Politique
fédérale
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Tom le conquérant
NPD:
les paris sont ouverts
Le NPD choisit dès ce soir le successeur de Jack
Layton
NDP membership makes big gains in Quebec
Les Conservateurs démontreraient-ils donc une
certaine préoccupation à ce que leur
législation paraisse tout simplement ridicule ?
Conservative flag-protection bill won’t apply to MPs
Lettres
- Des prisons qui ne manqueront pas de clients
Without Layton, ‘Orange Wave’ receding in Quebec
Trois courses, un candidat
Brian Qui? Thomas Who?
L’homme
de l’ombre
Brian
qui?
Tories denounce NDP frontrunner Brian Topp as power-hungry
union stooge
The
NDP, its big-labour past, and its future
NDP solidarity cracks over role of unions in picking
leader
Point
chaud - «Je ne parle pas la langue de bois»
Dr. JEKYLL ET Mr. HYDE
Un premier test réussi
Mulcair se lance dans la course
Course
à
la
chefferie
du
NPD - Mulcair cible l'inexpérience de Topp
Is Mulcair over the NDP's Topp?
Julian
bows out – but Mulcair ‘will be running’ for NDP helm
Le
NPD enmeilleure position avec Mulcair
Course
à la direction du NPD - La particularité
québécoise
Brian Qui? Thomas Who?
Course
à la direction du NPD - Thomas Mulcair
hésite toujours à se lancer
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir - Mulcair aura fort
à faire au Canada
The NDP can polish its brand – and Mulcair must refurbish
his
Mulcair se prépare à sauter dans
l’arène
Firebrand
Mulcair is the best bet to take on Harper
Choisir
un chef
Le
prochain chef du NPD sera élu le 24 mars
NDP firebrand toots his own horn
Course
à la chefferie du NPD - Mulcair sonde ses appuis
NDP’s Quebec wing urges delayed leadership convention
Potential NDP leadership contender Thomas Mulcair to break
his silence
Que
sera le NPD sans Jack?
La vie après Jack
Et
maintenant...
Des
prétendants potentiels
Les
successeurs possibles
« On ne remplacera pas Jack Layton »
Jack Layton’s legacy and our yearning for political
civility - MARGARET WENTE
Le politicien du peuple
«
Je m’excuse pour ce qui arrive »
Jack et John
VAGUE
DE SYMPATHIE
L’espoir, jusqu’à la fin
« IL ÉTAIT OBSÉDÉ PAR LE
QUÉBEC »
Recalling final House exchange, Harper hails Layton’s
optimism
Déferlement
d'amour et de respect sur les réseaux sociaux
Le
parcours d'un combattant aux convictions profondes
Des
députés néodémocrates tristes,
mais inspirés
Jack Layton ennobled politics - Globe Editorial
There’s a little bit of Jack Layton in all of us - Tim
Powers
Perdre
un ami
Jack ( 1950- 2011)
Jack
Layton - L'homme de l'espoir -
Bernard Descôteaux
Jusqu'à
la fin, un homme de convictions - Manon
Cornellier
Un
géant est mort
What the mourning for Jack Layton teaches us
Your Views: Jack Layton’s impact and legacy
Letter of the Day: Jack Layton: A role model for young
people
Layton’s death a devastating blow to the left - LAWRENCE
MARTIN
Canada is weaker without Layton’s passion, conviction and
smile - John Ibbitson
Jack Layton's final message
Grieving Quebeckers bid farewell to ‘bon Jack’
Le
chef du NPD et chef de l'opposition officielle Jack Layton
est décédé
Jack
Layton eschewed attacks in pursuit of greater good
Jack Layton, dead at 61, never lost focus on NDP’s future
Jack
Layton dies after battle with cancer
Le premier ministre Harper ferait-il donc la honte du Canada
?
Incident
diplomatique à Brasilia?
Se pourrait-il donc qu'au Canada, l'on vienne d'entrer dans
une ère du conservatisme, mais dans tout ce que ce
dernier peut en fait avoir de plus régressif ?...
Harper spins a new brand of patriotism
Marine
et
aviation
royales - Rétrograde Harper
L’ère
du
conformisme
Chasse
aux sorcières
The
media’s
game
of
‘gotcha’
can
teach
the NDP some lessons - Gerald Caplan
Nycole
Turmel discrédite l’engagement politique, selon
Bernard Landry
Nycole
Turmel - L'opposition fragilisée
NDP's
Turmel owes Canadians an explanation
Nycole Turmel and the NDP have some explaining to do -
Globe Editorial
Jack
Layton et le NPD - Partir sans partir
Layton's
resolve
will
be
great,
his
battle
difficult
-
Jeffrey
Simpson
Un chef proche du peuple
La tendance des Conservateurs à tout garder
secret serait-elle donc en train de menacer la
santé et la sécurité de la population
?
Le
ministre des Transports reste coi
Faut-
il
avoir
peur
de
Denis
Lebel?
Le ministre Lebel durement critiqué
Les ponts pour les nuls
Rapports
sur le pont Champlain: secret d'État
Ottawa refuse de rendre publics les rapports d’analyse
structurelle
Le NPD s'accrocherait-il donc à la défense de
causes dépassées ?
Le
NPD touche de l'argent des syndicats
The cleavage with labour - Norman Spector
Le
NPD,
un
parti
socialiste?
This is what a real Parliament looks like - BRIAN TOPP
Bras
de
fer
historique
à
Ottawa
MPs
waging marathon debate over Canada Post
Canada Post debate drags on – and could for days more
Cachez ce mot...
Layton
tient aux liens syndicaux du NPD
Et si le Canada ne pouvait être sauvé que
par l'union des forces progressistes ?...
Publisher and author Douglas Gibson on NDP-Liberal merger
talk
Lefties, a little progressive merger wouldn’t hurt
Liberal-NDP merger ‘will come very quickly,’
Chrétien predicts
Fusion,
mathématiques et politique
Des avis divergents au sein du PLC
Après
les funérailles, un mariage?
A counterintuitive alternative to a Liberal-NDP merger
Stephen Harper continues to outstrip rival party leaders
in popular support
Le
NPD
n’écarte
pas
une
fusion
avec
les
libéraux
Congrès
du NPD - La porte reste ouverte aux libéraux
Some day, the
opposition will thank Mr. Harper - Tom Flanagan
Sans
chef, le PLC évoque déjà l'union des
forces progressistes
Liberals cool to idea of merger with NDP
A progressive mix of orange, red and Quebec
How vote-splitting gave the Tories Ontario – and a
majority
À moins qu'une telle fusion ne soit pas non plus pour
demain ?...
En
bref - Les Canadiens peu emballés par une fusion
NPD-PLC
Fusion:
Rae trouve trop divergente la position économique
du NPD
Some
political mergers have more appeal than others
La
rumeur
The Liberals do not
need the NDP - Globe editorial
Talk all you want – but Liberal and NDP pieces just won't
fit - John Ibbitson
NPD,
PLC - Inutile fusion
Le
mirage
« Ce n’est pas à l’ordre du jour »
Les
libéraux fédéraux rejettent
l’idée d’une fusion avec les
néo-démocrates
NDP the 'true alternative' to Tories, not interested in
merger: Layton
L'unification
des libéraux et des néodémocrates
reste en veilleuse
La majorité conservatrice nous permettrait-elle
donc de découvrir un nouveau visage de Stephen
Harper, soit l'arrogance dans la victoire ?
Un
pays
bleu?
Stephen Harper has reached the pinnacle – now what?
In
a
world
without
‘socialism’
-
Margaret
Wente
The election of our discontent - Preston Manning
Coming
soon:
harmonious
times
for
Harper
-
John
Ibbitson
It’s
Conservatives who changed to fit Canada- Jeffrey
Simpson
Stephen
Harper
successfully
quarterbacks
the
status
quo
Maintenant qu’ils sont majoritaires
Américanisation
du Canada: la nouvelle majorité conservatrice
relance le débat
L'heure serait-elle donc au changement ?
Bilan
de fin d'année politique - Le nouveau combat pour
la citoyenneté
History
doesn’t
bear
out
Harper’s
hopes
for
brief
NDP
honeymoon
in
Quebec
Débats
politiques - La tête ailleurs
Réforme
du Sénat - En pièces détachées
Sondage - Les Canadiens sont
prêts à rouvrir la Constitution
Lack
of
buyer’s
remorse
over
Tories
and
NDP
bodes
ill
for
Liberals
and
Bloc
Why New Democrats won’t stop
Why did all the West’s big centrist parties go down the
drain?
La
vague
orange
s’explique
par
le
goût
du
changement
From an angry Quebec electorate, an unmistakable message
La grande évasion
«
En
politique,
il
n’y
a
plus
d’allégeances,
plus
de
certitudes
»
L’exutoire
La
suite
pour...
Médias
- La soirée de toutes les surprises
La
nouvelle géographie politique du Canada
Un
pays
transformé
Un
séisme
L'électrochoc!
Se pourrait-il donc que la pays n'ait tout simplement jamais
été aussi polarisé ?...
Politically polarized but rarely so unified
L’AUTRE
CANADA
GAUCHE
ET DROITE FACE À FACE
Évolution du NPD
NDP
loses
its
edge
–
or
purposely
softens
it
The
NDP’s
message:
We’re
not
a
fluke
Nouveau
Parti démocratique - La quête du pouvoir
NDP
faces
barriers
to
evolution
L'espoir serait-il donc redevenu possible pour les
Québécois, et notamment en ce qui concerne
leur place dans le Canada ?
«Québec
autonome et Canada fort»
Sondage - Les Canadiens sont
prêts à rouvrir la Constitution
LA DÉCLARATION DE SHERBROOKE DU NPD
Jusqu'à quel point Jack Layton saura-t-il
véritabement défendre les
intérêts du Québec ?...
Jack
Layton et Thomas Mulcair livrent des discours à
saveur nationaliste
It’s
official:
Layton
backs
50%-plus-one
rule
for
Quebec
secession
Clarity
Act
Layton
clears air on sovereignty issue
Layton unanimement critiqué à Québec
For
Smiling Jack Layton, the hard work begins
Un
contrat difficile
Loi
sur la clarté - Layton prend ses distances du 50 %
+ 1
«
Vous
pouvez
compter
sur
moi
pour
défendre
vos
intérêts
»
Jack Layton et le malaise québécois
The new NDP constituency : Far more francophone, far less
multicultural
Travailler avec Harper pour le Québec
The NDP in Quebec: ‘What do we do now?’
Le piège
Des
devoirs pour le NPD
Jack’s Quebec
challenge: how to keep smilin’ - Jeffrey Simpson
‘Conditions gagnantes’ – the NDP dilemma
Mulcair promet de «livrer la marchandise»
NDP expected to be more sensitive to Quebec issues
Jack Layton’s delicate
Quebec dance - Globe Editorial
Quebec’s
flirtation
with
the
NDP
is
just
a
test
Serions-nous donc en train d'assister à la fin du
Parti Libéral, du moins tel qu'on le connaît
?...
The self-immolation of the Liberal Party
In Peter C. Newman’s book, Ignatieff was ‘the catalyst on
the road to ruin
The
new
Liberal
constituency:
less
wealthy,
less
diverse,
very
East
Coast
Is the government party over?
The two-day NDP surge that sank the Liberals
Les libéraux déconnectés
Liberal insiders say party must take long look in mirror
Le
Parti libéral est anéanti
Michael
Ignatieff démissionne
Ignatieff
resigns
after
Liberal
defeat
Ignatieff
stepping down 'with my head held high'
Future
of Liberals, Bloc uncertain after Tory majority win
Ignatieff
offre de rester
... Et pour la suite des choses ?...
Le
chant du cygne de Bob Rae? - Chantal
Hébert
Liberal Party executive at last proposes substantive
change
Et
maintenant?
Bob
the
rebuilder
surveys
the
wreckage
‘Bob
the
Rebuilder’
forfeits
run
at
permanent
Liberal
leadership
L’avenir
des
libéraux
By
focusing
on
leadership,
Liberals
put
cart
before
horse
-
Jeffrey
Simpson
Les libéraux pansent leurs plaies
La
colère
gronde
au
PLC
Wanted:
a
Liberal
leader
who
can
grow
with
the
party
Leaderless Liberals face new era of caucus turmoil
Why
Liberals
should
think
big
Chrétien
promoting
Rae
as
interim
Liberal
leader
D’abord reconstruire la base au Québec
Peut-on encore espérer un renouveau du Parti
Libéral du Canada ?
Grits: Be bold, or get lost
Un parti à réinventer
A
Liberal primary might prevent a Liberal demise
A
month later, Liberals seek fresh start free of
‘middle-aged white guys’
Changing
everything
can’t
look
the
same
for
Liberals
-
Robert
Silver
Moribund Liberals should get beyond their grief –
and their grassroots - John Ibbitson
La fin du Bloc ?...
Lettres
- Daniel Paillé se trompe de ville
Duceppe
monte, le Bloc descend
Maria Mourani garde le cap
Duceppe
K.-
O.,
le
Bloc
en
sursis
Bloc
:
Paillé
appelle
à
la
réflexion
Tout est sur la table
Je vous ai sacrifié
Trop
tôt
pour
chercher
un
chef
Bloc
leader Gilles Duceppe resigns after losing seat
DUCEPPE
QUITTE
SON
POSTE
APRÈS
LA
DÉBÂCLE
Le
Bloc québécois encaisse un dur coup
Gouvernement
conservateur - Harper et le Québec
Carte
blanche
Éditorial
- Rêves réalisés
Stephen Harper’s double
victory - Globe Editorial
Harper
aura
les
coudées
franches
Percée
majeure
des
conservateurs
Recount
gives NDP Quebec seat by nine votes
La
douce revanche de Jack-le-tenace
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir - Layton jugé le
mieux placé pour bloquer Harper
Her Majesty’s Loyal (orange and pink) Opposition - Gerald
Caplan
NPD:
l’effet
«
Tout
le
monde
en
parle
»
La
«vague orange» balaie le Québec
Le
NPD chasse le Bloc
Région
de Montréal - Même des châteaux forts
cèdent à la vague néodémocrate
Région
de Québec - L'orange domine
Il
était une fois Outremont et Thomas Mulcair...
Seul
Lebel
résiste
à
la
vague
orange
Montréal est orange
Tout Québec vire à l’orange
Harper gagne son pari, le Québec parie sur Layton
Le NPD arrive deuxième mais crie victoire
Managing
Tom
Mulcair
-
Jeffrey
Simpson
Charge of the parliamentary youth brigade
Sur les nouveaux députés du NPD
In the Commons, the
kids are alright - Globe Editorial
Ceci n’est pas un poteau
Pas si mal, les « poteaux » !
Le
NPD
n’imitera
pas
l’ADQ,
dit
Mulcair
Une
députée
«
bouillante
»
dans
Gatineau
« Un gars éminemment honnête »
Le plus jeune député jamais élu
à Ottawa
Révolution
politique
aux
portes
des
Communes?
Projection
de sièges - Harper minoritaire, Layton chef de
l'opposition
Boîte
à surprise électorale
Retrouver
sa
liberté
de
choix
Une attaque envers la notion même de coalition ne
revient-il pas à ni plus ni moins qu'une attaque
envers la démocratie en tant que telle ?..
Paddling the damn coalition canoe
Coalitions:
A
way
of
the
world
Canadians
don't
embrace
Une
coalition
dans
l’Ouest
La
bourde
diplomatique
Coalitions,
arrangements, agreements – just not here - Jeffrey
Simpson
Stephen
Harper’s
curious
attack
on
majority
rule
-
Globe
Editorial
Les mensonges de Harper seraient-ils donc en train
d'éclater au grand jour ?...
Harper
digs
a
coalition
hole
Coalition talk was about uniting right not seizing power,
Harper says
Coalition:
Harper justifie sa lettre de 2004
Harper aurait pu prendre le pouvoir sans élections
en 2004
Le
spectre d'une coalition se retourne contre Harper
Stephen Harper ne chercherait-il donc à gouverner que
par la peur ?...
Smoke,
mirrors
and
a
Harper
majority
-
Lawrence
Martin
Mais surtout, se pourrait-il donc que rien ne puisse
vraiment égratigner le Parti conservateur ?...
Monsieur
Téflon
Fuites
et
campagnes
Peut-on vraiment espérer quoi que ce soit des
prochaines élections ?...
The two-day NDP surge that sank the Liberals
Boîte
à surprise électorale
QUE
NOUS
ONT-ILS
PROMIS?
How
this
‘unnecessary
election’
has
changed
Canada
for
the
better
Why
this
campaign
has
been
a
boon
to
democracy
NDP
makes
hay
of
Ignatieff
truancy
as
‘serene’
Liberals
lash
out
The
election
ain’t
over
till
the
voters
sing
-
Jeffrey
Simpson
Le
livre rouge du Parti libéral - Reste le chef
Radwanski:
Ignatieff’s
sparkle
brightens
Liberal
hopes
À
l’affût
d’une
gaffe
Ignatieff's got a ground game, Harper's got a problem
Tory strategy ensures there is no national election
Pile
ou face
Cette
foutue
coalition
Tory
support stays high, ethics falling flat: Poll
La campagne broche à foin
Un
outil
politique
redoutable
One
adroit
budget,
one
more
Conservative
government
-
Jeffrey
Simpson
UN
SCRUTIN
INÉVITABLE
Layton plonge, Harper tombe
La population canadienne se rendrait-elle donc
responsable, de par sa propre indifférence, de
maintenir au pouvoir ce qui s'avère peut-être
le pire gouvernment de l'histoire du pays ?...
Reader
reaction
to
The
Globe’s
endorsement
of
Stephen
Harper
Projections
Le Devoir-ThreeHundredEight.com- Qui sera chef de
l'opposition officielle lundi soir?
À
LA
PORTE!
Pas
encore de changement dans les sièges du NPD au
Québec
Projections
de sièges - Le PLC et le NPD font des gains
With Ignatieff ‘in the mud,’ Harper sheds support in
Quebec and B.C.
Projections
de sièges - Les conservateurs sous la barre des 150
sièges
Projections
de sièges - Les conservateurs perdent un
siège
Projections
de sièges - Harper de retour en territoire
minoritaire
Projections
de sièges - Les conservateurs en territoire
majoritaire
Projections
de sièges (2e semaine)
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir - Forte avance de Harper
au Canada
Stephen
Harper
government
will
win
a
majority
May
2
-
Gerald
Caplan
Aux
urnes,
citoyens?
Harper
Conservatives closing in on majority support: poll
Étude
- Individualistes et matérialistes, les jeunes
Canadiens
Tories
need
to
refocus
after
political
shocks
of
2010
ANNUS
HORRIBILIS
Une
année
facile
pour
Harper
Revue
de presse - Fin d'année
Mais les Canadiens s'avèrent-ils pour autant
prêts à accorder à Stephen Harper une
majorité ?...
Projections
de sièges
Most
Canadians would support Liberal-NDP coalition, rather
than Harper majority: Poll
Polls
go
up,
polls
go
down
–
election
probably
still
on
the
way
Car après tout, n'y aurait-il pas de réels
dangers à ce que le parti Conservateur devienne
majoritaire au Parlement ?...
The Supreme Court: How a Harper majority could really
change Canada
Qu'est-ce que les Canadiens trouvent donc de si
impressionnant dans la supposée "gouvernance" de
Stephen Harper, au fait ?...
Un
ministre nous est né
AVANTAGE HARPER
It
was
the
year
of
grinding
mediocrity
Conservatives are pedalling furiously but going nowhere -
Jeffrey Simpson
Though on rock-solid ground, Tories face fearsome odds for
majority
Political deep freeze endures – even in hypothetical
fantasyland
The
1993
election
changed
everything
Never
have
so
many
fought
so
hard
for
such
barren
political
terrain
Et si le Canada ne pouvait être sauvé que
par une coalition ?...
Une
tête vaut mieux que deux
Want
a
coalition
scenario?
Try
Duceppe
as
PM
-
Neil
Reynolds
Un
plan
«
pour
la
classe
moyenne
»
A
Tory minority seems as inevitable as its demise
A
surplus of parties means a deficit of democracy
Le
NPD
ouvert
à
une
alliance
L'épreuve
des faits - Les coalitions sont-elles légitimes?
Les
Québécois
appuieraient
une
coalition
Le
Bloc
relance
l’idée
d’une
coalition
The
rules
of
the
multi-party
parliamentary
game
Don’t
tempt
fate
with
your
coalition
talk,
Mr.
Harper
Unite
the
centre-left
–
without
a
coalition
Political
deep
freeze
endures
–
even
in
hypothetical
fantasyland
Liberals
need
a
political
game
changer
Are
Ignatieff
and
Layton
getting
itchy
trigger
fingers?
Le
Bloc,
partenaire
The
coalition
of
2010
is
Stephen
Harper’s
fantasy
Une
option nécessaire
Australie:
la première ministre promet la stabilité
British
coalitions
and
Canadian
lessons
-
Norman
Spector
Why
a
Liberal-NDP
merger
makes
sense-
Norman
Spector
The
pluses
and
minuses
of
Liberal-NDP
merger
Fusion
PLC-NPD: Chrétien ne veut pas forcer la main
à Ignatieff
Ignatieff,
Layton squelch ‘ridiculous’ merger rumours
Néo-démocrates
et libéraux favorables à une coalition
Suddenly, a coalition government seems almost respectable
- Norman Spector
Harper
suggests
Israel’s
government
is
illegitimate.
Oops.
Ignatieff
entrouvre
la
porte
à
une
coalition,
mais
du
bout
des
lèvres
La
coalition, dernier des scénarios pour Ignatieff
Bringing
clarity
to
coalitions
Une
coalition,
c'est
sérieux?
-
Vincent Marissal
Coalition:
la leçon britannique
Is
a
Liberal-NDP
merger
in
the
cards?
Liberals
pour
cold
water
on
'Stop
Harper'
coalition
idea
Une
coalition PLC-NPD dirigée par Layton
déferait Harper
Prime Minister Layton? - Norman Spector
Bob
Rae
shrugs
off
'hysteria
from
the
dark
side'
on
coalition
governments
Bob
Rae
hints
at
Liberal-NDP
accord
Stephen Harper's lock on lead raises coalition stakes
Jack
Layton
still
has
no
dance
partner
A
coalition of conscience won't work
La
leçon britannique
The
Tories
risk
all
on
narrow
appeal
and
wedge
issues
-
Lawrence
Martin
Guiding
principles
for
a
coalition
Learning
from
the
Mother
Parliament
Five
reasons
David
Cameron's
coalition
government
is
not
a
harbinger
for
Canada
La
coalition en Grande-Bretagne rappelle des souvenirs sur la
colline
Why
coalition,
Cameron?
What
Harper
should
say
about
the
British
coalition
-
Norman
Spector
La
politique canadienne sous la loupe d'experts britanniques
As in Britain, hopes stir for Canada’s third party
Récession:
la coalition a tout changé
Climat:
l'opposition s'unit contre les conservateurs
If
he'd
taken
the
coalition,
Ignatieff
coulda
been
a
contender
Bye-bye
coalitions?
Ignatieff trouvait la «coalition de 2008»
illégitime
Dans
les
coulisses
de
la
coalition
-
Norman Spector
Et les critiques à ce niveau peuvent-elles vraiment
s'avérer pertinentes ?...
Political deep freeze endures – even in hypothetical
fantasyland
A
missionary view on why a Liberal-NDP merger would fail
Lessons
from
across
the
pond
and
down
under
Chrétien
se range derrière la position d'Ignatieff sur la
coalition
Desperate
measures
don’t
have
to
be
stupid
measuress
-
Jeffrey
Simpson
A
proposal for a different kind of Canadian coalition
NDP
and Liberals should go their own ways
Oh,
what
a
crock
was
the
merger
talk
Encore la coalition! - Lysiane Gagnon
Coalition:
une grave erreur
Don’t
sacrifice
the
Liberal
Party
for
a
coalition
of
the
centre-left
Car ne faut-il pas avouer que, dans le présent ordre
des choses, l'idée qu'un parti puisse à lui
seul détrôner Harper ne se trouve ni plus ni
moins qu'à relever de la fantaisie ?...
Liberals can hope, but Harper is the granite man
Et si les partis de l'opposition avaient enfin
réalisés qu'ils détiennent ensemble
la balance du pouvoir ?...
AVANTAGE HARPER
Bilan
de session à Ottawa - Entre l'outrage et la
méfiance
La
gifle de Milliken
Compromis nécessaire
Outrage au Parlement - Loin d'être terminé
Détenus
afghans - Harper perd sa bataille
There was a middle ground
– and the Speaker found it
Why Milliken’s ruling isn’t good for accountability
Speaker gives Stephen Harper a great opportunity
Outrage
au Parlement: Peter Milliken donne le feu vert à
l’opposition
Les Libéraux nous auraient-ils donc trahis ?...
Plus
de
1
million
dépensé
afin
d’examiner
des
documents
Revue
de presse - Le choix afghan
The detainees file appears
lost in the fog of committee
Détenus afghans: ultimes tentatives d'en arriver
à une entente
Détenus
afghans - Laisser traîner
Opposition
balks
at
Tory
loophole
in
detainee
record
deal
Afghan
detainee
deal
a
pioneering
compromise
on
national
security
Détenus
afghans: l'opposition aura accès aux documents
classés
Documents afghans: une entente a été conclue
Documents sur les détenus afghans: les partis ne
s'entendent plus
Parties closing in on deal to release Afghan records
Détenus
afghans - Blocage à quelques heures de l'ultimatum
Documents
sur les détenus afghans: les partis près
d'une entente
Détenus afghans : Une entente semble improbable
Détenus afghans - Milliken accorde un sursis de
trois jours
Documents afghans: le gouvernement espère une
entente d'ici vendredi
Documents
afghans: l'heure est au compromis
Documents afghans: pourparlers «constructifs»
Que faudra-t-il donc à la population canadienne
pour qu'elle cesse enfin d'endurer un tel gouvernement
?...
If Stephen Harper’s an economist, I’m the Queen of Sheba -
Gerald Caplan
Le gouvernement conservateur ne s'avérerait-il donc
au plus qu'une pâle copie des gouvernements
libéraux précédents ?...
La
dérive de Stephen Harper - Chantal Hébert
Se pourrait-il donc que l'on se retrouve
présentement avec le pire gouvernement que le
Canada ait jamais connu ?...
À LA PORTE!
Le
gouvernement
coupable
d’outrage
au
Parlement
L'opposition
conclut que le gouvernement a commis un outrage au
Parlement
Le
gouvernement
tente
d’éviter
l’outrage
MPs
weigh
contempt
charges
against
Harper
government
On
the
road
to
the
Harper
government's
tipping
point
Bilans
de session à Ottawa - Le gouvernement
critiqué de toute part
«
Un
gouvernement
dangereux
»
Et le Canada peut-il rester uni ne serait-ce que lorsqu'il
est question de défendre ses valeurs les plus
fondamentales ?...
Gun registry lives, but Harper vows to keep up the fight
Moins
de crimes violents
Unis
pour sauver le registre
Registre
des armes à feu: Jacques Dupuis part en mission
à Ottawa
The
gun
registry
has
taken
on
a
moral
hue
that
refuses
to
fade
-
Jeffrey
Simpson
Tir
groupé en faveur du registre fédéral
des armes à feu
Tout dépend de vous, Jack
Jack
Layton interpellé par un survivant de Dawson
Voir aussi À moins qu'il n'en soit
justement pas capable ?...
Et si, en attendant, les gouvernements minoritaires ne
pouvaient qu'accélérer la déliquescence
de notre cher Parlement ?...
Fair Britannia, splashing around in coalition waters
Our
inability
to
elect
a
majority
government
imperils
democracy
Une
campagne à la carte
Jack Layton pourra-t-il un jour être reconnu comme un
véritable leader ?...
Stephen
Harper dit s'ennuyer de Jack Layton
Jack
Layton secures his place in NDP – and Canadian – pantheon
Défendre
le
Québec,
mais
pas
à
tout
prix
NDP
gains
on
Bloc
turf
add
tension
to
Duceppe-Layton
rivalry
And
now
a
word
from
our
NDP
conscience
Layton
is
the
right
guy,
making
the
right
decision
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Layton
rattrape Ignatieff au Québec
Registre
des armes à feu: Layton dans une course contre la
montre
Layton
manoeuvre pour sauver le registre des armes à feu
sans forcer ses élus qui s'y opposent
Budget
- Layton dit non au projet de loi des conservateurs
Une
coalition PLC-NPD dirigée par Layton
déferait Harper
Prime Minister Layton? - Norman Spector
Le
NPD veut limiter le pouvoir de prorogation de Harper
Layton
devance Ignatieff
Getting
it
right
on
peace
and
war
Les
chefs vus par les Canadiens
Le bon, l'intello et le sérieux - Vincent Marissal
Dans l'isoloir, c'est Harper
Louis
Riel: le NPD demande la correction d'une erreur historique
... mais ceci dit...
NDP platform betrays its centralizing instincts
À moins qu'il n'en soit justement pas capable ?...
Registre
des armes à feu - Layton a «perdu une
certaine crédibilité», dit une
ex-candidate vedette
Le
NPD perd des appuis à gauche... et à droite
The
politics
of
the
long
gun
-
Gerald
Caplan
Registre
des armes à feu: Layton dans une course contre la
montre
M.
Layton, comportez-vous en homme d'État!
Menotté
Registre
des armes à feu - Le test de M. Layton
Registre
des armes à feu: Layton recherche un compromis
How the long-gun registry shot a wedge into the NDP -
Jeffrey Simpson
Jack Layton’s potential legacy includes slaying a gun
registry he supports
Registre des armes à feu: Layton est prêt
à endosser les habits du fossoyeur
Liberals
blast
NDP
on
gun
registry
as
Tories
pour
salt
in
wound
Le
sort du registre des armes à feu dépend du
NPD
Et son parti saura-t-il un jour se faire reconnaître
comme une alternative crédible ?...
Révolution politique aux portes des Communes?
Projection
de sièges - Harper minoritaire, Layton chef de
l'opposition
Projection
de sièges - La progression du NPD continue
Le
Québec
voit
orange
On ne peut empêcher un coeur d’aimer
LE
VENT ORANGE SOUFFLE ÀQUÉBEC
Des souverainistes passent dans le camp du NPD
UN VENT D’ESPOIR
Layton
grimpe,
le
Bloc
s’enfonce
Le
NPD bon deuxième
Projection
du nombre de sièges - Le NPD continue de progresser
Les
Québécois pourraient donner jusqu'à
20 circonscriptions au NPD
C’est
maintenant
Harper
contre
Layton
Why Layton’s fit for office
La
théorie
du
«
bon
Jack
»
Projections
de sièges: des gains majeurs pour le NPD
Raz-de-marée orange en vue au Québec ?
Retrouver
sa
liberté
de
choix
Le
NPD
chamboulera-
t-
il
l’échiquier
politique
?
The
New
Democrats
rise
up
LE NPD PREND LA TÊTE AU QUÉBEC
Sérieux, ce bon Jack!
NDP surges ahead of the Liberals and into second place:
Poll
NDP on track to win 60 seats, poll projects
Le
NPD
sur
une
lancée
Le
NPD prend du galon
Un « ami » encombrant
La
réalité du terrain rattrape le NPD au
Québec
En
quête
d’une
renaissance
Le gouvernement Harper ne gouvernerait-il donc que par
la division ?...
(Le gouvernement Harper ne rechercherait-il donc que la
division ?...)
Ontario PCs conjure images of chain gangs
Liberals
accuse
Harper
of
U.S.-style
tactics
in
long-gun
registry
battle
Conservatives
exploit
urban/rural
divide
over
long-gun
registry
-
John
Ibbitson
In
his
quest
for
a
majority,
the
PM
has
fallen
off
the
best
path
-
Jeffrey
Simpson
Comment
la droite s'organise
Voir aussi Les Conservateurs seraient-ils d'ailleurs
à la botte des extrémistes religieux ?...
Se pourrait-il donc que l'on aie tout simplement le
gouvernement que l'on mérite ?...
We're
Canadians,
not
Vulcans
Et se pourrait-il donc que les Conservateurs
s'avèrent en fait les mieux placés pour
assurer leur propre perte ?...
Des
citations controversées de Harper recueillies
par... son parti
How
Tory
rush
to
kill
per-vote
subsidy
could
backfire
Le
monde est fixe
Harper
shoots
majority
‘from
implausible
to
unimaginable’
That
bang?
It
could’ve
been
Stephen
Harper
shooting
himself
in
the
foot
-
Jeffrey
Simpson
Stephen Harper tries to break new ground again
Conservative
math
doesn't
add
up
on
gun
registry
Harper
flunks
political
math
His heavy-handedness makes Harper look bad
In
his
quest
for
a
majority,
the
PM
has
fallen
off
the
best
path
-
Jeffrey
Simpson
The
incredible
shrinking
Tory
tent
Sure,
there’s a leadership death watch – but for which leader?-
Jeffrey Simpson
Harper
sur YouTube: «Il a un peu manqué son
coup»
Harper
sur YouTube: une première expérience
difficile
Au
sujet
de
l’utilité
de
la
presse
parlementaire…
-
Chantal
Hébert
Core
support
keeps
the
PM
in
thrall
-
John
Ibbitson
Harper
bombardé de critiques sur YouTube
Grit
plan:
Let
Harper
be
Harper
How many times can the
Prime Minister tempt fate?
En fait, y a-t-il même un sens quelconque à ce
que peut faire le gouvernement Harper (lorsqu'il se trouve
à faire quelque chose...) ?...
Harper could be the real gun-registry loser
Why does the Harper government do what it does? Beats us
Le moment du changement serait-il enfin arrivé ?...
Menaces
d'élections automnales à Ottawa
Layton
devance Ignatieff
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir - Le PLC en
remontée au Québec
Harper
dans une mauvaise passe - Lysiane Gagnon
L'avance
des conservateurs a fondu
Liberals
see
'structural
shift'
in
their
favour
Les
libéraux font des gains stratégiques selon
un sondage
Les Conservateurs se enfreigneraient-ils carrément
de la loi ?...
Le respect de la loi
Le gouvernement Harper prendrait-il ses propres citoyens
pour des imbéciles ?...
Les ponts pour les nuls
Économies de 50millions - PIERRE
DUHAIME
Allô,
Sheila
Fraser?
-
Vincent Marissal
Immeubles fédéraux: menus travaux gros prix
Immeubles fédéraux: des factures
«exagérées», dit Rona Ambrose
Contrat de 6 milliards de Profac: «rien
d'irrégulier»
Public
Works Minister orders review of ‘over
the top' invoices
Traitement
clément de Jaffer: les conservateurs peu bavards
Droits
des gais retirés d'un guide: Kenney nie tout
Et la prétendue lutte au déficit des
Conservateurs ne serait-elle encore que de la poudre aux
yeux ?...
L'art de la diversion
The kindest cuts of all
Ottawa
cuts
already
vacant
positions
Ottawa va supprimer 245 postes dans la fonction publique
... et d'ailleurs, la discrimination des Conservateurs
à l'endroit des homosexuels ne revient-elle pas
carrément à ni plus ni moins qu'une
violation des droits de l'homme dans tout ce que ceux-ci
peuvent avoir de plus fondamental ?...
Un grand déshonneur - JEAN-RENÉ ROY
En plus de ne sembler avoir plus d'ambition que de se
faire le valet de Washington, se pourrait-il que le
gouvernement Conservateur ne s'avère plus que
l'ambassade d'Israël en Amérique du Nord ?...
I Shall Not Hate: A small book that should change Harper’s
foreign policy - Gerard Caplan
Le messager de Nétanyahou
Harper,
la voix d'Israël à Deauville?
Harper
blocks
mention
of
1967
border
in
G8
Mideast
statement
On
Israel,
Harper
stands
alone
at
G8
summit
À
l’ombre
d’Israël
La
carpe
et
le
lapin
Stephen
Harper
earns
biblical
praise
for
pro-Israeli
stand
George
Galloway
prêche
une
foule
de
convertis
Le
Canada
est
les
yeux
et
les
oreilles
d’Israël
au
Venezuela
A
Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald
Caplan
Ottawa
a refusé de financer une conférence
d'Alternatives
Ottawa
appuie une enquête, mais défend Israël
Une
amitié aveugle
Israël - Le fiasco
Le
Canada, l'allié le plus fidèle d'Israël
Un
«incident»
regrettable
-
Vincent Marissal
La
tournée de l'amour
La
Semaine contre l'apartheid israélien divise les
Communes
Le
Canada augmente sa présence en Cisjordanie
Communautés
culturelles - Le financement d'Ottawa n'a pas
profité également à tous
And this is our foreign policy …
What
every
office
needs
to
succeed
in
Harper's
Canada
Attack
on Israel is an attack on Canada, Kent says
What
a
tangled
web
PM
weaves
in
promoting
democracy
abroad
-
Jeffrey
Simpson
Tories' hard line on criticism of Israel could spark
backlash, MP says
Quand
le Proche-Orient crée une crise politique au Canada
Et d'ailleurs, les Conservateurs pousseraient-ils
leur effronterie jusqu'à afficher
béatement un soutient inconditionnel et
unilatéral envers Israël ?...
Se pourrait-il donc que cette fois, les Conservateurs
soient peut-être allés un peu trop loin dans
le mépris qu'ils peuvent témoigner envers la
démocratie, et donc envers leur propre
électorat ?...
(Ou autrement dit : se pourrait-il que cette fois la
population ne l'ait pas laissé s'en sortir si
facilement, pour faire changement ?...
Une
coalition s'érige contre la «menace»
Harper
Civic
reinvolvement
Les
raisons de la méfiance
Un
moment charnière?
Lettres
- Les champions de la prorogation
Le
loup
Des
milliers de Canadiens dénoncent la prorogation du
Parlement
Sondage:
Harper perd des plumes
Le gouvernement conservateur se moquerait-ils
carrément de la démocratie, et donc de la
volonté de sa propre population ?...
Le
mandat - Manon
Cornellier
Retour
au recensement obligatoire - Harper fait fi de la motion
adoptée
Registre
des armes à feu: Duceppe presse Harper d'accepter
la défaite
Recensement
- Les automates
Omnibus
bills
subvert
our
legislative
process
The
federal
government
is
senseless
on
the
census
-
Globe
editorial
This
budget bill is overstuffed - Globe
editorial
Sénat:
Harper protège son budget
Harper
veut abolir la subvention aux partis
Committee
issues
subpoenas for PM staffer, others
A
shabby way to gut parliamentary debate
Le
monarque d'Ottawa
Jouer avec le feu
Is
Stephen
Harper
hampering
democracy?
Dépenses
électorales: les conservateurs sont fautifs, selon
Élections Canada
Et pourtant, ne peut-on pas toujours compter sur Harper pour
une nouvelle petite surprise ?...
Lesson learned
Pas de relâche en mars et avril à Ottawa
Harper
sets
a
trap
for
the
opposition
Mr. Harper continues to surprise - Norman Spector
Stephen Harper mépriserait-il donc de ses propres
ministres ?
Le ministre Mackay tenu dans l’ignorance
Le gouvernement Harper n'aurait-il donc pas la moindre
considération pour la vie privée des
Canadiens, cette même vie privée qu'il se
targue pourtant de vouloir protéger ?...
Close
those
prying
eyes
at
Veterans
Affairs
Anciens
Combattants - Ottawa a bafoué le droit à la
vie privée
Les Conservateurs ne peuvent-ils agir que lorsqu'ils sont
forcés de le faire ?...
Flaherty sets stricter mortgage rules
Les Conservateurs ne semblent-ils pas être
passés maître dans l'art de repousser toujours
plus loin les limites de l'inacceptable ?...
Jean Chrétien chides Stephen Harper for attack on
top bank executive
Le gouvernement Harper aurait-il quelque chose à
cacher ?...
Public
interest
goes
private
-
Globe
editorial
Ottawa
accusé de régenter les publications
scientifiques
Colère
à Environnement Canada
Voir aussi Pourquoi Harper semble-t-il tant vouloir
soutenir la torture ?...
After
falsehoods,
skepticism
needed
-
Globe
editorial
Censure
à Ottawa: trois ministres soupçonnés
Is
this
the
answer
to
access
requests?
Stop
keeping
records?
-
Lawrence
Martin
Canadian
democracy is oxygen-starved
Accès
à l'information - Un cas après l'autre
Loi d'accès à l'information - Harper
rappelle ses ministres à l'ordre
Accusations
d'ingérence: Paradis jure qu'il ne savait rien
Voir aussi Les Conservateurs seraient-ils tout
simplement incompétents ?...
Censure:
Paradis au coeur d'une enquête
Ottawa
aurait empêché la diffusion d'un rapport
controversé
Voir aussi Pourquoi Harper semble-t-il tant vouloir
soutenir la torture ?...
Stéphen Harper jouerait-il à manipuler
l'information ?...
Registre
des armes à feu - Ottawa a gardé secret un
important rapport
En fait, le gouvernement Harper ne se trouve-t-il pas
à rappeler les pires régimes totalitaires de
par son total mépris du libre accès à
l'information ?...
On access to information, Canada is a developing country -
Globe Editorial
La
GRC
enquêtera
sur
un
ex-
conseiller
de
Christian
Paradis
Access-to-information
woes
grow
ever
more
absurd
Can
Access to Information be fixed?
Le
Canada
en
dernière
place
Another
day,
another
government
report
redacted
beyond
recognition
Le
«
prix
de
la
noirceur
»
remis
à
Harper
Big
Brother,
sors
de
ce
corps!
La
grogne
s’accentue
envers
Paradis
Une
page Wikipedia modifiée par la Défense
nationale?
Le
sommet des exclus
En
bref - Responsabilité ministérielle ou pas,
les comités sont rois
Témoignages:
le bras de fer pourrait provoquer des élections
The price we pay for a
government of fear - Jeffrey Simpson
Soudas,
l'homme le plus recherché d'Ottawa
Empoignades
aux Communes
Registre
des armes à feu - Ottawa a gardé secret un
important rapport
Le
monarque d'Ottawa
Le
politburo
de
M.
Harper
-
Vincent Marissal
Accès
à l'information: le Canada de moins en moins
transparent
Dure
journée pour le gouvernement Harper
Voir aussi Se pourrait-il que les Conservateurs
méprisent carrément le journalisme, tout
comme les médias en général ?...
En fait, ce gouvernement ne commence-t-il pas à
s'apparenter de plus en plus à celui d'un état
totalitaire, de par sa façon de gouverner en
général ?...
Dans
un pays près de chez vous
Majority!
Who
cares?
En fait, ne pourrait-on pas commencer à parler
carrément d'une certaine culture du secret ?...
Ottawa keeps tight lid on even most basic U.S.-border-deal
files
Des
F-
35
deux
fois
plus
chers
que
prévu
Vic
Toews
dodges
demands
government
attach
price
tag
to
crime
bills
Dépenses
publiques - Le Parlement en voie de perdre le
contrôle, dit Kevin Page
Harper
keeps
Canada
in
dark
at
his
own
peril
Excès
de secret
Et d'ailleurs, Harper aurait-il une petite
tendance à vouloir jouer au dictateur ?...
Is Stephen Harper the
Dear Leader in disguise? - MARGARET WENTE
Visite
royale - Notre vrai roi
Stephen
Harper’s
worst
enemy
The
dismantling
of
Canadian
democracy
promotion,
brick
by
brick
La
controverse
se
poursuit
Ottawa
a refusé de financer une conférence
d'Alternatives
Droits
et démocratie: 92 000$ pour des détectives
privés
En
bref - Des groupes communautaires évitent de parler
Senate
girds
for
sparks
as
Tory
budget
hits
the
floor
with
a
boom
Le
projet
de
loi
fédéral
sur
le
budget
est
adopté
grâce
à
l'absence
de
libéraux
La
survie d'une autre ONG menacée?
Le
gouvernement Harper accusé de couper les vivres
à ceux qui le critiquent
Droits
et Démocratie doit suivre la politique du Canada,
estime son président
Droits
et Démocratie: la veuve de l'ex-président
réclame une enquête publique
Muselés,
des employés décrivent un climat
«malsain» à Droits et Démocratie
Droits
et Démocratie sur la corde raide
Droits
et Démocratie - Les employés se vident le
coeur devant un comité parlementaire
Droits
et
Démocratie:
que
veut
Ottawa?
-
Agnès Gruda
Droits
et Démocratie: deux témoins s'esquivent
Droits
et Démocratie - Cirque au comité
Droits
et Démocratie - Cannon est prié de rendre
des comptes
Droits
et Démocratie: Ottawa accusé
d'ingérence politique
Droits et Démocratie - La FIDH épingle
Stephen Harper
L’indépendance
menacée
Droits
et Démocratie - Cannon s'entête
Droits
et Démocratie: l'opposition dénonce le choix
de Latulippe
Droits et Démocratie: le choix de Latulippe
soulève la tempête
Latulippe avait fait le lien entre immigration et
terrorisme à la commission Bouchard-Taylor
Gérard Latulippe: un homme et ses zigzags
Droits
et Démocratie: trois cadres supérieurs
congédiés
Le
mémoire controversé du candidat à la
présidence de Droits et démocratie
The Rights and Democracy twist
La
crise
à
Droits
et
Démocratie
-
Quand
le
politique
s'arroge
tous
les
droits
Des
ONG
sous
surveillance
Sondage:
trop de pouvoirs au premier ministre
Ignatieff
takes
another
shot
at
Harper's
'ideology'
Droits
et Démocratie - Ottawa s'apprête à
nommer un nouveau président
Rights
and
Democracy
again
in
the
(French)
news
Droits
et Démocratie - Le conseil a voulu protéger
des ministres
Canadian
aid
groups
told
to
keep
quiet
on
policy
issues
What
a
tangled
web
PM
weaves
in
promoting
democracy
abroad
-
Jeffrey
Simpson
Cannon will support embattled rights agency: source
A
rights agency's future in peril
La
liberté d'expression menacée
Droits et Démocratie - L'inquiétante
pratique du lawfare au Canada
Droits
et Démocratie dans la tourmente
Ottawa était satisfait de Droits et
démocratie
LES COURTIERS QUÉBÉCOIS SONT AUX AGUETS - MARTIN VALLIÈRES
Fini la vente d’assurances sur
l’internet - Julian Beltram
Voir aussi Et son
gouvernement aurait-il même une tendance
à se prendre pour Big Brother ?...
Stephen Harper chercherait-il donc à museler ceux
qui osent s'élever contre son gouvernement ?...
Le
boomerang
Voir aussi Les
Conservateurs pratiqueraient-ils donc la censure ?...
Les Conservateurs seraient-ils donc passés
maîtres dans l'art de s'ingérer de
manière à ne réussir qu'à nuire
plutôt qu'à servir à quoi que ce soit
?...
Pakistan
- Six ans plus tard, le Canada n'a pas livré les
écoles promises
Les Conservateurs se moqueraient-ils
carrément de la démocratie ?...
Démocratie
bancale - Manon
Cornellier
Rigidité
dangereuse
Détails,
détails...
Respecter
les
électeurs
On
ne
joue
pas
avec
la
démocratie,
prévient
l’opposition
Coupable
de mépris du Parlement
«
Une
affaire
très
grave
»
What
direction
our
own
democracy?
The
dismantling
of
Canadian
democracy
promotion,
brick
by
brick
Rentrée
parlementaire sans Parlement
Harper mine la démocratie
Harper
paie cher pour avoir prorogé le Parlement
Le
président
Stephen
Harper
-
Vincent
Marissal
Prorogation:
The Economist acerbe envers Harper
Harper n'exclut pas de proroger le Parlement tous les ans
La
prorogation du Parlement inquiétante pour notre
démocratie
Les
conservateurs n'auront pas carte blanche au Sénat
Stephen Harper: priorité à l'économie
Pause
olympique sur la colline
Harper
s'apprête-t-il à proroger la session?
Et d'ailleurs, qu'ont à dire les Libéraux,
à ce sujet ?... Et surtout, comment comptent-ils au
juste réagir ?...
L'opposition attend de pied ferme le gouvernement
It's
gonna
get
ugly
as
bell
rings
on
prorogation
Les
querelles entre les partis recommencent cette semaine
Prorogation:
Ignatieff demande à Harper de limiter son
pouvoir
Ignatieff
sollicite l'aide des députés de la
Colombie-Britannique
Redemption
and
counter-redemption
Opposition
presses
ahead
on
detainees
despite
prorogation
Does
Michael
Ignatieff
really
want
this
constitutional
dance?
-
Norman
Spector
Ignatieff
défend
la
nouvelle
publicité
des
libéraux
Campagne de pub libérale contre la prorogation
Prorogation
du Parlement: Ignatieff dénonce le cynisme de
Harper
En fait, se pourrait-il donc que les Conservateurs ne
puissent tout simplement pas supporter d'être
contredits ?...
Harper chercherait un successeur à Michaëlle
Jean
Let the wild viceregal speculation begin
La démocratie canadienne serait-elle donc en pleine
érosion ?...
Let a commission, not
broadcasters, call the shots
Le gouvernement Harper lui-même se montrerait-il
pourtant capable d'humanité face à un drame
tel que celui qui secoue Haïti ?...
Ottawa
envoie 80 millions supplémentaires
Le
Canada facilitera l'immigration d'Haïtiens
La mobilisation du Canada s'intensifie
... Mais au delà des apparences, le gouvernement
conservateur n'est-il pas toujours égal à
lui-même, notamment en ce qui concerne son manque
d'ouverture envers le reste du monde, pour le moins qu'on
puisse dire ?...
Les
troupes canadiennes quittent Haïti
Le
choix de Thamar
Ottawa
refuse d'assouplir les règles d'immigration
Bienvenue
chez nous, mais restez chez vous - Rima Elkouri
Ottawa
doit faire plus, plus vite
« On a froid, on a faim! »
- André Duchesne
L'ambassade
canadienne prise d'assaut
N'entre pas qui veut au Canada
Et si le gouvernement conservateur fait si peu de cas de la
démocratie dans son propre pays, peut-on vraiment
s'étonner qu'il n'ait aucun intérêt
à promouvoir la démocratie à travers le
monde ?...
Ai-
je travaillé dans le vide?
Le vote étranger, l’exception canadienne
Odd timing for Feds to bar voting in Tunisian election
Composition
de l'Assemblée constituante - Ottawa interdit le
vote de Tunisiens sur son territoire
Canada can help Arab
autocracies become democracies - Globe Editorial
Canada
is
missing
the
democratic
moment
Ottawa:
hypocrisie ou pragmatisme?
Why
did
Ottawa
drag
its
feet
on
Mubarak?
-
Jeffrey
Simpson
The
road
to
democracy
promotion's
paved
with
broken
vows
Le gouvernement Harper se moquerait-il donc des droits de la
personne ?
Le gouvernement Harper ferait-il donc tout simplement peu de
cas de la personne humaine ?
Honte
au Canada
Les Conservateurs
feraient-ils pâlir notre image ?
(Voir aussi : toutes les autres
sections de cette page...)
Canada’s
message: The world and its climate be damned - JEFFREY
SIMPSON
Gouvernement
Harper - Incontrôlable
Kyoto
et le Canada - Une position qui nous coûte cher
La
pâle étoile du Canada
Amnistie
écorche
Ottawa
En
bref - Le Canada est difficile à cerner, selon
Amnesty International
Amnistie
internationale: «le Canada nous
inquiète»
Amnistie
n'est pas tendre envers le Canada
Conservatives
follow
recipe
for
foreign-policy
decay
Le
monde selon Stephen Harper - André Pratte
Le gouvernement Harper irait-il donc jusqu'à salir
la réputation du Canada dans le seul but de
satisfaire ses propres intérêts politiques ?
WikiLeaks
- Le NPD critique Bernier
Les Conservateurs ne seraient-ils pas surtout en train
de nous isoler, en s'obstinant à ne tenir
qu'à bloquer tout avancement dans ce dossier ?...
Le Canada méconnaissable
- MARTIN CAUCHON
« Le Canada a perdu sa vision
» - AGNÈS GRUDA
Jean Chrétien
déplore le recul du Canada
Le beigne et le fantasme -
André Pratte
L’opposition à l’amiante prend de l’ampleur
- FRANÇOIS CARDINAL
Je veux voter ! -
Jean-Serge Baribeau
Manque d’éthique
- André Melançon
Cuba: une belle occasion manquée - VINCENT
MARISSAL
Stephen Harper brandit l’étendard du
libre-échange
Et se pourrait-il donc que l'environnement et les
droits de la personne ne soient même plus les
seuls dossiers dans laquelle le Canada semble perdre
toujours plus du peu de crédibilité
qu'il pouvait lui rester ?...
Des écueils olympiques
Mort
d'un lugeur aux JO: qui blâmer?
Les Canadiens seraient-il en train de confirmer leur
support à Harper comme les Américains
l'avaient auparavant fait pour Bush ?...
Sondage:
les conservateurs creusent l'écart
Le
PC a récolté plus de dons en 2010 que ses
rivaux réunis
Le
gouvernement
Harper
-
Inspiré
par
George
W.
Bush
-
Bernard
Descôteaux
Dans
l'isoloir, c'est Harper
Obama
patine, Harper plane - Vincent Marissal
Sondage:
Harper se maintient, Ignatieff perd des plumes
Bilan
2009: Harper en équilibre, Ignatieff en
chute libre
En
2009, Harper a repris les rênes du Parlement
Les
conservateurs maintiennent leur avance devant les
libéraux
Le Canada méconnaissable
- MARTIN CAUCHON
Les
nouvelles - Pierre Foglia
Vers
la majorité au Sénat pour les conservateurs
Une
victoire significative - Lysiane Gagnon
Duceppe
amoché, Harper requinqué - Vincent Marissal
Rivière-du-Loup:
le PC détrône le Bloc
Ignatieff
ne
tient
plus
à
des
élections
Harper flirte avec la majorité
- Joël-Denis Bellavance
Le Québec ratatiné? - VINCENT
MARISSAL
Le Canada serait-il en train de traverser une
période plutôt noire de son histoire ?...
M. Harper, il est moche, votre Canada
La
politique du désabusement
A country of Dryden’s values shifts to Cherry’s - Lawrence
Martin
Jack Layton’s Canada and the other Canada - GERALD CAPLAN
Canada’s G8/G20 weekend shames all but peaceful protesters
- Gerald Caplan
It's
time
for
Canada
to
take
on
the
world
-
Globe
editorial
Conserving
Canada
or
a
Conservative
Canada?
ANNUS
HORRIBILIS
Is
there
an
old-style
Tory
in
the
House?
-
Lawrence
Martin
La
société civile perd du terrain au Canada
Deciphering
sides
in
Canada's
‘culture
wars’
Canada’s
reputation
for
low
infant
mortality
takes
stunning
decline
For
relevant
politics,
look
to
the
provinces
and
municipalities
-
Jeffrey
Simpson
La
Grande
Noirceur
canadienne
-
Alain Dubuc
Des
sujets sensibles abordés à la
conférence libérale
Après
le
podium
-
André Pratte
Relation
distante, bilan mitigé - Vincent Marissal
L'Ontario
officiellement pauvre - Vincent Marissal
Le
portrait de la péréquation a changé
Les
Jeux invisibles de Vancouver - Vincent Marissal
Et peut-on toujours dire que les Américains aient
quoi que ce soit à nous envier de nos jours, et du
moins sur le plan politique ?...
Imagine Stephen Harper visiting the Liberal caucus
Se pourrait-il qu'après tout, les Canadiens ne
soient pas nécessairement aussi progressistes qu'on
aurait pu le croire ?...
40
years
later:
Security
and
the
FLQ
Les
valeurs d'Ignatieff, les manoeuvres de Harper
Immigration
- Ô ironie
L'immigration
est néfaste pour le pays, estime un Canadien sur
deux
Sondage
Angus Reid - Les Canadiens sont contre le registre des
armes à feu
Revue
de presse - Les portes closes
Les
Tamouls ne sont pas les bienvenus aux yeux des Canadiens
In
the
matter
of
Omar
Khadr,
shame
on
us
-
Lawrence
Martin
Détenus
afghans: la population est divisée
The
blueing
and
greening
of
the
political
centre
-
Preston
Manning
This
take
on
crime
is
irrational
-
Lysiane
Gagnon
L'obsession
sécuritaire - Lysiane Gagnon
Lettres
- Le Québec comme le Canada
62
% des Canadiens diraient oui à la peine de mort
Et si l'on ne pouvait peut-être pas
nécessairement dire non plus que les Canadiens
s'avèrent tous des ultra-conservateurs, après
tout ?...
(Et si les Canadiens ne devaient pas non plus
s'avérer tous des ultra-conservateurs , après
tout ?..)
Are
Canadians
more
conservative?
No
-
Jeffrey
Simpson
Santé
maternelle: la majorité des Canadiens s'opposent au
plan Harper
Et s'il y avait toujours de l'espoir pour le Canada,
malgré tout ?...
Robbie Robertson praises Canada’s spirit
There's
plenty
of
room
for
growth
in
Canada’s
electoral
soil
Et pourtant, des élections
seraient-elles vraiment si inutiles ?...
Inévitables, les élections?
Je veux voter ! -
Jean-Serge Baribeau
Manque d’éthique
- André Melançon
J’ai honte - ALAIN DUBUC
L’enjeu - ANDRÉ PRATTE
Et nous resterait-il une quelconque chance de nous sortir de
ce bourbier ?...
Michaëlle Jean bien en selle
Le vent tournerait-il enfin en faveur du changement
?...
Spring election likely as all three opposition parties
reject Tory budget
Jamais
deux sans trois?
Sondage:
libéraux et conservateurs à
égalité
'Revenge
of
propeller-heads'
leaves
Tories
even
with
Liberals
Sondage:
libéraux et conservateurs à
égalité
Changements
climatiques: Jack Layton est impatient
Le PLC dépose sa motion
pour renverser le gouvernement
Une motion de censure brève et sans
artifice - Joël-Denis Bellavance
Les libéraux veulent forcer la
cadence - Joël-Denis Bellavance
Une rentrée parlementaire qui s’annonce
courte - Joël-Denis Bellavance
Le gouvernement Harper pourrait tomber dès
vendredi - Joël-Denis Bellavance
Ignatieff exclut de nouveau tout gouvernement de
coalition
Les sondages n’ont pas refroidi les
libéraux - Joël-Denis Bellavance
Trois discours en une semaine -
Joël-Denis Bellavance
Le PLC n’augmentera pas les
impôts - Hugo de GrandPré
Québec veut des gestes concrets d’Ottawa
- Tommy Chouinard
Le cirque - VINCENT MARISSAL
Voir aussi Et la bataille ultime serait-elle enfin
lancée ?...
... ou pas encore ?...
Reality
check:
Edge
to
the
Tories
And
in
this
corner,
the
great
Grit
slayer
Paltry war chest 'says a lot about Ignatieff’s leadership'
Sondage:
libéraux et conservateurs à
égalité
Les
libéraux adoptent le budget, les conservateurs
survivent
Le
piège
à
ours
-
Vincent Marissal
Le gouvernement conservateur survivra au budget
Michael
Ignatieff n'entend pas faire tomber les conservateurs
Michael
Ignatieff promet: pas d'élections
fédérales en 2010
La priorité : reconstruire le parti
- Joël-Denis Bellavance
Ignatieff
ne
tient
plus
à
des
élections
Remontée conservatrice
- LYSIANNE GAGNON
La descente aux enfers - ALAIN
DUBUC
Qu’est-ce qui fait donc chanter M. Harper? -
VINCENT MARISSAL
Le gouvernement Harper survit à un
nouveau vote - Malorie Beauchemin
Jack Layton : L’homme qui a «
sauvé » le gouvernement Harper !...
Le gouvernement Harper reste en vie
- Hugo de GrandPré
Goodbye, la majorité! - LYSIANE
GAGNON
La majorité à portée de
main - VINCENT MARISSAL
Le NPD appuiera Harper - Joël-Denis
Bellavance
Harper le «socialiste»
sauvé par les séparatistes -
VINCENT MARISSAL
LA FIÈVRE EST TOMBÉE -
Joël-Denis Bellavance
UN SURSIS POUR HARPER
Ottawa veut bonifier l’assurance emploi -
Malorie Beauchemin
Assurance emploi : Harper serait
prêt à des concessions
Le pari d’Ignatieff - VINCENT MARISSAL
LE PARI RISQUÉ DE MICHAEL IGNATIEFF -
Joël-Denis Bellavance
...et en fait, pourrait-on même dire : pas avant
longtemps ?...
Michael Ignatieff promet: pas d'élections
fédérales en 2010
Cette campagne saura-t-elle au moins montrer du nouveau ?...
Les Canadiens font davantage confiance à
Harper qu’à Ignatieff à
Ignatieff et Harper : même «
regard » - Denis Lessard
Harper verra-t-il dans ces élections une
dernière chance pour se ressausir... ou n'en
profitera-t-il que pour se caller davantage ?...
L’enfer est à gauche - VINCENT
MARISSAL
Le « vrai visage » de Stephen Harper
- Malorie Beauchemin & Tristan
Péloquin
Michael Ignatieff présenterait-il vraiment une
nouvelle vision pour le Canada ?...
Ignatieff
ne ferme pas la porte à l'ajout de sièges au
Québec
Food
policy
may
give
what
we
eat
a
shorter
commute
-
Globe
editorial
Executives
say
it's
time
to
raise
taxes
Invest
in women, Liberals told
On
Mideast, Ignatieff sounds prime ministerial - Norman
Spector
Conflit
israélo-palestinien - Ignatieff accuse Harper
d'être trop proche d'Israël
Ignatieff,
«premier
ministre
l'an
prochain»
selon
Foreign Policy
Harper
rate le virage vert, selon Ignatieff
De
«grands penseurs» pour redéfinir
l'image du parti libéral
Un lieutenant au pouvoir
allégé sera nommé - Hugo
de GrandPré
TGV: très grande vision?
- VINCENT MARISSAL
Les libéraux fédéraux promettront un
TGV - Joël-Denis Bellavance
LE CANADA EST-IL POSSIBLE ?
Le Canada de M. Ignatieff - André
Pratte
Un écrivain authentique
Voir aussi Et pourrions-nous finir un jour par nous
doter d'un TGV ?...
...ou se pourrait-il en fait que ce ne soit tout simplement
pas le cas, justement ?...
What are the chances of a federal election in 2011?
Michael
Ignatieff
plays
politics
with
AIDS
Liberals
offer
thin
gruel
on
deficit
reduction
Changements
climatiques - Les libéraux jonglent avec le projet
de loi C-311
Ignatieff
essuie les critiques
Ignatieff
mis en garde par des économistes
Nothing new or bold about bashing business
Gel des impôts des entreprises - Les conservateurs
ne font qu'une bouchée de la proposition
d'Ignatieff
Les libéraux n'entendent pas hausser les
impôts
la
recherche
de
l'âme
libérale
-
André Pratte
Robert
Fowler critique fortement le Parti libéral
Smart
people
talked,
but
were
the
Liberals
listening?
-
Jeffrey
Simpson
Liberals look to catch next wave - before their party
sinks
Liberals' hunt for ideas a welcome project
Invest in women, Liberals told
Les libéraux fédéraux en mode
réflexion
Thinkers
conference
or
'academic
fantasyland'?
Place à l’audace - ROBERT ASSELIN
Les conservateurs accusent les libéraux
d’élitisme - Hugo de GrandPré
Ignatieff
ne
compte
pas
rouvrir
le
débat
constitutionnel
Mais en réalité, les libéraux ne
sont-il pas paralysés par leurs propres dogmes,
autant sinon davantage que par l'électorat
lui-même, par ailleurs ?...
La loi, c'est la loi? - Alain Dubuc
Ignatieff
s'oppose au ticket modérateur du Québec en
santé
Incredible
shrinking
Ignatieff
Le
bilan
libéral
-
Chantal Hébert
Canada
can't afford a corporate tax cut, Ignatieff urges party
How would the Liberals pay for their ‘national
strategies'?-
Jeffrey
Simpson
Ignatieff a un remède pour soulager les maux du
pays
Et par dessus tout, M. Ignatieff saura-t-il vraiment gagner
notre confiance ?...
Sondage: les libéraux avancent, mais pas Ignatieff
La
tournée libérale est le plus grand
défi d'Ignatieff
Réfléchir
vite
L'effet
Ignatieff s'évapore
Les
libéraux creuseraient encore davantage le
déficit
Sondage:
Harper se maintient, Ignatieff perd des plumes
Bilan
2009: Harper en équilibre, Ignatieff en
chute libre
Ignatieff
nie les rumeurs de révolte
De
«grands penseurs» pour redéfinir
l'image du parti libéral
Les
indiscrétions de Mme Dion
Épouse en colère - Lysiane Gagnon
Une
nouvelle équipe pour relancer Ignatieff
Ignatieff
ou le désastre - Lysiane Gagnon
Les
Canadiens ne voient pas Ignatieff en premier ministre
Michael
Ignatieff perd deux autres conseillers
Ignatieff en panne - Denis
Lessard
PLC: un quatrième chef en quatre
ans? - VINCENT MARISSAL
D’abord communiquer avec le chef
- Malorie Beauchemin
Ignatieff prêt à
parler de hausses d’impôts
La descente aux enfers - ALAIN
DUBUC
Un autre rendez-vous manqué
- VINCENT MARISSAL
Ignatieff promet d’éliminer le boulet
du déficit - Joël-Denis Bellavance
... ou ne semble-t-il pas plutôt démontrer une
surprenante faculté à produire
carrément l'effet contraire ?...
(ou plus précisément : le chef libéral
n'aurait-il pas plutôt tendance à surtout faire
des erreurs ?...)
Is this Michael Ignatieff’s Kim Campbell moment?
Quand
la pâte ne lève pas
Ignatieff
hoisted
on
his
own
petard
in
Quebec
Exit
la
coalition
Les
libéraux
en
route
pour
l’abattoir
Le PLC à son plus bas au Québec
With
Harper
16
points
up
in
poll,
do
Liberals
need
‘a
head
transplant’?
Ignatieff
changes
his
mind
on
EI
bill
Michael
Ignatieff’s
highly
overrated
summer
vacation
-
Gerald
Caplan
The
humbling
of
Michael
Ignatieff
Who
leads
the
Liberals?
Échec
de la motion libérale sur la contraception - Gueule
de bois chez les libéraux
Planification familiale: le PLC perd le vote sur sa propre
motion
La descente aux enfers - ALAIN
DUBUC
Rendez-vous manqué
- Danny Lepage
Des élections, mais sur quoi? -
VINCENT MARISSAL
Un peu de sagesse -
ANDRÉ PRATTE
Réforme de l’assurance emploi
Les demandes libérales jugées «
fantaisistes »
Quelques notes avant de
décrocher - VINCENT MARISSAL
Attention, M. Ignatieff: terrains glissants
! - VINCENT MARISSAL
Première erreur de M. Ignatieff
- ANDRÉ PRATTE
Allez plus loin, M. Ignatieff - Gilles
Duceppe
Les chômeurs trouvent la position d'Ignatieff
courageuse...
Harper dénonce la proposition
« irréaliste » des libéraux
Un système à
réformer - Michael Ignatieff
Voir aussi Et que dire du chômage
?...
La hausse de l'appui au PLC stoppée par les taxes
d’Ignatieff
Et pourtant, serait-il aussi capable d'apprendre de ces
dernières ?...
Le PLC n’augmentera pas les impôts
- Hugo de GrandPré
À propos, voir aussi... Et que dire du
chômage ?...
En fait, Ignatieff aurait-il carrément tendance
à manquer de jugement ?...
Manque de leadership - Heidi Rathjen
Un
vote inquiétant - André Pratte
Et que lui reproche-t-on, au juste ?...
Ignatieff: qu'est-ce qui cloche?
Ignatieff
faces
taxing
Tory
line
as
blackmail
threat
hits
Guergis
OTTAWA La volonté
de centralisation des libéraux
décriée
Simple flirt ou amour
durable? - LYSIANNE GAGNON
Harper dépeint Ignatieff comme un
ardent centralisateur
Le Bloc prend Ignatieff pour cible
Et qu'a-t-il à répondre,
d'ailleurs ?...
Ignatieff : « S’ils m’attaquent, ils
attaquent aussi tous ceux qui ont vécu à
l’étranger, tous ceux qui sont venus de
l’étranger »
Les libéraux seraient-ils sur le point de revenir
à la vie ?
(Ou : les libéraux incarneraient-ils donc le
changement ?...)
Michael
Ignatieff sauvé des eaux?
Registre
des armes à feu: Ignatieff met le feu aux poudres
Vote
sur le registre des armes: les libéraux soumis
à la ligne de parti
Libéraux
et conservateurs toujours à égalité
Sondage
Léger Marketing-Le Devoir - Le PLC en
remontée au Québec
Lucienne
Robillard prêtera main-forte au PLC
Martin
Cauchon: du temps pour la reconstruction du PLC
Un
parti bien vivant
L’effet Ignatieff attire les
Québécois au PLC, estime Jean-Marc
Fournier
Les libéraux veulent provoquer des
élections - Joël-Denis Bellavance
SONDAGE NANOS/ LA PRESSE Les
libéraux ont une imagemoins négative que les
conservateurs
L’Alberta préfère
Ignatieff à Harper pour défendre les
sables bitumineux
Ignatieff augmente son avance
L’effet Ignatieff - ALAIN DUBUC
La cote des conservateurs au plus bas au
Québec
Le PLC souhaite limiter les cadeaux
auxministres et hauts fonctionnaires
Un programme électoral dès juin - Michael
Ignatieff rêve d’une « société
du savoir »
Bilan de congrès - VINCENT
MARISSAL
Le PLC plus populaire que le
Bloc
La récession, meilleure amie d’Ignatieff - VINCENT
MARISSAL
Ignatieff appelle à la mobilisation - Élu
par 97%
Ignatieff n’a plus droit à l’erreur
- VINCENT MARISSAL
Les libéraux rêvent de reprendre
le pouvoir
Beau temps pour rêver -
VINCENT MARISSAL
Les libéraux à la veille
d’éponger leurs dettes
...ou peut-être pas encore ?...
(ou peut-être pas vraiment ?...)
Les
rouges
sont
dans
le
rouge
Liberals poised for gains, but not government, in
make-or-break battle
Liberal
brand
takes
10-year
beating
Because
every
day
is
What’s
Wrong
With
the
Liberals
Day
Michael
Ignatieff
faces
daunting
'enthusiasm
gap'
A
new narrative in search of an author
'Grave
doubts
rising
in
Liberal
land'
as
support
hits
new
low
Des
libéraux en quête d'appuis, des bloquistes
bien en selle
Sondage:
Ignatieff ne s'impose pas plus que Dion
Liberals
are
failing
to
fan
the
winds
of
change
-
Jeffrey
Simpson
Sondage: Michael Ignatieff est le chef le moins populaire
Les libéraux tentent de faire oublier leur
échec - Hugo de GrandPré
Planification
familiale: le PLC perd le vote sur sa propre motion
Quelle
solution
de
rechange?
-
André Pratte
For
Liberals,
there’s
good
polling
news
and
bad
L'effet
Ignatieff s'évapore
Sondage:
Harper se maintient, Ignatieff perd des plumes
Bilan
2009: Harper en équilibre, Ignatieff en
chute libre
Martin
Cauchon: du temps pour la reconstruction du PLC
Propos
de Janine Krieber: les libéraux tentent de limiter
les dégâts
Stéphane Dion réaffirme son soutien à
Michael Ignatieff
Les
indiscrétions de Mme Dion
Épouse
en colère - Lysiane Gagnon
Le
déclin du Parti libéral du Canada
Ignatieff
ou le désastre - Lysiane Gagnon
Les
Canadiens ne voient pas Ignatieff en premier ministre
McKenna
dit que les libéraux devront s'armer de patience
Michael
Ignatieff perd deux autres conseillers
Ignatieff en panne - Denis
Lessard
L'indécence
- VINCENT MARISSAL
PLC: un quatrième chef en quatre
ans? - VINCENT MARISSAL
La descente aux enfers - ALAIN
DUBUC
Ignatieff à peine mieux que
Dion - VINCENT MARISSAL
LE PLC PERD DES PLUMES AU QUÉBEC -
Joël-Denis Bellavance
Un grand vide - ANDRÉ
PRATTE
Le Parti libéral du Canada
perd des appuis au Québec - Hugo de
GrandPré
Un mois crucial pour Ignatieff -
VINCENT MARISSAL
L’enjeu - ANDRÉ PRATTE
Des élections, mais sur quoi? -
VINCENT MARISSAL
Le PC talonne le PLC - Martin
Croteau
Michael Ignatieff en baisse dans les sondages
La lune de miel est terminée
Les libéraux s’essoufflent
LeBloc reprend la tête au Québec
Essor des Libéraux - La peau de l’ours
- Lysianne Gagnon
À part Denis Coderre? - ANDRÉ PRATTE
De l’espoir, mais aussi des
défis pour le PLC
Ignatieff : un politicien caché dans
l’intellectuel?
L’« iggymanie» , ou la Nostalgie
chronique - Lysianne Gagnon
Le parti Libéral pense-t-il vraiment pouvoir
n'amadouer les Québécois qu'avec des
bagatelles ?...
« Je suis du milieu, je comprends les enjeux
» - Karim Benassaieh
En fait, le parti Libéral a-t-il jamais
démontré qu'il avait su apprendre de ses
erreurs ?...
Les commandites continuent de coûter cher aux
contribuables - Joël-Denis Bellavance
Au tour d'Ignatieff de s'opposer à une
enquête publique
Et surtout, sont-ils vraiment venus eux-mêmes à
bout de leurs petites rivalités ?...
Who leads the Liberals?
Federal
Liberals
still
squabbling
in
Quebec
Planification
familiale: le PLC perd le vote sur sa propre motion
Denis
Coderre veut diriger le Parti libéral
Marc Garneau remplace Denis Coderre
- Malorie Beauchemin
Voir aussi D’abord communiquer avec le chef
- Malorie Beauchemin et Un lieutenant au
pouvoir allégé sera nommé
- Hugo de GrandPré
Chronique d’une catastrophe annoncée -
VINCENT MARISSAL
Coderre sous haute surveillance
Un gâchis - ANDRÉ
PRATTE
Mariage raté, divorce houleux -
VINCENT MARISSAL
CODERRE CLAQUE LA PORTE -
Joël-Denis Bellavance & Hugo de
GrandPré
Les «vedettes» de M.
Coderre - LYSIANE GAGNON
Processus de sélection des candidats au Parti
libéral du Canada / Deux jeunes militants
dénoncent des relents de « duplessisme
» - Hugo de GrandPré
La « coderrisation » du
PLC-Québec - André Pratte
Coderre gagne, le PLC perd -
VINCENT MARISSAL
Ignatieff bloque Cauchon -
Joël-Denis Bellavance
Cauchon veut se présenter dans
Outremont - Joël-Denis Bellavance
Un aspirant libéral sort
du rang - Tristan Péloquin
Denis Coderre tente de
rétablir l’ordre
Des militants demandent
à Ignatieff d’intervenir
Serions-nous donc en train d'assister à la fin du
Parti Libéral du Canada ?...
The
‘strange
death’
of
Liberal
Canada-
Jeffrey
Simpson
Pauvres libéraux
Is this Michael Ignatieff’s Kim Campbell moment?
Quand
la pâte ne lève pas
Liberals scramble to save own seats in election’s dying
days
Les Conservateurs seraient-ils en chute libre, du moins au
Québec ?
Aucun
effort à faire
Harper
embauche des Québécois
Layton est prêt à couler
Harper - Joël-Denis Bellavance
Les lacunes des conservateurs
émergent plus que leurs forces
Les
conservateurs et Stephen Harper s’enfoncent encore
davantage
Harper en récession, Iggy
stagne - VINCENT MARISSAL
Harper contreviendrait-il à sa propre loi ?...
Le déclenchement du scrutin 2008
était-il légal ? - Sue Bailey
Les Conservateurs essayeraient-ils de nous rouler ?...
La « grande passe de 2001
» - VINCENT MARISSAL
Voir aussi... Allocations de transition
pour... retraités - VINCENT MARISSAL
Harper laisserait-il tomber ses propres ressortissants,
et donc ses propres citoyens, du moment que ceux-ci se
risquent à poser le pied à l'étranger
?...
Une
«no-fly list» arbitraire ?
Canadian
blasts
embassy’s
evacuation
plan
for
tsunami-struck
Japan
Les ressortissants canadiens ne sont toujours pas
évacués
LA
POLITIQUE
ÉTRANGÈRE
MONTRÉE
DUDOIGT
Emprisonnement
prolongé au Soudan - Abdelrazik obtient le feu vert
pour poursuivre Ottawa et Cannon
Peine
de mort à l'étranger: Ottawa entretient la
confusion
Abdelrazik
launches
constitutional
challenge
Québécoise
retenue en Arabie Saoudite: l'opposition réclame de
l'action
Un
homme soupçonné de terrorisme poursuit le
gouvernement
The
never-ending ordeal of Abousfian Abdelrazik
Pas
de mesures spéciales pour les ressortissants
canadiens
Abdelrazik
est en prison virtuelle
Abousfian
Abdelrazik
lives
in
a
prison
without
walls
Mexique:
deux Canadiens libérés, mais le
mystère reste entier
Canadiens
à l'étranger: les libéraux
dénoncent l'attitude d'Ottawa
Un rapport prône une
révision de la liste d’interdiction de vol
Canadiens
détenus au Mexique: au mauvais endroit au mauvais
moment
La Cour fédérale
déclare invalide un autre certificat de
sécurité
Julius
Grey à la rescousse de l'imam Jaziri
L'immunité
des tortionnaires - Yves Boisvert
Stephan
Hashemi contre l'Iran... et le Canada
Prisonniers
canadiens à l'étranger: Ottawa se garde un
droit de regard «absolu»
Le prix de la liberté -
AGNÈS GRUDA
Un millier de Canadiens dans les prisons
étrangères - Joël-Denis
Bellavance
Harper savait dès le 1er juillet, clame
l’opposition - Agnès Gruda
Les prétentions d’Adil
Charkaoui - Yves Boisvert
Charkaoui
n’exclut pas de poursuivre Ottawa -
Malorie Beauchemin
Adil Charkaoui est un homme libre
- Laura-Julie Perrault
Que vaut notre
citoyenneté? - DENIS ST-MARTIN
Une série noire -
AGNÈS GRUDA
Notre Guantánamo ANDRÉ PRATTE
Une famille séparée
par l’Immigration - Laura-Julie
Perrault
IRAN Jack Layton presse Ottawa de faire
libérer un journaliste
Abdelrazik réclame justice
Jeune Montréalais condamné
à mort en Arabie Saoudite Les proches
déçus par les efforts d’Ottawa
Ottawa sommé par la cour
de rapatrier un Canadien
Des excuses
réclamées pour trois Canadiens
Un Montréalais écrit au premier
ministre Harper
Harper refuse de rapatrier
unMontréalais retenu au Soudan
Ottawa ramènera Abdelrazik
au pays
Abousfian Abdelrazik rentre au
bercail
Abousfian Abdelrazik veut blanchir son
nom
Montréalais condamné à
mort : Stockwell Day dit poursuivre les efforts
Preuve « insuffisante » contre
Charkaoui - Laura-Julie Perrault
Voir aussi Les Conservateurs seraient-ils tout
simplement racistes ?...
Voir aussi Pourquoi Harper semble-t-il tant vouloir
soutenir la torture ?...
Et le cas d'Omar Khadr ne fait-il pas ressortir, à
lui seul, tout ce qu'il peut y avoir de plus pourri dans
la "gestion" qu'en font les Conservateurs, ou plutôt
dans le fait qu'ils ne semblent justement d'aucune
façon un cas comme celui-là ?...
Omar
Khadr
«
UN
PACTE
AVEC
LE
DIABLE
»
In
the case of Khadr v. Harper, seeing is believing - Gerald
Caplan
Honteuse et
accablante mesquinerie
Will
U.K.
payouts
set
precedent
for
Khadr?
Le
cas
Khadr
est
différent,
dit
Ottawa
Roméo
Dallaire rages against Canada
Le
bouc
émissaire
Omar
Khadr - La capitulation
Un
interrogateur avait fait planer la menace d'un viol
à Omar Khadr
Le
scandale
canadien
Testimony on Khadr informed by psychologist with
anti-Muslim views
L’aveu
du
désespoir
Did Omar Khadr perjure himself?
Omar
Khadr
pleads
guilty
to
all
terrorism
charges
Omar
Khadr - Triste histoire
La
machine
à
rumeurs
s’emballe
L’intenable position canadienne
On
Omar
Khadr,
even
Bushies
are
biting
Obama
'No
evidence' Khadr's confessions were obtained through
torture: Judge
Procès
d'Omar Khadr: honte au Canada!
Le
procès Khadr suspendu pour au moins 30 jours
Khadr
a admis être un terroriste, selon le procureur
Procès
Khadr: la défense savoure une «petite
victoire»
And then there were 7: The jury who will decide Omar
Khadr’s fate
Procès
Khadr: l'ONU condamne le tribunal militaire
Le
procès Khadr commence avec le choix des jurys
Procès
Khadr: les déclarations sous torture seront
retenues
Omar
Khadr: le procès dont personne ne
veut
Le
tribunal militaire d'exception s'apprête à
juger Omar Khadr
En
bref - Khadr: un crédit triple pour le temps
passé en détention?
This Khadr is not welcome back - Globe Editorial
Le
frère d'Omar Khadr, Abdullah, est libre
L'avocat
d'Omar Khadr demande à la Cour suprême de
mettre fin au procès
En
bref - Omar Khadr accepte d'être défendu par
Jon Jackson
In
the
matter
of
Omar
Khadr,
shame
on
us
-
Lawrence
Martin
Khadr
abandonné
Defiant
Khadr denounces U.S. military commission
Affaire
Khadr: Ottawa ira en appel de la décision de la
Cour fédérale
Ottawa
persiste, Khadr résiste
Omar
Khadr
fires
U.S.
lawyers
in
protest
Omar Khadr - Heure de
tombée
A
week to make amends with Omar Khadr
Omar
Khadr’s
defender
sees
‘no
way’
for
fair
trial
États-Unis:
demande d'abandon des accusations contre Khadr
Obama
prié par trois organisations d'abandonner le
procès d'Omar Khadr
L’opposition juge « honteuse »
la décision du gouvernement
Omar
Khadr - L'effronterie
Les
avocats d'Omar Khadr critiquent la décision
d'Ottawa
Affaire
Khadr: Nicholson réagit au jugement de la Cour
suprême
Khadr
restera aux mains des Américains
Ottawa
ne demandera pas le rapatriement d'Omar Khadr
La
Cour est sage. Et M. Harper ? - André Pratte
An
unsatisfactory end to the Omar Khadr case
Omar
Khadr - Assez d'indifférence!
Omar
Khadr - La Cour suprême coupe la poire en deux
A chance to do the right thing
A
moral victory
Khadr ruling sees top court clash with Tories
C'est
le temps d'agir, monsieur Harper - Yves Boisvert
Omar Khadr: le gouvernement appelé à
l'action
La
Cour
suprême
n'ordonne
pas
le
rapatriement
d'Omar
Khadr
-
Khadr:
un jugement critique
Obama
n'arrive pas à fermer Guantánamo
Le gouvernement conservateur irait-il donc jusqu'à
se moquer de nos militaires ?...
Anciens combattants: Ottawa délie les cordons de sa
bourse
La
bombe à retardement afghane
New
Veterans
Charter
shortchanges
our
disabled
soldiers
Anciens
combattants: des citoyens de seconde classe?
Un
ombudsman s'en va-t-en guerre
Le
boomerang
L'ombudsman
des vétérans part en guerre contre Ottawa
Anciens
combattants: l'ombudsman vilipende le Ministère
Veterans advocate won’t go quietly
Harper irait-il jusqu'à laisser tomber les
retraités ?...
Régimes
de retraite: l'heure est à l'action, clame
l'opposition
Quit
heel-dragging
on
pensions,
Jack
Layton
tells
Tories
Les
régimes de retraite laissés à
eux-mêmes
Le
PLC propose des façons de mieux protéger les
retraités
Jim Flaherty tente d’amadouer
les critiques -
Joël-Denis Bellavance
Pension gelée ou en
baisse pour des milliers de retraités
québécois - Karim Benassaieh
Voir aussi Et si l'on revoyait quelque peu le traitement
que l'on peut réserver à nos
aînés, en commençant notamment par
peut-être revoir un peu notre système de
pension à cet effet ?...
Harper laisserait-il même tomber la
santé de ses propres citoyens ?...
La morale contre la santé
Un
billion
de
calories
en
moins
aux
États-Unis
Ottawa
refuse de remplacer le réacteur nucléaire de
Chalk River
Sur
le marché sans l'approbation de Santé Canada
Site
d'injection supervisée: Ottawa veut aller en Cour
suprême
La
lutte contre la drogue qui tue - Yves Boisvert
La
surveillance des aliments déficiente au Canada
Going the wrong way on isotopes, reactors
Isotopes
médicaux - Chalk River redémarre, mais les
dégâts sont irréversibles
La production d'isotopes reprend à Chalk River
D'autres
jours sombres à venir en médecine
nucléaire au Canada
Isotopes
médicaux: un retard serait extrêmement grave
PUBLICITÉ FÉDÉRALE La
grippe avant les Jeux
Sel: Santé Canada fera confiance
à l’industrie - Stéphanie
Bérubé
Arrêt
du réacteur de Chalk River: les coûts
s'élèvent à 70 millions $
Fermeture de Chalk River L’opposition passe à
l’attaque
Isotopes: Ottawa ne ferme pas
à la porte à un dédommagement
Isotopes : Ottawa est
appelé à l’aide
CRISE DES ISOTOPES Une facture possible de
10 millions au Québec
Isotopes médicaux La pénurie s’accentue -
Pascale Breton
La crise des isotopes est
imminente - Ariane Lacoursière
Fermeture du réacteur de Chalk RiverLa situation
pourrait tourner à la catastrophe
« Un casse-tête
inouï »
Une solution miracle? -
André Pratte
Mes amis sont-ils
condamnés? Nos premiers ministres doivent agir
en chef d’État et régler rapidement la
crise des radio-isotopes
La pénurie touche les
hôpitaux québécois -
Agnès Gruda
Réacteur nucléaire de Chalk River
Ottawa fait pression sur les responsables
Voir aussi Harper veut arrêter la production
d’isotopes
Ne nous passez pas le sel
- Ariane Krol
Et surtout, voir aussi Les
Conservateurs auraient-ils tout simplement tendance
à ne rien faire ?...
...
et ce même lorsque ceux-ci font face à une
pandémie ?...
Ottawa promet l'arrivée de nouvelles doses
L'absence
de plan d'urgence critiquée
Voir aussi Le vaccin offrirait-il surtout un
témoignage ultime de l'incompétence de nos
gouvernements ?...
Et voir aussi Vaccin trouble et Grippe A
(H1NI) La lenteur d’Ottawa critiquée
... Et si Harper se moque de la
santé des Canadiens, alors que dire de celle
des non-Canadiens ?...
Amiante : Les droits de la personne sont
bafoués, selon un expert -
FRANÇOIS CARDINAL
AMIANTE : CESSONS LE MENSONGE
L’opposition à l’amiante prend de
l’ampleur - FRANÇOIS CARDINAL
Des pressions pour mettre fin à l’exportation
- FRANÇOIS CARDINAL
... tout comme des Premières Nations ?...
Mohawks de Kahnawake - D'un autre temps
A (H1N1) OTTAWA ENVOIE
DES SACS À CADAVRES À DES
RÉSERVES DU MANITOBA
Deux mauvais choix de Harper -
LYSIANNE GAGNON
Harper en Arctique : Des pépins sur
le chemin d’Harper - Murray Brewster
Bonne fête quand
même, Canada - VINCENT MARISSAL
Voir aussi Grippe A (H1N1) : Le Canada
préoccupé par les autochtones
Et plus généralement, voir Premières
Nations...
Et plutôt que pratiquer un
prétendu fédéralisme d'ouverture,
Harper n'aurait-il pas surtout réussi
qu'à lancer une nouvelle ère de conflits
entre Ottawa et les provinces ?...
Stephen Harper se moquerait-il donc totalement et
ouvertement du Québec ?...
Angelo
et les francos
Nomination
controversée chez Harper - Le Québec? Bof...
Ottawa
défend l'achat des F-35
En
bref - Le PLC accuse Harper de négliger le
Québec
Liberals
accuse
Stephen
Harper
of
'completely
shunning'
Quebec
Recensement:
le Québec grand perdant
Gouverneur
général: Ignatieff et Layton
consultés, pas Duceppe
Financement
des festivals : près de
12 millions inutilisés à Ottawa
L'appui
du ministre Moore aux Canucks dérange des
députés
Harper
embauche des Québécois
Que
reste-t-il du discours de Québec? - Vincent
Marissal
Shawn
Graham menace de poursuivre Ottawa
Québec veut des gestes concrets
d’Ottawa - Tommy Chouinard
Voir aussi Se pourrait-il que les
Conservateurs ne se sentent aucunement concernés
par la promotion du bilinguisme au Canada ?... Ou
autrement dit, se pourrait-il que les Conservateurs ne
voient pas vraiment la nécessité de
réellement considérer le Québec en
tant que peuple fondateur ?...
Et en fait, à force de ne réussir qu'à
diviser toujours davantage le pays en tentant apparemment de
faire en sorte que celui-ci ne soit plus qu'une
réplique des États-Unis, et en
s'évertuant même à imiter ces derniers
dans leurs pires travers, les Conservateurs ne risquent-ils
pas surtout de menacer notre pays d'éclatement pur et
simple, dans la mesure où leur cirque ridicule ne
pourra ultimement que réveiller et attiser l'attrait
pour la souveraineté pour un peuple
québécois chez lequel une telle option
était jusque là considérée comme
appartenant au passé ?
Lettres
- Aux armes, citoyens!
Vers
la séparation ?
Pourquoi Harper semble-t-il tant vouloir soutenir la
torture ?...
La vérité toute nue
Détenus
afghans - Sous la torture
Torture systématique à Kandahar
Ottawa a sommé Colvin de rendre ses documents
Canadian
officials knew of Afghan torture claims: Documents
Vetting of Afghan detainee files left unfinished, panel
says
4000
pages
mais
toujours
pas
de
réponse,
dit
l’opposition
Détenus
afghans: toujours pas de documents
Ottawa
met la hache dans le comité spécial sur
l'Afghanistan
Le
Canada reconnaît avoir arrêté et
transféré des mineurs en Afghanistan
Le gouvernement Harper dans l’embarras
LeCanada
a
fait
ce
qu’il
fallait,
dit
MacKay
Les
allégations de Richard Colvin se confirment, dit
l'opposition
Le
Canada a transféré 283 prisonniers afghans
Le
SCRS utiliserait des renseignements obtenus grâce
à la torture
En
bref - Torture: un Afghan se vante
Détenus
afghans - Le SCRS examinera sa participation aux
interrogatoires
Publication
de documents sur les détenus afghans - Ottawa nomme
un «comité des sages»
Le
SCRS pourrait avoir reçu des informations acquises
par la torture
Scoring
points
with
detainees
Outrage
au Parlement: Peter Milliken donne le feu vert à
l’opposition
Exit
le dossier des détenus afghans?
The
government
seems
to
be
inviting
suspicion
-
Globe
editorial
Détenus
afghans - L'opposition peste contre l'obstruction d'Ottaw
Détenus
afghans: le fédéral accusé de choisir
les documents qu'il remet
Plus
d'insurgés, plus de prisonniers, observe Peter
MacKay
Torture: les détenus du Canada étaient
épargnés
Le
Canada transfère plus de détenus afghans que
ses alliés
Afghanistan:
Who
are
the
heroes
here?
De
nouvelles allégations explosives
Preventing
Afghan
torture
not
our
job,
military
policeman
says
Détenus
afghans: le gouverneur de Kandahar montré du doigt
Les
risques de torture étaient connus,
réitère Colvin
The case of the incurious investigator - Globe editorial
House
of
pain:
Canada’s
connection
with
Kandahar's
ruthless
palace
guard
Public
interest
goes
private
-
Globe
editorial
Les
journalistes
doivent-ils
être
intégrés
dans
l'armée?
-
Michèle Ouimet
Détenus
afghans: d'autres documents déposés
Prisonniers
afghans: l'opposition doit se contenter de documents
censurés
Torture
des prisonniers et guerre en Afghanistan - Le temps de
rendre des comptes
«Les
Afghans torturent leurs femmes»
Détenus
afghans - Ottawa jette de l'huile sur le feu
Opposition fumes as Tories release reams of redacted
detainee files
Détenus afghans: Ottawa dépose des documents
censurés
Mourir
en secret : la question de la torture
Détenus
afghans - L'opposition enclenche le processus d'outrage au
Parlement
Détenus afghans: un comité pourrait
dénouer la crise
Détenus
afghans: le bras de fer s'intensifie
Détenus afghans: l'analyse des documents pourrait
durer deux ans
Voir aussi
Et le cas d'Omar Khadr ne fait-il pas ressortir,
à lui seul, tout ce qu'il peut y avoir de plus
pourri dans la "gouvernance" des Conservateurs, ou
plutôt dans leur absence de gouvernance,
justement ?...
Détenus afghans - Ottawa défend le protocole
de visite des prisons
All quiet on the Afghan-detainee front
Esquiver le Parlement
Un
rapport américain confirme des cas de torture dans
les prisons afghanes
Détenus
afghans: Ottawa aurait été prévenu
dès 2005
Détenus
afghans: l'opposition exige une enquête publique
Documents
sur les détenus afghans: un juge tranchera
Prisonniers
afghans: Harper refuse de fournir des documents non
censurés
Harper
defiant
in
face
of
renewed
detainee
attacks
Détenus
afghans: un député défie le
gouvernement Harper
Comité
sur l'Afghanistan - L'opposition aiguise ses armes
Détenus
afghans: l'opposition réclame toujours les
documents
Opposition
presses
ahead
on
detainees
despite
prorogation
Prisonnier
afghan battu: l'armée canadienne exige une
enquête
Les
frais juridiques de Richard Colvin seront payés par
Ottawa
Vers
une abolition du comité des Communes sur la mission
en Afghanistan?
Omar
Khadr toujours en attente de son procès
Le
Canada
en Afghanistan
Le protocole critiqué
Torture:
les Canadiens croient l'armée
La torture, un problème afghan
Torture:
des audiences sans les députés conservateurs
Des
cas d'Afghans agressés par des Canadiens?
La
torture, spirale de violence
Un Algérien
expulsé par le Canada aurait été
interrogé sous la contrainte
McChrystal prône la tolérance zéro
face à la torture - Hugo de
GrandPré
Détenus
torturés: Colvin réplique
Les
conservateurs boudent le comité sur l'Afghanistan
Torture:
les conservateurs boycottent le comité
parlementaire
McKay
réfute le rapport sur le gouverneur afghan
Soutenu
par Ottawa, aujourd'hui accusé de torture
Détenus
torturés: le gouvernement fait la sourde oreille
Démocratie ou
barbarie - Michel Lebel
Insultes,
cynisme et satisfaction - Vincent Marissal
Torture
des détenus: Harper ment selon l'opposition
Harper
torture la vérité - Vincent Marissal
Un
détenu transféré par le Canada a
été torturé
Tous
les partis de l'opposition demandent la démission
de MacKay
Prisonniers
afghans: le NPD réclame la tête de MacKay
L'immunité
des tortionnaires - Yves Boisvert
Prisonniers
afghans: les perceptions au détriment de la
protection
Le
ministre MacKay accusé de cacher la
vérité
Canadiens
torturés: les efforts de médiation avec
Ottawa échouent
L'Afghanistan
aurait refusé le transfert de prisonniers
Torture:
l'opposition mise sur d'autres dénonciateurs
Détenus torturés: l'alerte a bel et bien
été lancée dès 2006
Stephan
Hashemi contre l'Iran... et le Canada
Obama,
allié de Stephen W. Harper - Vincent Marissal
Des documents censurés déposés au
comité
Risques
de torture: la Croix-Rouge avait prévenu Ottawa
Prisonniers afghans: Harper dit non à une
enquête publique
L'opposition
en faveur d'une enquête sur le sort des
détenus afghans
Détenus
afghans: les libéraux se défendent d'avoir
critiqué les militaires
Torture:
l'opposition réclame les documents
Détenus
torturés: Ottawa était
préoccupé dès 2006
Torture
en Afghanistan: le Canada savait dès 2006
Faute
d'immunité, Colvin ne déposera pas ses
rapports au comité
Prisonniers
afghans: l'opposition veut voir les documents
Ottawa a suspendu trois fois les transferts de prisonniers
Hillier
conteste la version de Colvin
La
torture existe, M. Harper - Michèle Ouimet
Prisonniers:
les partis se renvoient la balle
TORTURE DES PRISONNIERS Une agence
afghane dresse un sombre portrait
Le
pire Harper - André Pratte
Torture:
de nouveaux rapports mis de l'avant par l'opposition
Détenus
torturés: l'opposition réclame une
enquête publique
« LES DÉTENUS ONT ÉTÉ
TORTURÉS » - Malorie Beauchemin
Le
courage d'un jeune diplomate -
MICHÈLE OUIMET
Omar
Khadr sera jugé en sol américain
Omar Khadr serait-il
finalement non-coupable ?...
Afghans
torturés: l'opposition talonne le gouvernement
Pas besoin de devenir un
monstre - PATRICK LAGACÉ
Omar Khadr : La Cour suprême
tranchera - Malorie Beauchemin
Journée cruciale pour Omar
Khadr - AGNÈS GRUDA
J’ai honte - ALAIN DUBUC
Réactions à la décision
d’Ottawa - Hugo de GrandPré
Un jeune détenu de
Guantánamo renvoyé en Afghanistan
Omar Khadr : Le gouvernement portera la cause en Cour
suprême
LE GOUVERNEMENT HARPER ENCORE
GIFLÉ - Louise Leduc
Un jugement crucial - AGNÈS GRUDA
Notre Guantánamo ANDRÉ PRATTE
L’ombre de George W. Bush - Alain Dubuc
Les repères perdus -
ANDRÉ PRATTE
Les services secrets canadiens
blâmés dans l’affaire Khadr
Au diable Khadr... et la Charte- VINCENT
MARISSAL CHRONIQUE
OMAR KHADR - Ottawa porte en appel la
décision de la Cour fédérale
Le barbarisme de Stephen
Harper - Stéphane Giroux, Montréal
La Cour
fédérale ordonne à Ottawa de
rapatrier Omar Khadr
GUANTÁNAMO Omar Khadr veut se
séparer de ses avocats militaires
Torture : de nouvelles règles... qui
ne semblent pas changer grand chose...
La cour diplomate - André Pratte
Voir aussi Comment dénoncer la torture tout en
l'excusant chez soi...
Devant les accusations, le gouvernement Harper ne
saurait-il donc faire autre chose que de tirer sur le
messager ?...
Torture: Peter MacKay réfute les propos d'un
interprète
Et comment s'obstiner à ne rien dévoiler
sans ne faire ainsi que prouver d'autant plus qu'on
a justement quelque chose à cacher ?...
Parliament must be trusted with state secrets
Accès
à l'information: le PCC obtient la note
«F»
La
culture
du
secret
-
Lysiane Gagnon
Canada’s
access
axis
So
much for promises of open government
Brouillard
persistant
The Guergis and Afghan
message: Loose lips still sink ships - Jeffrey Simpson
Transparence
à Ottawa - L'idéal perdu
Détenus
afghans - Faire la lumière
La
culture du secret
Guergis:
les rumeurs n'arrêteront pas tant que les
allégations seront secrètes
Les
allégations s'accumulent au sujet d'Helena Guergis
Le Canada aurait-il donc tout simplement mis de
côté sa tradition de respect envers les
droits de la personne, dans son empressement à
suivre Washington et sa lutte au terrorisme ?...
(Les Conservateurs se moqueraient-ils des droits de la
personne ?...)
Révélations gênantes pour l’ancien
patron du SCRS
Les
fuites de WikiLeaks - Espionnage de diplomates à
Ottawa: Cannon n'est pas inquiet
« Le Canada a perdu sa vision
» - AGNÈS GRUDA
Et comment pouvons-nous faire la morale aux autre pays
si on ne commence pas d'abord par s'occuper des
problèmes que l'on crée nous même
à travers le monde ?...
Harper parle de droits humains à Shanghai
Le
marathon chinois de Stephen Harper
Mauvais
timing pour le voyage de Harper en Chine
Voir aussi Les
Conservateurs feraient-ils pâlir notre image ?
Les Conservateurs seraient-ils prêts
à soutenir les régimes les moins
recommandables, dans le seul but de s'enrichir ?...
Harper
dit oui aux demandes de censure chinoise
Nucléaire:
Ottawa incité à la prudence
Harper complète son séjour en Inde
Se pourrait-il donc que le gouvernement Harper
n'éprouve pas trop de scrupules à soutenir
des dictatures, après tout ?...
Gel
des avoirs par Ottawa - Deux poids, deux mesures pour Ben
Ali et Kadhafi?
Les Conservateurs s'accrocheraient-ils
encore à la logique de la Guerre Froide ?...
DES
DÉPENSES
INUTILES?
UNE CAUSE NATIONALISTE PARFAITE
Canada,
take
note:
Here’s
how
to
resolve
maritime
disputes
Souveraineté
dans l'Arctique: évitons la guerre froide
Ignatieff:
«Harper joue à la guerre froide»
It’s
time to resolve our Arctic differences
Arctique:
Cannon accuse les Russes de «jouer des jeux
politiques»
Cannon
critique un plan russe au Pôle Nord
Arctique:
une autre épreuve de force entre le Canada et la
Russie
With
Colombian
free-trade
deal,
Ottawa
pushes
the
'right
side'
of
Latin
America
Stephen
Harper critique le régime de Pyongyang
Pas de guerre diplomatique avec la
Russie, mais...
Une expulsion qui ravive les tensions
Cuba: une belle occasion manquée - VINCENT
MARISSAL
Se pourrait-il donc que le gouvernement Harper soit en train
de faire perdre au Canada toute la crédibilité
que ce pays a pu susciter à l'échelle
internationale ?
Now that Canada's Tory blue, Stephen Harper's rekindling
old alliances
The
Harper
Doctrine:
Conservative
foreign
policy
in
black
and
white
Et se pourrait-il que les maladresses de Harper doive
coûter au Canada ce qui ne peut que devenir une de
ses plus importante relation commerciale, soit celle avec
la Chine ?...
Êtes-vous fier de votre PM? - Alain Dubuc
Harper
critiqué:
il
a
récolté
ce
qu'il
a
semé,
dit
Bob
Rae
Petite
révolution touristique
Harper rabroué en Chine
Harper
essuie
les
critiques
de
dirigeants
chinois
Chine:
Harper dit que les droits humains restent une
inquiétude
Mauvais
timing pour le voyage de Harper en Chine
Harper doit «payer les pots cassés»
L'«espion»
qui vit dans une église
Harper et Ignatieff en
route vers la Chine
Les Conservateurs pensent-ils vraiment faire avancer quoi
que ce soit en ne faisant que bouder les autres nations
?...
Ottawa a refusé de rencontrer des dignitaires
nord-coréens
Commonwealth:
le Canada n'appuie pas la candidature du Sri Lanka
Les Conservateurs s'accrocheraient-ils à des
modèles dépassés ?... (Ou autrement
dit : ce pourrait-il donc que le gouvernement conservateur
manque cruellement de vision ?... ou encore : les
Conservateurs se seraient-ils tout simplement
campés du mauvais côté de l'histoire
?...)
Merkel
leads
pro-bank-tax
forces
against
Harper
Duceppe:
«Le Canada ne mérite pas un siège au
Conseil de sécurité»
Bottom
line:
Canadian
banks
should
pay
their
fair
share
Ottawa
s'opposera à une taxe mondiale sur les banques
Taxe
mondiale sur les banques - Le Canada encore plus
isolé
Harper
mettra l'accent sur l'environnement à Davos
Le
G8 passe avant le G20
Le « club des riches » a-t-il
fait son temps ? - Marc Thibodeau
Stephen Harper brandit l’étendard du
libre-échange
En fait, ce pourrait-il que les
Conservateurs ne comprennent rien à la
diplomatie ?...
Lettres
- Mise à l'écart du Canada
The visa for visiting
Mexicans has run its course - Globe Editorial
Visas:
le Mexique devra être patient
Calderón
déplore le visa exigé aux Mexicains
Visa
obligatoire: deux fois moins de touristes mexicains au
Canada
Un
ancien PM haïtien dans les limbes juridiques
canadiens
Canada-Mexique:
la querelle des visas a assez duré, dit le Bloc
Une
ancienne ministre refoulée au Mexique
Ottawa
songerait à imposer un visa aux Slovaques
Conservatives
follow
recipe
for
foreign-policy
decay
While
Mexicans
fume,
Canada's
reputation
and
revenues
take
a
hit
-
Jeffrey
Simpson
L'UE
menace de réintroduire des visas pour les
diplomates canadiens
Jean Chrétien
déplore le recul du Canada
Le beigne et le fantasme -
André Pratte
Ottawa veut désamorcer le
protectionnisme américain
Le Canada persiste et signe -
Agnès Gruda
Visas aux Mexicains : Une pression inutile -
Michael Rathier
Une décision
irréfléchie - Raymond
Tousignant
Le Mexique impose des visas aux
officiels et aux diplomates canadiens
Des visas pour les Canadiens
dans toute l’Europe ?
Obligation d’obtenir un visa pour entrer au
pays Tchèques et
Mexicains sont ulcérés
Les Conservateurs démontrerait-ils une attitude de
fermeture par rapport à pratiquement tout le reste
de la planète ?...
La
politique de la porte fermée
Réforme
sur les réfugiés: l'ONU met le Canada en
garde
Un rapport prône une
révision de la liste d’interdiction de vol
Voir aussi Les Conservateurs seraient-ils tout
simplement racistes ?...
Les Conservateurs pousseraient-ils leur
effronterie jusqu'à afficher béatement un
soutient inconditionnel et unilatéral envers
Israël ?...
Et d'ailleurs, à force de n'offrir au monde d'autre
impression que celle d'un pays qui ne cherche qu'à
se replier sur lui-même, les Conservateurs
ne sont-il pas en train de ne réussi
qu'à pratiquement isoler le Canada du reste du
monde ?...
Summit
musical
chairs:
Canada's
seat
is
at
risk
Harper's
bank-tax
victory
has
left
some
scars
Le gouvernement conservateur se moquerait-il donc tout
simplement d'à peu près tout ce qui peut se
passer sur la planète, ou plus
précisément de tout ce qui peut se passer en
dehors de nos frontières ?...
The
dismantling
of
Canadian
democracy
promotion,
brick
by
brick
La politique étrangère du gouvernement
Harper ne se résume-t-elle donc qu'à aller
chez les autres pour se vanter ?... Et qui plus est, de
quoi au juste les Conservateurs peuvent-ils bien se
vanter, si ce n'est d'avoir offert une performance
médiocre là ou celle des autres s'est tout
simplement avérée catastrophique ?...
Why Canada shouldn’t strut on the global stage
L'économie
canadienne vantée sur trois continents
Voir aussi Harper n'est-il donc capable de se
trouver lui-même d'autre mérite que celui
d'être supposément moins pire qu'un autre
?...
La super campagne des Conservateurs pour un siège
au Conseil de sécurité de l'ONU
n'aura-t-elle donc servi qu'à illustrer un
désaveu pur et simple de la politique
étrangère du Canada, et ce, de la part de
rien de moins que la planète en entier ?...
Conservative voters: rock-solid by reflex
Canada said things,
but just wasn’t there
The Economist on Canada’s UN rejection
Un
siège au Tim Horton
Les
faiblesses d'un plan de match
Défaite
du Canada à l'ONU - Confusion autour de l'appui
américain
Le
Canada
a
été
abandonné,
croit
un
expert
Esprit
de
Lester
B.,
es-tu
là?
Quand
on sème du chiendent
Humiliation diplomatique
Canada-ONU
- La honte !
HUMILIANTE DÉFAITE
« C’est un recul important », dit un ancien
ambassadeur
La gifle
Le
Canada reçoit une gifle à l'ONU
Canada
must
rebuild
its
diplomatic
resources
Le
déclin
du
Canada
Why
Canada
shouldn’t
strut
on
the
global
stage
Se pourrait-il donc qu'il n'y ait pas seulement à
l'économie que les Conservateurs appliquent la
"logique" du laisser-faire économique ?...
Stephen
Harper's
worrying
drift
Ce gouvernement prendrait-il plaisir à
s'empêcher lui-même de gouverner ?...
Un
autre Canada
Gouvernement
Harper - Sous haute surveillance
Le
Parlement de la stagnation
Une
année perdue à Ottawa
Projets
de loi sur la justice - Les conservateurs ont boudé
l'aide des libéraux
Se pourrait-il donc que les Conservateurs n'aient tout
simplement pas compris qu'il faut quand même savoir
démontrer un peu plus qu'une capacité à
"laisser faire" afin de favoriser la croissance
économique ?...
Canada in danger of missing the boat in the Arctic - Globe
editorial
Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne sachent tout
simplement pas gérer l'économie ?...
Le
déficit éliminé, la dette aura bondi
de 40%
Ottawa's GST cut a mistake
Le
contribuable, vache à lait d'Ottawa
L’économie
à
la
sauce
électorale
It
could be worse, Stephen Harper could really be an
economist - Gerald Caplan
If Stephen Harper’s an economist, I’m the Queen of Sheba
Ottawa
should
just
show
spending
restraint
Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne se soient
tout simplement pas montrés assez responsables pour
mériter qu'on leur confie la gestion du budget
fédéral ?...
Manque
de prudence
The feds are spending billions without looking at the bill
Les
Conservateurs seraient-ils encore dans la logique du
laisser-faire économique, même en pleine
récession ?... Ou autrement dit, les
Conservateurs entretiendraient-ils, vis-à-vis
de l'économie, la même négligence
qui a justement mené à la
récession, et qui pourtant avait jadis
causé la Grande Dépression ?...
L’énoncé
maudit
de
Jim
Flaherty
La
crainte des banques - Le déni de Flaherty
Pas
de second plan de relance de la part d'Ottawa, dit
Flaherty
Dispute concernant les
projets d’infrastructures
Industrie Canada reste passif devant la
possibilité d'une récupération
canadienne de Nortel
Visas aux Mexicains : Une pression inutile -
Michael Rathier
Financement fédéral des
infrastructures provinciales Ottawa tarde à
payer, accuse le NPD
Forêt : Ottawa se tire
dans le pied
Hubert Lacroix s’en prend
à l’« inaction » des gouvernements
Les associations de consommateurs restent sur
leur faim
Le jovialisme économique des Conservateurs ne
serait-il pas en bout de ligne que de la pure
irresponsabilité ?...
Un déficit temporaire, dit Harper
Mais surtout, le gouvernement Harper ne se moque-t-il
pas tout simplement de nous lorsqu'il prétend
pouvoir retrouver l'équilibre budgétaire
sans même se donner la peine de donner une raison de
croire que cela pourrait en fait être
réalisé ?...
Hope
keeps
Flaherty's
balanced
budget
afloat
Spending
now,
restraint
later
–
after
the
next
election
-
Jeffrey
Simpson
Peut-on
croire
Jim
Flaherty?
-
Alain Dubuc
Crédible... sur papier - Claude Picher
Budget fédéral - Pourvu qu'il fasse beau !
Flaherty
is cracking the whip but can he really tame the deficit?
La
crédibilité
de
Jim
Flaherty
-
Claude Picher
Lunettes
roses à Ottawa - Alain Dubuc
Christian
Paradis: «il va falloir rétablir
l'équilibre budgétaire»
La
croissance économique n'effacera pas le
déficit fédéral
La foire aux illusions - CLAUDE
PICHER
Où est le plan de M. Flaherty?
- ALAIN DUBUC
Et peut-on vraiment penser rétablir
l'équilibre budgétaire en n'ayant recours
qu'à des coupes, en partant ?...
Can
Ottawa
tame
its
deficit
beast?
Et pourtant, le Canada n'a-t-il pas déjà
été un leader mondial en matière de
lutte au déficit ?...
British politicians hang hopes on comparisons to Canada
Les Conservateurs ne commenceraient-ils pas un peu trop
tard à se soucier de l'économie ?... Et
surtout, les "mesures" qu'ils proposent à cet effet
ne seraient-ils encore que des écrans de
fumée destinés à mieux camoufler leur
inaction, comme cela semble d'ailleurs être le cas
pour à peu près tous les autres dossiers
?...
Le talon d'Achille de M. Harper - Alain Dubuc
Le
gouvernement s'attaque à la situation alarmante de
l'emploi
La "gestion" que les Conservateurs "font" de
l'économie ne se réduirait-elle qu'à
suivre à la lettre leur petit crédo
idéologique ?...
Five years later, Harper has made Canada more conservative
Taxing
the
über-rich
would
reduce
the
deficit
and
social
resentment
Se pourrait-il donc que ce gouvernement ne gouverne en
fonction de nul autre objectif que ses propres
intérêts électoraux ?...
This was not a conservative budget - Globe editorial
UN BUDGET INUSITÉ
La sharka du prunier
Programme électoral
This
is
not
a
conservative
budget
Les Conservateurs ne légifèreraient-ils donc
qu'en fonction de considérations bassement
éléctoralistes ?
La loi comme un drapeau
"L'agenda" conservateur ne serait-il donc qu'une liste de
caprices partisans ?
Canada’s big problems need more than small thinking
Se pourrait-il que le gouvernement Harper ne se
préoccupe que de ce qui peut lui-même
l'avantager à court terme, et même lorsque ce
n'est rien de moins que l'avenir économique
du pays qui est pourtant en jeu ?...
Discours du Trône: «de la
regurgitation», dit Ignatieff
Tout
ça pour ça?
Balanced
budgets are lifesavers in turbulent times - Jeffrey
Simpson
Le
déficit structurel du Canada inquiète
Les Conservateurs iraient-ils même jusqu'à
renier le jeu de la concurrence et du libre-marché,
dont ils sont pourtant les premiers à se
prêcher les mérites ?...
Why this aversion to tendering contracts?
Un
milliard
de
plus
en
contrats
sans
appel
d’offres
Un
jeu
dangereux
Potash investment: friends with net benefit - Globe
Editorial
Economic
chauvinism
in
2010?
Barking
mad!
La
vente
de
PotashCorp
bloquée
Se pourrait-il donc que le gouvernement Harper
n'éprouve en fait aucun scrupule à gaspiller
les impôts des Canadiens ?....
Retombées
économiques du F-35 - Le Pentagone est moins
optimiste que le gouvernement Harper
F-35:
les conservateurs ont négligé la concurrence
Le gouvernement Harper se moquerait-il tout simplement de
l'économie canadienne, surtout du moment qu'il peut
faire lui-même des économies ?...
Des
épinglettes de la mauvaise couleur
Un symbole canadien made in China
Les politiques économiques des Conservateurs
n'auraient-elles donc pour effet que de profiter aux plus
riches, et donc d'accroître
l'inégalité, en bout de ligne ?...
Turning elitist proposals into populist ones
Harper,
champion
de
la
classe
moyenne?
Tories’ income splitting another nail in tax coffin -
Jeffrey Simpson
Le temps d’y penser
Harper irait-il jusqu'à se moquer des citoyens
lessivés par des fraudeurs qui savent que rien ne
sera jamais fait pour les arrêter ?...
Fraude : Le bon tournevis? - ARIANE KROL
Les Conservateurs auraient-ils tout simplement tendance
à ne rien faire ?...
Inévitables, les élections?
G8/G20:
un ordre du jour vide, dit Ignatieff
Le train manqué
- François Rebello
Voir aussi Harper laisserait-il
même tomber la santé des Canadiens ?...
Se pourrait-il donc que ce gouvernement n'aie tout
simplement pas plus d'agenda que de vision ? (... Si ce
n'est en fait un agenda secret pour une vision de division
?... )
In search of lost Conservative substance
Northern
tour symbolic, but not much more
Le gouvernement conservateur ferait-il donc le contraire
de ce qu'il prêche, et notamment au niveau de
l'économie ?
Stephen Harper’s Conservatives to pony up $190,000 for
doughnuts
Harper n'est-il donc capable de se trouver lui-même
d'autre mérite que celui d'être
supposément moins pire qu'un autre ?...
For
Harper,
no
news
is
good
news
for
his
legacy
Se pourrait-il donc que ce gouvernement n'ait d'autre
agenda que l'aveuglement idéologique pure et simple
?...
Pardon:
le taux de récidive ne justifie pas les
restrictions
Harper
contre
la
machine
Politique
canadienne - Obsessions conservatrices
The
Tories
are
running
on
empty,
so
don’t
expect
much
progress
Stephen Harper se servirait-il donc de la lutte au
déficit comme prétexte pour donner libre
cours au mépris qu'il semble
systématiquement témoigner envers toute
forme de mission sociale du gouvernement ?
Coupes
conservatrices - Ce qui dérange
Ressources
humaines - Ottawa coupe en catimini
Quelles sont donc les priorités de ce gouvernement
?...
Fund pathways to education, not to prison
Le sens des priorités du gouvernement Harper
Dépenses
fédérales - Ottawa donne aux prisons et
coupe en environnement
Et surtout, voir aussi...
Les Conservateurs se
moqueraient-ils touts simplement de l'environnement
?
Les Conservateurs ne seraient-ils pas surtout
en train de nous isoler, en s'obstinant à ne
tenir qu'à bloquer tout avancement dans ce
dossier ?...
et
Les "politiques" des Conservateurs ne seraient-elles
en fait que des "écrans de fumée" n'ayant
d'autre but que de dissimuler leur propre inaction ?...
Le gouvernement conservateur ne saurait-il donc faire
autre chose que de conserver le pouvoir ?...
Cinq
ans de pouvoir minoritaire - Le survivant
En fait, à travers la "gestion" qu'ils font de
l'environnement, et surtout à travers l'absence de
cette dernière, les Conservateurs ne sont-il pas en
train de dépouiller le Canada de sa propre
souveraineté ?...
Espace
aérien - Les béni-oui-oui
Le
Tea Party par la bande
Ottawa
assujetti à Washington
Le
marché du carbone va attendre
Le 51e État
Émissions de GES - Une politique made in USA
La
vraie sottise - Alain Dubuc
Et en fait, le Canada prendrait-il donc plaisir à
se défaire lui-même de sa
souveraineté, du moins depuis qu'il se trouve sous
la gouverne des Conservateurs ?...
The
United States of Canada
Monarchie
britannique et gouvernement Harper - La refonte des bases
symboliques du Canada
Les lubies de Monsieur Harper
Trading
away from the USA (again)
Here’s a royal suggestion - JEFFREY SIMPSON
Lettres
- Notre patrie, le Canada
Lettres
- Quand le Canada s'émancipera-t-il de
l'Angleterre?
Marine
et
aviation
royales - Rétrograde Harper
Un pays colonisé
Le
colonial
Portrait
de la reine - Leçon politique
Affaires
étrangères et Défense - Une alliance
poussée à l'extrême
et par ailleurs...
Les Conservateurs bloqueraient-ils en fait le
progrès non seulement pour le dossier de
l'environnement, mais en fait pour pratiquement tous les
dossiers d'importance ?... Ou autrement dit, pour les
Conservateurs, être "conservateur" ne veut-il pas
surtout dire être "contre le progrès" ?...
Le billet vert en chute libre
Les Conservateurs nous enfonceraient-ils dans une guerre
aussi absurde que sans issue ?...
Afghanistan–Canada, même fouillis? Un succès
remarquable ?
Les Conservateurs ont-ils une quelquonque
crédibilité lorsque vient le moment de
critiquer les autres ?...
Promesses non tenues en matière d’aide au
développement Harper sermonne les autres pays
du G8
Harper aurait-il par ailleurs une petite
tendance à vouloir jouer au dictateur ?...
Et son gouvernement aurait-il même une tendance
à se prendre pour Big Brother ?...
Deux programmes préoccupent la commissaire à
la vie privée
Les Conservateurs auraient-ils aussi une petite
tendance à se mêler de ce qui ne les regarde
pas ?...
Les droits des femmes doivent primer, dit
Verner - Tommy Chouinard
Les Conservateurs savent-ils seulement ce qu'ils font ?
Le
Wapikoni mobile, fleuron du Canada !
Composition
de l'Assemblée constituante - Ottawa interdit le
vote de Tunisiens sur son territoire
Cinéma
- Ottawa porte un coup aux jeunes créateurs
autochtones
Vic
Toews,
un
vrai
dur
MacKay défend le travail de l’armée
L’honorable
et
les
terroristes
F-35:
la note risque d'être trop salée
Le
Canada tourne le dos aux Roms
Stephen
Harper
does
the
UN
-
but
shouldn't
-
Gerard
Caplan
Des
députés s'étonnent que Harper dise ne
pas suivre l'actualité
OTTAWA La nomination de
Pharès Pierre de nouveau contestée
Le ministère de l’Immigration
savait - Hugo de GrandPré
Ministre congédiée
après une subvention... à la
fierté gaie !...
Ottawa bloquera les
réfugiés haïtiens qui
transitent par les É.-U.
Une impression d’arbitraire
- Marc Cassivi
Le fédéral refuse
de financer Divers/Cité
Un organisme voué
à l’éducation pourrait disparaître
Les Conservateurs se rendaient-ils maintenant coupables de
mesures discriminatoires ?...
Dans
un pays près de chez vous
«C'est
mieux de refuser des gens que d'avoir de la
difficulté à en attirer»
De
plus
en
plus
d’exclus
des
rassemblements
conservateurs
Le gouvernement conservateur serait-il tout simplement
inhumain ?...
Jail is no place for the mentally ill
Les Conservateurs chercheraient-ils donc à faire
d'eux-mêmes des champions de l'intolérance
?...
When
guilt
by
association
wasn’t
the
Canadian
way
Les Conservateurs
seraient-ils nos Républicains ?
La réforme est inéquitable, dit l’opposition
- HUGO DE GRANDPRÉ
Harper
à l'écoute de la droite religieuse
Le
gouvernement
Harper
-
Inspiré
par
George
W.
Bush
-
Bernard
Descôteaux
Droits
des gais retirés d'un guide: Kenney nie tout
Triste
sort réservé aux gais
Les droits des gais retirés d'un guide remis aux
immigrants
La
lutte contre la drogue qui tue - Yves Boisvert
Prêts
et loi islamique: Ottawa mis dans l'embarras
Harper savait dès le 1er juillet,
clame l’opposition - Agnès Gruda
Punition plutôt que
réinsertion - Mathieu Perrault
Ministre congédiée
après une subvention... à la
fierté gaie !...
Une impression
d’arbitraire - Marc Cassivi
Le nombre de crimes et leur
gravité en baisse
Un double discours - Le
gouvernement Harper veut renforcer la
sécurité publique, mais cherche à
abolir une partie du registre des armes à feu
Pot - Un projet de loi sur le inquiète
l’opposition
Les Conservateurs seraient-ils d'ailleurs à la botte
des extrémistes religieux ?...
Hidden in plain sight: the evangelical factor
Promoting pluralism abroad must be a foreign policy pillar
Des
fous de Dieu chez les conservateurs
Conservateurs
et Opus Dei à la même table
Opus
Dei: Ottawa se fait rassurant
The
real
cultural
warrior
arrives
on
the
battlefield
Voir aussi Le gouvernement Harper menacerait-il le
droit des femmes à l'avortement ?...
Les Conservateurs seraient-ils tout simplement racistes
?...
Les
conservateurs veulent éliminer la discrimination
positive dans l'embauche
La
politique de la porte fermée
Réforme
sur les réfugiés: l'ONU met le Canada en
garde
Un rapport prône une
révision de la liste d’interdiction de vol
Ottawa bloquera les
réfugiés haïtiens qui transitent
par les É.-U.
Voir aussi Les Conservateurs
démontrerait-ils une attitude de fermeture par
rapport à pratiquement tout le reste de la
planète ?...
Les Conservateurs ne gouverneraient-ils donc que par la
peur, même non fondée ?...
M. Harper, il est moche, votre Canada
Harper
government misguided in its tough-on-crime approach
La justice après C- 10
La soif de vengeance
There is no crime epidemic - Jeffrey Simpson
Ottawa's new war on crime, waste and other bad things –
like facts
Scary are the Tory measures to combat crime - JEFFREY
SIMPSON
The ideology and the reality of law and order
JUSTICE À L’AVEUGLE
En retard d’une révolution
The
Conservatives’ crime obsession is not magnificent - Globe
Editorial
Même
dureté, mêmes critiques
Putting
politics before public safety
Ottawa’s drug problem: The penalty doesn’t fit the crime
Lutte
contre
le
crime
- Anachronique Harper
Pardon:
le taux de récidive ne justifie pas les
restrictions
Tories
judge
evidence
of
falling
rates
inadmissible
-
Jeffrey
Simpson
Moins
de crimes, mais plus de prisons
Nouvelle
baisse
de
la
criminalité
Le
populisme
sécuritaire
What
are
Canadians
really
afraid
of
when
it
comes
to
crime?
Tories
twist crime stats to build more prisons
Playing
the
politics
of
slogans
and
fear
-
Jeffrey
Simpson
Y a- t- il plus de crimes?
Essentielle, la répression
Lettres
- C-10 et les chiffres sur la criminalité
Les Conservateurs seraient-ils en train de nous refiler
en douce l'imposition d'un système pénal
punitif à l'américaine ?...
Projet
de loi C-10 - Des normes internationales de protection de
l'enfance
Harper
machiavélique
Canada’s
youth crime plans bewilder international observers
Ontario
PCs
conjure
images
of
chain
gangs
Canada
warned
not
to
follow
U.S.
tough-on-crime
‘mistakes’
Puritanism
could
be
a
winner
Sécurité
publique: un enjeu électoral?
Stockwell
Day's
prisonyard
of
dreams
Stockwell
Day
cites
'alarming’
rise
in
unreported
crime
to
justify
new
prisons
A
second chance or a boot in the face
La
face cachée du casier judiciaire
With
ex-cons,
forgiveness
should
not
be
by
rote
Plants
de
marijuana:
le
PCC
ressuscite
son
projet
de
loi
Les
conservateurs veulent faire annuler la
«dernière chance»
Making
things worse for young offenders
Le
respect de la loi
Jeunes
contrevenants: Ottawa présente une réforme
adoucie
Jeunes
contrevenants: Ottawa promet une loi avec plus de mordant
Random
breath tests would be too intrusive
La
méprise du sénateur Boisvenu - Que gagneront
les victimes à la prison que l'on propose ?
Le
modèle québécois est menacé,
estime le Bloc
Jeunes
contrevenants: Harper récidive
Le
contrat du «chien de garde» de la GRC n'est
pas renouvelé
Code
criminel: Duceppe prend le cas Lafleur en exemple
Punition plutôt que
réinsertion - Mathieu Perrault
Et d'ailleurs, n'est-ce pas surtout nous-mêmes qui
semblons devoir en payer le prix ?...
Lawyers
group
balks
at
Harper’s get-tough-on-crime agenda
Crime
laws
and
our
deteriorating
prisons - Globe Editorial
Let’s
build
opportunity,
not
prisons
When
jails become a jobs program
Harper
Tories
split
with
friends
abroad
on
crime
policy
-
Globe
editorial
Prisons
fédérales 35% plus de prisonniers d'ici
trois ans
Condamnés
à
payer
-
Ariane Krol
The
prison
spending
boom
-
Globe
editorial
Les Conservateurs seraient-ils donc en train de donner
à la violence tous les moyens d'être
perpétrée?...
Harper et l’émeute de Montréal-Nord
Libre
opinion - Le registre des armes à feu, un gage de
sécurité
M.
Layton, comportez-vous en homme d'État!
Moins
de crimes violents
Tout
se peut
Les
policiers canadiens veulent garder les armes
d'épaule dans le registre
Jack
Layton interpellé par un survivant de Dawson
À
la défense du registre des armes à feu
Cri
du
coeur
pour
le
registre
des
armes
à
feu
Triste
et fâchée - Marie-Claude Lortie
Polytechnique,
20 ans après: «Quatorze fins du monde»
?...
La
chasse au registre des armes à feu est ouverte
Anniversaire
du 6 décembre: le ton monte aux Communes
Registre
des armes à feu: la bataille se prolonge
Manque de leadership - Heidi
Rathjen
Un
vote inquiétant - André Pratte
Registre
des armes à feu: le projet de loi fait son chemin
Registre
des armes à feu : les Conservateurs sortent
l'artillerie lourde
Voir aussi Violence
Et si ce cher registre ne s'avérait peut-être
pas si indispensable ?...
MAUVAISE CIBLE
This
registry
doesn’t
register
-
Globe
Editorial
Getting
beyond emotion on long-gun registry
Your Views: In defence of the gun registry
Gun control: Crime and the registry
Un
registre
inutile
Et si ce débat était tout simplement mal
posé ?...
Gun-list debate way off target
Le Parti conservateur serait-il donc devenu le parti de la
régression ?...
Policy-pinched
Liberals
eye
home-care
plan
Les Conservateurs savent-ils remonter leur image
autrement qu'en attaquant celle des autres ?...
What if Stephen Harper’s previous views were used against
him? - Jeffrey Simpson
Tory
attack
ads
pack
a
punch
that
leaves
Liberals
reeling
Harper s’excuse auprès
d’Ignatieff
Chacun son
torchon - André Pratte
Triste dérapage du PC
- Olivier Lemieux
PUBLICITÉS CONSERVATRICES Des
libéraux défendent le Bloc
Les pubs contre Ignatieff n’ont
pas fait mouche
Les gaufrettes d’Iggy, les enveloppes de
Mulroney - VINCENT MARISSAL
Les conservateurs lancent une offensive
publicitaire contre Michael Ignatieff
Le bilan du PC parle de lui-même,
selon Ignatieff
Le début de la salle campagne
Les Conservateurs sont-ils vraiment guidés par
quoi que ce soit d'autre que la partisannerie, si ce n'est
par l'électoralisme en tant que tel, comme un tel
comportement tend d'ailleurs à le suggérer
?...
Would
Tories
use
an
Ignatieff
clip
out
of
context?
‘Yes!
Yes!
Yes!’
Attack
the policies, not the person - Jeffrey Simpson
Ça
promet!
It’s
a
risky
time
for
attack
ads
Majorité
conservatrice
Harper’s senators: Conservative, diverse and obedient
Sénat
- Contrôle total
Le
refus de l'intelligence
Ottawa
exige une recension des affiches du plan de relance
Les
libéraux dénoncent les nominations
partisanes des conservateurs
Sénat:
Harper protège son budget
Harper
nomme un partisan conservateur au Sénat
Just
stop doing this
L'opposition
critique une nomination «partisane»
Les politiques s’invitent aux
olympiques
Les
conservateurs contrôleront les deux chambres du
Parlement
Les cinq nouveaux sénateurs renforcent la position
des conservateurs
Crise
majeure à Droits et démocratie
Stratège
d'abord, premier ministre ensuite - Vincent Marissal
Les
conservateurs n'auront pas carte blanche au Sénat
Ottawa
a dépensé 400 millions en publicité
en cinq ans
PUBLICITÉ FÉDÉRALE La
grippe avant les Jeux
Ignatieff
veut limiter la propagande politique
Bisbille
autour d'envois postaux conservateurs
Les
libéraux accusent Harper de multiplier les
nominations partisanes
Des
bouteilles à l'effigie du Parti conservateur
L'opposition
critique le guide pour les immigrants
Flamme
olympique: le PC accusé de partisanerie
L'indécence
- VINCENT MARISSAL
Une
enquête sur les chèques des conservateurs
Les
libéraux dénoncent la
«propagande» des conservateurs
Publicités gouvernementales à des fins
partisanes : Les conservateurs violent la loi, accusent
les libéraux - Malorie Beauchemin
Jeux Olympiques : Un logo jugé trop
partisan - Malorie Beauchemin
Dispute concernant les
projets d’infrastructures
Le sénateur Demers à la rescousse
- Vincent Marissal
Deux mauvais choix de Harper -
LYSIANNE GAGNON
Vague de nominations partisanes
à Ottawa
Orgie bleue au Sénat -
VINCENT MARISSAL
L’orignal dans le Sénat
- YVES BOISVERT
Harper fait au moins six nominations
partisanes à des postes clés
9 millions de fonds publics - VINCENT MARISSAL
Les Conservateurs verseraient-ils même dans la
manipulation de l'information, sinon l'art de la
propagande ?...
Harper
s'intéresse à Sun TV News
Les Conservateurs iraient-ils jusqu'à s'en
prendre directement à quiconque ose les critiquer
?... Ou autrement dit, se pourrait-il que, sur les
questions idéologiques tout au moins, le
gouvernement Harper ne se comporte pas mieux que la plus
basse des dictatures, tout simplement ?...
Le contrat du «chien de garde» de la GRC n'est
pas renouvelé
Les Conservateurs ne se soucieraient-ils donc que des
perceptions populaires, même aux dépens de la
raison et des faits ?...
Pas
d’excuses
pour
Helena
Guergis
Le
monde
selon
Harper
Les Conservateurs iraient-ils donc jusqu'à
déformer sciemment la réalité, et ce
de sucroît sur une base apparemment
systématique ?
Financement
international - Du toupet!
Stealth
jets,
brought
to
you
by
a
spin
machine
on
steroids
-
Jeffrey
Simpson
Les Conservateurs n'hésiteraient-ils donc pas
à déformer la réalité afin de
mieux servir leurs propres intérêts ?...
Not exactly an
economic gold medal
Les Conservateurs seraient-ils donc de mauvaise foi ?...
Stockwell
Day
stands
his
ground
on
crime
stats
Hallucinations
- André Pratte
Sound the alarm on Stockwell Day’s statistics - Globe
Editorial
Stockwell Day scrapes the bottom of the barrel
A voice in the wilderness: Bob Rae weighs in on census
Stockwell
Day
cites
'alarming’
rise
in
unreported
crime
to
justify
new
prisons
Les Conservateurs ne seraient-ils donc que des menteurs
?...
«
C’est
un
abus
du
Parlement
»
Oda
and accountability
Financement
de Kairos - Outrage aux électeurs
La
pression s’accroît sur Bev Oda
Bev
Oda’s
serious
transgression
-
Globe
Editorial
Opposition steps up pressure for Oda resignation over
altered document
Abus
de mensonges
Financement
de Kairos: l’opposition demande la tête de Bev Oda
Believe
me, you can’t trust anyone-
Gerard Caplan
Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne se satisfassent
pas de ne pas remplir leurs propres promesses, et
iraient-ils en fait jusqu'à faire
précisément le contraire ?...
Waiting
for
smaller
government?
Don’t
hold
your
breath
-
Jeffrey
Simpson
Ce gouvernement serait-il carrément en train
d'essayer de contrôler l'information ?...
Médias:
l'influence conservatrice s'accroît
Les Conservateurs seraient-ils donc cependant à des
réseaux pratiquant rien de moins que la
désinformation ?...
Médias
- Bouette et désinformation
Se pourrait-il que les Conservateurs
méprisent carrément le journalisme, tout
comme les médias en général ?... Ou
autrement dit, mépriseraient-ils donc le droit du
public d'avoir accès à l'information ?...
Stephen Harper’s five-question limit
Le
sommet des exclus
G
comme dans Gaspillage - Stéphane Laporte
Les
neuf vies de Dimitri Soudas
Un
ministre conservateur s'attaque à des journalistes
Dimitri
Soudas, le fidèle soldat
Des
députés s'étonnent que Harper dise ne
pas suivre l'actualité
Voir aussi En fait, le gouvernement Harper ne se
trouve-t-il pas à rappeler les pires
régimes totalitaires de par son total
mépris du libre accès à
l'information ?...
Les Conservateurs chercheraient-ils donc à
empêcher toute procédure officielle par
laquelle leurs agissements pourraient en venir à
être examinés et évalués de
quelque façon que ce soit ?
How
can
our
lawmakers
stand
such
harsh
scrutiny?
Les Conservateurs oseraient-ils donc aller
jusqu'à pratiquer la censure ?...
L’apparence de censure dénoncée par les
libéraux
UNE
ARTISTE
QUI
DÉRANGE
Ignorance
mensongère
Le
gouvernement Harper: une culture d'intimidation
Registre
des armes à feu : le directeur viré
Removal of firearms watchdog has critics screaming
'censorship'
Is Stephen Harper set to move against the CRTC?
Le
boomerang
L'ombudsman
des vétérans part en guerre contre Ottawa
Anciens
combattants: l'ombudsman vilipende le Ministère
Veterans advocate won’t go quietly
Moderators
skipped
question
on
Gulf
oil
spill
at
Harper
forum
Why Conservatives are
attacking CBC
A
land of bias from sea to shining sea - Lawrence Martin
Beating
up
the
CBC
is
like
beating
up
a
sick
puppy
La baisse de budget affectera la programmation - FANNIE
OLIVIER
Encore
une tuile pour Radio-Canada
Ann
Coulter: le NPD accuse Ottawa d'hypocrisie
Ottawa
accusé de régenter les publications
scientifiques
Colère
à Environnement Canada
JamesMoore peine à convaincre l’opposition -
Profession de foi en faveur de Radio-Canada
Le ministre du Patrimoine rejette
l’idée de privatiser Radio-Canada
Les Conservateurs seraient-ils par ailleurs incultes
?...
Compressions
en culture - Autopsie du pire
L’image
du
Canada
ternie
On n’est pas surpris
'Fair'
can be foolish in doling out grants
Manifestations
touristiques de renom: le ministre a choisi les projets
financés
Le
ministre
(de
Montréal)
est-il
fou
des
Francos?
-
Nathalie Petrowski
Financement
des festivals : près de
12 millions inutilisés à Ottawa
Financement
des festivals : crise totale aux Francos
Obama
10,
Harper
0
-
Nathalie Petrowski
Une impression
d’arbitraire - Marc Cassivi
Plusieurs festivals ignorent si
Industrie Canada leur versera l’argent
attendu - Louise Leduc
La vitalité de la
culture en péril
Clémence DesRochers critique Stephen
Harper
Les ministres Conservateurs savent-ils seulement ce qui se
passe dans leur propre ministère ?...
Kenney se dit responsable du guide sur la
citoyenneté
Loi
d'accès à l'information - Harper rappelle
ses ministres à l'ordre
Accusations
d'ingérence: Paradis jure qu'il ne savait rien
Les Conservateurs mépriseraient-ils donc leur propre
fonction publique ?...
Three hand-written 'nots' don’t make a right
Les Conservateurs iraient-ils donc jusqu'à
mépriser la magistrature ?
L’indépendance judiciaire en question
Les Conservateurs seraient-ils tout simplement
incompétents ?...
It should have been Stephen Harper's shining hour -
Jeffrey Simpson
«Aucun
lien» entre le registre des armes et Polytechnique
Avortement:
un «fermez-la» qui embarrasse les
conservateurs
Une
sénatrice conservatrice se fait vulgaire
Le
ministre Prentice affirme avoir été
approché par Jaffer
Parution
d'un communiqué acerbe: un député
conservateur s'excuse
L'ex-député
Jaffer peine à s'expliquer
'Guergisized'
Tories
fall
back
into
tie
with
Liberals
In Ottawa, secrecy is the issue that keeps on giving -
Lawrence Martin
Affaire Guergis - Les cachettes
Sense
of entitlement led to Guergis's downfall
Helena
Guergis démissionne
Incident
à l'aéroport: le ministre Blackburn
s'explique
Une
bouteille de tequila confisquée au ministre
Blackburn
Thou
dost
in
us
bewilder
-
Globe
editorial
Climat:
«Bernier agit sur commande», croit Duceppe
Un
député conservateur rabroué par son
parti
Dimitri
qui? - Lysiane Gagnon
Un
député conservateur traite les
chômeurs de «bâtards»
Afghanistan–Canada, même fouillis? Un
succès remarquable ?
Harper s’excuse auprès
d’Ignatieff
Harper retarde encore une photo
officielle - Marc Thibodeau
Étiquetage des aliments « Le
gouvernement doit corriger le tir »
RÈGLES D’ÉTIQUETAGE ASSOUPLIES
« C’est une très bonne nouvelle »
Le Canada refuse un visa
à une légende du soccer algérien
Une ministre cul-de-jatte
- VINCENT MARISSAL
En larmes, la ministre Lisa Raitt
présente des excuses
Des documents oubliés mettent le
gouvernement dans l’embarras
Un enregistrement qui met la ministre
Raitt dans l’embarras
Raitt critique un autre ministre pour sa propre
incapacité de gérer le dossier des
sables bitumineux
La démission de la ministre
exigée
Se pourrait-il donc que les Conservateurs se trouvent
finalement à ne faire qu'à peu près
n'importe quoi ?...
G
comme dans Gaspillage - Stéphane Laporte
Les Conservateurs ne seraient-ils capables, au mieux, que
de médiocrité ?...
Nouvelle politique
fédérale d’expulsion des demandeurs d’asile
Inquiétude chez les Rwandais, les Burundais et les
Libériens deMontréal
Voir aussi Ottawa bloquera
les réfugiés haïtiens qui
transitent par les É.-U.
Les Conservateurs s'adonneraient-ils au patronage dans
tout ce que celui-ci peut avoir de plus grossier ?
Caucus
présessionnel - Le NPD accuse Ottawa d'avoir
abandonné les Québécois
Pont
Champlain
-
Un
NPD
pragmatique
?
Tories
misled
Parliament
on
G8
spending:
Auditor-General
Le
gouvernement conservateur a trompé le Parlement
selon la vérificatrice
Harper,
objet
d’une
enquête
du
SCRS
?
Smith's
funding comments 'stupid': Duceppe
‘It’s
normal’
for
Tory
ridings
to
get
more
federal
cash,
Larry
Smith
says
Travaux
routiers - Mieux vaut voter du bon bord!
Deux
circonscriptions conservatrices ont été
choyées au Québec
G
comme dans Gaspillage - Stéphane Laporte
Sommets
du G8 et du G20 - L'opposition dénonce des
dépenses «bidon» pour acheter des votes
Les Conservateurs seraient-ils donc carrément
corrompus ?...
Troublant
Les
marionnettistes
Scandales
- Les vrais patrons
The
senator,
the
port
authority
and
the
'big
boss'
in
Quebec
-
DANIEL
LEBLANC
Sexe,
pouvoir
et
lobbying
The
construction
magnate,
the
Hill
reno
deal
and
a
minister’s
$5,000
coat
La
version de Rahim Jaffer taillée en pièces
Une
entreprise liée au PCC reçoit un contrat de
12 M$ sans appel d'offres
ALLÉGATIONS DE CORRUPTION MUNICIPALE Les
rumeurs rattrapent le PCC - Hugo de
GrandPré
L'indécence
- VINCENT MARISSAL
L'opposition
s'inquiète des activités du sénateur
Léo Housakos
Le ministre MacKay dans l’embarras
- Malorie Beauchemin
Contrat verbal Le bureau de Stephen
Harper rappelé à l’ordre
Royal LePage et les Conservateurs :
« Ce n’est pas transparent »
Les Conservateurs seraient-ils donc des fraudeurs ?...
Aftermath of an 'in and out' election scheme
Les
conservateurs
ont
perdu
leur
cause,
croit
un
ancien
candidat
Revers
des
conservateurs
en
appel
Stratégie
du «in and out»- Le Parti conservateur perd en
cour
Ouf!
Le
Parti conservateur accusé de fraude
Les Conservateurs seraient-ils donc des voleurs ?...
S’enfuir comme un voleur
Les Conservateurs seraient-ils des criminels ?... (Ou
ne sembleraient-ils pas tout au moins entretenir d'un
peu trop bonnes relations avec ces derniers ?...)
Le juge Léger a été l'avocat
commercial des Hells Angels
Liberals
take another shot at Tory 'Bonnie and Clyde'
Les
conservateurs restent muets sur l'amende de l'ancien
député Jaffer
Traitement
clément de Jaffer: les conservateurs peu bavards
En fait, Harper se moquerait-il carrément de
nous ?...
La divulgation d'un rapport «au-dessus de la
Sibérie» insulte l'opposition
Le gouvernement Harper insulterait-il l'intelligence des
citoyens ?...
On dit que... - Patrick Lagacé
Et au fait, que pensent les "véritables
conservateurs" de ce gouvernement ?...
This is not a conservative budget
Is
there
an
old-style
Tory
in
the
House?
-
Lawrence
Martin
The
Tories
risk
all
on
narrow
appeal
and
wedge
issues
-
Lawrence
Martin
Preston
Manning:
Proselytizer
of
science
Kim
Campbell: «Les secrets, ça n'existe
plus»
Joe Clark n'a jamais caché ses réserves
envers Stephen Harper...
Ottawa : SÉRIE DE
DÉPARTS
Harper perd son directeur des
communications
Peut-on encore espérer quoi que ce soit de ce
gouvernement ?...
Ça ne change pas le monde, sauf
que… - VINCENT MARISSAL
Pourrait-il parfois arriver à ce gouvernement de
faire quelques bons coups ?...
Without
any fanfare, Canada has grown up
Les Canadiens doivent apprendre à gérer un
budget
Les
organismes publics ne pourront plus engager de lobbyistes
Et si c'était surtout l'économie qui
devait avoir le dernier mot ?...
Are corporate tax cuts a winning issue for Conservatives?
It’s
the
economy,
Scott
Brison
says,
and
the
Tories
are
stupid
Opposition
leaders
who
push
for
better
on
the
economy
won't
fare
better
in
the
polls
L'opposition
dénonce le budget de Flaherty
Flaherty
vend son budget, l'opposition dénonce le document
Tout
ça pour ça?
La
crédibilité
de
Jim
Flaherty
-
Claude Picher
Une
ère d'austérité s'annonce à
Ottawa
Beaucoup d'encre pour rien - Vincent Marissal
A
pivot; not yet a recalibration
Budgets
in
a
dangerous
time
If only the Tories had taken a cue from our Olympians -
Lawrence Martin
Flaherty
réduira les dépenses du gouvernement
Stockwell Day: l'homme de confiance de Stephen Harper
Budget
will expose absurdity of 'recalibration' - Jeffrey Simpson
Le
vrai
test
Les
cinq
défis
de
Jim
Flaherty
-
Alain Dubuc
Le déficit passe de50 à 56
milliards - Joël-Denis Bellavance
Ottawa pourrait afficher
un déficit de 156 milliards d’ici cinq ans
Le déficit sera (beaucoup) plus
élevé que prévu
Ottawa a enregistré un déficit de 5
milliards - Joël-Denis Bellavance
50 milliards? So what
! - ALAIN DUBUC
Ampleur du déficit : Les partis
devront limiter leurs promesses
Le déficit
fédéral sera plus
élevé
Des élections fédérales cet
été ? Le PLC décidera la semaine
prochaine
Insatisfait, le PLC menace de
renverser le gouvernement
Ignatieff menace de renverser le
gouvernement
L’économie se redresse,
soutient Ottawa
Un vote de confiance en vue sur l'économie ?...
Ou même là, pas encore ?...
Un déficit moins élevé que
prévu à Ottawa
Un
plan de relance de 19 milliards sans récession
Budget fédéral: un plan de relance de 19
milliards
Le gouvernement Harper opte pour la prudence
Élimination du déficit : le plan de match
sera respecté
Un
budget d'austérité discrète
Les chambres de commerce tièdes
Le Conseil du patronat applaudit
Sans
douleur...
ou
presque
-
André Pratte
Et la bataille ultime serait-elle enfin lancée
?...
Voir aussi Le vent
tournerait-il enfin en faveur du changement ?...
Une rentrée parlementaire qui s’annonce
courte - Joël-Denis Bellavance
Le gouvernement Harper pourrait tomber
dès vendredi - Joël-Denis
Bellavance
Le cirque - VINCENT MARISSAL
Layton tend une perche à Harper
La perspective d’élections
n’inquiète pas les économistes
OTTAWA Une entente peu probable
L’épouvantail - ANDRÉ PRATTE
Encore des élections ? - ALAIN DUBUC
Ignatieff le guerrier? - VINCENT
MARISSAL
Ignatieff ouvre les hostilités -
Hugo de GrandPré
Le dernier espoir de Stephen Harper - Malorie
Beauchemin
Et pour la suite des choses...
Les élections partielles, un test de
popularité pour les partis
Une rentrée parlementaire qui
s’annonce courte - Joël-Denis Bellavance
Le gouvernement Harper pourrait tomber
dès vendredi - Joël-Denis
Bellavance
Ignatieff exclut de nouveau tout gouvernement de
coalition
Les libéraux font volte-face :
Moins pressés de provoquer des
élections
« L’instabilité politique nuirait
à la reprise »
Pour un vent de changement
à Ottawa
La campagne commencera au
Québec le 24 juin
Rendez-vous aux urnes en octobre -
VINCENT MARISSAL
OTTAWA : Une bataille reportée
Une belle souris - André Pratte
Une troisième rencontre
Harper-Ignatieff ce matin
Ignatieff lance un ultimatum
Les libéraux devraient
encore sauver Harper
Alerte électorale à
Ottawa - VINCENT MARISSAL
Et se pourrait-il qu'il existe en plus un plan B, de par
l'idée d'une coalition ?...
Le retour de la coalition - LYSIANNE
GAGNON
Et pourquoi pas un petit résumé de la
situation ?...
Les Québécois appuient l’idée
d’un gouvernement minoritaire
MAJORITAIRE OU MINORITAIRE? Le
Québec a le dernier mot
LA MUTATION POLITIQUE DE HARPER SE
POURSUIT - Joël-Denis Bellavance
Et qu'en est-il de nos relations avec nos chers voisins ?...
Et plus spécifiquement... Harper se bornerait-il
à ne considérer les rencontres avec ses
homologues américains qu'autant d'occasions pour ne
faire que dresser une liste d'épicerie (et surtout de
griefs et conflits), plutôt que de chercher à
travailler ensemble avec nos voisins sur des projects
communs et constructifs ?... Mais Harper sait-il seulement
ce que peut être une projet commun et constructif ?...
Pactiser
avec l’oncle Sam
Obama
est- il vraiment notre ami?
Essais
québécois - Quand les Américains
mangent du Canadien
La
tempête
atteint
le
Canada
Le
voile levé sur un Canada complexé...
We
can’t
return
to
our
special
relationship
with
the
United
States
Straight
talk
from
Clinton
was
no
smackdown
Manif
à Stanstead: «On veut retrouver notre
frontière amicale»
Le ton change au 490, Sussex Drive
- Alexandre Sirois
Harper et Obama : Une rencontre à saveur
économique - Hugo de GrandPré
Présidents et premiers ministres : Qui se ressemble
s’assemble ?
Harper et Obama : Pas de santé au
menu - Hugo de GrandPré
AU MENU : DROGUE, GRIPPE ET
HONDURAS
Premier sommet
nord-américain pour Obama
Une rencontre à trois - Malorie
Beauchemin
Harper invité à
Washington le 16 septembre - Malorie Beauchemin
Quand la division fait enfin place
à l'union...
Le NPD relance un débat du Bloc -
Malorie Beauchemin
Gary Doer, deWinnipeg à Washington
- Joël-Denis Bellavance
PUBLICITÉS CONSERVATRICES Des
libéraux défendent le Bloc
Une motion du Bloc appuyée à
l’unanimité
La coalition aurait «
profondément divisé » le Canada,
dit Ignatieff
Et que dire de notre cher système parlementaire
canadien ?...
Grand guignol à Ottawa - ALAIN DUBUC
Goodbye, la majorité! - LYSIANE
GAGNON
La majorité à portée de
main - VINCENT MARISSAL
Peut-on seulement rêver
d'un Obama canadien?
|
Democracy
diminished,
accountability
avoided
No
fear
of
the
opposition
Proroguing
Parliament – a travesty, yet clever
Introducing Canada's
minority dictatorship
Harper's
prorogation
retort?
'We
need
the
time'
And what do the Liberals have to say about it ?....
Harper has 'something
to hide,' Liberal ads say
What the Liberal
prorogation ad is hoping we forget
Fiscal math = tax hikes to balance the budget - Jeffrey
Simpson
This country is falling apart (really)
High time for a minister
who understands
the role of aid
Ed
Broadbent
defends
rights
agency's
independence
And if the Senate reform was indeed worth doing ?...
Rejecting Tory proposal, McGuinty presses Harper to
abolish Senate
Senate
veto
is
here
to
stay
Senate
to
save
Supreme
Court?
Quatrième
tentative des conservateurs pour limiter le mandat des
sénateurs
Two
reforms
for
the
price
of
one
-
Globe
Editorial
Senate reform: an
altered state of affairs? - Jeffrey Simpson
Senate reform plan
sparks standoff with provinces
Harper to revive Senate
reform plan
Fixing the Red Chamber, step by step - Tom Flanagan
... or maybe not all that much ?...
Le conservateur Pierre-Claude Nolin s'oppose à un
Sénat élu
Réforme
du Sénat: les provinces devront assumer l'essentiel
des coûts
End
run
to
an
Americanized
Senate
When the Senate finally proves its worth
Federal budget will launch spending review, Day says
Yup, still old-style politics
The
beginning
of
the
end
for
Stephen
Harper
The
two faces of Stephen Harper - Jeffrey Simpson
Could Ignatieff truly offer a new vision for Canada ?...
Ignatieff
pledges
to
give
federal
watchdogs
more
bite
There
was a time when the Liberals stood for
something
-
Jeffrey Simpson
Le Canada serait-il tout simplement en panne d'inspiration
?...
The boring gang of four
Three
lessons
Liberals
should
learn
from
Montreal
Get down to basics, Liberals
Ignatieff's
new
maxim:
to
thine
own
self
be
true
Winning
voters'
hearts
and
minds:
it's
all
about
managing
the
message
Two cheers for Mr. Ignatieff - Norman Spector
The Conservatives the Liberals can’t be bothered with
‘The
thing' about innovation - Preston Manning
Focus on the big stuff, Mr. Harper
And why does Stephen Harper acts the way he does ?...
Looking
for
Nixon-like
tendencies
in
Harperland
-
JEFFREY
SIMPSON
Stephen
Harper
–
the
last
Straussian?
And
in
this
corner,
the
great
Grit
slayer
The incredible shrinking Tory tent
Harper has taken the wrong lessons from Chrétien -
Lawrence Martin
No more Mr. Nice Guys?
Exploring
the
politics
of
emotion
Tory
triumph:
They
know
where
they're
going
-
Lawrence
Martin
Harper
may
be
iron-fisted.
And
so
what
if
he
is?
-
Bob
Plamondon
Wheel
of fortune: Canadian politics is all about lady luck
Conservative ferment is fertile soil for Alberta's
Wildrose - Jeffrey Simpson
Why PM fights for banks
Offensive
d'Ottawa contre la taxe aux banques
Liberals, lay down your arms
Le
bulletin de l’opposition fédérale - Chantal
Hébert
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Harper mine la démocratie
La
prorogation du Parlement pour des raisons partisanes
risque de créer un dangereux
précédent
Ce texte est signé par plus de 150 universitaires,
notamment Charles Taylor, professeur émérite
à l’Université McGill, Jeremy Webber,
professeur de droit constitutionnel à
l’Université de Victoria, et Daniel Weinstock,
directeur du Centre de recherche en éthique de
l’Université de Montréal. On trouvera le
texte dans sa version intégrale et la liste
complète des signataires sur le site web
http://www. noprorogation-nonprorogation.ca/. La
façon normale pour un gouvernement de
légitimer un arrêt dans une session
parlementaire est par l’ajournement. Une telle mesure
permet aux institutions du gouvernement de continuer et
aux comités de faire leur travail.
En tant que professeurs d’université canadiens
ayant pour mission de faire connaître et comprendre
à nos étudiants le sens et le fonctionnement
de nos institutions démocratiques, nous sommes
profondément troublés par la décision
du premier ministre Stephen Harper d’user de son pouvoir
afin de proroger le Parlement pour une deuxième
année consécutive, dans des circonstances
qui lui permettent d’ignorer ses responsabilités
démocratiques. Le premier ministre fait non
seulement un usage cavalier des pouvoirs
discrétionnaires inhérents à ses
fonctions dans notre système parlementaire, mais en
agissant ainsi, il mine notre système de
gouvernement démocratique.
Le
premier ministre Stephen Harper a prorogé le
Parlement pour la deuxième année
consécutive.
Plusieurs observateurs ont noté que le premier
ministre n’a techniquement rien fait de mal en demandant
la prorogation du Parlement et en fixant la date du
discours du trône après les Jeux olympiques
de Vancouver. Le premier ministre est la seule personne
autorisée à demander la prorogation
auprès du Gouverneur général (bien
que la coutume soit de faire cette requête en
personne, par respect pour le représentant de la
Reine, ce qui ne fut pas fait dans ce cas). Mais une telle
requête dans les circonstances actuelles est non
seulement très exceptionnelle, elle est aussi
inappropriée.
Mais alors, en quoi exactement le premier ministre a-t-il
agi incorrectement en prorogeant le Parlement? Nos
institutions parlementaires et constitutionnelles
obéissent non seulement à des règles
explicites, mais répondent aussi à l’esprit
de ces règles. (...) Nous nous attendons à
ce que le premier ministre fasse sa part afin d’assurer le
bon fonctionnement du système, et que les
députés puissent remplir effectivement le
rôle pour lequel ils sont élus. Cela implique
notamment qu’il fasse preuve de retenue, et qu’il
n’utilise pas les pouvoirs dont il dispose pour se
soustraire aux mécanismes d’imputabilité
à l’égard du Parlement et des citoyens
canadiens.
Il est
clair que le recours à la prorogation par le
premier ministre ne fait preuve d’aucune retenue de cette
sorte. En décembre 2008, le premier ministre y a
recouru de manière étroitement partisane
pour sauver son gouvernement de la défaite lors
d’un vote de confiance. Il s’agit d’un geste clairement
partisan encore aujourd’hui, puisqu’il puisque cela
court-circuite le travail du comité parlementaire
qui se penche sur la question des détenus afghans
et permet d’ignorer la requête du Parlement que le
gouvernement rende publics les documents qui touchent
à cette question.
La façon normale pour un gouvernement de
légitimer un arrêt dans une session
parlementaire est par l’ajournement. Une telle mesure
permet aux institutions du gouvernement de continuer et
aux comités de faire leur travail. Le travail
législatif peut reprendre une fois la
période d’ajournement terminée.
En revanche, une prorogation interrompt toute
activité du Parlement. Tous les projets de loi,
à l’exception des projets de loi privés,
devront être présentés une nouvelle
fois, comme s’il s’agissait d’un nouveau processus.
L’ordre du jour législatif postélectoral du
gouvernement est loin d’avoir été
réalisé. Le premier ministre ne peut pas,
par conséquent, invoquer de façon
crédible la raison d’être du pouvoir de
prorogation, qui est de fournir au gouvernement une pause
nécessaire, hors de la bataille de tranchée
des sessions parlementaires, pour soumettre au parlement
un nouvel ordre du jour législatif. (...) Les
actions du premier ministre risquent d’établir un
précédent qui fragilisera une condition
importante d’un gouvernement démocratique, soit la
capacité du peuple, agissant par le biais de leurs
représentants élus, de tenir le gouvernement
imputable de ses actions.
Le Canada méconnaissable - MARTIN
CAUCHON
Malheureusement, le premier ministre Harper vient juste de
découvrir que la Chine existe.
Je reviens en politique pour défendre les valeurs
libérales qui ont façonné notre beau
grand pays, valeurs qui sont mises à rude
épreuve par le gouvernement Harper. Comme candidat
et député, je travaillerai sans
relâche pour qu’ensemble, nous puissions redonner un
sens au mot « Canada ».
Ancien
ministre fédéral, l’auteur a
été choisi mardi candidat du Parti
libéral du Canada dans la circonscription
d’Outremont.
Le Canada s’est bâti une grande réputation
internationale grâce à des chefs comme Lester
B. Pearson, Pierre Elliott Trudeau, John Turner, Jean
Chrétien et Paul Mar tin. Le Canada n’est pas une
superpuissance au sens où on l’entend lorsqu’on
parle de notre voisin américain. Mais, à sa
façon, le Canada était une superpuissance
lorsque dans un passé pas si lointain, on parlait
d’équité sociale, de
multilatéralisme, de mondialisation,
d’environnement et j’en passe.
Il « était », parce qu’aujourd’hui le
Canada est méconnaissable.
Quand j’ai quitté la vie politique, le magazine The
Economist disait que le « Canada was cool ».
Le Canada était, à bien des égards,
l’étudiant modèle dans le classement de
l’OCDE. Où en sommes-nous aujourd’hui? Poser la
question, c’est y répondre.
Je
reviens parce que je suis indigné et
frustré. Indigné et frustré de voir,
aux rênes de mon pays, un gouvernement sans
transparence, sans vision, sans compassion et sans
lucidité.
Indigné et frustré par un gouvernement qui
ne comprend pas, ou encore pire, un gouvernement qui nie
et refuse d’affronter les grands problèmes qui
menacent le pays et la planète.
Frustré d’avoir à répondre à
la question que me posent les gens que je rencontre
à l’étranger : « Qu’est-il
arrivé au Canada? »
Cette question, j ’ai à y répondre chaque
fois que je voyage à l’étranger. Prenons la
Chine, un pays qui compte 1,3 milliard d’habitants et qui
possède l’une des plus fortes économies
mondiales. Un pays avec lequel nous avions une relation
privilégiée, basée sur le respect
mutuel des valeurs de chacun. Malheureusement, le premier
ministre Harper vient juste de découvrir que la
Chine existe. M. Harper a préféré la
confrontation plutôt que la collaboration, avec les
résultats que l’on connaît. Je crois que les
Canadiens préfèrent une approche
basée sur la coopération, le respect mutuel
et la fraternité. Par cette approche, nous pouvons
mieux connaître, mieux comprendre et ainsi mieux
communiquer les valeurs qui nous sont chères.
Je reviens aussi parce que je suis très
mécontent de la stratégie de division que le
gouvernement Harper affiche et qui cherche à mettre
les régions l’une contre l’autre, à semer la
querelle entre les provinces, un gouvernement qui donne
plus aux circonscriptions des conservateurs qu’à
ceux qui ont voté pour l’opposition. Je suis
mécontent de voir que le gouvernement se sert des
impôts et des taxes pour obtenir le vote des
électeurs.
Un grand déshonneur - JEAN-RENÉ ROY
L’auteur est un étudiant en droit à
l’Université d’Ottawa. Il adresse cette lettre
ouverte au ministre canadien de l’Immigration, de la
citoyenneté et du multiculturalisme, Jason
Kenney. Les immigrants doivent impérativement
savoir qu’ici, les homosexuels ont droit à la
liberté et à la sécurité.
Je me permets aujourd’hui, en tant
qu’électeur, citoyen, mais avant tout, en tant
qu’humaniste, de vous adresser ces lignes. Il
apparaît que le nouveau guide qui devra
être étudié par les milliers de
nouveaux arrivants au Canada a été
épuré de l’historique de
l’évolution des droits des gais et lesbiennes
du Canada.
Bien entendu, il ne fait aucun doute que votre
gouvernement, dirigé par les hautes
sphères « blue tory » de votre
parti conservateur canadien, ait pris sur lui de s’en
prendre aux droits des gais et lesbiennes depuis des
années. Votre volonté de
«rétablissement de la définition
traditionnelle du mariage» n’en est qu’un
exemple.
En tant queministre de l’Immigration, de la
Citoyenneté et du Multiculturalisme, vous avez
apparemment le fardeau d’appliquer cette homophobie
par des actions fermes et concrètes dans vos
dossiers. Permettez-moi de vous féliciter,
c’est chose faite. Je me serais par contre attendu
à ce que vous en parliez peut-être plus
ouvertement.
N’était-ce pourtant pas vous qui, en 2005,
affirmiez: « Les gais ont le droit de marier qui
ils veulent – pourvu que ce ne soit pas quelqu’un de
même sexe » ? Un message interne
envoyé en juin dernier par les fonctionnaires
de votre ministère démontre bien que ces
passages ont été retirés du livre
à la demande de votre cabinet. Pourtant, vous
avez expressément et très ouvertement
nié votre implication dans ce retrait lors de
votre entrée au caucus des
députés conservateurs mercredi dernier.
Force est de constater que votre homophobie est
doublée d’une couardise plus que
déplorable.
Votre
attaché de presse, M. Velshi, il y aà
peine quelques jours, affirmait que ce guide «ne
pouvait pas être une encyclopédie».
Permettez-moi cette autre remarque. Depuis des
siècles, les gais et lesbiennes sont
discriminés, marginalisés et
pourchassés dans la très large
majorité des pays du monde. C’est seulement
depuis quelques décennies qu’une
minorité de pays ont daigné accorder le
droit aux homosexuels de vivre leur vie comme ils
l’entendent.
Les immigrants, qu’ils soient originaires de pays
où les droits des homosexuels sont encore
bafoués ou non, doivent impérativement
savoir qu’ici, les homosexuels ont le droit à
la liberté, à la sécurité
et que cela ne peut, sous aucun prétexte,
être remis en cause.
Vos actions, vos omissions et vos paroles apportent un
grand déshonneur à votre fonction ainsi
qu’au travail acharné de décennies en
matière de droits humains.
Cher monsieur, puissiez-vous démissionner pour
préserver ce qu’il vous reste de
dignité.
L’indépendance
menacée
L’aide internationale est-elle tombée sur la
tête ? La Presse a discuté de la question
avec Ian Smillie, un expert canadien du
développement international.
QIl y a un mois, vous avez participé, à
Ottawa, à un colloque sur l’avenir de l’aide
internationale. Qu’est-ce qui ressort de cette rencontre ?
R Avec l’incertitude qui pèse sur Alternatives, la
décision de couper les fonds à Kairos et la
crise au centre Droits et Démocratie, il y a
beaucoup d’inquiétude. La présence d’une
voix canadienne indépendante dans le monde en
développement semble menacée.
QD’où vient la menace ?
R Un des problèmes, ce sont les politiques
fédérales changeantes. Un jour, on met la
priorité sur l’agriculture, un autre jour, c’est la
santé ou l’environnement. Les ONG ont de la peine
à s’ajuster. Et la bureaucratie paralysante de
l’ACDI ralentit le traitement de leurs demandes de
financement. Actuellement, plusieurs organismes d’aide
internationale doivent puiser dans leurs réserves
d’urgence pour survivre. Certains frôlent la
faillite.
QEt les pressions politiques d’Ottawa?
R Les gens surveillent ce qu’ils disent depuis qu’ils ont
vu ce qui s’est passé avec Kairos. C’est comme dans
la mafia: un seul est puni, tous comprennent la
leçon…
QMais les organismes d’aide internationale doivent-ils
afficher leurs opinions politiques?
R Les organismes d’aide ont toujours pris
position sur les dossiers où ils interviennent. Si
vous travaillez avec des enfants handicapés et que
des politiques publiques ont un impact sur la situation de
ces enfants, vous devez prendre position sur ces
politiques. Même chose si vous vous
préoccupez de la santé des femmes, vous ne
pouvez pas ne pas vous soucier de politiques de planning
familial.
Économies de 50millions - PIERRE DUHAIME
Lamarge de profit de SNC-Lavalin est inférieure
à 4% pour le contrat de gestion des immeubles
fédéraux
L’auteur est président et chef de la direction
du Groupe SNCLavalin inc. Il réplique au
dossier sur le contrat de gestion des immeubles
fédéraux qui a été
publié mercredi dans La Presse.
Nous avons pris connaissance avec déception de
l’article portant sur le contrat de gestion des
immeubles fédéraux effectuée par
SNC-Lavalin O&M. En effet, plusieurs
éléments importants parmi ceux qui
avaient été communiqués au
signataire de l’article ont été
passés sous silence. S’ils avaient
été inclus dans l’article, ils auraient
démontré sans l’ombre d’un doute que nos
frais respectent les normes du marché pour ce
genre de services.
Le coût relatif aux deux
plantes, explique le président et chef de la
direction de SNC-Lavalin – dont faisait état
La Presse mercredi –, inclut les deux plantes
elles-mêmes, leur livraison, leur pot, leur
empotage ainsi que leur entretien et leur arrosage
durant une période d’un an.
Nous tenons à apporter des
éclaircissements qui, nous l’espérons,
permettront une meilleure compréhension de la
nature de notre industrie, de nos services ainsi que
du contexte dans lequel nous oeuvrons.
Nous sommes fiers d’avoir réussi à
réaliser des économies substantielles
d’environ 50 millions de dollars annuellement depuis
que nous avons remporté l’appel d’offres
relatif au contrat de gestion des 320 immeubles
fédéraux. Entre autres, nous avons
notamment réduit de 2,1 millions les
dépenses énergétiques
liées à ces immeubles.
Certains des montants mentionnés dans vos pages
peuvent apparaître élevés, mais
ils ne peuvent en aucun cas être comparés
aux tarifs applicables aux particuliers ou aux
immeubles résidentiels. En effet, les
décrets, conventions et règlements
régissant le recours aux nombreux corps de
métier pour des travaux réalisés
dans les édifices commerciaux imposent des
tarifs que nous nous devons de respecter.
Voici des éléments d’information
essentiels qui ont été passés
sous silence dans vos pages, bien que votre
journaliste ait reçu ces informations lors de
ses nombreux échanges avec nos équipes:
• Les coûts d’entretien que vous attribuez au
nettoyage de deux bureaux sont en
réalité attribuables au nettoyage
quotidien de deux étages de l’immeuble,
comprenant 22 bureaux fermés, des aires
ouvertes, deux cuisines et deux salles de bains
complètes, qui représentent près
de 1500 mètres carrés.
• La
nouvelle sonnette: sa pose a nécessité
l’installation d’un transformateur de réduction
de courant, l’ouverture et la réparation d’une
partie de mur afin d’y installer une boîte
électrique, le conduit ainsi que le filage
nécessaires, à plus de 12 mètres
de la sonnette.
• Le coût relatif aux deux plantes inclut les
deux plantes elles-mêmes, leur livraison, leur
pot, leur empotage ainsi que leur entretien et leur
arrosage durant une période d’un an.
SNC-Lavalin O&M est responsable de la gestion
complète des installations, ce qui comprend la
supervision des travaux confiés aux quelque
6000 entreprises sous-contractantes
pré-qualifiées. Ces sous-traitants sont
pour la plupart de petites et moyennes entreprises
canadiennes, et dans tous les cas,
sélectionnés par le biais d’appels
d’offres concurrentiels.
Nous privilégions en tout temps la
réalisation des travaux d’entretien, de
rénovation ou de nettoyage durant les heures
normales de travail, afin de limiter les coûts.
Cependant, pour ne pas nuire à la poursuite des
activités des employés, il peut arriver
que les travaux soient effectués en dehors des
heures normales d’affaires.
Depuis le début du contrat, les performances de
SNC-Lavalin O&M ont fait l’objet de 170 audits
satisfaisants, effectués tant par Travaux
publics et services gouvernementaux Canada que par la
vérificatrice générale du Canada.
Nous avons également procédé
à 400 audits internes afin de nous assurer
d’appliquer les meilleurs pratiques.
Rappelons que, tel qu’indiqué à notre
rapport annuel, la marge de profit brute de
SNC-Lavalin O&M pour la gestion de tels projets
est inférieure à 4%.
Ainsi, nous faisons bénéficier le
gouvernement et, par ricochet, l’ensemble des
contribuables canadiens, d’importantes
économies d’échelle attribuables
à l’importance du parc immobilier que nous
desservons dans tout le Canada et des tarifs
préférentiels que nous négocions
avec les fournisseurs.
Informations incomplètes fournies à La
Presse
M.
Duhaime, j’ai lu votre lettre avec attention et
j’aimerais corriger certains faits.
Je note dans un premier temps que vous ne niez pas les
montants rapportés dans LaPresse du 10 mars.
Vous m’accusez par contre d’avoir passé sous
silence des informations essentielles, que j’aurais
reçues lors de mes nombreux échanges
avec vos équipes. J’ai le regret de vous dire
que vous avez été mal informé.
Je n’ai eu d’échanges qu’avec une seule
personne dans votre entreprise. Cette responsable des
communications a répondu à mes questions
principalement par courriel et elle n’a pas
mentionné les nombreux éléments
nouveaux que vous soulevez ici.
On ne
m’a pas dit que les 2000$ pour l’achat de deux plantes
incluaient aussi leur livraison et leur arrosage. On
ne m’a pas dit que pour poser une sonnette, votre
entreprise a aussi ouvert un mur et posé une
boîte électrique. Et on ne m’a pas
précisé que le «extra cleaning –
ministers suite», tel qu’écrit sur votre
facture pour le ménage dans le bureau
ministériel, faisait référence
à 22 bureaux fermés, des aires ouvertes,
deux cuisines, etc.
Avoir été mis au courant de ces
informations, je me serais fait un devoir de les
ajouter dans mon texte, comme j’ai ajouté les
autres explications que votre représentante et
celle du ministère m’ont transmises.
J’ai par ailleurs remarqué que nulle part dans
votre lettre, vous ne mentionnez les frais de gestion
que vous facturez au gouvernement pour chaque service
rendu. Il s’agit pourtant d’un élément
central de ce dossier. Invoquant le secret commercial,
votre compagnie a en effet refusé de nous
divulguer ces informations, ce qui a poussé le
ministère des Travaux publics à les
effacer des factures qu’il nous a transmises en vertu
de la Loi sur l’accès à l’information.
Or, sans connaître le pourcentage de ces frais
de gestion, il demeurera impossible de savoir si,
comme vous l’affirmez, vous faites «
bénéficier le gouvernement et, par
ricochet, l’ensemble des contribuables canadiens,
d’importantes économies d’échelle
».
Hugo de Grandpré, journaliste
Harper flirte avec la majorité -
Joël-Denis Bellavance
La chute
marquée des troupes d’Ignatieff se poursuit
OTTAWA — Les libéraux de Michael Ignatieff n’ont
qu’une question en tête par les temps qui courent:
quand prendra fin leur chute brutale dans les intentions
de vote?
PHOTO ADRIAN WYLD, LA
PRESSE CANADIENNE
En
ce moment. 51% des gens désapprouvent le travail
du chef du PLC, Michael Ignatieff.
Un sondage publié hier et réalisé par
la firme EKOS démontre que le Parti conservateur de
Stephen Harper pourrait former un gouvernement majoritaire
si des élections fédérales avaient
lieu aujourd’hui. Il s’agit du deuxième coup de
sonde en trois jours à laisser entendre que les
conservateurs flirtent avec la majorité.
Ce sondage, réalisé auprès de 3333
Canadiens du 30 septembre au 6 octobre derniers, soit au
beau milieu de la tourmente provoquée par la
démission de Denis Coderre à titre de
lieutenant libéral au Québec, accorde 39,7 %
des appuis au Parti conservateur.
Le Parti libéral doit se contenter de 25,7% des
intentions de vote, le plus faible score depuis que
Michael Ignatieff a pris les commandes du parti, en
décembre 2008. Le NPD récolte quant à
lui 15,2% des appuis tandis que le Parti vert en recueille
9,7%. La marge d’erreur d’un sondage comportant un tel
échantillon est très faible, soit 1,8 point,
19 fois sur 20.
Au Québec, où la firme EKOS a
interrogé 794 personnes, le Bloc
québécois conserve la tête avec 38,7%.
Mais le Parti conservateur supplante maintenant le Parti
libéral pour la première fois en un an avec
22,2% des appuis, alors que les libéraux doivent se
contenter de 21%, un résultat catastrophique. Le
NPD arrive quatrième avec 9,7%. La marge d’erreur
au Québec s’élève à 3,5
points.
En Ontario, qui compte le tiers des 308 sièges des
Communes et qui a longtemps été le bastion
des libéraux, le Parti conservateur détient
une avance de 11 points de pourcentage sur le Parti
libéral (43,8% contre 32,5%), un écart
jamais vu depuis 1993. Au total, 1146 personnes ont
été interrogées dans la province la
plus populeuse du pays (marge d’erreur de 2,9 points).
Selon la
firme EKOS, qui a réalisé ce sondage pour
RadioCanada, les libéraux ont perdu des appuis
parmi des électeurs qui, traditionnellement, leur
avaient toujours été fidèles: les
femmes, les diplômés universitaires et les
immigrés.
« Cela constitue un recul dramatique pour le Parti
libéral, qui n’est pas confiné à une
seule région ou à un seul groupe
d’électeurs. Et tout cela semble être le
résultat de la chute de popularité de
Michael Ignatieff», commente Frank Graves, le
président de la firme EKOS.
Pis encore, à peine 19% des Canadiens
interrogés approuvent le travail de M. Ignatieff,
et 51 % le désapprouvent. Stephen Harper se tire
mieux d’affaire à cet égard : 39 % des
répondants approuvent son travail, et 42 % ne
l’aiment pas.
Plus tôt cette semaine, un sondage publié
dans le quotidien The Globe and Mail accordait 41 % des
intentions de vote au Parti conservateur et 28% au Parti
libéral.
De passage à London, en Ontario, hier, Michael
Ignatieff a reconnu qu’il a beaucoup de pain sur la
planche pour renverser cette tendance, d’autant plus que
les libéraux ont promis de tout faire pour
renverser le gouvernement conservateur cet automne.
Le chef libéral reconnaît que son parti doit
redresser la barre, mais il a répété
que le Parti libéral demeure la seule
véritable option face aux conservateurs.
« J’ai beaucoup de travail à faire. C’est
très clair. Je suis un leader qui est à
l’écoute des Canadiens. Si les Canadiens veulent
que je fasse un meilleur travail, je suis prêt
à serrer les coudes et à le faire », a
dit M. Ignatieff. Il a aussi reconnu que l’offensive
publicitaire des conservateurs depuis des semaines a eu
une influence sur l’opinion des Canadiens.
Le Québec ratatiné? - VINCENT
MARISSAL
La
croissance des conservateurs au pays (ou
l’écrasement des libéraux, c’est selon),
confirmée par un nouveau sondage Ekos, laisse
très clairement entrevoir depuis quelques
semaines la possibilité d’un gouvernement Harper
majoritaire.
Ce scénario, spectaculaire en soi, cache une
autre partie de l’histoire: un gouvernement majoritaire
conservateur, dans le contexte politique actuel,
signifierait un affaiblissement historique du poids du
Québec au sein du Canada.
Selon l’humeur actuelle de l’électorat canadien,
Stephen Harper pourrait fort bien obtenir les
sièges qui lui manquent pour former une
majorité sans faire de gain au Québec. Il
pourrait même se permettre de perdre certaines de
ses 10 circonscriptions québécoises
puisqu’il en prendra vraisemblablement plusieurs en
Ontario et peut-être même dans les
Maritimes.
La grosse histoire politique des derniers mois est
là: les Ontariens tournent le dos aux
libéraux, même à Toronto, et c’est
le Québec qui risque d’en payer le prix.
Un gouvernement majoritaire avec un minimum de
députés québécois, c’est le
rêve éveillé des conservateurs.
Imaginez: pas besoin de se préoccuper du
Québec et de ménager ses
susceptibilités, pas besoin de nommer un nombre
disproportionné de ministres du Québec ou
de faire des contorsions pour désigner un
responsable de Montréal.
Le Québec se retrouverait donc affaibli à
la table du cabinet, lui qui ne pèse
déjà pas très lourd.
Il ne s’agirait pas que d’un affaiblissement
mathématique ou symbolique. Non seulement il y
aurait moins de Québécois autour de la
table des décisions, mais l’influence du
Québec dans le façonnage des grandes
orientations canadiennes se trouverait aussi amoindrie.
Le Québec a joué, de tout temps, un
rôle déterminant dans la prise de
décision du gouvernement fédéral et
dans la priorisation des enjeu x politiques, sociaux et
économiques. Pensez seulement au
libre-échange, à la décision du
Canada de ne pas suivre les États-Unis en Irak,
à la légalisation des mariages gais,
à la politique étrangère, etc. On
trouve les empreintes digitales de l’électorat
québécois et celles leurs élus
partout sur ces décisions du gouvernement
fédéral.
Évidemment, un gouvernement fédéral
à faible teneur québécoise
deviendrait encore moins intéressant (c’est un
cercle vicieux) pour les politiciens
québécois. Qui voudrait jouer les
Québécois francos de service dans un
gouvernement qui se moque du Québec et n’en a pas
besoin?
Un tel scénario aurait nécessairement un
effet sur le gouvernement du Québec aussi.
Celui-ci, ayant perdu de son influence auprès
d’Ottawa, deviendrait moins influent autour de la table
des provinces. Il aurait plus de mal à
défendre ses priorités auprès
d’Ottawa et à susciter la formation de fronts
communs provinciaux.
Cette situation serait aggravée par la refonte de
la carte électorale fédérale, un
projet qui passerait sous un gouvernement conservateur
majoritaire et qui accorderait une trentaine de
sièges à l’Ontario, à la
Colombie-Britannique et à l’Alberta.
Mathématiquement et politiquement, le
Québec perdrait encore un peu de son poids au
sein du Canada.
Un tel revirement ne déplairait pas aux
conservateurs, qui trouvent les Québécois
bien ingrats de leur avoir tourné le dos
après avoir obtenu la reconnaissance de la nation
québécoise, une représentation
à l’UNESCO et le règlement du
déséquilibre fiscal.
Pour bien des conservateurs (en fait, pour bien des
Canadiens, point), le Québec reste
l’insupportable « enfant gâté »
de la fédération. Quel bonheur de ne plus
avoir à s’en préoccuper!
C’est peut-être un fantasme pour les
conservateurs, mais c’est aussi celui de bien des
souverainistes, qui pensent que quatre ans de
gouvernement Harper majoritaire feront plus pour leur
cause que 20 ans de patiente pédagogie
auprès des Québécois.
Les conservateurs reprennent un peu de poil de la
bête au Québec, mais ils sont toujours loin
derrière le Bloc. En fait, le Québec est
la seule province (ou région puisque l’on prend
les quatre provinces de l’Atlantique ensemble) où
les conservateurs ne mènent pas dans les
intentions de vote.
Qu’à cela ne tienne, pour peu que vous rafliez la
majorité des sièges en Ontario. Si
c’était bon pour Jean Chrétien dans les
années 90, ça l’est encore pour Stephen
Harper aujourd’hui.
Les libéraux peuvent continuer à
s’illusionner en se répétant que le
pouvoir leur retombera naturellement dans les mains sous
peu, ils ne pourront encore très longtemps faire
l’économie d’un vrai débat sur la
nécessité d’unir les forces politiques de
centre gauche (eh oui, avec le NPD).
Si le regroupement de la droite a été bon
pour Stephen Harper au début des années
2000, celui du centre gauche est peut-être bien la
seule avenue qui reste aux libéraux s’ils veulent
éviter un long séjour dans l’opposition.
Pour joindre notre chroniqueur :
Je veux voter ! - Jean-Serge
Baribeau
De nombreux Canadiens et Québécois trouvent
que nous avons voté trop souvent au cours des
dernières années. Moi, je pense qu’il faut des
élections fédérales le plus tôt
possible. Le gouvernement Harper, minoritaire, est toxique,
régressif et réactionnaire. Il y a un enjeu on
ne peut plus clair et plus précis : celui de savoir si
nous voulons que le Canada, à l’intérieur et
à l’extérieur, devienne un pays qui renie des
décennies de politique passablement progressiste. Une
éventuelle élection serait presque
référendaire : voulons-nous qu’un gouvernement
régressif et « baveux » continue à
tenter d’imposer sa vision idéologique de droite
presque extrémiste, sinon clairement extrémiste
? Le drame, c’est que le Parti libéral semble rester un
parti plutôt décomposé, dirigé par
un chef passablement ambigu. Sans construire une coalition
tricotée serrée, il faudrait que les
libéraux, les bloquistes et les
néo-démocrates s’entendent pour mettre un terme
aux agissements de ces conservateurs, éminemment
rétrogrades.
Manque d’éthique -
André Melançon
Le premier ministre Harper a réussi, en quelques
brèves années de pouvoir, à
détruire et à massacrer toute l’action
internationale qu’avaient patiemment élaborée
Lester B. Pearson (premier ministre du Canada et Prix Nobel de
la paix) et ses successeurs. Cette ouverture au monde et ces
initiatives du Canada qui ont marqué les années
60 et 70, il aura suffi de quelques mois d’ineptie et d’un
manque total d’éthique pour les rayer de l a carte du
monde. Un monde qui se questionne de plus en plus sur ce
douteux changement de cap et sur cette absence de
moralité politique.
Le PLC dépose sa motion pour renverser
le gouvernement
OTTAWA —
Les libéraux fédéraux sont
allés de l’avant avec leur souhait de renverser le
gouvernement minoritaire de Stephen Harper et ont
présenté hier après-midi une motion
de censure au Parlement. Mais leur projet pourrait
être rapidement court-circuité par les
néo-démocrates, dont l’appui aux
conservateurs semble de plus en plus assuré.
À sa sortie des Communes, le leader du Nouveau
Parti démocratique, Jack Layton, a refusé de
se prononcer sur les intentions de son parti tant que ses
troupes n’auront pas évalué la motion des
libéraux. Mais le chef a
réitéré que son parti
préférait faire adopter de nouvelles mesures
d’aide aux chômeurs plutôt que de
déclencher des élections.
« Si on peut aider des milliers de gens avec un
milliard de dollars, d’après moi, on doit le faire,
parce que nous l’avons demandé. (...) Nous allons
travailler très fort pour atteindre cet objectif
», a dit M. Layton.
Les troupes néo-démocrates tiennent
cependant à faire planer le mystère et
maintiennent que plusieurs options demeurent sur la table.
Une décision pourrait être annoncée
dès aujourd’hui, selon l’attaché de presse
du parti, Marc-André Viau. Mais on concède
malgré tout qu’un scrutin automnal demeure fort peu
probable.
Même si l’appui des néodémocrates au
gouvernement sembla it presque ga ra nti , les
libéraux ont néanmoins décidé
de se lancer dans un processus qui pou rra it se solder
par la chute du gouvernement, le jour même où
le premier ministre Stephen Harper déposait son
troisième rapport d’étape du plan de relance
économique.
C es bi la
n s t r i mest r iels étaient une condition
imposée en j uin par les libéraux en
échange de la survie du gouvernement conservateur.
Mais le document n’a pas semblé satisfaire le
leader libéral. Michael Ignatieff a cité au
passage l’explosion du déficit
fédéral depuis le dernier budget, en j
anvier – qui atteint maintenant 56 milliards –, et la
hausse du taux de chômage, notamment chez les
jeunes.
«Nous sommes fatigués de ce genre de jeux
politiques. Nous voulions une réelle
imputabilité, un gouvernement qui dit la
vérité aux Canadiens. Nous en avons assez,
et donc nous allons déposer aujourd’hui (lundi) une
motion de censure très simple qui dit que ce parti,
le Parti libéral du Canada, ne peut pas continuer
d’avoir confiance dans le gouvernement», a
expliqué M. Ignatieff après la
période des questions.
L e prem ier m i n ist re a cependa nt regretté que
le Parti libéral s’oppose au bilan
économique avant même de l’avoir
consulté et a du même souffle traité
le leader libéral d’irresponsable.
« C’est dommage, j e crois que les Canadiens
s’attendent à mieux, à ce qu’en temps de
difficultés économiques les membres du
Parlement de tous les partis travaillent fort en
matière d’économie, et non à ce
qu’ils jouent à ce genre de jeux politiques
», a dit M. Harper.
Le Bloc québécois devrait voter en faveur de
la motion puisque Gilles Duceppe clame qu’il n’a aucune
confiance dans le gouvernement de M. Harper. L’appui d’un
seul parti suffit au gouvernement pour assurer sa survie.
La motion sera débattue jeudi et le vote pourrait
se tenir le jour même ou lundi prochain.
Le plan de relance est engagé à 90 %
OTTAWA —
Le gouvernement Harper affirme avoir engagé 90 %
des 29 milliards de dollars en fonds consacrés
aux mesures de stimulation économique pour les
années 2009 et 2010.
PHOTO ANDREW VAUGHAN,
PC
Stephen
Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty
étaient de passage hier midi à
Saint-Jean, au NouveauBrunswick. Selon le premier
ministre, l’économie canadienne montre des
signes encourageants, mais beaucoup de travail reste
à faire.
Dans le troisième rapport d’étape
présenté par le premier ministre Stephen
Harper hier midi à Saint-Jean, au
Nouveau-Brunswick, Ottawa a indiqué que
l’économie c a nad ien ne mont ra it des signes
encourageants, mais que beaucoup de travail restait
à faire.
Par ailleurs, contrairement à ce qu’ont
affirmé les libéraux la semaine
dernière, le gouvernement soutient que 84 % des
9,6 milliards alloués aux projets
d’infrastructures ont été engagés.
Les libéraux ont en effet rendu publique une
enquête i nter ne da ns laquel le ils affirment
que seuls 12 % des fonds destinés aux projets
d’infrastructures ont réellement
été dépensés. Ils ont aussi
dénoncé le fait que les circonscriptions
conservatrices recevaient plus que leur part du pactole.
Mais le gouvernement avait une autre version, hier.
« Le gouvernement a conclu presque toutes les
ententes requises visant à permettre aux
provinces, aux territoires, aux municipalités et
aux autres partenaires de les mettre en oeuvre»,
peuton lire dans le document d’environ 150 pages.
« Le moment où se déroulera le gros
de la mise en oeuvre dépend de la vitesse
à laquelle les provinces, les territoires et les
municipalités réaliseront des
progrès. »
Le
ministre des Transports, Joh n Ba i rd , a tenté
d’expliquer ainsi la distinction entre dépenses
« engagées » et dépenses
« réelles ». « Je vais vous
donner un exemple », a-til dit, en prenant celui
du crédit d’impôt pour la rénovation
résidentielle.
« Est-ce que l’argent a été
payé ? Non, mais les gens partout au pays gardent
leurs reç us pou r le te mps des impôts.
Donc, même si l’argent n’est pas sorti des
coffres, les Canadiens ont eu le feu vert pour
dépenser sur les projets d’infrastructures. Nous
payons nos factures dans les 30 jours. »
Rapport critiqué
Tous les partis de l’opposition ont critiqué le
rapport du gouvernement. « Assez de jeux. Nous
allons déposer une motion de censure très
simple plus tard dans la journée », a
déclaré le chef libéral, Michael
Ignatieff.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe,
a une fois de plus déclaré que le plan
d’action économique du gouvernement ne
défendait pas les intérêts du
Québec.
« Je vou s don ne pou r exemple la page 142,
a-t-il dit. Pour l’automobile, il y a eu 9 milliards,
718 millions de dollars d’engagés, donc 100 % de
ce qui avait été prévu. Pour la
forêt, 70 millions, dont 57 [millions]
d’engagés . Vous voyez la disproportion. »
Une motion de censure brève et sans
artifice - Joël-Denis Bellavance
OTTAWA —
Les libéraux de Michael Ignatieff maintiennent le
cap pour renverser le gouvernement Harper cet automne,
même si le NPD ne semble pas prêt à
appuyer cette démarche pour le moment.
Les stratèges libéraux ont d’ailleurs
arrêté leur décision quant au
libellé de la motion de censure qu’ils
déposeront la semaine prochaine envers le
gouvernement minoritaire conservateur. Cette motion sera
toute simple, très brève et sans artifice,
afin de faire pression sur les
néo-démocrates de Jack Layton pour qu’ils
l’appuient.
Selon des informations obtenues par La Presse, hier, la
motion se lira comme suit: « Que la Chambre des
communes n’a plus confiance dans ce gouvernement. »
« La motion de censure sera une phrase très
simple. Nous ne voulons pas donner un seul prétexte
à Jack Layton et au NPD de ne pas l’appuyer
», a confié hier un stratège
libéral sous le couvert de l’anonymat.
Le Parti libéral compte déposer cette motion
de censure durant la journée de l’opposition qui
lui sera attribuée deux jours après le
dépôt du troisième rapport du ministre
des Finances, Jim Flaherty, sur l’état de
l’économie. En principe, M. Flaherty doit
déposer ce rapport aux Communes le 28 septembre.
Pour se
maintenir au pouvoir, les conservateurs ont besoin de
l’appui d’un des trois partis de l’opposition. Le Parti
conservateur détient 143 des 308 sièges,
soit 12 de moins que la majorité requise pour
gouverner sans devoir faire des compromis.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a
déjà indiqué que ses troupes voteront
en faveur de la motion des libéraux si celle-ci
exprime clairement que le gouvernement Harper ne jouit
plus de la confiance de la Chambre. Les libéraux
doivent donc s’assurer de l’appui du NPD afin de mettre
fin au règne des conservateurs à Ottawa.
Mais le NPD a annoncé la semaine dernière
qu’il ne provoquerait pas d’élections tant que les
nouvelles mesures proposées par le gouvernement
Harper pour améliorer le programme d’assurance
emploi n’auront pas été adoptées.
Concrètement, cela veut dire que les troupes de
Jack Layton, qui ont toujours voté contre les
propositions des conservateurs depuis leur arrivée
au pouvoir en 2006, pourraient soit s’abstenir de voter
sur la motion de censure ou carrément appuyer le
gouvernement minoritaire de Stephen Harper.
Lasemainedernière, laministre des Ressources
humaines, Diane Finley, a déposé le projet
de loi C-50 afin d’injecter 935 millions dans le programme
d’assurance emploi et permettre à certains
travailleurs d’obtenir entre cinq et 20 semaines de
prestations de plus. Cette mesure temporaire toucherait
environ 190 000 chômeurs et serait
rétroactive de neuf mois à partir de son
entrée en vigueur. Le projet de loi est à
l’étape de la deuxième lecture.
Vendredi dernier, le gouvernement Harper a aisément
survécu à son premier vote de confiance de
la session parlementaire après que le Bloc
québécois et le NPD eurent voté en
faveur de la motion de voies et moyens visant à
mettre en oeuvre certains éléments du
dernier budget, dont le crédit d’impôt pour
la rénovation domiciliaire, très populaire
au pays. Tous les députés libéraux
présents aux Communes ont voté contre.
Toutefois, le Bloc québécois n’a pas
l’intention d’appuyer le gouvernement Harper lors des
autres votes de confiance. Au cours des prochaines
semaines, l’avenir du gouvernement conservateur reposera
donc entre les mains du NPD.
Les libéraux veulent forcer la cadence
- Joël-Denis Bellavance
OTTAWA —
Les libéraux de Michael Ignatieff redoublent
d’efforts afin d’éliminer, une à une, les
raisons qu’invoque le NPD pour soutenir le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper à la Chambre des
communes.
Toujours aussi déterminés à provoquer
des élections fédérales cet automne,
les libéraux ont ainsi proposé
d’accélérer l’adoption du projet de loi C-50
permettant d’accorder jusqu’à 20 semaines de plus
de prestations pour les travailleurs de longue date ayant
perdu leur emploi.
L e chef du N P D, Jack Layton, a fait savoir mercredi que
son parti ne participera à aucun effort des autres
formations politiques visant à forcer la tenue d’un
quatrième scrutin en cinq ans tant que ce projet de
loi ne sera pas adopté.
L e s con ser vateu r s , qu i détiennent 143 des
308 sièges, ont besoin de l’appui d’un parti de
l’opposition pour se maintenir au pouvoir. Les
libéraux, de leur côté, comptent
déposer une motion de censure contre le
gouvernement Harper, au début du mois d’octobre, et
le Bloc québécois entend appuyer cette
démarche.
« Nous ne voulons pas donner à M. Layton
quelque alibi que ce soit », a lancé en
matinée hier Michael Ignatieff.
Du même souffle, le chef libéral a
réitéré sa ferme intention de
déposer une motion de censure à la
première occasion. «Oui, il y aura un vote de
défiance dans quelques semaines parce que nous
avons clairement dit que nous n’avons plus confiance dans
ce gouvernement.»
Su r l’heu re du midi, le leader parlementaire du
gouvernement à la Chambre, le ministre Jay Hill, a
convoqué ses homologues des autres partis afin de
proposer d’adopter à toute vitesse le projet de loi
C-50. Le NPD et le Parti libéral ont donné
leur accord, mais le Bloc québécois, qui
juge les mesures proposées nettement insuffisantes,
s’y est finalement opposé.
M. Hill
était prêt à ce que les Communes
adoptent ce projet de loi en deuxième lecture
dès hier et qu’un comité parlementaire le
passe au peigne fin la semaine prochaine, même si
les Communes ne siègent pas, mais cette proposition
n’a pu faire l’unanimité. Tous les partis doivent
accepter que les procédures normales soient
modifiées pour accélérer l’adoption
d’un projet de loi.
La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a
déposé mercredi le projet de loi en question
qui permettrait à Ottawa d’injecter 935 millions de
dollars afin d’accorder à certains travailleurs
entre cinq et vingt semaines de prestations de plus. Cette
mesure temporaire toucherait environ 190 000
chômeurs et serait rétroactive de neuf mois
à partir de son entrée en vigueur.
Avant d’entrer en vigueur, un projet de loi doit franchir
trois lectures à la Chambre des communes et ensuite
être approuvé par le Sénat
après trois lectures également.
Les libéraux ne baissent donc pas les bras
même si le NPD a indiqué vouloir
éviter des élections générales
tant que le projet de loi C-50 n’a pas été
sanctionné.
En privé, les libéraux affirment vouloir
profiter de cette volte-face du NPD, lui qui a toujours
voté contre toutes les mesures proposées par
les conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir en
2006, pour discréditer les troupes de Jack Layton.
Les stratèges libéraux n’ont d’ailleurs
toujours pas digéré la décision de M.
Layton de s’a llier avec les conservateurs et le Bloc
québécois en novembre 2005 pour renverser le
gouvernement minoritaire libéral de Paul Martin.
Cette décision a non seulement mis fin au
règne libéral, selon eux, mais a eu de
graves répercussions sociales puisque le
gouvernement Harper a mis la hache dans le programme
national de garderies, mis sur pied par le gouvernement
Martin et les provinces, et refusé de donner suite
à l’accord de Kelowna. Cet accord, signé
à la toute veille de la campagne électorale
de 2005-2006, visait à investir cinq milliards de
dollars sur 10 ans pour extirper les peuples autochtones
de la pauvreté. En outre, la défaite des
libéraux a relégué aux oubliettes les
efforts entrepris par Ottawa pour lutter contre les
changements climatiques, selon les stratèges
libéraux.
« Nous avons une grosse crotte sur le coeur. Jack
Layton n’aura pas de cadeau de notre part», a
affirmé un stratège sous le couvert de
l’anonymat.
Une rentrée parlementaire qui s’annonce courte
- Joël-Denis Bellavance
OTTAWA — Les
députés reviennent à la Chambre des
communes aujourd’hui pour reprendre le boulot après
deux mois et demi de congé. Mais tous savent que leur
séjour à Ottawa sera de courte durée. Des
élections sont inévitables. Le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper pourrait tomber dès
vendredi.
PHOTO PAUL DARROW, ARCHIVES
REUTERS
Le chef du Nouveau Parti
démocratique, Jack Layton, souhaite faire fonctionner
le Parlement, mais ne se fait pas d’illusions sur sa survie
au-delà de vendredi.
Le chef du NPD, Jack Layton, qui presse le premier ministre
Stephen Harper de mettre de l’eau dans son vin depuis
plusieurs jours afin d’éviter un quatrième
scrutin fédéral en cinq ans, s’est rendu
à l’évidence au cours de la fin de semaine.
L’impasse entre le gouvernement minoritaire conservateur et
les trois partis de l’opposition est totale. Les
électeurs devront trancher.
M. Layton doit prononcer un discours ce matin devant son
caucus pour expliquer les priorités de son parti en
cette journée de rentrée parlementaire. Mais
même s’il souhaite faire fonctionner le Parlement,
«il ne faut pas se bercer d’illusions. Nous sommes
à la veille d’élections, même si nous n’en
sommes pas encore tout à fait là», doit
affirmer M. Layton à ses troupes, selon ce qu’a appris
La Presse.
Une source néo-démocrate a indiqué hier
soir qu’aucune discussion ou pourparlers n’a eu lieu entre des
émissaires du gouvernement Harper et les dirigeants du
NPD pour trouver un terrain d’entente. «Cela nous laisse
croire qu’ils veulent aussi des élections», a
indiqué cette source.
Le Parti libéral, le Bloc québécois et le
NPD auront d’ailleurs l’occasion de mettre fin au règne
du gouvernement Harper dès vendredi. Les conservateurs
comptent mettre aux voix une «motion de voies et
moyens». Il s’agit d’un vote de confiance puisqu’il vise
à mettre en oeuvre des mesures budgétaires, dont
notamment le crédit d’impôt pour la
rénovation domiciliaire. Si le gouvernement perd ce
vote, des élections auront lieu le lundi 26 octobre.
Selon des
informations qui circulaient hier soir, le ministre des
Finances, Jim Flaherty, pourrait aussi déposer son
troisième rapport trimestriel sur l’état de
l’économie vendredi. Ce rapport serait aussi
incorporé dans la motion de voies et moyens pour
être adopté.
Les libéraux de Michael Ignatieff, qui ont
provoqué il y a deux semaines cette valse rapide vers
un autre scrutin, ont continué leur offensive charme
auprès des électeurs en fin de semaine.
Ils ont lancé une nouvelle série de
publicités hier sur le site du Parti libéral et
la page Facebook de Michael Ignatieff. L’une des
publicités traite de l’économie. Le chef
libéral y affirme que près d’un demimillion de
Canadiens ont perdu leur emploi depuis le début de la
récession. Il souligne aussi l’importance de
conquérir de nouveaux marchés.
M. Ignatieff doit poursuivre aujourd’hui sa croisade en faveur
d’une campagne électorale; il prononcera un discours
devant le Canadian Club expliquant sa vision sur
l’économie.
De leur côté, les conservateurs chercheront cette
semaine à projeter l’image d’un gouvernement qui
s’attelle à la tâche de gérer les affaires
de l’État en présentant de nouvelles mesures
relatives à l’assurance emploi et un projet de loi pour
sévir contre les bandits à cravate.
Les sondages n’ont pas refroidi les libéraux
- Joël-Denis Bellavance
Michael
Ignatieff a toujours l’intention de provoquer des
élections fédérales
OTTAWA — Les libéraux de Michael Ignatieff demeurent
fermes dans leur volonté de provoquer la chute du
gouvernement Harper à la Chambre des communes – et de
forcer des élections fédérales cet
automne – même si une série de sondages
démontrent qu’ils traînent derrière les
conservateurs dans les intentions de vote.
Un sondage Nanos-La Presse n’a pas refroidi l’ardeur des
stratèges libéraux hier, même s’il
révèle que les appuis au Parti conservateur ont
bondi de six points depuis que le chef libéral Michael
Ignatieff a brandi la menace de renverser le gouvernement
Harper à la première occasion aux Communes.
Ce sondage accorde 37,5% des appuis aux troupes de Stephen
Harper contre 33,4% au Parti libéral et 14,8% au NPD.
Au Québec, le Bloc québécois domine
toujours avec 37,3% contre 32,5% au Parti libéral,
19,3% au Parti conservateur et 8,9% au NPD.
« Nous sommes toujours aussi déterminés
à renverser ce gouvernement. Nous avons hâte de
faire mentir tous ces sondages. Michael Ignatieff a
lui-même très hâte d’en découdre
avec les conservateurs. Le chef est mentalement prêt
à y aller et à livrer une bataille féroce
», a affirmé hier à La Presse un
stratège libéral sous le couvert de l’anonymat.
Le Parti libéral compte utiliser la journée de
l’opposition qui lui sera accordée deux jours
après le dépôt du troisième rapport
du ministre des Finances Jim Flaherty sur l’état de
santé de l’économie, le 28 septembre, pour
déposer une motion de censure contre le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper. Le Parti libéral a
besoin de l’appui du NPD et du Bloc québécois
pour arriver à ses fins et tout indique qu’il
l’obtiendra. Le cas échéant, les
élections auraient lieu le 9 ou le 16 novembre.
Toutefois, le
gouvernement Harper pourrait forcer la tenue d’un vote de
confiance dès la semaine prochaine, quand les Communes
reprendront leurs travaux, en déposant une motion pour
adopter les crédits budgétaires. Si tel est le
cas, les élections auraient lieu le 26 octobre. Mais
des stratèges conservateurs semblent avoir maintenant
écarté cette option après l’avoir
évoquée la semaine dernière.
Reprise
Pour le moment, la stratégie des conservateurs, qui ne
veulent pas d’élections fédérales cet
automne, est de démontrer aux Canadiens qu’ils
s’attellent à la tâche qui leur incombe de
gouverner le pays. « Les Canadiens ne veulent pas
d’élections qui pourraient fragiliser la reprise
économique. Nous maintenons le cap sur notre programme
», a affirmé à La Presse le ministre du
Revenu, Jean-Pierre Blackburn.
Selon des sources, le gouvernement Harper compte donc
déposer des modifications au programme de l’assurance
emploi et des mesures pour durcir les peines imposées
aux « criminels à cravate » dès la
semaine prochaine.
Pour sa part, le Bloc québécois intensifie sa
campagne visant à attaquer Michael Ignatieff. Des
députés bloquistes ont expédié des
dépliants de la Chambre des communes dans plusieurs
foyers du Québec, aux frais des contribuables, dans
lesquels ils affirment que Michael Ignatieff et Stephen Harper
sont des « complices » pour dépouiller le
Québec de ses pouvoirs.
« Force est de constater que Michael Ignatieff suit les
sillons creusés par les Trudeau, Chrétien,
Martin et Dion pour ce qui est de dépouiller le
Québec de ses pouvoirs », affirme-t-on dans ce
dépliant. On y souligne que les libéraux, comme
les conservateurs, sont favorables à la création
d’une commission nationale des valeurs mobilières. Le
dépliant a été envoyé dans
certains foyers de Gatineau par la députée
bloquiste de VaudreuilSoulanges, Meili Faille.
Trois discours en une semaine - Joël-Denis
Bellavance
Ignatieff
entend marteler le thème de l’économie
OTTAWA — Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff,
veut donner rapidement le ton à la prochaine bataille
électorale en prononçant trois discours en moins
d’une semaine à Ottawa, à Montréal et
à Toronto, à partir du 14 septembre. Le
thème de ces discours : l’économie,
l’économie et encore l’économie.
PHOTO ANDY CLARK, REUTERS
Le chef libéral Michael
Ignatieff espère donner le ton à la prochaine
campagne électorale à l’occasion de trois
discours à saveur économique à Ottawa,
à Montréal et à Toronto, à
partir de la mi-septembre.
M. Ignatieff, qui a annoncé mardi que ses troupes
avaient la ferme intention de mettre fin au règne du
gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Ha r per
à la pre - mière occasion, prononcera son
premier discours devant le Canadian Club d’Ottawa au
prestigieux hôtel Château L au r ier, le 14
septembre, jour de la reprise des travaux parlementaires.
Il doit aussi prononcer un discours à saveur
économique le 21 septembre devant le Canadian Club de
Toronto. Les stratèges libéraux planchent sur un
troisième discours qui sera prononcé à
Montréal, selon des informations obtenues par La
Presse.
« Ces discours donneront le ton à la prochaine
campagne électora le. M ichael Ignatieff
présentera sa vision économique et rappellera le
bila n i mpression na nt des libéraux en matière
de gestion des finances publiques, en particulier
l’élimination du déficit », a
expliqué hier un stratège libéral sous le
couvert de l’anonymat.
Dans les années 90, le gouvernement libéral de
Jean Chrétien a éliminé un déficit
de 42 milliards en quatre ans en réduisant les
dépenses, notamment les paiements de transfert aux
provinces. Cette semaine, les libéraux ont promis de
venir à bout de ce boulet financier sans augmenter les
impôts des contribuables et sans sabrer dans les
transferts aux provinces.
LesconservateursdeStephen deau fiscal des Canadiens.
De passage à Vancouver, hier, le chef libéral a
d’ailleurs donné toutes les indications que
l’état de santé de l’économie serait l’un
des principaux thèmes de sa campagne. « Nous
allons sortir de cette récession. Mais la question est
de savoir qui est le mieux placé pour diriger le Canada
durant la reprise. » Harper ont aussi affirmé
qu’ils comptent venir à bout du déficit en
tablant essentiellement sur une reprise de l’économie,
sans réduire les paiements aux provinces ou augmenter
le far-
«
L’é c o n o m ie souffre encore. Un million et demi de
Canadiens se cherchent du travail. Les faillites sont en
hausse de 50 %. Nous accusons un déficit de 50
milliards. Et l’OCDE affirme que nous aurons la reprise la
plus longue et la plus pénible des pays membres. Nous
sommes d’avis que ce n’est pas suffisant et nous pouvons faire
mieux », a soutenu M. Ignatieff durant un point de
presse.
« Nous allons sortir de cette récession. Mais la
question est de savoir qui est le mieux placé pour
diriger le Canada durant la reprise. En matière de
lutte contre le déficit, nous avons de la
crédibilité. Nous avons hérité
d’un déficit de 42 milliards de Brian Mulroney et du
dernier gouvernement conservateur, et nous l’avons
éliminé sans augmenter les impôts. Nous
allons hériter d’un déficit dépassant les
50 milliards de M. Harper et nous allons l’éliminer.
Nous l’avons fait dans le passé et nous allons le
refaire », a-t-il ajouté.
Des partis aux aguets
Même si le signal du départ n’a pas encore
été officiellement donné, tous les partis
politiques se préparent à se lancer en campagne
à la mi-septembre. Le Parti conservateur, le Parti
libéral et le NPD ont nolisé des avions, des
autocars et mis sur pied leur cellule de guerre pour
répondre aux attaques des uns et des autres. Le Bloc
québécois a aussi nolisé des autocars et
la nomination des candidats va bon train.
Les libéraux ont promis de déposer une motion de
censure envers le gouvernement Harper au début
d’octobre. Mais les conservateurs pourraient forcer un vote de
confiance plus tôt, le 17 septembre, en déposant
une motion de voies et moyens pour adopter les crédits
budgétaires et mettre en oeuvre certains
éléments du dernier budget.
Le cas échéant, le prochain scrutin
fédéral (le quatrième en cinq ans) aurait
lieu le 26 octobre. D’ores et déjà, la lutte s’a
nnonce serrée entre les conservateurs et les
libéraux, que plusieurs sondages placent au coude
à coude dans les intentions de vote à
l’échelle du pays
Au Québec, un coup de sonde réalisé par
la firme Léger Marketing et publié dans Le
Devoir accorde 35 % au Bloc québécois, 30% au
Parti libéral, 16% au NPD et 16% au Parti conservateur.
Au chapitre de la confiance des Québécois envers
les chefs, le bloquiste Gilles Duceppe arrive en tête
avec 32%, suivi du néo-démocrate Jack Layton
avec 23%. Michael Ignatieff inspire confiance à 14% des
personnes interrogées, et Stephen Harper arrive dernier
avec 12%.
Le PLC n’augmentera pas les impôts - Hugo
de GrandPré
Michael
Ignatieff promet tout de même de « nettoyer
» le déficit
SUDBURY, Ontario — Le chef libéral, Michael Ignatieff,
promet de payer le déficit laissé par le
gouvernement Harper sans augmenter les impôts.
PHOTO SEAN KILPATRICK, LA
PRESSE CANADIENNE
À la fin du caucus
libéral hier à Sudbury, Michael Ignatieff a
embrassé un poupon de sept semaines que lui a
présenté sa femme, Zsuzsanna Zsohar.
À peine une journée après avoir
annoncé qu’il tenterait de défaire le
gouvernement au Parlement à la première
occasion, M. Ignatieff a ainsi pris ses distances d’une
position controversée qu’il avait adoptée plus
tôt cette année.
En avril, le chef libéral avait évoqué la
possibilité de devoir augmenter les impôts pour
rembourser le déficit de quelque 50 milliards de
dollars prévu par le gouvernement. Ses adversaires
politiques, en particulier les conservateurs, avaient
sauté sur l’occasion pour l’attaquer dans les
médias.
Or, en point de presse à Sudbury au terme d’une
réunion du caucus de son parti, Michael Ignatieff a
tenu à mettre les pendules à l’heure – et
à clarifier d’emblée une question susceptible de
revenir le hanter dans une campagne électorale.
«Nous avons déjà été dans la
même position, a-t-il dit. Nous avons
hérité d’un déficit de 42 milliards de
dollars de M. Mulroney et nous avons dû le nettoyer, et
nous l’avons fait sans augmenter les impôts. Nous avons
hérité d’un trou de 50 milliards de dollars de
M. Harper et nous allons le nettoyer sans augmenter les
impôts.» Le chef libéral n’a cependant pas
précisé comment il comptait rembourser ce grand
déficit, résultat de la crise économique
et du besoin d’augmenter les dépenses gouvernementales
pour stimuler l’économie.
«Attendez pour voir», a-t-il seulement
lancé.
Les conservateurs ont réagi en fin de journée en
affirmant que la dernière fois que les libéraux
ont voulu rembourser la dette, dans les années 90, ils
l’ont fait en réduisant les transferts aux provinces en
matière de santé et d’éducation.
Pas de déclic soudain
M. Ignatieff
a partagé pour la première fois hier midi ses
réflexions après avoir causé une
commotion, mardi, en annonçant qu’il n’appuierait plus
le gouvernement Harper et tenterait de le défaire
à la première occasion.
« Il n’y a pas eu de déclic soudain »,
a-t-il expliqué en parlant du moment où il a
pris sa décision, qu’il a décrite comme
étant irréversible. Il dit avoir consulté
plusieurs de ses collègues durant l’été
et réfléchi longtemps et calmement, en plus de
parler aux Canadiens durant sa tournée estivale.
Cette décision l’a néanmoins forcé
à annuler le voyage qu’il prévoyait faire en
Chine avec une délégation de
députés entre le 6 et le 9 septembre.
«Nous voulons voir comment la situation politique se
développe. M. Harper a des cartes à jouer, M.
Duceppe a des cartes à jouer, M. Layton a des cartes
à jouer et il me paraît responsable d’être
ici pendant que ces questions se clarifient», a-t-il
dit.
Le NPD a évoqué mardi la possibilité de
collaborer avec le gouvernement pour empêcher des
élections. «Ça leur appartient de
décider. Je ne peux pas décider pour les autres
partis », a réagi Michael Ignatieff, peu bavard
sur le sujet.
Outre la question du déficit, M. Ignatieff a
donné un autre aperçu de sa plateforme
électorale, cette fois-ci sur la question de
l’environnement. Prenant clairement ses distances face aux
politiques de son prédécesseur, il a
précisé sa préférence pour un
système de quotas et d’échanges ( cap and trade)
pour réduire les émissions de gaz à effet
de serre. « Le geste qui doit être fait est
d’établir un système continental de quotas et
d’échanges », a-t-il insisté.
Il a aussi prêché en faveur d’un plan d’action
pour nettoyer les plans d’eau canadiens le plus rapidement
possible. « Vous verrez un plan environnemental
très robuste dans notre plateforme quand les
élections viendront», a-t-il promis.
« Unis » derrière le chef
L a décision de M ichael Ignatieff de provoquer des
élections n’a pas plu à tous les membres de son
parti. Certains députés et sénateurs,
particulièrement en Ontario, lui avaient clairement
fait savoir qu’ils auraient préféré
attendre encore un peu. Néanmoins, les libéraux
ont tenté de projeter une image d’unité et
d’harmonie, hier, au terme de ce caucus mouvementé.
Le sénateur David Smith est l’un d’eux. L’organisateur
avait déclaré qu’il serait irresponsable de
tenter de déclencher des élections de
manière continuelle, s’est dit serein de la
décision du chef. « Je pense que la
décision est de première classe ! »
s’est-il exclamé.
Québec veut des gestes concrets d’Ottawa -
Tommy Chouinard
— Le
gouvernement Charest profite de la fièvre
électorale à Ottawa pour mettre de la pression
sur les partis fédéraux, les conservateurs de
Stephen Harper en particulier.
QUÉBEC
Ottawa doit accepter de verser à Québec une
compensation financière de 2,6 milliards de dollars
pour l’harmonisation de la TPS et de la TVQ avant le
déclenchement probable des élections cet
automne, a affirmé hier le ministre responsable des
Affaires intergouvernementales canadiennes, Claude
Béchard.
D’ici à ce que les machines électorales
démarrent, d’autres dossiers, qui traînent en
longueur, doivent être « réglés
» selon lui. Il veut que le gouvernement Harper donne le
feu vert à certains travaux d’infrastructures et lui
cède la propriété des terrains devant le
parlement, à Québec.
À l’entrée d’une réunion du Conseil des
ministres, M. Béchard a voulu lancer un appel à
l’ensemble des partis fédéraux. Mais cet appel
visait surtout les troupes de Stephen Harper.
« On a
une période préélectorale où tous
les partis politiques à Ottawa ont une belle occasion
de faire ce qu’on appellerait du fédéralisme de
crédibilité. Avant de venir nous promettre quoi
que ce soit en campagne électorale, il y a
peut-être un certain nombre de gestes à faire
avant pour donner de la crédibilité à
leurs promesses qu’ils vont faire en campagne », a-t-il
affirmé.
Puis, Claude Béchard a énuméré des
dossiers qui doivent être « réglés
» avant un éventuel scrutin, ce qui interpelle
seulement le gouvernement conservateur. « On pense
à l’harmonisation de la TVQ et de la TPS. Ça
fait longtemps qu’on en parle. Qu’on le règle donc
avant au lieu de nous promettre en campagne électorale
qu’on va le régler », a-t-il expliqué.
Québec réclame une compensation de 2,6 milliards
de dollars pour avoir harmonisé sa taxe de vente
provinciale à la TPS dans les années 90.
Claude Béchard veut aussi clore les discussions sur la
cessation des terrains deva nt le pa rlement qui appartiennent
toujours à Ottawa. Des annonces en infrastructures
doivent aussi être faites avant les élections,
a-t-il ajouté, interpellant là encore le
gouvernement Harper. « Ce qu’on souhaite, c’est qu’on se
donne tout le monde la possibilité de régler des
choses pour que, quand on va arriver en campagne
électorale et qu’on va nous promettre ci et ça,
on va se baser sur un bilan. »
Claude Béchard demande à tous les partis
politiques fédéraux de se prononcer sur certains
enjeux comme la création d’une commission pancanadienne
des valeurs mobilières, un projet cher aux
conservateurs mais auquel s’oppose Québec.
La priorité : reconstruire le parti -
Joël-Denis Bellavance
Michael Ignatieff écarte maintenant l’idée
d’élections à brève
échéance
OTTAWA —
Après avoir vainement tenté de renverser le
gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper,
en octobre, les libéraux de Michael Ignatieff
écartent maintenant l’idée
d’élections à brève
échéance. I ls ont décidé
d’accorder la priorité à la reconstruction
de leur parti afin de mieux reconquérir le pouvoir,
après avoir vu leurs appuis chuter de
manière spectaculaire dans les sondages depuis
quelques mois.
La tenue d’une conférence de grands penseurs,
initialement prévue à la mi-janvier et
maintenant remise à la fin de mars à
Montréal, sera la pierre angulaire de ces efforts
de reconstruction.
Dans un courriel envoyé à tous les militants
libéraux du pays, le chef libéral Michael
Ignatieff a confirmé hier la tenue de cette
conférence, du 26 au 28 mars dans la
métropole, qui aura comme thème « Les
150 ans du Canada: relever le défi ».
Ce faisant , M. Ignatieff s’inspire des Jean
Chrétien et Lester B. Pearson pour remettre le PLC
sur les rails. En 1991, Jean Chrétien, alors dans
l’opposition, avait organisé une conférence
d’experts à Aylmer qui a donné naissance au
fameux Livre rouge du Parti libéral, une arme
redoutable que les libéraux ont utilisée
durant la campagne électorale de 1993. Le Livre
rouge a connu un tel succès que les libéraux
en ont rédigé un deuxième en vue des
élections de 1997 et un troisième en 2000.
Et les libéraux de Jean Chrétien ont
remporté trois victoires majoritaires de suite.
En 1960, Lester B. Pearson, également dans
l’opposition, avait aussi réuni de grands penseurs
à l’occasion de la « conférence de
Kingston ». Élu à la tête d’un
gouvernement minoritaire en 1963 et en 1965, M. Pearson a
lancé des réformes sociales avantgardistes,
notamment l’accès universel aux soins de
santé; les prêts aux jeunes désireux
de faire des études postsecondaires ; le
bilinguisme ; le régime de pensions du Canada. Son
gouvernement a aussi adopté le drapeau canadien.
« La
conférence de trois jours, qui s’inscrit dans la
tradition de la conférence de Kingston de 1960 et
de la conférence d’Aylmer de 1991, invitera des
penseurs progressistes et des militants
représentant une large part de la
société canadienne pour discuter des
défis fondamentaux auxquels le Canada fait face
dans une nouvelle ère d’incertitude et de
bouleversements économiques mondiaux. La
conférence sera une étape clé dans
l’élaboration de la plateforme du Parti
libéral pour la prochaine élection
générale », a écrit M.
Ignatieff dans son courriel aux militants.
En prévision de cette rencontre, le chef
libéral effectuera une tournée du pays en
janvier, et rencontrera d’abord les jeunes dans les
écoles secondaires, les collèges et les
universités. Le Parti libéral mettra sur
pied un site internet afin d’encourager les Canadiens
à soumettre des idées qui pourraient
être abordées durant la conférence.
Les députés libéraux ont pour leur
part reçu le mandat d’organiser des tables rondes
et des assemblées publiques dans leur
communauté afin de prendre le pouls de leurs
électeurs.
Selon Michael Ignatieff, ce grand brassage d’idées
permettra au Parti libéral de se donner les outils
pour gouverner le pays.
« Dans quelques années à peine, nous
célébrerons le 150e anniversaire de notre
pays. Mais une question fondamentale se pose: quel genre
de pays serons-nous ? Et quel genre de pays pouvons-nous
être ? (…) Il ne s’agit pas seulement de parler du
genre de Canada que nous voudrions être en 2017,
mais aussi de ce que nous devons faire aujourd’hui et
demain pour y arriver », a soutenu M. Ignatieff.
Remontée conservatrice - LYSIANNE
GAGNON
Un
gouvernement conservateur solidement majoritaire, qui tire
sa force de l’Ontario et de l’Ouest, pendant que le Parti
libéral s’étiole à l’ouest de
l’Ontario sans même parvenir à faire des
gains dans un Québec plus que jamais en retrait,
toujours dominé par le Bloc…
Tel est le portrait qui aurait résulté
d’élections automnales, si les libéraux
avaient réussi dans leur tentative masochiste de
renverser le gouvernement.
Selon Strategic Council, les conservateurs de Harper ont
13 points d’avance sur les libéraux sur la
scène pan-canadienne, le PLC se retrouvant aussi
mal pris sous la gouverne d’un Michael Ignatieff dont il
attendait pourtant mer et monde, que sous celle de
Stéphane Dion. Pendant que le PLC plafonnait, le PC
a pris une avance qui lui permettrait de former un
gouvernement majoritaire.
Pour ce qui est du Québec, il faut plutôt se
fier au sondage de CROP, antérieur de deux semaines
à celui du Strategic Council, mais qui a le
mérite de reposer sur un échantillon de 1000
personnes. Ce sondage montre lui aussi la
dégringolade des libéraux – une
dégringolade que les sorties belliqueuses de Denis
Coderre et le cafouillage dans Outremont ont certainement
accentuée. Malgré ses indéniables
qualités, Marc Garneau, le nouveau bras droit de M.
Ignatieff au Québec, n’a pas les atouts
nécessaires (soit l’expérience politique et
la connaissance du terrain) pour faire des miracles.
Logiquement,
le vote fédéraliste se déplace vers
les Tories, dont la cote a remonté de quatre points
en un mois. M. Harper a appris de ses erreurs,
l’économie ne va pas aussi mal que prévu, le
premier ministre a bonne presse – et il n’a pas
renoncé au Québec.
Il a commencé à faire la paix avec Brian
Mulroney, qui reste l’incontournable figure de proue pour
les «bleus» du Québec. Cameron
Charlebois, un acteur important dans le paysage
urbanistique, vient d’être nommé à la
tête de la Société immobilière
du Canada (section Québec), et va s’attaquer aux
fameux silos qui longent la rive montréalaise du
fleuve. Le Vieux-Port et ses environs sont une
responsabilité fédérale. Si l’on
réussit à relever ce secteur et à en
faire un beau lieu d’activités mixtes comme on l’a
fait dans l’île Granville, à Vancouver, le
crédit de cette opération très
visible en reviendra au gouvernement Harper.
Dans le comté de
MontmagnyL’Islet–Kamouraska–Rivière-du-loup,
où une élection partielle aura lieu le 9
novembre, les conservateurs ont déniché un
candidat intéressant – l’ancien maire de La
Pocatière Bernard Généreux, un homme
jeune, dynamique et bien vu. La circonscription est
bloquiste (l’ancien député Paul Crête,
en place depuis 1993, a eu 6500 voix de majorité en
2008), mais face à une nouvelle venue, le PC
pourrait afficher une meilleure performance.
L’époque où la politique attirait des
vedettes connues partout dans la province est
révolue. Le mieux qu’un parti politique puisse
espérer, c’est de recruter des gens
compétents et bien implantés dans leur
milieu. Or, et c’est bon signe, les conservateurs viennent
d’attirer un candidat de qualité dans un
comté théoriquement «perdu»…
alors que les libéraux n’ont pas encore choisi le
leur, l’ironie étant que M. Généreux
est libéral au provincial.
Le
sondage du Strategic Council contient d’autres mauvaises
nouvelles pour les libéraux. D’une part, le PLC
recule dans l’électorat féminin qui lui
était pourtant traditionnellement acquis. D’autre
part, l’extrême faiblesse du parti dans l’Ouest, et
son recul en Ontario, va profiter au NPD… Si le
déclin du PLC se confirme, le NPD pourrait
être tenté par l’aventure électorale
et cesser de soutenir le gouvernement. M. Harper ne serait
que trop heureux de lui en fournir le prétexte.
La descente aux enfers - ALAIN DUBUC
Un sondage
du Globe and Mail d’hier montre que la lente glissade des
libéraux fédéraux s’est
transformée en dégringolade. Après
avoir devancé les conservateurs de cinq points en
mai dernier, ils ont perdu cette avance au cours de
l’été pour se retrouver, à la veille
de la rentrée des classes, cinq points
derrière leurs adversaires. Cet écart s’est
maintenant creusé à 13 points.
Il s’est donc passé bien des choses en un mois.
Début septembre, des élections
générales à l’automne semblaient
inévitables. Et Michael Ignatieff pouvait
raisonnablement croire qu’en travaillant fort, il pouvait
les remporter. Quatre semaines plus tard, Stephen Harper,
avec 41% des intentions de vote contre 28% pour les
libéraux, peut non seulement compter sur une
victoire, mais raisonnablement croire qu’elle serait
majoritaire.
Cela en dit long sur la volatilité extrême de
l’électorat, sur la difficulté de faire des
prévisions, et sur les dangers de croire que le
temps présent peut nous dire ce que l’avenir nous
réserve. Tout peut donc encore changer. Mais la
descente aux enfers de M. Ignatieff est trop brutale et
trop marquée pour être portée au
compte des phénomènes passagers.
Il y a, dans la chute rapide de popularité des
libéraux, un élément conjoncturel :
la réaction très négative des
électeurs aux tentatives de M. Ignatieff de
renverser le gouvernement. Non seulement les Canadiens ne
voulaient pas d’élections si rapprochées,
ils en sont même au stade où ils souhaitent
un gouvernement majoritaire. Rétrospectivement, la
stratégie libérale a été
désastreuse. Mais c’est le genre de choses que l’on
finira par oublier.
Cet
incident a par contre révélé deux
tendances lourdes, bien plus menaçantes pour les
libéraux. D’abord, le profond désir de
stabilité des citoyens. Par définition, cela
profite au gouvernement en place. Ensuite, le fait qu’il
n’est pas vrai, comme l’ont sans doute cru les
stratèges libéraux, que la récession
affaiblirait le gouvernement. Ici comme ailleurs, c’est le
contraire qui semble se produire. On le voit par exemple
à la récente victoire d’Angela Merkel en
Allemagne.
D’autant plus que le gouvernement Harper s’est bien
acquitté de sa tâche. Le Canada s’en est
sorti mieux que les autres, sa reprise sera plus
vigoureuse, et les organismes internationaux
félicitent le gouvernement canadien pour ses
politiques de relance. Les déboires des
libéraux ne s’expliquent pas seulement par leurs
faiblesses, mais aussi par la performance des
conservateurs.
Il est vrai que la stratégie de relance des
conservateurs a été imposée par les
libéraux, et que le gouvernement Harper a dû
déposer un budget de type libéral pour
éviter d’être renversé. Mais le
résultat est là. Et dans un contexte
où le principal enjeu politique reste la relance
économique, rien ne distingue foncièrement
les libéraux des conservateurs.
À ce contexte difficile s’ajoute un problème
propre aux libéraux. Le fait que le penseur
respecté qu’est Michael Ignatieff ne s’est pas
transformé en politicien et en leader. On a vu les
carences du politicien dans l’incident Cauchon-Coderre.
Elles s’expliquent bien moins par le fait que le chef est
entouré de Torontois que parce que celui-ci n’a pas
eu l’instinct politique pour déceler un
problème, ni la détermination pour le
régler avant qu’il ne se transforme en crise.
Mais surtout, M. Ignatieff n’a pas réussi à
bien expliquer ce que serait un gouvernement
libéral, et en quoi il se distinguerait. C’est
peut-être le calcul politique d’un parti qui veut
attendre avant de dévoiler son jeu. Bien sûr,
il y a les valeurs libérales et les
évidentes différences culturelles et
idéologiques entre libéraux et
conservateurs. Mais ce n’est manifestement pas assez pour
convaincre l’électorat.
Qu’est-ce qui fait donc chanter M. Harper? -
VINCENT MARISSAL
Stephen
Harper est à la tête d’un gouvernement
minoritaire menacé de renversement. Il traverse
la pire crise économique depuis la Grande
Dépression, ce qui creusera le pire
déficit de l’histoire du Canada.
M. Harper devrait avoir le moral dans les talons et son
parti devrait sombrer dans les sondages.
Au contraire, le Parti conservateur ne s’est jamais si
bien porté au Canada, et son chef s’est
même permis un rare moment de détente en
public en chantant une toune des Beatles avec Yo-Yo Ma,
samedi soir, au Centre national des arts d’Ottawa.
Qu’est-ce qui fa it donc chanter Stephen Harper (air
connu)?
Les sondages, dont le dernier Strategic Counsel
publié hier dans The Globe and Mail, qui donne 13
points d’avance aux conservateurs sur les
libéraux? Cela contribue certainement à la
bonne humeur du premier ministre.
M. Harper n’a pas joué du piano ni chanté
en public, hier, pour célébrer ce nouveau
sondage dévastateur pour les libéraux,
mais il a donné une entrevue à une radio
de Toronto pour suggérer aux partis de
l’opposition d’oublier leur projet de défaire son
gouvernement.
Sont-ce les crises internes chez les libéraux qui
rendent M. Harper si guilleret et exubérant?
(Enfin, on se comprend: guilleret et exubérant
pour le très lymphatique Stephen Harper.)
Ça ne peut pas nuire au bonheur du premier
ministre que de voir son principal adversaire se couler
lui-même en lavant son linge sale en public.
Est-ce l’appui inusité du NPD qui réjouit
à ce point M. Harper ? Ironiquement, l’appui de
Jack Layton rend peut-être les conservateurs plus
acceptables aux yeux des électeurs qui les
trouvent généralement beaucoup trop
à droite.
Tout cela peut certainement inciter M. Harper à
chantonner de plaisir. Mais il n’est pas soudainement
devenu un boute-entrain. Il est d’abord un tacticien. Et
pour un tacticien, il n’y a rien de plus satisfaisant
que de voir ses morceaux se mettre en place pendant que
ceux de l’adversaire explosent dans le plus grand
désordre.
Stephen Harper a pris des risques, ces derniers mois, et
ceux-ci s’avèrent aujourd’hui très
payants.
Il a pris un risque, notamment, en parlant ouvertement
d’un gouvernement conservateur majoritaire, une
idée qui rebutait profondément
l’électorat il y a quelques mois à peine.
Résultat: l’idée a fait son chemin,
devenant soudainement acceptable.
Fidèles
à
leur stratégie, les conservateurs ont aussi
lancé des publicités négatives
contre Michael Ignatieff, rappelant notamment que le
chef libéral a vécu hors du pays
très longtemps et l’accusant d’être
hautain.
Visiblement, les pubs conservatrices ont fait mouche,
mais, pis encore, celles qu’ont lancées les
libéraux en réplique ont
complètement manqué la cible, montrant un
Michael Ignatieff figé et mal à l’aise. La
meilleure défense, c’est bien connu, c’est
l’attaque. Au lieu d’essayer de répliquer aux
insinuations des conservateurs, les libéraux
auraient mieux fait de s’en prendre au bilan du
gouvernement.
Stephen Harper a aussi dû sortir des sentiers
traditionnels des conservateurs en adoptant des mesures…
libérales pour affronter la récession. Il
risquait ainsi de déplaire à la base dure
de son parti, les anciens réformistes, mais il se
rapprochait aussi du centre, ce qui aura
été finalement plus payant que
dommageable.
La crise économique a forcé les
conservateurs à migrer vers le centre, ce qui les
sauvera peut-être dans l’électorat.
M. Harper se trouve maintenant à assouplir
l’assurance emploi, notamment en ouvrant la porte aux
travailleurs autonomes, tout en insistant lourdement sur
des aspects « loi et ordre », comme la
traite des enfants et les criminels à cravate,
pour apaiser sa base électorale.
Pendant ce temps, la stratégie libérale
s’effrite.
Encore le week-end dernier à Québec,
Michael Ignatieff a mitraillé le gouvernement
à cause du déficit historique qui
s’annonce. Le hic, c’est que tout le monde sait que ce
déficit a été provoqué par
la crise économique, pas par la mauvaise gestion
ou le gaspillage du gouvernement conservateur. Par
ailleurs, les libéraux peuvent difficilement
critiquer l’injection de milliards dans
l’économie puisqu’ils auraient fait exactement la
même chose.
Les libéraux essayent aussi de dépeindre
Stephen Harper comme un horrible monstre que les
Canadiens détestent et dont ils veulent se
débarrasser au plus vite, au moment où
ceux-ci découvrent un pianiste un peu
crispé, mais pas bien méchant.
Cette mise en scène fait partie d’une
opération charme utilisée jadis pour Mike
Harris (le chef de cabinet de Stephen Harper, Guy
Giorno, travaillait pour l’ex-premier ministre ontarien)
et nommée HOAG, pour Hell of a Guy (un maudit bon
gars!). Chose certaine, l’opération Beatles de
samedi soir a très bien fonctionné.
Pendant que M. Harper projette l’image d’un leader relax
et en plein contrôle, les électeurs voient
les libéraux déchirés par les
crises.
Les libéraux essayent très fort de faire
passer Stephen Harper pour un control freak (ce qu’il
est, en effet), mais Michael Ignatieff, lui, semble
avoir perdu le contrôle de son parti dans
l’affaire Coderre, notamment.
Le pire pour les libéraux, c’est que les choses
s’amélioreront vraisemblablement pour les
conservateurs au cours des prochains mois.
L’économie montre ses premiers signaux positifs
et, si le gouvernement survit à l’automne, il
pourrait aussi bénéficier de l’effet
olympique.
Même au Québec, où on note une
légère remontée des conser vateu rs
, M. Ha r per pourrait abattre quelques cartes payantes.
Il pourrait annoncer, par exemple, une entente (et un
chèque de plus de deux milliards de dollars) pour
l’ha r monisation des taxes de vente avec Québec.
On
dit aussi que l’entente Canada-Québec sur la
culture est bien avancée ( pour le transfert de
certains pouvoirs en culture à Québec) et
pourrait être annoncée au moment
jugée opportun.
Le gouvernement Harper survit à un nouveau
vote - Malorie Beauchemin
OTTAWA —
Le gouvernement con ser vateu r de S tephen H a r per a s
u r vé c u à u n deuxième vote de
blâme en deux semaines, hier, grâce à
l’appui des néo-démocrates, qui se disent
convaincus que ce geste permettra d’aider les
chômeurs.
Comme prévu, le Bloc québécois a
appuyé les libéraux de Michael Ignatieff et
voté en faveur d’une motion visant à retirer
la confiance de la Chambre envers le gouvernement. Les
députés du NPD de Jack Layton sont
finalement restés assis, et leur abstention a
permis aux conservateurs de remporter le vote
controversé.
« Notre abstention reflète le désir de
supporter les chômeurs plutôt que de supporter
le désir des libéraux d’avoir des
élections », a dit le député du
NPD, Yvon Godin, tout de suite après le vote.
Les néo-démocrates avaient annoncé
depuis deux semaines qu’ils ne feraient « rien pou r
provoquer des élections », tant que les
modifications au régime d’assurance emploi ne
seront pas adoptées. Le gouvernement conservateur a
promis, à la mi-septembre, d’injecter 900 millions
de dollars pour augmenter les prestations d’assurance
emploi pour les travailleurs de long ue du rée qu i
ont perdu leur emploi. Le projet de loi a
été déposé, mais n’est pas
encore adopté par le Parlement.
Il y a deux semaines, bloquistes et
néo-démocrates avaient assuré la
survie du gouvernement minoritaire en appuyant une motion
de voies et moyens qui comprenait notamment le
crédit d’impôt à la rénovation
résidentielle.
Ignatieff cinglant
L a
nça nt le débat su r la motion de
défiance, le chef de l’opposition officielle, M.
Ignatieff, a en matinée fait le procès du
gouvernement de Stephen Harper, expliquant pourquoi, selon
lui, la Chambre ne devait plus lui faire confiance pour
diriger les affaires du pays.
Dans un discours passionné, qui visait à
marquer une rupture avec la semaine difficile vécue
dans le camp libéral, après la
démission fracassante de Denis Coderre lundi, M.
Ignatieff a été cinglant à
l’égard du gouvernement.
« Ce n’est pas seulement l’idéologie
conservatrice, ce n’est pas seulement leurs politiques,
c’est la façon dont ils font de la politique, a
critiqué le chef libéral. Pour eux, tous les
adversaires sont des ennemis. On ne peut pas faire
fonctionner le Canada comme ça. On ne peut pas
diviser notre pays ainsi. »
M . Ignatieff a vivement c r it iq ué les position
s du gouvernement Harper sur les changements climatiques,
sur la Chine, sur l’ONU, sur le Québec, sur les
Canadiens q u i s e r e t r ouve n t pr i s à
l’étranger.
Pou r le chef libéral, les conservateurs «
ont perdu le contrôle des finances publiques du pays
», ils n’ont « pas de plan pour sortir du
déficit » et compromettent, ainsi, la
capacité du gouvernement canadien à venir en
aide aux aînés et protéger leurs
pensions, à assurer un système de
santé adéquat et à aider les
chômeurs.
« Nous méritons mieu x. Nous méritons
un gouvernement de compassion, de
créativité, de collaboration, un
gouvernement qui unit les Canadiens, qui ne les divise pas
», a conclu le chef de l’opposition.
L’homme qui a « sauvé » le
gouvernement - Joël-Denis Bellavance
Des
élections fédérales semblaient
inévitables cet automne jusqu’à ce que le
chef du NPD, Jack Layton, séduit par la proposition
des conservateurs d’accorder jusqu’à 20 semaines de
plus de prestations d’assurance emploi à des
travailleurs de longue date ayant perdu leur emploi, cause
la surprise en offrant de soutenir le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper. M. Layton a dû se
défendre de renier ses principes à la suite
de cette décision. L’homme à la cravate
orange s’est entretenu avec notre chef de bureau à
Ottawa, Joël-Denis Bellavance, à ce sujet.
Q Beaucoup
PHOTO MARTIN MARTEL,
FOCUS 1
Après
avoir empêché des élections
fédérales cet automne en soutenant le
gouvernement Harper, le parti de Jack Layton est dans la
ligne de mire des libéraux.
d’observateurs vous ont critiqué parce que vous
avez décidé de soutenir le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper. Avez-vous trouvé la
rentrée parlementaire difficile ? R Tous les j
ours, j’ai pensé aux visages des gens que j’ai
rencontrés pendant l’été, même
la semaine dernière, qui me disaient, après
une réunion : « J’ai perdu mon emploi. J’ai
50 ans et je ne peux pas trouver un autre travail. »
J’ai vu des larmes sur les visages. Ils m’ont
demandé de faire quelque chose pour les aider. On
me pose des questions sur les sondages, ou encore à
propos de nos décisions sur les votes
passés. Mais moi, je pense à eux. Mercredi
soir, j’étais à l’Université Queens.
Une jeune fille pensait qu’elle ne pourrait pas aller
à l’université parce que son père
à Thunder Bay a perdu son emploi. Son père
devait choisir entre l’hypothèque ou les frais de
scolarité. Quand on pense à la
possibilité d’avoir 1 milliard de dollars pour ces
familles, pour ces personnes, je n’ai aucun doute au sujet
de ce que nous devons faire. On doit venir en aide
à ces familles le plus rapidement possible. Q Ces
attaques ne vous dérangent pas ? R J’ai vécu
toute ma vie avec des attaques. Il n’y a jamais eu un
journal qui a appuyé notre parti. Mais nous avons
toujours progressé en tant que parti, nous avons
toujours augmenté nos appuis durant les
élections. Pourquoi ? Parce que nous tentons de
faire ce que les gens veulent de nous. Je n’ai
rencontré presque personne qui m’a dit que la
première chose que nous devions faire,
c’était de provoquer d’autres élections.
Mais, d’un autre côté, beaucoup de gens nous
ont demandé de les aider. Je pense que le choix
était clair. Q Donc,
vous estimez avoir écouté la population,
avoir fait passer les intérêts de la
population avant les intérêts des partis
politiques ? R C’est notre raison d’être. Nous
essayons d’être fidèles à ces
principes. Sommes-nous parfaits tout le temps ?
Probablement pas. Nous sommes des êtres humains.
Mais nous faisons de notre mieux. C’est pourquoi le caucus
est content de ce qui arrive. Nos militants nous appuient.
Et les grands syndicats aussi. Q Que
répondez-vous
à ceux qui disent que le NPD a abandonné son
rôle de conscience sociale du Parlement en appuyant
un gouvernement conservateur qui, selon les observateurs,
a mis du temps à réagir à la crise
économique et qui, selon les écologistes, a
fait peu de choses pour lutter contre les changements
climatiques ? R Nous rejetons plusieurs des politiques de
M. Harper. Mais ce que nous sommes en train de faire,
c’est d’accomplir des résultats concrets pour les
gens. C’est toujours de cette façon que le NPD a
fonctionné. Pour nous, ce qui compte, ce sont les
résultats, pas nécessairement les
apparences. Aussi, le NPD a appuyé le premier
projet de loi déposé par le gouvernement
Harper sur l’imputabilité. Nous avons
proposé des amendements. Les conservateurs les ont
acceptés pour régler le comportement
inacceptable et la corruption des libéraux. Q Est-
ce que les événements de cette semaine vous
ont appris une leçon concernant la façon de
faire de la politique ? Vous avez souvent reproché
aux libéraux de soutenir les conservateurs. Vous
avez même préparé un gâteau pour
souligner le fait qu’ils avaient voté 79 fois avec
les conservateurs. Avec le recul, feriez-vous la
même chose? R Nous avons peut-être trop mis
l’accent là-dessus. Mais c’était pour
démontrer que les libéraux n’obtenaient pas
de résultats. Dans le dernier budget, par exemple,
les conservateurs attaquaient les femmes, l’environnement,
il y avait beaucoup de choses qui nous
inquiétaient. C’est pourquoi nous avons
souligné qu’il était inacceptable que les
libéraux appuient les conservateurs sans rien
accomplir, juste pour les maintenir au pouvoir. Q Depuis
votre décision, cette semaine, les libéraux
vous attaquent beaucoup. Vous êtes dans leur ligne
de mire. R Nous avons eu l’occasion de travailler avec les
libéraux en formant une coalition (en
décembre dernier). Mais M. Ignatieff a
décidé de la rejeter pour ensuite appuyer M.
Harper. Il a rejeté l’occasion de travailler
ensemble pour mettre au pouvoir un gouvernement
progressiste. Et maintenant, il ose m’attaquer pour avoir
demandé directement au premier ministre et obtenu 1
milliard de dollars pour les chômeurs qui sont
menacés de perdre leur maison ou qui ne peuvent
mettre de la nourriture sur la table? Nous avons
essayé de faire fonctionner le Parlement avec le
Parti libéral en concluant une coalition.
C’était une occasion en or. M. Ignatieff a
signé le document en disant qu’il acceptait la
coalition. Mais il a choisi M. Harper à la place,
sans rien obtenir en retour. S’il avait été
sincère dans son désir de remplacer M.
Harper, il aurait pu le faire sans provoquer
d’élections. Q Vous répondez à un
voeu de la population en ne provoquant pas
d’élections un an après le dernier scrutin.
Vous offrez aussi une certaine stabilité à
Ottawa. Mais pour combien de temps? R Cela va
dépendre du premier ministre Harper. Va-t-il
retourner à ses anciennes habitudes en refusant de
travailler avec les autres ? Ou va-t-il essayer de
répondre aux propositions réalistes et
importantes qui sont sur la table en ce qui concerne les
pensions, les frais des cartes de crédit, les
changements climatiques ? S’il ne le fait pas, cela veut
dire qu’il veut des élections et il provoquera des
élections. S’il répond à nos
propositions, cela indiquera une volonté d’avoir un
Parlement qui fonctionne au lieu d’avoir un Parlement
toujours en chicane.
Goodbye, la majorité! - LYSIANE GAGNON
Ainsi donc,
le NPD et le Bloc auraient « sauvé » le
gouvernement Harper? Mais non, ce sont les libéraux
qui viennent d’être sauvés!
Le défi d’Ignatieff au gouvernement était
bien téméraire, car les libéraux
partaient en guerre sur un fort mauvais pied. Par contre,
avec plusieurs points d’avance dans les sondages et face
au néophyte qu’est Michael Ignatieff, les
conservateurs avaient ces temps-ci des chances
réelles de former un gouvernement majoritaire.
Le gouvernement Harper, ne l’oublions pas, n’est
qu’à 12 sièges du seuil requis pour la
majorité. Or, le PLC d’Ignatieff baissait dans les
sondages à mesure que se précisait la
«menace» d’élections, et les
premières salves de la précampagne
libérale n’étaient pas de nature à
susciter l’enthousiasme dans les chaumières:
annonces télévisées anémiques
(surtout en anglais), chef mal connu, plan d’affirmation
internationale redondant, et aucun argument solide pour
justifier le renversement du gouvernement…
Le nouveau chef libéral s’était
«peinturé dans le coin» et seule
l’intervention miracle d’un tiers parti pouvait le sauver.
Le NPD, faut-il dire, avait fort peu
d’intérêt à aller au front, lui dont
la cote, à en juger par les derniers sondages, se
rapproche dangereusement du 10%. Le Bloc, pour sa part,
est en position solide au Québec. En revanche, la
perspective d’un gouvernement conservateur majoritaire
avait de quoi lui refroidir le sang, car avec un
gouvernement majoritaire en place pour au moins quatre
ans, les tiers partis perdraient beaucoup d’influence et
de visibilité.
Le
compromis avancé par le gouvernement Harper sur
l’assurance emploi, de même que son populaire
programme d’aide à la rénovation
domiciliaire, constituaient de bons prétextes pour
permettre aux tiers partis de justifier leur appui au
gouvernement. Ce dernier, par ailleurs, n’aurait
sûrement pas détesté être
renversé, à un moment où les astres
lui sont favorables… mais il devra attendre à l’an
prochain, car le NPD vient de lui assurer son appui, en
pratique, pour le reste de l’automne.
Ce revirement de la position traditionnelle des
néo-démocrates, qui s’étaient fait
jusqu’ici un point d’honneur de voter contre le
gouvernement (et qui se moquaient du PLC pour sa
«collusion» avec le gouvernement), va
sûrement être très critiqué au
sein du parti, mais permet à Jack Layton de sauver
sa peau pendant quelques mois encore.
Pour l’instant, l’opinion publique, au Canada anglais,
commence à en avoir assez des gouvernements
minoritaires.
L’aventure de la coalition en a fait
réfléchir plus d’un, et l’atmosphère
constante de chicanes partisanes, inévitable
produit des gouvernements minoritaires, a fait le reste.
(Il y a eu, à d’autres époques et dans
d’autres pays, des gouvernements minoritaires qui
fonctionnaient plutôt bien, mais ce n’est pas le cas
dans le Canada d’aujourd’hui, où tant les
libéraux que le Bloc sont congénitalement
incapables de jouer le jeu de bonne foi – les
libéraux parce qu’ils se croient destinés
par Dieu à former le gouvernement, et le Bloc parce
qu’il ne croit pas au Canada.)
Il n’y aura donc pas d’élections cet automne… mais
on ne dirait pas, car avec ces gouvernements minoritaires
qui se succèdent, nous sommes dans une campagne
électorale perpétuelle… Le Parlement nage
dans la «politicaillerie», et le gouvernement
est incapable de réfléchir et d’agir
à long terme, obligé de surveiller ses
arrières à chaque tournant. Et tant pis pour
les lois nécessaires – celle, par exemple, qui
viendrait ramener à la raison notre système
d’accueil des demandeurs d’asile – qui ne pourront jamais
être adoptées parce qu’elles
prêteraient à controverse et que le
gouvernement n’a d’yeux et d’oreilles que pour les mesures
rentables à court terme. Un gouvernement qui ne
fait que survivre, c’est un gouvernement sans vie
La majorité à portée de main
- VINCENT MARISSAL
«Bon, on va être O.K., il n’y aura pas
d’élections tout de suite – pas cette semaine, en
tout cas », m’a lancé un collègue
mardi soir au téléphone.
« Pas cette semaine. » En entendant la
précision, l’absurdité de notre paysage
politique m’a fait rire (jaune, à vrai dire).
On en est réduit, en cette ère de
gouvernement minoritaire, à évaluer,
à la semaine, les risques d’élections. Pas
étonnant que nous n’ayons pas eu dans ce pays de
véritables débats sur de véritables
enjeux depuis des années. Depuis 2004, en fait,
année de l’élection du premier gouvernement
minoritaire en un quart de siècle.
Pas le temps pou r les vrais enjeux, il faut aller au plus
pressant : des élections seront-elles
déclenchées cette semaine, dans deux
semaines ou le mois prochain?
Qua nd on pense que, dans certains pays plus stables
politiquement, comme les États-Unis, par exemple,
les présidents élus pour des mandats de
quatre ans manquent parfois de temps pour accomplir les
principaux engagements de leur programme politique ! Ici,
on ne se préoccupe plus des programmes, seul le
calendrier compte.
Cela d it , pu isque nous n’aurons pas de campagne pour le
moment, Stephen Harper peut souffler un peu. D’autant plus
que les planètes semblent s’aligner en sa faveur,
ces temps-ci.
Son voyage écla i r à Washington et à
New York n’au ra it d’a illeu rs pas pu mieux tomber. Son
absence pour cause de fonctions officielles l u i don ne
d’abord l’excuse parfaite pour ne pas assister, ce soir
à Montréal, à la fête
organisée pour souligner l’élection, il y a
25 ans, de Brian Mulroney.
Cette visite chez Ba rack Obama lui aura surtout permis de
se poser en champion du libre-échange, la plus
grande réalisation des conservateurs dans
l’histoire moderne du Canada. La rencontre constructive
entre M M . Ha rper et Obama à propos des
restrictions du fameux Buy American Act ne peut que servir
l’image du premier ministre.
Pendant que Harper était à Washington, hier,
le NPD lui a signé un chèque en blanc qui
pourrait lui permettre de se maintenir au pouvoir pendant
plusieurs mois encore. En s’engageant à ne pas
défaire le gouvernement tant que le projet de loi
sur l’assurance emploi n’aura pas été
adopté, Jack Layton aurait tout aussi bien pu
envoyer une carte de Noël à Stephen Harper. Un
projet de loi, c’est parfois long à adopter.
En prime pour M. Harper, les partis de l’opposition, au
lieu de s’attaquer au gouvernement conservateur, mettent
depuis quelques jours le plus gros de leur énergie
à s’accuser les uns les autres d’appuyer le
gouvernement, de trahir leurs principes ou même les
Canadiens, de se contredire ou de manquer de colonne
vertébrale.
Hier, le
NPD a pris la peine d’envoyer un long communiqué
aux médias pour contredire les affirmations de ses
adversaires qui affirment qu’il n’est pas prêt
à se lancer en campagne. Un peu plus et le NPD
ajoutait: «Mon père est plus fort que le tien
! »
Les libéraux, quant à eux, ont poussé
la puérilité de ce petit jeu jusqu’à
utiliser les textes des chroniqueurs politiques du pays,
dans les deux langues, pour en extraire des parties
(seulement celles qui font leur affaire,
évidemment) négatives à
l’égard des conservateurs ou du NPD.
Ces querelles entre les partis de l’opposition font bien
l’affaire de Stephen Harper. Elles renforcent son message
selon lequel seul un gouvernement majoritaire conservateur
peut assurer stabilité et sérieux à
Ottawa.
La simple évocation d’une majorité
conservatrice pa r Stephen Harper, il y a trois ans, en
toute fin de campagne électorale, lui avait
probablement fait perdre… la majorité. Les
Canadiens avaient eu un mouvement de recul, perceptible
dans l’écart entre les derniers sondages et le
résultat final.
Les conservateurs ont toujours été
extrêmement prudents lorsqu’ils abordaient la
question de la majorité.
Cette fois, Stephen Harper ne se prive plus d’en parler
ouvertement à chaque entrevue, signe
indéniable, comme la fameuse vidéo, qu’il en
a marre d’avoir les mains liées par l’opposition et
qu’il entend maintenant jouer le tout pour le tout.
Après tout, la prochaine campagne, peu importe
quand elle aura lieu, risque d’être la
dernière de M. Harper. S’il gagne sa
majorité, il reste pour un plein mandat de quatre
ans et peut gouverner à sa guise. S’il ne l’obtient
pas, il serait étonnant que son parti lui accorde
une cinquième chance.
Il semble bien que son message dans cette fameuse
vidéo, quoique cru, soit en train de faire son
effet auprès de l’électorat. Les premiers
sondages publiés depuis la diffusion de la
vidéo de Sault-Sainte-Marie indiquent tous une
remontée marquée des conservateurs et de son
chef contre son adversaire libéral.
La firme Angus Reid, dans un sondage divulgué hier,
accorde maintenant sept points d’avance aux conservateurs
(36% PCC, 29% PLC, 17% NPD) et une avance écrasante
de 41 % à 29 % en Ontario. C’est simple : les
conservateurs sont en avance dans toutes les provinces,
sauf au Québec (ils sont à
égalité avec les libéraux dans les
Maritimes).
Au-delà de la préférence des
électeurs pour tel ou tel parti, le sondage Angus
Reid démontre aussi qu’une majorité de
Canadiens souhaitent maintenant un gouvernement
majoritaire.
Stephen
Harper
n’a probablement jamais été si près
d’une majorité et il en est privé par...
l’appui du NPD. Il faudra voir, au cours des prochaines
semaines, si les conservateurs ne forcent pas le jeu pour
arriver à se faire renverser.
Le gouvernement Harper reste en vie -
Hugo de GrandPré
OTTAWA
— Le gouvernement Harper a pu survivre à un
premier vote de confiance cet automne, hier,
grâce à l’appui du Bloc
québécois et du NPD. Les
élections automnales sont donc
évitées, du moins pour l’instant.
PHOTO SEAN
KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
Le
député
néo-démocrate Thomas Mulcair
espère l’adoption d’un nouveau projet de loi
du gouvernement sur l’assurance emploi.
Les partis de Gilles Duceppe et de Jack Layton ont en
effet voté en faveur d’une motion de voies et
moyens visant à mettre en oeuvre certains
éléments du dernier budget
fédéral, dont un crédit
d’impôt pour la rénovation domiciliaire
et des détails financiers de l’accord de
libre-écha nge Ca nadaColombie, accord auquel
s’opposent pourtant bloquistes et
néo-démocrates.
Le Bloc a expliqué sa décision en disant
qu’il était en faveur du crédit
d’impôt. Le NPD, de son côté,
souhaite permettre l’adoption d’un nouveau projet de
loi du gouvernement sur l’assurance emploi.
Ce projet de loi, C-50, vise à accorder
jusqu’à 20 semaines de prestations
supplémentaires aux travailleurs de longue date
qui ont perdu leur emploi.
«Le NPD préfère de loin mettre 1
milliard dans les poches des chômeurs et de leur
famille que de dépenser 300 millions sur des
élections dont personne ne veut et qui ne
changeront probablement pas la donne», a
déclaré le député
néo-démocrate Thomas Mulcair.
Pas d’élections à l’automne ?
Mais si les Ca nad iens n’auront pas à aller
aux urnes le 26 octobre (comme cela aurait
été le cas si le gouvernement Harper
avait été défait hier), la
possibilité d’élections automnales n’est
toutefois pas entièrement
écartée.
En
effet, le chef libéral, Michael Ignatieff, a
réitéré hier sa volonté de
déposer une motion de défiance vers la
fin du mois de septembre, dans l’espoir de remplacer
le gouvernement à l’occasion d’un scrutin tenu
le 9 ou le 16 novembre. Le chef du Bloc, Gilles
Duceppe, a indiqué hier qu’il était fort
probable qu’il se range du côté des
libéraux et se prononce lui aussi contre le
gouvernement au moment du vote sur cette motion.
Le sort des troupes de Stephen Harper en octobre
pourrait donc encore être entre les mains du
NPD. Jusqu’ici, les néo-démocrates ont
laissé planer la possibilité de garder
le gouvernement en vie tant que le projet de loi C-50
ne sera pas adopté. Mais un stratège du
NPD a confié à La Presse hier qu’il
n’était pas encore acquis que Jack Layton et
ses députés votent contre la motion
libérale.
Pressions du Québec
Dans les prochaines semaines, cependant, le
débat portera sans doute davantage sur la
réforme de l’assurance emploi. Tous les partis
souhaitaient accélérer l’adoption de
C-50, mais le Bloc s’y est opposé, au motif
qu’il ne répond pas aux intérêts
des chômeurs québécois, plus
précisément ceux des travailleurs de la
foresterie.
Gilles Duceppe veut ainsi étudier le projet de
loi en comité pa rlementa i re et sou ha ite
obtenir des modifications afin d’augmenter
l’accessibilité à l’assurance emploi aux
travailleurs saisonniers, aux travailleurs forestiers,
aux jeunes et aux travailleurs à statut
précaire. Selon lui, le plan d’Ottawa s’adresse
surtout aux travailleurs du secteur de l’auto de
l’Ontario.
Le gouvernement du Québec a joint sa voix
à celle du chef bloquiste, hier
après-midi, et dénoncé
l’immobilisme du gouvernement fédéral
dans la crise qui touche l’industrie
forestière. Le ministre du Développement
économique, Clément Gignac, a
réclamé une aide équivalente
à celle accordée au secteur automobile
ontarien.
Mais, peu avant la sortie de M. Gignac, le ministre
fédéral des Finances, Jim Flaherty, a
semblé fermer la porte à la
possibilité d’apporter des modifications au
projet de loi.
Le NPD appuiera Harper - Joël-Denis
Bellavance
Fausse
alerte à Ottawa : il n’y aura pas
d’élections automnales
OTTAWA — Nouveau coup de théâtre hier
à Ottawa : le NPD, qui a toujours voté
contre les mesures proposées par les conservateurs
depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, se dit
maintenant prêt à assurer la survie du
gouvernement minoritaire de Stephen Harper jusqu’à
nouvel ordre.
PHOTO SEAN KILPATRICK, LA
PRESSE CANADIENNE
Le
Nouveau Parti démocratique et son chef, Jack
Layton, attendront que les modifications à
l’assurance emploi proposées par les
conservateurs soient adoptées avant de songer
à défaire le gouvernement. Cela permet
d’écarter le scénario d’élections
fédérales à l’automne.
Séduit par l’engagement du gouvernement
conservateur d’accorder jusqu’à 20 semaines de plus
de prestations pour les travailleurs de longue date ayant
perdu leur emploi, le NPD veut s’assurer que ces nouvelles
mesures soient adoptées avant de songer à
précipiter le pays en élections.
Cette décision, annoncée hier par le leader
adjoint du N DP, Thomas Mulcair, à l’issue d’une
réunion du caucus, permet d’écarter le
scénario d’élections générales
à l’automne puisque les conservateurs ont besoin de
l’appui d’un seul des trois partis de l’opposition pour se
maintenir au pouvoir.
Concrètement, cela veut dire que le NPD votera en
faveur de la motion de voies et moyens qui sera
déposée demain et qui vise à mettre
en oeuvre certains éléments du dernier
budget, dont le crédit d’impôt pour la
rénovation résidentielle. Cette motion
engage la confiance de la Chambre des communes. Le Bloc
québécois entend aussi voter en faveur de
cette motion.
En outre, le NPD n’a pas l’intention d’appuyer la motion
de censure enver s le gouver nement H a r per que compte
déposer le Parti libéral au début du
mois d’octobre si les modifications au régime
d’assurance emploi proposées par la ministre des
Ressources humaines ne sont pas adoptées d’ici
là. L’adoption de ces mesures pourrait prendre
quelques semaines.
Les libéraux de Michael Ignatieff sont
déterminés à provoquer la chute du
gouvernement Harper à la première occasion
afin de forcer la tenue d’élections
générales.
Prolongation des prestations
La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a
indiqué lundi qu’Ottawa comptait injecter 935
millions de dollars afin de permettre à certains
travailleurs d’obtenir entre cinq et 20 semaines de
prestations d’assurance emploi de plus. Cette mesure
temporaire toucherait environ 190 000 chômeurs et
serait rétroactive de neuf mois à partir de
son entrée en vigueur.
« Notre priorité est de faire fonctionner le
Parlement dans l’intérêt des Canadiens. Notre
caucus est déterminé à aider le plus
possible et le plus rapidement possible les chômeurs
qui en ont besoin. Nous devons être
conséquents avec nous-mêmes. Nous n’allons
pas faire de geste qui pourrait interrompre la
possibilité que cet argent-là (935 millions)
se retrouve dans les poches des chômeurs », a
affirmé Thomas Mulcair.
Cela dit,
le gouvernement Harper devra s’abstenir de proposer des
mesures controversées uniquement pour provoquer les
autres partis, a dit M. Mulcair.
Résultat : la Chambre des communes semble amorcer
une certaine période de stabilité
grâce à cette décision du NPD alors
que d’aucuns s’attendaient au déclenchement rapide
d’une campagne électorale, la quatrième en
cinq ans.
Dans la foulée de cette décision, les
stratèges conservateurs croient maintenant possible
que le gouvernement Harper puisse gouverner en toute
quiétude jusqu’au prochain budget, prévu en
février ou en mars.
Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a
affirmé que le NPD doit maintenant vivre avec ses
propres contradictions, rappelant que les troupes de Jack
Layton avaient fréquemment accusé le Parti
libéral de n’avoir aucun principe lorsqu’il
appuyait le gouvernement Harper durant les votes de
confiance, notamment ceux portant sur le budget.
« Je crois que M. Layton devrait expliquer aux
travailleurs, aux gens, en quoi c’est cohérent avec
ses positions antérieures. Moi, j’ai pris ma
décision en tant que chef de l’opposition
officielle. Ce gouvernement n’est pas à la hauteur
des attentes légitimes des Canadiens. C’est ma
décision. C’est aux autres à s’expliquer
», a affirmé le chef libéral
après avoir pris connaissance de la décision
du NPD.
Le député libéral de
Beauséjour, Dominic LeBlanc, a été
plus cinglant. « Le NPD s’est laissé acheter
pour franchement pas beaucoup. Ils avaient des
revendications pour l’assurance emploi telles que diminuer
à 360 heures le nombre d’heures nécessaires
pour avoir accès aux prestations, augmenter les
bénéfices à 60 %, enlever les deux
semaines d’attente. Ils n’ont rien eu de cela. Si Tommy
Douglas était encore en vie, il aurait honte du
leadership du NPD de Jack Layton aujourd’hui »,
a-t-il dit.
Mais M. Layton a fait peu de cas de ces attaques.
« Nous croyons qu’un milliard de dollars pour les
chômeurs est une décision plus sage en ce
moment qu’un tiers de milliard de dollars pour tenir des
élections. Cela, c’est certain. Il y a beaucoup de
familles qui ont besoin d’aide et nous sommes ici pour
défendre la cause des chômeurs », a dit
M. Layton.
Pour sa part, le chef du Bloc québécois,
Gilles Duceppe, a réitéré que son
parti compte appuyer la motion de censure des
libéraux.
« J’ai dit clairement que c’est toujours enjeu par
enjeu. Mais il n’est pas question de donner une
bénédiction sur l’oeuvre
générale de ce gouvernement. Nous n’avons
pas confiance en ce gouvernement », a-t-il dit.
Harper le «socialiste» sauvé par les
séparatistes - VINCENT MARISSAL
Stephen
Harper serait-il en train de se transformer, à son
corps défendant, en socialiste ?
À le voi r br ic ole r à la sauvette des
réformettes du régime d’assurance emploi, on
croirait bien qu’il a été contaminé
par une bactérie soc ia l isa nte. Cela a
commencé, il est v rai, pa r sa récente
conversion aux vertus de l’interventionnisme d’État
ou aux programmes d’infrastructures, des symptômes
associés au x précédents
régimes libéraux.
M. Harper sera aujourd’hui en bon ne compagnie à
Washington, où il rencontre le président
Barack Obama, luimême qualifié d’abominable
socialiste par la droite américaine. M. Harper a
d’ailleurs copié plusieurs gestes du
président Obama, dont l’aide aux géants de
l’auto et l’intervention auprès des banques.
Ce n’est pas pour rien que M. Harper s’excusait presque
auprès de ses militants, dans la fameuse
vidéo tournée à Sault-Sainte-Marie au
début du mois , de devoi r fa i re des gestes qui
ne sont pas « normalement associés aux
conservateurs ». Il voit bien lui-même qu’il
est « atteint » de socialisme galopant.
Cette soudaine conversion semble avoir rendu Stephen
Harper plus présentable au « socialiste
» Jack Layton et au « séparatiste
» Gilles Duceppe, qui a indiqué le premier,
hier, qu’il votera avec le gouvernement vendredi.
Voici donc Stephen Harper sauvé, ironie du sort,
par les socialistes et les séparatistes.
Sauvé un peu contre son gré, d’ailleurs,
puisque les conservateurs sont probablement en meilleure
position que les autres pour se lancer en campagne.
Celle-ci attendra toutefois un peu.
Que le Blo c québécois décide
d’appuyer le gouvernement vendredi n’est qu’une
étape de la joute politique serrée qui
s’amorce à Ottawa. C’est la suite qui sera plus
délicate. Surtout pour Jack Layton.
Gilles Duceppe n’a pas l’i ntention de don ner u n ticket
au gouvernement jusqu’au prochain budget, au printemps
prochain.
Q u ’e n e
s t-i l d e J a c k Layton ? Combien de temps jouera-t-il
le rôle d’allié des conservateurs ? Et en
échange de quoi ?
Pou r le moment , Jac k Layton peut bien dire que lui,
contrairement aux libéraux de Stéphane Dion,
ne donne pas de chèque en blanc à Stephen
Harper, la perception largement répandue est qu’il
est prêt à accorder son appui contre une
poignée de petite monnaie, au mépris de ses
principes.
Les libéraux craignaient il y a quelques semaines
de voir leur chef se « dioniser » en se
montrant trop conciliant envers le gouvernement H a r per.
L a menace pèse maintenant sur Jack Layton. S’il
appuie le gouvernement au vote de confiance prévu
au début du mois d’octobre, le chef du N PD
accordera de facto une prolongation de ma ndat de six mois
à Stephen Harper, avec tout ce que cela comporte de
risque.
Chez Jack Layton, l’instinct de survie pourrait être
plus fort que les principes. Regardez les sondages : s’il
y a des élections maintenant, le NPD risque une
dégelée qui le ramènerait à sa
position marginale des années Chrétien. M.
Layton pourrait décider d’« acheter du temps
». À crédit. Et les
intérêts, qu’il dev r a ve r s e r u n jou r
ou l’autre, risquent de lui coûter une bonne partie
de son capital politique auprès de sa base ou des
indécis.
D éjà , depu is quelques jours, on note un
adoucissement du ton du NPD dans ses communiqués.
Le député Paul Dewar, par exemple, annoncera
aujourd’hui une consultation des Canadiens au sujet de
l’attitude d’Ottawa envers les ressor tissa nts ca nadiens
coincés à l’étranger.
« L es Ca nadiens sont de plus en plus inquiets
à propos du fait que le gouvernement ne
reconnaît pas son devoir constitutionnel de
protéger nos citoyens à l’étranger
», écrit M. Dewar, qui ajoute que «
cette campagne citoyenne veut recueillir l ’a p pu i d e s
C a n a d ie n s de pa r tout au pays pou r demander au
gouvernement de cor r iger le système. » R
ien pou r faire peu r au x conservateurs.
Dans l’immédiat, le chef libéral, Michael
Ignatieff, n’a pas trop à se plaindre de la
tournure des événements.
Le délai accordé au gouvernement lui donne
plus de temps pour s’organiser – ce qui n’est pas un luxe
pour les libéraux – tout en maintenant la ligne
dure envers Stephen Harper.
Et M. Harper, ne risque-t-il pas d’être
accusé de pactiser avec le diable ?


Le premier ministre semble s’en remettre à de
très hautes i nsta nces pou r le jugement de son
bilan. « Pour être honnête avec vous, je
suis beaucoup plus préoccupé par le verdict
de Dieu concernant ma vie que par celui des historiens
», a-t-il répondu dans une entrevue
accordée à la revue Prestige, de
Québec, et publiée dans le numéro
courant. Pour joindre notre chroniqueur:
LA FIÈVRE EST TOMBÉE -
Joël-Denis Bellavance
FIN DU
SUSPENSE: LE BLOC A ANNONCÉ QU’IL ALLAIT APPUYER LE
PARTI CONSERVATEUR AU VOTE DE CONFIANCE DE VENDREDI. LE
FEUILLETON N’EST TOUTEFOIS PAS TERMINÉ : LES
LIBÉRAUX OBTIENDRONT À NOUVEAU L’OCCASION DE
DÉFIER LE GOUVERNEMENT HARPER LE 30 SEPTEMBRE.
PHOTO CHRIS WATTIE,
REUTERS
Le
chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a
mis fin de manière définitive au petit
suspense qui flottait encore à Ottawa en
annonçant que ses troupes allaient se rallier
autour de la mise en oeuvre de certaines mesures du
budget, dont le crédit d’impôt pour la
rénovation résidentielle.
JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA — Tous les regards
étaient encore tournés vers le chef du NPD,
Jack Layton, hier, pou r savoir s’il prolongera ou non le
règne du gouvernement minoritaire de Stephen Harper
au vote de confiance prévu vendredi.
Mais en fin de compte, c’est le chef du Bloc
québécois, Gilles Duceppe, qui a mis fin de
manière définitive au petit suspense qui
flottait encore à Ottawa : il a affirmé que
ses troupes voteront en faveur de la motion de voies et
moyens du gouvernement visant à mettre en oeuvre
certaines mesures du budget, dont le crédit
d’impôt pour la rénovation
résidentielle.
M. Duceppe a confirmé ses intentions en milieu
d’aprèsmidi, au moment même où Jack
Layton disait vouloir consu lter son cauc us , ce matin,
avant de prendre une décision. Tout indique que les
néo-démocrates emboîteront le pas aux
bloquistes.
Mais quelle que soit la décision du chef du NPD, le
résultat sera le même : le gouvernement
Harper survivra aisément au vote de confiance et
évitera ainsi la tenue d’élections
généra les… pou r le moment.
En point de presse, hier, M. Duceppe a indiqué que
la motion des conservateurs contient des demandes
formulées par son parti depuis quelques mois.
« Ce sont des demandes que l’on faisait en novembre
dernier. (…) J’ai toujours dit que c’était
complètement imbécile d’avoi r dema
ndé quelque chose et, quand on l’obtient, de dire
"non, on n’en veut pas" », a dit M. Duceppe.
La fièvre électorale qui avait frappé
tous les partis politiques le mois dernier, après
que le chef libéral, Michael Ignatieff, eut
indiqué qu’il tenterait de renverser le
gouvernement conservateur à la première
occasion, avait déjà baissé de
quelques degrés lundi.
En effet, le gouvernement Harper avait tendu une branche
d’olivier au NPD en proposant d’augmenter de 20 semaines
la durée des prestations d’assurance emploi pour
les travailleurs de longue date licenciés. M.
Layton avait alors indiqué que son parti
était favorable à cette proposition, mais il
disait vouloir examiner le projet de loi avant de prendre
une décision.
Les
libéraux ont modifié du tout au tout la
donne politique à Ottawa depuis qu’ils ont
signifié leur intention de provoquer des
élections générales cet automne.
Depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs, en
2006, le NPD a toujours voté contre le gouvernement
Harper – au moins 79 fois –, laissant ainsi d’abord aux
bloquistes, puis aux libéraux le fardeau de venir
à sa rescousse.
L es st ratèges du N P D avaient même
prépa ré un gâteau
décoré de 79 bougies pour se moquer des
libéraux au printemps. Maintenant, les rôles
sont inversés et les libéraux prennent un
malin plaisir à tourner en ridicule les principes
du NPD.
Selon ce qu’a appris La Presse, la décision
éventuelle du NPD d’appuyer pour la première
fois le gouvernement Harper provoque un malaise certain
chez les députés. La pression a
diminué quelque peu hier après que le Bloc
québécois eut annoncé ses intentions
au sujet du vote de vendredi.
Mais le NPD, qui a vu ses appuis chuter dans les sondages
depuis quelques semaines, sera de nouveau placé
devant le même dilemme en octobre.
C’est que le Parti libéral a la ferme intention de
déposer une motion de censure enver s le gouver ne
ment Ha r per du ra nt la jou r née de l’opposition
qui lui sera attribuée deux jours après le
dépôt du troisième rapport sur
l’état de santé de l’économie,
prévu le 28 septembre.
Et le Bloc québécois a déjà fa
it savoi r qu ’i l appu iera la motion de censu re des l
ibérau x si el le ex pr i me clairement et
simplement la non-confiance des Communes envers le
gouvernement.
Interrogé hier sur la question de savoir si son
parti faisait confiance au gouvernement Harper, M. Layton
a esquivé la question.
« Pour nous, c’est toujours une question d’essayer
d’améliorer le sort des Canadiens », a-t-il
dit.
Les Communes ne siègent pas la semaine prochaine en
raison du sommet du G20 à Pittsburgh, auquel M.
Harper doit participer.
UN SURSIS POUR HARPER - Joël-Denis
Bellavance & Malorie Beauchemin
La
volonté du gouvernement Harper de bonifier les
prestations d’assurance emploi est venue tout chambouler
hier à Ottawa. Les élections qui semblaient
inévitables seront vraisemblablement
reportées parce que les conservateurs ont
trouvé, chez les néo-démo
OTTAWA — Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper
semble avoir obtenu un sursis d’au moins trois semaines
après avoir proposé hier d’accorder
jusqu’à 20 semaines de plus de prestations aux
travailleurs de longue date qui ont perdu leur emploi.
PHOTO FRED CHARTRAND, LA
PRESSE CANADIENNE
Cette mesure a été bien accueillie par le
chef du NPD, Jack Layton, qui a promis de l’étudier
plus à fond avant d’arrêter sa
décision. Mais tout indique que les troupes
néo-démocrates, qui ne souhaitent pas
d’élections générales cet automne,
sont prêtes à accorder leur appui au
gouvernement Harper jusqu’à ce que les
modifications proposées au régime
d’assurance emploi soient adoptées aux Communes.
Résultat : le gouvernement conservateur devrait
aisément survivre au premier vote de confiance de
la session parlementaire, qui doit avoir lieu vendredi. Ce
vote porte sur une motion de voies et moyens visant
à mettre en oeuvre cinq mesures du dernier budget,
dont le crédit d’impôt pour la
rénovation résidentielle, le crédit
d’impôt pour l’achat d’une première
habitation et l’augmentation de la prestation fiscale pour
le revenu de travail.
Les conservateurs, qui détiennent 143 des 308
sièges aux Communes, ont besoin de l’appui d’au
moins un parti de l’opposition pour se maintenir au
pouvoir. Hier, le NPD et le Bloc québécois
se sont dits prêts à voter en faveur de la
motion de voies et moyens si elle ne contient pas de
cadeau empoisonné.
Les députés et ministres ont passé
une bonne partie de la journée hier à
spéculer sur les possibilités que le pays
soit plongé en élections pour la
quatrième fois en cinq ans. Depuis que les
libéraux de Michael Ignatieff ont indiqué
leur intention, il y a deux semaines, de renverser le
gouvernement Harper à la première occasion,
tous les partis se préparent à une bataille
électorale cet automne.
Mais la fièvre électorale a diminué
de quelques degrés, hier, après que le NPD
eut salué la décision du gouvernement de
bonifier le programme d’assurance emploi. Les
stratèges du NPD croient pouvoir obtenir d’autres
concessions de Stephen Harper et n’écartent pas
l’idée de proposer des amendements au projet de loi
qui sera déposé cette semaine.
« Il y a présentement 1,6 mi l l ion de
chômeurs au Canada , et des mi l l iers d’autres
vont être mis à pied cet hiver,
malheureusement. Et la plupart des économistes
s’entendent pour dire que les pertes vont continuer au
moins j usqu’au pr i ntemps. Ces gens-là ont besoin
d’aide », a affirmé hier Jack Layton en point
de presse.
«
L’annonce d’aujourd’hui semble être un pas dans la
bonne direction. Il en reste beaucoup à faire.
Notre préférence, c’est de travailler pour
aider les chômeurs et les sans-emploi, pas de
retourner en élections. Mais il n’est pas question
pour nous de suivre la recette de Stéphane Dion et
Michael Ignatieff. Il n’y aura
aucun chèque en blanc de la part du NPD », a
ajouté M. Layton.
Cette ouverture du NPD au compromis a suscité les
moqueries des libéraux. « Je trouve curieux
qu’après avoir décrié pendant des
semaines l’idée d’une coalition, le premier
ministre multiplie les efforts pour en former une avec les
gens qu’il qualifiait de socialistes pas plus tard que ce
matin », a lancé le chef libéral
durant la période de question.
Depuis que les conservateurs sont au pouvoir, le NPD a
toujours voté contre le gouvernement Harper,
laissant ainsi le fardeau d’abord aux bloquistes, puis aux
libéraux de venir à sa rescousse.
Visiblement mal à l’aise dans sa nouvelle position,
le chef du NPD s’est contenté de lire une
brève déclaration à la sortie de la
Chambre, sans répondre à aucune question,
contrairement à son habitude.
Stephen Harper a pour sa part tenté de profiter de
la vive opposition des Canadiens à la tenue d’un
autre scrutin. « C’est clair que la population ne
veut pas d’élections. Le pays n’a pas besoin
d’élections. Ce n’est pas dans les
intérêts supérieurs du pays. La
priorité, pour le gouvernement et pour la
population, c’est l’économie », a
affirmé M. Harper.
Même s’il survit au vote de confiance, vendredi, le
gouvernement Harper n’est pas au bout de ses peines. Le
Parti libéral compte en effet déposer une
motion de censure envers le gouvernement durant la
journée de l’opposition qui lui sera
accordée au début du mois d’octobre. En
principe, cette journée doit lui être
attribuée deux jours après la
présentation du troisième rapport sur
l’état de santé de l’économie,
prévue le 28 septembre.
Les Communes ne siègent pas la semaine prochaine en
raison de la tenue, pendant deux jours, du sommet du G20
à Pittsburgh, auquel M. Harper doit participer.
Ignatieff fait deux promesses à saveur internationale
Michael
Ignatieff a fait deux promesses, à Ottawa hier,
dans un discours où il a exposé le volet
international de sa plateforme électorale, dont il
souhaite faire un point central de la prochaine campagne.
Le chef libéral a déclaré
qu’élu, son gouvernement créerait un
Secrétariat de la paix, de l’ordre et de la bonne
gouvernance. « Notre Canada, nous le voyons comme
[…] capable d’enseigner le fédéralisme er la
bonne entente entre les nations », a-t-il dit devant
le Canadian Club d’Ottawa. Son bureau n’a pas donné
plus de détails.
M.
Ignatieff a aussi promis d’élargir le G8 pour
inclure les pays du G20 et d’accueillir et financer un
secrétariat permanent du G20 au Canada.
Les libéraux reprochent aux conservateurs de
Stephen Ha r per ses posit ions en matière de
relations étrangères et estiment qu’il a
terni la réputation du pays sur la scène
internationale. Cette rhétorique se trouve au
centre des arguments évoqués par Michael
Ignatieff pour justifier son désir de provoquer des
élections et de remplacer le gouvernement dans les
plus brefs délais.
Ottawa veut bonifier l’assurance emploi - Malorie
Beauchemin
OTTAWA —
Désireux d’éviter des élections
générales anticipées et de
démontrer qu’ils travaillent pour soutenir
l’économie, les conservateurs de Stephen Harper ont
présenté, hier, la première mesure
d’un plan plus vaste de réforme de l’assurance
emploi.
Le gouvernement propose d’aider les Canadiens plus
âgés en prolongeant la durée de leurs
prestations.
Ainsi, un travailleur mis à pied qui a
cotisé au régime de l’assurance emploi
pendant au moins 7 des 10 dernières années
et qui n’a pas touché de prestations pendant plus
de 35 semaines depuis 5 ans pourrait toucher de 5 à
20 semaines supplémentaires de prestations.
La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, et son
collègue du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, ont
présenté hier les grandes lignes de cette
mesure. « On s’était engagés devant la
population canadienne à présenter un plan
à l’automne (pour l’assurance emploi), a
souligné le ministre Blackburn. C’est ce que nous
faisons. Aujourd’hui, on veut cibler le groupe des
travailleurs de longue durée qui ont besoin d’aide.
»
Selon M. Blackburn, environ 190 000 travailleurs ayant
récemment perdu leur emploi pourraient
bénéficier de cette mesure, qui serait
temporaire – jusqu’à l’automne 2011. Si le
Parlement adopte le projet de loi, la mesure coûtera
935 millions au gouvernement. « Ça
n’arrêtera pas là. Il y aura autre chose
», a ajouté le ministre du Revenu.
Le
premier ministre Harper avait notamment promis lors de la
dernière campagne électorale de rendre les
travailleurs autonomes admissibles à l’assurance
emploi.
« Nous allons remplir cette promesse
électorale », a assuré la ministre
Finley, sans vouloir dire à quel moment le
gouvernement pensait le faire.
« C’est une mesure très i mpor t a nt e , a r
enc hér i M. Blackburn. C’est une catégorie
de travailleurs qui jamais auparavant n’a eu accès
à aucun bénéfice de l’assurance
emploi. On est en train d’y travailler de façon
sérieuse. Ça prend un certain temps. »
Si le NPD a rapidement affirmé qu’il pourrait
appuyer une telle mesure (voir texte ci-dessus), le Parti
libéral de Michael Ignatieff, qui avait
réclamé en juin dernier la mise sur pied
d’un comité bipar t ite sur la quest ion d’une
réforme de l’assurance emploi, a
préféré fermer la porte une fois de
plus à toute collaboration avec le gouvernement
conservateur.
« On ne peut pas avoir confiance dans ce
gouvernement, a dit la députée
libérale qui siégeait à ce
comité, Marlene Jennings. Ce gouvernement prend
tout pour des outils politiques, comme tactique politique.
Et si le gouvernement était sérieux, il
aurait pu proposer quelque chose au mois de juin, au mois
de juillet, au mois d’août. »
Le projet de loi doit être présenté en
Chambre demain.
Assurance emploi : Harper serait prêt
à des concessions
OTTAWA —
Le gouvernement Harper semble prêt à
prolonger la durée des prestations d’assurance
emploi, une décision qui pourrait éviter des
élections et qui semble destinée à
mortifier les libéraux et courtiser les
néo-démocrates.
Mais même si leur leader, Jack Layton, a fait de la
réforme de l’assurance emploi une condition sine
qua non au soutien de son parti au gouvernement actuel,
les néodémocrates continuent de douter que
les conservateurs puissent arriver avec une solution
qu’ils pourront appuyer.
La ministre des Ressources hu ma i ne s , Dia ne F i n
ley, a f fi r me que des mesu res seront
présentées peu après la
rentrée parlementaire du 14 septembre pour aider
les travailleurs sans emploi depuis une longue
période de temps et dont les prestations sont sur
le point de prendre fin.
« C’est notre priorité, ça ne fait pas
de doute », a-t-elle déclaré.
La ministre indique que ces mesures n’impliqueront pas
nécessairement de changements législatifs,
ce qui assure qu’elles prendront effet qu’il y ait des
élections ou non cet automne.
« Il y a plusieurs façons de procéder
», a soutenu la ministre.
«
Notre objectif est de nous assurer que, quoi qu’en pense M
ichael Ignatieff, ces travailleurs obtiennent l’aide dont
ils ont besoin pour retourner sur le marché du
travail.»
Le ministre du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, a dit de son
côté que le projet impliquait bien quelques
changements législatifs mais aussi des correctifs
« qui pourraient être appliqués
immédiatement même si nous sommes
forcés à une campagne électorale
».
Mme Finley n’a fourni aucun détail mais elle a
indiqué que ces améliorations au programme
ont été abordées au cours des
négociations qui ont duré tout
l’été avec les libéraux mais que leur
chef, Michael Ignatieff, n’était pas
intéressé, ce qui l’a «beaucoup
déçue».
De leur côté, les libéraux, qui se
sont retirés des négociations la semaine
dernière, affirment que la seule allusion à
un tel plan consistait en une liste de sujets à
discuter, dont une possible prolongation.
« S’ils ont un plan maintenant, pourquoi n’en
avaient-ils pas en juin, juillet ou août ? » a
questionné le député libéral
Mike Savage. Selon lui, les conservateurs ne sont pas
vraiment préoccupés par l’assurance emploi
mais ne veulent qu’embarrasser les libéraux et
courtiser les néo-démocrates.
À ce sujet, Rick Boychuk, porte-parole de Jack
Layton, s’est demandé publiquement si les
néo-démocrates peuvent faire confiance aux
conservateurs quand le gouvernement a passé le
printemps et l’été à claironner qu’il
ne voulait apporter aucun changement à l’assurance
emploi.
Malgré tout, M. Boychuk n’exclut pas totalement la
possibilité que le NPD appuie les mesures
conservatrices, selon ce qui sera présenté.
Le pari d’Ignatieff - VINCENT MARISSAL
En analysant
le résultat des sondages nationaux, ces derniers
jours, les libéraux de Michael Ignatieff doivent se
sentir comme un parachutiste novice regardant le vide.
Trop tard pour reculer («on y va, la machine est en
marche», résume un stratège
libéral), mais les libéraux peuvent
néanmoins se demander si le parachute s’ouvrira
après le grand saut.
Les nouvelles sont plutôt inquiétantes pour les
libéraux. Depuis la déclaration de guerre de M
ichael Ignatieff, tous les sondages indiquent une
remontée des conservateurs. Au Québec, on
observe une consolidation du vote bloquiste et une
légère remontée du Parti conservateur.
Ce sont deux mauvaises nouvelles puisque le PC risque ainsi
de gruger des votes aux libéraux dans les
circonscriptions chaudes, ce qui permettrait au Bloc de se
faufiler.
Le constat est désagréable pour les
libéraux, qui ont tenté un grand coup en
annonçant leur intention de défaire le
gouvernement à la première occasion. Stephen
Harper remonte au moment où les libéraux
contre-attaquent et en dépit d’une vague de
nominations partisanes au Sénat.
Il semble que les nouvelles économiques
encourageantes et la probabilité d’une reprise jouent
en faveur des conservateurs, même s’ils n’y sont pas
pour grand-chose. Normal. Les gouvernements souffrent en
période de crise économique, même s’ils
n’y sont pas pour grand-chose.
Les libéraux craignaient d’ailleurs le
phénomène le printemps dernier, sachant que
l’économie canadienne reprendrait un peu de vitesse
fin 2009, début 2010. La même logique rend le
déclenchement des élections encore plus
pressant pour les libéraux, malgré les
sondages défavorables.
P ol itiquement , M ic hael Ignatieff n’avait pas le choix,
mais le saut est périlleux. Non seulement les
chiffres des sondages sont insuffisants pour penser au
pouvoir, mais en plus, les sondages ne détectent pas
de profonde envie de changement dans l’électorat.
Le chef libéral a peu de temps devant lui et il
demeure largement méconnu. Le fait que les
publicités préélectorales en anglais
« présentent » le chef libéral en
est un aveu criant.
Michael Ignatieff peut-il renverser la vapeur? Cela s’est
déjà vu.
Il n’est pas rare que le chef de l’opposition parte en
deuxième place le jour du déclenchement des
élections. En 2005-2006, les rôles
étaient inversés dans les sondages : les
libéraux de Paul Martin récoltaient entre 35
et 40% des intentions de vote, et les conservateurs de
l’inconnu Stephen Harper, moins de 30%. Pour les bleus,
c’était encore pire au Québec, où ils
croupissaient en troisième place.
On
connaît la suite: une campagne efficace et
disciplinée de Stephen Harper, les libéraux et
leur chef qui s’effondrent et, au Québec, le Bloc qui
panique...
Il faut toutefois préciser que les libéraux,
usés par 13 ans au pouvoir et minés par le
scandale des commandites, étaient alors au bout du
rouleau.
Les libéraux disent toutefois avoir
décelé, dans leurs sondages et groupes de
discussion, un certain dédain des Canadiens pour la
politique conservatrice en matière d’environnement,
d’affaires étrangères, de culture, de
recherche et de développement économique,
notamment.
La campagne libérale repose sur un double pari:
Michael Ignatieff, le novice, connaîtra une excellente
campagne et il réussira à s’imposer comme la
seule solution de rechange.
Pour les libéraux, c’est le retour aux «valeurs
canadiennes », que l’on peut résumer par :
compassion, ouverture, égalité des chances et
primauté du droit.
Les libéraux font le pari que les Canadiens en ont
marre des conservateurs et qu’ils verront dans Ignatieff le
gardien de ces valeurs. Il y a deux problèmes avec
cette approche: a) la répulsion des électeurs
envers Harper ne semble pas aussi élevée dans
la population que le souhaiteraient les libéraux; b)
Ignatieff représente plus une énigme qu’une
solution pour une majorité de Canadiens.
Les libéraux sont si convaincus de leur approche
qu’ils ont décidé de s’en prendre uniquement
à Stephen Harper dans leurs pubs au Québec,
ignorant le Bloc québécois, pourtant premier
dans les intentions de vote.
Autrement dit, les libéraux espèrent attirer
des électeurs du Bloc en tapant sur… Stephen Harper.
Quant au Bloc, il reprend le thème des
intérêts du Québec en associant son
principal adversaire, Michael Ignatieff, au conservateur
Stephen Harper. Aux dernières élections, le
Bloc avait comparé Stephen Harper à George W.
Bush avec un certain succès.
Cela dit, le ton des publicités du Bloc est
plutôt bon enfant. On voit notamment les visages de
MM. Harper et Ignatieff coiffés du slogan «Deux
partis, un regard». Pas bien méchant.
En
tout cas, on est loin des publicités bloquistes
à l’époque du scandale des commandites, dans
lesquelles on disait, notamment: Alfonso Gagliano a
distribué des millions de l’argent des contribuables
à ses amis libéraux ; l’ex-premier ministre
Jean Chrétien a dilapidé plus de 250 millions
de commandites et Paul Martin n’aurait rien vu passer.
LE PARI RISQUÉ DE MICHAEL IGNATIEFF -
Joël-Denis Bellavance
ALORS QUE LES
PARTIS RODENT LEURS SLOGANS EN PRÉVISION DES
ÉLECTIONS QUI SE DESSINENT CET AUTOMNE, LES
RÉSULTATS D’UN SONDAGE EXCLUSIF NANOS/ LA PRESSE
DÉMONTRENT QUE LA DÉCISION DE MICHAEL IGNATIEFF
DE FAIRE TOMBER LE PARTI DE STEPHEN HARPER EST UN PARI
RISQUÉ.
OTTAWA — Le Parti conservateur a vu ses appuis bondir dans les
intentions de vote au pays depuis que les libéraux de
Michael Ignatieff ont brandi la menace de provoquer de
nouvelles élections générales cet
automne.
Le
chef libéral Michael Ignatieff a salué ses
partisans dans un rassemblement à Surrey, en
Colombie-Britannique, le 4 septembre.
Un sondage exclusif réalisé par la firme Nanos
pour le compte de La Presse démontre que les con ser
vateu rs de Stephen Harper obtiendraient 37,5 % des suffrages
si des élections avaient lieu aujou rd’hui, soit un
score presque identique aux résultats du dernier
scrutin, tenu le 14 octobre 2008 (37,7 %).
Il s’agit d’un bond de près de six points de
pourcentage par rapport au dernier coup de sonde
réalisé par Nanos, en août.
Le Parti libéral, pour sa part, obtiendrait 33,4 % des
voix, soit environ le même pourcentage que le mois
dernier (33,8 %), mais une nette a mélioration compa
rativement aux résultats du dernier scrutin (26,3 %)
alors que Stéphane Dion était à la barre
du parti.
Le NPD, qui ne souhaite pas la tenue d’élections
fédérales cet automne, voit quant à lui
ses appuis passer de 18,7 % à 14,8 % à
l’échelle du pays.
Au Québec, le Bloc québécois continue de
dominer avec 37,3 % des intentions de vote. Le Parti
libéral arrive bon deuxième avec 32,5 %. Le
Parti conservateur est toujours troisième, mais ses
appuis ont augmenté de six points de pourcentage et se
situent maintenant à 19,3 %. Au dernier scrutin, les
conservateurs ont obtenu 22 % des suffrages et remporté
10 des 75 sièges au Québec.
En Ontario, qui compte le tiers des 308 sièges à
la Chambre des communes, le Parti conservateur et le Parti
libéral sont à égalité, à
38,5 % et 39,6 % des appuis, respectivement. Le NPD doit se
contenter de 15,6 % des intentions de vote.
Ce sondage a été réalisé
auprès de 1003 Canadiens entre le 28 août et le 2
septembre, au moment même où le chef
libéral Michael Ignatieff a annoncé, à
une réunion de son caucus à Sudbury, que les
libéraux tenteraient de renverser le gouvernement
à la première occasion. Les Communes reprennent
leurs travaux le 14 septembre.
Pour le président de la firme Nanos, Nik Nanos, les
résultats de ce sondage démontrent que la
décision du chef libéral de mettre fin au
régime des conservateurs cet automne est un pari
hautement risqué.
« I l
appert que les électeurs réfléchissent
actuellement à deux options, celle de Stephen Harper et
celle de Michael Ignatieff. Mais un stratège
libéral qui examine ces chiffres, qui voit que les
tories regagnent du terrain au Québec et que les deux
partis sont à égalité en Ontario,
comprend rapidement qu’un scrutin fédéral cet
automne est très risqué. Mais cela l’est aussi
dans une moindre mesure pour les conservateurs », a
expliqué M. Nanos.
Un taux d’indécis élevé
Cela d it , le sondeu r a souligné que le nombre de
Canadiens qui se disent indécis a augmenté de
manière importante au cours du dernier mois.
Près d’un Canadien sur quatre (24,6 %) affirme ne pas
savoir quel parti il appuierait si des élections
avaient lieu aujourd’hui. En août, environ 15 % des
personnes interrogées se disaient indécises.
« Le taux d’indécis est plus élevé
que la moyenne. Cela est probablement imputable au fait que
nous sommes dans une période
préélectorale et qu’un nombre important de
Canadiens attendent encore avant de porter un jugement sur les
partis et leur chef », a affirmé M. Nanos.
La marge d’erreur du sondage Nanos est de 3,1 points de
pourcentage, 19 fois sur 20. Elle est plus
élevée dans le cas des échantillons
régionaux (plus ou moins 7,1 points dans le cas du
Québec).
Les résultats de ce sondage surviennent au moment
où tous les partis politiques se préparent
à une campagne électorale qui semble
inévitable.
Le Parti libéral a lancé les hostilités
au cours de la fin de semaine en dévoilant trois
messages publicitaires dans lesquels Michael Ignatieff
critique le bilan du gouvernement Harper dans le domaine de
l’économie et de l’environnement.
Le Bloc québécois a aussi lancé hier une
offensive publicitaire visant à convaincre les
électeurs du Québec que Michael Ignatieff et
Stephen Harper défendent essentiellement les
mêmes points de vue.
L e P a r ti conser vateu r n’a rien laissé filtrer,
mais Stephen Harper et ses ministres ont affirmé qu’un
scrutin moins de 12 mois après le dernier pourrait
mettre en péril la fragile reprise économique
qui se profile à l’horizon.
De
passage à Waterloo, en Onta rio, hier, M ichael
Ignatieff a répété que sa décision
de mettre fin au régime des conservateurs était
fondée sur des principes et non sur les
résultats de sondages.
Ignatieff et Harper : même « regard
» - Denis Lessard
que,
après un reportage de La Presse, le Bloc avait
décidé de rendre public sur-le-champ le message
publicitaire qu’il souhaitait retenir quelques jours encore,
histoire de voir la tournure des événements aux
Communes. « On s’ajuste », at-il laissé
tomber.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA
PRESSE CANADIENNE
La publicité Deux partis, un
regard « ne contient aucune attaque personnelle
», a souligné M. Duceppe, qui se défend
de recourir à de la publicité «
négative » pour combattre l’adversaire.
« Vision restrictive de la nation
québécoise »
Sous le titre Deux partis, un regard, la publicité
destinée aux quotidiens présente deux
moitiés des visages de MM. Harper et Ignatieff, qui ont
« la même vision restrictive de la nation
québécoise. La même façon de voter
en Chambre. QU ÉB EC — Tout auta nt que le prem ier m i
n ist re Stephen Harper, le chef libéral Michael
Ignatieff est devenu l’homme à abattre pour le Bloc
québécois.
Dans une publicité électorale agressive, le
parti de Gilles Duceppe ma rtèlera que MM. Harper et
Ignatieff, bien qu’ils représentent deux partis
distincts, ont le même « rega rd » su r les
enjeu x québécois.
Hier, à l’issue d’une réunion de ses
députés à Québec, Gilles Duceppe a
reconnu Les mêmes résultats pour la langue, la
culture, les travailleurs, l’environnement. »
Ce message « ne contient aucune attaque personnelle
», a souligné M. Duceppe, qui se défend de
recourir à de la publicité «
négative » pour combattre l’adversaire.
Le PLC vient de rendre publiques des publicités
où M . Ignatieff s’en prend à Stephen Harper.
« Or, le chef libéral a les mêmes positions
que M. Harper sur tout ce qui est essentiel pour le
Québec », soutient Gilles Duceppe : les deux sont
en faveur de l’exploitation des sables bitumineux, s’opposent
à l’application de la loi 101 dans les organismes qui
relèvent du Code fédéral du travail et
sont favorables à la mise en place d’une commission
pancanadienne des valeurs mobilières, insiste le chef
bloquiste.
Au lendemain
de la publication de sondages qui montrent que le PLC n’est
pas très loin derrière le Bloc au Québec,
il a particulièrement visé le chef
libéral : « Les Québécois doivent
savoir que Michael Ignatieff ne propose aucune ouverture au
Québec. »
Il élude la question quand on relève que, par le
passé, les ca mpag nes bloqu istes ne faisaient pas
grand cas du chef de l’opposition aux Communes et que le Bloc
n’avait pas la même agressivité à
l’endroit de Stéphane Dion. « On était en
situation de gouvernement minoritaire. On a actuellement deux
adversaires dont l’un tente de se distinguer de l’autre
», a servi Gilles Duceppe comme réponse.
Jusqu’ici, dans ses campagnes publicitaires, le Bloc avait
toujours mis en relief l’importance de son rôle à
Ottawa plutôt que d’attaquer ses adversa i res . H ier,
M . Duceppe a rappelé que, en 2004, le Bloc avait
mené une campagne préélectorale contre
Paul Martin, en fait un « livre noir » sur le
gouvernement libéral.
D u côté des con ser va - teurs, le ministre
Jean-Pierre Blackburn a soutenu : « Nous, on se
distingue des libéraux. On ne veut pas de campagne
électorale, on veut travailler sur l’économie.
» Il a promis une réponse «
législative ou réglementaire » aux
attentes des chômeurs. « Par règlement,
cela pourra avoir un effet même si le gouvernement est
défait », explique-t-il.
« Publicité très négative »
Pou r sa pa rt, M ichael Ignatieff a soutenu qu’il «
s’agit d’une publicité très négative
», bien différente de celle que le PLC a rendue
publique il y a quelques jours, dans laquelle le chef
libéral traite pourtant d’« irresponsable »
le premier ministre Harper.
Joi nt pa r La Presse , son lieutenant
québécois, Denis Coderre, souligne que, par sa
publicité, le Bloc a pris acte d’une «
réalité Ignatieff » au Québec :
« Ils ont décidé d’être agressifs
parce qu’ils sentent que Michael Ignatieff gruge du terrain
dans toutes les régions au Québec », a
lancé M. Coderre.
L’enfer est à gauche - VINCENT MARISSAL
«Stephen
Harper filmé à son insu », titraient hier
RDI et les sites de nouvelles qui ont repris la nouvelle.
À son insu? Je ne crois pas ça. I don’t buy that,
comme on dit dans l’autre langue officielle.
PHOTO ADRIANWYLD, LA PRESSE
CANADIENNE
Malgré l’odeur de controverse qui
flottait à Ottawa hier, Stephen Harper a annoncé
la nomination du juge autochtone Graydon Nicholas (à
gauche) au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick
pour un mandat de cinq ans.
Un premier ministre sait fort bien qu’il n’est jamais totalement
« off the record », qu’il n’a jamais le luxe d’avoir
des conversations privées. Sauf peut-être dans sa
chambre à coucher. Ou en tête-à-tête
avec un ministre qui sait qu’il risque de perdre son poste s’il
s’ouvre la trappe.
Mais cer tainement pas lorsqu’il s’adresse à une salle
remplie de militants. Certainement pas dans un climat
préélectoral permanent comme celui qui enveloppe
le Canada ces jours-ci.
M. Harper, c’est vrai, ne savait pas qu’il était
filmé, mais il est assez intelligent (et stratège)
pour savoir que si on ne veut pas qu’une information sorte, on
la garde pour soi.
Ce message aux militants conservateurs n’était pas
improvisé ( pas le genre de M. Harper), cela fait partie
de la stratégie de campagne.
Coïncidence troublante, hier à la une du quotidien
The Globe and Mail, un article faisait justement
référence à cette stratégie
électorale consistant à agiter le spectre de la
coalition de décembre entre le Parti libéral et
les « socialistes-séparatistes ».
Selon les collègues du Globe, les stratèges
conservateurs soupèsent deux scénarios
électoraux: jouer sur la crainte d’une coalition PLC–
NPD– Bloc ou insister sur les risques d’augmentation des
impôts avec un gouvernement libéral. Justement,
autre coïncidence, ce sont les deux thèmes
abordés par Stephen Harper à Sault-Sainte-Marie.
Selon Tom Flanagan, politicologue de Calgary et ancien
conseiller de M. Harper, cité dans le Globe, une telle
stratégie aurait le mérite de secouer l’apathie
des électeurs conservateurs ou indécis
opposés à une coalition de centre-gauche et de les
inciter à aller voter. Et comme ils sont majoritaires
à l’extérieur du Québec, ça
représente un beau bassin d’électeurs.
En jargon
électoral , on appelle cela la segmentation du vote, une
technique ut i l isée en 2004 par les républicains
pour assurer la réélection de George W. Bush. Les
stratèges républicains, Karl Rove en tête,
avaient réussi à mobiliser l’électorat de
droite en faisant éclater, en parallèle à
la présidentielle, des débats sur les mariages
gais ou sur la décriminalisation de la marijuana dans
certains États chauds.
Les conservateurs estiment qu’une forte mobilisation de leur
base et des indécis les aiderait à arracher une
majorité, surtout si le taux de participation
général est faible.
Évidemment, M. Harper adoucira un peu son discours en
public, mais ce qu’il a dit à Sault-Sainte-Marie
correspond exactement à ce qu’il pense.
C’est cru et méprisant , pour les « socialistes et
les séparatistes », mais encore davantage pour les
« groupes marginaux de gauche » qui utilisaient des
fonds publics pour traîner le gouvernement devant les
tribunaux grâce au défunt programme de contestation
judiciaire.
Des « groupes marginaux de gauche » ( « lef t
wing fringe groups », en anglais) ? M. Ha r per pa rle ici
des Acadiens, des homosexuels, des francophones
horsQuébec, des femmes…
Dans son discours, M. Harper revient aussi sur une autre de ses
marottes : la nomination par les libéraux d’«
idéologues de gauche » à la magistrature et
au Sénat. Pas mal pour un premier ministre qui a
nommé hier un ancien ministre conservateur, Pierre Blais,
au poste de juge en chef de la Cour d’appel
fédérale et plusieurs proches organisateurs au
Sénat depuis quelques mois.
Par ailleurs, M. Harper s’excuse presque, dans cette
vidéo, d’avoir dû adopter des mesures « pas
tellement conservatrices » pour combattre la
récession et nous apprend que ce dont il est le plus
fier, après presque quatre ans au pouvoir, c’est d’avoir
donné de l’équipement neuf aux Forces
armées canadiennes.
Voilà qui plante le décor pour la prochaine
campagne électorale.
Un décor sans le Québec pour les conservateurs,
qui ont décidé de repartir en guerre contre les
méchants « sépa r a t i s t es » du
Bloc québécois.
Le « vrai visage » de Stephen Harper -
Malorie Beauchemin & Tristan Péloquin
OTTAWA—
Mépris, arrogance, hypocrisie, indignité : c’est
le « vrai visage » de Stephen Harper qui est
dévoilé dans une vidéo enregistrée
lors d’un discours à huis clos, estiment les trois partis
de l’opposition à Ottawa.
PHOTOALAIN ROBERGE, LA PRESSE
« Cette vidéo nous
démontre à quel point Stephen Harper traite ses
adversaires avec mépris », a affirmé hier
le chef libéral, Michael Ignatieff.
Dans une allocution prononcée à Sault-Sainte-Marie
deva nt des pa r t isans, la semaine dernière, le premier
ministre affirme qu’il est impératif que son parti
obtienne une majorité au prochain scrutin, sans quoi le
Canada sera gouverné par le Parti libéral «
avec l’appui de socialistes et de séparatistes ».
Le clip vidéo, tourné par un étudiant dans
ce rassemblement à huis clos, mais rendu public par
Radio-Canada mercredi soir, montre un Stephen Harper sous un
nouveau jour, plus agressif, affirmant même qu’un
gouvernement libéral s’empresserait de « nommer des
idéologues de gauche dans les tribunaux, les institutions
fédérales ainsi qu’au Sénat ».
« Le vrai Harper »
« Le vrai Harper ressort lorsqu’il pense qu’il ne peut pas
être entendu, a estimé le chef libéral,
Michael Ignatieff, à Montréal. Cette vidéo
nous démontre à quel point Stephen Harper traite
ses adversaires avec mépris. Il considère ses
adversaires comme des ennemis qu’il faut détruire. Cela
mine le travail parlementaire et rend le Parlement impossible
à faire fonctionner. »
Pour M. Ignatieff, qui avait écarté le projet de
coalition avec le Bloc et le NPD en prenant les rênes du
Parti libéral, ces déclarations de M. Harper
témoignent d’un « mépris pour les
institutions » et pour la tradition parlementaire
canadienne. « J’ai déjà refusé une
coalition, mais je suis prêt à travailler avec des
socialistes et des séparatistes », a ajouté
le chef libéral.
M. Ignatieff estime que son parti offre une « alternative
modérée, pragmatique et de centre » face
à « l’arrogance » du gouvernement Harper.
« Les
masques sont tombés »
« Les masques sont tombés. On voit le vrai visage
de Stephen Harper, le vieux gueulard réformiste, le gars
qui ne veut travailler avec personne et qui sape la confiance du
public dans nos institutions démocratiques et nos
tribunaux, a pour sa part jugé le député
néodémocrate Thomas Mulcair. C’est un jeu
très dangereux pour quiconque, mais dans la bouche d’un
premier ministre, c’est tout simplement indigne. »
Le lieutenant politique de Jack Layton au Québec estime
que M. Harper « joue le tout pour le tout », en
envoyant un message « sectaire ». « Il sait
qu’il est foutu comme chef s’il n’a pas une majorité
après la prochaine élection, alors il a
décidé de balancer le Québec par-dessus
bord et de faire appel aux plus bas instincts de sa base en
tapant sur les choix démocratiques
desQuébécois », a souligné M.
Mulcair, jugeant « hypocrites » les commentaires du
premier ministre sur les nominations politiques, alors qu’il
vient tout juste de nommer une série de sénateurs
et de magistrats.
En privé, en public
« Ce qui est choquant, c’est qu’il a une attitude tout
à fait différente en privé et en public
», a critiqué le chef du Bloc
québécois, Gilles Duceppe. Le chef bloquiste
constate que le premier ministre « parle des deux
côtés de la bouche » lorsqu’il dénonce
l’idée de travailler avec le Bloc québécois
et le NPD, rappelant qu’en 2004, M. Harper, alors chef de
l’opposition, était prêt à former une
alliance avec les mêmes « séparatistes et
socialistes » dans l’éventualité d’un vote
de défiance à l’égard du gouvernement
libéral de Paul Martin.
Mais l’allocution prononcée à huis clos, devant
une foule partisane, pourrait bien donner le ton à la
prochaine campagne électorale. Le Parti conservateur
semble résolu à brandir la menace de la
défunte coalition qui a tenu en haleine la classe
politique d’Ottawa pendant quelques jours en décembre
dernier, avant de mourir dans l’oeuf.
« On est à l’aise de continuer à gouverner
avec le statut minoritaire actuel parce qu’on pense que des
élections ne sont pas nécessaires, a dit hier
l’attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas.
Mais si des élections ont lieu dans les prochaines
semaines, si le Parti conservateur n’obtient pas une
majorité, il ne faut pas exclure le risque d’avoir un
gouvernement de coalition mené par Michael Ignatieff et
appuyé par Jack Layton et Gilles Duceppe. »
Un lieutenant au pouvoir allégé sera
nommé - Hugo de GrandPré
Réunis
hier à Québec, les militants de l’aile
québécoise du Parti libéral du Canada ont
voulu, après une semaine tourmentée, montrer une
image de cohésion et d’unité. Denis Coderre a
cependant brillé par son absence, alors que le chef,
Michael Ignatieff, a annoncé qu’il nommerait d’ici
quelques jours un nouveau lieutenant. Mais le successeur du
député de Bourassa aura moins de pouvoir entre
ses mains, en plus d’être secondé par un
organisateur en chef.
QUÉBEC — L’aile québécoise du Parti
libéral du Canada a tout fait pour donner l’impression
d’un nouveau départ, hier à Québec,
où elle tenait son congrès biennal.
Première étape pour réparer les pots
cassés par la démission du lieutenant du
Québec, Denis Coderre, lundi dernier : le chef
libéral, Michael Ignatieff, a a n noncé qu’il
nommera rapidement un nouveau lieutenant
québécois.
Cette nomination viendrait toutefois avec un bémol. La
personne qui occupera ce poste, vraisemblablement un
député, n’aura pas autant de
responsabilités que son prédécesseur. Les
libéraux veulent ainsi éviter de concentrer trop
de pouvoir entre les mains d’une seule personne.
M. Ignatieff a indiqué qu’il nommerait deux personnes :
un organisateur en chef pour remplacer Pierre Lajeunesse (un
proche de M. Coderre qui a démissionné
après lui en signe d’appui) et un représentant
du chef au comité exécutif du parti. Dans le
passé, sous Denis Coderre et avant lui Céline
Hervieux-Payette, entre autres, ces deux
responsabilités étaient assumées par le
lieutenant.
Pou r le poste de représentant du chef national au
comité exécutif québécois, la
partie semble se jouer entre les députés Pablo
Rodriguez et Marc Garneau. Pour le poste d’organisateur,
quelques noms circulent, dont celui de l’actuel directeu r
généra l du P L C - Q uébe c , Ph ilippe
A ngers, ma is la plupart des militants consultés par
La Presse hier étaient d’avis que la
responsabilité échouerait à la jeune
Brigitte Legault, appuyée par un organisateur de
Michael Ignatieff au Québec, Pat Fiore.
M. Garneau n’a pas voulu s’avancer, hier, quant à la
possibilité qu’on le nomme ainsi nouveau
représentant du chef auprès des instances
québécoises du parti. « Le chef ne m’a pas
sondé », a-t-il dit. Il a indiqué que
certaines personnes lui avaient fait savoir qu’il pourrait
être la bonne personne pour le poste et qu’il serait
« honoré » de le faire, si Michael
Ignatieff le décide.
Coderre absent
Dans son
discours d’environ une demi-heure prononcé ad lib,
Michael Ignatieff a exhorté les quelque 1000 militants
présents au Centre des congrès de Québec
à faire preuve de loyauté et de
fidélité envers le Parti libéral. «
L’équipe du Québec, c’est vous. Et le chef,
c’est moi », a-t-il dit au groupe de
députés et candidats réunis
derrière lui sur la scène.
Ma is « la f idél ité et la
loyauté, chez nous, c’est pour une institution, pas
pour une person nalité, a-t-il ajouté. Chaque
fois que nous mettons notre fidélité, notre
loyauté dans cette institution, nous gagnons. »
Le nom de Denis Coderre n’a toutefois pas passé ses
lèvres avant que son discours soit terminé, lors
du point de presse, lorsqu’une journaliste lui a
demandé ce qu’il pensait de l’absence de son ancien
lieutenant.
« Ce que M. Coderre fait est son affaire, a-t-il
tranché. Il a fait un geste en début de semaine
qui porte des conséquences. I l subit ces
conséquences. »
Nouveau départ ?
Le député de Bourassa et quelques-uns de ses
proches avaient beau être absents et son nom nulle part
dans le discours, on sentait néanmoins sa
présence, hier, ne serait-ce que dans les discussions
de couloir, qui ne manquaient pas d’aborder ce sujet
délicat.
Plusieurs n’ont pas caché leur satisfaction de voir les
hautes insta nces du pa rti débarrassé de M.
Coderre. Ce dernier se faisait reprocher notamment
d’être trop autoritaire et axé sur lui-même
dans l’exercice de ses fonctions.

D’autres se sont réjouis de la tenue de ce
congrès qui marque le renouveau du parti au
Québec. « Il y a un nouveau président, un
nouveau comité exécutif, une nouvelle dynamique,
le conseil de direction est changé, il n’y a pas
beaucoup d’anciens membres qui sont là… Les gens sont
très heureux et je peux dire que c’est un nouveau
départ », s’est réjoui Marc
Bélanger, un militant de longue date élu hier
à la commission politique du PLC-Québec.
TGV: très grande vision? - VINCENT
MARISSAL
Ce n’est pas
la première fois qu’un projet de TGV se profile dans le
paysage politique canadien. En fait, on en débat depuis
30 ans et au moins sept études majeures ont
été réalisées sur sa
faisabilité durant cette période.
Ce sera la première fois, toutefois, que l’on passe
d’une idée plus ou moins bien définie à
un engagement électoral dans un programme politique.
Dans son dernier livre, Terre de nos aïeux,
consacré à la branche maternelle de sa famille,
le chef libéral parle d’un TGV avec ferveur, affirmant
qu’il est invraisemblable que le Canada ne se soit toujours
pas doté d’un tel équipement.
«Les Européens ont relié les pays du
continent grâce à un train à grande
vitesse. Après cinquante ans d’études de fai-
CHRONIQUE sabilité, il n’y a toujours pas de train
à grande vitesse qui relie Windsor et Québec,
Vancouver et Calgary ou Calgary et Edmonton. Si nous voulons
rassembler les Canadiens, si nous voulons construire un pays,
il faut nous mettre au travail», écrit-il
Ce plaidoyer en faveur d’un TGV avait évidemment retenu
l’attention au moment de la parution de ce livre, le printemps
dernier, mais Michael Ignatieff avait refusé d’en faire
un engagement électoral.
Dans le bouquin (et les entrevues qui ont suivi son
lancement), l’idée d’un TGV chez M. Ignatieff semblait
se situer davantage entre la poésie (le train comme
unificateur), le patriotisme et même le fantasme que sur
le terrain des vaches, là où il faudra dessiner
le tracé et investir des dizaines de milliards.
Au cours des derniers mois, l’idée a cheminé,
gagnant des appuis politiques et l’attention de certains
leaders économiques. Elle a fait son chemin aussi chez
les libéraux.
Michael Ignatieff a consulté des spécialistes,
notamment Pierre Beaudoin, de Bombardier, qui lui a
donné un cours TGV101 de plus de deux heures.
L e projet est i m mense. Vraisemblablement le plus vaste
projet d’infrastructure jamais lancé au pays. Il est
question, évidemment, de gros sous (entre 20 et 30
milliards de dollars) étalés sur deux
décennies, de milliers d’emplois, de
développement durable, de technologie, de tracés
optimaux et de financement à long terme entre plusieurs
ordres de gouvernement.
Nous sommes
cependant encore bien loin de tout cela. La première
étape, plus simple en apparence qu’en
réalité, est purement politique. Le chef
libéral y croit mais, dans son entourage, plusieurs
conseillers craignent qu’un projet d’une telle ampleur ne les
entraîne dans des débats contre-productifs sur
les chiffres, sur la faisabilité, sur les guerres de
tracés, sur le financement, sur les chicanes entre
Ottawa et les provinces, entre les provinces et les villes,
entre les régions, etc.
Surtout, certains libéraux craignent que ce projet
à long terme soit perçu comme une
chimère, comme un rêve importé d’Europe
par leur chef. Ils craignent que les retombées
lointaines d’un TGV n’apportent pas les solutions
économiques immédiates attendues des Canadiens.
Par-dessus tout, on craint de se «faire planter»
par les conservateurs si le projet de TGV est connu trop
tôt. C’est le syndrome «Tournant vert», le
défunt projet politique de Stéphane Dion pour
l’environnement, qui avait été la cible de
toutes les attaques conservatrices pendant des mois avant les
dernières élections.
D’autres libéraux, par contre, pressent leur chef de
faire du TGV un élément central de son
programme, une «vision pour le pays», même.
Un TGV, disentils, c’est beaucoup plus que des rails et une
machine, c’est aussi un projet vert, un outil
économique sans pareil et un objet de fierté
nationale.
Pour eux, le TGV doit être synonyme de «
très grande vision », non pas de «
très grand vertige».
Le TGV risque donc d’être un test politique crucial pour
Michael Ignatieff. S’il décide en effet d’aller de
l’avant, il a intérêt à être
convaincant et déterminé. Il devra éviter
de s’enfarger dans les chiffres en étant toutefois
assez concret pour passer du rêve poétique de
l’héritage de ses ancêtres à un plan
terre-àterre faisable et réaliste.
Le chef libéral a un double défi devant lui:
convaincre les Canadiens de la nécessité d’un
TGV et faire la preuve que ce n’est pas un autre projet en
l’air.
Le moment n’aura probablement jamais été aussi
propice. À Québec, le gouvernement Charest
semble prêt à monter à bord. Même
chose en Ontario avec le gouvernement McGuinty.
L’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche
pourrait fort bien être la locomotive politique qui a
toujours fait défaut à un TGV
nord-américain.
Sur le terrain, au Québec, les milieux politique et
d’affaires s’activent déjà. Des tiraillements
sur le tracé et des batailles régionales sont
à prévoir.
La semaine dernière, une centaine de décideurs
de la rive-sud du Saint-Laurent se sont réunis à
Drummondville pour faire la promotion d’un tracé de
leur côté du fleuve. Ils dénoncent le
parti pris des gouvernements pour un tracé sur la rive
nord.
Ce n’est là qu’un modeste aperçu de la bataille
politique dans laquelle veut s’engager Michael Ignatieff.
Les libéraux fédéraux promettront un
TGV - Joël-Denis Bellavance
OTTAWA — Les
libéraux de Michael Ignatieff proposeront aux Canadiens
de se lancer dans l’aventure de la construction d’un train
à grande vitesse (TGV) durant la prochaine campagne
électorale.
PHOTO ARCHIVES AGENCE
FRANCE-PRESSE
Le projet de TGV, soutient-on dans les
rangs libéraux, permettra au Parti libéral de
se démarquer des autres formations politiques et
entraînera des retombées économiques
importantes.
Après mûre réflexion, les hauts dirigeants
du Parti libéral, au premier rang Michael Ignatieff
lui-même, ont conclu que la promesse de construire un
TGV entre Québec et Windsor sera incluse dans le
programme électoral du parti, a appris La Presse de
plusieurs sources.
Ce projet, soutient-on dans les rangs libéraux,
permettra au Parti libéral de se démarquer des
autres formations politiques et il entraînera des
retombées économiques importantes au
Québec et Ontario.
Toutefois, le calendrier de construction dépendra
évidemment des finances du gouvernement
fédéral et de la collaboration des gouvernements
du Québec et de l’Ontario, deux partenaires essentiels
à la réalisation d’un tel projet.
« Le TGV fait partie de nos plans. Mais il reste
à déterminer le timing de tout cela. Cela
dépendra évidemment de la situation
budgétaire », a affirmé une source
libérale digne de foi.
Ce faisant, le
Parti libéral deviendra le premier parti politique
aspirant au pouvoir à for mel lement promet t re la
construction d’un TGV.
Les dernières études chiffraient à
quelque 20 milliards de dollars les coûts de
construction d’un TGV entre Québec et Windsor. Le
gouvernement fédéral et les provinces du
Québec et de l’Ontario ont décidé de
mettre à j our les études
réalisées sur ce projet au cours des
dernières années. Cette étude de trois
millions de dollars doit être terminée au
début de 2010.
Selon les moyens financiers des gouvernements, une
première phase du TGV, entre Montréal et
Toronto, pourrait être réalisée plus
rapidement. Ce couloir serait d’ailleurs rentable, selon
certains experts. La deuxième phase –
QuébecMontréal et Toronto-Windsor – serait
entreprise plus tard.
Dans une récente entrevue accordée à La
Presse, le chef libéral Michael Ignatieff a tout fait
sauf confirmer que ce projet ambitieux fera partie des
engagements des libéraux aux prochaines
élections. D’autant plus que l’arrivée d’un TGV
aura des retombées importantes non seulement dans les
grandes villes, mais dans toutes les régions où
le train passera.
« Ce qui m’attire du TGV, c ’est l’impact sur le
développement régional sur tout le tracé.
Cela va donner une nouvelle vie aux villes et aux
régions. C’est cela qui n’est pas dit. Ce n’est pas
pour permettre aux hommes d’affaires de voyager plus vite.
C’est plutôt l’impact sur le développement
régional. Et Windsor a fortement besoin de cela. Et
entre Montréal et Québec, cela va donner un coup
de pouce majeur », a affirmé M. Ignatieff.
« Je s u i s conva i nc u du bienfait (du TGV) pour le
développement économique. Et nous avons la
technologie, la compétence, les entreprises. Nous avons
tout ce qu’il nous fait. Le problème, c’est le timing.
Nous sommes aux prises avec un déficit record de 56
milliards de dollars. Il faudra faire des choix difficiles.
Quand on verra qu’il y a une croissance suffisante pour nous
sortir du trou, on pourra le lancer », a ajouté
le chef libéral.
LE CANADA EST-IL
POSSIBLE?
Il faut apprendre à vivre ensemble
Parmi les responsabilités du citoyen, celle dont on parle
le moins, c’est la responsabilité d’imaginer les sentiments
de ceux qui ne pensent pas comme nous.
Pour imaginer le Canada, il faut marcher longtemps dans les
mocassins de quelqu’un d’autre, comme disent les Autochtones. Dans
d’autres pays, où on partage la même langue, la
même origine, les mêmes mythes, il est plus facile de
s’identifier les uns aux autres. Il faut moins d’empathie. Mais ce
n’est pas notre cas. Pour imaginer le Canada, il faut se mettre
à la place de quelqu’un qui a d’autres convictions et
d’autres intérêts.
Il faut imaginer le pays comme pourrait le voir un
Québécois, un Québécois qui n’a jamais
été attaché au drapeau, au parlement et
à l’évocation des sacrifices qui nous
émeuvent parfois aux larmes. Voici un concitoyen qui a
voté « Oui » aux référendums de
1980 et de 1995 pour diviser le pays ou, comme on l’avait
formulé à l’époque, pour négocier une
nouvelle relation entre un Québec souverain et le reste du
Canada. Ces référendums ont été
l’épreuve décisive de notre histoire récente.
Nous avons échappé de peu à la dissolution.
Nous sommes encore en train de tirer des leçons de cette
expérience de mort annoncée.
Une de ces leçons nous dit que, si nous voulons survivre en
tant que pays, il nous faudra comprendre ce que nous avons du mal
à comprendre. Nous n’avons pas le choix. Un contrat
d’indifférence mutuelle ne ferait que reporter à
plus tard le jour funeste. Désormais, il nous faut
apprendre à vivre ensemble. Le Québécois qui
a perdu les deux référendums reste un concitoyen. Il
est possible qu’il ne veuille toujours pas du Canada. Il
rêve peut-être encore d’indépendance. Pourtant,
il faudra travailler avec lui, ne serait-ce que jusqu’au prochain
épisode de rupture. CeQuébécois devra
comprendre l ’ i ntensité de l’attachement au Canada qu’il
n’éprouve pas luimême. Et il nous faudra comprendre,
ou du moins respecter, le rêve qui l’anime. Être
citoyen du Canada, c’est imaginer les sentiments
qu’éprouvent ceux qui n’ont pas les mêmes
convictions. Du moins si l’on veut préserver l’unité
du pays.
Parmi les responsabilités du citoyen, celle dont on parle
le moins, c’est la responsabilité d’imaginer les sentiments
de ceux qui ne pensent pas comme nous. Sans un effort constant
pour imaginer le monde tel qu’il est perçu par des
personnes d’une autre race, parlant une autre langue ou pratiquant
une autre religion, il est impossible de dégager des
objectifs communs. Le débat politique se transformerait
vite en dialogue de sourds. On conçoit mal comment les
sociétés divisées comme la nôtre
auraient pu survivre sans la capacité partagée
d’imaginer la différence.
Au Canada, l’empathie est censée embrasser 33 millions
d’habitants dont les mythes fondateurs s’affrontent, qui sont
répartis entre quatre fuseaux horaires et cinq
régions économiques distinctes, qui parlent à
la maison presque toutes les langues du monde et, en public, deux
langues officielles.
Pourtant, nous avons réussi à susciter l’empathie
nécessaire pour garder ce projet en vie pendant 140 ans. Ce
n’est pas un mince exploit, dans un monde déchiré
par les différences, et c’est l’exemple que nous offrons au
monde.
L’hymne national que nous chantons en choeur n’est pas le
même dans les deux langues. En français, on promet
que la nation « protégera nos foyers et nos droits
», tandis que, en anglais, c’est nous qui promettons
à la nation de la protéger : « We stand on
guard for thee ». C’est la même musique, mais pas les
mêmes mots. C’est ainsi que nous prenons acte de ce qui nous
sépare, et c’est ainsi que nous arrivons à le
surmonter.
Les relations qui découlent des traités avec les
Autochtones présupposent aussi que nous raisonnions
ensemble, de nation à nation, au-delà des divisions
historiques.
Ces relations exigent que les Autochtones soient traités
comme des peuples constituants. Ils étaient ici avant nous.
Ils avaient leurs propres lois et leurs institutions. Nous, les
autres, nous sommes arrivés en conquérants.
L e s Au t o c h t o n e s acceptent le nouveau pays, mais nous
devons les traiter en tant que peuple. Il s’agit d’une entente de
base. Bien sûr, ce n’est que le premier acte d’empathie. Il
devrait en découler d’autres, qui bien souvent n’arrivent
jamais.
Si je suis fier d’être Canadien, c’est justement parce que
nous essayons de nous comprendre les uns les autres, malgré
des différences qui ont brisé d’autres pays. Notre
façon d’exercer, quoiqu’imparfaitement, l’empathie est
l’exemple que nous avons à donner au reste du monde.
C’est la raison d’être morale de notre pays.
Le Canada de M.
Ignatieff
Des
commentateurs ont reproché au chef libéral,
Michael Ignatieff, de ne pas avoir encore p r é s e n t
é de propo s i t i ons concrètes à la
population. Vrai, on ne sait pas précisément ce
qu’un gouvernement Ignatieff ferait pour stimuler
l’économie, mater le déficit ou lutter contre
les changements climatiques.
Toutefois, le nouveau livre du chef de l’opposition officielle
( Terre de nos aïeux, chez Boréal) nous en dit
beaucoup sur sa conception du pays où il est revenu
s’installer après plusieurs années d’absence. Ce
t t e conception nous semble su s c e pt i ble de plaire
à plusieurs Québécois.
D’abord proche de la pensée de Pierre Trudeau, comme
celui-c i intellectuel public et c i t oye n du monde, Michael
Ignat ieff en est venu, au f i l de ses r e c her c hes sur
l’identité, à accepter le national isme comme
une donnée inéluctable. Cette force peut certes
mener à de terribles excès – d’où le
titre de son célèbre ouvrage publié il y
a 15 ans, Blood and Belonging – mais elle est aussi un ancrage
essentiel.
Ce constat a amené le député torontois
à conclure que n’arrivera jamais un jour où le
« problème canadien » sera
réglé. Le pays sera toujours confronté au
défi de la coexistence entre des peuples porteurs de
mythes nationaux rivaux. Le Canada, par conséquent,
demeurera une oeuvre inachevée, un extraordinaire
projet. Le chef libéral ose même se poser cette
question, troublante venant d’une personne qui aspire à
gouverner le pays: « Le Canada est-il possible ? »
Cette
compréhension intime de la difficulté de la
fédération canadienne porte M. Ignatieff
à l’ouverture à l’endroit de ceux qui ne voient
pas le pays comme lui. Il aimerait convaincre les Canadiens de
faire preuve de la même tolérance, de la
même patience. Ignatieff, on le voit, est un
idéaliste. Il n’y a là rien de mal, au
contraire.
Autant que l’hostilité, l’indifférence mutuelle
dans laquelle nous glissons depuis quelques années
conduit à l’impasse : « Si nous voulons survivre
en tant que pays, il nous faudra comprendre ce que nous avons
du mal à comprendre. (...) Le Québécois
qui a perdu deux référendums reste un
concitoyen. Il rêve peut-être encore
d’indépendance. Pourtant, il faudra travailler avec
lui, ne serait-ce que jusqu’au prochain épisode de
rupture. »
La permanence du débat su r l ’ u n i t é du
pays n’exaspère pas l’ancien journa l i s t e : «
L e s citoyens ne s’entendent pas toujours sur ce que leur
pays représente, sur la voie qu’il doit suivre. Ces
désaccords sont inhérents à la vie de
tout pays qui se dit libre. »
C’est peut-être parce qu’il a tant voyagé, parce
qu’il n’a pas été dans les tranchées de
nos grandes batailles nationales que le chef libéral
est aujourd’hui en mesure de garder un tel recul. Ce qui ne
l’empêche pas d’être convaincu de la valeur
intrinsèque, universelle du projet canadien : «
Nous n’aimons pas notre pays parce que nous pensons qu’il est
parfait, ni même satisfaisant, mais parce que nous
sommes convaincus qu’il peut changer. »
Cela ne nous dit pas comment un gouvernement Ignatieff
aborderait tel ou tel problème. Mais au moins, on sait
que le chef libéral sera porté à la
conciliation plus qu’à l’affrontement. Comme il
l’écrit en citant un dicton autochtone, « pour
imaginer le Canada, il faut marcher longtemps dans les
mocassins de quelqu’un d’autre ».
Un écrivain
authentique - Lysianne Gagnon
Contrairement
à la France, où l’on ne fait pas de grande
carrière politique sans avoir publié au moins un
livre, le monde politique du Canada est un désert
littéraire, à la brillante exception de Pierre
Elliot Trudeau, dont les écrits sont de grands
classiques de philosophie politique. M. Ignatieff est d’une
autre mouture : moins rationnel, plus romantique, plus
imaginatif, il se situe quelque part entre le penseur
politique et le romancier.
Son Album russe ( Boréal, 1990), qui racontait
l’histoire de ses ancêtres paternels, était un
bijou. Il récidive, cette fois, avec la biographie
intellectuelle de trois hommes marquants de sa lignée
maternelle: Terre de nos aïeux, quatre
générations à la recherche du Canada (
Boréal).
Même si la matière, à l’image des sages
protestants d’origine écossaise que furent les Grant,
est moins romanesque que l’épopée des Ignatieff,
ce petit livre au style fluide (et très bien traduit
par Alexandre Sanchez) se lit avec plaisir.
J’ai
particulièrement aimé le chapitre sur son
arrière-grand-père, un pasteur
presbytérien qui participa à la première
expédition visant à établir le
tracé de la voie ferrée du Canadien Pacifique,
scellant à la fois les bases de l’unité d’un
pays géographiquement improbable et le début de
l’agonie culturelle des peuples autochtones. M. Ignatieff a lu
les comptes-rendus de cette équipée, refait
lui-même ce parcours en 2000, et nous emmène, l
ittéralement, dans un fabuleux voyage où les
zones d’ombre le disputent à l’émerveillement.
Tout c o mme L’A l b u m russe ouvrait une fenêtre
captivante sur l’aristocratie russe du X I Xe s i è c l
e , les débuts de la Révolution et
l’expérience exaltante e t dou l ou r eus e de l’exil,
Terre de nos aïeux, à travers le parcours de t
rois générations de Grant, s’inscrit dans une
vaste toile de fond – l’Empire britannique, les deux guerres
mondiales, la montée de la puissance américaine…
Intéressant et instructif. On sent, bien sûr,
l’arrière-pensée politique, même si le
coeur du récit a été
façonné bien avant la plongée d’Ignatieff
en politique. Ce livre est une réponse à ceux
qui lui reprochent d’avoir vécu 30 ans à
l’étranger, une façon de montrer, à
travers l’histoire de trois intellectuels engagés qui
se sont interrogés à des époques
différentes sur le « destin » du Canada,
qu’il a ici des racines très profondes.
L’avant-propos et la conclusion se lisent un peu comme un
manifeste politique, et c’est là que le texte a
tendance à devenir sentencieux, mais il y a quand
même, dans ces chapitres écrits sous la pression
politique, un souff le, une certaine hauteur de vue, des
accents de lyrisme, exceptionnels sous la plume d’un chef de
parti. Ainsi, ces belles pages sur le patriotisme : «
Aimer un pays est un acte d’imagination »… « Un
pays est une entreprise commune qui nous arrache à
notre solitude, qui nous libère de la prison du moi
».
Ce qui intrigue, c’est la conscience aiguë que semble
avoir l’auteur de son propre destin, comme s’il était
voué à poursuivre, dans la foulée de ses
ancêtres, la quête d’un pays qu’il dit «
inachevé ». Se voit-i l , orguei l leusement,
comme celui dont la mission serait de donner au Canada sa
pleine personnalité ? Ou est-ce l’âme slave
héritée des Ignatieff qui le mène
à cette vision romantique du Canada ? ichael Ignatieff
est décidément un politicien atypique. Voici un
leader politique qui est un écrivain authentique dans
un pays où les politiciens n’écrivent pas, sauf
quand ( pour la plupart) un « nègre » leur
passe sa plume, et encore est-ce presque toujours par calcul :
soit pour dorer leur image à l’approche des
élections, soit pour glorifier leur passage au pouvoir
dans des autobiographies complaisantes.
Place à l’audace - ROBERT ASSELIN
Michael
Ignatieff n’a pas une éternité devant lui
pour mieux se définir auprès de
l’électorat
Il y a une soif réelle pour que nos leaders
politiques fassent preuve d’une certaine
authenticité, d’une certaine vision de l’avenir.
Vendredi prochain, le Parti libéral du Canada
entamera un important exercice de modernisation de ses
politiques avec la tenue à Montréal d’une
conférence intitulée Les 150 ans du Canada:
relever le défi. Si on aurait tort de voir
l’événement comme une finalité en
soi, il peut néanmoins marquer un virage important
pour le parti et aider grandement l’image de son chef.
En 1996, en publiant un manifeste intitulé New
Labour,
New Life for Britain, Tony Blair avait totalement refait
l’image de son parti et jeté les bases de la plus
grande victoire électorale de l’histoire du Labour
Party en Grande-Bretagne. Plus de 40 ans après la
« société juste » de Pierre
Trudeau, le temps est venu pour le Parti libéral du
Canada de se redonner un élan, un leitmotiv.
Si l’une de ses forces est de n’avoir jamais
étéunparti idéologique,
enfermé dans de vieux dogmes, le défi auquel
il fait face aujourd’hui est de demeurer un parti
centriste capable d’articuler des solutions
concrètes à des problèmes modernes.
La réalité politique exige que les
libéraux identifient deux ou trois priorités
claires, faciles à communiquer, qui vont les
différencier dans l’immédiat du parti au
pouvoir.
Qui plus
est, le temps n’est pas propice à proposer des
solutions à la marge ou à se
présenter comme un parti d’intendance. À ce
compte-là, Stephen Harper continuera de
régner et le Canada poursuivra sa stagnation, voire
sa régression. Ceux et celles qui pensent que la
politique consiste à toujours aller au plus petit
dénominateur commun devraient prendre acte du vote
historique que vient de remporter le président
Obama sur la réforme des soins de santé aux
États-Unis.
Comme aspirant au poste de premier ministre du Canada,
Michael Ignatieff n’a pas une éternité
devant lui pour mieux se définir auprès de
l’électorat. Il doit viser haut. Si sa principale
force comme chef de formation politique réside dans
son parcours apolitique et sa capacité à
offrir du renouveau, il a un effort de communication
réel pour mieux se faire connaître. Par des
idées qui seront audacieuses, il a la
possibilité de rehausser le discours politique et
d’offrir un contraste marqué avec ce dont nous a
habitués M. Harper.
Le Canada aura 150 ans en 2017. Les défis auxquels
nous faisons face sont nombreux. Le vieillissement de la
population et la pression que cela exerce sur nos charges
sociales, le développement durable, des finances
publiques mal en point, une économie en pleine
transformation, des frontières
éclatées qui nous exposent à une
compétition féroce. Ces défis ne sont
pas abstraits; ils affectent notre vie de tous les jours.
Et ils sont aussi porteurs d’immenses possibilités
pour notre pays.
Les gens savent bien que les gouvernements ne peuvent pas
régler tous les problèmes. Dans cette
ère aiguë de cynisme, ils n’en attendent
d’ailleurs pas tant de leurs élus. Ce qu’ils
n’endurent plus, ce sont les astuces mensongères,
les slogans vides et la partisanerie excessive. Il y a une
soif réelle pour que nos leaders politiques fassent
preuve d’une certaine authenticité, d’une certaine
vision de l’avenir, d’un certain courage de sortir des
sentiers battus.
Les conservateurs accusent les libéraux
d’élitisme - Hugo de GrandPré
CONFÉRENCEDES
«GRANDS
PENSEURS» À MONTRÉAL
OTTAWA — Taxés d’élitisme, les
libéraux ont insisté hier sur le
caractère historique et non partisan de leur
conférence des « grands penseurs », qui
se déroulera cette fin de semaine à
Montréal.
L’ancien gouverneur de la Banque
du Canada David Dodge fait partie des
personnalités invitées à prendre la
parole à la conférence Canada 150,
organisée par les libéraux. Les
conservateurs ont critiqué le caractère
exclusif de l’événement, pour lequel les
participants doivent débourser 700$ et avoir
été invités personnellement.
Au cours d’une séance d’information destinée
aux journalistes, des stratèges du parti ont
présenté l’exercice comme s’inscrivant dans
la lignée des conférences d’Aylmer, en 1991,
et de Kingston, en 1960, qui avaient donné un
nouveau souffle aux politiques libérales – et
à leurs chances électorales.
Cette fois-ci, la conférence de trois jours qui se
tiendra à l’hôtel Hyatt, dans le centre-ville
montréalais, offrira 53 conférenciers, dont
une lauréate duprixNobel etune autre du prix
Pulitzer, et doit réunir plus de 250 participants.
Mais n’entrera pas dans la salle qui veut: seules les
personnes invitées peuvent assister à
l’événement. Ces invités doivent en
outre avoir accepté de débourser 700 $ pour
entendre ce qui se veut un remue-méninges de haut
vol servant à inspirer la prochaine plateforme
électorale du parti.
Le caractère exclusif de l’événement
a toutefois donné des munitions aux conservateurs,
qui ont été prompts à accuser Michael
Ignatieff d’être déconnecté des
priorités des Canadiens.
«
L’événement est tellement élitiste
que le chef libéral ne s’est même pas
donné la peine d’inviter ses propres
députés », a raillé à la
Chambre des communes le député conservateur
Jim Abbott.
« Clairement, le chef libéral ne veut pas que
les Canadiens y assistent. Son raisonnement est :
qu’est-ce que des Canadiens pourraient bien amener
à une soi-disant conférence des grands
penseurs? »
Retransmise sur le web
Parlant sous le couvert de l’anonymat, les
stratèges libéraux ont
répliqué hier que les personnes
intéressées à suivre la
conférence pourraient le faire sur le site web www.
can150.ca, où les allocutions et discussions seront
retransmises. Ils ont aussi fait valoir que les
députés du parti tiendraient en même
temps des réunions publiques dans une soixantaine
de circonscriptions, afin de discuter des idées
présentées.
Intitulée Canada 150, la conférence vise
à discuter des priorités et défis du
pays d’ici 2017, année de son 150e anniversaire.
Des personnalités comme l’ancien gouverneur de la
Banque du Canada, David Dodge, et l’économiste
québécois Pierre Fortin doivent aborder
différentes questions dans cinq domaines :
l’emploi, la famille, l’économie, l’environnement
et les affaires internationales.
Ignatieff en panne - Denis Lessard
SONDAGE
CROP
QUÉBEC — Le chef des libérau x f é d
é r a u x , Mic h a e l Ignatieff, a perdu beaucoup
de plumes au Québec et son parti a poursuivi sa
longue glissade dans la faveur populaire après
l’affrontement dans la circonscription d’Outremont et la
démission de Denis Coderre.
Le dernier sondage CROP montre que depuis un mois, la cote
de Michael Ignatieff a carrément piqué du
nez au Québec. Fin septembre, 28 % des
Québécois voyaient en lui le meilleur
premier ministre du Canada, on n’en compte plus que 20 %
maintenant.
Stephen Harper f a i t du sur-place – passant de 23
à 25 % en un mois, son score le plus
élevé toutefois depuis sa
réélection , minoritaire, l ’a n dernier. I
roniquement c’est Jack Layton, le chef du NPD, qui
mène le peloton, d’un seul point cependant, avec 26
% d’appuis.
Au niveau des i ntentions de vote, le PLC au Québec
semble revenu à l’heure de Stéphane Dion. Le
parti de M. Ignatieff aurait eu 23 % des suffrages au
Québec, un point de moins que le résultat de
Stéphane Dion aux élections du 14 octobre
2008.
C’est le
Bloc québécois et le NPD qui font recette.
Le parti de Gilles Duceppe monte de quatre points,
à 37 %, son score des dernières
élections. Le NPD, lui, monte de trois points,
à 16 %, quatre points de plus que son
résultat dans l’urne, en octobre 2008.
Hier, Michael Ignatieff a décidé de donner
un grand coup de balai da ns son bureau.
Le réseau CTV a rapporté hier soir que M.
Ignatieff a congédié son chef de cabinet,
Ian Davey, et a nommé le redoutable communicateur
Peter Donolo à ce poste névralgique. M.
Donolo est actuellement à la tête d’une firme
de sondage de Toronto, Strategic Council.
M. Ignatieff pou rra it aussi r emplacer s a di r ect r
ice des communications, Jill Fairbrother, qui est la
conjointe de M. Davey, selon des informations qui
circulaient hier soir.
Le couple Davey-Faibrother a fait l’objet de critiques de
la part de députés libéraux en
privé au cours des derniers mois.
PLC: un quatrième chef en quatre ans?
- VINCENT MARISSAL
Le
génial Gable a tout résumé, en une
caricature toute simple, hier, dans The Globe and Mail.
Devant la grande salle à manger de Stornoway,
Michael Ignatieff donne ses instructions à une
domestique en train de monter la table du repas de
l’Action de grâce organisé pour le Parti
libéral : « Couverts en plastique. »
Un chef l ibéra l pa ra no devant ses propres
troupes, ça ne vous rappelle pas quelque chose? Eh
oui, Stéphane Dion, en 2007 et 2008, et, avant lui,
Paul Martin entre 2004 et 2006.
Michael Ignatieff sera-t-il le prochain ? Les
libéraux pourraient-ils le virer et choisir un
quatrième chef en quatre ans?
La chose se discute de plus en plus ouvertement au PLC et
parmi toute la faune politique canadienne.
La semaine dernière, dans un restaurant de
Montréal, des libéraux du Québec en
vue (candidats et sénateurs), qui avaient obtenu,
la veille de leur publication, les chiffres d’un sondage
du Globe and Mail, se délectaient des
problèmes de leur chef. Certains ont même
lancé des paris sur la longévité
CHRONIQUE de M. Ignatieff à la tête du PLC.
Il y a six semaines à peine, le chef libéral
avait annoncé péremptoirement la fin du
règne des conservateurs. Aujourd’hui, son plus
grand défi n’est plus de préparer la
bataille électorale, mais plutôt de ne pas se
faire éjecter avant.
Si, comme le laissent déjà entendre certains
libéraux, les prochains chiffres du financement
sont aussi mauvais que ceux des sondages (normalement, les
deux sont intimement liés), les problèmes de
M. Ignatieff ne feront qu’empirer.
Par moments, le chef libéral semble accablé
par la situation. Il se retranche alors dans
l’autodérision et l’humour noir à propos des
«joies du chef de l’opposition».
Certains
de ses fidèles le défendent en disant qu’il
est fatigué parce qu’il n’a pas pris de vacances au
cours de l’été, justement pour se
préparer à la campagne électorale. On
a bien remarqué la fatigue, en effet, mais la
préparation électorale, c’est moins
évident...
Comment a-t-il pu en arriver là si vite? Absence
d’idées fortes, désorganisation du parti et
du bureau du chef, faible contre-attaque aux
publicités négatives des conservateurs,
mauvaise priorité (des élections à
tout prix), les conclusions sont connues. Ce qui l’est
moins, c’est que le grenouillage s’intensifie au PLC.
Les sondages le démontrent clairement depuis un
mois et demi: les Canadiens ne veulent pas
d’élections (le gouvernement Harper II aura
seulement un an demain, après tout). Cela n’est pas
nouveau, toutefois. Depuis le début de l’ère
minoritaire, en 2004, aucun sondage n’a jamais
démontré qu’une majorité de Canadiens
VEUT des élections.
Michael Ignatieff n’a donc pas seulement un
problème de timing. Le message et le messager
posent aussi problème. Les électeurs ne
suivront pas un chef qui ne sait pas où il s’en va,
surtout en temps de crise.
La semaine dernière, par exemple, on a appris d’un
«haut dirigeant libéral» que M.
Ignatieff s’apprêtait à parler de hausses
d’impôt comme solution au déficit. Faux,
archifaux, s’est défendu le chef libéral,
qui a sauté sur le téléphone pour
démentir la manchette de La Presse Canadienne dans
les minutes qui ont suivi sa sortie sur l’internet.
Ballon d’essai ? Fuite malheureuse ? Sabotage ? Chose
certaine, le mal est fait et encore une fois, le chef
libéral semble dépassé par les
événements.
Est-ce une raison suffisante pour plonger le PLC dans une
nouvelle crise en éjectant le chef avant les
prochaines élections? Pour certains, ce serait un
moindre mal. Cela permettrait de gagner de 12 à 18
mois et d’élire un nouveau chef. Au besoin, Bob Rae
serait plus qu’heureux de répondre à
l’appel.
Le Parti libéral est une machine de pouvoir, une
machine impatiente qui supporte mal de s’être
trompée de chef trois fois de suite. À la
différence de Paul Martin, qui a attendu 13 ans
avant de devenir chef, et de Stéphane Dion,
dûment élu au terme d’une vraie course,
Michael Ignatieff n’a pas nécessairement un droit
acquis de mener les troupes aux prochaines
élections.
À la décharge de M. Ignatieff, il faut
rappeler que le rôle de chef de l’opposition est
ingrat et que celui qui l’occupe a
généralement besoin de temps pour passer de
l’opposition au pouvoir. Prenez Jean Chrétien,
Stephen Harper, Jean Charest ou Jacques Parizeau, des
politiciens aguerris (ce que n’est pas M. Ignatieff) qui
ont mangé leur pain noir dans l’opposition avant de
devenir premier ministre.
Le
hic, c’est que le temps est un luxe inabordable en
période de gouvernement minoritaire.
Les Canadiens font davantage confiance à Harper
qu’à Ignatieff - Joël-Denis Bellavance
Le chef du
Parti libéral Michael Ignatieff redouble d’efforts
pour provoquer des élections
générales au pays cet automne. Mais il n’a
pas encore réussi à convaincre les Canadiens
qu’il serait un meilleur premier ministre que Stephen
Harper.
OTTAWA —
Un sondage exclusif réalisé par la firme
Nanos pour le compte de La Presse démontre que les
Canadiens font davantage confiance à Stephen Harper
qu’à Michael Ignatieff dans plusieurs dossiers, en
particulier dans le domaine de l’économie.
Interrogés pour savoir à quel leader ils
font le plus confiance pour gérer l’économie
en ces temps de crise, 40,5% des Canadiens choisissent M.
Harper tandis que 26,8% optent pour M. Ignatieff.
Seulement 10,1% des personnes interrogées croient
que le chef du NPD, Jack Layton, est le plus
compétent à cet égard.
M. Harper obtient sensiblement le même score au
chapitre des taxes et des impôts. En tout, 40,1%
estiment qu’il est le plus compétent pour s’occuper
du fisc canadien comparativement à 24,2% qui
croient au contraire que c’est Michael Ignatieff. Jack
Layton arrive bon troisième encore une fois avec
11,6%.
Toutefois, M. Layton réussit à surpasser M.
Ignatieff aux yeux des Canadiens dans deux secteurs: la
santé et l’environnement. En effet, le chef du NPD
obtient la confiance de 22,1% des personnes
interrogées pour ce qui est d’assurer la
pérennité du régime de santé
au pays alors que le chef libéral suit de
près à 21,5%. Stephen Harper arrive toujours
en tête, mais son résultat est moins
reluisant (28,9%) que ceux qui concernent
l’économie ou les taxes.
Pour ce
qui est de la protection de l’environnement, Jack Layton
(21,1%) dépasse Michael Ignatieff (16,8%) de
près de cinq points de pourcentage. M. Layton
obtient d’ailleurs un score presque identique à
celui de Stephen Harper (21,6%) dans ce domaine.
Le seul dossier où Michael Ignatieff réussit
à s’imposer un peu est celui de l’unité
nationale. Le chef libéral obtient la confiance de
28,1% des personnes interrogées, ce qui est tout de
même deux points de pourcentage de moins que Stephen
Harper (30,1%). Jack Layton est le meilleur homme pour
préserver l’unité du pays aux yeux de 14,8%
des Canadiens.
Fait à noter, Michael Ignatieff dame toutefois le
pion à Stephen Harper sur tous les fronts au
Québec. Les Québécois
préfèrent le chef libéral au premier
ministre pour gérer l’économie (38,5%
comparativement à 26,5%), le régime de soins
de santé (27,6% comparativement à 13,3%),
les taxes et les impôts (32% comparativement
à 28,4%), l’unité nationale (36,2%
comparativement à 15,4%) et l’environnement (19,3%
comparativement à 9,1%).
Selon Nik Nanos, président de la firme Nanos, les
résultats de ce sondage démontrent que
Michael Ignatieff a encore beaucoup de pain sur la planche
pour s’imposer comme une option crédible à
l’extérieur du Québec.
«Stephen Harper est généralement bien
perçu en ce qui a trait à toutes les
questions importantes. Michael Ignatieff obtient un bon
résultat au Québec, mais c’est loin
d’être le cas à l’extérieur de la
province. Cela veut dire qu’il doit redoubler d’ardeur
pour mieux se définir à l’extérieur
du Québec», a affirmé M. Nanos.
Il a ajouté que le fait que Michael Ignatieff
obtienne son meilleur résultat dans le dossier de
l’unité nationale démontre que le Parti
libéral sous Ignatieff est redevenu la principale
option fédéraliste au Québec.
D’abord communiquer avec le chef -
Malorie Beauchemin
Marc
Garneau, nouvel homme fort des libéraux
fédéraux au Québec
Le 28 septembre, Denis Coderre a
démissionné avec fracas de son poste de
lieutenant québécois du Parti
libéral du Canada. Michael Ignatieff a d’abord
annoncé qu’il ne le remplacerait pas, avant de se
raviser, cette semaine, et de nommer l’ancien astronaute
et député de Westmount, Marc Garneau. Le
nouveau représentant du chef libéral au
Québec a reçu La Presse dans son bureau de
la colline parlementaire, à Ottawa.
Q Vous
PHOTO CHRIS WATTIE,
REUTERS
Marc
Garneau
ne veut pas se contenter d’être la voix de
Michael Ignatieff au Québec, il veut aussi
être la voix des Québécois
auprès de son chef.
remplacez Denis Coderre à titre de
représentant du chef libéral au
Québec. Qu’allez-vous faire de différent ?
R Je vais vous dire ce que je vais faire. Ce qui est
particulièrement important dans mon rôle,
c’est non seulement de communiquer au nom du chef au
Québec, mais plus particulièrement de
communiquer avec le chef pour qu’il comprenne les
enjeux, les préoccupations et les
intérêts des Québécois. Q Le
poste de lieutenant qu’occupait M. Coderre a
été scindé en deux. Est-ce que
c’était nécessaire ? Est-ce que M. Coderre
avait trop de pouvoir ? R Je crois que la raison
principale pour laquelle le poste a été
scindé en deux, c’est parce qu’il y a beaucoup de
travail pour une personne. M. Coderre avait fait
beaucoup de travail du côté de
l’organisation depuis neuf mois. Alors, je pense que
c’est pour optimiser nos ressources. Moi, je vais me
concentrer sur mes responsabilités et
l’organisateur ou l’organisatrice va se concentrer sur
l’aspect de l’organisation. Q Le
rôle de représentant est exigeant. Vous
n’avez pas une longue expérience en politique.
Comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?
R Moi, ma tâche, mon défi, c’est de
rejoindre tous les coins du Québec, que ce soit
les régions, que ce soit Montréal, que ce
soit la grande région de la ville de
Québec, et d’être là pour les
écouter, pour savoir ce qui les préoccupe.
Le secteur forestier, la culture, la recherche et le
développement, le degré de
préparation pour la grippe H1N1.
Différents enjeux dans différentes parties
du Québec. Je veux être sûr que mon
chef comprenne bien ce que les Québécois
veulent lui communiquer. Il faut que je sois sur le
terrain, avec les gens. Q Au
Québec, les derniers sondages i ndiquent que l es
appuis à votre formation politique sont
actuellement en baisse. Comment entrevoyez-vous l’avenir
du Parti libéral du Canada au Québec? R Je
crois qu’il ne faut pas exagérer la situation au
Québec. Si vous examinez la situation actuelle et
si vous la comparez à celle d’il y a un an, on a
vraiment fait du progrès du côté du
membership, les coffres sont garnis parce qu’il y a eu
beaucoup de collectes de fonds qui ont eu du
succès et il y a beaucoup plus d’enthousiasme.
Quand j ’ai fait des tournées durant
l’été, j’ai rencontré des
Québécois qui étaient
réceptifs. C’était quelque chose de
très encourageant. Ils étaient prêts
à réévaluer l’option du Parti
libéral. Il y en a beaucoup qui ne sont pas
satisfaits avec le Parti conservateur. Il s’agit pour
nous de continuer à travailler pour que les
Québécois décident de nous donner
une chance. Q Sur
les 75
sièges au Québec, le Bloc
québécois en détient 47, l e Parti
conservateur en a 10, et les libéraux, 14. Quel
est votre principal adversaire ? R Les deux partis, le
Bloc et les c onser vat e u r s . À propos du
Bloc, je crois qu’il y a beaucoup de
Québécois qui sont plus ouverts maintenant
à choisir l’option libérale, parce que le
Bloc, même s’il défend les
intérêts du Québec, ne peut pas
implanter de projets de loi. Le concret de la fonction
d’un politicien, c’est d’être au gouvernement et
de mettre en place des politiques, des projets de loi,
qui représentent une réponse aux
aspirations des Québécois. Je pense que
certaines personnes sont prêtes à
reconsidérer la façon dont elles votent
parce qu’elles deviennent impatientes. Le Bloc peut
parler de n’importe quel dossier, mais au bout du
compte, il ne peut pas lui-même agir parce qu’il
ne fera jamais le gouvernement. Q Deux
élections complémentaires au Québec
ont été déclenchées dimanche
dernier. Quels sont vos attentes, vos objectifs pour ces
scrutins du 9 novembre ? R On va travailler très
fort dans les deux comtés, pour que le Parti
libéral soit visible et fasse de son mieux. Ce
sont des partielles, c’est important qu’on soit
présents sur le terrain. Moi, j’ai l’intention de
me présenter dans les deux endroits – et je ne
serai pas le seul – pour appuyer les candidats. QL es
s ondages n a t i onaux, c e t t e semaine, accordent 14
points d’avance aux conservateurs de Stephen Harper. M.
Ignatieff a reconnu, jeudi matin, qu’il y avait beaucoup
de travail à faire. Comment comptez-vous remonter
la pente ? R On va remonter la pente si on est
discipliné, si on présente nos arguments
de façon efficace, pour qu’on puisse convaincre
les Canadiens qu’on est une option qui est
préférable à celle des
conservateurs. Un de nos défis, c’est du
côté de la communication. On doit mieux
communiquer. Si, par exemple, on examine
l’économie, en ce moment, le public semble,
d’après les sondages, dire que le parti au
pouvoir est en train de faire un travail raisonnable. La
réalité, c’est que sur les dépenses
des infrastructures, on a fait notre propre analyse et
seulement 12% des projets ont amené des
dépenses. Même si le gouvernement a dit que
80% a été annoncé, les experts
disent que d’ici la fin de l’année,
peutêtre que 30% des projets seront en cours de
route. On ne peut pas prétendre que ce que le
gouvernement a fait à l’égard des
infrastructures a vraiment stimulé
l’économie cette année. Q Que
ferez-vous si vous prenez le pouvoir dans les prochains
mois ? R M. Ignatieff a clairement indiqué qu’il
fallait non seulement se sortir de cette
récession, mais s’attaquer à cette
nouvelle économie du savoir. Il a aussi dit qu’on
n’augmenterait pas les taxes, qu’on ne changerait pas
les transferts. Ce que ça veut dire, c’est qu’on
va être obligés de faire certaines coupes,
dans le sens d’être plus efficace, et aussi miser
sur ce qui est la priorité : des programmes pour
qu’on soit plus compétitif, plus innovateur. Q
Est-
ce que Michael I gnatieff est l’homme de la situation
pour le Parti libéral ? R Je crois que oui. Je
pense qu’il fera un excellent premier ministre parce
qu’il a de la vision. Il est entouré d’une bonne
équipe, qui l’appuie entièrement. On va
travailler fort et je suis confiant qu’on va
éventuellement mériter la confiance des
Québécois et des Canadiens.
Ignatieff prêt à parler de
hausses d’impôts
OTTAWA
— Michael Ignatieff est prêt à prendre le
risque politique de tenir une « conversation
entre adultes » avec les citoyens canadiens au
sujet des «douloureuses mesures» à
adopter pour régler la dette du Canada, y
compris des hausses d’impôts et des taxes.
Selon ce qu’ont confié de hauts responsables du
PLC à La Presse Canadienne, le chef
libéral est sur le point de lancer une
discussion «pleine de franchise »,
relative aux options réalistes pouvant
être adoptées afin de stopper «
l’effusion d’encre rouge » dans les livres
comptables du gouvernement.
Cela inclut des hausses d’impôts et des taxes,
d’importantes réductions des dépenses,
le maintien du déficit pendant une plus longue
période de temps que prévu à
l’origine, ou une combinaison de ces trois
hypothèses. M. Ignatieff ne dévoilera
pas sa stratégie personnelle pour attaquer le
déficit tant que des élections ne seront
pas imminentes, ce qui apparaît peu probable
cette année.
Selon
certaines sources, le chef libéral veut se
faire une meilleure idée de l’état de la
situation économique du pays, et veut savoir
à quel point les électeurs sont
prêts à se serrer les dents avant de
soumettre une proposition élaborée.
Néanmoins, en affichant une volonté
d’aborder des sujets aussi délicats que les
hausses d’impôts et les restrictions
budgétaires, M. Ignatieff court un grand
risque. Habituellement, les électeurs rejettent
l’idée de payer plus de taxes et
d’impôts, même pour une bonne cause. Mais
selon des sources d’information, c’était avant
que le déficit de l’année
financière en cours ne gonfle au point de
s’élever à 56 milliards.
Ces sources pensent que M. Ignatieff est prêt
à parier que les Canadiens veulent des
réponses honnêtes au sujet de l’ampleur
du déficit, et qu’ils savent déjà
qu’ils devront souffrir pour en sortir.
M. Ignatieff envisage de donner le coup d’envoi
à cette stratégie en prononçant
un discours à la chambre de commerce de London,
en Ontario, aujourd’hui. Suivront plusieurs
séances de discussions ouvertes afin d’engager
les Canadiens dans le débat.
Un autre rendez-vous manqué -
VINCENT MARISSAL
CHRONIQUE QUÉBEC — Pour les libéraux
fédéraux du Québec, le
rassemblement d’hier à Québec visait
d’abord à faire une démonstration,
après une semaine difficile, d’unité et
d’harmonie.
PHOTO MARTIN MARTEL,
LE SOLEIL
Michael
Ignatieff a jeté samedi soir le premier
discours qu’on lui a remis, insatisfait du contenu.
Il en a donc prononcé hier une version ad
lib, plus « sentie », hier à ses
militants.
Mission accomplie pour l’u n ité, les
libérau x du Québec, surtout les
députés, étaient visiblement
ravis de constater que leur encombrant
confrère, Denis Coderre, avait
été « puni ». Au coin !
Comme le p’tit boss de la cour de
récréation qui se fait prendre par le
directeur de l’école.
« On va enfin pouvoir militer et travailler
librement », a résumé une consoeur
de M. Coderre croisée dans le hall de
l’hôtel attenant au Centre des congrès.
Les libéraux ont effectivement projeté
une image d’unité. Soit, mais unis
derrière quoi ?
Il était bien facile (et apparemment
irrésistible) pour les collègues de
Denis Coderre et pour les militants de casser du sucre
sur le dos du nouveau mouton noir du caucus
libéral, mais celui-ci, malgré ses
défauts, ne peut être tenu responsable du
manque de substance, de préparation et de
perspicacité de son parti.
L e cong rès bien na l de l’a ile
québécoise du P L C (qui n’avait de
congrès que le nom) aura surtout permis de
mesurer l’écart inquiétant entre la
stratégie des libéraux, qui disent
vouloir renverser le gouvernement à la
première occasion, et l’état lamentable
de leur préparation électorale.
Pas d’idée forte, des phrases creuses du chef
sur l’économie, sur l’environnement, sur le
développement des régions ou sur le
Québec, peu de nouveaux visages… Non seulement
les libéraux ne sont pas prêts à
partir en campagne électorale, mais en plus,
leur plan pour la suite des choses repose sur des
hypothèses plus près de la pensée
magique que de la réalité politique.
D’abord, les libéraux semblent convaincus que
le NPD continuera, au moins pour la session d’automne,
à appuyer le gouver nement H a r per, ce qui
permettra à Michael Ignatieff de maintenir la
ligne dure envers les conservateurs sans risquer,
vraiment, de se retrouver dans des élections au
moment où son parti en arrache.
Il est loin d’être garanti que les
néo-démocrates renouvellent à
l’infini leur appui ponctuel aux conservateurs. Si les
libéraux continuent de s’enliser en Ontario et
en ColombieBritannique, le NPD pourrait même y
voir un avantage stratégique. Si on devait en
arriver là, le chef libéral ne s’est pas
gardé de porte de sortie.
Déjà,
la semaine dernière, Jack Layton a
indiqué aux Communes qu’il rejetterait, par
exemple, l’harmonisation de la taxe de vente avec les
provinces si les conservateurs vont de l’avant avec ce
projet.
Par ailleurs, les libéraux continuent de croire
que les Canadiens en ont assez des conservateurs et
que ceux-ci seront nécessairement
éjectés aux prochaines élections,
au profit des libéraux.
C ’e s t s a n s d o u t e c e t t e conviction
téméraire et non fondée qui
explique que le chef libéral
préfère s’en tenir à des
généralités plutôt que de
présenter à l’électorat des
idées concrètes.
En ce sens, M. Ignatieff a manqué un autre
rendez-vous avec les Québécois, hier, en
prononçant un long discours creux truffé
de clichés et de bonnes intentions.
Et encore, nous avons eu droit à une version ad
lib, plus « sentie », puisque le chef
libéral a jeté samedi soir le premier
discours qu’on lui a remis, insatisfait du contenu. Il
ne manque pas qu’un lieutenant à M. Ignatieff.
Il a aussi un urgent besoin de conseillers
québécois allumés et d’un bon
rédacteur de discours.
La nature ayant horreur du vide, les distractions
périphériques ont pris toute la place.
On retiendra surtout de ce congrès que Michael
Ignatieff a fait marche arrière et nommera
finalement un nouveau lieutenant à la place de
Denis Coderre.
On dit que les absents ont toujours tort, mais
rarement l’absence d’un député aura
été aussi remarquée (et lourde de
signification) que celle de Denis Coderre, hier
à Québec. M. Ignatieff a même
lourdement insisté, dès le début
de son discours, pour dire que le Parti libéral
est une institution basée sur la
fidélité et la loyauté, pas sur
les individus.
Dans la salle de presse, les journalistes en manque de
substance étaient, quant à eux, beaucoup
plus intéressés par la sortie
extrêmement bien orchestrée de Stephen
Harper, samedi soir sur la scène du Centre
national des arts d’Ottawa, où il a
chanté With a Little Help From My Friends des
Beatles. (Vous pouvez trouver la performance sur
YouTube.)
« Mmm, I get high with a little help from my
friends »… M. Harper pensait-il à ses
« a mis » l ibérau x , qu i l u i
facilitent vraiment la vie ces temps-ci ?
M.
Ignatieff,
quant à lui, devrait plutôt s’inspirer
d’Alain Bashung, qui chantait «C’est com ment
qu’on f rei ne ? », parce que dans l’état
actuel des choses, bien peu de députés
libéraux voudront sacrifier leur siège
si leur chef persiste à vouloir provoquer des
élections.
Ignatieff promet d’éliminer le boulet du
déficit - Joël-Denis Bellavance
OTTAWA —
Le gouvernement Harper risque de mettre en péril
les programmes sociaux importants comme la santé,
l’éducation ou le régime de pensions s’il ne
reprend pas le contrôle des finances publiques,
estime le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff.
Le déficit est un boulet qui doit être
éliminé dès que la reprise
économique sera bien engagée, a
affirmé le chef libéral dans une entrevue
accordée hier à La Presse.
Dans son dernier budget déposé en janvier,
le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait
estimé le déficit à 34 milliards de
dollars pour l’exercice financier en cours. Mais le
ministre a été contraint de revoir le
déficit à 50 milliards en mai et à 56
milliards au début du mois de septembre.
M. Ignatieff promet de préciser comment un
gouvernement libéral viendrait à bout de ce
boulet durant la campagne électorale. Selon lui, il
ne suffit pas d’avoir un plan de relance économique
pour sortir le gouvernement fédéral de
l’ornière des déficits. Il faut aussi une
stratégie qui va encourager la croissance soutenue
de l’économie.
« Nous avons laissé au x conser vateu rs u n
su r plus de 13 milliards de dollars (en 2006). Mais ils
nous ont menés au bord du déficit avant
même le début de la récession.
Maintenant, le déficit est à 60
« Nous sommes dans une récession.
J’espère vivement qu’on va commencer à
remonter à la surface. Mais cela requiert un
gouvernement avec une stratégie pas seulement de
relance, mais aussi de croissance. Ce qui me
préoccupe le plus, c’est le déficit. Nous
sommes en déficit de près de 60 milliards de
dollars. Cela met à risque la capacité du
Canada de maintenir les soins de santé, de
maintenir nos pensions. Ce n’est pas une chose abstraite,
un déficit », a affirmé M. Ignatieff.
milliards. C’est fort possible que nous serons à 65
milliards à Noël. Cela met en danger tout le
progrès social que nous avons accompli depuis les
20 dernières années», a-t-il
ajouté.
À
l’occasion d’un discours devant le Canadian Club de
Toronto, lundi, M. Ignatieff détaillera les
politiques économiques qu’il envisage s’il gagne
les élections.
M a i s d ’o r e s e t d é j à , M.Ignatieff
écarte toute forme de hausse des impôts ou
des taxes comme moyen de juguler le déficit. Pas
question non plus de sabrer dans les transferts aux
provinces, comme le gouvernement libéral de Jean
Chrétien l’avait fait dans les années 90,
pour rétablir l’équilibre budgétaire
à Ottawa.
Le gouvernement Harper écarte aussi toute hausse
des impôts et des taxes ou toute réduction
dans les paiements de transferts. Il table surtout sur la
reprise de la croissance économique et la fin des
mesures de relance du gouvernement pour mettre de l’ordre
dans les finances de l’État. Selon les
dernières projections du ministre Jim Flaherty, le
déficit devrait être éliminé
d’ici 2015.
«L’élimination du déficit est l’enjeu
capital de la politique canadienne pour les années
à venir. Il faut élaborer une
stratégie très concrète de croissance
économique. Je ne veux pas éviter les
questions difficiles. Les conservateurs nous ont mis dans
un trou sans précédent. Chaque choix sera
difficile», a dit le chef libéral.
M. Ignatieff a soutenu qu’il ne fait pas de promesse en
l’air lorsqu’il s’engage à ne pas augmenter le
fardeau fiscal des Canadiens. Il a dit croire qu’une
hausse des impôts pourrait faire dérailler la
croissance une fois que les effets des milliards de
dollars investis par les gouvernements pour stimuler
l’économie s’estomperont.
Chose certaine, le Canada doit conquérir de
nouveaux marchés s’il veut créer de nouveaux
emplois, outre les exportations vers les
États-Unis, selon M. Ignatieff. C’est pourquoi le
chef libéral propose de remettre sur pied des
missions commerciales en Chine, en Inde et dans les pays
émergents, qui avaient été la marque
de commerce du gouvernement Chrétien. Ces missions
ont été abandonnées par le premier
ministre libéral Paul Martin en 2004.
«Négliger l’Inde et la Chine, comme l’ont
fait les conservateurs depuis quatre ans, cela a de
lourdes conséquences », a dit M. Ignatieff.
Rendez-vous manqué - Danny
Lepage
La sortie du chef libéral Michael Ignatieff de
mardi est sans aucun doute le résultat d’un processus
intellectuel bien réfléchi et d’une
stratégie bien documenté. Il n’en demeure pas
moins surprenant de constater le manque total d’opportunisme
politique dont il fait preuve depuis qu’il détient les
rênes du parti. Pensons au rendez-vous manqué le
printemps dernier, quand les libéraux avaient l’immense
occasion de défaire le gouvernement minoritaire sur des
questions d’ordre social. Leur analyse simpliste fut celle
d’attendre à l’automne la mise à jour
économique et les conclusions du comité sur
l’assurance emploi comme catalyseurs électoraux, mais
surtout de profiter des épluchettes de blé
d’Inde et des barbecues estivaux pour renflouer les coffres du
parti. Ce rendez-vous manqué pourrait leur coûter
cher. Les sondages montrent une remontée
impressionnante des intentions de vote en faveur des
conservateurs. Ensuite, l’économie canadienne tend vers
une reprise dans les prochains mois.
Un peu de sagesse - ANDRÉ
PRATTE
On ne doit
modifier l’assurance emploi qu’après avoir
soigneusement évalué les effets des
changements envisagés.
La réforme de l’assurance emploi est au coeur du
débat politique à Ottawa. Libéraux et
conservateurs font mine de discuter au sein d’un
comité mis sur pied il y a deux mois; leur
désaccord à ce sujet pourrait provoquer la
tenue d’élections cet automne. Les statistiques du
chômage publiées hier, selon lesquelles 45
000 Canadiens de plus ont perdu leur emploi en juillet,
confirment l’importance de cet enjeu.
L’assurance emploi est un régime complexe et
délicat. On ne doit y apporter des changements
qu’après en avoir soigneusement
évalué les effets. Malheureusement, les
politiciens s’en sont emparés en mettant de l’avant
des propositions et arguments simplistes ne visant
qu’à marquer des points contre leurs adversaires.
La proposition de réforme dont on parle le plus est
celle mise de l’avant par les trois partis de
l’opposition, soit l’adoption d’un seuil
d’admissibilité unique à la place du seuil
actuel qui varie selon le taux de chômage
régional. Le nouveau seuil national serait
fixé à 360 heures travaillées dans
l’année précédant la demande ;
présentement, le seuil va de 420 à 700
heures travaillées.
Il s’agirait d’unchangement très important. Le
principe du seuil variable a été
adopté il y a plus de 40 ans. Depuis, il a
survécu à toutes les réformes du
régime. En 2005, un comité parlementaire a
proposé un seuil national de 360 heures. Le
gouvernement libéral en place à
l’époque a rejeté l’idée, expliquant
que « lorsque des changements au régime sont
envisagés, il est important de bien connaître
les répercussions des dernières
améliorations ».
C’est la
principale faiblesse de la proposition de l’opposition: on
la dirait sortie d’un chapeau. Le nombre de chômeurs
étant à la hausse, on veut rapidement rendre
le régime plus généreux (et par
ricochet stimuler l’économie) sans se
préoccuper de savoir si le seuil national profitera
aux travailleurs qui sont les plus touchés par la
crise, si le changement aura des effets pervers ou si
d’autres modifications, moins spectaculaires, pourraient
s’avérer mieux ciblées et moins
coûteuses.
De son côté, le gouvernement Harper se
contente de caricaturer les suggestions de ses
adversaires. Pourtant, la plupart des spécialistes
s’entendent sur la nécessité de rendre
l’assurance emploi plus accessible et équitable.
La Chambre de commerce du Canada et la Banque TD
suggèrent d’abaisser le seuil
d’admissibilité à 560 heures dans toutes les
régions où le taux de chômage est de
moins de 10%(où le seuil varie actuellement entre
560 et 700 heures). Cela permettrait aux travailleurs
installés dans des régions jusqu’à
récemment prospères d’être plus
facilement admissibles à l’assurance emploi. Le
régime se trouverait ainsi simplifié et le
changement serait moins coûteux que la mesure
suggérée par l’opposition. Enfin, le
principe de la variabilité selon le taux de
chômage n’étant pas complètement
abandonné, un éventuel retour aux anciens
seuils serait moins controversé.
S’ils font preuve d’un peu plus de sagesse et d’un peu
moins de partisanerie, les élus
fédéraux arriveront à mettre en place
les changements qu’impose la récession... avant que
la récession ne prenne fin.
Réforme de l’assurance emploi Les demandes
libérales jugées « fantaisistes »
- Malorie Beauchemin
—
L’épineux dossier de la réforme de l’assurance
emploi divise toujours libéraux et conservateurs,
à moins de deux mois de la reprise des travaux
parlementaires, qui pourraient rapidement mener à une
nouvelle joute électorale.
La
ministre fédérale des Ressources naturelles,
Diane Finley, a relancé hier le débat entourant
l’assurance emploi.
Hier, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a
qualifié de « fantaisiste » la proposition du
Parti libéral d’abaisser à 360 heures le seuil
d’admissibilité à l’assurance emploi.
En juin dernier, la mise sur pied d’un comité bipartite
sur la question, comprenant des députés
libéraux et conservateurs, avait permis d’assurer la
survie du gouvernement de Stephen Harper, au moins
jusqu’à l’automne.
« M. Ignatieff et des membres du caucus libéral ont
publiquement indiqué qu’ils ne reculeraient pas sur leur
demande des 360 heures, a lancé Mme Finley à la
sortie d’un caucus conservateur. Soyons clairs, travailler neuf
semaines et récolter de l’assurance emploi pour le reste
de l’année, ce n’est qu’une fabulation intellectuelle.
»
Les contribuables canadiens n’ont pas les moyens
d’éponger la facture qui résulterait d’un tel
changement aux règles, a soutenu la ministre des
Ressources humaines, fermant définitivement la porte
à cette proposition.
Mme Finley reproche aux libéraux de changer sans
arrêt leur position et réclame maintenant qu’ils
lui présentent des propositions « précises,
détaillées, financièrement responsables et
qui ne feront pas augmenter les impôts des Canadiens
».
En entrevue à CTV, le chef libéral Michael
Ignatieff a rétorqué que la situation du
chômage au Canada n’avait rien de « fantaisiste
» et que seul son parti avait jusqu’à
présent démontré un minimum de
flexibilité dans les pourparlers sur l’assurance emploi.
« J’ai
toujours essayé de travailler avec le gouvernement, de
mettre les intérêts des Canadiens au premier
plan. Mais c’est de plus en plus difficile », a
souligné M. Ignatieff, laissant entendre qu’il pourrait
être tenté de présenter un vote de
défiance dans le but de faire tomber le gouvernement de
Stephen Harper.
Les libéraux tiennent mordicus à une
réforme de l’assurance emploi qui comprendrait
l’établissement de normes nationales
d’admissibilité, plutôt que par régions
économiques comme c’est le cas actuellement.
« Il y a 150 000 Canadiens qui ne peuvent pas recevoir
d’assurance emploi dans ces temps difficiles, non pas parce
qu’ils n’ont pas assez contribué, mais parce qu’ils
n’habitent pas au bon endroit, a souligné M. Ignatieff.
Il faut changer les règles pour plus
d’équité. »
Les trois partis de l’opposition à Ottawa
réclament d’importants changements à l’assurance
emploi. « S’il n’y a pas de modifications
substantielles, et non pas juste cosmétiques, à
l’assurance emploi, c’est très clair qu’on va voter
contre la confiance au gouvernement », a
réitéré le leader parlementaire du Bloc
québécois, Pierre Paquette.
L’attaque en règle de la ministre Finley contre ses
adversaires libéraux survient à l’issue d’une
session de trois jours de préparation, chez les
conservateurs, en vue de la reprise parlementaire et de la
possible tenue d’élections générales cet
automne.
Les futurs candidats et militants se sont d’abord
rencontrés pendant deux jours à Ottawa, au
début de la semaine, pour des formations et des
séances d’information. Puis, les députés
et ministres ont tenu deux jours de caucus, afin d’aligner
leurs fusils en vue des prochains mois.
Si tous les ministres se réjouissent des « signes
encourageants » constatés dans l’économie
canadienne, tous ne s’entendent pas sur l’état de la
récession. Leministre du Commerce international,
Stockwell Day, a annoncé à grands cris, lundi,
la fin de la récession, dans une lettre publiée
dans un quotidien de Colombie-Britannique. Or, plusieurs de
ses collègues se sont relayés, depuis deux
jours, pour réduire les élans de triomphalisme
initiés la semaine dernière par le gouverneur de
la Banque du Canada, MarkCarney, qui avait lui aussi
affirmé que la récession était
terminée.
Quelques notes avant de décrocher
- VINCENT MARISSAL
Michael
Ignatieff aurait pu faire tomber le gouvernement Harper sur
cette question de l’accessibilité à l’assurance
emploi, mais il a reculé, se contentant d’une vague
promesse de M. Harper de mettre sur pied un comité
bipartisan pour étudier le dossier.
Après la fin de session en queue de poisson de Michael
Ignat ief f à Ottawa, il y a deux semaines, on aurait
pu penser que les libéraux partiraient en vacances sans
trop insister sur la question de l’assurance emploi.
Pourtant, les libéraux essayent encore de taper sur le
clou des « 360 heures » qu’ils ont euxmêmes
tordu en cédant devant le premier ministre Harper.
J’ai reçu cette semaine dans ma boîte à
lettres, comme des milliers de foyers, une brochure du Parti
libéral accusant le gouvernement conservateur de priver
150 000 Canadiens de prestations en refusant d’appliquer
partout au pays la règle des 360 heures pour se
qualifier.
Le dépliant affirme ceci : « Plus de la
moitié des Canadiens au chômage n’ont pas droit
à l’assurance emploi et beaucoup d’entre eux ont du mal
à faire face au coût de la vie. Les conservateurs
ont rejeté un plan qui aurait permis à 150 000
Canadiens de plus de recevoir une prestation. »
Heureusement pour les libéraux que la grande
majorité des électeurs ont déjà la
tête aux vacances et qu’ils ne porteront pas trop
attention à ce curieux message parce que celui-ci nous
rappelle surtout que Michael Ignatieff avait fait de la
règle des 360 heures une condition incontournable et
qu’il a finalement battu en retraite piteusement pour
éviter des élections estivales.
Le chef libéral aurait pu faire tomber le gouvernement
Harper sur cette question de l’accessi-
D’autant que ce sont les précédents
gouvernements libéraux (de ça, la brochure ne
parle pas, évidemment) qui ont restreint
l’accessibilité dans les années 90, au point
où, comme le note le Parti libéral, la
moitié des chômeurs ne se qualifient plus
à l’assurance emploi.
Quand on vit dans une maison de verre…
Forces et faiblesses…
Hier matin, en lisant ma Presse (eh oui, je lis ENCORE le
journal en papier en prenant mon café…), je ne pouvais
m’empêcher de sourire en juxtaposant le texte de mon
collègue Joël-Denis raux sur l’assurance emploi en
est l’illustration parfaite. On ne peut pas dire, par
ailleurs, que Michael Ignatieff se soit imposé dans
quelque dossier que ce soit au cours des derniers mois.
Ce n’est pas plus concluant du côté des
conservateurs. Ceuxci souffrent même de
dédoublement de personnalité. Que reste-t-il de
« conservateur » chez un gouvernement qui a pondu
et vanté un budget… libéral et qui a même
« nationalisé » un géant de l’auto
comme GM? Où sont passés les points forts de
Stephen Harper lorsque les Canadiens pensent que le manque de
transparence et l’arrogance font plutôt partie de la
liste de ses points faibles? bilité à
l’assurance emploi, mais il a reculé, se contentant
d’une vague promesse de M. Harper de mettre sur pied un
comité bipartisan pour étudier le dossier. Dans
les faits, M. Harper a été très clair :
pas question d’étendre la règle des 360 heures,
mais on verra ce que l’on peut faire pour les travailleurs
autonomes.
Si la chose tenait tellement à coeur à Michael
Ignatieff, il pouvait s’opposer, mais ne l’ayant pas fait, il
est plutôt complice de la misère des 150 000
chômeurs dont il se fait aujourd’hui le
défenseur. Bellavance à propos d’un sondage
Nanos et cette brochure du PLC.
En gros, la
firme Nanos a découvert qu’une majorité de
Canadiens sont incapables de trouver un point fort aux
conservateurs et aux libéraux.
Pas très étonnant. Côté
idées fortes, vision et convictions, nous ne vivons pas
des années de grands crus. Si les Canadiens n’arrivent
pas à identifier la marque de commerce des deux
principaux partis, c’est tout simplement parce que ceux-ci
sont incapables d’en imposer une.
La brochure partisane des libé-
Remarquez, l’absence d’idées fortes, de
priorités clairement définies et de points forts
ne condamnent pas nécessairement un parti à sa
perte. En politique, on tire d’abord sa force de la faiblesse
de notre opposition.
Voyez Jean Charest, à Québec.
On a de l’argent pour ça?
Apparemment, les fonds de tiroirs du gouvernement
fédéral sont d’une profondeur abyssale et, en
grattant bien, on y trouve encore quelques réserves,
même en ces temps de disette.
Et même si le gouvernement est formé de
conservateurs qui déchiraient leur chemise lorsque les
précédents régimes libéraux
dépensaient de l’argent dans des comités, des
études, des commissions, des groupes d’experts…
Ainsi, le ministre des Finances, Jim Flaherty, père du
plus grand déficit budgétaire jamais
enregistré en ce pays, vient de trouver des sous pour
créer un groupe de travail « sur la
littératie financière ».
Le mandat de ce groupe de travail (duquel fera partie le
banquier montréalais Jacques Ménard) est de
proposer des moyens d’améliorer les connaissances des
Canadiens sur les produits et les services financiers et ainsi
les aider à mieux gérer leurs finances, selon
les informations recueillies par notre bureau d’Ottawa.
On a vraiment de l’argent pour ça dans les coffres du
ministère des Finances ?
Cela dit, si le fédéral a de l’argent pour faire
des campagnes sur les sièges d’auto pour enfants, sur
la violence aux aînés, sur la préparation
des ménages en cas de catastrophe naturelle, sur la
manipulation des matières dangereuses, et j’en passe,
pas surprenant qu’il en ait aussi pour dire aux Canadiens
comment gérer leur bas de laine.
Sur ce, je pars recharger mes batteries quelques semaines en
vue des élections fédérales de l’automne.
Bon été.
Attention, M.
Ignatieff: terrains glissants ! - VINCENT MARISSAL
Ragaillardi par
des sondages qui lui sont favorables, M. Ignatieff a
délaissé la retenue qui caractérise
habituellement ses réponses.
Les détracteurs de Michael Ignatieff ne ratent pas une
occasion de souligner son manque d’expérience en
matière de politique et de gestion gouvernementale (ce
qui est objectivement exact), mais ils ne pourront jamais
l’accuser de manquer de confiance en lui-même.
En
entrevue au quotidien deVancouver The Province, Michael
Ignatieff a résumé ses projets d’avenir :
« Je vais devenir premier ministre de ce pays, aussi
certain que je suis assis ici devant vous, et je vais
hériter du plus gros déficit de l’histoire du
Canada. »
Voici comment le nouveau chef libéral a
résumé ses projets d’avenir, le week-end dernier,
dans une entrevue accordée au chroniqueur James McNulty,
du quotidien vancouvérois The Province:
« Je vais devenir premier ministre de ce pays, aussi
certain que je suis assis ici devant vous, et je vais
hériter du plus gros déficit de l’histoire du
Canada. »
Ragaillardi, apparemment, par l’ambiance d’un congrès
harmonieux et par des sondages qui lui sont favorables, M.
Ignatieff a délaissé la retenue qui
caractérise habituellement ses réponses. C’est
peut-être ce qui explique aussi qu’il se soit rendu
dare-dare à Ottawa, dès lundi, pour en
découdre avec le premier ministre Harper.
Avant de se lancer avec tant d’enthousiasme, le nouveau chef
libéral aurait néanmoins intérêt
à s’équiper de crampons, comme le recommandait ce
bon Marcel Tremblay. Parce que, à l’instar des trottoirs
de Montréal en hiver, les terrains politiques sur
lesquels il s’avance sont plutôt casse-gueule.
Tout d’abord, Michael Ignatieff se retrouve sur la même
petite plaque de glace que tous les chefs de l’opposition devant
un gouvernement minoritaire. Plus important encore que
d’élaborer un programme, M. Ignatieff doit trouver le
bonmoment et la bonnemanière de défaire le
gouvernement.
Ce qui veut dire: trouver un bon moment pour son parti sans
avoir l’air de faire passer celui-ci avant les
intérêts premiers des Canadiens. Et espérer
que les électeurs soient assez mécontents des
conservateurs, sans toutefois être trop
fâchés d’avoir d’autres élections.
Ce n’est pas si simple. L’expérience récente
à Ottawa et àQuébec, oùquatre
gouvernements minoritaires ont été élus
depuis cinq ans, démontre qu’un seul a été
renversé par l’opposition (celui de Paul Martin, fin
2005).
Rappelons qu’il y a quelques mois à peine, M. Ignatieff
disait que les Canadiens avaient autant besoin d’une
élection que d’un trou dans la tête! Il va falloir
les convaincre que la situation a vraiment changé, faute
de quoi c’est lui qui se tirera dans le pied.
Visiblement, M. Ignatieff veut profiter de sa lancée
post-congrès pour traquer le gouvernement, pour le mettre
sur la défensive, plutôt que de se faire attaquer
lui-même.
L’idée
est bonne, mais il va un peu vite en affaires avec ses demandes
pour un assouplissement de l’assurance emploi.
Quand il accuse les conservateurs de laisser tomber les
chômeurs, M. Ignatieff semble oublier que c’est le
gouvernement libéral de Jean Chrétien, dans les
années 90, qui a resserré l’accès au
programme et diminué les prestations. Ce sont aussi les
libéraux qui ont pigé allégrement dans la
caisse d’assurance emploi pour éponger le déficit.
Les libéraux en ont d’ailleurs payé le prix aux
élections de 1997, perdant 19 de leurs 30 sièges
dans les Maritimes et à Terre-Neuve.
« Les coupes ont fait mal à certaines
régions, c’est évident, avait reconnu Jean
Chrétien au lendemain du scrutin. Mais nous n’avions pas
vraiment le choix. Si nous ne l’avions pas fait,
l’économie et même les programmes sociaux auraient
souffert encore plus dans les mois et les années à
venir. »
On pourrait dire la même chose aujourd’hui. Pondue
à la hâte, la proposition de Michael Ignatieff
visant à rendre plus accessibles les prestations à
l’échelle du pays risque de recréer tout un
contingent d’abonnés qui travaillent 10 semaines pour
toucher ensuite des prestations d’assurance emploi pendant 42
semaines. Coûteux et pas forcément bien
avisé en période de crise.
Autre terrain glissant : les champs de compétence des
provinces, dans lesquels M. Ignatieff rêve de gambader
avec une série de nouveaux programmes pour la petite
enfance, pour l’éducation postsecondaire, la santé
ou la formation de la main-d’oeuvre.
Mêmes lubies libérales. Même vocabulaire
litigieux, où il est question de « plan national
», de priorités nationales, de programme national.
Et mêmes querelles en perspective avec Québec.
S’aliéner le gouvernement Charest à ce moment-ci
serait pour le moins contre-productif.
Tout dépend, évidemment, de la manière.
Michael Ignatieff, qui insiste avec raison sur le savoir, peut
s’inspirer du succès de la Fondation canadienne pour
l’innovation (une initiative du gouvernement Chrétien qui
distribue des centaines de millions pour la recherche
universitaire, dans la plus grande harmonie).
Ou il peut se rembarquer dans une controverse, comme le fameux
programme des bourses du millénaire, qui vient d’ailleurs
de prendre fin après 10 ans d’existence.
On pourra du coup vérifier si M. Ignatieff est
sérieux quand il parle de décentralisation et de
respect des provinces.
Première
erreur de M. Ignatieff - ANDRÉ PRATTE
Au l endema i n
de s a conf i rmation comme chef du Parti libéral du
Canada, Michael Ignatieff a enfourché un nouveau cheval
de bataille. M. Ignatieff exige qu’on élargisse
l’admissibilité aux prestations d’assurance emploi. Cette
réforme est « urgente », affirme le chef
libéral, laissant entendre que si le gouvernement Harper
rejette sa suggestion, il pourrait y avoir des élections
dès cet été.
Bien des observateurs s’entendent pour dire que l’assurance
emploi n’est pas assez généreuse et qu’à
mesure qu’augmente le nombre de chômeurs, cette situation
devient intolérable. Soit. Mais quels changements
devraiton apporter en priorité ? Quel impact auraient ces
changements sur la viabilité financière du
régime et donc sur le niveau futur des primes ?
L’assurance emploi est un programme éminemment complexe.
Avant d’y apporter toute réforme substantielle, il faut
prendre le temps de bien en étudier les tenants et
aboutissants.
Le Parti libéral demande que le nombre d’heures de
travail requis pour avoir droit à l’assurance emploi soit
abaissé et uniformisé à 360 heures.
À l’heure actuelle, ce seuil varie de 420 heures à
700 heures selon le taux de chômage sévissant dans
la région où réside le travailleur. Le
changement mis de l’avant par les libéraux
coûterait 1milliard.
Vaut-il mieux
faire cela ou éliminer le délai de carence de deux
semaines? Ou augmenter le niveau des prestations? Ou encore
allonger la période pendant laquelle on peut recevoir des
prestations, comme les conservateurs viennent de le faire? On ne
sait pas trop pourquoi les libéraux
préfèrent les 360 heures aux autres avenues de
réforme sinon que d’un point de vue politique, la
proposition a l’avantage d’être à la fois simple et
séduisante.
Curieusement, le système d’assurance emploi que Michael
Ignatieff dénonce aujourd’hui a été mis en
place par des gouvernements libéraux. C’est depuis 1977,
alors que Pierre Trudeau était au pouvoir, que le nombre
d’heures (autrefois, de semaines) exigé varie selon le
taux de chômage régional. C’est le gouvernement de
Jean Chrétien qui a procédé à la
doloureuse réforme de 1996. Par conséquent, si le
régime est « en crise » comme le soutient M.
Ignatieff, on ne peut certainement pas en rendre les
conservateurs responsables.
Les libéraux proposent que l’abaissement du seuil
d’admissibilité soit une mesure temporai re. Temporai re
jusqu’à quand? Dans une étude sur le sujet
publiée la semaine dernière, les
économistes de la Banque TD soulignent à juste
titre que « quand il s’agit de mettre un terme à un
programme temporaire, les gouvernements canadiens ont un
piètre bilan ».
Sachant la virulence de l’opposition suscitée par toute
compression dans l’assurance emploi, on se demande quel
gouvernement aura le courage, une fois la récession
passée, de rehausser le nombre d’heures exigé.
On a beaucoup reproché au nouveau chef libéral
d’exprimer seulement des généralités. La
réforme temporaire de l’assurance emploi est la
première mesure concrète que M. Ignatieff met de
l’avant. Mauvais départ: il s’agit d’une proposition
téméraire et irréfléchie. La
plateforme électorale que le PLC promet pour juin devra
être beaucoup mieux ficelée.
Les
chômeurs trouvent la position d'Ignatieff courageuse...
Une position courageuse - Pierre Céré
La proposition
de Michael Ignatieff pour améliorer l’accès
à l’assurance emploi n’est pas improvisée
L’assurance emploi doit redevenir un programme qui assure la
sécurité économique et la dignité
des travailleurs qui perdent leur emploi.
l y a un peu plus d’u n mois , nous avions incité le
chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff,
à faire preuve de courage et à préciser
ses mesures d’engagement pour réparer et
améliorer le régime d’assurance emploi. Force
est de constater que notre appel a été entendu
et que les propositions exprimées publiquement par le
chef du PLC sont de haut niveau.
Unemajorité
de chômeurs n’arrivent plus à se qualifier
à l’assurance emploi: depuis 1996, la couverture du
régime (le ratio prestataires-chômeurs) est
tombée en dessous des 50%, justement à cause
du resserrement des critères d’admissibilité.
D’aucuns seront dérangés par cette proposition
(d’uniformiser à 360 le nombre d’heures de travail
requis), et seront tentés de faire le procès
passé des libéraux. D’autres, à l’instar
de l’éditorialiste en chef de La Presse, André
Pratte, prétendront qu’il s’agit « d’une
proposition téméraire et
irréfléchie », qu’il y a lieu de «
prendre garde à ne pas faire des changements
improvisés ou trop coûteux ». Quant
à la position du gouvernement Harper, elle est
insignifiante et sans coeur.
Nous avons été artisans de ces rapprochements
avec les libéraux, et de la mise en place de
très larges alliances au sein de la
société pour favoriser les changements
désirés. Si nous avons été
au-devant de tous les combats menés contre les
compressions imposées au régime d’assurance
emploi depuis 1993, nous avons aussi proposé des
éléments de solution. Plus
particulièrement, et cela depuis quelques
années, nous avons tendu la main aux libéraux,
dans un esprit de réconciliation fondé sur la
vérité et sur la justice.
Il n’est pas juste de considérer la position
libérale comme étant irréfléchie,
téméraire, trop coûteuse. Chaque
année, le régime d’assurance emploi module la
vie de centaines de milliers de travailleurs, pris entre deux
emplois. Malheureusement, une majorité de
chômeurs n’arrivent plus à se qualifier à
l’assurance emploi: depuis 1996, la couverture du
régime (le ratio prestataires-chômeurs) est
tombée en dessous des 50%, justement à cause du
resserrement des L’auteur est porte-parole du Conseil national
des chômeurs (CNC).
Icritères d’admissibilité. Les premières
victimes sont les travailleurs à statut
précaire.
On ne compte plus les voix qui réclament une meilleure
admissibilité à l’assurance emploi: le
Conference Board du Canada, l’Institut CD Howe, de nombreux
économistes québécois et canadiens,
hommes et femmes politiques, comme les premiers ministres du
Québec et de l’Ontario, observateurs et commentateurs,
groupes de femmes, syndicats... Combien d’articles et
d’éditoriaux, que nous pourrions résumer dans
cette formule éclairée, celle de Mario Roy dans
La Presse du 13 décembre 2008: « La façon
élégante, juste et efficace de régler le
dossier sera sans doute de bonifier le régime
d’assurance emploi, notamment en décadenassant
l’accès aux prestations. »
Il n’y a rien d’improvisé dans la position
libérale qui s’affirme comme une position courageuse,
en phase avec la société, en phase avec les
besoins criants, avec les demandes et avec les
majorités qui s’expriment. En phase aussi avec ce
concept de solidarité sociale qui se retrouvait au
coeur même du Livre blanc de Brice Mackasey pour un
meilleur régime d’assurance-chômage, sous le
gouvernement Trudeau, en 1971.
Comprenons aussi une chose : les coûts d’un tel chantier
seront assumés, sans défaut, par les seules
cotisations des travailleurs et des employeurs,
considérant que le gouvernement ne finance plus la
caisse d’assurance emploi depuis la fin des années 80.
La caisse continue d’ailleurs à enregistrer des
surplus, et s’il le fallait, une hausse de seulement 10 sous
affecterait des revenus d’environ 1 milliard de dollars.
L’assurance emploi doit redevenir un programme qui assure la
sécurité économique, et donc la
dignité, des travailleurs qui perdent leur emploi et
qui se retrouvent temporairement en situation de
chômage. La seule partisannerie que nous connaissons est
là. C’est pourquoi nous n’hésitons pas à
saluer la prise de position deM. Ignatieff, et à
l’encourager dans cette voie.
Allez plus loin, M. Ignatieff - Gilles
Duceppe
Il faut
hausser les prestations d’assurance emploi et abolir le
délai de carence de deux semaines
Les règles « injustes » qu’il
dénonce ont été créées
par les libéraux eux-mêmes.
L’auteur est chef du Bloc québécois.
L’OCDE
prévoit
que le taux de chômage au Canada atteindra 10,8%
en 2010, soit quelque deux millions de chômeurs.
L’OCDE prévoit que le taux de chômage au
Canada atteindra 10,8% en 2010. Cela signifie qu’il y aura
deux millions de chômeurs au Canada, dont une
majorité n’a pas accès à l’assurance
emploi.
Ça veut dire des milliers de
Québécoises et de Québécois
plongés dans une situation financière
pénible, des régions entières en
crise et une économie qui peine à
redémarrer. Plus on attend avant d’agir, plus cette
prévision a des chances de se réaliser.
Depuis des années, le Bloc québécois
exige des bonifications au régime d’assurance
emploi pour en élargir l’accès. Nous sommes
évidemment surpris, mais aussi ravis, de lire et
d’entendre Michael Ignatieff réclamer à son
tour une norme universelle d’admissibilité de 360
heures, ce qui permettra à 148 000 personnes
d’avoir accès à l’assurance emploi.
Si nous sommes surpris, c’est qu’en voyant Michael
Ignatieff dénoncer les règles actuelles du
régime d’assurance emploi, on pourrait croire qu’il
n’est pas le chef du Parti libéral du Canada. Ces
règles injustes, selon lui, ont en effet
été créées par les
libéraux eux-mêmes. Ce sont aussi des
gouvernements libéraux qui ont
présidé au pillage de la caisse d’assurance
emploi à hauteur de 50 milliards de dollars.
Nous sommes surpris du ton d’urgence de M. Ignatieff,
puisqu’une telle réforme était inscrite dans
l’esprit de l’entente de la coalition que le chef
libéral a sabordée en janvier. S’il avait
choisi une autre route, les familles touchées par
la crise bénéficieraient déjà
d’un meilleur accès au régime.
De même, en votant en faveur du budget conservateur
en janvier, Michael Ignatieff a cautionné le
gouvernement Harper qui a effacé la décision
de la Cour suprême qui avait jugé
illégal le détournement des surplus pour les
années 2002, 2003 et 2005. Et il a du même
coup cautionné ces règles injustes dont il
parle aujourd’hui.
Nous
sommes aussi ravis de voir le chemin parcouru par le Parti
libéral du Canada sur cette question, mais si M.
Ignatieff veut vraiment aider les travailleurs, il devra
aller plus loin.
En limitant sa proposition au seuil de 360 heures, Michael
Ignatieff fait l’impasse sur d’autres réformes
urgentes. Actuellement, l’archaïsme du régime
fait en sorte que les travailleurs qui ont droit à
des prestations peuvent attendre jusqu’à deux mois,
voire plus, avant de toucher leur premier chèque,
ce qui met les gens dans une situation très
pénible.
Si le chef libéral est sérieux, il doit
également réclamer l’abolition du
délai de carence de deux semaines, une mesure qui a
depuis longtemps perdu toute justification.
Il est également urgent de changer l’approche
actuelle d’un régime qui part du principe que tout
demandeur est un fraudeur potentiel. En plus d’être
insultante pour les 99,9% des travailleurs qui sont de
bonne foi, cette approche est à l’origine de ces
délais inacceptables.
De même, le régime offre des prestations
insuffisantes, qui ne permettent pas aux gens qui perdent
leur emploi de subvenir aux besoins de leur famille. Une
véritable réforme devrait comprendre une
hausse des prestations de 55% à 60% du salaire
gagné, l’augmentation de la
rémunération assurable à 42 500$ et
un calcul basé sur les 12 meilleures semaines.
Finalement, on ne peut se contenter de prendre des mesures
pour venir en aide à ceux qui perdent leur emploi,
sans d’abord les aider à le conserver. Le programme
d’assurance emploi pourrait être d’un grand secours
si seulement on assouplissait et adaptait les mesures
favorisant la formation et le travail partagé.
Ces mesures ont déjà été
proposées à de multiples reprises par le
Bloc québécois et ont été
étudiées – et, pour la plupart,
acceptées – dans les comités parlementaires.
Elles pourraient être implantées en quelques
semaines et permettraient d’injecter rapidement des
milliards de dollars dans l’économie.
Si les propos de Michael Ignatieff sont autre chose que de
la simple rhétorique et qu’il veut
véritablement aider les travailleuses et les
travailleurs, il a maintenant connaissance de tous les
éléments pour compléter sa
proposition.
Harper dénonce la proposition «
irréaliste » des libéraux
BONIFICATION
DE L’ASSURANCE EMPLOI
— Le premier ministre Stephen Harper juge « totalement
irréaliste » la proposition des libéraux
de Michael Ignatieff de ramener à 360 le nombre
d’heures que doivent travailler les Canadiens pour avoir droit
à des prestations de d’assurance emploi.
Depuis deux semaines, le Parti libéral réclame
des changements au programme d’assurance emploi pour une
durée limitée afin de donner un coup de pouce
aux travailleurs qui viennent de perdre leur emploi.
Les libéraux proposent que toute personne ayant
travaillé au moins 360 heures, soit l’équivalent
de neuf semaines à temps complet, puisse toucher des
prestations, et cela peu importe la région où
elle vit. À l’heure actuelle, ce critère varie
de 420 à 700 heures, selon la région
économique.
Les libéraux ont exigé que ces changements
soient adoptés avant la fin de juin à
défaut de quoi ils n’écartent pas l’idée
de renverser le gouvernement conservateur minoritaire de
Stephen Harper.
Aux Communes , hie r, Michael Ignatieff a soutenu que les
faillites personnelles sont en hausse de 60% en mars, le taux
de chômage a bondi de 83% en Alberta et de 68% en
ColombieBritannique depuis le début de la crise
économique.
« Il y a
plus de gens dans les provinces de l’Ouest que partout
ailleurs au pays qui ont cotisé à l’assurance
emploi mais qui ne peuvent obtenir de prestations. Nous avons
proposé un seuil national d’admissibilité de 360
heures. Le premier ministre va-t-il donner suite à
notre proposition avant la fin de la session parlementaire
», a demandé M. Ignatieff.
Comme il l’avait fait la semaine dernière, M. Harper a
opposé une fin de non-recevoir à cette demande
en affirmant que le programme d’assurance emploi actuel est
très « généreux », et que son
gouvernement a augmenté de cinq semaines la
durée des prestations.
Mais il est allé plus loin hier. « Nous savons
tous ce qui motive le chef libéral en faisant une telle
proposition. Cette proposition ferait en sorte qu’un Canadien
pourrait travailler 45 jours et obtenir des prestations
d’assurance emploi pendant un an. Ce serait le régime
dans chaque région. Cela ne ferait rien pour
l’économie ou la récession aujourd’hui. C’est
simplement une proposition totalement irréaliste,
irréfléchie qui augmenterait les impôts de
manière importante et permanente pour les travailleurs
et les petites entreprises », a dit M. Harper.
M. Ignatieff a rétorqué en invitant le premier
ministre à expliquer sa décision devant les
quelque 150 000 Canadiens qui auraient droit à des
prestations en vertu des changements proposés par les
libéraux.
Ces changements sera ient d’une durée limitée et
coûteraient entre un et 1,5 milliard de dollars par
année.
En point de presse, le chef libéral a accusé M.
Harper de ne pas comprendre le fonctionnement du programme
d’assurance emploi. « Bonifier le programme d’assurance
emploi est un excellent moyen de stimuler l’économie.
Les gens qui en ont besoin le dépensent rapidement.
Tous les économistes sont d’accord là-dessus
», a dit M. Ignatieff.
Un système à réformer
- Michael Ignatieff
Nous devons
élargir les critères d’admissibilité de
l’assurance emploi pour aider les chômeurs exclus
L’assurance emploi utilise toujours 58 critères
d’admissibilité régionaux différents.
Cela n’a aucun sens.
L’auteur est chef du Parti libéral du Canada et
député d’Etobicoke-Lakeshore.
Le
leader libéral, Michael Ignatieff, était
à Toronto jeudi dernier pour exiger une
réforme de l’assurance emploi au pays: « Plus
de 40% des personnes qui sont au chômage dans ce pays
n’ont pas droit aux prestations d’assurance emploi,
même si elles ont cotisé au régime.
»
Nous sommes en pleine récession. Nous devons adapter
les règles qui gouvernent notre économie.
Le chômage augmente en flèche, le nombre de
faillites est en hausse et le déficit budgétaire
bat des records. Plus de 300 000 Canadiens ont perdu leur
emploi depuis le début de la crise.
Notre système d’assurance emploi n’est pas conçu
pour une récession de cette ampleur. Plus de 40% des
personnes qui sont au chômage dans ce pays n’ont pas
droit aux prestations d’assurance emploi, même si elles
ont cotisé au régime. La conséquence ?
L’aide dont les Canadiens ont besoin n’arrive pas .
Voilà pourquoi il faut absolument réformer notre
système d’assurance emploi. Nous devons élargir
les critères d’admissibilité pour aider ceux qui
ont cotisé, mais sont actuellement exclus. L’assurance
emploi est également le moyen le plus efficace, le plus
rapide et le mieux ciblé que le gouvernement puisse
utiliser pour relancer l’économie dès
maintenant.
La crise que nous traversons affecte tout le pays. C’est une
crise nationale. Mais l’assurance emploi utilise toujours 58
critères d’admissibilité régionaux
différents. Cela n’a aucun sens.
Le chômage a augmenté de 83% en Alberta et de 68%
en Colombie-Britannique, mais il est toujours deux fois plus
difficile d’avoir droit aux prestations d’assurance emploi
dans l’ouest du Canada qu’ailleurs au pays.
À Magog, au Québec, 200 personnes ont
été mises à pied par Gurit Canada. Ces
personnes ont toutes versé les mêmes cotisations
à l’assurance emploi, mais perçoivent des
prestations différentes parce qu’elles habitent dans
une ville qui chevauche deux zones différentes.
Chaque j our, les bureaux de nos députés
reçoivent des Canadiens qui ont besoin d’aide pour
recevoir des prestations de chômage. À
Mississauga, un père de quatre enfants dont
l’épouse touche des prestations d’invalidité, a
cotisé à l’assurance emploi mais n’y est pas
admissible parce qu’il lui manque 11 heures de travail, selon
les règles en vigueur.
Ces
règles sont injustes, et mal adaptées aux
circonstances.
Le Parti libéral a proposé d’établir une
norme nationale d’admissibilité de 360 heures
jusqu’à la reprise économique. Si cette
proposition est adoptée rapidement, quelque 150 000
Canadiens, qui ont perdu leur emploi pour des raisons
totalement indépendantes de leur volonté et qui
ont cotisé à l’assurance emploi, auraient droit
aux prestations de chômage.
Ce type d’initiative aura un effet bénéfique sur
l’économie canadienne: 150 000
bénéficiaires de plus, c’est 150 000 familles
qui paient leur loyer, leur nourriture, leur transport. C’est
de l’argent qui circule dans les collectivités qui ont
été le plus durement touchées par la
récession.
Voilà le type de mesures de relance immédiates,
ciblées et efficaces qu’il nous faut. Nous sommes
à la mi-2009 et le gouvernement n’a réussi
à verser que 6% des fonds de stimulation qu’il a
lui-même promis. Les lourdeurs administratives
paralysent les dépenses fédérales en
faveur de l’infrastructure et le gouvernement reste assis sur
des milliards de dollars dont nos municipalités ont
désespérément besoin pour mettre des
projets en chantier et créer des emplois. Nous pouvons
aider ces municipalités rapidement et directement, en
améliorant l’admissibilité aux prestations
d’assurance emploi.
Selon notre plan, le coût de l’amélioration du
régime d’assurance emploi serait couvert par les
revenus généraux du gouvernement. Les
cotisations n’augmenteraient pas, elles resteraient les
mêmes pour les salariés. La durée et le
montant des prestations ne changeraient pas non plus.
Jour après jour à la Chambre des communes, les
conservateurs défendent le système actuel. Leur
argument, selon lequel le système fonctionne bien, est
pervers : ils ne citent que les régions où le
chômage a tellement augmenté que, selon les
règles existantes, les personnes qui ont perdu leur
emploi ont finalement droit aux prestations.
Si la solution du gouvernement conservateur à la crise
est d’attendre que suffisamment de Canadiens perdent leur
emploi, quelque chose ne va pas.
À l’approche de la fin des travaux parlementaires, le
gouvernement conservateur doit faire un choix. M. Harper peut
continuer à s’opposer à une bonne idée
simplement parce que quelqu’un d’autre y a pensé avant
lui ou apporter un changement crucial à l’assurance
emploi et donner aux milliers de Canadiens, qui ont
cotisé au régime, l’aide qu’il leur faut pour
subvenir aux besoins de leur famille.
Nous espérons que le gouvernement conservateur fera le
bon choix.
La
hausse de l'appui au PLC stoppée par les taxes d’Ignatieff
Le dernier
sondage réalisé par la firme Nanos pour le compte
de La Presse et du Toronto Star démontre en effet que les
appuis au Parti libéral sont demeurés stables
à 36%, soit le même score que lors du coup de sonde
précédent. Les appuis au Parti conservateur se
sont également maintenus à 33%.
Stephen
Harper est encore choisi par le plus grand nombre de Canadiens
comme étant le plus apte à occuper le poste de
premier ministre (32%). Le chef du PLC, Michael Ignatieff, est
bon deuxième avec 27%.
Pour sa part, le NPD récolte 15% des intentions de vote,
une hausse de deux points de pourcentage, tandis que le Parti
vert doit se contenter de 7%. Il s’agit du deuxième coup
de sonde de la firme Nanos qui place les libéraux en
tête à l’échelle nationale, devant les
conservateurs. Mais la progression spectaculaire de leurs appuis
relevée au cours des dernières semaines semble
avoir pris fin.
Au Québec, le Bloc québécois et le Parti
libéral sont pratiquement à égalité.
Les troupes de Gilles Duceppe obtiennent 37% alors que les
libéraux de Michael Ignatieff leur soufflent dans le
— Les libéraux de Michael Ignatieff ont vu leur
progression dans les intentions de vote stopper après que
le chef libéral eut affirmé le mois dernier qu’il
n’écartait pas l’idée d’augmenter les impôts
ou les taxes, si cela s’avérait nécessaire, pour
éliminer le déficit fédéral une fois
la crise économique terminée. cou en raflant 36%.
Les conservateurs de Stephen Harper ne récoltent plus
qu’un maigre 11%, le même score que le NPD.
Pour le président de la firme Nanos, Nik Nanos, il est
évident que les propos du chef libéral au sujet
d’une possible augmentation des impôts ont causé du
tort à son parti.
« Les
propos de Michael Ignatieff ont eu un effet. Il n’est d’ailleurs
pas étonnant que les libéraux tentent de rectifier
le tir depuis qu’il a fait ces déclarations », a
affirmé Nik Nanos.
La firme Nanos a d’ailleurs évalué l’opinion des
Canadiens au sujet d’une possible hausse des impôts sans
toutefois nommer le chef libéral. À la question de
savoir ce qu’ils penseraient « d’un politicien qui
déclare que les taxes devront être
augmentées à l’avenir pour compenser les
dépenses déficitaires occasionnées par la
crise économique actuelle », 43% des Canadiens
affirment qu’ils auraient une opinion défavorable ou
plutôt défavorable contre seulement 30% qui
auraient une opinion favorable ou plutôt favorable.
Vingt-trois pour cent affirment qu’une telle déclaration
les laisse indifférents et 4% disent ne pas le savoir.
Depuis que M. Ignatieff a fait cette déclaration, les
conservateurs de Stephen Harper ne ratent pas une journée
à la Chambre des communes pour accuser le Parti
libéral de vouloir hausser les impôts dès
leur retour au pouvoir.
Selon M. Nanos, les conservateurs pourraient marquer des points
contre les libéraux s’ils continuent à taper sur
ce clou.
Et le Parti conservateur détient un autre atout: Stephen
Harper. Selon la firme Nanos, Stephen Harper est encore choisi
par le plus grand nombre de Canadiens comme étant le plus
apte à occuper le poste de premier ministre (32%).
Michael Ignatieff est bon deuxième avec 27% tandis que le
chef du NPD, Jack Layton, doit se contenter de 13%. Mais Stephen
Harper représente un boulet pour son parti au
Québec, où seulement 15% des répondants
croient qu’il est le meilleur chef pour diriger le pays. Le chef
libéral, pour sa part, est le choix de 35% des personnes
interrogées alors que Jack Layton est choisi par 14%.
Ce sondage a été réalisé
auprès de 1001 Canadiens du 25 au 30 avril. La marge
d’erreur est de 3,1 points, 19 fois sur 20. La marge d’erreur
est de 6,4 points pour les résultats au Québec.
OTTAWA La volonté de
centralisation des libéraux décriée
- Joël-Denis Bellavance
OTTAWA — Le
ministre des Travaux publics, Christian Paradis,
dénonce les intentions des libéraux de Michael
Ignatieff de transférer des sommes d’argent directement
aux municipalités pour financer des projets
d’infrastructures s’ils prennent le pouvoir aux prochaines
élections.
Selon M. Paradis, qui est le lieutenant politique de Stephen
Harper au Québec, une telle déclaration du chef
libéral plus tôt cette semaine à Toronto
démontre que le vieux réflexe des
libéraux de tout vouloir centraliser à Ottawa
revient tranquillement à la surface.
M. Paradis a rappelé qu’une telle manoeuvre d’un
gouvernement libéral provoquerait de nouvelles
confrontations entre Ottawa et Québec, d’autant plus
que cela irait à l’encontre de la loi sur le
Ministère du conseil exécutif (M-30),
adoptée en 1974. Cette loi empêche notamment les
municipalités de conclure des ententes de financement
directement avec le gouvernement fédéral sans
l’autorisation préalable du gouvernement du
Québec.
« Tout cela est encore une fois du Ottawa knows best que
nous ont déjà servi les libéraux. Il faut
travailler dans le respect des juridictions des provinces,
comme nous le faisons depuis 2006 », a dit M. Paradis.
Respecter la
loi M-30
« Je trouve cela malheureux. C’est un retour en
arrière. Cela va provoquer des conflits entre
Québec et Ottawa et c’est la dernière chose dont
nous avons besoin. (…) L’Assemblée nationale, dans sa
souveraineté, a décidé d’adopter la loi
M-30 et le gouvernement fédéral doit la
respecter. C’est un vieux réflexe des libéraux
qui revient et qui a tant fait mal à l’unité du
pays », a ajouté le ministre des Travaux publics.
Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce
de Toronto, lundi, Michael Ignatieff a critiqué la
lenteur du gouvernement Harper à financer les projets
d’infrastructures au pays.
Il a ajouté qu’un gouvernement libéral «
distribuerait l’argent directement aux municipalités,
aux gens sur le terrain qui savent où sont les besoins
les plus urgents – dans les infrastructures communautaires
».
Simple flirt ou amour durable?
- LYSIANNE GAGNON
La relation
qui s’amorce entre le PLC et le PLQ estelle prometteuse?
C’est de nouveau le flirt entre libéraux
fédéraux et provinciaux, les fiançailles
entre MM. Charest et Harper s’étant rompues quand le
premier a laissé tomber le second en pleine campagne
électorale fédérale, et ce, après
que Stephen Harper, amant volage, eût entamé une
brève liaison avec Mario Dumont. Les amours sont
fugitives en politique. Mais la relation qui s’amorce entre le
PLC et le PLQ est-elle prometteuse ?
Jean
Charest, chef du Parti libéral du Québec, et
Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada.
Rien n’est moins sûr. M. Charest n’a pas
d’affinité particulière avec les libéraux
fédéraux qu’il a combattus aux
côtés des conservateurs de Mulroney, et il est
difficile de voir en quoi M. Ignatieff pourra donner au
Québec davantage que ce que lui a cédé
Stephen Harper.
Le nouveau chef libéral a déjà fait
savoir sans équivoque qu’il n’entend pas
enchâsser le concept de « nation » dans la
constitution (ce en quoi il fait preuve du réalisme le
plus élémentaire). Et il serait fort
étonnant que le PLC renonce à sa tradition
centralisatrice.
Ce n’est pas sans raison que le premier ministre Harper,
l’autre jour à Montréal, tapait sur ce
clou-là. Même si sa cote a
désespérément baissé au
Québec, le Parti conservateur garde un gros atout dans
sa manche: il peut dire aux Québécois, sans
trahir la vérité, qu’il est le seul parti
à prôner un fédéralisme
décentralisateur. M. Harper pourrait à la
rigueur, s’il était poussé dans les
câbles, renoncer formellement au pouvoir de
dépenser dans les champs de compétence
provinciale, mais cela ne se produira jamais sous un
gouvernement libéral. M. Ignatieff, d’ailleurs, ne s’en
cache pas. Le gouvernement fédéral faillirait
à sa mission, disait-il au sortir du congrès de
Vancouver, s’il ignorait les grandes questions qui
intéressent les citoyens. Et c’est reparti : programme
national de garderies, programmes favorisant la recherche et
l’innovation, éducation post-secondaire, TGV est-ouest
(alors que les déplacements, du moins à partir
du Québec, se font vers le sud)…
Le PLC a
toujours formé des gouvernements interventionnistes et
dépensiers. Il n’y a pas de raison pour que cela change
avec Michael Ignatieff, qui n’est pas le genre d’homme
à se contenter d’administrer les douanes et la TPS, et
qui rêve au contraire de « refaire » le
Canada et d’unir tous les Canadiens autour de grands projets
collectifs.
Même Stéphane Dion est tombé dans le
piège, lui qui, au temps où il enseignait la
science politique, croyait dur comme fer à la
séparation des pouvoirs entre le fédéral
et les provinces. Son programme électoral, l’automne
dernier, était truffé d’interventions
grossières dans des domaines de compétence
provinciale. Il voulait même se mêler des
admissions dans les facultés de médecine!
Il est beaucoup trop tôt pour savoir si l’erre d’aller
dont jouit actuellement le nouveau chef libéral va
durer. Les Québécois seront-ils sensibles
à son charme raffiné, à ses
indéniables qualités intellectuelles, à
sa hauteur de vue ? Seront-ils au contraire rebutés par
son côté un peu hautain?
Les publicités négatives dont les tories
inondent les ondes vont-elles lui nuire ? Probablement.
Dans toutes les sociétés, il y a des gens qui se
méfient des « jet-setters » et des
personnalités cosmopolites. Ceux-là lui
reprocheront d’avoir été absent pendant trois
décennies du pays qu’il veut diriger… en oubliant que
Stephen Harper, lui, présente le problème
inverse: quand il a été élu, ce dernier
n’était pratiquement jamais sorti du Canada; il avait
très peu voyagé, et aussi brillant fut-il, ses
horizons étaient limités. D’où son
inaptitude à comprendre les arcanes de la diplomatie
internationale et son insécurité psychologique
qui le pousse à vouloir tout contrôler.
L’indifférence têtue qu’il a manifestée
envers la Chine jusqu’à tout récemment, entre
autres choses, a beaucoup nui au pays.
Harper dépeint Ignatieff comme un ardent
centralisateur
Discours du
premier ministre au Reine-Elizabeth
Stephen Ha r per i nvite les Québécois à
la plus grande prudence avant de sauter dans le train
libéral de Michael Ignatieff.
Le
premier ministre Stephen Harper a prononcé un
discours à saveur électorale, hier soir
à l’hôtel Reine-Elizabeth à
Montréal. Son adversaire libéral Michael
Ignatieff a été sa cible de choix, mais le
Bloc québécois n’a pas été
épargné.
Car Michael Ignatieff est le leader le plus centralisateur
ayant jamais pris les commandes du Parti libéral de
toute son histoire, a affirmé hier soir le premier
ministre dans un discours à forte saveur
électorale devant quelque 2000 militants conservateurs
réunis au prestigieux hôtel Le Reine-Elizabeth.
Alors que les libéraux ont pris la tête dans les
sondages depuis que Michael Ignatieff est à la barre du
parti, Stephen Harper a soutenu que les écrits du chef
libéral font de lui un élève exemplaire
de Pierre Trudeau quand il s’agit des pouvoirs que doit
posséder le gouvernement fédéral.
« M. Ignatieff est dans la lignée de Pierre
Trudeau. Il dit lui-même que Trudeau est son mentor. Je
vous invite à lire ce qu’il a dit et ce qu’il a
écrit au cours des dernières décennies.
Vous verrez que M. Ignatieff est en fait le chef
libéral le plus centralisateur de l’histoire de notre
pays », a affirmé M. Harper dans son discours
d’une trentaine de minutes.
« Mes amis, souvenez-vous toujours qu’il y a un parti
centralisateur, le Parti libéral. Il y a un parti des
indépendantistes, le Bloc. Mais il y a un seul parti
qui a cru dans le passé et qui croit toujours
aujourd’hui en une nation québécoise forte au
sein d’un Canada uni et c’est le Parti conservateur »,
a-t-il ajouté.
Le premier ministre a aussi souligné que le seul plan
que propose son adversaire libéral pour combattre la
récession mondiale est d’augmenter les taxes et les
impôts pour mieux financer « des dépenses
extravagantes et permanentes » du gouvernement
fédéral, la plupart du temps dans des champs de
compétence des provinces. « Ce serait une erreur
d’une proportion historique », at-il lancé
à ses militants.
Selon M. Harper, les libéraux n’hésiteront pas
à ramener la TPS, présentement à 5%,
à 7%, et à imposer une taxe sur le carbone s’ils
prennent le pouvoir aux prochaines élections, deux
mesures qui auraient des effets catastrophiques, selon lui,
sur l’économie canadienne.
« Une des raisons pour lesquelles le chef libéral
veut augmenter vos impôts, c’est parce qu’il veut que le
fédéral ait plus d’argent pour pratiquer un
fédéralisme centralisateur », a
affirmé le premier ministre.
M. Harper a prononcé ce discours à
Montréal, où les conservateurs n’ont pas
réussi à faire élire de
députés depuis 1988, alors que son parti a vu
ses appuis diminuer de manière marquée dans les
sondages depuis les dernières élections. Le
dernier sondage CROPLa Presse accorde en effet 37% des appuis
aux libéraux de Michael Ignatieff au Québec
contre 31% au Bloc québécois, 15% au Parti
conservateur et 12% au NPD. Au dernier scrutin, le Parti
conservateur a obtenu 22% des suffrages dans la province
tandis que le Bloc québécois a recueilli 38% et
le Parti libéral, 23,5%.
M. Harper a
non seulement profité de son discours pour attaquer la
crédibilité deMichael Ignatieff et mettre en
doute de nouveau l’utilité du Bloc
québécois, mais il a aussi tenté de
démontrer que son parti n’a pas fait une croix sur le
Québec, malgré les mauvais sondages.
« C’est le plus grand rassemblement au Québec
depuis qu’on a formé le nouveau Parti conservateur.
J’espère qu’il y a beaucoup de journalistes dans la
salle. Ils ne pourront plus jamais dire que j’ai fait une
croix sur le Québec », a lancé
d’emblée Stephen Harper. Les stratèges
conservateurs ont d’ailleurs choisi un thème pour cette
soirée afin de marteler ce message : « On
s’enracine au Québec ».
Durant son discours, Stephen Harper a aussi voulu faire taire
les rumeurs persistantes rapportées dans certains
médias anglophones selon lesquelles il pourrait tirer
sa révérence avant les prochaines
élections afin d’éviter une défaite aux
urnes.
Dans une envolée qui ne laissait aucun doute sur ses
intentions, le premier ministre a affirmé, en rappelant
qu’il venait de célébrer son 50e anniversaire de
naissance: « Je suis en très grande forme
malgré la cinquantaine. Et je peux vous dire que les
bloquistes et les libéraux vont s’en rendre compte lors
de la prochaine campagne électorale. »
S’il a réservé la majorité de ses
attaques à Michael Ignatieff, hier soir, Stephen Harper
n’a pas épargné le Bloc québécois
pour autant. Il a critiqué les troupes de Gilles
Duceppe d’avoir voté contre toutes les mesures prises
par son gouvernement minoritaire pour relancer
l’économie. Mais sa plus grande charge a porté
sur la lutte contre la criminalité. Stephen Harper a
fustigé le Bloc d’avoir voté contre un projet de
loi visant à imposer des peines plus
sévères aux criminels impliqués dans le
trafic des enfants. « Le Bloc a confirmé encore
qu’il a plus de considérations pour les agresseurs que
pour les victimes. Nous sommes le seul parti à la
Chambre des communes qui s’attaque au crime et qui
défend les victimes », a-t-il affirmé sous
les applaudissements de ses militants.
À la toute fin de son discours, Stephen Harper est
revenu à sa politique de la main tendue vers le
Québec qui a permis à son parti de remporter 10
sièges aux élections de 2006 et au scrutin de
2008 dans la province.
« Vous pouvez compter sur moi pour déployer tous
les efforts nécessai res pour que notre parti soit
toujours l’instrument par lequel les Québécois
et les Québécoises pourront affirmer massivement
leur fierté dans leur passé et leur confiance
dans l’avenir », a-t-il affirmé.
« Aujourd’hui, comme premier ministre du Canada et chef
du Parti conservateur, je vous invite à renouveler
votre engagement en faveur d’un Québec fort,
prospère et autonome au sein de la
fédération canadienne », a-t-il
ajouté sur un ton plus contrit, conscient que son parti
avait commis des erreurs au Québec lors de la
dernière campagne.
Le hasard a voulu que M. Harper prononce son discours à
Montréal le jour même où l’ancien premier
ministre Brian Mulroney terminait à Ottawa son
témoignage éprouvant devant la commission
Oliphant chargée de faire la lumière sur ses
liens d’affaires avec Karlheinz Schreiber. Cette commission a
été créée par M. Harper et a
provoqué des tiraillements au sein des conservateurs au
Québec.
Le Bloc prend Ignatieff pour cible
— Changement
de ton au Bloc québécois: le parti prend
maintenant pour cible le chef libéral Michael
Ignatieff, allant jusqu’à utiliser une technique
s’apparentant aux récentes publicités
négatives du Parti conservateur.
Pierre
Paquette, leader parlementaire du Bloc
québécois, a sommé Michael Ignatieff
(notre photo) de voter en faveur, aujourd’hui, d’un projet
de loi visant à contraindre les
sociétés sous juridiction
fédérale au Québec à appliquer
la loi 101.
Sommant M. Ignatieff de voter en faveur, aujourd’hui, d’un
projet de loi visant à contraindre les
sociétés sous juridiction fédérale
au Québec à appliquer la loi 101, les bloquistes
ont cherché, hier, à dépeindre le chef
libéral comme un fédéraliste peu enclin
à faire respecter la Charte de la langue
française.
« Voilà quelqu’un qui dit reconnaître la
nation québécoise, mais qui ne reconnaît
pas la langue de la nation québécoise, qui est
le français », a critiqué le chef du Bloc
québécois, Gilles Duceppe, en parlant de M.
Ignatieff.
« C’est la même position que MM. Dion, Martin,
Chrétien, et Trudeau. Il n’y a pas de changement
», a-t-il ajouté, remettant en question la
« position d’ouverture » du nouveau chef
libéral face à la nation
québécoise.
En matinée, le leader parlementai re du Bloc , Pier re
Paquette, a présenté des affiches relevant
d’anciennes déclarations controversées de M.
Ignatieff – l’adversaire principal des bloquistes au
Québec selon les plus récents sondages.
Sur l’une
d’entre elles, datant de 1995, le chef libéral compare
le Québec à « un cas classique
d’État ethnique en formation ». Le style rappelle
grandement une campagne publicitaire négative
lancée le mois dernier par le Parti conservateur : des
déclarations passées, des propos parfois
tirés des livres écrits par Michael Ignatieff,
sur fond de photos et de questionnements sur les intentions
réelles du chef libéral.
Mais le Bloc se défend bien de se lancer dans «
une campagne de salissage ». « C’est important
pour les Québécois de savoir c’est quoi le
contenu de Michael Ignatieff et du Parti libéral du
Canada, a souligné M. Paquette. Le Parti libéral
a été obligé de reconnaître la
nation québécoise lors de la motion que le Bloc
québécois a déposée en 2006. Mais
dans la réalité, ils ne veulent surtout pas que
ça se concrétise. »
En conférence de presse, M. Paquette a sommé le
chef libéral de voter, aujourd’hui, en faveur du projet
de loi C-307, qui vise à assujettir à la loi 101
les entreprises et sociétés sur le territoire
québécois qui relèvent du Code canadien
du travail, comme les aéroports, les banques et Postes
Canada, notamment. Celles-ci ne sont pas tenues actuellement
d’offrir un environnement de travail en français
à plus de 200 000 travailleurs québécois.
« Il nous dit qu’il veut faire les choses
différemment, a dit le leader bloquiste. On lui donne
une occasion de montrer que son parti est différent de
ce qu’on a connu pendant les 40 dernières
années. »
Le principal intéressé a rapidement
rejeté d’un revers de main la requête du Bloc
québécois, jugeant que les lois
fédérales devaient plutôt selon lui
« insister sur le bilinguisme comme un trait de notre
caractère national ».
« Je crois que ce projet de loi du Bloc ne respecte pas
la dualité linguistique, pas seulement au Canada, mais
aussi au Québec », a justifié M.
Ignatieff, ajoutant qu’il ne votera tout simplement pas sur la
question, puisqu’il s’agit d’un projet de loi privé.
« S’ils m’attaquent, ils attaquent aussi tous ceux
qui ont vécu à l’étranger, tous ceux qui sont
venus de l’étranger »
Un millier de convives à 500$ pour entendre Michael
Ignatieff
« S’ils
m’attaquent, ils attaquent aussi tous ceux qui ont vécu
à l’étranger, tous ceux qui sont venus de
l’étranger. »
Le chef libéral, Michael Ignatieff, a encore une fois
tendu la main aux Québécois, à
Montréal, hier soir, dans une salle remplie par environ
1000 partisans.
Hier
à Montréal, le chef libéral
fédéral, Michael Ignatieff, a de nouveau tendu
la main aux Québécois.
Dans un discours axé sur la culture, le savoir,
l’innovation et la diversité culturelle, il a
appelé les électeurs et militants
libéraux de la province à unir leurs forces pour
renverser le gouvernement Harper et bâtir le Canada de
demain.
« Bientôt, nous remettrons le Canada sur les
rails. Et ce jour-là, le Québec sera dans la
locomotive », a-t-il lancé en concluant son
allocution à l’hôtel Sheraton du centre-ville.
M. Ignatieff a été introduit par Jacques
Ménard, de BMO Nesbitt Burns, qui l’a encouragé
à « redresser la trajectoire »
donnée par le gouvernement Harper.
Le chef libéral n’a toutefois pas soufflé mot
d’un possible déclenchement d’élections avant
l’été, malgré des rumeurs à cet
effet à Ottawa, et des sondages qui continuent à
le placer en bonne posture dans les intentions de vote au
Québec.
Les organisateurs de ce « dîner annuel du chef
» ont évalué l’assistance à environ
1100 personnes. Le coût du billet était de 500$.
L’organisateur
en chef de Michael Ignatieff pour la province, le
député montréalais Denis Coderre,
était donc heureux, dans une allocution, de comparer
l’événement à celui tenu par les
conservateurs à Montréal, il y a quelques
semaines.
Environ 2000 personnes étaient alors présentes,
mais les billets étaient 150$. De plus, les
organisateurs conservateurs avaient peiné à
remplir la salle.
En plus de s’en prendre au Bloc québécois,
Michael Ignatieff a aussi lancé quelques flèches
aux conservateurs et à leur chef. « Stephen
Harper appartient au passé », a-t-il dit, lui
reprochant en outre de pratiquer un fédéralisme
de confrontation.
Il a également critiqué les publicités
négatives à son endroit lancées par le
Parti conservateur il y a quelques semaines, et qui le
décrivent comme un simple visiteur au Canada, puisqu’il
a vécu plusieurs années de sa vie à
l’extérieur du pays.
« S’ils m’attaquent, ils attaquent aussi tous ceux qui
ont vécu à l’étranger, tous ceux qui
sont venus de l’étranger », a
dénoncé M. Ignatieff.
« Nous sommes un pays tourné vers le monde, un
pays habité par le monde. Il faut un leadership qui se
réjouit d’être un pays foyer et asile de tous les
peuples, bilingue, qui inspire le monde sur la manière
de vivre, travailler, et réussir ensemble. C’est
ça – cette vision ouverte du Canada – qui est dans la
balance. »
Michael Ignatieff recrute un proche
collaborateur de Jean Chrétien
— Les
troupes libérales de Michael Ignatieff ont
unanimement salué la décision de leur chef
de faire appel à Peter Donolo, un ancien proche
collaborateur de Jean Chrétien, pour occuper le
poste de chef de cabinet.
M. Donolo remplace ainsi Ian Davey à ce poste
névralgique au cabinet de M. Ignatieff au moment
où les appuis aux libéraux sont en chute
libre dans les sondages depuis quelques mois. M. Davey
faisait partie d’un groupe de libéraux de Toronto
qui avaient convaincu Michael Ignatieff de quitter son
poste de professeur à l’ Université Harvard
en 2005 pour tenter sa chance en politique
fédérale
À tour de rôle, hier, les
députés libéraux interrogés
à ce sujet ont affirmé que le retour
à Ottawa de M. Donolo permettra de remettre le
parti sur la bonne voie.
Reconnu comme un redoutable communicateur, M. Donolo a
été directeur des communications de Jean
Chrétien durant son premier mandat comme premier
ministre de 19 93 à 1997. Originaire de
Montréal et bilingue, M. Donolo était
à la tête d’une firme de sondages de Toronto,
Strategic Council, depuis quelques années.
M.
Donolo dev r a i t ê t r e i ntégré
dans ses nouvelles fonctions aujourd’hui.
« J’ai beaucoup de respect pour Ian Davey et tout ce
qu’il a fait pour nous, mais nous avons besoin
d’expérience et c’est exactement ce que M. Donolo
apporte. Il a beaucoup d’expérience et un bilan
démontrant qu’il est capable de se concent rer sur
les préoccupations des Canadiens ordinaires
», a affirmé le député
libéral de Toronto John McCallum. « Il est
l’homme de la situation », a pour sa part
affirmé Steven MacKinnon, ancien directeur
général du PLC et candidat libéral
dans Gatineau.
M. Ignatieff a décidé de donner un coup de
balai au sein de cabinet après avoir vu les appuis
du Parti libéral fondre comme neige au soleil
depuis le printemps. Plusieurs députés
libéraux ne se gênaient pas pour blâmer
en privé Ian Davey pour les déboires du
parti. Fils du célèbre sénateur
libéral Keith Davey, mieux connu au Canada anglais
sous le nom de Rainmaker pour avoir contribué
à plusieurs victoires libérales dans les
années 60 et 70, M. Davey occupait son poste depuis
quelques semaines seulement.
Le député libéral de Bourassa, Denis
Coderre, avait vertement critiqué les membres de
l’entourage de M. Ignatieff, très majoritairement
originaires de Toronto, lorsqu’il a remis sa
démission comme lieutenant politique en septembre.
Dans un courriel envoyé à La Presse hier, M.
Donolo s’est dit heureux de reprendre du service pour le
Parti libéral. « J’ai hâte de
travailler avec M. Ignatieff, les membres du caucus
libéral et les militants libéraux d’un bout
à l’autre du pays au cours des prochains mois pour
revitaliser le Parti libéral », a
affirmé M. Donolo.
L’effet Ignatieff attire les Québécois
au PLC, estime Jean-Marc Fournier -
Hugo de GrandPré
OTTAWA —
L’effet Ignatieff encourage de plus en plus de membres du
Parti libéral du Québec, voire de
souverainistes, à joindre leurs forces à
celles du Parti libéral du Canada, estime Jean-Marc
Fournier.
L’ancien ministre de l’Éducation du Québec
occupe depuis environ deux semaines le poste de conseiller
principal du chef libéral fédéral,
Michael Ignatieff. Dans une entrevue accordée
à La Presse, il explique pourquoi il a
décidé de s’engager de nouveau en politique
active, après l’avoir quittée il y a moins
d’un an pour une pause de «ressourcement».
Assis dans son bureau du quatrième étage du
parlement, le dos tourné à la vue superbe
dont il dispose sur la rivière des Outaouais, M.
Fournier explique que c’est la vision de son nouveau
patron, tant pour le Québec que pour le Canada et
le reste du monde, qui l’a convaincu de demander un
congé sans solde jusqu’au mois de décembre
à son employeur, Socodec, filiale de SNC-Lavalin.
«Je suis venu parce que je crois, et je ne suis pas
tout seul, que les gens voient chez Michael Ignatieff une
nouvelle ouverture à l’égard du
Québec. Cette idée de respect de
l’appartenance à des degrés divers, elle est
intéressante », dit-il.
« Je suis sensible au fait que l’on me permette
d’être Québécois et d’être
Canadien, dans l’ordre que je veux. Je suis sensible
à cela », ajoute l’ancien ministre et leader
parlementaire dans le gouvernement de Jean Charest.
Selon M. Fournier, plusieurs Québécois
seront aussi sensibles que lui à ces arguments et
décideront de délaisser le Bloc
québécois et le Parti conservateur pour
monter dans le train libéral fédéral.
«La
gouverne mondiale est en changement, note-t-il. Est-ce que
nous allons passer à côté de
l’occasion que nous avons de sortir de ce statu
quo-là, où nous nous réservons un
espace dans les gradins, debout à crier "Chou!"? Ou
est-ce que nous allons prendre part à une gouverne
qui va nous ressembler?»
Jean-Marc Fournier souligne qu’on n’a qu’à jeter un
coup d’oeil à la liste de personnes
présentes dans des rassemblements du PLC partout au
Québec pour s’en convaincre: nous ne sommes plus
à l’époque où les militants du PLQ se
tenaient loin de leurs cousins fédéraux.
« Je ne commencerai pas à donner des noms,
dit-il en riant. Mais je crois qu’il y a plus de
Québécois qui sont intéressés
par ce que représente le Parti libéral du
Canada maintenant. Qui sont attentifs à ce que M.
Ignatieff peut leur proposer. Et s’il y a plus de
Québécois qui sont attentifs à
ça, forcément, il va y avoir plus de
libéraux du Québec qui seront attentifs
à ça. »
Lorsqu’il a accepté d’agir à titre de
conseiller à temps plein de Michael Ignatieff
à Ottawa, M. Fournier devait arriver en plein dans
une campagne électorale. Or, l’affrontement
pourrait bien attendre encore au moins une saison. Il
estime néanmoins qu’il pourra être utile au
parti.
« Je viens avec l’expérience de 18 ans de
politique, 14 ans en tant que député,
quelques années ministre, dont entre autres dans un
gouvernement minoritaire à titre de leader. Comme
leader, j’étais responsable, avec d’autres, de la
cohérence gouvernementale, du message»,
souligne-t-il.
« L’automne est assez important, conclut M.
Fournier. Il aurait pu être un automne
électoral, il est de toute façon un automne
de préparation. »
Les libéraux veulent provoquer des
élections - Joël-Denis Bellavance
— Les
libéraux de Michael Ignatieff n’ont plus qu’une
chose en tête à l’approche de la
rentrée parlementaire: renverser le gouvernement
conservateur. À moins d’un revirement majeur, les
libéraux profiteront de la journée de
l’opposition qui leur sera accordée fin septembre
pour déposer une motion de censure envers le
gouvernement Harper afin de provoquer des élections
à l’automne.
Si les libéraux obtiennent l’appui du Bloc
québécois et du NPD, ce qui semble acquis
à en juger par les déclarations du chef
bloquiste, Gilles Duceppe, et du leader du NPD, Jack
Layton, des élections auraient lieu le lundi 9
novembre. Il s’agirait du quatrième scrutin en cinq
ans et du deuxième en douze mois.
« Le temps où les libéraux appuyaient
les conservateurs est révolu. Et les propos de
Michael Ignatieff à ce sujet depuis quelques
semaines sont assez limpides », a affirmé
à La Presse un proche collaborateur de M.
Ignatieff, qui a requis l’anonymat.
« Un consensus assez solide s’installe dans les
rangs libéraux. Il n’est plus question d’assurer la
survie du gouvernement de Stephen Harper. Michael
Ignatieff doit y mettre fin », a ajouté une
autre source libérale.
« Iln’y aura pasdemeilleure occasion pour
défaire le gouvernement Harper que cet automne.
Michael Ignatieff ne peut se permettre à nouveau de
soutenir les conservateurs. Autrement, il va se faire
comparer à Stéphane Dion », a encore
soutenu un stratège libéral.
Les troupes libérales sont en état d’alerte
depuis la fin de la session parlementaire de juin. Durant
la dernière session, Michael Ignatieff avait
menacé de renverser le gouvernement au cours du
vote sur les crédits budgétaires, à
moins que Stephen Harper ne se plie à quatre
conditions: réforme du programme de l’assurance
emploi, un plan pour pallier la pénurie des
isotopes médicaux à la suite de la fermeture
du réacteur nucléaire de Chalk River, un
bilan des dépenses réelles engagées
dans les projets d’infrastructures et un plan pour
rétablir l’équilibre budgétaire
à Ottawa.
Mais M. Ignatieff a dû battre en retraite
après le refus de M. Harper de donner suite
à ses exigences. Le chef libéral a
finalement obtenu la création d’un comité
bipartite pour examiner les réformes possibles au
régime d’assurance emploi.
Michael
Ignatieff a aussi réussi à arracher du
gouvernement Harper une journée de l’opposition
deux jours après la présentation du
troisième rapport sur l’état de santé
de l’économie par le ministre des Finances, Jim
Flaherty, le 28 septembre. Pour les stratèges
libéraux, il est acquis que Michael Ignatieff
profitera de cette journée pour présenter
une motion de censure contre le gouvernement minoritaire
conservateur.
Fin prêts
Les troupes libérales se réuniront à
Sudbury, dans le nord de l’Ontario, du 31 août au 2
septembre afin de peaufiner leur stratégie en
prévision de la rentrée parlementaire du 14
septembre. Ils feront alors le point sur leur
préparation en vue d’une campagne
électorale.
Les libéraux affirment être prêts
à en découdre avec les conservateurs,
même si les derniers sondages démontrent que
le Parti conservateur et le Parti libéral sont
à égalité dans les intentions de
vote. « Ce n’est pas trois ou quatre mois de plus
qui nous permettront d’être plus prêts
», a affirmé un député
libéral.
La rédaction du programme électoral est
presque terminée. La machine libérale a
aussi réussi à récolter plus d’argent
que par le passé. Le recrutement de candidats
d’envergure est également plus facile que lorsque
Stéphane Dion dirigeait les troupes.
« Nous allons avoir l’argent nécessaire pour
mener une campagne nationale digne et dépenser la
limite permise par la loi », a-t-on indiqué.
Les stratèges libéraux croient qu’une
victoire est possible si Michael Ignatieff mène une
bonne campagne. Toutefois, ils reconnaissent que la
victoire est loin d’être acquise. À l’heure
actuelle, le Parti conservateur détient 143
sièges et le Parti libéral, 77. Le Bloc
québécois a 48 sièges et le NPD, 36.
Il y a un député indépendant et trois
sièges vacants.
Les libéraux reconnaissent qu’ils doivent faire des
gains importants au Québec et en Ontario. Au
Québec, ils détiennent 14 des 75
sièges et ils ont comme objectif de doubler ce
nombre.
SONDAGE NANOS/ LA PRESSE Les libéraux ont
une imagemoins négative que les conservateurs
— Autre signe
du cynisme qui existe envers les hommes et les femmes
politiques au pays, les Canadiens sont davantage capables de
relever les faiblesses des principaux partis politiques que
d’en énumérer des forces.
Tant le premier minist re Stephen Harper que le chef du
Parti libéral, Michael Ignatieff, ont donc du pain
sur la planche s’ils veulent renverser cette tendance avant
les prochaines élections, qui pourraient avoir lieu
dès l’automne.
C’est du moins ce que suggère un sondage Nanos
réalisé pour le compte de La Presse du 17 au
21 juin auprès de 1001 Canadiens.
Dans le cadre de ce coup de sonde, le sondeur Nik Nanos a
voulu connaître la véritable opinion qu’ont les
Canadiens des libéraux de Michael Ignatieff sans leur
suggérer de réponse. La firme Nanos avait fait
le même exercice pour les conservateurs de Stephen
Harper dans son précédent sondage. Les
résultats, dans les deux cas, sont comparables.
Dans le cas du Parti libéral, seulement 35% des
personnes interrogées ont été en mesure
d’identifier une force ; 15% ont affirmé que les
libéraux n’avaient pas de force et une
étonnante proportion de 51% a soutenu être
incapable d’en identifier une. Les qualités
identifiées spontanément par les Canadiens
étaient le leadership de Michael Ignatieff (7,9% des
répondants), l’expérience de l’équipe
libérale (4,6%), le pragmatisme des libéraux
(4,3%) et le fait qu’ils ne soient pas des conservateurs
(4%).
Mais lorsqu’il s’agissait de relever une faiblesse, 49% des
Canadiens ont été en mesure d’en nommer une et
49% ont été incapables de le faire. Une maigre
part de 2% des répondants a affirmé que le
Parti libéral était sans faille. Les lacunes
relevées sont aussi variées: le leadership de
Michael Ignatieff (11,8%), les politiques du parti (5,8%),
le manque de réalisme (4,3%) et leur récente
histoire (commandites 4,4%).
Il y a deux semaines, la firme Nanos avait constaté
que 65% des Canadiens étaient en mesure de nommer
spontanément une lacune du gouvernement conservateur,
au pouvoir depuis février 2006, mais seulement 35%
des répondants étaient capables de souligner
une qualité.
Parmi les
faiblesses du gouvernement, les Canadiens avaient
cité le premier ministre Stephen Harper (11,6%), le
manque de transparence (7,7%), l’idéologie de
droite (4,6%), la gestion de l’économie (4,3%), le
manque d’écoute ( 4,3%), l’arrogance (3,2%), entre
autres choses.
Ceux qui avaient pu nommer une force avaient notamment
cité Stephen Harper (5%), la gestion de
l’économie (3,5%), les promesses tenues (3,2%),
l’efficacité du gouvernement (3,1%), la
continuité (2,2%) et le fait que les conservateurs
soient au pouvoir (2,2%).
Selon Nik Nanos, les conservateurs et les libéraux
reçoivent une note globale négative pour ce
qui est de leur image puisque les Canadiens sont davantage
portés à relever des lacunes que des forces.
« Toutefois, l’image négative des
conservateurs est plus forte que celle des
libéraux. Car 65% sont capables d’identifier une
lacune aux conservateurs alors que 49% sont capables de le
faire avec les libéraux. Aussi les Canadiens n’ont
pas encore fait leur opinion sur les libéraux
depuis qu’ils ont changé de chef. Cela veut dire
que les libéraux doivent encore faire des efforts
pour se définir eux-mêmes », a
noté Nik Nanos.
Autre fait intéressant, les Canadiens, de
manière générale, sont plus
portés à citer les chefs des partis
respectifs comme une faiblesse, ce qui veut dire que les
leaders définissent beaucoup l’image qu’ont les
électeurs des partis politiques.
« Au-delà de leur chef, l’image des
conservateurs porte beaucoup sur des facteurs de rendement
comme la gestion de l’économie, l’organisation et
la cohérence. Dans le cas des libéraux, leur
image est forgée à partir de leur
expérience et de la perception qu’ils sont plus
équilibrés sur les grands enjeux. »
La marge d’erreur du sondage réalisé du 17
au 24 juin est de 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur
20. Le précédent sondage sur la perception
des conservateurs, réalisé du 26 mai au 1er
juin, comportait la même marge d’erreur.
L’Alberta préfère Ignatieff
à Harper pour défendre les sables bitumineux
«
Pourquoi le chef libéral défend-il avec plus
de conviction l’importance des sables bitumineux pour
l’Alberta que notre premier ministre qui vient de Calgary ?
»
OTTAWA — Estimant que le premier ministre Stephen Harper
défend mal l’industrie des sables bitumineux, le
gouvernement de l’Alberta croit avoir trouvé un
meilleur allié : le chef du Parti libéral,
Michael Ignatieff.
Dans
une note destinée à ses
députés conservateurs, le gouvernement
albertain souligne que Michael Ignatieff n’a pas
hésité à défendre
vigoureusement l’industrie des sables bitumineux à
la suite de la publication d’un reportage
dévastateur sur cette industrie dans le magazine
National Geographic.
Dans une note destinée aux députés
conservateurs du gouvernement albertain pour les aider
à sensibiliser leurs cousins fédéraux
aux besoins de la province, on affirme que Michael Ignatieff
défend mieux cette importante industrie qui contribue
toutefois au piètre bilan du Canada en matière
d’émission de gaz à effet de serre.
Dans ce document, on souligne d’ailleurs que Michael
Ignatieff n’a pas hésité à
défendre vigoureusement l’industrie des sables
bitumineux à la suite de la publication d’un
reportage dévastateur sur cette industrie dans le
magazine National Geographic.
« Pourquoi le chef l ibéral défend-il
avec plus de conviction l’importance des sables bitumineux
pour l’Alberta que notre premier ministre qui vient de
Calgary ? » demande-t-on dans le document dont le
quotidien The Globe and Mail a publié des extraits
hier.
Les louanges du gouvernement de l’Alberta envers le chef
libéral Michael Ignatieff ont causé des remous
hier à Ottawa
e chef du
Bloc québécois , Gi l les Duceppe, a soutenu
que cela démontre que le chef libéral
n’agirait pas différemment du gouvernement Harper
s’il était au pouvoir dans le dossier de
l’exploitation des sables bitumineux.
« Il a la même position que Harper. Quand il
nous dit que les sables bitumineux, c’est une question
d’unité nationale, c’est vrai pour les Canadiens. Moi
comme Québécois, je trouve que c’est une
raison de plus de faire la souveraineté », a
déclaré M. Duceppe.
« C’est contraire aux intérêts du
Québec sur Kyoto, les sables bitumineux. Prendre la
part des sables bitumineux, c’est aller contre les
intérêts du Québec qui aurait tout
intérêt à ce que Kyoto soit mis en
oeuvre. (…) Or ce qu’Ignatieff fait, c’est de prendre la
même position que Harper et encore plus. »
L e c r i t i que du N PD en matière de ressources
naturelles, Nathan Cullen, a aussi déclaré que
les libéraux et les conservateurs semblent être
sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit de
réglementer l’industrie des sables bitumineux.
« Les deux ont atteint le même fond du baril.
Ils se concurrencent pour savoir qui appuie le plus fort le
projet énergétique le plus pol luant au monde.
Que ce soit Michael Ignatieff ou Stephen Harper, les deux
croient que les sables bitumineux sont une merveille
», a dit M. Cullen.
Ignatieff augmente son avance
Les
conservateurs se maintiennent dans les intentions de vote
malgré la crise
OTTAWA— L’entreprise de séduction entamée
parMichael Ignatieff auprès des électeurs d’un
bout à l’autre du pays depuis quelques mois continue de
rapporter des dividendes aux libéraux.
Le Parti libéral a en effet réussi à
augmenter l’avance qu’il détient sur le Parti
conservateur dans les intentions de vote, démontre le
dernier sondage exclusif réalisé par la firme
Nanos pour le compte de La Presse et du Toronto Star.
Si des élections fédérales avaient lieu
aujourd’hui, les troupes de Michael Ignatieff
récolteraient 37,2% des appuis et les conservateurs de
Stephen Harper, 31,8%. Le NPD recueillerait 15,7% des votes
tandis que le Parti vert devrait se contenter de 7,4%.
Ce faisant, le Parti libéral récolte, à
l’échelle nationale, un point de pourcentage de plus
dans les intentions de vote qu’en avril, la dernière
fois que Nanos a pris le pouls de l’électorat canadien.
Le Parti conservateur, au pouvoir depuis février 2006,
a vu ses appuis diminuer de moins d’un point de pourcentage
(0,7).
Résultat: le Parti libéral pourrait former un
gouvernement minoritaire s’il maintenait de tels appuis
jusqu’au jour des élections. Mais une majorité
serait difficile à obtenir compte tenu de la faiblesse
des appuis des libéraux dans les quatre provinces de
l’Ouest.
Au Québec, l’appui aux libéraux atteint
maintenant 38%. Ils devancent ainsi le Bloc
québécois, qui récolte 35% dans ce
dernier coup de sonde. Le Parti conservateur doit se contenter
d’un maigre 12%, soit un point de pourcentage de moins que le
NPD qui recueille 13%.
Ces c h i f f res expl iquent d’ailleurs le changement de
stratégie des bloquistes qui multiplient les attaques
contre Michael Ignatieff depuis quelques semaines. Toutefois,
il faut souligner que tout près d’un électeur
sur cinq est indécis au Québec (18%), le taux le
plus élevé au pays.
Ces résultats constituent certes de bonnes nouvelles
pour les libéraux, mais le président de la firme
Nanos, Nik Nanos, note que les conservateurs demeurent dans la
course en dépit de la grave crise économique que
traverse le pays. En temps normal, le parti au pouvoir subit
les pires foudres des électeurs durant une
récession. À titre d’exemple, les gouvernements
au pouvoir durant les récessions de 1980 et 1991 ont
été mis à la porte par les
électeurs dès la première occasion.
« Compte
tenu du marasme économique actuel, les conservateurs
ont, en général, réussi à
maintenir leurs appuis. Pour un gouvernement, il n’est pas
réaliste d’espérer voir ses appuis augmenter
durant une crise économique. Mais les appuis au Parti
conservateur demeurent solides dans les provinces de l’Ouest,
et les conservateurs sont encore dans la course en Ontario. La
plus grande chute des appuis aux conservateurs est survenue au
Québec », affirme Nik Nanos.
Le sondeur ajoute que certaines nuances doivent être
soulignées au sujet de la donne politique au
Québec. « Même si les résultats sont
mauvais pour les conservateurs au Québec, il faut
être prudent parce que la situation est beaucoup plus
volatile dans cette province qu’ailleurs au pays »,
soutient-il.
NikNanosdit juger étonnantque le NPD n’ait pas
réussi à s’imposer davantage jusqu’ici vu
l’ampleur de la crise économique. Durant ces
périodes, les Canadiens exigent plus d’interventions du
gouvernement pour soutenir les travailleurs et les entreprises
en difficulté, une philosophie chère au NPD.
Un quatrième scrutin en cinq ans?
Les libéraux se maintiennent donc en tête dans
les sondages réalisés par la firme Nanos depuis
mars. Emporté par ce changement d’humeur de
l’électorat canadien, le chef libéral, Michael
Ignatieff, a brandi à plusieurs reprises la menace de
provoquer la chute du gouvernement de Stephen Harper à
la Chambre des communes afin de forcer la tenue
d’élections générales. S’il met sa menace
à exécution, il s’agirait du quatrième
scrutin fédéral en cinq ans et des
dépenses de quelque 300 millions de dollars.
M. Ignatieff a évoqué le refus du gouvernement
Harper d’améliorer les conditions
d’admissibilité au programme d’assurance emploi comme
prétexte pour le renverser. Les libéraux
réclament un seuil unique de 360 heures
travaillées pour qu’une personne touche des
prestations. À l’heure actuelle, ce seuil varie de 420
heures à 900heures, selon la région
économique.
Mais le chef libéral fait fausse routes’il
croitplaireauxCanadiens en provoquant des élections sur
cette question, selon le sondage réalisé par
Nanos. En effet, 60% des personnes interrogées
affirment que cela n’est pas un dossier assez important pour
justifier un autre scrutin. Seulement 31% des
répondants donnent leur bénédiction aux
libéraux s’ils décident d’aller de l’avant avec
des élections sur cette question.
Ce sondage a été réalisé du 26 mai
au 1er juin auprès de 879 Canadiens. La marge d’erreur
est de plus ou moins 3,3 points de pourcentage, 19 fois sur
20. La marge d’erreur est plus élevée ( plus ou
moins 7 points) dans le cas des résultats
régionaux au Québec. La firme Nanos est celle
qui avait prédit avec le plus de précision les
résultats des élections fédérales
de 2004, 2006 et 2008.
L’effet Ignatieff
- ALAIN DUBUC
Cette
remontée des libéraux au Québec repose
sur un élément plus solide et plus durable, que
l’on pourrait décrire comme un retour à la
normale.
Pour la première fois depuis cinq ans, les
libéraux fédéraux sont plus populaires
que le Bloc québécois. Selon le sondage CROP-La
Presse publié mercredi, le PLC obtient 37% des
intentions de vote, contre 31% pour le BQ. Le revirement est
spectaculaire et l’avance libérale est significative.
Mais est-elle durable?
On pourrait, au premier abord, voir ce succès comme la
résultante de facteurs conjoncturels. Un effet
récession, qui favorise les partis de l’opposition au
détriment du gouvernement. Et un effet Ignatieff, le
sursaut temporaire de popularité dont jouit tout
nouveau chef.
Cette remontée des libéraux, à mon avis,
repose sur un élément plus solide et plus
durable, que l’on pourrait décrire comme un retour
à la normale. L’arrivée du nouveau chef marque
l’aboutissement d’un processus qui permet en fait au Parti
libéral du Canada de retrouver la place qui lui revient
sur l’échiquier politique québécois.
Pour mieux comprendre ce qui se passe maintenant, il faut
faire un bref retour en arrière. Quand Paul Martin a
remplacé Jean Chrétien, les libéraux
dominaient au Québec, avec 50% ou plus des intentions
de vote. Les bloquistes allaient si mal, avec 33% des voix,
qu’on parlait de leur disparition prochaine. Mais le scandale
des commandites, fin 2003 et début 2004, a cassé
les reins des libéraux. Leur appui a chuté de 17
points, à 34%, le Bloc revigoré est
remonté à 49%. Un choc dont le PLC ne s’est
jamais remis.
L’autre choc, ce fut la remontée des conservateurs, qui
ont eux aussi profité du scandale des commandites, qui
ont réussi à s’affirmer comme parti de pouvoir,
et surtout, qui ont fait des gains grâce aux ouvertures
de Stephen Harper envers le Québec. Entre 2004 et 2006,
les conservateurs ont triplé leur score au
Québec, en passant de 9% à 25%, des voix surtout
prises au PLC.
L’arrivée de Stéphane Dion n’a rien
changé. Ce politicien, très impopulaire au
Québec, l’est resté. L’effet Dion a
été minimal et bref. L’appui aux libéraux
est passé à 29%, pour retomber à 20% deux
mois plus tard. Voyons ce court passage comme un
intermède peut-être nécessaire.
Ce à quoi on assiste maintena nt , c ’ e s t d’abord
que le chapitre du scandale des commandites est bel et bien
clos. Le temps a fait son oeuvre et le leadership du PLC s’est
à ce point renouvelé que ces
événements ne peuvent plus lui être
associés.
L’autre phénomène, c ’est l’effondrement au
Québec du Parti conservateur. Une chute qui s’explique
peut-être par la conjoncture, mais tient bien davantage
à des considérations idéologiques :
l’hyperconservatisme du gouvernement Harper, dans les arts,
l’environnement, l’économie, et bien sûr, la fin
du flirt avec le Québec. La récession y est sans
doute pour quelque chose, mais cela aurait pu tout autant
profiter aux bloquistes.
C’est dans ce contexte favorable que Michael Ignatieff a pris
la direction du PLC. Mais il apporte trois choses qui
permettent de renforcer ces acquis. D’abord, son
autorité morale. Ensuite, son ouverture au
Québec; c’est lui qui a amorcé la reconnaissance
du Québec comme nation. Enfin, une capacité
d’incarner ce que le Parti libéral doit être, un
parti de centre, avec des politiques
équilibrées, plus proche du « mainstream
» québécois, un parti plus
interventionniste que celui des idéologues
conservateurs, dans une période où
l’intervention, en économie et en environnement,
paraît souhaitable.
Voilà pourquoi le succès des libéraux ne
ressemble pas à un feu de paille. On ne sait pas
jusqu’où cela va mener le PLC, mais on voit
déjà que l’échiquier politique s’est
transformé et que le Québec est revenu, au
niveau fédéral, à une forme de bipartisme
où libéraux et bloquistes s’affronteront pour
être le numéro un.
La cote des conservateurs au plus bas au
Québec
La cote des conservateurs du premier ministre Stephen
Harper est au plus bas au Québec où la
principale formation de l’opposition fédérale,
le Parti libéral, continue à progresser dans les
intentions de vote, indique un sondage publié hier.
Selon une étude de l’institut Léger Marketing
pour le quotidien Le Devoir, les libéraux de l’ancien
professeur à Harvard Michael Ignatieff obtiendraient un
score de 37% au Québec, en cas d’élections
fédérales. Le Bloc québécois
arrive en seconde position, avec 33% des intentions de vote et
les conservateurs, avec un score de 13%, se retrouvent en
quatrième position derrière le Nouveau Parti
démocratique.
Le PLC souhaite limiter les cadeaux
auxministres et hauts fonctionnaires
« Nous
ne pensons pas […] que le fait d’interdire aux ministres
d’accepter des cadeaux secrets de centaines de milliers de
dollars en argent comptant de la part de soi-disant amis
constituerait une intrusion inacceptable dans leur vie
privée. »
— Le Parti libéral souhaite limiter les dons ou les
cadeaux que les ministres ou autres titulaires de charges
publiques reçoivent de leurs « amis ».
Un projet de loi qui sera présenté au
Sénat aujourd’hui tente de restreindre la
possibilité d’accepter de tels cadeaux aux seuls
« amis intimes » et membres de la famille. De
plus les ministres, leurs employés ou des hauts
fonctionnaires seraient tenus de déclarer tous ces
cadeaux ou ces dons dès que leur valeur
dépasse 200$, sauf s’ils ont été
donnés par un membre de la famille.
À l’heure actuelle, la Loi sur les conflits
d’intérêts adoptée par le gouvernement
Harper en 2006 prévoit qu’il est « interdit
à tout titulaire de charge publique […] d’accepter un
cadeau ou tout autre avantage […] qui pourrait
raisonnablement donner à penser qu’il a
été donné pour influencer le titulaire
dans l’exercice de ses fonctions officielles ».
Cette règle a toutefois une exception: le titulaire
de charge publique peut accepter un cadeau ou autre avantage
qui provient d’un parent ou d’un ami.
Or, selon le Parti libéral , cette notion d’«
ami » ouvre la porte trop grande aux accrocs à
l’éthique gouvernementale. « Les politiciens
ont beaucoup d’amis, surtout lorsqu’ils sont au pouvoir
», a noté le sénateur libéral
James Cowan, leader de l’opposition au Sénat et qui a
déposé le projet de loi.
«
Nous ne pensons pas […] que le fait d’interdire aux
ministres d’accepter des cadeaux secrets de centaines de
milliers de dollars en argent comptant de la part de
soi-disant amis constituerait une intrusion inacceptable
dans leur vie privée », a-t-il
déclaré. Mais comment, alors, trancher la
difficile question de savoir qui est un « ami »,
et qui est un « ami intime » ? « Je ne
pense que l’on tente de définir un terme comme
celui-ci, a répondu le sénateur lors d’un
entretien téléphonique avec La Presse. »
« C’est une question de degré, a-t-il
poursuivi. La plupart d’entre nous seraient capables de
lister sur les doigts de deux mains nos amis intimes, et
puis il y a un cercle plus élargi de gens qui sont
des amis. »
« Si vous jouez une fois de temps en temps avec
quelqu’un au golf, que vous êtes un titulaire de
charge publique et que soudainement, cette personne vous
appelle et dit : "Je suis dans mon jet privé et je
m’en vais aux Bahamas… Venez donc !" Il serait raisonnable
de se demander : pourquoi une personne qui n’est pas un ami
intime ferait cela? Et il peut y avoir un doute sur ses
motifs réels. »
Le sénateur souligne que les libéraux ont
tenté de faire ces changements à la loi sur
l’éthique adoptée par le gouvernement Harper
en 2006, mais qu’il avait refusé pour des raisons de
vie privée. Il affirme que c’est la commission
Oliphant qui a, cette fois-ci, convaincu le parti de revenir
à la charge.
La commission chargée de faire la lumière sur
les relations d’affaires entre l’ancien premier ministre
Brian Mulroney et l’homme d’affaires Karlheinz Schreiber en
était à sa dernière journée
d’audiences, hier. Elle se penche depuis quelques jours sur
les réformes qui devraient être
apportées à l’éthique des titulaires de
charges publ iques. Le commissaire Jeffrey Oliphant doit
maintenant se mettre à la rédaction de son
rapport, qui est attendu avant le 31 décembre.
Un programme électoral dès juin
- Michael Ignatieff rêve d’une «
société du savoir »
— Au lendemain
de sa nominat ion off iciel le comme chef du Parti
libéral du Canada ( PLC) par quelque 3000 membres de
son parti, Michael Ignatieff a laissé entrevoir les
enjeux qui pourraient dominer sa prochaine campagne
électorale.
Même
si
plusieurs des dossiers auxquels il compte s’attaquer
relèvent du domaine de l’éducation, et donc
des provinces, Michael Ignatieff s’est défendu de
faire de l’ingérence. « Parfois, la
responsabilité est provinciale, mais d’avoir un plan
d’action national, c’est un rôle essentiel d’un
gouvernement fédéral », a-t-il
affirmé.
Dès le mois de juin, le PLC aura rédigé
son programme électoral, qui contiendra des engagements
précis en faveur d’une « société du
savoir », a promis M. Ignatieff hier à Vancouver,
au terme du congrès du PLC qui s’y est
déroulé durant le week-end.
Il s’est engagé à s’attaquer notamment à
l’analphabétisme, à l’éducation pour la
petite enfance et à la formation des travailleurs. La
ressource naturelle du pays se trouve dans les cerveaux des
Canadiens, a-t-il martelé, convaincu que l’«
emploi de demain commence dans les laboratoires d’aujourd’hui
».
Même si plusieurs des dossiers cités
relèvent du domaine de l’éducation, et donc des
provinces, M. Ignatieff s’est défendu de faire de
l’ingérence.
« Un premier ministre est là pour élaborer
une vision stratégique pour un pays. Un premier
ministre et un gouvernement fédéral ont un
travail d’inspiration et un travail de concertation. Parfois,
la responsabilité est provinciale, mais d’avoir un plan
d’action national, c’est un rôle essentiel d’un
gouvernement fédéral », a-t-il
affirmé.
Le programme
des libéraux pourrait également contenir des
mesures particulières aux régions du pays mais
s’assurera néanmoins de faire preuve de
cohérence à l’échelle nationale.
Dans l’immédiat, le chef de l’opposition
réitère la nécessité d’apporter
des réformes au régime d’assurance emploi pour
venir en aide aux travailleurs canadiens touchés par la
crise. M. Ignatieff veut proposer ce printemps à la
Chambre des communes de réduire temporairement à
360 le nombre d’heures nécessaires pour être
admissible au programme, pour ensuite rehausser le standard
une fois la crise économique passée.
Outre l a réforme du régime d’assurance emploi,
les libéraux demanderont des comptes au gouvernement
Harper quant aux mesures présentées dans le
dernier budget.
« Si le Parlement dure et qu’on revient (à la
Chambre des communes) au mois de septembre, on aura eu le
temps de voir s’il y a eu l’effet désiré, et si
la réponse est non, je serai tout à fait
prêt à proposer d’autres mesures
supplémentaires. Mais il faut attendre un certain temps
pour que les mesures que nous avons votées soient
travaillées (sic) », a indiqué M.
Ignatieff.
Le chef libéral a du reste laissé planer le
spectre du déclenchement d’élections. Même
si la population a envoyé un message clair aux
élus, selon M. Ignatieff, en leur demandant de
travailler ensemble, si le gouvernement conservateur ne veut
pas coopérer, les libéraux laisseront le peuple
décider, a-t-il répété.
« C’est le fédéralisme des surprises
continuelles, de l’improvisation sans arrêt, de diviser
pour régner. Un jour, on est gentil avec le
Québec, le lendemain, avec l’Ontario, le surlendemain,
vous jouez les uns contre les autres. Et vous continuez
à le faire pour vous maintenir au pouvoir, et ce n’est
pas de cette manière qu’on unit le pays », a-t-il
une fois de plus reproché au chef conservateur Stephen
Harper.
Bilan
de congrès - VINCENT MARISSAL
La
politique réserve toujours des surprises,
même quand tout semble paisible. Prenez les
libéraux fédéraux, par exemple.
Réunis en congrès à Vancouver au
cours du week-end, ils ont officiellement élu leur
quatrième chef en un peu plus de cinq ans, ils ont
retrouvé une rare harmonie et se sont convaincus
que le pouvoir est maintenant à portée de
main.
Les
libéraux
fédéraux ont élu leur
quatrième chef en un peu plus de cinq ans.
Tout ça pour réaliser que la suite des
choses est maintenant entre les mains de… Jack Layton, le
chef du Nouveau Parti démocratique.
Avec Michael Ignatieff solidement installé à
la direction de leur parti, les libéraux veulent en
découdre rapidement, idéalement à
l’automne, avec les conservateurs de Stephen Harper.
Pas si vite! Le gouvernement minoritaire conservateur n’a
besoin de l’appui que d’un seul parti pour survivre
à un éventuel vote de confiance. Et comme
les appuis au NPD baissent au même rythme que ceux
des libéraux augmentent, il est loin d’être
certain que M. Layton veuille repartir en campagne cette
année.
À court terme, le sort des libéraux est donc
entre les mains de leur ancien allié de coalition.
Les libéraux se demandent aussi comment
réagira Gilles Duceppe, dont les appuis sont aussi
en baisse au Québec.
Michael Ignatieff n’a pas de pouvoir sur cette partie de
l’équation. Pour la partie où il en a (sa
propre formation politique), il peut toutefois dire
mission accomplie au terme de ce congrès.
Voici, en vrac, quelques morceaux choisis de ce
congrès de Vancouver.
Un très long jeudi soir…
Avant de couronner Michael Ignatieff, il fallait d’abord
tourner la page sur l’ère Dion, un exercice long,
pénible et douloureux, comme l’aura
été le règne de l’ancien chef.
Une jeune observatrice perspicace a comparé la
soirée d’adieu de vendredi au film Men in Black,
dans lequel les deux agents secrets effacent la
mémoire récente des témoins
gênants à l’aide d’un flash lumineux dans les
yeux.
Sauf que dans ce cas-ci, le flash a duré
près de cinq heures, au cours d’une trop longue
soirée.
Le tout avait bien commencé, avec un Jean
Chrétien en feu qui a pourfendu Stephen Harper avec
humour et fougue comme s’il était toujours chef du
PLC.
La politique, c’est un don: certains l’ont, d’autres ne
l’ont pas. Stéphane Dion, dans un interminable
discours d’adieu, a rappelé aux militants
libéraux qu’il fait partie de la deuxième
catégorie.
D’entrée de jeu, on a reconnu son style
grinçant quand il a déclaré, en
parlant de John Turner et de lui-même: « Il y
a de ces politiciens qui n’ont pas le bon timing… »
Léger malaise dans la salle…
Au bout du compte, cette soirée s’est tellement
étirée que l’invitée d’honneur,
Louise Arbour, a pris la parole vers 23h (2h du matin pour
les gens de l’Est) devant environ 200 braves (sur plus de
2000) restés jusqu’à la fin.
La madame
n’était pas contente du tout, avec raison, et elle
l’a fait savoir aux organisateurs de la soirée.
Si les libéraux avaient encore un mince espoir de
recruter Mme Arbour pour les prochaines élections,
disons qu’ils n’ont pas aidé leur cause.
Le français, lointaine langue officielle
On s’inquiète beaucoup ces jours-ci de la place du
français aux Jeux olympiques de Vancouver, l’hiver
prochain.
Il faudrait aussi s’inquiéter du sort de la
deuxième langue officielle du pays au sein du parti
qui se vante pourtant de l’avoir élevée
à ce statut.
À Montréal , en décembre 2006, le peu
de place fait au français avait créé
un malaise chez les libéraux. Cette fois, à
Vancouver, personne n’a soulevé la question, mais
Molière est aussi resté au vestiaire.
Dans tous les discours importants de la fin de semaine, le
français a été relégué
au titre de lointaine langue officielle.
Par ailleurs, les libéraux auraient
intérêt à engager un correcteur pour
nettoyer les innombrables fautes sur le site internet du
PLC, où on encourage les militants à «
nominer » Michael Ignatieff pour ne pas «
perdre le momemtum »…
Oh well, plus ça change…
Amourettes libérales
Les libérauxdeMichael Ignatieff sont en train de
reconstruire des ponts avec leurs cousins
québécois, notamment grâce à la
présence de Marc-André Blanchard,
libéral provincial influent et proche de Jean
Charest, dans l’entourage du nouveau chef.
Cela dit, les libéraux provinciaux n’ont pas
poussé l’amitié jusqu’à
dépêcher des émissaires du
gouvernement au congrès de Vancouver.
Les libéraux ontariens, toutefois, étaient
omniprésents. À commencer par le premier
ministre Dalton McGuinty, dont le frère, David, est
député libéral fédéral
dans une circonscription de la région d’Ottawa.
Dans un grand élan d’enthousiasme, Dalton McGuinty
a même lancé : « Enfin, on aura un
interlocuteur avec qui parler », en
référence à Michael Ignatieff.
En plus du premier ministre, quelques membres du
gouvernement ontarien étaient aussi
présents, notamment le ministre de la Justice,
Chris Bentley.
Les amourettes libérales risquent de
déplaire fortement au premier ministre Harper, qui
multiplie les annonces ( pour sauver l’industrie
automobile ontarienne, notamment) depuis quelques temps.
La semaine dernière encore, i l était en
Ontario, avec Dalton McGuinty, pour lancer une
bouée de sauvetage à Chrysler.
Le PLC plus populaire que le Bloc
Le nouveau
chef du parti, Michael Ignatieff, séduit de plus en
plus d’électeurs au Québec
— Pour la première fois depuis plus de cinq ans, les
libéraux fédéraux dépassent le
Bloc québécois dans les intentions de vote au
Québec, conséquence évidente de
l’arrivée de Michael Ignatieff aux commandes.
Dans son enquête d’avril réalisée pour La
Presse, la maisonde sondage CROP constate que la satisfaction
à l’endroit du gouvernement fédéral
marque le pas; pour un troisième mois
consécutif, on retrouvait plus de 60% de
Québécois insatisfaits du gouvernement Harper.
La popula rité de Michael Ignatieff, qui a pris la
succession de Stéphane Dion, ne se dément pas et
propulse son parti devant le Bloc québécois.
Ainsi, le PLC obtient actuellement 37% des intentions de vote
au Québec, un bond de 7% sur son score de la fin mars.
Le Bloc québécois lui recule de 4 points sur la
même période, passant de 35 à 31%. Pour le
Parti conservateur, c’est la dégringolade: après
les 22% des élections du 14 octobre, le parti de
Stephen Harper est aujourd’hui à 15%, un recul de 3
points de pourcentage par rapport à mars. Les
néo-démocrates de Jack Layton restent à
leur niveau des élections, avec 12%.
Pour Maïalène Wilkins, analyste de CROP, il faut
remonter à février 2004 pour trouver une
enquête où le Bloc et le PLC sont à
égalité. « Paul Martin venait de devenir
chef du PLC et c’était juste avant le rapport de la
vérificatrice générale sur les
commandites » rappelle-t-elle. Aux élections
suivantes, en juin 2004, le Bloc avait raflé la mise
avec 49% des suffrages, contre 34% aux libéraux qui
n’avaient jamais, depuis, repris les devants au Québec.
Quant au gouvernement Harper, « il semble que les
Québécois n’attendent plus grand-chose de ce
côté », constate Mme Wilkins.
Gains chez
les francophones
Les gains du PLC se constatent aussi auprès de
l’électorat francophone. Ici, 34% des gens se disent en
faveur du parti de M. Ignatieff, une remontée de 7
points de pourcentage par rapport au mois
précédent. Avec 37%, le Bloc
québécois recule de 4 points auprès des
francophones. Les conservateurs glissent de 4 points aussi,
à 13%, juste un point au dessus du NPD.
La bougie d’allumage des libéraux au Québec
semble se résumer à une chose, l’arrivée
de Michael Ignatieff aux commandes. « La remontée
du PLC se dessinait depuis janvier avec l’arrivée de M.
Ignatieff », explique Mme Wilkins.
Le nouveau chef « bénéficie d’un fort
capital de sympathie au Québec », résume
la spécialiste. Il est devenu le « meilleur
premier ministre du Canada » aux yeux de 45% des
Québécois, une hausse de 10 points de
pourcentage par rapport à l’enquête
précédente. Stephen Harper doit se contenter du
tiers de cet appui, avec 17% de partisans, trois de moins que
le néo-démocrate Jack Layton. Gilles Duceppe,
qui n’aspire pas à diriger le Canada, ne reçoit
que 2% de suffrages.
Cette remontée du chef libéral correspond
à une campagne publicitaire bien orchestrée au
Québec. « Il s’est fait connaître, il a
publié un ouvrage, est passé à Tout le
monde en parle. La question demeure toutefois: cela vat-il se
maintenir ? » relève Mme Wilkins.
La récession, meilleure amie d’Ignatieff - VINCENT
MARISSAL
Pour
comprendre ce qui se passe en politique, il y a les
sondages, bien sûr; et à ce chapitre, notre
CROP dernière mouture est particulièrement
éclairant en ce qui a trait à la scène
fédérale.
Encore plus instructif, parce qu’il s’agit de matière
vivante: la réaction des partis politiques.
Les jours de sondages, on a à la fois une
radiographie de l’électorat et les réactions
des partis, qui s’agitent comme des toxicomanes devant une
armoire à barbituriques.
En ce moment, à Ottawa, les libéraux se
pincent, les bloquistes s’inquiètent et les
conservateurs tirent dans toutes les directions.
Suffit de suivre la guerre des communiqués entre
conservateurs et libéraux pour comprendre leur
stratégie respective.
Hier après-midi, les conservateurs ont
reproché à Michael Ignatieff de vouloir
augmenter les impôts et d’avoir ramené des
acteurs des commandites dans son entourage. Pendant ce
temps, les libéraux ont accusé les
conservateurs d’abandonner les Canadiens et d’être
responsables de la hausse du chômage.
Les bloquistes, quant à eux, se grattent la
tête: Michael Ignatieff représente-t-il une
véritable menace ou son départ canon se
transformera-t-il en pétard mouillé?
Le plus inquiétant pour le Bloc, c’est que Michael
Ignatieff n’a rien fait (dans le sens d’annonce,
d’énoncé de politique ou de promesse) pour se
retrouver soudain en tête des sondages au
Québec.
Le Bloc et les conservateurs mitraillent Michael Ignatieff.
C’est de bonne guerre. Mais dans les faits, leur ennemi
commun, ce n’est pas le chef libéral, c’est la
récession.
James Carville, le génie derrière Bill
Clinton, avait raison lorsqu’il a lancé en 1992,
durant une autre crise: « It’s the economy, stupid!
»
Les Québécois sont inquiets. Ils perdent leur
job et les régions souffrent. Les conservateurs ont
perdu la confiance des électeurs et le Bloc ne peut
faire grand-chose comme opposition éternelle. Reste
une option: le Parti libéral. En plus, Michael
Ignatieff jouit d’un fort capital de sympathie et
paraît modéré.
Le Bloc ne
peut présenter un programme de gouvernement. Il gagne
ses batailles électorales grâce à la
faiblesse de son principal adversaire: Jean Chrétien
et les relents de Meech et Charlottetown en 1993, Paul
Martin et les commandites en 2004, Stephen Harper contre la
culture et les jeunes contrevenants en 2008. Contre Michael
Ignatieff, c’est moins évident.
Les bloquistes eux-mêmes savent que l’argument des
« intérêts du Québec » n’est
ni infaillible ni éternel, surtout en période
de crise économique. Surtout dans les régions
durement touchées par la récession et les
pertes d’emplois. Il est possible que bien des
électeurs optent pour l’espoir d’un nouveau
gouvernement.
La remontée des libéraux est spectaculaire, en
particulier chez les francophones. À 34% (ils sont
tombés à 9% il y a trois ans), ils sont juste
derrière le Bloc, à 37%.
Plus spectaculaire encore: le PLC prend la tête
« ailleurs en région », donc partout sauf
dans la grande région de Québec (36% par
rapport à 35% pour le Bloc).
Les conservateurs restent forts dans la région de
Québec et les libéraux, sans surprise,
continuent de dominer à Montréal.
Si la tendance observée depuis quelques mois se
maintient, le PLC redevient compétitif dans une
quinzaine de circonscriptions, peut-être même
autour de 20 (en plus des 14 qu’il détient
déjà). En 1997, Jean Chrétien avait
récolté 37% des votes au Québec et 26
des 75 sièges.
Cela dit, le Bloc reste profondément enraciné
dans certains coins.
Et puis, Michael Ignatieff n’a pas subi son baptême du
feu électoral. Même ses partisans et son
entourage ne savent pas comment il réagira en
campagne électorale.
Au fait, aurons-nous une campagne électorale à
l’automne, comme le souhaitent les libéraux?
Depuis quelques jours, on se demande à Ottawa si le
chef du NPD, Jack Layton, ne serait pas tenté de
sauver le gouvernement pour éviter la
dégelée annoncée par les sondages.
Et le Bloc? Si la glissade se poursuit, Gilles Duceppe
sera-t-il aussi frondeur en septembre?
Le Bloc et le NPD ne peuvent plus reculer, disent les
libéraux. « Pas après tout ce qu’ils ont
dit contre ce gouvernement, résume un stratège
libéral. Surtout pas le NPD, qui payerait le prix
fort parce qu’il compte les anti-Harper les plus farouches
dans ses rangs. »
Ignatieff
appelle
à la mobilisation - Élu par 97%
Michael
Ignatieff a été confirmé comme chef
du Parti libéral, hier, par 97% des 2100
délégués réunis en
congrès national. Aussitôt, il a lancé
un appel à la mobilisation en prévision de
la prochaine campagne électorale.
Dans
son
discours, Michael Ignatieff a notamment affirmé
que son parti sera prêt à prendre le
pouvoir aux prochaines élections mais qu’il doit
d’abord établir un programme qui suscitera
l’espoir des Canadiens en ces temps de crise.
Dans un discours d’une trentaine de minutes, M. Ignatieff
a expliqué les grandes lignes de sa vision du pays,
qui privilégie un gouvernement
fédéral plus interventionniste.
Même s’il s’est contenté de grands principes,
le chef libéral a indiqué sa volonté,
notamment, de relancer le programme national de garderies,
aboli par les conservateurs, et de lutter contre la
pauvreté des peuples autochtones, comme le
prévoyait l’accord de Kelowna, aussi rejeté
par le gouvernement Harper.
M. Ignatieff compte aussi augmenter les investissements
dans la recherche et l’innovation ainsi que dans
l’éducation postsecondaire. Il a brièvement
mentionné le dossier de l’environnement en
soulignant l’urgence d’investir dans les technologies
vertes pour contrer les changements climatiques.
Il a denouveau tendulamainaux Québécois
nationalistes, comme il l’avait fait à Laval en
mars, en affirmant qu’il est possible d’être un fier
Québécois sans renier son appartenance au
Canada.
«
Nous respectons nos différences. Nous acceptons
nos identités. Nous n’imposons pas un patriotisme
singulier. Nous laissons la liberté
d’appartenance à nos citoyens. Soyez
québécois et canadiens, soyez les deux
dans l’ordre qui vous semble bon. C’est ça, le
génie du Canada. C’est notre exemple pour le
monde », a affirmé M. Ignatieff.
Le chef libéral a aussi affirmé que son
parti sera prêt à prendre le pouvoir aux
prochaines élections, mais qu’il doit d’abord
établir un programme qui suscitera l’espoir des
Canadiens en ces temps de crise économique.
« Si nous offrons un message d’espoir empreint de
générosité à nos
concitoyens, ils nous choisiront comme prochain
gouvernement du Canada », a lancé M.
Ignatieff, qui a été applaudi
chaleureusement à plusieurs reprises.
À la toute fin de son discours, il a
accusé le premier ministre Stephen Harper d’avoir
manqué à son devoir, notamment durant la
crise parlementaire de novembre dernier. Il l’a
accusé de tenter de dresser les régions du
pays les unes contre les autres pour s’accrocher au
pouvoir.
« M. Harper, vous ne comprenez pas le Canada. Vous
ne comprenez pas qu’un premier ministre est là
pour unifier le pays, non pas pour le diviser. M.
Harper, vous manquez à votre devoir. Vous n’avez
pas compris que le seul rôle qu’a un premier
ministre, c’est d’unir les Canadiens. Si vous ne pouvez
unir les Canadiens, si vous ne pouvez nous inspirer,
nous, nous le pouvons », a dit M. Ignatieff.
Le discours de M. Ignatieff clôturait un
congrès de trois jours au cours duquel les
militants libéraux ont rendu hommage à
Stéphane Dion, leur ancien chef, et
débattu certaines positions. Ils ont aussi
réformé le mode de fonctionnement de leur
parti.
Ignatieff
n’a plus droit à l’erreur - VINCENT MARISSAL
Michael
Ignatieff n’a pas prononcé le nom du
président américain une seule fois, mais
on sentait son influence dans tous les grands
thèmes de son discours: espoir et unité
contre la politique de la division, affaires
étrangères et responsabilités
internationales, éducation et recherche
scientifique, environnement.
— Dans une ville envoûtée par les
séries éliminatoires, Michael Ignatieff a
emprunté une page du grand livre du hockey pour
prononcer son premier grand discours de nouveau chef
libéral.
La meilleure défensive, dit-on, c’est l’attaque.
C’est ce que M. Ignatieff a essayé de faire hier
en présentant sa plus grande faiblesse comme une
grande qualité.
Les conservateurs reprochent à Michael Ignatieff
d’avoir vécu hors du Canada une bonne partie de
sa vie et de mal connaître le pays qu’il
rêve de diriger.
Le chef libéral a contre-attaqué en
affirmant que Stephen Harper ne comprend pas le Canada,
qu’il pratique la politique de la division et que le
pays a perdu son influence sur la scène
internationale à cause du gouvernement
conservateur.
Si on doit dégager un thème dominant de ce
congrès libéral, c’est bien la politique
étrangère, un sujet qui a occupé
une grande partie des ateliers de vendredi et qui a
été repris longuement par Jean
Chrétien dans un discours typique de l’ancien
chef libéral. L’international a également
pris une place prédominante dans le discours
d’acceptation du nouveau chef. vue, un pari
risqué de la part de Michael Ignatieff. Ne
vient-il pas d’ouvrir toute grande la porte à ses
détracteurs, qui diront qu’il ne
s’intéresse pas aux problèmes internes et
qu’il n’a pas de solutions à proposer?
Tout dépend de la suite. Maintenant qu’il est
officiellement chef du Parti libéral du Canada,
M. Ignatieff n’aura plus le luxe de surfer sur les
enjeux. Il devra mettre de l’avant des solutions et dire
aux Canadiens pourquoi ils seraient mieux servis par un
gouvernement libéral.
Hier, il a d’abord voulu répondre
préventivement aux conservateurs en affirmant que
c’est restaurer l’image de leur pays à
l’étranger.
Dans le montage audiovisuel qui présentait
Michael Ignatieff, ce sont les photos du chef
libéral en compagnie de Barack Obama qui ont
provoqué les plus forts applaudissements.
Michael Ignatieff n’a pas prononcé le nom du
président américain une seule fois, mais
on sentait son influence dans tous les grands
thèmes de son discours : espoir et unité
contre la politique de la division, affaires
étrangères et responsabilités
internationales, éducation et recherche
scientifique, environnement.
On
sent aussi chez Michael
Un dicton populaire dit que, en politique, tous les
enjeux sont d’abord locaux. Autrement dit, les
électeurs seront toujours plus
préoccupés par les nids-de-poule dans
leurs rues que par les grands débats
internationaux.
Accorder autant d’importance à la place du Canada
dans le monde, au rôle que le pays peut et doit
jouer est donc, à première Stephen Harper
qui ne comprend rien au Canada. Par ailleurs, M.
Ignatieff a joué sur la fibre patriotique en
insistant sur la place que le Canada doit reprendre dans
le monde.
En ce sens, le discours de Michael Ignatieff a
été fortement influencé par un
certain Barack Obama, qui a lui aussi promis à
ses concitoyens de Ignatieff, par ses
références aux guerres auxquelles le
Canada a participé, aux sacrifices et aux
efforts, un appel au patriotisme commun chez nos voisins
du Sud.
Même les mots choisis rappellent Obama. Les mots
« we can » sont revenus à quelques
occasions dans le discours de M. Ignatieff. Ne manquait
que le « yes ».
C’est un cliché, mais le plus dur reste à
venir pourMichael Ignatieff. Il a été
élu chef libéral sans opposition, mais ses
adversaires conservateurs, bloquistes et
néo-démocrates lui bloqueront la voie vers
le pouvoir avec plus de force maintenant qu’il est
officiellement chef.
C’est une chose que de s’inspirer du mouvement Obama;
c’en est une autre que d’amener des solutions et des
propositions concrètes aux problèmes les
plus pressants – la crise économique en
tête de liste.
Sans surprise, la réplique des adversaires de
Michael Ignatieff s’en vient. Les conservateurs ont
déjà préparé des
publicités négatives affirmant notamment
que M. Ignatieff augmentera les impôts des
Canadiens. C’est la même stratégie que
celle qu’ont employée les républicains
contre Barack Obama.
Reste à voir si les attaques des conservateurs
auront plus d’impact que n’en ont eu celles des
républicains sur le candidat démocrate.
La réponse à cette question est entre les
mains de Michael Ignatieff. Il a connu la
consécration ce week-end à Vancouver, mais
à partir de ce matin il n’a plus droit à
l’erreur.
Les
libéraux
rêvent de reprendre le pouvoir
Michael
Ignatieff admet qu’il est toutefois trop tôt pour
faire tomber le gouvernement conservateur
VANCOUVER
Les libéraux rêvent de reprendre le pouvoir
le plus rapidement possible. Mais ils croient qu’il est
encore trop tôt pour provoquer la chute du
gouvernement conservateur aux Communes. Et même si
le Parti libéral a vu ses appuis augmenter dans
les sondages au cours des dernières semaines, il
est peu probable que les bonzes du parti donnent suite
à la suggestion de leur ancien chef, Jean
Chrétien, qui a affirmé jeudi soir que les
libéraux devraient essayer de déclencher
des élections « le plus tôt possible
».
En entrevue à la radio de CBC hier matin,
l’actuel chef libéral, Michael Ignatieff, a
affirmé que les Canadiens ne souhaitent pas
d’élections hâtives. « Je veux
continuer à faire fonctionner le Parlement
», a affirmé Michael Ignatieff, que les
militants libéraux, réunis en
congrès national, confirmeront officiellement
dans ses fonctions de chef aujourd’hui.
« Nous ne sommes pas encore prêts », a
confié hier une source libérale sous le
couvert de l’anonymat, soulignant que le parti doit
rebâtir son organisation dans plusieurs
régions du Québec. « Même si
nous étions prêts, il faut l’appui du Bloc
québécois et du NPD pour renverser le
gouvernement conservateur. Dans l’état actuel des
choses, je ne crois pas que ces deux partis seraient
prêts à collaborer avec nous pour le faire
», a affirmé cette source.
Le député libéral de Papineau,
Justin Trudeau, a soutenu que le renouvellement du parti
était loin d’être terminé. «
Le renouvellement du Parti libéral va prendre
trois ou quatre ans encore », a-t-il
affirmé dans une entrevue accordée
à l’animateur de radio Dave Rutherford, à
Calgary.
Un député de la région de Toronto,
Maurizio Bevilacqua, a fait écho à ces
propos. Selon lui, les Canadiens ne sont pas
nécessairement heureux de la façon dont le
gouvernement dirige le pays, mais ils ne cognent pas
à sa porte pour réclamer des
élections, en ces temps de crise
économique. « En temps et lieu, les
Canadiens vont nous le faire savoir quand ils estimeront
que des élections doivent avoir lieu. Et comme
nous l’avons toujours fait dans le passé, nous
allons respecter leur souhait », a dit M.
Bevilacqua.
De
proches collaborateurs de M. Ignatieff évaluent
à 75% les chances que des élections
fédérales aient lieu à l’automne.
Ils croient toutefois que les libéraux doivent
faire preuve de patience afin de permettre à leur
chef de rebâtir le parti et de renflouer ses
coffres. Le scénario le plus probable est donc un
scrutin au printemps 2010, au moment du vote sur le
prochain budget.
DepassagehieràEdgeley, enSaskatchewan, le premier
ministre Stephen Harper a mis en garde les
libéraux contre la tentation de provoquer des
élections anticipées. Il a affirmé
que les Canadiens souhaitent que les élus
travaillent de concert pour surmonter la crise
économique.
« Nous venons d’avoir des élections. Ce que
nous recherchons de la part de M. Ignatieff et des
autres partis politiques, c’est évidemment une
occasion de travailler ensemble pour faire avancer les
intérêts du pays », a affirmé
M. Harper.
Les libéraux ont profité de leur
congrès hier soir pour rendre hommage à
leur ancien chef Stéphane Dion. L’ancien premier
ministre Paul Martin a présenté M. Dion
aux militants. Jean Chrétien a également
pris la parole. Invisible aux Communes depuis qu’il a
quitté la barre du parti en décembre, M.
Dion traîne toujours une dette de 150 000$
à la suite de la dernière course à
la direction de 2006. Les libéraux ont
décidé de lui donner un coup de main pour
éliminer ce boulet financier en organisant des
collectes de fonds hier.
Également hier, les libéraux ont
organisé une série de conférences
portant sur le Canada dans le monde, la crise
économique et la justice sociale, entre autres.
Aujourd’hui, les quelque 2000militants libéraux
devraient donner leur aval à une réforme
du mode de sélection du prochain chef, qui serait
élu par suffrage universel, mais
pondéré pour accorder le même poids
à chaque circonscription. Cette réforme
avait été rejetée au congrès
de décembre 2006 à Montréal.
Michael Ignatieff prononcera un discours cet
après-midi pour conclure le congrès de
trois jours.
Beau temps pour rêver - VINCENT MARISSAL
Il y a
certes quelques ambitieux dans l’entourage de Michael
Ignatieff et dans son caucus mais, pour une rare fois
lors de l’investiture du nouveau chef libéral,
personne n’est tapi derrière le rideau, le
couteau entre les dents.
— On a beaucoup dit, ces derniers jours, que les
libéraux fédéraux réunis en
congrès à Vancouver vivent un rare moment
d’harmonie. I l suffit de les voir planer dans un style
décontracté très « West Coast
» pour s’en convaincre hors de tout doute.
L’exemple vient d’ailleurs de très haut : jamais
on n’a vu l’entourage d’un chef libéral aussi
relax.
Hier midi, sous un généreux soleil, j’ai
croisé le chef de cabinet de Michael Ignatieff,
Paul Zed, près du Centre des congrès de
Vancouver. Il marchait d’un pas pressé pour
aller… faire son j ogging avec quelques comparses.
Un autre proche collaborateur de Michael Ignatief f,
à qui j’ai posé une question par
BlackBerry, m’a répondu qu’il sirotait un verre
de vin blanc sur une terrasse de Granville Island pour
se remettre d’une grande virée à
bicyclette!
Un mot revient sur toutes les lèvres pour
décrire l’ambiance de ce congrès biennal :
tranquille. Même quand les libéraux
étaient au pouvoir avec des gouvernements
majoritaires, ils n’étaient pas aussi
détendus quand ils se réunissaient.
Il faut dire qu’il y avait toujours des
épiphénomènes pour déranger
l’harmonie, comme l’interminable guerre
ChrétienMartin et, avant celle-là, la
fronde de Jean Chrétien contre John Turner.
Rien de tout cela cette fois. Il y a certes quelques
ambitieux dans l’entourage de Michael Ignatieff et dans
son caucus mais, pour une rare fois lors de
l’investiture du nouveau chef libéral, personne
n’est tapi derrière le rideau, le couteau entre
les dents.
Au contraire, les libéraux ont, pour une rare
fois, réuni leurs anciens chefs au même
congrès sans que les flèches
empoisonnées ne viennent gâcher la
fête.
Les libéraux sont tellement
décontractés que, pendant quelques heures,
dans la bulle du Centre des congrès de Vancouver,
on arrivait à oublier la récession et la
grippe porcine.
La crise économique, qui est pourtant au centre
de toutes les discussions politiques canadiennes depuis
des mois, a pratiquement disparu du ciel bleu
libéral.
Parmi les 32 résolut ions qui doivent être
débattues en vitesse aujourd’hui, une seule
touche directement la récession, et encore,
puisque les mesures proposées sont plutôt
vagues (exemple : « tenir compte des effets
positifs de la réduction des impôts
corporatifs dans la détermination de sa politique
fiscale et garder la flexibilité jugée
nécessaire en temps de ralentissement
économique »).
Fidèles à eux-mêmes, les
libéraux reprennent par ailleurs leurs
thèmes électoraux de prédilection :
lutte contre la pauvreté, logements sociaux,
garderies. Ils enterrent définitivement le fameux
Tournant vert si cher à leur ancien chef,
Stéphane Dion. Le vert, tellement à la
mode au congrès de décembre 2006 à
Montréal, a cédé sa place au bon
vieux rouge libéral.
Signe
que les choses vont beaucoup mieux pour le PLC, plus de
2000 délégués, dont plus de 200 du
Québec, se sont déplacés à
Vancouver. Ils ont déboursé pour la
plupart plusieurs centaines de dollars pour assister
à la nomination officielle de leur nouveau chef.
Le calme apparent du congrès est toutefois
trompeur. Comme les magnifiques canards que l’on peut
observer dans les baies autour du parc Stanley, les
libéraux semblent paisibles en surface, mais ils
se font aller les pattes avec énergie sous l’eau.
En particulier les libéraux du Québec, qui
profitent de la vague des bons sondages pour regagner le
terrain perdu au cours des dernières
années.
L’effectif est en hausse, soit autour de 16 000 membres.
On est encore loin des belles années (70 000
membres), mais la progression est constante. Même
chose, par ricochet , pour le financement. L’aile
québécoise a réussi à
éponger sa dette.
La marge de manoeuvre et les bonnes perspectives des
sondages permettent au PLC de se réorganiser sur
le terrain. Ainsi, six coordonnateurs régionaux
(des permanents payés par le Parti
libéral) entreront en fonction au Québec
dans quelques semaines.
Les libéraux se sont également
équipés d’un logiciel performant pour
faire du pointage dans chaque circonscription, pour
communiquer avec leurs membres et suivre
l’évolution des effectifs. Selon les
organisateurs québécois, il s’agit du
même type de logiciel que celui qu’avait
utilisé l’équipe de Barack Obama pour les
primaires et la présidentielle.
Les candidatures commencent aussi à se
préciser dans certaines circonscriptions
convoitées.
« De très belles annonces s’en viennent
», m’a affirmé un des principaux
organisateurs de Michael Ignatieff au Québec,
confirmant du bout des lèvres que des
libéraux provinciaux pourraient faire le saut sur
la scène fédérale.
Impossible d’en savoir plus pour le moment, ma i s les
libéraux n’auront pas à trouver un
successeur à Stéphane Dion dans Sa i
nt-Laurent– Cartierville, car il a décidé
de se représenter.
Il semble que l’Université de Montréal,
son ancien employeur, lui ait offert un poste de
vice-recteur et d’ambassadeur, mais M. Dion ne se
résigne pas à quitter la vie politique.
Une autre députée aurait
décidé de rester : Raymonde Folco, dans
Laval-Les Îles, a l’intention de se
représenter malgré des problèmes
graves de financement dans cette circonscription
libérale sûre.
Le retour de Martin Cauchon dans Outremont paraît
de plus en plus improbable, dit-on par ailleurs dans les
cercles libéraux québécois.
CONGRÈS DU
PARTI LIBÉRAL DUCANADA - Ignatieff remercie Harper pour
l’unité retrouvée
« M. Harper a laissé tomber une boule de
neige de la colline parlementaire en décembre, et cette
boule s’est transformée en avalanche pour lui. »
— Le Parti libéral du Canada n’a pas été
aussi uni depuis des décennies et, selon Michael
Ignatieff, c’est en grande partie grâce à un
homme: le premier ministre Stephen Harper.
En tentant d’abolir les subventions annuelles versées
par l’État aux partis politiques, en novembre dernier,
Stephen Harper a cherché à affaiblir davantage
ses adversaires. Mais en lieu et place, il a
déclenché une série
d’événements qui a forcé les troupes
libérales à s’unir pour assurer leur survie, a
déclaré, hier, M. Ignatieff au premier jour du
congrès libéral, qui a lieu jusqu’à
samedi à Vancouver.
Cette unité retrouvée a permis au Parti
libéral de se donner un nouveau chef sans se
déchirer, de rembourser sa dette électorale de
deux millions de dollars en cinq mois, et de concentrer ses
efforts pour convaincre les Canadiens qu’il est l’option de
rechange la plus crédible aux conservateurs, notamment
en ces temps de crise économique, selon M. Ignatieff.
La présence de Jean Chrétien, Paul Martin et
John Turner à ce congrès démontre bien
l’harmonie qui règne au sein des troupes, selon des
stratèges libéraux.
« M. Harper a laissé tomber une boule de neige de
la colline parlementaire en décembre, et cette boule
s’est transformée en avalanche pour lui. Et, fin
stratège comme il est, il s’est retrouvé avec un
Parti libéral plus uni avec un nouveau chef prêt
à partir en campagne. Qui l’aurait cru? Une partie du
mérite revient à mon principal adversaire, M.
Harper », a déclaré M. Ignatieff aux
journalistes.
Reconnaissant
le travail que M. Harper a fait pour unir le Parti
libéral, M. Ignatieff a même tenu à
souhaiter bon anniversaire au premier ministre, qui a
célébré son 50e anniversaire de naissance
hier.
« Je veux lui souhaiter très joyeux anniversaire.
Il est un parlementaire redoutable et un leader redoutable de
son parti. Même si nous ne sommes pas d’accord sur le
plan politique et sur plusieurs principes, j’ai du respect
pour le travail qu’il a accompli comme chef de son parti
», a dit M. Ignatieff dès le début de sa
conférence de presse hier. À l’origine, le
congrès libéral de Vancouver devait permettre
aux militants libéraux d’élire un nouveau chef
à la suite de la démission de Stéphane
Dion, en décembre. Mais M. Ignatieff a finalement
été désigné comme chef
intérimaire après le désistement des
députés Bob Rae et Dominic LeBlanc. Le
congrès permettra donc aux militants d’exprimer leur
confiance envers leur nouveau chef.
Au premier jour du congrès, M. Ignatieff s’est dit
« amusé » de voir le Bloc
québécois et le NPD soumettre des propositions
dans l’espoir de trouver des compromis avec le gouvernement
conservateur minoritaire de Stephen Harper afin
d’éviter des élections générales.
Ces manoeuvres parlementaires du Bloc québécois
et du NPD surviennent alors que les appuis au Parti
libéral augmentent dans les sondages. En privé,
des stratèges conservateurs ont confié à
La Presse Canadienne cette semaine qu’ils sont prêts
à conclure des ententes ponctuelles avec le Bloc ou le
NPD pour assurer la survie du gouvernement au moins
jusqu’à ce que les Jeux olympiques de Vancouver soient
terminés, en février 2010. D’ici là, les
conservateurs espèrent que la crise économique
sera terminée, ce qui devrait leur donner un coup de
pouce électoral.
Les libéraux, pour leur part, envisagent de plus en
plus de forcer la tenue d’élections
générales à l’automne.
« C’est légèrement amusant tout cela. Ces
deux partis ont voté contre le dernier budget
conservateur sans même le lire. Maintenant, ils sont
prêts à soutenir les conservateurs. Je me demande
bien pourquoi ! », a lancé M. Ignatieff. Le Parti
libéral a voté en faveur du dernier budget, ce
qui a permis au gouvernement Harper de survivre au vote de
confiance aux Communes.
Les
libéraux
à la veille d’éponger leurs dettes
L’arrivée
de Michael Ignatieff a facilité le financement
— Le moteur de la machine du Parti libéral tourne plus
rondement depuis que Michael Ignatieff en a pris les commandes
en décembre. En plus de devancer les conservateurs dans
les sondages depuis quelques semaines, le Parti libéral
est sur le point de rembourser toute sa dette de 2 millions de
dollars six mois après les dernières
élections.
L’arrivée
de
Michael Ignatieff à la barre du PLC a permis de
renflouer les coffres du parti. Il y a deux semaines, un
souper-bénéfice à Toronto a même
dépassé la barre du million de dollars.
Selon le nouveau directeur national du PLC, Rocco Rossi, la
dette du parti sera entièrement remboursée au plus
tard à la mimai, libérant ainsi les troupes
libérales d’un important boulet au moment même
où certains stratèges envisagent de provoquer la
tenue d’élections à l’automne.
Dans une entrevue accordée à La Presse, M. Rossi a
confirmé que les dons sont plus fréquents et plus
nombreux depuis le début de l’année et
l’arrivée de Michael Ignatieff à la tête du
PLC explique en bonne partie ce revirement de fortune.
L’an dernier, le Parti libéral alors dirigé par
Stéphane Dion n’avait récolté que 5,9
millions de dollars, une bien maigre récolte
comparativement aux 21,9 millions recueillis par le Parti
conservateur. Mais en décembre, après que Michael
Ignatieff eut été acclamé chef, les dons
des libéraux de plus de 200$ (832 000$) avaient
dépassé ceux des conservateurs (826 000$).
« Je pense que notre situation financière
s’améliore de jour en jour. Nous avons vu l’effet
Ignatieff durant les deux dernières semaines de
décembre et cela s’est poursuivi durant le premier
trimestre de 2009. Nos résultats sont nettement meilleurs
que le premier trimestre de 2008 (seulement 846 000$). Ce n’est
une raison pour danser dans la rue, mais nous sommes dans la
bonne direction », a affirmé M. Rossi.
Au cours des dernières semaines, M. Ignatieff a aussi
parcouru le pays afin participer à des soirées de
collecte de fonds. À Vancouver, 700 personnes sont venues
l’entendre, 850 militants en ont fait autant à Edmonton
et 1100 personnes à Toronto il y a deux semaines. Durant
cette seule soirée dans la Ville reine, les coffres du
parti se sont enrichis de près d’un million de dollars.
« Nous n’avions pas réussi à faire ce tour
de force depuis plusieurs années », se
félicite M. Rossi.
Inspirés par Obama
Cette nouvelle va sans doute réjouir les quelque 4000
militants attendus au congrès national du Parti
libéral qui aura lieu à Vancouver du 30 avril au 2
mai. Durant ce congrès, M. Ignatieff sera officiellement
confirmé par les militants comme chef du parti.
M. Ignatieff a confié l’important poste de directeur
national à M. Rossi au début de l’année.
Auparavant, M. Rossi, qui parle trois langues – anglais,
français et italien – avait fait sa marque en tant que PDG
de la Fondation du coeur de l’Ontario. Sous sa houlette, cet
organisme de charité a vu son financement bondir de 30%
pour atteindre les 120 millions de dollars.
En entrevue, M. Rossi a fait valoir qu’il était crucial que
le Parti libéral règle ses problèmes de
financement pour le bien de la démocratie canadienne. Il a
soutenu que le Parti conservateur, qui a su bien maîtriser
l’art du financement populaire après que les dons des
entreprises et des syndicats eurent d’abord été
limités en 2004 avant d’être interdits en 2006, avait
les moyens pour faire des campagnes à grand frais alors que
le Parti libéral ne pouvait tout simplement pas rivaliser.
« Nous avions un très grand défi devant nous,
mais les choses commencent à bouger et à bouger
très, très bien. Si bien que j’ai confiance qu’avant
la fin de mai, nous serons de retour dans le noir », a-t-il
dit.
M. Rossi a décidé de s’inspirer des
stratégies de financement utilisées par Barack Obama
durant la dernière campagne présidentielle. À
la fin de cette campagne historique, le camp d’Obama avait
à sa disposition 13 millions d’adresses de courriels, cinq
millions de bénévoles et quatre millions de
donateurs qui ont réussi à amasser la rondelette
somme de 600 millions de dollars (moyenne de 150$ par donateur).
Le Parti libéral s’est donc fixé comme objectif de
construire une banque de données proportionnelle à
la population canadienne, soit 10% de ce que le camp d’Obama a
accompli. « Cela veut donc dire qu’on doit avoir
accès à 1,3 million d’adresses de courriel, 500 000
membres du parti et 400 000 donateurs. Mais nous allons d’abord
tenter de réaliser la moitié de cela, soit 250 000
membres et 200 000 donateurs. Je crois que c’est plus
réaliste et si nous y arrivons et obtenons 100$ par
année par donateur, cela nous assurer 20 millions de
dollars par année, soit la somme que récolte
à peu près le Parti conservateur », a
expliqué M. Rossi.
« Nous ne sommes pas Barack Obama. Il est un
phénomène à part. Mais nous pouvons apprendre
beaucoup de leçons de lui et nous pouvons utiliser les
outils de l’internet à notre avantage », a-t-il
ajouté.
Les libéraux tentent de faire oublier leur échec
- Hugo de GrandPré
MOTION
LIBÉRALE SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE
Derrière des portes closes, hier matin, le chef Michael
Ignatieff et le whip Rodger Cuzner ont reconnu devant les
députés qu’ils ne les avaient pas suffisamment
consultés avant d’arrêter leur plan d’action.
OTTAWA — L’échec de la motion libérale sur la
planification familiale a continué à faire des
vagues sur la colline parlementaire, hier, malgré les
tentatives du parti pour faire oublier cette gaffe
gênante.Les
députés libéraux ont applaudi Michael
Ignatieff durant la période de questions à la
Chambre des communes hier. Le chef du parti a essuyé un
revers mardi lors d’un vote sur unemotion concernant la
planification familiale.
En fin de journée, mardi, l’absence de 13
députés libéraux, l’abstention d’un autre
et le vote de trois députés contre la motion de
leur propre formation a permis aux conservateurs de battre
l’opposition par 144 voix contre 138.
Derrière des portes closes, hier matin, le chef Michael
Ignatieff et le whip Rodger Cuzner ont reconnu devant les
députés qu’ils ne les avaient pas suffisamment
consultés avant d’arrêter leur plan d’action.
Devant les journalistes, quelques minutes plus tard, M.
Ignatieff a admis qu’il était mécontent de la
tournure des événements. Il a toutefois
tenté de ramener l’attention sur le contenu du
débat plutôt que sur ses problèmes
d’organisation.
« Vous essayez de dire que le sujet, c’est moi, a-t-il
dit. Mais je suggère que le sujet, c’est la position de
M. Harper. »
Par leur
motion, les libéraux voulaient obliger le gouvernement
Harper à inclure « tout l’éventail des
options de planification familiale » dans son initiative
en matière de santé maternelle et infantile dans
les pays pauvres.
Si le texte ne mentionnait pas précisément
l’avortement, les membres du caucus pro-vie du Parlement
canadien – dont plusieurs députés
libéraux – craignaient que la motion ne relance ce
débat délicat au Canada.
Bien qu’ils aient promis de poursuivre la lutte sur cet enjeu,
les libéraux se sont tout de même abstenus
d’aborder le sujet durant la période des questions,
hier.
Le chef est par ailleurs resté vague sur les sanctions
auxquelles s’exposent les trois députés qui
n’ont pas suivi la ligne du parti alors qu’ils étaient
obligés de le faire pour un tel vote. « On
discute de cela avec le whip et nous allons régler
ça de façon interne », a insisté M.
Ignatieff.
Les adversaires des libéraux s’en sont pour leur part
donné à coeur joie pour tourner l’organisation
du parti en ridicule et pour remettre en question le
leadership de M. Ignatieff.
« Je n’ai jamais rien vu comme ce que j’ai vu hier soir
», s’est exclamé le chef adjoint du Nouveau Parti
démocr atique , Thoma s Mulcair, qui compte plusieurs
années d’expérience à l’Assemblée
nationale et à la Chambre des communes. Le
député d’Outremont est d’avis que le leader
libéral aura peine à se relever d’un tel affront
de ses propres rangs. « C’est une vraie claque sur la
gueule qu’il a subie hier soir. »
Ignatieff à peine mieux que Dion -
VINCENT MARISSAL
Près
d’un Québécois sur deux souhaite un changement
de gouvernement à Ottawa ; à peine un quart
d’entre eux pensent que Stephen Harper est le chef le mieux
placé pour occuper le poste de premier ministre; le
taux de satisfaction envers le gouvernement conservateur est
toujours en dessous de la barre des 50%.
Pourtant, les conservateurs remontent légèrement
dans les intentions de vote et les libéraux perdent des
appuis.
Conclusion : les Québécois n’a i ment pas
beaucoup Stephen Harper, mais ils aiment encore moins les
élections. Et ils ne voient pas en Michael Ignatieff
une solution de rechange acceptable.
Le changement de ton de Michael Ignatieff, qui a
annoncé à la fin de l’été qu’il
entendait défaire les conservateurs à la
première occasion, n’aura pas été payant
pour les libéraux. Au contraire.
Moins d’un an après les dernières
élections, et au moment où l’économie
prend du mieux, il semble que les Québécois
puissent encore vivre avec Stephen Harper.
À la question « Lequel des chefs politiques
ferait le meilleur premier ministre ? », M. Harper a
gagné cinq points depuis le mois dernier et neuf points
depuis juin. Michael Ignatieff est toujours premier à
cet te question, mais il a toutefois perdu sept points en un
mois (de 35% à 28%), alors que ce devait être sa
rentrée et la fin du gouvernement Harper, claironnaient
les libéraux en juin.
De toute évidence, l’événement de la
pré-rentrée, la fameuse vidéo de Stephen
Harper à Sault-Sainte-Marie, n’a pas nui aux
conservateurs. Au contraire, on dirait bien que les
Québécoi s aiment mieux un Stephen Harper f r
ondeur qu’un Stephen Harper conciliant.
Autre «
vic t oi re » ( sur papier, en tout cas) du chef
conservateu r : une for te majorité de
Québécois (68% cont re 25 %) souha itent
maintenant l’élection d’un gouvernement majoritaire
à Ottawa aux prochaines élections.
Michael Ignatieff aurait-il raté sa fenêtre en ne
faisant pas tomber le gouvernement le printemps dernier ?
Peutêtre, mais la question pour les libéraux est
maintenant de savoir s’ils doivent continuer de jouer le tout
pour le tout ou s’ils ne devraient pas plutôt se replier
dans l’espoir de se relancer.
Les récents sondages au Canada donnent une nette avance
aux conservateurs et, au Québec, on constate maintenant
l’essouff lement du phénomène Ignatief f . La
querelle autour d’Outremont, suivie de la démission de
Denis Coderre de son poste de lieutenant, n’aidera
certainement pas les libéraux au Québec.
À 26%, les libéraux de Michael Ignatieff ne sont
pas loin des 24% obtenus par Stéphane Dion l’an
dernier.
À 21%, les conservateurs se rapprochent aussi de leur
score du scrutin d’octobre 2008 mais, dans leur cas, c’est
grâce à une remontée de quatre points en
un mois et de huit points depuis juin.
Les l ibéraux ont perdu beaucoup d’intentions de vote
chez les francophones : huit points de moins en deux mois (de
30 à 22%). Situation inverse chez les conservateurs,
qui prennent huit points dans la même période (de
12 à 20%). Le Bloc québécois aussi prend
des forces : un gain de trois points en général
et de quatre chez les francophones depuis un mois.
Les conservateurs pourraient donc garder leurs sièges
au Québec et en prendre ailleurs, surtout en Ontario.
Dans les circonstances, M. Harper n’aura peut-être pas
envie d’être « sauvé » encore
longtemps par Jack Layton.
LE PLC PERD DES PLUMES AU QUÉBEC -
Joël-Denis Bellavance
Déjà amorcée en août, la glissade
du Parti libéral du Canada au Québec se
confirme. Avant même le dénouement fracassant de
la saga CoderreCauchon, les troupes libérales ont
dégringolé dans les intentions de votes des
Québécois. Leur chef, Michael Ignatief
OTTAWA — Le Parti libéral perd des plumes au
Québec et les espoirs du chef Michael Ignatieff d’y
faire des gains importants aux prochaines élections
sont compromis.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE,
LA PRESSE
La Presse Le score du PLC dans ce
sondage CROP/ est le pire obtenu par les libéraux au
Québec depuis que Michael Ignatieff a pris les
commandes du parti.
Le chef libéral suscite ainsi beaucoup moins
d’enthousiasme que lorsqu’il est arrivé à la
tête du parti, il y a 10 mois. Les attaques soutenues du
Bloc québécois et du Parti conservateur contre
Michael Ignatieff, la bisbille entre Martin Cauchon et Denis
Coderre et l’effacement du chef libéral durant
l’été ont eu une influence sur les opinions des
Québécois.
Résultat: le Parti libéral n’obtiendrait que 26%
des voix au Québec si des élections
fédérales avaient lieu aujourd’hui,
révèle un sondage CROP-La Presse
réalisé auprès de 1000 personnes, du 17
au 27 septembre derniers. Ce résultat est
essentiellement le même que celui de Stéphane
Dion aux dernières élections (24%).
I l représente aussi une baisse de quatre points de
pourcentage par rapport au sondage réalisé en
août (30%) et de neuf points comparativement à
celui du mois de juin (35%). Ce score est aussi le pire obtenu
par les libéraux au Québec depuis que Michael
Ignatieff a pris les commandes du parti, en décembre
dernier.
Toutefois, le sondage ne tient pas compte des retombées
de la démission fracassante de Denis Coderre de son
poste de lieutenant politique au Québec et de ses
critiques selon lesquelles la garde rapprochée de M.
Ignatieff de Toronto essaie de diriger l’aile
québécoise du PLC.
À l’avantage du PCC
Le Pa r t i conser vateur du Canada t i re avantage des ennuis
des libéraux au Québec. En effet, les troupes de
Stephen Harper obtiendraient 21% des voix si des
élections fédérales avaient lieu
aujourd’hui, une hausse de quatre points de pourcentage en un
mois et une augmentation de huit points depuis juin. Aux
dernières élections, les conservateurs avaient
récolté 22% des suffrages et réussi
à remporter 10 sièges.
Pour sa part, le Bloc québécois se maintient en
tête avec 33% des intentions de vote, soit trois points
de plus qu’en août. Le NPD voit quant à lui ses
appuis passer de 18% en août à seulement 13% en
septembre.
Case
départ
Selon Maïalène Wilkins, direc t rice des projets
de CROP, le Parti libéral est revenu à la case
départ au Québec. « Le Parti
libéral se retrouve avec un score similaire à
celui qu’avait obtenu M. Dion l’année dernière.
M. Ignatieff a connu son sommet en avril quand il a
prononcé une série de discours au Québec
et qu’il a démontré une certaine ouverture. Les
gens étaient à l’époque un peu sous le
charme. Mais depuis les appuis sont en baisse », at-elle
ajouté.
Pour le Parti libéral, malgré le
dépôt de la motion de censure, des
élections sont loin d’être souhaitables. «
Les libéraux tablaient sur des gains au Québec,
mais ce serait le statu quo pour eux en ce moment. Et c’est
certain que les événements des derniers jours ne
viendront pas aider leur cause. »
Mince consolation, de tous les chefs
fédéralistes, Michael Ignatieff est perçu
par le plus grand nombre de Québécois comme le
plus apte à occuper le poste de premier ministre. Mais
encore là, sa cote est en forte baisse. Le chef
libéral obtient un score de 28% en septembre, alors
qu’il récoltait 35% en août et en juin, 39% en
mai et 45% en avril.
Pour sa part, la cote de Stephen Harper remonte un peu : 23%
des Québécois croient qu’il ferait le meilleur
premier ministre, alors qu’ils étaient seulement 18% en
août et 14% en juin. Le chef du NPD, Jack Layton, se
maintient bien à ce chapitre puisque 23% des
Québécois le désignent comme le meilleur
premier ministre.
« C’est une véritable dégringolade pour
les libéraux et Michael Ignatieff depuis juin. Il a
bénéficié d’un capital de sympathie, mais
il n’a pas réussi à en profiter », a
noté Mme Wilkins.
À l’instar de ses appuis au Québec, le
gouvernement Harper a vu augmenter quelque peu le taux de
satisfaction des Québécois à son endroit
au cours du dernier mois. Ainsi, 40% des
Québécois interrogés se disent
très ou plutôt satisfaits de sa performance, une
hausse de trois points par rapport au mois d’août. Il
s’agit de son meilleur score en 12 mois. À l’inverse,
55% des répondants se disent très ou
plutôt insatisfaits – une baisse de six points – et 4%
disent n’avoir pas d’opinion sur cette question.
Ce sondage comporte une marge d’erreur de plus ou moins trois
points de pourcentage, 19 fois sur 20.
Après la tempête, les
libéraux serrent les rangs -
Malorie Beauchemin & Catherine Handfield
Devant 150
libéraux fédéraux réunis
à Laval,
OTTAWA — Au lendemain de la démission fracassante de
Denis Coderre du poste de lieutenant deMichael Ignatieff au
Québec, les libéraux ont tenté de
démontrer leur unité tandis que leurs rivaux
se sont délectés de cette bisbille.
De pa s s a ge à L ava l , M. Ignatieff a
prononcé un « discours rassembleur »,
hier soir, devant 150 militants libéraux
réunis à un cocktail de financement. Le chef
libéral a remplacé à la dernière
minute Denis Coderre, qui devait d’abord présider
l’événement, mais qui brillait par son
absence, hier soir.
« Le discours de M. Ignatieff rappelait aux
libéraux présents qu’ils sont ensemble parce
qu’ils ont des valeurs libérales communes, qui sont
celles des Canadiens et des Québécois »,
a dit Raymonde Folco, députée libérale
de Laval– Les Îles.
Avant son al locut ion à laquelle les médias
n’étaient pas conviés, M. Ignatieff a tenu
à répondre aux critiques formulées par
Denis Coderre quant au pouvoir de ses conseillers torontois
au Québec.
« Les questions d’organisation et de candidatures qui
étaient soulevées dans l es dernière s
s emaine s étaient soulevées au Québec
par des Québécois, a dit M. Ignatieff. Et ces
questions vont être réglées au
Québec par des Québécois sous mon
leadership. Point à la ligne. »
Rappelons
que, lundi, froissé par la décision de M.
Ignatieff de permettre à l’ancien ministre de la
Justice Martin Cauchon d’être candidat dans la
circonscription d’Outremont, alors que M. Coderre lui avait
préféré la femme d’affaires Nathalie Le
Prohon, le lieutenant politique a claqué la porte.
M. Coderre a déploré que les décisions
concernant le Québec soient prises « à
Toronto » par la « garde rapprochée
» de M. Ignatieff. Cinq organisateurs politiques ont
suivi l’exemple de M. Coderre et ont remis leur
démission le même jour.
Du bout des lèvres, Michael Ignatieff a admis avoir
traversé une période difficile. «
Ça n’a pas été la semaine la plus
facile de ma vie, a-t-il dit. Mais sincèrement, je
préfère aimer les problèmes que j’ai.
Un chef de parti a toujours des problèmes. Et nous
allons tous les résoudre un part un. »
Des députés à la rescousse
Également dési reux de calmer le jeu, des
députés du Québec sont venus parler aux
médias à l’issue de la période des
questions, hier.
« On a perdu M. Coderre, c’est dommage, a dit le
président des députés du Québec,
Marc Garneau, député de Westmount – Ville-Ma r
ie. Malheureusement, il s’est laissé emporter par ses
émotions, mais la réalité, c’est que le
parti a fait beaucoup de progrès au Québec et
au pays.
Michael
Ignatieff livre un « discours rassembleur »
Notre membership a augmenté, nos coffres sont plus
remplis et on est prêts. »
Réunis
à
Laval, des libéraux ontminimisé hier la
démission deDenisCoderre de son poste de
lieutenant québécois. Cette photo a
été prise lundi, lors de la
conférence de presse oùM. Coderre a
dénoncé la « garde rapprochée
du chef à Toronto ».
« Il ne faut pas exagérer sur la question de
l’unité à l’intérieur du Parti
libéral parce qu’elle est là, l’unité
», a-t-il ajouté. Selon lui, les incidents de
la veille sont imputables à l’« ego
blessé » de M. Coderre.
« Ce n’est pas Toronto qui prend des
décisions par rapport au Québec. On a toute
une équipe extraordinaire au Québec de
personnes qui non seulement connaissent très bien
le Québec, mais qui sont aussi capables de
conseiller le chef, dont JeanMarc Fournier et
Marc-André Blanchard », a dit la
députée libérale de Brossard-La
Prairie, Alexandra Mendès.
Les adversaires misent sur la dissension
Les
adversaires des libéraux, eux, n’ont pas
manqué de récupérer cette image de
dissension à leur avantage.
« Ce que le député de Bourassa (M.
Coderre) vient de découvrir au sujet de son chef,
nous, conservateurs du Québec, nous le savons
depuis fort longtemps. On ne peut pas faire confiance
à un chef libéral, a estimé la
députée conservatrice de BeauportLimoilou,
Sylvie Boucher. Sa vision du Québec et du Canada
est l’image de son propre reflet dans son miroir. Au
diable « l’intérêt supérieur de
la nation ». Ce qui est important pour le chef
libéral, c’est de prendre le pouvoir. »
Les a rguments de M. Coderre servent aussi la cause du
Bloc québécois, qui répète
inlassablement que les conservateurs et les
libéraux ont la même vision, notamment par
rapport au Québec.
Lundi, le chef bloquiste, Gilles Duceppe, avait
affirmé que dans tous les partis pancanadiens, les
Québécois « doivent se plier aux
diktats du reste du Canada ». Hier, il en a
rajouté : selon lui, la seule différence est
que le Parti libéral est « dirigé de
Toronto » et le Parti conservateur, « de
Calgary. »
Absent du parlement hier, M. Coderre devrait aussi manquer
la réunion hebdomadaire des députés
du Parti libéral aujourd’hui. Reste à savoir
s’il assistera dimanche au congrès de l’aile
québécoise du PLC à Québec.
Un grand vide - ANDRÉ PRATTE
Le plus
récent sondage CROP-La Presse révèle
qu’aucun parti fédéral ne suscite d’enthousiasme
au Québec. Si des élections avaient eu lieu ce
mois-ci, 30% des Québécois auraient voté
en faveur du Bloc québécois, 30% en faveur du
Parti libéral, 18% pour le N PD, 17% pour les
conservateurs et 6% pour les verts. On le voit, le vote des
Québécois est très dispersé.
Le Bloc reste
bien sûr solidement i mpla nté da ns la plupart
des régions de la province. Toutefois, on ne sent plus
l’engouement d’antan. L’appui au Bloc ne dépasse pas
l’appui à la souveraineté, qui est au plus bas.
Cela dit, aucun parti fédéraliste n’est en
mesure de profiter de cet essoufflement relatif du parti de
Gilles Duceppe. On a l’impression que les
Québécois sont en attente d’un nouvelle vision
du pays à laquelle ils pourraient adhérer. Pour
l’instant, malheureusement, rien n’indique que leurs voeux
seront comblés.
Le Parti libéral du Canada perd des appuis au
Québec - Hugo de GrandPré
OTTAWA — Le
Parti libéral du Canada a perdu des plumes au
Québec au profit du Parti conservateur au cours de
l’été. Il se trouve maintenant à
égalité avec le Bloc québécois
dans les intentions de vote.
Le sondage CROP-La Presse mené dans la province
auprès de 1003 répondants entre le 13 et le 23
août derniers accorde 30 % des intentions de vote au
PLC, et le même pourcentage au Bloc. Lors du dernier
coup de sonde de CROP, du 11 au 18 juin, le parti de Michael
Ignatieff récoltait 35 % des intentions de vote. Celui
de Gilles Duceppe est resté relativement stable : il
avait récolté 31 % des appuis.
Le NPD est lui aussi resté à peu près au
même point à 18 % des intentions de vote, par
rapport à 17 % au début de l’été.
Les conservateurs ont quant à eux
légèrement progressé : si des
élections avaient eu lieu le 23 août, 17 % des
Québécois auraient voté pour eux, une
augmentation de quatre points depuis la mi-juin.
Mauvais augure
Claude Gauthier, vice-président de la maison CROP,
croit que ces résultats ne sont pas de bon augure pour
le Parti libéral, au moment où ses
stratèges contemplent très sérieusement
la possibilité de déclencher des
élections. « À l’heure actuelle, je ne
vois pas comment le PLC pourrait aller chercher beaucoup plus
que les 14 circonscriptions qu’il détient
présentement au Québec. En juin 20 0 4 , avec 34
% des votes dans la province, Paul Martin avait
remporté 21 sièges. On est loin de cela encore…
»
Dans la région de Québec, le Bloc
québécois a repris la position de tête (30
%), qu’il avait momentanément perdue aux mains du Parti
libéral au mois de mai. Cette fois, le PC et le PLC
sont pratiquement ex æquo, à respectivement 23 %
et 24 % des intentions de vote.
Pa r a illeu rs, le tau x de satisfaction à
l’égard du gouvernement est resté le même
depuis les dernières élections
générales : 61 % des Québécois en
sont insatisfaits.
Le sondage CROP-La Presse a été mené pa r
téléphone auprès de 1003 personnes. La
marge d’erreur est de 3 points, 19 fois sur 20. À noter
que la marge d’erreur pour les échantillons
régionau x , com me celui de la région de
Québec, est supérieure.
Un mois crucial pour Ignatieff - VINCENT
MARISSAL
Au printemps
dernier, les libéraux fédéraux
redoutaient la grosse machine conservatrice, en particulier
une salve prévisible de publicités
négatives visant à miner la
crédibilité de leur chef, Michael Ignatieff.
Dès 2007, les conservateurs, inspirés par leurs
cousins républicains des États-Unis, avaient
orchestré de main de maître une opération
«bing-bang-rentre-dedans» dévastatrice
contre Stéphane «not a leader» Dion.
Tous les bons st ratèges s ’entendent là-dessus
: en politique, un chef doit définir et projeter
lui-même l’image qu’il souhaite imprimer dans
l’électorat, faute de quoi ses détracteurs se
chargeront de lui arranger le portrait. Et comme les
caricatures impressionnent toujours plus qu’une photo
réelle, malheur aux leaders qui tombent dans la trappe
des publicités négatives.
Les libéraux avaient raison de craindre pour l’image de
leur chef. Curieusement, toutefois, les dommages n’ont pas
été infligés par les conservateurs, mais
bien par Michael Ignatieff lui-même, qui a disparu de
l’écran radar politique depuis de longues semaines. Du
coup, une impression (et en politique, l’impression devient
souvent la réalité) de nonchalance et de laxisme
s’est imprégnée chez tous les commentateurs et
chez plusieurs libéraux.
Cette impression est-elle en train de se répandre dans
la population canadienne ? Les sondages des derniers jours
laissent en tout cas croire que M. Ignatieff a perdu des
plumes cet été, tant dans les intentions de vote
que dans sa cote de crédibilité face à
Stephen Harper.
Après avoir écrit, la semaine dernière,
que M. Ignatieff avait manqué une belle occasion de se
faire voir au cours des dernières semaines, j’ai
reçu de nombreux courriels de militants libéraux
inquiets devant le manque de substance de leur parti. L’image
de la coquille vide revient souvent.
Vrai, les électeurs sont plus distraits
l’été. Vrai, les gouvernements montent souvent
da ns les sondages du ra nt la période estivale (du
fait, notamment, qu’ils ne font généralement
rien !). Vrai, aussi, il est toujours difficile pour le chef
de l’opposition d’attirer l’attention.
Cela dit, aucun sondage ne place en ce moment les
libéraux dans une position de victoire garantie.
Même pas minoritaires. Les plus généreux
de ces sondages n’accordent même pas 35 % aux
libéraux. Or, la dernière fois que les
libéraux ont gagné les élections (le
gouvernement minoritaire de Paul Martin, en 2004),
c’était avec plus de 36%.
La confiance de certains organisateurs libéraux,
surtout ceux qui rêvent de rafler 30 sièges au
Québec (16 de plus qu’en ce moment) repose bien plus
sur un excès d’optimisme que sur des
probabilités statistiques raisonnables.
Autre don
née de 20 0 4 : les libéraux de Paul Martin
avaient remporté 21 sièges au Québec avec
34% des voix. Les coups de sonde récents les placent
tous en deçà de ce score.
O n peut bien d i re pa r ailleurs que Michael Ignatieff
aurait perdu son temps en faisant campagne cet
été, le fait est qu’il n’avait pas vraiment le
choix. S’il envisage encore de renverser le gouvernement
à la fin de septembre, le chef libéral n’a plus
qu’un mois devant lui. Et même pas tout à fait
puisqu’il sera parti en Chine quatre jours au début du
mois.
Pour espérer sauver la mise au prochain scrutin,
Michael Ignatieff devra donc livrer une rude bataille sans
commettre de faute grave. Voilà justement l’inconnue :
le nouveau chef libéral n’a jamais été
mis à l’épreuve dans une campagne
électorale. Règle générale, les
gens ont plutôt un préjugé favorable pour
le bonhomme, mais le contact reste superficiel puisque M.
Ignatieff a du mal à toucher les cordes sensibles des
électeurs.
Par ailleurs, ceux qui l’ont obser vé depu is quelques
mois savent qu’il n’est pas un bagarreur à la Jean
Chrétien et qu’il n’a ni les réflexes ni la
constitution de cet increvable voyageur.
Les libéraux ne sont certainement pas là
où ils rêvaient d’être il y a quelques
mois, mais en politique comme au baseball, pardonnez le
cliché, ce n’est pas fini tant que ce n’est pas
terminé.
La disparité dans les résultats des sondages
récents indique une certaine confusion au sein de
l’électorat.
Les l ib é r au x n ’o n t pa s ouvert leur jeu encore,
mais les conservateurs, au pouvoir depuis près de
quatre ans, devront défendre leur bilan. Au passif : un
déficit record de plus de 50 milliards, une politique
étrangère en rade, un net recul en
matière d’environnement et quelques dossiers
épineux comme celui de la pénurie d’isotopes
médicaux.
Les partis de l’opposition aux Communes ont tenté de
marquer des points la semaine der n ière en
dénonça nt le manque de préparation du
gouvernement pour contrer une éventuelle
résurgence de la grippe A (H1N1). Ils remettront
ça cette semaine en étudiant la politique du
gouvernement Harper à l’égard des ressortissants
canadiens coincés à l’étranger.
Justement, on a appris hier que le gouvernement contestera en
Cour suprême l’obligation de rapatrier Omar Khadr de
Guantánamo.
Le jour même où des révélations
embarrassantes sur les méthodes de la CIA refont
surface. Et le même jour où les États-Unis
décident de libérer et de renvoyer en
Afghanistan un jeune prisonnier de Guantánamo dont
l’âge et l’histoire rappellent Omar Khadr.
L’enjeu - ANDRÉ PRATTE
Les
libéraux de Michael Ignat ief f sont apparemment
déterminés à défaire le
gouvernement Harper en Chambre à la première
occasion, ce qui forcerait la tenue d’élections
générales le 9 novembre prochain. Pendant la
durée normale d’un mandat gouvernemental, cinq ans, les
Canadiens auront donc été appelés aux
urnes quatre fois. Les électeurs ne sont pas dupes: la
décision des partis de l’opposition de provoquer des
élections l’automne prochain est fondée
uniquement sur des considérations tactiques. Le cynisme
populaire à l’endroit des politiciens risque
d’augmenter encore, de sorte que le taux de participation
pourrait être plus faible que le 58,8% de l’an dernier.
Il est compréhensible mais triste que la population
réagisse ainsi. S’il peut être agaçant
d’être plongé en campagne électorale
à intervalles rapprochés, on doit admettre
qu’entre l’excès de démocratie et l’absence de
démocratie, le premier est de loin
préférable.
Quel sera l’enjeu de la campagne de 2009? La crise
économique? Le Canada s’en est relativement bien
tiré; le gouvernement conservateur ne peut pas s’en
attribuer le mérite, mais l’oppositon ne peut pas non
plus l’accuser d’être responsable de la récession
mondiale. D’autant que les recettes que proposent les
formations rivales ne sont pas très différentes
de celle qu’a finalement cuisinée le ministre des
Finances.
La réforme de l’assurance emploi? Si des changements
sont en effet nécessaires, cette question seule ne
justifie pas le déclenchement d’élections
générales. Les isotopes médicaux?
L’Afghanistan? Non plus.
Alors quoi?
Le choix des Canadiens portera peut-être sur le style du
gouvernement qu’ils souhaitent. Les conservateurs de Stephen
Harper se sont révélés excessivement
partisans et prisonniers de leurs préjugés
idéologiques. Ils n’ont maté ces réflexes
que lorsque forcés par leur statut minoritaire. Le chef
libéral, Michael Ignatieff, avait raison lorsqu’il a
déclaré, en juin dernier: «Notre pays a
besoin d’un premier ministre capable de nous unir, pas de nous
diviser.»
Au Québec, cette campagne électorale
revêtira une couleur particulière. M. Harper
s’est aliéné une forte majorité de
Québécois. Ils le lui ont fait savoir l’automne
dernier en votant en grand nombre, encore une fois, pour le
Bloc québécois. Ce vote de protestation n’a
toutefois pas empêché la réélection
des conservateurs. Si les Québécois souhaitent
que le Canada soit gouverné par un parti plus proche de
leurs valeurs, comment doivent-ils s’y prendre?
Les sondages montrent que plusieurs électeurs de la
province envisagent de voter libéral. Cependant, on
sent une hésitation: qui est M. Ignatieff? Les
libéraux ont-ils vraiment changé? Quelle
politique proposent-ils?
S’ i l veut r egagne r la confiance des
Québécois, le Parti libéral du Canada a
encore beaucoup de pain sur la planche.
Des élections, mais sur quoi? - VINCENT
MARISSAL
Fin 2006, dans
les derniers jours d’une très l ong u e pé r i o
d e d e réflexion, Barack Obama avait demandé de
but en blanc à un conseiller: « O. K., à
supposer que je plonge, comment gagne-t-on l’Iowa ? »
« Tu vas devoir y passer beaucoup, beaucoup de temps
pour communiquer avec les électeurs. Tu vas devoir
créer des liens. Michelle aussi devra passer du temps
en Iowa et tu auras besoin d’une forte organisation »,
lui avait répondu du tac au tac Steve Hildebrand, son
principal organisateur en Iowa(1).
En résumé: il va falloir travailler !
Malgré une certaine notoriété et un
capital de sympathie évident, Barack Obama ne pouvait
surfer sur la vague et espérer remporter le caucus de
l’Iowa sans y mettre énormément d’efforts. Ce
qu’il fit, d’ailleurs, ouvrant ainsi la voie vers
l’investiture démocrate, 18 mois plus tard, et la
présidence, deux ans plus tard.
N’importe quel stratège le moindrement allumé
aurait donné le même conseil à Michael
Ignatieff, en juin, à la fin de la dernière
session parlementaire : présence, visibilité,
organisation, tournées, poignées de mains,
rencontres de stratégie, financement… Travail, travail,
travail.
Michael Ignatieff a plutôt choisi de passer un
été pépère, misant apparemment sur
un inéluctable effondrement des conservateurs. Les
libéraux ont bien du mal à se guérir du
syndrome du natural governing party, eux qui croient que le
pouvoir leur revient toujours, comme une pièce de fer
attirée par un aimant.
Pourtant , les sondages démontrent que les
conservateurs ont autant de chances de gagner les prochaines
élections que les libéraux. Ils accordent aussi
une meilleure cote à M. Harper.
Non seulement on ne l’a pas vu beaucoup au Canada dans les
dernières semaines, mais Michael Ignatieff a
décidé de faire sa rentrée… en Chine,
où il séjournera au début du mois de
septembre.
Le chef libéral sera bien au Québec cette
semaine ( jeudi dans Brome-Missisquoi et vendredi dans
ComptonStanstead), mais il ne lui reste plus beaucoup de temps
pour se faire voir avant le déclenchement plausible des
élections, à la fin de septembre.
Lorsque les libéraux ont quitté la colline, en
juin, ils affirmaient déjà que le gouvernement
Harper ne survivrait pas jusqu’à Noël. M.
Ignatieff ne lui avait accordé un sursis que pour
éviter des élections en juillet, disaient-ils.
Que les libéraux se préparent à des
élections en novembre n’a donc rien de surprenant.
Michael Ignatieff n’a plus vraiment le choix: s’il laisse les
conservateurs survivre encore une fois après avoir
obtenu si peu au printemps dernier, il risque la «
dionisation ».
Des élections, donc, mais sur quoi? Quel enjeu?
Sur l’usure du gouvernement? Sur le désir de
changement? Franchement, on ne sent ni l’un ni l’autre dans
les sondages.
Sur
l’économie ? Mauvais timing: tous les indicateurs
tournent au vert.
Sur une réforme de l’assurance emploi, qui
uniformiserait, notamment, la règle des 360 heures
travaillées (pour se qualifier) dans tout le pays ?
Mauvais cheval. D’abord, un tel changement est loin de faire
l’unanimité dans la population – plusieurs
électeurs y voient même un recul.
Autre problème : le gouvernement Harper s’apprête
à débloquer des centaines de millions de dollars
pour des chantiers dans le cadre de son programme de
stimulation économique (le tout assorti d’une grande
campagne publicitaire).
Ottawa et Québec se sont notamment entendus sur
certains projets dans les derniers jours, et des annonces
(avec lourde présence ministérielle) auront lieu
en août et en septembre. Certaines sources indiquent que
le gouvernement Harper a mis de la pression sur Québec
récemment pour débloquer les projets communs.
Penda nt que Stephen Harper annoncera des jobs à coup
de centaines de millions de dollars, Michael Ignatieff
mènera la lutte pour ouvrir les vannes de l’assurance
emploi. Avantage Harper.
Par ailleurs, les dossiers d’Omar Khadr, de la grippe A (
H1N1) ou des isotopes médicaux ne sont certainement pas
à l’avantage du gouvernement mais, devant le peu de
réaction des Canadiens, il est pour le moins douteux
que les libéraux réussissent à les
transformer en enjeu électoral majeur.
Le calendrier favorise aussi Stephen Harper, qui se «
sauvera » de la première semaine aux Communes
pour rendre visite à Barack Obama à Washington
le 16 septembre. La semaine suivante, il sera à
Pittsburgh pour une rencontre du G-20 aux côtés
des grands de ce monde.
Si la question du « sur quoi » faire campagne
n’est pas évidente pour les libéraux, celle du
« avec qui » l’est encore moins.
Pour le moment, on ne peut pas dire que l’effet Ignatieff se
soit traduit par une bousculade de candidats aux portillons
libéraux. Les deux « gros » noms qui
circulent pour le moment sont ceux de Jean Leclerc à
Québec (des biscuits Leclerc) et de Martin Cauchon, qui
voudrait revenir dans Outremont.
Les libéraux bombent le torse en ce moment, mais il ne
leur reste pas beaucoup de temps pour s’organiser, pour
recruter, pour élaborer de grandes stratégies et
pour mieux faire connaître leur chef.
Dans les circonstances, la décision de défaire
le gouvernement, fin septembre, repose en grande partie sur un
coup de dé.
À moins que ce ne soit sur cette assurance, à la
limite de l’arrogance, qui faisait dire à Michael
Ignatieff, en mai : « Je vais devenir premier ministre
de ce pays, aussi certain que je suis assis ici devant vous,
et je vais hériter du plus gros déficit de
l’histoire du Canada. »
Le PC
talonne le PLC - Martin Croteau
SONDAGE NANOS-
LA PRESSE
L’écart se resserre entre le Parti libéral et le
Parti conservateur dans les intentions de vote. Les troupes de
Michael Ignatieff continuent d’obtenir la faveur d’une
majorité de Canadiens, mais leur avance n’est plus que
de deux points.
Le dernier sondage réalisé par la firme Nanos
pour le compte de La Presse révèle que, si des
élections avaient lieu aujourd’hui, le PLC obtiendrait
33,8% des suffrages, les conservateurs 31,3% et le NPD, 18,7%.
Stephen Harper continue d’être perçu comme le
chef le plus apte à diriger le pays : 29,5% des
répondants considèrent qu’il ferait le meilleur
premier ministre, alors que 26,2% préfèrent
Michael Ignatieff.
Le Bloc québécois domine toujours les intentions
de vote au Québec, mais ses appuis ont fondu
légèrement pour se chiffrer à 35,8%. La
formation de Gilles Duceppe a désormais le PLC en plein
dans son rétroviseur (34,1%).
« Libéraux et conservateurs restent pris dans une
course très serrée à l’échelle
nationale, mais le pays est caractérisé par une
série de courses régionales différentes,
explique Nik Nanos, président de la firme de sondage.
Les conservateurs restent forts dans l’Ouest tandis que les
libéraux obtiennent de bons scores dans les Maritimes,
au Québec et en Ontario. »
L’économie préoccupe moins
Le sondage a été mené du 30 juillet au 2
août, soit une semaine après que le gouverneur de
la Banque centrale du Canada, Mark Carney, eut annoncé
la fin de la récession. Mais c’était avant que
Statistique Canada révèle la perte de 45 000
emplois au pays.
Si les intentions de vote restent stables par rapport à
sa dernière enquête, réalisée il y
a deux mois, le sondeur perçoit un changement dans les
préoccupations des Canadiens. L’économie et
l’emploi restent le principal enjeu électoral, mais
dans une proportion de 30,5%, soit 5,4 points de moins qu’au
dernier sondage. En revanche, les électeurs sont de
plus en plus préoccupés par la santé
(26,9%).
Selon Nik Nanos, le lent retour à la normale de
l’économie devrait changer la donne électorale,
car la santé et l’environnement devraient retrouver
leur place au coeur des débats. « Cela pourrait
avoir un impact significatif sur les discours politiques
durant la prochaine campagne électorale »,
estime-t-il.
Le sondage a été mené auprès de
1002 Canadiens. Il comporte une marge d’erreur de 3,4 points
de pourcentage, 19 fois sur 20. La marge d’erreur est plus
élevée au Québec (6,7%).
Michael Ignatieff en baisse dans les sondages La lune de miel
est terminée
Même si la cote du chef recule, la popularité du PLC au
Québec continue d’avancer en dents de scie.
— Michael
Ignatieff ne pourra faire l’économie d’efforts et d’une
stratégie précise pour séduire les
Québécois. L’engouement pour le chef
libéral paraît s’essouffler. On est loin de la
lune de miel du mois d’avril où 45% des
Québécois estimaient qu’il ferait le meilleur
premier ministre du Canada.
Selon le plus récent sondage CROP réalisé
du 11 au 18 juin, 35% des gens jugent que le chef
libéral serait le meilleur premier ministre, une
seconde baisse, de quatre points de pourcentage, en autant de
mois où le Bloc québécois a
multiplié les attaques contre le chef libéral.
L’enquête se déroulait pendant la partie de bras
de fer entre MM. Harper et Ignatieff autour de possibles
élections estivales. Les déboires de la ministre
Lisa Raitt et la crise du réacteur de Chalk River
ajoutaient à l’ambiance générale.
Stephen Harper ne devrait pas se réjouir de ce
refroidissement. Seulement 14% des gens voient le conservateur
dans les souliers d’un premier ministre, même s’il les
chausse déjà. M. Harper perd un point de
pourcentage par rapport au mois de mai; sa popularité a
diminué de moitié depuis le départ de
Stéphane Dion du PLQ.
Le néo-démocrate Jack Layton ferait l’affaire
pour un Québécois sur quatre: 24% voient en lui
le meilleur premier ministre.
Pour
Maïalène Wilkins, analyste de CROP, le message est
clair pour M. Ignatieff. Il ne peut espérer surfer sur
la nouveauté pour obtenir l’appui des
Québécois. « Il devra aller plus loin,
être plus précis sur ce qu’il propose
auQuébec », estime Mme Wilkins.
Même si la cote du chef recule, la popularité du
PLC au Québec continue d’avancer en dents de scie.
C’était une pointe en juin: 35% des
Québécois disaient vouloir voter libéral,
trois points de pourcentage de plus qu’en mai. Inversement, le
Bloc a perdu cinq points durant cette période, passant
de 36 à 31%. Les libéraux étaient quatre
points derrière en mai, ils sont quatre points en haut
en juin. Depuis le début de l’année,
libéraux et bloquistes s’échangent la
première place.
Mais, de sondage en sondage, une lecture demeure
inchangée. Les carottes sont cuites pour les
conservateurs québécois. Ils étaient
à 13% en juin, après deux mois à 15%.
Depuis le départ de Stéphane Dion, ils n’ont
jamais dépassé 18% d’appuis, eux qui avaient
récolté 22% aux élections d’octobre 2008.
Le NPD fait un bond surprenant de cinq points, à 17%
dans ce sondage. Chez les francophones, le Bloc mène
avec 36% des intentions de vote, suivi des libéraux six
points derrière. Le NPD devance nettement les
conservateurs à 17% contre 12%.
La satisfaction à l’endroit du gouvernement Harper
s’est un peu améliorée, mais reste bien
inquiétante pour les conservateurs
québécois. Désormais 62%
desQuébécois sont mécontents du
gouvernement – 3% de moins qu’en mai. Une personne sur trois
(34%) est satisfaite, 2% de plus que le mois
précédent. En août 2008, à deuxmois
des élections, 52% des Québécois
étaient satisfaits du gouvernement, contre 42% de
mécontents.
Les libéraux s’essoufflent
Les troupes
d’Ignatieff mènent toujours, mais leur avance diminue
— Le Parti libéral détient toujours une avance
sur le Parti conservateur dans les intentions de vote, mais
les troupes de Michael Ignatieff semblent avoir perdu leur
élan des derniers mois après avoir brandi la
menace de provoquer des élections estivales la semaine
dernière.
C’est du moins ce que suggère le dernier sondage
réalisé par la firme Nanos pour le compte de La
Presse. Ce sondage a été mené du 17 au 21
juin, soit après que le chef libéral Michael
Ignatieff eut menacé de renverser le gouvernement
minoritaire de Stephen Harper aux Communes s’il ne se pliait
pas à quatre conditions.
Si des élections avaient eu lieu aujourd’hui, le Parti
libéral aurait obtenu 36,3% des votes – une chute d’un
point de pourcentage par rapport au mois
précédent – alors que le Parti conservateur en
aurait récolté 32,2%, soit 0,4 point de
pourcentage de plus qu’en mai. Le NPD aurait pour sa part
recueilli l’appui de 16,8% des Canadiens, tandis que le Parti
vert aurait obtenu 9,8% des voix.
Au Québec, le Bloc québécois a repris la
tête dans les intentions de vote avec 38%
comparativement à 35,4% au Parti libéral,
à 14% au Parti conservateur et à 10,8% au NPD.
« Le dialogue entre Harper et Ignatieff a profité
aux conservateurs en Ontario. Historiquement, les Ontariens
sont davantage préoccupés par le ralentissement
économique que les autres Canadiens. Mais l’attention
qu’accorde Ignatieff à la question du programme
d’assurance emploi a moins d’écho en Ontario que dans
les autres régions, comme les provinces atlantiques ou
le Québec », a souligné Nik Nanos,
président de la firme qui porte son nom.
En Ontario, le Parti conservateur a vu ses appuis bondir de
près de 10 points de pourcentage en un mois pour
atteindre 42,4%, devançant ainsi le Parti
libéral, qui obtient 40,9%. L’appui aux libéraux
est demeuré stable dans la province la plus populeuse
du pays, mais les troupes de Michael Ignatieff n’ont plus
l’avance de 10 points qu’ils détenaient sur les
conservateurs le mois dernier.
Étant donné que ses appuis sont
concentrés dans la région de Toronto, le Parti
libéral doit avoir une avance d’au moins cinq points
dans les intentions de vote en Ontario pour remporter la
majorité des 106 sièges que détient la
province à la Chambre des communes. Le Parti
conservateur a siphonné ses appuis principalement au
NPD et au Parti vert en Ontario.
Michael
Ignatieff avait menacé d’emboîter le pas au Bloc
québécois et au NPD en votant contre les
crédits budgétaires avant la fin de la session
parlementaire si le gouvernement Harper ne répondait
pas à ses demandes. Ce geste aurait provoqué des
élections le 27 juillet.
Le chef libéral exigeait que le gouvernement
conservateur dévoile avant les vacances estivales la
réforme du programme d’assurance emploi qu’il
envisageait; qu’il détaille les dépenses
réalisées dans les projets d’infrastructures ;
qu’il précise le plan d’Ottawa pour pallier la
pénurie d’isotopes médicaux et qu’il indique
comment le gouvernement comptait rétablir
l’équilibre budgétaire.
Après trois rencontres avec le premier ministre Harper,
le chef libéral n’a obtenu que la création d’un
comité bipartisan qui étudiera pendant
l’été les réformes possibles du
régime d’assurance emploi. Ce comité devra
soumettre un rapport au plus tard le 28 septembre. Le Parti
libéral a aussi obtenu une journée de
l’opposition aux Communes deux jours après le
dépôt de ce rapport. Les libéraux pourront
donc profiter de cette journée pour déposer une
motion de censure contre le gouvernement Harper et forcer la
tenue d’élections fédérales le 9
novembre.
Cela dit, Stephen Harper doit tout de même profiter de
l’été pour redorer son blason auprès des
électeurs. En effet, les Canadiens sont plus
susceptibles d’avoir une image négative du premier
ministre que du chef libéral. Seulement 27% des
Canadiens disent avoir une impression positive ou plutôt
positive de M. Harper, alors que 41,9% soutiennent le
contraire.
Dans le cas de Michael Ignatieff, près de la
moitié des Canadiens ne savent que penser du chef
libéral ou disent avoir une impression neutre de lui.
Par contre, 27,8% des répondants ont une impression
positive ou plutôt positive de M. Ignatieff, alors que
22,6% disent le contraire.
« Il est évident que les conservateurs doivent
rebâtir l’image de Stephen Harper, en particulier au
Québec. Mais les libéraux doivent pour leur part
s’atteler à la tâche de définir qui est
Michael Ignatieff. Beaucoup de gens ignorent qui il est
», a noté Nik Nanos.
Ce sondage a été réalisé
auprès de 1004 Canadiens. Il comporte une marge
d’erreur de 3,1%, 19 fois sur 20. Toutefois, la marge d’erreur
est plus élevée dans le cas des résultats
régionaux (plus ou moins 6,2% au Québec ; plus
ou moins 5,7% en Ontario).
Essor
des Libéraux - La peau de l’ours - Lysianne Gagnon
Le PLC
brûle de déclencher des élections. Mais il
souffre, en quelque sorte, de son succès dans les
sondages.
Bien qu’un sondage Ipsos-Reid
indique que la cote du PLC est en hausse, Stephen Harper (photo)
reste, dans l’ensemble du pays, un leader plus crédible
que le chef libéral, par 43% contre 33%.
En Ontario, le PLC mène par une dizaine de points, mais
c’est du Québec qu’est venu, récemment, la divine
surprise: selon CROP, les libéraux devancent le Bloc
québécois de six points (37 à 31), les
conservateurs traînant de la patte avec un maigre 15%
d’appuis. Et le niveau d’insatisfaction envers le gouvernement
Harper a grimpé jusqu’à 61%, un taux
inhabituellement élevé si peu de temps
après une élection.
À partir de ces chiffres, L. Ian MacDonald de la Gazette
estime que si des élections avaient eu lieu la semaine
dernière, les libéraux auraient remporté 40
circonscriptions québécoises, le Bloc, seulement
30, et que le PC serait réduit à la portion
congrue, avec cinq circonscriptions concentrées dans la
région de Québec…
Mais si les libéraux enlèvent leurs lunettes
roses, ils verront qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours
avant de l’avoir tué.
Primo, un sondage Ipsos-Reid indique que si la cote du PLC est
en hausse, Stephen Harper reste, dans l’ensemble du pays, un
leader plus crédible que le chef libéral, par 43%
contre 33%. Il est vrai que M. Ignatieff est très peu
connu du grand public. Gagnera-t-il, ou perdrat-il à
être mieux connu?
Deuzio,
même si M. Ignatieff se démène pour combler
le fossé gigantesque qui sépare son parti de
l’électorat de l’Ouest (jusqu’à se faire, avec
quelques nuances, le champion de l’exploitation des sables
bitumineux d’Alberta), le PLC reste un corps étranger
dans la moitié ouest du pays.
Tertio, la partie est loin d’être gagnée pour les
libéraux au Québec. L’expérience des
dernières années montre que le Bloc, en
définitive, réussit toujours à sauver sa
mise. L’effet « nouveauté » qui joue
actuellement en faveur de Michael Ignatieff pourrait
s’émousser lorsque les nationalistes
québécois constateront que le chef libéral
est bien plus centralisateur que le laissait croire son appui
rhétorique au concept de « nation », et ils
reviendront en masse dans la serre chaude familière du
Bloc. Or, la seule vraie victoire libérale au
Québec serait non pas de supplanter les Tories comme
premier parti fédéraliste, mais de devancer le
Bloc – à tout le moins de lui tenir tête en lui
faisant perdre un certain nombre de comtés.
Malgré ces inconnues, le PLC brûle de
déclencher des élections. Mais il souffre, en
quelque sorte, de son succès dans les sondages. Il faut
être deux pour danser le tango, mais à la Chambre
des communes, il faut être trois pour avoir des
élections ou, plus précisément, pour
renverser le gouvernement. Or, ni le NPD ni le Bloc n’y ont
intérêt. Et plus l’étoile du PLC montera,
moins ils y auront intérêt.
Le NPD voit ses appuis s’effriter au profit des libéraux.
Des élections risqueraient de lui faire perdre un certain
nombre de sièges. Le Bloc québécois, bien
assis sur le quasi-monopole qu’il exerce sur le Québec,
est en meilleure posture, mais il est plus vulnérable,
face au PLC revigoré par l’arrivée de Michael
Ignatieff, qu’il ne l’était face à Stéphane
Dion.
Tout ce qu’il reste à faire au gouvernement Harper pour
s’assurer la neutralité bienveillante des deux tiers
partis, c’est de leur céder sur quelques points
secondaires, histoire de permettre à leurs chefs de
justifier leur appui au gouvernement. es libéraux de
Michael Ignatieff flottent ces temps-ci sur un petit nuage rose
: de toutes parts, les sondages annoncent que leur formation est
en nette remontée ; la caisse du parti, qui était
à sec sous le règne de Stéphane Dion, a
commencé à se remplir; il y a une petite
excitation autour du nouveau chef, qui est certainement une
personnalité plus intéressante que la moyenne de
la classe politique.
À
part Denis Coderre? - ANDRÉ PRATTE
Les
libéraux fédéraux du Québec ont eu
peu d’occasions de se réjouir au cours des
dernières années. On imagine leur bonheur à
la lecture des résultats du plus récent sondage
CROP– La Presse montrant que leur parti a devancé le Bloc
québécois dans les intentions de vote.
S’agit-il d’un phénomène durable, d’un «
retour à la normale », comme le soutenait hier
notre collègue Alain Dubuc? Peut-être. Cependant,
il y a loin de la coupe aux lèvres, d’un sondage aux
élections générales.
Le sursaut du PLCrésulte d’abord de l’affaissement du
Parti conservateur, phénomène
irrémédiable en raison de l’entêtement
idéologique du gouvernement Harper et de son
incapacité à expliquer ses politiques aux
Québécois. Le Bloc québécois aurait
aussi perdu quelques plumes depuis les élections de
l’automne, mais cela ne signifie pas grandchose. Gilles Duceppe
a bien raison de dire: « Je ne commente pas les sondages,
je gagne les élections. » On ne compte plus les
sondages qui ont annoncé le déclin du parti
souverainiste au cours des ans; la formation fondée par
Lucien Bouchard a toujours su rebondir et triompher au fil
d’arrivée.
Les assises du Bloc sont solides. Le parti s’appuie sur
l’inébranlable foi des souverainistes. Ses racines au
Québec sont profondes et étendues de sorte que les
bloquistes perçoivent avec une grande acuité le
pouls de l’électorat. Aucun autre parti
fédéral ne peut en dire autant.
L’arrivée de Michael Ignatieff à la tête
du PLC a certes suscité sympathie et curiosité. Au
Québec comme dans le reste du pays, M. Ignatieff doit
maintenant passer de la séduction à la persuasion.
Cela passe d’abord par sa capacité à convaincre les
Canadiens que son parti sera en mesure de bien gouverner le pays
dans les domaines de compétence fédérale, en
particulier l’économie, l’environnement et les affaires
étrangères.
Pour ce qui est plus spécifiquement du Québec, les
libéraux ne rendront service ni au Canada ni à
eux-mêmes en promettant ce que leur chef appelle avec raison
« des bonbons ». Il leur faut plutôt
développer une vision moderne, dynamique et
cohérente du fédéralisme canadien et du
rôle que les Québécois sont appelés
à y jouer.
Les libéraux doivent enfin se doter d’une équipe
québécoise forte. La petite députation
québécoise du PLC n’a pas réussi à
faire sa marque. Le lieutenant québécois de M.
Ignatieff, Denis Coderre, est apprécié pour son
inépuisable énergie et ses talents d’organisateur.
Mais il a l’allure et le discours du politicien des années
50. Il reflète mieux ce que le Parti libéral du
Canada a été que ce qu’il veut devenir.
L’extinction
du feu de paille Harper au Québec est porteuse
d’enseignements pour tout parti fédéral qui souhaite
faire unepercée dans la province. Une telle percée
ne réussira que si cette formation se dote d’une
organisation québécoise autonome et enracinée
dans tout le territoire. Il faut aussi une équipe de
candidats de fort calibre, capable de faire le débat
à armes égales avec la députation bloquiste.
De l’espoir, mais aussi des défis pour le
PLC
L’organisation
reste à rebâtir dans plusieurs régions du
Québec
« Il faut prendre (les résultats des sondages)
avec beaucoup d’humilité. Il faut s’assurer que cela se
poursuive jusqu’au jour des élections. »
OTTAWA — Les libéraux se réjouissent de voir
leurs appuis bondir dans les sondages au Québec depuis
que Michael Ignatieff est à la barre du parti. Mais ils
reconnaissent d’emblée qu’ils ont toujours un gros
défi à relever: rebâtir l’organisation
dans plusieurs régions de la province.
Après trois ans sur les banquettes de l’opposition, les
libéraux croient qu’une victoire aux prochaines
élections fédérales est plus que jamais
possible. Toutefois, la différence entre une victoire
et une autre défaite électorale dépendra
de la qualité de l’organisation sur le terrain. Et la
machine libérale a été
décimée à l’extérieur de la grande
région de Montréal dans la foulée du
scandale des commandites, à partir de 2004.
L’objectif des troupes de Michael Ignatieff est d’arracher la
victoire dans au moins 30 des 75 circonscriptions que compte
le Québec à la Chambre des communes aux
prochaines élections, soit environ le double de ce que
les libéraux détiennent présentement (14
sièges).
« Nous sommes encore en mode reconstruction. Cela
demeure un défi, mais ça va bon train. Le chef a
donné son aval à une stratégie visant
à livrer une dure bataille dans les 308
circonscriptions. Alors nous travaillons à mettre cela
en oeuvre dans chacune des circonscriptions du Québec
», a affirmé hier à La Presse Steven
MacKinnon, ancien directeur national du Parti libéral
qui préside le comité du renouveau du parti.
De bonnes nouvelles
Un sondage CROP réalisé pour le compte de La
Presse, publié hier, révèle que le Parti
libéral récolte 37% des intentions de vote au
Québec, contre 31% au Bloc québécois, 15%
au Parti conservateur et 12% au NPD. C’est la première
fois en cinq ans que les libéraux devancent les troupes
de Gilles Duceppe au Québec. La dernière fois,
c’était en février 2004, avant
l’éclatement du scandale des commandites.
Les résultats de ce sondage ont donné des ailes
aux libéraux, qui se réunissent à
Vancouver à partir d’aujourd’hui pour un congrès
national de trois jours. Durant ce congrès, auquel
quelque 1500 militants libéraux sont attendus, Michael
Ignatieff sera officiellement confirmé comme chef du
Parti libéral.
« Le
sondage confirme le bris de confiance entre les
Québécois et le Parti conservateur. Pour nous,
ce sont de bonnes nouvelles. Cela nous donne le sourire. Mais
en même temps, il faut prendre cela avec beaucoup
d’humilité. Il faut s’assurer que cela se poursuive
jusqu’au jour des élections », a commenté
le député libéral
Pablo Rodriguez.
L’atout Ignatieff
En privé, des stratèges libéraux
soutiennent que Michael Ignatieff est un véritable
atout pour le Parti libéral au Québec, comme le
démontre le sondage CROP. Ils soutiennent que son
discours de la fin mars à Laval, où il a
exhorté les Québécois à reprendre
la place qui leur revient dans la gouvernance du pays, a eu
des échos positifs partout au Québec.
Ils soutiennent aussi que Michael Ignatieff a affiché
une ouverture certaine envers les Québécois en
affirmant qu’il est tout à fait normal d’être
Québécois d’abord et Canadien ensuite, ce qui
devrait séduire certains nationalistes.
Ils soulignent d’ailleurs que des Québécois
influents ont accepté de travailler à donner une
nouvelle crédibilité au parti dans la province.
À titre d’exemple, l’avocat Marc-André
Blanchard, qui a oeuvré au sein du Parti libéral
du Québec pendant plusieurs années, a
accepté de coprésider la campagne du PLC au
Québec aux prochaines élections.
Chose certaine, le congrès libéral qui s’ouvre
aujourd’hui devrait se dérouler dans la plus grande
harmonie. Pour la première fois en près de 40
ans, la famille libérale semble unie. Durant le
congrès, Jean Chrétien et Paul Martin, qui se
sont livré une lutte sans merci pour la direction du
PLC il y a quelques années, seront bien en vue. Les
deux anciens premiers ministres ont été
invités à prononcer des discours devant les
militants.
Un politicien caché dans l’intellectuel?
M. Ignatieff est
sans contredit plus intellectuel que politicien. Mais il apprend
vite, dit-on dans son entourage. Il n’aura pas le choix, s’il
veut survivre dans ce job, parce que, autour de lui, gravitent
des bêtes politiques à la dent longue.
Michael Ignatieff a mis près d’une décennie
à écrire le 16e de ses livres, Terre de nos
aïeux, qui raconte l’histoire de la branche maternelle de
sa famille et expose sa vision du patriotisme canadien.
À l’époque où il a entrepris la
rédaction de ce bouquin, il ne savait certainement pas
qu’il sortirait à un moment aussi opportun de sa
carrière politique, mais le timing de sa parution ne
pouvait mieux tomber.
Comme Barack Obama, Michael Ignatieff retrace les origines et le
parcours de sa famille pour élaborer sa propre vision de
son pays. L’exercice a bien fonctionné pour Barack Obama.
En plus de faire une fortune avec ses livres, il a réussi
à se définir lui-même avant que ses
adversaires républicains ne le fassent avec leurs
publicités négatives.
Michael Ignatieff sera-t-il aussi bien servi par sa plume?
D’abord, chose certaine, il ne gagnera pas autant d’argent que
le président des États-Unis avec sa prose. Le
marché canadien est trop petit et l’intérêt
pour nos politiciens, trop étriqué.
Politiquement, il n’est pas certain non plus que Terre de nos
aïeux soit aussi payant pour Michael Ignatieff que ne l’ont
été Dreams from My Father et The Audacity of Hope
Barack Obama.
Le principal défaut du livre de M. Ignatieff,
paradoxalement, est aussi sa plus grandequalité: il
s’agit d’une réflexion intellectuelle de haut niveau.
L’intelligence du chef libéral est connue et reconnue,
là n’est pas le problème. La question est de
savoir s’il y a un politicien caché dans cet
intellectuel.
pour deux cultures, dans deux civilisations, dans deux
manières de voir la vie. Je crois que c’est quelque chose
d’absolument fondamental pour l’identité canadienne.
»
Voilà la vision d’un universitaire cosmopolite qui a
fréquenté l’élite intellectuelle
internationale, mais certainement pas celle du Canadien moyen.
Combien de gens de BaieComeau, Mississauga, Moose Jaw ou
Vancouver vivent leur vie, quotidiennement, dans les deux
langues? Combien estiment qu’il s’agit d’un
élément « fondamental » de leur
identité?
Même romantisme pour des sujets plus terre-à-terre,
comme le TGV. Marqué par l’expérience de ses
aïeux, qui ont construit le pays sur un chemin de fer, M.
Ignatieff rêve de poursuivre l’épopée avec
un
Au cours des dernières semaines, le chef libéral a
eu quelques accrochages avec son lieutenant
québécois, Denis Coderre, dont une dans le foyer
de la Chambre des communes et une autre au caucus des
députés. Le chef libéral a notamment
indiqué à son lieutenant qu’il n’aimait pas la
façon dont se déroulent les choses pour son parti
au Québec.
M. Ignatieff
aurait aussi perdu patience lors de la rencontre de l’aile
québécoise de son parti à Laval, à
la fin mars.
Selon des sources fiables, Denis Coderre «
interprète son mandat de lieutenant un peu trop largement
», ce qui a provoqué des frictions avec son chef.
« Denis travaille très fort, mais il ne fait pas
l’unanimité et tout le
Pour le moment, même ses proches collaborateurs n’ont pas
réponse à cette angoissante question. Et ils ne la
trouveront pas dans Terre de nos aïeux, qui présente
une vision plutôt romantique du Canada.
Prenez, par exemple, les passages sur le bilinguisme,
résumés ainsi par M. Ignatieff dans une entrevue
à mon collègue Joël-Denis Bellavance: «
(…) Nous sommes l’un des rares pays où nous faisons ces
traversées chaque jour entre deux phrases. Je vis ma vie
dans les deux langues. Cela veut dire dans TGV, sans toutefois
s’avancer sur les considérations financières ou
techniques d’une telle aventure.
Barack Obama aussi rêvait éveillé dans ses
bouquins, direzvous. Vrai, mais il a démontré
très tôt dans sa carrière un flair et un
talent politique indéniables.
M. Ignatieff, lui, est sans contredit plus intellectuel que
politicien. Mais il apprend vite, dit-on dans son entourage. Il
n’aura pas le choix, s’il veut survivre dans ce job, parce que,
autour de lui, gravitent des bêtes politiques à la
dent longue. monde sait qu’il rêve lui-même de
devenir premier ministre, indique un libéral influent
à Ottawa. Il pousse trop, il bouscule parfois des gens,
qui s’en sont plaints au chef. Michael (Ignatieff) a eu
l’impression à unmoment donné que Denis
était passé par-dessus lui et il a mis son pied
à terre. »
Au sein de l’aile québécoise du PLC, on reproche
par ailleurs à M. Coderre d’avoir ramené le
publicitaire Yves Gougoux, de la maison BCP, dans le giron
libéral. L’affaire crée un malaise parce que le
nom de M. Gougoux rappelle la commission Gomery sur le scandale
des commandites, au moment où les libéraux croient
pouvoir tourner enfin cette désagréable page de
leur histoire.
La firme BCP et son patron n’ont jamais été
accusés de quoi que ce soit, mais le passage du
célèbre publicitaire devant le juge Gomery avait
fait des vagues il y a quatre ans. On avait alors appris que M.
Gougoux avait des liens étroits avec l’ancien premier
ministre Jean Chrétien et avec le PLC. De 1994 à
2003, les années Chrétien, BCP avait obtenu du
fédéral des contrats d’une valeur de 300 millions
de dollars. M. Gougoux avait défendu bec et ongles
l’intégrité de son entreprise, affirmant qu’elle
avait suivi les règles d’obtention des contrats.
L’ancien fonctionnaire Chuck Guité avait quant à
lui affirmé que « quelqu’un au bureau du premier
ministre » était intervenu en faveur de BCP dans un
cas précis.
Yves Gougoux est de retour dans les bonnes grâces du PLC
et il a repris du service. Il a notamment aidé Michael
Ignatieff, la semaine dernière, à préparer
son passage à l’émission Tout le monde en parle.
Le patron de BCP a même été pressenti pour
devenir vice-président de la campagne libérale au
Québec. Son emploi du temps ne lui permettait toutefois
pas de commencer en mars, tel que voulu par le PLC.
L’« iggymanie» , ou la Nostalgie chronique
- Lysianne Gagnon
Pour
l’instant, l’« iggymanie » est un
phénomène qui n’existe que dans l’imagination
des nostalgiques de Pierre Elliott Trudeau.
Le Globe and Mail est allé jusqu’à publier,
samedi, une pleine page de vieilles photos de Pierre Elliott
Trudeau, pour marquer l’ascension du nouveau « roi
philosophe ». Il faut croire qu’Iggy fera l’affaire,
à défaut du fils biologique, l’aimable Justin en
qui les libéraux du Canada anglais, dans l’aveuglement
de la passion, ont un moment cru voir la réincarnation
de leur héros.
M. Ignatieff ne s’est pas privé de jouer sur ce
thème-là, affirmant que ce congrès lui
rappelait l’atmosphère électrisante du
congrès de 1968 où M. Trudeau avait
été élu à la tête du parti.
M. Ignatieff y assistait, comme jeune
délégué. Mais il a la mémoire qui
flanche, car il n’y a aucune comparaison entre les deux
événements.
M. Trudeau avait été élu au
quatrième tour de scrutin – ce qui, bien sûr,
allait engendrer une extraordinaire excitation – alors que M.
Ignatieff, déjà élu par le caucus
libéral l’hiver dernier, a été platement
confirmé dans ses fonctions par un congrès
certes heureux et uni, mais beaucoup moins
fréquenté que celui de 1968, qui s’est tenu
à une époque où le PLC, riche en fonds et
riche en militants, se vautrait dans les délices du
pouvoir. Rien à voir avec le PLC appauvri et maigrichon
qui ne vit actuellement que d’espoir.
Le contexte
est également tout à fait différent. La
« trudeaumanie » tenait en grande partie au fait
que Pierre Elliott Trudeau incarnait la réponse au
« séparatisme » qui montait au
Québec et venait de recevoir le puissant appui du
Général de Gaulle. Contrairement à M.
Ignatieff, qui rêve d’un grand rôle international
pour le Canada, M. Trudeau était essentiellement
hanté par la question du Québec. C’est cela,
plus que tout autre motif, qui l’a conduit en politique,
à une époque où, justement, le Canada se
cherchait un sauveur pour maintenir l’unité nationale.
Aujourd’hui, la question nationale ne se pose plus –
même pas au Québec, où les
péquistes eux-mêmes ont plus ou moins jeté
l’éponge.
Les deux hommes ont moins en commun qu’on ne l’imagine.
Certes, tous deux étaient, avant leur entrée en
politique, des penseurs politiques et des intellectuels jouant
un rôle public. Autres points communs: le charme
personnel, l’allure patricienne, la culture classique
humaniste. Mais M. Trudeau, en 1968, avait depuis longtemps
fait ses classes en politique, et était
déjà très connu au Canada. Ce
célibataire séduisant de 49 ans incarnait la
liberté et l’anticonformisme à une époque
où la jeunesse menait le monde. À 62 ans, M.
Ignatieff projette une image plus conservatrice.
Ce dernier est un romantique, dont les idées politiques
sont souvent vagues et fluctuantes, tandis que M. Trudeau
avait des idées claires et précises,
marquées par une rationalité toute
cartésienne. Autant M. Ignatieff est conciliant, autant
M. Trudeau aimait la bataille et la provocation. M. Trudeau
pouvait être un conférencier très
ennuyant, mais lorsqu’il s’enflammait (comme au
référendum de 1980), il se
révélait extraordinaire orateur, ce qui n’est
pas le cas de M. Ignatieff, toujours un peu sentencieux quand
il est au micro.
Il est trop tôt pour prédire l’impact qu’aura M.
Ignatieff, parce qu’il est encore peu connu du grand public.
Mais pour l’instant, l’« iggymanie » est un
phénomène qui n’existe que dans l’imagination
des nostalgiques de Pierre Elliott Trudeau. a nostalgie des
anglophones pour Pierre Elliott Trudeau a pris les dimensions
d’une véritable maladie chronique, qui vient de se
manifester encore une fois par une montée de
fièvre. Au congrès où les libéraux
ont acclamé Michael Ignatieff – que certains, à
commencer par lui-même, voient comme l’héritier
de l’ancien chef –, les comparaisons ont repris de plus belle.
« Je suis du milieu, je comprends les enjeux
» - Karim Benassaieh
Un gouver
nement l i béra l dirigé par Michael
Ignatieff doubler a i t l e budget du Conseil des arts du
Canada, un engagement de plus de 180 millions par
année, en plus de restaurer et bonifier les
programmes de promotion culturelle à
l’étranger.
Le chef
libéral a fait cette promesse hier matin à
l’issue d’une rencontre qu’il a tenue à
Montréal avec différents acteurs de la
scène culturelle, dont l e s r e s ponsables de
l’Orchestre symphonique de Montréal, ceux de l’A
DISQ et du monde du théâtre.
« Je ne suis pas un homme politique comme les
autres, j’ai été romancier,
scénariste, docu menta r i s t e, j ’a i véc
u l’angoisse et aussi la liberté des
créateurs, a déclaré M. Ignatieff. Je
suis du milieu, je comprends les enjeux. » Il s’en
est également pris aux compressions de 45 millions
imposées en 2008 par le gouvernement Harper dans
des progra mmes d’exportation culturelle. « C’est
une partie du rôle du Canada dans le monde. Ce sont
des gens comme Céline Dion, Robert Lepage, Robert
Charlebois qui ont donné sa réputation au
Canada. » Interrogé sur la pertinence de
promettre des millions alors que le déficit
atteindra la somme record de 56 milliards cette
année, Michael Ignatieff a assuré qu’il
était « prêt à faire des choix
difficiles ».
Les commandites continuent de coûter cher aux
contribuables - Joël-Denis Bellavance
OTTAWA — Les
factu res s ’a c c u mulent et l es c oûts continuent
de grimper. La G e n d a r mer i e roya le du Canada (GRC)
tarde à déposer des accusations contre
d’autres acteurs du scandale des commandites. Sept ans
après l’éclatement de ce scandale, les
contribuables continuent de payer la note.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a
dépensé près de 12,5 millions j
usqu’ici pour enquêter sur ce scandale politico - f i
na ncier da ns le cadre de son projet Carnegie depuis 2 0 0
2 , démontrent des documents obtenus par La Presse en
vertu de la Loi sur l’accès à l’information.
Cet t e s
omme c omprend essentiellement les salaires des
enquêteurs affectés à ce dossier ainsi
que leurs heures supplémentaires.
« Quel que soit le type d’enquêtes criminelles,
nous avons le devoir, lorsque nous les entreprenons, de
produire la preuve la plus complète possible et
prouver qu’il y avait eu une intention criminelle de
commettre ces gestes répréhensibles. Ce sont
des enquêtes complexes et ardues qui exigent rigueur
et expertise », a expliqué le sergent Bessette.
Marc Garneau remplace Denis Coderre -
Malorie Beauchemin
OTTAWA —
Sans surprise, c’est le député de Westmount et
ancien astronaute, Marc Garneau, qui a été
choisi par le chef libéral Michael Ignatieff pour
devenir le prochain représentant du parti au
Québec, en remplacement de Denis Coderre, qui a
claqué la porte la semaine dernière.
Après plusieurs jours de r u meu rs , M . Ig natief f
l ’a confirmé aux médias hier midi,
présentant M. Garneau comme « un héros
canadien, un collègue et un ami ».
PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS
Le
nouveau lieutenant du PLC au Québec, Marc Garneau,
député de Westmount et ancien astronaute
(à gauche), Michael Ignatieff, chef libéral
(au centre), et Pablo Rodriguez (à droite),
député d’Honoré-Mercier, qui devient
président du caucus des députés du
Québec, poste qu’occupait M. Garneau.
L e député d’ HonoréMercier, Pablo
Rodriguez, dont le nom avait aussi circulé en tant
que possible lieutenant, devient pour sa part
président du caucus des députés du
Québec, poste qu’occupait M. Garneau.
Volte-face
Après le départ fracassant de son lieutenant
québécois, M . Ignatieff avait d’abord a f fi
r mé qu’il ne nom merait pas de remplaçant
à M. Coderre, avant de se raviser et de choisir M.
Garneau. La constitution du parti prévoit en effet
qu’un « représentant du chef » doit
être membre du comité exécutif du PLC au
Québec.
« Je ne me compare pas avec M . Coderre. Moi, je suis
Marc Garneau, j e fais les choses à ma façon,
avec humilité, avec persévérance, avec
discipline, avec ouvertu re. C ’est ce que je va is faire
», a souligné le nouveau représentant, j
ugeant qu’il sera à la fois le porte-parole du chef
au Québec, ma is aussi les yeux et les oreilles de M.
Ignatieff.
« Mon rôle est d ’êt re à
l’écoute des Québécois et de m’assurer
que leurs intérêts soient
présentés à notre chef pour qu’il soit
bien informé », a expliqué le
député à l’issue de la période
de questions. Les derniers sondages démont rent que
le P a r t i l ibéra l peine à augmenter ses
appuis au Québec.
« Il ne sera pas sur la même orbite que M.
Coderre », a pour sa part commenté le chef du
Bloc québécois, Gilles Duceppe, au sujet du
style passablement différent du nouveau lieutenant.
Déclarations controversées
Premier
Canadien à aller dans l’espace, M. Garneau a
été élu pour la première fois
à la Chambre des communes aux dernières
élections, en octobre 2008. Il avait toutefois
été candidat en 2006 dans la circonscription
de VaudreuilSoulanges. Sa campagne avait alors
été marquée par des décla
rations controversées qui avaient mis son parti dans
l’embarras. M. Garneau avait notamment comparé la
souveraineté du Québec à l’invasion de
l’Irak par les États-Unis. Il avait aussi
affirmé qu’il quitterait le Québec si la
province devenait un pays. La députée sortante
du Bloc québécois, Meili Faille, avait
finalement maintenu son siège et fait mordre la
poussière au candidat-vedette du PLC.
M. Garneau était par la su ite resté
très acti f da ns le parti au Québec. Lors de
la course à la direction du parti de l’automne 2006,
il s’était rangé derrière Michael
Ignatieff, alors que c’est plutôt Stéphane Dion
qui avait été élu chef du Parti
libéral du Canada.
Le poste qu’occupe maintena nt l’a ncien astronaute aura
toutefois moins d’envergure que celui qu’occupait M.
Coderre. Un organisateur en chef, non élu, devrait
être nommé sous peu pour compléter
l’équipe sur le terrain.
« On ne va pas tarder, parce qu’il y a les partielles,
et on a beaucoup de choses à faire », a dit M.
Ignatieff, hier.
Élections complémentaires
Le Parti libéral a confirmé seulement en
milieu de semaine les candidats aux élections
complémentaires du 9 novembre dans deux
circonscriptions québécoises. Dans Hochelaga,
une forteresse bloquiste, c’est un spécialiste des
ONG caritatives (Alternatives, SUCO, Oxfam), professeur
à temps partiel à Concordia et à
l’Université d’Ottawa, Robert David, qui sera
candidat libéral. Le candidat libéral da ns
Montmagny– L’ Islet– Kamouraska–Rivière-du-Loup sera
Marcel Catellier, un retraité du ministère des
Ressources naturelles et maire de CapSaint-Ignace, petite
municipalité de la région.
Le chef a par ailleurs nommé le député
britanno-colombien Ujjal Dosanjh au poste de critique en
matière de défense nationale, après la
démission de M . Coderre. Redevenu simple
député, ce dernier est absent de la Chambre
des communes depuis qu’il a quitté ses fonctions de
lieutenant, le 28 septembre dernier. À son bureau
d’Ottawa, on assure que M. Coderre se trouve à
Montréal, au chevet de son père qui a subi une
opération récemment. Sur sa page Facebook, le
bouillant député n’a fait aucune intervention
depuis dimanche. Il avait alors affirmé qu’il serait
de retour à Ottawa après l’Action de
grâce.
La Chambre des communes faisant relâche la semaine
prochaine, le député devrait donc être
de retour le 19 octobre seulement. Comme les parlementaires
ne siégeaient pas non plus la semaine du 21
septembre, M. Coderre n’aura pas mis les pieds au parlement
depuis un mois.
Une question de principes, explique
Denis Coderre
S’il a
démissionné avec fracas de son poste de
lieutenant du Québec lundi dernier, c’est parce
qu’il sentait qu’il n’avait plus «
l’autorité morale » nécessaire, a
dit Denis Coderre à l’émission Tout le
monde en parle diffusée hier.
Denis
Coderre
a remis sa démission à titre de
lieutenant du Québec lundi dernier. « Je
voulais lancer un message », a-t-il
déclaré à l’émission Tout
le monde en parle diffusée hier soir.
À quelques reprises, il a redit toute sa
confiance en Michael Ignatieff, « que
j’apprécie grandement ».
Cela éta nt d it , « Den is Coderre a des
principes », a-til dit de lui en s’exprimant
à la troisième personne, ajoutant n’avoir
aucun regret.
Il jugeait important d’y être fidèle et il
trouvait nécessaire de dire tout haut ce qu’il
croyait juste.
En faisant son geste d’éclat, M. Coderre a
expliqué avoir voulu « lancer un message
» et s’est montré satisfait des
résultats. « Le message a été
entendu, maintenant, on va passer à autre chose.
»
Le
message en question : « Quand on fait des affaires
au Québec… s’il vous plaît, respectez les
autorités en place. »
Toute la controverse est venue du fait que le Parti
libéral a ultimement choisi Martin Cauchon comme
candidat dans la circonscription d’Outremont. Denis
Coderre a raconté qu’il avait eu au
préalable « une entente avec la candidate
et une poignée de main avec le chef », le
tout scellant la nomination de Nathalie Le Prohon.
Michael Ignatieff a-t-il renié la parole
donnée ? a demandé l’animateur Guy A.
Lepage. « Il y a eu des pressions et le chef a eu
à prendre une décision », a
répondu M. Coderre, faisant ici
référence à l’influence trop grande
des gens de Toronto qu’il a critiquée cette
semaine en démissionnant.
Quand il lui a été demandé si tout
cela justifiait son absence d’Ottawa toute la semaine –
il est toujours député – alors qu’un vote
crucial pour la survie du gouvernement était
tenu, Denis Coderre a soumis qu’il avait prévenu
que sa présence était requise à
Montréal toute la semaine pour des raisons
familiales. Son père, a-t-il relevé, se
faisait poser un stimulateur cardiaque.
Enfin, M. Coderre a dit n’avoir aucunement agi par
ambition personnelle mais en toute
fidélité à lui-même, à
sa volonté de dire ce qu’il pense et de ne pas
avoir recours à la « cassette » du
politicien typique d’aujourd’hui.
L’entrevue a été enregistrée jeudi.
Hier, lors du congrès de l’aile
québécoise du Parti libéral du
Canada à Québec, Michael Ignatieff a
lourdement insisté sur le devoir de
loyauté de ses troupes.
Chronique d’une catastrophe annoncée -
VINCENT MARISSAL
Si
tout avait fonctionné selon le plan initial de
Michael Ignatieff, nous serions, ce matin, en campagne
électorale.
Heureusement pour le chef libéral, Jack Layton
a non seulement sauvé le gouvernement Harper,
il a aussi épargné à Michael
Ignatieff l’embarras de se lancer en élections
au moment où son parti connaît une grave
crise interne.
Que le NPD permette aux conservateurs de survivre,
voilà qui éta it hautement
imprévisible. Les problèmes qui
accablent M . Ignatieff cette semaine, pa r contre,
étaient écrits dans le ciel.
La relation entre le chef libéral et son
ex-lieutenant a toujours été, comment
dire, aussi inusitée que hasardeuse. En plus,
M. Ignatieff n’a pas aidé sa cause en prenant
une série de décisions mal
avisées.
La première de ces décisions, même
les conseillers et les députés de M.
Ignatieff s’entendent là-dessus, aura
été de donner beaucoup trop de pouvoirs
à son a ncien lieutenant et de ne pas
prêter attention aux critiques sur ses
méthodes.
« Denis Coderre a fait le vide autour de lui, si
bien que personne n’arrivait à se rendre
jusqu’au chef, jusqu’au jour où est
arrivé Martin Cauchon », résume un
conseiller libéral à Ottawa.
L’autre erreur du chef libéral aura
été de ne pas se méfier
suffisamment des ambitions personnelles de son
ex-lieutenant. Pourtant, M. Ignatieff connaissait bien
M. Coderre et son caractère.
Pendant sa course à la direction en 2006
(remportée par Stéphane Dion), M.
Ignatieff avait admis à des proches se
méfier de cet organisateur un peu trop
zélé.
À cette époque, en sortant avec une
collègue de l’édifice de la presse
nationale, rue Wellington à Ottawa, je me
souviens d’avoir entendu clairement un commentaire de
M. Ignatieff à propos de Denis Coderre.
Je ne sais pas à qui il parlait, mais il avait
terminé l’appel en disant : « Et cette
fois, ne te laisse pas bousculer par Denis Coderre,
surtout. » M. Ignatieff avait affiché un
rictus figé en nous apercevant sourire
derrière lui…
La confiance n’a jamais été la
principale caractéristique de cette relation i
nusitée. Pourquoi l’avoir nommé
lieutenant, alors ?
«
Va u t m i e u x o c c u p e r Denis », m’avait
expliqué un proche de Michael Ignatieff l’hiver
dernier. Le chef libéral avait respecté
le vieux principe qui veut qu’en politique, on garde
ses amis près de soi, et ses ennemis encore
plus près.
Il faut d i re au ssi , à la décharge de
M. Coderre, qu’il n’a pas demandé ce poste. Il
en a hérité parce que personne n’en
voulait. Et puis, toujours pour être j uste
envers l’exlieutenant, tous ses collègues
vantent aujourd’hui son travail de lieutenant.
Mais comme le chef et ses conseillers ne faisaient pas
totalement confiance à M . Coderre, on lui a
adjoint des « chaperons », comme
MarcAndré Blanchard, un avocat prestigieux et
l’une des figures non publiques les plus influentes
chez les libéraux, aussi bien provinciaux que
fédéraux.
D’autres conseillers, comme Yves Gougoux ou Jean-Marc
Fournier, se sont aussi greffés dans l’orbite
d’Ignatieff, mais aucun dans des postes officiels et
à temps complet.
MM. Blanchard, Fournier et Gougoux sont des hommes
brillants et politiquement allumés, mais ils
ont tous un « vrai » job ailleurs. M.
Coderre, lui, ne fait que de la politique, 25 heures
sur 24. Pas étonnant qu’il ait pris beaucoup de
place.
Drôle d’idée pour un chef, tout de
même, de nommer un lieutenant en qui il n’a pas
pleinement confiance et des conseillers à temps
partiel dans la province la plus prometteuse.
D’autant plus que le mariage de raison entre les
libéraux provinciaux (MM. Blanchard et
Fournier) et fédéraux crée
toujours des remous.
Certains libéraux québécois sont
encore étonnés, par exemple, de voir l’a
nc ien député et ministre provincial
Jean-Marc Fournier dans le bureau du chef. Ils doutent
de l’allégeance de M. Fournier aux
libéraux fédéraux parce que son
organisateur dans Châteauguay, Daniel Rochette,
a aussi été l’organisateur du candidat
conservateur aux dernières élections
fédérales de 2008 (Pierre-Paul
Routhier).
Paranoïa ou doutes fondés, là n’est
pas la question. Ce que cela dit, c’est que
l’organisation de M. Ignatieff au Québec est
bancale.
Le chef libéral a pourtant reçu tous les
avertissements d’usage et les critiques dès son
arrivée à la tête du PLC.
Lorsqu’il a annoncé la composition de
l’équipe de son bureau, l’hiver dernier, tous
les commentateurs québécois ont
souligné d’une voix l’absence honteuse (et
suicidaire) de conseillers québécois
francophones «seniors». M. Ignatieff a
promis de corriger le tir, mais neuf mois plus tard,
le poids du Québec dans son bureau est toujours
inversement proportionnel aux ambitions des
libéraux dans la province.
C’est à croire que le fiasco de Paul Martin n’a
pas servi de leçon à Michael Ignatieff.
La bonne nouvelle pour les libérau x (il y en a
au moins une dans cette très mauvaise semaine),
c’est que le « cadeau » de Jack Layton
leur permettra maintenant de se ressaisir.
Peut-être que cela donnera aussi le temps
à leur chef de comprendre qu’il lui faudra
plus, pour gagner le Québec, que de
répéter dans chaque discours que ses
grands-parents sont enterrés dans les
Cantons-de-l’Est.
Coderre sous haute surveillance -
Joël-Denis Bellavance & VINCENT MARISSAL
OTTAWA —
Denis Coderre est désormais un député
sous haute surveillance par ses propres collègues
libéraux. Une autre sortie en règle contre
le chef libéral Michael Ignatieff et son entourage
« torontois » et il risque l’expulsion du
parti.
M . Ignatieff a d’ailleurs été contraint de
contenir la colère de plusieurs
députés libéraux à la
réunion du caucus cette semaine à Ottawa.
Ces députés ont réclamé le
départ de M. Coderre après sa
démission fracassante de lundi de son poste de
lieutenant politique.
« Des députés anglophones (N DL R : de
l’extérieur du Québec) ont parlé
ouvertement au caucus d’adopter un blâme et certains
discutaient même entre eux de l’expulser », a
confirmé une sou rce mêlée de
près au x discussions.
Mais des députés du Québec ont
rapidement fait valoir au chef libéral qu’expulser
M. Coderre risquerait d’empi rer la sit uation du parti
puisque cela aurait pour effet de faire du
député de Bourassa un « martyr
», ce qui pourrait lui valoir une vague de sympathie
au Québec.
« Je sais que ça s’est discuté et que
bien des gens sont en colère au sein du parti, mais
il faut éviter d’en arriver là, ce serait
une grave erreur », a estimé un
libéral influent.
Question de calmer le jeu, dès le début de
la réunion du caucus de mercredi, Michael I g
natief f a la ncé u n mot d’ordre à ses
députés : « Je vais m’occuper
moi-même de Denis Coderre, c’est moi qui vais
commenter l’affaire en public. »
En confirmant sa démission , M . Coder re a la
ncé u ne vér itable g renade en direction de
M. Ignatieff en affirmant que ses conseillers torontois
tentaient de prendre le contrôle de l’aile
québécoise du PLC. Il a fait cette sortie
après que M. Ignatieff eut renversé la
décision de M . C o d e r r e d ’e m p ê c h
e r Martin Cauchon de faire un retour en politique dans la
circonscription d’Outremont.
« Il y a des députés qui veulent
l’expulser du caucus. Un autre faux pas de sa part et il
sera éjecté », a confirmé
à La Presse une autre source libérale digne
de foi.
Ces députés sont d’autant plus en
colère que M. Coderre a accepté de pa r
ticiper à l’émission Tout le monde en parle
de Radio-Canada pour discuter de sa situation au sein du
Parti libéral, ce qui risque de prolonger la crise
actuelle que vivent les libéraux.
«
Com ment pouva it-il accepter de participer à une
telle émission qui sera diffusée le jour
même où le chef prononce un discours
important à Québec à l’occasion du
congrès de l’aile québécoise du PLC?
Il le savait très bien que cela avait lieu le
même jour », a commenté un
stratège libéral.
Malgré la grogne, les libéraux du
Québec estiment que ce serait « la pire chose
à faire que de mettre Denis Coderre à la
porte ».
« On en ferait un martyr et nous ne ferions
qu’empirer notre cas sur la place publique, a dit un
conseiller libéral. Nous sommes le Parti
libéral, on ne peut éjecter quelqu’un parce
qu’il s’exprime. Les députés de Terre-Neuve
ou de Colombie-Britannique sont loin de la
réalité québécoise, il faut
les calmer et leur expliquer les conséquences d’un
geste extrême. »
Dès mardi soir, des députés et des
conseillers québécois ont dû
rencontrer leurs collègues du reste du pays pour
tenter d’adoucir leurs sentiments à l’égard
de l’ex-lieutenant. L’histoire a fait du bruit au
Québec, mais elle a aussi fait la une des plus
grands quotidiens du Canada anglais mardi et mercredi,
aggravant encore la crise.
H ier matin, M ichael Ignatieff a tout de même
lancé u n avertissement à pei ne
voilé à son ancien lieutenant politique en
affirmant que le député « sait ce
qu’il doit faire » pour ne pas nuire aux
intérêts du parti.
Interrogé pour savoir s’il ne craignait pas que le
député de Bourassa jette encore de l’huile
sur le feu en participa nt à l’émission Tout
le monde en parle qui sera diffusée dimanche, M.
Ignatieff a déclaré : « M. Coderre
sait ce qu’est le P a r ti l ibéra l . M. Coderre
sait ce à quoi on s’attend de lui. »
« Dimanche, nous aurons un congrès à
Québec. J’attends ce congrès avec
impatience. On a perdu un individu. On n’a pas perdu
l’équipe. En fait, l’équipe est plus forte
que jamais. Il faut se concentrer sur cela. Vous allez
voir l’équipe en marche au congrès dans la
ville de Québec », a-til commenté.
M. Ignatieff a tenu à soul ig ner q u ’i l n ’e nt
re ten a it pas de rancune envers son ancien lieutenant
politique. Toute foi s , la déc ision de M. Coderre
aura des conséquences à long terme. «
C’est la politique. Il n’y a rien de personnel
là-dedans. Nous avons un grand caucus avec une
grande tradition. Pour chaque geste que l’on fait, il y a
des conséquences. Je suis très cla i r
là-dessus . M. Coderre le sait très bien
», a-t-il dit.

Pour sa part, M. Coderre a adopté un ton plus
conciliant ce matin sur le site de réseautage
Facebook. Il y affirme qu’il « souhaite que les
libéraux se rendent nombreux au Congrès du
PLC (Q) dimanche à Québec. Ma
démission doit être interprétée
comme une incapacité à faire mon travail de
lieutenant point. Il n’y a jamais eu de problèmes
au Québec ou avec le Québec ».
Denis Coderre
désavoué comme lieutenant
québécois du PLC / La grogne venait du
Québec - Joël-Denis Bellavance
& Vincent Marissal
OTTAWA — Dix jours avant la démission fracassante de
Denis Coderre, les membres québécois du conseil
national du Parti libéral du Canada avaient
officiellement demandé à Michael Ignatieff de
rappeler à l’ordre son ancien lieutenant.
En
annonçant sa démission, lundi, Denis Coderre
a accusé sans ambages les conseillers de Michael
Ignatieff à Toronto de tenter de diriger l’aile
québécoise du PLC. Depuis cette sortie, M.
Coderre a été discret. Il a brillé
par son absence aux Communes et il n’a pas
participé à la réunion du caucus
hier.
Selon ce qu’a appris La Presse, les représentants
québécois digéraient de plus en plus
mal certaines décisions de M. Coderre. Le style
parfois mordant qu’il utilisait pour imposer ses
décisions avait aussi laissé un goût
amer dans la bouche de plusieurs d’entre eux. Ses manoeuvres
pour barrer la route à Martin Cauchon dans la
circonscription d’Outremont ont été la goutte
qui a fait déborder le vase.
Les représentants québécois ont donc
profité d’une réunion du conseil national du
PLC, à Ottawa, le week-end du 19 septembre, pour
exiger que l’on inscrive à l’ordre du jour le
comportement de M. Coderre.
À l’issue de cette réunion, les quelque 30
membres du conseil national venus des quatre coins du pays
ont donné au président du Parti
libéral, Alfred Apps, le mandat de discuter du cas de
M. Coderre avec Michael Ignatieff.
« Le conseil national a unanimement
décidé d’aborder le dossier de M. Coderre avec
le chef. Ce n’était pas une cabale de conseillers de
Toronto contre M. Coderre. L’initiativeestvenue des
représentants du Québec au conseil national
», a affirmé à La Presse une source
libérale bien au fait de ce dossier.
Les Québécois Br igit te Garceau, Samuel
Lavoie, MarieReine Paré Paradis, Robert Fragasso et
Johanne Brodeur font partie du conseil national.
Lundi, M. Coderre a annoncé avec fracas qu’il
démissionnait de son poste de lieutenant politique au
Québec après que son chef eut annulé sa
décision de réserver la circonscription
d’Outremont à une femme d’affaires de
Montréal, Nathalie Le Prohon. Cédant à
la grogne qui prenait de l’ampleur au parti, M. Ignatieff a
plutôt décidé de permettre à
Martin Cauchon de revenir en politique dans Outremont et
demandé à MmeLe Prohon de se présenter
dans Jeanne-Le Ber.
En annonçant sa démission, M. Coderre a
accusé sans ambages les conseillers de Michael
Ignatieff à Toronto de tenter de diriger l’aile
québécoise du PLC.
Depu i s
cette sortie, M. Coderre a été discret. Il a
brillé par son absence aux Communes et il n’a pas
participé à la réunionducaucushier.
Il songe aussi à ne pas prendre part au
congrès biennal de l’aile québécoise
du PLC, qui doit avoir lieu dimanche à
Québec. M. Ignatieff, M. Cauchon et Mme Le Prohon y
seront.
M. Coderre pourrait donner encore du fil à retordre
à son chef en fin de semaine puisqu’il a
été annoncé hier qu’il participera
à la populaire émission Tout le monde en
parle de Radio-Canada. L’émission, qui est
enregistrée le jeudi soir, est diffusée le
dimanche soir et obtient des cotes d’écoute qui
dépassent le million.
D’autres griefs
Par ai l leurs, des mi l itants libéraux ont des
griefs à l’endroit de M. Coderre au sujet de
l’organisation du congrès de l’aile
québécoise. La Constitution du PLC stipule
que les membres de l’exécutif et du comité
de direction doivent être élus aux deux ans,
mais les équipes actuelles sont en poste depuis 27
mois, date du dernier congrès de l’aile
québécoise.
Selon les règlements du PLC-Québec, le
congrès biennal devrait s’étirer sur trois
jours, question de permettre de tenir les votes et de
débattre des propositions des membres. Mais le
congrès ne durera toutefois qu’une journée,
« histoire de gagner du temps », explique-t-on
au Parti libéral.
Des sources dans l’aile québécoise
reprochaient déjà la semaine dernière
à M. Coderre (avant sa démission) d’avoir
écourté leur congrès à une
seule journée et d’avoir mis le conseil de
direction devant un fait accompli à la
mi-septembre, deux semaines avant le congrès.
« M. Coderre était au téléphone
et il nous a dit que ce serait une journée, et
c’est ça qui est ça! Nous n’avons rien
décidé et Denis avait organisé le
congrès tout seul », résume un
libéral bien au fait des tiraillements internes au
PLC-Québec.
Des membres du conseil de direction ont alors fait
remarquer que les militants doivent recevoir un avis 90
jours avant le congrès, question de préparer
la plénière et d’obtenir des candidatures
aux postes électifs. « Coderre a
répondu qu’il ne voulait pas d’élection
contestée, donc, tout était
organiséd’avance sans qu’on puisse intervenir
», reprend notre source.
« Denis a organisé ça pas mal tout
seul, en effet » , confirme un autre libéral
influent qui a collaboré aux préparatifs du
congrès.
Après les incidents des derniers jours, la grande
question chez les libéraux du Québec est de
savoir si Denis Coderre sera au congrès. « On
espère qu’il sera là. Ça ne sera pas
facile pour lui, mais qu’il arrête de bouder, nous
voulons tourner la page », ajoute notre source.
Un gâchis - ANDRÉ PRATTE
La
démission de Denis Coder re du poste de lieutena nt
de M ichael Ignatieff au Québec met la touche
finale au gâchis qu’a provoqué le choix du
candidat libéral dans Outremont. Alors que l’aile
québécoise du PLC avait fait un bon bout de
chemin dans sa reconstruction, alors que les sondages
plaçaient les libéraux à
portée du Bloc québécois, cette
affaire a fait surgir des rancoeurs et des divisions
telles celles qui ont tant nui à la formation dans
le passé.
Les versions des faits étant contradictoires, il
n’est pas facile de départager les torts. On ne se
trompe sans doute pas en concluant qu’ils sont
partagés.
• Martin Cauchon et Denis Coderre auraient dû se
rencontrer il y a déjà quelques mois pou r
fa i re le poi nt sur les intentions du premier. M.
Cauchon a préféré contourner M.
Coderre tandis que ce dernier n’a rien fait pour tirer les
choses au clair.
• Une fois que la crise a éclaté, M .
Cauchon au ra it dû accepter de se présenter
dans Jeanne-Le Ber, comme le lui offrait son chef. Il
avait autant de chances de l’emporter là que dans
Outremont et cette avenue aurait permis à tout le
monde de sauver la
L e c
hef aya nt pr is sa décision, M. Coderre aurait
dû s’y plier.
• Chose certaine, en a n nonç a nt sa dém
ission , M. Coderre n’aurait pas dû s ’en prend re
à « la ga rde rappro c hée de Toronto
». Cette déclaration, dont Gilles Duceppe
s’est régalé, suivra les libéraux
pendant la campagne électorale.
Certains estiment que Michael Ignatieff a mal
géré toute cette h istoi re. Cette conclu
sion nou s appa ra ît excessive. Si le c hef s ’est
retrouvé avec une « patate chaude »
entre les ma i ns , c’est que ses subalternes et M.
Cauchon n’ont pas eu la volonté de trouver un
compromis honorable.
C h o s e c e r t a i n e , c ’e s t M. Ignatieff qui doit
maintenant réparer les pots cassés. Il a
choisi de ne pas remplacer M. Coderre au poste de
lieutenant pour le Québec. Il est vrai que les
candidats à ce poste ne sont pas nombreux.
Néanmoins, le chef libéral fait preuve de
témérité en laissant l’aile
québécoise ainsi décapitée.
Notamment, il accroît le risque que les
décisions concernant le parti au Québec
soient prises... pa r la « ga rde rapprochée
de Toronto ». L’expérience catastrophique des
conservateurs en 2008 confirme que la campagne
québécoise d’un parti fédéral
ne doit pas être dirigée par le «
national ».
Le
Parti libéral du Canada a aujourd’hui une chance de
se réimplanter au Québec. Il serait dommage,
pour le parti comme pour le pays, que l’ambition,
l’orgueil et l’entêtement de certains de ses leaders
lui fassent rater cette chance.
Mariage raté, divorce houleux -
VINCENT MARISSAL
En
dém ission na nt de son poste de lieutenant, Denis
Coderre a insisté sur la nécessité
des liens indéfectibles entre le titulaire de ce
poste et son chef.
Il a raison. Il aurait toutefois dû ajouter que la
principale qualité d’un lieutenant, en
échange de la confiance illi m itée de son c
hef, est d’être d’une loyauté tout aussi
indéfectible.
Depuis le premier jour, le couple Ignatieff-Coderre
était condamné au divorce.
Au sein du Parti libéral du Canada, tout le monde
recon na ît que M . Coderre est un organisateur
efficace et un travailleur infatigable. Tout le monde sait
aussi, par contre, qu’il entretient les plus grandes
ambitions, d’où cette boutade parmi les
libéraux : « Denis Coderre orga nise, mais
surtout, il s’organise. »
Michael Ignatieff a certes manqué de jugement
politique en désavouant son lieutenant et de
colonne vertébrale en pliant devant Martin Cauchon.
Cela dit, il n’y aurait pas eu de psychodrame à
Outremont si M. Coderre ne s’était pas senti
menacé par le retour de son rival.
Denis Coderre m’a déjà dit lui-même,
il y a quelques années, ne pas vouloir du poste de
lieutenant parce que c’est incompatible avec ses
ambitions. Les lieutenants ne deviennent pas chef, ils
servent leur chef.
M. Coderre s’est pris les pieds dans ses contradictions,
hier matin, en affirmant avoir toujours placé son
parti avant ses intérêts, alors que dans le
fond, sa décision est purement une affaire d’ego
meurtri. Lui qui dit avoir encore confiance en son chef
vient de lui asséner un coup dans les flancs en
disant tout haut qu’il est mou, manipulable et qu’il a
cédé aux pressions de l’establishment de
Toronto. Du petit lait pour le Bloc
québécois, les conservateurs et les
néo-démocrates, qui ne se gêneront
certainement pas pour utiliser les critiques de M.
Coderre.
Par ailleurs, Denis Coderre affirme ne rien avoir contre
Ma rtin Cauchon , ma is il remet clairement en question la
décision de son chef de lui avoir ouvert la porte
d’Outremont. Selon l’ex-lieutenant, cette déc ision
a été pr ise sous la pression d’une clique
torontoise qu i ne con na ît r ien du ter r a i n p
ol it iq ue québécois.
C’est
Toronto qui mène le PLC, dénonce M. Coderre.
Il a en grande partie raison. C’est bien là son
problème : il vient de déclarer la guerre
à la « garde rapprochée de Toronto
». Il a refusé de nommer ces «
conseillers torontois qui ont une méconnaissance
totale de la réalité sociale et politique
québécoise », mais il est
évident qu’il vise les Bob Rae ou Alf Apps, le
président du PLC.
Ce dernier a pris la peine de me téléphoner,
de Toronto j u s tement , vend re d i dernier, pour me
dire à quel point Michael Ignatieff avait bien
géré la crise CauchonCoderre dans Outremont.
Il a aussi vanté profusément D en is C o der
re (« qu i n’a jamais voulu tasser Martin Cauchon
», m’a-t-il dit) et s ’est félic ité
du retou r de M. Cauchon dans la famille libérale.
Hier, ce beau portrait de famille s’est soudainement
décomposé sous nos yeux.
Ci rconsc ri re les appu is de Martin Cauchon à
quelques conseillers de Toronto est certes
réducteur. Denis Coderre n’est pas sans savoir que
le principal supporter de M. Cauchon est Jean
Chrétien, qui est encore très pesant dans
l’establishment libéral.
Le retou r en force de Martin Cauchon au PLC n’est pas un
hasard et les appuis de pu issa nts l ibérau x ne
sont pas fortuits. S’il devait arriver malheur à
Michael Ig natief f au x pro c ha i nes élec tion s
, ce qu i est l oi n d’être impossible, il faudra
bien le remplacer. De toute évidence,
l’establishment du PLC préfère Martin
Cauchon à Denis Coderre.
Au-delà de la démission spectaculaire de
Denis Coderre, la j ournée d’hier marquait donc le
jour 1 d’une nouvelle cou rse non of ficielle à la
direction du PLC. Après la guerre ChrétienM
a r ti n , voic i la suite : Cauchon-Coderre.
Tout cela a des relents de vieilles chicanes, de guerres
de pouvoirs, de règlements de comptes.
Ce devait être la semaine de Michael Ignatieff, son
premier pas vers le pouvoir.
L e voilà plutôt empêtré da ns u
ne crise emba rrassa nte, obligé de répond
re au x c r it iq ue s de s on exlieutena nt . Ce deva it
être le procès du gouvernement Harper, cette
semaine aux Communes, mais c’est le chef libéral
qui se retrouve au banc des accusés pour manque de
jugement et d’instinct politique.
Pendant ce temps, Stephen Harper sillonne le pays en
distribuant les milliards et en vantant le bilan de son
plan de relance.
CODERRE CLAQUE LA PORTE - Joël-Denis
Bellavance & Hugo de GrandPré
Denis
Coderre n’a pas digéré que Martin Cauchon
lui soit imposé dans la circonscription
d’Outremont. Le député de Bourassa a
démissionné avec fracas et a vertement
critiqué les conseillers torontois de Michael
Ignatieff. Le chef du Parti libéral, qui a an
OTTAWA — Le chef du Parti libéra l, M ichael
Ignatieff, s’est évertué hier à
limiter les dégâts importants causés
par la démission fracassante de son lieutenant
politique au Québec, le député de
Bourassa Denis Coderre.
M . Ignatieff a convoqué les députés
de son caucus du Québec, inquiets de la zizanie qui
règne dans les rangs libéraux depuis deux
semaines, à son bureau, en fin de journée,
afin de les rassurer sur la suite des choses.
Aupa rava nt , deva nt les journalistes, le chef
libéral a dit regretter la décision du
bouillant député, mais il a aussi
affirmé que M. Coderre était un acteur parmi
d’autres au sein de l’équipe libérale au
Québec, soutenant que les Marc-André
Blanchard et Jean-Marc Fournier, issus de la
filière du Parti libéral du Québec,
jouent déjà un rôle important dans le
parti.
Tout en louant le travail de M. Coderre au cours des
derniers mois, M. Ignatieff a affirmé qu’il ne
comblera pas le poste de lieutenant du Québec.
« Je regrette sa démission, bien sûr,
parce que c’est un ami et un collègue. Je ne le
remplacerai pas pour le moment. Je n’aurai plus de
lieutenant au Québec », a dit M. Ignatieff,
affirmant que l’équipe qui reste poursuivra le
travail de renouveau du PLC.
Effet boule de neige
MaisledépartdeM. Coderre a provoqué une onde
de choc au sein des troupes libérales au
Québec, le jour même où Michael
Ignatieff a déposé une motion de censure
envers le gouver nement m i nor itaire de Stephen Harper.
En effet, quelques heures après la
conférence de presse du député de Bou
rassa , quatre de ses proches lui ont emboîté
le pas en remettant leur démission à M.
Ignatieff en guise de solidarité avec M. Coderre.
A insi,
l’orga nisateu r en chef du pa rti au Québec,
Pierre Lajeunesse, le président d’un comité
chargé d’approuver les candidats, Éric
Simard, un responsable du financement, Jean Rizzuto, et le
cousin de M. Coderre, Jea n-F ra nçois Coderre,
coordonnateur aux bureaux montréalais du parti, ont
tous claqué la porte.
P a r a i l leu r s , des i n formations la issa ient
entendre hier soir que Nathalie L e P rohon , qu i deva it
se présenter dans Outremont et qui a accepté
la semaine dernière de tenter sa chance da ns Jea n
ne-L e Ber pou r la isser le c ha mp libre à l ’a
nc ien m i n i s t re M a r t i n Cauc hon , recon
sidérera it son choix et songerait à ne pas
être candidate libérale au x proc ha i nes
élec tions . M. Cauchon n’a pas voulu com menter
les der n iers rebondissements hier.
Malgré la tourmente, Michael Ignatieff a
balayé d’un revers de main les accusations de M.
Coderre selon lesquelles l’aile québécoise
était dirigée par sa « garde
rapprochée de Toronto ».
« J’ai dans cette équipe JeanMarc Fournier,
Marc-André Blanchard, Yves Gougoux, Serge Paquette
– je pourrais continuer encore pour cinq minutes.
L’idée que ce parti est dirigé de Toronto me
fait rire et ça fait rire en ColombieBritannique.
Ça fait rire en Alberta. Ça fait rire dans
les provinces atlantiques. Je mène une formation
pancanadienne. Je suis fier de mon équipe au
Québec. Ils ont la direction et la
responsabilité avec moi, avec moi, je
répète, pour le renouveau du parti. Et
ça se poursuit », a dit M. Ignatieff.
Plus de lieutenant
L e député libéral Pablo Rodriguez a
aussi salué le travail de M. Coderre, mais il a
affirmé que le parti peut fonctionner sans
lieutenant. « Il faut comprendre le rôle du
lieutenant. Il vise à coordonner les efforts
d’organisation, à trouver des candidats et cela
peut se faire autrement. Denis a fait un très bon
travail. Maintenant, on passe à autre chose. Ce
même travail-là va se faire de façon
différente », a-t-il dit.
Mais le commentateur Jean Lapierre, qui a
été lieutenant politique de Paul Martin, a
affirmé que cette situation sera intenable. «
Je ne vois pas comment cela peut fonctionner. Le Parti
libéral a toujours eu un lieutenant politique
depuis Ernest Lapointe, et même à
l’époque où le premier ministre était
du Québec », at-il dit.
Les conseillers torontois d’Ignatieff fustigés
- André Duchesne
Denis
Coderre n’a pas seulement démissionné de
son poste de lieutenant politique de M ichael Ignatieff,
hier matin. Il a carrément tiré à
bout portant sur les conseillers torontois du chef
libéral.
Michael
Ignatieff
s’est retrouvé dans la tourmente hier avec la
démission de son lieutenant au Québec,
Denis Coderre. Celui-ci ne sera pas remplacé, a
annoncé le chef libéral.
Selon le coloré député de Bourassa,
c’est la garde rapprochée de Michael Ignatieff
à Toronto qui a convaincu le chef de
désavouer son lieutena nt québécois
au sujet de la candidature de Martin Cauchon dans
Outremont.
« Le message qui est envoyé par ces
récents événements est le suivant :
si vous voulez avoir gain de cause au Québec,
vous n’avez qu’à court-circuiter les
autorités québécoises du parti en
vous adressant plutôt à la garde
rapprochée du chef à Toronto »,
a-t-il balancé.
« Au-delà de ces événements,
des questions beaucoup plus fondamentales se posent :
à qui doit s’en remettre le chef du Parti
libéral du Canada pour décider des enjeux
qui concernent strictement le Québec ? Doit-il
s’en remettre à son lieutenant
québécois ou plutôt à ses
conseillers torontois, qui ont une méconnaissance
totale de la réalité sociale et politique
québécoise ? »
Invité à dire s’il visait Bob Rae (que
Martin Cauchon avait appuyé lors de la course
à la d i rec tion de 2 0 0 6), M. Coderre a
refusé de nommer qui que ce soit. Par contre, il
a dit bien connaître les « sources anonymes
» qui s’en sont prises à son
autorité dans les médias au cours des
dernières semaines. Il a rétorqué
que toutes ces décisions avaient
été prises après consultation d’un
comité d’une vingtaine de personnes.
D’Outremont à Jeanne-Le Ber à Outremont
M .
Coderre ne sou ha itait pas que M. Cauchon se
représente dans Outremont et misait sur la venue
d’une candidate-vedette, Nathalie Le Prohon. Dans un
premier temps , M . I g n at ie f f ava it appuyé
la décision de son lieutenant. Mais il a fait un
virage à 180 degrés devant la grogne
palpable au sein du Parti libéral du Canada.
Élu à trois reprises dans Outremont, M.
Cauchon avait volontairement quitté la politique
avant les élections générales de
2004. Il avait alors repris la pratique du droit
à Montréal. Au cours des derniers mois, il
avait exprimé son désir de retourner
à la vie publique. Dans une tentative de
compromis, le parti lui avait proposé de se
présenter dans Jeanne-Le Ber, circonscription du
sud-ouest de Montréal jugée prenable.
Mais M. Cauchon a refusé. Pour lui,
c’était Outremont ou rien. M. Ignatieff a
finalement cédé aux pressions. Quant
à Mme Le Prohon, elle se présentera dans
Jeanne-Le Ber.
Lieutenant controversé
Député de Bourassa depuis 1997, M. Coderre
a occupé plusieurs postes de ministre sous Jean
Chrétien avant d’être écarté
du cabinet par Paul Martin. Il a repris du service avec
l’arrivée de Michael Ignatieff à la
tête du PLC, en janvier 2009. Le nouveau leader
l’a tout de suite nommé lieutenant au
Québec avec le mandat de préparer l’aile
québécoise en vue des prochaines
élections fédérales.
Depuis, son travail n’a jamais fait l’unanimité.
D’aucuns, sous le couvert de l’anonymat, lui ont
reproché ses jeux en sous-main.


Hier matin, Denis Coderre a aussi
démissionné de son poste de critique
libéral en matière de défense. Il
compte cependant demeurer député de
Bourassa. Il s’est dit fier du travail accompli dans
l’organisation électorale, indiquant que 68
candidats avaient été confirmés ou
étaient sur le point de l’être dans les 75
circonscriptions de la province.
Cauchon gagne
le droit d’être candidat -
Joël-Denis Bellavance
Bras de fer libéral à
Outremont
le
bouillant député néo-démocrate
Thomas Mulcair.
Michael
Ignatieff
a fait volte-face en permettant à Martin Cauchon
de porter les couleurs libérales dans Outremont.
En fi n de compte, M m Le Prohon, qui a été
mêlée bien malgré elle dans cette
bataille entre M. Coderre et M. Cauchon, a accepté
de porter les couleurs du Parti libéral dans
Jeanne-Le Ber, une circonscription qui est actuellement
détenue par le bloquiste Thierry Saint-Cyr.
Joint hier, Martin Cauchon s’est dit heureux de la
décision de son chef.
« Je suis ravi de la décision de mon chef
Michael Ignatieff. Maintenant, j e pense qu’il faut
retrousser nos manches et commencer à travailler
fort au Québec pour faire en sorte que le Parti
libéral se prépare pour la prochaine
campagne électorale. Sur une note plus personnelle,
j’aimerais remercier tous les gens du comté
d’Outremont qui m’ont appuyé de même que tous
ceux du Québec et du reste du pays qui m’ont
donné leur appui », a dit M. Cauchon.
« Nous devons ca naliser notre énergie en
force positive pour l’unité du parti. Notre vraie
cible, c’est le gouvernement de Stephen Harper qui ne
répond pas aux attentes des Canadiens et des
Canadiennes. Nous allons leur offrir une vraie option
», a-t-il ajouté.
E n poi nt de presse en après-midi, Michael
Ignatieff a affirmé que c’est à la
suggestion de Nathalie Le Prohon qu’un compromis a pu
être trouvé. La femme d’affaires a
suggéré au chef hier matin de se
présenter dans Jeanne-Le Ber plutôt que
d’être nommée dans Outremont.
Malgré la controverse, le chef libéral a
aussi réitéré sa confiance envers
Denis Coderre OTTAWA — L’ancien ministre de la Justice
Martin Cauchon a eu gain de cause dans le bras de fer qui
l’a opposé au lieutenant politique de Michael
Ignatieff au Québec, Denis Coderre, au cours des
deux dernières semaines.
Après deux jours de palabres, Michael Ignatieff a
finalement accepté de permettre à Martin
Cauchon de porter les couleu rs libéra les au x
prochaines élections da ns Outremont, une
circonscription qu’il a représentée à
la Chambre des communes pendant 11 ans. M. Cauchon devra
auparavant convaincre les militants libéraux de
cette circonscription de le désigner à titre
de candidat durant une assemblée d’investiture, ce
qui devrait être une formalité.
M. Ignatieff, qui avait au début de la semaine
appuyé la décision de Denis Coderre de
réserver Outremont à une femme d’affaires de
la région de Montréal, Nathalie Le Prohon,
et de fermer la porte à un retour de M. Cauchon, a
donc fait volte-face devant la pression de ses propres
troupes.
La grogne
était telle qu’elle minait l’unité du parti
non seulement au Québec, mais dans le reste du
pays. En outre, ces tiraillements risquaient d’avoir de
lourdes conséquences sur le leadership de M.
Ignatieff, ont estimé hier des stratèges
libéraux.
Ce faisant, M. Ignatieff a également
désavoué son lieutenant politique Denis
Coderre, qui, de toute évidence, ne souhaitait pas
le retour en politique de M. Cauchon. Les deux hommes
entretiennent l’ambition de diriger le Parti
libéral un jour.
Pour calmer la grogne, M. Coderre avait
suggéré à son chef libéral,
jeudi, de proposer la circonscription voisine de Jeanne-Le
Ber à Martin Cauchon. Mais ce dernier a vite fait
savoir aux hautes instances du parti qu’il voulait faire
un retour en politique uniquement s’il pouvait être
candidat dans Outremont, circonscription actuellement
détenue par et a rejeté toute suggestion que
le dénouement de cette crise constitue un
désaveu pour lui.
« Je suis très content du résultat.
C’est un bon résultat pour le parti. Et je veux
féliciter d’abord Denis Coderre pour un travail
remarquable. Il a attiré des candidats formidables.
Il a travaillé toute la semaine dans un esprit de
compromis. M. Coderre a toute ma confiance et mon
affection personnelle. Cette semaine, il a montré
un bon j ugement politique, M. Cauchon aussi et Mme Le
Prohon surtout», a dit M. Ignatieff.
M. Coderre avait pourtant affirmé à
plusieurs reprises que la décision de
réserver Outremont à une femme était
irrévocable et que l’offre faite à Martin
Cauchon de se présenter dans Jeanne-Le Ber
était à prendre ou à laisser.
Selon certa ins libérau x , cette affaire a
miné l’autorité non seulement de Michael
Ignatieff, mais aussi celle de Denis Coderre.
« L a ra ison a t r iomphé. Michael a pris la
décision qui s’imposait. Les petites magouilles de
Denis Coderre, les gens en ont ras le bol. C’est sûr
que cela l’affaiblit en tant que lieutenant, mais il n’a
que lui-même à blâmer», a
affirmé hier un vétéran du parti qui
a travaillé au sein des gouvernements
libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin.
Du côté du N P D, on a accueilli ce nouveau
rebondissement dans Outremont avec un haussement
d’épaules. «On va laisser les libéraux
se chicaner puisque c’est leur principale
préoccupation. On réagira quand ils se
seront branchés. Au NPD, notre
préoccupation, pour l’instant, c’est de travailler
au Parlement pour aider les gens à traverser la
crise économique », a affirmé Karl
Bélanger, proche collaborateur du chef du NPD, Jack
Layton.
Après une semaine difficile, les libéraux
feront une démonstration d’unité le dimanche
4 octobre à l’occasion d’une réunion de
l’aile québécoise du Parti libéral
à Québec. Selon des informations obtenues
par La Presse, Martin Cauchon, Denis Coderre, Nathalie Le
Prohon et Michael Ignatieff monteront sur la même
scène pour illustrer la nouvelle harmonie au parti.
Ce sera Outremont ou rien - Joël-Denis
Bellavance
Martin
Cauchon refuserait de porter les couleurs libérales
dans Jeanne-Le Ber
OTTAWA — Le chef du Parti libéral, Michael
Ignatieff, a tenté de rétablir
l’unité au sein de son parti hier en offrant
à l’ancien ministre de la Justice, Martin Cauchon,
de porter la bannière libérale dans la
circonscription de Jeanne-Le Ber aux prochaines
élections.
Le
chef libéral, Michael Ignatieff, a tenté
d’apaiser la grogne au sein de son parti en proposant
hier à Martin Cauchon de se présenter dans
la circonscription de Jeanne-Le Ber.
Mais le principal intéressé a confié
à des proches qu’il n’avait pas l’intention
d’accepter cette offre, selon des informations obtenues
par La Presse hier soir. M. Cauchon souhaite effectuer un
retour en politique uniquement s’il peut être
candidat libéral dans Outremont, une
circonscription qu’il a représentée à
la Chambre des communes pendant 11 ans.
Mais M. Ignatieff a déjà fait savoir cette
semaine qu’Outremont, un bastion libéral
tombé aux mains du néo-démocrate
Thomas Mulcair en septembre 2007, était
réservé à une femme d’affaires de la
région de Montréal, Nathalie Le Prohon.
Ce faisant, M. Ignatieff a appuyé la
décision de son lieutenant politique au
Québec, Denis Coderre, qui tient mordicus à
accorder Outremont à une candidate de prestige.
Mais certains y voient plutôt une manoeuvre de M.
Coderre pour empêcher le retour de M. Cauchon, les
deux hommes ayant des ambitions de diriger le Parti
libéral un jour.
Plusieu rs libérau x ont dénoncé
cette décision, dont le député
libéra l i n f luent de Toronto Bob Rae, ancien
adversaire à la direction de M. Ignatieff. M. Rae a
qualifié d’inacceptable cette manoeuvre visant
à écarter un ancien ministre de la Justice.
« Martin Cauchon était un ministre de la
Justice remarquable et il a défendu les valeurs
libérales durant toute sa carrière
politique. S’il veut effectuer un retour en politique, on
doit lui faire une place », a affirmé M. Rae.
D’anciens collaborateurs de Jean Chrétien ne se
sont pas gênés pour faire savoir à M.
Ignatieff et à Denis Coderre qu’ils avaient commis
une grave erreur en écartant d’une manière
aussi cavalière la candidature de Martin Cauchon,
selon des informations obtenues par La Presse hier. M.
Chrétien lui-même est intercédé
en faveur de son ancien ministre de la Justice pour qu’il
puisse faire un retour dans Outremont, mais sans
succès jusqu’ici.
Des députés libéraux
incrédules ont aussi indiqué en privé
avoir l’intention de soulever cette affaire à la
prochaine réunion du caucus libéral mercredi
prochain si un compromis n’est pas trouvé d’ici
là. Ces mêmes députés sont
aussi outrés de la conduite du lieutenant politique
Denis Coderre dans cette affaire et exigent qu’il soit
rappelé à l’ordre.
La grogne au sein du Parti libéral a forcé
M. Ignatieff à corriger le tir en
téléphonant hier à Martin Cauchon
pour lui offrir la circonscription de Jeanne-Le Ber,
détenue par le bloquiste Thierry Saint-Cyr depuis
2006.
« M. Ignatieff souhaite que M. Cauchon soit candidat
pour le Parti libéral aux prochaines
élections. La balle est maintenant dans son camp
», a i nd iqué Jea n-F r a nçoi s del
Torchio, porte-parole de Michael Ignatieff.
M.
Cauchon, qui souhaite faire un retour en politique cinq
ans après avoir tiré sa
révérence, n’avait pas encore indiqué
publiquement hier soir s’il acceptait la proposition de M.
Ignatieff. Mais selon certaines sources, il écarte
cette option puisqu’il demeure dans Outremont.
Située dans l’île de Montréal, la
circonscription de Jeanne-Le Ber comprend notamment les
secteurs de Verdun, Pointe-Saint-Charles et de
L’Île-des-Soeurs.
En matinée, M. Ignatieff avait indiqué avoir
entrepris des discussions avec M. Cauchon, qui a
été le lieutenant politique de Jean
Chrétien au Québec dans le dernier mandat de
l’ancien premier ministre.
« Nous sommes en discussion avec M. Cauchon afin
qu’il puisse se rallier à notre équipe, et
je suis très optimiste sur les résultats.
Mais ces discussions se poursuivent », a dit M.
Ignatieff au cours d’un point de presse à
Burlington, en Ontario.
Hier après-midi, M. Coderre a fait savoir sur sa
page personnelle du site de réseautage social
Facebook que l’idée d ’o f f r i r J e a n n e - L
e B e r à Martin Cauchon venait de lui.
«Sur ma recommandation et celle de notre
équipe du Québec, Michael Ignatieff a offert
la circonscription de Jeanne-Le Ber à Martin
Cauchon. À suivre», a-t-il écrit.
Certains libéraux croient qu’il serait
préférable de permettre à M. Cauchon
de revenir dans Outremont et d’accorder JeanneLe Ber
à Mme Le Prohon.
Mais da ns u ne entrev ue accordée à L a P
resse Canadienne hier, M. Coderre a laissé entendre
que cette offre était à prendre ou à
laisser.
« C’est un excellent comté, Jeanne-Le Ber. Ce
n’est pas une négociation, ce n’est pas une
question d’options. On lui offre le comté et il
prendra la décision», a dit M. Coderre.
Selon Peter Donolo, ancien directeur des communications de
Jean Chrétien, cette affaire risque d’avoir des
répercussions sur les intentions de vote si elle
n’est pas réglée rapidement.
«Un parti qui ne peut diriger ses propres affaires
correctement ne peut convaincre les électeurs qu’il
peut gouverner le pays», a dit hier M. Donolo,
aujourd’hui partenaire de la firme de sondage Strategic
Counsel, dans une entrevue à Power Play sur le
réseau CTV Newsnet.
Les «vedettes» de M. Coderre-
LYSIANE GAGNON
La
guéguerre que les libéraux viennent de se
livrer dans Outremont est significative à plus d’un
titre. Elle montre que Denis Coderre, l’omniprésent
lieutenant québécois de Michael Ignatieff, est
prêt à tout, même à compromettre
les chances de son parti, pour écarter un rival
susceptible de l’éclipser quand viendra le temps de
former un cabinet… ou de succéder à Michael
Ignatieff.
L’affaire illustre aussi l’inexpérience du nouveau
chef libéral, qui a laissé l’un de ses
principaux collaborateurs solliciter la candidature de M.
Cauchon dans Outremont… pour ensuite refuser de
désavouer son lieutenant québécois. M.
Ignatieff s’est justifié avec l’excuse passe-partout
qu’il faut favoriser les femmes. En filigrane, on se
rappellera que M. Cauchon avait appuyé Bob Rae dans
la course au leadership de 2006… tandis que Denis Coderre
avait misé sur Ignatieff.
Le plus drôle dans cette histoire, c’est que M.
Coderre a proclamé sur tous les toits que sa
candidate dans Outremont était une
«candidate-étoile». Pardon? Nathalie Le
Prohon, vous connaissez? Il n’est pas nécessaire
d’être connu du grand public pour être un bon
candidat. Mais les mots ont un sens: une vedette, c’est une
personne connue.
Il est un
peu exagéré de décrire Mme Le Prohon
comme une femme d’affaires de haute voltige. Elle ne l’est
plus depuis cinq ans. Née en Ontario,
diplômée de McGill et de Concordia, elle a
occupé des postes de direction à IBM avant
de devenir, en 2003, PDG de Nokia… un poste qu’elle
n’occupa qu’un an, car en 2004, à l’âge de 43
ans, elle allait être frappée par un cancer
extrêmement agressif contre lequel elle a dû
recourir à des thérapies d’avant-garde.
Mariée à un homme d’affaires important
(Stéphane Boisvert, président de Bell
Enterprise Group), elle s’est retirée du
marché du travail et se consacre à la lutte
contre le cancer tout en siégeant à deux
conseils d’administration (dont HydroQuébec) et au
comité de vérification du ministère
de la Défense.
L’essentiel de sa carrière s’est
déroulé en Ontario, où elle a
vécu les 12 années précédant
le déménagement de sa famille à
Montréal, en 2008.
M. Cauchon n’a rien de charismatique, mais l’ancien
ministre aurait eu plus de chances que Mme Le Prohon de
reprendre Outremont, une circonscription qu’il a
remportée à trois reprises – la
dernière fois avec 7000 voix de majorité. Et
contrairement à Mme Le Prohon, il est bien
enraciné au Québec… ce qui est en train de
devenir un atout politique, dans un parti dont seulement
la moitié de la députation
québécoise est canadiennefrançaise et
qui compte aujourd’hui très peu de figures de proue
francophones. (Il y a Justin Trudeau, Denis Coderre, Marc
Garneau, Stéphane Dion… qui d’autre?)
En tout cas, on a hâte de connaître ces
formidables candidats de prestige à qui M. Coderre
veut offrir «ses» circonscriptions les plus
sûres. Un nom a filtré, celui de Rita De
Santis, à qui M. Coderre réserverait la
circonscription de LaSalleÉmard. Mme De Santis, une
avocate spécialisée dans le droit commercial
et corporatif, est depuis longtemps active dans les
cercles libéraux et dans la communauté
italienne de Montréal, mais malgré ses
qualifications professionnelles, elle n’est pas ce qu’on
peut appeler une « candidate-vedette ». homas
Mulcair doit se frotter les mains. Au lieu de faire face
à l’ancien ministre Martin Cauchon, son adversaire
sera une inconnue dépourvue d’expérience
politique. Par sa propre faute, le PLC risque de voir
cette circonscription traditionnellement libérale
retomber une fois de plus dans l’escarcelle du NPD, en
plus de se priver d’un des rares Québécois
susceptibles d’hériter d’un ministère
important dans un éventuel gouvernement Ignatieff
Processus de sélection des candidats au Parti
libéral du Canada / Deux jeunes militants
dénoncent des relents de « duplessisme
» - Hugo de GrandPré
OTTAWA — Après Martin Cauchon
et Comlan Amazou, un autre militant libéral qui
s’estime lésé par le processus de
sélection de candidats au Parti libéral prend
la parole publiquement.
Da ns une lettre publiée aujourd’hui dans les pages
Forum de La Presse, les libéraux Jonathan Pednault et
John Lennard dénoncent le «duplessisme»
qui, selon eux, règne au parti à l’heure
actuelle.
M. Pednault, 19 ans, proche des frères Trudeau,
souhaitait se présenter dans la circonscription de
Longueuil–PierreBoucher au x procha i nes élections.
À l’invitation du président de l’association
de circonscription, il a même vendu une centaine de
cartes de membre et donné une réception pou r
la ncer sa candidature.
C’était au début de 2009. Vers le milieu de
l’année, il a dû freiner ses ardeurs. Joint par
une organisatrice du parti, Reine Hébert, il a
été encouragé à abandonner ses
démarches. Vers le mois de mai, il estime avoir
été mis devant le fait accompli : on avait
choisi de nommer quelqu’un d’autre et on lui demandait
poliment de céder le passage.
«Après nous avoir annoncé en grande
pompe, au printemps 2009, que toutes les circonscriptions du
Québec, y compris celles tenues par des
députés libéraux, pourraient être
soumises à une course à l’investiture pour
déterminer le candidat du parti, certains se sont mis
à jouer à la petite politique pour assurer
leur avenir et leurs grandiloquentes ambitions»,
dénonce M. Pednault dans sa lettre.
Le PLC a une tout autre explication. Selon le
coprésident de la campagne au Québec, l’avocat
Marc-André Blanchard, personne n’a
empêché le jeune militant de tenter sa chance,
au contraire.
«M.
Pednault n’a pas cru bon de soumettre une demande de
candidature. Il y a eu un appel de candidatures dans cette
circonscription, et un seul candidat s’est
présenté à l’assemblée
d’investiture. C’est comme cela que M. Diamond a
été nommé candidat dans Longueuil
», a déclaré cet ancien
président du Parti libéral du Québec
lors d’un entretien téléphonique.
Dans leur lettre, le candidat déçu et son
coauteur critiquent néanmoins
sévèrement Denis Coderre, sa ns toutefois le
nommer.
« Depuis qu’un nouveau lieutenant a
été nommé au Québec par vos
soins, on n’a eu de cesse de bien vouloir nous faire
comprendre l’importance de son rôle. Si bien
d’ailleurs qu’avec tout le respect que nous cultivons
à votre égard, nous nous demandons qui, de
vous ou le lieutenant en question, dirige le parti au
Québec », lancent-ils.
Coderre critiqué
Selon ce qu’a pu apprendre La Presse, même si le
bureau du chef Michael Ignatieff n’a pas voulu
réagir à cette lettre, pas plus qu’à
une autre publiée sur Facebook par John Lennard,
ces protestations ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd
et l’on s’active à tenter de trouver des solutions.
«M. Ignatieff n’est pas très heureux de la
situation qui règne au Québec par les temps
qui courent», a confié un stratège
libéral influent.
Les méthodes d’organisation de M. Coderre sont
critiquées de toutes parts depuis une semaine.
L’ancien ministre Martin Cauchon l’a d’abord accusé
de l’avoir empêché de se présenter
dans Outremont. Dans la même circonscription, un
autre militant, Comlan Amazou, s’est plaint de ne pas
avoir pu tenter sa chance dans une assemblée
d’investiture. Et plus tôt cette semaine, le PLC a
dû nier que le lieutenant avait fait pression sur
des députés actuels, dont l’ancien chef
Stéphane Dion, pour qu’ils laissent la place
à du sang neuf aux prochaines élections.
Nous méritons mieux
Des
relents de duplessisme flottent dans l’air un peu
vicié de l’aile québécoise du Parti
libéral
Les auteurs sont de jeunes militants du Parti
libéral du Canada. M. Pedneault souhaitait
être candidat dans Longueuil–Pierre-Boucher. M.
Ignatieff, il fut un temps où être
libéral était un gage de courage, de force
de caractère, d’indépendance d’esprit et
de respect pour la démocratie.
S’adressant
à
Michael Ignatieff, des membres de l’aile
québécoise du PLC se disent inquiets de
voir que des candidats sont imposés dans
plusieurs circonscriptions.
Force nous est malheureusement de constater qu’en 2009,
être membre du Parti libéral
fédéral au Québec, c’est savoir se
tenir à sa place, obéir sans questionner –
et surtout – ne pas questionner les instances en place.
En tant que membres du PLC, mais surtout en tant
qu’ardents défenseurs de la pensée
libérale, nous nous voyons forcés, par
faute de fâcheux événements,
à prendre parole sur la place publique pour vous
énoncer notre point de vue. Notre but n’est pas
d’embarrasser le parti, mais de le fortifier. Si nous
agissons ainsi, c’est que nous sommes persuadés
que nous n’aurions pu faire passer notre message au
travers des instances du parti. Des instances qui, comme
toutes institutions, ont la fâcheuse habitude de
s’opposer au changement et aux idées leur
paraissant un peu trop audacieuses. Dans un parti se
voulant libéral, cela devrait être
perçu comme un grave problème.
Plus problématique encore nous apparaît la
propension qu’ont certains personnages de notre parti
à s’institutionnaliser de façon à
se rendre omniprésents et omnipotents. Cela nous
semble particulièrement vrai ces temps-ci, alors
que des relents de duplessisme flottent dans l’air
quelque peu vicié de l’aile
québécoise du PLC.
Depuis qu’un nouveau lieutenant a été
nommé au Québec par vos soins, on n’a eu
de cesse de bien vouloir nous faire comprendre
l’importance de son rôle. Si bien d’ailleurs
qu’avec tout le respect que nous cultivons à
votre égard, nous nous demandons qui, de vous ou
le lieutenant en question, dirige le parti au
Québec. Nous ne remettons nullement en question
la qualité de votre leadership au sein du parti,
toutefois nous ne pouvons que nous inquiéter de
voir certains agir comme s’ils étaient seuls
maîtres à bord.
Après nous avoir annoncé en grande pompe,
au printemps 2009, que toutes les circonscriptions du
Québec, y compris celles tenues par des
députés libéraux, pourraient
être soumises à une course à
l’investiture pour déterminer le candidat du
parti, certains se sont mis à jouer à la
petite politique pour assurer leur avenir et leurs
grandiloquentes ambitions.
De façon quelque peu sournoise, on s’est mis
à imposer des candidats dans plusieurs
circonscriptions, outrepassant ainsi le droit
sacré que devraient avoir les membres de ce
parti, que l’on veut libéral, de choisir celui ou
celle qui portera le rouge dans leur circonscription.
Il n’est pas très libéral de refuser des
candidatures à l’investiture, sans aucune
justification, pour privilégier des gens de son
entourage. Il n’est pas très libéral de
privilégier certains candidats sur d’autres lors
d’une course à l’investiture. Et il n’est pas
très libéral de mettre ses
intérêts propres (ou malpropres, c’est
selon) au-dessus de la démocratie.
Sans équivoque, l’imposante ombre de ces gens qui
prennent trop de place plane au-dessus de l’ensemble des
rangs libéraux au Québec. Lors de la
rédaction même de cette lettre, nous avons
reçu maints encouragements de la part de gens qui
partageaient notre opinion, sans toutefois être
prêts à la cosigner par peur de
représailles. Est-ce là le parti pour
lequel nous souhaitons militer? Ce parti doit retrouver
ses lettres de noblesse libérales, et
s’affranchir de la loi du silence.
Maintenant que les élections approchent à
grands pas, il nous semble difficile de voir à ce
que les membres de ce parti – qui rappelons-le sont
à la base même de toute victoire possible –
aient leur mot à dire dans la sélection
des candidats. Toutefois, pour le bien du parti ainsi
que pour celui de votre avenir politique, nous croyons
que vous devriez vous méfier de ceux qui, par
leurs agissements, cherchent par tous les moyens
à brimer le courage, la force de
caractère, l’indépendance d’esprit et
l’âme foncièrement démocrate des
membres de ce parti.
Nous sommes certains que vous comprenez, M. Ignatieff,
qu’en tant que membres de ce parti, nous méritons
mieux.
Cauchon veut se présenter dans Outremont
- Joël-Denis Bellavance
OTTAWA —
L’ancien ministre de la Justice, Martin Cauchon, veut
reven i r en politique fédérale. Et il
souhaite que les hautes instances du Parti libéral
du Canada tiennent une assemblée d’investiture dans
Outremont, une circonscription qu’il a
représentée à la Chambre des communes
pendant 11 ans.
L’ex-ministre
Martin
Cauchon serait candidat d’une éventuelle
assemblée d’investiture libérale dans
Outremont.
Dans une entrevue accordée à La Presse,
hier, M. Cauchon a dit qu’il sera assurément
candidat à cette assemblée d’investiture
afin non seulement de porter les couleurs du PLC au
prochain scrutin, mais aussi de reprendre ce bastion
libéral, tombé entre les mains du
néo-démocrate Thomas Mulcair en septembre
2007.
Rentré au pays après un voyage de quelques
jours en Chine, M. Cauchon a fait part de son
étonnement lorsqu’il a appris que le lieutenant
politique de Michael Ignatieff au Québec, Denis
Coderre, avait décidé de réserver
cette circonscription à Nathalie Le Prohon, une
femme d’affaires de Montréal.
Il s’est dit d’autant plus surpris qu’un proche
collaborateur de M. Ignatieff l’a rencontré en juin
afin de le convaincre de reprendre du service cinq ans
après qu’il eut tiré sa
révérence. M. Cauchon a alors demandé
qu’on lui accorde u ne période de réflexion
afin de discuter de cette offre avec sa famille.
M. Cauchon a fait savoir à l’entourage de M.
Ignatieff il y a trois semaines qu’il acceptait de porter
à nouveau la bannière du PLC aux prochaines
élections, qui pourraient avoir lieu cet automne ou
au printemps. Or, une semaine plus tard, M. Coderre a dit
à qui voulait l’entendre qu’Outremont était
réservée à une candidate.
« Je suis surpris de tout ce qui est arrivé.
Je milite dans ce parti depuis l’âge de 17 ans. J’ai
été président de l’aile
québécoise du Parti libéral. J’ai
été député et ministre pendant
une dizaine d’années. Je pense avoir bien servi la
société canadienne et mon parti », a
indiqué M. Cauchon.
«
On m’a demandé en juin de revenir pour
rebâtir le parti au Québec. Je veux revenir,
surtout quand je regarde la direction que donne au pays le
gouvernement Harper. Ce que fait le gouvernement
conservateur ne correspond pas du tout à ma vision
de la société canadienne. Le timing est bon
pour revenir. Je crois en mon parti et je crois en mon
chef », a ajouté l’a ncien ministre
libéral, qui pratique le droit à
Montréal depuis 2004.
En privé, plusieurs militants libéraux
croient que M. Coderre tente de contrer le retour de M.
Cauchon parce qu’il le voit com me u ne menace dans une
éventuelle course à la direction du Parti
libéral. M. Coderre n’a jamais caché son
intérêt à cet égard. Il a
d’ailleurs aussi tenté de bloquer la route à
Steven MacKinnon à l’assemblée d’investiture
dans Gatineau, mais sans succès. M. MacKinnon est
vu par plusieurs observateurs comme ministrable dans un
gouvernement Ignatieff.
En entrevue, M. Cauchon a dit souhaiter que le chef
libéral Michael Ignatieff donne sa
bénédiction à une assemblée
d’investiture. De toute façon, at-il ajouté,
M. Ignatieff détient seul le pouvoir de
réserver une circonscription à un candidat
de son choix et il n’a pas encore mentionné de
préférence jusqu’ici.
« Je suis un peu dans les limbes, en ce moment. Je
ne connais pas les intentions de mon chef », a-t-il
dit.
Michael Ignatieff est donc face à deux choix
à la suite de cet appel de Martin Cauchon. Il peut
soit appuyer la décision de Denis Coderre de
réserver Outremont à une femme ou
désavouer son lieutenant politique en ordonnant une
assemblée d’investiture.
La semaine dernière, La Presse a rapporté
que les militants libérau x d’Out remont se
mobilisaient pour faire désigner Martin Cauchon
comme candidat aux prochaines élections. « Je
peux vous annoncer que, dans la circonscription
d’Outremont, c’est réglé. Nous aurons une
candidate et j’aurai l’occasion de vous la
présenter officiellement », avait
répliqué M. Coderre.
Un aspirant libéral sort du rang -
Tristan Péloquin
Persuadé qu’il a été
évincé au profit d’un candidat vedette dont
le nom sera dévoilé à la
dernière minute, un des aspirants à la
candidature libérale dans la circonscription
d’Outremont sort du rang. Vedette ou pas, Comlan Amouzou
réclame une investiture en bonne et due forme,
comme l’avait promis Denis Coderre en mars.
Déjà armé d’affiches avec sa photo,
de dépliants soignés et d’une carte de
visite rouge or née du logo libéra l su r
laquelle il se présente comme candidat à
l’investiture, M. Amouzou à lancé un appel
à l’ordre à son parti hier, lors d’un petit
événement auquel le PLC-Q avait
délégué un observateur.
M. A mouzou j ure avoir obtenu cet été du
directeur général du PLC-Q, LouisPhilippe
Angers, l’autorisation de lancer sa campagne
d’investiture. Il a payé de sa poche les affiches
et le matériel promotionnel qu’il a fait
préparer. « Dès que j’ai eu le feu
vert, je me suis mis à travailler sur le terrain ;
j’ai cogné aux portes en vantant mon chef, Michael
Ignatieff », affirme l’aspirant candidat, qui a
été organisateur en chef du comédien
Sébastien Dhavernas (défait par Thomas
Mulcair) aux dernières élections.
Mais voilà que, au début du mois de
septembre, citant une source anonyme, Le Devoir a
révélé que la circonscription
d’Outremont était réservée à
un candidat-vedette que le parti confirmera à la
dernière minute. Les circonscriptions de Jeanne-Le
Ber et d’Ahuntsic auraient aussi été
réservées à des candidats de
prestige.
«Quand j’ai appris que la circonscription
d’Outremont était réservée à
un candidat-vedette, j’ai immédiatement
demandé à M. Angers (le directeur
général du PLC-Q) si c’était bien
vrai, soutient M. Amouzou, qui est d’origine togolaise. Il
m’a dit qu’il n’en savait rien et que, pour le savoir, je
devais entrer en contact avec Denis Coderre. Or, le
problème, c’est que M. Coderre est constamment trop
occupé pour me rencontrer», se désole
M. Amouzou.
En
conseil général, en mars, le PLC-Q avait
pourtant indiqué qu’il souhaitait rompre avec la
tradition en forçant la tenue d’assemblées
d’investiture dans chacune des 75 circonscriptions
québécoises, y compris celles où des
députés libéraux sont
déjà élus. En conférence de
presse, le lieutenant politique de Michael Ignatieff,
Denis Coderre, avait même dit qu’il pourrait
luimême devoir se soumettre au processus de
désignation des candidats si quelqu’un d’autre
désirait se présenter. « Mais, cela
dit, le chef conserve sa prérogative de nommer un
candidat dans telle ou telle circonscription »
», avait toutefois nuancé M. Coderre.
Selon différentes sources, c’est l’ancien
député d’Outremont et ancien ministre de la
Justice Martin Cauchon qui aurait été
pressenti par le Parti libéral comme candidat dans
la circonscription. Actuellement en Chine, M. Cauchon
n’était pas joignable hier.
« Je ne veux pas jouer les victimes, mais ça
donne l’impression qu’on m’a tassé. Ça
laisse courir toutes sortes de ru meu rs. C ’est dom mage,
parce que le Parti libéral, c’est un parti pour
tout le monde; pas juste pour les notables. Il faut que
les gens qui s’engagent sachent à quoi s’en tenir
», ajoute M. Amouzou.
Le porte-parole du PLCQ, Jean-Bernard Villemaire, qui a
rappelé La Presse hier au nom de Louis-Philippe
Angers, s’est dit incapable de confirmer si M. Amouzou
avait eu ou non l’autorisation verbale de lancer sa
campagne d’investiture. « La commission
électorale (du PLC-Q) n’a pas encore
décidé s’il y aurait une investiture dans
Outremont. Dans le meilleur des mondes, il y en aurait
une. Mais si les échéances sont aussi
serrées que ce à quoi on peut s’attendre, il
n’y aura pas assez de temps, a-t-il affirmé. Chose
certaine, tant que l’assemblée d’investiture n’est
pas convoquée par la commission électorale,
il n’y a pas de candidature officielle », a
ajouté M. Villemaire.
Conscient que sa sortie risque de braquer les hautes
instances du Parti libéral contre lui, M. Amouzou
dit qu’il cherche uniquement à obtenir ce que
souhaitent les citoyens d’Outremont et la base militante:
«Quand on a perdu les dernières
élections, tout le monde a dit: «C’est assez,
les vedettes, à Outremont. Je ne fais que dire tout
haut ce que d’autres pensent tout bas. »
L e coméd ien Séba stien Dhavernas, candidat
défait aux dernières élections, qui
lorgnait aussi la circonscription d’Outremont en vue d’un
nouveau scrutin, affirme pour sa part avoir
«très bien compris » que sa candidature
ne sera pas retenue cette fois-ci. « C’est clair
depuis le début que c’est une circonscription
réservée à un candidat-vedette. Et
j’ai très bien compris que je ne suis pas ce
candidat. J’ai donc conclu qu’il valait mieux que je vaque
à mes occupations », dit-il.
La « coderrisation » du
PLC-Québec - André Pratte
Bien
qu’invité par l’entourage de Michael Ignatieff
à faire un retour en politique en se
présentant dans son ancienne circonscription
d’Outremont, Martin Cauchon a été
écarté par Denis Coderre. Le lieutenant
québécois de M. Ignatieff a fait savoir
que le parti avait déjà choisi son
candidat dans cet ancien château fort l
ibéral ; il s’agirait d’une femme d’affaires
peu connue mais au parcours intéressant,
Nathalie Le Prohon.
M. Coder r e investit son inépuisable
énergie à préparer le PLC pour
les prochaines élections au Québec. Il
veut rajeunir l’image du parti en y amenant de
nouveaux visages. Tout cela est louable et
nécessaire. Cependant, cette cure de jeunesse
ne doit pas se faire aux dépens de
libéraux d’expérience dont on sait
qu’ils seraient des poids lourds au gouvernement.
C’est certainement le cas de Martin Cauchon. Si M.
Cauchon (47 ans!) fait partie de la vieille garde,
pourquoi n’est-ce pas aussi le cas de M. Coderre (46
ans)?
L’expérience
du gouvernement Harper montre combien le Québec
souffre d’être mal représenté au
sein du cabinet fédéral. Il ne faudrait
pas que la même chose se produise au sein d’un
éventuel gouvernement Ignatieff. Dans ce
contexte, la candidature de Martin Cauchon dans
Outremont s’imposait.
Selon toute vraisemblance, M. Coderre l’a
bloquée pour la simple raison que M. Cauchon
aurait menacé sa domination de l’aile
québécoise du parti. L’ancien ministre
de la Justice aurait aussi été un rival
lors de la prochaine course à la direction du
parti. Autrement dit, le député de
Bourassa a fait passer ses propres
intérêts avant ceux du parti et du
Québec. Le Devoir rapportait hier que M.
Coderre a voulu écarter quelques
députés en poste, notamment
Stéphane Dion. Quoi qu’il en soit, M. Dion a
finalement reçu une lettre du chef confirmant
sa candidature. Heureusement. S’il n’a pas
l’étoffe d’un leader, dans
l’éventualité d’une victoire
libérale, M. Dionsera à nouveauun
excellent ministre (on le voit très bien aux
Affaires étrangères). En outre, il
demeure un des plus efficaces promoteurs du
fédéralisme au pays, comme on a pu le
constater récemment dans l’entrevue qu’il a
accordée aux auteurs du film Questions
nationales.
Après une pénible traversée du
désert, le Parti libéral du Canada a
l’occasion de redevenir une force politique qui compte
dans la province de Québec. M. Ignatieff ne
doit pas laisser les ambitions de Denis Coderre mettre
cette résurgence en péril.
Coderre gagne, le PLC perd - VINCENT
MARISSAL
(Denis
Coderre
avait lui-même pris l’engagement de tenir des
assemblées d’investiture dans toutes les
circonscriptions du Québec, y compris celles
occupées par un député
libéral. )
Si l’on considère
l’accrochage Coderre-Cauchon sous un angle purement
pugilistique, on peut affirmer que le lieutenant de
Michael Ignatieff a eu le dessus sur son ancien
collègue en lui barrant la route vers un retour
à Outremont.
La politique, par contre, n’est pas qu’une affaire de
coups de poing sur la gueule ; c’est aussi une partie
d’échecs qui demande finesse et stratégie.
En ce sens, Denis Coderre a peut-être gagné
dans le ring, mais le Parti libéral s’est
affaibli sur l’échiquier.
Le PLC a perdu une bonne occasion de ramener dans son
équipe le candidat qui avait les meilleu res cha
nces de reprendre Outremont, perdue aux mains des
néo-démocrates en 2007.
Perdue, aussi, l’occasion de projeter une image
harmonieuse et ouverte. C’est même tout le
contraire : on ne parle que de chicanes de famille chez
les libéraux depuis quelques j ours. Pourtant,
Denis Coderre avait lui-même pris l’engagement de
tenir des assemblées d’investiture dans toutes
les circonscriptions du Québec, y compris celles
occupées par un député
libéral.
Perdue, enfin, l’occasion de tendre la main aux
fidèles de Jean Chrétien, encore
très nombreux dans les rangs libéraux.
Disparus, les efforts de réconciliation des
derniers mois et l’appel aux libéraux de M.
Ignatieff.
Jean Chrétien, plus actif da ns les coulisses que
sa grande réserve publique le laisse croire, est
intervenu en faveur de Martin Cauchon (qui a toujours
été un de ses protégés). Il
a fait savoir à Denis Coderre qu’il commettait
une erreur en s’opposant à son retour.
En outre, parlant d’occasion ratée : Michael
Ignatieff aurait dû intervenir avant que cette
histoire n’éclate sur la place publique.
Les libéraux ont repris du poil de la bête
au Québec depuis l’arrivée de Michael
Ignatieff à leur tête, mais le recrutement
reste difficile et les histoires de règlements de
comptes entre vieux rivaux n’amélioreront pas les
choses.
Les libéraux rencontrés ces derniers
jours, pas tous des fans de Martin Cauchon ni de loyaux
militants de Jean Chrétien, sont unanimes sur un
point : Martin Cauchon est le mieux placé au PLC
pour battre Thomas Mulcair dans Outremont. Mais Denis
Coderre « ne veut pas d’un autre coq dans le
poulailler », résume un ancien
collègue des deux hommes.
Quant
à Nathalie Le Prohon, candidate « vedette
» pressentie par le PLC dans Outremont, personne
dans les rangs libéraux ne semble la
connaître. « Sans rien enlever à
cette dame, que je ne connais pas, je ne vois pas
comment une inconnue qui n’a jamais fait de politique
aurait plus de chances de reprendre Outremont que le
gars de la place qui a régné sur la
circonscription pendant 10 ans », ajoute une
autre source libérale.
Selon certains, les anciens liens d’amitié
entre Martin Cauchon et le publicitaire déchu
Jean Lafleur auraient refroidi les collaborateurs de
Michael Ignatieff. Pourtant, copains pour copains,
Denis Coderre a lui aussi entretenu des relations
d’amitié avec trois acteurs des commandites :
Luc Lemay, Claude Boulay et sa femme, Diane
Deslauriers. Les souvenirs de cette affaire restent,
mais, à l’évidence, les anciennes
accointances de M. Coderre ne semblent pas avoir
limité ses mouvements et ses pouvoirs au sein
du PLC.
Il faut rappeler que Martin Cauchon, supporter de Bob
Rae lors de la course à la direction de 2006,
avait attendu à la toute dernière minute
pour se rallier à Michael Ignatieff, ce qui ne
l’a certainement pas aidé dans sa tentative de
retour.
Si Martin Cauchon n’était qu’un cas
isolé, l’exception dans une opération
recrutement spectaculaire, l’affaire ferait peu de
bruit. Mais dans les rangs libéraux, la grogne
envers le lieutenant de Michael Ignatieff est de plus
en plus palpable.
Le cas de Steven MacKinnon, candidat libéral
dans Gatineau, fait aussi beaucoup jaser chez les
rouges. M. MacKinnon, ancien directeur des
communications du PLC, a réussi à
remporter l’investiture dans cette circonscription
malgré les entraves mises sur son chemin.
Moins connu, le cas de Mark Bruneau, un homme
d’affaires recyclé dans la politique
après la vente extrêmement profitable de
son entreprise.
M. Bruneau, très actif au PLC depuis deux ans
(les cocktails de financement organisés dans
son luxueux appartement du Vieux-Montréal ont
permis d’amasser beaucoup d’argent, notamment pour
Michael Ignatieff), devait être candidat dans
Jeanne-Le Ber, circonscription jugée «
prenable » par les libéraux.
À deux jours de son investiture, M. Bruneau a
appris qu’il ne sera pas candidat puisque le PLC
réservait la circonscription à un
candidat vedette. Cette décision frustre le
principal intéressé, on s’en doute, mais
aussi un groupe de militants qui l’ont aidé
depuis des mois à atterrir dans Jeanne-Le Ber.
Les raisons avancées pour écarter Mark
Bruneau sont pour le moins nébuleuses, selon
différentes sources. M. Bruneau avait
déjà essayé de se
présenter dans cette circonscription l’an
dernier. Même da ns les c i rcon s c r iption s
théoriquement imprenables, la méthode
Coderre a laissé bien des ecchymoses dans les
rangs libéraux.
Da ns L ongueu il-P ier reBoucher, par exemple, le
jeune militant Jonathan Pedneault a travaillé
activement pendant des semaines pour obtenir
l’investiture avant de se faire dire que la
circonscription i ra it à quelqu’u n d’autre.
Question de lui faire bien comprendre le message, on
lui a offert ensuite Verchères-Les Patriotes,
une circonscription encore plus bloquiste !
Il faut dire que M. Coderre lui-même ne l’a pas
eu facile au début de sa carrière
politique. La première fois qu’il est
allé au casse-pipe pour le PLC, en 1990,
c’était contre... Gilles Duceppe, qui allait
devenir le tout premier député
élu du Bloc québécois.
De toute évidence, M. Coderre croit aux vertus
de l’apprentissage à la dure.
Ignatieff bloque Cauchon -
Joël-Denis Bellavance
Le
PLC dans Outremont
OTTAWA — Le chef du Parti libéral, Michael
Ignatieff, a tranché : il cautionne la
décision de son lieutenant politique au
Québec, Denis Coderre, de réserver
la circonscription d’Outremont à une femme.
M . Ignatieff a ainsi mis un terme aux ambitions
de Martin Cauchon, qui désirait revenir
à la politique fédérale dans
Outremont. Dimanche, M. Cauchon avait dit
souhaiter que les hautes instances du parti
tiennent une assemblée d’investiture dans
cette circonscription, qu’il a
représentée à la Chambre des
communes pendant 11 ans.
Mais M. Ignatieff n’a pas osé
désavouer son lieutenant politique, selon
ce qu’a appris La Presse hier. Cette
décision du chef libéral, qui est
sans appel , provoque t outefois une onde de choc
dans les rangs libéraux non seulement dans
Outremont, mais aussi ailleurs au pays.
« Martin Cauchon était un excellent
ministre, un excellent député. C’est
un bon libéral. J’ai discuté avec
lui hier soir (dimanche) et j’ai tranché.
J’ai dit que, depuis quatre mois, on a
sollicité des candidates. On cherche non
seulement des candidates, mais aussi de placer ces
candidates là où elles peuvent
gagner. Et c’est le cas à Outremont
», a affirmé hier M. Ignatieff.
« J’ai beaucoup de respect pour M. Cauchon
et je crois qu’il a un grand avenir au sein du
parti. C’est un homme qui a une
fidélité pour le parti et j’ai
beaucoup de respect pour cela », a
ajouté le chef libéral à
Toronto, où il a prononcé un
discours sur sa vision économique du pays.
Deva
nt les jou r na listes , M. Ignatieff n’a
toutefois pas expliqué pourquoi un de ses
proches collaborateurs avait pressenti Martin
Cauchon en juin pour qu’il reprenne du service
cinq ans après avoir tiré sa
révérence. Ce dernier avait
demandé une période de
réflexion afin de discuter de cette offre
avec sa famille.
Il y a trois sema i nes , M. Cauchon, qui a
déjà été le lieutena
nt politique de Jean Chrétien au
Québec, a fait savoir qu’il acceptait de
porter la bannière du PLC aux prochaines
élections. Or, une semaine plus tard, Denis
Coderre a dit à qui voulait l’entendre
qu’Outremont était réservée
à la femme d’affaires Nathalie Le Prohon,
ancienne cadre supérieure de Nokia Canada
et d’IBM Canada.
«C’est clairement une grave erreur
d’écarter Martin Cauchon. Au Québec,
on n’a pas le luxe d’exclure un ancien ministre
qui a siégé au cabinet pendant
presque 10 ans. On a besoin de gens qui ont de
l’envergure. Et qu’on ne me serve pas l’argument
du renouveau. À ce compte-là, Denis
Coderre est largement disqualifié», a
affirmé hier un stratège
libéral influent qui refuse encore de
croire la décision de son chef.
Longtemps considérée comme un
bastion libéral, la circonscription
d’Outremont est tombée entre les mains du
néo-démocrate Thomas Mulcair
à la faveur d’une élection partielle
en septembre 2007. Le bouillant
député a réussi à se
faire réélire aux élections
générales d’octobre 2008.
Les libéraux de Michael Ignatieff ont bon
espoir de reprendre cette circonscription aux
prochaines élections, qui pourraient avoir
lieu cet automne ou au printemps. À l’heure
actuelle, les libéraux détiennent
seulement 14 des 75 sièges du Québec
à la Chambre des communes.
Denis Coderre tente de rétablir l’ordre
- Hugo de GrandPré & Tristan
Péloquin
OTTAWA —
Le lieutenant québécois de Michael
Ignatieff, Den is Coder re, a décla ré hier
que l’ancien ministre fédéral de la Justice,
Martin Cauchon, ne briguerait pas le siège
d’Outremont pour le Parti libéral, aux prochaines
élections.
M. Coderre a ainsi tenté de rétablir l’ordre
dans cet ancien château fort libéral, aux
prises avec des dissensions internes depuis que M. Coderre
a affirmé son intention de nommer une candidate
plutôt que son ancien collègue du Conseil des
ministres, Martin Cauchon.
Hier matin, La Presse a rapporté qu’une
véritable guerre était
déclenchée entre ces deux a nciens
collègues de l’ère Chrétien et que
Denis Coderre voulait à tout prix écarter
son rival de cette circonscription réservée
aux « candidats vedettes ».
M. Coderre a nié ces informations, hier
après-midi. Il a précisé du
même souffle que la circonscription n’irait pas
à M. Cauchon.
« Il n’y a absolument rien. Martin est un ami. On a
travaillé ensemble et on se connaît bien
», a-t-il déclaré à sa sortie
de la période de questions.
« Je peux vous annoncer que, dans la circonscription
d ’O ut remont , c ’e st rég lé , a-t-il
ajouté. Nous au rons une candidate et j’aurai
l’occasion de vous la présenter officiellement.
»
M.
Coderre n’a pas voulu divulguer l’identité de cette
candidate, mais il n’a pas nié les informations de
La Presse selon lesquelles il s’agirait de Nathalie Le
Prohon. Mme Le Prohon, dans la quarantaine, est membre de
divers conseils d’administration, dont celui
d’Hydro-Québec.
M. Cauchon étant en voyage d’affaires en Chine, il
a été impossible d’obtenir sa
réaction.
Militants mécontents
La décision de la présidente de
l’association locale d’écrire à Michael
Ignatieff, mercredi, pour lui demander de désigner
Martin Cauchon à titre de candidat, a fait des
vagues parmi les militants libéraux d’Outremont.
Comlan A mouzou, viceprésident de l’association de
la circonscription, qui lorgne lui-même
l’investiture, a dit ne pas avoir été
consulté par la présidente de l’association,
Diane Phaneuf, avant que cette dernière fasse
parvenir sa lettre au chef. « Personne n’en veut,
ici, de candidat désigné », a dit M.
Amouzou.
« Personne n’est contre M. Cauchon, mais ce n’est
pas normal que son retour se prépare dans le secret
», a pour sa part déploré un autre
militant, Mike Meideros.
«Cela fait longtemps que la direction de
l’association locale prépare le retour de M.
Cauchon. Malheureusement, avant d’envoyer sa lettre, Mme
Phaneuf n’a consulté personne», a-t-il
ajouté.
Des militants demandent à Ignatieff
d’intervenir
La tension
monte entre les libéraux dans la circonscription
d’Outremont. Au moment où Denis Coderre
s’apprêterait à nommer une candidate-vedette
pour y représenter les couleurs du parti, les
militants de l’association locale se mobilisent pour faire
désigner l’ex-député Martin Cauchon.
PHOTO ROBERT SKINNER,
ARCHIVES LA PRESSE
Martin
Cauchon
s’adresse à Michael Ignatieff sous l’oeil
attentif de Denis Coderre, pendant la course à la
direction du Parti libéral, en 2006.
Selon nos sources, la candidate que Denis Coderre a en
tête est Nathalie Le Prohon, une femme d’affaires de
Montréal dans la quarantaine, qui a
été PDG de Nokia et qui est maintenant
membre d’une série de conseils d’administration,
dont celui d’Hydro-Québec, en plus d’avoir
été nommée au Comité de
vérification de la Défense canadienne.
Dans une lettre envoyée hier à Michael
Ignatieff et obtenue par La Presse, la présidente
de l’Association libérale d’Outremont, Diane
Phaneuf, a officiellement demandé au chef
libéral de «bien vouloir désigner
l’honorable Martin Cauchon au titre de candidat du Parti
libéral du Canada dans le compté d’Outremont
lors de la prochaine élection
générale».
« Au cours des dernières semaines,
l’honorable Martin Cauchon nous a fait part de son souhait
de retourner à la vie politique active et en ce
sens, il a formulé le désir de soumettre
à nouveau sa candidature à titre de
député d’Outremont représentant le
PLC », liton dans la missive, signée au nom
de l’Association libérale fédérale
d’Outremont et de son Conseil de direction.
La Presse a aussi appris qu’un leader de la
communauté hassidique d’Outremont,
communauté qui représente traditionnellement
une base électorale importante pour le Parti
libéral dans cette circonscription, a aussi
contacté le bureau du chef Michael Ignatieff pour
lui faire connaître sa préférence pour
la candidature de Martin Cauchon.
Rivalité
Selon des
sources au PLC, l’actuel branle-bas de combat de militants
dans cet ancien bastion a été
provoqué par la rivalité qui existe entre
Martin Cauchon et le lieutenant du Québec de
Michael Ignatieff, Denis Coderre.
À titre de lieutenant, M. Coderre a la
responsabilité de trouver des candidats dans les 75
circonscriptions de la province. Or, ses mauvaises
relations avec son ancien collègue du Conseil des
ministres l’auraient amené à tenter de
l’écarter du paysage politique pour les prochaines
élections.
Mais de toute évidence, cette décision de M.
Coderre, qui depuis sa nomination se fait accuser à
mots à peine couverts de placer ses propres
intérêts avant ceux du parti, ne fait pas
l’unanimité.
« Nous sommes conscients que ce comté peut
être attrayant pour d’autres candidats potentiels, a
écrit Diane Phaneuf dans sa lettre. Mais nous vous
soumettons respectueusement qu’au cours des années
passées comme député d’Outremont,
l’honorable Martin Cauchon a su gagner la confiance de ses
concitoyens et qu’il a l’appui indéfectible de
l’organisation du comté.»
Tout indique que c’est Michael Ignatieff qui sera
appelé à trancher ce débat
inconfortable. À son bureau, hier, on a en effet
indiqué que les présidents nationaux et
régionaux du PLC sont responsables d’étudier
les candidatures et de faire ensuite une recommandation au
chef. On s’est refusé à tout autre
commentaire.
Il avait été impossible de joindre Denis
Coderre et Martin Cauchon, en voyage d’affaires en Chine,
au moment de mettre sous presse.
Layton est prêt à couler Harper
- Joël-Denis Bellavance
Le premier
ministre « n’a pas l’intention de changer de
direction », accuse le chef du NPD
OTTAWA — Stephen Harper ne pourra compter sur l’appui du N
PD pour assurer la survie de son gouvernement minoritaire
conservateur à la Chambre des communes cet automne.
PHOTO ADRIAN WYLD, LA
PRESSE CANADIENNE
Jack
Layton a rencontré Stephen Harper hier, en
prévision de la rentrée parlementaire.
Alors que les libéraux menacent de déposer
une motion de censure envers le gouvernement conservateur
à la fin septembre, M. Harper a rencontré le
chef du NPD, Jack Layton, hier, afin de discuter de
dossiers qui devraient être traités en
priorité à la reprise des travaux
parlementaires, le 14 septembre.
Mais au terme de cette rencontre, les deux hommes sont
restés bien campés sur leurs positions dans
une foule de dossiers qui ont été
abordés durant ce tête-à-tête.
«M. Harper n’a pas l’intention de changer de
direction», a affirmé M. Layton en
conférence de presse après la rencontre.
Le chef du NPD a affirmé que le premier ministre ne
semble toujours pas saisir l’ampleur de la gravité
de la récession qui a frappé le pays. Il
s’est aussi dit déçu du refus du
gouvernement Harper de modifier sa politique dans le
dossier de l’assurance emploi. Le NPD, le Bloc
québécois et le Parti libéral
pressent le gouvernement conservateur de ramener à
360 heures le seuil d’admissibilité dans l’ensemble
du pays pour qu’une personne puisse obtenir des
prestations d ’a s s u r a n c e e m pl o i . À
l’heu re actuelle, ce critère de 420 à 700
heures selon la région économique. «
Ce qui m’a frappé, c’est qu’il ne semble vraiment
pas comprendre l’ampleur du chômage qui continue
d’empirer et l’urgence d’adopter de nouvelles mesures pour
créer des emplois », a affirmé M.
Layton.
Il a aussi affirmé que des trois partis de
l’opposition, le N PD était le moins susceptible
d’accorder son sout ien au x con ser vateu r s pou r leur
permettre de se maintenir au pouvoir.
Motion de
censure
Les libéraux de Michael Ignatieff comptent profiter
d’une journée de l’opposition qu i leu r sera
accordée le 30 septembre afin de déposer une
motion de censure envers le gouver nement H a r per. Si
les libéraux obtiennent l’appui du NPD et du Bloc
québécois, le gouvernement conservateur sera
défait aux Communes et des élections
générales auront lieu le 9 novembre ou le 16
novembre. Si des élections ont lieu cet automne, il
s’agira du quatrième scrutin en cinq ans. Un
scrutin fédéral coûte 300 millions de
dollars aux contribuables.
Un porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a
indiqué que la rencontre entre M M. Harper et
Layton a été «cordiale».
Toutefois, il a mis en doute les intentions du chef du NPD
à moins de trois semaines de la rentrée
parlementaire.
«Dans notre esprit, il est clair que le N PD veut
travailler avec les libéraux et le Bloc
québécois. M. Layton a demandé cette
rencontre peut-être pour prétendre qu’il ne
travaille pas avec ses partenaires de la coalition. Mais
la réalité est que c’est exactement ce qu’il
fait», a dit M. Soudas.
«À 79 reprises, M. Layton et son parti ont
voté non-confiance envers le gouver ne ment ,
mê me q u a nd les mesures que nous mettions en
oeuvre étaient des mesure que le NPD
demandait», a-t-il ajouté.
Il n’est pas prévu, pour le moment, que M. Harper
rencontre les chefs des deux autres partis de
l’opposition, soit le libéral Michael Ignatieff et
le bloquiste Gilles Duceppe.
Les lacunes des conservateurs émergent
plus que leurs forces
— Les
Canadiens ont plus de facilité à
énumérer les lacunes du gouvernement
conservateur de Stephen Harper que d’en trouver les forces.
C’est du moins ce que révèle un sondage exclusif
réalisé du 26 mai au 1er juin par la firme Nanos
pour le compte de La Presse.
PHOTO
Selon Nik Nanos, président de
la firme de sondage du même nom, il appert que Stephen
Harper est devenu la cible du mécontentement de
plusieurs Canadiens. Cela suggère, dit-il, qu’il est
devenu « le paratonnerre du mécontentement de
la population ».
Pour connaître la véritable opinion qu’ont les
Canadiens des conservateurs de Stephen Harper, Nanos leur a
demandé, sans suggérer de réponse,
d’énumérer les forces et les faiblesses du
gouvernement.
Les résultats devraient inquiéter les
stratèges conservateurs au moment où les
libéraux de Michael Ignatieff n’écartent pas
l’idée de provoquer des élections dès la
semaine prochaine.
Selon le sondage, 65% des Canadiens peuvent nommer
spontanément une lacune du gouvernement conservateur au
pouvoir depuis février 2006, mais seulement 35% sont
capables de souligner une qualité.
« Cette
recherche nous aide à mieux saisir l’image globale
qu’ont les Canadiens du gouvernement conservateur. Les
Canadiens voient plus facilement ses faiblesses que ses
forces. Près d’un Canadien sur cinq estime que le
gouvernement n’a aucun côté positif. Cela devrait
inquiéter les conservateurs », soutient Nik
Nanos, le président de la firme de sondage.
Parmi les faiblesses du gouvernement, les Canadiens ont
cité le premier ministre Stephen Harper (11,6%), le
manque de transparence (7,7%), l’idéologie de droite
(4,6%), la gestion de l’économie (4,3%), le manque
d’écoute (4,3%), l’arrogance (3,2%), entre autres
choses.
Ceux qui ont pu nommer une force ont notamment cité
Stephen Harper (5%), la gestion de l’économie ( 3,5%),
les promesses tenues (3,2%), l’efficacité du
gouvernement (3,1%), la continuité (2,2%) et le fait
que les conservateurs soient au pouvoir (2,2%).
Pour Nik Nanos, il appert que Stephen Harper est devenu la
cible du mécontentement de plusieurs Canadiens. «
Dans l’ensemble, Stephen Harper a deux fois plus de chances
d’être perçu comme une faiblesse que comme une
force pour le gouvernement. Cela suggère qu’il est
devenu le paratonnerre du mécontentement de la
population. Cela n’est pas étonnant puisque, depuis le
début, la stratégie des conservateurs a
été de faire de Stephen Harper le coeur de
l’image du gouvernement », souligne M. Nanos.
Pour corriger le tir, « ils doivent changer l’opinion
qu’ont certains Canadiens de Stephen Harper, ou encore tenter
de régionaliser le visage de l’équipe
conservatrice », dit-il
Les conservateurs et Stephen Harper s’enfoncent encore
davantage
LeBloc reprend la tête au Québec
« Au
niveau de la satisfaction, c’est très faible, les
intentions de vote stagnent… Le déclin des
conservateurs au Québec est bel et bien
confirmé.»
— Le Bloc québécois a repris la tête dans
les intentions de vote au Québec, après avoir
cédé le premier rang au Parti libéral du
Canada, le mois dernier. Pendant ce temps, la situation est
loin de s’améliorer pour le Parti conservateur et pour
Stephen Harper, qui atteignent de nouveaux sommets
d’impopularité.
Un sondage CROP-La Presse mené au Québec entre
le 14 et le 24 mai derniers montre que le Bloc récolte
désormais 36% des intentions de vote, par rapport
à 32% pour le PLC. Le Parti conservateur et le NPD sont
restés stables depuis le dernier coup de sonde de CROP,
avec des scores respectifs de 15% et 12%.
Le sondage comporte une série de mauvaises nouvelles
pour les conservateurs. D’abord, le taux de satisfaction des
Québécois à l’égard du
gouvernement fédéral a atteint un nouveau creux
depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs à
l’hiver 2006. En tout, 65% des répondants au sondage se
sont dits plutôt ou très insatisfaits de sa
gestion des affaires de l’État. C’est le pire score
depuis les 75% obtenus par le gouvernement libéral de
Paul Martin, quelques jours avant sa défaite
électorale de 2006.
Puis, les troupes de Stephen Harper ont glissé au
troisième rang des intentions de vote dans leur bastion
de la région de Québec, tout juste
derrière le Bloc québécois et à 10
points du Parti libéral. À ce chapitre, le PLC
termine au premier rang, avec 33%. C’est du jamais vu depuis
janvier 2004, soit quelques semaines avant la publication du
rapport dévastateur de la vérificatrice
générale sur le scandale des commandites.
Enfin, M. Harper a obtenu son pire score à la question:
qui ferait le meilleur premier ministre du Canada. Il a
récolté 15% des voix, contre 39% pour Michael
Ignatieff et 21% pour Jack Layton. Le dernier chef
fédéral à obtenir 15% était
Stéphane Dion, quelques jours avant que les
conservateurs ne déclenchent les dernières
élections.
« Au niveau de la satisfaction, c’est très
faible, les intentions de vote stagnent… Le déclin des
conservateurs au Québec est bel et bien confirmé
», observe Maïalène Wilkins, analyste chez
CROP.
Stabilisation
des libéraux
C’est une tout autre histoire pour les libéraux. Les
résultats du dernier sondage CROP-La Presse mené
au Québec le mois dernier, du 16 au 26 avril, les
plaçaient au premier rang des intentions de vote au
Québec pour la première fois depuis le
début de l’année 2004, avec 37%, contre 31% pour
le Bloc. Mais selon Mme Wilkins, cette chute de 5 points en un
mois n’est pas nécessairement désastreuse pour
les troupes de Michael Ignatieff.
« Lorsque notre sondage a été fait au mois
d’avril, c’était une période
particulière, explique l’analyste. C’était
vraiment le moment où M. Ignatieff était
très, très présent au Québec. Il y
avait une forte présence médiatique, il avait
été à Tout le monde en parle, il y avait
le lancement de son livre, son discours à Laval
était assez récent. L’opération charme
d’Ignatieff était en cours. »
« Ce mois-ci, c’est comme si les choses s’étaient
stabilisées », note-t-elle.
« On observe une remontée du PLC depuis janvier
et le parti est redevenu l’alternative au Bloc au
Québec, pour ce qui est de l’option
fédéraliste. »
Le sondage CROP-La Presse a été mené par
téléphone auprès de 1001 personnes. La
marge d’erreur est de 3 points, 19 fois sur 20. À noter
que la marge d’erreur pour les échantillons
régionaux, comme celui de la région de
Québec, est supérieure.
Reste à savoir si ces résultats influenceront la
décision du Parti libéral de tenter de provoquer
– ou non – des élections avant l’été.
Lundi encore, Michael Ignatieff n’a pas écarté
cette possibilité. Or, quelques heures plus tard, le
groupe CanWest a rendu public un nouveau sondage de la firme
Ipsos Reid, qui indique que le Parti conservateur a repris la
tête dans l’ensemble du Canada, avec 35% des intentions
de vote – une avance de 2 points sur le PLC.
Harper en récession, Iggy stagne
- VINCENT MARISSAL
Le Bloc,
dans les circonstances, redevient la bonne vieille valeur
refuge, d’autant plus que Gilles Duceppe a un avantage
qu’aucun de ses adversaires n’aura jamais au Québec:
une intimité avec l’électorat
québécois.
Co mme l ’ é c o n o mi e canadienne, le Parti
conservateur de Stephen Harper est officiellement en
récession. Selon la maison de sondage CROP, le
gouvernement de Stephen Harper vient de connaître deux
trimestres de croissance négative, aussi bien dans
les intentions de vote que pour le taux de satisfaction des
électeurs.
Et contrairement à l’économie, aucun signe
positif ne laisse présager une reprise prochaine pour
les conservateurs. En fait, le PCC est gelé à
15% dans les intentions de vote générales et
congelé à 13% chez les électeurs
francophones.
De plus la cote du gouvernement et du premier ministre sont
aussi au plus bas: 65% de taux d’insatisfaction à
l’endroit du gouvernement (un « record » pour le
gouvernement Harper) et seulement 15% pour M. Harper
à la question « quel chef ferait le meilleur
premier ministre », contre 39% pour Michael Ignatieff
et 21% pour Jack Layton.
Seule note encourageante pour les conservateurs : ils
s’accrochent à 23% dans la région de
Québec (contre 33% pour les libéraux et 24%
pour le Bloc) et peuvent ainsi espérer sauver
quelquesuns de leurs sièges. Ailleurs au
Québec, ils font la lutte au NPD pour la
troisième place.
Il y a une autre « bonne » nouvelle pour les
conservateurs dans ce sondage: le Parti libéral de
Michael Ignatieff a stoppé sa progression et montre
même les premiers signes de recul. En un mois, le PLC
a perdu 5% dans les intentions de vote
générales et 6% chez les électeurs
francophones. Dans les deux cas, c’est le Bloc qui profite
du recul libéral.
Cette correction des intentions de vote du PLC ne rapporte
rien aux conservateurs puisque ce sont les bloquistes qui
récoltent, mais elle limite tout de même, si
elle devait se confirmer dans les prochains mois, les gains
possibles des libéraux.
Comment expliquer le tassement des appuis des
libéraux?
Dans un autre sondage rendu public hier, la firme Angus Reid
affirme que les publicités négatives
lancées par les conservateurs contre Michael Ignatief
f ont freiné son élan.
Il est vrai que ces publicités ont beaucoup fait
jaser (c’est le but premier d’un tel exercice). Elles ont
peut-être semé le doute dans l’esprit de
certains électeurs qui ont décidé de
retourner au Bloc québécois pour le moment.
C’est donc dire que les conservateurs font la job de bras
pour le Bloc, mais ça aussi, c’était voulu.
Il est vrai aussi que les libéraux sont bien discrets
depuis leur congrès de Vancouver, il y a près
d’un mois. Michael Ignatieff ne semble compter que sur sa
personnalité et il n’a donné à ce jour
aucune raison, aucun argument politique, aux
électeurs.
Le Bloc, dans les circonstances, redevient la bonne vieille
valeur refuge, d’autant plus que Gilles Duceppe a un
avantage qu’aucun de ses adversaires n’aura jamais au
Québec : une intimité avec l’électorat
québécois.
Vrai, le
Bloc ne prendra jamais le pouvoir, mais avec le Bloc, les
Québécois savent à quoi s’attendre. Pas
avec Michael Ignatieff.
Le danger pour le nouveau chef libéral est que la
curiosité des Québécois à son
égard s’estompe, que ceux-ci « kick les pneus
», comme disent les Anglais, mais qu’ils
décident de garder leur vieille voiture.
Malgré le recul, les libéraux affirmaient hier
suivre un plan de match prévu et voulu. Pas question
de sortir tout de suite les gros morceaux du futur programme
politique, qui deviendraient alors des cibles de choix pour
les conservateurs. Trop en faire en ce moment serait
contre-productif, disent des conseillers de Michael
Ignatieff.
Vaut mieux garder les munitions pour donner un grand coup
dès la rentrée. En dépit des quelques
pas en arrière de Michael Ignatieff cette semaine, le
scénario d’élections à l’automne tient
toujours pour les libéraux.
Pas le choix, disent des libéraux interrogés.
Il serait trop risqué de laisser survivre le
gouvernement. Selon un stratège libéral,
Michael Ignatieff a appris ce qu’il ne faut pas faire quand
il était le chef adjoint de Stéphane Dion:
menacer sans cesse le gouvernement, puis s’écraser
chaque fois que l’occasion de le renverser se
présente.
Les libéraux croient par ailleurs que, selon toute
logique, le gouvernement se défera seul, aidé
en cela par la récession.
Le déficit record en vue (plus de 50 milliards) et
les pertes d’emplois anticipées feront plus, disent
les libéraux, que toutes les charges à fond de
train contre le gouvernement.
À condition, bien sûr, que le recul
enregistré par CROP le mois dernier, ne soit que
passager. Autrement, c’est le Bloc, encore une fois, qui
profitera le plus de la conjoncture.
Pendant ce temps, à Québec, Jean Charest s’en
tire relativement bien, compte tenu du mauvais printemps
assombri par le dépôt d’un premier budget
déficitaire, par les déboires de la Caisse de
dépôt et par les tergiversations entourant le
nouveau code d’éthique.
Le Parti québécois de Pauline Marois est en
tête, mais pas de beaucoup. Compte tenu de la
quasi-disparition de l’ADQ de l’écran radar
politique, le PQ devrait normalement être plus haut
dans les intentions de vote. Idem pour la cote de confiance
envers sa chef.
Parlant de l’ADQ, ses militants auront au moins une bonne
nouvelle pour leur conseil général, en fin de
semaine à Sainte-Foy: selon CROP, une majorité
de Québécois croient que le parti survivra au
départ de Mario Dumont (48% contre 40%).
Le déclenchement du scrutin 2008
était-il légal ? - Sue Bailey
Loi
fédérale sur des élections à
date fixe
OTTAWA — Un juge de la Cour fédérale du
Canada devra décider si la décision du
premier ministre Stephen Harper de déclencher des
élections générales, il y a
exactement un an, était illégale.
Des avocats ont débattu de la question, hier, et
le verdict à venir pourrait créer un
précédent non seulement au Canada, mais
ailleurs dans le monde.
En septembre 2008, M. Harper a demandé la
dissolution du Parlement et forcé la tenue d’un
troisième scrutin national en quatre ans,
malgré le fait qu’il avait lui-même
apporté un amendement à la Loi
électorale du Canada, en 2007.
Selon cet amendement, les prochaines élections ne
pouvaient avoir lieu avant le 19 octobre 2009, à
moins que le gouvernement ne soit battu à la
suite d’une motion de défiance. Des
élections fédérales devaient
ensuite être tenues tous les quatre ans.
La loi n’interdit pas clairement au premier ministre de
devancer une motion de défiance et de demander
à la gouverneure générale de
dissoudre le Parlement, ce que Michaëlle Jean a
accepté de faire.
Néanmoins, l’organisme Démocratie en
surveillance soutient que la « décision
opportuniste de M. Harper » contrevenait à
l’esprit, voire au sens de la loi.
Un coordonnateur de Démocratie en surveillance,
Duff Conacher, a affirmé que M. Harper avait soit
enfreint la loi, soit brisé la promesse qu’il
avait faite en 2006 d’interdire le déclenchement
d’élections précipitées selon les
humeurs d’un premier ministre.
M. Conacher soutient aussi que M. Harper a
transgressé son droit à des
élections justes et équitables, garanti
par la Charte des droits et libertés, ditil, et
confirmé par la Cour suprême du Canada.
M.
Conacher veut une décision qui confirme que le
geste de M. Harper était illégal.
« C’est exactement ce genre d’actions que la loi
(sur les élections à date fixe) devait
empêcher », a fait remarquer l’avocat de
Démocratie en surveillance, Peter Rosenthal, au
juge Michael Shore.
Démocratie en surveillance soutient que le
gouvernement Harper n’avait aucune raison de forcer la
tenue d’un vote, à part l’impression qu’il
était en position de gagner la majorité
des sièges de la Chambre des communes.
Il n’a toutefois pas remporté cette
majorité, et il fait maintenant face à une
opposition qui semble déterminée à
imposer la tenue d’un quatrième scrutin en cinq
ans.
Le juge Shore a pris l’affaire en
délibéré et sa décision ne
sera vraisemblablement pas dévoilée avant
plusieurs semaines, sinon quelques mois.
Lorsque ce verdict sera connu, il établira des
précédents relativement à des
législations de même type à
TerreNeuve-et-Labrador, à
l’Île-du-PrinceÉdouard, en Ontario, en
Saskatchewan, en Colombie-Britannique ainsi que dans les
Territoires du Nord-Ouest.
Si le juge Shore donne raison à Démocratie
en surveillance, l’organisme envisagera la
possibilité de déposer u n recou rs
collectif a fin de rembourser aux contribuables la somme
de 350 millions $ dépensée lors des
dernières élections. Il exigera
également l’établissement d’une
période de 30 à 60 jours, qui serait
ajoutée à la loi, pour permettre à
toutes les formations politiques de bien se
préparer en vue d’une campagne électorale
avant qu’elle ne commence.
Selon l’avocat du gouvernement, Robert MacKinnon,
Démocratie en surveillance demande au juge de
trancher sur une question morale et non légale.
Il a ajouté que les changements relatifs aux
élections à date fixe ne diminuaient en
rien les pouvoirs de la gouverneure
générale de dissoudre le Parlement,
« si elle le juge nécessaire ».
La « grande passe de 2001 »
- VINCENT MARISSAL
La
« grande passe de 2001 » a aussi permis aux
députés d’augmenter
considérablement leurs prestations de retraite,
calculée, cela va de soi, sur le salaire annuel.
Depuis 5 ans, le salaire de base d’un
député fédéral est
passé de 141 200$ à 157 713$, un bond de
12%. Pas mal pour des gens qui se plaignent souvent de
« perdre de l’argent » en faisant de la
politique.
Les
députés
fédéraux n’ont peut-être pas la
possibilité de combiner allocation de
transition et pension de retraite comme leurs
confrères à Québec, mais ils ont
tout de même connu une hausse de salaire
importante depuis cinq ans.
Par comparaison, le revenu moyen des travailleurs
(à temps complet) canadiens n’a augmenté
que de 6% entre 2002 et 2007 (de 50 000$ à 53
000$ selon les derniers chiffres de Statistique Canada).
Les députés fédéraux vous
diront que leur salaire a fortement augmenté au
début des années 2000 parce que l’on a
intégré leurs allocations de
dépenses non imposables dans leur
rémunération (imposable) globale.
Vrai, mais en fouillant un peu, on s’aperçoit que
les allocations de dépenses n’ont pas
complètement disparu même si le salaire de
base a considérablement augmenté.
En 2001, le nouveau régime de rét r ibut
ion des députés devait él iminer
l’al location non imposable de 23 000$. On devait alors
hausser le salaire des élus
fédéraux pour tenir compte de
l’impôt et ceux-ci devaient se débrouiller
avec leur chèque.
Or les députés t ouchent encore
aujourd’hui , en plus de leur salaire de base de 157 713
$, une allocation globale de dépenses
(déplacements et logement) de 24 500 $ par
année. Ils peuvent utiliser cette cagnotte pour
payer les frais de location d’un appartement (ou d’une
chambre d’hôtel) à Ottawa ou, s’ils sont
propriétaires d’une maison dans la capitale, pour
payer les dépenses courantes, à raison de
28,42$ par jour.
Salaire
en forte hausse, maintien des allocations de
dépenses, ce qui devait inaugurer un nouveau
régime de transparence est plutôt devenu la
« grande passe de 2001 ».
La « grande passe de 2001 » a aussi permis
aux députés d’augmenter
considérablement leurs prestations de retraite,
calculée, cela va de soi, sur le salaire annuel.
Au moins, les députés
fédéraux ne peuvent, contrairement
à leurs collègues québécois,
cumuler pension de retraite et allocation de
départ lorsqu’ils sont battus ou qu’ils se
retirent. Le versement de la pension commence à
55 ans. Après cet âge, les
députés ne peuvent toucher
d’indemnité de départ. Avant 55 ans, un
député qui démissionne, qui est
battu ou qui ne se représente pas a droit
à une indemnité de six mois (basée
sur son salaire annuel).
En plus de leur salaire, de leur pension et de leur
régime d’assurance, les députés ont
aussi droit à quelques petits extras : 64 vols
aller-retour pour eux et leur famille et l’utilisation
gratuite partout et en tout temps des trains de VIA
Rail.
On leur sert même un buffet chaud ou froid dans
l’antichambre des Communes lorsqu’ils siègent.
Les plus radins s’empiffrent au buffet et
réclament ensuite l’indemnité quotidienne
pour repas…
Le Parlement n’existe plus -
Robert Asselin
La
décision du premier ministre Stephen Harper
de proroger les travaux des Communes est choquante
à bien des égards. En annonçant
sa décision en catimini le 29
décembre, au beau milieu du congé des
fêtes, le geste est d’un cynisme
mesuré.
Sans raison valable, le premier ministre a fait un
quelconque calcul politique qu’il valait mieux que
les Communes ne siègent pas pour quelque
temps. Soit, on sait depuis un certain temps que ce
premier ministre carbure à la
stratégie politique et qu’il ne se soucie
guère des apparences.
Ce n’est pas ce qui est le plus désolant dans
cette affaire. Le Parlement, ce lieu ou nos
représentants dûment élus
devraient incarner la pratique démocratique
de notre pays, serait ainsi devenu nuisible au bon
fonctionnement du gouvernement. Le travail
entamé au sein des comités
parlementaires, les projets de loi à
l’étude, tout ça devient trivial et
impertinent. Le Parlement serait ainsi devenu un
banal instrument politique à la disposition
du premier ministre.
Au fil des ans, notre système parlementaire a
perdu de sa pertinence. La branche exécutive
du gouvernement, largement dominé par le
premier ministre et ses conseillers, a dominé
notre système politique. Sous Stephen Harper,
seuls quelques ministres ont le droit de s’exprimer
publiquement, les autres étant réduits
à signer la correspondance
ministérielle.
Depuis
quelques décennies, la grande majorité
des décisions qui affectent les Canadiens ne
sont même plus débattues au sein de
notre Parlement. Le seul aspect visible des travaux
des Communes, la période des questions, est
devenu un affrontement partisan qui gargarise les
bases les plus militantes des partis politiques et
sert de théâtre pour nos médias
télévisuels. Il n’y a plus de
débat de fond.
Il faut juste avoir l’air convaincu et montrer un
peu d’émotion devant la caméra. Au nom
de leur ministre, les secrétaires
parlementaires y vont tour à tour lire des
platitudes préparées par des
fonctionnaires pour défendre leur projet de
loi. Faisant fi de la pratique parlementaire, le
premier ministre rend compte de la situation
économique du pays en sortant d’un avion en
Chine. La branche législative, gardienne de
l’imputabilité démocratique, semble
impuissante.
En vertu de notre Constitution d’inspiration
britannique, notre Parlement est souverain. En
théorie, c’est à lui que nous confions
la responsabilité de poser le dernier
jugement en notre nom collectif. Quand nous votons
aux élections, nous élisons un
député pour nous représenter
aux Communes et c’est le parti qui fait élire
le plus grand nombre de députés qui
forme le gouvernement. Nous n’élisons pas un
chef de gouvernement au suffrage universel, comme le
font les Américains.
Nonobstant la ligne de parti, nécessaire pour
assurer la stabilité du gouvernement, il est
possible pour nos représentants d’assurer un
minimum d’imputabilité gouvernementale.
L’épisode de la crise politique de
décembre 2008, où les trois partis
d’opposition avaient convenu de former une
coalition, en est un excellent exemple. Mais quand
le premier ministre met fin sans raison valable aux
travaux du Parlement, pour la deuxième fois
en un an, cette imputabilité
démocratique disparaît.
Notre système politique a été
conçu pour assurer une certaine
stabilité dans la conduite des affaires de
l’État. Le pouvoir a toujours
été concentré dans les mains de
l’exécutif, mais à force d’usurper les
conventions constitutionnelles en sa faveur, le
premier ministre est devenu une sorte d’empereur aux
pouvoirs illimités qui peut décider
à sa guise quand nos instances
démocratiques ont le droit ou non d’exercer
leurs prérogatives constitutionnelles. Cela a
de quoi amuser les pays à qui nous faisons de
grandes leçons de démocratie.
Un rapport prône une
révision de la liste d’interdiction de vol
OTTAWA — Des consultants indépendants ont
conseillé au ministère
fédéral des Transports de revoir de
fond en comble sa liste d’interdiction de vol.
Ces consultants, embauchés par le
ministère, ont conclu que Hani Al Telbani
n’aurait jamais dû être
empêché de prendre l’avion. Dans une
évaluation cinglante de la liste
d’interdiction de vol, connue sous le nom de
Programme de protection des passagers, les
conseillers indépendants en
sécurité Allan Fenske et Wendy Sutton
ont recommandé à l’organisme
fédéral de retirer du registre le nom
de cet étudiant montréalais.
Le rapport a été commandé par
le Bureau de réexamen de Transports Canada,
lequel examine les plaintes déposées
par des personnes qui se sont vu refuser le droit de
prendre l’avion parce que leur nom figurait sur la
liste d’interdiction de vol.
Bien
qu’il ait été terminé en
octobre 2008, le rapport n’a été
dévoilé que récemment, par la
Cour fédérale, où M. Al Telbani
a déposé une poursuite contre le
gouvernement.
Entrée en vigueur en juin 2007, la liste
d’interdiction de vol a été mise sur
pied pour empêcher des personnes
considérées comme une menace à
la sécurité aérienne de prendre
un avion en partance ou à destination du
Canada.
Le rapport des consultants recommande à
Transports Canada de revoir la manière dont
sont choisis les noms figurant sur la liste
d’interdiction de vol. Le document pourrait avoir
d’importantes répercussions non seulement
pour le cas de Hani Al Telbani, mais
également pour le Programme de protection des
passagers.
Le 4 juin 2008, M. Al Telbani , un résida nt
de Longueuil âgé de 27 ans, n’a pas pu
monter dans l’avion d’Air Canada qui devait l’amener
de Montréal à Riyad, en Arabie
Saoudite, via Londres.
La Cour fédérale déclare
invalide un autre certificat de
sécurité - Hugo de
GrandPré
OTTAWA — Et de deux: après Adil Charkaoui,
une deuxième personne en quelques semaines
voit son certificat de sécurité
déclaré invalide par la Cour
fédérale.
Dans une décision de 183 pages, le juge
Richard Mosley a décrété hier
qu’il n’y avait plus de motif raisonnable pour
maintenir un certificat à l’endroit d’Hassan
Almrei.
Ce faisant, le magistrat a sévèrement
critiqué le Service canadien de renseignement
de sécurité (SCRS) et les ministres
responsables pour ne pas avoir
considéré toute l’information
disponible, au moment de renouveler la mesure, en
février 2008. «Ils ont cru avoir fait
leur travail en 2001 et qu’il n’y avait plus besoin
depoursuivre leur enquête», a-t-il
noté.
Hassan Almrei, l’un des quatre hommes musulmans
à toujours faire l’objet d’un certificat de
sécurité, est détenu depuis
octobre 2001. Le SCRS lui reprochait entre autres de
partager l’idéologie d’Oussama Ben Laden,
d’avoir entretenu des liens avec des membres de
réseaux «affiliés»
à Al-Qaeda et d’avoir fabriqué de faux
documents.
Or, si les craintes des services de renseignements
canadiens pouvaient être justifiées
dans la foulée des attentats du 11 septembre
2001, elles n’avaient plus leur place en 2008,
lorsqu’ils ont émis un nouveau certificat
à la suite d’un jugement de la Cour
suprême, a tranché le juge Mosley.
«L’évaluation du SCRS en 2008 a
été préparée, à
mon avis, sans considération suffisante de
toutes les informations en sa possession et sans
considérer si l’état des connaissances
à propos du risque de sécurité
posé par des extrémistes islamistes
à la sécurité nationale avait
évolué depuis qu’Almrei est
détenu », a-t-il écrit.
L’un
des experts cités par le juge, le professeur
Brian Williams de l’Université du
Massachusetts, est allé plus loin, qualifiant
une portion du travail du SCRS de
«renseignement Wikipédia».
« C’est une critique très
sévère du SCRS, a constaté
l’avocat d’Hassan Almrei, Lorne Waldman. Les gens du
SCRS devraient jeter un coup d’oeil attentif
à ce jugement et peut-être renvoyer
certains de leurs agents à
l’école.»
Me Waldman a dit espérer que la Cour puisse
ordonner la révocation du certificat d’ici
quelques jours, et ainsi permettre à son
client d’être enfin libre, après huit
ans de détention.
Il faudra toutefois attendre la décision des
avocats du fédéral: à la fin de
son jugement, le juge Mosley a ouvert la porte
à une forme d’appel par le gouvernement. Me
Waldman a déclaré qu’il s’y
opposerait.
«Notre objectif est de s’assurer que les
Canadiens sont en sécurité face aux
menaces terroristes », a fait savoir le
ministre de la Sécurité publique,
Peter Van Loan, par la voix d’un porte-parole.
Le ministre Van Loan a par ailleurs annoncé
dans une entrevue avec La Presse Canadienne qu’il
travaillait actuellement sur une réforme du
système des certificats de
sécurité, qui existent depuis 1978.
Depuis 1991, 28 ont été émis.
Outre Hassan Almrei, Mohammed Mahjoub, Mahmoud
Jaballah et Mohamed Harkat tombent sous le coup de
cette mesure déclarée en partie
inconstitutionnelle par la Cour suprême du
Canada en février 2007.
Le prix de la liberté -
AGNÈS GRUDA
Quel
prix doit-on payer pour la liberté d’une jeune
femme séquestrée à l’autre bout
du monde, et qui ne r êve que d’u ne chose:
rentrer chez elle avec ses trois enfants?
Johanne
Durocher, la mère de Nathalie Morin,
Québécoise retenue contre son
gré en Arabie Saoudite avec ses trois
enfants, déplore l’analyse des
autorités consulaires canadiennes qui
considèrent la situation de sa fille comme
une « question familiale du domaine
privé ».
Saeed Al-Shahrani a présenté son «
esti mation » le mois dernier au personnel de
l’a mbassade canadienne en Arabie Saoudite. Et il
s’agit de 300 000$ US. Si le Canada lui paie cette
somme, le Saoudien permettrait à sa conjointe,
la Québécoise Nathalie Morin, de
retourner au Canada. Il a aussi promis de lui
céder la garde légale de leurs trois
enfants.
Le Canada n’a aucune intention de céder
à sa requête. Les autorités
consulaires ont vérifié si celle-ci
pouvait être considérée comme une
demande de rançon. Leur réponse est non.
Comme le remboursement de la dot est légal en
cas de divorce en Arabie Saoudite, « il ne
s’agit pas d’une situation de prise d’otage »,
conclut une responsable consulaire dans un courriel
envoyé à Johanne Durocher, la
mère de Nathalie.
L’histoire de Nathalie Morin est donc une «
question familiale du domaine privé » et
Ottawa n’a pas à se mêler de ses affaires
de divorce et de garde d’enfants, aux yeux des
autorités consulaires.
Pour Johanne Durocher, cette analyse est d’autant plus
aberrante que sa fille n’a jamais l é ga l e
ment é pousé Saeed Al-Shahrani. Le
document saoudien qui confirme l’état
matrimonial du couple est une « confirmation
» d’un mariage qui aurait été
conclu au Québec. Mais qui, dans les faits, n’a
jamais eu lieu.
La demande de 300 000$ ne peut donc pas être
considérée comme une démarche
habituelle dans un divorce à la saoudienne et
Ottawa ne doit pas la traiter comme telle,
plaide-t-elle.
L’interprétation du Canada « n’a aucun
bon sens », renchérit la
députée bloquiste Francine Lalonde, qui
suit ce dossier depuis longtemps. « Ça me
révolte, la réaction de l’ambassade
dénote une incompréhension totale de
l’enfer que vit Nathalie. »
Voilà le dernier rebondissement dans un
feuilleton dont la principale protagoniste est une
Québécoise de 25 ans,
séquestrée jour et nuit dans un
appartement de la ville saoudienne de Dammam. Et
entièrement dépendante d’un conjoint qui
lui fournit la nourriture, ne lui permet jamais de
sortir seule, la frappe à l’occasion. Un homme
qui veut maintenant monnayer son départ.
« Je suis coupable »
« Je suis coupable, c’est mon erreur, je le sais
que je suis coupable. Mais tout le monde a droit
à une deuxième chance. »
C’est sur cette scène filmée par Johanne
Durocher, qui a rendu visite à sa fille en
juillet, que s’ouvre le reportage diffusé ce
soir à l’émission Enquête,
à Radio-Canada.
Un reportage dans lequel on sent toute l’impuissance
d’une femme confrontée à un dilemme
cruel: abandonner ses trois enfants, ou rester
cloîtrée avec eux.
Au
printemps dernier, la mère de Nathalie Morin
avait envisagé de poursuivre Ottawa pour avoir
négligé de venir en aide à sa
fille. Des documents obtenus par Radio-Canada
grâce à la Loi sur l’accès
à l’information révèlent pourtant
que le dossier de Nathalie Morin est l’un des plus
actifs au ministère canadien des Affaires
étrangères.
Les agents consulaires de Riyad ont eu des dizaines
d’échanges de courriels et d’appels
téléphoniques avec Nathalie Morin et sa
mère. Le dossier a fait l’objet d’une douzaine
de rencontres avec de hauts fonctionnaires saoudiens.
Il y a quelques jours, le ministre des Affaires
étrangères Lawrence Cannon en a
parlé avec son homologue saoudien, à
Riyad. Une rencontre qui n’a pas changé sa
position: Nathalie Morin doit régler son
problème en faisant appel aux lois saoudiennes.
Doit-on en conclure qu’Ottawa fait tout son possible
pour venir en aide à Nathalie Morin? Pas
nécessairement, nuance son avocat Julius Grey:
maintenant que l’on sait que le gouvernement a
tenté de l’aider, encore faut-il
vérifier s’il n’a pas commis d’omission
majeure. Mais cet examen va prendre du temps.
Amour en dents de scie
Le reportage d’Enquête retrace l’histoire de la
jeune femme depuis le jour où elle fait la
connaissance de Saeed, à l’âge de 17 ans,
dans une pizzeria de Montréal. Trois semaines
plus tard, Nathalie tombe enceinte. Le couple doit
s’épouser, mais le jour J, elle ne se
présente pas à la mosquée. C’est
une histoire d’amour en dents de scie, qui se
complique quand Saeed est expulsé du Canada,
après avoir été mêlé
à une agression armée.
Le jeune homme se lance alors à la
reconquête de Nathalie. Il lui promet l’amour
sur les plages ensoleillées de son pays.
Nathalie se convertit à l’islam et fait
quelques allers-retours en Arabie Saoudite.
Jusqu’à ce dernier voyage où, incapable
de vivre sans ses enfants, elle décide de
« sacrifier sa vie » pour eux.
Avec le temps, Nathalie découvre que Saeed
Al-Shahrani a un dossier trouble. Le gouvernement
saoudien a confisqué son passeport. Le Canada
ne veut pas le laisser entrer. Interviewé par
Enquête, le ministre Lawrence Cannon affirme
être au courant de ce qui lui est
reproché, mais refuse de le
révéler.
L’histoire de Nathalie n’est pas tout en noir et
blanc. Elle reçoit de l’aide, mais pas assez
pour que ses conditions de vie s’améliorent de
façon notable. Elle vit en recluse, dans une
situation qui serait considérée comme
abusive au Canada – mais qui ne contrevient pas aux
lois saoudiennes.
Jusqu’où va le devoir du gouvernement canadien
face à des citoyens retenus à
l’étranger où ils sont traités
conformément aux lois locales, aussi
inéquitables soient-elles?
« Traditionnellement, la protection diplomatique
relève du pouvoir de l’ État, et non du
droit d’un individu », explique le juriste
François Crépeau.
Autrement dit, à quelques exceptions
près, la protection diplomatique s’arrête
là où commence la loi d’un autre pays.
Les moeurs saoudiennes ont beau être contraires
à la conception canadienne des relations entre
les hommes et les femmes, la situation de Nathalie
Morin n’est probablement pas suffisamment critique
pour outrepasser ce principe, croit M. Crépeau
– qui souligne que des réactions
récentes de tribunaux tendent toutefois
à élargir la responsabilité du
gouvernement face à ses expatriés.
I l reste l a négociation . François
Crépeau est convaincu que l’Arabie Saoudite a
une « liste d’épicerie » de
dossiers qui permettraient à Ottawa de faire
pression sur Riyad pour trouver un terrain d’entente
avec Saeed.

À partir de là, tout est une question de
prix.
Un millier de Canadiens dans les prisons
étrangères - Joël-Denis
Bellavance
OTTAWA — Omar Khadr n’est pas le seul Canadien
détenu à l’étranger. En tout,
1073 individus ayant la citoyenneté
canadienne se trouvent dans des prisons un peu
partout sur la planète, démontrent des
documents que La Presse a obtenus grâce
à la Loi sur l’accès à
l’information.
Plus de la moitié de ces Ca nadiens, soit
551, sont emprisonnés aux États-Unis,
selon les dernières données
compilées par le ministère des
Affaires étrangères, datées de
juillet dernier.
Il y a aussi 57 Canadiens qui purgent une peine de
prison en Chine, 55 au Mexique, 44 dans les
Émirats arabes et 33 en Grande-Bretagne.
L es deu x tiers de ces Canadiens sont nés au
Canada. Les autres sont des immigrés qui ont
la citoyenneté canadienne. Ils sont
majoritairement des hommes (89%) âgés
entre de 21 à 49 ans.
En outre, 40 % de ces détenus purgent une
peine liée à une affaire de possession
ou de trafic de stupéfiants. Environ 11 %
font face à une accusation de meurtre tandis
que 8 % sont accusés de fraude.
Depuis 2000, le nombre total de Canadiens qui
purgent une peine de prison à
l’étranger a toujours dépassé
1600 et a même atteint 2037 en 2008. Ce nombre
a donc diminué de près de la
moitié jusqu’ici par rapport au sommet de
l’an dernier.
Projet de loi du NPD
Malgré tout, le député
néodémocrate Paul Dewar, qui compte
déposer un projet de loi contraignant le
gouvernement canadien à se porter à la
défense des Canadiens détenus à
l’étranger et à leur offrir les
services consulaires nécessaires, s’est dit
surpris par ces statistiques.
« Cela me convainc encore plus de la
nécessité de déposer mon projet
de loi », a dit M. Dewar, critique du NPD en
matière d’affaires étrangères.
« Les Canadiens sont de plus en plus inquiets
du fait que le gouvernement ne reconnaît pas
son devoir constitutionnel de protéger nos
citoyens à l’étranger », a
ajouté le député
M.
Dewar a ajouté que la loi qu’il propose est
nécessaire afin d’éviter que le
gouvernement canadien refuse de rapatrier des
Canadiens détenus à l’étranger,
comme O ma r K had r, ma lg ré les déc
isions des t r ibu nau x qui les y obligent.
Le projet de loi du député Dewar
viserait notamment à imposer au gouvernement
le devoir constitutionnel de protéger les C a
nad ien s à l’étranger, à
assurer des services consulaires constants et non
discriminatoires à tous les Canadiens en
détresse et à créer un bureau
d’ombudsman indépendant qui serait
responsable de vérifier la performance du
gouvernement à cet égard.
Âgé de 22 ans, M. Khadr a
été emprisonné à
Guantánamo par les États-Unis, qui
l’accusent d’avoir tué un soldat
américain il y a sept ans en lui
lançant une grenade.
En avril, la Cour fédérale du Canada a
statué que le gouvernement canadien avait
l’obligation de rapatrier Omar Khadr, qui est
né à Toronto. Le gouvernement Harper a
décidé d’en appeler devant la Cour
suprême du Canada.
Jusqu’ici, le premier ministre Stephen H a r per a
fa it valoir qu’il attendait de voir quel sort
l’administration de Barack Obama compte
réserver à Omar Khadr une fois que la
prison de Guantánamo sera fermée, l’an
prochain. M. Harper a aussi soutenu que le jeune
doit répondre à des accusations
« très graves » devant la justice
américaine.
Le procès intenté en cour ma r tia le
cont re le jeu ne Canadien a commencé il y a
quatre ans et est toujours en cours.
M. Khadr n’est pas le premier Canadien à
obtenir un jugement favorable des tribunaux pour que
le gouvernement fédéral l’aide
à rentrer au pays. En effet,
Abousfia n Abdel ra zi k , retenu du ra nt si x a ns
au Soudan, est rentré au pays durant
l’été après que le gouvernement
fédéral eut épuisé tous
les recours juridiques et eut été
contraint par les tribunaux de le rapatrier.
Soupçonné d’avoir des liens avec u n
réseau ter roriste, M . Abdelrazik ne pouvait
quitter le Soudan parce que le gouvernement canadien
refusait de lui délivrer un passeport. La
semaine dernière, ses avocats ont
annoncé qu’il intentait une poursuite de 27 m
i l l ion s de dol la r s contre le gouvernement
fédéral et le ministre des Affaires
étrangères, Lawrence Cannon.
Les prétentions d’Adil Charkaoui
- Yves Boisvert
Si Adil Charkaoui a été une menace
à la sécurité nationale, ce
n’est cer tainement plus le cas aujourd’hui,
après presque deux ans de
détention et des années de
surveillance et de débats judiciaires.
Mais voici qu’il se compare à Maher Arar
et laisse planer une menace de poursuite contre
le gouvernement canadien. Pas sûr, M.
Charkaoui, pas sûr du tout.
D’abord , Maher Ara r, citoyen canadien, a
été envoyé avec la
complicité de la police canadienne vers
la Syrie, où il a été non
seulement emprisonné mais torturé
pendant un an. Une commission d’enquête a
conclu à l’absence de preuve contre M.
Arar. Elle a critiqué
sévèrement la GRC et les services
de renseignement. Le gouvernement canadien a
ensuite présenté ses excuses et
indemnisé M. Arar à hauteur de 10
millions. M. Charkaoui, originaire du Maroc,
n’est pas citoyen canadien. En observant ses
liens avec diverses personnes liées
à la mouvance islamiste radicale, et en
apprenant qu’il avait fait un voyage jugé
suspect au Pakistan en 1998, le Service canadien
du renseignement de sécurité a
conclu qu’il était indésirable et
qu’il devait être expulsé du pays.
Il y a pour cela une procédure
prévue à la Loi sur l’immigration
: le certificat de sécurité.
Depuis une trentaine d’années (donc bien
avant le 11 septembre), 27 personnes ont
été l’objet d’un tel certificat.
C’est une audience au cours de laquelle
l’État doit démontrer qu’il a des
motifs raisonnables de soupçonner la
personne d’activités criminelles, de
terrorisme ou de ce qui pourrait constituer
unemenace à la sécurité
nationale.
M. Charkaoui a été détenu
pendant 21 mois, à partir de 2003, puis a
été soumis à une
série de conditions très
sévères, notamment à la
surveillance électronique 24 heures sur
24.
En 2007, la Cour suprême a accueilli un
recours de M. Charkaoui, disant que cette
procédure viole les droits fondamentaux:
la preuve est largement secrète et ne
peut même pas être contestée
par la personne visée.
La Cour suprême n’a pas pour autant
invalidé la procédure, elle a
simplement forcé le gouvernement
conservateur à la récrire pour
prévoir un mécanisme de
révision: un avocat indépendant,
lui, peut avoir accès à la preuve
et la tester. Ce qui fut fait, et les cinq
personnes visées par ces certificats au
Canada le sont maintenant suivant la nouvelle
procédure.
En fait, la Cour suprême a surtout
confirmé la légitimité
d’une mesure exceptionnelle pour permettre au
Canada d’expulser les personnes potentiellement
dangereuses.
Bien entendu, le monde de l’espionnage est plein
de coups fourrés, de faux témoins
et de renseignements foireux. La juge
Danièle TremblayLamer, de la Cour
fédérale, ne semble pas
particulièrement impressionnée par
le travail des services de renseignement
canadiens dans ce dossier, c’est le moins qu’on
puisse dire. Elle semble sur le point de rejeter
carrément ce certificat, et ce n’est pas
pour rien que M. Charkaoui a été
libéré de son bracelet
électronique.
Mais faut-il en conclure que M. Charkaoui est
victime d’une erreur sur la personne ou d’un
acharnement injustifié ? On n’en est pas
là du tout si l’on se fonde sur le
sommaire de la preuve du gouvernement produit en
cour et pourtant déjà
allégé de plusieurs
éléments cet été.
Adil Charkaoui a passé cinq mois au
Pakistan en 1998. Le SCRS le soupçonne de
s’être rendu pendant cette période
dans un camp d’entraînement terroriste
d’Al-Qaeda en Afghanistan. Les recrues qui s’y
rendaient passaient par le Pakistan, et c’est la
route qu’a suivie, à peu près aux
mêmes dates, Ahmed Ressam, ce
Montréalais arrêté à
la frontière canado-américaine en
décembre 1999 dans une voiture
bourrée d’explosifs. Ressam était
au même camp que Zacarias Moussaoui,
impliqué dans les attentats du 11
septembre 2001.
Ressam a affirmé reconnaître
Charkaoui sur deux photos. Il a dit l’avoir vu
au camp d’Al-Qaeda. Toutefois, il a ensuite
appelé le journaliste Fabrice de
Pierrebourg pour dire qu’il avait menti.
M. Charkaoui, lui, affirme n’avoir pas mis les
pieds en Afghanistan. Tant au FBI qu’au SCRS et
à la Cour fédérale, M.
Charkaoui a donné des explications
nébuleuses sur son voyage. Il y
était allépour renouer avec la
religion musulmane, a-t-il dit. Il ne semble pas
capable de donner beaucoup de détails.
Le SCRS a observé qu’il avait pris
l’habitude, au début des années
2000, d’utiliser très souvent les
téléphones publics, y compris en
face de chez lui.
M. Charkaoui a eu des liens avec Abousoufian
Abdelrazik, que le Conseil de
sécurité de l’ONU considère
comme un extrémiste membre du
réseau Al-Qaeda. Il a aussi eu des
contacts avec Abdellah Ouzghar, qu’il a
décrit comme un innocent n’ayant rien
à se reprocher, mais qui a
été condamné à cinq
ans de prison en France pour avoir
facilité la fabrication de faux documents
à des fins terroristes.
Ce ne sont pas des preuves d’un complot
terroriste. Si c’était le cas, on lui
ferait un procès pour cela. Mais je
conçois que ces éléments,
plus d’autres qu’on ne connaît pas,
peuvent constituer éventuellement un
« soupçon raisonnable » que,
à tout le moins, M. Charkaoui a
flirté avec l’extrémisme
islamiste.
J e ne s u i s donc pa s convaincu du tout qu’il
pourra prouver que, si sa réputation a
été entachée, c’est
à cause du gouvernement canadien, quels
que soient les errements des services secrets.
Dans toutes ces entrevues que donne M.
Charkaoui, j ’aimerais bien qu’on lui demande de
répéter son opinion sur le 11
septembre, cette vaste « supercherie
», comme il a dit à la cour, lui
qui croit que ben Laden n’aurait jamais pu
organiser pareille affaire.
J’aurais voulu causer avec lui, hier, mais il
m’a raccroché au nez quand je lui ai
posé des questions sur son voyage au
Pakistan. Questions tendancieuses, m’a-t-il dit,
menace de poursuite à l’appui.
Il n’a donc pas commencé à me
convaincre que ce certificat a été
une erreur. Aujourd’hui, en
vérité, je ne le crois pas du
tout.
Charkaoui n’exclut pas de
poursuivre Ottawa - Malorie Beauchemin
OTTAWA — Espérant que son certificat de
sécurité soit
révoqué dès aujourd’hui, le
Montréalais Adil Charkaoui réclame
au gouvernement fédéral des
excuses officielles et n’exclut pas de
poursuivre Ottawa en justice.
Adil Charkaoui a
recouvert entièrement la liberté
jeudi dernier, la juge Danièle
Tremblay-Lamer ayant révoqué son
certificat de sécurité.
« La question n’est pas
écartée. En ce moment, mes avocats
étudient toutes les avenues juridiques
», a répondu M. Charkaoui en
conférence de presse, hier, alors qu’on
lui demandait s’il allait intenter une poursuite
au civil pour obtenir une compensation
financière.
« Quand on vous enlève votre permis
d’enseignement, quand on envoie de fausses
allégations sans preuve à toutes
les agences étrangères à
travers le monde, qu’on m’empêche de
travailler, que je passe 21 mois en prison, que
je sois stigmatisé de la sorte, que je ne
puisse plus retourner dans mon pays d’origine,
moi je pense que ça mérite une
compensation », at-il dit.
Le Montréalais d’origine marocaine
était à Ottawa, hier, pour
réclamer des excuses au gouvernement, qui
l’a arrêté, emprisonné, puis
mis en liberté avec l’obligation de
respecter de nombreuses conditions, dont le port
d’un émetteur GPS à la cheville,
en raison du certificat de
sécurité délivré
contre lui.
Après six ans de bataille judiciaire, la
juge Danièle Tremblay-Lamer, de la Cour
fédérale, a ordonné jeudi
dernier que M. Charkaoui r e couv r e
complè t ement la liberté.
Deux
ministres du gouvernement canadien, dans une
lettre datée du 31 juillet, avaient
euxmêmes reconnu que la preuve
était « insuffisante » contre
M. Charkaoui, qu’Ottawa soupçonnait, en
2003, d’appartenir à Al-Qaeda. M.
Charkaoui a toujours clamé son innocence
et réclamé l’accès à
la preuve détenue contre lui.
« Pendant six ans et demi, j’ai
vécu avec l’étiquette de
présumé terroriste alors que je
n’étais même pas accusé ; je
ne veux plus vivre avec l’étiquette
d’ex-présumé terroriste », a
dit hier l’enseignant de 36 ans, père de
trois enfants.
La juge Tremblay-Lamer doit entendre
aujourd’hui, à huis clos, les avocats du
gouvernement. Mais déjà, la
semaine dernière, elle a annoncé
que le certificat de sécurité
contre lequel se bat M. Charkaoui depuis des
années sera révoqué dans
les prochaines semaines puisque rien ne le
justifie.
En 2007, le Canadien d’origine syrienne Maher
Arar, détenu et torturé sous de
fausses accusations en Syrie, a obtenu des
excuses officielles dupremier ministre
StephenHarper, enplus d’une compensation
financière de 10,5 millions de dollars.
Au moment oùM. Charkaoui a
recouvré la pleine liberté, la
semaine dernière, un autre Canadien,
Abousfian Abdelrazik, a annoncé qu’il
intentait une poursuite de 27 millions contre
Ottawa pour avoir été retenu
injustement au Soudan pendant six ans.
Adil Charkaoui est un homme libre -
Laura-Julie Perrault
« Je suis content, mais il manque encore
quelque chose. Des excuses. »
Après six ans de feuilleton juridique, le
Montréalais Adil Charkaoui, visé par
un certificat de sécurité, a
recouvré complètement sa
liberté hier. À grands coups de
ciseaux, il s’est débarrassé du
dernier dispositif qui le reliait aux
autorités canadiennes: un GPS qu’il devait
porter jour et nuit.
PHOTO ALAIN
ROBERGE, LA PRESSE
Après six ans de
vaudeville judiciaire, la juge Danièle
Tremblay-Lamer de la Cour fédérale a
ordonné hier matin la libération
complète d’Adil Charkaoui.
«C’est un morceau de plastique et de
métal, mais vous n’avez pas idée de ce
que ça fait psychologiquement à un
homme », s’est excla mé le
ressortissant marocain de 36 ans, les yeux
embués, devant l’immeuble de la Cour
fédérale. Sa mère, Latifa,
remerciait Dieu. Des supporteurs applaudissaient.
Quelques minutes plus tôt, la j uge
Danièle T remblayLamer avait ordonné
la levée de toutes les contraintes
imposées à Adil Charkaoui depuis sa
mise en liberté en février 2005. La
magistrate a rendu sa décision séance
tenante, ex pliqua nt qu’il n’y avait aucune raison
de restreindre plus longtemps la liberté de
M. Charkaoui. «J’ordonne que toutes les
conditions de remise en liberté soient
révoquées et que cette ordonnance
prenne effet immédiatement », a
lancé la j uge alors que l’avocate de M.
Charkaoui, Johanne Doyon, était au milieu de
sa plaidoirie.
Mme Tremblay-Lamer a expliqué que les
conditions de mise en liberté ne peuvent plus
tenir puisque les ministres fédéraux
qui ont délivré le certificat de
sécurité contre M. Charkaoui – le
soupçonnant d’appartenir à Al-Qaeda –
reconnaissent que ce certificat n’est plus
raisonnable. Ils en sont venus à cette
conclusion après avoir retiré
eux-mêmes une partie de la preuve
secrète qui était au dossier et que la
juge leur avait demandé de rendre publique.
Retour à la normale
«Mon client va pouvoir enseigner à
nouveau», s’est exclamée l’avocate de
M. Charkaoui à la suite de la
décision, rappelant que malgré
l’allègement de ses conditions de mise en
liberté au cours des ans, M. Charkaoui
n’était pas libre de vivre comme bon lui
semblait.
Détenu depuis son arrestation en mai 2003
jusqu’en février 2005, M. Charkaoui a
été mis en liberté moyennant le
respect d’une longue liste de conditions :
l’imposition d’un couvre-feu, de chaperons,
l’interdiction de voyager, d’utiliser l’internet ou
un téléphone cellulaire. La plupart de
ces conditions ont été graduellement
abandonnées par la Cour
fédérale, mais jusqu’à hier, il
devait porter le GPS, aviser les autorités
s’il voulait quitter Montréal, n’avait plus
accès à son passeport marocain et ne
pouvait communiquer avec un certain nombre de
personnes. Son permis d’enseigner lui a aussi
été retiré par la ministre de
l’Éducation du Québec.
En moins de quelques heures, hier, en rentrant chez
lui à Anjou, où il a retrouvé
sa femme et ses trois enfants, Adil Charkaoui a pu
se débarrasser des derniers vestiges
liés à ses conditions de mise en
liberté. Des représentants de l’Agence
des services frontaliers ont
récupéré le GPS et rendu
à M. Charkaoui son passeport. «
Ça sera un plaisir de ne pas vous
revoir!» a dit un Charkaoui plaisantin aux
deux agents avant de leur offrir des biscuits.
Un obstacle en vue
Malgré sa victoire devant la Cour
fédérale hier, Adil Charkaoui n’est
pas encore tiré d’affaire. La juge
TremblayLamer a annoncé hier que le
certificat de sécurité sera
complètement révoqué dans les
prochaines semaines, mais elle doit d’abord entendre
les avocats du gouvernement à huis clos le 30
septembre. Ces derniers veulent porter en appel
l’ordonnance de la juge qui les a obligés
à divulguer des informations secrètes.
«Les ministres ne veulent pas retirer le
certificat », a dit hier un des avocats du
gouvernement.
Adil Charkaoui avait, lui aussi, une requête
à présenter à la Cour
fédérale hier. Il aimerait que la juge
reconnaisse que toute la procédure
intentée contre lui a violé ses droits
à répétition. « Je suis
content d’être libre, mais il manque encore
quelque chose. Ceux qui sont responsables pour ce
qui m’est arrivé doivent répondre de
leurs actes. Je veux des excuses. Je veux laver ma
réputation», a dit M. Charkaoui hier
à La Presse. Assis dans son salon, il
savourait sa victoire, mais a confessé que si
une lutte est terminée, une autre commence.
Que vaut notre
citoyenneté? - DENIS ST-MARTIN
Dans
l’affaire Khadr, le gouvernement Harper
malmène le « lien sacré »
de confiance entre l’État et ses «
sujets »
C’est par le truchement de la politique
démocratique et du droit qui en
découle que les sociétés
modernes protègent leurs membres du pouvoir
discrétionnaire et arbitraire de
l’État et de ses dirigeants. Cette protection
est offerte au nom de la citoyenneté, une
institution et une entreprise collective dans
laquelle nous sommes tous des « actionnaires
» et dont la valeur dépend de notre
capacité à faire respecter les droits
qui en font partie.
Or, à l’heure actuelle, cette capacité
est rudement mise à l’épreuve par la
décision du gouvernement canadien de
contester jusqu’en Cour suprême son obligation
de rapatrier Omar Khadr, emprisonné à
Guantánamo depuis près de sept ans.
Qu’on ne se méprenne pas: au-delà des
spécificités du cas Khadr, cette
affaire nous concerne tous. C’est de la valeur de
notre citoyenneté dans le monde dont il
s’agit. Comme la plupart de ses détenteurs le
suppose, notre passeport représente une sorte
de « police d’assurance » obligeant le
gouvernement canadien à ne pas abandonner ses
citoyens lorsque ceux-ci se retrouvent dans des
situations difficiles à l’étranger.
Mais quel message le gouvernement du Canada
envoie-t-il à la communauté
internationale lorsque lui-même n’offre pas
à ses propres ressortissants toute «
l’aide et la protection » que la
première page de notre passeport demande aux
autres pays de nous donner ? Lorsqu’un des
nôtres est abandonné dans des prisons
étrangères dont l’existence a
été jugée inconstitutionnelle,
c’est le « lien sacré » de
confiance entre l’État et les citoyens qui
est mis à mal.
L’affaire Khadr est un cas classique d’opposition
entre les droits de la personne et les pouvoirs de
l’État. Depuis 200 ans, la démocratie
et le libéralisme ont peu à peu
repoussé les frontières de
l’arbitraire politique et ligoté les mains
des gouvernants par un ensemble de lois et de
règles qui encadrent et réduisent la
marge de pouvoir discrétionnaire pouvant
être exercée sur les individus et les
communautés.
Mais
ce pouvoir discrétionnaire, bien que plus
mince de nos jours, existe encore. Et c’est
précisément ce que le gouvernement
cherche à préserver aujourd’hui en
refusant que la conduite de sa politique
étrangère ne soit limitée par
les droits de la citoyenneté.
Tout constitutionnelle qu’elle soit, le Canada est
toujours gouverné par l’institution de la
monarchie. On la croit devenue tellement symbolique
au fil du temps, que son pouvoir formel et son effet
structurant sur nos institutions politiques sont
trop souvent sous-estimés.
Pourtant, au Canada, la politique
étrangère fait partie des «
prérogatives royales », ce domaine de
pouvoirs d’origine médiévale et
pré-démocratique, encore pratiquement
intouché par la constitution et les lois du
parlement. Avec d’autres pouvoirs appartenant
exclusivement à la Couronne et exercés
en son nom par le premier ministre, comme la
nomination du haut personnel de l’État et le
déclenchement des élections, en
matière de politique étrangère,
les gouvernements élus – libéral comme
conservateur-avec la complicité des
bureaucrates qui les conseillent, ont toujours
cherché à se réserver un
maximum de marge de discrétion.
Puisque la politique étrangère
appartient aux prérogatives de la Couronne,
pas surprenant dans ce contexte que les Omar Khadr
de ce monde soient traités comme des «
sujets » de Sa Majesté et non pas comme
de véritables citoyens à part
entière. Face à ce type de pouvoir, le
« sujet » ne dispose pas de droit, mais
de privilèges qui lui sont accordés –
et repris – de façon arbitraire et en
fonction de l’humeur des dirigeants. Par
définition, le pouvoir discrétionnaire
est capricieux, changeant et imprévisible.

Souhaitons que la Cour suprême
désactive ce pouvoir issu d’un autre
âge qui s’accorde mal avec la
démocratie et ses exigences de transparence
et d’imputabilité. Il est grand temps que le
Canada s’engage de façon plus crédible
à soumettre sa politique internationale
à la primauté des droits de la
personne.
Une série noire - AGNÈS
GRUDA
S’il
n’y avait qu’elle. Mais le cas de Suaad Hagi
Mohamud, cette Canadienne retenue au Kenya où
elle a été accusée d’usurpation
d’identité, n’est pas le seul. Au cours de la
dernière décennie, de nombreux
Canadiens se sont retrouvés coincés
à l’étranger, sous des accusations
diverses, face à des systèmes
judiciaires douteux. Et ils sont plusieurs à
s’être sentis abandonnés par Ottawa.
Le cas le plus célèbre est celui de
jeune Omar Khadr, détenu à
Guantánamo. Hier, la Cour d’appel
fédérale a rendu un jugement qui
oblige Ottawa à le rapatrier.
En décembre 2000, William Sampson a
été arrêté en Arabie
Saoudite sous l’accusation d’avoir organisé
des attentats à la bombe. À la suite
d’aveux arrachés sous la torture, il a
été condamné à la
décapitation. Il a été
libéré en 2003. Durant sa
détention, les représentants
consulaires canadiens lui avaient dit à
plusieurs reprises qu’ils le croyaient coupable.
Autre cas marquant, celui de Maher Arar. Canadien
d’origine syrienne, il a été
arrêté en 2002 et envoyé en
Syrie où il a été détenu
et torturé pendant un an, sous l’accusation
de terrorisme – une accusation alimentée par
des informations provenant du Service canadien de
renseignement de sécurité (SCRS). Il a
été par la suite lavé de tout
soupçon.
Un
récent rapport d’enquête du juge Frank
Iacobucci affirme que la GRC et le SCRS ont une
responsabilité indirecte dans le traitement
de trois autres Canadiens
– Abdullah Almalki, Ahmad Abou-El Maati et Muayyed
Nureddin, détenus en Syrie et en
Égypte.
Abousf ian Abdel ra zik, Canadien d’origine
soudanaise, est rentré récemment au
pays après avoir été
détenu pendant six ans au Soudan, parce que
son nom figure sur une « liste noire »
de l’ONU.
Et puis, le jeune Montréalais Mohamed Kohail
croupit toujours dans une prison saoudienne
où il a été condamné
à la décapitation à la suite
d’une bagarre dans une cour d’école. Selon le
député Dan McTeague, critique
libéral en matière consulaire, le
Canada n’a pas tout fait pour lui venir en aide.
D’ailleurs, signalet-il, plus aucun ministre n’a la
responsabilité spécifique des
Canadiens à l’étranger. Ça
n’aide pas quand on se retrouve dans le
pétrin.
CANADIENS CONDAMNÉS À MORT À
L’ÉTRANGER - Harper politise la
protection consulaire
Un pas de plus vers le cas par cas
— Le
gouvernement de Stephen Harper a franchi un pas de
plus afin de légitimer sa nouvelle politique
de « cas par cas » à
l’égard des Canadiens condamnés
à mort à l’étranger, croit
l’avocat d’un Canadien en attente dans le couloir de
la mort aux États-Unis.
Mardi, le ministère des Affaires
étrangères a mis en ligne un guide
à l’intention des ressortissants du pays
devant la justice à l’étranger. On y
trouve une liste de critères pour
déterminer si un Canadien mérite ou
non qu’Ottawa intervienne en sa faveur auprès
des autorités étrangères.
On y recommande par ailleurs « vivement
» aux personnes faisant face à la peine
de mort de ne pas compter uniquement sur la
clémence que pourrait demander le
gouvernement fédéral à leur
endroit, mais plutôt « d’utiliser tous
les moyens à leur disposition » pour se
sortir elles-mêmes de leur situation.
« L’intervention du gouvernement du Canada est
seulement un des recours possibles pour obtenir la
clémence », ajoute-t-on.
On peut également y lire que les
détenus dans les prisons
étrangères devront présenter
une demande « écrite » au
gouvernement canadien pour espérer obtenir
son appui. Ce sera ensuite au gouvernement de
décider du « bien-fondé »
de l’appel à la clémence.
Lorne Waldman, l’un des avocats de Ronald Allen
Smith, condamné à mort au Montana pour
deux meurtres commis en 1983, croit que le
gouvernement tente par là de confirmer sa
nouvelle politique de cas par cas pour ses
ressortissants, lui qui autrefois demandait
systématiquement la clémence.
En mars dernier, la Cour fédérale a
durement tapé sur les doigts du gouvernement
conservateur parce qu’il refusait de demander la
clémence pour M. Smith – une première
au pays depuis de nombreuses années – alors
qu’aucune nouvelle politique n’avait officiellement
été adoptée en la
matière.
« Je pense que la conséquence du cas
Smith est que le gouvernement tente de clarifier
(plus officiellement) sa politique », a
confié Me à La Presse Canadienne,
hier.
Il se désole de la tangente qu’a prise le
gouvernement de Stephen Harper en matière
Waldman de défense des droits de ses
ressortissants.
«
Ce qui me préoccupe, c’est que notre
gouvernement politise toute la question de la
protection consulaire. Ce devrait être un
droit pour tous les citoyens canadiens, peu importe
leurs convictions politiques ou le crime dont on les
accuse », a fait valoir Me Waldman.
« Qui alors décide de qui peut avoir la
protection et de qui ne peut pas l’avoir si ce n’est
pas automatique pour tout le monde? » a-t-il
demandé.
Liste de critères
Sur le site www.voyages.gc.ca figure une longue
série de critères qui seraient
vraisemblablement pris en compte par le gouvernement
pour déterminer si un détenu peut
espérer obtenir l’aide d’Ottawa.
Le premier est de savoir si l’État dans
lequel le ressortissant fait face à la peine
de mort est considéré comme «
démocratique », ce qui, pour M. Smith,
est bien le cas puisqu’il est emprisonné aux
États-Unis.
Vient ensuite une liste de questions pour le
détenu: A-t-il été
informé des raisons de son arrestation?
A-t-il eu droit à un avocat? La peine de mort
sera-t-elle imposée seulement si sa
culpabilité est prouvée hors de tout
doute raisonnable? Le détenu a-t-il
été torturé?
Il n’est pas indiqué quel critère
pourrait intervenir en faveur en défaveur du
prisonnier.
Ce guide en ligne a fait bondir Béatrice
Vaugrante, de la filiale canadienne francophone
d’Amnistie internationale, qui dénonce cette
politique « de droits de la personne à
la carte ».
« Ils passent un peu par la porte
arrière pour passer leur message sur la
politique de la clémence », a-t-elle
soutenu, ajoutant que si le gouvernement voulait en
effet changer sa position sur le sujet, il devrait
le faire de façon ouverte, au Parlement, afin
que l’on puisse en débattre.
Le porte-parole du ministère des Affaires
étrangères, Alain Cacchione, a de son
côté souligné dans un courriel
envoyé à La Presse Canadienne que la
clémence était un « processus
participatif ». « Il est pratique
courante que les demandes adressée (sic) au
gouvernement du Canada soit faite (sic) par
écrit », a-t-il écrit.
Canadienne retenue pendant trois mois au Kenya :
Un député libéral réclame la
démission de Cannon - Malorie
Beauchemin
OTTAWA — Outré par la réaction du
gouvernement conservateur dans le dossier de Suaad
Hagi Mohamud, une Canadienne retenue pendant trois
mois au Kenya, le député
libéral Dan McTeague réclame des
explications.
« Si le ministre des Affaires
étrangères (Lawrence Cannon) n’est pas
capable de faire son travail, qu’il
démissionne, a dit M. McTeague à La
Presse. Il devrait avoir l’obligeance de s’excuser
auprès de Mme Hagi Mohamud. S’il ne veut pas
faire son travail, qu’il soit remplacé.
»
Soupçonnée d’usurpation
d’identité, emprisonnée huit jours
dans des conditions difficiles, Mme Mohamud,
mère célibataire de 31 ans, a
finalement été blanchie par un test
d’ADN après avoir été
qualifiée d’« imposteur » par les
services consulaires canadiens.
En juillet, M. Cannon, qui, en tant que ministre des
Affaires étrangères, est responsable
de l’assistance consulaire aux Canadiens à
l’étranger, avait estimé que
c’était à Mme Hagi Mohamud de prouver
sa citoyenneté canadienne.
« Ce sont des commentaires inacceptables et
absolument indéfendables » , a
accusé M. McTeague hier.
« Les Canadiens retenus à
l’étranger, ce n’est pas une priorité
pour le gouvernement », a-t-il ajouté,
citant plusieurs cas, dont celui d’Omar Khadr,
détenu à Guantánamo depuis
2002.
Interrogé au sujet de Mme Hagi Mohamud lors
de son passage au Nunavut mardi, le premier ministre
Stephen Harper avait affirmé qu’il n’avait eu
vent du dossier que la semaine dernière, une
« preuve supplémentaire », selon
M. McTeague, « de l’incompétence du
gouvernement dans ce dossier », dont les
médias torontois font état depuis
plusieurs semaines.
En voyage au Kenya pour visiter sa mère, la
citoyenne canadienne s’est vu refuser l’accès
à l’avion qui devait la ramener au Canada par
un douanier qui estimait qu’elle ne ressemblait pas
à sa photo de passeport. Elle est
rentrée à Toronto samedi dernier.
L’incident fait l’objet d’une enquête interne
lancé par le gouvernement
fédéral.
IRAN Jack Layton presse Ottawa de faire libérer
un journaliste
« On
ne peut accepter simplement que le gouvernement iranien ne
reconnaisse pas la citoyenneté canadienne »
du journaliste.
TORONTO— Le chef du Nouveau Parti démocratique,
Jack Layton, a demandé au gouvernement
fédéral, hier, de faire pression sur l’Iran
pour la libération du journaliste irano-canadien
Maziar Bahari, détenu depuis le 21 juin.
Le chef du NPD s’est adressé au gouvernement lors
d’une conférence de presse tenue au domicile du
journaliste à Toronto.
Le reporter de 42 ans, qui travaille actuellement pour le
magazine américain Newsweek, aurait
été enlevé lors des manifestations
sanglantes qui ont suivi les élections en Iran le
12 juin. Vingttrois autres journalistes auraient
également été arrêtés.
Selon la direction de Newsweek, Maziar Bahari serait
détenu à Téhéran, mais aucune
accusation n’aurait été portée contre
lui.
M.
Bahari, qui possède la double citoyenneté,
est né en Iran et a étudié à
l’Université Concordia de Montréal avant
de devenir correspondant pour Newsweek.
La semaine dernière, le ministre des Af fai res
étrangères, Lawrence Cannon, a
convoqué un diplomate iranien et demandé
que Bahari puisse rencontrer un représentant
diplomatique et que l’on éclaircisse les
accusations contre lui.
Hier, le porte-parole du ministre, Rodney Moore, a
indiqué dans un courriel que M. Cannon avait
aussi rencontré le chargé d’affaires
iranien au lendemain de l’arrestation de M. Bahari. Le
ministre a été tenu au courant par les
autorités iraniennes de l’endroit où est
détenu le journaliste, a soutenu M. Moore.
M. Layton, lui, pense que le gouvernement Harper n’en
fait pas assez. « Le premier ministre devrait
maintenant déléguer en I ran un
député de poids pour démontrer le
sérieux des Canadiens dans ce dossier »,
at-il dit. « On ne peut accepter simplement que le
gouvernement iranien ne reconnaisse pas la
citoyenneté canadienne » du journaliste.
Des proches rencontrés hier au domicile du
journaliste Bahari ont indiqué qu’ils n’avaient
pas eu de nouvelles de lui depuis son arrestation.
Abdelrazik réclame justice
Emprisonné six ans au Soudan, le
Montréalais demande à Ottawa de lui
redonner une vie normale
— Pendant six ans, l e Montréa l a i s Abous f i
an Abdelrazik, arrêté au Soudan alors qu’i
l visitait sa mère malade, s’est battu pour
rentrer au Canada, son pays d’adoption. Il y a un mois,
il a eu gain de cause, mais depuis, sa vie est un
cauchemar, a-t-il raconté hier lors de son
premier témoignage public, implorant le
gouvernement canadien de lui venir en aide.
Des
supporteurs
attendaient Abousfian Abdelrazik hier à sa
sortie de l’édifice du Parlement où il a
témoigné pour la première fois
des six années qu’il a passées au
Soudan, dont deux en détention. Une
décision de la Cour fédérale a
obligé le gouvernement canadien à le
rapatrier le mois dernier.
À la fin d’un point de presse de 40 minutes qu’il
a convoqué sur la colline parlementaire à
Ottawa, l’homme de 46 ans a demandé aux ministres
des Af faires étrangères et de la
Sécurité publique de lui accorder une
rencontre, de l’aider à obtenir justice et
d’intervenir en sa faveur pour faire retirer son nom de
la liste du comité 1267 des Nations unies,
réservée aux membres et aux complices
d’AlQaeda et des talibans.
Sa présence sur cette liste l’empêche de
voyager, entraîne le gel complet de ses avoirs et
interdit à quiconque de lui venir en aide
financièrement, et ce, même s’il n’a
été accusé d’aucun crime. «
Je marche dans les rues de Montréal, mais c’est
comme si j’étais encore en confinement solitaire
dans la prison d’AlBawgah au Soudan. Je n’ai pas le
droit de chercher un travail. Je ne peux pas recevoir de
soins médicaux. Même mes proches ne peuvent
pas me faire de cadeaux, aussi petits soient-ils
», a déploré hier Abousfian
Abdelrazik.
Au cours de son point de presse, le Montréalais
d’origine soudanaise a raconté pour la
première fois les six années qu’il a
passées au Soudan sans pouvoir rentrer au Canada
et, plus particulièrement, la torture qu’il a
endurée aux mains de ses gardiens soudanais
pendant 21 mois de détention. « On m’a
battu avec un boyau d’arrosage, on m’a fixé au
rebord d’une porte. On m’a battu », a
raconté le grand homme filiforme.
Il a aussi profité de sa tribune pour nier en
bloc les allégations américaines et
onusiennes selon lesquelles il aurait connu Oussama ben
Laden, tenté de participer à la guerre de
Tchétchénie et reçu un
entraînement d’AlQaeda en Afghanistan. « Je
n’ai jamais fait de mal à qui que ce soit
», a-t-il insisté.
Le SCRS blâmé
M.
Abdelrazik a par ailleurs donné des
détails sur l’interrogatoire que lui ont fait
subir en 2003 au Soudan des agents du Service canadien
du renseignement de sécurité (SCRS).
« Mes interrogateurs soudanais me demandaient des
questions sur des Canadiens et les agents du SCRS qui
sont venus me voir me posaient les mêmes
questions. Ça m’a montré que le SCRS
participait à toute l’affaire », a-t-il
indiqué. « Ces agents (canadiens) m’ont dit
que j’étais un Soudanais, pas un Canadien et que
je devrais rester au Soudan à jamais. L’un d’eux
a dit que le Soudan serait mon Guantánamo.
»
Abousfian Abdelrazik a aussi rapporté hier avoir
subi de la pression psychologique de la part des
diplomates canadiens pendant son séjour d’un an –
de mai 2008 à juin 2009 – à l’ambassade
canadienne de Khartoum, où il avait trouvé
refuge.
Ce séjour s’est terminé à la fin
juin quand un juge de la Cour fédérale a
ordonné au gouvernement canadien de rapatrier M.
Abdelrazik, tout en notant que les autorités
canadiennes avaient violé les droits de leur
citoyen en refusant de lui délivrer un passeport
pour qu’il rentre au pays.
« Maintenant, je veux que ceux qui sont
responsables pour ce qui m’est arrivé aillent
devant la justice. Je ne veux pas qu’une autre personne
vive la même chose », a lancé M.
Abdelrazik à la fin de son témoignage. Ses
avocats n’ont pas précisé hier quelle
forme prendra sa requête. « Il est essentiel
qu’il y ait reddition de comptes », a noté
à ce sujet un de ses avocats, Yavar Hameed.
M. Abdelrazik avait à peine terminé sa
conférence de presse hier que déjà,
ses avocats recevaient des lettres des ministres
Lawrence Cannon et Peter Van Loan déclinant une
rencontre. Au téléphone hier,
l’attaché de presse du ministre Cannon a
cependant précisé que les Affaires
étrangères étaient disposées
à accompagner M. Abdelrazik dans les
procédures entourant son retrait de la liste du
comité 1267.
Dans sa réaction officielle, le SCRS a pour sa
part dit hier avoir respecté la loi canadienne et
les règlements qui le régissent dans sa
gestion du cas d’Abousfian Abdelrazik.
Jeune Montréalais condamné à mort
en Arabie Saoudite Les proches déçus par
les efforts d’Ottawa
« Le gouvernement se vante d’agir, mais il ne
répond pas aux demandes de Mohamed, il ne fait pas ce
qui pourrait réellement l’aider », dénonce
une amie de la famille, Rana Saheb.
Des
proches de la famille de Mohamed Kohail, ce
Montréalais condamné à la
décapitation en ArabieSaoudite, sont
déçusde l’attitude du ministre Stockwell
Day et ne croient pas que le gouvernement Harper fait
réellement tout ce qui est en son pouvoir pour
sauver la vie du jeune homme.
Profitant d’une mission commercia le au Moyen-Or ient,
Stockwell Day s’est entretenu vendredi avec les parents
de Mohamed Kohail afin de leur assurer qu’Ottawa mettait
tout en oeuvre pour les aider.
« La rencontre n’a duré que sept minutes –
le père de Mohammed l’a
chronométrée, c’est lui qui me l’a
confirmé. C’est très décevant
», a affirmé hier à La Presse Rana
Saheb, une amie de la famille qui s’entretient
régulièrement avec le père de M.
Kohail.
« Le gouvernement se vante d’agir, mais il ne
répond pas aux demandes de Mohamed, il ne fait
pas ce qui pourrait réellement l’aider »,
dénonce-t-elle.
Mme Saheb aurait souhaité que Stockwell Day
« fasse preuve d’humanisme » et
s’entretienne avec le roi Abdallah ou l’un de ses
porte-parole pour lui demander d’intervenir directement
dans le dossier. Stockwell Day a plutôt
rencontré le président de la Commission
saoudienne des droits de l’homme, Bandar Bin Mohammed
Al-Aiban, et abordé la question au cours de
plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec
le gouverneur de Djeddah.
Selon l e député l i béral Dan
McTeague, qui suit de près ce dossier et qui
s’est aussi entretenu avec le père de Mohamed
hier matin, M. Kohail a été «
vexé » par l’attitude de Stockwell Day et
du peu de temps qu’il a eu à lui consacrer.
« Il n’a même pas pris la peine d’aller
rencontrer Mohammed en personne », a-t-il
dénoncé. Le geste, dit-il, aurait
envoyé un message clair aux autorités
saoudiennes de la volonté du Canada d’obtenir la
clémence pour Mohamed Kohail.
Signes
encourageants ?
Par ailleurs, le ministre Stockwell Day s’est dit
encouragé, hier, que le Conseil de justice
suprême saoudien ait demandé à un
tribunal d’une instance inférieure de
réviser certains éléments du
dossier. « La Cour suprême envoie le message
que des questions doivent être
reconsidérées. Nous prenons cela comme une
bonne nouvelle », a-t-il déclaré au
cours d’une conférence
téléphonique. Mieux, les avocats de M.
Kohail pourraient avoir la chance de mettre de l’avant
de nouveaux éléments du procès qui
avaient été écartés
précédemment.
Mais pour le député McTeague, ces propos
témoignent plutôt de « l’ignorance
» du système de justice saoudien dont fait
preuve M. Day. « C’est la sixième fois
maintenant que la cause est remise à une instance
inférieure, devant le même groupe de juges.
Ce n’est certainement pas un événement
dont on peut se réjouir. » Il affirme que
seule l’intervention du roi Abdallah permettra
maintenant de faire débloquer les choses.
Lettre à Stephen Harper
Mohamed Kohail a écrit une lettre à
Stephen Harper cette semaine lui demandant aussi de
« prendre 10 minutes pour appeler sa
majesté le roi Abdallah » pour lui
éviter la décapitation. « J’ai le
sentiment que mon gouvernement a échoué
à m’aider dans la moindre procédure
judiciaire consulaire », reproche-t-il d’ailleurs
au premier ministre.
Stockwell Day, qui a reçu une copie de la lettre
des mains du père de Mohamed, a promis hier de la
remettre à Stephen Harper dans les prochains
jours.
Emprisonné depuis plus de deux ans et demi,
Mohamed Kohail a été reconnu coupable en
janvier 2007 du meurtre d’un adolescent lors d’une
bagarre dans une école de Djeddah, qui aurait
été déclenchée lorsque son
frère cadet, Sultan, a été
accusé d’avoir insulté une camarade de
classe. Les deux frères ont affirmé
à plusieurs reprises qu’ils avaient agi en
état de légitime défense et
n’avaient pas infligé les blessures fatales
durant la bagarre. Sultan Kohail, 18 ans, a d’abord
été condamné, à titre de
complice de Mohamed, à un an de détention
et 200 coups de fouet. La famille de la victime a
interjeté appel, ce qui signifie que Sultan devra
probablement subir un nouveau procès.
Ottawa sommé par la cour de rapatrier un
Canadien
Abousfian
Abdelrazik est réfugié depuis un an à
l’ambassade du Canada au Soudan
Le gouvernement doit faire les arrangements
nécessaires pour assurer le retour, sans entrave, de
M. Abdelrazik au pays d’ici 30 jours, stipule le jugement.
— Le gouvernement de Stephen Harper subit un nouveau revers
en Cour fédérale : le tribunal lui ordonne de
prendre les mesures nécessaires pour faire revenir au
pays Abousfian Abdelrazik, citoyen canadien
réfugié depuis un an à l’ambassade du
Canada à Khartoum, au Soudan.
Dans une décision rendue hier matin, le juge Russel
W. Zinn somme le ministre des Affaires
étrangères d’octroyer à M. Abdelrazik
le passeport d’urgence qui lui permettra de rentrer au pays,
comme le demandent ses avocats depuis des mois.
Le juge estime que le droit de ce citoyen d’entrer au Canada
a été brimé. L’article 6 (1) de la
Charte prévoit en effet que « tout citoyen
canadien a le droit de demeurer au Canada, d’y entrer ou
d’en sortir ».
Le gouvernement doit faire les arrangements
nécessaires pour assurer le retour, sans entrave, de
M. Abdelrazik au pays d’ici 30 jours, stipule le jugement.
Le juge Zinn cite le ressortissant canadien à
comparaître en Cour fédérale, à
Montréal, le 7 juillet.
Le minist re des Af fai res étrangères,
Lawrence Cannon, a toujours refusé de rapatrier le
Montréalais d’origine soudanaise, alléguant
qu’il figure sur une liste d’interdiction de vol des Nations
unies. Le juge a rejeté l’argument du gouvernement.
peur d’être arrêté par les
autorités soudanaises, n’ayant ni statut ni permis de
travail dans ce pays.
Le député néo-démocrate Paul
Dewar, qui tente depuis plusieurs mois de forcer le
gouvernement à rapatrier le Canadien coincé au
Soudan, s’est réjoui de la décision du
tribunal, mais craint que le gouvernement ne veuille
interjeter appel.
En visite au Soudan en 2003, M. Abdelrazik a
été arrêté et emprisonné,
soupçonné d’entretenir des liens avec
Al-Qaeda. Mais la Gendarmerie royale du Canada et le Service
canadien du renseignement de sécurité l’ont
par la suite blanchi, affirmant n’avoir rien à lui
reprocher. En avril 2008, il s’est réfugié
à l’ambassade canadienne à Khartoum, de
« C’est une bonne journée pour la justice
canadienne et M. Abdelrazik, mais seulement si le
gouvernement se conforme au jugement. S’il en appelle de la
décision, ça impliquera des coûts
importants pour les contribuables, sans raison valable sur
le plan de la justice. En appeler irait à l’encontre
de la loi, des valeurs canadiennes et équivaudrait
à discréditer la Charte », a dit M.
Dewar, en entrevue téléphonique de Beyrouth,
où il participe à une mission d’observation
électorale.
Au bureau du
ministre Cannon, on s’est fait avare de commentaires
à propos de ce jugement. « Le gouvernement
étudie présentement la décision
», s’est contenté de répondre la
porte-parole du ministre, Catherine Loubier.
En Chambre, c’est plutôt le ministre de la Justice,
Rob Nicholson, qui a essuyé les tirs nombreux de
l’opposition. « La décision fait plus de 100
pages et nous la lirons très attentivement au
ministère de la Justice et nous déciderons par
la suite des actions à prendre », a
répété M. Nicholson. Le jugement fait
en réalité 74 pages.
Son collègue ministre du Revenu, Jean-Pierre
Blackburn, est toutefois allé un peu plus loin
à la sortie de la période de questions.
« Il n’y a pas de gouvernement qui soit audessus des
lois, a dit M. Blackburn. Nous aussi, on doit respecter la
loi. Cependant, on a le droit aussi de regarder l’ensemble
du processus judiciaire et de prendre nos décisions
en lien avec cela. »
Troisième cause perdue
L’opposition a rapidement rappelé qu’il s’agit de la
troisième cause concernant le sort de citoyens
canadiens à l’étranger que le gouvernement
perd en Cour fédérale cette année.
Le 23 avril, le juge James O’Reilly, de la Cour
fédérale, a statué que le refus du
gouvernement fédéral de rapatrier Omar Khadr,
citoyen canadien emprisonné à
Guantánamo, violait les droits du jeune prisonnier,
arrêté en Afghanistan alors qu’il n’avait que
15 ans.
Ottawa a annoncé deux semaines plus tard, en
catimini, qu’il en appelait de la décision de la Cour
fédérale. Le ministre Cannon n’avait,
dès la publication du jugement, laissé aucun
doute sur son intention d’interjeter appel.
En mars, le même tribunal avait par ailleurs
estimé qu’Ottawa se devait d’offrir un soutien
consulaire à Ronald Allen Smith, détenu dans
une prison du Montana depuis 25 ans, reconnu coupable d’un
double meurtre en 1983.
« Ça démontre que ce gouvernement ne
prend pas au sérieux l’État de droit, qu’il ne
protège pas les droits des citoyens canadiens. Il
force ses ressortissants à s’adresser aux tribunaux,
c’est honteux, a estimé le critique libéral en
matière d’affaires étrangères, Bob Rae.
Les conservateurs ne respectent pas la charte des droits et
libertés. C’est très troublant. »
Des excuses réclamées pour trois
Canadiens
— Un
comité des Communes demande au gouvernement
fédéral de s’excuser et de dédommager
trois Canadiens or i g i na i re s du Proche-Orient, pour
des torts subis en Syrie et en Égypte, comme il l’a
fait dans le cas de Maher Arar en 2007.
Faisant écho aux conclusions du rapport de la
commission d’enquête présidé par
l’ancien juge de la Cour suprême Frank Iacobucci, les
membres du comité de la sécurité
publique ont, en majorité, jugé qu’Abdullah
Almalki, Ahmad Abou-El Maati et Muayyed Nureddin
méritaient des excuses et une compensation
financière de la part du gouvernement
fédéral.
En octobre 2008, le j uge Iacobucci blâmait la
Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien de
renseignements de sécurité (SCRS) pour leur
responsabilité indirecte dans les conditions de
détention horribles vécues par les trois
citoyens canadiens.
Le rapport
indiquait que, à l’instar du Canadien d’origine
syrienne Maher Arar, MM. Almalki, AbouEl Maati et Nureddin
avaient été torturés par leurs
geôliers, en Syrie et en Égypte, sur la base
d’informations transmises par la GRC et le SCRS.
Les trois hommes ont, depuis, intenté des poursuites
contre le gouvernement fédéral.
Après une longue commission d’enquête, les
conclusions du juge Dennis O’Connor avaient contraint le
gouvernement de Stephen Harper, en janvier 2007, à
offrir à Maher Arar des excuses publiques et une
compensation financière de 10,5 millions de dollars
pour avoir fourni des informations erronées ayant
mené à l’arrestation, aux États-Unis,
du ressortissant canadien, qui a par la suite
été expulsé et torturé en Syrie.
Un Montréalais écrit au premier
ministre Harper
Condamné
à la décapitation en Arabie Saoudite
LA PRESSE CANADIENNE Le jeune Montréalais condamné
à la décapitation en Arabie Saoudite a
envoyé une lettre à Stephen Harper dans laquelle
il affirme avoir été torturé pour lui faire
avouer un crime qu’il nie avoir commis.
Mohamed Kohail dit avoir remis le message au
député conservateur de Calgary, Deepak Obhrai,
quand ce dernier lui a rendu visite dans sa prison de Djedda, en
Arabie Saoudite, en décembre dernier.
Dans sa lettre d’une page, le jeune homme exhorte le premier
ministre Harper à employer tous les moyens possibles pour
le tirer de sa triste situation. Il y décrit aussi les
divers problèmes de santé qui l’affligent depuis
qu’il a été emprisonné, il y a deux ans.
« M. Harper, je suis en prison depuis deux ans. Je suis
détenu avec des centaines de criminels notoires en Arabie
Saoudite pour un crime que je n’ai pas commis. J’ai perdu mes
cheveux et deux ans de ma vie, et je vois la mort approcher de
plus en plus chaque jour », a-t-il écrit.
Une bagarre qui a mal tourné
Kohail, qui est âgé de 24 ans, et un ami jordanien,
Muhanna Ezzat, ont été reconnus coupables du
meurtre de Munzer Al-Hiraki lors d’une bagarre survenue
après l’école à Djedda, en janvier 2007.
L’échauffourée a apparemment été
déclenchée quand le frère cadet de Mohamed
Kohail, Sultan, a été accusé d’avoir
insulté une fille.
Les deux
frères ont affirmé à plusieurs reprises
qu’ils avaient agi en état de légitime
défense et n’avaient pas infligé les blessures
fatales durant la bagarre, à laquelle ont
été mêlés des dizaines d’adolescents.
Mohamed Kohail a été reconnu coupable de meurtre
l’an dernier et condamné à avoir la tête
tranchée, tandis que Sultan, qui est âgé de
18 ans, a d’abord été condamné, à
titre de complice, à un an de détention et 200
coups de fouet. La famille de la victime a interjeté
appel, ce qui signifie que Sultan devra probablement subir un
nouveau procès.
Les deux frères et leur ami clament leur innocence et
soutiennent que le système judiciaire saoudien ne leur a
pas assuré un procès équitable.
Le Conseil judiciaire suprême d’Arabie Saoudite
étudie présentement la décision d’une
instance inférieure qui maintenait la condamnation
à mort de Mohamed Kohail.
En entrevue, mardi, M. Obhrai a déc l a r é avoi r
rencont r é Mohamed Kohail et sa famille sans la
présence de représentants saoudiens. Et à
cette occasion, le jeune homme ne lui a pas parlé de
torture, a-t-il dit. Le député s’est refusé
à commenter le contenu de la lettre, invoquant des
raisons de confidentialité.
M. Obhrai a refusé de dire si le premier ministre Harper
a vu la lettre. Selon le député, qui est
secrétaire parlementaire du ministre des Affaires
étrangères Lawrence Cannon, Ottawa a l’intention
de solliciter la clémence pour les deux frères.
Des citoyens veulent rapatrier
unMontréalais retenu au Soudan
— Dans une
nouvelle tentative pour forcer le gouvernement Harper à
rapatrier un ressortissant canadien coincé au Soudan,
une délégation de la société
civile propose d’aller chercher en personne Abousfian
Abdelrazik, Montréalais réfugié depuis un
an à l’ambassade du Canada à Khartoum, la
capitale soudanaise.
Pour la deuxième fois en trois mois, un billet d’avion
a été émis à son nom, cette fois
pour le 12 juin, afin que M. Abdelrazik puisse venir
comparaître devant le comité des Affaires
étrangères, comme le réclame une motion
adoptée par les partis de l’opposition.
Tout ce qu’il manque, c’est que le gouvernement
fédéral lui délivre un passeport
d’urgence, ce que le ministre Lawrence Cannon a toujours
refusé de faire, sous prétexte que M. Abdelrazik
figure sur une liste d’interdiction de vol des Nations unies.
Arrivé au Soudan en 2003 pour rendre visite à sa
mère malade, M. Abdelrazik y a été
arrêté et emprisonné sur la base
d’informations fournies par les autorités canadiennes
qui le soupçonnaient d’avoir des liens avec Al-Qaeda.
Le Montréalais de 46 ans a finalement été
blanchi. Autant la Gendarmerie royale du Canada que le Service
canadien du renseignement de sécurité affirment
n’avoir rien à lui reprocher. En avril 2008, il s’est
réfugié à l’ambassade canadienne à
Khartoum, de peur d’être arrêté par les
autorités soudanaises, n’ayant ni statut ni permis de
travail dans ce pays. Il y vit depuis maintenant plus d’un an.
Les avocats du ressortissant canadien d’origine soudanaise ont
fait hier une nouvelle demande auprès du
ministère des Affaires étrangères pour
obtenir un passeport d’urgence, arguant que le Canada
détient tous les pouvoirs pour ramener M. Abdelrazik au
pays, sans même avoir à demander une exemption
aux Nations unies.
« Il appartient seulement
au gouvernement canadien de décider de ramener ou
non M. Abdelrazik au pays, a souligné Me Yavar
Hameed en conférence de presse, hier. Nous avons
l’appui de la population, l’appui d’une majorité au
Parlement et il n’y a aucun obstacle en matière de
droit international. » Une délégation
de citoyens pourrait par ailleurs le raccompagner pour
assurer son retour en toute transparence, a ajouté
l’avocat du ressortissant.
Premier refus
La dernière fois qu’un billet d’avion a
été émis au nom de M. Abdelrazik, le
ministre des Affaires étrangères, Lawrence
Cannon, a utilisé ses pouvoirs discrétionnaires
pour refuser sa demande de passeport, considérant qu’il
constituait un risque pour la sécurité nationale
et qu’il devait d’abord faire retirer son nom de la «
liste noire » de l’ONU avant de pouvoir rentrer au
Canada. Au bureau de M. Cannon, hier, on indiquait que la
position du ministre n’a pas changé.
De plus, les défenseurs de M. Abdelrazik ont subi un
nouveau revers au Parlement, hier. Dans un avis juridique
demandé par le greffier du comité des Affaires
étrangères, le légiste et conseiller
parlementaire à la Chambre de communes, Rob Walsh, a
estimé que la motion du comité pour faire
témoigner M. Abdelrazik à Ottawa ne pouvait
contraindre Ottawa à rapatrier le citoyen canadien.
« L’émission d’un passeport [...] à un
citoyen canadien par le gouvernement du Canada est faite
conformément aux prérogatives de la Couronne,
indique l’avis. N’importe quel citoyen canadien peut se voir
octroyer un passeport par le ministre des Affaires
étrangères. C’est une disposition permissive,
mais pas obligatoire. »
Ottawa ramènera Abdelrazik au pays
Le Canada était prêt à rapatrier le
ressortissant d’origine soudanaise en 2006
« Le
gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires
pour ramener M. Abdelrazik. Ce sera un citoyen canadien
libre. Il pourra faire tout ce qu’il veut », a
déclaré le ministre Lawrence Cannon.
— Le gouvernement de Stephen Harper accepte de se
conformer au jugement de la Cour fédérale et
devra organiser le retour au pays du Canadien d’origine
soudanaise Abousfian Abdelrazik, qui se cache à
l’ambassade de Khartoum depuis plus d’un an.
Sans crier gare, le ministre de la Justice, Rob Nicholson,
a annoncé que son gouvernement renonçait
à faire appel de la décision du juge Russel
W. Zinn, qui sommait le ministre des Affaires
étrangères de délivrer un passeport
d’urgence au ressortissant canadien et d’organiser son
retour au pays d’ici le 7 juillet.
« Le gouvernement se conformera à
l’ordonnance du tribunal », s’est contenté de
répondre le ministre Nicholson aux questions
posées par l’opposition en Chambre.
Au bureau du ministre des Affaires
étrangères, Lawrence Cannon, on a
indiqué qu’il n’y aurait aucun autre détail
qui serait rendu public, hier, sur les modalités du
retour de M. Abdelrazik au pays.
En entrevue à CBC, le ministre Cannon a toutefois
dit que le gouvernement « prendrait toutes les
mesures nécessaires pour ramener M. Abdelrazik
», et ce « plus tôt que tard ».
« Ce sera un citoyen canadien libre. Il pourra faire
tout ce qu’il veut », a ajouté M. Cannon.
Dans sa décision rendue le 4 juin, le juge estimait
que le droit du ressortissant canadien d’entrer au pays
avait été brimé. La Charte des droits
et libertés prévoit en effet que «
tout citoyen canadien a le droit de demeurer au Canada,
d’y entrer ou d’en sortir ».
Soupçonné d’avoir des liens avec al-Qaeda,
M. Abdelrazik avait été arrêté
par les autorités soudanaises en 2003, alors qu’il
se rendait en visite dans son pays d’origine, pour
être ensuite blanchi par la Gendarmerie royale du
Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de
sécurité. Depuis avril 2008, il
s’était réfugié à l’ambassade
canadienne, à Khartoum, de peur d’être
à nouveau arrêté, n’ayant plus de
passeport valide et aucun statut au Soudan.
Pressions américaines ?
Un
document datant de juillet 2006, obtenu par les avocats du
ressortissant grâce à la Loi sur la
protection des renseignements personnels, suggère
que le Canada était prêt, à cette
époque, à assurer le retour au pays
d’Abousfian Abdelrazik. Des diplomates américains
auraient alors réclamé l’aide d’Ottawa pour
monter un dossier cr iminel contre M. Abdelrazik,
affirmant manquer de preuves pour pouvoir l’accuser et le
juger en sol américain, selon une correspondance
faite entre deux hauts fonctionnaires du ministère
canadien des Affaires étrangères. Les
Américains croient que « si les
autorités canadiennes partagent les informations
qu’elles détiennent, ça pourrait être
suffisant pour que les États-Unis puissent intenter
des procédures », explique le courriel
envoyé le 19 juillet 2006 par un diplomate canadien
à des hauts fonctionnaires du gouvernement et de la
GRC.
Talonné pa r l ’ opposit ion depuis le printemps
2008, le gouvernement de Stephen Harper a toujours
refusé d’aider M. Abdelrazik à revenir au
pays, arguant que le nom du ressortissant canadien se
retrouve sur une liste d’interdiction de vol des Nations
unies.
Hier, les partis de l’opposition à Ottawa se sont
réjouis de la décision du gouvernement de ne
pas en appeler du jugement, qui arrive toutefois à
la dernière minute, ont-ils rappelé.
« Il n’avait pas d’autre argument et on se devait
d’accepter le jugement », a dit le chef du Bloc
québécois, Gilles Duceppe.
« On est contents, mais pourquoi ça a pris si
longtemps pour avoir une décision qui était
claire depuis le début? » a demandé le
chef néodémocrate, Jack Layton.
En quelques mois, le gouvernement de Stephen Harper a
perdu trois causes enCour fédérale
concernant des ressortissants canadiens à
l’étranger. En mars, dans le cas de Ronald Allen
Smith, détenu dans une prison du Montana depuis 25
ans, reconnu coupable d’un double meurtre en 1983, le
gouvernement a accepté de se conformer au jugement
et d’offrir un soutien consulaire au prisonnier.
En avril, le gouvernement en a toutefois appelé de
la décision concernant le rapatriement d’Omar
Khadr, citoyen canadien emprisonné au
controversé centre de détention de
Guantánamo.
« La décision du juge, dans le cas
d’Abdelrazik, était très claire. Mais la
décision du juge dans la cause de M. Khadr est tout
aussi claire et j’aurais espéré que le
gouvernement l’accepte et s’y conforme », a
déclaré le critique libéral en
affaires étrangères, Bob Rae.
Abousfian Abdelrazik rentre au bercail
APRÈS SIX ANS D’EXIL FORCÉ
L’ex i l f or c é d’Abou s f i a n Abdelrazik
est enfin terminé. Le Canado-Soudanais est
rentré à Montréal hier soir
après avoir passé six ans coincé
au Soudan en raison de ses liens
présumés avec le mouvement Al-Qaeda.
Abousfian Abdelrazik est
arrivé hier à l’aéroport de
Toronto, accueilli par de nombreux supporters. Il a
ensuite pris la route pour Montréal afin de
retrouver sa famille.
« Je suis vraiment content d’être de
retour à la maison. Merci beaucoup, merci
beaucoup. Je suis fier d’être un citoyen
canadien », a-t-il déclaré lors
d’une courte déclaration à la presse
à son arrivée à l’aéroport
de Toronto. Vêtu d’une chemise à carreaux
blancs et verts, fatigué, Abousfian Abdelrazik
a ensuite repris la route en voiture avec ses avocats
pour Montréal où l’attendaient sa
belle-fille de 25 ans et sa fille de 15 ans qu’il
n’avait pas serrées dans ses bras depuis 2003.
Quelques dizaines de supporters devaient se rassembler
dans la nuit au coin des rues Sainte-Catherine et
Saint-Hubert pour l’accueillir.
« Ça a été un long voyage,
après une longue bataille, mais c’est une
grande victoire pour Abousfian », a
déclaré hier soir son avocate, Audrey
Brousseau. M. Abdelrazik et sa famille ont
décliné hier les demandes d’entrevues de
La Presse.
Le cauchemar d’Abousfian Abdelrazik, citoyen canadien
depuis 1995, débute en 2003 lorsqu’il est
arrêté au Soudan au cours d’un voyage
auprès de sa mère malade. Au moment
où les autorités soudanaises le
relâchent, en 2004, son passeport d’urgence est
échu et le Canada refuse de lui en
émettre un nouveau parce que l’ONU a inscrit
entre-temps son nom sur la liste noire des
présumés terroristes. Il se
réfugie en mai 2008 dans les bureaux de
l’ambassade du Canada à Karthoum dans l’espoir
d’obtenir enfin les documents officiels qui lui seront
toujours refusés jusqu’à la semaine
dernière.
L’h i
s t oi r e d ’ Abous f i a n Abdelrazik a
attiré l’attention de plusieurs organismes et
groupes de citoyens, dont Amnistie internationale, qui
se sont portés à sa défense. Au
cours des derniers mois, ses supporters ont
multiplié les actions pour obtenir son
rapatriement, allant jusqu’à proposer le
remboursement de son billet d’avion. En vain. C’est
finalement un jugement de la Cour
fédérale canadienne qui lui aura
été salutaire. Le 4 juin dernier, le
tribunal a sommé le gouvernement Harper de
porter secours à ce citoyen coincé
à l’étranger et a ordonné
à Ottawa de le rapatrier au Canada, à
ses frais, avant le 7 juillet. Ottawa a tardé
deux semaines avant de confirmer qu’il se plierait au
verdict du juge Russel Zin. « Nous avons mis du
temps à croire que c’était bien vrai,
c’était un rêve qui devenait
réalité. Même maintenant,
Abousfian a du mal à croire qu’il est bien
rentré », disait hier Me Brousseau.
Abousfian Abdelrazik reprendra des forces au cours des
prochaines semaines et passera du temps avec sa
famille. La possibilité que des poursuites
soient entreprises contre le gouvernement n’a pas
été écartée, hier, par son
avocate. M. Abdelrazik soutient avoir
été torturé pendant sa
détention au Soudan.
« Ce cas met en lumière des actions
extrêmement répréhensibles
portées par le gouvernement et discriminatoires
envers la communauté musulmane qui fait l’objet
d’injustices graves. Il faudra qu’Ottawa en tire des
leçons », a affirmé Me Brousseau.
Elle compare l’histoire de son client à celle
de Maher Arar, ce Canadien d’origine syrienne qui
avait été détenu et
torturé dans une prison en Syrie.
Rapatrié au pays, il a été
blanchi de tout lien terroriste à la suite
d’une commission d’enquête et a reçu une
indemnité compensatoire de 10,5 millions de
dollars.
Abousfian Abdelrazik est maintenant un homme libre,
Ottawa n’a pas manifesté l’intention de porter
des accusations contre lui. Le Conseil de
sécurité des Nations unies soutient
qu’il a été lié de près
à la direction du réseau Al-Qaeda et
qu’il a des liens étroits avec un ancien
lieutenant d’Oussama ben Laden, qui a recruté
des militants et orchestré le réseau de
camps d’entraînement en Afghanistan. Mais la
Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du
renseignement de sécurité ont tous deux
indiqué qu’ils ne retenaient aucune preuve
contre lui.
Abousfian Abdelrazik veut blanchir
son nom
Abousfian Abdelrazik, ce CanadoSoudanais
rapatrié au pays après six ans
d’exil forcé, veut blanchir sa
réputation. Ses avocats ont entrepris des
démarches auprès du gouvernement
canadien pour que son nom soit retiré de la
liste des présumés terroristes de
l’ONU.
« Je veux que mon nom soit enlevé le
plus rapidement possible, a dit hier M.
Abdelrazik, lors d’une brève allocution
à la Cour fédérale, à
Montréal. Parce que c’est injuste, et parce
que ça a rendu ma vie très
difficile. »
Dix jours après son retour au Canada,
Abousfian Abdelrazik s’est présenté
devant le juge Russel Zin, hier après-midi.
Le magistrat, qui avait ordonné à
Ottawa de le rapatrier dans un délai de 30
jours, voulait ainsi s’assurer que son verdict
avait été respecté.
Citoyen canadien depuis 1995, M. Abdelrazik a
été arrêté au Soudan en
2003, soupçonné d’entretenir des
liens avec Al-Qaeda. Lorsqu’il a été
relâché, en 2004, son passeport
canadien était échu et Ottawa a
toujours refusé de lui en délivrer
un nouveau. Il s’est réfugié en mai
2008 à l’ambassade du Canada à
Khartoum dans l’espoir d’obtenir ses documents
officiels, qui lui ont été
délivrés après le verdict du
juge Zin, rendu le 4 juin.
Au
terme de la courte audience, hier, l’avocat de M.
Abdelrazik, YavarHameed, a annoncéqu’il
avait demandé une rencontre avec les
ministres des Affaires étrangères et
de la Sécurité publique, Lawrence
Cannon et Peter Van Loan.
« Le gouvernement a le pouvoir
d’entreprendre certaines démarches pour que
le nom d’Abousfian Abdelrazik soit retiré
de la liste 1267 de l’ONU, et nous voulons savoir
si la volonté existe », a dit Me
Hameed. Les gens qui figurent sur cette liste ne
peuvent posséder de biens ou voyager, entre
autres.
Pendant la rencontre, les avocats de M. Abdelrazik
souhaiteraient aborder « la question de
l’imputabilité du gouvernement ».
« Le gouvernement du Canada doit
reconnaître sa responsabilité pour ce
qui est arrivé », a dit Me Hameed,
sans préciser si son client envisageait un
recours en justice. Le bureau de M. Cannon n’a pas
souhaité commenter la situation, hier,
affirmant n’avoir reçu aucune demande de
rencontre officielle à ce jour.
M. Abdelrazik fera une conférence de presse
la semaine prochaine. Rappelons que la Gendarmerie
royale du Canada et le Service canadien du
renseignement de sécurité ont tous
deux indiqué qu’ils ne retenaient aucune
preuve contre lui.
Montréalais condamné à mort :
Stockwell Day dit poursuivre les efforts
— Le
ministre du Commerce international, Stockwell Day, a
confirmé à la famille du
Montréalais condamné à la
décapitation en Arabie Saoudite qu’Ottawa
faisait tout en son pouvoir pour lui venir en aide.
Dans une déclaration émise par son
bureau hier, le ministre Day affirme avoir
donné sa parole à la famille de
Mohamed Kohail lors d’une visite officielle qu’il
mène en ce moment en Arabie Saoudite.
Il soutient également avoir discuté
des cas de Mohamed Kohail et de son frère,
Sultan, lors de rencontres bilatérales. Au
cours de son séjour en Arabie Saoudite, M.
Day a notamment rencontré le président
de la Commission saoudienne des droits de l’Homme,
Bandar bin Mohammed Al-Aiban.
Mohamed Kohail, qui est âgé de 24 ans,
et un ami jordanien, Muhanna Ezzat, ont
été reconnus coupables du meurtre de
Munzer Al-Hiraki lors d’une bagarre survenue
après l’école à Djedda, en
janvier 2007. Il a été condamné
à mort par décapitation.
L’échauffourée
a apparemment été
déclenchée quand le frère cadet
de Mohamed, Sultan, a été
accusé d’avoir insulté une fille.
Les deux frères ont affirmé à
plusieurs reprises qu’ils avaient agi en état
de légitime défense et n’avaient pas
infligé les blessures fatales durant la
bagarre. Des dizaines d’adolescents auraient
été mêlés à
l’événement.
Sultan Kohail, qui est âgé de 18 ans, a
d’abord été condamné, à
titre de complice, à un an de
détention et 200 coups de fouet. La famille
de la victime a interjeté appel, ce qui
signifie que Sultan devra probablement subir un
nouveau procès.
Les deux frères et leur ami clament leur
innocence et soutiennent que le système
judiciaire saoudien ne leur a pas offert un
procès équitable.
Aucun détail concernant les discussions qu’a
eues Stockwell Day avec les représentants
saoudiens n’a été
dévoilé. Mais le gouvernement canadien
a déjà déclaré qu’il
réclamait la clémence pour les deux
frères.
Preuve « insuffisante » contre
Charkaoui - Laura-Julie Perrault
Le certificat de sécurité contre
le Montréalais pourrait être
bientôt levé
Le certificat de sécurité qui
pèse sur le Montréalais Adil
Charkaoui pourrait être bientôt
levé. Dans un document
déposé à la Cour
fédérale et que La Presse a
obtenu, le gouvernement canadien admet que la
preuve au dossier de l’immigrant d’origine
marocaine est aujourd’hui « insuffisante
» pour justifier son renvoi du pays.
Dans le document en date du 31 juillet, les
ministres de l’Immigration et de la
Sécurité publique écrivent
qu’ils en sont venus à ce constat
après avoir eux-mêmes retiré
du dossier de M. Charkaoui une partie des
renseignements qui les avaient amenés, en
2003, à soupçonner le
ressortissant marocain d’avoir des liens avec
l’organisation terroriste d’Oussama ben Laden,
Al-Qaeda.
La juge de la Cour fédérale qui
supervise le dossier de M. Charkaoui,
Danièle TremblayLamer, a récemment
enjoint au gouvernement de rendre publiques
certaines informations jusque-là
restées secrètes. Estimant que le
dévoilement de ces renseignements «
porterait atteinte à la
sécurité nationale ou à la
sécurité d’autrui », et ce,
malgré l’avis contraire de la juge, les
ministres ont décidé de les
enlever de la preuve plutôt que d’en
révéler la teneur.
Dans un nouveau sommaire public des
soupçons que le gouvernement entretient
à l’égard d’Adil Charkaoui, on
peut voir que l’allégation selon laquelle
il aurait discuté au
téléphone de la prise de
contrôle d’un avion à des fins
agressives a été biffée.
Idem pour sa présumée
participation à un camp
d’entraînement d’Al-Qaeda en Afghanistan.
À la suite de ces importantes
modifications au dossier, la juge de la Cour
fédérale devra décider
à son retour de vacances en septembre si
le certificat de sécurité tient
encore la route ou s’il doit être
révoqué.
Dans une directive qu’elle a fait parvenir au
gouvernement et à M. Charkaoui au
début du mois, la juge demande aux
ministres s’il ne serait pas
préférable qu’ils retirent
euxmêmes le certificat.
Six ans de contraintes
La
rédaction
du certificat de sécurité en mai
2003 a entraîné la détention
pendant 18 mois d’Adil Charkaoui, sans qu’aucune
accusation ne soit portée contre lui. Mis
en liberté en 2005, il a dû
respecter une longue liste de conditions pendant
près de quatre ans, y compris un
couvre-feu et l’interdiction d’utiliser
l’internet ou un téléphone
cellulaire.
Ces conditions ont été
progressivement allégées, mais
Adil Charkaoui doit encore aviser les
autorités s’il quitte Montréal et
porter un bracelet GPS à la cheville. Si
le certificat contre lui est jugé
déraisonnable, il recouvrera la
liberté complète.
En entrevue avec La Presse, Adil Charkaoui ne
cachait pas cette semaine qu’il se
réjouit des nouveaux
développements dans son dossier, mais le
père de trois enfants affirme que ses
avocates et lui, ayant déjà
remporté deux manches contre le
gouvernement à la Cour suprême dans
le dossier des certificats de
sécurité, veulent plus. « Il
faut crever l’abcès. Nous voulons que
tous les abus dont j’ai été
victime soient reconnus par la cour. Je veux
blanchir mon nom », plaide Adil Charkaoui.
Par conséquent, il demande l’arrêt
du processus, sur la base de toutes les
irrégularités au dossier.
S’ilagaindecause, Charkaoui et ses supporters
couperont l’herbe sous le pied du gouvernement
qui veut porter l’affaire en appel. Le
gouvernement veut notamment contester la
nécessité de divulgation des
renseignements secrets et estime que M.
Charkaoui représente toujours un danger
à la société.
Des certificats controversés
Mesure prévue par la loi de l’immigration
canadienne, les certi f icats de
sécurité permettent au
gouvernement canadien d’expulser des noncitoyens
du pays s’il est capable de prouver qu’il a des
motifs de croire que les personnes visées
représentent un danger à la
sécurité nationale. Le
gouvernement a dû en revoir les
modalités après que la Cour
suprême eut tranché en 2007 que les
certificats violaient les droits des personnes
visées en ne leur permettant pas de
connaître la preuve amassée contre
eux.
À ce jour, cinq hommes musulmans font
toujours l’objet d’un certificat.
L’opposition juge « honteuse »
la décision du gouvernement - MALORIE
BEAUCHEMIN
Omar Khadr restera aux mains des
Américains
« C’est honteux. C’est une gifle au
visage de la Cour suprême et au concept
de défense des droits de la personne, a
estimé le chef du NPD, Jack Layton.
C’est épouvantable de voir que notre
gouvernement n’a fait dans ce dossier aucun
effort pour assurer que les droits deM. Khadr
soient respectés comme
précisé dans notre Charte des
droits de la personne. »
OTTAWA — La décision du gouvernement
fédéral de ne pas demander le
rapatriement d’Omar Khadr et de faire le
« strict minimum » pour
protéger les droits du prisonnier
canadien à Guantánamo est
« regrettable », voire «
honteuse », selon les partis de
l’opposition à Ottawa.
Mardi , en soirée , le ministre de la
Justice, Rob Nicholson, a fait connaître
la réponse officielle du gouvernement
au jugement de la Cour suprême du 29
janvier dernier, qui sommait Ottawa d’offrir
réparation au jeune prisonnier
détenu à Guantánamo, pour
la violation de ses droits fondamentaux.
En 20 03 et 20 0 4 , des fonct ionnai res et
agents fé dér au x ont int e r
rogé M. Khadr alors qu’il avait
é té pr ivé sys
téma t iquement de sommeil, puis ont
transmis aux autorités
américaines les informations ainsi
recueillies.
La Cour suprême a jugé le
gouvernement responsable de cette violation
des droits du ressortissant, mais a
laissé Ottawa choisir de quelle
façon il allait réparer les
torts causés.
Plutôt que de rapatrier Omar Khadr au
pays, comme le réclament ses avocats,
les groupes de défense des droits et
l’opposition, le gouvernement a jugé
qu’il n’avait qu’à demander aux
Américains de ne pas utiliser
l’information fournie à l’issue des
interrogatoires de 2003 et 2004 contre M.
Khadr dans le cadre des procédures de
la commission militaire, qui devraient
débuter en juillet. Une note
diplomatique à cet effet a
été envoyée au
gouvernement américain mardi, a
expliqué le ministre Nicholson dans un
communiqué.
« C’est honteux. C’est une gifle au
visage de la Cour suprême et au concept
de défense des droits de la personne, a
estimé le chef du NPD, Jack Layton.
C’est épouvantable de voir que notre
gouvernement n’a fait dans ce dossier aucun
effort pour assurer que les droits de M. Khadr
soient respectés comme
précisé dans notre Charte des
droits de la personne. »
Enfant soldat
Selon le chef du Parti libéral, Michael
Ignatieff, les conservateurs de Stephen Ha r
per ont répondu au jugement du plus
haut tribunal du pays par « le strict
minimum ».
« On regrette la décision du
gouvernement Harper. Dans la note
diplomatique, ils n’ont même pas
mentionné que c’était un enfant
soldat », a dit M. Ignatieff. Omar Khadr
n’avait que 15 ans lorsqu’il a
été arrêté en
Afghanistan, en 2002. Accusé du meur t
re d’un soldat amér icain, le
prisonnier canadien croupit à
Guantánamo depuis sept ans, sans
procès. Il est le dernier ressortissant
occidental dans le tristement
célèbre centre de
détention, les autres ayant tous
été rapatriés dans leur
pays d’origine.
Nathan Whitling, avocat du jeune prisonnier,
s’est dit « choqué » par la
réponse gouvernementale, surtout
après avoir essuyé un refus des
autorités canadiennes d’entendre sa
version des faits avant de rendre leur
décision.
Les avocats de M. Khadr ont intenté un
recours en Cour fédérale pour
casser la décision du gouvernement.
Jim Flaherty tente d’amadouer les
critiques - Joël-Denis Bellavance
OTTAWA — Accusé d’avoir abandonné
à leur sort les retraités ayant
perdu une partie ou la totalité de leur
fonds de retraite, le ministre des Finances, Jim
Flaherty, a annoncé hier un train de
mesures visant à rendre davantage
solvables les régimes de retraite
d’entreprises relevant de la compétence
d’Ottawa.
Plusieurs
travailleurs
ayant contribué toute leur vie à
un régime de retraite se retrouvent
aujourd’hui le bec à l’eau puisque les
entreprises qui les employaient ne peuvent plus
les f i nancer adéquatement. Selon
certaines évaluations, les régimes
de retraite seraient sous-financés de
quelque 50 milliards de dollars au pays.
« Notre gouver nement a prêté
une oreille attentive aux Canadiens et nous
comprenons la valeur que revêtent la
sécurité et la viabilité
des régimes de retraite », a
affirmé le ministre des Finances.
Sel: Santé Canada fera confiance
à l’industrie - Stéphanie
Bérubé
il semble que nous soyons friands de sel. Et
l’industrie alimentaire ne se gêne pas
pour parfumer ses plats canadiens de sodium.
Résultat: on trouve plus de sel dans la
version canadienne de certains aliments faits
par des multinationales.
Santé Canada
a formé un groupe d’experts il y a deux
ans afin de créer une politique sur le
sel dans les aliments. Il semble que le groupe
penche vers l’autorégulation. C’est du
moins ce qui a été
mentionné dans le Journal de
l’Association médicale canadienne au
début du mois. Santé Canada
affirme que le rapport final du groupe ne sera
déposé qu’au milieu de
l’année prochaine.
La stratégie d’autorégulation a
déjà été
adoptée pour réduire les gras
trans dans l’alimentation. Toutefois, le
défi est peut-être plus grand
encore cette fois. Le sel n’est pas qu’un agent
de conservation efficace et abordable, il est
aussi porteur de goût, rappelle Paul
Boisvert, de la Chaire de recherche sur
l’obésité de l’Université
Laval. On ne le remplace pas si facilement.
Heureusement, estime ce spécialiste,
Santé Canada compte aussi miser sur
l’éducation.
Les
gens, en général, ne
s’intéressent au sel que lorsque leur
médecin leur conseille de le faire. Or,
explique M. Boisvert, passer de 3500 mg à
1500 mg de sodium par jour aurait des bienfaits
sur la santé équivalents à
l’activité physique ou à une perte
de poids substantielle. Il existe aussi un
calcul mathématique permettant d’estimer
la diminution de la pression artérielle
selon la réduction de milligrammes de
sodium consommés.
Une analyse britannique rendue publique cette
semaine évalue quant à elle que 5g
de sel de moins par personne, chaque jour,
équivaut à une diminution de 23%
des crises cardiaques.
Santé Canada songerait aussi à
instaurer un système de logo de type
« feu de circulation ». Les produits
ayant le feu vert respecteraient les limites de
« sel par portion »
recommandées. Cela ferait
inévitablement pression sur l’industrie.
Pourquoi choisir un gruau qui affiche un feu
jaune si son voisin sur la tablette porte le
vert?
En
attendant, pour la majorité des produits
du supermarché, les consommateurs
devraient être vigilants et prendre le
temps de consulter le tableau des valeurs
nutritives. Le meilleur conseil reste,
néanmoins, de cuisiner davantage et de
diminuer la part de produits transformés
dans l’alimentation.
Fermeture de Chalk River L’opposition passe
à l’attaque - Malorie Beauchemin
OTTAWA — Hypocrisie, inaction,
déresponsabilisation ; au lendemain de
l’annonce, par Énergie atomique du
Canada, d’un nouveau délai pour la
réouverture du réacteur
nucléaire de Chalk River, l’opposition et
les intervenants du milieu blâment le
gouvernement fédéral pour leur
réaction à la crise.
En fin de journée mercredi, l’agence
fédérale EACL a publié un
communiqué de presse indiquant que la
centrale de Chalk River ne serait pas rouverte
avant le premier trimestre de 2010. Le
réacteur nucléaire produisait 40%
de l’approvisionnement mondial en isotopes
médicaux, nécessaires aux
diagnostics de cancer, jusqu’à sa
fermeture temporaire en mai dernier.
Le premier ministre Stephen Harper s’est dit
« déçu », hier, de ce
nouveau délai. Le réacteur ne
devait, au départ, être hors de
service que pour un mois.
« Nous espérons avoi r plus
d’actions plus vite de la part d’Énergie
atomique du Canada. Nous continuons à les
pousser pour qu’ils puissent assurer
l’approvisionnement en isotopes dès que
possible », a dit M. Harper, de passage
à Kitchener, en Ontario.
« C’est hypocrite » , s’est
insurgé le critique libéral en
environnement, David McGuinty. Selon lui,
plutôt que de prendre ses
responsabilités, le gouvernement
blâme EACL parce qu’il veut « se
débarrasser » de cette agence
étatique, la privatiser et sortir le
gouvernement de l’industrie nucléaire.
« C’est une stratégie
délibérée du premier
ministre pour dévaluer la
société de la Couronne et
légitimer éventuellement aux
Canadiens que tout est pourri là-dedans
et qu’on abandonne complètement le
secteur », a estimé M. McGuinty.
Au milieu de la crise des isotopes, au
printemps, le premier ministre Harper avait
annoncé à brûle-pourpoint
que le Canada se retirerait de la production
d’isotopes médicaux lorsque le
réacteur de Chalk River aurait atteint la
fin de sa vie utile.
Le Bloc québécois et le NPD, de
même que les libéraux,
réclament depuis le printemps des
solutions à court, mais aussi à
long terme pour pallier la pénurie
d’isotopes dans le monde, qui sera
vraisemblablement aggravée par la
fermeture temporaire d’autres réacteurs,
en Europe notamment. L’Association
québécoise des
établissements de santé et
services sociaux (AQESSS) estime que la
pénurie d’isotopes coûtera 10
millions de dollars au réseau si la crise
dure un an, seulement pour le Québec.
L’opposition et les intervenants du milieu
somment Ottawa de dédommager les
provinces pour les coûts
supplémentaires « puisque c’est le
gouvernement fédéral qui est
responsable de la crise », a jugé
le Dr François Lamoureux,
président de l’Association des
spécialistes en médecine
nucléaire du Québec.
Réparation imminente
Contrairement aux précédents
rapports d’EACL sur la centrale de Chalk River
qui restaient vagues sur les dates de
réouverture, cette fois-ci les dirigeants
sont catégoriques : le réacteur
nucléaire pourra reprendre du service au
premier trimestre de 2010, vraisemblablement
à l’hiver prochain. « Nous faisons
encore des vérifications pour comprendre
les mécanismes de corrosion, mais tous
ces tests n’auront pas pour effet de prolonger
les délais parce qu’ils seront faits en
parallèle avec la stratégie de
réparation que nous avons adoptée
», a dit Hugh MacDiarmid,
présidentdirecteur général
d’EACL, en entrevue à La Presse.
Au total, les inspections ont
révélé neuf endroits
endommagés, qui, plutôt
qu’être traités
séparément, seront
vraisemblablement réparés
ensemble, à l’aide d’un
procédé de renforcement par
soudure.
Isotopes: Ottawa ne ferme pas
à la porte à un dédommagement
Le gouvernement fédéral ne ferme
pas la porte à l’idée de
dédommager les provinces pour la
pénurie d’isotopes médicaux, qui
entraîne des coûts
supplémentaires importants pour les
hôpitaux de toutes les régions du
pays.
La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq,
a indiqué hier qu’elle n’avait pas encore
reçu de demande « officielle
» de remboursement. Elle a toutefois
ajouté qu’il s’agissait d’un dossier que
son équipe suivait de près.
À
l’instar de l’Ontario, Québec a conf i
rmé qu’i l avait l’intention de demander
à Ottawa de lui faire un chèque
pour couvrir le coût d’acquisition
d’isotopes.
D’après le ministre
québécois Yves Bolduc, la note
pourrait atteindre 10 millions pour la province
si la crise devait se poursuivre pendant un an.
La pénur ie d’i s o topes médicaux
perdure depuis la fermeture de la centrale
nucléaire de Chalk River à cause
d’une fuite d’eau lourde constatée le
printemps dernier. Ce réacteur
situé près d’Ottawa
répondait au tiers de la demande
planétaire.
Isotopes : Ottawa est appelé
à l’aide - Marie Vastel
Tandis que les experts de la santé
s’entendent pour dire que la pénurie
d’isotopes médicaux risque de s’aggraver
fortement dans les prochaines semaines, les
regards se tournent vers Ottawa afin que le
fédéral vienne en aide aux
établissements de santé pour
éviter le pire.
L’Alliance du personnel professionnel et
technique de la santé et des services
sociaux (APTS) a appelé, hier, le
gouvernement du Québec à faire
pression sur le gouvernement
fédéral, pour que ce dernier verse
une compensation à la province.
La pénurie d’isotopes coûte cher,
plaide l’APTS, puisque les isotopes sont
désormais plus coûteux, et les
solutions de rechange sont également plus
dispendieuses. Et comme les isotopes n’ont une
durée de vie que de six heures, les
hôpitaux doivent s’en servir le plus
rapidement possible, ce qui fait que le
personnel médical est appelé
à faire des heures supplémentaires
et à modifier ses horaires de travail
pour répondre à la demande.
«
Il faut que le gouvernement du Québec
aille cogner à la porte du
fédéral, il ne faut pas qu’il
attende qu’il lui donne de l’argent, il n’en
donnera pas. Il faut cogner à la porte,
mettre la pression et obtenir des sommes
d’argent pour aider la population », a
souligné la présidente de l’APTS,
Dominique Verreault, en entrevue
téléphonique avec La Presse
Canadienne.
Au bureau du ministre québécois de
la Santé, Yves Bolduc, on a fait savoir
qu’aucun scénario n’était exclu.
Québec pourrait à son tour
réclamer une compensation
financière à Ottawa, puisque le
dossier des isotopes relève de sa
juridiction.
L’Ontario a pour sa part déjà
indiqué son intention de faire de
même, en raison de la pénurie
d’isotopes.
Mais aucune décision n’a encore
été prise à Québec,
et l’adjointe de l’attachée de presse du
ministre Bolduc, Karine Rivard, n’a pas pu
préciser à quel moment le
ministère de la Santé
déciderait des mesures à prendre.
Pour le moment, le ministère interroge
les établissements de santé afin
de déterminer le coût exact de la
pénurie.
CRISE DES ISOTOPES Une facture possible de 10
millions au Québec - Pascale Breton
EXCLUSIF
En période estivale, les hôpitaux
fonctionnent généralement au
ralenti. La situation va s’aggraver quand le
rythme habituel va reprendre l’automne prochain.
La pénurie d’isotopes médicaux
pourrait entraîner une facture
supplémentaire de 10 millions de dollars
pour les hôpitaux québécois si
la crise durait un an.
C’est l’estimation que fait l’Association
québécoise des établissements
de santé et services sociaux (AQESSS) au
terme d’une téléconférence
avec une dizaine de directeurs
généraux d’hôpitaux de partout
dans la province.
Le bilan est inquiétant. « Ce n’est
pas rien. Quand l’on sait que le budget dont
disposent les départements de
médecine nucléaire pour la province
est d’environ 40 millions, on parle ici d’une
augmentation du quart », explique la
directrice générale de l’AQESSS,
Lise Denis, en entrevue à La Presse.
L’AQESSS demande au ministre de la Santé,
Yves Bolduc, d’agir au plus tôt afin de
mettre en place des solutions pour l’automne.
Depuis la mise hors service du réacteur de
Chalk River, en Ontario, en mai dernier, et la
pénurie d’isotopes médicaux qui a
suivi, les départements de médecine
nucléaire doivent faire preuve
d’imagination pour traiter les patients. Les
isotopes sont utilisés comme marqueurs pour
certains examens.
Les horaires ont donc été
réaménagés afin d’utiliser au
maximum les isotopes lorsque les livraisons
arrivent, en début de semaine.
Des produits de remplacement sont utilisés,
notamment le thallium et le fluorure de sodium,
pour procéder à d’autres types
d’examens lorsque c’est possible. C’est le cas
pour certains patients atteints de cancer.
Tous ces réaménagements ont un
coût. Les heures supplémentaires et
l’utilisation de produits de rechange
coûtent de 10 à 12% de plus par
semaine aux hôpitaux, révèle
l’AQESSS dans sa note de service.
Jusqu’à présent, grâce
à ces solutions de rechange, beaucoup
d’hôpitaux ont réussi tant bien que
mal à maintenir leur degré
d’activité habituelle. D’autres ont vu
leur capacité diminuer
légèrement, augmentant du coup les
listes d’attente. Mais l’urgence commence
à se faire sentir.
En période estivale, les hôpitaux
fonctionnent généralement au
ralenti. La situation s’aggravera quand le
rythme habituel reprendra l’automne prochain.
« Nous avons eu une très belle
collaboration de tous jusqu’à
présent, mais il est clair que, pour
suivre ce rythme pendant des mois, nous allons
user notre monde », mentionne d’ailleurs
Mme Denis.
Les hôpitaux ne savent que le jeudi la
quantité d’isotopes qui sera disponible
pour la semaine suivante. Tant le personnel
médical qu’administratif est mis à
contribution pour appeler les patients,
remodeler les horaires de rendez-vous,
procéder aux examens ou lire les
résultats.
« Onnepourrapas fonctionner à la
petite semaine comme ça quand le volume
d’activité reprendra de façon
normale l’automne prochain », ajoute la
directrice générale de l’AQESSS.
Le tour d’horizon mené auprès de
la dizaine d’établissements a permis de
sentir l’inquiétude qui règne.
« Les gens sont épuisés. Il
faut que le ministre prépare des voies de
passage pour qu’à l’automne, on ne vive
pas la même situation », insiste Mme
Denis.
L’AQESSS n’est pas la seule à
s’inquiéter des répercussions de
la pénurie d’isotopes.
La Coalition Priorité cancer invite la
population à écrire à la
gouverneure générale,
Michaëlle Jean, et au premier ministre
canadien, Stephen Harper, pour dénoncer
l’inaction du fédéral à
gérer la crise.
Plus tôt ce mois-ci, le Conseil pour la
protection des malades avait aussi envoyé
une mise en demeure au gouvernement
fédéral, pour les mêmes
raisons.
Isotopes médicaux La pénurie
s’accentue - Pascale Breton
Les
hôpitaux auront la moitié de ce qui
est nécessaire la semaine prochaine
EXCLUSIF
Les vacances de la construction donnent un
répit aux médecins, mais « le
pire sera au début du mois d’août et
à la fin de septembre », dit le Dr
Lambert
Déjà aux prises avec des
difficultés d’approvisionnement depuis deux
mois, les hôpitaux verront la
disponibilité des isotopes médicaux
chuter de moitié à compter de la
semaine prochaine. Un véritable
casse-tête pour les départements de
médecine nucléaire.
Une patiente dans un
accélérateur linéaire en
radio-oncologie. Les isotopes médicaux
sont des marqueurs utilisés pour de
nombreux examens médicaux afin de
détecter des cancers et des
métastases, des embolies pulmonaires et
des saignements, entre autres.
« On vient de tarir une source additionnelle
et ça devient critique »,
déclare le président de
l’Association des médecins
spécialistes en médecine
nucléaire du Québec, le Dr
Françoi s Lamoureux.
En mai, l’arrêt du réacteur
nucléaire de Chalk River, en Ontario, a
provoqué une crise d’approvisionnement en
isotopes médicaux. Quelques semaines plus
tard, on apprenait que le réacteur ne sera
pas remis en activité avant la fin de
l’année.
Mais voilà que le réacteur de
Patten, aux Pays-Bas, est hors service à
son tour depuis une semaine. Cet arrêt de
quatre semaines au total est nécessaire
pour un entretien régulier.
L’impact commencera à se faire sentir au
cours des prochains jours. Après celui de
Chalk River, c’est le plus important producteur de
molybdène – produit radioacti f à
partir duquel sont extraits les isotopes
médicaux – dans le monde.
« Quand on peut reporter les examens d’une
semaine, on peut essayer de s’arranger, mais si on
tarit une source pendant un mois, nous avons un
problème », affirme le Dr Lamoureux.
Les isotopes sont des marqueurs utilisés
pour nombre d’examens médicaux afin de
détecter des cancers et des
métastases, des embolies pulmonaires et des
saignements, entre autres.
Solution de rechange
Pour pallier la crise, des solutions de rechange
ont été mises en place. Les 54
départements de médecine
nucléaire du Québec ont convenu de
se répartir les stocks disponibles afin que
chacun en ait au moins une quantité
minimale.
Les horaires de travail sont prolongés
afin de procéder à plus d’examens
en début de semaine, lorsque les isotopes
sont disponibles.
D’autres types d’examens peuvent aussi
être faits pour
Mais cette gestion au jour le jour commence
à peser lourd. C’est
particulièrement le cas dans les
hôpitaux pédiatriques.
« I l faut faire énormément
d’appels. On fixe pratiquement certains
patients. La tomographie par positrons ( PET
scan) est ainsi utilisée, notamment pour
détecter des cancers. des rendez-vous
à nos patients au jour le jour »,
déplore le chef du département de
médecine nucléaire du centre
hospitalier universitaire Sainte-Justine, le Dr
Raymond Lambert.
Les patients proviennent souvent de
l’extérieur de Montréal. Ils sont
accompagnés de leurs parents, qui doivent
prendre congé. Comme il s’agit
généralement d’examens de
contrôle, les patients ont aussi d’autres
rendez-vous avec différents
spécialistes au cours de la même
journée. Reporter leur examen
entraîne bien des bouleversements.
Heureusement, souligne le Dr Lambert, il reste
encore une semaine aux vacances de la
construction. Il y a donc moins de patients.
« Le pire sera au début du mois
d’août et à la fin de septembre
», craint-il.
Les nombreux réaménagements
d’horaire ont un coût. La facture pourrait
atteindre 4 millions supplémentaires au
Québec, estime le président de
l’Association des médecins
spécialistes en médecine
nucléaire du Québec.
« C’est clair qu’il va y avoir des
coûts supplémentaires, mais nous ne
sommes pas en mesure pour le moment
d’évaluer la hausse des factures des
établissements », indique la
porte-parole du ministère de la
Santé, Karine White.
Si la facture est trop élevée, il
est possible que Québec demande au
fédéral de l’éponger.
La crise des isotopes
est imminente - Ariane Lacoursière
Environ 3000 patients par semaine risquent
d’être privés de tests au Québec
Alors que les hôpitaux canadiens vivent
déjà une importante pénurie
d’isotopes médicaux, le réacteur
nucléaire de Petten, aux Pays-Bas,
cessera ses activités dès
aujourd’hui pour un entretien de routine qui
durera un mois. Selon les spécialistes de
médecine nucléaire, une crise est
imminente.
Un technicien en
médecine nucléaire analyse le
résultat d’un test mené sur un
patient à l’Hôpital
général de Toronto.
« On a très peur des
répercussions. Il faudra gérer la
situation au jour le jour. Déjà,
le moral des troupes n’est pas très bon.
On a peur de ne pas donner de bons services aux
patients », dit le président de
l’Association de médecine
nucléaire canadienne, le Dr Jean-Luc
Urbain.
« La pénurie importante d’isotopes
ne surviendra pas cette semaine. Parce que le
molybdène que nous recevrons a une
durée de vie de 2,2 jours. Mais à
la fin de la semaine prochaine, on aura une
idée de l’ampleur de la crise »,
explique le président de l’Association
des spécialistes en médecine
nucléaire du Québec, le Dr
François Lamoureux.
SelonlescalculsduDrLamoureux, environ 3000
patients par semaine pourraient devoir se priver
de tests au Québec si la pénurie
d’isotopes est sévère. «
Déjà, les hôpitaux se sont
fait dire que leur stock livré chaque
semaine sera réduit des trois quarts
», affirme le Dr Lamoureux.
Les hôpitaux canadiens manquent
déjà d’isotopes médicaux
depuis trois mois. En mai, la centrale
nucléaire de Chalk River, en Ontario, a
dû fermer en raison d’une fuite d’eau
lourde. À elle seule, cette centrale
répondait à 35% des besoins
mondiaux et à pas moins de 80% des
besoins en isotopes au pays.
Pour contrer la pénurie, les
hôpitaux québécois ont
modifié leurs horaires et leurs
techniques. « Les isotopes sont comme des
glaçons qui fondent au soleil. Ils ont
une durée de vie très courte. Pour
traiter le maximum de patients, on travaille
depuis le mois de mai de façon
condensée, même les week-ends. On
fait en deux ou trois jours ce qu’on fait
habituellement en une semaine », explique
le Dr Urbain. Si bien que la pénurie a eu
peu d’impact sur les patients jusqu’à
maintenant.
Mais la fermeture du réacteur de Petten
viendra compliquer la situation. Depuis la
fermeture de Chalk River, le réacteur de
Petten avait compensé la perte en
augmentant sa production de 50%. Mais on ne peut
plus compter sur ce réacteur.
Les centrales nucléaires de Belgique et
d’Afrique du Sud ont déjà
commencé à augmenter leur
production, affirme le Dr Urbain. « Mais
les isotopes sont une substance brute qui doit
être raffinée. Or, les centrales
n’ont pas toutes de grandes capacités de
raffinement », explique le Dr Urbain.
Pour l’instant, il est impossible de dire
à quel point la fermeture de la centrale
de Petten aura des conséquences ici.
« L’approvisionnement jusqu’à la
semaine prochaine est correct. Tous les
rendez-vous planifiés sont maintenus.
Mais les risques viendront après »,
reconnaît la porte-parole du Centre
hospitalier de l’Université de
Montréal (CHUM), Lucie Dufresne.
« Jeudi prochain, on aura une meilleure
idée de l’ampleur de la crise »,
confirme le Dr Lamoureux.
Fermeture du réacteur de Chalk RiverLa
situation pourrait tourner à la catastrophe
Le
président de la section canadienne de
l’Association de médecine nucléaire,
le Dr Jean-Luc Urbain, qualifie la situation de
« désastre national et international
».
— La fermeture prolongée du réacteur
de Chalk River constitue un casse-tête
considérablepour les hôpitauxdupays,
mais lesmédecins croient être enmesure
de composer avec cette situation difficile pour le
moment.
Situé non loin
d’Ottawa, le réacteur de Chalk River, vieux
de 52 ans, produit environ le tiers de
l’approvisionnement mondial d’isotopes
médicaux, qui sont nécessaires pour
le diagnostic et le traitement du cancer. La
centrale produisait en outre environ 80% des
isotopes nécessaires pour traiter les
Canadiens.
Toutefois, si le réacteur ne redémarre
pas d’ici la fin de l’année, comme les
dirigeants de Chalk River l’ont indiqué hier,
cette situation difficile pour ra it se t ransformer
en catastrophe pour bien des patients, a
indiqué hier le Dr Daniel Picard,
secrétaire trésorier de l’Association
des médecins spécialistes en
médecine nucléaire du Québec.
M. P i c a rd a a i ns i réagi hier à
l’annonce du président d’Énergie
atomique du Canada ( EACL), Hugh MacDiarmid, selon
laquelle les travaux de réparation du
réacteur de Chalk River sont plus importants
que prévu et prendront donc plus de temps.
Situé non loin d’Ottawa, le réacteur
de Chalk River, vieux de 52 ans, produit environ le
tiers de l’approvisionnement mondial d’isotopes
médicaux, qui sont nécessaires pour le
diagnostic et le traitement du cancer. La centrale
produisait en outre environ 80% des isotopes
nécessaires pour traiter les Canadiens.
Mais le réacteur a dû cesser ses
activités en mai en raison d’une importante
fuite d’eau lourde. Et tout indique qu’il demeurera
fermé au moins jusqu’en octobre, et
peut-être même jusqu’à la fin de
l’année. Au départ, les dirigeants
d’EACL estimaient qu’il serait possible de le
redémarrer en août.
« Cette annonce ne me surprend nullement. Je
n’ai jamais vu une centrale nucléaire se
faire réparer en un ou trois mois.
C’était donc quelque chose de
prévisible. Mais cette fermeture
prolongée ne change rien à la
situation actuelle. On est déjà en
pénurie. On est en rationnement de
radio-isotopes pour limiter les conséquences
sur nos patients, ce que l’on réussit
relativement bien jusqu’ici », a
indiqué le Dr Picard.
Au bout du rouleau
Il a ajouté que les médecins ont
modifié leurs horaires pour maximiser
l’utilisation des isotopes disponibles, lesquels ont
une durée de vie limitée. « Nous
travaillons les fins de semaine et le soir pour les
mêmes raisons avec les doses disponibles
durant la journée », a-t-il dit.
Mais si Chalk River demeure fermé en 2010, la
situation sera différente. « Nous
sommes en mesure de composer avec la situation
actuellement. Mais il faut que Chalk River rouvre au
début de l’an prochain », a-t-il dit.
Le
président de la section canadienne de
l’Association de médecine nucléaire,
le Dr JeanLuc Urbain, se montre plus critique,
qualifiant la situation de « désastre
national et international ». « Nous
avons le tiers de notre approvisionnement habituel
en technétium pour nous occuper de nos
patients », a-t-il dit.
Depuis la fermeture du réacteur, les
hôpitaux du pays sont confrontés
à une pénurie d’isotopes,
forçant les médecins à
reporter des traitements. Le gouvernement
fédéral travaille depuis des
semaines à trouver de nouvelles sources
d’approvisionnement, mais la situation demeure
difficile.
Depuis quelques semaines, la centrale
néerlandaise de Petten a augmenté sa
production de 50% pour combler une partie de la
demande. Mais le réacteur est aussi
très vieux et il devra être
fermé du 18 juillet au 18 août pour
des travaux d’entretien. À l’heure
actuelle, les divers réacteurs dans le
monde répondent à environ 70% de la
demande mondiale d’isotopes.
Dans une déclaration commune publiée
hier, la ministre de la Santé, Leona
Aglukkaq, et la ministre des Ressources
naturelles, Lisa Raitt, ont dit partager
l’inquiétude des Canadiens au sujet de la
pénurie d’isotopes provoquée par la
fermeture de Chalk River.
« La santé et le bien-être des
Canadiens sont la priorité absolue du
gouvernement du Canada et nous comprenons que
l’annonce faite par EACL – que le temps
d’arrêt sera prolongé – est une
source d’inquiétude pour les Canadiens.
Nous sommes aussi très inquiètes et
nous comprenons que des familles canadiennes
seront sérieusement affectées par
cette annonce », ont affirmé les
ministres.
« Nous nous attendons à une
période de pénurie plus critique au
cours du mois d’août. Pour cette raison, il
continuera d’être essentiel que les
fournisseurs de soins de santé
gèrent de façon attentive
l’approvisionnement disponible d’isotopes et qu’on
puisse trouver des solutions de rechange »,
ont-elles ajouté.
En conférence de presse à Toronto,
le président d’EACL, Hugh Ma c D i a r mid
, s ’e s t défendu d’avoir induit la
population en erreur lorsqu’i l a indiqué
au printemps que le réacteur pourrait
reprendre ses activités en août.
Il a soutenu que l’inspection du réacteur a
démontré que les travaux
nécessaires étaient plus importants
que prévu. D’où la décision
de prolonger la fermeture pour les prochains mois.
« L’inspection a été un voyage
de découverte, comme vous pouvez l’imaginer
», a indiqué le président.
Cela dit, il a certifié que le
réacteur pourra être
redémarré ultérieurement et
reprendre la production d’isotopes.
Les travaux de réparation sont fort
complexes. « C’est comme si vous essayez de
faire une vidange d’huile sur votre voiture
à partir de votre salon », a
imagé le responsable des travaux, David
Cox.
« Un casse-tête inouï
»
Une
centrale néerlandaise stoppera sa production
d’isotopes pendant un mois
Environ 3000 patients par semaine verront leurs
rendez-vous retardés.
La fermeture prochaine d’un réacteur
nucléaire aux PaysBas provoquera un «
casse-tête inouï » dans notre
système de santé, préviennent des
médecins spécialistes. L’arrêt des
activités à la centrale de Petten
relancera de plus belle la crise des isotopes,
avertissent-ils, et jusqu’à 3000 patients
québécois pourraient en subir les
conséquences chaque semaine.
Le technicium, la substance
dérivée des isotopes médicaux,
sert à tester ou à traiter 9500
patients au Québec chaque semaine.
Depuis la fin du mois de mai, le Canada et le monde
entier doivent composer avec une pénurie de
cette substance radioactive, qui sert notamment au
diagnostic et au traitement du cancer. La centrale de
Chalk River (en Ontario), qui produisait environ 80%
des isotopes nécessaires aux Canadiens et
répondait à 35% des besoins mondiaux, a
fermé en raison d’une fuite d’eau lourde.
Depuis, la centrale néerlandaise de Petten a
augmenté sa production de 50% pour combler une
partie de la demande. Mais voilà, ce
réacteur est également âgé.
Du 18 juillet au 18 août, il devra fermer pour
maintenance pendant un mois, indique le Dr
François Lamoureux, président de
l’Association des spécialistes en
médecine nucléaire du Québec.
Les hôpitaux ont été
prévenus: ils perdront les trois quarts de
leurs livraisons habituelles d’isotopes.
« On a un problème majeur »,
convient le Dr Lamoureux.
Le technicium, la substance dérivée des
isotopes médicaux, sert à tester ou
à traiter 9500 pat ients au Québec
chaque semaine.
Alors qu’ils craignent que la pénurie
s’aggrave, les spécialistes et le
ministère de la Santé ont adopté
une série de mesures pour éviter une
crise. Les horaires des consultations ont
été modifiés pour optimiser
l’utilisation des isotopes, dont la durée de
vie est très courte. Les patients atteints de
maladies cardiaques sont testés à l’aide
d’une technologie plus ancienne, qui ne requiert pas
de technicium. Et la province parvient à mieux
économiser la substance que ses voisins en
utilisant l’équipement de tomographie par
émission de positrons, ou TEP ( PET scan en
anglais).
Mais beaucoup de procédures médicales
nécessitent l’utilisation d’isotopes. Et la
fermeture de la centrale de Petten forcera les
spécialistes québécois à
reporter environ 50% d’entre elles après le 18
juillet, prévient le Dr Lamoureux. C’est donc
dire qu’environ 3000 patients par semaine verront
leurs rendezvous retardés.
« On peut parfois reporter des examens de
quelques jours, indique le Dr Lamoureux. Mais quand on
va se retrouver dans une situation où ça
va durer trois semaines, on aura des problèmes
majeurs. »
« Des risques »
La Coalition Priorité Cancer, un organisme qui
fait la promotion de la lutte contre cette maladie,
qualifie la situation de « déplorable
».
« On ne peut pas dire à la population:
"Ne vous inquiétez pas", affirme sa
porte-parole, Nathalie Rodrigue. Il y a des risques
pour la population. »
Elle estime que ce sont avant tout les patients qui
subiront les contrecoups de cette nouvelle escalade
dans la crise des isotopes. Comme on utilise la
substance radioactive pour mesurer l’efficacité
des traitements de radiothérapie et de
chimiothérapie, dit-elle, des centaines de
malades pourraient être plongés dans
l’incertitude.
Unspécialistequi conseille le gouvernement
fédéral dans ce dossier a indiqué
au Globe and Mail qu’Ottawa ne sait pas encore
où le pays s’approvisionnera en isotopes une
fois la centrale de Petten fermée.
Besoins couverts à 85%
Pour l’heure, le Québec couvre actuellement 85%
des besoins liés aux isotopes médicaux,
indique Marie-Ève Bédard,
attachée de presse du ministre de la
Santé, Yves Bolduc. Mais la donne pourrait
changer bientôt.
« C’est sûr qu’on n’est pas à
l’abri d’une pénurie, puisque ça frappe
de la même façon tout le monde qui
s’approvisionne dans ces réacteurs
nucléaires. »
La fermeture de la centrale de Petten pendant un mois
pourrait être le prélude à une
situation beaucoup plus grave. Le réacteur sera
mis hors service pour des réparations en
profondeur dès le début de l’an
prochain. Il cessera alors de produire des isotopes
médicaux pendant six mois.
Une solution miracle? -
André Pratte
Pourquoi le projet MAPLE a été mis sur
la glace sans aucune forme de débat public?
Selon Steve West, président du producteur
d’isotopes médicaux MDS Nordion, il existe une
solution simple à la pénurie actuelle.
« La solution se trouve ici au Canada. La
solution, c’est de redémarrer le projet MAPLE
», a-t-il déclaré à un
comité de la Chambre des communes.
Construits il y a une dizaine d’années, les
réacteurs nucléaires MAPLE 1 et 2
devaient permettre la production de deux fois plus
d’isotopes médicaux que la demande mondiale
actuelle. Malheureusement, ils n’ont pu être mis
en service en raison de problèmes techniques.
Énergie atomique du Canada (EACL) n’est pas
parvenue à régler ces problèmes
malgré des investissements de 250 millions
à 600 millions (la somme exacte n’est pas
connue). L’an dernier, avec l’accord du gouvernement
Harper, EACL a décidé d’abandonner le
projet.
Certains experts estiment que ce fut une grave erreur.
Depuis que le vieux réacteur de Chalk River a
cessé sa production en raison d’une fuite, on
presse le gouvernement de revenir sur sa
décision. La ministre des Ressources
naturelles, Lisa Raitt, a rejeté cette
idée: « Le problème est que, si le
réacteur entrait en fonction, il ne serait pas
sécuritaire parce qu’il y a une
possibilité qu’on soit incapable de
l’arrêter. »
Laministre exagère ou comprend mal. Les MAPLE
comptent suffisamment de systèmes de protection
pour empêcher qu’on perde contrôle de la
réaction nucléaire. L’ingénieur
John Waddington, qui a travaillé pendant 27 ans
à la Commission candienne de
sûreté nucléaire, a
été catégorique à ce
sujet: « Il ne fait absolument aucun doute que
les réacteurs MAPLE sont sans danger. Je
vivrais sans hésitation avec mes enfants et mes
petits-enfants à proximité de ces
réacteurs. »
Alors,
pourquoi Énergie atomique du Canada les
a-t-elle envoyés aux boules à mites?
Parce que le réacteur ne se comporte pas comme
l’avaient prédit ses concepteurs. Or, dans le
domaine du nucléaire, les autorités
gouvernementales ne permettent tout simplement pas la
mise en service d’installations dont on ne comprend
pas le fonctionnement dans les moindres
détails.
Par conséquent, même si le gouvernement
revenait sur la décision d’abandonner le projet
MAPLE, il faudrait encore des années et «
des centaines de millions » (selon le PDG
d’EACL) avant que les réacteurs ne puissent
servir à la production d’isotopes.
La solution miracle à la présente
pénurie ne se trouve donc pas là. En
fait, il n’y a pas de solution miracle. À court
terme, le seul espoir réside dans la
réparation rapide – trois mois? six mois? – du
réacteur cinquantenaire de Chalk River.
Cela dit, il ne nous semble pas raisonnable que le
projet MAPLE ait été mis sur la glace
sans aucune forme de débat public.
Énergie Atomique du Canada s’est
contenté d’un bref communiqué de presse
et est très peu bavarde depuis.
Les contribuables canadiens ont financé
à coup de dizaines de millions la construction
de ces installations. Les malades canadiens subissent
les conséquences de la pénurie
d’isotopes. Ne devraientils pas avoir voix au
chapitre? Souhaitons que le groupe d’experts mis sur
pied il y a trois semaines par le gouvernement se
penchera sur l’opportunité de relancer le
projet MAPLE.
Mes amis sont-ils condamnés? Nos
premiers ministres doivent agir en chef d’État et
régler rapidement la crise des radio-isotopes
Tout cela
n’a aucun bon sens, je n’arrive pas à comprendre
que nous en soyons arrivés là.
L’auteure est la mère d’un enfant maintenant
guéri d’un cancer. Elle a mis sur pied la fondation
Les Gouverneurs de l’espoir, après s’être
engagée durant de nombreuses années avec
Leucan. Je suis entourée de gens qui livrent une
lutte infernale contre le cancer. Je côtoie
quotidiennement des enfants cancéreux et des
parents hyper anxieux en attente des résultats.
Un
appareil utilisé en médecine
nucléaire.
Mon frère se bat depuis deux ans. Ma meilleure amie
attend impatiemment l’opération qui lui
enlèvera la masse qui s’est logée dans son
palais alors qu’elle était enceinte de sept mois,
elle attend encore cette opération hyper urgente
qui devait être faite en avril et qui a
été reportée deux fois. Il y a aussi
la femme de mon entrepreneur qui voit ses traitements
reportés, la soeur de mon beau-frère qui est
complètement découragée, car il n’y a
pas une seconde qui passe sans qu’elle se demande si elle
fait partie des « cas » où il y a eu
erreur d’analyse. J’arrête ici, mais je pourrais
facilement continuer ma liste en ajoutant des dizaines
d’histoires aussi graves les unes que les autres.
Aujourd’hui, je voudrais en leur nom m’adresser aux
différents ordres du gouvernement
fédéral et provincial. Je ne suis pas une
professionnelle de la santé, je ne suis pas non
plus une grande scientifique, mais je suis capable de voir
et de juger la gravité des choses. La crise des
radio-isotopes est catastrophique!
Le Dr
Soulière (hématologue et oncologue
médical au CHUM) l’explique bien: « Pour les
patients qui souffrent d’un cancer, la médecine
nucléaire sert à établir le
diagnostic de leur condition, à déterminer
le stade de la maladie et à choisir le traitement
» … Alors qu’arrivera-t-il s’il n’y a plus ou
presque plus d’isotopes? Est-ce que mes amis sont
condamnés? Seront-ils les prochains à
alimenter les statistiques des décès
causés par le cancer ? Vont-ils mourir à
petit feu devant moi, spectatrice impuissante?
Tout cela n’a aucun sens, je n’arrive pas à
comprendre que nous en soyons arrivés là,
mais pour l’instant ne perdons pas de temps à
tenter de comprendre le pourquoi, il faut agir rapidement.
Qu’allezvous faire maintenant, messieurs les premiers
ministres? Vous avez eu le pouvoir, vous avez
été élus par le peuple, alors
maintenant, agissez en chefs d’État et prenez vos
responsabilités!
C’est la santé physique et mentale de tout un
peuple qui en dépend. Imaginez un seul instant que
vous êtes ce patient qui attend, qui souffre et qui
va sûrement mourir si rien n’est fait. Imaginez que
vous allez laisser derrière vous une petite fille
de quelques mois, une famille complètement
anéantie, un avenir prometteur… L’empathie,
messieurs les premiers ministres, estce que vous savez ce
que cela veut dire? C’est vrai que ce sentiment ne se
chiffre pas en dollars et qu’il est impossible d’inclure
ces résultats dans la classe positive d’un budget.
La seule chose qui m’importe aujourd’hui, c’est de
connaître votre plan d’action. Je voudrais que
toutes vos énergies soient concentrées sur
le mode solution. Puis-je vous demander de mettre de
côté vos divergences et de rallier vos
neurones pour une fois, vous gens du pouvoir et de
l’opposition?
La pénurie touche les hôpitaux
québécois - Agnès Gruda
« La
situation actuelle était prévisible, Ottawa l’a
laissée pourrir, il a laissé tomber les malades
», accuse le Dr François Lamoureux.
Des patients suspendus au téléphone, qui veulent
savoir quand ils pourront subir un test diagnostique, ou s’ils
pourront ou non soigner leur cancer de la thyroïde. Des
listes d’attente qui s’allongent. Des hôpitaux qui
voient leurs réserves d’isotopes fondre à vue
d’oeil.
Et puis, de l’inquiétude. Beaucoup d’inquiétude.
Tel est l’impact de la nouvelle « crise des isotopes
», causée par la fermeture du réacteur de
Chalk River, il y a deux semaines. S’ils ont réussi
à parer au plus urgent, les services de médecine
nucléaire font face à des patients de plus en
plus nerveux. Et ils ont peu de choses à leur dire pour
les rassurer.
« Cette semaine, nous n’avons plus assez d’iode 131 pour
soigner les patients atteints de cancer de thyroïde
», dénonce le Dr François Lamoureux,
président de l’Association des médecins
spécialisés en médecine nucléaire
du Québec.
Il n’a pas de mots pour qualifier l’attitude du gouvernement
fédéral, qui a décidé
d’abandonner, il y a un an, le projet de construction de deux
nouveaux réacteurs, appelés Maple 1 et Maple 2,
pour remplacer le vieil appareil de Chalk River.
« La situation actuelle était prévisible,
Ottawa l’a laissée pourrir, il a laissé tomber
les malades », accuse-t-il.
Situation « très serrée »
Un tour d’horizon de quelques hôpitaux
québécois indique que tous sont affectés
par la pénurie. « Cette semaine, notre
capacité de production de technétium
était à 30%. La semaine dernière,
c’était 10%. Et on n’a pas la moindre idée de ce
qui nous attend la semaine prochaine », déplore
le Dr Jean Guimond, de l’Institut universitaire de cardiologie
et de pneumologie de Québec.
Chaque semaine, l’Institut reçoit des
générateurs de molybdène, une en jour,
à mesure que la semaine avance.
« Actuellement, nous fonctionnons avec notre minimum
vital, la situation est très inquiétante
», dit-il.
L’hôpital Sainte-Justine marche lui aussi sur un fil de
fer. « Il y a 15 jours, on recevait encore 70% de notre
approvisionnement en technétium. Cette semaine, c’est
20% », dit le Dr Raymond Lambert.
Jusqu’à
maintenant,
l’hôpital a réussi à « rouler sur la
vague », en regroupant les rendez-vous, en
réduisant les doses d’isotopes ou en utilisant des
substances de remplacement.
Cette semaine, la situation est devenue très,
très « serrée », selon substance qui
sert à fabriquer le technétium, marqueur
nécessaire à des tests de médecine
nucléaire.
Ces tests, utilisés entre autres en médecine
coronarienne et en oncologie, permettent de décider si
un patient a besoin d’un pontage coronarien, par exemple.
« Chez nous, tous les cas sont urgents », dit le
Dr Guimond, qui voit les réserves de technétium
s’épuiser de jour le Dr Lambert. Des rendez-vous ont
été remis et des examens n’ont été
faits qu’à moitié.
Mais le Dr Lambert s’inquiète surtout pour les jours
qui viennent. « Est-ce qu’on pourra faire deux examens?
Quatre? On ne le sait pas », dit-il.
La situation est un peu meilleure
àl’hôpitalMaisonneuve-Rosemont, qui a reçu
50% de ses isotopes. L’hôpital a quand même
dû geler ses rendez-vous en médecine
nucléaire pour les patients des consultations externes.
Patients en danger
Les hôpitaux déploient les grands moyens pour
compenser la pénurie. L’hôpital de Verdun, dont
les réserves d’isotopes tomberont à 5% demain,
recevra ce weekend un générateur qui devrait lui
permettre de renflouer ses stocks. Au Centre hospitalier de
l’Université de Montréal, la majorité des
patients ont pu subir leurs tests, dit Lucie Dufresne,
porte-parole de l’hôpital. « Nous suivons
ça de très près, nous devons nous revirer
de bord sur un 10 cennes pour organiser les rendez-vous.
»
La plupart des hôpitaux s’en tirent en remettant les
rendez-vous moins urgents à plus tard, ce qui retarde
diagnostic et traitement, signale le Dr Lambert. Des examens
pour maux de dos ou arthrose peuvent être
reportés. « Mais pour le patient qui
éprouve les symptômes, le diagnostic est toujours
urgent », dit-il.
La pénurie actuelle met carrément la vie des
gens en danger, clame le Dr Pierre Audet-Lapointe, de la
Coalition Priorité-Cancer. Le pire, selon lui, c’est
que le réacteur de Chalk River, qui fournissait la
moitié des isotopes médicaux utilisés
dans le monde, était déjà tombé en
panne en 2007. « Comment se fait-il qu’Ottawa ne se soit
pas réveillé plus tôt? »
Le Dr Jean Guimond, lui, juge qu’Ottawa a eu une «
attitude très désinvolte, tant pour les patients
canadiens que pour ceux de toute la planète ».
« Quand le réacteur de Chalk River est
tombé en panne, ça aurait dû
déclencher la sonnette d’alarme »,
s’indigne-t-il.
LE TECHNÉTIUM 99
Le
réacteur de Chalk River, en Ontario, fabrique du
molybdène, dont on tire le technétium 99, un
isotope utilisé en médecine nucléaire.
Ce marqueur est utilisé entre autres pour la
détection de cancers, mais aussi pour des tests en
cardiologie ou pour l’examen du système osseux. Il
existe d’autres méthodes pour réaliser ces
tests. Le thallium, par exemple, est également
utilisé en médecine coronarienne, mais il est
moins efficace et exige plus de temps. Résultat : les
listes d’attente s’allongent. Un autre isotope produit
à Chalk River, l’iode 131, est utilisé pour le
traitement du cancer de la thyroïde et
l’hyperthyroïdie.
Réacteur nucléaire de Chalk River Ottawa
fait pression sur les responsables
(NDE
: Pourquoi ne pas simplement agir, et donc financer,
plutôt que de "faire pression" ou autrement dit
de ne faire que "souhaiter ardemment" !?!...)
— Le gouvernement fédéral souhaite ardemment
que le réacteur nucléaire de Chalk River, en
Ontario, soit remis en état de marche plus
rapidement que ne l’ont prédit les responsables.
C’est ce qu’a affirmé hier la ministre
fédérale des Ressources naturelles, Lisa
Raitt, alors qu’elle exprimait son opinion sur la
manière de gérer la pénurie mondiale
d’isotopes médicaux.
Selon Mme Raitt, de passage à Toronto, la gestion
de cette pénurie est ardue, mais compte tenu de
l’importance du réacteur canadien dans
l’approvisionnement mondial d’isotopes médicaux, il
serait préférable de bouger plus rapidement.
Toutefois, a-t-elle ensuite reconnu, Énergie
atomique du Canada (EACL) doit d’abord prendre les mesures
de sécurité nécessaires.
Situé non loin d’Ottawa, le réacteur de
Chalk River, qui produit environ le tiers de
l’approvisionnement mondial en isotopes médicaux, a
dû cesser ses activités, il y a plus d’un
mois, en raison d’une importante fuite d’eau lourde.
Les
responsables ont estimé que le réacteur
restera fermé pendant trois mois, soit jusqu’au
milieu du mois d’août. Toutefois, le
président d’EACL a affirmé à un
comité des Communes qu’il s’agissait d’une
prévision optimiste. Hugh MacDiarmid n’a toutefois
pas voulu établir un échéancier
précis pour relancer le réacteur.
Un autre tiers de l’approvisionnement mondial en isotopes
médicaux est fourni par les Pays-Bas, alors que le
reste est produit par l’Afrique du Sud, la Belgique et la
France.
« Même sans la production du Canada, la
demande mondiale totale en isotopes médicaux est
satisfaite par ces quatre autres réacteurs »,
a affirmé hier Mme Raitt.
Mais la ministre a ajouté que si les
activités d’un seul de ces réacteurs
devaient être interrompues, il n’y aurait alors plus
suffisamment d’isotopes médicaux.
Le réacteur néerlandais sera fermé
à la mi-juillet durant un mois pour des
opérations de maintenance. Le Canada mène
présentement des discussions avec les autres
producteurs d’isotopes afin de coordonner les fermetures
des réacteurs et pour gérer la baisse de la
production.
Les droits de la personne sont bafoués, selon
un expert - FRANÇOIS CARDINAL
Une
sommité scientifique en matière
d’amiante, affiliée au Centre international de
recherche sur le ca ncer (C I RC), estime que le
Canada bafoue sa politique sur les droits de la
personne en exportant cette substance
cancérigène dans le tiers-monde.
PHOTO ARCHIVES PC
Des
experts
québécois en santé publique
exhortent Ottawa à interdire la production et
l’exportation d’amiante chrysotile, qui cause
l’amiantose et des cancers mortels comme le
mésothéliome et le cancer du poumon.
Sur notre photo, une équipe de nettoyage
s’affaire à récupérer des
débris d’amiante dans un parc à la
suite d’une forte explosion, survenue
l’été dernier à Toronto.
Ce point de vue est partagé par 14 experts
québécois en santé publique, qui
exhortent Ottawa à interdire la production et
l’exportation d’amiante chrysotile dans une lettre
intitulée « Cessons le mensonge »,
publiée aujourd’hui dans les pages FORUM (page
A27) de La Presse.
« Il est tout à fait désolant de
voir le Canada exporter un produit aussi dangereux
dans les pays en développement », lance
le Dr Leslie Stayner, qui a présidé plus
tôt cette année les travaux de
révision du CIRC sur l’amiante chrysotile.
« Il est faux de prétendre que l’amiante
chrysotile peut être utilisé de
façon sécuritaire dans des pays comme
l’Inde puisque nous-mêmes, dans les pays
développés, nous n’avons pas
été en mesure de limiter les risques
associés à cette substance, responsable
encore aujourd’hui d’une épidémie de
maladies liées à son utilisation
passée », ajoute
l’épidémiologiste, que joint à
Chicago.
Ce cri du coeur est sensiblement le même que
celui qu’ont lancé une douzaine d’experts du
réseau de la santé publique du
Québec, dont André Dufresne, directeur
du département de Santé environnementale
et santé au travail
La Presse
a de l’Université de Montréal, Fernand
Turcotte, professeur émérite de la
Faculté de médecine de
l’Université Laval, et Louis Drouin, de la
Direction de la santé publique.
«
Le Canada proclame que ce qui est dangereux pour les
Canadiens ne l’est pas pour les personnes du
tiersmonde », dénoncent-ils dans leur
lettre.
« L’ I nstitut du chrysotile prétend que
des contrôles sécuritaires rigoureux
existent dans ces pays. C’est complètement
faux, ajoutent-ils. Un documentaire récent de
la Société Radio-Canada (CBC) a
filmé les conditions effroyables d’exposition
des travailleurs en Inde qui manipulent l’amiante
exporté par la compagnie Lab Chrysotile. Les
ouvriers étaient couverts de poussière
d’amiante et en respiraient des niveaux
élevés, ce qui détruira leur
santé et celle de leurs familles.»
Rappelons que le Canada et le Québec se sont
toujours opposés à l’inscription de
l’amiante chrysotile à la liste des produits
dangereux de la convention de Rotterdam, malgré
l’avis du comité d’experts du traité. Ce
dernier a pour but « d’encourager le partage des
responsabilités et la coopération dans
le domaine du commerce international de certains
produits chimiques dangereux».
Cela autorise le Canada à vendre de l’amiante
aux pays du tiers-monde sans avoir à les
informer que c’est un produit dangereux, notent les
scientifiques. « Au contraire, les "experts"
désintéressés de l’Institut du
chrysotile les assurent que "les produits
d’amianteciment sont absolument sûrs". Rien
n’est plus faux selon l’OMS (Organisation mondiale de
la santé).»
Les partisans de l’amiante chrysotile, pour leur pa
rt, dénoncent l’acharnement des scientifiques
et de la classe politique. «Il y a
sûrement bien des produits qui sont
utilisés de façon non sécuritaire
dans les pays émergents. Or on ne parle pas de
leur interdiction formelle pour autant»,
souligne Clément Godbout, président de
l’Institut du chrysotile, lobby de l’industrie.
«Pourquoi bannir l’exportation de l’amiante et
continuer de permettre la production et la vente de
tabac? renchérit le maire de Thetford Mines,
Luc Berthold. Parce que, politiquement, il est plus
facile de taper sur une petite communauté qui
tente par tous les moyens de survivre que de
s’attaquer au vrai problème de notre
société.»
LemaireBertholdestd’ailleurs en colère contre
le chef du Parti libéral du Canada, Michael
Ignatieff, qui s’est récemment
positionné pour l’interdiction de l’exportation
de l’amiante.
«La position anti-Québec de M. Ignatieff
dans le dossier du chrysotile est en train de causer
un tort irréparable à un secteur
important de l’économie
québécoise, soutient-il, et c’est
à lui qu’il revient de mettre un terme à
cette campagne de dénigrement. » Pour
joindre notre journaliste :
AMIANTE : CESSONS LE MENSONGE
PIERRE GOSSELIN, FERNAND TURCOTTE, PIERRE L. AUGER,
ÉVELYNE CAMBRON GOULET, RAY BUSTINZA, DENIS
BÉGIN, BENOÎT GINGRAS, NORMAN KING, LOUIS
DROUIN, PIERRE DESHAIES, YV BONNIER-VIGER, ANDRÉ
DUFRESNE, MICHEL GÉRIN ET LYNDA PINSONNEAULT.
La
preuve scientifique est irréfutable : l’amiante
chrysotile cause l’amiantose et des cancers mortels
Les signataires sont médecins, toxicologues,
hygiénistes industriels et
épidémiologistes du réseau de
santé publique du Québec, dont plusieurs
professeurs aux universités de Montréal,
Laval et Sherbrooke. Selon le Mouvement ProChrysotile,
ce sont « des groupuscules idéologiques
» et « des extrémistes » qui
s’opposent à l’amiante.
Rien ne saurait être plus loin de la
vérité. Ce sont des organismes
réputés et respectés du monde
entier qui réclament l’interdiction de
l’amiante, dont l’Organisation mondiale de la
santé (OMS), la Société
canadienne du cancer, l’Organisation internationale du
travail, le Congrès du travail du Canada,
l’Association médicale canadienne, ou la
Confédération syndicale internationale,
qui représente 168 millions de travailleurs
dans 155 pays.
L’Institut du chrysotile est inscrit au registre des
lobbyistes comme groupe de pression de l’industrie de
l’amiante. Il prétend que ce sont les autres
formes d’amiante qui sont dangereux et non l’amiante
chrysotile. En vérité, l‘amiante
chrysotile constitue 95 % de tout l’amiante ja mais
utilisé da ns le monde et représente
aujourd’hui 10 0 % de l’amiante transigé sur la
planète.
La preuve scientifique établissant que
l’amiante chrysotile cause l’amiantose et des cancers
mortels comme le mésothéliome et le
cancer du poumon est maintenant irréfutable. Le
Centre international de recherche sur le cancer, un
institut qui fait autorité dans le monde, le
confirme dans sa dernière révision de
l’a m ia nte c h r ysoti le publ iée plus
tôt cette année. L’Institut du chrysotile
rejette toute cette preuve sc ienti fique
établie sa ns con f lit
d’intérêts, lui préférant
celle que l’industrie a achetée auprès
« d’experts » à sa solde.
Dans 11 rapports de recherche réalisés
au Québec depuis 2003, l’Institut national de
santé publique du Québec (INSPQ) a aussi
fait la preuve que son utilisation sécuritaire,
telle que prônée depuis 2002 par une
politique du gouvernement du Québec,
était une vue de l’esprit. Pendant ce temps,
les cancers mortels liés à l’amiante
augmentent ici même au rythme de 4 % par
année. Et nous payons des millions de dollars
chaque année pour éliminer l’amiante
chrysotile des écoles et des hôpitaux du
Québec.
Le
Québec, comme le reste du Canada et du monde
industrialisé, a renoncé dans les faits
à l’utilisation de l’amiante. Malgré les
pressions de l’industrie de l’amiante, nous ne
l’utilisons plus. Nous exportons presque tout notre a
miante dans les pays en développement.
L’Institut du chrysotile prétend que des
contrôles sécuritaires rigoureux existent
dans ces pays. C’est complètement faux. Un
documentaire récent de la Société
Radio-Canada (CBC) a filmé les conditions
effroyables d’exposition des travailleurs en Inde qui
manipulent l’amiante ex porté pa r la compag n
ie L ab Ch rysotile. L es ouv riers éta ient
couverts de poussière d’amiante et en
respiraient des niveaux élevés, ce qui
détruira leur santé et celle de leurs
familles.
Pour la loi canadienne, l’amiante chrysotile est une
substance dangereuse, mais le Canada a
empêché l’adoption de la recommandation
du comité d’experts de la convention de
Rotterdam plaçant l’amiante chrysotile sur une
liste internationale de substances dangereuses. Ce
faisant, le Canada proclame que ce qui est dangereux
pour les Canadiens, ne l’est pas pour les personnes du
TiersMonde. Ce qui nous autorise à leur vendre
de l’amiante, sans avoir à les informer que
c’est un produit dangereux. Au contraire, les
«experts»
désintéressés de l’Institut du
chrysotile les assurent que «les produits
d’amianteciment sont absolument sûrs».
Rien n’est plus faux, selon l’OMS.
Cette infamie n’est plus défendable.
Aujourd’hui, l’industrie de l’amiante ne
représente plus que 7% des emplois dans la
région de Thetford Mines, au lieu du tiers
comme dans le passé. Les salaires des mineurs
ont été coupés en deux, il ne
reste que deux mines, dont une en faillite.
C’est le moment de prendre une décision
éclairée. Investissons plutôt ces
millions dans des fonds qui permettront aux
travailleurs plus âgés de prendre une
retraite honorable et aux plus jeunes de se recycler
dans des emplois plus rémunérateurs et
dans une diversification économique que le
milieu a déjà mis en marche avec
beaucoup d’ingéniosité et de
succès.
Le maire de Thetford Mines, Luc Berthold, a dit
récemment : « En connaissez-vous beaucoup
des villes minières qui ont réussi
à revivre après la chute de leurs mines?
En matière de diversification
économique, on est le plus beau secret du
Québec!»
Il reste à compléter le virage de la
vérité.
L’opposition à l’amiante prend de
l’ampleur - FRANÇOIS CARDINAL
Jamais
la pression exercée sur l’industrie de
l’amiante par les scientifiques et les organisations
internationales n’a été aussi grande.
Même le Parti libéral du Canada,
jusqu’ici partisan de cette fibre, a choisi de lui
tourner le dos. Le Canada et le Qu
L’Orga ni s a t i on mon - diale de la santé
(OMS) ainsi que l’ensemble du monde occidental
condamnent l’utilisation de l’amiante chrysotile. Et
pourtant, le Canada en fait la promotion et le
Québec prône une « utilisation
accrue » de cette substance
cancérigène, dénoncent un nombre
croissant d’experts.
PHOTO JEAN-CHARLES
POULIN, ARCHIVES LA TRIBUNE
Une
vue
des installations de Lab Chrysotile, à
Thetford Mines.
Pour certains d’entre eux, cela s’apparente même
à de la « négligence criminelle
» et pourrait donner lieu à des recours
collectifs et à des poursuites contre des
membres du Conseil des ministres, tant à
Québec qu’à Ottawa.
« La situation ressemble à celle du sang
contaminé dans les années 80, estime
Pierre Gosselin, médecin affilié
à l’Institut national de santé publique
du Québec ( INSPQ), qui parle en son nom
personnel. Des gens en situation de pouvoir, en toute
connaissance de cause, font la promotion d’un produit
cancérigène. Cela s’approche d’une
situation de négligence criminelle. »
« S’il a pu y avoir un doute sur la
dangerosité de l’amiante chrysotile il y a 20
ans, ajoute le Dr Gosselin, il n’en existe plus du
tout aujourd’hui. Il n’y a en outre aucune preuve que
cette substance est utilisée de façon
sécuritaire. »
Pour être aussi catégorique, M. Gosselin
s’appuie sur les plus récentes études de
l’OMS et du Centre international de recherche sur le
cancer (CIRC), qui concluent que l’amiante chrysotile
est bel et bien cancérigène, mais aussi
sur une analyse de la faculté de
médecine de l’Université de
Montréal.
Intitulé Surveillance de l’exposition à
l’amiante dans les métiers de la construction,
le document présenté à l’INSPQ en
février 2008 relève plusieurs
déficiences en ce qui concerne l’exposition
à l’amiante dans l’industrie de la
construction.
« Alors que les travailleurs doivent être
suivis selon les normes, nous avons constaté
que très peu de mesures d’exposition sont
disponibles, notamment parce que les mesures prises
par les entreprises ne sont pas publiques, explique
l’un des coauteurs, Michel Gérin. Par ailleurs,
ces mesures sont prises en poste fixe et non dans la
zone respiratoire des travailleurs comme l’exige la
réglementation. En un mot, on ne mesure pas
adéquatement l’exposition des travailleurs.
»
Pour Denis Bégin, également coauteur, la
situation de l’exposition à l’amiante au
Québec, de façon plus
générale, devrait être rapidement
corrigée étant donné
l’augmentation de l’incidence des cancers
(mésothéliomes) associés à
cette substance.
« L’industrie de l’amiante parle d’exposition
passée, où la prévention
était déficiente. Cependant, il y a 30
ans que la réglementation existe à ce
sujet, et pourtant les taux de
mésothéliomes continuent d’augmenter. Il
y a donc visiblement un problème »,
souligne-t-il.
Normes
sévères
Le syndicat des métallos ( FTQ), qui
représente la moitié des quelque 800
travailleurs de l’amiante chrysotile, est en
désaccord avec ces conclusions. « Il est
bien évident que, dans certains petits
chantiers de construction, il peut y avoir des
employeurs peu scrupuleux qui mettent parfois de
côté la sécurité. Mais dans
les chantiers reconnus, les normes sont
sévères et elles sont respectées
rigoureusement », indique le directeur, Daniel
Roy.
Notons que la Fédération internationale
des organisations de travailleurs de la
métallurgie (FIOM) ne partage pas l’avis de la
FTQ à ce sujet.
Quant à l’Institut du chrysotile, il souligne
l’importance de circonscrire le problème au
secteur de la construction. « Il y a certes un
problème avec les travailleurs de la
construction, qui sont pris avec de vieilles
infrastructures où les fibres sont à
l’air libre, mais ce n’est pas le cas des travailleurs
dans les mines et les moulins, où la
ventilation est adéquate », soutient le
président Clément Godbout.
Mais cela ne convainc pas les opposants à
l’amiante chrysotile. « À part les gens
qui sont payés pour défendre cette
industrie, personne ne dit que l’amiante chrysotile
n’est pas dangereux, lance le Dr Pierre Gosselin. Un
médecin qui affirmerait une telle chose serait
passible de poursuites pour incompétence par le
Collège des médecins. »
« Les experts de la santé publ ique du
Québe c et d’ailleurs répètent
depuis des années que l’industrie de l’amiante
nous assène des contre-vérités
» , renchérit Kathleen Ruff,
coordonnatrice de l’Alliance pour la convention de
Rotterdam, un traité qui encadre le commerce
international de certains produits chimiques
dangereux.
Cela est vrai pour les Québécois, mais
aussi pour les travailleurs des pays en
développement, qui achètent plus de 95%
de l’amiante chrysotile produit ici, souligne celle
qui est aussi conseillère principale à
l’Institut Rideau. « Je suis tout à fait
d’accord (avec le Dr Gosselin), il s’agit certainement
d’une situation qui s’apparente à de la
négligence criminelle »,
renchérit-elle.
Interrogé à ce sujet, le cabinet du
ministre fédéral des Travaux publics et
député de la région de l’amiante,
Christian Paradis, s’est contenté d’envoyer sa
position par courriel: « Depuis 1979, le
gouvernement du Canada fait la promotion de l’approche
d’utilisation sécuritaire et
contrôlée du chrysotile au Canada et
à l’étranger. Cette approche est
étayée par de nombreuses études
scientifiques qui démontrent que le chrysotile
peut être utilisé de façon
sécuritaire en contrôlant le niveau
d’exposition aux fibres. »
Quant au ministre québécois des Mines,
Serge Simard, il a fait parvenir une lettre
récemment envoyée au Parti
libéral du Canada, qui réitère le
soutien de la province à l’industrie de
l’amiante chrysotile.
Des pressions pour mettre fin à
l’exportation - FRANÇOIS CARDINAL
Au
Canada, le consensus politique est en train
d’éclater
Rien ne va plus pour l’industrie de l’amiante.
Scientifiques, militants, médecins et
même des banquiers, la liste des opposants
à l’exportation de cette substance
cancérigène semble s’allonger de mois
en mois, y compris à la Chambre des communes.
À l’instar de la
Société canadienne du cancer, de la
Banque mondiale et de l’Association médicale
canadienne, le chef du Parti libéral du
Canada, Michael Ignatieff, a en effet retiré
l’appui que son organisation accordait à
l’industrie québécoise de l’amiante,
le 21 août dernier.
« C’est la science qui doit guider nos choix
», a lancé M. Ignatieff en marge d’un
discours prononcé à
l’Université Bishop. Cette volte-face a fait
voler en éclats le front commun des deux
grands partis fédéraux sur ce sujet.
Seul le Bloc appuie désormais les
conservateurs.
La réponse de l’industrie et des partisans du
chrysotile a été virulente. Le
candidat l i béra l da ns Méga nt i c
- L’Érable, Marc Giroux, a même
décidé de claquer la porte de son
parti.
Deux jours plus tôt, la députée
conservatrice Pat Davidson s’était jointe
à sa collègue Dona Cadman en prenant
position contre son propre gouvernement, fait
rarissime dans le Parti conservateur. Les deux
femmes ont soutenu qu’il est temps de mettre fin
à l’exportation de cette substance
cancérigène.
Parallèlement, le député Nathan
Cul len, du NPD, a déposé un projet de
loi (C-399) contre l’extraction et l’exportation de
l’amiante.
« C’e s t c l a i r ement u n moment
charnière pour l’industrie de l’amiante,
estime Kapil Khatter, président de
l’Association canadienne des médecins pour
l’environnement. Je crois que la fin de
l’exportation est désormais
inévitable. »
Le Dr Khatter était d’ailleurs au dernier
conseil général de l’Association
canadienne médicale, le 19 août,
où une résolution a été
adoptée à 95% contre l’exportation de
l’amiante. Une première, selon lui.
«
Le consensus politique est en train
d’éclater, renchérit Pierre Gosselin,
un médecin affilié à l’INSPQ,
qui parle en son nom propre. Cela ne peut mener
qu’à l’ajout du chrysotile à la
convention de Rotterdam et donc à
l’arrêt pur et simple de l’exportation
d’amiante. »
Position « méprisante »
Les gouvernements du Québec et du Canada
appuient l ’ i ndustrie de l ’amiante chrysot i le ,
qui emploie aujourd’hui un peu plus de 800
personnes. Forte de la Politique
québécoise d’utilisation accrue et
sécuritaire de l’amiante chrysotile,
l’Assemblée nationale a même
adopté en 2004 une résolution unanime
contre l’inclusion du chrysotile dans la liste des
produits proscrits par la convention de Rotterdam.
Le minist re québécois des Mines,
Serge Simard, a d’ailleurs fait connaître son
mécontentement à M. Ignatieff. Une
lettre transmise le 26 août dernier
précise que « l’utilisation de produits
de chrysotile, dans le respect des
réglementations et des techniques
d’utilisation sécuritaire et en l’absence
d’amphiboles, n’entraîne pas de
risques significatifs pour les travailleurs ».
« Il n’existe tout simplement pas de
degré d’exposition sécuritaire
», rétorque Barry Castleman, expert
international de l’amiante, que La Presse a joint au
Maryland.
Dans son livre Asbestos, Medical and Legal Aspects,
celui qui a témoigné dans le
procès de l’OMC contre le Canada à
titre de consultant indépendant ajoute :
« Quiconque soutient que l’amiante est
utilisé de façon sécuritaire
dans le tiers-monde est soit un menteur, soit un
imbécile. » Il travaille actuellement
avec l’OMS à un guide sur les substituts au
chrysotile.
I nterdit dans une cinquantaine de pays, l’amiante
chrysotile est jugé « notoirement
cancérigène pour l’homme » par
de nombreux organismes internationaux comme l’OMS.
Dernière
en date, la Banque mondiale, dansundocument de mai
2009, précise que l’amiante ne devrait pas
être utilisé dans les nouvelles
constructions. « Cela signifie que les pays
qui souhaitent recevoir du financement de la Banque
mondiale ne doivent pas utiliser d’amiante »,
souligne Kathleen Ruff, coordonnatrice de l’Alliance
pour la convention de Rotterdam.
Harper en Arctique : Des pépins sur le chemin
d’Harper - Murray Brewster
IQALUIT, Nunavut — Stephen Harper a parlé de
croissance de l’économie et des mérites
de la viande de phoque durant sa tournée dans
l’Arctique, hier, mais son message a été
dilué par une bévue au chapitre des
communications et une photo à briser le coeur.
PHOTO JASON RANSOM,
REUTERS
Le
premier
ministre Stephen Harper et les membres de son
cabinet, en tournée dans l’Arctique hier, en
ont profité pour manger de la viande de
phoque.
Le premier ministre a entrepris la deuxième
journée d’une visite qui durera cinq jours en
lançant officiellement une agence de
développement régional annoncée
depuis longtemps et qui sera responsable de la mise en
oeuvre des initiatives fédérales dans la
région.
M. Harper a indiqué que l’agence,
baptisée CanNor, mettra fin à une
situation où les décisions concernant
l’économie du Nord étaient prises dans
les bureaux du Sud.
L’agence pourra compter sur un budget de 50 millions
de dollars au cours des cinq prochaines années.
Elle aura son siège à Iqaluit et des
bureaux de district à Whitehorse et à
Yellowknife. Un bureau chargé de la
coordination sera situé à Ottawa.
À l’heure du midi, le premier ministre et les
membres de son cabinet ont mangé de la viande
de phoque crue et bouillie derrière des portes
closes et loin des caméras, de façon
à éviter un autre débat avec les
défenseurs des droits des animaux, comme ce fut
le cas à la suite de la récente visite
dans le Nord de la gouverneure générale,
Michaëlle Jean.
Le premier ministre semblait néanmoins heureux
de pouvoir apporter publiquement son appui à un
mode de vie essentiel pour les populations nordiques.
« L’appui de notre gouvernement à
l’industrie du phoque est bien connu », a
affirmé M. Harper.
« Les normes mises de l’avant dans cette
industrie sont, honnêtement, supérieures
à celles que l’on trouve dans d’autres
industries de produits animaliers. Il n’y a aucune
raison justifiant le fait que l’industrie du phoque
fasse l’objet d’un traitement discriminatoire de la
part des Européens ou de citoyens d’autres
nations », a ajouté le premier ministre.
L’entourage de M. Harper a dit que c’était la
première fois qu’il goûtait à
cette viande et qu’il avait bien aimé.
Le premier ministre du Nunavut a vu, dans ce repas de
M. Harper, un énoncé politique de haute
importance.
D’autre part, comme s’il fallait confirmer les
problèmes auxquels font face ces populations,
une photo de deux jeunes garçons dormant
à l’extérieur d’une épicerie
d’Iqaluit à la veille de la visite de M. Harper
a eu des répercussions partout au pays. Elle a
d’ailleurs été qualifiée «
d’embarrassante » par un officiel local, bien au
courant des ravages que font la drogue et l’alcool.
M. Harper a dit que cette photo illustrait « une
histoire terrible et tragique » et qu’il fallait
être naïf pour croire qu’il s’agissait d’un
cas isolé, non seulement à Iqaluit mais
également partout ailleurs au pays.
Coquille embarrassante
Ce ne fut pas le seul pépin de la
journée.
Un communiqué de presse diffusé lundi
pour dresser l’itinéraire de M. Harper faisait
mention à répétition de la
capitale du Nunavut, Iqaluit, mais plutôt en
écrivant « Iqualuit ». Ce « u
» supplémentaire fait une énorme
différence dans la langue inuktitut.
Écrit de la bonne façon, « Iqaluit
» signi fie « beaucoup de poissons
». Mais en y ajoutant la lettre « u
», le mot prend une tout autre signification: il
fait référence à quelqu’un
« qui a le derrière mal essuyé
», selon Sandra Inutiq, du bureau du Commissaire
aux langues du Nunavut.
Des Inuits ont rappelé que les personnes qui
ont l’inuktitut pour langue maternelle sont parfois
offensées ou même en colère
lorsque des gens qui ne vivent pas dans le Nord
écrivent incorrectement le nom de la capitale
du Nunavut.
Mardi, le cabinet du premier ministre s’est
excusé pour ce qu’il a qualifié
d’« erreur humaine ». Certaines critiques
ont aussi reproché à M. Harper de
remodeler de vieilles annonces déjà
faites.
Le protocole critiqué
Le
protocole de transfert des détenus afghans,
que le gouvernement conservateur se vante d’avoir
bonifié en 2007, est adéquat sur
papier, mais la réalité du terrain le
rend inutile, a soutenu l’avocat d’Amnistie
internationale devant des membres de l’opposition
réunis en comité parlementaire, hier.
Malgré l’absence des conservateurs, les
membres de l’opposition ont tenu une réunion
informelle, puisqu’il n’y avait pas quorum.
Me
Paul Champ, qui a représenté Amnistie
internationale dans sa poursuite contre le
fédéral, ainsi qu’un ancien
ambassadeur, Gar Pardy – qui compte parmi la
centaine de diplomates ayant signé une lettre
d’appui à leur collègue Richard Colvin
– étaient venus témoigner, même
s’ils ne pouvaient pas profiter de l’immunité
parlementaire d’une réunion officielle.
Et leurs déclarations allaient à
l’encontre du discours du gouvernement: le protocole
de transfert des détenus n’est pas
adéquat, les risques de mauvais traitement
sont des preuves suffisantes pour cesser le
transfert, en vertu du droit international, et le
comportement du gouvernement à l’égard
de M. Colvin était inapproprié,
ont-ils tour à tour soutenu.
Un Algérien expulsé par
le Canada aurait été interrogé
sous la contrainte
Le
Canada a expulsé un réfugié
afin qu’il réponde de ses gestes
auprès des services de renseignements
algériens qui sont reconnus pour abuser de
leurs pouvoirs, où il a été
interrogé sous la contrainte et s’est vu
refuser un avocat, a soutenu Amnistie
internationale hier.
Un organisme consultatif de l’Organisation des
Nations unies a déclaré que l’ancien
Montréalais Mourad Ikhlef, renvoyé
en Algérie en vertu d’un certificat de
sécurité nationale, a
été incarcéré et
interrogé en violation des principes
juridiques de base.
Amnistie internationale a indiqué que M.
Ikhlef a été détenu sans
contact avec l’extérieur, alors que sa
femme et ses deux enfants sont demeurés
sans lui à Montréal, où ils
vivent depuis six ans.
Son frère, Nabil, vit et travaille toujours
dans le même quartier de Montréal
où Mourad Ikhlef est venu sous
surveillance. Selon lui, le Canada a abusé
des certificats de sécurité au
lendemain des événements du 11
septembre 2001.
Mourad Ikhlef est arrivé à
Montréal en 1993. Il a demandé le
statut de réfugié, car il craignait
d’être torturé s’il retournait en
Algérie, après avoir appris qu’il
était soupçonné d’être
lié à des activités
terroristes. Il a alors indiqué ne jamais
avoir été impliqué dans des
mouvements extrémistes et avoir
découvert qu’il avait été
condamné à mort en lisant les
journaux.
Il a obtenu le statut de réfugié et
a fait la demande pour devenir résident
permanent.
Les services de renseignement canadiens ont
rencontré M. Ikhlef à plusieurs
reprises. Il a alors été
révélé qu’il connaissait
Ahmed Ressam, qui a été
intercepté en 1999 à la
frontière américaine avec des
explosifs. Celuici a été reconnu
coupable en 2001 d’avoir préparé un
attentat à la bombe visant
l’aéroport de Los Angeles.
Mourad Ikhlef a été
arrêté en décembre 2001 en
vertu d’un certificat de sécurité.
Il a été accusé d’avoir
aidé Ressam en tant que membre d’une
cellule montréalaise du Groupe islamique
armé (GIA), qui a comme but de renverser le
gouvernement algérien.
Le cas de Mourad Ikhlef soulève de nouveau
des questions sur les certificats de
sécurité. Le ministre de la
Sécurité publique
fédéral, Peter Van Loan, a
indiqué plus tôt cette semaine que
l’application de ces certificats allait être
révisée.
McChrystal prône la tolérance
zéro face à la torture -
Hugo de GrandPré
OTTAWA — Les forces de la coalition en
Afghanistan doivent prôner une politique
de tolérance zéro face à la
torture et aux mauvais traitements de
prisonniers, a tranché hier à
Ottawa son commandant, le général
Stanley McChrystal.
Durant un discours organisé par
l’Institut de la conférence des
associations de la Défense, le
général McChrystal a
rappelé que le nerf de la guerre en
Afghanistan consistait à gagner le coeur
et l’esprit des Afghans.
«Toute allégation potentielle d’un
prisonnier victime de mauvais traitements est
une préoccupation pour chacun de
nous», a-t-il déclaré par la
suite lors d’une conférence de presse.
«
Alors que nous tentons de maintenir la
crédibilité du gouvernement
d’Afghanistan et des forces de la coalition, il
doit y avoir une politique de tolérance
zéro quant aux mauvais traitements de
prisonniers ou de quiconque. »
Cette déclaration survient au moment
où Ottawa continue à être la
cible de critiques par rapport à sa
gestion du dossier du transfert des
détenus afghans.
Stanley McChrystal a toutefois pris ses
distances par rapport à ce débat
qui fait rage depuis un mois au pays, et par
rapport aux mauvais traitements d’un prisonnier
transféré par les militaires
canadiens, tels que reconnus par le chef
d’état-major canadien la semaine
dernière. « Je ne connais pas les
détails de ce dossier en particulier. Je
suis au courant de son existence »,
s’est-il contenté de dire.
Le général américain n’a
par ailleurs pas voulu se mêler de la
question du retrait des troupes canadiennes, en
2011. «Je vais laisser cette
décision aux politiciens», a-t-il
indiqué, précisant qu’il
attendrait cette décision pour
préparer des plans à plus long
terme pour le contingent du Canada, dont il a
loué les efforts à plusieurs
reprises.
Démocratie ou barbarie -
Michel Lebel
En
ce 61e anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l’homme, la question de la
torture apparemment faite à des
détenus afghans est bien d’actualité
au Canada. Ce n’est pas parce que la guerre en
Afghanistan est peu populaire ou que des Afghans
commettent des actes de barbarie qu’il faut
minimiser la conduite des politiciens et des
militaires. Toute complicité avec des actes
de torture est formellement interdite par le droit
international. Les autorités canadiennes,
tant militaires que civiles, n’ont pas pris au
sérieux cette question de la possible torture
de prisonniers afghans capturés par les
soldats canadiens et livrés aux
autorités afghanes. Elles se sont longuement
fermé les yeux et bouché les oreilles.
La guerre est une bien sale affaire, mais elle
oblige les États démocratiques
à respecter certaines règles afin
qu’ils puissent avoir l’honneur et le droit de
s’appeler démocratie. C’est le tribut
à payer. La dictature n’a pas pareil fardeau.
TORTURE DES PRISONNIERS Une agence afghane
dresse un sombre portrait
HALIFAX—
Une agence afghane à laquelle a
déjà été confiée
la garde d’insurgés capturés par les
Canadiens à Kandahar, en Afghanistan, affirme
dans un rapport avoir documenté près
de 400 cas de torture à la grandeur du pays.
Ce rapport de la Commission indépendante des
droits de la personne en Afghanistan, dont La Presse
Canadienne a obtenu une copie traduite, fait surface
alors que le chef d’état-major des Forces
canadiennes, le général Walt
Natynczyk, vient de confirmer que le transfert de
prisonniers aux autorités afghanes a
été interrompu à plusieurs
reprises en raison d’inquiétudes quant
à leur sûreté.
La gouvernement fédéral n’a reconnu
publiquement qu’une seule fois que l’armée a
cessé de confier à d’autres la garde
de prisonniers – en novembre 2007 – en raison de
préoccupations relatives à la torture.
L’ancien
diplomate Richard Colvin a lâché une
bombe, la semaine dernière, lorsqu’il a
prétendu que tous les insurgés
capturés par les Canadiens avaient
été torturés au début
de la mission du Canada en Afghanistan.
Néanmoins, dans un document datant d’avril
2009, la Commission indépendante des droits
de la personne en Afghanistan a indiqué
avoir découvert 47 cas de mauvais
traitements à Kandahar, au troisième
rang quant au nombre de cas de torture qui
auraient eu lieu à la grandeur du pays.
Selon l’organisme, 14% des cas
répertoriés ont impliqué la
Direction nationale de la sécurité
(DNS) de l’Afghanistan, service de renseignement
afghan.
Les forces de l’OTAN, y compris celles du Canada,
remettent habituellement leurs prisonniers
à la DNS.
« LES DÉTENUS ONT ÉTÉ
TORTURÉS » - Malorie
Beauchemin
En
remettant des détenus aux forces afghanes,
le Canada s’est rendu complice de torture, accuse
un diplomate canadien. La Presse
révèle par ailleurs aujourd’hui que
le gouvernement Harper entend retirer toutes ses
billes d’Afghanistan en 2011.
OTTAWA — En transférant des prisonniers aux
services secrets afghans, le Canada s’est rendu
complice d’un système de torture
généralisé, et n’a rien fait
pour corriger la situation malgré des
signaux d’alarme répétés, a
souligné hier le diplomate canadien Richard
Colvin, dans un témoignage explosif en
comité parlementaire spécial sur
l’Afghanistan.
PHOTO SEAN
KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
Les déclarations de
Richard Colvin hier devant un comité
spécial sur l’Afghanistan ont
créé une commotion: alors que les
députés de l’opposition ont
tenté de le défendre, ceux du
caucus conservateur ont attaqué sa
crédibilité.
En poste en Afghanistan d’avril 2006 à
octobre 2007, M. Colvin est venu expliquer ce
qu’il avait écrit en octobre dans une
déclaration sous serment devant servir
à la Commission d’examen des plaintes
concernant la police militaire, avant qu’elle ne
soit suspendue, dans ce qui a été
perçu comme une tentative d’Ottawa de
museler le diplomate de carrière.
« Les informations dont on dispose, de
plusieurs sources, nous indiquent que selon toute
probabilité, tous les détenus que
nous avons transférés ont
été torturés », a dit
M. Colvin, dans une salle de comité
bondée comme jamais.
« Ce sont les procédures d’usage dans
les interrogatoires à Kandahar »,
a-t-il ajouté. La privation de sommeil, les
décharges électriques, les coups de
bâton et même les sévices
sexuels étaient monnaie courante, selon
lui.
Le diplomate, aujourd’hui en poste à
Washington, prétend avoir fait état
des allégations de torture des prisonniers
transférés dans près de 20
rapports envoyés aux plus hautes
autorités canadiennes, de Rick Hillier,
alors chef d’état-major des Forces
canadiennes, à David Mulroney,
sous-ministre responsable de l’Afghanistan, et
jusqu’au Conseil privé à Ottawa.
Or, Ottawa n’a rien fait pour que la situation
change pendant l’année et demie pendant
laquelle il était sur place, a-til
déploré. M. Colvin a même