heure avait maintenant sonné pour que l'on
commence enfin à gérer nos déchets
n'une façon qui soit ne serait-ce que moindrement
logique ?...
Au
tour
du
bac
brun
Si les êtres humains ont des droits innés,
alors pourquoi les animaux n'en auraient-ils pas aussi ?...
Better animal-control system badly needed
La chasse au phoque ne devrait-elle plus représenter
qu'un vestige du passé ?...
L'industrie
canadienne du phoque a le feu vert en Chine
Un
seul bateau à l'ouverture de la chasse au phoque
Les
quotas pour la chasse aux phoques augmentent
Du
phoque au menu pour tous les partis politiques
It's
no longer worth fighting for the seal hunt
L’embargo européen fait mal aux
chasseurs de phoque - Sue Bailey
Du
gaspillage de fonds publics - Christine
Godard
L’Union
européenne
interdit les produits du phoque - Marc
Thibodeau
Phoque
et rephoque - PIERRE FOGLIA
Embargo
sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN DUBUC
Fini le
phoque en Europe
Seal
cull recommended for southern Gulf of St. Lawrence
Too Many Seals, Not Enough Sharks
... et tant qu'à cela, que dire du foie gras ?...
L’incident du foie gras
Il
était
un
foie
à
New
York
Luttes locales, luttes globales...
Luttes
locales,
lutte globale...
Plus
gros procès environnemental : Les actionnaires
de Chevron veulent savoir
Le Mont-Royal est-il à vendre ?...
Marianopolis:
le maire rejette le projet résidentiel
A
good plan for Mount Royal
Pour ne plus saccager la montagne
Convent
conversion makes sense
La
montagne
n'est
pas
à
vendre
-
Michèle Ouimet
La transformation du couvent Mont-Jésus-Marie ira
de l'avant
La
bataille
perdue
du
couvent
-
Michèle Ouimet
Couvent
Mont-Jésus-Marie: le conseil négocie
jusqu'à une heure du matin
Lettres
- Honte à l'UdeM
1420,
boulevard Mont-Royal - Baisser les bras
Couvent
Mont-Jésus-Marie: Harel mobilise la population
contre le projet
Condos
sur le mont Royal: un répit pour les opposants
Conversion
du couvent Mont-Jésus-Marie: séance houleuse
en vue
Marianopolis:
Québec donne son accord au projet
L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on
croit - François Cardinal
Marianopolis : Le promoteur est
prêt à faire des compromis
Marrianopolis
: L’Office invite à réduire les hauteurs
- Sara Champagne
La montagne rétrécit -
Marcel Côté
Propos désolants -
Jean-Pierre Morin
Non
à Marianopolis - MICHÈLE OUIMET
Non recevable - Phyllis Lambert
Ça fait pleurer les
écureuils (mais pas moi) - YVES BOISVERT
LA MONTAGNE
ASSIÉGÉE
Helen Fotopulos évoque un rejet
du projet Marianopolis
La Ville demandera deux avis
à Québec
Le
projet
Marianopolis ne menace pas le mont Royal... selon les
principaux intéresssés !...
Pauvre
mont Royal ! - NATHALIE COLLARD
La peur d’aller de l’avant -
Pierre Pomerleau
L'environnement serait-elle la dernière
préoccupation du maire de Laval ?...
Les
milieux humides avalés par un trou noir
Forêt
rasée sans permission à Laval: pas de
poursuites
Forêt coupée illégalement à
Laval
Et que dire de ce qui peut se passer ailleurs dans la
province ?...
Projet d'hydrolienne de rivière à
Baie-Comeau
Le
dépotoir de Lachute au coeur d'une bataille
juridique
Déchets
de Longueuil enfouis à Lachute: le PQ porte plainte
Décontamination de l’ancien Technoparc
« Un problème plus complexe que prévu
» - Martin Croteau
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS Un
projet à Longueuil provoque une levée de
boucliers à Lachute - Martin Croteau
Troisième centre de transbordement à
Longueil : Permis délivré malgré la
promesse du maire - Éric Clément
RCI
commence les travaux sans permis - Éric
Clément
La
Ville écarte la gazéification des
déchets - Charles Côté
Un projet d'enfouissement non justifié - Charles
Côté
Le terrain miné des mines...
La roche sexy
Les mines échapperont encore aux
municipalités
Abitibi-Témiscamingue:
malaise autour des mines à ciel ouvert
Projets
miniers - La Cour suprême déboute
Québec
Information
minière: vers des exigences assouplies
Projet
de mine dans le nord du Québec - Des diamants
«verts»?
Une
entreprise minière canadienne au coeur d'une
controverse
Projet
minier à Sept-Îles: Québec assure
vouloir respecter la volonté de la population
Le
Québec a la mine basse - Sophie Cousineau
L'industrie
minière au banc des accusés
Les
mines d’uranium appelées à faire partie
du paysage québécois
Le
BAPE vote en faveur du projet de mine d’Osisko
Voir aussi FEU
VERT
À OSISKO - Philippe Mercure
Des
résidants entendent se battre contre un projet de
mine pratiquement improvisé..
Des
compagnies minières qui paient à peine
de redevances ?...
Voir aussi Et
que
dire des richesses de notre sous-sol national ?...
À moins que les choses ne soient pas toutes
nécessairement si noires, même dans le monde
minier ?
Le jour et la nuit
Y a-t-il des idées pour faire toujours plus
avancer ce dossier ?...
La guerre contre l’eau en bouteille -
Mathieu Perrault
Valse verte pour marteau-piqueur -
Marie-Claude Lortie
Comment repenser notre société ?...
Le partage et le temporaire
LAVILLE
QUI
PLANTAIT
DES
LÉGUMES
EN
VERT
ET
AVEC
TOUS
Une serre géante aménagée sur un toit
Une
ferme sur le toit, sans pesticides ni OGM
Quand
la chaleur humaine remplace le chauffage
Construire
aujourd'hui la ville de demain
Des
idées pour le Québec - Réduire la
pollution pour favoriser l'économie
Sans
voitures ou sans vision?
Griffintown: un quartier sans voitures à
Montréal?
Qu'est-ce
qu'un écoquartier?
Aux
quatre coins du monde, des écoquartiers prennent
vie
It's
a continental trend: a chicken on every plot
Rosemont
pourrait dire oui aux poules
Un
verre
de
Côte-des-Neiges
avec
ça?
-
Marie-Claude Lortie
La
ville
un
peu
fermière
-
Marie-Claude Lortie
L'Église
tient un concile vert
Et
si Turcot devenait un parc suspendu? - Marie-Claude Lortie
Et comment repenser le repensement de la
société ?...
Acupuncture
urbaine
Une occasion à saisir
Sans
ma voiture, pourquoi au juste?
Votre sapin de
Noël a été brûlé... -
François Cardinal
Réduisons
le nombre de naissances, recommande l'ONU
Voir aussi Et
si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre
pour sauver l'environnement ?...
Notre amie la densité urbaine -
Marie-Claude Lortie
Et comment repenser la protection de l'environnement en tant
que telle, pendant qu'on y est ?..
(Et s'il n'y avait pas beaucoup de sens à ne
représenter le dossier de l'environnement qu'en noir
et en blanc ?...)
Le
parcours
d’un
produit
scruté
à
la
loupe
Le
kilomètre alimentaire, un mythe? - Alain Dubuc
Comment sauver l'environnement sans commencer à le
faire dans son propre environnement ?...
Éoliennes : un danger
pour la santé ?
Pas
de solaire dans ma cour - Mathieu Perreault
Et si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre
pour sauver l'environnement ?...
L'entrevue
- Voyage au pays de l'antitourisme
Le
monde malade du tourisme
Poupons
et pollution - Lysiane Gagnon
Des
crédits de carbone pour la contraception
Et se pourrait-il donc qu'il puisse arriver que le discours
environnemental ne constitue ni plus ni moins qu'un frein au
développement ?...
Les
Québécois d'accord pour facturer l'eau
potable
Compteurs
d'eau dans les résidences - Inefficace et
inéquitable, selon Eau Secours!
Et si l'on discutait tout simplement
d'environnement ?...
Propre,
l'ordinateur?
L'iPad:
un ami des arbres
Le
papier le moins vert du monde
«C'est
juste
bon
pour
les
autres,
le
recyclage?»
-
François
Cardinal
Les valeurs
et le vote - Jean Lemire
Les glaneurs de la consigne - Mathieu
Perrault
Voir aussi LES
POUR
ET
LES
CONTRE
DE
LA
CONSIGNE
SANS BÂILLON
L’ère
stupide, ou comment l’humanité court à
sa perte - Mali Ilse Paquin
Le
dernier homme - Mario Roy
Home: un film en retard sur son
époque - François Cardinal
La
baleine boréale n’est plus une espèce
menacée
Rouler pour rouler - Ariane
Krol
Une solution canadienne - André Pratte
Le
5¢
de
Loblaw
est-il
éthique
?
-
ENVIRONNEMENT
- FRANÇOIS CARDINAL
... ou tout simplement d'urbanisme ?
Le bulldozer de la modernité
Comment protéger l'environnement à travers
chaque geste que nous pouvons poser dans notre vie de tous
les jours ?...
Rénover
les maisons serait plus rentable que de rénover
Gentilly-2
The Gazette's View: An autumn resolution: Leave the car at
home
The green roofs of Montreal
The use and abuse of air conditioning - Globe editorial
Récupération
Common
sense
and
rare
earths
Initiatives vertes
Problèmes
environnementaux? Solutions vertes!
Et si le réchauffement climatique
n'était qu'un mythe ?...
Quand les climatologues appellent l'État à
la rescousse
Une
pétrolière à la base de la machine
climato-sceptique
The
science
isn't
settled.
Now
what?
La
science du climat désavouée... -
François Cardinal
Le
«Climategate» sous enquête
Un
livre
torride
pour
le
patron
des
experts
de
l'ONU
The
great
global
warming
collapse
GIEC:
les limbes - Mario Roy
GIEC:
après les fleurs, le pot - François Cardinal
Climat
de méfiance - Ariane Krol
Moins
de pollution, plus d’effet de serre
... ou peut-être pas vraiment, quoi qu'on puisse en
dire, justement ?...
Coverup
caused the heat in Climategate scandal
La
Terre n'est pas plate
Climate-change
skeptics have it wrong, memo to minister says
Climategate: les scientifiques blanchis par une
enquête indépendante
Your
square-jawed
hero
is,
in
fact,
the
scientist
Une
arnaque, le réchauffement? - François
Cardinal
La
Maison-Blanche ridiculise le «Climategate»
Mais cela signifie-t-il pour autant que le discours
environnemental n'aie pas besoin d'ajustements ?...
Climate panel needs some fine tuning
Coverup
caused the heat in Climategate scandal
Les
leçons
d'un
«scandale»
-
François
Cardinal
Changements
climatiques - L'ONU fait valider les méthodes du
GIEC
L'ONU
place le GIEC sous surveillance
Faut-il
changer le GIEC?
Évolution
du climat - Le GIEC est invité à se
réformer pour restaurer la confiance
Revenir à la science - André Pratte
Et par ailleurs, ces pauvres climato-spectiques
méritent-ils vraiment qu'on leur prête la
moindre attention ?...
Le nouvel ami des climato-sceptiques: Koch
Une
pétrolière à la base de la machine
climato-sceptique
Climat:
la dissidence muselée
Et surtout, les excès du discours environnemental
justifient-t-ils pour autant que l'on prête
moins d'importance à la menace climatique qu'elle ne
peut pourtant en demander ?...
Sure,
worry
about
climate
change
–
but
not
too
much
-
Bjørn
Lomborg
Voir aussi
DES ACTIONS CONTRE LA CHALEUR URBAINE
|
Analyse -
L'après-Copenhague s'annonce laborieux
Près d'une espèce marine
sur trois est en voie de disparition - Poissons et
crustacés disparaîtront du menu d'ici
45 ans
Fruits et
légumes - Le Canada se montrera plus
souple au sujet des résidus de pesticides
- Fabien Deglise
THE GAZETTE
GLOBE AND MAIL
***
L'ACTUALITÉ
Quand passer à l'auto
verte ?
Vivre sans pétrole
Du courant sur mesure
Le délire du
« Climategate »
AUTRES
LETTRE OUVERTE
COLLECTIVE pour la récupération des
déchets électroniques
L'Internationalisation
de
l'Amazonie...
|
Common
Eco-Myth: Wind Turbines Kill Birds
Wind turbines taking toll on birds
of prey
PUTTING WIND POWER'S EFFECT
ON BIRDS IN PERSPECTIVE
What Kills Birds?
Total mercury and methylmercury levels in fish from
hydroelectric reservoirs in Tanzania
Issue of Mercury for Hydro-Québec
Fish mercury increase in Lago Manso, a new hydroelectric
reservoir in tropical Brazil
Chapter
5 - Potential Methyl Mercury Contamination in the Three
Gorges Reservoir
Methylmercury
Methylmercury poisoning
Offensive
pour les véhicules électriques -
Québec tente de faire oublier ses échecs
ZENN
electric car is Dead and EEStor’s EESU is Nowhere to be
Seen
ZENN Electric Car
ZENN Electric Car
ZENN Electric Car
Feed-in tariff
|
|
Une mesure essentielle - Nathalie de
Marcellis-Warrin & Mathieu Laberge
Sans
système de prix comme solution environnementale, le
sommet de Copenhague est voué à l’échec
Les auteurs sont respectivement professeure à
l’École polytechnique et vice-présidente Risque
et Développement durable CIRANO, et économiste
et directeur de projet CIRANO.
Nul ne doute que d’ici la clôture du sommet de
Copenhague, le 18 décembre, les leaders mondiaux
prendront de nombreux engagements en faveur de l’environnement
et contre les changements climatiques. Or, comme l’ont
démontré les suites du protocole de Kyoto, en
l’absence d’unanimité sur les moyens à prendre,
le résultat obtenu est souvent loin des engagements. Si
l’on souhaite passer de la parole aux actes, il faudra cette
fois-ci utiliser les systèmes de prix comme solution
environnementale.
Il existe deux moyens pour intégrer le coût de la
pollution dans les prix auxquels les entreprises et les
consommateurs font face. Le gouvernement pourrait contraindre
les entreprises à acheter des crédits de carbone
en imposant par voie réglementaire la «
carboneutralité » à leur processus de
production. Alternativement, il pourrait percevoir une taxe
sur les émissions polluantes. Les recettes de cette
taxe serviraient à acheter des crédits de
carbone.
Chaque approche a ses forces et ses faiblesses.
Néanmoins, dans les deux cas, l’effet est le
même: la demande pour les crédits de carbone
augmenterait, ce qui aurait pour effet d’en augmenter le prix
sur les marchés internationaux. Cela inciterait les
entreprises à choisir des modes de production qui
respectent l’environnement afin de minimiser la hausse de
leurs coûts de production liée à l’achat
de droits de polluer. Ces mécanismes de prix rendraient
donc les alternatives écologiques plus attrayantes pour
les entreprises.
Puisqu’ils
sont les utilisateurs finaux des matières polluantes
qui entrent dans la composition de leurs biens, les
consommateurs auront nécessairement à assumer
une part de ce coût supplémentaire. Cette hausse
de prix les encouragerait cependant à modifier leurs
choix de consommation vers des produits ou des modes de
production plus écologiques. Les entreprises seraient
conséquemment incitées à offrir des
produits qui répondent aux attentes de leurs clients,
tant en matière de prix que de rendement
environnemental. D’un cercle vicieux de la dépendance
aux modes de production polluants, on passerait ainsi à
un cercle vertueux de la responsabilité
environnementale.
Àl’égard de l’impact environnemental des
mécanismes de prix, Copenhague semble être
l’occasion d’apprendre des
Sans changement dans le prix des matières polluantes et
sans l’internalisation des coûts de pollution, il y a
fort à parier qu’il n’y aura pas de changement dans le
comportement des entreprises et des consommateurs.
Espérons donc que Copenhague sera un Kyoto où
l’unanimité régnera et où ce qui manquait
dans le protocole précédent sera inclus dans la
nouvelle entente : l’utilisation du système de prix
comme mesure d’incitation le plus efficace pour
réaliser des engagements environnementaux audacieux.
CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI,
DÉJÀ ? - François Cardinal
La
Conférence de l’ONU sur le climat s’ouvre aujourd’hui,
à Copenhague. Grand-messe internationale sur
l’état de la planète, ce sommet est plus important
que la plupart de ceux qui l’ont précédé.
Il réunira des représentants et des dirigeants de
200 pays, qui tenteront d’élaborer un nouveau
traité pour remplacer Kyoto. Mais avant de se demander
à quoi ressemblerait un tel traité, posons-nous la
question: pourquoi, au juste, tenir
un tel sommet?
La conférence deCopenhague, qui
se déroule jusqu’au 18 décembre, a pour but de
créer un protocole qui succédera à celui de
Kyoto. Ce programme, ratifié par 175 pays, prend fin en
2012. Le nouvel accord international devrait couvrir la
période 2013-2017. Les participants doivent en arriver
à un accord international de lutte contre le
réchauffement climatique.
Chine Les crédits de carbone contribuent
aux projets verts
KUNMING — P r
oduire de l’électricité grâce à des
éoliennes, des petits barrages ou du biogaz issu d’une
décharge : dans la province du Yunnan, comme dans le
reste de la Chine, les crédits de carbone ont
contribué à l’éclosion d’une myriade de
projets « verts ».
Le marché international de projets permet aux
industries des pays du Nord d’« effacer » une
partie de leurs émissions de gaz à effet de
serre en investissant dans des projets « propres »
au Sud.
Il est considéré comme l’une des principales
avancées du protocole de Kyoto auquel le sommet de
Copenhague, en décembre, devra donner une suite pour
tenter d’enrayer le réchauffement de la planète.
La Chine, premier émetteur mondial de CO , est
aujourd’hui, de très loin, le premier utilisateur de
ces « Mécanismes de développement propre
» ( MDP) : elle représente plus d’un tiers des
quelque 1900 projets enregistrés auprès de
l’ONU, loin devant l’ I nde et le Brésil, et fournit
près de 60 % de l’offre mondiale de crédits de
carbone.
Les quelque 6
millions d’habitants de Kunming, capitale de la province,
génèrent chaque jour 3500 tonnes d’ordures
ménagères, réparties dans deux
décharges. Sur l’une d’elles, dans l’attente de la
réalisation d’une usine d’incinération, une
unité de méthanisation qui permet de produire de
l’électricité a vu le jour.
Cette unité, dont la construction a coûté
15 millions de y uans ( environ 2 , 4 millions CAN), doit
permettre d’éviter chaque année
l’émission dans l’atmosphère de 64 000 tonnes de
CO . Ces réductions sont traduites en autant de
crédits de carbone qu’une entreprise italienne s’est
engagée à racheter.
Pour l a seule province du Yunnan, une vingtaine de projets,
majoritairement hydrauliques, ont déjà
été approuvés par l’ONU, près de
200 autres sont en attente.
L’engouement est réel, mais la Chine, dont les
réserves de change dépassent 2000 milliards US,
est-elle vraiment le pays qui a le plus besoin des MDP – et de
la manne financière qu’ils représentent – pour
assurer sa transition vers une économie moins «
carbonée » ?
« Le mécanisme reste bien sûr à
améliorer, mais il fonctionne : les règles du
jeu sont les mêmes pour tout le monde et l’exemple
chinois peut être utile à d’autres pays »,
estime Yan Tang, chargée de projet au sein de l’Agence
française de développement (AFD), qui soutient,
par des prêts, des projets MDP en Chine tels qu’une
ferme éolienne à Dali, dans le Yunnan
également.
Protectionnisme
environnemental - Mathieu Perrault
Dumping environnemental
«Nous devrions envisager des frais de douanes.» Le
projet de loi sur les émissions de gaz à effet de
serre qui est présentement envisagé par le
Sénat américain envisage d'ériger des
barrières aux marchandises produites dans les pays qui ne
font pas leur part dans la lutte à l'effet de serre -en
d'autres mots, les pays en voie de développement qui
exportent des marchandises vers les pays riches. Cette lutte au
« dumping environnemental» pourrait compliquer les
négociations de Copenhague, selon The Economist.
La pollution visuelle devrait-elle être prise en compte dans
les projets d'énergie éolienne ou solaire? Faites-nous
part de vos commentaire.
Oui à la taxe verte - Florence
Junca -Adenot
Où est
le plan directeur régional intégré aux
résultats conformes à la cible de
réduction des GES?
L’auteure est directrice du Forum Urba 2015 au
département d’études urbaines et touristiques de
l’UQAM. Elle a été présidente de l’Agence
métropolitaine de transport de 1996 à 2003.
Selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC), en l’absence d’actions,
le réchauffement climatique représenterait
quatre degrés additionnels d’ici 2100, un seuil
insupportable pour l’humanité. Pour le limiter à
deux degrés, les émissions mondiales de gaz
à effet de serre (GES) devraient être
réduites de 50% d’ici 2050 (25% d’ici 2020), par
rapport à 1990.
En prévision de la conférence de Copenhague, la
ministre Line Beauchamp tient une consultation du 22 octobre
au 4 novembre sur la cible de réduction des GES. Elle
propose une taxe verte sur l’essence, pour financer les
mesures québécoises, variant de 3,7¢
à 12,7¢, selon la cible.
Les milieux urbains québécois sont
concernés. Le transport est le principal
émetteur de GES au Québec. Il dépend
à 99% du pétrole. En 2006, il fournissait 40%
des GES, l’industrie, 33,5%, et le bâtiment, 12,5%. Le
consensus existe sur la nécessité d’agir. En
cette période électorale, quels engagements
résoudront et financeront cet incontournable
problème de société?
En transport,
pour lutter contre les changements climatiques, il faut
accroître massivement les transports collectifs et
actifs, diminuer le nombre d’autos, utiliser des
énergies propres, revoir le transport des marchandises,
limiter la capacité routière, densifier les
villes. Cet enjeu est fondamental pour les villes et les
gouvernements, pour protéger l’environnement, la
qualité de vie urbaine, la santé,
l’économie, l’équité sociale, la
sécurité. Pour l’industrie et l’immobilier,
l’efficacité énergétique est
ciblée.
La taxe verte proposée par la ministre est un choix
avisé pour les transports. Le prix du litre d’essence a
cru de 60¢ (2001) à 1,22$ (2008), sans que sa
consommation ne chute. Cela a profité aux
pétrolières et non aux alternatives à
l’auto solo. Une taxe sur l’essence, pour être
acceptable, doit alimenter un fonds dédié aux
mesures à implanter pour atteindre la cible de GES en
transport. Elle est équitable, car les véhicules
y contribuent, proportionnellement à leur consommation
d’essence, et incite à la réduire. Les
automobilistes en bénéficient, car l’usage des
transports collectifs augmente. La société gagne
en développant l’économie
québécoise des transports avancés, un
milieu de vie plus sain, une qualité de vie pour
l’avenir. La Colombie-Britannique affecte une taxe de 12¢
aux transports collectifs.
Pour la région montréalaise, baisser de 20% les
GES d’ici 2020, signifie de réduire les
kilomètres en auto solo de 5% à 7% annuellement.
Les transports collectifs ne peuvent y arriver seuls. En plus
d’encourager financièrement la STM à augmenter
son achalandage, il faut aussi lutter contre les îlots
de chaleur, diminuer le nombre d’autos de 15%,
électrifier les transports, remplacer les combustibles
fossiles, revoir le camionnage, réorganiser les villes,
verdir, enlever des stationnements, du béton, de
l’asphalte, inciter les entreprises, penser aux mesures
fiscales.

Depuis la création de l’AMT, en 1996, une taxe verte de
1,5¢ par litre est affectée aux transports
collectifs. Elle a généré 52 millions en
2008. Neuf cents rapporteraient 312 millions pour implanter
les mesures en transport. Le système de perception
existe. Où est le plan directeur régional
intégré, aux mesures priorisées, aux
échéanciers rigoureux, aux résultats
conformes à la cible de GES? Quels sont les engagements
des candidats aux élections? Pourquoi ne pas lier
l’octroi des permis de construction et des subventions
gouvernementales à leur contribution à
réduire les GES de 20% d’ici 2020? Quelle
exemplarité par les administrations publiques ? Ce
projet collectif nécessaire est stimulant. La taxe sur
l’essence est sur la table. Le péage routier en serait
la solution de rechange. L’urgence est d’agir.
Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents sur le
litre d’essence est envisagée - Tommy Chouinard
QUÉBEC
— Le gouvernement Charest veut adopter bientôt une cible
« ambitieuse » de réduction des
émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2
02 0 : entre 10 % et 20 % par rapport au niveau de 1990. Pour
l’atteindre, il entend notamment hausser la taxe verte sur
l’essence et les autres hydrocarbures.
PHOTO LA PRESSE
Un ménage ayant un seul
véhicule et utilisant le chauffage électrique
paierait en 2020 entre 75 $ et 255 $ de plus par
année qu’à l’heure actuelle si le plan de
Québec entre en vigueur.
Cette hausse et le coût des futurs droits
d’émission de GES des entreprises feraient grimper le
prix de l’essence de 3,7 cents, voire de 12,7 cents le litre
selon la cible c hoisie, i nd ique le do c ument de
consultation rendu public hier par la ministre de l’
Environnement, L ine Beauchamp.
« Le document est très clair. Nous indiquons
quels sont les prélèvements monétaires
que nous voulons faire pour changer les comportements »,
a-telle affirmé en conférence de presse. «
Plusieurs économistes, de façon
indéniable, vont vous dire que plus quelque chose
coûte cher, plus on fait attention à son
utilisation. »
Line Beauchamp a annoncé la tenue d’une consultation
publique a fi n de f i xer la prochaine cible de
réduction de GES pour la période 2012-2020.
Québec est confiant d’atteindre en 2012 la cible
prévue dans le protocole de Kyoto, une réduction
de 6 % par rapport à 1990. Les émissions de GES
ont baissé de 4,7 % jusqu’à maintenant.
Pou r l ’a p r è s - Kyo t o , la pér io de 2 01
2 -2 0 2 0 , L i ne Beauchamp propose de choisi r entre quatre
cibles de réduction des émissions de GES,
toujours par rapport à 1990: 10 % (la cible du NordEst
américain), 12 % (celle des États
américains et provinces membres du Western Climate I n
itiative), 15 % (la c ible adoptée par l’Ontario) ou 20
% (l’objectif de l’ Union européenne). Les
États-Unis ont une cible de 18,5 % ; le Japon, 25 % ;
le Royaume-Uni, 34 % ; la Suède, 40 %.
Ottawa a fixé une cible « décevante
» pour le pays, une réduction de 3 % seulement, a
souligné Line Beauchamp.
Son document
de consultation précise quelques mesures en vue
d’atteindre la prochaine cible. Québec augmenterait la
redevance sur les hydrocarbures, la taxe verte qui est
fixée à 1 cent le litre à l’heure
actuelle. Il mise également sur la création d’un
système de plafonnement et d’échange de droits
d’émission de GES pour les entreprises. Avec ces
mesures, Québec engrangerait de 4,2 à 15,3
milliards de dollars de 2012 à 2020, selon la cible
fixée.
Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le
chauffage électrique paierait en 2020 entre 75$ et 255$
de plus par année qu’à l’heure actuelle –
à moins de « changer ses comportements», a
noté Line Beauchamp. Pour un ménage avec deux
véhicules et chauffant sa maison au mazout, la facture
augmenterait de 237$ à 804$.
Pour atténuer les impacts et inciter les
Québécois à changer leu rs compor tements
, Québec créerait des programmes d’aide à
l’utilisation de tech nologies vertes et des mesures en
matière d’efficacité énergétique,
par exemple. Il investirait davantage dans les transports
collectifs.
Une réduction de 10% des émissions de GES ferait
légèrement augmenter le produit intérieur
brut réel (0,04 %), alors que le scénario de 20%
se traduirait par une baisse de 0,16% (511 millions). La lutte
contre les changements climatiques fera croître le
secteur des technologies vertes, ce qui aura un effet
bénéfique sur l’économie, a
souligné Line Beauchamp.
La consultation publique se tiendra du 22 octobre au 4
novembre, en commission parlementaire.
L i ne B eauc h a mp veut annoncer la cible choisie avant la
tenue, en décembre, de la conférence de
Copenhague, le sommet international sur l’après-Kyoto.
«À Copenhague, le Québec pourra clairement
se positionner comme un leader dans les changements
climatiques », a-t-elle affirmé.
L’é c olo g i s te S teven G u ilbeau lt , d’
Équ iter re, demande au gouvernement d’adopter la cible
de 20 %. « C’est ça, une cible ambitieuse. On est
tout à fait capables de l’atteindre. Et je crois que
ça permettrait au Québec de continuer
d’être un leader dans la lutte contre les changements
climatiques », a-t-il dit, soulignant le « manque
de sérieux » d’Ottawa dans ce dossier.
Pleins gaz sur la «nouvelle» taxe
carbone de Sarkozy
Sarkozy
relance son projet phare
PARIS — Le gouvernement français a relancé
sa « taxe carbone », fiscalité
écologique voulue par Nicolas Sarkozy, avec un
nouveau dispositif présenté hier qui
prévoit cette fois de s’appliquer aux industries
les plus polluantes, comme l’exige le Conseil
constitutionnel.
PHILIPPEWOJAZER,
REUTERS Nicolas
Sarkozy à bord d’une voiture électrique
Renault, avant-hier. Le président français
a fait de la taxe carbone une mesure emblématique
de son engagement à lutter contre les
émissions de gaz à effet de serre.
L’institution, chargéedevérifier la
conformité des lois avec la Constitution, avait
infligé fin décembre un revers cinglant au
président français en annulant son projet
phare au motif qu’il comportait trop d’exemptions pour les
gros pollueurs.
Nicolas Sarkozy a fait de cette taxe, censée
inciter à consommer des énergies vertes, une
mesure emblématique de son engagement à
lutter contre les émissions de gaz à effet
de serre.
Le nouveau dispositif présenté hier en
Conseil des ministres par le ministre de l’Écologie
Jean-Louis Borloo conserve l’essentiel des dispositions
initiales, notamment pour les ménages.
Ils seront donc soumis à cette contribution
à partir du 1er juillet, au lieu du 1er janvier,
sur la base de 17 euros (25 $) la tonne de CO , comme
2 prévu. La taxe sera toutefois compensée,
sous forme de chèque vert ou de crédit
d’impôt.
Exceptions
Certains
secteurs jugés « sensibles » continuent
à bénéficier d’exceptions :
l’agriculture, la pêche, les transports routiers.
Mais pour répondre au Conseil constitutionnel, le
gouvernement engagera à partir de février
une concertation sur les modalités d’une taxe
carbone appliquée aux entreprises les plus
polluantes.
Cette concertation sera faite avec les industriels, les
syndicats, les organisations environnementales, a
indiqué Luc Chatel, porte-parole du gouvernement,
à l’issue du Conseil des ministres.
Ces secteurs (sidérurgie, cimenterie, raffinerie,
etc.) en avaient été dispensés au
motif qu’ils sont déjà concernés par
le système européen des quotas de CO, l’ETS
(European
2 Trading System), qui couvre environ 40% des
émissions de CO de l’Union européenne.
2 Au moins jusqu’à fin 2012, les droits de polluer
y sont gratuits, ce qui induisait une
inégalité avec de petites entreprises qui,
elles, seraient soumises à la taxe carbone.
Cette fois, la taxe carbone s’appliquera aux entreprises
des secteurs soumis au système européen des
quotas, « jusqu’au 1er janvier 2013», indique
le communiqué du Conseil desministres.
Mais nombre de questions délicates restent à
trancher, le gouvernement évoquant «des
dispositifs spécifiques» afin de
préserver la compétitivité des
entreprises pour «certains secteurs
sensibles».
Taxe carbone: la France va de l’avant - Marc
Thibodeau
PARIS — La
France ira de l’avant avec l’imposition d’une taxe sur les
combustibles fossiles qui doit permettre, au dire du
gouvernement, de bâtir un « monde plus juste
» en incitant particuliers et entreprises à
réduire leurs émissions de gaz à effet de
serre (GES).
PHOTO REUTERS
Le chef d’État français
Nicolas Sarkozy a précisé hier, lors d’une
sortie attendue, les principales dispositions d’une nouvelle
« taxe carbone » qui sera instaurée
dès 2010.
Parlant d’une initiative « historique », le chef
d’État français Nicolas Sarkozy a
précisé hier lors d’une sortie attendue les
principales dispositions d’une nouvelle « taxe carbone
» qui sera instaurée dès 2010.
« Notre monde est parvenu à un moment de
vérité. Il faut décider aujourd’hui si
nous voulons créer un monde différent d’avant la
crise, plus respectueux de l’environnement... Cela fait trop
d’années qu’on repousse à demain les
décisions qu’il faut prendre maintenant en
responsabilité », a déclaré le
président.
La taxe, inspirée d’une proposition de
l’écologiste français Nicolas Hulot, sera
imposée directement sur le prix des combustibles
fossiles utilisés dans les transports et le chauffage
de bâtiments. Elle devrait se traduire par une
augmentation de l’ordre de quelques centimes d’euro du prix du
litre d’essence.
L’augmentation sera basée sur un prix par tonne de gaz
carbonique de 17€, qui doit être graduellement
augmenté. Une commission ayant planché sur le
sujet avait recommandé au gouvernement de
considérer un prix initial de 32€ et de le porter
à 100€ d’ici 2030, mais le chef d’État
français n’a donné aucune indication
précise hier sur la progressivité de la mesure.
Les verts critiquent
Le parti des verts, qui appuie la taxe carbone, a
prévenu à plusieurs reprises qu’un prix trop bas
n’aurait aucun effet dissuasif sur les émissions de
GES, alourdissant la facture des familles pauvres sans «
dissuader les comportements énergivores » des
familles riches.
Pour
l’instant, « on n’est pas dans une logique
d’économie d’énergie, on est dans une logique de
recettes fiscales supplémentaires », a
déploré hier la secrétaire nationale de
la formation, Cécile Duflot.
Le Parti socialiste avait aussi insisté au cours des
derniers jours sur la nécessité d’adopter un
prix assez élevé pour assurer un effet
dissuasif. Hier, son porte-parole en matière
environnementale a décrit la formule retenue comme
étant « écologiquement inefficace »
et « injuste ».
Le gouvernement assure de son côté que la
nouvelle taxe ne changera rien à ses rentrées
fiscales. « Pas un centime n’ira dans les coffres de
l’État », a assuré un porte-parole il y a
quelques jours.
Forte résistance
Les familles devant acquitter la taxe par l’entremise de leurs
achats de combustibles fossiles recevront une réduction
d’impôts ou un « chèque vert » devant
servir à l’achat de biens et services respectueux de
l’environnement. Les entreprises devront aussi payer la taxe,
sauf si elles sont déjà soumises au
système de quotas européens en vigueur pour les
grands pollueurs.
« Nous voulons vous aider à changer vos
comportements », a plaidé hier Nicolas Sarkozy,
qui demande à ses concitoyens de « se sentir
concernés par l’enjeu ».
Il fait face à une forte résistance dans la
population, craintive de toute initiative susceptible de
réduire son pouvoir d’achat. Dans un récent
sondage Ifop, 65% des Français se disent contre la
taxe. Même les membres du parti au pouvoir, l’UMP, y
sont majoritairement opposés.
L’initiative
française, qui reflète celle de la Suède,
survient à quelques mois du sommet de Copenhague, en
décembre. Ce sommet doit permettre de conclure une
nouvelle entente de réduction des gaz à effet de
serre pour remplacer le protocole de Kyoto à son
expiration en 2012.
Revers cinglant pour Sarkozy
— Le
président français Nicolas Sarkozy a
été durement attaqué hier par
l’opposition, au lendemain d’un désaveu cinglant
infligé par le Conseil constitutionnel qui a
annulé son projet emblématique de taxe
carbone, à deux jours de son entrée en
vigueur.
Les Français devaient commencer le 1er janvier
à payer cette taxe destinée avant tout
à modifier leurs habitudes de consommation, en les
incitant à se tourner vers les énergies les
moins polluantes. La mesure devait par exemple se traduire
par une hausse de 4 centimes d’euro du litre d’essence.
Deux semaines après l’échec du sommet de
Copenhague, cette « révolution fiscale
», selon les termes de Nicolas Sarkozy, se voulait
aussi la démonstration que la France et son
président restent à la pointe du combat pour
réduire les émissions de CO .
L’opposition socialiste, à l’origine de la saisine
du Conseil constitutionnel, s’est réjouie de la
censure d’une taxe « particulièrement injuste
», en évoquant, comme sa dirigeante Martine
Aubry, un «fiasco» personnel pour le
président français.
Le leader centriste François Bayrou, de son
côté, a jugé que cet épisode
était « une parfaite illustration de la
méthode de Nicolas Sarkozy ». « On
gouverne par effets d’annonce, sans
réfléchir, de manière
désordonnée, sans prendre en compte les
conséquences ni même le droit », a-t-il
dit hier.
Le
gouvernement a fait savoir qu’il présenterait le 20
janvier un nouveau texte, car Nicolas Sarkozy reste
« très déterminé »
à imposer la taxe carbone, a indiqué
à l’AFP la secrétaire d’État à
l’Écologie, Chantal Jouanno.
Autant que la décision-surprise du Conseil
constitutionnel, rendue mardi soir, c’est son
argumentation qui est particulièrement
sévère pour Nicolas Sarkozy et son
gouvernement.
Iniquité
Les juges ont estimé que la nouvelle taxe
comportait beaucoup trop d’exemptions pour certains
secteurs énergétiques et des pans entiers de
l’industrie. Ces dispenses sont « contraires
à l’objectif de lutte contre le
réchauffement climatique », ont-ils
asséné.
Cette taxe carbone ne devait viser que la consommation de
gaz, de pétrole et de charbon, mais pas
l’électricité qui, en France, est
très majoritairement d’origine nucléaire.
Même minoritaire, l’électricité
fournie par des centrales thermiques était
épargnée par le projet gouvernemental.
Le Conseil constitutionnel a estimé que «
moins de la moitié des émissions de gaz
à effet de serre aurait été soumise
à la contribution carbone » et que «
93% des émissions d’origine industrielle, hors
carburant » n’auraient pas été
taxées. Il se serait agi, selon lui, d’une rupture
du principe d’égalité devant l’impôt.
Harper « très » satisfait, les
écolos en colère - François
Cardinal & Malorie Beauchemin
« Il
n’y a rien de contraignant pour les États-Unis, pas
de cibles de réduction des émissions de gaz
à effet de serre et pas de date de plafonnement des
émissions mondiales. »
– Steven Guilbeault
COPENHAGUE — Le premier ministre canadien, Stephen Harper,
a applaudi à la conclusion de l’entente de principe
entre les plus importants pays réunis à
Copenhague. Elle répond en tous points, selon lui,
aux ambitions qu’avait le Canada pour cette
conférence i nternationale sur le climat.
Le premier ministre du Canada,
Stephen Harper, a donné un point de presse hier
soir à Copenhague, pour saluer un accord qu’il
estime réaliste.
En revanche, les écologistes se sont dits «
très déçus » de ce qu’ils ne
considèrent même pas être une entente,
mais un document permettant aux pays de continuer à
contribuer au réchauffement planétaire.
« Il n’y a rien de contraignant pour les
États-Unis, pas de cibles de réduction des
émissions de gaz à effet de serre et pas de
date de plafonnement des émissions mondiales, a
tonné Steven Gui lbeault , au nom du Réseau
action climat Canada, qui regroupe les principaux groupes
écologistes du pays.
Pour sa part, M. Harper a affirmé que cet accord
est un excellent outil pour lutter contre le
dérèglement climatique. « Nous sommes
où nous désirions être, a-til
indiqué. Nous avons un accord qui atteint nos
objectifs et respecte nos intérêts, a dit le
premier ministre en point de presse en fin de
soirée à Copenhague. Avec cet accord, les
cibles des différents pays seront des cibles
réalistes, pragmatiques et harmonisées, pas
seulement avec les objectifs environnementaux, mais aussi
avec leurs objectifs économiques. »
M. Harper
s’est réjoui que l’accord inclue les principaux
émetteurs de la planète, ce que le Canada
revendiquait depuis des années.
Cibles « respectées »
Les cibles que le gouvernement canadien a mises de l’avant
– une réduction de 20% des émissions de gaz
à effet de serre d’ici 2020, avec 2006 comme
année de référence – sont
«respectées» dans ce nouveau
traité, a-t-il ajouté.
« Si les Américains ne font rien, ça
limitera considérablement notre pouvoir d’agir.
S’ils prennent des mesures, c’est absolument essentiel
qu’on agisse de concert avec eux », a dit le premier
ministre.
Son de cloche tout à fait opposé du
côté des environnementalistes, qui disent
comprendre pourquoi M. Harper est tout sourire. «
Les compagnies pétrolières vont être
totalement avantagées par ce texte, a dit M.
Guilbeault. C’est extrêmement décevant.
»
Pendant ce temps, au sommet...
LE CANADA « FOSSILISÉ »
Cancre
parmi les cancres. C’est ainsi que le regroupement des
écolos internationaux a justifié sa
décision de remettre au Canada le prix «
Fossile de l’année », récompensant
le pays ayant le plus nui aux négociations en
2009. Remis à la suite d’un vote, l’honneur a
été décerné lors d’une
cérémonie à Oeksenhallen, au centre
de la capitale danoise, au rythme d’une chanson de
Céline Dion tirée du film Titanic.
«CHAOTIQUE »
Rencontre sans précédent de chefs
d’État, la conférence sur le climat a fait
sourciller certains d’entre eux, pour le moins. Les
leaders étaient furieux d’avoir à faire ce
que leurs négociateurs font habituellement pour
eux, avant leur arrivée. Le président russe,
Dmitri Medvedev, a déploré « le
mauvais niveau de préparation des documents »
que les leaders ont dû « rédiger
euxmêmes », selon son conseiller. La situation
a même rappelé au président
brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, ses
années de syndicaliste. « Je n’ai jamais
assisté (en tant que président) à une
rencontre aussi chaotique », a-t-il indiqué
en début de journée.
LES CHINOIS CHIPOTENT
La Chine a été l’objet de vives
critiques, durant ce sommet. Perçu comme
intransigeant, Pékin était vu par plusieurs
comme l’un des principaux obstacles à une entente
ambitieuse. Anecdote révélatrice: les
Chinois ont exigé, au début du sommet, que
le logo de la conférence soit modifié pour
mieux représenter les différents courants de
négociations. Hier encore, en clôture, la
délégation est revenue à la charge,
prévenant le Mexique à l’avance de
l’importance du logo, l’année prochaine.
PAS DE PHOTO DE FAMILLE
Il s’agissait de la plus importante réunion de
chefs de gouvernement jamais tenue à
l’extérieur du quartier général de
l’ONU à New York et, pourtant, elle n’aura pas
été immortalisée en image. La photo
de groupe des 119 chefs d’État a en effet
été annulée, hier midi, en raison du
piétinement des négociations. L’histoire ne
dit pas si les leaders craignaient d’être
associés à un échec, encore possible
au milieu de la journée.
UNE OCCASION « RATÉE », DISENT LES
DANOIS
Des milliers de personnes ont fêté hier
soir en musique sur la place de l’hôtel de ville de
Copenhague la fin du sommet mondial sur le climat, tentant
d’oublier cette « occasion ratée » de
sauver le climat de la planète. Sur le parvis de la
mairie, décoré par un sapin de Noël et
un globe géant diffusant des images des
conséquences du dérèglement
climatique, un orchestre rock danois tentait de
réchauffer la foule frigorifiée par une
température glaciale. Se faufilant dans la foule,
deux jeunes déguisés en ours blancs
étaient dépités. « On a perdu
une chance historique de protéger notre climat de
la catastrophe dans les décennies à venir
», estime l’un deux, Nikolaï Brandt, un
étudiant de 21 ans de Copenhague. Venue fêter
« malgré tout » la fin de la
conférence, Ini Melby estime pour sa part «
qu’il ne faut pas perdre courage, et qu’il faut continuer
à se battre pour protéger mère Nature
qui n’a jamais été aussi menacée
».
Un projet d’accord émerge « Tout
est encore possible », estiment des groupes canadiens
sont
montrés une fois de plus déçus par
l’attitude du Canada dans les négociations. Ils ont
indiqué que, jusqu’à présent, le
Canada recommandée par le groupe d’experts du
climat de l’ONU et de 25 à 40%.
PHOTO LUKE MACGREGOR,
REUTERS
Un ours polaire a pris forme
à Londres, à Trafalgar Square, le jour de
l’ouverture du sommet de Copenhague, sous la main du
sculpteur Mark Coreth. Cette pièce de glace, qui
aura fondu à la fin des négociations,
symbolise la vie menacée des ours polaires, dont
le territoire se réduit de plus en plus sous
l’effet du réchauffement climatique.
«
Le Canada a dit qu’on avait besoin d’une approche
canadiens) n’ont pas négocié sur les
changements climatiques. Est-ce que le Canada est
intéressé à ce qu’il y ait un accord
à Copenhague ? de Kyoto, qu’il a signé en
1997. Steven Gui lbeault a accusé le gouvernement
conservateur de ne pas se soucier des «
pénalités » économiques
guettant les pays qui ne respectent pas ces objectifs. Des
conséquences auxquel les le Canada ne fera pas
face. avant la fin de la période d’engagement, en
2012.
« C’est une chose dont les conservateurs ne parlent
jamais. Pourquoi ? Parce que ce sera le problème de
quelqu’un d’autre. Ce sera "après moi le
déluge". »
Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS"
- François Cardinal
La ville
par qui le péage est redevenu tendance dans le monde
se réjouit de son initiative. Une récente
étude révèle en effet que les
embouteillages ont baissé de 18 % à Stockholm,
en Suède, depuis la mise en place du réseau de
péages urbains, en 2005. Même qu’on a
multiplié par trois le nombre de voitures vertes,
dont les propriétaires n’ont pas à acquitter
le péage, selon le quotidien Dagens Nyheter, traduit
par le Courrier international.
LE PÉAGE TIENT LA ROUTE -
Paul Daniel Muller
Il serait
normal que les usagers des autoroutes assument une plus
grande part du coût de leur réfection
Qui n’aime pas jouir d’un bon service public, tout en
refilant la factu re à l’ensemble des
contribuables, y compris à ceux qui ne s’en servent
jamais ? « Tout le monde s’efforce de vivre aux
dépens de tout le monde », ironisait
déjà Frédéric Bastiat au XIXe
siècle.
PHOTO ARCHIVES LA PRESE
CANADIENNE
Quiconque a emprunté une
autoroute à Toronto (notre photo), aux
États-Unis ou en France l’a constaté :
là comme dans beaucoup de pays avancés, le
péage est courant.
Réunis ce week-end en conseil
général, les militants du Parti
libéral du Québec se prononceront sur le
principe de réintroduire le péage sur les
autoroutes. Voilà une bonne idée dont
l’heure est arrivée.
En 20 07, le gouvernement du Québec a lancé
un programme de réfection et de construction de
routes et d’autoroutes qui coûtera plus de 10
milliards de dollars sur cinq ans, entièrement
financé par endettement. Le service de cette dette
et les dépenses d’entretien courantes sont
financés par les utilisateurs de toutes les routes,
par le truchement de la taxe sur le carburant et des
droits sur les permis et les immatriculations. Mais aussi
par l’ensemble des contribuables par le biais des taxes et
impôts généraux.
Du côté des bénéfices, une
autoroute en bon état profite à trois
catégories de citoyens. D’abord, à ses
usagers, qui peuvent se déplacer plus rapidement
que par les routes ordinaires. Puis à l’ensemble
des automobilistes, en réduisant la congestion sur
les autres rues et routes. Et, finalement, à la
société tout entière, en favorisant
le commerce et l’investissement industriel.
Par
conséquent, une autoroute devrait aussi être
financée par trois sources de revenus provenant de
ces mêmes catégories, idéalement dans
les mêmes proportions que les
bénéfices qu’ils en retirent. Or, l’usage
des autoroutes étant gratuit, les gens qui en
profitent le plus sont subventionnés par les deux
autres catégories. Cette forme de redistribution
est injustifiée.
C’est pourquoi il est souhaitable que les usagers des
autoroutes assument une plus grande part du coût de
leur réfection. Quiconque a emprunté une
autoroute aux ÉtatsUnis, à Toronto ou en
France l’a constaté : là comme dans beaucoup
de pays avancés, le péage est courant.
Il y a quelques années, le produit de la taxe sur
le carburant (1,6 milliard) et des droits sur les permis
et les immatriculations (670 millions) pouvait
dépasser le budget alloué aux routes
provinciales. Mais avec le vaste programme de
réfection en cours, ce ne sera bientôt plus
vrai.
Lorsqu’ils ont été abolis au Québec
en 1985, les péages ralentissaient la circulation.
Maintenant, avec les systèmes électroniques,
c’est plutôt le contraire : le péage
modulé selon l’heure ou le jour pousse une partie
des automobilistes et des camionneurs à prendre la
route en dehors des heures de pointe. Donc, avantage pour
les navetteurs : moins de congestion le matin et
l’après-midi.
Vrai, un retour des péages équivaudrait
à une nouvelle forme de taxation. Certes, pour
éliminer son déficit, le gouvernement ne
doit pas seulement taxer davantage, mais aussi et surtout
couper, quitte à passer quelques vaches
sacrées à l’abattoir. Mais cet argument
valide ne doit pas servir à bloquer une bonne
idée. Le retour du péage tient la route,
indépendamment de l’état désastreux
des finances publiques.
La désertification coûte 1% de
productivité chaque année
BUENOS AIRES
— La désertification coûte 1% de
productivité par an à l’échelle
mondiale, selon des experts réunis à Buenos
Aires pour une conférence internationale sur ce
phénomène qui menace deux milliards de
personnes.
«La perte de productivité est de 1% par an
à l’échelle mondiale», a
déclaré à la presse William Dar, l’un
des experts participant à la neuvième
conférence de la Convention des Nations unies pour la
lutte contre la désertification (UNCDD).
Une autre s c i enti f ique, Maria Laura Corso, a
donné en exemple une étude sur la province
argentine de Catamarca ( Nord-Ouest), où «en 10
ans, les producteurs de piment ont perdu 30% de leurs
revenus à cause de l’avancée de la
désertification».
Ces experts estiment nécessaire une mesure
régulière et fiable du coût
économique de la désertification afin de
sensibiliser les responsables et les amener à prendre
des mesures.
Pendant
cette conférence qui durera jusqu’au 2 octobre,
près de 300 scientifiques se retrouvent pour
conseiller l es pays s ur la f açon de combattre la
désertification et t rouver des i ndicateurs communs.
La désertification affecte directement 200 millions
de personnes, selon l’ONU.
Jusqu’à deux milliards – un tiers de la population
mondiale – vivent dans des zones arides menacées, en
Chine, en Inde, au Pakistan, en Asie Centrale, au
Moyen-Orient, dans une grande partie de l’Afrique et en
Amérique du Sud (Argentine, Chili, Brésil).
L’UNCDD a été adoptée à Paris en
juin 1994 et compte 193 pays signataires.
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non -
MARIE-CLAUDE LORTIE
Jeff Rubin
n’a pas exactement le profil du militant grano vert du type
que l’on rencontre dans les manifestations de Greenpeace ou
aux marchés bios parrainés par
Équiterre.
Pendant près de 20 ans, il a été
économiste en chef à Marchés mondiaux
CIBC. Les cravates de banquier, il connaît. Et pour
lui, s’il y a un principe crucial pour comprendre le
fonctionnement de nos sociétés, c’est bien la
loi du marché, ce qui fait de lui, en théorie
à tout le moins, quelqu’un de pas mal plus proche de
Milton Friedman que de Steven Guilbault.
Pou r ta nt , savez-vous ce qu’il conseille aux candidats
à la mairie montréalaise ?
« Il y a deux choses à faire, absolu ment pr
ior it a i res », dit ce Torontois qui vient de
publier Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller,
chez Random House. « Il faut investir dans les
transports en commun et rezoner la ville pour permettre une
plus grande densité urbaine. »
Vous avez bien lu. Investir dans le réseau de
bus-trainmétro ou toute autre solution qui utilise le
moins d’énergie possible pour déplacer
beaucoup de gens au travail tous les jours.
Oh, et il faut aussi arrêter de dépenser dans
la création de voies de circulation automobile –
ponts, échangeurs et compagnie. Et, surtout, cesser
de se dire qu’il faut suivre les tendances des
dernières décennies et prévoir toujours
plus d’autos sur nos grands boulevards et nos voies rapides.
« D
’ici 10 a ns, il y au ra 20 % de moins de voitures sur les
routes », tranche-t-il sans hésiter. Pourquoi
tout cela ? Selon l’économ iste
spécialisé en énergie, le prix du
pétrole va augmenter et augmenter encore, au point
où l’essence deviendra un produit de grand luxe. Peu
importe les soubresauts causés par les
récessions ponctuelles, la tendance lourde, à
long terme, dit-il, est sans équivoque. Les
ressources n’étant pas infinies et l’offre
étant donc limitée devant une demande toujours
en ex pa nsion , le pr i x du pétrole ne pourra que
croître et croître encore.
Les prix à trois chiffres d ’ava nt la ré ce s
sion vont revenir sous peu, affirme-t-il. C’est là
qu’on s’en va, qu’on le veuille ou non. Et ça va
monter encore plus que les prix qui nous ont tous fait
disjoncter à l’été 2008.
Résultat : il va falloir commencer à
réorganiser les villes en se disant que : a)
l’essence va coûter tellement cher que les gens ne
voudront ou pourront tout simplement plus prendre leur auto,
ce qui va exercer une pression énorme sur les
réseaux de transport collectifs. Et b) le transport
des biens va coûter tellement cher qu’on va vouloir
rapprocher des villes une bonne partie de leur production,
que ce soit pour la nourriture ou les autres objets.
Ce qu’il appelle l’« éco - nomie barista
», celle de la génération
café-au-lait, où les villes sont
essentiellement consacrées aux idées et aux
services, ne pourra plus tenir, dit-il. Il y aura une totale
réorganisation urbaine avec beaucoup plus de
production concrète. Pensez A merican Apparel, le
fabricant de vêtements en plein centre-ville de Los
Angeles… Pensez Seattle, avec ses poules dans les jardins
des quartiers résidentiels… Pensez toits verts
où l’on cultive des potagers…
« Oui, l’agriculture devrait faire partie des
discussions élec tora les mu n ic ipa les »,
affirme M. Rubin, qui croit notamment au potentiel des
fermes urbaines faites de serres superposées.
Pour comprendre la ville de demain, explique
l’économiste, il faut se tourner vers les
modèles européens, où l’on a appris
à fonctionner avec des prix
énergétiques plus élevés que les
nôtres depuis toujours, où les réseaux
de transports en commun sont généralement
beaucoup plus développés et performants qu’en
Amérique du Nord. « L’Irlande n’a pas
exploité l’éolien parce que tout le monde
là-bas est vert. C’est le marché qui l’y a
poussée… » Même chose pour l’expertise
danoise du côté de la biomasse, née par
nécessité, ce pays n’ayant pas d’autres
ressources énergétiques naturelles.
Oh, et vous savez ce que M . Rubin voit aussi da ns sa boule
de cristal ?
Parce que faire venir notre ail de Chine et notre raisin du
Chili coûtera trop cher, il voit ces terres autour des
banlieues actuelles, ces champs le long des routes où
s’entassent tous les VUS de ceux qui font la routine
boulot-bouchon, eh bien il voit tout plein de ces terrains
redevenir de grands potagers. Et parfois il y voit une piste
cyclable, une piste de ski de fond – sport devenu moyen de
transport – et des rails de trains ultralégers,
ultrarapides, ultraéconomes, qui nous feront
découvrir notre monde redevenu tout petit d’une
façon totalement nouvelle.
2 CRISES, 1 ÉCOTAXE -
François Cardinal
Pour renflouer la Régie des rentes, rien ne serait
plus approprié que l’imposition d’une écotaxe,
estime le Groupe de recherche appliquée en
macroécologie (GRAME), un groupe indépendant de
chercheurs québécois. Dans le contexte de la
réflexion collective entamée par l’Assemblée
nationale pour s’assurer que la Régie des rentes puisse
répondre aux besoins des futurs retraités
québécois, le GRAME propose d’emboîter le pas
à la France et à la Colombie-Britannique, qui
entendent taxer les émissions de carbone. Cela aurait un
double effet: diminuer les gaz à effet de serre et
remplacer partiellement les cotisations sociales destinées
à financer les régimes de retraite
québécois, comme cela se fait déjà en
Allemagne.
LE RÉFLEXE BOIS -
FRANÇOIS CARDINAL
Il y a certaines choses que l’on tient pour acquises. Le
bois, par exemple. Matériau noble par excellence, il est
à peu près inutilisé dans la construction
commerciale et institutionnelle. Or, contrairement au
béton, le bois est non seulement réutilisable, il
est aussi recyclable, fait valoir un tout nouveau regroupement, la
Coalition bois. En outre, il permet d’encapsuler les
émissions de CO , voire de les réduire – quatre fois
moins de GES que le ciment, huit fois moins que l’acier. Qui dit
mieux ?
Arrêter les éoliennes par vent
faible réduit de 60 % la mortalité des
chauves-souris
Ne pas faire
fonctionner les éol ien nes en ca s de vent faible
permet de réduire de 60 % la mortalité des
chauves-souris, sans pour autant avoir une grande incidence
sur la production d’énergie, a expliqué hier
à l’AFP un c herc heu r de l ’ U n iver sité
canadienne de Calgary.
Le professeur Robert Barclay, biologiste à l’
Université de Calgary (Alberta), et une équipe
de scientifiques avaient averti, l’an dernier, qu’une
hécatombe causée par la multiplication
d’éoliennes pourrait menacer les chauves-souris
d’extinction, ce qui aurait un impact notable sur
l’écosystème car ces animaux se nourrissent
d’insectes nuisibles aux récoltes.
La cause principale de la mort des chauves-souris à
proximité des éoliennes est le brusque
changement de pression engendré par la rotation des
pales, avait conclu en 2008 l’équipe canadienne.
« Nous avons donc essayé d’y remédier
», a ajouté M. Barclay, dont les conclusions sont
publiées dans l’édition de septembre de la revue
scientifique américaine The Journal of Wildlife
Management.
En coopération avec TransAlta, entreprise
spécialisée dans cette énergie
renouvelable, les scientifiques ont étudié le
comportement des petits animaux dans un champ de 39
éoliennes situé à environ 200 km au sud
de Calgary.
Leur période d’étude s’est étalée
du 15 juillet au 30 septembre en 2006 et 2007,
c’est-à-dire pendant la période de migration de
ces mammifères vers le Sud.
Ils ont
constaté que lorsque la vitesse du vent est faible, les
chauves-souris manifestent une activité accrue, mais
sont également plus susceptibles de mourir autour des
éoliennes.
«C’est logique: ce sont des animaux assez petits qui ne
volent pas bien lorsqu’il y a beaucoup de vent», a dit
le professeur Barclay. Or, les éoliennes produisent
«la plus grande part de leur énergie lorsque le
vent est fort, c’est-à-dire lorsque les chauves-souris
ne volent pas», a remarqué le biologiste.
En conséquence, les chercheurs ont porté la
vitesse de vent déclenchant le démarrage des
pales de 4 m/s (14,4 km/h) à 5,5 m/s (19,8 km/h).
«Nous avons comparé ces turbines
expérimentales à celles fonctionnant normalement
: la mortalité avait chuté de 60%», a
expliqué M. Barclay.
Ces résultats sont d’autant plus encourageants que la
nouvelle vitesse de référence n’engendre
«qu’une chute relativement modeste de la production
d’énergie», affirme-t-il.
Dans neuf cas sur dix, les chauves-souris trouvées
mortes près d’éoliennes montraient des signes
d’hémorragie interne provoquée par un
traumatisme résultant apparemment d’une chute soudaine
de la pression de l’air, avaient conclu dans leur étude
précédente les chercheurs de Calgary.
Bien qu’ils soient pourvus d’une sorte de radar leur
permettant de détecter les objets alentour, tels les
pales, ces animaux ne peuvent pas anticiper les variations de
pression.
Des
icebergs se détachent de la plaque glaciaire de Wilkins
Des icebergs commencent à se
détacher de la grande plaque glaciaire de Wilkins,
à la suite de la rupture début avril d'un pont de
glace reliant le continent Antarctique à l'île
Charcot, a rapporté mardi l'Agence spatiale
européenne (ESA).
«Les images satellite montrent que
les icebergs ont commencé à se détacher de
la face Nord de la plaque glaciaire de Wilkins, montrant que
cette immense plaque a commencé à devenir
instable», selon le communiqué de l'ESA.
Les données satellitaires montrent que les premiers
icebergs se sont détachés de la plaque, qui mesure
16.000 km2, le 24 avril.
«Une estimation grossière laisse penser que 700 km2
de glace de la plaque Wilkins ont été
perdus», selon l'ESA.
Contrairement au pont de glace, dont la rupture avait
été rapide, la perte de morceaux de glace devrait
durer plusieurs semaines. Elle est le résultat de zones
de fractures qui se sont formées sur la plaque de Wilkins
au cours des 15 dernières années.
«Huit plaques glaciaires le long de la péninsule
antarctique ont montré des signes d'amenuisement au cours
des dernières décennies. Il ne fait aucun doute
que ces changements sont imputables au réchauffement
climatique de la péninsule antarctique, qui a
été le plus rapide de l'hémisphère
Sud», a expliqué David Vaughan du British Antarctic
Survey, cité par l'ESA.
Selon ce scientifique, la plaque Wilkins va fournir un
«laboratoire vivant nous permettant de comprendre comment
la banquise répond au changement climatique».
Grâce à l'utilisation conjointe des données
du satellite radar TerraSAR-X et d'images du satellite Envisat,
la communauté scientifique dispose aujourd'hui d'outils
inégalés pour observer ce phénomène.
Al Gore plaide pour les glaces
L'ancien vice-président
américain Al Gore, héraut de la lutte contre le
changement climatique, a lancé mardi à Tromsoe
(nord de la Norvège) un appel pour une action rapide en
vue d'empêcher la fonte des glaces qui risque d'être
irréversible.
Intervenant lors de la première
conférence jamais consacrée à la fonte des
glaces, à quelques mois du sommet de Copenhague sur le
climat, M. Gore, prix Nobel de la paix 2007, a affirmé
que, faute de mobilisation, la banquise de l'Arctique risque de
disparaître pour toujours.
«La glace est importante pour l'éco-système
de la Terre pour de nombreuses raisons mais l'une d'elles est
liée à sa capacité de
réfléchissement», a-t-il dit.
La banquise renvoie 90% des radiations solaires dans
l'atmosphère alors que les masses d'eau sombres qui la
remplacent lorsqu'elle recule absorbent la chaleur, ce qui a
pour effet d'amplifier le réchauffement climatique.
«Alors que (la glace) disparaît, nous devons garder
à l'esprit qu'elle ne reviendra que si nous agissons
assez rapidement», a expliqué M. Gore.
«Parce que si l'on continue à augmenter la
température terrestre, la chaleur se propagera aux
profondeurs plus basses de l'océan Arctique et il sera
impossible que la glace revienne», a-t-il
précisé.
La fonte des glaces de l'Antarctique et du Groenland, qui n'a
pas été incluse dans les modèles du panel
pour le climat (Giec) colauréate avec Al Gore du Nobel,
et celle des glaciers auront des conséquences
dramatiques, a-t-il ajouté, affirmant que chaque
élévation d'un mètre du niveau de la mer
provoquait 100 millions de réfugiés climatiques.
De même, la fonte des neiges de l'Himalaya,
communément baptisé «le troisième
pôle», entraînera dans un premier temps des
inondations, puis des sécheresses, pour 40% de la
population mondiale, qui dépend de cette source d'eau
douce pour sa survie.
Après la conférence, un panel sera mis en place
pour rédiger un rapport destiné à
sensibiliser les décideurs internationaux à la
question lors du sommet de Copenhague en décembre.
Gare au méthane - Jean-David
Therrien
Tôt ou
tard, il devancera le CO
2 comme principal gaz à effet de serre
Alors que la conférence de Copenhague arrive à
pas de géant, les leaders du monde se
démènent pour définir leurs cibles de
réduction de gaz à effet de serre. Une bonne
partie de leur temps est consacrée à la star
du moment, le CO mais, pendant ce temps, son grand
frère pestiféré, le méthane,
plane sous les radars. Pourtant, le méthane est un
gaz à effet de serre très puissant qui
nécessite lui aussi une cure d’amaigrissement,
laquelle peut être administrée, en partie, par
le public.
Laissez-moi vous présenter le méthane, CH4
pour les intimes. S’il est moins charismatique que le CO,
c’est peut-être à cause de ses origines
modestes, comme les marais humides ou les sphincters des
animaux. C’est peut-être aussi à cause de sa
fâcheuse tendance à prendre feu.
Néanmoins, qu’on en parle ou pas, la quantité
de méthane continue à augmenter dans
l’atmosphère à chaque instant.
Des lecteurs renseignés sont probablement en train de
se demander : « Et alors? Le méthane est
seulement responsable de 20% de l’augmentation des
températures! C’est bien moins que le CO ! »,
et je ne peux qu’acquiescer. Par contre, saviez-vous, chers
lecteurs érudits, que les émissions de
méthane s’accroissent à plus de deux fois le
rythme du CO ? Cela veut dire que tôt ou tard, le
principal gaz à effet de serre sera bien le
méthane. Voilà pourquoi il doit être
surveillé dès maintenant.
S’il y avait une « école pour les gaz à
effet de serre », ses professeurs diraient
sûrement du méthane qu’il est un
élève instable. Il est si instable,
d’ailleurs, que sa durée de vie dans
l’atmosphère n’est que de huit à 12 ans.
Banal, pas vrai? Faux! Bien qu’il ne se fasse pas de vieux
os, le méthane a quand même le potentiel
d’être nuisible, car, une fois devenu un vieux
croulant, il ne va pas se cacher au cimetière! Il
s’oxyde et se transforme en vapeur d’eau et, surtout, en CO
! Une fois sous cette forme, le méthane entame une
retraite pouvant durer plus de 400 000 ans. De plus, durant
la période où il est sous sa forme originale,
le méthane ne chôme pas: kilogramme pour
kilogramme, son effet sur le climat est environ 24 fois plus
grand que celui du dioxyde de carbone.
Alors,
d’où vient cet indésirable? Sommes-nous, comme
membres d’une société de consommation,
responsables de sa prolifération? La réponse
est oui, à plusieurs niveaux. En conduisant nos
grosses autos et en éclairant nos maisons comme une
plage, nous causons l’aggravation de l’effet de serre, ce
qui engendre la fonte du pergélisol à plus
haute latitude, et ce pergélisol est aussi riche en
méthane que l’eau est mouillée.
Le riz est une autre cause de la production de
méthane. Puisque le riz est une plante
semi-aquatique, sa production requiert l’inondation de
terres arables, pleines d’herbes et de matière
biologique. Or, pour les bactéries
méthanogènes, celles qui transforment le
carbone des plantes en méthane, ces terres sont
l’équivalent de condos en Floride avec des buffets
à volonté à tous les coins de rue!
Notre consommation de riz est donc en partie responsable
l’augmentation des émissions de méthane dans
l’atmosphère. L’élaboration d’une nouvelle
méthode de culture du riz pourrait alors constituer
une façon dont nous pourrions couper l’herbe sous le
pied de méthanobactéries. D’ici là, il
nous reste nos bonnes vieilles patates.
Bien sûr, on ne peut parler de méthane sans
mentionner l’élevage bovin. Cette activité
à la base de la civilisation est bien chère
à nos papilles gustatives, mais elle coûte
aussi très cher à la planète. Avec plus
de 1300 millions de bovins élevés dans le
monde, chacun d’eux expulsant plus de 65 kg de
méthane par année dans l’atmosphère,
l’industrie derrière votre steak tartare d’hier soir
produit environ le tiers de toutes les émissions de
méthane liées à l’activité
humaine. Alors, qu’attendons-nous pour réclamer
l’arrivée du « MacTofu » ?

Le méthane est un gaz dangereux et il doit donc
être contenu. Alors qu’un meilleur traitement des
déchets et un plus grand contrôle de son
extraction sont du ressort des braves gens qui iront
socialiser derrière des portes closes à
Copenhague en décembre, certains gestes, comme
changer sa diète, sont du seul ressort du citoyen.
Peutêtre, avec un peu d’efforts, pourrons-nous baisser
le thermostat planétaire avant nos chefs?
L’ère stupide, ou comment l’humanité court
à sa perte - Mali Ilse Paquin
Qui est
Franny Armstrong ? La militante est devenue la championne de
l’environnement en GrandeBretagne. Son film The Age of
Stupid, un docufiction coup de poing, sera
présenté en première mondiale à
New York le 21 septembre. Al Gore et Michael Moore n’ont
qu’à bien se tenir.
LONDRES — «Nous avons une mission majeure, comparable
à l’abolition de l’esclavage et à la
conquête de l’espace. » C’est avec ces paroles
que Franny Armstrong mesure le rôle de sa
génération, qu’elle surnomme la
«génération MTV».
Pour la réalisatrice de The Age of Stupid (
L’ère stupide), l’homme est le premier être
vivant à mener sa propre espèce à
l’extinction en toute connaissance de cause. «Nous
n’avons plus que quelques mois pour renverser la
vapeur», dit la femme de 35 ans, en entrevue
téléphonique.
Sans cette verve, le film, fina ncé à
même le g ra nd public, n’aurait jamais vu le jour. Il
sera pourtant présenté le 21 septembre
prochain dans 45 pays en simultané à
l’occasion de la première mondiale, écolo bien
sûr, à New York. L’ancien secrétaire
général de l’ONU Kofi Annan et le chanteur de
Radiohead, Thom Yorke, y participeront.
Franny Armstrong n’aurait pu choisir meilleure date. Le
lendemain de la première, les dirigeants du monde se
réuniront au siège de l’ONU pour se
préparer à la conférence de Copenhague.
Ce sommet, tenu en décembre, décidera de
l’après-Kyoto.
Style de vie suicidaire
Le docufiction, acclamé à sa sortie
britannique en mars dernier, se déroule en 2055 sur
une Terre post-apocalyptique. Le dernier survivant,
interprété par Pete Postlethwaite ( In the
Name of the Father), regarde des archives datant de 2008 et
se demande pourquoi les humains n’ont pas freiné le
réchauffement climatique lorsqu’ils en avaient
l’occasion.
« C ’est com me voi r des gens tou rner en rond su r
une plage, hypnotisés par le s g r a i n s de s a ble
s ou s leurs pieds, alors qu’un tsunami fonce vers eux
», dit le personnage central.
Après The Inconvenient Truth d’Al Gore ( Une
vérité qui dérange en français),
le monde avait-il besoin d’un autre documentaire sur les
changements climatiques? C’est comme demander si un autre
film sur la guerre était nécessaire,
répond-elle.
«
J’étais un peu nerveuse qua nd son fil m est sorti ,
admet-elle enfin. Mais nos approches sont très
différentes. Son film aborde la question scientifique
alors que le mien s’intéresse aux conséquences
humaines de notre style de vie suicidaire. »
Un peu comme une Obama de l’environnement, Franny A rmstrong
a fina ncé son documentaire grâce à une
collecte de fonds populaire. Plus de 200 personnes et
organisations ont acheté des parts, pour une
enveloppe totale de quelque 800 000 $ CAN.
La pasionaria est tombée dans la soupe du
militantisme quand elle était petite. Son
père, le documentariste Peter Armstrong, parcourait
le monde pour la BBC. Sa mère travaillait
auprès des sans-abri de son quartier.
Ses deux films précédents, McLibel et Drowned
Out, ont été vus par 55 millions de personnes.
Sa notoriété pourrait bientôt rivaliser
avec celles de Michael Moore et d’Al Gore aux
ÉtatsUnis, où The Age of Stupid sera
distribué dans 440 salles.
En Grande-Bretagne, elle n’a plus besoin de
présentation. En mars dernier, elle a convaincu le
ministre de l’Environnement, Ed Miliband, de faire marche
arrière sur un projet de centrale au charbon.
Aussi, elle a lancé le 4 septembre la campagne 10:10,
dont l’objectif est d’inciter la population à baisser
ses émissions de CO de 10 % en 2010. Il s’agirait du
seuil critique pour éviter la catastrophe climatique.
Déjà 20 000 personnes, écoles et
entreprises britanniques ont promis de le faire.
Comment diable fait-elle ? « Ces jours-ci, je me sens
coupable si je passe cinq minutes sans militer, dit-elle. Je
vais prendre une pause d’un an après la sortie du
film. »
On n’y croit pas une seconde.
Les sables bitumineux canadiens, enjeu
électoral en Norvège
On vote en
Norvège, mais les résultats pourraient se
faire sentir jusqu’en Alberta.
PHOTOOEYVINDHAGEN, AGENCE
FRANCE-PRESSE
Les investissements d’une compagnie
norvégienne dans les sables bitumineux albertains
suscitent la controverse. C’est que le pays scandinave se
fait un devoir de développer les énergies
vertes : par exemple, la première éolienne
flottante a été inaugurée au
début de l’été.
Les Norvégiens iront aux urnes lundi, et des partis
qui ont une chance réelle de gouverner veulent que la
grande société d’État Statoil se retire
des sables bitumineux de la province canadienne.
La compagnie, détenue aux deux tiers par le
gouvernement norvégien, a investi des milliards de
dollars dans la prospection pétrolière au nord
de l’Alberta, et son implication a fait l’objet de
débats au cours de la campagne électorale.
Statoil a déboursé 2,2 milliards en 2007 pour
louer un territoire à exploiter près de Fort
McMurray. De grands travaux sont même à
moitié achevés, au dire de la compagnie.
Mais cet investissement est depuis longtemps
controversé en Norvège, un pays qui se vante
de ses préoccupations écologiques.
Gunnar Kvassheim, du Parti libéral de la
Norvège, dit clairement qu’il veut mettre fin au
projet canadien, qu’il qualifie de très mauvais pour
l’environnement et qui ne doit donc pas être
cautionné par une compagnie dont son gouvernement est
le propriétaire principal.
Cinq des
sept partis politiques norvégiens, de même que
le plus important journal du pays, estiment que cet
investissement était une erreur.
Dans un éditorial publié le 30 août,
Aftenposten écrit que Statoil n’a pas à
profiter du désengagement du Canada à
l’endroit du protocole de Kyoto, accusant Statoil et le
gouvernement de participer à « un déni
de responsabilités collectif ».
Rôle positif
Le grand patron de Statoil, Helge Lund, s’est porté
à la défense de sa compagnie vendredi dernier.
Il a affirmé que l’industrie des sables bitumineux
est encore jeune, qu’elle est appelée à
s’améliorer grâce à la technologie et
que sa compagnie peut jouer un rôle positif au Canada.
Le premier ministre albertain, Ed Stelmach, a
déclaré qu’il n’était pas au courant de
l’agitation politique en Norvège au sujet des sables
bitumineux.
Tout ce qu’il sait, a-t-il prétendu, c’est que
l’économie mondiale est en train de sortir de la
crise, qu’on assiste à un regain
d’intérêt pour les ressources naturelles de sa
province et que les investisseurs voient l’Alberta comme un
merveilleux endroit où investir.
TOTAL SA Dans les sables bitumineux pour de bon
Malgré
la chute dramatique des prix du pétrole et la mauvaise
réputation des sables bitumineux sur le plan
environnemental, Total SA s’est installée en Alberta
pour y rester. Le géant français du
pétrole, qui vient d’échouer dans sa tentative
d’acheter UTS Energy pour accroître sa présence
dans les sables bitumineux, croit que les énergies
fossiles continueront de jouer un rôle dominant dans un
avenir prévisible. Le directeur général
Exploration et Production de Total SA, Yves-Louis
Darricarrère, a répondu aux questions de La
Presse Affaires.
QEst-
ce que le prix actuel du pétrole menace la
rentabilité de vos projets albertains ? R Nous nous a
pprêtons à investir de 15 à 20 milliards
au Canada au cours des 10 à 15 prochaines années
pour produire 250 000 barils par jour avec ce qu’on a
déjà. On peut espérer que le projet
Joslyn soit mis en production en 2016-2017 et être en
production jusqu’en 2034-2035. L’important n’est pas le prix
actuel mais le prix futur. QTotal
a-t-elle l ’ i ntention de faire d’autres acquisitions au
Canada? R On veut surtout développer nos
investissements en Alberta et construire une position qui soit
solide, mais qui soit durable. Total cherche partout des
occasions de s’étendre et de grandir. QLes
énergies renouvelables vous intéressent-elles ?
R Notre mission est d’approvisionner la planète en
énergie, donc de produire davantage de pétrole
et de gaz. Toutes les prévisions des experts concordent
: en 2030, les énergies fossiles représenteront
encore 75 % des besoins en énergie. Par
conséquent, le pétrole et le gaz ont encore un
rôle important à jouer dans l’approvisionnement
énergétique de la planète. Total croit au
pétrole. On ne peut pas être partout. QPensez-
vous qu’on
va manquer de pétrole ?
RNon. La demande va continuer à croître et
l’offre aura du mal à fournir, mais on ne manquera
pas de pétrole. Ce sera un vrai défi
d’approvisionner la planète. Il faudra des
avancées technologiques et des sources
d’approvisionnement autres comme les sables bitumineux, qui
sont les hydrocarbures de l’avenir. Et les prix vont
être plus élevés. QL’industrie
des sables bitumineux a une image désastreuse en
matière de protection de l’environnement, et ce type
de pétrole pourrait être de plus en plus
controversé à l’avenir. Est-ce que ça
vous inquiète ? R L’exploitation des sables
bitumineux comporte un certain nombre de défis que
les autorités concernées et les entreprises
doivent régler. Je pense en particulier aux
émissions de gaz à effet de serre, à
l’utilisation de l’eau et du territoire. On trouvera des
réponses qui satisferont tout le monde. Il y a de
grands défis dans lesquels nous sommes prêts
à nous investir. QLe
raffinage intéresse de moins en moins certaines des
grandes compagnies pétrolières
intégrées. Est-ce que Total veut
réduire ses activités de raffinage ? R
Ça dépend du marché. Nous sommes le
premier raf f ineur en Europe, où la demande
d’essence est en décroissance. Mais nous venons de
lancer avec Aramco ( Arabie Saoudite) un projet de
raffinerie de 400 000 barils par jour à Dubaï.
Donc, nous continuons de nous développer dans le
raffinage, dans les marchés en pleine croissance
comme les marchés asiatiques.
Grâce au pétrole -
Sébastien Dumais
Le «
triomphe » de la banlieue qu’évoque André
Pratte ( La Presse, 22 juillet) n’a été possible
que parce que le prix du baril de pétrole est
ridiculement bas. Tout notre mode de vie, en particulier celui
en banlieue, est absolument dépendant du
pétrole, une source d’énergie à haut
rendement que rien ne peut remplacer en ce moment. Avec
l’épuisement des réserves et le retard que nous
avons dans la mise en place de solutions de rechange, le prix
de l’or noir ne peut qu’augmenter. Cette hausse rendra
impossibles l’établissement et le maintien de
communautés de densité aussi faible que la
banlieue. Ce « triomphe » n’aura pas la vie bien
longue.
Pour une
exploitation responsable - Satia Das
Le Canada
ferait preuve d’une grave irresponsabilité s’il
abandonnait les sables bitumineux
Les Canadiens ont de la difficulté à assumer
leur statut de superpuissance énergétique. Les
sables bitumineux de l’Alberta, qui constituent le plus
grand gisement d’hydrocarbures au monde, seraient
considérés comme une bénédiction
par beaucoup de pays. Et pourtant, ici, un grand nombre de
citoyens les voient comme un fardeau.
PHOTOALAIN ROBERGE,
ARCHIVES LA PRESSE
Les progrès technologiques et
l’instauration de meilleures pratiques de production
d’énergie pourraient-ils permettre de transformer
les sables bitumineux de l’Alberta en «
pétrole propre » ?
Nous avons eu honte quand une campagne de sensibilisation
à l’environnement, mise en oeuvre par des leaders
comme l’ancien vice-président américain Al
Gore, a décrété que le pétrole
issu des sables bitumineux était du «
pétrole sale ». Un rapport publié en
2008 qui prédit que l’exploitation des sables
bitumineux causera la mort de millions d’oiseaux migrateurs
a suscité l’intérêt du public et
bénéficié d’une grande couverture
médiatique mondiale.
Nous ne pensons pas à faire valoir que les
progrès technologiques et l’instauration de
meilleures pratiques de production d’énergie
pourraient permettre de transformer le «
pétrole sale » en « pétrole propre
», ce qui exigerait la mise en place d’une vision
politique solide et d’un cadre réglementaire
rigoureux. Avec l’administration Obama qui fait la promotion
d’une énergie propre, les Albertains, en tant que
propriétaires des sables bitumineux, et tous les
Canadiens doivent désormais apprendre à mener
le jeu. La géologie les force à le faire, et
ils ne peuvent fuir cette responsabilité qui leur
incombe.
Nous avons, en dehors de l’aspect géologique de la
question, une obligation morale à voir au
développement responsable et à l’intendance de
cette richesse incroyable que représentent les sables
bitumineux. À mon avis, abandonner les sables
pétrolifères et arrêter leur
exploitation serait faire preuve d’une grave
négligence.
Des voix
importantes se font entendre en Alberta et ailleurs au
Canada en faveur de la solution de facilité que
représenterait l’abandon du « pétrole
sale ». Ce serait une erreur à tous les points
de vue. Nous pouvons utiliser l’immense richesse que
constituent les sables albertains pour servir le bien
commun. Nous pouvons l’utiliser pour financer la transition
vers une énergie de remplacement qui s’appuierait sur
une production plus écologique d’hydrocarbures.
Il n’est pas du tout paradoxal de considérer que
l’exploitation durable d’une ressource qui
génère des émissions
élevées de carbone puisse
accélérer le développement d’une
économie basée sur des émissions
réduites de gaz carbonique. En effet, l’exploitation
des sables pétrolifères peut nous donner les
moyens d’investir dans la recherche et le
développement ainsi que dans la mise en place d’un
avenir vert. Je ne considère pas que ma vision de la
situation aille à l’encontre de mes valeurs
écologiques.
Je crois, dans mon for intérieur, que l’arrogance et
la prétention démesurée de notre
espèce nous portent à ne pas respecter et
à abimer la beauté de la nature. Par ailleurs,
j’apprécie le style de vie moderne qu’une
économie de marché remarquablement
prospère rend possible. Et je sais que cette
économie repose en bonne partie sur la consommation
de combustibles fossiles, qui sont la principale source de
gaz à effet de serre. Existe-t-il une solution
miracle qui me permettrait de garder mon style de vie sans
pour cela devoir dépouiller la planète?
C’est la véritable question qu’il faut se poser. Elle
est d’autant plus pertinente pour nous, les Albertains,
étant donné que nous sommes les
propriétaires – et intendants – des sables
bitumineux, le plus grand gisement d’hydrocarbures au monde.
Si nous ne veillons pas à exploiter cette ressource
de la façon la plus responsable et durable qui soit,
nous allons continuer, et même
accélérer, la production de gaz à effet
de serre.
Moins de récoltes et des aliments trois fois plus
chers - Stéphanie Bérubé
L’a g r ic u
lt u re s ou f f re de s changements climatiques. En
première ligne. Surtout dans les pays où
l’alimentation repose encore sur une agriculture paysanne,
en manque de moyens techniques. Des intempéries
peuvent ruiner des récoltes en moi ns de deux.
Et des intempéries, il y en a de plus en plus.
« Le réc hau f fement cl i matique multiplie
les tempêtes, augmente le niveau de la mer, les vagues
de chaleur et favorise les épisodes de
sécheresse et de pluie », a expliqué
hier le phytologue Bert Drake, du Centre de recherches sur
l’environnement Smithsonian. Le scientifique a
participé à la Conférence sur la
sécurité alimentaire de l’ Université
McGill. À ses côtés, ses
collègues sont arrivés au même constat :
cette température qui joue aux montagnes russes
n’aura pas le même effet dans
l’hémisphère Nord, où se trouvent des
pays à l’agriculture très solide, que dans
l’hémisphère Sud, où se trouvent des
pays en développement qui n’ont pas les moyens
d’adapter leurs cultures à de nouvelles
réalités climatiques.
« C’est difficile de parler d’adaptation dans certains
pays où la priorité est de trouver de la
nourriture pour la consommer immédiatement », a
expliqué Bano Mehdi, du Centre en gestion des
ressources en eau de l’Université McGill.
S elon el le, le s c ha nge - ments climatiques vont
inévitablement exacerber le s différences
entre le Nord et Sud. D’autant plus que, dans cer t a i n s
pays nord iq ue s , au Canada notamment, un
réchauffement de la planète peut être
plutôt favorable, sur le plan de l’agriculture.
Quelques degrés de plus peuvent allonger une saison
de récolte, ce qui n’est pas pour dépla i re
au x c u ltivateu rs . Alors que dans certains pays du Sud,
des cultures sont à leurs capacités ma ximales
avec la température actuelle. Plus de chaleur, a
expliqué Bano Mehdi, mènera à une
diminution des rendements.
Si on
ajoute à cela des épisodes
d’intempéries extrêmes, on se retrouve avec des
récoltes compromises. On n’a qu’à voir ce qui
se passe actuellement avec la canne à sucre. La
sécheresse indienne de l’été vient
d’être suivie d’inondations records dans certains
États. Ces intempéries du bout du monde ont
fait bondir le prix du sucre jusqu’ici. La
température n’est pas plus clémente au
Brésil : il a tant plu que la récolte de canne
s’annonce très mauvaise. Ces deux pays produisent
plus de la moitié du sucre consommé sur la
planète.
Le prix des aliments pourrait tripler
La semaine dernière, une étude de l’Institut
de recherches internationales sur les politiques
alimentaires s’est aussi intéressée aux
conséquences du réchauffement c l i m at ique
s u r l ’a s s i e t t e . Celle d’ici, mais surtout celle
des pays en voie de développement. D’ici 40 ans, le
prix des aliments pourrait tripler, a conclu l’étude.
Il sera à la hausse, réchau f fement de la
planète ou non, mais les c ha ngements c l i mat
iques a gg r averont la sit uation . L’Institut
américain calcule une hausse de 194 % pour les prix
du blé et de 121 % pour celui du riz. Les rendements
de ces deux cultures baisseront de 30 % et 15 %,
respectivement.
Cette équation laisserait 25 millions d’enfants mal
nourris de plus sur la planète en 2050.
Selon l’auteur de l’étude, Gérald Nelson, des
investissements en agriculture, dans des régions
ciblées, pourraient prévenir ce
scénario catastrophe : « Il faut investir dans
la recherche agricole, l’amélioration de l’irrigation
et dans des routes rurales pour permettre aux agriculteurs
pauvres de mieux accéder aux marchés. »
Une planète à
réinventer - DAVID SUZUKI
Les générations futures nous jugeront sur nos
efforts pour rétablir notre équilibre avec la nature
Chaque jour,
la dette écologique s’accroît. Et elle ne pourra
jamais être remboursée.
L’auteur est cofondateur et président de la Fondation
David Suzuki (www. davidsuzuki. qc.ca). Lors d’une
conférence que je prononçais dans une
école deMontréal le 20 mai, un enfant de 12 ans
s’est levé et m’a demandé: « M. Suzuki,
est-ce que l’air et l’eau redeviendront purs un jour? »
Un grand frisson a traversé la salle.
Évidemment, comme scientifique, j’ai dû
répondre que oui, la nature peut être
généreuse avec nous si nous en prenons soin,
mais que les espèces qui disparaissent ne reviendront
jamais. Comme père et bientôt grandpère,
j’en avais simplement le coeur brisé.
Comment faire vivre le rêve de cet enfant? C’est la
question que je me pose en cette journée mondiale de
l’environnement.
Que ça nous plaise ou non, notre
génération, soit tous ceux qui vivent en ce
moment sur la planète, partageons une
responsabilité sans précédent dans
l’histoire de l’humanité. Nous sommes la
première génération à avoir le
pouvoir de radicalement modifier la prospérité
et la qualité de vie de ceux qui viendront après
nous.
Nous avons largement outrepassé la capacité de
la planète à nous fournir les ressources
requises pour nous maintenir en vie dans le futur. Nous vivons
à crédit. Nous empruntons la
prospérité et la qualité de vie des
générations à venir pour combler nos
désirs immédiats.
Chaque jour, la dette que nous laisserons aux prochaines
générations s’accroît. Ce que cette dette
écologique a de particulier cependant, c’est qu’elle ne
pourra jamais être remboursée. Une fois les
ressources disparues, le climat bouleversé, les sources
d’approvisionnement en eau épuisées, il n’y aura
plus de retour en arrière possible. Cet enfant de 12
ans le sait déjà et c’est pour cela qu’il
m’interpellait. Je suis persuadé que les
générations futures nous jugeront sur les gestes
que nous aurons portés pour rétablir notre
équilibre avec la nature, ou sur l’absence de ceux-ci.
Allons-nous pouvoir relever le défi de notre
génération avec cette même vision
spéculative, irresponsable et cette tendance à
l’endettement et au gaspillage qui nous ont menés
à la pire crise économique depuis les
années 30? Non, je ne pense pas.
Nous avons besoin d’une révolution. Puisque nous
créons chaque jour le monde de demain, il est l’heure
de nous réinventer nousmêmes et de
réinventer notre relation avec la planète. Il
est l’heure de penser à la richesse véritable et
à la qualité de vie de nos enfants.
Comment s’y
prendre pour réinventer notre planète? Souvent,
nous avons l’impression qu’il est déjà trop
tard. Mais il est en notre pouvoir d’imaginer un monde nouveau
et de convaincre ceux qui nous entourent qu’un monde
différent est possible. Il faut dès aujourd’hui
semer nos rêves pour rendre un autre monde possible.
Permettez-moi d’essayer. › Imaginez un monde où chaque
enfant pourrait se baigner dans le cours d’eau le plus proche.
› Imaginez des quartiers où vous pourriez vous rendre
à pied au travail ou à l’école, revenir
dîner à la maison et passer plus de temps en
famille.
› Imaginez des villes sans voitures, sans embouteillages, et
des rues transformées en jardins et en parcs.
› Imaginez une baisse du taux de cancer et aussi des maladies
respiratoires chez les enfants et les aînés parce
que nous avons cessé d’empoisonner notre environnement
et nous-mêmes.
› Imaginez que toutes les maisons sont
énergétiquement autonomes et qu’il n’y ait nul
besoin de construire de gigantesques centrales
électriques.
› Imaginez que nous valorisons nos ressources et ne produisons
plus de déchets.
Ce n’est ni de la science-fiction ni une utopie. Des
communautés un peu partout dans le monde
réussissent déjà à accomplir cela.
Pourquoi ne pourrions-nous pas?
Nous avons déjà fait de grands pas depuis
quelques années. Ce n’est certainement pas suffisant,
mais un vent de changement souffle dans le monde. C’est ce qui
me donne espoir. Avec un peu d’effort, nous pouvons
bientôt faire basculer le monde dans une nouvelle
ère.
Il
ne faut juste pas brûler tout ce qui reste !...
Pour éviter un réchauffement
irréversible de la planète, l’humanité doit
consommer deux fois moins de carburants fossiles qu’elle n’en a
déjà brûlé. Telle est la conclusion
d’une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford,
publiée dans la revue Nature. La moitié des
réserves initiales de 1000 milliards de tonnes de
pétrole, de gaz et de charbon a déjà
été extraite depuis le début de l’ère
industrielle, vers 1750. Les chercheurs ont estimé que,
pour limiter le réchauffement à 2°C et
éviter des changements irréversibles, il ne faut pas
brûler tout ce qui reste. En se limitant à 250 des
500 milliards de tonnes restantes, on aurait trois chances sur
quatre de se retrouver avec un réchauffement
inférieur à 2 °C. Au rythme actuel, ces 250
milliards de tonnes de carburants fossiles dureront à peine
20 ans.
Des « investissements importants »
demandés au fédéral - Philippe
Mercure
Au moment
où Zenn Motor annonce qu’il cessera d’assembler ses
petits véhicules électriques à
Saint-Jérôme, l’industrie demande au gouvernement
fédéral de faire des « investissements
importants » afin de positionner le Canada dans ce
créneau industriel.
Une
conférence internationale sur les véhicules
électriques et hybrides se déroule cette
semaine à Montréal. On peut voir ici quelques
véhicules présentés au complexe
Desjardins.
Selon Mobilité électrique Canada, regroupement
d’entreprises et de chercheurs du secteur, plus d’un
demi-million de véhicules électriques rouleront
sur les routes du pays d’ici 2018. Le groupe est
catégorique : la proportion de contenu canadien dans
ces véhicules sera plus importante que dans nos bonnes
vieilles voitures à essence. Mais il faut que le
gouvernement fédéral bouge, entre autres en
incitant les consommateurs à choisir ces nouveaux
véhicules.
« I l y a de grands programmes aux États-Unis, en
Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Japon,
partout. Il est temps que le Canada se rattrape », a
lancé hier à La Presse Affaires Al Cormier,
directeur général de Mobilité
électrique Canada, spécifiant que plusieurs
provinces ont, elles, annoncé des mesures
d’encouragement pour l e s c onsommateurs qui achètent
des véhicules électriques.
« Le fédéral a beaucoup de programmes qui
aident à la recherche et à la commercialisation
de nouveaux produits, a ajouté M. Cormier. Mais pour
les acheteurs, il manque quelque chose. »
Le groupe a profité de la conférence i
nternationale sur les véhicules électriques et
hybrides qui se déroule à Montréal cette
semaine pour proposer une « feuille de route »
destinée à s’assurer que le Canada prenne sa
place dans cette industrie qu’on promet en plein essor.
Au menu : i nvest i r dès maintenant dans les
technologies et dans un réseau pour recharger les
voitures, faire le ménage dans la réglementation
pour s’assurer que le pays puisse développer son
industrie sans anicroche et former les ingénieurs,
chercheurs et mécaniciens pour qu’ils comprennent bien
les nouvelles technologies.
Les acteurs
de l’industrie i nterviewés par La Presse Affaires
affirment qu’il faut oublier le rêve de la voiture
électrique entièrement fabriquée au
Québec qui viendrait concurrencer les grands
constructeurs américains ou asiatiques.
« C’est un grand mythe », dit Pierre
Lavallée, directeur principal du Centre national du
transport avancé et porteparole de la conférence
qui se déroule actuellement à Montréal.
« L’important, ce sont les pièces et composantes
qui pourront être fabriquées par diverses
entreprises au Québec », renchérit M.
Cormier, qui souligne aussi que de « grandes
opportunités » se dessineront dans la conversion
de vieux véhicules à essence en véhicules
électriques.
C’est exactement dans cet esprit que Zenn Motor, de Toronto, a
annoncé la semaine dernière qu’elle cessera
d’assembler ses petits véhicules électriques
à basse vitesse à Saint-Jérôme pour
se concentrer sur la fabrication de transmissions
électriques. À moins que l’entreprise ne t rouve
un autre usage aux installations de Saint-Jérôme,
qui emploient 15 personnes, celles-ci fermeront donc en 2010.
« Nous en sommes venus à la conclusion qu’il
serait mieu x d ’ a pprov i s i on ner tous les grands
manufacturiers automobiles avec notre transmission
plutôt que de devenir un manufacturier nous-mêmes
», a expliqué hier Catherine Scrimgeour,
directrice des affaires publiques de Zenn.
L’entreprise cherche actuellement un endroit pour installer
son nouveau centre de R&D, mais Mme Scrimgeour a
confirmé hier que le Québec ne figure pas dans
les plans. Le choix se ferait plutôt entre le Michigan
et l’Ontario.
Pour Pierre Lavallée, du Centre national de transport
avancé, la nouvelle est loin d’être un
électrochoc. « On a souvent décrit la Zenn
comme l’embryon d’une i ndustrie de la voiture
électrique au Québec, alors que ce n’est pas le
cas. On parle d’un véhicule à basse vitesse – un
petit produit dans une petite industrie qui a certes sa
pertinence, mais sans plus », dit-il.
La voiture électrique vole la vedette
FR ANCFORT —
Au s a l on automobile de Francfort, les grands constructeurs
multiplient les annonces et les présentations de
voitures électriques, une technologie qui vise
désormais le grand public, mais suscite encore des
interrogations sur son modèle économique.
Renault, en pointe dans ce domaine, a dévoilé
hier devant la presse quatre prototypes de véhicules
électriques, préfigurant sa future gamme, qui
arrivera sur le marché à partir de 2011.
Mais d’autres constructeurs sont également dans la
course. PSA Peugeot Citroën a ainsi montré
à Francfort le prototype de la future petite Peugeot
électrique attendue en octobre 2010, et Volkswagen a
présenté la version électrique du concept
Up ! de voiture urbaine.
Renault avec la Twizy, une toute petite citadine, l’utilitaire
Kangoo, et les berlines Zoe et Fluence, a voulu faire la
démonstration que la « percée » de
la voiture électrique était en marche et que la
marque au losange entendait bien « conduire le
changement », selon l ’expression de son patron Carlos
Ghosn.
« C’est le bon moment pour les émissions
zéro » et « ce qui est en jeu n’est pas une
réduction de 20 à 30% des émissions
» de CO , a-t-il lancé, en allusion à la
baisse obtenue par les systèmes hybrides, rivaux des
électriques. Une voie que Renault n’a pas retenue. Et
il a bien insisté sur les investissements en cours :
plus de 4 milliards d’euros avec son allié Nissan.
Renault table sur une part de marché de 10 % pour les
véhicules électriques à l’horizon 2020,
mais cette prévision n’est pas partagée par
tous. Pour PSA, la fourchette se situe plutôt en 2020
« entre 5 et 10% ».
Ce dernier a présenté à Francfort l a
Peugeot Ion, f uture petite voiture électrique de la
marque au lion développée avec Mitsubishi, qui
sera suivie par une autre similaire pour Citroën.
En outre, Peugeot a dévoilé un prototype de
minivoiture quatre places baptisé pour l’heure BB1 :
« Ce n’est pas un concept en l’air », a
assuré le patron de PSA, Philippe Varin.
Volkswagen a
aussi évoqué « une nouvelle époque
» en présentant le prototype Up
électrique, « une voiture de série telle
qu’on l’imaginait pour 2013 » , selon Ulrich Hackenerg,
responsable du développement. Un constructeur pionnier
des technologies hybrides comme Toyota a aussi en
prévision la sortie d’un petit véhicule
électrique urbain pour 2012.
Mais le facteur prix reste un enjeu décisif pour le
développement de ces véhicules. Renault veut
proposer ses voitures électriques à un prix
équivalent à celui d’un modèle diesel
équivalent, en séparant le coût de la
batterie qui sera louée.
Assez cher
Le véhicule électrique est « assez cher
». « Il faut trouver le modèle
économique où la voiture devient rentable
», a souligné Jean-Marc Gales , di r e c t eur
général marques de PSA Peugeot Citroën.
« Il faut voir l’équation complète avec le
prix d’achat ou la location, le coût d’usage et la
valeur résiduelle du véhicule après trois
ans. »
Un modèle auquel réfléchit donc PSA, qui
envisage de proposer « une location très
attrayante et des services additionnels », sans exclure
toutefois la vente.
En outre, pour amorcer le mouvement, un constructeur comme
Renault table sur le soutien des gouvernements ou des
collectivités, avec des primes ou des commandes, ainsi
que des énergéticiens pour la mise en place de
réseaux de distribution, l’autre problème
à régler.
À cet égard, le groupe français a
annoncé un partenariat avec le groupe
énergétique allemand RWE pour développer
l’usage de bornes de recharge pour voitures électriques
dès l’année prochaine en Allemagne.
Et il a aussi dévoilé un accord avec
l’entreprise Better Place, partenaire de Renault en
Israël et au Danemark, portant sur la commercialisation
de 100 000 Renault Fluence électrique dans ces pays
d’ici 2016.
L’électricité « faite maison
» en Allemagne
BERLIN —
Remplacer deux centrales nucléaires par des
générateurs à gaz installés dans
des caves de particuliers: c’est le pari lancé la
semaine dernière par le fournisseur allemand
d’énergies renouvelables Lichtblick, associé au
constructeur automobile Volkswagen.
PHOTO NIGEL TREBLIN, AFP
L’objectif est de vendre 100 000
« mini-centrales », des
générateurs fonctionnant au gaz naturel
installés dans les caves des maisons, pour produire
autant d’électricité que deux centrales
nucléaires.
Lichtblick, dont le siège se trouve à Hambourg,
dans le nord du pays, concurrence les géants du secteur
de l’énergie en vendant de l’électricité
issue de sources renouvelables à un demi-million de
clients pour l ’ i nsta nt . El l e veut maintenant passer
à la vitesse supérieure.
Son idée: vendre en masse des générateurs
fonctionnant au gaz naturel, capables à la fois de
fournir la maisonnée en chauffage et en eau chaude et
de produire de l’électricité qui serait
injectée dans le réseau.
L’objectif de Lichtblick est de vendre 100 000 «
mini-centrales », pour produire autant
d’électricité que deux centrales
nucléaires, soit 2000 mégawatt, alors que
l’abandon de l’énergie atomique par l’Allemagne
pourrait être remis en cause après les
élections législatives du 27 septembre, au grand
dam des écologistes.
Ces générateurs sont « comme un banc de
poissons: de nombreuses petites unités constituent une
grande communauté performante qui génère
une multitude d’électricité », explique le
patron de Lichtblick, Christian Frieg.
Le pari
« est tout à fait possible si le projet atteint
la dimension prévue. À titre de comparaison,
rien que l’interdiction des ampoules à incandescence
équivaut à supprimer une centrale
nucléaire », note pour l’AFP Claudia Kemfert,
experte de l’institut de recherche DIW.
Ces générateurs « sont bien plus
écologiques que des centrales à charbon
puisqu’ils produisent beaucoup moins de CO . Mais aussi plus
écologiques que des centrales nucléaires, qui
produisent de la chaleur qui est gaspillée »,
poursuit-elle.
Les générateurs de Lichtblick ont un taux
d’efficacité énergétique estimé
à 92%, selon le groupe. Ce taux est
généralement évalué à entre
40 et 50% pour les centrales nucléaires, par exemple.
« Le plus écologique serait de faire tourner ces
mini-centrales au biogaz » plutôt qu’au gaz
naturel, souligne encore Mme Kemfert.
Si ces générateurs de chaleur et
d’électricité ne sont pas une nouveauté
en euxmêmes, le projet de Lichtblick se distingue car il
prévoit que l’opérateur garde le contrôle
de ces petites centrales. Les particuliers devront verser 5000
€ ( 7900 $ CAN) pour que l a s ociété
hambourgeoise installe chez eux le générateur et
le système de chauffage associé.
En contrepartie, ils paieront un tarif avantageux pour se
chauffer et recevront un « loyer » pour l’accueil
du générateur ainsi qu’une prime de fin
d’année, calculée en fonction du revenu
tiré des ventes de l’électricité
produite.
La Chine a un grand potentiel éolien
PÉKIN —
La Chine pourrait rédui re ses émissions de
dioxyde de carbone de 30% au cours des deux prochaines
décennies en utilisant l’énergie éolienne
pour couvrir la moitié de ses besoins en
électricité, souligne une étude
américaine publiée dans la revue Science.
Les besoins
énergétiques de la Chine devraient doubler d’ici
2030, mais le pays pourrait raisonnablement en couvrir la
moitié grâce à l’éolien, selon la
nouvelle étude, réalisée avec
l’Université Tsinghua à Pékin. Les
chercheurs, qui ont utilisé des données
météorologiques pour évaluer le potentiel
de l’éolien en Chine, précisent également
qu’il pourrait en théorie couvrir l’ensemble des
besoins énergétiques du plus gros
émetteur de CO au monde.
Le charbon fournit aujourd’hui 80% de
l’électricité en Chine, et des centaines de
centrales au charbon sont construites chaque année pour
faire face à la demande. Mais Pékin investit
également massivement dans les énergies
renouvelables. La Chine se classe déjà au
quatrième rang mondial en termes de capacité
installée pour l’éolien avec 12,2 gigawatts.
Le Japon vise une voiture électrique
à 18 000 $
TOKYO — Une
société japonaise, créée le 20
août par un spécialiste des voitures
électriques, a indiqué hier que sa technologie
unique de châssis à roues motorisées
permettra de produire un modèle offrant une autonomie
de 300 km à « moins de 1,5 million de yens
» (18 470$CAN) en 2013.
La jeune entreprise SIMDrive, fondée par le Pr Hiroshi
Shimizu de l’Université Keio et soutenue par divers
partenaires et personnalités du Japon, va mettre ses
technologies, son savoir-faire, ses compétences
à la disposition des constructeurs d’automobiles,
équipementiers et fabricants de moteurs qui le
souhaitent.
En échange, ces derniers devront apporter leur propre
expérience industrielle et une contribution
financière à la poursuite des travaux
nécessaires en vue de la production de voitures
électriques.
« Il s’agit d’un modèle de développement
ouvert et coopératif », a expliqué en
conférence de presse à Tokyo le Pr Shimizu,
reconnu pour ses 30 années de recherche dans les
voitures électriques et concepteur de huit prototypes
fonctionnels.
« Je suis certain que grâce à notre
technologie, il sera possible de développer une
automobile qui, produite en masse, coûtera moins de 1,5
million de yens », a-t-il poursuivi. Ce tarif ne
comprend pas la batterie qui serait payée
séparément en plusieurs échéances
comme l’est actuellement l’essence en fonction de la
consommation, a-t-il précisé.
M. Shimizu a
conçu une plateforme radicalement différente de
celles des véhicules actuels. Au lieu d’être mues
par un moteur central, les roues sont unitairement
motorisées, ce qui, selon le co-développeur du
concept, Takashi Takano, « permet de diviser par deux
l’énergie requise ».
La combinaison de quatre, six, huit ou douze roues de
différentes puissances rend le système adaptable
à tout type de véhicule, de la mini-voiture
à deux places au bus, en passant par les bolides de
sport et les traditionnelles berlines.
Selon M. Shimizu, il devrait être possible de monter des
carrosseries de modèles existants sur sa plateforme
motorisée.
SIM-Drive, qui ne construira pas ni ne commercialisera de
voitures mais se contentera de fournir sa technologie et son
savoir-faire, espère s’entourer dans un premier temps
de 20 sociétés avant d’en retenir un nombre
inférieur pour les accompagner dans la phase de
production.
La nouvelle firme bénéficie pour l’heure d’un
investissement de la maison de négoce
Marubenietdedeuxpartenaires motivés par la cause
environnementale: Gulliver International (distributeur de
voitures) et Nano-Optonics Energy (composants
électroniques).
SIM-Drive est présidée par Soichiro Fukutake, un
entrepreneur-mécène plusieurs fois primé
dans le domaine culturel, et conseillée par Nobuyuki
Idei (ex-patron de Sony) et Jun Murai (spécialiste des
questions environnementales de l’Université de Tokyo).
Une éolie n ne s’arrime à Mon t
réal - FRANÇOIS CARDINAL
L’a r r o n d i s
s e m e n t d e S a i n tL au re nt s e pré pa re e n e
f fe t à i n s t a l l e r , d a n s l e s s e m a i n
e s à ve n i r, u n e é ol ie n n e à t r
oi s p a l e s h a u t e d e 9 m d a n s u n pa r c sit
ué à m i-c he m i n e nt re u n s e c t e u r r
é s i d e n t i e l e t u n s e c teu r i ndu s t r iel
.
L’a r
r o n d i s s e m e n t d e S a i n t-L a u r e n t i n s t
a l l e r a d a n s l e p a r c P h i l i p p e - L a h e u
r t e u n e é o l i e n n e h a u t e d e 9 m .
L’obj e c t i f n ’e s t pa s de c o pie r c e q u i s e fa it
en ré g ion , où le s é ol ien ne s me s
u rent ent re 4 5 m ( M a t a ne e t C a p - C h a t) e t 6 0
m ( R i m o u s k i e t M u r d o c hv i l le) , m a i s p l u
t ô t d e s e c o n t e n - t e r d ’ a l i m e n t e r
l e s y s t è m e d ’é c l a i r a ge du pa r c
P h i l ipp e - L a h e u r t e , o ù l ’é o l i
e n n e s e r a é r i g é e . D ’ u n e p u i s
s a n c e d e 2 0 0 0 W , e l l e p r o d u i r a u n e c h a
r ge d ’é c la i r a ge de q uelq ue 8 0 0 W.
C e l a s e r a s u f f i s a n t , c r o i t - on , p ou r fa
i re fon c t ion ne r le s l a m pa d a i r e s q u i é
c l a i r e n t le s s ent ie r s pié ton n ie r s e t
le s pi s - t e s c yc l a bl e s , l e s t e r r a i n s d e
ten n i s , de ba ske tba l l e t de s o c - cer a i n si q ue
la toute ré cente s c u l p t u r e d e l ’a r t i s t
e C l a u d e M i l le t te , i n aug u ré e c e t
é té .
« À p l u s d e 3 0 p i e d s d e h a u t e u r ,
c ’e s t p r o b a b l e m e n t l a p r e m i è r e
é o l i e n n e d ’ u n e t e l l e e n v e r g u r e
à M o n t r é a l , s e réj ou it le m a
i re de l ’a r ron - d i s s e m e n t e t r e s p o n s a bl
e d e l ’ e n v i r o n n e m e n t a u c o m i t é e
xé c ut i f , A la n D e S ou s a . I l y a e n o u t
re t r è s p e u d ’e x p é r ie n c e s d
’é ol ien ne s en m i l ieu u rba i n , c e s e r a d o
n c u n pr oj e t-pi lo t e i nté re s s a nt à
s u iv re . »
L e p a r c P h i l i p p e - L a h e u r t e o c c u p e l a
p o r t i o n s u d d u p r o j e t d o m i c i l i a i r e N
o u ve a u - S a i nt-L au rent (autou r de s r ue s E r ne
st-H e m i ng way, C avend i sh e t R a y m o n d - L a s n i
e r ) . P o u r le m a i re de l ’a r r ond i s s e me nt , A
l a n D e S o u s a , c e t t e z o n e - t a m p o n e n t r
e r é s i d e n c e s e t i n d u s t r i e s e s t l
’e n d r o i t i d é a l p o u r é r ige r u ne
é ol ien ne .
« D
a n s la v ie , i l ne faut pa s a v o i r p e u r d e p r e
n d r e d e s r i s q u e s , i n d iq u e - t-i l . C e pr
o - j e t - p i l o t e n o u s p e r m e t t r a d e
ré p ond re à bien de s q ue s t ion s : e s
t-c e u n out i l a ppr o pr ié p ou r n o t r e c o
m m u n a u t é ? E s t - c e q u e l ’é n e r
g i e p r o d u i t e s e r a s u f f i s a nte p ou r a l i
menter tou s le s la m pa d a i re s ? Q uel i m pa c t au r
a l ’é ol ien ne s u r le s oi s eau x e t le s c h
auve s - s ou r i s ? »
I l f
a u d r a a u s s i v o i r s ’ i l y a s u f f i s a m m e
n t d e v e n t . À L o n g ue u i l , d ’a i l le u
r s , l ’a d m i - n i s t r a t io n G l a d u a d é
c id é d e ne pa s é r ige r d ’é ol ie
n ne s s u r s o n t e r r i t o i r e , f a u t e d e ve n
t . C e t te dé c i sion a é té pr i s
e à la s u ite d ’u ne é t ude de q uelq ue 4
0 0 0 0 $ , dé c r ié e pa r le s m a ir e s d
e l a R ive - S u d p o u r s o n c a r a c tè re fa
r felu .
À Sa i nt-L au rent , le coût tota l du projet
est éva lué à 37 0 0 0 $ , ma is l’a r
rond issement ne pa iera q u ’ u n p e u m o i n s d u t i e
r s d e c e t t e s o m m e . L’e n t r e p r i s e E n seig
ne Va lois , « pa r tena i re » du projet , pa
iera le reste.
L e d
o c u m e n t d e p r é s e n - t a t i o n p r
é c i s e q u ’ u n d e s o bj e c t i f s d u pr oj
e t e s t d e voi r s ’ i l e s t p o s s i bl e d ’é
r i g e r d e s é o l i e n n e s d a n s « l ’
e n s e m - b l e d e s s i t e s p o t e n t i e l s d e l
’a r r o n d i s s e m e n t ».
C e l
a d é p e n d d e l ’ a s p e c t t e c h n i q u e d
u p r o j e t d ’é n e r - g i e r e n o u ve l a bl
e , m a i s a u s s i d e s e s a s p e c t s . . . h u m a
i n s . L a vo l o n t é d e s é l u s p o u r
r a i t b i e n s e h e u r t e r à c e r t a i n s o
b s t a c l e s d a n s c e t a r r o n d i s - s e m e n t
d é j à t o u c h é p a r l e s nu i s
a n c e s d e l ’a é r o p o r t e t d e c e r t a i
n e s i n d u s t r i e s , c o m m e le d é m o n t
r e u n e le t t r e pu bl ié e d a n s l a d e r n
iè r e l iv r a i s o n d e s N o u v e l l e s S a i
n t -
L a u
r e n t . « N o t r e a r r o n d i s s e m e n t ve u
t q u e n o u s s e r v io n s d e c o b aye s p o u r u n p
r o j e t - p i l o t e d ’é o - l ie n n e , s e d
é s ole s o n au t e u r e , J o s e t t e L i n c o
u r t . C e n ’ e s t p a s a u x c o n t r i b u a bl e s q
u ’o n v e u t f a i r e p l a i s i r , m a i s a u x c o n
s t r u c t e u r s d ’ é o l i e n n e s . R
é ve i l lo n s - n o u s , le s éle c t io n
s s ’e n v ie n n e n t ! »
L’Ontario donne un coup de pouce aux
acheteurs de voitures électriques... allant
jusqu'à 10 000 $ !...
JUSQU’À 10 000$
« Nous
croyons que les incitatifs pour acheter et conduire des autos
électriques signifient plus d’emplois pour les
travailleurs ontariens et que c’est bon pour notre
environnement. »
Le gouvernement ontarien a annoncé hier un programme pour
offrir aux acheteurs de voitures électriques des
incitatifs pouvant atteindre 10 000 $, de manière
à rendre ces véhic ules plus ver t s dava ntage
accessibles aux consommateurs ordinaires.
Ce programme s’inscrit dans les efforts de la province pour sti
muler le secteur automobile, qui en arrache, et pour se
positionner à l’avant-plan de la technologie
émergente.
« I l est évident que le secteur automobile se
dirige par là, a indiqué une source
gouvernementale. L’Ontario veut être un leader. Nous
croyons que les incitatifs pour acheter et conduire des autos
électriques signifient plus d’emplois pour les
travailleurs ontariens et que c ’est bon pour notre
environnement. »
Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a fait l ’ a nnonce
du nouveau programme chez un concessionnaire Chevrolet à
Toronto, et il était accompagné du ministre
ontarien des Transports, Jim Bradley. La Chevrolet Volt, une
voiture hybride électrique de General Motors, devrait
faire son apparition sur les routes l’an prochain, mais elle
coûtera jusqu’à 40 000 $ US. On prévoit que
les incitatifs ontariens seront disponibles l’an prochain.
20% du parc
gouvernemental
Des sources ont aussi indiqué que le programme
annoncé hier contient une promesse que les voitures
électriques formeront 20 % du parc gouvernemental d’ici
2020.
M. McGuinty avait souligné en janvier dernier que sa
province cherchait des moyens de hâter l’arrivée
de voitures électriques sur ses routes, ajoutant que l
’ Ontario souhaite t i rer parti de la formidable demande des
c onsommateurs de véhicules plus ver t s au moment
où l ’ i ndust r i e ontarienne de l’auto, qui est mal
en point, a du mal à se transformer.
À la même occasion, le premier ministre ontarien
avait soutenu le projet de construction de stations de
recharge de batteries dans la province, et il avait applaudi
la décision de la société californienne
Better Place de bâtir un centre de démonstration
d’auto et d’éducation à Toronto, de même
que la mise en place d’un bureau dans la ville.
Les États-Unis ont affecté environ 25 milliards
US à la recherche et au développement d’une
technologie verte appliquée au secteur automobile,
alors que le Canada n’investit que 500 000 $ dans ce domaine
annuellement.
La révolution électrique ANDRÉ PRATTE
L’industrie
automobile mondiale est peut-être en voie de subir la
transformation la plus importante de son histoire depuis le
modèle T. Si, comme l’espèrent autant les
fabricants que les écologistes, les modèles
hybrides se vendent de mieux en mieux au cours des prochaines
années, on assistera à l’abandon graduel de
l’essence comme principal carburant des véhicules
routiers. I l s’agirait de rien de moins qu’une
révolution. Une révolution dont les impacts
seraient considérables sur l’environnement,
l’économie et la santé humaine.
Tout est en place pour que ce changement se produise. Les
fabricants planchent tous sur de nouveaux modèles
hybrides rechargeables, dont la Volt de GM qui sera en vente
dès l’an prochain. Les gouvernements financent à
coups de milliards la recherche sur ces technologies et l’achat
de véhicules électriques. Hier, le gouvernement
ontarien a annoncé une subvention pouvant atteindre 10
000$ aux automobilistes qui se procureront un véhicule
hybride rechargeable.
À quelle vitesse se fera la révolution
électrique ? Le gouvernement McGuinty vise à ce
qu’en 2020, un véhicule à passagers sur 20 soit
alimenté à l’électricité. De son
côté, l’Energy Information Agency (EIA)
prévoit qu’en 2030, 40% des nouveaux véhicules
légers vendus aux États-Unis utiliseront l’une ou
l’autre des technologies hybrides.
Pour tous ceux qui rêvent d’un monde moins pollué
et d’une solution à la crise des changements climatiques,
ce scénario fait rêver. Toutefois, il est loin
d’être certain qu’il se déroulera tel
qu’espéré. En effet, les incertitudes
technologiques et économiques sont très
nombreuses.
Les
manufacturiers devront notamment vaincre le scepticisme des
automobilistes au sujet de la fiabilité et de la
performance des nouvelles voitures qu’on leur propose. Les
consommateurs s’interrogent notamment sur l’autonomie des
automobiles électriques, qu’ils trouvent par ailleurs
très chères.
En ce qui a trait à l’autonomie des véhicules
rechargeables, on ne sait encore quelle technologie
s’imposera. L’entreprise américaine Better Place
installe dans plusieurs pays, entre autres au Canada (à
Toronto), de stations modèles de remplacement des
piles. Suivant ce concept, lorsque la batterie est
déchargée, l’automobiliste n’a qu’à la
faire remplacer dans une stationservice (selon Better Place,
cela prend moins de temps qu’il en faut pour faire un plein
d’essence). Est-ce la voie de l’avenir? Doit-on plutôt
espérer que la recherche produira à court terme
de meilleures batteries?
L’obstacle le plus important est de nature économique.
Peu importent leurs préoccupations environnementales,
les consommateurs n’achèteront pas une automobile
électrique si elle coûte plus cher. Or, selon les
estimations de l’EIA, même si le prix de l’essence
était élevé, les économies
réalisées grâce à la technologie
hybride seraient moindres que le coût
supplémentaire à l’achat. « Les
véhicules hybrides rechargeables font face à un
défi important », souligne l’organisme.
Gouvernements, fabricants et consommateurs partagent la
responsabilité de faire en sorte que ce défi
soit relevé pour qu’advienne l’essentielle
révolution électrique du transport routier.
LE SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER
L’EUROPE
AGENCE
FRANCE-PRESSE ET BLOOMBERG MUNICH— Douzeentreprises,
enmajorité allemandes, ontdonnéhier le
coupd’envoi d’un projet pharaonique de 400milliards d’euros
(650 milliards CAN): un vaste réseau de centrales
solaires dans le nord de l’Afrique et au Moyen-Orient pour
alimenter l’Europe en énergie « propre ».
PHOTO BLOOMBERG NEWS,
PHOTOMONTAGE LA PRESSE
Un protocole d’accord a été signé
à Munich pour la création d’un bureau
d’études. Parmi les sociétés
participantes, qui n’apparaissent ni comme des philanthropes
ni comme des fantaisistes : les géants allemands de
l’énergie Siemens, EON et RWE, le réassureur
Munich Re, la banque Deutsche Bank, des fabricants de
technologie solaire comme l’espagnol Abengoa Solar,
l’algérien Cevital et la fondation porteuse de ce
projet, nommé Desertec.
Si le projet va de l’avant, il pourrait créer deux
millions d’emplois, maintiennent les promoteurs.
Le bureau d’études, qui sera créé d’ici
à la fin d’octobre, élaborera des plans
d’investissement réalisables au cours des trois
prochaines années.
Sur le papier,
Desertec apparaît comme la solution à tous les
grands défis environnementaux et économiques
actuels. Il promet de couvrir à terme 15% des besoins
énergétiques de l’Europe et « une part
considérable » de ceux des pays producteurs, de
réduire la production de CO , mais aussi de dessaler
l’eau de mer pour fournir de l’eau potable aux populations
locales et contribuer à leur développement.
Le principe : un réseau de centrales thermiques
solaires disséminées du Maroc jusqu’à
l’Arabie Saoudite et qui serait relié à l’Europe
par le biais de câbles électriques sous-marins.
« Aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant »
vers sa réalisation, s’est réjoui Nikolaus von
Bomhard, patron de Munich Re, au cours d’une conférence
de presse.
Questions en suspens
Mais de nombreuses questions ne sont pas résolues,
comme les lieux d’implantation de ces installations, leur date
de mise en service, le coût du courant produit, le
bénéfice qu’en tireront les pays africains et
arabes, le manque de stabilité politique dans certaines
régions productrices et le financement de ce projet,
dont le coût est estimé à 400 milliards
d’euros, soit 650 milliards de dollars canadiens. C’est
presque l’équivalent du plan de relance
économique du gouvernement américain ou encore
de celui de la Chine.
Aucune
réponse claire n’a été apportée
hier, les promoteurs de Desertec arguant que c’est à
présent le travail du bureau d’études d’y
répondre. Pour autant, ils ont défendu la
viabilité du projet, qui fait l’objet depuis plusieurs
semaines d’un énorme battage médiatique.
Selon Torsten J e wor r e k , membr e d u d i r e c t o i r e
d e Munich Re, il est judicieux de s’installer en Afrique car
« les sites de production sont plus ensoleillés
» que dans le sud de l’ Europe. Il a également
rejeté les risques terroristes, faisant valoir au
contraire que l’apport de Desertec au développement
économique de ces régions pouvait contribuer
à leur stabilité politique.
Si ce projet devait voir le j our, ce ne sera pas demain. Ces
plans sont en effet conçus à l’échelle de
2050 (même si des installations devraient être
construites avant), la question de son financement n’est pas
réglée et il aura besoin du soutien des
politiques.
La
chancelière allemande, Angela Merkel, et le
président de la Commission européenne,
José Manuel Barroso, ont déjà
salué le projet, mais Desertec n’échappe pas aux
critiques.
Selon l e d é put é s o c i a l -
démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d’aller
en Afrique pour fournir de l’énergie propre à l’
Europe. « Nous pourrions investir les 400 milliards
d’euros ici », explique-t-il à l’AFP,
défendant l’idée d’un réseau
décentralisé d’exploitants dans les
énergies vertes, plutôt que de le laisser aux
mains d’un monopole de grandes entreprises.
D’autres doutent des chances de développement pour les
pays producteurs et pensent que l’intérêt
défendu est avant celui de l’ Europe. Ce que le
quotidien Handesblatt résume en un mot : «
éco-colonialisme ».
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour
faire pression sur Jean Charest
Pour contrer le
refus des libéraux de mener au Québec la
commission parlementaire itinérante sur
l’indépendance énergétique qu’il
réclame, le Parti québécois invite la
population à signer une pétition en ligne pour
faire pression sur le gouvernement de Jean Charest.
La chef du parti, Pauline Marois, a affirmé hier avoir
bon espoir que le gouvernement, à défaut
d’écouter le point de vue des députés
péquistes, soit sensible aux demandes de la population
québécoise et qu’il agisse dans le dossier.
« Il faut
signer une pétition demandant la tenue d’une commission
parlementaire itinérante, car celle-ci permettrait
d’évaluer ce que nous devons faire pour changer nos modes
de consommation, mais aussi faire en sorte que nos
investissements soient de plus en plus importants dans tous les
moyens qui vont nous permettre de développer des
énergies vertes », a-t-elle dit.
Les citoyens sont donc invités à signer d’ici
l’automne la pétition mise en ligne par le parti
vendredi, à l’adresse www.independanceenergetique.org,
mais aussi à y suggérer des solutions qui
permettront au gouvernement d’établir un plan d’action
concret.
La souveraineté énergétique avait
été proposée par le PQ dans son Plan pour
un Québec souverain.
Maîtres chez nous, 2e acte -
François Cardinal
La chose est
passée complètement inaperçue cette
semaine et pourtant, elle revêt une importance d’autant
plus grande que nos vies pourraient en être
bouleversées. Jeudi, à l’Assemblée
nationale, les élus péquistes ont lancé
l’idée d’une commission itinérante du genre
Bouchard-Taylor, dont le mandat serait d’examiner la
pertinence pour le Québec d’abandonner le
pétrole et, ainsi, d’atteindre
l’indépendanceénergétique.
Leslibérauxontrefusé. Pour l’instant.
Car la pression dans ce dossier ne cesse de croître.
L’an dernier, alors que la Suède a décidé
d’emprunter cette voie, l’ancien premier ministre Bernard
Landry et le Regroupement national des conseils
régionaux de l’environnement ont suggéré
que le Québec emboîte le pas.
Cette année, le Parti québécois, le
Réseau des ingénieurs du Québec, le
collectif environnemental MCN21 ( Maîtres chez nous 21e
siècle) ainsi qu’un expert des questions
énergétiques de l’Université de
Montréal, Normand Mousseau, ont enfoncé le clou
à leur tour.
« Le Québec pourrait se sevrer presque
complètement de sa dépendance aux hydrocarbures
en 10 à 15 ans, et ce, sans difficulté majeure
», écrit M. Mousseau dans un livre au titre peu
équivoque, L’avenir du Québec passe par
l’indépendance énergétique.
« Il ne manque qu’une direction politique claire et
forte », précise-t-il.
Pour l’heure, le gouvernement Charest est occupé
à bâtir une offre énergétique
visant à répondre aux besoins sans cesse
grandissants des Québécois et de leurs voisins.
Soit. Mais alors qu’une lueur point à l’horizon
économique, les ouvrages et reportages sur les
lendemains de la crise financière arrivent aux
mêmes deux conclusions : 1) une hausse radicale des prix
du pétrole est inévitable; 2) personne n’est
prêt à faire face à une telle situation.
Or, s’il y a
un endroit qui pourrait espérer se mettre à
l’abri de telles f luctuations, c’est bien le Québec,
dont 50% de l’énergie provient déjà de
sources renouvelables. « Le Québec, confirme
Normand Mousseau, est particulièrement bien
placé pour devenir la première grande
économie à abandonner le pétrole. »
Selon le « Grand Plan » que propose ce dernier, l
’ indépendance énergétique passerait par
le retour à des technologies d’antan (tramway,
trolleybus, train, aménagement des villes), une
réduction importance de notre consommation
d’énergie, une refonte du Code du bâtiment ainsi
qu’une foule d’autres initiatives.
Pour ne plus être à la merci du cours du baril,
d’abord. Mais aussi pour s’affranchir des pays dont la
production de pétrole conventionnelle est en
déclin et pour renflouer la balance commerciale de
notre secteur énergétique, dans le rouge de
plusieurs milliards de dollars chaque année.
« C’est en quelque sorte la version XXIe siècle
de ce que Jean Lesage et René Lévesque ont
initié en 1962 », note l’écologiste et
ancien candidat du NPD Daniel Breton, dans le manifeste de
MCN21.
Au cours des prochains mois, alors qu’Hydro-Québec
planche sur son prochain plan stratégique, la pression
montera assurément dans ce dossier, car pas moins de
deux tournées nationales sont prévues : l’une
menée par le Regroupement des conseils régionaux
de l’environnement, l’autre par le collectif MCN21.
En out re , fait ra r issime , une député
libérale, Maryse Gaudreault, a rompu la
solidarité de son parti jeudi, s’abstenant de voter
contre l’idée du Parti québécois, a
appris La Presse.
De là à dire que la graine est semée,
non. Mais à tout le moins, que le terreau est fertile.
Aucune nation
n'est en meilleure position que le Québec pour
réduire sa dépendance au pétrole
« On ne peut pas attendre que les Américains et les
Européens mettent des véhicules électriques
sur le marché parce qu’ils n’ont pas le même
intérêt que nous à le faire. »
Detous les paysdumonde, le Québec est celui qui pourrait
réduire le plus rapidement sa dépendance au
pétrole parce qu’il a une solution de remplacement: de
l’électricité propre, abondante et pas
chère.
« On ne peut pas attendre que les Américains et les
Européens mettent des véhicules électriques
sur le marché parce qu’ils n’ont pas le même
intérêt que nous à le faire », estime
Étienne Couture, président du Réseau des
ingénieurs du Québec, qui présentait hier
sa vision de l’avenir énergétique du
Québec.
Aux États-Unis et en Europe, la migration vers les
véhicules électriques pose le problème de
l’augmentation de la production d’électricité, a
expliqué l’ingénieur au cours d’une entrevue avec
La Presse Affaires. « Ils doivent se poser la question:
est-ce que cette électricité supplémentaire
viendra du charbon, du gaz naturel ou du nucléaire ?
» illustre-t-il.
Au Québec, c’est tout bénéfice: la
multiplication des véhicules électriques ferait
baisser la facture de pétrole importé, qui atteint
14 milliards de dollars par année, et valoriserait la
ressource hydroélectrique, en plus de réduire les
émissions polluantes.
Mesures timides
Le gouvernement du Québec s’est déjà
donné comme objectif de réduire la consommation de
pétrole de 10% d’ici 2015, mais les mesures prises pour
atteindre cet objectif sont bien timides, pour ne pas dire
inexistantes, constatent les ingénieurs
québécois dans leur état de la situation.
Les crédits d’impôt du dernier budget à
l’achat de véhicules hybrides ou tout électriques
ne permettront pas à eux seuls d’atteindre cet objectif,
croient-ils.
Le secteur du
transport consomme la presque totalité du pétrole
importé au Québec. Ce qu’il faudrait, selon eux,
c’est créer un pôle industriel du transport
électrique, à partir de ce qui existe
déjà, comme le camion léger tout
électrique Nemo, conçu à Laval.
Le gouvernement peut aussi réduire la consommation de
pétrole dans les transports publics et dans les parcs de
véhicules qui lui appartiennent et dont une partie
pourrait être remplacée chaque année par des
hybrides ou des tout électriques.
Parce qu’il regroupe à peu près tous les
ingénieurs actifs du Québec, le Réseau des
ingénieurs du Québec préconise le
développement de toutes les formes d’énergie, y
compris le nucléaire. « Il faut conserver une
expertise dans tous les secteurs », justifie son
président.
Les ingénieurs québécois sont toutefois
d’avis que la meilleure énergie, cel le qui coûte
le moins cher, reste l’énergie économisée.
À ce chapitre, il y a beaucoup à faire. Le
Québec consomme plus d’énergie – toutes sources
confondues – que l’Ontario dont le produit intérieur brut
est pourtant deux fois plus élevé.
Étienne Couture croit que les prix relativement bas de
l’électricité au Québec expliquent la
surconsommation, ce que les clients d’Hydro-Québec ont
souvent du mal à réaliser.
Il y va d’une suggestion: pourquoi ne pas inscrire sur la
facture d’électricité le prix que la même
consommation d’énergie aurait coûté au prix
du marché?
ENTENTE FORD-HYDRO OUI À
L’ÉLECTRICITÉ, MAIS PAS AU MOTEUR DE TM4
Ford s ’ i
ntéresse au réseau d’Hydro-Québec pour
faire l’essai de son Escape hybride, mais pas au moteur
électrique conçu par la filiale de la
société d’État, TM4.
Le moteur mis au point par Hydro-Québec est trop
coûteux et Ford préfère mettre au point sa
propre technologie, a fait savoir hier à
Montréal la responsable des programmes de
véhicules hybrides du manufacturier américain,
Nancy Gioia.
Ford s’est associé à HydroQuébec et
à huit autres sociétés de services
publics d’électricité en Amérique du Nord
pour en savoir plus sur la façon d’intégrer ses
véhicules hybrides rechargeables au réseau
électrique.
Même si le moteur de TM4 n’a toujours pas fait de
percée sur le marché, notamment en raison de son
coût élevé, le ministre des Ressources
naturelles, Claude Béchard, rêve toujours de voir
le Québec produire un véhicule
électrique. « On est au bon endroit au bon moment
», a-t-il dit.
Le ministre
est resté évasif sur le projet du
manufacturier ontarien Magna d’assembler une voiture
électrique au Canada et sur les efforts du
Québec pour l’attirer sur son territoire. « On
parle avec différentes entreprises », s’est-il
contenté de dire.
Le gouvernement du Québec promet pour l’automne un
plan d’action pour faire la promotion du transport
électrique collectif et individuel et pour faciliter
l’intégration de véhicules hybrides
rechargeables au réseau électrique.
Le réseau d’Hydro-Québec est
déjà sollicité au maximum pendant les
grands froids de l’hiver, ce qui est le principal
problème à résoudre avant
l’arrivée massive des hybrides rechargeables sur le
marché.
Si le quart du parc automobile actuel était
composé d’hybrides rechargeables, il faudrait
l’équivalent de la production de la centrale
d’Eastmain-1, soit 3 térawattheures, pour les
alimenter, selon le PDG d’Hydro, Thierry Vandal.
Le Ford Escape hybride sera utilisé par
Hydro-Québec et par quelques-uns de ses clients
pendant trois ans. La société d’État en
tirera des informations qui lui permettront d’adapter son
réseau de distribution à l’augmentation du
nombre de véhicules hybrides rechargeables sur les
routes. Hydro aura aussi accès à l’information
recueillie par les autres participants à
l’étude.
Le
véhicule mis à l’essai au Québec par
Ford est rechargeable à l’aide d’une prise de
courant ordinaire de 120 volts. La recharge de la batterie
lithiumion prend de six à huit heures.
Le Ford Escape est un VUS dont la batterie a une autonomie
de 48 kilomètres. Passé ce cap, le moteur
à essence prend automatiquement le relais. Ford
estime la consommation de son Ford Escape à 2
litres au 100 kilomètres.
Le coût de l’électricité
nécessaire à la recharge de la batterie
serait de l’ordre de 244 $ par année, soit six fois
moins que le coût en essence.
L’autre
avantage des hybrides rechargeables et des
véhicules électriques en
général, impossible à comptabiliser,
est la réduction des émissions de gaz
à effet de serre. Au Québec, le secteur des
transports est responsable de 42% de ce type
d’émissions.
En dépit de cet avantage sur le plan
environnemental, une association d’environnementalistes
comme Équiterre croit que la solution n’est pas la
multiplication des véhicules électriques,
mais une réduction du nombre d’automobiles.
« Bien que la voiture électrique est l’une
des solutions qu’il faut mettre en place, l’objectif n’est
pas de remplacer les embouteillages d’automobiles sur
l’échangeur Turcot ou l’autoroute Laurentienne par
des bouchons de voitures électriques », a
commenté hier dans un communiqué un
porte-parole d’Équiterre, Hugo Séguin.
Magna rêve de fabriquer des
véhicules électriques au Canada
— Frank
Stronach est catégorique : la voiture
électrique est le véhicule de l’avenir. Et le
richissime homme d’affaires est prêt à investir
beaucoup d’argent pour que le Canada devienne le leader dans
ce domaine.
Frank Stronach, propriétaire
de Magna International, était de passage sur la
colline parlementaire hier afin de montrer le dernier
prototype de la voiture électrique: une Ford Focus
bien silencieuse alimentée par une batterie
conçue par les ingénieurs de Magna.
Rentré de Vienne dimanche soir, le
propriétaire de Magna International était de
passage sur la colline parlementaire hier afin de montrer le
dernier prototype de la voiture électrique : une Ford
Focus bien silencieuse alimentée par une batterie
conçue par les ingénieurs de Magna.
L’objectif de cette visite à Ottawa : convaincre le
gouvernement fédéral de lui consentir un
prêt pour qu’il puisse accélérer les
investissements nécessaires pour ouvrir une
première usine d’assemblage au Canada.
« Dans environ six ans, au moins 15% des voitures
vendues seront des voitures électriques ou des
hybrides. Dans 12 ans, au moins 30% des voitures vendues
seront électriques ou des hybrides », a
affirmé M. Stronach au cours d’une conférence
de presse.
« Magna a déjà investi plus de 200
millions de dollars dans les produits de voitures
électriques. Magna compte investir 100 millions de
dollars de plus pour créer une usine de fabrication
de batteries. Nous aimerions établir cette usine au
Canada. Nous sommes déjà courtisés par
plusieurs États américains. Mais nous voulons
faire nos investissements au Canada », at-il
ajouté.
En fin de semaine, Magna International a mis la main sur
Opel , f i l iale européenne de GM, au terme d’un
marathon de négociations. Magna détient
maintenant 20% de l’entreprise, la banque russe Sberbank
35%, GM 35% et les salariés 10%.
Le président fondateur de Magna croit qu’il serait
possible de fabriquer des voitures électriques et des
moteurs compatibles à grande échelle d’ici
trois ans. Mais il faut que tous les ingrédients
soient réunis pour que cet échéancier
soit respecté. Il a indiqué qu’il compte une
équipe d’ingénieurs au Canada, aux
États-Unis et en Europe qui travaillent sur cette
voiture de l’avenir.
« Nous
voulons investir dans la const ruct ion de voitures
électriques de manière très
sérieuse. J’ai confiance que Magna sera l’un des
leaders dans le monde dans la fabrication de voitures
électriques », a dit Frank Stronach.
« J’aimerais beaucoup que les premières usines
de fabrication des voitures électriques soient
établies au Canada. Si nous obtenons un prêt,
nous savons que nous pourrons accélérer les
choses. Nous aurions ainsi la certitude que ce serait au
Canada », a-t-il ajouté.
L’homme d’affaires n’avait toutefois pas plus détails
à offrir aux journalistes au sujet de ses intentions.
Combien pourrait coûter une telle voiture ? Combien de
voitures compte-t-il fabriquer par année? Combien
d’usines d’assemblages au Canada? Le Québec
pourrait-il accueillir une usine d’assemblage? Autant de
questions qui demeurent sans réponses pour le moment.
« Nous n’avons pas de détails
spécifiques encore. Nous voulons juste faire savoir
au gouvernement que nous sommes très sérieux
dans notre engagement et que nous aimerions en discuter
», a-t-il dit.
Cela dit, Frank Stronach a salué la décision
des gouvernements du Canada, de l’Ontario et des
États-Unis d’investir massivement – 40 milliards US –
pour sauver GM. La chute de cette entreprise aurait eu des
conséquences désastreuses pour
l’économie nord-américaine.
Toutefois, M. Stronach a soutenu qu’il faut un changement de
mentalité majeur dans l’industrie de l’automobile en
Amérique du Nord. « Il y a trop de
confrontation entre l’employeur et les travailleurs. Il faut
changer cela. Cela va prendre quelques années, mais
il faut changer cela », a-t-il commenté.
Par ailleurs, l’homme d’affaires d’origine autrichienne a
indiqué qu’il prévoit qu’Opel fera ses frais
d’ici trois ans et commencera à enregistrer des
profits par la suite. Magna, dont le siège social est
situé au nord de Toronto, est le plus important
fabricant de pièces d’automobiles au Canada. L’ent
repr ise compte 74 0 0 0 employés répartis
dans 25 pays.
Une facture, une petite granule
- Hélène Baril
Le
chauffage aux résidus de bois a la cote
L’an dernier à pareille date, le prix du
pétrole battait des records. Les
Québécois qui chauffaient leur maison au
mazout se sont convertis massivement à
l’électricité. D’autres, un peu partout
dans le monde, ont acheté un poêle à
granules.
Des granules, le Québec
pourrait en consommer beaucoup plus, ce qui
soulagerait le réseau d’Hydro-Québec
soumis à un stress énorme pendant les
grands froids de janvier.
La demande pour les petits cylindres de résidus
de bois pressés utilisés pour le chauffage
a donc explosé, notamment en Europe, qui en
importe des tonnes des États-Unis et s’en sert
pour générer de
l’électricité.
Au Québec, le marché est en croissance,
mais c’est loin d’être la folie. « La
capacité de production dépasse largement
les besoins du marché québécois
», dit John Arsenault, de la compagnie Energex,
qui produit des granules à Lac-Mégantic
depuis 26 ans.
« Tous les producteurs du Québec doivent
être des exportateurs, explique John Arsenault. On
a une capacité de production de 200 000 tonnes
par année et la consommation totale est d’environ
50 000 tonnes. »
Si des détaillants ont manqué de granules
l’hiver dernier, c’est parce que les consommateurs de la
Nouvelle-Angleterre se sont rués sur les
poêles à granules en prévision de la
saison froide. La production québécoise a
donc été plus rapidement
écoulée et les détaillants qui
n’avaient pas acheté suffisamment de granules ont
eu du mal à se réapprovisionner.
Des
granules, le Québec pourrait en consommer
beaucoup plus, ce qui soulagerait le réseau
d’Hydro-Québec soumis à un stress
énorme pendant les grands froids de janvier.
Le principal frein à
l’essor des sources alternatives de chauffage, les
granules comme les autres, ce sont les tarifs
d’électricité trop bas,
selon John Arsenault.
À l’autre bout du Québec, à
Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean, Ken St-Gelais
est d’accord avec lui. « La Norvège
consomme 1 million de tonnes de granules par
année contre 50 000 tonnes au Québec, pour
une population équivalente », illustre le
directeur financier de Granules LG.
Contrairement à Énergex, qui exporte la
plus grande partie de sa production en
Nouvelle-Angleterre, Granules LG exporte très
peu. « On a déjà exporté en
Europe, mais il est venu un temps où on ne
pouvait plus fournir à la demande du
marché d’ici. On a fait le choix de desservir le
marché québécois en priorité
», dit Ken St-Gelais.
Le marché des granules pour le chauffage
résidentiel a démarré au
début des années 90, avec la mise en
marché de nouveaux équipements
résidentiels pour brûler les résidus
de bois. Il a ensuite été alimenté
par la hausse des prix de l’énergie. « En
Italie, en 2001, il n’y avait aucun poêle à
granules, souligne Ken St-Gelais. En 2007, il y en avait
1 million. »
Le
marché des granules est étroitement
lié aux prix de l’énergie, notamment
ceux du mazout et du gaz naturel, les deux principales
sources d’énergie utilisées pour le
chauffage partout dans le monde, à l’exception
du Québec où 75% des maisons sont
chauffées à l’électricité.
Au Québec, malgré le prix relativement
bas de l’électricité, les granules
seront de plus en plus utilisées en tant que
chauffage d’appoint, croit Ken St-Gelais. « C’est un combustible vert,
qui n’émet pas de gaz à effet de
serre et qui est très efficace. »
Les villes qui, comme Montréal, ont interdit
les poêles à bois, ont donné sans
le vouloir un bon coup de pouce à l’industrie
de la granule, reconnaît-il.
John Arsenault, lui, croit que le gouvernement
pourrait faire beaucoup plus pour favoriser
l’utilisation de la biomasse. La centrale d’appoint d’
HydroQuébec à Sorel-Tracy pourrait
être alimentée aux granules plutôt
qu’au mazout, suggère-til. Les résidants
des Îles-de-laMadeleine, qui sont desservis par
une centrale au mazout, amélioreraient aussi
leur environnement en utilisant les granules.
Énergie renouvelable
Les granules ne servent pas uniquement à
alimenter les poêles au sous-sol des maisons. En
Europe, elles sont utilisées massivement et de
plus en plus par les producteurs
d’électricité. À cause des
règles de l’Union européenne qui
obligent les États membres à utiliser
20% d’énergie renouvelable dans la production
d’électricité, plusieurs entreprises
d’électricité ont redécouvert la
granule, a rapporté récemment le Wall
Street Journal.
La modeste granule est maintenant
considérée comme une source
d’énergie renouvelable moins coûteuse que
les panneaux solaires et les éoliennes.
La seule limite à sa croissance, c’est la
disponibilité de la matière
première, le bran de scie et les résidus
forestiers. Au Québec, où les scieries
ont réduit leurs activités en raison de
la récession américaine, les producteurs
de granules ont dû chercher d’autres sources
d’approvisionnement.
Énergex utilise des copeaux, ce qui est plus
coûteux, et Granules LG a investi pour pouvoir
récupérer le bois brûlé et
l’utiliser dans la fabrication de granules.
Le Québec perd 36 producteurs de porcs
- Stéphanie Bérubé
«
Plus les producteurs seront nombreux à
abandonner, plus il y a de chances pour que ceux qui
restent fassent de l’argent. »
L’été dernier, le gouvernement
fédéral a annoncé de nouvelles
mesures pour venir en aide à l’industrie porcine.
L’une d’elles proposait aux éleveurs d’abandonner
cette production. Les agriculteurs canadiens ont
été nombreux à répondre
à l’appel – plus que le programme ne le permet:
338 producteurs de porcs au pays vont quitter
l’industrie, dont 36 au Québec.
Toutes proportions gardées, c’est peu puisque le
Québec est la première province
productrice, avec 3800 éleveurs. Environ le tiers
du porc canadien est élevé au
Québec. « C’est un programme qui fonctionne
par soumissions, explique Jean-Guy Vincent,
président de la Fédération des
producteurs de porcs du Québec. Les soumissions
les plus basses sont acceptées. Il s’agit souvent
de producteurs qui ne font pas uniquement du porc.
»
Les producteurs ontariens ont été les plus
nombreux à se voir attribuer ces enveloppes
convoitées: 161 producteurs ont quitté
l’industrie. Le Manitoba perd 59 producteurs et
l’Alberta, 41. «Le taux d’endettement des
producteurs québécois est très
élevé», rappelle également
Jean-Guy Vincent. Ce qui expliquerait que de nombreux
agriculteurs d’ici n’ont pas réussi à
obtenir une enveloppe du programme de transition, leurs
collègues voisins ayant demandé moins
d’argent en compensation.
Produire
un porc au Québec coûte environ 190$ pour
100kg (poids/carcasse), alors que le prix du
marché a été de 130$ en moyenne en
2009. Une assurance stabilisation, payée en
partie par les producteurs, mais en majorité par
Québec et Ottawa, verse une compensation au
producteur de porc qui doit vivre avec les
réalités du marché.
« Les programmes provinciaux au Québec sont
très généreux; le programme
fédéral est donc moins intéressant
pour les producteurs de porcs, note aussi Sylvain
Charlebois, vice-doyen de l’école d’études
supérieures en politique publique Johnson-Shoyama
de l’Université de la Saskatchewan et de
l’Université de Regina. Ailleurs au Canada,
certains producteurs réalisent qu’il n’y a pas
d’autre solution que de laisser le porc. Plus les
producteurs seront nombreux à abandonner, plus il
y a de chances pour que ceux qui restent fassent de
l’argent.»
Selon Jean-Guy Vincent, Ottawa devrait
réévaluer son programme. Sa
popularité justifie déjà son
existence, dit-il. Ottawa avait prévu distribuer
75 millions de dollars pour permettre aux producteurs de
passer à autre chose.
Moins de porcs, plus de diversité -
Stéphanie Bérubé
Petite
révolution dans les champs: Québec revoit
son modèle d’assurance pour les agriculteurs.
Fini les chèques en blanc pour les productions
qui ne sont pas rentables. Notamment, les producteurs de
porcs, qui vivent une crise après l’autre,
devront diminuer la taille de leurs élevages.
À l’inverse, Québec propose maintenant une
couverture pour l’ensemble des secteurs agricoles.
Québec a
décidé de revoir son modèle
d’assurance pour les agriculteurs. Résultat:
les éleveurs de porcs, notamment, devront
réduire la taille de leurs cheptels.
Cette nouvelle mesure pourrait inciter des agriculteurs
à se lancer dans des productions plus marginales,
tant végétales qu’animales, alors qu’ils
n’osaient pas courir un tel risque sans assurance. Le
lapin, le canard ou les petits fruits ne sont pas
assurables selon le régime actuel.
« C’est une mesure qui va avoir des effets
positifs sur la diversité de l’agriculture au
Québec», constate le président de
l’Union des producteurs agricoles du Québec
(UPA), Christian Lacasse.
Le syndicat est en général satisfait du
plan de redressement dévoilé hier par le
ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de
l’Alimentation du Québec, Claude Béchard.
La Financière agricole, responsable de
l’assurance des producteurs, accumulait les
déficits. Le ministre a annoncé qu’il lui
accordait une enveloppe annuelle de 630 millions de
dollars pendant cinq ans, mais il a
précisé que cette enveloppe était
«bien fermée». Crise ou non.
«Notre objectif est d’améliorer la
performance des entreprises, d’accroître le
soutien aux secteurs en émergence et de favoriser
la diversification de l’agriculture», a
déclaré Claude Béchard. Cette
mesure va dans le sens des recommandations du rapport
Pronovost sur l’avenir de l’agriculture au
Québec. On y suggérait de faciliter
l’établissement des cultures émergentes.
Programmemaintenu
Le Programme d’assurance stabilisation des revenus
agricoles (ASRA) est maintenu, mais le calcul des
paiements sera modifié puisqu’on ne tiendra pas
compte d’une partie des entreprises non performantes et
qu’on imposera aussi un plafond aux agriculteurs.
Inévitablement, en cas de réclamation, des
producteurs recevront de plus petits chèques.
Ce point inquiète grandement l’UPA. Des
agriculteurs en difficulté ne pourront pas passer
au travers, explique Christian Lacasse. «Avant de
les appliquer, il faudrait bien mesurer quels seront les
impacts de ces nouvelles mesures dans certaines
régions du Québec»,
précise-t-il.
Le cas du porc
Dans le
cas du porc, les choses se précisent. Comme
Ottawa l’avait fait à l’été,
Québec demande à son tour aux
éleveurs de diminuer la taille de leurs cheptels
et réduit le nombre de porcs couverts par le
programme.
Ce n’est pas normal, a dit le ministre Béchard
hier, que le nombre de porcs augmente au Québec
alors que la production n’est pas rentable.
Il était temps que le gouvernement fasse ce petit
ménage, croit Sylvain Charlebois, vice-doyen
à l’École d’études
supérieures de politiques publiques
JohnsonShoyama de l’Université de la
Saskatchewan, qui était de passage au
Québec hier. «On est au moins deux ans en
retard. Il y a trop de porcs au Québec»,
répète cet observateur de l’industrie.
On a affaire à une industrie qui vit des cycles,
explique Sylvain Charlebois. L’ASRA, telle qu’elle est
appliquée actuellement, est un pansement, dit-il,
mais il faudrait plutôt s’attaquer à la
maladie. «L’industrie porcine doit s’adapter aux
aléas du marché», explique le
professeur Charlebois.
Actuellement, la faiblesse du dollar américain
fait mal aux exportateurs. Et un porc sur deux quitte le
Québec.
«Onmaintient artificiellement en vie une
industrie. Pourquoi? Pour l’exportation?» demande
Sylvain Charlebois.
Mais en plus des fluctuations du cours du dollar et de
l’alimentation des animaux, l’industrie porcine a fait
face à plusieurs crises, la grippe porcine
étant la dernière en date.
« Il faut être conséquent: on fait
face à une crise sans précédent,
admet Jean-Guy Vincent. Comme tous les secteurs qui
vivent des crises, on devra s’adapter.»
Une quinzaine d’entreprises porcines
québécoises ont déjà
déposé des demandes pour se retirer de la
production, selon le programme annoncé cet
été par le gouvernement
fédéral.
Un nouveau maïs OGMsème
l’inquiétude - Stéphanie
Bérubé
«
Avec le pollen qui se déplace, on ne pourra
jamais assurer qu’il n’y a pas de risque de
contamination. »
Le Canada et les États-Unis ont
simultanément donné le feu vert la semaine
dernière à l’arrivée dans les
champs d’un maïs transgénique nouveau genre.
En plein été, avec un bref texte pour
expliquer cette décision. Plusieurs groupes
opposés aux OGM croient que, cette fois, le
gouvernement a franchement tourné les coins
ronds.
D’autant plus que le nouveau maïs réuni huit
gènes qui permettent à la plante à
la fois d’être tolérante à un
herbicide dont on l’aspergerait et de produire son
propre insecticide. Le Canada a plutôt l’habitude
des OGM qui ont l’une ou l’autre de ces
propriétés. Dans sa décision,
l’Agence canadienne d’inspection des aliments estime que
le risque pour l’environnement est « minimal
».
« Ils ont résumé leur
décision en 350 mots ! s’indigne Éric
Darier, directeur de Greenpeace pour le Canada. Leur
argument est de dire qu’il ne s’agit que d’un croisement
entre des technologies qui existent déjà,
donc il n’y a rien de nouveau. » Or, estime-til,
on ne peut pas présumer du comportement de
plusieurs gènes mis ensemble. Santé
Canada, ditil, aurait dû étudier
l’innocuité de ce nouveau maïs qui risque de
se retrouver dans nos assiettes, ce qui n’a pas
été fait. Pour cette raison, Greenpeace,
l’Union paysanne et le Réseau canadien d’action
sur les biotechnologies demandent à Ottawa de
revenir sur cette décision.
Le
maïs en question s’appelle SmartStax. Il est le
fruit d’une collaboration entre deux géants de la
biotechnologie, Monsanto et Dow Agrosciences.
Le professeur Joe Schwarcz, du département de
chimie de l’Université McGill, comprend que le
caractère nouveau du maïs SmartStax provoque
un tollé, mais il estime que la plante ne
représente aucun risque pour la santé
humaine. La décision des experts d’Ottawa a
été prise sur la base des meilleures
connaissances scientifiques disponibles actuellement,
dit-il. Il y a toutefois un risque environnemental,
concède le professeur Schwarcz. « Avec le
pollen qui se déplace, on ne pourra jamais
assurer qu’il n’y a pas de risque de contamination
», précise le scientifique. Ainsi, un
agriculteur qui cultive du maïs biologique pourrait
se retrouver malgré lui avec des traces de
maïs transgénique qui lui serait
arrivé naturellement d’un champ voisin. Ce risque
de contamination existe déjà, avec tous
les OGM.
Monsanto et Dowcomptent commercialiser leur nouveau
maïs dès l’année prochaine avec des
superficies de culture prévues d’au moins 1,2
million d’hectares dès le lancement, donc environ
12 000 km carrés. « Un lancement d’une
telle ampleur représenterait l’arrivée sur
le marché la plus massive de l’histoire de
l’agriculture pour un produit issu de la biotechnologie
», indiquent les promoteurs du nouveau maïs
dans un communiqué.
Les concentrations d’ammoniac dans l’hémisphère
nord revues à la hausse
— Les
concentrations très polluantes d’ammoniac, dues
principalement à l’intensification de l’agriculture,
ont été sousestimées dans
l’hémisphère nord, selon des observations
satellitaires interprétées par des chercheurs
dans la revue spécialisée
publiée hier. « Dans l’atmosphère,
l’ammoniac (NH3) accélère la formation de
particules, réduisant la qualité de l’air
», selon les chercheurs de l’Université libre
de Bruxelles et de l’Université Pierre-et-Marie Curie
à Paris.
Grâce à l’interféromètre
atmosphérique de sondage infrarouge (IASI) du
satellite les chercheurs sont parvenus à mettre
Nature Geoscience
Metop, en
évidence des concentrations d’ammoniac plus fortes
que prévu au-delà du 30e parallèle
Nord.
Les régions touchées connues sont celles
à forte densité de population agricole,
notamment l’Inde et la Chine.
Celles nouvellement mises en évidence sont notamment
les vallées du Po, en Italie, et de l’Ebre, en
Espagne, les régions de San Joaquin, en Californie,
et de Snake River Valley, dans l’Idaho, ainsi que la
vallée de la Ferghana, en Ouzbékistan.
L’ammoniac atmosphérique est principalement
émis par des déjections du bétail
(39%), des sources naturelles (19%), les engrais à
base d’ammoniac (17%) et la combustion de biomasse (13%).
La dure loi du barbecue - ALAIN DUBUC
Il n’y a pas
que l’industrie touristique à avoir été
affectée par un été exécrable
jusqu’à tout récemment. La météo
a également malmené l’industrie du porc. Moins
de soleil, moins de barbecues. Moins de barbecues, moins de
côtelettes.
La baisse de la demande a fait en sorte que le prix du porc
n’a pas augmenté comme d’habitude en saison estivale.
Cela s’est ajouté aux autres tuiles qui se sont
récemment abattues sur cette industrie
déjà mal en point : l’impact de la grippe
porcine sur les exportations, la montée du dollar
canadien, de nouvelles règles d’origine dans
l’étiquetage aux États-Unis.
Les prix, d’environ 1,30$ le kilo, au lieu de monter
à 1,50$, sont plutôt tombés à
1,06$, bien moins que les coûts de production. Tout
cela a mené le ministre canadien de l’Agriculture,
Gerry Ritz, à proposer un plan d’intervention:
campagne de marketing international, soutien financier, et
surtout, 75 millions pour encourager des agriculteurs
à abandonner la production porcine.
Est-ce que ce programme pourrait avoir un impact sur le
Québec? Très improbable, parce que le
Québec vit sur une autre planète. Dans
l’ensemble canadien, à cause de toutes ces
difficultés, 3300 producteurs ont abandonné le
porc depuis 2006. Au Québec, depuis 2007, il n’y a eu
que 9 départs!
Cette anomalie tient à la nature de nos politiques
agricoles. Le programme d’Assurance stabilisation des
revenus agricoles verse aux agriculteurs la
différence entre le prix du marché et le
coût de production. Parce qu’ils sont
protégés quand une production n’est pas
rentable, ceux-ci sont insensibles aux messages du
marché et n’ont aucune raison d’abandonner la
production porcine.
J’ai
déjà écrit là-dessus et j’y
reviens. Parce que c’est une grosse industrie. Au
Québec, il y a plus de cochons que d’humains. Et
parce que son soutien nous coûte une petite fortune.
Un demi-milliard l’an dernier. Peut-être autant cette
année.
Mais il est difficile d’en parler, parce qu’on s’attaque
à des vaches sacrées. Dans une chronique, fin
mai, je décrivais ce que je viens de résumer,
en m’appuyant sur le rapport remis au gouvernement Charest
par Michel St-Pierre, ancien sous-ministre de l’Agriculture,
qui propose une réforme radicale des
mécanismes de soutien. Et je me suis fait tomber sur
la tomate par trois anciens ministres de l’Agriculture, les
péquistes Jean Garon et Rémy Trudel, et le
libéral Yvon Picotte, qui ont joint leurs voix pour
dénoncer les réformes proposées.
Dans une lettre d’un simplisme désolant (
les trois « ex » dénonçaient le
« néolibéralisme débridé
», affirmaient qu’on voulait la tête des
agriculteurs, suggéraient que la ville veut laisser
tomber la campagne etc. Bref, critiquer le modèle,
c’est vouloir la mort des agriculteurs.
En fait, j’avais commis une erreur. Quand un débat
est religieux, il faut faire des professions de foi. Redire
que l’agriculture est nécessaire. Rappeler qu’il faut
la soutenir, par solidarité, parce que les autres
pays le font, pour tenir compte de notre nordicité,
parce que nous avons besoin d’un secteur agricole fort. Le
débat, ce n’est pas s’il faut, oui ou non, soutenir
les agriculteurs. Mais plutôt comment il faut le
faire. Comment s’assurer que les sommes considérables
que nous consacrons assurent l’épanouissement de
l’agriculture au lieu de contribuer à sa
sclérose.
Mais pour que les réformes nécessaires voient
le jour, il faudra du leadership. Rien ne changera tant que
les ministres de l’Agriculture ne seront que des porte-voix
du milieu, et du monopole corporatiste de l’UPA, dont la
fonction première semble être de
récolter des voix dans les comtés ruraux. Ce
sera là le grand défi du nouveau ministre de
l’Agriculture, Claude Béchard.
L’agro-BS - ALAIN
DUBUC
(NDE : Haha !... C'est ce qui s'appelle fesser dans le tas !...)
La
rigidité de l’UPA montre à quel point ce lobby
syndicalo-corporatiste fait partie du problème.
L’Union des producteurs agricoles a sorti les gros canons
dans sa croisade contre les réformes que le
gouvernement Charest tente d’implanter dans le monde
agricole. Elle a obtenu l’appui de trois anciens ministre de
l’Agriculture, deux péquistes, Jean Garon et
Rémy Trudel, mais aussi un libéral, Yvon
Picotte.
L’aide
aux
producteurs porcins a monté en flèche ces
dernières années : 253 millions en 2006, 361
millions en 2007 et 559 millions en 2008.
La bataille de l’UPA porte en partie sur des
révisions mineures au zonage agricole, mais bien
davantage sur le fameux rapport de la commission Pronovost,
qui veut dynamiser l’agriculture québécoise,
et encore plus sur un autre rapport, moins connu, celui de
l’ancien sous-ministre de l’Agriculture, Michel
Saint-Pierre, qui propose de repenser de fond en comble l’un
des piliers du modèle agricole
québécois, en fait sa vache à lait, le
Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles.
Del’extérieur, le soutiende trois ministres semble
montrer que le monde agricole s’est mobilisé au grand
complet. Il n’en est rien. De nombreux agriculteurs appuient
ces réformes, notamment l’Union paysanne. Nous sommes
plutôt en présence d’un débat entre deux
conceptions de l’agriculture. Auquel se greffe un autre
débat, sur la meilleure façon de lui venir en
aide.
Actuellement, le système agricole est encadré
par deux grands mécanismes, la gestion de l’offre et
l’assurance agricole, l’ASRA, financée en bonne
partie par l’État, crée pour assurer un niveau
de revenu aux agriculteurs et les protéger contre les
fluctuations des prix. Mais ce système a
dérivé au fil des ans. L’existence de l’ASRA a
façonné le développement de
l’agriculture québécoise et engendré un
véritable mode de vie, une sorte d’agro-BS, dont les
effets pervers sont majeurs.
Les agriculteurs ont eu tendance à privilégier
les 17 productions soutenues par l’ASRA, – porc, veau,
mais-grain, etc. – parce que leurs revenus sont garantis, ce
que les banques et les caisses encouragent. Et parce que
c’est payant. Par exemple, on sème de l’avoine,
même si ce n’est pas rentable, pour avoir un
chèque: l’ASRA remboursera en effet la
différence entre le prix du marché et le
coût de production.
Cette
même logique encourage des productions qui n’ont
jamais été rentables, comme le veau et
l’agneau. L’ASRA qui devait aider les agriculteurs les
mauvaises années, devient alors un coûteux
organisme subventionnaire.
Ce système crée deux classes d’agriculteurs,
les gras durs, protégés par l’ASRA, et les
autres qui doivent se débrouiller seuls, comme les
maraîchers, les bios, les petites productions non
standard. Pas étonnant que l’agriculture
québécoise ait du mal à se diversifier.
Enfin, il déresponsabilise les agriculteurs et les
empêche de percevoir les signaux des marchés.
Le cas le plus fou, c’est celui du porc: les prix baissent,
les coûts grimpent, les agriculteurs perdent de plus
en plus d’argent pour chaque porc, et pourtant, ils
augmentent leur production. Pourquoi? Parce que l’ASRA
compense. Et c’est ainsi que le coût de l’aide aux
producteurs porcins amonté en flèche:
253millions en 2006, 361 millions en 2007 et 559 millions en
2008.
Le rapport Saint-Pierre documente tout cela de façon
convaincante, il propose de solutions sensées, non
pas pour réduire l’aide à l’agriculture, mais
pour la repenser, notamment en soutenant les fermes, peu
importe leurs activités, plutôt que les
productions.
Pourtant, la réaction de l’UPA a été
véhémente. Un refus en bloc. Une
dénonciation de la « désinformation
». Cette rigidité montre à quel point ce
lobby syndicalo-corporatiste fait partie du problème,
et constitue un frein important à l’évolution
nécessaire de ce secteur.
On pourrait bien sûr interpréter l’appui des
trois ex-ministres comme une caution morale à leur
cause. J’y vois plutôt un autre symptôme du
même mal, le fait que l’UPA contrôle à ce
point l’agriculture au Québec que les ministres de
l’Agriculture deviennent moins des décideurs que des
courroies de transmission.
A-t-on abandonné la
campagne?
(NDE : Bla, bla, bla...)
Les
producteurs agricoles ne sont pas des « BS »
La Financière agricole du Québec a
dégagé des surplus pendant cinq des sept
dernières années.
Les auteurs sont d’anciens ministres québécois
de l’Agriculture. Ils répliquent à la chronique
d’Alain Dubuc intitulée « L’agro-BS »,
publiée le 27 mai.
Chaque
année, le territoire agricole est grugé par
des autoroutes, des centres commerciaux, des maisons et des
ports méthaniers, au détriment des producteurs
agricoles.
Dans sa chronique, Alain Dubuc fait sienne une légende
urbaine: « Les producteurs agricoles sont tous des BS de
l’État. » Nous avions toutefois lancé la
première pierre, le lundi précédent, en
affirmant qu’il y avait péril en la demeure pour de
nombreux producteurs agricoles dans toutes les régions
du Québec.
Nous avons posé ce geste parce que notre longue
expérience au gouvernement, tous partis confondus, nous
indique qu’une grande bataille va bientôt se
dérouler en sol québécois pour
éviter l’effondrement des piliers de l’agriculture du
Québec. Le texte de M. Dubuc confirme nos craintes.
Que « les agro-BS » ne s’y méprennent pas,
on veut leur tête et les abatteurs peuvent compter sur
toutes les forces néolibérales, celles-là
mêmes qui ont conduit au marasme économique
actuel! Le scénario va-t-il se répéter en
agriculture ? Accuser tous les agriculteurs d’être des
« BS » de l’État, ce serait comme accuser
tous les employés du conglomérat Radio-Canada/
La Presse d’être à la solde de Power Corporation.
Alain Dubuc et Joël Le Bigot même combat. Trop fort
ne casse pas!
On n’a qu’à observer ce qui est train d’arriver avec le
démantèlement de la Commission canadienne du
blé à Ottawa. Le Québec veut emprunter
cette voie. Il le fait à pas feutrés parce qu’il
doit compter sur la droite économique et la
majorité urbaine pour y arriver sans trop de
conséquences désastreuses sur son
électorat.
Le principe d’une assurance agricole est de procurer une
protection aux agriculteurs s’il se produit des accidents
climatiques, une épidémie ou d’autres accidents
de même nature. À cela, M. Dubuc oppose la
légende urbaine qui veut que les producteurs agricoles
sèment de la folle avoine pour toucher un chèque
d’assurance.
Quand la
compagnie d’assurance doitpayerdesdédommagements, elle
trouve toujours ça trop cher. Quand elle collecte les
primes, jamais elle ne se plaint. La Financière
agricole du Québec a dégagé des surplus
pendant cinq des sept dernières années.
Voilà que les mauvaises années arrivent et on
veut démanteler le programme pour réduire la
couverture d’assurance. C’est ça, le
néolibéralisme débridé. On
encaisse les bonnes années et on se pousse quand
l’assurance doit payer.
Le territoire agricole, quant à lui, est grugé
peu à peu chaque année. L’appétit des
développeurs en région urbaine est sans limites.
« Que ces agro-BS aillent paître ailleurs! Nous on
est des développeurs d’autoroutes, de centres
commerciaux, de maisons, de ports méthaniers et on a
besoin de terrain. Pas n’importe lesquels. Les meilleurs pour
des fins commerciales et industrielles!»
La volonté que nous percevons, c’est d’assouplir la Loi
(langage politically correct, s’il en est) pour faciliter la
tâche des municipalités, d’ailleurs à
l’origine de plus de 95% des demandes de dézonage. La
vérité, c’est que la ville veut laisser tomber
la campagne et envahir son territoire.
Quant au mouvement de solidarité de l’UPA. Trop
fatigant. Trop puissant. Trop bien organisé. On
aimerait mieux une négociation un contre un, et non pas
une mise en marché collective. La situation des
agriculteurs aux États-Unis et en
Nouvelle-Zélande, par exemple, nous apprend des choses
: l’individualisme appauvrit. La solidarité, elle,
protège les petits d’abord.
Ou i , M. Dubuc , nous avons choisi notre camp. La
leçon des derniers mois à propos des
institutions financières nous a grandement aidés
à choisir. Le vôtre n’est évidemment pas
celui de la solidarité. Appuyer votre position sur le
regroupement de l’Union paysanne confine à la
mendicité intellectuelle.
Nous ne croyons pas que les producteurs agricoles soient des
« BS ». Le terme est méprisant, et les
faits ne militent pas en ce sens.
Au moins , l a plume de M. Dubuc sert-elle à ceci:
lever le voile sur la pensée dominante et les enjeux
à venir. La ville a-telle laissé tomber la
campagne? Le cas échéant, ces « agro-BS
» ne devront compter que sur euxmêmes pour
progresser. Or, le meilleur espoir – que ça vous plaise
ou non – c’est l’UPA, qui a claironné avec nous qu’elle
attend son partenaire à la table de discussion.
Agriculture
: l’application du rapport Pronovost demandée
EN BREF
Une importante coalition de producteurs agricoles,
d’environnementalistes, de groupes de consommateurs et de
spécialistes en alimentation demande à
Québec de ne pas céder aux pressions de l’Union
des producteurs agricoles ( UPA) et d’aller de l’avant avec les
réformes proposées par le rapport Pronovost. La
coalition affirme que l’agriculture québécoise se
dirige vers un cul-de-sac si le gouvernement maintient le statu
quo, une conclusion à laquelle est parvenue la commission
Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
La commission Pronovost, créée par le gouvernement
Charest, propose notamment de décentraliser et de
diversifier l’agriculture et de s’écarter du
modèle axé sur les grandes productions
commerciales. Elle propose également que le soutien
financier et l’assurance agricole soient
démocratisés et accessibles aux plus petites
fermes et aux productions écologiques. Le rapport
suggère aussi de favoriser la mise en marché de
proximité des productions locales pour soutenir
l’agriculture en région, d’ouvrir le zonage pour
faciliter la création de petites fermes et de briser le
monopole syndical et administratif de l’UPA. La coalition estime
que le modèle actuel de grandes cultures industrielles ne
peut que mener au dépeuplement des régions et
à des difficultés croissantes puisque le
Québec ne pourra faire concurrence indéfiniment
aux pays émergents dont le climat favorise de meilleurs
rendements.
Trois anciens ministres appuient l’UPA
Modifications
à la loi sur la protection du territoire agricole
QUÉBEC— Appelés en renfort par l’Union des
producteurs agricoles ( UPA), trois anciens ministres de
l’Agriculture demandent au gouvernement Charest de ne pas
« mettre la hache » dans un programme d’assurance
et la loi sur la protection du territoire agricole comme le
recommandent selon eux deux rapports récents.
On
craint que les villes n’aient une influence plus grande sur
la gestion du territoire agricole, elles qui ont plus
souvent tendance à favoriser la construction
résidentielle et industrielle.
En conférence de presse hier, les péquistes Jean
Garon (ministre de l’Agriculture de 1976 à 1985),
Rémy Trudel (de 1998 à 2001), et l’ancien
ministre libéral Yvon Picotte (de 1990 à 1994)
ont plaidé pour que ces deux « piliers » de
l’agriculture québécoise demeurent à peu
près intacts.
Commandé par le gouvernement, le rapport Ouimet propose
d’apporter des « ajustements chirurgicaux »
à la loi sur la protection du territoire agricole pour
que les demandes d’exclusion de lots protégés
soient inscrites dans les schémas d’aménagement
des municipalités plutôt que d’être
traitées « au cas par cas ».
Jean Garon craint que les villes n’aient une influence plus
grande sur la gestion du territoire agricole, elles qui ont
plus souvent tendance à favoriser la construction
résidentielle et industrielle. « C’est remettre
aux loups les clés de la bergerie », a
lancé le président de l’UPA, Christian Lacasse.
Selon lui, quelque 4000 hectares de terres agricoles sont
« dézonés » chaque année,
l’équivalent de l’île de Montréal tous les
10 ans.
De son côté, le rapport St-Pierre – aussi
commandé par le gouvernement – propose une vaste
réforme du programme d’assurance stabilisation des
revenus agricoles (ASRA). Ce programme créé en
1975 vise à combler l’écart entre les
coûts de production et le prix du marché. Son
déficit cumulé frise les 800 millions de
dollars.
«
Est-ce qu’il faut tuer l’ASRA et repartir sur une autre base
pour que ça coûte moins cher? La réponse
c’est non », a lancé Rémy Trudel, plaidant
que le secteur agricole vit des crises successives depuis
quelques années. « Quand le risque est
élevé, c’est le rôle de l’État de
soutenir. »
Selon Yvon Picotte, « le gouvernement doit
privilégier l’agriculture de proximité, et
ça ne se fait pas en coupant dans des programmes. S’en
remettre aux lois du marché et à l’exportation,
c’est un piège ».
Selon Rémy Trudel, avec les rapports Ouimet et
St-Pierre, « il y a péril en la demeure ».
Jean Garon estime que le gouvernement, qui fait la sourde
oreille aux demandes de l’UPA, « ne peut pas mettre la
hache impunément dans un héritage de 30 ans
».
Jusqu’à maintenant, Québec a envoyé des
signaux en faveur des recommandations des rapports Ouimet et
St-Pierre, ce qui « n’est pas rassurant », a
souligné Christian Lacasse.
Après un discours devant l’industrie alimentaire
canadienne réunie en congrès à
Québec, le premier ministre Jean Charest n’a pas voulu
répondre à la sortie des trois anciens ministres
sur l’avenir du secteur agricole. « C’est un long
débat, un grand débat », a-til
affirmé aux journalistes avant de quitter la salle.
Les producteurs québécois sont
inquiets
Traité de libre-échange biologique avec les
États-Unis
La signature d’un traité de libreéchange des
produits biologiques entre le Canada et les
États-Unis n’a pas fini de faire des vagues au
Québec : le milieu du bio québécois
prépare déjà sa réplique.
La Fi l ière biologique du Québec, une table
de concertation, a devancé sa prochaine
réunion et ses membres doivent se réunir
dès ce matin pour analyser en profondeur l’accord
conclu mercredi dernier à Chicago. « On se
prépare à mobiliser nos troupes, parce qu’on
ne peut pas laisser les choses se passer comme ça
», a affirmé hier le vice-président de
la Fédération d’agriculture biologique du
Québec et membre de la Filière biologique,
Robin Fortin.
Les producteurs affirment que le traité ouvre la
porte à une concurrence déloyale de la part
des producteurs américains, en permettant à
ces derniers d’exporter leurs produits au Canada sans
contraintes additionnelles et en utilisant le logo
biologique canadien. « On ne peut pas comparer nos
produits avec ceux des États-Unis. Nos normes sont
beaucoup plus sévères: nous avons au moins
15 ans d’avance sur eux et encore, je suis conservateur
», soutient M. Fortin.
Parmi les
recours possibles, il envisage de demander à
Québec de se retirer de l’entente debut enblanc.
«Sinon, onassisteraàunnivellement
inacceptable des produits biologiques offerts aux
consommateurs.»
Une marge de manoeuvre limitée
Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore
porté publiquement de jugement sur les principes du
traité, qui fait encore l’objet d’analyse, mais il
démontre aussi une certaine inquiétude.
« Nous devrons bien nous assurer que le
Québec ne soit pas pénalisé parce
qu’on a toujours été avant-gardistes pour
encadrer les produits biologiques », a reconnu hier
Sylvain Bourassa, porte-parole du ministre Laurent
Lessard.
Québec tempère toutefois les attentes des
producteurs. « La loi canadienne a
préséance sur celle du Québec
», a noté hier M. Bourassa.
PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE HAUSSE
RAPIDE ET PROBLÉMATIQUE - Vincent
Brousseau-Pouliot
« C’est
devenu trop cher à certains endroits, dit Isabelle
Imbeault, qui cultive des légumes bios dans la
région de Lanaudière. Les seules personnes qui
peuvent acheter, ce sont les gros producteurs qui ont
déjà beaucoup de superficie. »
A près une vingtaine d’années à
labourer sa ferme de S a i nt-S é ba s t i e n , en
Montérégie, Daniel Lavoie a
décidé qu’il en avait assez de cultiver du
maïs et du soya. Il a ainsi vendu ses 150 hectares (280
terrains de football !) de terres agricoles. Une
décision qui ne pouvait être prise au meilleur
moment. Selon un rapport de La Financière agricole,
la valeur des terres agricoles a augmenté de 10 % au
Québec en 2008. Statistique Canada, qui utilise des
données différentes, calcule plutôt une
hausse de 7% entre janvier et novembre 2008.
Dans un tel marché haussier, Daniel Lavoie a pu
récolter 2,7 millions pour ses terres achetées
environ 300 000 $ en 1984. L’occasion était trop
belle, d’autant plus qu’il devait bientôt faire des
investissements importants en équipement et que la
passion de l’agriculture n’était plus au rendez-vous
depuis quelque temps. « Il aurait fallu mettre 400 000
$ pour une moissonneuse neuve, dit-il. Les coûts de
semence et de fertilisants sont super élevés.
J’en avais ras le bol et je ne pense pas que le prix des
terres agricoles va rester où il est
présentement. »
Pour des producteurs qui, comme Daniel Lavoie, ont fait le
tour du jardin, la récente hausse du prix des terres
agricoles est une chance inespérée de
rentabiliser des années de dur labeur. Pour les
autres qui veulent continuer leur vie dans les champs, c’est
une autre histoire. « Nous avons été un
peu surpris (par la vigueur de la hausse), dit Denis
Bilodeau, deuxième vice-président de l’Union
des producteurs agricoles ( UPA). La valeur foncière
augmente plus vite que les revenus agricoles. »
La hausse de la valeur des terres québécoises
pose plusieurs problèmes aux producteurs agricoles.
Le premier est d’ordre fiscal. Habitués à se
faire rembourser une bonne partie de leurs taxes
foncières sur leur déclaration de revenus au
provincial, ils sont de plus en plus nombreux à ne
pas se qualifier pour ce crédit d’impôt en
raison de la hausse de la valeur de leur
propriété. « Seulement en 2008, il y a
18% de producteurs de plus qui se sont vu refuser le
crédit d’impôt, qui rembourse jusqu’à
70% des taxes foncières », dit Denis Bilodeau,
aussi producteur de maïs, de soya, de porc et de bovin
à ses heures dans la région de Warwick.
Le
deuxième problème est d’ordre
générationnel : les terres deviennent trop
chères pour les jeunes producteurs qui ne sont pas
issus de familles agricoles. Ceux-ci n’ont souvent pas le
choix de louer des terres s’ils veulent démarrer
leur entreprise.
« Plus la valeur des terres va augmenter, plus les
gens vont être intéressés à les
louer », dit Denis Bilodeau, de l’UPA.
« C’est devenu t rop cher à certains
endroits, dit Isabelle Imbeault, qui cultive des
légumes bios sur 2,5 hectares avec son conjoint
depuis quatre ans sur ses terres – achetées non
sans chercher – dans la région de
Lanaudière. Les seules personnes qui peuvent
acheter, ce sont les gros producteurs qui ont
déjà beaucoup de superficie. Tu arrives dans
un village et ils sont trois ou quatre à
détenir à peu près toutes les terres…
»
Même si elle est en hausse, la location des terres
est un phénomène deux fois moins
répandu au Québec qu’au Canada et aux
États-Unis. « J’ai l’impression ça va
arriver aussi ici, dit le producteur Daniel Lavoie. I l y
aura moins de propriétaires, mais ceux-ci auront
encore plus de terres. »
Même s’il a vendu sa ferme de
Saint-Sébastien, Daniel Lavoie ne quitte pas
complètement le milieu agricole. De la somme de 2,7
millions obtenue pour sa ferme, il a pris 1 million pour
acheter un verger à Rougemont. Une
propriété plus petite – « seulement
» 50 hectares –, mais surtout avec moins de soucis.
« Un verger, c’est plus tranquille, dit-il. Le prix
des pommes est plus stable. En plus, j’avais besoin d’un
autre style de vie. J’étais tanné de jouer
dans la boue alors je m’en vais jouer dans le gazon.
»
LA FAUTE DE L’ÉTHANOL… ET DES
POLITICIENS !
La cause de la hausse surprenante de la valeur des
terres agricoles ? L’éthanol, le carburant chouchou
vert de la classe politique canadienne et
américaine. Aux États-Unis, tous les
candidats présidentiels qui se prennent au
sérieux ne jurent que par l’éthanol, produit
en grande partie en Iowa, l’un des États les plus
importants des primaires. Au Canada, le Parlement
fédéral a adopté l’an dernier une loi
exigeant de hausser à 5% le seuil minimum de
carburants renouvelables comme l’éthanol dans
l’essence. « La production plus importante
d’éthanol a contribué à faire monter
le prix des céréales. Comme le prix des
céréales est plus élevé,
ça incite les producteurs à agrandir en
achetant d’autres terres », dit Normand Johnston,
vice-président au financement de La
Financière agricole du Québec. La
montée du prix des denrées alimentaires,
influencée par la popularité de
l’éthanol, a surtout eu lieu durant la
première moitié de l’année 2008. Les
cours du maïs et du soya ont augmenté
respectivement de 58% et 39% entre janvier et juin 2008
à la Bourse de Chicago. Mais ces deux
denrées ont terminé l’année dans le
rouge (-11 % pour le maïs et -19% pour le soya), un
résultat final qui n’a curieusement pas
semblé déranger le marché immobilier
agricole.
LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC DANS LEUR
LIGNE DE MIRE - Vincent Brousseau-Pouliot
«
L’industrie agricole est très intéressante
pour les investisseurs. C’est un secteur très peu
volatil dont les rendements dépendent peu des
marchés boursiers. »
Rus s i e . Ukra i ne . S o uda n . Éthiopie.
Tanzanie. Mali. Laos. I ndonésie.
Nouvelle-Zélande. Brésil. Argentine. Les
firmes d’investissement agricole sèment des
millions de dollars sur les terres agricoles partout sur
la planète. Au Québec, la récolte
est mince, pour ne pas dire inexistante.
La plus grande firme d’investissement agricole au pays,
AgCapita, n’entend pas investir à court terme
dans les terres agricoles du Québec. « Ce
n’est pas dans nos plans », dit Stephen Johnston,
l’un des trois associés de cette firme de Calgary
qui compte Jim Rogers, le célèbre gourou
des matières premières, au sein de son
conseil d’administration.
Depuis sa création en 2007, AgCapita a pourtant
investi 18 millions de dollars dans l’achat de terres
agricoles au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan. Le
concept est simple : la firme se finance auprès
d’investisseurs (ceux-ci ont droit à une
contribution REER), achète des terres et les loue
ensuite aux fermiers. « L’industrie agricole est
très intéressante pour les investisseurs,
dit Stephen Johnston. Elle n’est pas affectée par
la récession, la demande augmente de façon
régulière de 2% à 3% et l’offre est
stable. C’est un secteur très peu volatil dont
les rendements dépendent peu des marchés
boursiers. Quand on disait ça aux gens il y a
deux ans avant la chute de la Bourse, ils ne nous
écoutaient pas. Maintenant, ils écoutent.
»
AgCapita
prévoit faire une autre campagne d’investissement
de 15 à 20 millions cette année dans
l’Ouest canadien. La firme mise surtout sur les terres
agricoles de la Saskatchewan, où le prix est six
fois moins é l e vé qu’au Québec s
e l o n Statistique Canada. « Ce sont les terres
agricoles les moins chères de tous les pays
développés, dit Stephen Johnston. En plus,
les terres de la Saskatchewan sont plus propices
à la production de céréales et de
grains, un marché mondial prévisible. Les
terres du Québec, elles, sont plus propices
à la production de fruits et légumes, un
marché moins intéressant à notre
avis. »
Un autre obstacle, législatif celui-là,
nuit à l’industrie agricole de l a Belle P rov i
nce : u ne loi québécoise restreint
l’achat des terres de plus de 4 hectares par des non-r
é s i da nt s . La Commission de la protection du
territoire agricole du Québec a le dernier mot
sur une transaction et peut autoriser la vente à
des intérêts étrangers, mais le
processus effraie bien des investisseurs. De sorte
« qu’il n’y a pas de présence des fonds
d’investissement qui achètent pour
spéculer », confirme Normand Johnston,
vice-président au financement de La
Financière agricole du Québec.
Selon Stephen Johnston, la Saskatchewan avait une loi
similaire au Québec avant de l’abolir en 2003.
« Ce fut une décision essentiellement
démographique : les fermiers de la Saskatchewan
sont les plus vieux au Canada, ils veulent prendre leur
retraite et ils voient que les mêmes terrains en
Alberta valent trois fois plus cher que les leurs !
» dit l’associé de la firme AgCapita.
Le Québec ne serait toutefois pas
délaissé complètement par le milieu
de la haute finance agricole. Selon Stephen Johnston, la
firme américaine John Hancock a confié
récemment lors d’une conférence avoir
acheté des terres pour cultiver des canneberges
au Québec.
L’UPA VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES
AGRICULTEURS - Hugo Fontaine
Entre
sa ferme laitière et la table de
négociation, le président de l’ Union
des producteurs agricoles ( UPA), Christian Lacasse,
aura un été chargé. Son organisme
est en discussions avec le gouvernement afin de sauver
les bases d’un important programme d’assurance de
revenus pour les agriculteurs.
L’UPA demande à
l’État québécois de plus que
doubler sa contribution à la
Financière agricole, l’institution par
laquelle passe le financement public du secteur
agricole.
L’UPA demande aussi à l’État
québécois de plus que doubler sa
contribution à la Financière agricole,
l’institution par laquelle passe le financement public
du secteur agricole.
Créé en 1975, le Programme d’assurance
stabilisation des revenus agricoles (ASRA) offre une
compensation financière aux agriculteurs
lorsque les prix du marché d’un produit sont
insuffisants par rapport aux coûts de
production.
L’ASRA peut représenter jusqu’à 50% du
revenu d’un agriculteur (comme dans le domaine de
l’agneau par exemple), même si la proportion
varie beaucoup d’un secteur à l’autre.
« Toutes les productions sont soumises à
des fluctuations de prix dans le temps, explique le
président de la Fédération des
producteurs de porcs du Québec (membre de l’
UPA), Jean-Guy Vincent. C’est là qu’on a besoin
d’un soutien gouvernemental pour maintenir nos fermes.
C’est du vivant. On ne peut pas arrêter de
produire un matin et repartir tout ça dans
trois mois. On a besoin d’une assurance. »
L’ASRA est financée au tiers par les
assurés, le reste étant à la
charge de la Financière agricole.
Or, le déficit de ce programme, offert en
complément à un programme
fédéral, navigue autour de 780 millions
de dollars, soit un peu moins que la valeur totale des
compensations totales versées en vertu du
programme pendant l’année financière
2007-2008.
Depuis 2003, les besoins ont explosé,
particulièrement dans le secteur de la viande.
Afin de remédier à l’impasse f i
nancière, le rapport SaintPierre,
commandé par Québec et publié en
février dernier, recommande de réduire
progressivement la portée de l’ASRA, puis de le
remplacer par un programme qui favoriserait
l’autogestion du risque par les agriculteurs.
Selon
l’interprétation qu’en fait Christian Lacasse,
le calcul du revenu garanti ne serait plus basé
sur les coûts de production.
« La baisse de compensation serait plus
importante dans les régions
périphériques, calcule-til. Le
gouvernement serait bien mal venu d’aller en ce sens.
»
Selon M. Lacasse, les arguments de l’ UPA portent
leurs f ruits. « Dans les t ravaux du
comité bipartite, les représentants du
gouvernement remettent beaucoup en cause l’ASRA
», dit-il.
Du côté du ministère de
l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation
(MAPAQ), Jacynthe Lafontaine, conseillère en
communications, n’a pas confirmé que l’ASRA
allait survivre. « Je ne peux pas m’avancer sur
ce sujet-là », a-t-elle dit.
L’UPA a mis de l’avant certaines propositions pour
mettre l’ASRA au goût du jour, notamment de
moduler les primes selon la taille des entreprises
agricoles.
« Nos objectifs, c’est de rendre ces programmes
plus efficaces, de favoriser une meilleure utilisation
des fonds publics et de faire en sorte que ces
programmes soient plus défendables du point de
vue de l’opinion publique et des décideurs
», dit Christian Lacasse.
Le MAPAQ n’a pas voulu se prononcer sur les
propositions de l’UPA, qui souhaiterait aussi que les
programmes de sécurité du revenu
s’étendent au-delà des 17 secteurs
actuellement couverts.
L’ UPA estime aussi que le gouvernement provincial
sousfinance la Financière agricole, ce qui
force l’organisme à emprunter pour payer ses
primes. « On ne peut plus financer les
programmes avec une enveloppe de 305 millions, dit M.
Lacasse. L’enveloppe nécessaire est
plutôt de 650 millions de dollars. »
« Ça prend une intervention à la
hauteur de ce que le Québec veut se donner
comme agriculture », ajoute Jean-Guy Vincent.
Les deux parties espèrent pouvoir en venir
à une entente au début de l’automne.
La
«
révolution » destructrice
Le nouveau régime forestier instaure de nouveaux
obstacles à la conservation et à la protection
des forêts vierges
La
nouvelle Loi sur la forêt doit s’assurer de la
présence d’un réseau d’aires
protégées représentatives,
adéquates et de dimension suffisante.
Les auteurs sont coresponsables de la campagne Forêt
chez Greenpeace. Ils signent une lettre ouverte à
M. Claude Béchard, ministre des Ressources
naturelles et de la Faune du Québec.
Nous sommes de ceux qui aspirent à une meilleure
foresterie. Ceux qui croient, comme des milliers d’autres,
en un régime forestier qui fait prospérer le
Québec et les Québécois, et non les
multinationales, dans un profond respect de la
forêt.
Nous sommes de ceux qui ont participé activement
à la commission Coulombe, au Sommet sur l’avenir de
la forêt québécoise et aux
consultations sur le Livre vert et qui ont
manifesté leur désaccord face à
l’exploitation abusive de la forêt.
Nous faisons partie d’un mouvement populaire, qui croit
que le temps est venu de faire les choses autrement, et
nous sommes convaincus que votre nouveau régime
forestier, votre « petite révolution »,
nous lance dans une dérive environnementale
majeure.
Dans les dernières décennies, nous avons
alloué presque l’entièreté de nos
forêts productives à l’industrie et avons
coupé, fragmenté et perturbé plus de
85% de ces forêts publiques. Sur ce même
territoire forestier, on retrouve un peu moins de 5%
d’aires protégées. En outre, il ne reste que
près de 10% de forêts encore intactes en zone
commerciale.
S’il y a un enjeu forestier auquel le nouveau
régime forestier devra répondre, c’est bien
celui de la protection de nos dernières
forêts vierges. Que ce soit en Amazonie, au Congo,
en Indonésie ou en Russie, tous sont
confrontés à la disparition et à la
dégradation des dernières forêts
vierges de la Terre. Le Québec, et vous M.
Béchard, avez une grande responsabilité
à honorer, tant pour la province que pour le reste
de la planète.
Or vous
avez complètement évincé cette
question dans votre nouveau régime «
révolutionnaire » et instauré
plutôt de nouveaux obstacles à la
conservation: zonage bloquant toute possibilité de
protection, réallocation mur à mur de la
forêt à l’exploitation, aucune marge de
manoeuvre à la conservation par le Forestier en
chef.
Comment allez-vous plus que doubler la superficie d’aires
protégées (de 5% à la nouvelle cible
de 12%) en forêt commerciale d’ici 2015 sans vous
donner les outils pour le faire? Sans parler de la cible
de 50% d’aires protégées fixée par
Jean Charest dans le cadre du Plan Nord, qui touche la
grande majorité de la forêt boréale
commerciale?
Le nouveau régime propose la mise en place de zones
de sylviculture intensive sur 20% du territoire forestier,
l’équivalent de 150 fois la superficie de
l’île de Montréal. Monocultures, dilapidation
et conversion des forêts naturelles, espèces
hybrides, vocation unique de production ligneuse, aucune
protection de la biodiversité, indifférence
face aux autres utilisateurs de la forêt, etc.
L’application de telles mesures sur de si grandes
superficies représente une déchéance
environnementale témoignant de l’insouciance d’un
ministre borné et aveuglé par une industrie
en crise. M. Béchard, nous sommes en 2009, pas en
1960! L’industrialisation agressive de nos forêts
publiques et la création de déserts
biologiques ne font pas partie de la solution.
Les marchés internationaux se conscientisent, les
consommateurs ne veulent plus encourager la disparition
des espèces et la destruction des forêts
intactes. La montée fulgurante de la certification
FSC partout dans le monde, et notamment au Québec,
est un gage de ce changement de mentalité. Or le
nouveau régime que vous proposez va
complètement à l’encontre de cette mouvance,
et risque même d’imposer de nouveaux obstacles
à la certification FSC.
Pour assurer la pérennité du patrimoine
forestier québécois, nous vous demandons de
faire les choses dans le bon ordre. La nouvelle Loi sur la
forêt doit renverser le mode actuel de planification
et s’assurer de la présence d’un réseau
d’aires protégées représentatives,
adéquates et de dimension suffisante AVANT toute
nouvelle allocation des forêts.
Il nous apparaît tout simplement scandaleux
qu’après 10 ans de dénonciation, deux
rapports indépendants, un sommet de la
société civile, une commission
parlementaire, des dizaines de mémoires et des
centaines d’heures de consultation, votre gouvernement ne
se soit pas doté d’un régime forestier qui
inclut des obligations environnementales à la
hauteur des attentes des générations
actuelles et futures. M. Béchard, avec un tel
projet de loi, on ne peut que s’attendre à une
autre levée de boucliers!
Adieu l’électricité bon
marché - Gérard Bélanger
& Jean-Thomas Bernard
Le
coût moyen des approvisionnements grimpe chez
Hydro-Québec
La société québécoise doit
s’adapter à une nouvelle réalité:
la fin de la production de l’électricité
bon marché. Cette adaptation est d’autant plus
difficile que durant plusieurs décennies, le
Québec s’est démarqué par de
faibles coûts dans la production de
l’hydro-électricité. Ce qui était
vrai jusqu’à aujourd’hui n’existe plus pour les
projets futurs.
ARCHIVES LA PRESSE
Les approvisionnements actuels
en électricité reposent
généralement sur des centrales
à faibles coûts, notamment en ce qui a
trait au contrat des chutes Churchill, qui est
à 0,35 cent le kilowattheure (kWh).
Les approvisionnements actuels en
électricité reposent
généralement sur des centrales à
faibles coûts. Voici quelques ordres de
grandeur. Le contrat des chutes Churchill, qui
représente 12% de la puissance disponible, est
à 0,35 cent le kilowattheure (kWh) et les
centrales de la Baie-James, qui fournissent plus du
tiers de la puissance installée, ont un
coût d’environ 1,5 cent/kWh. Selon
Hydro-Québec Production, en 2008, le coût
moyen du kilowattheure s’est établi à
2,2 cents.
L’abondance des sites hydrauliques, qui furent
exploités en commençant par ceux qui
étaient plus rapprochés et moins
coûteux, a permis un coût moyen de
production relativement bas. Qu’en est-il des projets
futurs ?
En mai 2009, Hydro-Québec a entrepris la
construction d’un complexe hydroélectrique de
1550 mégawatts sur la rivière Romaine.
Les coûts anticipés de cette
électricité se situent aux environs de
10 cents/kWh. Parallèlement, le récent
appel d’offres de 2000MW en énergie
éolienne s’est soldé à un prix
moyen de 10,3 cents/kWh. C’est donc un autre univers
avec des coûts de production qui
s’éloignent énormément des
coûts moyens d’approvisionnement actuels.
Ces
nouvelles conditions de production débouchent
sur la question suivante : existera-t-il un
marché à l’exportation pour de
l’électricité produite à 10
cents? La réponse se complique avec
l’imprécision des politiques environnementales
qui modifieront les coûts des différentes
filières d’électricité. À
cet égard, il est utile de se rappeler qu’au
milieu des années 60, des spécialistes
entrevoyaient un engouement pour l’énergie
nucléaire à très bas prix. Cette
attente ne s’est pas réalisée.
Les développements récents portant sur
une grande disponibilité en Amérique du
Nord de gaz naturel provenant des schistes, et par
conséquent sur l’évolution de son prix,
favorisent l’expansion des centrales alimentées
par ce combustible. Le coût se situerait aux
environs de 8 cents/kWh.
À un coût de production de 10 cents/ kWh,
la source hydraulique n’apparaît plus comme un
choix incontournable. Le Québec perd ainsi son
avantage relatif dans la production de
l’électricité. Il est normal qu’il en
soit ainsi puisque les sites sont
développés par un ordre de coûts
croissants.
Une importante question demeure : comment peut-on
faire comprendre à la population que
l’époque de l’électricité bon
marché est révolue et que les politiques
de tarification, de développement industriel et
d’exportation devraient refléter cette nouvelle
réalité ?
La poétesse, la rivière et les
saumons - Patrick Lagacé
Au cours
des dernières semaines, notre chroniqueur est
allé où vont peu de
Québécois : en Jamésie et sur la
Côte-Nord. Il nous présente ici une de ses
chroniques estivales sur le Québec du bout du
monde.
EKUANITSHIT — Rita qui?
ILLUSTRATION ANDRÉ
RIVEST, LA PRESSE
C’est ce qu’on s’est demandé, n’est-ce pas, quand
JeanMarie Gustave Le Clézio, auteur
français ( L’Africain, Ritournelle de la faim),
Prix Nobel de littérature 2008, a
évoqué une « poétesse innue
» en torpillant dans Le Monde le projet
d’Hydro-Québec qui va scrapper la rivière
Romaine?
Mestokosho, Rita Mestokosho. Auteure de Comment je
perçois la vie, grandmère (1995) et de La
mer navigue, le ciel vole, la terre marche et moi je
rampe pour humer la vie (2003).
C’est une belle brune de 42 ans. En ce début
d’aprèsmidi bizarrement ensoleillé, entre
Sept-Îles et Havre-SaintPierre, elle mange une
salade César, pas loin d’Ekuanitshit, le village
innu dont elle est membre du conseil de bande.
« J ’ étais sur la r ivière Romaine
quand Le Clézio a publié sa lettre dans Le
Monde. J’ai passé quelques jours dans une
île avec des amis et des membres de ma famille.
À mon retour, j’avais des dizaines de messages
qui m’attendaient, grâce à sa lettre...
»
La plupart des messages, dit Rita, provenaient de gens
qui voulaient savoir comment ils pouvaient l’aider
à freiner la construction de cette centrale
hydroélectrique de 1550 MW qu’Hydro a
commencé à ériger sur la
rivière Romaine.
« La lettre a eu un impact... Si c’est trop tard
pour sauver la rivière ? Non. Je rêve. Je
crois plus à la Terre qu’aux hommes. Mais je
rêve que les hommes réalisent ce qu’on fait
à la Terre. Peut-être que je rêve
trop... »
Quand elle parle, Rita Mestokosho est sérieuse,
appliquée, concentrée. Mais à la
fin de ses phrases, on dirait que la petite fille
qu’elle fut prend le dessus : elle finit toujours ses
phrases en riant comme une gamine, comme si elle se
trouvait trop sérieuse...
« Il y a 20 ans, on a réussi, les Indiens,
à stopper le projet de Grande-Baleine. Mais
l’unité autochtone était plus forte.
Aujourd’hui, ça travaille plus par
communautés. Il y a de l’esprit de
compétition. Il y a des entrepreneurs autochtones
qui veulent avoir des contrats. Il y en a qui veulent
leur part des contrats de la Romaine... »
Elle f i nit sa bouchée, échappe un petit
rire, redevient sérieuse.
« Je me dis qu’on sera toujours perdants
là-dedans. On a toujours considéré
que ce territoire, c’était chez nous. »
Attends,
Rita, une seconde, on va revenir sur la Romaine et Le
Clézio, parle-moi de Le Clézio: comment
une poétesse innue en vient-elle à
inspirer un Prix Nobel de littérature?
« Je l’ai rencontré en 1999, ditelle, au
musée Pointe-à-Callière, à
Montréal. Je faisais une lecture publique, il
était là. Il m’a fait inviter au Festival
des étonnants voyageurs, à Saint-Malo. On
a échangé des courriels. Puis je l’ai
perdu de vue. Après le Nobel, il est venu
à la Grande Bibliothèque, à
Montréal; j’ai reçu un courriel, il
m’invitait à souper à Montréal...
»
C’éta i t l ’ automne dernier. JMG Le
Clézio et Rita Mestokosho, accompagnés de
Mme Le Clézio et de M. Mestokosho, ont
cassé la croûte au Café Cherrier.
Ils ont parlé de tout, de la vie, de
littérature, du temps passé depuis 1999.
Et de la Romaine...
« Je cherchais l’appui de gens qui pourraient
m’aider à l’international, quelqu’un qui aurait
la même sensibilité que moi. Le
Clézio connaît les Amérindiens, il
partage mes préoccupations face à la
Terre... »
Le Clézio a réfléchi, a
donné peu de nouvel les dans les mois qui ont
suivi. Puis, au début de l’été,
Rita Mestokosho a reçu la lettre que le romancier
avait préparée pour Le Monde. Elle l’a lue
et a donné le feu vert.
La lettre, publiée pendant une visite de Jean
Charest à Paris, en juillet, très critique
pour Hydro, pourfendait le saccage de l’environnement
naturel des Innus. On a retenu quelques erreurs de
faits, quelques accès de lyrisme, occultant le
fond de la montée de lait de Le Clézio:
notre soif constante d’électricité.
Je lui dis que les Innus ont dit oui à la
Romaine. Que sa propre communauté d’Ekuanitshit a
voté oui à 76%...
« Hydro-Québec nous l’a dit et
répété: ça va se faire avec
ou sans votre accord. Nos propres avocats nous l’ont
dit. Les avocats ! Un avocat, c’est un avocat. Il pense
à lui-même. Ton avocat n’est pas ton ami.
Ton avocat veut un règlement. »
Je ne voyais pas trop où Rita voulait en venir.
Cela a dû paraître dans mon faciès.
Elle a ri et a entrepris de m’expliquer :
« Les avocats touchent un pourcentage sur les
redevances qu’Hydro verse. Nos avocats nous ont
représentés : ils ont touché un
pourcentage. Mais il n’y a pas d’argent, pas de
pourcentage, pas de redevances quand tu défends
une rivière. Quand tu t’assieds avec Hydro, c’est
pour négocier une entente. Pas pour sauver la
rivière. »
Le téléphone sonne au restaurant. C’est le
conseil de bande. Elle est en retard, très en
retard à cause de ce journaliste de
Montréal, on la réclame. Il faut partir.
« Je mange du saumon de cette rivière.
C’est ça, ma relation avec la Romaine. C’est ce
qui me fait le plus mal: quand je pense aux saumons.
Grâce à Le Clézio, je suis connue.
Mais ça ne change rien dans ma vie. Ça va
changer plus si la rivière est détruite...
»
Lendemain de crise à Hydro-Québec
ANDRÉ PRATTE
Après
trois années fastes, Hydro-Québec ressent les
effets de la récession. Dans son Plan
stratégique 2009-2013, publié hier, la
société d’État a révisé
à la baisse ses prévisions de ventes et de
bénéfices. De quelque 3 milliards et plus par
an de 2006 à 2008, le bénéfice net
glissera à 2,7 milliards en 2009 et à 2,4
milliards les quatre années suivantes.
Conséquemment, les dividendes versés au
gouvernement du Québec seront aussi en baisse,
passant de 2,3 milliards en 2008 à 1,9 milliard cette
année et à 1,7 milliard de 2010 à 2013.
Ces centaines de millions manquants, le ministre des
Finances, Raymond Bachand, en aurait pourtant grand besoin!
Hydro-Québec ne pouvait évidemment pas
échapper à la crise. Ses ventes
auxindustriesont chuté, notamment en raison des
baisses de production dans les secteurs des pâtes et
papiers et de l’aluminium. Il faudra un certain temps pour
que ces industries retrouvent leur rythme de
croisière.
La rentabilité exceptionnelle d’Hydro-Québec
au cours des dernières années venait en bonne
partie de ses exportations. Or, la société
n’est plus en mesure d’obtenir des prix aussi avantageux. Le
ralentissement économique a entraîné une
forte diminution de la valeur du gaz naturel, principal
concurrent de l’hydroélectricité.
La demande
ayant baissé, Hydro-Québec se retrouve avec
des surplus substantiels. Elle trouvera sans
difficulté des acheteurs en Ontario et aux
ÉtatsUnis, mais les prix ne seront plus ce qu’ils
étaient.
Compte tenu de cette conjoncture, Hydro-Québec
aurait-elle dû mettre au rencart ou ralentir la
réalisation des nombreux projets qu’elle a dans ses
cartons? Non. Avec raison, les dirigeants de la
société estiment que l’Amérique du
Nord se tournera inéluctablement vers les
énergies propres et que le Québec doit se
mettre en position d’en profiter au maximum. C’est
pourquoi le Plan stratégique compte parmi ses
principales orientations l’augmentation de la
capacité de production hydroélectrique. Les
quatre centrales de la rivière Romaine seront mises
en service tel que prévu de 2014 à 2020. Les
études ont commencé relativement à
six autres projets, représentant des
investissements de plus de 10 milliards. Enfin, à
long terme, Hydro envisage de nouvelles centrales dans le
cadre du Plan Nord.
La vision du PDG Thierry Vandal repose sur la conviction
que le transport automobile et les transports collectifs
délaisseront graduellement le pétrole en
faveur de l’électricité. En
conséquence, Hydro-Québec s’est donné
un « plan d’action en matière de transport
électrique ». En collaboration avec les
sociétés publiques de transport, elle se
penche sur des projets d’électrification des
transports en commun. Avec des fabricants ( Tata, Ford,
General Motors), elle mène d’importants travaux de
recherche sur les véhicules électriques.
Alors que la crise économique semble s’estomper, le
Plan stratégique d’Hydro-Québec est
résolument tourné vers l’avenir. Un avenir
où l’hydroélectricité aura un
rôle considérable à jouer. La vision
et la stratégie sont les bonnes. Si elles se
concrétisent, l’environnement en profitera. Et le
Québec en profitera.
Hydro pourra doubler ses exportations vers la
Nouvelle-Angleterre
Après
avoir lancé les travaux de La Romaine,
Hydro-Québec obtient maintenant le débouché
espéré pour cette énergie
supplémentaire. Le principe du projet de construction
d’une nouvelle interconnexion entre le Québec et la
Nouvelle-Angleterre vient d’être approuvé par le
gouvernement américain.
Cette interconnexion qui reliera la ligne Nicolet-Des Cantons et
le sud de l’État du New Hampshire permettrait à
Hydro-Québec de doubler ses exportations vers la
Nouvelle-Angleterre.
La Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a approuvé
hier la structure de financement du projet soumis par
Hydro-Québec et ses deux partenaires américains,
NortheastUtilities et NStar. « Le projet devrait
réduire les émissions de gaz à effet de
serre de 4 à 6 millions de tonnes par année en
remplaçant le gaz naturel pour la production
d’électricité », a souligné la
régie de l’énergie des États-Unis.
Selon son président , John Wellinghoff, le projet offre
aux consommateurs d’une région qui manque
d’électricité un accès à une
énergie « propre et pas chère ».
La nouvelle interconnexion devrait coûter entre 700
millions US et 1 milliardUS, qui seront assumés par les
trois partenaires. Par conséquent, la nouvelle
interconnexion ne devrait pas faire augmenter les tarifs
d’électricité des consommateurs qu’elle
desservira. Cette structure de financement est une nouvelle
façon de procéder parce que, jusqu’à
maintenant, les promoteurs pouvaient se faire rembourser
l’investissement requis par les consommateurs
d’électricité.
Le nouveau lien
pourra faire transiter 1200 mégawatts de plus du
Québec vers les marchés de la Nouvelle-Angleterre,
soit deux fois plus qu’actuellement. Sa construction pourrait
commencer en 2011 et les premières livraisons
d’énergie sont prévues pour 2014.
Selon Hydro-Québec, la décision de la FERC n’est
qu’une première étape dans la réalisation
du projet. Hydro-Québec et ses partenaires
américains peuvent maintenant s’asseoir pour
négocier les droits de transport et un contrat
d’approvisionnement à long terme, a expliqué une
porte-parole d’Hydro, Flavie Côté.
Les parties espèrent conclure un contrat
d’approvisionnement d’une durée de 20 ou 25 ans.
Si le projet se réalise, cette interconnexion sera la
première à être construite dans le nord-est
des États-Unis depuis 20 ans. En plus d’exiger des
investissements considérables, ce genre d’infrastructures
suscite généralement une levée de boucliers
dans les communautés riveraines.
Un autre projet de ligne de transport, le New York Regional
Interconnect, vient d’être abandonné par ses
promoteurs parmi lesquels se trouvait Borealis, filiale de la
caisse de retraite canadienne OMERS.
Gros gloutons, gros barrages - PATRICK
LAGACÉ
Hydro-Québec va donc construire ces quatre barrages sur
la rivière Romaine. Je devrais déchirer ma
chemise et dire que c’est écoeurant, qu’on
détruit la nature, qu’on saccage le patrimoine pour
éclairer les maisons des Américains.
Pourtant, non. Je ne vais pas déchirer ma chemise.
Parce que c’est ma faute, ce barrage. Ma faute et la
vôtre aussi. Parce que nous sommes des gloutons
énergétiques. Comme tous les Occidentaux, ou
presque, en cela. La croissance de la demande
énergétique des Québécois est
consta nte et imparable : 1% par année.
Ça n’a l’a ir de rien, mais c’est énorme. C’est
10% en une décennie.
Je sais, je parle du Québec alors qu’il s’agit de
vendre de l’électricité aux Américains.
Sauf qu’après la construction des quatre barrages,
l’électricité de la Romaine va éclairer
nos maisons.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par ce
foutu 1%.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par nos
téléviseurs 64 pouces au plasma (et celui de 32
pouces au sous-sol), par la thermopompe, par le
chauffe-piscine, le ventilateur, le climatiseur, le frigo, le
congélateur, le chauffe-eau, l’ordinateur, les plinthes
qui nous chauffent, les lumières de Noël, les
ampoules électriques qui nous éclairent (ou qui
éclairent nos pièces vides).
Traduction: nous sommes toujours rattrapés par tous les
cossins de la vie moderne qui fonctionnent magiquement quand
on les branche dans le mur. l’environnement. Ils sont parfois
moralisateurs mais, sur le fond, ils ont raison:
l’environnement n’est pas exactement en bonne santé.
S’ils ne déchirent pas leur chemise, qui le fera ?
Sauf que quand je les entends parler de la Romaine, j’ai de la
misère à les suivre.
D’abord, il y a eu ces déclarations de Daniel Green,
selon lesquelles l’hydroélectricité n’est pas
une énergie verte.
C’est vrai… selon le fisc de 27 États américains
qui appliquent le RPS, ou Renewable Portfolio Standard, m’expl
ique JeanThomas Bernard, professeur titulaire de la chaire en
économique de l’énergie électrique de
l’Université Laval.
Le RPS force les fournisseurs d’énergie à
inclure, dans leur offre d’électricité, une
fraction produite par certaines technologies vertes comme la
biomasse, l’éolien et le solaire. C’est une
façon de stimuler ces industries naissantes.
« Et la grande hydroélectricité, qu’on
trouve surtout au Québec, n’est pas
considérée comme une énergie verte par le
RPS », dit le professeur Bernard.
Sauf que l’hydroélectricité reste une
énergie propre, très propre, au palmarès
des façons de produire de l’électricité.
« Avec les forêts détruites, le
pourrissement des arbres, il y a quand même des
émissions de CO , selon Jean-Thomas Bernard. Sauf que
c’est minime, par kilowattheure produit, si on compare au
charbon. »
L’autre mantra des environnementalistes, dans l’opposition
à la Romaine, c’est dire que le Québec devrait
mieux gérer l’électricité qu’il produit
avant d’en produire encore plus. Miser sur les programmes
d’économie d’électricité.
J’en suis. Sauf que ça n’arrivera jamais.
D’abord, l
’éle c t r ic ité, au Québec, ne
coûte pas cher. On se fiche de ce qui ne coûte pas
cher. On le dilapide.
C’est un peu comme les radars photo. Pourquoi les gens
roulentils vite ? Parce que le risque de se faire pincer est
mince.
Pourquoi lèvent-ils le pied, dans les pays où un
système de radars photo est en place? Parce que le
risque de se faire pincer est grand.
Traduction: parce que, s’ils roulent vite, ils vont payer.
Idem pour l’électricité. Pour que
l’économie d’énergie fonctionne, il faudrait
qu’elle coûte plus cher, cette énergie.
Malheureusement, pour l’écologiste moyen, c’est plus
facile de taper sur Hydro que de dire aux
Québécois qu’on devrait augmenter le coût
de l’électricité afin d’en utiliser moins.
Parce que quand on parle de hausser les ta rifs de l’Hydro,
que ce soit pour réduire la consommation
d’électricité ou s’enrichir collectivement en la
vendant aux Américains, vaut mieux revêtir son
casque Joffa à grille : les roches viennent vite…
Ensuite, l’Homo quebecus, dans le confort de son salon, quand
il regarde Occupation double, ne veut pas se faire
embêter par la conservation de
l’électricité. Il ne veut pas se faire dire
qu’il devrait aller éteindre la lumière de la
salle de bains, où il est allé pendant la pause
publicitaire. Et quand il part travailler, il ne veut pas
faire le tour de la maison pour baisser le chauffage.
Parce que c’est compliqué, être moins
énergivore. Dans son quotidien, quand on est roi de son
petit univers, empereur de son grand bungalow, c’est emmerdant
de modifier son comportement de glouton
énergétique.
C’est moins emmerdant de laisser l’État construire des
barrages monstrueux sur des rivières que 98% des
Québécois ne verront jamais de leurs yeux.
Je termine sur un extrait de la chronique d’hier de
François Cardinal, qui couvre l’environnement pour La
Presse: « Le Canada est 16e au palmarès Greendex
du National Geographic. Le pays se classe ainsi avantdernier
d’une liste de 17 pays en raison de la taille des maisons, de
la consommation d’énergie et, surtout, de la propension
des Canadiens à se déplacer dans des voitures
toujours plus grosses. » Gros gloutons, gros barrages.
On n’en sort pas.
Mioum!
Le cinéaste québécois Xavier Dolan, dont
le film J’ai tué ma mère se retrouve à la
Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, a
été interviewé par Normand Provencher, du
Soleil. On y trouve la citation de la semaine: « J’ai
toujours vu Cannes dans ma soupe. »
J’adore quand les gens sont involontairement comiques. Ils
sont alors attendrissants, c’est fou. Surtout les jeunes
réalisateurs très intenses.
Erratum
Vendredi, quand j’ai évoqué le passage
extraordinaire d’Anne Robillard chez Isabelle Maréchal,
j’ai parlé d’urinologie. Je voulais parler
d’urinothérapie, bien sûr. Pardonnez-moi, le
buffet ésotérique du charlatanisme est assez
vaste, on y perd parfois son mandarin.
Mes excuses aux gens qui boivent leur pipi pour se soigner.
Où est
passée la fierté? - ALAIN
DUBUC
Il faudrait s’assumer. Le développement de nos
ressources hydroélectriques n’est pas une maladie
honteuse.
Le Québec est parfois difficile à comprendre. En
principe, les Québécois sont fiers de leur
hydroélectricité, une ressource naturelle tout
à fait unique, une source de richesse collective
importante, à l’origine d’un savoir-faire qui rayonne
dans le monde. Mais la fierté n’est plus là.
C’est le doute qui l’a remplacé.
Jean
Charest était à Havre-Saint-Pierre mercredi
pour le lancement du chantier de la Romaine.
On l’a vu cette semaine avec le déclenchement des
travaux d’aménagement de la Romaine. Un projet
colossal. Un investissement de 6,5 milliards, en plein coeur
d’une récession. Ce n’est pas rien. Et pourtant,
à peu près aucun média, sauf La Presse,
n’a accordé à cet événement
l’importance qu’il méritait.
Pourquoi? Cela reflète certainement un malaise plus
général. Dans un monde où les grands
projets font l’objet de grands débats, il s’est
installé une espèce d’incertitude
environnementale, on ne sait plus ce qui est bien et ce qui
est mal. On n’ose plus applaudir, de peur de faire un faux
pas, en oubliant que nos barrages ne sont pas des centrales
nucléaires ou des sables bitumineux.
Ce sont aussi nos vieilles bibittes sur l’économie qui
s’expriment. Elles le font avec plus de force quand il s’agit
de l’hydroélectricité, avec tout son bagage
identitaire. Une dépêche de la Presse canadienne
qui m’a particulièrement agacé, portant sur les
réactions à l’inauguration de la Romaine,
expliquait que les écologistes étaient amers
tandis que les gens d’affaires se réjouissaient. Bref,
c’est mauvais pour l’environnement, mais c’est bon pour la
«business». C’est une vision réductrice de
l’économie et simpliste de l’environnement.
Il faudrait
s’assumer. Le développement de nos ressources
hydroélectriques n’est pas une maladie honteuse. Au
plan environnemental, la construction d’un ouvrage
hydroélectrique majeur modifie de façon
importante l’environnement, avec ses réservoirs, ses
impacts sur le cours des rivières, ses effets sur la
vie animale, et parfois le mode de vie. Ce n’est certainement
pas neutre. Mais l’électricité produite, elle,
est propre, renouvelable, presque éternelle. Il faut
mettre dans la balance ce choc initial et les avantages pour
les décennies qui suivent. Il faut aussi tenir compte
du fait que dans bien des cas, cette énergie propre
remplacera des énergies qui émettent des gaz
à effets de serre, par exemple le mazout pour le
chauffage ou surtout l’électricité produite avec
du charbon en Ontario ou aux États-Unis. Quand on fait
le bilan net de l’opération, et c’est la logique de
développement durable, l’effet environnemental est
positif.
Il est vrai que si on gaspillait moins l’énergie, on
aurait moins besoin de nouveaux projets. Mais même si on
en fait bien davantage en économies d’énergie,
ce qui est plus que souhaitable, les besoins en
électricité iront en grandissant, parce qu’il
faut remplacer les centrales thermiques polluantes, et que
l’électricité servira d’autres besoins, comme
l’auto électrique.
En plus, c’est très rentable. Les nouveaux projets
créent des emplois et augmentent les revenus d’une
société d’État. Ça crée de
la richesse. Il ne faut pas en avoir honte. Il ne faut pas non
plus être gêné d’exporter cette
électricité. C’est encore plus payant, et cela
joue un rôle très utile au plan environnemental.
Bien sûr, on peut toujours rêver aux
éoliennes. Mais elles ne remplaceront pas les barrages.
Cette énergie dépend du vent, et cette
imprévisibilité limite la part qu’elle peut
occuper dans la production. Et qu’il est illusoire de croire
que l’abondance de vent au Québec nous permettrait
d’exporter de façon massive aux Américains une
forme d’énergie qu’ils peuvent produire eux aussi.
Notre richesse, ce n’est pas le vent. Ça, il y en a
partout. Notre richesse, c’est l’eau. Profitons-en. Il faut
miser sur cet atout, l’exploiter intelligemment, lancer
d’autres projets hydroélectriques, et s’enrichir
collectivement sans en être gênés.
L’oeuvre d’Hydro-Québec -
ANDRÉ PRATTE
L’annonce des
travaux du complexe La Romaine a été accueillie
dans l’indifférence. Il y a pourtant lieu de s’en
réjouir.
Les Québécois ne s’émeuvent plus en
prenant connaissance d’un nouveau projet
hydroélectrique. L’annonce du début des travaux
du complexe de la rivière Romaine cette semaine a
été accueillie dans l’indifférence
générale. Le même silence avait
marqué le début de la dérivation de la
rivière Rupert il y a deux ans. Pourtant, il s’agit de
projets colossaux de génie, de construction et de
science. L’exploitation des ressources hydrauliques reste
l’une de nos belles réussites. Une réussite
dont, curieusement, on ne s’enorgueillit qu’au passé.
La population est souvent critique à l’égard
d’Hydro-Québec. La tarification, l’arrogance, la
culture du secret, la lourdeur administrative font
régulièrement l’objet de plaintes et de
manchettes. Cette vigilance est de mise: le monopole de la
production d’électricité ne confère pas
le monopole de la vérité.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’Hydro-Québec
demeure une irremplaçable source de richesse et de
compétences pour le Québec. Le projet de la
Romaine en est le plus récent exemple.
Nous sommes ici au pays de Vigneault, de Natashquan et de la
rivière Mingan. L’embouchure de la Romaine est
située près de Havre-Saint-Pierre, quelque 225
kilomètres à l’est de Sept-Îles. Sur cette
rivière longue de 289 kilomètres,
Hydro-Québec va construire quatre barrages allant de 38
à 121 mètres de hauteur. Les quatre centrales
cumuleront une puissance installée de 1550 millions de
watts, l’équivalent de Manic 5.
Des
écologistes ont dénoncé le projet,
estimant qu’il détruira une des rares grandes
rivières encore intactes de la province. Il ne fait pas
de doute qu’à la fin des travaux, la Romaine ne sera
plus du tout ce qu’elle est aujourd’hui. Sur l’essentiel de
son parcours, elle sera transformée en quatre immenses
lacs (les réservoirs), le plus grand faisant 140
kilomètres carrés.
Il reste qu’Hydro-Québec ne fait plus les choses comme
au temps du complexe La Grande. On limite le plus possible
l’envergure des zones inondées; des mesures sont prises
pour amenuiser l’impact sur la faune, en particulier dans ce
cas-ci le saumon et le caribou. La société
d’État cherche aussi à s’entendre avec les
communautés autochtones concernées. Les Innus de
la CôteNord expriment encore de l’inquiétude et
du mécontentement; des accords ont néanmoins
été conclus avec la plupart d’entre elles. Ces
accords prévoient des compensations financières
de plusieurs millions et ouvrent des possibilités de
formation et d’emploi, des occasions inespérées
dans ces villages où le décrochage et le
chômage sont endémiques.
Après 2015, le complexe La Romaine fournira environ la
moitié de toute la production québécoise
disponible pour des contrats d’exportation à long
terme. Pour le gouvernement du Québec, cela signifie
quelques centaines de millions de revenus additionnels chaque
année. Dans la mesure où Hydro-Québec
parvient à limiter le plus possible les impacts
écologiques, et nous croyons qu’elle y parvient, le
Québec peut-il se priver de ces ressources
financières supplémentaires? La réponse
est non.
En somme, avec le projet de la Romaine, Hydro-Québec
poursuit son oeuvre de développement économique
pour la province et de développement durable pour le
nord-est du continent. Il y a lieu de s’en réjouir.
Les subventions au coeur du débat
Hydroélectricité
: ÉNERGIE VERTE OU PAS? - Martine Letarte
«L’énergie hydroélectrique est
certainement une énergie renouvelable, mais cela ne
veut pas dire qu’elle est propre pour autant.»
Il ne fait aucun doute que l’énergie
hydroélectrique est renouvelable, mais est-elle verte?
Les gouvernements de plusieurs États américains
ont lancé le débat lorsqu’ils ont refusé
d’inclure les projets de grandes centrales
hydroélectriques dans leurs programmes mis en place
pour stimuler le développement de sources
d’énergie propres et renouvelables.
Est-ce des intérêts écologiques ou
économiques qui se cachent réellement
derrière cette polémique qui hérisse
certains acteurs de l’industrie québécoise ?
« L’énergie hydroélectrique est
certainement une énergie renouvelable, mais cela ne
veut pas dire qu’elle est propre pour autant », affirme
Éric Duchemin, professeur à l’Institut des
sciences de l’environnement de l’UQAM et vice-président
de Nature Québec.
« En fait, les réservoirs hydroélectriques
ont des impacts assez majeurs sur les
écosystèmes et ils émettent des gaz
à effet de serre (GES), mais évidemment, ils en
émettent beaucoup moins que les centrales thermiques au
charbon ou celles au gaz naturel », explique-t-il.
Pour sa part, Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC
Montréal et spécialiste des politiques
énergétiques, croit que tout ce débat
lancé par les ÉtatsUnis est davantage une
question de stimuler la recherche et le développement
qu’une question d’écologie.
« Plusieurs États américains ont
adopté un Renewable Portfolio Standard qui oblige les
fournisseurs d’électricité à aller
chercher un certain pourcentage de leur énergie
auprès d’une source renouvelable. D’un État
à un autre, la politique varie, mais elle a toujours le
même objectif : favoriser le développement de
petits projets locaux d’énergie verte »,
explique-t-il.
L’expert est
donc d’avis qu’il est tout à fait normal que
l’énergie hydroélectrique
québécoise ne soit pas admissible à ces
programmes.
« Chaque État a son programme et même
l’énergie verte créée par de petits
projets de l’État voisin n’est pas admissible. C’est
bien normal. La population est prête à payer un
peu plus cher pour une partie de son énergie si cela
stimule la R& D sur son territoire, mais pas sur le
territoire de son voisin », soutient-il.
Pierre-Olivier Pineau croit donc qu’il ne faudrait pas tirer
comme conclusion que les ÉtatsUnis ne
considèrent pas l’énergie hydroélectrique
comme une énergie verte.
« D’ailleurs, plusieurs États ont des projets de
petite centrale hydraulique dans leurs sources
d’énergie renouvelable admissibles au programme
», précise-t-il.
« C’est vrai, mais il faut savoir que
généralement, ces projets n’ont pas de
réservoir, donc ils inondent très peu les terres
et causent moins d’impacts », nuance M. Duchemin qui a
été l’expert des réservoirs pour le
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat (GIEC) pendant plusieurs années.
Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles et
de la Faune, coupe court au débat. « Aux
États-Unis, la Federal Energy Regulatory Commission a
reconnu à la fin mai que
l’hydroélectricité du Québec était
une énergie propre et renouvelable. C’est ça qui
est important pour nous. L’histoire d’être admissible
à leurs programmes de subventions, ça ne nous
intéresse pas. Il n’est pas question qu’on entre en
concurrence avec les petits projets d’énergie solaire
et éolienne. On n’a pas besoin de cet argent parce que
de toute façon, nous produisons notre énergie
à un coût très concurrentiel »,
dit-il.
Des impacts malgré tout
Ce qui chicote tout de même Éric Duchemin, c’est
que, comme la production hydroélectrique cause moins de
dommages à l’environnement que la production
d’énergie fossile, on a tendance à ne pas
considérer ses impacts. « Les projets
hydroélectriques émettent des GES, que ce soit
par les réservoirs, la production de ciment et de
métaux, les camions utilisés pour la
construction des l ignes de transport qui nécessitent
pour leur part de la déforestation, etc. Pourtant, dans
son inventaire de GES attribuables à la production
hydroélectrique, le gouvernement du Canada t ient
seulement compte des émissions des réservoirs,
alors que les autres émissions sont
comptabilisées dans d’autres secteurs. Cela laisse
comme impression que la production
d’hydroélectricité émet moins de GES
qu’elle ne le fait en réalité. »
Hydroélectricité : Québec
appuie sur l’accélérateur
Un important
projet hydroélectrique devancé
LAVAL— « LeQuébec se construira sur son or bleu
», a lancéM. Charest dans un discours
passionné, à la clôture du premier conseil
général du PLQ depuis les élections de
décembre dernier. Les militants de son parti venaient
de le couronner « Grand Bâtisseur du Québec
», un enthousiasme qui l’a un peu plongé dans
l’embarras – c’est le genre d’hommageréservé aux
politiciens qui tirent leur révérence. Or,
fraîchement réélu, Jean Charest a
martelé qu’il était déterminé
à rester en selle pendant plusieurs années.
«
Je
n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa
», a lancé Jean Charest, à l’issue du
conseil général du PLQ au cours duquel les
militants l’avaient nommé « Grand
Bâtisseur du Québec ».
Devant 700 délégués, il a promis que son
gouvernement maintiendrait le pied sur
l’accélérateur pour l’exploitation de
l’énergie renouvelable, de
l’hydro-électricité et de l’énergie
éolienne.
Ainsi, bien que Québec vienne tout juste de mettre en
chantier le barrage de La Romaine, sur la Côte-Nord, on
donne immédiatement le feu vert aux études
nécessaires au défi suivant, un autre barrage
sur la rivière PetitMécatina, dans la même
région.
En point de presse M. Charest est toutefois resté vague
sur l’impact de son annonce. Elle devance « d’un an ou
deux » le début de ce nouveau chantier, attendu
pour 2017. Ce devancement permettra d’éviter les
« creux et les pointes » dans le nombre d’emplois
en relançant les activités au moment où
les travaux de La Romaine seront en phase finale. Avec ces
projets « synchronisés », le secteur
énergétique québécois «
connaîtra le plein emploi pour une
génération ». Déjà 2000
travailleurs sont à pied d’oeuvre à La Romaine ;
il seront 3000 cet été.
Petit-Mécatina devrait fournir 1200 mégawatts
d’énergie. C’est un peu moins que les 1550
mégawatts de La Romaine, un projet de 5 milliards de
dol la r s qui donnera assez d’électricité pour
alimenter les 450 000 foyers de Longueuil, Gatineau et
Québec.
Le « Grand Bâtisseur » embêté
À l’issue de la rencontre, M. Charest a senti le besoin
de mettre un bémol à l’enthousiasme de ses
troupes. Tout le rassemblement portait sur le thème des
« Grands Bâtisseurs du Québec », et
Jean Charest était présenté comme l’un
d’eux, au même titre que les Godbout, Lesage et
Bourassa.
En fin de congrès, une présentation vidéo
a fait tambour battant l’éloge de M. Charest et de son
Plan Nord à venir.
« Je
n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa. Il a
légué au Québec un héritage
très important. Son retour en politique est
phénoménal. Dans mon cas, je suis bien loin du
jour où on fera le bilan. Qu’on puisse parler de
l’héritage que je reçois, c’est dans cet esprit
que je m’inscris dans la suite logique de mes
prédécesseurs », a nuancé Jean
Charest en conférence de presse.
« Je vais rester. Je suis très heureux, j’ai le
meilleur emploi au monde et j’ai le goût de continuer
encore très longtemps », a-til
répliqué aux reporters qui lui ont
rappelé que ce genre d’hommage était
réservé aux politiciens qui quittent la vie
publique.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a soutenu que,
comme pour Robert Bourassa, la contribution de Jean Charest ne
serait appréciée qu’après son
départ. Le chef libéral semblait
déjà mal à l’aise devant ces supputations
quand un reporter lui a demandé quel barrage il
souhaitait voir nommer en sa mémoire. « Merci d’y
avoir pensé », a-t-il répondu du tac au
tac tandis que, prestement, son attaché de presse
appelait la question suivante. Plus tard, son porte parole a
eu un silence évocateur quand on lui a demandé
si ce thème du « bâtisseur » serait
le leitmotiv du gouvernement dans les mois à venir.
Exporter
Devant lesmilitants, M. Charest a dressé une liste
exhaustive des décisions prises par son gouvernement
depuis 2003 pour favoriser l’exploitation des énergies
propres. Avec le Plan Nord, le gouvernement compte faire des
régions nordiques « un laboratoire des
énergies renouvelables ». Les
délégués ont adopté une
résolution exhortant le gouvernement à «
faire du Québec la première puissance mondiale
des énergies propres et renouvelables ».
« Nous mettons le cap vers l’exportation
d’énergie propre », a soutenu M. Charest. Les
exportations d’Hydro en 2008 ont fait entrer 1,9 milliard de
dollars dans les coffres du gouvernement. Avec 8% de sa
production vendue à l’extérieur, Hydro a
réalisé 32% de ses profits.
Dans les prochaines semaines, a ajouté M. Charest, on
mettra en service une nouvelle interconnexion, la
première en 20 ans, vers l’Ontario. On vise ce
marché, mais aussi celui du Mid-West américain.
La semaine dernière, a rappelé M. Charest, la
Federal Energy Regul a t o r y Commi s s ion a autorisé
le financement d’une ligne d’interconnexion entre le
Québec et la Nouvel leAngleterre pour remplacer les
centrales au gaz par « de l’énergie propre
à bas prix », a soutenu le président de
l’organisme. On construit sans avoir l’assurance que les
ventes vont suivre, mais il faut être optimiste: «
On voit les besoins du côté américain et
la vision du gouvernement Obama. Aux États-Unis, on ne
parle pas seulement d’énergie propre, mais
d’économie verte », relève-t-il.
En plus de l’hydro-électricité, Québec
compte implanter les premières éoliennes en
milieu nordique et expérimenter les «
hydroliennes », qui permettront de returbiner l’eau au
pied des barrages – une technologie à peaufiner, en
test l’an prochain. L’économie d’énergie ne sera
pas oubliée: on compte réduire la consommation
de 11 térawattheures entre 2007 et 2015,
l’équivalent de la production de Manic 5. En 2012, le
Québec sera l’un des seuls États en
Amérique du Nord à atteindre la cible du
protocole de Kyoto. On aura alors réduit de 6% les
émissions de gaz à effet de serre par rapport
à 1990, a soutenu M. Charest.
HYDRO-QUÉBEC REDÉMARRE LA
MACHINE
Où
serez-vous et que ferez-vous par un beau jour de juin en
2021? Personne ne peut évidement répondre
à cette question, à l’exception
peut-être d’HydroQuébec, qui sait
déjà qu’elle sera un important exportateur
d’électricité et qu’elle encaissera cette
année-là des revenus de 872 millions de ses
quatre centrales de la Romaine, sur la Côte-Nord,
dont la construction ne sera terminée qu’en 2014.
C’est ce que la société d’État a
expliqué au Bureau d’audiences publiques sur
l’environnement pour justifier la construction de la
Romaine, un mégaprojet de 6,5 milliards de dollars.
Pour un pari, c’en est tout un. Dans le secteur de
l’énergie, les prévisions à long
terme sont toujours un exercice de haute voltige.
Il y a moins d’un an, le baril de pétrole
atteignait un prix record de 147$ US et personne n’aurait
pu prédire qu’il dégringolerait à 32$
US six mois plus tard. Le revirement a été
si radical que plutôt que d’évoquer la fin du
pétrole, certains analystes commencent à
prédire la fin de la demande pour le
pétrole.
C’est dans ce contexte extrêmement volatil
qu’Hydro-Québec vient de remettre en marche la roue
de ses investissements.
Après 10 ans de pause, la société
d’État a lancé coup sur coup deux
mégaprojets d’expansion,
Eastmain-1-A-SarcelleRupert ( 893 mégawatts) et la
Romaine (1500 mégawatts).
En outre, le premier ministre Jean Charest vient
d’annoncer qu’un autre projet de développement
hydroélectrique, celui de la rivière
Petit-Mécatina (1200 mégawatts), sera
entrepris avant même la fin du chantier de la
Romaine. D’autres projets sont à venir, a-t-il dit.
Au total jusqu’à maintenant, plus de 16 milliards
seront investis pour augmenter la production
d’électricité du Québec.
Des milliards de kilowattheures
Hydro prévoit que les surplus disponibles pour
être vendus à l’extérieur du
Québec seront de 6,6 térawattheures (ou
milliards de kilowattheures) en 2012 et qu’ils
augmenteront graduellement pour atteindre
15térawattheures en 2021.
C’est beaucoup d’énergie. Hydro prévoit
vendre ces 15 milliards de kilowattheures en Ontario,
grâce à une nouvelle interconnexion en
construction, et en NouvelleAngleterre, où une
nouvelle ligne de transport d’électricité
pourrait être construite.
Risqué? Pas tant que ça, estime
Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC
Montréal et spécialiste en énergie.
« En Ontario et dans le nord-est des
États-Unis, on manque d’énergie. C’est de
l’énergie propre. Il y aura des acheteurs »,
assure-t-il.
Il y aura des acheteurs, mais à quel prix? Chaque
nouveau kilowattheure coûte environ 10 cents
à Hydro, qui doit trouver des acheteurs prêts
à payer ce prix.
Actuellement,
cen’estpas
du tout évident. À cause de la
récession qui frappe fort aux États-Unis,
les prix de l’énergie sont déprimés.
Sur le marché américain, la valeur de
l’électricité du Québec est
liée à celles des autres formes
d’énergie utilisées pour la production
d’électricité, notamment le gaz naturel.
Comme le pétrole, le prix du gaz naturel est
tombé d’un sommet de 13$ US par BTU à
environ 4$ aujourd’hui.
Il est possible de trouver des analystes qui
prévoient que les prix vont remonter vers de
nouveaux sommets et d’autres qui croient qu’ils
s’enfonceront encore.
Contrats d’exportation
Dans ce contexte de montagnes russes, Hydro-Québec
pourra-telle signer des contrats d’exportation à
long terme rentables?
Pierre-Olivier Pineau n’est pas inquiet. « À
court terme, ce n’est pas évident, mais dans une
optique de long terme, c’est tout à fait possible.
»
L’Ontario veut désespérément de
l’énergie et les États de la
Nouvelle-Angleterre sont à la recherche
d’énergie propre, explique-t-il. Avec les
contraintes qui seront imposées tôt ou tard
par les gouvernements pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre,
l’énergie duQuébec prendra encore de la
valeur, prévoit-il.
Les planètes semblent donc bien al ignées
pour HydroQuébec. Mais c’était la même
chose lors de la construction des centrales de la Baie
James, qui ont quand même
généré des surplus colossaux qu’il a
fallu vendre à vil prix. Est-ce que la même
chose pourrait se produire?
« Tout est possible », reconnaît le
professeur. Mais pour que l’hydroélectricité
du Québec ne soit plus intéressante sur les
marchés, il faudrait une conjonction
d’événements assez improbable.
Il faudrait selon lui que la demande en énergie
baisse, que les émissions de gaz à effet de
serre ne soient plus préoccupantes et que le prix
du gaz naturel ne remonte pas. Hydro a toutes les chances
de rapporter son pari. Mais ça coûtera cher,
souligne Pierre-Olivier Pineau. « On aurait pu
arriver au même résultat en
économisant ces 10 à 15
térawattheures », estime-t-il.
Le plus grand risque que prend Hydro-Québec est
celui du transport de cette énergie vers les
marchés, souligne un ancien haut dirigeant
d’Hydro-Québec.
« Construire une ligne aux ÉtatsUnis, c’est
extrêmement pénible », dit-il en
connaissance de cause.
Hydro vient de faire approuver par les autorités
américaines le principe d’un nouveau lien entre le
Québec et New Hampshire.
C’est une première étape, mais le plus
difficile reste à venir.
Propre et renouvelable
Grâce à l’hydroélectricité, le
Québec a le plus faible taux d’émissions de
gaz à effet de serre par individu au Canada
Pour chaque projet, Hydro-Québec met tout en oeuvre
pour atténuer les effets sur la flore et la faune.
Les auteurs sont respectivement chef de l’expertise en
environnement et chargé du programme de programme
de recherche sur les GES chez Hydro-Québec.
PHOTO ARCHIVES LA PRESSE
En matière
d’émissions de GES par kilowattheure produit,
l’hydroélectricité (ici, le barrage de
Manic 5) est l’une des meilleures filières de
production d’électricité.
C’est avec scepticisme que nous avons pr is connaissance
de récents propos mis de l’avant dans l’article
« Énergie verte ou pas ? Les subventions au
coeur du débat » ( La Presse, 4 juin), qui
laissent planer un doute sur le caractère propre et
renouvelable de l’hydroélectricité du
Québec et son bilan en matière de gaz
à effet de serre.
Le développement hydroélectrique, sous tous
ses aspects, est bien maîtrisé au
Québec. Pour chaque projet, l’entreprise met tout
en oeuvre pour atténuer les effets sur la flore et
la faune. De plus, elle tient compte des
préoccupations des communautés
concernées en les impliquant dans la mise en place
de diverses mesures environnementales, sociales et
économiques. Le suivi environnemental, comme celui
qui est en cours depuis 40 ans au complexe
hydroélectrique La Grande, permet de
vérifier l’efficacité de nos mesures
d’atténuation et d’améliorer nos pratiques
lors de projets subséquents.
Grâce à l’hydroélectricité, le
Québec inscrit le plus faible taux
d’émissions de gaz à effet de serre ( GES)
par individu au Canada. C’est un bilan dont nous pouvons
tous être fiers. D’ailleurs, en matière
d’émissions de GES par kilowattheure produit,
l’hydroélectricité est l’une des meilleures
filières de production d’électricité.
Hydro-Québec étudie depuis 1993, en
partenariat avec de nombreuses universités , le
phénomène des émissions de GES de ses
réservoirs. En 2005, Hydro-Québec et ses
partenaires ont publié une synthèse de l
’état des connaissances sur l’émission des
GES des réservoirs. Une synthèse qui a
regroupé 63 chercheurs provenant de 13
universités, 6 centres de recherche et 6
entreprises.
Par ailleurs, depuis 2005, le projet des émissions
nettes de gaz à effet de serre (GES) au
réservoir d’Eastmain-1 constitue une
première mondiale ! En effet, c’est la
première fois que l’on mesure les émissions
de GES avant et après la mise en eau d’un
réservoir.
Les résultats finaux seront connus à
l’horizon 2010-2011. On sait toutefois qu’en 2008, les
émissions brutes des réservoi rs ont ba i
ssé pour une deuxième année
consécutive, soit une baisse de 44% par rapport
à 2007, et de 76% par rapport à 2006. Trois
ans après la mise en eau, les émissions
brutes de CO sont comparables à celles des milieux
aquatiques naturels, ce qui indique que « l’effet
réservoir » dure moins de 10 ans.
Ce t t e é t ude de g r a nde envergur e , cof i na
ncée pa r Hydro-Québec et la Fondation
canadienne pour les sciences du climat et de
l’atmosphère ( FCSCA), regroupe des experts de
diverses disciplines, d’entreprises privées,
d’agence gouvernementale et d’universités.
La solution au réchauffement cl imatique n’est pas
simple. El le nécessite à la fois des
changements de comportements, dava ntage d’ef f i c a c i
t é énergétique, de l’innovation
technologique et le développement de mult iples
sources d’énergie renouvelable – comme
l’hydroélectricité et l’éolien – pour
déplacer les énergies fossi les, comme le
charbon et le pétrole. HydroQuébec
continuera avec fierté d’oeuvrer en ce sens.
Voyage de Jean Charest en France Le projet de la Romaine
attaqué dans les pages du Monde
PARIS— Jean
Charest a dû défendre hier à Paris le
mégaprojet hydroélectrique de la
rivière Romaine, sur la Côte-Nord,
qualifié de « monstrueux » dans
l’influent quotidien Le Monde.
L’écrivain Jean-Marie Gustave
Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, a
qualifié hier de « monstrueux » le
projet de centrale hydroélectrique sur la
rivière Romaine, sur la Côte-Nord.
Dans une lettre publiée dans le numéro d’hier
du journal avec mention à la une, l’écrivain
JeanMarie Gustave Le Clézio soutient que les quatre
barrages projetés « anéantiront la plus
grande partie de la rivière » en plus de priver
de son milieu de vie « la tribu indienne »
innue.
Prix Nobel de littérature en 2008, l’écrivain
n’est pas tendre à l’endroit d’Hydro-Québec,
« une multinationale caractéristique du grand
capitalisme » qui s’est assurée du concours
« d’une partie de la tribu innue » en
échange d’indemnités et « de promesses
».
Le « monstrueux projet d’HydroQuébec »,
écrit M. Le Clézio,
produiradel’électricitéquisera « vendue
directement aux États-Unis ».
Cettesortievirulentecontrel’aménagement de la
rivière Romaine tombait bien mal pour le premier
ministre du Québec qui achevait hier un séjour
en Europe. Pendant une semaine, à Bruxelles, Munich
et Paris, M. Charest n’a eu de cesse de présenter le
Québec comme un modèle de vertu
écologique.
La
publication de la lettre était d’autant plus
embarrassante pour le premier ministre qu’il venait de
rencontrer, hier matin à Paris, le gourou du
mouvement environnementaliste français, Yann
Arthus-Bertrand, réalisateur du film-choc Home.
Au terme de son entretien avec M. Charest, le
pamphlétaire a prétendu ne rien
connaître du mégaprojet de la Romaine. Il a
cependant estimé que les grands barrages « ne
sont pas la solution ».
« Je connais très bien l’impact des barrages
et aujourd’hui on sait que les grands barrages ne sont
plus la bonne solution », a-t-il dit.
Plus tard, en point de presse, le premier ministre n’a pas
cherché à nier les impacts environnementaux
du projet de la Romaine.
« Une des réalités de la vie, c’est
qu’il n’y a pas d’absolu dans le domaine de
l’environnement. Il y a des impacts à tout ce que
fait l’homme sur la terre. Il n’y a pas d’utopie. Et dans
le cas de l’hydroélectricité, il y a des
conséquences », a convenu M. Charest.
Mais ces conséquences sont moins nocives que le
charbon, le pétrole et le gaz naturel, a-t-il dit.
VOIR L’ÉDITORIAL DE MARIO ROY EN PAGE A15
Critique de Jean-Marie Le Clézio contre le projet
de la Romaine Réactions divergentes chez les Innus
La sortie de l’auteur français JeanMarie Le
Clézio contre le projet hydroélectrique de la
Romaine reçoit des accueils contradictoires chez les
Innus, ceux-là mêmes que le Prix Nobel de
littérature souhaitait défendre en
dénonçant le chantier de 6,5 milliards.
Jean-Marie Le Clézio,
gagnant du prix Nobel de littérature en 1998,
est l’auteur d’une lettre acerbe contre le projet de
la rivière Romaine.
Le chef de la communauté de Nutashkuan,
François Bellefleur, estime que l’auteur
devrait faire plus de recherches avant de
présenter la rivière Romaine comme
« le domaine où nomadisent les Innus
». Ce partisan du mégaprojet
d’Hydro-Québec estime que la
réalité des autochtones n’a rien
à voir avec celle que dépeint M. Le
Clézio dans les pages du Monde.
Dans une lettre ouverte publiée par le
prestigieux quotidien français, jeudi, M. Le
Clézio dénonce le « monstrueux
projet » d’HydroQuébec. Les barrages
« anéantiront la plus grande partie de la
rivière » et priveront de son milieu de
vie la « tribu indienne » des Innus,
écrit-il.
Mais, pour le chef Bellefleur, les problèmes
sociaux sont rampants chez les Innus. Pour lui, la
construction des barrages et le versement de
redevances aux autochtones permettront aux siens de
s’extraire de cette situation.
« On est dans un cercle vicieux où des
gens sont aux prises avec des problèmes de
drogue et d’alcool, a souligné M. Bellefleur.
On a besoin de développer notre fierté,
on a besoin d’être autonomes, et c’est ce qui
nous est offert par le gouvernement. »
La communauté d’un millier d’habitants que
dirige M. Bellefleur, située à 400 km
à l’est de Sept-Îles, a voté par
référendum en faveur de la construction
de quatre barrages sur la rivière Romaine. En
échange, HydroQuébec lui versera 43
millions d’ici 2070.
Cet argent permettra aux jeunes de Nutashkuan
d’étudier à l’extérieur de la
réserve, de décrocher de bons emplois,
d’améliorer la qualité de vie de
l’ensemble de leurs concitoyens, a souligné
François Bellefleur. Des habitants de la
communauté pourront aussi travailler sur le
vaste chantier.
Mais
tous les Innus ne sont pas de cet avis. Le chef de la
communauté Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam,
Georges-Ernest Grégoire, est parfaitement
d’accord avec Jean-Marie Le Clézio.
« La façon dont on vivait avant, elle a
été détruite, a fait valoir M.
Grégoire. Maintenant , il faut vivre comme tout
le monde, comme des Québécois ou des
Canadiens. Nous, on n’est pas habitués à
cela. S’ils veulent qu’on s’y habitue, qu’ils nous
donnent les munitions pour réussir comme tout
le monde. »
Sa communauté s’est adressée aux
tribunaux, début juin, pour tenter de freiner
le projet de la Romaine. Ses dirigeants et
Hydro-Québec ont été incapables
de s’entendre sur une compensation pour la
construction d’une ligne de transport
électrique de 500 km sur leurs terres
ancestrales. La société d’État
offrait 4 millions, et les Innus réclamaient
300 millions.
Charest critiqué
Le chef de l’Assemblée des Premières
Nations du Québec et du Labrador, Ghislain
Picard, estime que le texte de JeanMarie Le
Clézio reflète l’histoire récente
de la communauté innue, même s’il
convient que certains passages peuvent «
paraître un peu folkloriques ».
Mais M. Picard en a surtout contre la sortie de Jean
Charest en réplique à l ’ auteur. En
réponse aux inquiétudes soulevées
au sujet des populations autochtones, le premier
ministre a brandi une lettre de François
Bellefleur, dont la communauté appuie le
projet.
Or, dit M. Picard, le premier ministre a omis de
mentionner que plusieurs autres communautés
innues sont opposées à l’exploitation de
la Romaine. « En réagissant comme il l’a
fait, en accusant M. Le Clézio de paternalisme,
je juge qu’il en fait autant, a-t-il
dénoncé. Il essaie de dire que tous les
membres de la nation innue se rallient au projet.
»
La courtepointe de Le Clézio
- Mario Roy
Est-il
opportun de noter qu’Hydro-Québec n’est pas
exactement une multinationale capitaliste, mais
plutôt une société d’État?
Les dernières heures du séjour en Europe du
premier ministre Jean Charest ont été
aimablement saluées, hier, par une sortie de
l’illustre écrivain Jean-Marie Le Clézio
contre l’État québécois. Dans le
quotidien le prolifique auteur crucifie le projet
hydroélectrique de la Romaine qui, selon lui, est
« monstrueux »
Le Monde, au point de vue environnemental et «
condamne à mort » les autochtones de la
région.
Le Prix Nobel de littérature (2008) estime
qu’Hydro-Québec, une « multinationale
caractéristique du grand capitalisme »,
déclenche un « désastre
écologique ». Et ce, après avoir
floué la « tribu innue » visiblement
incapable de discerner son véritable
intérêt, devenant ainsi victime de la «
civilisation industrielle » et du « monde
technocratique moderne »... Ouf. Disons-le: cette
bulle tombant des plus hauts cénacles de la curie
littéraire française est extraordinairement
irritante.
Dépouillée de son lyrisme, elle
apparaît en effet comme une courtepointe de folklore
rural, de banalité pseudo-rebelle et de
rousseauisme condescendant tricotée tellement
serré qu’on ne trouve plus le fil sur lequel tirer.
Faut-il d’abord signaler que la nation – et non la «
tribu » – innue n’a pas pour vocation
première de fournir à l’homme blanc du
pittoresque ( Ah! La « rivière sacrée
» et son « gibier », ses « baies
pour la collecte » et ses « plantes
médicinales ». ..) ? Que cette nation, loin
d’être impuissante, se débrouille fort bien
dans la négociation et la relation publique, y
compris aux États-Unis et en France? Qu’elle n’est
pas, elle, repliée sur le folklore et ne rejette
pas en bloc la modernité ? Qu’au Québec,
d’autres nations autochtones ont, par le passé, su
brillamment profiter des retombées de projets
comparables à celui de la Romaine?
Est-il opportun de noter ensuite qu’Hydro-Québec
n’est pas exactement une multinationale capitaliste, mais
plutôt une société d’État,
entière propriété de la population
québécoise? De noter aussi que
l’hydroélectricité demeure jusqu’à
nouvel ordre la façon la plus verte de produire de
l’énergie en grande quantité ? Et que,
éventuellement vendue aux États-Unis ( pour
la plus grande santé de notre trésor
public), elle y offrira une solution alternative au
charbon?
Enfin, est-il vraiment nécessaire d’expliquer que
nos cabanes au Canada sont surtout chauffées
à l’électricité, ce qui nous
évite de geler comme des crottes lorsqu’il fait
moins 30 dans nos grands espaces?
De Tchernobyl à
Sept-Îles - Patrick Lagacé
Notre
chroniqueur est allé où vont peu de
Québécois : en Jamésie et sur la
CôteNord. Il nous présente ici une autre de
ses chroniques sur le Québec du bout du monde.
— C’est l’histoire d’une ville qui dit non, non et non.
ILLUSTRATION PHILIPPE
TARDIF
Ça commence avec les écologistes, qui
sonnent l’alarme devant un projet de
développement. Premier non.
Par la suite, les médecins s’informent du projet.
Et ils sont si outrés que 30 d’entre eux menacent
de démissionner s’il se réalise.
Deuxième non.
Puis, prenant acte de cela, le conseil municipal adopte
une résolution demandant un moratoire sur ledit
projet. Troisième non.
La ville en question, c’est Sept-Îles. Elle est au
coeur de la résistance à un projet dont
vous n’avez fort probablement jamais entendu parler,
parce que c’est essentiellement une histoire de
régions: l’exploitation de mines d’uranium au
Québec.
Le Québec est un paradis minier, le gouvernement
Charest s’en vante régulièrement. Les
mines font travailler 50 000 personnes, de l’Abitibi
à Natashquan.
Zinc, or, titane, argent, cuivre, fer : notre sous-sol
est riche. On y trouve même de l’uranium, le
métal radioactif qui sert à fabriquer des
centrales nucléaires et des bombes atomiques. Le
Bouclier canadien regorge d’uranium: le Canada est le
plus grand producteur mondial d’uranium.
Il n’y a pas de mines d’uranium au Québec.
Mais ça pourrait changer.
Ça pourrait changer et ça enrage Bruno
Imbeault, pneumologue et visage de la résistance
des médecins de Sept-Îles aux mines
d’uranium dans la région. Il a signé, avec
une trentaine de collègues, une lettre
réclamant un moratoire sur l’uranium.
Ce qui inquiète les médecins? L’impact de
l’exploitation de l’uranium sur l’environnement
immédiat et, par ricochet, sur la santé
des gens.
« Une chose est claire : quand des études
sur les mines d’uranium sont publiées par des
gens qui font de la science fondamentale, leurs
conclusions sont catastrophiques. Quand elles sont
publiées par des gens qui ont des liens avec
l’industrie minière, ces études constatent
des effets... neutres ! »
L’uranium est unmétal difficile à aimer,
disons. L’uranium, c’est le nucléaire. C’est
Tchernobyl, c’est Hiroshima, c’est des
bébés à deux têtes.
L’industrie minière est elle-même une
industrie difficile à aimer. Une sorte de mal
nécessaire, parce qu’elle fournit de bons
emplois. Mais une mine, c’est de la pollution au cube.
Mariez l’uraniumet l’industrie minière et vous
avez, un peu partout en Occident, une opposition
farouche quand une compagnie souhaite extraire ce
minerai. En Colombie-Britannique, depuis 1980, un
moratoire frappe l’uranium.
Et c’est l’Association médicale de la
Colombie-Britannique qui a porté le coup fatal
à son exploitation, à l’époque,
avec un rapport coup-de-poing sur l’impact des mines
d’uranium sur la santé humaine.
Quand l’uranium dort incrusté dans le roc, il ne
dérange personne. Pour l’extraire, il faut
creuser et l’extirper de ce roc, à grands coups
de jets d’eau. On entrepose les résidus dans des
bassins. Des résidus qui ont été en
contact avec l’uranium.
Mais qu’arrive-t-il si ces bassins fuient? S’ils
contaminent la nappe phréatique, les cours d’eau?
L’industrie, évidemment, se fait rassurante.
Vante ses méthodes sécuritaires.
Les
opposants, eux, citent le cas des Indiens Navajos du
Nouveau-Mexique, où des mines d’uranium ont
contaminé l’environnement. Citent l’étude
des médecins de la Colombie-Britannique.
« Quand on veut être responsable, dit le Dr
Imbeault, on fait des études avant d’autoriser
les mines d’uranium. »
La Colombie-Britannique, l’Irlande et certains
États américains ont
décrété des moratoires sur
l’exploitation de l’uranium, rappelle le pneumologue.
« Pourquoi, au Québec, on dit oui? »
Autour du lac Kachiwiss, près de SeptÎles,
Terra Ventures a percé 89 trous, pour un total de
30 000 m de forage, afin de déterminer si le roc
contient suffisamment d’uranium pour y creuser une mine.
La minière de Vancouver semble optimiste.
Le simple fait que Terra Ventures ait obtenu les permis
pour mener des tests enrage les opposants, comme Marc
Fafard, chef de la résistance citoyenne à
l’uranium, à Sept-Îles.
Récemment, avec d’autres militants, Fafard a
investi le site de Terra Ventures, qui était
désert, pour y photographier ce que ces opposants
considèrent comme des infractions aux
règles environnementales.
« Tiens, regarde ces photos. Tu vois ces trous?
Ça devrait être bouché avec du
béton. Et regarde... »
Assis au restaurant Omer avec Marc et ses amis, je
regarde la photo. Un simple chiffon bouche le trou.
Marc est outré. Ses amis aussi. Pour eux, c’est
la preuve que Terra Ventures se fiche des normes
environnementales. Je ne sais pas s’il a raison. Je ne
sais pas si cette photo dit toute l’histoire. Je
n’étais pas là quand elle a
été prise.
Ce que je sais, par contre, c’est que, plus largement,
l’encadrement de l’industrie minière au
Québec est une blague lugubre.
Le vérificateur général du
Québec a sonné l’alarme au printemps.
Entre 2002 et 2008, 14 entreprises minières ont
fait un chiffre d’affaires de 4,2 milliards au
Québec. Les redevances qu’elles ont payées
à l’État? Un maigre 1,5%!
L’État pourrait réclamer 12% des profits
de ces minières. Mais d’allègements
fiscaux en frais d’amortissement, l’industrie parvient
à réduire au minimum les redevances
qu’elle paie au fisc.
En plus de ces redevances « dignes d’une
république de bananes », selon la formule
du député solidaire AmirKhadir, les
minières jouissent d’un autre bonbon sucré
à souhait, gracieuseté de l’État
québécois: elles n’ont pas à
ramasser leur merde après avoir quitté une
mine.
Vous ne rêvez pas. Une minière n’a pas
à payer la décontamination d’un site
qu’elle a exploité. Québec le fait
à sa place. Et paie la facture. Coût : 264
millions de dollars en 10 ans pour nettoyer 345 sites
contaminés. Il paraît que la nouvelle
Stratégie minérale du Québec va
mettre fin au régime des profits privés et
du décrassage public.
C’est dans ce contexte que les opposants à
l’uranium se battent. Dans un contexte où le
sous-sol du Québec ressemble à un bar
ouvert pour les minières. Dans un contexte
où le ministre délégué aux
Ressources naturelles, Serge Simard, parle de «
compétitivité » quand on lui parle
d’environnement.
Je ne sais pas si l’extraction de l’uranium est
dangereuse pour la santé.
Ce que je sais, c’est qu’à Sept-Îles, on
dit non, non et non. Malgré ce triple non de la
population, des médecins et des élus, on
cherche encore de l’uranium à Sept-Îles.
« S’il y avait de l’uranium dans la région
de Montréal, dit le Dr Imbeault, pensez-vous
qu’on l’exploiterait, avec une opposition
équivalente? La centrale thermique du
Suroît a été battue et c’est parce
que c’était situé près de
Montréal. L’isolement joue en faveur de
l’exploitation. C’est clair. »
Un débat public sur la centrale Gentilly
est réclamé - FRANÇOIS CARDINAL
Endonnant le
feu vert encatimini à la réfection de la
centrale nucléaire Gentilly, le gouvernement Charest
a carrément nié les recommandations du Bureau
d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), estime le
Parti québécois.
Ce dernier déposera en ce sens, cet
après-midi, une motion à l’Assemblée
nationale, afin d’exiger la tenue d’une commission
parlementaire sur la question, a appris La Presse.
En plein débat sur les déchets
nucléaires, le porte-parole péquiste en
matière d’énergie, Sylvain Gaudreault,
demandera que toute la lumière soit faite sur la
décision d’investir près de 2 milliards de
dollars pour rénover l’unique centrale
nucléaire du Québec.
« En prenant cette décision sans aucune
transparence, le gouvernement va à l’encontre d’une
recommandation qui lui a été faite par le BAPE
en 2005, soit de faire connaître les critères
menant à une décision, avant que celle-ci ne
soit prise », explique-t-il.
I l demandera ainsi que la Commission de l’économie
et du travail puisse entendre le gouvernement ainsi que le
promoteur du projet, Hydro-Québec, afin que ceux-ci
justifient leur décision. Notons que le PQ n’est pas
défavorable à la rénovation de la
centrale. Il souhaite seulement que le bienfondé de
la décision soit expliqué.
Enfouissement des déchets
Cela
survient en plein débat sur l’enfouissement des
déchets nucléaires, un dossier épineux
qui a rebondi à Québec, hier.
En réaction aux textes de La Presse et du Devoir, le
ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a
confirmé que les partis représentés
à l’Assemblée nationale sont solidaires et
qu’ils refusent que les déchets nucléaires
produits à l’extérieur de la province soient
un jour enfouis ici. « Cela a toujours
été clair depuis Robert Bourassa: il n’est pas
question de prendre au Québec les déchets
nucléaires des autres provinces », a-t-il
indiqué en entrevue.
Or la Société de gestion des déchets
nucléaires (SGDN), qui cherche un lieu où
enfouir tous les déchets irradiés canadiens, a
clairement indiqué qu’une municipalité qui se
porte volontaire sans l’accord de sa province serait
désavantagée.
La Société fédérale, dont fait
partie Hydro-Québec, a pour mandat d’organiser le
processus de sélection d’un lieu d’enfouissement pour
les quelque 2 millions de grappes d’uranium radioactives qui
ont alimenté les centrales nucléaires du pays
depuis 40 ans. Le Québec est responsable de 3,8% de
ces grappes.
Le Devoir révélait hier qu’un projet
d’enfouissement de carburant irradié était
à l’étude à BlancSablon, sur la
Basse-Côte-Nord. Poussé par l’entreprise
Securad, celui-ci a toutefois peu de chance de voir le jour
vu l’opposition rencontrée à
l’Assemblée nationale et la tiédeur de
certains maires de la région.
« (L’entreprise) peut bien regarder différents
scénarios, mais notre position est claire sur le
sujet, a ajouté le ministre. Et cela n’est pas que la
position d’un parti, c’est la position de tous les partis.
»
Gentilly : visite au coeur de l’atome... -
FRANÇOIS CARDINAL
Demain s’amorce
à Montréal la portion québécoise des
consultations sur un sujet hautement controversé :
l’enfouissement des déchets nucléaires dans le
bouclier canadien. Notre journalisteFrançoisCardinal a
étél’un des rares représentants des
médias à visiter l’unique centrale
nucléaire de la province ainsi que ses silos de
déchets radioactifs. GENTILLY — On se croirait à
la prison de Guantánamo. Il n’y a pas âme qui vive
à des kilomètres à la ronde. Des gardiens
de sécurité arborant M-16 et équipements
militaires patrouillent les lieux. Pas moins de six
clôtures métalliques surmontées de
barbelés nous séparent de la centrale
nucléaire de Gentilly.
À l’intérieur du bâtiment d’accueil,
l’enregistrement prend une quinzaine de minutes et comprend une
lecture optique de la main, un détecteur d’explosifs, un
détecteur de métal, un rayon X, des tourniquets
géants...
« Les temps ont bien changé, confie le Dr Michel
Plante, médecin à Hydro-Québec. Au
début de l’exploitation de la centrale, on pouvait entrer
ici avec la famille pour faire visiter les lieux... »
Une fois dans l’enceinte, deux réacteurs
nucléaires nous font face. À gauche, Gentilly-1,
une vieille relique abandonnée il y a 30 ans pour cause
de défaillance... après seulement 183 jours
d’utilisation. Puis à droite, Gentilly-2, unique centrale
en exploitation, qui fournit au Québec 3% de son
énergie.
À l’intérieur, cette dernière ressemble
à n’importe quelle autre centrale thermique. Des couloirs
sans fenêtres, des tuyaux surdimensionnés, des
affiches donnant des consignes de sécurité, des
employés qui se déplacent rapidement, un
vrombissement constant.
La particularité des lieux se révèle
toutefois au détour d’une porte, où on a la
curieuse impression de se trouver dans un vaisseau de la Guerre
des étoiles: il s’agit de l’immense sas qui donne
accès au bâtiment du réacteur.
Les Simpsons
Plus loin sur la gauche se trouve le bassin qui accueille le
combustible usé. C’est là qu’on immerge les
grappes radioactives, ces caissons métalliques dans
lesquels sont insérées plus d’un millier de
pastilles d’uranium.
De la dimension d’une bûche, les grappes sont d’abord
introduites mécaniquement dans le réacteur, depuis
la salle de contrôle. Une salle qui nous rappelle
étrangement le lieu de travail d’Homer Simpson. Mais ici,
personne ne dort ou ne mange de beignes...
D’innombrables boutons et écrans permettent de voir le
réacteur et de diriger les robots. On peut ainsi
remplacer à distance les 4500 grappes qui alimentent le
réacteur. Chaque jour, on échange une quinzaine de
grappes usées, qu’on envoie ensuite dans le fameux
bassin.
« L’eau est un excellent absorbeur de rayonnements
ionisants et constitue ainsi un bon blindage naturel »,
précise le Dr Michel Plante, expert du sujet à
Hydro-Québec.
Chaque année, environ 5000 grappes de combustible
irradié sont ainsi plongées dans un bassin de la
taille d’une piscine olympique, et ce, pour une durée
d’au moins sept ans. Elles sont ensuite déplacées
à l’extérieur du bâtiment.
En sortant de
la centrale, on aperçoit justement sept immenses silos
de béton alignés, dans lesquels dorment les
grappes irradiées. La durée de vie de ces blocs
d’une hauteur de plus de 7 mètres ne dépasse pas
une centaine d’années, alors que le combustible, lui,
peut conserver sa toxicité chimique pendant des
centaines de milliers d’années.
D’où les consultations qui se tiendront à
Montréal demain, afin que la population ait son mot
à dire dans la gestion à long terme de ces
déchets radioactifs dont on ne sait que faire...
Grappes toxiques
Bien de l’eau lourde a coulé depuis l’accident de Three
Mile Island, en 1979, et la catastrophe de Tchernobyl, en
1986. En pleine renaissance dans le monde, notamment au
Canada, l’industrie nucléaire a jusqu’à
maintenant réussi à convaincre une portion des
élus et des citoyens que ses centrales n’ont rien
d’alarmant, à tort ou à raison.
En témoignent les résultats mitigés,
à ce jour, de la campagne Sortons le Québec du
nucléaire. Certes, le mouvement a rallié de
grands noms à sa cause, dont plusieurs médecins,
mais il n’a pas encore réussi à créer une
fronde d’envergure comme celles qui ont permis de bloquer avec
succès les projets de centrale thermique du
Suroît ou de privatisation du mont Orford.
Cela dit, les partisans du nucléaire connaissent bien
les limites de leur propre discours: personne ne sait que
faire des millions de grappes hautement toxiques qui
s’accumulent chaque année dans des entrepôts
temporaires, un sujet explosif que l’on tente de pelleter en
avant en attendant une hypothétique solution
permanente.
Au Canada seulement, on pourrait remplir six patinoires
jusqu’à la bande avec les déchets produits
à ce jour. On évalue le nombre de grappes en
dormance à 2 millions, un chiffre appelé
à quadrupler dans un avenir proche.
Dans le bassin et les sept silos de Gentilly, il y a ainsi
plus de 100 000 grappes radioactives dont on ne sait toujours
pas ce qu’il adviendra.
« Nous ne voulons certainement pas laisser en
héritage aux générations futures le
problème des déchets nucléaires. Le temps
d’agir est venu », estime la Société de
gestion des déchets nucléaires (SGDN), un
organisme constitué des producteurs nucléaires
du Canada, dont Hydro-Québec.
L’objectif de la Société est de regrouper en un
seul endroit tous les déchets nucléaires du
pays, afin de les entreposer bien profondément dans le
bouclier canadien, possiblement au Québec, le temps
qu’il faudra pour trouver une véritable solution
permanente. Un projet de plus de 20 milliards de dollars qui
pourrait prendre plus d’une décennie à voir le
jour.
Une fois enfouis, ces déchets toxiques attendront des
percées scientifiques pour être possiblement
éliminés ou mieux, recyclés. Bref, ils
passeront d’un entrepôt temporaire à un autre.
Pendant ce temps, à Gentilly, on planifie la
réfection de la centrale pour en poursuivre
l’exploitation jusqu’en 2040, une facture de 1,9 milliard de
dollars. On rénovera ainsi les installations, mais on
construira aussi avec ces fonds une dizaine de nouveaux silos,
afin de pouvoir tripler la quantité de déchets
radioactifs qui s’y trouvent. En attendant...
ENFOUISSEMENT
DE DÉCHETS NUCLÉAIRES Le Bloc et le PQ
refusent que le Québec devienne la « poubelle
» du Canada
Le processus de sélection d’un site où
entreposer l’ensemble des déchets nucléaires
du pays n’est pas commencé que, déjà,
de nombreuses voix s’élèvent afin d’exiger
l’exclusion du Québec des sites potentiels.
Alors que s’amorce cet aprèsmidi à
Montréal la portion québécoise des
consultations de la Société de gestion des
déchets nucléaires (SGDN), tant le Bloc que
le Parti québécois s’opposent avec
véhémence à l’enfouissement
géologique de milliers de tonnes d’uranium
usé en sol québécois, a appris La
Presse.
Bernard Bigras, porte-parole du Bloc en matière
d’environnement, présentera aujourd’hui un
mémoire en ce sens devant la SGDN, tandis que le
Parti québécois a fait parvenir une lettre
à l’organisme.
La Société fédérale, qui
inclut tous les producteurs nucléaires – dont
Hydro-Québec –, souhaite enfouir
profondément dans le Bouclier canadien les quelque
2 millions de grappes d’uranium usées qui ont
alimenté au cours des dernières
décennies les centrales nucléaires du pays.
On pourrait le faire au Québec, en Ontario et au
Nouveau-Brunswick, où se concentrent les centrales
nucléaires, ainsi qu’en Saskatchewan.
« Le Bloc québécois croit que la
désignation d’une province comme potentiel
hôte du dépôt géologique profond
devrait tenir compte de la quantité de
déchets produits sur son territoire »,
écrit M. Bigras dans son mémoire que La
Presse a obtenu.
Or, le Québec n’a produit à ce jour que
3,87% de l’ensemble des déchets nucléaires
canadiens, une proportion appelée à diminuer
avec le temps. Alors que plusieurs projets
nucléaires sont prévus dans le reste du
Canada, il existe au Québec un moratoire sur la
question depuis les années 70.
« Il nous semble profondément
inéquitable que le Québec se retrouve sur la
liste des endroits potentiels alors que la part relative
de ses déchets ne peut que diminuer », note
M. Bigras.
Même son de cloche de la part du Parti
québécois dans sa lettre à la SGDN,
que La Presse a également obtenue: « Nous
nous inscrivons en faux contre votre démarche qui
vise à inclure le Québec dans le processus
de sélection d’un site pancanadien d’enfouissement
de déchets nucléaires. »
Les sept députés signataires rappellent que
l’Assemblée nationale a voté à
l’unanimité l’an dernier une motion contre
l’enfouissement de déchets et de combustibles
irradiés venant de l’extérieur du
Québec.
Cela dit,
tant le Bloc que le Parti québécois
soulignent la possibilité que le Québec soit
responsable des déchets liés à
l’exploitation des centrales Gentilly-1 (fermée en
1979) et Gentilly-2, qui y sont actuellement
entreposés.
« Le Québec peut s’engager à
gérer ses déchets nucléaires de
façon responsable, mais il doit demeurer le
principal décideur et éviter de devenir la
poubelle nucléaire du Canada, indiquent les
députés péquistes. Il en va de notre
souveraineté territoriale face à des
décisions qui concernent une gestion
s’étendant sur les prochains siècles et
même des millénaires. »
Des villes intéressées
Ce débat survient alors que des villes canadiennes
auraient déjà exprimé le souhait
d’accueillir sur leur territoire ces déchets
irradiés, ont confié certaines sources bien
au fait du dossier.
Les autorités fédérales seraient en
effet en possession d’une liste de municipalités
intéressées, même s’il s’agit d’un
projet à très long terme.
Bien que la SGDN ne soit pas en mesure d’accueillir
officiellement les propositions, de nombreuses villes
auraient déjà frappé à sa
porte pour faire valoir leur candidature. Il a
été impossible de savoir si des
municipalités québécoises se sont
manifestées.
« Il peut paraître curieux que des villes
soient intéressées par l’enfouissement, sur
leur territoire, de déchets radioactifs, a reconnu
une source. Mais il faut savoir que cela créera
beaucoup d’emplois et la ville choisie aura droit à
certains dédommagements financiers. »
L’idée d’enfouir ce type de déchets est sur
la table depuis 1978 au Canada. Estimé à
quelque 20 milliards de dollars, le projet actuel est
piloté par la SGDN, qui mène une
consultation pancanadienne sur les critères qui
mèneront au choix d’un processus, lequel
mènera à la sélection d’un site.
Tout cela prendrabiendes années puisqu’on ne
commencera pas à recevoir les candidatures avant
2012, après quoi de nombreuses années
pourraient s’écouler avant qu’un choix officiel ne
soit fait.
Notons que l’ensemble des documents de la SGDN n’existent
qu’en version anglaise, ce que déplore le Bloc.
ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES
Les provinces auront leur mot à dire
L’an
dernier, l’Assemblée nationale a adopté
à l’unanimité une motion contre
l’enfouissement de déchets et de combustibles
irradiés venant de l’extérieur de la
province.
Les provinces auront leur mot à dire dans le
choix d’un lieu d’enfouissement des déchets
nucléaires canadiens, ce qui diminue
considérablement les chances que le site se
retrouve au Québec.
La Société de gestion des déchets
nucléaires (SGDN), qui a lancé hier la
portion québécoise de ses consultations, a
indiqué que les provinces ne seraient pas
consultées comme telles, mais que leur refus
d’appuyer la candidature d’une municipalité sera
assurément pris en compte.
« Toute communauté qui se portera
volontaire devra démontrer de façon
convaincante son consentement, en plus de montrer
qu’elle travaille avec toutes les personnes
touchées par le projet, a indiqué Ben
Belfadhel, de la SGDN. En ce sens, les provinces auront
leur mot à dire. »
Bien que cela ne réduise pas à
néant les chances qu’une municipalité
québécoise soit choisie, cela les
réduit de façon importante, car l’an
dernier, l’Assemblée nationale a adopté
à l’unanimité une motion contre
l’enfouissement de déchets et de combustibles
irradiés venant de l’extérieur de la
province.
La Presse révélait hier que le Bloc et le
Parti québécois ont demandé
à la SGDN de prendre en compte la portion de
déchets produite dans une province dans le choix
d’un site, ce qui exclurait d’emblée le
Québec où n’ont été
produites à ce jour que 3,87% de l’ensemble des
grappes nucléaires canadiennes.
« Il n’existe pas un critère unique pour le
choix du site », précise cependant Ben
Belfadhel. Son organisme a en effet dressé une
liste de conditions à remplir, comme celle de
posséder sur son territoire un site apte à
confiner et à isoler le combustible
nucléaire irradié pour de très
longues périodes de temps. Mais d’abord et avant
tout, la ville doit être « informée
et consentante ».
La
Société fédérale,
composée des trois producteurs
nucléaires du pays – dont Hydro-Québec
–, a pour mandat d’encadrer le choix d’un lieu
où seront enfouies les quelque 2 millions de
grappes d’uranium usées qui ont alimenté
les centrales nucléaires du pays depuis 40 ans.
Évalué entre 16 et 24 milliards de
dollars, ce projet vise à transporter les
grappes radioactives, de la dimension d’une
bûche, vers un site doté d’une formation
géologique appropriée ( Bouclier
canadien ou roches sédimentaires). Le
combustible irradié serait ensuite
acheminé mécaniquement vers un trou en
profondeur, où il serait scellé pour une
très longue période de temps.
« Lors des consultations
précédentes, les gens nous ont dit
être mal à l’aise avec l’idée
d’enfouir tout ça et de l’oublier, a
indiqué M. Belfadhel. Nous avons donc
opté pour une méthode flexible qui nous
permettrait à l’avenir d’aller rechercher le
combustible si besoin est. »
Autrement dit, si la science réussit à
mettre au point une technique de recyclage de
l’uranium économiquement rentable, pa r
exemple, les grappes pourraient être
récupérées à cette fin.
Notons que les pays qui utilisent de l’uranium
enrichi, comme la France par exemple,
réutilisent une portion de leur carburant, ce
qui n’est pas le cas du Canada, qui utilise de
l’uranium naturel. Personne ne sait au juste quand,
précisément, ce projet verra le jour.
Mais si tout va bien, a indiqué Ben Belfadhel,
cela pourrait se faire après 2035.
Plusieurs autres pays sont également dans la
course pour enfouir leur combustible irradié,
comme le Chine, la Suisse, le Japon et l’Allemagne. La
Finlande et la Suède sont certainement les plus
avancées, avec des mises en exploitation
prévues pour 2020.
Aux États-Unis, un projet similaire est en
cours à Yucca Mountain, au Nevada. Alors qu’on
prévoyait que le tout serait prêt en
2017, l’entrée en exploitation se fera
probablement bien après 2020 en raison
d’oppositions locales. Voyez comment fonctionne
l’enfouissement des déchets nucléaires
sur cyberpresse : cyberpresse.ca/nucléaire
Bhopal BILAN INCERTAIN
Le gaz
toxique qui s’est échappé de l’usine de
Bhopal le 3 décembre 1984 a fait durant les trois
premiers jours de 8000 à 10 000 morts parmi la
population de cette ville du centre de l’Inde, selon le
Centre public de recherche médicale (ICMR). Les
chiffres officiels évoquent 3500 morts. Selon
Amnistie internationale, de 22 000 à 25 000
personnes auraient succombé après des
années d’exposition aux déchets toxiques
laissés aux abords de l’usine d’Union Carbide.
Il y
aurait en outre quelque 100 000 personnes atteintes de
maladies chroniques dues à la contamination des
nappes phréatiques. – AFP
Les enfants infirmes de Corby - Mali Ilse
Paquin
GRANDE-BRETAGNE Quelque chose ne tourne pas rond à
Corby, ancienne ville industrielle britannique. Entre 1985
et 1999, des dizaines d’enfants sont nés avec des
mains et des pieds difformes. Hasard? Ou conséquence
de la poussière toxique qu’a respirée leur
— Connor McIntyre, 12 ans, trop fier pour essuyer les
railleries sans broncher, passe son temps à se battre
dans les cours d’école.
À l’origine de son orgueil meurtri, son bras gauche,
interrompu par deux petites protubérances : deux
orteils qu’on a tenté en vain de lui greffer. Sa
petite pince reste inanimée.
Sa mère, Susan McIntyre, est convaincue que la
municipalité est responsable du handicap de Connor,
né sans main gauche. Comme beaucoup d’autres parents
d’enfants infirmes dans la région.
Dix-huit familles poursuivent la Ville de Corby,
située à 100 km au nord de Londres. Les
parents l’accusent d’avoir bâclé le
réaménagement d’un ancien site de
sidérurgie entre 1984 et 1997. En clair, ils la
soupçonnent de ne pas avoir respecté les
règles de sécurité dans le transport
des matières toxiques, ce qui aurait causé les
malformations de leurs enfants.
Les jeunes en question, âgés entre 9 et 22 ans,
ont tous des difformités aux mains et aux pieds. Ils
sont nés pendant les travaux de nettoyage du
chantier, au cours desquels des camions transportaient
à découvert dans les rues de Corby les
déchets de métaux lourds.
Susan
McIntyre grimace en décrivant la poussière
nauséabonde qui se déposait chaque jour sur
ses meubles. « Ces particules s’infiltraient partout.
À l’extérieur, elles collaient aux roues du
landau de mon fils aîné. Je devais les nettoyer
chaque soir à l’eau de Javel. »
Ce cocktail toxique comprenait du zinc, du cadmium, du
chrome et des dioxines, de l’aveu même de la
municipalité de Corby.
Le directeur général de la mairie nie que les
opérations de décontamination aient
causé les malformations des plaignants. «
Depuis cinq ans, nous avons soigneusement
enquêté sur les cas de ces jeunes. Nous savons
qu’il n’y a aucun lien entre les travaux de
réaménagement et leur état de
santé », a affirmé Chris Mallender au
début du procès, qui s’est terminé le 7
mai à la Haute Cour de Londres au bout de 13
semaines.
De son côté, l’avocat des familles, Des
Collins, a bon espoir de remporter le premier procès
du genre en GrandeBretagne. Un ancien ingénieur
municipal , Mark Bosence, a confirmé en cour qu’on ne
nettoyait pas les roues des camions avant qu’ils quittent le
chantier. Et une experte, Louise Parker, a
révélé que le taux de malformation chez
les bébés de Corby était à
l’époque trois fois supérieur à la
moyenne de la région.
Si le jugement, attendu la semaine prochaine, leur est
favorable, les familles pourront poursuivre individuellement
la Ville de Corby. Des Collins espère une entente
à l’amiable. « Les enfants sont fatigués
de se battre. Ils veulent être entendus par la
municipalité », dit l’avocat à La
Presse.
SusanMcIntyre veut des réponses. « Moi qui n’ai
même pas pris une aspirine pendant ma grossesse, je me
suis sentie coupable. On nous doit des explications. »
Station de
pompage de pétrole bitumineux à Dunham Les
écologistes récusent la recommandation de la
CPTAQ
Une récente décision de la Commission de
protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ),
qui recommande la construction d’une station de pompage
à Dunham pour permettre le transport de pétrole
bitumineux de l’Alberta jusqu’à Montréal, a
suscité une levée de boucliers chez des groupes
écologistes.
Ils soutiennent que la décision rendue mardi n’a pas
pris en compte les risques de déversement dans la
nature, ni les impacts environnementaux du produit
pétrolier réputé pour son
caractère polluant.
La construction d’une station de pompage à
Dunhampermettrait à la compagnie PipeLines
Montréal Ltée d’inverser le flot d’un pipeline
reliant le Maine au Québec. Cette initiative est un
rouage essentiel du projet controversé Trailbreaker,
qui vise à acheminer du pétrole issu des sables
bitumineux de l’Ouest canadien vers les États-Unis.
Si ce projet se réalise, près de 240 000 barils
de pétrole pourraient être acheminés
chaque jour vers les raffineries de l’est de Montréal.
Le tiers serait consommé au Québec. Le reste
serait ensuite acheminé vers les États-Unis.
«
Dunham, c’est la route des vins, pas la route du
pétrole », lance Hugo Séguin d’Equiterre.
« On ne parle pas uniquement d’une station de pompage,
mais d’un choix de société, poursuit-il. Le
pétrole bitumineux produit trois fois plus de gaz
à effet de serre que du pétrole dit plus propre.
Si le gouvernement du Québec autorise la construction
de la pompe, les efforts effectués par les
Québécois pour réduire leurs
émissions de gaz à effet de serre seront
annulés. »
Plusieurs citoyens et agriculteurs de la ville de Dunham ont
témoigné contre le projet lors des audiences
publiques de la CPTAQ qui se sont tenues en janvier. À
l’instar de plusieurs résidents, Guy Durand, du
Comité environnemental de Dunham, est
préoccupé de l’état du pipeline,
construit au début des années 40.
« Ils veulent pomper le pétrole au-dessus des
monts Sutton, explique-t-il. Pour le faire, ils vont devoir
utiliser une pompe très forte qui risque de fragiliser
l’ensemble du système. Qui va payer si un accident se
produit? La compagnie n’a pas prévu un fonds de
compensation pour indemniser la municipalité ou les
citoyens en cas d’accident. »
La décision de la CPTAQ n’a pas force de loi. Ce sera
au gouvernement du Québec de trancher sur la question.
Malgré les demandes répétées de
groupes de pression, Québec n’a toujours pas
exprimé sa position dans le dossier.
Obama débloque 2,3 milliards pour le
secteur vert
WASHINGTON
— Le président américain Barack Obama a
annoncé hier le déblocage de 2,3 milliards
de dollars pour des incitations fiscales destinées
à stimuler la création d’emplois dans la
production d’énergie « verte » aux
États-Unis, alors que le chômage reste
à un niveau très élevé.
Ces crédits, piochés dans le plan de relance
massif de 787 mi l l i a r ds promulgué dès
le début du mandat de M. Obama il y a près
d’un an, visent via des crédits d’impôt,
à créer « des dizaines de milliers
d’emplois dans la fabrication de technologies propres
», selon un communiqué de la Maison-Blanche.
Au total,
183 projets situés dans 43 des 50 États
américains ont été
sélectionnés, dans des secteurs comme la
fabrication de panneaux solaires, d’éoliennes et de
compteurs d’électricité « intelligents
» pour optimiser le réseau électrique
américain.
Ces crédits d’impôt, a souligné
l’administration, « constituent une étape
importante pour parvenir à l’objectif du
président de doubler la quantité
d’énergies renouvelables utilisées par le
pays dans les trois prochaines années ».
« Élaborer un secteur robuste des
énergies propres est la façon dont nous
allons créer les emplois de l’avenir », a
expliqué M. Obama, affirmant que les mesures
annoncées hier « aideraient à combler
le fossé énergétique qui s’est
élargi entre les ÉtatsUnis et d’autres pays
tout en créant de bons emplois, réduisant
nos émissions de carbone et augmentant notre
sécurité énergétique ».
Obama veut moderniser le réseau
électrique américain
ARCADIA,
Floride — Le président Barack Obama a
annoncé hier la plus grande modernisation jamais
entreprise du réseau électrique
américain, un investissement de 3,4 milliards US
qui vise à faire entrer les ÉtatsUnis de
plain-pied dans les énergies renouvelables.
Le président a méricain a visité
hier, à Arcadia, en Floride, le plus grand centre
de production d’énergie solaire des
États-Unis.
« Le moment est venu de const r uire une autoroute
de l’électricité qui permette d’acheminer
cette énergie aux Américains le plus
efficacement possible, pour un coût abordable et
sans détériorer l’environnement », a
déclaré M. Obama devant un champ de panneaux
solaires.
« C’est la raison pour laquelle je suis fier »
d’annoncer « le plus grand i nvestissement jamais
engagé dans un réseau électrique plus
fiable et plus intelligent, pour un total de 3,4 milliards
US », a-t-il poursuivi.
«
Nous devons faire plus que d’ajouter des panneaux solaires
au réseau électrique » actuel, at-il
ajouté, en précisant que « ce
réseau s’appuie sur une technologie centenaire
». Il l’a ainsi comparé au réseau de
transport qu’on trouvait aux États-Unis dans les
années 1920 et 1930.
« Ce réseau gaspille trop d’énergie,
nous coûte trop cher et fait peser un risque trop i
mportant d’arrêt momentané ou de panne
générale », a-t-il dit.
Sa conseillère responsable de l’énergie et
de la question du changement climatique, Carol Browner,
avait auparavant indiqué que l’investissement
annoncé allait « nous donner une sorte
d’impulsion pour changer nos façons de produire,
acheminer et consommer l’électricité
».
« Nous avons un système très
vétuste dans ce pays. Nous avons besoin de le
moderniser, ce qui engendrera d’énormes
bénéfices pour les consommateurs et pour
notre environnement », avait-elle ajouté.
Une centaine d’entreprises, usines, services publics et
villes vont recevoir des subventions de 400 000$US
à 200 millions US pour participer à la
construction d’un « réseau
énergétique intelligent »,
réduire les coûts et améliorer la
fiabilité d’un système à bout de
souffle.
Ça bouge (un peu) à Washington
- RICHARD HÉTU
Tout
compte fait, Barack Obama n’arrivera pas les mains vides
au sommet de Copenhague sur le climat prévu en
décembre. I l ne devrait cependant pas pouvoir
ajouter à son bagage une loi du Congrès pour
réduire les émissions de gaz à effet
de serre.
Le président américain a
démontré la semaine dernière sa
détermination à agir sur le dossier
climatique en autorisant l’Agence de protection de
l’environnement (EPA) à user de ses nouveaux
pouvoirs réglementaires pour limiter les
émissions des plus importants pollueurs industriels
– raffineries, centrales électriques au charbon et
autres usines produisant au moins 25 000 tonnes de CO par
an.
À défaut de modernisation, ces pollueurs,
qui sont responsables de près de 70 % de la
totalité des émissions de gaz à effet
de serre aux États-Unis, seront mis à
l’amende.
«Nous avons les moyens et la technologie pour aller
de l’avant et nous allons les utiliser », a
déclaré la directrice de l’EPA, Lisa
Jackson, mercredi dernier.
L’annonce de l’EPA, qualifiée de «changement
sismique» par l’Environmental Defense Fund, a
coïncidé avec la présentation au
Sénat d’un projet de loi destiné à
instaurer un marché du carbone aux
États-Unis, avec l’objectif de réduire les
émissions de gaz à effet de serre de 20%
d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
Il y a plus de trois mois, la Chambre des
représentants avait adopté une
première version un peu moins ambitieuse de ce
texte de loi, ayant fixé un objectif de
réduction des émissions de 17% d’ici
à 2020.
Scénario improbable
Le président Obama aimerait bien pouvoir se
présenter à Copenhague après un vote
du Sénat approuvant le projet de loi
parrainé par les sénateurs démocrates
John Kerry et Barbara Boxer, mais un tel scénario
semble improbable. Le Sénat peine
déjà à s’entendre sur la
réforme du système de santé
américain, le plus grand des chantiers de
l’administration démocrate. Et le texte de loi sur
le climat compte plusieurs opposants, dont certains
sénateurs démocrates.
Il est
d’ailleurs intéressant de noter que l’ex pression
« cha ngement climatique » n’apparaît
pas dans le projet de loi Kerry-Boxer. Le texte se
contente de préciser que l’énergie propre
est « la condition d’une croissance
économique forte et durable et une question de
sécurité nationale ».
Barack Obama a lui aussi évité de parler
d’environnement en saluant le projet de loi du
Sénat. « Mon administration soutient
ardemment l’élaboration d’une loi qui crée
de nouveaux emplois et encourage l’innovation en
matière d’énergie propre », a
déclaré le président dans un
communiqué.
Le sénateur républicain John McCain, un des
plus progressistes de son parti sur la question du
changement climatique, a donné une idée des
difficultés auxquelles le président et ses
alliés du Congrès feront face. « Bien
sûr que non », a-t-il répondu aux
journalistes qui lui demandaient s’il avait l’intention
d’appuyer le projet de loi présenté par les
démocrates.
Et le sénateur de l’Arizona d’ajouter, au cas
où sa déclaration n’aurait pas
été assez claire: «Jamais, jamais,
jamais.»
L’idée d’instaurer un marché du carbone est
celle qui suscite la plus grande controverse, non
seulement chez les républicains et les industriels,
mais également chez certains démocrates. Les
opposants font notamment valoir qu’un tel système
ferait peser sur l’industrie des contraintes qui
provoqueraient une flambée des prix de
l’énergie.
Objectifs modestes
La vigueur de l’opposition au projet de loi sur le climat
tend à faire oublier que ses objectifs sont
relativement modestes. Le Japon, par exemple, a promis de
réduire ses émissions de gaz à effet
de serre de 25% d’ici à 2020 par rapport aux
niveaux de 1990. Or, l’objectif du Sénat de
réduire les émissions des États-Unis
de 20% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005
signifie en réalité une réduction de
4% par rapport aux niveaux de 1990, la
référence utilisée non seulement par
le Japon, mais également par l’ONU et l’Union
européenne.
« Le projet de loi KerryBoxer est un pas de
bébé dans la lutte contre une catastrophe
climatique », a déclaré Kieran
Suckling, directeur du groupe Center for Biological
Diversity.
Il
s’agit pourtant d’un pas dont Barack Obama aimerait bien
pouvoir se vanter à Copenhague.
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
Loin du
faste qui accompagne traditionnellement les sommets du G8,
les discussions sur le climat, la relance
économique et l’Iran ont pour décor les
ruines de la ville de L’Aquila, ravagée par un
tremblement de terre en avril. À l’image des
victimes du sé
« Nous n’allons pas sacrifier la croissance
économique à la seule fin de réduire
les émissions » polluantes, a dit le
président russe.
— Les ONG environnementales espèrent que le sommet
du G8 de L’Aquila ouvrira la voie à la conclusion
d’un accord mondial ambitieuxsur la
réductiondesgazà effetdeserreavant la
findel’année. Mais l’exercice s’annonce difficile.
L’hôte du sommet , Si lvio Berlusconi, a
indiqué hier que les membres de l’organisation des
pays industrialisés étaient d’accord sur la
nécessité d’engagements substantiels mais
qu’ils se butaient à la « résistance
» de pays émergents comme la Chine et l’Inde,
réticents à accepter des cibles susceptibles
de freiner leur croissance.
Dans une déclaration émise en soirée,
les membres du G8 soulignent qu’ils souhaitent «
partager avec les autres pays » du monde l’objectif
de réduire les émissions de gaz à
effet de serre de 50% pour 2050.
Ils disent vouloir réduire leurs propres
émissions de 80% mais ne précisent pas
à partir de quelle année de
référence le pourcentage doit être
calculé, ce qui limite la portée de
l’engagement.
Seuil critique
Les membres du G8 disent par ailleurs pour la
première fois à l’unisson qu’il faut
plafonner le réchauffement à 2 ºC,
seuil critique qu’ont déterminé les
chercheurs.
Le premier ministre canadien Stephen Harper s’est
félicité en soirée que la
déclaration soit plus « musclée
» que par le passé. Une évolution
qu’il a attribuée à la nouvelle orientation
de l’administration américaine.
Le sujet du réchauffement climatique doit
être discuté aujourd’hui au sein d’un forum
élargi de 17 pays qui regroupe les États
responsables de 80% des émissions de gaz à
effet de serre de la planète.
Il a été mis en place à l’initiative
du président américain Barack Obama, qui
souhaite une entente ambitieuse avant la rencontre
prévue à Copenhague en décembre pour
rédiger un nouveau protocole de réduction
devant succéder à celui de Kyoto.
M. Harper a dit qu’il serait difficile de trouver un
consensus avec les pays émergents mais qu’il
était dans leur intérêt d’y parvenir
puisqu’ils risquent d’être plus touchés par
le réchauffement climatique.
Le gouvernement canadien, qui ne montrait guère
d’enthousiasme à discuter des questions
environnementales à l’approche du sommet du G8, a
souligné lundi soir, à la veille de la
rencontre, qu’il était d’accord pour tenter de
limiter le réchauffement planétaire à
moins de 2 ºC d’ici 2050.
Ottawa
cède à la pression
« Le Canada reconnaît le consensus
scientifique existant voulant que l’accroissement de la
température par rapport au niveau enregistré
à l’époque pré-industrielle ne
devrait pas excéder 2 ºC », a
souligné dans un courriel le porte-parole de
Stephen Harper, Dimitri Soudas, reprenant sans
l’évoquer la formulation de la déclaration
à venir du G8.
Lors d’un point de presse, hier, M. Soudas a assuré
que le pays avait adopté cet objectif «
depuis longtemps » . Le ministre de l’Environnement,
Jim Prentice, avait abordé la question en mars sans
formuler d’engagement précis.
Clare Demerse, porte-parole de l’ Institut Pembina, ONG
environnementale, affirme que le Canada n’avait jamais
publiquement souscrit à cet objectif de
température et qu’il a finalement
cédé à la « pression
internationale ».
L’adoption du seuil de 2 ºC doit amener le pays
à revoir substantiellement à la hausse ses
objectifs en matière de réduction de gaz
à effet de serre, à moyen et à long
terme, souligne-t-elle.
« Il y a une grande différence entre dire que
l’on adhère au consensus scientifique sur les
effets néfastes de l’obésité et dire
que l’on va entreprendre un régime », indique
Mme Demerse, qui parle d’un effort « mitigé
» de la part des pays du G8.
Le plan canadien prévoit réduire les
émissions du pays de 20% en 2020 par rapport au
niveau de 2006 et de 60 à 70% par rapport à
celui de 1990.
« Surprise » russe
À peine annoncé, l’objectif de
réduction de 80% des émissions de gaz
à effet de serre a été
dénoncé à la surprise
générale par la Russie qui l’a jugé
« inacceptable ».
« Pour nous, le chiffre de 80% est inacceptable et
probablement hors d’atteinte », a estimé
devant la presse russe le principal conseiller
économique du président Dmitri Medvedev,
Arkady Dvorkovitch.
« Nous n’allons pas sacrifier la
croissance économique à la seule fin de
réduire les émissions » polluantes,
a-t-il ajouté. Il a toutefois refusé de
préciser quel objectif lui paraîtrait
acceptable, jugeant la question prématurée.
« Les calculs sont en cours. Différents
scénarios sont possibles », a-t-il dit en
évoquant une échelle de 20 à 60% de
réduction d’ici 2050.
PHOTO SAUL LOEB, AGENCE
FRANCE-PRESSE
Le sujet du réchauffement
climatique doit être discuté aujourd’hui
au sein d’un forum élargi de 17 pays qui
regroupe les États responsables de 80% des
émissions de gaz à effet de serre de la
planète. Il a été mis en place
à l’initiative du président
américain Barack Obama, que l’on voit ici en
compagnie de ses homologues français et
allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
ÉTATS-UNIS Vote historique du Congrès
sur le climat - RICHARD HÉTU
— Ce n’est qu’un
premier pas, mais il est historique : par 219 voix contre 212
(soit une seule voix de plus que les 218 nécessaires
à son adoption), la Chambre des représentants a
accordé une victoire courte mais importante à
Barack Obama en adoptant un vaste projet de loi qui
prévoit une réduction des émissions de gaz
à effet de serre et la mise en place d’un marché
du carbone.
PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP
Le 25 juin, des militants du groupe
environnemental Avaaz se sont déguisés en Wonder
Merkel et Super Obama afin de presser la chancelière
allemande Angela Merkel le président américain
Barack Obama d’intensifier leurs efforts pour combattre le
réchauffement climatique.
L’impact de ce vote ne se fera pas seulement sentir aux
ÉtatsUnis, où le Sénat doit procéder
à l’examen d’un texte de loi semblable cet automne. La
législation américaine est également
perçue comme un préalable essentiel au
succès du sommet de Copenhague sur le climat prévu
en décembre prochain. Elle aura également un
impact certain sur les politiques canadiennes.
« Le Canada suit de très près ce qui se
passe au Congrès », a déclaré
à La Presse Dave Biette, directeur de l’Institut canadien
du centre Woodrow Wilson à Washington. « Dans le
dossier du climat, le Canada ne formule pas les politiques, il
les emprunte aux États-Unis. »
Le projet de loi de la Chambre des représentants
constitue une première étape vers la
réalisation d’une des promesses électorales les
plus importantes de Barack Obama. Le texte Waxman-Markey (du nom
de ses auteurs) a notamment pour objectif de réduire les
émissions de gaz à effet de serre responsables du
réchauffement du climat de 17% en 2020 par rapport au
niveau de 2005, et de 83% de ce niveau en 2050.
Un texte de loi de 1200pages
Pour y parvenir, un marché de droits d’émissions
dit cap and trade sera notamment instauré. Dans le cadre
de ce système, ces droits seront soit vendus, soit
accordés gratuitement aux industries les plus
vulnérables. Une partie importante du produit de la vente
de ces « permis de polluer » servira à
protéger les consommateurs contre la hausse attendue des
prix de l’énergie.
Le texte de
loi de 1200 pages encourage également la mise en valeur
d’énergies propres. Les fournisseurs
d’électricité devront ainsi obtenir 15% de leur
production en énergie renouvelable (éolienne,
biomasse, solaire, géothermique) d’ici 2020.
Le vote de la Chambre des représentants intervient
après plusieurs jours de pressions intenses
exercées par Barack Obama sur les élus
récalcitrants de son parti, dont plusieurs venaient
d’États agricoles. Selon le président des
États-Unis, la nouvelle législation «
déclenchera la mise en valeur des énergies
propres, réduira notre dépendance
pétrolière et la pollution au carbone qui menace
notre planète ».
Le chef de la Maison-Blanche a également fait valoir
que le projet de loi créera des millions de nouveaux
emplois « qui ne peuvent être exportés
» à l’étranger.
La grande majorité des républicains s’est
opposée au texte Waxman-Markey, cr it iquant notamment
la mise en place d’un marché du carbone. Elle voit dans
le système de cap and trade une taxe indirecte qui
augmentera le coût de l’énergie et forcera des
entreprises à quitter les États-Unis.
Les partisans du projet de loi n’en sont pas tous satisfaits.
Certains d’entre eux trouvent qu’il ne va pas assez loin. Ils
ne le considèrent pas moins essentiel.
« Nousn’avonspas le luxed’attendre l’élaboration
du texte parfait », a déclaré Larry
Schweiger, président de la Wildlife National
Federation. « Il est absolument essentiel de mettre la
machine en route. Car sans loi sur le climat, les
États-Unis ne seront pas en mesure de jouer leur
rôle de leader à Copenhague et nous n’aurons pas
d’accord international sur le climat. »
Obama veut prolonger la prime à la
casse - Laurent Lozano
— Le
gouvernement américain travaillait hier avec le
Congrèspourétendrelaprimeà la casse
versée aux automobilistes qui achètent une
voiture neuve, après que le milliard de dollars
alloué au programme eut été
épuisé bien plus vite que prévu.
Le
concessionnaire Capitol City Buick Pontiac GMC de Berlin, au
Vermont, a trouvé une manière audacieuse de
faire la promotion du programme de prime à la casse
du gouvernement américain, le Car Allowance Rebate
System (CARS), aussi surnommé « Cash for
Clunkers ».
Le programme, approuvé en juin pour aider une industrie
en déconfiture, offre jusqu’à 4500 $ aux
automobilistes qui mettnte au rancart leur ancienne voiture
pour en acheter une neuve qui consommera moins d’essence.
La Chambre des représentants a approuvé hier en
mi-journée, par 316 voix contre 109, une allocation de
deux milliards de dollars supplémentaires au programme.
La mesure doit maintenant être examinée par le
Sénat, où son devenir est plus incertain.
Mis en oeuvre par le gouvernement lundi, le programme
était censé durer jusqu’au 1er novembre ou
jusqu’à épuisement des fonds. L’argent a
été épuisé en moins d’une semaine.
L e pr o g r a mme a é t é u n « immense
succès » pour tout le monde : les automobilistes,
les concessionnaires et les constructeurs d’automobiles, a dit
le porte-parole du président Barack Obama, Robert
Gibbs.
« C’est quelque chose qui peut, qui doit être, et
qui sera étendu », a-t-il dit.
Des r e s p o n s a bl e s d e la Maison-Blanche, du
ministère des Transports et des parlementai r e s des
deux c a mps travaillaient hier pour trouver l’argent, a-t-il
dit.
L’administration et le Congrès devaient s ’entendre sur
l es modalités d’une prolongation, comme la somme qui y
serait attribuée ou la durée.
Le
porte-parole de M. Obama a rejeté par avance les
éventuelles critiques contre de nouvelles
dépenses publiques à un moment où
l’augmentation record du déficit fournit à
l’opposition républicaine l’un de ses principaux
arguments contre la majorité démocrate.
La prise de conscience du fait que le milliard de dollars
initial avait été consommé a
déjà donné lieu à un accès
de confusion jeudi.
L’administration devait veiller à ce que des
automobilistes n’achètent pas de véhicule en
pensant que la prime s’appliquerait toujours alors que les
fonds gouvernementaux seraient épuisés.
Le porte-parole de M. Obama a assuré que les
automobilistes pouvaient se rendre aujourd’hui et demain chez
les concessionnaires et que les engagements pris seraient
honorés.
Il a nié que les critères aient
été trop peu rigoureux, ce qui aurait
favorisé un afflux de demandes. Il a fait valoir que
les concessionnaires avaient fait la publicité de cette
prime et que nombre d’acheteurs n’avaient au départ
aucune intention d’acquérir un nouveau véhicule.
La prime avait deux objectifs principaux : aider une industrie
dont deux des grands représentants américains,
General Motors et Chrysler, viennent d’échapper
à la faillite avec l’aide gouvernementale, et
promouvoir les véhicules propres.
La prime est calculée en fonction de l’économie
de carburant réalisée.
Pour Himanshu Patel, analyste de JPMorgan Chase, le
succès de cette prime est révélateur
d’une « i mportante demande latente » de voitures
neuves. Il a souligné que, lors des récessions
passées, les ventes de voitures avaient
redémarré de quatre à six trimestres
avant le pic du chômage, ce qui correspondrait à
peu près à la période présente si
le nombre de sans-emploi devait culminer au deuxième
semestre 2010.
La
révolution
automobile d’Obama - ALAIN DUBUC
Cette initiative affectera directement les Canadiens en tant
que consommateurs.
Barack Obama a annoncé cette semaine une initiative qui
aura un impact économique et environnemental
considérable. Il s’agit d’une entente avec l’industrie
pour imposer de nouveaux standards d’émissions des
véhicules, qui réduiront de façon
significative la consommation d’essence et les
émissions de gaz à effet de serre.
Le
président américain Barack Obama.
Ce virage, que le président américain a
décrit à juste titre comme historique, a eu peu
d’échos ici. Et pourtant, même si elle a
été décidée à Washington,
cette politique nous affectera autant que les
Américains. Parce que les 20% de l’industrie automobile
nord-américaine qui se trouvent au Canada devront se
conformer à ces standards. Et parce que le gouvernement
canadien, à la remorque de Washington, sans politique
énergétique propre, a déjà
laissé entendre qu’il s’ajusterait à ces normes
américaines. Cela veut dire que nous serons directement
affectés en tant que consommateurs.
Entre 2012 et 2016, les producteurs devront réduire les
émissions de dioxyde de carbone des véhicules du
tiers, et la consommation d’essence d’environ 30%. Pour les
automobiles, la consommation devra être, en moyenne, de
35 milles (48 km) au gallon en 2016, soit environ 5,6 litres
aux 100 kilomètres. C’est une révolution.
Cet objectif extrêmement ambitieux a réussi
à rallier le gouverneur républicain de la
Californie, Arnold Schwarzenegger, dont les efforts pour
imposer des normes environnementales sévères
dans son État avaient été bloqués
par l’administration Bush. Mais le tour de force du
président, c’est d’avoir réussi à faire
accepter cette révolution aux constructeurs automobiles
qui, jusqu’ici, avaient résisté farouchement.
C’est sans doute là un des effets positifs de la crise.
L’industrie américaine, qui vit maintenant aux crochets
de l’État, n’est plus capable d’imposer sa logique.
L’impact environnemental sera significatif, si l’industrie
réussit à se conformer à ces normes. Cela
équivaut, sur une période de six ans et demi,
à retirer 177 millions d’autos de la circulation. Ces
mêmes normes, qui s’appliqueront de ce
côté-ci de la frontière, auront un effet
important, quand on sait qu’au Québec, 31% des
émissions des GES proviennent du transport routier.
Ce sera tout
un choc pour l’industrie, qui devra faire des miracles pour
respecter ces cibles, modifier sa gamme de véhicules,
accélérer l’innovation technologique, investir
des milliards pour convertir les usines. Ce n’est pas rien.
Les consommateurs seront aussi touchés. Ces autos moins
énergivores coûteront 1300$ de plus, quand on
additionne l’effet des normes des administrations Bush et
Obama. Cette somme pourra toutefois être
récupérée par le choix d’une plus petite
auto et par les économies d’essence.
Et pourtant, cette nouvelle politique, qui représente
un des gestes les plus significatifs pour réduire les
émissions de GES, n’a pas suscité ici les
réactions qu’elle méritait. Parce que c’est aux
États-Unis? Parce que Barack Obama fait trop
d’annonces? J’ai une autre explication. J’y vois le reflet
d’une tension entre deux façons de résoudre les
défis environnementaux: l’approche pragmatique et
l’approche militante.
Cette réduction draconienne des standards des
émissions sera efficace, elle donnera des
résultats. Mais elle s’inscrit dans la logique du
système; elle ne remet pas en cause la culture de
l’automobile, elle la rend plutôt moins nuisible, elle
la civilise.
La plupart des groupes environnementaux privilégient
plutôt une approche qui réduit la place de
l’automobile, par le vélo, les transports en commun,
l’aménagement urbain. Des avenues dans lesquelles il
faut mettre toutes nos énergies. Mais derrière
les objectifs immédiats, les batailles
environnementales se mènent à un second niveau
et s’inscrivent dans un projet plus global qui cherche aussi
à modifier les comportements humains, à repenser
le système socioéconomique.
Voilà pourquoi le projet américain ne suscite
pas tant d’enthousiasme. Les militants voudraient changer le
système. Ce que montrent les projets du
président Obama, c’est que le système peut
changer.
Washington veut des voitures plus « vertes
»
WASHINGTON—
BarackObama a annoncé, hier, le premier plan national aux
ÉtatsUnis destiné à réduire les
émissions de gaz à effet de serre des
véhicules. Un dispositif qui met également
l’accent sur la construction d’automobiles moins gourmandes en
carburant pour réduire la dépendance du pays aux
importations de pétrole.
Le président américain a présenté
son plan comme un tournant historique vers une «
économie de l’énergie propre ».
« Alors que les États-Unis représentent
moins de 5% de la population mondiale, nous comptons pour
environ un quart de la demande mondiale de pétrole
», a souligné M. Obama à la Maison-Blanche,
devant des responsables du Congrès et du secteur
automobile. « Et cet appétit a un coût
gigantesque. »
En vertu du plan, les véhicules vendus aux
États-Unis devront rejeter environ un tiers de moins de
dioxyde de carbone d’ici 2016. De nouvelles normes imposent
également une baisse de 30% de la consommation de
carburant des automobiles.
Le dispositif a
été conçu en partie pour résoudre un
conflit entre le gouvernement fédéral et une
dizaine d’États, dont la Californie, qui ont
déjà fixé des normes plus strictes que
celles existant auparavant sur le plan national.
L’industrie accepte le plan
Le nouveau plan, tout en mettant la législation nationale
au niveau de celle de ces États, donne du temps aux
constructeurs pour s’adapter. L’industrie automobile, qui avait
combattu les règles adoptées par les États,
a accepté le plan parce qu’il clarifie la situation et
leur laisse six ans et demi pour s’y conformer.
Grâce à cet accord, « nous
économiserons 1,8 milliard de barils de pétrole
pendant la durée de vie des véhicules vendus au
cours des cinq prochaines années, a affirmé M.
Obama. En cette période de crise historique pour notre
industrie automobile, cette réglementation apporte la
certitude claire qui permettra à ces entreprises »
de se préparer à construire les voitures du XXIe
siècle. »
Le président américain a précisé que
le plan permettrait une économie de carburant
équivalant au retrait de la circulation de 177 millions
de voitures sur les six ans et demi à venir. Ce qui
représenterait le volume de pétrole importé
par les ÉtatsUnis en provenance d’Arabie Saoudite, du
Venezuela, de Libye et du Nigeria en 2008.
Les
États-Unis «prêts à rattraper le
temps perdu»
La secrétaire d'État
américaine Hillary Clinton a affirmé lundi que les
États-Unis étaient «prêts à
mener» la lutte contre le changement climatique, à
l'ouverture d'une réunion internationale consacrée
au climat réunissant les principales économies
à Washington.
«Les États-Unis sont
prêts à mener (la lutte) et décidés
à rattraper le temps perdu», a dit Mme Clinton lors
de ce forum sur l'énergie et le climat organisé
à l'initiative du président Barack Obama pour
préparer la conférence de l'ONU sur le
réchauffement climatique en décembre à
Copenhague.
«Le président et l'ensemble de son administration
sont attachés à s'occuper de ce problème et
nous agirons», a dit Mme Clinton lors de ce forum
organisé au département d'État.
«Les États-Unis ne sont plus aux abonnés
absents», a ajouté la secrétaire
d'État, faisant allusion aux reproches faits
fréquemment à l'encontre de l'administration
George W. Bush pour avoir minimisé la menace liée
au réchauffement climatique et peu agi pour y faire face
pendant huit ans.
Pour Mme Clinton, la menace liée au réchauffement
du climat est bien réelle. Il s'agit, selon elle, d'une
«menace mondiale par sa portée, mais locale et
nationale par son impact».
«Nous savons que le changement climatique menace des vies
et des moyens d'existence», a martelé
l'ex-Première dame.
«La désertification et la hausse du niveau de la
mer augmentent la concurrence pour la nourriture, l'eau et les
ressources», a dit Mme Clinton.
«Mais nous avons aussi vu les dangers que ces tendances
posent pour la stabilité des sociétés et
des gouvernements. Nous constatons la façon dont cela
peut mener au conflit, aux troubles et aux migrations
forcées», a-t-elle souligné.
«Donc aucun des problèmes auxquels nous sommes
aujourd'hui confrontés n'a de conséquences plus
vastes à long terme ni un plus grand pouvoir de
dénaturer le monde pour les générations
futures», a dit Mme Clinton.
Le forum réunit Australie, Brésil, Canada, Chine,
la Commission européenne, France, Allemagne, Inde,
Indonésie, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique,
Russie, Afrique du Sud, Grande-Bretagne, États-Unis,
Danemark et ONU.
Le changement climatique, la priorité du
Congrès américain
— Sous la
pression de l’administration Obama, le réchauffement
climatique est devenu une priorité brûlante au
Congrès américain, qui donne cette semaine le
coup d’envoi de discussions pour une loi sur «
l’énergie propre ».
Le président Barack Obama a prévu de se rendre
à Copenhague pour la conférence des Nations
unies sur le changement climatique entre le 7 et le 18
décembre et il a besoin de montrer au monde que les
États-Unis ont pris la mesure du dossier du climat.
Après un congé de deux semaines, le
Congrès n’a pas le temps de souffler et doit s’attaquer
à ce dossier, car sa feuille de route a
été modifiée par l’administration Obama
pendant les vacances parlementaires.
En effet, l’Agence américaine de protection de
l’environnement (EPA) a déclaré vendredi dernier
les gaz à effets de serre, principalement le gaz
carbonique (CO ), « dangereux » pour la
santé publique.
L’administration
met
donc une pression supplémentaire sur le Congrès
en vue de parvenir à un texte de loi avant la fin de
l’année. « Le Congrès travaille à
une solution d’ensemble au réchauffement climatique et
je me suis engagée à soumettre une loi sur
l’énergie propre cette année », a
déjà écrit vendredi la présidente
la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un
communiqué.
Première étape de cet immense chantier: la
commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre
examine la question à partir d’aujourd’hui,
jusqu’à vendredi. Son président, le
démocrate Henry Waxman, est l’auteur avec le
représentant Ed Markey d’un premier jet du futur texte
de loi.
L’ambitieux projet prévoit notamment une
réduction des émissions de gaz à effet de
serre de 20% d’ici 2020 par rapport à 2005, puis de 42%
en 2030 et de 83% en 2050.
La bataille au Congrès s’annonce rude. À la
Chambre, les responsables de la majorité
espèrent un vote avant les vacances parlementaires
d’août.
Au Sénat, aucun calendrier n’a encore été
annoncé.
Washington reconnaît l’impact du
changement climatique
— Les
effets du changement climatique se font déjà
sentir aux États-Unis et ce phénomène
risque d’être largement irréversible, a
averti hier l’administration du président Barack
Obama, dans un rapport alarmiste qui tranche avec le
scepticisme de l’ère Bush.
Le réchauffement climatique s’est traduit par une
élévation des températures et du
niveau des océans et par la fonte des glaciers et
des neiges hivernales, souligne le rapport du Programme de
recherche américain sur le changement climatique,
rédigé par plusieurs ministères et la
Maison-Blanche.
Sans une modification de la consommation d’énergie,
la hausse des températures va provoquer des vagues
de chaleur plus fréquentes, avertissent les auteurs
de l’étude.
Les
ouragans, qui s’abattent régulièrement sur
le Sud-Est, vont devenir encore plus dévastateurs
à mesure qu’ils se renforcent en survolant des
océans plus chauds.
Les régions qui ont déjà
constaté une hausse des précipitations vont
probablement subir des pluies et des chutes de neige plus
abondantes à l’avenir, tandis que les
régions arides, comme celles du Sud-Ouest,
devraient connaître davantage de périodes de
sécheresse.
Le réchauffement va avoir un impact sur
l’agriculture du fait de la hausse des températures
et de la baisse des précipitations dans le Middle
West, le « grenier » du pays. Il va aussi
accroître la demande d’énergie par
l’utilisation accrue de systèmes de climatisation,
selon le rapport.
Plan
d’établissement de trains rapides aux États-Unis
« C’est un changement de cap radical. Barack Obama
vient d’affirmer que le développement économique
ne passe plus par l’automobile, mais par les transports
écologiques. C’est sans doute le geste le plus important
fait pour l’environnement depuis des décennies. »
Le nouveau plan de transport dévoilé jeudi
par Washington pourrait avoir un impact considérable sur
le Québec. Barack Obama a livré sur un plateau
d’argent de nouveaux arguments aux politiciens et aux
écologistes en faveur de l’établissement d’un
train à grande vitesse (TGV) entre Québec et
Windsor ou Montréal et New York.
PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA
PRESSE
André Lavallée,
vice-président du comité exécutif
à la Ville et responsable du dossier du transport, est
ravi de la main tendue par le gouvernement américai
Barack Obama a présenté jeudi un plan de 8
à 13 milliards de dollars visant à doter les
ÉtatsUnis de 10 nouveaux réseaux de trains
à grande vitesse, dont trois concernent directement ou
indirectement Montréal. Le plan Obama suggère que
l’un des corridors relie Boston et Albany en passant par
Montréal. Puis que deux autres lignes soient
établies entre New York et Buffalo, de même
qu’entre Chicago et un chapelet de villes du Midwest.
Si l’un des deux projets de TGV entre New York et
Montréal, ou entre Québec et Windsor (en passant
par Montréal) venaient enfin à se
concrétiser, la métropole québécoise
pourrait devenir une plaque tournante importante du transport
des marchandises entre l’Europe (via le Port de
Montréal), le Canada et les États-Unis.
La Ville de Montréal est ravie. «
Montréal n’avait pas la capacité économique
de mettre au point seule un train vers les États-Unis,
mais maintenant ils nous tendent la main. Les occasions de
développement sont extraordinaires », affirme
André Lavallée, viceprésident du
comité exécutif à la Ville et responsable
du dossier du transport.
M. Lavallée croit qu’il est trop tôt pour
préciser comment ces projets pourraient se traduire
concrètement. Mais le Canada, dit-il, ne pourra rester
les bras croisés. Le ton est donné. « C’est
un changement de cap radical. Barack Obama vient d’affirmer que
le développement économique ne passe plus par
l’automobile, mais par les transports écologiques. C’est
sans doute le geste le plus important fait pour l’environnement
depuis des décennies. »Le gouverneur
de l’État de New York et le gouvernement Charest ont
annoncé le mois dernier que des pourparlers
étaient en cours au sujet de la construction d’une ligne
de TGV. « Puisqu’il y a aussi une volonté
présidentielle, il n’y a plus de raison de ne pas avancer
», renchérit le chef de Vision Montréal,
Benoit Labonté.
Chine : L’opération
séduction - Barthélémy
Courmont
La Chine
cherche à devenir un modèle dans la lutte
contre le réchauffement climatique
L’auteur est professeur invité à l’UQAM et
titulaire par intérim de la chaire Raoul-Dandurand en
études stratégiques et diplomatiques. Il vient
de publier (avec Darko Ribnikar) Les guerres
asymétriques, aux éditions Dalloz, et sort
prochainement La grande séduction. Essai sur le soft
power chinois, aux éditions Choiseul.
Conséquence logique de sa croissance
économique effrénée, et rançon
de sa population importante, la Chine est devenue l’un des
principaux pollueurs de la planète, et l’un des
principaux responsables du réchauffement climatique.
Ces dernières années, de nombreux rapports,
souvent rédigés aux États-Unis, l’autre
grand responsable de ce danger, se sont alarmés de la
situation en Chine, pointant du doigt l’absence de mesures
efficaces. Mais Pékin ne l’entend pas de cette
oreille, et tandis que se profile le sommet de Copenhague
sur le climat, qui se tiendra en décembre, le
gouvernement chinois a annoncé à l’occasion
d’une réunion sur les enjeux climatiques, en marge de
l’Assemblée générale de l’ONU, des
nouvelles mesures pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre sur son territoire.
Réagissant à cette annonce, le responsable de
l’ONU sur les questions climatiques, Yvo de Boer, a
même affirmé que la Chine figurerait
très prochainement parmi les pays en première
ligne dans la lutte contre le réchauffement de la
planète. Un modèle donc, mais de quelle
nature, pour qui, et pour quelles raisons?
Parmi les différentes mesures proposées par la
Chine, figure l’intention d’utiliser d’ici 2020 des sources
renouvelables pour produire 15 % de ses besoins
énergétiques pharaoniques. Un objectif
ambitieux et louable, mais qui semble malgré tout
assez modeste compte tenu des immenses attentes qui
précédaient le plan chinois.
Un effet d’annonce plus qu’une réalité donc?
Pour l’heure indiscutablement, même si la prise de
conscience est bien là, et doit être
saluée. En fait, en transformant son image de premier
pollueur de la planète en modèle dans la lutte
contre le réchauffement climatique, la Chine renoue
avec la tentation de prendre la tête des puissances
émergentes, statut que Pékin continue de
revendiquer. En adaptant son développement
économique aux nouvelles exigences de la lutte contre
le réchauffement climatique, Pékin invite
ainsi les pays émergents à suivre son
modèle, ce qui est à la fois un acte politique
fort et un pari sur les investissements majeurs dans ce
domaine, pour lesquels la Chine pourrait être
associée. Avec des retombées
économiques à la hauteur des projets. Une
stratégie donc pour un pays qui étend un peu
plus chaque jour son emprise sur l’Asie du SudEst, l’Afrique
ou l’Amérique latine.
L’autre
stratégie de Pékin est de mettre Washington en
difficulté. En apparaissant comme un modèle
dans la lutte contre le réchauffement climatique, la
Chine pourrait ainsi non seulement contrer les attaques
américaines sur un sujet pour lequel elle s’est
montrée jusqu’à présent peu
performante, et surtout renforcer sa
crédibilité à l’échelle
internationale dans sa capacité à faire face
à un enjeu global, et sur lequel Washington reste un
maillon faible.
Car si la Chine peut devenir un modèle sur ce sujet,
la situation est en revanche plus complexe à
Washington, où le poids du Congrès ralentit
souvent les initiatives de l’exécutif, et où
la culture de la consommation ne joue pas en faveur
d’évolutions profondes des comportements.
Ainsi, face à des États-Unis souvent i
ncapables de t ra n sfor mer des actes de bonne
volonté en des actions politiques concrètes,
et une Union européenne qui reste de son
côté encore trop inégale dans son
traitement des enjeux climatiques, la Chine impose sa voie,
et pourrait effectivement prendre de l’avance sur un sujet
majeur.
Mais plus que les faits, tout est question de perception, et
Pékin en a conscience. La Chine soigne son image, et
s’est lancée dans une immense opération
séduction, en mettant en avant ses capacités
de « soft power », en prenant notamment place
sur tous les terrains laissés vacants par les
États-Unis au cours des dernières
années.
Le positionnement de Pékin dans la lutte contre le
réchauffement climatique serait donc une
stratégie visant à se substituer à la
puissance américaine. Avec un résultat payant,
et que le sommet de Copenhague pourrait rapidement
confirmer.
ÉTATS-UNIS
Le berceau de l’automobile parie sur les emplois verts
—
D’énormes morceaux de métal posés sur le
sol attendent d’être découpés. Ils
deviendront des moyeux d’éoliennes. Dans cette usine de
pièces détachées automobiles, comme dans
tout l’État du Michigan, on compte sur l’industrie
« verte » pour sauver une économie
sinistrée.
L’usine
de
pièces détachées d’automobiles Dowding
Industries, à Eaton Rapids, espère sauver son
avenir en se reconvertissant dans la fabrication de
pièces pour l’énergie éolienne.
À part la taille des pièces, monumentale, la
construction d’éoliennes n’est pas très
éloignée de la fabrication des pièces
détachées siglées Dowding Industries. Si
ce n’est que l’entreprise pense que le vent, lui, a un avenir.
Avec l’industrie automobile, « on est mis sur la touche
depuis dix ans. On a compris que c’était plié
», explique le patron de la société, Jeff
Metts. Le vent, par contre, est un secteur « vraiment
enthousiasmant », ajoute-t-il.
Les « métiers verts » créés
dans les installations de ce type pourraient bien assurer la
survie de cette région, surnommée la «
ceinture de la rouille » à cause de sa
pléthore d’usines désaffectées.
Berceau des t r ois gra nds constructeurs américains (
Ford, General Motors, Chrysler) mis à mal par la crise,
le Michigan est déterminé à capter le
maximum de ces « jobs verts ».
Un pôle de production
Jennifer Granholm, qui gouverne l’ État, s’est rendue
dans le monde entier pour attirer les entreprises. Elle fait
miroiter l’expérience du Michigan en matière
d’industries de pointe et aussi sa localisation au coeur des
Grands Lacs, qui le relie aux grandes voies maritimes
mondiales.
Objectif : devenir un pôle de production pour les
entreprises qui utilisent les énergies solaire,
éolienne et géothermique, l’hydrogène et
les moteurs électriques ou hybrides.
« Nous avons les usines, les infrastructures qui peuvent
transporter les éoliennes, les fournisseurs qui sont
prêts à fabriquer les composants
nécessaires et la main-d’oeuvre adaptée »,
a-t-elle fait valoir lors d’une conférence sur les
« emplois verts » que l’État a
organisée en mai.
Le Michigan
a déjà remporté des victoires. General
Electric, Johnson Controls et Ford ont annoncé qu’ils
allaient investir dans la région dans les logiciels
ou les batteries. L’État compte 80 entreprises
liées au vent et à l’énergie solaire.
Mais plusieurs contrats potentiels sont tombés
à l’eau faute de financement.
Concurrence
Et même si le Michigan a des atouts, il est
confronté à la concurrence des autres
États, observe Mark Partridge, économiste
à l’Université de l’Ohio.
« Tout le monde recherche le Graal mais peu d’entre
eux vont y arriver, explique-t-il. Pour que l’énergie
verte émerge, elle doit être compétitive
et ne peut donc pas générer un grand nombre
d’emplois. »
À Eaton Rapids, une petite ville proche de Detroit,
Dowding a dû récemment licencier près de
la moitié de ses 265 employés en raison de la
chute des commandes de pièces détachées
d’auto et de moteurs.
Et même si l’équipement de 10 millions de
dollars pour la fabrication d’éoliennes devait
fonctionner à plein, il ne remplacera jamais ces
emplois, ni les centaines de milliers d’autres qui ont
été détruits dans le Michigan quand les
usines de voitures ont commencé à fermer.
Le président Barack Obama souhaite que
l’énergie éolienne génère
à t e r me a u moi n s 20 % de l’énergie
domestique. Mais les bons de commande pour les
éoliennes font défaut chez Dowding.
Dowding a par ailleurs besoin d’un prêt de 100
millions de dollars alors que les banques sont toujours
ébranlées par la crise et que les aides
gouvernementales restent difficiles à obtenir. En
tout cas aux États-Unis. « La Chine nous a
appelés pour dire qu’ils financeraient tout le projet
si on venait s’installer chez eux », affirme M. Metts.
Héroux-Devtek veut accroître sa présence
dans l’éolien
« Nul
doute que ces sociétés chercheront des
partenaires locaux bien établis afin de les
épauler dans leur expansion et nous disposons de
nombreux atouts pour devenir un partenaire de choix. »
Alors qu’il souhaite profiter de l’engouement du
président américain Barack Obama pour
l’énergie éolienne, Héroux-Devtek a
amorcé des discussions avec deux des plus importants
acteurs du secteur afin de devenir l’un de leurs
fournisseurs.
L’entreprise de Longueuil est surtout connue pour ses
produits aéronautiques, mais elle possède
à Cincinnati, en Ohio, une usine
spécialisée dans les composants de turbines
à gaz et d’éoliennes.
Pour l’instant, le fabricant fait principalement affaire
avec la division éolienne de GE Energy, mais il
aimerait participer à la percée
américaine à laquelle travaillent les
géants européens Vestas et Gamesa.
« Nul doute que ces sociétés chercheront
des partenaires locaux bien établis afin de les
épauler dans leur expansion et nous disposons de
nombreux atouts pour devenir un partenaire de choix »,
a déclaré le président et chef de la
direction d’Héroux, Gilles Labbé, au cours de
l’assemblée annuelle des actionnaires de
l’entreprise, tenue hier à Montréal.
Les revenus du secteur éolien d’Héroux ont
doublé au cours de l’exercice terminé le 31
mars, mais ils ne représentent encore que 2% des
ventes totales.
Le marché vit actuellement une crise de croissance du
fait qu’à plusieurs endroits, l’infrastructure de
transport n’est pas en mesure de prendre en charge le volume
additionnel d’énergie provenant des éoliennes.
Il reste qu’à moyen terme, le secteur offre un
« potentiel considérable », selon
Héroux-Devtek. L’administration Obama s’est
fixé comme objectif de combler jusqu’à 25% des
besoins énergétiques des États-Unis par
le biais de sources renouvelables comme les éoliennes
et les panneaux solaires.
Résultats
Héroux-Devtek a par ailleurs publié hier des
résultats en baisse pour son premier trimestre,
terminé le 30 juin 2009.
Alors que
les ventes de l’ent reprise ont f léchi d’à
peine 0,5 %, ses profits nets n’ont atteint que 4,5 millions
( 15 cents par action), en baisse de 20,3 % par rapport aux
5,7 millions (18 cents par action) dégagés
pendant la même période de l’an dernier.
Ces résultats sont en deçà des
prévisions des analystes financiers, qui
s’attendaient en moyenne à un bénéfice
par action de 17 cents. Les investisseurs sont tout de
même restés cois, l’action clôturant
à 4,59 $, en recul de 1,3 %, dans un marché
fortement baissier à la Bourse de Toronto.
Les ventes du trimestre se sont établies à
82,2 millions. HérouxDevtek a pâti de la
diminution des livraisons dans les marchés de
l’aérospatiale commerciale – des avions d’affaires
notamment – et des composants industriels, mais a
profité de la robustesse du secteur de
l’aérospatiale militaire. Il faut dire que la baisse
de la valeur du dollar canadien (par rapport à l’an
dernier) a eu une incidence favorable de 7,3 millions sur le
chiffre d’affaires du premier trimestre.
« La baisse de la rentabilité ref lète
le ralentissement des calendriers de production de
même que de la composition des ventes favorables dont
nous avions bénéficié au premier
trimestre de l’exercice précédent sur le
marché secondaire ( pièces et services)
», a précisé M. Labbé.
Des annulations et des reports ont fait dégonfler le
carnet de commandes, qui s’établissait à 468
millions de dollars au 30 juin, contre 485 millions trois
mois plus tôt.
Pour faire face à la situation, le fabricant a
réduit les horaires de travail de ses employés
des usines de Laval, de Dorval et de Montréal, sans
toutefois toucher de manière significative à
ceux de ses installations principales, situées
à Longueuil, à Kitchener et au Texas.
Héroux doit d’ailleurs faire sous peu la
première pelletée de terre des travaux
d’agrandissement de son usine texane, qui coûteront
environ 10 millions. C’est à cet endroit que
l’entreprise fabrique les composants destinés
à l’industrie militaire américaine, notamment
ceux du Joint Strike Fighter (F-35) de Lockheed Martin.
Gilles Labbé prévoit qu’Héroux-Devtek
produira des composants pour une vingtaine de F-35 cette
année, une trentaine l’an prochain et une
cinquantaine en 2011. L’entreprise compte tirer de ce
programme des revenus d’au moins 200 millions au cours des
prochaines années.
Le fabricant a par ailleurs annoncé hier avoir
décroché de nouvelles commandes militaires
américaines d’une valeur totale de 11,3 millions pour
la production de composants de trains d’atterrissage.
Héroux ne prévoit pas enregistrer une
augmentation significative de ses revenus au cours de
l’exercice en cours. Pour croître, l’entreprise
pourrait se remettre sur la route des acquisitions : M.
Labbé a indiqué que plusieurs dossiers
étaient actuellement à l’étude. La
dernière acquisition remonte à 2004.
Les
centres de tri sortent de la crise - Martin
Vallières
PRIX DES
MATIÈRES RECYCLÉES
« Les centres de tri ne sont plus en situation de
crise grâce à la remontée des prix des
matériaux recyclables, même s’ils demeurent
fragiles financièrement. »
Les prix des matières premières se redressent
à vue d’oeil, soulevant aussi ceux des
matériaux recyclables hors du krach de l’automne
dernier.
Conséquence : la crise de revenus qui menaçait
la survie de plusieurs des 38 centres de tri de collecte
sélective au Québec s’est largement
résorbée, a constaté La Presse
Affaires.
Soulagement pour les intervenants de cette industrie encore
émergente, en particulier les quelque 1500
salariés directs des centres de tri.
Mais aussi pour les contribuables, municipaux et
provinciaux, qui risquaient d’avoir à fournir des
millions de dollars en aide d’urgence pour maintenir un
système de premier plan en environnement.
« Les
centres de tri ne sont plus en situation de crise
grâce à la remontée des prix des
matériaux recyclables, même s’ils demeurent f
ragiles financièrement », indique Réal
Fortin, directeur de l’expoitation au Groupe Gaudreau, un
important exploitant de centres de tri à
Victoriaville et à Toronto.
De pl u s , M. F o r t i n préside l e Comité
des centres de tri à RéseauEnvironnement, le
plus important regroupement d’entreprises de ce secteur au
Québec.
Exemple du redressement: le prix moyen des papiers et
cartons recyclables, qui composent 82% des quelque 900 000
tonnes a n nuelles de c ol l e c t e sélective selon
Recyc-Québec, a remonté à 55$US la
tonne.
C’est encore à la moitié du sommet de 110$US
atteint avant le krach de l ’automne, « un prix
surgonflé de toute façon » selon M.
Fortin.
Mais c’est tout
autre chose que le « prix négatif »
d’environ 20$US la tonne atteint au pire de la crise en
début d’année.
PHOTO RÉMI
LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE
Encore ces temps-ci, le prix des
papiers recyclables demeure inférieur au coût
moyen de fonctionnement des centres de tri.
À ce moment, les centres de tri devaient payer pour
se débarrasser des papiers et cartons recyclables.
C’est ce qui a en forcé plusieurs à les
accumuler pendant des mois, plutôt que de s’en
départir à coûts considérables.
Et encore ces temps-ci, le prix des papiers recyclables
demeure inférieur au coût moyen de
fonctionnement des centres de tri, qui voisine les 98$ la
tonne, selon M. Fortin.
Parmi les autres matériaux recyclables à plus
haute valeur, les fluctuations ont aussi été
très fortes depuis un an.
Mais leur impact financier s’est avéré moindre
pour les centres de tri parce que ces matériaux,
plastiques et métaux surtout, composent moins de 10%
de la collecte sélective.
Par exemple, le prix des plastiques s’est redressé
à 400$US la tonne. C’est trois fois mieux que le
creux de 120$US atteint en fin d’année, mais encore
inférieur de moitié au sommet de 900$US
atteint en octobre 2008.
Scénario semblable avec l’aluminium, l’un des
métaux les plus prisés en recyclage.
Son prix s’est redressé autour de 1600 $ US l a
tonne. C’est deux fois mieux que le creux de 800$US d’il y a
quelques mois, mais encore inférieur au sommet de
2000 $ US la tonne de l’avant-krach.
D’ailleurs,
selon M. Fortin, le rebond de l’aluminium recyclable motive
l’autre inquiétude des centres de tri : la prochaine
politique de recyclage du gouvernement du Québec,
attendue à l’automne.
« Les gestionnaires de centres de t ri
appréhendent un élargissement de la consigne
des contenants à remplissage unique, comme les
bouteilles d’eau, explique-t-il.
« Un tel changement priverait les centres de tri d’une
autre quantité de matériaux recyclables de
plus haute valeur, comme l’aluminium et les plastiques, qui
rapportent le plus lors de la revente. »
Pourtant, cette consigne élargie est
réclamée par l’Union des municipalités
du Québec ( UMQ), qui regroupe une i mportante
clientèle des centres de tri.
« Justement, nous savons que cette position de l’ UMQ
va à l’encontre des municipalités qui
gèrent des centres de tri (le tiers des 38 centres)
parce qu’elles connaissent la perte de revenus que provoque
la consigne, avec l’aluminium et les plastiques »,
soutient Réal Fortin.
Qua n t à l ’ a r g u ment d e l’ UMQ envers la
réduction de volume et, donc, des coûts de la
collecte sélective, M. Fortin l’estime trompeur.
« La plupart des contrats avec les centres de tri
prévoient que les municipalités comblent la
différence entre le coût du tri par tonne et le
revenu moyen par tonne de matériaux recyclables
», explique M. Fortin.
Par conséquent, dit-il, si les municipalités
réduisent le volume en collecte sélective en y
enlevant d’autres contenants recyclables, elles
réduiront d’autant les revenus des centres de tri et
gonfleront leur déficit à combler.
« En bout de ligne, les contrats de collective
sélective et de centres de tri coûteront plus
cher aux municipalités, et donc à leurs
contribuables. »
Obama, pire que Bush ? -
Jeffrey D. Sachs
Si les
États-Unis ne poursuivent pas les
négociations sur les changements climatiques en
2010, le président aura fait plus de tort que son
prédécesseur
Deux ans de négociations sur les changements
climatiques viennent de se terminer en farce à
Copenhague. Au lieu de s’atteler à des questions
complexes, le président américain Barack
Obama a choisi de déclarer que le sommet
était une victoire, conclu par une vague
déclaration de principes concoctée avec
quatre autres États. Elle a été
présentée aux 187 autres pays comme un
fait accompli.
Les responsables de cedésastre sont multiples et
variés. Commençons par George W. Bush, qui
a sciemment ignoré les changements climatiques
pendant les huit années de sa présidence,
gaspillant un temps précieux. Viennent ensuite
les Nations unies, pour leur pitoyable gestion du
processus de négociation ces deux
dernières années. Poursuivons avec l’
Union européenne, qui a persisté à
demander l’adoption d’un système global
d’échange des émissions de carbone, alors
même qu’un tel système ne convient pas au
reste du monde.
N’oublions pas le Sénat américain, qui a
négligé la question du changement
climatique pendant 15 années consécutives,
après avoir ratifié la convention-cadre
des Nations unies sur les changements climatiques. Il y
a enfin Barack Obama, qui a abandonné un plan
d’action sous l’égide d’une convention-cadre qui
s’est révélée trop
problématique pour les politiques internes et le
pouvoir américain.
La déc i s ion pr i se pa r M. Obama de
déclarer que la conférence de Copenhague
était un succès revient de fait à
saper le processus onusien en signalant que les pays
riches feront ce qu’ils voudront et n’auront plus
à se soucier des préoccupations «
agaçantes » de plusieurs pays plus petits
et plus pauvres. Certains estimeront que cette
décision est pragmatique et qu’elle
reflète la difficulté à obtenir un
accord entre 192 États membres des Nations unies.
La réalité est bien pire. La loi
internationale, aussi complexe soit-elle, a
été remplacée par les paroles
hypocrites, inconsistantes et peu convaincantes de
quelques puissances, notamment des États-Unis.
Du
point de vue d’une réelle réduction des
gaz à effet de serre (GES), l’accord conclu
n’accomplira probablement rien de tangible. Il n’est pas
contraignant et renforcera sans doute la position de
ceux qui s’opposent aux réductions partout dans
le monde. Quel pays prendra au sérieux les
coûts supplémentaires d’une
réduction des GES en voyant à quel point
les promesses des autres pays sont vaines?
La vérité est que le monde attendra
maintenant de voir si les États-Unis feront des
efforts sérieux pour réduire leurs
émissions, ce dont on peut sérieusement
douter. M. Obama n’a pas le soutien du Sénat, n’a
montré aucune intention de risquer un capital
politique pour se rallier le Sénat et n’obtiendra
peut-être même pas un vote du Sénat
sur la question à moins de faire des efforts bien
plus grands dans ce sens qu’il n’en a fait
jusqu’à présent.
L’un des aspects les plus saillants du document
avancé par les États-Unis est qu’il n’est
nulle part fait mention de la poursuite des
négociations en 2010, une omission sans nul doute
délibérée. Obama a coupé
l’herbe sous les pieds de la convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques,
déclarant en réalité que les
États-Unis feront comme bon leur semble et qu’ils
n’accepteront plus d’être empêtrés
dans les procédures compliquées des
Nations unies sur le climat en 2010.
Cette position a sans doute à voir avec les
prochaines élections de mi-mandat au
Congrès. M. Obama ne souhaite pas être
prisonnier de négociations internationales
impopulaires au moment où ces élections se
profilent à l’horizon. Il a peut-être aussi
l’impression que ce genre de négociations ne
mènera nulle part. Qu’il ait tort ou raison, il
semble bien que l’intention soit de mettre un terme aux
négociations. Si les États-Unis ne
poursuivent pas les négociations en cours, Obama
aura fait plus de tort au système international
de loi environnementale que son
prédécesseur, George W. Bush.
À mon sens, l’image marquante de Copenhague est
celle d’Obama apparaissant à la conférence
de presse finale pour annoncer un accord dont cinq pays
seulement avaient pris connaissance, se
précipitant ensuite à l’aéroport
pour rentrer en toute hâte à Washington
où un blizzard menaçait. Il a pris de
graves responsabilités devant l’Histoire. Si son
action se révèle indigne, si les
engagements volontaires des États-Unis et
d’autres se révèlent insuffisants, et si
les négociations futures sont mises en
échec, ce sera Obama, et lui seul, qui aura, sur
la question du changement climatique, troqué la
loi internationale contre les jeux de pouvoir entre
grandes puissances.
Obama et l’APEC jugent «
irréaliste » un accord légalement
contraignant
SINGAPOUR — Barack Obama et les dirigeants des
pays du Forum de coopération Asie-Pacifique
(APEC), dont la Chine, ont jugé hier à
Singapour « irréaliste » d’envisager
la conclusion d’un accord légalement contraignant
sur le climat au sommet de Copenhague en décembre
prochain, selon un conseiller du président
américain.
La déclaration finale des dirigeants de l’APEC ne
mentionne pas d’objectifs chiffrés de
réduction des émissions de gaz à
effet de serre. Une première ébauche
rappelait l’objectif d’une réduction de
moitié d’ici 2050 des émissions par
rapport aux niveaux de 1990 dans le monde, mais le
communiqué final n’évoque qu’un engagement
à travailler pour un « résultat
ambitieux » au sommet de Copenhague.
«Les dirigeants ont estimé qu’il est
irréaliste de s’attendre à ce qu’un accord
international légalement contraignant puisse
être négocié entre maintenant et
Copenhague, qui débute dans 22 jours», a
expliqué à la presse Michael Froman,
conseiller de M. Obama pour les questions
d’économie internationale.
Le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen,
hôte du sommet de Copenhague sur les changements
climatiques prévu du 7 au 18 décembre,
s’était rendu à Singapour pour assister
à la réunion de l’APEC. Il a
proposé que le sommet de Copenhague, à
défaut de déboucher sur un texte
juridiquement contraignant, permette au moins
l’obtention d’un accord politique.
La
conférencedeCopenhaguene constituerait ainsi
qu’une étape et la conclusion d’un accord
légalement contraignant interviendrait à
l’occasion d’une nouvelle rencontre à Mexico en
2010. Le président Obama et les dirigeants de
l’APEC, a poursuivi Michael Froman, sont d’accord pour
cette approche à deux étapes.
L’Initiative mondiale pour le climat du WWF a
exhorté de son côté les responsables
internationaux à prendre des actions plus fermes.
«Effacer au lieu de renforcer les objectifs de
réduction des émissions dans les
déclarations de leurs dirigeants, comme ils l’ont
fait ici à Singapour, ce n’est certainement pas
une solution», a expliqué Diane McFadzien,
porte-parole de l’ONG internationale de défense
de l’environnement.
Le sommet de Copenhague est censé trouver un
accord prenant la suite du protocole de Kyoto sur la
lutte contre le réchauffement climatique, qui
expire en 2012.
À moins d’un mois de cette conférence, la
France et le Brésil avaient affiché samedi
leur volonté de parvenir à un accord
concret à Copenhague. À l’issue d’un
entretien à Paris, le président
français Nicolas Sarkozy et son homologue
brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont
annoncé qu’ils avaient adopté une
«bible climatique», fixant des objectifs
«ambitieux » mais « raisonnables
», et vont tenter d’y faire adhérer un
maximum de pays d’ici au sommet de Copenhague.
Cul-de-sac climatique - FRANÇOIS
CARDINAL
Oubliez
le Ca nada . Oubliez l’Inde, la Russie. Oubliez
même la Chine. Si les négociations
climatiques sont actuellement dans l’impasse, la
responsabilité incombe d’abord et avant tout aux
États-Unis.
Le sommet des chefs d’État tenu à New
York, mardi dernier, a complètement changé
la dynamique des discussions internationales, à
moins de 70 jours de la conférence de Copenhague.
En ce sens, l’initiative du grand patron de l’ONU a
été un franc succès.
L’objectif était de donner un second souffle aux
négociations, particulièrement celles qui
se tiennent au sein du Major Economies Forum on Energy
and Climate. Réunis depuis cinq mois pour
préparer le terrain en vue de la
conférence de décembre, les pays les plus
puissants achoppent toujours sur l’engagement des pays
émergents.
Or, le discours du président chinois, Hu Jintao,
a certes déçu nombre
d’environnementalistes et d’observateurs cette semaine,
mais il n’en a pas moins débloqué les
pourparlers.
La Chine s’est engagée à adopter un plan
vert «contraignant», contenant de
«nouvelles mesures» pour réduire
«de façon notoire» ses
émissions, à l’aide de cibles
d’intensité, à l’horizon 2020. Elle a
aussi confirmé sa volonté de s’alimenter
à 10% en énergie renouvelable d’ici cinq
ans, à 15% d’ici 10 ans.
Pas de cible précise, pas d’applaudissements, a
répondu le Center for
InternationalClimateandEnvironmental Research, entre
autres.
Mais comment exiger immédiatement un engagement
ferme d’un pays dont une bonne partie vit dans la
pauvreté, et qui est somme toute peu responsable
de la saturation de l’atmosphère en CO , quand
les États-Unis sont eux-mêmes incapables de
le faire?
Non
seulement le président Obama propose-t-il une
cible fort timide (retour au niveau de 1990), mais aucun
objectif n’a reçu l’aval des législateurs
américains. Pis encore, presque personne ne croit
que le Sénat ratifiera le projet de loi sur le
climat, actuellement à l’étude, avant la
conférence de Copenhague.
Dans un tel contexte, l’absence de Stephen Harper au
sommet de New York, le manque de volonté du
gouvernement indien, voire la hauteur de la cible
chinoise apparaissent bien secondaires.
« Nous avons reçu des indications selon
lesquelles la Chine est prête à en faire
beaucoup plus, si jamais les négociations
progressent de façon importante », a
soutenu l’ancien viceprésident américain
Al Gore.
Traduction: si les États-Unis embarquent, la
Chine suivra. Il n’y a rien là de bien
surprenant. Aucun pays ne souhaite que son concurrent
prenne une longueur d’avance dans l’économie
verte de demain. C’est pourquoi le Japon s’est
hissé de zéro à héros cette
semaine, en se fixant la plus ambitieuse cible de
réduction d’émissions des pays riches (25
%).
Faisons un parallèle avec l’industrie automobile
: Toyota s’est fait ridiculiser lorsqu’il a pris le
virage hybride, avec sa Prius. Aujourd’hui, aucun
constructeur n’est en mesure de s’approcher du
géant j aponais, qui possède une expertise
unique qu’il pousse chaque année un peu plus
loin.
La Chine ne souhaite absolument pas se retrouver ainsi
à la traîne, que ce soit dans la mise au
point de l’auto électrique, des panneaux solaires
ou de quelque technologie environnementale que ce soit.
Il
ne s’agit donc plus d’un objectif uniquement
environnemental qui devra être officialisé
à Copenhague, mais aussi économique. Le
président Obama le sait très bien. Il
reste maintenant à convaincre ses
collègues du Congrès, vers qui tous les
yeux sont désormais tournés.
Sommet international sur le climatVers un échec
à Copenhague ? - François Cardinal
À
moins de 100 jours du prochain sommet international sur
le climat, les négociations entre pays riches et
pauvres tournent au ralenti, ce qui pourrait bien faire
dérailler la Conférence de Copenhague.
En entrevue à La Presse, le ministre canadien de
l’Environnement, Jim Prentice, a confié que les
discussions entre les 17 plus importantes
économies au monde progressent si lentement
qu’une entente pourrait bien n’avoir lieu qu’en 2010,
voire en 2011.
Réunis au sein du Major Economies Forum on Energy
and Climate, à l’instigation du président
Obama, les pays les plus puissants ont pour mandat de
préparer le terrain pour la prochaine
conférence de l’ONU, qui se tiendra au Danemark
en décembre.
Or ces négociations sont quasiment au point mort,
selon M. Prentice, du moins en ce qui a trait à
l’engagement des pays émergents comme la Chine et
l’Inde, qui refusent toute cible contraignante de
réduction de leurs émissions de gaz
à effet de serre.
«Les pays en développement ont une vision
très différente de celle des pays
développés et nous n’avons malheureusement
pas réussi à bâtir de ponts entre
ces deux positions, précise le ministre. Or il
s’agit de la question la plus cruciale de la future
conférence de Copenhague.»
E x perts et obser vateu rs répètent
depuis longtemps l’importance de s’entendre dès
cette année, pour éviter qu’il y ait un
« trou » entre le protocole de Kyoto, qui
vient à échéance en 2012, et son
éventuel successeur. Rappelons qu’entre la
signature de l’accord de Kyoto et sa ratification , il
s’était écoulé sept ans.
Or M .
P rentice soutient qu’une entente globale est bien
improbable en 2009. «Il y a toujours la
possibilité d’arriver à une entente
partielle à Copenhague, ajoute-t-il, laquelle
ferait l’objet de plus amples négociations par la
suite, lors des conférences de 2010,
peut-être même de 2011.»
Habitué des conférences climatiques de
l’ONU, Steven Guilbeault donne raison au ministre
lorsqu’il soutient que toute entente f i na le devra,
nécessairement, contenir à la fois un
engagement des pays industria lisés et un
engagement des pays en développement.
Par contre, il estime que le ministre se sert de cela
pour masquer son propre laxisme en matière
climatique. « Il me fait penser à Houdini,
qui pouvait faire disparaître un
éléphant en attirant l’attention des
spectateurs ailleurs, indique le coordonnateur
général adjoi nt d ’ Équ iter re. P
ou r avoir une entente avec les pays émergents,
il faut d’abord et avant tout que les pays
industrialisés se fixent une cible ambitieuse.
»
Pa r ailleurs, le ministre Prentice était de
passage au Québec, hier, pour rencontrer son
homologue québécoise, Line Beauchamp.
Cela, dans le contexte des consultations qu’il
mène avec les provinces sur la position que le
pays défendra à Copenhague.
À ce sujet, il a répété
être ouvert aux discussions, mais fermé
à l’idée de modifier ne serait-ce que d’un
iota la cible que le Canada s’est fixée pour 2020
: une réduction des émissions de 20 %,
sous le niveau de 2006. Cela équivaut à
une baisse de 3 %, sous le niveau de 1990.
À titre comparatif, l’Union eu ropéen ne
propose u ne diminution de ses émissions de 20 %
(30 % si les autres pays la suivent) et le GIEC, le
groupe d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat,
recommande une réduction de 25 à 40 %.
RÉDUCTIONDES ÉMISSIONS DEGAZ À EFFET DE
SERRE Les pays émergents refusent de
s’engager sur des cibles précises - Marc Thibodeau
La
deuxième journée du sommet du G8 a
été marquée par quelques accrocs. Devant
les doutes soulevés par la Russie et le Canada, les
pays émergents ont choisi de ne pas se commettre quant
aux ambitions climatiques du G8. Ils ont aussi reproché
aux pays riches leur indifférence envers les plus
défavorisés. Même la photo de groupe a
été difficile : Stephen Harper avait encore
disparu. L’AQUILA — Malgré les pressions
exercées par les dirigeants du G8, les pays
émergents ont refusé hier de prendre des
engagements précis en vue de réduire leurs
émissions de gaz à effet de serre.
Dans une déclaration commune à la suite de leur
réunion à L’Aquila, en Italie, les membres du
Forum des principales économies (FEM), qui regroupe les
États du G8 et les principaux pays émergents,
s’engagent simplement à « travailler pour
identifier une cible globale » de réduction pour
2050 en prévision d’une rencontre cruciale
prévue à Copenhague en décembre.
À défaut de cibles sur les émissions, les
membres du FEM ont approuvé l’idée que le
réchauffement global ne devait pas excéder 2
º C par rapport à la période
pré-industrielle, le seuil critique
évoqué par la communauté scientifique.
« Nous avons fait un bon pas, mais progresser sur cet
enjeu (du réchauffement climatique) n’est pas facile...
Il faut résister à la tentation du cynisme
», a déclaré à la sortie de la
rencontre le président américain Barack Obama,
reconnaissant que les progrès « historiques
» enregistrés n’étaient pas à la
hauteur de ses attentes.
« Nous sommes encore loin d’un accord sur les cibles. Il
y a beaucoup de travail à faire avant la rencontre de
Copenhague », a confirmé le premier ministre
canadien Stephen Harper.
Inde et Chine en tête
Les pays émergents, Inde et Chine en tête,
refusent de prendre des engagements susceptibles de freiner
leur développement économique. Plusieurs
États réclament par ailleurs une aide
financière substantielle pour faire face à
l’impact du réchauffement climatique et contrôler
leurs émissions.
Dans l’espoir de faire bouger les pays récalcitrants du
FEM, les mem-
bres du G8 avaient indiqué, dans une déclaration
diffusée mercredi, qu’ils entendaient réduire
leurs émissions de gaz à effet de serre de 80%
d’ici 2050.
Ils n’ont pas précisé à cette occasion
l’année de référence pour le calcul de
réduction des émissions, ce qui rend l’engagement
plutôt vague.
La détermination des pays du G8 a rapidement
été mise en doute lorsqu’un conseiller du
président russe a déclaré que le seuil de
80% était « inatteignable ».
Le Canada sème le doute
Le Canada a ensuite semé le doute sur ses propres
intentions lorsque le ministre de l’Environnement, Jim Prentice,
a souligné que la cible de 80% était un
idéal plutôt qu’un engagement précis.
Lors d’un point de presse en soirée, il a souligné
que le Canada entendait maintenir ses cibles actuelles, qui
prévoient une réduction des émissions de 60
à 70% en 2050 par rapport à 2006.
Il a précisé que d’autres pays du G8 pourraient
aller au-delà de 80% de réduction de
manière à ce que les émissions totales des
pays industrialisés atteignent ce seuil.
Le secrétaire général des Nations unies,
Ban Ki-moon, a sévèrement critiqué hier les
mesures retenues par le G8 et le FEM, soulignant qu’elles
n’étaient pas suf fisantes dans le contexte.
« Le temps des délais et des demimesures est
terminé. Le leadership personnel de chaque chef
d’État ou de gouvernement est nécessaire pour
saisir ce moment pour protéger la population et la
planète de l’un des plus sérieux défis
auxquels l’humanité ait été
confrontée », a-t-il souligné, en
précisant qu’il entendait convoquer un sommet sur le
réchauffement climatique le 22 septembre à New
York.
Les ONG environnementales ont blâmé hier les pays
du G8 pour le refus des pays émergents, arguant qu’ils
avaient compromis les pourparlers en refusant de prendre de leur
côté des engagements chiffrés substantiels
pour réduire leurs émissions à moyen terme.
«
Encore
une fois, nous avons eu beaucoup de paroles et peu d’action de
la part du Canada et du G8 », a souligné Dale
Martin, de Gree
Deux degrés qui font une différence ?
- François Cardinal
Si les
membres du G8 – responsables de 47% des émissions
mondiales – ne font pas leur part, comment exiger que les
pays émergents – responsables de 25% des
émissions – fassent la leur ?
Les écologistes ont la réputation de se
plaindre un peu trop souvent. Or cette fois, ils se sont
peut-être réjouis un peu vite…
Au lendemain de l’entente du G8 sur le climat, certains ont
af f i rmé que le Canada avait «
cédé sous la pression » en confirmant
l’importance de contenir la hausse des températures
mondiales sous les 2 º C, d’ici la fin du
siècle. L’Institut Pembina y a même vu
là « un pas en avant significatif » pour
la communauté internationale.
Pourtant, aux yeux du grand patron de l ’ ONU, Ban Kimoon,
les résultats du sommet de L’Aquila sont plutôt
jugés « insuffisants ». En effet, aucun
dirigeant n’aura à modifier ne serait-ce qu’une seule
ligne de son plan vert pour respecter sa signature.
La réaction du ministre de l’Environnement, Jim
Prentice, est d’ailleurs éloquente à ce sujet.
Il dit n’avoir aucunement l’intention de réviser les
cibles canadiennes à la lumière de cette
déclaration, qu’il estime plus proche d’un
idéal que d’un engagement formel.
Le problème n’est donc pas que les pays riches se
soient fixé fait sien l’Union européenne… en
1996.
Il y a bien longtemps que les scientifiques
répètent que pour éviter tout
changement climatique « irréversible » et
« dangereux » , la hausse des
températures mondiales ne doit pas dépasser
les 2 º C (elle a atteint 0,75 º C au cours du
siècle dernier).
Au-delà d’une telle hausse, estime le GIEC, on
pourrait assister à l’effondrement de la
Voilà
pourquoi il y a consensus autour d’une réduction des
émissions mondiales de gaz à effet de serre de
25 à 40% d’ici 2020, puis de 80% d’ici 2050.
Certes, la déclaration des grandes puissances fait
référence à cette cible de 2050. Mais
d’ici là, il n’y a aucun objectif
intermédiaire. Or, il est facile d’imaginer ce qu’il
arrivera d’un obèse dont le but est de maigrir d’ici
les 40 prochaines années…
Le texte de l’entente, égaleun plafond de 2 º C,
mais plutôt qu’ils s’en tiennent à cela.
En reconnaissant cet import ant seui l c l i mat ique , les
membres du G8 ne font en effet qu’avaliser un consensus
scientifique datant d’une bonne dizaine d’années
déjà, un consensus qu’a d’ailleurs
biodiversité, à la fonte de la calotte
glaciaire du Groenland et à la hausse du niveau des
mers. Au pays, cela pourrait notamment se traduire par une
recrudescence des incendies de forêt, des conditions
agricoles difficiles et une pénurie d’eau dans
certaines régions. ment, ne spécifie aucune
année de référence, ce qui ouvre la por
te à toutes les interprétat ions . Le Canada
en sait quelque chose, lui qui base ses cibles sur le niveau
des émissions de 2006, plutôt que sur celui,
internationalement reconnu, de 1990.
Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre de la
réaction des pays émergents, qui se rebiffent.
Si les membres du G8 – responsables de 47% des
émissions mondiales – ne font pas leur part, comment
exiger que les pays émergents – responsables de 25%
des émissions – fassent la leur?
Pour se sortir de ce cercle vicieux, Sir David King,
l’ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement
britannique, a récemment proposé d’exclure le
Canada – et le Japon – des négociations
internationales.
Cette idée, évidemment, a bien peu de chances
de se concrétiser. Mais elle nous en dit beaucoup sur
les pressions qui seront exercées sur la
communauté internationale, particulièrement
sur le Canada, pour qu’en décembre, la
conférence de Copenhague soit un plus grand
succès que le dernier sommet du G8.
BULLETIN
ENVIRONNEMENTAL DUWWF Le Canada au dernier rang
TORONTO — Le Canada occupe maintenant la dernière place dans
le plus récent bulletin de notes en matière
d’environnement décerné aux pays du G8 par le Fonds
mondial pour la nature ( WWF) et le géant de l’assurance
Allianz.
Selon ce
rapport, le Canada est l’un des rares pays du G8 dont les
émissions de gaz à effet de serre continuent de
croître, la situation étant imputable à
l’exploitation des sables bitumineux.
Le WWF et Allianz affirment que les émissions
canadiennes par personne sont parmi les plus
élevées au monde, ajoutant que les objectifs
à moyen et court termes du pays sont inadéquats.
Le Canada, tout comme la Russie, sixième, a «
échoué au test », est-il écrit dans
le rapport.
Keith
Stewart, directeur du programme des changements climatiques du
WWF au pays, a indiqué que « le Canada se trouve
maintenant bon dernier parmi les nations du G8 en ce qui a
trait à la protection de notre maison commune face
à la menace des dangereux changements climatiques
».
L’Allemagne et le Royaume-Uni dominent la liste du G8 tandis
que les États-Unis sont passés au sixième
rang grâce aux récentes initiatives
annoncées par l’administration du président
américain Barack Obama.
Les auteurs du rapport demandent aux membres du G8 de
réduire de façon substantielle leurs
émissions de gaz à effet de serre avant 2020, et
de les faire chuter de pas moins de 95% d’ici à 2050.
Obama redécouvre le pétrole
bitumineux - François Cardinal
Le produit
était jugé trop polluant par l’administration
Bush
Après quelques tergiversations, Barack Obama a
finalement décidé que les sables bitumineux du
Canada feraient partie du cocktail énergétique
de son pays pour bien des années à venir.
Malgré
ce
qu’il laissait entendre il y a un an, le président
américain Barack Obama a décidé de
miser sur les sables bitumineux albertains pour assurer la
sécurité énergétique de son
pays.
Au sortir d’une courte rencontre à huis clos, lundi,
avec le premier ministre albertain, Ed Stelmach, le
secrétaire américain à l’Énergie,
Steven Chu, a livré un plaidoyer en faveur du
pétrole bitumineux, tout en reconnaissant son important
impact sur l’environnement.
« Il s’agit d’une source d’énergie qui
mérite d’être exploitée d’une façon
plus soucieuse de l’environnement », a-t-il
indiqué, précisant néanmoins nourrir
beaucoup d’espoir en la technologie, particulièrement
la capture et le stockage des émissions carboniques.
Cela tranche avec les propos tenus il y a un an par le
candidat Obama, qui promettait alors de rompre la
dépendance de son pays par rapport au pétrole
« sale, en déclin et coûteux ».
Si M. Obama n’avait pas fait mention des sables bitumineux
comme tels à l’époque, son conseiller à
l’énergie d’alors, Jason Grumet, avait osé
franchir ce pas. « S’il s’avère que la
technologie n’évolue pas et que la seule façon
d’extirper le pétrole contribue aux changements
climatiques, dans ce cas cette source pétrolière
ne cadrerait pas avec nos objectifs à long terme
», avait-il dit l’an dernier.
Or pour l’instant, aucun projet technologique n’est sur les
rails pour aboutir à de tels résultats.
Même que le ministre albertain de l’Environnement, Rob
Renner, a indiqué mardi que la part du lion des 2
milliards de dollars prévus pour l’enfouissement du
carbone était destinée à l’industrie du
charbon.
« J’espère qu’il y aura au moins un projet
lié directement ou indirectement aux sables bitumineux
», s’est-il contenté d’ajouter.
L’ouverture de
la Maison-Blanche au pétrole albertain tranche,
ironiquement, avec la position adoptée par la
précédente administration. Le président
George W. Bush avait en effet mis des bâtons dans les
roues des pétrolières albertaines avant son
départ, interdisant à l’ensemble des agences
fédérales d’acheter du pétrole à
la production trop polluante, dont celui provenant des
gisements bitumineux.
Pour certains observateurs, cela ne cadre pas du tout avec le
« dialogue sur les énergies propres »,
lancé conjointement à Ottawa par M. Obama et
Stephen Harper, il y a quelques mois.
Déjà miné par les pressions
exercées par Ottawa sur la Californie, afin que cette
dernière élimine de son plan vert les
éléments ciblant négativement les sables
bitumineux, le « dialogue » n’a encore produit
aucun résultat.
Cela dit, dès janvier, des signes provenant des
États-Unis laissaient présager un
éventuel assouplissement de Washington par rapport au
pétrole albertain. Hillary Clinton parlait alors de la
sécurité énergétique des
États-Unis et donc, de l’importance de s’approvisionner
auprès des pays plus stables.
La nomination de James Jones à titre de conseiller
à la sécurité nationale, aussi, allait en
ce sens. Ce dernier, qui a ses entrées à
Calgary, était auparavant président du 21st
Century Energy, un organisme qui prône un rapprochement
entre le Canada et les États-Unis.
Le rapprochement entre Washington et Calgary survient au
moment où un important rapport scientifique sonne
l’alarme sur l’impact qu’ont déjà les
changements climatiques aux États-Unis. Émanant
de ministères et d’organismes gouvernementaux,
l’étude dévoilée mardi
révèle que sans une modification de la
consommation d’énergie, le réchauffement
s’accélérera dans ce pays.
Précisons enfin qu’un livre publié cette semaine
à Calgary, intitulé How Albertans Can Get Rich
Saving the Planet, fait couler beaucoup d’encre. Signé
par Peter Silverstone, psychiatre et membre de l’Edmonton
Economic Development Corporation, l’ouvrage propose au
gouvernement de construire pas moins de 100 centrales
nucléaires pour réduire les émissions
polluantes issues de l’exploitation des sables bitumineux.
Des autos plus efficaces… mais plus polluantes - FRANÇOIS
CARDINAL
Les autos n’ont jamais été aussi efficaces, aussi
peu énergivores qu’aujourd’hui. Les normes gouvernementales
sont plus sévères et la technologie, très
poussée. Et pourtant, jamais les voitures n’ont autant
pollué qu’aujourd’hui.
Pourquoi ? Parce
qu’elles sont tout simplement plus grosses, plus lourdes et plus
puissantes, autant d’éléments qui annulent
carrément les gains en efficacité exigés
par les autorités.
C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier l’annonce
faite mardi par l’administration Obama, qui obligera les
constructeurs à modifier leurs véhicules afin
qu’ils puissent parcourir 35 milles au gallon en 2016,
plutôt que les 25 milles actuels.
Cette mesure, qui devance de quatre ans l’implantation des
normes attendues, s’étendra fort probablement au Canada,
étant donné l’intégration des deux
marchés. Le cas échéant, les
véhicules consommeront 6,6 litres aux 100
kilomètres.
Une telle cible n’a rien de banal quand on sait que les
émissions polluantes des VUS, camionnettes et autres
fourgonnettes ont poussé à la hausse les gaz
à effet de serre de tout le secteur du transport ces
dernières années.
Au Québec, par exemple, les émissions de GES des
automobiles ont diminué de 8% entre 1990 et 2007, mais
celles des camions légers ont fait un extraordinaire bond
de 91%. Résultat : une hausse globale de 11%.
Cela dit, tempérons l’annonce de la Maison-Blanche.
Certes, le fait que le président ait réussi
à réunir écologistes et constructeurs
automobiles sur une même tribune montre que cette annonce
fait consensus… mais aussi – et surtout – à quel point
les États-Unis ne font que rattraper le temps perdu.
Mesurons
l’étendue du retard. On souhaite améliorer les
véhicules pour qu’ils parcourent 35 milles avec un gallon
d’essence d’ici sept ans. Au Japon, à titre comparatif,
les véhicules parcourront 48 milles… dès
l’année prochaine. En Europe, 44 milles. Et en Chine,
mieux encore, les véhicules parcourent actuellement 37
milles au gallon.
Au rythme où vont les choses, l’Amérique du Nord
rejoindra les normes européennes actuelles… en 2030,
estime le professeur Lee Schipper, de l’Université
Stanford. L’annonce d’Obama équivaut donc, ni plus ni
moins, à déplacer les chaises sur le pont du
Titanic, a-t-il indiqué au New York Times.
Les vainqueurs, dans un tel contexte, ne sont donc ni les
citoyens ni les écologistes, mais plutôt les
constructeurs, qui ont réussi à repousser le plus
longtemps possible l’implantation d’une norme nationale plus
sévère. Leur sourire, mardi, en était la
plus belle confirmation.
« L’industrie automobile atteindra en 2016 le niveau
d’évolution qu’elle aurait dû atteindre en 2002 ou
en 2004 », a souligné au Soleil George Iny,
président de l’Association de protection des
automobilistes.
Les poursuites intentées à tout vent pour ralentir
le processus ont donc fait mouche : permettre aux constructeurs
de gagner une bonne dizaine d’années, de vendre le plus
de gros véhicules énergivores possible avant que
l’inévitable ne survienne.
Un peu comme des enfants qui se dépêchent de mettre
le plus de bonbons possible dans leur bouche avant qu’un parent
ne découvre leur cachette…
D’ailleurs, en obligeant les constructeurs à se
préparer à un monde où le pétrole
coûtera beaucoup plus cher, le président Obama ne
protège-t-il pas ces derniers contre eux-mêmes,
comme on le fait pour les enfants ?
ENVIRONNEMENT : Ottawa veut ralentir Washington... et Schwarzenegger !...
Malgré
l’ouverture d’un « dialogue sur les énergies
propres » avec Washington, Ottawa fait actuellement
pression sur la Californie afin qu’elle abandonne le plus
important élément de son plan de lutte contre
les gaz à effet de serre.
L’ambassadeur
canadien
aux États-Unis, Michael Wilson, et la ministre des
Ressources naturelles, Lisa Raitt, ont envoyé des
lettres directement au gouverneur de la Californie, Arnold
Schwarzenegger (notre photo).
À mots à peine couverts, le Canada menace
même de porter plainte devant les instances de l’Accord
de libre-échange nordaméricain (ALENA), en
raison de l’impact de la nouvelle norme antipollution
californienne sur les sables bitumineux.
Les intentions du gouvernement Harper ont été
révélées hier par le Parti vert du
Canada, qui a mis la main sur deux lettres émanant des
plus hautes instances fédérales. Écrites
par l’ambassadeur canadien aux États-Unis, Michael
Wilson, et par la ministre des Ressources naturelles, Lisa
Raitt, les missives sont adressées directement au
gouverneur Arnold Schwarzenegger.
«Le gouvernement a d’importantes inquiétudes
concernant la sécurité énergétique
des Californiens ainsi que l’équité et
l’efficacité des normes à l’étude sur la
faible teneur en carbone des carburants», note la
ministre Raitt dans sa lettre datée du 21 avril
dernier.
Laministre fait allusion à la réglementation
approuvée le 23 avril dernier (Low Carbon Fuel
Standards) par le plus populeux des États
américains. Celle-ci vise une réduction des
émissions polluantes provenant des carburants
automobiles de 10% d’ici 2020.
La législation exige aussi que les
pétrolières diminuent le niveau de polluant
associé aux carburants qu’elles mettent en
marché sous un certain niveau, ce qui pourrait
carrément mener à l’interdiction de la vente
d’essence provenant des gisements bitumineux d’Alberta.
« Le
traitement inéquitable que pourrait imposer la
réglementation au brut canadien nous inquiète
vivement, précise Lisa Raitt. Cela pourrait être
perçu comme des obstacles aux échanges entre nos
deux pays. »
Pour le Parti vert du Canada, cela ne constitue rien de moins
qu’une menace d’Ottawa à l’endroit de Washington, qui
représenterait la Californie advenant une plainte
devant l’ALENA ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« Nous savons maintenant que le gouvernement
conservateur tente par tous les moyens d’empêcher les
États-Unis de passer à l’action », a
commenté la chef des verts, Elizabeth May, qui se
réjouit qu’une bonne dizaine d’autres États
américains envisagent de suivre l’exemple de la
Californie.
Pour le député bloquiste Bernard Bigras,
l’intention du fédéral est claire: affaiblir le
plus possible la réglementation américaine, afin
de n’avoir rien à changer. « Il faut se souvenir
qu’en janvier dernier, le président Obama a ouvert la
porte à une action individuelle des États en
matière climatique, ceque le Canada tente de
contrecarrer en agissant tel un lobbyiste des
pétrolières et des grands manufacturiers
d’autos. »
Dans sa lettre, Mme Raitt recommande à la Californie de
modifier ses calculs, afin que le pétrole bitumineux
soit considéré aussi polluant que le
conventionnel, et ce, même si Environnement Canada
évalue que la production du bitumineux est cinq fois
plus polluante.
« Si la suggestion de Mme Raitt était retenue, le
règlement n’aurait plus lieu d’être, car il ne
tiendrait plus compte de l’impact environnemental des
différents carburants. Or, il s’agit
précisément de son objectif! » note
Matthew Bramley, de l’Institut Pembina.
La Presse Canadienne citait dimanche l’avocat Simon Potter,
expert des questions de commerce international chez McCarthy
Tétrault, qui soutenait que les nouvelles normes
californiennes seraient fort probablement jugées
« discriminatoires » si une plainte était
déposée devant l’OMC ou l’ALENA.
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE
- Un lobby américain a sciemment menti
— Un puissant groupe américain représentant
les industries du pétrole, du charbon et de l’automobile
qui affirmait que les gaz à effet de serre ne
participaient pas au réchauffement climatique savait
depuis des années que c’était pourtant le cas,
selon le Washington Post.
Ce groupe, la Global Climate Coalition (GCC), a assuré
pendant des années que les preuves scientifiques d’un
lien entre émissions de CO et réchauffement
climatique étaient insuffisantes pour justifier que les
États-Unis ratifient le protocole de Kyoto. Pourtant, a
affirmé le quotidien dans sa livraison d’hier, « en
1995, un résumé de la question
rédigé par ses propres scientifiques concluait que
"les bases scientifiques sur les gaz à effet de serre et
l’impact potentiel des émissions d’origine humaine (...)
comme le CO sur le climat sont bien établies et ne
peuvent pas être contestées"». Selon le Post,
ce passage a ensuite été « effacé
» avant publication.
Révélée vendredi par le New York Times,
cette information a été battue en brèche
par William O’Keefe, président de la GCC jusqu’en 2002,
lors de l’extinction du groupe. On a « l’impression que
les entreprises appartenant à la GCC ont volontairement
induit le public en erreur sur le rôle des hommes sur le
climat », a-t-il déclaré au Washington Post.
« C’est de la fiction. Nous disions à
l’époque qu’il y avait suffisamment d’incertitudes sur
l’ampleur de l’influence humaine pour que Kyoto ne se justifie
pas. »
Le sénateur démocrate John Kerry a estimé
que la révélation de ce passage effacé
« soulignait le besoin d’être prudent sur les
analyses émanant des industriels qui vont être
publiées » à l’occasion du débat au
Congrès sur le projet de loi sur l’énergie.
Les pays développés et
émergents ne s’entendent pas
Réunion
des ministres de l’Environnement en Italie
OTTAWA — Malgré des progrès, d’importantes
divergences de position persistent entre les pays
développés et en développement quant aux
moyens à prendre pour lutter contre les changements
climatiques, déplore le ministre canadien de
l’Environnement, Jim Prentice.
Jim
Prentice, ministre canadien de l’Environnement, participait
hier à une réunion de ses homologues du G8 et
des pays émergents, à Syracuse, en Italie.
Ce dernier participait hier à une réunion de ses
homologues du G8 et des pays émergents, à
Syracuse, en Italie, qui vise à mettre la table en
prévision du sommet de Copenhague sur les changements
climatiques, qui se déroulera en décembre
prochain.
Pour l’occasion, le G8 ( ÉtatsUnis, Grande-Bretagne,
France, Allemagne, Italie, Canada, Japon, Russie) avait
invité à la table de discussions plusieurs pays
émergents, dont la Chine, l’Inde, le Brésil,
l’Indonésie, le Mexique et l’Afrique du Sud.
Selon M. Prentice, les 17 pays présents qui, ensemble,
sont responsables d’environ 85% des émissions de gaz
à effet de serre (GES) mondiales, s’entendent sur
l’importance d’en arriver à la signature d’un accord
à Copenhague pour l’après-Kyoto. Mais les
conditions de l’entente sont loin d’être
réglées, a constaté le ministre canadien.
« Il existe toujours une profonde division entre les
pays développés et en développement, a
dit M. Prentice en entrevue à La Presse. L’argument des
pays en développement, c’est qu’ils ne sont pas
responsables des plus grandes sources d’émission de
carbone des dernières décennies. Ce sont des
pays qui tentent d’améliorer leurs conditions de vie,
ils veulent continuer à se développer et
s’attendent à une entente qui respecterait leur
contexte particulier. »
Ces pays,
notamment le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du
Sud, veulent participer à l’effort mondial de
réduction des émissions de GES, mais voudraient
en échange pouvoir profiter des avancées
technologiques des pays développés, a
indiqué le ministre.
« C’est toute la question d’avoir les pays
développés qui aideraient les pays
émergents à éponger les coûts de
tout ça » qui n’est pas réglé, a
souligné M. Prentice, ajoutant que la réunion de
Syracuse ne constituait pas une période de
négociations, mais bien d’échanges et de
discussions afin de connaître les positions de chacun.
Selon lui, l’actuelle crise économique mondiale ne
devrait pas empêcher les pays d’en arriver à une
entente en 2009 dans la lutte contre les changements
climatiques. Les objectifs d’un éventuel accord
signé à Copenhague seraient pour la
période après 2011, argumente-t-il.
Par ailleurs, l’arrivée en poste du président
Barack Obama et le changement de direction de la nouvelle
administration américaine au sujet de l’environnement
auront, selon M. Prentice, une influence positive sur les
négociations internationales pour en venir à un
accord pour lutter contre les changements climatiques.
Àl’initiativeduprésidentObama, le ministre
canadien et plusieurs de ses homologues se retrouveront
d’ailleurs à Washington dès la semaine prochaine
pour un forum de l’énergie et du climat, annoncé
par la Maison-Blanche en mars.
Ce forum se veut une autre étape visant à
faciliter le dialogue entre pays développés et
pays émergents, toujours en prévision de la
Convention de Copenhague.
L’air deMontréal moins bon en 2008
Le nombre
de journées où l’air est nocif à
Montréal a augmenté de plus de 50% l’an
dernier, selon un bilan rendu public hier par les
autorités municipales. Mais la qualité de
l’air est en voie de s’améliorer, assure le
responsable du dossier, Alan DeSousa, en grande partie
grâce au nouveau règlement sur les foyers au
bois.
En 2008, l’air était de
mauvaise qualité une journée sur cinq
à Montréal, une hausse de 50% par rapport
à l’année précédente, selon
les données de la Ville.
La Ville a recensé 68 journées où
l’air était de « mauvaise qualité
» en 2008 (soit une journée sur cinq), selon
le document publié hier par M. DeSousa, responsable
du développement durable au comité
exécutif. Il y en avait eu 44 en 2007.
Tous ces épisodes sont attribuables à une
forte concentration de fines particules polluantes, dont
plus de 60% sont émises par des foyers au bois. La
vaste majorité de ces journées ont
d’ailleurs été observées entre les
mois de novembre et avril, la période de
l’année où les Montréalais utilisent
leurs foyers et leurs poêles.
Mieux dans l’industriel
Les concentrations de dioxyde de soufre et de
benzène, deux polluants industriels, ont pour leur
part baissé du quart dans l’est de l’île de
Montréal. Et d’autres substances nocives, comme
l’ozone et le monoxyde d’azote, sont restées
à des taux stables.
« On constate qu’il y a eu des améliorations
dans le secteur industriel, a indiqué M. DeSousa.
Maintenant, la prochaine étape, c’est
l’amélioration du taux de particules fines. »
L’administration Tremblay a adopté l’hiver dernier
un règlement qui interdit l’installation de tout
nouveau foyer ou poêle au bois. Mais la mesure
n’oblige pas les propriétaires à remplacer
les foyers existants par des dispositifs qui carburent aux
granules de bois, au gaz naturel ou à
l’électricité, une mesure que
réclament les écologistes.
Tant qu’un tel règlement ne sera pas en vigueur,
dit le directeur général du Conseil
régional de l’environnement de Montréal,
André Porlier, les épisodes de mauvaise
qualité de l’air resteront fréquents.
« Les 68 journées de mauvaise qualité
de l’air de 2008, c’est en fonction des foyers qui sont
déjà en place, explique-t-il. Et le
règlement de la Ville ne s’y attaque pas encore.
»
M. DeSousa appuie l ’ idée de remplacer chaque
foyer sur le territoire de la Ville. Mais un tel projet ne
se réalisera pas sans l’aide de Québec,
précise-t-il.
« C’est une des raisons pour lesquelles on demande
au gouvernement du Québec de mettre en place un
programme pour inciter les 85 000 personnes qui ont un
foyer ou un poêle au bois à le remplacer par
une technologie moins nocive. »
La météo coupable
L’augmentation du nombre de journées où
l’air est de mauvaise qualité peut sembler
spectaculaire, mais elle est en grande partie attribuable
à la météo. La pluie fait en sorte
que les particules polluantes sont
précipitées au sol. Lorsque
l’été est pluvieux, comme c’était le
cas en 2007, on compte moins de jours où la
qualité de l’air est mauvaise.
RECYCLAGE DE PILES USAGÉES Les
écocentres repoussent les commerçants -
François Cardinal
EXCLUSIF
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles
usagées dans mon magasin, tout ça parce
que l’écocentre ne veut plus nous voir. »
Bien qu’une infime partie des piles usagées
soient recyclées, les écocentres de
Montréal ont décidé de fermer leurs
portes aux commerçants qui avaient pris
l’habitude d’y rapporter celles de leurs clients, a
appris La Presse.
Le taux de
récupération des piles non rechargeables
est d’à peine 5,6% dans la province.
Puisqu’il n’existe que très peu de lieux
où déposer ces déchets dangereux,
les six écocentres de la Ville acceptaient en
effet, jusqu’à tout récemment, de
reprendre les piles domestiques des petits commerces,
même si ce n’était pas leur mandat.
« Comme le phénomène prend de
l’ampleur, nous avons cessé de reprendre les
piles des commerces, institutions et industries, car ce
service est uniquement mis à la disposition des
citoyens », a précisé Valérie
De Gagné, porte-parole de la Ville.
C’est donc à regret que plusieurs
propriétaires de PME (petites et moyennes
entreprises), telles les quincailleries et les
pharmacies, doivent maintenant suggérer à
leur clientèle de se débarrasser
euxmêmes de leurs piles.
« Les clients nous disent qu’ils vont aller
magasiner ailleurs parce qu’on ne reprend pas les piles
qu’on leur vend, déplore Manon, directrice d’une
pharmacie Jean Coutu de l’avenue du Mont-Royal. Mais ce
n’est pas de la mauvaise volonté de notre part.
»
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles
usagées dans mon magasin, tout ça parce
que l’écocentre ne veut plus nous voir »,
renchérit Yan Lamoureux, directeur de la
quincaillerie Rona DeLorimier.
Les commerçants joints hier se sont dits inquiets
de cette nouvelle orientation de la Ville,
prédisant que cela allait inciter bien des gens
à jeter tout simplement leurs piles domestiques
à la poubelle, ce qui aurait pour effet de
réduire encore plus le nombre de piles
domestiques récupérées.
Or, selon Recyc-Québec, le taux de
récupération des piles non rechargeables
est d’à peine 5,6% dans la province, ce qui
signifie que plus de 94% d’entre elles prennent
déjà le chemin du dépotoir, et ce,
malgré leur dangerosité.
En
effet, les piles sont considérées comme
des résidus domestiques dangereux, en raison de
leur contenu en métaux lourds et de leur
potentiel de réactivité et de
corrosivité. En 2004, au Canada (il n’existe
pas de données québécoises
similaires), on a ainsi enfoui plus de 765 tonnes de
plomb, 1670 tonnes de zinc et 0,4 tonne de mercure.
La situation est sensiblement la même pour les
piles rechargeables, recyclées à 6%.
Toutefois, à Montréal, il est facile de
s’en débarrasser de manière responsable,
puisque les casernes de pompiers participent toutes au
programme de la Société de recyclage des
piles rechargeables.
Il s’est vendu au Québec, en 2006, 114 millions
de piles rechargeables et 6 millions de piles non
rechargeables. Cela signifie qu’en deux ans, les
ventes de ces produits ont grimpé de
manière importante, respectivement de 12,5% et
de 22%.
En raison de la popularité des
téléphones cellulaires et des
ordinateurs portables, Global Strategic Analysts
évalue que la demande canadienne pour les piles
augmentera d’environ 8% annuellement.
Projet de règlement
Notons que le gouvernement du Québec compte
déposer bientôt un projet de
règlement visant à obliger les
fabricants de piles, notamment, à reprendre les
produits qu’ils vendent, une fois leur vie utile
terminée, afin qu’ils soient recyclés.
L’objectif, auquel souscrit la Ville
deMontréal, est d’instaurer la «
responsabilité élargie des producteurs
», afin de contraindre ces derniers à
« élaborer, financer, mettre en place et
opérer » un programme de
récupération de leurs produits. «
Nous appuyons la démarche du gouvernement, a
indiqué Valérie De Gagné, de la
Ville. Nous attendons cela pour donner un coup de main
aux petits commerçants. »
N’y a-t-il pas des fournisseurs de piles qui acceptent
de reprendre leurs produits? « Oui,
répond Yan Lamoureux, mais ils nous obligent en
contrepartie à placer 12 pieds de produits dans
notre commerce, ce qui est impossible lorsque celui-ci
est de petite taille. »
« En attendant, nous sommes pris avec les piles
», se désole Gilles Sainte-Marie,
directeur d’une autre pharmacie Jean Coutu du Plateau
Mont-Royal.
Entrepreneurs tout-puissants -
Marie-Ève Kirouac & Jonathan Carbonneau
Pourquoi
peuvent-ils raser tous les arbres alors que les citoyens
s’évertuent à protéger
l’environnement?
Nous vivons à une époque où le
citoyen se fait un devoir de recycler tout ce qui est
recyclable, de réutiliser ou
récupérer un objet qui peut encore servir,
de faire du compostage (même avec un petit bac
placé dans une armoire si on manque d’espace),
d’apporter ses sacs réutilisables à
l’épicerie et de fermer l’eau pendant le brossage
de dents. Mais surprise, les entrepreneurs peuvent
défricher complètement les espaces qui
serviront à la construction résidentielle.
Voilà ce qui se passe à Mirabel et qui
amène un certain questionnement.
Nous voilà déménagés
à Mirabel depuis 3 ans et propriétaire du
terrain depuis 4 ans. Nous avons eu le temps d’observer
la façon d’agir du promoteur dans notre secteur.
Il rase tout. C’est pas grave, semble-t-il se dire, la
ville donne un arbre à chaque propriétaire
d’une nouvelle résidence!
À la suite de nos déplorables
observations, nous avons téléphoné
au ministère de l’Environnement l’an passé
pour signaler que ce même entrepreneur avait
déplacé un ruisseau (qui ne ressemble plus
maintenant à un ruisseau après la touche
destructrice de cet individu) et que celui-ci
s’apprêtait à raser la forêt
derrière chez nous, alors qu’il devait y laisser
une grande bande d’arbres entre les deux rues
concernées.
Un représentant du ministère de
l’Environnement est venu visiter le site à deux
reprises et il a fait son enquête.
Résultat: le ruisseau a bel et bien
été déplacé sans permission.
Ses commentaires ont été dans le sens de
«si le ruisseau était à nouveau
déplacé, il y aurait davantage de
dommages». Bravo pour le promoteur
délinquant qui réussissait à vendre
un terrain de plus en ayant déplacé le
ruisseau.
Pour ce
qui est des arbres derrière chez nous, un endroit
zoné agricole, l’entrepreneur aurait
réussi à faire modifier le zonage de cet
endroit et ses plans auraient été
acceptés par le Ministère. Les arbres
seront donc tous abattus et nous n’y pouvons rien.
Mauvais exemple de la part de nos dirigeants.
Le plus navrant dans tout ça, c’est que nous nous
étions regroupés entre voisins et avions
proposé au promoteur d’acheter une bande de
terrain derrière nos maisons, espace que nous
aurions laissé zoné agricole… et, de plus,
cela aurait augmenté la valeur des terrains de
l’entrepreneur. À notre grande surprise, sans
respect, il a refusé. Ses plans avaient
déjà été acceptés par
le Ministère.
Nous voudrions que quelqu’un nous explique pourquoi les
entrepreneurs ont tant de pouvoir, pourquoi le citoyen
doit faire tant d’efforts pour protéger
l’environnement et que ceux qui ont l’argent n’ont pas
à en faire. Que quelqu’un nous explique pourquoi
dans la plupart des villes, les entrepreneurs et les
résidants n’ont pas le droit de couper les arbres
à moins d’obtenir un permis, et qu’à
Mirabel, une ville en pleine expansion
démographique, tout est permis, sans
discernement?
La prochaine fois que vous demanderez à votre
municipalité un permis pour abattre un arbre chez
vous, pensez à tous ces entrepreneurs qui, eux,
le font sans rendre de compte à personne. Qui
protège notre environnement ? Pendant qu’on se
questionne, depuis ce matin, je les entends commencer
à défricher…
Les environnementalistes
somment Ottawa d’agir
(NDE : encore une fois...)
Négociations sur les changements climatiques
à Bonn
« Le Canada arrive à ces
négociations avec zéro
crédibilité, a estimé Dale
Marshall, analyste à la Fondation David Suzuki.
Ce qu’on voit au Canada, c’est un manque total de
leadership. »
— À la veille des prochaines
négociations en prévision d’un nouveau
traité international sur les changements
climatiques, les environnementalistes somment le
gouvernement canadien de changer son fusil
d’épaule et d’accepter de contribuer
financièrement pour aider les pays en
développement à réduire leurs
émissions de gaz à effet de serre.
En conférence de presse à Ottawa, les
représentants de plusieurs groupes
environnementalistes réunis dans le
Réseau action climat ont dénoncé
le « manque de leadership » du
gouvernement conservateur de Stephen Harper ainsi que
la nouvelle position du ministre de l’Environnement,
Jim Prentice, qui « attend Washington »
pour agir dans le dossier.
Le 1er juin débute à Bonn, en Allemagne,
d’importantes négociations où, pour la
première fois, des textes juridiques seront
étudiés dans le but de conclure une
entente internationale à Copenhague, en
décembre prochain.
« Le Canada arrive à ces
négociations avec zéro
crédibilité, a estimé Dale
Marshall, analyste à la Fondation David Suzuki.
Ce qu’on voit au Canada, c’est un manque total de
leadership. Si on veut vraiment jouer un rôle
constructif, à l’égard des
États-Unis mais aussi sur le plan
international, il faut qu’on sente le besoin
d’urgence, et ce n’est pas du tout le cas. »
Le principal enjeu discuté à Bonn sera
la contribution financière des pays
industrialisés aux efforts des pays en
développement pour s’adapter aux changements
climatiques et réduire leurs émissions
de GES, à l’aide notamment de transferts
technologiques. La question divise les deux camps.
L’Institut Pembina chiffre à entre 2 et 6
milliards de dollars la « juste part »
annuelle du Canada dans l’effort international pour
appuyer les pays en développement.
Clare Demerse, de l’Institut Pembina, rappelle que le
Canada a pris l’engagement, même
récemment, lors de la signature du
traité de libre-échange avec l’Union
européenne, de contribuer à l’effort
financier international.
Le
non-respect des engagements de Kyoto a terni la
réputation canadienne en matière de
lutte contre les changements climatiques, soutiennent
les environnementalistes.
« Tous les modèles économiques
démontrent que plus on attend longtemps avant
d’agir pour réduire nos émissions de gaz
à effet de serre, plus ça va
coûter cher », a critiqué M.
Marshall.
L’inaction a déjà un coût, a
ajouté Mme Demerse: l’Institut KofiAnnan
calcule dans un récent rapport que les
changements climatiques causent pour 125 milliards de
dollars par an de pertes économiques.
Jeudi, le ministre Prentice a affirmé que le
Canada attendrait la mise en application des mesures
américaines pour imposer des contraintes de
réduction d’émissions de gaz à
effet de serre aux industries du pays, soit pas avant
2012 à 2016.
« Ce qu’on a devant nous maintenant, c’est un
gouvernement qui n’a pas de stratégie, qui n’a
pas de politique, qui n’a pas de plan et qui
s’apprête à jouer un rôle de plante
verte sur la scène internationale et canadienne
», a déploré hier le critique du
Bloc québécois en environnement, Bernard
Bigras. Le député conservateur de
Langley, Mark Warawa, s’est porté à la
défense du ministre de l’Environnement et a
assuré que le gouvernement
fédéral faisait preuve d’un «
leadership fort » sur la scène
internationale.
Le temps presse, notamment pour les pays les plus
pauvres de la planète, aux prises avec de plus
en plus de catastrophes naturelles.
« La terrible injustice des changements
climatiques est que les populations les plus pauvres
sont les plus touchées, mais ce sont elles qui
ont le moins contribué au problème
», a souligné Mark Fried, d’Oxfam-Canada.
GES
Rapport du commissaire à l’environnement
-
Ottawa ne peut démontrer
l’efficacité de ses mesures
« Sans un système pour faire le
compte des réductions d’émissions
résultant des mesures qu’il aura
adoptées, le gouvernement ne pourra informer
le Parlement sur leur efficacité. »
— Envi ronnement Canada est incapable de
démontrer si les mesures comprises dans son
plan de lutte contre les changements climatiques
sont efficaces, conclut le commissaire à
l’environnement, Scott Vaughan, dans un rapport
rendu public hier.
Le commissaire à
l’environnement, Scott Vaughan (à gauche)
et la vérificatrice générale
du Canada, Sheila Fraser, en conférence de
presse hier après avoir remis leurs
rapports respectifs.
« Sans un système pour faire le compte
des réductions d’émissions
résultant des mesures qu’il aura
adoptées, legouvernementnepourra informer le
Parlement sur leur efficacité », a
souligné M. Vaughan en conférence de
presse.
Environnement Canada a admis qu’il lui semblait
impossible d’avoir « un système
permettant de surveiller les réductions
réelles d’émissions de GES pour
chacune des mesures déclarées dans les
plans ».
Dans son rapport, le commissaire note une
contradiction entre les estimations de
réductions d’émissions et l’absence de
mesures des progrès réalisés.
« Le Ministère n’a pas expliqué
pourquoi les réductions attendues
d’émissions peuvent être
estimées à l’avance, alors que les
réductions réelles ne peuvent
être mesurées après le fait
», écrit M. Vaughan.
Bien que le gouvernement conservateur ait
déjà indiqué qu’il ne
respecterait pas les objectifs du protocole de
Kyoto, il est toutefois tenu, théoriquement,
de suivre les exigences de la Loi de mise en oeuvre
du document, entrée en vigueur en 2007,
grâce à un effort concerté des
partis de l’opposition. Conformément à
cette loi, le gouvernement a déjà
présenté deux plans de lutte contre
les changements climatiques, en 2007 et 2008.
Ottawa est notamment tenu, par la Loi, d’inclure
dans ces plans la description et les
mécanismes des mesures prises pour
réduire les émissions, la date
d’entrée en vigueur des mesures, ainsi que la
quantité de réductions
d’émissions de gaz à effet de serre
réalisées ou anticipées. Or, le
gouvernement a omis de remplir plusieurs de ses
exigences, estime le commissaire.
M. Vaughan constate pa r ailleurs une «
faiblesse récurrente » et un «
manque de transparence » dans le calcul des
prévisions de réductions dans les
plans gouvernementaux. Les réductions
d’émissions attendues dans
l’élaboration du Cadre réglementaire
sur les émissions industrielles de gaz
à effet de serre sont «
surestimées », selon le commissaire.
Or, cette mesure représente 80% de la
réduction totale attendue pour la
période allant de 2008 à 2012.
Le
gouvernement mise sur le Fonds technologique pour
développer de nouveaux procédés
verts et ainsi contribuer à la
réduction des émissions. Or, M.
Vaughan constate que cette mesure ne donnera pas de
résultats avant longtemps, « compte
tenu du temps nécessaire pour
développer, déployer et adopter de
nouvelles technologies ».
Les objectifs du gouvernement pour 2012,
déjà très loin de ceux du
protocole de Kyoto, ne seront très
probablement pas atteints, conclut donc le rapport.
« Vaste fumisterie »
Réagissant à la publication du
rapport, le chef du Bloc québécois,
Gilles Duceppe, a qualifié de « vaste
fumisterie » les actions du gouvernement
conservateur, estimant qu’il ne fait que «
gagner du temps » au profit des
pétrolières. Son porte-parole en
environnement, Bernard Bigras, a pour sa part
qualifié de « hors-laloi » le
gouvernement en matière de lutte contre les
changements climatiques.
La Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto
prévoit que le commissaire à
l’environnement évalue tous les deux ans les
progrès réalisés par le Canada
pour mettre en oeuvre ses plans de lutte contre les
changements climatiques. Le Ministère doit
présenter son prochain plan d’ici la fin du
mois de mai.
Le ministre de l’Environnement a rejeté les
critiques du commissaire et assuré que le
Canada se présenterait à la
réunion internationale de Copenhague,
à la fin de l’année, comme un «
joueur majeur ».
« Nous avons une stratégie et nous
faisons des progrès. Nous travaillons sur les
plans domestique, continental et international, a
dit le ministre JimPrentice. J’ai déjà
indiqué que d’ici à Copenhague, nous
aurons une politique pour chaque source
d’émission au Canada. »
Le ministre Prentice sous pression
OTTAWA — Le ministre de l’Environnement,
JimPrentice, dit sentir de la pression de la
part de la communauté internationale pour
placer les changements climatiques au haut ddu
programme politique des sommets du G20 et du G8
qui auront lieu cet été au Canada.
Même s’il n’est pas la personne la plus
convaincue de l’importance de cet enjeu, il n’a
pas non plus fermé la porte à la
suggestion. Ainsi, au cours d’une entrevue
à La Presse Canadienne, M. Prentice a
souligné que le Canada était
dévoué à transformer
l’accord de Copenhague en traité
international contraignant, et ce, bien avant la
fin de 2010.
Le
ministre a également ajouté que
l’accord reflétait les principes du pays
et que tout ce qui pourrait faire avancer le
processus visant à sa transformation en
traité était important. Mais Jim
Prentice n’a pas été en mesure de
dire si les sommets du G8 et du G20, qui auront
lieu en juin, serviront à cet objectif,
soulignant que cela dépendra des
pourparlers avant cette date.
Le ministre a néanmoins assuré que
le Canada participera à la
rédaction de la première esquisse
du traité international mais qu’il ne
sait pas encore à quelle étape
sera rendue le processus lorsque le G20 aura
lieu.
L’accord de Copenhague est une
déclaration de principe de trois pages
qui presse les pays de limiter le
réchauffement climatique, de prendre des
engagements pour limiter leurs émissions
de gaz à effet de serre et de promettre
un financement pour aider les pays en voie de
développement pour gérer les
changements climatiques.
LE CANADA «
FOSSILISÉ »
Cancre parmi les cancres. C’est ainsi que le
regroupement des écolos internationaux a
justifié sa décision de remettre au
Canada le prix « Fossile de l’année
», récompensant le pays ayant le plus
nui aux négociations en 2009. Remis
à la suite d’un vote, l’honneur a
été décerné lors d’une
cérémonie à Oeksenhallen, au
centre de la capitale danoise, au rythme d’une
chanson de Céline Dion tirée du film
Titanic.
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Pas de plan
intérieur avant un plan international, dit
Prentice - Malorie Beauchemin
OTTAWA
— Après avoir promis un plan canadien, puis
un plan nord-américain, le ministre de l’
Environnement, Jim Prentice, estime maintenant
qu’il faut une entente internationale en
matière de c ha ngements c l i mat i ques
avant de définir un cadre
réglementaire canadien.
Hier, à la sortie de la Chambre des
communes, le ministre Prentice a justifié
sa décision de reporter, de nouveau,
l’adoption de règles contraignantes de
réduction d’émissions de gaz
à effet de serre pour les entreprises
canadiennes en rejetant la responsabilité
sur l’échec des pourparlers en vue de la
Conférence internationale de Copenhague.
« L’enjeu, c’est la préparation d’une
entente internationale, a dit le ministre
Prentice. Pour notre système de
réglementation continentale ou nationale,
nous avons besoin d’une entente internationale.
C’est très important en raison des
implications pour notre système national.
»
Or, il n’y a selon lui « pas de
progrès » dans les
négociations vers Copenhague.
Au comité permanent de l’environnement, qui
entendait notamment des représentants de
l’industrie pétrolière, hier, le
député conservateur Blaine Calkins a
j ugé que d’adopter des objectifs clairs de
réductions d’émissions – comme le
prévoit le projet de loi C-311, du NPD –,
serait l’équivalent de jouer au poker
« en montrant ses cartes ».
Une « promesse brisée »
L’argument ne tient pas la route, selon les
environnementalistes et les partis de l’opposition
à Ottawa.
«
Tous les pays ont leurs cibles ; l’Australie, le
Japon, la Nouvelle-Zélande, l’ Union e u
r opéen ne. I l s ont t ous u n obj e c t
i f avec ou s a ns Copenhague, et ils ont tous
dit qu’ils iraient plus loin s’il y a un accord
à Copenhague », a souligné
Dale Marshall, de la fondation David Suzuki.
Cette « nouvelle promesse brisée
» des conservateurs illustre selon lui que
le gouver nement « ne veut r i e n faire
» pour lutter contre les changements
climatiques.
« Ils utilisent le manque de
progrès à Copenhague comme excuse
pour ne pas avoir de plan national. Pas avoir de
plan, c ’est ça qui nuit aux
négociations », a conclu M.
Marshall.
Le critique libéral en environnement,
David McGuinty, voit « une abdication de
souveraineté » dans les actions du
gouvernement, qui selon lui laisse d’autres pays
décider du plan canadien.
Aujourd’hui, le NPD de Jack Layton
déposera une motion pour forcer
l’adoption rapide du projet de loi C-311, qui
prévoit des cibles contraignantes de
réductions d’émissions. La semaine
dernière, les conservateurs, aidés
des libéraux de Michael Ignatieff, ont
réussi à bloquer l’adoption
hâtive de ce projet de loi, jugeant qu’il
méritait davantage d’analyses en
comité.
Par ailleurs, le NPD a été contra
i nt de s e dissocier, hier, d’u ne
manifestation qui a tourné au vinaigre,
la veille, alors que des milit ants
environnementalistes ont perturbé la
période de questions, avant d’être
escortés par les forces de l’ordre
à l’extérieur du parlement. C’est
que l’un des leaders de la manifestation, Joe
Cressy, est membre de l’exécutif du NPD
dans la circonscription du député
d’Ottawa-Centre, Paul Dewar, a menant l es c
onser vateu r s à s uggérer
l’implication des néo-démocrates
de Jack Layton.
« On n’est pas associés à la
manifestation, a assuré M. Layton. M.
Harper veut probablement suggérer que
c’est le cas, mais ce n’est pas la
vérité. »
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Le ministre
Prentice s’attire les foudres de l’opposition
- Malorie Beauchemin
OTTAWA
— À l a veille de l a Jou r née i
nter nationa l e d’action pour le climat,
l’admission, par le ministre de l’Environnement
Jim Prentice, qu’il c r oit que le Canada devrait
avoir des cibles de réduction
d’émissions moins contraignantes que les
pays européens a soulevé la
colère de l’opposition à Ottawa.
« Les déclarations du ministre de l ’
E nv i r o n n e ment dépassent les bornes,
a jugé le leader parlementaire du Bloc
québécois, Pierre Paquette. C’est t
ot a l e ment r i d i c u l e comme approche et
ça illustre la volonté du
gouvernement conservateur de saboter les
négociations à Copenhague. »
Da n s u ne e nt r e v ue a u Globe and Mail,
hier, le minist re Prentice a a f f i r mé
que compte tenu de sa structure industrielle
énergivore et de l a c r oissa nce soutenue
de sa population, le Canada ne devrait pas avoir
des objectifs aussi contraignants de
réduction d’émissions de gaz
à effet de serre que, par exemple, l’Europe
ou le Japon.
À l’approche de la conférence
internationale sur les changements climatiques de
Copenhague, en décembre, les pays du monde
entier entament un dernier sprint afin de conclure
une entente commune pour remplacer le protocole de
Kyoto, qui vient à échéance
en 2012. Mais déjà, Ottawa
réduit les attentes en affirmant que la
conclusion d’une entente historique est peu
probable, faute de temps pour négocier. Les
pourparlers achoppent sur plusieurs points, entre
autres sur le fait que le Canada réclame
que les pays aient des objectifs de
réduction différents, plutôt
qu’une cible commune.
« Il se rend à la plus importante
rencontre environnementale de l’histoire de notre
pays et essentiellement (le ministre Prentice) dit
que c’est peine perdue », a
déploré le député
néo-démocrate Paul Dewar.
« Non seulement le Canada n’a pas
respecté sa signature au bas du protocole
de Kyoto, mais il n’a pas cessé de saboter
les négociations pour la suite », a
critiqué, quant à lui, M. Paquette.
Le ministre du Commerce international, Stockwell
Day, a pris la balle au bond et rejeté une
partie de la responsabilité sur le
précédent gouvernement.
« Ce sont les libéraux qui ont
signé l’accord de Kyoto et ils n’ont rien
fait. Nous avons fait beaucoup de choses, a-til
assuré. Nous avons mis en place les niveaux
et aussi les programmes pour réduire les
émissions. »
Manque d’ambition du gouvernement
Les partis de l’opposition et les groupes
environnementalistes reprochent depuis des
années au gouvernement de Stephen Harper
son manque d’ambition dans la lutte contre les
changements climatiques.
Pour l e c r i t ique l i béra l en envi
r onnement, David McGuinty, Ottawa se cache der
r i ère l ’ i dée d’u n pla n
« continental », qui n’existe pas,
pour éviter d’aborder la question de
front.
« Nous ne sommes pas en train d’avoir un
dialogue énergétique avec les
États-Unis, comme pays
indépendant. Maintenant, selon M.
Prentice, nous faisons partie d’un plan
nord-américain pour les changements
climatiques. C’est une nouveauté pour les
Américains et les Mexicains, a
ironisé M. McGuinty. Où est ce
plan nord-américain pour les changements
climatiques? C’est une ruse pour cacher le fait
que le Canada n’a pas de plan domestique et que
le ministre ne veut pas voir d’entente à
Copenhague. »
Le Parti vert du Canada s’est lui aussi
insurgé contre les propos jugés
« décourageants » du ministre
quant à l’issue des négociations
à Copenhague.
« L’obstination du Canada à
réclamer un traitement de faveur signifie
qu’une réussite pour le pays sera un
désastre pour la planète »,
a souligné dans un communiqué
Adriana Mugnatto-Hamu, porte-parole du Parti
vert dans le dossier des changements
climatiques.
De nombreux groupes environnementalistes
participeront aujourd’hui à la
Journée internationale d’action pour le
climat dans plusieurs villes canadiennes.
À Ottawa, un groupe de manifestants
entend se rendre très tôt devant la
résidence du premier ministre Stephen
Harper pour lui transmettre le message qu’il est
temps de « se réveiller »
dans le dossier des changements climatiques.
À Montréal, des membres de
différents groupes écologistes,
dont Équiterre et Greenpeace, se
réuniront pour une « grande
cacophonie » de 350 secondes, à
l’aide d’instruments traditionnels ou «
imaginatifs ».
« Le gouvernement ne veut pas voir
d’entente à Copenhague » -
Malorie Beauchemin
, dit David McGuinty
OTTAWA — Le gouvernement conservateur de Stephen
Harper « ne veut pas » que soit
conclu un nouvel accord international sur la
lutte contre les changements climatiques et
c’est pour cette raison qu’il fait obstruction
aux négociations en cours, soutient le
critique libéral en environnement, David
McGuinty.
Le député ontarien a réagi
ainsi à des propos qu’a dits le ministre
de l’Environnement, Jim Prentice, au quotidien
albertain Calgary Herald, dans lesquels il
affirme qu’il n’y aura probablement pas
d’entente conclue pendant la conférence
sur les changements climatiques, en
décembre prochain, en raison d’un manque
de temps pour s’entendre.
« Depuis quatre ans, on voit le Parti
réformiste-conservateur sous M. Harper
essayer de bloquer tout progrès à
l’échelle internationale, a estimé
M. McGuinty. Le ministre Prentice est en train
d’annoncer que le gouvernement conservateur ne
veut pas voir d’entente conclue à
Copenhague. »
Au cours d’une rencontre à Bangkok, la
semaine dernière, la position du Canada
de rejeter l’inclusion du protocole de Kyoto
à un nouvel accord a été
vivement critiquée par plusieurs pays
émergents, qui réclament des
engagements plus importants des pays
industrialisés.
« C’est un effort systématique
depuis quatre ans de tout faire pour faire
échouer les négociations
internationales », a souligné M.
McGuinty.
Plusieurs environnementalistes semblent du
même avis.
« C’est très troublant de voir le
ministre dire que ce n’est pas possible d’avoir
un accord fort à Copenhague parce qu’il a
le pouvoir de changer ça, a estimé
Clare Demerse, de l’ I nstitut Pembina.
Jusqu’à maintenant le Canada a fait
partie du problème et non de la solution.
»
« La route vers Copenhague est
incroyablement difficile. C’est vrai qu’il y a
beaucoup à faire, a renchéri Dale
Marshall, de la Fondation David Suzuki. Mais une
des plus grandes raisons pour lesquelles il y a
beaucoup à faire, c’est parce que le
Canada bloque tout. »
L e Canada, dit-i l , s ’e s t notamment
opposé, il y a deux ans, à un
accord pour une cible collective pour tous les
pays i ndustrialisés. Ottawa était
aussi le seul pays à refuser que tous les
pays utilisent la même année de
référence.
« À la f i n, est-ce que le Canada
sera le seul responsable s’il y a échec
des négociations ? Non. Mais est-ce que
notre pays sera un des plus responsables ?
Absolument », croit M. Marshall.
Du côté du Bloc
québécois, le député
Bernard Bigras estime que le ministre Prentice a
baissé les bras, « comme
l’étudiant qui s’apprête à
passer l’examen et craint d’échouer parce
qu’il n’a pas été assidu dans ses
devoirs ».
Sommet
sur le climat à l’ONU hier / Harper se
défend d’être sur la touche
- RICHARD HÉTU
NEW YORK— Critiqué pour la position de son
gouvernement face aux changements climatiques, le premier
ministre Stephen Harper, s’est défendu d’être
sur la touche dans ce dossier qui a fait l’objet d’un
sommet
«
Le Canada travaille de façon très
étroite avec les États-Unis »,
a-t-il déclaré en après-midi
aux journalistes après une rencontre à
l’hôtel de ville de New York avec le maire
Michael Bloomberg. « Nous avons des cibles et
des approches très similaires. »
Le premier ministre Harper était l’un des 25
dirigeants invités par le secrétaire
général de l’ONU, Ban Ki-moon,
à discuter d’environnement en soirée,
dans l’espoir de relancer la négociation d’un
nouvel accord sur le réchauffement à
Copenhague.
« Notre position est claire, a
déclaré Stephen Harper lors d’un point
de presse impromptu. Nous voulons une entente
internationale efficace qui inclut les grands
émetteurs de gaz à effet de serre, et
nous sommes en train de développer une vraie
approche continentale avec l’administration Obama.
Nous partagerons notre expérience et notre
perspective ce soir. »
Mais les représentants de groupes
écologistes présents à New York
ont jugé nettement insuffisante la
participation du Canada au sommet de l’ONU. Le
premier ministre Harper, ont-ils
déploré, n’y a fait aucune
déclaration officielle, contrairement
à plusieurs dirigeants, dont les
présidents américain, chinois et
français. Et il n’a pas pris part aux tables
rondes, auxquelles il a préféré
déléguer son ministre de
l’Environnement, Jim Prentice.
« La Chine en fait plus actuellement pour
lutter contre les changements climatiques que le
Canada, ce qui est passablement gênant
», a dénoncé Steven Guilbeault,
porte-parole et cofondateur de l’organisation
québécoise Équiterre.
La Chine, troisième puissance
économique mondiale et désormais
premier pollueur, a en effet retenu l’attention au
sommet de l’ONU en s’engageant pour la
première fois à réduire «
de façon notable » ses émissions
de CO d’ici à 2020
2
par rapport aux taux de 2005, par point de PIB.
Dans son discours à la tribune de l’ONU, le
président chinois, Hu Jintao, a
également promis de faire en sorte que la
part des énergies non fossiles dans son pays
atteigne environ 15% en 2020.
Le nouveau premier ministre japonais, Yukio
Hatoyama, s’est également attiré les
éloges des écologistes en confirmant
l’engagement de son pays, deuxième
économie mondiale, à réduire
ses émissions de C de 25% par rapport
à leur taux de 1990 d’ici à 2020.
La réaction des observateurs au discours de
Barack Obama a été moins favorable. Le
président américain a appelé
à une action internationale « rapide et
audacieuse » pour lutter contre les
changements climatiques et éviter une «
catastrophe irréversible ».
Mais il n’a pas présenté d’initiatives
susceptibles de donner un nouvel élan aux
négociations en prévision de la
conférence de Copenhague, qui doit accoucher
en décembre d’un nouvel accord international
sur la réduction des émissions de gaz
à effet de serre. Ce traité doit
remplacer le protocole de Kyoto, qui arrive à
échéance en 2012.
« L’incapacité de conclure un accord
global à Copenhague serait moralement
inexcusable, à courte vue
économiquement et malavisé
politiquement », a déclaré Ban
Ki-moon en ouvrant le sommet sur le climat.
Le Canada essuie les critiques du GIEC
- FRANÇOIS CARDINAL
Le
groupe d’experts sur le climat estime que le
gouvernement Harper est « isolé »
Alors que s’ouvre aujourd’hui à New York un
important sommet international sur le climat, le
Canada est vivement critiqué pour son manque
de volonté dans la lutte contre les
changements climatiques par nul autre que le
président du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat
(GIEC).
PHOTO IVANOH
DEMERS, LA PRESSE
Le président du
Groupe intergouvernemental d’experts sur
l’évolution du climat, Rajendra K.
Pachauri, estime que le Canada devrait viser les
mêmes objectifs de réduction des gaz
à effet de serre que les pays
européens.
De passage à Montréal hier, Rajendra
K. Pachauri, lauréat du prix Nobel 2007 avec
le GIEC, s’est fait caustique à l’endroit du
gouvernement de Stephen Harper, « qui n’a pas
reçu beaucoup de louanges de la part de la
communauté internationale ces
dernières années ».
« Le Canada est certainement isolé, il
n’y a aucun doute là-dessus, a-t-il
déclaré en entrevue avec La Presse. Je
crois que le gouvernement devrait prendre bonne note
de cela, car il a toujours été
perçu comme un pays engagé, un ami de
la communauté internationale. Or, dans ce
dossier, le Ca nada doit clairement revoir sa
position. »
Cette critique, de la part de l’un des hommes les
plus influents du monde dans le dossier climatique,
tranche avec les pa roles diplomatiques entendues
habituellement dans l’enceinte des Nations unies.
Le Dr Pachauri ne comprend tout simplement pas
comment Ottawa peut défendre une position
aussi timide dans les négociations
internationales qui doivent
s’accélérer dès aujourd’hui,
dans la foulée du sommet organisé par
le secrétaire général des
Nations unies, Ban Ki-moon.
À l’horizon 2020, le Canada entend ramener
ses émissions de gaz à effet de serre
à 3 % sous le taux de 1990. À titre
comparatif, l’Europe se dit prête à
diminuer les siennes de 20 %, voire de 30 % si la
communauté internationale lui emboîte
le pas.
Pour Rajendra K. Pachauri, le C a nada dev ra it i m
iter l’Europe, même si son économie est
basée su r l ’exploit at ion de s re s s ou r
c e s nat u rel les . « Je recon na is cela ,
tout com me le fa it que le Canada est un pays
froid, dit-il. Mais en même temps, il s’agit
d’u n pays riche qui possède les moyens tec h
n iques pou r en fa i re beaucoup, beaucoup plus.
»
Un
certain optimisme
Le président du GIEC croit par ailleurs
qu’une entente surviendra au cours de la con
férence de l’ON U su r le climat, en
décembre, au Danemark. Contrairement au
premier ministre britannique, Gordon Brown, il ne
croit pas que les difficiles négociations
entre pays riches et émergents se solderont
par un échec.
« Je nou r ris u n certa i n optimisme,
même si celui-ci n’est pas débordant,
préciset-il. Je crois qu’il y aura une
entente pa rtielle dont certains détails
pourront être ficelés par la suite.
»
I nd ien d ’or ig i ne , le D r Pachauri a
d’étroits contacts avec son gouvernement,
mais aussi avec Pékin. Il est donc bien
placé pour commenter les négociations
entre pays du Nord et du Sud, qui sont, selon son
propre aveu, au point mort depuis un bon moment,
comme l’a précisé récemment le
ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice.
À son avis, les pays émergents
devraient emboîter le pas aux pays
industrialisés dès que ceux-ci
s’engageront formellement à réduire
leurs émissions après 2012, date
d’échéance du protocole de Kyoto. Il
estime cependant que la hauteu r des cibles
dépendra de ce que feront les
États-Unis.
« J’espère que le président
Obama ira plus loin (que son objectif
électoral, soit de ramener les
émissions américaines à leur
taux de 1990 en 2020), indique-t-il. Mais pour cela,
il faudra lui laisser du temps, car le projet de loi
sur le climat est actuellement bloqué au
Sénat.»
Présent aux côtés du premier
ministre Jean Charest, hier matin, le Dr Pachauri
s’est adressé à un parterre de chefs
d’entreprise et de c herc heu r s u n iver sit a i
re s dans le cadre d’un séminaire sur les
perspectives pour le Québec en Inde,
organisé par Manufacturiers et exportateurs
du Québec. Pour joindre notre journaliste :
francois.cardinal@ lapresse.ca
RÉDUCTIONDESGAZ À EFFETDE SERRE Ottawa
veut instaurer des crédits compensatoires
« C’est
insignifiant comme annonce », a estimé Sidney
Ribaux, coordonnateur d’Équiterre.
— Le gouvernement conservateur lance des consultations en
vue de créer un système canadien de
crédits compensatoires pour les gaz à effet de
serre (GES), premier pas vers la création d’un
marché du carbone. Le ministre de l’Environnement,
Jim Prentice, a dévoilé hier à Ottawa
deux documents préliminaires qui serviront de cadre
pour réglementer un tel systèmede
crédits compensatoires.
À terme, le système devrait prévoir un
prix pour le carbone, et les entreprises pourront acheter ou
vendre des crédits, selon qu’elles émetdans
une allocution devant le Club économique du Canada.
Les groupes, entreprises et autres intervenants ont 60 jours
pour formuler des commentaires au gouvernement sur le
système proposé.
Mais l’annonce faite en grande pompe par le ministre de
l’Environnement a été reçue avec
scepticisme par l’opposition à Ottawa et les
environnementalistes.
«
C’est insignifiant comme annonce, a estimé Sidney
Ribaux, coordonnateur d’Équiterre. C’est un
élément minuscule d’un des morceaux – la
Bourse du carbone – d’un plan de réduction des gaz
à effet de serre. C’est comme si on achetait tent
au-dessus ou au-dessous des limites imposées par
une réglementation qui n’a toutefois pas encore
été annoncée par le gouvernement.
Cet «élément important» du plan
de lutte contre les changements climatiques «nous
aidera à réaliser nos objectifs de
réduction de gaz à effet de serre dans tous
les secteurs de l’économie », a
souligné M. Prentice, une poignée de porte
avant même de décider quelle maison on allait
acheter, dans quel quartier, avec quel type de porte et de
quelle couleur. »
Matthew Bramley, de l’Institut Pembina, abonde dans le
même sens, estimant que ces crédits
compensatoires serviront surtout aux grands
émetteurs de GES, qui pourront ainsi éviter
de s’acquitter de leurs obligations de réduction
des émissions. «Nous sommes inquiets qu’il y
ait un risque significatif qu’on finisse par octroyer des
crédits à des projets qui auraient eu lieu
de toute façon et de cette façon miner
l’intégrité environnementale du plafond
futur, a souligné M. Bramley. Ce n’est pas un
mécanisme pour réduire les émissions.
Le résultat, c’est qu’on déplace les
émissions, mais on n’a pas de réduction
nette.»
«M. Prentice n’a jamais démontré
comment c’est possible de procéder avec la
réglementation et un système de permis et
d’échange sans aller vers des réductions
absolues, a dit David McGuinty, critique libéral en
environnement. Nous n’avons rien vu. Il n’y a pas de plan.
Il n’y a pas de réglementation. »
Une importante séance de négociations se
déroule actuellement à Bonn, en
prévision de la conférence internationale de
Copenhague, qui doit préparer l’après-Kyoto.
Mardi, la coalition internationale d’organismes
environnementauxCAN(ClimateAction Network) a
décerné au Canada, ex aequo avec le Japon,
le prix «Fossile du jour», remis au pays
jugé le plus enclin à bloquer la progression
des négociations en cours.
Charge contre les conservateurs - Denis
Lessard
QUÉBEC
— Il n’y a rien de surprenant dans l’accrochage entre le
cabinet de Stephen Harper et l’environnementaliste
Steven Guilbeault en pleine conférence de
Copenhague. Le différend illustre le
mépris du gouvernement conservateur pour les
groupes environnementalistes, estime Scott McKay,
critique péquiste en matière
d’environnement. En prime, le gouvernement Harper
détourne l’attention sur un incident alors qu’il
se trouve au banc des accusés à la
conférence internationale sur les gaz à
effet de serre. Selon M. McKay, «on a vu le
ministre Jim Prentice donner des prix "air chaud" pour
dénoncer l’inutilité des positions de
l’Institut Pembina. C’est la bonne vieille tactique de
discréditer les autres quand tu ne parviens pas
à rehausser ton image». Par ailleurs,
à Copenhague hier, le député
péquiste a pesté contre la
délégation canadienne et le gouvernement
Charest qui n’avaient pas levé le petit doigt
pour accréditer les membres
québécois de la délégation.
Le logo de Greenpeace banni de la colline
parlementaire
OTTAWA —
Les t-shirts aux couleurs de Greenpeace sont interdits
au Parlement, après que l’organisation
écologiste eut tenu une manifestation
illégale sur la colline du Parlement, plus
tôt cette semaine.
Un
gardien de sécurité a affirmé hier
à un journaliste de La Presse Canadienne, qui
tentait de visiter les édifices du parlement
vêtu d’un t-shirt de Greenpeace, que
l’interdiction découlait des
«récents événements».
Le journaliste avait enfilé le t-shirt pour
s’assurer de la véracité d’informations
selon lesquelles les responsables de la
sécurité fouillaient les visiteurs,
à la recherche de logos de Greenpeace.
Environ 20 militants de l’organisation ont
été arrêtés lundi
après qu’ils eurent escaladé des
édifices du parlement pour dérouler des
banderoles appelant les politiciens canadiens à
plus d’action dans la lutte contre le
réchauffement planétaire.
Le Canada veut partager la facture avec
les É.-U.
Les
États-Unis devraient couvrir une partie des
coûts environnementaux liés à
l’exploitation des sables bitumineux du Canada, a
affirmé hier le ministre canadien de l’
Environnement, Jim Prentice.
Dans une entrevue accordée à la
chaîne de télévision canadienne
CTV à Copenhague, où a lieu le sommet de
l’ONU sur le changement climatique, le ministre a
affirmé que, si les consommateurs
américains achètent le pétrole
canadien et le consomment aux États-Unis, ces
derniers devraient en assumer les coûts
environnementaux.
« C’est pour cette raison que nous travaillons
si étroitement avec les États-Unis pour
avoir un système harmonisé. Afin
d’éviter que les coûts environnementaux
soient transférés aux Canadiens, parce
que ce n’est pas juste », a ajouté M.
Prentice au cours de l’entrevue.
Cette idée avait été
évoquée plus tôt hier par l’ancien
premier ministre canadien Paul Martin. Cité par
le quotidien
The Toronto Star, M. Martin affirme que les
coûts environnementaux de l’exploitation des
sables bitumineux en Alberta devraient être
partagés avec les Américains, qui
consomment une bonne par tie du pét role qui en
est extrait.
L’exploitation des sables bitumineux est beaucoup plus
polluante que celle du pétrole conventionnel ,
généra nt trois fois plus de gaz
à effet de serre.
Cha ngements climatiques : Le Canada
doit d’abord restructurer son économie
Un
rapport f i nancé par la Banque
Toronto-Dominion soutient qu’Ottawa devra entreprendre
une restruct uration fondamentale de l ’ é c o
n o mie c a n a d i e n n e pour atteindre ses
objectifs qua nt a u x c ha ngements climatiques.
L’étude, réalisée par l’ Institut
Pembina, de Calgary, et la Fondation David Suzuki, de
Vancouver, f a i t valoir que l’économie devra
être r e s t r uc t u r é e de
manière à ce que la richesse passe de
l’Ouest vers le reste du pays.
Elle ajoute que l’objectif du gouvernement
conservateur de réduire les émissions de
gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 peut
être atteint, mais uniquement en limitant la
croissance en Alberta et en Saskatchewan.
Selon
le r apport, grâce à des impôts
directs ou en plafonnant les émissions et en
forçant les compagnies à acheter des
droits, le gouvernement fédéral
recevrait environ 46 milliards ou plus en revenus,
qu’il pourrait redistribuer par des dépenses et
des réductions des impôts des
particuliers.
La publication de ce rappor t survient t a ndis que
les pays se préparent à la rencontre de
Copenhague où l’on discutera des projets f
uturs pour s’attaquer aux conséquences des
changements climatiques.
Le rapport ne manquera pas de créer des
tensions e nt r e l e s prov i nces qui comptent sur
la production de pétrole et de charbon,
lesquelles devraient sacrifier leur croissance
économique pour que des cibles réalistes
puissent être atteintes, et le centre du Canada,
qui serait moins affecté par les mesures
préconisées et qui pourrait même
en profiter.
Don Drummond, économiste en chef de la Banque
Toronto-Dominion, a dit que la banque n’a pas souscrit
à quelque cible que ce soit, bien qu’elle ait
donné son appui à une politique de
plafond d’émissions à l’échelle
nationale.
Notre leadership - Line Beauchamp
Dans
un texte publié le 21 décembre,
l’éditorialiste en chef de André Pratte,
réduit à rien les efforts du
Québec pour limiter ses émissions de gaz
à effet de serre. M. Pratte écrit :
« Le gouvernement et bon nombre de
Québécois à sa suite sont fiers
d’avoir un bilan relativement bon en matière
d’émissions de gaz à effet de serre
(GES). Mais quel mérite avons-nous? Aucun. Quel
sacrifice avons-nous fait? Zéro. Ce bilan est
essentiellement dû à la source de notre
électricité. Cette ressource, l’eau,
nous a été donnée par le
destin.»
Dans un premier temps, M. Pratte oublie que c’est un
débat orageux qui a amené le
Québec à choisir
l’hydroélectricité. Certains militaient
contre ce choix et pour d’autres filières
énergétiques. Ce n’était pas le
«destin», comme le dit M. Pratte, mais le
fait d’un choix qui s’est avéré le bon.
En outre, lorsqu’il accuse le Québec «
d’arrogance », il se trompe. L’arrogance aurait
été de ne rien faire en prenant le
crédit pour les décisions
passées. Il faut voir aussi que si
l’hydroélectricité améliore notre
bilan actuel, elle rend aussi tout progrès plus
difficile, puisque nous sommes déjà les
plus faibles émetteurs de GES au pays.
Mais plutôt que de chercher dans cette situation
des prétextes pour ne pas faire mieux, nous
avons fait le pari de l’ambition. Nous avons
adopté un plan de lutte contre les changements
climatiques reconnu comme l’un des meilleurs en
Amérique du Nord. Il est doté d’un
budget de 1,5 milliard de dollars. Ce n’est quand
même pas rien. Nous développons les
transports collectifs, nous soutenons les technologies
vertes, nous taxons les hydrocarbures, nous facilitons
l’achat de véhicules hybrides, nous soutenons
les constructions écoresponsables, etc. Nous
avons aussi adopté une loi pour mettre en place
un marché du carbone et joint le Western
Climate Initiative, qui rassemble les États et
provinces d’Amérique du Nord qui jouent un
rôle actif dans la lutte contre les GES.
Comme le spécifie l’environnementaliste Steven
Guilbeault dans son dernier ouvrage,
le Québec est le seul État en
Amérique du Nord susceptible d’atteindre la
cible de Kyoto en 2012. Cet objectif sera atteint en
bonne partie grâce aux efforts de notre secteur
industriel qui ont été encouragés
par notre gouvernement. Un autre fait qu’ignore M.
Pratte.
Loin de s’asseoir sur ses lauriers, le Québec
est actif sur tous les plans. C’est pour cette raison
que nous sommes considérés comme des
leaders en Amérique du Nord. À la veille
de la conférence de Copenhague, nous avons
annoncé que nos émissions de GES
seraient ramenées à 20% sous le seuil de
1990 au cours de la période 2012-2020. C’est un
objectif qui nous place parmi les plus ambitieux au
monde.
Le leadership du Québec est réel et il
continuera parce qu’il est arrimé à la
volonté des Québécois.
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le
retard des audiences - Charles
Côté
La
ministre du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a
affirmé hier à l’Assemblée
nationale que le promoteur du projet d’enfouissement
de terres contaminées à Mascouche,
Normand Trudel, n’était disponible ni en
septembre ni en octobre pour participer à des
audiences publiques du Bureau d’audiences publiques
sur l’environnement (BAPE).
Et que c’est pour cette raison que les audiences
publiques sur ce projet de l’entreprise
Écolosol se dérouleront après les
élections municipales du 1er novembre. Et non
pas pour favoriser le maire sortant de Mascouche,
Richard Marcotte, ex-candidat libéral et ami de
M. Trudel, luimême important donateur du Parti
libéral du Québec.
L a
sema ine dernière, M . T rudel avait a
ffirmé à La Presse qu’il avait
écrit à la ministre pour lui demander de
tenir compte de la date des élections
municipales pour lancer les audiences du BAPE.
«En aucun temps, des considérations
d’ordre partisan ou encore reliées à des
élections municipales n’interviennent dans mes
décisions», a assuré la ministre
Beauchamp.
Scott McKay, député péquiste de
L’Assomption, s’est montré sceptique.
«Écolosol, une entreprise qui est
détenue en partie par Tony Accurso, a
demandé à la ministre qu’on retarde les
consultations pour son nouveau site d’enfouissement.
Et, comme par magie, la ministre tarde à
déclencher les audiences. Toute une
coïncidence!»
Québec pourrait virer son capot sur
l’amiante - François Cardinal
Devant la pression croissante des scientifiques,
le gouvernement du Québec examinerait la
possibilité de revoir sa position dans le
dossier de l’amiante, d’ici la fin de
l’année.
L es nombreu x rappor ts négatifs de
l’Institut national de santé publique du
Québec (I NSPQ), la lettre ouverte
signée par une douzaine d’experts ainsi que
la volte-face récente du Parti
libéral du Canada inciteraient en effet le
gouvernement Charest à réexaminer sa
politique d’utilisation accrue de l’amiante
chrysotile.
S elon les i n for mation s obtenues par La
Presse, une rencontre au sommet a eu lieu la
semaine dernière entre les trois
intervenants gouvernementaux les plus
touchés par la question : le ministre de la
Santé, Yves Bolduc, le ministre
délégué aux Ressources
naturelles, Serge Simard, ainsi que le
président de l’Institut national de
santé publique du Québec, Luc
Boileau.
L’INSPQ, qui recommande au gouvernement depuis des
années de revoir sa position dans ce
dossier, a ainsi pu partager les conclusions des
13 rapports publiés jusqu’ici sur les
impacts de cette substance
cancérogène sur la santé
publique.
Plus encore, l’équipe de l’Institut a
révélé aux ministres les
conclusions d’une toute nouvelle étude
intitulée Rapport sur la présence de
fibre d’amiante dans l’air intérieur et
extérieur de la ville de Thetford Mines.
I l a été i mpo s sible de
connaître les détails de cette
publication commandée en novembre 2007 par
le directeu r de la sa nté publique de C
haud ière-A ppa lac he. L’Agence de la
santé et des services sociaux de la
région nous a invité à
demander le document à l’INSPQ... qui nous
a à son tour renvoyé à
l’Agence de la santé.
Selon des sources habituellement bien
informées, cette rencontre ferait partie
d’une réflexion en cours dans les officines
gouvernementales au sujet de la position
québécoise sur l’amiante. Il a
toutefois été impossible d’avoir une
confirmation officielle à ce propos.
Au
cabinet du ministre Bolduc, on a reconnu qu’une
rencontre sur l’amiante a eu lieu le mardi 21
septembre dernier, mais on a
préféré « s’abstenir de
tout commentaire », selon les mots de
l’attachée de presse, Marie-Ève
Bédard.
Au cabinet du ministre Simard, on a
précisé que la réunion avait
été organisée à la
demande du ministre Bolduc et que la santé
était au coeur des discussions. Et à
l’INSPQ, on a ajouté que les
représentants de l’Institut avaient
été convoqués « en tant
qu’experts », selon Nathalie Hudon,
porte-parole.
Pression accrue
Cela survient alors que la pression
s’accroît sur le gouvernement du
Québec. Au cours du dernier mois,
l’Association canadienne médicale s’est
prononcée à 95 % contre
l’exportation et la production d’amiante, le chef
du Parti libéral du Canada, Michael
Ignatieff, a retiré l’appui que son orga
nisation accordait à l’industrie
québécoise de l’amiante, et une
brochette d’experts québécois ont
publié une lettre dans La Presse
intitulée « Cessons le mensonge
».
« L a preuve scientifique établ issa
nt que l’a m ia nte chrysotile cause l’amiantose
et des cancers mortels comme le
mésothéliome et le cancer du poumon
est maintenant irréfutable », ont-ils
écrit.
« Da ns 11 rappor ts de recherche
réalisés au Québec depuis
2003, ont-ils ajouté, l’INSPQ a aussi fait
la preuve que son utilisation sécuritaire,
telle que prônée depuis 2002 par une
politique du gouvernement du Québec,
éta it u ne v ue de l ’e s pr it . Pendant
ce temps, les cancers mortels liés à
l’amiante aug mentent ic i même au rythme de
4 % par année. Et nous payons des millions
de dollars chaque année pour
éliminer l’amiante chrysotile des
écoles et des hôpitaux du
Québec. »
Rappelons qu’Ottawa et Québec appuient
depuis toujours l’industrie de l’amiante, qui
emploie aujourd’hui un peu plus de 800 personnes.
Le 22 septembre dernier, le prem ier m i n istre C
ha rest a d’ailleurs soutenu que le Québec
allait continuer à faire la promotion de
l’amiante chrysotile.
Amiante: le Québec a la norme la plus
permissive en Occident - François
Cardinal
Les
autorités de la santé publique ont un
nouvel allié dans leur bras de fer contre le
gouvernement Charest dans le dossier de l’amiante. La
France envisage de resserrer la norme d’exposition
à cette substance cancérogène,
même si elle est déjà 10 fois plus
sévère que celle en vigueur au
Québec.
Cela accroît encore la pression sur le
gouvernement québécois, qui refuse
depuis des années de réviser sa propre
norme malgré les appels
répétés de l’Institut national de
santé publique du Québec ( INSPQ), qui
la juge trop permissive. À l’heure actuelle,
pendant une journée de huit heures, les
travailleurs peuvent être exposés
à une concentration maximale d’amiante
chrysotile d’une fibre par millilitre d’air (1 f/ml),
selon la norme de la Commission de la santé et
de la sécurité du travail (CSST).
À t i t re compa r a t i f , la norme est 10
fois plus sévère en France, en
Angleterre et aux États-Unis ( 0,1 f/ ml). Elle
est même 100 fois plus stricte aux Pays-Bas, en
Allemagne et en Suisse (0,01 f/ml).
En fait, aucun pays occidental n’a une norme aussi peu
exigeante que celle du Québec, selon Louise De
Guire, médecin-conseil de l’ I NSPQ. C’est
d’ailleurs pourquoi l’ Institut recommande au
ministère de la Santé, depuis 2003,
d’examiner « la pertinence de réviser la
norme actuelle d’exposition à l’amiante en
milieu de t rava i l , compte tenu du niveau de risque
élevé auquel les travailleurs sont
exposés ».
La France invitée à plus de
sévérité
C’est dans ce contexte que l’Agence française
de sécurité sanitaire de l’environnement
et du travail ( Afsset) recommande au gouvernement
Sarkozy de réduire de façon importante
sa norme actuelle, dans un rapport publié le 15
septembre dernier.
Bien qu’el le soit plus sévère qu’au
Québec, la norme française « fait
courir un excès de risque (...) qui ne peut
être acceptable » pour les travailleurs,
estime l’Afsset.
«
Dans un premier temps et sans plus attendre »,
précise l’Agence, la France devrait baisser sa
norme à 0,01 f/ ml pour toutes les sortes
d’amiante, afin de rejoindre le groupe des pays les
plus avancés en matière de protection
des travailleurs, soit l’Allemagne, les Pays-Bas et la
Suisse.
« Cela représente une diminution du
risque d’un facteur 10, ajoute l’Afsset. Cette valeur
peut constituer pour la France une étape
pertinente dans le progrès vers la
réduction du risque d’exposition à
l’amiante ».
Pour la Dre De Guire, responsable de l’unité
des maladies respiratoires liées au travail
à l’INSPQ, les conclusions de l’Afsset
confirment la justesse des recommandations de son
organisme. « Cela va dans le sens de ce que
recommande l’INSPQ, soit d’abaisser la norme en
vigueur au Québec » ,
précise-t-elle.
« Les recommandations de l’Afsset nous montrent
que cette substance est résolument dangereuse
et considérée comme telle »,
renchérit Pierre Auger, spécialiste de
médecine du travail à
l’Université Laval. Cela milite cer t a i
nement pou r u ne révision de la norme
québécoise, comme le recommande l’INSPQ.
»
À la CSST, on reconnaît que la norme
québécoise est plus permissive, mais on
soutient être « beaucoup plus proactif
» du côté de la prévention.
« Nous sommes beaucoup plus
sévères quant à la
présence d’amiante dans les matériaux
», indique Alexandra Reny, porte-parole.
Une révision de la norme estelle
néanmoins possible ? « Le comité
technique paritaire, où siègent les
parties syndicale et patronale, a le mandat de fixer
les priorités quant aux éventuelles
révisions. Or, la norme liée à
l’amiante n’est pas une priorité à court
terme », ajoute-t-elle.
L’Afsset va plus l oin encore et précise :
« Toutes les variétés
minéralogiques de fibres d’amiante connues et
commerc ia l isées sont susceptibles d’induire
un cancer chez l’homme par inhalation. »
Le cabinet du ministre de la Santé, Yves
Bolduc, n’a pas rappelé
Amiante : Québec persiste et signe
- FRANÇOIS CARDINAL
Le
gouvernement Charest persiste et signe : le
Québec continuera à faire la promotion
de l’amiante chrysotile, contre l’avis de nombreux
scientifiques et de l’Institut national de
santé publique. En entrevue hier matin, le
premier ministre a réitéré que
l’amiante chrysotile ne pose aucun danger pour la
population lorsqu’elle est utilisée de
façon sécuritaire. « Le
gouvernement du Québec défend cette
position depuis très longtemps. Nous y croyons.
Le gouvernement fédéra l
également », a-t-il affirmé.
Les algues bleu-vert persisteront malgré le
printemps frais Il faut voir
à long terme, dit la ministre Line Beauchamp
Leprintempsabeauavoirétémoins
ensoleillé et moins chaud, ce n’est pas une
garantie qu’il y aura moins d’algues bleu-vert dans nos
lacs cet été, prévient la ministre
du Développement durable, de l’Environnement et
des Parcs, Line Beauchamp.
« Il n’y a pas une seule
cause à la problématique des algues
bleues. Il y a la température, mais il y a
aussi les comportements. La vraie question est :
réussit-on à diminuer l’apport en
phosphore dans nos lacs ? » a affirmé
hier Line Beauchamp, ministre de l’Environnement.
Interrogée à ce sujet hier, alors qu’elle
participait à une conférence de presse sur
l’implantation du secrétariat de la Campagne
internationale action climat, la ministre Beauchamp a
rappelé qu’en matière de
cyanobactéries, il faut voir à long terme.
« L’amélioration va se faire sentir
à long terme. On a toujours dit que dans le cas
de la problématique d’éclosion d’algues
bleues, c’est un phénomène qui
résulte de générations de
comportements pas bien adaptés à la
réalité de nos lacs. Ça ne changera
pas en un an ou deux », a rappelé la
ministre de l’Environnement.
Elle admet que le temps moins chaud et moins
ensoleillé des dernières semaines peut
être un facteur propice à
l’amélioration de la situation, mais bien
d’autres facteurs influencent la qualité de nos
plans d’eau, notamment l’agriculture, la présence
de phosphates et divers comportements humains.
« Il n’y a pas une seule cause à la
problématique des algues bleues. Il y a la
température, mais il y a aussi les comportements.
La vraie question est: réussit-on à
diminuer l’apport en phosphore dans nos lacs? »
a-t-elle affirmé.
Campagne d’information
Au cours des deux derniers étés, la
question de la présence des algues bleu-vert
dans nos lacs avait suscité bien de
l’insatisfaction chez les plaisanciers, les baigneurs
et les vacanciers.
« Plusieurs dizaines de mesures », affirme
Mme Beauchamp, ont été mises en oeuvre
depuis et des campagnes d’information ont
été menées.
Le ministère a d’ailleurs lancé sa
campagne d’information à la fin de mai. Il
rappelle que les citoyens peuvent faire leur part pour
prévenir la prolifération de ces algues
nocives en utilisant des savons et des
détergents sans phosphate, en entretenant
correctement leurs installations septiques, en
restaurant l’aménagement végétal
des rives des lacs et cours d’eau ainsi qu’en
évitant d’utiliser des fertilisants.
Les algues bleu-vert ou cyanobactéries sont des
organismes microscopiques qui prolifèrent
lorsque la température de l’eau est
élevée, lorsque le courant est faible ou
que l’eau stagne. D’après les scientifiques, le
principal responsable est l’excès de phosphate.
Gilles Vaillancourt pris à partie
- Martin Croteau
La
découverte de la coupe illégale de
12 hectares de forêt dans l’est de Laval
relance le débat sur la protection des
forêts dans la troisième ville du
Québec. Des écologistes somment le
maire sortant, Gilles Vaillancourt, et les partis
de l’opposition de donner plus de mordant à
la politique de protection des forêts
adoptée en février.
PHOTO ROBERT
SKINNER, LA PRESSE
Des travailleurs ont
rasé illégalement 12 hectares dans
un bois de Laval.
Alerté par le Conseil régional de
l’environnement (CRE) de Laval la semaine
dernière, Québec a ordon né l
’a r r êt immédiat des coupes dans
une forêt située entre une
carrière et une cour de ferraille le long
de la montée Masson. Des travailleurs ont
toutefois eu le temps de raser 12 hectares de
bois, dont 1,7 hectare de marécage. Au
total, c’est l’équivalent de 25 terrains de
football qui a été abattu.
Le Ministère a envoyé hier un avis
d’infraction au propriétaire du terrain.
Jean-Guy Hamelin, qui n’a pas rappelé La
Presse, a jusqu’au 21 octobre pour produire un
« plan des correctifs » aux
autorités. Il s’expose aussi à des
amendes.
La Ville de Laval, qui n’a ja mais
été mise au courant des t ravaux,
compte également se mêler de
l’affaire. La porte-parole du maire, Amélie
Cliche, affirme que le propriétaire du bois
devra payer une amende et qu’il pourrait
être poursuivi en justice.
« Il ne nous a pas parlé, il ne nous
a pas consultés, il n’a pas demandé
de permis, rien », at-elle
résumé. Un travailleur croisé
sur les lieux de la coupe a indiqué
à La Presse que la ter re éta it
surtout pla ntée de pommiers.
Le directeur du CRE, Guy Garand, estime que plus
de 30 0 0 0 0 a rbres peuplaient ce terrain
boisé. La Ville a beau s’être
engagée en février à investir
40 millions d’ici à 2020 pour
protéger 9 % de son territoire, dit-il, la
polit i que de l ’a d ministration Vaillancourt ne
fonctionne tout simplement pas.
« Les citoyens sont mûrs pour la
protection des milieux naturels à Laval,
mais les élus n’en ont que pour le
développement économique »,
a-t-il dénoncé.
Les
partis de l’opposition sont du même avis. Le
chef du Parti au service des citoyens, Robert
Bordeleau, s’engage à
décréter un moratoire
immédiat sur la construction dans les
milieux humides et dans les forêts.
« M. Vaillancourt raconte depuis 20 ans
qu’il ne donne la permission à personne de
déboiser, mais depuis 20 ans, les milieux
humides et les boisés n’ont cessé de
disparaître », a-t-il raillé.
Le Mouvement l avallois promet aussi d’en faire
davantage pour protéger les forêts.
Son candidat dans Auteuil, Alexandre Foisy, estime
que la Ville doit se doter au plus vite d’un plan
d’urbanisme pour mettre fin au problème.
« On a u ne politique qui n’a pas de mordant
» , a-t-il affirmé.
Il est toutefois resté évasif sur
les moyens concrets qu’il compte utiliser pour
corriger la situation.
Le maire Gilles Vaillancourt dit s’opposer avec
véhémence à la destruction
des terrains boisés. Il promet de
poursuivre la mise en oeuvre de sa politique de
conservation.
« Durant le dernier mandat, nous avons
acquis plus de 30 millions de pieds carrés
de boisé, de berges et d’îles, a
expliqué sa porteparole, Amélie
Cliche. Nous croyons que c’est le meilleur moyen
de protection. Nous s ommes présentement e
n négociations pou r fa i re d’autres
acquisitions. »
582 $ d’amende pour avoir
rasé 12 hectares de forêt
- Martin Croteau
Pour avoir rasé sans permission une
forêt de la taille de 25 terrains de
football, un propriétaire immobilier de
Laval écope d’une amende de moins de
600 $. La facture pourrait grimper bien
davantage, car la Ville poursuivra le
contrevenant. Mais les sanctions
prévues au règlement municipal
sont « ridicules », selon les
partis de l’opposition.
Après avoir été
alerté par un groupe écologiste,
la semaine dernière, le
ministère de l’Environnement a
ordonné l’arrêt immédiat
des coupes dans un bois du secteur
Saint-François, dans l’est de la ville.
Les travailleurs ont toutefois rasé 12
hectares, dont 1,7 hectare de marécage.
Le ministère de l’Environnement a
envoyé un avis d’infraction au
propriétaire, Jean-Guy Hamelin, et lui
a donné jusqu’au 21 octobre pour
produire un plan correctif.
La Ville de Laval a aussi sévi. Elle a
envoyé au propriétaire un
constat d’infraction assorti d’une amende de
582$. Elle compte de plus saisir la Cour
supérieure de l’affaire, a
indiqué Marc Laforge, porteparole de la
Ville.
«L’amende de 582$, c’est la
première partie, a-t-il
résumé. La partie la plus
importante, c’est la Cour supérieure
parce que, à ce moment, on parlera de
réparation.»
Sanction insuffisante
Mais la sanction est nettement insuffisante
aux yeux de l’opposition.
« Ce n’est pas sérieux, tranche
David De Cotis, président du parti
Mouvement lavallois. Les promoteurs n’ont pas
peur. Ils se moquent des amendes de quelques
centa ines de dollars. »
L e ca ndidat souligne d’ailleurs que ce n’est
pas le premier cas de mise en chantier
illégale à Laval. La
Résidence Soleil, complexe
d’appartements pour personnes
âgées, a été mise
en chantier illégalement en 2006.
Les sa nctions sont d’un « ridicule
total », croit aussi le candidat Robert
Bordeleau, du Parti au service des citoyens.
C’est pourquoi, selon lui, les promoteurs se
moquent des règlements municipaux.
« Ils savent que les amendes sont de 500
$, a-t-il affirmé. C’est quoi, 500$,
pour eux? De l’argent de poche.»
La coupe illégale dans le secteur
Saint-François est un «cas
d’exception », affirme le maire Gilles
Vaillancourt. Mais il se dit ouvert à
la possibilité de donner plus de dents
à son règlement municipal.
« On va regarder, a-t-il indiqué
hier. Si les amendes ne sont pas suffisantes,
on les rendra plus sévères.
»
Les deux partis de l’opposition proposent que
les amendes pour déboisement
illégal soient de plus de 20 000$.
LAVAL Le discours écolo du maire
dénoncé - Charles
Côté
Le maire
Gilles Vaillancourt n’a pas fait depuis 30 ans les
gestes qui lui permettent de se draper de vert pendant
la campagne électorale, affirme Guy Garand,
directeur du Conseil régional de l’environnement
de Laval.
L’écologiste voulait donner la réplique au
maire Vaillancourt, qui a soutenu plus tôt cette
semaine, dans une entrevue à La Presse, qu’il
voulait faire campagne sur le thème de
l’environnement.
«M.Vaillancourt est là depuis plus de 30
ans, à titre de conseiller puis de maire, en
particulier dans des dossiers environnementaux, a
souligné M.Garand. S’il avait été
vraiment en faveur de l’environnement, Laval serait bien
différent aujourd’hui.
«On aurait de grands parcs naturels aujourd’hui,
comme il y en a à Montréal depuis les
années 80, a dit M.Garand. Actuellement, Laval
arrive dernier au Québec avec 0,8% d’aires
protégées.
«En 1977, la Ville de Laval a créé
le Comité d’aménagement des berges et des
rives, a rappelé M.Garand. Il était
présidé par Gilles Vaillancourt, alors
conseiller municipal. Peu de recommandations de ce
comité ont été suivies. Et ce
comité est mort.
«Le
maire s’entête à ne pas attribuer de statut
de conservation, même aux terrains dont la Ville
est propriétaire, a poursuivi M.Garand. Par
exemple, l’Orée des bois, un
écosystème forestier exceptionnel de huit
hectares, a été grugé en 2004-2005
par un projet immobilier, alors que la Ville avait fait
des sentiers dans cette portion, ce qui laissait croire
que c’était un parc.»
Sur le principal dossier environnemental des
dernières années, la protection des trois
grandes îles de la rivière des
Mille-Îles, le maire manque totalement de
leadership, après avoir ouvert la porte au
lotissement des îles, estime M.Garand.
Da ns son entrev ue à La Presse , M.Vaillancourt
a rappelé qu’il demandait à Québec
de créer une réserve foncière sur
ce territoire, comme cela avait été promis
par les candidats libéraux des circonscriptions
de Laval aux dernières élections
provinciales.
«Le maire a manqué une belle occasion
d’ouvrir un partenariat avec le gouvernement pour
l’acquisition des îles, a dit M.Garand. À
Montréal, on n’a pas attendu le gouvernement pour
créer les grands parcs, comme Cap-Saint-Jacques
ou Pointe-des-Prairies.»
La gestion des déchets est un exemple de perte de
leadership de Laval, selon M.Garand. «En 1997,
Laval a été la première ville
à instaurer la collecte à trois voies pour
4000 résidences du quartier Champfleury, a
rappelé M. Garand. Laval a même
gagné un prix pour ce projet. Mais 12 ans plus
tard, on est rendus à 6000 résidences. On
était en avance, maintenant on est en
retard.»
Autre symptôme, selon M.Garand: le fait que le
projet de schéma d’aménagement de Laval ne
soit toujours pas approuvé par Québec.
«Tout ça parce que la Ville veut diminuer
la zone inondable pour accélérer la
construction sur les rives», a conclu M.Garand.
La ville centre ne paiera qu’en partie -
Éric Clément
Le
comité exécutif de la Ville de
Montréal a décidé, mercredi,
d’étendre la collecte des résidus
alimentaires dans l’île de Montréal. Des
arrondissements et des villes de banlieue pourront,
dès l’hiver 2010, collecter à la porte
des particuliers des matières organiques pour
faire passer de 1470 à 5000 tonnes par
année la quantité de ces matières
valorisées par compostage.
La Ville veut faire passer de
1470 à 5000 tonnes par année la
quantité de résidus alimentaires qui
sont ensuite compostés.
Mais la ville centre ne paiera qu’une partie des
coûts, ce qui risque de limiter
l’intérêt pour cette initiative
déjà très relative en regard du
volume de matières organiques enfoui tous les
jours.
Actuellement, seules quatre administrations locales
fournissent un tel service : les villes de
Côte-Saint-Luc, Pointe-Claire et Westmount, et
l’arrondissement du PlateauMont-Royal. Les trois
villes desservent 11 700 logements. Le
Plateau-Mont-Royal a eu un permis pour 3000 logements
mais n’en dessert que 1970.
La ville centre a proposé aux administrations
locales qui ont recyclé plus de 58% de leurs
déchets en 2008, et organisé au moins 12
collectes de résidus verts cette année,
de participer à cette collecte.
Dans le Plateau-Mont-Royal, les contrats
déjà signés avec des entreprises
de collecte prévoient qu’elles peuvent
collecter la matière organique. « On veut
étendre la collecte à tous les
logements, dit Mme Duplessis. On a l’argent pour
ça. On n’a qu’à dire à
l’entreprise de collecte que le mardi, par exemple,
elle ramasse dorénavant la matière
organique. Mais avant de desservir 7000 logements,
ça prend du temps pour convaincre les gens de
participer.»
Mis
à part le Plateau, six arrondissements
répondent aux deux critères de la ville
centre pour pouvoir ramasser les matières
organiques : Ahuntsic-Cartierville,
Côtedes-Neiges – Notre-Damede-Grâce,
Rosemont– La Petite-Patrie, Sud-Ouest , Verdun et
Ville-Marie.
Avec le Plateau-Mont-Royal, Ville-Marie a
enregistré le plus haut taux de
récupération de matières
recyclables en 2008, soit 68%. « On est
intéressé par cette collecte »,
dit Pierre Paiement, porte-parole de l’arrondissement.
« On veut commencer la collecte à trois
voies dans NDG, dit de son côté Michael
Applebaum, maire de
Côtedes-Neiges–Notre-Dame-deGrâce. On
pourrait remplacer une collecte de déchets par
une de matières putrescibles. On est en train
de vérifier si on est prêt à faire
une demande au central. »
Dans Ahuntsic-Cartierville, on regrette que la ville
centre ne soit pas plus généreuse. Sans
aide, l’arrondissement n’ira pas de l’avant. «
On est très intéressé, dit
Geneviève Dubé, porte-parole. On a
déjà un bureau de développement
durable et un centre de compostage pour tous les
citoyens. Mais on m’a dit que le coût du
transport et l’achat des bacs bruns est de notre
ressort. On ne sera pas candidat à cause de
ça.»
Dans Rosemont–La PetitePatrie, où on veut
desservir 2500 portes, le dossier est
déjà à la ville centre.
«Nous sommes candidats pour participer à
ce projet», dit Serge Fortin, porte-parole de
l’arrondissement. Les résidus alimentaires,
fibres souillées et résidus verts
représentaient 47% des déchets enfouis
à Montréal en 2006. «Moins du
dixième des matières organiques est
actuellement récupéré à
des fins de compostage ou autrement
valorisé», lit-on dans le Plan directeur
de gestion des matières résiduelles
2008-2012.
MONTRÉAL PREND LE LEED -
François Cardinal
La chose
est passée inaperçue cet été,
mais elle pourrait faire une différence à
long terme... ou peut-être pas. Montréal a
adopté en juin la politique de développement
durable des édifices municipaux, qui stipule que
toute nouvelle construction municipale (édifice,
caserne, poste de police, etc.) devra dorénavant
être certifiée LEED Or (LEED Argent pour les
rénovations majeures). Il s’agit des certifications
intermédiaires du système
d’évaluation Leadership in Energy and Environmental
Design, mondialement reconnu. Le hic, c’est que
Montréal est «balkanisé», pour
reprendre l’expression de Pierre Bourque. Les
arrondissement ne sont donc pas soumis à cette
politique!
Des sables bitumineux moins polluants
Royal
Dutch Shell et Exxon Mobil, les deux plus importantes
compagnies d’énergie au monde, font appel à
une technologie conçue pour éliminer les
inconvénients environnementaux de l’exploitation
des sables bitumineux au Canada.
PHOTO ADRIAN WYLD,
ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Shell et Mobil se
félicitent d’avoir conçu une nouvelle
technologie, appelée traitement par moussage
à haute température, qui réduit de
10 à 15% les émissions de gaz à
effet de serre produites lors de l’extraction du
pétrole brut contenu dans les sables bitumineux.
Un nouveau procédé appelé traitement
par moussage à haute température
réduit de 10 à 15% les émissions de
gaz à effet de serre produites lors de l’extraction
du pétrole brut contenu dans le sable, a
expliqué Brad Komishke, un chimiste de Shell
à la tête de 50 scientifiques qui planchent
sur de nouvelles techniques d’exploitation des sables
bitumineux à Calgary.
« Cela signifie une production moindre de la partie
la plus lourde et la plus sale de la charge d’alimentation
de pétrole brut et donc, moins de pollution
», a indiqué M. Komishke lors d’une entrevue
dans les laboratoires de Shell à
l’Université de Calgary. « C’est une
utilisation plus efficace de l’énergie »,
a-t-il ajouté.
Shell et Exxon Mobil soutiennent que leur
procédé fera en sorte que l’exploitation des
sables bitumineux ne sera pas plus polluante que celle des
puits conventionnels dans des lieux comme le Texas et la
mer du Nord. Si cela s’avère, la nouvelle technique
est susceptible d’affecter la vendabilité du
pétrole brut tiré des sables bitumineux
canadiens d’une valeur de plus de 1000 milliards US selon
les prix actuels sur le marché. Les sables
bitumineux forment le gisement de pétrole le plus
important hors de l’Arabie saoudite.
Environ 60 % du brut t i ré des sables bitumineux
est exporté aux États-Unis où des
groupes environnementaux tels que le Natural Resources
Defense Council ( NRDC) ont exercé des pressions
sur les législateurs pour qu’ils mettent en place
des normes obligeant les producteurs soit à
réduire l’impact des émissions, soit
à acheter des crédits carbone. Le
pétrole provenant des sables bitumineux du Canada
génère jusqu’à 40 % plus
d’émissions de gaz à effet de serre que les
puits conventionnels, soutient le NRDC. Pour sa part,
l’Institut de la recherche sur l’énergie de
l’Alberta estime l’écart à 10 %.
Une
réduction de 15% des émissions ne rendrait
pas les nouveaux projets dans les sables bitumineux aussi
propres que le brut conventionnel, et cela ne
contribuerait guère à s’attaquer au
problème du pétrole plus polluant
tiré des mines existantes, a soutenu Simon Mui, un
scientifique du NRDC à San Francisco. Selon lui,
l’industrie du pétrole doit en faire plus comme
trouver des moyens de capter et de stocker le dioxyde de
carbone et de réduire l’impact environnemental des
mines nouvelles et anciennes.
La technologie mise au point par Shell, une compagnie
établie à La Haye, aux Pays-Bas, et par
Exxon Mobil, d’Irving, au Texas, consiste à
soumettre le bitume, qui ressemble à du goudron,
à une mousse dans un réservoir sous pression
à des températures suffisamment
élevées pour déclencher des
extincteurs automatiques. Shell et Exxon Mobil ont
refusé de fournir des données quant aux
coûts de leur nouvelle technologie applicable aux
projets dans les sables bitumineux.
À l’heure actuelle, la pratique veut que l’on
chauffe à répétition le sol contenant
le bitume à une température de 400C dans des
réservoirs de 60 mètres de largeur
jusqu’à ce que le pétrole brut et le sable
se séparent. Dans le cadre de l’agrandissement de
son projet Athabasca, près de Fort McMurray, en
Alberta, une affaire de 13,7 milliards US, Shell a
procédé cette semaine à la
construction de deux réservoirs de 20 mètres
de diamètre où les sables bitumineux seront
chauffés, sous pression, à 80 degrés
Celsius, ce qui créera une mousse riche en
pétrole en une seule étape.
« Si nous pouvons t raiter cette mousse à des
températures plus élevées, nous
pouvons obtenir la séparation plus rapidement, ce
qui signifie des réservoirs plus petits et moins
d’énergie utilisée dans le
procédé », soulignait cette semaine
Tim Wiwchar, un responsable de la mine Athabasca, au cours
d’une entrevue.
Shell, Exxon Mobil et d’autres producteurs comptent sur le
marché américain pour absorber la production
des sables bitumineux qui doublera presque au cours des
six prochaines années, selon Greg Stringham,
viceprésident de l’Association canadienne des
producteurs de pétrole.
Charest discutera d’environnement avec
Schwarzenegger
Le
premier ministre Jean Charest discutera de
réduction des gaz à effet de serre
aujourd’hui avec Arnold Schwarzenegger, gouverneur de
la Californie, l’un des États américains
les plus réputés en matière de
protection de l’environnement.
Le chef libéral amorce une tournée de
trois jours à Los Angeles, où il
participera au deuxième Sommet global des
gouverneurs sur le climat. Ce matin, Jean Charest aura
une rencontre d’une demi-heure avec le gouverneur
Schwarzenegger. Il s’agit de la deuxième
rencontre officielle entre les deux politiciens.
« Il y a une mobilisation des États et
des provinces sur la question des gaz à effet
de serre, dit Jean Charest. Le gouverneur
Schwarzenegger et nous croyons que nous avons un
rôle extrêmement important à jouer,
d’abord parce que de 50 % à 80 % des efforts de
réduction de gaz à effet de serre vont
être faits par les États et les
provinces. »
L e premier ministre québécois prendra
ensuite la parole comme conférencier, aux
côtés notamment de l’ancien premier
ministre britannique, Tony Blair, et de Yvo de Boer,
secrétaire de la conventioncadre de l’ONU sur
les changements climatiques.
Hausse de tarifs : pas de « révolution
» à la Mike Harris
Avant
de prendre l’avion hier en fin de soirée en
direction de Los Angeles, le premier ministre Charest
a livré un discours sur la
nécessité de conclure un accord de
libre-échange avec l’Europe dans le cadre d’une
soirée organisée par l’Institut Fraser.
Le premier ministre québécois, qui
cherche de nouvelles sources de financement pour le
Québec, partageait la tribune de l’Institut
Fraser avec l’ancien premier ministre Mike Harris,
dont la « Révolution du bon sens »
a connu des résultats mitigés en Ontario
au milieu des années 90.
Mike Harris était chargé de
présenter aux convives son « ami »
Jean Charest, qui a tenu en retour à saluer son
courage politique. « Les choses ont
changé en Ontario avec Mike Harris »,
a-t-il dit.
Jean Charest et Mike Harris ont beau partager les
mêmes tribunes, le premier ministre
québécois promet qu’il ne s’inspirera
pas des méthodes de son ancien homologue
ontarien afin de trouver une solution aux
problèmes financiers de son gouvernement.
« C’était une autre époque, un
autre contexte, un autre environnement, dit Jean
Charest. En 1995, l’Ontario était à un
autre endroit, c’était la fin du gouvernement
néo-démocrate. Ce n’est pas du tout le
contexte que nous avons ici au Québec. »
Nouveau plan pour les énergies
vertes
Québec
annonce
un plan pour exploiter les technologies de
l’énergie verte, ainsi qu’une nouvelle
équipe qui conseillera la ministre à ce
sujet, présidée par l’écologiste
Steven Guilbeault. Le plan sera doté d’un budget
de 8 millions sur deux ans, a annoncé hier la
ministre des Ressources naturelles et
vice-première ministre, Nathalie Normandeau, lors
d’une conférence de presse à
Montréal. Le plan doit permettre de stimuler les
activités de recherche sur les énergies
émergentes et même sur les véhicules
électriques. Le plan vise l’énergie
éolienne, hydrolienne, solaire,
géothermique, l’hydrogène, la
bioénergie, ainsi que les véhicules
électriques. La ministre a souligné qu’il
s’agissait de nouveaux fonds, non de fonds
attribués à d’autres programmes.
Normandeau annonce un premier
projet éolien
La ministre des Ressources naturelles évoque la
nécessité d’ajustements
— La
ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a
annoncé hier l’autorisation du premier d’une
série de projets éoliens qui doivent porter
la capacité de production du Québec à
4000 MW d’ici six ans, mais elle a laissé entrevoir
que des changements seront nécessaires afin
d’atteindre cet objectif.
Une quinzaine de projets
éoliens ont été retenus
l’année dernière par Hydro-Québec.
Ils doivent permettre au Québec de devenir le
plus important producteur d’énergie
éolienne au pays, selon Nathalie Normandeau,
ministre des Ressources naturelles.
En donnant le feu vert à un consortium formé
de Boralex et de Gaz Métro pour l’installation de
131 éoliennes qui produiront 272 MW dans la
région de Québec, Mme Normandeau a
annoncé l’annulation du projet de 68 MW à
Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, en raison des
protestations de la population.
Un projet de parc éolien sur la
BasseCôte-Nord devra aussi être
déplacé, tandis qu’un autre devra être
modifié en Montérégie, a
déclaré la ministre au cours d’une
conférence de presse.
Ces projets font partie des 15 retenus l’année
dernière par Hydro-Québec. Ils doivent
permettre au Québec de devenir le plus important
producteur d’énergie éolienne au pays.
Pas d’opposition
Mme Normandeau a déclaré hier que le projet
de Boralex et Gaz Métro, situé dans la
municipalité régionale de comté de la
Côte-de-Beaupré, avait été
facilement accepté par la population locale, en
raison notamment de son éloignement, dans un
secteur de 95 km carrés accessible par des chemins
forestiers.
De simples séances d’information, organisées
par le Bureau d’audiences publiques en environnement (
BAPE), ont suffi à la population pour
évaluer les impacts du projet.
Dans ce contexte, personne n’a réclamé
d’audiences publiques, ce qui a simplifié
l’émission des autorisations gouvernementales.
« C’est le premier projet qui est prêt pour le
gouvernement du Québec, a-telle dit. C’est
évident, on va se dire les vraies choses, que le
fait qu’il n’y ait pas eu d’audiences du BAPE, ça a
facilité les choses. »
Mme Normandeau s ’est montrée confiante que les
changements aux projets retenus n’empêcheront pas le
Québec d’atteindre son objectif à temps.
« Non, pour moi, ce n’est pas inquiétant du
tout, a-t-elle dit. Dans le fond, ce qu’il faut retenir,
c’est le succès d’un projet comme celui qui est
confirmé ce matin. »
À part le projet de la Côte-deBeaupré,
situé à environ 60 km à l’est de
Québec, aucun des nouveaux projets éoliens
n’a encore complété l’étape des
séances d’informations du BAPE.
Une
procédure décriée
Le porte-parole de l’opposition officielle en
matière d’énergie, le péquiste
Sylvain Gaudreault, a soutenu que plusieurs projets
éoliens soulevaient des questions dans la
population parce que le gouvernement a permis aux
promoteurs de soumettre des offres sans avoir obtenu au
préalable des garanties minimales de la part des
autorités locales.
« La procédure du gouvernement a
été de procéder à l’envers,
a-t-il dit en entrevue téléphonique.
C’est-à-dire de donner des autorisations à
des promoteurs avec la charge d’aller faire passer
ça dans les communautés. On
s’aperçoit que ça ne passe pas bien partout.
»
Selon lui, le consortium de Boralex et Gaz Métro a
procédé de la bonne façon, mais il
constate que ce n’est pas le cas de tous les projets.
« L’ensemble de l’oeuvre du gouvernement dans le
dossier éolien est une erreur et ça boite,
a-t-il dit. Le risque, c’est que ça fasse en sorte
de créer une allergie de la population à
l’égard des éoliennes. »
La présidente et chef de la direction de Gaz
Métro, Sophie Brochu, a déclaré que
deux ans avant de déposer sa soumission pour
l’appel d’offres, le consortium avait déjà
commencé à discuter du projet avec les
représentants locaux.
« Le site sur lequel on est a plusieurs
caractéristiques positives, a-t-elle dit. C’est un
gisement éolien formidable, traversé par une
grande ligne hydroélectrique et qui est
éloigné des zones de population, ce qui a
facilité d’autant son acceptabilité. »
Le projet du consortium, dont la mise en service est
prévue en 2013, nécessitera l’investissement
de 800 millions de dollars par les partenaires financiers.
Les éoliennes seront installées sur 10% du
territoire de la seigneurie de la
Côte-de-Beaupré, qui appartient au Petit
séminaire de Québec.
Au cours de la conférence de presse, Mme Normandeau
a affirmé que le projet de 80 MW d’Aguanish, sur la
BasseCôte-Nord, sera déplacé dans une
région qu’elle n’a pas voulu identifier.
En Montérégie, l’emplacement de trois
éoliennes d’un projet à SaintValentin pose
problème actuellement, mais Mme Normandeau a
indiqué que cela ne compromet pas le projet.
Celui de Sainte-Luce ne se réalisera pas, mais la
ministre a évoqué la possibilité
qu’il soit pris en charge par des regroupements
régionaux de municipalités ou des
communautés autochtones.
Accord sur les émissions de gaz à effet de
serre Le Québec accepte
un plafonnement
QUÉBEC
LeQuébecadûaccepter de baisser la barre en
matière d’émission de gaz à effet de serre,
hier, afindemaintenir l’unanimité à l’issue d’une
conférence de la North American SuperCorridorCoalition
(NASCO), réunissant d’autres provinces canadiennes et des
États américains et mexicains.
Les
leaders réunis à Québec cette semaine
pour la conférence de la North American
Supercorridor Coalition : le gouverneur de l’État
mexicain de Nuevo Leon, Gonzalez Paras, le premier
ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, le premier
ministre du Québec, Jean Charest, la gouverneure de
l’État mexicain de Zacatecas, Garcia Medina, le
premier ministre du Canada, Stephen Harper, le gouverneur
de l’État mexicain de Guanajuato, Olliva Ramirez,
le gouverneur de l’Iowa, Chet Culver, et le premier
ministre du Manitoba, Gary Doer.
Dans la déclaration de clôture de ce
cinquième sommet des leaders sur les relations
nordaméricaines, les États membres se sont
engagés à « plafonner » les
émissions de gaz à effet de serre. On attend
des gouvernements qu’ils promulguent des législations
pour atteindre cet objectif, à quelques mois de la
Conférence de Copenhague, en décembre
prochain.
Il y a deux semaines, le premier ministre Jean Charest a
fait valoir que Québec était le leader
nord-américain en matière de lutte contre le
GES, le seul État pour l’instant qui s’était
plié aux objectifs de réductions d’ici 2012
prévus par le protocole de Kyoto.
Il s’est défendu de voir un recul dans la
déclaration d’hier. « Je ne suis pas
déçu, a-t-il expliqué. Il y a un an,
cette déclaration aurait été
impossible. Le principe du plafonnement, c’est un grand pas
de franchi. » Une telle formulation était
inacceptable aux Américains, avant l’élection
de Barack Obama. De son côté, le gouvernement
Harper avait « des états d’âme »
sur cette question importante. Aussi les gouvernements
ont-ils laissé ouverte la question des redevances sur
le carbone, une idée qu’approuve le Québec.
« On a réussi à avoir un fort consensus
là-dessus », a dit M. Charest.
Les trois pays ont aussi convenu de contribuer à leur
sécurité énergétique en
renforçant les échanges dans ce domaine.
Cinq
États mexicains étaient
représentés à cette conférence
annuelle, à laquelle assistaient aussi les
gouverneurs du Vermont et de l’Iowa, qui sera l’hôte
du prochain rassemblement l’an prochain. Du
côté canadien, le Manitoba et le
NouveauBrunswick étaient représentés
par leurs premiers ministres, Gary Doer et Shawn Graham.
Terre-Neuve avait envoyé son ministre du Commerce.
Les 15 ans de l’ALENA
La conférence marquant le 15e anniversaire du
traité de libreéchange nord-américain
a permis de réitérer l’engagement des trois
pays envers la libéralisation des échanges
commerciaux.
Pour M. Charest, il est clair que les fonds publics
consentis aux programmes d’aide à l’industrie
incitent les électeurs à exiger qu’on
protège les emplois plutôt que la
liberté de commerce.
L’accord de libre-échange doit être vu comme
un processus dynamique. Il faudra continuer de
réduire les obstacles administratifs et les
disparités réglementaires qui freinent les
échanges, ont convenu les gouvernements membres.
Montréal aura bientôt son
usine de désinfection
Le
maire de Montréal, Gérald Tremblay, jure
qu’il se baignera dans le fleuve Saint-Laurent d’ici
quelques années. Grâce à une aide
financière qu’assurent Québec et Ottawa,
Montréal commencera bientôt la
construction de la plus importante usine de
désinfection des eaux usées à
l’ozone dumonde.
Le projet, dans lequel les deux ordres gouvernementaux
se sont engagés hier à injecter 63,75
millions chacun, devrait passer à la phase des
appels d’offres dès l’automne. La Ville de
Montréal investira quant à elle 22,5
millions dans le projet, qui vise à
éradiquer la plus importante source de
pollution dans le fleuve Saint-Laurent.
Si tout va comme prévu, le processus
d’ozonisation des eaux usées devrait être
fonctionnel en 2013. « C’est le maire de
SorelTracy, Marcel Robert, qui va être content
», a blagué hier le ministre des Affaires
municipales, Laurent Lessard, en annonçant le
protocole de partenariat liant les trois ordres de
gouvernement.
Construite il y a plus de 20 ans, l’usine
Jean-R.-Marcotte, dans l’est de la ville, qui traite
à elle seule 50% des toutes les eaux
usées produites au Québec, n’utilise
aucun procédé de désinfection.
Les 2,7 millions de mètres cubes d’eau qu’elle
rejette en aval chaque jour (l’équivalent du
Stade olympique rempli d’eau) contiennent des
concentrations dangereuses de virus, de
bactéries ainsi que des résidus
demédicaments qui ne sont pas traités
par le procédé d’épuration des
matières solides.
« Il suffit de voir en hélicoptère
la marée brune qui sort de l’usine
(d’épuration), et ce, malgré tous les
efforts qui ont été faits au cours des
dernières années, pour constater
à quel point (cela) cause des préjudices
très sérieux, notamment à
Sorel-Tracy et à Trois-Rivières »
qui se trouvent en aval, a déclaré hier
le maire Tremblay.
« Les experts nous ont montré de
façon très claire que l’eau serait de
meilleure qualité avec le procédé
d’ozonisation, a-t-il ajouté. Dans un certain
nombre d’années, j’en suis convaincu, nous
pourrons nous baigner dans le fleuve. »
Selon le ministre Lessard, les concentrations de
particules dangereuses rejetées dans l’eau
grâce au procédé d’ozonisation
devraient être ramenées de 5 millions
d’unités par 100 ml à 9000 unités
par 100 ml. « Il y aura une amélioration
de la faune et de la flore. On ne pourra pas boire
l’eau à sa sortie de l’usine, mais ce qu’on va
relâcher dans la nature sera acceptable et
respectera les normes environnementales »,
a-t-il assuré.
LeQGdes écolos
dumondeàMontréal
Il
existait déjà des regroupements,
comme Kyoto plus, Power Up et le Réseau
action climat, mais les groupes environnementaux
estimaient nécessaire de mettre sur pied
une coalition dont l’unique mandat est d’encadrer
le travail sur le terrain : manifestations,
mobilisation, etc.
Souhaitant mieux coordonner leurs effortsdans la
luttecontreleschangements climatiques, les groupes
environnementauxdelaplanèteont
décidé de se regrouper et de faire
de Montréal l’épicentre de cette
nouvelle alliance internationale.
PHOTO MARTIN
CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
« Le constat est
qu’il manquait quelque chose, à
l’international, pour s’assurer qu’il y ait un
accord en décembre (conférence de
l’ONU sur les changements climatiques), qu’il
soit ratifié et mise en oeuvre rapidement
», a dit hier Steven Guilbeault,
d’Équiterre.
Le gouvernement Charest , Équiterre et
Montréal international ont annoncé
hier la création du tout nouveau
secrétariat de la Campagne internationale
action climat (CIAC), dont le quartier
général s’établira dans la
métropole.
Ce bureau, où ne travailleront que quatre
employés, aura pour mandat de coordonner
certaines des plus importantes activités
militantes à venir aux quatre coins de la
planète dans la prochaine année:
Bangkok et Barcelone (rencontres
préliminaires sur le climat), Pittsburgh
(G20), New York ( Assemblée
générale des Nations unies), etc.
L’objectif est d’accroître la pression sur
une douzaine de pays connus pour leur timide
engagement en faveur d’une réduction des
émissions de gaz à effet de serre,
afin qu’ils s’engagent à ratifier un accord
international ambitieux, lors de la
Conférence de Copenhague qui se tiendra du
7 au 18 décembre prochain.
Nommément, le Brésil, l’Inde,
l’Arabie Saoudite, la Pologne, le Japon et le
Canada se retrouvent dans cette liste.
« L’objectif est que ces pays s ’ entendent
sur un accord international, à Copenhague,
a précisé la ministre
québécoise de l’Environnement, Line
Beauchamp. Pour cela, nous devons rejoindre
certains États clés, certains
États stratégiques, afin de les
convaincre de l’importance d’une telle entente.
»
Idée d’Équiterre
L’idée de créer la Campagne
internationale action climat a été
lancée par Équiterre en 2006. Le
Québec a ensuite accepté de verser
300 000 $, l’année suivante, afin qu’elle
se concrétise. Après quoi la
Principauté de Monaco, le gouvernement
britannique et certaines grandes fondations
internationales ont accepté de se joindre
à l’effort, qui se chiffre aujourd’hui
à environ 10 millions de dollars.
Le
gouvernement fédéral , pour sa part,
n’a rien versé, ce qui lui a d’ailleurs
attiré certaines critiques, lors du point
de presse des différents partenaires.
La création du secrétariat du CIAC
s’inscrit dans une vaste campagne appelée
« tcktcktck » (à prononcer tic,
tic, tic, comme une horloge), qui doit prendre de
l’ampleur au fur et à mesure que la
conférence de l’ONU sur les changements
climatiques approchera.
Une vingtaine de groupes font partie de cette
coalition, dont Oxfam, Greenpeace, le Conseil
mondial des églises, Global Humanitarian
Forum, Union of Concerned Scientists et le Pew
Environment Group.
Il existait déjà des regroupements,
comme Kyoto plus, Power Up et le Réseau
action climat, mais les groupes environnementaux
estimaient nécessaire de mettre sur pied
une coalition dont l’unique mandat est d’encadrer
le travail sur le terrain: manifestations,
mobilisation, etc.
« Le constat est qu’il manquait quelque
chose, à l’international, pour s’assurer
qu’il y ait un accord en décembre, qu’il
soit ratifié et mise en oeuvre rapidement
», a précisé Steven
Guilbeault, d’Équiterre.
Les bureaux du secrétariat seront
situés au centre-ville et
déménageront éventuel lement
dans la future Maison du développement
durable, qui sera construite rue SainteCatherine,
à côté du Théâtre
du Nouveau-Monde.
Par ailleurs, Greenpeace a frappé un grand
coup, hier en Europe, en publiant à la fois
une fausse édition de l’International
Herald Tribune (50 000 exemplaires, principalement
à Bruxelles) ainsi qu’un faux site web
(iht. greenpeace. org), en tout point pareil
à celui du journal (on y retrouve
même de fausses publicités, à
s’y méprendre).
En manchette de cette édition datée
du 19 décembre 2009, on aperçoit les
chefs d’État de France, Nicolas Sarkozy, et
d’Allemagne, Angela Merkel, tout sourire à
la suite d’un accord ambitieux survenu à
Copenhague...
CONGRÈS DES JEUNES
LIBÉRAUX Les automobilistes dans la
ligne de mire
— Les
jeunes libéraux proposent l’instauration de
péages à Montréal et sur les
autoroutes de même qu’une hausse de la taxe sur
l’essence afin de renflouer les coffres de l’État
québécois.
Les automobilistes sont dans la ligne de mire de la
Commission-Jeunesse du Parti libéral du
Québec, qui plaide en faveur d’une vaste
révision de la tarification des services publics.
« En matière de finances publiques, si on
ne prend pas un virage important maintenant, on risque
de terminer notre course dans un mur. Maintenant qu’on
(le Parti libéral) a les deux mains sur le
volant, on n’a aucune excuse pour ne pas prendre ce
virage », a affirmé hier son
président, Julien Gagnon. Il a
dévoilé en conférence de presse le
programme du congrès des jeunes libéraux
qui aura lieu ce weekend à
Sainte-Thérèse. Cinq cents militants sont
attendus et discuteront surtout de finances publiques et
d’environnement.
« On pense qu’il est impératif
d’entreprendre une vaste réforme d’assainissement
des finances publiques qui devra poser les fondements
d’un New Deal écologique », a
souligné Julien Gagnon.
Pour la Commission-Jeunesse, des hausses tarifaires sont
inévitables si le Québec veut sortir de
l’ère des déficits puis accumuler des
surplus. Dans son dernier budget, le gouvernement
Charest a prévu des déficits totalisant 11
milliards de dollars au cours des quatre prochaines
années. Il a également annoncé des
hausses tarifaires à compter de 2011 – « un
rattrapage important et progressif » – , mais
« il faut aller plus loin », estime la
Commission-Jeunesse. Le déclin de la population
active surviendra d’ici à 2014 et la population
âgée de plus de 65 ans doublera dans les 30
prochaines années, ce qui pose des «
défis sérieux » en matière de
finances publiques.
La Commission-Jeunesse suggère la tenue
d’états généraux sur la
tarification des services publics, ce qui n’est pas
l’intention du gouvernement jusqu’à maintenant.
Elle croit qu’une nouvelle loi-cadre sur la tarification
devrait prévoir l’instauration de péages
sur les autoroutes à deux chiffres (10, 20, 40,
par exemple), donc de gestion provinciale. Elle propose
également une hausse des taxes sur les carburants
« afin de refléter leurs coûts
sociaux et environnementaux ».
Elle
souhaite la création d’une « zone de
congestion » à Montréal, comme
à Londres, par exemple. Les automobilistes
devraient payer pour entrer dans cette zone. Cette
mesure servirait exclusivement à financer les
transports collectifs. Les péages seraient en
vigueur du lundi au vendredi durant les heures de
pointe « afin d’encourager le covoiturage et les
méthodes alternatives de transport ».
Avec les péages, « on est capable d’aller
chercher un bon pactole, a dit Julien Gagnon.
Ça peut correspondre au coût de
réparation des routes. L’objectif, c’est que
les automobilistes eux-mêmes financent la
réparation des routes et assument les
coûts de leur comportement. » Cette
année, Québec dépense 3,7
milliards de dollars pour entretenir et
aménager le réseau routier.
Hausse des tarifs d’électricité
La Commission-Jeunesse estime que les tarifs
d’hydroélectricité devraient
également être revus à la hausse
afin de diminuer la consommation d’énergie et
de financer la mise en place de projets
éoliens, par exemple. Une nouvelle grille
tarifaire permettrait toutefois de réduire la
facture des consommateurs dans certains cas,
indique-t-elle. « Ceux qui n’acceptent pas de
changer leurs comportements, c’est leur liberté
la plus stricte. On n’entend pas les en
empêcher, on est libéraux, après
tout. Par contre, on n’a malheureusement plus les
moyens de se payer le luxe du gaspillage, et ces
gens-là devront payer pour les
conséquences de leurs comportements », a
affirmé Julien Gagnon.
La Commission-Jeunesse propose de maintenir à
7$ par jour le tarif des garderies
subventionnées pour le reste du mandat
libéral, comme l’a promis le gouvernement.
Après avoir demandé l’année
dernière de tripler les droits de
scolarité et d’instaurer un impôt
postuniversitaire, elle ne remet plus en question la
décision d’augmenter ces frais de 50$ par
trimestre jusqu’en 2012.
Julien Gagnon juge « nettement insuffisant
» l’objectif du gouvernement de retrouver
l’équilibre budgétaire en 2013-2014.
Cette année-là, Québec doit
dégager un « surplus très
substantiel », « beaucoup plus
élevé qu’un milliard de dollars »,
a-t-il dit. En plus des hausses tarifaires, les jeunes
libéraux demandent de « stopper »
la création de nouveaux programmes, à
l’exception de ceux qui seraient « rendus
urgents ou essentiels par la conjoncture
économique ».
Jean Charest sera à Copenhague
—
Après avoir mis la table pour une nouvelle
partie de bras de fer entre Québec et Ottawa
sur les suites à donner au protocole de Kyoto,
le premier ministre Jean Charest participera, pour la
première fois, à la conférence
des Nations unies sur les changements climatiques, a
appris La Presse Canadienne, hier.
Le
bureau du premier ministre a indiqué que M.
Charest accompagnera la ministre de l’Environnement
Line Beauchamp à Copenhague, l’automne
prochain. «La conférence de Copenhague
revêt une importance qui est toute
particulière étant donné que tous
les participants vont décider des suites
à donner à Kyoto après 2012,
alors effectivement le premier ministre va accompagner
Mme Beauchamp», a déclaré
l’attaché de presse du premier ministre.
Les fabricants seront
obligés de recycler - François
Cardinal
Produits électroniques Nouveau règlement
du gouvernement du Québec
ENVIRONNEMENT
LegouvernementCharestdéposera dans « les
prochaines semaines » un projet de
règlement visant à obliger les
fabricants d’ordinateurs, de piles, d’ampoules et de
cellulaires à reprendre tous les produits
qu’ils vendent, une fois leur vie utile
terminée, afin qu’ils soient recyclés.
PHOTO BLOOMBERG
Selon Recyc-Québec,
près de la moitié des ordinateurs,
cellulaires et autres produits électroniques
finissent leur vie dans un dépotoir. Or, ces
produits électroniques sont remplis de
produits toxiques comme le plomb, le cadmium, le
mercure et le béryllium, ce qui contamine les
milieux naturels.
La Presse a appris que les légistes du
gouvernement viennent tout juste de présenter
à la ministre de l’Environnement, Line
Beauchamp, un projet de règlement cadre qui
pourrait bien être dévoilé
prochainement par le premier ministre Jean Charest.
L’objectif est d’instaurer la «
responsabilité élargie des producteurs
», afin de contraindre ces derniers à
« élaborer, financer, mettre en place et
opérer » un programme de
récupération de leurs appareils, afin de
les détourner de l’enfouissement.
Attendu depuis plus d’un an maintenant, ce document
législatif a nécessité plus de
travail que prévu en raison de sa
complexité: on souhaite pouvoir y greffer
graduellement différents produits
électroniques, af in d’élargir
tranquillement la liste des produits concernés.
« Il y a eu certaines complications juridiques,
a reconnu en entrevue la ministre Beauchamp, car nous
souhaitons que le règlement cadre s’applique
autant aux produits informatiques qu’aux cellulaires
et aux ampoules fluocompactes. Mais là, je peux
dire que le dossier est très, très
avancé. »
Cela signifie que « d’ici quelques semaines
», le dossier pourra cheminer dans l’appareil
politique: publication du règlement, 60 jours
de consultation, analyse des mémoires puis
application. La ministre estime que le retour des
produits comme tel se fera « dans quelques mois
».
Concrètement, cela signifie que les producteurs
devront mettre sur pied un point de collecte pour que
les consommateurs puissent y déposer leurs
biens électroniques désuets. Les
entreprises pourront agir seules, se regrouper ou
donner ce service à forfait.
Qui
payera ?
Cela dit, d’autres éléments expliquent l
’ impor tance du retard accumulé dans ce
dossier, que l’on jugeait de la plus grande importance
il y a plus d’un an. Les fabricants de produits
élec t roniques comme Apple, Dell et Sony,
représentés par Recyclage des produits
électroniques Canada ( RPEC), ont fait des
représentations pour que des « frais
environnementaux » apparaissent sur la facture
du client, une suggestion refusée par la
ministre.
Des études menées ces dernières
années en Europe et aux États-Unis ont
révélé que la prise en charge des
ordinateurs par leurs producteurs s’est traduite par
une hausse moyenne de 1 à 3% du prix au
détail (environ 45$ pour un produit de 1500$).
Ensuite, toujours au sujet du retard, le gouvernement
Charest a jugé nécessaire de coller son
prochain règlement sur celui de l’Ontario,
aussi en cours de rédaction. « Le
Québec et l’Ontario vont être sur la
même page, a précisé Mme
Beauchamp. Ceci est important, notamment pour les
régions frontalières. »
Selon Recyc-Québec, près de la
moitié des ordinateurs, cellulaires et autres
produits électroniques finissent leur vie dans
un dépotoir au Québec. Or, ce qu’on
appelle les technologies de l’information et de la
communication ( TIC) sont remplies de produits
toxiques comme le plomb, le cadmium, le mercure et le
béryllium, ce qui contamine les milieux
naturels.
Un seul écran cathodique peut contenir
jusqu’à 3,6 kg de plomb et un écran
plat, 5 mg de mercure (notons que les
téléviseurs ne feront pas partie du
projet de règlement).
En appliquant le principe de la responsabilité
élargie des producteurs, le Québec se
fixe un objectif de récupération de 35%
de tous les appareils vendus, et ce, dès la
deuxième année d’application du
règlement. On espère ensuite que l ’
augmentat ion atteindra 15% annuellement.
Déjà, au Québec, certaines
industries sont soumises à la
responsabilité élargie : contenants et
résidus de peinture, huiles usagées,
contenants d’huile et filtres à huile
usagés.
Vers une collecte des résidus de
table - Martine Letarte
Montréal est en retard sur bien des villes
en matière de collecte des résidus
de table.
Mais, après des années de
tergiversations, les choses avancent.
« Nous n’avons j a mai s été
si près du but », affirme Chantale
Gagnon, directrice de l ’environnement et du
développement durable à la Ville de
Montréal.
Moment pr a t i quement historique au Conseil
d’agglomération il y a quelques semaines :
alors que depuis 25 ans, les élus de
l’île de Montréal se battent en ce
qui a trait à la gestion des
matières résiduelles, le Plan
directeur de gestion des matières
résiduelles pour 2010-2014 a
été adopté à
l’unanimité.
Les matières organiques représentent
sans contredit le plus grand défi de
l’île concernant la gestion des
matières résiduelles.
« Déjà, le service de collecte
de résidus alimentaires dessert 30 000
foyers dans l’île et nous venons de signer
un contrat pour arriver à nous occuper de
20 000 portes de plus en 2010, ce qui fera que
nous couvrirons 10 % du territoire de l’île
», précise Mme Gagnon.
Toutefois, l’objectif québécois de
mise en valeur des matières organiques dans
les municipalités est de 60 %.
Si on ne peut ra masser davantage de
résidus de table actuel l ement sur l ’
î l e de Montréal, c’est qu’il manque
encore des infrastructures de traitement de la
matière.
«
Le plan précise que nous construirons
quatre centres de valorisation de la
matière organique. Si tout va comme
prévu, les sites devraient être
choisis l’a n prochain, les plans et devis
devraient être réalisés en
2011 et en 2012, puis la construction devrait
commencer pour que l’on puisse traiter la
matière le plus rapidement possible
», explique Mme Gagnon.
Grâce à l’énergie qui sera
produite par le t raitement de la matière
organique, les villes et les arrondissements
souhaitent diminuer leur c onsommat i on
d’énergie fossile.
Lorsque l’île de Montréal
réussira à traiter la matière
o r g a n i q ue , e l l e dev r a i t voi r f
ondre s on nombre de tonnes de matière
résiduelle desti nées à l ’ e
nfouissement. Actuellement, 47 % des
déchets déposés en bordure de
rue par les Montréalais sont des
matières organiques.
Des dossiers plus avancés
Le traitement des résidus verts, comme les
feuilles, les arbres de Noël et les
résidus de jardin, est toutefois beaucoup
plus avancé que celui des résidus de
table.
Chaque arrondissement a sa technique : certains
organisent un service de collecte alors que
d’autres demandent à leurs citoyens
d’apporter leurs résidus verts à
l’écocentre. Les résidus sont
ensuite transformés en compost.
Enfin, l’objectif québécois de mise
en valeur de 60 % de la matière recyclable
dans les municipalités est presque atteint
à Montréal. En 2008, on avait
atteint 53 %.
« Nous avons réalisé que bien
des gens ne recyclaient pas autant qu’ils
l’auraient voulu pa r c e qu’ i l s manquaient de
place dans leur petit bac vert ou bleu. Plus nous
fournissons de gros bacs de recyclage roulants,
plus les gens recyclent », explique Chantale
Gagnon.
EFFORTS À LA POUBELLE
- Philippe Sartre
L’oubli des bacs de recyclage par les
éboueurs risque d’anéantir des
années de sensibilisation
L’auteur réside dans l’arrondissement
Notre-Dame-de-Grâce. Voilà maintenant
plusieurs années que la sensibilisation des
mentalités à l’utilisation des bacs
de recyclage a produit des résultats
notoires à Montréal, et notamment
dans l’arrondissement de Notre-Dame-deGrâce,
où je vis présentement.
Nos poubelles sont aujourd’hui bien moins pleines
que par le passé quand vient l’heure des
deux collectes hebdomadaires. Si peu pleines qu’il
conviendrait sûrement, à brève
échéance, d’inverser les processus
actuels de ramassage de déchets, et de ne
proposer qu’une collecte d’ordures, contre deux de
recyclage chaque semaine.
Lorsque je vois dans ma rue, les lundis et jeudis
matins (jour de collecte de déchets), le
peu de déchets déposés par
mes voisins, et que je compare ces
quantités avec celles présentes dans
les bacs de recyclage (souvent deux ou trois
contenants par foyer) le lundi, je me dis que les
pratiques environnementales nous concernent
désormais tous.
Afin d’éviter d’entasser une multitude de
bacs devant la maison chaque lundi, nous nous
sommes procuré, au mois de mars dernier, un
grand bac de recyclage de couleur bleue sur
roulettes, en vente dans tous les magasins de
bricolage. Ce dernier est très visible et
identifiable grâce à un gigantesque
logo mentionnant sa vocation de contenant de
matières recyclables.
Nous plaçons chaque lundi nos deux
contenants (poubelle beige et contenant de
recyclage bleu) devant la maison et les
séparons de plusieurs mètres dans le
but d’éviter que l’un ne soit pris pour
l’autre dans le cas où la personne
responsable du ramassage ne verrait pas l’immense
logo et ne ferait pas la différence entre
les couleurs bleue et beige.
Malgré toutes ces précautions, il
arrive fréquemment que notre contenant de
recyclage soit totalement oublié
(volontairement ou pas) et que nous devions vivre
avec ce contenant plein à ras bord
jusqu’à la semaine suivante.
À trois reprises cette année, j’ai
contacté le service 311 de la Ville de
Montréal dans le but de faire une
réclamation à ce sujet. Chaque appel
que j’ai fait au 311 a abouti en quelques secondes
et les personnes avec lesquelles j’ai
communiqué ont fait preuve d’un
professionnalisme et d’une écoute sans
faille. Malgré ces plaintes en bonne et due
forme, mon bac de recyclage est toujours invisible
aux yeux de certaines équipes de ramassage.
J’envisage sérieusement la
possibilité de remplir à nouveau ma
poubelle (vide la plupart du temps) dans le but de
réduire le contenu de mon bac de recyclage
et d’être certain que mes déchets
(recyclables ou non) seront ramassés. Je me
questionne aussi sur l’utilité du service
311, qui semble n’avoir aucun effet dans le
traitement de certaines plaintes.
Tout le travail de sensibilisation aux pratiques
environnementales réalisé ces
dernières années risque de se voir
réduit à néant par
l’incompétence de certains, qui ne font pas
leur travail correctement.
La force d’une chaîne doit être
comparée à celle de son maillon le
plus faible, dit-on. J’espère
sincèrement que les maillons
associés au ramassage des déchets
recyclables seront renforcés le plus
tôt possible, au risque, de provoquer chez
les citoyens un retour aux vieilles pratiques
consistant à tout mettre «à la
poubelle».
L’île de Montréal ratifie un plan
de 240 millions - Martin Croteau
Les
villes de l’île de Montréal ont convenu
d’un plan de gestion des matières
résiduelles qui prévoit
l’arrivée du bac brun d’ici cinq ans. Le
conseil d’agglomération a ratifié la
semaine dernière le projet de 240 millions,
dont les grandes lignes ont été
dévoilées en juin.
« C ’est u n pla n qu’on a mis des
années à préparer », a
affirmé le responsable du
développement du rable à
Montréal, Alan DeSousa.
L’agglomération peine déjà
à atteindre son objectif de
récupérer 60 % des matières
recyclables. Elle se donne maintenant jusqu’à
2014 pour implanter la collecte des résidus
de table. Son plan prévoit la construction de
quatre usines pour traiter les matières
putrescibles, et de huit nouveaux écocentres
pour s’ajouter aux six qui existent
déjà.
Mais
le projet n’ira pas loin sans l’aide de
Québec. M. DeSousa compte sur le gouvernement
provincial pour fournir de 85 % à 90 % du
financement.
Karel Ménard, qui dirige le Front commun
québécois pour la gestion
écologique des déchets, estime que
l’agglomération devrait mettre en branle la
collecte de compostage par elle-même,
plutôt que d’attendre le coup de pouce
gouvernemental.
« Québec s’est commis, mais
peut-être que la Ville devrait montrer plus
que de la simple volonté et aller de l’avant
avec des actions concrètes, a-t-il
indiqué. Autrement, ça pourrait
stagner encore. »
Compostage à Montréal : Le
nom bre de foyers desser vis triplera -
FRANÇOIS CARDINAL
A
près des mois de re c herc hes , l a V i l le d e
M o n t r é a l a e n f i n d é n i c h
é u n e e n t r e p r i s e d e compost age, ce
qu i lu i per mett r a d e p o u r s u i v r e l a c o l
l e c t e d e s d é c h e t s o r g a n iq u e s
d a n s l ’ î le et de t r ipler rapidement le
nombre de foyer s desser v is .
C e s o i r , à s a s é a n c e m e n - s
u e l l e , l e c o n s e i l m u n i c i p a l d o i t
a c c o r d e r u n c o n t r a t d e plu s de 1 m i l l
ion de dol la r s à l ’e n t r e p r i s e R e c
yc l a ge N o t r e - D a m e a f i n q u ’el le t r a
ite c h a - que a n née, penda nt t rois a n s ,
plu s de 5 0 0 0 ton nes de résidu s a l i ment a
i res .
C e t t e d é c i s i o n p e r m e t à l
’a d m i n i s t r a t io n T r e m bl ay d e pou sser u
n soupi r de sou lage - ment , c a r el le c ra ig na it
d ’avoi r à i n t e r r o m p r e e n t iè
r e m e n t l a col le c te de résidu s a l i
ment a i res a c t uel lement of fer te d a n s cert a i
n s sec teu r s de l ’ î le .
L a q u ê t e d ’ u n e e n t r e p r i s e d e c
o m p o s t a ge a e n e f fe t é t é a
rdue pou r la V i l le, qu i ava it essuyé u n
éc hec en ja nv ier dern ier avec u n prem ier
appel de sou m ission s . Si des ent repr ises é
t a i e n t b e l e t b i e n i n t é r e s - s
é e s , auc u ne n ’é t a it c on for me a
u x e x i g e n c e s d e l a V i l l e e t d u m i n i
s t è r e q u é b é c o i s d e l’
E nv i ron nement .
O r , s a n s e n t r e p r i s e p o u r r e c e voi r
e t t r a ite r le s dé c h e t s de t able, la
col le c te au ra it tout s i m p l e m e n t é t
é s u s p e n d u e , p e u t - o n l i r e d a n
s u n r é c e n t d o c u m e n t d ’ i n f o r m
a t i o n d u c o m i t é e x é c u t i f
. A u c u n d e s sites de compost age de l ’ î le
n’a la c apac ité n i les autor isation s p o u r
r e c e voi r le s r é s idu s a l i - m e n t a
i r e s d e s c ol le c t e s fa it e s lo c a lement
(les déc hets seront t ra n s por tés
à S a i nte - G enev iève de B er t h ier)
.
C o l l e c t e à t r o i s vo i e s
L ’ e n t e n t e a v e c R e c y c l a g e N o t r e -
D a m e p e r m e t t r a a i n s i de ma i nten i r la
collec te à trois voies là où elle
est of fer te, soit da ns le Plateau-Mont-Roya l ,
à Côte-Sa i nt-Luc , à Poi nte-Cla i
re e t à We s t m o u n t , m a i s a u s s i de
l ’é te nd r e à u n plu s g r a nd nombre
de foyer s , et ce, da n s les plus brefs déla is
, selon A la n DeSousa , responsable de l’env iron
nement au com ité exéc uti f.
« N ou s s ou h a iton s a g i r t rè s r a
p i d e m e n t » , a - t - i l i n d i q u
é , r e c o n n a i s s a n t q u e c e d o s -
sie r a c c u s e u n c e r t a i n re t a rd . D a n s
l e s p r o c h a i n s m o i s , d o n c ? « E n
c o r e plu s v it e q ue c e l a , p o s s ible m e n t
. J ’a i v r a i - ment l ’i ntent ion d ’a c
célérer le déploiement de cet te
col lec te », a - t-i l répondu .
L e cont rat per met t ra de fa i re pa s s e r de 1 5 0
0 0 à 5 0 0 0 0 le n o m b r e d e f o ye r s d e
s s e r v i s . L a V i l l e n e s a i t p a s e n c o
r e s i el le c o n s ol id e r a l a c ol le c t e d e
d é c h e t s d e t a ble d a n s le s quat re
com mu nautés déjà des - ser v ies
ou si el le of f r i ra plutôt l e s e r v i c e d
a n s d e n o u ve a u x a r rond issement s .
«
Nou s pou r r ion s bien l ’étend r e à d
e s c o m m u n a u t é s o ù les t au x
de rec yc lage ont déjà at tei nt l ’obje
c t i f de 6 0 % , pré - c ise M . D eS ou s a .
C ela per mett ra it à cel le s qu i ont u n t au
x plu s fa ible de se concent rer su r le rec yclage, su
r la sen sibi l isa - tion des c itoyen s . »
H o r m i s l e s s e c t e u r s d é j à
desser v is pa r la col lec te à t rois voies , t
rois a r rond issements et t rois v i l les l
iées ont dépa ssé la c ible de 6 0
% e n 2 0 0 8 : S ud - O u e s t , R o s e m o n t - L a
P e t i t e - P at r ie, V i l le - M a r ie, S en nev i
l le, H a mpstead et B a ie - d ’ Ur fé .
L e s d é c h e t s o r g a n i q u e s ( r
é s i d u s d e t a b l e e t r é s i d u
s ve r t s c o n f o n d u s ) c o n s t i t u e n t pa
s moi n s de 47 % de l ’en sembl e d e s d é c h
e t s d o m e s t iq u e s d e l ’a g g l o m é r
a t i o n . L a p o l i - t i q u e q u é b
é c o i s e d e g e s t i o n de s m at
ière s ré siduel le s , dont l ’é c
h é a n c e é t a i t l e m o i s d e
décembre 2 0 0 8 , f i xa it u n obj e c - ti f
de va lor isation de 6 0 % des dé c he t s or ga
n iq ue s . O r, p ou r l’heu re, le t au x ne
dépa sse pa s 8 % da n s l ’agglomérat ion
, 6 % su r le ter r itoi re de la V i l le de Mont
réa l .
L’ent repr ise Rec yc lage Not re - Da me t ra itera
donc les déc hets de t able pou r u ne pér
io de de t r o i s a n s a u c o û t d e 6 5 $ l a
ton ne. Cela se t radu it pa r u ne fac t u re de 1 , 0
5 m i l l ion de doll a r s p o u r l ’a g g l o m
é r a t i o n d e Mont réa l (v i l le et
v i l les l iées) .
R appelon s que, en j u i n dern ier, l ’ad m i n ist
ration T remblay a dû revoi r son objec ti f d ’i
mp l a n t a t i o n d u c o m p o s t a g e à la
g ra ndeu r de l’ î le pa rce que l e s é c
o l o g i s t e s l e j u g e a i e n t i naccept able .
Plutôt que 2 018 , la V i l le entend a i n si l
’étend re dès 2 01 2 . P r è s d e
15 0 0 0 f oye r s s o n t d e s s e r v i s d a n s l
’a g g l o m é ra t io n :
P l a te a u M o n t-Roy a l : 30 0 0 f oye r s
C ôte -S a i n t-L u c : 50 0 0
Po i n te - C l a i re : 250 0
We s t m o u n t : 420 0
Lancement d’un nouveau bac de
récupération
Le prototype
sera à l’essai dans trois arrondissements en juillet
Dans les trois prochains mois, 3000 familles
montréalaises pourront déposer leurs
boîtes de conserve vides, journaux et autres objets
recyclables dans un bac vert plus ergonomique et plus
léger. Le prototype, dévoilé hier,
permettra d’augmenter le nombre de matières
recyclées dans la métropole, promet le
responsable des dossiers de développement durable et
d’environnement à la Ville de Montréal, Alan De
Sousa.
PHOTOROBERTMAILLOUX, LA
PRESSE
Le fait que le nouveau bac de
récupération est refermé sur le dessus
empêchera les matières recyclables de s’envoler
au vent. Sur la photo, Alan DeSousa, responsable des
dossiers de développement durable et d’environnement
à la Ville de Montréal, Claude Trudel (
Verdun), Michael Applebaum
(Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce) et Helen
Fotopulos (Plateau Mont-Royal) montrent le fameux bac.
Le nouveau réceptacle sera testé dans les
arrondissements de
Côte-des-Neiges-Notre-Damede-Grâce,
Plateau-Mont-Royal et Verdun dès le 11 juillet.
Le récipient, qui ressemble à un panier à
lessive, mais en plus étroit, peut contenir
jusqu’à 72 litres de matières
récupérables. Les bacs conventionnels ont une
capacité de 55 à 64 litres.
« Nous voulions développer un outil plus facile
à utiliser pour le citoyen et le collecteur, a
expliqué Alan De Sousa. Le fait qu’il est
refermé sur le dessus empêchera les
matières recyclables de s’envoler au vent, donc
ça va améliorer la propreté à
Montréal. »
Si les essais sur le terrain sont concluants, la Ville de
Montréal pourrait produire jusqu’à 500 000 bacs
d’ici 2011, pour une facture totale de 6,7 millions de
dollars. La production de ce nouveau contenant coûtera
environ 16 $ l’unité, alors que la fabrication d’un bac
traditionnel se chiffre entre 5 et 6$.
Deux fois plus
de bacs bruns à Montréal ?
En plus de l’apparition d’un nouveau type de bac de recyclage,
le nombre de foyers admissibles à la collecte de
compost pourrait également bientôt doubler.
Quatre arrondissements prennent déjà part
à un projet pilote de collecte de restes de table. Pour
y arriver, Montréal a signé un contrat avec un
centre de collecte de matières putrescibles de
Berthierville pour récolter 5000 tonnes de
matières compostables.
Cette semaine, un appel d’offres pour amasser 5000 tonnes
supplémentaires sera lancé, a affirmé
Alan De Sousa.
« On va y aller étape par étape, mais
j’espère retourner devant le comité
exécutif cet été pour faire approuver des
budgets additionnels et ainsi élargir le territoire de
collecte. »
Sur le Plateau Mont-Royal, l’un des arrondissements qui
participent au projet, 59 tonnes de matières
putrescibles sont détournées des sites
d’enfouissement depuis le lancement du projet, en
décembre 2008. Près de 1900 foyers sur les 2000
contactés ont décidé de participer au
projet.
Un… euh… un machin de recyclage -
Marc Tison
L’IDÉE
DE DÉPART D’UN BAC DE RECYCLAGE SOUPLE A
ÉTÉ RECYCLÉE À
RÉPÉTITION. JUSQU’À UN RÉSULTAT
TOTALEMENT NOUVEAU… ET ÉTONNANT.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage
montréalais a été présentée
aux médias lundi dernier. Au cours des prochaines
semaines, 3000 exemplaires seront distribués dans
quatre arrondissements.
En janvier 2008, le bureau du designer industriel Claude
Mauffette débordait de modèles de bacs de
recyclage en toile de plastique – des sacs à fonds
rigides montés sur une structure tubulaire.
Le
modèle actuel, injecté en une seule
pièce. Le couvercle est relié à la
paroi par une ligne amincie, qui fait office de
charnière. Les courbures de la paroi et de l’arc du
couvercle se joignent en un pli dont la
géométrie n’est stable qu’en deux positions :
ouvert ou fermé.
La semaine dernière, il était plutôt
encombré de contenants en plastique, à mi-chemin
entre le cabas et le panier à lessive. Malgré
les apparences, l’un est l’ancêtre de l’autre. Entre les
deux, un an et demi d’anxiété et de travail
acharné.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage
montréalais a été présentée
aux médias lundi dernier. Au cours des prochaines
semaines, 3000 de ces contenants semi-souples, moulés
par injection en polypropylène, seront
distribués aux résidants de quatre
arrondissements, pour en tester les performances. Le contenant
de 72 litres pèse environ le même poids qu’un bac
classique de 55 litres, soit 1,7 kg.
Il montre une base elliptique et un sommet en arc de cercle,
fermé par un couvercle muni d’une poignée. Ce
couvercle s’articule autour d’une longue charnière
continue, qui court sur toute la longueur d’une paroi. C’est
l’élément le plus ingénieux du produit et
il n’apparaissait pas sur les modèles initiaux.
Il reprend le principe de la « boîte en forme
d’oreiller », mieux connue comme emballage de chaussons
aux pommes chez McDonald.
La courbure de la paroi et l’arc du couvercle se joignent en
une charnière dont la géométrie n’est
stable qu’en deux positions : ouverte ou fermée. Pour
passer de l’une à l’autre, il faut induire une
déformation qui agit comme un ressort.
Pour vider le bac, le collecteur le saisit par la
poignée du couvercle, le soulève et place son
autre main dans une seconde prise, creusée sous la
base.
De son côté, le citoyen a le
bénéfice d’une poignée de transport
percée au sommet d’une paroi.
Une longue métamorphose
Claude Mauffette avait remporté le concours
organisé pour la conception du nouveau bac de recyclage
de la Ville de Montréal. Son concept était
audacieux mais avait séduit le jury: plutôt qu’un
bac rigide, il proposait un contenant souple, haut et mince,
portable d’une main dans les escaliers. Un fermoir le
pinçait à son sommet, pour éviter que son
contenu soit semé à tous vents. Pour le vider,
le collecteur le saisissait pas une poignée
latérale, ce qui dégageait en même temps
le fermoir. Ce concept gagnant avait été
présenté aux médias en janvier 2008.
Un
événement heureux. Mais Claude Mauffette riait
jaune. Il lui fallait encore mettre la chose au point. «
On était conscient que le modèle avec lequel on
avait gagné le concours avait plein de qualités,
mais que ce ne serait pas celui qui se retrouverait en
production, relate-t-il. Stressant. On avait beaucoup de
pression. »
Les faits lui ont rapidement donné raison. Quand il a
demandé à un manufacturier
spécialisé dans les sacs une estimation des
coûts de fabrication, la guillotine est tombée :
60$ par unité. Impasse.
Pour réduire les coûts d’une production en grande
série, la réponse typique est le moulage de
plastique par injection. Mais il s’agissait dès lors
d’un tout autre produit.
Après quelques mois fiévreux, nouvelle
présentation publique, en novembre 2008. Cette fois, la
toile tendue a cédé sa place à deux
parois ajourées, articulées sur leurs
arêtes par deux tiges. C’est avec ce modèle
qu’est apparu le couvercle elliptique. Le produit comptait six
pièces différentes.
Claude Mauffette nourrissait alors deux préoccupations
: la prise au vent à vide et le rangement à
plat. Le fond du contenant montrait la même courbure en
arc de cercle que le couvercle, afin de se replier selon le
même principe.
Pour tester la prise au vent, le CRIQ a fait des tests avec un
ventilateur de canon à neige. Surprise: le bac au fond
plein ne se comportait pas plus mal que celui au fond
ajouré. Sur un autre front, le comité de suivi
de la Ville de Montréal a relevé une
conséquence imprévue du repliement à plat
: dans la rue, sous 4 cm de neige fraîchement
tombée, le contenant aplati « se transforme en
crazy carpet, explique Claude Mauffette. Ce qui semblait une
qualité est ressorti comme un empêchement majeur.
»
Tous ces facteurs l’ont amené à faire un pas de
plus : mouler le bac en une seule pièce, avec un fond
plat.
C’est ce dernier avatar qui sera testé au cours des
prochains mois.
Après avoir franchi tous ces obstacles, Claude
Mauffette est à peine moins nerveux. Il sait qu’avec un
projet aussi innovateur, il marche sur des oeufs. La longue
charnière intégrée doit résister
aux épreuves du temps et du froid. Le contenant doit
avoir une durée de vie de sept ans.
Le designer connaît déjà certains des
éléments à améliorer. La «
poignée du collecteur », au centre du couvercle,
est trop étroite pour les mains gantées des
vigoureux travailleurs. « Pourquoi on ne l’a pas
prévu plus tôt ? Parce qu’on n’y avait pas
pensé », reconnaît-il.
Au finish – ou près du finish –, le résultat
ressemble bien peu à l’idée de départ.
Mais l’esprit est demeuré, soutient Claude Mauffette.
« C’est ça, le processus de design industriel. Et
il y a en plus un côté inventif important: la
Ville a pris un brevet sur ce produit. »
ST-LOUIS
INDUSTRIES D’ACTON VALE Haro sur l’asphalte usé
Éric
St-Louis ne comprend pas pourquoi on ne recycle pas à
leur juste valeur les centaines de milliers de tonnes
d’asphalte excavées chaque année sur les
routes du Québec. Selon lui, chaque tonne
remplacée coûte au minimum 100$. Sa solution :
réutilisons encore mieux l’asphalte recyclé.
PHOTO STÉPHANE
CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE
Éric St-Louis,
président de St-Louis Industries, affirme pouvoir
recycler à leur juste valeur les centaines de
milliers de tonnes d’asphalte excavées chaque
année sur les routes du Québec.
M. St-Louis est à la tête d’une entreprise
spécialisée dans la fabrication
d’équipements de recyclage d’asphalte. La seule du
genre au Québec, dit-il. Sa PME, St-Louis I
ndustries, à Acton Vale, est prête à
bondir et n’attend qu’une chose : que les gouvernements et
les municipalités reconnaissent enfin les nombreux
avantages liés au recyclage de l’asphalte.
Selon Recyc-Québec, le taux de
récupération des résidus des projets de
construction, rénovation et démolition (CRD)
de nos routes atteint 69%. Ce qui n’est pas rien. « La
plupart des entreprises d’asphaltage
récupèrent l’asphalte in situ »,
explique Jeannot Richard, vice-président à la
direction des opérations de Recyc-Québec.
Cette statistique n’impressionne guère Éric
St-Louis. « L’asphalte récupéré
est surtout utilisé pour faire du remblai. Ça
remplace en fait du gravier qui vaut environ 10$ la tonne.
Mais après, pour rechausser les routes, on remet de
l’asphalte neuf qui coûte 100$ la tonne. Moi, ce que
je propose, c’est de l’équipement qui produit de
l’asphalte à 10$ la tonne », dit-il.
Trois produits
St-Louis Industries fabrique trois produits : un «
chauffe-joint » (pour solidifier les joints pendant le
revêtement de la chaussée) ; un « t
hermo-rapiéceur » (qui sert à chauffer,
un peu comme un grille-pain, une surface d’asphalte
donnée) et, bien sûr, un « recycleur
d’asphalte ».
Ce recycleur est en fait une benne (dont les modèles
ont une capacité de 2 à 12 tonnes) dans
laquelle le vieil asphalte est chauffé puis
broyé. Au bout de huit heures, il en ressort un
asphalte prêt à être utilisé comme
revêtement.
« La matière première ne coûte
rien. Ce qui coûte 10$, c’est la quantité de
combustible (propane ou gaz naturel) utilisé »,
fait valoir Éric St-Louis, un gars de construction
qui a notamment travaillé à la Baie-James et
à Churchill Falls.
Les
recycleurs d’asphalte de la PME coûtent entre 40 000 $
et 125 000$. Leur espérance de vie est d’environ 25
ans, indique Éric St-Louis. « Et selon
l’utilisation qu’on en fait, un recycleur peut être
rentabilisé en deux ans », dit-il. À ce
jour, il en a notamment vendu à la Ville de Gatineau
et s’apprête à en livrer un à
Terrebonne.
Le produit est déjà connu à
l’étranger, car avant d’en être l’unique
dépositaire, Éric StLouis a travaillé
pour l’entreprise américaine qui a inventé le
recycleur d’asphalte. M. St-Louis se présente
d’ailleurs comme le « gardien de la recette »,
c’est-àdire de la technologie de recyclage d’asphalte
à l’infrarouge inventée dans les années
60 par l’Américain Anton Heller. En 2000, l’homme
d’affaires québécois a acheté l’usine
américaine de M. Heller pour ensuite en rapatrier les
activités au Québec.
La PME ne compte que quat re employés en
période de pointe. Pour la fabrication de ses
produits, elle fait appel à une poignée de
sous-traitants québécois. Les revenus de
StLouis Industries, qui a vendu son premier appareil en
2005, sont actuellement d’environ 300 000$. L’objectif est
d’atteindre les deux millions sous peu. « Mon but
ultime, c’est que toutes les municipalités du
Québec possèdent un de mes recycleurs »,
affirme Éric St-Louis.
Contre les nids-de-poule
L’utilisation du recycleur d’asphalte serait
particulièrement efficace en hiver et au printemps,
lorsque les nids-de-poule font leur apparition sur les
routes du Québec.
« Les fabricants d’asphalte chaud ne sont pas encore
ouverts à cette époque de l’année. Le
ministère des Transports et les municipalités
utilisent ce qu’on appelle de l’asphalte froid, un produit
temporaire. Nos équipements permettent de fabriquer
de l’asphalte chaud toute l’année », rappelle
Éric St-Louis.
Le président de St-Louis Industries n’est pas le seul
à s’intéresser au recyclage d’asphalte. Il
existe ailleurs au Canada une entreprise de recyclage
basée à Halifax qui a mis au point un
procédé pour séparer d’anciens bardeaux
d’asphalte en deux produits. L’un de ces produits est une
poussière d’asphalte, qui peut être
recyclée en revêtement de chaussée.
La technologie de M. St-Louis dérange, dit-il.
« Nos équipements ont déjà fait
l’objet de sabotage. Produire de l’asphalte à un prix
aussi bas, ça peut en déranger certains. Mais
je peux vous dire une chose: je ne lâcherai pas tant
que ma technologie ne sera pas reconnue »,
martèle-t-il.
ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac
distribué
Après Loblaw, au tour de Metro de faire payer ses clients
pour les sacs de plastique. Le géant de l’alimentation
souhaite ainsi réduire de moitié le nombre de sacs
distribués dans ses magasins.
Les sacs
de plastique et de papier ne seront plus fournis gratuitement
dans les épiceries Metro et Super C du Québec et
de l’Ontario.
La Presse a appris que Metro annoncera aujourd’hui qu’elle
emboîte le pas à son concurrent, en exigeant
dorénavant 5¢ pour chaque sac demandé dans
l’ensemble de ses magasins du Québec et de l’Ontario. La
mesure sera implantée graduellement d’ici le 1er juin.
Metro inc. (Metro et Super C) est ainsi le deuxième des
trois grands groupes de l’alimentation à exiger un
paiement pour les sacs d’emplettes, après Les Compagnies
Loblaw ltée (Loblaws, Provigo et Maxi).
Notons queMetro va un peu plus loin en faisant payer
également les sacs de papier. Son objectif est de
réduire de 50% le nombre de sacs normalement
distribués d’ici la fin de l’année 2009.
Le geste de Metro s’inscrit dans une tendance forte née
il y a quelques mois. Outre Loblaw, IKEA et Rona ont aussi
décidé d’exiger 5¢ pour les sacs, une mesure
tremplin qui permettra éventuellement à ces deux
bannières de cesser carrément de distribuer des
sacs, comme le fait déjà la Société
des alcools du Québec (SAQ).
Parmi les gros acteurs de l’alimentation, Sobeys inc. ( IGA,
marchés Bonichoix et Tradition, Rachelle-Béry) est
donc le seul à continuer à donner ses sacs, une
mesure qu’on n’a aucunement l’intention de changer.
« Ce n’est pas dans notre lorgnette pour l’instant, a
indiqué le porte-parole, Alain Dumas. Nous croyons
davantage à la sensibilisation qu’au bâton pour
influencer le comportement des consommateurs. »
Sobeys a mis
fin l’an dernier à sa pratique consistant à
donner 3¢ aux clients pour chaque sac réutilisable
qu’ils apportaient, soulignant que selon ses sondages
internes, cette mesure avait peu d’effet.
En lieu et place, IGA met aujourd’hui à la disposition
de ses clients de gros contenants dans lesquels ils peuvent
déposer leurs sacs de plastique usagés, afin
qu’ils soient recyclés. « Nous
préférons l’approche participative », a
ajouté M. Dumas, précisant que les recettes
provenant des sacs réutilisables sont versées au
Jour de la Terre.
Quant à Metro, il versera une partie des recettes
engrangées par la vente des sacs de plastique à
des projets environnementaux, comme le fait Loblaw.
L’entreprise créera à cette fin le Fonds
Éco École.
L’objectif est d’investir 2millions de dollars (1 million par
province) dans ce fonds, afin d’encourager les écoles
« qui font des gestes concrets en faveur de
l’environnement et du mieux-être collectif ». Plus
précisément, l’entreprise offrira des bourses
aux institutions d’enseignement pour développer des
projets soumis autant par les élèves que par les
enseignants.
Quel l e appro c he e s t la meilleure? La taxe au sac, le
remboursement, ou l’offre de recyclage ? Bien difficile
à dire pour l’instant, car les entreprises commencent
tout juste à les appliquer.
Pour l’heure, précisons que Loblaw espère
réduire d’un milliard la quantité de sacs en
plastique acheminés vers les lieux d’enfouissement
d’ici la fin de 2009. Metro compte réduire de
moitié le nombre de sacs distribués durant la
même période. Quant à IGA, il a
noté une réduction de 25% des sacs
distribués depuis qu’il offre des sacs
réutilisables.
Donnée intéressante : les magasins de la
chaîne Loblaw qui ont exigé ces derniers mois 5
¢ par sac, dans le cadre de projets pilotes, ont
constaté une réduction de leur utilisation de
55% à 75%. Ceux qui, en revanche, offraient un
remboursement de quelques sous pour chaque sac
réutilisable ont noté une timide
réduction de sacs distribués d’à peine
4%.
En 2006, on évaluait qu’environ 2 milliards de sacs
étaient distribués chaque année au
Québec, ce qui correspond à environ cinq sacs
par semaine par personne. On estimait alors que 87% de ces
sacs prenaient le chemin du dépotoir, où ils
représentent moins de 2% de l’ensemble des
déchets résidentiels.
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins
cher
Une entreprise
de Les Coteaux, à l’ouest de Montréal, pense
avoir trouvé la solution pour améliorer
l’efficacité des réfrigérateurs
utilisés dans les supermarchés. Et pour
augmenter la cadence de production, elle est en train
d’agrandir son usine, d’ajouter de l’équipement et
d’embaucher des employés.
«
Si tout va comme prévu, notre plus grand défi
sera de fournir la demande », estime Serge
Dubé, président du Groupe CSC.
« C’est le système de l’avenir ! » lance
Serge Dubé, président du Groupe CSC.
Son nouveau
produit, l’Eco-System, combine à la fois la
réfrigération, la climatisation, la
ventilation, la déshumidification, le chauffage et
les contrôles. L’entreprise possède des brevets
d’invention et des droits d’auteur mondiaux dans une
centaine de pays.
Ce comptoir réfrigéré, de 35 pieds de
long sur 11 pieds de large, permettrait de réduire de
façon substantielle les émissions de gaz
à effet de serre dans l’environnement.
« Jusqu’à 3900 fois moins que les technologies
actuelles qui utilisent des réfrigérants
synthétiques », précise le dirigeant.
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins
cher
Mais, plus
encore, ce nouveau système abaisse
significativement les coûts d’exploitation et
d’entretien des épiceries et des marchés
d’alimentation.
Ses technologies de récupération diminuent
les frais de consommation d’énergie. « Les
coûts de réfrigération sont
réduits de moitié, dit M. Dubé. Pour
un magasin de 50 000 pieds carrés, on parle de
dizaines de milliers de dollars par année. »
De plus, ce système éliminerait les
coûts de chauffage. Dans ce cas, les
économies annuelles s’élèveraient
à plus de 60 000$ par supermarché, selon le
président.
« La récupération de chaleur permet
souvent de chauffer la totalité du
supermarché, incluant les allées, le
portique, l’arrière réservé aux
employés, l’entrepôt, l’eau chaude et les
quais de réception », précise-t-il.
Sans compter, ajoute M. Dubé, que le système
génère des frais d’entretien 30% moins
coûteux. Il utilise aussi cinq fois moins de
réfrigérants (et ils sont dix fois moins
coûteux). De l’intérêt pour le
système Des magasins sont déjà
intéressés par cette nouvelle technologie.
Des ententes ont été signées avec IGA
à Coteau-du-Lac, IGA Quintal à Laval, IGA
Gagné à Québec, Metro GP à
Québec et IGA Cookshire.
Le premier des cinq projetspilotes sera mis en service
à Coteau-du-Lac le mois prochain.
Pour être certain que tout fonct ionne bien, le
Groupe CSC a développé son produit en
laboratoire. « On a simulé un magasin de 25
000 pieds depuis un an, dit Serge Dubé. Je suis
très fier des résultats. Nous sommes en
train de faire une révolution dans le monde de
l’alimentation. »
L’entreprise a de grands espoirs pour l’Eco-System.
« Notre but est de le commercialiser rapidement, dit
le président. D’ici cinq ans, on pense
réaliser des revenus de 100 millions (par rapport
20 millions aujourd’hui). »
Le marché canadien, à lui seul, compte 6500
détaillants en alimentation.
« Notre système de dégivrage
plaît aussi aux détaillants, souligne Serge
Dubé. Parce que la température varie moins,
on a une meilleure qualité de produits dans le
comptoir réfrigéré et dans les
congélateurs. »
Un plus pour l’environnement
Pour répondre à la demande, le Groupe CSC
investit 1 million pour faire un agrandissement de 17 000
pieds carrés à son usine de 30 000 pieds
carrés à Les Côteaux. La fin de la
construction est prévue cet été.
L’entreprise embauchera 30 nouveaux employés dans
les prochains mois. Elle prévoit doubler ce nombre
d’ici la fin de 2010.
« Si tout va comme prévu, notre plus grand
défi sera de fournir la demande, avance le
président. Il faudra aussi bien former les
employés. »
Serge Dubé est particulièrement fier de
l’aspect écologique du nouveau système.
« C’est vraiment plaisant, car nous sommes en train
de présenter quelque chose qui n’existe pas
ailleurs dans le monde », dit-il.
Selon ses ca lculs , si les 6500 détaillants
canadiens utilisaient tous l’Eco-System, cela
entraînerait une baisse des gaz à effet de
serre équivalant au retrait de la circulation de 2
millions d’automobiles.
ENVIRONNEMENT
- Idéal, le scooter électrique ? -
FRANÇOIS CARDINAL
Le scooter semble minuscule à côté du
gros autobus. Et pourtant, à l’intersection, c’est le
plus petit qui attire les regards. Curieux, le chauffeur de la
STM ouvre même sa fenêtre pour examiner le
deux-roues. Puis son visage s’illumine: « Hein!?! Il est
vraiment tout électrique? »
Signe d’acquiescement. Sourire. Puis
le scooter file à vive allure dans un silence complet,
sans l’ombre d’un nuage polluant.
Fabriqué par une entreprise taiwanaise, l’EVT-168 ne
possède pas de bougies, de réservoir à
essence, de catalyseur ni même de pot
d’échappement. Totalement électrique, il est
plutôt doté d’un ensemble de batteries et, ce qui
le caractérise, d’un moteur-roue (oui, oui, comme celui
qu’a abandonné Hydro-Québec).
Oubliez donc les centimètres cubes, ce scooter est
équipé d’un moteur de 1500 W, la puissance la plus
élevée de sa catégorie (équivalent
à 49 cm3). Unwatt de plus et le permis de moto est
obligatoire.
Il ne s’agit donc pas ici d’un vélo déguisé
en scooter, comme il y en a tant en ville, mais plutôt
d’un réel cyclomoteur capable d’atteindre près de
60 km/h en quelques secondes, d’emprunter les ponts
JacquesCartier et Victoria, de se faufiler dans la congestion la
plus lourde et de se garer presque n’importe où, tout
à fait gratuitement.
Mais bon, que valent tous ces avantages si le scooter tombe en
panne de courant après seulement quelques
kilomètres? Qu’en est-il donc de l’autonomie du bolide?
L’EVT-168 est doté d’un bouton qui vous permet d’alterner
entre deux modes de conduite: « économie » ou
« puissance ». Entre les deux, 10 km/h de
différence... et toute une capacité
électrique.
Vous vous maintenez à « économie » et
acceptez ainsi de ne pas dépasser 45 km/h (ce qui est
loin d’être évident)? Vous obtiendrez une autonomie
d’environ 70 km, soit l’équivalent du tour de l’île
de Montréal à vol d’oiseau. Si, au contraire, vous
roulez constamment « dans le tapis », vous ne
dépasserez pas les 30 km (40 kmselon le constructeur,
mais croyez plutôt celui qui a dû pousser le scooter
après le 29e kilomètre...)
Bref,
l’autonomie varie entre 30 et 70 km, ce qui n’est pas suffisant
pour le « vendeur de commerce », il est vrai, mais
qui l’est amplement pour les navetteurs urbains, même ceux
de la proche banlieue. Surtout s’ils ont accès à
une prise de courant au bureau.
Car pour charger la bête, rien de plus simple. On la
branche dans une prise ordinaire. En une heure, la batterie est
rechargée aux deux tiers; en quatre heures, elle est
pleine. Le coût: moins de 10¢ la charge.
« Elle est finie, l’époque où les scooters
électriques étaient peu fiables, peu rapides et
manquaient d’autonomie, estime David Goldmann,
propriétaire de la boutique Ecomoto, à
Montréal. Mais leur popularité est
néanmoins limitée, car les gens ne font pas encore
la différence entre un vélo électrique et
un scooter. »
Mais il n’y a peut-être pas que cela. Si le scooter
électrique jouit d’incontestables avantages, il compte
aussi certains désagréments: le fait qu’il n’y ait
pas de bornes de recharge en ville comme il en existe à
Paris, la courte durée de la saison de scooter et,
surtout, son prix.
Doté de batteries au lithium, le EVT-168 se
détaille 5000$, soit le même prix qu’une Vespa
italienne de bien meilleure qualité. Suffit de rencontrer
un nid-de-poule pour s’en convaincre... La facture baisse certes
à 3700$ avec des batteries au plomb, mais ces
dernières ne durent qu’un peu plus de deux ans (600$ le
remplacement).
« C’est vrai, mais pourquoi exiger d’un scooter ce qu’on
ne demande pas à une auto? s’interroge David Goldmann.
Quand vous achetez une voiture, demandezvous le prix des freins
ou des pneus d’hiver? »
Bonne question. Malgré les problèmes
environnementaux qui s’aggravent, nous exigeons encore
aujourd’hui que les produits « éco » soient
au même prix que les produits nocifs pour l’environnement,
voire moins chers encore. Prenez la Prius, par exemple: on ne
l’achètera que si le prix de l’essence est assez
élevé pour « rentrer dans notre argent
», même si on n’exige pas la même chose d’une
auto luxueuse, d’un VUS ou d’une voiture sportive.
Comme si le faible impact environnemental d’un véhicule,
qu’il ait deux ou quatre roues, n’était pas en soi une
valeur ajoutée.
Le bac brun pour tous d’ici 2014 -
Charles Côté
Montréal mise sur le compostage des déchets de
table
D’ici cinq ans, tous les citoyens de l ’ î le de
Montréal feront connaissance avec le « bac brun
», cousin du bac de recyclage, selon les termes du Plan
directeur de gestion des matières résiduelles,
dont les grandes lignes ont été
dévoilées hier.
PHOTO IMACOM
La Ville de Montréal a
l’intention d’implanter la collecte séparée
des déchets de table d’ici 2014.
L’agglomération montréalaise a en effet
l’intention d’implanter entre 2012 et 2014 la collecte
séparée de déchets de table et de
construire quatre usines de compostage.
Il ne manque que la confirmation d’un financement provincial,
dans le cadre d’un programme annoncé dans le budget
2009.
Le but est de réduire la quantité de
déchets enfouis, affirme Alan DeSousa, membre du
comité exécutif de Montréal et
responsable de l’environnement et du développement
durable. « Chaque personne produit une demi-tonne de
déchets par année et c’est beaucoup trop
», affirme M. DeSousa.
Cela signifierait le passage de deux collectes d’ordures
hebdomadaires à une seule. Déjà, 50 000
personnes sont desservies par la collecte de résidus de
table dans l’île, dans des parties du PlateauMont-Royal,
de Côte-Saint-Luc, de Pointe-Claire et de Westmount.
Le plan présenté par M. DeSousa doit être
adopté par le conseil d’agglomération au mois
d’août. Ce conseil présidé par le maire
Gérald Tremblay regroupe toutes les
municipalités de l’île et représente 1,8
million d’habitants.
Le plan
prévoit des dépenses de 240 millions sur 10 ans.
Huit nouveaux écocentres s’ajouteront aux six
existants. Celui de LaSalle sera en chantier cet automne.
Celui de Saint-Laurent suivra l’an prochain. Les
écocentres sont des endroits où les citoyens
peuvent porter leurs objets réutilisables, leurs
déchets dangereux et leurs débris de
démolition.
L’agglomération peine toujours à atteindre
l’objectif de recycler 60% du métal, du papier, du
verre et du plastique. Le taux pour 2008 était de 53%.
Mais on attend beaucoup de la distribution déjà
amorcée de bacs roulants de grande capacité.
« On vise 80% », affirme Chantal Gagnon,
directrice de l’environnement à la Ville de
Montréal.
Le plan a beaucoup été amélioré
depuis le projet présenté l’an dernier, selon
André Porlier, du Conseil régional de
l’environnement de Montréal. « Ils ont
rapproché les objectifs, dit-il. On ramène
ça à 2012 au lieu de 2017. Ça envoie un
message très fort aux autres villes de la
région. »
Paradoxalement, l’annonce de l’implantation des bacs bruns
à Montréal survient quelques heures après
celle par Québec de l’agrandissement des deux plus
grands dépotoirs de la région.
En ef fet , la minist re du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a annoncé
coup sur coup l’agrandissement du lieu d’enfouissement
technique de Waste Management à Sainte-Sophie, dans les
BassesLaurentides, et celui de BFI à Terrebonne. Au
total, ces deux dépotoirs pourront accueillir 2,7
millions de mètres cubes de déchets par
année, au cours des cinq prochaines années, soit
exactement pendant la période où Montréal
implantera sa nouvelle collecte. « Québec envoie
un drôle de message », affirme M. Porlier.
Mais M. DeSousa n’y voit pas de contradiction. « Notre
plan est sérieux, dit-il. Nos cibles sont bien
déterminées. Peut-être même qu’un
prolongement de la vie de ces deux sites ne sera pas
nécessaire. »
À l’école sans ma voiture -
François Cardinal
Àl’initiative
d’un
jeune de 5e secondaire, une centaine
d’élèves de l’académie Royal West
se rendront à l’école à
vélo, mardi. Ils se rendront à
Montréal-Ouest sur deux roues, d’aussi loin
qu’Ahuntsic, Baie-D’Urfé et L’Île-Bizard.
L’objectif est de souligner la journée En ville
sans ma voiture, mais, ce faisant, ces jeunes
s’attaquent à un problème qui sévit
maintenant à longueur d’année: la
motorisation grandissante du transport scolaire.
Résumons la chose: plus il y a d’autos
près des écoles, plus les parents
craignent que leurs enfants s’y rendent à pied ou
à vélo, plus ils choisissent l’auto pour
les y amener…
Si on met bout à bout les rares recherches sur la
question, on constate qu’en 1971, environ 80% des
Canadiens de 7 et 8 ans marchaient pour se rendre
à l’école. Dix-sept ans plus tard, au
Québec, ils ne sont plus que 34% (5 à 13
ans). Puis, en 2004, le taux chute à 14,5% (6
ans).
Si l’on veut comparer des données comparables, il
faut alors raccourcir la période d’observation.
De 1998 à 2003, dans la région de
Montréal, la part des déplacements
à pied est passée de 41% à 34%,
tandis que celle de l’automobile a grimpé de 22%
à 31%, selon une enquête du groupe de
recherche Ville et mobilité, de
l’Université de Montréal.
« (Cela) n’est pas sans conséquence sur le
plan environnemental et sur le plan de la santé
», se désolent les chercheurs.
Pourquoi
donc choisir l’auto? Les raisons sont nombreuses. Que
l’on pense à l’insécurité
routière, à la réduction de la
densité, à notre gestion plus
serrée du temps, ou encore, à la
popularité des écoles privées et
à vocation particulière, qui obligent les
élèves à parcourir de plus grandes
distances.
Autant de raisons compréhensibles… et
difficilement réversibles. Inutile, donc, de
rêver à un retour aux taux des
années 50 (qui devaient frôler les 100 %),
mais examinons ce qu’il est possible de faire pour
réduire, à tout le moins, le monopole de
l’auto et ses conséquences:
sédentarité, obésité,
diabète, perte d’autonomie, etc.
À titre de milieu de vie privilégié
des jeunes, l’école devrait par exemple inciter
les enfants à prendre la bicyclette ou à
marcher. Or, au contraire, on constate qu’un nombre
croissant d’écoles interdisent carrément
les déplacements à vélo, pour des
raisons de sécurité. Aberrant! Du
côté des parents, le groupe de recherche
note que « la mobilité d’un
élève du primaire est fortement
dépendante du contrôle parental».
Autrement dit, le mode de déplacement de l’adulte
est celui de l’enfant.
Les parents peuvent donc donner l’exemple… ou
déléguer cette responsabilité.
L’idée du pédibus est séduisante.
Des voisins se réunissent et organisent une route
qui permet à l’un d’eux (en alternance, s’ils le
souhaitent) de passer prendre les enfants à pied,
un à un, pour se rendre à l’école
et y revenir.
Pour réduire l’effort, on peut même
demander l’aide de retraités ou de jeunes, qui
pourraient très bien, dès 11 ans,
accompagner les plus petits. La Société
canadienne du cancer travaille d’ailleurs à
l’implantation de pédibus organisés par
ses bénévoles.
Astreignant
?
Il semble que c’est le cas pour notre
société hyper individualiste. Et pourtant,
imaginons les bienfaits engendrés par un si petit
effort.
Tempête dans l’assiette bio -
Stéphanie Bérubé
Si les
agriculteurs de la planète se mettaient tous
à la culture biologique, ce serait une
catastrophe naturelle.
Une étude
américaine démontre que les aliments
issus de l’agriculture biologique sont
équivalents, d’un point de vue nutritif, aux
aliments de l’agriculture conventionnelle.
L’affirmation lancée dans le New York Times a
trouvé écho. Évidemment, s’il n’y
avait que le patron de Syngenta, gigantesque firme
d’agribusiness, pour faire un tel calcul, on n’en ferait
pas grand cas. Or, Michael Mack est loin d’être le
seul de cet avis.
Les gens se trompent en pensant que ce qui est naturel
est toujours mieux, conclut l’homme d’affaires. La
culture biologique demande 30% de plus de terre et c’est
un luxe que la planète ne peut s’offrir.
« Ce débat dans le bio n’est pas nouveau
», tranche Laura Telford, directrice de
l’organisme Canadian Organic Growers.
« Il faut regarder ça autrement, dit-elle :
l’agriculture biologique prend soin du sol. C’est bien
d’avoir des rendements extraordinaires en agriculture
conventionnelle, mais si nous épuisons nos sols
et qu’ils ne produisent plus rien dans quelques
années, nous n’avons rien gagné. »
À long terme, l’agriculture biologique serait
plus productive en protégeant le sol et sa
biodiversité, plaide Laura Telford.
Efficacité énergétique et empreinte
écologique
Un autre détail fait grincer des dents les
défenseurs de l’agriculture biologique lorsque
l’on fait la comparaison entre les deux types de
production.
«
Quand on parle de l’efficacité
énergétique et de l’empreinte
écologique de l’agriculture conventionnelle, il
faudrait tenir compte de la quantité majeure de
gaz à effet de serre nécessaire pour la
production et le transport des pesticides et des engrais
», note Denis Lafrance, coresponsable du Centre
d’expertise et de transfert en agriculture biologique et
de circuit court du Cégep de Victoriaville. Si on
pouvait ajouter ces coûts dans les dépenses
de l’agriculture conventionnelle, la comparaison serait
plus juste, plaide-t-il.
Pa r ai l leur s , expl ique Denis Lafrance,
l’agriculture conventionnelle est largement
pratiquée sur la planète et l’on n’a
toujours pas éradiqué le problème
de la faim dans le monde. Loin s’en faut.
« I l y a amplement de nourriture disponible dans
le monde aujourd’hui pour que tous mangent à leur
faim, ditil. La cause de la faim dans le monde est la
pauvreté. J’ai déjà demandé
à un agriculteur indien, qui se vantait de ses
politiques sociales positives envers ses
employés, les salaires qu’il payait : 0,75 $ par
jour pour les femmes, 1,25 $ pour les hommes. Comment
manger à sa faim et payer des études aux
enfants avec de tels salaires ? »
On se trompe si on calcule que le bio prend une place
qui serait sinon réservée à
d’autres cultures, affirme aussi le professeur David
Wees, du département de sciences
végétales de l’Université McGill.
«Pourquoi risque-t-on de manquer de nourriture?
Certainement pas parce que des tomates biologiques
prennent trop de place! dit-il. C’est un problème
d’accessibilité à la nourriture. »
Le modèle parfait n’existe pas, tranche
Benoît Girouard, président de l’Union
paysanne. «Je crois que le bio peut nourrir le
monde, dit-il. Mais c’est vrai que le travail du sol est
plus mécanisé en agriculture biologique et
que, donc, on émet plus de gaz carbonique (CO ).
» L’Union paysanne
2 favorise une agriculture qui va boucler le cycle
énergétique en n’important pas les
engrais. En utilisant, le plus possible, les ressources
locales. Comme si les producteurs bios avaient besoin
d’une autre tuile, une étude publiée
à la fin de l’été dans l’American
concluait que les aliments biologiques
sont équivalents aux autres. Pas de preuve qu’ils
contiennent plus de vitamines et de minéraux.
À l’Université McGill, le professeur Wees
a fait un test de dégustation à l’aveugle
entre des concombres et des tomates biologiques et leurs
cousins réguliers. Au grand désespoir des
étudiants qui avaient un préjugé
pro-bio, les légumes conventionnels sont sortis
gagnants. De peu, mais tout de même, les
légumes bios ne leur ont pas été
préférés.
Les légumes écolos ne sont pas ceux que
vous croyez
Parce que tout le
monde veut faire sa part pour la planète, les
consommateurs sont devenus très soucieux de la
provenance des aliments qu’ils mettent dans leur panier
d’épicerie. Il vaut mieux privilégier les
légumes qui ont poussé près de la maison,
n’est-ce pas ?En fait, aussi surprenant que cela puisse
paraître, on émet parfois plus de gaz à
effet de serre pour se rendre à l’épicerie, en
voiture, que le Yes, We Have No Bananas, une synthèse
des recherches publiées sur l’empreinte
écologique des aliments.
Le sujet est hautement
émotif. « C’est d’ailleurs ce qui explique la
popularité de l’alimentation locale, croit le
chercheur canadien. C’est un concept qui plaît
beaucoup, mais qui ne résiste pas à l’analyse.
»Le transport ne compterait que pour
11% des émissions à gaz à effet de
serre imputables à un aliment, dans son ensemble.
La grande
majorité de ces émissions est faite durant
la production de l’aliment. C’est pourquoi ceux qui
veulent réduire l’empreinte écologique de
leur assiette devraient s’intéresser davantage au
mode de production qu’à la provenance de l’aliment
qu’ils cuisineront.« Par exemple, si on fait
venir une laitue de Californie par camion, on fait fausse
route, explique David Wees, professeur au département
de sciences végétales à
l’Université McGill. La laitue contient 99% d’eau et
la Californie a un climat semi-aride. La faire pousser a
demandé un important effort d’irrigation. Nous lui
faisons faire plus de trois jours de route avant de la
trouver au supermarché. Ça n’a aucun sens.
»
De plus, il faut considérer que tous les types
de transport n’ont pas le même poids sur la balance
de la pollution. Le transport marin, par exemple, compte
pour 65% de tout le kilométrage alimentaire,
explique Pierre Desrochers, mais c’est le moins polluant.
Un al i ment qui vient de loin, par bateau, sera plus vert
qu’un autre qui a moins voyagé, mais qui s’est
rendu à l’épicerie par l’autoroute.
De la complexité de l’épicerie
On n’aurait jamais cru que faire l’épicerie
serait si complexe.
« Quand on entre dans le concept du
développement durable, il y a beaucoup de choses
à considérer », confirme Daniel
Normandin, directeur exécutif du Centre
interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des
produits, procédés et services (CIRAIG)
installé à l’École polytechnique.
Le développement durable inclut des concepts
d’environnement, mais il y a également des
considérations de développement
économique et social qui doivent être
calculées, explique-t-il. Doit-on favoriser de
petites entreprises à gauche et à droite ou
un lieu de production où l’on peut tout
contrôler? demande le chercheur. « D’un point
d
vue strictement économique, on devrait produire
là où c’est le plus efficace de le faire
», répond Daniel Normandin.
aliment, il faut observer tout
son cycle de vie, explique le Pr Pierre Desrochers,
auteur de l’étude une synthèse des
recherches sur l’empreinte écologique des
aliments.
Néanmoins, même s’il s’agissait d’un concept
très imparfait, le kilométrage alimentaire
était un premier pas qui méritait
d’être franchi, estime-t-il.
Son collègue de McGill, David Wees, note aussi que
tout le mouvement de l’achat local aura eu le bienfait de
rapprocher les consommateurs des agriculteurs et de leur
faire se poser des questions sur la provenance de leurs
aliments.
Mais on sait maintenant que les choses sont autrement plus
complexes. Pour faciliter la vie des consommateurs, le
CIRAIG développe actuellement une étiquette
qui se retrouverait collée sur les produits dans le
futur. Elle donnerait un bon aperçu de l’empreinte
écologique de l’aliment, en calculant quatre
indicateurs : les changements climatiques, la santé
des écosystèmes, la santé humaine et
son impact sur les ressources.
Les consommateurs sont-ils prêts pour cela? «
Lorsque les étiquettes nutritionnelles sont
apparues, tout le monde disait que c’était du
chinois, dit Daniel Normandin. Sans information, les
consommateurs sont dans le néant. Nous, on se dit
que tant qu’à le faire, il faut le faire comme il
faut. C’est un exercice qui mérite d’être
fait si on croit à l’environnement. »
LA FIN DU BOTTIN ? - François
Cardinal
Au moment où vous lisez ces lignes, des millions
d’exemplaires de l’annuaire téléphonique sont
distribuées à Montréal et ailleurs au
Québec. Vous n’en voulez pas ? Eh bien vous pouvez
maintenant vous « désabonner ». Depuis
juin dernier, Groupe Pages Jaunes offre en effet aux
consommateurs résidentiels un nouveau «
programme de distribution personnalisée » qui
permet de cesser d’en recevoir... ou d’en demander plus
d’exemplaires. Ceux qui oublient de se désinscrire
peuvent toujours déposer les bottins dans leur bac de
recyclage.
Des internautes partent en croisade contre les Pages
Jaunes - Martin Croteau
Des
internautes s’en prennent au bottin
téléphonique. Un Montréalais a
lancé une campagne pour que les Pages Jaunes
cessent de lui être livrées chaque
année. Et il encourage les autres à
retourner la brique à son expéditeur.
F r u s t ré de re c evoi r u n annuaire chaque
année sans qu’il en fasse la demande,
Frédéric Bohbot a lancé un groupe
Facebook. Selon lui, l’annuaire de plusieurs centaines
de pages n’est qu’un vaste gaspillage de papier.
« Ça n’a pas de sens que je reçoive
ça chaque année », soutient ce
résida nt du Plateau-Mont-Royal, qui a vu des
dizaines de bottins déposés au bord de la
rue au cours des derniers jours.
Près de 200 personnes se sont jointes au groupe
de Frédéric Bohbot, qui n’est d’ailleurs
pas seul à militer pour cette cause. Un autre
groupe Facebook appelant à la fin de la
distribution des Pages Jaunes a déjà
attiré 946 internautes.
Le producteur de documentaires compte organiser une
manifestation au cours de laquelle les
Montréalais retourneront leurs annuaires à
leur expéditeur. Mais pour l’heure, dit-il,
aucune date n’a encore été fixée.
Le
Groupe Pages Jaunes se dit conscient de l’impact
environnemental de la distribution d’annuaires. Mais
l’entreprise fait valoir qu’elle a adopté une
série de mesures au fil des ans pour le
réduire.
« Tout ce qui entre dans la composition de
l’annuaire – que ce soit l’encre, la colle, le papier –
est entièrement recyclable, explique la
directrice des communications du Groupe Pages Jaunes,
Annie Marsolais. On peut donc mettre l’annuaire dans le
bac à recyclage, il n’y a aucun doute
là-dessus.»
L’entreprise a placé son répertoire de
numéros de téléphone sur
l’internet, explique-t-elle. Mais sept clients sur 10
préfèrent toujours le bottin en papier.
Depuis juin, ceux qui ne veulent pas recevoir l’a
nnuaire en papier n’y sont plus obligés. L e
Groupe Pages Jau nes propose u n « pro - gramme de
distribution personnalisé » qui permet
à sa clientèle de se «
désabonner » de la livraison.
Mais Frédéric Bohbot n’est pas satisfait
pour autant.
«Ils mettent la responsabilité sur nous
pour arrêter cet envoi, alors que ça
devrait être l’inverse, dit-il. Les gens devraient
les joindre pour leur dire qu’ils veulent les Pages
Jaunes. »
HARO SUR LE CATALOGUE SEARS
Après les mouchoirs Kleenex, qui ne sont plus
aujourd’hui fabriqués à partir d’arbres de
forêts anciennes ou menacées, au tour du
catalogue Sears de s’attirer les foudres des
écologistes. Le groupe ForestEthics a lancé
une campagne visant à sensibiliser les consommateurs
aux pratiques de Sears Holding Company, jugées peu
responsables. Malgré les promesses faites dans le
passé, les 425 millions (sic!) de catalogues
envoyés chaque année en Amérique du
Nord ne respectent aucune certification environnementale.
Pis, selon ForestEthics, ils proviendraient en partie
d’arbres coupés dans la fragile forêt
boréale canadienne.
Les fournisseurs de cellulaire ne sont pas
« verts »
Une
nouvelle étude qui s’est penchée sur
l’impact environnemental des fournisseurs de
téléphonie cellulaire affirme que les
entreprises canadiennes traînent loin
derrière leurs consoeurs américaines dans ce
domaine.
La f i r me ABI Research accorde aux géants AT&
T Wireless, Sprint Nextel et Verizon les premières
places en Amérique du Nord. Le Mexique ne faisait
pas partie de cette étude. La canadienne Telus
arrive en cinquième place, tout juste devant Rogers
sans fil et Bell Mobilité, qui occupent les
sixième et septième places respectivement.
ABI dit avoir étudié l’impact
environnemental des technologies utilisées par les
entreprises dans leurs réseaux, leurs
équipements et leurs téléphones,
ainsi que leurs efforts de recyclage de
téléphones.
Elle accorde la première place au Canada à
Telus parce que la société a publié
des renseignements sur ses efforts environnementaux et la
consommation énergétique de ses bureaux, et
qu’elle a mesuré s on empreinte carbone.
Mais ABI
préc i s e que, contrairement à AT& T et
Sprint, ni Telus, ni Rogers, ni Bell n’ont
dévoilé suffisamment d’informations au sujet
de la consommation énergétique de leur
réseau cellulaire et de leurs infrastructures.
Selon l ’a nalyste Aditya Kaul, d’ABI, les fournisseurs
canadiens ne semblent pas avoir mis en place de mesures
pour réduire la consommation
énergétique de leurs réseaux,
même si cela représente environ 80 % de la
consommation totale.
Rogers a i ndiqué avoi r l ’ i ntention de r
éduire la consommation de ses stations cellulaires,
où se trouve l ’équipement de t
élécommunications, mais n’a pas
dévoilé les mesures mises en place à
ce jour. Bell semble ne rien avoir prévu à
ce sujet, ajoute M. Kaul.
Il a aussi souligné que Telus rapportait avoir
recyclé 50 000 téléphones et
prévoyait atteindre la barre des 90 000 d’ici la
fin de l’année. En comparaison, dit-il, Sprint
s’est donné comme objectif de recycler 90 % des
téléphones qu’elle vendra d’ici 2017.
Ontario : Les ours polaires
protégés
Les ours polaires de l’Ontario sont dorénavant
considérés comme une espèce
menacée, afin de leur assurer une meilleure
protection. Robert Buchanan, de Polar Bears International,
se réjouit que l’Ontario suive ainsi l’exemple
duManitoba pour attirer l’attention sur la diminution rapide
du nombre d’ours polaires dans cette province. Les glaces
qui fondent dans le Grand Nord sont devenues un
problème majeur, dit-il. Le Canada compte 60% des
ours polaires sur la planète.
Conçu pour ne pas durer...
- François Cardinal
Les piles
de votre iPod ont lâché, la barre bleue de
votre brosse à dents a disparu, votre ordinateur
vous signale qu’il est temps de changer les cartouches de
votre imprimante...
Que faire? Jeter et racheter. Jeter et racheter encore. Et
ce, même si l’objet à remplacer n’a pas
vraiment atteint la fin de sa vie utile: le iPod
fonctionnerait très bien avec une nouvelle pile, la
brosse à dents est à peine usée et la
cartouche est encore au tiers pleine.
Du rasoir Gillette au début du XXe siècle
jusqu’au cellulaire aujourd’hui, l’industrie n’a
cessé de s’efforcer de fragiliser ses produits, de
les rendre le moins durable possible, perfectionnant
toujours plus ce qu’on appelle « l’obsolescence
planifiée ».
Cela remonte au début de l’industrialisation,
lorsque les entreprises ont éprouvé des
problèmes de surproduction. Ils avaient alors le
choix : moins produire ou vendre plus... The rest is
history, comme on dit.
« Lorsque les coûts de recyclage ne sont pas
introduits dans le plan d’affaires des fabricants,
souligne Recyc-Québec, il est avantageux pour eux
d’abaisser la qualité de leurs produits pour en
vendre plus à moyen terme. »
Voilà pourquoi un nombre croissant de gouvernements
ont décidé de contraindre les entreprises,
particulièrement celles du domaine de
l’électronique, à reprendre puis à
recycler les produits qu’elles mettent en marché
une fois leur fin de vie utile atteinte.
Dernier en date, avec beaucoup de retard, le Québec
devrait déposer un projet de règlement en ce
sens d’ici quelques semaines. Les producteurs devront
ainsi mettre sur pied des points de collecte dans la
province, afin que les consommateurs puissent y
déposer leurs objets électroniques.
La chose existe déjà dans une quinzaine
d’États américains, dans la moitié des
provinces canadiennes, en Asie, dans l’Union
européenne, et, malgré tout, l’industrie se
rebiffe.
Elle ne veut pas que le consommateur lui impute la
responsabilité des coûts supplémentaires
qu’elle lui chargera, inévitablement, pour
éponger le coût de la
récupération. Elle souhaiterait plutôt
qu’une nouvelle taxe apparaisse sur la facture, comme en
Colombie-Britannique, afin que ce soit le gouvernement qui
devienne la cible des consommateurs mécontents.
« Inscrire les frais sur la facture du client est la
manière la plus transparente de faire »,
précise Recyclage des produits électroniques
Canada, organisme qui représente les entreprises
visées.
Bref, on parle ici de « responsabilité
élargie des producteurs » et la première
chose que font les producteurs, c’est se
déresponsabiliser encore un peu plus des produits
qu’ils mettent eux-mêmes en marché.
Cette position est d’autant plus surprenante que
l’intervention des gouvernements est directement liée
à leur incapacité à mettre de l’avant
des mesures volontaires de récupération des
produits.
En témoigne par exemple l’énorme écart
qui sépare les États américains qui ont
décidé d’agir des autres. Il existe ainsi
près de 70 points de collecte dans le Minnesota et
seulement deux dans l’État de New York, pourtant plus
populeux. Lequel a mis l’industrie au pas?
Plus proche de nous, les statistiques contenues dans le
document de réf lexion du gouvernement
québécois sur la responsabilité
élargie des producteurs parlent d’elles-mêmes.
On envoie à l’enfouissement 59% des produits
électroniques, 95% des lampes fluocompactes
utilisées à la maison, 93% des piles, etc.
Au r ythme de consommat ion actuel, la chose devient donc de
plus en plus intenable. Si elle ne l’est pas
déjà.
La Californie s’attaque aux écrans plats
énergivores - Nicolas
Bérubé
LOS
ANGELES — On les appelle les « nouveaux VUS
». Ces écrans de télé plats,
parfois grands comme des tables de billard, qui
consomment plus d’électricité qu’une
sécheuse ou un réfrigérateur.
En quelques années, ils sont devenus la norme. En
Californie, l’État américain le plus
populeux, on en trouve 35 millions d’unités.
Aujourd’hui, l’État de la côte Ouest entend
être le premier à resserrer les standards
sur la consommation d’électricité des
télévisions, comme il l’a fait avec
différents appareils
électroménagers durant les années
70.
Les nouvelles règles, qui pourraient être
adoptées dès cette semaine, auraient pour
effet de réduire de 50% la consommation
d’énergie des télés d’ici 2013.
« Cette mesure sera non seulement
bénéfique pour l’environnement; elle
permettra aussi une croissance économique et
entraînera la création de nouveaux emplois
dans les technologies vertes », soutient la
commissaire chargée du dossier à la
California Energy Commission, Julia Levin.
Actuellement, une télévision au plasma ou
à cristaux liquides ayant une diagonale de 132 cm
(52 po) consomme plus d’électricité que le
plus gros modèle de réfrigérateur
domestique, note la commission.
Ces nouvelles télés « ont
dépassé les appareils
électroménagers au chapitre de la
consommation d’électricité, pour devenir
les appareils les plus énergivores
présents dans les foyers américains
».
Selon l’ État, les nouvelles normes feraient
économiser 30$ par année aux consommateurs
en frais d’électricité. Cela permettrait
d’éviter la construction d’une centrale au gaz
naturel au coût de 600 millions de dollars, a
calculé le L.A. Times.
Le
gouverneur Arnold Schwarzenegger appuie l’initiative.
« Nous devons aller dans cette direction. Nous
devons encourager les fabricants à emprunter
cette voie, car la technologie est disponible »,
a-t-il dit récemment.
Les représentants de l’industrie, eux, se battent
contre ces nouvelles normes. « Les efforts
volontaires des manufacturiers portent leurs fruits,
note Doug Johnson, directeur de la Consumer Electronics
Association. Trop d’ingérence du gouvernement
pourrait avoir des effets négatifs sur
l’industrie, faire grimper les prix au détail et
freiner l’innovation. » Selon l’association, les
nouvelles normes nuiraient au chiffre d’affaires des
commerces au détail et feraient perdre 50
millions de dollars en taxes à l’État.
C’est dans les années 70 que la Californie a
commencé à resserrer les normes de
consommation d’énergie. Aujourd’hui, l’
État produit 50% de moins d’émissions de
gaz à effet de serre par dollar d’activité
économique que la moyenne des autres États
américains. La Californie attire à elle
seule près des trois quarts des entreprises
spécialisées dans les énergies
renouvelables.
Les efforts de l’État pourraient avoir des
conséquences ailleurs, les fabricants choisissant
souvent d’étendre les nouvelles normes à
tous leurs produits. Sur le plan mondial, les appareils
électroniques représentent 15% de la
demande en énergie des foyers, une proportion qui
est appelée à tripler au cours des 20
prochaines années, selon l’Agence internationale
de l’énergie. > Nombre moyen d’appareils
électroniques dans
les foyers américains en 1980: 3 > Nombre
moyen d’appareils électroniques dans
les foyers américains en 2009: 25 >
Pourcentage de la facture d’électricité
qui sert
à faire fonctionner la télé : 10%
La femme qui plantait des arbres -
Laura-Julie Perrault
Wangari
Maathai, lauréate du prix Nobel de la Paix,
était à Montréal hier
Il reste deux mois avant le début de la
conférence de Copenhague sur les changements
climatiques et Wangari Maathai, lauréate du prix
Nobel de la paix, est une femme en croisade. « Il
faut changer le climat dans lequel nous parlons des
changements climatiques », a-t-elle dit la semaine
dernière au président Barack Obama et aux
leaders du monde entier qui étaient réunis
à New York pour parler de la question. La Presse
l’a rencontrée, hier, lors de son passage à
Montréal.
En remettant en 2004 le prix Nobel de la paix à la
kényane Wangari Maathai pour avoir mis sur pied un
large mouvement de reforestation de son pays natal, le
comité de sélection reconnaissait une chose
: la stabilité politique de la planète est
intimement liée à sa santé. À
l’approche de la Conférence de Copenhague, la
première Africaine à avoir remporté
la prestigieuse décoration ne pourrait être
plus d’accord.
PHOTO ANDRÉ
PICHETTE, LA PRESSE
Wangari Maathai parle de
l’état du monde en arborant un immense sourire
qui lui donne l’air d’une gamine.
« Il n’y a pas de doute que les pays
développés vont être les premiers
à se tourner vers des énergies alternatives
pour assurer la sécurité de leurs citoyens.
Cependant, ils ne peuvent pas se per mettre d’ignorer le
reste du monde, sinon ce reste du monde va venir à
eux. Les changements climatiques créent de la
migration et de la déstabilisation politique. On le
voit déjà dans les pays où il y a des
inondations et des sécheresses. On le voit dans mon
pays, le Kenya », met en garde celle qui sauve la
grande forêt du Congo, un arbre à la fois,
depuis qu’elle a mis sur pied en 1977 le Green Belt
Movement.
Déforestation et pauvreté
Malgré les quelque dix milliards d’arbres qu’elle a
aidé à planter, la docteure en biologie
rappelle que la déforestation est responsable
à 20 % des changements climatiques et d’autant plus
de pauvreté en Afrique, en Amérique latine
et en Asie.
La semaine dernière, quand elle a été
choisie pour représenter la société
civile lors du Sommet des Nations unies sur les
changements climatiques , Wa nga r i M a at ha i a
été heureuse d’entendre plusieurs chefs
d’État, dont Barack Obama, prononcer des discours
« positifs » sur les actions à adopter
pour contrer le réchauffement climatique.
« Plusieurs gouvernements, dont la Chine, les
États-Unis, le Japon et la Norvège, ont
utilisé les bons mots, mais le vrai défi
sera de s’asseoir à table pour établir les
nouveaux objectifs de chacun (en matière
d’émissions de gaz à effets de serre
», note-t-elle.
C ra
int-elle u n autre Kyoto, mis au rancart par les
Américains, puis par le reste du monde ? «
Cette fois-ci, ça doit arriver, sinon, nous
plaisantons. Sinon, nous n’avons rien à faire de la
vie des gens », plaide celle qui voyage de pays en
pays pour parler d’environnement, d’objectifs mondiaux
à atteindre, mais aussi d’efforts individuels
à fournir pour remettre la planète sur pied
et, du coup, améliorer la vie des populations les
plus vulnérables du monde. C’est le message qu’elle
a d’ailleurs livré aux quelques centaines
d’étudiants de l’ Université Concordia qui
étaient venus l’entendre hier.
Des combats à la tonne
Wangari Maathai a beau parler de l’état du monde en
arborant un immense sourire qui lui donne l’air d’une
gamine, elle ne cache pas que selon elle, le
réchauffement de la planète est le plus
grand défi auquel l’humanité ait eu à
faire face.
Et en matière de défi, cette petite femme de
69 ans, en a vu d’autres. Née dans une famille
pauvre du Kenya rural, fille d’un agriculteur qui
travaillait en quasi-esclavage pour un propriétaire
terrien blanc, elle a réussi par miracle à
aller à l’école. Boursière du
même programme que le père de Barack Obama,
son compatriote, elle a pu faire son baccalauréat
et sa maîtrise aux États-Unis.
À son retour au Kenya, elle a été la
première femme de toute l’Afrique de l’Est à
recevoir un doctorat. Nommée professeure
d’université, elle a dû se battre pour
recevoir le même salaire que ses collègues
masculins.
Ses combats ne faisaient que commencer. Dans les
années qui ont suivi, elle a été mise
deux fois en prison. Une fois pour avoir critiqué
la justice kényane qui avait accordé
à son mari un divorce injuste. Une deuxième
fois, pour avoir tenu tête au président
kényan, Daniel Arap Moi, qui voulait raser le plus
grand parc de Nairobi pour y faire pousser une tour.
Chaque f o i s , Wa n g a r i Maathai est sortie vainqueur
de ses affrontements. Chaque fois, elle en a
profité pour planter des arbres.
Un devoir des entreprises -
Pierre-Marc Tremblay
Les
sociétés doivent faire pression sur le
gouvernement Harper pour qu’il lutte contre les
changements climatiques
Le Sommet mondial sur les c ha ngements climatiques qui
se tiendra en décembre à Copenhague est
loin de faire l’unanimité au pays. Le Canada, qui
fait partie des 10 plus grands pollueurs de la
planète, s’y présentera sans position
véritable et sans détermination.
D’ailleurs, dans les rencontres internationales sur
l’environnement, le Canada est désormais
perçu comme un empêcheur de tourner en
rond. Le gouvernement Harper serat-il l’artisan d’un
autre échec à la lutte contre le
réchauffement climatique?
Heureusement, le Québec semble davantage
sensibilisé à la question. Mais est-ce
suffisant pour être entendu dans tout le Canada ?
Est-ce suffisant pour influencer la rédaction
d’un accord international a mbitieux à Copenhague
? Nous devons faire pression sur le gouvernement
canadien pour qu’il développe une position viable
face aux changements cli matiques. C’est notre meilleur
moyen d’agir. On ne peut rester insensible aux impacts
catastrophiques des changements climatiques chez les
populations les plus pauvres de la planète. Et on
ne peut oublier que notre tour viendra, plus tôt
que tard, si nous n’agissons pas maintenant.
J’étais présent lorsque l’ancien
secrétaire général de la l’ONU,
Kofi Annan, a lancé le mouvement mondial Time for
Climate Justice. Il a beaucoup insisté sur
l’importance des gestes individuels et il a lancé
un appel vibrant aux entreprises à se joindre au
mouvement pour sensibiliser les États les plus
riches à l’impact des changements climatiques.
J’ai été profondément touché
par son message et j’ai tenu à m’engager comme
personne et comme entrepreneur. J’ai donc
décidé de m’investir et de prendre le
relais du mouvement pour la justice climatique au
Québec, notamment avec l’appui
d’Équiterre.
J’invite
toutes les entreprises et tous les
Québécois préoccupés par le
présent et l’avenir de notre planète
à faire entendre leur voix en participant
à la pétition vidéo sur le
commensal. com. Constituée d’une succession de
miniclips d’une seconde montrant chaque participant
simuler le tic des aiguilles d’une horloge, cette
pétition vise à démontrer que les
changements climatiques ont un visage humain et que le
temps presse.
Cette horloge humaine québécoise sera
envoyée au premier ministre Stephen Harper, avant
son départ pour la capitale danoise, pour lui
signifier que le Canada doit s’engager activement dans
la lutte aux changements climatiques. De plus, l’horloge
québécoise sera ajoutée à
l’horloge mondiale et remise aux leaders internationaux
lors du Sommet de Copenhague.
Pourquoi une entreprise privée s ’ i nvestit-el
le dans une démarche semblable? Un coup de
marketing ? Un nouveau truc ? Non. Parce que ça
fait partie de ses valeurs, des valeurs de ses
employés et de ses clients. Parce que c’est un
devoir pour les entreprises d’aider la
société dans laquelle elles
évoluent. Les entreprises et leurs dirigeants ne
peuvent se désolidariser de celles et ceux qui
les entourent.
Mais quand c’est le cas, ce sont les consommateurs qui
ont désormais le pouvoir de faire avancer les
choses. En effet, en choisissant d’appuyer les
entreprises solidaires et socialement responsables, ils
exercent une pression sur les autres entreprises pour
qu’elles posent aussi des gestes concrets.
Si une entreprise obtient du succès auprès
de ses clients et fait de meilleures affaires en
agissant de façon responsable, il y a fort
à parier que ses concurrents emboîteront le
pas. Plus que jamais, le monde a besoin de cet effet
d’entraînement. Le jour où toutes les
entreprises utiliseront une part i mportante de leur
budget marketing pour des initiatives sociales et
environnementales, comme le suggère Kofi Annan,
la planète et les gens qui l’habitent se
porteront beaucoup mieux.
Le Québec, en s’inscrivant da ns ce mouvement,
peut servir d’exemple aux autres régions du monde
et affirmer son leadership dans la lutte aux changements
climatiques. À compter de maintenant, chacune et
chacun de nous dispose d’une seconde pour dire aux
leaders de la planète qu’il est urgent d’agir.
Une seconde pour faire la différence.
COUSTEAU : LE FILS DU COMMANDANT -
Mathieu Perrault
Jean-Michel
Cousteau est de passage cette fin de semaine à
l’aquarium de Québec pour présenter un film
IMAX sur les dauphins et les baleines qu’il a produit et qui
sera présenté jusqu’à la fin de
l’été. Le fils du célèbre
commandant Cousteau, qui a fait s
QVous
Jean-Michel Cousteau devant son
bateau, Le Searcher, il y a quelques années. Il est
de passage à Québec ce week-end, pour y
présenter son film sur les dauphins et les
baleines.
venez présenter à Québec un film sur
les baleines et les dangers qui les menacent. Comment
jugez-vous l’état des pêches mondiales ? R Il y
a deux choses. Plusieurs des mammifères marins sont
mal en point. Il y a des abus, particulièrement en
Asie, très spécialement au Japon où on
offre de la chair de baleine et des ailerons de requin dans
les écoles. Pour les pêches en
général, 80% des espèces ne sont plus
disponibles commercialement. Le thon rouge va
disparaître d’ici cinq ans. On offre des poissons qui
étaient considérés de mauvaise
qualité dans ma jeunesse. QEt
qu’en est-il de la chasse au phoque pratiquée au
Canada? R On ne devrait pas appuyer la chasse au phoque avec
de l’argent public. Les phoques ont toujours mangé
des langoustes. Les indigènes avant savaient ce
qu’ils faisaient, ils utilisaient la peau pour se
vêtir. Mais aujourd’hui on peut très bien faire
la même chose sans utiliser les phoques.
QL’aquaculture
surpêche? R Sur la terre on cultive des graines et des
animaux végétariens, mais pour les poissons,
on est complètement malade. Un kilo de saumon de
culture nécessite 2,2 kilos de poissons sauvages.
C’est en train de ravager ce qui reste de poissons dans les
océans. Et en plus, il y a les antibiotiques, les
colorants et les parasites qui contaminent les saumons
sauvages. Tout ça pour un marché de luxe.
QL’humanité
devra-t-elle se résoudre à manger des poissons
d’aquaculture d’eau douce, herbivores, qui nourrissent
déjà une bonne partie de l’Asie, plutôt
que des poissons marins comme le thon ou le saumon? R Moi,
je suis du côté des pêcheurs.
Malheureusement, ils sont en train de perdre leur travail.
La nature, c’est comme les affaires. Le capital est mis
à notre disposition gratuitement, mais il faut le
gérer en ne prélevant que les
intérêts. Ce n’est pas ce que nous faisons. En
ce qui concerne l’aquaculture, c’est vrai, il faut faire
pousser des herbivores. QOn
parle beaucoup des menaces sur les réserves d’eau
douce. Comment jugez-vous la performance du Canada? R
À mon avis, le Canada a tellement d’eau douce qu’il
la gaspille. Il est gâté par la nature. Mais il
est important sur le plan éducatif de sauvegarder
l’eau. Sur le plan moral, il est important de partager. Le
Canada a un privilège qu’il lui faut partager avec le
reste du monde. QQue
pensez-vous
de la question de l’exportation de l’eau? R Vous avez des
régions très proches de vous, aux
États-Unis, qui en manquent. Il va falloir que vous
exportiez de l’eau, par exemple au Midwest américain.
Vous allez gagner de l’argent. Je garde mon eau et je la
gaspille, ça ne pourra pas durer. Et s’il faut
est-elle une solution à la exporter de l’eau avec des
citernes, pourquoi pas ? QQuelle
est votre opinion sur les barrages hydroélectriques
planifiés au Québec ? Doit-on
considérer l’hydroélectricité comme une
énergie polluante parce qu’elle altère de
grands cours d’eau? L’hydroélectricité
fait-elle partie des solutions pour lutter contre l’effet de
serre ? R Les barrages, sur le plan de la pensée
futuriste, c’est une chose du passé. Si ces barrages
interfèrent avec la vie naturelle, par exemple les
saumons, ça ne va pas. Mais il ne faut pas critiquer
le passé, mais voir les solutions d’avenir, des
jeunes. En Floride, il y a des projets de turbines qui
fourniraient 40% des besoins d’électricité de
l’État tout en tournant trop lentement pour
endommager les poissons. QQue
pensez-vous des éoliennes marines et des centrales
marémotrices ? Ces deux types d’énergie font
face à beaucoup d’opposition de la part des
populations côtières. R Il y aura toujours de
l’opposition. Quand il n’y en a pas, c’est que quelque chose
ne va pas. QVous
avez fait des études d’architecture pour construire
des villes sous-marines. On parle de plus en plus
d’exploiter les ressources minérales et
pétrolières des fonds marins. Pensez-vous que
votre rêve deviendra réalité de votre
vivant, à tout le moins pour des besoins industriels
? R Sur le plan industriel, sûrement. Les villes
sous-marines, c’était une erreur de jeunesse. Par
contre, de plus en plus de visiteurs vont sur les mers,
alors pourquoi pas avoir des sous-marins de tourisme comme
des paquebots ? QÀ
la fin de son mandat, le président américain
George W. Bush a mentionné votre nom en créant
d’immenses zones protégées autour d’îles
américaines dans le Pacifique. Êtesvous
à l’aise d’être associé à un
président aussi controversé ? R Pas du tout.
Ce président était effectivement très
controversé, 73% de la population était contre
lui et j’en faisais partie. Mais mon métier est de
travailler avec les gens qui ont été
élus. À partir dumoment où on voulait
résoudre des problèmes, il y avait le
président Bush et la gouverneure de Hawaii, une
républicaine modérée. J’ai
réussi à les convaincre. On a obtenu une zone
plus grande que la grande barrière de corail
d’Australie. QVos
relations avec votre célèbre père
n’étaient pas faciles. Cela a-t-il influencé
vos relations avec vos propres enfants ? R Quand
j’étais très jeune, mon père
était inconnu, mais j’ai par contre eu le
privilège d’être dans l’eau tout le temps.
À 7 ans je suis devenu plongeur. Tout ce qui a
été écrit sur son insatisfaction
à propos de mes projets est faux. La seule chose
vraie, c’est qu’en 1998, concernant une entreprise
commerciale aux îles Fiji, il y a eu un début
d’action juridique. Elle s’est terminée rapidement,
j’ai signé un document stipulant que j’étais
obligé de mettre mon prénom sur les annonces
avec la même taille de caractères que le nom
Cousteau. Mais nous avions tous deux le même souci de
montrer que des projets peuvent être à la fois
écologiques et économiquement viables.
GUY LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE,
ÉCOLO... ET GrARDIEN DE L'EAU !...
Lancée
sans tambour ni trompette il y a quelques jours, l’exposition
Aqua ouvrira officiellement ses portes le 15 mai au Centre des
sciences de Montréal, après avoir subi certaines
retouches. Cette « expérience multisensorielle
», qui s’adresse surtout au
Aujourd’hui, je rêve du jour où 6 milliards de
personnes auront leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui,
c’est tous pour l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce
sera l’eau pour tous.
comme d é f i ? QPou
Guy
Laliberté n’est pas seulement un talentueux homme
d’affaires. Il a aussi une âme de philanthrope. Son
«bébé»: la fondation One Drop, qui
se préoccupe du problème de l’eau potable, de
plus en plus aigu à travers le monde, et plus
particulièrement dans les pays du tiers-monde.
r quoi R Au départ, j ’étais inspiré par
l ’eau comme source de vie, j’étais touché par
l’eau parce qu’un enfant meurt aux huit secondes en raison du
manque d’accès à une eau potable. À
partir de là, j’ai vite compris que l’eau va devenir le
défi le plus important auquel l’humanité fera
face dans un proche avenir. QL’eau R Déjà, les
problèmes liés à l’eau sont la cause de
mortalité la plus importante dans le monde. Mais
à plus long terme, il y aura crise si l’on ne fait pas
rapidement les gestes nécessaires. Le manque d’eau
risque de causer, d’ici à 25 ans, d’importantes
migrations. Est-ce que les pays voisins accepteront ces gens?
Historiquement, on voit bien que ces gens-là ne sont
pas accueillis à bras ouverts. Donc on risque
d’assister à d’énormes guerres en lien avec
l’eau. QComment
renverser la vapeur ? R Il va falloir qu’il y ait des
changements de politique, qu’il y ait un engagement de la
population entière, qu’il y ait des efforts communs de
tous les ordres de gouvernement et dans l’entreprise
privée, mais aussi au plan individuel. QLe
Canada fait-il partie du problème ou de la solution ? R
Nous disposons de la plus grande réserve d’eau potable
au monde. Nécessairement, nous devons mettre en place
des mesures qui vont faire du Canada un leader sur la
scène internationale. Or, nous ne le faisons pas. Pour
l’instant, nous allons dans la mauvaise direction; j’ai
même l’impression que nous régressons. QQue
voulez-vous dire ? R Je suis un voyageur. Je suis parti de
chez moi très tôt. Je me souviens comment,
à cette époque, le Canada était
perçu: comme un pays qui faisait la promotion de la
paix, qui était au coeur de la médiation lors de
conflits. D’ailleurs, fait significatif, le passeport canadien
était alors le plus cher sur le marché noir avec
le passeport suisse... Aujourd’hui, nous sommes en train de
perdre tout ça.
l ’e a u ? QQue
devrait faire le Canada? R Je rêve que mon pays soit un
chef de file sur la scène internationale, qu’i l montre
l’exemple. Cela parce qu’il possède d’énormes
réserves d’eau, parce qu’il sera probablement une terre
d’accueil en cas de guerre de l’eau, etc. Mais je rêve
aussi que la population canadienne, que mes concitoyens
changent leurs habitudes de consommation d’eau. Nous sommes
parmi les plus grands gaspilleurs d’eau au monde. QEn
quoi la
Fondation One Drop peut-elle aider ? R Nous, à One
Drop, moi, Guy Laliberté, nous avons pris divers
engagements en lien avec l’eau. Nous menons des actions
concrètes sur le terrain dans les pays du Sud. Nous
croyons énormément à l’importance des
projets d’éducation et de sensibilisation, comme celui
de l’exposition Aqua. Car c’est souvent par
naïveté, par une fausse impression d’abondance de
la ressource que nous gaspillons. QEt
vous, personnellement, vous avez changé des choses ? R
Certaines décisions prises dans le passé
n’étaient pas nécessairement cohérentes
avec ce que je prêche aujourd’hui, c’est vrai. Mais
depuis, il y a eu une consigne pour analyser tout ce qui
pourrait être fait pour préserver l’eau et
l’énergie, tant au Cirque qu’à la maison. Il n’y
a plus de bouteilles d’eau en circulation au Cirque, par
exemple. Nos employés ont des verres ou des bouteilles
réutilisables. Nous avons installé des filtres.
Nous faisons la captation d’eau usagée. Même
chose à mon domicile, où nous n’avons plus de
bouteilles d’eau. QIl
est vraiment possible d’être classé dans le
palmarès Forbes des plus riches de la planète et
d’économiser l’eau ? R La question est pertinente, et
je savais qu’on allait me la poser un jour... Je ne peux pas
prétendre que je suis 100% parfait. Mais depuis
quelques années, tous nos projets, au Cirque et
à la maison, passent par une réflexion
écologique. J’ai même pris la décision de
ne pas faire de piscine intérieure dans ma nouvelle
résidence. J’ai aussi mis en place les derniers
appareils, tant pour la préservation de
l’énergie que pour la consommation d’eau. Tout a
été étudié pour que les machines
les plus performantes soient choisies. En même temps,
soyons francs, ma résidence a tant de pieds
carrés. C’est clair que je consomme probablement plus
d’eau que la moyenne. Mais j’ai aussi plus d’enfants (cinq)
que la moyenne... (rires) QCe
que vous êtes devenu, vous le devez beaucoup au
Québec, qui vous a donné votre premier contrat.
Vous êtes-vous demandé si votre fondation ne
devait pas profiter d’abord au Québec, où
certains Autochtones n’ont pas accès à l’eau,
par exemple ? R Je ne connais pas beaucoup de compagnies au
Québec qui accordent chaque année autant
d’argent en philanthropie. Aussi, quand nous avons fait le
choix de nous installer ici, dans le quartier Saint-Michel, au
deuxième rang des quartiers les plus pauvres du Canada,
nous avions d’autres propositions beaucoup plus glamour. Et
nous nous sommes tout de même installés ici pour
grandir, pour partager. QPour
régler bien des problèmes sur la planète,
certains estiment qu’individus et entreprises devraient verser
en don 1% de leurs revenus ou de leurs profits. Vous y croyez
? R Certainement. L’ensemble des membres de la direction
versent au moins 1% de leur salaire à One Drop. Nous
menons aussi une campagne annuelle auprès de tous les
employés pour qu’ils versent 1% de leur salaire.
Actuellement 28% de nos employés participent. Et moi
personnellement, Guy Laliberté, je suis pas mal
au-dessus de 1% de mes revenus... QMicheline
Lanc tôt a déploré à Tout le monde
en parle que bien des fondations orientent leurs fonds vers
des causes particulières au détriment du fisc,
au détriment des priorités sociales et
collectives de l’État... R Elle peut dire ce qu’elle
veut; moi, je sais ce que je fais. J’ai déjà
averti mes enfants que 80% de mes avoirs iraient à
l’humanité, à la philanthropie. Mes causes sont
claires : les jeunes de la rue, Cirque du monde, One Drop et
la fondation Guy Laliberté pour l’aide à la
pauvreté. Et je peux vous dire que, dans mon cas, cela
n’a rien à voir avec la fiscalité.
J’étais dans la rue et je donnais parfois plus que ce
que j’avais dans mon chapeau ! Cela dit, je peux comprendre ce
que Micheline a dit, car moi aussi j’ai constaté cette
hypocrisie dans d’autres grandes entreprises. QOne
Drop est née au moment où le Cirque fêtait
ses 25 ans. Qu’aura permis la Fondation dans 25 ans ? R J’ai
déjà parlé de l’avenir du Cirque en
disant que je rêvais du jour où 6 milliards de
personnes porteraient un nez de clown. Aujourd’hui, je
rêve du jour où 6 milliards de personnes auront
leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui, c’est tous pour
l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce sera l’eau pour
tous.
DEUX RÊVES
Fondateur du Cirque du Soleil, en 1984, Guy
Laliberté guide aujourd’hui l’équipe de
concepteurs dans la création de chacun des spectacles de
la troupe. Le Cirque, qui fête cette année ses 25
ans, est présent partout sur la planète. En 2007,
Guy Laliberté a réalisé son
«deuxième grand rêve» en créant
la Fondation One Drop, dont la mission est de contrer la
pauvreté en favorisant l’accès durable à
l’eau potable. Le Cirque et One Drop sont basés, selon
Laliberté, sur la même conviction: ce que l’on
donne à la vie nous revient et chaque geste individuel
peut faire une différence.
Où
sont nos villes vertes ?... - FRANÇOIS
CARDINAL
Les villes ont besoin d’un lifting ANALYSE
Célébré partout sur la planète
aujourd’hui, le Jour de la Terre a pour thème cette
année, au Québec,
l’économunicipalité. Posons donc la question : les
villes québécoises sont-elles vertes ? Ou se
contentent-elles de se dire vertes ?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de
ville verte, pas plus qu’il n’existe de quartiers modernes
à forte densité, dotés d’une mixité
de fonctions et d’un aménagement intelligent
centré sur les établissements publics et les
services de proximité. »
Amqui se dit verte, parce qu’elle s’est attaquée aux sacs
de plastique. Terrebonne aussi, parce qu’elle s’est dotée
d’un plan environnemental. Baie-Saint-Paul, parce qu’elle a
entamé des démarches de développement
durable. Lantier, pour son travail à la protection des
cours d’eau...
Le Plan
de transport de Montréal mise sur la création de
« quartiers verts ». De concert avec la population
et les arrondissements, des experts contribueront à
élaborer pour chaque quartier une sorte de lifting, un
plan pour penser et refaire les rues selon des choix
écologiques.
Tout est vert dans le plus vert des mondes, donc ? Ou n’est-ce
que le fléau du marketing qui sévit en cette
année électorale?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de ville
verte, pas plus qu’il n’existe de quartiers modernes à
forte densité, dotés d’une mixité de
fonctions et d’un aménagement intelligent centré
sur les établissements publics et les services de
proximité », tranche Alexandre Turgeon,
président de l’organisme Vivre en ville.
Certes, d’intéressantes initiatives voient le jour
régulièrement, mais elles ne sont pas à la
hauteur de ce qu’on appelle une « ville verte »,
c’est-à-dire un endroit où la marche et le
vélo sont favorisés, où les transports en
commun sont accessibles et où la circulation automobile
est lente et restreinte aux déplacements locaux.
Le quartier Vauban à Fribourg en est, de même que
Hammarby Sjöstad à Stockholm, Granville Island
à Vancouver et Pearl District à Portland. Mais au
Québec, malheureusement, les mesures adoptées sont
trop souvent sans effet, car neutralisées par des mesures
contraires.
Prenons seulement l’exemple du Plateau Mont-Royal qui,
malgré un grand potentiel, est miné par la grande
quantité d’espaces de stationnement qu’on y retrouve, les
déplacements de camions, la vitesse des véhicules,
l’étroitesse des trottoirs, etc.
Et quand les mesures ne sont pas carrément antinomiques,
elles sont trop souvent secondaires. Il est bien mignon de
vouloir s’attaquer aux sacs de plastique, de faire partie des
« villes fleuries du Québec » ou de former
les cols bleus à l’écoconduite, mais tout cela
n’aura qu’une portée limitée tant que les villes
continueront de se développer autour de l’auto,
plutôt que de l’individu.
L’Union des municipalités du Québec, qui
représente 275 villes, a adopté l’an dernier une
Politique de mobilité et de transports durables avec
mentale, que plusieurs dirigeants municipaux se sont
approprié le discours des urbanistes les plus
progressistes. Ce qui constitue un grand pas en avant,
même si les résultats se font attendre.
Les annonces qui seront faites aujourd’hui le confirmeront
d’ailleurs. L’équipe du Jour de la Terre dévoilera
un tout nouveau site web ( EcoMunicipalite.org) qui permettra
aux villes d’échanger des informations et qui apportera
un soutien à celles qui souhaitent élaborer leur
propre politique verte.
« Le
programme va aussi proposer aux villes 12 actions, sur le
modèle du Défi climat ou des 12 gestes du
Défi Suzuki, explique l’objectif d’enrayer le «
cercle de la dépendance à l’automobile ».
Douze mois plus tard, la « révolution »
promise est-elle au moins entamée? « Le discours a
fait son chemin, confirme le directeur du Centre
d’écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin, mais
les gestes concrets ne suivent toujours pas. »
Reconnaissons en effet, en ce jour de célébration
environnePierre Lussier, directeur du Jour de la Terre. Les
villes pourront s’engager à en réaliser trois,
cinq ou plus, afin de les encourager à en faire plus.
»
L’intérêt des villes du Québec est si grand,
qu’une rencontre aux deux ans consolidera le tout.
Le Plan de t ranspor t de Montréal, lui aussi, prouve que
les élus ont la volonté d’agir, même si l’on
en attend encore les fruits. Celui-ci mise notamment sur la
création de « quartiers verts ».
Premier pas en ce sens, le Centre d’écologie urbaine de
Montréal vient de dévoiler le nom des deux
premiers quartiers qui profiteront d’un tel lifting :
Parc-Extension et Mercier-Est. De concert avec la population et
les arrondissements, des experts de tous horizons contribueront
à élaborer pour chacun d’eux, d’ici la fin de
l’année, un « plan de quartier vert ».
Et après ? « Nous savons très bien que les
arrondissements ont très peu de moyens, note Luc Rabouin.
Au minimum, nous nous attendons à ce qu’ils se servent de
cette vision au moment où ils procéderont à
des travaux. »
Une canalisation éclate et la rue doit être
reconstruite? L’arrondissement pourra se munir de son «
plan de quartier vert » pour refaire la rue de
manière plus sensée: ajouter des arbres ici,
élargir des trottoirs là-bas, implanter des dos
d’âne, etc.
Cela confirme qu’il y a de la lumière au bout du tunnel.
Même si elle semble parfois s’éloigner à
mesure que l’on avance.
Le virage vert de Monaco
Parmi les
villes européennes ayant pris le virage écolo,
Monaco a de quoi être cité en exemple. En
particulier parce que le prince Albert II a
décidé d’afficher ses couleurs...
résolument vertes.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent
être une vraie solution aux problèmes actuels.
»
Hôtels verts
Chaque
année, de 4 à 5 millions de personnes viennent
passer leurs vacances sur le rocher monégasque, entre
autres célèbre pour son casino. Depuis trois
ans, le prince Albert de Monaco soutient que
l’écologie doit être partout et prend des
mesures pragmatiques pour résoudre les
problèmes liés à l’environnement.
COLLABORATION SPÉCIALE Monaco a pris le virage
écolo depuis qu’Albert II a pris les rênes du
pouvoir au décès de son père, il y a
trois ans.
Fils unique de la princesse Grace Kelly et du prince Rainier,
Albert Grimaldi, de son vrai nom, est un prince
monégasque qui opte pour des solutions pragmatiques
liées aux problèmes de l’environnement.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent
être une vraie solution aux problèmes actuels
», affirme Albert de Monaco, lors d’une rencontre
accordée au Palais princier.
En étroite collaboration avec des conseillers qui,
autrefois, étaient plus soucieux de l’expansion
économique de Monaco que de la préservation de
la nature, le prince Albert soutient que l’écologie
doit être partout.
Une tâche d i f fici le, mais accomplie avec
dévouement. Car depuis, le Monégasque
écologiste est né: il prend le bus plutôt
que l’auto, et s’il en a une, elle est hybride.
« Nous avons voulu mettre l’accent sur les transports et
le covoiturage, afin d’obtenir une meilleure fluidité
de la circulation. Nous avons augmenté la
fréquence des transports en commun en bus,
réduit le prix d’un billet de bus à 1 euro, et
constaté une progression de 30% de la
fréquentation », explique Albert de Monaco.
Dans le
registre de cette économie verte, certaines solutions
On parle d’écologie hôtelière, avec ses
green managers qui recyclent tout, allant du moindre bouchon
en plastique, au verre, quotidiennes vont même plus
loin, car toute la consommation est repensée pour ce
nouveau Monégasque écolo. Et la ville s’engage
à lui offrir un gisement d’emplois verts dans quasiment
tous les secteurs. aux piles, aux cartouches d’encre et
à l’huile de friture. Écologie industrielle: les
voitures de sport vont prendre un tournant vert; leurs
constructeurs travaillent présentement sur de nouveaux
modèles écolos.
Écologie culturelle, que l’on retrouve au Forum
Grimaldi – le centre des congrès de l’endroit –, qui
fait signer à ses employés des chartes
d’éco-responsabilité.
Mais le centre ne se limite pas aux chartes, il utilise l’eau
de mer pour ses systèmes de climatisation et de
chauffage. « À cela, 11 000 ampoules ont
été remplacées par des ampoules LED (peu
énergivores). Le tri de déchet est
sélectif et nous nous chargeons de fournir du
matériel recyclable pour nos salons et congrès,
allant de la moquette aux signalétiques d’indication
des stands. Sans compter l’utilisation de papier
recyclé pour nos brochures et de produits de nettoyage
éco-labellisés », explique Hervé
Zorgniotti, directeur des communications du Forum Grimaldi.
Profs et élèves écolos
Dans les écoles, même scénario, avec
l’Éco-école. La plupart des
établissements scolaires doivent réaliser un
projet environnemental complet, allant de la mise en place de
tri sélectif à la construction de composteurs.
Les acteurs? Profs et élèves, qui s’engagent
à faire l’apprentissage de gestes écolos et des
actions menées au quotidien.
« Les chantiers sont immenses, et beaucoup de gens ne
mesurent pas encore l’importance de l’action. Il y a encore
beaucoup de gens à convaincre, mais je pense que
ça passe par l’implication de tous, car si on arrive
à impliquer tous les acteurs de la
société civile, de l’économie, des
dirigeants des pays, des scientifiques, ce rassemblement de
toutes les forces permettra d’envisager l’avenir positivement
», dit Albert de Monaco.
Sur ce Rocher conquis sur la mer, qui connaît un taux de
concentration immobilière digne de l’Asie, ce
réveil de conscience est salutaire.
Plus de vélos, moins d’accidents... -
François Cardinal
Montréal est une véritable jungle urbaine
pour les cyclistes, dont la vie est plus menacée
que jamais... Du moins, voilà ce que
prétendent médecins et chauffeurs d’autobus
qui, manifestement, ne roulent pas souvent à deux
roues en ville.
Quiconque s’est habitué à circuler à
vélo à Montréal ces dernières
années vous le dira : l’augmentation du nombre de
cyclistes, le prolongement des pistes cyclables ainsi que
la présence accrue des policiers ont plutôt
rendu la pratique du vélo plus sécuritaire.
Sceptique ? Les statistiques le prouvent pourtant : le
bilan routier cycliste s’améliore d’année en
année, selon les données 2004-2008 du
Service de police de Montréal (les chiffres de 2009
ne sont pas disponibles).
De façon générale, depuis cinq ans,
on constate en effet que le nombre d’accidents mettant en
présence un cycliste est en nette diminution: de
818 en 2004, il est passé à 701 en 2008.
Certes, il y a eu une légère hausse des
blessés mineurs en 2007, mais la réduction
sur cinq ans atteint néanmoins un impressionnant
15%. Une hécatombe, vous dites?
Le nombre de morts ? Il a augmenté de 2004 à
2006, passant de deux à cinq. Mais depuis, il est
retombé à deux annuellement. On stagne,
donc. Les médecins déchiraient pourtant leur
chemise dans un texte publié samedi dernier dans La
Presse, parce qu’il y a eu cette année... trois
morts. Malgré l’apparition du Bixi, on reste tout
à fait dans la moyenne.
L es blessés g raves sera ient-i ls davantage en
cause, comme le soutient le Dr Faramarze Dehnade, chef du
Service d’orthopédie du CHUM ? « Il y a une
augmentation des cas en général,
soutient-il. Depuis quelques années, on le voit.
»
Or encore
une fois, les statistiques vont dans le sens contraire. De
2004 à 2008, le nombre de blessures graves est
passé de 52 à 34, une baisse de 35%! Vrai,
on a assisté à une hausse de 26% de 2007
à 2008. Mais cela n’est attribuable qu’aux
données anormalement basses de 2007, alors que le
nombre de blessés graves a atteint un creux
historique, à 27. Rien d’étonnant à
ce que l’on constate une hausse l’année suivante!
« Les cyclistes ont une sorte d’immunité
totale. Ils font ce qu’ils veulent comme s’ils avaient
tous les droits», lance le Dr Dehnade, faisant ainsi
écho à l’impression générale
que les accidents très médiatisés de
Toronto, Ottawa et Montréal nous ont laissée
ces dernières semaines.
Or s’il est vrai que les cyclistes sont plutôt
indisciplinés à Montréal (de
grâce, excluons de la réflexion les courriers
à vélo, qui donnent une bien mauvaise
réputation à l’ensemble des cyclistes
malgré leur faible nombre), ils ne sont pas en
cause dans plus d’accidents. Et ce, même si le
nombre de vélos en ville est en hausse fulgurante !
Cela confirme ce que les experts ont observé cet
été dans plusieurs villes où la
bicyclette gagne du terrain, comme Lyon, Strasbourg et
Paris (55% plus de cyclistes, 8,5% moins d’accidents). On
appelle cela la théorie du « strength in
numbers »: plus il y a de cyclistes, moins il y a
d’accidents mettant en présence des cyclistes.
Voilà pourquoi vous avez huit fois plus de risques
d’avoir une collision avec une auto à vélo
en Amérique du Nord qu’en Europe, même si les
cyclistes constituent ici une part moins importante des
usagers de la route.
Les cyclistes, on le voit bien, ne sont pas à
l’origine d’un plus grand nombre d’accidents, seulement
d’un agacement grandissant.
Le secteur du stade passe au vert -
Éric Clément
Cinq
institutions montréalaise profiteront d’un
investissement de 189 millions pour un « quartier de
la vie » dans Hochelaga-Maisonneuve
La Ville de Montréal, les Muséums nature de
Montréal ainsi que les gouvernements
fédéral et provincial lanceront en septembre
un ambitieux projet à la fois touristique,
muséal et écologique appelé le
Quartier de la vie, a appris La Presse. Le secteur du
Jardin botanique et les abords du Stade olympique seront
reliés par une « immense place publique
interactive ». Le projet total est
évalué à 189 millions de dollars.
PHOTO DAVID BOILY, LA
PRESSE
En plus de la Ville, la
Régie des installations olympiques prendra aussi
des initiatives dans le secteur. « C’est trop
bétonné à notre goût, dit
Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO. Ça
pourrait faire un lien visuel vert. » Avec
l’apport de la RIO, le projet dépassera les 200
millions d’investissements.
Cinq institutions en feront partie: le Biodôme, le
Jardin botanique, le Planétarium et l’Insectarium,
de même que le futur Centre sur la
biodiversité. Le Quartier de la vie aura pour but
de prolonger la mission des quatre muséums, soit de
faire connaître et apprécier les sciences de
la nature et la nature elle-même aux
générations présentes et futures. Ces
quatre muséums représentent
déjà le plus grand complexe muséal de
sciences naturelles au Canada.
Le Quartier de la vie sera une expérience sociale
et environnementale inédite pour le visiteur.
« Rien à voir avec du show-business ou des
activités commerciales habituelles, nous dit une
source proche du concepteur. Les activités seront
en phase avec les valeurs fondamentales des gens, pour
qu’ils se reconnectent avec la nature et pour que,
à terme, un citoyen qui trouve un papier par terre
le ramasse même si ce n’est pas le sien. »
La place publique qui sera créée partira de
la station de métro Viau et se prolongera
près du Biodôme et du nouveau
Planétarium, qui sera construit d’ici à
l’été 2011 au pied de la tour du Stade
olympique. Elle se rendra ensuite jusqu’au Centre sur la
biodiversité, près du Jardin botanique, en
passant sous la rue Sherbrooke. « Il s’agira de la
première place publique mondiale
dédiée à l’humain et à la
nature », nous dit la même source.
Ce ne sera pas une place comme les autres. On n’y trouvera
pas de parasols, de tables ou de chaises en plast ique. Le
l ieu rendra hommage à la nature, et les citoyens
pourront l’aménager à leur façon, par
exemple… en déplaçant des « arbres sur
roulettes » ou en érigeant des
bâtiments écologiques. Le touriste pourra
s’approprier les lieux et participer au façonnement
de la place, qui évoluera dans le temps au
gré des initiatives et des réalisations des
visiteurs.
Parmi les
aménagements qui pourraient être bâtis,
on pourrait, par exemple, construire des restaurants sur
pilotis en bambou, pour que même les concessions
alimentaires soient conformes à l’esprit des lieux.
« La facture sera toujours inusitée et
audacieuse », nous dit-on.
On prévoit que 2,7 millions de personnes
participeront chaque année à
l’expérience. Le projet l ancé pa r le s
Muséums nature est coordonné avec la
Régie des installations olympiques puisqu’il s’agit
de ses terrains. La RIO prendra aussi des initiatives dans
le secteur. L’esplanade de béton située au
coin du boulevard Pie-IX deviendra verte dans la
deuxième phase du projet. « C’est trop
bétonné à notre goût, dit
Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO. Ça pourrait
faire un lien visuel vert. » Avec la RIO, le projet
total dépassera les 200 millions.
L’investissement consenti par la Ville, soit 189 millions,
proviendra du programment triennal d’immobilisations et de
subventions fédérales et provinciales. La
somme comprend les coûts de construction du
Planétarium (33 millions) et du Centre sur la
biodiversité (24,5 millions), la création de
la place publique (30 millions) et les coûts
liés à la mise aux normes et à
l’amélioration des muséums nature.
Ainsi, on créera au Biodôme un nouvel
écosystème consacré à
l’humain, « une espèce en équilibre
avec la nature, essentielle à sa survie ».
À l’Insectarium, les visiteurs pourront
défier leurs peurs et vivre des expériences
« d’immersion entomologique » afin d’apprendre
à mieux vivre avec les insectes.
La création du Planétarium est
financée par Québec, Ottawa, Montréal
et Rio Tinto Alcan, qui donnera son nom à
l’édifice moyennant 4 millions. Quant au Centre sur
la biodiversité, les travaux de construction
commenceront ces jours-ci près du Jardin botanique.
Le bâtiment, voué à la recherche
scientifique, à la conservation et à la
valorisation de collections biologiques, à la
promotion de la préservation des espèces et
au transfert des connaissances, sera inauguré l’an
prochain.
Les élus du comité exécutif ont
découvert le projet du Quartier de la vie la
semaine dernière et l’ont bien accuei l l i .
« C’est un projet extraordinaire pour le
développement de Montréal, nous a dit, hier,
un membre de l ’administration municipale. Il va permettre
la mise en valeur de tout un quar t ier, au coeur de
l’arrondissement MercierHochelaga-Maisonneuve, et va
grandement contribuer à améliorer la stature
internationale de Montréal. »
25e TOUR DE L’ÎLE Montréal
transformé en capitale du vélo
« On
est partis, il y a 25 ans, d’une toute petite
activité organisée en six semaines à
peine, et maintenant on attire des touristes de partout.
Faire du vélo, ce n’est plus marginal, c’est une
culture solidement implantée dans la ville. »
Certains sont venus d’aussi loin que du Danemark, d’autres
n’ont eu que quelques pas à franchir pour atteindre
la ligne de départ… Le 25e Tour de l’île de
Montréal a attiré une foule bigarrée de
35 000 personnes hier, bien au-delà des attentes des
organisateurs. De quoi leur faire dire que Montréal
est bel et bien devenue en un quart de siècle la
capitale du vélo de l’Amérique du Nord. Rien
de moins.
Le Tour de l’île de
Montréal a attiré une foule bigarrée
de 35 000 personnes, hier, bien au-delà des
attentes des organisateurs.
Charles Breton fait partie des irréductibles qui
n’ont jamais raté un seul Tour. À l’automne
1985, quand il a vu le flot de cyclistes défiler
devant chez lui, il n’a fait ni une ni deux et a
enfourché sa petite reine. Il avait 57 ans. Il en a
maintenant « 82 et demi », et le mollet toujours
bien ferme. « Le Tour, c’est ce qui m’a gardé
aussi en forme. Je m’entraîne chaque semaine en
pédalant 200, 250 km pour être sûr de
pouvoir y participer chaque année », lance-t-il
fièrement à l’arrivée, où il
était parmi les premiers.
« Le circuit n’était pas trop dur, cette
année, il n’y avait pas trop de côtes et il
faisait beau », ditil comme pour s’excuser de son
exploit.
Il est vrai qu’il y avait une différence
appréciable avec la météo glaciale de
la première année du Tour, qui avait eu lieu
en octobre par un frisquet 10° et sous un ciel
mouillé. Le Tour a aussi perdu quelques longueurs au
fil des ans, passant d’un peu plus de 70 km à 52 km
hier, histoire d’attirer davantage de familles.
« Nous ne sommes pas là pour convaincre les
gens de faire du vélo envers et contre tout, mais
pour leur donner le goût d’en faire en ayant du
plaisir », dit Joëlle Sévigny.
présidente de Vélo Québec.
Un plaisir qui, visiblement, se communique, à
entendre toutes les histoires de cyclistes qui affirment
avoir été entraînés par un
frère, un ami, un collègue et même une
grand-mère de… 79 ans. Huguette Wilson a
pédalé hier son 20e Tour avec son fils, sa
petite-fille et ses deux arrière-petits-enfants !
« J’aime tout! La fierté d’avoir accompli un
exploit, les encouragements des bénévoles
à chaque coin de rue, les applaudissements des
passants et ce moment unique avec les membres de ma famille.
»
Denise
Turgeon, de Sherbrooke, se donne le défi
d’enrôler chaque année une personne de plus
dans l’aventure. Louise Lafrance, elle, n’a tout
simplement pas donné le choix à ses cinq
frères et soeurs: elle leur a glissé un
dossard sous le sapin de Noël. La joyeuse bande, de
51 à 66 ans, a commencé à
s’entraîner il y a deux mois. « C’était
le cadeau idéal : on veut tous que nos proches
soient en santé, et on aime tous passer de bons
moments ensemble. »
Une seule ombre est venue ternir cette journée : un
homme de 72 ans a dû être transporté
d’urgence à l’hôpital à la suite d’un
malaise cardiaque. Le reste de la journée s’est
déroulée sans anicroche majeure, avec son
petit lot de crevaisons et de genoux
écorchés. Le départ, animé par
des artistes du Cirque du Soleil, a été
donné à l’heure pile. L’arrivée a
été couronnée par un spectacle de
Daniel Bélanger. « On est partis, il y a 25
ans, d’une toute petite activité organisée
en six semaines à peine, et maintenant on attire
des touristes de partout. Faire du vélo, ce n’est
plus marginal, c’est une culture solidement
implantée dans la ville », affirme
Joëlle Sévigny.
Alors oui, bien sûr, le Tour aura lieu encore l’an
prochain.
Le Tour à Bixi
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bernard
Saint-Pierre n’est pas passé inaperçu sur la
ligne de départ à côté des
vélos de compétition des grands coureurs ou
de ceux, bichonnés pour l’occasion, des promeneurs
du dimanche. Il a enfourché hier matin une
bécane qui n’est nullement destinée aux
longues randonnées: un lourd et robuste Bixi.
Le nouveau réseau de bicyclettes en libre-service
de Montréal a sauvé son Tour. « On m’a
volé mon vélo il y a deux jours. J’ai
essayé d’en emprunter un, mais aucun n’était
disponible. » Ni aussi confortable, assurait le
jeune homme avant de parcourir les 52 km du circuit…
« Je n’ai pas eu de mal à me rendre jusqu’au
départ alors je ne crois pas que j’aurai la vie
plus difficile qu’avec un autre vélo. » L’un
des promoteurs du Bixi, le conseil ler municipal
André Lavallée, a tout de même reconnu
hier que la côte Berri n’avait pas été
de tout repos à grimper en Bixi… « Disons
qu’à certains moments j’aurais profité d’une
quatrième ou d’une cinquième vitesse. Mais
ce n’est pas un vélo conçu pour les longues
distances ! » a-t-il rappelé.
Ne ratant pas une occasion de faire la promotion du
service, André Lavallée a aussi fait le Tour
de New York en Bixi le mois dernier. « Là,
c’était vraiment le vélo idéal. Il
pleuvait des cordes, les autres cyclistes ont eu des
problèmes de mécanique, mais pas mon Bixi,
très robuste. » Et surtout, il lui a valu un
article dans le New York Times…
Le BIXI a été
utilisé un million de fois
Le
BIXI, le système de vélo en
libre-service montréalais,
célèbre un nouveau jalon : il a
été utilisé un million de fois
depuis que le premier vélo a commencé
à rouler dans les rues de la métropole.
Ce millionième déplacement en BIXI a
été effectué le 22 octobre.
Le président de la société de
vélo libre-service, Alain Ayot t e , a
déc l a r é que la popularité du
BIXI a dépassé les attentes, lors de sa
toute première saison. Pou r lui, c ’est un
signe que les Montréalais s e s ont r apidement
approprié le BI XI, un bien public, et qu’ils
le considèrent comme tel.
I l est désormais possible de trouver 5000
vélos dans 400 stations réparties dans 8
arrondissements de la Ville de Montréal. Pas
moins de 30 0 vélos avaient été
mis en service lors de la phase i nitiale. M. Ayotte a
i ndiqué que, vu le succès connu par ce
moyen de transport, la Ville de Montréal avait
devancé à juillet l’implantation de la
phase 2.
L e
mai r e de Montréa l , Gérald Tremblay,
a déclaré pa r voie de c
ommuniqué que l e BI X I c ont r i bue à
améliorer la qualité de vie des
Montréalais, à faire de Montréa l
u ne mét r o pole du r a ble e t à a s s
u r e r s on r a y o n n e ment a u n i v e a u
international.
Les vélos BIXI seront retirés
graduellement des rues de la ville à partir du
1er novembre, en commençant par les stations
les moins populaires. Le reste des vélos ira
hiverner d’ici la fin du mois de novembre.
Pendant la saison hivernale, les responsables du
système feront le bilan et
réfléchiront aux prochaines
améliorations possibles.
Selon M. Ayotte, l’objectif du système est
d’atteindre l’autofinancement en trois ans. Il a
indiqué que le système est en voie d’y
arriver.
Bixi ira à Londres et à Boston
- Sara Champagne
Le
vélo BIXI débarquera dans les rues de
Londres et Boston. L’administration du maire
Gérald Tremblay a réussi l’exploit de
vendre à ces deux villes le nouveau concept de
bicyclettes en libre-service. Et d’autres grandes
villes, comme New York, pourraient bientôt
emboîter le pas.
PHOTO ANDRÉ
PICHETTE, LA PRESSE
Verra-t-on des courses de Bixi
dans les rues de la City comme on a pu en voir une
aux mardis cyclistes de Lachine, la semaine
dernière?
En point de presse hier midi devant l’Hôtel de
Ville, rue Notre-Dame, le maire de Montréal et
le responsable du Plan de transport, André
Lavallée, n’étaient pas en mesure de
chiffrer les retombées des ententes. Mais ils
ont affirmé que 45 emplois permanents seraient
créés à Montréal
grâce à Boston. Sans compter tout le
« rayonnement » engendré par ces
rejetons du modèle BIXI.
« Montréal est une ville modèle du
transport actif, a dit Gérald Tremblay,
visiblement heureux de parler d’autre chose que de la
controverse autour des festivals d’été.
On devient reconnus internationalement grâce au
BIXI. Même le Time Magazine l’a confirmé
en plaçant le concept au 19e rang des
innovations », a-t-il rappelé.
À Londres, la nouvelle n’a pas tardé
à faire la manchette des grands quotidiens,
hier. Même si certains médias n’ont pas
manqué de mettre en lumière les
ratés du système montréalais,
implanté au printemps dernier, et le vandalisme
dont il est la cible. En entrevue avec le London
Telegraph, le maire Boris Johnson a prédit que,
grâce au service, sa métropole ferait
bientôt « l’envie du monde entier ».
Au total, 6000 vélos seront mis en service
à Londres d’ici à 2012. En comparaison,
il y en aura 5000 à Montréal d’ici
à la fin de l’année.
En ce qui concerne l’exploitation, la
société « Transport for London
» (TfL), le pendant de la Société
de transport de Montréal (STM), a signé
avec la firme britannique Serco un contrat de 245
millions de dollars canadiens pour qu’elle assure le
service durant six ans, avec possibilité de
prolongation de deux ans. Les vélos seront
adaptés à la conduite londonienne – les
freins seront inversés – et la couleur sera
probablement différente.
ÀBoston, l’entente est encore plus
exceptionnelle parce que Montréal devient aussi
maître d’oeuvre du projet, avec
possibilités de déploiement dans des
villes limitrophes. Au départ, 2500
vélos, 290 stations et 3750 points d’ancrage
seront installés dans le centreville de Boston.
Le nombre de vélos est appelé à
doubler en fonction du succès de l’affaire.
Boston entend aussi bénéficier du centre
d’appels centralisé de Montréal pour les
défectuosités.
« À ce moment-ci , je ne peux pas vous
dire si les vélos seront baptisés BIXI,
mais ce qui est certain, c’est qu’on saura avec
précision qui sont le père et la
mère des bicyclettes », a ajouté
avec humour Roger Plamondon, président du
consei l d’administration de la Société
de vélo en libre-service.
À Times Square
Sans vouloir s’aventurer trop loin, André
Lavallée, responsable du Plan de transport et
vice-président au comité
exécutif, a par ai l leurs annoncé que
le BIXI serait prochainement en démonstration
à Times Square, à New York, secteur
devenu piétonnier cet été.
D’autres pourparlers seraient en cours avec d’autres
villes, dont Vancouver, a appris La Presse.
Quant à l ’ implantat ion prochaine de 2500
nouveaux BIXI à Montréal, on a
expliqué que les vélos sont en cours de
fabrication dans les usines de la compagnie Devinci ,
dans la région de Chicoutimi. Selon M.
Lavallée, le système a été
revu pour éviter les vols et le vandalisme.
Quant aux tarifs, il n’est pas question de baisse pour
l’instant. À Londres, les profits du service
seront versés à TfL.
Des Bixi à Ottawa, à
Gatineau et peut-être à Seattle
Les Bixi de Montréal font des petits. Les
villes d’Ottawa et de Gatineau ont choisi
d’expérimenter Bixi pour un projet
démonstrateur de vélo en libre-service,
devenant les deuxième et troisième villes au
Canada à l’expérimenter. « Nous sommes
présentement en discussion avec la Ville de Seattle
qui a été séduite par Bixi »,
ajoute André Lavallée, vice-président
du Comité exécutif de la Ville de
Montréal et responsable du Plan de transport. Nous
sommes extrêmement fiers du rayonnement de Bixi dans
le monde et de constater que plusieurs autres villes
pourraient emboîter le pas à Montréal.
»
Le Bixi étend son empire
Quelque 100 stations et 2000 vélos seront
ajoutés
Le nombre de vélos Bixi est en voie de doubler
dans les rues de Montréal. À la demande
générale des citoyens, l’administration
du maire Gérald Tremblay a décidé
d’accélérer le déploiement du
système de vélos en libre-service.
Pour la première fois,
le service de location de vélos sera offert
dans quatre arrondissements :
Mercier–HochelagaMaisonneuve,
Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce,
Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, de même
que dans le Sud-Ouest.
D’ici quelques semaines, 2000 Bixi seront
ajoutés, avec 100 nouvelles stations, portant
le nombre total de vélos à 5000 pour 400
stations. Par ailleurs, le service sera nouvellement
offert dans quatre arrondissements : Mercier– Ho c he
l a ga-M a i s on neuve , Côte-des-Neiges–
Notre-Damede-Grâce, Villeray– Saint-Michel–
Parc-Extension, de même que dans le Sud-Ouest.
Les nouveaux vélos permettront entre autres de
desservir la clientèle de l’Université
de Montréal et les usagers aux abords du
marché Atwater, du Stade olympique, des
installations du Biodôme, du Technopôle
Angus et du cégep du Vieux-Montréal.
Avec ses 6300 abonnés au service et 220 000
déplacements en sept semaines, le responsable
du Plan de transport, André Lavallée,
estime que Bixi s’autofinancera d’ici trois ans,
même s’il est trop tôt pour
dévoiler les revenus
générés depuis son lancement.
À ce jour, l’implantation des 3000 premiers
Bixi a nécessité des investissements de
15 millions. La deuxième phase de
déploiement est évaluée à
7 millions par l’administration municipale, pour une
dépense totale de 22 millions. Et le lancement
d’une troisième phase n’est pas
écarté, peut-être l’an prochain, a
laissé entendre la Ville.
« Le service Bixi est le deuxième en
importance au monde après celui de Paris, a
indiqué M. Lavallée, non sans cacher sa
fierté, lors d’un point de presse pour annoncer
la mise en service de la deuxième phase. Depuis
que notre service a été lancé, on
estime que 1,3 million de kilomètres ont
été parcourus, soit l’équivalant
de 35 fois le tour de la terre. »
Vols
et vandalismes
En ce qui concerne les vols et les tentatives, de
même que le vandalisme perpétré
sur une cinquantaine de vélos Bixi, durant le
congé de la fête de la
Saint-JeanBaptiste, la société en
commandite Stationnement de Montréal a
annoncé que 16 personnes ont été
prises sur le fait. Des plaintes ont été
faites auprès de la police de Montréal
et des accusations, notamment pour dommages au domaine
public, ont été portées contre
les malfaiteurs.
Les vols de Bixi auront au moins eu ceci de bon que
Stationnement de Montréal a renforcé le
système d’ancrage des stations de vélos
pour rendre pratiquement impossibles d’autres
méfaits. Michel Philibert, directeur des
communications pour la société, explique
qu’il fallait « une force excessive pour sortir
les vélos de leur ancrage », mais qu’avec
le système solidifié, ce « ne sera
plus possible ».
« Nous avons conçu un prototype et les
essais sont concluants », a-t-il ajouté.
Les nouveaux Bixi sont actuellement assemblés
par la même compagniequi a livré les
3000premiers, à savoir B3CG, dont l’usine est
située à Saint-Eustache, dans la
région de Deux-Montagnes. La conception du
vélo est de Cycles Devinci, et le design de
Michel Dallaire, également derrière la
conception des bancs de parc au centre-ville et dans
le Quartier international de Montréal.
Un loueur de vélos se dit
pénalisé par le Bixi
Les
Montréalais ont vite adopté le Bixi, comme
en témoignent les 3000 déplacements
enregistrés chaque jour, mais les nouveaux
vélos en libre-service ne font pas que des heureux.
Ils fournissent une concurrence inattendue à un
entrepreneur qui loue des bicyclettes dans le
Vieux-Montréal.
Depuis que des bornes Bixi ont
été installées tout près de
sa boutique de location de vélos dans le
Vieux-Port, AndréGiroux dit avoir perdu des
clients.
Propriétaire de la boutique Ça roule, rue de
la Commune, André Giroux précise qu’il est
favorable au nouveau programme. Mais depuis que deux
bornes Bixi ont été installées
à quelques mètres de son commerce, il a
perdu plusieurs clients.
« Ce ne sont pas des pertes qui mettent l’entreprise
en danger pour le moment, affirme-t-il. Mais avec la
récession en même temps, ce n’est pas
génial. »
André Giroux, qui tient boutique depuis 15 ans,
possède une centaine de vélos qu’il loue aux
visiteurs qui souhaitent explorer le Vieux-Port. Or, le
Bixi, en principe conçu pour les
déplacements courts, semble avoir été
adopté par les promeneurs.
«
Pensez-vous que ces genslà vont du point A au point
B? demande-t-il en montrant une mère et son fils
qui roulent en Bixi. Ça m’a plutôt l’air de
gens qui font de la randonnée. Ça, ce sont
des clients qu’on aurait eus normalement. »
Stationnements de Montréal, l’organisme public qui
gère les Bixi, reconnaît que le cas
d’André Giroux n’est pas isolé. Un autre
loueur de vélos, du PlateauMont-Royal
celui-là, s’est plaint d’avoir perdu des clients,
selon le porte-parole de l’organisme, Michel Philibert.
« La clientèle qu’on vise, c’est surtout les
Montréalais, dit M. Philibert. On ne vise pas
directement les touristes. Le Bixi n’est pas conçu
pour faire de grandes randonnées, la tarification
n’est pas conçue pour ça non plus. »
Stationnements de Montréal a donc
déplacé une borne Bixi qui se trouvait
à une quarantaine de mètres de la boutique
Ça roule. André Giroux souhaite que
l’organisme fasse de même avec un autre poste,
situé à l’angle de la rue de la Commune et
de la place Jacques-Cartier.
L’organisme n’entend pas se rendre à cette demande.
En revanche, il posera, à ses frais, des panneaux
publicitaires sur la borne pour inviter ceux qui
souhaitent faire une randonnée plus longue à
visiter la boutique Ça roule. André Giroux,
lui, compte prendre le taureau par les cornes pour faire
face à son nouveau concurrent. Il achètera
bientôt 10 vélos costauds semblables aux Bixi
et les louera 5$ l’heure.
Le seul problème avec le Bixi : il marche trop bien !...
Déjà plus de 2000 trajets en Bixi chaque jour
Victime de
son succès, le service connaît des
pénuries
Même le mauvais temps ne freine pas la lancée
du Bixi. Malgré la pluie qui est tombée cette
semaine, les vélos en libre-service ont passé
le cap des 2000 trajets quotidiens.
« En général, on est très
satisfaits », dit Michel Philibert, porte-parole de
Stationnement de Montréal, qui gère le
système.
Cela n’empêche pas le nouveau chouchou des citadins de
connaître des maux de croissance, deux semaines
après son lancement. Des usagers peinent parfois
à trouver une borne libre pour rendre leur Bixi. Dans
d’autres cas, c’est l’inverse: pénurie de Bixi
à louer.
À propos des problèmes de stationnement, des
ajustements seront apportés. « Les stations ne
sont pas complètes, dit M. Philibert. Certaines vont
augmenter de taille, comme celles qui sont toujours pleines,
par exemple au métro Mont-Royal. »
Actuellement, il y a plus de deux places pour chacun des
vélos déployés (plus de 1700 places
pour 824 vélos dans 154 stations). Ce rapport se
maintiendra pendant tout le déploiement, qui se
poursuivra jusqu’à ce que l’objectif de 300 stations
et 2400 vélos soit atteint.
Des
phénomènes prévisibles sont
déjà observables: les Bixi et leurs
utilisateurs ont tendance à descendre les côtes
ensemble, mais à les remonter
séparément!
« C’est typique, dit M. Philibert. Il y a des gens qui
partent en haut de la côte Berri, descendent dans le
Vieux-Port et laissent leur vélo là. Ils
remontent en métro ou autrement. On a un camion qui
prend des vélos et qui les rapporte en haut. »
« On est en train d’apprendre quels sont les
déplacements naturels des gens, ditil. Pour les deux
premiers mois, on est en rodage. On constitue une banque de
données. »
Il ne signale pas encore de vol – en tout cas, aucun usager
ne s’est encore vu réclamer les 1000 $ prévus
en cas de disparition d’un Bixi. Il avertit toutefois les
usagers d’être prudents au moment de rendre leur
monture. « Il faut attendre le voyant vert et le
signal lumineux, sinon quelqu’un d’autre pourrait partir
avec le vélo. »
Le système Bixi doit s’autofinancer en trois ans, dit
M. Philibert. Bixi comptait hier 2359 membres ayant
payé l’abonnement annuel de 78$ ou le mensuel de 28
$. Stationnement de Montréal, une filiale de la
chambre de commerce du Montréal métropolitain,
gère les parcomètres et les stationnements
municipaux depuis 1995.
Une quarantaine de Bixi disparus
Le service
a été assailli par des vandales durant les
festivités de la Fête nationale
« Il y a eu plusieurs cas de vandalisme, a
déploré le porteparole de Stationnement de
Montréal, Michel Philibert. Les gens ont
probablement voulu se rendre au parc Maisonneuve ou en
revenir. »
Le Bixi connaît un succès boeuf auprès
des Montréalais, mais le nouveau vélo en
libre-service commence à être populaire
auprès d’une clientèle beaucoup moins
enviable : celle des vandales et des voleurs. Quelques
douzaines de bicyclettes sont portées disparues,
selon les autorités. Et la vaste majorité
des larcins se sont produits durant la dernière
semaine, en marge des festivités de la Fête
nationale.
Pour empêcher les
malfaiteurs de sévir de nouveau, la Ville
changera bientôt les ancrages des bornes.
Une quarantaine de vélos sont « portés
disparus », selon Stationnement de Montréal,
l’organisme paramunicipal qui gère la flotte de
2000 bicyclettes. On avait déjà
observé quelques actes de vandalisme au cours des
six premières semaines, mais il s’agissait de cas
isolés. Or, pendant la Fête nationale, le
service a été assailli par des vandales qui
ont arraché les vélos de leurs bornes et
pris la fuite.
« Il y a eu plusieurs cas de vandal isme, a
déploré le porte-parole de Stationnement de
Montréal , Michel Philibert. Les gens ont
probablement voulu se rendre au parc Maisonneuve ou en
revenir. »
Il est impossible de savoir combien coûtera cette
flambée de vandalisme, puisque Stationnement de
Montréal refuse de dévoiler le coût
exact d’un vélo Bixi.
Chose certaine, la station située près du
métro Berri-UQAM a été
particulièrement touchée, tout comme celle
qui se trouve à côté de la Maison des
cyclistes, au Plateau-Mont-Royal. Pour empêcher les
malfaiteurs de sévir de nouveau, la Ville changera
bientôt les ancrages des bornes.
Le responsable des transports au comité
exécutif, André Lavallée, ne
s’inquiète pas outre mesure de cette flambée
du vandalisme dans le réseau Bixi. « Il y a
eu un peu de vandalisme, mais ça reste très
marginal », assure-t-il.
Succès
Selon M. Lavallée, le Bixi est encore plus
populaire que prévu. Plus de 5820
Montréalais se sont inscrits au service, selon les
dernières statistiques de Stationnement de
Montréal, qui a recensé 175 000
déplacements depuis l’apparition des vélos,
le 12 mai dernier. On estime que les utilisateurs du Bixi
ont parcouru au total 1 million de kilomètres.
L’administration Tremblay a investi 15 millions pour
mettre le service sur pied, et elle s’est donné
trois ans pour amortir cet investissement à
même les recettes du Bixi. Cette somme pourrait
être amassée plus vite que prévu, a
indiqué M. Lavallée. Car plusieurs villes
pourraient verser des redevances à Montréal
si elles décident d’importer le concept
breveté chez elles.
« On a plus de membres et d’utilisateurs que
prévu, a-t-il indiqué. Il y a des recettes
qui entrent plus vite. Il y a aussi un très grand
intérêt des autres villes. Il pourrait y
avoir des avancées rapidement. »
Seattle organisera bientôt une démonstration
du Bixi. Des élus de New York ont également
séjourné à Montréal pour
étudier le concept au cours des derniers jours.
Entre-temps, Montréal poursuit le
déploiement du projet. On construira une trentaine
de stations supplémentaires d’ici à la fin
de l’été, et on ajoutera 1000 vélos.
Le service pourrait être étendu à
d’autres arrondissements l’an prochain.
Auto, métro, vélo, boulot, dodo
- FRANÇOIS CARDINAL
Bien qu’elle
soit chiche, l’entente Bixi-STM est un élément
capital du cocktail transport.
En poste depuis janvier, le grand patron de la STM fait mentir
l’adage selon lequel plus on monte dans la hiérarchie,
moins on monte sur son vélo pour se déplacer…
Michel Labrecque est en effet toujours aussi fidèle
à son deux-roues qu’à l’époque où il
dirigeait Vélo Québec, dans les années 90.
Mais est-il aussi fidèle à la vision du transport
urbain qu’il avait élaborée à
l’époque ?
Nous avons eu un début de réponse mardi dernier,
lors de l’inauguration du Bixi. La Société de
transport de Montréal a alors annoncé que ses
clients profiteront d’une réduction de moitié du
coût de l’abonnement au réseau de vélos en
libre-service.
Plutôt chiche (le client qui saute un seul mois de CAM
pour cause de vacances n’y a pas accès), l’entente
Bixi-STM n’en constitue pas moins un élément
capital de la vision de Michel Labrecque, qui se résume
en une expression qu’il a inventée en 1997: le cocktail
transport.
Il s’agit, selon ses mots, d’un « maillage » entre
les grandes entreprises de transports en commun (métro,
bus, train de banlieue) et les moyens de transport privés
(vélo, taxi, location d’auto, auto-partage, covoiturage).
En un mot, le citoyen a accès à une vaste palette
de moyens de transport et il choisit, au gré des jours et
de ses besoins, l’auto, le bus, le taxi, le covoiturage, le
vélo, ou une savante combinaison de ceux-ci.
D’où
l’entente entre la STM et Bixi. En entrevue, Michel Labrecque
reconnaît que l’entente est insuffisante, qu’il doit
travailler encore pour la bonifier.
À ce titre d’ailleurs, il confie que la vaste campagne de
marketing et d’amélioration du service qui sera
lancée cette semaine permettra justement d’embrasser plus
largement le concept du cocktail transport, afin
d’accroître l’affluence du transport en commun de 8% d’ici
2011.
« Nous sommes actuellement à signer des ententes
bilatérales, comme celle avec Bixi et une autre avec
Communauto (auto-partage). J’aimerais le faire aussi avec les
locateurs d’autos, les taxis, Vélo Québec, etc.
Parallèlement, nous montons un modèle d’affaires
qui, prochainement, nous permettra d’harmoniser tout ça
autour d’une carte cocktail transport », souligne-t-il.
Une « car te cocktai l transport » ? Sorte de super
carte Opus, cette dernière devrait servir à un
moment donné à faire le lien entre les
différents modes.
Armé de sa carte à puce qu’il pourrait payer sur
une base annuelle, l’usager aurait ainsi accès à
un stationnement incitatif, d’où il prendrait le
métro. À destination, il emprunterait un Bixi pour
se rendre au bureau. Et le soir venu, épuisé, il
appellerait un taxi pour lequel sa carte à puce lui
consentirait un rabais. Le week-end, il profiterait de certains
privilèges lors de la location d’une auto ou de la
réparation de son vélo.
Revenons donc à la « machine », la STM.
Suivra-t-elle, donc? Michel Labrecque est persuadé que
oui. En tout cas, il promet qu’il fera tout en son pouvoir pour
l’amener là où il la voit depuis bon nombre
d’années déjà.
Seul ennui: l’homme ne sait toujours pas s’il se
représentera en novembre prochain. Or, neuf mois à
la tête de la STM, c’est bien peu pour laisser sa marque,
encore plus pour révolutionner les transports collectifs…
Dix idées pour améliorer le Bixi
I l y aura
bientôt un mois que Montréal a été
pris d’assaut par les Bixi, ces vélos en libre-service
dont la popularité, avec plus de 3000
déplacements quotidiens, ne se dément pas. Une
telle croissance, évidemment, ne peut se faire qu’au
prix de quelques pépins, nous rappellent
quotidiennement les courriels de lecteurs. Rien de majeur,
remarquez. . . Mais ces désagréments, les
cyclistes s’en passeraient bien
Voici 10 idées pour améliorer ce tout nouveau
moyen de transport dont les Montréalais sont
déjà amoureux. 1 – AFFICHAGE Une Torontoise qui
a profité du réseau Bixi à la mi-mai est
repartie chez elle avec le sourire... jusqu’à ce
qu’elle consulte son relevé de carte de crédit.
Plus de 63$ pour quelques heures de vélo en une seule
journée. Apposer un autocollant clair et simple sur
chaque borne. Simplifier les consignes à
l’écran, qui s’étirent sur 50 pages! 2 –
CONFIRMATION Un habitué s’est fait refuser
l’accès aux Bixi parce qu’on l’accusait de ne pas avoir
rapporté son vélo la veille. Il avait pourtant
vu le voyant vert s’allumer, unique preuve de son geste.
Stationnement de Montréal ne le croyait pas,
jusqu’à ce qu’il retourne à la station où
son Bixi de la veille était sagement verrouillé.
Imprimer systématiquement un reçu de
confirmation lors du retour d’un vélo. Aumoins sept
personnesnous ont raconté avoir attendu en vain le
reçu indiquant le numéro de réservation
qui sert à libérer le Bixi: il y avait
pénurie de papier. Embaucher plus d’employés
afin d’alimenter régulièrement les bornes. 4 –
FIABILITÉ Vous êtes en retard à votre
rendez-vous. Vous pédalez plus vite. Une fois à
destination, vous cherchez une station... qui refuse de
reprendre le vélo. Vous avez beau forcer, le Bixi ne se
verrouille tout simplement pas. Que ce soit la cassette, la
station ou le système électronique, les
défectuosités surviennent souvent, trop souvent.
Corriger les nombreux problèmes électroniques
des stations avant que les usagers ne se lassent. 5 –
AJUSTEMENT L’auteur de ces lignes a déjà
dû visiter quatre stations Bixi avec sa clé
d’abonné avant de pouvoir libérer un
vélo. Stationnement de Montréal explique que,
chaque fois qu’une personne appuie, volontairement ou pas, sur
le bouton « réparation » ( petite
clé à molette), le Bixi se verrouille
jusqu’à ce qu’on vienne le réparer. Enlever
cette fonction et fournir plutôt un numéro de
téléphone où demander de l’aide. 6 –
TARIFS Les habitués du réseau de transports en
commun de Montréal peuvent bénéficier
d’un rabais sur leur abonnement à Bixi. Or, il faut
acheter 12 cartes mensuelles pour bénéficier
d’un rabais de... 38$. Vous partez un mois en vacances?
Oubliez le rabais. Revoir les rabais afin qu’ils soient plus
intéressants, plus accessibles et que les acheteurs de
la TRAM (train-bus-métro) puissent en
bénéficier. 7 – MULTIMÉDIA L’entreprise
Sparko a créé une application iPhone qui permet
de connaître en temps réel le lieu des stations
et le nombre de vélos qui s’y trouvent. Stationnement
de Montréal, qui n’a toujours pas de système
similaire, n’a pas félicité l’entreprise. Elle
lui a expédié une mise en demeure. Offrir un tel
service en ligne, main dans la main avec Sparko. 8 –
DÉPLACEMENTS Un usager du site internet Twitter a
raconté avoir dû visiter neuf stations avec son
Bixi avant d’en trouver une qui n’était pas pleine.
Neuf. Revoir dès maintenant l’emplacement et la taille
des stations afin d’optimiser le réseau et de diminuer
les frustrations potentielles. 9 – STATIONS Devant La Presse,
la station Bixi rogne d’environ deux mètres une place
de stationnement. La nature ayant horreur du vide, les
automobilistes s’acharnent néanmoins, quotidiennement,
à faire entrer leur grosse auto dans cet espace
tronqué. L’un d’eux a même reculé sur un
Bixi la semaine dernière. Mieux protéger les
stations Bixi avec des bacs à fleurs en béton,
comme à Paris. 10 – IMPLANTATION Combien d’usagers ont
consulté la carte du réseau pour s’apercevoir,
une fois à destination, que la station qu’ils avaient
repérée n’était pas encore
implantée ? Achever rapidement l’installation des 300
stations et mettre en service les 3000 vélos. COURRIEL
Pour joindre notre journaliste : francois.cardinal@lapresse.ca
ENVIRONNEMENT
-
Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine -
François Cardinal
En Bixi, la voie publique nous appartient. Comme ce
vélo est conçu pour la ville, on se sent mieux
accueilli en pleine rue qu’avec un vélo de course ou de
montagne. Il nous confère aussi une soudaine
légitimité urbaine, jusqu’alors
réservée aux automobilistes.
Bref, le vélo n’est plus, désormais,
confiné aux seules pistes cyclables à
Montréal.
Le Bixi transformera-t-il la ville en profondeur ? Tout
dépend, évidemment, de sa popularité. Les
essais réalisés cette semaine par La Presse nous
laissent croire que les Montréalais aimeront... mais
peut-être un peu moins lorsqu’ils seront en auto.
Résumons le Bixi en trois mots: simple, robuste et...
cher.
Simple, parce qu’il suffit d’un abonnement ou d’une carte de
crédit pour partir avec une bicyclette en quelques
secondes. L’abonné insère sa clé, le
non-abonné paye 5 $ pour 24 heures, et tous deux ont le
droit de pédaler à volonté, à
condition qu’ils retournent à une station toutes les
demi-heures pour éviter de payer une
pénalité.
Robuste, parce que le designer Michel Dallaire a conçu
avec Devinci une merveille de technologie enrobée d’un
cadre d’aluminium solide et non corrosif (contrairement
à toutes les autres villes du monde, dotées de
vélos d’acier).
Cher, il faut
le dire, parce que la tarification en rebutera plusieurs.
L’abonnement « annuel » à 78 $ sera
l’apanage des purs et durs. L’accès ponctuel à
5$ pour 24 heures, le moins cher des forfaits, est tout de
même le double du prix d’un billet de bus, ce qui fera
sourciller ceux qui veulent se balader. Et contrairement
à Paris, les titulaires d’une carte mensuelle de la STM
ne jouiront d’aucun privilège.
Cela dit, c’est à l’usage que le Bixi méritera –
ou non – les honneurs. Y aura-t-il suffisamment de
vélos? Ou y en aura-t-il trop, obligeant les usagers
à se promener de station à station pour rendre
leur Bixi ? Les bornes seront-elles bien situées ? La
technologie tiendra-t-elle la route? Et surtout, le Bixi
réussira-t-il à se tailler une place non
seulement dans le coeur des Montréalais, mais aussi
dans la ville?
La jungle urbaine étant déjà passablement
bondée (et indisciplinée) à
Montréal, la venue d’une nouvelle bête exigera en
effet des concessions de bien des gens. Les automobilistes,
qui devront partager la voie avec ces cyclistes du dimanche.
Les chauffeurs de taxi, qui verront leurs recettes diminuer.
Les chauffeurs de la STM, qui devront zigzaguer autour des
stations Bixi.
En quelques heures jeudi, d’ailleurs, La Presse a pu constater
à quel point les stations installées dans le
Vieux-Montréal incommodaient les automobilistes.
Certains se garaient carrément devant. D’autres
tentaient péniblement de les contourner sans les
heurter. Et d’autres encore pestaient contre ce nouveau
mobilier urbain qui ose leur piquer une centaine de places de
stationnement en ville.
Cela dit, avant de prévoir une révolution dans
les rues de Montréal – ou même un affrontement –,
il reste à voir si le vélo en libre-service sera
aussi populaire ici, toutes proportions gardées, qu’en
Europe. Ou s’il demeurera une belle pièce de mobilier
urbain.
Montréal, ville de vélo? La réponse au
coin de la rue.
Les stations
Bixi suscitent plus de curiosité que d'enthousiasme...
Montréal inaugure 65 stationnements de son
réseau de vélos en libre-service
Les Montréalais ont préféré
approcher ces vélos avec circonspection, plutôt
que de prendre les stations d’assaut.
Montréal a mis en fonction son tout nouveau
réseau de vélos en libre-service, hier matin.
Hormis le site internet du Bixi, victime de sa
popularité pendant une partie de la journée, le
lancement du système semble s’être fait en
douceur.
Le
lancement du service de vélos urbains Bixi s’est fait
devant l’hôtel de ville de Montréal, hier.
À terme, quelque 300 stations devraient être
installées à Montréal pour accueillir
les 3000 Bixi prévus.
Les Montréalais, pour leur part, ont
préféré approcher ces drôles de
vélos avec circonspection, plutôt que de prendre
les stations d’assaut. La curiosité a ainsi pris le pas
sur l’enthousiasme, selon les observations de La Presse.
Après une inauguration officielle à la station
Bixi de l’hôtel de ville, courue par bon nombre de
journalistes, dont celui du New York Times, les
autorités ont mis en service les 65 stationnements
installés ces dernières semaines dans trois
arrondissements (224 vélos disponibles).
« C’est à vous, Montréalais, de nous dire
maintenant si vous allez l’utiliser, comme moi je l’utiliserai
», a lancé le maire de Montréal,
Gérald Tremblay, avec grand enthousiasme.
L’ensemble des 300 stations devrait être installé
« le plus tôt possible », selon le maire,
pour accueillir les 3000 Bixi prévus. Pour l’instant,
la soixantaine de stations se concentrent dans les
arrondissements du PlateauMont-Royal, de Ville-Marie et de
Rosemont-La Petite-Patrie. Out remont , Sud-Oues t et
Villeray— Saint-Michel— ParcExtension seront les prochains.
Les stations seront toutes situées, à terme,
dans un quadrilatère formé de la rue Jean-Talon
au nord, du mont Royal et de la rue Atwater à l’ouest,
du fleuve au sud et de la rue d’Iberville à l’est.
Le service vise à offrir aux citoyens et touristes un
moyen de transport d’appoint, d’où la proximité
des stations qui sont situées en moyenne à
quelque 300 mètres les unes des autres. Il est possible
de s’y abonner pour un an ( 78$) ou 30 jours (28$) par
l’internet, ou de payer pour des utilisations de 24 heures (5
$).
L’abonné ainsi que l’usager ponctuel ont ensuite
accès à la même grille de tarif: ils ont
droit à autant de 30 minutes gratuites qu’ils le
désirent, à condition de revenir à une
station chaque demi-heure pour remettre le compteur à
zéro. Sinon, il leur en coûtera 1,50 $ pour la
première demi-heure supplémentaire, 3 $ pour la
deuxième et 6 $ pour la troisième.
STM + Bixi
Hier, la STMa confirmé qu’elle offrait
dorénavant à ses clients les plus fidèles
une réduction de moitié du coût de
l’abonnement au service Bixi, à condition qu’ils
achètent 12 titres mensuels. Tout comme les
abonnés du service de covoiturage Communauto, ils
payeront ainsi 38 $ par année, plutôt que les 79
$ normalement exigés.
S’ils se félicitaient de l’inauguration du Bixi, les
représentants de Vélo Québec et
d’Équiterre avaient toutefois certaines réserves
sur le rabais offert par la STM. « Dès qu’un
usager se paye un seul titre mensuel, il devrait avoir
accès au rabais, estime Sidney Ribaux,
d’Équiterre. L’intérêt du Bixi est
précisément d’être une extension du
réseau de transports en commun. »
« La STM devrait revoir le système de rabais,
afin qu’il profite aussi à ceux qui achètent
quelques titres mensuels chaque année », a
renchéri Suzanne Lareau, de Vélo Québec.
Elle a ajouté qu’elle travaillait à une entente
similaire pour les membres de son organisme.
I nter rogé à ce propos, le maire Tremblay a
reconnu du bout des lèvres que la STM pourrait en faire
plus, lorsqu’on a lui a rappelé que certaines personnes
n’achetaient pas de titre mensuel durant le mois où
elles partent en vacances, par exemple.
« Il faut en effet s’assurer de ne pas pénaliser
les gens qui prennent des vacances, a-t-il dit. Nous allons
regarder cela. »
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été
construit en collaboration avec l’entreprise du Saguenay
Devinci ainsi qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du
cinquième réseau en importance en libre-service,
après ceux de Paris, Lyon, Barcelone et Shanghai.
« C’estunepremièrenord-américaine, a
précisé M. Tremblay. Nous avons avec Bixi une
véritable vedette internationale. Même le maire
de Paris, Bertrand Delanoë, a dit qu’il était
mieux que le Vélib’. »
La
leçon de Bixi - PIERRE FOGLIA
Je sais: 18
756 articles ont déjà été
écrits sur le Bixi. Vous avez dû les lire trop
vite si j ’en juge par les questions que vous m’avez
posées après mon premier essai, jeudi. Tiens,
les gens chez qui j’étais: Comment t’es venu? Avec le
Bixi. Hein! Il est en bas? Ben non. Je l’ai remis à la
station la plus près d’ici. Ce n’est pas un vélo
qu’on garde avec soi. Cher? Les avis sont partagés.
D’abord, l’abonnement obligatoire : 78 $ pour l’année.
Ou 28$ pour la semaine. Ou 5 $ pour la journée. Dans
tous les cas de figure, beaucoup plus cher qu’à Paris.
Beaucoup, beaucoup plus cher qu’à Lyon ou Barcelone.
S’ajoutent à cela des frais d’utilisation chaque fois
qu’on garde le Bixi plus d’une demi-heure. Moins de 30 minutes
: gratuit. Soixante minutes : 1,50 $. Une heure et demie : 6$.
Passé une heure et demie, chaque demi-heure
supplémentaire d’utilisation : 6 $. Vous criez ? C’est
parce que vous n’avez pas compris le concept. Le Bixi, c’est
pas pour aller piqueniquer avec sa blonde au lac aux Castors.
Bixi = transport. Pas promenade. Pas loisir. Transport. Une
destination précise. Classico: de la maison au bureau.
Allons l’essayer. Il y a une station Bixi rue Saint-Jacques,
juste en face de l’entrée de La Presse. J’entre ma
carte de crédit dans la borne de la station. Rien ne se
passe. Je la vire de bord : rien. Tourne et retourne. Pitonne
et repitonne. Rien. Je retraverse la rue pour lancer un S.O.
S. à mon collègue François Cardinal,
utilisateur de la première heure : Hé,
François, viendrais-tu m’aider ?
François introduit ma carte. Zigone et rezigone. Rien.
Ça ne fonctionne pas, constate-t-il. Et de me confier
que, le matin même, il a eu lui aussi des
problèmes avec sa clé d’abonné annuel.
Pas des gros problèmes, mais ça n’a pas
fonctionné du premier coup. Il réessaie avec ma
carte une dernière fois. Yes ! C’est parti.
N’empêche, si François n’avait pas
été là, fuck le Bixi, j’aurais pris un
taxi. Plus tard, j’apprendrai qu’une autre collègue
(Judith Lachapelle), qui est venue travailler en Bixi le
même jeudi, a éprouvé le même
problème à la station Coloniale, où elle
tentait d’acheter un abonnement pour la journée. Elle a
dû changer de station, aller à celle du
métro Mont-Royal.
Judith ne s’en est pas formalisée : c’est la
première semaine, donnons-leur une chance de s’ajuster.
Je vois la chose autrement. Ça fait un an qu’on nous
dit et redit que le génie du Bixi est dans sa
technologie « à puce », qui en simplifie
l’utilisation. C’eût été une très
bonne idée de s’ajuster avant de commencer.
J’étais en situation réelle d’utilisation.
J’allais à un rendez-vous. Ça m’a pris 20
minutes pour sortir un vélo de son rack.
Combien de clients, jeudi, ont zigoné comme Judith,
François ou moi ? Combien ont
répété à leurs amis que
c’était pas évident, ce truc-là ? C’est
bien beau d’inventer des faux blogues pour bullshiter à
tout va ; au minimum, faudrait que l’intendance suive.
Je remonte la
rue SaintLaurent. Il pleut un peu. Pas mal, même. Je ne
déteste pas. Je suis en habits de ville, pas de
problème : grâce au garde-chaîne du
pédalier, même pas besoin de retrousser mon
pantalon.
Trois vitesses. La plus facile est même trop facile pour
monter la petite côte qui te dépose rue
Sherbrooke. On m’avait dit que j’aurais les genoux dans le
menton. Pas du tout. Bien assis. Impression
générale de l’engin: solide et lourd. Un petit
tracteur à pédales. Pour 200 piastres, tu peux
trouver, d’occasion bien sûr, un vélo de ville
pas mal plus affûté, plus maniable.
Je m’alignais sur la Maison des cyclistes, rue Rachel. De
là, j’aurais pris un autre vélo pour aller au
métro Rosemont. De là, j’étais à
10 minutes à pied de ma destination. J’avais
vérifié sur le Net avant de partir; il m’avait
pourtant bien semblé que la carte temporaire montrait
des stations opérationnelles rue Rachel et boulevard
Rosemont. J’ai demandé aux filles du café de la
Maison des cyclistes : elle est où, la station Bixi ?
Y en a pas! Pas encore installée ! La plus proche est
au métro Mont-Royal.
Vous auriez pu être plus clairs sur votre site. J’aurais
apporté mon vélo.
Anyway. Je ne suis pas sûr du tout qu’on soit devant une
révolution, comme titrait mon journal l’autre jour
à propos du Bixi. La révolution cycliste a
déjà eu lieu à Montréal,
probablement une des villes les plus pédalables et les
plus pédalées d’Amérique, sinon du monde,
quoiqu’on soit encore loin d’Amsterdam et de la plupart des
grandes villes allemandes, dont Berlin.
Franchement, je ne vois pas très bien ce que le Bixi va
ajouter à cette révolution déjà
accomplie. Je ne suis pas contre. C’est seulement que je me
demande à qui il s’adresse au juste. Je n’arrive pas
à me faire une idée du client type du Bixi.
Celui qui va travailler en vélo sur une base
régulière ? Me semble que celui-là va
finir par s’en acheter un, un vélo de ville, non? Le
touriste ? Ne vient-on pas de dire que ce n’était pas
un vélo pour se promener ?
Alors?
Alors je suis perplexe, mon vieux. Et même un peu
dubitatif.
Bixi
: Montréal exporte son modèle en Amérique
- François Cardinal
Les stations
du vélo en libre-service s’installent en 20 minutes
Avant même que le Bixi ne roule dans les rues de la
métropole, plusieurs villes dans le monde songent
à importer le concept montréalais, dont Londres,
Toronto et Lisbonne. Minneapolis a même
déjà conclu une entente en ce sens avec
Montréal.
Le
maire Gérald Tremblay a invité les
journalistes à l’installation de la station Bixi de
l’hôtel de ville, hier. Les nouveaux vélos en
libre-service feront leur apparition dans les rues de
Montréal mardi prochain. Déjà,
plusieurs villes se montrent intéressées par
le vélo conçu par le designer Michel Dallaire.
Selon les informations obtenues par La Presse, la Ville de
Minneapolis a déjà choisi d’implanter sur son
territoire le concept Bixi, mais elle attend de trouver le
financement avant de parapher un contrat officiel avec
Stationnement de Montréal, propriétaire du
brevet.
Parallèlement, des négociations se poursuivent
avec de grandes villes européennes et
américaines, qui ont récemment lancé des
appels d’offres pour se doter, elles aussi, d’un réseau
de vélos en libre-service.
Le brevet du Bixi a ainsi été proposé
à Toronto, New York et Los Angeles, à la demande
de ces dernières ou à l’initiative de
Montréal. Il a aussi réussi à franchir la
présélection à Lisbonne et à
Boston, tandis qu’il fait partie des cinq entreprises
finalistes à Londres.
« Si le Bixi est retenu dans ces villes, cela nous
permettra d’augmenter l’offre ici même à
Montréal, en plus de réduire les coûts du
réseau », a indiqué Alain Ayotte,
vice-président de Stationnement de Montréal. Les
villes qui importeront le concept Bixi devront payer
Stationnement de Montréal pour avoir le droit
d’utiliser le brevet.
Le Bixi étant fortement inspiré du vélo’v
de Lyon et, dans une moindre mesure, du Vélib’ de
Paris, pourquoi des villes voudraient-elles débourser
pour utiliser le Bixi ? En raison de certaines des
caractéristiques novatrices de ce vélo
conçu par le designer Michel Dallaire, explique Alain
Ayotte.
Beaucoup plus
robustes que leurs cousins de Lyon et de Paris, les
vélos sont moins susceptibles d’être
vandalisés, par exemple. Alimentées par des
panneaux solaires, les stations s’installent en 20 minutes,
alors qu’ailleurs, les vélos doivent être
reliés par des câbles électriques
souterrains. Le design unique du Bixi le rend moins
intéressant aux yeux des voleurs.
« Il y a plusieurs demandes d’information et de
participation (à des appels d’offres) qui nous sont
faites, a confirmé hier AndréLavallée,
responsable du transport à la Ville de Montréal.
Cela n’est pas étranger à la nomination du Bixi
parmi les meilleures inventions du Time et des Edison Awards.
»
Cet intérêt survient au moment où, un peu
partout dans l’île, sont installées les toutes
nouvelles stations qui accueilleront les vélos Bixi
dès mardi prochain, le 12 mai. La moitié des 300
stations et des 3000 vélos seront alors disponibles. Le
reste devrait être déployé d’ici la fin du
mois.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a
d’ailleurs invité les journalistes à
l’installation de la station de l’hôtel de ville, hier.
« Le Bixi est une conception et une technologie
québécoise brevetée que nous pouvons
exporter en Amérique du Nord », s’est-il
réjoui.
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été
construit en collaboration avec l’entreprise du Saguenay
Devinci ainsi qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du
cinquième réseau en importance en libre-service,
après ceux de Paris, Lyon, Barcelone et Shanghai.
Hier, André Lavallée a réagi aux
critiques liées au prix du Bixi, dont un abonnement
annuel se détaille 78$. Il a fait remarquer que la
location d’un vélo pour une heure, à
l’entrée de Central Park à New York,
coûtait plus de 15$. Pour l’heure, le Bixi compte
environ 600 abonnés.
Au
vélo, citoyens !
ENVIRONNEMENT
Montréal est de retour « sur la map ».
Après s’être vantée pendant 10 ans d’avoir
été citée parmi les villes les plus
accueillantes au vélo par le magazine Bicycling, la
métropole renoue avec les honneurs, enfin.
Enfin, parce qu’il était devenu quelque peu lamentable
d’exhiber, encore aujourd’hui, un titre vieux d’une
décennie, qui ne servait plus qu’à masquer le
laxisme politique en matière cyclable à
Montréal.
Les amateurs du deux-roues commençaient en effet à
manquer de pignons sur leur roue libre pour compter le nombre
d’années qui les séparaient du dernier
investissement majeur fait dans le réseau. Puis
soudainement, avec l’adoption d’un plan de transport fortement
teinté de vert, la métropole est de retour dans les
bonnes grâces cyclistes.
Le prestigieux magazine Forbes le confirme, en plaçant
Montréal au quatrième rang des villes
nord-américaines les plus accueillantes à la
bicyclette. Le magazine Time aussi, en classant le Bixi, le futur
service de vélo en libre-service de Montréal, parmi
les 50 meilleures inventions de 2008.
Et la liste se poursuit : la revue canadienne Green Living
actuellement en kiosque fait mention de Montréal dans son
palmarès des villes vertes de demain; les Edison Awards ont
tout récemment classé le Bixi parmi les inventions
les plus remarquables de l’année.
Reconnaissons-le donc: avec l’ouverture du réseau cyclable,
mercredi dernier, une nouvelle ère pour les cyclistes a
commencé.
« Cette année constitue un pas important vers
l’atteinte de notre objectif ultime : doubler la longueur du
réseau en sept ans, afin d’atteindre 800 kilomètres
», a fièrement lancé mercredi le responsable
du transport à la Ville, André Lavallée.
On peut bien se plaindre que certaines pistes ne sont que de
vulgaires coups de pinceaux sur le sol, qu’il n’y aura pas
suffisamment de stations Bixi, que ce dernier sera trop cher ou
encore que les stationnements sécuritaires sont inexistants
en ville, une chose demeure : on en fait plus que jamais pour
satisfaire ceux qui souhaitent délaisser leur auto au
profit du vélo.
Intéressante en soi, la nouvelle attitude de
l’administration municipale l’est d’autant plus qu’elle s’inscrit
dans une période de changements de comportement des
citoyens. Il n’y a qu’à se promener à
Montréal pour constater la popularité grandissante
des moyens de transport autres que le « char », que ce
soit le vélo, la marche, le transport collectif ou encore
le scooter.
Il faudra attendre quelques années avant que les chiffres
ne confirment cette intuition. Mais une récente
étude de Statistique Canada révèle qu’une
telle tendance se dessine. Entre 2001 et 2006, la proportion de
navetteurs de la génération des 25-34 ans ayant
opté pour le « transport durable » a
grimpé de manière significative, passant de 29,5%
à 32,9%.
Cela dit, il est vrai que le vélo demeure marginal dans le
cocktail transport des Montréalais, puisqu’il ne constitue
encore que 1,6% des déplacements. Pour que ces
investissements ne demeurent pas, en cette année
électorale, un habile coup de marketing politique sans
lendemain, les citoyens devront donc aussi faire leur part, ils
devront s’accaparer ces nouvelles infrastructures, les utiliser,
les user.
C’est encore la meilleure manière de donner raison aux
élus... et peut-être même de les inciter
à remplacer les bandes peintes sur le sol par de
réelles pistes cyclables.
Le
vélo BIXI de Montréal plus cher
« Le but du vélo en libre-service est de faire
de courts déplacements, c’est un complément aux
transports en commun. Pour une randonnée, il faut louer un
vélo chez un loueur de vélos traditionnel. »
La publication, le 15 avril dans La Presse, des coûts
d’utilisation du vélo en libre-service, BIXI, qui sera
lancé le mois prochain, a suscité bien des
réactions. Certains lecteurs et internautes jugent que les
tarifs proposés sont trop élevés.
Stationnement de Montréal, qui gère le projet,
rétorque que BIXI est unmoyen de transport pour des
déplacements de courte durée.
PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE
MONTRÉAL
Des usagers potentiels du
vélo en libre-service estiment que les tarifs
proposés pour l’utilisation de BIXI sont trop
élevés.
Vendredi, un internaute écrivait sur Cyberpresse que
BIXI est « trop cher comparé à l’achat d’un
vélo ». « Expliquez-moi en quoi c’est pratique
de payer 78$ par année (d’avril à novembre), plus
l’utilisation, plus l’obligation de rapporter le vélo
à des heures précises? écrivait-il.
Achetez-vous un bon vélo usagé à 75-100$,
gardez-le cinq ans et le BIXI ne sert plus à rien. Il
faudrait un abonnement de 50$ max et une possibilité
d’utiliser le vélo à 1$ par jour “à la carte”
pour que je décide d’utiliser ce système. »
Jean-Guy Vallée, un lecteur de La Presse, a fait le
calcul de ce que devrait payer une personne qui utiliserait de mai
à novembre BIXI durant 45 minutes, deux fois par jour.
« Avec l’abonnement, on arrive à 459$ »,
dit-il.
La Presse a consulté les tarifs en vigueur en Europe
d’où vient cette idée de vélos en
libre-service. Comme l’indique le tableau cicontre, BIXI
coûte plus cher qu’à Paris, Munich, Barcelone ou
Lyon. Dans ces villes, les locations ont leurs
caractéristiques propres mais en fin de compte,
l’utilisateur paie moins cher.
Le direc teur des communications et du marketing de
Stationnement de Montréal , Michel Philibert, dit que le
mode d’exploitation de ces vélos est différent
à Montréal, ce qui explique la différence de
prix. Il n’y a pas ici de financement par le biais d’un contrat
d’affichage comme c’est le cas à Lyon ou à Paris,
où l’entreprise JC Decaux gère le service en
échange d’une entente de monopole publicitaire avec les
municipalités.
« Nous, on a un système qui est plutôt
citoyen, affirme-t-il. La Ville voulait être
indépendante et conserver ces revenus-là. Avec nos
études de marché, on arrive avec ces prix-là
et c’est notre prix coûtant pour nos opérations.
S’inspirer de Londres - Adrien Pouliot
Il est
possible d’augmenter la fréquentation des usagers de la
STMtout en contrôlant les coûts
Une étude du Conference Board laisse croire que la
Ville de Montréal n’en a pas pour son argent avec la
STM.
La Ville de Montréal a annoncé dans son budget 2
010 une augmentation de dépenses près de six
fois plus élevée que le taux d’inflation de
2009. Une des causes de cette augmentation est l’accroissement
faramineux de 17,3% de la contribution à la
Société de transport de Montréal.
Rappelons que l’achalandage de la STM n’a augmenté que
de 8,3% depuis cinq ans alors que ses dépenses, elles,
ont connu un rythme de croissance de 30%. Pour la seule
année 2009, la STM prévoyait dans son budget une
augmentation de dépenses de 10,4%, mais une maigre
augmentation des déplacements de 1,8%.
Il est possible d’augmenter la
fréquentation des usagers des transports collectifs
à Montréal tout en contrôlant les
coûts par une délégation intelligente et
contrôlée de l’exploitation des routes des
autobus à des entrepreneurs privés.
Compte tenu de ses finances précaires et de
l’augmentation de la ponction fiscale de 233 millions qu’elle
imposera à ses citoyens, la Ville ne devrait-elle pas
se demander si elle en a pour son argent avec la STM?
Une étude du Conference Board du Canada (1) nous
laisserait croire que non. Cette étude confirmait que
les industries canadiennes du transport ferroviaire,
aérien et du camionnage ont connu une forte
augmentation de leur productivité depuis les
années 80, en grande partie parce qu’elles ont
été privatisées.
La forte croissance de la productivité a pour avantage
de faire baisser les prix à payer par les utilisateurs.
Les expéditeurs de marchandises par voie ferrée
ont vu baisser les tarifs de 79% en moyenne en termes
réels entre 1981 et 2006. Les tarifs aériens ont
diminué de 25% au cours de la même période
et le camionnage de plus de 30% entre 1981 et 2003.
La forte croissance de la productivité dans ces
secteurs est attribuable à trois facteurs :
> Les modifications apportées aux structures de
gouvernance et de propriété par la privatisation
de sociétés d’État et le transfert
d’installations placées sous le contrôle direct
de l’État à des organismes indépendants
et autofinancés ;
> La
déréglementation des prix des transports par
avion, chemin de fer et camion;
> Une mise en concurrence accrue des entreprises.
L’étude a aussi porté sur la productivité
des transports en commun au Canada. Celle-ci a diminué
en moyenne de 1,2% par an entre 1986 et 2006, donc de 24%,
encore que le rythme ait été moins rapide ces
dernières années – ce qui coïncide avec la
création d’agences régionales
intégrées de planification des transports
à Montréal, Toronto et Vancouver.
En conséquence, les tarifs moyens des transports en
commun ont augmenté d’environ 1,7% par an entre 1986 et
2006, soit au total 34% – mais moins rapidement ces
dernières années. Une autre étude,
celle-ci de l’Institut économique de Montréal
(2) , confirme le même manque de productivité
à la STM.
L’expérience de Londres, documentée dans les
deux études, est instructive. Le réseau de
Londres est un des plus grands au monde, avec 8000 autobus
ayant transporté en 2006-07 près de 1,8 milliard
de passagers. La société de transport de Londres
(STL) a mis aux enchères publiques des franchises
exclusives pour desservir 700 routes pendant une
période de 5 ans. Il ne s’agit pas d’une privatisation.
La STL définit les routes, les niveaux minimums de
service et les tarifs et assume les risques des revenus. Par
contre, les 15 partenaires privés exploitent les
véhicules et assument le risque des coûts. Les
entrepreneurs reçoivent un incitatif pour moderniser
leur flotte de véhicules. Les frais d’administration
sont minimisés par un processus de mise aux
enchères unique et un contrat d’exploitation standard
pour les 15 entrepreneurs.
Le nombre de kilomètres parcourus à Londres a
augmenté de près de 30% en 10 ans alors que le
coût a baissé de près de 40%.
On
peut conclure que, tout comme on l’a fait en transport
aérien, ferroviaire ou par camion, il est possible
d’augmenter la fréquentation des usagers des transports
collectifs à Montréal tout en contrôlant
les coûts par une délégation intelligente
et contrôlée de l’exploitation des routes des
autobus à des entrepreneurs privés.
Aucun lien entre les incidents, dit la
STM - Bruno Bisson
La ligne 2
(orange) du métro, la plus sollicitée de tout le
réseau, a été frappée de quatre
interruptions de service majeures en pleine période de
pointe au cours des deux derniers jours, à la suite de
problèmes d’origine électrique n’ayant pas de
relations entre eux, selon la Société de
transport de Montréal (STM).
La STM a confirmé hier, à La Presse, que deux
pannes distinctes, qui ont duré chacune plus de 20
minutes, ont paralysé le service sur cette ligne de
métro en pleine pointe du matin.
Une perte de traction a d’abord entraîné une
interruption du service, entre Laval et Montréal, de
7h48 à 8h08, sur cette ligne névralgique du
métro.
Puis, deux minutes plus tard, une autre panne de traction a
aussi entraîné la fermeture de tout le
tronçon BonaventureSnowdon, coupant tout lien entre le
centre-ville et des quartiers du sud-ouest et de l’ouest de
Montréal, et ce, au plus fort de la pointe matinale,
entre 7h50 et 8h13.
La veille, mercredi matin, en ce jour du 43e anniversaire de
l’inauguration du métro de Montréal, une autre
panne électrique a touché la ligne orange durant
11 minutes, en raison d’une surcharge sur un relais temporaire
du poste d’HydroQuébec qui alimente le tronçon.
« Des travaux planifiés, en cours depuis
plusieurs jours, font en sorte que le poste électrique
qui alimente cette région reçoit deux
alimentations d’HydroQuébec au lieu de trois, en temps
normal », a expliqué la STM, dans un courriel
à La Presse reçu tard hier soir.
Seconde
panne majeure
Quelques heures plus tard, vers la fin de l’après-midi,
alors qu’une véritable marée humaine quitte le
centre-ville en direction de l’ouest et du nord de la ville,
la ligne orange, qui dessert ces secteurs, a été
arrêtée pendant 41 minutes par une autre panne de
courant entre les stations Snowdon, dans l’arrondissement de
Côte-des-Neiges-NotreDame-de-Grâce, et
Côte-Vertu, à Saint-Laurent.
Cette seconde panne majeure, dans la journée de
mercredi, a été causée par les
mêmes problèmes d’alimentation que celle du
matin. Depuis cette panne, a précisé hier la
STM, « des mesures palliatives ont été
mises en place». La STM prévoyait un retour
complet à la normale au cours de la nuit
dernière.
Le 6 octobre dernier, une panne d’alimentation
électrique a aussi jeté dans le noir complet
plus de la moitié du réseau, de Laval à
Longueuil, et d’Hochelaga-Maisonneuve dans l’est de
Montréal jusque dans le sud-ouest de la ville. Il
s’agit d’une des pannes de réseau les plus importantes
des dernières années.
La STM a mis plusieurs jours à déterminer la
cause de la panne, qui a forcé l’évacuation des
passagers de plusieurs rames, dans les tunnels, et qui a
frappé les trois lignes les plus sollicitées du
réseau (lignes 1-verte, 2-orange et 4-jaune) durant
plus d’une heure, vers 18h20, peu après la
période de pointe du soir.
Cette panne, qui était aussi d’origine
électrique, aurait été en fait
provoquée par un pépin informatique comme la
société n’en avait ja mais connu en 43 ans
d’exploitation.
Parlons transport - NATHALIE COLLARD
Les sondages
publiés la semaine dernière montrent que les
électeurs de la région montréalaise sont
vivement intéressés par la question des
transports collectifs. Ils souhaitent des services
étendus, efficaces, à l’heure. Ça tombe
bien, ce ne sont pas les idées qui manquent. Le
problème, c’est que ces projets avancent plus lentement
que la 55 lorsqu’elle est coincée sur le boulevard
Saint-Laurent à l’heure de pointe.
Prenons le tramway. L e m a i r e Tremblay en parle depuis le
début des années 2000. Or nous en sommes encore
à l’étape des études de
préfaisabilité. Quant aux nombreux projets
contenus dans l’ambitieux plan de transport mis de l’avant par
son administration, seuls les cyclistes en profitent pour
l’instant.
Pour que
Montréal sorte de son marasme, il faut deux choses. La
première, c’est un engagement sans équivoque en
faveur des transports collectifs. Pour l’instant, la
volonté est là, mais elle est trop timide. Oui,
les Montréalais veulent un réseau de
métro et d’autobus efficace, mais ils voudraient
également pouvoir circuler en auto à n’importe
quelle heure de la journée sans rester prisonnier de la
circulation. Ils exigent des voies réservées aux
autobus, mais il ne faudrait pas que cela les empêche de
se déplacer rapidement au centre-ville. Ces exigences
sont incompatibles. Si on veut que Montréal devienne
une véritable métropole du XXIe siècle
où les transports collectifs sont mis de l’avant, il
faut faire des choix qui ne feront pas nécessairement
plaisir aux automobilistes.
L’autre problème de Montréal en est un de
gouvernance. À l’heure actuelle, il y a trop de
spécialistes penchés sur le malade. L’A MT, la
STM, le conseil d’agglomération, la CMM et, par-dessus
la mêlée, le ministère
québécois des Transports ont tous leur mot
à dire quand il est question de planifier les
déplacements à Montréal. D’où une
vision complètement incohérente qui oppose les
intérêts provinciaux, régionaux et locaux.
L’échangeur Turcot en est l’exemple le plus flagrant:
Montréal doit littéralement se battre pour faire
entendre ses priorités dans ce dossier alors que
l’infrastructure traverse son territoire. C’est aberrant.
Quel modèle adopter? Voilà qui doit être
débattu. À Por tla nd , pa r exemple, ce sont
des élus régionaux qui planifient le
développement du réseau financé par une
taxe sur la masse salariale. À Vancouver, c’est le
gouvernement provincial qui a le dernier mot. La
récente réforme de l’organisation du transport
s’est traduite par une perte de pouvoir pour les élus
locaux. Il n’existe pas de formules parfaites et
Montréal devra trouver la sienne. Idéalement,
l’organisme responsable des transports collectifs devrait
également planifier l’aménagement du territoire.
Cet organisme devrait avoir une vision régionale du
transport, mais prioriser les besoins de la métropole.
Ses choix devraient contribuer à limiter
l’étalement urbain, non à l’encourager. Tant que
cette question de gouvernance ne sera pas
réglée, les transports collectifs
montréalais se développeront à pas de
tortue.
En attendant les grands projets... - Bruno
Bisson
Peu de
nouveaux services de transports collectifs cet automne
Des voitures de métro neuves, une navette express
entre l’aéroport de Dorval et le centre-ville de
Montréal, des tramways, des trolleybus, des trains
de banlieue, des trains légers, des trains
électriques... Il y en a, des projets de transports
en commun dans la métropole.
Ce matin, les centaines de milliers d’habitués qui
s’entassent dans les autobus, les trains de banlieue ou
les voitures de métro pour se rendre à
l’usine, à l’école ou au bureau n’ont
peut-être pas senti la différence, mais les
transports collectifs sont à la mode et font
l’objet de vastes études, ces temps-ci.
Dans un contexte très
favorable aux transports collectifs, les nouveaux
services proposés cet automne peuvent
paraître relativement modestes.
Et à la veille d’une énième
journée « En Ville sans ma voiture »,
le public répond avec enthousiasme à
l’invitation. En 2008, dans l’ensemble du territoire de la
métropole, la clientèle des transports en
commun a augmenté de 4,1 % – et de 7,6% dans la
couronne nord et la Rive-Sud.
Dans un contexte aussi favorable, les nouveaux services
proposés cet automne peuvent paraître
relativement modestes. Les grands projets ne sont pas au
rendez-vous cette année. Et ils n’y seront pas de
sitôt. À l’exception des voitures neuves qui
seront mises en service sur la ligne de train de
Mont-Saint-Hilaire en novembre, les trains de banlieue et
le métro n’offriront pas de nouveaux services aux
usagers cette année.
À Montréal, la mise en service d’une voie
réservée aux autobus sur le boulevard
Saint-Michel, dans l’est de la ville, et l’arrivée,
en novembre, des premiers autobus articulés pour
l’Express 467 (aussi sur le boulevard Saint-Michel) sont
les faits saillants de la rentrée.
À Laval, après avoir augmenté son
offre de service de 28 % depuis l’ouverture du
métro, la Société de transport de
Laval (STL) a décidé de bonifier ses
services hors pointe en doublant la fréquence de
passage des bus sur 12 de ses 44 circuits.
À Longueuil, une nouvelle ligne directe
amènera les travailleurs vers les entreprises du
Vieux-Longueuil à partir de Boucherville, et des
autobus seront ajoutés à l’heure de pointe
pour mieux desservir la clientèle de Brossard.
Pendant ce
temps, à Montréal, le métro vieillit.
Les autobus sont de plus en plus bondés. Dans les
deux premières semaines de septembre seulement,
l’Agence métropolitaine de transport (AMT) a
enregistré sept pannes majeures (retards de 30
minutes et plus, départs annulés, etc.) des
trains Dorion-Rigaud et
Saint-Jérôme-Blainville.
Des rêves à l’étude
L a semaine dernière, la création d’un
bureau de projet, doté d’un budget de 12 millions
pou r étudier du ra nt trois ans le prolongement du
métro à Montréal, Longueuil et Laval,
s’est ajoutée aux nombreux autres projets «
à l’étude » depuis des lustres, dont
l’aboutissement semble toujours repoussé de mois en
mois, d’année en année.
Le tracé de la navette ferroviaire entre
l’aéroport Trudeau et le centre-ville est toujours
à l’étude, et des recommandations
définitives ne devraient pas être rendues
publiques avant la fin de 2009 ou le début de 2010.
Le projet, qui pourrait coûter j usqu’à 800
millions de dollars, pourrait se réaliser, au
mieux, pour 2014 ou 2015.
L es projets de trains à Repentigny et Mascouche
ont été refondus en un seul projet de 400
millions, le train de l’Est, dont la réalisation
est actuellement ralentie par le fait qu’une usine
d’armements se trouve à proximité de son
tracé. Les plans et devis du projet ne sont pas
très avancés. Une mise en service à
l’automne de 2010 n’est plus improbable ; elle est devenue
impossible.
Le projet de faire passer un train léger sur
l’estacade du pont Cha mplain entre Montréal et la
Rive-Sud est virtuellement mort, en attente d’une
décision fédérale, en principe l’an
prochain, quant à la reconstruction du pont.
Transports collectifs : Quelles sont les priorités
? - Florence Junca-Adenot
Montréal pourrait vite implanter des mesures efficaces
à un prix raisonnable pour améliorer ses
transports collectifs
Tout au long de la campagne électorale qui s’amorce
à Montréal, Mme Junca Adenot et Daniel Gill,
professeur à l’Institut d’urbanisme de
l’Université de Montréal, publieront
régulièrement leurs réflexions dans nos
pages. L’auteure est directrice du Forum Urba 2015 au
département d’études urbaines et touristiques de
l’UQAM. Elle a été présidente de l’Agence
métropolitaine de transport de 1996 à 2003. Dans
une rare unanimité, citoyens et entreprises s’entendent
enfin pour diminuer la place de l’automobile dans les
quartiers urbains et sur le réseau routier. Il s’agit
du principal moyen pour lutter contre la congestion
coûteuse, améliorer l’environnement, diminuer les
gaz à effet de serre et les îlots de chaleur,
créer une qualité de vie qui encourage à
vivre en ville et à investir. La Ville de
Montréal s’est d’ailleurs dotée d’un plan de
transport aux 21 chantiers audacieux, mais non
priorisés.
PHOTO PATRICK
SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les sociétés de
transports ont accru de 4 % à 7 % leur achalandage en
2008 ; il faut accélérer.
Développer les transports collectifs et actifs est
prioritaire et urgent, ici comme dans les grandes
métropoles, et force à travailler localement et
régionalement autour de projets rassembleurs. Pour ce
faire, l’amélioration des services requiert, en premier
lieu, plus de services locaux, adaptés aux besoins,
plus de fréquence, plus de places, de confort, des
équipements rénovés, des voies
réservées pour éviter que les autobus
stagnent dans la congestion.
Les sociétés de transports ont accru de 4 %
à 7 % leur achalandage en 2008 ; il faut
accélérer. À quand les voies
réservées aux bus et au covoiturage sur toutes
les artères routières ? Quand
bénéficiera-t-on de plus de stationnements
incitatifs ? À quand des rues piétonnes sur la
rue SainteCatherine, dans le Vieux-Montréal, dans les
quartiers, pour redonner la rue aux citoyens? À quand
une meilleure utilisation des voies ferrées sillonnant
Montréal et la région ? Ces mesures efficaces
s’implantent à court terme à un prix
raisonnable, et ne nient pas les grands projets qui font
rêver.
Dans la
région de Montréal, les décideurs en
transports sont nombreux. De multiples structures existent
dans toutes les métropoles. Pourtant, des projets
porteurs pilotés par des leaders passionnés
surgissent et s’implantent. Gouverner, c’est prioriser, agir
en intégrant les structures et avis divergents, et
trouver les ressources. Le succès du BIXI est un bel
exemple. À quand la réouverture de l’importante
voie réservée de l’avenue Pie-IX, fermée
en 2002, étranglée dans des querelles de
structures ? À quand une navette ferroviaire entre
l’aéroport et le centre-ville dont le meilleur
tracé est connu depuis 20 0 0, et la gare
déjà construite ? Toronto a sa navette depuis 15
ans. À quand le train de l’Est? À quand un
arbitre du corridor Dalhousie dédié aux
transports collectifs dans le réaménagement de
l’autoroute Bonaventure et le SLR Champlain? À quand un
nouvel échangeur Turcot qui intègre les
objectifs de Montréal de limiter les voitures ?
La période électorale est propice pour que les
futurs élus se prononcent sur des actions
réalistes et efficaces pour les cinq prochaines
années. Vingt kilomètres de métro, des
réseaux de tramways, de trolleybus coûtant
plusieurs milliards, sont des rêves à long terme
qui s’ajoutent aux rénovations urgentes aux routes et
matériels roulants.
Mais
en attendant, comment améliorer le quotidien des
Montréalais et de tous ceux qui viennent matin et soir
à Montréal ? Comment diminuer le nombre de
véhicules dans les quartiers et sur les routes, par
quels nouveaux services ? Quelles sont les vraies
priorités et qui s’engage à décider ?
C’est ce que de nombreux citoyens voudraient justement savoir.
J’angoisse à l’idée de
prendre l’autobus et le métro pour aller travailler
- Denis Bergeron
Bloqués par le trafic - Denis Bergeron
J’angoisse
à l’idée de prendre l’autobus et le métro
pour aller travailler. Maintenant que les étudiants (
petits et grands) sont de retour, les autobus sont encore
pleins. Combien de fois devrai-je laisser passer des autobus
à mon arrêt avant que je puisse monter ? Un
parcours qui me prendrait 15-20 minutes en voiture me prend
60-75 minutes avec les transports en commun. Prendre mon
vélo? Hum… il y a trop des gens impatients
derrière leur volant. Trop risqué. Bon, je
prends l’autobus et j’arriverai en retard.
Le nombre de véhicules motorisés (voitures et
camions) ne cesse d’augmenter dans les rues
montréalaises. Avec le nombre croissant de
vélos, les rues deviennent de plus en plus dangereuses
pour les piétons.
Quand j’entends la STM clamer que le service a
été grandement amélioré avec
l’ajout de départs (donc, plus de véhicules) et
l’arrivée des nouveaux autobus articulés, la
Ville de Montréal ne fait que contribuer à
l’augmentation du trafic, de la pollution de l’air, de la
pollution du bruit et, bien sûr, du risque d’accident
dans les rues de Montréal.
En novembre
20 0 0, la conseillère municipale Helen Foutopulos
approuvait l’élaboration d’un plan de circulation pour
le Plateau Mont-Royal. Je précise « plan de
circulation », et non pas un plan de transport. Nous
voici en septembre 2009 et je n’ai jamais encore lu ou entendu
parler de ce fameux plan de circulation. Le problème
est toujours là, non seulement sur le Plateau, mais
aussi dans Ville-Marie et certainement ailleurs à
Montréal.
Les autobus sont souvent bloqués par le trafic (trop de
véhicules, mauvaise signalisation, chantiers de
construction). Le service des transports en commun de la STM
demeurera inefficace tant aussi longtemps que la Ville de
Montréal ne réglera pas le problème de la
circulation. Je ne vois pas comment l’augmentation des autobus
sur le réseau et l’arrivée des autobus
articulés va rendre notre ville plus verte quand le
nombre de voitures et camions augmente sans cesse.
La Ville de Montréal et sa nouvelle administration
(dès novembre) doivent agir comme souhaitent les
Montréalais en rendant la ville plus verte et plus
sûre, en réglant les problèmes de
circulation par des gestes concrets, tout en étant
à l’écoute de ses citoyens.
Le prolongement du métro à
l’étude - Bruno Bisson
(NDE : Et quel est l'objectif de prolonger quelque chose qui
déjà n'est même pas capable de
correctement fonctionner ?... Et si on adopte de telles
mesures spectaculaires plutôt que de régler les
véritables problèmes, à quoi cela
revient-il, sinon de justement jeter une fois de plus de la
poudre aux yeux des gens, enfin qu'on puisse surtout continuer
à se mettre la tête dans le sable ?...)
Au moins
12 stations s’ajouteraient à Montréal,
Longueuil et Laval d’ici à 2019
L e prem ier m i n istre du Québec, Jea n C ha
rest, a annoncé hier la création d’un bureau
de projet doté d’un budget de 12 millions de
dollars pour trois ans, qui doit réaliser les
études nécessaires à la construction
de trois nouveaux tronçons de métro à
Montréal, Longueuil et Laval.
Les travaux de prolongement du
métro vers Laval, d’une longueur de 5,3 km, ont
duré cinq ans (entre 2002 et 2007) et
coûté 745 millions de dollars, soit une
moyenne d’environ 143 millions le kilomètre.
L’ajout d’environ 20 km au réseau actuel pourrait
donc coûter jusqu’à 3 milliards. Sur la
photo, une vue de la station Montmorency, à
Laval.
« C’est une étape extrêmement
importante que nous f ra nc h issons aujou rd ’hu i ,
puisque c’est la réalisation d’un projet commun,
présenté par les trois maires des trois
grandes villes de la métropole. Et c’est
également une vision qui rejoint tous les
Montréalais », a déclaré le
premier ministre.
À Montréa l, la l ig ne 5 (bleue) serait
prolongée de plus de 5 km vers l’est et compterait
cinq stations de plus jusqu’à Anjou.
À Laval, le tronçon actuel serait
prolongé vers le sudouest pou r rejoind re,
à Montréal, le tronçon ouest de la
ligne 2 (orange). La ligne 2-ouest, qui s’arrête
à CôteVertu, dans l’arrondissement de
Saint-Laurent, serait elle aussi prolongée de deux
stations jusque dans le secteur de Cartierville.
Enfin, Longueuil propose de prolonger la ligne 4 (jaune)
de 8 km, jusqu’aux abords de l’aéroport de
Saint-Hubert. Le nouveau tronçon compterait six
stations.
L’ouverture de ces nouvelles stations n’est toutefois pas
pour demain. Des trois projets, un seul, celui de
Montréal, pourrait être mis en chantier avant
la fin du mandat du bureau de projet, en 2012, a
précisé hier la ministre des Transports du
Québec, Julie Boulet.
De plus,
chacun des nouveaux tronçons, qui font tous plus de
5 km, devrait nécessiter au moins cinq ans de
travaux. En admettant que les travaux de prolongement de
la ligne 5 (bleue) commencent dès l’an prochain, le
métro ne se rendra pas à Anjou avant 2015.
Les travaux de prolongement du métro vers Laval,
d’une longueur de 5,3 km, ont duré cinq ans (entre
2002 et 2007) et coûté 745 millions de
dollars, soit une moyenne d’environ 143 millions le
kilomètre. L’ajout d’environ 20 km au réseau
actuel pourrait donc coûter jusqu’à 3
milliards.
La réalisation des études ne garantit pas,
non plus, que le projet va se concrétiser. Le
prolongement de la ligne 5 (bleue) à
Montréal a déjà fait l’objet d’un
décret de réalisation et d’études
approfondies au début des années 2000.
En 2002, une commission de consu lt ation publ ique
dirigée par l’ingénieur Roger Nicolet, sur
les problèmes de transport entre Montréal et
la Rive-Sud, avait pour sa part mis en doute la pertinence
du prolongement du métro à Longueuil au
motif qu’il n’attirerait pas suffisamment d’usagers
supplémentaires pour justifier ses coûts.
« Le bureau de projet, a ex pliqué h ier la m
i n istre Boulet, aura le mandat d’effectuer les
études et de procéder à l’analyse de
l’ensemble des coûts et des bénéfices
d’un tel projet. »
Plus particulièrement, le bureau devra
décider des études à réaliser
ou à réaliser, définir les
tracés et préciser le nombre et
l’emplacement des stations dans chacune des trois villes.
Le nombre de rames nécessaires à un
réseau prolongé de 20 km sera aussi
évalué. Le bureau devra enfin produire des
études de coûts détaillées et
fournir des « hypothèses de calendrier
réaliste de réalisation, sur 10 ans ».
Prenez l’auto, le bus est plein... -
FRANÇOIS CARDINAL
C’est avec des
pantoufles aux pieds que la journée En ville sans ma
voiture revient pour la septième année. L’Agence
métropolitaine de transport a beau qualifier le
happening du 22 septembre de «revendicateur»,
l’événement laisse plutôt entendre un
ronron qui ne dérange plus grand-monde.
Le périmètre est le même que les
années passées et les heures de fermeture des
rues (9h30 à 15h30) permettront encore aux
automobilistes de se rendre au boulot et d’en revenir, sans
changer leurs habitudes.
«Vrai, reconnaît le grand patron de la
Société de transport de Montréal, Michel
Labrecque. Mais il faut savoir que le réseau est
déjà à pleine capacité. Il
n’aurait donc pas été adéquat de penser
ajouter plus de monde encore.»
Cette phrase a fait bondir bien des lecteurs, qui se demandent
à quoi peuvent bien servir, dans ce cas, cette
journée et toutes les campagnes de sensibilisation qui
s’y rajoutent. «Pourquoi nous bombarder constamment le
même message, si de l’aveu même du
président de la STM, le réseau n’est pas en
mesure d’accepter plus d’usagers?» s’interroge par
exemple Guillaume Bernier.
Bonne question. Les sociétés de transport ont
beau se réjouir tant et plus des récentes
hausses de fréquentation, elles n’ont toujours pas
ajouté de bus ou de voitures de métro pour
répondre à cet afflux. Et par-dessus le
marché, la STM et l’AMT comptent hausser les tarifs en
janvier prochain. Encore!
Le service a été grandement
amélioré, clament-elles. Certes, la STM a
prolongé l’heure de pointe jusqu’à 10h. L’AMT a
ajouté des départs pendant la journée. La
carte OPUS a vu le jour. Des ascenseurs ont été
installés dans certaines stations...
Mais rien
pour l’usager qui voit le métro bondé lui passer
sous le nez à 8h12, un inconvénient devenu la
norme depuis le prolongement du réseau à Laval.
Pour utiliser une analogie, c’est comme si on avait
refusé d’agrandir la maison pour accueillir la
belle-famille, se contentant de déplacer les meubles
pour faire de la place!
Patience! nous disent organismes et gouvernement, les
investissements ont peut-être été faits
trop tard, mais au moins ils ont été faits. Ce
que devraient commencer à constater les usagers au
printemps.
La STM commencera à recevoir ses 58 nouveaux autobus
articulés d’ici la fin 2009. Plus de 140 autres
suivront au cours des deux prochaines années. Sur la
même période, quelque 400 citrons à
planchers surbaissés seront remplacés par des
bus plus spacieux, complètement neufs.
En banlieue, on commencera à voir rouler de nouveaux
trains dès novembre. Une rame de train sera ensuite
ajoutée chaque mois, pendant un an et demi. En comptant
l’attrition, on passera ainsi de 200 à 280 voitures,
dont plusieurs à deux étages. Une augmentation
de la capacité de 70 %.
Dans le métro aussi des changements viendront, mais il
faudra s’armer de patience dans ce cas. De 2012 à 2014,
seront remplacées par 336 voitures 342 nouvelles autres
(à condition que Québec donne le feu vert).
L’interconnexion entre les voitures permettra à 16%
plus d’usagers d’embarquer.
Bref,
on promet que la table sera mise dès l’an prochain pour
accueillir plus d’usagers. Il n’y aura alors plus d’excuses
pour ne pas donner enfin une nouvelle ampleur à la
journée sans voiture.
OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ? -
Bruno Bisson
Les cartes CAM
magnétiques ne sont déjà plus qu’un
souvenir et la Société de transport de
Montréal (STM) n’accepte plus les petits billets de
carton depuis ce matin. La carte OPUS s’impose
désormais comme le moyen de payer pour ses
déplacements dans le métro et dans les autobus
de la STM. Après seulement un an d’implantation, la
carte OPUS a-t-elle conquis les coeurs de ses usagers ? Un
appel à tous auprès de nos lecteurs nous a
permis de constater qu’elle ne fait pas l’unanimité.
Les cartes OPUS se brisent facilement. Parfois, elles se
vident mystérieusement de tous leurs titres ou elles
deviennent tout bonnement illisibles. Les distributrices
automatiques de titres (DAT) dans les stations de métro
sont souvent en panne. Le premier jour du mois, les files
d’attente sont toujours aussi longues aux guichets que dans le
bon vieux temps de la CAM magnétique et des tickets de
carton. Et les bornes de lecture des autobus sont si lentes et
si souvent défectueuses que l’embarquement des
passagers est encore plus long qu’avant.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA
PRESSE
Si on mettait bout à bout les critiques
négatives, les commentaires amers, les anecdotes
cocasses, les incidents ennuyeux et les cas bizarroïdes
rapportés à La Presse au cours des
dernières semaines à propos de la carte OPUS, il
serait aisé de conclure que l’implantation de ce
nouveau titre de transport électronique de la
Société de transport de Montréal (STM) a
été une véritable calamité depuis
l’an dernier. Ce n’est pas le cas.
Mais ce n’est pas non plus le parfait bonheur et le grand
succès que claironne la STM, à en croire les
lecteurs qui ont participé récemment à un
appel de La Presse et de Cyberpresse afin de partager leur
expérience sur la carte OPUS. En 24 heures, près
de 120 usagers d’OPUS de tous les âges, anciens et
nouveaux, ont répondu à cet appel pour
témoigner soit de leur impatience et de leur irritation
devant les ratés multiples du système, soit de
leur appréciation des avantages liés à
cette nouvelle carte de transport (transactions par guichet,
par carte de crédit, remplacement avec enregistrement,
etc.).
La nette majorité des témoignages reçus
était clairement défavorable au nouveau
système de perception. Les récits
détaillés de défaillances (carte
brisée ou illisible, billets volatilisés , files
d’attente, fiabilité des distributrices), ou des refus
de la STM de remplacer les cartes sans frais pour cause
« d’utilisation abusive ou inappropriée »,
livrés par des dizaines d’usagers, démontrent
avec éloquence que la carte à puce de la STM et
l’ensemble du système de perception sont toujours mal
compris et mal-aimés pa r u ne pa rtie i mporta nte de
sa clientèle.
G loba lement , qu’i ls se disent favorables ou pas au
système de perception électronique, les usagers
demandent une carte plus résistante, des guichets plus
fiables, un service plus souple permettant d’acheter des
titres de n’importe quelle société de transport
à partir de n’importe quel guichet (chaque transporteur
vend ses titres dans ses DAT), et des bornes de lecture plus
nombreuses pour vérifier la validité des titres
stockés sur leur carte.
« Qui n’a pas eu de problème avec la carte OPUS ?
» résume un usager de la première heure,
Martin Labonté, qui a dû fa i re quelques
détours par le centre de services de la station de
métro Berri-UQAM pour régler des ennuis de
« lecture », et qui a même dû marcher
jusque chez lui en plein hiver, parce qu’un chauffeur a
refusé de le laisser monter dans son autobus à
cause d’une carte illisible.
Pratique
En fait, en réponse à la question de M.
Labonté, beaucoup de gens n’ont pas de problèmes
avec leur carte OPUS. Ils profitent à plein des
avantages que procure le système de paiement
électronique, qui permet d’acheter les titres à
l’aide d’une carte de guichet automatique ou d’une carte de
crédit, au moment voulu par le consommateur.
Dans un bilan publié le 28 mai dernier, un an
après le lancement d’OPUS, la STM affirme que la
nouvelle carte recueille un taux de satisfaction de 90 % au
sein de sa clientèle.
Depuis le
printemps 2008, la S T M a ém is plu s de 900 000
cartes à puce. Le tiers de ces cartes ont
été enregistrées (avec photo) par des
personnes âgées ou des étudiants (du
primaire à l’université), qui ont ainsi
accès aux tarifs réduits, et qui peuvent
bénéficier d’une garantie de remplacement en cas
de perte ou de vol. Un privilège qu’on entend
maintenant, dans un avenir rapproché, étendre
à l’ensemble des usagers qui choisiront d’enregistrer
leur carte OPUS.
Chaque j our, les réseaux de la STM enregistrent en
moyenne 1 million de passages, validés à l’aide
d’une carte OPUS, dans le métro ou les autobus.
« En conclusion, un beau succès ! »
soutient la STM , après cette première
année d’activité.
« Je la trouve très pratique, dit l’usager Yva n
Signori, et les guichets sont faciles d’utilisation.
Très bon choix technologique. »
« Vu mon âge, écrit Madeleine Robichaud,
une usagère de Boucherville, j’ai la carte à
prix réduit. Je trouve ça formidable de ne pas
avoir à faire la queue au guichet. Je suis vraiment
enchantée. »
Irritante
Ces témoignages de satisfaction à l’égard
du nouveau système de perception de la STM demeurent
toutefois l’expression d’une minorité. Ainsi, à
la lecture de près de 50 réponses plutôt
favorables à OPUS reçues par La Presse, les
bémols face aux problèmes techniques
éprouvés par les usagers sont aussi
fréquents que chez les usagers mécontents.
« J ’a i me bien l’idée de la ca rte OP US , v ra
i ment excellente, souligne un de ces usagers, J.-Philippe
Boucher. Mais à chaque fois que je vais y recharger ma
carte ou presque, soit j’ai un problème, ou une
personne devant moi semble avoir un problème. Ça
m’est arrivé encore hier, et j’utilise la carte depuis
le tout début. On dirait qu’encore une fois, on avait
une bonne idée, mais on a créé un
système à problèmes.»
La STM affirme pourtant qu ’a prè s u ne pér io
de de « rodage » difficile, l’an dernier, «
le taux de disponibilité des distributrices
automatiques de titres (DAT) dépasse 95 % »
depuis le début de 2009, contredite en cela par une
multitude de témoignages reçus par La Presse.
La STM nie de même que sa carte soit fragile – un des
reproches les plus souvent soulevés, avec la
fiabilité des DAT, même chez les usagers d’OPUS
qui se disent satisfaits du nouveau système de
perception. La STM s’étonne même que des usagers
rapportent en être à leur troisième ou
quatrième carte, en un an seulement, alors que sa
durée de vie « théorique » devrait
être de… sept ans.
La STM répond
1. Une carte
fragile
Les distributrices automatiques de
titres sont souvent en panne, affirment plusieurs usagers.
Faux, répond la STM, selon qui le taux de
disponibilité des équipements dépasse
95 %.
QD e
nombreux usagers disent avoir dû remplacer trois ou
quatre fois l eur carte OPUS en seulement un an. Pourquoi
est-elle si fragile ? Pou rrait-on e n a m é liore r
la durabilité ?
RLa carte OPUS n’est pas f ragile. L a S T M a u n taux de
retour semblable à ce que l’on peut observer a illeu
rs da ns le monde. Nous sommes dans les normes. La cause
principale de remplacement de la ca r te est le bris de
celle-ci dû à une mauvaise manipulation ou
à un mauvais « entreposage ». Il est fort
étonnant que la même personne ait eu à
changer trois ou quatre fois sa carte : nous croyons qu’il
s’agit vraiment d’une uti l isation abu sive ou
inappropriée.
Q Comment
se fait-il que des cartes OPUS, fraîchement
rechargées, se vident au bout de seulement deux jours
après deux ou trois utilisations ? Ces incidents
sont-ils fréquents ?
RAucun cas de cette nature ne nous a été
rapporté par des clients de la STM. Une carte
correctement chargée ne se «videra» pas.
Nous recommandons donc aux clients de s’assurer que leur
carte est bien chargée. Il suffit de demander le
reçu de vente au moment de la transaction. Ce
reçu de vente est remis lorsque la transaction est
complétée, c’est-à-dire lorsque la
carte est bien encodée.
2. Recharger
OPUS
Q Pourquoi
les
distributrices automatiques de titres (DAT) sont-elles si
souvent en panne?
RLes DAT sont en opération depuis le lancement de la
carte OPUS, le 28 avril 2008. Au début, nous avons
dû apporter quelques ajustements. Depuis le
début de 2009, nous pouvons affirmer que le taux de
disponibilité des équ ipements dépasse
95%. Q Pourquoi
est-il impossible de charger des titres du RTL ou de la STL,
quand on se trouve à Montréal, ou d’acheter un
titre de la STM dans une gare de train de la Rive-Sud ?
Pourquoi ne peut-on pas acheter n’importe quel titre peu
importe où l’on se trouve, si tous les transporteurs
de la métropole utilisent la même carte ?
RChaque société de transpor t qu i pa r tic
ipe au projet OP US a acheté les équipements
en fonction de son propre volume d’affaires. Toutes les
autorités organisatrices de transport (AOT) ont donc
conjointement décidé de n’offrir – pour le
moment – que les titres de leur propre réseau. Q Es
t-
il vrai que, si j’ai des billets individuels sur ma carte,
et que j’y charge un titre mensuel, l a carte
débitera les billets individuels jusqu’à
épuisement avant que le titre mensuel soit
sollicité, et ce, même si le mois couver t par
ce titre est commencé?
RC’est faux. Le système effectuera toujours la
perception de titre la plus avantageuse pour le client. Il
puisera donc sur la carte mensuelle avant de toucher aux
titres individuels (ou achetés en lisière).
Cela vaut aussi pour le cas où la carte est
chargée d’un titre hebdomadaire et de titres
individuels.
3. Bizarreries
QI l
n’existe aucun titre de transport unique pour voyager dans
le métro entre Montréal et Laval, parce que
les tarifs sont différents des deux
côtés de la rivière des Prairies. Il
faut deux cartes OPUS pour stocker deux types de billets qui
ne sont pas compatibles sur la même carte. Pourquoi
une telle situation ?
RC’est
faux.
La situation décrite était vraie au tout
début du déploiement, mais ce n’est plus le
cas. Tous les titres peuvent cohabiter sur la même
carte.
Construisez-le, et ils le prendront... -
FRANÇOIS CARDINAL
La
rivalité Québec-Montréal s’est
trouvé un nouveau champ de bataille: le couloir
ferroviaire qui relie les deux villes. La capitale a
jeté son dévolu sur un TGV, alors que la
métropole préfère le projet de train
rapide VIAFast.
Deux villes, deux projets. Mais un objectif :
accélérer le tortillard qui dessert la ligne
Québec-Windsor.
Il faut avoir emprunté l’un de ces trains de passagers
pour saisir le retard tiers-mondiste qu’accuse le pays en
cette matière. On retrouve dans ce petit couloir de
1000 km près de 60% de la population canadienne et
pourtant, la marchandise a priorité sur les deux voies
ferrées qui le parcourent.
Or cela signifie deux choses pour les passagers : très
peu de départs, et des trains qui doivent
fréquemment s’immobiliser à la faveur de convois
transportant, la plupart du temps, du pétrole.
Bref, la priorité va au train qui transporte le
carburant... des véhicules qui le dépassent
à vive allure. Comme symbole, on ne fait pas mieux.
Les villes ne le savent que trop bien. Montréal et
Québec ont ainsi décidé de faire de ce
dossier l’un des principaux sujets de négociations avec
le fédéral. Le problème, c’est qu’elles
ne sont pas sur la même longueur d’onde.
L’administration
Labeaume
a pris fait et cause pour le train à grande vitesse,
commandant une étude à la SNCF, multipliant les
appuis politiques, augmentant la pression sur Ottawa.
L’administration Tremblay, elle, ne semble pas trop croire
à ce projet de plusieurs dizaines de milliards de
dollars. Bien qu’elle assure une partie de la facture de
l’étude de la SNCF, elle a discrètement
donné à ses fonctionnaires le mandat de
dépoussiérer le projet VIAFast, qui est
passé à un cheveu de se matérialiser il y
a sept ans. Un projet moins rapide, mais moins cher.
Piloté par l’ancien président de VIA Rail et
ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean
Pelletier, ce projet avait reçu l’appui du CN, du CP et
même d’Ottawa. C’est Paul Martin qui a tout
enterré lors de son accession au pouvoir, en 2003.
La Ville de Montréal peut bien prétendre qu’elle
appuie les deux projets, cela ne tient pas la route. Bien que
certains estiment cela possible, VIAFast peut difficilement
être une étape vers l’implantation d’un TGV. Il
s’agit d’un projet en soi, qui consiste en trois choses:
réserver une ligne aux passagers, optimiser l’emprise,
puis implanter un train rapide du type Acela (à ne pas
confondre avec les TGV).
Une fois les quelque 3 milliards investis à cette fin,
il est improbable qu’on en dépense des dizaines
supplémentaires pour implanter une autre technologie.
Du moins dans un horizon de quelques décennies.
Le gouvernement Harper a donc désormais le choix entre
un projet coûteux et très rapide pour plus tard,
ou un projet abordable et un peu moins efficace tout de suite.
Pour
leur part, les habitués du couloir
QuébecMontréal-Ottawa-Toronto peuvent se
réjouir que la pression politique ait augmenté
d’un cran, ou se désoler qu’un différend entre
deux villes puisse retarder – encore – ce projet d’une grande
importance.
Québec-Windsor, un couloir rentable -
FRANÇOIS CARDINAL
La SNCF croit
à l’implantation du TGV au Canada
Pou r la S NC F, l’u ne des plus importantes entreprises
ferroviaires au monde, l’implantation d’un TGV dans le couloir
Québec-Windsor est totalement justifiée, car
toutes les conditions de rentabilité financière,
sociale et environnementale sont réunies pour en faire
un grand succès.
Dans un avis obtenu par La Presse, la Société
nationale des chemins de fer français (SNCF) va
même j usqu’à comparer avantageusement ce couloir
à ses lignes à grande vitesse les plus rentables
de l’Hexagone, soient les TGV Rhône-Alpes,
Méditerranée et Atlantique.
« Tous les critères théoriques et
empiriques de succès de la mise en service d’un tel
réseau déterminés par la SNCF, via son
expérience de l’ensemble des projets de grande vitesse
ferroviaire dans le monde, sont remplis par le corridor
QuébecWindsor», estime-t-elle.
Voilà la conclusion d’une «étude
prospective» contenue dans la «proposition
technique et financière » que l’entreprise a
remise en juin dernier aux maires des six grandes villes
concernées par ce projet.
Il s’agit en quelque sorte d’une soumission bonifiée,
dans laquelle la SNCF offre ses services, à la demande
de la Ville de Québec, pour mener une étude plus
approfondie sur les aspects socio-économiques,
environnementaux et financiers du projet, ainsi que sur son
trafic potentiel, ses recettes et ses coûts
d’exploitation.
«La densité de la population du corridor
Québec-Windsor et les distances entre ses principaux
pôles de population ainsi que ses
caractéristiques économiques et
socio-économiques constituent autant d’arguments forts
en faveur de la mise en service d’un réseau ferroviaire
à grande vitesse desservant les aires urbaines de
Québec City ( sic), Montréal, Laval, Ottawa,
Toronto, Kitchener, London et Windsor.»
Officialisé
en
juin dernier par la Ville de Québec, le contrat de
service accordé à la SNCF prévoit que le
rapport final sera produit d’ici au mois de novembre. La Ville
de Montréal, qui partage la facture de 375 000$ avec
Québec et les autres villes concernées, devait
approuver le contrat à la séance du conseil
municipal qui s’est tenue hier soir. «Cette étude
nous fournira les éléments pédagogiques
qui nous permettront de mieux expliquer le projet à la
population, a expliqué le maire de Québec,
Régis Labeaume, en entrevue téléphonique.
Nous sommes très en retard à ce chapitre.
Même le président américain est plus
avancé que nous, ce n’est pas drôle!»
À mots à peine couverts, M. Labeaume accuse
Stephen Harper, de traîner les pieds dans le dossier du
TGV qui relierait Québec, Montréal, Ottawa,
Toronto, Windsor et, possiblement, Chicago. « Tout est
fonction des politiciens, dit-il. J’ai l’appui de Michael
Ignatieff, de Jack L ayton , de Gilles Duceppe, de Jean
Charest et de Pauline Marois. Il ne manque que M.
Harper.»
Deux études pour un projet
Parallèlement à l’étude de la SNCF, les
gouvernements du Canada, du Québec et de l’Ontario ont
confié à un consortium dirigé par la
firme Dessau le mandat de mettre à jour les
études menées entre 1992 et 1995 à ce
sujet. Évaluée à 3 millions, cette
étude devrait être terminée au printemps
2010.
Pour l ’a d m i n i s t r a t i o n Tremblay, il importera
alors de regarder les deux études pour juger de la
réelle pertinence du projet. «Dans la
théorie, c’est très intéressant. Mais il
faut d’abord savoir combien de personnes embarqueront et
combien ça va coûter», précise
André Lavallée, responsable du transport
à la Ville de Montréal.
Cela dit, la SNCF estime déjà que ce projet,
s’il voit le jour, aura un brillant avenir. Elle va même
plus loin, intégrant le futur couloir
Québec-Windsor aux projets américains de trains
à grande vitesse. «Ces perspectives et synergies
potentielles renforcent encore les enjeux de la mise en
service d’un réseau ferroviaire à grande vitesse
dans les provinces de Québec et de l’Ontario
jusqu’à Chicago», note la Société
nationale.
Et d’un point de vue plus personnel, la SNCF ne cache pas que
cette volonté d’étendre le réseau
ferroviaire «constitue pour les entreprises
françaises une opportunité de consolider et de
développer leur position sur le marché
nord-américain».
Hydro fait une entrée prudente dans le
transport électrique - Hélène
Baril
Hydro-Québec contribuera aux gigantesques
investissements qui seront nécessaires pour
électrifier les réseaux de transports
collectifs, à commencer par les trains de banlieue de
Montréal qui fonctionnent encore au diesel au royaume
de l’électricité.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE,
ARCHIVES LA PRESSE
Électrifier les
différents réseaux de transports collectifs
sera onéreux, à commencer par le réseau
de trains de banlieue. Hydro-Québec a annoncé
son intention de le faire, mais lentement.
La décision de franchir le pas entre un statut de
fournisseur d’électricité et celui
d’investisseur a été officialisée dans le
plan stratégique rendu public la semaine
dernière et qui précise les projets de la
société d’État pour les cinq prochaines
années.
L’électrification des transports publics fait partie de
ces projets, mais Hydro y met le pied avec beaucoup de
prudence. HydroQuébec Distribution, qui sera
responsable de ces nouvelles initiatives, soumettra tout
projet d’investissement à la Régie de l
’énergie pour examen et approbation.
Le montant des i nvestissements prévus n’est pas
précisé et ne le sera pas avant que des projets
concrets soient mis en marche, a fait savoir hier la
porte-parole Flavie Côté.
Hydro s’est déjà engagée à
débourser quelques centaines de milliers de dollars
dans des études préliminaires pour
l’implantation d’un t rolleybus à Laval et pour
l’électrification du réseau de trains de
banlieue de l’Association métropolitaine de transport.
L’AMT a déjà entrepris d’électrifier son
réseau, mais les investissements nécessaires
sont tels qu’elle ne prévoit pas y parvenir avant 15 ou
20 ans, a fait savoir son porte-parole, Pierre-Luc Paquette.
Le réseau de trains de banl ieue de l ’A MT est long de
217,4 km, dont seulement 30 sont électrifiés.
L’électrification d e c e s 3 0 k m, le tronçon
Montréal– Deux-Montagnes, a coûté 300
millions. C’est 10 millions par kilomètre, ou
près de 2 milliards pour électrifier le reste du
réseau, sans compter son prolongement de 30 km vers
l’est, qui devrait être en service à la fin de
l’année prochaine.
En
réalité, ce sera beaucoup plus que 2 milliards,
estime le porte-parole de l’A MT, parce que les travaux de la
ligne DeuxMontagnes ont été
réalisés il y a presque 15 ans. Il refuse
toutefois d’avancer un chiffre. « Les études que
nous avons commandées nous le diront », a-t-il
dit.
L’AMT dépense 7,2 millions par année en
carburant.
La Société de t ransport de Montréal,
pour sa part, dépensera 44,2 millions en carburant
cette année. Pour diminuer cette facture et
réduire ses émissions de gaz à effet de
serre, la STM a mis à l’essai huit autobus à
motorisation hybride. L’essai s’est
révélé concluant, avec une
économie de 30 % sur les coûts de carburant, et
les hybrides ont été intégrés au
parc d’autobus.
Selon François Chamberland, de la STM, les
véhicules hybrides seront le passage obligé vers
les véhicules tout électriques. « C’est
notre objectif ultime (les tout électriques) mais, en
raison des problèmes de faible autonomie des batteries
existantes, on nous dit qu’il ne faut pas y penser avant 2025,
au mieux », a-t-il indiqué.
L’amélioration de l’efficacité des batteries est
un autre chantier pour Hydro, mais personne ne peut dire si
ses efforts porteront leurs fruits à court terme.
Le transport électrique sous toutes ses formes est
maintenant considéré par Hydro comme un secteur
d’expansion, que son réseau peut facilement soutenir.
« L’électricité peut prendre le relais du
pétrole sans grande difficulté, affirme le plan
stratégique. La conversion à
l’électricité de l’ensemble des automobiles en
Amérique du Nord réduirait la consommation
d’essence de 70 % et n’augmenterait la consommation
d’électricité que d’environ 15 %. »
Au Québec, si l’on remplaçait 25% du parc
automobile actuel par des voitures électriques, soit 1
million de véhicules, la consommation
supplémentaire d’électricité serait de
moins de 2% des ventes totales d’Hydro.
Le bétail humain - Jean-Serge
Baribeau
L’auteur est
sociologue. Il y a cinq ans, ma compagne et moi avons
décidé de ne plus avoir d’automobile. Vivant
à Montréal, nous nous sommes dit qu’il y a la
marche, la bicyclette, les transports en commun, les taxis et
la possibilité de louer occasionnellement des bagnoles.
On en
voit de toutes les couleurs dans les autobus de la STM.
Depuis plusieurs mois, nous nous interrogeons sur notre choix.
En effet, quoi qu’en disent des politiciens des divers niveaux
de gouvernement, les transports en commun ne progressent pas!
Ils régressent ! Et ils régressent
dangereusement!
Vivant dans le quartier Côte-des-Neiges, nous prenons
assez souvent l’autobus 165 (Côte-des-Neiges), l’autobus
161 ( Van Horne) et l’autobus 129 ( Chemin de la
CôteSainte-Catherine). Je dirais qu’au moins une fois
sur trois ces autobus sont bondés, plus que
bondés. Je dirais que, de manière
régulière, surtout pendant les grandes froidures
hivernales, ces autobus sont en retard ou ne passent pas.
Et comme le
civisme et la civilité ne sont plus la norme, rares
sont les jeunes et bien-portants qui cèdent leur place
aux « autres ». Samedi dernier nous avons pris
l’autobus 165, près de la rue Van Horne. Il
était bondé et à chaque arrêt dix
ou quinze nouveaux passagers ymontaient. La moyenne
d’âge était élevée. Nous avons
remarqué que les places assises étaient
occupées par des jeunes et que de nombreuses personnes
âgées ont dû rester debout jusqu’au
métro Guy-Concordia. Une jeune fille voilée a eu
la prévenance de demander à ma compagne si elle
voulait bien prendre sa place.
En fait, je pourrais quasiment écrire un livre de 200
pages sur tout ce qui se passe dans les transports en commun,
surtout dans les autobus. J’ai assisté à des
incidents raciaux (et racistes) qui auraient pu
dégénérer, j’ai noté la
prédominance de l’anglais et j’ai failli me faire
casser la figure (ou poignarder) pour des raisons
linguistiques ( je suis un « maudit » French
Canadian).
Je ne veux plus jamais entendre un seul politicien qui aurait
l’audace de nous parler du virage en faveur des transports en
commun!
Pour son argent -
NATHALIE COLLARD
Dans un monde idéal, le prolongement du métro
comme le souhaitent les villes de Laval, de Longueuil et de
Montréal serait une excellente idée pour la
grande région métropolitaine. Cela
désengorgerait le réseau routier,
améliorerait le service aux usagers, tout en permettant
aux principaux maires de la région de montrer qu’ils
sont capables de s’asseoir à la même table et de
concevoir une vision commune. Ce qui n’arrive pas souvent, il
faut l’admettre.
Nous ne sommes malheureusementpasdansunmondeidéal: nous
traversons une période économique difficile.
Dans ce contexte, il faut donc se demander si le prolongement
du métro est la meilleure façon d’investir
l’argent public.
La réalité, c’est qu’il serait beaucoup plus
prudent de maximiser les milliards de dollars en investissant
dans les transports de surface, beaucoup moins chers que le
métro.
La nécessité de poursuivre la ligne bleue vers
l’est a déjà été
démontrée. On en parle depuis les années
70. Mais elle pourrait très bien s’arrêter au
boulevard Pie-IX, où on nous promet depuis des lunes
une éventuelle voie réservée pour un
service de bus rapide.
Même obse r vat i on pou r Longueuil et Laval. Le
métro représente-t-il le meilleur investissement
possible?
À
Longueuil, les transports en commun en surface sont
déjà bien développés. Pourquoi ne
pas les bonifier avec un tramway?
Même questionnement pour Laval, qui pourrait être
desservi par un excellent service de bus rapide et de
trolleybus. À condition, bien entendu, d’avoir le
courage de réserver des voies aux transports en commun.
Le Plan de transport deMontréal, qui
célébrera son deuxième anniversaire cette
année, énumérait 21 priorités. Le
maire Tremblay a déjà convenu qu’il serait
difficile de trouver les 8 milliards de dollars
nécessaires pour le concrétiser. Et on parle
d’investir des milliards dans un seul projet?
La prudence, nous l’avons dit, est de mise. En investissant
pour creuser des tunnels (sans compter les nouveaux wagons de
métro, une dépense de plusieurs milliards
supplémentaires), on court le risque qu’il ne reste
plus un sou pour d’autres projets de transports en commun.
Ilseraitd’autant plus imprudent de s’engager dans un projet
d’une telle envergure sans avoir d’abord i dent i f i é
u ne source de financement des transports en commun stable et
récurrente. Les investissements massifs dans les
infrastructures ne seront pas renouvelés chaque
année, il faut donc prévoir des solutions de
rechange.
Plusieurs scénarios ont été
suggérés au fil des ans: péage
régional, taxe sur l’essence, etc. Rien n’a encore
été décidé. Le responsable du
transport à la Ville, André Lavallée,
avait annoncé un vaste débat public sur la
question, débat qui n’a pas eu lieu. En attendant que
les élus régionaux s’entendent sur un moyen de
financer les transports collectifs, il faut investir les
milliards de façon optimale. Le métro n’est donc
pas la meilleure option.
La STM de Labrecque - NATHALIE
COLLARD
La nouvel le
campagne d’image de la Société de transport de
Montréal laisse sceptique. Avec ses accents vaguement
ésotériques, Mouvement col lecti f évoque
une nouvelle Église ou encore, une secte.
Les affiches placardées dans le métro ainsi que
le site internet rappelle l’esthétique d’une
émission pour enfants. À qui s ’ adresse - t-on
au juste ? Aux gens qui uti l i sent déjà les
transports collectifs pour les confor ter dans leur
décision ? Si c’est le cas, ces abonnés
apprécieraient sans doute davantage un service encore
plus efficace, des i nst a l l at i ons nickel et des
équipements ultramodernes.
S’adresse-t-on
plutôt aux navetteurs invétérés qui
prennent leur voiture parce qu’elle est plus confortable ? Si
c’est le cas, ce ne sont pas les fleurs accompagnées de
quelques données sur l’environnement qui vont les
convaincre de laisser leur véhicule à la maison.
La STM aurait plus de succès en offrant un service
d’autobus ultra-rapide ou un métro climatisé.
Actuellement, à l’heure de pointe, les wagons de
métro sont bondés, les lignes de bus principales
aussi. Ne devraiton pas améliorer le service avant
d’inviter plus de gens à l’utiliser ?
À sa décharge, il faut dire que la tâche
confiée au nouveau président de la STM, Michel
Labrecque, n’est pas aisée. L’ancien président
du festival Montréal en lumières avait sans
doute plus de facilité à convaincre un chanteur
de donner un spectacle à l’extérieur au mois de
février que de convaincre un banlieusard de laisser son
auto dans le 450.
Michel Labrecque a repris les rênes d’une
société sclérosée qui n’a pas
beaucoup flirté avec l’innovation au cours des
dernières années. Le défi est d’autant
plus immense que la Ville a demandé à la STM de
couper 36 millions de dol la rs de son budget. Dans un tel
contexte, comment améliorer la qualité des
services ? Il faudrait que le maire de Montréal
reprenne son bâton de pèlerin pour aller
convaincre Québec de dédier un fonds au
transport collectif. Autant croire aux miracles… Le plus
dommage dans tout cela, c’est que Michel Labrecque, conseiller
dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, songe à
quitter la vie politique. Espérons qu’il ne mettra pas
ses menaces à exécution. M. Labrecque est un des
trop rares candidats d’envergure sur la scène
municipale. Montréal a tellement besoin de leaders
comme lui pour sortir de son marasme ! D’autant plus qu’on
aimerait voir ce que cet adepte du cocktail transport
réussirait à faire de la STM. Mais pour
ça, il faut du temps. Ne partez pas, M. Labrecque!
L'AMT
électrifiera le réseau de trains de banlieue -
François Cardinal
L'Agence métropolitaine de
transport de Montréal fera ce matin un premier pas vers
l'électrification de l'ensemble du réseau de
trains de banlieue de la métropole, qu'elle souhaite
officiellement amorcer dans deux ans.
La Presse a appris que l'AMT
annoncera aujourd'hui le lancement d'un appel d'offres en vue de
la réalisation d'une étude de faisabilité
sur la question. Cette dernière ne servira pas à
examiner si un tel chantier doit voir le jour, mais plutôt
comment il doit être mené.
«Nous voulons clairement électrifier l'ensemble du
réseau, a commenté le président de
l'Agence, Joël Gauthier. Il nous faut maintenant
préciser comment nous allons le faire, quelle technologie
utiliser et quel ordonnancement privilégier.»
L'objectif préliminaire de l'AMT est de démarrer
l'électrification du réseau dès 2011, et de
la poursuivre graduellement pendant 15 ans. L'étude
permettra de définir un échéancier qui
pourrait, par exemple, permettre l'électrification de 15
km de lignes chaque année, jusqu'en 2016.
L'appel d'offres que lancera l'AMT se fera en collaboration avec
Hydro-Québec, qui acquittera une partie de la facture. Il
s'agit de la seconde incursion d'Hydro dans le transport
collectif, après celle visant à doter Laval d'un
réseau de trolleybus.
À l'heure actuelle, une seule des cinq lignes du
réseau de trains de banlieue est électrique (ligne
Deux-Montagnes). Les quatre autres n'accueillent que des trains
dotés de moteurs thermiques, ce qui se traduit
annuellement par l'achat de 8 millions de litres de diesel par
l'AMT et la production de grandes quantités de bruits et
d'émissions polluantes.
On évalue que l'électrification de la
totalité des lignes de train de banlieue permettrait une
réduction annuelle de 20 000 tonnes de gaz à effet
de serre, tout en réduisant considérablement le
bruit émis par le passage des trains.
Autres avantages collatéraux : l'électrification
du réseau urbain permettrait à l'AMT de vendre des
crédits sur un éventuel marché continental
du carbone ; elle permettrait aussi au Canadien National et au
Canadian Pacific de réduire les émissions
polluantes issues du transport de marchandises, à
condition toutefois qu'ils se procurent des locomotives bimode
(électrique et diesel).
C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'Agence, l'an dernier, en faisant
l'acquisition de 20 nouvelles locomotives de Bombardier pouvant
fonctionner autant à l'électricité qu'au
diesel, une décision prise dans l'optique de
l'électrification éventuelle du réseau de
trains de banlieue.
«Nous avons également une option sur 10 autres
locomotives bimode, a précisé Joël Gauthier.
Cela confirme notre grande volonté d'électrifier
le réseau.»
La firme choisie par appel d'offres aura donc le mandat de
proposer un échéancier, mais aussi d'effectuer
l'analyse des solutions techniques à privilégier,
d'évaluer les avantages-coûts pour l'Agence et le
gouvernement ainsi que d'estimer les impacts économiques
du projet.
Concrètement, l'électrification d'une ligne de
trains de banlieue signifie l'implantation de transformateurs,
la construction de sous-stations électriques et surtout
l'installation d'une caténaire électrique (longue
ligne de contact placée au-dessus des trains) sur toute
sa longueur.
L'électrification se fera graduellement sur les lignes de
Dorion-Rigaud, Blainville-Saint-Jérôme,
Mont-Saint-Hilaire, Delson-Candiac et celle du futur train de
l'Est (Repentigny-Mascouche). L'AMT ne sait pas encore par
où elle commencera, autre donnée qui fera partie
de l'étude de faisabilité.
On sait déjà, par contre, que les nouvelles
locomotives bimode, qui doivent être mises en service en
2012, serviront d'abord à propulser le train de l'Est.
Un pacte à trois pour prolonger le
métro
Montréal, Laval et Longueuil veulent ajouter 20 km au
réseau
EXCLUSIF
Les maires de Montréal, de Laval et de Longueuil
négocient activement un « protocole d’entente
» pour convaincre Québec d’investir dans la
construction simultanée de trois nouveaux
tronçons de métro totalisant plus de 20km, et
ce, d’ici 10 ans.
Selon des sources de La Presse, les maires Gérald
Tremblay, Gilles Vaillancourt et Claude Gladu discutent
depuis plusieurs mois déjà d’un « pacte
à trois » qui présenterait le
parachèvement du métro comme « la
» priorité métropolitaine en
matière de transports en commun.
Un projet d’entente circule même actuellement dans les
officines municipales pour demander au gouvernement du
Québec d’inclure dans le même programme la
réalisation de trois projets de prolongement du
métro, dotée d’un échéancier
« réaliste et non inflationniste de l’ordre de
10 ans, pour l’ensemble du programme ».
En considérant le coût moyen (environ 150
millions de dollars le kilomètre) du premier
tronçon de Laval, inauguré en avril 2007, ce
grand chantier nécessiterait des investissements d’au
moins 3 milliards (en dollars d’aujourd’hui) d’ici à
2020.
De plus, l’ajout de plus de 20km de tunnels à un
réseau qui en fait présentement 66
représenterait une augmentation subite de 30% des
distances à parcourir pour le matériel roulant
de la Société de transport de Montréal
(STM). Cela aurait un impact majeur sur le parc de
véhicules actuels, son renouvellement ou même
son expansion.
À Longueuil, la ligne 4 ( jaune) du métro
serait prolongée de quatre stations vers l’est,
jusqu’au « pôle Jacques-Cartier/ RolandTherrien
», sur une distance de 5,3km. La Ville de Longueuil a
récemment présenté le projet à
la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet,
qui l’aurait accueilli favorablement, selon un
communiqué publié au début du mois par
la municipalité.
À Montréal, la ligne 5 (bleue) serait
prolongée de 5,1km vers l’est, jusque dans
l’arrondissement d’Anjou. Le tracé pourrait compter
cinq stations aux intersections du boulevard Pie-IX, de la
rue Viau et des boulevards Lacordaire et Langelier, avant la
station terminale d’Anjou. Ce projet figure dans les cartons
de la métropole depuis les années 70
nfin, le troisième tronçon, qui pourrait faire
10,1km, relierait Laval et Montréal à l’ouest
du premier tronçon, inauguré il y a deux ans.
Il permettrait de boucler les deux « branches »
de la ligne 2 (orange) de part et d’autre de la
rivière des Prairies. Le premier tunnel, d’un peu
plus de 2 km, serait d’abord creusé en prolongement
de la station Côte-Vertu actuelle jusqu’à la
gare Bois-Francs du train de banlieue Deux-Montagnes,
à Saint-Laurent. Puis le nouveau tronçon
bifurquerait en direction de Cartierville, où une
autre station – qui n’a pas encore de nom – serait
vraisemblablement implantée.
De là, un tunnel serait creusé sous la
rivière des Prairies, en amorce d’un long t
ronçon qui rejoindrait la station Montmorency,
à Laval. Le tracé précis et le nombre
de station dans l’île Jésus ne sont pas encore
arrêtés.
Ces projets ont déjà été, en
tout ou en partie, rendus publics par chacune des villes
concernées. Si un pacte est conclu, ce serait la
première fois que Montréal, Laval et
Longueuil, par la voix de leurs maires, revendiquent
ensemble le « parachèvement » du
métro.
Des
retombées au Québec
En entrevue, vendredi, le maire de Laval, Gilles
Vaillancourt, .a confirmé qu’un projet d’entente E
est bel et bien en cours, sans toutefois commenter
l’état de ces discussions.
Il a en outre rappelé que, dès l’ouverture des
stations Cartier, Concorde et Montmorency, en avril 2007, il
faisait déjà la promotion du bouclage de la
ligne 2 par l’ouest, entre Laval et Montréal. Il
était aussi l’un des seuls à croire au
succès du premier prolongement du métro
à Laval. Les trois nouvelles stations lavalloises
accueillent déjà 60 000 usagers par jour.
« Collectivement, nous faisons présentement
face à deux crises majeures, affirme le maire. La
première est économique. La seconde est
environnementale. Un projet comme celui-ci permettrait de
faire travailler des milliers de personnes chez nous durant
plusieurs années. Et après, ce sont des
milliers d’automobiles de moins sur nos routes, parce que
leurs propriétaires prendront le métro au lieu
de leur voiture. »
Pour sa part, le responsable des transports et du
développement urbain au comité exécutif
de la Ville de Montréal, André
Lavallée, a confirmé que les trois grandes
villes de la région métropolitaine
étaient en discussion « pour la
réalisation d’un grand projet rassembleur, durable et
structurant, qui bénéficierait à
l’ensemble de la région métropolitaine
».
M. Lavallée a précisé que ces
discussions « doivent être mises en contexte
avec les propositions lancées par la Ville de
Montréal dans son Plan de transport sur la question
du financement. Mais aussi en relation avec le leadership
que les municipalités veulent aujourd’hui assumer en
matière de transports en commun. »
La Presse n’a pu joindre de porteparole de la Ville de
Longueuil.
Le souhait de Québec?
Une revendication commune des trois maires répondrait
par ailleurs à une demande qu’a formulée
à maintes reprises la ministre des Transports Julie
Boulet, au cours des derniers mois, concernant la
priorisation des projets de transports en commun.
Le 24 avril, en commission parlementaire, la ministre Boulet
a affirmé: « Le maire de Montréal a sa
liste de priorités à lui, qui n’est pas
nécessairement la même qu’à Laval ou
qu’à Longueuil. Et moi, ma préoccupation,
c’est : Estce que je peux trouver quelque chose qui va
servir à l’ensemble des citoyens qui restent dans la
grande région métropolitaine, et incluant
Longueuil et Laval?
« Est-ce qu’on est capable de trouver un projet
porteur qui va rallier le plus de monde possible et avec
lequel on aura le plus large consensus sur l’ensemble du
territoire ? C’est ce que je souhaite. »
Agissons ou taisons-nous - ANDRÉ
PRATTE
La
ministre Line Beauchamp a déposé la
semaine dernière un document de consultation sur
le prochain plan québécois de lutte aux
changements climatiques. En conférence de presse,
Mme Beauchamp a dit que le Québec doit se donner
des objectifs «ambitieux» en ce qui a trait
à la réduction des émissions de gaz
à effet de serre (GES) dans l’après-Kyoto,
de 2012 à 2020: «Le Québec va
montrer la voie en établissant des cibles qui
vont être considérées comme
très ambitieuses face à la
communauté internationale.» Pour que cela
soit le cas, les citoyens du Québec devront
accepter que leur portefeuille souffre.
Le document ministériel propose quatre cibles de
réduction des émissions de GES d’ici 2020:
10%, 12%, 15% ou 20% sous le niveau de 1990. Comme d’ici
2012, le Québec atteindra sans mal l’objectif
fixé pour le Canada par le protocole de Kyoto (6%
sous le niveau de 1990), les cibles envisagées
correspondent à des efforts
supplémentaires de 4%, 6%, 10% et 15%.
On trouve dans ce document l’habituel pétage de
bretelles sur les «choix
stratégiques» faits par le Québec
dans le passé et sur la qualité de son
bulletin en matière d’émissions de GES. On
y insiste sur le fait que plus la cible choisie est
ambitieuse, plus les changements nécessaires
seront coûteux: «Les coûts de
réduction au Québec sont
généralement supérieurs aux
réductions antérieures ainsi qu’à
ceux des partenaires nord-américains du
Québec.» On comprend que le gouvernement
n’est pas très chaud à l’idée
d’adopter une cible élevée à moins
d’obtenir «le soutien incontestable de l’ensemble
de sa population».
On
verra bientôt dans quelle mesure la volonté
écologique des Québécois est
authentique. Soyons francs: le bon bilan de la province
en ce domaine n’a rien à voir avec un quelconque
effort collectif entrepris pour s’attaquer au
problème. Il s’explique plutôt par le fait
que nous disposons de ressources hydrauliques
considérables, des ressources que nous avons
choisi d’exploiter bien avant que la question des
changements climatiques ne soit à l’agenda. S’il
était démontré que les centrales
hydro-électriques sont nocives pour
l’environnement, cesserions-nous du jour au lendemain de
les faire tourner? Alors, comment osonsnous sermonner
l’Alberta et la Saskatchewan dont la richesse, pour le
meilleur et pour le pire, est pétrolière
et gazière?
Selon Québec, la cible la moins exigeante ferait
grimper le prix de l’essence de 3,7 cents, la cible la
plus haute de 12,7 cents. Pour les familles
québécoises, l’impact de la hausse des
prix des carburants varierait de 75$ par année
à 804$ par année.
Pour
le bien de l’humanité, les
Québécois soutiendront-ils la cible la
plus audacieuse, donnant au gouvernement Charest la
volonté d’aller de l’avant? Si nous ne le faisons
pas, ayons au moins la décence d’arrêter de
faire la leçon aux autres.
Les Canadiens moins « verts »
en réalité - Catherine Handfield
Les
Canadiens se croient beaucoup plus « verts »
qu’ils ne le sont en réalité.
L’écart entre la perception qu’ils ont
d’eux-mêmes et les gestes concrets qu’ils font
pour améliorer l’environnement est
supérieur à 20%, selon un coup de sonde
mené pour le compte du Monde de Cossette et de
Summerhill.
Le sondage, publié hier, a été
mené entre les 7 et 11 mai auprès de 1000
Canadiens. Les répondants se sont d’abord
attribué une note de 1 à 4 pour qualifier
leur comportement écologique dans six domaines:
l’énergie, le carburant, l’alimentation, le
recyclage, la réutilisation et l’utilisation de
produits verts.
Ensuite, les sondeurs ont posé une série
de questions spécifiques sur leurs agissements
concrets dans chacune des catégories
mentionnées. Pour faciliter la comparaison, les
résultats de la deuxième partie ont
été pondérés en fonction
d’une grille d’analyse pour en faire également
une note sur 4.
Résultat:
«
Les répondants montrent un intérêt
sincère pour un mode de vie écologique,
mais ils ne procèdent pas aux changements
fondamentaux pour concrétiser leurs bonnes
intentions », résume Nick Cowling,
vice-président d’Optimum relations publiques,
filiale du Monde de Cossette.
C’est dans le domaine des transports que «
l’écart vert » est le plus significatif
(40%). Les Canadiens s’attribuent une note moyenne de 3
sur 4, alors qu’ils obtiennent un faible 1,8 sur 4 pour
leurs gestes concrets (utilisation des transports en
commun, consommation d’essence, véhicules
hybrides, etc.).
Si l’« écart vert » moyen varie peu
d’une province à l’autre, les
Québécois semblent passer davantage de la
parole aux actes en ce qui a trait à
l’alimentation. Ils sont les plus nombreux au pays
à se servir de sacs réutilisables pour
faire leur épicerie.
Le sondage a été réalisé par
Nucleus planification stratégique. Sa marge
d’erreur est de 3,2 points.
« Nous assistons à un vol de l’eau par le
privé » - FRANÇOIS CARDINAL
Mercredi
dernier, la présidente du Conseil des Canadiens,
Maude Barlow, terminait son mandat de conseillère
principale en matière d’eau auprès du
président de l’Assemblée
générale des Nations unies. Le jour
même, elle a lancé Vers un pacte de l’eau,
un livre qui dénonce ces gouvernements trop
indulgents face à des entreprises
assoiffées. Parmi eux, le Canada et le
Québec. Rencontre.
QL e
L’eau est un sujet que la
présidente du Conseil des Canadiens, Maude
Barlow, connaît bien. Elle vient de lancer un
livre sur la question, Vers un pacte de l’eau.
Canada est enclin à vendre ses ressources non
renouvelables, comme le pétrole, le gaz naturel
et le charbon, mais pas son eau, pourtant renouvelable…
R Il n’y a là rien de bien surprenant. Les
Canadiens comprennent bien que si leur eau est un jour
vendue en vrac, elle sera alors contrôlée
par de grosses entreprises, possiblement
américaines. Q Mais
le Canada n’a-t-il pas une responsabilité par
rapport aux nations moins bien pourvues en eau ? R Il ne
faut pas se méprendre. Si l’eau est un jour
vendue, elle sera achetée par ceux qui sont
capables de se la payer, non par ceux qui en ont besoin.
Le premier endroit qui en profiterait serait fort
probablement Las Vegas. Or, sacrifier notre eau dans
l’unique but de répondre à la demande i n
satiable de nos voisi n s aurait pour effet de renforcer
leurs mauvaises habitudes de consommation. Q Utilise-
t-on mieux l’eau ici qu’au sud de la frontière ?
R Pas du t out. Tous Nord-A méricains les
la tiennent pour acquis. La seule différence,
c’est qu’il y a ici moins de monde, mais plus d’eau. Q
On
entend souvent dire que le Canada possède le
cinquième des réserves d’eau douce de la
planète… R Si l’on vidait tous les lacs, toutes
les rivières, tous les aquifères au pays,
c’est vrai, on aurait alors 20 % des ressources d’eau
douce au monde. Mais cela transformerait le Canada en un
immense désert! En réalité, nous
n’avons que 6,5 % de l’eau douce disponible,
c’est-à-dire qui peut être utilisée
sans tarir l’écosystème. Si l’on s’en
tient au territoire courant le long de la
frontière américaine, où habite 90
% de la population canadienne, on ne retrouve plus que
2,5 % des ressources mondiales. Q La
majeure partie de l’eau potentiellement exportable se
trouve dans le nord du pays… R Oui, il s’agit de l’eau
qui s’écoule dans les grandes rivières qui
remontent vers le nord. Or, la vendre à Las Vegas
ou ailleurs aux États-Unis nécessiterait
l’érection de barrages comme celui des
Trois-Gorges (en Chine), d’énormes
infrastructures qui permettraient de canaliser l’eau
dans des pipelines, ainsi que de nouvelles centrales
nucléaires pour alimenter le tout. Et le pire,
c’est qu’avec l’Accord de libre-écha nge
nord-américain, dès que vous ouvrez les
vannes, vous n’avez plus le droit de les refermer. QM
ais
ne
sommes-nous pas déjà des exportateurs
d’eau, par l’entremise de l’embouteillage ? R
Certainement, et cela est désolant. Le Canada est
u n ex portateu r net d’eau. L’an dernier, nous avons
permis qu’environ 2,5 milliards de litres d’eau soient
prélevés pour être
embouteillés et ensuite, exportés. J’ai eu
accès à une carte des quelque 70 points
d’eau de Nestlé. Il s’agissait de petits points
rouges disséminés partout sur la
planète. Devinez où se trouvait la plus
grande concentration de points rouges dans le monde ?
Autour des Grands Lacs. Q La
redevance proposée par Québec est-elle la
solution ? R Non. P uisque nous n’appuyons pa s l ’e m -
b o u t e i l l a g e d ’e a u , n o u s n’appuyons pas
plus l’idée d’une redevance, qui permet
finalement à ceux qui ont suffisamment d’argent
de faire main basse sur la ressource. À l’heure
actuelle, nous assistons à un vol de l’eau par
l’entreprise privée. Une fois qu’une entreprise a
accès à un point d’eau, elle en est
pratiquement propriétaire. Cela est d’autant plus
vrai que, sous l’ALENA, une entreprise qui s’estime
lésée a le droit de poursuivre le
gouvernement. Ainsi, si le Québec souhaitait
réduire l’accès d’une entreprise à
la ressource, elle serait accusée de violer son
contrat. Q Une
interdiction d’exporter l’eau n’est-elle pas en vigueur
au Québec ? R Oui, mais il s’agit d’une
interdiction volontaire, qui n’a rien de contraignant.
Nous craignons que le Québec choisisse de la
transgresser éventuellement, en raison des
pressions exercées par certains groupes comme
l’Institut économique de Montréal. Mais
aussi parce que la vente d’eau peut être
perçue comme une façon rapide et facile de
renflouer les coffres de l’État. Nous demandons
donc une interdiction formelle et pancanadienne. Q Que
nous dit la crise des algues bleues sur notre
façon d’utiliser l’eau, au Québec ? R
L’eutrophisation des cours d’eau est u n des plus graves
problèmes auxquels le Canada et le Québec
sont actuellement confrontés. Cela est un
problème qui émane de nombreuses sources,
phosphore et nitrates, agriculture intensive,
porcheries, etc. Dans le nord de l’Allemagne, ils ont
une loi qui envoie directement en prison quiconque
contamine un tant soit peu l’eau. Quand un gouvernement
est prêt à agir, quand il est
sérieux, il adopte une loi comme celle-ci. Ce
serait formidable si le Québec décidait
d’aller en ce sens, s’il devenait un leader de la
gestion de l’eau. QC ar
il ne l ’e s t p a s actuellement ? R Malheureusement
pas. Nous nous réjouissons de l’intention du
Québec de confirmer que l’eau est un bien commun.
Mais nous craignons qu’il en profite pour vendre son
eau, sous prétexte que cela procurerait des
bénéfices financiers pour la
collectivité. En plus d’officialiser le
caractère commun de l’eau, Québec devrait
ajouter qu’elle n’est pas à vendre. Q Vous
militez pour une stratégie nationale de l’eau… R
Oui, cela inclu rait les provinces, les Premières
Nations, le gouvernement fédéral, la
société civile. Je suggère que tous
adoptent des principes communs sur la protection et la
gestion des bassins versants. Ensuite, chacun prendrait
les éléments qui sont sous sa juridiction
puis les appliquerait localement. Voilà notre
rêve. Q Le
fédéral appuie-t-il cette idée ? R
Tous les partis fédéraux nous appuient,
sauf les conservateu rs. L e gouvernement Harper ne
reconnaît même pas le droit à l’eau
à l’ONU, imaginez! Je viens de terminer mon
mandat à titre de conseillère principale
sur l’eau auprès du président de
l’Assemblée générale des Nations
unies, Miguel d’Escoto Brockmann. Avec lui, j’ai
rédigé un projet de résolution
d’urgence stipulant que l’Assemblée
générale de l’ONU est la seule
organisation au monde capable de proposer un plan
d’urgence pour l’eau. Nous avons reçu l’appui
d’un bon nombre de pays, mais pas celui du Canada.
LES POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE
- Martin Vallières
«
Les centres de tri ont déjà des
problèmes à soutenir leurs activités
avec la baisse de prix des matières recyclables.
Ça risque d’empirer si on leur enlève une
matière aussi valorisée que le plastique des
bouteilles d’eau. »
Faut-i l étendre l a consigne aux bouteilles d’eau
en plastique, comme pour les boissons gazeuses ?
Oui, réclament l’ Union des municipalités du
Québec et des intervenants écologistes. Ils
y voient le moyen de réduire les millions de
bouteilles d’eau qui, disent-ils, aboutissent dans les
sites d’enfouissement plutôt qu’au recyclage.
Mais non, r étorquent l es embouteilleurs d’eau et
les gestionnaires des centres de tri et de
récupération.
Ces derniers craignent que la consigne élargie aux
bouteilles d’eau enlève de la collecte
sélective une autre source de plastique de haute
valeur sur le marché des matériaux
recyclables.
Des emboutei l leurs d’eau, comme Naya de Mirabel, meneur
du marché au Québec, craignent pour leurs
efforts de promotion du recyclage de leurs bouteilles par
la collecte sélective.
« Les centres de tri ont déjà des
problèmes à soutenir leurs activités
avec la baisse de prix des matières recyclables.
Ça risque d’empirer si on leur enlève cause
de la précarité financière du
système de collecte sélective.
Ils citent des chiffres éloquents: l’aluminium
recyclable vaut environ 800$ la tonne sur le marché
de la récupération. Et les plastiques, de
200 à 300$ la tonne.
Or, ces matériaux ne pèsent que 6 % du poids
moyen des bacs de recyclage contre 75 % pour le papier et
le carton qui, eux, valent à peine quelques
dizaines de dollars la tonne.
Pire
encore, selon M. Izzy, la consigne des contenants de
plastique et d’aluminium au Québec serait devenue
une véritable « fuite » de
matériaux recyclables de haute valeur pour les
entreprises de récupération d’ici.
« Ce que peu de Québécois savent,
c’est que le réseau de consignation chez les
détaillants ainsi que le recyclage de ces
matériaux sont monopolisés par une grande
entreprise de l’extérieur, a expliqué M.
Izzy.
« Aus s i , c e t t e e nt r e pr i s e exporte tous
les ballots de contenants récupérés
pour qu’ils soient recyclés dans des usines
hors-Québec. Ce sont des tonnes d’aluminium et de
plastique, qui valent le plus sur le marché du
recyclage, qui échappent aux Recyc-Québec,
la société d’État qui supervise la
consigne, on espère un prochain
énoncé de politique en ce sens de la part du
gouvernement Charest.
Probablement en novembre prochain, lors du «
Rendez-vous 2009 » sur le recyclage organisé
par Recyc-Québec.
« C’est un souhait que nous avons déjà
transmis par écrit (en mars dernier) à la
ministre de l’ Environnement, Line Beauchamp: que la
consigne soit élargie aux bouteilles d’eau »,
r appel l e François Sormany, porte-parole de
l’UMQ.
À Recyc-Québec, on cite le taux encore
inférieur de recyclage des bouteilles d’eau par
rapport aux autres contenants de boissons en consigne pour
souhaiter leur inclusion. une matière aussi
valorisée que le plastique des bouteilles d’eau
», a résumé Johnny Izzy, directeur
général de Gaudreau Environnement, un
important gestionnaire de centres de tri au Québec
( Victoriaville) et, depuis peu, à Toronto.
En fait, selon M. Izzy, toute la consigne des contenants
de boissons en plastique et en aluminium devrait
être remise en question, parce qu’elle serait une
entreprises québécoises de
récupération comme la nôtre. »
Par conséquent, à moins que Québec ne
modifie sa politique de consigne pour obliger un premier
traitement des contenants récupérés
dans des usines d’ici, les entreprises comme Gaudreau
Environnement refusent son expansion avec les bouteilles
d’eau.
N’empêche, à l ’ Union des
municipalités ( UMQ) et chez
OZONE : ON N’EN SORT PAS...
En voulant aider la couche d’ozone, la communauté
internationale a contribué un peu plus au
réchauffement de la planète... Une étude
publiée cette semaine dans le Proceedings of the National
Academy of Sciences révèle que les HFC, des gaz
fluorés appelés à remplacer les HCFC dans la
lutte contre les substances appauvrissant la couche d’ozone,
constituent une menace grandissante pour la planète.
À tel point que le Programme des Nations unies pour
l’environnement a jugé bon réagir : «
Stabiliser puis réduire ce groupe de gaz fluorés,
précise-t-on, permettrait au monde de gagner
l’équivalent d’une décennie d’émissions de CO
». La solution est devenue un problème. > UNEP.org
Du gaspillage de fonds publics -
Christine Godard
Le Canada ne
devrait pas chercher à sauver la chasse au phoque
L’auteure réside à Rimouski. Ça y est, le
Canada porte plainte auprès de l’Organisation mondiale
du commerce ( OMC) contre la décision européenne
d’interdire l’importation de produits dérivés du
phoque. Quelle décision irrationnelle et coûteuse
pour les contribuables !
En effet, il se passerait des années avant d’avoir une
décision de l’OMC, et cette décision ne serait
pas forcément celle souhaitée par le
gouvernement.
Il n’est pas besoin d’être un grand visionnaire pour
constater que la décision de l’Union européenne,
qui compte 27 pays, s’inscrit dans un courant
généralisé. Déjà, en 1972,
les États-Unis ont interdit toute importation de
produits du phoque. En 2006, c’était au tour du Mexique
et de la Croatie. Israël est en voie de prendre la
même décision. Parmi tous ces pays, sept
comptaient parmi les 10 principaux marchés
d’exportation des produits du phoque du Canada.
Par cette plainte, le Canada continuera à
dépenser des fonds publics pour une activité
moribonde déjà fortement subventionnée
(60 millions par année pour un revenu réel de 10
millions). En agissant ainsi, notre gouvernement maintient les
chasseurs de phoque dans un perpétuel assistanat.
À
l’heure actuelle, beaucoup de personnes doivent se reconvertir
pour s’adapter à de nouvelles réalités
économiques et à un marché du travail en
constante évolution. Pense-t-on que les chasseurs de
phoque n’en sont pas capables et ont comme seul avenir
envisageable quelques journées de chasse par
année ? Pense-t-on que ces communautés locales
sont figées dans l’immobilisme et ne possèdent
aucun esprit d’entrepreneuriat ?
Loin de ces préjugés condescendants et
paternalistes, je crois au contraire qu’avec leur grande
expérience de la nature et des animaux, leur
connaissance du territoire et leur sens de l’accueil, beaucoup
de chasseurs des Îles pourraient faire d’excellents
guides touristiques et guides d’observation de la faune et de
la flore. Et le télétravail ? Pourrait-il
être envisagé?
N’oublions pas que l’observation des baleines rapporte bien
plus que ne le ferait leur chasse. Pourquoi n’en serait-il pas
de même pour les phoques? Les deniers publics seraient
mieux employés pour un tel développement durable
qui tient compte de la conjoncture et des nouvelles tendances
en matière de tourisme.
Notre gouvernement abandonnera-t-il son obstination illogique
pour penser à l’avenir des populations locales?
N’est-ce pas ce qu’on attend d’un gouvernement par rapport
à n’importe quel secteur économique? C’est
d’autant plus souhaitable que nous sommes en pleine crise et
que les fonds publics devraient être utilisés de
manière encore plus rationnelle qu’à
l’habitude...
Le choix du pétrole - Philippe
Faucher
Devrions-nous préférer le soutien indirect aux
régimes autoritaires à la pollution albertaine
?
Depuis le début de l’année, les adversaires du
premier ministre Harper et leurs partisans des estrades
virtuelles mettent à profit l’échec de
Copenhague pour s’en prendre aux politiques
environnementales du gouvernement fédéral et
au non-respect par le Canada des engagements pris dans le
cadre du protocole de Kyoto.
L’environnement a toujours
été la première victime de
l’exploitation pétrolière.
La faute en revient évidemment à
l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et au
laxisme de nos régulateurs. L’astuce est
grossière et le débat présenté
dans des termes simplistes. Reprenons la question:
devrions-nous nous priver du bitume goudronneux des sables
de l’Alberta?
Devant une image de Fort McMurray qui montre une pyramide de
soufre au bord d’un lac glauque, il est normal de
s’émouvoir de la dévastation des milieux
naturels. L’environnement a toujours été la
première victime de l ’exploitat ion pét
rolière, et ce, depuis Titusville en Pennsylvanie,
où ont eu lieu les premiers forages en 1859,
jusqu’aux explorations récentes dans les profondeurs
de la mer Caspienne. On a pollué le sol, l’eau, l’air
et empoisonné les hommes. Non seulement nous n’avons
pas de solution de rechange, mais la situation ne peut que
se détériorer davantage.
Les rendements des gisements de pétrole léger,
les plus rentables parce que moins chers à extraire
et à transformer en carburants, diminuent alors que
la demande augmente. Ce constat transformé en
scénario catastrophe par la thèse du «
peak oil » contribue à pousser les prix
à la hausse en prédisant l’épuisement
des stocks. C’est la cinquième fois dans l’histoire,
rappelle Daniel Yergin, dans Foreign
Policy (septembre 2009), que l’on annonce la fin du
pétrole. Dorénavant, les hydrocarbures seront
plus difficiles à extraire, encore plus polluants et
chers. Nous entrons dans l’époque du pétrole
lourd et des carburants synthétiques.
Supposons un instant que l’extraction des sables bitumineux
soit interrompue. Il faudra alors importer l’énergie
indispensable. Ce choix reviendrait à tirer avantage
des pays où les normes environnementales sont moins
contraignantes que les nôtres et où
l’autorité des pouvoirs publics n’est pas en mesure
de se faire respecter. Une manière,
éprouvée depuis longtemps par les entreprises
des pays riches, d’exporter la pollution.
Mais ce
n’est pas seulement l’environnement des autres qui serait
sacrifié. Le journaliste Peter Maass raconte dans
Crude Oil (2009) comment, depuis l’Iran de l’époque
du Shah au Venezuela de Chavez, les institutions politiques
sont tombées, victimes de la folie du pétrole.
On ne compte plus les conflits, nationaux et internationaux,
les luttes pour l’indépendance qui ont pour toile de
fond l’appropriation par un groupe des richesses
engendrées par les ressources naturelles. C’est le
versant politique de la malédiction de la rente.
Il n’y a pas longtemps, il y en a qui souhaitaient
interpeller avec force les dirigeants chinois et les tancer
sur le non-respect des droits de la personne. Le
réalisme diplomatique nous a rendus, au prix de notre
fierté, plus complaisants. Dans l’esprit qui nous
animait alors, ne devrions-nous pas nous inquiéter
aussi de l’origine de nos importations de pétrole ?
En effet, pas loin de la moitié de nos importations
provient de pays dont les systèmes
démocratiques connaissent de très
sérieux ratés. Ainsi, selon Statistique
Canada, en 2006, 20% des importations de pétrole brut
du Canada provenaient d’Algérie, 8% d’Irak (merci
George W. Bush), 8% de l’Arabie Saoudite, 4% du Nigeria et
2,6% de l’Angola. Heureusement, il y a l’Angleterre (15%) et
la Norvège (22%) pour sauver la face.
Bref, devons-nous préférer le soutien indirect
aux régimes autoritaires des pays producteurs
à la pollution albertaine et aux droits ancestraux
des populations qui tirent leur subsistance de ces
territoires ?
Ces i nter roga t ions ne datent pas d’hier. En 1880, la
demande de kérosène, qui servait à
l’éclairage domestique, s’est mise à augmenter
plus vite que la production. Les prix s’emballèrent,
on craignait la pénurie et le retour des villes
à la noirceur. Faudra-t-il de nouveau importer
l’huile de baleine de Nantucket?
Face à tant d’incertitude, il y avait heureusement au
Québec un choix simple et rassurant par son
évidence : le nationaliste conséquent
préférait toujours l’huile de phoque.
L’embargo européen fait mal aux chasseurs
de phoque - Sue Bailey
TWILLINGATE,
T.-N.-L. — Pour la première fois en 38 ans, Hardy
Troake, âgé de 53 ans, a décidé au
printemps dernier de rester à terre plutôt que
d’affronter les glaces du nord de l’Atlantique pour chasser le
phoque, dont la peau est désormais vendue 14$
pièce.
«
Ça
a été dévastateur , dit le
pêcheur et chasseur de phoque Hardy Troake au sujet de
l’embargo européen sur les produits du phoque. Cela a
affecté toute notre communauté. »
Les prix de la fourrure de ce mammifère marin ont
dramatiquement chuté depuis leur sommet de 2006, alors
que la peau de l’animal était vendue 106$
l’unité. La crise économique est en partie
responsable de la baisse de la demande pour la fourrure, mais
l’annonce de l’embargo européen sur les produits du
phoque, alimenté par les groupes de défense des
animaux, a asséné le coup fatal à cette
industrie.
La ville de Twillingate, sur la côte nord-est de
Terre-Neuve, était une capitale de renommée
internationale pour la chasse au phoque du Groenland.
Après la succession de mauvaises nouvelles, seulement
trois bateaux ont quitté ses rives cette année.
Le printemps précédent, on en comptait 25, et
les années où les prix étaient à
leur sommet, des centaines de bateaux partaient au large
chasser l’animal.
Atterrée par une dette grandissante et une population
en déclin, Twillingate s’est autoproclamée, pour
diversifier son industrie, la « capitale de l’iceberg en
Amérique du Nord ». Mais le tourisme sur cette
île au paysage saisissant n’est que saisonnier. Sans
compter que Twillingate est située à six heures
de route de Saint-Jean, au nord.
« Ça a été dévastateur
», déplore M. Troake, en sciant du bois
derrière sa maison de deux étages. Il a grandi
à deux pas de sa résidence actuelle, qui a une
vue imprenable sur la mer. Son frère, Gary,
également pêcheur, habitait la maison voisine
avant de perdre la vie dans un accident de pêche en
2000.
Dans cette communauté tricotée serrée,
beaucoup d’habitants ne comprennent pas que l’Europe s’oppose,
pour des raisons éthiques, à une tradition qui
nourrit, depuis des générations, les populations
des régions les plus pauvres du Canada.
« Nous dépendions de la chasse au phoque au
printemps pour amasser suffisamment d’argent afin de
préparer les autres pêches, comme celle du crabe,
du homard, des poissons de fond, des crevettes »,
explique Hardy Troake.
« Cette année, nous n’avons pas eu cette chance,
alors nous avons dû recommencer à zéro. Et
avec la situation économique, les autres prix
étaient aussi à la baisse. Cela a affecté
toute notre communauté. »
Population en déclin
Twillingate
compte quelque 2400 habitants, mais sa population est en
déclin. Au cours des 25 dernières années,
elle a chuté de moitié, les jeunes, faute
d’ouvertures, quittant pour se trouver du travail ailleurs.
Le maire Gordon Noseworthy craint que l’embargo sur les
produits du phoque – qui devrait entrer en vigueur au mois
d’août – aggrave les choses.
« L’emploi a chuté. Les revenus de
l’administration portuaire sont à la baisse. Tout est
en baisse. Des idiots clamaient que l’on ne pouvait pas tuer
des bébés phoques. Mais on n’en tue plus depuis
20 ans », s’est exclamé le maire, ajoutant que
cette campagne européenne contre la chasse au phoque
avait déjà coûté une fortune aux
petits villages isolés de Terre-Neuve.
Une vidéo présentée sur internet par le
groupe écologis t e PETA , établ i en Virginie,
demande l’aide des téléspectateurs pour que
cesse le « massacre des phoques ». On y voit un
blanchon qui semble se lamenter, alors que le Canada a
interdit depuis 1987 la chasse aux bébés phoques
à des fins commerciales.
Le v i ce-pré s i dent au x campagnes de PETA, Dan
Mathews, minimise l’importance économique de cette
activité commerciale, qu’il qualifie « d’abattage
cruel ».
« Elle ne contribue que dans un faible pourcentage
à l’économie locale et tout ce qu’elle fait,
c’est donner au Canada une mauvaise i mage », a
ajouté M. Mathews.
Des images sanglantes de la chasse ont contribué
à faire adopter l’embargo européen. Le Canada
conteste d’a ill eu rscette mesu r e devant l’Organisation
mondiale du commerce.
En entrevue à La Presse Canad ienne, l e premier
ministre de la province, Danny Williams, a affirmé
qu’Ottawa fait ce qu’il peut. « Je sa i s que le premier
ministre (du Canada) a parlé à de hauts
dirigeants », a-t-il ajouté.
M. Williams a demandé aux chasseurs de phoque de
l’Atlantique d’utiliser des fusils, plutôt qu’un
hakapik, cet outil traditionnellement utilisé pour tuer
rapidement l’animal d’un coup sur le crâne. Ainsi,
l’utilisation de cette arme ne devrait plus, d’ici peu,
êt re un argument brandi contre cette « chasse
sanglante ».
L’Union européenne interdit les produits
du phoque - Marc Thibodeau
« On ne
peut être que satisfait de la confirmation de
l’interdiction... Malgré les pressions exercées
par les autorités canadiennes, personne, au sein de
l’UE, ne voulait rouvrir le débat. »
PARIS — Passant outre aux mises en garde du Canada, l’Union
européenne ( UE) a officiellement décidé
hier à Bruxelles d’interdire la commercialisation des
produits dérivés de la chasse au phoque sur son
territoire.
Les ministres des Affaires étrangères des pays
membres de l’organisation ont ainsi confirmé le projet
qu’avait approuvé le Parlement européen par une
forte majorité en mai dernier.
Trois pays – l’Autriche, le Danemark et la Roumanie – se sont
abstenus lors du vote, qui constituait une simple
formalité.
Il faudra plusieurs mois pour que l’interdiction devienne
effect ive, mais el le sera en vigueur à temps pour la
prochaine saison de chasse, au printemps, ont indiqué
les autorités européennes.
« On ne peut être que satisfait de la confirmation
de l’interdiction... Malgré les pressions
exercées jusqu’au bout par les autorités
canadiennes, il est réjouissant de voir que personne au
sein de l’UE ne voulait rouvrir le débat », a
indiqué, hier à La Presse, le directeur du
bureau de protection animale de la Fondation Brigitte Bardot,
Christophe Marie.
L’organisation fondée par la célèbre
actrice milite depuis des décennies pour l’abolition de
la chasse au phoque, qu’elle considère comme «
cruelle » et « inutile ».
En mai , Mme Bardot avait décla ré que la
décision du Parlement européen était
« historique » et confirmait l’urgence « de
déposer les armes, d’apprendre à protéger
et non plus à détruire les différentes
espèces qui peuplent la planète ».
Le gouvernement canadien, visiblement moins enthousiaste, a
rapidement dénoncé hier la décision
européenne, qu’ i l entend contester par un recours
devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Chasse
« humaine »
La chasse au phoque est « humaine » et «
suit les règles environnementales », a
déclaré le ministre du Commerce international
canadien, Stockwell Day, qui avait tenté de faire
reculer les autorités européennes dimanche en
évoquant une saisine de l’OMC.
M. Marie ne croit pas que le projet d’interdiction
entériné par l’UE puisse être
contesté devant cette organisation puisqu’il
prévoit des exceptions pour les produits provenant de
chasses traditionnelles autochtones ainsi que les
sous-produits de la chasse « conduite dans le seul
objectif d’une gestion durable des ressources marines ».
« L’interdiction aurait été plus facile
à contester si elle ne prévoyait pas
d’exceptions... Elle confirme que l’UE et ses citoyens ont le
droit de se positionner en fonction de principes moraux et
éthiques », dit le porte-parole de la Fondation
Brigitte Bardot.
Il dit ne pas comprendre pourquoi les autorités
canadiennes défendent avec une telle
férocité une activité économique
aussi « marginale ».
« C’est une industrie qui ne rapporte pas grand-chose
sur le plan économique. C’est vraiment par principe que
le Canada s’oppose à l’interdiction, mais je ne sais
pas quel est le principe en question », poursuit M.
Marie.
D’autres pays où se pratique la chasse au phoque
pourraient être touchés par l’interdiction. C’est
le cas notamment de la Norvège et de l’Islande.
Selon l’Autorité européenne de
sécurité des aliments, près de 750 000
phoques d’au moins 15 espèces sont abattus et
dépecés chaque année à des fins
commerciales.
Ottawa en appelle à l’OMC - Malorie
Beauchemin & Mathieu Perrault
« Les
décisions commerciales devraient toujours reposer sur
des faits scientifiques plutôt que sur un caprice
émotionnel. »
Le gouvernement canadien contesteradevant
l’Organisationmondiale du commerce la décision de
l’Union européenne de bannir les produits
dérivés de la chasse au phoque sur son
territoire.
PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES
AFP
Le gouvernement canadien
dénonce la décision européenne
d’interdire la commercialisation des produits
dérivés de la chasse au phoque. Il entend
contester l’interdiction devant l’OMC.
Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, et la
ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, ont
vivement critiqué le vote européen, hier. Ils
jugent qu’il est fondé sur de la
désinformation véhiculée par des
groupes de lobbyistes opposés à cette chasse.
« Les décisions commerciales devraient toujours
reposer sur des faits scientifiques plutôt que sur un
caprice émotionnel », a dit le ministre Day,
qui considère qu’il s’agit là d’une violation
du processus de l’OMC. Ottawa avait réclamé en
mai dernier que l’Union européenne inclue dans sa
décision une clause d’exemption pour la chasse au
phoque pratiquée de façon « humaine
» et respectueuse des normes de développement
durable, comme c’est le cas au Canada, a rappelé la
ministre Shea.
Biologiste à l ’ Univer sité du Québec
à Rimouski, Lyne Morissette donne entièrement
raison au gouvernement sur ce point. « C’est une
décision qui n’a rien à voir avec la science,
a souligné Mme Morissette. Comme pêche durable
et pour le soin des animaux, la chasse au phoque est sans
faute. D’ailleurs, en Norvège, il est interdit de
filmer la chasse au phoque pour éviter des prises de
position non scientifiques. »
Le ministre Day a toutefois assuré que ce
différend commercial ne compromet en rien les
négociations en vue d’un traité de
libre-échange entre le Canada et l’Union
européenne. L’Europe représente 25% du
marché mondial pour l’industrie canadienne des
produits dérivés du phoque.
L’attentisme du gouvernement critiqué
Tous les partis de l’opposition à Ottawa ont
appuyé l’intention du gouvernement de s’adresser
à l’OMC mais critiquent son attentisme.
«
C’est i ncontournable de contester la décision. Mais
il ne faut pas faire que ça. Ça prend un plan,
une stratégie, a estimé le
député libéral Denis Coderre. Le
gouvernement doit être très agressif sur le
plan des relations publiques. »
Raynald Blais, député bloquiste de
Gaspésie– Îles-de-laMadeleine, trouve pour sa
part la réaction du gouvernement « très
timide ». « La cible des gens à
convaincre, c’est la population. Et pour ça, il faut
des moyens massifs et ça n’a pas été le
cas », a dit M. Blais. Le député
rappelle que les organismes qui contestent la chasse au
phoque disposent de millions de dollars pour faire valoir
leur position, qu’il qualifie de démagogique et
mensongère.
Pour le député néo-démocrate
d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, le gouvernement conservateur
« aurait dû agir plus tôt » pour
transmettre une information véridique aux
parlementaires européens, qui continuent selon lui de
croire en de nombreux mythes, comme celui de la chasse aux
blanchons, interdite au Canada depuis plus de 20 ans.
À la Fondation Brigitte Bardot, on s’est plutôt
réjoui, hier, du vote de l’Union européenne.
« On a le droit d’interdire des importations pour des
motifs éthiques. On l’a fait en décembre
dernier pour les fourrures de chats et de chiens.
Maintenant, nous allons faire pression sur d’autres
gouvernements, comme la Russie, pour qu’ils interdisent
aussi les importations de phoque », a dit Christophe
Marie, directeur du bureau de protection animale de la
fondation, qui juge que la « menace » du Canada
de porter plainte à l’OMC « ne tient pas la
route ».
L’OMC devrait mettre 60 jours avant de rendre sa
décision à savoir si la cause sera entendue ou
non.
Vers une fragilisation de l’industrie
Non surpris de la décision de l’UE mais «
très content » de celle du Canada, le
président de l’Association des chasseurs de loups
marins, Denis Longuépée, estime que
l’interdiction pourrait faire mal à l’industrie.
« C’est sûr que ça va avoir un impact
direct, parce que l’Europe est la plaque tournante de la
mode, a dit M. Longuépée. Et de plus en plus,
nous voulons faire des produits bio-santé avec le
phoque, des oméga-3, des valves cardiaques. En
Europe, chaque année, 250 000 valves
mécaniques et porcines sont greffées. »
L’industrie de la chasse au phoque emploie, bon an, mal an,
près de 6000 personnes à temps partiel au
Canada, dont 400 chasseurs madelinots, qui en tirent entre
15 et 25% de leur revenu annuel. Même si, en 2009, 338
200 phoques ont été abattus au Canada, la
population de loups marins ne cesse d’augmenter : elle a
triplé depuis les années 70. Le
ministère du Commerce international estime que la
valeur de la chasse au phoque au Canada rapporte entre 35 et
40 millions annuellement.
Phoque et rephoque - PIERRE FOGLIA
Sont-ils assez
ridicules, ces Européens Des naïfs qui ne voient du
phoque que le ballon qui tourne sur son nez. Des moumounes. Des
Bambi. Et la meilleure : sont-ils assez bêtes, non mais
sont-ils assez bêtes de s’être laissé berner
par une campagne d’images?
Qui dit cela? Vous. Vous qui – comme le reste de la
planète – vivez dans et par l’image. Le système
économique repose sur l’efficacité des images, sur
leur capacité de vous fourrer une fois de plus pour vous
faire acheter une merde de plus et faire tourner la roue du
capitalisme, qui est luimême une image avant d’être
un système économique. Comment croyez-vous qu’il
survit à ses échecs en ce moment même? Par
l’image. Oui, bon, c’est pas un système parfait, mais
c’est quand même le meilleur système: cette
image-là.
Je suis loin de la banquise ? C’était pour vous dire
comme vous êtes effrontés de voir l’image dans
l’oeil du voisin.
QuestiondeJacquesBeauchamp (qui remplace Maisonneuve) au
vice-président de chez Cossette : Ici, le message a
passé, les Canadiens, les Québécois
appuient les chasseurs de phoque. Pourquoi en Europe... ?
Exactement ce que je viens de vous dire. Cossette, c’est une
maison de pub et de relations publiques qui fabrique des images
pour fourrer le monde. Et c’est son vice-président qui
vient nous dire oh! la la, comme elle est laide,
démagogique et honteuse, la campagne d’images qui a
amené le Parlement européen à interdire
l’importation des produits de la chasse au phoque. C’est ce que
ce monsieur fait dans la vie : des campagnes d’images. On aurait
compris qu’il salue ses pairs, mais non. Il leur fait la morale.
Remarquez aussi le glissement sémiologique qui se produit
quand on passe des Européens victimes de propagande aux
chasseurs de phoque, qui, eux ont essayé de passer un
message. Le documentaire plein de trous pro-abattage,
l’intensive campagne de presse, la mobilisation politique, le
racolage scientifique, ce n’est pas de la propagande, c’est un
message.
Extrait d’une entrevue donnée par la sénatrice
libérale Céline Hervieux-Payet te au même
Jacques Beauchamp – ici, un aparté pour m’étonner
de ce que les journalistes les plus pertinents, les plus
nuancés, les plus allumés, et Jacques Beauchamp en
est un assurément, se mettent soudain à marcher
à côté de leurs souliers dès qu’il
est question du phoque, fin de l’aparté – cet extrait,
donc...
La sénatrice : L’abattage ne sera jamais une
opération qui va être agréable, pas plus que
le chasseur qui va tuer un chevreuil... Mais il faut
reconnaître notre nature humaine, et on est des
carnivores.
Plus loin, après avoir reproché aux lobbies
américains qu’elle prétend
végétariens de torpiller le marché des
produits de la chasse aux phoques, ceci: Les
végétariens des lobbies américains mettent
sur un pied d’égalité les animaux et les hommes.
N’empêche que les animaux mangent d’autres animaux, alors
les végétariens devraient accepter que nous aussi,
on mange des animaux...
Je serai charitable, je ne dirai rien de la formulation.
Même, je félicite Mme la sénatrice de parler
d’abattage. Je la félicite moins de comparer
aussitôt cet abattage à la chasse. Si vous voulez
comparer, madame la sénatrice, ne pensez pas à des
chevreuils en liberté, pensez à un élevage
de chevreuils à ce moment-ci de l’année alors que
les femelles allaitent leurs faons. Une bande de morons entrent
dans l’enclos avec des bâtons de baseball et abattent les
faons à grand coups de batte sur la tête.
Je
refélicite Mme la sénatrice de pointer les lobbies
américains. Ce sont eux, effectivement, et pas les
Européens, qui ont phoqué la chasse au phoque,
Dieu les bénisse. Je suis déjà allé
sur la banquise avec un de ces lobbys et il n’a jamais
été question de végétarisme. Ces
gens-là ne disaient pas non plus que les phoques
étaient menacés de disparition. Ils
s’élevaient seulement contre la sauvagerie de cet
abattage. Tout est là. La sauvagerie. Pour ce qui est
« des animaux qui mangent des animaux ce qui nous autorise
à manger nousmêmes des animaux parce que c’est dans
notre nature humaine d’être des carnivores » , ouf !
Suggérez-vous, madame la sénatrice, que manger du
phoque c’est comme manger du veau, du lapin ou du poulet ?
Avez-vous servi récemment un rôti de phoque
à vos invités ? Je ne referai pas cette
discussion: c’est juste pas bon, du phoque, madame. C’est
quelqu’un qui en a mangé et qui a goûté
à bien d’autres bibites pas très bonnes non plus,
comme de l’ours, du raton, du castor, qui vous le dit : c’est
pas bon, vraiment. On n’en trouvera jamais au comptoir des
viandes de chez Metro. Jamais. Oubliez ça.
On abat les poulets, les boeufs et les cochons dans les
abattoirs – pas toujours proprement, je le déplore,
croyez-moi – pour les manger. Tout est bon dans le cochon. Tout
est dégueulasse et huileux dans le phoque. Alors,
l’abattre pourquoi?
Pour la peau, qui ne vaut plus rien?
Pour le pénis, qui, séché et réduit
en poudre, excitera des Chinois qui obtiendraient de bien
meilleurs résultats avec du Viagra ?
Pour un marché d’une dizaine de millions
subventionné par le fédéral à
hauteur de 60 millions par année? Frais de la garde
côtière, brise-glaces, hélicoptères,
avions de reconnaissance mobilisés expressément
durant les semaines que dure la chasse. L’Amundsen, qui ouvre la
route aux chasseurs vers la banquise, coûte 50 000 $ par
jour en frais d’exploitation. Et ça, c’est quand personne
ne se noie comme l’an dernier.
Il y a pourtant une bonne raison d’abattre les phoques. Je vous
la laisse deviner. Mais non, pas les stocks de morue. Ça
non plus, ce n’est pas vrai. Une bonne raison, je vous dis.
Vous ne voyez pas? C’est pourtant criant : l’unité
canadienne.
Le phoque unit les Canadiens plus que la feuille
d’érable, plus que les Rocheuses, plus qu’une
série mondiale contre les Russes au hockey. Nommezmoi le
sujet, le seul, sur lequel M. Harper, les libéraux et M.
Gilles Duceppe disent exactement les mêmes conneries avec
exactement les mêmes trémolos patriotiques dans la
voix : le phoque.
Une fois par année au moins, le phoque sonne la charge
pour 30 mi l l ions de Canadiens : tara-tata. Mieux : tara-TATA.
J’apprends à l’instant que le Bloc, qui a
déjà eu la géniale idée de proposer
d’habiller les athlètes olympiques canadiens en phoque,
va maintenant proposer de remplacer la feuille d’érable
sur le drapeau canadien par un gourdin.
Fini le phoque en Europe
Le Parlement
européen adopte un embargo qui entre en vigueur en 2010
Après 32 ans de combat, Brigitte Bardot a gagné.
Le Parlement européen a officiellement fermé ses
portes hier aux peaux de phoque, ainsi qu’aux huiles, sacs,
gants de skieurs et boxeurs, pénis et gélules
d’oméga-3 extraits de ce mammifère marin.
Le
Parlement européen a adopté hier une loi qui
interdit la mise en marché de produits du phoque sur
le territoire de l’Union européenne. Cet embargo
entrera en vigueur au printemps 2010, juste avant la
prochaine saison de cette chasse.
L’embargo, voté par 550 voix pour, 49 voix contre et 41
abstentions, entrera en vigueur au printemps 2010, juste avant
la prochaine saison de cette chasse décrite comme
« répugnante » et « cruelle »
par le commissaire européen à l’Environnement,
Stavros Dimas. Le vote a eu lieu 24 heures avant l’ouverture
du sommet entre le Canada et l’Union européenne
à Prague, une coïncidence due à « un
hasard du calendrier » selon les médias
européens.
Le texte de loi, qui interdit la mise en marché, mais
pas le transit sur le territoire européen,
prévoit deux exceptions. D’abord, il épargne les
produits du phoque provenant de la chasse traditionnelle
pratiquée par les communautés inuites, soit 3%
des quelque 900 000 phoques abattus chaque année. La
deuxième exception pourrait théoriquement
être utilisée par le Canada, qui a haussé
son quota d’abattage à 338 200 phoques en 2009.
L’embargo européen accepte les produits du phoque ayant
pour objectif « la gestion durable des ressources
marines », ce qu’a toujours prétendu faire
Ottawa. Cette chasse doit cependant être à but
non lucratif, faire l’objet d’une législation dans le
pays d’origine et être autorisée par la
Commission européenne.
« Ça m’étonnerait beaucoup que ce soit
accepté, dit Cezary Lewanowicz, attaché de
presse au Parlement européen. Je vois mal comment le
Canada pourrait avoir une chasse de masse sous le
prétexte d’une chasse durable. »
Du côté d’Ottawa, un porteparole de Pêches
et Océans Canada a lui aussi exclu qu’on fasse appel
à cette exception. « Notre chasse est la plus
grosse au monde, c’est clair qu’elle est commerciale. »
Même son de cloche à la Fondation Brigitte
Bardot, où l’on ne s’inquiète guère de
voir le Canada utiliser ce trou dans la loi. « Cette
exception s’adressait plus aux chasseurs scandinaves, aux
Suédois, précise le porteparole Christophe
Marie, joint à Strasbourg, en France. Mais on y
était quand même totalement opposés, car
on considère que les stocks d’animaux sauvages n’ont
pas à être régulés par l’homme.
»
Brigitte
Bardot, quant à elle, a déclaré à
l’Associated Press être dans « un état un
peu magique, sur un petit nuage ». M. Marie
préférait rester prudent devant cette victoire
importante qu’il voyait poindre depuis plus de deux ans.
« On n’est pas du genre à crier victoire et
à faire la fête. C’est tant mieux, c’est
très important, mais il y a bien d’autres combats
à mener. »
Boycotter le foie gras?
Tant à Ottawa qu’à Prague, des membres du
gouvernement Harper ont annoncé qu’on envisageait de
traîner l’Union européenne devant les tribunaux
(voir autre texte). Chez Nature Québec, on se disait
hier « pas très surpris » de l’issue du
vote final au Parlement européen, même si on
espérait un résultat plus serré.
Début mars, l’organisme avait posé un geste
remarqué en appuyant les chasseurs de phoques et en
demandant aux députés européens de ne pas
bannir les produits de cette chasse.
« Lorsqu’une espèce a un niveau de population
élevé, il peut y avoir un
prélèvement important », explique
Christian Simard, directeur de Nature Québec, estimant
que les phoques tués lors de la chasse ont une
souffrance équivalant « à celle qu’on
retrouve dans une boucherie moderne. »
Aux Îles-de-la-Madeleine, le président de
l’Association des chasseurs de phoques, Denis
Longuépée, a dénoncé cette
victoire des « abolitionnistes », ces militants
dont le but ultime serait d’abolir toute forme de chasse,
selon lui. « Ce que je trouve épouvantable, c’est
que les gouvernements de 27 pays votent sur des arguments
émotifs, sans regarder les faits. On parle de
libre-échange avec l’Europe, et ils commencent par nous
imposer un embargo. On devrait peut-être nous aussi
boycotter le foie gras. »
Cet embargo s’ajoute à celui
décrété par les États-Unis et le
Mexique sur les produits dérivés du phoque.
L’Europe, avec quelque 5% du marché, est un
débouché marginal, mais sert de tremplin pour le
lucratif marché asiatique. « On a une bonne
nouvelle dans la mauvaise nouvelle, puisque le transit ne sera
pas interdit », note M. Longuépée.
Ottawa envisage de contester la décision à l’OMC
— Jugeant que
la décision du Parlement européen viole les
règles internationales, le gouvernement
fédéral entend porter la cause devant
l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si le Canada n’est
pas exempté de l’interdiction d’importer des produits
dérivés du phoque.
De passage à Prague, où il doit participer
aujourd’hui au coup d’envoi des négociations entre le
Canada et l’Union européenne pour conclure un
traité de libre-échange, le ministre du Commerce
international , Stockwell Day, a soutenu que cet embargo est
totalement injustifié puisque les chasseurs canadiens
suivent toutes les pratiques internationales.
« Cet te déc i sion pour ra it constituer un coup
dur pour cette industrie si elle n’est pas renversée
», a dit le ministre Day hier.
Il a rappelé que cette décision doit maintenant
être entérinée par la Commission
européenne qui se prononcera à son tour sur cet
embargo d’ici la fin juin.
« Nous
avons la ferme intention de contester cette décision
devant l’OMC parce que cette décision ne repose pas sur
des faits, a-t-il expliqué. Le Canada suit les
pratiques internationales en matière de chasse de
phoque. Nous demandons à l’UE d’inclure une clause
d’exemption qui reconnaît que le Canada suit les
pratiques internationales. »
Le ministre Day a rappelé que près de 6000
familles dépendent de cette industrie au Canada. Il a
toutefois soutenu que cette décision ne devrait avoir
aucune conséquence sur les négociations de
libre-échange entre le Canada et l’UE qui doivent
commencer officiellement aujourd’hui.
À Ottawa, la ministre des Pêches et
Océans, Gail Shea, a estimé que le Canada avait
été victime d’une campagne de
désinformation de la part de groupes
d’intérêts en Europe. « Ils font circuler,
en Europe, des photos de bébés phoques, a-telle
souligné. Or, le Canada n’a pas tué un
bébé phoque depuis 20 ans. »
En faveur d’une intervention à l’OMC, les partis de
l’opposition ont toutefois reproché au gouvernement de
ne pas avoir fait suffisamment de représentations
devant les parlementaires européens pour
démontrer la vérité concernant la chasse
aux phoques au Canada.
« Ce que je demande à M. Harper, c ’est de
profiter de Prague pour pouvoir dire aux gens là-bas
que c’est inacceptable, a dit le député
libéral Denis Coderre. Il y a une réalité
économique, il y a une réalité sociale et
on doit agir en conséquence. Vous avez des
régions où le taux de chômage est plus de
30% et là on leur enlève le pain de la bouche.
»
Embargo sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN
DUBUC
La protection
des phoques est le prototype des causes dites justes qui
enflamment l’imagination et qui donnent bonne conscience
à peu de frais.
Le vote écrasant du Parlement européen pour
interdire la vente des produits du phoque sur le territoire de
la communauté européenne, même s’il est un
choc pour les pêcheurs de Terre-Neuve et des
Îles-de-la-Madeleine, ne devrait pas être une
grande surprise.
Même
si
les phoques ne sont pas menacés, leurs
bébés, doux et mignons, suscitent plus de
sympathie que d’obscures espèces en voie
d’extinction.
C’était écrit dans le ciel que les « amis
des animaux » remporteraient cette bataille. Parce que
le Parlement européen est le lieu idéal pour
mener avec succès ce genre de combat. Et parce que la
protection des phoques est le prototype des causes dites
justes qui enflamment l’imagination et qui donnent bonne
conscience à peu de frais.
Tout d’abord, il faut se souvenir que le Parlement
européen n’est pas une institution
particulièrement sérieuse. Les processus
électoraux européens en font un refuge pour des
forces politiques souvent marginales, des verts à
l’extrême-droite, ce qui en fait une institution
très fragmentée. Et comme les grandes
décisions qui structurent l’Europe se prennent le plus
souvent en d’autres lieux, notamment à travers les
relations entre les États, ce parlement a souvent
tendance à se mobiliser sur l’accessoire.
Pour cette institution qui se cherche, la protection de ces
petits mammifères à la fourrure douce est une
cause en or, qui lui a permis de se rapprocher de
l’unanimité; l’interdiction de vente des produits du
phoque a été approuvée à 550 voix
contre 49. Ce combat comporte les quatre ingrédients
qui assurent le succès: la dimension affective, la
force de l’image, les avantages de la distance et l’absence de
conséquences.
La
première de ces éléments, c’est ce qu’on
pourrait appeler le facteur « nounours ». Les
animaux que l’on veut protéger sont ceux avec lequel le
grand public pour établir un lien affectif. Comme les
pandas. Même si les phoques ne sont pas menacés,
leurs bébés, doux et mignons, susciteront plus
de sympathie que d’obscures espèces en voie
d’extinction.
Le second facteur, c’est l’image. En cette ère
médiatique, les batailles doivent être
télévisuelles. La chasse aux phoques est «
répugnante », comme l’ont dit les parlementaires,
en raison du contraste saisissant du sang rouge sur la
banquise blanche. Dans le temps du noir et blanc, ce combat
aurait été un flop.
La troisième loi, c’est celle de la distance. Une
bataille pour une cause liée directement ou
indirectement au sort de la planète aura souvent plus
de chances d’être couronnée de succès si
son objet est lointain. Parce que la distance nourrit
l’ignorance, qu’elle permet de tourner les coins ronds, parce
qu’il n’y aura pas d’impacts concrets, parce que cela permet
l’expression d’un certain ethnocentrisme en s’indignant des
turpitudes des autres.
Le Québec en sait quelque chose, avec tous ces
Américains qui ont débarqué ici pour
dénoncer l’hydroélectricité, quand leur
zèle environnemental aurait été mieux
canalisé s’il s’était concentré sur leurs
infâmes centrales au charbon. Dans le cas des phoques,
le romantisme, la distance, la banquise font oublier que si
cette chasse est répugnante, elle ne l’est pas plus que
toutes les activités d’abattage où l’on tue,
où les bêtes crient, où l’on
dépèce, où il y a du sang et des
entrailles.
La quatrième loi, c’est celle de l’inutilité. La
protection de la planète exige des sacrifices et des
changements de comportement. Les belles causes, ce sont donc
celles qui n’ont pas de coût. Le commerce des produits
du phoque est insignifiant en Europe et n’atteint que 6
millions. L’interdiction ne change rien au quotidien des gens
tout en leur permettant d’avoir bonne conscience. On pourra
manger du foie gras de canards gavés, ou soutenir les
pêcheurs qui luttent contre les quotas de morue tout en
ayant le sentiment du devoir accompli.
Le
5¢ de Loblaw est-il éthique ? - ENVIRONNEMENT -
FRANÇOIS CARDINAL
Le groupe Loblaw
a frappé un grand coup cette semaine en annonçant
que ses clients devront dorénavant payer 5¢ pour
chaque sac de plastique exigé. Cette mesure s’appliquera
dans tous les magasins de la chaîne, Loblaws, Provigo et
Maxi.
Le géant de l’alimentation est d’autant plus fier de
cette décision qu’elle s’accompagne d’un objectif
ambitieux : réduire d’un milliard la quantité de
sacs acheminés au dépotoir d’ici la fin de
l’année 2009...
Et pourtant, des voix s’élèvent, dans le milieu
environnemental, pour critiquer cette décision. On
applaudit la volonté de réduire les déchets
à la source, mais on remet en question l’intention de
Loblaw qui, dit-on, profite de la crise environnementale pour
gonfler ses profits.
On déplore en effet que l’entreprise se contente de
verser à WWF-Canada un « don corporatif »
ainsi qu’« une partie des profits » provenant de la
vente des sacs de plastique, pour un total de 3 millions,
plutôt que de réinvestir en environnement la
totalité des sommes, que l’on devine substantielles.
« L’argent économisé grâce à la
réduction des sacs distribués ainsi que l’argent
récolté par la vente des sacs devraient être
versés, en totalité, à des groupes ou
à des projets environnementaux, estime Pierre Lussier,
directeur du jour de la Terre. Sinon, Loblaw ne peut
présenter cela comme un geste pour la planète.
»
Le débat est intéressant. Une entreprise qui fait
un geste pour l’environnement et, surtout, qui le
présente comme tel peut-elle en tirer un profit
financier? Un geste responsable l’est-il moins lorsqu’il
s’accompagne de dividendes?
À ce jour, la plupart des compagnies ayant fait des
gestes similaires à celui de Loblaw ont
décidé de tout verser dans des projets verts. La
SAQ a envoyé les sommes amassées à la
Maison du développement durable ainsi qu’à un
regroupement écologiste. Archambault verse l’argent
à la mise en valeur de corridors verts. Tandis que Rona
et IGA versent le tout dans des fonds visant à financer
des projets de développement durable.
L’argent
recueilli ainsi l’est-il de façon plus éthique que
dans les magasins de Loblaw?
« Pour que l’augmentation du coût d’un produit soit
légitime, elle doit être justifiée, souligne
Michel Séguin, professeur en éthique des affaires
à l’UQAM. Dans le cas des sacs, on met de l’avant
l’environnement et non les profits. Pour être jugée
éthique, cette décision doit donc profiter
entièrement à l’environnement. »
Pour Marie-France Turcotte, professeure associée à
la Chaire de responsabilité sociale et de
développement durable de l’UQAM, la réduction des
sacs bénéficie à l’environnement ET
à l’économie.
« Verser 3 millions à un organisme environnemental
est donc un bon point, note-t-elle. Mais pour agir de
façon éthique, l’entreprise devrait à tout
le moins investir ces fonds dans son processus
d’amélioration continue afin de le rendre plus
environnemental. »
Du côté du Centre de recherche en éthique de
l’Université de Montréal, le directeur adjoint,
Martin Blanchard, va plus loin encore. Non seulement
considère-t-il que le geste de Loblaw est «
déraisonnablement du côté du profit »,
il croit aussi qu’il manque la cible.
« Quel est, précisément, le problème
que l’on tente de régler? Les sacs de plastique. Une
entreprise qui dit agir pour le bien de l’environnement doit
donc les éliminer. Point. »
C’est d’ailleurs ce qu’a fait la SAQ, ce que fera Ikea et ce que
compte faire Rona. Loblaw suivra-t-il ?
Décontamination de l’ancien Technoparc
« Un problème plus complexe que prévu
» - Martin Croteau
La restauration
du Parc d’entreprises de la Pointe-Saint-Charles est
retardée d’au moins deux ans. La Ville de
Montréal souhaitait amorcer cette année la
décontamination de ce vaste terrain en bordure du
Saint-Laurent, mais les travaux ne commerceront pas avant 2011
ou 2012, a appris La Presse.
Daniel
Green, président de la Société pour
vaincre la pollution, déplore que la
décontamination de l’ancien Technoparc soit
retardée. « Tous les efforts que déploie
la Ville de Montréal pour l’environnement – le Bixi,
les transports en commun – sont annulés par cette
pollution », dit-il.
« On a fait des études préliminaires et
des essais au printemps, explique le directeur du
ministère de l’Environnement pour la région de
Montréal, Pierre Robert. Ça a mis en
évidence un problème environnemental plus
complexe que prévu. »
Aux abords du fleuve, à quelques mètres à
peine du pont Victoria, un muret de plastique orange est tenu
en place par des flotteurs noirs. Un fort débit coule
d’un côté. De l’autre, à l’abri du
courant, des boudins beiges flottent dans une eau stagnante.
Ce sont des capteurs qui absorbent les hydrocarbures.
Les roches qui se trouvent au bord de l’eau sont couvertes
d’une boue qui empeste l’essence. On peut voir
l’auréole des taches d’huile sur l’eau.
Ce dispositif est une « solution temporaire ». En
juin 2008, la Ville avait annoncé son intention de
lancer dans l’année des travaux de nettoyage
permanents, mais elle doit attendre encore.
« Les travaux visant à implanter la solution
permanente pourraient avoir lieu autour de 2011 ou 2012
», affirme Pierre Robert.
Autrefois appelé le Technoparc, le site a servi de gare
de triage ferroviaire, de parc de stationnement pour Expo 67,
d’aéroport et de dépotoir. Il recèle
entre 4 et 8 millions de litres de diesel ainsi qu’une ou deux
tonnes de biphényles polychlorés ( BPC). Ces
substances s’écoulent dans le fleuve depuis le
début des années 90, et on en a trouvé
des traces à plusieurs kilomètres en aval.
En 2005, la
Ville a bâti un mur de béton souterrain d’une
longueur de 160 mètres afin d’empêcher les
polluants de s’écouler dans le fleuve. Un
système de flotteurs déployé à
deux endroits sur la rive permet de capter et
d’éliminer des matières toxiques.
Mais cela n’empêche pas les substances toxiques de se
retrouver dans le fleuve, affirme l’écologiste Daniel
Green, président de la Société pour
vaincre la pollution (SVP). D’autant moins que les flotteurs
sont retirés de l’eau en hiver pour éviter que
la glace ne les broie. « Tous les efforts que
déploie la Ville deMontréal pour
l’environnement – le Bixi, les transports en commun – sont
annulés par cette pollution », croit Daniel
Green.
« On est au XXIe siècle, les gens veulent avoir
accès aux berges, ils veulent se baigner,
reconnaît le maire Gérald Tremblay. Il faut
corriger cette situation. » Il assure qu’Ottawa et
Québec ont déjà accepté de
financer une partie du vaste projet, qui coûtera
environ 75 millions. La Ville a commandé une
étude de 1,5 million au Centre d’excellence de
Montréal en réhabilitation des sites (CEMRS)
pour qu’il lui propose des technologies. Mais elle n’a
toujours pas reçu le rapport, qui devait pourtant lui
être rendu en février.
Entre-temps, les autorités municipales ignorent
comment s’y prendre pour nettoyer le terrain une fois pour
toutes.
Pierre Robert, lui, prêche la patience : « Ce
n’est pas comme mettre de l’asphalte sur une route, lorsque
le risque de se tromper est faible, fait-il valoir. Dans ce
cas-ci, on ne voit pas en dessous de la terre. Alors il est
très important de faire une analyse fine avant de
procéder. »
Montréal a acquis ce terrain lourdement pollué
des gouvernements fédéral et provincial dans
les années 80. Depuis, elle a dépensé
entre 5 et 6 millions pour étudier le problème
et limiter les déversements toxiques. Elle a souvent
indiqué qu’elle n’avait pas été avertie
de l’ampleur des travaux de décontamination.
Une étude de la Commission de coopération
environnementale, l’organisme nord-américain de
surveillance de l’environnement, a d’ailleurs
souligné qu’Ottawa savait dès le début
des années 80 que les terrains recelaient des
substances toxiques. Mais Montréal a renoncé
à toute réclamation auprès des vendeurs
en les acquérant.
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS Un
projet à Longueuil provoque une levée de
boucliers à Lachute - Martin Croteau
La controverse qui entoure la
construction d’un centre de transbordement des
déchets à Longueuil se transporte dans les
Laurentides. La firme RCI Environnement, qui pilote le
projet sur la Rive-Sud, souhaite enfouir des déchets
qu’elle y transformera à Lachute, soulevant des
craintes chez certains élus municipaux.
Le projet est chaudement débattu à Longueuil.
Le maire sortant Claude Gladu avait assuré qu’aucun
centre de transbordement ne verrait le jour dans sa
municipalité à la fin août. La Ville a
pourtant délivré un permis autorisant la
Fiducie Remdev à entreprendre les travaux 10 jours
plus tard. Des citoyens ont contesté le projet, mais
un juge a autorisé la poursuite de la construction la
semaine dernière.
Des documents montrent maintenant que l’entreprise projette
d’expédier les résidus qu’elle traitera
à Longueuil de l’autre côté du fleuve
jusqu’au lieu d’enfouissement de Lachute. Ce site est
exploité par Gestion environnementale Nord-Sud (GENS)
qui, comme RCI Environnement, appartient à la famille
Rémillard.
Des bons de pesée de GENS, qui datent du début
septembre, indiquent d’ailleurs que les résidus de
Longueuil cheminent déjà vers le site.
« Ce qui apparaît clairement dans les documents,
c’est que le projet de RCI est de prendre les déchets
de la Ville de Longueuil, et peut-être des villes
autour, et de les acheminer au site de Lachute »,
affirme Christine Duchaine, une avocate qui
représente des citoyens de Longueuil opposés
à la construction du centre de transbordement dans
cette ville.
L’avocate affirme qu’un tel projet contrevient au
décret gouvernemental qui autorisait l’agrandissement
du site d’enfouissement en 2003, et au Plan de gestion des
matières résiduelles de la MRC D’Argenteuil.
La raison : on prévoyait alors que le site recevrait
pour l’essentiel des déchets de l’ouest du Grand
Montréal, et non de la Rive-Sud.
Rassurante
RCI
Environnement se fa it rassurante quant à ses
intentions. Elle convient qu’une partie des déchets
traités à Longueuil se retrouveront à
Lachute, mais pas tous. L’entreprise souhaite plutôt
répartir les résidus dans les
différents lieux d’enfouissement du Grand
Montréal.
« Ce n’est pas aussi simple que de dire : " on
construit à Longueuil et tout va à Lachute
", affirme le vice-président de RCI Environnement,
Jean Beaudoin. Éventuellement, ça peut
être cela. Mais ce n’est pas l’objectif. »
Malgré tout, le projet provoque une levée de
boucliers dans le secteur.
« Le site de Lachute n’a pas été
fondé pour aller chercher des déchets
à Longueuil et à Montréal, affirme
Denis Lavigne, maire de Saint-Placide. C’est un site qui a
été fondé pour offrir un service des
citoyens de quatre villes, et peut-être servir
à certaines autres villes. »
M. Lavigne est aussi l’un des administrateurs de la
Régie intermunicipale Argenteuil– Deux-Montagnes,
le regroupement de quatre villes qui possède le
terrain sur lequel se trouve le site de Lachute. Cet
organisme a cédé à GENS le droit
d’exploiter le site en 2006, ce que Saint-Placide conteste
devant les tribunaux.
À Lachute aussi, certains candidats à la
mairie s’inquiètent. « On ne veut pas devenir
la poubelle du Québec », affirme Denis
Sabourin.
Le maire sortant, Daniel Mayer, est aussi président
de la Régie intermunicipale. Il affirme que les
craintes exprimées par ses adversaires sont
exagérées. Car la loi empêche le site
d’enfouissement de recevoir plus de 500 000 tonnes de
déchets par année. « Le volume maximal
qui est autorisé, c’est 500 000 tonnes par
année, explique-t-il. Les déchets peuvent
venir de n’importe où, ils ne peuvent
excéder ce volume. »
CENTRE DE
TRANSBORDEMENT DES DÉCHETS À LONGUEUIL
: Les travaux se poursuivent - Ariane
Lacoursière
Le j uge Richard Nadeau a autor i s é, hier, l a F i
ducie Remdev à poursuiv r e s es t r avaux de
rénovation sur un t e r r a i n s i t ué da n s le
Vieux-Longueuil. Ces t ravaux entourent l’i mplantation d’un
troisième centre de t ransbordement de déchets
dans cette municipalité de la Rive-Sud.
Le dossier
des centres de transbordement a fait couler beaucoup
d’encre au cours des derniers mois. Le 31 mars 20 0 8 , l
a Fiducie Remdev, propriété de la f a mi l l
e Rémillard, a acheté un terrain au 2355,
chemin du Lac, à L ongueuil. L’ent r eprise RCI
Environnement, appartenant aussi aux Rémillard,
voulait y exploiter un centre de transbordement.
En septembre 20 08, l e c o n s e i l mu n i c i pa l de L
o n g ue u i l a e n t é r i né le
changement de zonage dudit terrain. Le candidat à
la mair ie de Longueuil et président de
l’arrondissement du Vieux-Longueuil, le notaire Jacques
Goyette, a voté pour cette résolution.
Le 21 août 2009, le maire de Longueuil, Claude
Gladu, a assuré qu’aucun centre de t r a
nsbordement ne verrait le j our dans sa
municipalité. Or, 10 jours plus tard, l a Ville a
délivré un permis autorisa nt l a Fiducie
Remdev à faire d’importants travaux de
rénovation sur le terrain. La liste des travaux que
voulait f a i r e Remdev était longue et comprenait
entre autres l ’a mélioration du bâtiment, l
’ i nstallation de contenants à ordures et l ’ i
nsta l l at i on de bala nces pour peser des camions.
Croyant que ces t ravaux mèneraient i
névitablement à la construction d’un centre
de transbordement, des c itoyens ont entrepris des
démarches j udiciaires pour en empêcher la
poursuite. Deux juges ont accepté leurs arguments
et ont suspendu les travaux pour un total de 40 jours.
Selon le
juge Claude Chaput , les t r avau x que voula i t e f f e
c t uer Remdev n’é t a i e nt pa s de s i mples
« mises à niveau du bâtiment »,
mais menaient bel et bien à la construction d’un
centre de t ra nsbordement. Mais hier, le j uge Richard
Nadeau a t ra nché dans un autre sens et a
autorisé la poursuite des travaux.
« Remdev a demandé une certi f ication
d’autorisation pour un site de transbordement au
ministère de l’ Environnement. Si le
ministère l e l u i a c c o r de , l e pr oj e t
pourra voir le jour », résume Christine
Duchaine, l ’ une des avocates qui représentait les
citoyens dans le dossier.
P ou r l a c a nd i date à la ma i r i e e t c h e
f d ’ Ac t i o n L o n g ue u i l , Ca r ol i ne S t -
Hilaire, la Ville de Longueuil n’aurait pas dû
accorder de permis de rénovation. « Je
demande aujourd’hui à l a ministre de l ’ Environ
nement de ne pas délivrer de permis et de di re non
au site de transbordement », dit Mme St-Hilaire.
Le candidat Goyette affirme pour sa part que le permis de
rénovation donné par la Ville «
n’autorise pas de travaux pour un site de transbordement
». « Il autorise des modifications au
bâtiment. S’i l s veulent i nsta l l er un site de t
ransbordement, ils devront nous faire une nouvelle demande
de permis », martèle-t-il.
Mais pour Me Duchaine, i l e s t c l a i r « qu’i
nst a l l e r des balances et des fosses à ordures
», comme le projette Remdev, mènera
clairement à la création d’un centre de
transbordement. Les clients de Me Duchaine iront en appel.
Troisième centre de transbordement à
Longueil : Permis délivré malgré la
promesse du maire - Éric Clément
Alors que le
dossier d’un troisième centre de transbordement de
déchets à Longueuil semblait clos depuis que
le maire Claude Gladu avait déclaré le 21
août que la Ville ne délivrerait pas de permis,
La Presse a constaté que, malgré tout, la
Fiducie Remdev, qui appartient à la famille
Rémillard, a obtenu un «permis de
construction» 10 jours plus tard.
Le maire Gladu avait publié un communiqué le
21 août intitulé «La Ville de Longueuil
n’entend pas émettre de permis pour un autre centre
de transbordement ». Il déplorait la poursuite
des travaux entrepris sans permis par RCI Environnement
(locataire de Remdev), comme La Presse l’avait
révélé le 8 août. Pourtant,
à la mi-août, la Ville a estimé que le
projet était conforme et décidé qu’elle
délivrerait un permis à la famille
Rémillard.
Mais le 21 août, à la suite de protestations
contre ce projet, le maire Gladu a déclaré:
«Il est hors de question qu’un nouveau site de
transbordement des déchets voie le jour à
Longueuil», précisant qu’il ne voulait pas que
Longueuil devienne «la capitale des déchets du
Québec».
Or, La Presse a obtenu un «permis de
construction» que la directrice de l’urbanisme
à la Ville de Longueuil, Hélène
Ladouceur, a délivré le 31 août à
la Fiducie Remdev pour des «travaux de transformation
et de rénovation» du bâtiment qu’elle
détient au 2355, chemin du Lac, à Longueuil.
La demande de permis avait été faite le 2
juillet par Jacques Pla nte, ad m i n istrateu r de Remdev,
pour des travaux de 800 000$ concernant la mise aux normes
de l’immeuble, l’ouverture de nouvelles portes, la
création de quais de chargement, la construction de
murs de séparation, l’installation d’un
système de gicleurs à sec, le drainage du
terrain et l’aménagement de cases de stationnement.
La Presse a
voulu parler de ce dossier au maire Gladu, mais ses
relationnistes l’en ont empêchée. C’est Simon
Bissonnette, attaché de presse du
«dauphin» du maire Gladu, Jacques Goyette,
candidat à la mairie, qui a donné la version
du maire: «Ce permis, ce sont des améliorations
à une bâtisse existante. Il a été
délivré à des fins qui n’ont rien
à voir avec un site de transbordement. Je ne sais pas
ce que c’est que la création des quais de chargement,
mais je suis certain que ce permis n’est pas pour le centre
de transbordement.»
Ce n’est pourtant pas la compréhension du juge Paul
Chaput, de la Cour supérieure du Québec, qui a
suspendu vendredi dernier les travaux en cours au 2355,
chemin du Lac, parce qu’ils vont au-delà de la mise
aux normes d’un bâtiment et font partie, selon lui, de
la création d’un centre de transbordement de
déchets.
Les citoyens qui s’opposent à la construction du
centre, dont l’entreprise Waste Management, ont obtenu du
juge une injonction provisoire pour faire cesser «les
travaux de construction et d’aménagement en cours et
la transformation du bâtiment», a écrit
le juge.
Il ajoute que son ordonnance est valable tant que le
certificat d’autorisation prévu par les articles 22
et 55 de la Loi sur la qualité de l’environnement, et
les règlements applicables, n’aura pas
été délivré par le
ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs. Pour le juge, les travaux
à l’intérieur du bâtiment sont
directement liés à la construction d’un centre
de transbordement.
Pourquoi la Ville de Longueuil favorise-t-elle ce projet? On
ne le sait pas. Ni le maire ni M. Goyette n’ont
accepté d’en parler avec La Presse.
Il n’y a jamais eu de débat public à Longueuil
organisé par l’administration Gladu-Goyette sur la
nécessité de créer un troisième
centre de transbordement. Des citoyens poursuivent
d’ailleurs Longueuil parce qu’ils estiment avoir
été mal informés sur ce projet. Ils ont
aussi demandé au gouvernement Charest d’intervenir,
sans résultat.
RCI commence les travaux sans permis
- Éric Clément
Troisième centre de transbordement de déchets
à Longueuil
EXCLUSIF
« La direction de l’urbanisme a envoyé un
inspecteur, et un avis va être émis aujourd’hui
pour que cessent les travaux tant que le permis ne sera pas
délivré. »
La Ville de Longueuil a émis, hier, un avis
d’infraction à RCI Environnement dont les travaux
préparatoires à la création d’un
troisième centre de transbordement de déchets
à Longueuil ont débuté sans que la
Ville ait délivré de permis. Par ailleurs, au
ministère de l’Environnement du Québec, la
ministre Line Beauchamp n’a pas voulu dire pourquoi
Longueuil devrait se doter de trois centres de
transbordement alors que Montréal vient de rejeter
l’idée d’en avoir un.
La Presse a constaté, hier matin, que des travaux
avaient lieu, près du chemin du Lac, à
Longueuil. Une pépine était en train de
creuser un trou près d’un bâtiment qui doit
prochainement accueillir des déchets. La Presse
aurait voulu avoir des détails sur ces travaux mais
RCI n’a répondu à aucune de nos trois demandes
d’informations.
« Ce bâtiment contenait jusqu’à
dernièrement des matières recyclables, mais
l’entrepôt a été vidé et du
sciage de béton a été fait
récemment à l’intérieur », nous a
toutefois dit un voisin. Autour du bâtiment, des
travaux d’excavation ont été effectués.
Ces travaux étaient illégaux selon la Ville de
Longueuil. « La direction de l’urbanisme a
envoyé un inspecteur, et un avis va être
émis aujourd’hui pour que cessent les travaux tant
que le permis ne sera pas délivré, a dit
François Laramée, directeur des communications
de Longueuil. Le permis ne devrait pas tarder car, selon nos
services, le projet est conforme. »
Au début de la semaine, des citoyens se sont
étonnés que ces travaux aient
débuté sans permis. Le projet n’a même
pas reçu le certificat d’autorisation
environnementale. Fin juin, Longueuil avait dit qu’aucun
permis n’avait été demandé pour un
centre de déchets. En un mois, la demande a
été faite, et RCI a commencé les
travaux sans autorisation.
La
création de ce troisième centre de
transbordement est contestée par des citoyens qui se
sont associés à Waste Management ( WM),
concurrent de RCI, qui exploite un centre de transbordement
à Longueuil, tout comme Matrec. WM estime que
Longueuil n’a pas besoin d’un autre centre, les deux autres
ne fonctionnant pas à 100%. « Longueuil
deviendrait l’une des seules villes nord-américaines
à avoir trois centres de transbordement », dit
Bernard More, porteparole de WM.
Ces citoyens craignent que le nouveau centre de
déchets entraîne plus de circulation et
d’autres désagréments. Ils disent avoir
été mal informés par Longueuil quand la
Ville a changé, selon eux « discrètement
», le zonage en septembre 2008. Ils estiment que la
création d’un tel centre va à l’encontre d’une
saine politique de gestion des déchets qui implique
que l’on doive privilégier la
récupération, la valorisation des
matières organiques et la diminution de
l’enfouissement.
De plus, ils s’étonnent que la Ville laisse RCI
créer ce centre sans que cette option ait jamais
été évoquée par le maire Claude
Gladu, ni par son dauphin, Jacques Goyette, candidat
à la mairie. Du coup, ils ont décidé de
poursuivre la Ville et réclament l’annulation du
règlement municipal. La présentation de la
preuve aura lieu le mois prochain.
« Pourquoi le ministre des Affaires municipales,
Laurent Lessard, n’intervient-il pas pour s’assurer que la
populat ion concernée soit adéquatement
informée et consultée sur ce projet ? demande
M. More. Pourquoi la ministre Beauchamp n’intervient-elle
pas pour arrêter le développement d’un projet
qui va à l’encontre de la nouvelle politique de
développement durable ? »
Au ministère des Af faires municipales, la
porte-parole Édith Girard dit que « le
ministère n’intervient pas dans la gestion
quotidienne des villes ». La Presse a essayé de
parler à la ministre Beauchamp. Sa porteparole a
rejeté notre invitation d’expliquer pourquoi
Longueuil devrait avoir trois centres de transbordement de
déchets alors que Montréal n’en veut pas.
La Ville écarte la gazéification
des déchets - Charles Côté
Il n’y aura
pas d’usine de gazéification de déchets ni de
centre de transbordement à Montréal
prochainement. C’est ce qui ressort du Plan directeur de
gestion des matières résiduelles,
dévoilé hier. « La gazéification
n’est pas dans notre plan de match », affirme Chantal
Gagnon, directrice de l’environnement à la Ville de
Montréal.
La gazéification des déchets est une
technologie implantée d’abord au Japon. Elle permet
de transformer les déchets en carburant pour produire
de l’électricité. En 2007, la
Communauté métropolitaine de Montréal
avait proposé cette approche, qui aurait requis des
investissements d’un milliard.
C’est une technologie critiquée par les
écologistes et qui augmente les émissions de
gaz à effet de serre. « La gazéification
est écartée et c’est une très bonne
nouvelle », dit André Porlier, du Conseil
régional de l’environnement de Montréal.
Cependant,
le compostage à grande échelle, la solution
retenue par Montréal, a aussi son lot de
complications. « L’enjeu le plus important est de
trouver des endroits pour traiter les résidus
alimentaires », dit Mme Gagnon.
On envisage quatre usines de compostage, une dans l’ouest,
une dans le nord, et deux dans le sud et l’est de
l’île. Dans les deux derniers cas, il s’agirait de
traiter surtout des déchets de table. Dans les deux
premiers, des déchets végétaux en
provenance des jardins et les arbres de Noël seraient
aussi traités.
Par ailleurs, l’agglomération a décidé
de faire l’économie d’un centre de transbordement
où tous les camions d’ordures auraient
convergé pour consolider leurs chargements sur des
trains ou des camions-remorques. Le projet
controversé de 33 millions était
destiné au sud de l’île.
Plus gros procès environnemental : Les
actionnaires de Chevron veulent savoir
DES MILLIONS
DE BARILS DE DÉCHETS TOXIQUES DÉVERSÉS
EN ÉQUATEUR DURANT 25 ANS
La multinationale américaine Chevron est
accusée d’avoir déversé des millions de
barils de déchets toxiques en Équateur durant
25 ans. Le plus important procès environnemental de
l’histoire pourrait coûter 27 milliards à
l’entreprise. Et c’est maintenant au tour des actionnaires
de demander des comptes, demain, lors de l’assemblée
annuelle du géant pétrolier.
Des enfants jouent dans l’eau
souillée d’une rivière que traversent deux
pipelines, dans une région de l’Équateur que
des environnementalistes appellent le Tchernobyl
d’Amazonie !
Dans la forêt amazonienne de l’Équateur, on
trouve des dépotoirs pétrochimiques à
ciel ouvert. Les résidus de l’extraction du
pétrole souillent la végétation et
contaminent la nappe phréatique. Une substance noire
semblable à du goudron colle aux mains et aux
semelles des bottes.
La société Chevron est accusée d’avoir
déversé plus de 68 milliards de litres de
produits toxiques dans la région, entre 1964 et 1990,
par l’intermédiaire de sa filiale Texaco.
Aujourd’hui, plus de 30 000 résidants de
l’Équateur poursuivent Chevron, dans une cause dont
les enjeux ont été évalués
à 27 milliards de dollars, soit le plus important
procès environnemental de l’histoire.
Les plaignants affirment que la contamination a donné
lieu à une hausse marquée des cas de cancer et
d’autres maladies. Plus de 1400 résidants locaux
seraient morts des suites de la contamination, selon les
plaignants, dont la cause a été
présentée dans un long reportage à
l’émission 60 Minutes à CBS plus tôt ce
mois-ci.
Chevron, la troisième entreprise américaine
après Exxon Mobil et Wal-Mart, affirme être
victime d’une tentative d’extorsion et d’une campagne de
désinformation de la part des paysans en
Équateur. Or, l’entreprise doit ces jours-ci composer
avec un autre groupe de gens mécontents: ses propres
actionnaires.
« Il y a un proverbe qui dit: Quand vous êtes
dans un trou, la meilleure chose à faire est
d’arrêter de creuser, explique Kevin Koenig,
organisateur pour le groupe Amazon Watch, qui soutient les
plaignants. Dans le cas de Chevron, leur réaction est
de faire l’inverse. »
Des
actionnaires veulent savoir
M. Koeing note que d’importants actionnaires de Chevron,
comme la caisse de retraite californienne CalPERS, comptent
questionner le président du groupe pétrolier,
David O’Reilly, à l’assemblée annuelle des
actionnaires, demain, à San Ramon, en Californie.
« Ce n’est pas la première fois que des
actionnaires mécontents vont critiquer l’entreprise,
mais cette année, ce sera plus urgent, dit M. Koeing.
Les dirigeants de Chevron ont pris un énorme risque
en évitant depuis des années de régler
la question de l’Équateur et ce sont les actionnaires
qui pourraient en souffrir. »
CalPERS, la plus importante caisse de retraite publique aux
États-Unis, a annoncé qu’elle comptait voter
en faveur de six propositions qui admettent des manquements
au niveau environnemental. Une proposition appelle aussi
Chevron à « développer une
stratégie à long terme pour réduire de
façon significative les gaz à effet de serre
». Les dirigeants de l’entreprise s’opposent à
ces propositions.
Un juge de l’Équateur devrait rendre son verdict
d’ici la fin de l’année. Chevron a promis de
contester en cour d’appel toute décision qui lui
serait défavorable. La société a
récemment affirmé, dans un communiqué,
que le procès était « rempli
d’omissions, d’erreurs et de situations de conflit
d’intérêts ».
Pour sa défense, Chevron a réalisé un
document vidéo ayant les apparences d’un reportage
journalistique. L’entreprise a retenu les services d’un
ex-présentateur de CNN, ce qui donne une aura
d’impartialité au document. Le publireportage de
Chevron a récemment fait l’objet d’une analyse
critique dans les pages du New York Times, qui soulignait
que le document avait pour effet de tromper les auditeurs.
Un projet d'enfouissement non justifié - Charles
Côté
Un projet superflu, selon l’industrie
Écolosol Enfouissement de terre contaminée
à Mascouche
Le projet d’Écolosol, qui veut enfouir des sols
contaminés à Mascouche, n’est pas
justifié, selon le Conseil des entreprises en
services environnementaux (CESE).
« On estime que ce serait une erreur d’augmenter les
capacités d’élimination », affirme
Pierre Lachance, directeur général du CESE.
L’organisme, qui représente une quarantaine
d’entreprises du secteur, dont Écolosol, a
demandé Line Beauchamp, ministre du
Développement durable, de l’Environnement et des
Parcs, d’ordonner des audiences publiques sur le sujet. La
ministre doit soumettre le projet d’Écolosol au
Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE),
à moins que les motifs des demandes soient
jugés « frivoles ».
Outre le CESE, quatre autres organismes ont demandé
des audiences publiques, selon ce qu’a appris La Presse,
à la suite de la séance d’information
organisée par le BAPE en mars.
Écolosol exploite déjà une cellule
d’enfouissement qui peut accueillir des sols classés
B ou C, soit les moins contaminés. Pour ce type
d’exploitation, il n’y a pas d’audience devant le BAPE.
Ecolosol a le droit d’accueillir 668 000 m3 de terre de
classe B et C, sur une hauteur de 14 m.
Mais pour l’enfouissement de sols contaminés
au-delà du critère C, l’étape des
audiences s’impose.
Écolosol
appartient
à deux hommes d’affaires, Normand Trudel , proche du
maire de Mascouche et important donateur au Parti
libéral et au Parti québécois, et Tony
Accurso, dont certaines entreprises ont fait l’objet de
perquisitions dans une affaire de fraude fiscale.
Selon le CESE, la capacité d’enfouissement est
suffisante et il est préférable de traiter les
sols contaminés plutôt que de les enfouir.
« On est intrigués par le projet
d’Écolosol car on soupçonne que le
marché ne demande pas de nouveau site, dit M.
Lachance. On estime que ce serait une erreur d’augmenter les
capacités d’élimination alors qu’on essaie de
mettre sur pied une industrie de traitement des sols. C’est
toute la question du développement durable qui se
pose ici. »
Écolosol n’a pas rappelé La Presse hier. En
mars, une porteparole avait affirmé que l’entreprise
souhaitait « permettre une diversification dans la
nature des sols » qu’elle reçoit actuellement,
parce que ses clients la lui demandent.
L’entreprise a aussi affirmé que les risques de
contamination sont infinitésimaux. La cellule
d’enfouissement d’Écolosol comprend deux membranes
étanches superposées, avec chacune leur
réseau de conduites pour évacuer et traiter
l’eau. Le tout repose sur une couche d’argile naturelle de 4
m. Des filtres traitent l’eau extraite de la cellule avant
de la rejeter dans la rivière Mascouche.
La montagne et la voiture - Mathieu
Perrault
L’an
dernier, le Conseil régional de l’environnement a
réclamé des mesures pour empêcher
les voitures d’utiliser la voie Camilien-Houde, sur le
mont Royal. Cet automne, la Ville de Montréal
prévoit consacrer deux millions de dollars
à la fermeture de deux des quatre voies de la
voie Camilien-Houde dans sa portion ouest et au
réaménagement de l’échangeur
Côte-des-Neiges.
La question se pose maintenant : doit-on ériger
une barrière physique qui empêchera de se
rendre d’un côté à l’autre de la
montagne par CamilienHoude, limitant les automobilistes
à un accès aux stationnements du parc ?
Après tout, la plupart de la centaine de parcs
conçus par Frederick Law Olmsted en
Amérique du Nord ont fortement limité la
présence de l’automobile.
Une exception notable est Central Park, à New
York. Deux voies pour les automobiles, sinueuses et en
tranchées, le traversent à la hauteur du
Metropolitan Museum. Justement, un conservateur du
célèbre musée a publié l’an
dernier un livre entier sur Central Park. Et pour
Morrison Heckscher, Olmsted n’était pas
nécessairement opposé aux voitures.
« Il était très pragmatique,
explique M. Heckscher. Il voulait que chaque groupe
d’utilisateurs y trouve son profit. En plus des deux
voies de transit, il a prévu des routes pour les
carrosses, qui ont par la suite été
utilisées par les automobiles. D’ailleurs,
à l’inauguration du parc, il y a eu une course de
carrosses par des propriétaires désireux
de montrer leur richesse. »
La voie
Camilien-Houde est peut-être le seul exemple
québécois du concept de parkway, ces
autoroutes américaines dont chaque direction est
bordée d’arbres, qui ont été
popularisées par Roosevelt et sont tombées
en désuétude avec les grands projets
autoroutiers d’Eisenhower. Justement, la pensée
d’Olmsted est à la base des parkways.
Cela dit, Olmsted avait des projets radicalement
différents pour le mont Royal : il voulait qu’une
promenade dans le parc soit une lente ascension. «
Il était notamment contre le funiculaire »
qui a fonctionné entre 1885 et 1918, rappelle
Sylvie Guilbeault, la présidente des Amis de la
montagne. Dès 1926, la circulation de transit
avait ses opposants : le « tramway va enlaidir le
parc Mont-Royal », avait dénoncé un
député de Montréal à
l’Assemblée nationale. L’association des cochers
s’était aussi opposée en 1903 au tramway,
mais évidemment pas pour des raisons
esthétiques.
Peut-on concilier les intérêts des
automobilistes avec ceux des autres usagers du parc ?
Dans une ville comme Montréal, où «
piétonniser » signifie exclure toute
automobile, on peut en douter. Mais on peut tout de
même rêver d’un compromis.
Outre la fermeture de deux des quatre voies de
Camilien-Houde, la priorité, selon Mme
Guilbeault, est la disparition de la « mer
d’asphalte » des stationnements situés de
part et d’autre du rond-point central. Ensuite v i en
nent l a d i s pa r i t i on – proj e - tée – de
l’échangeur Côte-des-Neiges (une aberration
semblable à celle de l’échangeur des Pins,
qui n’a qu’une utilité marginale pour les
automobilistes) et l’aménagement de
l’entrée est de Camilien-Houde, afin de
désenclaver le secteur Outremont du parc. Enfin,
elle cite la section supérieure de la
montée est de Camilien-Houde, quand l’accotement
se réduit comme une peau de chagrin à
cause des deux falaises, ce qui rend le passage
très inconfortable, voire dangereux, pour les
cyclistes.
Pourquoi
ne pas réduire ce goulot à une seule voie,
qu’emprunteraient à tour de rôle les
automobilistes qui circulent dans une direction ou dans
l’autre, avec un feu de circulation ? Le système
fonctionne très bien quand il y a des travaux sur
une route à deux voies. Cela aurait le
mérite d’éliminer tout avantage de
CamilienHoude pour ceux qui veulent éviter la
congestion de l’avenue des Pins ou d u chemin de
la Côte-Sainte-Catherine. Et les automobilistes qui
ne rechigent pas devant un itinéraire plus long
parce qu’ils veulent eux aussi profiter de la montagne
auraient encore droit de cité.
L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on
croit - François Cardinal
Quand il
est question du mont Royal, les même «
agresseurs » reviennent systématiquement
dans les discours : les promoteurs de condos, le stade
Percival-Molson, l’hôpital Royal Victoria, etc.
Curieusement, on ne cible que très rarement celle
qui, plus que quiconque, défigure la montagne,
nuit à une expérience paisible de celle-ci
et dénature complètement la vision de
l’architecte paysagiste Frederick Law Olmsted:
l’autoroute Camillien-Houde.
Simple passage permettant aux automobiles de se rendre
au sommet de la montagne, cette immense balafre qui
entaille le mont Royal est devenue avec le temps une
véritable voie de transit autoroutière,
aidée par le fait qu’on n’y rencontre qu’un
minuscule « stop » qui ne remplit plus sa
mission.
Les comptages menés par la Ville en 2007
confirment le changement de vocation de cette voie : 45%
des automobiles qui l’empruntent la semaine le font
à l’heure de pointe. On ne parle pas ici
d’amateurs de pique-nique qui souhaitent communier avec
les écureuils...
Qui sera surpris d’apprendre que les plans originaux
d’Olmsted, en 1876, ne contenaient pas de voie de
transit ? Au contraire même. Le père de
l’architecture de paysages en Amérique du Nord
souhaitait plutôt s’attaquer aux maux liés
à l’urbanisation, permettre aux
Montréalais de profiter de la « fonction
thérapeutique » des paysages naturels.
La bonne nouvelle, a appris La Presse, c’est que la
Ville vient de débloquer 2 millions de dollars
pour faire disparaître une bonne portion de
l’autoroute du Mont-Royal.
D’ici quelques mois, on interdira la circulation sur les
deux voies de circulation qui permettent de relier
Côte-des-Neiges au haut de la montagne, en passant
par le lac aux Castors. Elles seront entièrement
réservées aux vélos et aux
piétons. Les automobilistes qui montent et
descendent devront ainsi se partager le tronçon
restant, c’est-à-dire la voie qui court le long
des cimetières. On passera ainsi de quatre
à deux voies.
C’est
une bonne nouvelle, estime la présidente des Amis
de la montagne, Sylvie Guilbeault, même s’il reste
encore beaucoup à faire pour réduire
l’omniprésence de l’auto dans le parc.
« Le constat principal, reconnaît d’ailleurs
la Ville dans son plan de transport
intégré du mont Royal, est que l’espace
dédié à l’automobile est
prédominant. »
L’administration prévoit donc,
éventuellement, s’attaquer aux mers d’asphalte
(souvent inutilisées) qui érodent la
montagne, réaménager les entrées du
parc au profit des marcheurs et des cyclistes et
améliorer la desserte en transports en commun,
plus que déficiente.
Tout cela est bien beau, mais à terme, les
automobiles continueront de circuler d’un bord à
l’autre de la montagne...
Voilà pourquoi le Conseil régional de
l’environnement avait proposé, lors des
consultations sur l’avenir du mont Royal, que l’on
érige une barrière physique au point
culminant de Camillien-Houde, afin d’interdire le
transit sur la montagne.
L’objectif de la Ville est de permettre aux autos de se
rendre aux différents stationnements, pour que
tous aient accès à la montagne? Soit, mais
faisons en sorte que celles-ci montent et redescendent
sur le même versant.
Une
idée
à approfondir. D’autant plus qu’Olmsted invitait
à une lente découverte de la montagne du
bas vers le haut, non pas d’un bord à l’autre,
à toute vitesse.
Marianopolis : Le promoteur est prêt
à faire des compromis
Rapport de
l’OCPM
Développement Cato, le promoteur responsable de la
transformation extrême de l’ancien collège
des prêtres sulpiciens, est prêt à se
conformer à « une grande partie » des
recommandations de l’Office de consultation publique de
Montréal (OCPM). Pas question, toutefois, de
renoncer aux constructions de type villa.
« Cette proposition-là n’est pas acceptable
pour les résidants du quartier », a
déclaré Claude Marcotte, associé
principal de la firme Daniel Arbour& Associés,
le concepteur du projet.
Hier, La Presse a révélé les
conclusions du rapport de l’OCPM sur la transformation du
collège Marianopolis, sur le flanc du Mont-Royal,
en complexe résidentiel.
En premier lieu, l’instance recommande au maire de
Montréal d’exiger du promoteur qu’il réduise
la hauteur d’au moins quatre ensembles résidentiels
du projet. Claude Marcotte juge cette demande acceptable.
« Sans tomber dans les détails, nous sommes
prêts à regarder la possibilité de
baisser la hauteur de certains bâtiments de
façon à respecter les vues
considérées comme
privilégiées, a-t-il déclaré.
Évidemment, ces modifications doivent se faire
à l’intérieur de la faisabilité
économique du projet. »
Comme le recommande l’OCPM, le promoteur accepte
également de négocier avec la Ville pour
protéger les zones boisées et respecter
l’accès du public aux lieux. « On entend
créer des servitudes en faveur de la Ville de
façon à officialiser l’accès public
au site », a déclaré Claude Marcotte.
Toutefois, Développement Cato n’entend pas renoncer
à construire une dizaine de villas le long du
prolongement de la place De Ramezay. L’OCPMsouhaite que le
promoteur les remplace par un immeuble unique.
«
Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens de
changer les villas pour un bâtiment de huit
étages », a déclaré Carlo
Bizzotto, associé de Développement Cato.
Selon lui, les résidants du quartier ont
exprimé leur désir de « conserver
l’homogénéité du secteur »
pendant les quatre années d’études qui ont
précédé le dépôt du
projet. La Ville commentera plus tard
Le bureau du maire de Montréal n’a pas voulu se
prononcer sur les conclusions du rapport de l’OCPM, hier.
La Ville commentera aujourd’hui au terme de la rencontre
du comité exécutif.
Hier matin, le promoteur et le concepteur du projet ont
rencontré des fonctionnaires de l’arrondissement de
VilleMarie et de la ville centre pour examiner le rapport,
qui sera officiellement rendu public aujourd’hui. Ils
auront une deuxième rencontre « dans