Religion

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS


Les enfants de Dieudonné menacés de viols, tortures, kidnappings et de mort, indirectement.

Svali et les Illuminati
L’Exposé Greenbaum



L’enfer n’existe pas et Adam et Eve ne sont pas réels, revendique le Pape François!


À méditer… …Eux n'étaient pas taxés d'islamophobie !
La charia en Belgique‏

Niqab : acceptez et taisez-vous maintenant!

Les raisons de la laïcité ouverte
La manif contre la charte des valeurs réclame un «Québec ouvert»
Manifeste pour un Québec inclusif: plus de 10 000 signataires

Le pari de la laïcité ouverte
Pour une laïcité ouverte et… progressiste

Pour ou contre les crucifix dans les écoles?

L'Italie gardera ses crucifix à l'école

Crucifix dans les écoles publiques allemandes

Italie — crucifix autorisés dans les écoles (CEDH)

Le crucifix et nous

La Cour européenne valide la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes


Le crucifix à l'Assemblée nationale? Attention aux attaques simplistes!
La Cour d'appel donne raison au maire Tremblay
Prière et crucifix à l'Hôtel de ville


La sainte crucifiée
Le dalaï- lama charme les foules montréalaises
Le chef spirituel qui attire les foules  -  Laura-Julie Perrault
Voir aussi La crise redéfinit les valeurs, dit le dalaï-lama

Demonizing Muslims: To what end? - GERALD CAPLAN

A mirror of faith on the Canadian wall


Pope received news of his warrant of arrest before resignation

La démission du pape, une décision prise «il y a un an»
Benoît XVI: un pape mi-figue, mi-raisin

Se pourrait-il donc que même l'Église Catholique soit finalement capable de changement ?...
Un visage plus humain pour le pape

Confessions de Benoît XVI


Mais cela l'empêche-t-elle pour autant de faire preuve d'incohérence ?
Condom et confusion

God's far from dead in the global South - MARGARET WENTE
Le Noël des indignés

Canonisation du frère André - Ce qu'il en reste
Le Québec écartelé entre foi et athéisme

Jésus au Québec: nouveau chemin de croix

Avatar and the politics of our time - Rick Salutin


Religion: gare à l'intolérance


L’avocat du frère André
Une athée passionnée par les « miracles »

Matière à polémique

Un long processus


Un saint à hauteur d’homme  -  Louise Leduc
Un portier au royaume des saints

Canonisation du frère André - Perte de sens
Le frère André est admis parmi les saints
Le frère André sera canonisé

Le frère André sera bientôt un saint
Après 60 ans d'attente, le frère André sera canonisé


Tekakwitha bientôt sainte?


Une première femme ordonnée prêtre au Québec
Les anglicans ouvrent la porte aux femmes évêques...

... les catholiques la referment


De par ses positions aussi radicales qu'incohérentes, l'Église n'est-elle pas la première à se ridiculiser elle-même ?...
Le pape comprend ceux qui quittent l’église

L'Église s'enlise
Le pape et le sexe - Yves Boisvert
La colère de soeur Marguerite - Vincent Marissal
Le chaînon manquant - Alain Dubuc
« Qu’il se mêle donc de ses affaires »
Dieu les aurait-il condamnées?
Josée Verner condamne les propos du cardinal Marc Ouellet

Propos du cardinal Ouellet: le Dr Gaétan Barrette est «bleu marin»

Avortement - Air vicié
Le mépris de Kazem Ouellet - Patrick Lagacé

Le cardinal Ouellet sévèrement dénoncé

L'avortement injustifié même en cas de viol, selon le cardinal Ouellet
Benoît XVI lance une nouvelle polémique
Tous égaux, sauf les gais - Rima Elkouri


Le nouveau visage des catholiques
Jésus et nous - André Pratte

Plus que des fables

Il est né (où?) le divin enfant
Une tradition de naissance


Dans la bulle de son voile - Nathalie Petrowski

L'Église ne pourrait-elle pas commencer par chercher à faire pardonner ses propres péchés, avant de penser pouvoir faire la morale à qui que ce soit ?..­.
NOUS SOMMES TOUTES DES SORCIÈRES

L'Église et l'église - Patrick Lagacé


Le malaise des prêtres - Stéphane Laporte

La culture du secret, dont l'Église semble avoir fait une spécialité, aura-t-elle ironiquement eu pour effet de lever le voile sur les problèmes touchant au coeur de cette dernière ?...
Quebecer can sue Church for sex abuse

Le Vatican serre la vis aux pédophiles
Le Saint-Siège en Cour suprême américaine - Le Vatican est-il protégé des procès en pédophilie?
Prêtres pédophiles: Benoît XVI demande pardon
Benoît XVI : l'Église paie pour son propre "péché"
Le scandale de la pédophilie et son impact sur les finances de l'Église
Extend the hand of healing and justice
Le pape est-il hors la loi?
Un cardinal a félicité la dissimulation d'abus sexuels
FAIRE PÉNITENCE
Le Vatican s'attire les foudres de la France
Un Canadien sur dix connaît une victime d'agression sexuelle commise par un prêtre
Pédophilie: l'Église aurait étouffé un scandale au Canada
En bref - Pédophilie: le Vatican publie ses directives
Benoît XVI a traîné des pieds pour défroquer un prêtre pédophile
Une sexualité trouble
Des agressions préméditées
Des pulsions incontrôlées
Abus sexuels: le Vatican doit collaborer avec la justice

L'opinion de quelques vaticanistes - L'Église réagit comme une forteresse assiégée
Le mystère de la pédophilie échappe au Vatican
Silent Pope, defiant Vatican spark Easter outrage
Cinq ans de pontificat - La Terre appelle le pape
The Pope's problem is hypocrisy, not modernity
Dirty job will define Benedict's papacy

Le quinquennat tourmenté de Benoît XVI

Can faith in the Pope, and the church, be saved?
Des raccourcis troublants - PIERRE MURRAY

Pédophilie: un avocat américain veut que le pape témoigne
Benoît XVI est-il coupable ?
Appel à tous: Benoît XVI doit-il démissionner?
Pope vows not to be intimidated amid sexual abuse scandals
Pope Benedict XVI branded 'biggest sinner'

Le procès du pape - Yves Boisvert
Pédophilie - Le pape devrait se confesser
Sexe et Vatican - Assumer

Vatican forced to defend Pope over sex scandal
Benoît XVI aurait protégé un prêtre pédophile
Agressions sexuelles - Que fera l'Église du Québec ?
An apology won't end the abuse - Globe editorial

Agressions sexuelles - Les excuses ne suffisent pas

Un religieux suggère un registre des prêtres pédophiles
Le pape exprime sa «honte» et annonce des mesures
Tempête sur l'Église
La fin du silence au Québec
Le pape appelle les évêques à «restaurer la crédibilité de l'Église»

La queue du diable  -  PATRICK LAGACÉ
L’ambassadeur du Vatican a voulu étouffer l’affaire  -  André Noël
Les péchés de l’Église  -  AGNÈS GRUDA
Un évêque comparaît en justice  -  Louise Leduc

Voir aussi La pédophilie politiquement correcte  -  YVES BOISVERT

L'Église serait-elle en train de perdre tout ce qui pouvait lui rester de crédibilité ?...
Des Anglais rêvent de voir le pape menotté

L'Église serait-elle en train de perdre tout ce qui pouvait lui rester de connection avec l'humanité ?...
Le cardinal de fer

Et pourtant, se pourrait-il que même l'Église soit donc capable de changement ?...
Cardinal John Henry Newman: a modern Christian


10 000 euros d'amende pour un évêque négationniste


Ces chrétiens qu’on persécute



La cousine de Raël  -  PATRICK LAGACÉ

L’ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE CONDAMNÉE EN FRANCE  -  Marc Thibodeau
Sale temps pour les scientologues aux États-Unis  -  RICHARD HÉTU
Et au Québec, qu’en est-il ?  -  Christiane Desjardins

Y aurait-il donc un ou deux problèmes avec l'Islam ?
Visages de l'Islam en 12 photos
A thousand fatwas for Somalia's al-Shabaab

Seule au monde

La nouvelle censure - Mario Roy

Bienvenue en l'an 632 - Patrick Lagacé

Jihad jitters at Comedy Central

Des droits tout neufs - Mario Roy

L'ère post-Rushdie - Mario Roy

Ben Laden menace les É-U de représailles

Ben Laden prend un virage écolo
Ben Laden et le climat: un chef en manque d'inspiration

Mon papa, Oussama ben Laden
Ben Laden veut séduire les Occidentaux  -  Judith LaChapelle

«Ai-je l'air d'un terroriste?»


L'islam et ses dérives...
Philosophie - Tariq Ramadan : entre théologie et fanatisme
L'imam qui inspire les terroristes
Tariq le terrible - Nathalie Petrowski
Tariq Ramadan à l'UdeM: la controverse précède la conférence
Laissons parler Tariq Ramadan - Mario Roy
Un soir de ramadan chez les Alper  -  Laura-Julie Perrault

... notamment à l'égard des femmes !...
Tentative de meurtre à Dorval: encore un «crime d'honneur»?
Our daughters in peril
S'embrasser en public et autres sports extrêmes
Les femmes et l'islam - Nathalie Collard

Afghanistan: les viols répandus et sous-estimés

D'ailleurs, l'islam ne se trouverait-il pas surtout à donner naissance des héroïnes s'avérant d'autant plus courageuses que ce dernier peut être sexiste et mysogine ?...
Les Saoudiennes aussi veulent leur révolution
Femmes, au volant!
Mukhtar Mai: la bataille d'une survivante

Quand l'islam ne fait que servir de paravent à la barbarie pure et simple...
Barbarie en direct


Mais cela devrait-il pour autant justifier que nous mêmes dérivions vers l'intolérance ?...
Viser l'islam


Et n'y a-t-il pas là autant de raisons de saluer le courages de ceux, et surtout de celles qui se lèvent pour y faire face à l'injustice ?...
La députée afghane qui rêve de devenir présidente

A wanderer from Islam with a message for the West
Une star du niqab est née
Des mulsulmanes américaines veulent prier avec les hommes
L'improbable destin d'une diplomate yéménite

Une jeune fille de 12 ans meurt en mettant au monde son bébé
Histoire de "pantalon indécent" : Libérée, Loubna veut « continuer le combat »
Une histoire de principe et de pantalon
Sauvée par le ramadan
Les témoins de Jéhovah éclipsent U2  -  Sylvie St-Jacques
Le Nigeria en état d’alerte  -  Laura-Julie Perrault

La crise redéfinit les valeurs, dit le dalaï-lama
Voir aussi
Le chef spirituel qui attire les foules  -  Laura-Julie Perrault


L’EXORCISME N’ESTPAS UN SPECTACLE!


FRÈRE ANDRÉ Un autre pas franchi vers la canonisation - Louise Leduc
La révolution de 1969 -  MARIE-CLAUDE LORTIE
Le cardinal Ouellet appelle à une nouvelle législation

Le droit à l’avortement menacé, jugent des experts
Les médecins pourraient cesser de faire des avortements au privé

L'éthique, la culture et le juge

ECR et Galilée... - Yves Boisvert

Pourquoi pas un accommodement? - André Pratte

Québec interjettera appel

Loyola High School: Jean Charest veut porter le jugement en appel
La Cour donne raison à Loyola High School

Une analyse biaisée
L'école endoctrine nos jeunes, affirme une chercheuse
Cours d'éthique et culture religieuse Des parents déboutés en Cour supérieure
Pour mieux vivre ensemble -  RAYMOND GRAVEL
116 années après Léon XIII -  ANDRÉ PRATTE
Le cours d’éthique et de culture religieuse devant les tribunaux


LIBAN  - Un magazine « pour adultes seulement » fait des vagues


Le pape équilibriste
 

L’Arabie Saoudite élira sa Miss Moralité

Nationalisons les églises!

Les VII péchés capitaux

Communautés religieuses et alimentation: l'assiette divine

Sectes
« J’ai été 34 ans dans une secte »




LE DEVOIR
THE GAZETTE

GLOBE AND MAIL
***

L'ACTUALITÉ

TIME MAGAZINE























Un saint à hauteur d’homme  -  Louise Leduc
Le pape Benoît XVI a annoncé hier que le frère André sera fait saint le 17 octobre. Retour sur une dévotion populaire qui demeure sans égale au Québec.
Mar ie-Jeanne Dor invi l le est passée à l’Oratoire cette semaine pour que le frère André intercède pour son Haïti natal. Nicola Mastrocola, lui, y vient tous les dimanches depuis 50 ans. « Le frère André s’est occupé de mes problèmes cardiaques. »
  Le cardinal Jean-Claude Turcotte a insisté sur l’humilité du frère André.
Comme au temps du frère André, l’Oratoire demeure le haut lieu des coeurs en miettes. Chômeurs, malades et endeuillés y défilent quotidiennement pour allumer des lampions, poser leur main droite sur le tombeau du frère André ou s’arrêter au « bureau des bénédictions ».
Il y a file dans ce petit local, même en ce matin de semaine. On veut une bénédiction pour soi ou pour les objets religieux achetés à la boutique d’à côté. Les bénédictions se font en série, selon une formule générique, jusqu’à ce qu’un homme fonde en larmes devant un père de Sainte-Croix et les gens dans la file, tous bien mal à l’aise.
Ce petit bureau perpétue l’oeuvre centrale du frère André, à cette différence près que, à ce dernier, on venait réclamer des guérisons.
Malcommode?
Selon la journaliste Micheline Lachance, qui a écrit une biographie du frère André, il aurait reçu, au cours de la seule année 1909, quelque 29 500 lettres. Lui, l’analphabète qui ne pouvait lire!
Il était malcommode, particulièrement à l’égard des femmes. Tous les livres sur lui le mentionnent. « Vous dites que vous avez mal à la gorge? Eh bien, couvrez-la ! » auraitil lancé à une énième femme qu’il trouvait trop décolletée à son goût.
Dans un entretien accordé à Micheline Lachance, le père Émile Déguire, ami intime du frère André, admet que ce dernier refusait de rencontrer celles qui n’étaient pas vêtues modestement mais soutient qu’« il n’était pas misogyne ».
Joseph Pichette, autre ami cité dans la biographie de Jean-Guy Dubuc, veut aussi corriger la légende : « J’ai connu le frère André pendant 30 ans et j’ai passé des journées entières avec lui, dans son bureau même, par des chaleurs suffocantes, et les pèlerins le bousculaient du matin au soir. J’ai remarqué qu’il avait toujours un même bon mot; il était joyeux, aussi de bonne humeur à la fin de sa journée qu’au commencement. Il en fut ainsi durant les 25 premières années que je l’ai connu. Durant les cinq dernières années, il avait pris de l’âge, il se fatiguait plus vite et il était plus nerveux. »
Bien avant d’être canonisés par Rome, « les saints sont canonisés par la ferveur populaire », relève Jean Desclos, professeur de théologie à l’Université de Sherbrooke.
Comme saint Antoine de Padoue et saint François d’Assise, évoqueM. Desclos, le frère André avait ce petit je-ne-saisquoi «qui déplace les foules».
Parce que chacun espérait son miracle, sa guérison ? Oui, il y avait de cela, mais pas uniquement. « Il apportait aussi son soutien moral à une époque où l’écoute n’était pas encore à la mode. Le f rère André est une figure éminemment sympathique, l’image du gars ordinaire, de la campagne, qui a pu rallier des gens moins croyants. »
Après Marguerite d’Youville, le frère André est la deuxième personne née au Canada à être canonisée.


L’Église catholique fustige la femme qui se fait avorter, condamne les gais, désapprouve le port du préservatif, refuse de bénir le mariage d’un divorcé, mais accepte en ses murs le corps reconnu d’un parrain de la mafia qui reçoit bénédiction et est aspergé d’eau bénite. Je ne comprends pas. Qu’en pense le cardinal Turcotte ?

Nous comprenons enfin pourquoi le cardinal Ouellet a fait une sortie publique il y a quelques semaines au sujet de l’avortement. C’était tout simplement une stratégie politique pour plaire aux dirigeants du Vatican et ainsi démontrer la robustesse de son dossier pour être promu.

Si le cardinal Ouellet tient tant à repeupler le Québec, pourquoi ne milite-t-il pas en faveur de l’abolition du célibat obligatoire chez les ecclésiastiques, au lieu de nier le droit des femmes à l’avortement ? Cette initiative aurait l’avantage de résoudre des problèmes pour lesquels il est beaucoup moins loquace, comme la pédophilie dans le clergé catholique et la place des femmes dans la hiérarchie. — Marcel Gilbert, Québec

L’image que le cardinal Ouellet a de la femme émane d’un paternalisme éhonté et d’une misogynie croulante. S’il n’était revêtu de la pourpre ecclésiastique, cet homme serait jugé à sa juste mesure: un sexiste attardé, qui ne connaît pas la Charte des droits et libertés et qui s’est tenu à l’écart de l’évolution de la société humaine depuis des siècles.— Marquita Riel, Orford




FAIRE PÉNITENCE

— d’après AFP
« Face aux attaques du monde qui nous parlent de nos péchés, nous voyons (...) qu’il est nécessaire de faire pénitence et donc reconnaître les erreurs commises dans notre vie », a déclaré hier le pape Benoît XVI lors d’une messe au Vatican. « La douleur de la pénitence, c’est-à-dire de la purification et de la transformation, cette douleur est une grâce parce que c’est un renouvellement. » Dans cette homélie improvisée, le pape a reconnu que « les chrétiens », « même au cours des derniers temps, ont souvent évité la parole pénitence, qui nous semblait trop dure ». Ces propos ont été interprétés comme « une forme de mea culpa » par le vaticaniste Bruno Bartoloni, interrogé par l’AFP. Selon lui, « le pape dit : on a commis des fautes et il faut se repentir ». Mais dans le même temps, Benoît XVI a eu des mots très durs à propos des « agressions contre l’Église », signes selon lui du « conformisme » ambiant qui a remplacé les « dictatures nazie comme marxiste ». « Ce conformisme peut réellement être une vraie dictature », a-t-il affirmé, relevant qu’il rend « obligatoire de penser comme tout le monde, d’agir comme tout le monde ».

Des raccourcis troublants - PIERRE MURRAY
Les faits ne démontrent pas que Benoît XVI et son bras droit aient voulu étouffer l’affaire du prêtre pédophile
L’auteur est curé de la paroisse Bienheureux François de Montmorency à Laval. Il s’agit d’un débat juridique dans lequel les différentes parties entreprennent des démarches pour faire valoir leurs droits.
La semaine dernière, plusieurs médias québécois ont repris presque mot à mot un article du New York
Times qui montre du doigt le pape Benoît XVI pour avoir contribué directement à étouffer un cas de prêtre pédophile américain du temps où il était cardinal préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Si l’information était avérée, à l’évidence la crédibilité de l’Église et du pape Benoît XVI serait gravement entachée.
Aussi est-il étonnant de constater que l’information publiée comporte des imprécisions et des raccourcis troublants compte tenu de la gravité des reproches adressés et des personnes concernées. Le journaliste du New York Times donne une interprétation que les faits ne suggèrent pas.
Rappelons brièvement les faits : un prêtre du diocèse de Milwaukee est dénoncé par trois jeunes pour divers abus à connotation sexuelle qui se seraient déroulés entre 1963 et 1969. Des accusations au criminel auraient été portées en 1974, mais par la suite abandonnées, sans que la raison n’en soit donnée.
Les allégations ont été portées à l’attention de l’archevêque de Milwaukee en 1995. Celui-ci met immédiatement en branle un processus judiciaire ecclésiastique qui ferait en sorte que le prêtre soit laïcisé. Mais une difficulté s’est rapidement présentée touchant le délai de prescription.
Afin de faire lever cet obstacle, l’archevêque de Milwaukee entreprend dès 1996 différentes démarches par le biais de lettres auprès de laCongrégationdirigée par le cardinal Ratzinger et son bras droit, MgrBertone, afin qu’un décret de la Congrégation soit émis selon lequel, malgré le temps écoulé, un procès ecclésiastique puisse être tenu.
En mai 1997, il est convenu que le procès pourra être tenu. Surviennent ensuite des difficultés liées au fait que le prêtre ne réside plus dans le diocèse de Milwaukee, mais dans un autre diocèse qui a juridiction. Un autre procès est donc mis en branle dans cet autre diocèse.
En janvier 1998, le prêtre accusé dans cette affaire écrit au cardinal Ratzinger pour porter en appel la décision de passer outre aux délais de prescription. Il ne demande pas une faveur, mais exerce un recours juridique.
En mai de la même année, l’évêque responsable du procès informe MgrBertone qu’il ira de l’avant avec le procès, malgré la demande de l’accusé.
À la suite de la rencontre à Rome le 30 mai 1998 avec Mgr Bertone, l’archevêque de Milwaukee décide d’abandonner le procès judiciaire à cause des difficultés liées aux délais de prescription et d’opter pour une démarche administrative qui empêcherait le prêtre incriminé d’exercer quelque ministère que ce soit. Il en informe Mgr Bertone dans une lettre datée du 19 août, mais prêtre incriminé est décédé deux jours plus tard. Les faits rendus publics par le
New York Times contredisent donc les conclusions du journaliste voulant que le cardinal Ratzinger et son bras droit aient voulu étouffer l’affaire. Il s’agit plutôt d’un débat juridique dans lequel les différentes parties entreprennent des démarches pour faire valoir leurs droits. L’intention de l’archevêque de Milwaukee est claire et constante: empêcher par tous les moyens à sa disposition le prêtre incriminé d’exercer un ministère. Dans les faits, le cardinal Ratzinger n’a pas été mêlé à cette histoire.
Il est désolant de constater que le désir d’incriminer le cardinal Ratzinger l’emporte sur la véracité des faits. Il ne s’agit pas ici de défendre à tout prix l’Église, mais de s’assurer que les reproches qui lui sont adressés le soient en toute justice.


L’ambassadeur du Vatican a voulu étouffer l’affaire  -  André Noël
Évêque accusé de possession de pornographie infantile
L’ambassadeur du Vatican au Canada, Mgr Luigi Ventura, a tenté j usqu’à la dernière minute de maintenir un voile de silence sur le sca ndale impliquant l’évêque Raymond Lahey, accusé de possession et d’importation de pornographie i nfantile, s’insurge l’Association des victimes de prêtres du Québec.
La nonciature apostolique d’Ottawa n’a rien dit pendant plusieurs jours des raisons de la démission de l’évêque Raymond Lahey, accusé de possession et d’importation de pornographie infantile.
Une semaine après l’arrestation de Mgr Lahey, le pape Benoît XVI a annoncé que Mgr Ventura quittait le Canada pour la France. À Ottawa, la nonciature apostolique, nom officiel de l’ambassade du Vatican, dit qu’il n’y a aucun rapport entre ces deux faits. « Une chose est sûre : Mgr Ventura part dans la controverse, et j’espère que celle-ci le suivra en France », affirme France Bédard, fondatrice de l’Association des victimes de prêtres.
Mme Bédard a transmis une chronologie des événements à La Presse, qui l’a ensuite validée.
Le 15 septembre, Mgr Lahey, évêque du diocèse d’Antigonish en Nouvelle-Écosse, est revenu des États-Unis et a débarqué à l’aéroport d’Ottawa. Un douanier a trouvé des images de garçons âgés de 8 à 10 ans dans son ordinateur portable. Celui-ci et d’autres objets ont été saisis. L’évêque a été arrêté, puis libéré en attendant les résultats de l’enquête.
« Il a annoncé à la nonciature apostolique (à Ottawa) qu’il voulait démissionner i mmédiatement après son arrestation à l’aéroport », a i ndiqué la nonciature dans un courriel à La Presse. Mgr Lahey a-t-il dit pourquoi il voulait démissionner ? « Il est très logique qu’il ait donné les motivations pour lesquelles il venait d’être arrêté, et pour lesquelles le pape a immédiatement accepté sa démission », a répondu la nonciature.
Or, la nonciature n’en a rien dit à personne pendant plusieurs jours, même pas à la Conférence des évêques cathol iques c a nadiens ( CECC). « C’était à Mgr Lahey de décider d’informer ou non ses collègues », a-t-elle dit, en précisant qu’elle n’a pas d’autorité sur la CECC.
Une semaine plus tard, soit le 22 septembre, le pape a annoncé que Mgr Ventura, qui avait nommé Mgr Lahey évêque à Antigonish en 2003, quittait le Canada pour devenir nonce apostolique en France. La procédure de transfert avait commencé quatre mois plus tôt, a assuré son bureau à Ottawa.
Le 25 septembre, après une enquête menée par la police d’Ottawa, des accusations de possession et d’importation de matériel de pornographie i nfa ntile ont été déposées contre Mgr Lahey. Le lendemain, le 26 septembre, la CECC a publié un communiqué dans lequel elle a indiqué de façon laconique que « le Saint-Père a accepté la démission de Mgr Raymond J. Lahey pour des raisons personnelles ». Mais elle ignorait toujours quelles étaient ces raisons personnelles, le nonce apostolique ne lui ayant pas confié qu’il avait été arrêté.
« La CECC n’a été informée des accusations qui pèsent contre Mgr Lahey que le mercredi 30 septembre, à 14h30, par un j ournaliste de CBC Television, a indiqué Gérard Baril, du service des communications de la CECC, dans un courriel envoyé à La Presse. Les " motifs personnels " qui ont amené Mgr Lahey à présenter sa démission au pape Benoît XVI nous étaient tout à fait inconnus. Les évêques ne relèvent pas de l’autorité de la Conférence épiscopale, mais du pape. Cela explique que Mgr Lahey n’était pas tenu d’informer la CECC des raisons pour lesquelles il avait demandé à être relevé de sa charge épiscopale. »
« Deux semaines après avoir été i nformé que Mgr Lahey avait été arrêté à l’aéroport, l’a mbassadeur du Vatican à Ottawa n’en avait même pas i nformé les évêques ca nadiens , a dit Mme Béda r d. Qu’espérait-il ? Qu’il ne soit pas accusé ? Ces cachotteries n’ont rien d’étonnant : elles sont la règle. Le Vatican a même déjà menacé d’excommunier les membres du clergé qui dénoncent l’existence de crimes sexuels dans l’Église. »
« Avant d’être nommé évêque d’Antigonish par le nonce apostolique Luigi Ventura, Mgr Lahey avait été évêque à TerreNeuve, rappelle Mme Bédard. L’archevêché de Saint-Jean (de Terre-Neuve) a admis qu’il était au courant depuis des années des allégations faites contre Lahey par une victime d’agressions sexuelles à l’orphelinat de Mount Cashel. Cette victime affirme avoir été bouleversée en 1985, quand il était jeune garçon, en voyant la pornographie qui se trouvait chez Lahey, alors simple curé. Cela ne l’a pas empêché de devenir évêque, d’abord à Terre-Neuve, puis en Nouvelle-Écosse. »
Mme Bédard souligne que The Observer, un quotidien britannique, a publié un document confidentiel provenant des archives du Vatican qui avait été envoyé aux évêques du monde entier en 1962, et les menaçant d’excommunication s’ils révélaient des allégations d’agressions sexuelles. Le document de 69 pages, écrit en latin, a été authentifié par l’ Église catholique romaine d’A ngleterre et de Galles. La nonciature apostolique à Ottawa affirme que le nouveau code de droit canon, adopté en 1987, a aboli toutes les lois et les dispositions antécédentes, y compris cette directive.
« L’Église cultive l’aveuglement volontaire, ajoute Mme Bédard, qui a elle-même été violée par un abbé lorsqu’elle était mineure et qui poursuit l’Archevêché de Québec pour obtenir un dédommagement. J’ai transmis nos informations sur Mgr Luigi Ventura aux associations de victimes de prêtres en France, afin qu’on sache là-bas comment il a pratiqué l’omerta au Canada. »

Les péchés de l’Église  -  AGNÈS GRUDA
Quand il a vu l’évêque d’Antigonish, Raymond Lahey, s’excuser au nom de l’Église auprès des victimes d’agressions sexuelles de son diocèse, l’avocat John McKiggan était convaincu qu’il avait devant lui un homme droit et courageux.
L’évêque Raymond Lahey s’est présenté hier au poste de police d’Ottawa. Libéré après le versement d’une caution de 9000 dollars, il sera de retour devant les tribunaux le 4 novembre.
Ce juriste d’Halifax a mené de nombreux recours collectifs contre des membres du clergé dans des causes de ce genre. Chaque fois, l’Église s’est battue bec et ongles pou r préserver sa réputation. Mais le 7 août dernier, Raymond Lahey a accepté non seulement de reconnaître les fautes commises, mais aussi de dédom mager les victimes.
Pour John McKiggan, qui représent a it les v ic ti mes d’A ntigonish, l’événement était historique. « C’était un incroyable changement de cap. Je voyais l’évêque Lahey comme un homme qui essaie d’agir correctement, et n’hésite pas pour cela à se dresser contre les autres membres du clergé », dit-il.
John McKiggan est tombé de haut, cette semaine, quand il a appr is que le même Raymond Lahey était accusé de possession de pornographie juvénile. Ces faits ne correspondaient pas du tout à l’image de l’homme qu’il avait vu demander pardon pour les fautes de l’Église, à peine six semaines plus tôt.
E n 2 0 a ns de pratique, John McKiggan a représenté des centaines de victimes d’agression sexuelle. « Quand les agresseu rs éta ient des hommes du clergé, ils appartenaient dans 75 % des cas à l’Église catholique », a-t-il constaté au fil des ans.
Les prêtres catholiques ne sont pas les seuls à s’être trouvés mêlés à des scandales sexuels. Il y en a eu aussi chez les anglicans, ou encore chez les baptistes . Mais John Mc K igga n est convaincu que la hiérarchie propre à l’Église catholique crée u n climat favor a ble aux abus.
« Chez les catholiques, il y a un incroyable respect pour l’autorité du prêtre », note-t-il.
Des prêtres immatures
C’est aussi ce que remarque l’au mônier a méricain Thomas Doyle dans un long article paru il y a six ans dans la revue Pastoral Psychology. L’auteur y rappelle qu’en une quinzaine d’années, l’Église catholique américaine a été éclaboussée par quelque 1800 poursuites pour des agressions sexuelles. Et il n’est pas tendre pour la réaction des autorités cléricales, qui ont toujours tout fait pour nier ces allégations, ou encore les minimiser.
La hiérarchie propre à une Église extrêmement centralisée crée un terreau propice à des relations abusives, et aussi à la loi du silence, écrit Thomas Doyle.
L’autre facteur qui ouvre la voie à des relations sexuellement abusives est d’ordre individuel : un grand nombre de prêtres catholiques souffrent de déficiences psychologiques, soutient l’aumônier. Il cite des études selon lesquelles 66 % des prêtres catholiques aux États-Unis sont immatures sur le plan émotionnel. Principale manifestation de cette immaturité : « La difficulté à établir des relations interpersonnelles et une incapacité à intégrer leur identité psychosexuelle. »
« Les prêtres im matu res sont plus à l’aise avec des adolescents, ont peu d’amis de leur âge et parviennent assez bien à camoufler ces déficiences en les rationalisant », écrit Thomas Doyle.
Et ce sont peut-être j ustement ces fa iblesses qu i poussent certa i ns jeu nes hommes à se tourner vers la prêtrise, avance Hubert Van Gijseghem, expert psycholégal québécois qui a rencontré des dizaines de prêtres accusés d’agressions sexuelles ou de pédophilie.
« Quand un jeune homme se sent aux prises avec une sexualité trouble qu’il n’accepte pas, il peut se sentir attiré par le célibat idéalisé des prêtres », dit-il.
Mais il arrive que leurs désirs les rattrapent au tournant. « Après quelques années, la sexualité peut venir chercher son dû, et ces hommes peuvent tomber en amour avec des j eunes », constate Hubert Van Gijseghem.
Autrement dit, ce n’est pas la chasteté qui pousse les prêtres catholiques à vivre leurs pulsions avec des enfants qui leur sont subordonnés, comme on pourrait l’imaginer. Mais bien ces pulsions qui poussent des jeunes hommes troublés à épouser la prêtrise.

Un évêque comparaît en justice  -  Louise Leduc
L’évêque de Nouvelle-Écosse en cavale, qui faisait l’objet d’un ma ndat d’a rrêt pou r possession et importation de matériel de pornographie i n fa ntile, s ’est rendu à la police hier et a comparu au palais de j ustice d’Ottawa. Tristement habituée à composer avec des allégations de c ri mes sex uels da ns ses ra ngs, l’ Église a réagi promptement.
Les malheurs de Raymond Lahey, âgé de 69 ans, ont débuté le 15 septembre quand des images suspectes ont été découvertes dans son ordinateur lors d’une fouille aux douanes de l’aéroport d’Ottawa.
Sans rien dire des vraies raisons motivant sa décision, l’évêque Lahey a créé la surprise en annonçant, samedi, qu’il avait donné sa démission au pape Benoît X V I « pour des raisons personnelles ». Il avait grand besoin, écrivait-il, d’un moment de « ressourcement ».
Libéré après le versement d’une caution de 9000 dollars, M. Lahey sera de retour deva nt les t r ibu nau x le 4 novembre.
I ron iquement , en août , Lahey avait avalisé un règlement offrant une compensation de 13 millions aux victimes de prêtres agresseurs de son diocèse.
En 2006, il avait envoyé une lettre aux paroissiens de son diocèse intitulée : Votre enfant et l’éducation sexuelle, invitant les parents à inculquer aux enfants « le respect de la masculinité et de la féminité » et à exposer les petits au « cadeau de la fertilité ».
Au nom de l’Assemblée de s évêq ue s c a t hol iq ue s du Canada, Mg James Weisgerber a décla ré hier qu’« il est important que ces graves accusations fassent l’objet d’une enquête approfondie de la part des instances judiciaires compétentes ».
Disant s’adresser notamment à toutes ces personnes « qui se sentent une deuxième fois v ic t i me s », A nt hony Mancini, archevêque d’Halifax, s’est dit conscient « que tout le monde est en état de choc. (…) Je n’ai pas le pouvoir de trouver une solution à ce problème, ni la capacité de guérir la douleur ou d’effacer cette tragédie », a-t-il ajouté.
Au Canada, ces dernières années, ce sont surtout les pensionnats autochtones qui ont éclaboussé les religieux. Pendant des décennies, des enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles pour être mieux assimilés dans des pensionnats où ils sont nombreux à avoir été agressés. L’ Église unie, l’ Église anglicane et l’Église presbytérienne ont présenté leurs exc uses . Un mea-culpa du Vatican est toujours espéré des victimes.
En Onta rio, l’a ffaire du curé Charles Sylvestre a aussi fait grand bruit. À 82 ans, en 2006, il a commencé à purger trois ans de prison pour avoir été le prédateur, pendant quatre décennies, de 47 j eunes paroissiennes. Ce scandale a d’autant plus choqué que ses supérieurs avaient su qu’il commettait des agressions et l’avaient simplement muté dans un autre diocèse.
Gare aux raccourcis
Carolyn Sharp, professeure de théologie à l’ Université Saint-Paul, à Ottawa, croit que cette nouvelle affaire est dévastatrice pour l’image de l’Église, mais tout de même moins que d’autres ayant mis en lumière la complicité tacite de la haute hiérarchie.
Elle juge cependant inapproprié de voir dans ces nouvelles accusations la preuve du caractère malsain du célibat des prêtres. « Il y aurait sans doute lieu de refaire ce débat, mais il n’y a pas ici de cause à effet. En 2008, selon Statistique Canada, il y a eu au pays 1408 infractions liées à la pornographie juvénile. Or, chaque fois qu’un membre du clergé est touché par ces infractions, ça fait grand bruit et je n’ai pas entendu dire qu’il y a eu quantité de curés sur le lot cette année-là. La pornographie juvénile, ça reste le plus souvent le fait d’hommes en couple. »
Par ailleurs, Mme Sharp attribue aux lois canadiennes le fait que l’Église canadienne ait été tout de même plus épargnée que celle des États-Unis par les scandales sexuels. « Dans les années 80, au nom de la liberté religieuse, plusieu rs États n’imposaient pas aux membres du clergé de dénoncer les cas d’agressions sexuelles dont ils avaient connaissance. À l’inverse, les lois canadiennes ne prévoyaient aucune exception et cette obligation légale a toujours été très présente dans l’esprit des membres du clergé d’ici. »
Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de la revue jésuite Relations, croit pour sa part que cette nouvelle affaire confirme la nécessité pour l’Église de cesser « de se draper dans des prétentions de sainteté » pour plutôt convenir que ses membres sont aussi humains que qui que ce soit.
Pour le reste, M. Ravet met en garde contre les dangers de généralisation. « Ce n’est pas parce qu’un évêque est sous le coup de telles accusations qu’il faut soupçonner tous les évêques. »




L’ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE CONDAMNÉE EN FRANCE  -  Marc Thibodeau
PARIS — L’ Église de scientologie a été condamnée hier en France à payer de lourdes amendes à l’issue d’un r e t e nt i s s a nt pr o c è s pou r escroquerie qui ne l’empêc hera pas pour auta nt de poursuivre ses activités dans le pays.
Le t r i bu na l c or r e c t i onnel de Paris exige que les deux principales structures hexagonales de l ’orga nisat ion d’origine a méricaine, qui contestera le j ugement en appel, versent près de 1 million de dollars pour avoir abusé d’anciens adeptes.
Le « dirigeant de fait » des s c i e ntolog ues e n F r a nce, Alain Rosenberg, ainsi que t r oi s aut r e s membres ont été condamnés à des peines de prison avec sursis allant d e 1 8 moi s à d e u x a n s , a c c ompagnées d’a mendes individuelles.
Bien que les procureurs aient demandé la dissolution des deux structures ciblées par la procédure, le tribunal n’a pas obtempéré.
Une controverse avait éclaté l ’été dernier après que l a Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Milivudes) eut révélé qu’une modificat ion législative adoptée en mai rendait i mpossible l a dissolution d’une personne morale pour escroquerie. Le gouvernement, parlant d’une simple « erreur », a ensuite infirmé la décision sans pour autant la rendre rétroactive.
Le j uge « a e x pr i mé s a volonté de faire en sorte que la structure de la scientologie soit maintenue pour qu’en réalité, on puisse mieux la contrôler et a voulu donner à ce j ugement une dimension nationale et internationale pour que d’éventuelles victimes puissent être prévenues des méthodes », de l ’ orga n i s a t i on , a i ndiqué hier au quotidien Le Monde l’avocat des parties civiles, Me Olivier Morice.
Le procès reposait notamment s u r le t é moig n a g e d’une femme d’une quarantaine d’années, Aude-Claire Malton, qui s’est intéressée aux idées de Ron Hubbard à la fin des années 90 après avoir été sollicitée par des membres de l’organisation à la sortie d’un métro parisien.
Mme Malton, qui se trouvait alors dans une période de grande vulnérabilité, a débou r s é plu s de 3 0 0 0 0 dollars en quatre mois pour suivre des cours et obtenir des l iv res censés l ’a ider à s e r emettre s u r pied. « I l fallait sans cesse acheter », a relaté la plaignante, qui a coupé les ponts avec l’organisation grâce à l’aide de son ex-conjoint.
L oi n de se considérer désavouée, l’ Église de scientologie s ’est félic itée hier, dans un communiqué, que la cour ait reconnu qu’elle « devait » continuer ses activités en France.
« I l n’a pu échapper à la réalité qu’il existe une large communauté de scientologues heureux de pratiquer leu r religion », i nd ique l ’or ga nisation , qui s e dit v i c t i me d ’ u n « pro c è s e n hérésie, une inquisition des Temps modernes ».
« Nous ne renoncerons pas. La religion de scientologie se développe plus que jamais et sa reconnaissance en France est inéluctable, comme dans
les autres pays. Nous croyons que personne n’a le droit de dire aux Français ce qu’ils doivent d i r e e t c e qu’i l s doivent penser en matière de religion », a souligné un porte-parole.
La réaction était tout autre du côté des associations de lutte contre les sectes, qui parlaient hier d’une décision histor i que s usceptible de nuire à l’organisation, classée comme « secte » dans un rapport parlementaire français de 1995.
Le président de la Milivudes, Georges Frenech, s’est réjoui, en particulier, que le fonctionnement même de l’ Église de scientologie soit montré du doigt.
Certains membres avaient d é j à é t é c o n d a mnés p a r l e pa s s é e n F r a nce pou r escroquerie sans que l’organisation elle-même ne soit sanctionnée.

Sale temps pour les scientologues aux États-Unis  -  RICHARD HÉTU
NEW YORK — Depuis une semaine, l’ Église de scientologie en bave également aux États-Unis, où le mouvement fondé par Ron Hubbard a fait l’objet d’un reportage dévastateur à la télévision avant d’être secoué par le départ d’une de ses célébrités, le réalisateur et scénariste canadien Paul Haggis.
Le cinéaste canadien Paul Haggis a annoncé sa rupture avec la scientologie dans une lettre diffusée lundi sur le blogue d’un ex-scientologue.
Oscarisé en 2004 pour son film Collision, le cinéaste a annoncé sa rupture avec la scientologie dans une lettre adressée à Tommy Davis, porte-parole de l’Église, et diffusée lundi sur le blogue d’un ex-scientologue. Il a notamment reproché à l’organisation son soutien aux opposants du mariage homosexuel en Californie ainsi que les attaques publiques dont auraient été victi mes plusieurs exscientologues qui avaient critiqué l’Église et ses méthodes.
« Après cette lettre, je suis parfaitement conscient du fait que certains de mes amis pourraient décider de ne plus me f réquenter ou travailler avec moi », a écrit Paul Haggis, à qui l’on doit également les scénarios des films de Clint Eastwood Million Dollar Baby et Lettres d’Iwo Jima.
Et d’ajouter : « Cependant, je suis arrivé à la conclusion que je ne pouvais pas faire partie plus longtemps de ce groupe. J’ai juste honte d’avoir attendu tant de mois avant d’agir. »
La l e t t r e du c i néaste a été publiée su r l e blogue de Marty Rathbun, un des q u a t r e e x-s c i e n t o l o g u e s i nterviewés dans le cadre d’un reportage de l’émission d’ABC Nightline diffusé jeudi dernier. À titre d’« inspecteur général », Rathbun a géré les affaires juridiques de l’ Église de scientologie, t ravailla nt é t r o i t e ment a v e c D a v i d Miscavige, l’actuel dirigeant du mouvement.
Comme les autres ex-scientologues interviewés, Rathbun a dénoncé le climat de violence créé et encouragé par Miscavige, qui aurait lui-même frappé des membres de son entourage.
« Je pense que cet homme est un fou furieux », a déclaré Rathburn au cours de l’entrevue diffusée sur ABC.
« Je le dirai sans détour : j’estime qu’il est un sociopathe », a déclaré de son côté Bruce Hines, un des « auditeurs » de l’ Église, également interrogé par ABC.
Le porte-parole de l’ Église de scientologie, Tommy Davis, a nié les allégations des exadeptes du mouvement. Le r e por t a ge d’A BC i nclua i t un extrait d’une interview à laquelle Davis a mis fin de façon brutale après que le journaliste Martin Bashir eut tenté de lui poser des questions sur ses croyances à propos du soidisant seigneur Xenu, dont l’histoire ne serait dévoilée qu’aux adeptes les plus importants de la scientologie.
L’extrait, où le journaliste fait notamment référence à la confédération galactique sur laquelle Xenu aurait régné voici 75 millions d’années, connaît un succès viral sur l’internet.


Et au Québec, qu’en est-il ?  -  Christiane Desjardins
Au Québec, l’Église de scientologie a fa it l ’objet d’une série de poursuites pour remboursements en argent dans les années 80 et au début des années 90, mais elles ont été réglées à l’amiable. Et depuis une quinzaine d’années, c’est le calme plat, selon les recherches de La Presse.
L’avocat Jean-Pierre Fafard, qui était un peu la bête noire de la scientologie, confirme cet état de choses. « Mon dernier dossier remonte à 15 ans, dit celui qui a piloté plusieurs poursuites civiles contre l’Église. J’ai représenté des membres pendant sept ou huit ans. L’Église a pris un recours collectif contre l’ACEF, ils m’ont poursuivi en diffamation, je les ai poursuivis… Tous les dossiers se sont réglés hors cour, jamais je n’ai fait de procès », dit-il.
Me Fafard, qui est encore en contact avec I nfo-Secte, signale qu’il n’y a plus de plainte. « Souvent, c’était des plaintes pour obtenir des remboursements d’argent, mais il semble qu’ils remboursent maintenant. » Il faut dire que l’Église de scientologie, comme les autres corporations religieuses d’ailleurs, est soumise à la Loi de la protection du consommateur, comme cela a été confirmé par un jugement de la Cour supérieure, en 1997. À l’époque, l’Église prétendait qu’elle n’avait pas à rembourser les fidèles insatisfaits dans un délai de 10 jours, puisqu’il s’agissait de matériel religieux, et que le salut de la personne était en péril.



Ben Laden prend un virage écolo
DUBAÏ — Le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, a abordé hier des thèmes inhabituels pour lui en accusant les nations industrialisées d’être responsables du réchauffement climatique et en attaquant la suprématie du dollar, dans un deuxième message audio en cinq jours.
PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Rompant avec ses invectives contre les « croisés » occidentaux, le chef d’AlQaeda affirme, dans son message diffusé par Al-Jazira, que « discuter du changement climatique n’est pas un débat d’intellectuels ».
« Toutes les nations industrialisées, particulièrement les grandes nations, sont responsables du réchauffement climatique », déclare Oussama ben Laden dans ce nouveau message diffusé par Al-Jazira. Le message, qui n’est pas daté, n’a pas été authentifié par une source indépendante.
Rompant avec ses invectives contre les « croisés » occidentaux, le chef d’Al-Qaeda, qui évoque rarement dans ses messages les questions environnementales, affirme que « discuter du changement climatique n’est pas un débat d’intellectuels ».
« Ce message est destiné à tout le monde au sujet de ceux qui sont responsables du changement climatique, qu’ils l’aient fait de manière délibérée ou non, et de la façon dont nous devons y faire face», dit Oussama ben Laden, traqué par les États-Unis et dont la trace s’est perdue depuis les attaques du 11 septembre 2001.
Il dénonce l’administration de l’ex-président américain George W. Bush, qui n’a pas signé le protocole de Kyoto sur les changements climatiques, le seul traité international contraignant contre le réchauffement. Mais il ne fait aucune référence à l’accord de Copenhague signé le 19 décembre.
« Bush junior et le Congrès américain avant lui avaient rejeté ce protocole, afin de satisfaire (les intérêts) des grandes compagnies », affirme ben Laden.
Ces entreprises sont à l’origine de « la spéculation, du monopole, de l’augmentation des prix et des effets tragiques de la mondialisation », poursuit-il, en s’en prenant aux plans de sauvetage des entreprises affectées par la crise économique mondiale.
« Quand les auteurs du crime sont victimes de leur propre acte, les chefs d’État se ruent à leur rescousse avec de l’argent public », déplore-t-il.
Pour « libérer l’humanité de l’esclavage de l’Amérique et de ses compagnies », Oussama ben Laden appelle à « arrêter d’utiliser le dollar et s’en débarrasser », même si « cela aurait des répercussions énormes ».
Citant l’intel lectuel de gauche amér ica in Noam Chomsky, le chef d’Al-Qaeda vi l ipende également une administration américaine agissant comme la mafia.
Ce message est le second en cinq jours du chef d’AlQaeda. Le 24 janvier, il avait, également dans un bref enregistrement audio, revendiqué l’attentat manqué sur un avion de ligne américain le jour de Noël et menacé les États-Unis de nouvelles attaques s’ils poursuivaient leur soutien à Israël.

Ben Laden veut séduire les Occidentaux  -  Judith LaChapelle
Dans un nouveau message, il tente de justifier les attentats du 11 septembre
Pas d’image vidéo, mais une voix qui serait bien la sienne. Oussama ben Laden a parlé dans un message di f fusé dimanche sur des forums de combattants djihadistes. Son discours, selon les experts, ne contient cependant aucune menace; au contraire, c’est le chef d’Al-Qaeda qui paraît traqué.
Un jeune vendeur itinérant vend des affiches de ben Laden dans les rues de Peshawar, au Pakistan. C’était en 2003. Aujourd’hui encore, ben Laden n’est présent qu’en images!
Mais i l ne faut pas s’y tromper, croit l’avocat David Harris, ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et expert en terrorisme. « Il semble avoir été bien conseillé par des gens qui connaissent la façon de penser occidentale », croit M. Harris, joint hier à ses bureaux d’Ottawa.
Dans son message, Ben Laden s’attarde à justifier les attaques du 11 septembre 2001, ce qui intrigue les analystes. Il s’adresse au peuple américain en utilisant allégrement le « nous ». Tous deux, dit-il, ont un ennemi en commun: la Maison-Blanche. L’arrivée d’Obama n’a rien changé, affirme-t-il. Il ne peut espérer changer les choses, ou alors « son destin pourrait être celui du président Kennedy ou de son frère ».
Sympathie pour son bourreau
« La Maison-Blanche est occupée par des groupes de pression », ajoute-t-il. « Vous, Américains, devez libérer la Maison-Blanche de ces groupes au lieu de libérer l’Irak. »
Cette façon d’unir les peuples américain et musulman contre un ennemi commun étonne M. Harris, qui a l’impression que ben Laden veut susciter une espèce de « syndrome de Stockholm » chez ses vis-à-vis, cet état d’esprit où la victime ressent de la sympathie pour son bourreau.
« Il nous dit: j’ai peut-être tué, mais nous sommes vous et moi dans la même situation: nous sommes victimes de la Maison-Blanche. »
Il fait une déclaration étonnante : « Nous sommes prêts à accepter des discussions pour mettre fin à la guerre. » Il faut cependant revoir les relations avec Israël. « Est-ce que votre sécurité et votre bien-être valent la peine d’être sacrifiés pour celle d’Israël ? » Ce message, à première vue moins belliqueux parce qu’il propose une « solution » aux Occidentaux, serait-il trompeur ? Difficile à dire, admet M. Harris. « Mais ma préoccupation est qu’il a bien compris cette vulnérabilité des Occidentaux à chercher une solution. »
Pas de menaces
Les analystes se sont aussi attardés à ce que ben Laden ne dit pas. Contrairement à ses autres messages, il ne fait pas de menaces à l’Occident. Il ne mentionne pas la guerre en Afghanistan, en Irak – ou si peu –, en Somalie ou en Tchétchénie. Il ne louange pas les « martyrs » qui ont détourné les avions du 11 septembre.
Il parle d’une guerre entre deux nations – les États-Unis et l’Islam – qui pourrait cesser si ce n’était le « lobby israélien ». « Il n’a pas dit « le lobby juif », remarque David Harris.
« La meilleure façon de vous mettre à dos l’Occident est de parler des juifs. Pour avoir une chance que son message passe, il a parlé d’Israël. »
D’aut res experts , dont Anouar Eshki, chef du centre des études stratégiques et légales en Arabie Saoudite, cité par l’AFP, croient que le message montre que ben Laden, traqué, « cherche une porte de sortie pour arrêter ses attaques ».
Pour Walid Phares, de la Fondation pour la défense des démocraties, ce changement de ton « pourrait même signifier un possible réalignent entre les forces du djihad au MoyenOrient ». « Cet enregistrement, écrit M. Phares sur son site web, mérite plus d’attention que les précédents. »



Un soir de ramadan chez les Alper  -  Laura-Julie Perrault
Mois de jeûne et de spiritualité, le ramadan est aussi un mois de célébration pour 1,5 milliard de musulmans dans le monde. Après le coucher du soleil, les privations du jour font place à la fête. La table, oubliée pendant les heures d’ensoleillement, déb
On ne peut pas s’empêcher d’avoir faim pour elle. Il est 20h. Le soleil s’est couché. Risalé Alper, qui jeûne depuis 4h30 le matin – pas de nourriture, pas d’eau – devrait en principe se ruer sur les mets fumants qu’elle vient de disposer sur la table. Au lieu de ça, elle remplit patiemment les assiettes de ses invités.
Risalé Alper, originaire de Turquie, remplit les assiettes des invités qu’elle a reçus récemment dans sa résidence de Montréal-Nord pour le repas de rupture du jeûne du ramadan. À sa droite, son mari, Ismail Alper.
Elle regarde à peine le plat de dattes qui lui, pourtant, lui fait de l’oeil. Dans la famille Alper, originaire de Turquie, on brise le jeûne du ramadan en avalant une de ces perles du désert. « C’est la seule partie un peu religieuse de la soirée. Le prophète brisait lui aussi le jeûne avec une datte, de l’eau ou du sel », explique, au bout de la table, un des invités des Alper, Fehmi Kala.
Habituellement, chez les Alper, comme dans beaucoup de familles musulmanes de Montréal, la rupture du jeûne se fait en famille – le couple a deux fils, deux brus et deux petites-filles qui partagent la même adresse –, mais ce soir, la famille s’est élargie.
À l’invitation de la Fondation du dialogue, une organisation liée à l’intellectuel musulman turc Fethullah Gülen, les Alper ont décidé d’agrandir la famille, le temps d’une soirée. Deux candidats aux élections municipales de Montréal-Nord, une étudiante, la représentante de La Presse et deux voisins ont été conviés. Des soirées du genre auront lieu pendant tout le mois du ramadan.
Manger, partager
Au menu de la rencontre: la possibilité d’échanger sur le ramadan, mais surtout, des spécialités culinaires de l’est de la Turquie, préparées dans la coquette cuisine des Alper, dans une rue résidentielle de Montréal-Nord.
Sur la table, des aubergines dans le yogourt, des poivrons farcis, des kebabs arrosés d’une sauce aux tomates, du riz aux pois chiches, des pains fourrés à la viande épicée et la grande spécialité de la maîtresse demaison: des cigarettes bourek. Ces rouleaux feuilletés ont été baptisés ainsi à cause de leur forme, mais ils sont loin de goûter le tabac: ils sont remplis de fromage et de coriandre. « Pour nous, c’est beaucoup ça, le ramadan, manger avec des proches, préparer des plats traditionnels, partager », dit timidement Risalé.
Les invités posent quelques questions. Mais ils mangent, surtout. « C’est tellement bon, ces rouleaux au fromage! Risalé m’a appris à les faire, mais ça demande tout un équipement particulier », s’exclame Sylvia Cancilla, la voisine.
Les deux familles se connaissent depuis sept ans. Les deux pères, Ismail et Franco, se disent bonjour tous les matins quand ils partent au travail à 5h30. « Avant leur arrivée, la rue était habitée surtout par des familles francophones ou italiennes. Quand les Alper sont arrivés, on s’est dit oh! oh! des Turcs! On était un peu perplexes, mais maintenant, Ismail est l’homme le plus connu de la rue », raconte en souriant MmeCancilla.
Malgré les relations de bon voisinage, c’est la première fois qu’ils sont conviés pour le ramadan. Ils sont venus même s’ils avaient déjà mangé à 18h30. « On ne pouvait pas refuser cette invitation-là. »
Pendant toute la durée du souper, Ismail Alper explique qu’il n’a aucunedifficulté à faire le ramadan, même à Montréal. Il travaille depuis 23 ans dans une usine de Lachine et tout le monde s’est habitué à le voir jeûner un mois par an. « Parfois ils me taquinent un peu », dit-il en riant doucement.
En fait, note-t-il, à mesure que les années passent, le ramadan est de plus en plus plaisant, de plus en plus facile. Les Alper n’ont aucune difficulté à se procurer les produits turcs qui leur permettentdepréparer lesfestins de soirée ou à dégoter des pâtisseries aussi bonnes que celles du pays. On compte à Montréal près de 150 000 musulmans, et leur nombre s’accroît chaque année. Les commerces spécialisés et les boucheries halal sont devenus légion.
Pendant le ramadan, ils font des affaires d’or. « Mon personnel double pendant le ramadan », sourit à ce sujet Toufik Merazi, le propriétaire de la pâtisserie La Table fleurie. « Le ramadan, c’est notre Noël à nous. »

RAMADAN, MODED’EMPLOI
Le ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire musulman. Pendant ce mois, qui se déplace de 10 jours chaque année dans le calendrier occidental, basé sur la rotation de la Terre autour du Soleil, les musulmans doivent jeûner du lever du soleil au coucher. L’heure exacte du jeûne varie de jour en jour, mais cette année, on peut dire que le jeûne s’étend grosso modo de 4h30 du matin à 19h45, heure approximative de la rupture du jeûne. Pendant cette période, ceux qui font le jeûne du ramadan ne doivent ni manger, ni boire, ni fumer. Ils doivent aussi prier cinq fois par jour, une règle qui s’applique toute l’année, mais qui est souvent respectée plus scrupuleusement pendant le ramadan. Un des objectifs du jeûne est de permettre aux nantis de comprendre la détresse des pauvres. C’est d’ailleurs durant ce mois qu’ils doivent verser la zakat, l’aumône.


Une jeune fille de 12 ans meurt en mettant au monde son bébé
SANAA — Une fillette yéménite de 12 ans, mariée de force, est morte alors qu’elle mettait au monde son bébé, a annoncé hier une organisation de défense des droits de l’homme à Sanaa.
Selon l’Organisation yéménite pour la protection de l’enfance (Siyaj), la petite Fawzia Abdallah Youssef est morte vendredi d’une hémorragie à l’hôpital saoudien de Hajja.
L’organisation non gouvernementale a précisé dans un communiqué à l’AFP que la fillette était tombée enceinte à 12 ans, et que l’enfant est mort-né.
La fillette « avait été retirée de l’école et mariée de force à 11 ans par sa famille, qui vit dans le besoin », a indiqué l’organisation, ajoutant que son père souffrait d’insuffisance rénale.
L e Yé m e n , p ay s d e la péninsule arabique considéré comme l’un des plus pauvres au monde, a une population à structure tribale et le mariage forcé y est largement pratiqué.
L’an dernier, le cas d’une fillette yéménite de 8 a ns, Nojoud Mohammad Ali, qui avait obtenu le divorce, avait mis en lumière la situation de milliers de femmes-enfants mariées de force.
Nojoud ava it obtenu le d ivorce après avoi r por té plainte auprès d’un tribunal contre son père qui l’avait forcée à se marier à un homme de 20 ans son aîné.
Des orga nisations de la société civile, dont des mouvements féministes, pressent le Parlement d’adopter une loi fixant l’âge du mariage à 18 ans.


Libérée, Loubna veut « continuer le combat »
KHARTOUM — La journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein a été libérée, hier, après avoir été emprisonnée la veille au sortir de son procès pour avoir porté un pantalon jugé « indécent » et s’est engagée immédiatement à « continuer le combat ».
« Nous allons continuer le combat pour changer cette loi, la police de l’ordre public et les tribunaux de l’ordre public », a-t-elle déclaré à l’AFP, dans la cour du j ournal Ajras alHurriya (Les cloches de la liberté), où elle a été accueillie par les youyous de ses partisans. Mme Hussein avait été reconnue coupable lundi d’avoir porté un pantalon « indécent », un crime passible de f lagellation au Soudan, un verdict dénoncé par des organisations internationales. Le juge lui avait donné le choix entre une amende de 500 livres soudanaises (200$) et un mois de prison.
Vêtue d’un pantalon brun et de la « tarha », voile traditionnel soudanais recouvrant la tête et les épaules, elle avait refusé de payer l’a mende, préférant être incarcérée, une décision qui semble avoir embarrassé les autorités.
Le président de l’Association des journalistes soudanais, Mohieddine Titawi, a indiqué que son organisation avait payé l’amende et que Mme Hussein avait aussitôt été libérée.
« Je ne sa is même pas qui a payé l’amende. J’avais demandé à ma famille et à mes amis de ne pas la payer », a-t-elle affirmé, visiblement mécontente d’avoir été libérée contre son gré de la prison des femmes d’Omdurman, ville jumelle de Khartoum au confluent des deux Nil.
La journaliste avait été arrêtée, en juillet, dans un café de Khartoum avec une douzaine d’autres femmes portant elles aussi un pantalon. Dix des femmes arrêtées avaient reçu dix coups de fouet chacune.
M m Hussei n a ensu ite entrepris une croisade contre l’article 152 du Code pénal de 1991, entré en vigueur deux ans après le coup d’État du président Oma r el-Béchir, qui prévoit 40 coups de fouet maximum pour quiconque « commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents ».

La journaliste a indiqué ne pas savoir si elle interjetterait appel du verdict prononcé par la cour de première instance.



Une histoire de principe et de pantalon
Une journaliste soudanaise fait de son procès une tribune contre l’oppression des femmes
KHARTOUM — La journaliste soudanaise Lubna Hussein, qui encourait 40 coups de fouet pou r avoir porté un pantalon en public, a finalement été condamnée hier à 200 $ d’amende par un juge soudanais.
Lubna Hussein avait revêtu un pantalon à sa sortie de la Cour, hier à Khartoum.
Lubna Hussein faisait partie d’un groupe de 13 femmes interpellées le 3 juillet dernier lors d’une opération de police dans un café de Khartoum, la capitale soudanaise. Dix d’entre elles ont été condamnées à une amende et ont reçu des coups de fouet deux jours plus tard. Mais Lubna Hussein et deux autres femmes ont décidé d’aller jusqu’au procès, entendant en faire une tribune contre l’oppression des femmes par le régime islamique soudanais.
Lubna Hussein a déclaré qu’elle ne payerait pas l’amende, préférant passer un mois en prison parce qu’elle en fait une question de principe. « C’est une occasion de se rendre compte des conditions de vie en prison», a-t-elle déclaré.
Son avocat, Galal al-Sayed, a confié qu’il lui avait conseillé de payer l’amende avant de faire appel, mais qu’elle avait refusé. Selon lui, le juge aurait pu choisir les coups de fouet, mais il a opté pour l’amende pour éviter les critiques de la communauté internationale.
Peu avant que le jugement soit rendu, la police avait interpellé plusieurs dizaines de femmes, beaucoup portant des pantalons, qui manifestaient devant le tribunal.
Le pantalon est considéré comme indécent dans la stricte interprétation de la charia, la loi islamique adoptée par le régime de Khartoum depuis le coup d’État militaire de 1989.


Sauvée par le ramadan
Malaisienne condamnée à six coups de bâton pour avoir bu une bière dans une boîte de nuit
KUALA LUMPUR — Au nom de la religion, une Malaisienne musulmane de 32 ans devait recevoir six coups de bâton, hier, pour avoir bu une bière. Au nom de la religion, elle a obtenu un sursis... au moins jusqu’à la fin du ramadan.
Kartika Sari Dewi Shukarno, à droite, a été reconnue coupable d’avoir bu de l’alcool en public. La sentence – six coups de bâton – pourrait être exécutée à la fin du ramadan.
Kartika Sari Dewi Shu ka rno, qui vit depuis 15 ans à Singapour, a été condamnée, le mois dernier, à recevoir six coups de bâton et à une amende de 5000 ringits (1400 $), pour avoir bu de l’alcool dans une boîte de nuit d’un hôtel de l’État malaisien de Pahang, ce qui est contraire à la loi islamique. Il s’agit de la première femme condamnée en Malaisie à des coups de bâton en vertu de la loi islamique.
La jeune femme a été interpellée hier par des responsables religieux qui devaient l’emmener dans une prison près de Kuala Lumpur, où la peine devait lui être infligée. Mais, après quelques kilomètres, la jeune femme a été relâchée.
Sa h f r i A bdu l A z i z , élu responsable des affaires religieuses de l’État de Pahang, a indiqué que la sentence avait été suspendue jusqu’à la fin du mois du ramadan, qui a débuté la semaine dernière.
« La sentence demeure. Elle recevra les coups de bâton après le mois du ramadan. Elle a été relâchée, mais seulement temporairement », a-t-il expliqué, cité par le site internet du journal Daily Star.
Le sursis accordé pourrait être un moyen d’enterrer l’affaire, qui ternit l’image de la Malaisie, a estimé à l’AFP un responsable gouvernemental, sous le couvert de l’anonymat. « Laissons le tribunal islamique décider. Le tribunal a le pouvoir de modifier la condamnation et, selon la loi, le sultan peut aussi accorder sa grâce », a indiqué ce responsable.
« Je ne sa is que dire, a réagi la jeune femme. Je veux connaître ma situation légale. Je ne sais pas si je suis libre », a-t-elle ajouté.
La jeune femme, qui avait refusé de faire appel, avait demandé que la peine lui soit infligée en public, estimant que ce serait « une façon plus efficace d’éduquer les musulmans à ne pas boire ».
L’affaire a suscité une vive émotion dans le village de sa famille, où une cinquantaine de partisans de la jeune femme se sont rassemblés hier. « Je me demande pourquoi Kartika va recevoir des coups de bâton, alors que beaucoup d’autres musulmans boivent (de l’alcool). Elle est persécutée », a estimé Wan Alawiah, un homme de 64 ans.
La Malaisie, pays multiculturel qui compte d’importantes minorités chinoise et indienne, dispose d’un double système judiciaire et les tribunaux islamiques peuvent juger les musulmans et faire appliquer la charia.
L’alcool est largement distribué en Malaisie, mais est interdit aux musulmans, qui représentent plus de 60 % de la population. En cas de consommation d’alcool, ils encourent une amende, des coups de bâton, voire la prison, mais les poursuites sont rares.



Les témoins de Jéhovah éclipsent U2  -  Sylvie St-Jacques
À Vienne, 40 000 croyants des quatre coins du monde ont rempli le plus gros stade d’Autriche
AUTRICHE
ENVOYÉE SPÉCIALE
Le congrès international des témoins de Jéhovah a rempli le plus grand amphithéâtre d’Autriche. « Chaque année, nous devons trouver un plus grand stade », explique leur porte-parole.
« Keep on the Watch! » « Wacht Beständig! » « Mantegass Aletta ! » « Wacht Bestandig ! » « Kitartoan Virrasszatak! »
Le week-end dernier, Vienne était peuplée de 40 000 témoins de Jéhovah en provenance de 18 pays, qui portaient tous un badge incitant le monde à « rester aux aguets ».
Prenant congé du porte-à-porte, les témoins s’étaient donné rendez-vous au stade Ernst-Heppel pour trois jours de conférence, de baptêmes, de chants religieux et d’échanges culturels. Ils ont aussi eu droit au récit de l’un des leurs, l’Autrichien Leopold Engleitner, qui, à 104 ans, est l’aîné des survivants de l’Holocauste.
En plein centre du parterre du plus grand stade d’Autriche, une vaste piscine a baptisé quelque 200 pratiquants de cette religion qui réunit 7 millions de fidèles dans le monde. Pour l’occasion, plusieurs témoins de Jéhovah avaient revêtu le costume traditionnel de leur pays. Si bien que, autour du stade Ernst-Heppel, on pouvait voir des Japonaises en kimono converser avec des Africaines en boubou ou des Autrichiens en costume tyrolien.
Nikki Maxwell participait au congrès avec son amie Stefanie Steindohfe, une Allemande de 17 ans aux cheveux rouges. Pour cette jeune Américaine de 18 ans, la foi en Jéhovah (que lui ont transmise ses parents) donne un sens à sa vie et espoir en l’avenir. « Je sais que mon bonheur ne dépend pas des études que je ferai ou d’un emploi payant », a-t-elle déclaré en toute confiance.
Pour les f rères Dominik et Simon Krenn et leur cou-
VIENNE— sin Dewin Nu Bbaum, trois Autrichiens dans le début de la vingtaine, faire partie des témoins de Jéhovah est une source de bonheur supérieure à toutes les pratiques immorales proscrites par la religion, comme la pornographie et « toutes les mauvaises choses ». « Nous sommes heureux parce que le paradis est à notre porte », a déclaré Dewin Nu Bbaum, un grand jeune homme à l’allure décontractée et au regard caché par d’épais verres fumés.
Nicu Muldovan, Roumain d’une trentaine d’années en complet-cravate, a quant à lui fait l’éloge des idées de pureté et de moralité véhiculées lors de cette rencontre internationale.
Le congrès réunissait entre autres des fidèles du Japon, de Slovaquie, de Hongrie, de Slovénie, de Croatie, des ÉtatsUnis et de Finlande.
« Chaque année, nous devons trouver un stade plus grand et améliorer notre logistique », a expliqué Bernd Gsell, porte-parole des témoins de Jéhovah. La tenue du congrès dans ce stade avait donné lieu à une certaine controverse en février dernier, lorsque le groupe irlandais U2 avait annoncé qu’il ne donnerait pas de concert à Vienne parce que le plus grand amphithéâtre d’Autriche était pris.
Le grand thème de ce congrès international a été le péril de la planète. « Les problèmes du monde actuel sont liés à l’égoïsme, à l’ignorance, à la violence et à la brutalité. Dans ce congrès, nous avons essayé de transmettre l’importance de cultiver de bonnes qualités comme la maîtrise de soi, l’amour du prochain et toutes les valeurs chrétiennes », a indiqué à La Presse Bernd Gsell, qui a aussi fait référence à la fameuse « horloge de la fin du monde ».
« Nous croyons que d’ici peu, il y aura un changement majeur qui ne sera pas induit par l’homme, mais par une intervention divine. Un gouvernement régi par Jésus remplacera les 200 gouvernements qui existent sur la planète. »
Présents partout sur la planète, les témoins de Jéhovah comptent un million de fidèles aux États-Unis et plus de 600 000 au Mexique. Le mouvement est en croissance en Afrique, où l’on compte plusieurs centaines de milliers de pratiquants, notamment au Nigeria et en Zambie.




Le Nigeria en état d’alerte  -  Laura-Julie Perrault
Près de 200 personnes tuées dans des affrontements entre policiers et islamistes extrémistes Trois jours de violents affrontements dans le nord du Nigeria ont fait plus de 260 morts depuis dimanche, mis le gouvernement en état d’alerte et réveillé un fant
Ils s’appellent eux-mêmes Boko Haram, ce qui signifie en dialecte hausa « l’éducation occidentale est un péché ». Les autorités du Nigeria les appellent les « talibans ». Depuis dimanche, cette secte islamiste et la police du pays mènent une bataille sans relâche dans le nord du Nigeria.
Pour échapper aux combats, les civils de Maidguri, notamment des femmes et des enfants, se sont réfugiés hier au poste de police de la ville.
Hier, les affrontements entre les deux groupes ont atteint leur apogée. Selon le gouvernement nigérian, plus de 190 islamistes ont été tués alors que les forces de l’ordre nigérianes prenaient d’assaut un bloc de maisons de la ville de Maidguri, où s’étaient barricadés des militants et leur chef spirituel, Ustaz Muhammed Yusuf.
Pour échapper aux combats, les civils de Maidguri se sont réfugiés hier au poste de police de la ville. Cet abri de fortune était aussi une morgue à ciel ouvert. Les dépouilles de militants islamistes y étaient entassées pêle-mêle dans la cour.
Les autorités du pays estiment à plus de 260 le nombre des victimes des violences des trois derniers jours.
Violence dans le nord du pays
Les troubles ont commencé dimanche dans l’État de Bauchi. Les policiers y ont arrêté un groupe de militants du Boko Haram qui s’apprêtaient à leur tendre une embuscade. Cette arrestation a été suivie d’éruptions de violence dans plusieurs villes du nord du Nigeria, une partie du pays où la population musulmane est largement majoritaire. Selon des témoins, des groupes de jeunes hommes armés de machettes, d’armes à feu et d’explosifs artisanaux s’en sont pris principalement aux forces de l’ordre.
Pour une charia nationale
Un chef du Boko Ha ram arrêté dimanche a expliqué que son organisation cherche à établir la charia dans l’ensemble du Nigeria. Depuis 2000, la loi islamique est appliquée dans 12 des 36 États qui composent ce pays multiethnique et multireligieux, mais le Boko Haram voudrait que la charia régisse aussi le sud du pays, majoritairement chrétien.
L’organisation islamiste, fondée en 2004, admet être inspirée par les talibans d’Afghanistan. Tout comme les troupes du mollah Omar, le Boko Harem prône l’abolition des écoles pro-occidentales, s’opposent à la mixité homme-femme, à la musique et à la danse en général.
Même s’ils n’ont pas revêtu de caractère religieux, les affrontements des derniers jours font craindre un regain de violence intercommunautaire dans le pays. Composé de centaines d’ethnies, dont trois majeures, le Nigeria a vécu plusieurs épisodes de violences dans les années 60. Les plus récents accrochages interreligieux remontent aux derniers mois. En novembre dernier, 700 personnes ont été tuées lors d’émeutes entourant les élections dans la région de Jos. En février, au moins cinq personnes sont mortes dans l’État de Bauchi au cours d’affrontements entre musulmans et chrétiens.

Le Nigeria s’embrase
EN BREF
Plus de 300 personnes ont péri depuis dimanche dans le nord du Nigeria au quatrième jour d’affrontements entre forces de l’ordre et islamistes radicaux. Hier, 43 personnes ont été tuées en une seule journée dans l’État de Yobe. Les combats à Maiduguri, berceau des islamistes qui se réclament des talibans, ont continué à faire rage dans la nuit de mardi à hier. Les affrontements touchaient cinq quartiers, avec les plus intenses à Bayan où le dirigeant des talibans, Mohamed Yusuf, et ses hommes seraient retranchés. Il aurait échappé aux tirs de mortier qui ont démoli sa maison la veille. L’AFP a réussi à contacter brièvement par téléphone un chef des « talibans », Aminu Tashen-Ilimi, retranché aux alentours de Maiduguri. « Vous n’entendez pas qu’on nous bombarde? Comment voulez-vous que je vous parle! » dit l’homme dont la voix est couverte par le bruit de détonations et des « Allah ou akbar » (Dieu est le plus grand) hurlés par ses hommes. Les violences dans le nord du Nigeria avaient éclaté dimanche matin, quand des islamistes ont tenté d’attaquer un poste de police dans l’État de Bauchi. Elles se sont ensuite propagées à la région. La secte « Taliban » s’est faite connaître en 2004. À l’instar de l’ancien régime taliban afghan, elle veut un État « islamique pur » dans le nord de la fédération nigériane. – Agence France-Presse


Au moins 600 morts dans les affrontements
NIGERIA
Le chef des « talibans » est tué
Le dirigeant de la secte « Taliban » au Nigeria, Mohamed Yusuf, a été tué hier après avoir été capturé par l’armée au terme de cinq jours d’affrontements entre forces de l’ordre et islamistes radicaux, qui ont fait au moins 600 morts.
Hier soir, un correspondant de l’AFP qui s’est rendu au quartier général de la police de Maiduguri, ville du nord-est où le chef islamiste avait été arrêté, a pu voir sa dépouille.
Le corps dénudé de Mohamed Yusuf, 39 ans, était criblé de balles. « Il a supplié et demandé le pardon avant d’être tué par balles », a déclaré à l’AFP un policier à Maiduguri, capitale de l’État de Borno et fief des « talibans ».
Peu avant l’annonce de sa mort, des sources policière et gouvernementale avaient indiqué que Mohamed Yusuf avait été capturé.
Le chef spirituel « a été capturé par l’armée qui a mené un raid contre la maison dans laquelle il se cachait », à Maiduguri, a indiqué une source militaire ayant requis l’anonymat.
Le numéro deux de la secte, Abubakar Shekau, a lui aussi été tué tôt hier matin, en même temps que 200 partisans en tentant de fuir Maiduguri, où l’armée a lancé une vaste offensive pour écraser la résistance islamiste, avait indiqué une source policière.
Les combats sanglants qui ont secoué la ville ces derniers jours ont cessé hier en milieu de matinée, ont constaté un journaliste et un photographe de l’AFP.
En moins de 24 heures, l’armée a tué au moins 300 islamistes seulement à Maiduguri. Un journaliste local avait indiqué à l’AFP avoir compté quelque 90 cadavres d’insurgés joncher le sol près d’une mosquée dans le quartier de Bayan, où les heurts ont été les plus violents.
L’armée, qui avait reçu des renforts, n’a visiblement pas fait de quartier à Maiduguri.
« Toute la nuit, nous avons entendu des tirs dans les quartiers de Shokai et de Dekwa Lowcost », a déclaré un témoin à l’AFP.
Dans la matinée, l’armée a bombardé d’autres quartiers de la ville.
Situation maîtrisée
En fin de matinée, la ville était redevenue silencieuse et quelques habitants s’aventuraient dans les rues. Le couvre-feu en vigueur de 19h a 6h a été repoussé de deux heures, à 21h.
« Les forces de sécurité maîtrisent la situation après la chute des talibans », a affirmé à l’AFP le porteparole du gouvernement de l’État de Borno, Usman Chiroma.
En prévision de l’opération finale contre les insurgés, un millier d’hommes étaient arrivés de Calabar (sud) et les militaires avaient reçu des véhicules blindés et des mitrailleuses lourdes.
Les combats entre forces de l’ordre et islamistes radicaux, qui ont démarré dimanche et touché en tout quatre États du nord du Nigeria ( Bauchi, Borno, Yobe et Kano), ont fait au moins 600 morts selon les chiffres transmis par la police et des témoins.
Un confrère de l’AFP a vu mardi et mercredi une vingtaine de dépouilles de « talibans » entreposées dans la cour du commissariat central de Maiduguri.
Le bilan global des combats depuis cinq jours s’élevait mercredi déjà à 300 morts uniquement dans cette ville, selon des chiffres transmis par la police. On ignorait le bilan des pertes gouvernementales.
À l’hôpital de Maiduguri, on a indiqué hier à l’AFP qu’il y avait « une quantité innombrable de cadavres ». « Certains sont toujours dans les rues et autour du quartier général de la police », a-t-on ajouté.





La crise redéfinit les valeurs, dit le dalaï-lama
ENTREVUE AVEC LE DALAÏ-LAMA Le 3 octobre prochain, le dalaï-lama sera de passage à Montréal. Avant sa visite, il a accordé une entrevue en direct de Dharamsala où il vit en exil depuis 50 ans. La Presse lui a demandé si la crise actuelle est une occasion
« L’une des choses importantes est que la crise aura prouvé la fragilité du matérialisme en temps que principe de base d’une vision viable de la vie. »
COLLABORATION SPÉCIALE QLa
Le dalaï-lama sera de passage à Montréal le 3 octobre au Centre Bell, où il donnera une conférence sur la promotion de l’éthique par l’enseignement.
crise économique actuelle remet-elle en question le sens des valeurs morales et sociales existantes ? R Il y a quelques années, durant une de mes visites au Japon, j’ai parlé des besoins des gens, sans leur donner l’espoir que l’économie continuerait incessamment d’évoluer. J’ai mentionné qu’il était important d’accepter qu’il y ait des limites, que c’est vraiment mieux et plus sain. Deux ans plus tard, le Japon entrait en récession et certains sont venus me remercier de les avoir préparés mentalement à affronter la crise. Le problème, c’est que notre société se laisse beaucoup trop dominer par des valeurs basées sur la consommation et les gens définissent leur bonheur par des critères matériels, en oubliant qu’en fait, la vraie source du bonheur est loin de tout ça. Je suis quasiment sûr que durant cette crise économique, les gens dont les valeurs sont autres que matérielles – et principalement basées sur des liens familiaux solides, sur une profonde vision spirituelle de la vie et du bon sens commun – seront plus capables et disposés à faire face aux difficultés de la crise, dont la perte d’un emploi.
À l’opposé, ceux dont les valeurs sont purement matérielles risquent de souffrir davantage puisque leur bien-être en aura pris un coup. QEst-
ce un bon moment pour redéfinir nos valeurs morales ? R Je souhaite que cette crise économique, l’une des plus difficiles de notre temps, apporte un profond questionnement et une remise en question sur le sens de nos valeurs et nos priorités. L’une des choses importantes est qu’elle aura prouvé la fragilité du matérialisme en temps que principe de base d’une vision viable de la vie. Toutefois, elle nous donne la chance d’expérimenter, en toute simplicité, un style de vie qui doit être basé principalement sur le contentement et être en parfait accord avec une attitude responsable envers l’environnement. QComment
en est-on arrivé là ? Comment des gens comme Madoff, à l’origine de la fraude de Wall Street, ont-ils pu tromper des milliers de personnes ? Le sens de nos valeurs a-t-il si radicalement régressé ? R La plupart des gens partagent le même avis concernant la crise financière actuelle, qui, en fait, est le résultat d’un manque total de valeurs principales, entre autres l’honnêteté, l’intégrité et la transparence.
Récemment, j’ai demandé à un ami homme d’affaires les raisons de la crise économique actuelle. Il m’a expliqué qu’il y avait trois raisons principales: l’avidité, la spéculation et le manque de transparence. Tout porte à croire que le monde financier a su particulièrement créer une tendance selon laquelle le seul critère de succès qui compte repose sur la rentabilité des investissements. En suivant cette perspective, il est certain que les valeurs essentielles telles que la transparence, l’intégrité et le sens des responsabilités, qui sont les bases propres d’une bonne gestion financière, ont été sérieusement compromises. Cette situation a pu créer un contexte où l’avidité humaine s’est engouffrée sans aucune restriction. QQuels
sont vos conseils pour que les gens reprennent confiance et retrouvent un sens à leurs valeurs sociales et morales ? R Je pense qu’il est important de se souvenir que, dans certains cas, tous ceux qui participent à la consommation actuelle font partie aussi de leur propre contribution. Je pense que dans une société glorifiée matériellement, avec un style de vie excessif, il ne faut pas seulement blâmer le monde des affaires et des finances pour son excès et son avidité.
Dans le but de regagner la confiance des gens envers la société actuelle, je pense que nous devrions trouver une façon pour que chaque individu puisse retrouver ce qui lui importe le plus, et pour que ceux à qui on a confié notre épargne gagnée durement la gèrent avec le respect que mérite la richesse des autres. Là aussi, je pense que les lois pourraient jouer un rôle important. Enfin, nous avons besoin de trouver une façon de faire valoir la compassion comme la base, le pilier majeur de toutes nos valeurs.
Le dalaï-lama à Montréal
Le chef spirituel des Tibétains sera à Montréal le 3 octobre prochain et donnera une conférence au Centre Bell, sur un sujet qui lui tient à coeur: la promotion de l’éthique par l’enseignement. Cette conférence intitulée L’Éducation du coeur : la puissance de la compassion portera sur les valeurs qu’il faut promouvoir pour améliorer notre monde. Rappelons que la philosophie du moine prône la responsabilisation, la tolérance et l’accroissement de la compassion comme les meilleures méthodes pour obtenir un règlement pacifique aux conflits et aux injustices.
Le dalaï-lama s’était montré particulièrement emballé, l’été dernier, par le fait que les enfants du Québec bénéficiaient d’un enseignement multiconfessionnel.


FRÈRE ANDRÉ Un autre pas franchi vers la canonisation - Louise Leduc

« On n’a pas demandé aux médecins de nous dire s’ils pensaient qu’il s’agissait d’un miracle. Il s’agissait simplement pour eux de nous dire si la guérison pouvait être expliquée scientifiquement ou non. »
À l’oratoire Saint-Joseph, c’est l’attente. D’ici quelques semaines, quelques mois tout au plus, on espère une réponse du Vatican, une réponse capitale dans l’avancement de la cause de la canonisation du frère André.
Plusieurs pèlerins en visite à l’Oratoire signent un registre qui demande expressément la canonisation du frère André, souvent sans le savoir.
Au coeur du dossier à l’étude: une guérison jugée miraculeuse par l’Oratoire et survenue après 1982. Le détail est important: pour qu’une personne soit canonisée, et donc déclarée sainte, au moins un miracle doit pouvoir lui être attribué après sa béatification. Un premier cas de guérison, survenu celui-là en 1956, avait pavé la voie à la béatification du frère André en 1982.
Le dossier fait déjà des milliers de pages, quantité d’avis médicaux ont été sollicités et un avocat, en Italie, travaille là-dessus depuis plus de 10 ans.
Plus tôt cette année, sans qu’ils ne diffusent trop la nouvelle, les religieux de la congrégation de Sainte-Croix, à laquelle appartenait le frère André, ont franchi une étape importante.
Le 26 février dernier, la commission médicale romaine du Vatican a conclu en effet qu’une guérison portée à son attention était « scientifiquement inexplicable », l’expression magique qu’espéraient tant les religieux de Sainte-Croix. « Si nous n’avions pas eu de réponse favorable, tout le processus s’arrêtait là », explique le père Claude Grou, recteur de l’Oratoire.
Les religieux de Sainte-Croix sont assez discrets sur la guérison qu’ils tentent de faire reconnaître comme miraculeuse par le Vatican. La personne guérie est québécoise, mais on n’en saura pas plus, « par respect pour les personnes concernées », précise le père Grou, qui n’a pas révélé non plus combien la cause du frère André a pu coûter en frais juridiques et autres jusqu’ici.
D’un point de vue médical, le père Grou souligne que les professionnels appelés à titre de témoins jusqu’ici ne se sont pas fait tirer l’oreille. « On n’a pas demandé aux médecins de nous dire s’ils pensaient qu’il s’agissait d’un miracle, dit-il. Il s’agissait simplement pour eux de nous dire si la guérison pouvait être expliquée scientifiquement ou non. »
Maintenant que les médecins appelés en tant que témoins ont établi que la guérison ne pouvait s’expliquer scientifiquement, il reste à prouver que la guérison est consécutive à l’intercession du frère André, ce sur quoi une commission théologique se penche actuellement au Vatican. Si la réponse était de nouveau favorable, une autre commission, composée celle-là d’archevêques et de cardinaux, serait appelée à déterminer s’il serait pertinent d’étendre la dévotion au frère André à l’Église universelle. En bout de piste, la décision doit être approuvée par le pape lui-même.
Si le frère André était canonisé, et donc déclaré saint, « cela ferait en sorte qu’il serait reconnu non seulement par l’Église locale, mais par toute l’Église », note le père Grou.
Une démarche appréciée
À l’Oratoire, aux abords du tombeau du frère André, se trouvent des cahiers invitant les visiteurs à apposer leur signature. Bon nombre de personnes le font – des gens du Québec, d’ailleurs au Canada, des ÉtatsUnis, du Mexique et d’un peu partout dans le monde, sans bien réaliser que ce faisant, ils signent un registre qui demande expressément la canonisation du frère André, comme c’est écrit en haut du document.
À l’évidence, peu de pèlerins sont au courant des démarches en cours de l’Oratoire. Une fois informés de la chose, ils n’en espèrent pas moins un dénouement positif.
Henri Sansouci est de ceuxlà. « Normal: je suis parent avec le frère André! lance-t-il. Ma grand-mère, Aglaé Bessette, était l’arrière-cousine du frère André et je suis très content qu’il fasse partie de ma parenté ! »
Alice Brien Henri, elle, n’attend pas le Vatican pour canoniser le frère André. « Pour moi, le frère André, c’est déjà un saint! »
« Quand Lucien Bouchard a contracté la bactérie mangeuse de chair, j’ai invoqué le frère André et saint Joseph, et il a été guéri. Le frère André, je lui fais bien confiance », lance pour sa part Agathe Bélanger.
« Le frère André, c ’est un de mes favoris, confie Marie Guimond, originaire du NouveauBrunswick. Quand on pense que cette personne si humble a pu faire un oratoire si grandiose! Il mériterait certainement d’être canonisé, mais que cela se fasse ou pas, je continuerai de le prier. »
Janet Oko, de Burlington, en Ontario, voit bien toutes ces béquilles exposées un peu partout dans l’Oratoire, mais faut-il s’y fier les yeux fermés? « Les télé-évangélistes à la télévision aussi prétendent guérir tout le monde… Eux, je ne crois pas du tout à leur histoire. Pour le frère André, oui… j ’aurais tendance à croire que c’est vrai. » Sur le site internet de l’Oratoire, qui donne des renseignements généraux et fait la promotion de la canonisation du frère André, on raconte que le frère, de son vivant, invitait les gens de façon générale à consulter les médecins.

Il niait toujours fermement avoir personnellement quelque don naturel de guérisseur et suggérait plutôt aux gens de s’en remettre à saint Joseph, de faire une neuvaine, de se frictionner avec de l’huile ou une médaille de saint Joseph, « autant d’actes d’amour et de foi, de confiance et d’humilité ».



La révolution de 1969 -  MARIE-CLAUDE LORTIE
Hier, j’ai passé une partie de la journée à regarder la télé. De la merveilleusement intéressante et vieille télé sur le site des archives de Radio-Canada. Des reportages et des enregistrements touchant le débat qui a eu lieu, de 1967 à 1969, avant l’adoption du célèbre « bill omnibus » du ministre de la Justice puis premier ministre Pierre Trudeau, qui proposait de décriminaliser l’homosexualité et d’ouvrir un petit peu l’accès à l’avortement.
Une page entière remplie de liens nous amène vers des archives qui nous donnent parfois l’impression que le monde n’a pas du tout changé depuis ces changements au Code criminel, il y a 40 ans – les commentaires d’un reportage au sujet de l’avortement auraient presque pu être recueillis hier matin –, alors que d’autres discussions montrent que notre univers social a basculé du tout au tout.
Par exemple, durant un extrait du débat des chefs des élections de 1968, on entend le chef du NPD de l’époque, Tommy Douglas, plein de bonne volonté et plein de sympathie envers les gais, se dire tout à fait prêt à appuyer le retrait du Code criminel des dispositions sur la « grossière indécence » utilisées pour condamner les actes homosexuels. Puis, il lance: « Au Canada, il nous faut adopter une nouvelle attitude au sujet de l’homosexualité. Le moment est venu. Au lieu de faire de cela un crime, et quelque chose qui se cache, nous devons reconnaître cela comme un cas psychiatrique qui doit être traité avec sympathie par les psychiatres et les travailleurs sociaux. » Oh boy… Donc, voilà, c’était il y a 40 ans. Trudeau avait les cheveux noirs et répétait clairement ses messages-clés: Ce que les gens font en privé, entre adultes consentants, ça ne regarde pas la police. Ça regarde leur conscience. Ça ne regarde pas l’État. Il faut sortir la notion de péché du Code criminel…
Un discours plutôt émouvant quand on se remet dans l’époque, quand on pense à tous ces gais et lesbiennes qui devaient vivre dans le secret, l’opprobre. Quand on pense au courage qu’il fallait pour affronter des mentalités à peine fraîchement décoincées par la Révolution tranquille.
Évidemment, di rez-vous , côté avortement, le projet de loi n’avançait pas très loin. Il remettait aux médecins formés en « comités thérapeutiques » le droit de décider s’il pouvait être pratiqué. À l’époque, bien des pro-choix avaient été très déçus des limites qui demeuraient.
Mais ironiquement, en 1988, c’est la Charte des droits et libertés de ce même Trudeau qui a permis aux pro-choix invoquant le droit à la liberté de faire déclarer ces comités thérapeutiques anticonstitutionnels.
P en s e z -vou s q u ’on a, aujourd’hui, les élus qu’il faut pour nous protéger contre ceux qui veulent ramener le péché dans le Code criminel?
Car des gens qui veulent ramener le péché dans la loi, il y en a. Il y en a beaucoup.
Hier, l’anniversaire du « bill omnibus » serait peut-être passé inaperçu, n’eût été les milliers de militants contre le libre choix en matière d’avortement qui sont allés à Ottawa demander au gouvernement Harper de légiférer sur la question.
Qu’autant de personnes – incluant le cardinal de Québec Marc Ouellet – aient trouvé le temps et les ressources pour aller manifester, ce n’est pas rien. Et c’est inquiétant pour ceux qui croient à la liberté de choix, qu’ils soient personnellement à l’aise ou totalement contre l’idée de l’avortement.
Parlant de choix. Vous connaissez Bristol Palin, la fille de Sarah Palin, tombée enceinte à 17 ans. Son nouveau bébé dans les bras – dont elle dit qu’il est un cadeau du Ciel –, elle fait maintenant campagne contre la grossesse chez les adolescentes en prônant l’abstinence, approche dont elle a pourtant déjà dit qu’elle n’était pas réaliste.
Paradoxes mis à part, ce qui est intéressant, c’est que Bristol a déclaré à CNN que c’était bien sa décision d’avoir gardé le bébé. « Ça n’a pas d’importance le point de vue de ma mère là-dessus. C’était ma décision. »
En outre, Sarah Palin a déjà avoué avoir considéré l’avortement pendant de très brefs instants avant de choisir de porter à terme son fils trisomique.
Si ce ne sont pas des choix, ça, c’est quoi?

Le cardinal Ouellet appelle à une nouvelle législation
« Le temps est venu de réagir à la crise morale que traverse notre pays sur le plan des valeurs et du droit à la vie. »
— Le Canada traverse une grave crise morale en refusant de mettre fin à l’avortement, estime le cardinal de Québec Marc Ouellet, qui dénonce du même souffle la « domination de la culture de la mort » depuis 40 ans au pays.
Alors qu’il participait à une manifestation sur la colline parlementaire visant à marquer le 40e anniversaire de la loi omnibus de Pierre Trudeau qui a décriminalisé l’avortement, le cardinal Ouellet a lancé hier un appel aux députés pour qu’ils adoptent une loi qui « protège la vie au lieu de l’éliminer ».
Quelque 5000 personnes venues des quatre coins du pays ont participé à cette manifestation, « La marche nationale pour la vie », afin de réclamer une loi limitant l’avortement.
« Si notre pays est très envié dans le monde à bien des égards, il est au dernier rang pour la protection des êtres humains les plus fragiles, ceux qui ne sont la réputation de notre pays », a affirmé le cardinal Ouellet à la foule.
« En tant que Canadiens, nous sommes conscients qu’un examen de conscience est nécessaire pour opérer le redressement moral pas encore nés. Nous ne pouvons pas rester silencieux devant cette injustice et cette violation du premier droit humain qui est le droit à la vie. Ce droit est bafoué chez nous plus que partout ailleurs en Occident. C’est triste, honteux et inacceptable pour la conscience morale de l’humanité et pour qui s’impose afin de mettre fin à la domination de la culture de la mort et d’ouvrir l’avenir à la culture de la vie. Une culture de la vie qui promeut la reconnaissance de l’être humain dès le sein maternel et le respect de la vie humaine à toutes les étapes de son développement », a dit le primat.
Le gouvernement Harper a écarté l’idée de relancer le débat sur l’avortement en déposant un projet de loi sur cette épineuse question. Mais il a indiqué qu’il ne pouvait empêcher un simple député de déposer un projet de loi pour interdire ou encadrer l’avortement. Certains députés l’ont fait dans le passé, mais ces projets de loi n’ont jamais été adoptés.
Des députés ont formé un caucus pro-vie afin de relancer le débat à Ottawa. Ce groupe non partisan comprend une dizaine de députés conservateurs et une poignée de députés libéraux. Aucun député du Québec n’était présent à cette manifestation.
Le cardinal Ouellet a invité tous ceux qui croient que l’enfant à naître mérite d’être protégé à faire entendre leur voix en multipliant les pressions sur ceux qui dirigent le pays.
« Je lance un appel à nos représentants au Parlement qui ont charge d’administrer la justice et le bien commun afin qu’ils adoptent ou amendent les lois qui protègent la vie au lieu de l’éliminer. Le vide juridique en ce domaine favorise le déclin des valeurs, l’obscurcissement de la conscience morale et la prolifération de la violence. Nous le voyons dans les graves difficultés que rencontrent les éducateurs et éducatrices dans les écoles », a-t-il affirmé.
« Le temps est venu de réagir à la crise morale que traverse notre pays sur le plan des valeurs et du droit à la vie. Le temps est venu de prendre la parole et de réclamer justice pour les victimes. Le temps est venu d’agir pour un retour de la culture de la vie », at-il ajouté.
Interrogé au sujet de la manifestation, hier, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que son parti appuie le droit d’une femme de choisir librement.
« Je pense que ces gens-là sont dépassés par le temps comme les réformistes en face de nous », a dit le chef bloquiste au sujet de ceux qui réclament une loi limitant le droit à l’avortement.

Le droit à l’avortement menacé, jugent des experts
Des groupes féministes inquiets devant la « montée du conservatisme religieux »
Quarante ans après que Pierre Elliott Trudeau eut sorti l’État des chambres à coucher et ouvert la porte à l’avortement, la menace d’un retour de balancier est plus forte que jamais, craignent plusieurs experts et groupes féministes.
Le collectif La Riposte a organisé une contre-manifestation pro-choix, hier, à Montréal.
« Oui, le droit à l’avortement est menacé, je suis très inquiète », dit Johanne Fillion, porte-parole de l’Association du Québec pour le planning des naissances.
Selon elle, la manifestation qui a rassemblé quelques milliers de manifestants pro-vie, hier à Ottawa, ne représente que la pointe d’un mouvement de mieux en mieux organisé et de plus en plus présent au Canada.
Les militants pro-vie sont loin de gagner toutes leurs batailles. Mais ils se battent avec de plus en plus de moyens. Depuis sept ans, des députés pro-vie libéraux et conservateurs ont déposé neuf projets de loi susceptibles de limiter le droit à l’avortement, souligne la juriste Louise Langevin. Le plus célèbre de ces projets de loi portait le numéro C-484 et s’était rendu jusqu’en deuxième lecture à la Chambre des communes.
Mais il n’y a pas que les projets de loi. Johanne Fillion énumère une série d’actions récentes signées par le mouvement pro-vie. Il y a eu les « vigiles de Carême » devant des cliniques d’avortement. La mobilisation contre l’octroi de l’Ordre du Canada au Dr Henry Morgentaler. La tentative de placarder babillards et autobus avec des photos de foetus non nés. Et une autre visant à empêcher les organisations humanitaires canadiennes de faire la promotion du planning familial à l’étranger.
Ces campagnes ont beau rater leur cible, elles sont le signe d’une montée inquiétante de la droite religieuse au Canada, dénonce Johanne Fillion.
Louise Desmarais, auteure de Mémoires d’une bataille inachevée, une histoire de l’avortement au Canada, en rajoute. Elle note qu’au Québec, l’Église catholique a cessé de s’intéresser à la question de l’avortement au début des années 80. Récemment, elle a repris sa place dans le débat. En protestant contre l’hommage au Dr Morgentaler, par exemple. Et aussi en s’associant à la manifestation pro-vie d’hier.
« La montée du conservatisme religieux remet très certainement en question le droit à l’avortement », s’inquiète-t-elle.
« Les anti-choix sont organisés au sein d’un lobby très puissant, et très bruyant. Il ne faut pas les sous-estimer », affirme Louise Langevin.
Une de ses collègues de l’Université Laval, Diane Lamoureux, s’inquiète elle aussi, au point de souhaiter que la « liberté reproductive » des femmes soit inscrite dans la Charte canadienne des droits et libertés. Selon elle, c’est la seule façon de résister aux assauts des militants pro-vie. Mais aussi d’assurer que les services d’avortement soient accessibles partout au Canada, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
« Le lobby des intégristes chrétiens est bien placé à Ottawa, nous les surveillons de près », dit pour sa part Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle assure que celle-ci est prête à fourbir ses armes à la première initiative législative rappelant le projet de loi C-484.
De telles initiatives sont inévitables, prévoit Catherine Giroux, du collectif La Riposte, qui a organisé une contre-manifestation pro-choix hier à Montréal. Selon elle, le programme du Parti conservateur ouvre grande la porte à des projets de loi visant à protéger les femmes enceintes – façon détournée de s’attaquer au droit à l’avortement.
Depuis 40 ans
Le « bill omnibus » de Pierre Elliott Trudeau a reçu l’assentiment de la Chambre des communes le 14 mai 1969. Louise Desmarais enseignait ce jour-là dans une classe de fin de secondaire où la question du droit à l’avortement a soulevé des réactions timides et étonnées. « À l’époque, c’était un sujet complètement tabou », se rappelle Mme Desmarais.
Le « bill omnibus » libéralisait aussi l’homosexualité et la contraception. Son ouverture à l’avortement avait soulevé des réactions mitigées chez les féministes de l’époque.
Cette pratique restait assujettie à une série de contraintes et restrictions. Une femme désirant mettre fin à une grossesse devait obtenir l’assentiment d’un comité formé de trois médecins, par exemple. « Je refuserai de comparaître devant mes trois juges pour étaler ma misère et ma peine », avait alors clamé la journaliste Lise Payette.
Si le « bill omnibus » devait conduire « à un carnage de vies humaines » ou, dans le cas des homosexuels, à des « turpitudes sans nom, plus ignobles les unes que les autres », le gouvernement n’aurait qu’à modifier la loi, avait écrit l’éditorialiste Roger Champoux dans La Presse du 15 mai 1969.
Dans les faits, 19 ans plus tard, la Cour suprême a donné raison au Dr Henry Morgentaler et jugé que les restrictions au droit à l’avortement étaient inconstitutionnelles. Depuis, le Canada est l’un des seuls pays industrialisés à ne pas légiférer en matière d’avortement.



Cours d'éthique et culture religieuse Des parents déboutés en Cour supérieure
  -  Isabelle Audet
Les controversés cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) ne portent pas atteinte à la liberté de conscience des élèves, a tranché lundi à Drummondville le juge Jean-Guy Dubois, de la Cour supérieure du Québec.
Dans une cause opposant des parents à la Commission scolaire des Chênes, dans le Centre-duQuébec, le jugedevait seprononcer sur le caractère obligatoire du cours. Il s’est rangé du côté de la commission scolaire, qui a refusé d’accorder une exemption pour le nouveau programme.
En clair, les enfants doivent assister au cours d’éthique et de culture religieuse. Cette formation ne constitue pas unemenace pour eux, précise le juge.
La famille concernée invoquait notamment la Charte canadienne des droits et libertés pour soustraire ses enfants au cours d’ECR.
« À la lumière de toute la preuve présentée, le tribunal ne voit pas comment le cours ECR brime la liberté de conscience et de religion des demandeurs pour les enfants, alors que l’on fait une présentation globale de diverses religions sans obliger les enfants à y adhérer », a écrit le juge.
Les parents déboutés sont toujours penchés sur le jugement, mais la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) croit qu’« il y a matière à interjeter appel », a déclaré le porte-parole de l’organisme, Richard Décarie.
« Les modestes moyens des parents contre un État financé à même nos impôts ne nous empêcheront pas d’en appeler au besoin», a déclaré Marie-Josée Croteau, présidente de laCoalition pour la liberté en éducation.
Le directeur général de la Commission scolaire des Chênes, Yvan Aubé, se montre satisfait du jugement, mais il précise que cette décision n’annule pas le droit des parents de demander une exemption.
« C’était la cause de cette famille-là, fait-il remarquer. Ça ne vient pas faire jurisprudence et nous allons continuer d’analyser les demandes des parents. Par contre, ça rend peut-être plus difficile la démonstration que le fait de suivre le cours d’éthique et de culture religieuse restreint les droits et libertés. »
Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et membre d’un groupe de recherche sur des questions de société, de droit et de religion, Sébastien Lebel-Grenier abonde dans son sens: « On estime parfois que la liberté de religion, c’est la liberté d’ignorance, c’est la liberté de méconnaître d’autres religions par peur de polluer l’esprit des enfants. C’est un argument qui, dans la logique des droits fondamentaux au Canada, ne marche pas. »





Pour mieux vivre ensemble -  RAYMOND GRAVEL
Il faut se méfier de l’intégrisme fanatique des opposants au cours d’éthique et de culture religieuse
L’auteur est prêtre dans le diocèse de Joliette.
Depuis l’implantation du cours d’éthique et de culture religieuse dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires du Québec, des voix très minoritaires se sont élevées pour dénoncer l’obligation rattachée à ce programme.
Le cours se veut pourtant un enseignement sur l’apport des religions en général et du christianisme en particulier dans l’évolution de la société québécoise, afin de mieux comprendre notre culture et notre héritage collectif et de permettre à nos jeunes de vivre dans une société laïque devenue pluraliste et multiconfessionnelle.
Sans même pouvoir en évaluer la pertinence et le contenu, une coalition s’est formée pour dénoncer ce nouveau cours. Un petit groupe d’opposants, plus fanatiques les uns que les autres, composé de parents ultra-catholiques d’une part et de militants athées d’autre part, auxquels se sont joints des adeptes de sectes religieuses fondamentalistes, réclame haut et fort que le gouvernement respecte le droit fondamental de liberté de conscience en permettant l’exemption à leurs enfants. Ces opposants demandent un véritable choix en éducation et non pas l’imposition d’une religion relativiste.
Ça tombe bien, puisque l’objectif de ce nouveau programme d’éthique et de culture religieuse n’impose aucune religion à personne et respecte la conscience de chacun.
Alors où est le problème? Lorsque la coalition pour la liberté en éducation (CLE) revendique le droit de choisir, on peut se demander de quel choix il s’agit? Les parents catholiques voudraient un retour de l’enseignement confessionnel dans les établissements scolaires; le mouvement laïque québécois ( MLQ), pour sa part, veut faire disparaître toute référence religieuse du paysage québécois et les sectes ne veulent surtout pas que leurs adeptes aient des contacts avec d’autres croyances par peur de contamination. On dit parfois que les extrêmes se rejoignent ; dans ce cas-ci, on peut dire que les extrémistes font front commun.
À l a Cour s upé r i e u r e de Drummondville, on pouvait entendre le témoignage d’une femme qui disait, la voix étreinte par l’émotion, que sa petite fille du primaire était incapable d’entendre parler de légende, de conte ou de fable rattachés aux récits des différentes cultures religieuses, parce qu’elle croyait encore au père Noël. J’avais l’impression d’être au festival Juste pour Rire, comme s’il y avait uniquement les enfants qui étaient incapables de comprendre et d’interpréter de tels récits. À ce que je sache, les fondamentalistes bibliques qui croient encore à l’arche de Noé sont des adultes, et s’ils avaient pu apprendre au primaire à distinguer un récit historique d’une légende ou d’un texte poétique, peut-être y aurait-il moins de créationnistes au Québec aujourd’hui.
Dans une société laïque comme la nôtre, l’école n’a pas pour mission d’enseigner la religion aux enfants. La transmission de la foi appartient d’abord aux parents et ensuite aux communautés des diverses confessions religieuses. Nos évêques catholiques ont bien compris cette réalité.
L’école doit apprendre aux enfants et aux jeunes à mieux vivre ensemble, et, pour ce faire, elle doit nécessairement montrer l’influence du christianisme dans l’évolution de la société québécoise et présenter le nouveau visage interculturel et multiconfessionnel du Québec contemporain.
Qu’on soit catholique, protestant, juif, musulman ou même athée, on se doit de connaître les caractéristiques culturelles et religieuses des Québécois si on veut apprendre à s’accueillir, à se respecter, à partager et à s’enrichir les uns les autres. Comme catholique, en quoi suisj e menacé de côtoyer l’autre, différent de moi, qui fait partie d’une autre confession religieuse ou même qui n’appartient à aucune religion? Loin de me menacer, l’autre m’apprend à être un meilleur citoyen. C’est un objectif de ce nouveau cours. Ce cours d’éthique et de culture religieuse n’est sûrement pas parfait. Son expérimentation nous permettra de l’améliorer avec le temps. Mais une chose est certaine : dans le contexte actuel de la société québécoise, il est essentiel pour le mieuxêtre de notre collectivité.
Ce cours développe le sens critique de nos jeunes; il permet de faire tomber tous les préjugés et favorise l’inclusion dans le respect de la dignité de chacun. C’est pourquoi il doit demeurer obligatoire pour tous sans exception. Comme prêtre catholique, je fais confiance à la sagesse de nos évêques et je me méfie de l’intégrisme fanatique des opposants.

 

116 années après Léon XIII - 
ANDRÉ PRATTE
Un juge de la Cour supér i eu r e entend c e t t e semaine des parents de Dr ummondv i l l e qui veulent voir leurs enfants exemptés du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse. Très sensibles à la démarche de ces parents parce qu’elle relève de la protection de la l iberté de conscience et de rel igion d’une minor ité , nous est i - mons néanmoins que le t ribunal dev r a i t rejeter leur requête.
Le cours d’éthique et de culture rel i gieuse remplace depuis l’automne dernier les cours de religion et de morale. La formation vise notamment à sensibiliser les élèves à l’existence de différentes religions et à leur inculquer le respect de ces fois diverses.
Des demandes d’exemption ont été déposées pour quelque 1700 enfants, une infime minorité des 960 000 jeunes inscrits dans les écoles primaires et secondaires de la province. Ces demandes ont toutes été refusées.
La substitution des cours de religion et de morale par un cours de culture religieuse est conforme au consensus qui s’est développé au sein de la société québécoise. Le fait que les parents mécontents soient peu nombreux ne diminue toutefois en rien la légitimité de leurs préoccupations. Les chartes existent pour préserver les droits fondamentaux des citoyens, peu importe leur nombre.
À Dr ummondv i l l e , les parents demandent au tribunal de déclarer insconstitutionnel le rejet de leur demande d’exemption. Selon eux, le nouveau cours viole leur liberté de conscience et de religion parce qu’il impose aux élèves une vision polythéiste du phénomène religieux, est relativiste, dissocie l’éthique et la morale et interfère avec leur capacité de transmettre leur foi à leurs enfants.
Comment un cours neutre du point de vue religieux peut-il violer la liberté religieuse de quelqu’un ? Justement parce que, selon ces parents, toutes les religions ne sont pas égales. Lorsque l’école prétend que la morale peut être envisagée sans référence à la foi, lorsqu’elle affirme que toutes les croyances sont équivalentes , el le impose une sorte de « religion civile », de dire le théologien Louis O’Neill, témoin-expert pour les requérants, qui parle d’« endoctrinement ».
Endoctrinement ? Si l’éthique et la culture religieuse sont correctement enseignées (c’est bien sûr un gros si...), le cours favorisera plutôt le respect de toutes les religions. Un enfant dont les parents sont profondément catholiques ne devrait pas s’y sentir ostracisé. Il est vrai que l’élève se familiarisera avec d’autres fois et systèmes de valeurs, mais on ne voit pas comment il pourrait en souf frir. Cela créera au contraire de merveilleuses occasions de dia logue avec ses parents, dialogue dont sa foi, si el le doit être authentique, sortira renforcée.
Le nouveau cour s i mpose-til une contrainte aux libertés fonda menta l es des pa r e n t s québé - cois ? En autant qu ’ e l l e e x i s t e , cet te contra i nte est « négligeable », suivant les normes fixées par la Cour suprême. Elle est d’autant plus tolérable qu’elle sert une fin sociale légitime. Si l’État était tenu d’exempter d’un cours tout j eune qui s’y oppose pour des raisons de rel igion ou de conscience, le nombre de demandes d’exemption se multiplierait. Telle école catholique voudrait se soustraire à l’obligation d’offrir le cours d’éthique et de culture religieuse, tel parent créationniste voudrait retirer son fils ou sa fille du cours de biologie. Il deviendrait de plus en plus difficile au système d’éducation de donner aux futurs citoyens du Québec un socle culturel commun.
Des déclarations et écrits des parents regroupés au sein de la Coalition pour la liberté en éducation, il apparaît que les demandes d’exemption ne sont qu’une première étape vers le rétablissement des cours de religion dans les écoles. Cette volonté ressort aussi de l’expertise produite par le philosophe français David Mascré, lui-aussi témoinexpert pour les requérants. M. Mascré s’appuie notamment sur l’encyclique écrite par Léon XIII en 1893 (!) au sujet des écoles catholiques du Manitoba: « Il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les écoles divines, il importait peu d’avoir ou non de saines doctrines, d’adopter la vérité ou l’erreur. »
Depuis la publication de ce document, 116 ans ont passé. Les membres d’une confession religieuse peuvent certes être convaincus qu’il existe en ces matières une seule et unique vérité ; l’État moderne ne peut endosser une telle perspective. Au contraire, il doit laisser à chacun le choix de sa vérité spirituelle, dans le respect de celle des autres. C’est ce que vise le cours d’éthique et de culture religieuse.



Le cours d’éthique et de culture religieuse devant les tribunaux
Le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse se retrouvera cette semaine devant les tribunaux. Frustré que le ministère de l’Éducation n’ait pas accédé à ses demandes répétées d’exemption, le Collège Loyola a décidé de porter sa cause en Cour supérieure.
Le Collège Loyola, une école secondaire privée catholique pour garçons fondée il y a plus de 160 ans à Montréal, estime que le programme implanté l’automne dernier entre en conflit avec ses valeurs catholiques et jésuites. Il accuse Québec de violer la liberté de religion prévue dans les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés en imposant ce cours à tous ses élèves contre leur gré et sans leur offrir d’autre possibilité.
Les parents de plus de 600 élèves, soit quelque 90% de la clientèle de l’établissement, auraient d’ailleurs pris la peine de demander personnellement au ministère de l’Éducation d’exempter leur enfant.
« Le Collège Loyola cherche non seulement à préserver l’intégrité de son caractère catholique, mais aussi à permettre aux parents catholiques d’exercer leur droit de faire instruire leur enfant en respect de leurs convictions religieuses », argue l’institution dans les documents déposés à la Cour supérieure de Montréal. La Presse n’a pu joindre la direction, hier.
LeCollègene souhaitepasmaintenir l’ancien cours de religion, en vigueur jusqu’à l’an dernier. Il a mis au point son propre cours qui, affirme-t-il dans une lettre adressée au Ministère, « enseigne les valeurs et les croyances des religions du monde d’une manière bien plus approfondie que le nouveau programme ».
Selon le Collège, la « neutralité » prônée dans le cours préparé par les fonctionnaires du gouvernement est problématique puisqu’elle « contrevient aux croyances de nombreuses personnes et religions, y compris le catholicisme ».
Le Ministère réplique dans sa défense que la liberté de religion est un droit réservé aux individus et que le Collège, en tant qu’institution, ne peut pas s’en prévaloir. « Il a pourtant toujours été accepté que les églises et les communautés religieuses possédaient ce droit », plaide le Collège.
Le caractère obligatoire du cours d’éthique et de culture religieuse est aussi contesté par des parents de Drummondville, qui ont défendu leur point de vue en Cour supérieure le mois dernier. Le ministère de l’Éducation a reçu quelque 2000 demandes d’exemption depuis la mise en place du nouveau cours, lesquelles ont toutes été rejetées.







LIBAN  - Un magazine « pour adultes seulement » fait des vagues

« C’était très important de publier le magazine en langue arabe, car les gens parlent facilement du corps en anglais ou en français, mais rarement en arabe, cela fait partie de notre schizophrénie », estime Joumana Haddad, créatrice de la revue Jasad.
— Quand on lui demande si elle vend Jasad, Farah, qui tient une minuscule librairie dans le quartier sunnite de Tarik Jdidé, hésite un court instant, puis va fouiller sous une pile de magazines féminins. Elle brandit deux exemplaires du fameux magazine, sous cellophane, avec l’autocollant vert « pour adultes seulement ».
« Les exemplaires étaient dehors, mais à cause des remarques du voisinage, je les ai rentrés à l’intérieur », raconte la vendeuse. Rien à voir avec la couverture de Playboy, entièrement couverte par un plastique noir, mais depuis sa sortie il y a quelques mois, Jasad fait des vagues au pays du Cèdre.
Le trimestriel se définit comme un magazine spécialisé dans les littératures, les sciences et les arts du corps. « La dimension érotique et sexuelle y est très présente », explique la créatrice de la revue, Joumana Haddad, également poète et journaliste au quotidien libanais An Nahar.
« Le corps érotique a été kidnappé dans notre culture depuis trop longtemps. C’était très important de publier le magazine en langue arabe, car les gens parlent facilement du corps en anglais ou en français, mais rarement en arabe, cela fait partie de notre schizophrénie », poursuit Joumana Haddad.
Le critique de cinéma de la revue, Hawick Habechian, s’est surpris lui-même en écrivant l’un de ses articles: « Pour traduire les noms des organes sexuels en arabe, j’ai dû aller chercher dans le dictionnaire! »
Fétichisme et cannibalisme
Des extraits de recueils anciens, qui parlent très librement du corps, sont publiés dans chaque numéro. Dans le premier exemplaire, Le jardin parfumé, un ouvrage du XIIIe siècle publié par le Cheikh Nefzaoui, s’est fait une nouvelle jeunesse.
Le texte énumère toutes les sortes de phallus avec des détails croustillants. Le sommaire de Jasad ne fait d’ailleurs pas dans la dentelle. Il y est question de fétichisme du pied, d’homosexualité, du pénis dans toutes ses dimensions, de violence conjugale ou même de « cannibalisme, nouvelle religion ? ».
Le magazine contient également une rubrique « Ma première fois », où une personnalité raconte sa première expérience sexuelle. Et les dessins, peintures ou photos qui illustrent Jasad sont plus qu’évocateurs.
Évidemment, au Liban, certains sont un peu tombés des nues en découvrant le nouveau venu. « Il y a eu de fortes protestations des autorités religieuses chrétiennes et musulmanes et je reçois ma dose quotidienne d’insultes. On m’accuse de corrompre les nouvelles générations et d’importer des valeurs occidentales », raconte Mme Haddad.
Les Saoudiens apprécient
Pour éviter les mauvaises surprises avec un éditeur qui aurait pu décider de censurer le contenu de Jasad, Joumana a créé sa propre maison d’édition il y a un an et demi. La poète est aussi passée à travers les mailles de la censure officielle.
« Quand j’ai demandé la licence, j’ai seulement dit que je voulais créer une revue culturelle, sans donner de détails. » La journaliste a financé le magazine de sa poche, à hauteur de 50 000$. Depuis, elle compte sur les revenus des ventes pour continuer l’aventure, car la publicité répond aux abonnés absents.
« Cela fait six mois que j’essaye de négocier avec les régies publicitaires. Ils ont joint des clients, mais jusqu’ici, ils refusent de s’afficher dans Jasad de peur de perdre des marchés dans les pays du Golfe », lâche Mme Haddad.
Heureusement, les ventes marchent bien pour un magazine qui s’adresse avant tout à une élite : 5000 exemplaires écoulés pour le premier numéro, 4000 imprimés pour le second. Curieusement, les abonnements ont le plus trouvé preneur... en Arabie Saoudite, alors que le magazine y est interdit et qu’il arrive clandestinement par courrier postal!












Le pape équilibriste
Les critiques des deux côtés démontrent que le Vatican a maintenant une relation normale avec Israël Benoît XVI a terminé hier sa visite d’une semaine en Terre sainte. Bien qu’il ait essayé de jouer à l’équilibriste, il retourne à Rome en laissant derrièr
« Le numéro d’équilibriste le plus difficile de sa papauté », a conclu John Allen, le vaticaniste de l’hebdomadaire américain The National Catholic Reporter.
Son arrivée à Jérusalem, lundi dernier, a finalement été emblématique de son voyage. Sur le tarmac de l’aéroport, il a appelé à l’établissement d’un État palestinien. Puis il a rendu visite à la famille de Gilad Shalit, soldat israélien détenu par le Hamas depuis 2006. Enfin, il a fait au musée de l’holocauste Yad Vashem un discours très attendu, qui a été critiqué parce qu’il n’allait pas assez loin.
Le pape Benoît XVI, a été salué par le premier ministre Benyamin Nétanyahou (au centre) et le président israélien Shimon Peres, à l’aéroport Ben Gourion, hier, lors de son départ d’Israël, où il a effectué un pèlerinage.
Benoît XVI a joué une main difficile, cette semaine en Terre sainte. « Le numéro d’équilibriste le plus difficile de sa papauté », a conclu John Allen, le vaticaniste de l’hebdomadaire américain The National Catholic Reporter. Il a esquissé le plan de paix que tout le monde attendait, tout en tendant la main aux musulmans et aux juifs en tant que chef de l’Église catholique. Son objectif principal était d’endiguer l’exode des chrétiens du Moyen-Orient, mais cette communauté en déclin reste divisée au sujet d’Israël : les chrétiens arabes soutiennent les Palestiniens, les orthodoxes et les chrétiens hébreux, l’État juif.
Bref, il était inévitable qu’il déçoive à gauche et à droite. « Le appelé à une solution avec deux États, il a dénoncé le mur et il a demandé aux Palestiniens de ne pas céder à la tentation de la violence. Il a condamné l’« instrumentalisation de la religion ». Ce dernier commentaire du pape unit les dimensions politique et spirituelle de son voyage.
Néanmoins, Frank Dimant, vice-président de B’nai Brith Canada, estime que le pape a trop penché du côté palestinien. « Il a réclamé un État palestinien sans même souligner le pacte qui unit Dieu et la terre d’Israël. Il n’a pas condamné l’Iran, qui veut détruire Israël, ni dénoncé le cheik qui a attaqué Israël. »
Lors d’une rencontre à un centre catholique de Jérusalem, le juge en chef palestinien Tayssir pape se rendait en pèlerinage, il n’était pas en tournée politique, explique Sami Aoun, politologue à l’Université de Sherbrooke. Mais il a réussi à réitérer certains points fondamentaux qui rejoignent beaucoup de gens même s’ils déplaisent à certains. Il a Attamimi a réclamé une alliance entre chrétiens et musulmans contre l’État juif. Il avait fait les mêmes remarques en 2000, lors de la visite de Jean-Paul II. Benoît XVI n’a pas dénoncé les propos de M. Attamimi et lui a même serré la main à la fin de la cérémonie – il est possible que personne ne lui ait traduit son discours en direct. Un porteparole papal a par la suite qualifié la sortie de M. Attamimi: « Une négation directe de ce que le dialogue devrait être ».
Quant au discours à Yad Vashem, il aurait dû contenir, selon M. Dimant, des excuses du pape en tant qu’Allemand qui a grandi sous le nazisme qui a même été membre – bien malgré lui – des Jeunesses hitlériennes. Le responsable du B’nai Brith a aussi relevé que le pape n’a pas visité l’exposition du musée, dont une section propose que le pape d’alors, Pie XII, aurait pu s’opposer davantage à l’holocauste. « Le pape a un désir très fort de canoniser Pie XII », déplore M. Dimant.
L’attention portée au discours de Benoît XVI est paradoxalement un signe de normalisation des relations avec Israël, avance le vaticaniste John Allen. Les relations diplomatiques n’existent que depuis 1994 – en 1964, Paul VI avait pris soin de ne jamais faire référence à l’« État » d’Israël et avait appelé son président « monsieur », sans nommer sa fonction. « La simple présence d’un pape à Jérusalem ne fait plus la manchette ; on s’intéresse maintenant à ce qu’il dit », relève M. Allen. En éditorial, le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung a souligné que, si le pape avait mentionné son appartenance aux Jeunesses hitlériennes à Yad Vashem, cela aurait aussi pu être vu comme une tentative maladroite de justification.




L’Arabie Saoudite élira sa Miss Moralité
Elles ont entre 15 et 25 ans, ne sortent jamais de chez elles sans être voilées de la tête aux pieds… et espèrent remporter le concours de beauté dont le coup de départ est donné aujourd’hui à Safwa, en Arabie Saoudite.
Khadra al-Mubarak est l’une des organisatrices du concours Miss Beautiful Morals, qui couronnera la participante la plus dévote.
Mais attention, il n’est pas question pour les 200 concurrentes de défiler en bikini devant des hommes. Comme l’indique son nom, le concours Miss Beautiful Morals ne doit désigner ni la plus belle, ni la plus sexy parmi les participantes. Celles-ci doivent plutôt briller par leur moralité, leur dévotion religieuse et le respect dont elles font preuve à l’égard de leurs parents.
Pendant les 10 prochaines semaines, les jeunes femmes prendront part à des ateliers et seront questionnées sur des thèmes tels que « Découvrez votre force intérieure » et « Le paradis est à vos pieds ».
Elles devront aussi passer une journée mère-fille à la campagne où des juges évalueront leur manière de se comporter à l’égard de leur maman. La séance ne sera pas filmée et les juges seront toutes des femmes. Les participantes et leurs mamans pourront donc interagir en toute liberté, sans être encombrées par le voile qu’elles portent habituellement en public.
Les juges verront les visages des concurrentes, mais elles ne les jugeront pas sur leur beauté, assure Khadra al-Mubarak, la fondatrice de ce concours, citée par des médias occidentaux.
« La gagnante ne sera pas nécessairement jolie. Ce qui nous intéresse, c’est la beauté de l’âme et la moralité », ajoute-t-elle.
Le concours a gagné en popularité depuis sa création, l’an dernier, alors qu’il avait rejoint 75 femmes. Les 200 participantes se disputent un prix de 2600 $. Mais la Miss saoudienne 2008, Said al-Shufara, a indiqué dans une entrevue publiée par le quotidien israélien Haaretz que, pour elle, ce n’est pas la victoire qui compte. « Ce qui compte, c’est d’obéir à nos parents. »
L’Arabie Saoudite est un pays qui impose l’une des lectures les plus restrictives de l’islam. Ainsi, son gouvernement s’apprête à fermer les gymnases féminins, qu’il juge contraires à la loi islamique. Les Saoudiennes n’ont pas non plus le droit de conduire une auto.
Ces dernières années, des femmes saoudiennes ont tenté de renverser cet interdit. Il y a un an, l’écrivaine Wajeha alHuwaida avait mis sur YouTube une vidéo la montrant au volant d’une voiture.
Ave c le c onc ou r s Mi s s Beautiful Morals, le royaume wahhabite tente de canaliser l’énergie de la jeunesse dans une direction plus respectueuse des lois en vigueur.