Dossier
israëlo-palestinien
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AUTRES MÉDIAS |
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La maison de la paix de Jérusalem
Paroles d’oz
Deux
voix controversées pour la paix
Pourrait-on enfin percevoir quelque chose comme une lueur
d'espoir, au bout du tunnel ?...
Discours sans concession de Nétanyahou devant le
Congrès américain
Mouvement
au
Proche-
Orient
Une
victime
questionne
le
revirement
du
juge
Goldstone
Goldstone
se
rétracte
Et si ce qui manquait par-dessus tout, c'était
surtout, d'une part comme de l'autre, la simple
capacité à comprendre la perspective
exprimée par la l'autre partie impliquée ?...
Les Israéliens divisés sur le blocus de la
bande de Gaza
Ce conflit pourra-t-il vraiment se régler tant qu'on
continuera de chaque côté à
démontrer autant de mauvaise foi ?...
Les manuels scolaires de la discorde
À
travers les colons israéliens, le Hamas vise
l'Autorité palestinienne
Flottille
pour Gaza: les militants voulaient la violence, selon un
général israélien
Un
plan
simple
-
Mario Roy
Fiasco
Le
Proche-Orient est-il mûr pour un plan de paix Obama?
Neoconservatives,
Loyalty and Logic - Joe Klein
Et si ce qui manquait plus que jamais, c'était
surtout le renforcissement, sinon la réapparition
d'un certain "middle ground" ?...
L'État
pirate
Empower
the
moderates
Une
condamnation
prématurée
-
André Pratte
Et comment Israël peut-il prétendre à
une quelque sorte de bonne foi que ce soit, tout en
continuant pourtant à ignorer les principales
doléances des Palestiniens, comme si de rien
n'était ?...
Des Palestiniens voient rouge
La colonisation, un frein au processus de paix
Colonies
- Israël exclut de prolonger le moratoire
Se pourrait-il donc que le gouvernement
israélien ne démontre tout simplement aucune
volonté de faire avancer le processus de paix de
quelque façon que ce soit ?...
Les
Palestiniens
mettent
les
documents
en
doute
Israel rejected historic concessions, ‘Palestine Papers’
reveal
Les Israéliens seraient-ils donc incpables de faire
mieux que les Nazis, bien qu'ils soient pourtant les mieux
placés pour savoir à quel point un tel
comportement peut s'avérer inacceptable ?...
Les tensions ravivées par un colon
Naplouse
- Affrontements entre colons israéliens et
Palestiniens
Deux rabbins soupçonnés d’incitation
à la violence
Séparatisme
sexuel en Israël - Des rabbins secouent les
fondements de l'État juif
En
bref - Manif anti-arabe
Israël
et ses Arabes - Des rabbins lancent un appel à la
discrimination
Y aurait-il donc quelque chose de pourri en terre
d'Israël, ou du moins en ce qui concerne le climat
politique et social qu'on peut y rencontrer ?...
« Ici, on ne sait pas vraiment qui est l’ennemi
»
Campagne
israélienne - «N'épousez pas un juif
américain!»
Contre la discrimination faite aux femmes
Vie ordinaire en pays déchiré
Le
poids
lourd
de
la
droite
À
Gaza, le centre commercial de la controverse
A
Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald
Caplan
Une
députée israélienne menacée de
mort
... et que dire de l'armée israélienne,
pendant qu'on y est ?...
Une nouvelle vidéo met l’armée
israélienne sur la défensive
Un enfant palestinien comme bouclier humain
Y aurait-il donc "quelque chose qui cloche", pour ainsi
dire, en ce qui concerne le traitement qu'Israël
réserve au peuple palestinien ?...
Chez
soi, dans une prison à ciel ouvert
Une colonie sans clôtures
Lutte pour les terres du désert
Une
économie
souterraine
Des
yeux bleus pour Gaza
Le
combat
du
libraire
de
Jérusalem
WikiLeaks
- Israël a voulu asphyxier Gaza
Selon
Human Rights Watch - Israël étouffe le
développement de la Cisjordanie
Colonisation:
les enjeux en sept questions
Nétanyahou
et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Rapport
de la Conférence des Nations unies sur le commerce
et le développement - L'état de santé
de l'économie palestinienne continue de se
détériorer
A
Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald
Caplan
L'autre
lutte israélo-palestinienne
Une
étude publiée par The Lancet - Le blocus
aura des conséquences durables sur la santé
des Gazaouis
Gaza,
entre
misère
et
espoir
La
politique israélienne pose «un grave
problème»
Et n'est-ce pas justement ce que les "flotilles de la paix"
tendent à démontrer ?
La
flottille
interdite
Peaceful
flotilla essential step to win freedom for Palestinians
Trois Gazaouis sur quatre survivent grâce à
l’aide humanitaire
Le
double
sacrifice
du
Mavi Marmara
La
flottille
de
la
discorde
Le traitement qu'Israël réserve aux Palestiniens
s'apparenterait-il donc à de la violence ethnique
?...
Le
cynisme ordinaire
Et par ailleurs, Israël n'est-il pas en train de
démontrer une fois pour toutes que les politiques de
dureté n'ont surtout tendance qu'à se
retourner contre ceux qui l'ont justement appliquée
?...
Israel should acknowledge Hamas is here to stay
Les tunnels vers l'Égypte, une industrie
florissante
En continuant à supporter Israël, ne nous
trouvons-nous pas surtout à supporter un
régime d'apartheid au moins aussi inacceptable que
celui que nous avions pourtant déjà
dénoncé en Afrique du Sud, et que nous avions
même contribué à renverser, par ailleurs
?...
Reconnaissez la Palestine -- Une voie nouvelle vers la
paix
Le
négociateur palestinien s’insurge contre le
« système d’apartheid »
Se pourrait-il donc que, cette fois, Israël soit tout
simplement allé trop loin ?...
«C'était Apocalypse Now»:
deux Canadiens à bord du Mavi Marmara
Une
alliance indestructible?
Cracks
in
the
bedrock
of
U.S.-Israel
relations?
-
Jeffrey
Simpson
Rift
with
U.S.
puts
Netanyahu
on
the
precipice
Le
Quartette condamne la colonisation israélienne
Crise
entre Washington et Israël: «un problème
sérieux»
La
gifle israélienne
Construction de 1600 logements juifs à
Jérusalem-Est - Dans l'embarras, Nétanyahou
appelle au calme
Netanyahu regrets diplomatic row with U.S., but won’t axe
Israel’s settlement plans
Les
pourparlers compromis?
Israël
poursuit la colonisation, Biden condamne
Joe Biden' s Mideast peace talks descend into
'condemnation'
Proche-Orient
- Biden affirme son soutien à un État
palestinien et critique à nouveau Israël
Y aurait-il enfin une lueur au bout du tunnel ?...
Colonies
juives de Cisjordanie - Nétanyahou pourrait limiter
l'ampleur des futurs chantiers
Sometimes
it's
only
hard
men
who
can
make
peace
-
Jeffrey
Simpson
Négociations
de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme
ailleurs
Les
grands enjeux des négociations
israélo-palestiniennes
Proche-Orient
- Ils ont tout à perdre
Reprise
des pourparlers israélo-palestiniens - Dans un an,
deux États?
Négociations
: Israéliens et Palestiniens affichent leur bonne
volonté
L'espoir,
malgré tout
Le
dialogue direct israélo-palestinien reprendra
début septembre
Blocus
allégé - Gaza reprend vie, tout doucement
Israël
autorise sous conditions l’entrée de
matériaux de construction à Gaza
A
way forward for Netanyahu and Abbas
Les temps sont durs pour les pacifistes
Proximity
talks
are
no
mere
gesture
La
bonne nouvelle est ailleurs
Israël-Palestine:
les négos reprennent dans la méfiance
Nétanyahou
est optimiste
Israël
optimiste sur la reprise des négociations
Froid
entre Israël et Washington - Nétanyahou
rencontrera Obama
Un
dialogue inauguré dans le scepticisme
Vers
des négociations «indirectes» entre
Israël et l'Autorité palestinienne
Relancer
les négociations
Israël veut employer les grands
moyens
Les Palestiniens demanderaient à
l’ONU de reconnaître leur État
Mais le moins qu'on puisse dire n'est-il pas que les
défis ne devraient pas manquer sur la route devant
mener à la paix, ceci dit ?...
Des
négociations mises à mal - Israël :
reprise des constructions en Cisjordanie
Nétanyahou
et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Le
Hamas s'invite au coeur des négociations
Négociations
de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme
ailleurs
Conférence
israélo-palestinienne de Washington - Occulter une
asymétrie infinie
À
travers les colons israéliens, le Hamas vise
l'Autorité palestinienne
Les
grands enjeux des négociations
israélo-palestiniennes
Et en fait, y a-t-il encore moyen de tout simplement garder
espoir ?...
L’héritage controversé d’Yitzhak Rabin
«
Cette
terre
est
assez
grande
pour
tout
le
monde
»
Margaret
Atwood
versus
George
Will
on
the
Mideast
Le
rêve ambitieux d'un Juif de Beyrouth
... ou l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi totale
?...
Un
processus qui n'en finit pas de commencer - Abbas et
Nétanyahou se rencontrent de nouveau en
Égypte
Heurts
à Jérusalem: protestation palestinienne
à l'Onu
Israël se trouverait-il donc à se
carrément faire fi du droit international, et ce en
toute impunité, de surcroît ?...
Tournée
du héros de la rue arabe
... Ou se serait-il plutôt fait une
spécialité de naviguer aux frontières
de la légalité ?...
Raid israélien « excessif » , blocus
naval légitime
Légal ou pas, le blocus israélien?
Israel’s
naval
blockade
pitches
and
rolls
with
the
Law
of
the
Sea
En fait, Israël ne ferait-il que pousser toujours plus
loin les limites de l'inacceptable ?... (Ou autrement dit :
Israël serait-il passé maître dans l'art
de "voir jusqu'ou il peut aller trop loin" ? Ou autrement
dit, Israël se serait-il approprié ce qui fut
jadis la spécialité d'un certain Hitler ?...)
Entrevue
avec Avraham Burg, homme d'affaires et ex-politicien
israélien
Conflit
israélo-palestinien - La colonisation fait
trébucher les pourparlers de paix
L'extrême-droite
israélienne défile à
Jérusalem-Est
Refus
d’un
gel
Israël
menace le Hamas d'une opération punitive
Netanyahou
rencontre Obama et hausse le ton sur Jérusalem
Israël
rejette les appels au gel de la colonisation
Netanyahu
shows little yearning for peace
Crise
avec Washington: Israël contre-attaque
Netanyahu
regrets
diplomatic
row
with
U.S.,
but
won’t
axe
Israel’s
Les
pourparlers compromis?
Israël
poursuit la colonisation, Biden condamne
Israël ne pourrait-il donc comprendre d'autre
langage que celui de la pression ?...
La
fuite en avant
Peace
talks
in
peril
as
Israeli
settlement
freeze
expires
La
pression augmente sur Israël
Des
pressions insuffisantes
Et justement, pourra-t-on vraiment espérer
quelque avancement que ce soit tant que les
États-Unis s'entêtront à assurer un
"soutien inflexible" à Israël quoi que
celui-ci puisse faire, justement ?...
A seat at the table is too much to ask for Palestine?
Obama
et Nétanyahou (bis)
Obama
cède aux Israéliens
Un
sceptique non confondu
Obama
dément toute crise avec Israël
Agreeing
to
disagree:
Why
the
U.S.
snubbed
Israel
Crise
avec Washington: Israël contre-attaque
« Les États-Unis auraient pu faire plus
»
Et par ailleurs, pourra-t-on vraiment espérer une
éclaircie dans ce dossier tant que les
États-Unis s'entêteront dans leur
impérialisme grossier ?...
La
police sur la corde raide en Palestine
La
route
versWashington
passe
par
Jérusalem
Biden
aims
harsh words at Iran on visit to Israel
Comment les
États-Unis peuvent-ils prétendre qu'il
n'est pas en leur pouvoir de faire quoi que ce soit pour
régler le conflit israélo-palestinien,
alors même qu'ils s'obstinent à apposer
leur véto à l'ONU sur toute
résolution qui a le malheur de viser à
contraindre Israël de respecter ne serait-ce que la
moindre ses obligations internationales ?...
Colonisation
juive - Le veto américain à l'ONU
soulève la colère palestinienne
U.S.
vetoes UN draft condemning Israeli settlements
Et si tout ne dépendait en fait que de
l'électorat américain
nord-américain et de ses divers caprices ?...
How the political shift among Jewish voters plays in
Canada - Jeffrey Simpson
Obama, Israël et le vote juif
Combien de temps encore laisserons-nous Israël se
moquer impunément du monde entier ?...
La
colonisation continue malgré la réprobation
internationale
Israël croirait-il que sa cause soit vraiment
juste, pour se permettre ainsi de n'avoir d'autre
idée que de gagner à n'importe quel prix, et
par n'importe quel moyen ?...
La «légitime défense»
d'Israël - Yves
Boisvert
Les
espions israéliens - Comédie d'erreurs
Israël
sur la sellette
Israël croit-il pourtant qu'à force de traiter
les Palestiniens comme des citoyens de seconde classe, pour
le moins qu'on puisse dire, il ne se trouve en fait
qu'à miner lui-même ce qui peut lui rester de
crédibilité ?
New
book on settlements charts the ‘unmaking of Israel’
Qu'est-ce qui fait donc qu'il semble si compliqué
pour Israël de réaliser qu'à force de se
faire des ennemis, on ne peut en fait que s'enfoncer
soi-même dans son propre pétrin ?
With friends like this, Israel needs no enemies - gerald
caplan
A
Palestinian state is Israel’s best path to security
Car à force de faire fi de toute autre perspective
que la sienne, Israël n'est-il pas en train de
s'enfoncer lui-même dans son propre cul-de-sac ?...
Netanyahou
isolé
Proche-Orient
- Israël n'a plus que les États-Unis au monde
Proche-Orient
- La Turquie et l'Égypte se distancient
d'Israël
L’affrontement
Obama:
Israël sera isolé si le processus de paix
n'est pas crédible
Two states are better
than one
La
stratégie du boomerang
Israël
rejette toute enquête internationale
Les organisateurs de la flottille entendent
récidiver
Une
alliance indestructible?
Who
are
the
friends
of
Israel?
Pas
question de mettre fin au blocus de Gaza - Israël,
sous pression, expulse les militants propalestiniens
Disproportionate
force feeds propaganda against Israel
Gaza:
Israël maintiendra son blocus en dépit des
pressions internationales
Comment
perdre
ses
amis
-
André Pratte
Militants
contre l'embargo de Gaza
Le pacifiste armé
Nétanyahou
défend l'assaut d'Israël
Ne pourrait-on pas commencer à parler d'une
certaine unanimité internationale pour ce qui est
de dénoncer les abus d'Israël envers le peuple
palestinien ?...
Un
projet de résolution sur les colonies juives remis
à l'ONU
L’Amérique
du
Sud,
un
nouvel
allié
Les
Sages s'opposent à la démolition de maisons
de Palestiniens
UN
experts
say
Israeli
forces
broke
law
in
flotilla
raid
Gaza
is like a prison camp: British PM
Boycottage
artistique contre Israël
Paris
propose que l'UE contrôle les navires à
destination de Gaza
L'ONU
prépare une commission d'enquête
internationale sur le raid
Israël
de plus en plus isolé
L'ONU
réclame une enquête impartiale
Guerre
de Gaza: Israël et le Hamas doivent «rendre des
comptes»
Gaza: le blocus israélien est
«inacceptable», selon Ban Ki-moon
Violente
sortie du Premier ministre turc contre Israël
Londres
rabroue Israël et expulse un diplomate
Le
Quartette condamne la colonisation israélienne
Ottawa
condamne la colonisation de Jérusalem-Est
Souriez,
meurtriers, vous êtes filmés!
Des
artistes dénoncent l'«apartheid
israélien»
Meurtre
à Dubaï: l'Australie convoque l'ambassadeur
d'Israël
Meurtre
à Dubaï: des pays européens haussent le
ton
Nouvelles
accusations de crimes de guerre contre Israël
Se pourrait-il qu'Israël soit maintenant seul
à se penser pratiquement irréprochable dans
ce dossier ?...
Marches internationales contre le blocus israélien
de Gaza
Se pourrait-il donc qu'Israël ne puisse que se voir
toujours plus isolé sur la scène
internationale ?...
Et comment cela pourrait-il faire autrement que d'être
empiré par un changement de régime en
Égypte, comme ailleurs dans le monde arabe ?..
Proche-Orient
- La Turquie et l'Égypte se distancient
d'Israël
L’Égypte
ouvrira sa frontière avec Gaza
The
Arab
Spring
recasts
the
Israeli-Palestinian
conflict
Israël
entre
deux
feux
Israël
s'alarme de l'instabilité chez ses voisins
En fait, se pourrait-il donc que les Juifs eux-mêmes
s'avèrent de plus en plus nombreux à oser
critiquer la position officielle d'Israël, notamment en
ce qui peut concerner la Palestine ?...
« Un, deux, un, deux: deux capitales à
Jérusalem »
Pro-
israéliens,
pro-
paix
et
anti- Nétanyahou
Se pourrait-il qu'Israël soit en train de
dériver dans le radicalisme, le militarisme le
racisme, avec tout ce qu'un tel cocktail peut impliquer de
plus inquiétant pour la suite des choses ?...
Ne serait-il pas temps pour Israël de commencer
à se demander s'il n'y aurait pas quelque chose qui
cloche avec son approche ?...
Nucléaire:
Israël réclame des «sanctions
paralysantes» contre Téhéran
Mandat
d'arrêt contre Livni: Londres veut éviter
d'autres cas
Israël ne saurait-il répondre aux critiques
qu'en s'employant à les faire taire ?...
Noam
Chomsky interdit d'accès en Israël
Israël n'a-t-il donc pour seule défense que de
traiter d'antisémites tous ceux qui ont le malheur
d'oser critiquer quoi que ce soit qu'il puisse faire ?...
Anti-Semitic
to
criticize
Israeli
construction
in
Jerusalem?
Nous
ne sommes pas antisémites
Les Conservateurs pousseraient-ils leur effronterie
jusqu'à afficher béatement un soutient
inconditionnel et unilatéral envers Israël
?...
Quand le Proche-Orient crée une crise politique au
Canada
Les
libéraux accusent Harper de multiplier les
nominations partisanes
Qu'est-ce qui prend donc aux Occidentaux, et surtout au
Canada, de tant s'obstiner à soutenir Israël
aussi unilatéralement ?...
Piètre
performance
Le
doyen du Parlement s'en va
Et si l'Occident commençait par assumer sa propre
part de responsibilité, plutôt que de se
berner à n'accuser les autres des problèmes
qui pourtant n'auront jamais été
causés par nul autre que lui-même ?...
The
West
needs
to
face
its
own
intrigue
and
deceit
Avec
Obama, la Maison Blanche se montrerait-elle enfin
déterminée à ce qu'on puisse
constater un certain avancement même dans le pire
des dossiers, celui du conflit israélo-palestinien
?...
Obama:
Israël sera isolé si le processus de paix
n'est pas crédible
Obama
trace
les
frontières
d’un
État
palestinien
Paix
au Proche-Orient - L'ambition d'Obama
1967: A critical year for Obama’s presidency
Barack
Obama prône un État palestinien basé
sur les frontières de 1967
Must
balance Israeli security, Gaza needs: Obama
Transfert
de missiles au Hezbollah: Washington convoque un diplomate
syrien
Obama
face à Israël - Richard Hétu
The
latest
U.S.
Mideast
position:
lots
of
noise
signifying
nothing
Proche-Orient:
George Mitchell poursuit sa navette entre
Israéliens et Palestiniens
L'offre
d'Israël sur les colonies «aide le processus de
paix»
Les
nouvelles colonies israéliennes
dénoncées
La
rencontre Netanyahu-Obama, «une base
décisive»
Obama
reçoit discrètement Netanyahu
Quand
le Proche-Orient dit non à Obama - Richard
Hétu
Mais n'est-il pas pourtant clair qu'elle pourrait en faire
plus, sinon beaucoup plus ?...
Obama et Nétanyahou font la paix
Proche-Orient:
Abbas estime qu'Obama «ne fait rien pour
l'instant»
Abbas: pas de négociations sans un gel de la
colonisation
Serions-nous donc en train d'assister à
l'émergence d'un nouveau joueur majeur dans ce
dossier, et ce pour le meilleur comme pour le pire ?...
Israël
et
la
Turquie:
à
un
cheveu
du
divorce
Gaza
- Une crise qui appelle un nouveau leadership
La
Palestine n'en a que pour la Turquie
Le jeu de la Turquie - Lysiane Gagnon
La Turquie maintient la pression sur Israël
Israël n'a-t-il rien de mieux à faire que de
demander aux autres de réparer le mal qu'il a
lui-même commis ?...
Israël
propose un «plan Marshall» pour les
territoires palestiniens
L'impasse ne pourra-t-elle donc se dénouer que
si les Palestiniens réussissent à prendre
eux-mêmes le dossier en main ?...
Après
le Brésil - Au tour de l'Argentine de
reconnaître la Palestine
État
palestinien - Vers une déclaration
unilatérale d'indépendance?
Salam
Fayyad: un politicien en mission pour la Palestine
Preaching
for
a
Palestinian
state
Et autrement, l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi
totale ?...
Diplomatic end run on a very bumpy Mideast road - JEFFREY
SIMPSON
Le blocus en trois questions - Katia Gagnon
Après
trois jours de mission au Proche-Orient - Mitchell revient
bredouille
Nouveau
tir de roquette de Gaza vers Israël
Mahmoud
Abbas accuse l'Iran d'empêcher une
réconciliation Fatah-Hamas
La
colonisation continue malgré la réprobation
internationale
« Nous resterons ici »
Les
Palestiniens exigent le gel des colonies pour
négocier
Une
survivante de la Shoah en grève de la faim pour
Gaza
La
colonisation continue malgré la réprobation
internationale
Gaza:
le blocus israélien interdit la reconstruction
Les Palestiniens demanderaient à
l’ONU de reconnaître leur État
La « Louise Arbour » du Pakistan
- AGNÈS GRUDA
Il
faut sauver le soldat Shalit
Le
rapport Goldstone fait des vagues au Canada
La
Chambre des représentants rejette le rapport sur
Gaza
Ban
appelle Israël à cesser ses «actes de
provocation»
Israël
accusé de priver les Palestiniens d’eau
ONU
: Le rapport Goldstone approuvé
L’ONU réclame des enquêtes
Accusé,
Israël tire sur le messager -
Agnès Gruda
Mur
de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE
? - AGNÈS GRUDA
CISJORDANIE—
LE MUR SANS FRONTIÈRE - AGNÈS
GRUDA
Voir aussi Voir aussi Dossier MURS et UNE
VILLE
EMMURÉE
Offensive
israélienne contre la bande de Gaza : Rapport
accablant de l'ONU pour Israël
Ben Laden veut séduire les Occidentaux
- Judith LaChapelle
Israël fait à sa tête
Cisjordanie
: pas de gel des colonisations en vue
Gaza privée de pièces
détachées pour ses égouts
Grosse crise diplomatique Suède-Israël
- AGNÈS GRUDA
Colonies juives : NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP
Israël : Obama
«irréaliste»
Israël
se dit prêt à freiner la colonisation en
Cisjordanie
ISRAËL Expulsions dénoncées
Deux familles palestiniennes expulsées
ISRAËL « Paix chaude »
ISRAËL Accord sur les colonies
Deux entreprises québécoises
poursuivies pour crimes de guerre en Palestine
CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux
entreprises deMontréal accusées en Cour
supérieure
Jimmy
Carter dénonce le traitement infligé aux
Palestiniens
Un
bien
maigre cochon - Agnès Gruda
Le
« pas en avant » de Nétanyahou
Un
lobby juif de gauche à Washington
Un prisonnier porteur de paix ? -
Laura-Julie Perrault
Le
Fatah « sorti des soins intensifs »
Le
Fatah lave son linge sale en famille -
Laura-Julie Perrault
Premier accord entre le Fatah et le Hamas
ISRAËL
« Politique de paix »
Crispations
entre Jérusalem et Washington
Nétanyahou juge non-négociable la
poursuite de la colonisation
Le
triple
non d’Israël
Obama
invite Arabes et Israéliens à Washington
Mahmoud Abbas en visite au Canada
Nétanyahou envisage une solution
« à deux peuples », selon Barak
Voir aussi Peu
d’espoir au Pakistan et auMoyen-Orient
Et si les Palestiniens avaient aussi leurs torts,
après tout ?
The
real obstacle to Palestinian statehood
Ce dossier ne pourra-t-il donc connaître
d'avancement que du moment où les Palestiniens le
prendront eux-mêmes en main ?...
Les Palestiniens suspendus au vote du Conseil de
sécurité
ONU:
la Palestine présente sa demande d'adhésion
à un Conseil de sécurité
divisé
En
bref - ONU:division sur l'adhésion de la Palestine
La
Palestine devient un membre à part entière
de l’UNESCO
Conseil
de sécurité - Un vote bientôt sur la
Palestine ?
Demande
historique des Palestiniens
«
Le temps est venu »
Le moment de vérité
Ramallah en liesse
Dire oui à la Palestine
Un
État palestinien - Une urgence pour... Israël
Abbas
stakes Palestinian claim to state at UN
Mahmoud
Abbas demande la reconnaissance d’un État
palestinien à l’ONU
Palestine,
l'entité qui dérange
Initiative
palestinienne à l'ONU - Coup de poker ou acte de
reddition?
Israël
est dans tous ses états
Palestine’s state of mind
LE
PARI PALESTINIEN
Proche-Orient
- Washington cherche à éviter une crise
à l'ONU
Reconnaissance
d'un État palestinien - Abbas discute avec les
États-Unis et l'UE avant d'aller à l'ONU
Salam Fayyad, le pragmatique
LE
PARI
DES
PALESTINIENS
En
bref - Abbas: la Palestine à l'ONU
Abbas
est optimiste - L'État palestinien bientôt
reconnu ?
Les
Palestiniens enterrent les propositions de Clinton
Le
mandat de Mahmoud Abbas est prolongé
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU
de reconnaître leur État
Projet
de déclaration unilatérale d'un État
palestinien
Le
microboom de Gaza
UN
BOOM OU UN MIRAGE?
Et peut-on déceler un quelconque avancement du
côté des Palestiniens ?...
Réconciliation
palestinienne - Abbas et Mechaal s'entendent
La fracture de Gaza
À la croisée des chemins... encore une fois
Les
Palestiniens
célèbrent
l’unité
La
fin
des
dissensions
palestiniennes
?
Accord
surprise entre le Fatah et le Hamas
Fatah
and
Hamas
agree
to
reconciliation
deal
Abbas
dit oui au Hamas - Le président palestinien est
prêt à retarder le nouveau gouvernement
L'Autorité
palestinienne songe à prolonger le mandat d'Abbas
Mahmoud
Abbas: Partira? Partira pas?
Abbas:
pas de négociations sans un gel de la colonisation
Israël:
Peres appelle Abbas à rester au pouvoir
Abbas
renonce à la présidence de l'Autorité
palestinienne
Palestinian 'unity' breakthrough isn't the real deal
Comment Israël peut-il s'indigner d'un rapprochement
entre le Hamas et le Fatah quand il a lui-même
démontré qu'il ne sert à rien
d'espérer arriver à quoi que ce soit en
tentant de s'engager avec lui dans un processus de
négociation devant supposément mener à
la paix ?...
La
réconciliation
est-
elle
bonne
pour
la
paix?
Et qu'en est-il du Hamas lui-même ?...
« Le deuxième siège » de Gaza
D'autres idées à ajouter ?...
Needed:
revolutionary
diplomacy
to
move
the
geopolitical
yardsticks
Failed
Oslo Accord bears generation of hardened youth
Oslo Accords
Israeli–Palestinian conflict
LIBAN
: SCRUTIN SOUS TENSION - Agnès Gruda
Le Hezbollah en position de force
Le CRTC donne le feu vert à Al-Jazira
La
grippe qatariote: Al-Jazira
Al-Jazira
refait une demande au CRTC
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diplomatique
La
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Conflit
de Gaza: Israël responsable de six incidents
graves
Le
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perdu - PATRICK LAGACÉ
Entre
peste et choléra PATRICK LAGACÉ
CHRONIQUE
Les
Haredim vont-ils changer le visage d'Israël?
Et en attendant une solution pacifique à ce conflit,
sa militarisation croissante peut-elle vraiment être
vue autrement que comme s'avérant des moins
rassurants ?...
Conférence
de suivi du Traité de non-prolifération
nucléaire - Les signataires du TNP veulent faire du
Proche-Orient une «zone
dénucléarisée»
Why
Israel
won’t
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Isaël et ses
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Obama et le lobby juif
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Deux voix controversées pour la paix
Israël
au concours Eurovision
Le jour où elle a appris que le duo qu’elle forme avec
la chanteuse juive Noa allait représenter Israël
au concours Eurovision 2009, Mira Awad était
rivée à son écran de
télévision, en train de suivre l’offensive
israélienne dans la bande de Gaza.
PHOTO SERGEI KARPUKHIN,
REUTERS

Noa a la peau et les yeux sombres et est juive. Mira Awad a
la peau claire et les yeux verts et elle est arabe. Mais les
deux Israéliennes chantent pour la même cause.
Cette Arabe israélienne était atterrée en
voyant les bombes tomber sur Gaza. Mais cela ne l’a pas
empêchée de joindre sa voix à celle de Noa
pour chanter There Must Be Another Way, la chanson pacifiste
qu’elles présentent à la finale du concours de
chanson européenne qui se tient aujourd’hui à
Moscou.
« La peine n’a pas une seule adresse, je pleure pour
nous deux », chanteront les deux artistes sur l’estrade
moscovite où elles portent les couleurs de
l’État hébreu.
Noa s ’ appel l e en vér i t é Achinoam Nini.
C’est une Juive israélienne originaire du Yémen.
Mira Awad est une Arabe israélienne chrétienne,
originaire de Galilée.
Dénoncer un conflit
Les deux femmes ont uni leurs voix pour dénoncer un
conflit en apparence de plus en plus insoluble, entre deux
peuples qui, pourtant, se ressemblent.
« Mira a
la peau claire et les yeux verts et elle est Arabe, moi, j’ai
la peau et les yeux sombres et je suis une Juive
israélienne, même notre apparence prête
à confusion », dit Noa dans une entrevue
diffusée sur YouTube. « Tout est comme ça,
ajoutet-elle en montrant ses doigts entremêlés.
Mira et moi, nous sommes pareilles. »
Mais pareilles ou pas, les deux femmes ont suscité des
réactions, de part et d’autre de la ligne ethnique qui
les sépare.
Pour les Palestiniens, le duo qui représente
Israël aujourd’hui à Moscou n’est qu’un paravent
servant à donner une meilleure image d’Israël.
« Chaque brique dans le mur de cette image
truquée permet à l’armée
israélienne de lancer 10 nouvelles tonnes d’explosifs
et de bombes au phosphore », dénoncent l es s i
gna t a i r e s d’une pétition qui demandent à
Mira Awad de se retirer du concours.
Noa se trouve aussi entre deux feux. Ses prestations à
l’étranger attirent dorénavant des manifestants
anti-israéliens. Mais cela ne la rend pas plus
présentable auprès de la droite
israélienne, qui la qualifie de «
cinquième colonne au sein de l’État ».
La minorité a rabe représente 20% de la
population israélienne. Pourtant , Israël n’avait
encore jamais envoyé de chanteur arabe au concours
Eurovision, où il a déjà
été représenté par un transsexuel,
et par un Juif noir.
Les deux chanteuses ne se font pas d’illusions : « Nous
savons que notre duo n’apportera pas la paix » ,
disent-elles. Mais elles espèrent que leurs chansons
contribueront à encourager ceux qui croient que la paix
est possible.
Relancer les
négociations
Le premier ministre israélien est attendu
aujourd’hui au Caire pour discuter du processus de paix, au
moment où Washington tente de ramener Israël et
les Palestiniens à la table des négociations,
suspendues depuis un an. Benyamin Nétanyahou aura des
entretiens avec le président Hosni Moubarak et d’autres
responsables égyptiens, selon des sources
égyptiennes. Ce déplacement intervient alors que
l’administration américaine de Barack Obama
prépare, selon des diplomates arabes et occidentaux au
Caire, deux lettres de garanties destinées aux
Palestiniens et à Israël qui devraient servir de
base à une relance des négociations suspendues
depuis l’offensive de l’armée israélienne contre
la bande de Gaza à la fin de 2008. Par ailleurs,
réagissant à des appels d’offres lancés
hier par le ministère israélien de l’Habitat
à Jérusalem-Est, la Maison-Blanche a
indiqué que les États-Unis «s’opposent
à de nouvelles constructions israéliennes»
dans la partie orientale de Jérusalem et rappelé
que le statut permanent de la ville devait être
négocié avec les Palestiniens.
Le négociateur palestinien s’insurge contre le
« système d’apartheid »
RAMALLAH —
Le principal négociateur palestinien, Saëb
Erakat, accuse Israël de « saboter » la
reprise des pourparlers de paix, bloqués depuis des
mois, en érigeant un « système
d’apartheid » dans les territoires occupés,
dans une interview à l’AFP.
PHOTO MOHAMAD
TOROKMAN, ARCHIVES REUTERS Cette Palestinienne s’est
disputée le mois dernier avec des soldats
israéliens tandis qu’éclataient des
affrontements au poste de contrôle de Qalandia,
près de Ramallah, en Cisjordanie.
« Quarante-trois ans après avoir
commencé, l’occupation israélienne est
devenue un régime d’apartheid pire que celui de
l’Afrique du Sud parce que jamais, même à ses
heures les plus sombres, les Noirs n’ont été
empêchés de prendre des routes que les Blancs
empruntaient », martèle M. Erakat, en faisant
allusion à certaines voies de circulation
réservées aux colons juifs en Cisjordanie
occupée.
Lors d’un ent ret ien à Ramallah, siège de
l’Autorité palestinienne, M. Erakat a
fulminé contre deux nouveaux ordres de
l’armée israélienne, de plus en plus
controversés, qui, selon lui, vont «
transformer les Palestiniens en criminels dans leurs
propres foyers ».
Selon l’Autorité palestinienne et les associations
de défense des droits de l’homme, ces
décrets, qui visent à empêcher des
« infiltrations » en Israël, pourraient
« vider » la Cisjordanie de ses habitants en
autorisant l’expulsion de ceux qui n’ont pas de «
permis ».
Ce que dément le gouvernement israélien de
Benyamin Nétanyahou.
Mais celui
qui est chargé des négociations avec
Israël depuis plus de 15 ans ne
décolère pas: avec de telles
décisions, explique M. Erakat, M. Nétanyahou
est « en train de détruire la solution de
deux États pour deux peuples », palestinien
et israélien, vivant côte à
côte.
« La corruption de l’occupation conduit à
l’aveuglement politique, philosophe-t-il, nous sommes
témoins de l’aveuglement pol it ique de M.
Nétanyahou.»
« Les colonies ou la paix »
Le premier ministre israélien et sa coalition de
droite avaient le choix: « Les colonies ou la paix.
Ils ont choisi les colonies et les colons »,
déplore le docteur Erakat, universitaire de
formation.
Le contentieux de la colonisation, en particulier à
Jérusalem-Est annexée depuis 1967, est le
principal obstacle à la relance des pourparlers
israélo-palestiniens, suspendus depuis la
dernière guerre de Gaza (décembre
2008-janvier 2009).
Les États-Unis s’efforcent depuis des mois de
remettre le processus de paix sur les rails – d’abord sous
la forme de discussions indirectes, dites de «
proximité », jusqu’à présent en
vain, sur fond de profonde crise diplomatique entre
l’administration Obama et le gouvernement
Nétanyahou.
Une survivante de la Shoah en grève de la faim pour
Gaza
Leur but
était de marquer le premier anniversaire de
l’offensive israélienne « Plomb durci »
contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.
— Une survivante de la Shoah âgée de 85 ans a
entamé hier une grève de la faim au Caire
pour protester contre l’interdiction par les
autorités égyptiennes d’une marche vers Gaza
organisée par des ONG internationales.
Hedy Epstein, âgée de
85 ans, a cessé de s’alimenter pour protester
contre l’interdiction, par les autorités
égyptiennes, de tenir une marche vers Gaza.
Hedy Epstein, une militante juive américaine, a
cessé de s’alimenter comme d’autres personnes
âgées d’un groupe participant à cette
marche et se fa isant appeler les «
grands-mères ».
« Je ne l’ai jamais fait auparavant, je ne sais pas
comment mon corps va réagir », a
déclaré Mme Epstein, installée sur
une chaise devant les bureaux des Nations unies au Caire,
au milieu de plusieurs centaines de militants.
Mme Epstein, née en 1924 dans une famille juive de
Fribourg, dans le sud de l’Allemagne, a perdu toute sa
famille dans les camps de la mort alors qu’elle avait pu
être évacuée en Angleterre en mai
1939. Depuis 1970, elle parcourt le monde pour raconter
son expérience de la guerre.
Au total, 1400 militants de 43 pays avaient annoncé
la semaine dernière leur intention d’organiser
cette marche à partir de Rafah, ville à
cheval sur l’Égypte et la bande de Gaza. Leur but
était de marquer le premier anniversaire de
l’offensive israélienne «Plomb durci»
contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.
Mais les autorités égyptiennes leur ont
opposé une fin de non-recevoir, en mettant en avant
«la situation sensible dans ce territoire »,
prévenant en outre que «toute tentative de
violation de la loi et de l’ordre public » serait
« sanctionnée conformément à la
loi».
La police
antiémeute a été
déployée hier aux abords du bâtiment
de l’ONU, à qui les organisateurs de cette marche
ont demandé de jouer le rôle de
médiateur.
Les participants à ce rassemblement ont
déployé un grand drapeau palestinien alors
que d’autres criaient «Liberté pour
Gaza» dans plusieurs langues.
Dimanche, 300 Français participant à cette
manifestation s’étaient rassemblés devant
l’ambassade de France au Caire pour protester contre cette
interdiction des autorités égyptiennes.
« Ils affirmaient qu’ils transportaient de l’aide
pour les Palestiniens de la bande de Gaza, ce qui est un
mensonge », a déclaré le porte-parole
de la diplomatie égyptienne, Hossam Zaki, pour
justifier la décision des autorités.
« Ils veulent une publicité médiatique
pour faire pression et embarrasser l’Égypte
», a-t-il ajouté, cité par l’agence
égyptienne Mena.
La police égyptienne a également
arrêté dimanche 38 militants internationaux
à Al-Arish, près de Rafah, qui
s’apprêtaient à rejoindre le point de
passage, selon les organisateurs.
Le nombre de barrages a par ailleurs été
augmenté dans le Sinaï, sur la route menant
à Rafah, pour bloquer les participants à
cette marche, a indiqué un responsable des services
de sécurité.
Israël veut employer les grands moyens
Des
responsables des colons furieux ont promis de continuer
à résister à ce moratoire.
JÉRUSALEM— Le gouvernement israélien
envisage d’employer les grands moyens pour faire respecter
le gel des nouvelles constructions dans les implantations
juives de Cisjordanie. L’armée pourrait ainsi avoir
recours aux forces spéciales, à des drones
et aux équipements de brouillage des
télécommunications, d’après des
responsables militaires israéliens.
Des responsables des colons furieux ont promis de
continuer à résister à ce moratoire
annoncé le mois dernier par le premier ministre
Benyamin Nétanyahou, ce qui leur a valu une mise en
garde du ministre de la Défense Ehoud Barak.
D’après
une note de l’armée transmise aux médias
israéliens et dont le contenu a été
confirmé hier à l’Associated Press, le plan
prévoit le déploiement de drones pour
photographier les constructions illégales. Des
périmètres de protection militaire seraient
créés pour tenir à l’écart les
manifestants et les journalistes pendant la
démolition de bâtiments illégaux. Le
document précise aussi que diverses unités
de l’armée pourraient être mises à
contribution, dont les forces spéciales, la police
militaire et même les spécialistes des
télécommunications pour brouiller les ondes
des portables des colons.
« Tous ce qui est demandé aux colons et leurs
chefs, c’est d’appliquer la décision du
gouvernement sur le gel des nouvelles constructions en
Cisjordanie pour cette période définie et
cela empêchera l’usage de la force et les frictions
avec les forces armées », a expliqué
Ehoud Barak lors d’une réunion politique.
Mais les responsables des colons disaient se sentir trahis
par Benyamin Nétanyahou, jusqu’ici leur vieil
allié. « Nous protégerons les maisons
avec nos corps s’ils viennent les détruire »,
a averti Arieh Eldad, un député de l’Union
nationale, parti ultra-nationaliste, sur la radio
israélienne.
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU
de reconnaître leur État
JÉRUSALEM— Échaudée par des
années de négociations infructueuses,
l’Autorité palestinienne envisage maintenant de se
tourner vers l’ONU pour qu’elle reconnaisse unÉtat
indépendant qui serait proclamé
unilatéralement par les Palestiniens.
PHOTO MAJDI MOHAMMED, AP
Un petit Palestinien a
célébré «
l’indépendance » de son pays, hier,
à Naplouse en Cisjordanie, entre des affiches du
président de l’Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas. Celui-ci pourrait s’adresser
bientôt à l’ONU, afin qu’elle reconnaisse
un État indépendant palestinien.
« C’est un moment décisif pour nous», a
déclaré hier Saeb Erekat, négociateur
en chef de l’Autorité palestinienne. «Nous
avons pris part à ce processus de paix afin de
parvenir à une solution à deux États,
a-t-il rappelé. Le but est de dire aux
Israéliens que désormais la
communauté internationale reconnaît une
solution à deux États sur les
frontières de 1967.»
Après 18 ans de pourparlers en pointillés
avec l’État hébreu, l’Autorité
palestinienne a donc décidé de se tourner
vers le Conseil de sécurité des Nations
unies. Elle souhaite établir un État
indépendant qui recouvre la bande de Gaza, la
Cisjordanie et Jérusalem-Est, territoires conquis
par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967.
Les efforts pour relancer le processus de paix sont
actuellement dans l’impasse. Le premier ministre
israélien Benyamin Nétanyahou exhorte les
Palestiniens à revenir à la table des
négociations. Mais le président de
l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas refuse tant
que se poursuivent les constructions dans les colonies
juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est
(Israël s’est unilatéralement retiré de
la bande de Gaza en 2005). Les Palestiniens exigent un gel
de la colonisation pour reprendre les pourparlers.
Benyamin Nétanyahou refuse de son côté
d’utiliser les frontières d’avant 1967 comme base
d’un accord de paix.
Même
si le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait
une résolution reconnaissant un État
palestinien, cette indépendance serait impossible
à traduire sur le terrain. Près de 500 000
colons juifs habitent en Cisjordanie et à
Jérusalem-Est, où sont stationnés des
milliers de militaires israéliens. Et même
s’il s’est retiré de la bande de Gaza, où le
Hamas s’est emparé du pouvoir en juin 2007,
l’État hébreu en contrôle toujours les
frontières terrestres et maritimes.
Les Palestiniens ont déjà proclamé
leur indépendance unilatéralement. Il
s’agissait d’une déclaration purement symbolique,
faite le 15 novembre 1988 par Yasser Arafat à
Alger. Des dizaines de pays avaient alors reconnu la
Palestine, ce qui ne s’était pas du tout traduit
concrètement sur le terrain.
Saeb Erekat n’a pas précisé quand les
Palestiniens comptaient en appeler au Conseil de
sécurité de l’ONU. Ses propos ne sont
peut-être donc destinés qu’à faire
pression sur l’État hébreu.
Le ministre israélien de la Défense Ehoud
Barak pense que si les pourparlers ne reprennent pas
rapidement, la communauté internationale risque de
se ranger derrière les Palestiniens. « Sans
un accord, il est possible qu’augmente le soutien à
une déclaration unilatérale
d’indépendance palestinienne », s’est-il
inquiété hier devant le cabinet
israélien.
Nimr Hamad, un conseiller de Mahmoud Abbas, a
affirmé de son côté que les
Palestiniens n’avaient «pas l’intention de se
précipiter» devant le Conseil de
sécurité de l’ONU. «Nous allons bien
préparer cela, en ayant des discussions politiques
et diplomatiques. Nous voulons que le Conseil de
sécurité n’en débatte qu’une fois que
nous aurons reçu des garanties », a
confié Nimr Hamad au quotidien israélien
Maariv. «Ce n’est pas la peine de se
précipiter pour se heurter à un veto
américain.»
« Les États-Unis auraient pu faire plus
»
En
novembre dernier, Israël avait annoncé le gel
de la colonisation en Cisjordanie. Pourtant, depuis cette
décision, la construction de centaines de logements
bat son plein dans les colonies israéliennes.
Dernière annonce en date: celle de 1600 nouveaux
logements à Jérusalem-Est. Ce qui n’a pas
manqué de jeter un froid à l’occasion de la
visite du vice-président américain Joe
Biden, cette semaine, en Israël. Le point sur la
question.
PHOTO
BERNAT
ARMANGUE, ASSOCIATED PRESS Des manifestants de gauche ont
protesté, hier, dans le quartier de Sheikh
Jarrah, à Jérusalem-Est, en soutien aux
familles palestiniennes évincées de leurs
maisons par le gouvernement israélien.
QMardi, l’État hébreu a permis la
construction de 1600 nouveaux logements à
JérusalemEst. Jeudi, le quotidien Haaretz a
révélé que jusqu’à 50 000
logements pourraient y être construits dans les
prochaines années pour des colons juifs. Pourquoi
ces logements ne sont-ils pas visés par le gel
annoncé en novembre? R Le 26 novembre 2009, le
gouvernement israélien a interdit pour une
période de 10 mois les nouvel les constructions
dans les colonies juives en Cisjordanie. Ce gel est
toutefois assorti d’une panoplie d’exceptions, dont le
territoire de Jérusalem-Est,
considéré comme la capitale d’un futur
État palestinien et dont l’annexion à
Israël n’est pas reconnue par la communauté
internationale. «Mais la plupart des membres du
gouvernement, à l’exception des travaillistes,
croient qu’ils doivent garder plein contrôle sur
Jérusalem-Est. La position du gouvernement est
qu’il ne redonnera pas Jérusalem-Est aux
Palestiniens», dit le professeur Rex Brynen, du
département de sciences politiques de
l’Université McGill.
Q Pou rquoi annoncer la construction de ces logements, en
sachant que les ÉtatsUnis la
désapprouveront, juste au moment de la visite du
vice-président Joe Biden?
R Il y a
deux ou trois hypothèses pour l’expliquer, croit
Rex Brynen. « Le gel de la construction dans les
colonies n’est pas terriblement populaire dans le cabinet
israélien », note-t-il. D’autre part, selon
M. Brynen, la faute revient peut-être tout
simplement au processus bureaucratique d’autorisation qui
a abouti cette semaine pour ce projet. Jeudi, le premier
ministre Benyamin Nétanyahou a exprimé
« ses regrets pour le moment malheureux » de
l’annonce israélienne, invoquant une erreur de
calendrier. Q Qu’en est-il de la crédibilité
des États-Unis pour encourager le processus de
paix?
R «D’abord, les Américains ont dit qu’ils
s’opposaient à toutes les colonies dans les
Territoires occupés, rappelle M. Brynen. Ensuite,
ils ont accepté un compromis où Israël
allait arrêter, d’une certaine façon, la
colonisation en Cisjordanie, mais pas à
Jérusalem-Est, où c’est le plus important.
Puis, Joe Biden a été personnellement
humilié par cette annonce de colonisation à
Jérusalem-Est alors qu’il y était
présent.» La crédibilité de
l’administration Obama aux yeux des Palestiniens et du
monde arabe en souffrira, croit M. Brynen. «Si la
superpuissance américaine n’arrive même pas
à arrêter les Israéliens dans leur
colonisation illégale, quelle sorte de
superpuissance est-ce? C’est ce qu’on peut s’attendre
à entendre du côté palestinien.»
Q En réaction à l’annonce de la
construction, Joe Biden a manifesté son
mécontentement, notamment en se présentant
1h30 en retard au dîner d’État
convoqué en son honneur. Les États-Unis
ont-ils été assez fermes?
R « Non. Les États-Unis auraient pu faire
tellement plus, comme de qualifier ces colonies
"d’illégales" au lieu de simplement parler d’un
"problème" ou d’un "obstacle", dit Rex Brynen. J’ai
remarqué que dans la déclaration canadienne,
le ministre Lawrence Cannon critique la décision
israélienne, en utilisant le mot "obstacle"
plutôt que de parler de colonies "illégales".
C’est une formulation très adoucie, comparativement
aux positions prises dans le passé qui les ont
qualifiées "d’illégales". »
Q Comment ont réagi les Palestiniens ? R Jeudi, le
président palestinien Mahmoud Abbas a
annoncé ne pas vouloir renouer le dialogue avec
Israël sans un gel complet de la colonisation
à Jérusalem-Est et en Cisjordanie
occupée. La Ligue arabe a ajouté que sa
« position est claire: il ne peut pas y avoir des
négociations directes ou indirectes si les
récentes décisions israéliennes
(concernant la colonisation) ne sont pas annulées
».
La « Louise Arbour » du Pakistan
- AGNÈS GRUDA
La juriste pakistanaise Hina Jilani défend le rapport
sur la guerre de Gaza
Elle est
toute petite, sourit peu, parle vite, souvent sans
attendre que vous ayez fini de lui poser votre question.
Et elle ne s’empêtre pas dans des fioritures. Ses
constats sont clairs et tranchants.
PHOTO ANDRÉ
PICHETTE, LA PRESSE
L’avocate Hina Jilani est l’une
des quatre membres de la commission d’enquête sur
la guerre de Gaza dirigée par le juge
sud-africain Richard Goldstone. La juriste de 56 ans
était de passage à Montréal cette
semaine.
Hina Jilani, c’est un peu la Louise Arbour du Pakistan.
Avocate, elle a fondé le premier cabinet juridique
féminin de son pays. Parallèlement à
son engagement pour les droits des Pakistanaises, elle a
travaillé dans des instances internationales
spécialisées dans la défense des
droits et a occupé des postes importants à
l’ONU.
Mais c’est sa toute dernière mission internationale
qui a amené Hina Jilani à Montréal,
cette semaine. La juriste de 56 ans est l’un des quatre
membres de la commission d’enquête sur la guerre de
Gaza. Dirigée par le juge sud-africain Richard
Goldstone, la commission a publié en septembre un
rapport qui blâme Israël et le Hamas pour les
crimes de guerre qu’ils auraient commis au cours de ce
conflit. Et leur demande de tenir des enquêtes
indépendantes sur leur conduite de la guerre,
à défaut de quoi ils pourraient être
traduits devant la justice internationale.
Mal reçu par le Hamas, le rapport a soulevé
la fureur d’ Israël. Le gouvernement américain
l’a rejeté, et a poussé le leader
palestinien Mahmoud Abbas à faire pareil. Celui-ci
a cédé sous la pression, avant de revenir
sur sa décision, sans quoi il aurait
défoncé des plafonds d’impopularité
dans les territoires palestiniens.
Réaction « hystérique »
Début
novembre,
l’Assemblée générale de l’ONU a
accepté le rapport Goldstone par un vote de 114
contre 18. Dans le camp du « non » : les
États-Unis, Israël, mais aussi l’Allemagne,
l’Italie et le Canada.
Le rapport Goldstone continue donc à faire des
vagues. Et Hina Jilani est venue le défendre cette
semaine à l’université McGill. « Nous
nous attendions à un certain niveau de critique,
mais la réaction d’Israël a été
carrément hystérique », a-t-elle dit
lors de notre rencontre, mercredi.
Ce qui l’agace surtout, c’est qu’une partie importante des
critiques découle, selon elle, de l’attitude
même de l’État hébreu. Non seulement
celuici avait refusé de collaborer avec le juge
Goldstone, mais en plus, il a interdit aux
enquêteurs d’entrer sur le territoire
israélien.
Pour entendre des Israéliens raconter leur vie sous
la menace des roquettes palestiniennes, la Commission
Goldstone a dû les faire venir à
Genève. « J’aurais aimé visiter les
sites dans le sud d’Israël, voir l’étendue des
dommages et mesurer l’impact psychologique du conflit
», affirme Hina Jilani. «Nous ne voulions pas
laisser les victimes israéliennes sans voix
», assure l’avocate, selon qui cette politique de la
porte fermée explique l’apparent
déséquilibre du rapport de 574 pages, dont
seule une portion congrue décrit les exactions du
Hamas.
Que fera l’ONU?
Mais ce n’est pas la seule raison de cet apparent
déséquilibre,
Le blocus en trois questions - Katia Gagnon
Q
Pourquoi Israël impose-t-il un blocus à
Gaza?
R Israël impose un blocus au 1,5 million
d’habitants de la bande de Gaza depuis juin 2007, moment
où le Hamas a pris le contrôle politique du
territoire palestinien. L’État israélien,
qui considère le Hamas comme un groupe
terroriste, affirme que le blocus vise à
affaiblir ce mouvement et à faire cesser les
attaques à la roquette sur son territoire ainsi
que la contrebande d’armes. L’ONU, quant à elle,
a qualifié le blocus de Gaza de « punition
collective » et de « siège
médiéval ». Q Comment se traduit
concrètement ce blocus?
R Les
habitants de Gaza reçoivent environ le quart des
importations qu’ils recevaient avant
l’établissement du blocus. Seuls certains
produits alimentaires sont autorisés. Israël
achemine 100 camions par jour de matériel
humanitaire, soit 15 000 tonnes par semaine. Mais c’est
loin d’être suffisant : selon les chiffres de
l’ONU, les deux tiers des Gazaouis vivent dans
l’insécurité alimentaire. L’agence de
l’ONU qui s’occupe des territoires palestiniens
distribue de la nourriture à la moitié de
la population. L’approvisionnement en eau est
également affecté par le blocus, à
cause de manque de pièces de rechange pour les
pompes et les tuyaux, ainsi que du courant intermittent.
Les Gazaouis obtiennent seulement la moitié de
l’eau dont ils ont besoin annuellement et 80% de cette
eau ne satisfait pas aux critères de
salubrité de l’Organisation mondiale de la
santé. Q Quel est l’impact concret du blocus ?
R Les écoles manquent cruellement de
matériel scolaire de base, et les hôpitaux,
de médicaments. Plus de 10 000 patients ont
dû être évacués pour
être soignés en Israël, mais les
autorités israéliennes ont refusé
l’entrée à 20% d’entre eux. Comme la
plupart desmatériaux de construction et l’essence
sont interdits d’entrée, la reconstruction des
édifices de Gaza, lourdement endommagés
lors de l’opération Plomb durci de 2008, est
virtuellement impossible. Les deux tiers des industries
de la bande de Gaza ont fermé leurs portes. Le
taux de chômage oscille entre 30 et 40%. Les trois
quarts des habitants de Gaza vivent avec moins d’un
dollar par jour. Un système de tunnels a
été mis au point entre la bande de Gaza et
l’Égypte, qui favorise la contrebande de biens de
consommation courants. L’ONU estime que 80% des
importations de Gaza arrivent par ces tunnels.
Israël accusé de priver les
Palestiniens d’eau
JÉRUSALEM — Amnistie internationale a
accusé, hier, Israël de priver les
Palestiniens d’eau tout en la issa nt les colons
israéliens de Cisjordanie profiter de
quantités « presque illimitées
».
PHOTO SAID KHATIB, AFP
L’approvisionnement en eau potable
est une source de tracas pour les Palestiniens de
Cisjordanie et de Gaza.
I sraël l i mite sévèrement
l’accès à l’eau dans les terr i t oi r e s
pa l e s t i n i e ns « e n maintenant un
contrôle total sur des ressources communes et en
poursuivant des politiques discriminatoires »,
déplore l ’o r ga nisation de défense des
droits humains dans un rapport.
« Israël ne laisse les Palestiniens
accéder qu’à une fraction des ressources
communes en eau, qui se situent surtout en Cisjordanie
occupée, alors que les colonies israéliennes
illégales reçoivent des quantités
pratiquement illimitées », écrit
Amnistie.
Les Israéliens consomment quatre fois plus d’eau
que les Palestiniens, selon le rapport. Cette «
inégalité » est encore plus criante
dans certaines régions de Cisjordanie, où
des colonies utilisent 20 fois plus d’eau par tête
d’habitant que les Palestiniens des localités
voisines qui survivent avec 20 litres par jour.
« Piscines, pelouses bien arrosées et vastes
exploitations agricoles irriguées dans les colonies
contrastent avec les villages palestiniens voisins dont
les habitants doivent se battre quotidiennement pour
assurer leurs besoins en eau », poursuit le rapport.
Selon le
ministère israélien des Affaires
étrangères, Israël partage
équitablement les ressources en eau avec les
Palestiniens, qui ont droit à 23,6 millions de m3
par an, selon un accord bilatéral, et qui «
dans les faits bénéficient de deux fois plus
».
« Israël a rempli toutes ses obligations
», a réagi le ministère dans un
communiqué. En revanche, les Palestiniens «
ont franchement violé leurs engagements » en
c reusant plus de 250 puits sans autorisation et en ne
construisant pas d’usines de traitement des eaux
usées.
Selon Amnistie, en revanche, les Palestiniens ne sont pas
autorisés à creuser de nouveaux puits ou
à restaurer les anciens sans permis des
autorités israéliennes. En outre, de
nombreuses routes sont fermées à la
circulation, ce qui contraint les camions-citernes
à faire des détours pour ravitailler les
villages qui ne sont pas reliés au réseau de
distribution d’eau.
Amnistie internationale évalue à quelque 180
000 à 200 000 le nombre des Palestiniens qui n’ont
pas accès à l’eau courante en Cisjordanie.
Dans la bande de Gaza, l’offensive israélienne de
l’hiver dernier a endommagé les réservoirs
d’eau, les puits, les égouts et les stations de
pompage, des dégâts qui s’ajoutent à
l’impact du blocus israélien et égyptien du
territoire.
ONU: Le rapport Goldstone approuvé
GENÈVE — Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU
a adopté hier une résolution lancée
par les Palestiniens qui approuve le rapport Goldstone
dénonça nt des c r i mes de guerre lors du
conflit à Gaza l ’ hiver dernier, et renvoie de
facto le dossier au Conseil de sécurité
à New York.
L’adoption, votée à une faible
majorité des 47 membres du Conseil des droits de
l’homme, a provoqué un tollé du
côté d’Israël, tandis que
l’Autorité palestinienne et le Hamas n’ont pas
caché leur satisfaction.
Cette résolution « entrave les efforts pour
promouvoir la paix au Proche-Orient », a averti le
ministère israélien des Affaires
étrangères, dénonçant «
un encouragement pour les organisations terroristes dans
le monde entier ».
De son
côté, l’Autorité palestinienne
à l’origine du texte s’est félicitée
du vote obtenu grâce au soutien du groupe arabe, de
l’Organisation de la conférence islamique (OCI),
des non-alignés et des pays africains, majoritaires
au Conseil des droits de l’homme.
Q u a n t a u mouve me n t i sla miste Hamas, r iva l de
l’Autorité palestinienne et qui contrôle la
bande de Gaza, il a espéré « que ce
vote conduira à un procès des chefs de
l’occupation (israélienne) ».
À l ’ i ssue de deux j ours mouvementés, la
résolution palestinienne a été
adoptée hier par 25 voix contre 6 votes
négatifs (dont les États-Unis) et 11
abstentions. Cinq États, dont la France et le
RoyaumeUni, ont refusé de participer.
L’ONU réclame des enquêtes
NEW YORK —
Israël et le s Pa lestiniens ont été
pressés de toutes parts, hier à l’ON U,
d’enquêter su r les graves allégations de
crimes durant le conflit de l’hiver dernier à Gaza,
suivant la recommandation d’un rapp o r t c o n t r ove r
s é s u r c e s affrontements.
Lors d’un débat mensuel au Conseil de
sécurité sur le Proche-Orient, qui a
été utilisé par les pays arabes pour
braquer le projec teu r su r l’affaire de Gaza, l’ON U et
les représentants des principaux États
membres, y compris les États-Unis, ont tous
appuyé cette demande.
Le chef de l’ONU, Ban Kimoon, a appelé «
toutes les parties à mener à l’interne, sans
tarder, des enquêtes crédibles sur la
manière dont le conflit a été conduit
». Position soutenue par les États-Unis, la
France et la Grande-Bretagne.
L’ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff, a
réitéré les « sérieuses
réserves » de Washington concernant le
rapport, notamment « son accent
exagérément mis sur Israël ».
Mais il a a f f i r mé q ue Wa sh i n g to n
« prenait au sérieux les allégations
contenues da ns le rapport ».
L’o u ve
r t u r e d e telles enquêtes est une des
recommandations du rapport de la commission
d’enquête dirigée par le juge sud-africain
Richard Goldstone.
L e rappor t acc use l ’a r - mée
israélienne, ainsi que les milita nts pa
lestiniens, d’avoir commis « des crimes de guerre
» et « de possibles crimes contre
l’humanité » du ra nt l ’o f f e n s i ve
israélienne à Gaza.
La commission Goldstone avait été
chargée d’enquêter su r la guerre de Ga za
par le Conseil des droits de l’homme de l’ON U, organe
jugé suspect pa r I sraël et Washington pou r
sa tendance à consacrer plus de temps à
Israël qu’à d’autres pays.
Jugea nt le ma ndat de la com mission «
biaisé » à son encontre, l’État
hébreu n’avait pas coopéré à
l’enquête, pas plus que le mouvement palestinien
Hamas, qui contrôle Gaza.
Accusé, Israël tire sur le messager
- Agnès Gruda
Le Conseil
des droits de l’homme de l’ONU étudie depuis hier
le rapport Goldstone sur l’offensive militaire
israélienne dans la bande de Gaza. La brique de 575
pages recommande de traduire en justice les responsables
des crimes de guerre commis à cette oc
«Len plus des trois semaines d’affrontement.
Résultat : les « péchés »
d’Israël y occupent une place
prépondérante et donnent l’impression que
les quelques pages consacrées aux roquettes
palestiniennes ne sont là que pour faire bonne
figure.
PHOTO MOHAMMED ABED, AFP
Des civils et des ambulanciers
palestiniens courent se mettre à l’abri pendant
un bombardement israélien, lors de l’offensive
dans la bande de Gaza, en janvier dernier.
Le rapport occulte aussi le Certains des incidents
cités rôle des dirigeants du Hamas par le
rapport Goldstone sont Le Hamas a rejeté ce rapdans
les tirs contre Israël, d’autant plus
crédibles qu’ils port. Furieux lui aussi,
Israël attribués aux seuls « groupes
sont conformes à la politique a lancé une
offensive diploarmés » palestiniens, comme
d’Israël à l’égard du Hamas matique
pour discréditer les si ces groupes n’entretenaient
depuis sa victoire aux législaconclusions du juge
Goldstone, aucun lien avec les patrons de tives de 2006.
qu’il accuse d’avoir produit un Gaza. Cette politique peut
se résudocument déséquilibré
en Mais ce n’est pas une raison mer ainsi: plus on
étrangle faveur des Palestiniens. pour rejeter la
conclusion de Gaza sur le plan économique,
Ces derniers jours, Human fond du rapport, qui docuplus
ses habitants voudront se Rights Watch et Amnistie mente
plusieurs cas où l’armée débarrasser
du Hamas, qu’ils a culture de l’iminternationale ont
appelé israélienne a
délibérément tiendront pour
responsable de punité » a trop duré la
communauté internatiodétruit
l’infrastructure éconoleurs souffrances. au
Proche-Orient, a nale à approuver les conclumique
de Gaza, en bombarEn réalité, cette
politique dénoncé hier le juge Richard sions
du rapport. Mais hier, dant un poulailler, un moulin
renforce l’emprise du Hamas Goldstone en présentant
son le représentant américain à
farine ou des installations sur cette population
privée de rapport sur latout.guerre de Gaza Michael
Posner l’a plutôt jugé d’égout. Et qui
détaille pludevant le Conseil des droits «
disproportionné ». sieurs attaques
démesurées Sur le plan militaire, cela de
l’homme de l’ONU. Ce document prête effeccontre des
zones civiles où conduit à une
stratégie qui
Ce rapport conclut que l’artivement flanc à la
critique. l’argument de tirs défensifs ne a
été énoncée peu de temps
mée israélienne a commis des Mais pas assez
pour rejeter tient pas la route. avant l’offensive contre
Gaza crimes de guerre, et vraisemson principal constat:
dans ce Et à supposer même que ces par le
commandant israélien blablement des crimes contre
conflit, les deux parties ont attaques aient pu être
justifiées Gadi Eisenkot. l’humanité, lors
de son offendélibérément
infligé des soufpar des raisons militaires, le Cela
s’appelle « la doctrine sive dans la bande de Gaza,
il frances inutiles à des populajuge Goldstone et
ses collabode Dahiya », du nom d’un y a neuf mois.
Il blâme aussi tions civiles. rateurs n’ont pas eu
l’occasion quartier de Beyrouth contrôlé les
groupes armés palestiniens de le vérifier :
Israël leur a par le Hezbollah et lourdepour leurs
attaques contre refusé toute collaboration. ment
bombardé à l’été 2006. les
civils israéliens, qualiSe s enquêteu r s
n’on t Et cela consiste à viser des fiées
elles aussi de crimes d’a i l leur s même pas pu
civils en signe de représailles de guerre. Et il
fait porter au entrer en Israël – ils ont dû –
ce qui constitue précisément Hamas la
responsabilité des se rendre en Suisse (!) pour un
crime de guerre, affirme le guerres interpalestiniennes.
recueillir les témoignages juge Goldstone.
Visées larges
Le juge
Goldstone a pris le parti de viser très large. Il
décrit en détail l’impact de l’occupation
israélienne dans les territoires palestiniens des
Israéliens victimes des roquet tes palest iniennes.
Comme quoi Israël, qui reproche au juge Goldstone de
l’avoir condamné à l’avance, nourrissait lui
aussi quelques préjugés…
Incidents crédibles
Le juge Goldstone met trop l’accent sur les crimes de
l’armée israélienne et ne blâme pas
assez le Hamas? « Ce n’est pas une coïncidence
; la majorité des morts et de la destruction ont eu
lieu du côté palestinien »,
rétorque Daniel Levy, ancien conseiller de
l’ex-premier ministre israélien Éhoud Barak…
Dans un article publié dans The Guardian, Daniel
Levy suggère à l’État hébreu
de saisir l’occasion pour mettre au rancart la «
doctrine de Dahiya » et cesser d’infliger aux
Palestiniens des punitions collectives.
Pour l’instant, Israël se sert plutôt des
défaillances du rapport Goldstone pour le torpiller
conformément à une stratégie vieille
comme le monde, qui consiste à tirer sur le
messager.
Étudier les effets de l’exil sur
les Palestiniennes - Mathieu
Perrault
Une
travailleuse sociale québécoise au Liban
pour deux ans
Un territoire d’un kilomètre carré
où s’entassent 20 000 personnes. De l’eau
courante saumâtre qui cause des problèmes
de peau. Des rues parfois si étroites qu’on
doit se mettre les épaules parallèles
aux murs pour passer... Les réfugiés
palestiniens du camp de Bourj el-Barajneh, au Liban,
vivent dans des conditions inhumaines depuis plus de
60 ans.
C’est là que vivra aussi, pour deux ans, Roxane
Caron. La travailleuse sociale de 35 ans, qui est
partie pour le Liban la semaine dernière, y
fera le « terrain » de sa thèse de
doctorat sur les femmes palestiniennes.
Ce n’est pas la première fois qu’elle y
séjourne. En 2006, juste avant la guerre du
Liban, elle avait habité six mois à
Bourj el-Barajneh, qui est situé près de
l’aéroport de Beyrouth.
« P ou r ma maît r ise, en 2006, j’avais
étudié les stratégies de
résistance des femmes du camp », explique
la travailleuse sociale, rencontrée avant son
départ dans un café voisin de
l’Université de Montréal.
« Cette fois, je vais me pencher sur l’exil. En
2006, les femmes que je connaissais me montraient
souvent la clé de leur maison ancestrale, en
Israël, et se demandaient si un jour elles
allaient y retourner. Je veux comprendre quel est
l’impact sur l’identité personnelle de 60 ans
d’exil. »
Des réfugiés plus égaux que
d’autres
Au
passage, Mme Caron a constaté que la vie des
réfugiés varie énormément
d’un pays à l’autre. « Je suis
allée dans un camp en Syrie et c’était
le jour et la nuit. C’était presque comme une
ville normale, on pouvait circuler dans les rues en
voiture. À Bourj el-Barajneh, ce n’est pas
possible. Parfois, il faut emprunter des ruelles si
étroites qu’on y passe que de
côté. La nuit, il n’y a pas
d’éclairage, on ne voit rien. »
De plus, les réfugiés palestiniens au
Liban vivent dans un « ghetto ». «
Il y a certains emplois, comme médecin ou
ingénieur, qui leur sont interdits, dit Mme
Caron. Ils ne peuvent pas être
propriétaires de leur maison. S’ils arrivent
à amasser assez d’argent pour voyager à
l’extérieur du pays, pour visiter des parents
qui vivent ailleurs, il n’est pas certain qu’ils
puissent revenir au Liban. Les femmes que j’ai
côtoyées se demandent sans cesse quelle
vie attend leurs enfants dans ces conditions. »
Les femmes et la politique
Quelle place a la politique dans la vie quotidienne
des femmes ? Le Hezbollah a-t-il une présence
sociale importante ?
« La plupart disent : "Moi, je ne m’en
mêle pas ." Je n’ai jamais entendu parler
qu’elles se rendaient dans des cliniques
médicales ou des centres de distribution du
Hezbollah. Elles survivent grâce à
l’entraide et plusieurs font aussi appel aux services
des ONG internationales, à l’agence de l’ON U
qui s’occupe des ré f ugiés pa le st i n
iens , au Croissant-Rouge palestinien. »
Qu’est-ce qui l’a incitée à consacrer
autant de temps et d ’énerg ie au x femmes
palestiniennes ?
« J’ai toujours été
intéressée par les gens qui ne sont pas
entendus, qui n’ont pas de voix publique. J’ai
travaillé six ans à Québec en
toxicomanie et en psychiatrie, d’autres milieux sans
voix. Mais l’appel de l’international était
trop fort. Plus jeune, je rêvais d’être
médecin pour Médecins sans
frontières. En 2002, j’ai passé un an au
Kazakhstan avec une ONG britannique. J’ai eu la
piqûre. »
VENDRE LE MUR
- AGNÈS GRUDA
L’idée a surgi il y a deux ans, dans un atelier
organisé par une petite ONG d’artistes et de
communicateurs néerlandais établie dans les
territoires palestiniens. Et si on vendait des bouts du
mur de Cisjordanie à tous ceux qui souhaitent y
inscrire quelques mots?
PHOTO FOURNIE PAR FARIS
AROURI
Yousef Nijin inscrit un message
sur un pan du mur de Cisjordanie.
« Nous cherchions à sensibiliser à la
cause palestinienne des gens qui, normalement, ne s’y
intéressent pas », explique Faris Arouri, qui
participait aux ateliers de Palo Dutch, au printemps 2007,
quand l’initiative a été
évoquée pour la première fois.
Faris Arouri coordonne une autre ONG, palestinienne
celle-là: le Forum des jeunes pour la paix et la
liberté. Les deux organisations ont passé
quelques mois à dessiner le cadre de leur projet.
Est-ce qu’on accepte de tout inscrire ou pas? Quelles sont
les limites? Sur quel bout de mur? À quel prix?
Fina l ement, l e projet Sendamessage a vu le jour. En
gros, ça marche comme suit. Où que vous
soyez sur la planète, vous pouvez commander par
Internet l’inscription que vous souhaitez voir
apparaître sur un pan du mur dans un quartier de
Jérusalem-Est.
Tout est permis, dans la langue de votre choix, sauf les
inscriptions racistes, violentes ou pornographiques. Tout
ça pour la somme de 30€ (une cinquantaine de
dollars). C’est cher, reconnaît Faris Arouri.
« Mais autrement, on aurait été
débordés de demandes. »
En 18
mois, plus de 1200 messages ont été inscrits
sur le mur. En français, en italien, en allemand,
en polonais ou en suédois, des gens utilisent le
mur pour y placarder des messages politiques, mais aussi
des voeux d’anniversaire, des notices nécrologiques
et même des demandes en mariage.
Le mur accueille aussi des citations, des extraits de
poèmes et même, sur demande spéciale,
des dessins. Ça va du petit coeur au petit lapin,
en passant par de véritables murales.
« Nous acceptons même des messages
commerciaux, mais nous vérifions s’il s’agit d’une
entreprise conforme à nos valeurs », explique
Faris Arouri.
Les artistes se déplacent
généralement par groupes de deux ou trois. I
l faut quelqu’un pour faire l’inscription sur le
béton. Et une autre personne pour prendre les trois
photos qui seront envoyées au client comme preuve.
Est-ce dangereux ? Les tagueurs ne prennent pas de risque
: ils inscrivent leurs graffitis du côté
palestinien du mur. La barrière n’est pas reconnue
par l’Autorité palestinienne. Celle-ci ne peut pas
interdire de s’exprimer sur une surface qui n’a aucune
existence légale… Faris Arouri appelle ça
profiter d’une faille dans la loi.
Et les prof its ? I ls sont destinés à de
petites ONG palesti n iennes . Un pet it centre culturel
attenant à l’Université Birzeit, près
de Ramallah, a été le premier à en
profiter.
Mur de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE
? - AGNÈS GRUDA
Shaul
Arieli suit la barrière de protection depuis ses
tout premiers barbelés. Ce colonel israélien
à la retraite travaillait pour l’ex-premier
ministre Yitzhak Rabin à l’époque où
celui-ci a évoqué pour la première
fois l’idée d’une barrière pour
protéger Israël contre les attentats du Hamas.
Quand les bulldozers ont commencé à remuer
la terre pour y planter les premiers pans du mur, l’ancien
militaire s’est joint au Conseil pour la paix et la
sécurité, une ONG israélienne qui
regroupe d’ex-officiers de Tsahal.
Et qui n’en finit plus de se battre contre le mur.
Crâne lisse, carrure athlétique, Shaul Arieli
a signé un livre intitulé La folie du mur.
Et il affirme sur toutes les tribunes que, à moyen
terme, la barrière met en péril la
sécurité de l’État hébreu.
Paradoxal? Pas du tout, rétorque-t-il. Car Shaul
Arieli n’a rien contre l’idée d’entourer son pays
d’une clôture insurmontable. Si les attentats contre
les civils ont baissé de 95%, c’est d’ailleurs en
bonne partie grâce au mur, reconnaît-il. Mais
le hic, c’est que, en s’éloignant de la
frontière reconnue d’Israël, le mur
crée de nouvelles menaces.
Que
cherche au juste le gouvernement israélien quand il
pousse la ligne du mur à 10 ou 20 km à
l’intérieur de la Cisjordanie? « Sous
prétexte de sécurité, il veut
s’approprier le plus de territoire possible pour
définir la frontière définitive et
maximale d’Israël. »
Cette stratégie risque de faire boomerang, avertit
Shaul Arieli. Il craint que, à force de gruger la
Cisjordanie, il n’y reste plus assez de territoire pour
créer un État palestinien viable. Ce
scénario mène fatalement vers
l’avènement d’un seul État binational –
où les Juifs seraient rapidement minoritaires.
Les tribunaux ont forcé à plusieurs reprises
le gouvernement à revoir le tracé du mur.
Les premiers plans annexaient 20% de la Cisjordanie
à Israël. Le nouveau tracé, toujours
inachevé, ne s’approprierait plus que 9% de terres
palestiniennes.
Devant les décisions des juges, et aussi à
cause des coûts – la barrière a
déjà englouti plus de deux milliards et demi
de dollars – Israël a suspendu la construction du
mur, il y a deux ans.
Selon Shaul Arieli, le gouvernement se trouve dans un
cul-de-sac. « S’il continue à construire
selon ses plans, les tribunaux l’obligeront à
refaire le tracé. Mais s’il change les plans, le
gouvernement aura les colons et l’extrême droite sur
le dos. »
Ainsi donc, le mur fonce… vers un mur.
CISJORDANIE— LE MUR SANS FRONTIÈRE -
AGNÈS GRUDA
« Nous avons mille bonnes raisons de construire la
barrière de sécurité », clament les
Israéliens en faisant référence au
millier de victimes des attentats terroristes de la
deuxième Intifada, au début des années
2000. Mais pour les Palestiniens, cette barrière
érigée depuis 2002 n’est rien d’autre qu’un
« mur de la honte ». Au lieu de suivre la
frontière reconnue d’Israël, le mur serpente dans
les collines de Cisjordanie. À plusieurs reprises, les
tribunaux ont forcé Israël à revoir le
tracé de la barrière. Selon ses critiques, le
mur poursuit un objectif politique: établir
unilatéralement la future frontière
d’Israël.
Offensive israélienne contre la bande
de Gaza : Rapport accablant de l'ONU pour Israël
NEW YORK —
Israël et les Palestiniens se sont rendus coupables
l’hiver dernier à Gaza de crimes de guerre et
peut-être même de crimes contre
l’humanité, a affirmé hier une mission
d’enquête de l’ONU, dans un rapport accablant pour
l’État hébreu que celui-ci a aussitôt
rejeté.
C et te m ission , c ha rgée d’enquêter sur
les possibles violations commises lors de l’offensive
israélienne contre la ba nde de G a za , du 27
décembre 2008 au 18 janvier 20 0 9, souligne
qu’aucu ne preuve ne permet de confirmer les accusations
d’Israël selon lesquelles les combatta nts
palestiniens avaient utilisé les civils comme
boucliers humains.
« Des actes assimilables à des crimes de
guerre et peutêtre, dans certaines circonstances,
à des crimes contre l’humanité ont
été commis par les forces armées
israéliennes », a déclaré le
président de la mission, le juge sud-africain
Richard Goldstone, lors d’une conférence de presse
à New York, où il a présenté
le rapport.
Israël
a « fait un usage disproportionné de la force
» et « violé le droit humanitaire
international », dit un résumé du
rapport. L’offensive d’Israël répondait aux
tirs de roquettes palestiniens contre son territoire,
également assimilés par les autieurs du
rapport à des « crimes de guerre » et
« peutêtre contre l’humanité »,
car dirigés sur des zones dépourvues
d’objectifs militaires.
« Quand il n’y a pas de cibles militaires claires et
que des roquettes et obus de mortier sont lancés
sur des zones civiles, cela revient à une attaque
délibérée contre la population et
constitue des crimes de guerre et peut-être contre
l’humanité », affirme le document qui ne cite
pas le Hamas et dont seuls quatre paragraphes sont
consacrés aux agissements des combattants
palestiniens.
Principale cible des critiques, Israël a
rejeté le rapport comme « partial »,
soulignant avoir refusé de coopérer avec une
mission dont le mandat même a, selon le
ministère israélien des Affaires
étrangères, « préjugé du
résultat de l’enquête et donné une
légitimité à l’organisation
terroriste du Hamas».
« Nous resterons ici »
Israël gardera toujours un bloc de colonies en
Cisjordanie, foi de Nétanyahou
JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou a proclamé hier que le
bloc de colonies du Goush Etzion, établi
près de Bethléem (Cisjordanie) dès
1967, ferait «pour toujours» partie
d’Israël.
PHOTO
KOBI GIDEON, AFP Le premier ministre
israélien Benyamin Nétanyahou lors d’une
cérémonie de plantation d’arbres dans le
bloc de colonies du Goush Etzion, en Cisjordanie.
« Notre message est clair : en plantant un arbre
ici, nous signifions que nous resterons ici, que nous
construirons ici et que ce lieu sera pour toujours une
partie inséparable de l’État d’Israël
», a déclaré M. Nétanyahou lors
d’une cérémonie publique de plantation
d’arbres dans ce bloc de colonies.
«Il existe sur ce point un très large
consensus en Israël et le monde commence à en
prendre conscience», a poursuivi le chef du
gouvernement, s’adressant à la foule.
CesproposdeM.Nétanyahou surviennent le jour
même où l’émissaire américain
pour le Proche-Orient , George Mitchell, faisait la
navette entre Jérusalem puis Amman pour convaincre
Palestiniens et Israéliens de reprendre les
négociations de paix bloquées depuis plus
d’un an.
Les gouvernements israéliens successifs ont
annoncé à plusieurs reprises dans
lepassé qu’ils entendaient annexer de cinq à
six blocs de colonies établis en Cisjordanie, avec
ou sans accord de paix avec les Palestiniens.
Le Goush Etzion regroupe une quinzaine d’implantations
comptant environ 12000 habitants, dans la région de
Bethléem, au sud de Jérusalem.
Il a été établi dès 1967, dans
la foulée de la conquête par Israël de
la Cisjordanie, sur la base d’implantations agricoles
sionistes occupées et détruites par des
forces arabes durant la guerre de 1948.
À
l’issue de sa rencontre avec M. Mitchell, le premier
ministre israélien avait auparavant fait
état «d’idées
intéressantes» de Washington, sans en
divulguer le moindre détail. Leur
précédente rencontre s’était tenue
jeudi.
Plus tôt hier, George Mitchell avait aussi
rencontré le président palestinien Mahmoud
Abbas, dans la capitale jordanienne.
Accusations mutuelles
Durant ces navettes de M. Mitchell, Palestiniens et
Israéliens se sont mutuellement accusés
d’être responsables du blocage.
L’émissaire américain a pour sa part
qualifié de « productive» son nouvel
entretien avec M. Abbas, et souligné que «le
président Obama, la secrétaire d’État
(Hillary) Clinton et les États-Unis »
étaient « pleinement engagés en faveur
d’une paix globale au Proche-Orient». «La
solution à deux États du conflit
israélo-palestinien (...) est à notre avis
la seule solution réaliste au conflit»,
a-t-il affirmé à la presse.
Selon lui, un tel règlement « comprend
également des accords entre Israël et la
Syrie, Israël et le Liban et la pleine normalisation
des relations entre tous les pays de la
région».
Le chef négociateur palestinien, Saëb Erakat,
a de son côté affirmé que les
Palestiniens ne posaient pas de conditions à la
reprise des pourparlers. «Ce qui entrave en
réalité les efforts du sénateur
Mitchell et du président Obama, c’est Israël
avec ses colonies, ses incursions et ses assassinats
», a-t-il déclaré.
Da ns le c amp israélien, le ministre chargé
du Développement régional , Sylvan Shalom, a
prévenu qu’il était « temps de dire de
façon claire et nette qu’il n’y aura plus de
concessions supplémentaires de la part
d’Israël». Il a en outre dressé un bilan
négatif de la diplomatie Obama, jugeant qu’elle
n’avait « pas fait ses preuves» en un an.
Israël fait à sa tête
Israël va de l’avant
JÉRUSALEM — Israël a donné hier le feu
vert à la construction de plusieurs centaines de
nouveaux logements dans des colonies juives en Cisjordanie
occupée, en dépit des vives critiques
internationales.
Comme le prévoit la procédure, le ministre
de la Défense, Ehoud Ba ra k, « a
autorisé la construction de 455 logements dans des
blocs d’implantations en Judée-Samarie
(Cisjordanie)», selon un communiqué de son
bureau.
La poursuite de la construction dans ces colonies a
toujours fait consensus sous les gouver nements
israél ien s successifs.
Le P remier ministre Benyamin Nétanyahou avait fait
savoir vendredi qu’il entendait donner un coup
d’accélérateur à la colonisation
avant un éventuel « moratoire » de
plusieurs mois destiné à apaiser Washington.
Les États-Unis exigent un gel de la colonisation
afin de permettre la reprise des négociations de
paix entre Israël et les Palestiniens.
L’autorisation
de nouveaux logements v ise à ménager l’aile
la plus dure de la droite israélienne,
opposée au moindre coup de frein à la
colonisation.
M. Nétanyahou refuse un gel total mais se dit
prêt à accepter un arrêt provisoire et
partiel de la construction dans les colonies de
Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où vivent
plus de 500 000 colons.
L’annonce israélienne survient peu avant une
nouvelle mission prévue en fin de semaine de
l’émissaire spécial américain George
Mitchell en Israël et chez les Palestiniens.
L’Autorité palestinienne a aussitôt
dénoncé l’initiative israélienne.
« Nous appelons la communauté internationale,
et en premier lieu l’administration américaine,
à prendre une position ferme et décisive
face à la politique d’expansion des colonies juives
», a déclaré à l’AFP Nabil Abou
Roudeina, porte-parole du président pa lesti n ien
Mahmoud Abbas.
Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat
a affirmé que cette mesure « rend nul tout
éventuel gel ultérieur de la colonisation et
sape la confiance dans le processus de paix ».
Cisjordanie : pas de gel des colonisations en
vue
JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien
Benyamin Néta nya hou va approuver la construction
de plusieurs centaines de nouvelles habitations avant de
consentir à un gel temporaire des colonisations en
Cisjordanie, ont affirmé hier plusieurs de ses
conseillers.
PHOTO AP
De passage en Israël cette
semaine pour y donner des concerts, la chanteuse Madonna
(au centre) en a profité pour rendre visite
à Benyamin Nétanyahou et sa femme Sarah,
hier. Elle les a rencontrés à leur
domicile de Jérusalem.
Ces col laborateu rs , qu i s’exprimaient sous couvert de
l’anonymat, ont indiqué que M. Nétanyahou
approuverait dans les prochains j ours la construction de
centaines de nouveaux appartements en Cisjordanie. Ils
n’ont fourni aucun chiffre précis, mais ont
précisé que ces nouvelles habitations
viendraient s’ajouter aux 2500 déjà en
construction.
Ces implantations se situeront à l’intérieur
des principau x f oyers de colon ies actuels, et un
éventuel gel temporaire ne concernerait pas non
plus Jérusalem-Est, que les Palestiniens
revendiquent comme capitale de leur futur État,
selon ces sources.
Par ces informations, Israël semble défier
ouvertement l’administration Obama, qui a publiquement
fait du gel des colonisations par l’État
hébreu une condition de la reprise des pourparlers
de paix avec les Palestiniens.
La
Maison-Blanche a d’ailleurs vivement réagi hier,
affirmant que la décision de Benyamin
Nétanyahou allait contre la feuille de route pour
la paix au Proche-Orient.
« Nous regrettons les informations sur les projets
israéliens d’approuver la construction
d’implantations supplémentaires », a
déclaré le porte-parole de la
Maison-Blanche, Robert Gibbs, dans un communiqué.
« Comme l’a dit le président, les
États-Unis ne reconnaissent pas la
légitimité de l’expansion des implantations,
et nous appelons à sa fin.»
Reçu à Paris, le président de
l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait hier
du gel de la colon isation israélienne dans les
territoires occupés un préalable à
une éventuelle rencontre avec Benyamin
Nétanyahou en marge de l’Assemblée
générale des Nations unies à New
York, à la fin du mois de septembre.
L e nombre de colons israéliens en Cisjordanie a
constamment augmenté depuis des décennies et
a plus que doublé depuis le début des
années 90. Aujourd’hui, environ 300 000
Israéliens vivent parmi 2,5 millions de
Palestiniens dans le territoire. Ils sont également
180 000 à vivre dans les quartiers est de
Jérusalem.
Gaza privée de pièces
détachées pour ses égouts
«
Déni de la dignité humaine dans la bande de
Gaza », dit l’ONU
BEIT LAHYA — Le coordonnateur humanitaire de l’ON U dans
les territoires palestiniens a exhorté hier
Israël à autoriser l’entrée à
Gaza de pièces détachées
nécessaires à la remise en état du
système de distribution d’eau et des égouts.
Actuellement, quelque 10 000
personnes dans Gaza n’ont pas accès au
réseau de distribution de l’eau alors que 60 % de
la population « n’a pas un accès permanent
à l’eau », a affirmé Maxwell
Gaylard.
« La détérioration et les pannes
touchant les installations de l’eau et des égouts
à Gaza aggravent le déni de la
dignité humaine dans la bande de Gaza », a
déclaré Maxwell Gaylard dans une
conférence de presse sur le site d’une station de
traitement des eaux usées à Beit Lahya, dans
le nord du territoire.
Selon lui, ces infrastructures ont connu une «
dégradation graduelle » en raison du blocus
israélien en vigueur depuis juin 2007 et la
situation a empiré après l’offensive
israélienne dévastatrice de décembre
et janvier derniers. Actuellement, quelque 10 000
personnes dans Gaza n’ont pas accès au
réseau de distribution de l’eau alors que 60 % de
la population « n’a pas un accès permanent
à l’eau », a affirmé M. Gaylard.
En raison
des dégâts subis par le réseau de
traitement des eaux usées, des retards dans les
travaux de modernisation et du manque de carburant et
d’électricité nécessaires à
son fonctionnement, entre 50 et 80 millions de litres
d’eaux usées non traitées ou partiellement
traitées se déversent à
présent quotid ien nement dans la
Méditerranée, a-t-il expliqué.
Dans ce contexte, M. Gaylard et l’ ONG A ssoc iation of
International Development Agencies (AIDA) ont
appelé le gouvernement d’Israël «
à prendre des mesures immédiates pour
permettre l’entrée à Gaza de
matériaux de construction et de réparation
nécessaires pour faire face à la crise de
l’eau et des égouts ».
Faute d’une remise en état de ces infrastructures,
« la santé publique et l’environnement
resteront exposés à un grand risque »,
ont averti M. Gaylard et AIDA dans un communiqué
distribué à la conférence de presse.
La bande de Gaza, où s’entassent 1,5 million de
Palestiniens est soumise à un strict blocus
israélien depuis la prise de contrôle du
territoire par le mouvement islamiste Hamas,
considéré comme une organisation terroriste
par l’État hébreu.
Grosse crise diplomatique Suède-Israël
- AGNÈS GRUDA
Au point
de départ, il y a eu un article bâclé
paru il y a une dizaine de jours dans les pages culturel
les du t abloïd suédois Aftonbladet. Au point
d’arrivée : de grosses turbulences diplomatiques
entre Stockholm et Tel-Aviv, doublées d’un
débat sur les limites de la liberté
d’expression.
L’article, qui a mis le feu au x poud res , por ta it u n
titre accusateur : « Les organes de nos fils
pillés ». Son auteur, le journaliste Donald
Bostrom, reprend des rumeurs qui remontent au début
des années 90, accusant l’armée
israélienne d’avoir couvert un trafic d’organes
prélevés sur des détenus
palestiniens.
Le journaliste profite de l’arrestation récente
d’un Juif américain accusé d’avoir
trempé dans une affaire de trafic de reins pour
remettre à l’ordre du jour ce sujet sur lequel il
avait écrit il y a plus de 15 ans. La
récente arrestation devrait conduire à une
enquête sur ses anciennes allégations,
affirmet-il dans son papier.
Il se contente d’y citer d’anciennes sources anonymes de
l’ONU et une famille palestinienne qu’il avait
rencontrée à l’époque. Pas de
nouveaux faits, pas de contre-vérifications pour
des accusations extrêmement graves, fondées
su r u ne association entre deu x faits divers
éloignés autant dans l’espace que dans le
temps.
Grosse commmotion
En Israël, l’affaire a causé u ne grosse com
motion. Profitant d’une réunion du
Conseil des m i n istres , dimanche, le premier ministre
Benyamin Nétanyahou a pressé le gouvernement
suédois de condamner le journal. Stockholm a
refusé, au nom de la liberté de presse.
Le ministre israélien des Affaires
étrangères, Avigdor Lieberman, en a alors
remis, faisant un lien entre la retenue du gouvernement
suédois et son silence face à l’Holocauste.
Un autre ministre a remonté encore plus loin dans
le temps et a compa ré l ’a r t ic le du
tabloïd suédois aux légendes accusant
les Juifs de faire du pain azyme avec le sang d’enfants
chrétiens.
P uis l ’a
mba s s ad r ice de Suède à Tel-Aviv a
plié sous la pression, s’excusant au nom de son
gouvernement pour l’article de Donald Bostrom. L’affaire a
immédiatement rebondi en Suède, où le
s médias lui sont tombés dessus, l’accusant
d’avoir outrepassé les limites de la liberté
d’expression.
E n I sraël , beaucoup de médias se sont
rangés derr ière leu r gouver nement . Sauf
le libéral Haaretz, qui l’a l’accusé d’avoir
sombré dans « une réaction
délirante et démagogique ».
Représailles
Après les mots, les gestes. Israël a
décidé, en guise de rétorsion, de
retarder l’accréditation journalistique à
deux reporters du Aftonbladet. La visite prochaine du
ministre des Affaires étrangères
suédois Carl Bildt a également
été remise en cause. Et des milliers
d’Israéliens ont signé une pétition
appelant au boycottage de tout ce qui vient de
Suède, à partir des meubles Ikea
jusqu’à la vodka Absolut, en passant par la Volvo
et les magasins H&M.
Cette chicane diplomatique a été
comparée à la fameuse a f fa i re des ca
ricatu res de Mahomet publiées par un journal
danois il y a quatre ans et qui avaient soulevé la
fureur dans le monde musulman. Là aussi, on avait
appelé un gouvernement à dénoncer la
décision éditoriale d’un journal.
Responsabilité
Mais les gouvernements doivent-ils porter la
responsabilité des médias de leur pays
lorsque ceux-ci publient n’importe quoi ? Non, estime
l’organisme Reporters sans frontières. « Quel
que soit le contenu de cet article, et même si nous
comprenons qu’il ait pu engendrer de la colère au
sein de l’opinion publique israélienne, le
gouvernement israélien devrait s’abstenir de
demander à son homologue suédois
d’intervenir », écrit-il dans un
communiqué.
Autrement dit, le journal est seul responsable de son
contenu. S’il dérape, Israël peut toujours le
poursuivre pour diffamation. Le gouvernement
suédois n’a rien à voir làdedans. Et
mieux vaut qu’il ne commence pas à distribuer des
blâmes aux journaux: la pente pourrait
s’avérer glissante. Le plus paradoxal dans toute
cette affaire, c’est que l’article de Donald Bostrom, paru
dans les dernières pages du journal suédois,
a profité d’une diffusion internationale comme il
n’en aurait jamais eu sans l’intervention des dirigeants
israéliens.
NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP -
AGNÈS GRUDA
En
tournée en Occident, le premier ministre
israélien, qui s’est entretenu hier avec le premier
ministre britannique Gordon Brown, a laissé savoir
qu’il ne compte pas baisser les bras rapidement sur la
question des colonies juives et ce, malgré les
appels répétés des États-Unis.
Le politicien israélien de droite, qui est attendu
aux États-Unis aujourd’hui, a dit qu’il tenterait
de trouver un compromis avec l’administration Obama pour
permettre à Israël de poursuivre la
construction de certaines colonies, tout en reprenant les
pourparlers de paix avec les Palestiniens. ces derniers
souhaitent qu’Israël accepte un gel des colonies
avant de reprendre les discussions de paix.
Obama «irréaliste»
Le chef de la diplomatie israélienne a jugé
« irréaliste » hier la vision du
président américain pour la paix au
Proche-Orient. « Parvenir à réaliser le
rêve du président Obama en deux ans (...) est un
objectif irréaliste », a déclaré
Avigdor Lieberman. Un rapport publié hier par
l’organisation La paix maintenant indique par ailleurs la
colonisation israélienne ne ralentit pas en Cisjordanie
: depuis le début de l’année, 600 nouveaux
logements ont commencé à être construits
dans les implantations juives en territoire palestinien, selon
le rapport.
Israël se dit prêt à
freiner la colonisation en Cisjordanie
JERUSALEM—
Sous la pression de Washington, Israël s’est dit hier
disposé à freiner temporairement la
colonisation en Cisjordanie en gelant les appels d’offres
à la construction de logements jusqu’au
début 2010, ce qui n’empêcherait toutefois
pas la poursuite des projets privés.
Le président américain Barack Obama a
félicité Israël à l’issue d’une
rencontre à la Maison-Blanche avec le
président égyptien Hosni Moubarak pour son
« geste dans la bonne direction » sur ce
dossier, tout en appelant de nouveau les pays arabes et
les Palestiniens à consentir à un geste
envers l’État hébreu.
L e premi e r mi n i s t r e Benyamin Nétanyahou
envisage de prolonger une suspension de facto des appels
d’of f res en place depuis neuf moi s , y compr i s
à Jérusalem-est (annexée après
sa conquête en juin 1967), ont fait savoir des hauts
responsables gouvernementaux.
Cette
annonce survient une semaine avant une rencontre à
Londres entre M. Nétanyahou et l’envoyé
spéc i a l a méric a i n pour le Proche-Or
ient George Mitchell, qui doit porter sur un gel de la
colonisation.
La décision israélienne a été
aussitôt rejetée comme une manoeuvre par l es
Palestiniens qui ont fait valoir que la colonisation se
poursuivait sur le terrain, via des organismes
privés ou relevant de municipalités (mais
largement subventionnés par l’État).
« Israël doit cesser toutes les
activités de colonisation sans exception. Il ne
fait que lancer des ballons d’essai et nous sommes
habitués à ce genre de tromperies », a
déclaré le négociateur palestinien
Saëb Erakat.
ISRAËL Expulsions
dénoncées
La
secrétaire d’État américaine, Hillary
Clinton, s,est jointe à l’Union européenne et
à la France pour critiquer les expulsions
menées par les autorités israéliennes
à Jérusalem-Est. Elle a estimé que
l’expulsion de deux fami l les palestiniennes dimanche afin
de permettre l’installation de familles israéliennes
était « profondément regrettable »
et a exhorté Israël à « s’abstenir
de tels actes de provocation ».
Deux familles palestiniennes expulsées
Israël
a poursuivi la colonisation juive à
Jérusalem-Est en expulsant hier des Palestiniens de
deux maisons, s’attirant aussitôt les foudres de la
communauté internationale. Dans la soirée,
13 manifestants israéliens et palestiniens, qui
protestaient contre cette expulsion, ont été
interpellés par la police, a rapporté la
radio publique. « Je suis né dans cette
maison, mes enfants aussi. Je résidais ici
légalement, et maintenant, nous sommes à la
rue. Nous sommes des réfugiés »,
s’insurge Maher Hanoun après avoir
été expulsé de chez lui, à
Cheikh Jarrah. « Nous déplorons totalement
les ac tions i nacceptables d’Israël », a dit
dans un communiqué Richard Miron, le Coordinateur
spécial de l’ONU pour le processus .de paix.
ISRAËL « Paix chaude »
Le premier
ministre israélien Benyamin Nétanyahou a
prôné hier «une paix très
chaude» avec ses voisins, en allusion aux relations
plutôt froides entre Israël et son environnement
arabe, au cours d’un discours sans précédent
à la résidence de l’ambassadeur
d’Égypte en Israël. «Je pense que nous
pouvons avoir une paix très chaude», a
déclaré M. Nétanyahou à
l’occasion de cette réception à la
résidence privée à Herzliya de
l’ambassadeur Yasser Reda, dans des propos rapportés
par la Chaîne-Dix, chaîne privée de la
télévision israélienne.
ISRAËL Accord sur les colonies
Israël et les États-Unis sont parvenus
à un arrangement aux termes duquel l’ État
hébreu pour ra achever la construction en cours de 2500
logements dans les colonies de Cisjordanie, a affirmé
le quotidien Maariv. Cet accord aurait été
conclu lors d’une rencontre, lundi à Londres, entre le
ministre israélien de la Défense Ehoud Barak et
l’émissaire spécial américain pour le
Proche-Orient George Mitchell.
Deux entreprises québécoises
poursuivies pour crimes de guerre en Palestine
Le conflit
israélo-palestinien se transporte en Cour
supérieure du Québec cette semaine. Des
citoyens d’un petit village palestinien tenteront de
démontrer au cours des prochains jours que deux
entreprises montréalaises commettent des crimes de
guerre en construisant des résidences
destinées à des colons israéliens.
Le village
de Bil’in et ses 1700 habitants accusent Green Mount
International Inc. et Green Park International Inc. de
transgresser les lois internationales (la convention de
Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale
internationale) qui interdisent à une force occupante
de transférer sa population civile sur un territoire
occupé à la suite d’un conflit. Les villageois
demandent aux tribunaux québécois de forcer
les entreprises à cesser immédiatement les
travaux en cours à des milliers de kilomètres
d’ici et réclament 2 millions de dollars en dommages
et intérêts pour les préjudices
causés par la vente des résidences à
des colons israéliens.
Si le juge accepte d’entendre cette cause au terme des
audiences préliminaires, ce sera la première
fois que la Loi sur les crimes contre l’humanité et
les crimes de guerre, adoptée en 2000, est
évoquée dans une poursuite civile au pays.
CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux entreprises
deMontréal accusées en Cour supérieure
Le conseil de
Bil’in leur réclame deux millions de dollars en
dommages et la remise en état des lieux.
La Cour supérieure n’a pas juridiction pour trancher
un litige qui se passe en Cisjordanie, a plaidé hier
Me Ronald Levy, qui représente deux entreprises
montréalaises poursuivies pour avoir construit des
immeubles à Bil’in, afin d’y loger des colons juifs.
La poursuite, qui al lègue des « crimes de
guerre », a été intentée par le
conseil de Bil’in, ainsi que son chef, Ahmed Issa Abdallah
Yassin. Bil’in est un petit village agricole d’environ 400
hectares, qui compte 1700 habitants, et est situé en
territoire palestinien occupé.
Depuis le dépôt des procédures, M.
Yassin est décédé, mais ses
héritiers ont repris le flambeau. Les deux
entreprises visées sont Green Park International et
Green Mount International, enregistrées au
Québec, mais qui semblent avoir des structures
complexes, à partir du Panama. Annette La roche, une
résidante de Deux-Montagnes, est directrice,
présidente et secrétaire, du moins sur papier,
des deux entreprises.
Accusa nt
les ent repr i ses d’être des « agents
d’Israël », le conseil de Bil’in leur reproche
d’avoir violé les lois internationales et
canadiennes en construisant des immeubles en territoire
occupé. On leur réclame deux millions de
dollars en dommages et la remise en état des lieux.
Hier, le j uge Louis-Paul Cullen, de la Cour
supérieure, a donc commencé à
entendre les arguments des deux entreprises, qui demandent
le rejet pur et simple de la requête. Outre
l’absence de j uridiction, Me Levy a avancé
d’autres arguments juridiques, dont l’immunité des
États, et le fait que les terrains visés ont
été acquis légalement. Ce qui est
évidemment démenti par la partie adverse.
Des villageois de Bil’in sont venus à
Montréa l pour assister à l ’ audience.
Pendant la pause du midi, ils se sont joints à des
suppor t eu r s pou r mani f e s t er devant le palais de
justice de Montréal.
L’audience s e poursuit aujourd’hui.
Jimmy Carter dénonce le traitement infligé
aux Palestiniens
— L’ancien
président américain Jimmy Carter s’est
entretenu, hier, avec le chef du gouvernement du Hamas,
Ismaïl Haniyeh, à Gaza, où il a
dénoncé le blocus israélien, estimant
que les Palestiniens était traités comme des
« animaux ».
Après ses discussions avec M. Haniyeh, il a
appelé à la fin de « toutes les
violences » dont sont victimes les Palestiniens et les
Israéliens. M. Carter s’est rendu dans des lieux
détruits par l’offensive israélienne de
décembre et janvier derniers qui a fait plus de 1400
morts palestiniens, visitant une école
américaine détruite dans un raid aérien
israélien.
« Je suis très affecté. Je dois retenir
mes larmes en voyant la destruction infligée à
votre peuple », a-t-il déclaré.
« Je
suis venu à l’école américaine. Elle
éduquait vos enfants, elle était
financée par mon pays et je constate qu’elle a
été délibérément
détruite par des bombes larguées par des F-16
fabriqués dans mon pays.
« Je me sens en partie responsable pour ce qui s’est
passé et tous les Américains et les
Israéliens doivent avoir le même sentiment
», a-t-il ajouté.
« Ce n’est pas bien de voir cette destruction, mais ce
n’est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur
Sdérot. Toute cette violence doit cesser »,
selon lui.
Un bien maigre cochon -
Agnès Gruda
Quand i ls
s’y mettent, les Américains sont capables de tout,
même de faire voler un cochon, a écrit un
journaliste israélien dans le quotidien Haaretz,
hier.
PHOTO ASSOCIATED PRESS
Des affiches montrant le
président Barak Obama sous les traits d’un
Palestinien ont fait leur apparition à
Jérusalem, depuis son discours prononcé au
Caire au début du mois. Elles sont l’oeuvre d’un
groupe de juifs ultra-orthodoxes.
Il faisait allusion au fait que sous la pression de Barack
Obama, le premier ministre israélien, Benyamin
Nétanyahou, a fini par prononcer ces mots qui
n’avaient jusqu’à maintenant jamais franchi ses
lèvres : « État palestinien ».
L’événement s’est produit dimanche, dans une
allocution censée donner la réponse
israélienne au grand discours que Barack Obama
adressait, la semaine précédente, au monde
musulman.
Benyamin Nétanyahou, qui dirige une coalition de
droite en Israël, s’est donc engagé à
accepter qu’un État palestinien voie le jour aux
côtés de l’État hébreu. Ce
n’est pas rien. Pendant toute sa carrière
politique, Nétanyahou s’est toujours opposé
à ce projet.
Encore l’hiver dernier, en campagne électorale, il
affirmait qu’il suffirait de relancer l’économie
palestinienne pour régler le conflit du
Proche-Orient. Comme si les aspirations nationales des
Palestiniens étaient solubles dans la
prospérité.
Nétanyahou a donc fait un pas. Il a mis des ailes
au cochon. L’animal manque toutefois cruellement de
chair...
Car rien dans les mots du premier ministre
israélien ne permet d’espérer que cet
objectif ait la moindre chance de se réaliser sous
sa conduite. C’est d’abord une question de ton, aux
antipodes de celui qui a marqué l’allocution
d’Obama. Il n’y avait, chez Nétanyahou, aucune
marque d’empathie pour les souffrances des Palestiniens,
aucune reconnaissance de leurs liens avec le territoire
qu’ils partagent avec les Israéliens. Aucune
reconnaissance, non plus, d’une responsabilité
israélienne dans le conflit qui oppose les deux
peuples.
La faute
des Palestiniens
Dans le Proche-Orient selon Benyamin Nétanyahou,
les Palestiniens sont les seuls responsables de tous les
maux. Et les colons juifs sont des gens de principe qui ne
cherchent qu’à construire quelques garderies pour y
élever leurs enfants.
Ensuite, il y avait le fond. Tout en proposant aux
Palestiniens de reprendre des négociations de paix,
Nétanyahou pose la barre tellement haut qu’il
sabote le dialogue avant même qu’il ne soit
amorcé.
Avant même de s’asseoir à la table avec
« Bibi », les Palestiniens devront
reconnaître le droit à l’existence de
l’État juif, accepter de désarmer,
abandonner leurs revendications sur Jérusalem et le
droit de retour des réfugiés et, bien
sûr, se débarrasser du Hamas.
Comme préalable à des négociations,
ces conditions sont inacceptables, même pour les
plus modérés parmi les Palestiniens. Ce
discours est « patriarcal et colonialiste dans la
plus belle tradition néoconservatrice »,
écrit d’ailleurs le journaliste Akiva Eldar,
toujours dans Haaretz.
Mais là où le discours de Nétanyahou
est le plus révélateur. c’est sur la
question des implantations juives en Cisjordanie. Nous ne
voulons pas de nouvelles colonies, mais nous voulons
développer celles qui existent déjà
pour les besoins de leurs habitants, a-t-il dit en gros.
C’est précisément par ce même discours
que la droite israélienne a toujours accueilli les
demandes de geler la colonisation. Résultat: des
implantations juives qui ont grossi à un rythme
largement supérieur à la croissance
naturelle...
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement
israélien tente d’échapper aux pressions de
Washington avec des entourloupettes. Qu’arrivera-t-il
cette fois-ci ? Barack Obama peut se contenter de cette
conversion un peu creuse en faveur d’un État
palestinien. Ou pousser Nétanyahou à mettre
un peu de viande sur son cochon.
Le « pas en avant » de
Nétanyahou
Le premier
ministre israélien accepte la création d’un
État palestinien... démilitarisé
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles
colonies ou confisquer de terres à cette fin. Mais il
faut permettre aux habitants des implantations de vivre
normalement. »
Soumis à d’intenses pressions internationales, le
premierministre israélien Benyamin Nétanyahou a
accepté pour la première fois hier le principe de
la création d’un « État palestinien »,
en échange de concessions importantes. Un « pas en
avant » qu’a froidement accueilli l’autre camp.
PHOTO BAZ RATNER, ASSOCIATED
PRESS
Le premier ministre israélien a
livré hier un discours très attendu sur l’avenir
du Proche-Orient. Son ouverture envers l’État
palestinien, accompagnée de nombreuses conditions, n’a
pas satisfait les principaux intéressés.
Dans un discours des plus attendus à Tel-Aviv sur
l’avenir du Proche-Orient, Nétanyahou a proposé la
reprise immédiate et sans conditions préalables
des négociations de paix. Il a toutefois imposé
plusieurs conditions à l’existence d’un éventuel
État palestinien. Ce dernier devra impérativement
être démilitarisé.
« En cas d’accord de paix, le territoire sous
contrôle palestinien doit être
désarmé, et Israël avoir de solides garanties
de sécurité », a-t-il dit. « À
chacun son drapeau, à chacun son hymne. Le territoire
alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans
contrôle de l’espace aérien, sans entrée
d’armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec
l’Iran ou le Hezbollah » libanais, a-t-il ajouté.
Les Palestiniens devront en outre reconnaître « de
façon sincère et publique qu’Israël est le
pays du peuple juif ».
« Si nous recevons ces garanties sur la
démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent
Israël comme l’État du peuple juif, alors nous
parviendrons à une solution basée sur un
État palestinien démilitarisé aux
côtés d’Israël », a
déclaré M. Nétanyahou.
Le président américain, Barack Obama, qui, dans le
discours de réconciliation avec le monde musulman qu’il
avait prononcé le 4 juin au Caire, avait pressé
Israël d’endosser le principe de « deux États
pour deux peuples » a estimé hier qu’un «
important pas en avant » avait été franchi
tandis. La France a quant à elle salué la «
perspective tracée » par Israël, et ce, bien
que M. Nétanyahou ait refusé de s’engager sur le
gel de la colonisation en Cisjordanie, qui a pourtant fait
l’objet de demandes répétées de la
communauté internationale.
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles
colonies ou confisquer de terres à cette fin, a-t-il
indiqué. Mais il faut permettre aux habitants des
implantations de vivre normalement. » Il a ainsi exclu
l’arrêt de la construction dans les colonies existantes
pour répondre aux besoins de la croissance
démographique naturelle.
M. Nétanyahou a aussi balayé la possibilité
d’un retour des réfugiés palestiniens en
Israël. Les Palestiniens considèrent que les
millions de personnes et leurs descendants qui ont fui la guerre
de 1948-1949 après la création de l’État
hébreu ont le droit d’exiger la restitution de leurs
logements.
Discours
majeur
Quelques minutes à peine après la fin du discours,
le président du comité Canada Israël, joint
à Tel-Aviv par La Presse, a estimé que ce «
discours majeur » permettrait enfin de faire avancer le
processus de paix. « Il a lancé une invitation
très claire et sincère aux Palestiniens », a
déclaré Moshe Ronen.
Julien Saada, spécialiste de la question à la
chaire RaoulDandurand en études stratégiques et
diplomatiques de l’UQAM, s’est montré toutefois nettement
moins enthousiaste. « Le seul petit changement
réside dans le fait qu’il a parlé d’un État
– un mot important –, mais il a sans cesse nuancé avec
ses conditions », a-t-il expliqué hier.
Il estime que M. Nétanyahou a sans doute
préféré rester vague parce qu’il est
tiraillé entre son gouvernement de coalition, plus
ancré à droite, et sa volonté de
préserver ses relations avec les Américains,
désireux de voir débloquer le processus de paix.
« Les Palestiniens seront déçus, et l’un des
effets du discours pourrait être de renforcer la position
du Hamas, qui affirme qu’on ne peut pas négocier avec les
Israéliens. »
Inacceptable
Les conditions imposées par Benyamin Nétanyahou
ont effectivement été jugées inacceptables
par les principaux intéressés. L’Autorité
palestinienne a aussitôt accusé M.
Nétanyahou de « torpiller » les efforts de
paix. « Il entrave les efforts visant à sauver le
processus de paix dans un clair défi à
l’administration américaine », a tranché
Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président
palestinien, Mahmoud Abbas.
Le Hamas, parti islamiste qui s’oppose à toute
reconnaissance d’Israël, a pour sa part estimé:
« Ce discours ref lète l’idéologie raciste
et extrémiste de Nétanyahou et fait fi de tous les
droits du peuple palestinien. »
« Benyamin Nétanyahou propose une conception
inacceptable de l’État palestinien. Comment pourrait-on
envisager qu’il soit démilitarisé alors que,
à côté de lui, Israël est la
cinquième puissance militaire mondiale ? Ce discours,
c’est une déclaration de guerre », a
commenté de son côté Lorraine Guay,
porte-parole de la Coalition pour la justice et la paix en
Palestine, à Montréal.
Un
lobby juif de gauche à Washington
Une
organisation pacifiste juive logée à l’enseigne
d’une rue qui n’existe pas crée de l’émoi aux
États-Unis. Son but : changer le visage du lobby
pro-israélien à Washington.
Un
nouveau lobby juif pacifiste a vu le jour à
Washington. Encore jeune, mais déjà influent,
le J Street est favorable à la création d’un
État palestinien et opposé à la
colonisation juive en Cisjordanie, comme sur cette photo,
où des colons juifs dressent une charpente
près de Ramallah, cette semaine.
Dans la capitale américaine, des avenues
désignées par une lettre croisent des rues
dénommées par un chiffre. Mais ne cherchez pas
la rue J: elle n’existe pas.
« J Street », c’est le nom qu’ont choisi des Juifs
américains pour faire opposition au lobby juif
dominant, trop favorable selon eux à la droite
israélienne.
« Nous avions l’impression que le débat sur le
Proche-Orient était devenu très statique
à Washington. Et que le fait que la majorité des
Juifs américains soutiennent un processus de paix ne se
rendait pas jusqu’aux oreilles des législateurs
», explique Joel Rubin, directeur des Relations
gouvernementales de J Street.
Créé au printemps 2008, ce nouveau lobby veut
combler ce vide et donner une avenue à des voix qui
n’atteignaient pas le Congrès, explique M. Rubin.
Les militants pro-paix à Washington ont trop souvent
été dépeints comme des opposants de
l’État hébreu, déplore-t-il. « J
Street veut créer un espace politique pour des gens qui
soutiennent fortement Israël, mais qui favorisent
également une solution pacifique au Proche-Orient.
»
Il y a plus d’un demi-siècle que la position des Juifs
américains sur le Proche-Orient est canalisée
par le Comité américain des affaires publiques
d’Israël (AIPAC). Ce comité représente
l’establishment pro-israélien aux ÉtatsUnis,
explique James Besser, chef de bureau de l’hebdomadaire Jewish
Week à Washington.
Et avec l’avènement de J Street, cet establishment se
sent pour la première fois menacé, croit le
journaliste.
Pour l’instant, J Street dispose encore de moyens modestes.
À peine une quinzaine d’employés permanents, et
une organisation un peu artisanale. Pourtant, dit James
Besser, « J Street a accompli beaucoup en un an, et il a
le potentiel d’exercer une grande influence à
Washington ».
Ses principaux
atouts: le réseautage internet, à la
manière virale qui a caractérisé la
campagne électorale de Barack Obama. Et son
entrée sur un terrain réservé
jusqu’à récemment au lobby dominant: le
financement politique.
« J Street ? Mais i ls n’ont aucune pertinence, ce sont
quatre gauchistes propalestiniens dans un sous-sol »,
s’est exclamé Josh Block, responsable des
communications pour AIPAC, lorsque La Presse l’a joint, au
début du mois.
« Nous refusons toute comparaison avec eux »,
a-t-il ajouté, avant de refuser toute entrevue
officielle.
Quelles positions défendent au juste les « quatre
gauchistes » de J Street ? Au moment de la guerre contre
Gaza, l’organisation jugeait que cette offensive ne
contribuerait pas à la sécurité
d’Israël et ne ferait qu’aggraver le cycle de la
violence.
Sans faire la promotion d’un scénario de paix
précis, J Street favorise aussi le gel de la
colonisation juive en Cisjordanie et la création d’un
État palestinien aux côtés d’Israël.
L’idée de base étant que ce ne sont pas les
solutions qui manquent au ProcheOrient, mais la volonté
politique de les implanter.
J Street a publié récemment un sondage qui
démontre que la majorité des juifs
américains soutiennent ce genre d’approche,
plutôt que la position défendue par les «
faucons » d’AIPAC.
Est-ce vrai ? En fait, explique James Besser, il faut
éviter de diaboliser ce lobby pro-israélien, qui
a tendance à s’aligner sur les gouvernements
israéliens successifs.
Reste qu’en février dernier, les Israéliens ont
élu un gouvernement très, très à
droite. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou
multiplie les autorisations de construire dans les territoires
occupés. Et son ministre des Affaires
étrangères, Avigdor Lieberman, est ouvertement
anti-arabe.
« Il y a eu un virage draconien dans l’opinion publique
israélienne, et cette tendance n’a pas
été suivie aux États-Unis »,
constate James Besser.
C’est dans ce fossé qui s’élargit que J Street
puise ses appuis.
Un prisonnier porteur de paix ? -
Laura-Julie Perrault
Élu
au comité central du Fatah, le Palestinien Marwan
Barghouti a de nouveaux alliés en Israël
Malgré un premier congrès en 20 ans
marqué par les dissensions internes, le mouvement
Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas a
réussi à renouveler son leadership cette
semaine. Parmi les nouveaux visages élus mardi au
sein du comité central du parti figure un des
prisonniers les plus célèbres d’Israël,
Marwan Barghouti.
« Êtes-vous certaine de ce que vous me dites?
Il faudra vérifier ça. » Au bout du
fil, l’ancien ministre palestinien Ghassan Khatib n’en
croyait pas ses oreilles. Dans une entrevue au journal
Haaretz, un ministre israélien réputé
de droite a suggéré cette semaine de
remettre en liberté Marwan Barghouti,
condamné à cinq peines d’emprisonnement
à vie il y a à peine cinq ans.
Une Palestinienne montre une
affiche de Marwan Barghouti, l’un des leaders de la
résistance armée palestinienne
emprisonné en Israël. La photo a
été prise lors d’une manifestation de
solidarité avec les détenus palestiniens
dans les prisons israéliennes, à Beyrouth,
au Liban, le 3 juillet dernier.
Figure de proue de la résistance armée
palestinienne et successeur potentiel au président
Mahmoud Abbas, Marwan Barghouti était
député quand il a été
arrêté puis reconnu coupable par un tribunal
israélien d’avoir fomenté des attentats
terroristes qui ont tué quatre Israéliens et
un moine grec. Après avoir reçu sa dure
sentence, en 2004, Barghouti, loin de se résigner,
avait souri aux caméras et levé ses mains
menottées pour faire le V de la victoire. L’image,
qui en avait scandalisé plusieurs en Israël,
avait nourri sa popularité dans les territoires
palestiniens.
De sa cellule de prison, Marwan Barghouti n’a jamais
cessé de faire de la politique. Même si ses
conditions de détention lui permettent
difficilement de communiquer avec ses supporters, il a
été élu mardi au comité
central du mouvement Fatah, fondé par Yasser Arafat
il y a plus de 50 ans.
Son élection a fait couler beaucoup d’encre.
Âgé de 50 ans, Marwan Barghouti fait partie
de la « jeune garde » du Fatah. Avant cette
semaine, aucun des 18 membres du comité central
n’avait moins de 70 ans.
Né en 1959, dans un village près de
Ramallah, en Cisjordanie, Marwan Barghouti n’avait que 8
ans au début de l’occupation israélienne.
À 15 ans, il rejoignait le Fatah et très
rapidement, il atterrissait derrière les barreaux.
Libéré, il a entrepris des études
universitaires et a joué un rôle central dans
la première Intifada. En 1987, il était
expulsé en Jordanie.
Ce n’est
qu’à la suite des accords d’Oslo que Marwan Ba
rghout i est rent ré en Cisjordanie, mais
déçu par l’évolution des choses, il
incitait six ans plus tard ses concitoyens à
utiliser la force de nouveau contre les Israéliens
à l’intérieur des territoires
occupés.
Pourquoi donc, malgré cette feuille de route, le
ministre israélien des minorités, Avishai
Braverman, plaide-t-il pour sa libération? «
Barghouti peut renforcer les modérés (au
sein du Fatah) qui veulent une solution diplomatique et un
accord avec l’État d’Israël », a-t-il
dit en entrevue.
Ghassan Khatib, qui est un ami proche de Marwan Barghouti
depuis le début des années 80, est on ne
peut plus d’accord. « Marwan a toujours
été l’un des plus grands défenseurs
du processus de paix avec Israël », se rappelle
celui qui a participé aux négociations de
paix avec l’État hébreu.
Dans des éditoriaux publiés par de grands
journaux américains, dont le Washington Post,
Marwan Barghouti a expliqué à maintes
reprises qu’il reconnaît le droit d’Israël
d’exister en tant qu’État mais pas son droit
d’occuper les territoires palestiniens. Il prône la
résistance armée à l’intérieur
de la Cisjordanie et de Gaza, mais s’oppose aux attentats
terroristes commis sur le sol israélien.
Dans un contexte où le Hamas, le parti islamiste,
est un rival sérieux du Fatah, plus
modéré, à l’intérieur des
territoires palestiniens, le discours de Marwan Barghouti
trouve ces jours-ci de nouveaux entendeurs, et ce,
même dans les rangs de la droite israélienne.
Le Fatah « sorti des soins intensifs »
RAMALLAH —
Plébiscité à la tête du Fatah
et entouré d’une di rection rajeunie, le
président palest i nien Mahmoud Abbas est sorti
renforcé du congrès de son parti au moment
où le dialogue avec Israël et les islamistes
du Hamas est dans l ’ i mpas s e , e s t i ment des
analystes.
PHOTO JAAFAR ASHTIYEH,
AFP
C’était la première
réunion du Fatah depuis la mort, en 2004, de son
fondateur, YasserArafat, dont le portrait est tenu par
une Palestinienne de Batala.
Miné par les querelles de chefs et la mauvaise
gestion et mortifié par sa déroute à
Gaza face au Hamas, le Fatah a réussi à
afficher un semblant d’unité rien qu’en organisant
son congrès général pour la
première fois en 20 ans.
Cette réunion, la première aussi depuis la
mort en 2004 du fondateur et chef historique du Fatah,
Yasser Arafat, a permis à M. Abbas, son successeur,
d’asseoi r son autorité sur une formation connue
pour son manque de discipline et peinant à se
transformer d’un mouvement de libération à
un parti au pouvoir.
Le programme politique adopté lors du
congrès a certes réitéré le
« droit du peuple palestinien à la
résistance » contre l’occupation
israélienne, mais il a surtout apporté un
soutien sans nuance au règlement
négocié avec Israël que M. Abbas, 73
ans, continue de prôner en dépit de l’impasse
dans les négociations.
Plusieurs caciques du Comité central, la principale
instance dirigeante du Fatah, ont annoncé leur
retrait lors du congrès ou cédé la
place à des plus jeunes lors des élections
internes.
Parmi les
nouveaux dirigeants figurent notamment Marwan Barghouthi,
symbole de la « résistance »
emprisonné à vie en Israël mais qui a
soutenu M. Abbas à l’élection
présidentielle de 2005 après avoir
songé courir contre lui, le négociateur
Saëb Erakat, mais aussi des hommes à poigne
favorables au di r igeant palest i nien comme Mohammad
Dahlane et Jibril Rajoub.
« Ce congrès a été comme une
bataille pour le président Abbas. Il l’a
menée avec succès et en est sorti victorieux
», estime l’analyste politique Abdelmajid Soweillem.
« Je pense que la nouvelle direction du Fatah est,
de par sa composition, encline à soutenir les
négociations politiques (avec Israël) et le
dialogue avec le Hamas » , ajoute-t-il.
Samir Awad, professeur de sciences pol it iques à
l’Université de Bir-Zeit en Cisjordanie, abonde
dans le même sens. « La nouvelle équipe
comprend un grand nombre de proches de M. Abbas, des gens
qui ont été, à un moment ou un autre,
ses collaborateurs », dit-il.
Il estime qu’en menant à bien la conférence
en dépit de débats houleux, M. Abbas «
a sorti le Fatah de l’unité des soins intensifs
».
Le Fatah lave son linge sale en famille
- Laura-Julie Perrault
L’organisation palestinienne tient son premier
congrès en 20 ans En arrivant à
Bethléem, en Cisjordanie, pour assister au premier
congrès du Fatah en 20 ans, plusieurs
délégués ont dit aux médias
qu’ils avaient l’impression d’assister à un «
très grand ma
QPourquoi
PHOTO NASSER SHIYOUKHI,
AP
Une affiche du chef historique des
Palestiniens Yasser Arafat, à Bethléem,
où se tient le congrès du Fatah.
le congrès que tient le Fatah à
Bethléem est-il important ? R Depuis sa fondat ion
en 1958 par un groupe de Palestiniens en exil, dont Yasser
Arafat, le Fatah a réuni six fois ses membres. La
dernière rencontre du genre a eu lieu à
Tunis en 1989. Le congrès actuel, qui a
débuté mardi, est le premier en 20 ans ainsi
que le premier à se dérouler en territoire
palestinien. Plus de 2300 personnes participent à
cette rencontre, dont 500 délégués
venus de l’étranger. La conférence survient
alors que le Fatah, longtemps prédominant sur la
scène politique palestinienne, fait face à
une crise de leadership, à d’importantes
dissensions internes ainsi qu’à une forte
rivalité avec le Hamas, qui a remporté les
élections législatives en 2006. D’ailleurs,
dans un coup de force, le parti islamiste a
décidé à la dernière minute de
ne pas permettre à 400 membres du Fatah de la bande
de Gaza de se rendre à Bethléem. QQuels
sont les objectifs de la conférence ? R Lors de son
discours inaugural, l’actuel chef du Fatah et
président de l’Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas, a dit que son organisation politique a
besoin d’orientations claires. En ce moment, le Fatah
regroupe deux écoles: celle qui est favorable aux
négociations avec Israël et celle qui
prône la résistance armée. Dans son
discours, Mahmoud Abbas a affirmé qu’il fallait
donner la priorité au processus de paix, mais sans
pour autant écarter le recours à la
résistance non violente en cas d’échec.
En plus
de revoir les orientations du parti, les participants au
congrès doivent aussi élire de nouveaux
représentants aux hautes instances du parti, soit
le Comité central et le Conseil
révolutionnaire. QQuelles
chances a Mahmoud Abbas de remettre sur pied son
organisation ? R Hier, en début de journée,
elles ne semblaient pas très bonnes alors que les
modalités des élections sont devenues un
point de discorde entre la vieille garde du parti, les
leaders du Fatah de la bande de Gaza et les plus jeunes
membres de l’organisation, tenus loin du pouvoir depuis 20
ans. Ces derniers accusaient Abbas d’avoir manipulé
l’élection afin qu’ils soient de nouveau exclus des
hautes sphères. Selon Associated Press, un
compromis a été trouvé en fin de
soirée et les élections devraient avoir lieu
aujourd’hui. Les résultats seront
déterminants. QQue
signifie cette conférence pour le processus de paix
au Proche-Orient ? R « Si Mahmoud Abbas sort du
congrès comme l’homme qui est toujours aux
commandes, il va rester le seul leader palestinien capable
de négocier avec Israël », croit Sami
Aoun, professeur de sciences politiques à
l’Université de Sherbrooke. S’il en sortait
perdant, cependant, le Hamas pourrait avoir le haut du
pavé pour négocier avec le gouvernement
israélien de droite présentement en place.
« Beaucoup de gens croient que les radicaux
israéliens et palestiniens pourraient s’entendre en
déclarant une trêve de 10 ou 15 ans. La
création de l’État palestinien serait ainsi
écartée », estime le politologue. –
Avec Foreign Policy, AP, AFP,
Al-Jazeera, le New York Times.
Premier accord entre le Fatah et le Hamas
Les deux
factions s’entendent pour mettre fin aux « arrestations
politiques »
— Le Fatah et le Hamas se sont mis d’accord hier pour mettre
fin aux « arrestations politiques » en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, ont annoncé des responsables
des deux partis palestiniens rivaux.
Les deux factions sont parvenues à s’entendre durant
des réunions communes qui ont eu lieu pour la
première fois à Ramallah (Cisjordanie) et
à Gaza.
Cet accord intervient à la veille du deuxième
anniversaire de la prise de la bande de Gaza par le Hamas, qui
en a délogé le Fatah par la force en juin 2007.
« Le Fatah et le Hamas se sont entendus pour rejeter les
arrestations politiques par principe, car elles sont contre la
loi palestinienne, et pour échanger les listes de
prisonniers afin d’examiner leurs conditions de
détention » en Cisjordanie et dans la bande de
Gaza, a déclaré Azzam al-Ahmad, qui dirigeait la
délégation du Fatah à Ramallah.
Il
s’exprimait au cours d’une conférence de presse commune
avec le Hamas.
De son côté, OmarAbdelrazzak, représentant
du Hamas à cette réunion, a indiqué que
les deux mouvements allaient s’en remettre à la
Commission indépendante ( palestinienne) pour les
droits de l’homme, qui sera chargée d’établir
qui a été arrêté pour des raisons
politiques.
L’objectif est de préparer le climat avant la prochaine
session du dialogue interpalestinien, dont l’ambition est de
« lever tous les obstacles avant de parvenir à
l’annonce d’un accord final » entre les deux parties,
avait auparavant indiqué Ibrahim Abou Naja,
représentant du Fatah à Gaza.
« Nous espérons en finir avec la
division le plus tôt possible, car nous voulons la
fin de l’occupation israélienne, et la division
palestinienne est l’arme la plus forte dans les mains du
premier ministre (israélien Benyamin)
Nétanyahou », a assuré
Azzam al-Ahmad.
Il a toutefois affirmé que les forces de
sécurité palestiniennes en Cisjordanie
étaient politiquement neutres et que la question des
détenus serait tranchée en coordination avec le
président de l’Autorité palestinienne Mahmoud
Abbas qui dirige aussi le Fatah.
ISRAËL
«
Politique de paix »
Le premier ministre israélien, Benyamin
Nétanyahou, a annoncé hier qu’il présenterait
la semaine prochaine sa politique sur le processus de paix,
à la suite des pressions exercées par l’allié
américain. Il n’a pas précisé la date exacte
à laquelle il prononcerait son discours, mais un haut
responsable gouvernemental a affirmé que ce serait
probablement dimanche prochain. Il s’agit des premières
déclarations de M. Nétanyahou après le
discours jeudi au Caire du président américain
Barack Obama.
Colonies en Cisjordanie Crispations
entre Jérusalem et Washington
JÉRUSALEM—
La tension a monté d’un cran hier entre Israël et
les États-Unis à propos de la colonisation en
Cisjordanie, que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou
refuse de geler comme le réclame le président
Barack Obama.
« Je veux dire de façon très claire que le
gouvernement israélien actuel n’acceptera en aucune
façon que la colonisation légale soit gelée
en Judée-Samarie (Cisjordanie) », a clamé le
ministre des Transports, Israël Katz.
M. Katz, proche de M. Nétanyahou, a ainsi répondu
aux pressions exercées par le président Obama pour
obtenir un gel total de la colonisation.
Jusqu’à présent, le gouvernement Nétanyahou
s’est contenté de se déclarer prêt à
évacuer des colonies sauvages, tout en affirmant vouloir
continuer à construire dans les 120 colonies «
légales » pour faire face à la «
croissance naturelle » de leur population.
Le président Obama, comme la communauté
internationale, a refusé d’entériner cette
distinction entre colonies.
M. Katz a également accusé le président
Obama de refuser de respecter les engagements pris par son
prédécesseur, George W. Bush. Dans une lettre
adressée en 2004 à l’ancien premier ministre Ariel
Sharon, l’ex-président américain indiquait, selon
les responsables israéliens, que le tracé d’un
futur État palestinien devrait tenir compte des blocs
d’implantations.
Israël entend annexer ces blocs en Cisjordanie, où
vivent la grande majorité des 280 000 colons.
« Cette administration n’a pas encore reconnu les
arrangements conclus avec l’administration Bush. Cela ne peut
que susciter des inquiétudes sur des arrangements futurs
», a ajouté M. Katz.
Un haut responsable israélien, qui a exigé
l’anonymat, a pour sa part regretté que « les
Américains n’exigent pratiquement rien des Palestiniens
alors qu’ils demandent à Israël de prendre des
mesures qui équivalent à un véritable
sacrifice ».
« Les
Palestiniens ont adopté une approche passive. Mahmoud
Abbas (le président palestinien) souhaite que les
Américains fassent tout le travail », a
expliqué à l’AFP ce responsable.
« Israël a pris des engagements par le
passé, dont l’arrêt de la colonisation. Les
Américains comprennent cela », a de son
côté déclaré hier M. Abbas, en
Jordanie.
Barack Obama, qui doit dans quelques jours, au Caire, adresser
aux musulmans un discours de réconciliation promis de
longue date, a pressé Israël d’accepter la
création d’un État palestinien et de mettre fin
à la colonisation lors de sa première rencontre
avec Mahmoud Abbas, jeudi, à Washington.
À parti r d’aujourd’hui , le ministre travailliste de
la Défense, Ehoud Barak, multipliera les entretiens
à New York (ONU) puis à Washington et tentera de
réduire le fossé.
« Il semble que le premier ministre ait clairement
exprimé à l’administration américaine les
positions et les besoins d’Israël. Le dialogue prendra du
temps et il aura des hauts et des bas », a-t-il
toutefois déjà prévenu avant sa visite.
Crise à l’horizon
La majorité des médias israéliens
faisaient hier leurs gros titres sur la crise qui pointe avec
le grand allié américain. Le quotidien Haaretz,
citant des responsables politiques, titrait : «
Israël critique durement les États-Unis :
arrêtez de favoriser les Palestiniens ». Son
concurrent Maari faisait parler le premier ministre: «
Nétanyahou à l’administration Obama : que
voulezvous de moi ? La chute de mon gouvernement? »
Pour le Jerusalem Post, les dirigeants israéliens sont
« furieux des tentatives de Mahmoud Abbas d’af faiblir
le premier ministre au cours de sa visite à Washington
».
Un rapport pourrait donner des arguments à Washington
contre la colonisation. Selon le mouvement israélien
anticolonisation La Paix maintenant , 44% des terres sur
lesquelles ont été construites des colonies
sauvages en Cisjordanie appartiennent à des
Palestiniens.
Nétanyahou juge non-négociable la poursuite de la
colonisation
Nétanyahou prêt à négocier la paix
avec les Palestiniens
— Le premier
ministre israélien Benyamin Nétanyahou a
rejeté, hier, la demande américaine de geler la
colonisation en Cisjordanie.
PHOTO AHMAD GHARABLI, AFP
Insouciant quant à
l’ultimatum que les Américains ont lancé
à Israël concernant l’implantation de nouvelles
colonies en Cisjordanie, ce jeune Palestinien profite du
vent dominant qui vient de l’ouest pour s’amuser avec un
cerf-volant rudimentaire de son cru.
« Nous ne pouvons pas geler la vie dans les
implantations », a affirmé M. Nétanyahou,
selon une source du bureau du premier ministre, qui
s’exprimait devant la commission parlementaire des Affaires
étrangères et de la Défense.
« Il y a des demandes raisonnables et d’autres
inacceptables. Le sort définitif des implantations sera
décidé à l’occasion d’un accord final sur
le statut » de la Cisjordanie, a-t-il ajouté,
selon la même source.
Il a répété que le gouvernement ne
construirait pas de nouvelles colonies et détruirait
les avantpostes illégaux, mais n’empêcherait pas
l’expansion naturelle des colonies existantes.
« Sur la
question des constructions à l’intérieur des
colonies existantes, nous ne sommes pas encore arrivés
à un accord avec les Américains », a
indiqué le premier ministre.
M. Nétanyahou a par ailleurs réaffirmé
qu’il était prêt à reprendre
immédiatement et sans conditions préalables des
négociations de paix avec les Palestiniens, « pas
seulement sur des questions économiques et
sécuritaires, mais aussi diplomatiques ».
« Je suis prêt à leur donner tous les
pouvoirs souverains leur permettant de se gouverner
euxmêmes, à l’exception de ceux qui mettent notre
sécurité en danger », a-t-il
précisé.
« À la fin du processus de paix, ils devront
reconnaître l’État d’Israël comme
l’État du peuple juif », a-t-il toutefois
ajouté.
Washington a demandé ces dernières semaines
à Israël de geler toutes les constructions dans
les colonies juives de Cisjordanie, y compris dans les
implantations existantes.
Le triple non d’Israël
État
palestinien, colonisation, frontières de 1967
— Israël a opposé hier un triple non à la
création d’un État palestinien souverain,
à un retour aux frontières de 1967 et à
un gel delacolonisation, tout enaffichant une volonté
d’ouverture, après la récente rencontre entre
son premier ministre et le président américain.
Le chef du gouvernement, Benyamin Nétanyahou, a
réaffirmé ses « réserves »
à la création d’un État palestinien
indépendant alors qu’il s’oppose à ce que cet
État dispose d’une armée et ait le
contrôle de ses frontières.
M. Nétanyahou refuse toujours d’apporter son soutien
à la solution de deux États (israélien et
palestinien) vivant côte à côte, comme le
prévoit la Feuille de route, le plan de paix
lancé en 2003 par le quartette États-Unis, UE,
Russie et ONU, et accepté par Israël. Mais pour la
première fois depuis son arrivée au pouvoir, le
31 mars, le premier ministre, qui a rencontré lundi
dernier le président Barack Obama à Washington,
a évoqué un « État palestinien
».
« Clairement, nous devons avoir certaines
réserves concernant un État palestinien dans un
accord sur le statut final » des territoires
palestiniens, a déclaré M. Nétanyahou au
conseil des ministres. « Ces choses ont
été clairement exprimées devant le
président Barack Obama à Washington. »
Le chef de la diplomatie israél ienne, Avigdor
Lieberman, a écarté pour sa part hier le retour
d’Israël sur ses frontières d’avant la guerre
israélo-arabe de juin 1967.
« Aujourd’hui, un retour aux frontières de 1967,
comme on nous presse de le faire, ne mettrait pas fin au
conflit et ne garantirait ni la paix, ni la
sécurité », a déclaré M.
Lieberman. « Cela reviendrait simplement à
déplacer le conflit à l’intérieur des
frontières de 1967. »
Lors de la
guerre de juin 1967, Israël avait occupé
Jérusalem-Est et la Cisjordanie, le plateau syrien du
Golan, la bande de Gaza et le Sinaï égyptien.
L’État hébreu s’est retiré du Sinaï
en 1982 et de la bande de Gaza en 2005.
Aucun gouvernement israélien ne s’est prononcé
jusqu’à ce jour pour un retour pur et simple aux
frontières de 1967, mais certains ont envisagé
des retraits de plus grande partie de la Cisjordanie et du
plateau du Golan.
Colonies
À propos de la colonisation, le premier ministre a
indiqué que son gouvernement entendait poursuivre l ’
accroissement des colonies existantes en Cisjordanie, mais
sans en créer de nouvelles.
« Je n’ai pas l’intention de créer de nouvelles
implantations, mais ce n’est pas logique de nous demander de
ne pas trouver de réponses à la croissance
naturelle et d’interdire toute construction en
JudéeSamarie (Cisjordanie, ndlr) », a-t-il
déclaré.
C’est la position traditionnelle des gouvernements
israéliens, qui s’est traduite sur le terrain par une
forte expansion des implantations existantes et une
augmentation spectaculaire du nombre des colons, à
près de 300 000, sans compter les résidants
israéliens de JérusalemEst annexée.
En revanche, le gouvernement apparaît disposé
à démanteler des colonies sauvages.
Obama invite Arabes et Israéliens à
Washington
PAIX AU
PROCHE-ORIENT
— Le président Barack Obama a commencé à
s’investir pleinement dans le conflit israélo-palestinien
en invitant les dirigeants arabes et israélien à
Washington et en appelant toutes les parties concernées
à des gestes de bonne volonté.
« J’espère que dans les prochains mois, nous
commencerons à voir des gestes de bonne volonté de
toutes les parties », a déclaré M. Obama
à l’issue d’entretiens à la Maison-Blanche avec le
roi Abdallah II de Jordanie.
« Je n’ai pas l’intention de dire plus
précisément ce que ces gestes pourraient
être, mais je pense que toutes les parties
concernées dans la région savent probablement
assez bien quelles mesures on pourrait prendre pour instaurer la
confiance », a-t-il ajouté.
La Maison-Blanche a annoncé peu après les visites
prochaines, probablement avant début juin, du
premierministre israélien Benyamin Nétanyahou, du
président palestinien Mahmoud Abbas et du
président égyptien Hosni Moubarak.
« Le président discutera avec chacun d’eux des
moyens pour les États-Unis de renforcer et d’approfondir
notre partenariat, ainsi que les mesures que toutes les parties
doivent prendre pour contribuer à la paix entre
Israéliens et Palestiniens et entre Israël et les
États arabes », a dit le porte-parole de la
MaisonBlanche, Robert Gibbs.
En recevant le
roi de Jordanie, un des deux seuls pays arabes (avec
l’Égypte) à avoir signé un accord de paix
avec Israël, M. Obama a affirmé son engagement
à travailler à la paix entre Israéliens et
Palestiniens « avec un certain sentiment d’urgence
».
Le processus semble cependant encore plus mal en point depuis
l’investiture, le 31 mars, du premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou. Si l’ancien premier ministre Ehoud
Olmert s’était engagé à rechercher une paix
menant à terme à la création d’un
État palestinien, M. Nétanyahou écarte
aujourd’hui une telle option. Il se dit prêt à
parler de paix avec les Palestiniens sur la base d’un plan
privilégiant leur développement économique.
M. Obama a r épété au contraire, hier,
qu’une résolution du conflit passe par la création
d’un État palestinien.
« Je suis un fervent partisan d’une solution à deux
États. Je l’ai dit publiquement et je le redirai en
privé », a remarqué M. Obama.
Le président américain a noté que le
gouvernement israélien était très
récent et qu’il était encore trop tôt pour
exiger de lui des mesures concrètes.
« Mais je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas
attendre éternellement et qu’à un moment, il
faudra prendre des mesures », a-t-il ajouté,
soulignant que la paix exigera des « choix difficiles
».
Nétanyahou envisage une solution «
à deux peuples », selon Barak
— Au cours de
son passage aux États-Unis, le premier ministre
israélien, Benyamin Nétanyahou, se prononcera
vraisemblablement en faveur d’une solution à deux
États, israélien et palestinien, s’il faut en
croire le ministre de la Défense, Ehoud Barak.
« Je crois que Nétanyahou va dire à Obama
que son gouvernement est prêt à s’engager dans un
processus politique qui aboutira à deux peuples vivant
côte à côte dans la paix et le respect mutuel
», a-t-il affirmé hier en entrevue à la
télévision israélienne. Il n’a toutefois
pas utilisé explicitement le mot État dans ses
propos, laissant ouvertes d’autres options pour
Jérusalem.
Ehoud Barak a en outre estimé qu’un accord avec les
Palestiniens serait possible d’ici trois ans. Selon lui, le
présent gouvernement de droite « serait prêt
à prendre des décisions difficiles » en vue
d’un compromis, le jour venu.
Deux des
proches collaborateurs du chef du Likoud ont toutefois fait
entendre un tout autre son de cloche. Le premier ministre
« ne s’engagera pas à Washington à la
création un État palestinien qui sera voué
à devenir un "Hamastan" », a dit Ophir Akunis,
député du Likoud, cité par la radio
publique. Il faisait référence au mouvement
islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza
et prône la poursuite de la lutte armée contre
Israël.
Unautre responsableduLikoud, le ministre des Transports,
Israël Katz, a lui aussi écarté l’option
d’une souveraineté palestinienne. «
Nétanyahou s’opposera à toute création d’un
État palestinien armé aux côtés
d’Israël, car cela mettrait en danger la
sécurité d’Israël », a-t-il dit
à la presse.
Selon lui, le chef du gouvernement va proposer à
Washington la « constitution d’une commission mixte
israélo-palestinienne en vue d’une initiative de paix au
ProcheOrient », dont il n’a pas précisé la
nature. Il a écarté toute possibilité de
« conflit ou de polémique avec l’administration
Obama ».
La rencontre-clé entre MM. Obama et Netanyahu, qui doit
arriver aujourd’hui en sol américain, se déroule
sur fond de désaccords sur le règlement du conflit
au Proche-Orient et sur la manière de contrer le
programme nucléaire de l’Iran.
ÉLECTIONS
LÉGISLATIVES
AU LIBAN Revers du Hezbollah
« La spécificité du Liban
réside dans sa diversité, il n’y a ni
majorité ni minorité. » _ Un responsable
du Hezbollah
— Les Libanais ont confortéaupouvoirhier la coalition
pro-occidentaleetantisyriennedans des élections
législatives âprement disputées qui
laissaient pourtant présager la victoire des chiites
du Hezbollah et du Amal, associés au parti
chrétien de Michel Aoun.
Un
véhicule blindé patrouillait hier dans les
rues de Saïda (sud du Liban). À
l’arrière-plan, des affiches géantes du camp
victorieux aux législatives : au centre ainsi
qu’à l’extrême gauche, l’ex-premier ministre
assassiné Rafic Hariri en compagnie de son
successeur, Fouad Siniora.
« C’est un grand jour pour l’histoire du Liban
démocratique », a lancé devant ses
partisans le chef de la majorité parlementaire
antisyrienne sortante, Saad Hariri, bien que les
résultats officiels ne fussent pas encore connus.
« Félicitations à vous,
félicitations à la liberté,
félicitations à la démocratie. Il n’y a
ni vainqueur ni perdant dans ces élections. Les seuls
vainqueurs sont la démocratie et le Liban », a
poursuivi M. Hariri, fils de l’ex-premier ministre
assassiné Rafic Hariri.
Selon la chaîne de télévision Future TV
de Saad Hariri, sa coalition devrait obtenir 70 des 128
sièges du Parlement, contre 58 au camp du Hezbollah,
soutenu également par le voisin syrien. Cette
situation de quasi-blocage est comparable à celle qui
existait dans le précédent Parlement.
À l’annonce de la victoire, des tirs de joie ont
retenti dans Beyrouth, alors que des feux d’artifice ont
illuminé le ciel de la capitale. Arborant des
drapeaux libanais et des bannières bleues, couleur du
courant de M. Hariri, des habitants ont sillonné les
rues en criant « Nous avons gagné ! ».
Le principal allié chrétien du Hezbollah a
reconnu la défaite de son camp aux
législatives, par ailleurs marquées par une
très importante participation.
Il s’agit d’« une victoire pour la coalition du 14
mars (nom donné à la majorité
sortante), mais aussi d’une défaite pour les Libanais
qui aspiraient au changement », a
déclaré Michel de Chadarevian, membre du
Courant patriotique libre, dirigé par Michel Aoun. Il
a ajouté que son mouvement respecterait les
résultats des élections et travaillerait avec
la coalition de M. Hariri en vue de former un gouvernement
d’union nationale. « Le Liban peut seulement
être gouverné par un cabinet d’union. »
Le Hezbollah prudent
Un responsable du Hezbollah, Hassan Fadlallah, attendait les
résultats définitifs pour se prononcer, mais
il a aussi jugé nécessaire la
coopération entre les formations politiques en vue de
diriger le pays. « La spécificité du
Liban réside dans sa diversité, il n’y a ni
majorité ni minorité », a dit M.
Fadlallah, dont le mouvement est considéré
comme une organisation terroriste par Washington. Les 11
candidats du Hezbollah ont été élus,
selon lui.
Si le Parti
de Dieu l’avait emporté avec ses alliés, le
Liban aurait pu se retrouver au ban de la communauté
internationale et en conflit avec son voisin Israël. La
guerre de l’été 2006 au Liban avait
commencé avec l’enlèvement de deux soldats
israéliens par le Hezbollah libanais.
En Israël, le ministre des Finances, Youval Steinit z ,
avait prévenu qu’une victoire du Hezbollah
créerait « une nouvelle entité iranienne
au Moyen-Orient après celle du Hamas » à
Gaza. En revanche, en Syrie, le journal officiel AlBaas
avait exprimé l’espoir que le Hezbollah l’emporte.
Les deux camps rivaux au Liban sont engagés dans un
bras de fer depuis les dernières législatives
de 2005, qui a failli plonger le pays dans une nouvelle
guerre civile en 2008.
Participation élevée
Le taux de participation a atteint 54,08% des 3,2 millions
d’électeurs, un record depuis 20 ans, selon le
ministre de l’Intérieur Ziad Baroud. Certains
électeurs ont patienté plusieurs heures vu
l’affluence et des isoloirs ont été
ajoutés dans certains bureaux.
Près de 50 000 soldats et policiers ont
été déployés sur le territoire.
Selon l’armée, 123 i ncidents mineurs ont
été enregistrés lors du scrutin
supervisé par 200 observateurs internationaux venus
notamment du Centre Carter.
L’ancien sénateur américain John Sununu, de
l’Institut démocratique national, a dit ne pas avoir
noté de « violations flagrantes » des
élections, que suivaient de près les voisins
du Liban et la communauté internationale.
Les 128 sièges du Parlement sont répartis
à parité entre chrétiens et musulmans.
Chaque communauté se voit attribuer un nombre de
sièges dans 26 circonscriptions en fonction de son
poids démographique.
LIBAN
: SCRUTIN SOUS TENSION - Agnès Gruda
PLUS DE TROIS
MILLIONS DE LIBANAIS IRONT VOTER DEMAIN DANS UN SCRUTIN
À HAUT RISQUE, QUI MET À L’ÉPREUVE LA
DÉTERMINATION DE BARACK OBAMA DE CHANGER LA DONNE AU
PROCHE-ORIENT.
ANALYSE
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de
circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le
vainqueur du vote de demain, sa majorité sera
famélique. Ce qui promet des lendemains
périlleux.
Barack Obama n’aura peutêtre pas à attendre
longtemps la première occasion de traduire en gestes
l’appel à la réconciliation qu’il a
lancé, jeudi, au monde musulman.
Des
partisans du leader chrétien Michel Aoun,
allié du Hezbollah, ont manifesté hier
à Beyrouth.
Cette occasion pourrait se présenter dès la
semaine prochaine, dans un petit pays déchiré
qui tient demain des élections cruciales. Où
donc ? Au Liban.
Le scrutin met en scène deux grandes coalitions. La
première, au pouvoir depuis quatre ans, est
regroupée autour de Saad Hariri – fils de l’ex-premier
ministre Rafiq Hariri, assassiné en 2005.
Dominée par les musulmans sunnites, cette formation est
antisyrienne et pro-occidentale.
La seconde, actuel lement dans l’opposition, est
dominée par le Hezbollah, le mouvement chiite
armé qui domine le sud du pays. Pro-syrienne, soutenue
par l’Iran, elle est associée au Courant patriotique
libre du leader chrétien Michel Aoun.
Les derniers sondages donnent une infime avance à la
coalition de l’opposition. Le Hezbollah, parti que plusieurs
pays, dont le Canada, considèrent comme une
organisation terroriste, pourrait donc remporter avec ses
alliés le scrutin de demain.
Cette perspective rappelle le scénario qui s’est
joué il y a trois ans, à quelques centaines de
kilomètres au sud, quand les Palestiniens ont
voté majoritairement pour le Hamas. La
communauté internationale avait rejeté ce
résultat, qui donnait le pouvoir à un mouvement
islamiste responsable de dizaines d’attentats terroristes en
Israël.
Le Canada avait alors été le premier à
cesser toute aide au gouvernement du Hamas, suivi par la
plupart des pays occidentaux. Ce scénario pourrait se
répéter au Liban si jamais la coalition du
Hezbollah devait gagner, craignent les analystes.
De passage à Beyrouth deux semaines avant le scrutin,
le viceprésident américain, Joe Biden, a
lui-même évoqué cette possibilité.
« Les électeurs ont le droit de choisir, mais le
partenariat américain dépendra de leur
engagement en faveur de la liberté », a-t-il
averti. Traduction: votez comme vous voulez ; au pis aller, on
vous coupera les vivres.
Pourtant,
l’expérience palestinienne montre que ce genre de
punition collective ne règle rien, au contraire.
« À Gaza, cette attitude a contribué aux
dissensions internes », souligne la politologue
Marie-Joëlle Zahar.
Le Liban n’a vraiment pas besoin qu’on exacerbe ses
dissensions, déjà assez vives, merci. Les deux
grands courants politiques avaient frôlé la
guerre civile avant de conclure une trêve, il y a un an.
Cette trêve demeure ultrafragile. Et les sujets
délicats ne manquent pas. Au premier plan: le
désarmement du Hezbollah, prévu par les
résolutions internationales mais rejeté, comme
on l’imagine, par ce mouvement qui s’appuie sur une
véritable armée.
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de
circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le
vainqueur du vote de demain, sa majorité sera
famélique. Ce qui promet des lendemains
électoraux périlleux.
Pas étonnant que l’International Crisis Group (ICG),
groupe de recherche sur les conf lits, qualifie ces
élections de « rendezvous piégé
».
Selon un responsable américain cité par l’ICG,
le Liban se trouve déjà en situation de «
guerre civile froide ». L’impasse se prolongera, peu
importe l’issue du vote. « À terme, tout cela
peut finir par une nouvelle guerre chaude. »
En ostracisant un éventuel gouvernement du Hezbollah,
Washington contribuerait à exacerber les tensions. Or,
le Liban n’est pas Gaza. Le pouvoir y est savamment
réparti entre les nombreuses factions de la
mosaïque libanaise. Et il y a longtemps que le Hezbollah
fait élire des députés au Parlement.
Les Libanais auraient donc le droit d’envoyer le Hezbollah
dans l’opposition, mais pas celui de le faire siéger du
côté du pouvoir? Il y a là comme une
contradiction, loin, très loin des beaux discours de
Barack Obama. Le scrutin de demain se joue sur un champ de
mines. Son issue aura des conséquences internes et
externes importantes. « Une victoire de l’opposition
renforcerait la position de l’Iran et de la Syrie »,
prévoit le politicologue Sami Aoun.
Si les États-Unis mettent leur menace à
exécution, ils ajouteront une goutte d’huile à
un cocktail explosif. Au risque de tracer une première
égratignure sur la surface lisse des belles paroles de
leur président.
Le Hezbollah en position de force
— Symbole de
l’importance des élections législatives de
demain au Liban, à Beyrouth, ces jours-ci, la campagne
électorale s’af fiche partout. Sur les pare-brise des
voitures, les bretelles d’autoroute et jusque dans les
moindres petites ruelles obscures.
L’une des publicités, conçue par le mouvement
des Forces libanaises, s’étale sur bon nombre de
panneaux. Elle représente deux drapeaux. Le premier est
celui du Liban. Le second est une bannière jaune,
emblème du Hezbollah, le Parti de Dieu. Au beau milieu
de cette bannière, le cèdre vert du Liban a
été remplacé par un arbre couleur orange,
symbole de l’allié chrétien du parti: le
général Aoun.
Le message, volontairement provocateur, a le mérite
d’être sans équivoque. Les électeurs
chrétiens devront choisir entre le respect de la
souveraineté libanaise – portée par l’actuelle
majorité « antisyrienne » et soutenue par
l’Occident – ou un modèle appuyé par la Syrie et
l’Iran dans lequel le Hezbollah tout-puissant dominera son
allié chrétien.
Car c’est bien la communauté chrétienne,
profondément divisée en deux camps, qui va
décider de l’issue du scrutin, en vertu d’une nouvelle
loi électorale adoptée en 2008.
Si le général Aoun remporte la majorité
des 64 sièges chrétiens en jeu, alors le Parti
de Dieu et son allié chiite, Amal, formeront la
majorité.
« Dans ce cas, le Liban va peu à peu devenir un
pays musulman. Une partie des chrétiens risque de
quitter le pays. Le général Aoun, qui a besoin
du Hezbollah pour devenir président, est aveuglé
par ses ambitions et ne voit pas le danger que
représente cette alliance », affirme Georges, la
quarantaine.
Gouverner ou pas
Ce discours
irrite pourtant au plus haut point les partisans du
général Aoun. « Quand le Hezbollah est
entré au gouvernement en 2005 avec ceux qui sont
aujourd’hui dans la majorité, personne n’a dit que le
Liban risquait de se transformer en République
islamique d’Iran! C’est de la pure propagande »,
soutient Tony, 33 ans, militant du Courant patriotique libre
(CPL), le mouvement du général
chrétien.
« Le Hezbollah, en raison du système
confessionnel libanais, ne disposera que d’une dizaine de
sièges au Parlement, tandis que le
général pourrait en avoir 40. Comment peut-on
dire que le Hezbollah mènera la danse ? »
s’exclame-t-il.
Les sondages donnent jusqu’ici une légère
avance au Hezbollah et à ses alliés. Mais de
nombreux analystes croient que la victoire de cette
alliance, dite du « 8 mars », ne modifierait pas
profondément le visage du pays.
Le Parti de Dieu, en effet, n’entend pas gouverner, mais
avant tout garder au sein du futur gouvernement la
minorité de blocage, afin de pouvoir opposer son veto
à toute décision qui menacerait son bras
armé et donc ses ambitions régionales.
Ne pas faire peur
« Le Hezbollah ne souhaite pas avoir une place trop
importante au gouvernement, ce qui impliquerait des
responsabilités et aussi une plus grande
vulnérabilité à l’égard de
l’État hébreu, qui aura moins de complexes
à attaquer le Liban », estime Paul Salem,
directeur du Centre Carnegie pour le Proche-Orient à
Beyrouth.
Mais pour certains intellectuels chiites, comme Lokman Slim,
qui a ouvert un centre culturel au coeur de la banlieue sud
de Beyrouth – véritable fief du Hezbollah –, la
stratégie du Parti de Dieu, pernicieuse, s’inscrit
davantage dans le long terme.
« Le Hezbollah ne mène jamais d’attaques
frontales pour ne pas faire peur, affirme-t-il. Il est
beaucoup trop intelligent pour ça. Mais il infiltre,
il grignote le pouvoir petit à petit. Il est
passé maître dans sa conservation "
modérée" du pouvoir institutionnel, pour
ensuite servir ses objectifs. »
Mahmoud Abbas en visite au Canada
— En marge de sa
rencontre avec son homologue américain Barack Obama,
à Washington, le président de l ’Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas, sera de passage au Canada la
semaine prochaine, a appris La Presse.
M. Abbas est attendu dans la capitale américaine le 28
mai, mais devrait passer par Ottawa auparavant, soit le mardi 26
mai , ont conf i rmé di f férentes sources
à La Presse. Il doit notamment assister à
l’inauguration des nouveaux bureaux de l a Délégat
ion généra le palestinienne au Canada, rue
Driveway, à Ottawa. Il sera, à cette occasion,
reçu par le délégué
général de la Palestine au Canada, Amin
Abou-Hassira.
Le président de l’Autorité palestinienne devrait
par ailleurs rencontrer des représentants du gouvernement
canadien, possiblement le premier ministre Stephen Harper, ou
encore son ministre des Affaires étrangères,
Lawrence Cannon, peut-être même les deux, a soutenu
une source gouvernementale.
Au bu r e au du mini s t r e Cannon, on refuse toutefois de
confirmer d’éventuelles rencontres officielles. Des
annonces devraient être faites d’ici la fin de la semaine,
a-t-on rétorqué.
En
prévision d’un important discours qu’il prononcera
à l’intention du monde musulman, le 4 juin, en
Égypte, le président Obama a rencontré
lundi dernier le premier ministre israélien Benyamin
Nétanyahou. Il rencontrera aussi le président
égyptien Hosni Moubarak le 26 mai et terminera sa
série d’entretiens liés au Proche-Orient avec la
visite, le 28 mai, du président de l’Autorité
palestinienne en sol américain.
En ma i 20 05, Mahmoud Abbas avait rencontré le premier
ministre libéral de l’époque, Paul Martin, lors
d’une visite éclair à Ottawa.
Les relations entre le Canada et l ’Autorité palest i
nienne se sont toutefois détériorées par
la suite, avec l’élection au scrutin législatif
de janvier 2006 du mouvement islamiste Hamas,
considéré comme une organisat ion ter roriste
par le ministère canadien de la Sécurité
publique.
Ottawa avait alors i nterrompu son aide financière au
gouvernement Abbas, pour ne la reprendre qu’en juillet 2007,
après la formation d’un nouveau cabinet et l’accession
au poste de premier ministre de Salam Fayyad,
considéré comme beaucoup plus
modéré que son prédécesseur,
Ismaïl Haniyeh.
Au cours d’une mission au Moyen-Orient, le ministre Lawrence
Cannon a rencontré le président Abbas en
Jordanie, le 28 février dernier, et a
réitéré la volonté du gouvernement
canadien de venir en aide au peuple palestinien.
La grippe
qatariote: Al-Jazira
Co m pr i s d a
n s la location d’un chalet, l’hiver dernier : un
téléviseur. Câblé, en plus. Je sais
que c’est drôle à dire, dans un pays où le
citoyen moyen regarde près de 30 heures de
télé par semaine, mais je regarde assez peu la
tivi. Ne me fusillez pas, de grâce.
Au chalet, j’avais du temps. Du temps pour niaiser. Donc, pour
bien m’assommer, les fois où je n’arrivais pas à
m’endormir, je m’amusais à zapper sans arrêt, du
Canal-ceci au Canal pour les chats en passant par le canal
Historia, le History Channel et Super Écran...
Et? Et c’est quand même incroyable les chaînes qui
survivent en diffusant niaiseries et marde en spray...
Il y a quoi, 700 chaînes, au Canada?
Des centaines, en tout cas. Mais pas Al-Jazira.
C’est ma marotte télévisuelle de 2009,
désolé. L’absence d’AlJazeera English du paysage
télévisuel canadien. On apprenait récemment
que le CRTC, l’organisme réglementaire qui arbitre le
terrain de jeu des télévisions, radios et
câblodistributeurs canadiens, va se pencher bientôt
sur l’entrée d’Al-Jazeera English sur ce terrain de jeu.
Et s’il faut se fier au sort réservé à
Al-Jazira, version arabe, il y a de quoi être inquiet. Le
CRTC, il y a quelques années, a autorisé les
câblodistributeurs à offrir la chaîne du
Qatar, le CNN arabe, selon l’expression consacrée, aux
Canadiens.
Mais à une condition, grotesque. En obligeant les Bell
Express Vu, Vidéotron, Shaw et autres Rogers à
éditer eux-mêmes le contenu potentiellement
offensant d’Al-Jazira.
Ce qui est à peu près aussi ridicule qu’obliger
l’imprimeur d’un journal à stopper les presses si un
article dudit journal est susceptible d’offenser quelqu’un.
Le OUI du CRTC était dans les faits un NON. Et les
câblodistributeurs canadiens ont donc refusé
d’offrir la version arabe d’Al-Jazira.
C’était en 2004. Deux ans plus tard, Al-Jazeera English,
AJE pour les intimes, voyait le jour.
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident.
La chaîne couvre le globe, selon un point de vue
différent de CNN ou de la BBC. Dans la foulée du
11 septembre 2001, c’est à Al-Jazira que ben Laden
envoyait ses messages à l’univers.
Déjà, c’était suffisant pour rendre suspect
de collaboration islamiste ce nouvel acteur médiatique.
Puis, vint l’Afghanistan et l’Irak. Al-Jazira a montré
l’« autre » côté des invasions de ces
deux pays. D’un point de vue différent de celui de CNN,
FOX et cie.
Le côté que ne pouvaient pas voir les
correspondants « embeddés » dans les
blindés de l’armée américaine.
Pour
l’administration américaine, Al-Jazira est devenue,
dès lors, un ennemi à abattre.
Littéralement, ou presque.
Le journaliste d’enquête Ron Suskind, dans le formidable
livre One Percent Doctrine (1), affirmait que le missile
tombé sur le bureau d’Al-Jazira à Kaboul, fin
2001, après la chute des talibans, n’était pas une
bavure militaire...
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident. Et
quand l’Occidental que je suis s’est retrouvé en
Israël, au début de l’année, il était
un peu suspicieux, en regardant Al-Jazeera English. La seule
chaîne, par ailleurs, à diffuser en direct de Gaza.
Rapidement, j’ai été séduit. Je l’ai
écrit : du bon travail journalistique, pas
d’hystérie, pas de bêtise, pas de point de vue
bêtement pro-palestinien. Et les porte-parole
israéliens, militaires et politiques, y
défilaient.
Sur CNN, on pouvait voir les hélicoptères
israéliens tirer, les soldats se déployer à
côté de leurs chars. Al-Jazira, elle, montrait les
dégâts de ces missiles. Les blessés arrivant
à l’hôpital en civière. Les enfants morts
sous les décombres. L’« autre »
côté, quoi. Un excellent apport à son buffet
de sources d’information quotidien.
Le CRTC va-t-il donner le feu vert à AJE, cette fois-ci ?
Ma camarade Agnès Gruda, la semaine dernière, a
pris le pouls des groupes d’intérêts qui voient
d’un mauvais oeil la venue d’AlJazira dans nos salons. Dont le
B’nai Brith.
Michael Mostyn, porte-parole de l’organisme, a
déclaré à Agnès: « Cette
télévision a une histoire de glorification du
terrorisme et même si la chaîne anglaise est
différente, les deux appartiennent à la même
organisation. »
Ah, ce cher B’nai Brith. Toujours aussi délicat et
nuancé dans ses prises de position, qu’il s’agisse des
nationalistes québécois ou d’Al-Jazira!
Ce qui est fascinant, c’est que les Israéliens, eux,
peuvent regarder AJE. Les porte-parole de l’État
hébreu donnent des entrevues à la chaîne.
Mais le B’nai Brith a peur que les Canadiens soient
exposés à Al-Jazira. Je veux bien mesurer mes mots
et éviter de dire que cela est hystérique, mais
avouez que c’est dur.
Ce soir, l’Université McGill sera l’hôtesse d’une
conférence portant sur Al-Jazira (2). Une des
invitées s’appelle Catherine Cano, ancienne directrice de
l’info à Radio-Canada, désormais adjointe au direc
teur de l’information de Al-Jazira English.
« C’est Tony Burman, ancien rédacteur en chef de
CBC, qui m’a demandé, un jour: Veuxtu venir vivre dans le
désert ? » explique Cano, pour expliquer son
déménagement à Doha, au Qatar, qui abrite
un des centres de diffusion d’Al-Jazira.
Pour Cano, Al-Jazira n’est pas la voix tant « arabe
» que la voix du « Sud ». La chaîne
couvre ce que les autres couvrent peu, ou pas, dit-elle:
Amérique du Sud, Sri Lanka, Afrique, Asie du Sud-Est.
« Le public est assez intelligent, à la fin, pour
décider si c’est bon ou pas bon. »
Al-Jazeera English rejoint plus de 140 millions de personnes,
dans plus de 100 pays. J’aimerais décider moi-même
si son produit est bon ou pas, comme un grand. Dans un monde
complexe, où il faut s’abreuver à plusieurs
mamelles pour comprendre, ce n’est pas un luxe.
Mais c’est le CRTC qui décide. Le même CRTC qui a
accordé une licence de diffusion à AnneMarie
Losique pour qu’elle fasse entrer dans nos salons une
chaîne de contenu cochon, euh, pardon, il faut dire
« osé » (3). En français et in
english.
Al-Jazira
refait une demande au CRTC - Agnès Gruda
Le
Congrès juif et Bnai Brith sont méfiants
Cinq ans après une première tentative
infructueuse, le réseau de télévision
AlJazira revient à la charge et demande une licence de
diffusion au Canada.
C’est la
deuxième fois qu’Al-Jazira demande au CRTC une licence
de diffusion. Cette fois, par contre, c’est pour sa
chaîne anglaise.
Cette fois, c’est sa chaîne anglaise,
considérée comme plus « fréquentable
» par ses critiques, qui frappe à la porte des
salons canadiens. Avec, à sa tête, un atout de
taille : Tony Burman, un Canadien qui a longtemps
travaillé comme patron de l’information à la CBC.
« Pour moi, c’est naturel de vouloir faire accéder
les Canadiens à cette chaîne dont je suis
très fier et qui est déjà diffusée
dans 110 pays », a dit M. Burman lorsque La Presse l’a
joint au Qatar, hier.
La chaîne anglaise d’Al-Jazira a donc
présenté une demande de licence au CRTC qui
pourrait déclencher des consultations publiques
dès cette semaine. Le débat s’annonce houleux.
Car, même s’ils n’ont aucun reproche précis
à formuler à l’égard de la chaîne
anglaise qu’ils suivent depuis deux ans, les opposants
s’inquiètent. Pour eux, Al-Jazira reste synonyme d’une
télévision militante qui donne le micro à
« des racistes et des antisémites ».
« Pendant ses deux premières années, la
chaîne anglaise n’est pas tombée dans le type de
racisme qu’on peut voir sur la chaîne arabe »,
reconnaît Bernie Farber, directeur du Congrès juif
canadien. « Mais les deux réseaux ont la même
image de marque », fait-il valoir. Encore tout
récemment, une des chaînes d’Al-Jazira donnait le
micro à un imam qui faisait l’apologie de l’Holocauste,
note M. Farber.
Si le Congrès juif n’a pas encore fait son lit sur la
demande d’Al-Jazira, une autre organisation juive, le Bnai
Brith, ne mâche pas ses mots. « Cette
télévision a une histoire de glorification du
terrorisme, et même si la chaîne anglaise est
différente, les deux appartiennent à la même
organisation », dit Michael Mostyn, porte-parole du Bnai
Brith.
Cet organisme n’a rien contre la venue d’Al-Jazira au Canada,
mais à une condition: que le CRTC la surveille de
près et s’assure qu’elle ne laisse rien passer qui soit
« contraire aux valeurs canadiennes ».
Surveiller le
contenu
Le hic, c’est qu’il y a cinq ans, une exigence semblable avait
suffi à faire dérailler le projet canadien
d’Al-Jazira. À l’époque, le CRTC avait
accepté de donner une licence à la chaîne
arabe à la condition que son câblodiffuseur se
porte garant de son contenu. La perspective d’une surveillance
continue et coûteuse avait fait reculer les compagnies de
câble. Le projet a avorté. A-t-il plus de chance
d’aboutir cette fois-ci ?
Tony Burman en est convaincu. « Nous avons fait une
véritable percée pendant la guerre de Gaza,
souligne-t-il. Nous étions la seule
télévision internationale à pouvoir couvrir
autant ce qui se passait à Gaza que ce qui se passait en
Israël. » La guerre de Gaza a servi de rampe de
lancement à la chaîne anglaise d’Al-Jazira, un peu
comme la guerre du Golfe avait lancé CNN, note-t-il.
Tout en volant à la défense du réseau
arabe, qui fait preuve de neutralité selon lui, Tony
Burman fait valoir que les deux chaînes sont bien
différentes, ne serait-ce qu’à cause de leur
public. Al Jazira anglais répond aux
intérêts de ses téléspectateurs dans
69 pays, et ne porte donc pas un intérêt
particulier au monde arabe. Hier, par exemple, son bulletin
d’information s’ouvrait avec un reportage sur la guerre civile
au Sri Lanka. « Nous allons là où sont nos
téléspectateurs, c’est-à-dire en Asie, en
Amérique latine ou en Afrique, nous avons relativement
peu d’auditeurs au Moyen-Orient » , explique Tony Burman.
Il insiste aussi pour dire que les dirigeants du Qatar, qui
fournissent 80% du financement d’Al-Jazira, n’interviennent pas
dans les décisions éditoriales.
« À mon avis, la chaîne anglaise d’AlJazira
est comparable à CNN et BBC », dit Marc Raboy,
expert des médias à l’Université McGill. Il
dit comprendre les préoccupations du Congrès juif
et du Bnai Brith, mais ne pas les partager. « Al-Jazira
est la seule chaîne d’envergure internationale à
être basée dans le Sud, elle fait du journalisme
classique, mais avec une fraîcheur et une énergie
particulières », dit-il.
Marc Raboy, qui organise d’ailleurs un débat sur la
demande de licence d’AlJazira mardi prochain à
l’Université McGill, ne voit tout simplement aucune
raison pour que cette chaîne ne soit pas offerte aux
Canadiens.
NOUVEAUX
HEURTS
ENTRE FATAH ETHAMAS
Trois policiers
palestiniens ainsi que deux membres du Hamas et un civil
palestinien ont été tués hier lors
d’échanges de tirs à Qalqilya (nord de la
Cisjordanie), suscitant une nouvelle tension entre le Fatah et
le mouvement islamiste. Les policiers ont été
tués alors qu’ils tentaient d’arrêter Mohammad
Samman, un membre des Brigades Ezzedine al-Qassam, le bras
armé du Hamas, qui était retranché dans une
maison, selon la police palestinienne. Samman ainsi qu’un autre
membre des Brigades ont également trouvé la mort,
de même que le propriétaire de la maison. Dans un
communiqué publié à Gaza, le Hamas a
condamné « un crime commis par des bandes qui
opèrent pour le compte des sionistes (Israël, ndlr)
», affirmant que « Mahmoud Abbas, son
autorité et ses services de sécurité ont
dépassé les lignes rouges et assument
l’entière responsabilité de ce crime abject
».
Ahmadinejad
au coeur d’une tempête diplomatique
CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LE RACISME
Seul chef d’État présent à la
conférence de l’ONU sur le racisme, le président
iranien Mahmoud Ahmadinejad n’avait pas prononcé deux
phrases de son discours, hier, que déjà il
soulevait une tempête diplomatique. Outrés par ses
propos sur Israël, une quarantaine de diplomates
européens ont quitté la salle en cortège
pendant son allocution.
Dans la
salle, trois manifestants étaient
déguisés en clown et criaient « raciste,
raciste » à l’intention du président
iranien.
Connu pour ses positions extrêmes – il a
déjà menacé de « rayer Israël de
la carte » –, Mahmoud Ahmadinejad a profité de la
tribune qui lui était offerte hier matin à
Genève pour faire le procès du gouvernement
israélien, « un régime cruel, d’oppression
et raciste dans la Palestine occupée », a-t-il
lancé.
Le président iranien a aussi envoyé une salve
contre les alliés occidentaux d’Israël. «
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, (les
alliés) ont eu recours à l’agression militaire
pour priver de terres une nation entière sous le
prétexte de la souffrance juive », a ajouté
le chef d’État iranien.
Malgré les imprécations de trois manifestants
déguisés en clown qui criaient « raciste,
raciste » à son intention et le coup de
théâtre des diplomates européens, Mahmoud
Ahmadinejad, impassible, n’a pas interrompu son discours, le
tout premier prononcé dans le cadre de la deuxième
Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination
raciale, la xénophobie et l’intolérance des
Nations unies. Il n’y avait pas que de la désapprobation
dans l’air : plusieurs personnes dans la salle de
conférence ont applaudi et crié leur soutien au
président iranien.
Dans les minutes qui ont suivi le discours contesté, des
réactions ont fusé de partout dans le monde.
L’ambassadeur adjoint des États-Unis à l’ONU a
qualifié « d’exécrable » et de «
honteux » les propos d’Ahmadinejad. Le président
français Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu’il
considère « un appel intolérable à la
haine raciste ».
Le
secrétai re général des Nations unies, Ban
Ki-moon, a déploré pour sa part l’intervention du
politicien iranien qui, selon lui, « accuse, divise et
provoque ».
Cette conférence, baptisée Durban II par
plusieurs, en référence à la
première rencontre houleuse du même genre qui a eu
lieu en Afrique du Sud en 2001, était déjà
partie du mauvais pied. Plusieurs pays, dont le Canada,
l’Australie, l’Italie et Israël l’ont boycotté bien
à l’avance. Juste avant son ouverture, les
ÉtatsUnis et les Pays-Bas, ont signifié qu’ils n’y
participeraient pas. Des parties de la déclaration finale
de la conférence visant Israël sont au coeur du
litige.
« Certains croient que les pays occidentaux auraient
dû être impliqués dès le début
pour obtenir de meilleurs résultats, mais je suis loin
d’en être convaincu » a dit hier à La Presse
l’ancien ambassadeur canadien aux Nations unies, Paul
Heinbecker. Ce dernier avait claqué la porte de Durban I
après que le Canada y fut accusé «
d’esclavage ».
Schisme Orient-Occident
Selon Sami Aoun, le discours d’Ahmadinejad et l’approbation
qu’il a suscité dans une partie de l’audience, est
symptomatique d’un malaise plus profond au sein des Nations
unies.
« Ahmadinejad exprime en quelque sorte la volonté
de beaucoup de pays qui veulent désoccidentaliser les
grandes institutions internationales. Il y a beaucoup
d’antiaméricanisme et de mécontentement dans ces
pays à l’égard de la politique israélienne
», explique le professeur de science politique de
l’Université de Sherbrooke. Si au sein du G20, les pays
du Sud sont peu représentés, dans les instances de
l’ONU, ils sont grandement majoritaires.
Conflit
de Gaza: Israël responsable de six incidents graves
La responsabilité d'Israël
est engagée dans six incidents ayant causé des
morts, blessures ou dégâts dans les installations
de l'ONU lors de l'offensive à Gaza en
décembre/janvier, selon un rapport publié mardi
à l'ONU et contesté par l'Etat hébreu.
«Dans six des neuf incidents (ayant
fait l'objet de l'enquête), les morts, blessures et
dégâts ont été causés par des
actions militaires des Forces de défense d'Israël
(IDF), usant de munitions lancées ou larguées
depuis les airs ou tirées du sol», affirme ce
rapport dont un résumé a été remis
au Conseil de sécurité et communiqué
à la presse.
Un septième incident, moins grave, est également
attribué à des tirs israéliens, d'armes
légères. Un huitième est en revanche
attribué à «une faction palestinienne,
probablement le Hamas» et aucune responsabilité
certaine n'a pu être établie pour le
neuvième.
Le rapport émane d'une commission d'enquête
indépendante mise sur pied par l'ONU pour enquêter
sur neuf incidents lors desquels les locaux de l'ONU dans la
bande de Gaza avaient subi des bombardements ou des tirs,
attribués pour la plupart à Israël et qui
avaient fait des morts, des blessés et d'importants
dégâts matériels.
Avant même sa publication, le gouvernement
israélien a rejeté le rapport de la commission,
affirmant qu'il était biaisé en faveur du groupe
islamiste Hamas.
«L'Etat d'Israël repousse les critiques
formulées dans ce rapport et estime qu'elles sont
biaisées, déséquilibrées et ignorent
les faits tels qu'ils ont été
présentés (par Israël) à la commission
d'enquête, et induisent donc l'opinion mondiale en
erreur», a indiqué le ministère
israélien des Affaires étrangères dans un
communiqué.
«Il est stupéfiant que le rapport de l'ONU ne fasse
pas porter la moindre responsabilité au Hamas qui s'est
pourtant installé à proximité des
installations de l'ONU pour lancer des attaques contre
Tsahal», l'armée israélienne, dit encore le
ministère.
Le quartier général de l'agence de l'ONU pour
l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) et
plusieurs de ses écoles avaient été
endommagés dans des attaques israéliennes lors de
l'offensive qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens.
«Aucune activité militaire n'était
menée à partir des locaux de l'ONU au moment de
ces incidents», ajoute le rapport, contredisant les
affirmations d'Israël à l'époque.
Il accuse le gouvernement d'Israël de n'avoir «pas
fait suffisamment d'efforts et pris assez de précautions
pour remplir sa responsabilité de respecter
l'inviolabilité des installations de l'ONU et
protéger les civils dans ces lieux».
«Les actes des forces israéliennes impliquent des
degrés variés de négligence ou
d'imprudence» vis-à-vis de ces installations
«ayant eu pour conséquences des morts, des
blessures et d'importants dégâts
matériels», poursuit le rapport.
La commission d'enquête recommande à l'ONU de
demander à Israël «une reconnaissance formelle
du fait que ses affirmations publiques selon lesquelles des
Palestiniens avaient effectué des tirs à partir de
l'école Jabalia de l'UNRWA le 6 janvier et du bureau de
l'UNRWA le 15 janvier étaient fausses et qu'Israël
les regrette».
Elle recommande aussi que l'ONU entame des démarches pour
obtenir d'Israël des réparations financières
pour les dépenses en conséquence de ces incidents.
Lors d'une conférence de presse peu après la
diffusion du rapport, le secrétaire général
de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué son intention de
«demander réparations pour les dommages subis par
l'ONU».
Soulignant le «caractère indépendant»
de la Commission, il a démenti des informations de presse
selon lesquelles il aurait édulcoré le rapport
sous la pression des autorités israéliennes.
Il a remercié le gouvernement d'Israël pour sa
coopération à l'enquête, ainsi que
l'Autorité palestinienne.
Par ailleurs, depuis Genève, le Comité
anti-torture de l'ONU a dénoncé mardi
l'utilisation par le Service général de
sécurité israélien d'un centre secret de
détention et d'interrogatoires.
Le
parapluie perdu - PATRICK LAGACÉ
Youssef
Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui poireaute au
comptoir des objets perdus des nations. C’est inhumain, c’est
indigne, c’est absurde.
En 1992, I mmigration Canada a émis un ordre
d’expulsion contre le P a l e s t i n i en Yous s e f Ismail.
Refusée, sa demande de réfugié politique
au Canada. Ça arrive. Mais la justesse de cette
décision n’est pas le but de cette chronique.
Le hic, c ’est que Youssef Ismail est encore au pays. Il vit
dans un petit appartement, sur Crémazie.
Youssef Ismail, 51 ans, aimerait bien retourner dans son
village, en Cisjordanie.
Mais Ismail n’a pas de pays. Les Palestiniens vivent sur un
territoire enclavé dans l’État d’Israël. Et
c’est Israël qui contrôle les entrées et
sorties des Palestiniens sur ces territoires.
Or, depuis 1994, I sraël refuse de délivrer les
papiers de voyage qui permettraient à Youssef Ismail de
quitter le Canada, monter dans un avion qui se poserait
à l’aéroport de Tel-Aviv, transiter par le
territoire israélien pour arriver à Qalqilya, le
village où vivent encore sa soeur, sa mère, son
frère.
Pourquoi ? Je n’ai pas de réponse . Per sonne n ’ a de
réponse.
À l’Agence des services frontaliers du Canada, un
porteparole m’a lu une déclaration : « Pour
procéder, on doit obtenir des documents de voyage du
pays en question. Mais je ne peux vous demander de
renseignements sur une tierce partie. »
J’ai donc appelé le consulat israélien à
Montréal. On m’a renvoyé à l’ambassade
israélienne à Ottawa. J’ai laissé des
messages. Pas de réponse.
Mon ami et collègue Fabrice de Pierrebourg a
fouillé le volumineux dossier de Youssef Ismail, pour
RueFrontenac. com. Il a trouvé des traces à
propos de fonct ionnaires exa spérés qu’ I
sraël , dans ce dossier, traîne les pieds. Une note
de service, datée de 1992, est claire : la solution est
« diplomatique ».
Stéphane Handfield est avocat en immigration. Ce qui,
entre vous et moi, n’est pas exactement la meilleure
façon de devenir riche. Représenter pro bono un
Palestinien sans le sou non plus, coincé dans un vide
juridique digne de Kafka non plus.
« Je n’ai jamais rien vu comme ça », me dit
Me Handfield, alors que Youssef Ismail est assis bien sagement
à côté de moi, f lottant dans ses
vêtements pêchés dans les coffres d’un
organisme d’aide aux pauvres.
Et moi , j e n’avais j amais vu d’apatride. Un apaquoi ?
Apatride: sans patrie. C’est ce qui est écrit sur le
document officiel d’Immigration Canada, le seul document qui
confère une existence juridique à ce petit
chauve : apatride. Stateless. Sans État, quoi.
Ismail baragouine l’anglais. Comprend un peu le
français. Ne peut pas travailler, ne peut pas
étudier. Et il est en train de devenir fou.
Peut-être est-ce déjà fait, remarquez...
Ismail a fait des conneries. faux passeport italien, habite
rue Créma z ie, à Montréa l ,
Québec, Canada, parce que quelqu’un, quelque part, en
Israël, pour une raison inconnue, ne veut pas lui
émettre de papiers officiels pour transiter de
l’aéroport Ben-Gourion à son village.
Pourquoi ?
Raisons de sécurité, fort probablement.
Il a frayé avec l’Organisation de libération de
Palestine, à la fin des années 70, au Liban.
Puis, en Italie, où il a vécu, les flics l’ont
arrêté, après le drame de l’Achille Lauro,
un bateau de croisière détourné par des
terroristes du Front de libération de Palestine, qui
ont bravement tué un Américain handicapé
pendant le siège.
Ismail a été interrogé, puis
relâché. Aucune accusation.
Mais comme je vous dis : personne n’a de réponse. On
Exaspéré d’attendre, de flotter dans ce vide
juridique, depuis 17 ans, il a fait des menaces dans des
bureaux fédéraux. Genre, je vais me faire sauter
! Il a déjà brisé une vitre dans un
bureau. Des bêtises du genre. Tout pour attirer
l’attention.
Ma i s ça ne ma r che pas . Youssef Ali Ismail,
né en 1958 dans un village jordanien qui a cessé
d’être jordanien en 1967, après la guerre des Six
Jours, « et pas au Liban, comme c’est écrit sur
le papier d’Immigration Canada », arrivé ici avec
un ne sait pas pourquoi, en vérité, Israël
refuse de laisser atterrir Ismail à Ben-Gourion.
Est-il un dangereux terroriste ? Si c’est le cas, pourquoi ne
pas l ’ a r rêter ? Pourquoi les Israéliens ne
veulent-i ls pas l ’ i nterroger ? Pourquoi le Canada le
laisse-t-il vivre dans son appar tement , rue Crémazie
?
C’es t i ncompréhens i ble. Chaque année, des
Palestiniens sont expulsés de pays occidentaux vers les
Territoires occupés. Il faut bien qu’ils passent,
à un moment donné, par Israël : les
villages palestiniens sont enclavés dans le pays
Donc, des Palestiniens expulsés, et il y en a pas mal
puisque les Palestiniens forment 50% des 8 millions
d’apatrides de la planète, ça existe.
Israël les accommode. Mais pas Youssef Ismail. Pourquoi ?
Parce que. Dans cette affaire, Israël fait la sourde
oreille, le Canada ne fait pas de vagues et le Québec,
lui, paie. Ben oui : l’aide sociale, c’est provincial. Et
Ismail reçoit le strict minimum que l’État
québécois consent aux pauvres : 580$.
Youssef Ismail, 51 ans, attend donc, rare demandeur de statut
de réfugié qui veut être retourné
dans son pays au pc...
J’ai bien peur, mon pauvre Ismail, que ça n’arrivera
pas.
On d i r a i t bien que quelqu’un vous a oublié dans
l’équivalent humain du comptoi r des objets perdus.
Youssef Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui
poireaute au comptoir des objets perdus des nations.
C’est inhumain, c’est indigne, c’est absurde.
Et c’est, semble-t-il, le destin de M. Ismail. Encore plus
absurde ? La distance entre l ’ aéro - port Ben-Gourion
de Tel-Aviv et Qalqilya, le village de la famille de Youssef
Ismail, est de 35 kilomètres ; 34 minutes en voiture,
selon Google Map.
Entre
peste et choléra PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE
On va me dire, c’est sûr, qu’Israël est
à blâmer. Qu’Israël a fait tomber sur Gaza
tout ce que le génie militaire moderne a de mieux
à offrir.
Que le combat était inégal. C’est vrai.
Mais c’est précisément l’exaspérant
piège de ce maudit con f l i t : tomber da ns une
concurrence des victimes.
Il y a des gens qui vont dire: Ah, voyez, le Hamas, c’est une
bande de barbares, il faut ce qu’il faut…
Ah oui ? Même des bombes au phosphore ?
Je soul igne le rapport de HRW parce qu’il y a vraiment des
salopards des deux bords. Je ne sais même plus qui l’est
davantage.
Quand je suis allé en Israël, en janvier, c’est ce
que j’ai trouvé de plus dur: faire comprendre qu’il n’y
a pas les bons d’un bord et les méchants de l’autre.
C’est plus compliqué.
Et, chaque fois qu’Israël est critiquée, ici,
c’est ce qui me déprime: cette tendance qu’ont bien des
gens à avoir des sympathies pour le Hamas (ou le
Hezbollah), puisque Israël est le « méchant
» désigné.
Notez aussi que lesmanifs antiHamas ne paralysent pas souvent
le centre-ville.
On lit ce rapport de HRW et on voit l’ampleur du banditisme
islamique à Gaza.
Solidarité avec les Palestiniens?
Évidemment, toujours. Avec le Hamas? No way, jamais.
UNE
VILLE EMMURÉE - Agnès Gruda
Qalqilya est
une ville palestinienne de 45 000 habitants, adossée
à la « ligne verte », la frontière
reconnue d’Israël. Ici, le maire est islamiste et le
Hamas a la cote.
Les
agriculteurs de la région de Qalqilya doivent passer
par des «portes agricoles» pour rejoindre leurs
lopins de terre. Parfois, l’attente peut prendre des heures.
Aujourd’hu i , cet te vil le de Cisjordanie est presque
complètement encerclée par huit mètres de
béton. Les agriculteurs qui possèdent des terres
au-delà du mur doivent passer par une « porte
agricole » ouverte à peine quelques heures par
jour.
Tous les matins, ils se rassemblent dès l’aube devant
une grille métallique surmontée de
barbelés. L’attente est longue. Les paysans doivent
exhiber les bons papiers et traverser un détecteur de
métal.
Abed Arabas, horticulteur, vit à Qalqilya. Pour aller
travailler chez Shquarro, une pépinière
située dans une zone tampon de l’autre
côté du mur, il emprunte un tunnel qui passe sous
une route réservée aux Israéliens. Pour
passer, il doit montrer patte blanche. Ça peut prendre
jusqu’à deux heures.
Les Israéliens, eux, entrent dans la zone tampon sans
s’arrêter aux points de contrôle. Et voyant leurs
plaques d’immatriculation jaunes, les soldats leur font signe
de passer.
« Une zone tampon ici ? Je ne savais pas », dit
une cliente de la pépinière qui habite la
colonie juive voisine d’Alfe Menache.
Les clients
de Shquarro sont presque tous israéliens. Ils adorent
Abed et viennent de loin pour acheter ses fleurs. Sont-ils
conscients du temps qu’il perd chaque jour pour traverser le
mur?
« J e ne c r oi s pas » , dit l’horticulteur.
« Abed est très gentil, mais c’est la situation,
je n’y peux rien et il n’y peut rien », résume
Dani Lévy, fleuriste israélien venu chercher des
fleurs pour sa boutique.
D’autres cultivateurs palestiniens ont abandonné
l’idée de vendre leurs produits à
l’extérieur du mur.
Eux qui, autrefois, écoulaient leurs légumes
dans toute la Cisjordanie doivent maintenant poireauter des
heures aux points de passage. Leurs tomates pourrissent. Ils
ont de la peine à atteindre le village palestinien
voisin. Alors ils se rabattent sur la clientèle locale.
Et la construction du mur n’est pas encore terminée.
Sur la carte, le pointillé qui indique où
passera la barrière pointe deux doigts au coeur de la
Cisjordanie, à la hauteur de Qalqilya et de Salfit.
Pour Ray Dolphin, du Bureau des Nations unies pour les
Affaires humanitaires (OCHA) à Jérusalem, une
fois que ce plan sera réalisé, « la vie
dans ces villes deviendra impossible ».
SEULS ENTRE LES BARBELÉS
Les
Palestiniens l’appellent al djeddar – le mur. En
hébreu, on dit gader, la barrière.
Érigée pour empêcher les attentats
suicide qui ont fait plus d’un millier de victimes
israéliennes au début des années 2000,
cette construction s’enfonce par endroits
CISJORDANIE MASHA— Hani Amir a la tête presque aussi
dure que le mur de béton qui domine sa maison. Ni les
pressions, ni les barbelés ne lui feront quitter
l’endroit où il vit avec sa femme, Mounira, et les
plus jeunes de leurs six enfants.
PHOTO AGNÈS GRUDA,
COLLABORATION SPÉCIALE
Hani Amir vit
derrière ce portail dont il possède la
clé. En principe, il lui est interdit de recevoir
des visiteurs.
Pour se rendre chez les Amir, il faut traverser Masha,
village palestinien situé à un peu plus d’une
heure de route au nord de Jérusalem.
Avec ses fenêtres placardées et ses rues
désertes, Masha a des airs de village
abandonné. Au bout d’une rue cahoteuse, nous
débouchons sur une zone militaire encerclée
par des clôtures métalliques et 37 panneaux de
béton gris. C’est à l’intérieur de
cette zone qu’habitent les Amir.
Terre rocailleuse, rosiers secs, maison aux murs
écaillés. Les Amir vivent coupés de
Masha, leur village palestinien. Mais ils sont aussi
séparés d’Elqana, la coquette colonie juive
qui se déploie derrière leur maison. De
l’autre côté des barbelés.
Masha se trouve en pleine Cisjordanie, à l’est de la
« ligne verte » – la frontière reconnue
d’Israël. Au loin, on aperçoit des villages
palestiniens et leurs minarets. Mais Hani Amir habite un no
man’s land militaire, ni tout à fait en Palestine ni
tout à fait en Israël.
Ennui
Averti de notre visite par un coup de fil, Hani descend d’un
pas lourd vers la porte grillagée pour nous faire
entrer.
Théoriquement, seuls les résidants de sa
maison sont autorisés à traverser cette porte.
En pratique, les militaires israéliens surveillent
distraitement l’endroit. Mais cet environnement de
béton et de fer décourage les visiteurs.
« Je m’ennuie, ici, il n’y a personne avec qui jouer
», se plaint Sheddad, un gamin de 9 ans, le cadet de
la famille.
« Nous sommes très isolés, nos proches
craignent de nous exposer à des représailles
israéliennes en venant chez nous », soupire sa
mère, Mounira.
L’idée d’ériger une barrière
protectrice entre Israël et les territoires
occupés remonte à plus de 15 ans. C’est
l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin qui
l’avait évoquée pour la première fois,
à la suite d’un attentat terroriste
dévastateur.
Mais c’est un autre premier ministre, Ariel Sharon, qui a
fait voter en 2002 les crédits pour la construction
de la barrière.
Tantôt mur massif, tantôt clôture
métallique surmontée de barbelés, la
barrière suit une ligne accidentée, piquant
à l’intérieur de la Cisjordanie pour englober
des colonies juives. ÀMasha, les Israéliens
ont voulu assurer un tampon de sécurité aux
colons juifs d’Elqana. Mais pour cela, il fallait exproprier
Hani Amir. Il a dit non, malgré l’offre de
compensation. « Je ne partirai jamais »,
clame-t-il encore aujourd’hui. Pourtant, la barrière
a détruit sa vie.
Plus de citronniers
Il y a encore cinq ans, Hani Amir vendait ses citronniers et
ses pots en grès dans la pépinière
adjacente à sa maison. Il avait aussi un petit
restaurant où ses clients, Juifs et Palestiniens,
pouvaient discuter autour d’un thé à la sauge.
Quand il a
appris que la barrière de protection charcuterait son
terrain et détruirait ses serres, Hani Amir a voulu
se battre contre le mur. Dans plusieurs causes semblables,
les tribunaux ont forcé Israël à
déplacer la barrière. Mais pas à Masha.
En regardant par la fenêtre de sa maison, les Amir ne
voient plus de pépinière, mais des panneaux de
béton gris. Leur maison se dresse seule au milieu des
barbelés.
Cette histoire unique a fait le tour de la planète.
Des militants internationaux sont venus chez les Amir. Ils
ont peint des fleurs et des oiseaux sur « son »
mur. Mais même décorée, la paroi reste
oppressante.
Coincés dans leur bulle militarisée, les Amir
sont aussi coupés des terres qu’ils possèdent
dans un village voisin, Azzun Atma. Autrefois, pour y aller,
Hani Amir n’avait qu’à traverser Elqana et à
filer cinq minutes vers le sud.
Cette route est désormais réservée aux
Israéliens. Et la terre de Hani Amir tombe en plein
entre le mur et la « ligne verte » – une zone
tampon assujettie à la loi militaire. Pour y
accéder, il faut mille détours et un permis.
Hani Amir en possède un. Mais pas les hommes qu’il
voudrait employer…
« Je ne peux pas tout faire tout seul », dit-il
quand nous le retrouvons sur ses terres par une
journée de bruine froide. À 51 ans, Hani a le
visage buriné et un teint de cendre. Il a l’air
vieux.
« Je suis incapable de travailler ma terre. Je viens
ici simplement pour la regarder. »
Le voisin
Rahamim Ashwal est le voisin des Amir depuis 20 ans. Il jure
qu’il aime bien Hani, même s’il le trouve un peu
têtu.
Les deux familles ont vu naître et grandir leurs en f
a nt s . Les Ashwa l à Elqana, une ville j uive
coquette avec des toits orange et des amandiers en fleurs.
Les Amir à Masha, village palestinien moribond depuis
qu’il ne fait plus affaire avec ses voisins juifs.
Avant, les Ashwal et les Amir s’invitaient parfois à
prendre le thé. « Hani Amir nous donnait des
plantes en échange de vêtements », se
souvient Rahamim Ashwal.
Mais un jour, un gars d’Elqana a été
assassiné à Masha, où il était
allé faire réparer son auto. Depuis, les
colons juifs ont peur.
Plus personne ne va faire réparer son auto à
Masha. Des enseignes y pendent de guingois sur les murs
d’ateliers abandonnés. Et une clôture
métallique sépare désormais les maisons
des deux voisins.
« Personne n’aime les barrières mais, pour moi,
elle représente la sécurité »,
dit Rahamim. Ce comptable croit que Hani aurait dû
accepter l’offre de compensation israélienne. Et que
s’il l’a rejetée, c’est par crainte de
représailles palestiniennes.
Pour un Palestinien, laisser sa maison aux
Israéliens, c ’ est assez pour passer pour un «
collabo », un statut à haut risque. Pourtant
Mounira, la femme de Hani, quitterait volontiers cette
maison de malheur étranglée de toutes parts.
Mais c’est Hani qui décide. Et il n’a qu’une phrase
à offrir à ceux qui lui demandent pourquoi il
continue de vivre au milieu des barbelés. «
Ici, c’est chez moi. »
La
conférence internationale sur le racisme vouée
à l’échec?
GENÈVE—
DurbanIIvouéeàl’échec avant même
d’avoir commencé ? Après le fiasco de la
première réunion du genre, la deuxième
conférence des Nations unies sur le racisme s’ouvre
aujourd’hui à Genève sur fond de
défections de plusieurs pays occidentaux et de
craintes de dérapages liés à la venue
du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a
qualifié hier Israël de « porte-drapeau du
racisme ».
Après avoir fait planer le doute jusqu’à la
dernière minute, les États-Unis, l’Australie
et les PaysBas ont finalement annoncé qu’ils ne
participeraient pas à la conférence, qui doit
assurer le suivi de celle, houleuse et très
controversée de Durban, il y a huit ans en Afrique du
Sud. Le Canada et Israël ont, quant à eux, fait
savoir de longue date qu’ils ne seraient pas présents
et l’Italie leur avait emboîté le pas
début mars.
Les Pays-Bas et l’Australie redoutent ouvertement que la
réunion ne soit l’occasion d’attaques
antisémites du type de celles qui avaient gravement
entaché la réunion de 2001, avec le
départ fracassant des États-Unis et
d’Israël. Le président iranien, connu pour ses
diatribes antisémites, doit prononcer un discours
aujourd’hui au siège des Nations unies de
Genève, lieu de la conférence.
« La conférence est trop importante pour
qu’elle fasse l’objet d’un détournement à des
fins politiques et d’attaques contre l’Occident »,
s’est expliqué le ministre néerlandais des
Affaires étrangères Maxim Verhagen.
De son côté, le Congrès juif
européen a appelé les pays européens
à « tirer les leçons du passé et
à se retirer » de la conférence.
Inquiets et divisés, la majorité des pays de
l’UE n’avaient toujours pas tranché hier soir sur
leur participation à la réunion, hormis la
Grande-Bretagne, qui a annoncé la présence de
son ambassadeur à l’ONU.
Un porte-parole du ministère belge des Affaires
étrangères avait indiqué plus tôt
dans l’après-midi que son pays essayait de «
convaincre (ses) partenaires européens d’y aller en
plus grand nombre ».
Outre les craintes liées à M. Ahmadinejad, la
plupart des pays occidentaux butent encore sur le projet de
déclaration finale produit par les diplomates
vendredi à Genève et qui semblait avoir obtenu
un consensus, s’inquiétant d’atteintes à la
liberté d’expression.
Le document, entériné
vendredi par le comité préparatoire de la
conférence, ne fait pourtant plus mention
d’Israël ni de la diffamation des religions, deux
« lignes rouges » pour les Occidentaux, tandis
que le paragraphe sur la mémoire de l’Holocauste
était maintenu contre l’avis de l’Iran.
Reconnaissant les « progrès » accomplis,
les États-Unis ont pour leur part
déploré qu’y figure la réaffirmation de
la Déclaration et Programme d’action de Durban (DDPA)
de 2001, qu’ils n’ont pas adopté.
La DDPA comporte en effet deux paragraphes traitant du
conflit israélo-palestinien que Washington conteste.
Celui sur le « sort du peuple palestinien vivant sous
occupation étrangère » figure qui plus
est au chapitre des « victimes du racisme », ce
qui revient de facto à assimiler l’occupation
à du racisme.
Pas si prioritaire
Le
conflit
au Proche-Orient n’est pas le plus meurtrier de la
planète - Frédéric Ensel
De grâce, cessons de faire de cette région et
de ce conflit l’épicentre des malheurs de la
planète.
BL’auteur est directeur de recherches à l’Institut
français de géopolitique et maître de
conférences à Sciences-Po et à l’ESG
Paris. Il vient de publier « Horizons
géopolitiques » aux éditions Le Seuil.
arack Obama souhaite que s’apaisent rapidement les
tensions au Proche-Orient, et il a raison. Pour autant, en
quoi cette question serait-elle prioritaire à
l’échelle de la planète?
Le constat peut surprendre; il est pourtant
irréfutable. Si l’on s’en tient aux victimes
tombées de mort violente (hors crimes de droit
commun, s’entend) sur le sol des États et
territoires libanais, israélien, syrien, jordanien,
égyptien et palestinien, on doit concéder
que la zone est mortifère. Sans tomber dans une
comptabilité macabre, on peut estimer à
environ 75 000 le nombre de victimes des différents
conflits du Proche-Orient sur un siècle, depuis
l’effondrement de l’Empire ottoman en 1917.
Dans l’absolu, ce chiffre est important, mais relativement
à d’autres chiffres correspondant à des
zones qui furent ou demeurent en conflit ouvert ou latent,
il s’inscrirait plutôt au bas de l’échelle.
Les guerres et/ou guérillas de Corée
(1950-53), d’Algérie (1954-62), d’Indochine puis du
Vietnam (1946-75), du Sri Lanka (1983-2009) du Caucase
(1991années 2000), d’Amérique latine
(années 1970) ou encore d’Afrique noire
(années 1990-2000 surtout), ont chacune
provoqué un nombre bien supérieur de morts
au combat que l’ensemble des affrontements militaires
israélo-arabes et interarabes du Proche-Orient.
Encore convient-il absolument de distinguer les guerres
(globalement) conventionnelles d’une part, les massacres
d’autre part. Toute vie humaine fauchée est certes
à déplorer. Mais en droit international,
comme dans la moralité qu’il traduit et
protège en principe, on ne confond heureusement pas
la violence du choc des armées conventionnelles sur
le champ de bataille et la violence sans foi ni loi des
meurtriers assassinant des civils.
Or au
Proche-Orient, aussi surprenant que cela puisse
paraître au regard des affrontements de moins en
moins interétatiques, on déplore depuis 1945
davantage de victimes militaires que de victimes civiles.
On y massacre globalement moins qu’ailleurs en temps de
montée aux extrêmes, y compris pendant des
guerres civiles finalement assez rares et
localisées ( Liban 1975-1991 surtout). Une
très épaisse couverture médiatique a
« permis » à des crimes contre
l’humanité (Septembre noir en Jordanie, Damour ou
Sabra et Chatila au Liban, attentats terroristes en
Israël) de se faire connaître davantage que
d’autres drames survenus ailleurs, mais joue ainsi le
prisme déformant et dénaturant.
En outre, puisqu’on ne constate jamais vraiment d’accalmie
totale dans la région du fait de cette
espèce de constance d’une conflictualité
dite de « basse intensité », elle nous
apparaît à feu et à sang,
dévoreuse de civils. Or là encore, si l’on
compare la situation des civils procheorientaux en temps
de guerre (ouverte ou larvée) à celle qui a
prévalu au Biafra, au Cambodge, en
Tchétchénie, dans les Balkans ou,
très récemment, dans l’Afrique des Grands
Lacs, on constate l’absence de génocides et de
crimes de masse, et même la relative rareté
des crimes de guerre et des crimes contre
l’humanité.
Spontanément, on pense à la rivalité
israélo-palestinienne en entendant le vocable
composé « Proche-Orient ». Pourtant,
cette région du monde n’a pas connu, comme par
soudaine malédiction, un état de guerre
endémique à partir du conflit entre
Israël et les Arabes de Palestine ou des alentours.
Dans bien des cas, le conflit israélo-palestinien
ne « joue » pas ou alors comme simple
instrument de propagande, et souvent ne
représente-t-il qu’une toile de fond, mais pas la
cause directe de ces violences. Croit-on
sérieusement que si Israël disparaissait comme
État souverain, le Proche-Orient se stabiliserait?
Illusoire!
On admettra sans risque, à l’instar de Barack
Obama, qu’un apaisement de la confrontation au
Proche-Orient contribuerait évidemment à
éviter certaines montées aux extrêmes.
Mais de grâce, cessons de faire de cette
région et de ce conflit l’épicentre des
malheurs de la planète.